La presse, 22 mai 1999, B. Plus
[" m mm mm Mont r r.il, samedi 22 mai 19*5 0ifil y Priimtrg S'tcl'ïlOi] EDITORIAL / OPINIONS / MONDE De Star Wfars a \u2022 MATHIEU PERREAULT Envoyé spécial, CAPE KENNEDY, Floride Sur une tablette au-dessus du foyer du salon des finissants de Regina Assumpta, la photo officielle d'astronaute de Julie Payette trône parmi les portraits des supérieures de l'institution du nord de Montréal, entre un chandelier à trois branches et deux religieuses, les soeurs Antoinette et Jeanne-d'Arc Giroux.Dans une salle de sciences, un laminé grand format de Julie Payette voisine celui de Marie Curie dans son laboratoire.Ailleurs, dans un corridor, son portrait de boursière du CRSNG surveille les élèves depuis une vitrine.Les articles qui lui sont consacrés dans la presse sont col liges au secrétariat.Et en juin, le livre des finissantes consacrera deux pages à celle qui a donné son nom au prix annuel consacrant la meilleure élève de sciences de Regina, avec force clichés en apesanteur.Julie Payette a laissé sa marque dans ses deux écoles secondaires, qui ne manquent pas une occasion d'inviter leur ancienne pupille à une cérémonie.Car le Mont-Saint-Louis n'est pas en reste.Dans le bureau de son professeur de chimie de secondaire V, Lucienne Morency, figurent en bonne place deux laminés de l'expo-science de 1993, où trône la photo de l'astronaute, marraine cette année-là.Établie à Ahuntsic, la famille Payette est montréalaise depuis 12 générations.Le père, ingénieur à la CUM, et la mère, qui gère une troupe de théâtre pour enfants, ont trois enfants : deux filles et un garçon.Dès l'école primaire Louis-Collin, Julie décide qu'elle deviendra astronaute.Sa mère lui lègue très tôt un leitmotiv : «Il y a toujours place à l'amélioration.» La phrase se retrouve en exergue de son mémoire de maîtrise de l'Université de Toronto.Son enfance ne fait pas de vagues.« On n'a pas vraiment fait de mauvais coups », confie Dominique Lapierre, une amie d'enfance qui travaille maintenant chez Desjardins.« J'étais arrivée en cours d'année et elle a été la première à me parler.On était assez proches l'une de l'autre, assez pour que Julie puisse rentrer chez nous et fouiller dans le frigo.» À la rentrée 76, par exemple, les deux copines ont proposé aux soeurs d'animer le camp d'accueil des nouvelles, plutôt que ce soit des religieuses; leur suggestion a été acceptée, évidemment.Quand Julie a changé d'école pour le Mont-Saint-Louis, en secondaire IV, Dominique Lapierre l'a perdue de vue.« C'était devenu impossible de suivre Julie, raconte Dominique Lapierre.On faisait de la musique ensemble, mais elle a rapidement atteint un plus haut niveau.» En secondaire II, Julie sautait régulièrement des récréations pour faire ses devoirs, se rappelle sa pro-fesseure de français, soeur Yolande Perreault.«J'avais de la misère à l'arrêter de travailler.Je lui disais : \"Julie, veux-tu te reposer!\" Elle me répondait que le soir, elle avait un rendez-vous de danse ou de chant et qu'elle prenait de l'avance.» Pourtant, ses notes n'étaient pas toujours les meilleures : en secondaires I et II, elle se classe parfois dans le cinquième quintille, puis en III grimpe dans le premier quintille à tous les bulletins.« Elle se classait bien, mais ce n'était pas une étoile, assure soeur Bellavance.Pour nous, une fille de cette valeur-là aurait dû avoir dans les 95.Mais elle disait que pour sa culture, la musique le basket, les concours oratoires au club Optimiste étaient Fiere, têtue et d'une logique à toute épwuve PHOTOMONTAGE La Presse\u2014PHOTOS AP/ NASA ¦ l \\\t \\\t PHOTOS AP ( NASA De haut en bas, on voit Julie Payette à l'entraînement, l'équipage de la mission STS-96 (Ellen Ochoa, Rick Douglass Husband, Julie, Daniel Barry, Tamara E.Jernigan, le commandant Kent V.Romniger et Valéry Ivanovich Tokarev), et Julie aux commandes de la navette Dlscovery, il y a quelques semaines, à la base de Cap Kennedy.importants.Elle recherchait une culture générale, pas être la première.En musique, par exemple, elle ne se contentait pas de lire la pièce, elle lisait la vie du compositeur pour s'en faire une meilleure idée.» Au Mont-Saint-Louis, les expériences originales d'un professeur de physique de secondaire V, Choucri Massouh, ont marqué Julie, relatait-elle à la télévision en 1992.Poussant un chariot, il demandait à l'élève qui y prenait place de sauter; en vertu de la conservation de la quantité de mouvement, le chariot ralentissait.« Elle a fait le lien entre les principes physiques et la vie réelle», s'émerveille M.Massouh.À 16 ans, la jeune éclectique sYsi envolée vers le Royaume-Uni, pour un baccalauréat international au United World International Collège of the Atlantic.Ensuite, c'est le j^enie électrique à McGill et la maîtrise à Toronto.«Quand elle m'a demandé si elle pouvait prendre mon cours de linguistique informatique, je lui ai repondu que sa feuille de route n'était pas suffisante : elle n'était pas du département d'informatique et n'avait pas de connaissances en linguistique, confie son codirecteur de maîtrise, Graeme Hirst.Mais on ne peut pas dire ça à Julie.Elle a pris mon cours et tout simplement travaillé plus fort que tout le monde.Elle a fini son projet, une base de données musicales, un mois en retard.Je me souviens que je lui avais posé une question tellement étrange que son système avait planté, du genre \"Mozart était-il un violon?\".Ce n'était pas juste de ma part.Julie était très contrariée.» La maîtrise a ete terminée en un an et demi.Selon M.Hirst, il n'est pas rare que les informaticiens mélomanes s'intéressent à la reconnaissance de la syntaxe, sujet de la maîtrise de Julie Payette.« Plusieurs voient la musique comme un langage : quelques règles de linguistique sont observées, il y a de l'interaction naturelle.» Au fil de ses études, la Montréalaise a continué ses cours de chant et de piano, se produisant à Montréal avec l'OSM, à Bâle et à Toronto.Elle connaît l'espagnol, qu'elle étudiait à Regina Assumpta, l'italien, le russe et l'allemand.«< Quand je l'ai revue a la mort de s.i grand-mère, voilà trois ans, elle suivait un cours de russe et disait qu'elle devait faire attention pour ne pas mélanger les différentes langues», confie soeur Anette Bellavance.La jeune ingénieure décroche son premier emploi chez IBM, ci travaille au Canada et en Suisse, puis à Bell Northern Research en 1992.Quelques mois après son entrée aux laboratoires de reconnaissance de la parole de l'île des Soeurs, l'Agence spatiale la retient pour son programme d'astronautes.Elle a notamment fait partie d'un groupe de travail de l'OTAN sur la reconnaissance de la voix dans l'espace, le même sujet que son doctorat à McGill, abandonné faute de temps.« L'une de mes tâches (en mai) sera d'installer des silencieux sur les ventilateurs à l'intérieur de Zarya, relevait en janvier l'astronaute, en entrevue à l'Agence spatiale à Saint-Hubert.Le module russe est pour le moment trop bruyant pour les études de reconnaissance de la parole.Encore aujourd'hui, les machines fascinent Julie Payette.Une forme d'acier Pilote d'avion de chasse, plongeuse, parachutiste et passionnée du triathlon : Julie Payette a la forme physique de Superwoman.Dès le secondaire, le sport rejoint la musique et la lecture parmi ses marottes.« Sa garde-robe était différente, c'était celle d'une athlète : pas de petites jupettes, mais des T-shirts, des shorts, des pantalons sport, se souvient son amie d'enfance Dominique Lapierre.Elle avait toujours un sac de sport, était toujours entre deux entraînements.» Le sport a d'ailleurs joué un rôle dans le passage au Mont-Saint-Louis, selon soeur Anette Bellavance, de Regina Assumpta.« Son entraîneur de Regina lui interdisait de faire à la fois partie de l'équipe élite de l'école et de celle de Laval», dit-elle.Selon un directeur du Mont-Saint-Louis, Michel Trudeau, Julie voulait surtout avoir des cours de sciences plus forts.Sa détermination a frappé l'entraîneuse de handball du Mont-Saint-Louis.Nicole Léger.«On jouait toujours un tour aux nouvelles de l'équipe.Pendant la nuit, on attachait les lacets de leurs souliers.C'était impossible à défaire.Ensuite, on leur vendait des lacets orange, très laids.L'entraîneur était très strict, il voulait que le déjeuner se prenne à l'heure.Julie n'a jamais voulu acheter nos lacets.Elle a préféré se faire engueuler par Claude, l'entraîneur, avec qui on s'était arrangées.» Ailier et pivot dans l'équipe, la jeune athlète n'avait pas froid aux yeux et allait parfois au bout de ses limites.« Pendant un camp d'entraînement à Vaudreuil, elle voulait tellement être choisie pour l'équipe qu'elle est partie à fond dans les dunes de sable.Les anciennes disaient : \"Julie, tu vas débouler, tu vas pleurer, vomir.\" Effectivement, elle s'est rendue malade.» Quelques années plus tard, au cours d'un vol parabolique de simulation de microgravité, où elle testait une souris tactile avec la boîte montréalaise Haptic Technologies, sa résistance a impressionné l'informaticien Christophe Rams-tein.«Pendant deux heures, l'avion grimpe, puis redescend, explique-t-il dans son bureau du boulevard Saint-Laurent.Pendant 20 secondes, on est en apesanteur, mais en bas de la courbe, on a deux fois la gravité terrestre.C'est assez éprouvant : parmi les gens qui font la vingtaine d'expériences, la moitié sont malades.J'avais pris des médicaments contre le mal de l'air et on m'a suggéré de ne pas tourner la tête au bas de la courbe.Je n'ai pas été malade.Julie, elle n'avait rien pris et elle se promenait partout; elle n'a pas eu l'air incommodée.» j LA MISSION EN DÉTAIL ¦ À 6h48, Discovery s'envole.Après deux minutes, les deux fusées sont larguées, suivies six minutes plus tard par le réservoir externe.Trois quarts d'heure après le lancement, l'orbite est circu-larisée par une brève poussée des moteurs.Vers 9h, l'équipage se couche -ils se sont levés en plein milieu de la nuit-et se réveille vers 20h.pour être dans le même fuseau horaire que la Station spatiale, qui est contrôlée à partir de Moscou.«Tout est calculé pour que le rendez-vous et l'amarrage que nous effectuerons au troisième jour du vol se produise en plein jour au-dessus du territoire russe», explique Julie Payette dans le journal qu'elle transmet à l'Agence spatiale canadienne.CE QUE JULIE FAIT ¦ Une fois sur orbite.Julie doit superviser le réaménagement de la navette.Pour qu'elle ressemble davantage à une station spatiale, les astronautes plient et rangent les sièges, font sécher et suspendent les combinaisons spatiales.CE QUE JULIE MANGE ¦ Au dîner, macaronis au fromage réhydratés avec bâtonnets de carottes crues, arrosés de limonade sucrée au succédané; pour dessert, des poires et des noix d'acajou.Au souper, oeufs brouillés, riz et poulet réhydratés, arrosés de jus de raisin; pour dessert, compote de pomme, abricots séchés et thé.La suite en page B4 conse B2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 22 MAI 1999 Editorial La Presse André Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson 1 mteur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef L'erreur mexicaine Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca a chicane entre le gouvernement fédéral et celui du Québec au sujet de la visite de Lucien Bouchard au Mexique a surtout été traitée comme une guerre de drapeaux sur toile de fond préréférendaire.Il est vrai qu'Ottawa, quand il a reçu de Québec la demande de transmettre au gouvernement mexicain le désir du premier ministre Bouchard de rencontrer le président Zedillo, pouvait difficilement faire abstraction de la stratégie souverainiste de jouer à lond la carte de la place internationale du Québec dans sa recherche de conditions gagnantes.wmmtÊttmmmÊmmmmm Dans un rétlexe primaire, Ottawa a refusé cette requête, pour ne pas céder un pouce au gouvernement pé-quiste et donc l'empêcher de marquer des points.C'est le contraire qui est arrivé, parce qu'Ottawa est intervenu sur un mode politique dans un voyage qui, malgré tout le débat, était surtout économique : une mission commerciale où M.Bouchard était accompagné d'une délégation de gens d'affaires.Le gouvernement Chrétien aurait pu éviter cette gaffe si, au lieu d'être obnubilé par la guéguerre Canada-Québec, il avait été capable d'une vision continentale.La mondialisation, en favorisant le commerce entre pa^s, a eu pour effet de multiplier les formes d'échange entre les nations, de décentraliser les relations, notamment en donnant, ici et ailleurs, une place nouvelle aux régions.Les régions deviennent de plus en plus des pôles autonomes, avec leurs propres politiques de développement et leurs propres réseaux.C'est également le cas îles grandes villes qui tissent leurs liens : qu'on pense aux rapports Shangai-Montréal, si chers au maire Bourquc.C'est ainsi que les relations entre pays sont moins confinées aux liens formels entre les Étais, et reposent maintenant sur une multiplicité de canaux : secteur prive, universités, villes, gouvernements régionaux.Plus ces reseaux sont nombreux, plus les échanges seront intenses et fructueux.La logique derrière le veto fédéral a la rencontre Bou-chard-Zedillo est, en fait, une façon d'imposer un goulot d'étranglement politico-bureaucratique aux échanges naturels avec le Mexique, qui n'est pas dans l'intérêt du Canada et qui ne respecte pas l'esprit du libre-échange.Le gouvernement Chrétien a commis une autre erreur, plus profonde, en ne comprenant pas le rôle stratégique que le Québec peut et doit jouer dans les relations avec le Mexique, et ensuite avec l'Amérique latine dans son ensemble dont l'intégration continentale se rapproche à grands pas.D'un point de vue fédéraliste rigide, le désir du Québec d'être présent sur la scène mondiale au nom de sa différence peut être perçu comme un irritant, à plus forte raison quand il est exprimé par un gouvernement souverainiste qui a d'autres objectifs.Mais cette vision étroite empêche de voir à quel point cette différence québécoise est aussi un atout.Déjà, le Canada, malgré la distance et malgré des liens peu développés, jouit d'un certain avantage auprès du Mexique, celui de ne pas être le pays desgringos.L'avantage du Québec est encore plus marqué.Le Que-lux, la seule société latine du nord de l'Amérique, a des affinités naturelles avec le Mexique, par la langue, la religion, les attitudes.Il tombe sous le sens que la facilité des rapports entre les Québécois et les Mexicains, les sympathies spontanées, ne se retrouveront pas en Alberta.Ce n'est pas un hasard si le ministre des Finances, Bernard Landry, a appris l'espagnol.Ottawa devrait apprendre à voir cette identité québécoise propre comme un réel avantage, et accepter l'idée qûê le Québec, avec ses différences, avec son désir d'autonomie, peut être un fer de lance de la pénétration canadienne en Amérique latine, un facilitateur des rapports ivëc le sud du continent.Ce serait un bel exemple de fédéralisme éclaire.M * % > « DRorrs RÉSERVAS Cette caricature a été publiée originalement dans La Voix de l'Est Notre-Dame du Playback.Quand les Grands Ballets canadiens s'étaient retrouvés dans la déche, il y a quelques années, la direction de la compagnie avait dû troquer les musiciens en chair et en os contre de la musique enregistrée.La décision avait été prise surtout pour des raisons budgétaires.Mais certains chorégraphes en étaient très heureux, puisque ce virage allait dans le sens de leurs préférences esthétiques.i.¦ m ¦¦¦¦¦¦ Depuis deux ans, les Grands Bal- lets reviennent progressivement à la musique live.« C'est plus excitant pour les danseurs et pour le public », croit le directeur Alain Dansiger.Cependant, si un chorégraphe exigeait de travailler avec des enregistrements, pas de problème : une vision artistique, ça ne se discute pas.Tout ça pour dire que le recours à des bandes sonores dans une production où, habituellement, on s'attend à voir de « vrais » musiciens, ce n'est pas un péché capital, contrairement à ce qu'affirme la Guilde des musiciens du Québec dans sa guerre contre les producteurs de Notre-Dame-de-Paris* A ses yeux, l'utilisation des bandes est « immorale » parce qu'elle prive les musiciens québécois de leur gagne-pain.C'est aussi, dixit la Guilde, un choix artistique injustifiable, qui tue la spontanéité du musical.Il y a, comme dirait l'autre, deux affaires dans l'affaire.D'un côté, la Guilde se bat pour les droits de ses membres.De l'autre, elle monte sur ses grands chevaux pour voler au secours de l'Art.Séparons les deux débats.Les producteurs de Notre-Da-me-du-playback avaient-ils le droit de se passer des services d'un orchestre ?Légalement, cela ne fait pas de doute.Agnès Gruda ihiruda@hipresse.ca Moralement aussi.Des créateurs peuvent décider de monter une pièce sans scénographe, d'écrire leur propre texte au lieu d'utiliser les services d'un auteur \u2014 personne ne va s'opposer.Le travail artistique n'est pas, n'a jamais été un dû.Les bandes sonores ne sont pas habituelles dans ce genre de production ?Mais n'a-t-on pas le droit de faire éclater les genres ?À quand une police de l'orthodoxie artistique ?Aussi légitime soit-il, ce choix n'est pas pour autant très heureux.Notre-Dame-de-Paris a été comparé à un super-karaoké et l'analogie est d'une grande justesse.Il y manque la magie qui naît de l'interaction entre des musiciens et des chanteurs, ce qui pourrait s'appeler une âme.Mais les créateurs ont aussi le droit de se tromper.Au public de juger \u2014 et celui de Notre-Dame-de-Paris est ravi.Au-delà de ses tirades indignées, la Guilde des musiciens déplore aussi que, sous le régime de la Loi sur le statut de l'artiste, adoptée il y a une quinzaine d'années, les musiciens québécois ont perdu la possibilité d'exiger une présence dans des représentations musicales.Cela se faisait autrelois.Et cela se pratique encore aux Etats-Unis et ailleurs au Canada.Les associations de musiciens imposent à des salles l'obligation d'embaucher un certain nombre de leurs membres, à défaut de quoi on facture une pénalité.Au Québec, ce système a été abandonné, au profit de négociations globales entre regroupements d'artistes et associations de producteurs.Cela crée des bogues, comme celui qui oppose la Guilde au Festival de jazz.II est possible que ce régime exige quelques modifications.Mais la Guilde fait une grosse erreur en mêlant, grossièrement les cartes et en s'en prenant à des productions aussi populaires que Notre-Dame-de-Paris et le Festival de jazz.C'est la meilleure manière de s'aliéner le public et de se tirer directement dans le pied._LA PRESSE ET VOUS_ Fascicules « J'ai le droit » : tout un impact ! Vous avez probablement lu, consulte ou a tout le moins conserve pour consultation ultérieure les huit fascicules intitulés ciiit> »cmi pian uc coin h ni utilisation d'ISS, lancé à la mi-novembre peu avant Unity, la NASA estimait «fort possible» que les revenus commerciaux annuels de la portion américaine dépassent un milliard.Pour éviter une concurrence directe entre l'agence gouvernementale et le secteur spatial privé, un sacrilège au yeux du Congrès, la NASA proposait un gestionnaire non gouvernemental.Voilà un an, le Congrès a vote une loi sur la commercialisation de l'espace exigeant que la NASA identifie des biens et services pouvant être mis en marché.Un rapport interne d'octobre de la NASA énumérait la commandite d'éléments de la navette, l'envoi d'objets dans l'espace par des firmes spécialisés dans les souvenirs la vente d'images vidéo et la location de labos à des écoles.Mais l'analyste Marco Kassiras, de SpaceVest, une firme de recherche du Maryland souvent citée par les groupes de pression américains en faveur de la « privatisation >?de l'espace tels que ProSpace.croit que la location d'espace ne générera «que des montants négligeables».« On n'arrivera pas au milliard.Il n'y a pas encore d'appels d'offres parce que la NASA a d'autres chats à fouetter.Aussi, la bureaucratie tend à décourager les efforts de commercial Isal ion, que le Congrès n'appuie pas a 100% de toute façon.» Selon M.Kassiras.la voie qu'empruntent les agences spatiales en subventionnant le développement technologique chez leurs sous-traitants esi plus susceptible de consolider l'industrie spatiale à court terme.En plus île l'espace réserve au secteur privé* un quart des palettes externes américaines serviront à des tests industriels financés par la NASA.(suite de la page B4) spatial aura des objectifs prosaïques: déménager des objets de la soute à la coque extérieure de l'embryon de station spatiale, notamment deux grues.Avant de rentrer au chaud, ils tasseront un câble qui gêne une caméra et vérifieront une cible russe du Système de vision qui est égratignée.CE QUE JULIE FAIT ¦ Pendant que Tammy Jernigan et Dan Barry font les cent pas dans l'espace, Julie tiendra la baguette de chef d'orchestre: «Je dirigerai la sortie depuis l'intérieur du véhicule, expligpe-t-elle dans l'entrevue officielle surjette Web de la Nasa.Nous devons ~ \u2014 configurer les outils que nous emmè-*-nerons à l'extérieur».Ensuite, vérification des combinaisons et habillage.La porte se fermera et Julie enverra la main à ses collègues.«Durant l'activité extravéhiculaire même, je sera assise à la fenêtre de poupe de la navette.Nous ne serons pas capables de voir nos collègues directement avec nos yeux.C'est à moi qu'il reviendra de leur parler, de leur rappeler certains des arrangements et des lieux qu'ils rencontreront, de répondre à quelque question qu'ils auront sur des détails.» Julie verra aussi à ce qu'ils se ramassent.Elle terminera sa journée avec une inspection détaillée des cibles du Système de vision spatiale installées sur les parois extérieures de la station, en utilisant une caméra fixée à l'extrémité du bras canadien.CE QUE JULIE MANGE ¦ Au petit matin, pêches séchées.gruau sucré à la cassonade réhydraté, amandes, arrosés de cidre, de cocktail pamplemousse-orange et de café.Au dîner, boeuf séché et macaronis au fromage réhydratés, arrosés de limonade; comme dessert, barres granola avec noix d'acajou et pêches séchées.Au souper, poulet épicé aux légumes et ratatouille haricots-brocolis réhydratés, enveloppés dans des tortillas et arrosés de punch tropical: comme dessert, gelée au raisin et thé.MISSION EN DÉTAIL ¦ Le transbordement par l'intérieur commence: plus de deux tonnes d'objets divers, des vivres et des vêtemeflts nécessaires au premier équipage permanent de la station spatiale, qui arrivera au début de l'an prochain, à des ordinateurs portables, des caméras et une imprimante.La marche à suivre était encore un peu nébuleuse en fin d'entraînement à cause des inconnues du module russe.«c I CE QUE JULIE FAIT En entrant dans la Station, Julie se dirigera directement vers Zarya, où elle changera avec le Russe Valéry Tokarev 18 chargeurs, qui sont probablement responsables de la performance décevante des six batteries reliées aux panneaux solaires.«Pendant que nous les rechargeons, il ne pourra pas y avoir de transfert d'équipement dans le module russe, note-t-elle dans l'entrevue officielle.Comme les chargeurs de batteries sont situés sous le plancher, nous devons ouvrir les panneaux.\" Dans l'avion qui l'emmenait vers Moscou pour une formation technique à la mi-mars, l'astronaute montréalaise a appris du cosmonaute Sergei Knkalev que des câbles pourraient les empêcher d'accéder facilement aux blocs défectueux.CE QUE JULIE MANQE Au réveil, flocons, raisins et abricots secs noyés dans de la gelée de pomme dans une tortilla, arrosée de jus d'orange et de pamplemousse, avec un café.Nouilles au poulet et légumes à l'italienne réhydratés avec boeuf séché au poulet, arrosés de limonade; comme dessert, mélange de noix et pêches séchées.Le soir, cocktail de crevettes réhydratées en entrée, suivies de broc-colis gratinés et d'asperges réhydrates avec des biscottes; comme dessert, barre granola trempée dans la compote de pommes et jus de raisin sucré au succédané.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Une fois fermés les panneaux, l'aménagement intérieur de Zarya sera délicat.«Nous mettrons tout d'abord une partie de (équipement à l'intérieur des panneaux du plancher, indique la (la suite en page B8i Pas facile d'assembler tout ça ! La grande inconnue de la Station spatiale internationale est pour le moment russe: le module de service construit par Khruchnichev, au départ condition sine qua non du début de l'assemblage, vient tout juste d'être présenté.Zarya, un entrepôt, a finalement été lancé en novembre dernier, puis joint en décembre au noeud américain Unity, qui fera office de paillasson des quartiers américains.À l'automne, le module de service devrait s'arrimer à Zarya, qui peut se maintenir seul en orbite durant 500 jours.Sans les moteurs russes, la Station risque de connaître le sort de Skylab, happé par l'atmosphère en 1979 faute de navette.En février, une poutre, un module photo-voltaïque, centrale électrique de la SSI, et des pan- neaux solaires américains seront installés.La poutre c en traie et d'autres panneaux solaires suivront à partir de 2001.En janvier prochain, la pendaison de crémaillère: un Soyouz amènera un équipage de deux Russes et un commandant américain, qui arrimeront le laboratoire américain le mois suivant.Le Canada deviendra copropriétaire en avril 2000 avec la mise en service du bras canadien deuxième mouture.Une plate-forme expérimentale russe, un laboratoire japonais, deux russes et le Colombus européen \u2014 qui devait être lancé en 1992 \u2014 seront au rendez-vous en 2002-2003.La future base martienne gonflable, Transhab, sera testée à partir de 2004.Le vaisseau de sauvetage américain devrait relayer le Soyouz la même année.L'assemblage et l'entretien de la Station spatiale sera effectué par une équipe d'astronautes qui travailleront deux par deux à partir de postes de travail fixés aux bras articulés.Habiter l'espace, un vieux rêve Les rêveurs En 1857.Edward Everett Haie publie dans Atlantic Monthly\\a première description d'une station spatiale.de brique.L'Allemand Hermann Oberth précise l'idée en 1923: les stations seront des étapes vers l'exploration planétaire.Le père des fusées d'Hitler.Wernher Von Braun, fait en 1952 une variation sur le même thème dans Colliers en 1952; sa station Lunetta recréait la gravité en tournant sur elle-même.L'article fait tant de bruit que Disney en fait un dessin animé.Ronald Reagan, qui a lancé Freedom en 1984.a été très influencé par cette mouvance, soutient Roger Handberg.de l'Université de Floride centrale.Stanley Kubrick porte le concept au grand écran en 1968.avec 2001.En 1974.un professeur de Princeton.Gérard K.O'Neill, propose des colonies spatiales avec The Colonisation of Space Edward Everett Haie et Wernher Von Braun Mars toute! Neil Amstrong a à peine posé le pied sur la Lune que la NASA songe déjà au prochain défi.Grisée, elle vise Mars.Trois étapes: une navette qui construira une station spatiale, elle-même usine d'assemblage et rampe de lancement des vaisseaux interplanétaires.Un équipage de 12 astronautes préparerait la colonisation de la Lune et l'exploration de Mars.Richard Nixon, soucieux de ne pas trop grever son budget par des temps difficiles, n'acquiesce qu'à la navette.Il veut que la NASA diminue d'abord le coût d'accès à l'orbite basse.Au risque de paralyser le lancement de satellites, le programme de fusées est sabordé au profit de la navette.Salyout Les Soviétiques pensaient bien battre les Américains dans la course à la Lune, mais avec l'échec des fusées N1, sous-financées.ils se tournent en 1965 vers une présence permanente en orbite basse.Le premier Soyouz (union) vole une journée en 1967.Salyout 1 (salut) devient la première station spatiale en avril 1971.Trois cosmonautes y passent 23 jours en juillet et elle rentre dans l'atmosphère en octobre.Jusqu'à Salyout 5, l'augmentation de la durée en orbite est faible, mais Salyout 6 (1977-82) porte le record à cinq ans et Salyout 7.à 9 ans (1982-91).Skylab Dérivé du troisième étage d'une fusée Saturn V, Skylab est lancé en mai 1973.Tout va mal: bouclier abîmé, panneaux solaires endommagés.Trois astronautes sont envoyés pour contrôler la température et réussissent à installer un parasol et à décoincer un panneau.Deux équipages leur succéderont avant la rentrée catastrophique dans l'atmosphère en 1979.La navette, qui devait être prête en 1977, était supposée rétablir l'orbite de la station américaine Son premier vol n'aura lieu qu'en 1981 La navette \u2022 Le programme lancé en 1972 a coûté plus cher que prévu, 80 milliards plutôt que dix, mais le succès médiatique est total: le lancement, le 14 avril 1981.de Columbia rétablit un peu le moral de la NASA.Le désastre de Challenger en 1986 a forcé la suspension des vols pendant trois ans.mais le vol de Julie Payette sera tout de même le 94 du parc de la NASA, qui compte quatre navettes.Sa concurrente soviétique.Buran (blizzard), vole sans équipage en 1988.un exploit technique qui n'empêche pas le gouvernement Gorbatchev d'annuler le programme en 1990.L'Europe a quant à elle abandonné en 1993 la mininavette Hermès et le successeur américain X-33.qui coûterait 20 milliards, a du plomb dans l'aile.Le Japon et la Grande-Bretagne ont aussi explore le concmt Freedom Fin 1983.confiant de remporter le dernier droit de la guerre froide.Ronald Reagan réalise un vieux rêve: établir un avant-poste américain dans l'espace.La station Freedom, avec un budget de huit milliards, doit concurrencer d'ici 10 ans les stations soviétiques Salyout.Cinq configurations sont proposées jusqu'en 1993, la structure centrale allant d'une simple poutre à un grand carré, une énorme «double quille» de 150 mètres de côté.Les agences spatiales japonaise, européenne et canadienne sont invitées à participer à l'aventure.Une conférence a lieu à Québec en 1985 pour déboucher sur un accord en 1988.Le projet s'embourbe au Congrès dès 1990.survivant par une voix en 1993.Mir En 1985.Salyout 7 peinait de plus en plus: problèmes de moteurs, de climatisation.En 1986.Vladimir Vasyutin.malade, doit être ramené d'urgence sur Terre; c'est la fin du programme, /vf/r (paix) est lancée en février de la même année, inaugurant l'ère des stations modulaires.Deux laboratoires et groupes de soutien à la vie Kvant (quantique).les laboratoires KristalleX Priroda (nature) et les panneaux solaires Spektrse succèdent jusqu'en 1996.La construction devait se terminer en 1990.mais Priroda n'est lancé qu'en 1996.Le Dr Valeri Poliakov établit le record de séjour.437 jours, en 1994-95.au prix d'une grave décalcification des os.Alpha En septembre 1993.les Etats-Unis et la Russie s'entendent pour fusionner les plans Freedom et Mir-2.Les partenaires européen et laponais acceptent de chambarder leurs pians au début de 1994.et les premiers vols de la navette vers Mir commencent en 1995 avec Discovery.En juin 1997.des incendies et un tam-ponnagc alertent l'opinion publique américaine, mais les visites sont maintenues.Les neuf rencontres spatiales acheminent vers une Ar, \"ne* spatiale russe désargentée de précieux dollars.Après des années de reports, le premier jalon de la Station spatiale internationale est posé en novembre dernier.\\> m Le bras canadien de deuxième génération se charge de la construction, de l'entretien et de la manutention.Des radiateurs de fabrication américaine protègent la station de la chaleur du soleil.Le laboratoire européen Columbus, ainsi nommé parce qu'il devait être lancé 500 ans après la découverte de l'Amérique.La centrifugeuse américaine de 2,5 mètres permet l'analyse et la correction des expériences en cours.Laboratoire américain et noeud Unity, qui abrite les centrales électroniques et informatiques de la Station.Le module expérimental japonais (JEM), qui vient d'être baptisé Kibo (espoir).Le module logistique italien Leonardo, qui sert à déménager les casiers expérimentaux de la navette aux laboratoires.Troisième noeud américain, d'où les astronautes accèdent à leurs quartiers.Plate-forme japonaise extérieure de 30 mètres carrés; celles des autres partenaires sont fixées sur les modules.Capsule de secours russe Soyouz.À partir de 2004, la mininavette américaine X-38, qui emportera sept passagers au lieu des trois de Soyouz, devrait être en mesure de la remplacer.Quatre séries de panneaux solaires américains fournissent 92 kilowatts à la station.Zarya est au départ le coeur, les jambes et les poumons de la Station spatiale internationale.Par la suite, il sert à l'entreposage de cargo et de carburant.Module de service russe, qui relaie Zarya et abrite les premiers équipages permanents de la Station.V*.Plate-forme photovoltaïque et de refroidissement russe de 14 kW, qui alimentera les laboratoires et aidera à stabiliser la Station.Travée centrale sur laquelle glisse le bras canadien.L'un des deux modules de recherche russes.Infographie: La Presse Prtolo: NASA B8 LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 22 MAI 1999 ' 1 - 1 ~\u2014^~\u2014^\u2014^\u2014^^M^I^M^\u2014\u2014 \u2014¦! ¦ ! I \u2014\u2014¦¦ ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ ¦ I ¦ ¦¦ Plus / Julie Payette et la Station spatiale m (suite de la page B5) Montréalaise.L'intérieur de Zarya forme un genre de corridor où des panneaux sont disposés sur le plafond, le plancher et les murs; nous pouvons y mettre de l'équipement, puis nous continuerons à installer de l'équipement sur rextérieur des panneaux et au-dessus de la porte.» CE QUE JULIE FAIT ¦ Julie sera chargée de l'aménagement intérieur dans la station: qu'est-ce qui va où.Elle notera l'emplacement des objets pour permettre aux équipages ultérieurs de trouver facilement ce dont ils ont besoin.Il faut à la fois que le poids soit bien réparti et que les objets ne se détachent pas.CE QUE JULIE MANGE ¦ Déjeuner: oeufs brouillés et fraises réhydratées enveloppées dans une tortilla, avec abricots séchés et mélange de noix; pour faire descendre le tout, cidre et boisson orange-mangue, café Au dîner, dinde fumée blottie dans deux tortillas, amandes et pêches séchées.-¦rosés de limonade.Au souper, une tortilla avec quatuor réhydraté: poulet tenyaki, maïs, légumes à l'italienne et nz pilaf; brovvnies au dessert, arrosés de limonade.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Les priorités du déménagement ont été décidées en fonction de déplacements sécuritaires des astronautes, en particulier à l'entrée et à la sortie.C'est pourquoi les batteries de Zarya figurent en tête de liste, tout comme la trousse médicale et l'équipement respiratoire.Au chapitre «divers», les caméras IMAX viennent avant la bouffe, les vêtements et les sacs de couchage.CE QUE JULIE FAIT ¦ Toujours avec le cosmonaute russe de l'équipage.Julie devra, à un moment donné de l'arrimage, apposer des silencieux sur les ventilateurs de Zarya.CE QUE JULIE MANGE ¦ Le matin, brioche et flocons avec raisins et pêches séchés.arrosés de jus d'orange et de pamplemousse: comme d'habitude, un coup de café.Puis un dîner substantiel: riz au poulet et macaronis au fromage réhydratés, boeuf séché avec biscuits sablés pour se sucrer le bec et de la limonade.Souper plus modeste: poulet acajou-curry et ratatouille haricots brocoli réhydratés, arrosés de boisson au raisin; comme douceur, poires séchées avec du thé.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Les moindres recoins des deux modules seront photographiés avant que Julie ferme lécoutille de la navette.\"En prévision du lancement du troisième module, nous devons calculer les propriétés de masse de la Station spatiale jusqu'à la décimale, pour savoir exactement quand l'amarrage se produit et ce que les masses feront quand elles seront jointes, comment le centre de masse de la station spatiale par rapport au module de service affectera le véhicule une fois qu'ils seront amarrés»», explique-t-elle à la Nasa.CE QUE JUUE FAIT ¦ En février, dans son journal de bord, Julie ne prenait pas à la légère les transferts d'équipement.«C'est comme déménager deux fois en moins dune semaine.On doit dépaqueter l'équipement de la navette, puis rempaqueter à nouveau dans la station.Sur les recommandations d'une astronaute qui a déjà effectué des transferts similaires sur la station russe Mir.je me suis procuré des gants de travail pour protéger mes mains, qui serviront pendant cinq jours à défaire et refaire des fixations de toutes sortes \u2022 CE QUE JULIE MANGE ¦ Au déjeuner, pêches séchées.gruau à la cassonade et noix d'acajou avec cidre, boisson orange-pamplemousse et café.Au dîner, saucisses de Francfort en tortillas arrosées de limonade: barre granola et abricots séchés.Au souper, poulet épicé aux légumes et asperges réhydratés, arrosés et punch tropical; tapioca et pêches pour dessert.Le défi de la microgravité Tirer partie de la microgravité pour faire avancer la biotechnologie et le génie des matériaux : voilà le grand défi scientifique que la Station spatiale internationale doit surmonter.Le budget de la NASA le montre bien : la part des sciences de la vie est passée de 110 à 85 millions entre 1996 et 1998, la microgravité s'en tirant avec une baisse de cinq millions à 100 millions.\t*\t\t L, attraction terrestre, un w million de fois moins perceptible à 350 km .d'altitude, est une à variable comme une autre pour les chercheurs; l'éliminer permet d'étudier d'autres phénomènes que la gravité perturbe et augmente la stabilité des molécules et composés à cartographier.« La diffusion d'un fluide dans un autre, par exemple, peut être difficile à observer car moins importante que la sédimentation et la convection», tous deux liées à la gravité, estime Alain Berinstain, du programme de microgravité de l'Agence spatiale canadienne.La convection est le déplacement de niasse lié à une différence de chaleur ou de concentration.L'expérience Queld-2, qui s'est étalée sur trois ans sur Mir, portait sur la diffusion dans les métaux liquides, et Mirror, effectuée sur la navette en 1998, sur la diffusion des mousses utilisées pour extraire plus de pétrole des puits en fin de vie utile.De même, l'interface entre gaz et liquides est plus facile à observer en microgravité, car les bulles restent mélangées à la solution.L'absence de phénomènes de marées permettra à Simon Ostrach, du Centre de microgravité de l'Académie nationale de génie à Cleveland, de se pencher sur la tension de surface des huiles de silicone.« Sur Terre, je ne peux pas avoir une expérience de plus d'un millimètre de diamètre.Dans l'espace, je suis arrivé à 10cm.» ¦ m ¦¦¦¦¦ ¦fin ¦¦¦¦¦ ¦¦^¦H photo esa Le laboratoire européen Columbus Sur terre, les molécules qui sont au centre d'un verre d'huile sont comprimées les unes sur les autres.À la surface, une force appelée tension de surface s'établit pour compenser la pression moins élevée - elles n'ont pas de voisines en haut.Dans l'espace, la prééminence de la tension de surface entraîne une accumulation de la sueur sous forme de petites mares, particulièrement au niveau du sternum.«L'étude des courants capillaires thermiques, induits par les différences de température à la surface, bénéficiera des recherches spatiales dans mon domaine.La connaissance des capillaires du corps humain, notamment dans les poumons.» Au niveau de la cristallisation, Alain Berinstain mise sur des avancées au niveau des structures des protéines et des matériaux supraconducteurs, qui conduisent l'électricité sans perte d'énergie.Le processus de solidification sera mieux connu, selon Sandra Gra-ham, du conseil d'études spatiales du Conseil national de recherche.Dans son prospectus décrivant le four à zone flottante CFZF, qui a volé en mai 1996 sur la navette, l'Agence spatiale canadienne explique qu'une mince couche de matériaux utilisés dans les disques la- sers et les fibres optiques est fondue, puis laissée en suspension jusqu'à ce qu'elle se solidifie.Sur Terre, un creuset doit être utilisé à cause de l'instabilité générée par la gravité, que la faible tension de surface ne parvient pas à contrecarrer.Le creuset contamine le matériau.Avec 11 autres centres de recherche canadiens, l'Université de Montréal a fourni l'effort le plus important en matière de cristallisation des protéines : 716 éprou-vettes ont passé cinq mois en 1997-98 à bord de Mir, dans le cadre de CAPE, un acronyme anglais, comme tous les noms des expériences parrainées par l'Agence spatiale canadienne.« On fait des analyses en double aveugle pour voir si le MIM (Support d'isolation contre les vibrations) fait une différence sur la définition des images», indique Steve Tétrault, biochimiste à PUdeM.Les mouvements des astronautes et les poussées des moteurs de la navette augmentent la microgravité à un millième du plancher des vaches, 1000 fois plus qu'un satellite.Durant un mois, la moitié des éprouvettes de CAPE ont été placées dans le MIM, de fabrication canadienne, et l'autre moitié ailleurs sur Mir.Les perturbations humaines aux expériences sur les fluides ont inquiété dès le début du projet Freedom les scientifiques, selon Louis Lanzerotti, ancien président du conseil d'études spatiales du Conseil national de recherche américain.Mais Simon Roach, qui fife rappelle «avoir presque fait une crise cardiaque en apprenant que les moteurs de la navette s'allumaient à toutes les secondes », affirme qu'aucune de ses expériences sur les huiles n'a été affectée.L'ampleur de CAPE, que l'Agence spatiale veut poursuivre sur la SSI, permettra de déterminer avec plus de précision l'amélioration de définition par rapport à ta Terre.«Sur Terre, les protéines se retrouvent parfois dans le bas de la solution, dit M.Tétreault.On n'arrive parfois qu'à trois angs-trôms (un dixième de milliardième de mètre, mesure dérivée de la longueur d'onde de la radiation rouge du cadmium) de définition, alors qu'il faut 1,6 à 1,4 pour une idée très précise de l'arrangement de la protéine, de la région de son site actif.Les protéines membra-naires, qui sont insolubles ou dénaturées dans l'eau, sont particulièrement difficiles à cristalliser sur Terre : on n'arrive pas à saisir le repliement qu'elles ont dans les cellules.» Vu que la trentaine de protéines ont pu être testées une vingtaine de fois, les conditions idéales de cristallisation, différentes sur Terre et dans l'espace, seront mieux connues, relève le biochimiste montréalais; le matériel pourra être amélioré, condition essentielle pour faire taire lés critiques de la biologie spatiale.L'équipe de l'UdeM est associée à Merck Frosst pour la phosphô-lipase A2 synoviale, médiateur des réactions inflammateurs et allergiques, et à Astra pour les récepteurs trkA du facteur de croissance nerveuse.De ces champs de recherche, l'interaction gaz-liquide est la plus sûre de déboucher sur des applications : les carburants et liquides de refroidissement des moteurs de l'espace.«Dans une voiture, le liquide reste dans le fond du radiateur; en apesateur, les bulles de gaz sont réparties dans le liquidé et l'efficacité s'en trouve altérée», explique Alain Berinstain.Dehors d'abord Les laboratoires pressurisés ne seront pas prêts avant trois ou quatre ans Même si l'observation de la Terre et de l'espace ne figurera pas parmi les disciplines vedettes de la Station spatiale internationale, elle sera la première à y avoir droit de cité.Les laboratoires pressurisés ne seront pas prêts avant trois ou quatre ans, mais les premières palettes externes seront installées sur des modules russe et américain autour de l'an 2000.Si l'Agence spatiale canadienne et la NASA évaluent toujours les projets scientifiques soumis, les agences européenne et japonaise, mieux connues sous les acronymes anglais ESA et NASDA, ont déjà arrêté les gagnants de leurs appels d'offres pour les palettes externes.« Nous avons reçu une centaine de propositions et un dixième d'entre elles ont été regroupées au sein de 32 expériences», dit Dieter Isakeit, de la direction des vols habités de l'ESA.« Nous pourrons en placer quelques-unes pendant deux à trois ans sur des points d'ancrage russes et américains.» Le programme européen EARLY prévoit deux projets privés d'émission de données et Matroshka, un torse de mannequin qui mesurera les radiations sur le module de service russe, dont les palettes extérieures ne partagent pas les caractéristiques communes des palettes américaines, européennes et japonaises.« Les Russes ne sont pas standard, mais probablement qu'au niveau de l'utilisation, ce sera plus flexible», affirme M.Disakeit.Sur les palettes américaines, situées sur la poutre centrale, prendront place A CES, qui comprendra l'horloge atomique française Pharao, Expose, qui exposera des microbes de milieux hostiles aux radiations, un détecteur d'incendie, des observatoires solaires et de la polarisation des radiations cosmiques, ainsi que des tests technico-commerciaux de matériaux.Les Japonais, eux, ont déjà choisi quatre expériences pressurisées et quatre autres externes \t m\t .m photo nasa Le laboratoire japonais et son imposante plateforme extérieure.pour leur module JEM.La cristallisation des semi-conducteurs, la diffusion de métaux liquides, la convection due à la tension de surface, les ostéoblastes, les télécommunications laser et l'observation des rayons X, des radiations et de la stratosphère seront au menu.« Les Japonais ont été le partenaire le plus stable de la station, relève M.Isakeit.Ils n'ont pas changé leur laboratoire JEM, préférant payer trois vols de navette au lieu de deux.Nous avons dû raccourcir de moitié notre laboratoire quand les Russes se sont joints au projet : les paramètres orbitaux passaient de 28,5 degrés d'inclinaison à l'Equateur à 52,6, à cause des lancements à Baikonour.En plus, la charge utile a un peu diminué par rapport à la navette.Pour optimiser l'espace, nous avons redisposé sur les quatre murs de Colombus les instruments scientifiques, et ajouté des palettes externes.» Les projets externes sont parfois soustraits aux modes de lancement conventionnels.Par exempter l'horloge atomique Pharao, plus important effort scientifique français, ne devait pas forcément être arrimée à un vol habité, dit Arlène Ammar, du Centre national d'études spatiales.En tout, les trois laboratoires pressurisés occidentaux compteront 37 casiers d'expériences de la taille d'un réfrigérateur, dans lesquels prendront place les palettes Express, remplies sur Terre.Une vingtaine de casiers supplémentaires se trouveront à bord des deux modules russes.Apesanteur et ostéoporose, même combat Si la Terre veut coloniser le Système solaire, les astronautes doivent être capables d'y vivre et d'explorer Mars ou la Lune sans crouler sous leur propre poids, victimes d'une crise cardiaque.Le rêve des conquistadors de l'espace comporte un aspect médical bien terre à terre avec sa batterie de tests : cycle du sommeil, système immunitaire, décalcification et déshydratation seront scrutés à la loupe.L'apesanteur offre aussi des cobayes difficiles à trouver sur Terre, « Pour étudier les mécanismes qui contrôlent la pression sanguine dans le cerveau, il faut que la pression artérielle dans le corps varie, observe l'ex-istro-naute Roberta Bondar.Or, il n'est pas éthique de rendre malades des personnes en parfaite santé.Les astronautes présentent des caractéristiques physiologiques qu'il est intéressant de comparer à celles qu'ils ont sur Terre.» Les citoyens de l'âge d'or ne verront probablement pas le jour où les premières navettes nolisées emmèneront les touristes vérifier que leur planète est ronde, mais ils profiteront peut-être quand même des prouesses des astronautes.Quand John Glcnn est retourné dans l'espace en novembre, la NASA s'est longuement gargarisée de l'utilité que présentent les sciences spatiales pour l'étude du vieillissement sur Terre.N'en déplaise aux détracteurs de la Station spatiale internationale, il y a un peu de vrai là-dessous : les recherches sur les pertes osseuses chez les astronautes ont un lien avec l'ostéoporose.Le point commun entre l'apesanteur e! cette maladie qui frappe 70% des femmes après la ménopause : les ostéosites, des cellules enfermées dans les os qui feraient office de manomètre.« Quand le squelette est compresse, les ostéosites endh D duraient sa réparation», explique Dennis Sindrey, chercheur c lu/ la société torontoise Allelix, qui a préparé l'expérience canadienne OSTEO, menée à bien sur Discovery par John Glenn.« Dans les os, les microfractures dues à la gravité sont réparées par l'action constante de deux cellules : les ostéoclastes creusent des tranchées et les ostéoblastes les remplissent, dit le biologiste Sindrey, joint à Toronto.Il semble y avoir une communication entre les deux, et nous savons que l'hormone para-thyroïde (PTH) stimule les ostéoblastes, même en apesanteur.Mais il existe aussi, par des flagelles, une communication entre ces dernières et les ostéosites, des ostéoblastes qui restent enfermés dans l'os et font office de senseur.S'il n'y a pas de gravité, il n'y a pas de pression sur le squelette : les problèmes que connaissent les astronautes pourraient donc être lies aux ostéosites.» Si les ostéosites sont partie prenante de la maçonnerie du squelette, ils pourraient s'inscrire dans le cycle PTH-osteoMastcs, sur lequel mise Allelix pour guérir l'ostéoporose.«Disons que sans OSTEO, notre programme ne serait pas mis en péril, admet M.Sindrey.C'est de la science pure.Mais c'est toujours bon de comprendre un effet similaire à l'ostéoporose.Si nous pouvions étudier les ostéosites en orbite, nous pourrions identifier le mode de communication avec d'autres types de cellules en disséquant comment le contact se rompt.m Outre les humains, des poissons, des rats, des insectes, des plantes et des cellules passeront sous le microscope.L'étude des plantes dans l'espace, selon la Société américaine de biologie spatiale ci gravitationnelle, vise à mieux saisit les différences entre des ïamcatix bourgeonnants et vieillissants, fa formation des fruits, des lleius.ci.du bois, la relation entre photosynthèse et gravité, les effets des radiations et la production d'oxygen* et d'eau, ces deux derniers champs ayant évidemment pour but de préparer l'exploration spatiale. I.A PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 22 MAI l(W B9 Plus / Julie Payette et la Station spatiale Les maux de l'espace Un ambitieux programme de recherche sur les sciences de la vie est prévu Perte osseuse et musculaire.Déconditionnement cardiaque.Intolérance orthostatique.Problèmes de l'oreille interne.Posologie à réviser.Et évidemment, le fameux « mal de l'espace », analogue au mal de mer.La médecine de l'espace a un bon bout de chemin à faire avant que les missions extraplanétaires de longue durée soient possibles.L'étude des réactions psychologiques et physiologiques de I humain dans l'espace constituent Tunique valeur sûre du programme scientifique de la Station spatiale internationale.« L'intérêt principal du programme de sciences de la vie de la Station spatiale portera sur la physiologie humaine», affirme Sandra Graham, du conseil d'études spatiales du Conseil national des sciences américain.« Les troubles que connaissent les astronautes n'ont pas posé de problèmes graves jusqu'à maintenant, mais il pourrait arriver qu'un pilote peine à rester conscient pendant l'atterrissage de la navette.Et pour une exploration de Mars ou une sortie d'urgence de la navette sur Terre, les problèmes seraient sérieux.Quand ils débarquent, les astronautes ont besoin d'aide pour marcher.» Les pertes osseuses vont jusqu'à 20% chez certains cosmonautes.L'absence de gravité n'explique pas tout ce qui se trame dans les os, contrairement au manque d'entraînement des muscles.« Le tapis roulant permet de contrer une partie de la perte musculaire, mais il est impossible d'entraîner tous les muscles affectés par la gravité », explique Sandra Graham.Même si le vétéran cosmonaute Viktor Poliakov, un médecin, prône des exercices vigoureux, il souffre d'ostéoporose, selon le Dr John Gray, de l'Institut militaire et civil de médecine environnementale à Toronto.L'intolérance orthostatique, ou hypotension, voit les fluides corporels remonter vers le torse, et être évacués en plus forte proportion; au retour, deux des cinq litres de sang du corps manquent à l'appel, et les astronautes doivent porter une combinaison qui leur serre les jambes pour que le sang remonte vers le coeur et la tète.Au niveau du coeur, des oedèmes peuvent survenir, l'un des cas les plus graves ayant été l'arythmie du cosmonaute Vasily Tsibliyev lors de la crise sur Mir en 1997.Les radiations solaires sont aussi scrutées à la loupe, par crainte du cancer, mais les vols habites n'ont pas atteint un nombre suffisant pour qu'une étude de cohorte soit menée.« Le premier astronaute ame- photo ap sasa L'astronaute canadien Chris Hadfield avait ses trucs pour contrer le mal de l'espace.ricain, Alan Shepard, est mort du cancer en juillet, mais les chiffres que nous avons ne montrent pas de tendance, dit le Dr Gray.Les études sur les pilotes d'avion affichent des résultats peu concluants.» À partir de résultats partiels, un chercheur du centre spatial Johnson, Gautam Badhwar, a déclaré au New Scietitist qu'une mission de 180 jours augmentait d'un point de pourcentage le risque de cancer.L'oreille interne, liée à l'équilibre el à la proprioception, la conscience de son corps, est affectée par l'absence de gravité* mais l'étude de son fonctionnement n'a pas progresse au-delà de la recension de cas de cosmonautes tombant de leur lit en tentant d'en sortir en lévitant, ou échappant des verres d'eau dans les jours suivant leur retour sur Terre.« Il est difficile de séparer les problèmes d'équilibre des cosmonautes sur Terre de l'intolérance orthostatique et de l'atrophie musculaire, précise Mme Graham.Les différences entre les protocoles médicaux russes et américains compliquent les choses : nous n'avons pas autant d'informations de Mir que souhaité.Les données ne sont pas toujours traduisibles à cause des instruments différents et des traitements que les Russes fournissaient à leurs cosmonautes pour mitiger les effets de l'espace.» Un lien existe entre les troubles cardiaques, de déshydratation et de l'oreille interne, relevé Sandra Bon- dar, une neurologue et ex-astronaute canadienne qui a étudié la circulation sanguine cérébrale dans l'espace et au fil de 24 missions de la navette.« Le mécanisme par lequel le cerveau s'assure une pression sanguine constante, même si la pression dans le reste du corps change, pourrait être lié au contrôle de l'équilibre, indique le Dr Bon-dar, jointe à Toronto.On sait que le système nerveux sympathique, qui règle le flot sanguin, est impliqué dans le mal des transports : ceux qui en souffrent pâlissent.>» Les médecins russes n'avaient pas l'équipement sophistiqué nécessaire à de telles études, selon le Dr Bondar, qui n'attend pas de réponses définitives à ces problèmes avant 10 ans.«Avec les Français, les Russes ont étudié seulement les reins, les poumons.» L'appareil à ultrasons dont elle s'est servie, un Doppler transcrânien, n'existe que depuis une dizaine d'années.Beaucoup de médicaments Pour résister aux traumatismes, la plupart des astronautes prennent des médicaments, même si « il manque des essais cliniques spatiaux », selon le Dr Gray.Une étude de 1988 informait que 78 % de ceux qui empruntaient la navette y avaient eu recours; 30% combattaient le mal des transports, 20% la migraine, 15% l'insomnie et 10% les maux de dos induits par un allongement de la colonne, jusqu'à 5 cm, en l'absence de gravité.Les antidépresseurs et les antipsychotiques, entre autres médicaments psychoactifs, étaient aussi au menu.Le dosage, la voie d'administration et les effets secondaire diffèrent dans l'espace.Par exemple, la prométhazine, qui traite le mal des transports, n'y est pas accompagnée de somnolence, étourdissements et troubles psychomoteurs comme sur Terre, rapporte le psychiatre Nick Kanas, de l'Université de Californie, dans un article publié en décembre dans Aviation, Space and Environmentûl Médit inc.« La biodisponibilité des injections intramusculaires dépend beaucoup plus du lieu d'injection» à cause de l'atrophie musculaire et de l'accroissement du volume sanguin dans le torse au détriment des membres inférieurs, explique le Dr Kanas.Le produit de la digestion pesant moins lourd, « le taux d'absorption intestinale peut être réduit, diminuant l'efficacité de médicaments administrés par voie orale, comme la chlorpromazine (un antipsychotique), le flurazepam (un somnifère) et la morphine ».Les médicaments dont l'effet dépend du passage dans le foie, comme la morphine, voient aussi leur effet altère.Le liage des protéines et l'excrétion rénale diffèrent aussi en microgravité, tout comme le comportement des molécules mêmes du médicament.Anxiété, dépression, manie.La cohabitation n 'est pas toujours facile dans l'espace u fil des longs mois d'isolement sur Mir.les cosmonautes ont connu des froids sociaux comparables aux -270 degrés qui régnent dans l'espace.Les médecins russes ont appelé asthénie ce mélange d'irritabilité, d'apathie, de problèmes psychosomatiques, de manque d'appétit, d'insomnie et de conduite territoriale, qui peut même dégénérer en peur phobique de l'impuissance sexuelle.« Dans les missions sous-marines et en Antarctique, le psychologue Kohrer a décrit trois stades de réaction à l'isolement, qui sont comparables au déroulement de missions spatiales prolongées russes et américaines, explique le psychiatre Nick Kanas, joint à l'Université de Californie à San Francisco.Au départ, l'anxiété est grande en raison de la nouveauté et de l'installation; l'ennui et la dépression s'installent à mesure que les tâches deviennent routinières, et c'est l'asthénie; juste avant la fin de la mission, un tempérament immature et agressif salue le retour à la civilisation.» Un cosmonaute a ainsi dû être ramené d'urgence de Salyout 7 pour cause de fatigue extrême et parce qu'il avait peur d'avoir une prosta-tite et de devenir impuissant.Dans d'autres missions russes, l'emprunt intempestif d'un livre ou d'un crayon a failli dégénérer.Anatoli Berezovoi et Valentin Lebedev, à bord de Salyout-7, ont réglé le problème en s'ignorant pratiquement durant 200 jours.Une augmentation de stéroïdes dans l'urine des cosmonautes en proie à la monotonie a confirmé qu'ils éprouvaient une réaction de stress.Pour contrer cette «folie de l'espace », les psychologues russes ont recours au réalisme socialiste : des stimulis imprévus tels que films, livres ou musique «adaptes a l'état psychologique», décrit le psychologue Vadim Gushin dans un article scientifique publié en 1993.photo ap sasa La cohabitation des équipages internationaux n'était pas toujours facile à bord de la station Mir.« Au moyen d'activités contemplatives, nous tentons de déconnecter la conscience active.Des pensées accidentelles peuvent mener à une inhibition préventive, un genre de somnolence, et favoriser la guérison des régions du cortex endommagées par les attaques de stimuli caractéristiques de la monotonie.Pour cette raison, nous préférons utiliser la musique classique,- la peinture abstraite et la méditation.» Le groupe de soutien russe tente aussi de susciter de «nouveaux huts» chez l'astronautes* misant sur ses intérêts.«S'il veut créer de la musique, nous lui donnons des instruments », cuit M.Gushin.Une stratégie «sophistiquée», selon le Dr Kanas* qui se penche depuis 30 ans sur la psyché en ape-sateur.«En Antarctique, les scien- tifiques ont connu moins de problèmes psychologiques que les militaires, qui n'avaient pas d'activités professionnelles pour meubler les temps morts.» Un mélange de besoin égocen-trique d'attention et de transfert de la tension a été observé dans les communications avec le sol.« Le cosmonaute Lebed a écrit qu'il ne parlait presque plus avec son partenaire, explique le Dr Kanas.Le peu d'intérêt qu'il lui semblait percevoir de la part de l'équipe au sol l'ennuyait.C'est un exemple de déplacement de la tension.» Les questions de langue, qui seront importantes à bord de la Station spatiale internationale, ont ete examinées dans l'analyse de la tension, de la cohésion et du leadership au fil du programme Navette-M/r indique le Dr Kanas.« Les Européens et les Canadiens se sont sentis plus à l'aise que les Américains sur Mir.Peut-être le fait d'être habitue à entendre plusieurs langues au travail aide-t-il.Par contre, Valentin Lebed a confie à son journal de bord que le Français Jean-Loup Chrétien le mettait mal a l'aise.» Les différents modes de leadership jouent aussi un rôle.« En Antarctique, un rôle de soutien moral et émotionnel devenait plus important que îles qualités logistiques orientées vers l'accomplissement de tâches», dit le psychiatre californien.Quant aux femmes, elles se sont bien trouvées à bord Mir.même si Svetlana Savitskaya a été accueillie a bord de Salyut 7 avec îles fleurs.et un tablier de cuisine.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Moteurs éteints, des ressorts éloignent les deux vaisseaux.À deux pieds, les petits moteurs de Discovery sont allumés.À 450 pieds, le tour d'inspection commence.CE QUE JULIE FAIT ¦ La navette fera le tour de la station pour que Julie la photographie sous tous ses angles.En tant que responsable des caméras.l'ingénieure québécoise a croqué les régions les moins photographiées de la Terre.CE QUE JULIE MANGE ¦ Au matin, gruau à la cassonade, abricots séchés et mélange de noix, arrosés de jus d'orange, de boisson orange-mangue et de café.Au dîner, dinde fumée irradiée dans deux tortillas, amandes et pêches séchées.limonade.Le soir omelette mexicaine réhydratée avec ratatouille haricots-champignons dans une tortilla, arrosées de limonade, ananas et pêches séchées dans l'assiette de fruits, puis thé.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Préparatifs à la rentrée et lancement du satellite éducatif Starshine, conçu par l'Université de l'Utah.Ses 900 miroirs ont été fabriqués par des étudiants, qui le suivront dans sa course et compareront leurs données.CE QUE JULIE FAIT ¦ Julie arme le mécanisme d'éjection de Starshine et le déploie.Elle désactive Spacehab et s'assure qu'il est bien arrimé dans la soute.CE QUE JULIE MANGE ¦ Le matin, flocons avec raisins et abricots séchés.tortilla tartinée de gelée de pomme, arrosés de jus d'orange, de boisson au pamplemousse et de café.Tortellinis au fromage et boeuf séché le midi, avec légumes italiens et nouilles au poulet réhydratés: pour faire descendre le gueuleton, mélange de noix, pêches séchées et limonade.Pour conclure la journée, cocktail de crevettes réhydratées, brocolis gratinés et asperges tout aussi réhydratées, biscottes et boisson au raisin : comme dessert, barre granola trempée dans la compotte de pommes.LA MISSION EN DÉTAIL ¦ Entre le départ de l'orbite et l'atterrissage, une heure s'écoule.L'entrée dans l'atmosphère est à 130 km; la vitesse frôle alors 28 000 km/h.CE QUE JULIE FAIT ¦ Julie est chargée d'aligner les portes de 18 mètres de la navette pour qu'ils servent de radiateurs diminuant la température de la navette juste avant la rentrée.Elle les fermera juste avant le retour.Pendant (a rentrée, elle sera assise derrière le pilote et calculera l'état et la puissance des systèmes en cas de pépin.Elle a d'ailleurs disséqué le plan de câblage des ordinateurs portables et de bord pour le connaître par coeur.CE QUE JUUE MANGE ¦ Le jour le plus long : quatre repas.Pour le dernier déjeuner en orbite, brioche, pêches séchées et fraises réhydratées, jus d'orange, boisson au pamplemousse et café Au dîner, riz au poulet et macaronis au fromage réhydratés, boeuf séché, limonade: comme dessert, abricots séchés et biscuits sablés.Au souper, poulet acaiou-curry et ratatouille haricots-brocolis rehydratés: comme dessert, pèches séchées dans leur bain de compotte de pommes, avec thé et boisson au raisin.Six heures plus tard, gruau à la cassonade, mélange de noix, amandes et abricots séchés.avec du lus d'orange et une boisson orange-mangue, puis du café pour la descente. B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 22 MAI 1999 L'EXPRESS INTERNATIONAL m T ALLEMAGNE Droit du sol ¦ Le Parlement allemand a adopte hier la réforme de sa loi sur la citoyenneté, qui annule le principe du droit du sang pour lui substituer celui du sol.Désormais, toute personne née en Allemagne se verra accorder automatiquement la nationalité allemande.Le texte prévoit également un allégement du système de naturalisation pour les étrangers résidant de longue date sur le territoire allemand.On compte environ 7,3 millions d'étrangers en Allemagne, dont deux millions de Turcs.Ils constituent 10 % de la population.d'après AP RWANDA ^Génocidaires :condamnés Deux Rwandais hutus, un an-«cien médecin et un homme d'af-^feires, ont été condamnés hier £bout génocide par le tribunal pénal international pour le -ftwanda d'Arusha.Ils l'ont été .'pour leur participation dans les massacres du printemps 1994, qui ont fait près d'un million de «Victimes.Le premier a été condamné à la détention à perpétuité, le second à 25 ans de prison, le tribunal estimant qu'il n'était pas une personnalité publique et avait suivi plutôt que dirigé les massacres.d'après AP COLOMBIE Général à l'ombre ¦ Un général colombien, recherché pour sa possible responsabilité dans le massacre de 30 paysans perpétré par des paramilitaires en 1997, a été emprisonné hier dans une unité militaire de Bogota.Jaime Uscate-gui n'aurait rien fait pour empêcher qu'un groupe de paramilitaires massacre ces paysans à Map i ri pan, dans le sud-est du pays.L'accusé a affirmé à plusieurs reprises qu'il est innocent et qu'il fournira toutes les infor-fnations nécessaires à l'établiss- 1 sèment de la vérité.d'après AFP ÉTATS-UNIS Clinton éclaboussé tfc Yah Lin « Charlie » Trie, un ^Important collecteur de fonds du Parti démocrate, ami personnel de Bill Clinton, a plaidé coupable hier d'avoir falsifié les identités de donateurs du parti lors de la campagne présidentielle de 1996.Il aurait recueilli plus de 600 000$.Cet argent venait pour la plupart soit de l'étranger, soit d'hommes de paille, ce qui est illégal.d'après AFP IRAK Pétrole-bouffe ¦ Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé hier de prolonger de six mois le programme pétrole contre nourriture destiné a aider la population irakienne face aux sanctions économiques imposées au pays depuis la guerre du Golfe.Le mandat actuel de ce programme humanitaire, financé par des exportations pétrolières irakiennes limitées à 5,26 milliards de dollars par semestre, devait expirer lundi prochain à minuit.d'après AP ULSTER Grenade au pub ¦ Une grenade a explosé hier devant un pub d'un quartier catholique dans l'ouest de Belfast, faisant trois blesses.L'établissement était fermé au moment de l'explosion.Il s'agirait d'un attentat commis par un extrémiste protestant, visant à faire échouer le processus de paix en Irlande du Nord.Selon la police, l'homme qui a lancé la grenade avait plus tôt tenté de rentrer de force dans un bar situé en face du pub mais avait été arrêté par un vigile.Il a alors lancé ce qui semblait être une grenade anis.i nale en direction du Caffrey's avant de s'enfuir.Les trois blesses marchaient devant le pub au moment de l'explosion.d'après AP Clinton ne dit plus non à l'envoi de troupes terrestres ou Kosovo d'après AFP et AP WASHINGTON Le gouvernement Clinton se garde toujours de préconiser Tenvoi de troupes ter-restes au Kosovo.Pourtant hier, pour la première fois, on a laissé entendre que cette hypothèse n'était peut-être pas aussi définitivement écartée qu'on le disait.« Personne ne peut garantir à ce stade que la campagne aérienne produira tous les objectifs d'ici l'automne.Nous pensons qu'elle le fera (.) mais vous devez être ouverts à d'autres possibilités », a déclaré le porte-parole du département de la Défense, Kenneth Bacon.Il rendait compte des discussions de la veille entre le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Wesley Clark, et les responsables du Pentagone.Le générai Clark a souligné qu'il était impossible d'établir des « prédictions solides » sur la fin de la campagne aérienne de l'OTAN et qu'il fallait par conséquent évaluer les différentes options qui se présentent.Comment, par exemple, planifier l'action de l'OTAN si on arrive en août, en septembre ou en octobre et que le président Milosevic résiste toujours ?Comment s'assurer que l'OTAN soit prête à s'engager dans des mouvements de troupes ?Le Pentagone redoute déjà l'arrivée de l'hiver prochain dans les Balkans et c'est pourquoi on y évoque le déploiement éventuel de troupes terrestres de l'OTAN pour venir à bout de la résistance de Belgrade.Kenneth Bacon a précisé qu'il ne s'agissait pas uniquement pour PHOTO AP Le président des États-Unis, Bill Clinton, a signé hier à la Maison-Blanche un budget supplémentaire de 15 milliards destiné essentiellement aux opérations militaires en Yougoslavie.l'Alliance atlantique d'évaluer les effectifs d'une force internationale au Kosovo, chargée de surveiller l'application d'un plan de paix ayant obtenu l'aval de Belgrade, mais aussi des options concernant le recours à des « forces d'invasion » dans la province serbe.L'OTAN avait évalué les différents cas de figures l'été dernier et les réévalue actuellement en raison de l'évolution des événements ces derniers temps, et notamment de l'augmentation des troupes serbes au Kosovo, a explique le porte-parole.Il a souligné que tout comme les effectifs d'une force internationale de paix au Kosovo avaient été relevés à la hausse, il en serait de même pour une éventuelle « force d'invasion » dans la province.La Grande-Bretagne évoque l'en- voi de troupes au sol depuis plusieurs jours, ce à quoi s'opposent les alliés européens et, jusqu'à présent, les États-Unis.La Russie a justement insisté de son côté, hier, sur des « divergences persistantes » avec les Occidentaux, notamment la question de la présence internationale au Kosovo et le retrait des forces serbes de la province.Parallèlement, les directeurs politiques du G8 (États-Unis, Canada, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Italie, Russie) terminaient leur réunion sur le Kosovo sans percée notable.Et même si les Occidentaux et les Russes étaient tombés d'accord, encore aurait-il fallu obtenir l'aval de Belgrade.Or la Yougoslavie a de nouveau insisté sur la nécessité de cesser des bombardements avant tout accord.Pour l'heure il n'en est toutefois pas question, et ce même si des bavures surviennent.L'aviation de l'Alliance a par exemple bombardé la prison d'Istok à six reprises hier, tuant au moins 19 détenus et membres du personnel selon Belgrade.Le Pakistan a protesté pour sa part après que son ambassade eut été endommagée par l'un des bombardements.« De notre point de vue, la campagne aérienne de l'OTAN représente clairement l'utilisation de la force aérienne la plus précise et la plus sélective de l'Histoire », a rétorqué le porte-parole du département d'État, James Ru-bin.M.Rubin a rappelé que, selon les chiffres de l'OTAN, 12 bombes ont raté leur cible sur un total d'environ 10 000 lancées sur la Yougos-lavie.Deux ponts situes .1 quelques dizaines de kilomètres au sud de la capitale serbe ont été touchés par des missiles hier, ainsi que des réservoirs pétroliers.Pendant ce temps l'exode des Albanais du Kosovo se poursuivait.Plus de 3650 réfugiés ont franchi la frontière entre le Kosovo et le nord de l'Albanie, et d'autres continuaient à arriver en soirée.Le président Eltsine retourne en.vacances d'après AP et AFP MOSCOU Avant de quitter la capitale russe pour deux semaines de vacances, le président Boris Eltsine a nommé hier plusieurs membres du nouveau gouvernement de Sergueï Sté-pachine.Parmi ces premières nominations figurent plusieurs membres de l'ancienne équipe d'Evgueni Primakov, mais aussi des alliés présumés de l'homme d'affaire controversé Boris Bere-zovski.Les ministres des Affaires étran- gères, Igor Ivanov, de la Défense, Igor Sergueiev, des Situations d'urgence, Serguei Shoigu et de la Justice, Pavel Kracheninnikov, retrouvent leurs postes.Boris Eltsine a également promu Nicolai Aksionenko au poste de premier vice-Premier ministre et nommé Vladimir Ruchailo ministre de l'Intérieur.Les deux hommes sont décrits dans les médias comme des instruments de l'homme d'affaires Boris Berezovski, qui aurait joué un rôle dans le limogeage d'Evgueni Primakov.Le président Eltsine n'a en re- vanche pas pris de décision en ce qui concerne le domaine économique, pourtant primordial en ces temps de crise en Russie.Boris Eltsine est plutôt parti pour la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire, où il doit se reposer huit à quinze jours.Ce séjour était prévu, selon la présidence russe, qui a assuré que ces vacances « n'étaient absolument pas liées à l'état de santé du président ».Les médias n'avaient cependant jamais été informés de ce pro-jel de vacances.M.Eltsine, 68 ans, était apparu très fatigué ces der- niers jours, se déplaçant et parlant avec difficulté.Sergueï Stépachine, lui-même nommé cette semaine, avait annoncé qu'il garderait « l'ossature » du précédent gouvernement limogé le 12 mai par Boris Eltsine.Toute-lois il doit encore trouver l'homme qui prendra sous sa coupe l'économie et les finances du pays.Selon les médias et les députés russes, les luttes de clans vont bon train au Kremlin autour de ces nominations qui, ultimement, doivent être approuvées par le président.ANALYSE / Israël Le défi de Barak: l'unité intérieure Mario Fontaine Ehud Barak passe ce week-end à potasser la composition de son futur cabinet.Sa réflexion se poursuivra la semaine prochaine, et l'autre encore peut-être.Un exercice qui pourrait techniquement s'étirer jusque début juillet.Quand on vient de se faire élire premier ministre avec, pour tâche principale, de ramener l'harmonie dans la grande famille israélienne, on prend le temps qu'il f.iut.C'est, en effet, retonnant paradoxe des élections de lundi dernier, qui ont ramené les travaillistes au pouvoir avec M.Barak à leur tête : le pays se rapproche d'un accord de paix extérieure avec les Palestiniens et la Syrie, mais la paix intérieure en a pris un coup, religieux et laïcs n'ayant jamais été aussi à cran.Ce n'est pas un hasard si le premier geste officiel du premier ministre élu a été d'aller prier au Mur des lamentations, a Jérusalem, le lieu Sacré par excellence pour les juifs.Une façon de signifier aux pratiquants que les vainqueurs aux limes* essentiellement Lues, ne sont pas anti-religieux et respectent les traditions.Tout de suite après M.Barak est allé se recueillir sur la tombe de Yitzhak Rabin, son prédécesseur travailliste assassiné il y a trois ans par un fanatique religieux juif.Cette fois, c'était à ses troupes qu'il s'adressait, qui ont soif de paix et d'un gouvernement libéral, à l'occidentale et non plus sous la férule de la loi rabbinique.Deux messages, deux conceptions de ce que doit être l'Israël de demain.Ce fossé entre la gauche laïque et la droite religieuse s'est élargi au scrutin du 17.Meretz, une formation de gauche sioniste, a fait élire dix députés (plus un par rapport à 96), et le tout nouveau Shi-nuï, foncièrement laïc, en a décroché six.Or pas question, pour eux, de pactiser avec les religieux.Meretz, pourtant un allié naturel de Barak, et le Shinuï, l'ont averti qu'ils refuseraient de siéger à son cabinei si le Shas, l'extrême droite religieuse, y est.Un scénario qu'on aurait pourtant tort d'écarter.Anti-intellectuel Barak a été élu sur le thème du changement, ce qui complique le retour aux affaires d'une formation comme le Shas (les gardiens sépha-rades de la Torah).Et pourtant, ce dernier est devenu presque Incontournable.Avec ses 17 élus, il est maintenant la troisième formation politique au pays.Son chef démissionnaire, Arieh Déri, demeure très populaire en dépil de s«i condamnai >n toute récente- .i quatre ans de prison pour corruption.Il s'agit d'un parti anti-intellectuel, dans lequel les femmes ne peuvent être députes et dont les écoles ont les maliens saintes pour tout programme.Une de ses capsu- les électorales montrait des jeunes prenant du crack et buvant de l'alcool en public.Le message : voilà ce qui se passera si on vote pour un parti laïc.C'est, surtout, un parti auquel les juifs séfarades s'identifient.Des juifs « orientaux », souvent originaires du Maroc et des pays arabes, qui forment les couches les plus pauvres de la population.Tout le contraire des ashkénazes, ces juifs venus d'Europe dont la plupart ne pratiquent aucune religion, contrôlent les banques et les entreprises, souhaitent l'instauration d'un État libéral moderne et votent au centre ou à gauche.Rétablir les ponts Tel est le grand défi de Ehud Barak : construire des ponts entre ces deux solitudes.Depuis son élection, il ne cesse de se présenter comme le premier ministre de tout le monde, l'homme du concensus, de la bonne entente.C'est pour cela qu'il ne faudrait pas se surprendre de le voir inviter le Shas, le Likoud, ou les deux siéger au conseil des ministres.Toutes les options sont ouvertes.Il faut savoir que le système électoral israélien est à la proportionnelle.Quinze partis enverront des députés à la Knesset, mais aucun n'en a fait élire assez pour former un gouvernement majoritaire.Il revient dès lors au premier ministre de distribuer les ministères entre les partis dont il veut l'appui* a travers un complexe jeu d'alliances.
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