La presse, 1 mai 1999, B. Plus
[" La règle de quatre de Robert Perreault Le ministre jongle avec quatre sortes de Québécois et quatre projets pour relier Montréal à la province Gérald LeBlanc tion du dernier.out le monde sait ce que font les ministres des Finances et de l'Éducation.C'est moins évident avec le ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, poste dont Robert Perreault a hérité lors de la forma-nouveau cabinet en décembre Le titulaire a d'abord dû lui-même apprendre ce ministère fourre-tout \u2014 de l'inscription des nouveau-nés à l'accueil des immigrants \u2014 avant de savoir où mettre le cap.Après trois mois de réflexion et de consultation, notre ministre de la citoyenneté, rencontré en début de semaine à ses bureaux du somptueux édifice Gérald-Godin, dans le Vieux-Montréal, avait quatre projets à annoncer pour relier Montréal à la province et rapprocher les diverses catégories de Québécois : francophones, anglophones, allophones et autochtones.¦ Les échanges d'étudiants : on commencera dès cet automne à organiser des échanges entre les étudiants de Montréal et du reste du Québec, afin d'arriver progressivement à faire participer plusieurs milliers d'adolescents chaque année à ce programme d'apprivoisement et de rapprochement des provinciaux et des métropolitains, enfants de deux pays différents à bien des égards.¦ Une juste part des fonctionnaires : le ministre s'engage à ce qu'il y ait 25 % du trio minoritaire (anglophones-allophones-auto-chtones) parmi les 4100 jeunes embauchés cet été par le gouvernement du Québec.À plus long terme, il s'engage à hausser considérablement leur part des emplois dans la fonction publique \u2014 actuellement de 2 % \u2014, grâce aux 5000 nouveaux fonctionnaires qu'on embauchera d'ici cinq ans.¦ Réinsérer les cofis dans la communauté : afin de renouer avec la mission des cofis, des écoles de francisation mais surtout des lieux d'intégration, Québec entend profiter de la fin du bail avec l'école Saint-Roch, dans Parc-Extension, où l'on a regroupé la plupart des anciens cofis de Montréal, pour les ramener dans les communautés et les intégrer au milieu.Ils sont donc maintenus et c'est leur personnel qui assurera l'encadrement des immigrants, mais certains cours seront fournis par des institutions du réseau scolaire, comme c'est déjà le cas au cégep Bois-de-Boulogne et comme ce le sera bientôt dans une école de la Petite-Bourgogne où l'apprentissage de la langue ira de pair avec Le ministre Robert Perreault.celui d'un métier.Ce contact avec une institution du milieu fera partie de l'intégration, la vraie raison d'être des cofis.¦ Répartir les immigrants à travers le Québec : présentement, les immigrants se partagent comme suit : 40 % à Montréal; 70 % dans l'île, 82 % dans la région métropolitaine et donc seulement 18 % dans le reste du Québec.Le ministre croit pouvoir modifier ce partage de façon à diriger 30 % des immigrants vers la province, surtout à Québec et vers les régions limitrophes de la métropole.Derrière ces projets se profile le mandat reçu par le ministre Perreault lors de sa prcs- PH0T0 ROBERT MAILL0UX.Lâ Presse C tation de serment en décembre 1998.« Aux Relations avec les citoyens, Robert Perreault poussera plus loin notre volonté de rassembler, dans des projets communs, les Québécoises et les Québécois de toutes origines », avait alors dit le premier ministre Bouchard.Et pas loin derrière pointe la difficile pénétration du projet souverainiste du Parti québécois chez les minorités, qui ont jusqu'ici massivement refusé l'option appuyée majoritairement par les Franco-Québécois.Sans parler de la minorisation progressive des Franco-Québécois dans l'île de Montréal, que le ministre trouve préoccupante î « Peu importe le choix politique du Qué- bec, fédéraliste ou souverainiste, il faut à tout prix que ses diverses composantes partagent une citoyenneté et une langue communes.On ne réécrira pas le passé qui a donné naissance à notre société, mais si nous voulons un avenir commun, il faut promouvoir un type de citoyenneté incluant tous les Québécois », répond le ministre pour justifier son offensive de rapprochement.De 2 à 18 % ?Quant à ses projets précis, il les croit tous réalistes, même ceux d'une régionalisation des immigrants et d'une représentation plus équitable des minorités dans l'appareil public.Le ministre arrive justement d'une visite à Jonquière où vivent quarante familles d'immigrants, environ 150 personnes.« Tout le monde est heureux de l'expérience, tout comme à Granby, Drummondville ou Jo-liette », soutient M.Perreault, pour qui l'échec de Rimouski, dont nous avions parlé dans La Presse, n'est pas la règle mais l'exception.« Il faut mieux préparer le terrain et mieux choisir les régions où existent de réelles possibilités d'emploi, en général celles qui se trouvent en périphérie de la région métropolitaine.C'est une manière de renforcer l'hin-terland qui alimente Montréal.» C'est cependant sa promesse de mieux refléter la société québécoise dans la fonction publique que le ministre risque d'avoir le plus de difficulté à remplir.Comment fera-t-il pour attirer les anglophones en particulier et surtout comment leur fera-t-on de la place dans l'appareil gouvernemental ?« Ils n'ont pas eu leur place dans le passé et il faut corriger la situation.Le Québec doit être capable d'inclure tous ses citoyens.En les intégrant aux emplois d'été, on leur permet un premier contact qui rendra plus facile le choix d'une carrière dans le secteur public, où nous embaucherons 5000 personnes d'ici cinq ans.« Pour les emplois d'été, pas de problème puisque le seul critère c'est d'étudier à temps plein au cégep ou à l'université.C'est plus complexe pour les emplois permanents où il faut tenir compte des contraintes syndicales et professionnelles.C'est le président du Conseil du Trésor qui pilote ce dossier.» M.Perreault ne veut pas avancer de chiffres ou de calendrier pour cet effort de rattrapage, mais il nous assure que la volonté politique est là.« Je sais que c'est possible, car j'ai mené une expérience semblable, couronnée de succès, à la Société des transports de la CUM.» Il ne s'agit pas uniquement de l'embauche de fonctionnaires, mais aussi des nominations un peu partout dans l'appareil public, par exemple à la fonction de juge où l'on vient, selon M.Perreault, de donner un signal en nommant Juanita Westmoreland- « \u2022 V.« Il faut demander aux gens de prendre leur place dans notre société, mais il faut aussi leur faire de la place », dit le ministre, qui ne craint pas de parler de quotas, un terme honni dans le reste du Canada.Éviter les fraudes ou protéger la confidentialité ?On découvre que des Américains utilisent la carte d'assurance-maladie de leurs cousins pour se faire soigner au Québec et on réclame une carte d'identité incontournable.Le réseau TQS démontre que le même individu peut voter plusieurs fois et les cris fusent en faveur d'une carte d'électeur.Mais chaque fois qu'une voix s'élève en faveur des cartes, une autre se fait entendre pour mettre en garde contre la naissance d'un Big Brother qui contrôlera nos vies.Et continue le fouillis de la multitude de cartes, dont celles de l'assurance-maladie et de l'assurance automobile comportent déjà nos photos, et d'incroyables découvertes surgissent : une enquête vient de démontrer qu'il y a en circulation trois millions de numéros d'assurance sociale (NAS) de plus que de Canadiens, des NAS pour 300 000 centenaires alors qu'il n'y en a que 30 000 au pays.Cet inextricable dossier relève maintenant du Directeur du registre de l'état civil, qui consigne le trio naissance-mari.ige-deies ci dont le certificat de naissance a remplacé l'ancien certificat de baptême.Comme tout ce qui touche les droits des citoyens (Commission des droits de la personne.Commission d'accès à l'information, protection du consommateur.), le registre de l'état civil figure dans la brochette d'organismes relevant du ministre responsable des Relations avec les citoyens, l'autre branche du ministère de Robert Perreault.Il nous promet deux choses : une gestion unifiée des données touchant l'identité des gens et une carte d'identité volontaire, si l'on peut s'assurer de l'étanchéité des données d'un secteur à l'autre.Une firme d'experts en informatique se penche sur les moyens d'empêcher ce partage des informations.« Actuellement, si vous déménagez, vous eies tenus par la lof de l'Indiquer à quatre endroits différents : assurance-maladie, assurance auto.Revenu et Régie des rentes.C'esi une perte de temps et d'argent qu'on pourrait corriger en avisant le Directeur du registre qui relaierait l'information aux organismes concernés.» « Ça permettrait aussi de corriger certaines incongruités comme une Marie Laurin (nom de jeune fille) pour l'assurance-maladie, qui devient Marie Dubeau (nom du mari) pour l'assurance auto.» « Un groupe de travail se penche sur la question, avec des représentants des usagers (assurance auto, assurance-maladie) et des organismes veillant au respect de la confidentialité (Protecteur du citoyen.Commission d'accès à l'information.), et doit remettre son rapport en juin.» Quant à l'éventuelle émission d'une carte d'identité, avec photo et signature comme sur un passeport, le ministre insiste qu'elle se fera sur une base volontaire.Mais pourquoi donc ajouter une autre carte, alors que nos portefeuilles débordent ?« Parce que la carte d'assurance auto ou d'assurance-maladie n'est pas une carte d'identité, bien qu'on l'utilise souvent à cette La carte d'assurance auto ou d'assurance-maladie n'est pas une carte d'identité, bien qu'on l'utilise souvent à cette fin, et parce que le numéro d'assurance sociale (NAS) n'est guère fiable, même s'il sert souvent de référence.fin, et parce que le numéro d'assurance sociale (NAS) n'est guère fiable, même s'il sert souvent de référence.« Parce que certaines personnes n'ont pas de permis de conduire et que d'autres n'aiment pas montrer les codes inscrits sur leur carte d'assurance-maladie », ajoute le ministre des Relations avec les citoyens.11 a bien changé notre ministre.Fonceur et grande gueule alors qu'il siégeait au conseil municipal de Montréal, Robert Perreault est devenu prudent comme un Sioux et refuse la moindre incursion en dehors de ses plates-bandes.Pas moyen de savoir donc ce qu'il pense de l'incursion hloquistc dans les dentelles de la citoyenneté, ni de la fusion appréhendée dans son ancien fief montréalais.Il en aurait envie, mais il a sans doute appris que le Salon île la race de Québec, tout comme la Colline d'Ottawa, ne tolère pas les tireurs solitaires. B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1\" MAI 1999 Editorial André Desmakais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et ÉDITEUR Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef La bataille Alain Dubuc adulntc@tapresse.ca des impots Le premier ministre Bouchard a posé un geste lourd de signification, cette semaine, en refusant de se rendre aux demandes salariales des employés de l'État, parce qu'elles compromettraient les efforts de son gouvernement pour réduire le fardeau fiscal des contribuables québécois.Il ne s'agit pas d'un virage, puisque le premier ministre a souvent parlé de la nécessité de baisser les impôts et que son ministre des Finances, Bernard Landry, éloque M sur la question, a amorcé le processus dans son demi -budget.Mais il y a eu assez de promesses fiscales non te nues, tant à Québec qu'à Ottawa, pour justifier une certaine méfiance.noBBMMnBB Mais la façon dont M.Bouchard a exprimé ses intentions constitue un engagement non équivoque et crédible.« Nous mettrons autant d'énergie et de détermination dans la réduction des impôts des particuliers que nous en avons mis dans l'élimination du déficit », a-t-il affirmé.C'est tout dire., Le sérieux de l'engagement est d'autant plus palpable que le gouvernement l'a volontairement situé dans le cadre des négociations du secteur public pour annoncer en fait qu'il prêterait affecter ses surplus à la réduction du fardeau fiscal plutôt qu'à l'augmentation de la masse salariale.C'est un gros saut dont on n'aurait pas cru capable un gouvernement péquiste.Qu'on ne se méprenne pas ! Aussi absurde que cela puisse paraître, puisque notre économie est la plus taxée en Amérique, un gouvernement doit faire preuve d'un grand courage pour s'attaquer au fardeau fiscal.Pour notre société, terriblement « fuckée » à cet égard, les baisses d'impôt sont souvent associées aux miasmes du néolibéralisme, un choix incompatible avec les objectifs de solidarité et de justice sociale.Une sorte de délire idéologique qui sera lourdemement exploité par les centrales syndicales.Ces pressions sont telles que le gouvernement Chrétien n'a pas osé réduire sérieusement les impôts, de peur de heurter la gauche de son parti.Mais le gouvernement Bouchard, idéologiquement proche du PLC (sauf sur la question nationale), aux prises avec les mêmes problèmes internes, a manifestement fait preuve de plus de courage que le gouvernement fédéral.Le défi de M.Bouchard consistera donc non seulement a dégager les ressources nécessaires pour tenir les timides promesses fiscales du budget, et faire plus encore, mais aussi à lutter contre les méfiances primaires que cela suscite.Un travail d'éducation similaire à celui qu'il a fallu déployer pour convaincre de la gravité de la dette et du déficit.Il faudra expliquer à quel point une réduction du fardeau fiscal bien conçue profiterait aussi aux contribuables du bas de l'échelle et permettrait enfin aux classes moyennes de voir augmenter leur niveau de vie, après dix ans de stagnation.Il n'y a rien d'injuste ou d'amoral là-dedans.Il faudra aussi montrer qu'un fardeau fiscal excessif freine la croissance \u2014 en limitant la consommation, en favorisant l'économie souterraine, en suscitant la désincita-tion au travail, en favorisant l'exode des cerveaux et en privant le Québec d'avantages compétitifs par rapport aux concurrents qui l'entourent.Favoriser la croissance, c'est créer la richesse dont nous avons besoin pour augmenter le niveau de vie et fournir à l'État les ressources dont il a besoin.Depuis quelques semaines, nous avons insisté plus d'une fois sur les retards économiques du Québec et sur le faible niveau de vie des Québécois, une situation dont tous les gouvernements qui se sont succédé au Québec, depuis 1970, sont responsables.Le fardeau fiscal n'est pas la seule cause de ces retards, mais c'est un facteur important, et surtout, un facteur sur lequel nous pouvons agir, avec un peu de volonté politique.La détermination du premier ministre Bouchard à réduire le fardeau fiscal constitue donc un engagement majeur, une initative importante pour combler les retards économiques dont souffre le Québec.DROITS RÉSERVÉS sci^c.ciuplctiu&laprvssc.i'j Le chantage muséal e projet d'un musée des arts populaires à Trois-Rivières a mis 20 ans à mûrir.C'était une jolie idée : faire connaître l'histoire du Québec à partir de la vie de petites gens, en regroupant plus de 100 000 objets, dont les 35 000 « artefacts » de la collection de l'ethnologue Robert-Lionel Séguin.Il y a trois ans, le Musée des arts et des traditions populaires du Québec (MATPQ) a finalement ouvert ses portes dans la vieille prison de Trois-Rivières, convertie pour de plus nobles fins, et reliée à un bâtiment neuf d'allure plus moderne.La facture \u2014une quinzaine de millions \u2014 a été assumée par Québec et Ottawa.Agnès Gruda a3rt4da@lapresse.ca Le musée n'a pas attiré les foules prévues.Même si Québec assume la moitié de son budget annuel, ce qui en fait le musée québécois le plus subventionné dans sa catégorie, le MATPQ aligne déficit sur déficit.L'automne dernier, il congédie les trois quarts de ses employés, réduit ses heures d'ouverture et se met en mode survie.Deux mois plus tard, une nouvelle tuile s'abat sur le musée agonisant : un juge oblige le MATPQ a rembourser 1,7 million à un entrepreneur injustement traité.Le musée n'a pas le sou.Son déficit accumulé frôle les quatre millions.II se place sous la protection de la loi pour éviter la saisie.Et fait comme il a déjà fait dans le passé : il implore l'aide de Québec.La ministre de la Culture, Agnès Maltais, devra trancher vite : la protection dont jouit le musée arrive à échéance dans une semaine.Ou bien ce musée dans lequel les pouvoirs publics ont engouffré des millions devra fermer ses portes \u2014 et le gouvernement devra aiors reconnaître qu'il a misé sur un projet foireux.Ou bien Québec volera au secours du musée, au risque de se retrouver avec un problème chronique sur les bras.Damned if y on do, damned if y ou don'U comme on dit chez les Anglais.Le dilemme est cruel, mais il n'a rien de nouveau.On a connu ça avec le Musée juste pour rire, qui avait coûté plus de 13 millions aux gouvernements, et qui s'est retrouvé dans le rouge quelques mois après son inauguration.Depuis, il va de sauvetage en sauvetage.Pour survivre, on l'a transformé en une méga-discothèque.Québec a répliqué en réduisant sa subvention.Mais le musée Rozon continue, contre toute logique, à siphonner des fonds publics.Idem pour le Cosmodôme, qui était crible de dettes avant même d'ouvrir ses portes.Là encore, on avait surestimé la fréquentation et les déficits se sont accumulée.Mais pouvait-on se permettre de l'abandonner maintenant qu'il avait englouti sa part de fonds publics?Qu'allait-on faire de la carcasse ?Il y a deux ans, le Côs-modôme redécollait grâce à un plan de sauvetage auquel Laval et les deux gouvernements contribuaient à coups de millions.Dans les trois cas, il y avait, au départ, une idée intéressante.Mais les trois projets étaient fondés sur des projections totalement déconnectées de la réalité du marché muséal.Comment a-t-on pu imaginer qu'il suffisait d'exposer des courtepointes, des varlopes et des rabots pour attirer 100 000 visiteurs par an et rentabiliser un investissement de 15 millions?Ne réalisait-on pas que le Québec est déjà sursaturé de musées historiques ?Y avait-il quelqu'un pour faire une vraie étude de marché ?Apparemment, non.Ces trois musées semblent tous avoir été conçus par des rêveurs qui avaient les yeux plus grands que la panse.Et qui se sont imaginés qu'une fois qu'il aurait contribué à réaliser leur rêve, papa-gouvernement serait toujours là, ne serait-ce que pour sauver sa propre réputation.La ministre Maltais a deux bonnes raisons de refuser de sauver ie MATPQ.La première, c est quïi n'a jamais réussi à faire la preuve de sa viabilité.La deuxième, c'est qu'il est temps de montrer par un geste concret que ce genre de chantage émotif ne fonctionne plus._LA PRESSE ET VOUS__ Ils ont tué le messager.Au moins 10 journalistes ont élé tués depuis le début de 1999 dans une ou l'autre des régions du monde.Vingt-huit reporters et éditeurs ont été assassinés dans 17 pays en 1998, portant le nombre total de journalistes tués dans l'exercice de leur métier à plus de 400 durant la dernière décennie.Cent dix-sept journalistes au moins sont actuellement emprisonnés dans 25 pays.La censure et d'autres formes de repression de la presse sont pratiquées dans 119 pays.Des journa-listes et des éditeurs sont assassinés, molestés, incarcérés et harcelés.Des publications sont censurées, soumises à des amendes, suspendues ou fermées.Les chiffres sont éloquents.Au-delà de ces données mathématiques se cachent de véritables martyis de la liberté de la presse.L'assassinat ».C'est dire! Un complexe L'explication, qui vaut pour ce sujet mais pour le reste également : les Français sont in- timement convaincus de savoir mieux que les Américains ce qui est bon et valable chez les Américains, et même ce qui est bon pour les Américains eux-mêmes.De là à parler d'un complexe de supériorité (lequel, tous les psys vous le diront, ne sert qu'à masquer un complexe d'infériorité), il n'y a qu'un pas, qu'il faut franchir sans hésiter.La France a cette particularité d'avoir des sentiments profondément ambigus et complexes vis-à-vis des États-Unis.Et inversement.Une situation qu'elle ne partage qu'avec la Grande-Bretagne, son étemelle rivale dans le Vieux Continent.La plupart des grands pays du monde ont avec les États-Unis une relation de familiarité ou d'inceste, laquelle tient banalement à l'immigration massive qui a fondé et développé le pays.Les Américains ont le sentiment ou l'illusion de n'être pas totalement étrangers à la Pologne, ou à l'Italie, ou à la Russie parce qu'ils ont leurs Polonais, leurs Italiens, leurs Russes.Et inversement, les mêmes Italiens, Polonais ou Russes ne sont pas vraiment étrangers quand ils débarquent aux États-Unis : ils y retrouvent un bout de leur pays.Avant, il y avait eu les Allemands, les Scandinaves, les Hollandais.Par la suite il y eut les Japonais ou les Chinois.Les États-Unis sont faits de bouts détachés du monde entier.Les Britanniques, dans cette affaire, occupent une place à part.Même si, sur le plan économique et politique, ils ont été largués depuis un bon demi-siècle par leur lointaine progéniture pas autant que les Portugais par le Brésil, mais presque, ils continuent à s'en considérer comme les géniteurs et les créateurs.Eux ne sont pas les immigrants qui ont fait les États-Unis, ils en sont les créateurs, ce que rien ne peut effacer.En Europe, les Anglais continuent de faire bande à part vis-à-vis du « continent », non seulement parce qu'ils sont insulaires, mais aussi parce qu'ils restent persuadés de leurs « liens privilégiés » avec les Américains.Une illusion que les Américains entretiennent volontiers, plus du reste par de petits gestes de déférence et de connivence que par une vraie alliance à parité : jamais, ou en tout cas le moins souvent possible, les Américains ne mettront les Britanniques dans une situation embarrassante sur la scène internationale, malgré la disproportion des forces en présence, et ils s'abstiendront toujours de les humilier publiquement.Jusqu'à la fin des temps, les Britanniques pourront dire : nous connaissons les États-Unis parce que nous les avons faits, et jusqu'à la fin on les laissera dire.Que le rejeton ait parfois de mauvaises manières ou manifeste de l'ingratitude ne change rien à la réalité des racines américaines.* Une certaine paternité Les Français, bien entendu, ne revendiquent pas véritablement la paternité des Etats-Unis.Pas tout à fait, et cependant.D'une part, il est vrai qu'ils échappent à la loi commune : les Américains ne peuvent pas dire à leur sujet qu'ils les connaissent parce qu'ils ont « leurs Français ».Il n'y a jamais eu d'immigration française massive aux États-Unis, parce que la France n'a jamais été un pays d'émigration économique.Il y a bien eu des huguenots au XVIK siècle, mais en ordre dispersé, puis des aventuriers ou flibustiers ici et là.Mais rien qui se compare à des mouvements de population à l'italienne ou à l'irlandaise.Il n'y a pas cette familiarité profonde ou cette inféodât ion créée par l'immigration.Les Américains n'ont jamais connu des paquebots remplis à ras bords de Français pauvres frappant à leur porte, alors qu'ils ont connu tous les autres.De ce point de vue, le Français est resté un étranger.Mais lui-même, contrairement à tous les autres.Grecs, Norvégiens, etc., ne dispose dans ce pays d'aucun relais qui lui permette de le sentir en profondeur.L'interpénétration et l'inceste n'ont jamais eu lieu.D'autre part, la France ne peut s'empêcher de revendiquer un rôle singulier dans l'histoire américaine.Si les USA constituent aujourd'hui l'empire dominant dans le monde, ils succèdent dans ce rôle, comme par hasard, à la Grande-Bretagne qui le tint du début du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle, mais aussi à la France, qui occupa le poste de la fin du XVIIe au congrès de Vienne en 1815.Ni la Grande-Bretagne ni la France ne se sont vraiment faits à l'idée qu'ils ne sont plus le grand pays universel qu'ils ont été et, d'une manière ou d'une autre, se considèrent comme les seuls pairs des nouveaux maîtres du monde, à qui ils entendent bien parler d'égal à égal.Comme par un fait exprès, les « vrais » États-Unis d'Amérique n'ont-ils pas été portés sur les fonts baptismaux par la France elle-même, par La Fayette interposé, et n'était-ce pas l'esprit de la Grande Révolution de 1789 qui soufflait lorsque la marine royale vint porter secours aux Républicains de Boston ?Bref, si la population américaine la plus ancienne vient bel et bien d'Angleterre, le pays politique n'est-il pas d'une certaine manière l'enfant de la France des Lumières ?Plus ou moins consciemment, le Français de cette fin du vingtième siècle qu'il soit diplomate, universitaire ou industriel aurait tendance à envoyer à ses interlocuteurs WASP ce message télépathique : « S'il vous plaît, auriez-vous l'obligeance de ne pas me traiter comme les autres car, contrairement aux autres, je n'ai jamais fait le ménage ni le service chez vous ! D'ailleurs si mon ancêtre La Fayette n'avait pas été là, peut-être seriez-vous encore une misérable colonie de la Couronne britannique, sait-on jamais ?» Bien sûr le message n'est jamais explicitement formulé, même pas dans la tête du Français.Mais il flotte quand même quelque part dans le subconscient.N'oublie pas qui t'a fait Républicain ! Aux yeux du touriste américain moyen ou de l'Américain tout court le Britannique paraît au fond tout aussi arrogant et snob que le Français peut l'être aux yeux du Québécois.La Grande-Bretagne étale volontiers son Histoire ancienne, sa culture et sa langue, laquelle à tort ou à raison est considérée comme infiniment plus raffinée.Mais cette arrogance sinon collective du moins individuelle du Britannique a un côté déjà connu, un petit air de famille.C'est le paternalisme de l'ancêtre et du géniteur, un défaut que précisément les entants tolèrent chez leurs parents.L'insaissable Français Le Français qui tient un petit restaurant à New-York ou celui qui, dans l'autre sens, accueille (sans ménagement) le touriste américain dans son bistrot parisien ou dans son modeste bar-tabac est à la fois arrogant et, circonstance aggravante, indéchiffrable.L'Américain a bien quelques idées reçues concernant le Gaulois moustaches, béret, baguette, litron et crêpes bretonnes mais au fond de lui-même il sait qu'il ne le connaît pas.En Italie, il aura la perpétuelle illusion de garder le contact, de ne jamais perdre pied : après tout « les Italiens nous les connaissons, nous avons nos Italiens ».Certes cela relèvera le plus souvent de la parfaite illusion il y a un certain fossé entre l'ouvrier italien du New Jersey et le designer milanais mais cela rassure.En France il ne pourra jamais dire : « Ceux-là font les malins, mais on s'en fout, parce que les vrais Français nous les avons chez nous.» Le Français (parisien essentiellement) qui se permet d'être au moins aussi arrogant que le Britannique n'a pas cette circonstance atténuante d'être un lointain parent.Ce n'est pas non plus un familier.C'est un parfait étranger.Agaçant.Le même Américain de base pourra se consoler en se disant que.contrairement au Polonais qui, au travers de sa propre immigration, trouvera instantanément, même si c'est à un niveau modeste, des clefs et des connivences pour comprendre où il se trouve surtout s'il est à Chicago le Français arrive aux États-Unis comme un poisson hors de l'eau.Il croit, il prétend comprendre « C'est le pays de l'espace et de la liberté ; les Américains sont de grands enfants », mais il est en fait de tous les Européens le plus démuni face à la réalité américaine où tous les autres retrouvent un petit bout authentique d'eux-mêmes et de leur Histoire.Cette orgueilleuse indépendance du Français face au Nouveau Monde, si elle agace prodigieusement gouvernants, journalistes ou diplomates américains, lui garantit une certaine aura de mystère (au moins aux yeux des Américains cultivés toujours qui daignent être informés de son existence), ce qui est toujours bon à prendre : le Gaulois n'est pas réductible, même en US dollars, qu'on se le dise.Accessoirement, elle le condamne à une certaine forme d'ignorance incurable vis-à-vis du continent qui domine (actuellement) le monde, ce qui présente aussi des inconvénients.Quand le Français prétend comprendre les États-Unis (et au pays de Descartes il est impensable qu'on ne prétende pas comprendre un phénomène de quelque importance), et surtout quand il se met à les expliquer, les dégâts sont inévitables.Ce qui nous ramène à Jerry Lewis.Pour l'intellectuel new-yorkais familier de Paris, le Français est d'abord un être bizarre qui a suivi religieusement les épisodes de Dallas dans les années 80, qui vit au rythme des pulsions de Pamela Anderson à Malibu Bcach et considère Edgar Allan Poe comme le plus grand poète du pays.La raison pour laquelle le même Français met le plus souvent à cote de la plaque a propos des Amer-loques est la même que celle qui lui donne l'illusion de porter sur eux un regard pariai tentent objectif : l'inceste n'a jamais eu lieu.La double incompréhension a de beaux jours devant elle.(.) LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI l« MAI 1999 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL OUGANDA Exécutions ¦ Vingt-huit personnes condamnées à mort ont été exécutées dans la nuit de jeudi, a annoncé hier l'administration pénitentiaire ougandaise.Sur les vingt-huit condamnés, tous des hommes, vingt-six l'avaient été pour meurtre, et deux pour cambriolage avec violence.La plupart des crimes avaient été commis plus de dix ans auparavant.Amnistie Internationale avait appelé mercredi dans un communiqué le président ougandais Yoweri Museveni à commuer en peines de prison ces condamnations à mort, le pressant de « démontrer son pouvoir réel en commuant les sentences ».d'après AFP CAMBODGE Enfin admis ¦ Après des années de démarches et l'appui du Vietnam, le Cambodge a enfin rejoint hier les rangs de l'Associations des pays du Sud-Est asiatique (ASEAN).Réunis à Hanoi, les ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN \u2014qui compte désormais dix membres \u2014 ont salué l'entrée du Cambodge dans ce cénacle économique.Pour le chef de la diplomatie laotienne, Somsavat Lengsavad, l'admission du Cambodge va aider le pays à panser les blessures de la guerre et permettre de contribuer à la cause commune de l'association.d'après AP HAÏTI Manifestations ¦ Des groupes de jeunes manifestants ont incendié hier une dizaine de voitures devant la mairie de Port-au-Prince située au bas du centre commercial de la capitale.Les manifestants ont également brisé à coup de pierres les pare-brises de nombreux véhicules alors que se déroulait une manifestation pacifique de marchandes populaires qui protestaient contre une récente interdiction des autorités municipales à leur encontre de commercer aux alentours de la Mairie.Le calme est revenu après l'intervention de la police qui a procédé à plusieurs arrestations.d'après AFP SOMALIE Luttes meurtrières ¦ Une nouvelle flambée de violence a fait au moins 28 morts, dont 13 civils, cette semaine dans le sud de Mogadiscio, conséquence de l'émiettement du pouvoir entre chefs de guerre dont les luttes ensanglantent la Somalie depuis 1991.Cette fois, ce sont les partisans du clan Mu-rusade et partisans des Tribunaux islamiques unis (JIC), formés la semaine dernière pour lutter contre l'insécurité autour du grand marché de Baraka qui s'affrontent pour le contrôle du marché.Des centaines de personnes, notamment des femmes et des enfants, ont fui le centre ville.d'après AFP SUISSE Rwandais condamné ¦ Le tribunal militaire de Lausanne a condamné hier l'ancien maire de la commune rwandaise de Mushubati à la réclusion à vie.Au (\"fine de trois semaines de procès, Fulgence Niyonteze, âgé de 35 ans, a été reconnu coupable d'assassinat, d'assassinat manqué, d'instigation à assassinat et de crimes de guerre au sens des Conventions de Genève.Le verdict a été accueilli par des applaudissements dans le public rwandais.d'après AP ÉTATS-UNIS Le Canada en cause ¦ L'administration Clinton a pointé du doigt hier l'Union européenne, l'Inde, la Corée du Sud, le Canada et l'Argentine pour des violations présumées des lois commercial es «m detri-iiii-ni de sociétés américaines.La Représentante amnkaine du Commerce Charlenc Barslicfsky a précise qu'elle porterait ces sept cas de différends commerciaux devant l'Organisai ion mondiale du commerce.d'après AP Pour la première fois, le HCR utilise le terme « » La famille Bobi quitte le Kosovo sans les hommes, «tous tués» SELIM YASSINE Agence France-Presse, KUKES, Albanie Les survivants de la famille Bobi sont partis à l'aube pour un camp de réfugiés d'Elbasan (55 km au sud de Tirana) où le premier ministre français Lionel Jospin visitait hier le siège de la Task Force South (TFS).C'est l'une des trois forces de l'opération humanitaire de l'OTAN « Abri allié », placée sous commandement français.Cinq garçons, trois filles et la mère sont du voyage.Les six hommes de la famille ont été tués au Kosovo par les miliciens serbes.Servete Bobi (19 ans) raconte: « Des hommes masqués ont fait irruption dans le village (Druja, près de Djakovica, à 70 km de la frontière albanaise de Morina), nous ont séparés des hommes et nous ont ordonnés de partir.J'étais en queue de file et j'ai entendu une fusillade.Je me suis retournée instinctivement et j'ai vu à terre Nur, mon père, mes oncles Rex et Ali et les cousins Nexhdet, Halil et Rusteru.» « Sur la route nous avons rencontré d'autres gens qui fuyaient.Le soir nous sommes arrivés à Rra-caj, il n'y avait plus personne dans le village.Le matin nous avons repris notre marche.Le soir nous sommes arrivés à Dev.Il y avait là les rescapés de 12 ou 13 villages, principalement des femmes, des vieux et des enfants.Nous nous sommes cachés pendant cinq jours.puis des policiers serbes sont venus, nous ont dit que les miliciens se rapprochaient et qu'ils nous laissaient partir si nous leur donnions de l'argent.Nous avons récolté 2000 marks (1300$ américains).Puis nous avons escaladé la montagne toute la journée et nous sommes arrivés le soir à Morina » (le poste-frontière albanais).Servette, une brune au visage émacié raconte son histoire d'un ton monocorde, avec précision, sans gémissements, sans larmes.À côté d'elle, sur les marches du théâtre municipal de Kukes, face au 1»c, sont assises ses soeurs Bi»:e (23 ans) et Kosovare (13 ans), et son neveu également orphelin Flamur (8 ans), un petit garçon dont le visage hâlé par le soleil fait encore plus ressortir ses yeux verts.Sa mère, Ryve Bobi, la quarantaine, les cheveux sales et le regard dur est maintenant le chef de cette grande famille : « Oui, il sait pour son père.Tout le monde sait, même les enfants.Nous avons beaucoup pleuré, sur la route, dans les villages, maintenant c'est fini, nous n'avons plus de larmes.» Arrivés mercredi soir, la famille Bobi et une centaine d'autres réfugiés ont passé deux nuits à la belle-étoile sur les marches de l'escalier du théâtre municipal récemment fermé aux réfugiés.- « Cette nuit nous n'avons pas dormi à cause des avions », affirment-ils avant de monter dans le camion affrété par les autorités albanaises en coordination avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR).Les témoignages d'exactions serbes se sont multipliés parmi les Kosovars qui sont arrivés cette semaine à Morina.Réfugiés kosovars arrivant hier à Morina, en Albanie.PHOTO REUTfR « Processus planifié d'effacement d'un peuple » Médecins sans frontières Sebahata Reza, et son enfant Arife, à la frontière albanaise.PHOTO AP Associated Press.PARIS C'est un véritable réquisitoire.Dans un rapport publié hier, l'organisation humanitaire Médecins sans Frontières accuse les autorités serbes de mener au Kosovo un « processus planifié d'effacement d'un peuple ».Intitulé « Histoires d'une déportation », le rapport révèle le caractère méthodique du nettoyage ethnique.Il se fonde sur le témoignage de centaines de réfugiés interrogés en Albanie, en Macédoine et au Monténégro.La cause essentielle des mouvements de la population du Kosovo est la déportation, souligne MSF.« Les personnes ne fuient pas des affrontements armés mais sont mises dans l'obligation de quitter leur ville ou leur village, sous peine de mort.» « La déportation s'accompagne de la spoliation et de la destruction des biens des personnes », note également MSF.La méthode employée pour chasser les Kosovars est « le plus souvent la même » et inclut « la violence et les meurtres sélectifs », qui visent à « répandre la terreur ou pour punir ceux qui refusent de se soumettre aux ordres de déportation ».« La confiscation et la destruction des papiers d'identité est une pratique systématique.» MSF relève également de nombreuses exactions des forces serbes : « Des femmes, des enfants et des hommes ont été tués ou blessés lors de l'attaque à la grenade de leur maison.Des familles entières ont été assassinées, de façon ciblée, dans certains villages.» Par ailleurs, les hommes seraient fréquemment séparés des femmes.Cette pratique « vise dans la plupart des cas à faire parler les hommes, à les dépouiller de leur argent et de leurs papiers d'identité ».Certains sont assassinés ou passés à tabac.« D'autres ont été réquisitionnés pour creuser des tranchées et installer des postes militaires enterrés à la frontière albanaise.» Selon une étude épidémiologl-que réalisée au Monténégro, 13 % des hommes de la tranche d'âge 15-55 ans manquent à l'appel.Mais « il n'y a pas que des hommes parmi les membres manquants des familles déportées.À l'arrivée, un nombre important de femmes et d'enfants ne sont plus avec leurs proches », constate MSF.\u2022 Au final, « la similitude et la cohérence des récits individuels permettent de situer les déportations du Kosovo dans le cadre d'une politique systématique », qui relève « nécessairement d'un plan préétabli ».« Les crimes commis relèvent de la qualification de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité », conclut MSF.L'OTAN redouble ses bombardements d'après AP et AFP BELGRADE/WASHINGTON Les alliés de l'OTAN, États-Unis en tête, ont rejeté hier les dernières propositions de Belgrade pour sortir du conflit au Kosovo.La Yougoslavie s'est dit prête à accepter « une mission des Nations unies non armée » au Kosovo, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ne-bojsa Vujovic.Ce dernier a également énuméré sept principes pour tout règlement politique, dont l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la République Fédérale de Yougoslavie et le retrait des forces de l'OTAN des frontières de la Yougoslavie, tout en rappelant la « position limpide » des autorités yougoslaves : « Nous n'accepterons jamais une force militaire d'occupation ».a-t-il dit.A Bruxelles, l'OTAN I estimé que ces propositions ne ment.lient pas 11ri examen sérieux »\u2022.Biles « sont loin de satisfaire les demandes de la communauté internatio- nale », a déclaré le porte-parole Ja-mie Shea.Même son de cloche à Washington où le secrétaire d'État Madeleine Albright a estimé qu'on était « encore loin d'une offre sérieuse » de règlement.Cette proposition est inacceptable pour les Occidentaux et les États-Unis en particulier, qui réclament que l'ossature de la force internationale qui protégerait le retour des réfugiés soit constituée de soldats de l'OTAN.L'émissaire russe, l'ancien Premier ministre Viktor Tchernomyr-dine, et le président yougoslave Slobodan Milosevic avaient eu hier des discussions « en tète à tête », après une nuit, ou, avec 600 sorties devions, l'OTAN a mené ses plus intenses bombardements sur la Yougoslavie depuis le 24 mars.Avant de quitter Belgrade, M.Tchernomyrdine a fait étal de « quelques bonnes avancées » dans les négociations sur l«> crise du Kosovo, a rapporte l'agerue Itar-Tass.I émissaire russe a indique que les résultats de sa rencontre avec M.Milosevic seraient tout d'abord analysés lors de son retour à Moscou, durant le week-end.Ensuite, M.Tchernomyrdine prévoit de se rendre à Londres et Paris, où il a été invité.L'arrivée à Belgrade du Premier ministre russe a coïncidé avec une intensification sans précédent des bombardements de l'OTAN.Les frappes menées par l'aviation de l'OTAN sur Belgrade dans la nuit de jeudi à hier ont fait trois morts et 40 blessés, a-t-on indiqué de source officielle yougoslave.Les bombardements de l'Alliance ont été particulièrement durs sur Belgrade : l'état-major militaire et deux bâtiments du ministère de la Défense ont été bombardés, de même que les sièges de l'armée et de la police yougoslaves ainsi qtl'tUI émetteur de la télévision publique serbe RTS.Au sud-est du Monténégro, quatre personne ont été tuées hier et six blessées lors de deux raids successifs de l'OTAN qui visaient un pont, près du village de Murino.À Washington, le Pentagone a assuré que les frappes de l'OTAN avaient des conséquences sur le moral des troupes serbes et que des cas de désertion avaient été enregistrés dans leurs rangs.Par ailleurs, un poste-frontière albanais a été détruit par des tirs de l'artillerie serbe, près de Tropoja, dans le nord-est de l'Albanie, dans la nuit de jeudi à hier, selon l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).Le pasteur américain Jesse Jackson a pu rencontrer hier les trois soldats américains détenus depuis un mois en Yougoslavie sans toutefois réussir à obtenir leur libération, but de sa visite à Belgrade.Sur le plan économique, l'embargo pétrolier décrété par l'Union européenne contre la Yougoslavie « est en place », a par ailleurs indiqué un porte-parole de la Commission européenne.La Russie refuse de se plier à cette mesure.Pendant ce temps, les réfugiés continuent d'affluer dans les pays voisins de la Yougoslavie. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1\" MAI 1999 B9 Monde Un tribunal d'opinion québécois entendra des témoins sur un massacre en Colombie GILLES PAQUIN Un tribunal d'opinion sur les droits humains en Colombie entendra lundi, à l'UQAM, des experts et des témoins oculaires d'un massacre qui a coûté la vie à 32 personnes dans un quartier défavoiisé de Barrancabermeja, en mai dernier.Jusqu'à maintenant, aucune enquête sérieuse n'a été menée par tes autorités colombiennes afin ^appréhender les auteurs de cette tuerie.Plus de 200 massacres sem-b labiés ont été perpétrés dans ce pays Tan dernier, et la plupart sont demeurés impunis.-Face à l'inaction de l'État colombien, 300 organismes non gouvernementaux, groupes populaires et associations des familles des victimes, ont invité la communauté internationale à mettre sur pied des tribunaux d'opinion sur le cas de ; Barrancabermeja.Sept organismes québécois ont répondu à l'appel et décidé d'entre- prendre une campagne de sensibilisation sur les atteintes aux droits de l'homme en Colombie, puis de former un tribunal pour faire la lumière sur ce crime.Des tribunaux semblables siégeront également à Toronto, en Espagne, en Suède et en Italie.La cour symbolique, inspirée du tribunal Russel qui avait jugé les activités de guerre des États-Unis au Vietnam au début des années 60, sera composée de neuf personnalités impartiales dont la juge Andrée Ruffo et le juriste William Schabas.Le jury représentatif de la société québécoise recevra notamment les témoignages de cinq citoyens de Barrancabermeja qui ont vécu ces événements et du père Javier Gi-raldo, directeur de la Commission intercommunautaire Justida y Paz de Colombie.Après avoir établi les faits avec l'aide de ces témoins et des preuves déposées par les experts, le tribunal tranchera sur la responsabilité de l'État colombien dans les événements qui se sont produits le 16 mai 1998.Ce jour-là, une trentaine de paramilitaires fortement armés ont fait irruption dans le secteur sud-est de la ville pétrolière de Barrancabermeja alors que les forces de l'ordre bouclaient la zone.Les assaillants, même s'ils étaient habillés en civil, avaient un aspect militaire : quelques-uns portaient un jeans bleu, une chemise blanche, des bottes propres.D'autres avaient des gilets, des lunettes et des casquettes vert foncé, des gilets pare-balles et certains affichaient même des écussons de la DAS (Département administratif de la sécurité).Plusieurs étaient entièrement vêtus de vert olive et de kaki, avec des gilets vert foncé ou noirs.Le groupe de paramilitaires s'est dirigé vers l'endroit où se tenait une fête populaire et a obligé hommes, femmes et enfants à se coucher par terre.Plusieurs personnes ont ensuite été choisies au hasard.Sept jeunes ont été exécutés et 25 autres résidants du quartier ont été amenés par les paramilitaires.Quelques semaines plus tard, les mêmes paramilitaires ont déclaré qu'ils avaient tué les 25 personnes enlevées sous prétexte qu'elles collaboraient avec la guérilla.Le tribunal d'opinion tiendra ses audiences au pavillon des Sciences de la gestion de l'UQAM lundi prochain de 13 h à 16 h 30 et de 18 h à 20 h 30 ainsi que mardi de 13 h à 16 h 30.Il rendra son jugement à 18 h mardi.Pinochet accusé de nouveaux cas de torture MA cncc France-Pressi DRID Le juge d'instruction espagnol Baltasar Garzon a porté hier à 72 le nombre de cas de tortures pour lesquels il souhaite obtenir l'extradition de l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, a-t-on appris de source judiciaire.S'appuyant sur des témoignages des parties civiles, le juge a inculpé Pinochet, retenu en Grande-Bretagne depuis octobre 1998, de 9 nouveaux cas de tortures hier et de 12 jeudi.Ces 21 actes de torture s'ajoutent aux 51 qui figuraient déjà dans le dossier.Les parties civiles ont fourni au juge Garzon des informations concernant quelque 500 autres actes de torture, mais le magistrat a refusé de les retenir car il estime les preuves insuffisantes.Les 72 cas de tortures désormais reprochés à Pinochet par Garzon se sont tous produits entre 1988 et 1990, c'est-à-dire pendant les deux dernières années de la dictature chilienne (1973-1990).Les Lords britanniques ont décidé en mars que Pinochet ne pourrait être jugé que pour les tortures commises au Chili après septembre 1988, date à laquelle la Grande-Bretagne a ratifié la Convention internationale contre la torture.Cette décision des Lords a considérablement réduit l'acte d'accusation élaboré par le juge Garzon, qui souhaitait au départ que Pinochet soit extradé et jugé pour quelque 3000 assassinats et disparitions.- .À la suite du verdict des Lords, l'acte d'accusation du magistrat espagnol s'était retrouvé limité à huit cas de torture.Le juge avait par la suite réussi à l'étendre à 51 cas sur la base de nouveaux témoignages.Les avocats de Pinochet ont repris l'offensive hier en annonçant qu'ils faisaient appel de la décision du gouvernement britannique de transmettre à la justice le dossier d'extradition vers l'Espagne de l'ancien dictateur.Cette requête aura pour effet premier de ralentir encore l'interminable procédure, toujours dans les limbes six mois après l'arrestation de leur client.Depuis sa luxueuse résidence surveillée du sud de Londres, l'octogénaire avait récemment promis une « longue bataille » contre toute extradition vers l'Espagne, qui veut le juger pour les crimes de sa dictature.Qu'ils gagnent ou perdent leur appel, les avocats d'Augusto Pinochet ont déjà marqué un point.Ils ont retardé le début des audiences d'extradition proprement dites.Les magistrats de Bow Street qui espéraient fixer une date hier pour le dé-Le liste de « cas de but de l'instruction, en torture » contre Pex- ont été réduits à convenir dictateur chilien de se retrouver le 4 juin Augusto Pinochet prochain pour faire le s'allonge à Madrid.point.PHOTO AFP Des paysans sans-terre manifestent à Sao Paulo Quelque 1500 paysans sans terre du Brésil ont manifesté hier dans le centre de la métropole industrielle du pays, accusant le gouvernement du président Fernando Henrique Cardoso de retarder indûment une réforme agraire promise.De semblables marches ont eu lieu à travers le pays.Comores : coup d'État militaire NOURDîNE BOURHANI Associated Press, MORON1 Un coup d'État militaire a renversé hier à Mbroni le président comorien par intérim Tadjidine ben Said Massondé.Les mutins, se disant inquiets de l'instabilité de l'archipel, ont placé les membres du gouvernement en résidence surveillée et appelé la population au calme.Dans un communiqué lu par le lieutenant Rashidi Abdullah sur les ondes de Radio Comores, le chef d'état-major de l'armée nationale de développement de la République fédérale islamique des Comores (RFIC), le général Assoumani Azzali, a de ploré l'échec de récentes discussions sur l'avenir politique de l'archipel.Il a ajouté que l'armée avait « décidé de s'interposer pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos et l'anarchie ».L'Organe central du mécanisme de prévention, gestion et résolution des conflits de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) a condamné le coup d'État.L'OUA se déclare « particulièrement troublé » par ce « coup d'État » qui intervient au moment où une « lueur d'espoir apparaissait dans les efforts entrepris pour trouver une solution à la crise ».Ancienne colonie française jusqu'en 1975, cet archipel de 700 000 habitants situé au large de la Mozambique dans l'Océan indien se compose des îles de Grande Comore, Mohéli.et d'Anjouan.Une conférence de paix à propos de l'île séparatiste d'Anjouan avait pris fin le 23 avril dernier à Madagascar sans résultats.La délégation anjouanaise avait en effet refusé de signer l'accord de travail proposé par l'Organisation de l'unité africaine (OUA), préférant mener des consultations à son retour sur l'île.En vertu de cet accord, chacune des îles serait dotée d'un statut autonome au sein d'une Union des îles comorien -nés.Depuis août 1997, les An-jouanais ont réclamé leur retour dans la France, avant ensuite de réclamer leur indépendance.« Nous ne voulons pas que le peuple d'Anjouan s'en aille », a affirmé le lieutenant Abdullah, en promettant par ailleurs de punir ceux qui s'en prendront à la population anjouanaise.Des milliers de civils ont fui l'île depuis le début des émeutes séparatistes en se réfugiant à Grande Comore.M.Tadjiddine exerçait la présidence par intérim depuis - la mort le 6 novembre dernier de son prédécesseur, Mohamed Taki Abdulkarim.À son arrivée, le nouveau président avait suspendu le scrutin présidentiel qui aurait dû avoir lieu en février dernier.La France a affirmé avoir « appris avec consternation » le coup de force du colonel Assoumani Azzali.« Elle condamne l'interruption du fonctionnement normal des institutions légitimes du pays », a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne Gazeau-Secret.Les autorités françaises appellent les Comoriens « à préserver la paix civile ainsi que l'unité et la stabilité de la RFIC ».Hasard du calendrier, ce nouveau coup d'État militaire intervient quatre jour avant l'ouverture du procès de l'ancien mercenaire français Bob Denard et de deux de ses compagnons, accusés de l'assassinat, le 26 novembre 1989 à Moroni, de l'ancien président des Comores, Ahmed Abdallah.Giulio Andreotti encourt la prison à perpétuité ¦ igence France~Pres$e ROME D'eux peines très sévères \u2014 perpétuité et 15 ans de prison \u2014 ont été requises en l'espace de trois semaines contre Giulio Andreotti, 80 ans, l'une des figures les plus marquantes de fa vie politique italienne des 50 dernières années.Les véritables démêlés judiciaires de M.Andreotti, ancien chef du gouvernement, aujourd'hui sénateur à vie, ont commencé au début des années 1990, lorsque la Démocratie-Chrétienne, qui régnait en maître absolu sur la vie politique italienne, a été prise dans la tourmente de l'opération anti-corruption h Mains Propres ».Celui que l'on surnomme « l'Inoxydable » est jugé à Palerme depuis septembre 1995 pour complicité avec la mafia, et à Pérouse depuis avril 1996 sous l'accusation beaucoup plus grave d'homicide.C'est dans le cadre de ce dernier procès que le procureur Alessan-dro Cannevale a requis hier la perpétuité à rencontre de M.Andreotti et de cinq autres prévenus, dont un ancien magistrat.Giulio Andreotti est accusé d'avoir commandité le meurtre en 1979 d'un journaliste.Carminé « Mlno » Pecorelli, qui s'apprêtait à publier des documents compromettants sur lui.Pecorelli aurait détenu en outre des informations sur l'affaire Aldo Moro, le président du Conseil démocrate-chrétien enlevé et assassiné par les Brigades Rouges en 1978.« Giulio Andreotti est le bénéficiaire, en connaissance de cause, de l'homicide de Pecorelli.Les accusations de Buscetta (le plus célèbre repenti de la mafia) sont crédibles », a estimé hier le procureur.Mino Pecorelli, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire « OP » Osservatorio Poli-tico, avait été abattu de quatre balles le 20 mars 1979, à Rome, le jour même où M.Andreotti constituait son cinquième gouvernement.Le procureur a tracé un scénario à faire froid dans le dos : il s'agit, a-t-il affirme d'un homicide voulu par un président du Conseil et par un magistrat, Claudio Vita-lone ; organisé par deux boss mafieux, Giu-seppe Calo e Gaetano Badalamenti ; exécute par un tueur de Cosa nostra, Michelangelo La Barbera, et un extrémiste de droite Mas-simo Carminati.M.Andreotti a toujours nié ces accusations, en réfutant la crédibilité des témoignages des repentis.Hier, il a regrette de ne pas avoir « été traite uniquement dons le respect de la vérité ».Lors de son interrogatoire devant la Cour d'Assises de Pérouse, il avait déclaré qu'il devrait, « devant Dieu, se repentir de beaucoup de choses, mais en aucun cas de choses ayant à voir avec la mort de Pecorelli ou avc\\ la mafia ».Lors de son autre procès le 8 avril, à Païenne, où il est jugé pour complicité avec la mafia.Le procureur de Palerme a requis contre lui 15 ans de prison et la privation de ses droits civiques et soutenu que cela rasscm* blait « les pièces d'une seule histoire : celle de la descente aux enfers de la démocratie ».M.Andreotti est accusé d'être entré en re-' lation avec Cosa Nostra.la mafia sicilienne, dans les années 1970 pour que celle-ci favorise en Sicile son courant au sein de la Démocratie Chrétienne (DC).En échange la mafia lui aurait demanda de défendre srs Intérêts économiques et d'in-tervenir en sa tueur, notamment après les maxi-procès des glands parrains à la fin dis années 1980.Les plaidoiries de la défense devraient commencer le mois prochain. B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI l« MAI 1999 Londres : troisième attentat quinze jours Un groupe néonazi s'attaque aux homosexuels de Spho Agence France-Presse LONDRES Après les Noirs antillais du quartier de Brixton et les Asiatiques de Brick Lane, les homosexuels de Soho ont été la cible vendredi du 3ème attentat en quinze jours à Londres, lequel a fait au moins 2 morts et 73 blessés, selon Scotland yard qui accuse l'extrême droite.L'attentat a immédiatement été revendiqué par « les loups blancs », un des groupuscules néonazis ayant endossé la paternité des deux précédents attentats de Londres.Dans les trois cas, les terroristes ont utilisé des bombes à clous destinées à faire un maximum de victimes, a indiqué Sir Paul Con-don, le chef de la police métropolitaine.« Nous en viendrons à bout.Cela défie l'entendement que des personnes puissent tuer à cause de la couleur de la peau ou des préférences sexuelles », a-t-il dit.Il a tout particulièrement réitéré son appel à témoins à propos d'un suspect pour l'attentat de Brixton, un jeune blanc, dont la photo est largement diffusée depuis jeudi.« Je crois que ceci est lié aux autres attaques lâches des deux dernières semaines », avait déclare-avant lui Alan Fry, le chef de la brigade anti-terroriste de Scotland Yard, tandis que des centaines de policiers investissaient le centre touristique de la capitale britannique bondée en ce premier week-end prolongé du printemps.Le ministre de l'Intérieur, Jack Straw, a aussitôt invité la population à redoubler de vigilance, alors que toutes les polices du pays se mobilisent pour tenter de démasquer les auteurs de la campagne sans précédent attribuée à une petite poignée d'individus issus de l'un ou l'autre des groupuscules de la nébuleuse néo-nazie.« C'est un acte scandaleux et terrible commis par des personnes sans aucune humanité.Je sais que ta police fait tous les efforts possibles pour trouver les responsables », a-t-il dit.Le bilan provisoire à 22h00 locales, trois heures après l'explosion devant l'Admirai Duncan, un bar de la communauté homosexuelle, s'établissait à deux morts et 73 blessés, la plupart de jeunes hommes, dont 13 a gravement atteints ».Plusieurs souffraient de brûlures et deux au moins ont eu des membres arrachés et d'autres ont du être amputés.Le carnage a porté l'alerte et la psychose a un niveau sans précédent depuis la campagne de terreur menée par l'armée républicaine irlandaise (IRA) dans les années 70-80.Outre la bombe de Soho, les « loups blancs » notamment avaient revendiqué l'attentat qui a fait 39 blessés dans un marché de Brixton, fief de la communauté afro-antillaise voici quinze jours, et celui qui a fait 6 blessés à Brick Lane, à forte communauté bangladeshi, samedi dernier.Ce groupuscule, quasiment inconnu il y a peu, est une dissidence du mouvement Combat 18 qui prétend chasser ou exterminer tous « les non-blancs » et les « juifs ».La devanture de L'Admirai Duncan, un bar fréquenté par la communauté homosexuelle, rue Upper, »£ Compton, dans le quartier Soho, dans le centre de Londres, a volé en éclats à la suite d'une explosion qui a tué deux personnes en plus d'en blesser 73 autres, dont 13 gravement.Dans les deux premiers cas, les engins artisanaux avaient été déposés dans des marchés, avec l'intention de faire un maximum de victimes selon Scotland Yard.Cette fois encore, le ou les terroristes ont choisi le quartier de Londres le plus animé, à deux pas de Picca-dilly et de Trafalgar square.« Nous savions que nous serions la prochaine cible », a affirmé le responsable d'une association homosexuelle, Ian Farmer.Le magazine Pink Paper et diverses associa- tions gays avaient encouraj communauté à la prudence ces niers jours.Scotland yard a confirmé cette communauté était consli comme une cible potentielle, côtés d'autres minorités ethni< et religieuses, y compris juives.S SUPER loto-qu Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et ta liste officielle, cette dernière a priorité._8_ 23 25 29 34 45 47 Tirage du 99-04-30 Numéro compté m en taire Tirage du 3 4 99-04-30 629 7091 tra NUMÉROS 165987 65987 5987 987 87 7 Tirage du 99-04-30 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ Tirage du 99-04-30 _5 15 28 55 8.16 43 57 10 17 47 65 11 23 53 67 13 25 54 68 NUMÉROS 588748 88748 8748 748 48 58874 ¦ 58871 Tirage dù*> 99-04-30 MONTRÉAL ET LES ENVIRONS AUJOURD'HUI MAXIMUM Généralement ensoleillé.Vents légers.22 LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES CETTE NUIT MINIMUM 10 Ciel dégagé- DEMAIN MAX/MIN 21/7 Ensoleillé.LUNDI MAX/MIN 21/7 Ensoleillé.QUÉBEC OTTAWA TORONTO AUJOURD'HUI Généralement ensoleillé.18/5.A 1X1 Ensoleillé.17/5.AUJOURD'HUI Généralement ensoleillé.23/10.AIU Ensoleillé.22/6.AUJOURD'HUI Généralement ensoleillé.22/9.DEMAIN Ensoleillé.21/6.Les systèmes méteoroJogtques sont prévus pour I4r>00 cet après-midi.Front chaud Front froid Occlusion \\& W ** Creux Anticyclone Dépression Neige / / O O / / O O Pluie Pluie verglacante Orages PRÉVISIONS RÉGIONALES L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL Val-d'Or £fe 20/7 Chicoutimi 17/3 Maniwaki 20/5 La Tuque 2075 m c à * ^.Trols-Rlvlères QUÉBEC Sainte-Agathe 2n/5 20/6 & Thetfor/5 Mines kull/OTTAWA Montréal & t 23/10 Rfniouski 12/2 Plattsbu MONTRÉAL 22/10 a, I * s Burlington 23/2 Température Max Min Hier 20 6 Normales du jour 16 5 Auj.l'an passé 26 9 Records Plus haut maximum: Plus bas minimum: 27 en 1970 -2 en 1978 Facteur Vent Aujourd'hui : Nul Précipitation Hier 0mm 1 mm d'eau = environ 1 cm de neige Le Soleil et La Lune 5h44 20h01 20h01 5h39 08 mai Alto Durée totale du jour 14h17 AU PAYS AUJOURD'HUI LE MONDE Calgary Variable Charlottetown Vanable BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPÉ SEPT-ÎLES AUJOURD'HUI Ensoleillé.11/-1.DEMAIN Passages nuageux.12/2.AUJOURD'HUI Passages nuageux.2/2.DEMAIN Ciel vanable 13/4.AUJOURD'HUI Passages nuageux.11 M.DEMAIN Passages nuageux.12/0.AUJOURD'HUI Passages nuageux.11/-2.DEMAIN Passages nuageux.13/1.Comwall Edmonton Frédéricton Halifax Iqalurt Moncton Régine Rouyn Saint-Jean Saskatoon Sudbury Thunder Bay Vancouver Victoria Whitehontt Windsor Winnipeg Yellowknrfe Ensoleillé Variable Beau Beau Éclaircies Beau Éclaircies Beau Variable Nuageux Ensoleillé Soleil Averses Averses Nuageux Ensoleillé Ensoleillé Beau 17/2 12/0 23/9 16/4 17/4 14/2 -9/-10 14/2 22/9 2077 107-1 17/9 2078 21/5 12/7 14/6 6/-2 24/9 22/10 11/0 DEMAIN Variable Beau Soleil Variable Beau Beau Ave neige Beau Variable Soleil Beau Variable Soleil Ensoleillé Pluie Averses Variable Soleil Variable Variable 18/0 9/0 19/6 16/2 17/1 10/0 \u20225/0 14/0 23/5 21/6 6/-3 19/5 19/9 22/5 14/7 14/5 8M 21/8 26/9 9/2 Amsterdam Athènes Beijing Berlin Bruxelles AUJOURD'HUI Beau Beau Pluie Soleil Variable Buenos Aires Nuageux Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New Delhi New York Paris Orages Éclaircies Beau Averses Soleil Averses Beau Beau Beau Port-au-Prince Éclaircies Rio Beau Rome Éclaircies Tokyo Beau Washington Beau 19/6 31/14 19/10 19/3 22/4 22/15 20/13 17/9 21/10 2077 28/9 11/1 47/23 20/8 22/6 32/26 29/20 24/9 21/15 19/10 O 15 mai 22 mai 30 mal AU SOLEIL AUJOURD'HUI Acapufco Beau Bahamas Beau Barbade Beau Bermudes Averses Cancun Beau Daytona B.Averses Ft Lauderdale Beau Honolulu Beau Jacksonville Averses KeyWest Beau La Havane Beau Las Vegas Nuageux Miami Beau Montego Bay Orages Ortando Nuageux Palm Springs Soleil Puerto Plata Éclaircies Tallahasse Beau Tampa Nuageux W.Palm B.Beau Casino Mohawk de Àkwesasne \u202290 tables de jeu \"*W \u2022 Plus de 1 000 machines à sous ( a (dam un avertir prochain) \u2022Spectacles sur scène MAINTENANT OlYTRT 'BuHet amérindien Ouvert 24 heures par jour \u2022 Route 37, Hogansburg, NY (à 17 km de Cornwuli; jouez en ^^c^dien I 888 622 1 1S5 "]
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