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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1999-03-27, Collections de BAnQ.

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[" I B Montréal, samedi 27 mars 1999 Plus La Presse \u2022 ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / MÉTÉO Kosovo Dans quel bourbier l'OTAN s'est-elle enfoncée?page B 8 Les souverainistes cherchent un divorce à l'amiable L'appui à la souveraineté dépend largement du « comment » Denis Lessard du bureau de La Presse QUÉBEC Même chez les souverainistes québécois, on tient à un « divorce à l'amiable » avec le Canada anglais au lendemain d'un OUI référendaire.On souhaite aussi voir Ottawa et Québec s'entendre sur le libellé de la question, mais on pense aussi qu'ils devraient « superviser » ensemble le scrutin ! Tels sont les constats, souvent surprenants, d'une toute récente enquête CROP réalisée pour le compte du mouvement Citoyens de la nation, présidé par l'avocat de Québec, Guy Bertrand.CROP a rédigé une quarantaine de questions, soumises à plus de 1000 personnes, du 11 au 21 mars, au moment où, profitant d'un périple européen, le premier ministre Bouchard ferraillait avec le gouvernement fédéral et revendiquait plus d'espace pour le Québec sur la scène internationale.Avec la déclaration de M.Bouchard au lendemain du scrutin du 30 novembre \u2014 pas de référendum pour la première moitié du mandat\u2014 les réponses aux questions de CROP sont susceptibles d'alimenter plusieurs mois de débat.Le délai est bienvenu.Pour le vice-président de CROP, Claude Gauthier, c'est là une des révélations du sondage.« On n'entend pas souvent que chez les Québécois qui veulent la souveraineté, on veut aussi que le processus ait été mûrement réfléchi », résume-t-il.« Les gens rêvent d'une sorte d'entente, qu'un certain nombre de choses soient convenues à l'avance, de sorte que, si la souveraineté l'emportait, on ne serait pas engagé dans une nouvelle ère de palabres et de discussions », poursuit-il.Ces vérités, souligne M.Gauthier, « ne se disent pas souvent, surtout pas entre souverainistes, mais ce qui frappe, c'est que même les souverainistes veulent un « divorce à l'amiable ».Le référendum n'est pas pour demain, mais pour l'heure, une forte majorité de Québécois estiment que la thèse souverainiste serait contredite si elle était soumise au suffrage populaire.Pas moins de 59 % des Québécois prédisent une défaite du OUI à la souveraineté si Lucien Bouchard déclenche un référendum durant ce mandat.En outre, chez les souverainistes, seulement la moitié ( 53 % ) estiment probable une victoire du OUI, durant l'actuel mandat.Des surprises La question traditionnelle sur les intentions de vote référendaire ne débouche pas sur une surprise.Pour une souveraineté assortie d'une offre de partenari.it au Canada anglais, 41 % des Québécois voteraient OUI, et 48 % NON.En repartissent les 11 % d'indécis, CROP estime que la thèse de la souveraineté-partenariat aurait l'aval de 45 % des électeurs, le meilleurs score depuis l'été dernier.Mais tout change dès qu'on modifie la question référendaire.Seulement 25 % des Québécois voteraient OUI à un référendum qui ne déboucherait pas sur un partenariat économique avec le reste du pays.« Si on parvenait à convaincre les Québécois qu'il n'y aura pas de partenariat, cela aurait un effet important, ce que les gens achètent, c'est l'idée de souveraineté-partenariat », résume M.Gauthier.Quand le passeport canadien est mis dans la balance, 29 % des Québécois restent tout de même prêts à voter OUI, quitte à perdre leur ci-toyennenté canadienne.L'un des constats de CROP est que cette préoccupation déborde les rangs fédéralistes.« En fait, seulement 60 % des partisans de la souveraineté-partenariat continueraient d'appuyer la souveraineté sans partenariat ».Par ailleurs 30 % des gens favorables à la souveraineté changeraient d'idée s'ils devaient renoncer à la citoyenneté canadienne.Encore des surprises Mais les surprises ne s'arrêtent pas là.Dans une série de questions, CROP a vérifié les attentes des gens quant aux règles entourant la tenue d'un nouveau référendum.Pas moins de 59 % de ceux qui appuient la souveraineté pensent qu'il vaudrait mieux créer une commission fédérale-provinciale indépendante pour établir les règles entourant la sécession d'une province.Dans l'ensemble de la population, 53 % des gens sont de cet avis.Une majorité de Québécois, 55%, et de francophones, 51%, estiment qu'Ottawa et Québec devraient établir les règles selon lesquelles se déroulerait la séparation.Trente-trois pour cent estiment que le Canada ne devrait pas avoir son mot à dire sur cette question.Chez les souverainistes, 44 % sont d'accord avec l'idée de règles prénégociées entre Ottawa et Québec.Il y a davantage de gens qui croient que ces règles devraient être établies avant la tenue du prochain référendum.Une personne sur trois, 32 %, pense qu'il faudrait les préparer dès maintenant, 14 % estiment qu'elles peuvent attendre le déclenchement du référendum.Quatre électeurs sur dix, soit 39 %, pensent qu'il vaudrait mieux attendre que le OUI l'emporte pour s'attaquer aux conditions de la sécession.Sur la formulation de la question référendaire, 76 % des gens pen- SONDAGE CROP Intention de vote au référendum selon trois scénarios Avec partenariat Sans partenariat Sans citoyenneté ni passeport % % % Oui 41 25 29 Non 48 62 59 Discrets 11 13 12 Perception de la notion de peuple Oui Non NSP/Refus Croyez-vous que les Québécois constituent un peuple?77 19 Croyez-vous que les Canadiens constituent un peuple?86 11 Croyez-vous que les Cris et Inuits du Québec constituent un peuple?80 13 Identité nationale Diriez-vous que vous vous définissez : Total % Francophones % Autres % D'abord comme Québécois 49 57 8 D'abord comme Canadien 25 18 56 Egalement Canadien et Québécois 23 22 28 Autre, sans opinion Conditions d'un référendum Afind'éiitertoutedisputequant à Vintiiprénationdesrésultatsd'unfutur référendum seriez-vous d'accord ou non pourqueles^om'emenientsdu Québec et du Gmadas'etitendent : En accord En désaccord NSP/Refus Sur la formulation de la question référendaire 76 19 Sur le pourcentage de vote requis par le camp du OUI pour enclencher le processus menante l'indépendance du Québec 73 20 Infographie U Presse METHODOLOGIE Ce sondage CROP a été réalisé pour le compte du mouvement des Citoyens de la nation, présidé par Me Guy Bertrand.Les résultats reposent sur 1002 entrevues téléphoniques effectuées à partir du central téléphonique de CROP à Montréal du 11 au 21 mars 1999.Le taux de réponse enregistré lors du sondage est de 58 %.Les résultats furent pondérés sur la base du recensement de 1996 afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence des répondants et leur langue d'usage.D'un point de vue statistique, un échantillon de cette taille est précis à trois points de pourcentage près, 19 fois sur 20.sent que Québec et Ottawa devraient au préalable s'entendre sur la formulation \u2014 les questions où on parle d'entente et de consensus font toujours recette, conviennent les sondeurs.Il n'en reste pas moins que 69 % des voleurs « souverainistes » pensent que la question devrait faire l'objet d'un consensus entre Ottawa et Québec.Quand il s'agit de décider de la hauteur de la barre, seulement 30 % d«rs répondants estiment qu'il suffit d'obtenir la majorité des 50 %.La majorité des Québécois, 63 %, estiment que la barre devrait être plus élevée que la majorité simple.À une autre question, les répondants ont en moyenne proposé un seuil de 58 % pour enclencher le processus menant à la souveraineté.Par ailleurs, 75 % des répondants \u2014 et les deux tiers des souverainistes\u2014 sont d'accord pour que le vote référendaire « soit su- pervisé par les instances canadiennes et québécoises ».Le débat sur la partition du Québec paraît mis au rancart \u2014 on peut penser qu'il reprendrait rapidement si l'échéance référendaire se précisait.D'autant plus que l'opinion publique paraît particuliè-ment ambiguë.Qu'on en juge.Selon CROP, 45 % des gens s'accordent pour dire que les gens qui habitent les comtés et qui auraient majoritairement repoussé la souveraineté « devraient avoir le droit de demeurer dans la province de Québec, sur un territoire réduit mais faisant encore partie du Canada ».Mais dès que la question évoque la possibilité de « partager le territoire » québécois entre fédéralistes et souverainistes, l'appui à cette idée chute à 39 %.Pour trois personnes sur quatre ( 76 % ), il est aussi légitime de vouloir rester au Canada que de vouloir s'en séparer.Une personne sur deux environ ( 52 % ) croit que ces deux avenues sont conciliables et 39 % des répondants estiment possible de partager le territoire d'un Québec souverain entre fédéralistes, souverainistes et autochtones.Un seul référendum L'idée d'un second référendum pour ratifier les décisions du premier n'a guère d'appui ; 41 % des gens y sont intéressés tandis qu'une personne sur deux la rejette carrément.Autre constat de l'enquête, la notion de « peuple » ne paraît pas être très déterminante pour les Québécois \u2014 indifféremment, les Canadiens, les Québécois et les autochtones constituent des « peuples » pour une majorité de répondants, quelle que soit leur langue ou leur option politique.Ainsi, pour 86 % des gens, les Canadiens constituent un peuple, un statut qu'ont aussi les autochtones pour 80 % des répondants.Presque la même proportion \u2014 77 % \u2014 estiment que les Québécois forment aussi un peuple.Le sentiment d'identité nationale des Québécois est plus tranché ; une personne sur deux ( 49 % ) se considère d'abord ou même uniquement comme Québécois, un groupe deux fois plus important que ceux qui s'identifient « d'abord » ou « uniquement » comme Canadiens ( 25 % ).Un autre quart de la population ( 23 % ) s'identifie tout autant au Canada qu'au Québec.Chez les francophones, on est d'abord ou uniquement Québécois à 57 % tandis que 56 % des anglophones et des allophones s'estiment d'abord ou uniquement Canadiens.Chez les voteurs souverainistes.C'était prévisible, on est d'abord ou exclusivement Québécois à 79 %.Finalement, dure réalité pour Me Guy Bertrand dont le groupe commanditait l'enquête CROP, seulement 3 % des répondants identifient l'avocat de Québec comme le porte-étendard des Citoyens de la nation.9 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 Editorial La Presse André Desmarais PRÉSIDENT DU CONSIilL D'ADMINISTRATION Roger D.Landry PRÉSIDENT ET ÉDITEUR Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pierre Gravel pgravel@lapresse.ca Les Expos: un ballon?Surtout pas de fausse joie ! Ce n'est pas encore un coup sûr.Peut-être simplement une autre balle fausse.Après deux prises.Donc sans conséquence.Mais qui aura au moins permis d'observer un bel élan du ministre Bernard Landry.Reste à voir si ce sera un simple ballon dans les estrades pour impressionner le monde.Ou, pour les Expos, une occasion de marquer des points.¦¦¦¦iiiniii\u2014i Ce qui est clair et rassurant, en tout cas, c'est le double message transmis cette semaine par le vice-premier ministre au nom du gouvernement à ceux que préoccupe l'avenir du baseball à Montréal.Message d'ouverture d'abord à l'hypothèse d'une collaboration entre Québec et les Expos.C'est là une attitude qui ressemble à un démenti de cette impression d'un refus irrévocable de toute discussion à ce sujet qu'avait donné la dernière rencontre entre les dirigeants du club et M.Bouchard.Plutôt que de se braquer dans une position doctrinale d'autant plus facile qu'elle serait à la limite de la démagogie \u2014 pas question qu'on investisse dans le sport professionnel quand on manque d'argent pour les hôpitaux et les écoles \u2014 on se montre, avec raison, disposé à considérer ce dossier comme n'importe quelle autre proposition d'affaires.C'est cependant également un message de prudence qui a de quoi rassurer tous ceux qu'effraie la seule évocation d'une lointaine possibilité que l'État injecte encore des fonds publics dans une aventure qui pourrait bien donner naissance à un nouvel éléphant blanc.Pas question donc, selon l'assurance donnée par M.Landry, d'engager Québec dans un projet qui pourrait « être choquant pour le contribuable » ou amener le ministre des Finances à revoir ses priorités.Une promesse qui fait plaisir à entendre.La seule chose qui paraît claire, pour l'instant, c'est que le gouvernement est maintenant prêt, compte tenu du nouveau plan qui lui a été soumis, à admettre que les Expos jouent un rôle utile à Montréal en matière de visibilité et de promotion touristique.Et qu'on peut envisager de payer un prix raisonnable pour ce service tant qu'il sera rendu.Exactement comme on le ferait en acceptant d'acheter un espace publicitaire dans un programme souvenir ou en commanditant autrement une activité jugée rentable sur le plan de la diffusion d'une image.Sans autre engagement.En étant entendu que cette forme d'association cesse dès le moment où le véhicule publicitaire arrête de jouer son rôle.Sur cette base, et compte tenu des études sérieuses démontrant la rentabilité « touristique » des Expos, rien ne s'oppose à ce que le gouvernement puise dans ses budgets de publicité pour utiliser cet intéressant vecteur d'une image dynamique de Montréal et même de tout le Québec.Libre ensuite aux propriétaires de l'équipe de se servir de ces revenus pour payer les intérêts d'un emprunt.Et tant mieux pour eux, et pour les amateurs de baseball, s'ils sont capables avec cette « promesse d'achat conditionnel » de convaincre des bailleurs de fonds de leur faire crédit.Et de persuader les autorités fédérales d'apporter également leur aide.Évidemment à l'intérieur de paramètres semblables.C'est-à-dire, sans que des fonds publics soient engagés, d'une façon ou d'une autre, dans un projet qui ne serait pas soumis aux même exigences de rentabilité et de sérieux qu'on impose à quiconque demande l'aide de l'État.Une vérité en tout cas devrait être claire pour tout le monde, y compris les propriétaires des clubs de hockey qui se préparent déjà à citer les Expos comme un précédent en leur faveur.C'est qu'il y a une nuance importante entre des subventions directes ou indirectes, \u2014 abris fiscaux ou autres \u2014 et le paiement d'un service promotionnel dont des études sérieuses peuvent mesurer la valeur.Québec étend à l'agriculture uerre diplomatique < S fW>, 4 i \\ \u2022\u2022\u2022\u2022 V ¦ v DROITS RÉSERVES scrge.chapleauCa lapresse.ca Après l'impunité En refusant l'immunité à l'ex-dictateur Au-gusto Pinochet, les juges de la Chambre des lords n'ont pas mis fin à la saga politico-judiciaire déclenchée par l'arrestation du général, lors de sa visite de santé à Londres.Mais ils ont ajouté une brique importante à la fragile construction d'une justice internationale qui tente, tant bien que mal, de tenir les tyrans de ce monde responsables de leurs exactions.BHBn«Hn Pinochet a été arrêté en octobre à la demande de la justice espagnole.La plus haute instance judiciaire britannique a rejeté sa demande d'immunité, une première fois, un mois après son arrestation.Ironiquement, cet arrêt a été cassé pour une question de conflit d'intérêts : l'un des juges avait omis de révéler ses liens avec Amnistie Internationale.La nouvelle décision, rendue mercredi, va beaucoup moins loin que la précédente.Alors qu'en novembre, la Chambre des lords avait jugé que le général Pinochet devait répondre des 3051 crimes dont il était inculpé, le nouveau jugement limite sa responsabilité aux accusations postérieures au 29 septembre 1988 \u2014 date de la signature de la Convention internationale contre la torture.Ce traité considère la torture comme un crime extraterritorial, et expose donc les bourreaux à la justice de tous les pays signataires.Si la dictature de Pinochet a placé le Chili sous un régime implacable pendant 17 ans, c'est dans ses premières années, au lendemain du coup d'État de 1973, qu'elle a été la plus sanglante.De tous les crimes reprochés au général-sénateur, seuls trois sont survenus durant les deux dernières années de son règne.Ce rétrécissement de la responsabilité judiciaire d'Au-gusto Pinochet a été accueillie comme une victoire par ses défenseurs.Et pourtant.En fondant sa décision sur la Agnès Gruda agrtida@lapresse.ca Convention contre la torture, les juges britanniques lui donnent des assises beaucoup plus solides.L'avertissement est lancé à tous les despotes qui s'amuseraient à sillonner la planète : s'ils ont commis des crimes graves, s'ils ont instauré des régimes de terreur qui ont systématiquement fait « disparaître » leurs opposants, ils ne peuvent plus compter sur l'immunité souveraine dont bénéficient habituellement les chefs d'État en voyage.Les juges britanniques ont ainsi inscrit dans la jurisprudence internationale la prépondérance de la responsabilité criminelle sur le principe d'immunité, en cas d'atteintes graves contre les droits humains.S'il est extradé \u2014 ce qui n'est pas encore acquis, d'autres décisions étant à prévoir à ce chapitre \u2014, le général Pinochet devra notamment répondre du meurtre de Marcos Quezada Yanez, torturé à mort à coups de décharges électriques en juin 1989, alors qu'il n'avait que 17 ans.La reconnaissance de sa responsabilité pénale dans ce seul crime, alors qu'il y en a eu tant d'autres, ne suffirait probablement pas à soulager le peuple chilien du poids d'un passé que le passage à la démocratie a, pour l'essentiel, occulté.Cela dit, ses démêlés à Londres ont déjà ébréché la statue de Pinochet.Son procès, s'il devait avoir lieu, ne pourrait que contribuer à libérer la mémoire collective des Chiliens des ombres qui la hantent.Mais quel que soit le sort du vieux dictateur, et même s'il réussissait contre toute attente à rentrer tranquillement chez lui, son cas est d'ores et déjà assuré de figurer dans les livres d'histoire.Il a fait franchir un nouveau seuil à la justice internationale.Laquelle, contrairement à ce que l'on voit devant les tribunaux internationaux chargés de juger les criminels de guerre en ex-Yougoslavie et au Rwanda, se sera pour une fois attaqué non pas à de simples exécutants, mais au principal responsable d'un régime meurtrier.Ça aussi, c'est un précédent.Et il vaut pour tous les Milosevic de ce monde.LA PRESSE ET VOUS Jugement Rochon: les faits priment Dans une société libre et démocratique comme la nôtre, où de nombreuses lois et réglementations protègent à bon droit les individus et les groupes contre les abus de la part des journalistes et des médias, les mises en demeure et les poursuites en diffamation se multiplient contre la presse québécoise et canadienne.C'est d'ailleurs la même pratique aux États-Unis.Et les tribunaux sanctionnent de plus en plus sévèrement les médias qui publient des articles ou des propos faux, mensongers, rédigés avec mauvaise foi ou avec malice.Il est sain de sauvegarder ainsi les droits des personnes et des associations.En contrepartie, à trop vouloir museler les médias en multipliant les procédures de toutes sortes, les poursuivants et leurs avocats sont en train de faire établir par les tribunaux des standards journalistiques professionnels qui, s'ils sont scrupuleusement observés, peuvent accroître \u2014 au lieu de diminuer \u2014 la capacité et les possibilités d'enquêtes journalistiques.Ainsi, en moins de deux ans, deux jugements majeurs ont été rendus à l'encontre de deux personnalités supposément réputées, intègres et compétentes qui ont poursuivi La Presse et ses journalistes André Noël et Mivillc Tremblay, à la suite de deux séries d'ar- ¦ j.* \u2022 ticles basés, dans les deux cas, sur d'intenses recherches et vérifications des faits.En novembre 1997, le juge Jean-Pierre Senécal, de la Cour supérieure, reconnaissait que les articles de notre journaliste André Noël, qui dénonçaient un scandale à la présidence de la Commission des courses du Québec, s'étaient révélés dans l'ensemble « justes, pertinents, fondés et non diffamatoires.Ils étaient en plus hautement d'intérêt public.» Sur des dommages réclamés de 950 000 $ en deux poursuites de la part de M.Yves Beaudoin, La Presse avait été condamnée à 5000 $ pour quelques « glissements » qui avaient porte atteinte à la réputation du demandeur Yves Beaudoin.Cette semaine, à la suite de la plus importante poursuite intentée dans l'histoire du journalisme au Québec et au Canada, soit une procédure de 21 millions à l'encontre de La Presse et de son chroniqueur financier Mivillc Tremblay, par M.Jacques Drouin, ex-président de la Laurentienne, l'honorable André Rochon, de la Cour supérieure, a rejeté totalement cette action et a même imposé à M.Drouin tous les dépens, soit environ 250 000 $.Au-delà du fait que La Presse et son journaliste ont eu gain de cause, ce sont les principes professionnels établis par les juges Senécal et Rochon qui sont majeurs 4 pour l'exercice du métier de journaliste.Les faits Dans sa décision, le juge Rochon a tout particulièrement tenu compte des faits exposés dans la série de sept articles de notre collègue Tremblay, de leur véracité et de l'intérêt public alors en cause.« Dans toute action pour libelle, le contexte factuel est extrêmement important, il doit être exposé dans les détails », selon le juge Rochon, reprenant à son compte un principe déjà établi par une cour ontarienne dans une autre cause.Sur les faits publiés, analysant un à un les articles de Mivillc Tremblay, le juge Rochon conclut tour à tour à « un article de fond écrit avec un souci poussé du détail », à « un travail bien fait », au fait qu'il « avait parfaitement raison de croire en la fiabilité de ses sources », à « une enquête minutieuse », à une « enquête exempte de faute ».Mivillc Tremblay, dans sa série d'articles recherchés et fouillés, professionnellement rédigés, a déterré et dénoncé le « caractère occulte du paiement » de 1 188 000 $ alors offert à Drouin sans que les 200 000 mutualistes de la Laurentienne, ni l'inspecteur des institutions financières du Québec, ni les députés de l'Assemblée nationale en aient été informés avant que soit f publié l'article du 30 novembre 1993 de Miville Tremblay.Il était de la responsabilité professionnelle du journaliste de révéler « le caractère suspect de ce paiement » et à La Presse de publier cette information de grand intérêt public.La conclusion du juge André Rochon est on ne peut plus explicite : « Le journaliste met sa plume au service d'une cause qu'il estime juste.Il n'invente rien.Il dénonce une conduite qu'il estime ne pas respecter les règles de l'éthique, telles qu'enseignées et appliquées dans plusieurs milieux d'affaires nord-américains.Il ne s'agit pas de savoir si le tribunal partage ou non les commentaires du journaliste, mais si ces mêmes commentaires ont été faits à la suite d'une analyse raisonnable de l'ensemble des circonstances.Le tribunal estime que tel est le cas.» Les standards professionnels L'analyse détaillée ou globale de la couverture médiatique dans le cas Drouin constituait-elle un accroc aux standards professionnels applicables ?« Le tribunal est d'avis que La Presse en général et Tremblay en particulier se sont acquittés correctement de leur travail d'information et ce, dans le respect des normes journalistiques applicables.Le tribunal n'a décelé nulle part dans la preuve une motivation autre du journaliste que celle de servir une cause qu'il estime par ailleurs juste.» « Miville Tremblay a respecté scrupuleusement les exigences inhérentes au traitement de pareil dossier et il s'est conformé à l'éthique et aux règles de pratique communément admises dans le métier », de conclure le juge André Rochon.Tout au cours de ces longues et coûteuses procédures intentées, il y a déjà six ans, par l'avocat de Jacques Drouin, M* Claude-Armand Sheppard, une solidarité sans faille a été manifestée par toute l'équipe de La Presse à l'endroit de notre journaliste Miville Tremblay qui a fait preuve de beaucoup de courage et de détermination pour dénoncer un système occulte qui a trop souvent cours au sein de la haute direction d'entreprises.Avec l'appui du président et éditeur, M.Roger D.Landry, et de notre conseiller juridique.M* Philippe-Denis Richard, nos avocats dans ce dossier, M« Daniel Bellemare et Marie St-Pierre, de Desjardins Du-charme Stein Monast, ont accompli un travail irréprochable tout au long des procédures.Il nous est agréable de le souligner et de le reconnaître.Claude MASSON Éditeur adjoint cmassonQlapresfte.ca LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 L'étrange déménagement de la SRC Hier, j'ai trouve la formule qui me permettrait peut-être d'écouter Radio-Canada dans ma chambre, mais c'est assez compliqué.Il faut coucher l'appareil sur le dos, du côté gauche du lit, entre le centre et le pied, et aligner la base sur un angle d'environ 45 degrés par rapport à la porte du placard.Là, je ne risque pas trop que la voix de Laurendeau, Bazzo ou Lacombe se volatilise subitement sous une musique de chaîne anglaise ou un infâme grésillement.Mais il faut pour cela que je m'abstienne de bouger.Si, par exemple, j'ouvre la porte du placard, ou même si je passe discrètement devant l'appareil, sur la pointe des pieds pour ne pas le déranger, pouf, je perds le son.Depuis que la radio de Radio-Canada a délaissé la bande 690 AM ( la meilleure au Canada, certains disent même en Amérique ) pour aller se nicher sur la pire bande du réseau FM ( c'est au 95,1 : bonne chance.), je ne peux presque plus écouter cette radio qui naguère m'accompagnait dans toutes les pièces de la maison.Il n'y a qu'à la cuisine, où j'ai un appareil branché à une prise, que ça peut aller, et encore le son n'est jamais très bon.En auto, la fréquence disparaît à tout moment.Pierre Foglia en parlait récemment.De sa région qui jouxte la frontière du Vermont, il ne peut plus capter Radio-Canada.Il écoutait Radio-Canada tous les matins.Maintenant, il lit, il écoute des disques.Idem pour des amis qui habitent Lachute et pour d'autres qui habitent Saint-Eustache.Idem pour nombre de mes collègues qui habitent aux quatre coins de Montréal, de Réal Pelletier à Marie-France Léger en passant par Sonia Sarfati, Louise Cousineau, etc.Marie-France Léger doit garder la main sur son appareil pour capter la fréquence.Sonia Sarfati a tout simplement cessé d'écouter la radio.André Noël s'est résigné à s'abonner à un autre poste.Et que dire de ceux pour qui la radio de la SRC était l'un des seuls liens avec le monde \u2014 les gens âgés, les non-voyants ?Notre collègue Suzanne Colpron a récemment fait enquête sur la question.À Radio-Canada, on prétend que les problèmes seraient circonscrits : Plateau Mont-Royal, Sud-Ouest du Québec, Jo-liette, Saint-Hyacinthe, Drummondville, le secteur entre Granby et Sherbrooke, certains points de la rive-sud.C'est déjà un très vaste territoire ! On ne peut plus parler de problèmes « circonscrits ».En plus, le problème déborde largement de ces zones.Prenons Montréal.Il n'y a pas que les résidants du Plateau à avoir perdu Radio-Canada.Il y a tous ceux qui vivent au nord, à l'ouest et au sud du mont Royal ! Faudrait-il raser la montagne pour accommoder- les ingénieurs de Radio-Canada ?Ces derniers ajoutent l'insulte à l'injure.« Avec des systèmes de son réguliers », disait l'un d'eux à Suzanne Colpron, « il n'y a pas de problème de réception.Mais si on a un appareil médiocre, payé disons 10 ou 15 S.» Excusez-vous, Monsieur.Mon appareil préféré est un Sony portatif qui a coûté environ 100 $, et le petit balladeur sur lequel j'arrive rarement à trouver la fréquence 95,1 a coûté encore plus cher.Et il faudrait que je les jette aux poubelles pour acheter des appareils deux fois plus chers et deux fois plus pesants ?A Radio-Canada, on devrait pourtant savoir que les habitudes ont changé depuis le temps où les familles s'assoyaient en cercle autour du poste.L'essence et la beauté de la radio est de se prêter à la mobilité.On n'écoute pas la radio assise au salon à côté de son gros « système de son ».On l'écoute en Lysiane GAGNON passant le balai, en s'ha-billant, en préparant le repas, en faisant du tapis roulant, au volant de l'auto.Il faut pour cela des appareils à piles, légers et portables.Je suis parmi les 3000 personnes qui ont téléphoné à Radio-Canada pour se plaindre.La préposée m'a dit qu'un ingénieur me rappellerait pour me conseiller sur la façon de procéder.J'ai failli m'étouffer.Un ingénieur pour me dire, à moi qui écoute Radio-Canada depuis que j'ai l'âge de parler, comment utiliser un appareil radio ?« Parfois, dit la préposée, il suffit de le changer de place, de le réorienter.».Ah, chère madame, c'est ce j'ai fait, croyez-moi ! Je me promène, l'appareil à la main, variant l'angle et la position.Et même quand je réussis \u2014 l'appareil est, disons, juché sur une tablette, le cadran tourné contre le mur et les boutons de réglage innaccessibles \u2014 pouf, je reperds la fréquence deux heures ou deux minutes plus tard.Quelle est la solution ?Déménager ?Soyons honnêtes.Les ingénieurs de Radio-Canada ne font pas que blâmer les victimes.Ils font des études, ils « prennent les problèmes un par un », ils veulent accroître la hauteur de la tour de transmission du mont Royal.Ils ne prévoient pas d'amélioration avant neuf mois.Bref, le gâchis total.Mais qu'est-ce qui a bien pu pousser Radio-Canada à échanger la meilleure fréquence au pays contre la pire ?Masochisme ?Vent de folie ?J'ai été à plusieurs sources pour trouver la réponse, dans l'espoir bien utopique de découvrir une raison rationnelle.L'explication est toujours la même.La tendance est au FM ( apparemment parce que le son y serait légèrement meilleur ) ; les moins de 35 ans n'écoutent pas la bande AM ;Us moins de 25 ans ne savent même pas qu'elle existe.Il ne restait qu'une fréquence sur la bande FM, celle dont évidemment personne n'avait voulu, et Radio-Canada l'a demandée au CRTC.Voilà.C'est aussi simple ( et aussi stupide ) que cela.Les ingénieurs de la SRC, consultés, avaient prédit que le spectre serait plus mince, mais qu'on rejoindrait la même clientèle, sauf peut-être « dans certaines zones périphériques et autour de la montagne ».Ah tiens, et cette clientèle-là, on était prêt à la sacrifier ?Aujourd'hui, nos grands experts admettent piteusement que ce n'est qu'à l'usage, « quand on met la svvitch à on », qu'on « voit vraiment ce qui arrive » \u2014 bref, quand il est trop tard.Les vrais responsables de ce gâchis ne sont pas les ingénieurs.Ce sont les patrons de la boîte, ceux qui ont décidé de sacrifier un auditoire fidèle, et solide comme le roc de Gibraltar, dans l'espoir illusoire d'aller chercher une clientèle qui de toute façon n'écoutera pas Radio-Canada.Presque toute la programmation radio de la SRC vise les plus de 30 ans, ce qui englobe incidemment l'énorme génération des baby boomers : ce sont eux qui font les cotes d'écoute ! Son unique émission musicale est destinée.aux nostalgiques de la chanson à texte ! La SRC n'a jamais ciblé la clientèle de la radio FM privée, et le voudrait-elle que son mandat ne le lui permettrait pas.Ce changement de fréquence n'est pas seulement une insulte à son auditoire, c'est une décision parfaitement illogique.Que recevra-t-on en échange de cette privation de service ?Des réductions d'impôt ?Des excuses publiques ?Ne rêvons pas.La SRC n'a même pas eu la politesse de s'excuser auprès de ses milliers d'auditeurs lésés, qui sont aussi les contribuables qui la font vivre.Ô arrogance.MARDI : L'autre projet fou de la SRC.Opinions ¦ Le cri pénal Yves Boisvert Le goût vous prend de faire une colère fulgurante, bien lyrique ?L'univers judiciaire, lieu de toutes les bassesses et compromissions humaines, vous fournira tout le carburant voulu.Dans certains cas, il vous faudra escamoter quelques détails factuels qui risqueraient de couper les ailes à votre indignation \u2014 en plus d'être d'une navrante vulgarité.Mais bon, c'est le prix à payer pour faire un scandale digne de ce nom.Prenez un exemple au hasard dans les affaires judiciaires.Tiens, Gilbert Rozon \u2014 dépêchez-vous, le sujet s'use.Un bon choix, Rozon.Un homme détesté à peu près généralement sur la planète médiatique et ses satellites.On le dit arrogant, ambitieux, dragueur, subventionné.Enfin, on l'a « poigné », et bien comme il faut, dans une affaire d'agression sexuelle.Mieux, il s'avoue coupable ! Un premier juge lui inflige une amende de 1100$.Un deuxième, en appel, l'absout.Qui dit mieux ?Tout est là : Rozon, un crime sexuel et une justice « pour les riches » qui le « blanchit ».Vous n'êtes pas pour rester là les bras croisés ! Allez, c'est le moment où jamais de pousser un grand hurlement I Bon.Ça va mieux ?Votre cri pénal vous a soulagé ?Parfait.Maintenant, si le coeur vous en dit, revisitons quelques verbalisations récentes de ce grand cri pénal libérateur.¦ Rozon a bénéficié d'un traitement de faveur ! Rozon était à l'étranger quand la rumeur a commencé à circuler, fin février, au sujet d'une agression sexuelle survenue au manoir Rou-ville-Campbell le 17 février 1998, lors d'une fête pour les 15 ans de Juste pour rire.Des articles ont été publiés, des reportages diffusés sans identifier le suspect.Le 3 mars au soir, Rozon revient de Paris.Il n'est toujours pas accusé.Les caméras de télé l'accueillent.Il déclare n'avoir « rien à se reprocher ».Le 4 mars, Rozon se présente à la Sûreté du Québec à Saint-Hyacinthe.On lui passe les menottes et on le conduit, détenu, au palais de justice.Il est accusé « par voie sommaire » d'agression sexuelle, séquestration et voies de fait sur une autre femme.Il est remis en liberté sous conditions.Jusqu'ici, on est loin du traitement de faveur.Les gens sans papsé criminel accusés pour des attouchements sexuels relativement mineurs ne comparaissent pas détenus, mais sur sommation : on les convoque au palais, en liberté.¦ Une agression sexuelle est une agression sexuelle ! En 1984, on a réformé les crimes sexuels.On a voulu faciliter la dénonciation, le traitement judiciaire et la preuve des agressions sexuelles.On a aboli la notion de « viol », qui supposait une pénétration, et l'on a fondu dans un seul crime général tous les types de contacts physiques non désirés à caractère sexuel.Teclmiqueinent, l'éventail de l'agression sexuelle va du frôlement de cuisse au viol.On a constaté une hausse marquée des dénonciations par les victimes.Le crime est punissable d'un maximum de 10 ans d'emprisonnement.Mais il est permis à la Couronne de porter des accusations « par voie sommaire ».Cela indique la gravité moindre des gestes, la peine maximale étant de 18 mois de prison ou 2000 $ d'amende.Rozon s'est avoué coupable de cette agression sexuelle « mineure » et la Couronne a retiré les deux autres accusations.Le jour où l'on a plaidé quant à la peine à lui infliger, l'avocate Josée Grand-champ, pas connue comme complaisante envers les agresseurs, a résumé les faits en citant la déclaration de la victime, et avec son accord.La victime avait 19 ans et était croupière pour le casino organisé au manoir.Il lui dit qu'il pourrait l'aider dans l'avenir.Rozon l'invite dans sa chambre.La victime : « Il se couche la tête sur mes cuisses.Il voulait que je lui flatte les cheveux, je refuse.En se couchant, me caresse les seins.Je me sens mal, il me caresse, me flatte les jambes, me prend dans ses bras, me dit : « Laisse-moi te serrer.» Je ne veux pas, il insiste.Il m'embrasse dans le cou, il entre sa main dans mon chandail, je refuse.Il a tenté de me coucher sur le lit.» Elle panique et crie ; il lui dit de cesser de crier et elle sort de la chambre.C'est, sans l'ombre d'un doute, une agression sexuelle.Mais parmi les moins graves.¦ S'il avait été un Jos Blo, il serait allé moisir en prison ! Ça, c'est faux, archi-faux.Personne, même avec le plus miteux des avocats devant le plus ignorant des juges, ne va en prison « pour ça », à moins d'avoir des antécédents.Une amende, une probation, peut-être, mais pas de prison.m II y a une justice pour les riches et une justice pour les pauvres ! C'est vtai en bonne partie, mais Rozon n'est pas le bon exemple.L'homme d'affaires qui fraude sa société pour 75 000 $ et trouve le moyen de la rembourser a des chances d'obtenir un sursis.L'assisté social qui fraude le « BS » pour la même somme n'est pas en position d'en faire autant et court plus de risques de payer de sa liberté.Avec les compressions à l'aide juridique, bien des droits se perdent et des gens s'avouent coupables même s'ils ont une défense, parce qu'ils n'ont pas les moyens de la présenter.Avec un bon avocat, qui coûte souvent cher \u2014 mais pas nécessairement : plusieurs fort compétents travaillent pour l'aide juridique \u2014 on a plus de chance de son côté.En matière civile, c'est peut-être encore plus vrai : ceux qui ont de l'argent peuvent épuiser l'autre partie par la multiplication des procédures, jusqu'à un certain point.Rozon, il est riche, mais ce n'est pas ce qui lui a obtenu une absolution.Le juge Pierre Béliveau, en appel, estime que le premier juge a erré en excluant l'hypothèse de l'absolution parce qu'il s'agissait d'une agression sexuelle.Tous les crimes punissables par un maximum de moins de 14 ans se qualifient.II faut que l'intérêt de l'accusé et l'intérêt public le justifient, point.¦ L'absolution est un traitement de faveur ! « Tout le monde doit être traité de façon identique », c'est un principe irrésistible.Mais poussé à sa limite, il est dangereux.Cela veut dire qu'on ne doit jamais tenir compte des particularités d'une personne.Un réfugié en attente de statut, un étudiant étranger qui se fait pincer pour avoir volé un jambon ou avec un joint se fera expulser du pays s'il se fait imposer une amende, peine infligée souvent au citoyen canadien « ordinaire ».L'absolution évite un dossier criminel.Comme la plupart de ces affaires sont banales, on n'en parle pas dans les médias.Mais l'absolution, elle se prononce quotidiennement dans les palais de justice.La Cour d'appel a déjà prononcé des absolutions pour des crimes sexuels commis par de purs inconnus.La règle d'or, rappelle le juge Béliveau, est qu'un accusé ne doit pas subir dans les faits un châtiment qui n'a aucune mesure avec sa faute.Ce n'est pas accorder un traitement de faveur à Rozon que de constater que, pour lui, le fait de ne pouvoir se rendre aux États-Unis, où il gagne sa vie en partie, est une peine plus grande par rapport à quelqu'un qui travaille toujours à Montréal.L'absolution n'efface pas le crime mais limitera les entraves à ses voyages.¦ Les juges banalisent les crimes sexuels ! Faux.Une étude sérieuse réalisée là-dessus par un chercheur de l'Université d'Ottawa démontre qu'au contraire, comparées aux crimes punissables du même maximum au Canada, les agressions sexuelles entraînent en moyenne des peines plus lourdes de prison.¦ La couverture médiatique permet aux vedettes d'obtenir des peines plus clémentes ! Demandez au juge Flahiff, qui a utilisé l'argument de la couverture médiatique, mais sans aucun succès.Ce que le juge Béliveau dit est que lorsque le crime est mineur et non prémédité, la personnalité publique subit des effets disproportionnés par rapport au crime.Si le crime est majeur et prémédité, cet argUtyieM ne jouera qu'à la marge.La somme de toutes les peurs et de tous les courages CAROLE FRÉCHETTE À l'occasion de la Journée mondiale du théâtre, aujourd'hui, La Presse reproduit le texte que Mme Carole Fréchette nous a fait parvenir.Auteure dramatique dont plusieurs textes ont déjà été publiés, traduits et présentés à travers le monde, Mme Fréchette a marqué la dernière année théâtrale québécoise avec ses deux textes.Les Quatre morts de Marie et La Peau d'Élisa, présentés respectivement à l'Espace la Veillée et au Théâtre d'Aujourd'hui.La Journée mondiale du théâtre a été créée en 1961 par l'Institut international du théâtre ( IIT)et est célébrée chaque année le 27 mars.Avant de s'offrir au regard des spectateurs, le théâtre se construit dans le tâtonnement, le doute, l'audace et la fragilité.Rien n'est plus beau à mes yeux que la ferveur et la concentration qui régnent certains jours dans les salles de répétition.Les acteurs, les actrices qui se lancent et se reprennent cent fois, qui ont le courage de se tromper devant leurs camarades.Le metteur en scène qui cherche sans relâche le dessin du spectacle à travers leurs esquisses.Les concepteurs qui sont comme des passeurs, ceux qui ouvrent la porte du concret, qui projettent les émotions dans des espaces, des couleurs, des étoffes, des lumières.L'auteur, un peu en retrait, qui s'émeut de voir ses mots prendre chair et récite tout bas sa petite prière : cet univers que j'ai créé, pourvu qu'il ait un sens, pourvu que les gens s'y reconnaissent et aient envie d'y entrer.Certains jours de grâce, lorsque tous les corps, tous les coeurs cherchent ensemble cette chose si impalpable \u2014 la vérité du moment, le contact réel \u2014 on peut entendre, dans les salles de répétition, le battement fébrile de la vie et on peut presque toucher de ses mains le fil qui relie entre eux les humains.Vient ensuite le moment périlleux où il faut reproduire devant des dizaines, des centaines de personnes ces fugaces moments de vérité.En coulisse, dans les yeux de tous, la peur émouvante de ceux qui vont se jeter dans le vide.Tous espèrent une même chose : que la rencontre ait lieu.Lorsque le miracle se produit, lorsque ceux de la salle et ceux de la scène accordent entièrement leurs respirations, cela procure un sentiment de plénitude incomparable, qui n'appartient qu'au théâtre, une émotion faite d'exal- tation et de compassion pour l'expérience humaine.On en sort avec l'envie de créer, de changer, de témoigner, de vivre.Mais le souffle ne circule pas toujours entre la salle et la scène et la rencontre est souvent morcelée ; ce qui ravit certains est ressenti par d'autres comme mensonge ou vacuité.Et parfois le fil est carrément coupé, laissant les uns et les autres dans une tristesse particulière qui, elle aussi, n'appartient qu'au théâtre.On quitte les lieux avec un creux à l'intérieur de soi, déçus comme des amants qui n'ont pas trouvé l'extase attendue.Alors on rage et on dit : le théâtre Carole Fréchette est vieux, dépassé, figé, mort et enterré ! Mais le théâtre survit, car il est plus grand que les spectacles qui le composent.Il est la somme de-toutes les peuis et de tous les courages de ceux qui le font ; il est aussi la somme des attentes et des espoirs de ceux qui le reçoivent, espoirs sans cesse renouvelés de quelques heures de sens et de beauté taillées dans le cours chaotique de nos vies.C'est dans cette recherche incroyablement généreuse et passionnée d'une rencontre humaine vibrante, dans cette énergie folle déployée pour créer des liens, au milieu de la division et de la solitude, que le théâtre puise* sa force et sa nécessité.Aude la lie ses réussites et de ses errances, c'est cette quête elle-même qui est essentielle ; c'est elle que nous devons poursuivre avec toujours plus d'exigence ; cYm .i elle qui je suis fière d'appartenir. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1099 Plus Le fantasme français de Lucien Bouchard \u2014 Martin Pelchat du bureau de La Presse QUÉBEC Après des mois de « conditions ga-gnantes» et d'« union sociale », quel grand thème un peu flou allait encore accaparer les manchettes politiques québécoises ?Comme la « question de Bruxelles » de Robert Bourassa en 1991, la réponse est venue d'Europe à l'occasion d'un voyage du premier ministre.Et bonjour la « diversité culturelle ».Première véritable réaction contre la mondialisation et percée importante des souverainistes, comme le pense l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, ou premier véritable succès de Lucien Bouchard dans ses tentatives de prendre ses distances par rapport à l'héritage de son prédécesseur justement, comme le suggère le politicologue Guy Lafo-rêt?La « promotion et la défense de la diversité culturelle », au nom de laquelle Québec veut désormais s'exprimer dans des organisations internationales, tout en se forgeant un réseau qui compte déjà la France, la Catalogne, la Wallonie et la Flandre, est apparue comme la nouvelle pomme de discorde avec Ottawa.Qui a, on s'en souvient, boycotté une réunion sur ce thème le 10 mars, parce que la France avait convié le Québec à la table de pays souverains.Ironiquement, le combat pour cette fameuse diversité culturelle doit beaucoup au Canada qui a créé un précédent lors de la conclusion du traité de libre-échange avec les États-Unis, en faisant accepter le principe de l'« exception culturelle » afin de protéger la culture canadienne.anglaise! C'est ce que Jacques Parizeau a expliqué à sa façon professorale, la semaine dernière à Paris, à un groupe de reporters québécois qui I Le premier ministre Lucien Bouchard a été reçu à l'Elysée par le président français Jacques Chirac.« couvraient » le voyage de M.Bouchard.La diversité La France, puis d'autres pays, ont depuis invoqué cette « exception culturelle » \u2014 remplacée par un terme moins péjoratif, la « diversité » \u2014 dans le cadre de négociations commerciales.C'est ainsi, note M.Parizeau, qu'à mesure que se globalisent les marchés, est apparue l'idée que les produits culturels ne sont pas des biens comme les autres.« Est-ce qu'un produit culturel, un film, un livre, c'est un produit ou un service ?demande M.Parizeau.Les Américains disent oui.Hollywood veut que tout circule le plus librement possible.» Mais plusieurs pays pensent autrement.« Il faut que chaque culture ait la possibilité de s'exprimer et que cela implique des barrières, des contrôles, des obstacles à la libre-circulation, et l'aide de l'État dans le cas d'un certain nombre de cultures », explique l'ex-premier ministre.Dans cette perspective, Jacques Parizeau se réjouit de voir le Québec à bord de la locomotive plutôt qu'à tenter de « monter dans le train en marche ».Et il estime qu'en prenant une place importante dans ce débat, avec l'appui déterminant de la France, M.Bouchard donnera un coup de main à la souveraineté.« Quand vous cherchez à démolir un mur, vous le prenez morceau par morceau; vous ne cherchez pas à le faire tomber d'un seul coup.Là, il y a une magnifique brèche qui vient de s'ouvrir.Une souveraineté qui s'appuie sur une affirmation culturelle articulée devient presque une évidence.» Des « fantasmes » Le politicologue Guy Laforêt, de l'Université Laval, fait une lecture différente des événements.Avec le cheval de bataille de la diversité culturelle, pense-t-il, Lucien Bouchard réussit enfin à prendre ses distances par rapport à l'héritage « catastrophique » de la fin de rè- gne de M.Parizeau.Ce faisant, il imprime sa propre direction à la réflexion sur la souveraineté.M.Laforêt fait surtout allusion à la controversée déclaration de M.Parizeau relative aux « votes ethniques », le soir de sa défaite référendaire, et aux dommages qu'elle a causés dans l'opinion publique d'ici et d'ailleurs.À la surprise générale, dit l'universitaire, Lucien Bouchard n'avait pas vraiment donné l'impression, depuis, qu'il était capable de se démarquer de l'aile orthodoxe du parti.Quand il parle de la diversité, désormais, cela a « un sens externe, mais c'est aussi un discours pour consommation interne », croit-il.Dans ses relations avec la France, M.Bouchard semble moins se démarquer de l'« école Parizeau ».Sa conviction est que la France sera la première nation à reconnaître le Québec dans l'éventualité d'une déclaration unilatérale de souveraineté.« Un fantasme, estime M.Laforêt.C'est mal comprendre la posi- tion de l'État français.La France est beaucoup plus enracinée dans l'Europe qu'il y a 25 ans.Elle a abdiqué des pans imponants de sa sou-veraineté dans l'Union européenne.» Selon lui, il suffit de penser aux relations de la France avec la Grande-Bretagne, aux prises avec ses propres problèmes en Ecosse, avec l'Espagne, qui doit compter avec les autonomistes catalans, ou encore la Belgique, où militent Wallons et Flamands, souligne M.Laforêt, qui ajoute que les Français ont besoin de leurs alliés naturels pour défendre leurs intérêts à la Commission européenne.Un « fantasme » qui, à son avis, nourrit une politique française « irréaliste ».« On a plus de monde à la délégation du Québec à Paris qu'ailleurs dans les délégations des Amériques.» Le Canada Tout en attendant de la France ce qu'elle ne peut lui donner, selon M.Laforêt, le Québec n'a pas osé frapper les bons clous pour réclamer un marché dans l'Hexagone pour les éditeurs de livres québécois.« Nos livres ne sont pas diffusés.Si on n'est pas une colonie culturelle, la France devrait nou:> donner une vraie réciprocité.» Avec l'attention accordée par les médias français aux écrivains québécois lors du Salon du livre de Paris, la semaine dernière, on a marqué des gros points, croit-il.Il ne faut pas, par ailleurs, se leurrer sur l'accueil réservé par les Français à M.Bouchard, dit-il.« Les Canadiens ont la même chose 48 heures après.» Peu importe les succès du Québec, ils arrivent au moment où le Canada connaît, selon le politicologue, son heure de gloire sur la scène internationale, grâce à plusieurs « coups de maîtres » : Louise Fréchette, numéro deux des Nations unies, Donald Johnston à l'OCDE, le prochain sommet de la francophonie à Moncton, le sommet des Amériques en 2001, la présence « colossale » du Canada à Washington, etc.« Il y a un créneau qui a de l'allure autour de la diversité culturelle, soutient enfin M.Laforêt.Mais il ne faut pas qu'ils partent en peur en pensant qu'ils viennent d'un coup d'effacer tous les grands succès structurants de la politique internationale du Canada des dernières années.» FRANCE Scandale Elf : Roland Dumas cède mais s'accroche encore Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS On pourra dire que l'ancien confident et ministre de François Mitterrand, Roland Dumas, s'est accroché à son poste jusqu'au bout, malgré les clameurs assourdissantes du scandale Elf-Aqui-taine qui le poursuivaient, notamment depuis le mois de novembre dernier.Mardi midi, in extremis, le président du Conseil constitutionnel «< a fini par lâcher prise » \u2014comme l'écrivait mercredi Liberation \u2014 et par se mettre officiellement « en retrait » de celte institution qui est, en matière politique, l'équivalent de la Cour suprême du Canada.Ce n'était pas tout à fait la démission pure et simple, que réclament de nouveau les médias et la moitié de la classe politique et, de ce fait, beaucoup pensent que ce geste « manque de dignité », que c'est « trop peu et trop tard ».Mais en tout cas l'ancien avocat d'affaires, devenu ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, puis cinquième personnage de la République, avait fini par céder après avoir tenté, pendant plus d'une année, d'ignorer les révélations accablantes qui se succédaient à son sujet, en s'accrotliant imperturbablement au principe de la présomption d'innocence La danse ( médiatique ) du scalp avait commencé en novembre 1997, aussitôt après la mise en examen ( et en détention ) de son ancienne maîtresse Christine Deviers-Jon-cour.D'abord, on apprenait que celle-ci avait touché une mystérieuse commission de 12 millions de dollars au début des années 90, puis acheté en 1992 un appartement au montant de quatre millions de dollars, rue de Lille.Les sommes versées par Elf atteignaient 66 millions de francs, soit quelque 17 millions de dollars.A l'époque même où M.Dumas était ministre des Affaires étrangères et affichait sa liaison avec Mme Deviers-Jon-cour.« Folle imprudence » pour le moins, comme le disait un commentateur.Par la suite, les juges d'instruction découvraient que dans les mêmes années, Roland Dumas avait déposé environ 2,5 millions de dollars ( dont une bonne partie en liquide ) dans son compte personnel à Paris.Sans pouvoir fournir d'explications convaincantes sur l'origine de cet argent.Et en tout cas, en omettant de le déclarer au fisc : peut-être cet « oubli » était-il depuis couvert par la prescription, mais en tout cas cela faisait mauvais effet de la part du premier magistrat du pays, chargé de « dire » la Constitution ou de sanctionner des politiciens qui auraient dépassé les limites autorisées en matière de budget électoral.L'appui de Chirac L'atmosphère au sein du Conseil constitutionnel devenait d'autant plus lourde que, dès le mois de mars 1998, Roland Dumas avait donné l'impression de se mettre sous la haute protection du président Jacques Chirac, lui-même poursuivi ( de très loin ) par les affaires du financement occulte du RPR, avant 1995, alors qu'il était maire de Paris.En réaffirmant la présomption d'innocence et en refusant de demander la démission de Roland Dumas, le président Chirac semblait se garantir .1 Roland Dumas l'avance contre des accusations qui auraient pu remonter jusqu'à lui.De fait, en janvier dernier, on avait eu la surprise de voir le Conseil constitutionnel donner « son avis » ( non sollicité ) sur l'impunité du président de la République au cours de son mandat.À tort ou à raison, cela donnait l'impression que les deux hommes se soutenaient mutuellement pour protéger leur poste.Entre-temps, l'affaire Elf-Aqui-taine ( qui avait commencé avec l'incarcération en juillet 96 de Loïk Le Floch Prigent, son ancien président de 1989 à 1993 ) était bel et bien devenue, à partir de novembre 98, « l'affaire Dumas ».S'estimant lâchée de toutes parts \u2014 et en tout cas par M.Dumas \u2014 Christine Deviers-Joncour avait fait un beau scandale médiatique en publiant La Putain de la République et en livrant à Paris-Match son album de photos de vacances avec « Roland ».Jusqu'alors on pouvait croire que Christine était pour l'essentiel une aventurière habile, qui avait bien profité d'Elf-Aquitaine et que Roland Dumas avait \u2014par ailleurs \u2014 connue.On pouvait même croire que celle-ci, pour des raisons franchement mystérieuses, avait été payée des ponts d'or par Elf pour influencer Dumas \u2014 mais sans résultat.Puis que la compagnie Elf, dans une affaire de vente de frégates de guerre à Taiwan, lui avait quand même versé une commission de 12 millions de dollars, même si Roland Dumas n'y avait joué aucun rôle.Avec ce nouveau déballage de Christine Deviers-Joncour, on en revenait à l'hypothèse de départ, la plus simple : au travers de sa maîtresse, c'est bien Roland Dumas qu'on récompensait, d'une manière ou d'une autre, et pour des raisons pas encore éclaircies.Depuis la nouvelle déposition de Mme Deviers-Joncour, le 17 mars dernier, l'hypothèse de départ redevenait la plus vraisemblable.On ne voyait pas très bien pourquoi Christine aurait acheté en 1992 cet appartement princier ( et bien trop voyant ) de 320 mètres carrés, au prix de quatre millions de dollars.Elle le dit maintenant aux juges : cet appartement constituait une récompense de l'éminence grise d'Elf, Alfred Sirven, à Roland Dumas.pour la nomination en 1989 de Le PHOTO RcttOfS Floch Prigent à la tête du groupe pétrolier.Ce même 17 mars, Deviers-Joncour, pour preuve de sa bonne foi, donne aux juges les coordonnées du compte suisse où se trouve les cinq misions de dollars restant de la commission.Jusque-là, elle avait affirmé que les 22 millions de francs avaient été remis, suite à des menaces, « à un inconnu, petit gros et chauve », qui l'attendait dans le hall d'un palace en Suisse ! Malgré l'obscurité qui continue d'envelopper cette affaire ( si M.Dumas a été « récompensé », c'est en échange de quels services exactement ?), le scandale devenait accablant pour M.Dumas.Effectivement, on l'avait vu à quelques reprises dans cet appartement de la rue de Lille : il l'avait visité avant travaux avec l'un de ses conseillers.Il y avait donné des dîners discrets, etc.En même temps, le redoutable avocat d'affaires, intime de Mitterrand dans tous les dossiers les plus embrouillés, savait bien que sa meilleure protection contre les juges.demeurait sa fonction au Conseil constitutionnel.En novembre 1998, suite à la sortie de La Putain de la République, il avait solennellement annoncé son intention de ne pas démissionner.Les dernières révélations de son ex-maîtresse aux juges ont eu raison de ses dernières défenses.À la fin de la semaine dernière, aussi bien des personnalités de gauche que des proches du président Chirac le poussaient à la démission.Lundi matin, cinq des neuf « sages » du Conseil constitutionnel le sommaient par écrit de se mettre « en congé » dans les plus brefs délais.Au point où en étaient les choses, une démission pure et simple aurait été jugée normale.Sans doute n'est-ce que partie remise.Roland Dumas a commencé à céder.Mais il s'accroche encore. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 ?B 5 Le mode de scrutin Une réforme aussi essentielle au 'improbable : André Pratte Compte tenu de la polarisation linguistique actuelle, le Parti libéral du Québec aurait besoin d'une avance de 7,5 points de pourcentage dans les suffrages exprimés, soit quelque 300 000 votes de plus que le PQ, pour obtenir une majorité de sièges à l'Assemblée nationale.Cette situation fait d'une réforme du mode de scrutin une « obligation morale », selon le politologue Louis Massicotte, qui a présenté ces chiffres il y a deux semaines à l'occasion d'un colloque organisé par le département de science politique de l'Université Laval.18 w.PHOTOTHEQUE La Presse o Robert Burns et son projet de réforme de 1979.En haut à droite, Pierre F.Côté.À droite, Vincent Lemieux.« Il y a bel et bien une course, mais l'un des deux chevaux entre dans la course avec des sabots de plomb », a expliqué M.Massicotte, professeur à l'Université de Montréal, à la cinquantaine de spécialistes et observateurs qui participaient au colloque.Si la plupart des experts présents ont convenu de la nécessité d'une réforme du mode de scrutin, ils ont aussi constaté que celle-ci n'est pas pour demain, faute de volonté politique.« Il ne faut se faire aucune illusion sur la volonté réelle de changement parmi les députés », a souligné Michel David, chroniqueur politique au journal Le Soleil.Selon M.David, même les députés du Parti libéral du Québec « ne voient dans la situation actuelle aucun scandale.Ils y voient plutôt le fruit des particularités du Québec, une réalité à laquelle le parti doit s'ajuster.» Le PLQ avait néanmoins délégué un observateur au colloque.Retraçant, piles de documents à l'appui, l'historique des tentatives de réforme du mode de scrutin, l'ancien directeur général des élec- tions Pierre F.Côté a souligné qu'une telle réforme « exigerait beaucoup de courage de la part des hommes politiques parce qu'elle bouleverserait les moeurs et les coutumes ».M.Côté s'est, tout de même montré étonné du fait que plusieurs pays ont apporté des changements substantiels à leur mode de scrutin, tandis qu'au Québec « on n'ose pas ».L'ancien sous-ministre de la Réforme électorale sous le gouvernement de René Lévesque, André La-rocque, a rappelé que le projet de réforme élaboré à l'époque, proposant un système proportionnel régional, « avait été bloqué au Conseil des ministres, à l'organisation du PQ et surtout au caucus ».M.Lévesque et le chef libéral du temps, Claude Ryan, y étaient pourtant tous deux favorables.Plusieurs participants ont souligné le peu d'intérêt de la population elle-même pour cette question et fait remarquer que sans pression populaire, les politiciens ne bougeront pas.D'où la nécessité de susciter l'intérêt des électeurs.M.Laroc-que a lancé l'idée d'un comité de sages qui ferait une tournée du Québec pour tâter le pouls des Québécois.Il a même suggéré des noms: Pierre F.Côté, Vincent Le-mieux, Claude Charron, Lise Payette, Gretta Chambers.« Une réforme du mode de scrutin doit être conforme à la volonté populaire.Il faut savoir ce que les Québécois ont dans la tête », a souligné à maintes reprises M.Larocque.La tuyauterie D'autres experts se sont aventurés dans « la tuyauterie ».Vincent Lemieux, qui avait élaboré le projet de réforme du temps du gouvernement Lévesque, a proposé une réforme modérée qu'il a qualifié de « solution de repli » : ¦ maintien du nombre de députés actuels ( 125 ) ; Il 90 députés élus par circonscription, mais par vote préférentiel, c'est-à-dire que les électeurs seraient appelés à inscrire un premier choix, un second choix, un troisième choix, et ainsi de suite, parmi les candidats ; ¦ 35 députés régionaux, élus pour compenser les effets pervers du mode de scrutin actuel.Ainsi, dans une région comptant quatre députés locaux, le candidat battu ayant amassé le plus de votes serait déclaré élu à titre de député régional.Le PLQ obtiendrait ainsi un siège au Saguenay-Lac Saint-Jean, tandis que le PQ serait représenté dans l'ouest de l'île de Montréal.L'introduction d'un élément proportionnel dans le mode de scrutin se heurte souvent à la crainte de l'instabilité des gouvernements.Selon les spécialistes présents au colloque, cette crainte est exagérée.« Il y a beaucoup de nuances à apporter », a soutenu Pierre F.Côté.Si l'Italie a connu une multitude de changements de gouvernement, l'Allemagne a été dirigée par seulement sept chanceliers depuis 50 ans, souligne-t-on.L'instabilité dépendrait bien plus des circonstances particulières à un pays ou à une époque qu'aux règles régissant les élections.De toute façon, affirme Vincent Lemieux, « les exigences de la représentation sont plus importantes que les exigences de la gouverne ».Le chef-d'oeuvre anglais Les Québécois intéressés à la réforme du mode de scrutin se sont trouvé une bible, le rapport Jenkins.Membre de la Chambre des lords, fondateur du petit Parti libéral-démocrate, Roy Jenkins a été mandaté par le premier ministre Tony Blair pour proposer une système apte à remplacer le traditionnel scrutin uninominal à un tour.Le rapport de la Commission indépendante sur le mode de scrutin a été publié l'automne dernier.« C'est un chef-d'oeuvre ! » a lancé l'ancien sous-ministre de la Réforme électorale, André Larocque, au cours d'un colloque tenu la semaine dernière à l'Université Laval.« Le rapport Jenkins comporte des nouveautés extraordinaires », a soutenu l'ex-directeur général des élections, Pierre F.Côté.Le rapport Jenkins suggère deux changements importants : ¦ l'élection des députés locaux par vote préférentiel, c'est-à-dire que les électeurs devraient voter pour les différents candidats par ordre de préférence ( premier choix, second choix, etc.).¦ l'élection de Top-up members, des députés régionaux, sur un bulletin de vote distinct.Ces députés seraient attribués aux partis ayant obtenu le moins de sièges locaux en proportion de nombre de votes obtenus.Selon la commission Jenkins, grâce au vote préférentiel, « il y aurait beaucoup moins de votes gaspillés, et un nombre beaucoup plus grand d'électeurs seraient en mesure d'influencer le résultat ».Pour ce qui est de l'élection de députés régionaux, « le choix des électeurs serait certainement élargi si on leur donnait la possibilité de voter pour deux partis différents ( au niveau local, puis régional ) et d'échapper ainsi au dilemme posé par le scrutin uninominal, dilemme qui les force soit à subordonner leur évaluation des candidats locaux à leur préférence au niveau national, soit le contraire ».Lord Jenkins s'inscrit en faux contre ceux qui craignent qu'un système comportant une composante proportionnelle force d'éternels gouvernements de coalition et l'instabilité gouvernementale : « L'expérience en Grande-Bretagne et dans d'autres pays montre que les coalitions peuvent former des gouvernements efficaces et déterminés.» En même temps, le rapport ad- met que « la coalition permanente n'est pas souhaitable.(.) S'il y a un mouvement fort dans une direction politique, les gouvernements d'un parti, même s'ils n'ont pas obtenu 50 % du vote, devraient surgir comme des masses montagneuses au-dessus de la surface de l'océan.» D'où l'approche mixte proposée.« C'est un document superbement intelligent », estime l'un des spécialistes québécois de la question, Louis Massicotte, professeur à l'Université de Montréal.M.Massicotte souligne le ton modéré adopté par la commission, qui n'a pas eu la prétention de croire que son système de vote résoudrait tous les problèmes.La réalité politique étant ce qu'elle est, le rapport Jenkins a été accueilli avec moins d'enthousiasme par les députés britanniques que par les experts québécois.Un vétéran travailliste, Tony Benn, a déclaré : « Les députés travaillistes ne voteront jamais en faveur de l'élimination de 50 de leurs sièges.Les dindes ne votent pas à Noël ! » Le rapport Jenkins est disponible sur Internet à l'adresse : www/offf icial-documents.co.uk/ document/cm40/4090.htm MEXIQUE Une course électorale sans issue BRIGITTE MORISSETTE collaboration spéciale, MEXICO Emporté depuis un an par un véritable tourbillon électoral dans le tiers de ses 32 États, le Mexique goûte âprement à la démocratisation.Les deux forces d'opposition dirigent une dizaine d'États, soit au poste de gouverneur, à la chambre des députés \u2014ou les deux à la fois.Acapulco a même un maire de gauche ! Mais c'est en ce mois de mars \u2014 début de l'été mexicain\u2014 que se mettent véritablement en place les pièces maîtresses pour la suprême partie d'échecs de juillet 2000 : les élections présidentielles.Le Parti d'action nationale (PAN ) et le Parti de la révolution démocratique ( PRD ) se choisissent ces jours-ci un nouveau président de parti.Le Parti révolutionnaire institutionnel ( PRI ) détenant depuis 70 ans le pouvoir au Mexique doit révéler de nouvelles règles pour élire son candidat à la direction du pays.Les électeurs se voient offrir pour la première fois de leur histoire un suspens électoral non fabriqué.Au cours des 70 dernières années dominées par la suprématie invincible du Parti révolutionnaire institutionnel, l'électoral n'a guère connu d'autre suspens que le choix du candidat du PRI \u2014 habituellement désigné par le président sortant.Cette fois, le président Ernesto Zcdillo, nommé en 1994 dans l'ambiance de peur suscitée par l'assassinat du candidat officiel, promet de laisser le champ libre à son parti.L'élection à la chefferic du PRI n'aura lieu qu'en novembre, selon la tradition ! Les partisans du vieux Parti révolutionnaire institutionnel sont déboussolés \u2014divisés entre «di- nosaures » et « réformateurs ».Les deux grands espoirs de rénovation \u2014 le PRD et le PAN\u2014 donnent d'inquiétants signes de division et de désorganisation.À la tête du candidat Considéré récemment encore comme le tombeur du Parti révolutionnaire institutionnel, le PAN accumule les défaites jusque dans les États du nord de Basse-Californie et de Chihuahua, qu'il dominait sous le précédent régime Salinas.Les Mexicains votent à la tête du candidat et non plus pour des partis dont ils paraissent dégoûtés.Le seul candidat s'affichant de Mexico à Montréal comme le futur président du Mexique, Vicente Fox Quesada, gouverneur de Guana-juato, deux mètres de stature, ancien président de Coca-Cola, fait cavalier seul jusqu'à l'intérieur de son parti d'Action nationale.Même le PRD, devenu la deuxième force politique à la Chambre des députés, n'arrive pas à ramasser les fruits de sa spectaculaire victoire à Mexico.Certains des candidats et candidates à la succession du président du parti.Manuel Lopez Obrador, ont mené une campagne implacable : comme s'il s'agissait d'un parti ennemi ! Les couteaux vont voler encore plus bas aux élections présidentielles de juillet 2000 ! Le Mexique, ingouvernable ?Le Mexique ne manque pas de leaders charismatiques, déterminés au changement.Malheureusement, même Cuauhtemoc Cardenas, impatient de se représenter à la présidence du Mexique malgré deux échecs passés, semble en perte de vitesse.Si patients à soutenir le PRI, ne serait-ce que par leur célèbre abstentionnisme électoral, les 1 PHOTOTHÈQUE AP L'un des leaders historiques du PRD, Cuauhtemoc Cardenas.Mexicains battent des records d'impatience avec leurs élus d'opposition ! Les nouveaux élus font le dur apprentissage de gouverner.Le président sortant du PRD, Manuel Lopez Obrador, a pu récemment mener son parti à la victoire grâce à une complexe coalition des forces de gauche, y compris l'aile gauche du parti au pouvoir.Son charisme et son habileté semblent même l'emporter sur les deux leaders historiques qui se feront la lutte pour la candidature PRD à la présidence du Mexique : Cuauhtemoc Cardenas et Muoz Ledo.Ce dernier vient de démissionner du leadership du PRD à la Chambre des députés.Ce sera sa deuxième campagne à la chefferie contre son vieux copain Cardenas.Dans un discours commenté par une presse de plus en plus plurielle et critique, Cardenas a osé lancer à la droite le véritable défi confrontant l'opposition : une alliance électorale.PRD-PAN ?Vicente Fox, se voulant pourtant le candidat du milieu à la tête du PAN, a répondu par un non retentissant.Gauche-droite : alliance contre nature ! Après les deux récentes élections dans les États de Guerrero et de Quintana Roo, la gauche du PRD \u2014 qui a tout de même remporté la mairie d'Acapulco, mais perdu de peu Car.cun \u2014 dénonce l'usage par le PRI des vieilles recettes : saupoudrage de travaux publics et d'aide sociale, lunchs, pressions de la police sur les électeurs, pressions sur les milieux d'affaires, favoritisme, clientélisme.Pourtant les grands partis d'opposition ont maintenant les moyens de surveiller les bureaux de scrutin.Les Mexicains doivent .présenter une carte d'électeur munie d'empreintes digitales.Mais on obtiendrait une nouvelle carte par un changement d'adresse.L'opposition dénonce des abus allant jusqu'à la location de ces cartes, le temps d'empêcher un électeur d'aller voter ! À défaut des alliances nécessaires, il paraît trop tard pour instaurer au Mexique un nouveau mode de scrutin à deux tours.Finalement, 46 millions d'électeurs assoiffés de changement se retrouvent devant trois forces égales.Et bien démunis pour affronter un parti au pouvoir prêt lui-même à changer jusqu'à ses couleurs, lesquelles se confondent avec le drapeau national l Mettre le PRI à la porte, proteste un vieux militant, ce serait pour le Mexique perdre une part de son identité ! B6* LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 Plus PHOTOTHÈQUE Lû Pressée En octobre 1969y les policiers de Montréal font grève.Au Centre Paul-Sauvé, où il sont réunis, on passe le temps en jouant aux cartes.Une loi spéciale les fera rentrer au travail.La Fraternité des policiers de la CUM a ans ¦ Un pouvoir parallèle à Vimage du développement de Montréal André Cédilot 'tof \"\"^^ ix septembre 19 18.\\\\ Les 1025 « consta- ¦ B bles » de la Ville de ¦ I Montréal forment H B l'Union ouvrière fé-Mm iiM^ dérale des policiers.Après une grève de 33 heures, un conseil arbitral leur octroie un salaire de 1400 S.Le groupe se sabordera peu après, à la suite de la « retraite forcée » de son président, Albert Carie.Cet échec n'est que le premier d'une longue et dure lutte qui mènera à la création de la Fraternité des policiers de Montréal, le 3 avril 1950.À l'aube du nouveau millénaire, le puissant syndicat des policiers de la CUM, qui compte au-jourd'hui 4100 membres, entreprend donc sa 50e année.L'histoire de ce syndicat est étroitement liée au développement démographique, économique, social et politique de Montréal.Dans l'ensemble, jusqu'au milieu des années 1980, les batailles des policiers ont été sensiblement les mêmes que celles des autres travailleurs: reconnaissance syndicale d'abord et amélioration des conditions de travail.Après s'être assurés à coups de grèves, d'arbitrages et de moyens de pression d'une base salariale et d'horaires de travail décents, ils ont mis la même énergie à revendiquer des avantages spécifiques ( primes, < ijuipements, formation, etc.) qui en font maintenant des travailleurs privilégiés.Sur le plan salarial, ils se sont t surtout démarqués depuis 1988, ayant accru leur pouvoir d'achat de 12%, comparativement à 1,4% pour les autres travailleurs québécois.Jusque-là, ils touchaient davantage que le salarié moyen, mais « comparable à un ouvrier spécialisé bien payé, avec l'avantage d'une plus grande sécurité d'emploi >», note-t-on dans un document V ndical.Dans les faits, les policiers ont mis 25 ans avant d'être représentés par un syndical reconnu, quand a été fondé, en 1943, sous le couvert d'un organisme de promotion et d'entraide, « le comité social de la police de Montréal Inc.>», véritable ancêtre du syndicat actuel.Appelé en sourdine «' la petite union >», ce regroupement a vite donné naissance «» l'Association ca- nadienne des policiers de Montréal, le 8 septembre 1943.Affilié au Congrès canadien du Travail ( GTC ), ce nouveau syndicat a entraîné dans son sillage 24 autres corps de police à travers le Québec, au grand déplaisir des dirigeants municipaux.Au même moment, le principal leader de l'organisation syndicale en gestation, Giidas Galarneau, était un « pensionné » de la Ville de Montréal.Ses alliés Roger Lavi-gueur et Lucien Tessier ont pris la relève.De 1944 à 1948, Tessier a pour sa part été muté pas moins de 29 fois et suspendu sans salaire à deux reprises.L'une des suspensions a duré cinq mois ! À la suite d'une grève regroupant policiers, pompiers et cols bleus de la Ville de Montréal, le premier ministre Adélard Godbout est intervenu pour obliger les parties à s'entendre.Du même coup, les policiers se sont vu retirer le droit de grève alors qu'un tribunal d'arbitrage était chargé de régler les litiges.Le 5 avril 1950, sous le règne de Maurice Duplessis, connu pour son antisyndicalisme, les policiers ont dû briser définitivement leurs liens avec le CTC et tous les syndicats, même ceux de policiers d'autres municipalités.Selon Duplessis, les policiers étaient les « soldats de l'ordre public » et devaient relever uniquement des autorités municipales.Deux jours avant l'adoption de ce décret, le président du syndicat, Jean-Paul Lapointe, convoquait une assemblée générale de ses 1700 membres et constituait la Fraternité des policiers de Montréal.C'est là que le syndicat a vraiment pris son envol et, « pour montrer qu'il est toujours rentable de payer une cotisation syndicale », développé un éventail de services à l'intention de ses membres.Entré au Service de police en 1941, le président Lapointe est d'ailleurs à l'origine de la plupart des principales réalisations de ce syndicat.Ironie du sort, il sera écarté, en 1966, pour sa gestion trop personnelle, voire douteuse des dépenses du syndicat.C'est lui, entre autres, qui a implanté dans chacun des postes et escouades du Service de police le réseau des « moniteurs » qui font le lien avec la direction du syndicat.Cette structure reste encore la source de la solidarité des policiers.Les délégués syndicaux, comme on les appelle de nos jours, voient à l'application de la convention collective.Ils jouent aussi un rôle clé dans les moments de crise.C'est à l'époque du lieutenant Lapointe qu'ont aussi été créés la Caisse d'économie des policiers \u2014pour venir en aide à ceux « qui étaient la proie d'usuriers qui les \\ Jean-Paul LAPOINTE 1950-1965 D'un président à l'autre Jean-Paul PICARD 1965-1969 Guy MARCIL 1969-1975 Gilbert CUSTEAU 1975-1976 Gilles MASSE 1976-1981 Claude FLEURENT 1981-1982 Michel ALLARD 1982-1985 Louis SIMARD 1985-1988 Yves PRUD'HOMME 1988-1998 Alain SIMONEAU 1998.Évolution des effectifs et salaires Année Policiers Salaire annuel (policier 1ère classe) 1919 1929* 1939 1949 1959 1969 1979 1989 199S 1025 1300 154J 1817 2711 3781 485?4519 4157 1400$ 1 700$ 1800$ 2 600$ 4 300$ 8 750$ 22 209$ 44 346$ 57 214$ * La crise économique (84 h de traval par semaine) Infographie La Presse exploitaient sans merci » \u2014, la Coopérative de consommation, le Club de chasse et pêche et la Symphonie vocale.Le 29 juin 1955, le syndicat quittait un local situé à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis pour s'établir rue Gilford, où il occupe encore une immeuble ultramoderne, en face de la station de métro Laurier.Plus important encore, bien avant que l'État n'y songe d'ailleurs, il a mis sur pied le programme d'assurance-vie et de sanié entièrement géré par les policiers.Sou coup de maître aura sans conteste été d'avoir consolidé le richissime régime de retraite qui fait l'orgueil des policiers montréalais, niais surtout l'envie des autres syndicats d'Amérique.r Infographie La Presse Depuis ce temps, le bien-être et la défense des membres est une priorité.Au fil des ans, l'accréditation syndicale des officiers \u2014sergents, lieutenants, capitaines\u2014 la police parallèle et plus encore le contrôle du régime de retraite font l'objet des plus vifs accrochages avec les dirigeants municipaux qui voient là un obstacle à leurs droits de gérance.À l'instar du mouvement syndical québécois, qui connaît ses pires conflits ( défilé de la Saint-Jean-Baptiste, McGill français, manif de Saint-Léonard, grève chez Seven-Up, à La Presse, etc.), la Farternité durcit son discours et ses pratiques dans les années 1960 jusqu'en 1975.À la même époque, le syndicat des policiers montréalais pose les premiers jalons de la Fédération des policiers municipaux du Québec, qui verra le jour en 1965.La première assemblée générale regroupera des délégués de 48 villes.La grève du 7 octobre 1969 demeure le point tournant de son histoire : après quatre des huit dernières négociations conclues en arbitrage, les policiers n'acceptent pas que Montréal, dont les finances vacillent depuis Expo 67, puisse, à la suite d'une autre semence arbitrale, instaurer la patrouille en solo et geler ses cotisations à la caisse de retraite.Ce matin-là, les 4000 policiers gonflés à bloc désertent les postes pour assister à une assemblée générale au Centre sportif Paul-Sauvé.Ils réintégreront leur travail en début de nuit, le 8 octobre, à la suite de l'adoption d'une loi spéciale du gouvernement provincial prévoyant de fortes amendes et le démembrement du syndicat.Entre-temps, c'est l'anarchie à Montréal.Mécontents, les pompiers abandonnent aussi leurs casernes, tandis que des chauffeurs de taxi manifestent à Dorval contre la comgagnie de limousines Mur-ray Hill.Un policier de la SQ est tué et deux autres personnes blessées.Le vandalisme et les vols abondent.L'armée est appelée à la rescousse.Tout en raffermissant le pouvoir du syndicat, cet arrêt de travail est le prélude à création de la Communauté urbaine de Montréal et, par le fait même, à l'intégration des 29 services de police de l'île de Montréal, le 1er janvier 1972.Ce processus long et pénible prendra quatre ans avant de se réaliser pleinement.Il en faudra au moins dix, par contre, pour atténuer les conflits entre « les gars de banlieue » et les « impérialistes de Montréal ».Le syndicat montrera sa réelle puissance en janvier 1978 en implantant unilatéralement l'horaire de travail qui permet aux policiers de travailler quatre jours par semaine.Devant le succès de l'opération, la CUM pliera quelques semaines plus tard en ratifiant l'entente.Depuis ce temps, l'essentiel de l'action de la Fraternité porte sur le maintien de ses acquis, mais aussi sur l'organisation du Service de police et, depuis l'affaire Gosset en 1987, sur le respect des droits des policiers, trop souvent cloués au pilori avant même d'avoir pu se défendre.Les directeurs Roland Bourget et Alain Saint-Germain ont goûté à la médecine des policiers.À l'issue d'une pétition signée par 3000 d'entre eux, M.Bourget s'est fait dire, en 1988, « de ne plus jamais parler au nom des policiers ».Quant au second, il a eu droit, à la suite de l'affaire Marcellus François, à la « marche du respect » du 13 février 1992, quand 2000 policiers ont manifesté devant le quartier-général, accusant M.Saint-Germain d'être « un pantin dirigé par les politiciens ».En s'inspirant du passé, le bureau de direction du syndicat entend s'attaquer avec autant de combat i vite, dans les présentes négociations, au manque d'effectifs et au problème de réorganisation de la police de quartier.DEMAIN : Des policiers milliardaires ! la presse, montréal, samedi 27 mars 1999 ?B 7 Plus EUROPE Rêve de puissance estion d'épicerie?ou Le Sommet européen de Berlin, entre crise interne et crise du Kosovo Jooneed Khan Son projet fétiche de défense commune bafoué cette fois par « la crise du Kosovo », l'Union européenne, réduite à discuter de lait, de viande, de céréales et de gros sous, a eu bien du mal à clore, dans la nuit de jeudi, le Sommet de Berlin sur son Agenda 2000.C'est que, dans la prochaine décennie, l'UE va s'élargir à une dizaine de pays d'Europe de l'Est et de la Baltique, plus Chypre.Ce sont des économies à forte base agricole.Noyée dans des lacs de lait et de vin, et écrasée sous des montagnes de viandes et de fromages, l'UE doit réformer sa PAC ( Politique agricole commune ) tout en préparant ces candidats à l'adhésion.Exercice ardu car l'UE compte, outre la France, des agricultures fragiles dans le sud.Et, sur un budget de près de 100 milliards de dollars américains, les subventions agricoles sont un outil important de pouvoir politique et de stabilité sociale.Aussi, après deux jours d'âpres tractations, c'est aux petites heures hier matin que les dirigeants réunis à Berlin ont commencé à parler d'un « accord en vue ».Un compromis fut conclu le 11 mars à Bruxelles mais la France, talonnée par ses agriculteurs, a réclamé son « amélioration » à Berlin.L'Espagne, le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce de leur côté insistaient sur les fonds d'aide aux régions les plus pauvres.Et la Grande-Bretagne tenait à sa « ristourne » dans le cadre d'une répartition plus équitable des charges budgétaires réclamée par l'Allemagne., Le sommet s'annonçait difficile il y a deux semaines déjà avec la chute d'Oskar Lafontaine comme ministre allemand des Finances.Le chancelier Gerhard Schrôder a pu rassurer ses alliés clés sur la baisse des versements allemands à l'UE, l'abandon du nucléaire civil et l'harmonisation fiscale \u2014 thèmes chers à Lafontaine et aux Verts alliés du SPD à Bonn, et que Londres et Paris avaient reçus comme une thérapie de choc.Mais le chef de la nouvelle Allemagne, qui assuma la présidence de l'UE le 1er janvier en annonçant réformes et agrandissement à marche forcée, était lui-même dépassé par les événements : alors que son amateurisme et ses ratés étaient passés à la loupe, l'UE était ébranlée par la plus grave crise de son histoire avec la démission de son « exécutif », la Commission européenne.La venue de Prodi La mise en cause de la CE par un Comité de sages dans des cas de népotisme et de corruption, et dans la perte de contrôle de sa bureaucratie bruxelloise de 19 000 employés, et les appels du Parlement européen à Strasbourg ( 626 députés ) au nettoyage rapide de la CE, ont tout bousculé.Schrôder a visité d'urgence les capitales des Quinze autant pour dire qu'il maîtrisait la situation que pour demander conseil aux gouvernements.Avec un certain succès, puisque l'UE inaugurait mercredi le sommet de Berlin en annonçant le choix de l'Italien Romano Prodi, premier ministre du gouvernement de centre-gauche de 1996-1998, pour remplacer le Luxembourgeois Jacques Santer à la présidence de la Commission européenne.La crise à la CE n'est pas réglée.Un nouveau sommet aura lieu le mois prochain pour discuter de la réforme de la CE ; Santer et ses 19 commissaires restent en place jusqu'aux élections européennes de juin ; c'est le nouveau Parlement qui approuvera Prodi et son équipe.Mais la crise est désamorcée.Sauf que, le même jour, le Groupe de contact sur le Kosovo, mené par la tandem américano-britannique, lançait l'OTAN contre la Yougoslavie de Slobodan Milosevic, poussant Evgueni Primakov à annuler sa visite aux États-Unis en faisant demi-tour au-dessus de l'Atlantique, et la Russie à rompre son partenariat avec l'OTAN.Et gâchant la visite du président chinois Jiang Zemin en Suisse, et celle de son chef de la diplomatie, Tang Jiaxuan, en Allemagne.La Grèce, proche des Serbes par la foi orthodoxe, a vite critiqué les frappes de l'OTAN, dont elle est pourtant membre.Avec 24 heures de recul, et des manifestations anti-américaines parfois violentes dans les capitales d'Europe, l'Italie estimait jeudi qu'une nuit de missiles et de bombes suffisait, et qu'il fallait « redonner la parole à l'action politique ».« Il faut une conférence de paix », lançait Prodi dans sa première déclaration depuis sa nomination.Mais c'est tout le projet européen de défense commune qui s'en est trouvé ravalé, une fois de plus.À Reinhartshausen il y a deux semaines, l'Allemagne avait soumis un projet de fusion de l'UE et de l'UEO ( Union de l'Europe occidentale, son agence de défense ).Objectif : doter l'Europe d'une politique étrangère et de défense commune.Les Pays-Bas ont soumis un document séparé, où le ministre des Affaires étrangères Jozias van Art-sen appelait l'Europe à une politique étrangère, de sécurité et de défense « plus adulte », en vue d'un partenariat plus équilibré avec les États-Unis à l'approche du 50e anniversaire de l'OTAN \u2014 dont les Européens voudraient bien s'affranchir mais n'y arrivent pas.L'indépendance de l'UE L'opération « Force déterminée » de l'OTAN contre la Yougoslavie a intégré les pilotes français et allemands aux frappes aériennes au même titre que les Britanniques ou les Canadiens.La rivalité euro-américaine pour la direction de la Mission de vérification au Kosovo ( MVK ) refera sûrement surface advenant la nécessité de déployer des troupes terrestres après les frappes aériennes \u2014car Clinton n'entend pas envoyer les boys faire la guerre sur le terrain.Pour l'instant, Washington a réussi, une fois de plus, à freiner les élans d'indépendance de l'UE en menant l'offensive de l'OTAN contre la spectre d'une nouvelle guerre en Europe.Freinage relatif car, avant môme de s'entendre sur la laborieuse ré- forme de la Politique agricole, le sommet de Berlin émettait, tard dans la nuit, une déclaration de soutien à « l'application prompte du droit des Palestiniens à un État » \u2014même si, plus tôt, Israël avait invoqué l'Holocauste pour nier à l'Europe toute autorité dans ce dossier.Les États-Unis ont également coincé l'UE sur les questions d'épicerie : les guerres de la banane et du boeuf aux hormones, avec une liste de produits européens frappés de milliards de dollars US de droits de douane punitifs ; et les guerres de l'acier et des hush-kits ( réducteurs de bruits dans les avions ) qui pointent à l'horizon.The Vgly European, c'est le titre d'un article du National Review cette semaine sur la banane.« L'UE a pris la succession de l'URSS à la tête de l'anti-américanisme mondial », accuse la revue.Pour sa part, Forbes Global conseille au Royaume-Uni de quitter l'UE pour rejoindre « les États-Unis élargis », avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, et le Canada.Flus que la Russie ou la Chine, c'est l'Union européenne qui fait figure de rivale, actuelle et potentielle, des États-Unis : ses limites en expansion, la taille de son marché, son niveau de vie et de développement, son avance technologique, sa nouvelle devise ( l'euro, environ 1,10 s US ), sa maîtrise du nucléaire et du spatial, ses stratégies économiques en direction de l'Asie, du monde arabe, de l'Afrique et de l'Amérique latine, et ses rêves de renouer avec la grandeur, sont autant de forces que les États-Unis veulent avoir « avec » eux plutôt que « contre » eux.Et l'Europe n'arrive pas à s'en défaire.» ¦ L'euro exacerbe l'affrontement entre l'Europe et les Etats-Unis Les ministres des Finances des Sept se rencontrent à Washington JEAN-PIERRE ROBIN Le Figaro, paris Trois mois après sa naissance officielle, l'euro garde toujours son mystère.Les Européens voyaient dans leur monnaie « une conquête de souveraineté » sur la scène internationale, comme ne cesse de le répéter le ministre de l'Économie et des Finances Dominique Strauss-Kahn, un moyen de faire jeu égal vis-à-vis du dollar.L'épreuve du feu des marchés s'avère plus ambiguë.Loin du démarrage en trombe que pronostiquaient les observateurs, l'euro %'est montré faiblard vis-à-vis du dollar, et il enregistre une baisse de l'ordre de 5 % par rapport à son cours d'entrée qui avait été fixé le 31 décembre 1998.Cette évolution est accueillie avec une certaine indifférence, sinon avec soulagement, à la Banque centrale européenne, où l'on redoutait d'être confronté à un risque de surévaluation.À Paris, le ministre des Finances rappelle qu'il ne faut pas confondre le rôle d'une monnaie avec sa valeur sur les marchés.Reste la question majeure, dont la réponse est plus indécise que jamais : l'euro va-t-il constituer un facteur de stabilité dans le système monétaire international, ou contri-buera-t-il au contraire à accroître la volatilité entre le dollar et les autres grandes devises ?Le parcours plutôt surprenant de la monnaie européenne sur les marchés des changes depuis sa création n'a fait que brouiller un peu plus les cartes.La force récente du dollar s'explique avant tout par les très bons indicateurs économiques américains, qui ont surpris les investisseurs.La situation est classique : le billet vert se consolide lorsque la croissance américaine est élevée, excluant à court terme toute baisse des taux aux États-Unis.Mais cette situation de très court terme et les explications conjoncturelles qu'en donnent les analystes ne changent en rien les défis structurels que pose l'euro.Comme l'explique un des conseillers économi-I ques de Lionel Jospin, qui participait au dernier séminaire franco-britannique sur la nouvelle monnaie européenne organisée par le Conseil d'analyse économique de Matignon, l'euro « pourrait constituer un facteur supplémentaire de déstabilisation du système monétaire international.Il pourrait rendre plus difficile le financement de la balance des paiements américaine, c'est-à-dire contribuer à l'instabilité des taux de change et nourrir les sentiments protectionnistes aux États-Unis ».Cette analyse, très répandue en Europe continentale, légitimise les appels de Paris et de Bonn en faveur d'une coopération renforcée de la surveillance des monnaies au sein du G 7, même si l'entente franco-allemande est loin d'être parfaite sur les réponses pratiques qu'il convient de trouver.Guerre monétaire Aux États-Unis, l'idée que l'euro pourrait avoir des conséquences très négatives sur le dollar, de nature à obliger, par exemple, Wa- shington à accepter une véritable concertation en matière de politique économique, n'est pas sans échos.L'expert indépendant Fred Bergsten, directeur de l'institute for International Economies de Washington, juge explosive la conjonction des déficits extérieurs des États-Unis ( 300 milliards de dollars cette année ) et d'une réallocation des porte-feuilles internationaux en faveur de placements en euros, qui pourrait atteindre 500 à 1000 milliards de dollars sur les prochaines années.La suite paraît inévitable : le dollar est condamné à décliner à moyen terme.Avec le risque d'amplification habituelle par les marchés ( pouvant conduire à des écarts allant jusqu'à 25 à 40 % par rapport aux cours actuels ), si les gouvernements laissent faire.Fred Bergsten préconise donc une « flexibilité contrôlée » des monnaies du G 7, dont les responsables politiques devraient s'engager selon lui sur des marges limites de fluctuation, même très larges ( de 20 à 30 % ).Des zones cibles élargies, en somme.De ces analyses, l'administration américaine ne semble vouloir retenir que le point de départ, les déséquilibres commerciaux entre les Etats-Unis, lourdement déficitaires, et le Japon et l'Europe fortement excédentaires.Tout au plus Robert Rubin, le secrétaire américain au Trésor, s'est engagé à ne pas utiliser le billet vert comme « un instrument de politique commerciale ».Pour les Européens, l'euro constitue à coup sûr une protection dans la mesure où les fluctuations du dollar n'auront plus les effets diviseurs qu'elle exerçait autrefois entre le franc, la lire et le mark.Mais le risque de volatilité entre la nouvelle monnaie et le billet vert s'est accru, au lieu de disparaître.Au-delà des divergences doctrinales sur les nu-rites des changes flottants et les zones cibles, le G 7 se doit de trouver un modliS Vivendi L'affrontement de bloc à bloc serait destructeur, comme le Japon en fait l'expérience depuis quatre ans, où le dollar-yen a varié de 60 %. T- B 8 » LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 Plus Les bombes ont frappé le centre de Pristina, détruisant des immeubles et endommageant les infrastructures urbaines.PHOTO AFP KOSOVO Dans quel bourbier l'OTAN s'est-elle enfoncée?L'auteur est directeur adjoint de la Chaire Téléglobe Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'Université du Québec à Montréal MARCEL BELLE AU & / labo ratio) i spéciale OTAN a credi une lancé mer-attaque aérienne contre la République fédérale de Yougoslavie, dans le double but d'empêcher les forces serbes de continuer leurs exactions contre les populations albanaises du Kosovo, et d'amener le président Slobodan Milosevic à accepter l'accord .déjà signé unilatéralement par les Kosovars à Paris.Cet accord dont les termes ont .été imposés par le Groupe de contact ( États-Unis, France, Angleterre, Russie, Allemagne et Italie ) et, en fait, fortement influencé par les Américains, prévoyait la fin des combats au Kosovo ; le retrait des troupes serbes ; une certaine autonomie pour le Kosovo ; et le désarmement de l'TJCK ( Armée de libération du Kosovo ).Le tout sous la surveillance d'environ 30 000 soldats de l'OTAN.La situation du Kosovo serait revue dans trois ans.Quelle est l'origine de ce conflit et comment l'OTAN en est-elle venue à cet « acte de guerre », le premier de ses cinquante années d'existence ?Les problèmes de relations entre Serbes et Albanais au Kosovo remontent très loin dans l'histoire.Le Kosovo a le malheur d'être le berceau de ces deux nationalismes antagonistes.Pour les Serbes, c'est là que fut installé le Patriarcat de Pec, dans la Serbie médiévale et que le tsar La-zar fut vaincu par le sultan ottoman Mourad en 1389.Le souvenir de cette défaite est toujours très vivant dans le coeur des Serbes.Un grand nombre d'églises, de chapelles et de monastères entretiennent la mémoire et la fidélité religieuse orthodoxe d'une province peuplée en majorité d'Albanais musulmans.Depuis six siècles, la province du Kosovo est gardienne de la mémoire des humiliations, frustrations et espoirs de résurrection de la nation serbe.Durant l'époque ottomane, la région est albanisée et islamisée.Avec la bénédiction des Turcs, les Albanais, passés à l'Islam, se répandent au Kosovo qui devient le berceau du renouveau albanais au XIX1 siècle.Ceux-ci revendiquent aussi le Kosovo au nom d'une lointaine ascendance avec les Thraces qui occupaient la péninsule balkanique avant l'arrivée des Slaves au VIe siècle.En 1913, le Kosovo est intégré à la Serbie suite aux guerres balkaniques.Il fait parti du nouvel État yougoslave en 1918.L'autonomie En 1968, les Albanais du Kosovo manifestent a Pristina pour demander un statut d'autonomie.Le président Tito de Yougoslavie accorde ail Kosovo, en 1974, le leur accorde au sein de la République de Serbie.En 1989, sous les pressions, entre autres de Slobodan Milosevic, la constitution de 1974 est révisée et abroge nombre de prérogatives de la région.En juillet 1990, la Serbie dissout les institutions politiques albanaises.Il s'ensuit une série de mesures de répression contre les Albanais : fermetures d'écoles, de journaux, de stations de télé et de radio, arrestations, détentions, etc.On cherche même à modifier la composition ethnique de la province de 2,2 millions d'habitants dont 90 % sont albanophones.Sous la direction d'Ibrahim Ru-gova, les Albanais du Kosovo optèrent pour une résistance pacifique, déclarant leur indépendance et opérant un État parallèle.Cependant, M.Rugova a été fortement critiqué par les éléments plus radicaux qui interprétaient son pacifisme comme de la passivité.La répression En 1996, l'Armée de libération du Kosovo ( UCK ) se manifeste pour la première fois en revendiquant une série d'attentats à la bombe.Depuis les violentes répressions serbes contre la population albanaise au printemps et à l'automne 1998, on a vu l'émergence de l'UCK et il y a de plus en plus d'Albanais qui sont prêts à prendre les armes contre la Serbie et menacer sérieusement sa main mise sur la province.En octobre 1998, à la suite d'une offensive serbe contre des villages albanais et l'UCK, la communauté internationale s'émeut.Le Conseil de sécurité de l'ONU passe une résolution demandant aux deux parties de cesser le feu et l'OTAN menace Milosevic de frappes aériennes s'il ne respecte pas la résolution de l'ONU.Un accord est conclu entre l'envoyé américain Richard Holbrooke et Slobodan Milosevic.Celui-ci s'engage à retirer ses troupes du Kosovo et à entamer des discussions avec les Kosovars.De son côté, l'Armée de libération du Kosovo n'est pas officiellement partie à l'accord et la division entre les factions albanaises empêchent la tenue de discussions avec les Serbes.L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ( OSCE ) envoie des observateurs non armés pour superviser l'observance de l'accord.En novembre, la violence reprend et se poursuit de façon spo-radique.En janvier, l'Armée de libération du Kosovo capture huit membres des forces serbes et les maintient en otage.Des pourparlers s'engagent et les otages sont libérés.Le 17 janvier, l'OTAN se réunit pour condamner la tuerie de 45 personnes d'origine albanaise découverte la veille et dénonce cette violation flagrante de la loi humanitaire internationale.L'organisme demande de nouveau de cesser le feu et de laisser les représentants du Tribunal pénal international entrer au pays et faire enquête sur ces meurtres.L'entrée des représentants du Tribunal est refusée par la Serbie et les combats reprennent de plus belle.Des objectifs incompatibles La situation au Kosovo devient de plus en plus complexe.On assiste non seulement à un conflit d'objectifs entre les opposants Serbes et Albanais, mais se dessine aussi un conflit d'objectifs entre la communauté internationale et les deux protagonistes.La communauté internationale .i comme objectif de faire cesser les Déterminés, ces Serbes combats et d'amener les Serbes et les Albanais à s'entendre sur un statut particulier du Kosovo sans toucher aux frontières de la république de Yougoslavie.Elle veut aussi empêcher le conflit de s'étendre à la Macédoine et d'enflammer de nouveau les Balkans.Les Serbes, pour leur part, ont pour but de maintenir le Kosovo comme province de la Serbie et de continuer à dominer la région.Alors qu'il y a quelque temps, les Kosovars se seraient contenté d'un statut particulier, la majorité d'entre eux visent maintenant l'autonomie complète.Les objectifs de la communauté internationale ne sont donc plus compatibles ni avec ceux de la Serbie, ni avec ceux des Albanais du Kosovo.La conférence de Rambouillet Au début février 1999, le Groupe de contact réussit à réunir à Rambouillet en France, les Serbes et les Kosovars et leur propose un plan de paix.Si ce plan n'est pas adopté, la partie fautive subira les foudres de l'OTAN.La conférence de Rambouillet ne donne pas de résultat concret, mais on convient de se réunir de nouveau à Paris.Il est à noter que le plan de paix dicté officiellement par le Groupe de contact, mais en pratique élaboré par les Américains, est très favorable pour les Kosovars : statut particulier pour trois ans, révision de la situation après cette période, protection des troupes de l'OTAN et simple obligation de désarmer.Beaucoup d'armes peuvent être cachées pour s'en servir plus tard s'il y a lieu.De plus, la présence à la table de l'UCK est une reconnaissance officielle de cette organisation par la communauté internationale, elle qui est considérée comme terroriste par les Serbes.Pour ces derniers, il faut céder sur tout : retirer les troupes, concéder un statut autonome au Kosovo, que l'on est certain de perdre après la période de trois ans et, comble de l'humiliation, accepter des troupes étrangères sur le territoire que l'on considère comme le berceau de sa nation.Pas étonnant que les Kosovars signent l'entente, ils y gagnent et ils croient qu'ils n'auront qu'à attendre trois ans pour obtenir leur indépendance complète.Les Serbes veulent négocier une entente et pas simplement accepter un diktat, ils rentrent chez eux sans signer.Les américains ont ainsi réussi à isoler Milosevic comme étant celui qui est fautif et qui empêche la paix de s'établir.Il n'y a donc qu'à autoriser les frappes aériennes de l'OTAN pour le forcer à accepter.Après plusieurs tentatives diplomatiques et auant d'avertissements, le bombardement commence.Mais après ?Si les Serbes ne cèdent pas, qu'elle est la stratégie ?Il ne semble pas y en avoir.Les Américains se sont « peinturés dans le coin » et ils ont entraîné l'OTAN avec eux.Il n'est pas question d'envahir la Serbie avec des troupes au sol, il faudrait au bas mot de 200 à 300 000 hommes et accepter de lourdes pertes.On en sera donc réduit à continuer les bombardements très longtemps sans obtenir de résultats satisfaisants, tout comme en Irak.M.Milosevic peut toujours changer d'idée et souhaitons qu'il le fasse, mais c'est peu probable a court terme.VOJVODINE MARCEL BELLEAU collabobration spéciale Pour l'instant on n'entend que le bruit des bombes.La stratégie avouée de l'administration Clinton est de forcer le gouvernement de Slobodan Milosevic à signer le texte d'accord proposé par le Groupe de contact, mais élaboré par les Américains.Il y a peu de chance que les Serbes capitulent et acceptent ce diktat.Les bombes ne feront que durcir les positions et à moins de changer de stratégie et d'envahir le Kosovo avec des troupes terrestres, ce qui est peu probable, il faudra bien un jour inviter Milosevic à la table et négocier.Que des missiles, tout intelligents soient-ils, se trompent de courses et frappent un immeuble d'habitation au lieu d'une cible militaire, et l'opinion publique pourra se modifier au point de réclamer une telle négociation.M.Milosevic sera alors en position de force.Le conflit entre les Serbes et les Albanais du Kosovo comportent toutes les caractéristiques d'un conflit ethnique : relations centrées sur l'État, relation passionnée des protagonistes au territoire, notions de fortes priorités locales, liens avec des divisions entre de plus grands groupes, grande appréhension envers les affinités externes par le groupe qui ne jouit pas de ces affinités, peur de la compétition, expérience de la domination d'un groupe par l'autre et partis politiques basés sur l'ethnie.À moyen terme, il faudra trouver une solution plus durable aux tensions interethniques au Kosovo.Les possibilités, si on exclut le statut quo, sont : la partition, la sécession et le partage du pouvoir.La partition et la sécession ont des effets négatifs importants.Dans le cas de la partition, l'indépendance du Kosovo lui serait consentie en échange d'une redéfinition de ses frontières.La Serbie conserverait le contrôle de la partie nord, où se trouve la population serbe et quelques-uns des sites historiques et religieux les plus importants.Cependant, comme la plupart des richesses matérielles du Kosovo se trouvent au nord, les Albanais ne sont pas susceptibles de céder la partie du territoire la plus riche et combattraient probablement l'idée.De plus, ils pourraient demander une partition similaire des régions frontalières de la Serbie peuplées en majorité d'Albanais.Les frontières Une difficulté additionnelle se présenterait lorsqu'il s'agirait de trouver les termes selon lesquels la nouvelle frontière internationale serait dessinée.Le choix selon une base ethnique, religieuse, géographique ou historique est de nature à causer bien des désagréments.En outre, la communauté internationale serait réticente à continuer à appliquer le précédent d'une division des frontières basée sur les ethnies, comme elle l'a fait en Bosnie.La plus extrême des solutions, la sécession et l'indépendance complète, serait la préférée de la majorité des Albanais du Kosovo.Certains d'entre eux sont même d'avis qu'une fois l'indépendance obtenue, le Kosovo devrait se fusionner à l'Albanie.Or, les autorités serbes ont déclaré qu'ils combattraient par les armes la sécession du Kosovo.Étant donné sa structure économique, le Kosovo aurait de la difficulté à survivre comme État indépendant, surtout si la Serbie conservait le contrôle du nord du territoire.Même si leurs droits leur étaient garantis, cela pourrait aussi amener l'émigration de la population minoritaire serbe du Kosovo.La communauté internationale est peu susceptible de reconnaître l'indépendance du Kosovo, ne voulant pas « balkaniser » davantage les Balkans, craignant que l'indépendance inspire les Albanais de la Macédoine pour tenter la même chose.L'indépendance ne mènerait pas non plus nécessairement à la fusion avec l'Albanie.L'Albanie a exprimé peu d'intérêt pour avoir le Kosovo comme province ni fourni un grand soutien à la cause albanaise au Kosovo, même si le rêve de la « Grande Albanie » est toujours vivant.Partager le pouvoir Il est presque toujours préférable d'accommoder différents groupes ethniques dans le même état avec les garanties appropriées d'influence politique et d'autonomie ( l'approche du partage du pouvoir ), que de les assigner à des territoires séparés.Le partage du pouvoir peut se définir selon quatre caractéristiques, les deux premières étant la participation des représentants de tous les groupes dans le gouvernement du pays et un degré élevé d'autonomie pour chacun d'eux.Les caractéristiques secondaires sont la proportionnalité et le droit de veto pour la minorité.Sur tous les sujets d'intérêt commun, les décisions devraient se prendre conjointement par les différents groupes ou leur représentants, alors que les décisions portant sur les autres sujets devraient se prendre par et pour le groupe directement concerné.Si les groupes sont concentrés chacun sur un territoire défini, l'autonomie peut s'institutionnaliser par le fédéralisme.Si les groupes sont mélangés sur le territoire, l'autonomie devra prendre une forme non territoriale ou une forme combinée territoriale et non territoriale.On peut identifier neuf facteurs qui favorisent l'adoption et le succès du mécanisme de partage du pouvoir.Les deux principaux sont l'absence d'un groupe ethnique majoritaire et de disparités socio-économiques importantes entre les groupes.Les sept autres facteurs sont : la même dimension des groupes afin de créer un équilibre du pouvoir entre eux ; des groupes qui ne sont pas trop nombreuxm ce qui peut faciliter les négociations; une population totale relativement peu nombreuse de façon à simplifier le processus de décision ; la présence d'un danger commun externe qui favorise l'unité interne ; l'existence de loyautés qui soient au-dessus des loyautés dues purement à des facteurs ethniques ; des groupes ethniques concentrés géo-graphiquement de façon à ce que le fédéralisme puisse être utilisé pour promouvoir l'autonomie et, finalement, l'existence de traditions de compromis entre les groupes.Ces facteurs ne sont cependant pas décisifs, ils ne sont que des facteurs facilitants et même si plusieurs conditions ne soin pas favorables, le succès est encore possible.^YOUGOSLAVIE \u2014 SERBIE UMi' m ._ r^\u2014V v-^~>1 monte- j \\£ -v~*k* \u2022 \u2022 negro i '».¦:¦ \u2022 fi.«A» a KOSOVO Pwren MACÉOOiNE Comment faire ?La situation au Kosovo est très difficile en ce qui regarde l'application du mécanisme du partage du pouvoir.Plusieurs des facteurs favorables à ce mécanisme ne sont pas présents, incluant les principaux.En effet, un des groupes, les Albanais, est nettement majoritaire ( 90 % de la population et avec un taux de natalité supérieur à celui des Serbes ) et ce même groupe est socio-économiquement plus faible que le groupe minoritaire Serbe.En guise d'illustration, le 22 mars 1998, la simple mise en pratique d'un accord signé en 1996 sur la normalisation des relations en matière d'éducation, a provoqué la protestation de milliers de Serbes.Le doyen serbe de l'Université de Pristina a déclaré à cette occasion : « La signature d'aujourd'hui représente le début de la vente du Kosovo ; nous ne permettrons pas aux enfants des séparatistes d'être bercés dans le berceau serbe » ( CNN, 23 mars 1998 ).Le règlement permanent du conflit ne peut pas être envisagé à courte échéance car sa dynamique interne ne le rend pas mûr pour un règlement négocié.C'est-à-dire qu'il n'a pas atteint un niveau tel que les parties considèrent qu'elles ne peuvent pas gagner unilatéralement par la force et sont prêtes à considérer d'autres options.Les bombardements de l'OTAN peuvent justement servir à faire comprendre aux Serbes qu'ils sont mieux de négocier.On doit cependant aussi faire comprendre aux Albanais qu'on ne supportera pas leur volonté de sécession complète.Pour cela, tous les atouts de la diplomatie et des influences extérieures doivent être utilisés et les Russes peuvent devenir des acteurs très importants dans ce dossier.Ils seraient sans doute disposés à jouer un rôle pourvu que les États-Unis les respectent comme une puissance importante de la région.Et qu'ils y trouvent leur compte, par un prêt avantageux du FMI, par exemple.Pour en arriver à un règlement, il faudra un peu moins d'arrogance des États-Unis pour pouvoir faire en sorte que ni les Serbes, ni personne ne perde la face.Espérons que la voix de la raison et de la diplomatie se fera entendre et remplacera celle des canons.< ». LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 B9 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL MAROC Détenus graciés ¦ Le roi Hassan II a gracie hier 678 détenus à l'occasion de l'Aïd al-Adha ( sacrifice ), Tune des plus importantes fêtes musulmanes qui sera célébrée demain au Maroc.Plus de la moitié de ces prisonniers ont bénéficié d'une grâce sur le reliquat de leur peine d'emprisonnement, alors que les autres ont obtenu une remise de détention ou de la peine d'amende.On ignore si des détenus politiques ont bénéficié de cette relaxe.d'après AFP ULSTER Londres s'impatiente ¦ Le gouvernement britannique a donné hier six jours maximum aux dirigeants politiques d'Irlande du Nord pour résoudre la question du désarmement des milices paramilitaires, qui bloque depuis plusieurs mois la mise en oeuvre de l'accord de paix.La ministre à l'Irlande du Nord, Mo Mowlam, a déclaré que si les dirigeants catholiques et protestants ne parvenaient pas à un accord, elle prendra unilatéralement la décision de convoquer, mercredi ou jeudi, la nouvelle assemblée d'Irlande du Nord qui doit théoriquement reprendre en main une grande partie des pouvoirs jusqu'ici dévolus à Londres.d'après AFP CUBA Libérez les dissidents H En visite sur l'île de Fidel Castro, la secrétaire d'État française au Tourisme, Michèle De-messine, a demandé hier aux autorités cubaines de libérer rapidement quatre dissidents emblématiques récemment condamnés à plusieurs années de prison.C'est aussi la position adoptée par l'Union européenne.La Havane avait provoqué un véritable tollé international avec la condamnation de ces dissidents il y a une dizaine de jours à des peines de trois ans et demi, quatre ans et cinq ans de prison.d'après AFP PAYS-BAS Fi des sans-papiers ¦ Le niveau de tolérance à l'égard des demandeurs d'asile semble atteindre ses limites aux Pays-Bas, où l'incapacité des autorités d'implanter un nouveau refuge dans un quartier huppé indique que le dossier de l'immigration suscite des tensions de plus en plus vives.Le pays détient le record du plus grand nombre de demandeurs d'asile en Europe proportionnellement à la population.Et selon les prévisions, l'afflux de réfugiés pourrait s'accroître de 30 %.L'un des grands problèmes est l'incapacité des autorités à opérer un tri rapide entre vrais réfugiés politiques et immigrés économiques.d'après AP KURDISTAN Il s'immole pour Ocalan ¦ Un Kurde de 17 ans a tenté hier de s'immoler par le feu, en Allemagne, pour protester contre les tortures infligées selon lui au chef indépendantiste Abdul-lah Ocalan emprisonné en Turquie.Il s'est aspergé d'essence avant de mettre le feu à ses vêtements.Outre les manifestations parfois violentes auxquelles a donné lieu dans l'importante communauté kurde d'Allemagne la capture d'Abdullah Ocalan le 15 février à Nairobi, certains sympathisants ont déjà tenté de se brûler vifs.d'après AFP ZIMBABWE Distribution des terres ¦ Le président Rçbert Mugabe a accusé hier les États-Unis et la Grande-Bretagne de vouloir déstabiliser le Zimbabwe en raison de son projet de réforme agraire prévoyant la distribution à des fermiers noirs de terres appartenant à des fermiers blancs.« Les impérialistes américains et britanniques » sont conscients que la prochaine mesure visera le secteur minier dont les richesses ne profitent qu'aux Blancs, a déclaré le président Mugabe.d'après AFP Manifs serbes partout et Belgrade sort ses vieux MIG d'après AP et AFP BRUXELLES Pendant que les experts militaires s'interrogeaient hier sur la stratégie adoptée par l'armée yougoslave, de nombreuses manifestations se déroulaient à travers le monde, y compris aux États-Unis, pour dénoncer les frappes de l'OTAN contre le régime de Slobodan Milosevic.Les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne sont les plus fréquemment visées.« Nous sommes au bord d'une nouvelle guerre mondiale.Aujourd'hui, la Yougoslavie.Demain, la Russie », clamait un manifestant devant la représentation britannique à Moscou.À Sofia, près de 10 000 Bulgares ont défilé à l'appel du Parti socialiste aux cris de « l'OTAN est un agresseur ».À Stockholm, l'ambassade américaine a dû être évacuée à la suite d'une fausse alerte à la bombe, tandis que des manifestations relativement modestes se tenaient à Vienne et à Varsovie.Plus on s'approche du Kosovo, plus les protestations sont violentes.À Skopje, capitale de la Macédoine, les forces anti-émeutes ont repoussé avec fermeté 200 manifestants pro-serbes qui tentaient de nouveau de s'approcher de l'am- bassade des États-Unis.Le président Clinton a ordonné hier soir l'envoi de 100 Marines pour en assurer la protection.En Grèce, pourtant membre de l'Alliance atlantique, une manifestation a rassemblé 15 000 personnes, dont des Serbes, défilant aux cris de « Clinton, fasciste, meurtrier ! » et « Amérique, fasciste ! ».Comme les Russes, les Grecs sympathisent avec leurs coreligionnaires serbes orthodoxes.Ces manifestations étaient en bonne partie prévisibles.Ce qui l'était moins, selon les stratèges militaires, c'est la faible utilisation que fait l'armée serbe de sa défense anti-aérienne et sa décision de faire voler ses MiG 29, les condamnant à la destruction par les avions plus performants de l'OTAN.Le décollage de trois MiG 29, dès la première nuit de bombardements de l'Alliance, mercredi soir, avait beaucoup surpris les alliés qui pensaient que Belgrade avait plutôt intérêt à les protéger dans des hangars souterrains.Dès leur envol, ces avions ont été repérés par les avions-radar Awacs de l'OTAN qui surveillent ,à distance et en permanence l'espace aérien des Balkans.Ordre a été aussitôt donné à des « intercepteurs » alliés, en position d'attente en l'air, d'aller neutraliser les intrus.Deux ont été abattus par des F-15 américains, et un par un F-16 néerlandais.Hier après-midi l'OTAN a abattu deux nouveaux MiG en Bosnie.Ces avions de fabrication russe, dont Belgrade possède seulement une quinzaine d'exemplaires, sont des modèles anciens, inférieurs à l'équipement des alliés, mais constituent l'appareil le plus performant en service dans l'armée yougoslave.À l'opposé, la défense anti-aérienne serbe n'a pas été beaucoup utilisée pour s'opposer aux frappes de l'Alliance.Selon un diplomate, Belgrade lui fait faire le « gros dos » pour éviter sa destruction.Le fait que cette défense anti-aérienne annoncée comme performante n'a guère servi donne à croire que le président Slobodan Milosevic joue la durée, l'apparition de problèmes dans la coalition alliée ou la montée d'une pression russe.Deux autres raisons peuvent expliquer la non-activation de la défense anti-aérienne serbe : soit elle est paralysée par les brouillages électroniques d'avions spécialisés de l'OTAN, soit elle est gardée volontairement « éteinte » pour être préservée.Au siège de l'OTAN, les diplomates privilégient cette deuxième hypothèse.Bonn, Washington et Amnistie tapent sur la Chine En cause : les droits de l'homme Agence France-Presse BONN Le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer a critiqué « fermement » hier les violations des droits de l'homme en Chine, à l'issue d'une rencontre avec son homologue chinois Tang Jiaxuan.« Nous constatons que les droits de l'homme et la démocratie ne reçoivent pas l'attention qu'ils mériteraient », a déclaré M.Fischer.Il a déploré les reculs enregistrés dans ce domaine ces derniers mois et notamment les condamnations de dissidents politiques.« Nous critiquons fermement cette situation qui est inacceptable », a ajouté M.Fischer, très inquiet du traitement des minorités.Il a appelé le gouvernement chinois à nouer le dialogue avec elles et notamment avec le Dalaï-Lama, chef spirituel des Tibétains.M.Tang a rétorqué que les droits de l'homme et les cultures minoritaires n'avaient «jamais été aussi bien protégées qu'aujourd'hui », avant d'inviter son homologue à se rendre en Chine.Il a dit que les intérêts communs de l'Allemagne et de la Chine surpassaient les divergences et que les deux pays souhaitaient développer la coopération.Ces propos n'ont visiblement pas convaincu les États-Unis, qui ont annoncé hier leur appui à une résolution condamnant les violations des droits de l'homme en Chine.« Les États-Unis vont introduire une résolution sur les pratiques de la Chine concernant les droits de l'homme devant la commission des droits de l'homme des Nations unies, réunie à Genève », a déclaré le porte-parole du département d'État, James Rubin.Amnistie internationale a joint sa voix à ce concert de reproches, appelant l'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, à inscrire les droits de l'homme au menu du Forum Asie-Europe ( Asem ) organisé demain et lundi à Berlin.« La crise économique asiatique a encore aggravé la situation des droits de l'homme » dans cette région, a déclaré hier Amnistie, ajoutant que « Les graves violations des droits de l'homme en Indonésie ou en Chine ne doivent pas être omises dans les discussions avec les responsables politiques ».L'Union européenne remonte sur ses rails Budget septennal et confirmation de Romano Prodi à la tête de la Commission d'après AFP et AP BERLIN L'Europe a adopté aux forceps son budget pour les sept années à venir, qui va lui permettre de préparer l'élargissement à l'Est, et a doté la Commission européenne d'un nouveau président, l'Italien Romano Prodi.Ces deux accords, finalisés dans la nuit d'hier après deux jours de négociations ardues au sommet de Berlin, permettent de tourner une page essentielle et libèrent la voie pour progresser dans les prochaines années sur la réforme des institutions et de la défense.Le budget de l'Union européenne tournera autour de 600 milliards d'euros pour la période 2000 5 2006, ce qui correspond grosso-modo à une croissance minimale des dépenses, rendue possible par des dépenses agricoles stables et une inversion de la courbe de croissance des dépenses destinées aux régions et aux pays les plus pauvres de l'Union.La réforme de la Politique agricole commune ( PAC ) est finalement moins sévère que ne le redoutaient les huit millions d'agriculteurs européens, grâce surtout à l'opiniâtreté de la France.La baisse des prix des principaux produits est en revanche moins importante que prévue : 20 % pour la viande bovine au lieu de 30 %, 15 % pour les céréales au lieu de 20 %, tandis que la baisse des pro- »! - il l \\ Ail l M ¦ Le chancelier allemand Gerhard Schrôder parlait hier d'un bon 1 compromis, à propos du budget européen.duits laitiers de 15 % est reportée à 2005.Mais cette baisse plus modeste des prix agricoles européens rendra certainement plus difficiles les négociations avec les États-Unis au sein de l'Organisation mondiale du commerce ( OMC ) sur la libéralisation des échanges agricoles.L'Allemagne, principal contribu-teur net au budget européen, a par ailleurs çenoncé à obtenir une réduction substantielle de ses versements européens, objectif qu'elle s'était pourtant fixé.Pour ménager la France, elle a successivement abandonné l'idée du co-finance-ment partiel des dépenses agricoles européennes et celle d'un mécanisme correcteur visant à plafonner les contributions budgétaires des plus gros contributeurs.La Grande-Bretagne enfin a réussi à sauver son « rabais permanent », ce qui lui permet de continuer à bénéficier d'une ristourne des deux tiers sur sa contribution budgétaire.Londres avait fait de la conservation de son « rabais » l'une de ses principales exigences.Des « aménagements » sont cependant prévus à ce mécanisme afin de réduire la part de cette ristourne payée par les pays contribuant le plus au budget communautaire.L'accord sur le financement, même s'il reste modeste, permet à l'Union de disposer du cadre budgétaire dont elle a besoin pour préparer son élargissement à cinq pays de l'Est ( Hongrie, République tchèque, Pologne, Slovénie, Estonie ) et à Chypre, probablement pas avant 2005 ou 2006.Le sommet de Berlin s'était aussi mis d'accord dès mercredi, en un temps record, sur le nom de Romano Prodi, l'ancien président du Conseil italien, pour succéder à la présidence de la Commission européenne à Jacques Santer, qui a démissionné le 15 mars avec ses 19 collègues à la suite d'un rapport de cinq experts indépendants critiquant sévèrement sa gestion.Le président français Jacques Chirac s'est félicité de la stabilisation des dépenses prévues par l'accord, notamment sur la réforme de la politique agricole commune ( PAC ).« L'accord auquel nous sommes parvenus est un accord raisonnable », a-t-il déclaré.Le chancelier Gerhard Schrôder, qui comptait sur ce sommet berlinois pour redorer son blason politique après les déboires enregistrés par son gouvernement, a de son côté parlé de « réussite ».Reste que l'Allemagne n'obtient au final qu'une baisse de 700 millions d'euros de sa contribution nette au budget communautaire, alors qu'elle comptait sur une économie de 3,5 milliards. B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 MARS 1999 Monde ?écossaise pour Pinochet JULIETTE BAILLOT Agàice France-Presse, LONDRES Lç.général Augusto Pinochet a vécu hier une journée sous le: régime de la douche écossaise, entre la visite réconfortante de l'ancienne première ministre britannique Marga-rel Thatcher, et la menace d'un élargissement de l'acte dCaccusation à son encontre.?Quelques heures à peine après la vi£frte très médiatisée de la « Dame d^ÎFer » dans sa résidence surveil-lée;de luxe au sud-ouest de Londres, où les deux amis ont rivalisé d'amabilités, le juge madrilène Bal-tas^ Garzon a en effet versé au ddfssier' d'accusation 32 nouveaux-cal 10 12 22 24 29 38 43 46 50 54 55 57 60 62 63 64 68 69 NUMEROS 687225 87225 7225 225 25 687221 68721g Tirage du 99-03-26 LOTS 50 000 $ 5 000$ 250$ 25$ 5$ 1 000$ 100$ 10$ MONTREAL ET LES ENVIRONS AUJOURD'HUI MAXIMUM Ensoleillé.Vents légers.LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES 9 CETTE NUIT MINIMUM 2 Ciel dégagé.DEMAIN MAX/MIN 12/4 Ensoleillé.LUNDI MAX/MIN 11/3 Ensoleillé.QUÉBEC OTTAWA TORONTO AUJOURD'HUI Ensoleillé.8/2.DEMAIN Ensoleillé.11/3.AUJOURD'HUI Ensoleillé.9/1.DEMAIN Ensoleillé.10/1.AUJOURD'HUI Ensoleillé.9/0.DEMAIN Ensoleillé.10/2.Val-d'Or 11/-3 Chicoutimi 8/0 - Maniwaki 11/-1 LaTuqué 8/0 Sainte-Agathe Tr°'%A 9M \" Rimousl 6/2 8/2 HULUOTTAWA 9/1 \u201e 4 vv- MONTRÉAL 9/2 Plattsbujgfc.r-6 m m Burlington 11/-6 BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPE SEPT-ÎLES AUJOURD'HUI Passages nuageux.4M.DEMAIN Ensoleillé.6/2 AUJOURD'HUI Passages nuageux.6/-9.DEMAIN die! variable.5/-10.AUJOURD'HUI Passages nuageux.8/1.^ DEMAIN Ensoleillé.11/2.AUJOURD'HUI Ciel variable.5/1.DEMAIN Ensoleillé.8/3., .m .Les systèmes météorologiques sont prévus pour I4h00 cet après-midi.Hont chaud Front froid Occlusion Creux Anticyclone Dépression Neige / / O O s ' O O Pluie Pluie verglaçante Orages PREVISIONS RÉGIONALES L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTREAL Min ;v Température Max Hier 4 Normales du jour 4 Auj.l'an passé 14' »i \u2022 ¦ Records Plus haut maximum: 16'en 19.76 Plus bas minimum: -17 en 1975 -1 - 2 Facteur Vent Aujourd'hui : Nul Précipitation Hier: 0mm 1 mm d'eau = environ 1 cm de neige AU PAYS LE MONDE Le Soleil et La Lune 5h46 18h16 13h55 3h45 es Durée totale du jour: 12h30 O £ O 2) 31 mars 09 avr 16avr 22avr AU SOLEIL Calgary Xharlottetown .Comwall Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Mortçton Régina Rouyn Saint-Jean Saskatoon Sudbury Thunder Bay Vancouver Victoria Whitehorse Windsor Winnipeg Yellowknife AUJOURD'HUI Beau Beau Soleil Variable Soleil Soleil Éclaircies Beau Variable Soleil Beau Variable Soleil Beau Averses Averses Éclaircies 1 Soleil Nuageux Nuaoeux DEMAIN 11/0 Beau 8/2 Beau 9/1 Soleil 9/0 Beau 10/2- Soleil AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI 7/1 1/-11 9/2 7/0 12/-2 4/-2 5/0 10/1 11/0 9/0 9/0 3/0 9/1 7/0 -1/-3 Nuageux éclaircies Soleil ëeau Soleil Variable Beau Beau Averses Averses .Averses Éclaircies Soleil .Beau Nuageux 10/-5 11/4 10/2 5/-10 12/3 10/2 3/-13 11/3 5/-7 10/-3 6/2 6/-6 11/0 8/-3 11/4 11/3 5/-5 10/2 67-2 -1/-10 Amsterdam Athènes Beijing Berlin Bruxelles Buenos Aires Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New Delhi New York Paris Port-au-Prince Rio Rome Tokyo Washington Beau Pluie Beau Beau Pluie Pluie Nuageux Beau Beau Averses Soleil Beau Soleil Nuageux Éclaircies Soleil Beau Beau Beau Pluie 13/1 20/11 8/-4 21/9 13/1 23/16 17/10 12/5 26/11 9/1 23/8 6/-4 35/14 11/2 13/-2 31/25 31/22 16/11 19/10 7/3 Acapulco Bahamas Barbade Bermudes Cancun Daytona B.Beau Soleil Beau Averses Soleil Beau Ft.Lauderdale Beau Honolulu Averses Jacksonville Beau KeyWest Beau La Havane Soleil Las Vegas Venteux Miami Beau Montego Bay Beau Oriando Beau Palm Springs Venteux Puerto Plata Soleil Tallahasse Beau Tampa Beau W.Palm B.Beau 33/22 28/22 29/23 24/18 31/20 19/11 26717 26720 17/9 26/20 27/20 27/11 25/18 30/23 21/12 30/11 30/24 19/6 21/12 24/16 2 k 3 ?Q) 6 E 8 G M; le Casino Mohgwk d'Akwesasne ~ '± m .99 tab,es de jeu 1 \u2022Plus de 1000 machines i ^ \u201e, Q SOUS (après l'ouverture) .099 'Spectacles Ouverture en avin ^//#Buffetautochtone Ouvert 24 heures par jour \u2022 Route 37, Hogansburg, NY (16 km de Cornwall) X-SS8- "]
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