La presse, 23 mai 1999, B. Zap
[" Cahier B, (Montréal, dimanche 23 mal 1999 livres vidéos Jeux -télévision Un peu de Cabre! 1 avait dit «plus jamais!» Mais contre toute attente, il revient avec son neuvième disque, Hors-Saison.Une oeuvre où il est question d'amour, de peines d'amour et de laissés pour compte, des thèmes qui lui sont chers depuis toujours.Mais, vingt-deux ans après son premier disque et dix ans après le boom de Sarbacane, le chanteur à l'accent méridional n'est toujours pas une proie facile pour les journalistes.Pas très causeur, peu de sourires, de longs silences.Jenn-Cfirlstophe l'à rencontré dans le cadre d'une tournée de promotion qui l'a amené à Montréal cette semaine.pageB7 La culture à la maison cinéma J maison Spielberg s'en va-t-en guerre On l'a lu, on l'a vu: la scène d'ouverture de Saxing Private Ryan est insoutenable.Elle l'était au grand écran.Elle demeure déchirante sur petit (enfin, si pas «trop petit» quand même).Sonia Sarfatl a revu sur cassette ce débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, avec tous ces hommes qui allaient à l'abattoir.Et qui le savaient.M Le clochard et le page B3 télévision L'aventure d'une série Après avoir refusé, dix fois plutôt qu'une, d'écrire les textes de nouveaux épisodes pour la série Sous le signe du lion, Guy Fournier a finalement cédé: six des 13 épisodes commandés par Radio-Canada ont déjà pris forme.Françoise Loranger, qui a écrit ce téléroman des années 60, se reconnaîtrait dans les textes qu'il a écrits, a confié Fournier à Suzanne Colpran.page B2 Au-delà du grand écran Dans la foulée de la sortie du film La Menace fantôme, notre chroniqueur André Mondoux s'est penché sur quelques jeux électroniques qui en sont inspirés.Sa conclusion?Lorsque le cinéma et le jeu se mettent en synergie, la Force est effectivement avec eux, et on ne sait plus très bien lequel fait la promotion de l'autre.i page B3 MARIO ROY Envoyé spécial, New York Paul Auster est vraiment l'homme des «choses qui arrivent».Qui surviennent dans sa vie à lui, dans celle de ses personnages.L'homme des idées qui surgissent et, sans qu'on puisse expliquer pourquoi, affleurent soudain à la surface de l'inconscient.Au sujet de ce qui l'inspire, par exemple, il postule : «Je ne peux pas dire d'où et pourquoi les choses viennent.Elles sont là, simplement.La manière dont je travaille, c'est que.hier, il n'y avait rien et aujourd'hui, il y a quelque chose! Je n'ai jamais ressenti ou vu ia naissance d'une idée.» Cette sorte de génération spontanée explique - ou plutôt n'explique pas!- le fait inusité que c'est du point de vue d'un chien que sont narrées les péripéties de Tombouctou, le plus récent ouvrage de Paul Auster, qui sortira en même temps, cette semaine, en anglais et en français (le mercredi, 26 mai, dans les points de vente québécois).Il s'agit de son premier roman depuis Mr Vertigo, en 1994, puisque l'auteur, diverti par le Paul Auster* qui n'avait pas livré de roman depuis Mr Vertigo, en 1994, revient avec Tombouctou, où la fantaisie s'Inscrit dans l'imminence de la mort- cinéma, s'est entre-temps contenté de publier des scénarios, entretiens, et autres récits divers.C'est par conséquent un livre attendu.Et qui, aussi bien le dire tout de suite, réjouira le coeur et l'âme des fans de l'écrivain.D'abord, supprimer Un chien, donc.Il s'appelle Mr Bones et il a pour maître un clochard qui se meurt, arrivé au bout d'une errance qui l'a ultimement mené à Baltimore (Maryland), patrie d'Edgar Allan Poe et lieu de résidence d'une institutrice, probablement très âgée à l'heure qu'il est,, ayant jadis cru en lui.Willy veut e i quelque sorte lui remettre sa Ae (s'il parvient à retrouver la vieille dame, bien entendu).Sa vie ramenée à un invraisemblable amas de papier, 74 cahiers aux pages noircies de poèmes, récits, essais, fragments de journal intime, épigrammes, méditations et même brouillons d'une vaste épopée titrée de façon prévisible : Jours vagabonds.Le clochard, le type même du raté sympathique, est - était -aussi poète, une réincarnation de François Villon, si l'on veut.Inutile, je suppose, de demander à Paul Auster d'où vient l'idée de ce clochard et de ce chien! «Dans mon cas, le processus créatif ne démarre jamais avec une idée.Pour Tombouctou, par exemple, je ne me suis pas dit : je veux écrire un livre du point de vue d'un chien! Il y avait simplement un chien et son maître.Les deux étaient là ensemble.» Paul Auster hausse les épaules comme pour dire : voilà, c'est tout.Son chien, Jack, une grosse bête jaune à la race indéfinissable, quitte la pièce et va se réfugier quelque part dans cette maison de Brooklyn que Paul Auster habite depuis six ou sept ans - peut-être va-t-il rejoindre Siri Hustvedt, l'épouse de l'écrivain, qui écrit elle aussi et se trouve en ce moment à l'étage, où elle a installé son bureau.Auster, lui, travaille à l'entresol, dans une pièce qu'il refuse de faire visiter.«C'est trop en désordre», explique-t-il dans un français presque parfait, teinté d'un léger accent.La maison a été construite en 1892, offre de belles boiseries sombres, est à la fois sobre et arrangée avec goût, fait partie d'un quartier que l'on pourrait voir comme un croisement entre Outremont et le Plateau Mont-Royal.À deux pas, sur la Septième Avenue, de petits cafés pour baby-boomers branchés buvant de la Brooklyn Loger voisinent des épiceries fines et des Charcuteries (en français sur l'affiche).Le coin est calme alors qu'à un jet de pierre, serpentent les voies menant au pont de Brooklyn et à la folie de Manhattan, que l'écrivain ne fréquente que sporadiquement.Voir CHIEN en B6 Paul Auster et son chien.Jack, dans sa résidence de Brooklyn.i o CE O o o I Gï Métropotain La (liaison de Rêve LES AILES DE LA MODE *>:h FONDATION *r£ AILES DE LA MODE BJRAULT & MARTMEAU AOM4SOL t SIEB GAGNER ! Tirage le 12 octobre 1999 Tirage au profit des enfants handicapés et défatvrisés La Maison de Rêre de la Fondation Ailes de la Mode sera remise au détenteur de l un des billets de tirage, totalement meublée et décorée, avec en prime, aucune taxe ni frais de chauffage, d'électricité et de téléphone pour une période de 5 ans.la Maison de Rêve est située au 241, rue Cartier dans le projet le Haut-Saint-Lambert (accessible par Vavenue Victoria et la rue Vpper Edison) Les heures de visite sont les lundi, jeudi et vendredi, de 14 h à 20 l\\ et le samedi et dimanche, de midi à 17 h.MAAX r-O BOISERIES Solarium CH- 1 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 MAI 1999 télévision La saga d'une série télé Guy Fournier poursuit Vécriture de Sous le signe du lion SUZANNE COLPRON La série de Françoise Loranger, Sous le signe du lion, va revivre à l'écran.Guy Fournier a déjà écrit six des 13 nouveaux épisodes.Pourtant, pendant des mois, il a refusé de le faire.Quand, pour la première fois, en juin 1998, André Picard, le patron de la maison de production SDA, lui a demandé si le projet l'intéressait, il a répondu non.Il n'avait pas aimé le remake diffuse en 1997.La réalisation lui avait paru vieillotte et dépassée.Mais André Picard a insisté.Croisé à Banff, au Festival de la télé, il a répété son offre.Nouvelle réponse de Fournier : non.Nouvel appel de Picard en août.À l'époque, Hélène Pedneault, une amie de Françoise Loranger, qui a signé l'adaptation du téléroman, couronné six fois aux Gémeaux, Tan dernier, avait été engagée pour écrire les nouveaux épisodes.Fournier a accepté de passer une journée avec elle pour relire les textes.« C'était correct, dit-il.Mais je n'avais pas d'affinités avec sa vision des choses.Et, en plus, elle fumait.» Nouvel appel de Picard en octobre.\u2014 Tu es sûr ?\u2014 Christ que vous êtes fatigant ! Entre-temps, Hélène Pedneault s'était retirée du projet.« Le champ est libre si tu veux le faire », lui a fait savoir Picard.Fournier a accepté de relire le texte de Sous le signe du lion, publié aux éditions Leméac.« C'était meilleur que ce que j'avais vu à la télé, confie-t-il.J'ai réalisé que la faute n'appartenait pas au réalisateur.Si le remake n'était pas très bon, c'est parce qu'on n'avait pas adapté le texte.On s'était contenté de rabouter les épisodes d'une demi-heure pour en faire des heures et de couper huit, dix minutes par texte.Tel que c'était, la réalisation ne pouvait être différente de ce qu'elle a été.» Cela dit, Fournier a refusé de collaborer au projet.« Il n'y avait pas de suite à faire », a-t-il dit.Mais Picard a encore insisté.Il lui a refilé les cassettes de la série.Avec deux amies scénaristes, Maryse Beauregard et Dominique Drouin, Fournier a finalement accepté de faire ce qu'on appelle dans le métier une bible.Content du résultat.Picard lui a proposé de signer un contrat pour écrire les trois premiers épisodes.Fournier a préféré s'en tenir à un seul.« C'était très dur, confie-t-il.J'ai passé une semaine là-dessus.» Après l'avoir lu, Radio-Canada et SDA ont donné le OK pour 13 épisodes.Mais Michèle Fortin, la patronne de la télé française de Radio-Canada, a insisté pour que Fournier écrive seul.Le contrat a été signé en janvier dernier.Fournier devait toutefois terminer cinq des 10 nouveaux épisodes de L'ombre de l'épervier, écrit en collaboration avec le réalisateur de la série, Robert Favreau.Voilà c'est fait.Il travaille maintenant à récriture de Sous le signe du lion.« Le spectateur va voir une différence dans le rythme, mais pas dans l'expression des personnages, dit-il.Ce sont les mêmes personnages que je développe et que j'amène plus loin.Le dialogue est peut-être un peu moins théâtral.Au lieu d'avoir six ou sept scènes à l'heure, on parle de 30 scènes à Guy Fournier a accepté d'écrire la suite de Sous le signe du Lion qui met en vedette, notamment, Jacques Godin, Danielle Proulx et Suzanne Clément.l'heure.Ce n'est pas une structure d'avant-garde, c'est une structure contemporaine.» Fournier croit que Françoise Loranger, une femme qu'il a bien connue, aurait approuvé la suite de son téléroman.« Je pense qu'elle se reconnaîtrait et que ça ne trahirait pas son oeuvre, précise-t-il.Je suis convaincu qu'elle lirait ça en ayant l'impression de l'avoir écrit elle-même.» ENT'CADIEUX FINIT EN DÉCEMBRE Parlant de Guy Fournier, son soap opéra, Ent'Ca-dieux, diffusé à TVA, prendra fin en décembre 1999, quelques jours avant l'an 2000.L'émission attire un million de téléspectateurs selon Nielsen.Déçu ?« Ciel, non ! C'est la première fois que je fais ça.Je pensais que ça durerait trois ans.Ça va avoir duré sept ans.Ça a été une agréable expérience que je renouvellerais n'importe quand.Et ça a permis à quatre, cinq jeunes auteurs de travailler et d'apprendre.» Dans le dernier épisode de la saison, diffusé mardi, à 19 h, Diane (Louise Deschâtelets) est victime d'une agression et se retrouve à l'hôpital.Sur les 11 qui restent à venir, d'ici décembre, sept sont déjà écrits.Martin Fournier, Dominique Drouin, Chantai Cadieux et Maryse Beauregard ont collaboré à l'écriture des textes.Mais seul Martin Fournier continuera à travailler avec Guy Fournier pour boucler la série.Des projets ?L'auteur en a plusieurs.Outre Sous le signe du lion et L'ombre de l'épervier, il travaille sur une série à deux personnages, basée sur les 13 années de sa vie amoureuse avec Louise Deschâtelets qu'on pourra voir à la SRC en septembre 2000.« Il y a une couple d'autres projets, mais qui ne sont pas pour Radio-Canada.» Les choix de Suzanne HÉROÏNE : MOURIR À PETITE DOSE Mardi, 21 h, TVA ¦ Simon Durivage présente un documentaire sur l'héroïne, une drogue qui arrive au quatrième rang des substances illicites les plus populaires auprès des jeunes de la rue de Montréal.On compterait entre 5000 et 15 000 héroïnomanes dans la grande région de Montréal, selon diverses sources.Le document nous faire vivre le quotidien des adeptes de l'héroïne qui veulent s'en sortir, mais nous présente aussi le travail de ceux qui les aident.LE RENDEZ-VOUS DE SARAJEVO Mercredi, 23 h 30, SRC ¦ Réalisé par Helen Doyle et produit par Joanne Carrière de TON F, ce documentaire très personnalise ci d'une criante actualité croise la route de deux jeunes femmes, Mahir, 17 ans, et Jelena, 19 ans, qui vivent aujourd'hui au Québec.Le temps d'un film, Jelena retourne sur les lieux d'un conflit qui l'a transformée .\\ jamais.Quel est l'avenir de cette jeunesse ?se demande la réalisatrice.JULIE PAYETTE : PREMIÈRE MISSION Jeudi, 6 h, Radio-Canada, RDI ¦ La navette spatiale Discovery doit décoller cette semaine à moins d'un autre changement de dernière minute, avec à son bord Julie Payette et six autres astronautes.On nous propose notamment une entrevue menée a Houston par Bernard Derome avec Julie Payette et une autre avec le colonel Chris Hadlield, l'un des Canadiens ayant séjourné dans l'espace.RDI présente également, à 16 h 15, une émission spéciale de 15 minutes pour faire quotidiennement le point sur les activités de la journée.D.Jeudi, 21 h 30, MusiquePlus ¦ L'émission de mode et de design D.se consacre cette semaine à la 5* édition du concours Commerce design Montréal.Une célébration du design dans la métropole et son impact dans les différents quartiers de la ville.On rencontre les designers Jaime Bouzaglo, Jean-Pierre Viau et Michel Prêté et les architectes Gilles Saucier et Luc Laporte, dont le travail a contribué à embellir la ville.Nous avons aimé Passionnément + + + Beaucoup Juste assez Un peu Pas du tout *?* ?VOTRE SOIREE DE TELEVISION/DIMANCHE par La Presse 20:00 ES Opération Tango Quatrième et avant-dernier épisode de cette série de cinq inspirée de la vie des soldats canadiens en Bosnie.20:00 CED L'URSS Le Triomphe du tyran: deuxième épisode sur trois.Il y sera question des années 1339-1953.21:00 DES Bouillon de culture J.M.G.Le Clézio rencontre Bernard Pivot 21 00 O Les Sept branches de la rivière Ota La version filmée, et réduite, de la pièce de théâtre de Robert Lepage.avec Reina Yuka.Patrick Goyette et Anne-Marie Cadieux.Bernard Pivot CANAUX 3J 15117 (24lf45J Q3 ®D CBC ABC CBS 3 NBCCB A & E 18 h 00 Ce soir 18 h 30 19 h 00 Le TVA Pignon sur rue Découverte / Crèmes solaires et mélanomes; mal des montagnes La vie est un sport dangereux Skippy La Porte des étoiles Puise Travel.Travel News Cinéma ! 81ANK CHECK (6) (17.D0) World News News M-A*S#H Friends 19 h 30 La Vie d'artiste 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 Fort Boyard / Judith Bérard.José Théodore.Brigitte Martin D./ Tendance ethnique Cinéma du Qc/Été 1998 Catastrophes Felicity The Golden Years Beaux Dimanches / Mon amour.: Jean-Pierre Ferland (1/2) Les Beaux Dimanches / Les Sept Branches de la rivière Ota 22 h 00 Le Téléjournal (22:10) 22 h 30 Sport (22 40) 23 h 00 23 h 30 CF VD Cinéma / LA FIRME (4) avec Tom Cruise.Jeanne Tnpplehom Le plaisir croît avec l'usage./ Michel Rivard Minisérie / Opération Tango t\\tar Mann CiinKflminH Touched by an Angel / Dernière Charmed / Dernière Les 100 Photos du siècle Cinéntâ / URGA (2) avec Bayaertu.Badema (23:05) Le TVA.édition réseau Sports (2325)/ Loteries (23 44) Cinéma / ZIGRAIL (3) avec André Charlebois.Dorothée Berryman Cinéma / LA GUERRE (5) ni'd' ClitoK l/m«.r> Pnrtfnr 4JI » OO UIIIUII » » OUU , I VU » \" I UUOU lit' Cinéma / HOSTILE ADVANCES.THE KERRY ELLISON ST0RY (4) avec Rena Sofer.Victor Garber Cinéma / PîT PONEY (5) avec Ben Rose-Davis.Rictwd Donat Sunday Report Cinéma / HERCULES (4) Oessins animés 60 Minutes Basketball / Séries éliminatoires: Lakers - Spurs (17:30) Battlefield: Vietnam (4/6) World News Religion.Ethics Sleeping Bear Planted Trees BRAVO CABLE 9 V.CANAL D CNN DISC.FAMILY CH.FOX GLOBAL HISTORY LIFE MM MP MMAX NW RDI RDS SHOWCASE TÉLÉTOON TLC TSN 7V5 VIE YTV CANAUX Cinéma / AND NÛW FOR S0METHING COMPLETELY DIFFERENT (4) William HokJen: The Golden Boy syour Money Insectia WorldView Tour de table Juste pour rire Moneyweek The Professionals / Snow Coaches Franklin For your Love Myst.Island Historylands TV Guide.Little Lulu Show Zoe.Duncan.Talking Heads A Scartenng.Real Families MuchMegaHits D Chic Planète World* News Box-Otlice Duo: J.Lennon Money Show Toute une époque./ La Santé Grenoble (1730) Sports 30 Mag Pnme Suspect Tom et Jerry Les Grattitos Storm Force Cheerleading Sportsdesk Chroniques du Danube La Quête / Nouvelle-Guinée Charlie Brown 18 h 00 Lassie Touched by an Angel Dateline NBC Nature / The Seedy Side of Plants Gr.Composers / Richard Wagner Biography / Samuel L.Jackson Arts & Minds Cannes Film Festival Closing.Controversy Années Mode / Du Moyen Âge.World Today Sports Tonight Sunday Qdiscovery.ca Clarissa Believe rt or not The Wortd's Funniest 60 Minutes The Canadians Trendspottmg Foodessence CombatZone Le Décompte MusiquePlus Ed Sullivan Pop up vidéo Lite & Times / Robert Bateman Monde ce soir Des chiens.Culture-choc Pl.publique 99 The Awful Truth Cooking.Kim Le Goût du monde / Abruzzes NewsStand / CNN & Time Discovery's Sunday Showcase Undercurrents Minisérie / Cleopatra avec Timothy Dalton.Leonor Varela (1/2) Cinéma / MîCHAEl LANÛON: m FATHER IKNEW avec J Schneider Cinéma / THE JESSE VENTURA ST0RY avec N.A.Stewart, H.Sakovich \u2014 Masterpiece Théâtre / Moll Flanders (2/2) Classica! Music / Valéry Gergiev Eros Ramazotti & Fnends.Munich Investigative Reports / Talk to Me: Hostage Negotiators ot the NYPD Cinéma / PAPER M00N (4) avec Ryan 0'Neal.Tatum 0'Neat Controverse Biographies / Jacques Bouchard Celebrate the Century /1940-1945 Sunday Showcase / .Stone Forest Cinéma / SPLASH (4) avec Daryi Hannah, Tom Hanks The Simpsons Parole et Vie CTV News Sunday Report Le Grand Journal Puise / Sports News Nation s/Retlec Access Hollywood News ER Viper Mystery! Hetty Wainthropp.World News Mapp and Lucia Am.Castles / Adirondack Camps Cinéma / CIROE 0F TW0 tt LEARNWQ CHANNEL-TSN =THE SPORT NETWORK - TV5 = TÉLÉVISION INTERNATIONALE -VTV=YOUTHTV LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 23 MAI 1999 vidéos 1/2 AUJOURD'HUI OU JAMAIS Comédie dramatique de Jean-Pierre Lefcbvre.Avec Marcel Sabourin, Claude Blanchard, Jean-Pierre Ronfard, Micheline Lanctôt, Julie Me rhird.Sortie: 25 mai (VHS) Voler ou ne pas voler ?Abel se pose quotidiennement la question.Depuis 15 ans.Depuis que son meilleur ami a perdu la vie dans l'écrasement de son petit avion.Abel ne s'est jamais pardonné l'accident.Mais le désir de ciel et de liberté ne l'a pas quitté pour autant.« Aujourd'hui ou jamais », écrit-il donc un beau matin sur son tablent noir.Ainsi commence Aujourd'hui ou jamais de Jean-Pierre Le-febvre.Un film tendre et poétique \u2014 qui n'est pas que cela.Le ci-néaste en dit long sur l'indécision el sur la volonté, à travers cette histoire- d'amitié, d'abandon et d'amour portée par Marcel Sabourin, en aviateur aux rêves brisés; Claude Blanchard, en père qui a baisse les bras; Jean-Pierre Ron-fard, en « maudit » Français vachement sympa ; Micheline Lanctôt, en ex .1 I esprit aussi vif que le re-gard.Et Julie Ménard, belle alouette en colère.?1/2 THE THEORY OF FLIGHT ( omédic dramatique de Paul Green^rass.A vie Kenneth Brana^h, Helena Boham Carter.Gemma Jones, Hollv Aird.Sortie: 25 mai (VHS) Ils rêvent du septième ciel.Lui, souhaite l'atteindre sur les ailes de l'avion qu'il est en train de construire.Elle, dans les bras d'un homme.Car elle est vierge et ne MMM| mm v.veut pas mourir ainsi.C'est pourtant ce qui l'attend à courte échéance : elle est clouée dans son fauteuil roulant par la maladie de Lou Gehrig et ses jours son comptés.Lui, a la vie devant lui.À moins qu'il ne se casse irrémédiablement la gueule au cours d'une des crises de nerfs qui l'ont poussé, par exemple, à sauter du toit d'une banque « à bord » d'un deltaplane artisanal.Ça a fait boum ! Heureusement, leur rencontre permettra la réalisation de leurs rêves respectifs.The Theory of Flight raconte comment, de manière assez prévisible mais ô combien jolie.D'autant plus qu'elle et lui sont incarnés par Helena Boham Carter et Kenneth Bra-nagh, si magnifiques qu'à côté d'eux, tous les autres personnages semblent pâles ( d'envie ?).LE PASSAGER CLANDESTIN Drame de Ben Van Lieshout.Avec Bek/od M uk11.111h\u2022 11 Karimov, Ariane Schluter.En version originale néerlandaise et ouzbek avec sous-titres français.VHS Les premières images du Passager clandestin sont de celles qui nouent la gorge.Paysage désertique avec, ici et là, des bateaux.Échoués.Morts.Sous un soleil implacable, ils attendent.Que l'eau revienne.Et, avec elle, la vie.La mer d'Aral léchait autrefois leur coque.Elle s'est retirée.Orazbaj vit dans ce qui était autrefois un port prospère.Et il n'a pas la patience des bateaux.Il veut quitter les lieux.Destination : l'Amérique.Il montera dans le « mauvais » cargo et échouera à Rotterdam.Sans argent.Sans pou- voir communiquer.U rencontrera une femme.Et se sera le début d'une histoire d'amour \u2014à laquelle les fonctionnaires de l'Immigration mettront rapidement le holà.Un film tristement d'actualité, plus poétique par contre que la réalité.* 1/2 TALK OF ANGELS (VF: LE SECRET DES ANGES) Drame de Nick Hamm.Avec Polly W.ilker, Frances McDormand, Vincent Percz, Franco Nero.VHS Michèle Mercier avait le même effet : dès que le regard d'Angélique se posait sur un homme, il tombait à ses pieds (l'homme pas le regard \u2014 la belle ne baissait jamais les yeux).Polly Walker prend la relève, avec moins de panache et de front, dans Talk of Angels : le fils de la famille espagnole où elle est gouvernante tombe éperdument amoureux d'elle et il faut voir les regards d'une indicible admiration que lui lance le papa, les oeillades énamourées que lui adresse le jardinier.Jusqu'à la tête forte du club des miss Irlandaises qui, chaque semaine, se réunit sur la grand-place, avoue avoir eu un coup de foudre pour la très belle.Bref, maigre une distribution prometteuse et une trame historique intéressante (nous sommes en Espagne, en 1936, donc peu avant le début de la guerre civile), cette intrigue de sur-face sombre (!) lentement dans un ridicule qui, oui, peut tuer \u2014en tout cas, faire périr d'ennui.\u2014 Sonia Sarfati Spielberg s'en va-t-en guerre SONIA SARFATI Par vous ne savez trop quel principe, il a l'a priori plutôt négatif quand il s'agit de Ste-ven Spielberg.Il n'aime pas non plus Tom Hanks depuis qu'il se prend au sérieux \u2014Tom, s'entend.Il ne peut pas voir en peinture \u2014ni sur le boîtier d'une vidéocassette\u2014 la bouille d'ail american boy de Matt Damon.Et puis, pour lui, LE film de guerre de l'année s'intitule The Thin Red Line.Cette vidéocassette-là trônera sûrement un jour tout près de The Great Escape (ce qui n'est pas un mince honneur).Bref, pas facile de le convaincre de partir, en votre (pourtant charmante) compagnie, sauver le soldat Ryan.Bien sûr, on peut toujours mettre ça sur le compte du beau temps qui « sévissait » à l'extérieur.Finalement, vous êtes arrivée a vos fins (non, non, pas comme d'habitude !).Et vous vous êtes retrouvés, tous deux, en plein débarquement de Normandie.Le jour J.Le 6 juin 1944.Les barges qui filaient vers Omaha Beach.Chargées d'hommes qui allaient à l'abattoir.Et qui le savaient.On l'a lu, on l'a vu : la scène d'ouverture de Saving Pri\\aw Ryan est insoutenable.Elle l'était au grand écran.Elle demeure déchirante sur petit (enfin, si pas « trop petit » quand même).Tripes et sang Un moment qui donne le ton du film : plus qu'à l'aventure humaine, c'est à la reconstitution d'une page d'histoire que Steven Spielberg s'est attardé ici.Les scènes de combat, tant celle du débarquement (tournée sur la côte irlandaise) que celle de l'affrontement final dans un village français \u2014 entièrement re(dé)construit en Angleterre\u2014 sont filmés sans complaisance aucune et de manière douloureusement crue.Et si la mort prend des visages plus révoltants les uns que les autres (oui, il y a des tripes et du sang), les effets gratuits ne sont pas au rendez-vous.Le tout, orchestré et chorégraphié par une caméra, un montage et un son qui contribuent à vous plonger dans l'action.Vous, c'est-à-dire lui et vous.Pourtant au départ, soyons honnête, au delà de ses réticences à lui, vous aussi n'aviez pas le coeur à ce Spielberg-là.Parce qu'il faisait beau.Et parce que cette histoire de combattants envoyés derrière les lignes ennemies pour aller sauver un homme, seul survivant de quatre frères envoyés au front, vous semblait bien peu réaliste.Et plutôt absurde.Vous ignoriez que vous étiez alors sur la même longueur d'ondes que le scénariste Robert Rodât : les huit hommes lancés sur les traces du jeune homme se posent en effet bien des questions quant à la pertinence de leur mission.Les relations entre les membres de la petite troupe, leurs doutes et leurs interrogations, leurs réactions qui se modifient au fil des événements, tout contribue ainsi à rendre leur démarche \u2014 tant intérieure qu'extérieure \u2014 absolument crédible.Pour ce qui est de la distribution de Saving Private Ryan, elle est comme le reste.À la hauteur.Ce, jusqu'aux 750 figurants recrutés à même l'armée irlandaise \u2014 lesquels avaient fait leurs premières armes devant la caméra dans Brave-heart de Mel Gibson.Tom Hanks est bien sûr impeccable \u2014 d'accord, ce n'est pas Steve McQueen dans The Grcat Escape (que peut-on faire quand la nostalgie s'en mêle !).Edward Burns, à la personnalité ambiguë, est excellent.Et Matt Damon, ben.il n'est pas trop présent.À la plus grande joie de vous savez qui \u2014 même que, à ses yeux, le port du casque, de la poussière et de la boue le rend presque acceptable.Sans commentaire.?1/2 SAV1NG PRIVATE RYAN (VF : IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN) Drame de guerre de Steven Spielberg.Avec Tom Hanks.Edward Burns, Matt Damon, Tom Si/emore.Sortie : 25 mai (VHS) jeux Pod Racer : Ben Hur revu et corrigé par George Lucas.Au-delà du grand écran ANDRÉ M0ND0UX collaboration spéciale e fait est maintenant bien connu : les jeux électroniques et informatiques représentent une plus grosse industrie que les revenus d'entrée hollywoodiens.Et plus ils auront le numérique en point commun, plus ces deux mondes seront appelés a tisser entre eux des liens étroits.Cette tendance n'échappe pas à George Lucas qui, avec ses firmes Lucas Films et Lucas Arts, domine en ce moment à la lois l'industrie du film et celle des jeux électroniques.Lorsque le cinéma et le jeu se mettent en synergie, la Force est effectivement avec eux, alors qu'on ne sait plus très bien lequel fait la promotion de l'autre.Dans la foulée de la sortie du film La Menace fantôme, voici donc quelques jeux électroniques qui en sont inspirés.Dans le sillon d'Anakin Voici le premier d'une série de trois jeux.Offert depuis quelques jours pour Nintendo 64 (le jeu sera lancé incessamment pour Windows 95, Macintosh et PlayStation), Star Wars Episode 1 : Racer est essentiellement un jeu de course directement puise a même un des moments forts du film, la course vers la liberté du jeune Anakin Skywalker.Le contexte de cette course ressemble beaucoup a une autre, mémorable: la ÇOUI8C de chars du film Ben-Hur.Il suffit de remplacer le chariot par un cockpit léger monte sur une suspension a champ gravitationnel et les chevaux par deux immenses moteurs capables de vous propulser a des vitesses (réellement simu- lées) de 950 km/h ! Il est difficile, les premières fois, de décrire le décor du jeu : une seconde d'inattention et vous vous retrouvez incrusté dedans.Si le coeur du jeu est effectivement emballant, il faut noter que l'enrobage, même s'il est bien fait, n'est pas particulièrement original puisqu'il ne fait qu'utiliser une recette déjà éprouvée par d'autres jeux de courses : choix du véhicule, circuits différents, améliorations apportées au véhicule, etc.Racer reste donc un jeu simple mais voilà justement pourquoi il est efficace : le plaisir est au rendez-vous.Foncer à vive allure sur le long de circuits d'une trentaine de kilomètres est tout une expérience.Ajoutez à cela des adversaires pour qui n'ont qu'une idée en tête : gagner par tous les moyens possibles, et vous obtenez une combinaison enlevante.Vous aurez ainsi le loisir de choisir lequel des 23 « chariots » vous trimballera dans l'un des 25 circuits répartis sur huit mondes, tous plus exotiques les uns que les autres.Vous aurez ainsi à piloter dans des circuits aux virages serres corses, bourrés d'obstacles naturels et artificiels, à franchir des tunnels sans gravité (ce qui vous permet, l'espace de quelques secondes, de pleinement apprécier l'apport de la gravité lors des déplacements a plu*; de 600 km/h), de faire face à des mercenaires et de traverser des lacs de méthane en leu.Enfin, en mode championnat (suite de courses sur différents circuits), vous pourrez gagner les deniers nécessaires pour acheter des pièces neuves ou usagées qui pourront améliorer davantage les performances de votre bolide.Star Wars Episode 1 : Racer est un jeu pour les amateurs d'adrénaline.1/2 Star Wars Episode 1 Nintendo 64 Racer The Phantom Menace Ce jeu est le second inspire du film et devrait être lancé sur le marché incessamment.Il s'agira d'un d'aventure 3D où vous incarnerez, tout au long de l'histoire, Qui-Gon Jinn, Obi-Wan Kenobi, le capitaine Panuka et la reine Amidala.Votre tâche consistera à résoudre des énigmes et à combattre tous les méchants intergalactiques sur votre chemin, principalement des robots, des mercenaires et le vilain Darth Maul.Bien que les chevaliers Jedi peuvent faire preuve de mouvements complexes, ils sont surtout occupés à sauter, à pourfendre leurs ennemis avec leur épée lumineuse et, surtout, à utiliser la Force.Obi-Wan Kenobi Surprise la semaine dernière au E3, la grande foire annuelle du jeu, où les dirigeants de Lucas Arts ont annoncé la venue d'un troisième titre inspiré du nouveau film.Il s'agira d'un jeu de tir à point de vue subjectif où le joueur incarnera le jeune Obi-Wan.Le jeu devrait être lance-cet automne.Insiders Guide Lucas Arts a également annonce la sortie pi oc haine d'un guide multimédia Complet sur le premier épisode, comprenant notamment des extraits du film, des sceiies du tournage, des entrevues et des extraits sonores.Ce titre- devrait ressembler à l'encyclopédie multimédia Star Wars lancée en décembre dernier.Encore des j eux Star Wars Lancé en avril dernier.Star Wars X-Wing Alliance devrait plaire aux amateurs de combats ET de missions.Le jeu X-Wing US TIL-Fighter avait plu pour ses scènes de combats, son mode multijoueurs et son riche environnement visuel et sonore.Malheureusement, malgré les combats, le joueur ne se retrouvait pas immerge dans une histoire passionnante.X -Wing Alliance offre un scénario beaucoup plus ambitieux : en tout, une cinquantaine de missions qui allient combats et intrigues.Le jeu offre des graphiques 3D de qualité que l'on peut visualiser a une résolution de 1024 x 768.Il s'agit ici probablement du dernier jeu de simulation spatiale inspire de la première série de films Star Wars.En ce sens, il s'agit d'une très bonne performance de fin de route qui résume bien l'esprit de toute une génération de jeux de Lucas Arts.Star Wars X-Wing Alliance Windows L'Avenue du Parc stellaire Voici le second début d'un jeu immortel.Au lie u de pavoiser sur Boardwalk ou Avenue du Paie vous prendre/ possession de Dagobah, de Corus cant ou même de l'Étoile noire pour y construire-non pas des hôtels, mais des ports spatiaux.Avec C-3PO comme guide, vos pions pourront être des personnages }D animés de la célèbre série et tout au long du jeu vous pourrez visionner des extraits des épisodes 4, 5 et 6.Une petite touche intéressante, le jeu est doté d'un module pour jouer a plusieurs sur le Net.Un jeu qui pourra plaire aux plus jeunes et qui est souvent offert à prix modique.Monopoly Star Wars Windows LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 MAI 1999 Les livres-doudous d'Elisabeth Brami, les livres fous fous de Todd Pair SONIA SARFATI lisabeth Brami est psychologue.Mais ses livres, de vrais bonheurs sur papier, ne sentent pas le psy-cho-pédago-gnangnan.Us transpirent plutôt de son amour des enfants.De vrais livres-doudous, que les siens.Des livres qu'enfant, on a envie de serrer sur son coeur ; que, plus grand, on ne se fatigue pas de raconter ; et qui, que l'on soit petit ou grand, facilitent drôlement la \\ le quand elle devient difficile.au dur moment du dodo.Parce que ces livres sans histoire (!) ramènent les souvenirs à la surface et favorisent les échanges de part et d'autre de la couette.Ce, sur le mode de la complicité.Ainsi, Dormir: petits bobos, petits bonheurs et Manger : petits bobos, petite bonheurs, tous deux illustrés par Philippe Bertrand (le meilleur des complices d'Elisabeth Brami, celui avec qui elle a déjà signé Les petits ri eus et Les petits délices), se présen-teni sous forme d'accordéon.D'un côté, les choses que l'on aime.De l'autre, celles que l'on n'aime pas.Dans Dormir, par exemple, « Se faire porter au lit dans les bras » s'oppose à « Aller se coucher avant tout le monde ».Dans Manger, « Faire un volcan de purée et le remplir de sauce » s'oppose à « Voir quelqu'un manger juste ce qu'on avait envie de manger ».Les dessins douillets de Philippe Bertrand accompagnent chacune des phrases, enrobant le tout d'un sourire.Résultat : l'occasion rêvée (merveilleux, non, avant d'aller se coucher ?) de partager souvenirs et anecdotes.Fiston n'aime pas les aubergines ?Papa, lui, c'était le boudin qu'il ne pouvait pas voir en peinture.Fillette ne peut s'endormir sans son Pacha ?Maman, elle, n'allait nulle part sans son ourson borgne.Et ainsi de suite.Fous rires et tendresse garantis.Moins originaux mais quand même rigolos.Les bobos de Lili Bobo et Pas de bisous pour Lili Bobo marquent le début de la collaboration d'Elisabeth Brami avec Christine Davenier, dont le style fait plus bédé qu'album.Le premier titre étudie les multiples stratégies concoctées par Lili pour ne pas aller à l'école.Le second se penche sur ses techniques pour éviter d'être embrassée.La particularité de ces albums vient de leur page couverture, de gros carton, dans laquelle Lili a été découpée, de manière à ce qu'elle puisse quitter les « lieux » et suivre l'enfant au cours de la lecture.Mais attention : un fil à la patte l'empêche de disparaître complètement \u2014 sous le lit, dans la machine à laver et autres endroits inusités où finissent toujours par se retrouver ces petits objets qui, invariablement, deviennent indispensables au moment où ils sont introuvables.On connaît, hein ?Certains des albums petits formats et couleurs vives de l'auteur Itkjstrtbon trée de Petits Bonheurs i Dormir.et illustrateur américain Todd Parr pourraient d'ailleurs faire partie du royaume de l'indispensable \u2014 mais trouvable (en tout cas, en magasin).Bien-Pas bien, Oui-Non et C'est mes cheveux sont de ces livres que l'on peut raconter des douzaines de fois (sans exagérer) sans se fatiguer : non seulement sont-ils très drôles mais ils sont aussi très vite lus.En fait, à cette lecture-là, on rit plus qu'on ne lit.Le principe en est simple : sur chaque double page, une chose « bien » fait face à une chose « pas bien », une chose à laquelle on dit « oui » s'oppose à une chose à laquelle on dit « non ».Se côtoient ainsi « Bien, de donner un bain à son chien » et « Pas bien, de le prendre avec lui » ou « Oui au chocolat chaud » et « Non à la soupe aux asticots ».Le tout, accompagné d'illustrations naïves aux couleurs brillantes.Un léger hic toutefois, Todd Parr est porté sur la morale.Cela se sent ici et là dans ses albums et devient évident dans C'est super ! : ainsi, c'est super d'être petit mais c'est aussi super d'être grand, c'est super d'être maigre comme c'est super d'être gros, c'est super de venir d'ailleurs et c'est super de partager.Mouais ! Ne pas s'étonner si Fiston prend alors son p'tit air « c'est bien beau.mais c'est moins rigolo ».DORMIR: PETITS BOBOS, PETITS BONHEURS MANGER: PETITS BOBOS, PETITS BONHEURS Elisabeth Brami et Philippe Bertrand Seuil Jeunesse (dès 3 ans) ?*l/2 LES BOBOS DE LILI BOBO PAS DE BISOUS POUR LILI BOBO Elisabeth Brami et Christine Davenier Seuil Jeunesse (dès 4 ans) ?OUI-NON BIEN- PAS BIEN Todd Parr Seuil Jeunesse (dès 3 ans) ?C'EST SUPER ! C'EST MES CHEVEUX Todd Parr, Seuil Jeunesse (dès 3 ans) Comment traverser ces 9 épreuves?RÉGINALD MARTEL La carrière littéraire de Gaétan Brulotte a commencé il y a vingt ans par un roman, L'Emprise, qui lui avait rapporté plusieurs prix.Récemment, ce Québécois qui enseigne en Floride a publié des essais sur l'art, l'érotisme et la littérature.Il avait écrit auparavant quelques recueils de nouvelles.En voici un tout neuf, qui tient de la prouesse mais ne séduit pas pour autant.À moins qu'on trouve quelque plaisir à lire un scénario long et compliqué, avec notes de mise en scène et tout, qui nous apprend ce qu'on sait déjà : la vie n'a pas de sens ; où à suivre « Le sculpteur du temps » dans ses considérations es-thético-philosophiques sur l'art en tant que « non-acte (.) trace même de l'être de désir ».Si des intellectuels patentés comme madame Lysiane Gagnon et monsieur Pierre Foglia ne s'y retrouvent pas dans La Petite Fille qui aimait trop les allumettes, comment nous, gens de peu, pourrons-nous traverser indemnes les Épreuves songées que nous propose Gaétan Brulotte ?ÉPREUVES Gaétan Brulotte Leméac, 104 pages Des contes de belle constitution RÉGINALD MARTEL n n'a guère vu Jean-Louis Major sur les tribunes où on fait un meilleur sort à l'opinion qu'aux idées.Retenu par ses travaux loin des chapelles de Montréal, mais proche de Cornwall, sa ville natale, ce professeur et chercheur de l'Université d'Ottawa est de ceux à qui la littérature québécoise doit beaucoup, sans qu'on le sache.La poésie d'ici a d'abord retenu l'attention patiente et généreuse de ce philosophe devenu littéraire ; plus tard, il a consacré à nos romanciers des essais novateurs.À moins de résister très fort, on ne peut se pencher pendant près de quarante ans sur les oeuvres littéraires des autres sans être tenté d'aller voir de très près si on n'aurait pas quelque chose à écrire soi-même \u2014 et la manière de le faire.Mailles à l'envers est le fruit de cette aventure, de ce défi peut-être, et M.Major ne s'est pas fourvoyé.Il a choisi le conte, un genre qui aurait mauvaise réputation s'il en avait une, qu'on croit démodé parce qu'il est éternel.Des contes de belle constitution, servis par surcroît par un travail d'édition qui est tout à l'honneur de la maison Fides, qui ne fait pas toujours des choses catholiques.Des contes dont certains tout de même donnent au curé un rôle de premier plan, comme il convient à un notable, ce qui n'interdit pas à ses ouailles d'inventer à leurs propres fins une théologie et une liturgie qui conviennent mieux à leur humeur et, bien sûr, à leurs intérêts.Si les histoires de Jean-Louis Major appartiennent à un passé un peu ancien, celui d'une société encore traditionnelle qui doit se résigner à entrer dans une modernité qu'elle exècre, leurs personnages sont d'une certaine manière actuels, mus comme tout le monde par l'envie d'arracher aux uns ce qu'ils ne méritent pas, de donner aux autres ce dont ils n'ont que faire.Le philosophe montre le bout de son nez, mais il a la sagesse douce, à la ma- nière du Bonhomme La Fontaine.On pense aussi, pour la finesse de l'observation de la société, aux contes d'un Jacques Ferron dont l'écrivain parait reproduire ici et là le ton pourtant inimitable, mais avec tant de justesse qu'on excuse volontiers le larcin.Le cadre cependant est ici rural plutôt qu'urbain, ce qui a son importance.Là, impossible de vivre en échappant au regard de tout un chacun, qui va ensuite juger et condamner, au nom le plus souvent d'une morale joyeusement hypocrite.Le langage piégé Le conteur lui-même n'est pas abusé, il s'en faut de beaucoup, qui a l'oeil assez vif pour traquer ses personnages jusque dans leur quant-à-soi.Il le fait avec un humour bon enfant, complice probablement de leurs errements, grâce à un langage qui ne trahit personne.Dans le filet de ses Mailles à l'envers, M.Major a su attraper l'esprit plutôt que la lettre de la parole villageoise.Il nous épargne ainsi, pour ce qui concerne les dialogues, les transcriptions phonétiques qui dé- couragent les lecteurs les mieux disposés.La narration est tout en subtilités, autant qu'il en faut pour mieux composer chacun des onze contes du recueil.La clarté jamais n'y est compromise, comme il arrive quand on veut trop bien faire et trop bien dire.La phrase se fait-elle longue, le lecteur peut en suivre aisément les circonvolutions, séduit s'il le veut par la forme autant que par le fond, l'un et l'autre étant à hauteur réciproque.Mais de quoi donc nous entretient M.Major ?D'un artiste \u2014 aussi bien dire d'un oisif \u2014 que les bonnes gens nourrissent, comme on le faisait jadis pour les fous, qui avaient le mérite de rassurer les villageois quant à leur propre santé mentale et, surtout, leur utilité sociale ; d'un paysan qui, n'ayant pas trouvé dans les textes sacrés les commandements de l'Église, s'en ouvre à son curé qui le traite de protestant \u2014 le nom lui restera, la libre pensée avec.Voilà pour les deux premières nouvelles, qui valent évidemment mieux que ces bêtes synopsis.Dans celles-là et dans les suivantes, on ne se lasse pas de voir comment les personnages parviennent ou ne parviennent pas à empêcher l'émergence des valeurs nouvelles, comment ils réussissent ou non à pervertir la franchise minimale qui devrait asseoir le commerce avec les êtres et le commerce tout court, comment la vanité dont ils se croient exempts s'étale dans ce qu'ils sont autant que dans ce qu'ils font.L'unité du recueil est déjà dans le parti pris souriant de l'écrivain, qui certainement a voulu se faire plaisir ; elle est dans le choix d'un lieu unique, Saint-Issaire, qui est une sorte de résumé de tous les village québécois ; elle est enfin dans l'élégance constante d'un style tout à fait classique, que les astuces techniques empruntées aux conteurs tradionnels ne défigurent aucunement.?MAILLES À L'ENVERS Jean-Louis Major Frdes, 148 pages Francophone Le Colpron, Glossaire des Pas facile d'être et communiste nouveau cru chanteurs d'ici adolescent Des femmes francophones qui s'avouaient franchement communistes dans les années 30 et 40, il n'y en a pas des centaines au Canada.Ni même des dizaines.Jeanne Corbin, née en France et décédée en 1944 à l'âge de 38 ans, constitue donc l'exception.Et c'est ce qui a incité Andrée Lé-vesque, professeure à l'Université McGill et spécialiste en histoire des femmes et en histoire du mouvement ouvrier à se pencher sur elle.Ce qui constitue une étude intéressante sur une « époque » et non une biographie, puisque Jeanne Corbin n'a pas laissé de journal intime, peu de correspondance et, comme bien des gens de l'époque qui oeuvraient dans la clandestinité, s'est peu racontée.Même que les sources sur elle sont souvent des sources policières, à prendre avec des pincettes, ou des témoignages de militants qui l'ont connue et qui ne sont plus jeunes, quand ils ne sont pas apologétiques.Malgré tout, Andrée Lévesque s'en tire bien et apporte une contribution importante à une facette de notre histoire trop peu connue : l'histoire des militantes de gauche des an-nérs ™ ci 40.Pierre Vennat I ÉPOQUE DE JEANNE CORBIN 1906-1944 Andrée Lévesque l ditions du Remue-Ménage, 307 pages En 1970, Gilles Colpron, docteur en linguistique de l'Université de Montréal, publia Les anglicismes au Québec-répertoire classifié.En 1982, il l'a réédité sous le titre de Dictionnaire des anglicismes.Déjà, c'était un classique dans le genre.En 1994, Constance et Louis Forest l'ont repris et complètement remanié et mis à jour.Cinq ans plus tard.Constance Forest, avec l'aide de Denise Bou-dreau, poursuivent le travail entrepris dans les ouvrages précédents, éliminant les termes de l'édition de 1994 qui sont passés dans l'usage et d'autres qui ne sont à peu près plus utilisés.Elles l'enrichissent par ailleurs de termes puisés dans la langue courante, notamment de termes relatifs à Internet, les assurances, l'éducation et les finances.C'est qu'une langue vivante se modifiée constamment et les anglicismes n'échappent pas à cette évolution.Aujourd'hui, la vitesse fulgurante à laquelle se développent les technologies multiplient les anglicismes, car les nouvelles connaissances, la plupart du temps, étant diffusées en anglais.P.V.?LE COLPRON: LE DICTIONNAIRE DES ANGLICISMES Constance Forest et Denise Boudreau Groupe Beauchemin, éditeur, 381 pages Il y a Céline Dion, mais il y en a bien d'autres.Et tous ont leurs fans.C'est sans doute pourquoi Marcel Brouillard, qui depuis des lustres gravite autour du petit monde artistique du Québec et de nos chansonniers, vient de publier un petit livre genre « dictionnaire de nos chansonniers » avec notamment la biographie de 101 auteurs, compositeurs et interprètes de la chanson québécoise.Céline, bien sûr, mais aussi Dan Bigras, Georges Dor, Gilles Vi-gneault, Julie Masse, Mario Pelchat, Ginette Reno, etc.Et d'autres bien moins connus ou oubliés.Il publie ensuite une liste nécrologique des pionniers de la chanson, du début du siècle à aujourd'hui : Aglaé, Lionel Dau-nais, Yoland Guérard et combien d'autres.Et un petit chapitre sur les Félix de 1997-98, un autre relatif aux prix Ciel-Raymond Lévesque et Calixa Lavallée, la médaille Jacques Blanchet et la liste des lauréats du Festival international de la chanson de Granby.P.V.?'/2 LA CHANSON EN HÉRITAGE Marcel Brouillard Éditions Québécor, 280 pages ^Çouffronccs S870 S |» é e i a cl c 49,95 20\" i 39,95 RAFFIN in a i sur ces ! titres « Un dimanche à la campagne » Jacques Dation Cflain mi l»^tVs'*J il.« Les annuelles » Larry Hadgsan « L'associé » John Grisham La Prisonnière -< Le secret magnifique » Beiva Plain LIBRAIRIE RAFFIN « La prisonnière » M.Ou/kir et M.Fitaussi Montréal \u2022 6722, rue St-lf ubt-rt \u2022 274-2870 Laval \u2022 2512, houl.Daniel-Johnson \u2022 682-0636 RtMStignv \u2022 Galeries Rive Nord \u2022 581-9892 précieuse, Encina est capable de fabriquer des bombes artisanales avec des boîtes de conserve, « des sacs pleins de terre ou de farine, avec des billes, des chandelles, des montres (.) et même avec une vieille paire de chaussures.» Le Parti Ouvrier de l'Unification Marxiste (POUM) a besoin de ses talents d'artificier.Il s'agit de défendre la République en danger contre les fascistes.Franco en tête* qui se révoltent contre la victoire électorale du Frente Popular (gauche unie).Ainsi, après Guerre, un recueil de nouvelles, c'est un roman à teneur historique que livre Luc Asselin.Phénix est cependant d'abord et avant tout l'histoire d'un individu, celle d'Encina, qui se raconte à la première personne du singulier.À Madrid, premier endroit où les hommes du POUM le conduiront, il rencontrera Carmen avec son « sourire sans âme », une femme dont il a autrefois gâché la vie en allumant un incendie, rue de l'Escortai.Mais Carmen ne sait pas qui est Encina.Personne ou presque ne le sait.Au POUM, il a été rebaptisé Giuseppe Marconi, puis il se nomme Pavel, lorsqu'à Tolède, il change d'allégeance et devient communiste, pour des questions d'ordre pratique (et non idéologique).Lui si indifférent au sort des autres, il sera touché par Carmen, de même que par les nouvelles victimes de ses bombes, qu'il devra désormais choisir sciemment, ce qui l'indisposera.La guerre sera pour ce pyromane meurtrier l'occasion de prendre conscience de la souffrance d'au-trui.Et le mot « autrui » le signale déjà : Phénix a des tonalités philosophiques.Encina raisonne beaucoup et disserte abondamment sur son « art » (sa pyromanie).Dans Phénix, tout semble à première vue précis, géométrique, raisonné.En fait, il y est aussi question des « paysages rugueux de la Castille », des rues « étroites, médiévales » de Tolède, et de la « gueule cassée » de Rosa, une femme qui a le côté gauche du visage défiguré par une longue cicatrice.Manuel Encina décrit l'ennui et la souffrance des hommes à la guerre, et les dissensions qui divisent la gauche espagnole, avec les communistes qui aiment trop la bureaucratie et les anarchistes qui plient bagage et quittent leur poste « sans avoir reçu d'ordre ».L'écriture, limpide, très sobrement teintée de poésie, avec peu de dialogues, livre un univers dense.Si l'on regrette que Manuel Encina ressente trop souvent le besoin de s'expliquer et d'analyser, si l'histoire a un oftté glauque et peu passionnant, ce livre porte malgré tout quelque chose de rare.Une magie opère.Phénix habite le lecteur.PHENIX Luc Asselin L'Hexagone, 271 pages que louer une maison coûtait six dollars par mois.Très documenté, le récit livre sans arrêt de l'information sur la vie domestique d'une famille d'ouvriers, la façon de rouler un cigare, l'organisation des tâches dans une fabrique, les détails d'un voyage en train dans un wagon Pullman avec les réfrigérateurs actionnés au gaz .Mais l'auteure ne cesse par ailleurs jamais de raconter une histoire.Son écriture, phrases courtes, écriture sobre, claire, précise, doii à son style journalistique.En fait, elle a tellement synthétisé, elle a tellement voulu éviter de sombrer dans la mièvrerie, qu'elle y a été un peu trop sec, dit-elle.Jean-Yves Soucy, de VLB éditeur, lui a fait « mettre un peu plus de sentiments » et d'intériorité dans le récit, ne serait-ce que par l'ajout de quatre ou cinq mots ici et là.Dans ce récit épuré, peu de descriptions, peu de scènes très fou il lées, mais une histoire qui « roule » et des personnages particuliers (peu exploités cependant), dont la mère de Jos, cette grosse femme « confite dans la religion catholique », qui ne sait que demander des sous et donner des coups.Il y a aussi Madeleine, la soeur aînée séduite par Thomas, un Américain.Et puis Anna, la belle juive qui fait la lecture d'Anna Karénine de Tolstoï aux cigariers, en russe, à la fabrique de Chicago (la présence de lecteurs, qui occupaient l'esprit des cigariers, était chose courante).Enfin Maria, la Cubaine qui deviendra la femme de Jos.En tout, cela donne un très bon roman, solide, prenant sans être-passionnant.Le récit est bien mené.Un regret cependant.On a là du réalisme social, mais du réalisme « poli » en quelque sorte.Maigre les conditions de travail horribles des ouvriers (et des enfants) que l'on corrige et punit, malgré la prostitution, l'univers familial glauque, l'histoire reste couverte d'une sorte de vernis.« J'ai voulu être élégante, dit Marie-Paule Vil leneuve.Je ne voulais pas que ce soit vulgaire.» Mais elle ajoute qu'elle a quand même inclus quelques scènes erotiques assez crues, osées, et qu'il y en a à qui cela a même procuré des sensations.« J'ai un lecteur qui m'a dit qu'il avait eu chaud », confie-t-elle en rigolant.L'ENFANT CIGARIER Marie-Paule Villeneuve VLB éditeur, 406 pages Renaud-Bray ¦ ;_____ mm___\u2022____ ¦_____ «___- Livres - Musique - Jeux - Vidéo - Papeterie PALMARES de nos cinq succursales Ventes du 13 mai au 19 mai 1999 ^^^^^ £ I NOMBRE DE SEMAINES f ( DEPUIS LEUR PARUTION\t\t\t\t\t 1\tBOGRAPH.\tLa prisonnière\t4\tM.Oufkir\tGrasset 2\tSANTÉ\tJe mange, je maigris et je reste mince!\t6\tM.Montignac\tFlammarion 3\tESSAI Q.\tLes bœufs sont lents mais la terre est patiente\t7\tP.Falardeau | I\tVLB 4\tROMAN\tUne veuve de papier\t3\tJohn Irving\tSeuil 5\tROMAN Q\tLa petite fille qui aimait trop les allumettes «\t30\tGaétan Soucy\tBoréal 6\tROMAN a\tMaître Eckhart\t51\tJean Bedard\tStock 7\tTHRILLER\tL'associé\t3\tJohn Grisham\tR.Laffont \t\tUn homme vrai, un vrai\t3\tTom Wolfc\tR.Laffont 9\tSANTÉ\tRecettes et menus santé\t31\tM.Montignac\tTrustar 10\tROMAN Q.\tLe pari 9\t14\tD.Demers\t0 -Amérique 11\tSPIRITU.\tConversation avec Dieu T.01 9\t99\tN.Walsch\tAriane 12\tSPIRITU.\tL'art du bonheur\t9\tDalaï-Lama\tR.Laffont 13\tROMAN O.\tTaxi pour la liberté\t13\tG Gougeon\tLibre Expr.14\tPSYCHO.\tL'ogre intérieur\t20\tC.Olivier\tFayard 15\tROMAN\tOcéan mer 9\t63\tA.Bartcco\tAl.Michel 16\tROMAN\tGeisha\t14\tA.Golden\tLfattes 17\tROMAN Q.\tLa cérémonie des anges 9\t26\tM.La berge\tBoréal 18\tROMAN Q.\tLes gens fidèles ne font pas les nouvelles\t3\tNSflRl Btamuth\tBoréal 19\tROMAN\tLa maladie de Sachs 9\t17\tM.Winckier\tPOL 20\tROMAN\tManuel de chasse et de pèche à l'usage des filles\t14\tMelissa Bank\tRivagea 21\tESSAI\tEt Dieu créa les français T.02\t4\tL-B RobttaWe\tRobert Dévies 22\tTHRILLER\tTout à l'ego\t1\tT.Bcnacqutsta\tInstant morne 23\tCUISINE\tPinardises : recettes & propos 9\t99\t0 Pinard\tBoréal 24\tROMAN\tL'empreinte de l'ange 9\t47\tNancy Huaton\tLernéac/A-Sud 25\tROMAN\tSoie 9_\t99\tA.Baricco\tA.Michel \t\tLe harcèlement moral\t29\tM-F Hirigoyen\tSyros 27\tPSYCHO.\tUn merveilleux malheur\t5\tB Cyrulnik\tOdile Jacob 28\tESSAI Q.\t400 capsules linguistiques\t10\tG.Bertrand\tLanctôt 29\tESSAI\tL'ingratitude 9\t10\tFinkielkraut\tQ -Amérique 30\tROMAN Q.\tMa mère et Gainsbourg\t6\tDiane Daviau\tInstant même 31\tROMAN\tl Aux fruits de la passion_\t15\tD.Pennac\tGallimard \t\tJetais là avant\t5\tK Pancol\tAl.Michel 33\tPSYCHO.\tLes manipulateurs sont parmi nous\t99\t1.Nazare-Aga\tHomme 34\tESSAI Q.\tPassage obligé\t8\tCharles Sirois\tHomme 35\tPHYSIQUE\tEnfants du soleil\t2\tAndré Brahic\tOdile Jacob 36\tROMAN\tAimez-moi les uns les autres\t7\tD.Bombardier\tSeuil 37\tROMAN\t| Sous le soleil de Toscane 9\t39\tF.Mayas\tQuai Voltaire \t\tLes mystères de Jérusalem\t13\tMarek Haltor\tR.Laffont 39\tESSAI\tLa mondialisation de la pauvreté\t22\tChoeaudovsky\tEcosoc+eté 40\tESSAI\tLes identités meurtrières\t22\tA Maalouf\tGrasset 41\tPSYCHO.\tL'intelligence émotionnelle T.02\t9\t0.Goleman\tR.Laffont 42\tPSYCHO.\tNe vous noyez pas dans un verre d'eau\t51\tR Carison\tStanké 43\tROMAN\tLes particules élémentaires\t35\tMHousiabeoq\tFlammarion 44\tCUISINE\tLa cuisine d'aujourd'hui 9\t21\tDonna May\tKonemann 45\tGUIDE\tGîtes du passant du Québec '99\t14\tCollectif\tUlysse : Coup* de coeur Renaud-H ras I ère semaine sur notre liste ZÀ enez nous rencontrer, RMANDS villoïN^j, Sainte-Adèle les 27, 28, 29, 30 mai » - plus de 40 auteurs du Québec et d'ailleurs.Tel : (450) 229-3729 5?1-800-898-2127 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 MAI 1999 livres ) La Recherche en un seul volume GILBERT GRAND ous en conviendrez aisément, ce volume a vraiment de la gueule et ne passe pas inaperçu.En raison, bien sûr, de son épaisseur (6,5 cm) et de son poids (1,580 kg) inhabituels, de ses 2400 pages sous une couverture souple, ornée d'un cliché de J.-H.Lartigue, mais surtout en raison de son titre : PROUST - À la recherche du temps perdu.Faire tenir en un seul volume l'un des plus longs (et plus grands, faut-il le rappeler?) romans de ce siècle semblait impossible.Ce défi, Gallimard le relève pourtant avec brio dans sa collection « Quarto », grâce à une colle froide qui laisse au livre toute sa souplesse et sa maniabilité, et à un papier fin, fort, blanc sans transparence (45 grammes au mètre carré) sur lequel la phrase proustienne déroule ses fastes et « divines longueurs » en toute parfaite lisibilité.Autre atout de taille, le prix le plus bas du marché : 60 dollars.Cette « Recherche » coûte donc deux fois moins cher que les éditions de poche Folio ou Garnier/Fiammarion, deux fois et demie moins cher que le coffret Bouquins/ Laffont (3 vol.) et six fois moins que la Pléiade (4 vol).Mais à la différence de toutes ces versions qui viennent accompagnées d'un appareil critique parfois fort érudit, le « Quarto » fait le pari de n'offrir que le texte nu d'À la recherche du temps perdu, tel qu'établi pour la Pléiade par Jean-Yves Tadié et son équipe.Ceux que la genèse ou les multiples variantes du roman indiffèrent y goûteront, sans distraction extérieure, ce « plaisir du texte » si enivrant chez Proust.De quoi faire taire Roger Shattuck, cet universitaire américain qui dans la très sérieuse New York Rexnew of Books (18 mars 1999), réclame le boycottage (!) de l'édition de la Pléiade, coupable, à ses yeux, de noyer le lecteur sous une masse « hypertrophiée » de variantes et esquisses inédites.Tout en concédant que rien de ce qui est sorti de la plume de Proust ne le laisse indifférent et devrait être mis à la portée de tout spécialiste, il accuse Tadié de « défaire » ainsi l'unité du roman tel que Proust l'a écrit et publié.Aux curieux qui souhaiteraient néanmoins en savoir plus sur l'homme et l'oeuvre, on ne peut que conseiller la lecture de l'essai, réédité et mis à jour, du même Tadié, Proust, le dossier (Agora/ Presses Pocket).Quant aux toxicos proustophi-les, ils ne manqueront pour rien au monde Maman (Gallimard), le (parfois trop) brillant essai que le psychanalyste Michel Schneider consacre aux relations du cher Marcel avec Jeanne Weil, ILLUSTRATION.J.H Lêrttgue (GâMrmrû) sa mère, avec cette conclusion choc : il fallut qu'elle meure pour qu'il puisse enfin écrire.Ils ne manqueront pas plus la « courte » biographie (moins de 150 pages) de Proust signée Edmund White (Viking), ni l'adaptation cinématographique du Temps retrouvé que l'audacieux Raoul Ruiz présente au festival de Cannes.À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU Marcel Proust Quarto/Gallimard, 2402 pages Un Lindbergh qui vaut bien un Pulitzer ! MICHEL MAR0IS Il faut un sapré talent pour raconter la traversée de l'Atlantique par Charles Lindbergh, en 1928, de façon à convaincre le lecteur que le vaillant aviateur n'a guère plus d'une chance sur 100 de se rendre en Europe, que son Spirit of St.Louis va s'abîmer dans l'océan d'un instant à l'autre et qu'au fond, rien n'est joué.Il faut encore un rare sens de l'intrigue pour reconstituer le dramatique enlèvement du bébé du couple Lindbergh et la saga judiciaire qui a suivi \u2014 on a parlé du « procès du siècle » \u2014 sans tomber dans la redite ou le potinage.Passionnante d'un bout à l'autre, la biographie Lindbergh de l'Américain A.Scott Berg réussit l'exploit de nous faire redécouvrir un héros immensément populaire, un homme dont on croyait tout savoir et dont on s'aperçoit, 600 pages plus tard, qu'il était profondément méconnu.Berg, un diplômé de Princeton, est de toute évidence l'un des meilleurs biographes de sa génération.En deux livres \u2014 les portraits minutieux de l'éditeur Max Perkins et du magnat du cinéma Samuel Goldwyn\u2014, il avait imposé son éthique rigoureuse de la recherche, son respect des sources, son sens de la narration.Sans jamais sacrifier l'exigence de vérité, il avait montré qu'on pouvait raconter la vie des « monuments » de la société américaine, recréer leur époque et les milieux dans lesquels ils avaient vécu en obtenant, au bout du compte, des ouvrages aussi captivants que les meilleurs « polars ».Max Perkins : Editor of Genius avait déjà remporté le prestigieux Natio- nal Book Award et le Pulitzer attribué il y a quelques semaines à Lindbergh n'a surpris personne.Rarement d'ailleurs un livre a-t-il autant fait l'unanimité.L'an dernier au moment de sa sortie, la biographie a été unanimement encensée par tous les grands quotidiens américains et britanniques qui lui ont réservé un traitement royal dans leur supplément littéraire.Le succès du livre, mérité on l'a dit, repose sur les mêmes qualités qu'on avait décelées dans les biographies précédentes de Berg : une recherche méticuleuse et colossale, des sources indiscutables et variées, un style efficace.Grâce à sa réputation et à son sérieux, l'auteur a obtenu un accès complet et inédit aux archives de la famille Lindbergh, autant celles de son épouse Anne Morrow, que celles de l'aviateur.Cela lui permet d'explorer, comme aucun autre biographe avant lui, les dimensions personnelles et tragiques de l'enlèvement de leur premier fils.Cela lui permet également de lever le voile sur certains traits de la personnalité complexe de Charles Lindbergh et de proposer des explications aux aspects moins glorieux de sa vie, ses relations ambiguës avec le nazisme et son antisémitisme, par exemple.Berg a vérifié toutes ses informations directement auprès des membres de la famille Lindbergh et des gens qui ont côtoyé l'aviateur.Cela lui permet d'effectuer d'intéressantes mises au point et et de nuancer plusieurs des légendes relatives à Lindbergh, dans le domaine politique en particulier.La meilleure recherche et des sources fiables ne sauraient toutefois expliquer l'attribution d'un Pulitzer.Plus que tout, le succès du livre tient au style de son auteur.Charles Lindbergh, lui-même un écrivain de talent, avait superbement raconté sa traversée historique, l'accueuil délirant des Parisiens, les lourdes conséquences pour lui et sa famille.Berg s'en est inspiré, certes, mais il a su mettre dans son propre récit une habile dose d'incertitude qui ramène Charles Lindbergh à la dimension humaine qu'il a recherchée toute sa vie.Du grand art.Souhaitons qu'une traduction quelconque ne vienne pas défigurer ce portrait éblouissant.****l/2 LINDBERGH A.Scott Berg Putnam Press, 628 pages La « mystérieuse femme » dans l'ombre de Balzac DOMINIQUE PAUPARDIN collaboration spéciale On a beaucoup écrit sur la vie et l'oeuvre du célèbre romancier français Honoré de Balzac.On connaît pourtant bien peu de choses substantielles sur Eve Constance Victoire Rzewuska, cette comtesse d'origine polonaise qui a établi avec lui une longue relation epistolaire avant de l'épouser peu de temps avant sa mort prématurée.Après trois années d'un travail qu'on imagine acharné, Roger Pierrot, spécialiste de Balzac et conservateur en chef de la Bibliothèque nationale de Paris, vient de commettre une biographie sur cette mystérieuse femme qui a traversé le XIX1 siècle.Son texte ardu et pointilleux a le mérite d'éviter l'hagiographie ou la destruction systé-matique, souvent de mise lorsqu'il est question de l'Étrangère qui porta le nom de Balzac, pendant trente-deux années, à Paris.Pierrot raconte le voyage dans le temps d'Eve dite Éveline, avant, pendant et après Balzac en citant de longs passages de ses écrits ainsi que des documents authentiques qu'il a choisi de ne pas analyser ou interpréter.Il revient au lecteur avisé de se forger sa propre opinion sur cette femme sensuelle, cultivée et complexe.Eve Rzewuska a beaucoup voyagé dans l'Empire russe, l'Europe et la France et sa correspondance est volumineuse.Elle entretenait ses proches de ses soucis d'affaires mais aussi des affres de la vie quotidienne, de l'éducation de sa fille et de ses espoirs.Friande de potins familiaux et mondains, elle se plaisait à décrire ses relations avec des artistes ou des écrivains tels que Pouchkine, Liszt, Barbey D'Aurevilly, Champfleury, Ingres ou Vigny.Ses contemporains ont laissé plusieurs témoignages sur elle.Seul Balzac a détruit selon son désir toutes les lettres autographes qu'elle lui avait envoyées, à l'exception de deux lettres dictées.La longue première partie de cet ouvrage propose la généalogie compliquée des familles K/ewuski et Hanski ainsi que le portrait des frères et soeurs d'Éveline.On sait que cette dernière vient d'une famille noble originaire du village de Rzewuski, en Pologne centrale.Il existe peu de renseignements sur son enfance et son adolescence à Pohrebyszcze et on ne connaît pas non plus avec exactitude sa date de naissance.Evelyne a quinze ans lorsqu'elle épouse en 1819 le richissime Ven-ceslas Hanski.Elle est « dévote, mais sensuelle, rêveuse et un peu mystique ».Son mari l'oblige à vivre en recluse dans son grand château d'Ukraine.Elle perd quatre enfants en bas âge, sombre dans la mélancolie et comble sa solitude en lisant les livres d'auteurs français.Dans ses Mémoires fréquemment citées par l'auteur, sa parente Rosalie Rzewuska décrit Venceslas en ces termes : « (Hanski,) riche, parcimonieux, désireux d'augmenter et de conserver sa fortune, avait compris que si sa femme avait plus d'esprit que lui, il avait plus de raison qu'elle et qu'il devait la mener à la lisière.» En mars 1882, la jeune femme qui parle et écrit le français à la perfection envoie à Balzac une première missive qu'elle signe du pseudonyme de l'Étrangère.L'écri-vain qui ne manquait pourtant pas d'admiratrices est « particulièrement impressionné » par son contenu.Il y répond, séance tenante.C'est le début d'une longue his- toire d'amour entre deux êtres que la vie et les distances séparent.En 1833, ils se voient pour la première fois à Neuchâtel en présence d'Hanski à qui Balzac fait une cour empressée.Us se rencontreront ensuite à différents intervalles tant à Genève qu'à Vienne, Saint-Pétersbourg, l'Allemagne et l'Italie.En 1841, Éveline se retrouve veuve et libre.Après maintes péripéties et des tracasseries de tout ordre dont je vous passe les détails, elle s'installe définitivement en France pour épouser Honoré.Cinq mois plus tard, celui-ci quitte les biens terrestres qu'il avait collectionnés avec tant de passion.Neuf mois après sa mort, Éveline a un nouvel amant et s'emploie, non sans problèmes, à gérer l'oeuvre littéraire et théâtrale de Balzac.Elle finira ses jours goutteuse obèse, vieille et laide, ruinée par les dépenses somptuaires de sa chère fille adorée.Sa belle prose aux accents surannés lui redonne aujourd'hui vie.Le clochard et le chien TOMBOUCTOU / Suite de la page Bl Paul Auster finit par se tirer de sa rêverie pour poursuivre : «En fait, au début, Willie et Mr Bones devaient être des personnages secondaires dans une très vaste histoire qui n'était pas centrée sur eux.D'ailleurs, il en reste quelque chose dans le livre.» Il attrape l'exemplaire posé devant lui, feuillette, «.c'est ici: Au loin, il (Mr Bones) aperçut un homme et une petite fille qui marchaient lentement dans la direction opposée.À l'origine, c'était leur histoire à eux que je devais raconter.Mais je me suis attaché à Willy et à Mr Bones.Ça arrive souvent des choses comme celles-là.J'ai beaucoup d'idées et le premier travail à faire, c'est de supprimer la plupart d'entre elles.En fait, je cherche toujours des raisons pour ne pas écrire quelque chose! Il faut vraiment qu'existe une grande nécessité pour écrire, il faut une histoire qu'on est incapable de détruire.L'écriture intermittente Tombouctou était donc une nécessité.Auster y a sacrifié en y mettant plus de cinq ans, par intermittence, plongé qu'il était alors dans des projets de cinéma qui ont notamment donné Lulu On The Bridge, présenté à Montréal lors du dernier Festival des films du monde.Le cinéma le fascine, visiblement, mais pas au point d'abandonner la littérature.En ce moment, par exemple, il scénarise un court métrage pour le compte d'une petite compagnie allemande qui l'a sollicité: «J'ai dû inventer une histoire avec deux personnages, susceptible d'être tournée en six jours et en un seul lieu.Ils n'ont pas davantage d'argent!» raconte-t-il, supérieurement amusé par cette indigence si étrange vue de ce pays enseveli sous la montagne de fric que génère Hollywood.Bref, Tombouctou en cinq ans.Un roman que Paul Auster a construit dans ce style qui est le sien, lequel a, semble-t-il, atteint une sorte de perfection, ici empreint d'une légèreté tenant sans doute à la.nature du narrateur.Cette narration, justement, est soutenue, à la fois classique et très légèrement délinquante, et sa couleur résiste merveilleusement à l'épreuve de la traduction.Surtout: elle est parsemée de ces instants de folie que l'on attend de l'auteur.L'affaire du grille-pain aux parois transparentes, par exemple (il dit: «Ce serait joli.Je demanderai un jour à mon beau-frère, qui est habile de ses mains, d'en bricoler un»).Ou celle de la symphonie olfactive destinée à un public canin («Une idée intéressante, non?»).Ou encore, cette machine à écrire surdimensionnée sur laquelle tape un chien («Ça, c'est rigoureusement exact: j'ai vu la scène comme je la raconte chez la fille de Thomas Mann, en Italie»).Sous cette apparente et intermittente frivolité, on trouvera la substance que l'on cherche, comme toujours chez Auster.Par exemple: comment oublier que Tombouctou est entièrement bâti sur l'imminence de la mort?Que même Mr Bones, pour qui le concept est fort vague, se voit forcé d'y réfléchir?L'auteur dit: «La mort, ce n'est pas forcément triste.C'est quelque chose d'inévitable.Quelque chose qui arrive, voilà tout».Le fait est que Paul Auster en parle froidement, comme s'il n'était pas depuis deux ans passé du mauvais côté de la cinquantaine, comme si cela ne devait jamais le concerner.Apparemment, Jack non plus n'en a rien à cirer.Le chien est revenu près de son maître pour les besoins de la photographie, s'accroupit près d'une table basse sur laquelle s'accumulent des piles instables de livres parmi lesquels, en fouillant un peu, on trouvera probablement les plus récentes lectures d'Auster: The Ground Beneath Her Feet, de Salman Rushdie; Blindness, de José Sara-mago; The Rings of Saturn et The Emi-grants, de W.G.Sebald.Jack n'est visiblement pas enthousiaste à l'idée de se faire immortaliser sur pellicule \u2014dans le contexte, il devrait pourtant en saisir l'importance! \u2014 et il faut le contraindre un peu pour ne pas qu'il s'éclipse.«Pourtant, dit son maître, j'ai souvent l'impression qu'il comprend tout, mais qu'il ne veut pas le laisser savoir.» Au fait, la grosse bête jaune a-t-elle servi de modèle pour Mr Bones?«Non, pas vraiment, répond l'écrivain, même si c'est un chien errant, lui aussi : nous l'avons recueilli après que j'aie commence à écrire Tombouctou.Il est arrivé, comme ça, dans notre vie.» ( omme toutes ces choses, ces événements et ces idées qui arrivent dans la vie de Paul Auster.1/2 EVE DE BALZAC Roger Pierrot Stock, S48 pages TOMBOUCTOU Paul Auster Actes Sud/Leméac, 209 pages LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 MAI 1999 disques) Chanson PHOTO ROBERT NADON.La Presse C Mitsou va contribuer à rendre crédibles les chansons pop québécoises sur les radios et télés commerciales.Mitsou revient au galop Après s'être refait une virginité artistique NORA BEN SAADOUNE collaboration spéciale Ceux qui pensent encore que l'argument principal de Mitsou loge dans sa brassière en seront pour leurs frais.Pour son nouvel album, tout simplement éponyme, l'ex-pin up joue la carte effacée, presque anonyme : un coin de visage sur la pochette, c'est tout.Puisqu'on ne se refait jamais tout à fait, le clip tiré du premier extrait.Ouvre-moi, montre passablement plus de chair, mais quand même, le virage est réel.Après une absence de deux ans, la lolita des palmarès s'est refait une virginité artistique.Musicalement, le changement est draconien, et ces douze chansons boostées à l'électronica forment une potion fort efficace.« C'est un changement de cap », confirme l'intéressée.« C'est Mitsou un peu plus femme, Mitsou auteur, qui s'investit dans un travail.Ce n'est pas « la nouvelle Mitsou », je ne renie pas ce qui a été fait avant ».Disons alors une Mitsou régénérée.Qui se présente sobrement, jeans et chandail presque aussi bleus que ses yeux, et jouant sur deux tableaux : vulnérable et sereine, candide et femme.Vive, à l'affût, viscéralement charmeuse, avide d'être aimée.On ne se refait décidément pas.Mais quand même.Mitsou a mis à profit ses deux ans de « retraite » pour fermer un premier cycle, long de onze ans.Un cycle ouvert de façon fulgurante en 1988 avec Bye bye mon cowboy, et marqué ensuite par une quête incessante pour retrouver la puissance de cette détonation initiale.Pendant deux ans, on exploite le cowboy aux oeufs d'or avec un remix dance, un autre clip.Puis ce sont les changements de look, le jeu constant avec la morale (le clip Dis-mot dis-moi).L'image, toujours.Adorée des vieux libidineux et des gamines pour qui elle est une Spice Girl avant l'heure, Mitsou est alors partout.Du pain béni ou de la chair fraîche, comme *?* MITSOU Mitsou Génération/Dazmo/Dep Mitsou est allée se balader à Londres, et cela paraît.Tout aussi évident que Mlle Gélinas et les gens qui l'entourent ont du flair.Sur les douze titres de l'album, on reconnaît les traces d'une écoute intensive d'électronica.Attention ! Ce n'est pas un disque techno, mais des chansons construites sur des bases, osons le moi galvaudé, trip-hop.Produit léché, hyper calibré, cet album est diablement efficace, forcément.Peu importe qu'on reconnaisse les tics du genre : il ne s'agit pas ici d'une oeuvre, mais d'une production.Même si les textes sont faibles, un peu trop nunuches (l'amour, toi et moi, etc.), au moins, Mitsou chante mieux.Mais le tour de force, c'est que l'ensemble se tient droit et sonne naturel, mélangeant machines et vrais instruments, avec des titres rondement menés, aux mélodies très accrocheuses (notamment Ouvre-moi Les ronces, Money Penny, Les vieux et son clin d'oeil à Bardot).Du sur-mesure bien porté.Nora Bat Saâdoune on voudra, pour des médias gourmands.Elle est une très bonne cliente, comme on dit dans le métier: vedette, jeune, impétueuse, elle n'a ni la langue dans sa poche ni les seins dans son col roulé.Dans un milieu musical où l'audace se mesure surtout aux prises de position politiques, elle désarçonne.Disons-le tout net : elle révolutionne.Et l'émoi provoqué récemment par la camisole de Marie-Chantai Toupin prouve qu'il y a encore du chemin à parcourir sur la voie du dépognage général.A-telle l'impression d'avoir été prisonnière de cette dominante sexuelle dans son personnage ?Pas du tout : « J'avais ben du fun ! s'exclame-t-elle.Cela a toujours été près de moi, je m'amusais d'être artiste, d'être femme.J'ai commencé ma carrière à 17 ans, un âge où tu testes ton pouvoir sexuel sur les hommes, sur toi-même, sur les autres.Être artiste me permettait de jouer et de voir jusqu'où je pouvais aller.Cela a toujours été un choix personnel.» Pendant ce temps-là, l'éternelle quête continue.C'est la tentative d'une carrière américaine avec Tempted, en 1993.Le cinéma avec Coyote, Prince Lazare, de l'aérobie avec En pleine forme avec Mitsou, de l'animation sur TQS, puis la tentation des affaires en reprenant une franchise Pizzédélic.On sent Mitsou sans ligne directrice, tournant en rond dans un monde qu'elle a réveillé avec sa candeur et sa juvénile impertinence, mais qui ne fait que lui renvoyer son audace, et la singularise avec un rien de dédain, parfois.« Le public est un miroir, dit-elle.Il peut refléter sur toi sans que tu apprennes à t'en nourrir.C'est une image, cela peut devenir aussi une illusion ; je pense que c'était important de fermer cet éclairage-là, ce miroir-là, et me recentrer sur la vraie vie, sur qui je suis.» Ce qu'elle a fini par faire il y a deux ans, après un disque de Noël qui suivait de deux ans Le Yaya.Deux productions qui ne brillaient pas par leur créativité artistique, loin s'en faut.À force de changements incessants, celle qui risquait de devenir la Michèle Richard de sa génération a décidé de se retirer, en commençant par quitter son ancienne équipe du label Tox.« Vers la fin, j'étais un peu moins sûre de la direction artistique, dit-elle prudemment, pesant ses mots, insistant bien pour dire qu'elle ne renie rien du travail fait avec l'équipe de Pierre Gendron.Quand elle veut réfléchir, prendre son temps, Mitsou ferme les yeux, comme une petite fille qui s'imagine que, parce qu'elle ne voit pas le monde, le monde ne la voit pas.Elle voulait, dit-elle alors, « prendre plus de place dans la direction artistique », d'où la nécessité de s'entourer d'une nouvelle équipe.En 1997, elle lance (avec son chum Iohann Martin, très présent sur le disque) deux compagnies, Dazmo Musique et Vidéo Assist, et passe 1998 à la conception du disque, écrivant tous les textes, et prenant part à la musique.« J'avais besoin de ce temps-là, souligne-t-elle.Puis de m'oublier en tant que personnage public, de prendre une vacance de moi-même, cela a été vraiment bénéfique.C'est une charge d'avoir toujours à produire, de devoir être toujours présent ; au Québec c'est souvent le problème, on pousse les artistes à produire le plus souvent possible, pour ne pas se faire oublier, pour tout le monde qu'il y a derrière aussi, c'est des gens à nourrir, des gens autour de toi qui gravitent.» Elle n'a pas à se plaindre : elle est bien entourée.C'est Génération, la boîte de gérance de production et marketing de spectacles qui sort le disque, se transformant en label pour l'occasion.Dans Génération, on retrouve des joueurs-clés de l'industrie musicale (Donald « K » Tarlton, Jean-François Amiot, Yves-François Blanche! et André Hudon) ; ils s'occupent notamment des tournées de Kevin Parent, Éric Lapointe, Corey Hart, et Mitsou.Cette décision de devenir label s'est prise pour l'occasion, parce que « les quatre ont eu un coup de coeur en écoutant les maquettes du disque », explique Amiot.Elle ne s'en rend peut-être pas compte, mais, à 28 ans, Mitsou est un cas d'école.Starlette à la maturation accélérée négociant habilement son retour, elle écrit une des rares réussites de notre milieu musical.Et puis, plus sûrement que Carole Laure, plus raisonnablement que Bran Van 3000, elle va sans doute contribuer à rendre crédibles et viables des chansons pop québécoises vraiment contemporaines sur les radios et télés commerciales.Ce ne serait pas rien.***l/2 WHEREABOUTS Ron Sexmith Interscope/Universal Un visage triste et des chansons qui font du bien.Dans toute la splendeur de sa mélancolie, le troisième album du canadien Ron Sexmith se pose dans les oreilles et vous habite progressivement.Difficile d'y résister, si vous aimez le folk-rock, la pop marginale, Neil Young, Daniel Lanois, Elvis Costello et tous ces auteurs-compositeurs hors modes qui avancent à leur rythme.Avec son complice Mitchell Froom, Sexmith livre une douzaine de chansons aigres-douces, introverties mais un peu plus démonstratives que par le passé vu leurs arrangements étoffés (violons, cuivres épars) et leurs rythmes soutenus.Avec le temps, Ron Sexmith semble s'éloigner des feux de camp pour s'approcher de la ville.La preuve, il est en spectacle au Cabaret, le vendredi 28 mai.Jean-Christophe Laurence 1/2 LAMPO Gianmaria Testa Tôt ou tard/Warner Gianmaria Testa est ce chef de gare italien arrivé à la chanson par accident, qu'on a parfois comparé à Paolo Conte et pas seulement à cause de sa moustache.Son troisième album comme les deux précédents, pige dans le folk, le jazz et le tango et propose une chanson italienne de haute qualité.Un disque pas du tout électrique, comme le laisse supposer son titre (Lampo signifie éclair en italien), mais totalement acoustique.La guitare sèche, le piano, l'accordéon, les cuivres, les percussions exotiques et la voix sablonneuse de Testa brossent un paysage tranquille où il fait bon se reposer, une tige de blé entre les dents.Parce que le monsieur fait surtout carrière en France, tous les textes sont traduits dans le livret (sauf la reprise de Petite Reine d'Arthur H), ce qui permet de (redécouvrir une poésie habitée, pleine de tendresse.Peut-être pas l'évolution attendue, mais le charme opère toujours.En spectacle au cabaret le 26 en solo, et le 28 en première partie de Ron Sexmith.Jean - Ch ristophe Laurence ** LA CHANSON SACRÉE Swing Tox / Sélect Bobby Lalonde et Michel Benac, les deux musiciens de l'Outaouais derrière Swing, prétendent avoir inventé un nouveau genre : le technotrad, un « mariage entre Daft Punk et la Bol-duc ».On rappelera que la combinaison des rythmes techno et cordes celtiques, des gens comme Afro Celt Sound System l'ont déjà faite avec pas mal plus de talent.La chanson exploite le filon en se présentant comme un disque de part y, sans autre prétention que d'avoir « un méchant fun ».On suppose que c'est l'excuse pour des paroles ineptes (Va-sectomie d'ia vie , Ça va brasser) et des arrangements simplets.Le pire, c'est que, comme ils le disent eux-mêmes, « j'ai l'impression que cela va po-gner ».Nora Bai Saâdoune PROJET : BIKINI Héléna Noguerra Wea Nouvelle lolita de la pop française, Héléna Noguerra est une autre de ces nymphettes à la voix de femme-enfant, qui sussurent leurs chansons rose-bonbon avec un doigt dans la bouche et un nounours dans la main.L'idée n'aurait pas été mauvaise si seulement elle avait été originale.Faut-il rappeller que France Gall, Brigitte Bardot, Jane Birkin, Lio, Va-nessa Paradis et toutes les autres qu'on a déjà oubliées, sont déjà passées par là.À cette différence près, certes, que l'emballage de Projet : Bikini est tout à fait dans l'esprit des années 98-99, vu ses emprunts au trip hop, au kitsh pseudo-psychotronique et aux trames sonores des années 60 et 70.Idéal pour un club branchouille à la mode, ce disque estampillé « french touch » est tellement dans l'air du temps qu'il en devient presque suspect.Qui plus est, il ne lève pas du tout.En monokini la prochaine fois.Jean - Christophe Lan raice Hamelin plutôt que Lortie CLAUDE GINGRAS De Max Reger, on connaît surtout la musique d'orgue.Moins fréquentée, sa musique pour piano est 'dominée par deux groupes de variations: 14 sur un duo de cantate de Bach et 23 sur un menuet de Telemann.Chaque groupe fait environ une demi-heure et est couronné par une puissante fugue.Marc-André Hamelin jouait les variations d'après Bach à Montréal en janvier dernier.Un disque Hyperion nous apporte son interprétation enregistrée en 1997 et comprend aussi les variations d'après Telemann gravées l'an dernier.Entre les deux groupes, le pianiste glisse un recueil plus bref et plus léger: les cinq Humoresken, qui font 12 minutes.Adepte du répertoire rarement joué, Hamelin ajoute ici un titre fort valable au catalogue Opus / Schwann où ne figuraient pas les variations Telanann, alors qu'on y trouve trois versions des Bach et une des Humoreskai.Son disque est donc actuellement le seul à grouper les deux cahiers de variations.Ayant choisi un répertoire plus traditionnel, Louis Lortie fait face à une forte concurrence avec son intégrale en cours des 32 Sonates de Beethoven.Il y en a plus de six pages dans le même Opus / Schwann.Interrompue en 1994, l'intégrale Lortie reprend avec un sixième disque groupant trois sonates de 1801: les deux de l'op.27 (la deuxième est la fameuse Clair de lune) et l'op.28, dite Pastorale.Le disque Reger de Hamelin est un must pour tout amateur de piano.Tout d'abord, les oeuvres.Dans chaque cas, Reger prend un thème très simple qu'il soumet à une myriade de transformations, voire de déformations volontaires.Les Bach mettent l'accent sur l'organisation harmonique; les Telemann sont davantage décoratives.Mais les deux groupes se ressemblent en ce qu'ils sont constitués d'études extrêmement contrastantes: un déluge de notes est suivi d'une accalmie rêveuse.Dans les deux cas, Reger fait appel à un virtuose du plus haut niveau, mais un virtuose qui fait toujours de la musique et qui est aussi poète.Dans la vitesse, la force, la délicatesse et la variété sonore, Hamelin répond parfaitement à toutes ces exigences.Chaque variation \u2014 et il y en a 37 au total \u2014 mériterait un commentaire détaillé et son exécution des deux fugues, servie par la prise de son immaculée de Hyper-ion, confirme chez le pianiste, qui est aussi compositeur, une réelle connaissance de l'écriture.Les cinq Humoresken se veulent moins ambitieuses et, pourtant, Hamelin, en grand musicien, parvient à leur donner un irrésistible relief.L'annotateur rappelle que Reger lui-même grava la dernière de ces cinq pièces, sur rouleau mécanique.J'ai entendu ce document, daté de 1905 et réédité par Teldec sur un CD an-t h o I o g i q u e (8.43931).Intéressant, mais forcément privé de la dimension dynamique de Hyperion.La parution presque simultanée des Reger de Hamelin et des Beethoven de Lortie nous ramène à l'inévitable comparaison entre nos deux pianistes actuellement les plus connus à l'échelle internationale.Au plan strictement pianisti-que, il ne fait plus de doute que Hamelin est maintenant le «numéro 1».U traverse sans le moindre problème ces Reger deux et même trois fois plus difficiles que les Beethoven programmés par Lor-tie qui, lui, y montre certaines limites.Lortie n'en demeure pas moins un authentique interprète: il y a de l'imagination, de la linesse et même du drame dans son traitement de ces trois sonates.Si de petits ritardandos viennent ici et là gêner le discours, en revanche il faut reconnaître l'originalité de son approche du trop célèbre premier mouvement de la Clair de lune: en l'abordant comme une sorte de graduel épuisement, il renouvelle l'écoute de cette page galvaudée qu'on ne voulait plus entendre.?REGER: Variations et Fugue sur un thème de Bach.op.81; Variations et Fugue sur un thème de Telemann, op.134; cinq Humoresken, op.20 Marc-André Hamelin, pianiste Hyperion, CDA66996 ?BEETHOVEN: Sonates no 13, en mi hemol majeut.op.27 no I; no 14.en do dièse mineur, op.27 no 2 (Clair Je lune): no 15, en re majeur, op.28 (Pastorale) Louis Lortie.pianiste Chandos, CH AN 9736 B 8 LA PRESSE.MONTRÉAL DIMANCHE 2 * MAI 19W V-4.disques ' * «i Dire moins et mieux Cabrel a mis cinq ans à trouver les mots et les notes de son dernier disque JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE a dernière fois, c'étaii il y a cinq ans et il avait dit « plus jamais ! ».Aujourd'hui contre toute attente, il revient sur la ligne de feu avec Hors-Saison, son neuvième album.Un disque où il est question d'amour, de peines d'amour et de laissés-pour-compte, autant de thèmes qui lui sont chers depuis toujours.Pour en parler, même si ce n'est pas ce qui l'enchante le plus, Fran-cis Cabrel était de passage à Mont-réal cette semaine.Pas très causeur, peu de sourires, de longs silences, comme on s'y attendait.Vingt-deux .ins ans après son premier disque et dix ans après le boom de Sarbacane, le chanteur à l'accent du sud-ouest n'est toujours pas une proie facile pour le journaliste.À la longue, il s'ouvre quand même un peu, pesant chaque mot comme il pèse ses chansons.On apprend au détour qu'il a changé de maison ; qu'il a déménagé ses pénates à la campagne avec sa femme et ses deux filles, à trois kilomètres d'Astaffort, le petit bled du Lot-et-Garonne qui l'a vu grandir efl où il est retourné vivre, après dix ans passés à Paris.C'est là, dans son nouveau grenier, qu'il a écrit ce neuvième album, entouré de ses guitares, avec une lucarne donnant directement sur les paysages et l'horizon.« Chanteur du peu » comme l'ont déjà décrit les médias français, Cabrel considère Hors-Saison comme son disque le plus épuré.« Celui-là, j'y ai mis moins de notes, moins de mots.J'arrive à un âge où je prends mon temps pour choisir en-ire deux mots.Il faut aller à l'essentiel », dit-il.Pas étonnant que pour lui.Presque rien soit la chanson qui résume le mieux son nouveau CD.C'est une chanson qui transforme le pas ^rand-chose en poésie, un art alchimiste dont Cabrel s'est fait le spécialiste au fil des ans : C'est rien que du ciel ordinaire/ du bleu connue on en voit partout/ mais j'y ai mis tout mon savoir-faire /et toute notre histoire en des-sotts.» Cinq ans direz-vous, c'est beaucoup pour parler du peu.Mais c'est aussi le temps nécessaire pour oublier, faire table rase, se nourrir d'autre chose et se donner l'envie de recommencer.Francis Cabrel parle peu et ne sourit guère plus lors des entrevues qu'il accorde.PHOTO ROBERT MAILLOUX.Le Presse! On a reproché à Hors-Saison de ressasser les mêmes sujets.De creuser les deux inépuisables sillons de l'amour (Depuis toujours.Presque rien) et de la misère humaine (Le monde est sourd.Madame X).Mais Cabrel est Cabrel et à 45 ans, on ne se refait plus.Lui encore moins, qui s'avoue de plus en plus confortable sur son « lopin de terre, avec un vieil arbre planté au milieu À l'inévitable question « pourquoi si longtemps avant un nouvel album ?» l'auteur-compositeur évoque justement la difficulté du renouvellement.« Ce n'est pas simple.Quand tu as vingt ans, tu parles de ton adolescence.Tu racontes ce que tu as vécu pendant quatre ou cinq disques.Après tu te répètes.Vient un moment où tu as épuisé tous les thèmes qui te sont ehers.Ça me paraît normal.?> Cabrel aurait-il fait le tour de son jardin ?« Chose certaine dit-il, je ne suis pas prêt à faire le chanteur pendant quarante ans de plus.Je l'ai toujours dit.Il faudra éventuellement accepter que pendant vingt ans ans j'ai eu quelque chose à raconter.Musicalement, ça va.Mats après 90 chansons il faut trouver des variantes.Si dans qua- tre ans j'ai toujours écrit zéro chansons, alors je baisserai le rideau.» Et le voilà qui nous redit « plus jamais ».Ce ne serait pas la première fois.Et ce ne sera sûrement pas avant la série de concerts qu'il doit donner elle/ nous cet automne.Au Québec, où la popularité de Cabrel est indiscutable (Sarbacane et Un samedi soir sur la terre, les deux albums précédents, se sont écoulés plus de 200 000 exemplaires chacun) Hors-Saison a déjà trouvé 60 000 preneurs, à raison d'une dizaine de milliers de disques par semaine.Comme on dit, excusez du peu.En vrac ?EVERYTHING LOUDER THAN EVERYTHING ELSE Motôrhead CMC/BMG O.K., c'est vrai, ça sonne le cul.Mais attendiez-vous autre chose d'un album double live de Motôrhead, le groupe pour motards par excellence (Steppenwolf?de la petite bière à côté), la plus pustulante bête rock jamais engendrée sur la planète du métal, l'infâme power trio du non moins reeommandable Ian «Lemmy» Kil-mister, 53 ans, ex-roadie de Jimi Hendrix ex-membre de Hawkwind et bassiste-vociférateur de la «Tête de moteur» depuis 1975?Très sérieusement, ce spectacle enregistré à Hambourg l'an dernier est une totale «blaste» dans les oreilles.Ça clanche, ça torche, ça rentre au poste, comme vous voulez.Et c'est fort en tab.Le titre de l'album n'a pas été choisi au hasard, c'est évident.Ajoutez 25 chansons comme Iron Fist, No Class, Boni To Raise Hell, Overkill.Orqasmatron et l'incontrounable Ace of Spades et l'orgie sera à peu près complète.Ah! j'allais oublier: les pères du speed-trash métal sont en spectacle le mercredi 26 au Métropolis.Jean-Christophe Lanretwe ?MACARONI TOUT GARNI (VOL.1) Les 16 meilleures chansons Disques Double/Select Outre le chien «officiel» de la famille, deux représentants de la gent canine se disputent ces jours-ci les faveurs de Fiston: le chihuahua de Mara Tremblay.et le Macaroni de l'émission Macaroni tout garni \u2014 qui jappe à présent sur disque.Et quel disque! Les comédiens de la série diffusée sur les ondes de Télé-Québec (dont Anne Casabonne et Geneviève Désilets, qui ont de fort jolies voix), se relaient derrière le micro.Pour y pousser un rap (Le rap des minons), un air de country (À vélo sur mon che\\'al).Puis du pop, du rock.Du tendre, du drôle.Bref, les musiques (de Jean et Jean-François Robitaille) sont d'aujourd'hui et les paroles (d'auteurs divers), pas bêtes du tout.Il y est question d'amitié, d'aventure, des joies, de peines.Et de macaronis \u2014 tous garnis ou pas.Sonia Sarfati ?i CHROMA Laurel Macdonald WicklowBMG Dans la série «ancrons le passe dans le présent», le deuxième album de la Torontoise d'origine neo-écossaise Laurel Macdonald est un bel exemple de réussite.Ses chants de lointaine inspiration gaélique (ou celtique, je ne sais plus) sont servis dans un emballage contemporain, qui oscille entre les technologies numériques et la musique d'atmosphère.Un métissage séduisant, dont on retiendra surtout cet te voix angélique, pure et limpide comme du cristal, que la dame exploite avec une belle imagination.Chanteuse la fois enracinée et totalement éthérée, Macdonald peut rappel 1er Loreena McKennit (pour la tradition) et Jane Siberry (pour la modernité), avec un petit côté Enya, pour cette tendance vaguement nou-vellâgisante.J.-C Laurence VOTRE SOIREE DE TELEVISION/LUNDI La Presse 18:00 DEfl Voilà Paris Spécial BALZAC.Émission consacrée au romancier Honoré de Balzac.18:30 ŒE La 50e Avenue Quels cinéastes ont inspiré les baby-boomers?Réponse de Richard Gay.19 30 CEE Hockey Les sénés éliminatoires - Colorado à Dallas 20:00 CD Casque d'Or Un bon vieux film présenté à une heure de grande écoute, c'est assez rare pour qu'on souhaite qu'il pleuve.Avec Simone Signoret et Serge Reggiani 21:00 CES Maisonneuve à l'écoute Denise Bombardier veut de l'amour.00.00 BEI Robert et Robert Un film de Claude Lelouch mettant en vedette Charles Oenner et Jacques Villeret Une histoire tendre et drôle d'amis Denise Bombardier CANAUX\t18 h 00\t18 h 30\t19 h 00\t19 h 30\t20 h 00\t20 h 30\t21 h 00\t21 h 30\t22 h 00\t22 h 30\t23 h 00\t23 h 30\tCF\tVD 0 3D\tCe soir\tCaviar, perles de la Caspienne\tCinéma / LE CLUB DE LA CHANCE (3) avec Tsai Chin.Kieu Chinh\t\t\t\t\t\tLe Téléjournal/Le Point\t\tLes Nouvelles du sport\tPol.prOV.12327) / Bouche 9 45-t00O-f0 3O-f045 STAR WARS iP,,0PVc:5S^ccfAMT0MI! 4*-?.15-7 f09.4C.1 lirrit7lMti7 ' \" 450-9*3 5566 LAjflB IG) /OrS DtGftAU3 30-9 35 M*.J*j la momie (fi;rorso«^ro*/f 0O3 15 7 10 9 40M*ijmu7 10 9 40 TRAQUENARD (G][DÏS Dtgâol] 1.00-3 15-7\"fP-9 3*> Mw J*j 7 15-9 35 _ mega-plex PONT-VIAU 16 450-967-4455 A MIDS L>r4MER night'S PRE AM /Cy /Ors O.o.fo i11«-1 43-J 40-4 20 7 10 7 40-940-10 10J*fu7 10 740-940-10 10 ENTRARMENT , ,DTSO*Qital] 1 00-3 30-4 OC 7 00 9 30 9 50J9U 7 00-9 30-9 50 LA MOM|E/f3/prSDft?4o'/ 1 00-3 30-7 00-9 30 Jax, 7 00 9 30 LIFE lGUDT5L>o\"all 1 00 700J*u 7 05 THE MUMMY.13,/DIS0tottf/fa>-f3i> 3 30*4 00 7 00 7 30 9 30-10 00 Jmu 7 00-7 30-9 30-10 00 TRAQUENARD l13)fDTSD*Qllal] 1 00-3 15-7 15 9 3bJmj7 15-9 35 _ .TERREBONNE 8 c c pom viau 1031 d«.iaursmt1du PENSEZ GRAND, PENSEZ MEGA-PLEX COTtAR_ 450-471-6644 PENSEZ GRAND, PENSEZ MEGA-PLEX 1 ECRANS IN FRANÇAIS STAR WARS EPISODE 1:LA MENACE FANTOME fà}(TXXMrD*a4ol1 7 10-7 30 9 40 10 15 km Um 1 15-1 30-3 45-4 15-7 10-7 30-940-10 15 _ S ECRANS IN FRANÇAIS S ECRANS EN ANGLAIS STAR WARS \"3 TRW8 ^ TO 20Mu 7 fO-7 40-9 40- STAR WARS «ace F^TDEI.11 W 11 4; 7«o7 - 9 3fr9 45-10 00 10 30 1045 lENFIN UN RAISERfO;/DrSOi0tfa*77 75- VfWwmwfffs0**\" ' ,0- !1 05-1 30 Jmu 7 05 7 30 5 ECRANS IN FRANÇAIS 2 ECRANS EN ANGLAIS STAR WARS ¦JE»!1.:^^«w 7 10-7 40 9 40 10 20Mu 7 107 40-9 40 STAR WARS Upr «5.fWJ 15 73MHW5 15 9 30-945-1000-10301045 Jmj 700-7 15-7 304 00-B15- 10 CHOSES QUE JE OETESTE OB TOI rG) ion o»***/ 7 ^5-9 40 ENFINUN»AISBRfG;/DOt#VOgRar;7 15 HE MUMMY/13/(UOtJWDlMJI 10-1 45 3KJ 15 7 10-7 45 9 4O10 15 Jmu 7 10 7 45 vïmirrmsiifw**' » wjwwsiœs8Ea»R;iî 9 ï AMIDSUMMER NIGHT'S DREAM IG) IDOuVt DtQ+oi) 1 06-3 25 7 06 9 23 Jmu7 05 9 25 LA MATRICE 113 .;/Dr$0A>fo/; 100120-3 404 OO 7 00 7 20 0 401000 Jmu 7 00 7 20 9 40 1000 PRINCr 0E0YPTBrGVAXXSVDIp*>i;i2 45 2 4* 4 45 TMAUUENARDrG;^5»30J{,#o«;i 10f 20- 3 4i> J 50-7 10 7 20-7 40 9 40 9 50-10 10 jmu / 10 / 20 7 40 9 40 9 50 10 10 THC LOVE LBTTER (Ql{DTZ 0*0^0// 1 15 3 15 5 15 7 70 9^5^720-9 25 THE MUMMV(131 (OTZC*j0all 100 1 30-3 30-4 OO 7 OO7 15 9 3G9 45 Jmu 7 00-7 15 -9 30 9 45 2 ECRANS IN FRANÇAIS STAR WARS EPISODB 1:LAMENACE FANTOME Location, terme de 3o mois.Comptant initial de 3 210 $.Taxe sui le climatiseur, transport et préparation inclus.par mois \u2022 Moteur V6 en aluminium de 2,7 litres, DACT.24 soupapes, 200 ch \u2022 Transmission automatique \u2022 Climatiseur \u2022 Live-glaccs, rétroviseurs et télédéverrouillage électriques \u2022 Siège du conducteur à commande électrique CHRYSLER CONCORDE LX 1999 par mois Location, terme de 36 mois.Comptant initial de 2 999 $.lave sur le climatiseur, transport et préparation inclus.Moteur V6 en aluminium de 2,7 litres, DACT, 24 soupapes, 200 ch \u2022 Transmission automatique \u2022 Climatiseur \u2022 Lève-glaces, rétroviseurs et verrouillage électriques I V par mois Location, terme de 36 mois.Comptant initial de 2 350 $.Taxe sur le climatiseur, transport et préparation inclus.\u2022 Moteur de 2,4 litres, DACT, 16 soupapes \u2022 Transmission automatique \u2022 Climatiseur Lève-glaces, rétroviseurs et verrouillage électriques CHRYSLER INTREPID 1999 CHRYSLER CIRRUS LX 1999 Location, terme de 48 mois.Comptant initial de 2 200 $.Taxe sur le climatiseur, transport et préparation inclus.par mois Aucun dépôt de sécurité.\u2022 Moteur de 2 litres, 76 soupapes, 132 ch \u2022 Transmission automatique \u2022 Climatiseur \u2022 Radio-cassette AM/FM stéréo avec 6 haut-parleurs \u2022 Suspension indépendante aux quatre roues Protection 5 ans/100 000 km sur le groupe motopropulseur Photo à titre indicatif seulement CHRYSLER NEON 2000 LE Mensualité\tComptant 219$**\t2 200S 239$**\t1 320$ 2b9$\"\t0$ 17 986$ 4,8%' d'intérêt jusqu'à 60 mois CHRYSLER le génie exprimé avec passion odge Vtymo Qxkp Jeei Seulement chez votre concessionnaire Chrysler.Tartfs f*#fT9uttt l|Mfli&
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