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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1998-06-19, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, vendredi 19 juin 1998 La Presse ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / PETITES ANNONCES rarester 329IL \u2014 \"24 moo.verwnent Éré-£ t«a» rtr ?950 S ou «V^ioq» 'û Aqurvalont.Tram 3or at j6 f^Aparation inclus 20 000 km par armée.4305, boul.Métropolitain, Est / (514) 725-9304 mmm SUBARU pour Boisclair dévoile le «plan dfaction jeunesse » du gouvernement DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Quelque 433 millions, dont 150 millions de fonds supplémentaires, seront, dans les trois prochaines années, aiguillés par Québec vers un « plan d'action jeunesse » une bro chette de mesures destinées à favoriser l'éducation, l'emploi et les conditions de vie des moins de 30 ans.Hier, le ministre des Relations avec les citoyens, André Boisclair, a finalement dévoilé ce qui se préparait depuis des mois dans les officines gouvernementales.Essentiellement, il mettait de la chair autour des annonces faites par le titulaire des Finances, Bernard Landry, dans le dernier budget.Ces mesures totalisaient quelque 200 millions pour 1998-1999, soit 125 millions de dépenses et 74 millions d'avantages fiscaux.La révision mécanique des trans- Les élections à l'automne de moins en moins probables DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Nouvelle indication que les élections ne sont pas sérieusement considérées pour l'automne, le gouvernement Bouchard reporte à l'automne l'adoption du projet de loi 450, une série d'amendements aux lois électorale et référendaire qui, techniquement, devaient être adoptés avant le prochain scrutin.Cet indice s'ajoute à plusieurs autres.Des collaborateurs importants de Lucien Bouchard viennent de quitter leur poste, le chef de cabinet adjoint François Leblanc et Marthe Laurence, attachée de presse.En outre, une équipe importante est affectée à la préparation d'une tournée commerciale en Amérique du Sud, au début de novembre.M.Bouchard avait d'ailleurs déjà clairement indiqué sa préférence pour un scrutin au printemps 1999.lors d'une rencontre en mai avec des prêteurs américains.Les organisateurs du PQ avaient alors tenté de minimiser cette information.Les amendements du projet de loi 450 visent à ajuster la loi référendaire au jugement de la Cour suprême dans l'affaire Libman.Des dispositions pour permettre les dépenses de tiers touchent aussi la loi électorale.Sans amendement, certains articles seraient vulnérables.Québec devrait techniquement convoquer la Chambre avant la reprise normale des travaux, à la mi-octobre.Avant l'ajournement pour l'été, aujourd'hui, le gouvernement a toutefois forcé l'adoption de deux projets de loi contentieux, le 188 sur les intermédiaires de marchés, parrainé par le ministre des Finances, Bernard Landry, et le 186, la réforme de l'aide sociale de la ministre Louise HareL À ces deux éléments adoptées grâce au « bâillon » \u2014 une disposition d'exception qui permet d'accélérer les débats en Chambre \u2014 on devra probablement ajouter un projet de loi spécial pour tirer un trait sur l'affaire du choix du directeur général des élections.Pour nommer Jacques Girard, un candidat sur lequel tout le monde s'entend, Québec avait besoin d'un amendement spécial à la loi électorale.M.Girard, employé depuis huit ans d'Élections Canada, est domicilié à Ottawa, et n'ayant pas droit de vote au Québec, ne pourrait être admissible au poste de directeur général des élections du Québec.En fait, M.Girard a passé l'essentiel de sa carrière au bureau du DGE à Québec.Froissé que le gouvernement ne l'ait jamais consulté sur ce choix \u2014 des discussions ont eu lieu entre les cabinets de MM.Bouchard et Charest \u2014 Mario Dumont a promis hier de refuser son consentement à ce que ce projet de loi soit adopté rapidement, ce qui forcera Québec à l'intégrer dans le « bâillon », un geste peu élégant pour tout ce qui touche les dispositions électorales.ferts fédéraux pour les jeunes \u2014 une formule au prorata de ce groupe \u2014 a aussi augmenté de 50 millions annuellement les dépenses dévolues au jeunes, pour 150 millions d'ici 2001.Selon le ministre Boisclair, c'est la première fois que le gouvernement québécois propose un plan intégré destiné aux jeunes.Parmi les 70 mesures, autant de « coups de pouce » pour les jeunes, on retrouve des programmes de stage, d'intégration à l'emploi, des sub- ventions pour la création d'em-ploiS/ des mesures pour augmenter les inscriptions en formation professionnelle et pour réduire le décrochage.Le volet « mieux-être » veut venir en aide à ceux qui ont des problèmes de toxicomanie ou d'adaptation sociale.Pour le jeune député libéral Claude Béchard, le seul message qu'envoie Québec avec cette annonce, « c'est qu'ils sont de la chair à élections ».La dernière fois que le gouvernement Parizeau était venu en aide aux jeunes, c'était juste avant le référendum de 1995, ajoute-t-il.Le gouvernement n'a rien fait depuis et à l'approche du scrutin, se décide subitement à faire une annonce qui servira de prétexte pour justifier, cet été, une tournée préélectorale de quelques députés péquistes auprès des jeunes.Selon le ministre Boisclair, le moment de l'annonce a été commandé par l'adoption du plan d'action d'Emploi Québec, une décision annuelle qui sera entérinée d'ici deux semaines.« On prévoit là-dedans la création de 5000 emplois pour les jeunes.Depuis deux ans, il s'en est perdu 17 000 », commente M.Béchard.Le plan d'action propose aussi un nouveau «guichet unique» pour les jeunes « pour coordonner les autres guichets uniques que sont les carrefours jeunesse emploi », a ironisé M.Béchard.Selon lui, il n'y a guère de neuf dans les annonces d'hier.« En plus, on nous apprend que M.Bouchard s'occupera des jeunes une heure par année ».C'est que l'annonce du ministre Boisclair comprend une réunion statutaire entre le premier ministre et le Conseil de la jeunesse.André Boisclair PHOTO REUTERS Axworthy à l'ONU Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lloyd Axworthy (à droite), discute avec l'ambassadeur allemand à l'ONU, Steffen Rudolph, et l'actrice Vanessa Redgrave.M.Axworthy participait hier, aux Nations unies, à une réunion destinée à expliquer un plan d'aide aux jeunes victimes d'exploitation sexuelle.Le plan a été mis au point à Vancouver, plus tôt cette année, par les délégués à un sommet international sur les jeunes victimes d'exploitation sexuelle.Un président de comté invite un dirigeant d'entreprise à la reconnaissance en souscrivant à la caisse du PQ GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC Après les difficultés qu'il a éprouvées à justifier les coûts de la conférence ratée de Churchill Falls, le gouvernement Bouchard se serait bien passé de la nouvelle tuile qui l'a placé dans l'embarras, hier, à l'Assemblée nationale.La députée de Mégantic-Compton, Madeleine Bélanger, a en effet gêné le Parti québécois en révélant le contenu d'une lettre du président du PQ de sa circonscription au dirigeant d'une usine de fabrication de meubles de Lac-Mé-gantic, pour solliciter une contribution à sa caisse électorale.Le signataire, Roger Garant, invite carrément le dirigeant de Bes-tar à la reconnaissance pour une aide financière qui a permis la relance de l'entreprise, il y a quelques années, au moment où elle connaissait des difficultés.L'entreprise, qui emploie 350 personnes, a profité d'un investissement de 4,7 millions qui lui avait été consenti par le Fonds de solidarité de la FTQ.La lettre souligne d'abord l'implication de l'homme d'affaires auprès du Parti libéral du Québec.« Bien qu'il semble que nous soyons adversaires idéologiques, le i Parti québécois fait aujourd'hui appel à votre sens démocratique dans le cadre de sa campagne de financement 1998 », écrit M.Garant en préambule.Le reste de la courte lettre parle de lui-même.En voici le libellé intégral : « Non seulement en politique mais aussi en affaires, le sens démocratique s'applique et fait son oeuvre dans le but de développer le Québec.Votre entreprise a su profiter il y a quelques années d'une relance grâce à un investissement substantiel de la part du Fonds de solidarité de la FTQ.Avons-nous besoin de rappeler que les dirigeants du Fonds qui ont permis cet investissement ne sont pas \"apparentés\" au Parti libéral mais qu'ils ont plutôt des affinités avec le Parti québécois.Cela ne les a pas empêchés d'investir temps et argent pour faire progresser votre entreprise.« C'est dans ce sens non partisan que nous faisons appel à vous dans le cadre de notre campagne de financement.Nous apprécierions que vous sachiez reconnaître les actions posées par des personnes qui, idéologiquement, avaient peu de lien avec vous mais qui sont quand même venues en aide à votre entreprise.t.« Nous comptons sur votre soutien personnel et/ou sur celui de certains de vos dirigeants qui souhaiteraient apporter leur contribution au Parti québécois », écrit Roger Garant, président du PQ de Mégantic-Compton.En post-scrip-tum, il invite l'éventuel donateur à faire connaître ses « coordonnées », afin qu'on puisse lui retourner des La loi électorale du Québec interdit les contributions aux partis politiques par les entreprises ou organismes.Seuls les personnes peuvent le faire.Là, on invite une personne à souscrire à la campagne de financement du PQ, mais.Interrogé par l'opposition libérale, le premier ministre Lucien Bouchard a mis le Verbatim de cette lettre sur le compte de la naïveté et de la « candeur politique ».« Nous allons tous reconnaître que ce n'est pas la lettre la plus délicate qui puisse s'envoyer.On va reconnaître ca.C'est évident.C'est une lettre qui est naïve, qui lait part de beaucoup de candeur politique et je pense en cl Ici qu'il ri'étaU pas forcément opportun de rappeler un prêt obtenu du Fonds lie solidarité et d'établir des similitudes politiques avec le Fonds.H y a beaucoup de inonde au Tonds.Je suis convaincu qu'il y en a de tous les partis », a expliqué le premier ministre en ajoutant qu'on « devrait présumer de la bonne fois » de l'auteur.Le ministre Guy Chevrette, éga> lement appelé à se prononcer sur cette question embarrassante, a parlé de naïveté, mais aussi de transparence.« Y a-t-il en effet plus compromettant qu'une lettre ?» a-t-il fait observer en lançant aux libéraux qu'ils n'avaient pas de leçons à donner, eux qui ont organisé un déjeuner à « 3000 $ pour aller manger une toast avec Jean Charest ».Le critique de l'opposition en matière de Justice, Thomas Mul-cair, a vu du chantage dans cette lettre.« H y a un message clair qui a été envoyé : il faut que tu nous dises merci pour ce que tu as reçu et \"watch-toé\" la prochaine fois si tu ne paies pas », a-t-il exposé en soulignant que le chantage était défini à l'article 346 du Code criminel.Le ministre de la Justice, Serge Ménard, a répondu que si l'opposition n'était pas d'accord avec l'interprétât ion voulant qu'il se soit agi là de la lettre d'un naïf, elle n'avait qu'à soumettre le cas à « un officier parfaitement impartial », le directeur général des élections.i l B 2 LA PRESSE, MONTREAL, VENDREDI 19 JUIN 1998 Editorial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef i i t * Alain Dubuc Le prix de l'arrogance Les Québécois ont réagi avec stupeur en découvrant qu'Hydro-Québec, avec la bénédiction enthousiaste du gouvernement Bouchard, avait englouti 1,6 million dans une opération de relations publiques, d'ailleurs ratée, pour présenter sous un jour favorable une entente avec Terre-Neuve pour un investissement hydroélectrique majeur à Churchill Falls.liiiwiMini iiiiHiiiiiH Ce qui a choqué les gens, ce n'est pas seulement la question d'argent.Ils savent hélas ! fort bien que les gouvernements gaspillent.Si l'aventure de Churchill Falls a fait tant de bruit, c'est qu'elle est le symptôme d'un problème plus profond, une certaine culture du pouvoir, manipulatrice et obsédée par l'image.Ce qui frappe d'abord dans ce fiasco, c'est ce que l'on pourrait appeler le syndrome du bunker, les gestes parfois insensibles d'un gouvernement coupé de son environnement.Que M.Bouchard ait suggéré, de façon « conviviale » comme il l'admet, de confier l'organisation de l'événement Churchill Falls à la firme National est une chose.Mais qu'il n'ait pas ensuite eu les réflexes élémentaires de rappeler à son entourage des consignes d'austérité que l'on impcse ailleurs, et qu'il ne se soit pas ensuite enquis du coût du faste spectacle dont il était la vedette, sont des signes d'un troublant manque de sensibilité.À cela s'ajoute le fait qu'il est difficile de départager, dans cette opération, ce qui relève de l'administration publique et ce qui tient de la stratégie partisane.En mars dernier, donc avant la venue de Jean Charest, les scénarios d'élections hâtives se multipliaient, ne l'oublions pas.L'opération Churchill Falls permettait d'insister sur deux thèmes éminemment électoraux : la croissance économique et le partenariat avec une province voisine.Le fait que M.Bouchard ait proposé que l'on fasse appel à Luc Lavoie, vice-président de National, son ancien chef de cabinet et ami personnel, n'aide pas à dissiper ces soupçons.Évidemment, on a renvoyé la balle à Hydro-Québec, qui a payé les factures.Mais comment se fait-il qu'on ait donné carte blanche à Hydro-Québec qui a récemment mis le gouvernement dans l'eau chaude avec ses dépenses somptuaires ?Il y a, peu importe les présidents, une tradition d'arrogance à Hydro-Québec qui a manifestement été renforcée par la symbiose qui s'est opérée, pendant la crise du verglas, entre le cabinet Bouchard et la direction de la société d'État.Mais il y a un autre problème.Hydro-Québec, malgré les compressions, dispose d'une armée de communica-teurs.Ils sont une bonne centaine.De son côté, le gouvernement du Québec s'entoure de spécialistes en communications, de stratèges, de fabricants d'images.Pourquoi faire appel à une firme extérieure, pas seulement pour des questions logistiques, mais pour développer une stratégie de communication ?Bienvenue à la démocratie par consultants interposés, aux frais du contribuable.Et on sait pourquoi.Les citoyens auraient été aussi bien informés si les premiers ministres des deux provinces avaient annoncé leur projet à St-John ou à Québec.Pourquoi déplacer des journalistes à grands frais au Labrador ?Pour le show.Pour fournir aux chaînes de télévision les images dont elles ont besoin.Ce que l'on retiendra de cette histoire, c'est l'arrogance, tant celle d'Hydro que celle du gouvernement, dont l'illustration la plus éclatante aura été l'idée même d'organiser un événement de relations publiques dans le Grand Nord sans avoir d'abord discuté avec les Innus.Il fallait le faire, quand on sait que le principal obstacle au développement hydroélectrique du Nord a été le refus des autochtones et leur succès face à l'opinion publique mondiale.Le gouvernement Bouchard a voulu tenter le diable.La leçon est venue rapidement.Sans dépenser un sou, sans consultants prestigieux, les Innus, ce fameux 9 mars, ont réussi à faire passer leur message partout sur la planète.La simplicité a aussi ses vertus.DROITS RtSLRVÉS Dédramatiser l'écologie a protection de l'environnement est un domaine où les gouvernements éprouvent beaucoup de mal à décider ce qu'ils doivent faire, et encore plus de difficultés à passer de la parole aux actes.Il y a quelque temps, on parlait énormément des pluies acides et de leurs ravages.Il en est maintenant beaucoup moins question, depuis la signature d'un accord avec les États-Unis.D'une part, parce que l'accord a entraîné une diminution de certaines émissions nocives dans l'atmosphère et, d'autre part, parce qu'on s'est aperçu que certains dégâts, attribués aux pluies acides, sont dus à d'autres causes.C'est ainsi que, dans l'Est du Québec, les pluies acides tombent aussi fort qu'avant, en dépit de tous les efforts.ii inmiii.mini ¦.Pour mieux mesurer l'efficacité de l'État dans sa lutte contre la pollution, les libéraux ont promis, en 1993, de créer un poste de commissaire à l'Environnement, responsable devant le Parlement.Trois ans plus tard, le gouvernement fédéral a effectivement créé ce poste dans le cadre du bureau du Vérificateur général.En gros, le travail du commissaire à l'environnement et au développement durable consiste à veiller à ce que la volonté du Parlement soit reflétée adéquatement dans la gestion gouvernementale.Sa responsabilité à l'égard de l'environnement est ainsi semblable à celle du Vérificateur général.Il ne détermine pas les politiques, il en mesure l'efficacité.Cette approche comporte de grands avantages.En soulignant les erreurs au fur et à mesure qu'elles sont commises, on peut contribuer à l'éducation des politiciens et des fonctionnaires, dans un domaine relativement nouveau.Cela permet, notamment, de faire ressortir le fait que la protection de l'environnement n'est pas seulement l'affaire des ministères concernés par la transformation directe Frédéric Wagnière de l'environnement, comme l'Énergie, l'Agriculture et, bien sûr, l'Environnement lui-même.Le ministère des Finances, par exemple, peut avoir un effet énorme sur l'environnement par le biais de sa réglementation de l'impôt qui dirige les pratiques des entreprises et des particuliers, soit dans un sens qui les encourage à protéger l'environnement, soit, au contraire, vers le je-m'en-foutisme et la dissimulation.Cet examen minutieux des rapports entre la gestion gouvernementale et l'environnement permettra aux députés aux Communes de mieux saisir la complexité des problèmes et d'élaborer des politiques pragmatiques, c'est-à-dire efficaces sans être trop coûteuses.En effet, la politique du gouvernement est souvent plus politique que pratique.Par exemple, le premier ministre Chrétien a promis, lors du Sommet de Kyoto, en 1997, de diminuer les émissions canadiennes de gaz à effet de serre à un rythme plus rapide que les États-Unis.Mais personne ne sait si c'est praticable ou même souhaitable.Une attitude plus terre à terre au sujet des activités du gouvernement et de la protection de l'environnement devrait dissiper en partie la méfiance qui règne dans beaucoup d'industries.En effet, les chefs d'entreprises ont souvent l'impression que les pioblèmes écologiques sont exagérés par la volonté des politiciens de faire du « milla-ge » à leurs dépens.Un examen plus rigoureux des activités du gouvernement pourrait encourager les industriels à aborder le problème d'une façon plus constructive.Dans l'esprit de beaucoup de gens, le développement durable est un euphémisme pour la limitation de la croissance économique.Une des grandes tâches du commissaire à l'environnement et au développement durable doit être de bien faire comprendre qu'il n'est pas nécessaire de diminuer la croissance pour protéger l'environnement, comme il n'a pas été nécessaire de la limiter pour offrir de bonnes conditions de travail aux employés ou une comptabilité fiable aux actionnaires.L'important est de ne pas dramatiser les problèmes écologiques et d'être de bonne foi dans la recherche de solutions.LA BOITE AUX LETTRES Vivement des compteurs d'eau ! ¦ Après avoir connu un mois de mai chaud et sec, entraînant de sérieux problèmes aux semis printa-niers et même à l'approvisionnement en eau de certaines municipalités, comme ce fut le cas à Pierrefonds, je suis toujours étonné de voir des gens arrosant, avec une quasi-jouissance, leur entrée de garage, leur trottoir et autre pa- ' tio.À chaque fois, ça me rappelle comment nous sommes loin d'une .« conscience sociale ».Sommes-nous rendus au point où nous aurons besoin de la police pour nous faire réfléchir à ce genre d'irresponsabilité collective ?Ou alors, vivement des compteurs d'eau ! Richard DAGENAIS Laval Statu quo : pour un débat intelligent ¦ J'ai trouvé très intéressants les commentaires de Mme Jérome-Forget sur les mérites du statu quo.La situation linguistique étant maintenant protégée par la loi 101, elle-même validée par la Cour suprême du Canada, la lutte engagée par les souverainistes est devenue purement idéologique.On pourrait même la qualifier d'une autre époque.L'hostilité du reste du Canada face au Québec devrait nous inciter .) nous engager dans cette voie suggérée par Mme Jérome-Forget.Quel dommage que si peu d'intellectuels s'arrêtent à y penser, comme si il était interdit de débattre du statu quo.J'espère un débat intelligent sur le sujet et je souhaite que Mme Jérome-Forget ne sera pas crucifiée pour avoir osé en parler.René GINGRAS Mégaprogrès ¦ Les plus grands progrès dans l'histoire passent inaperçus, peut-être parce qu'ils coûtent trop peu en comparaison des mégaprojets financés par les deniers publics et qui font actuellement la manchette.Prenons la variole, une maladie horrible et contagieuse qui tuait, à l'époque, quatre a cinq millions de personnes annuellement dans le monde.Ce fut la première et la seule maladie éradiquée grâce à la vaccination.C'était en 1978, après que l'homme fut allé sur la lune.Qui s'en souvient ?Deux autres maladies sont aussi sur le point de disparaître ou presque : la polio et la rougeole.À chaque année, la polio handicapait environ un demi-million d'enfants et la rougeole en tuait au moins deux millions.Or, les enfants peuvent être protégés contre ces deux maladies pour moins de deux dollars chacun.L'Agence canadienne de développement international vient d'annoncer sa participation à une initiative de l'Organisation mondiale de la santé visant a éradiquer ces maladies.Dix millions de dollars par année pendant cinq ans.t Trois fois BRAVO ! Mais qui l'a remarqué ?L'ACDI et le club Kiwanis méritent aussi nos sincères félicitations pour leurs efforts dans l'élimination des carences en iode, première cause mondiale de débilité mentale.Il n'en coûte que cinq cents par personne par année pour ioder le sel.Bientôt, tout le monde pourra, comme nous, prendre le sel iodé.pour acquis ! Polio, rougeole et carence en iode faisaient l'objet de trois des vingt-quatre engagements du Sommet mondial pour les enfants, tenu en 1990.Le Canada s'est aussi engagé, en 1990 puis en 1994, à l'objectif de réduire de moitié le taux de mortalité maternelle parce que 600000 femmes, âgées de quinze à dix-neuf ans pour la plupart, meurent chaque année de causes reliées à la grossesse et à l'accouchement.L'investissement aurait dû être de deux cents millions de dollars par année pour des programmes de santé maternelle, incluant la planification familiale, le suivi de la grossesse et de l'aide qualifiée lors de l'accouchement.Cependant, déficit oblige( ?) les contributions canadiennes stagnent à 50 millions.J'invite monsieur le ministre Paul Martin Paul Martin à rendre l'ACDI capable d'investir dans la santé maternelle, un mégaprogrès pour l'humanité.À deux cents millions par année, on va peut-être le remarquer et quelqu'un pourrait toujours en faire l'objet d'un document multimédia ! Pamela WALDEN-LANDRY Montréal Le « caractère unique » embête les séparatistes ¦ La déclaration de Calgary a fait l'objet, il y a deux semaines, d'un examen factice à relents de jambet-te.Belle occasion pour les politiciens de toutes couleurs de se faire aller les babines.À cet effet, d'aucuns clament que ladite déclaration n'est pas acceptable si le « caractère unique » du Québec qu'elle contient a moins de poids que la « société distincte » mentionnée par tout un chacun au fil des ans.Je vois mal comment une telle affirmation peut être faite quand ces mêmes gens refusent de donner un sens précis tant à « société » qu'à « distincte ».Certains parlent de société distincte par rapport à la culture et à la langue, dans un contexte qui signifie culture française et langue de Molière.Un contexte qui exclut donc les autochtones, les anglophones et les allophones.D'autres associent distincte à différente.D'autres encore y voient un élément d'autonomie politique supplémc maire.D'autres, finalement, un maillon menant à la séparation.L'expression « société distincte » s'apprêtera à toutes sortes de sauces et entretiendra un dialogue de sourds tant que les mots dont elle se compose n'auront pas été définis.Idem pour le mot et l'adjectif « québécois » dont la saveur peut devenir exclusive, selon l'orateur, l'auditoire ou les circonstances.On appelle ça de l'« enfirouapage ».Au moins, dans la déclaration de Calgary, on peut lire que « le caractère unique de la société québécoise, constitué notamment de sa majorité francophone, de sa culture et de sa tradition de droit civil, est fondamental pour le bien-être du Canada », ce qui identifie la société québécoise comme étant différente et inclusive.Ce qui importe, ce n'est pas de disposer de plus de droits que le voisin, pour avoir le plaisir de lui faire un pied de nez, c'est de reconnaître l'égalité des gens dans leur diversité.C'est de savoir que chaque partie du pays est apte à s'épanouir à sa façon dans un cadre où les richesses, les liens sociaux, économiques et familiaux tissés de longue date, la taille de la population et celle du territoire, pour ne nommer que ceux-là, sont une source aux échelles nationale et internationale.L'égalité, la différence, l'autonomie régionale, voilà des assises solides sur lesquelles bâtir ou, dans le cas du Québec, rebâtir l'économie, ce fondement du bien-être des familles.Jean-Claude LEFEBVRE Sutton-Junctlon LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 19 JUIN 1998 Opinions Les nouvelles routes internationales ne désavantagent pas Air Canada DAVID M.COLLENETTE L'auteur est ministre fédéral des Transports.Mon annonce du 2 juin dernier au sujet de l'allocation de nouvelles routes aux transporteurs aériens canadiens a fait couler beaucoup d'encre.Certains prétendent qu'Air Canada est injustement désavantagée par rapport à Canadien.D'autres, dont certains députés du Bloc québécois, se portent à l'attaque contre la politique du gouvernement fédéral en matière de transport aérien international en l'accusant de désavantager le Québec.Permettez-moi de rectifier le tir.Je pense qu'il est essentiel d'ouvrir l'accès aux divers marchés pour notre industrie du transport aérien, ce qui demeure un objectif principal du gouvernement.Nous avons toutefois d'autres objectifs.Nous voulons également nous assurer que l'industrie du transport aérien au Canada demeure viable et, par dessus tout, compétitive.C'est pourquoi notre libéralisation se veut progressive.Toute décision du gouvernement doit donc tenir compte du désir d'Air Canada d'obtenir davantage de routes et de la préférence de Canadien pour une certaine stabilité pendant qu'elle met en oeuvre son programme de réorganisation de quatre ans.Cette libéralisation progressive assurera ainsi un milieu compétitif dont tireront profit, en fin de compte, les consommateurs.Ce qui est en jeu ici, ce sont des questions comme la concurrence dans notre marché aérien intérieur, des milliers d'emplois et les avantages pour les collectivités et les voyageurs partout au pays.Dénigrer ces questions sous prétexte qu'elles sont de nature politique revient à favoriser une situation de monopole avec tous les risques quelle peut comporter.Malgré le scepticisme de certains, je suis convaincu que mon annonce du 2 juin fournit à Air Canada des routes additionnelles dont la portée stratégique est importante ; des routes qui, soit dit en passant, étaient souhaitées par Air Canada.En particulier.Air Canada a fait savoir qu'un service quotidien entre Toronto et Hong Kong était une priorité.Celle-ci lui a été accordée.De même.Air Canada a déclaré que le renforcement de ses alliances commerciales avec ses partenai- res de STAR Alliance, par l'entremise de nouveaux services à partage d'indicatif, était sa principale priorité stratégique.La compagnie a aussi obtenu ce qu'elle voulait dans ce cas-ci.Air Canada voulait également Taïwan.Elle l'aura probablement quand ce marché aura atteint la taille prévue dans notre politique pour absorber un second transporteur, à savoir 300 000 passagers de vols réguliers par an entre le Canada et Taïwan.Le seuil de 300 000 passagers par an a été fixé pour permettre de prendre des décisions qui soient plus transparentes et prévisibles sur la désignation d'un second transporteur canadien.À ce moment-là.Air Canada a applaudi ce critère, car il donnait aux règles une plus grande clarté et définissait le critère sur lequel se fonder pour prendre de telles décisions.Je suis toujours convaincu que ce critère est dans l'intérêt public, puisqu'il permet de dépolitiser les décisions et de les rendre moins arbitraires, et donne aux transporteurs la possibilité de planifier leurs affaires en fonction des résultats obtenus dans le marché.En réalité, je suis stupéfait qu'Air Canada soit déçue et surprise de s'être vu refuser l'octroi de routes pour des marchés dont le nombre de passagers se situe au-dessous du seuil de 300 000 tel que fixé dans notre politique \u2014politique qu'Air Canada connaissait et avait désirée et applaudie à l'époque.J'aimerais ajouter que, durant les dernières années.Air Canada s'est vu désigner plus de 20 routes, incluant Hong Kong, la Belgique, Israël, la Grèce et la Scandinavie.De plus.Air Canada a bénéficié fortement de l'entente « ciel ouvert » Durant les dernières années, Air Canada s'est vu désigner plus de 20 nouvelles rouies, incluant Hong Kong, la Belgique, Israël, la Grèce et la Scandinavie.entre le Canada et les États-Unis, tout comme Canadien d'ailleurs.Enfin, je me suis engagé dans mon annonce à examiner toute la question de l'affectation des routes dans un an en vue d'approuver d'autres affectations, s'il y a lieu.J'espère avoir démontré qu'Air Canada peut s'attendre à tirer grandement profit de ma récente annonce.Je conviens que lorsqu'Air Canada tire profit de la politique, Montréal en tire profit également ainsi que le reste du Québec, sans parler du reste du pays.Ce qui n'est pas dit, cependant, c'est que le Québec tire également partie des nouvelles routes affectées à Canadien.Prenez ces faits en considération : Canadien a 1 300 employés au Québec, dont environ 500 à Montréal ; Canadien a été recrutée pour les deux dernières missions commerciales du Québec, notamment pour le dernier voyage du premier ministre en Nouvelle-Angleterre ; et la société régionale affiliée à Canadien, Inter-Canadien, dessert davantage de collectivités québécoises qu'Air Canada ! Mon message est simple : le Québec, comme le reste du pays, profite tant des possibilités octroyées à Canadien que de celles octroyées à Air Canada.Pour conclure, j'aimerais signaler que la politique canadienne sur le transport aérien international n'est pas statique.Elle continuera d'évoluer au fur et à mesure que les besoins de tous les intervenants seront pris en considération et que les répercussions sur les options de transport aérien des Canadiens seront évaluées.Notre politique vise à libéraliser nos marchés, mais de façon progressive.Je m'attends à ce qu'Air Canada continue de tirer profil grandement de ce processus tout comme les résidants de Montréal et d'autres collectivités canadiennes.Éducation : pour en finir avec la bureaucratisation systématique II est urgent de redonner aux professeurs la souveraineté de leurs salles de classe MATHIEU BOCK-COTE L auteur est étudiant en sciences humaines, profil monde, au collège Ahuntsic.Il est désormais coutumier d'affirmer que le système d'éducation québécois court à la dérive.Manque de professeurs, affaissement du niveau de l'enseignement par la démocratisation de l'éducation, nivellement par le bas, surbureaucratisation des structures éducationnelles liées au ministère.Et cette liste pourrait se poursuivre indéfiniment.Tous ces maux contribuent à faire de notre réseau éducatif une plaie ouverte et si purulente que personne n'ose l'affronter courageusement afin de la désinfecter décisive-ment.La seule mesure supposément significative que les responsables du gouvernement ont tenté d'appliquer consiste en une simili-transformation des piliers du système scolaire, afin qu'il repose dorénavant sur l'affiliation linguistique des commissions scolaires plutôt que sur la confessionnalité de celles-ci.Donnant faussement l'impression d'apporter des correctifs concrets à cette crise institutionnelle que vit l'enseignement au Québec, ce changement n'est en vérité qu'une mesure médiatique sans importance réelle qui sert à occulter l'ensemble des graves problèmes qui touchent notre réseau éducatif et qui le mènent directement au gouffre de la faillite et de l'échec.Trente-cinq ans après la déposition des premières recommandations du rapport Parent, il est légitime de se demander ce qu'est devenu le système d'éducation.Est-il vraiment exemplaire et envié de par le monde, tel que nous le décrivent les bureaucrates du ministère de l'Éducation* flanqués, lorsqu'ils affirment cela, des syndicats enseignants et étudiants?Ou serait-il plutôt devenu progressivement un terreau de la médiocrité, qui «î perdu sa vocation première qui est d'instruire la jeune génération, et qui conduit cette même gener.ition sur la voie de l'inculture généralisée et de la bêtise collective.Ainsi, en tout premier lieu, nous est-il possible d'observer à quel point le réseau scolaire québécois n'est plus apte à transmettre la culture et les savoirs aux jeunes étudiants.Ayant peu à peu cédé à la lubie « mé-thodologisie » des bureaucrates du ministère de l'Éducation, le système d'éducation a désormais comme tâche, non pas de cultiver et d'instruire la jeunesse, mais bien de la robotiser en lui inculquant à tout prix le sens de la méthode.Effectivement, du moins en est-il ainsi au niveau secondaire et collégial, l'essentiel n'est plus d'apprendre à l'étudiant les grands moments de l'histoire québécoise, de lui faire découvrir les oeuvres incontournables de la littérature universelle ou de lui présenter les pensées politiques qui ont défini le vingtième siècle, mais bien, entre autres, de lui apprendre à faire une recherche, à synthétiser sa pensée et à découvrir le monde de l'informatique.On a donc ainsi insidieusement transformé chaque cour en une classe de méthodologie camouflée.Et, comme si ce n'était pas assez, on a même poussé l'audace ( la bêtise ?) au point d'instaurer aux niveaux collégial et secondaire des cours de méthodologie, qui sont les symboles de l'abdication du savoir intellectuel sur l'autel de la sacro-sainte méthode.Au diable la science politique, l'histoire, la littérature, l'économie ou la philosophie.Désormais, ces matières ne serviront plus que de tremplin, afin de faire accéder les étudiants au monde éclairé et éclairant de la technicité.On semble avoir oublié que si la méthode est un élément essentiel afin d'en venir à une compréhension réelle de la matière et du savoir, celle-ci ne doit pas faire l'erreur de devenir le but de l'apprentissage, plutôt que le moyen, car en faisant cela on banalise de fait le savoir, afin d'en faire un simple instrument vers le but idylique de la technique.Ainsi pouvons-nous constater qu'il est impératif de rétablir la culture générale comme prisme à travers lequel on doit orienter et observer l'éducation.L'héritage qui nous est légué ne peut être sacrifié purement et Simplement à la volonté d'uniformisation qui nous touche collectivement.Les étions des professeurs ne doivent plus s'orienter vers la transmission d'une technique, mais bien d'une discipline qui possède ses spécificités méthodologiques propres et qui ne peut être galvaudée impunément en fonction des lubies idéologiques des bureaucrates du MEQ.Les bureaucrates.Parlons-en de cette horde de fonctionnaires québécois qui est en grande partie responsable de la déroute que nous avons observée ci-haut.Si le réseau éducatif connaît une telle débandade, c'est entre autres parce que le siège de l'enseignement et des pouvoirs de décision pédagogiques s'est peu à peu déplacé des salles de classe, et plus spécifiquement des professeurs, vers l'armée de psycho-pédagogues aguerris qui tiennent en otage le ministère de l'Éducation.Testant sur lui, et par conséquent sur les étudiants, leurs « sciences co-gnitives » et autres arnaques métaphysiques qui ont peu à voir avec la transmission du savoir, ils ont peu à peu transformé le ministère de l'Éducation en caserne de recutement pour leurs confrères sortis tout droit des facultés de psychopédagogie et de sciences de l'éducation.Professant une litanie d'inepties qui visent à développer l'estime « socio-affective » des étudiants pour eux-mêmes, leur « capacité à commuuniquer avec leur milieu » et autres bêtises du genre, ils ont eux aussi oublié que la transmission du savoir est davantage une affaire de compétence individuelle et d'expérience personnelle que de théories vaseuses sorties tout droit de leurs manuels de psychologie.Tuant toute initiative et originalité possible des professeurs, ils appliquent leur me- ?Si le réseau éducatif connaît une telle débandade, c'est entre autres parce que le siège de renseignement et des pouvoirs de décision pédagogiques s'est peu à peu déplacé des salles de classe, et plus spécifiquement des professeurs, vers Parmée de psycho-pédagogues aguerris qui tiennent en otage le ministère de PÉducation.thode uniformisatrice partout sur leur passage, sans aucune considération pour ceux qui exercent le réel travail d'enseignement, les enseignants.Face à ce grave problème de bureaucratisation excessive, il est urgent de redonner aux professeurs la souveraineté de leur salle de classe.Il est plus que temps que les fonctionnaires et autres gratte-papiers du genre cessent de confectionner les programmes de cours, sous la fallacieuse argumentation que ceux-ci connaissent la psychologie des étudiants.Il est impératif que les professeurs puissent de nouveau enseigner ce qu'ils jugent adéquat, car dans le cadre du système scolaire, seuls ceux-ci ont une connaissance réelle des savoirs à transmettre et des connaissances à inculquer aux étudiants.Il est grand temps qu'ils récupèrent leurs droits et responsabilités, qui ont été et sont toujours, bien que trop monopolisés par les buraucra-tes du MEQ.Ainsi, comme nous avons pu le constater, ce grave problème qu'est la disparition de la culture est essentiellement causé par le bureaucratisai aigu qui pervertit nos structures éducatives.Il est temps de mettre un terme au monopole « fonc-tionnarien » afin de rétablir les choses comme elles devraient l'être : une culture générale composée de savoirs transmis par les professeurs qui sont les maîtres de leur discipline et à qui ont doit redonner la responsabilité morale de transmettre l'héritage culturel.Nous devons absolument en finir avec la bêtise méthodologique et la bureaucratisa tlon systématique.La santé culturelle d'une génération en dépend pleinement.Agissons.Il y a urgence en la demeure. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 19 JUIN 1998 ZZZM\u20141\u2014\u2014|^S33 ' \u2014 r.-;?^T.r.?rfir;'.vvT-, -.-.- , Les familles des soldats servant au Kosovo sont excédées PHOTO REUTERS Plusieurs centaines de parents venus des quatre coins de la Serbie ont protesté bruyamment, hier, à Belgrade, devant le siège de l'état-major de l'armée yougoslave.L'EXPRESS INTERNATIONAL CHIAPAS Échec parlementaire ¦ Une commission parlementaire, chargée de trouver une issue au conflit du Chiapas, a totalement échoué dans sa tentative de relancer le dialogue, interrompu depuis près de deux ans, entre la guérilla zapatiste et les autorités.Après un séjour de deux jours au Chiapas, la Commission de concorde et pacification ( CO-COPA ), composée de parlementaires appartenant à tous les partis représentés au Congrès mexicain, est rentrée bredouille à Mexico sans avoir pu réaliser son principal objectif: rencontrer le chef des zapatistes, le sous-commandant Marco s, pour le convaincre de reprendre les négociations avec Mexico.Insistant dans le même temps sur le haut degré de violence qui persiste au Chiapas, la COCOPA a demandé au gouvernement de « cesser ses actions tendant à utiliser la force pour régler îe conflit ».d'après AFP JÉRUSALEM Politique de quotas ¦ Avouant officiellement pour la première fois mener une politique de quotas, des fonctionnaires israéliens ont confié hier que la préoccupation du gouvernement concernant Jérusalem était de ne pas voir la population arabe dépasser la barre des 30 %.Ce taux figure dans le plan remis hier au premier ministre Benjamin Netanyahu par une commission chargée du développement de la ville jusqu'en 2020.Selon les chiffres cités par cette commission, la ville comptait en 1995 174 000 Arabes et 417 000 Juifs.Les Palestiniens représentaient alors 29,5 % de la population contre 25,8% en 1967.Si la natalité arabe reste aussi élevée et que certains juifs continuent de quitter la Ville sainte, les Palestiniens pourraient représenter 40 % de la population en 2020, s'inquiète la commission.Ziad Abou Ziad, membre du Conseil législatif palestinien, a dénoncé ces plans en parlant d'une « approche raciste » des choses qui fait part du «nettoyage ethnique» auquel se livrerait Israël à Jérusalem-Est.d'après AP RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Législatives serrées ¦ Quelque huit millions de Tchèques sont appelés aux urnes aujourd'hui et demain pour des élections anticipées qui devraient amener au pouvoir une coalition minoritaire dirigée par les sociaux-démocrates en rem-placement du gouvernement de droite actuel.Les Tchèques en général, le président Vaclav Ha-vel en tête, s'accordent à prédire la victoire du parti social-démocrate CSSD de Milos Zeman, mais, avec ses 27 % d'intentions de vote, ce mouvement en sera réduit à mettre sur pied une coalition minoritaire avec les Chrétiens-démocrates, et peut-être aussi avec le pittoresque Parti des retraités ( DZJ ).La survie d'un gouvernement issu d'une alliance aussi hétéroclite paraît incertaine.d'après AFP AFRIQUE DU SUD Armes chimiques ¦ Des tonnes de substances chimiques mortelles produites par les services du gouvernement à l'époque de l'apartheid ont été jetées à la mer en 1993, a révélé hier un général sud-africain devant la Commission Vérité ei Réconciliation ( TRC ).Le gênerai Niel Knobel, ancien chef des services médicaux militaires, a indiqué que l'Afrique du Sud avait été contrainte de dét ru irises stocks après avoir adhéré a la Convention internationale sur les armes chimiques le 14 janvier 1993.Selon lui, 20 tonneaux de plastique ont été jetés le 27 janvier 1993 dans l'océan Indien, à environ 200 km an large du cap des Aiguilles, le point le plus au sud d'Afrique.Parmi les produits détruits se trouvaient de la cocaïne et de l'ecsta-sy ainsi que des agents invalidants destinés à réduire les capacités mentales des ennemis, .i-t-il ajouté.d'après AFP d'après AFP BELGRADE La colère monte dans les fa-millet; de soldats yougoslaves servant au Kosovo après la mort mercredi d'un appelé, le sixième militaire tué dans des affrontements avec des séparatistes albanais dans cette province du sud de la Serbie.Plusieurs centaines de parents venus des quatre coins de la Serbie ont protesté bruyamment hier à Belgrade devant le siège de l'état-major de l'armée yougoslave ( VJ ), scandant : « Rendez-nous nos fils », « Nous sommes pour la paix », « Cela suffit », « Envoyez les fils d'officiers au Kosovo »\u2022 Ils exigeaient que leurs fils puissent faire leur service militaire hors du Kosovo, considérant que rien ne justifie la présence de l'armée dans la province, cette dernière n'étant l'objet d'aucune agression étrangère.Après deux heures de protestations, ils ont été reçus à l'état-ma-jor, où un général leur a opposé une fin de non-recevoir.« Personne, pas même le chef d'état-major, n'est habilité à ordonner le retrait de ces soldats ni à changer leur affectation », a déclaré le général Gradimir Zivanovic, chef du service d'information de l'armée.« La VJ a pour mission de protéger les frontières du pays », a-t-il dit, expliquant que l'armée avait dû relever ceux qui venaient de terminer leur service militaire par des conscrits des classes de septembre, décembre et mars derniers.Le général a confirmé la mort mercredi au Kosovo d'un appelé, Zoran Andjelkovic, de Vranje ( sud de la Serbie ), tué lors d'une attaque par des séparatistes albanais contre un convoi militaire, selon lui.C'est le sixième militaire yougoslave tué au Kosovo.Les forces de sécurité serbes ont eu 27 tués depuis le début de l'année dans la province, où les combats ont fait plus de 300 morts côté albanais.Les parents protestataires ont an- J00NEED KHAN Le président américain Bill Clinton a endossé hier l'appel lancé la veille par le secrétaire d'État Madeleine Al-bright à l'Iran en vue de rebâtir « une confiance mutuelle » après 20 ans de brouille.« Je suis d'accord avec ce qu'elle «i dit, nous en avons longuement parlé avant son discours », a dit Clinton à la Maison Blanche.« Ce que nous souhaitons, c'est une réconciliation authentique basée sur la réciprocité », a-t-il ajouté.Cette ouverture, annoncée à temps pour les manchettes télévisées de mercredi soir aux États-Unis, concrétise une tendance amorcée depuis l'élection de Mo-hammad Khatami à la présidence de l'Iran en août dernier : porté au pouvoir par des jeunes avides de changement, il avait proposé, dans une interview au réseau CNN, d'accroître les échanges « entre les peuples iranien et américain ».Il s'en est suivi une diplomatie
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