Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Zap
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La presse, 1999-06-13, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Cahier B, Montréal, dimanche 13 Juin 1999 disques livres vidéos Jeux télévision Bric-à-brac estival 1 n'y a pas comme tel de livres qu'on peut qualifier de «lectures d'été».Mais, bon, comme c'est en cette saison qu'on a (parfois) le temps de passer à travers quelques bonnes oeuvres (ou qu'on en a l'illusion, sinon l'espoir), on se retrouve à ce temps-ci de Tannée à préparer une liste de quelques titres qu'on pourrait fourrer dans son sac de plage.Mario Roy et Jacque Folcti-Rlbas proposent au lecteur un bric-à-brac estival du meilleur niveau.T.¦ La culture à la maison cinéma J Deux comédies Suite et fin, cette semaine, de la vague de cinéma québécois qui, depuis quelques semaines, déferle dans nos salons: voici donc Nô de Robert Lepage et, les derniers étant les premiers (au box-office).Les Boys 77 de Louis Saïa.Quelques rires, quelques sourires: bref, des films qui ne sont pas déplaisants à regarder, a trouvé Sonia Sarfatl.y* ¦- télévision ) Une controverse La chaîne culturelle française Arte est encore furieuse d'avoir été écartée des ondes canadiennes à la suite d'une décision totalement inattendue, selon son patron, rencontré à Paris par Suzanne Colpran.Des pressions politiques ne seraient pas étrangères à l'affaire, a-t-il laissé entendre, indiquant qu'Arte n'avait pas dit son dernier mot dans l'affaire du Réseau des arts.page Jeux ) Pour l'été Voici la dernière chronique avant la relâche pour l'été.C'est le moment pour notre chroniqueur Andre Mondoux de vider son bureau de tous ces jeux qu'il n'a malheureusement pas eu le temps d'aborder.Le tumulte d'un m JEAN BEAUNOYER ls se sont rencontrés dans le quartier Montmartre de Paris en 1954.L'un arrivait du Canada, sans le sou, composait des chansons et jouait du ukulele.L'autre venait de Belgique, sans le sou, composait des chansons et jouait de la guitare.Le premier était bourré de complexes et l'autre rêvait de conquérir Paris.Les deux hommes se sont rapidement liés d'amitié.L'un, c'était Raymond Lévesque et I'autre, Jacques Brel.On connaît la suite.Parfois je me demande ce que serait devenu Raymond Lévesque sans complexes.«De toute façon, je ne pense pas que j'aurais fait une grande carrière à Paris.Avec mon ukulele, j'aurais été limité à des petits cabarets de la rive gauche et je n'aurais jamais pu faire l'Olympia.À cette époque, j'étais un Québécois complexé et j'avais peur.Après avoir vécu cinq ans en France, je me suis rendu compte qu'il valait mieux que je revienne chez nous.» Il ne faut pas croire tout ce que raconte Raymond Lévesque lorsqu'il parle de sa vie et surtout de sa carrière.Comme tous les timides, il a tendance à se réduire et à se moquer de lui-même.Rappelons pour les futures générations que c'est après avoir entendu Quand les hommes vivront d'amour de Raymond Lévesque que Brel a écrit Quand on n'a que l'amour.Et les deux oeuvres se valent.Ce que Raymond Lévesque ne dit pas, c'est le succès qu'il a obtenu à Paris dans les années 50 alors que la vedette de l'époque, Eddie Constantine, interprétait sur disque quelques-unes de ses compositions, dont Les Trottoirs et Quand les hommes vivront d'amour qui se sont classées au palmarès.Les Français connaissent également La Famille, et Les Bûcherons.Lévesque a écrit 16 chansons alors qu'il vivait à Paris et plus de 400 autres pendant sa carrière d'auteur-compositeur et interprète.Avant de perdre ces oeuvres, dont plusieurs sont inédites, et d'oublier l'un des grands de la chanson d'expression française, on les a enfin réunies dans un coffret compilation.Martin Duchesne et Robert A, ¦Â Thérien, qui ont produit ce coffret contenant 50 chansons et une biographie de Raymond Lévesque, ont procédé à un travail de «recherche titanesque», selon leur expression.En fait, Lévesque avait lui-même oublié l'existence de chansons qu'il avait écrites au début de sa carrière.Des amis et des collectionneurs ont fourni une bonne partie du matériel que l'on retrouve sur les deux CD du coffret édité par la compagnie Amberola.On retrouve l'essentiel de l'oeuvre de Lévesque dans cette anthologie qui permet de redécouvrir l'homme au franc-parler qui dénonce dans ses chansons les fausses valeurs et les injustices.11 revient souvent à ses thèmes préférés, l'amour, la paix et la justice mais à son retour au Québec en 1959, il découvre le nationalisme québécois naissant.Je lui demande de me raconter sa démarche nationaliste.Raymond Lévesque n'entend plus.Un assistant tape la question sur l'ordinateur et Raymond Lévesque se penche pour la lire.«Quand je suis revenu à Montréal, dit-il en parlant très fort parce qu'il n'entend pas sa voix, le Canada c'était ça le pays, tout naturellement, sans y penser.Et puis, la première fois que j'ai entendu parler d'indépendantisme, c'était par l'entremise de Guy Sanche qui militait avec Pierre Bourgault à l'époque.Sanche m'a expliqué et j'ai tout de suite accroché.J'ai été l'un des premiers à chanter l'indépendance du Québec sur scène.L'autre, c'était Tex Lecor et ce n'était pas facile: on se faisait chahuter dans les boîtes.Au début, ça m'a nui pour ma carrière mais après, c'était plus facile.Curieusement, j'ai toujours été bien traité à Radio-Canada.VoirlÈmQK en pay Bt La maison de Rêve LES AILES DE LA MODE À GAGNER! Tirage le 12 octobre 1999 i Sa FONDATION AILES DE LA MODE BRAU^MAKTMAU SI DO Tirage au profit des enfants handicapés et défavorisés.La Maison de Rêve de la Fondation Ailes de la Mode sera remise au détenteur de l'un des billets de tirage, totalement meublée et décorée, avec en prime, aucune taxe ni frais de chauffage, d'électricité et de téléphone pour une période de 5 ans.La Maison de Rêve est située au 241, rue Cartier dans le projet le Haut-Saint-Lambert (accessible par l'avenue Victoria et la rue Upper Edison) * y 1 Les heures de risite sont les lundi, jeudi et i endredi.de 14 h a 2(1 h.et le samedi et dimanche, de midi a 17 h Solaris 7LP0201B0613 B 2 Dimanche Zap 7LP0201B0613 ZALLCALL 67 00:48:55 06/13/99 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Des dessous pas jolis du tout Ou comment la réputée chaîne Arte s\u2019est retrouvée coincée entre mesdames Copps, Bertrand et Beaudoin Les choix de Suzanne LES FOUS DU VOLANT Ce soir, 22 h, TVA n Simon Durivage présente un documentaire spécial sur les automobilistes québécois, les inconditionnels du volant, dont il fait partie.La voiture, on le sait, a révolutionné nos vies et modifié pour toujours notre conception de la distance.On fait le point sur l\u2019industrie qui ne cesse d\u2019entretenir le culte de l\u2019automobile et on s\u2019intéresse au comportement des conducteurs, leurs qualités et leurs défauts.TÉLÉSCIENCE: LES ROBOTS Lundi, 20 h, TQc n Diffusé en primeur, ce documentaire intitulé Le vivant et l\u2019artificiel porte sur les robots animaux et humains.On se croirait dans un film de science-fiction : ces créatures artifielles pseudointelligentes, capables d\u2019évoluer et d\u2019apprendre, deviennent progressivement autonomes.Des hommes de science nous en apprennent plus sur le phénomène.L\u2019ÉCRAN TÉMOIN Lundi, 23 h, TV5 n Le sujet de l\u2019émission est le suivant : Les morts peuvent-ils nous parler ?Il faut croire que oui car des femmes et des hommes ordinaires témoignent de conversations qu\u2019elles entretiennent avec des personnes de l\u2019audelà.Parmi les invités, un couple prétend discuter avec son enfant mort.Étrange.LES IMMORTELS Mercredi, 22 h, MusiMax n Filmé à l\u2019Olympia de Paris, en 1981, ce spectacle met en vedette Yves Montand qui est resté fidèle toute sa vie à la chanson, malgré une grande carrière cinématographique.MusiMax nous présente ce concert, le dernier de sa vie, filmé sur la scène de l\u2019Olympia, dans le cadre des Immortels.SUZANNE COLPRON Arte n\u2019a pas dit son dernier mot dans l\u2019affaire du Réseau des arts.Fin mai, la présidente du CRTC, Françoise Bertrand, a rejeté un projet de chaîne de télé spécialisée qui avait suscité un très vif intérêt dans les milieux culturels, une chaîne sur les arts proposée par Radio-Canada, en partenariat avec la chaîne culturelle francoallemande Arte.On se souvient que Arte, furieuse de ce refus, avait menacé, il y a quelques semaines, de fermer ses bureaux montréalais.Mais une entrevue accordée à La Presse, à Paris, par Michel Anthonioz, directeur général adjoint, révèle que le problème est plus profond et que ce dossier comporte tous les ingrédients d\u2019une crise diplomaticoculturelle.« On est furieux.On ne se fait pas traiter comme ça.Ce n\u2019est pas des manières.Enfin, nous, on est venus nous chercher.On croyait que l\u2019affaire serait conduite de façon loyale », a-t-il déclaré.« Ça va refroidir les relations franco-québécoises pour un certain temps.C\u2019est une mauvaise décision pour la coopération francocanadienne et franco-québécoise.Et c\u2019est très maladroit sur le plan politique.« On a un partenariat solide en Allemagne et on en développe en Asie et en Amérique Latine.On sera désolé de ne pas pouvoir faire ça avec nos associés canadiens.» Le paranormal avant la culture Le CRTC, on le sait, avait entendu 17 demandes de canaux spécialisés francophones en décembre dernier.Il n\u2019a retenu que quatre projets : Canal Z, une chaine de science et de paranormal, Canal Histoire, Canal Évasion, consacrée aux voyages, et Canal Fiction, axée sur des émissions dramatiques d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019organisme a rejeté les trois demandes où TVA était majoritaire, et les quatre projets de Radio-Canada, y compris le Réseau des arts, qui semblait un favori.La stupeur d\u2019Arte a été d\u2019autant plus grande que la chaîne française n\u2019avait jamais eu une raison de croire que son projet serait mal reçu.En raison de sa pertinence, mais aussi parce que la présidente du CRTC elle-même avait donné des assurances.« On n\u2019a pas imaginé une seconde qu\u2019on ne l\u2019aurait pas.On a été très très surpris, a dit M.Anthonioz.Moins d\u2019un mois avant la décision, Françoise Bertrand est venue nous dire ici, dans ces bureaux, que la réponse était positive.» Sabrez le champagne, aurait dit en substance la présidente du CRTC aux dirigeants d\u2019Arte.Vous allez l\u2019avoir ! Pas un accident Mais que s\u2019estil donc passé entre la visite à Paris de Mme Bertrand et la décision du CRTC ?Comment se fait-il que le CRTC, soucieux de culture et de qualité de la production télévisuelle, ait préféré, par exemple, un canal sur le tourisme à un outil qui aurait permis le développement de la culture et le rayonnement de la francophonie ?« Ce n\u2019est pas un petit accident de parcours, pense Michel Anthonioz.On a le sentiment qu\u2019il s\u2019est passé quelque chose de nature politique.» On savait déjà que la ministre canadienne du Patrimoine, Sheila Copps, voulait freiner les ardeurs de développement de Radio-Canada.Elle s\u2019était opposée publiquement à l\u2019idée que la société d\u2019État, dont elle est responsable, crée des chaînes spécialisées.Il n\u2019est donc pas étonnant que la rumeur ait voulu que le CRTC, qui s\u2019en défend bien, ait cédé, malgré son indépendance, aux pressions du gouvernement.L\u2019opposition de Québec Mais le dirigeant d\u2019Arte révèle l\u2019existence d\u2019autres pressions politiques, celles-ci en provenance de Québec ! « Louise Beaudoin est venue ici à plusieurs reprises dire de la façon la plus claire que le Réseau des arts ne se ferait pas, qu\u2019elle allait tout faire pour bloquer le projet », insiste M.Anthonioz.On peut se demander pourquoi Mme Beaudoin, ancienne ministre québécoise de la Culture et maintenant ministre des Affaires internationales, s\u2019opposerait à l \u2019 e x i s t e n c e d\u2019une chaîne culturelle liée à la francophonie.Et pourquoi cette politicienne, si soucieuse de la qualité des rapports franco-québécois, ferait obstacle à un projet que ses partenaires français chérissent.Pour protéger Télé- Québec, affirme M.Anthonioz.« Au départ, on a offert à Télé-Québec de s\u2019associer au projet, mais les responsables n\u2019étaient pas intéressés.Télé-Québec voulait dominer cette affaire.« Le Réseau des arts n\u2019aurait pas été une chaîne strictement culturelle, mais une chaîne ouverte sur le monde.On aurait discuté de phénomènes de société et on aurait montré aux Québécois qu\u2019on pouvait faire une chaîne de qualité.Cela aurait certainement affaibli Télé-Québec.» Le Réseau des arts aurait été contrôlé à 60 % par Radio-Canada, et à 20 % chacun par Arte et par Bell.Sur le plan du contenu, Arte, dont la part de marché atteint 5 % en France, aurait joué un rôle d\u2019« inspirateur », dans la mesure où cette chaîne possède une grande expertise dans le domaine de la programmation culturelle.« On aurait conçu l\u2019habillage de la chaîne, ses structures de programmation.On aurait mis en oeuvre une chaîne culturelle de référence, pas une chaîne marginale.» La programmation aurait toutefois été dominée par Radio-Canada puisque Arte aurait eu un apport limité, de quatre heures par semaine.La chaîne française s\u2019était engagée à coproduire des émissions avec les producteurs québécois et à acheter un certain nombre de programmes du Canada.« Cette décision nous fait réfléchir », dit M.Anthonioz.Si Radio-Canada conteste devant le gouvernement fédéral la décision du CRTC de bloquer ce projet, Arte lui emboîtera le pas.« On va le faire parce qu\u2019il faut les emmerder et montrer notre mauvaise humeur, lance M.Anthonioz.On est en train de faire étudier le dossier par notre service juridique.» Photothèque La Presse © La ministre du Patroine canadien, Sheila Copps, la présidente du CRTC, Françoise Bertrand, et Louise Beaudoin, ministre des Affaires internationales du Québec.«Au départ, on a offert à Télé- Québec de s\u2019associer au projet, mais les responsables n\u2019étaient pas intéressés.» «On est furieux.On ne se fait pas traiter comme ça.On croyait que l\u2019affaire serait conduite de façon loyale» VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION MM CNN CÂBLE 9 V.LIFE HISTORY MP 11 11 45 58 13 13 22 22 21 21 23 23 20 20 24 24 CBC 5 VIE CANAL D GLOBAL DISC.FOX TÉLÉTOON TLC 19 h 30 20 h 00 4 4 7 7 8 8 5 5 1 8 < SRC SRC TVA TQc TQS 3 7 t 6 9 > @ G \\ ?M R ; ABCE 7 CBS 2 NBC 4 P h TV5 RDI RDS TSN NW YTV BRAVO A & E PBS CTV CTV TQS TQc TVA CANAUX CF CF VD CANAUX VD 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 CÂBLE: A & E = ARTS AND ENTERTAINMENT - CÂBLE 9 V.= CÂBLE 9 VIDÉOTRON - CNN = NOUVELLES - DISC.= DISCOVERY - MM = MUCH MUSIC - MP = MUSIQUE PLUS - MMAX = MUSIMAX NW = NEWSWORLD - RDI = RÉSEAU DE L\u2019INFORMATION RDS = RÉSEAU DES SPORTS - TLC = THE LEARNING CHANNEL - TSN = THE SPORT NETWORK - TV5 = TÉLÉVISION INTERNATIONALE - YTV = YOUTH TV PBS MMAX SHOWCASE FAMILY CH.CÂBLE 34 9 38 48 31 31 36 39 37 37 68 46 3 3 47 49 29 35 30 30 48 32 25 25 19 19 33 33 40 40 34 27 27 28 28 15 15 44 35 18 18 50 36 47 CÂBLE Ce soir Découverte / Mystères du corps humain: les premiers pas (3/8) La Vie d'artiste Cinéma / LE MUSÉE DE MARGARET (4) avec Helena Bonham Carter, Clive Russell Le Téléjournal Sport (22:33) Cinéma / FIORILE (4) avec Claudio Bigagli, Galatea Ranzi Le TVA La vie est un sport.Fort Boyard / Sylvie Fréchette, Hugo Dubé Cinéma / COLUMBO: TU RETOURNERAS POUSSIÈRE (4) avec Patrick McGoohan, Peter Falk Simon Durivage: les fous du volant Le TVA, édition réseau Sports (23:25) / Loteries (23:44) Bons Baisers d'Amérique Les Francstireurs En pleine nature Le plaisir croît avec l'usage./ Benoît Brière Arts et Spectacles / Billboards Cinéma / L.627 (3) avec Didier Bezace, Jean-Paul Comart (22:35) Cinéma / LE NAUFRAGE DU RAINBOW WARRIOR (5) avec Jon Voight, Sam Neill Cinéma / BABE, LE BAMBINO (5) avec John Goodman, Kelly McGillis Le Grand Journal Cinéma / ÉTERNITÉ (5) avec Jon Voight, Armand Assante Pulse Travel, Travel 7th Heaven OU Basketball à 19h30 Touched by an Angel (s.r.) Cinéma / SO HARD TO FORGET (6) avec Polly Shannon, Tim Dutton (sous réserves) CTV News (sous réserves) Pulse (s.r.) News Charmed (s.r.) News (s.r.) Honey, I Shrunk the Kids Edward & Sophie: The True Story Paris Concert for Amnesty Int.Aboriginal Achievement Awards Sunday Report Undercurrents Sunday Report Sports World News M*A*S*H Cinéma / ALADDIN & THE KING OF THIEVES (5) 20/20 Sunday The Practice Access Hollywood News Friends 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma / WHAT LOVE SEES (6) avec Richard Thomas, Annabeth Gish News ER NBC News World's Most Amazing Video (s.r.) Dateline NBC (sous réserves) Cinéma / JUST CAUSE (5) avec Sean Connery (sous réserves) Viper André Rieu: Romantic Moments / Vienna.(16:30) Sarah Brightman: One Night in Eden Masterpiece Theatre / Wuthering Heights Cinéma / BILLY BATHGATE (4) World News Religion, Ethics Ballykissangel Charlotte Church: Voice of.World News Cinéma Cinéma / AND JUSTICE FOR ALL (4) avec Al Pacino (17:30) Midsomer Murders Cinéma / AGATHA CHRISTIE'S THE PALE HORSE (4) avec C.Buchanan Star Profiles: Sean Connery Arts & Minds Hands.Prop Builders The Awful Truth Cinéma / THE STING (3) avec Paul Newman, Robert Redford Cinéma (23:15) It's your Money Tour de table Controversy Pl.publique 99 Cooking.Kim Controverse Parole et Vie L'Ombudsman Insectia Juste pour rire Les Années Mode / Androgyne Le Goût du monde / Andalousie 1 Biographies / Jean Coutu Navarro WorldView Moneyweek World Today Sports Tonight CNN & Time Celebrate the Century 1961-1969 World Today Pinnacle Sports Tonight Week in the NBA The Professionals / .Stuntmen Sunday @discovery.ca Sunday Showcase/Wedding Story Sunday Showcase / Nature of Risk Oceans of Mystery / Arctic Sisters Sunday @discovery.ca Franklin Little Lulu Show Clarissa Believe it or not Cinéma / ONE MORE MOUNTAIN (6) avec M.Baxter Cinéma / MISS SADIE THOMPSON (5) Cinéma / TOKYO JOE (5) For your Love Zoe, Duncan.The World's Funniest The Simpsons Family Guy The X-Files Parenthood Wilderness Jrnl Talking Heads 60 Minutes The X-Files The Practice The Adventures of Sinbad Turning Points The Canadians / Louis Cyr History of Warfare Roots (3/6) History of Warfare TV Guide.Real Families Trendspotting Foodessence Weddings Weird Homes Crocs Down Under Trendspotting Weird Homes Weddings Foodessence MuchMegaHits CombatZone MuchMusic Countdown Fax Pop up Video RapCity MuchEast D.Box-Office Le Décompte MusiquePlus Concert Plus / 13e Soul Train Awards Clip Chic Planète Duo: Corey Hart Ed Sullivan Pop up vidéo Musicographie / Paul Simon Grands Événements / Paul Simon Duo: Corey Hart Pop up vidéo Musicographie / Paul Simon World News Money Show Life & Times Pamela Wallin Sunday Report Schlesinger The Passionate Eye / The Execution Machine Antiques Road.Toute une époque./ La Politique Monde ce soir Culture-choc Huntsville / Le Dernier Visiteur Le Journal RDI Scully RDI Culture-choc Second Regard Portraits de./ Glenn Gould .plein air Sports 30 Mag Rallye canadien Formule 1 / Grand Prix de Montréal Sports 30 Mag Magazine Moto Passion Moto Prime Suspect Cinéma / SHADES OF LOVE: EMERALD TEARS (5) avec Ed Marinaro Due South Cracker Cinéma / RUNNING.(4) (23:04) Tom et Jerry Les Graffitos Fifi Brindacier Robin des bois Ned et son triton Drôle de voyou Les Simpson Animania Blake, Mortimer South Park Les Simpson Capitaine Star Storm Rescue Sideshow Showgirl Stories Sideshow Boxing (16:00) Sportsdesk Kung Fu.Baseball Max Baseball / Orioles - Braves Sportsdesk Que reste-t-il de ma galère?Journal FR2 Festival de la chanson de Granby Bouillon de culture Faxcult.(21:45) Journal belge Femmes Ecce Homo Beauté ou Barbarie Trauma / Centre.Las Vegas Méd.d'enquête Des histoires de famille Bébé arrive Santé en vedette Copines d'abord Charlie Brown Lassie My Hometown Shirley Holmes a20 System Crash Flipper Jake & the Kid Dunk Street Deepwater Black The Irish Tenors Louise Cousineau 12:00 ! - Grand Prix du Canada La course proprement dite commence à midi trente, mais on ne veut rien manquer des préparatifs.La voiture de Jacques démarrera-t-elle?Michael va-t-il encore gagner?Angoisse, angoisse.19:30 J - Sarah Brightman: One Night in Eden On l\u2019a découverte dans Con te partiro avec Andrea Bocelli.La voici en spectacle solo.20:00 a - Le Musée de Margaret Un film canadien tourné en NouvelleÉcosse qui raconte une histoire de mineurs.Avec Helena Bonham Carter qui a gagné un Génie pour son interprétation.20:00 r - Colombo Une primeur! Tu retourneras en poussière date de 1998, est réalisé et joué par Patrick McGoohan (du célèbre Prisonnier, une vraie série culte) et raconte la disparition d\u2019une journaliste à potins et de l\u2019enquête de Colombo sur un embaumeur à la mode.Avec Peter Falk.22:00 r - Simon Durivage: Les fous du volant Pour bien terminer cette journée de vroums vroums, voici un délicieux et fort informatif reportage sur les habitudes des Québécois au volant.Jacques Duval propose notamment d\u2019augmenter la limite de vitesse sur les autoroutes.Hourra! Et Michel Barrette nous montre sa collection avec beaucoup d\u2019esprit.Photothèque La Presse © Jacques Villeneuve 7LP0301B0613 B-3 DIMANCHE ZAP 7LP0301B0613 ZALLCALL 67 00:53:53 06/13/99 B LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 B 3 Des gars, une fille SONIA SARFATI Suite et fin, cette semaine, de la vague de cinema quebecois qui, depuis quelques semaines, deferle dans nos salons : apres Le Violon rouge, Cftfa ton tour, Laura Cadieux !, 2 secondes, Un 32 aout sur Terre et Aujourdfhui ou jamais, voici No de Robert Lepage et, les derniers etant les premiers (au box-office), Les Boys II de Louis Saia.Les Boys II.á Oh, boy ! â a dit lfautre quand la video est arrivee a la maison.Nfempeche que, curiosite aidant, personne ne sfest fait prier pour sfecraser au salon (on sfecrase pour ca, on ne sfassoit pas) et voir la chose.Qui, allez, il faut lfadmettre, a declenche quelques rires pendant ses 15 premieres minutes.Le Francais et la France vus par le Quebecois du calibre du boy moyen, cfest quelque chose.Sur pellicule, le resultat a beau etre un ramassis de cliches, lfeffet dfaccumulation est irresistible.A moins de le snober .mais ne soyons pas de mauvaise foi.Bref, les chambres exigues, la douche qui se tarit si quelqufun ouvre un robinet, les escaliers tortueux ou ne peut passer qufune moitie de pan de mur nordamericain : on rigole ferme.En tout cas, dans la premiere demi-heure.Pas mal moins par la suite.Reste que ces boys-la semblent avoir eu un plaisir monstre a faire des fous dfeux-memes.Et que cela fait toujours plaisir a voir.Finalement, No.La comedie de Robert Lepage, inspiree dfune des sept branches de sa riviere Ota.Une comedie douce-amere, par son contenu et par les reactions mitigees qufelle provoque.Un beau fini et dfexcellents comediens, mais un propos et une intrigue qui laissent de marbre.Lfhistoire se deroule sur deux branches (pas celles de la riviere) : une comedienne (Anne-Marie Cadieux) decouvre qufelle est enceinte alors qufelle joue dans un Feydeau a lfexposition dfOsaka de 1970 ; au meme moment a Montreal, son chum (Alexis Martin) traverse, cahin-caha, la crise dfOctobre.Le Japon est filme en couleurs.Le Quebec, en noir et blanc.La-bas, on evoque LA bombe, celle dfHiroshima.Ici, on parle des bombes, celles des boites aux lettres.Les symboles sont nombreux.Les paralleles, bizarres et non convaincants.Quant a lfhumour (on annoncait á une comedie populaire sans pretention â, non ?), il est surtout present dans les scenes mettant en vedette lfattache culturel de lfambassade canadienne (Richard Frechette) et son epouse toute en bouche en cul-de-poule et fesses serrees.Et il nfest pas des plus fins.On aurait souhaite plus fort de la part dfun Robert Lepage.Mais puisque ca arrache un sourire ici et la, ca doit etre efficace.HHH LES BOYS II Comedie de Louis Saia.Avec Marc Messier, Remy Girard, Patrick Huard, Serge Theriault, Paul Houde.Sortie : 15 juin (VHS et DVD) HHH No Comedie de moeurs de Robert Lepage.Avec Anne-Marie Cadieux, Alexis Martin, Marie Gignac, Marie Brassard, Richer Frechette.Sortie : 15 juin (VHS) HHHH ENEMY OF THE STATE (V.F.: ENNEMI DE LfETAT) Suspense de Tony Scott.Avec Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight, Regina King.Sortie : 15 juin (VHS et DVD) Le cauchemar.Le vrai.Vous faites les boutiques pour acheter des cadeaux de Noel a votre famille, un inconnu vous bouscule.et votre vie bascule.Dans vos paquets, lfinconnu a glisse une cassette video.A partir de la, des gens vous espionnent, vous perdez votre emploi, vos cartes de credit ne fonctionnent plus.Cfest le monde ou cfest vous qui vire sur le capot ?Cfest le patron de la National Security Agency.Fou de rage et de peur : la bande video que vous avez en votre possession le montre en train de tuer quelqufun.Dire que vous, vous ne savez meme pas que vous avez ca en votre possession.Efficace et rythme, filme de maniere hallucinante, Enemy of The State est de ces films de divertissement qui remplissent pleinement leur mandat : vous attacher a votre fauteuil pendant deux heures .popcorn non compris.HHHH LITTLE VOICE (V.F.: CORDES SENSIBLES) Comedie de Mark Herman.Avec Jane Horrocks, Brenda Blethyn, Michael Caine, Ewan McGregor.Sortie : 15 juin (VHS) On la surnomme L.V.Pour Little Voice.Pas aussi muette qufune carpe mais aussi silencieuse qufun chaton.Sauf quand elle chante.La, sa voix devient celle de Judy Garland, de Marilyn Monroe ou de Shirley Bassey.Cette voix-la.enfin, ces voix-la tombent dans lforeille de lfamant de sa mere, qui nfest pas sourd mais agent dfartiste.Selon lui, une carriere est a envisager.Ce nfest pas lfavis de L.V.qui, depuis la mort de son pere, ne sort plus de lfappartement familial.Mais comment dire non a son destin ?Little Voice est une adorable comedie britannique portee par des comediens extraordinaires, de Jane Horrocks (celle de la serie Absolutely Fabulous, qui incarne la timide L.V.) a Brenda Blethyn (sa mere, volubile et hyperactive .en tout cas, sexuellement parlant) en passant par Michael Caine, renversant en artiste dechu et gerant de pocotille.HH THE FACULTY (V.F.: LES ENSEIGNANTS) Film dfhorreur de Robert Rodriguez.Avec Elijah Wood, Josh Hartnett, Robert Patrick, Framke Janssen.Sortie : 15 juin (VHS) Sniffez de la poudre et vous y verrez pas mal plus clair autour de vous.Surtout si vous portez du Tommy Hilfiger.Ce sont les deux messages qui emanent de The Faculty, film dfhorreur .dans tous les sens du terme.Lfintrigue est un ramassis de tous les cliches des films du genre .a part peutetre en ce qui concerne la poudre.Une poudre home-made, fruit du travail laborieux (faut bien sfoccuper !) dfun des etudiants de la faculte, qui permet .outre de planer .de differencier les etres humains (qui lfabsorbent sans probleme) de ceux qui sont habites par des extraterrestres (qui en meurent).Les creatures sfen prennent dfabord aux á enseignants â, puis aux eleves.Ne reste qufune poignee de resistants.Dramatique ?Non.Lfune des combattantes, grande lectrice de science-fiction, explique aux autres qufil suffit de tuer la á Reine â pour que tout le monde redevienne normal.Eh que cfest simple .surtout pour le scenariste ! HH1.2 JUST THE TICKET (V.F.: BILLET POUR DEUX) Comedie sentimentale de Richard Wenk.Avec Andie MacDowell, Andy Garcia, Richard Bradford.Sortie : 15 juin (VHS) Dire dfun film qufil est charmant cfest un peu comme dire dfun gars qufil est gentil.Un peu plat, le compliment.Cfest le cas de Just the Ticket, une comedie charmante (ben oui !) dont lfintrigue est si previsible qufelle releve du cours de scenario 101.Heureusement, il y a les interpretes (et les rues de New-York, filmees de tres dynamique facon).Andie MacDowell et Andy Garcia sont, eux, plus que charmants.Ils sont adorables.Elle, reve de posseder un restaurant.Lui, est scalper professionnel.Il gagne sa vie en refilant ici, des tickets pour un concert ; la, des billets pour la grand-messe de Paques celebree par le pape en personne.Pour qufil y ait histoire, il faut que les choses tournent mal dans sa vie.Elles tourneront tres mal .tant sur le plan professionnel que sentimental.Mais tout finira tres bien.Les pots casses, ca se recolle .surtout sur grand ecran.Sonia Sarfati Mon manege a moi.Voila un sujet bien de saison : les parcs dfamusement.Si vous aimez les maneges et les jeux de strategies, Roller- Coaster Tycoon ne vous decevra pas.Ce petit jeu original vous propose de devenir administrateur dfun parc dfamusement.Lfidee generale est de realiser des profits en construisant des maneges .et des infrastructures de soutien .qui sauront attirer le plus grand nombre possible dfamateurs.Pour ce faire, vous pourrez concevoir des maneges relativement á calmes â ou dfautres qui ont la particularite de deplacer lfestomac des amateurs, comme lfincontournable manege des montagnes russes qui donne son nom a ce jeu informatique tout a fait rafraichissant.Le jeu vous donne ainsi lfoccasion de construire votre propre interpretation de ce que devrait etre un tour de montagnes russes.Votre manege peut etre en bois ou en metal, avec des wagons conventionnels (roues sur rail) ou modernes (habitacles suspendus) et vous avez le loisir dfinserer tous les tournants abrupts, les plongees et les montees que vous desirez.Vos seuls limites sont les lois de la physique et de lfeconomie.Le logiciel se plie avec precision aux lois de la physique lors de la simulation du tour de manege : si vous ne les respectez pas, vous enverrez les usagers dans le decor.Ce qui en retour mettra en branle les lois economiques : la sombre reputation dfun tel manege incitera les clients a delaisser le parc et vous aurez ainsi moins dfargent.Pour bien reussir a rentabiliser votre parc dfamusement, vous devrez egalement doter celui-ci de toutes les infrastructures qui assureront le confort et le plaisir de vos clients : des kiosques de nourriture, des boutiques de souvenirs.et meme des toilettes ! (A ne pas mettre trop loin des maneges qui ont tendance a deplacer lfestomac des amateurs.) Si la tache de constructeur de maneges et gerant de parc dfamusement vous semble trop lourde, vous pourrez toujours vous rabattre sur lfun des 21 scenarios et sur les options permettant de mettre un jeu a lfepreuve avant de lfouvrir au grand public.Mine de rien, voila un jeu bien fait qui reussit a charmer par son originalite.HHHH RollerCoaster Tycoon Microprose, Windows En moto Lfete est egalement synonyme de motocyclette et le geant Electronic Arts ajoute avec Castrol Honda Superbike Racing un autre jeu motorise a son catalogue deja bien rempli.Ce jeu suit un scenario bien connu : chevauchant une moto Honda RC45, vous aurez le choix de piloter sur lfun des 14 circuits, de choisir lfun des six niveaux de difficulte et de tenter votre chance a la course au championnat.Sur le plan de lfexperience de jeu, Castrol Honda Superbike Racing obtient des resultats mitiges.Si la simulation de la conduite dfune moto est assez bien reussie et que le mode dfecran scinde en deux pour les courses a deux joueurs sfavere interessant, il faut par contre deplorer lfaspect un peu terne des circuits (tant par les decors que par les couleurs) et le manque dfambiance qufaurait procuree une trame sonore enlevante.HHH Castrol Honda Superbike Racing Electronic Arts, PlayStation Jeu de combat La derniere version de ce populaire jeu de combat remonte a 1995.Des sa sortie, MechWarrior avait seduit les amateurs avec sa combinaison de simulation et de combat.Un MechWarrior est une espece de tank sur jambes un peu balourd (dfou lfadresse a le piloter adroitement) mais terriblement efficace sur le plan de lfarmement.Il y a quelques semaines, Microprose lancait la version 3 tant attendue du celebre jeu.Comme bien des jeux qui remontent a lfere á pre-cartes acceleratrices 3D â, cette troisieme version de MechWarrior a pour principal mandat de faire emigrer le jeu dans le monde des images de synthese 3D.Sur ce plan, cfest une reussite indeniable.Les graphiques sont dfune belle facture, particulierement le decor de la planete Tranquil qui semble realiste.Les MechWarrior sont plus riche en details, notamment sur le plan de leur plomberie interne, et les effets lumineux lors des explosions resultant des echanges de feu nourri sont egalement bien rendus.Lorsque les MechWarrior se deplacent, ils laissent desormais une empreinte sur le sol avant de soulever un leger nuage de poussiere, une caracteristique qui est le lot de bien des jeux 3D.Le jeu propose egalement une vingtaine de missions au cours desquelles, la plupart du temps, vous etes designe leader dfun commando de trois unites qui forment votre base mobile.Ces vehicules, que vous devez proteger en tout temps, vous offrent une assistance precieuse pour reparer et rearmer votre MechWarrior.En resume, on peut affirmer sans se tromper que le concepteur du jeu, Zipper Interative, a bien reussi a adapter son produit vedette aux exigences techniques des jeux actuels, sans pour autant sacrifier lfessence meme de ce qui assurait son succes.HHH1.2 MechWarrior 3 Microprose, Windows Autres La popularite du Game Boy couleur ne cesse de sfaffirmer, alors que de nouveaux titres sont lances sur le marche.Pour les plus petits, Conkerfs Pocket Tales met en vedette un petit ecureuil qui doit se defendre contre ses ennemis dans six mondes differents, allant du temple azteque au chateau medieval, en passant par une ile tropicale exotique.Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la version du jeu de baseball Ken Griffey Jrfs Slugfest pour Game Boy est plus qufune simple version dfarcade edulcoree.Vous pouvez choisir vos equipes, consulter les statistiques, organiser des championnats et meme conserver les donnees de votre saison grace a une memoire sur la cartouche alimentee par la pile.Tout y est! HHH1.2 Conkerfs Pocket Tales Game Boy HHHH Ken Griffey Jrfs Slugfest Game Boy 7LP0401B0613 B4 dimanche 7LP0401B0613 ZALLCALL 67 00:53:43 06/13/99 B B 4 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Les secrets de la tour Bunkoczy livre une histoire dfobsession, campee dans une ville sans nom Le Nord quebecois dans toute sa splendeur ELISABETH BENOIT collaboration speciale Ne a Szeged, dans le sud de la Hongrie, en 1949, Joseph Bunkoczy habite le Canada depuis 31 ans.Il est peintre et ecrivain.Seize ans durant, il a exerce le metier dfingenieur.Il est aujourdfhui agent de recherche au ministere de lfImmigration.Assis a la terrasse arriere dfun cafe, il balaye systematiquement de la main chaque petite mousse vegetale qui se pose sur son veston.Il parle de la lumiere rose dore du ciel tres tot le matin, des batiments ouvrages de Budapest, avec parfois meme des bateaux sculptes sur les facades.Il explique que le centreville de Boston, il y a vingtaine dfannees, sfest vide de sa classe moyenne.Habite uniquement par des gens riches ou pauvres, lfendroit est devenu une sorte de ghetto, á un peu une societe a part â, hors-la-loi.Ce phenomene sfest aujourdfhui attenue, mais a touche plusieurs grandes villes, particulierement en Amerique du Nord.Installes a lfabri dans de hauts batiments, les riches devenaient alors objet de fascination pour les pauvres.Cfest ce phenomene urbain qui a inspire a Joseph Bunkoczy son premier roman publie, La Tour, un livre surprenant.Cfest une histoire dfobsession, donnee sur un ton a la limite du fantastique, qui a lieu dans une ville sans nom.á La tour etait une structure circulaire de 52 etages, ecrit-il, supportee par 16 colonnes dfacier â.Elle sfeleve au milieu dfun quartier quasi desert.Personne de lfexterieur ne sait ce qui se passe a lfinterieur.On sait seulement que, parfois, des voitures sfarretent devant la tour et que des gens riches et elegants y penetrent.Des rumeurs courent aussi que Franz Van Wreck, son proprietaire, fait venir des femmes chez lui.Chose certaine, il a de terribles hommes de main, les hommes-chiens, avec leur regard gris, presque blanc, et qui se baladent en limousine.Trois batiments desaffectes encadrent, avec la tour, une place carree ou coule une fontaine a vasques.Des etres assez particuliers y vivent.Geremie Cone (appele Geme) et son amie Liane (toujours en salopettes) hebergent Bus, un colosse qui a á un air de plante exotique en fleur â.Et puis, dans un autre batiment desaffecte, vit Valoshe Borogorodonov.Son nom rappelle á le bruit dfun lavabo qui se vide â, mais Valoshe aime bien son nom.Valoshe parle une langue etrangere, est isole depuis huit ans dans son appartement.Il passe son temps a regarder par la fenetre.Devant lui, bien sur, il y a la tour.Ces quatre personnages entretiennent, dfune facon ou dfune autre, une relation avec la tour.Geme deviendra particulierement obsede, comptant et numerotant les etages et les fenetres, penc h e s u r s o n t e l e s c o p e .Comptabilisant a lfaide de son oscillographe les grincements et les frottements qui sfechappent de lfinterieur de la tour, Geme sait que la fenetre CD-32 est mal calfeutree.Lfoscillographe signale un courant dfair qui siffle.Il tentera par tous les moyens de percer les mysteres de la tour, et se heurtera a Van Wreck et a ses hommes-chiens.á Plus le lieu est interdit, plus il devient attirant â, dit Joseph Bunkoczy, qui explique que ses ecrits, comme ses toiles, sont teintes de surrealisme.á Mais pas du surrealisme extreme a la Magritte â, ditil.Plutot comme le Dali des debuts, qui peint une table et des chaises en apesanteur.á Je ne deforme pas les objets, je juxtapose des objets qui ne vont pas necessairement ensemble, precise-t-il.Le surrealisme, cfest la presence du reve dans le quotidien.Il y a toujours quelque chose qui a lfair dfappartenir a un autre monde.â Et ca peut etre, tout simplement, Liane qui sert deux douzaines dfoeufs a la coque (et rien dfautre) pour souper le soir de lfarrivee de Bus, le colosse.á Les oeufs, explique lfauteur, cfest comme une nourriture parfaite.Cfest une abstraction du repas.Le repas nfest pas important pour ces personnages.Alors on trouve une solution pratique.Jfai cherche cette forme simple et efficace du repas.â Il ajoute : á Un roman que je trouve parfait, cfest un roman circulaire, dont lfaction se referme sur ellememe.Cfest un besoin que jfai que ca soit comme ca â.Mais si lfauteur a des preoccupations tres geometriques, si la precision et le vocabulaire ont parfois quelque chose de presque clinique, ce roman est tout a la fois poetique, drole, absurde, terrifiant.Seul chez lui, Valoshe entend un horrible bourdonnement, a de terribles maux de tete.Jusqufa ce qufil amenage son appartement en laboratoire, et revienne a ses anciennes amours, la vivisection.Un chat distribue en 42 bocaux, de facon extremement methodique.á Des gens disent : ah oui, cfest quoi toute cette violence ?â raconte lfauteur.á Cette violence est necessaire pour donner une dimension dfobsession, de contraste, de violence dans les rapports sociaux.â Sans contredit, Joseph Bunkoczy semble avoir minutieusement pense ce livre.Il dit que Valoshe est á presque un personnage theorique â, explique que Liane est un personnage qui constitue un point fixe dans le roman, parle de la construction parallele de lfintrigue (dfun cote Valoshe, de lfautre, Geme, Liane et Bus).Quant a la fin.eh bien la fin renverse tout le roman et glace le lecteur, de facon tres fine.Sans parler de la lumiere, que Joseph Bunkoczy ne cesse de decrire.Le á disque orange et radieux du soleil â, la lumiere qui entre á comme une coulee dfacier â, qui incendie les parquets, la á lumiere tranchante â qui decoupe les ombres.Tout cela donne un excellent roman.HHHHH LA TOUR Joseph Bunkoczy Editions Trait dfunion 208 pages RAYMOND BERNATCHEZ Alors que le commun des mortels assimile volontiers le depaysement a la Floride, aux balades a pied dans Paris, aux virees dans les chateaux de la Loire, ou encore aux croisieres dans les Antilles, le journaliste Luc Chartrand prescrit plutot, a ceux qui sont verts dfepuisement, une cure de detente dans les territoires quasi vierges du Nord quebecois.Ce nfest pas dfhier qufil fait dans les magazines dfici le recit et lfapologie de la vie dans les territoires quasi vierges du Nord quebecois.Lfesperance de vie des revues etant fort breve, Lanctot Editeur a eu la bonne idee de reunir quelques-uns de ses textes dans un livre, Au Bout de la Route, le Quebec hors des sentiers battus, tout frais sorti des presses.A la lecture de ce bouquin, on comprend aisement pourquoi les Francais, qui en ont plus que ras le bol des tourelles de Chinon et Chenonceau, revassent a nos grandes epinettes, a dfinterminables equipees en motoneige dans nos espaces blancs a nfen plus finir, a des rencontres avec les Cris de la baie James, les Inuits ou les Attikameks dfObedjiwan.Il y a chez nous encore, chose rarissime de par le vaste monde, des centaines de milliers de kilometres de nature sauvage, qui restera dans cet etat tant qufelle ne sera pas spoliee par une masse critique de non-autochtones.Ces territoires sont habites et frequentes par une poignees dfhommes et de femmes libres comme les grands oiseaux, que Luc Chartrand, dfune plume leste et fort eloquente, nous depeint sous des traits particulierement attachants.Une poignee dfaventuriers a compris que cfest la qufil faut se rendre pour decrocher vraiment du train-train quotidien, reoxygener ses poumons de citadins tout en reconstituant ses energies physiques et intellectuelles.Nul besoin de courir au Tibet ou de noliser un avion pour nos belles Montagnes rocheuses.Prenez tout bonnement une voiture, filez droit vers le nord, frayez dans des patelins comme Parent, Clova, Kuujjuaq, et vous ne devriez pas tarder a oublier tous vos ennuis et vos petits bobos.A lire absolument si vous etes en quete dfevasion vraie.Vous apprendrez a mieux connaitre les Amerindiens qui peuplent ces contrees, a comprendre leurs revendications et surtout pourquoi ils sont si indifferents au.Quebec.HHHH AU BOUT DE LA ROUTE LE QUEBEC HORS DES SENTIERS BATTUS Luc Chartrand Lanctot editeur, 135 pages PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse Joseph Bunkoczy Les patriotes ont la cote RUDY LE COURS Apres le film de Michel Brault Quand je serai parti vous vivrez encore, avant celui qui viendra un jour de Pierre Falardeau sur Chevalier de Lorimier, pendant le show francais des freres Charlebois sur Jean-sansnom, Stanke a juge bon de reediter une nouvelle fois le roman de Jules Verne Famille-sans-nom deja paru dans sa collection poche 10/10, il y a quelques annees.Stanke ajoute depuis quelques annees a son catalogue les romans posthumes de lfauteur francais du XIXe siecle le plus lu dans le monde avec Alexandre Dumas, grace a une entente avec la Societe Jules Verne qui detient les droits sur les manuscrits de lfauteur, non trafiques par son fils Michel.La presente reedition se distingue des precedentes par quelques gravures dfepoque et par un bandeau racoleur en couverture portant la mention Jules Verne au Quebec, ce qui est evidemment une faussete puisque lfecrivain nfa jamais mis les pieds ici, pas plus qufailleurs au Canada, theatre pourtant de deux autres de ses romans Le pays des fourrures et Le volcan dfor (reedite par Stanke).Cela ne va pas sans creer quelques incoherences (un coureur des bois remonte en une nuit le Saint- Laurent jusqufa Niagara) mais le roman represente neanmoins une belle fresque qufon pourra lire si on prefere ne pas attaquer la trilogie de Louis Caron consacree aux Fils de la liberte.HH FAMILLE-SANS-NOM Jules Verne Stanke, XXX pages Courte echelle et longue vie Cfest bon, áchatâ! Encore la juge Ruffo Lfart visite par lfideologie Bonne idee, que celle qufa eue la courte echelle de rassembler les albums qufelle considere comme ses classiques dans de gros volumes a couverture rigide.Chacun des livres .il y en a presentement quatre sur le marche .regroupe quatre histoires destinees aux tout-petits.On retrouve deux volumes des (tres) Droles dfhistoires de lfillustrateur Michael Martchenko et de lfauteur Robert Munsch ; un volume des delicieux Plaisirs de Roger Pare .de charmantes comptines qui racontent les Plaisirs de chats, les Plaisirs dfete, les Plaisirs de cirques et les Plaisirs de vacances ; le tout, accompagne dfillustrations tout en tendresse et en humour.Finalement, encore de et par Roger Pare, Le gout de savoir.De savoir quoi ?Ben.Les chiffres, Lfalphabet, Les couleurs et Les contraires.Encore une fois, ca fait rire et ca rime (a quelque chose).Sonia Sarfati HHHH LES CLASSIQUES DE LA COURTE ECHELLE DROLES DfHISTOIRES de Michael Martchenko et Robert Munsch PLAISIRS de Roger Pare LE GOUT DE SAVOIR de Roger Pare Lfineffable Philippe Geluck est de retour.Sur ses talons, le chat.Lequel ?Ben.le Chat.Le seul et unique.Desopilant, pissant, poilant (et poilu).Lfanimal .Geluck ou le Chat ?.reapparait donc dans une quatrieme compilation : Entrechats.Lfhumour dfun Belge a son mieux (lfhumour et le Belge !) .qui nfa rien, mais alors la rien du tout dfune histoire de Belge.Un exemple ?Allez, au hasard ! Si tu donnes a un homme un poisson que tu as vole, il mangera une fois.Si tu lui apprends a voler du poisson, il mangera toute sa vie.Logique, non ?Un autre petit coup ?Dfaccord.Il y a un proverbe chinois qui dit : celui qui mange ses tartines aux waters ne doit pas sfetonner dfavoir du pain sur la planche.Sans commentaire.Il faut aussi, pour la croire, voir la perception qufa Philippe Geluck de La Belle et la bete, de Miss Beaute interieure ou de la mort de lfHomme invisible : des á sans paroles â qui valent mille mots .et au moins autant de rires.Decidement, chfest vraiment tres bon.chat ! Sonia Sarfati HHHH ENTRECHATS Philippe Geluck Casterman, 48 pages Les lecteurs de Gallimard connaissent bien Francoise Dolto, psyc h a n a l y s t e francaise, decedee il nfy a pas si longtemps.Une collection de la maison porte meme son nom.Pour nous, Quebecois, cfest evidemment la juge Andree Ruffo qui est la personnalite connue.Connue et controversee, elle dont la saga judiciaire qui lfoppose a la magistrature conventionnelle defraie les manchettes depuis de trop longs mois.Or la psychanalyste et la juge pour enfants se connaissaient, se respectaient, sfecrivaient et conversaient.Cela donne un livre dfentretiens, posthume dans le cas de la psychanalyste, ou le lecteur dfici en saura davantage sur les theories de la juge qui rue dans les brancards et lfopinion de la psychanalyste sur ses theories.Et la psychanalyste dfecrire a son amie juge : á Que vous disiez la rage de notre impuissance á institutionnelle â dans tant de cas particuliers qui ont vecu lfinsupportable a nos cotes et que lfon evite de voir quand on nfy peut porter remede, cfest courageux et necessaire.â Pierre Vennat HH1.2 LfENFANT, LE JUGE ET LA PSYCHANALISTE Francoise Dolto et Andree Ruffo Editions Gallimard, 119 pages Le recueil de Lori Saint-Martin commence par la nouvelle qui lui donne son titre, á Mon pere, la nuit â.On se dit : comment tirer un si beau texte dfune horrible histoire dfinceste ?Bien sur, on ne fait pas de l i t t e r a t u r e qufavec les bons sentiments, puisque le meilleur et le pire coexistent chez tous les humains.Le meilleur appartiendrait ici aux femmes, exclusivement et comme par nature.Empeche, il nfaura jamais lieu.Des hommes sont entres dans leur vie pour les humilier ou les mepriser ou les deshonorer, pour les detruire.Tous faibles ou salauds ou les deux a la fois.En art, rien nfest interdit.Lori Saint-Martin use de cette liberte a bon droit et si chacune des nouvelles est une grande reussite, il reste que lfensemble ressemble a un pamphlet.Qufon le recoive ou pas, on devra reconnaitre que voici une galerie de fillettes et dfadolescentes inoubliables, condamnees dfavance a la solitude ou a la folie et que meme les mots, meme les livres nfauront pas pu sauver.Reginald Martel HHHH MON PERE, LA NUIT Lori Saint-Martin Lfinstant meme, 132 pages 7LP0501B0613 B 5 Dimanche 7LP0501B0613 ZALLCALL 67 00:53:08 06/13/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 B 5 Maud Graham est de retour! RÉGINALD MARTEL Maud Graham est de retour, telle qu\u2019en e l l e - même l\u2019éternité la trouve.On aurait souhaité que Chrystine Brouillet l\u2019inventât de nouveau, ne serait-ce que pour mettre en valeur le rajeunissement du coeur et de l\u2019esprit que la maturité offre parfois aux héros romanesques.Maud n\u2019est pas Maigret, dont la puissance le confine à l\u2019immuabilité ; elle est une femme d\u2019aujourd\u2019hui, dans la trentaine, susceptible comme tout le monde de respirer l\u2019air du temps et de s\u2019en trouver un peu marquée.Il était trop tôt pour en faire un stéréotype, pour la décrire et la résumer en quelques traits seulement : grande conscience professionnelle, intuitions tardives mais décisives, féminisme modéré et appétit immodéré pour les nourritures terrestres.On l\u2019aime bien quand même, allez ! Disons qu\u2019on l\u2019aimerait mieux moins conventionnelle et plus portée à la réflexion, ce qui pourrait être donné à quelqu\u2019un dont le métier s\u2019exerce là-même où se résolvent bien ou mal les tensions entre la société, qui cherche à se reproduire sans heurts, et l\u2019individu, porteur de pulsions qui sans cesse menacent cette prudente genèse.Maud pourrait par exemple nous livrer ses idées sur les causes immédiates ou lointaines de la criminalité, sur la valeur relative des méthodes qui visent à la contrer, répressives ou éducatives, sur la frontière, s\u2019il y en a une, qui sépare parmi les criminels les psychopathes et les salauds.L\u2019antihéros Steeve Tremblay présente pourtant un beau cas.Par les soins de Maud Graham, son frère batteur de femme a été épinglé.Plutôt que de se réformer, il tue ses enfants puis se suicide.Steeve veut le venger.Il se fait non pas assassin, mais agresseur de femmes.Il les viole avec un objet, à la mode des policiers new-yorkais.Des inconnues y passent, puis une femme liée de très près à Maud Graham.Puisque le criminel est vite connu, l\u2019essentiel de l\u2019intrigue consiste à comprendre et interpréter le sens des indices que Steeve Tremblay laisse volontairement, pour signer ses crimes.Il y a là plein d\u2019astuces, dont la presque totalité sont évidemment inutiles, qui ne suffiraient pas à soutenir l\u2019intérêt des lecteurs.Madame Brouillet, qui est une jeune vieille pro du polar, s\u2019en doutait bien.Elle a inventé des histoires parallèles, dont le lien avec le thème central n\u2019est pas évident.Une affaire d\u2019inceste assez répugnante, racontée avec une parfaite efficacité, qui met en cause une adolescente attachante et difficile.Une affaire d\u2019amour aussi, entre Maud et son nouvel amant, médecin légiste ou quelque chose du genre.Maud se laissera-t-elle aller à aimer ?Vaudrait-il mieux ne pas trop s\u2019investir dans un amour qui pourrait tourner court et la rendre à sa solitude ?Graves questions que celles-là, dont les réponses sont prévisibles.D\u2019autres sont plus légères, qui font de Maud Graham un personnage presque ordinaire.Elles ont rapport à la nourriture et les lecteurs peuvent y trouver leur profit, s\u2019ils vivent à Québec ou songent à visiter cette ville.Maud est gourmande, c\u2019est connu, et elle ne résiste pas à l\u2019envie de livrer tantôt une recette sommaire, tantôt le nom d\u2019un restaurant.Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses.HHH LES FIANCÉES DE L\u2019ENFER Chrystine Brouillet La Courte Échelle, 224 pages Elle n\u2019est pas Maigret, mais une femme d\u2019aujourd\u2019hui, susceptible de respirer l\u2019air du temps et de s\u2019en trouver marquée Chrystine Brouillet 2759695 L\u2019autre face du père de la loi 101 GÉRALD LEBLANC C\u2019était à l\u2019automne 1977, au Canadian Club de Toronto, où Camille Laurin était venu p r é s e n t e r s a charte de la langue française, la loi 101, qui venait d\u2019être adoptée au Québec.« La nouvelle loi du pays indique » répétait-il de sa voix monocorde avant de répondre à une question sur l\u2019une ou l\u2019autre facette de la loi 101.Même devant l\u2019establishment financier du Canada, il n\u2019avait jamais senti le besoin de justifier les choix faits pour assurer la francisation du Québec.Cette assurance à toute épreuve, cette inflexibilité disent ses adversaires, est restée comme l\u2019image de marque du père de la loi 101.La petite plaquette \u2014 Le Testament \u2014 qui vient de paraitre aux Éditions des Intouchables, lève le Camille Laurin voile sur des facettes plus intimes du docteur Camille Laurin, décédé le 12 mars.On y ret r o u v e deux discours et une lettre du psychiatre- politique.En octobre 1998 il apprenait que le cancer lui laissait peu de temps à vivre.Juste avant ce coup de tonnerre, comme il qualifie cet avertissement d\u2019une mort prochaine, il avait prononcé un discours d\u2019adieu à ses collaborateurs du comté de Bourget, dont il fut longtemps député à Québec.En décembre c\u2019était devant ses amis et concitoyens de Charlemagne, sa ville natale, qu\u2019il avait fait le bilan de sa vie.Il avait aussi écrit une lettre à sa femme Francine, en lui demandant de la lire « plus tard ».On est étonné de constater que les deux-tiers de la lettre d\u2019adieu à sa femme Francine sont constitués d\u2019un long rappel de sa foi chrétienne.On comprend mieux en apprenant dans son discours à Charlemagne que son père était maitre de chapelle et que les treize enfants de la famille Laurin priaient chaque jour autour du tablier de leur maman.Ceux qui l\u2019ont connu ont toujours été surpris de voir un homme si austère, au discours dénué de tout superflu, se teindre les cheveux jusqu\u2019à la fin de sa vie.C\u2019est peut-être parce qu\u2019il avait grandi dans le restaurant que tenaient ses parents à Charlemagne, où sa mère fut aussi maitre de poste et son père maire alors que ce n\u2019était qu\u2019un gros village.Offert sur un papier parchemin de grande qualité, ce testament du docteur Laurin comblera ses nombreux admirateurs qui y découvriront un côté humain expliquant sans doute qu\u2019il ait souvent joué à la mère du PQ devant le père bougonneux qu\u2019était René Lévesque.HHHH LE TESTAMENT Camille Laurin Les Intouchables, 58 pages 2740952 2761802 7LP0601B0613 B 6 Dimanche 7LP0601B0613 ZALLCALL 67 00:53:16 06/13/99 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Des polars pour un été noir GILBERT GRAND Plutôt désorientés devant le flot de nouveautés déversées par les éditeurs à l\u2019aube de l\u2019été, vous allez encore vous rabattre sur un de ces gros best-sellers standard acheté in extremis au kiosque de l\u2019aéroport et qui va s\u2019écorner tristement dans votre sac de plage.Minute ! voici une brassée de polars bien noirs et de thrillers pour frissonner sous le parasol ou oublier la pluie.En rappel d\u2019abord, trois titres qui n\u2019ont rien perdu de leur nerf : Dette de sang (Seuil) de Michael Connelly, où un policier retraité tente d\u2019élucider le meurtre de celui dont le coeur bat maintenant dans sa poitrine.Ville noire, ville blanche de Richard Price (Presses de la Cité) explore la montée des tensions raciales depuis qu\u2019une Blanche a accusé un Noir de l\u2019avoir violée et d\u2019avoir kidnappé son enfant.Dans l\u2019hallucinant Babylon Babies (La Noire Gallimard), Maurice G.Dantec imagine Montréal en l\u2019an 2013 ravagé par la guerre des motards au service d\u2019une secte et de la mafia russe qui veulent s\u2019emparer d\u2019un programme de manipulation génétique humaine.Si je ne devais choisir qu\u2019un polar à lire cet été (Dieu m\u2019en garde), ce serait sans hésiter ce déchirant Guerrier solitaire (Seuil) de Henning Mankel.Une petite ville de province suédoise est bouleversée par le suicide d\u2019une inconnue qui s\u2019immole par le feu dans un champ de colza et une série de meurtres très violents dont les victimes sont scalpées comme par un « Indien » sur le sentier de la guerre.Profondément troublé, le commissaire Wallander qui mène l\u2019enquête avec minutie et humanité devine que ces incidents sont liés, mais comment ?L\u2019envers du « modèle suédois » fait peur car il annonce la dérive du nôtre.Tout juste derrière Mankel arriverait ce bon vieux Ed McBain, dont le métier fait pâlir d\u2019envie la concurrence.Depuis 1956, il observe et raconte l\u2019Amérique et sa violence au travers des enquêtes croisées de l\u2019inspecteur Steve Carella et de ses collègues flics du 87e District.En plus de Ça fait une paye réédité dans la Série Noire, les quatorze premiers récits nerveux de cette saga culte ressortent sous le titre 87e Dist r i c t dans deux volumes Omnibus indispensables ( r a p p o r t qualité/prix imbattable).Habile dosage de comédie de moeurs et de violence urbaine, le 49e épisode, La Cité sans sommeil (Presses de la Cité), séduit tout autant : on y trouve en pleine canicule un voleur signant ses exploits avec des cookies au chocolat, un tueur traquant Carella, et une religieuse assassinée dans un parc.Mais pourquoi, et dans quelle vie, s\u2019était-elle fait faire des implants mammaires ?Quant à vous, Mesdames, un peu d\u2019audace, s\u2019il vous plaît ! Ignorez pour une fois les harlequinades des Higgins Clark mère et fille et allez chercher du suspense ailleurs.Chez Julie Parsons, par exemple : dans En mémoire de Mary (Calmann- Lévy), cette Irlandaise raconte la descente aux enfers d\u2019une psychiatre dont la fille a été enlevée, puis torturée à mort, et qui n\u2019a désormais plus qu\u2019un seul but : retrouver, pour le faire payer, cet assassin qui ose la harceler au téléphone.Même si cela signifie violer les lois, compromettre sa carrière, et replonger dans un passé douloureux dont le drame présent n\u2019est peut-être qu\u2019une ramification.Récit noir, tendu, mais toujours émouvant et juste.Précipitez-vous aussi chez Minette Walters qui \u2014 encore plus que P.D.J a m e s \u2014 a dopé au réalisme et à la perversité psychologique le sclérosé whodunit anglais.Dans Lame de fond (Stock), la marée rejette sur une plage le corps d\u2019une r a v i s s a n t e blonde, tandis qu\u2019à des kilomètres de là sa petite fille est retrouvée errant dans les rues, emmurée dans un effrayant silence.Le lecteur fasciné constate bientôt qu\u2019aucun des personnages n\u2019est vraiment ce qu\u2019il prétend être, du policier local à la victime même, en passant par les suspects habituels : le mari éploré et impuissant ( ?) et l\u2019amant trop sûr de lui (un acteur mêlé à la porno juvénile).Retors en diable.Impossible également d\u2019ignorer la prolifique et si douée Ruth Rendell.Dans Espèces protégées (Calmann- Lévy), elle n\u2019épargne guère son cher inspecteur Wexford : sa femme est enlevée par des écoterroristes mobilisés pour sauver une forêt aux espèces rares menacée par une déviation routière.Et voilà que dans ce lieu que Wexford aime tant, on découvre un cadavre de femme.Au suspense, on le constate, Rendell mêle de plus en plus souvent (voir aussi l\u2019excellent Simisola) des préoccupations sociales qui confèrent à ses récits une urgence réelle.Prouvant que le détective tough n\u2019est pas une création uniquement masculine, Reggie Nadelson a déjà promené son héros Artie Cohen dans les bas-fonds de New York ou de Hong Kong (voir Mercure rouge et Pavots brûlants, réédités en Point).Voici que dans À saisir (Bourgois), cet exilé russe bagarreur mais romantique retrouve de dangereux compatriotes et des requins de la finance au coeur d\u2019opérations immobilières illicites dans Manhattan et à Londres, sur le célèbre Canary Wharf.Si Nadelson révèle les activités croissantes des mafias russes en Occident, que dire d\u2019Alexandra Marinina, la tsarine du polar, qui pour avoir travaillé au ministère de l\u2019Intérieur en connaît un bout sur la corruption qui gangrène toutes les strates de la nouvelle Russie.Après Le cauchemar, La mort pour la mort (Seuil) en témoigne avec précision.Personnage mythique qu\u2019on croyait usé, le privé « dur à cuire » et justicier effectue un retour en force dans le polar US dans des intrigues paroxystiques au fort contenu social.Dans Un dernier verre avant la guerre (Rivages) de Dennis Lehane, une paire inoubliable de détectives bostoniens se débat entre corruption politique, pauvreté et prostitution, guerres raciales et domestiques.Explosif.John Wessel, lui aussi, ne fait pas dans la dentelle avec Le point limite (Rivages) puisque son privé tente de coincer un prof sado-maso à la demande d\u2019une épouse aux moeurs pas plus nettes.Une intrigue sulfureuse aussi tordue que ses acteurs.Sous un titre évocateur (Le paradis des dinosaures, chez Gallimard-La Noire), Henry Joseph raconte en deux volets la résistance de quelques libertaires fêlés du Sud, rescapés du Vietnam, contre une secte raciste qui veut s\u2019emparer du trafic de mari, puis leur cavale désespérée au fond du Brésil, loin des nervis des agences fédérales (FBI, DEA, CIA), du moins le croient-ils.Un constat amer servi par une prose superbe.Après tant de bruit et de violence, vite le champagne pétillant des nouvelles à l\u2019ironie douceamère de Tonino Benacquista.Avec Tout à l\u2019ego (L\u2019Instant même), qu\u2019il faut déguster à petite dose pour faire durer le plaisir du texte et de la chute, l\u2019auteur de Saga confirme qu\u2019il est passé dans la cour des grands.Vous voilà rassasiés.Non ?Alors, lisez Archange (Plon) de Robert Harris (un carnet secret de Staline risque de provoquer une nouvelle révolution), L\u2019Associé (Laffont) de ce diable de John Grisham, Un rire dans la nuit (L\u2019Archipel) de Thomas Dresden (un tueur imite à la lettre Jack l\u2019éventeur), ou les thrillers rôdés des John Lescoart (Meurtre par pitié, Belfond), David Baldacci (La simple vérité, Belfond) et autre John Gilstrap (Coup tordu, Presses de la cité), etc.Pour l\u2019été, frissons et sueurs froides SONIA SARFATI Les jeunes sont de grands amateurs de frissons et de sueurs froides.Ils en absorbent une dose massive grâce aux blockbusters estivaux qui jouent sur le taux d\u2019adrénaline \u2014 et d\u2019hémoglobine.Mais il y a aussi, pour eux, moyen de vivre de vives émotions \u2014 de celles que l\u2019on préfère vivre par procuration \u2014 dans quelques romans récemment arrivés en librairie.Tout d\u2019abord, les pré-adolescents seront ravis de retrouver l\u2019un de leurs chiens préférés : si Idéfix fait des siennes au cinéma, Notdog reste fidèle à l\u2019encre et au papier dans une onzième aventure intitulée Peut-on dessiner un souvenir ?(la courte échelle).Une des bonnes intrigues de cette série de Sylvie Desrosiers, même s\u2019il y a quelque chose de très cruel dans le destin de l\u2019enfant-sauvage retrouvé dans le village des Cantons de l\u2019Est où vivent les « inséparables ».Qui bien sûr, mèneront l\u2019enquête.Autre personnage récurrent de la littérature policière enfantine, La Puce : un jeune « détective rusé » dont la cinquième aventure s\u2019appelle Dodo la terreur (Sarah Cohen- Scali, Casterman).Après avoir permis l\u2019arrestation du meurtrier des oursons en peluche, du maniaque aux ciseaux qui coupaient les cheveux des enfants et d\u2019autres malfaiteurs originaux, voici qu\u2019il tente de découvrir le kidnappeur de somnambules.Après Les ensaignants (sic) au cinéma et en vidéo, voici Le Jour des saigneurs de Hubert Ben Kemoun (Nathan).Un récit sombre et à deux voix : d\u2019un côté, les amis de Grégoire s\u2019inquiètent de sa disparition ; d\u2019un autre, Grégoire, qui a découvert un réseau de pédophiles, se retrouve en pleine chasse à l\u2019enfant.Un chassé-croisé palpitant.Très classique dans sa forme et dans son intrigue, La vengeance du pharaon de Katherine Quenot (Albin Michel) est un genre de « club des cinq » contemporain.Ici, Thibault se retrouve en Égypte où ses parents sont victimes d\u2019une malédiction.Gageons qu\u2019avec l\u2019aide de ses amis, il les tirera de ce mauvais pas.Finalement, indémodable \u2014 en fait, grâce au cinéma, plus à la mode que jamais \u2014 Zorro fait un retour chez Folio Junior qui publie, dans un boîtier, la trilogie de John McCulley : La Marque de Zorro, Zorro et son double et La Vengeance de Zorro.Les bons lecteurs parmi les adolescents trouveront un indéniable plaisir à la lecture d\u2019Amour, vampire et loup-garou de Marie-Aude Murail (l\u2019école des loisirs).Cette romancière a non seulement l\u2019art de l\u2019intrigue mais elle parvient à camper des personnages qui ne sont jamais, au grand jamais, ordinaires.Ici, Marianne travaille au Centre d\u2019étude des phénomènes paranormaux.Elle est sceptique par devoir et par nature.Que va-t-elle faire devant l\u2019éventualité d\u2019affronter.un loup-garou ?Robert Cormier, lui, donne dans le très réaliste et le très troublant avec De la tendresse (l\u2019école des loisirs).Une intrigue et des personnages qui sont loin de l\u2019être, tendres.Ce récit dérangeant (d\u2019autant plus qu\u2019il nous arrive peu de temps après la tragédie du Colorado) met en scène un serial killer âgé de 18 ans.En fait, Éric a 18 ans au moment où il est libéré du centre de détention pour jeunes où il vient de passer quelques années pour le meurtre de sa mère et de son beaupère.Et il n\u2019a pas changé.Il sait quelle route il veut suivre.Une route de haine et de sang.Qui sera toutefois coupée par un événement tragique.Un thriller très efficace, qui pose beaucoup de questions.Auxquelles il ne répond pas.Mais l\u2019aurait-il pu ?Plus léger, Zone d\u2019ombre de Laurent Chabin (Hurtubise HMH) est un roman à trois voix : les mêmes événements sont racontés à travers les yeux de trois personnages.Tous ont été témoins du même meurtre.Aucun n\u2019a vu la même chose.La vérité attend les lecteurs en quatrième partie.Amusant.2740975 2760964 2760961 7LP0701B0613 b7 dimanche 7LP0701B1 13 ZALLCALL 67 00:53:01 06/13/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 B 7 Dans ce bric-à-brac, il n\u2019y a qu\u2019à choisir.Du récit populaire à l\u2019essai en passant par le roman pur et dur MARIO ROY Il n\u2019y a pas, en pratique, de lecture d\u2019été en tant que genre bien défini.Il y a fort à parier que le commun des lecteurs poursuit inéluctablement dans la veine livresque qui est la sienne en toutes saisons.À cette nuance près, peut-être, chez certains, que la perspective du plaisir véritable de lire est envisagée avec un gramme de moins de culpabilité (judéochrétienne) et une tonne (métrique) de plus de satisfaction par anticipation ! De sorte que souffrent un peu, sans doute, ces auteurs qui font (trop) sérieux.Soit parce qu\u2019ils n\u2019ont pas le choix et que telle est la nature profonde et inévitable de leur travail \u2014 on rangera dans cette catégorie une bonne partie des essayistes, forcément, mais cela ne les disqualifie pas nécessairement.Soit par esprit de sérieux plat et insupportable, tout bonnement, et parmi ceux-là, il y en a qu\u2019il faut coûte que coûte éviter en période de canicule.En un mot comme en mille, on trouvera dans les paragraphes qui suivent un véritable bric-à-brac de suggestions \u2014 beaucoup trop, à mon avis, mais que peut-on faire sous l\u2019avalanche ?\u2014 qui vont du récit populaire à l\u2019essai en passant par le roman pur et dur.Comme un roman Ainsi, se lira.comme un roman le plus récent bouquin de Philip Roth tout juste traduit, Pastorale américaine (Gallimard, 432 pages), qui a remporté le prestigieux Prix Pulitzer.Roth poursuit ici son travail de dissection de l\u2019Amérique en mettant en scène un homme \u2014 Suédois d\u2019origine mais plus américain que nature \u2014 à qui tout réussit, ce qui ne l\u2019empêche pas de devoir affronter les démons des années 1960.Lyrique, profond, non dépourvu d\u2019humour.Trente ou quarante ans plus tôt vivaient les personnages de Les Dieux arrivent, de la grande Edith Wharton, roman publié à New York en 1932 mais tout juste traduit (Flammarion, 392 pages).Un jeune écrivain titulaire de quelque succès quitte l\u2019Amérique avec sa compagne, qui elle-même fuit son mari, pour un tour d\u2019Europe qui donnera l\u2019occasion d\u2019explorer la délicate chimie du couple, sujet sur lequel Wharton a donné, on le sait, des pages inoubliables.Du calibre, ou peu s\u2019en faut, du Temps de l\u2019Innocence, qui lui avait valu le premier Pulitzer attribué à une femme, en 1921.Pour sa part, Jean O\u2019Neil poursuit ce que l\u2019on pourrait appeler son exploration du territoire avec Les Montérégiennes (Libre Expression, 200 pages), une longue marche sur ces dix montagnes « vieilles de cent vingt millions d\u2019années » et où l\u2019on rencontrera Cartier et le frère André, Paul-Émile Borduas et Ozias Leduc.Une vaste de connaissance des lieux et des gens, livrée en 25 textes à la tenue impeccable.On sait le bruit qu\u2019a fait le Journal de Bridget Jones il y a un peu plus d\u2019un an.L\u2019auteure, Helen Fielding, revient avec Cause céleb\u2019 (Albin Michel, 410 pages), sorte de satire du cirque que devient parfois l\u2019aide humanitaire couplée à un regard cynique sur les stars et le show-biz, le tout avec la plume que l\u2019on connaît et ce point de vue particulier qui a fait le succès du Journal.Enfin, l\u2019auteur suisse Michel Goeldlin pourrait certes remporter un prix pour la pertinence de son inspiration puisqu\u2019il signe, avec Péril au Nunavut (Libre Expression, 231 pages), ce qui est certainement le premier thriller à se dérouler dans ce nouveau territoire inuit.Le héros est précisément un jeune chef inuit appelé à lutter contre les forces du mal.Pour savoir plus Il n\u2019est pas interdit de profiter du temps qui se libère pour rattraper des retards de lecture, ces incontournables que l\u2019on n\u2019a pas réussi à mettre au programme et qui reposent, pas encore cassés, sur la table de chevet.Ainsi en va-t-il de Passage obligé / Passeport pour l\u2019ère nouvelle, de l\u2019homme d\u2019affaires Charles Sirois (L\u2019Homme, 156 pages), petit livre qui a eu son heure de gloire il y a quelques mois.Prenant le contrepied de tout ce qui se dit et s\u2019écrit sur la nouvelle donne économique (mondialisation aliénante et autres sombres tableaux de la modernité), Sirois recentre l\u2019attention sur l\u2019individu vu comme le rouage central de l\u2019équilibre économique et social.La connaissance, la liberté et la démocratie auront le dessus, prédit-il, ce qui dénote un optimisme assez peu courant.Car il y a justement la colère, en fait les Douces colères du journaliste Gil Courtemanche (Boréal, 180 pages).Celui-ci s\u2019en prend précisément à la mondialisation, qui devait amener la prospérité mais provoque en fait une pauvreté croissante, estime-t-il.Pendant ce temps, les élites québécoises couvrent le mal en multipliant les crises nationales et identitaires, en revendiquant, é c r i t - i l , « la suprématie de la poutine sur le boeuf de l\u2019Ouest » ! En complément, pour ainsi dire, le philosophe Jacques Dufresne met en garde contre la disparition du réel dans Après l\u2019homme, le cyborg ?(MultiMondes, 178 pages).L\u2019omniprésence des médias, le savoir instantané, le progrès technologique en accélération logarithmique : tout cela mène l\u2019homme à s\u2019éloigner de lui-même et le place devant la nécessité de retrouver une certaine lenteur \u2014 une langoureuse paresse, même ! \u2014 plus intimement liée à son être et à ses sens.Enfin, un thème développé sous deux angles, celui de l\u2019éducation, de la famille, de la femme.L\u2019Ogre intérieur, de Christiane Olivier (Fayard, 233 pages) vient compléter le best-seller Les Enfants de Jocaste (1980) en faisant la genèse de la violence, qui se trouve à la fois en chacun de nous et que l\u2019éducation, surtout familiale, ne parvient pas toujours à endiguer.De Françoise Giroud, Les Françaises, de la Gauloise à la pilule (Fayard, 301 pages) se veut une histoire des femmes, de l\u2019esclavage à la libération, de la prison de l\u2019ignorance à la conquête du savoir et, par conséquent, des leviers du pouvoir.Deux curiosités Il est des objets qui sont irrésistibles et, parmi ceux-là, des livres que l\u2019on ne se lasse pas de manipuler et d\u2019admirer.Même celui qui ignore tout du tennis appréciera ce coffret contenant deux livres placés sous le titre Le Tennis, de Christopher Dunkley (Flammarion, 96 pages chacun).L\u2019un des deux livres parle d\u2019équipement et d\u2019aménagement physique, l\u2019autre de l\u2019histoire de ce sport.Couvertures rigides, pages somptueusement illustrées, ce peut être un formidable cadeau pour l\u2019amateur.Enfin, quiconque a de jeunes enfants tombera en amour avec La Grande Ferme, de Bettina Paterson (Gründ, non paginé), un type de livre qui n\u2019en a que le nom puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un grand carton aux couleurs vives s\u2019ouvrant sur quatre cahiers taillés à la forme des animaux de la ferme \u2014 cheval, mouton, porc et vache.Le mouton est laineux, la vache tachetée, et l\u2019enfant trouvera dans tout cela plein de compartiments secrets dans lesquels il trouvera d\u2019autres bêtes encore, souris, abeilles et autres.Fabuleusement mignon.Et estival.Lectures d\u2019été: course de fond ou sprint?JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Il y en a qui : courts, il y en a qui : longs.Il s\u2019agit du goût des lecteurs, voyons, qu\u2019allez-vous penser.Pour l\u2019été, certains aiment la course de fond, les livres interminables que l\u2019on peut laisser de côté pour aller prendre un bain ou fricoter du barbecue, mais à condition qu\u2019ils soient intéressants tout du long.D\u2019autres préfèrent les textes courts, qui se lisent d\u2019une traite, mais laissent du goût en bouche, longtemps.Si vous avez le goût long, nous vous conseillons une ou deux bonnes biographies, de celles qui vous plongent dans l\u2019histoire, la littéraire et l\u2019autre, en même temps que dans la vie d\u2019hommes et de femmes qui furent célèbres.Par exemple, voici le livre de Pierre Sipriot, Honoré de Balzac, publié à l\u2019Archipel, 461 pages, pour le bicentenaire de naissance (1799-1850).Où l\u2019on découvre bien plus que l\u2019auteur de la Comédie Humaine, un bonhomme entreprenant, éditeur, promoteur immobilier, inventeur, cultivateur même.Et sa liaison à demi platonique avec une fausse princesse polonaise, Eve Hanska, qui lui servira de muse, donc de rêve, jusqu\u2019à la fin.n n n Autre bonhomme exceptionnel, et génial touche-à-tout : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais , de Maurice Lever (Fayard, 587 pages).Tellement touche-à-tout, ce Monsieur, que ce livre est le premier tome de sa biographie, de 1732 à 1774, c\u2019est-à-dire pour la période qu\u2019on appelle « l\u2019irrésistible ascension ».Cela nous rappelle un film célèbre, mais cela contient naturellement bien davantage que le film.Caron (il acheta le titre de Beaumarchais) fut l\u2019homme de tous les talents, inventeur lui aussi, espion, contrebandier, de toutes les aventures y compris les plus scabreuses, et probablement le créateur de l\u2019autopublicité médiatique.C\u2019est passionnant à lire.n n n Pour les lecteurs de court, voici une collection dont il est peut-être temps de vous parler.Elle se nomme L\u2019Imaginaire.Elle est publiée par Gallimard.Ce sont de petits formats, des textes écrits par de grands auteurs qui se sont fait connaître souvent avec autre chose.On dit que L\u2019Imaginaire contient des livres de qualité qui n\u2019ont pas eu un « grand public » et qu\u2019on réédite pour les connaisseurs.Rien n\u2019est moins sûr, ces livres étant à mon avis d\u2019accès facile.Voyez par exemple certaines parutions récentes : Les Contes d\u2019un matin , de Jean Giraudoux : tout ensemble fantaisie, humour, avec des personnages comme Skerlock Holmes ou Homère, mais complètement transformés.Coeurs, passions, caractères , de Jean Giono.Toute une galerie de personnages dont chacun est lié à un paysage .Les causes célèbres , de Jean Paulhan.Ce Monsieur fut l\u2019une des éminences de la littérature, mais aussi un comique dissimulateur.Il raconte des histoires, comme tout le monde, mais en mieux.On peut se régaler de cette écriture qui, en 21 petits récits, ressemble à des « racontages » que l\u2019on aurait aimé entendre, avec un verre de ce que l\u2019on aime, doucement, au soleil.n n n Petit roman de Paul West : Amaryllis ma muse (Gallimard, 191 pages).Paul West, britannique, vit aux États-Unis.C\u2019est un joyeux luron des lettres.Il est plus savant, disons : autant, qu\u2019un Umberto Eco.Il a lu Virgile et Cicéron, il parle toutes sortes de langues, et on l\u2019appelle Maximalist Rex, comme un dinosaure qu\u2019il est, le physique seulement.Lorsqu\u2019il écrit, il se déchaîne, met la cinquième vitesse et laisse filer : vocabulaire érotique, faconde, drôleries diverses.Une sorte de Rabelais moderne.C\u2019est aussi et surtout un poète, qui fait revivre dans ses romans des Messieurs comme Lord Byron, ou Jack l\u2019Eventreur.Cette fois-ci, le voilà qui nous raconte les aventures surtout sexuelles d\u2019un jeune homme anglais de 1625, qui essaie de perdre son pucelage dans un Londres shakespearien où les gueux et les princes vont toucher du doigt (au sens propre, si je peux dire), les prostituées les plus aguichantes.Cela se fera vite, nous n\u2019avions aucune inquiétude.Le jeune homme va rencontrer une certaine Amaryllis, noiraude, Égyptienne, presque aussi instruite que lui, qui va le déniaiser de belle façon.Intellectuellement aussi, c\u2019est là le charme, et cette complice deviendra sa muse.Le jeune homme s\u2019appelle John Milton, eh oui, le grand poète du Paradis perdu.Il y a des putes que l\u2019on devrait mettre entre toutes les mains, vu les résultats.n n n Hot line, Yacaré , par Luis Sepulvedra ( chez Metailié, 117 pages), est un double récit, de deux policiers, deux flics, et de deux enquêtes.Le premier flic se nomme Georges Washington Caucaman.Il est « mapuche » , au Chili, donc indien.Il a la gâchette un peu sensible, raison pour laquelle il est muté à Santiago parce qu\u2019il a tiré sur un militaire, fils de militaire.Caucaman enquête sur un réseau de téléphone rose, une « hot line ».Il va naturellement flanquer une pagaille monstre, en utilisant les seules méthodes qu\u2019il connaît : expéditives.L\u2019autre flic s\u2019appelle Dany Contreras.Il s\u2019en ira jusqu\u2019à Milan en suivant la piste de tueurs de crocodiles d\u2019Amazonie.Vous verrez comment.On ne vous raconte pas ce petit livre sec, raide comme un verre d\u2019alcool pur, et écrit par un auteur que l\u2019on adore.Positivement.n n n Francisco Coloane, un autre Chilien, a écrit Antartida (publié chez Phébus, 113 pages).Il semble que ce soit le dernier roman, le septième, de ce mythique écrivain de 90 ans qui travaille depuis des siècles à une « Histoire des naufrages » dont personne n\u2019a lu une ligne.Coloane ne s\u2019intéresse qu\u2019aux terres australes, le cap Horn, les gardiens de ce bout du monde, les marins qui le fréquentent, les baleiniers.Cette fois-ci, il nous conte l\u2019aventure de quatre hommes, quatre fugitifs qui embarquent sur un cotre (c\u2019est très petit) : l\u2019Agamaca, et s\u2019en vont trafiquer du côté d\u2019une terre mythique, l\u2019Antartide.Plus bas que le cap Horn, à gauche.Vous dire leur aventure, il faudrait être le vieux Coloane qui vous tient par la main et s\u2019amuse sans doute à vous faire marcher.Une aventure, et une écriture, époustouflantes.Retrouver l\u2019enfant en soi.ALEKSI K.LEPAGE collaboration spéciale Ohé ! Les boomers ! Vous voulez retrouver l\u2019enfant en vous ?Arrêtez donc de fréquenter Scott Peck et ses amis de la psychologie populaire, et retournez à la bande dessinée.Consacrez un après-midi dominical à la lecture du « best-of » (en couleur !) de Calvin et Hobbes, et rajeunissez de, mettons, beaucoup d\u2019années, comme par magie.Satisfaction garantie, sinon je ne joue plus.Enfant, on a tous comme une espèce de « petit bonhomme dans la tête » (qui dans la vraie vie peut prendre la forme d\u2019un truc en peluche, d\u2019une poupée barbie ou d\u2019un bonhomme G.I.Joe selon le cas) avec qui placoter en silence avant de dormir, à qui raconter ses plus vilains délits, ses pensées les plus inavouables ou partager quelque naïve mesquinerie.Puis, les années s\u2019empilent, on délaisse lentement ce « petit bonhomme dans la tête » et on se retrouve avec pour confidents son ou sa conjointe, un thérapeute, un curé, un bon ami ou la première âme charitable venue.C\u2019est vieillir.Calvin doit avoir à peu près huit, neuf ans, et il passe son temps solitaire en compagnie de Hobbes, le toutou en forme de tigre, qui pour lui, et pour lui seul ressemble plutôt à un vrai tigre, doué de raison et qui parle en plus.Personne ne s\u2019en doute.C\u2019est un secret.Ensemble, ils construisent des mondes fantastiques avec des riens, vivent des aventures invraisemblables dont ils sont les uniques témoins.Côté caractère, tout porte à penser que le petit Calvin serait un enfant Ritalin s\u2019il n\u2019avait pas cette chimère de Tigre pour copain.Que le lecteur « conscientisé » ne cherche pas trop à travers les pages quelque critique sociale mordante, qu\u2019il se laisse prendre au jeu et qu\u2019il régresse un peu.Calvin n\u2019est pas Mafalda, il fait plutôt penser à n\u2019importe quel petit neveu.Surtout, il fait penser à nous, à nous quand on avait l\u2019audace de l\u2019imagination.Calvin et Hobbes, de l\u2019Américain Bill Watterson, est publié en français depuis une dizaine d\u2019années.Dix-sept albums, dont ce dernier « hors série », sont maintenant disponibles.Alors, si ça vous pique.grattez-vous (gag hilarant).HHHH CALVIN ET HOBBES : LA FLEMME DU DIMANCHE SOIR Bill Watterson Hors Collection, 126 pages 7LP0801B0613 B-8 DIMANCHE ZAP 7LP0801B0613 ZALLCALL 67 00:51:16 06/13/99 B B 8 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Un Pelo nouveau pas jojo HHHH ET BUTTERFLY Marie-Claire Seguin Disques Tempete Pourquoi les femmes ont-elles toujours ete sacrifiees dans les histoires inventees par les hommes ?Cette interrogation se trouve au coeur dfune demarche qui a mene a Et Butterfly, lfun des plus beaux enregistrements que nous ait jamais offerts Marie-Claire Seguin.Ecrites en collaboration avec Veronique Bleau pour les textes, et Benoit Groulx, Pierre Desrochers et Nathalie Boileau pour les musiques, les chansons qui composent cet album concept permettent a lfinterprete de laisser libre cours a ses talents de comedienne, cette derniere incarnant successivement des femmes emportees par les tourments de lfHistoire.Dfune princesse grecque (Iphigenie) a la sorciere Baba Yaga, en passant par Mayming, la petite Chinoise abandonnee (une piece delicate et poignante qui nous cloue sur place), Marie-Claire leur donne, a toutes, une voix.Et quelle voix ! Pure, limpide, profonde.Qui prend toute sa mesure dans une interpretation sobre et combien bouleversante du celebre Un bel di vedremo de Puccini.Et Butterfly, aussi le titre du spectacle cree sur scene il y a quelques mois, est un disque superbe qui fait magnifiquement echo au talent incontestable dfune tres grande interprete.Marc-Andre Lussier HHH A MON PERE Renee Martel Star/Select Comme Nathalie Cole avait pu le faire avec son papa, voici que Renee Martel rend hommage a feu Marcel en interpretant 13 de ses chansons, dont trois en duo virtuel.On peut douter dfune telle initiative artistique, et meme soupconner un brin dfopportunisme.Il nfen demeure pas moins que cet album constitue un double adieu plus qufemouvant, en ce qufil sfagit egalement du dernier disque de Renee Martel, qui annoncait dernierement son retrait du grand rodeo du showbiz.Versons une larme (une vraie) et constatons lfevidence : avec sa classe, sa sobriete et son emotion, Renee nfa pas ete seulement la grande dame du country quebecois, mais une grande dame de notre chanson point a la ligne.Enfin, tout nfest pas perdu puisqufune retrospective de trois albums (sur laquelle on devrait retrouver Je vais a Londres, Jfai un amour qui ne veut pas mourir et autres succes.) serait prevue pour lfete, chez les disques Merite.HHH1.2 LE TANGO DE LfAMOR Anne-Marie Gelinas Leila/Jamil/Select Vingt ans a ecumer les petits bars paumes, avant de nous donner ce premier album profondement personnel.Autant dire qufAnne-Marie Gelinas, fille de Marc et femme de coeur, a eu le temps de murir son univers plein de tangos, de pianos et dfune noirceur pas toujours facile a avaler.La dame sfinscrit a deux pieds dans la tradition chansonniere, mais y apporte sa á twist â a elle : onze chansons qui debordent de fragilite et dfemotion brute, de conscience sociale ou feministe et dfinconscience amoureuse.On pense a Celine Delisle dans cette facon de montrer les ecorchures, sans se garder de á pftite gene â.Lfame a vif, Anne-Marie Gelinas chante en equilibre entre lfamour et la mort, la douceur et la douleur.Un disque audacieux parce qufen marge de tout, mais une poete/ chanteuse comme il y en a trop peu par chez-nous.Jean-Christophe Laurence JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Blip.Ouvre le lecteur.Mets le CD.Cette voix de vieux loup de ville.Mais a qui est-ce ?Pierre Harel ?Pas assez betail.Tabra ?Trop keb.Francoeur ?Naaa.Claude Peloquin.Fallait y penser, ca parle de cul.En fait, ca parle surtout des femmes.De toutes les femmes.Ca parle dfamour surtout.Du mal amour, des rendez-vous manques, perdus.Et de solitude dans la grande ville.Vous etes rassures (cfest relatif !).Sur son premier disque en vingt ans (dernier en date : LfOuverture du paradis, 1979) Peloquin nfa pas trop change.Juste un peu plus serieux.Juste un peu plus á gris â.Pelo a tellement peu change qufil reprend meme ses anciennes tounes.Il se reapproprie Lindbergh, le hit de Charlebois dont vous savez surement qufil a ecrit les paroles.Et puis ?Mouais.Cette musique glauque a saveur electro, ces chorus de nymphettes genre Mitsou, ce texte declame en voice over a grands renforts de soupirs, pas sur.On dirait Peloquin se prenant pour Gainsbourg.On dirait Peloquin qui se formate pour pogner en France.Nouvelle version de Monsieur lfIndien itou.Son hit a lui.Personnellement, jfaurais prefere qufil nous refasse Maman Vagin.Cfest surement moins profond (encore que.), mais au moins on aurait ri.Le reste ?Des hauts, des bas.á So so â comme disent les blokes.Peloquin recite ses textes dans un emballage techno-pop vaguement moderne.Constat : plus les musiques sont radicales, plus Peloquin decape.A ce chapitre, Le Grand Coup du metro et lfOurs polaire sont les deux belles reussites.Par contre, la tentative de chant sur Atrocite est une veritable.atrocite.Et lfAmour guitare, une piece plus que quelconque.Dans le fond Claude Peloquin sera toujours plus le fun a lire qufa entendre.Je ne connais personne qui va ecouter ce disque-la tous les jours en se levant.Cela dit, si tous nos paroliers pondaient des textes aussi allumes que les siens, notre chanson ne sfen porterait que mieux.Et si tous les types de 57 ans osaient encore faire des disques comme celui-la, il y aurait pas mal plus de jeunes au Quebec.HHH TOUT LE MONDE AU CIEL Claude Peloquin Musiart/Gam PHOTOTHEQUE, La Presse c Sur son premier disque en vingt ans, Claude Peloquin nfa pas trop change.Juste un peu plus serieux.Juste un peu plus á gris â.Quelques titres Dutoit-OSM : un disque de 1996 dfune obscuremaison PolyGram, le consortium englobant Decca / London, Deutsche Grammophon et Philips, porte maintenant le nom de Universal et, en consequence, dfautres appellations ont aussi ete modifiees.Ainsi, le nom London nfexiste plus.Pour des raisons dfordre legal trop longues a expliquer, le nom servait jusqufa present a identifier sur le territoire nord-americain les disques paraissant en Europe sous la marque Decca.Desormais, le nom Decca est seul employe.Maintenant que le nouveau nom est impose, Universal (ex-PolyGram) rompt un silence de deux ans et commence a publier les ultimes enregistrements dfune association de 18 ans avec Dutoit et lfOSM.On sait que deux Berlioz, le Requiem et LfEnfance du Christ, sont encore a paraitre.Pour lfinstant, voici un programme Respighi enregistre en 1996 apres des executions en concert, plus precisement La Boutique fantasque (dfapres Rossini) et Impressioni brasiliane.Depuis qufil a quitte Decca, le tandem Dutoit-OSM a fait deux disques chez EMI avec la pianiste Martha Argerich et il vient tout juste dfen faire deux autres avec la violoniste Leila Josefowicz chez Philips (lfune des marques de Universal).Un troisieme disque EMI avec Argerich est prevu pour le printemps prochain, groupant le deuxieme Concerto de Saint-Saens et les Variations symphoniques de Franck que lfex-femme de Dutoit jouera ici les 23 et 24 mai.Il est aussi question dfun premier enregistrement EMI de lfOSM seul, avec comme piece de resistance les Variaciones concertantes de Ginastera donnees recemment en concert.Un autre Hamelin Incontestablement le pianiste canadien qui enregistre le plus, Marc-Andre Hamelin figure sur un nouveau disque Hyperion cette fois de musique contemporaine.Il y propose The People United Will Never Be Defeated !, de Frederic Rzewski, oeuvre formee de 36 variations sur une chanson revolutionnaire chilienne et concue comme un hommage au mouvement culturel ne sous le regime Allende.Hamelin avait joue cette oeuvre a Montreal, aux Evenements du Neuf, en 1988.Musici : trois titres Yuli Turovsky et ses Musici enregistrent ces jours-ci trois nouveaux disques pour Chandos.Les programmes : des oeuvres jouees en concert cette saison et quelques inedits.Mentionnons, entre autres, la Fantaisie pour saxophone de Villa-Lobos, avec Isabelle Lapierre, le Concerto pour clarinette de Copland, avec Charles Neidich, la Sonate pour violon et orchestre de chambre de Schnittke, avec Stepan Arman, et le Concerto pour cordes et percussions de Guarnieri.Le Trio Franz Joseph Mireille Lagace, pianofortiste, Olivier Brault, violoniste, et Marcel Saint-Cyr, violoncelliste, viennent dfadopter le nom de Trio Franz Joseph pour designer lfensemble qufils ont forme pour lfexecution en concert, a McGill, de lfintegrale Haydn.ATMA souligne cette decision en realisant un premier disque avec ledit trio.Il groupe les trios portant les numeros 13, 25, 27 et 32 au catalogue Hoboken des oeuvres de Franz Joseph Haydn.CLAUDE GINGRAS Un envoi de 10 disques nous signale lfexistence dfune marque torontoise dont nous nfavions jamais entendu le nom : Furiant.Le mot designe une danse tcheque rapide et son choix nfest certainement pas etranger aux origines du fondateur et principal producteur de la maison.Creee en 1996, Furiant partage son catalogue entre inedits et reprises dfenregistrements provenant de diverses sources, notamment lfancien catalogue 33-tours de Radio-Canada / CBC.Lfindustrie du disque rejoint aujourdfhui un public extremement diversifie.Certains titres etonnent par leur esoterisme, mais on sait qufils trouvent preneurs, fut-ce en petit nombre.Ces disques Furiant illustrent le phenomene ; tous cependant reunissent les qualites souhaitees dfexecution et de realisation technique.Furiant fait de bons disques.On souhaiterait simplement que les annotations soient toutes bilingues.Des 10 disques recus, le plus satisfaisant quant au programme, a lfinterpretation et a la prise de son, est celui de Marta Hidy, violoniste hongroise etablie au Canada anglais en 1957.Hidy est representee ici par des enregistrements qui, realises pour la CBC entre 1968 et 1975, reproduisent fidelement son jeu vigoureux et sa riche sonorite dans la premiere Rhapsodie de son compatriote Bartok, la Sonate op.94a de Prokofiev, le rare Adagio de son maitre Kodaly, un authentique Tzigane de Ravel et la Sonate de lfavant-gardiste canadien John Weinzweig.Il est heureux qufun disque entier soit consacre a Weinzweig.La encore, des enregistrements CBC, cette fois de 1957-1987, et groupant le Concerto pour piano ou sfaffrontent soliste et orchestre, lfamusant Hockey Night in Canada pour choeurs se repondant, et ce Wine of Peace servi par la grande voix de Mary Simmons.Trois ensembles de chambre favorisant les vents jouent des pieces connues des seuls praticiens de ces instruments : par le Meridian Trio (flute ou piccolo, hautbois, piano ou clavecin), Prevost et Hetu voisinant avec les inconnus Madeleine Dring et Franz Reizenstein ; par le quintette Essex Winds, de negligeables Telemann, J.C.Bach, Haydn et Beethoven en transcription ; par les membres de Musica Viva en differentes combinaisons, Poulenc, Jean-Michel Damase et Scott Joplin.Le Toronto Chamber Choir (qui chante une piece de Pablo Casals, le legendaire violoncelliste) et lfensemble Cantus Vocum, de Terre-Neuve, appellent le meme commentaire : du travail bien fait, pour specialistes.La pianiste Mary Kenedi est producteur associe chez Furiant, qui distribue maintenant les Bartok qufelle grava autrefois pour lfobscure marque Echiquier.Pour Furiant, Kenedi propose un programme canadien dont le meilleur moment est la Sonate academique de Talivaldis Kenins.Un autre pianiste, Alexander Tselyakov, Russe etabli a Toronto, signe avec talent une á carte de visite â melant Bach (Prelude et Fugue BWV 853), Haydn (Sonate no 33), Liszt (Rhapsodie hongroise no 13), Ravel (Gaspard de la nuit) et Stravinsky (Petrouchka).Enfin, un disque consacre aux travaux de Ann Southam revele que, des 1976, cette pionniere canadienne de lfelectroacoustique experimentait en minimalisme.Disques de la marque canadienne Furiant (chaque numero est precede de la reference FMCD).HHHH MARTA HIDY, violoniste, avec accompagnements de piano : Bartok, Bloch, Prokofiev, Weinzweig, Kodaly, Ravel 4600-2 HHH1.2 WEINZWEIG : Divertimento pour basson et cordes, Wine of Peace, pour voix et orchestre, Concerto pour piano et orchestre, oeuvres chorales.George Zuckerman, bassoniste, Mary Simmons, soprano, Paul Helmer, pianiste, Opera in Concert Chorus, et diff.orchestres 4602-2 HHH MERIDIAN TRIO : Dring, Prevost, Gaubert, Musgrave, Hetu, Reizenstein 4603-2 HH ESSEX WINDS : Telemann, J.C.Bach, Haydn, Beethoven 4606-2 HH MUSICA VIVA : Macmillan, Damase, Poulenc, Kuzmenko, Joplin 4614-2 HH TORONTO CHAMBER CHOIR : Willan, Casals, Grieg, Victoria, etc.4607-2 HH CANTUS VOCUM : Schubert, Rachmaninov, Saint-Saens, Raminsh, etc.4609-2 HH MARY KENEDI, pianiste : Horwood, Kenins, Gardiner, Kuzmenko 4613-2 HHH1.2 ALEXANDER TSELYAKOV, pianiste : Bach, Haydn, Liszt, Ravel, Stravinsky 4601-2 HH ANN SOUTHAM : musique electroacoustique 4604-2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 1 3 JUIN 1999 disques World 1/2 CAFÉ ATLANTICO Cesaria Evora RCA/BMG Avec Café Atlantico, Cesaria Evora rend hommage aux petits bars des ports de mer, ceux du littoral cape-verdien en général, et ceux de Min-delo en particulier, la ville où elle a fait ses débuts.Avec toute la nostalgie de circonstance, elle reprend d'ailleurs Vaquinha Mansa et Tere-zinha, deux chansons qu'elle chantait à 20 ans.Plus que jamais, on pourrait croire que la dame est fidèle à ses racines.Et pourtant, Cesaria n'a jamais autant voyagé.Sur ce disque produit à Paris, cinq titres ont été orchestrés par le Brésilien Jacques Morelenbaum, mieux connu pour son travail avec Cae-tano Veloso.D'autres ont été enregistrés à La Havane avec le percus-sioniste Tata Guïnes.Tout cela donne un album à la fois semblable et différent des précédents, ponctué d'arrangements colorés, nettement plus ambitieux (cordes, cuivres) quoique toujours au service de la chanteuse.qu'on retrouve égale à elle-même : chaleureuse, maternelle et profondément attachante.Jean-Christophe Laurence ?**l/2 ANGOLA 72-74 Bonga Lusafrica/Coeur de Lion/Musicor Le hasard fait bien les choses : en même temps que le nouveau disque de Cesaria Evora, on peut maintenant trouver une reédition de l'Angolais Bonga.Grâce à Angola 72-74, on découvre ou redécouvre un artiste majeur de la lusophonie africaine, qui chantait la saudade avant la chanteuse aux pieds nus.Le parcours de Bonga est peu banal : il a grandi dans les bidonvilles en Angola, en pleine période de pré-décolonisation.Exilé au Portugal en 1966, il se consacre au sport (exchampion de course à pied) tout en continuant la musique.C'est à Rotterdam qu'il produit finalement les chansons qu'on retrouve sur ce disque.Le charme envoûtant de Bonga tient autant à sa voix de bluesman, râpeuse et triste, qu'aux fines conceptions de ces ballades, construites avec économie, dans l'esprit de la Semba (forme primitive de samba, sur un tempo beaucoup plus lent).Pour tous les amoureux de la saudade, d'Evora à Lilison di K an axa, Angola 72-74 est un émouvant retour aux sources.Nora Ben Saàdoune ?*?HAIKU Michel Dubeau World Chart/Fusion III Le haïku, nous apprend le communiqué, est une poésie « pure et claire comme le cristal », très influencée par le zen.Le souffleur Michel Dubeau (déjà entendu avec Michel Cusson et le groupe Gakki) a poussé l'idée plus avant, en transposant musicalement l'esprit du haïku.D'où la forte saveur orientale, pour ne pas dire typiquement japonaise.Dubeau utilise des flûtes de bambou traditionnelles (le shakuhashi) et d'autres instruments à vent typiquement nippons.Pour l'accompagner dans cette démarche qui relève autant des musiques du monde que du jazz (et, jusqu'à un certain point, des disques de Jean-Pierre Rampai) on retrouve Guy Thouin aux percussions et Shane Mackenzie à la contrebasse.Claude Maheu, et surtout Kasuyo Tsujimoto, s'ajoutent au périple en récitant les courts poèmes en anglais ou en japonais.Rare faute dans ce parcours aussi exploratoire que planant : reprendre Blackbird des Beatles, à la manière haïku.Discutable on ne peut plus, dirait Yoda.Christophe Laurence ?1/2 DALAI BELDIRI Yat-Kha Tuva.Région montagneuse jouxtant la Sibérie et la Mongolie du nord.Le Nunavut de la Russie orientale.Le bout du monde en quelque sorte.De là nous viennent les chants séculaires les plus inouïs qui soient.Imaginez mettons, un mélange entre le chant de gorge de nos Inuits et les incantations d'un lutteur de sumo.Dans un esprit d'ouverture sur le monde, le trio Yat-Kha perpétue cette fascinante mémoire musicale en y intégrant quelques influences extérieures.La photo centrale de la pochette vaut d'ailleurs mille mots : deux membres du groupe posent fièrement devant un paysage aride et infini, avec une guitare traditionnelle (le yat-kha ?) et une six cordes électrique posées sur la tombe d'un ancêtre.Ajoutez de la bombarde, des percussions et cette voix impossible, et le voyage sera complet.Jean-Christophe Laurence L'héritage du roi de l'afro-beat JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Fela Kuti, roi de l'afro-beat, n'a jamais été autant à la mode.Deux ans après sa disparition (à cause du sida, rap-pellons-le) le James Brown/Bob Marley du Nigeria fait encore planer son ombre sur les réseaux de la world music et du funk africain.Deux essentiels coffrets de six disques chacun viennent d'être lancés sur le marché, incluant des cartes couleurs des plus belles femmes de son harem (mais oui !).De son côté, son fils Fémi (qu'on aurait bien aimé voir dans un de nos festivals cet été.) poursuit la tradition paternelle avec un second album sorti tout récemment.Et voici que Tony Allen, illustre batteur du non moins légendaire groupe de Féla, les Africa 70, lance un disque solo majoritairement instrumental, pensé, conçu et interprété selon la pure recette Kuti.Ce qui implique une bonne part d'engagement politique (« Black voices are everywheeere.) mais surtout beaucoup de grooves contagieux et ÛjQck uoiœs ' Vf* - une tonne de rythmes hypnotiques qui s'écoutent soit pour danser, soit pour faire toute autre activité corporelle digne de ce nom, de ' l'amour physique au simple lavage de vaisselle.Tony Allen a été un grand responsable du « son » Féla Kuti, de ces beats à la fois traditionnels et funky.Si sa signature est recon-naissable sur Black Voices, il re- \u2022 hausse la sauce avec une production résolument moderne (signée Doctor L, producteur rap franco-ir- * landais reconnu, responsable du \u2022 dernier album d'Assassins) où rythmes tribaux, guitares électriques et nouvelles technologies se rencontrent dans la jungle urbaine.Le résultat est rien de moins qu'irrésistible.Que Féla dorme en paix, sa flamme brûle encore.Avec Tony Allen, l'héritage du maître palpite et l'afro-beat fait son entrée officielle dans le troisième millénaire.BLACK VOICES Tony Allen Comet/Fusion III Hip-Hop 4 vrac 1/2 PREMIÈRE CLASSE Les sessions, vol.1 Différents artistes Sàrcelite / Hostile / Virgin / EMI Pas moins de 51 artistes ont participé à ces « sessions » initiées et réalisées par les cinq gars de Première Classe, du Secteur À.C'est plus qu'une simple compilation : les 16 morceaux de l'album sont inédits, et dans cette première classe se rencontrent de fines lames du hip-hop français, sur un aller-retour Paris-Marseille.Cela donne lieu à de belles associations, comme Ideal J, Shurik'n et Hamed Dàye sur Animalcmmt Vôtre, ou Ak-henaton, Àrsenik et Pit Baccardi sur L'art de la guerre.Sur le disque figurent aussi la Fonky Family, Passi, Oxmo Puccino, Rocca, et des rappeurs montants comme Eben, Pit Baccardi.Beaucoup de monde, donc, mais la marque Secteur À (d'où viennent Passi, Doc Gynéco, Stomy Bugsy) est toujours recon-naissable.Cela tient à un humour sarcastique, une légèreté et une diversité dans les beats (seventies, funk, ragga), qui n'ôte rien à la dureté des textes.On embarque sans problème.Nora Ben Saàdoune ?L'PALAIS DE JUSTICE Freeman Delabel / Virgin /EMI Dès les premières secondes du Palais de justice, pas de mystère : on a bien affaire à un poulain de l'écurie IAM.Freeman, longtemps danseur du groupe, passe donc au micro pour un album solo, dans le cadre de la stratégie d'occupation perma- nente du terrain qu'IAM cultive ces dernières années.Freeman remplit la mission : son disque reproduit fidèlement le son associé à Marseille, lourd et mélancolique.Soutenu par les Turntable Dragun'z aux scratches, par Akhenaton et Imhotep (qui réalisent à eux deux une grande partie de l'album).Freeman n'a pas dû se sentir seul.Et les textes, il les a écrits avec K.Rhyme le roi.Alors que dire ?C'est un disque formule IAM sans surprise, très bien fait, aux textes bien balancés.C'est surtout quand le caractère distinctif de Freeman et K.Rhyme (leurs origines algériennes) est mis en avant, avec Le voile du silence, Bladi (avec Khaled) que le disque a le plus de personnalité.Décidément, cette année, l'album-massue de Marseille devrait venir du brillant Faf la Rage, à la fin du mois.Nora Ben Saàdoune Ruffhouse Records Greatest Hits Ruflhouse/Columbia/Sony Comme son nom l'indique, ce disque célèbre les hits majeurs du label Ruffhouse : Fugees en tête, avec aussi Kriss Kross, Cypress Hill, ï John Forte.Pour ceux qui n'ont pas \u2022 assez entendu Killing Me Softly ou Insane in the Brain.Il doit bien en res-' ter un ou deux.\u2014 NB.S.The Amazing Jockel Brothers Insane Clown Possee Island/Universal Un maquillage à la Kiss, des guitares heavy metal, du gangsta rap à la Snoop, une attitude Beastie Boys / Cypress Hill : il est clair que Jack and Jack, de Insane Clown Possee, ne veulent surtout pas réinventer la roue, mais s'amuser autour de clichés.L'intérêt est à la mesure de leur imagination : extrêmement limité.\u2014 NB.S.Hempstead High A+ Universal Nouvelle recrue de Kedar Entertainment (Erykah Badu), le jeune A+ est effectivement un bon élève, qui prête sa voix à du r'n'b ultra-cal ibré, empruntant largement dans le fond soul / disco ; Chico De-Barge et Erykah Badu font une apparition pour épauler le jeunot.Ra-diophoniquement efficace.\u2014 NB.S.L'élégance.sans gri Ll MIRCRIDI OANl DANS II CAMI \"Mode Personnage incontournable de l'histoire JL.politique québécoise et trifluvicnne, Maurice Duplessis disparaissait en 1959.Pour commémorer le 40e anniversaire de sa mort, en 1999, la scène culturelle de Trois-Rivières s'anime comme jamais.EXPOSITIONS ET ANIMATION \u2022 Musée des Ursulines - La famille Duplessis et son époque * \u2022 Musée Pierre-Boucher - Maurice Duplessis.l'homme, le collectionneur * \u2022 Centre d'exposition sur l'industrie des pâtes et papiers « Duplessis selon La Palme, caricaturiste - \u2022 Manoir de Nrverville - Portrait de Duplessis - \u2022 Théâtre de rue et théâtre historique \u2022 Musée des arts et traditions populaires du Québec La télésérie Duplessis, en plein air \u2022 Les années Duplessis : tmme sotiore » \" Charb, 99 INFORMATION 1 800 313-1123 1 7LP1001B0613 B10 DIMANCHE ZAP 7LP1001B0613 ZALLCALL 67 00:48:28 06/13/99 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Une Française et un Américain couronnés à la Biennale de Venise La Philharmonie de Berlin élit son nouveau chef Agence France-Presse Simon Rattle part grand favori VENISE La Française Louise Bourgeois et l\u2019Américain Bruce Nauman ont été désignés lauréats du Lion d\u2019or de la 48ème Biennale d\u2019Art Contemporain de Venise qui a été inaugurée samedi.Les deux artistes ont été récompensés en tant que « deux maîtres vivants de l\u2019art contemporain » lors de la cérémonie d\u2019inauguration présidée par le secrétaire d\u2019Etat à la présidence du Conseil, Franco Bassanini, dans les Giardini di Castello de Venise.Louise Bourgeois, née en 1911, dont l\u2019oeuvre est centrée sur « les blessures subies par les femmes dans la société » expose à Venise trois sculptures textiles.Bruce Nauman qui travaille sur les corps en les déformant présente une installation-video d\u2019un homme qui se met le doigt dans l\u2019oeil.Le prix International de la Biennale de Venise a par ailleurs récompensé Doug Aitken (USA), Cai Guo-Qiang (Chine) et Shirin Neshat (Israël).Un prix non officiel, décerné par l\u2019Unesco pour la promotion des Arts, a été attribué à l\u2019Egyptienne Ghada Amer.Un total de 102 artises, venus de 59 pays différents, sont exposés à la Biennale de Venise baptisée cette année « dAPERTutto », ouvertes à tous les styles, et dont les lieux d\u2019exposition ont été agrandis et rénovés.La Biennale sera ouverte au public à partir de dimanche et jusqu\u2019au 7 novembre.Lors de sa précédente édition, 170.000 personnes étaient venues la visiter.Agence France-Presse BERLIN La Philharmonie de Berlin pourrait élire dès lundi son futur chef titulaire, un événement qui est au monde musical ce que l\u2019élection du pape est à l\u2019Eglise catholique.Super-favori de ce scrutin: le Britannique Simon Rattle, 44 ans.Sa popularité est telle parmi les quelque 125 musiciens de la Philharmonie, qu\u2019ils pourraient le porter à leur tête dès le premier tour de scrutin, à bulletins secrets, laisse-ton entendre dans les couloirs.Le jeune chef deviendrait ainsi le sixième titulaire du pupitre en un peu plus d\u2019un siècle.Il succéderait à Claudio Abbado en 2002, s\u2019inscrivant dans une lignée de légende qui compte Hans von Buelow, le père fondateur, Wilhelm Furtwaengler et bien sûr Herbert von Karajan.Favori des musiciens, Simon Rattle l\u2019est aussi du public qui a ovationné \u2014 à dessein \u2014 son programme Pierre Boulez (Eclats) et Gustav Mahler (7ème Symphonie) la semaine passée.«Si cela ne tenait qu\u2019au public, il serait déjà élu», commentait-on déjà.Même la presse allemande est sous le charme.Le critique musical du quotidien Die Welt lui a décerné un «un plus (la meilleure note en Allemagne) avec étoile».Face à Simon Rattle, une seule autre candidature semble faire le poids, celle de l\u2019Israélien Daniel Barenboïm.Sa personnalité très médiatique, ses multiples engagements à Chicago ou à l\u2019Opéra d\u2019État de Berlin (Staatsoper) ou ses escapades vers le tango pourraient toutefois lui nuire.Dans cette joute qui se livre la baguette à la main, Simon Rattle a pour lui la jeunesse, argument de poids pour un orchestre profondément rajeuni ces dernières années, et son goût pour le répertoire contemporain qui pourrait favoriser le renouvellement du public.En faveur de Barenboïm plaide sa familiarité avec le grand répertoire classique et romantique dans lequel il a déjà démontré tout son savoir-faire à la tête de l\u2019orchestre.Les noms de plusieurs outsiders circulent également dans la presse allemande.On parle du Finlandais Esa-Pekka Salonen, chef de l\u2019Orchestre de Los Angeles, du Letton Mariss Jansons, très apprécié des musiciens de la Philharmonie, ou même de l\u2019Américain Lorin Maazel.Quoiqu\u2019il en soit, l\u2019orchestre berlinois mérite plus que jamais sa réputation de «République orchestrale » (Furtwaengler) avec l\u2019organisation de ce scrutin.Pour la première fois, son nouveau chef titulaire sera élu à bulletins secrets dans un vote par correspondance.Pour être investi dès le premier tour, Simon Rattle devrait obtenir la majorité absolue.Sinon, un second tour de scrutin, dont l\u2019issue serait plus ouverte, sera organisé dans les prochains jours.Son résultat pourrait être connu aux alentours du 23 juin.Ni la direction de la Philharmonie, ni, a fortiori, les autorités régionales de Berlin n\u2019ont leur mot à dire dans cette procédure aussi subtile que secrète, du ressort exclusif des musiciens.Une procédure conforme à l\u2019autogestion qui est la marque de fabrique de l\u2019orchestre et qui lui a permis d\u2019atteindre les sommets.De la même façon, chaque instrumentiste est choisi par ses pairs après une audition implacable et une période probatoire de un, voire deux ans.Depuis Karajan, qui s\u2019estimait lié à vie à la Philharmonie (il ne l\u2019avait quittée que trois mois avant sa mort), la page des autocrates a été tournée.Claudio Abbado, 65 ans, n\u2019aura ainsi réalisé que deux mandats de 6 ans à la tête de l\u2019orchestre.Quelque peu contesté, il aura eu l\u2019élégance d\u2019annoncer longtemps à l\u2019avance son intention de le quitter pour «lire davantage, s\u2019adonner à la voile et au ski».En bref Litige de droits sur Ali n La division du cinéma de Sony a demandé à un tribunal de rejeter une poursuite de deux anciens proches de Muhammad Ali.Ceux-ci veulent empêcher Columbia Pictures de tourner un film, avec Will Smith dans le rôle du boxeur.En mars, Jason Hirschfeld et Jabir Herbert Muhammad, qui fut conseiller d\u2019Ali, avaient entamé leur action, plaidant qu\u2019une société, créée en 1988, faisait d\u2019eux des partenaires de l\u2019ancien champion pour « toute histoire biographique ou autobiographique ».Selon les avocats de Columbia, le litige tient à un désaccord entre Ali et les deux plaignants et ne concerne nullement le studio.Hirschfeld est le fils d\u2019un ancien avocat du boxeur.Lonnie, la femme de l\u2019ancien Cassius Clay, a déjà fait savoir que leur action est « une attaque personnelle et préméditée » contre son mari.Beloved: l\u2019exorcisme Après un silence de cinq ans, Jonathan Demme est revenu là où on ne l\u2019attendait pas : un film sur l\u2019esclavage, Beloved, adapté d\u2019un prix Pulitzer de la romanicère Toni Morrison.Le magazine Première a fait le point avec lui.\u2014 L\u2019image très médiatique de votre actrice principale, Oprah Winfrey, ne vous a jamais rebuté ?\u2014 Avant de commencer, j\u2019étais obnubilé par son image de vedette du XXe siècle.J\u2019avais peur que ce soit tellement ancré dans l\u2019esprit des gens que ça les empêche de l\u2019accepter dans un rôle du passé, en femme hantée du XIXe siècle.Mais après lui avoir parlé, je me suis dit que j\u2019avais tellement envie de faire ce film que j\u2019allais passer outre cette appréhension.D\u2019ailleurs, mes acteurs peuvent tout essayer sur le film, il me reste toujours le final cut en dernier recours.Mais au cas où j\u2019aurais été en grave désaccord avec Oprah, je lui aurais probablement donné raison parce qu\u2019elle est la véritable mère du film et qu\u2019en plus je préférais donner le dernier mot à une femme noire.\u2014 Aucune exigence de sa part ?\u2014 Ah si ! Toni Morrison nous a dit qu\u2019au XIXe siècle une mère de famille africaine dotée d\u2019un bon embonpoint était appelée une « mammy ».Elle ne l\u2019avait pas mis dans son livre parce que le mot est très chargé d\u2019un point de vue racial.Alors, elle a préféré employer le terme de « mam ».Mais pour le film, on a voulu l\u2019utiliser et en finir avec cette vieille connotation péjorative.Mais Oprah a catégoriquement refusé en disant qu\u2019on pouvait lui faire jouer un personnage qui se fait violer, piétiner, mais que personne ne l\u2019appellerait « mammy » ! \u2014 Avait-elle besoin d\u2019être beaucoup dirigée ?\u2014 Pas plus que la plupart des acteurs.\u2014 Beloved, c\u2019est un portrait sur l\u2019esclavage, une tragédie personnelle sur un infanticide, ou une histoire de fantômes ?\u2014 Tout ça en même temps, le drame, l\u2019Histoire, le fantastique et l\u2019horreur mélangés.Mais, pour moi, c\u2019est avant tout un drame sur la capacité d\u2019aimer et celle, terrible et qui va avec, de commettre des atrocités.L\u2019histoire est fondée sur des faits réels.Une femme, Margaret Garner, qui était esclave dans le Kentucky, s\u2019est enfuie avec ses enfants à Cincinnati où elle a enfin pu connaître la liberté.Un mois plus tard, on est venu lui reprendre tout ça.Elle ne s\u2019est pas laissé faire et a préféré tuer ses enfants.Mais c\u2019est aussi la tragédie de cette famille qui partage sa maison avec un fantôme.\u2014 Les fantômes, vous y croyez ?\u2014 Je crois que lorsque les personnes meurent, leur esprit reste parmi nous.Moi-même, j\u2019ai été visité deux fois.La première visite, c\u2019était ma mère alors qu\u2019elle n\u2019était pas encore décédée, à un moment ou j\u2019avais été séparé d\u2019elle pendant très longtemps.La deuxième, c\u2019était un esprit qui attendait de moi plus que je n\u2019étais prêt à donner ; c\u2019était au cours d\u2019une nuit à Haïti alors que j\u2019y tournais un documentaire.Mais j\u2019ai eu aussi des visites très fortes dans mes rêves.Vous comprenez pourquoi ça a été très facile pour moi de créer dans Beloved cette réalité infestée par les esprits.Jonathan Demme et Oprah Winfrey pendant le tournage de Beloved.La duchesse était volage Bien avant les histoires de Diana, Camilla, Fergie, la famille royale britannique était ébranlée par un gigantesque scandale touchant le 11e duc d\u2019Argyll et sa femme Margaret ; leur histoire sera portée à l\u2019écran et c\u2019est Glenn Close qui incarnera la volage duchesse, morte en 1993, à l\u2019âge de 80 ans.Le duc, qui accusait la duchesse de l\u2019avoir trompé avec au moins trois hommes, présenta dans sa procédure de divorce, en 1963, une photo où on voyait son épouse s\u2019envoyant en l\u2019air avec un homme dont la tête avait été brouillée par l\u2019éclat du flash.L\u2019affaire connut tout un retentissement sur le thème du Mystère de l\u2019homme sans tête.Le rôle de la duchesse a d\u2019abord été offert à Jane Seymour, mais elle l\u2019a refusé parce qu\u2019elle n\u2019incarne jamais une femme qui n\u2019a pas, au moins, un bon côté Côté Jardin n Alexandre Jardin s\u2019attaque à son troisième film, Le Petit Sauvage, adapté de l\u2019un de ses romans.L\u2019histoire d\u2019un professeur dont la vie vole en éclats et qui s\u2019aperçoit qu\u2019il a trahi l\u2019idéal de ses 17 ans.Thierry Lhermitte ( déjà présent dans Le Zèbre de Jean Poiret, autre adaptation de Jardin ), Bernard Giraudeau et Irène Jacob seront les héros de ce film.Un encombrant cadeau n Marlon Brando voudrait bien savoir qui est le drôle qui a fait livrer chez lui un camion de crème glacée à l\u2019occasion de son 75e anniversaire de naissance.Le gigantesque acteur, qui ne l\u2019a pas trouvée drôle, a fait remorquer le camion jusqu\u2019à un refuge pour sans-abri.Pour l\u2019instant, le suspect No 1 est Jack Nicholson.Le plein de jouets n Un marchand de jouets de Los Angeles a accepté de fermer son magasin pendant une heure pour que John Travolta et son fils Jett puissent faire leurs emplettes en paix.Au bout d\u2019une heure, ils repartirent du magasin sans rien avoir acheté parce que le bambin de sept ans avait déjà à la maison tous les jouets du magasin.Recherché : maître vampire n Sept ans après son dernier film IP5, Jean- Jacques Beineix envisagerait de tourner son premier film en anglais, provisoirement intitulé Deal to the Millenium.Un projet qu\u2019il évoque depuis des années, adapté d\u2019un roman de Marc Behm ( l\u2019auteur de Mortelle randonnée ), La Vierge de glace.Jean Reno sera le principal interprète de ce long métrage fantastique, qui suit les traces de deux jeunes vampires en quête d\u2019un professeur.Pari pipé n Apercevant quatre jeunes gens qui jouaient au basket-ball à deux contre deux dans une cour, Jack Nicholson arrêta sa voiture et, s\u2019approchant d\u2019eux, leur paria qu\u2019il battrait facilement l\u2019une ou l\u2019autre équipe.Certains de faire une bonne affaire, les joueurs acceptèrent sans hésiter l\u2019offre de l\u2019acteur de 61 ans.Mais ils déchantèrent tout aussi vite en voyant descendre de la voiture le coéquipier de Nicholson, qui était nul autre que Michael Jordan.Après leur avoir infligé une défaite aussi rapide que décisive, le célèbre acteur et le non moins célèbre joueur, bons princes, refusèrent d\u2019accepter l\u2019argent des adolescents éberlués.SOURCES : Studio, Movieline, Premiere, Idols Glenn Close Sandra Bullock «Je ne veux plus m\u2019amouracher de mes covedettes.Je me suis fait une règle qui court sur deux semaines.On se retrouve artificiellement dans des situations très intimes avec un acteur.Ce n\u2019est pas normal, parce qu\u2019on passe plus de temps avec ce garçon qu\u2019avec celui qui compte vraiment pour vous.C\u2019est pour cela que je me donne maintenant un temps de réflexion de deux semaines.Au début, on se dit : « Il est merveilleux, si gentil, si attentif.» Puis, au bout de deux semaines, on en vient à conclure qu\u2019en fin de compte, il n\u2019est pas différent de tous les autres garçons que l\u2019on connait.Film Review AU JEU! n Film-événement réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1991 à partir d\u2019un best-seller autobigraphique de Marguertie Duras.L\u2019action se passe en Indochine dans les années vingt.De quel film s\u2019agit-il ?RÉPONSE : L\u2019Amant » J\u2019aimerais bien explorer la face sombre de l\u2019humain.Ce que j\u2019ai fait dans L\u2019Agent secret, mais personne n\u2019a vu le film ! On pense toujours à moi pour les divertissements, les films pour enfants.mais on n\u2019est jamais venu me demander de jouer Goebbels.Même pour rire ! Robin Williams Une question qui me taraude depuis longtemps, c\u2019est la place des femmes par rapport aux homosexuels.Quand on marche avec un ami homosexuel et que passe tout à coup un beau garçon, on n\u2019existe plus du tout.Les égéries homo sont généralement les femmes qui font rire, ou celles qui sont très belles.Celles qui se moquent des femmes et celles qui sont vraiment des femmes.Valérie Lemercier Je fais tous les jours trois minutes de conditionnement physique, puis je m\u2019étends, je prends un verre de vodka et je fume un bon cigare.Anthony Hopkins Guillemet Diminutif du nom de Guillaume, imprimeur qui, au XVIIe siècle, inventa ce signe destiné, selon sa proposition, à signaler les citations. 7LP1101B0613 B11 DIMANCHE ZAP 7LP1101B0613 ZALLCALL 67 00:52:15 06/13/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 B 11 Salles de répertoire AUSTERLITZ Cinémathèque québécoie (salle Claude-Jutra): 14h.CA BOUGE À CONCORDIA Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 17h.CHAT NOIR, CHAT BLANC Ex-Centris (3): 13h, 15h45, 19h, 21h45.COURS, LOLA, COURS Ex-Centris (2): 15h30, 17h30, 19h30, 21h30.CUBE Cinéma Impérial: 18h30.DREAM LIFE OF ANGELS (THE) Cinéma du Parc (1): 15h, 17h, 19h, 21h.FITZCARRALDO Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 21h.GO Cinéma du Parc (2): 17h15, 21h15.HÉRITIERS (LES), JEFF WALL Ex-Centris (1): 16h, 20h.LIFE IS BEAUTIFUL Cinéma du Parc (2): 15h15, 19h15.LUCKY PEOPLE CENTER INTERNATIONAL Ex-Centris (1): 14h, 18h, 22h.MAÎTRES DU TEMPS (LES) Cinéma Impérial: 13h.NAPOLÉON BONAPARTE Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 19h.NOËL ESQUIMAU - CAMÉRA 60 - JEUNESSE OBLIGE Cinémathèque québécoise (salle Fernand- Séguin): 20h.SUPERMAN - SUPERMAN: THE MOVIE Cinéma Impérial: 15h.WORLD\u2019S BEST COMMERCIALS Cinéma du Parc (3); 15h30, 17h30, 19h30, 21h30.Musique CHALET DE LA MONTAGNE Festival de musique de chambre de Montréal.Dim., 20 h, Bejun Mehta, haute-contre, Isabelle Bayrakdarian et Rosemarie Landry, sopranos, Catherine Robbin, mezzo-soprano, Benoit Boutet et Éric Laporte, ténors, Marc Boucher et Normand Richard, barytons, Quatuor Con Fuoco, Donald McInnes, altiste, Warren Jones et Louise-Andrée Baril, pianistes.Perche tacete (A.Scarlatti), Chanson perpétuelle (Chausson), Lieder op.91 et Liebeslieder Walzer (Brahms), avec chorégraphie.UNIVERSITÉ McGILL (Pollack Hall) Dim., 17 h 30, Ensemble de musique tibétaine.CHRIST CHURCH CATHEDRAL Dim., 13 h, Roger Admiral, pianiste, et Philip Hornsey, percussionniste.CHAPELLE N.D.DE BON SECOURS (400, Saint-Paul E.) Dim., 14 h, Chanteurs de la Pléiade.Dir.Pierre Turcotte.Musique de la Renaissance.ESPACE LIBRE (1945, Fullum) Dim., 14 h et 17 h, Nouvel Ensemble Moderne.Refus global.Conception et musique: Jacques Drouin.Mise en scène: Diane Dubeau.ÉGLISE SAINT-PIERRE-APÔTRE Dim., 15 h 30, Les Voix médiévales.Dir.John Baboukis.Chants byzantins et grégoriens.UNIVERSITÉ McGILL (Redpath Hall) Dim., 19 h 30, Chorale du Gesù.Dir.Patricia Abbott.Andrée de Repentigny, soprano, et Lucie Mayer, mezzo-soprano.Messe en ré mineur (Cornelius), Holst, Lauridsen, Saint-Saëns, Thompson.ÉGLISE NOTRE-DAME-DE-GRÂCE Dim., 19 h 30, Bruno Paquet, percussionniste, et Ensemble Mahapooram.Musique classique de l\u2019Inde.PLATEAU (Parc Lafontaine) Dim., 20 h, Symphonie des Vents de Montréal.Dir.Éric Levasseur.Williams, Holst, Chaussé.Théâtre THÉÂTRE DU RIDEAU VERT (4664, St- Denis) Deux Pianos, Quatre Mains, de Ted Dykstra et Richard Greenblatt.Trad.de Danièle Lorain.Mise en scène de Denise Filiatrault.Avec Gregory Charles et Jean Marchand.Du mar.au ven., 20h; sam., 15h et 20h.MONUMENT-NATIONAL (1182, St-Laurent) Iwouskéa et Tawiskaron, texte collectif dirigé par Yves Sioui Durand.Avec Clément Cazelais, Yvon Dubé, Gaétan Gingras, Catherine Joncas, Jean- Marc Niquay, Dominique Pétin et Yves Sioui Durand: 21h.Variétés CENTRE PIERRE-PÉLADEAU (salle Pierre- Mercure) Concert de musique traditionnelle chinoise pour luth pipa, avec Ye Xu-Ran et Liu Fang: 20h.THÉÂTRE ST-DENIS Peter MacLeod: 20h.8400 (2ième av., sous le chapiteau bleu et jaune) Le Cirque du Soleil.Dralion: 13h et 17h.LA PETITE LICORNE (4559, Papineau) Voyage sur fond d\u2019âme, de et avec Christian Beaulieu: 20h.CLUB SODA (5140, av.du Parc) Coda: 19h30.PETIT CAMPUS (57, Prince-Arthur E.) Slot Machine, Perséphone, Deadly Pale et Demolition: 20h.L\u2019AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Quartette Wonderland: 22h.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Shamane et Alain F.Lamontagne: dès 20h.SERGENT RECRUTEUR (4650, St- Laurent0 Contes traditionnels irlandais, avec Mike Burns: 19h30.CAFÉ SARAJEVO (2080, Clark) Carmen Picolo et Michaela: 21h.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Quartette Eric Khayat: 21h.2761026 2761281 2761228 7LP1201B0613 B12 DIMANCHE ZAP 7LP1201B0613 ZALLCALL 67 00:50:35 06/13/99 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 JUIN 1999 Un CD vendu sur trois est une copie pirate 2761240 Agence France-Presse LONDRES Les maisons de disques ont toutes les peines du monde à sensibiliser les gouvernements à la lutte contre le commerce de disques compacts pirates qui est devenue une industrie internationale, aux mains de criminels organisés.La Fédération internationale de l\u2019industrie phonographique (IFPI) estime que les ventes de CD pirates ont atteint 400 millions d\u2019unités en 1998 dans le monde, soit 33 % des ventes totales et une augmentation de près de 20 % par rapport à l\u2019année précédente, selon une étude publiée cette semaine par cette association regroupant la plupart des maisons de production.Alors qu\u2019une nouvelle menace pointe avec Internet, le piratage traditionnel atteint une efficacité redoutable.« La version pirate d\u2019un disque d\u2019un groupe ang l a i s s o r t i récemment a é t é commercialisée en Ukraine le jour même de sa sortie en Grande-Bretagne », a noté Rudi Gassner, président de BMG Entertainment, l\u2019une des cinq grandes maisons de production mondiales.La majeure partie des CD pirates est fabriquée en Asie mais la production de l\u2019Europe centrale et de l\u2019Est croît rapidement.Les trois principaux marchés sont de loin la Russie, la Chine et le Brésil, suivis de l\u2019Italie et du Mexique.Deux phénomènes ont été constatés récemment qui rendent particulièrement pessimistes les professionnels : l\u2019implication croissante du crime organisé et l\u2019internationalisation du trafic.« Lutter contre le piratage de la musique aujourd\u2019hui, c\u2019est lutter contre un commerce considérable, organisé et international », affirme Jay Berman, président de l\u2019IFPI.Deux récentes saisies ont montré l\u2019ampleur prise par le phénomène.En avril, la police de Hong Kong a intercepté un chalutier qui tirait sous l\u2019eau une barge en béton contenant 700 000 disques d\u2019une valeur de 645 000 dollars américains.La barge était équipée d\u2019un système à air comprimé permettant de la faire remonter à la surface pour le déchargement.En avril également, la police italienne a arrêté 14 membres présumés de la Camorra napolitaine qui organisaient un trafic entre l\u2019Asie du Sud-est, l\u2019Italie et la Russie.Le chiffre d\u2019affaires de ce réseau a été estimé à au moins 100 000 dollars par semaine.En 1998, 60 millions de CD pirates ont été saisis dans le monde, le double de l\u2019année précédente, mais cela n\u2019est qu\u2019une preuve supplémentaire du développement du trafic et la tendance est clairement à la hausse.Après plusieurs années d\u2019investissement, les pirates disposent maintenant de réseaux d\u2019approvisionnement et de distribution éprouvés, notent les responsables de l\u2019IFPI.Le pessimisme est d\u2019autant plus grand chez les professionnels que certains gouvernements ne mettent guère de moyens dans la lutte contre la production clandestine.Une victoire importante a certes été remportée en Bulgarie, qui était devenu un gros producteur illégal avant de sévir contre les pirates sous la pression des Américains et de la Commission européenne.Mais, le problème s\u2019est déplacé en Ukraine « où il y a à la fois un manque de volonté politique et un manque de cadre législatif approprié », déplore Jay Berman.« Nous avons besoin avant tout du soutien des gouvernements », affirme le président de l\u2019IFPI qui demande « des lois plus rigoureuses, appliquées avec plus d\u2019efficacité ».Devant l\u2019inaction des autorités, l\u2019IFPI en est venue à mettre en place l\u2019année dernière sa propre équipe d\u2019enquêteurs, principalement d\u2019anciens policiers et douaniers.Ceux-ci réunissent les informations, constituent un dossier et le présentent aux autorités locales dans l\u2019espoir de les forcer à lancer des poursuites.Pour une chanson.2761282 Pierre Vennat Le 10 juin 1969, le comité exécutif de la Ville de Montréal autorisait une dépense de 10 000 $ pour le spectacle que Gilbert Bécaud (accompagné de ses sept musiciens) devait donner la fin de semaine suivante à Terre des Hommes.Une somme additionnelle de 5000 $ était aussi votée pour Christian Bernard, chef d\u2019orchestre du spectacle de Bécaud.Ce cachet couvrait les six heures de répétition avec les 34 musiciens qu\u2019il avait sous sa direction.À la suite d\u2019une autre décision du comité exécutif, la chanteuse française France Gall, accompagnée de six musiciens, reçut 8850 $ pour cinq spectacles.Enfin, une dépense n\u2019excédant pas 14 980 $ fut autorisée pour la troupe de théâtre montréalaise Le Système Ribardier, qui présenta à 14 reprises la pièce Le Système Ribardier.Cette somme comprenait le cachet des comédiens, les droits d\u2019auteur, les décors, les salaires du décorateur, du directeur de plateau, du régisseur, du metteur en scène, etc.Claude Gingras chez Bozo Il y a 40 ans, Claude Gingras a décidé d\u2019aller faire son tour chez Bozo : « J\u2019ai vécu dimanche soir une petite expérience bien révélatrice, écrivait-il le 9 juin 1959.Oubliant les laissez-passer de journalistes, les entrées gratuites, les faveurs, je me suis fait, pour un soir, Monsieur Public et je suis allé, comme tout le monde, Chez Bozo.On traite bien les journalistes, mais c\u2019est incroyable ce que l\u2019on se moque du public ! » Gingras expliqua qu\u2019avant de s\u2019y rendre, il avait pris la peine d\u2019appeler pour s\u2019assurer que Clémence DesRochers serait bien là.Et que le spectacle, annoncé pour 21 h 30, débuterait à 22 h au plus tard.« Eh bien ! Clémence DesRochers n\u2019était pas là.Ou plutôt, elle est venue ouvrir le spectacle, avec ses camarades, laissant naturellement entendre qu\u2019elle ferait son numéro à son tour.Or, à minuit et demi, on nous a annoncé qu\u2019« elle n\u2019était pas bien ».Hervé Brousseau n\u2019y était pas non plus, mais cela, c\u2019est moins grave.Où est donc la conscience professionnelle de ces gens ?Pourquoi mettre leurs noms sur les affiches s\u2019ils ne se présentent pas ?Il faut naturellement applaudir au reste du spectacle : Raymond Lévesque, Jean Pierre, Jacques Blanchette, Claude Léveillée et même ce petit pianiste aux cheveux longs ont tous été formidables, mais l\u2019annonce de minuit et demi gâtait tout le plaisir que l\u2019on venait de connaître.Le spectacle lui-même a débuté à 23 h.Le temps, n\u2019est-ce pas, de faire boire et dépenser un peu les gens qui avaient pourtant déjà payé cher leur admission.» Chanter au Patriote « Il faut aller chanter au Patriote », titrait René Homier-Roy il y a 30 ans (10 juin 1969).« Si je recommande aussi chaudement à tous les interprètes d\u2019aller faire leur tour annuel au Patriote, ça n\u2019est pas que les sièges y sont devenus confortables, ou la température plus humaine.Ça n\u2019est pas non plus parce que les présentations (kétaines) s\u2019y sont améliorées.C\u2019est, plus sérieusement, parce qu\u2019aucune salle de Montréal ne permet ce contact presque direct que les artistes y ont avec le public.» De Ginette Ravel, Homier-Roy écrivait : « Je l\u2019ai découvert hier, Ginette Ravel est une interprète chaleureuse, pas tout à fait dégagée, pas tout à fait à l\u2019aise, mais chaleureuse tout de même.Et cette grande qualité, qui s\u2019ajoute à la présence, considérable aussi, que la chanteuse possède, il m\u2019aura fallu entendre Ginette Ravel sur cette petite scène pour le sentir.» Le ballet bat le hockey Il y a 40 ans (13 juin 1959), La Presse consacrait son cahier spectacles du samedi au ballet qui venait de Russie, car il y avait alors 50 ans que les Russes, pour la première fois, avaient débarqué en Amérique du Nord avec la troupe de Saint-Pétersbourg et de Moscou, et un programme de danses inspirées par le folklore et la musique nationale.Et comme l\u2019écrivait Jean Béraud, il y avait même eu un soir, le 25 avril 1934, « où pour la première fois (il avait) vu une assistance montréalaise à un spectacle de ballet battre, en nombre et en enthousiasme, les records du hockey ! » Il s\u2019agissait des fameux Ballets russes de Monte-Carlo, amenés au Forum par l\u2019imprésario Louis-H.Bourdon.Depuis 1909, rappelait-il encore, toutes les troupes importantes de ballet en Europe et en Amérique avaient été marquées par la présence et l\u2019influence des Russes.En 1917, Montréal avait applaudi Pavlova dans Giselle et le troisième acte de La Belle au bois dormant rebaptisé Fairy Tales.En 1929, Lifar avait présenté le 2e acte du Lac des cygnes avec la compagnie de Morkine.En 1949, la tournée de la troupe du Ballet de Paris était presque jetée dans l\u2019oubli par la sensation que créait le Sadler\u2019s Wells, devenu depuis le Royal Ballet, avec Ninette de Valois comme âme dirigeante.Et de conclure que « de Pavlova à Oulanova, de Thacikovsky à Prokofieff, de chorégraphe en maître de ballet, de tradition en innovation, la danse de ballet a depuis 50 ans brillé dans le monde grâce à la présence des Russes.» Martel louange Mordecai Richler Mordecai Richler a mauvaise presse au Canada français, on le sait.Bien sûr, il a couru après, mais on peut être tout à la fois détestable, démagogue et un romancier talentueux.C\u2019est le cas de Mordecai Richler comme le constatait Réginald Martel il y a 30 ans déjà.Martel écrivait alors (14 juin 1969) : « Sans entrer dans un débat dont les couleurs politiques ont déjà délavé les aspects essentiels, il faut bien voir ce qui est évident : la question linguistique sépare ce que les différences raciales ou ethniques ne suffisaient pas à séparer.Il n\u2019y a pas à Montréal deux groupes, encore qu\u2019on puisse ainsi réduire la réalité, mais dix ou vingt ou trente.La littérature, instrument privilégié de communication, n\u2019est pas traduite au Canada, à quelques exceptions près.Le plaisir de lire les oeuvres de Mordecai Richler est donc limité à un nombre relativement réduit de francophones.» Mais il le recommandait fortement à ceux-là qui peuvent lire l\u2019anglais.PHOTOTHÈQUE, La Presse © Les jeunes admirateurs de Gilbert Bécaud se pressaient autour de lui à son arrivée à l\u2019Expo 67."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.