La presse, 16 juin 1999, Cahier A
[" 3LP0101A0616 Page A1/16juin 3LP0101A0616 ZALLCALL 67 00:44:48 06/16/99 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, mercredi 16 juin 1999 60 ¢ TAXES EN SUS ÎLES - DE - LA - MADELEINE 1 $ PAPIER PARCHEMIN À L\u2019ACHAT D\u2019UNE PLUME FONTAINE 2756657 (514) 277-3127 Une seule adresse 7139, rue St-Hubert www.bijouterieleroy.com GRATUIT 115e année No 233 88 pages, 6 cahiers Les infirmières vont récidiver dès demain Bouchard réclame des sanctions DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC La première journée de débrayage illégal des infirmières laisse entrevoir des brèches profondes du côté patronal : les directeurs d\u2019établissements du réseau de la Santé seront réticents à appliquer les lourdes sanctions prévues par la loi 160, des représailles que réclame le premier ministre Lucien Bouchard.Alors que du côté patronal et chez les responsables des négociations à Québec on prenait pour acquis que le gouvernement passerait l\u2019éponge sur cette première journée complète de grève des 47 000 membres de la Fédération des infirmières, le premier ministre Lucien Bouchard décidait de mettre de la pression hier soir.« La loi doit suivre son cours dans tous les dossiers sans aucune exception », a-t-il dit, rappelant que la loi 160, l\u2019arme ultime adoptée pour freiner les grèves illégales en 1989, « faisait l\u2019obligation aux établissements et aux employeurs, d\u2019appliquer les sanctions ».« Sanctions automatiques », de rappeler M.Bouchard, les Voir BOUCHARD en A2 JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Même si les discussions se poursuivent avec la partie patronale, la Fédération des infirmières du Québec maintient son mot d\u2019ordre de débrayage illégal pour demain, après que la première de ses deux journées de « récupération », hier, se soit traduite par l\u2019annulation d\u2019environ 2000 chirurgies dans la province.En conférence de presse, la présidente de la FIIQ, Jennie Skene, a répété que les 47 500 infirmières membres de la centrale sont « extrêmement mobilisées » et qu\u2019elles continueront « jusqu\u2019à ce qu\u2019il y ait des actions concrètes à la table des négociations ».« Les infirmières sont conscientes des difficultés qui s\u2019annoncent à cause du débrayage illégal, a-t-elle dit, mais elles sont aussi conscientes que sans agir, c\u2019est peine perdue, elles se retrouveront sans doute au même point l\u2019an prochain, avec un peu plus de fardeau de tâche et encore moins d\u2019infirmières dans le réseau de la santé.» Les moyens de pression \u2014 qui, selon la FIIQ, ont été appliqués dans environ 90 % des hôpitaux où elle est présente \u2014 ont entraîné hier le report de plus de 2000 chirurgies d\u2019un jour et non urgentes, de même que la fermeture de la plupart des cliniques externes et de plus de 300 lits dans les hôpitaux de la province, a fait savoir l\u2019Association des hôpitaux du Québec (AHQ).La Cité de la Santé de Laval, l\u2019Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme et les hôpitaux de Saint-Hyacinthe et de Granby sont au nombre des établissements épargnés.Partout, les services critiques (urgences, soins intensifs, néonatalogie, etc.) ont été maintenus à 100 %, a reconnu l\u2019AHQ.Dans les autres services, la proportion tombait à environ 50 %, et les cadres et médecins ont dû mettre la main à la pâte.Dans certains cas, comme Voir LES INFIRMIÈRES en A2 Autres informations en page A24 PHOTO PC © Saluant de leurs pancartes les automobilistes montréalais qui klaxonnaient en les croisant, les infirmières de la FIIQ ont paru bien déterminées hier à maintenir la pression sur le gouvernement Bouchard.«Une île, une ville»: un référendum?Bourque songe à consulter les Montréalais sur cette question à l\u2019automne GILLES GAUTHIER Le maire Pierre Bourque défendra jusqu\u2019au bout son idée d\u2019« une île, une ville » et n\u2019exclut pas la tenue à l\u2019automne d\u2019un référendum pour exprimer l\u2019appui que les Montréalais accordent, selon lui, à ce projet.Aussitôt rentré d\u2019Amsterdam hier, le maire a accusé le premier ministre Lucien Bouchard et la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, d\u2019avoir profité de sa seule journée d\u2019absence depuis qu\u2019il a énoncé sa proposition, le 26 mai, pour « fermer le couvercle ».Selon le maire, les dirigeants provinciaux « ont paniqué devant la qualité de notre message et le nombre d\u2019appuis que nous avions obtenus ».« Je suis déçu que le débat ne puisse avoir lieu », poursuit M.Bourque.Il demande une rencontre avec M.Bouchard et attend de ce dernier qu\u2019il explique pourquoi il rejette son idée plutôt que de se contenter de « faux-fuyants ».« Je me serais attendu à ce que le premier ministre, ou Mme Harel, m\u2019appelle afin de discuter de notre document, qui est de très haut niveau ».Il trouve « inélégant » qu\u2019ils se soient prononcés sans lui en parler auparavant.M.Bourque entend rencontrer les Montréalais pendant tout l\u2019été afin de leur parler de son projet et « ne met pas de côté » l\u2019hypothèse d\u2019un référendum.Il ne lâchera prise que lorsque Québec aura adopté, à la fin de l\u2019année selon lui, une loi mettant en oeuvre des propositions gouvernementales.Quant à la nouvelle instance supramunicipale régionale proposée par Mme Harel, le maire la qualifie de « tour de Babel », ajoutant que la population ne verra pas l\u2019utilité de ce cinquième niveau de gouvernement, de cette « autre structure artificielle tout à fait détachée de la réalité municipale ».Il rappelle qu\u2019il a proposé l\u2019élargissement de la CUM « sans nouveau niveau de gouvernement ».Il se dit convaincu que les citoyens rejetteront l\u2019idée que l\u2019instance suggérée soit PHOTO ARCHIVES La Presse Voir «UNE ÎLE» en A2 Pierre Bourque L\u2019Église orthodoxe serbe souhaite le départ de Milosevic d\u2019après AFP, AP et La Presse PRISTINA, Yougoslavie Les luttes d\u2019influence se corsent au Kosovo, les combattants de l\u2019UCK refusant de désarmer et les Russes envoyant des renforts à leurs troupes retranchées autour de l\u2019aéroport de Pristina.Mais ces luttes, accompagnées de la découverte de nouveaux charniers et ponctuées d\u2019accrochages et d\u2019attentats ayant fait de nombreux morts et blessés, n\u2019ont pas éclipsé le drame humain et les vives tensions du conflit, ni éliminé les tiraillements à Belgrade et en Yougoslavie.Le Saint-Synode de l\u2019Église orthodoxe serbe a réclamé le départ du président yougoslave Slobodan Milosevic.Dans « l\u2019intérêt du peuple et de son salut », l\u2019Église a demandé la formation d\u2019un « gouvernement de salut national ».À Vienne, où il est arrivé en visite officielle avant le sommet du G8 à Cologne, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a donné raison au président américain Bill Clinton qui a dit qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019aide pour la Yougoslavie tant que Milosevic resterait au pouvoir.« Pour les gens de Serbie, c\u2019est un gros problème d\u2019avoir Milosevic comme président », a dit Chrétien.Quant à savoir qui doit payer pour reconstruire le Kosovo, le premier ministre a assuré que le Canada paiera sa part, quitte à devoir couper ailleurs.Milosevic a affirmé entre-temps que la Yougoslavie allait « s\u2019ouvrir au monde entier » et établir avec le monde et avec l\u2019Europe « des relations utiles et d\u2019égalité ».Le président serbe Milan Milutinovic a de son côté refusé la démission des 15 ministres ultranationalistes du Parti radical (SRS) de Vojislav Seselj, selon Tanjug.Seselj veut des élections législatives anticipées.L\u2019Armée de libération UCK s\u2019est Voir L\u2019ÉGLISE en A2 Autre texte en page B4 PHOTO AFP © Slobodan Milosevic saluant les résidants de la ville d\u2019Aleksinac, au sud de Belgrade, hier.199 JOURS AVANT L\u2019AN 2000 INDEX Petites annonces - index D19 - immobilier D19 à D21 - marchandises D21 - emplois D22, D23 - automobile D23, E5, E6 - affaires D8 Arts et spectacles E1 à E4 - horaire spectacles E4 - horaire télévision E2 - télévision E1 Bandes dessinées D21 Bridge E6 Décès E7 Économie D1 à D18 Feuilleton E6 Êtes-vous observateur D19 Horoscope E5 Laval/Laurentides A10 Loteries A2, A14 Mode C1 à C5 Monde B4, B5, B6 Mots croisés D20, S10 Mot mystère E6 Opinions B3 Politique B1 Rive-Sud/Montérégie A4 Tabloïd Sports - Robert Duguay S7 ÉDITORIAL Où est le rêve européen?- Frédéric Wagnière page B2 MÉTÉO Ciel variable Max.20, min.11 Cahier Sports, page 16 Voyagez et courez la chance de gagner une 2725738 Permis du Québec 8397, rue St-Denis M o n t r é a l ( Q c ) Tél: (514) 858-0011 1 888 302-6221 à chaque tranche d\u2019achat de 400$ 399Londres 489 $ $ Paris 489 $ Bruxelles 529 $ Frankfurt 489 $ Amsterdam 589 $ Spécial *Cuba Croisières Départ: juin \u2022 juillet à des prix imbattables Guardalavaca Cayo Coco Départs entre le 2 juillet et le 27 octobre 99 498$ À bord du Majesty of the Seas 1 499 $ (cabine int.) S HAITI pécial SPÉCIAL ACHAT-RACHAT Voiture pour 17 jours 599$ tout inclus Toulouse 569 $ Lyon 539 $ Toronto 189 $ Calgary 399 $ Vancouver 329 $ Orlando 199 $ Fort Lauderdale 239 $ (incluant vol aller-retour, tous les repas, les taxes et frais portuaires) À bord du Grandeur of the seas 1 478$ (cabine int.) Croisière aux Caraïbes À bord du Sensation 1 299 $ (cabine int.) 698$ Varadero Cayo Largo 498$ 548$ Départ juin 1sem.\u2022 formule tout inclus 3LP0201A0616 Page A2/16juin 3LP0201A0616 ZALLCALL 67 00:44:15 06/16/99 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 Suites de la une Les infirmières vont récidiver dès demain LES INFIRMIÈRES / Suite de la page A1 au pavillon Albert-Prévost ou à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, des infirmières ont toutefois accepté de quitter les lignes de piquetage pour prêter main-forte au personnel débordé.Dans les CLSC, « la situation a été vécue de manière moins difficile que ce qui avait été annoncé », selon la porte-parole de l\u2019Association des CLSC et CHSLD du Québec, Liza Massicotte.« Ça a été très différent d\u2019un établissement à l\u2019autre, certains ayant négocié dans la nuit des accommodements avec les syndicats locaux.Dans certains cas, les soins à domicile ont été offerts à 100 %, alors qu\u2019on s\u2019attendait à ce qu\u2019ils ne le soient qu\u2019à 30 %.» Les centres d\u2019hébergement n\u2019ont pas été trop affectés dans l\u2019ensemble, la FIIQ n\u2019y étant pas aussi présente.Reste que le débrayage fait mal aux patients et qu\u2019il le fera encore plus s\u2019il se répète demain.« Environ 5000 opérations pourraient être reportées cette semaine », affirme le vice-président exécutif de l\u2019AHQ, Daniel Adam.La violation de l\u2019ordonnance du Conseil des services essentiels, qui a enjoint lundi soir à la FIIQ de retirer son mot d\u2019ordre, rend les infirmières et leurs associations syndicales passibles d\u2019outrage au tribunal, et donc d\u2019amendes importantes.Aucune requête en ce sens n\u2019a toutefois encore été déposée, car la question « ne fait pas consensus », admet-on du côté des associations patronales.On préfère attendre de constater s\u2019il y a progrès dans les négociations avant de prendre une décision.La FIIQ, qui détient également un mandat de grève générale illimitée de ses membres, assure de toute manière que de telles menaces ne la feront pas plier.« L\u2019argent n\u2019affectera jamais notre décision », a lancé la troisième vice-présidente de la FIIQ, Michèle Boisclair.Responsable de la protection du public, l\u2019Ordre des infirmières du Québec, n\u2019a pas l\u2019intention de s\u2019immiscer dans le conflit, indique sa présidente, Gyslaine Desrosiers.« Les outils dont on dispose sont des recours qui touchent les pratiques non déontologiques individuelles, dans le cadre des relations avec le patient.Alors quand il y a 45 000 infirmières d\u2019impliquées, la loi ne nous donne aucun outil », a-t-elle dit.Le Conseil pour la protection des malades s\u2019est pour sa part dit « sensible à la cause des infirmières », ajoutant toutefois, dans un communiqué, qu\u2019il « ne peut accepter que les malades soient pris en otage pour régler des conflits entre employés et employeurs ».Aujourd\u2019hui, les infirmières travaillent comme à l\u2019accoutumée, mais les hôpitaux tourneront quand même au ralenti.Les chirurgies se feront en nombre limité, car plusieurs visites préopératoires prévues hier ont été annulées, tandis que les établissements veulent limiter autant que possible les admissions de patients, en prévision de la reprise prévue du débrayage, la nuit prochaine.Bouchard réclame des sanctions BOUCHARD / Suite de la page A1 établissements doivent couper deux jours de salaire pour chaque jour de grève et interrompre pendant 12 semaines la perception des cotisations syndicales, pour chaque jour de débrayage.Cette mesure avait coûté cinq millions à la FIIQ en 1989.Le conseil des ministres peut ajouter à la pression en faisant perdre aux syndiqués une année d\u2019ancienneté par jour de grève, ce qui n\u2019a jamais été appliqué toutefois.« Ces gestes illégaux ne ressemblent pas aux infirmières, ce n\u2019est pas conforme à leur éthique, ce n\u2019est certainement pas acceptable dans une société de droit comme la nôtre, on ne peut l\u2019accepter, en dépit de la sympathie qu\u2019on éprouve devant la qualité de leur travail », a dit M.Bouchard.Mais les dirigeants d\u2019établissements du réseau de la Santé se feront tirer l\u2019oreille, prédit- on au sein même de l\u2019équipe patronale.Ils sont encore traumatisés par les problèmes causés à l\u2019époque par la loi 160.L\u2019application avait été fort différente d\u2019un établissement à l\u2019autre, et le syndicat avait eu rapidement des garanties auprès de ses membres pour percevoir quand même ses cotisations.Mais, surtout, le climat s\u2019était passablement détérioré dans les hôpitaux après ce recours perçu comme la bombe atomique dans l\u2019arsenal dont dispose Québec.« L\u2019application de la loi 160 apparaîtrait excessive à ce stade-ci ; s\u2019il y a un autre débrayage demain, ce sera une autre paire de manches », de commenter hier Michel Bissonnette, le porte-parole de l\u2019Association des hôpitaux.Déclenché durant la période estivale, le même débrayage aurait été beaucoup plus difficile à absorber par le réseau.Daniel Adam, le directeur de l\u2019Association, soulignait que les employeurs « évaluaient pour l\u2019instant l\u2019évolution de la situation et réservaient leur décision pour plus tard ».Au cabinet de la ministre de la Santé, Pauline Marois, on signalait prévoir une « discussion » plutôt qu\u2019une décision sur la grève, au conseil des ministres aujourd\u2019hui.Mais la détermination de M.Bouchard en soirée a pris de court les stratèges, tant à la Santé qu\u2019au Conseil du Trésor.Pour réduire la pression et se ménager une porte de sortie pour demain, la Fédération des infirmières avait, dès hier après midi, fait savoir qu\u2019elle avait une contre-proposition « globale » à faire au gouvernement.Vers 20 h, les discussions s\u2019amorçaient à peine.« Pour le moment, le mot d\u2019ordre de débrayage pour jeudi (demain) tient toujours », disait en fin de journée Louise Rochefort, la porte-parole de la FIIQ.Les propos de M.Bouchard hier soir tranchaient nettement avec l\u2019attitude plus conciliante démontrée à l\u2019Assemblée nationale.Tout en regrettant le déclenchement « d\u2019une grève illégale, une chose inacceptable qui ne peut servir la cause des infirmières », il s\u2019était montré plutôt compréhensif à l\u2019endroit des doléances des infirmières.Pour le chef libéral Jean Charest, le débrayage d\u2019hier, « journée très angoissante pour les malades au Québec », prouve que la réforme du réseau mise en place par Jean Rochon « a tourné au désastre, au dérapage, en plan de démolition ; chaque jour notre système de soins de santé continue de se dégrader ».Pour lui, le gouvernement « devrait agir pour qu\u2019on puisse reconnaître que les infirmières ont tenu le système à bout de bras ».«Une île, une ville»: un référendum?«UNE ÎLE» / Suite de la page A1 dotée d\u2019un pouvoir de taxation : « Les gens n\u2019en veulent plus de taxes ».M.Bourque estime que la province voisine a fait le bon choix en regroupant six municipalités pour faire de Toronto la quatrième ville d\u2019Amérique du Nord avec ses 2,4 millions d\u2019habitants.Selon lui, l\u2019écart entre le Québec et l\u2019Ontario s\u2019accentuera si le gouvernement Bouchard n\u2019engage pas sa métropole dans la même voie.Il se dit par ailleurs profondément étonné que Québec ait « évacué toute la dimension des iniquités socio-économiques qui marquent de plus en plus Montréal.Depuis 1989, la région métropolitaine est le principal bassin de pauvreté au Canada et une grande partie de cette pauvreté se concentre dans la ville-centre.Rien dans la proposition gouvernementale n\u2019apporte de réponse à cette problématique.Veut-on une métropole à deux niveaux ?» Le chef de l\u2019opposition officielle à l\u2019hôtel de ville, Michel Prescott, demande à M.Bourque de prendre acte de la décision du gouvernement et de ne pas pousser son idée d\u2019« une île, une ville » plus avant.« L\u2019action de l\u2019administration doit être centrée sur les vrais enjeux qui sont une réforme en profondeur de la fiscalité municipale, des transferts de responsabilités qui risquent de ne pas être accompagnés de nouvelles sources de revenus, la mise sur pied d\u2019une structure politique régionale, le mandat des élus à cette nouvelle instance et la capacité de cette dernière de dépenser et de taxer.» L\u2019Église orthodoxe serbe souhaite le départ deMilosevic L\u2019ÉGLISE / Suite de la page A1 montrée hier plus résolue à étendre son contrôle sur la province serbe dont elle veut l\u2019indépendance qu\u2019à déposer les armes, tandis que Moscou et Washington se rapprochaient d\u2019un accord à la veille d\u2019une réunion à Helsinki sur la participation russe à la Force de paix (KFOR, Kosovo Force).Ragaillardie par le retrait des forces serbes de Pristina, l\u2019UCK affirmait en contrôler la majeure partie, comme à Prizren.Cette ville du sud est à peu près à 100 % sous contrôle de l\u2019UCK, « en coordination avec la KFOR », a dit le chef local Rexha Ekrem.« Il y aura une reconstruction de l\u2019UCK et nous allons conserver nos armes, j\u2019espère que l\u2019OTAN nous y aidera », a déclaré Rustem Mustafer, le commandant de la guérilla à Pristina, chef-lieu de la province serbe, que les forces serbes devaient évacuer avant la fin de la journée.« Un accord technique est en discussion » afin que la résolution de l\u2019ONU prévoyant le désarmement de l\u2019UCK soit appliquée, a affirmé le gouvernement britannique.« Nous surveillons attentivement l\u2019UCK », a noté un porte-parole de l\u2019OTAN.« Il n\u2019y a aucun besoin d\u2019autre fournisseur de sécurité » que la KFOR, a-t-il ajouté.Plus d\u2019une « vingtaine » de personnes ont été tuées au Kosovo ces derniers jours lors d\u2019« escarmouches », a indiqué le Pentagone, précisant que l\u2019OTAN ne déplorait aucune victime.Des soldats italiens de la KFOR déployés dans l\u2019ouest du Kosovo près de Pec ont découvert plusieurs charniers dont une fosse commune dans le village de Korenica avec 120 corps, selon l\u2019agence italienne Ansa.Les Allemands de la KFOR ont découvert de leur côté plus de 20 corps brûlés à Velika Krusa, dans le sud.Treize personnes, dont des enfants, ont été blessés à Gnjilane, au sud-est, par une grenade lancée depuis une voiture, selon des militaires français.Plus de 10 000 Albanais du Kosovo sont rentrés d\u2019Albanie hier par le poste-frontière de Morina, ignorant les appels à la patience lancés par l\u2019OTAN et des ONG.Le commandant de la KFOR, le général britannique Michael Jackson, a prié les réfugiés d\u2019attendre un « feu vert » des autorités avant de rentrer au Kosovo.En revanche, entre 20 000 et 30 000 Serbes et non-Albanais ont fui le Kosovo depuis la semaine dernière, selon des organisations humanitaires.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, TéléPlus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 0-3-7 à quatre chiffres : 6-1-0-1 COLLECTES DE SANG Aujourd\u2019hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants ; n à Montréal : Centre des donneurs de sang, centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est (métro Préfontaine), de 10 h à 17 h 30 ; n à Montréal : Loto-Québec, étage C-1, 500, rue Sherbrooke Ouest, de 9 h 30 à 16 h.Objectif : 125 donneurs ; n à Val-d\u2019Or : L\u2019Écho et Le Citoyen, en collaboration avec les Filles d\u2019Isabelle, les Chevaliers de Colomb, conseils 2793 et 11 078, TQS et CHOA-Rock Détente, Hôtel Confortel, 1001, 3e Avenue, de 13 h 30 à 20 h.Objectif : 600 donneurs.DEMAIN DANS LA PRESSE Neuf musées, la nuit Neuf musées de la Montérégie ont décidé de nous faire passer une nuit blanche, ou du moins de veiller tard, samedi.Cinéma, poésie ou rencontres avec des écrivains et des artistes visuels.Suspense à bord d\u2019un train des années 50, croisière à la belle étoile, randonnée à la lanterne dans les rues d\u2019un village qui a connu des nuits fort sombres.Et une foule d\u2019autres activités, originales et hautes en couleur, pour les noctambules de 7 à 77 ans.À lire, demain, dans le cahier Sortir.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Êtes vous d\u2019accord avec le Sierra Club, qui accuse le gouvernement d\u2019Ottawa de ne pas faire assez pour réduire les émissions de gaz à effet de serre?La ministre des Affaires municipales Louise Harel a fait son lit: le projet du maire Bourque «une île, une ville», c\u2019est non.Êtes-vous d\u2019accord?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 47 % Non: 53 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n\u2019a aucune prétention scientifique.2757254 3LP0302A0616 A 3 Mercredi 3LP0301A0616 ZALLCALL 67 00:42:34 06/16/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 R A 3 Braquage chez Birks Lorraine Pagé revient à la CEQ .comme directrice des communications MARC THIBODEAU Lorraine Pagé, qui a quitté la présidence de la Centrale de l\u2019enseignement du Québec (CEQ) en mai après avoir été condamnée pour vol à l\u2019étalage, agira désormais comme directrice des communications de l\u2019organisme.En entrevue, l\u2019ex-présidente a indiqué hier qu\u2019elle était très heureuse de ses nouvelles fonctions, qui lui ont été proposées par le comité exécutif de la centrale.Mme Pagé, qui parle d\u2019un « beau défi », estime qu\u2019il n\u2019est pas contradictoire de démissionner de la direction de la CEQ et de continuer à occuper un poste important au sein de la centrale syndicale.« Il fallait faire le choix que j\u2019ai Lorraine Pagé fait afin d\u2019éviter qu\u2019on puisse prendre prétexte d\u2019une situation m a l h e u r e u s e pour discréditer la porte-parole de la CEQ et, du même coup, discréditer toute l\u2019organisation », a-t-elle commenté.À titre de directrice des communications, ce risque ne se posera plus puisqu\u2019elle demeurera « à l\u2019arrière-plan » pour planifier les stratégies de communication tant interne qu\u2019externe de la centrale.Les contacts quotidiens avec les médias, que Mme Pagé côtoie depuis près de 15 ans, seront assurés par des agents de liaison.La syndicaliste, qui a enseigné pendant 20 ans à l\u2019ex-Commission des écoles catholiques de Montréal avant de prendre la tête de la CEQ, espère que ses démêlés avec la cour seront terminés avant son entrée en fonction, le 16 août.Elle se dit confiante qu\u2019elle obtiendra raison en Cour supérieure, où son appel doit être entendu le 30 juin.« Ce n\u2019est pas parce que j\u2019ai connu une expérience difficile en première instance que le même scénario va se répéter, dit-elle.Je n\u2019avais aucune intention de sortir du magasin avec des gants que je n\u2019avais pas payés.» ALEXANDRE SIROIS Les clients de la célèbre bijouterie Birks, au centre-ville de Montréal, se sont cogné le nez sur la porte de l\u2019édifice, dès la fin de l\u2019avant-midi hier, le magasin ayant été la cible d\u2019un vol à main armée.Deux hommes, l\u2019un au visage recouvert d\u2019une cagoule et l\u2019autre coiffé d\u2019une casquette qui portait l\u2019inscription FBI et dissimulant une partie de son visage à l\u2019aide d\u2019un col roulé, sont entrés dans la bijouterie à 11 h 04 par l\u2019entrée principale située rue Sainte-Catherine, à l\u2019intersection de la rue Union.Les voleurs sont sortis quelques minutes plus tard avec des sacs remplis de bijoux dont la valeur, au moment de mettre sous presse, n\u2019avait pas encore été établie, mais était estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars.L\u2019un des voleurs a tiré un coup de feu au plafond, mais personne n\u2019a été blessé.Une employée de la bijouterie a tout de même été conduite à l\u2019hôpital en ambulance, souffrant d\u2019un choc nerveux.« Deux hommes, petits, et qui semblaient être dans la vingtaine, sont sortis du magasin avec des sacs de sport.Ensuite, deux autres hommes sont sortis en courant », raconte Gilles Pépin, un chauffeur d\u2019autobus de la compagnie Terremont Mascouche qui passait à pied devant la bijouterie au moment du vol.« Je n\u2019ai rien vu, mais j\u2019ai entendu des cris et un coup de feu.Les employés nous ont dit de nous coucher par terre et ils nous ont fait sortir par l\u2019arrière du magasin », raconte pour sa part Denise Bourgeois, qui se trouvait à l\u2019intérieur de la bijouterie lors du braquage.Les clients ont ensuite été ramenés à l\u2019intérieur du magasin et en sont sortis, au compte-gouttes, près d\u2019une heure plus tard.La vice-présidente au marketing de la bijouterie, Denise Oliver, précise que les voleurs se sont emparés du contenu des comptoirs situés près de l\u2019entrée principale du magasin.Ils ont pris la fuite dans une Honda Accord noire qui avait été rapportée volée la veille.Les policiers les ont pris en chasse ; en vain.L\u2019auto a toutefois été retrouvée dans le stationnement du Casino de Montréal quelques minutes plus tard.Les policiers de la CUM mènent actuellement l\u2019enquête et ont à leur disposition une bande vidéo sur laquelle a été enregistrée la scène.Une des deux hommes serait de race noire, et l\u2019autre vraisemblablement de race blanche.Une heure plus tard, un vol a été commis sur le côté est du square Phillips, chez Broadman Gemlab.Deux hommes blancs ont ligoté le propriétaire de l\u2019établissement avant de lui voler son portefeuille et de prendre la clé des champs avec le contenu du coffre-fort, qui était ouvert lorsque les voleurs ont fait irruption chez le gemmologue.Les deux hommes sont toujours en cavale.L\u2019enquête déterminera si les deux vols sont reliés, mais pour l\u2019instant, les policiers estiment que ce n\u2019est pas le cas.Le dernier vol commis au magasin Birks du centre-ville remonte à une quinzaine d\u2019années.Mme Oliver précise qu\u2019il y avait eu à l\u2019époque un blessé et que la valeur des bijoux volés avait été plus importante.PHOTO PIERRE McCANN, La Presse Une employée de chez Birks a dû être transportée à l\u2019hôpital pour choc nerveux après un vol à main armée hier.Des centaines de milliers de dollars en bijoux sont disparus.2758383 La CSDM donne raison à un parent et annule un examen L\u2019Alliance des professeurs s\u2019insurge PAUL ROY Un professeur de physique à la retraite a récemment convaincu le conseil des commissaires de la CSDM d\u2019annuler un examen de physique pour lequel sa fille avait obtenu la note de 39 %.Mais l\u2019Alliance des professeurs de Montréal ne le prend pas et sera à la réunion du conseil des commissaires ce soir.« On va demander aux commissaires de revoir leur décision, a indiqué hier à La Presse Pierre Saint-Germain, vice-président de l\u2019Alliance.On va questionner leur crédibilité.» \u2014 Et s\u2019ils refusent ?\u2014 On verra à l\u2019automne, mais ça ne passe absolument pas avec les enseignants.On n\u2019accepte pas que les commissaires s\u2019instituent spécialistes en évaluation.Quelle crédibilité ont-ils ?L\u2019examen au centre de ce litige avait été administré le 25 novembre aux élèves de cinquième secondaire de l\u2019école Sophie-Barat, dans le quartier Ahuntsic.Un examen costaud puisque la moyenne générale avait été de 58 %.En apprenant que sa fille avait obtenu 39 %, Jean-Guy Sanche, ex-prof de physique et ex-conseiller pédagogique, demande à voir ledit examen.Selon lui, l\u2019enseignant a erré dans son évaluation.Qui plus est, affirme-t-il, l\u2019examen comporte des exigences outrancières qui dépassent les objectifs du programme.Des questions sont ambiguës et vérifient des calculs et non la compréhension des concepts.Il reprend lui-même la correction et arrive à un résultat de.74 %.Mais l\u2019enseignant et la direction de l\u2019école refusent de revoir la note.Un conseiller pédagogique de la commission scolaire est appelé à la rescousse, recorrige l\u2019examen, et propose la note de 61 %.M.Sanche conteste, mais accepte tout de même que cette note soit versée au bulletin de sa fille.Mais le directeur de l\u2019école lui annonce qu\u2019un évaluateur externe révisera à son tour la correction.Résultat cette fois : 40 %.Ce dernier évaluateur disposait des directives verbales que l\u2019enseignant avait données aux élèves avant l\u2019examen, ce qui n\u2019était pas le cas du conseiller pédagogique d\u2019abord appelé en renfort.Le directeur de l\u2019école, Robert Céré, et le directeur du regroupement 6 statuent donc que c\u2019est la note de 40 % qui sera retenue.M.Sanche s\u2019adresse alors au conseil des commissaires.Un comité est formé, qui se réunit à trois reprises et recommande que l\u2019examen soit annulé.Cette recommandation est soumise \u2014 et adoptée \u2014 à la séance ordinaire du conseil du 19 mai dernier.Les commissaires adoptent en outre deux autres recommandations, dont celle d\u2019envisager la création d\u2019un poste d\u2019ombudsman pour régler de tels conflits.Le directeur de l\u2019école Sophie-Barat, Robert Céré, dit ne pas s\u2019offusquer de la décision de la CSDM.« Le parent avait un droit de recours et il l\u2019a exercé, commente-t-il.Le jugement est rendu et on l\u2019applique.» \u2014 N\u2019êtes-vous pas tenté d\u2019appuyer votre professeur dans une affaire semblable ?\u2014 C\u2019est mon professeur, mais c\u2019est aussi mon élève.Quant à M.Sanche, il signale que le prof de physique de sa fille « est tombé sur le mauvais parent », étant lui-même un ex-prof de physique.« J\u2019ai défendu ma fille qui se sentait écrasée dans ce système-là.Je n\u2019accepte pas qu\u2019on écrase les élèves.» Pour lui, toute cette affaire est le résultat d\u2019un entêtement.\u2014 Le sien ou le vôtre ?\u2014 Ça fait cinq ans que ma fille est à Sophie-Barat et c\u2019est la première fois qu\u2019une chose semblable se produit.D\u2019ailleurs, comme prof, j\u2019en faisais des erreurs face à mes élèves, mais ça ne m\u2019a jamais nui de les reconnaître.Que feront les commissaires ce soir ?« Je vais entendre les représentants de l\u2019Alliance », répond la présidente, Diane de Courcy, qui signale que l\u2019enseignant visé a une très bonne réputation, qu\u2019il n\u2019a subi aucun blâme et que sa compétence n\u2019est pas remise en cause.\u2014 Votre décision est-elle réversible ?\u2014 Uniquement si on nous apporte des faits nouveaux.Au fait, même s\u2019il n\u2019avait pas été annulé, tout le monde s\u2019entend pour dire que cet examen n\u2019aurait compté que pour très peu dans la note finale des élèves qui l\u2019ont échoué.Ou réussi.«J\u2019ai défendu ma fille qui se sentait écrasée dans ce système-là.Je n\u2019accepte pas qu\u2019on écrase les élèves.» A4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 Rive - Sud / Montérégie Manif sur la plage de glaise de Saint-Timothée La population et les syndiqués d'Hydro-Québec répondent à Vinvitation du maire RIMA ELKOURI En colère contre Hydro-Québec, Jean-Noël Tessier, maire de Saint-Timothée, a convié hier soir les citoyens à un « beach party » de protestation peu commun.C'est au beau milieu du désert de pierres et de glaise du bassin du parc régional des îles de Saint-Timothée, toujours asséché en raison de la grève des employés de métiers d'Hydro-Québec, que les manifestants se sont réunis, certains arrivant avec leur canot ou leur bateau de plaisance.Le but ?Montrer à la société d'État que les flots du fleuve Saint-Laurent sont essentiels durant les journées chaudes.« La saison est drôlement compromise.Chaque fin de semaine de beau temps, on perd des sommes considérables », déplore le maire qui croit que la direction d'Hydro fait preuve de « mauvaise volonté » en refusant que ses cadres procèdent au remplissage du bassin.Si la plage demeure fermée, la Ville estime qu'elle perdra 100 000 $.Pour se justifier.Hydro invoque des raisons de sécurité et soutient que les travaux sont trop spécialisés pour être exécutés par des cadres.Le maire n'en croit rien.« Avant d'être cadres, ces employés ont déjà été techniciens, non ?» « Pas nécessairement, réplique Lucie Brodeur, porte-parole de la société d'État pour la région Richelieu.Les gestionnaires ne sont pas toujours issus de l'activité de leur milieu.» Le syndicat des employés de métiers d'Hydro, section locale 1500, appuie les revendications de la Ville.Plusieurs travailleurs en grève de Beauharnois se sont d'ailleurs joints à la manifestation.Vêtu de son costume de bain, Daniel Charlebois, maire de la municipalité voisine de Melocheville, était aussi de la partie afin de dénoncer « l'arrogance » d'Hydro.Problèmes environnementaux L'assèchement du fleuve cause non seulement des torts à l'économie de la grande région du Suroît, mais aussi des problèmes environnementaux, notamment pour la faune aquatique, a souligné Jean-Pierre Lamoureux, vice-président du Comité ZIP (zone d'intervention prioritaire) du Haut-Saint-Laurent, un groupe environnemental qui veille à la protection du fleuve.Normalement, Hydro-Québec remplit dès la mi-avril le bassin qui est asséché en hiver.Le fait qu'il n'y ait toujours pas eu de re- PHOTO DENIS C0URV1LLE.La Pressé O À Saint-Timothée, au beau milieu du fleuve asséché, riverains, estivants et employés en grève d'Hydro ont manifesté hier.Ils veulent que la remise en eau du bassin se fasse le plus vite possible.mise en eau prive temporairement certains poissons de leur habitat alimentaire, dit M.Lamoureux.Et la reproduction de deux espèces dans cette partie du fleuve, soit les achigans et les brochets, est compromise pour cette année.En plus de ces impacts biophysi-ques, on déplore aussi les effets né- fastes pour l'environnement humain : la qualité du paysage s'est nettement détériorée et les activités récréatives, dont la baignade, sont impossibles.« Le fleuve Saint-Laurent n'appartient pas à Hydro ! s'insurge le maire Tessier.Il passe par Saint-Timothée comme il passe par Mont- réal et Québec.Si c'était le bassin du Port de Montréal qui était vide, pensez-vous que ça se passerait de la même façon ?» C'est demain, au palais de justice de Valleyfield, qu'aura lieu l'audition de la requête en injonction de la Ville visant à forcer la société d'État à remplir le bassin.CIVIC « ÉDITION SPÉCIALE » par mois, location 48 mois TRANSPORT et PRÉPARATION INCLUS ou seulement 16 900 $** à l'achat Incluant : \u2022 Air climatisé \u2022 Serrures électriques \u2022 Déverrouillage sans clé \u2022 Poignées de portières harmonisées \u2022 Et bien plus.TAUX DE FINANCEMENT AVANTAGEUX SUR ACHAT! INFORMEZ-VOUS! par mois, location 48 mois TRANSPORT et PRÉPARATION INCLUS option 0$ comptant-également disponible Civic berline ou coupé CIVIC BERLINE CIVIC COUPÉ \"Location-bail offerte exclusivement par Honda Canada Finance Inc.portant sur la berime Civic Édition Spéciale 1P°9 (modèle EJ651X).la berime Civic LX 1999 (modèle EJ653X).ou le Civic coupé DX 1999 (modèle EJ612X) neufs.Echange ou comptant de 1 450 S (Édition Spéciale).2 215 S (berline) ou 2 590 S (coupé), la premiere mensualité et un dépôt de garantie de 275 $ (Edition Spéciale) ou 250 $ (berline et coupé) sont exigibles.Taxes, assurance et immatnculation en sus.Limite de 96 000 km.frais de 0 10 S le kilomètre excédentaire.Suiet à l'approbation du crédit.\"P.D.S.F.de la Civ.c Édition Spéciale (modèle EJ651X).Transport et préparation (850$).ainsi que taxes immatnculation et assurance en sus.Offres d'une durée limitée.Photos a titre indicatif.Tous les détails chez votre concessionnaire Honda. 3LP0501A0616 A-5 MERCREDI 3LP0501A0616 ZALLCALL 67 00:49:15 06/16/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 A 5 Le doc Perreault au Vietnam Philippe l\u2019âge de 17 ans, en pleine guerre du Vietnam, Danielle Perreault a agi comme monitrice dans un camp de vacances aux États-Unis.Certains soirs, autour du feu de camp, l\u2019ambiance était morose.Un membre de la grande famille venait d\u2019apprendre le décès, sur le champ de bataille, d\u2019un frère ou d\u2019un cousin.Curieuse, la jeune Québécoise demandait à ses camarades pourquoi leur pays était engagé dans ce conflit.Personne ne le savait vraiment.C\u2019était comme ça, c\u2019est tout.Cette ignorance des Américains la fascinait.Et le goût de découvrir le Vietnam prenait peu à peu forme dans son esprit.n n n Près de 30 ans plus tard, le projet du docteur Perreault se concrétise enfin.Elle n\u2019en est pas à son premier périple, ayant déjà effectué des séjours prolongés en Afrique.Mais jusqu\u2019à maintenant, et pour des motifs que comprendront les mères de famille, elle n\u2019avait pas visité ce pays ayant marqué son imaginaire d\u2019adolescente.Officiellement, Danielle Perreault donnera un coup de main dans une clinique internationale, à Hanoi.Mais au fond d\u2019elle-même, son rêve est de dégoter.un contrat de télévision ! « Saviez-vous qu\u2019un humoriste ontarien fait actuellement sensation en Chine ?me demande-t-elle.S\u2019il a pu franchir le gouffre culturel, pourquoi ne serais-je pas capable d\u2019utiliser la télé pour donner des conseils de médecine ?On rejoindrait plus de gens qu\u2019en distribuant des brochures.» Assise dans un petit restaurant à deux pas de l\u2019hôpital Saint-Luc, Danielle Perreault m\u2019expose son projet comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une banalité.Aller faire de la télé au Vietnam ! Suffit d\u2019y penser, après tout.En l\u2019écoutant, je jette un coup d\u2019oeil à son porte-documents greffé des mots : « Souffrez- vous d\u2019un burnout ?» Chose sûre, ce n\u2019est pas son cas.n n n Les lecteurs de La Presse connaissent bien Danielle Perreault.Depuis quatre ans, elle signe une chronique dans notre cahier Santé.Dimanche dernier, après avoir percé les mystères des ligaments du genou, elle nous a souhaité de bonnes vacances, nous donnant rendez-vous à son retour du Vietnam, en septembre.Ancienne étudiante en art dramatique, cette femme enjouée et énergique de 46 ans mène de front deux carrières : médecin et vulgarisatrice de la santé.On l\u2019a vue dans plusieurs émissions de télé, notamment à Radio-Canada et Quatre- Saisons.Après La Santé intime des femmes en 1985, elle vient de publier un deuxième bouquin : Secrets d\u2019homme : l\u2019érection à l\u2019heure du Viagra.Elle y traite des délicats problèmes causés par les troubles érectiles.« Ce sont des souffrances gardées secrètes, dit-elle.Beaucoup d\u2019hommes en sont touchés et n\u2019osent pas en parler, même si cela affecte leur bonheur.Le rôle du médecin, c\u2019est aussi de bien renseigner les gens.» n n n Ce défi, le doc Perreault l\u2019a transformé en passion.À l\u2019âge de 19 ans, elle a enseigné durant une année au Togo, un boulot à la description de tâche élargie, comprenant notamment la préparation des médicaments aux lépreux.« En arrivant dans mon village, j\u2019étais prête à coucher par terre ! J\u2019ai presque été déçue en voyant qu\u2019on m\u2019avait préparé un lit.Dès mon enfance, je rêvais d\u2019aller dans le tiers monde.Le goût d\u2019explorer la terre fait partie de mon code génétique.» De retour à Montréal, Danielle Perreault a complété un baccalauréat en anthropologie.Mais cette spécialité n\u2019assouvissait pas son désir d\u2019aider les autres.Elle a songé à se faire électricienne avant d\u2019opter pour les sciences infirmières.« La veille de mon premier cours au cégep, j\u2019avais rendez-vous avec mon gynécologue.Je le vois encore, spéculum à la main, me demander pourquoi je choisissais le nursing.\u2018Deviens médecin, voyons!\u2019 Je n\u2019y avais pas pensé.» n n n Jeune diplômée en médecine de l\u2019Université McGill, le doc Perreault s\u2019est envolée vers la Guinée-Bissau, un pays pauvre d\u2019Afrique occidentale.La médecine de brousse est diversifiée et exigeante : établissement de cliniques, campagnes de vaccination, accouchements.Une année plus tard, elle s\u2019est installée chez les Cris, dans le nord du Manitoba.La naissance de ses deux enfants l\u2019a ensuite obligée à une vie plus casanière.« Je n\u2019avais pas fait ma médecine dans le but de travailler en Occident.J\u2019ai donc dû trouver ma place.» Omnipraticienne, le doc Perreault a choisi l\u2019enseignement de la médecine familiale et la vulgarisation scientifique.Pour le plaisir de faire du micro et d\u2019écrire dans des journaux, bien sûr, mais aussi par conviction que les problèmes de santé devaient être démystifiés.Et cela, encore plus à notre époque, où la médecine alternative profite d\u2019une grande popularité.« Je n\u2019y suis pas opposée, dit-elle.Je sais que la médecine moderne ne répond pas à tous les besoins, que certains spécialistes sont incapables de développer une relation humaine avec leurs patients.Mais une tendance se développe : les gens refusent de prendre des médicaments, ils disent craindre les effets secondaires.Il faut souvent les persuader que tout ce qui est science et médecine moderne peut être bon pour eux.» Les médecins, ajoute le doc Perreault, éprouvent des problèmes d\u2019image.Elle rappelle la crise du verglas, et les hommages à répétition à des centaines de travailleurs.Mais la contribution des médecins est demeurée sous silence.« J\u2019en ai pourtant vu accomplir des choses extraordinaires dans des centres d\u2019hébergement bondés, à deux doigts de l\u2019épidémie.Non, lorsqu\u2019on écrit sur les médecins, on mentionne plutôt leur salaire, en oubliant de parler de leurs dépenses ! » Puis, évoquant les ratés à répétition de notre système de santé, Danielle Perreault, après avoir cité quelques décisions à courte vue des technocrates, lance : « La bêtise me scandalise ! » n n n J\u2019ignore si le doc Perreault deviendra une vedette de la télé au Vietnam.Elle doit d\u2019abord décider si, au fond de son coeur, le goût de travailler dans des pays émergents l\u2019habite encore.Rien de mieux que d\u2019aller le vérifier sur place.Mais si elle décide que non, souhaitons qu\u2019elle prenne une part active au débat sur notre système de santé.Une voix comme la sienne, toujours jeune et forte d\u2019une vaste expérience au Québec et ailleurs dans le monde, ne peut qu\u2019enrichir les discussions.\u2014 Dites-moi, docteur Perreault, la politique vous intéresse ?Surprise, elle réplique : « Pourquoi me posez-vous cette question ?» Un flash, comme ça, tout bêtement.philippe.cantin@lapresse.ca 2762255 Conciliation chez Héroux 2756098 CLAUDE-V.MARSOLAIS Après bientôt trois semaines de lock-out, le Syndicat des travailleurs en aéronautique de Longueuil (CSD) qui représente les 338 travailleurs de Héroux, compte sur une rencontre de conciliation convoquée par le chef conciliateur Robert Matteau vendredi prochain pour sortir de l\u2019impasse.Trois points de discorde séparent encore les parties : le refus de l\u2019employeur de remettre la liste des souscontrats avant le 1er mai 1999 comme le prévoit la convention collective, les critères de promotion et le déficit actuariel du régime de retraite.Le syndicat a aussi logé une plainte en vertu des dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail, car il soutient que l\u2019employeur utilise les services de personnes externes pour accomplir les tâches des syndiqués.Actuellement, une centaine d\u2019ingénieurs non concernés par le conflit et leurs assistants travaillent à l\u2019usine qui fabrique et répare des trains d\u2019atterrissage pour l\u2019aviation civile et militaire.Quant à la vingtaine d\u2019employés de bureau, ils ont été mis à pied le jour même du lock-out.Aucun représentant patronal n\u2019a pu être joint hier, mais la compagnie avait déjà indiqué à la fin du mois de mai qu\u2019elle offrait des augmentations de 17,6 % échelonnées sur trois ans à ses travailleurs.Aux dires du conseiller syndical Denis Giguère, les relations de travail sont très mauvaises en raison notamment du changement constant des dirigeants.Depuis le début des années 1980, il s\u2019agit du troisième lock-out à survenir chez Héroux.Pourtant au début des années 1990, Héroux se vantait d\u2019avoir introduit une nouvelle philosophie au sein de l\u2019entreprise qui donnait une plus grande autonomie aux travailleurs leur permettant de trouver des solutions pour améliorer la qualité et la productivité.2759337 Menace de grève à Hampstead 2758523 CLAUDE-V.MARSOLAIS Les 20 employés de bureau de la municipalité de Hampstead, affiliés aux Teamsters, menacent de déclencher une grève générale le 28 juin si aucun règlement n\u2019intervient d\u2019ici là.Selon l\u2019agent d\u2019affaires Gérald Côté, les membres du syndicat ont voté à l\u2019unanimité pour le déclenchement de la grève lors d\u2019une assemblée générale le 10 mai.La plupart des clauses normatives ont été réglées, mais un litige subsiste sur la langue de la convention collective, la municipalité exigeant une version bilingue.Le directeur général de la municipalité, David Johnston, a indiqué que cette exigence était tout à fait normale puisque onze employés de bureau sont unilingues anglophones.« Ce n\u2019est pas notre intention de lancer un débat linguistique là-dessus.Nous espérons seulement conclure une première convention sans accrochage majeur », dit-il.M.Johnston a déploré que les représentants syndicaux aient fait faux bond lors d\u2019une rencontre de négociations prévue le 10 juin au cours de laquelle l\u2019employeur devait remettre une contre-proposition sur les clauses normatives.Hampstead songe à recourir aux services de conciliation du ministère devant l\u2019attitude « cavalière » du syndicat. 3LP0601A0616 a6 mercredi 3LP0601A0616 ZALLCALL 67 00:46:26 06/16/99 B Île de Montréal A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 L\u2019incompréhension dure entre Kosovars et Serbes VALÉRIE DUFOUR Même si le conflit au Kosovo paraît en voie de règlement, la réaction des communautés kosovare et serbe de Montréal à l\u2019entente de paix montre bien que les deux camps sont toujours divisés.Tous cependant s\u2019entendent sur une constatation : leur pays est en ruine et il faut le reconstruire de toute urgence.Malgré leur méfiance à l\u2019égard du président yougoslave Slobodan Milosevic, les Kosovars ont reçu avec joie la nouvelle de la fin des hostilités.« On est heureux, mais quand on va connaître le nombre de morts retrouvés au Kosovo, ça va être horrible », confie Azem Shala, du Comité Urgence Kosovo.Pour les Kosovars, la présence d\u2019une force internationale représente la seule garantie de paix.« Il nous faut un protectorat, suivi d\u2019une éventuelle indépendance, ou encore garder une protection militaire pendant 50 ans », indique Kadri Shérifi, né à Pristina et installé au Canada depuis huit ans.« Les Serbes pensent qu\u2019ils sont meilleurs que les Albanais.Nous voulons que s\u2019installe une psychologie d\u2019égalité.» Pour les membres de la communauté serbe montréalaise, la fin des bombardements n\u2019a pas mis non plus un point final à cette guerre.« Il y a encore des usines qui fument.On espère que les troupes vont ramener la paix, mais ce n\u2019est pas la meilleure solution », argumente la présidente du Mouvement pour la paix des Balkans, Slovica Bogdanov, originaire de Belgrade et qui habite au Québec depuis 20 ans.Selon elle, la paix doit d\u2019abord être faite entre les gens qui habitent sur place.Son avis est partagé par l\u2019écrivain d\u2019origine serbe, Vlada Milojkovic : « Je suis content, parce que ça signifie qu\u2019on arrête de vouloir tuer ma famille, mais je ne me réjouis pas du résultat.L\u2019OTAN voulait engendrer un conflit pour créer une occupation et retourner au colonialisme », s\u2019indigne- t-il.Selon le directeur du Congrès de l\u2019unité serbe, Nikola Miljevic, l\u2019important est maintenant d\u2019assurer des lendemains viables aux populations.« Les pays de l\u2019OTAN ont une grande part de responsabilité dans la reconstruction des infrastructures.Il y a eu deux fois et demi plus de bombardements qu\u2019en Irak », soutient-il.« La situation est catastrophique, renchérit Slovica Bogdanov, il y a des endroits qui ont été rayés de la carte.Il faut se dépêcher de reconstruire avant l\u2019hiver.L\u2019OTAN a fait exploser le conflit et les pays membres doivent réparer les dégâts », lance-t-elle.Retour incertain Cette paix toute fraîche amène avec elle la question du retour des milliers de Kosovars qui ont fui le territoire et particulièrement ceux qui ont trouvé refuge en sol canadien.« Je ne crois pas qu\u2019ils vont rentrer demain, peut-être dans trois ou quatre mois », pense Teuta Ramadani, membre du Comité Urgence Kosovo.« Ce ne sera pas un retour massif, soutient Kadri Shérifi.Ceux qui veulent retourner sont en majorité des idéalistes.» Azem Shala estime que le Canada représente pour plusieurs jeunes la chance de refaire leur vie loin des combats.La présence d\u2019un contingent russe à Pristina suscite de part et d\u2019autre des réactions bien différentes.« C\u2019est une première dans l\u2019histoire qu\u2019une force de maintien de la paix soit assurée par les belligérants, remarque Nikola Miljevic.En ce sens, la présence des Russes amène une apparence de neutralité.» Son opinion est partagée par Slovica Bogdanov, qui croit que l\u2019OTAN a prouvé au cours de ce conflit qu\u2019elle était une force guerrière.Du côté kosovar, l\u2019arrivée des Russes est vue comme une invasion, une agression.« Nous les détestons parce qu\u2019il sont les alliés des criminels de guerre serbes.Ils ne sont pas là pour nous aider ni pour nous protéger », s\u2019emporte Kadri Shérifi.« Nous voulons qu\u2019ils nous fichent la paix et qu\u2019ils soient remplacés par une armée de pays civilisés.» Teuta Ramadani reste elle aussi méfiante.« Je trouve que ça a été très facile pour les Russes de se retrouver à Pristina », lance la kosovare d\u2019origine.« L\u2019armée russe en a retiré du prestige politique, tout en faisant plaisir à ses frères serbes », poursuit-elle.Montréal International: le secteur privé se laisse tirer l\u2019oreille MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Mécontents de constater que la prospection des investissements étrangers demeure éclatée dans la région de Montréal, plusieurs gens d\u2019affaires se laissent tirer l\u2019oreille par Montréal International, qui n\u2019a réussi jusqu\u2019à maintenant à recueillir que la moitié des contributions financières attendues pour 1999.Depuis la création de Montréal International, le secteur privé contribuait chaque année pour 1,1 million au Fonds de développement, réservé aux projets spéciaux coûteux de l\u2019organisme comme les missions de prospection à l\u2019étranger.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, Montréal International n\u2019a recueilli qu\u2019environ 500 000 $, alors que toutes les contributions auraient dû être versées depuis avril.Ensemble, Québec et Ottawa fournissent l\u2019autre moitié de ce Fonds de développement de deux millions, sur la base d\u2019un dollar par dollar versé par le privé.Plusieurs gros donateurs du privé, dont les parts sont fixées au maximum de 50 000 $, retiennent encore leurs deniers.Selon les renseignements obtenus par La Presse, ni Bell Canada, ni Imasco, ni la Banque nationale, ni Air Canada n\u2019ont payé leur cotisation.Il semble même que le président de la Banque Nationale, André Bérard, ait conseillé à certains de ses amis des milieux d\u2019affaires d\u2019attendre que des progrès soient réalisés dans le projet d\u2019un organisme unique de prospection des investissements étrangers.Rappelons que l\u2019automne dernier, les gens d\u2019affaires ont menacé de ne plus contribuer au Fonds de développement de Montréal International si l\u2019organisme n\u2019arrivait pas à rapatrier sous son parapluie les activités de prospection de la CUM et de Laval.M.Bérard et les représentants d\u2019Air Canada et d\u2019Imasco, Jean-Jacques Bourgeault et Brian Levitt, avaient joué un rôle important dans le mandat confié à cet effet au PDG de Montréal International, Jacques Girard.La CUM et Laval résistent toutefois encore et ont même préparé au cours des dernières semaines une proposition commune visant à restructurer Montréal International en le dotant d\u2019un mandat resserré et en réduisant de moitié son personnel.Le conseil d\u2019administration de Montréal International devait en outre être saisi hier soir d\u2019une proposition de compromis émanant d\u2019un comité « miroir » dirigé par le président du conseil, Francis Fox.Au moment de mettre sous presse, rien n\u2019avait encore filtré de cette réunion.Une proposition devait également être présentée aux administrateurs hier soir afin de revoir la composition du conseil d\u2019administration, dont la majorité des membres (60 %) sont issus du secteur privé.En vertu de la nouvelle proposition, le conseil d\u2019administration pourrait compter jusqu\u2019à 36 membres, dont la majorité (20) seraient issus du secteur public (la CUM, les villes, Québec et Ottawa).PHOTO ÉRIC ST-PIERRE, La Presse Le président de la Fédération du commerce (CSN), Jean Lortie, a plaidé en faveur des revendications des préposés aux chambres d\u2019hôtel.Les préposés ont assez de 14 chambres par jour dans les hôtels CLAUDE-V.MARSOLAIS Pas plus de 14 chambres à nettoyer par jour pour les préposées aux chambres d\u2019hôtel.Telle est l\u2019une des principales revendications des 4500 travailleurs de l\u2019hôtellerie affiliés à la CSN dans l\u2019actuelle ronde des négociations avec 30 établissements hôteliers des régions de Montréal, Québec et de l\u2019Estrie.Hier, quelque dizaines d\u2019employés syndiqués de Montréal ont manifesté au square Dorchester afin de protester contre les reculs exigés par les entreprises hôtelières alors que l\u2019industrie connaît des années exceptionnelles avec des augmentations de revenus de 10,4 % pour 1997.Certains hôtels voudraient avoir la possibilité d\u2019embaucher du personnel pour quatre à six mois en période de pointe et le mettre ensuite à pied sans aucun droit de rappel.De plus, ils voudraient une convention collective de six ans.Selon le président de la Fédération du commerce (CSN), Jean Lortie, les hôteliers disent faire des pertes alors que les prix des chambres sont à la hausse et les taux d\u2019occupation ont atteint des sommets inégalés depuis l\u2019année des Jeux olympiques.« Il ne faut pas prendre les employés pour des valises.Si les hôteliers ont de l\u2019argent pour faire des rénovations, ils doivent en investir également pour améliorer les conditions de travail des employés », soutient-il.La manifestation se voulait un coup de semonce pour signifier aux entreprises hôtelières qu\u2019elles doivent changer d\u2019attitude, car des assemblées générales pour l\u2019adoption des moyens de pression sont prévues d\u2019ici la fin du mois.Les 30 syndicats de l\u2019hôtellerie affiliés à la CSN exigent des augmentations de 5 % par an pour un contrat de trois ans, que les employeurs versent 4 % du salaire des employés dans un REER, des mesures pour faciliter la retraite, et un nombre maximum de chambres à nettoyer par jour.Têtes d\u2019affiche En hommage à Eleanor Côté, une résidante de Mont-Royal qui a consacré près de 60 ans de sa vie à des activités bénévoles auprès des personnes défavorisées et déficientes intellectuellement, le lieutenant- gouverneur Lise Thibault présidera demain la cérémonie d\u2019inauguration de la fondation Eleanor-Côté.Dédiée aux personnes présentant une déficience intellectuelle, la fondation, installée dans le quartier Pointe-Saint-Charles, bénéficie du parrainage de plusieurs personnalités, dont la sénatrice Thérèse Lavoie-Roux, les députés Raymond Lavigne et Nicole Loiselle, la présidente de la CUM Vera Danyluk.n n n Christian Constantin La bourse de la Banque Laurentienne pour la réalisation d\u2019un stage à la chaire Téléglobe Raoul- Dandurand en études stratégiques et diplomat i q u e s d e l \u2019 U Q A M (9000 $) a été attribuée à Christian Constantin, candidat à la maîtrise en science politique.Celui-ci entreprendra ainsi une recherche sur l\u2019insertion de la République populaire de Chine dans l\u2019économie mondiale, et plus spécifiquement au sein la région économique de l\u2019Asie orientale.n n n Nicholas Stephens C\u2019est à un fervent du bénévolat, Nicholas Step h e n s , q u e l \u2019 A s s o c i a t i o n municipale de M o n t - R o y a l vient de décerner son titre de Citoyen de l\u2019année.Homme de hockey, c\u2019est à titre de bénévole qu\u2019il y oeuvre depuis de nombreuses années, ayant débuté comme entraîneur chez les atomes et pee-wee, puis dans le midget AA, avant d\u2019accéder à la présidence du comité de hockey mineur.n n n Vendredi, Gérard Briand, coordonnateur de la collecte de fonds de Développement et paix sera le conférencier du déjeuner-causerie de l\u2019Association des professionnels en gestion philanthropique.Il traitera d\u2019une nouvelle approche en matière de souscriptions, « Les dons planifiés ».Le tout aura lieu à l\u2019hôtel Day\u2019s Inn (215, boulevard René-Lévesque Est), à compter de 11h30.Coût : 45 $.Renseignements : 987-3000, poste 1720.n n n Diane Bibaud L\u2019école de musique Dianorgues présentera samedi un spectacle sous les étoiles (20h au parc Fleur de Lys, à Sainte-Cat h e r i n e ) .La s o i x a n t a i n e d\u2019élèves et d\u2019enseignants de l\u2019école interpréteront alors les grands succès de l\u2019année.Tous les profits seront remis à la fondation Anna-Laberge (de l\u2019hôpital du même nom, à Châteauguay), fait savoir Diane Bibaud, présidente de l\u2019école Dianorgues.Coût : 6 $.Renseignements : (450) 638-4003 ou (450) 699-2703.n n n Les gens d\u2019affaires de Terrebonne feront face à l\u2019équipe d\u2019experts Les 4 chevaliers, lors d\u2019une compétition amicale de baseball dont les profits iront au centre jeunesse Terrebonne.Le tout a lieu samedi, à 19h30, au parc Saint-Sacrement (angle boulevard des Seigneurs).Coût : 5 $ (onze ans et moins gratuit).Le centre jeunesse Terrebonne comprend la Maison des jeunes (12 à 18 ans), une équipe de trois travailleurs de rue (intervention sociale), et une entreprise d\u2019insertion pour jeunes décrocheurs.n n n Johanne Verdon Demain matin, le Club rendezvous d\u2019affaires de l \u2019 î l e des Soeurs recevra à son déjeunerc o n f é r e n c e (7h45) la naturopathe Johanne Verdon, qui parlera d\u2019épuisement professionnel et de son traitement par les médecines douces.Elle offrira en vente ses deux livres, une partie des profits (5 $) étant versée à la maison d\u2019hébergement pour femmes en difficulté Le Chaînon.Renseignements : 762-5094.n n n Les Lanaudois sont invités à témoigner de leur générosité envers leur hôpital en souscrivant 100 $ à une campagne de financement en faveur du CHRDL.Grâce au concours de commanditaires, la Fondation du centre hospitalier régional de Lanaudière pourra aménager une Place du millénaire à l\u2019entrée principale de l\u2019hôpital.On y enfouira un coffre, qui ne pourra être ouvert que dans 50 ans.On y retrouvera alors les parchemins contenant des messages à l\u2019intention des descendants des donateurs.Renseignements : (450) 759-8222, poste 2734.n n n Diane Polnicky, directrice de la bibliothèque centrale de l\u2019Université du Québec à Montréal, a été élue présidente de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Ont été élus aux autres postes du conseil d\u2019administration : Denis Boyer (vice-président), Jean Plante (trésorier), Martin Dubois (secrétaire) et Marcel Ouellet (conseiller).Administrateurs : France Bouthillier, Nicole Haché, Élisabeth Lavigueur, Caroline Lessard, Lucien Lévesque, Isabelle Pilon et Louise Thibodeau.Adressez vos communiqués à: Têtes d\u2019affiche La Presse, 7, rue St-Jacques Montréal H2Y 1K9 Denis LAVOIE 3LP0701A0616 A 7 mercredi 3LP0701A0616 ZALLCALL 67 00:43:32 06/16/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 A 7 Île de Montréal Un groupe écologiste critique les données de la CUM sur la qualité de l\u2019eau SIMON DROUIN La Société pour vaincre la pollution (SVP), un groupe écologiste, critique les méthodes employées par la Communauté urbaine de Montréal (CUM) pour analyser la qualité de l\u2019eau entourant l\u2019île de Montréal.Lors de la séance publique de la commission de l\u2019environnement de la CUM, Daniel Green, de la SVP, a accusé l\u2019organisme d\u2019induire la population en erreur en présentant des chiffres incomplets.L\u2019absence de variation dans les jours d\u2019échantillonnage (les prélèvements sont faits chaque semaine à des jours fixes) et les données limitées pour les jours de pluie font en sorte, selon M.Green, que les résultats sont plus roses que la réalité, notamment dans le secteur du lac Saint- Louis.La SVP a fait effectuer ses propres analyses sur les rives du lac Saint-Louis, et ces dernières laissent voir une forte concentration de coliformes fécaux un jour de pluie, dépassant largement la norme minimale de 200 coliformes par 100 ml d\u2019eau.M.Green craint surtout que des citoyens, rassurés par les « petits bonshommes sourire » présents dans les documents de la CUM, se rendent malades en se baignant alors que l\u2019eau est impropre.Le président de la commission de l\u2019environnement de la CUM, Michel Leduc, a rejeté ces critiques : « On ne dit pas aux gens \u2018\u2018 Alléluia, baignez-vous ! 75 % du temps c\u2019est beau \u2019\u2019, mais plutôt \u2018\u2018 Voici le bilan, on a fait un bon bout de chemin depuis dix ans \u2019\u2019.» « Il y a des éléments qu\u2019on connaît maintenant », a mentionné M.Leduc en faisant référence à l\u2019usine d\u2019épuration de Beaconsfield, qui pompe l\u2019eau directement dans le lac Saint-Louis lorsque les pluies sont trop abondantes.Le président a cependant fait remarquer que les sommes mises à sa disposition pour l\u2019analyse de l\u2019eau du fleuve Saint- Laurent sont nettement insuffisantes.Ce débat faisait suite au dépôt, hier, du rapport Vers une réappropriation des plans d\u2019eau, dont La Presse avait brossé un tableau complet le mois dernier.Ce document présente un portrait tout de même assez sombre de la qualité de l\u2019eau entourant l\u2019île de Montréal en 1998.La situation s\u2019est sensiblement améliorée depuis 1995, soit la date de la mise en exploitation complète de l\u2019usine d\u2019épuration des eaux usées de la CUM.À quelques endroits, en particulier dans l\u2019est de l\u2019île, la présence de coliformes fécaux provenant d\u2019excréments humains ou animaux était telle que la baignade fut jugée dangereuse.C\u2019était le cas notamment dans quatre stations d\u2019échantillonnage de Rivièredes- Prairies et de Pointe-aux-Trembles, où le service de l\u2019environnement de la CUM a repéré plus de 1000 coliformes fécaux par 100 ml d\u2019eau, alors que la norme maximale pour la baignade est de 200 coliformes par 100 ml d\u2019eau.Qualité de l\u2019air La séance publique a aussi été l\u2019occasion pour le service de l\u2019environnement de la CUM de présenter son rapport sur la qualité de l\u2019air en 1998.Nouveauté : les particules respirables, c\u2019est-à-dire les poussières microscopiques qui entrent profondément dans les poumons, ont été mesurées de façon continue dans quatre stations en 1998, donnant ainsi une image plus précise de l\u2019indice de qualité de l\u2019air.Les données révèlent que la qualité de l\u2019air a été mauvaise 7,8 % du temps dans le centre-ville et 10,4 % du temps dans les alentours de l\u2019échangeur Décarie.« On s\u2019en doutait, mais on s\u2019aperçoit que les particules respirables, c\u2019est le problème de demain », a expliqué Luc Lefebvre, surintendant à la division de l\u2019assainissement de l\u2019air et de l\u2019eau du service de l\u2019environnement de la CUM.C\u2019est le transport routier qui est à l\u2019origine de la grande majorité de ces particules respirables qui peuvent causer des dommages aux voies respiratoires, en particulier chez les enfants et les personnes âgées.Photothèque PIERRE CÔTÉ, La Presse © Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution.Métier: balayeur de rue La Ville de Montréal se contorsionne pour s\u2019adapter à Loblaw AMÉLIE RÉGIS Armé de sa poubelle orange, de son diable rouge, de son balai et de son porte- poussière, Danny Raymond a entrepris le 29 avril de balayer les rues du quartier gai de Montréal.« Je regardais ce qui se passait au Kosovo et j\u2019ai eu envie d\u2019agir », a expliqué M.Raymond.C\u2019est en s\u2019attaquant aux condoms usés, aux seringues souillées, aux mégots de cigarette et au verre brisé qui jonchent les trottoirs du village gai qu\u2019il a concrétisé ce désir.« Je me sens utile quand je ramasse une seringue et que cinq minutes après, des enfants viennent jouer là où je l\u2019ai prise », a-t-il ajouté.Originaire de Jonquière, l\u2019homme de 34 ans a dû fermer son commerce situé à Lacolle à la suite de la tempête de pluie verglaçante.Bénéficiant depuis de l\u2019aide sociale, il a décidé de quitter la campagne pour s\u2019établir dans le quartier gai de Montréal.À son arrivée, le paysage l\u2019a choqué : des rues malpropres remplies d\u2019ordures.M.Raymond s\u2019est donné comme mission de responsabiliser les résidants et d\u2019inculquer des valeurs urbaines en nettoyant les rues.Il a demandé des subventions à plusieurs organismes communautaires afin de démarrer son projet de balayage.C\u2019est ainsi que l\u2019Écoquartier lui a fourni de l\u2019équipement d\u2019entretien, que le groupe communautaire L\u2019Itinéraire lui a permis d\u2019utiliser l\u2019ordinateur pour mettre par écrit son projet et que Presse-Café lui a donné un diable.« C\u2019est une bonne cause, car c\u2019est important que notre ville soit propre.Personne n\u2019aime voir ses enfants jouer près de seringues sales », a souligné Daniel Lacroix, copropriétaire de Presse-Café, situé en plein coeur du village gai.M.Raymond raconte qu\u2019il a encore du mal à se faire accepter par certains commerçants du coin.« Je n\u2019ai pas beaucoup d\u2019appui de la part des commerçants, car certains trouvent que je nuis à leur image », a-t-il déploré.« Par contre, les passants et les gens du quartier sont très réceptifs à mon action.» Mais à la boulangerie La Mie Matinale, on tient à encourager le balayeur bénévole en lui offrant des rabais.« C\u2019est bien gentil de faire ce qu\u2019il fait, c\u2019est pour cela qu\u2019on continue de l\u2019encourager », a expliqué Régis Menetrey.Que les gens aiment ou non son boulot, M.Raymond, qui travaille six jours par semaine, a l\u2019intention de continuer à embellir son quartier.« Maintenant que les citoyens mettent un nom sur mon visage, quand ils me voient, ils sont beaucoup plus gênés de jeter leurs déchets par terre.» GILLES GAUTHIER La compagnie Loblaw inaugurera après-demain ses installations de l\u2019ancienne gare Jean-Talon, mais ces dernières ne sont pas conformes au règlement spécial que la Ville avait adopté en 1997 pour autoriser l\u2019entreprise torontoise à déroger au plan d\u2019urbanisme montréalais.Solution : l\u2019administration Bourque-Fortier a réuni le conseil municipal en assemblée extraordinaire hier afin d\u2019adapter le règlement à la réalité déterminée par la compagnie d\u2019alimentation.Dans l\u2019ordre du jour, ce dossier était accompagné d\u2019autres sujets, mais le responsable du dossier au comité exécutif, Saulie Zajdel, a admis que « la réunion du conseil est liée au projet Loblaw ».Une assemblée régulière se tiendra la semaine prochaine et les autres recommandations auraient parfaitement pu y être étudiées.Sans les modifications au règlement, la compagnie n\u2019aurait probablement pas pu obtenir son permis d\u2019exploitation.La « superficie de plancher » autorisée était de 6500 mètres carrés.Elle est en réalité de 7207.Les enseignes sont largement plus grandes que ce qui était prévu.Un bail aurait été signé avec la SAQ sans que l\u2019usage « vins, spiritueux » n\u2019ait été autorisé.Les espaces réservés aux organismes communautaires dans l\u2019ancienne gare seront moins grands.« C\u2019est une claque en pleine face du conseil municipal, qui est placé devant un fait accompli », a déclaré le chef de l\u2019opposition, Michel Prescott, qui note aussi « un mépris assez flagrant de la Commission du développement urbain du conseil, qui a procédé à une consultation sur les changements alors que le projet était réalisé.» M.Zajdel estime pour sa part que les modifications n\u2019altéraient pas fondamentalement les propositions initiales de la compagnie.PHOTO PIERRE McCANN, La Presse © Danny Raymond, balayeur bénévole, arpente les rues du quartier gai en ramassant seringues, condoms, mégots et verre brisé.2762036 3LP0801A0616 A 8 mercredi 3LP0801A0616 ZALLCALL 67 00:52:37 06/16/99 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 Les naufragés d\u2019Emploi Québec Les sans-emploi au pays de Kafka Si la création d\u2019Emploi Québec a théoriquement regroupé tous les chercheurs d\u2019emploi sous le même chapeau (chômeurs, assistés sociaux ou sans-chèque), la discrimination est loin d\u2019avoir disparu, estiment les assistés sociaux.Alors que le fédéral augmentait l\u2019enveloppe réservée aux chômeurs maintenant gérée par Emploi Québec, le Québec, qui garde la responsabilité financière de la formation des assistés sociaux n\u2019ayant pas touché d\u2019assuranceemploi dans les trois dernières années, coupait soudainement et massivement dans les fonds disponibles.Pendant ce temps, alors que les portes de la formation doivent en principe être ouvertes aux sanschèque, certains se butent le nez sur un mur.Échaudés par leur expérience avec Emploi Québec, des assistés sociaux et un sanschèque témoignent.« Depuis la création d\u2019Emploi Québec, c\u2019est pire qu\u2019avant.L\u2019argent va aux chômeurs et les assistés sociaux se font évincer.Dire que nous avons cru que cela mettrait fin à la discrimination en mettant tous les sans-emploi sur le même pied.Sur le terrain, c\u2019est tout autre chose, ce n\u2019est pas un parcours à l\u2019emploi, c\u2019est un parcours à obstacles ! » Jean-Yves Desgagnés, du Front commun des personnes assistées sociales, n\u2019est vraiment pas impressionné par la performance d\u2019Emploi Québec jusqu\u2019à maintenant.Marie Leahey, du Service d\u2019orientation et de relance pour femmes, qui dessert principalement des chefs de famille monoparentale vivant de l\u2019assistance sociale, a vite déchanté elle aussi.« Il y a des directives régionales, mais chaque CLE a aussi les siennes.Certains coupent dans les frais de garde, d\u2019autres réduisent les subventions salariales.Si la directive est régionale, on pourra sans doute en obtenir une copie, mais si c\u2019est local, oubliez ça ! Comment voulez-vous monter un dossier ?» « On fait face à une véritable culture du secret.Les critères, les programmes, ils les cachent.Et pas question de publicité, ils ont peur d\u2019être débordés.Le discours politique est beau, mais la réalité le contredit.Pourquoi couper autant en période de surplus ?Qu\u2019on ne vienne pas dire que c\u2019est la faute d\u2019Ottawa, la responsabilité revient à Québec qui est carrément malhonnête, c\u2019est clair », insiste M.Desgagnés.Selon Mme Leahey, les fonctionnaires ne lui envoient plus de clientèle.« Comme s\u2019il n\u2019y avait plus de femmes chef de famille monoparentale désirant étudier en vue de trouver un emploi ! » C\u2019est sans compter les embûches pour celles qui tentent d\u2019obtenir de l\u2019aide.« Si votre niveau de scolarité est trop bas, pas question de vous aider, vous coûteriez trop cher ; par contre, si vous avez un quelconque diplôme, vous n\u2019avez plus besoin d\u2019étudier.Tout est prétexte à un refus arbitraire et diffère d\u2019un bureau à l\u2019autre.Quant au droit de recours, comment s\u2019en prévaloir sans documents ?» À Emploi Québec, estiment les deux intervenants, on paie pour du court terme et de l\u2019intensif, un point c\u2019est tout.Les autres candidats, on fera tout pour les écarter.« Les gens en alphabétisation sont rejetés automatiquement des programmes de retour aux études, déclare Michel Giroux, de l\u2019Association étudiante du centre Louis- Jolliet de formation aux adultes.Et les fonctionnaires ne réfèrent plus personne en alphabétisation malgré les besoins criants.» « Emploi Québec ne livre pas la marchandise.Trop de gens n\u2019ont pas accès à leurs services, déclare M.Desgagnés.Faut accepter que les gens se forment et que, pour certains, ça prenne plus de temps que d\u2019autres.» Selon lui, le système n\u2019est pas adapté à la réalité des gens.« Prenez ceux qui vont à l\u2019école.Leurs conseillers travaillent seulement de jour et terminent quand les étudiants sortent de l\u2019école.S\u2019ils veulent vraiment donner un service pour aider les gens, ils devront s\u2019adapter.» « On applique la même grille à des chômeurs de courte durée et à des assistés sociaux qui n\u2019ont pas travaillé depuis cinq ans, déclare Mme Leahey.Ça n\u2019est pas réaliste.De les inscrire à un cours en insistant pour qu\u2019ils réussissent dans un délai déraisonnable pour eux, c\u2019est de l\u2019argent jeté à l\u2019eau ! » Lilianne Lacroix Michel Giroux, de l\u2019Association étudiante du centre Louis-Jolliet de formation aux adultes.PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © Jean-Yves Desgagnés, du Front commun des personnes assistées sociales.Trois ans pour rien?«Trois ans que je me débats ! Estce que tout cela aura servi à rien ?» Découragée, Estelle Allaire a écrit au ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair, pour faire part de son désarroi et lui mettre le nez dans les incohérences du système et les écueils d\u2019Emploi Québec dont elle est l\u2019une des victimes.Assistée sociale, chef de famille monoparentale, Mme Allaire a entrepris en 1997 des démarches d\u2019orientation et de format i o n à temps partiel et un programme Extra, afin d\u2019améliorer ses chances d\u2019insertion professionnelle.Elle n\u2019est pas complètement démunie : il y a 12 ans, elle terminait un baccalauréat en psychologie.« Comme l\u2019Ordre des psychologues exige la maîtrise ou le doctorat pour pratiquer, je ne peux accéder à un emploi convenable dans ce domaine et j\u2019ai donc misé sur une formation en travail social plus pratique et présentant d\u2019excellentes perspectives d\u2019emploi », répète-t-elle, l\u2019air frustré et décidé.Elle réussit à se faire admettre à l\u2019université en travail social malgré un taux d\u2019admission de 9 %.On lui reconnaît 27 crédits.Le programme REPS doit assurer sa subsistance durant ses études et le SIFO, qui remplace ce programme initié par l\u2019assistance sociale, continuera puisque son cas a été transféré à Emploi Québec.C\u2019est ce qu\u2019elle croyait ! À tort ! « Depuis deux semaines, mon CLE (Centre local d\u2019emploi) a reçu une directive d\u2019arrêter de prendre toute entente de formation pour les prestataires de la sécurité du revenu pour une durée indéterminée, explique la mère d\u2019une fillette de trois ans.Mon agente était mal à l\u2019aise de m\u2019annoncer la nouvelle.» Un malheur n\u2019arrivant jamais seul, elle apprenait l\u2019existence d\u2019une nouvelle directive locale selon laquelle elle devait avoir cumulé la moitié des crédits du programme visé (soit 45 au lieu de ses 27) pour obtenir de l\u2019aide dans ses études.« Je n\u2019ai pu obtenir copie de ces directives, on me dit qu\u2019elles changent trop souvent.Pourtant, dit-elle, j\u2019ai connaissance d\u2019acceptation de projets semblables au mien dans d\u2019autres CLE.» « Au lieu de dire franchement qu\u2019ils n\u2019ont plus d\u2019argent, les CLE inventent des prétextes administratifs », déclare M.Jean-Yves Desgagnés, du Front commun des personnes assistées sociales.Comble de malheur, Mme Allaire n\u2019a pas droit aux prêts et bourses à cause d\u2019une faillite personnelle pour ses prêts étudiants accumulés dans le passé.« Pour ne pas prendre de chance, je me suis réinscrite à l\u2019université sans savoir si je pourrai y aller, mais je suis plongée dans le néant quant à mes chances d\u2019obtenir de l\u2019aide d\u2019Emploi Québec et de m\u2019en sortir.» Photothèque La Presse © Pour plusieurs, Emploi Québec est bien plus un parcours du combattant qu\u2019un parcours vers l\u2019emploi.Des bâtons dans les roues Le jeune homme est hors de lui.À 28 ans, alors qu\u2019il achève son secondaire IV pour sortir du cercle vicieux de l\u2019assistance sociale et des jobines, Carl Verreault a été accepté au Centre professionnel de Neufchâtel en dessin de bâtiment.Ces études représentent sa véritable chance de se construire un avenir.Mais Emploi Québec lui met constamment des bâtons dans les roues et l\u2019illogisme du système l\u2019enrage.Pendant plus de trois semaines, il a tenté de joindre son agent pour payer des frais scolaires conditionnels à son inscription.Toujours, il tombait sur un répondeur ou un humain qui le transférait à un absent.Au bout de multiples essais et voyant l\u2019échéance approcher, il crache dans la boîte vocale : « Ça fait 50 fois que je vous laisse des messages.Tabarnak ! Allez-vous rappeler ?» Cette fois, l\u2019agent l\u2019a rappelé pour l\u2019enjoindre de demeurer poli.« Ils m\u2019appellent au milieu de la journée quand ils savent que je suis à l\u2019école et me reprochent de ne pas être là pour leur répondre.Avec eux, on n\u2019a jamais raison.» Carl touche 610 $ par mois d\u2019assistance sociale et paie 350 $ de loyer et 45 $ de t r a n s p o r t , s a n s compter le téléphone, la nourriture, etc.« J\u2019ai raté des cours pour aller à la banque alimentaire, sans quoi je ne peux joindre les deux bouts.Quand ça arrive, on me menace de me couper le programme si je ne suis pas sérieux.» Sans cesse, on lui demande des documents, des explications, des justifications.« En huit mois, j \u2019 a i changé d\u2019agent trois fois.Avant l\u2019arrivée d\u2019Emploi Québec, on avait affaire à un agent, mais maintenant il y en a deux qui ne se parlent pas.Deux agents, deux problèmes ! Sans compter qu\u2019ils se contredisent sans cesse.Les règles elles- mêmes changent : un jour ils paient les livres et les f r a i s d\u2019inscription, le lendemain, non.On ne sait plus où se garrocher.Je suis tanné de tout ça.Faut-tu que je fasse un éclat pour qu\u2019ils comprennent le bon sens ?» Ces cours, Carl y tient mordicus.« Je n\u2019ai pas le goût de fonder une famille sur le BS.J\u2019ai de la misère à me faire vivre moi-même.Je ne suis pas intéressé à partager ma misère.» Estelle Allaire Carl Verreault Une cacophonie administrative Condamnée à l\u2019assistance sociale avec ses trois enfants depuis son divorce il y a cinq ans, Ginette Morneau a décidé de se refaire une carrière en même temps qu\u2019une estime de soi, fortement grugée par son statut d\u2019assistée sociale.Grâce à un programme REPS (Retour aux études post-secondaires), destiné aux chefs de famille monoparentale, elle a terminé un certificat en intervention psychosociale et entamé un autre en toxicomanie.À l\u2019arrivée d\u2019Emploi Québec, les assistés sociaux en recherche d\u2019emploi y ont été dirigés et c\u2019est là que les problèmes de Mme Morneau ont commencé.En janvier, elle a même dû se résoudre à revenir à l\u2019aide sociale.Pourtant admise à un bac en travail social, elle ne sait pas si elle pourra l\u2019entamer.« Pour trouver un emploi, il me faut absolument de l\u2019expérience pertinente, que je n\u2019ai pas, ou bien un bac », dit-elle.Transférée du programme REPS au SIFO (soutien individuel à la formation), Mme Morneau a reçu les conseils d\u2019un agent d\u2019Emploi Québec.« Je devais assumer mes frais de cours et je pouvais faire une demande de prêt, mais pas de bourse.Emploi Québec continuerait à assurer mes frais de subsistance, disait-il.De temps à autre, il me demandait si j\u2019avais reçu mon prêt.» Quelques mois plus tard, à la faveur d\u2019un changement d\u2019agent, le gouvernement réclame le remboursement de ses frais de subsistance (2400 $) sous prétexte qu\u2019elle a touché l\u2019argent d\u2019un prêt.Depuis, elle essaie vainement de retracer l\u2019agent qui l\u2019a conseillé, sans succès.La remplaçante la traite carrément de fraudeuse, puisqu\u2019elle a continué à remplir sa fiche comme par le passé avec la sécurité du revenu, en cochant non à la case retour aux études.Déboutée par le bureau de révision, Mme Morneau a fait appel devant le tribunal administratif du Québec.« Les systèmes ne se parlent pas : l\u2019Éducation et Emploi Québec, sans compter l\u2019aide sociale, déclare la dame de 42 ans, qui ne sait plus à quel saint se vouer.Les uns ne disent pas la même chose que les autres.Quand j\u2019ai demandé à mon agente d\u2019écouter mes explications, elle m\u2019a laissé entendre qu\u2019elle n\u2019était pas intéressée.» Les deux femmes ne se sont jamais rencontrées et ne se sont parlé qu\u2019une fois au téléphone.« J\u2019ai juste fait ce qu\u2019on m\u2019a dit de faire et maintenant, on me considère comme une fraudeuse.C\u2019est leur erreur et ils veulent me faire payer.» L\u2019agente de révision a toutefois réponse à cette question dans la lettre de refus signifiée à Mme Morneau : « La mauvaise information.ne crée pas un droit », même si elle est donnée par un fonctionnaire habilité, constate Mme Morneau.Mme Morneau désespère : « Personne de ma famille n\u2019a jamais été assisté social.Comme bien du monde, j\u2019avais des préjugés sur les assistés sociaux, mais il y a belle lurette que je les ai perdus ! C\u2019est tellement dur d\u2019en sortir.C\u2019était un vieux rêve de me recycler.Maintenant, je ne sais plus, je ne peux pas me mettre sur le dos des dettes de 20 000 $ en prêts en plus de l\u2019argent que le gouvernement me réclame.Avec mes trois enfants, sans pension, c\u2019est trop risqué.Quant à y aller à temps partiel, ça va me prendre une éternité.Non, je suis vraiment pognée ! » Sans grand enthousiasme, elle devra donc se résoudre à tirer le diable par la queue indéfiniment avec ses trois enfants avec des salaires de serveuse ou de cuisinière.« J\u2019ai toujours travaillé à ces jobs de femme, dures et mal payées.Tant que j\u2019étais avec mon mari, c\u2019était un revenu d\u2019appoint.Mais seule avec les enfants, j\u2019aurais préféré un revenu et des horaires plus réguliers, pour moi et pour eux », dit-elle. 3LP0901A0616 A 9 mercredi 3LP0901A0616 ZALLCALL 67 00:52:30 06/16/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 A 9 Les naufragés d\u2019Emploi Québec De grandes attentes et de grandes déceptions Après avoir terminé son secondaire, Kathy Dubé, mère d\u2019un enfant de huit ans, allait entreprendre des études en arts au cégep où elle était déjà acceptée.Emploi Québec l\u2019appelait toutefois pour lui annoncer qu\u2019il n\u2019était plus question de l\u2019aider financièrement puisqu\u2019elle avait manqué trop souvent à leur goût.« En décembre, j\u2019ai dû arrêter quelque temps pour raisons de santé.À part cela, je n\u2019ai manqué que deux ou trois pour cent du temps.Avec un enfant, il arrive parfois des imprévus ! » Mme Dubé a rappelé son agent d\u2019employabilité, mais rien n\u2019y fit.Ni le fait que ses absences étaient motivées ni le fait qu\u2019elle n\u2019avait eu ni échec ni reprise et était même en avance sur le programme.La lettre d\u2019un responsable du cégep attestant que Mme Dubé poursuivait très bien son cheminement malgré ses absences et constituait une excellente étudiante n\u2019a eu aucun effet.« Ce sont eux qui l\u2019avaient demandée, mais ils ne m\u2019ont même pas répondu », dit-elle.Alors qu\u2019elle revenait à la charge, on lui avouait tout bonnement : « Avant, on pouvait payer, mais maintenant on ne peut plus ».Mme Dubé, qui aura bientôt 30 ans, ne désarme pas.« Je veux poursuivre mes cours.Alors, je vais sans doute faire une demande de prêts et bourses.Au moins, pour arriver, je pourrai prendre un coloc.» Avec un revenu de 965 $ par mois constitué d\u2019un chèque du ministère de la Solidarité sociale et des allocations familiales, il est quasi impossible de joindre les deux bouts avec un loyer de 455 $.Toute l\u2019aventure avec Emploi Québec lui laisse un goût amer.« Au début, ils nous ont dit des choses, mais ils ne le font pas.On ne sait jamais à quoi s\u2019en tenir.Un jour, c\u2019est oui, l\u2019autre jour, c\u2019est non.Quand on se présente dans leurs bureaux, on arrive de très loin.On a besoin d\u2019aide monétaire, mais aussi de soutien moral.C\u2019est tout le contraire qui se produit.» Déjà assez éduquée Chef de famille monoparentale, seule avec son enfant de cinq ans, assistée sociale depuis un an, Lynda Ruel espérait avoir droit au programme SIFO (soutien individuel à la formation) d\u2019Emploi Québec, qui lui assurait 36 mois de cours en même temps qu\u2019une aide financière pour survivre pendant ce temps.À 32 ans, avec un diplôme du secondaire et un autre diplôme d\u2019études professionnelles en horticulture, elle compte entreprendre un DEC en production horticole et environnement, où le taux de placement lui assure d\u2019excellentes chances de décrocher un emploi.Inscrite au cégep de Saint-Hyacinthe, elle s\u2019apprête à quitter Limoilou pour réaliser son rêve et ce, malgré ses difficultés financières.Elle touche 670 $ par mois d\u2019assistance sociale, 300 $ d\u2019allocations et reçoit 80 $ de pension alimentaire de son ex-conjoint, mais doit payer la garderie, ses livres, les frais d\u2019inscription scolaire, le transport.« Faut que je coupe sur la nourriture pour arriver », dit-elle.En novembre, elle a entrepris de terminer les cours préalables qui lui manquaient pour accéder au cégep.Les 20 heures par semaine qu\u2019elle y consacrait ne suffisant pas pour adhérer au programme, elle a grimpé à 30 heures, même si cela signifiait un horaire plutôt chargé pour une mère seule.Mais jugeant qu\u2019elle était déjà assez éduquée et que des cours supplémentaires n\u2019auraient servi qu\u2019à nourrir son ambition, Emploi Québec a mis un frein à son rêve.Mme Ruel s\u2019est donc tournée vers les prêts et bourses.« Je ne comprends pas.Le gouvernement avait pourtant dit qu\u2019on faisait une priorité du retour aux études des chefs de famille monoparentale.Au lieu d\u2019un programme auquel j\u2019aurais eu normalement eu droit, je devrai m\u2019endetter pendant trois ans.» 2761961 PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © Lynda Ruel Kathy Dubé 2762886 Un sans-chèque sans aide Père de sept enfants, dont quatre étudiants vivant encore sous le toit familial, Michel Carrier, 55 ans, est un sans-chèque à la recherche d\u2019emploi.Après des années en télécommunications pour diverses firmes, il est devenu consultant.Mais il y a trois ans, les contrats ont commencé à se faire rares et M.Carrier a décidé de se recycler.« Malgré des dizaines de demandes d\u2019emploi ici et là, ça ne débouchait pas, dit-il.Après mûre réflexion et discussion avec mes proches, nous avons convenu que je pouvais encore faire carrière dans la vente automobile, où mon âge et mon expérience de vie seraient un atout plutôt qu\u2019un handicap.» Ça tombait bien.Au cégep Marie-Victorin, un cours commençait le 15 juin.M.Carrier était le 15e candidat pour un cours dispensé à un minimum de 13 étudiants et à un maximum de 20.Mieux, il a en poche une lettre d\u2019intention d\u2019un concessionnaire disposé à l\u2019embaucher à la fin de ses études.Alors que les choses semblent se tasser, M.Carrier frappe un noeud qui s\u2019appelle Emploi Québec.Même si la ministre Lemieux vante un système supposément ouvert à tous les sans-emploi, fussent-ils « sans chèque », M.Carrier est refoulé aux portes du cégep.« L\u2019aide, financée par Emploi Québec, est réservée aux chômeurs et assistés sociaux et ce, même si j\u2019accepte de payer mon inscription.Pourtant, les sans-chèque ont encore plus besoin d\u2019un coup de pouce puisque, par définition, ils n\u2019ont aucun revenu, mais pour Emploi Québec, c\u2019est simplement quelqu\u2019un qui ne se qualifie pas pour de l\u2019aide.» Au cégep, Odette Mercier explique : « C\u2019est un peu mieux qu\u2019avant, au moins les sans-chèque sont acceptés dans ce cours payé par Emploi Québec, mais ils ne reçoivent pas d\u2019aide financière pour le suivre ».Avec sa femme retournée récemment aux études et ses enfants de 13 à 23 ans, M.Carrier vit de prêts et bourses totalisant 20 000 $.« Je vous demande de cesser la discrimination », écrit-il à Diane Lemieux, ministre responsable de l\u2019Emploi, avant d\u2019ajouter : « Je trouve aberrant que dans un pays du G8, on puisse à ce point décourager les gens qui osent vouloir s\u2019en sortir.Vous le vouliez le dossier de l\u2019emploi au Québec, maintenant que le fédéral vous l\u2019a donné, qu\u2019allez-vous en faire ?» A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 Laval Mise en chantier du centre-ville tant attendu La Groupe Alexis-Nihon réalisera le projet au coût de 105 millions JEAN-PAUL CHARBONNEAU Le Groupe Alexis-Nihon va réaliser au coût d'au moins 105 millions un véritable centre-ville à Laval à l'est de l'autoroute des Laurentides, tout près du cégep Montmorency.Le projet sera présenté ce matin, lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville, par le président du Groupe Alexis-Nihon, Paul J.Mas-sicotte, le président de Municon-sult, Michel Collins, et par le maire Gilles Vaillancourt.Il comprend un hôtel, des restaurants, des cinémas, différents com- merces de détails, un secteur récréatif et une ou deux rues piétonnières avec des commerces d'objets d'arts et culturels et des cafés-terrasse.Tout a été pensé pour que tous les visiteurs aient facilement accès aux différentes sorties et entrées de la future station de métro.Le Groupe Alexis-Nihon s'est engagé dans ce projet en déposant un important montant d'argent en garantie à la Ville.Le conseil municipal sera appelé à entériner cette entente, conditionnellement à l'obtention des autorisations légales nécessaires, lors d'une assemblée extraordinaire qui aura lieu à 18 h aujourd'hui.La mise en chantier aura lieu dès que les documents seront signés.Ce vaste complexe sera réalisé sur deux lots totalisant cinq millions de pieds carrés situés dans le quadrilatère des boulevards de la Concorde, du Souvenir, de l'Avenir et de l'Autoroute 15.Il s'agit des terres expropriées par la Ville à la fin des années 1980, déjà pour y aménager un centre-ville.Il y avait alors 1145 lots appartenant à 800 petits propriétaires et la Ville est parvenue à des ententes avec environ 200 d'entre eux.Insatisfaits des sommes offertes, les 600 autres sont allés devant les tribunaux et la Cour d'appel vient de maintenir une décision de la Cour du Québec, rendue en 1994, qui oblige Laval à verser des centaines de milliers de dollars aux contestataires.Un porte-parole du bureau du maire a indiqué que la décision de la ville quant à un appel ppssible n'était pas prise.« Mais peu importe qu'elle sera la décision, elle ne changera rien à ce projet.Lorsque le prix payé pour l'achat de ces terres par le promoteur sera connu, vous allez être surpris », a ajouté le porte-parole.Ce projet vient en quelque sorte tuer dans l'oeuf celui annoncé de façon grandiose à au moins deux reprises, par le groupe immobilier Cavac, une filiale de la Caisse de dépôt et placement, qui voulait construire un centre-ville en face du palais de justice, dans les terres situées en arrière du Cosmodôme.Une assemblée du conseil prend des allures de carnaval JEAN-PAUL CHARBONNEAU Avant que l'assemblée du conseil municipal de Laval ne tourne à la foire lundi soir, les élus s'étaient prononcés sur plusieurs projets d'investissements, dont un de cinq millions de Purolator.Le maire Gilles Vaillancourt a dit à ses collègues que cette filiale de la Société canadienne des postes avait acheté 434 448 pieds carrés de terrain, au prix de 760 285 $, à l'intersection des boulevards Dagenais et Le Corbusier, dans le secteur Sainte-Rose.Purolator va y construire un centre de tri et de distribution de courrier, ce qui va entraîner la création de 63 emplois.L'assemblée a pris une allure carnavalesque quand le conseiller de l'opposition Michel Poirier a présenté une proposition visant à appuyer toute mesure que les ministres des Affaires municipales et de la Réforme électorale, Louise Harel et Guy Chevrette, jugeront utile de mettre en place pour assurer le respect du processus démocratique dans le monde municipal.Le maire s'est levé avec la rapidité de l'éclair pour dénoncer la position de son adversaire, en lançant notamment qu'il s'agissait là de « la pire contorsion sur le plan légal qu'il avait jamais vue ».La proposition du conseiller Poirier ne fait allusion à aucune formation politique, mais on y souligne que Laval est une des villes citées dans les articles de La Presse dénonçant les pratiques électorales douteuses.Après de vifs échanges, le maire a demandé un ajournement de quelques minutes pour préparer avec les collègues de sa formation un amendement à la résolution.Une dizaine de minutes plus tard, l'assemblée a repris, et les amendements, lus par Benoît Fradet, membre du comité exécutif, faisaient principalement état de ce qu'un membre du conseil a reconnu que son parti a financé un journal et que l'autre formation de l'opposition a fait du camping sur le terrain de l'hôtel de ville.Cela a fait sortir le conseiller d'opposition Maurice Clermont de ses gonds.Il a lancé.s'adressant au maire et à M.Fradet qu'en « 20 ans de carrière, il n'avait jamais vu une bouffonnerie comme celle qui a marqué cette réunion ».Après l'assemblée, M.Clermont a dit que le maire savait que ses amendements n'avaient pas de sens et que c'est pour cette raison qu'il les a faits lire par M.Fradet.Quant à son collègue Poirier, il a indiqué qu'il avait jugé bon de présenter cette proposition pour livrer un message clair provenant du milieu municipal à l'effet qu'un ménage est à faire et qu'on doit être prêt à le faire.« Malheureusement, a-t-il ajouté, l'attitude de l'équipe Vaillancourt montre une réticence de bien mauvais goût à assurer de bonnes moeurs électorales à Laval.» Windstar 1999 : La seule minifourgonnette à avoir obtenu une cote de sécurité S étoiles, onq années de suite A.FORD Vos cégcessionnaijres i-ora euvos concessionnaires Lincoln rviçr/cury v^ww.acfrrit|.c|c.ca \" l'offre de taux de aMrt de 0 % jusgu'i *& too ou cette de 2.9% losqu'i 60 mois offerte per Cr*drt ford s'apphque i l'xhn au *t*l des modèles nerfs 1999 en stock mentmrmh ci-haut Suiet a l'approbation de crtdil l'une ou l'autre de ces offres ne peut être cr^n«e avw aucune ^ofto \\^/vwre concessionnaire pour oOterar tous les details A U plus haute cote de secwite pouf le conducteur et le passager avant en cas de collision frontale décernée par le gouvernement américain (Naticnai Highway traffic Safety Administration) lors de tests effectues sur des véhicules dont la difletence de pods n'encede pas W kn (SOO M LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 A II Serge Menard favorise la fusion Ls \"\"\"^JJi*!81 de des corps policiers municipaux ne sera pas toléré NORMAN DELISLE Presse Canadienne, QUÉBEC Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, est un chaud partisan de la fusion de corps policiers municipaux.« Il y a des économies à faire.L'ensemble des contribuables paie alors moins cher pour les services de police et les services sont de meilleure qualité et d'une plus grande efficacité », a dit M.Ménard hier à sa sortie de l'Assemblée nationale.Il était interrogé spécifiquement sur un projet de fusion des divers corps policiers municipaux de la région de Québec, un projet du maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, qui suscite des réactions négatives de la part de certaines villes de la banlieue.Selon le ministre Ménard, l'opération Carcajou a démontré l'utilité de faire travailler divers corps policiers ensemble et en collaboration : Serge Ménard l'échange d'informations en multiplie l'efficacité, notamment dans la lutte contre le crime organisé.Selon M.Ménard, les habitants des villes de banlieue n'ont pas actuellement à supporter ce qui coûte cher dans le fonctionnement d'un corps de police : les enquêtes lourdes, les infiltrations pour lutter contre la drogue ou la lutte au crime organisé.Les contribuables banlieusards n'ont généralement qu'à financer des corps policiers se livrant principalement à la patrouille.« C'est évident que la patrouille toute seule coûte moins cher que la patrouille plus les enquêtes.Mais les gens qui sont dans les villes dortoirs bénéficient du travail policier effectué contre le crime organisé.Ils doivent en payer leur juste part », a ajouté le ministre Ménard.Ce dernier dit comprendre les hésitations des habitants des villes de la banlieue à qui on demande soudainement : Voulez-vous désormais payer pour ce que vous aviez gratuitement jusqu'à maintenant.Mais à titre de contribuable de Sainte-Foy (où il a sa résidence secondaire), M.Ménard se dit lui-même prêt à voir sa facture municipale augmenter en cas de fusion régionale des divers corps policiers.« Je suis prêt à payer ma juste part pour que le fardeau soit réparti de façon plus équitable », a-t-il dit.C'est pourquoi il a souhaité un franc succès au maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, qui a mis de l'avant le projet de fusion régionale des corps policiers municipaux.« S'il ne connaît pas le succès, il va falloir que nous en tirions des conclusions », a conclu le ministre de la Sécurité publique.Déjà, dans la région de Québec, les corps policiers de Québec et de Beauport ont fusionné.C'est également un corps policier unifié qui assure la protection de toute l'île de Montréal.NORMAN DELISLE Presse Canadienne, QUÉBEC Le gouvernement n'a pas l'intention de permettre le commerce illégal de cigarettes à Kahnawake, a averti hier le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.Ce dernier a appris de la bouche des journalistes qu'un tel commerce illégal aurait été établi au cours des derniers jours sur le territoire mohawk.« Il faut d'abord se renseigner.À partir du moment où on est informé, c'est certain qu'on va faire enquête », a dit le ministre Ménard à sa sortie de l'Assemblée nationale.Il a admis que même la Sûreté du Québec n'était pas au courant.Des reportages télévisés en début de semaine ont fait état que des cigarettes destinées aux ventes à l'étranger étaient écoulées par certains commerces de Kahnawake.Au bureau du ministre des Affaires autochtones Guy Chevrette, la porte-parole Esther Boily a noté que les ventes devenaient illégales si les cigarettes étaient vendues sans taxes hors des réserves ou si elles provenaient de sources non autorisées.Un comité de liaison composé à parts égales de représentants du gouvernement québécois et de Mohawks de Kahnawake doit se réunir aujourd'hui pour débattre de !a situation.Le 30 mars dernier, le gouvernement québécois, représenté par le ministre Guy Chevrette, et le Conseil de bande mohawk, représenté par le chef Joe Norton, signaient justement une entente sur la fiscalité du tabac, des carburants et des boissons alcooliques.L'entente reconnaissait le prin cipe que « les produits vendus sur le territoire (mohawk) à des non-Mohawks devaient être légalement obtenus de source acceptable aux parties ».Les Mohawks s'engageaient également à établir sur la réserve « un cadre réglementaire pour la fourniture et la vente sur le territoire » de produits comme les cigarettes, l'alcool et les carburants.Par ailleurs, un mécanisme était conçu pour faciliter le remboursement aux consommateurs mo-hawks des taxes sur ces trois produits.L'entente du 30 mars était qualifiée par le chef Norton de « pas de géant dans la bonne direction » tandis que le ministre Guy Chevrette y voyait « une entente dont l'objectif est de s'assurer de vivre d'une façon harmonieuse avec les communautés autochtones ».Aller-retour confortables cet été A L'ACHAT, JUSQU'A 48 MOIS SUR TOUTES LES MAZDA 1999 EN STOCK Mo*do 626 LXI4 1999 \u2022 Boîte automatique \u2022 Climatiseur \u2022 Régulateur de vitesse Radio AM/FM stéréo, lecteur de CD et 4 haut-parleurs \u2022 Groupe électrique \u2022 Antenne à commande électrique \u2022 Système de télédéverrouillage à double action avec deux télécommandes LOUEZ 000 fl PARTIR DE Mam m M PAR MOIS, POUR 48 MOIS* TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS ! COMPTANT INITIAL DE 2 600* ¦m mm .v, \u2022 t.azdo 626 LX V6 1999 Obtenez une Moido 626 LXV6 à un prix inférieur 0 celui d'une Camry LE 4 cylindres* \u2022 Moteur 6 cylindres de 2,5 litres à 24 soupapes et DflCT \u2022 Climatiseur \u2022 Freins assistés à disques aux 4 roues \u2022 Roues de 15 po en alliage d'aluminium \u2022 Pneus radiaux haute performance P205/60R15 -1m ' l«X SMON MAZDA \\ .1 les concessionnaires Mazda du Québec VI SI Tt I NOTRE SITE Wf | : www.moido.co - Informe i-vous au sujet du programme Maida pour If « diplômés.\u2022 D'après une comporoison des prix de détoil suggères pour 1999 et publiés por les manufacturiers Moido et Toyota en jonvier 1999 Offres réservées ou* porticdlers etfortor.t sur les Moido 626 IX !4 1999 neuves, modèle F4LS79AA0O et les Moido 626 IX V6 1999 neuves, modère MIV79AA00.en stock cher les concessionnaires t financement consenti par l mtmwm de lo Bonque de Nouvelle-Ecosse.Sur opprobotion du credit Exemple de financement à Cachot: 10 000$ ou taux de 1.9%; 48 poiements de 216.52$.coût d'emprunt de 392.96$.totol b payer de 10 192.96$ Cette offre ,V*st pas disponible sur l'édition hrmtét du 10* anniversaire de lo Moido Mioto 1999 *Toux de locotion personnalisée Moido Offres portont uniquement sur la locotionbail ou detoil pour une période de 4ê mois Comptent initial ou échange équivalent, premier et dernier versements mensuels et dépôt de sécurité exigés Pour les Moido 626 IX 14 et Maida 626 IX V6.dépôt de sécurité de 3S0$ Immatnculotion.ossuronces et toxes en sus Offres soumises o l opprobotion de Credit Moido 'onodo inc Pour tous les modèles en locotion-boil: limite de 60 000 km.f rois de 8C le km additionnel Autres options de locotion égolement disponibles les concessionnaires peuvent louer à prix inférieur.Voir un concessionnaire participant pour les détails.Aucune combinaison d'offres possible les modèles illustres peuvent différer et sont utilises o titre md.cotif seulement.Offres d'une durée limitée o compter du 7 juin 1999.¦ 3LP1201A0616 A 12 Mercredi 3LP1201A0616 ZALLCALL 67 00:50:07 06/16/99 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 Silahian relâché contre toute attente Son «profil psychologique» rassure le juge Deux fois sous les roues d\u2019après PC SEPT-ÎLES L\u2019une des deux jeunes filles blessées par un véhicule de la Sûreté du Québec lors d\u2019un fête sur une plage de Sept-Îles le 5 juin dernier a été frappée deux fois plutôt qu\u2019une, révèle une enquête interne de la SQ.La première fois, Jennifer Bernier, 20 ans, de Moisie, a été happée par le lourd 4X4 qui dévalait une pente sans conducteur.Le véhicule avait été mis en branle par un mauvais plaisant.La seconde fois, un policier de la SQ était au volant.Il craignait pour le véhicule, croyant faussement que les jeunes qui le « brassaient » tentaient de le renverser.En fait, ils essayaient de dégager la jeune Jennifer, prise en-dessous.« À ce moment, l\u2019une des victimes du premier accident a donc été heurtée à nouveau », a déclaré l\u2019inspecteur-chef Pierre Lamontagne, de la SQ.Mme Bernier repose dans un état stable à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec.YVES BOISVERT Jacques Silahian a le profil d\u2019un bon garçon.De face, vous répondrait la famille de Liviu Barna, ce n\u2019est pas toujours aussi clair.Silahian est accusé d\u2019avoir tué M.Barna en lui frappant sur le crâne avec un bâton de baseball.Mais le juge Réjean Paul, de la Cour supérieure, a insisté sur le « profil », et il a libéré Silahian contre un engagement sur hypothèque de 50 000 $ par ses parents, en attendant son procès pour meurtre non prémédité.Un seul critère favorable Le juge Paul a dit qu\u2019il est « évident » que l\u2019accusé a droit à une mise en liberté provisoire, ce qui est exceptionnel en matière de meurtre.Il a énuméré les sept critères à considérer pour déterminer si quelqu\u2019un est dangereux.La plupart sont défavorables à Silahian.Premièrement, la nature de l\u2019infraction : un meurtre à coups de bâton où deux hommes ont frappé sur la victime.Deuxièmement, les circonstances : Silahian et son coaccusé Yves Bitchoka étaient en colère parce que Barna, qu\u2019ils n\u2019avaient jamais rencontré, les a frôlés avec sa voiture en se garant dans le parking d\u2019un dépanneur dans le nord de Montréal ; ils l\u2019ont suivi sur trois kilomètres en voiture pour aller se battre avec lui et finalement le tuer.Troisièmement, les probabilités de condamnation : plusieurs témoins ont assisté à l\u2019agression ; Silahian plaidera apparemment la légitime défense, dit le juge, qui estime la preuve de la Couronne « sérieuse ».Quatrième critère : le degré de participation de l\u2019accusé au crime ; c\u2019est Silahian l\u2019instigateur ; c\u2019est lui qui a conduit la voiture pour pourchasser la victime.C\u2019est aussi lui qui est allé chercher les battes de baseball.Cinquième critère, le profil de l\u2019accusé.Sur ce point, la défense a fait entendre de nombreux témoins (soeur, beau-frère, marraine, médecin de famille, etc.).Tous ont dit à quel point il est fiable, de bon caractère et non violent.Il a 21 ans et vient d\u2019une « excellente famille d\u2019origine arménienne », observe le juge.Le père est pharmacien.L\u2019accusé a suivi un cours de technicien en informatique et n\u2019a jamais eu de démêlés avec la justice.Il souffre d\u2019allergie aux noix et aux oeufs et a certaines difficultés en prison pour cela et pour son diabète.Sixième critère : la conduite de l\u2019accusé après le crime.Silahian et son coaccusé n\u2019ont jamais appelé de secours ; ils ont fui la scène et ont nettoyé les battes et leur voiture souillés de sang ; ils se sont cachés de la police.Septième et dernier critère : danger pour la collectivité.Selon la défense, qui a fait entendre un psychiatre, le danger est nul et jamais il ne recommencera.Selon la Couronne, un jeune homme qui se rend aussi loin dans la rage et la violence pour un incident aussi banal est imprévisible et dangereux.Bien des critères paraissent défavorables à Silahian, mais le juge a insisté sur le profil psychologique dressé par les proches pour conclure à la mise en liberté.Silahian devra demeurer chez ses parents, rentrer avant 23 h (le crime a commencé à 22 h, le 20 mai), remettre son passeport à la cour, fournir l\u2019engagement de 50 000 $ de ses parents, ne pas communiquer avec les témoins et accepter le stage non rémunéré de commis offert par la société Miranda Technologies.Me Estelle Gravel, de la Couronne, a paru fort étonnée de cette décision, mais ne l\u2019a pas commentée.Un appel est possible.L\u2019enquête préliminaire aura lieu cet automne, à une date qui sera déterminée vendredi.2761797 2762123 2761645 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 16 JUIN 1999 A 13 Des criminalistes chez Lavery de Biily YVES BOISVERT Dans l'univers feutré des grands bureaux du centre-ville, on ne tient pas toujours les criminalistes en haute estime.Aussi, c'est un réel choc dans le milieu juridique d'apprendre que Lavery de Billy, le deuxième plus grand bureau d'avocats au Québec (il en compte 167) vient d'avaler en son sein la petite étude Lapointe, Schachter, Champagne 8* Talbot.Trois des cinq avocats de ce bureau sont des criminalistes, dont deux fort connus, Gabriel Lapointe, qui sera « conseil », et Raphaël Schachter, qui sera associé à la fin du mois.On ne verra pas pour autant demain matin des motards se promener entre les murs lambrissés de chêne du 40e étage de la Place Ville-Marie.D'abord parce que n'est pas la clientèle de MM.Lapointe et Schachter, qui font plutôt dans la défense de professionnels, de gens d'affaires et autres accusés d'ordinaire sans casier judiciaire.Ensuite parce qu'ils ne seraient pas les bienvenus de toute manière.« C'est très improbable que l'on fasse des affaires de meurtre, mais chaque cas va être étudié selon les circonstances, dit M* Schachter.La nature de ma pratique se marie bien avec le travail envisagé ici.» Mc Schachter a défendu plusieurs personnes dans des affaires de fraude, mais aussi le fils du premier ministre Jean Chrétien dans une affaire d'agression sexuelle il y a quelques années.Mc Lapointe a aussi représenté de nombreux hommes d'affaires, mais également l'ex-avocate Claire Lortie dans une retentissante affaire de meurtre.Tendance lourde Quoi qu'il en soit, si Lavery de Billy a invité ces criminalistes (en plus de Marc Talbot et André Champagne, en droit commercial), c'est qu'on sent une tendance lourde dans le marché juridique, explique M* André Laurin, chef de la direct ion du cabinet montréalais.Le droit pénal « statutaire », c'est-à-dire les infractions découlant non pas du Code criminel, mais de lois particulières, est appelé à prendre de plus en plus d'importance, dit M^* Laurin.En environnement, en matière de concurrence, d'accès à l'information, de droit d'auteur en informatique, de valeurs mobilières, etc.La présence de spécialistes en droit pénal pour appuyer les divers spécialistes du bureau va être un atout, estime Mc Laurin.Il ajoute que les nouvelles lois rendent les administrateurs et dirigeants d'entreprises de plus en plus susceptibles de poursuites pénales personnelles, et plus seulement contre la société, entre autres en environnement.Avoir un associé responsable du droit pénal est de nature à rassurer cette clientèle.« Ce genre de mariage est l'avenir de la profession en Amérique du Nord », estime Mc Schachter.Relativement nouveau au Canada (quelques grands bureaux torontois ont ouvert la porte à des criminalistes), cette jonction est monnaie courante aux États-Unis.Mais jusqu'ici, un fossé culturel profond a séparé les criminalistes de leurs collègues des grands bureaux.Pratiquant souvent dans de petits bureaux, voire seuls, les criminalistes ont rarement autant de moyens technologiques que leurs collègues pratiquant dans des sociétés de plus de 100 avocats.Cela va jusque dans l'habillement.« Je suis habillé en criminaliste », disait avec un rien de snobisme un civi-liste dépêché d'urgence l'autre jour au palais de justice et n'ayant pas eu le temps d'apporter sa chemise à col cassé.Quoi qu'il en soit, Mc Schachter constate comme tout le monde que le nombre de dossiers criminels « ordinaires » a diminué de moitié depuis sept ans à Montréal et que la pratique en souffre énormément.« Après 11 heures, c'est désert au palais ; quand j'ai commencé, on avait peine à se frayer un chemin ! » Cela dit, avec sa réputation, son volume à lui n'a pas diminué, dit-il.Ce n'est donc pas parce que les affaires allaient diminuant qu'il a accepté cette fusion.Fusion qui n'est qu'un des nombreux mouvements qu'on observe dans le milieu.Le bureau d'une soixantaine d'avocats Guy fir Gilbert s'est dissous.Et après la fondation de McMaster Gervais, résultat d'une fusion de deux bureaux moyens, voilà que Chait Amyot et de Grandpré Godin se marient à leur tour.Et « tout le monde se parle », reconnaît Mc Laurin.Les fusions internationales, les fusions avec les comptables se concrétisent et on n'a pas fini de voir de changements, apparemment.PHOTO ÉRIC ST-PIERRE.LaPmsmO Wle Raphaël Schachter, à gauche, désormais membre de l'étude légale Lavery de Billy, en compagnie du chef de direction de ce cabinet, M« André Laurin.mmmâ m I joue
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.