La presse, 29 septembre 1998, B. Politique
[" B Montréal, mardi 29 septembre 1998 ?Politique ÉDITORIAL / OPINIONS / ARTS ET SPECTACLES L'EXPRESS POLITIQUE I8* __m Départ fracassant ¦ Un membre du comité exécutif de l'association péquiste de Mercier, Gaétan Breton, a décidé de claquer la porte du PQ devant l'issue de l'assemblée mise en nomination de dimanche où le ministre Robert Perreault a eu le meilleur sur la politologue, Josée Legault.« Pour sauver ce qui reste du Parti québécois, il devient impérieux de battre ce gouvernement qui n'est plus un gouvernement du Parti québécois » de dire M.Greton.Avec la victoire du ministre Perrault, « la démocratie québécoise vient de descendre un cran plus bas » estime M.Breton pour qui ce résultat illustre « le triomphe de la machine, du mensonge et de la magouille ».Pour lui le résultat de l'assemblée de mise en nomination dans Mercier est en continuité avec le Conseil national péquiste du week-end précédent, « quand Lucien Bouchard a encore une fois détourné la démocratie.Cette fois ci il ne s'en est presque pas mêlé, il a laissé ses hommes de main faire le sale boulot ».Il est inacceptable selon ce militant que M.Perreault ait pu « saupoudrer le comté de subventions » dans les semaines précédant l'assemblée d'investiture.Cela rappelle une « une époque révolue.mais il est vrai que Lucien Bouchard est ce que nous avons connu de plus près de Maurice Duplessis », a-t-il dit.Denis Lessard Martin au secours d'Anwar Ibrahim ¦ Le ministre des Finances, Paul Martin, a lancé un appel, hier, au gouvernement de Malaisie afin qu'il statue immédiatement sur le sort de l'ancien vice-premier ministre et ministre des Finances Anwar Ibrahim, détenu en vertu d'une loi de sécurité intérieure sans que des accusations formelles aient été portées contre lui.M.Martin a parlé d'Anwar Ibrahim comme d'un ami personnel qu'il a appris à connaître très bien au cours des années.« Il fut, a-t-il dit hier, un ministre des Finances avec une vision claire et une conscience sociale.Il fut un contrepoids très important dans le débat entre les économies émergentes et les pays développés sur la réorganisation du système financier international.» M.Martin, qui doit soulever cette question avec le secré-taire général du Commonwealth, Emeka Anyaoku, présentement à Ottawa, demande que M.Ibrahim soit relâché ou que des accusations soient portées contre lui.Les étudiants veulent savoir ¦ Le dossier du « Peppergate » a continué de soulever les passions aux Communes hier, l'opposition reprochant au bureau du premier ministre de ne pas remettre à la Commission des plaintes du public de la GRC les documents relatifs à la répression au poivre de Cayenne d'une manifestations d'étudiants à Vancouver contre l'ex-dicta-teur Suharto.Le chef du NPD, Alexa McDonough, a demandé si le premier ministre, qui affirme vouloir coopérer avec l'enquête, allait appuyer une motion déposée hier par les étudiants qui demandent à la commission d'enquêter également sur les présumées « interférences politiques » du bureau du premier ministre dans le travail de la GRC lors du sommet de l'APEC, à Vancouver, en novembre dernier.Le vice-premier ministre Herb Gray, en l'absence de M.Chrétien, a répondu que la commission était indépendante et que le gouvernement n'avait pas à lui donner d'instructions.Gilles Toupin millions pour le porc Québec veut s'assurer de pouvoir balayer cette facture sous le tapis DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Une entente est imminente entre le gouvernement Bouchard et la Fédération des producteurs de porcs, mais, avant de signer, Québec veut avoir l'assurance qu'il pourra balayer sous le tapis cette facture supplémentaire de 26 millions de dollars.On soumettra aujourd'hui au Vérificateur général, Guy Breton, les hypothèses avancées lors des discussions d'hier entre Québec et les producteurs.Le principe que le gouvernement injectera 26 millions pour maintenir un remboursement de 9,54 $ par porc, tel que revendiqué par les producteurs, est acquis.L'obstacle reste d'identifier la façon de sortir ce déboursé des opéra- tions comptables du gouvernement.Pour Laurent Pellerin, président de l'Union des producteurs agricoles, « les discussions se poursuivent.Le gouvernement veut consulter le Vérificateur général et cela devrait être fait mardi ».Une conférence téléphonique a eu lieu hier après midi, et les discussions techniques devaient se poursuivre hier soir avant que le dossier soit soumis au vérificateur Breton.11 est acquis que la solution proposée sera « universelle », c'est-à-dire qu'elle sera disponible pour tous les producteurs, gros ou petits.On compte 3000 producteurs, mais 10 % produisent 25 % du porc au Québec.Le chef de cabinet du premier ministre Bouchard, Hubert Thibault, était encore hier engagé dans ces discussions.Le ministre de l'Agriculture, Guy Julien, était en Gaspésie, accompagnant le premier ministre Bouchard.Les 26 millions représentent la quote-part du gouvernement dans le programme de stabilisation du secteur du porc, les deux tiers d'une contribution de 40 millions, dont l'autre tiers viendra d'une PHOTOPC Un nouveau député Le chef bloquiste, Gilles Duceppe (à gauche), et le whip du parti, Stéphane Bergeron (à droite), accompagnent le nouveau député du Bloc québécois, Serge Cardin, à son arrivée aux Communes.M.Cardin a remporté l'élection complémentaire du 14 septembre dans Sherbrooke, laissé vacant par le départ de Jean Charest.Le nouvel élu a prêté serment hier.Mercier: le temps d'une paix.Chantai Hébert Si l'orthodoxie souverainiste avait une chapelle, la circonscription montréalaise de Mercier aurait bien des chances de faire l'affaire.Depuis que le poète Gérald Godin y a battu Robert Bourassa, en 1976, le comté est devenu la circonscription fétiche du Parti québécois.Lorsqu'il a pris les rênes du camp du OUI au dernier référendum, Lucien Bouchard y avait même fait son premier arrêt et le plein de ferveur souverainiste avant de prendre le dernier droit de la campagne.Pas surprenant donc que dimanche soir, la lutte à l'investiture péquiste ait fait salle comble.En marge des militants, il s'y trouvait des apparatchiks péquistes, passés et présents, à profusion, des ministres aussi, venus sentir l'air des élections prochaines.Absent de l'assemblée, le premier ministre Bouchard n'en attendait pas moins, pas très loin du téléphone, des nouvelles de la soirée.En principe, le simple fait que la politologue Josée Legault tente de s'emparer du comté du ministre à la Métropole, Robert Perrault, aurait suffi à mobiliser toute une machine.Aucun parti au pouvoir ne prend à la légère l'idée de voir un de ses ministres pris d'assaut de l'intérieur.Mais dimanche soir, les enjeux étaient encore un peu plus gros.Sociale-démocrate jusqu'au bout des ongles, la base militante de Mercier a vécu difficilement la marche forcée vers le déficit zéro et guère plus facilement le chaud-froid du premier ministre Bouchard sur la tenue d'un référendum.Toute la semaine qui a précédé l'assemblée de mise en nomination, les événements, de la valse hésitation sur la tenue du prochain référendum aux réprimandes publiques de Jacques Parizeau en passant par un remaniement très timide et par la croisade linguistique d'Alliance Québec, avaient contribué à rendre le climat propice à la contestation.Si ressac il devait y avoir, on pouvait difficilement imaginer terrain plus fertile que Mercier et meilleure porteuse de ce genre de message que Mme Legault qui a le credo de l'aile la plus militante du PQ collC à la peau.Il ne s'est finalement pas passé grand-chose.Mme Legault a bien réitéré ses critiques sur la timidité de la démarche souverainiste du premier ministre Bouchard.Mais elle a prêché pour sa seule paroisse.Dans le brouhaha général, certaines de ses remarques les plus percutantes sont même passées inaperçues.En bout de piste, le minis- tre Perreault a recueilli trois votes pour chaque deux voix accordées à son adversaire.C'est une performance correcte qui a le mérite de préserver l'avenir politique de la candidate mais l'inconvénient de le mettre sur la glace pour l'immédiat.Barrée à la grande porte du PQ, qui sait si on ne retrouvera pas un jour Josée Legault à la petite porte du Bloc ?Mais ça, c'est pour un autre jour.Pour aujourd'hui, il n'a jamais fait de doute qu'à l'avant-veilie des élections, la révolte avec un R majuscule ne couvait pas au PQ.Quand même, l'assemblée de Mercier n'était pas sans message.De tout temps, l'aile orthodoxe du PQ a été à la fois sa plus bruyante et sa moins testée.Dimanche soir, dans un contexte plutôt favorable, ceux que l'on appelle les « purs et durs » n'ont pas vraiment réussi à joindre le geste à la parole.Mais avant de sauter à de béates conclusions sur l'harmonie préélectorale qui habite son parti, le premier ministre devrait y penser à deux fois.Seulement la moitié des membres inscrits dans Mercier sont venus voter dimanche, et cela, malgré des semaines de sollicitations intenses des deux candidats en lice.Ceux qui se sont déplacés semblaient plus pressés d'en finir que d'en découdre.Il se pourrait bien que, ces jours-ci, la base ultra-militante du PQ préfère rester à la maison plutôt que de se battre contre Lucien Bouchard.Mais cette même base préfère-t-elle également rester chez elle plutôt que se battre pour lui dans des élections ?hausse des primes d'assurances versées par les producteurs.Ces montants sont versés au fonds des assurances agricoles administré par la régie.S'il veut éviter que ces 26 millions apparaissent au déficit du gouvernement, Québec devra faire en sorte que ce fonds d'assurances ne relève plus directement du gouvernement, même par le biais d'une agence gouvernementale, ex-plique-t-on.Déjà, en juin, Québec avait payé 28 millions pour une première allocation au régime d'assurances des producteurs de porc.C'est son projet d'annuler celle prévue pour juillet \u2014 le 9,54 $\u2014 qui a fait bondir les producteurs et entraîné la manifestation de la semaine dernière.Martin propose un débat sur les surplus de l'assurance-emploi GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Le ministre des Finances, Paul Martin, n'a pas l'intention de laisser aller « la marge de manoeuvre financière » que représente pour le gouvernement les surplus de la caisse d'assurance-emploi.Malgré les protestations des partis d'opposition aux Communes hier, malgré celles des syndicats et des éditorialistes de plusieurs journaux canadiens au cours du week-end, M.Martin a laissé entendre à plusieurs reprises hier, à la Chambre ou en d'autres lieux, que les surplus de la caisse d'assurance-emploi pourraient servir soit à réduire les impôts, payer une partie de la dette ou encore à diminuer les cotisations des employés et des employeurs.« Est-ce que le gouvernement va abandonner cette marge de manoeuvre financière qui nous protège contre le retour à des budgets déficitaires ?» a-t-il demandé aux Communes.M.Martin affirme que dans le contexte « volatile » de la situation financière internationale et devant la diminution des ressources du gouvernement, l'utilisation de la caisse d'assurance-emploi doit faire l'objet d'un débat.Mais s'il veut utiliser les surplus de l'assurance-emploi \u2014 qui atteindront 19 milliards à la fin de l'année \u2014 à d'autres fins que celle de la réduction des cotisations, il devra changer la loi d'ici le 31 décembre 1998.« Il n'y a pas eu proposition spécifique faite au cabinet, a affirmé M.Martin.Mais il y a eu un large débat à propos des priorités.\"Et nous croyons que les Canadiens doivent participer à ce débat.» L'actuaire en chef de la caisse, Michel Bédard, s'est indigné la semaine dernière des intentions du gouvernement de détourner la caisse pour réduire les impôts, payer la dette ou pour renflouer le secteur de la santé.Selon lui, les Canadiens paient actuellement 33 % de plus qu'ils ne le devraient à la caisse, ce qui représente des excédents de 6 milliards par année.Les partis d'opposition, qui parlent littéralement de « vol des travailleurs », ont promis hier qu'ils allaient rendre la vie difficile au gouvernement Chrétien sur cette question.« Ce n'est pas un débat à propos des cotisations à l'assurance-emploi ou à propos des surplus, s'est défendu le ministre des Finances.C'est un débat à propos des priorités dans un monde extrêmement volatile, où les revenus du gouvernement ne sont pas aussi importants que le disent beaucoup d'observateur de l'extérieur.Alors nous avons des choix à faire.» Et ces choix, a expliqué le ministre, se feront parmi plusieurs possibilités : réinvestir dans la santé, réduire les impôts, rembourser la dette ou même réduire le taux de cotisation à l'assurance-emploi.D'ailleurs M.Martin a rappelé que depuis que les libéraux sont au pouvoir, ils ont réduit régulièrement les cotisations à l'assurance-emploi.822.rue Sherbrooke Est I4SO] 620-0887 1435.boul.Si-Martin Ouest, bureau 300 ST JEAN L'AIDE AUDITIVEILafflamme & Associés(514)522-6181 Des milliers de malentendants ont retrouvé leurs activités grâce à l'aide auditive.; Elle est si petite et se glisse ^ÊTft confortablement dans l'oreille.*Le modèle Illustré n'est pas couvert par la RAMQ ' * Audioprothésistes MONTRÉAL\" 1 800 422-6181 BELOEIL 366.boul.Laurier, bureau 101 LONGUEUIL gffiiSfflyS^riftnafc.lureaatio 99.placeCbarteiLemoyne,bureau 102 | 32u^»o>uT>i?ec:?e^ffuê^?u?eFu8 GRANBY Qué6S£8 1 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 SEPTEMBRE 1998 Editorial La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Un retard Pierre Gravel désastreux La seule chose qui est indiscutable dans le nébuleux dossier de l'agrandissement du Palais des congrès de Montréal, c'est la conséquence désastreuse de tout nouveau délai avant le début des travaux.Et, à en juger par l'énergie que chacun des intervenants met à imputer à quelqu'un d'autre la responsabilité de ce qui ne se fait pas, ce projet n'est pas à la veille de se concrétiser.¦hmmbmm Au début de la semaine dernière, la direction de ce centre se disait fort préoccupée par la perspective de devoir dire adieu à au moins une quinzaine de congrès internationaux d'envergure qui auraient pu se tenir à Montréal, d'ici 2005, mais qui, en raison de leur nombre trop élevé de participants, devront aller ailleurs où on dispose de locaux plus vastes.Un manque à gagner d'environ 150 millions en retombées économiques, es-time-t-on en déplorant la lenteur du gouvernement fédéral à débloquer les sommes qui auraient été promis pour financer les travaux.« Faux », rétorque aussitôt Ottawa en expliquant qu'il n'y a pas de fonds disponibles pour ce genre de projets et que, si une aide de cet ordre a déjà pu être concevable, celait dans le cadre des programmes d'infrastructures offerts par le gouvernement fédéral.Or, affirme-t-on, quand c'était le moment d'établir les priorités pour profiter de ces crédits, Québec et les autorités de Montréal ont préféré les affecter à d'autres projets, comme des travaux de voiries, qui frappent toujours plus l'imagination des électeurs.« C'est absurde », répond le ministre québécois de la Métropole, Robert Perreault, selon qui son collègue fédéral, Martin Cauchon, a toujours su que ce projet était dans l'air en parallèle avec ce programme dont le dernier volet ne comportait que des crédits de 60 millions qu'il eut été absurde de vouloir consacrer uniquement à ce dossier.Surtout que, ajoute-t-on à Montréal et à Québec, le gouvernement fédéral a déjà contribué au financement de plusieurs autres centres semblables dans d'autres villes canadiennes.En se gardant bien toutefois de préciser que, dans la plupart des cas, il s'agissait de constructions nouvelles et non d'agrandissements dont les coûts sont généralement assumés par les institutions qui existent déjà, les gouvernements locaux ou des promoteurs privés.C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à Montréal, en 1983, lors de la construction de l'actuel Palais dans laquelle Ottawa a fourni 24 millions.Pendant qu'entre Québec et Ottawa, les ministres se renvoient la balle tout en affirmant ne pas vouloir politiser cette histoire, tous les groupes intéressés \u2014 milieux d'affaires, monde syndical, industrie hôtelière, etc.\u2014 ont des sueurs froides en imaginant les effets négatifs d'un avortement de ce projet.On parle ici d'une manne de près de 3 000 emplois temporaires pendant les trois ans que dureraient les travaux de construction d'une valeur totale de 185 millions.En plus d'au moins un millier de nouveaux emplois dont un Palais des congrès agrandi provoquerait la création avec la venue à Montréal de grandes assises internationales.En dépit de tous ces « tiraillages », le ministre fédéral Martin Cauchon continue de se dire confiant de pouvoir trouver à Ottawa les fonds nécessaires pour aider à la concrétisation d'un projet dont, dit-il, on n'a plus à lui démontrer la pertinence.Il faut souhaiter que cet optimisme se traduise au plus tôt en résultats bien tangibles afin de limiter le danger que la dimension politique de ce dossier ne le transforme en nouvelle et inextricable querelle fédérale-provinciale.Une autre de ces chicanes inutiles où tout le monde aurait tout à perdre alors qu'à l'inverse, chacun aurait beaucoup à gagner dans le règlement rapide d'un problème où tout retard se soldera par des pertes probablement irrécupérables.Cl DROrre RLSFRVfcS Monsieur Alternance Pour les Allemands qui l'ont élu chancelier dimanche, Gerhard Schrôder représente surtout l'alternance et le centre.C'est donc un homme très peu attaché à son idéologie et qui a fait remarquablement peu de promesses qui arrive au pouvoir, après avoir été choisi par les socialistes, il y a six mois, parce qu'il semblait capable de battre M.Helmut Kohi.M.Kohi possédait de grandes qualités et, pendant 16 ans, il s'est efforcé de donner à l'Allemagne la place qui lui revient dans le monde.Il a pressé la réunification de l'Allemagne, alors que tout le monde lui y^^^^j^m^m^^^ conseillait d'être prudent, et il est de-tH^^SBw venu un champion de l'unité euro-HIHBBSJbB Prenne.Mais ce Bismarck du XXe siècle n'a pas commis l'erreur de l'autre : avec lui, l'amitié avec la France est demeurée la principale constante de la politique allemande.À la longue, les Allemands n'en pouvaient plus.Ce n'est pas qu'ils étaient en désaccord avec les objectifs de M.Kohi, mais plutôt qu'ils auraient voulu qu'il s'occupe un peu plus de la vie quotidienne et un peu moins de l'histoire.En 16 ans, le chômage a grimpé pour dépasser 12 %, ce qui représente quatre millions de chômeurs pour l'ensemble du pays, une bien triste réalité qui a beaucoup affecté le moral d'un peuple qui s'était habitué à une économie efficace, capable de combler ses besoins de sécurité et de confort.Le nouveau chancelier s'en rend bien compte et son gouvernement donnera la priorité à l'emploi, à l'innovation et à une plus grande justice sociale.Rien de très surprenant pour des socialistes, même si leur programme prévoit d'abaisser les impôts des sociétés et des particuliers, pour mieux relancer l'emploi.\u2022 Frédéric Wagnière On pourrait croire que M.Schrôder est sorti du même moule que le premier ministre britannique Tony Blair, l'incarnation de ce qu'un nouveau socialiste devrait être.Mais la tâche qui l'attend sera beaucoup plus ardue que celle que M.Blair a hérité des conservateurs.Margaret Thatcher et John Major avaient transformé l'économie britannique et, surtout, le marché du travail.M.Blair pouvait, par conséquent, profiter du travail de ses prédécesseurs dans l'application de ses principes socialistes.M.Schrôder, en revanche, devra faire un travail beaucoup plus fondamental et parfois prendre des décisions qui heurteront les sensibilités des vieux socialistes.La question que tout le monde se demande est de savoir si le nouveau chancelier aura la poigne et la ténacité nécessaires pour mener de front une réforme de la fiscalité et une restructuration du marché du travail.Il n'a jamais été un homme aux convictions très profondes ni un bourreau de travail.Il est davantage l'homme du consensus que l'innovateur.Dans ce contexte, la coalition avec les verts \u2014 si elle se réalise \u2014 pourrait être d'une grande utilité.Ce parti, issu du mouvement écologiste, est en réalité une nouvelle gauche, qui occupe le terrain laissé vide par la migration des socio-démocrates vers le centre.Les verts ont souvent des idées extrêmes, comme le retrait de l'OTAN, dont M.Schrôder ne veut même pas entendre parler.Mais cette gauche, qui n'est pas liée par une idéologie remontant au siècle dernier, peut aussi démontrer une capacité de se mettre au travail avec des idées actuelles et réalistes.Les vers constatent, par exemple, qu'il faut encourager le travail et protéger l'environnement.« Soit ! Qu'on taxe l'utilisation de l'énergie et qu'on diminue les taxes sur la masse salariale », disent-ils.On se demande ce que cela ferait à la productivité de l'économie, mais c'est en tout cas une idée nouvelle, le genre d'idée qui pourrait à la rigueur créer les quelque trois millions d'emplois dont l'Allemagne a besoin.LA BOÎTE AUX LETTRES Pour des vignettes VEP plutôt que VIP ¦ La récente mise à jour de la procédure des « vignettes VIP » ( very important person ), mettant certains automobilistes à l'abri des contraventions émises par les préposés de la Ville de Montréal, a le mérite d'avoir permis de constater qu'aucune organisation du secteur public ou privé n'est à l'abri des pratiques contraires à l'éthique.Rappelons que l'affaire remonte à plusieurs années et qu'elle implique une majorité de cadres professionnels et employés préposés aux contraventions de la plus importante ville du Québec, sans compter la participation de plusieurs policiers municipaux.Comment une telle situation a-t-elle pu être tolérée pendant une si longue période alors qu'elle est jugée inéquitable et sûrement illégale par le public?Une fois de plus, les limites du pouvoir judiciaire et de la réglementation ont été atteintes et même dépassées.Devant un tel vide normatif et un tel échec de contrôle administratif, une réflexion éthique devrait pourtant s'imposer.Plus qu'une simple diffusion d'un code d'éthique, la démarche requise doit se donner le temps de bien faire les choses, l'« éthique tact », comme j'aime à l'appeler, requérant la participation de toutes les personnes attachées à l'entreprise publique ou privée.À l'aube du troisième millénaire, nos institutions gouvernementales et municipales se doivent de prendre le « virage éthique » t $ afin, d'une part, d'éviter de telles situations comme celle du « réseau VIP », et d'autre part, d'agir à titre de phare permettant l'atteinte, par la promotion des valeurs, d'un meilleur « vivre ensemble » social.Qui sait si on ne parlera pas plutôt un jour du sympathique « réseau VEP » des « very et hic persans » ! Richard DÉCARIE Institut québécois d'éthique appliquée Autre pratique douteuse ¦ Même si la presse en général n'en a présentement que pour les préposés au stationnement, il existe une autre pratique chez les policiers municipaux qui me semble aussi curieuse.À Baie-Comeau, lorsqu'un policier prend sa retraite, le syndicat a obtenu ( en insistant sur le fait que cela se faisait partout en province ) que la Ville lui remette une « badge », identique à celle du policier en exercice mais sur laquelle on inscrit RETRAITÉ.On ne voulait pas d'une plaque : ça prenait une insigne qui entre dans l'étui de la poche.Croyez-vous réellement que ce cadeau existe uniquement pour rappeler aux retraités leurs bonnes années ?Non, voilà encore une façon d'éviter certains frais à des personnes qui se protègent et qui possèdent les instruments pour appliquer la loi.Aux autres bien entendu.Jean-Maurice PINEL Baie-Comeau Lucien Bouchard Encore le 50 % + 1 ¦ Bravo à monsieur Jean-Pierre Derriennic pour son article du 5 septembre dernier dans votre journal.Comme il le dit « on ne peut jamais être trop clair ».S'il y a un troisième référendum sur un même sujet, c'est parce que les péquistes, imbus de démocratie, n'acceptent pas le résul-tat pourtant démocratique des deux premiers.Il devient alors primordial d'avoir une question et un résultat clairs et honnêtes plutôt que « gagnants » ! À propos de majorité claire, je propose que celle-ci soit de 50 % + 1 du nombre de personnes ayant droit de vote et non pas seulement 50 % + 1 du suffrage exprimé.La démocratie exige qu'on ne badine pas avec l'avenir de millions de personnes.En passant, avec déjà deux référendums remportés par le NON, si le OUI gagne dans un éventuel troisième référendum, cela fera 1 sur 3.Donc beaucoup moins que le 50 % + 1 des démocrates péquistes.D.DIGNARD Montréal Montignac : un vendeur Mme Liai IL- Martin Bordeleau, conseilliere en alimentation m Je réponds à vos doléances parues dans le courrier des lecteurs de La Presse du 23 septembre dernier.Premièrement, je désire vous dire que je n'aime pas qu'on me traite de « colonisée ».Je suis une adepte de la méthode Montignac depuis presque deux ans et savez-vous pourquoi ?Montignac ne s'est pas contenté, comme vous, d'écrire, de publier un livre et d'attendre, bien assis, qu'on l'achète.Je l'ai vu votre livre en librairie mais je ne l'ai pas acheté parce que « les combinaisons alimentaires », je ne savais pas ce que c'était avant Montignac.Et savez-vous pourquoi j'ai acheté le livre « Je mange, donc je maigris » ?Parce que Montignac me l'a VENDUE sa méthode; pas parce qu'il est français.Au lieu de brailler et d'être outrée, chère madame, il aurait fallu hypothéquer votre maison, emprunter à la banque, vous faire commanditer, n'importe quoi pour PUBLICISER ET VENDRE votre livre.Comme vous le comprendrez peut-être, nous ne sommes pas attirés vers les étrangers, nous achetons d'un BON VENDEUR.Et, à votre tirade finale « A beau mentir qui vient de loin ! », eh bien ! sachez que j'ai perdu 10 kilos et que je ne les ai pas repris depuis deux ans.Alors, faites donc votre examen de conscience au lieu de chiâler, en bonne Québécoise.Prenez donc les moyens pour réussir, si jamais vous décidez d'écrire un autre livre.F.RIOPEL Laval Des postiers prudents ¦ Depuis la mi-août, des travaux de réfection des trottoirs sont effectués sur la rue Casgrain où je demeure.Après avoir refait les trottoirs de l'autre côté de la rue, voilà que l'entrepreneur en construction retape ceux de « notre » côté.Cela a coïncidé avec le fait que, pendant une dizaine de jours, nous ne recevions plus de courrier.Légèrement inquiets, nous avons appelé Postes Canada pour tenter de savoir ce qui pouvait bien se passer.On nous a expliqué que, comme la rue est « en construction », ( ce n'est plus seulement le trottoir mais la rue au complet ! ) notre courrier avait été placé en livraison générale.J'ai alors demandé s'il existait une clause de la convention collective des postiers permettant à ceux-ci de ne pas livrer le courrier lorsqu'une rue ( le trottoir en réalité ) est en construction.On m'a répondu que oui, car il y danger de blessures ! Ah bon I Nous sommes en mesure de sortir et d'entrer chez nous tous les jours sans nous blesser, mais les postiers, eux, sont probablement moins aventuriers ! Caroline GUAY Montréal LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 SEPTEMBRE 1998 Opinions Sondages: il faut choisir les bonnes lunettes de lecture Les derniers chiffres démontrent que les libéraux sont toujours en tête, mais ils devraient néanmoins faire réfléchir Jean Charest PIERRE-ALAIN COTNOIR et PIERRE DROUILLY Les auteurs sont membres du GROP ( Groupe de recherche sur l'opinion publique ) Vendredi dernier, La Presse, commentant un sondage CROP, affirmait : « Si des .élections avaient eu lieu cette semaine, le gouvernement du premier ministre Lucien Bouchard aurait été reporté au pouvoir.C'est ce qu'indique un sondage CROP-La Presse-TVA réalisé auprès de 949 répondants entre les 17 et 23 septembre.Il montre que les deux partis sont au coude à coude dans les intentions de vote.Après répartition proportionnelle des discrets, 46 % des Québécois auraient opté pour le PQ contre 45 % pour le PLQ.» Étrangement, ce sondage se démarque par ses résultats des autres sondages publiés en septembre, comme si un revirement complet de l'opinion s'était soudainement produit au sein de la population.Pourtant, si l'on pondère les résultats bruts de ce sondage en utilisant une méthode réaliste de répartition \u2014 le tiers pour le PQ et les deux tiers pour le PLQ \u2014 des répondants discrets ( 20 % de l'échantillon de CROP ), on obtient des résultats diamétralement opposés : le Parti libéral se maintient aux alentours de 49 % des intentions de vote, le Parti québécois atteignant un peu moins de 44 %.Pierre Drouilly Les lecteurs remarqueront que ces résultats ne divergent pas de ceux obtenus au cours des dernières semaines dans d'autres sondages publics, comme l'illustre le tableau ci-joint.Par ailleurs, une compilation des résultats de tous les sondages publiés depuis la fin d'avril dernier ( c'est-à-dire après que l'effet de nouveauté causé par l'arrivée de Jean Charest se soit dissipé ) révèle un phénomène intéressant.Si l'on tire, à partir des résultats de ces sondages pondérés selon une approche réaliste, une projection des tendances, on observe un rétrécissement de l'écart entre les deux principales formations politiques : alors qu'au printemps, le PLQ était nettement au dessus de 50 % des intentions de vote et le PQ à guère plus que 40 %, aujourd'hui le PLQ se situe aux environs de 49-50 % et le PQ aux alentours de 43-44 %.L'écart entre les deux partis, qui était supérieur à 10 %, se retrouve maintenant aux environs de 6 %.Le temps semble donc jouer en faveur du Parti québécois.En fait, du strict point de vue de la projection mathématique, les deux courbes de tendance devraient s'inverser quelque part au printemps 1999, le PQ prenant alors les devants.Ce qui confirmerait pour le PQ le vieil adage voulant que le meilleur allié du politicien demeure encore le temps.Ce qui devrait, par contre, inquiéter les libéraux : car, au-delà d'une victoire en terme de pourcentage, on sait bien que même si le Parti libéral devait conserver une Pondération réaliste des sondage publiés depuis avril\t\t\t\t?s Maisons de sondage\tTerminé le\tPLQ\tPQ 9\tADQ LÉGER & LÉGER\t21 avril - 98\t50%\t43%\t5% CROP\t27 avril - 98\t53%\t39%\t4% S0NDAGEM\t19 mai-98\t54%\t43%\t3% CROP\t20 mai - 98\t52%\t40%\t4% LEGER & LEGER\t27 mai - 98\t51%\t44%\t4% ANGUS REID\t7 juin - 98\t52%\t39%\t7% CROP\t22 juin - 98\t52%\t41%\t4% LEGER & LEGER\t23 juin - 98\t52%\t42%\t5% LEGER & LEGER\t11 août - 98\t51%\t45%\t3% S0M\t12 août-98\t49%\t41%\t5% CROP\t26 août - 98\t51%\t43%\t4% LEGER & LEGER\t29 août - 98\t50%\t44%\t4% \t\t\t\t avance par une marge de moins de 4 % sur le Parti québécois, il risquerait fort de se retrouver dans l'opposition par effet de concentration de son vote dans un certain nombre de circonscriptions.Or, si l'écart entre les deux partis continue de rétrécir, le point d'inflexion faisant passer sous la barre des 4 % l'avance des libéraux apparaîtra, d'après notre projection, dès la deuxième quinzaine de novembre.Le glissement est donc patent.Lent, mais évident ! Reste à savoir si cette tendance plafonnera au cours des prochains mois.Les négociations dans le secteur public, l'annonce d'un budget prometteur sont autant de facteurs pouvant contrecarrer ou nourrir la tendance observée.Pour notre part, nous maintenons toujours que la reconfiguration du paysage électoral produite par l'arrivée de Jean Charest a favorisé les libéraux : en effet, elle leur a permis de retrouver une part de leur électoral perdue à l'occasion du schisme survenu au sein de ce parti, en 1992, entre Allairistes et fédéralistes orthodoxes.Cependant, la performance de Jean Charest, depuis le printemps, n'est pas de nature à consolider cette avance.Peut-être ce dernier veut-il conserver dans sa manche ses meilleurs atouts pour la période électorale ?Mais il devrait savoir que c'est dès Infographie La Presse maintenant que les électeurs se forgent une opinion définitive.À dormir sur ses lauriers printaniers, il-risque de se retrouver Gros-Jean comme devant.Quoique l'avenir nous réserve, l'interprétation des résultats du seul sondage CROP rendu publie par La Presse donne une image déformée de l'opinion publique et pourrait dans ce sens avoir un effe! trompe-l'oeil.Une analyse plus fine montre que si l'opinion publique ne ressemble pas à des montagnes russes, elle possède néanmoins des bassins versants qui seraient actuellement de nature h réjouir les péquistes comme à inquiéter les libéraux.Un taux d'intérêt de 253 932 % ! Le « merveilleux monde des banques » n 'a pas fini de nous étonner MARCEL CÔTÉ L auteur est économiste et membre du groupe Secor.Cher ministre Martin, Vous êtes probablement à étudier les recommandations de la commission MacKay sur l'avenir des services financiers au Canada.Permettez-moi donc d'enrichir votre analyse en apportant une contribution personnelle à la compréhension du fonctionnement du système bancaire canadien.J'ai passé mes vacances estivales dans « les Europes » et payé mes dépenses avec ma carte VISA or.Mon compte de juillet totalisait la somme de 13 840,19$.Lorsque vint le temps de l'acquitter, j'ai décidé de procéder à une petite expérience afin de vérifier les allégations de ma belle-soeur quant au fonctionnement du système VISA.J'ai donc réglé avec un chèque de 13 839.19$, soit 1 S de moins que le solde réclamé.Je n'aurais jamais cru que, ce faisant, j'avais gagné le gros lot : le relevé VISA du mois de septembre m'apprend que le solde impayé, soit 1 $, me coûte 211.61 $ d'intérêt, soit un taux effectif de 253 932 %.Renversant n'est-ce pas ?Deux cent cinquante trois mille neuf cent trente deux pour cent d'intérêt ! Sûrement un record mondial que je m'empresse de soumettre au Guinness Book of Records.Hélas ! ma belle soeur avait raison.Y aurait-il erreur ?La préposée du service à la clientèle du service au titulaire de carte VISA, peu surprise de ma requête, fut catégorique : il n'y a pas eu d'erreur.L'ordinateur de la banque a bien calculé la dépense d'intérêt.Cependant, un tantinet mal à l'aise devant l'ampleur des intérêts, elle m'offrit sur le champ d'effacer les intérêts.Une faveur me dit-elle, car je devais bel et bien les 211,61 $.Je lui ai répondu que j'y penserais et que je la i appellerais.En fait, et à la suite de cette offre si généreuse, j'ai écrit au président de la Banque CIBC et je lui ai demandé un délai d'un mois.Si le taux usuraire de 253 932 % me permettait d'entrer dans le livre des records Guinness, je crois que par vanité je paierais le 211,61$ qu'il me réclame pour m'avoir « prête » 1 $ pendant 1 mois.La méthode de la banque J'ai également lu avec attention les informations écrites au verso du relevé.Ces informations sont forcément en petits caractères et expliquent la méthode qui a amené la Banque CIBC à me charger 253 932 % d'intérêt sur mon solde de 1 S.Le truc est simple.Si l'ordinateur de la banque constate que vous n'avez pas payé tout votre solde, il charge ré- Marcel Côté troactivement vos achats à crédit du mois dernier.Votre carte de crédit n'est plus une carte de crédit, mais une carte de débit, et ce au taux usurier de 18,50 %.L'ordinateur n'a pas d'information à demander.Ce qu'il fait est parfaitement légal : tout est écrit à l'endos de l'état de compte, dans un langage sûrement approuvé par les avocats de la banque.Évidemment, la méthode n'est pas faite pour les personnes qui portent des paiements de 13 000$ par mois et laissent un solde impayé de 1 $.La méthode est plutôt faite pour les gens du monde ordinaire qui ont besoin d'argent et qui ne peuvent payer tout leur solde.Ces personnes sont cuites dans les mains de la banque : pas un sou de crédit gratuit pour eux, qui ont le malheur de ne pas avoir autant d'argent que vous et moi.Lorsqu'elles ne paient pas tout leur solde mensuel, leur carte de crédit est confisquée, ou plutôt transformée en carte de débit, sur un compte où elles empruntent à 18 %.Pour la banque, c'est doublement payant.Un client « emprunte » le solde impayé à un taux de 18 % et, en plus, il paie 8 % sur tous ses nouveaux achats.Pas étonnant que les banques invitent leurs clients à ne pas payer tout leur solde mensuel.Malheureusement, cela frappe surtout les gens à faible revenu.Ce n'est pas le seul truc développé par les banques pour faire mousser les profits de leurs opérations de carte de crédit.Si votre Paul Martin chèque est encaissé par la banque le lendemain de la date d'échéance, elle ne vous paiera aucun intérêt pendant 30 jours : les ordinateurs de la banque calculent les intérêts à sens unique.Autre truc, lorsque vous achetez en dollars américains, la banque convertit le montant en dollars canadiens dans la minute qui suit la transaction, mais ajoute des frais d'ordinateur de plus de 2 %.Des frais semble-t-il si élevés que la banque refuse même d'en dévoiler le montant.La Commission MacKay n'a pas vraiment à examiner les pratiques de cartes de crédit des banques.Pourtant, il s'agit d'une de leurs principales sources de profit.En fait, c'est un secret de polichinelle que les prêts personnels à la consommation, incluant les prêts sur cartes de crédit, sont parmi les postes principaux les plus payants des banques, sinon les plus payants, autant en chiffres absolus qu'en rendement sur le capital.( Suivent : les prêts aux PME et les hypothèques aux particuliers et, loin derrière, les opérations de trésorerie, les prêts et les services aux grandes entreprises, pourtant si bien représentées sur les conseils d'administration des banques.) Pas surprenant que les banques vous demandent l'autorisation de faire plus d'affaires avec les particuliers comme de leur vendre de l'assurance et du crédit bail.Quelques conseils Mon cas illustre de façon absurde les pratiques usurières des banques.Par la désinformation, elles réussissent à confondre leurs clients.Pourquoi ne rappellent-elles pas en caractères normaux, au bas du relevé mensuel, que le non-paiement de la totalité du solde changera rétroactivement les transactions du mois précédent et que celles-ci deviennent des débits d'un compte d'emprunt à 18 % d'intérêts.Il serait intéressant de connaître le rendement sur le capital utilisé des banques sur les « arrérages » des cartes de crédit.Il est sûrement plus élevé que les prêts aux grosses entreprises, et elles n'accepteraient sûrement pas ces reclassifications rétroactives et leurs prêts.Mais les consommateurs sont démunis.Une coalition du silence entre les banques, une collusion implicite quant aux conditions de crédit, de l'information complète ( et en petits caractères ) et on développe le produit le plus payants de la banque ! Vous êtes invité, monsieur le ministre, a vous prononcer sur le dossier des fusions bancaires, de même qu'à titre de consommateur sur des modifications à la Loi sur les banques.J'ose croire que mon record mondial, le 253 932 %, m'autorise à vous offrir bien humblement quelques conseils.Les voici : ?Prenez votre temps.Je ne serais pas surpris qu'il y ait d'autres anguilles sous roche.La Commission MacKay n'a sûrement pas tout découvert sur le merveilleux monde des banques.?Réglementez les banques et en particu lier leurs pratiques de prêts aux particuliers Elles manquent encore de maturité ou son trop gourmandes pour s'autoréglementer.El les doivent bien informer leurs clients.?Faites vous accompagner d'avocats, qui comprennent le langagee d'avocats qu'aflfa tionnent les banques.Elles me font d'ailleurs penser à la reine d'Alice aux pays des merveilles.pour qui les mots signifiaient exactement ce quelle voulait qu'ils signifient.?Demandez leur aussi de traiter tous leurs clients sur le même pied et de les informer clairement.Si une téléphoniste peut effacer l'intérêt su/ un compte de crédit, pourquoi ne le ferait-elle pas automatiquement pour tous les clients.?Finalement, suggérez donc aux banques d'augmenter substantiellement leurs contributions à Centraide.J'ai l'impression qu'avec leurs petits trucs pour calculer les in terets, elles font beaucoup de profits sur le dos des gens à bas revenus.Ce serait faire justice au reste de la société qui fait son boulot sans exploiter les plus démunis.Bonne chance dans vos réflexions. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 SEPTEMBRE 1998 Arts et spectacles Julie Snyder rigole : son Gémeau, elle l'a eu grâce à Vincent Cassel i TELEVISION -4 Louise Cousineau Qu'est-ce qui a fait le plus plaisir à Julie Snyder à la soirée des Gémeaux ?De recevoir le trophée de la meilleure animatrice pour son émission complètement flyée avec Richard Bohringer, José Garcia et Jean-Louis Roux.Julie n'avait pas gagné de Gémeau depuis 90.« En fait, ce Gémeau je l'ai eu grâce à Vincent Cassel », rigole-telle.Tout les fans du Poing J se souviennent de la sortie intempestive du studio de l'acteur français Vincent Cassel qui n'appréciait pas certaines questions.Or, José Garcia tournait à Montréal et regardait l'émission le soir.Quand il a vu son compatriote déguerpir, il a téléphoné à Julie Snyder le lendemain pour lui demander de l'inviter avec Richard Bohringer.« Nous, on va rester jusqu'à la fin », a-t-il promis.Cela a donné une émission décollée, où les deux Français picolaieni au vin rouge et se sont retrouvés dans la piscine, commentant les propos de Jean-Louis Roux.Une pièce d'anthologie.Et un trophée pour Julie Snyder, qui en a aussi gagné un comme productrice de sa grande spéciale avec Céline Dion Lel's talk about lo\\'e avec Julie.« Ce trophée de productrice, c'est rassurant pour l'avenir », a-t-elle commenté hier.On sait que Julie Snyder est maintenant la productrice de son émission, en association avec René An-gélil, comme pour la spéciale qui avait attiré plus de deux millions de téléspectateurs la saison dernière.La même spéciale sur Céline Dion a valu un trophée dimanche après midi au réalisateur Jean La-moureux.Il était tellement nerveux qu'il avait décidé d'aller en chaloupe avec sa blonde, au lieu de se présenter à la cérémonie.Il a bien fait de se présenter au Gala.Tout le monde ne peut être d'accord avec Julie Snyder les choix de l'Académie.Ainsi, dimanche, la couverture radio-canadienne des Jeux de Nagano est repartie avec deux Gémeaux.Vous vous rappelez combien les spectateurs ont pesté contre cette couverture pleine de trous.Les gens de l'industrie qui votent pour les Gémeaux ont été satisfaits.Chacun ses goûts.Omertà 2 méritait tous ses trophées.C'était encore meilleur que la première série, ce qui n'est pas peu dire.La série L'Ombre de t'éper-vier a été sauvée par le jeu des acteurs principaux : Luc Picard et Isa-bel Richer ont eu les Gémeaux d'interprétation.La série a par ailleurs eu seulement deux autres trophées techniques.Côté téléromans, personne n'avait aucune chance contre Sous le signe du lion, une oeuvre gigantesque qui a été couronnée six fois.J'aurais aimé que Jacques Godin soit moins sauvage et aille chercher son prix.« J'ai bien des textes à apprendre et je n'aime pas les mondanités », disait l'interprète de Jérémie Martin hier.Il n'a même pas regardé l'émission : c'est sa petite-fille de 10 ans qui lui a téléphoné pour lui dire : « Grand-papa, t'as ga- _______ gné ! » Il était bien content pour tout son groupe.Note histori-que : trois trophées remportés par Télé-Québec l'ont été poux des émissions qui ont été « tuées » par la nouvelle direction : Anne-Marie Dussault pour sa quotidienne, Bernard Fortin pour Allô Prof et Diane England pour Les Aventures de la cour-^^ÊÊ te échelle 2, qui *VJH sont maintenant a Radio-Canada.La série Des crimes et des hommes 2, qui a été primée dimanche, peut être vue actuellement les vendredis soirs à 22 h 30 au réseau TVA.La première diffusion a eu lieu à Canal D la saison dernière.Un lecteur me demande la différence entre un téléroman et une télésérie.Un téléroman est généralement tourné en studio avec peu de moyens techniques.Il raconte plus qu'il ne montre.Il coûte beaucoup moins cher qu'une télésérie tournée en extérieurs, avec plein d'action que le téléspectateur peut voir au lieu d'imaginer.Scoop, Urgence, Piiparazzi.Les Filles de Caleb sont des téléséries.Les Machos, 4 et demi, Ent'Cadieux sont des téléromans.Mais le prix coûtant ne signifie pas qu'une télésérie est nécessairement meilleure qu'un téléroman.Sous le signe du lion était un téléroman presque entièrement tourné en studio.Et c'était génial.La bonne écriture, au fond, il n'y a que ça.PHOTO DENIS COURVILLE.LaPfMSê Paul Chanel Malenfant, poète, Pierre Ouellet, romancier, représenté par son éditeur Gilles Pellerin, et Marcel Olscamp, essayiste, à la remise des prix 1998 de l'Académie des lettres du Québec.Trois prix de l'Académie des lettres Le poète Paul Chanel Malenfant, l'essayiste Marcel Olscamp et le romancier Pierre Ouellet ont reçu hier les prix de l'Académie des lettres du Québec pour l'année 1998.Fleuves, paru aux éditions Le Noroît, est le vingtième ouvrage de M.Malenfant, né en 1950.Il est professeur à l'Université du Québec à Rimouski.Le lauréat du prix Alain-Grandbois, une commandite de la Fondation Le Cherrier, est l'auteur d'un premier roman remarqué.Quoi, déjà la nuit ?( L'Hexagone ), et il a collaboré à plusieurs revues.Marcel Olscamp, diplômé de l'université McGill, est chargé de cours dans plusieurs institutions.Le lauréat du prix Victor-Barbeau est né en 1958.Il est un spécialiste de Jacques Ferron et le jury lui accorde ce prix de l'essai pour son neuvième ouvrage.Le Fils du notaire.Jacques Ferron 1929-1941, paru chez Fides et dont la suite est attendue.Le prix Ringuet, doté par la Fondation Jean H.Picard, signale la qualité du roman Légende dorée, paru à Québec aux éditions L'instant même.Pierre Ouellet, né en 1950, est professeur à l'Université du Québec à Montréal.Son éditeur, Gilles Pellerin, a reçu le prix en son nom.L'Académie des lettres du Québec décerne ses trois prix tous les ans, ainsi qu'une médaille.Celle-ci sera attribuée à Lise Bissonnette, ex-directrice du Devoir et première présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec.Journées de la culture, prise 2 : un record toutes régions confondues SUZANNE C0LPR0N En l'espace de trois jours, vendredi, samedi et dimanche, les Journées de la culture, prise 2, auront battu leur record de Tan dernier, toutes régions confondues.Il est encore trop tôt pour dresser un bilan \u2014 celui-ci viendra le 10 octobre \u2014, mais on sait déjà que le week-end a été un succès populaire.Des bénévoles ont joint le quart des 650 organisateurs d'activités au téléphone durant la fin de semaine.Là, où l'an dernier, 200 personnes avaient manifesté un intérêt, on en comptait jusqu'à 1000 cette année.Des exemples ?En voici : ¦ Le Monument-National a attiré 600 personnes comparativement à 150, en 1997.¦ Radio-Canada, qui ouvrait ses portes au public durant tout le week-end, a reçu trois fois plus de visiteurs que l'an dernier.¦ Un millier de personnes ont franchi le seuil de l'Ecole de danse Louise Lapierre, à Montréal ; 1100 autres sont allées au Conservatoire d'art dramatique; 230 personnes ont visité le Théâtre de l'illusion.Ainsi de suite, partout au Québec.Il faut dire que les activités gratuites des Journées de la culture se bousculaient par centaines : il y en avait 900 en tout, réparties dans 244 villes.L'an dernier, 163 000 personnes avaient participé aux 731 activités.« C'est comme s'il y avait 900 feux allumés partout au Québec.Les braises sont encore chaudes », a commenté Louise Si-curo, directrice du Secrétariat des Journées de la culture.Un questionnaire acheminé aux 650 organisateurs permettra de dresser un portrait fidèle de la situation, dans deux semaines.En attendant, la directrice se réjouit des premiers commentaires.« Il y a plein de petits événements.Ils ne sont pas toujours grandioses, a-t-elle souligné.L'important, c'est la qualité du contact avec la population.On cherche les gens qui se sentent exclus de la vie culturelle.» Rappelons que l'événement, axé sur la démocratisation de la culture, est né à l'automne 1996, lors du Sommet sur l'économie et l'emploi.But : rassembler le plus grand nombre autour de l'idée de l'accessibilité de la culture.Cette deuxième édition a été réalisée grâce à un budget de 475 000 $ provenant du public et du privé.Les ministères de la Culture, des Affaires municipales et de la Métropole ont accordé une aide fi- nancière de 300 000 $.Le reste du budget est venu de commandites : Bell Canada, Hydro-Québec et le Mouvement Desjardins.Dans les faits, l'argent a surtout servi à payer une campagne nationale de communication et à imprimer le programme des Journées de la culture, encarté dans les journaux.« La campagne publicitaire a été plus forte, plus punchée que l'an dernier », a précisé Mme Si euro.Cela dit, les organisateurs d'activités adhèrent à l'événement sur une base volontaire.Mais s'ils choisissent de participer, ils sont tenus de faire leur propre publicité.Le Secrétariat des Journées de la culture n'alloue aucun budget aux organisateurs, une situation que dénonçait récemment Pierre Salducci, le directeur fondateur des rencontres littéraires.Des livres et des hommes.De son côté, Mme Siruco estime que l'opinion de M.Salducci ne reflète pas celle de la majorité des organisateurs qui, au contraire, trouvent leur profit dans ces journées.« Les 170 personnes du milieu culturel à qui nous avons parlées en fin de semaine étaient enchantées d'avoir participé à l'événement », a-t-elle assuré.Et cela même si, parfois, elles ont dû y engager du temps et de l'argent.OSM : une sorte de Requiem.à l'extérieur MUSIQUE Claude Gingras Rien de nouveau en ce qui concerne la grève des 98 musiciens de l'Orchestre Sympho-nique de Montréal, déclenchée samedi soir.Aucune rencontre des deux parties n'est prévue pour l'instant.Mais les musiciens ne restent pas inactifs.Ce soir, à 19 h 30, en face de la Place des Arts où ils devaient faire au même moment la grande ouverture de saison avec le Requiem de Verdi, ils feront une vigile aux chandelles, circulant au son d'un quintette de cuivres formé de grévistes.« Nous voulons ainsi souligner l'annulation du concert et attirer l'attention sur les conséquences de la grève », indique Jean-Marc Le-clerc, violoniste de l'orchestre, président de l'Association des musiciens, membre du comité de négociation et l'un des porte-parole des musiciens.Leur chef Charles Dutoit ne quitte pas Montréal et attend les développements.Les musiciens le citent comme étant « très conscient que nous sommes sous-payés ».Différentes sources interrogées se disent confiantes que le conflit pourrait être réglé assez rapidement.En attendant, c'est, assez ironiquement, la semaine de la Journée internationale de la Musique.Jeudi 1« octobre est le grand jour, avec, entre autres manifestations, une série de petits concerts gratuits au Complexe Desjardins : les clavecinistes Mireille Lagacé et sa fille Geneviève Soly à 16 h 30 ; des extraits de L'Elisird'amore, de Donizetti, par l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal à 17 h 20; la Cappella McGill et le Groupe vocal de McGill à 18 h 10; et l'Ensemble Amati à 18 h 50.Jeudi soir également, 20 h, deux concerts : à Pollack Hall de McGill, les Violons du Roy, dir.Raffl Ar-menian, et Karina Gauvin, soprano, dans Britten, Grieg et Stravinsky ; à la Chapelle historique du Bon-Pas-teur,Yuli Turovsky et ses Musici dans Mozart, Evangelista, Turina et Dvorak.L'Ensemble Contemporain ¦ Véronique Lacroix et l'Ensemble Contemporain de Montréal feront une place à la musique ukrainienne lors d'un concert samedi soir, 20 h, au Conservatoire.Une partie du programme sera dirigée par le chef ukrainien Petro Tovstoukha.On y entendra des oeuvres de Alla Za-gaikevych et Leonid Hrabovsky et d'autres de Jean Lesage, Isabelle Panneton, Yannick Plamondon et Chris Paul Harman.Rencontre avec les deux compositeurs ukrainiens jeudi.Journée internationale de la musique, à 14 h, au Conservatoire.Dimanche au Studio ¦ Le Studio de Musique ancienne de Montréal ouvre sa 25e saison par un concert de musique chorale dimanche, 20 h, à l'église Saint-Léon de Westmount.Christopher Jack- son dirigera alors des pages de Monteverdi, Cazzati, Cima et Co-lonna.L'agent précise ¦ Coup de téléphone de Californie, de Lisa Sapinkopf, l'agent du Quatuor à cordes de Saint-Pétersbourg, qui se produisait dimanche au Lâches' Morning Musical Club.Le feuillet distribué à là porte mentionnait que le groupe avait enregistré l'intégrale des 15 Quatuors de Chostakovitch.Dans ma critique, je corrigeais : dix quatuors seulement sont enregistrés et six pour l'instant disponibles au disque, ajoutant que, selon le LMMC, cette information provenait de l'agent.Un fax suit de quelques minutes l'appel téléphonique.« Voici l'information exacte envoyée au LMMC », y lit-on.En effet, il y est question d'une intégrale projetée mais non complétée.Ne manquez pas ce cahier spécial demain dans v.v LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 SEPTEMBRE 1998 b 5 Célèbres mais cassés Parmi tous les slogans qu'entonnent ces jours-ci les musiciens en grève de l'OSM, j'avoue que Fa-mous But Broke, traduction de Célèbres mais cassés, est mon préféré.Voilà un slogan qui en trois mots dit tout.Un slogan qui du reste, pourrait être repris par l'ensemble des créateurs de la scène québécoise à l'exception de Normand Brathwaite et de Céline Dion.Évidemment, si vous vous en tenez aux chiffres avancés dans les journaux vous ne comprendrez pas de quoi les musiciens de l'OSM se plaignent.Après tout, 50 600 $ par année ( le salaire de base actuel ) ce n'est peut-être pas le Pérou mais ce n'est pas non plus le BS ni l'Accueil Bonneau.Reste que 50 600 $ par année, c'est moins que ce que gagnent les policiers, les chauffeurs d'auiobus, les croque-morts et les journalistes de La Presse, surtout Réjean Tremblay.Ajoutez à cela que les policiers, les chauffeurs d'autobus, les croque-morts et Réjean n'ont pas à payer leurs instruments de travail.Les musiciens de l'OSM, oui.Et comme un bon violon ou violoncelle coûte entre 50 000$ et 200 000$, les musiciens de l'OSM commencent par payer des hypothèques sur leurs instruments avant de songer à s'acheter un modeste bungalow.S'ajoutent les frais d'entretien et de réparation des instruments.À 35 $ la moindre petite corde, faites vous-mêmes le compte.Et quand ce n'est pas une corde qui pète, c'est un bras qui se casse, un torticolis, une tendinite ou Dieu sait quoi qui s'enflamme et paralyse la musique.Si la blessure est mineure et de courte durée, c'est l'OSM qui paie.Si la blessure se prolonge, c'est l'assurance payée de la poche des musiciens qui prend la relève.Bref, même avec un chèque de 1100 $ par semaine dont le tiers va à l'impôt, les musiciens de l'OSM ont beau être célèbres à travers le monde entier, une fois rentrés chez eux, ils sont cassés comme des clous.Ont-ils raison pour autant de demander des hausses salariales de 27 %, soit 300 $ de plus par semaine pour une augmentation totale de 15 000$ par année?Ont-ils raison de jouer le jeu des ligues majeures et d'exiger le même salaire qu'un musicien de Philadelphie ou Chicago?La réponse, dans les deux cas, est oui.Oui sans l'ombre d'une hésitation.Pas parce qu'ils sont les musiciens les moins payés au monde.Plutôt parce qu'ils n'ont pas à payer les frais de notre vanité.J'entends par cela que nous sommes tous très fiers d'avoir un orchestre de calibre international qui multiplie les prix, les disques et les concerts à l'étranger.À la moindre sélection aux Grammys, nous nous pétons les bretelles.Nous oublions seulement qu'un orchestre de calibre international, ça se paie.Et de préférence en argent américain.Les musiciens de l'OSM n'ont pas à faire les frais de leur succès.Or, c'est exactement ce qui se passe.Comme nous n'avons pas les moyens de financer un orchestre de calibre international, nous demandons aux musi- ciens de le financer pour nous.Le phénomène est loin d'être nouveau.Il est inscrit dans nos gènes.On n'a qu'à se rappeler le fameux « dire qu'on est payés pour faire ce métier-là » lancé un soir par Jean Duceppe à sa sortie de scène.Nathalie PETROWSKI L'idée que des artistes \u2014\u2014 soient payés pour nous donner du plaisir et en prendre eux-mêmes, a longtemps fait frémir notre fibre judéo-chrétienne.Encore aujourd'hui, il y a une part de notre inconscient collectif qui se hérisse dès qu'il est question d'art et d'argent.Un peu plus et on demanderait aux artistes de payer pour avoir le privilège de monter sur scène.Dans un tel contexte, pas étonnant que les musiciens de l'OSM aient mis tant d'année à organiser une début de lutte syndicale.Dans leur for intérieur, ils répugnaient à parler argent.Et puis ils étaient célèbres à travers le monde entier.C'était une belle consolation.Mais c'est fini tout cela.Les musiciens de l'OSM viennent enfin de se réveiller.Ils viennent surtout de comprendre que le meilleur prix de consolation est une augmentation de salaire.Qui pourrait les blâmer ?Riches mais chiches ¦ Montréal et son orchestre ont beau être en plein déclin économique, il reste malgré tout un tas de gens riches en ville.Sont peut-être pas célèbres mais sont riches.Très riches.Je ne demande pas à ces gens de se prendre pour Ted Turner et donner un milliard à l'OSM.N'empêche.Lorsque je regarde la liste des donateurs de l'OSM, je m'interroge sur la générosité de l'élite montréalaise.Les plus généreux appartiennent au cercle de diamant.Année après année, ils versent à l'OSM, 10 000 $ et des poussières.On pourrait légitimement croire qu'ils sont des centaines à donner ce qui représente l'équivalent d'un souper gastronomique au Ritz pour vingt personnes.Erreur.Ils ne sont que cinq : Paul Desmarais et son épouse, Jacqueline, Charles Dutoit, le sénateur Léo Kol-ber et sa femme Sandra.Cinq.Un point et c'est tout.Après eux, un déluge de dons qui oscillent chichement entre 3500 $ et 1000 $.Vous me direz que mille dollars c'est mieux que rien du tout.Mieux, en tout cas, que ce que ne donnent même pas les Jean Coutu, Charles Sirois, Laurent Beaudoin, Claude Blanchet et François Lcgault de ce monde, heureux millionnaires pour qui l'un des plus grands orchestres symphoniques du monde n'existe tout simplement pas.Oui, mille dollars c'est déjà ça de pris.Reste que lorsqu'on est plusieurs fois millionnaires, mille dollars c'est l'équivalent de trente sous.Je le répète, je ne demande pas à ces gens de se prendre pour Ted Turner.Je leur demande seulement de choisir la musique et la vitalité de la vie culturelle montréalaise avant l'agrandissement de la piscine intérieure.Fernand Robidoux, un des pionniers de la chanson québécoise, n'est plus JEAN BEAUN0YER Fernand Robidoux, pionnier de la chanson québécoise, est décédé subitement dimanche matin à la résidene Maisonneuve, les deux poings crispés sur le coeur à l'âge de 78 ans.Celui que Ton surnommait le Jean Sa-blon québécois a obtenu son premier grand succès sur disque Rca Victor avec la chanson Je croyais, version française de Promises en 1947.Succédant à Jean Lai onde, Fernand Robidoux est devenu le crooner le plus populaire du Québec à la fin des années 40 avant de tenter sa chance en Europe.Il a d'abord enregistré un album de chansons québécoises à Londres dont la majorité avait été composée par Raymond Lévesque et entreprenait par la suite une carrière qui s'annonçait prometteuse à Paris.Le journaliste et biographe Philippe La-framboise affirme qu'un accident de la route qui a failli lui coûter la vie à Paris, a mis fin à sa carrière internationale.Robidoux a mis quelques années à se remettre de cet accident et a vécu une éclipse totale avant de revenir au pays avec une nouvelle compagne, Moune Victor, qui le secondera pendant plusieurs années.C'est alors qu'il créé en 1963 le Music-Hall Digest, une émission de chansons francophones diffusée dans plus de 30 stations radiophoniques.Robidoux poursuit ainsi son objectif de lutter contre l'envahissement de la musique américaine.En 1949, il avait déjà fondé avec Robert L'Herbier, un magazine bimensuel Radio 49 dont le but était de promouvoir la chanson canadienne.« Ça lui déplaisait de chanter les chansons des autres et il croyait, tout comme moi, qu'on ne devient pas une vedette avec des chansons traduites », racontait Robert L'Herbier qui enregistrait chez RCA Victor, à la même époque que Fernand Robidoux.« C'est vrai qu'il était un rêveur, et que j'étais l'homme d'affaires, poursuivait monsieur L'Herbier, toujours actif à 77 ans, et il faut croire qu'on se complétait fort bien.Il écrivait très bien et j'aimais son style.Malheureusement, on ne s'était pas revu depuis bien longtemps ».Pierre Lalonde parle de Fernard Robidoux comme d'un oncle qui venait souvent à la maison, travailler avec son père, Jean Lalonde, alors que les deux hommes étaient au sommet de leur popularité : « C'était le Bing Crosby de cette époque.Il a inspiré les crooners ».Né le 17 janvier 1920, Fernand Robidoux, aura été l'un des premiers à défendre la chanson québécoise ( alors dite canadienne ) et a fait connaître son éternel ami Raymond Lévesque, avant même que les Français ne le découvrent quelques années plus tard.Toute sa vie, il a lutté pour la reconnaissance de la culture québécoise sans connaître les joies et le confort matériel du vedettariat.« De toute façon, je crois que le vedettariat le rendait mal à l'aise.Quel homme ! qui a conduit sa carrière comme un rêveur », disait Philippe La framboise, en le regrettant comme plusieurs de ses véritables amis.La maison Alfred Dallaire dispose actuellement de la dépouille mortelle et nous a fait savoir qu'elle ignore pour l'instant quand le corps de Fernand Roboux sera exposé.Fernand Robidoux Participez au concours du Salon habitat d'automne la Presse, CKOleX le Salon lubii.it d'automne voub invitent à participer au < oneaurs La Belle Epoque du Titanic et ainsi courir \u2022 la chance de gagner une magnifique chambre Elysée complète de TtwmasviUe offerte [>ai mooma m< luanl entre autres un lit (al«\u2022( h*', tables de nuit, < ommode et un miroir a battants, le tout d'une valeur de près de 22 000 S POUR PARTICIPER rien de plus simple l Il suffit de compléter ce coupon de participation et de le déposer dans le stand de Mobilia lors de votre visite au Salon habitat d'automne, ou encore postez-le à l'adresse suivante : La Presse Concours \u2022La Belle époque du Titanic» CP.110S5 Suce Centre ville Montréal (Québec) H3C4Z2 les règlements du concours sont disponibles au Salon habitat d'automne et à Lo Presse.Les coupons doivent être reçus a La Presse au plus tard le vendredi 2 octobre à 12h.Les facsimiles reproduits a la main sont acceptes.Du 30 septembre au 4 octobre Place Bonaventure » i i i i | i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i » c oiicoùr$ Gdçncz un mobCer complet de chambre à couctw Efy^e de ThomasvWe, offert par Mobttw, induant entre autres, un ht calèche, tables de nurt.commode et un miroir à battants, le tout d'une valeur de près de 22 000 S.SALON* HABITAT D'AUTOMNE Nom : Le tirage aura Heu au Salon habitat d automne le dimanche 4 octobre à 18h.Age Adresse : ville :_ App.: code postal X Téléphone :
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