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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1999-07-24, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0724 b01 plus san 24 juillet 6LP0101B0724 ZALLCALL 67 00:52:38 07/24/99 B B Montréal, samedi 24 juillet 1999 Plus États-Unis La dynastie des Kennedy page B6 ÉDITORIAL/OPINIONS PHOTO AP Il y a à peine quelques semaines, des scènes comme celle-ci étaient monaie courante dans les camps de réfugiés kosovars installés en Macédoine.Depuis la paix de l\u2019OTAN au Kosovo, les Macédoniens retrouvent leurs problèmes ethniques et économiques passablement aggravés.La Macédoine tente de survivre en paix Vincent Marissal envoyé spécial, SKOPJE Malgré une situation économique désespér a n t e , d e s tensions ethniques omniprésentes et les humeurs belliqueuses de ses voisins, la Macédoine a réussi à ce jour à survivre en paix dans une région mise à feu et à sang depuis 10 ans.La petite Macédoine a-t-elle hérité de la sagesse de mère Térésa, sa plus illustre fille, ou mijote-telle la prochaine crise des Balkans ?En plein coeur de Skopje, la capitale de la Macédoine, on peut piétiner des dizaines de fois, sans jamais s\u2019en rendre compte, la modeste plaque de bronze placée là en mémoire de mère Térésa.Goncha Bojagiu, de son vrai nom, aura bientôt droit, à titre posthume, à un tout nouveau square, le gouvernement macédonien jugeant qu\u2019il n\u2019est pas décent de laisser plus longtemps les visiteurs marcher impunément sur la sainte femme.D\u2019autant que la Macédoine aura bien besoin des lumières de sa célèbre citoyenne, disent les Macédoniens eux-mêmes.Mère Térésa sera toujours identifiée à Calcutta, mais son image n\u2019en demeure pas moins terriblement actuelle dans son pays d\u2019origine.Née dans la province de la Macédoine, dans l\u2019ex-grande Yougoslavie, Goncha Bojagiu était albanaise d\u2019origine, Yougoslave de naissance et catholique de religion, une très rare combinaison.Dans un pays secoué par des tensions ethniques grandissantes, tout le monde trouve son compte avec mère Térésa : les Albanais affirment qu\u2019elle était des leurs ; les Macédoniens orthodoxes notent que, en tant que catholique, elle était chrétienne comme eux ; et les nostalgiques de la grande Yougoslavie ne manquent pas une occasion de rappeler que Mère Térésa était d\u2019abord une fille de la grandiose ère du maréchal Tito.La fondatrice des Soeurs missionnaires de la Charité, qui a lutté toute sa vie pour les pauvres de Calcutta, aurait aujourd\u2019hui beaucoup à faire pour combattre les di visions qui affligent son pays natal.Des orthodoxes de racines slaves qui se sentent menacés par la minorité albanaise, qui elle, ne cesse de dénoncer la discrimination dont elle est victime, c\u2019est un scénario connu dans les Balkans.Quand on vit collé sur le Kosovo et l\u2019Albanie, à moins de 250 kilomètres de Belgrade, difficile de ne pas faire des liens politiques et historiques.Les plus optimistes insistent sur le fait que, de toute l\u2019ex-Yougoslavie, la Macédoine est la seule province à avoir obtenu son indépendance sans qu\u2019un seul coup de feu soit tiré.Les plus pessimistes affirment que la Macédoine n\u2019a pas \u2014 encore \u2014 connu les calamités de s e s a n c i e n n e s soeurs tout simplement parce que le fruit n\u2019était pas mûr.Les Macédoniens albanophones représentent aujourd\u2019hui un peu moins du quart de la population (selon le gouvernement macédonien), mais avec en moyenne sept enfants par famille, ils seront maj o r i t a i r e s dans moins de trois décennies.D\u2019où la paranoïa des « Macédoniens macédoniens ».« Si j\u2019étais eux, je ne ferais pas la guerre, ils n\u2019ont pas besoin.Leur meilleure arme pour nous éliminer est leur taux de natalité, dit Ljupco Kozarovski, un jeune Macédonien étudiant en agronomie.C\u2019est ce qui est arrivé aux Serbes du Kosovo.Je ne suis pas proSerbe, mais nous avons nous aussi des raisons de nous inquiéter.C\u2019est la peur de la grande Albanie qui resurgit avec la libération du Kosovo.» Bien plus qu\u2019à une guerre de religion entre orthodoxes et musulmans, la Macédoine est d\u2019abord confrontée à une lutte de pouvoir.Les Albanais ne se contenteront pas d\u2019une plus grande place dans les statistiques démographiques : ils veulent aussi leur place au gouvernement, leurs écoles, leurs institutions.Avec, à l\u2019Ouest, une Albanie gonflée à bloc par la « victoire » contre Milosevic et, au nord, une Serbie affaiblie et la nouvelle « terre promise » du Kosovo, les Albanais de Macédoine ont trouvé une formidable motivation pour poursuivre leur combat.« C\u2019est pas facile d\u2019être macédonien, reprennent Ljupco Kozarovski et ses amis en sirotant un café.Tout le monde en a contre nous : la Grèce, à cause du nom de notre pays (d\u2019ailleurs l\u2019ONU parle de Former Yougoslav Republic of Macedonia plutôt que de Macédoine, question de ménager les susceptibilités des Grecs).Les Albanais veulent s\u2019étendre sur notre territoire, ils sont en train de s\u2019étendre au Kosovo.La Bulgarie nous boude et nous avons perdu notre principal marché vers la Yougoslavie à cause de la guerre ».Les « Macédoniens macédoniens » reprochent aux politiciens Albanais de ne pas prêcher pour la tolérance, comme le font leurs leaders politiques.Les Albanais, de leur côté, reconnaissent qu\u2019ils ont maintenant une place au sein du gouvernement, mais c\u2019est encore trop peu, s\u2019empressent-ils d\u2019ajouter.« Le vice-premier ministre est albanais, c\u2019est vrai, disent Artan et Armend, deux jeunes étudiants albanais, mais regardez le reste de gouvernement.Tous les postes importants sont occupés par des Macédoniens.« Ils nous refusent notre université albanaise parce qu\u2019ils savent trop bien que la meilleure façon de nous garder hors du pouvoir et des emplois payants, c\u2019est de s\u2019arranger pour que l\u2019on reste ignorants », disent les deux amis en sifflant une bière sur une terrasse.Réorganiser le gouvernement C\u2019est dans ce contexte particulièrement tendu qu\u2019un groupe de consultants québécois tente de réorganiser le gouvernement de la Macédoine.Pierre Richer de la Flèche et ses collègues de la firme montréalaise Secor sont au coeur du difficile équilibre ethnique macédonien.Le titre officiel du projet subventionné par l\u2019ACDI est : « La gestion stratégique de la diversité ethnique et culturelle de l\u2019administration publique de Macédoine ».« En gros, résume Pierre Richer de la Flèche, il s\u2019agit d\u2019essayer de faire en sorte que les gens des différents groupes ethniques fassent tous confiance aux services publics.On veut « désethniciser » la fonction publique pour que les gens ne sentent plus le besoin de se regrouper seulement au sein de leur groupe.» Dans le climat de confrontation qui prévaut, toute décision gouvernementale est perçue comme un geste politique, reprend M.Richer de la Flèche.« Il faut que les gens sentent qu\u2019ils reçoivent des services de qualité parce qu\u2019ils sont des citoyens à part entière, pas à cause de leur appartenance ethnique », dit le consultant.On p o u r r a i t croire que la situation canadienne peut être utile à la Macédoine, mais M.Richer de la Flèche rejette toute comparaison.« Le président de la Macéd o i n e ( K i r o Gligorov) était intéressé par l\u2019expérience canadienne dans la gestion culturelle et ethnique, explique-t-il, mais on ne veut pas appliquer bêtement le modèle canadien ici, c\u2019est la dernière chose à faire à cause de l\u2019équilibre très fragile de la Macédoine.» Les difficultés économiques En plus des problèmes ethniques, la Macédoine accumule les déboires économiques.Déjà anémique, traînant notamment un taux de chômage de 43 %, l\u2019économie du pays vient de subir ce que plusieurs qualifient de coup de mort avec la guerre au Kosovo.En fermant les voix d\u2019accès vers Belgrade, l\u2019OTAN vient de priver la Macédoine non seulement de son premier client, mais aussi de sa principale porte d\u2019entrée en Europe.Selon Skopje, les frappes de l\u2019OTAN et l\u2019afflux de réfugiés ont fait perdre au bas mot 1,5 milliard (US) à la Macédoine.Le gouvernement estime avoir fait sa part pour les réfugiés, en plus d\u2019avoir pris un énorme risque diplomatique et militaire en accueillant l\u2019OTAN sur ses terres.Quand ça va mal, ça va mal, les Macédoniens accusent même l\u2019OTAN d\u2019être à l\u2019origine de la perte d\u2019une grande quantité de récoltes.L\u2019aviation de guerre de l\u2019OTAN a en effet interdit aux agriculteurs l\u2019utilisation de « fusées » pour détourner les tempêtes de grêle.Les Macédoniens ne cachent pas leur colère contre l\u2019OTAN.Au contraire, ils en sont fiers : quelque 20 000 personnes ont manifesté le mois dernier dans le centre de Skopje pour reprocher au gouvernement de vendre la Macédoine à l\u2019Ouest.Il y a eu aussi un attentat à l\u2019explosif non revendiqué au quartier général de l\u2019OTAN, dans le secteur industriel de la ville, qui a été transformé en énorme caserne par tous les contingents qui ont élu domicile ici.Autre signe d\u2019hostilité envers l\u2019OTAN, l\u2019ambassade des États- Unis a été brûlée en partie lors d\u2019un autre attentat.Les Macédoniens racontent l\u2019incident avec un large sourire.« Ils ont été obligés de fermer la principale artère de Skopje pendant des semaines pour protéger l\u2019ambassade américaine », raconte un jeune homme dans un café.Les militaires canadiens Les soldats canadiens, même s\u2019ils sont moins visés que les Américains, ne sont pas plus en sécurité dans la région.Ils sont d\u2019ailleurs confinés à leur sinistre quartier général installé, avec les moyens du bord, dans les locaux délabrés d\u2019une ancienne compagnie de transport.Ils ne peuvent sortir de leur quartier entouré de fils barbelés, et quand ils le font, ils doivent porter veste pare-balles, lunettes de protection, casque, armes et tutti quanti.En juin, un détachement a été attaqué à coups de pierre et un soldat canadien a failli y perdre un oeil.La base elle-même n\u2019est pas plus sûre, les roches volent régulièrement par-dessus la clôture pour atterrir sur les tentes-dortoirs.Les boys sont ici pour six mois.« Nous sommes ici par pure politique, explique un militaire canadien, c\u2019est uniquement pour aider l\u2019économie d\u2019ici, mais ce serait pas mal plus simple pour nous d\u2019être au Kosovo, avec nos troupes.» Dans un pays ravagé par un taux de chômage de 43 %, la KFOR offre toutefois des emplois sur lesquels il est difficile de cracher.La situation, quoique désolante, offre aussi une source intarissable d\u2019inspiration aux nombreux humoristes et même aux chanteurs populaires.Comme Igor Djambazov, qui a composé un remake du célèbre « Hotel California » des Eagles, devenu « Hotel Macedonia », un endroit adorable pour tous les réfugiés, les journalistes et les militaires de l\u2019OTAN. 6LP0201B0724 b2 samedi 24 juillet 6LP0201B0724 ZALLCALL 67 01:01:01 07/24/99 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR CLAUDEMASSON ÉDITEUR ADJOINT MARCELDESJARDINS DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Anatomie d\u2019une grève stupide Dès que les infirmières ont déclenché leur grève, les observateurs s\u2019entendaient pour décrire cet affrontement comme un cul-desac dont personne ne sortirait gagnant.C\u2019était il y a trois semaines.On ne pouvait pas s\u2019imaginer à quel point.Quelles que soient les stratégies et les moyens de pression que la FIIQ, au terme de ses interminables palabres, déterminera pour la suite des événements, il est déjà assez tôt pour commencer à faire le bilan de ce qui aura été, ne mâchons pas nos mots, une grève stupide.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca La dynamique folle dans laquelle nous nous sommes engagés \u2014 journées de débrayage, négociation accélérée, grève illégale, trêve, autres négociations, entente de principe, rejet de l\u2019entente \u2014 a fait de terribles ravages.Elle a, temporairement, affaibli le gouvernement.Elle a avili une société qui a trop facilement toléré une grève dans un secteur où c\u2019est inacceptable.Elle aura imposé de dures épreuves aux malades.Elle aura aussi réussi le tour de force de rendre les infirmières plus aigries, plus démoralisées qu\u2019elles ne l\u2019étaient au début du conflit.Dès le départ, cette grève est partie tout croche.Le gouvernement, on s\u2019en souvient, s\u2019était entendu avec la FIIQ pour régler les clauses au coeur du mécontentement des infirmières : la tâche, le fardeau et la précarité.Les infirmières ont quand même débrayé, mais sur la question des salaires, après avoir dit, pendant des semaines, que le problème n\u2019était pas là.Le conflit débutait sur une contradiction gênante qui le rendait, par définition, insoluble.On quittait le terrain de la rationalité, pour entrer dans le monde des émotions.On ne faisait plus grève pour obtenir quelque chose, mais pour exprimer quelque chose.Ce sont les conflits les plus insolubles.Vingt jours plus tard, après une entente entre le gouvernement et leurs représentantes, les infirmières ont découvert avec stupeur ce qu\u2019on pouvait prévoir dès le départ, que les gains étaient minces et que leur grève n\u2019avait servi à rien.L\u2019entente de principe acceptée par la FIIQ était lucide.Mais les infirmières ont préféré la fuite en avant, en la rejetant massivement à 75 pour cent.Il est clair que la direction du syndicat a été débordée par sa base.Certains vouent un culte sans bornes aux mouvements spontanés de la base.Mais l\u2019expérience montre, qu\u2019en général, ces expressions populaires sont confuses et incohérentes.Les humains, dans leurs comportements collectifs spontanés, exhibent rarement les traits les plus fins de leur personnalité.Cette spontanéité a fait oublier aux infirmières des réalités qu\u2019elles n\u2019avaient pas le droit d\u2019oublier.Que l\u2019État devait tenir compte de contraintes dans ses négociations, des choses comme l\u2019argent et l\u2019équité avec les autres employeurs.Et que la seule façon de donner plus aux infirmières, ce n\u2019était pas de le faire dans un coup de coeur, parce qu\u2019elles sont fines et dévouées, mais de le faire le plus scientifiquement possible, en démontrant que leurs salaires étaient sous-évalués.Cela implique des études, et cela exclut des engagements précis avant d\u2019en connaître les résultats.Mais les infirmières, disent-elles, n\u2019ont pas confiance dans le gouvernement.Il y a un problème ; le même dérapage idéologique qu\u2019on a vu à l\u2019oeuvre dans la façon dont la légalité et les lois avaient été balancées.Le gouvernement est élu, il parle au nom de la collectivité.C\u2019est, incidemment, ainsi que fonctionnent les démocraties.Ce n\u2019est pas aux 47 000 membres de la FIIQ de décider qui dirige le Québec.Enfin, il y a la colère.Mais peut-elle tout justifier ?Ce mouvement s\u2019explique par le ras-le-bol des infirmières, leur colère face à une dure réforme de la santé dont elles ont été les victimes.C\u2019est vrai.Mais il y a quelques petites choses à dire.Tout d\u2019abord, que le système de santé entre dans l\u2019autre cycle du mouvement de balancier.Les compressions les plus dures sont derrière nous; on réinjecte des fonds en santé, on a changé de ministre.Mais surtout, les infirmières n\u2019ont pas le monopole de l\u2019effort et de la souffance.Tous les artisans du système de santé ont payé le prix de la réforme : les autres techniciens, les médecins, mais aussi, ne les oublions pas, les auxiliaires, celles qui ont les vraies sales jobs.Comment expliquer que tous ces gens réussissent à maîtriser leur colère, tandis que les infirmières, elles, semblent incapables de contrôler leurs débordements ?Il y a des éléments de réponses à ces questions.Il y a aussi un incroyable élan de narcissisme, où les infirmières ont choisi de ne penser qu\u2019à elles, penser à leur portemonnaie plutôt qu\u2019aux malades.Elles ont choisi de s\u2019écouter, de se complaire dans leur vécu, dans ce qui est à plusieurs égards un psychodrame collectif.L\u2019élan a été d\u2019autant plus intense qu\u2019elles ont été dopées par les nombreux appuis dont elles ont profité.Le soutien populaire et les coups de klaxon, oubliant que rien ne se retourne plus vite que l\u2019opinion publique.Mais aussi le soutien de tous les charognards à qui profitait la grève, les libéraux de Jean Charest, ou encore le Collège des médecins qui n\u2019a pas voulu dire que cette grève avait des impacts négatifs.C\u2019est ainsi qu\u2019au lieu de voir les infirmières s\u2019apaiser après avoir exprimé les motifs de leur mécontentement, on assiste au phénomène inverse, où la colère s\u2019alimente elle-même et s\u2019amplifie.Les infirmières ont ainsi oublié quelque chose : les colères, même justifiées, du moins celles des adultes qui se comportent de façon mature, ça se maîtrise.Et voilà comment, des hommes et des femmes dévoués, se sont comportés, dans ce conflit, comme des militants primaires.Comment des professionnels, qui croient à leur profession, ont réussi à poser, collectivement, un geste barbare.La momie Le président Boris Eltsine voudrait faire enterrer les restes de Lénine, qui sont exposés depuis 75 ans dans un mausolée du Kremlin.S\u2019il y parvient, cela couronnera de façon symbolique son oeuvre de fossoyeur du communisme.Frédéric Wagnière fwagnier@lapresse.ca C\u2019est étrange d\u2019entendre parler d\u2019un geste chrétien à l\u2019égard de celui qui a fait de l\u2019athéisme la religion d\u2019État en Union soviétique.Même le dernier successeur de Lénine à la tête de l\u2019URSS, Mikhaïl Gorbatchev, est favorable à l\u2019inhumation, si c\u2019est fait « humainement, dans l\u2019esprit chrétien ».Mais à six mois des élections à la Douma et à un an des élections présidentielles, il n\u2019y a pas de gestes chrétiens, il n\u2019y a que des gestes politiques.Les dirigeants du Parti communiste, comme Guennadi Ziouganov, n\u2019ont pas le même sens de l\u2019histoire que M.Gorbatchev et s\u2019accrochent à l\u2019image de Lénine, comme symbole de l\u2019âge d\u2019or du communisme, pour rassembler les nostalgiques autour de leur bannière rouge.Ils avertissent le Kremlin que l\u2019enterrement de Lénine entraînerait un soulèvement de masse.Mais M.Eltsine doit plutôt penser que ce serait l\u2019occasion de jeter définitivement l\u2019anathème sur le communisme en examinant le rôle de Lénine dans l\u2019histoire russe.Il se souvient que Khrouchtchev avait expulsé Staline du mausolée après avoir dénoncé ses crimes et pense, sans doute, qu\u2019il peut en faire autant avec Lénine.La grande différence est qu\u2019à la fin des années 50, beaucoup des victimes de Staline étaient encore en vie pour applaudir le geste, alors qu\u2019aucune des victimes de Lénine ne vit encore, aujourd\u2019hui.Et la brutalité de tsars comme Ivan le Terrible ou Pierre le Grand n\u2019a jamais empêché les Russes d\u2019en faire des héros nationaux.DROITS RÉSERVÉS serge.chapleau@lapresse.ca LA PRESSE ET VOUS Le drame de J.F.Kennedy Jr et le rôle des médias Les grands deuils impliquant des héros, des idoles, des personnalités dont la connaissance et souvent la réputation sont mondiales surviennent-ils toujours dans des moments d\u2019accalmie dans les médias ?Ce qui leur procure, en conséquence, une « couverture » encore plus importante.La belle princesse Diana est morte au début du long week-end de la fête du Travail, le 30 août 1997, ce qui a permis aux médias de consacrer des pages et des pages, sinon des numéros spéciaux et de longues émissions spéciales, à l\u2019accident tragique qui l\u2019a emportée et aux conséquences de sa disparition.Une semaine plus tard, le 5 septembre, c\u2019était la « sainte » mère Teresa qui mourait à Calcutta, en Inde.Encore là, c\u2019était à un moment où reprenaient à peine les activités de la rentrée d\u2019automne, ici et ailleurs.Et voici que John F.Kennedy Jr meurt, dans des circonstances tragiques, en plein mois de juillet.Qu\u2019on le veuille ou non, cette période estivale, où les informations sont nécessairement plus minces, puisque la plupart des « décideurs » de tous les milieux sont en vacances, entraîne une plus large couverture médiatique lorsqu\u2019un événement majeur survient, comme ce fut le cas cette semaine avec la mort de John-John, de son épouse Caroline Bessette Kennedy et de sa belle-soeur Lauren Bessette.Les médias d\u2019ici, comme partout dans le monde, ont-ils accordé une trop grande importance à cette tragédie à la fois personnelle, familiale et nécessairement collective, en raison de la personnalité du disparu et de son appartenance au clan Kennedy, d\u2019une part, et des circonstances particulières entourant sa disparition et les recherches intensives qui ont suivi, d\u2019autre part ?Y a-t-il eu exagération ou « over-coverage » de la part des médias, en termes de temps consacré à la radio et à la télévision, d\u2019espace alloué dans les journaux et magazines, d\u2019énergie et de ressources humaines et financières consacrées au drame lui-même et à tout ce qui l\u2019a entouré ?Les médias ont-ils respecté ou non la vie privée des familles affectées par cette tragédie ?Ont-ils maintenu un « devoir de réserve » élémentaire dans les circonstances ?La réponse se trouve dans l\u2019intérêt manifesté par l\u2019opinion publique durant les quatre jours qu\u2019a duré le suspense, jusqu\u2019à ce que les corps des trois personnalités soient retrouvés.Les réseaux américains CNN, MSNBC, CNBC, Fox News, les postes de radio américains, le cable et Internet ont été accaparés plus que jamais par le passé par les auditeurs, téléspectateurs et internautes.Les premiers relevés effectués par les réseaux MSNBC et Fox News démontrent un record de foyers retenus par la télévision, dimanche dernier.Par rapport aux autres week-ends du mois de juillet, les deux réseaux ont connu un accroissement de 600 % des cotes d\u2019écoute.American On Line (AOL), site qui compte 17 millions de membres, a enregistré un nouveau message de sympathie par seconde et jusqu\u2019à 1 500 utilisateurs branchés au même moment sur chacun des 100 forums (chats) spécialement ouverts pour JFK Junior.Selon les responsables d\u2019AOL, un phénomène d\u2019une telle ampleur n\u2019avait pas été constaté depuis la mort de Lady Diana, qui avait provoqué un afflux de 100 nouveaux messages par minute.La difficulté pour les médias, en pareilles circonstances, est de trouver un équilibre entre l\u2019intérêt et la curiosité des lecteurs et des téléspectateurs, entre ce qu\u2019ils veulent connaître et ce qu\u2019ils ont besoin de connaître sur l\u2019événement, et de réussir à faire le partage entre ce qui est d\u2019intérêt public et d\u2019intérêt privé, lorsqu\u2019un tel drame survient.La concurrence médiatique est très vive, surtout avec l\u2019apparition des nouveaux moyens de communication.Afin d\u2019obtenir la plus haute cote d\u2019écoute, le plus fort tirage, la plus grande audience sur son site, les médias sont prêts à prendre souvent tous les moyens \u2014 même à la limite du bon sens \u2014 pour attirer le plus grand nombre de personnes.À chaud, les décisions de « couverture » sont souvent prises de façon précipitée.L\u2019événement d\u2019actualité, nécessairement imprévu, provoque des réactions spontanées de la part des responsables de l\u2019information.On décide rapidement du nombre d\u2019envoyés spéciaux sur les lieux du drame, de l\u2019arrêt des émissions en cours pour occuper totalement les ondes avec la tragédie qui se déroule au même moment et en direct, de l\u2019ouverture des lignes téléphoniques à la radio ou des forums sur Internet pour obtenir commentaires et témoignages du public.Ce n\u2019est souvent qu\u2019avec le recul, après quelques jours sinon après quelques semaines, qu\u2019il est possible pour les dirigeants des salles de nouvelles des divers moyens d\u2019information d\u2019évaluer correctement la pertinence de la « couverture » offerte et des discerner s\u2019il y a eu abus ou exagération par rapport à tel ou tel événement, comme celui que nous venons de vivre.Et le public se met aussi de la partie.Après avoir suivi attentivement le drame, après même en avoir redemandé aux médias, après avoir satisfait pleinement son niveau d\u2019intérêt.et de curiosité, ce même public place les journalistes au centre de l\u2019attention.C\u2019est à ce moment que les critiques surviennent : y a-t-il eu ou non exagération dans le traitement du drame de John F.Kennedy Jr ?À froid, c\u2019est toujours plus facile de tirer les conclusions qui s\u2019imposent.Cette critique est la bienvenue.Chaque média tire des leçons de sa « couverture » de l\u2019événement majeur alors mis en cause.Inévitablement, il en reste quelques leçons lorsqu\u2019un autre événement majeur survient.Pour les intéressés qui veulent analyser le comportement des médias dans cette autre malheureuse et dramatique tragédie qui vient d\u2019affecter la grande famille Kennedy, les sites Internet du Los Angeles Times (latimes.com), du Boston Globe (boston.com) et de Poynter Online offrent depuis hier des réflexions fort pertinentes.De quoi alimenter une bonne discussion.Bon week-end à chacune et à chacun de vous Claude MASSON Éditeur adjoint cmasson@lapresse.ca 6LP0302B0724 b3 samedi 24 juillet 6LP0301B0724 ZALLCALL 67 01:00:52 07/24/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 R B 3 Les cerveaux migrateurs Brain drain ?Exode des cerveaux ?Quossé ça ?C\u2019est ce que, en termes à peine plus élégants, le premier ministre Jean Chrétien a répliqué à ceux qui s\u2019inquiètent du départ d\u2019un nombre de plus en plus grand de Canadiens vers les États-Unis.Il s\u2019agit évidemment de gens « mobiles » \u2014 par définition, des diplômés de talent, dans des domaines où leurs connaissances et leur savoir-faire leur attirent des offres d\u2019emploi intéressantes.Plusieurs cris d\u2019alarme ont été lancés cette année, tant dans les milieux universitaires que dans les milieux d\u2019affaires, et l\u2019opposition réformiste s\u2019en est emparée en réclamant des réductions d\u2019impôts.Le Canada anglais souffre davantage du phénomène à cause de la similitude linguistique, mais le mouvement a atteint les francophones.Car, ne l\u2019oublions pas, les Québécois instruits sont en général bilingues, sans compter que nombre d\u2019entre eux connaissent bien les États-Unis pour y avoir fait un doctorat ou un « post-doc ».C\u2019est particulièrement le cas dans le domaine médical et dans la recherche universitaire.La faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal s\u2019est vue forcée de mettre sur pied un programme de subventions spéciales pour retenir ses jeunes chercheurs ! n n n Première réaction de M.Chrétien : il n\u2019y a pas d\u2019exode.Comment en arrive-t-il à cette étonnante conclusion ?Par un calcul aussi sommaire que superficiel.Il a compté combien de Canadiens quittaient le pays, puis combien d\u2019immigrants entraient au pays.Et, fulgurante, la lueur se fit dans son esprit : il y a plus d\u2019immigrants que d\u2019émigrants ! Donc, il n\u2019y a pas d\u2019exode des cerveaux.De toute évidence, M.Chrétien ne connaît, pas plus en français qu\u2019en anglais, la signification de l\u2019expression, ou alors il l\u2019interprète littéralement, tout être humain ayant effectivement un cerveau.Mais il s\u2019agit ici, évidemment, des cerveaux particuliers des spécialistes que notre société a formés à grands frais.Si, par exemple, le Canada perd en une semaine trois informaticiens de haut niveau, deux neurochirurgiens, trois jeunes infirmières bachelières, un cinéaste génial et un chercheur en biophysique, et que la même semaine, ces dix personnes sont « remplacées » par trois domestiques du tiers-monde, deux demandeurs d\u2019asile sans qualification particulière et cinq personnes de plus de 50 ans parrainées par des immigrants reçus, il est assez clair qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un remplacement purement statistique.M.Chrétien signale avec fierté que le Canada reçoit plus d\u2019ingénieurs qu\u2019il n\u2019en perd.Les pays de l\u2019ancien bloc soviétique et la Chine ont effectivement produit des millions d\u2019ingénieurs.M.Chrétien s\u2019est bien gardé de parler d\u2019autres professions, sans compter que le terme « ingénieur » ne veut pas dire grand-chose ; même aux États-Unis, on appelle « engineer » certains travailleurs qui seraient considérés au Canada comme des techniciens.n n n Le débat s\u2019est approfondi, si l\u2019on peut dire, lorsque M.Chrétien a abordé l\u2019autre volet de la question, soit les raisons qui poussent un nombre alarmant de Canadiens hors des frontières.Dans les milieux d\u2019affaires, on explique cet exode par la lourdeur du fardeau fiscal imposé aux hauts salariés.Mais la vérité n\u2019est pas aussi simple.Tout indique que c\u2019est moins l\u2019aspect fiscal que l\u2019intérêt professionnel qui pousse nombre de spécialistes canadiens aux États-Unis.La plupart ont été séduits par des laboratoires superéquipés, des hôpitaux qui fonctionnent bien, des entreprises où les possibilités d\u2019avancement sont illimitées, un climat général qui encourage la recherche et l\u2019émulation.Pour beaucoup, l\u2019aspect fiscal n\u2019est que la cerise sur le sundae .M.Chrétien a préféré ressortir les clichés habituels.Ceux qui déménagent aux États-Unis paieront moins de taxes, dit-il en substance, mais ils ne pourront pas se promener le soir dans un parc parce qu\u2019il y a trop de violence.Il y a là-bas cinq fois plus de meurtres commis avec des armes à feu qu\u2019au Canada.En plus, les régimes d\u2019assurance-maladie privés coûtent cher, et les droits de scolarité universitaires sont astronomiques.n n n C\u2019est tout confondre.M.Chrétien fait semblant d\u2019ignorer que les risques de violence sont étroitement liés à la classe sociale.C\u2019est dans les quartiers pauvres que règne la violence.Les hauts salariés dont il est question habitent, comme leurs pairs américains, dans des enclaves verdoyantes et paisibles, où l\u2019on peut faire son jogging le soir en toute sécurité, où l\u2019on est, en tout cas, ni plus ni moins en danger que dans les beaux quartiers de Montréal ou Toronto.M.Chrétien parle de droits de scolarité universitaires de 20 000 $ et plus.C\u2019est exact si l\u2019on va à Stanford ou à Harvard \u2014 et si l\u2019on n\u2019a pas obtenu les bourses substantielles que ces institutions offrent aux étudiants talentueux \u2014, mais dans la plupart des universités publiques des États-Unis, et il y en a d\u2019excellentes, les droits de scolarité se comparent à la moyenne canadienne.Le système médical américain comporte d\u2019horribles failles, notamment pour les millions de gagne-petit qui n\u2019ont pas accès à un régime privé, qui sont par ailleurs inadmissibles au Medicaid destiné aux défavorisés ; mais pour l\u2019émigrant canadien à l\u2019emploi d\u2019une entreprise de pointe, d\u2019un laboratoire ou d\u2019une université, le problème ne se pose pas, puisqu\u2019il aura une couverture automatique.Et à 65 ans, il aura droit au Medicare, programme gratuit qui, amélioré par une assurance additionnelle à coût fort décent, lui procurera des soins de santé sans équivalent ici.Exemple, cette dame de 80 ans que je connais, une New-Yorkaise retraitée en Floride.n n n Elle n\u2019est pas riche, au contraire.Elle n\u2019a aucun contact personnel dans le milieu médical.Elle vient de subir une angioplastie.Délai d\u2019attente ?Un jour et demi.Elle est hospitalisée au moindre signe d\u2019alerte, dans un bel hôpital qui roule bien, et on ne l\u2019a jamais renvoyée chez elle avec des tubes dans le bras.Si elle devait subir une chirurgie cardiaque majeure, il n\u2019y aurait aucun délai et elle aurait droit à la fine pointe de la technologie.Quand ses enfants, qui habitent New York, veulent avoir des nouvelles, ils téléphonent directement à son médecin de famille, à son cardiologue ou à l\u2019infirmière de garde.Ces derniers rappellent immédiatement et les informent en détail, et avec gentillesse en plus.Cette vieille dame n\u2019est pas riche, répétons- le ; mais elle a accès en tout temps, et rapidement, à des soins de qualité.Voilà un cruel contrepoint au chaos qui règne cet été dans nos services de santé « gratuits ».Lysiane Opinions Faire notre place dans le monde Le Québec, une des vingt économies les plus industrialisées du monde, a certainement autant de capacité que le Canada de défendre ses intérêts sur la scène mondiale YVAN LOUBIER et PIERRE PAQUETTE Les auteurs sont respectivement député du Bloc québécois de Saint-Hyancinthe-Bagot et vice-président du BQ.Alain Dubuc, dans son éditorial intitulé « La bataille pour le monde » (La Presse, 12 juillet), pense avoir fait la démonstration que « la mondialisation, en redéfinissant de façon radicale les enjeux auxquels doivent faire face les sociétés modernes, amène le projet souverainiste dans un cul-de-sac ».Les arguments qu\u2019il avance non seulement ne prouvent rien, mais plusieurs d\u2019entre eux renforcent au contraire l\u2019idée que le Québec doit faire sa place dans le monde en accédant à la souveraineté.Son premier argument, « c\u2019est que les nouvelles règles du jeu réduisent considérablement la souveraineté des États », en conséquence de quoi, créer un nouvel État est à contre-courant.La mondialisation s\u2019est construite autour de la libéralisation du commerce international et amène, il est vrai, une modification dans la façon d\u2019intervenir des États.Cela dit, est-ce qu\u2019il s\u2019agit nécessairement d\u2019un affaiblissement de l\u2019État ?Le lien n\u2019est pas aussi évident que le pense Alain Dubuc.En effet, les statistiques montrent au contraire qu\u2019une ouverture croissante de l\u2019économie est associée à un rôle plus développé de l\u2019État.Des études récentes, du professeur américain Rodrik entre autres, concluent que dans les pays de l\u2019OCDE, il y a «une corrélation très forte entre le volume des dépenses publiques (en % du PIB) et le degré d\u2019ouverture aux échanges extérieurs ».En d\u2019autres termes, une présence de l\u2019État forte et bien pensée peut être un facteur de compétitivité pour une économie qui se mondialise.Les cas des Pays-Bas, de la Norvège, du Luxembourg, de l\u2019Autriche et du Danemark en sont des exemples.Il y a de nombreux exemples de petits pays, qu\u2019on pense à Singapour, qui ont non seulement une économie très internationalisée mais aussi des dynamiques économiques associées avec succès à l\u2019investissement étranger.Pour les individus comme pour l e s entreprises, le niveau de présence de l\u2019État acceptable est fonction des bénéfices qu\u2019ils estiment en tirer en contrepartie : infrastructure routière, système d\u2019éducation meilleur, services publics efficients, environnement propre et sécuritaire, maind\u2019oeuvre qualifiée, relations de travail positives.Tous ces exemples suggèrent qu\u2019une participation réussie à l\u2019économie mondiale ait de meilleures chances de réalisation si l\u2019État s\u2019y implique.Cela explique en partie pourquoi on a assisté, au cours des cinquante dernières années, alors même qu\u2019on construisait cette mondialisation, à la création de plus de 120 pays dont 28 depuis dix ans.Créer des États souverains, alors même que l\u2019espace économique se mondialise, démontre clairement que le temps où frontières politiques et frontières économiques devaient coïncider, est dépassé.« Parapluie protecteur » Mais la mondialisation n\u2019est pas qu\u2019économique, elle touche toutes les sphères de l\u2019activité humaine, à des degrés divers cependant.Et c\u2019est là le deuxième argument de l\u2019éditorialiste en chef de La Presse : « .les petits pays sont plus vulnérables quand il s\u2019agit de préserver leur identité » et le Canada est pour le Québec à cet égard un « parapluie protecteur ».Sur la première partie de l\u2019affirmation, c\u2019est un peu court.L\u2019identité nationale tient à bien plus qu\u2019à sa démographie.La langue commune, la vitalité de la culture, les institutions politiques, la dynamique sociale sont des éléments beaucoup plus significatifs.Qui oserait sérieusement avancer que les identités suédoise, autrichienne, tchèque, grecque ou suisse sont plus menacées que celle des Canadiens parce que leur population est moins nombreuse ?La deuxième partie de l\u2019argument fait rire .jaune.Comment l\u2019État canadien pourrait-il mieux défendre l\u2019identité québécoise que l\u2019État québécois (même non souverain), alors qu\u2019il refuse de reconnaître le peuple québécois et l\u2019existence d\u2019une culture québécoise qu\u2019il ramène constamment au rang de « composante régionale de la culture canadienne ».Comment l\u2019État canadien pourrait-il défendre les institutions sociales du Québec alors qu\u2019il a lui-même diminué la portée des programmes sociaux en coupant drastiquement dans les paiements de transfert au Québec ?On comprend, dès lors, pourquoi la majorité de la population québécoise appuie la volonté du gouvernement du Québec à parler au nom du Québec chaque fois que les questions de langue, de culture ou de ses intérêts sont évoquées à l\u2019Organisation mondiale du commerce comme ailleurs.Le troisième argument découle de la tendance des pays à déléguer une partie de leur souveraineté à des entités régionales ou internationales.Selon Alain Dubuc, le Canada est une entité régionale qui se rapproche de ce qu\u2019est la communauté européenne ; son démantèlement irait donc à contre-courant.Il y aurait beaucoup à dire sur la comparaison pour le moins boiteuse entre le Canada et la communauté européenne.On ne le voit pas le jour où l\u2019Allemagne, la France, la Grande-Bretagne abdiqueront leur souveraineté pour devenir des provinces d\u2019une fédération européenne.Rappelons aussi que ce sont les souverainistes et d\u2019ailleurs le Bloc québécois en a fait un élément central de sa réflexion en vue de son congrès, qui ont mis sur la table la question du partenariat entre le Québec et le Canada sur la base de relations égalitaires entre peuples, d\u2019État à État.Pied d\u2019égalité En déléguant une partie de leur souveraineté nationale à des organismes régionaux ou internationaux tels que l\u2019OMC, les pays participants y gagnent au change.En contrepartie, chaque pays participant aux accords se trouve sur un pied d\u2019égalité juridique avec l\u2019ensemble des autres pays participants.La création de l\u2019OMC donne, pour la première fois dans l\u2019histoire du commerce, la possibilité aux petits de se retourner contre les grands.Par exemple, le Costa Rica, un petit pays de 3,1 millions d\u2019habitants, a gagné récemment sa cause devant le panel de l\u2019OMC contre les États-Unis, qui lui avaient imposé des restrictions sur la vente de ses textiles sur le territoire américain.Les États-Unis ont dû faire marche arrière.Alain Dubuc constate comme nous qu\u2019une partie du pouvoir se déplace vers le haut (l\u2019international, le continent, .) et qu\u2019une autre partie devrait aller vers le bas (les régions et les localités, .).Ce mouvement est une nécessité dont, selon l\u2019avis même de l\u2019éditorialiste, le gouvernement canadien ne reconnaît pas l\u2019importance.Une véritable décentralisation des pouvoirs vers les régions du Québec est impossible dans le cadre d\u2019un État provincial privé d\u2019une partie des pouvoirs essentiels.Elle n\u2019a de sens que dans le cadre d\u2019un Québec souverain.Finalement, Alain Dubuc conteste que, dans le contexte de la mondialisation, le Québec parce qu\u2019il est absent de la table des nations souffre d\u2019un déficit démocratique.Il est peut-être utile de rappeler certaines règles de l\u2019OMC qui illustrent très bien ce déficit démocratique.Ainsi, à l\u2019article XXIV : 12 de l\u2019Acte final, il est clairement énoncé que chaque membre de l\u2019OMC est pleinement responsable de s\u2019assurer que sur son territoire, les gouvernements et administrations régionaux et locaux observent les dispositions des accords.En tant que province canadienne, le Québec n\u2019a pas le droit de participer à ce forum international ; il devra, par contre, respecter intégralement les conclusions.On comprend mieux pourquoi le gouvernement fédéral respecte de moins en moins la constitution canadienne.Elle n\u2019est plus conforme à ce qu\u2019un État souverain, signataire des grands accords internationaux et participant aux négociations des nouvelles règles du jeu mondial a besoin.S\u2019il advenait que le Canada ne pouvait appliquer les conclusions d\u2019une négociation sur les produits culturels ou sur l\u2019éducation, car ce sont strictement des juridictions provinciales, il pourrait être victime de représailles de l\u2019OMC.Cela amène le gouvernement fédéral, avec l\u2019assentiment des neuf autres gouvernements provinciaux, à se donner une légitimité d\u2019intervention dans les domaines de compétence provinciale.L\u2019entente intervenue sur l\u2019Union sociale et les bourses du millénaire illustrent cette dynamique de centralisation.Cette construction d\u2019un nouveau Canada malgré le Québec est une autre forme de ce déficit démocratique.Mieux servi par lui-même Le Québec défendrait-il mieux ses intérêts en étant présent directement aux tables où se négocient les nouvelles règles de la mondialisation ?Des exemples récents du comportement du gouvernement du Canada nous assurent que le Québec serait mieux servi par luimême.Rappelons le dossier de l\u2019amiante pour lequel le gouvernement du Québec et le Bloc québécois ont réclamé pendant une année et demi qu\u2019Ottawa dépose une plainte au tribunal de l\u2019OMC face à l\u2019embargo unilatéral de la France.Un Québec souverain n\u2019aurait pas tardé à agir dans ce sens et aurait peut-être évité un embargo généralisé des pays européens, des pertes de marchés et de milliers d\u2019emplois.Que dire également de l\u2019attitude du Canada, lors du dernier cycle de négociations du GATT, qui a tardé à défendre vigoureusement le maintien de l\u2019article XI, un des piliers fondamentaux de contrôle à l\u2019importation dans l\u2019industrie laitière québécoise, premier secteur de l\u2019industrie agroalimentaire du Québec, de façon à favoriser les exportations céréalières de l\u2019Ouest canadien ?Et l\u2019AMI ?Jamais le gouvernement du Québec n\u2019aurait permis qu\u2019on discute derrière des portes closes du saccage, entre autres, des politiques culturelles et des instruments des politiques économiques et sociales québécoises en faveur d\u2019avantages offerts sur un plateau d\u2019argent aux grandes entreprises transnationales.Un Québec souverain se serait joint à la France pour dénoncer et combattre les prétentions de l\u2019OCDE.Sans se prendre pour d\u2019autres, il ne faut pas se prendre pour moins que ce que l\u2019on est, comme l\u2019aurait dit René Lévesque.Le Québec, une des vingt économies les plus industrialisées du monde, a autant de capacité que le Canada de défendre ses intérêts sur la scène mondiale et il n\u2019a aucun avantage à les voir être dilués comme lorsque ceux-ci passent par Ottawa.Le Québec directement présent aux forums internationaux pourrait y faire entendre son point de vue, y développer des positions communes avec d\u2019autres pays qui partagent ses préoccupations et participer à des alliances pour que les résultats négociés soient conformes à ses attentes Yvan Loubier Pierre Paquette 6LP0401B0724 b4 samedi 24 juillet 6LP0401B0724 ZALLCALL 67 00:52:18 07/24/99 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 Opinions Préférer la Bourse qui peut.à celle qui ne peut plus! Montréal a tout à gagner en suivant le modèle de Chicago PIERRE LORTIE L\u2019auteur a été président de la Bourse de Montréal de 1981 à 1984.Le texte qui suit reflète ses opinions personnelles et ne sont pas forcément représentatives du point de vue de son employeur, Bombardier International, ni de celui des sociétés auxquelles il est lié.Le débat sur l\u2019entente conclue le 15 mars dernier entre les quatre bourses canadiennes délimitant leurs futurs champs de spécialisation risque fort de conduire à des décisions qui pénaliseront l\u2019économie québécoise si on n\u2019y met pas un peu plus de rigueur.S\u2019il est un domaine où les forces économiques exercent une influence prépondérante c\u2019est bien celui des marchés financiers.Il est possible de les harnacher à son avantage mais seulement à la condition de bien comprendre et de respecter leur dynamique.À cet égard, l\u2019émotivité et les coups de coeur sont de bien mauvais guides.Au risque de paraître prosaïque, le problème qui confronte le marché des actions de la Bourse de Montréal est essentiellement une question de coûts.Aucune entreprise ne peut survivre dans un environnement compétitif si ses coûts de production sont nettement plus élevés que ceux de ses principaux concurrents.Dans le cas d\u2019un marché boursier, cette observation est une loi d\u2019airain, un facteur incontournable.Pour bien saisir à quel point la situation actuelle est dramatique, il faut comprendre la vraie nature et l\u2019ampleur des surcoûts de production du marché boursier montréalais.Une question de coûts La fonction première d\u2019une bourse est de canaliser toutes les transactions sur des actions déjà émises dans un lieu central afin d\u2019en faciliter l\u2019achat ou la vente par les investisseurs.Un marché boursier n\u2019a pas pour objet de financer les entreprises.Cette distinction fondamentale est souvent escamotée dans le débat actuel ; il en découle des conclusions erronées.La concentration des transactions permet aussi de connaître le consensus du marché de la valeur des titres, favorisant ainsi une meilleure allocation de l\u2019épargne.La qualité d\u2019un marché boursier se mesure donc par sa liquidité, c\u2019est-à-dire par sa capacité à absorber des transactions de plus en plus importantes sans affecter le prix d\u2019équilibre (par exemple la profondeur), à l\u2019intérieur des délais les plus courts.Voyons certains faits.En 1998, la valeur totale des transactions à la Bourse de Montréal représentait seulement 10 % de la valeur totale des actions transigées au Canada.Cette situation a un effet direct sur la liquidité des marchés de Montréal et de Toronto.Cela se manifeste, par exemple, par le fait que l\u2019écart moyen observé en 1998 entre les cours acheteur et vendeur pour les actions des 25 compagnies composant l\u2019indice XXM de la Bourse de Montréal était de 0,35 $ à Montréal comparativement à 0,12 $ à Toronto.L\u2019écart important entre les prix affichés explique en partie la proportion plus élevée de transactions croisées à Montréal (32 %) comparativement à Toronto (12,7 %).Ces transactions ajoutent au volume de transactions rapportées \u2014 elles représentaient 75,6 % de la valeur transigée à Montréal, en 1998 \u2014 mais elles ne contribuent en rien à la liquidité car, dans ce genre de transactions, l\u2019acheteur et le vendeur conviennent ensemble à l\u2019avance du prix auquel s\u2019effectuera la transaction.C\u2019est pourquoi les grosses transactions des grandes institutions, comme la Caisse de dépôt et de placement du Québec, ne contribuent pas ou peu à bâtir la liquidité qui manque à Montréal.Ainsi, lorsqu\u2019on élimine les transactions croisées, la valeur des transactions de marché effectuées à Montréal ne représentait en 1998 que 5,9 % de celle de Toronto.Les conséquences de ces caractéristiques du marché des actions de la Bourse de Montréal sont considérables.Pour les transactions portant sur 1 000 actions ou plus, la même transaction acheminée vers le parquet de Montréal aura un déroulement différent qu\u2019à Toronto car, en moyenne et selon les titres, la profondeur à Montréal sera de 5 à 20 fois moins élevée et le prix affiché sera moins favorable d\u2019au moins 0,23 $.Compte tenu des écarts de prix affichés et des entraves à l\u2019arbitrage qui existent entre les parquets au Canada, l\u2019écart de prix requis pour compléter une commande à l\u2019intérieur d\u2019un délai comparable à celui de Toronto sera d\u2019environ 0,75 $ par action, c\u2019est-à-dire 4,76 % du prix de l\u2019action (9,52 % pour l\u2019achat et la vente !).Voilà l\u2019ampleur du surcoût de production de la Bourse de Montréal.Les trucs de 1983 Le problème ainsi circonscrit, n\u2019est-il pas possible d\u2019y apporter des correctifs ?Ce n\u2019est pas la première fois que la part de marché du parquet montréalais s\u2019écroule autour de 10 % du marché canadien.Au début des années 1980, dans les milieux spécialisés, il était de bon ton de croire, comme l\u2019affirme le président du Comité des gouverneurs de la Bourse aujourd\u2019hui, que Montréal ne peut raisonnablement pas espérer regagner une part importante du marché canadien.Pourtant, un redressement fut effectué.Pourquoi ne pourrait-on pas réussir à nouveau ?Pour renverser la tendance et éviter de tomber sous le seuil des 10 % de part de marché en deçà duquel la Bourse de Montréal n\u2019aurait plus été viable, plusieurs innovations ont été adoptées en 1983.D\u2019abord, on instaura le système des spécialistes, une première au Canada.Ensuite, on implanta le premier système automatisé d\u2019acheminement et d\u2019exécution de commandes au Canada, le système MORRE.Les résultats ne se firent pas attendre.Dès 1983, on observe un redressement.En 1984, c\u2019était confirmé.La gageure était gagnée car la part de marché avait grimpé à 19,5 % dans un marché boursier généralement stable.Confrontée aux résultats de ces innovations, la Bourse de Toronto annonça vers la fin de 1985 qu\u2019elle s\u2019orientait dans le même sens.Pour s\u2019assurer que les gains réalisés ne s\u2019effritent pas, il aurait fallu procéder à une troisième innovation, l\u2019implantation d\u2019un véritable marché national modelé sur le National Market System établi depuis le milieu des années 70 aux États-Unis.Des démarches ont été initiées en ce sens en 1984 mais elles n\u2019ont pas été poursuivies par la nouvelle direction qui entra en fonction vers la fin de l\u2019année.Ce marché national n\u2019a jamais été instauré et des règles discriminatoires du parquet de Toronto envers les négociateurs professionnels des autres parquets perdurent toujours.Faute d\u2019avoir instauré en temps opportun les infrastructures de marché nécessaires pour assurer l\u2019intégration véritable des parquets au Canada, nous nous retrouvons avec une situation intenable aujourd\u2019hui.Quinze ans plus tard, que peuton faire ?D\u2019abord, les mesures instaurées en 1983 ont été pour l\u2019essentiel adoptées par Toronto.L\u2019avantage n\u2019est plus.Ensuite, les technologies de l\u2019information ont tellement progressé que c\u2019est l\u2019avenir même des bourses d\u2019actions qui est en jeu.Enfin, l\u2019instauration d\u2019un marché canadien intégré pourrait peut-être permettre à Montréal de conserver un parquet mais, dans l\u2019état actuel des choses, les bénéfices seraient très marginaux.Bref, les trucs de 1983 ne marcheront pas dans le contexte de 1999.Il faut admettre cette évidence et chercher d\u2019autres avenues.Produits dérivés L\u2019établissement de marchés boursiers de produits dérivés sur instruments financiers, tels les marchés d\u2019options sur actions et obligations, les marchés à terme sur obligations, devises, etc., date du milieu des années 1970.Ces innovations majeures ont vu le jour grâce à une coopération étroite entre les bourses de denrées de Chicago et le Graduate School of Business de l\u2019University of Chicago.Chicago possède maintenant trois bourses spécialisées (CBOT, CBOE et CME) et un secteur financier très robuste.En fait, aux États- Unis dans le secteur des produits dérivés sur instruments financiers, c\u2019est Chicago qui domine et non New York.Montréal possède une bonne tradition et connaît des succès probants dans le secteur des produits dérivés.C\u2019est un secteur porteur d\u2019avenir.Du point de vue du développement économique du Québec, il serait regrettable de rater l\u2019occasion de donner une impulsion nouvelle à un secteur où nous possédons ma n i f e s t e m e n t une infrastructure et des compétences certaines à cause d\u2019états d\u2019âme nostalgiques et de jugements non avisés.Toronto a choisi d\u2019imiter New York ; Montréal a tout à gagner en suivant le modèle de Chicago.Le premier marché des options au Canada a été établi à Montréal, en septembre 1975.Quelques mois plus tard, Toronto ouvrait son propre marché.On observe que Montréal a conservé son avance sur Toronto jusqu\u2019en 1978.À partir de cette date, Toronto a systématiquement poursuivi une politique d\u2019inscription à sa cote des classes d\u2019options inscrites à Montréal.En 1983, dans des circonstances qu\u2019il serait trop long de décrire ici, la Bourse de Montréal réussit à contraindre celle de Toronto de mettre un terme à sa politique de dédoublement et de redistribuer à l\u2019avantage de Montréal les classes d\u2019options qui étaient interinscrites.Cette politique de spécialisation des bourses, bien que limitée, a bien servi les intérêts de Montréal.Développement pertinent dans le débat actuel, il faut signaler que cet accord de non-dédoublement a été rescindé en 1997.En 1988, la Bourse de Montréal innova de nouveau avec la création du marché de contrats à terme sur acceptation bancaire.Cela fut suivi par l\u2019établissement du marché des contrats à terme sur obligations du gouvernement du Canada (10 ans), en 89, et sur les obligations de 5 ans, en 94.C\u2019est sur de tels succès qu\u2019il faut construire notre avenir.Pierre Lortie Il faut oublier le passé et penser à demain L\u2019analyse des forces économiques et de la dynamique qui façonnent l\u2019évolution des marchés boursiers au Canada permet de dégager les conclusions suivantes eu égard au projet de spécialisation des bourses canadiennes.1.Le financement des entreprises \u2014 l\u2019appel public à l\u2019épargne \u2014 ne s\u2019effectue pas par l\u2019intermédiaire des bourses mais par l\u2019entremise des courtiers en valeurs mobilières.Le développement de cette expertise ne dépend pas de la vigueur institutionnelle d\u2019une bourse à Montréal mais de la vitalité de l\u2019économie québécoise et du nombre de sociétés qui décident d\u2019ouvrir leur capital.C\u2019est cette fonction critique qui a été favorisée par la création du REAQ.Le projet de spécialisation des bourses ne changera rien à ce qui précède.Le comportement des courtiers en valeurs mobilières a déjà anticipé cette spécialisation car, dans les faits, ils insistent pour que les compagnies québécoises qui émettent des actions au public s\u2019inscrivent à la cote de la Bourse de Toronto.La réciproque n\u2019est pas vraie.L\u2019an dernier, trois sociétés effectuant un premier appel public à l\u2019épargne ont inscrit leurs actions à la cote de la Bourse de Montréal seulement.Leur capitalisation totale s\u2019élevait à 16,7 millions.Pendant la même période, 30 nouvelles sociétés se sont inscrites à la cote de la Bourse de Toronto seulement ; leur capitalisation totale s\u2019élevait à 2,5 milliards.Bien sûr, la majorité des compagnies québécoises s\u2019inscrivent aussi à la cote de la Bourse de Montréal mais il s\u2019agit beaucoup plus de questions de politesse et d\u2019image publique que de considérations financières et économiques.À terme, une telle situation ne peut durer.2.La Bourse de Montréal connaît une déficience chronique de liquidité dans son marché d\u2019actions.Étant donné qu\u2019il s\u2019agit de la raison d\u2019être d\u2019une Bourse, cette lacune menace directement sa survie.Le problème est fondamental car la liquidité est un phénomène cumulatif.En effet, plus un marché est liquide, plus il tend à attirer les transactions ; et plus il y en a, plus la liquidité s\u2019améliore.Le même phénomène opère également à l\u2019inverse.Les mesures adoptées au début des années 1980 pour corriger une situation similaire ne peuvent être dédoublées.Le seul moyen de renverser la tendance serait de doter les spécialistes et mainteneurs de marché sur le parquet de la Bourse de Montréal d\u2019un capital considérablement accru leur permettant de prendre des positions importantes sur chacun des titres interinscrits pour ainsi créer de la liquidité jusqu\u2019à ce que le flux de commandes soit détourné vers le parquet local.À mon avis, le capital nécessaire pour redresser la situation est de l\u2019ordre de 300 à 500 millions, soit environ 20 fois le capital déployé actuellement.De telles sommes ne sont pas disponibles au Canada pour une activité aussi spécialisée et risquée dans le contexte qui prévaut actuellement sur le parquet de Montréal.Il vaut donc mieux investir le capital dont nous disposons dans des activités où nous avons de réelles chances de prospérer.3.L\u2019accord de spécialisation signifie que la Bourse de Toronto a décidé de tout mettre en oeuvre pour concurrencer les marchés américains, notamment les bourses de New York (NYSE et AMEX) et NASDAQ.Le défi est de taille.Déjà, 219 compagnies canadiennes dont la capitalisation boursière représente plus de 50 % de la capitalisation boursière totale au Canada sont inscrites à la cote d\u2019un marché américain.Pour 84 d\u2019entre elles, la majorité des transactions est effectuée aux États-Unis.Obnubilés par notre rivale torontoise, il est facile de perdre de vue que notre environnement concurrentiel est beaucoup plus large.Les données démontrent que la Bourse de Toronto éprouve des difficultés à soutenir la concurrence des marchés américains.Cela implique que l\u2019avantage de liquidité du parquet torontois s\u2019estompe graduellement et que, dans plusieurs cas, il a disparu.Dans un tel contexte, Montréal est déjà hors circuit et son marché d\u2019actions ne peut que devenir moribond avec le temps.Notre destin nord-américain et l\u2019intégration poussée des marchés financiers qui prévaut rend futile la recherche en Europe d\u2019une potion magique qui nous libérerait de nos vicissitudes et donnerait une alternative réaliste et viable à l\u2019accord de spécialisation.4.L\u2019ampleur du défi que la Bourse de Toronto entreprend se mesure en partie par sa volonté de céder à Montréal la totalité du marché des options sur actions alors qu\u2019elle contrôle environ 70 % de ce marché.Ce marché est donc viable pour eux alors que ce qui nous reste du marché des actions ne l\u2019est plus ! Ce qui précède ne tient pas compte des possibilités offertes par les nouvelles technologies de l\u2019information qui réduisent considérablement les coûts d\u2019établissement des « bourses parallèles ».5.La Bourse de Montréal a joué un rôle prépondérant dans le développement des marchés de produits dérivés au Canada.Au fil des ans, Montréal s\u2019est dotée des infrastructures requises et des compétences nécessaires pour soutenir la concurrence canadienne et internationale.L\u2019importance relative du parquet montréalais dans ces marchés indique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un point fort, le seul en fait.Les marchés de produits dérivés connaissent une forte croissance car ils permettent aux institutions financières et aux sociétés industrielles d\u2019immuniser leurs résultats contre les variations de taux de change, de taux d\u2019intérêts et du prix d\u2019instruments financiers ou de matières premières.Avec la globalisation et la déréglementation des marchés, la volatilité des marchés augmente et la contribution \u2014 donc le besoin \u2014 des marchés de produits dérivés s\u2019accroît systématiquement.Il s\u2019agit donc d\u2019un segment porteur de l\u2019industrie.6.La spécialisation de la Bourse de Montréal dans les marchés de produits dérivés signifie que Chicago sera notre principal concurrent.À court terme (3 à 5 ans), cela ne devrait pas causer trop de difficultés.Par exemple, tant et aussi longtemps que la Bourse de Toronto demeurera le marché principal pour les actions de sociétés canadiennes, la Bourse de Montréal devrait être en mesure de conserver le leadership du marché pour les classes d\u2019options sur ces titres.À plus long terme, le positionnement relatif sera déterminé par le niveau de liquidité prévalant sur chaque marché et la capacité d\u2019innovation de chaque bourse.Qu\u2019il y ait ou non spécialisation, cet état de fait ne changera pas.Cependant, en tant que bourse canadienne spécialisée dans les marchés de produits dérivés, la Bourse de Montréal sera beaucoup mieux équipée pour affronter la concurrence internationale.Il est important de noter que les marchés de produits dérivés sont beaucoup moins vulnérables à la concurrence de marchés parallèles que celui des actions.En effet, ces produits dérivés sont conçus et « fabriqués » par les bourses et requièrent la contrepartie financière d\u2019une chambre de compensation, ce qui n\u2019est pas le cas pour les actions.7.Enfin, la création d\u2019une bourse de second marché est inconséquente pour l\u2019économie québécoise.Traditionnellement, les sociétés québécoises qui s\u2019inscrivaient aux Bourses de Vancouver ou de l\u2019Alberta étaient celles qui ne respectaient pas les exigences minimales de la Bourse de Montréal ou qui recherchaient un environnement spéculatif.L\u2019expérience de la Bourse canadienne, au début des années 1970, a démontré sans l\u2019ombre d\u2019un doute le mirage d\u2019un développement axé sur des sociétés dont l\u2019envergure n\u2019est pas suffisante pour assurer les conditions nécessaires à l\u2019existence d\u2019un marché ordonné.Il ne serait pas opportun d\u2019empêcher un entrepreneur québécois de s\u2019inscrire à la nouvelle bourse s\u2019il juge que cela peut faciliter le développement de sa société.Les arrangements administratifs prévus entre les bourses devraient d\u2019ailleurs éliminer la majeure partie des difficultés que cela pourrait poser pour ces sociétés.Mais, en pratique, il faut bien voir qu\u2019il s\u2019agit de cas exceptionnels.Depuis le début de l\u2019année, cinq sociétés québécoises ont fait un appel public à l\u2019épargne ; leur capitalisation totale s\u2019élevait à 203 millions.De celles-ci, seulement une société ne s\u2019est inscrite qu\u2019à la cote de la Bourse de Montréal avec une capitalisation de 2.5 millions.Il est évident que l\u2019exclusivité canadienne pour les produits financiers dérivés dont bénéficierait la Bourse de Montréal dépend aussi de ce que l\u2019Ouest canadien obtienne également l\u2019exclusivité dans le secteur qui a marqué son évolution.Dans les circonstances, la Bourse de Montréal a manifestement gagné au change.L\u2019économie québécoise s\u2019en trouverait singulièrement pénalisée si l\u2019autorisation à la Bourse de Montréal de participer à cette rationalisation du secteur boursier au Canada n\u2019était pas accordée ou si elle était assortie de conditions irrecevables pour ses partenaires canadiens.En fait, il est urgent que celle-ci soit donnée car l\u2019érosion de la part de marché de Montréal pour les actions s\u2019accélère à un rythme tel qu\u2019il n\u2019y aura bientôt plus rien à échanger.Je conviens que l\u2019accord sur la spécialisation des bourses heurte notre fierté, car il s\u2019agit manifestement d\u2019un constat d\u2019échec.Mais, tout cela est le passé, même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un passé immédiat.Il faut se préoccuper d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.L\u2019accord de spécialisation nous offre une chance inespérée de consolider notre position et d\u2019assurer le développement d\u2019un secteur financier robuste au Québec.L\u2019accord de spécialisation nous offre une chance inespérée de consolider notre position et d\u2019assurer le développement d\u2019un secteur financier robuste au Québec. 6LP0501B0724 b05 plus sam 24 juillet 6LP0501B0724 ZALLCALL 67 00:49:51 07/24/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 B 5 Plus Une loi plus incisive En matière d\u2019extradition, le Canada passe de l\u2019âge de pierre à l\u2019avant-garde André Cédilot Al\u2019heure de la coopération internationale, le Canada s\u2019est donné une loi sur l\u2019extradition plus incisive qui facilitera le renvoi des personnes accusées ou condamnées qui cherchent à se soutraire à la justice des autres pays.« Nous n\u2019avons plus rien à envier au reste du monde.De l\u2019âge de pierre, on est maintenant à l\u2019avantgarde », expliquent les procureurs réjouis de la poursuite, Michel Vien et James Brunton, du ministère fédéral de la Justice.Artisans d\u2019origine du décret adopté le 17 juin, les deux avocats sont reconnus comme des spécialistes en matière d\u2019extradition.« De nos jours, il faut absolument penser international et favoriser l\u2019entraide avec les autres pays, et non la restreindre.Les tribunaux n\u2019y échappent pas, le crime a de moins en moins de frontières », souligne Me Vien.Depuis un siècle, la Loi sur l\u2019extradition, basée en grande partie sur des traités avec les autres pays, et la Loi sur les criminels fugitifs, à l\u2019adresse des pays du Commonwealth, servaient de guide aux autorités canadiennes.Sauf quelques changements mineurs, ces lois d\u2019inspiration britannique étaient les mêmes depuis leur adoption en 1877 et 1882.Désuètes, on retrouvait encore sur la liste des vingt-deux crimes pouvant entraîner une expulsion du Canada les actes de piraterie et les sabordage en haute mer ! « L\u2019archaïsme de nos lois risquait de faire du Canada un refuge de prédilection pour les criminels étrangers », affirme Me Vien.Depuis l\u2019après-guerre, le système canadien faisait l\u2019objet de critiques de plus en plus nombreuses, en particulier de la part des États-Unis.Au fil des années, le gouvernement avait tenté, dans une certaine mesure, de combler les brèches en modifiant le contenu de ses traités bilatéraux.« Ces changements ne changaient rien sur le fond.Il était donc nécessaire de modifier la loi elle-même », note Me Vien.Ainsi, dans les années 60 et 70, de nouvelles ententes ont été signées avec certains pays, dont l\u2019Italie et les États-Unis.Ces dispositions ont été revues à la fin des années 80 avec plusieurs pays, dont presque toute l\u2019Europe, dans le but, encore une fois, de faciliter l\u2019extradition des criminels.Le Canada se servait aussi des traités multilatéraux comme la Convention de Genève signée en 1988 pour lutter contre le trafic de drogue et le blanchiment d\u2019argent afin de justifier l\u2019extradition de criminels étrangers.Dans l\u2019ensemble, les autres pays se plaignaient surtout de la longueur des procédures et des exigences extrêmemement élevées qui leur étaient imposées en regard de la preuve.Ces obligations étaient souvent incompatibles avec le fonctionnement de leur propre système judiciaire.À tel point que plusieurs pays comme la France, la Suisse et l\u2019Italie (elle a même refusé de renouveler l\u2019entente signée il y a vingt ans) s\u2019abstenaient de requérir l\u2019extradition de criminels réfugiés au Canada.À moins, bien sûr, qu\u2019il s\u2019agisse de crimes sérieux, tels le meurtre, la corruption, le trafic de drogue ou la fraude à grande échelle.La fin d\u2019un refuge Le plus bel exemple est sans contredit celui d\u2019André Plumey, cet escroc international qui a vécu trois ans sous un faux nom au Canada après avoir arnaqué 126,6 millions à plus d\u2019un millier de citoyens de la Suisse.Après avoir signalé sa présence en sol canadien en 1987, et bien sûr demandé son extradition, les autorités helvétiques ont peaufiné leur dossier pendant près de deux ans afin de satisfaire la loi canadienne sur l\u2019extradition.« Il y avait à Bâle un plein garage de classeurs remplis de documents, mais je ne suis pas sûr que cela aurait été suffisant pour réussir à extrader Plumey », estime Me Vien qui pour s\u2019est occupé du dossier alors qu\u2019il était au service d\u2019entraide judiciaire international, à Ottawa.Le problème vient de ce que les règles de preuve criminelle au Canada ne sont pas les mêmes qu\u2019en Suisse.À titre d\u2019exemple, le ouïdire est admis là-bas (comme dans la plupart des pays européens qui ont des juges d\u2019instruction), mais pas nécessairement ici.Dans ces pays où la pratique du droit criminel s\u2019apparente davantage au droit civil, la simple déclaration d\u2019un plaignant est suffisante, alors que celle d\u2019un citoyen de common law comme au Canada doit être appuyée d\u2019un affidavit assermenté.Plumey, alias Jean-Michel Trincano, a quand même été jugé en Suisse à la suite de sa déportation du.Brésil, où il s\u2019était enfui après avoir eu vent qu\u2019il était recherché au Canada.La décision d\u2019expulser l\u2019escroc a pris deux semaines ! Si la lourdeur du système canadien était un irritant de taille, sa lenteur l\u2019était tout autant.Il pouvait s\u2019écouler jusqu\u2019à six ans, comme ce fut le cas dans les dossiers de John Kindler et Charles Ng, entre le moment de la première audition en Cour et la décision finale du ministre.L\u2019instruction pouvait franchir six étapes : quatre recours étaient possibles en Cour supérieure et en Cour fédérale avant que le dossier aboutisse devant la Cour d\u2019appel et la Cour suprême.Même s\u2019il perdait sur toute la ligne, l\u2019intimé avait toujours le loisir de s\u2019adresser au ministre de la Justice, ultime décideur en ce qui concerne toutes les demandes d\u2019extradition.En 1992, hantée par les longs retards à disposer des dossiers Kindler et Ng, tous deux accusés de meurtres sordides aux États-Unis, la ministre de la Justice du temps, Kim Campbell, avait édicté de nouvelles règles de procédures qui ont permis de ramener les délais à deux ou trois ans.C\u2019est à la même époque qu\u2019a germé le projet de réforme en profondeur de la loi sur l\u2019extradition.Selon Mes Vien et Brunton, les nouveaux textes législatifs reflètent la tendance mondiale, tout en tenant compte des principes de droit et de la jurisprudence établis au cours du siècle dernier par les tribunaux canadiens.Moins de procédures Le législateur y a même prévu l\u2019extradition vers les organismes judiciaires internationaux comme le tribunal des Nations unies sur le Rwanda et l\u2019ex-Yousgoslavie que dirige depuis trois ans Mme Louise Arbour, récemment nommée juge à la Cour suprême du Canada.La grande particularité de la nouvelle loi est qu\u2019elle assouplit considérablement les règles de procédures en précisant davantage la portée du rôle des juges et du ministre de la Justice.« L\u2019objectif d\u2019un traité d\u2019extradition est d\u2019empêcher qu\u2019un criminel puisse échapper à la justice d\u2019un pays en se réfugiant dans l\u2019autre.Pas de lui faire subir un procès ici afin de savoir s\u2019il est coupable ou non », explique Me James Brunton, qui s\u2019est occupé de plusieurs affaires criminelles internationales.« Il s\u2019agit simplement pour le juge de déterminer si les accusations sont justifiées en regard de la preuve soumise par le pays étranger.Comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une mini-enquête préliminaire », précise Me Vien, qui faisait partie du premier comité d\u2019étude mis sur pied en 1990.Maintenant, quelque soit le régime de droit du pays qui demande l\u2019aide du Canada, un simple résumé des éléments de preuves suffit devant les tribunaux.Les requérants n\u2019ont plus également, comme c\u2019était le cas auparavant, à soumettre des affidavits assermentés des témoins.En contrepartie, l\u2019intimé peut se défendre sans être obligé de présenter une preuve complète, en autant évidemment que sa version soit digne de foi aux yeux du juge qui procédera à l\u2019audition.Cela ne l\u2019empêche pas non plus de faire valoir son point de vue devant le ministre fédéral de la justice, lequel, en bout de ligne, s\u2019assure que la décision sera appliquée sans violer les droits fondamentaux de l\u2019appelant.Mes Vien et Brunton croient que la nouvelle loi servira mieux tous les pays, et la justice aussi.« Le crime s\u2019internationalise, il est important d\u2019avoir une législation adéquate », rappellent-ils avec insistance.Il reste seulement à la nouvelle loi à passer le « test » des tribunaux.Depuis l\u2019avènement de la Charte canadienne des droits de la personnes en 1982, il y a eu deux fois plus de causes d\u2019extradition devant les tribunaux canadiens que durant les 105 années qui ont précédé.Selon les plus récentes statistiques disponibles, le Canada a reçu 150 demandes d\u2019extradition en 1998.Près de 80 p.cent de ces requêtes, soit 119, provenaient des autorités judiciaires américaines.En tout, 94 personnes ont été extradées.Plus de la moitié d\u2019entres elles ont été envoyées aux États- Unis.Le gouvernement canadien a, quant à lui, fait 52 réclamations du genre à l\u2019étranger.PHOTO ROBERT NADON, La Presse © Me Michel Vien et Me James Brunton.Après la crise des Balkans, Moscou regarde vers l\u2019Asie HÉLÈNE CARRÈRE D\u2019ENCAUSSE Le Figaro La guerre du Kosovo, même achevée, n\u2019en finit pas de produire des effets en Russie.Dans l\u2019immédiat, l\u2019attention se porte sur le déploiement des troupes russes, au Kosovo.Les coups de force \u2014 arrivée surprise à Pristina, contre la volonté des États-Unis peu enclins à accepter une présence russe \u2014 ont occulté le débat qui oppose, en Russie, une majorité de la classe politique à la partie la plus éduquée de l\u2019opinion publique.Pour le président, le premier ministre, la Douma, l\u2019intérêt national est clair : les soldats russes doivent être présents au Kosovo, au même titre que ceux de l\u2019OTAN.Il s\u2019agit d\u2019affirmer que la Russie compte autant que les États de l\u2019Alliance.Communistes et nationalistes tiennent que la guerre, même si elle fut marquée en ses débuts par l\u2019exclusion de la Russie, a finalement profité à Moscou.L\u2019élargissement de l\u2019OTAN vers l\u2019est, la décision initiale de l\u2019OTAN et de Washington de régler seuls \u2014 sans l\u2019ONU et sans la Russie \u2014la crise balkanique, la proclamation de nouvelles règles internationales limitant le principe de souveraineté des États si cher à la Russie, tout semblait destiner Moscou à sombres perspectives.La Russie risquait de se retrouver repoussée vers l\u2019Est, étrangère au règlement balkanique.La présence militaire russe au Kosovo a retourné la situation.La guerre a permis à la Russie de devenir partie prenante du jeu balkanique.L\u2019opinion publique s\u2019interroge et certains hommes politiques, dont au premier rang l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères Kozyrev, posent une question brutale : le prestige russe vaut-il qu\u2019on y consacre d\u2019importantes ressources, si nécessaires à l\u2019amélioration des conditions de vie des Russes ?Rupture immédiate À ce débat, qui oppose intérêt national extérieur et intérêt national intérieur, s\u2019ajoute l\u2019exigence avancée, par Lavlinski notamment, d\u2019une rupture immédiate avec Milosevic.La Russie, dit-il, si elle a des intérêts dans les Balkans et de la compassion pour les Serbes, ne doit pas être soupçonnée d\u2019indulgence pour un ancien apparatchik communiste dont les violences ont conduit au démantèlement de la Yougoslavie.Mais, à partir du Kosovo, l\u2019essentiel est dans la réévaluation de la stratégie internationale russe.Depuis 1992, la politique étrangère de Moscou était tournée vers l\u2019Europe et dominée par la volonté de la Russie d\u2019être reconnue par ses interlocuteurs occidentaux comme une puissance du monde occidental.La priorité fut constamment donnée aux relations avec l\u2019Ouest, non seulement parce que là se trouvaient les possibilités de soutien économique dont la Russie avait besoin, mais aussi par le souci de donner du pays une image « occidentale ».Ce fut l\u2019orientation privilégiée de Kozyrev, et si Primakov, devenu ministre des Affaires étrangères adopta une position plus ouverte sur le reste du monde, cette ligne centrale de la politique russe ne varia pas.Vers l\u2019Asie Avec la guerre du Kosovo, le constat d\u2019une solidarité atlantique dont la Russie était exclue, le constat aussi que l\u2019élargissement de l\u2019OTAN avait pour conséquence d\u2019opposer les anciens alliés du Pacte de Varsovie à Moscou, tout cela a convaincu les dirigeants russes de la nécessité de se tourner aussi vers le monde asiatique.La Russie, irritée par Washington, a trouvé à Pékin un même mécontentement.Russes et Chinois déplorent en commun l\u2019activisme des États-Unis à leurs frontières.Par exemple, en Asie centrale où le projet de « Route de la soie », en réalité route du pétrole, donne aux États-Unis l\u2019occasion de multiplier les contacts avec de jeunes États jaloux de leur indépendance.La réconciliation russo-chinoise, engagée par Gorbatchev et poursuivie par Boris Eltsine, tourne désormais à une véritable coalition d\u2019intérêts nationaux.À Moscou, personne n\u2019ignore que cette solidarité anti-américaine en Asie ne peut pas effacer les ambitions d\u2019une Chine surpeuplée sur la Sibérie peu peuplée qui ont peu de chances de disparaître.Mais, condamné par la géographie à vivre au contact de ce voisin inquiétant, Moscou a, pour la première fois depuis un demi- siècle, admis qu\u2019il était préférable de chercher des solutions dans la coopération plutôt que dans la confrontation.Condition absolue Cette orientation vers l\u2019Asie est facilitée aussi par la nouvelle bonne volonté du Japon.Hier encore, intransigeant sur la question des îles occupées par la Russie, Tokyo a soudain admis que le plus urgent était de signer le traité de paix russo-nippon : le retour des îles cesse d\u2019être une condition absolue.Du coup, se dessinent à l\u2019horizon la signature du traité, la fin d\u2019un conflit de plus d\u2019un demi-siècle et des possibilités de coopération économique.La Russie compte sur ce règlement, et sur l\u2019oubli momentané du problème des îles, pour étendre ses relations en Asie.Elle en attend des moyens pour développer ses territoires d\u2019Extrême- Orient si abandonnés.Enfin, en Corée, la position russe s\u2019est fortement infléchie.Naguère lié à la seule Corée du Nord, Moscou s\u2019est rapproché de Séoul.Ici, la prééminence des États-Unis est incontestable mais la Russie peut se prévaloir de ses liens privilégiés avec la Corée du Nord pour contribuer au rapprochement des deux parties du pays.En échange, la Russie compte tisser des liens économiques avec une Corée du Sud qui, malgré la crise de 1998, reste étonnamment dynamique.Désormais, Moscou est tenu pour un partenaire nécessaire dans toute l\u2019Asie.Ses liens d\u2019amitié avec l\u2019Inde confortent encore cette réorientation.Cela signifie-t-il que Moscou, déçu par sa faiblesse en Europe face aux États-Unis, se replie sur une vocation eurasiatique ?Certes non.La Russie entend rester un État européen, malgré son espace largement asiatique.Mais son statut européen étant contesté, elle tente d\u2019élargir son champ d\u2019action vers l\u2019Asie.Elle veut ainsi démontrer que, même si sa puissance est réduite, elle reste une puissance mondiale. 6LP0601B0724 6LP0601B0724 ZALLCALL 67 00:51:49 07/24/99 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 Une dynastie américaine K E N N E D Y On parle beaucoup depuis quelques jours du clan Kennedy.En trois générations, les Kennedy sont devenus la «famille royale» de l\u2019Amérique.Voici l'arbre généalogique de ce clan remarquablement uni malgré les épreuves et les tragédies.Une occasion de découvrir les successeurs de John Jr dans l'attention des médias parmi les 26 cousins et cousines survivants, sans oublier qu'il y a déjà 54 arrièrepetits- enfants qui n'attendent que leur tour.John F.(1917-1963) A pris la succession de Joseph Jr dans la réalisation des ambitions politiques de son père.35e président des États-Unis, il fut assassiné en 1963, à Dallas.Joseph Patrick Kennedy (1888-1969) Financier et ambassadeur, enrichi pendant la prohibition, sa folle ambition est à l\u2019origine de la grandeur et des misères des Kennedy.Rose Fitzgerald Kennedy (1890-1995) La fille de John Francis Fitzgerald, qui fut maire de Boston.Elle a vécu jusqu\u2019à 104 ans.Joseph Jr.(1915-1944) Le fils aîné, que son père destinait à une carrière politique.Mort dans l\u2019explosion de son bombardier pendant la Deuxième Guerre mondiale.Il avait 29 ans.Jacqueline Bouvier (1929-1994) Épouse John en 1953.Une première fille est morte à la naissance, en 1956, un second fils nommé Patrick ne vit que deux jours, en 1963.Rosemary (1918- ) Née avec un léger handicap intellectuel qu\u2019une lobotomie imposée par son père a sévèrement aggravé.Placée en institution.Caroline Kennedy- Schlossberg (1957- ) Avocate, elle se consacre pour l\u2019instant à ses trois enfants.John Fitzgerald Jr (1960-1999) Avocat, éditeur du magazine George.Disparaît avec sa femme Caroline Bessette et la soeur de celle-ci, Lauren, dans un avion qu\u2019il pilotait en direction de l\u2019île de Martha\u2019s Vineyard.Kathleen Mary (1920-1948) Veuve pendant la guerre, elle était sur le point de se remarier lorsqu\u2019elle a disparu avec son fiancé dans un accident d\u2019avion.Elle avait 28 ans.Maria Owings (1955-) Reporter, annonceur pour le réseau NBC.À épousé l\u2019acteur Arnold Schwarzenegger (quatre enfants).Robert Sargent III (1954- ) Producteur multimédia, impliqué dans le financement des Jeux olympiques spéciaux.Timothy Perry (1959- ) Président de l\u2019Association américaine des Jeux olympiques spéciaux (quatre enfants).Mark (1964- ) Membre de la Chambre des représentants du Maryland (un enfant).Anthony (1965- ) Fondateur de l\u2019association «Best Buddies» (trois enfants).Patricia Mary (1924- ) Son mariage avec l\u2019acteur Peter Lawford fut l\u2019un des événements mondains de l\u2019année 1954.Peter Lawford Épouse Patricia en 1954, divorcé en 1968.Acteur et ami très proche de Frank Sinatra.Christopher (1955- ) Avocat, producteur de films, acteur (trois enfants).Sydney Maleia (1956- ) Ex-modèle, entrepreneur en construction (quatre enfants).Victoria (1958- ) Avocate (trois enfants).Robin (1961- ) Activiste pour la conservation de la nature.Jean Ann (1928- ) Ex-ambassadrice des États-Unis en Irlande.Stephen Smith Épouse Jean Ann en 1956.Directeur de la campagne de John F.en 1959-1960.Stephen Jr.(1957- ) Avocat, professeur de droit.William (1960- ) Médecin, accusé de viol en 1991, acquitté la même année.Amanda (1967- ) Adoptée.Écrit actuellement la biographie de sa grand-mère, Rose Kennedy.Kym (1972- ) Adoptée.Dirige une agence de voyages à New York.Edward M.(1932- ) Sénateur du Massachusetts, ses ambitions politiques ont été détruites en 1969 quand une adjointe est morte noyée dans la voiture qu'il avait abandonnée après un accident à Chappaquiddick.Joan Benett Épouse Edward en 1958.Ont divorcé en 1984.Il s\u2019est remarié en 1994 avec Victoria Reggie.Kara (1960- ) Ancienne directrice d\u2019un programme pour les handicapés (deux enfants).Edward Moore Jr.(1961- ) Avocat, a perdu une jambe suite à un cancer en 1973.Défend la cause des handicapés (deux enfants).Patrick Joseph (1967- ) Représentant du Rhode Island au Congrès, a subi une cure de désintoxication en 1986.Robert Francis (1925-1968) Idéaliste et impulsif, il fut le bras droit de son frère avant de tenter à son tour d\u2019être élu président.Assassiné en 1968, à Los Angeles, pendant la campagne pour l\u2019investiture démocrate.Ethel Skakel Épouse Robert en 1950.Avec 11 enfants, un mari assassiné, deux fils morts dans des circonstances tragiques, une fille lieutenantgouverneur, elle résume mieux qu\u2019aucun autre membre du clan, toutes les contradictions de la famille Kennedy.Katleen Kennedy- Hartington (1951- ) Lieutenant-gouverneur du Maryland, vedette politique de la 3e génération (quatre enfants).Joseph Patrick II (1952- ) Ancien membre du Congrès.Impliqué en 1973 dans un accident qui a laissé une femme paralysée (deux enfants).Robert Francis Jr.(1954- ) Professeur de droit environnemental (cinq enfants).David Anthony (1955-1984) Mort d\u2019une surdose de drogue en 1984, dans une chambre d\u2019hôtel de Palm Beach.Courtney (1956- ) Activiste pour les droits de l\u2019homme (un enfant).Michael Lemoyne (1958-1997) Soupçonné d\u2019avoir eu une relation sexuelle avec une mineure.Mort dans un accident de ski, à Aspen (trois enfants).Kerry (1959- ) Avocate et activiste.Épouse d\u2019Andrew Cuomo (trois enfants.) Christopher George (1963- ) Dirige un complexe commercial à Chicago (quatre enfants).Matthew Maxwell (1965- ) Avocat, ancien procureur de la Pennsylvanie (trois enfants).Douglas Harriman (1967- ) Écrivain, journaliste pigiste.Rory (1968- ) Réalisatrice de documentaires.Devait se marier le jour de la disparition de John Jr.Eunice Mary (1921- ) Réputée pour son esprit vif, elle a été à l\u2019origine des Jeux olympiques spéciaux pour athlètes handicapés avec son mari Sargent Shriver.Sargent Shriver Épouse Eunice en 1953.Fondateur des «Peace Corps».Il a été candidat à la vice-présidence en 1972.La disparition de John Kennedy Jr est la dernière tragédie d'une saga familiale qui passionne l'Amérique depuis plus de 50 ans.La 2e génération La 1ère génération La 3e génération Plus Texte et recherche Michel Marois / Graphisme Hélène de Guise 6LP0701B0724 B-7 SAMEDI - PLUS 6LP0701B0724 ZALLCALL 67 00:54:24 07/24/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 24 JUILLET 1999 B 7 Plus Bien malin qui pourrait prédire les résultats des élections de mardi en Nouvelle-Écosse Les Néo-Écossais sont appelés à se donner un nouveau gouvernement mardi, mais ils semblent encore très déchirés quant au choix qu\u2019ils feront.Aucune tendance nette ne se dégage de la campagne qui se termine, personne n\u2019ose prédire les résultats.Plusieurs observateurs prévoient un gouvernement minoritaire.La majorité des bulletins de nouvelles et articles de journaux débutent ainsi : « C\u2019est encore le coude à coude » ou « La lutte est extrêmement serrée ».La soirée des élections risque donc d\u2019être longue et palpitante, comme ce fut le cas l\u2019an dernier lorsque libéraux et néo-démocrates étaient arrivés à égalité avec chacun 19 sièges, laissant le vrai pouvoir de renverser le gouvernement aux conservateurs qui détenaient 13 sièges à la dissolution de la Chambre.Comme c\u2019est maintenant le cas pour la plupart des provinces canadiennes, c\u2019est le financement des soins de santé qui constitue le nerf de la guerre.Le gouvernement libéral de Russel MacLellan a été défait il y a quelques semaines après la présentation de son budget qui prévoyait un emprunt de 600 millions de dollars pour relancer le secteur de la santé qui a besoin de nouvelles infirmières, de nouveaux spécialistes, de nouvelles installations.Le chef conservateur John Hamm avait d\u2019ailleurs averti qu\u2019il renverserait le gouvernement si le budget n\u2019était pas équilibré.Russel MacLellan savait donc qu\u2019il devrait aller aux urnes en proposant cet emprunt.De toute façon, la province devenait ingouvernable avec cette menace constante de renversement.Le plus ironique, toutefois, c\u2019est que, tout au long de la campagne qui s\u2019achève, ni les conservateurs de John Hamm, ni les néo-démocrates de Robert Chisholm n\u2019ont voulu s\u2019engager à équilibrer le budget de la Nouvelle-Écosse, s\u2019engageant plutôt à une saine gestion susceptible de permettre l\u2019équilibre budgétaire au cours des deux ou trois prochaines années.Avec un déficit accumulé de quelque 9 milliards de dollars, la tâche sera lourde.Le chef libéral MacLellan est donc furieux et se débat comme un beau diable pour battre ses deux rivaux.« C\u2019est malhonnête de la part des conservateurs de nous avoir renversés sur la question de la santé lorsqu\u2019ils ne sont pas capables de nous montrer leurs intentions », clame-t-il.Prudents, les adversaires n\u2019abordent pas la question.La bataille Le dernier sondage paru hier et provenant de la jeune firme Logit Group, de Toronto, accorde 37 % des intentions de vote aux conservateurs, 36 % au NPD et 25 % aux libéraux.D\u2019autres sondeurs de l\u2019Atlantique annoncent une lutte encore plus serrée, situant les trois partis à égalité.Le nombre des indécis est élevé, soit quelque 35 %, selon les maisons de sondage.Quoi qu\u2019il en soit, les jeux ne sont pas faits.Ce sont les néo-démocrates de Chisholm qui ont mené la campagne la plus active, réussissant à communiquer par téléphone avec 3000 citoyens par jour en moyenne, précisent les organisateurs.La chef fédérale, Alexa McDonough, très populaire en Nouvelle-Écosse, a mené une campagne de tous les instants, dans tous les coins de la province.Le NPD tente de gagner des appuis dans les milieux ruraux, où il est plus faible.« Nous avons des chances de l\u2019emporter dans toutes les circonscriptions.Nous ne les remporterons pas toutes, mais nos chances sont excellentes partout », affirme Mme McDonough.La NouvelleÉcosse est une province prête à un changement radical pour entreprendre le nouveau millénaire, ajoute-t-elle.Le chef conservateur national, Joe Clark, est venu faire campagne avec John Hamm.M.Clark espère que mardi prochain, les Maritimes au complet auront des gouvernements conservateurs.Ces élections néo-écossaises sont particulières et intéressantes à bien des égards.Une victoire libérale signifierait que les électeurs sont prêts à investir des sommes importantes dans la santé.Une victoire conservatrice, d\u2019autre part, ferait que les trois provinces maritimes seraient dirigées par les bleus, ce qui constituerait un signal d\u2019alarme pour les libéraux fédéraux.Une victoire néo-démocrate, enfin, serait une première dans l\u2019histoire des Maritimes, une région du pays qui a toujours été fortement attachée aux valeurs des grands partis traditionnels.La soirée des élections promet de ressembler à une finale de la coupe Stanley.André Pépin collaboration spéciale, HALIFAX Le chef libéral Russell MacLellan (ci-contre) se débat comme un beau diable pour conserver son poste de premier ministre.Ses deux rivaux, le conservateur John Hamm et le néodémocrate Robert Chisholm (ci-dessous) lui ont fait une chaude lutte jusqu\u2019ici et personne n\u2019ose faire de prédictions quant aux résultats de mardi.PHOTOS PC Réformateurs et conservateurs iraniens se préparent à la guerre totale SERGE MICHEL collaboration spéciale, TÉHÉRAN La répression brutale des manifestations d\u2019étudiants n\u2019a pas calmé le conflit que se livrent depuis deux ans réformateurs et conservateurs iraniens.Bien au contraire.Dans Téhéran traversé par les rumeurs de coup d\u2019État, la guerre des clans se poursuit de plus belle.Les réformateurs sont convaincus de remporter les prochaines élections parlementaires.Mais les conservateurs espèrent « la victoire par la terreur ».Dans les dortoirs attaqués la semaine dernière par les fanatiques du Ansar Hezbollah, un étudiant est assis au fond du couloir et il pleure.Il est venu avec un petit carnet relever les graffitis vengeurs gribouillés sur les murs par les étudiants.« Nous étions seuls, nous étions innocents », a écrit un spray vert.Mais c\u2019est une phrase tracée en rouge qui lui a arraché des larmes : « Voici le prix de notre liberté ».Le rouge est assez pâle : c\u2019est le sang d\u2019une victime.Les trois étages du bâtiment ne sont que décombres.Les bottes des miliciens islamiques ont enfoncé les portes, leurs matraques ont fait voler les fenêtres en éclats.Les armoires ont été pillées, les bibliothèques renversées, les photos du président Mohammed Khatami arrachées.« Nous avons tous été roués de coups », murmure Reza.« Et les moins chanceux ont aussi été lacérés au couteau », ajoute-t-il en retroussant sa manche sur de profondes cicatrices.Bien sûr, cette attaque a provoqué les émeutes les plus graves que l\u2019Iran a connues en vingt ans de révolution.Les manifestations ont été réprimées à leur tour et désormais, une chape de plomb semble s\u2019être abattue sur la capitale iranienne.Pourtant, à y regarder de près, cela bouge sous le plomb.Dans son bureau discret et protégé par des grilles contre les attaques du hezbollah, Abdel Karim Sorouch a les yeux brillants des grands jours.« Les partisans du despotisme ont montré leur vrai visage de barbares, lance le grand dissident iranien.Désormais et jusqu\u2019aux élections parlementaires de février prochain, la guerre sera ouverte et totale ».L\u2019Iran déchiré La guerre va commencer ?Cela tombe bien.Pour Massoud Dehnamaki, l\u2019homme que haïssent le plus les étudiants, elle n\u2019a jamais cessé.Le chef présumé des milices du Ansar Hezbollah reçoit en effet ses rares visiteurs dans une salle déguisée en blockhaus.Des treillis de camouflage tapissent les murs, des sacs de sable décorent les coins, surmontés de masques à gaz, de slogans de l\u2019ayatollah Khomeyni et de portraits sanguinolents de martyrs.Des témoins ont vu cet homme trapu rosser les étudiants dans les dortoirs.Il nie, bien sûr, affirmant qu\u2019il assistait à l\u2019opération en tant que journaliste pour Jepeh (tranchée), un hebdomadaire édité par ses soins et qui appelle chaque semaine à la guerre sainte.Il y a de la place, dans l\u2019Iran déchiré par la lutte entre factions religieuses, pour les phalanges d\u2019extrême droite comme le Ansar Hezbollah.Bénéficiant d\u2019une totale immunité, elles tabassent les mollahs dont les sermons s\u2019écartent de la ligne officielle, incendient les librairies influencées par l\u2019Occident ou font irruption dans les cinémas qui diffusent des films trop libéraux, même s\u2019ils ont été autorisés par une censure islamique déjà très sévère.L\u2019an dernier, les hezbollahi ont même frappé deux ministres du président Khatami qui sortaient d\u2019une mosquée après la prière du vendredi.« L\u2019ennemi n\u2019a pas réussi à nous détruire en attaquant de l\u2019extérieur, explique Dehnamaki.Alors il a infiltré la population.L\u2019ennemi est intérieur.» Quel ennemi ?Le milicien hausse les épaules.Les sionistes, les Américains, toujours les mêmes, actuellement déguisés en étudiants ou en mollahs réformistes.« Si cela continue, conclut Dehnamaki, le bâton ne suffira plus.» Et son bras épaissi par huit ans de guerre contre l\u2019Irak désigne un tube de roquette, recyclé en pot de fleur.Le piège de la violence L\u2019autre camp, pour se battre, n\u2019a que des mots.« C\u2019est un coup d\u2019État contre le président », lâche Reza Khatami, frère cadet de Mohammed.« Les conservateurs ont utilisé tous les moyens, légaux et illégaux, pour se débarrasser de lui, ajoute ce médecin de 40 ans.Ils attaquent les moyens d\u2019expression pacifiques pour que les gens sortent de leurs gonds.Mais il ne faut pas tomber dans le piège de la violence, ils n\u2019attendent que ça pour annuler le scrutin.» Or les mots ne pèsent pas lourd face à l\u2019arsenal des conservateurs, littéralement omnipotents.Ils peuvent arrêter 13 juifs à Shiraz et les accuser d\u2019espionnage pour saboter l\u2019image internationale du président.Ils peuvent lâcher les rênes des phalanges du Hezbollah, destituer les ministres de Khatami, sélectionner les candidats des prochaines législatives et fermer l\u2019un après l\u2019autre tous les journaux libéraux.Des titres comme Neshat, Khordad, Sobé-Emrouz, Aria, Hamshari ou Iran sont le seul moyen d\u2019expression des réformateurs puisque la télévision, la radio et la prière du vendredi obéissent directement au guide de la révolution, Ali Khamenei.« C\u2019est simple, les conservateurs ont choisi la victoire par la terreur », estime un étudiant.Mais comme dans une immense partie d\u2019échecs, les réformateurs sont prêts à sacrifier plusieurs pions, sachant que le roi ennemi est à leur portée.Ils ont remporté 80 % des suffrages aux dernières élections locales et entendent faire de même aux parlementaires du 18 février 2000.« D\u2019autres journaux seront fermés, poursuit Reza Khatami.Tant pis, nous avons des titres en réserve.Des candidats aux législatives seront éliminés.Tant pis, nous en avons assez pour passer à travers les mailles du filet.» Encore faut-il que la partie d\u2019échecs ne soit pas interrompue.Car 24 hauts commandants des Pasdarans (gardiens de la révolution, la garde prétorienne du régime) ont récemment adressé une mise en garde très sévère au président.« Honorable monsieur Khatami, lui ont-ils écrit, combien de temps devrons nous pleurer, avoir peur, pratiquer la « démocratie » et faire preuve de patience révolutionnaire au milieu du chaos et des insultes ?» Cette lettre, confidentielle, a été publiée lundi dernier par les journaux conservateurs et a créé un choc énorme en Iran.Certains passages menaçaient clairement le président d\u2019une intervention militaire s\u2019il ne prenait pas rapidement des « décisions révolutionnaires ».Les amis de Khatami ont réagi en déposant plainte contre les journaux qui ont publié ce document secret mais la justice, conservatrice, ne va certainement pas prendre la plainte au sérieux.Elle est pour l\u2019instant très occupée à prouver que trois malheureux étudiants arrêtés sont bien les meneurs des émeutes, et qu\u2019ils ont reçu de l\u2019argent et des instructions des ennemis américains et sionistes de la République islamique.PHOTO AP Plusieurs manifestations d\u2019étudiants organisées au cours des dernières semaines en Iran ont été brutalement réprimées.Ce fut le cas notamment de cette manifestation tenue le 13 juillet dernier devant l\u2019Université de Téhéran. LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 24 JUILLET 1999 Sidi Mohamed, un héritier énigmatique et discret Réservé mais ouvert, le futur roi du Maroc se veut résolument moderne THIERRY OBERLÉ / t Figaro RABAT Qui est-il ?Que pense-t-il ?À 35 ans, le prince héritier Sidi Mohamed demeure pour le commun des mortels marocains une énigme.Soumis à un devoir de réserve, le futur Mohamed VI s'est préparé au dur métier de roi sans s'exposer, À l'âge où son père régnait déjà avec, dans ses bagages, une expérience princière de premier ministre et de chef d'état-major des armées bataillant dans le Rif, Sidi Mohamed se tient en apparence à une distance respectable des affaires.Le fils aine du monarque est une icône, une image où l'homme et ses idées se devinent dans son style.Celui-ci est d'une simplicité certaine.Le prince réduit le protocole et l'apparat au strict minimum, se déplace sans escorte ostentatoire et, « last but not least », exerce ses talents de golfeur sans demander la fermeture provisoire des greens royaux.Sidi Mohamed est réservé mais ouvert et, de l'avis général, plutôt aimable.Prudent, il ne se confie qu'à un cercle restreint d'amis.Son contact avec les Marocains est direct.Lorsque, dans une foule ou à un feu rouge, une personne l'apostrophe, il est fréquent qu'il envoie un garde recueillir les doléances ou la requête du plaignant à laquelle il répondra.Voici pour la forme.Sur le fond, le descendant de la dynastie alaouite se réclamant de la famille du prophète Mahomet prône la modernité.Le rap- prochement avec l'Europe, le respect de l'État de droit et surtout la lutte contre la pauvreté sont ses thèmes de prédilection.Vaste programme.En attendant de l'appliquer, il intervient par petites touches discrètes pour donner des signes et incarner l'espoir d'un changement.« C'est un vrai démocrate.Avec lui émergera un nouveau Makhzen plus en phase avec son époque et plus juste », prédit une personnalité de la société civile.La santé parfois chancelante du roi a poussé ces derniers mois le jeune homme à plus de présence visible sur le devant de la scène internationale.Sidi Mohamed a ainsi remplacé au pied levé son père au début de l'année aux obsèques du roi Hussein de Jordanie.Il s'est également rendu en France en mars pour donner le coup d'envoi des festivités culturelles du « Temps du Maroc » et au pays de Juan Carlos, l'Espagne étant l'autre nation européenne avec laquelle le Maroc entretient des liens privilégiés.Problèmes de santé L'absence du souverain chérifien à l'ultime hommage rendu à son vieil ami jordanien avait attisé les spéculations.« Hassan II a perdu la main », disait-on dans les capitales arabes en commentant son éloignement inexpliqué.Le roi souffrait en fait d'une crise pulmonaire récurrente.Ses problèmes de santé se sont poursuivis au printemps.Ils ne l'ont pas empêché d'apparaître requinqué sur les écrans de télévision à l'occasion de son 70e anniversaire et d'effectuer à Paris son premier déplacement à l'étranger de l'année.Durant la visite, Sidi Mohamed garde le palais.Le prince en connaît sur le bout des doigts ses arcanes byzantins et ses intrigues.Le prince héritier a une réputation de noceur et d'amateur de voitures de sport.On l'a dit longtemps plus intéressé par les virées noctambules que par les joutes politiques.Les mêmes propos circulaient sur son père avant son accession au trône.La tradition est ainsi respectée, même si son peuple, profon-dément attaché aux conventions, aimerait le voir fonder une famille.Placé sous l'ombre tutélaire d'un père sévère et protecteur, Sidi Mohamed a suivi jusqu'au baccalauréat une éducation personnalisée au collège royal, derrière les hauts murs du palais.Surnommé « Smit-Sidi » (Sidi l'aîné) par la famille, il a rejoint ensuite la faculté de droit de Rabat avant d'achever sa formation à Nice par un doctorat sur « la coopération entre la Communauté économique européenne et l'Union du Maghreb arabe ».Un stage chez Jacques Delors, alors président de la Commission européenne, a complété son parcours initiatique.Les progrès de l'Union européenne et les déboires de l'UMA doivent être depuis l'un de ses sujets de méditation.À Rabat, Sidi Mohamed assiste en silence aux conseils des ministres exceptionnels tenus au palais et s'est familiarisé avec la classe politique en suivant en observateur les tractations sur l'alternance.Les déceptions suscitées par le bilan en demi-teintes du gouvernement socialiste confronté, après 40 ans d'opposition, aux rudes réalités du pouvoir et des contraintes économiques, poussent la population à reporter ses attentes sur Sidi Mohamed.Hassan II déblaie le terrain.Il pacifie la société marocaine, solde les comptes avec le passé eu commençant à indemniser les familles des disparus et les prisonniers politiques, libéralise le régime cahin-caha.Sauf coup de théâtre, son fils aîné, qu'il a désigné officiellement, devrait lui succéder.Sera-t-il à la hauteur de l'immense tâche qui l'attend ?La question se pose dans chaque monarchie.Elle n'épargne pas le Maroc.« Le pouvoir transcende l'individu et le transforme en profondeur, mais tant qu'il ne l'exerce pas et quel que soit son degré de préparation, il est impossible de savoir à l'avance quel roi il sera », conclut un observateur.PHOTO AFP Le futur Mohamed VI, roi du Maroc.Windstar 99 : la seule mini-fourgonnette à avoir obtenu une cote de sécurité 5 étoiles, cinq années de suite*.Windstar 3 L 99 \u2022 7 passagers \u2022 Moteur V6 avec transmission automatique à surmultipliée Sièges baquets à dossier haut \u2022 Freins ABS aux 4 roues Climatiseur \u2022 Lève-glaces, rétroviseurs et verrouillage des portes électriques \u2022 Sacs gonflables 21 395 ou louez pour location 36 mois transport inclus aucun dépôt de sécurité requis Escort SE 99 berline \u2022 Moteur 4 cyl.de 2 L \u2022 Direction assistée \u2022 Transmission automatique 4 vitesses y^rW inclus \u2022 Deux rétroviseurs à réglage électrique aucun dépôt de sécurité requis \u2022 Entrée sans dé à télécommande \u2022 Banquette arrière à dossier divisé repliable 60/40 \u2022 Sacs gonflables Moteur de 4,2 L 205 ch Transmission automatique à surmultipliée Climatiseur Jantes en aluminium Banquette divisée 60/40 Radio AM / FM stéréo/cassettes Système antidémarrage SecuriLodcMC Sacs gonflables location 36 mois transport inclus aucun dépôt de sécurité requis Venez vite ! 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