La presse, 23 mai 1998, Cahier A
[" Le plus grand quotidien français d'Amérique Aujourd'hui Le premier de trois fascicules en encart EDITION DU SAMEDI Montréal, samedi 23 mai 1998 114.\u2022*fvr k(X1tA ATONTM A- A' \u2022h LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 MAI 1098 Je sortais de chez quelqu'un, deux ados assis dans les marches de l'escalier m'empêchaient de passer.Tassez-vous les jeunes.Oui monsieur, ils ont dit en me libérant un passage.Hey, c'était une blague ! Quoi?Tassez-vous les jeunes, c'était pour rire.Us ne riaient pas.Les gens sont méfiants quand on leur parle dans la rue.Vous prennent tout de suite pour un sauté, ou si c'est des jeunes, pour un pédé.Vous me prenez pour un vieux pédé, les jeunes ?N'ont pas répondu.Ça a été long avant de les faire parler.Il a fallu passer par la musique.Vous êtes des rappers, c'est ça ?Vous aimez le rap, monsieur ?Non.Vous écoutiez quoi comme musique dans votre temps, monsieur ?La belle de Cadix a des yeux de velours tchika tchik aïe aïe aïe.Vous avez une belle voix, monsieur, vous avez été chanteur dans votre temps ?Arrêtez de dire « dans votre temps ».Ça rend les vieux nostalgiques.Surtout au mois de mai.Depuis 68, le mois de mai est le mois de la nostalgie, vous le saviez ?Vous voulez que je vous parle du Che, les jeunes ?De Bob Dylan ?De Janis, de Pie XII, de la guerre du Vietnam ?Vous avez fait la guerre du Vietnam, monsieur ?Non.Mais j'ai fait les manifestations contre la guerre du Vietnam au parc Lafontaine et devant l'ambassade des États-Unis.On n'était pas des moumounes, dans mon temps.Ça donnait quoi, monsieur ?Rien, mais on rencontrait des filles.Après la manifestation, on allait écouter de la musique chez elles.Du rap ?Y'avait pas de rap.Dans mon temps, les filles aimaient bien Jean-Michel Jarre, ou Le rap du vieux The Kôln Concert ou Chick Corea, ce genre de machin.Dans mon temps, les filles confondaient souvent musique et papier peint.Mais elles étaient super gentilles.Elles nous réveillaiept en plein milieu de la nuit pour nous dire des trucs comme : « Tu devrais rentrer chez toi, ta blonde va s'inquiéter.» Parlez-nous encore des filles de votre temps, monsieur.Que voulez-vous que je vous dise ?Nous vivions des temps extrêmement féminins.La femme était très valorisée, on demandait aux hommes de développer leur côté féminin.C'est vers cette époque que j'ai appris à tricoter.Vous savez tricoter, monsieur ?Comme un dieu.Au cégep cette année, on avait un travail à remettre sur les baby-boomers, pour ça on devait lire des textes de Marshall McLuhan.Vous le connaissez, monsieur ?Un peu.C'est le gars qui a dit : « Le monde vous regarde.The wlwle world is watching.» Il aurait mieux fait de se taire.C'est comme lorsqu'on dit à un enfant : « Vas-y.on te regarde.» L'enfant fait le con, forcément.Le monde a fait pareil.Il a fait l'intéressant.Le monde a donné un show au monde.Le pasteur Martin Luther King, bang en direct.Robert Kennedy, couic, en direct aussi.Le direct, c'était le nouveau truc.C'était en 68, les rues étaient pleines d'étudiants, des fois la police tirait, 300 morts à Mexico, juste avant les Jeux.Mais le show qui a le plus pogné, c'est l'assassinat d'un jeune Vietnamien dans une rue de Saigon.On le voit debout au milieu de la rue, les mains attachées dans le dos, il porte une chemise carreautée sortie de Pierre FOGLIA ses pantalons, un pan de sa chemise retrousse légèrement à cause du vent.Un officier de police, bras tendu, braque un revolver si près de sa tempe que le jeune doit pencher la tête sur le côté pour ne pas entrer en contact avec le canon.On voit le doigt du flic se crisper sur la détente.Le jeune Vietnamien se replie comme un accordéon.La détonation a juste fait un petit pop.On était pop dans mon temps.Même les exécutions étaient pop.Les Français aussi on fait leur show en 68, avec le sens de la dérision poétique qu'on leur connaît, et ça a été la grande fête des mots.Et les vieux, comment étaient les vieux dans votre temps, monsieur ?Dans mon temps, les vieux acceptaient d'être vieux.Et ça rendait les choses plus faciles à tout le monde.Le temps passait différemment.Le temps passait au présent, comme il se doit, mais en même temps, le passé continuait d'exister.Les deux temps, le présent et le passé, cohabitaient, se superposaient.Pouvez-vous imaginez une chose aussi étrange, jeunes gens ?Un passé pas honteux, pas accablé.Un présent pas chia-leux, pas agressif, pas occupé à chercher des coupables.Dans mon temps, on vivait au présent c'est sûr, mais en même temps, on savait que tout avait déjà eu lieu, et ça n'enrageait personne.Quand il arrivait un événement, on ne disait pas ah là là comme c'est chiant, c'est le même événement qu'avant qui recommence, c'est la faute des vieux.Dans mon temps, quand il pleuvait, on ne disait pas c'est la faute de ce salaud de pépè-re, la jambe lui faisait mal hier.Et bien en- tendu, on ne pensait pas qu'en cassant les jambes de pépère, on empêcherait de mouiller.C'était comme ça dans mon temps.Les profs de philo écoutaient Tangerine Drearn,t ça les rendait plus planants.À San Francisco, les maisons étaient bleues et la mode était aux gros seins.Mais pas moi.Moi, j'ai tou-.' jours aimé les filles qui avait un sein plus petit que l'autre.Et c'est un détail très très important parce que ça prouve qu'on n'est jamais de son temps.On est soi.On est ses particularités irréductibles.On pourrait faire un rap avec ce que vous dites, monsieur.Le rap du vieux.Ne vous gênez pas.Mais je vais vous donner une meilleure idée.Pour faire un rap sur cette époque-là, vous devriez lire Yeats, un poème intitulé The second cetning.thingi fàll apart, the center cannot Iwld, ntere anarchy is loo-sed upon the world.and everywhere the cerentoriy of innocence is drowned.Absolument rien à ajouter.Hey, je vous quitte pour dix jours de vélo.Je vous reviens le samedi 9 juin.Avant de vous quitter, je vous laisse le bonjour de mes voisines les vaches, des génisses de moins d'un an qui n'avaient jamais goûté d'herbe tendre avant qu'on les sorte de l'étable, avant-hier.Elles ont commencé par se jeter sur les clôtures, par pur esprit de contradiction, me semble-t-il, et depuis, elles piétinent, flanc contre flanc, le même minuscule carré de l'immense et magnifique prairie qui s'étend devant elles.Je voulais le dire à.mes jeunes rappers, ne faites donc pas du monde le même usage borné que ces vaches-là de leur pré.Allez, je vous embrasse.'éfTlm ™AMCEMHIff disponibles! à^^àvoibesoinsf - -mi*. 1.rue St Hubert 383-1777 8390.rue St-Mubeit 388-4777 (Sud Je la Met/opohUine) 2050.bouf SI-LaurenI 288-7973 2050.bout St Laurent 288-7755 (SUbonncmrnt nrjfuiV 1533.Autoroute- 440 O 688-1001 2203 cherrtn Ch.imhly 468-5651 1b99.Autoroute 440 O 681-7770 2203.chemin Chambly 468-1993 (Sortie, boul inJustnel) (Pre\\ de Cure Paner) 6870 toan 1408 Est 255-7054 2 rte Tramcanadienne 428-1616 6870 Jran-TAltHi Est 255-5577 2355.ite Trameanadienne 428-1616 il ntre l wnetiet a ojteries d Aniou) {Antfe bcul dei Souriet) Plus de 30 succursales au Québec.Composez le 1-388 444^0173 pour connaître le magasin le plus près i ! LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 23 MAI 1998 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND.La Presse Une pilule dure à avaler pour tout le monde.Olivia Nkongoli, de Chambly, a quitté son travail un peu plus tôt, hier, pour se rendre chez le médecin.Mais elle s'est butée à une porte close à la clinique médicale située au 3200 Taschereau, à Longueuil.Bon nombre de médecins n'ont pas attendu le mot d'ordre de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec pour fermer boutique ou réduire leurs heures de travail dans les cliniques, afin de forcer le gouvernement à leur accorder 190 millions supplémentaires sur trois ans.UFiQUQJ Taxe sur le climatiseur incluse.A** V Location, tenne de 36 mois.par Comptant initial mois de 2 485$.Taxe sur le climatiseur, transport et préparation inclus.EON 1998 Ensemble 22D : \u2022 Moteur 2 litres, 16 soupapes, 132 chevaux \u2022 Transmission automatique \u2022 Climatiseur \u2022 Radio AM/FM stéréo \u2022 Deux sacs gonflables \u2022 Poutres de renfort dans les portes \u2022 Console centrale \u2022 Volant inclinable \u2022 Banquette arriére à dossier séparé raba \u2022 Un plein d'essence avec chaque achat ou location d'un modèle 1998 neuf \u2022 Plus 36 caractéristiques de série Programme d'ad» pour hanotapcs phystauM R*mi»e additionna 0>7SOt a l'intention de»dipiôn*{e)st Tout w» 0*t** cf*J l* wy*\\*»» CHRYSLER OodgG (mwsDoâge i- seulement chez votre concessionnaire Chrysler.\u2022 Tran«-,port (650 S).irrunairiculatKxi.av>urancos et taxes on sus \" Tant mensuol ôtaNi d après un modeto 1998.avec l'ensemble 220 Comptant initial ou échange équivalent Immatriculation, assurances ot taxes on sus Sous réserve de l approbation de Crédit Chrysler Canada Lté© Le premier versement sera exigé Aucun dépôt de sécurité requis Location pour usage personnel Hachât non requis Le locataire est responsable do I excédant de kilométrage après 61 200 km.au taux de 9 c le km A compter du 15 mai 1998.le taux sora do 12 c le km.Rabais du fabricant inclut.Offre d'une durée limitée, chez les concessionnaires participant', Lo concessionnaire peut vendre/louer à un prix moindre.Jusqu à épuisoment des stocks t Cette offro s'adresso aux diplômes do cégep et d'unrversrté 1998.1997 et 1996 Association publicitaire des concessionnaires Chrysler inc.www.chryslercanada.ca * i Au tour des obstétriciens MARIE-FRANCE LÉGER Après les omnipraticiens, les obstétriciens se dirigent à leur tour vers une escalade du conflit avec le gouvernement.Réunis en congrès ce week-end, les quelque 300 spécialistes pourraient voter aujourd'hui en faveur de nouveaux moyens de pression pour faire avancer leur dossier.« On est des gens civilisés.On espère que le gouvernement va prendre ses responsabilités.Mais je pense qu'il va probablement y avoir un affrontement.Nos membres sont frustrés », a expliqué hier à La Presse le docteur Luc Saint-Pierre, nouveau président de l'Association des médecins obstétriciens-gynécologues du Québec.Les obstétriciens ne veulent pas débourser plus de 4900 $ pour leur assurance responsabilité et demandent que le gouvernement paie la différence.Le ministre Rochon a consenti à le faire pour 1998 seulement.Or cette année, la prime était de 29 000 $, mais elle devrait grimper à 35 000 S l'an prochain, selon les estimations de l'Association canadienne de protection médicale.« On veut que le gouvernement ne nous fasse plus payer plus que 4900 $ comme c'est le cas en Ontario.Les obstétriciens des autres provinces paient tous moins cher», que ça », a souligné le Dr Saint-Pierre.L'hiver dernier, les obstétriciens ont cessé de prendre de nouvelles patientes et menacé de ne plus faire les accouchements à partir du 1er février.Menacés à leur tour d'une injonction, ils avaient mis un terme K à leur mouvement de protestation.Le directeur des politiques de la santé à la Fédération des médecins spécialistes du Québec ( FMSQ ), Michel Brazeau, croit quant à lui que le dossier des obstétriciens progresse et s'achemine dans la bonne direction.« Dans le dossier obstétrique, de très nets progrès ont été marqués sur l'ensemble des plans », a-t-il indiqué sans plus de précision.Les postes de résidents en obstétrique ne sont pas comblés cette année dans les universités, signe que cette spécialité n'attire plus autant de monde qu'avant.Le Dr Saint-Pierre explique que le Québec compte une vingtaine d'obstétriciens de moins qu'il y a cinq ans.« Sur les 380 membres actifs, 302 paient une assurance responsabilité pour l'obstétrique.Mais si on recommence à payer 10 000 $ de notre poche pour l'assurance respon-sabilité, beaucoup de gens vont >à arrêter de faire de l'obstétrique.Ils ^ feront uniquement de la chirurgie gynécologique.» Ces spécialistes voulaient aussi augmenter les tarifs d'accouchement pour les faire passer, notamment, à 400 S au lieu de 250 $ le t jour.Aujourd'hui la direction doit faire plusieurs « suggestions » à ses membres.Le vote a lieu cet après-midi.« Si ça n'éclate pas maintenant, ça va éclater dans cinq ans, quand il n'y aura plus assez .d'obstétriciens au Québec », a finalement lancé le Dr Saint-Pierre.Le comité des malades s'oppose aux moyens de pression des médecins t i \u2022 \\ Le Comité provincial des malades ( CPM ) s'inquiète des moyens de pression déployés par les médecins omnipraticiens dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement.En effet, « la fermeture de certaines cliniques, les services au ralenti et la tenue de journées d'étude sont toutes des mesures qui pénalisent \u2022 les patients de façon directe », affirme Me Paul G.Brunei, directeur général par intérim du CPM.Le CPM admet qu'en raison des compressions budgétaires, les conditions de travail actuelles affectent les services médicaux de première ligne et sont susceptibles d'avoir une incidence sur la qualité des soins.« Toutefois, le CPM s'opposera toujours à ce que des intervenants du secteur de la santé, quels qu'ils soient, cessent de rendre des services à la population dans le seul but de faire pression sur les autorités patronales ou gouvernementales dans le cadre de négociations portant sur leurs conditions de travail ou de rémunération.Les citoyens, les personnes malades ou âgées ne doivent pas devenir des otages », a ajouté Me Brunet.Le CPM est un organisme à but non lucratif voué à la protection et à la défense des droits des personnes malades, âgées, handicapées ou hébergées en établissements de santé.\u2022i i LA PRESSE, MONTRÉAL SAMEDI 23 MAI 1998 Procès Otis : le procureur de lo défense menacé par un policier ?JEAN-PAUL CHARBONNEAU Un incident s'est produit, le 6 mai, à l'insu du jury, au procès de Miche! Otis, alors que l'avocat de la défense, Pierre Léger, a demandé à rencontrer la juge Ginette Piché dans son bureau, en présence de la Couronne, pour lui dire notamment qu'il avait été l'objet dans la nuit de menaces au téléphone de la part de la Sûreté du Québec.La Presse a appris hier que le procureur de la Couronne, Jean-Pierre Boyer, s'était par la suite plaint par écrit de son collègue auprès du syndic du Barreau du Québec à propos de cette intervention, qui mettait en cause son intégrité.Selon la plainte.Me Léger, en présence de son collègue de la défense, Patrick Lafrenière, et de Me Lyne Morais, qui assiste Me Boyer, aurait dit que le procureur de la Couronne l'avait ridiculisé devant les jurés parce qu'il sentait que la défense allait gagner son procès et se serait plaint de ce que la SQ aille rencontrer certains témoins potentiels de la défense.Il a aussi allégué devant la juge Piché que la SQ était responsable des menaces qu'il avait reçues durant la nuit.Disant, toujours selon la plainte, que la SQ faisait tout pour ne pas perdre une telle cause, il aurait exigé de la poursuite que cesse toute enquête policière pendant la durée du procès et reproché à la Couronne de ne rien faire pour empêcher la SQ d'agir ainsi.Lors d'un entretien avec La Presse, Me Léger a mentionné qu'il pensait en effet avoir été le sujet d'une enquête, tout comme les témoins de la défense, et qu'il demeurait convaincu que l'appel téléphonique qu'il a reçu chez lui, la nuit, provenait d'un policier.« Je n'ai en aucun temps insinué que la poursuite n'était pas intègre.Je n'ai absolument rien à me reprocher, les allégations de Me Boyer sont fausses », a-t-il affirmé.y D'autre part, on peut maintenant révéler qu'il a fallu l'intervention des médias, dont La Presse, pour que les journalistes puissent rapporter le contenu d'une déclaration aux policiers enregistrée sur vidéo d'Isabelle Blain, elle-même accusée du meurtre de sa fille.Son avocat.Me Charles Ashton, avait obtenu une ordonnance de non-publication de la juge Piché.Me Marc-André Blanchard, à la demande des médias, s'apprêtait à intervenir pour qu'elle soit levée quand Me Ashton a indiqué à la juge qu'après consultation avec sa cliente il retirait sa requête, ce qui fut accepté par le tribunal.Hier, les sept femmes et cinq hommes qui composent le jury se sont retirés pour leurs délibérations de 11 h 45 et à 18 h.Ils les reprendront à 9 h ce matin.À la fin de ses directives, la juge Piché a ouvert trois verdicts possibles : meurtre non prémédité, homicide involontaire et acquittement.Otis est accusé du meurtre non prémédité de Kristina Blain-Dufour, 35 mois, battue à mort et dont le corps a été découvert, le 25 juillet dernier, quelques heures après que sa mère eut signalé sa disparition à Saint-Colomban.Le tueur Aimé Simard avait commis des « erreurs de débutant » YVES BOISVERT Le soir où Aimé Simard a tué un Rock Machine, tous les amis des Hells l'embrassaient.Mais dès le lendemain, les choses ont commencé à mal tourner pour cette recrue des Rockers, le club-école des Hells Angels à Montréal.Simard avait commis des gaffes, des grosses gaffes.Lors de sa troisième journée de témoignage au procès de cinq associés des Rockers, Simard a dit comment il s'y est pris pour tuer Jean-Marc Caissy, 25 ans, un revendeur de drogue des Rock Machine.Daniel St-Pierre, 35 ans, Pierre Provencher, 48 ans, Stephen Falls, 34 ans, Gregory Wooley, 26 ans, et Patrick Pascone Ménard, 19 ans, sont accusés d'avoir comploté avec Simard et d'avoir été ses complices.Simard, 30 ans, dit qu'il faisait partie de l'équipe de « football » des Rockers, dans le sud-ouest de Montréal.C'est le nom de code pour désigner les tueurs du club.Il dit que les Rockers, et leurs parrains les Hells, avaient décidé d'éliminer la concurrence des Rock Machine, qui vendaient leur drogue moins cher.Il fallait fermer leurs points de vente et tuer un à un les principaux représentants des Rock Machine.Simard a raconté qu'il s'est rendu, le 28 mars 1997, vers 22 h 30, au centre de loisirs Monseigneur-Pigeon en compagnie de Wooley.Simard et Wooley avaient chacun leur voiture.Wooley, armé, ne devait intervenir que si les choses tournaient mal.Caissy jouait au hockey intérieur dans ce centre de loisirs du quartier Émard.C'était la première cible de la guerre des motards dans le quartier et c'était la plus facile.Simard est allé le repérer.Il est ressorti se changer en noir dans sa camionnette.Il est revenu comme Caissy sortait.Il lui a tenu la porte.Caissy l'a remercié d'un signe de la tête et a continué.Simard a dit : « Hey ! Caissy ! » « M.Caissy s'est retourné et j'ai tiré plusieurs coups à bout portant.J'ai tiré dans le visage.Il me semble que j'ai tiré cinq coups.Il restait une balle et cinq douilles vides dans le barillet », a dit Simard au jury dans son langage châtié, sans émotion apparente.Il était 22 h 45.Wooley et Simard ont pris leur voiture respective et se sont séparés.Simard a signifié que l'affaire était conclue en envoyant des « 5 » sur le téléaver-tisseur de Provencher.Provencher l'a félicité au téléphone et l'a invité au party de cinquième anniversaire des Rockers, qui se tenait au local, le soir même.Il fallait faire attention, les policiers interceptaient tous ceux qui entraient.C'est alors que Simard a fait sa plus grosse gaffe.Avant d'aller au local des Rockers, il est allé cacher le revolver 357 du meurtre dans un casier au Pro Gym, près de là.Il se disait qu'il reviendrait le chercher plus tard.Ce gymnase est fréquenté par des Hells et leurs amis.Au local des Rockers, tous paraissaient connaître l'« exploit » de Simard.Il a reçu des accolades de Provencher, St-Pierre et plusieurs autres.Vers minuit trente, une heure du matin, Simard quitte le party et retourne au gymnase.Le cadenas a disparu-son arme n'est plus là! Il dort mal, cette nuit-là.Le lendemain, il rencontre Wooley.Ils voient dans le journal ou entendent à la télé que la poiiee est à la recherche d'une minivan rouge.celle qu'il a utilisée.Le hic, c'est que cette camionnette, enregistrée au nom du comptable des Rockers, un dénommé Pierre Hébert, qui demeure dans les Lauren-tides, appartient à St-Pierre.C'est l'autre gaffe.Simard appelle Falls 9 U Alain Simard pour avoir une nouvelle arme, qu'il lui fournira le jour même.Mais vu la disparition de l'arme et; les recherches sur une camionnette .rouge, le club de « football » se rencontre dans un restaurant du \u2022 boulevard Taschereau.« Les gars étaient un peu nerveux ; ils m'ont fait des reproches ; ils ont dit que j'avais fait des er reurs de débutant, que l'arme pouvait se ramasser dans les mains de la police.Ils ont dit qu'il fallait se 1 débarrasser de la minivan, que c'était une erreur magistrale que ; d'avoir utilisé une van appartenant 4 à quelqu'un relié à l'organisation », a dit Simard au jury.De fait, l'arme était déjà entre les mains de la police de la CUiyt-Le concierge du gym, tous les soirs vers minuit, coupe les cadenas qui restent quand l'endroit est vide.Il a coupé celui de Simard et a trouvé l'arme, qui fut remise aux policiers.Comme si ce n'était pas suffisant, une caméra de surveillance, dans ce vestiaire, a capté les images de Simard y plaçant l'arme.La balistique a confirmé dès le 4 avril qu'elle avait servi à tuer Caissy.Pour réparer l'erreur de la minivan, Simard est allé voir Hébert dans les Laurentides et lui a dit de déclarer son véhicule volé.Simard se chargerait de le faire brûler et les policiers ne feraient pas le lien.Ça commençait à chauffer.Le procès, présidé par le juge Fraser Martin, de la Cour supérieure, se poursuit lundi au palais de justice de Montréal.CENTRE DE LIQUIDATION PLEIN AIR L'AVÇriTU&IÇB > .» \\ .: \u2022 40 % à 70% L'ancien local de L'Aventurier Montréal devient un centre de liquidation jusqu'au 26 juillet Vêtements, sacs à dos, sacs de couchage, kayaks d'eau vive etc.I Royal Robbins \u2022 Woolrich \u2022 Chlorophylle \u2022 Lowe Alpine I The North Face Nouveaux arrivages à toutes les semaines 1647, Saint-Denis (514)284-1790 Vainqueur, sans douleur SOLARIUMS-SPECIAUX DU PRINTEMPS TROIS-SAISONS * QUATRE-SAISONS * GAZEBO-PLUS DU 1 MAI AU 24 JUIN 50% DE RABAIS SUR NOS STORE RÉFLÉCHISSANTS FINANCEMENT DISPONIBLE À PARTIR DE 49$ PAR MOIS SITE INTERNET ZYTCO.COM OUVERT LE SAMEDI TÉLÉPHONEZ SANS TARDER.4940 St-Lau (514) (800) is-Fran nt,Qc, H4S-1A7 361 -9232 SPÉCIALISTE DU SOLARIUM GAZEBO-PLUS 8' x 10' SEULEMENT 2495$ > l new balancer 3rSce à dos largeurs multiples, de aa à r.ouj voua garantissons un ajustement pa: à chaque iois.ai: , I I | f f es 1346.av Green.Wesîrr.ounT 935-2993 endurance W 6579.rue St- Denis.Montréal ^ 272-9267 _ ^ TERRA H| FIRMA Centre Eaton de Montréal K'z G' ' 705.rue Ste-Catherine Oues*.no 3-139.Montréal (Qc) *33 4G5 Tel et Fax .(514) 288-4CG6 X Q *Ncs ~oce-es re sc~: cas tous c sec c
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