La presse, 5 août 1998, mercredi 5 août 1998
[" D Montréal, mercredi 5 août 1998 E c onomie La Presse BOURSE / PUBLICITÉ-MARKETING Montréal ?Toronto ?New York ?Montréal 3367,14 -105,07 VARIATION DU JOUR: -3.03% AN: -3.05% Toronto 6704.33 -227,10 VARIATION DU JOUR -3.28% AN: -2.88% New York 8487,31 -299,43 VARIATION OU JOUR: -3.41% AN: 3.66% S&P 500 1072,12\t\t\t\t-40.32 VARIATION OU JOUR\t-3.62%\t\tAN:\t12.57% Nasdaq 1785,68\t\t\t\t-65,42 VARIATION DU JOUR:\t-3.53%\t\tAN:\t10.12% Dollar CAN\t65.95\tcents US\t\t-0,19 VARIATION DU JOUR:\t-0.29%\t\tAN:\t-8.96% Dollar US\t1,516\tSCAN\t\t0,004 VARIATION DU JOUR.\t0.29%\t\tAN-\t9.84% Or\t288.80\tSUS\t\t4,80 VARIATION DU JOUR\t1,69%\t\tAN:\t-9.86% Pétrole\t12,11\tsus\t\t-0.34 VARIATION DU JOUR\t: -2,73%\t\tAN:\t-36.66% Immobilier La hausse des hypothèques ne torpillera pas l'habitation page D 3 c Chute brutale des cours boursiers MIVILLE TREMBLAY Constatant l'affaissement de 300 points de l'indice phare de la Bourse de New York, certains analystes se rendent à l'évidence d'une correction ; d'autres vont plus loin et annoncent la fin d'un marché haussier qui dure depuis trois ans et demi.Au son de la cloche marquant la fin d'une séance tumultueuse, le Dow Jones affichait 8487,31, une chute de 3,4 %.Calculée en points, cette baisse est la troisième de l'histoire, mais en pourcentage, elle se classe dixième parmi les plus importantes des dix dernières années.« Après avoir été de sentiment haussier depuis trois ans et demi, je suis maintenant dans le camp des baissiers », a déclaré hier l'influent stratège de Prudential Securities, M.Ralph Acampo-ra.Lundi encore, il prévoyait que le Dow atteindrait les 10 000 points cette année.Il anticipe maintenant une baisse de 20 % qui ramènerait la moyenne à 7470 points.Elle a déjà reculé de 9,1 % depuis son record de 9337,97 points, établi le 17 juillet.M.Richard Bernstein, stratège chez Merrill Lynch, a aussi viré capot, constatant que l'euphorie s'emparait des boursiers, malgré Le Dow Jones des industrielles d'heure en heure 8850 8800 8750 8700 8650 8600 8550 8500 8450 7r3l une détérioration des facteurs fondamentaux.Plutôt pessimiste, il prévoit que les bénéfices des sociétés composant le S6-P500 seront en baisse de 5 à 10% en 1998, par rapport à l'an dernier.Depuis juin, M.Bernstein recommande de réduire ses placements en actions au profit des obligations.M.Denis Durand, associé principal chez Jarislowsky Fraser, dit que c'est « un revirement important du marché », et non une simple correction comme en août ou en octobre 1997, alors que la crainte d'un durcissement du crédit aux \t\tI\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t \t\t1 1 !\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t 10\t.00\t12:00 14\t\t\t00\t16: États-Unis avait déclenché un recul temporaire des indices.Cette fois, les taux d'intérêt ne sont pas coupables ; mais bien les bénéfices des sociétés américaines, qui en raison de la crise asiatique, cessent de croître à une cadence justifiant des multiples élevés.Les actions du S&P 500 cotent 27 fois les bénéfices des quatre trimestres courus, contre 23,5 fois il y a un an.À Toronto, l'indice TSE 300 a chuté de 3,28 %, ou de 227 points, à 6704,33.Le recul totalise 14% depuis le sommet d'avril.Seules les aurifères ont montré de légères hausses, l'or se révélant une valeur refuge dans la tourmente.M.Marc Gagnon, des fonds de placement de l'Industrielle-Allian-ce, n'est pas encore prêt à parler de marché baissier et s'en tient à une correction, pour l'instant.Il note cependant que le sentiment du marché canadien se dété- riore rapidement.Il y a un bon moment déjà que la crise asiatique a frappé les titres de ressources de plein fouet ; depuis le début de l'année, ce sont les plus grandes capitalisations du TSE 300, BCE et les banques, pour l'essentiel, qui ont assuré la montée de l'indice.Hier, ce sont ces titres sensibles aux taux d'intérêt qui ont subi les plus sérieux revers.Les banques ont ainsi chuté de 4,21 %.Au Canada, la crainte d'un relèvement des taux est plus vive qu'aux États-Unis.Les investisseurs se sont réfugiés dans les obligations, où le rendement à 30 ans a fléchi de 5,57 à 5,54 %.Les US Treasuries ont mieux fait encore, car à l'échéance de 10 ans, le rendement américain a glissé sous le niveau canadien pour la première fois depuis février 1997.La faiblesse du huard explique ce renversement.Une baisse du dollar qui est là our durer MAURICE JANNARD Ceux qui espèrent un relèvement prochain de la devise canadienne devront au contraire s'armer de patience.Les spécialistes consultes par La Presse croient que la faiblesse du huard devrait perdurer plusieurs mois encore, sinon davantage.« C'est une sous-évaluation qui n'est pas que temporaire », a affirmé M.Maurice Marchon, professeur d'économie à l'École des Hautes études commerciales ( HEC ).« Il se peut que la remontée du dollar ne se fasse que dans deux ans.» Hier, la devise canadienne a clôturé à 65,95 cents américains, une baisse de 19 centièmes par rapport à la fermeture de vendredi dernier, lundi étant jour de congé des marchés à Toronto.C'est la première fois de son histoire que le huard clôture à un niveau inférieur à 66 cents américains.L'économiste des HEC attribue le déclin fondamental du dollar canadien à la chute de prix des matières premières, qui a pour résultat de diminuer la richesse des entreprises canadiennes reliées au secteur primaire.« Par exemple, si le prix du pétrole baisse de moitié, l'Arabie Saoudite sera deux fois moins riche, car elle n'exporte que ce produit », explique celui-ci.Tant que le Japon et les pays de l'Asie du Sud-Est ne retrouveront pas le chemin la croissance, il y a peu d'espoir à l'horizon pour le huard.« Le ralentissement dans ces pays entraîne une contraction d'un tiers de l'économie mondiale, ce qui fait baisser la demande pour les matières premières.» Celui-ci ne peut dire si la glissade de notre devise est terminée.« C'est difficile à dire, tout dépendra de l'évolution du prix des ressources primaires.» Voir UNE BAISSE en D 2 COUP D'OEIL La chaise musicale des capitaux PAUL DURIVAGE Placements à la mode il n %y a pas si longtemps, les marchés émergetits ont perdu de leur saveur depuis le déclenchement de la crise financière asiatique il y a un peu plus d'un an.Honnissant l'exotisme, les investisseurs ont trouvé refuge dans les grandes bourses occidentales et préférablement celles habitées par des devises fortes.Maintenant que la Bourse de New York s'affaisse à son tour, on peut déjà se demander dans quelle région ce jeu de la chaise musicale s'arrêtera cette fois.Voici, en un coup d'oeil, la performance des bourses et des devises de différents pays pour la période de 12 mois terminée le 31 juillet dernier.Les inégalités boursières dans le monde depuis un an Les bourses canadiennes ont fait moins belle figure que la grande bourse américaine.Mais cette dernière paraît bien blême face à la vigoureuse allemande.De la même manière, les marchés canadiens n'ont pas tant à rougir lorsque comparés aux marchés boursiers des pays asiatiques ou émergents, en forte chute.Allemagne OAX Jnpon 0 Avec la mondialisation des marchés, l'argent se déplace rapidement des régions en difficultés vers les pays les plus prometteurs.Brésil .^50 f W Corée du Sud 0 Phiiipoines^g o Indonésie 0^ 0 ~&o C s -62 ¦ 0 Australie AU Ordinaries +1% La chute des devises par rapport au dollar américain depuis un an En plus de s'être fortement dépréciées sur leurs marchés boursiers, les valeurs asiatiques et des pays en émergence sont encore plus basses lorsque converties en dollars américains.À cet égard, même l'avance boursière de l'Allemagne est réduite tandis que les marchés canadiens offrent un rendement négatif lorsque transposés en dollars US.Russlf>J 0 ' 22 3 Matai >
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