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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1999-08-07, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0807 b01 samedi 7aout 6LP0101B0807 ZALLCALL 67 01:09:04 08/07/99 B B Montréal, samedi 7 août 1999 Plus ÉDITORIAL /OPINIONS / MONDE Le taxi caméléon Valérie Dufour Londres, personne ne s\u2019improvise chauffeur de taxi.Il faut trois ans d\u2019études à temps plein pour tenir le volant des célèbres voitures noires.À Montréal, un étudiant-chauffeur obtient son diplôme en un mois ! Véritable casse-tête routier, Londres est reconnu pour offrir un des meilleurs services de taxi au monde.Pas étonnant que d\u2019autres grandes villes, comme New York et Toronto, s\u2019en inspirent.Devenir un chauffeur londonien licencié (ils sont 22 500), est long et ardu.À peine 30 % des candidats réussissent à passer l\u2019examen obligatoire.Les dossiers de candidature sont traités par le Public Carriage Office, géré par la police métropolitaine.S\u2019il fait l\u2019affaire, le candidat sera convoqué en entrevue.Puis, on lui remettra un livre bleu.Ce document comprend une liste de 465 routes ou courses.Le futur chauffeur devra les connaître par coeur, de même que tous les édifices, restaurants, bars, etc., qui s\u2019y trouvent.Quelques examens plus tard, le candidat apprendra les 65 itinéraires de banlieue et passera un test de conduite.Sa réussite sera couronnée par l\u2019écusson vert, permis ultime pour prendre la route.On est loin de Montréal.L\u2019Amérique Très loin de la Tamise, les villes nord-américaines sont beaucoup moins sévères.Mais depuis quelques années, elles tentent de resserrer le contrôle de leur industrie du taxi.Toronto et New York ont revu en profondeur leur réglementation.L\u2019objectif est simple : améliorer le service à la clientèle.La négociation entre les Aéroports de Montréal (ADM) et les chauffeurs a relancé l\u2019idée de faire le ménage à Montréal.Au mois d\u2019octobre, une commission parlementaire devrait conduire à une large refonte de la Loi sur le transport par taxi, qui n\u2019a pratiquement pas été touchée depuis 1983.Le document de travail qui servira de base aux discussions suscite beaucoup d\u2019inquiétudes dans les ligues de taxi de la province.Selon les chauffeurs, certaines des 51 propositions vont carrément tuer l\u2019industrie.Moins étendue que d\u2019autres grandes métropoles, l\u2019île de Montréal ne requiert pas une expertise de moine de ses 4890 chauffeurs de taxi.Les démarches pour devenir chauffeur sont donc moins longues.Comme ailleurs en Amérique, une preuve de citoyenneté et un permis de conduire valide sont exigés.Le candidat doit également parler et lire le français et l\u2019anglais, et avoir réussi un cours théorique de 150 heures.Dans la Ville reine Encore toute chaude, la nouvelle réglementation de l\u2019industrie du taxi de Toronto est entrée en vigueur en mai.Elle est appliquée au fil des inspections ponctuelles des 3480 voitures de taxi.Fait étonnant, malgré une population métropolitaine plus de deux fois supérieure à celle de l\u2019île de Montréal (4,4 millions comparativement à 1,8 million), 1400 taxis de moins circulent dans les rues de Toronto.Le rajeunissement du parc de véhicules est la première mesure mise en place.« Cette année, les véhicules déjà en usage ne doivent pas avoir plus de huit ans, et les nouveaux taxis trois ans et moins », explique Evelyn Simpson, du bureau municipal des permis et de la réglementation à la Ville de Toronto.À compter de 2003, les voitures en circulation auront entre un an et cinq ans.À Toronto, la démarche pour obtenir un permis ressemble à celle de Montréal.Le candidat doit suivre une formation de 16 jours et un bref cours sur la conduite sécuritaire.Aucun test d\u2019anglais ou examen pratique n\u2019est exigé.À l\u2019automne, la deuxième phase des améliorations se poursuivra.Une liste des droits des clients comme celle adoptée récemment à New York devra être affichée à l\u2019intérieur des véhicules.De plus, la climatisation et un nouveau taximètre qui imprime des reçus seront installés de façon obligatoire.Le livre vert du ministère des Transports suggère également l\u2019implantation de ce type d\u2019appareil au Québec.Celui-ci assurerait un meilleur contrôle fiscal des chauffeurs.Chauffards parisiens Avec son périphérique et le tempérament bouillant de ses chauffeurs, Paris est une mégapole complexe pour la circulation.Pourtant, obtenir son permis de taxi est beaucoup plus facile qu\u2019à Londres.Pour se retrouver dans la jungle des 15 000 taxis, il faut obtenir un diplôme.« La formation prend de trois à six mois.Elle marie théorie et pratique en plus d\u2019un cours de base en secourisme », indique Jean-François Moreve, présidentdirecteur général de Gescop-Alfataxi, une coopérative parisienne qui regroupe 1200 chauffeurs.Comme au Québec, les permis sont validés chaque année.Et les chauffeurs doivent subir un examen médical tous les cinq ans.Pour ce qui est des véhicules, leur renouvellement est assuré tous les 36 mois par des inspections.La Grosse pomme Il faut avoir connu New York un jour de pluie pour apprécier l\u2019abondance de ses taxis jaunes (12 187 en tout).La Ville a commencé des réformes majeures dans cette industrie dès 1996.En plus de limiter la durée de vie des taxis (entre trois et cinq ans), le nombre de chauffeurs a lui aussi été réduit.Depuis juillet 1998, les candidats doivent montrer patte blanche.En effet, en plus de donner leurs empreintes digitales (pour vérifier les antécédents judiciaires), les futurs chauffeurs doivent subir un contrôle antidrogue.Les candidats retenus doivent suivre un cours de 80 heures.« L\u2019examen final est très difficile, 50 % des gens échouent », dit Allan Fromberg, responsable des affaires publiques à la Commission des taxis et limousines, organisme chargé d\u2019administrer l\u2019industrie.Un énorme fossé sépare l\u2019industrie du taxi de Londres et Montréal.Entre l\u2019exemple anglais et les réglementations torontoises et newyorkaises, le « modèle québécois » devra choisir comment il redorera son blason.PHOTOS ANDRÉ FORGET, LA PRESSE © Nul besoin d\u2019années de formation intensive pour sillonner les rues de Montréal.Un permis, une voiture parfois vieille, parfois minoune, et le tour est presque joué.De la vieille voiture à la minoune VALÉRIE DUFOUR À Montréal, appeler un taxi amène sa dose de suspense.Chanceux, un client peut s\u2019asseoir dans une berline de l\u2019année.Mais règle générale, il devra plutôt se contenter de voitures plus âgées et parfois même de bonnes vieilles minounes.Le parc de 4477 taxis vieillit et aucune norme n\u2019existe concernant l\u2019âge des véhicules.Au printemps, un document de travail a été déposé par le ministère des Transports pour faire le tour de la question.Le livre vert fera l\u2019objet d\u2019une consultation en octobre.Selon la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), l\u2019âge moyen des voitures dans la province atteignait huit ans en 1998 ! En 1993, par comparaison, il était de six ans.Et ce n\u2019est pas tout, la proportion de taxis qui ont plus de dix ans est passée de 6 % à 26 % au cours de la même période.Même s\u2019ils n\u2019ont pas à surveiller l\u2019âge de leurs véhicules, les chauffeurs ont d\u2019autres obligations.En plus de détenir un permis de taxi, ils doivent faire inspecter leurs véhicules plusieurs fois par an : deux inspections mécaniques à la SAAQ et une inspection visuelle au Bureau du taxi de la CUM.Quatre taxis attendent d\u2019éventuels clients devant le palais de justice de Montréal, en cet après-midi d\u2019août.Si aucune des quatre voitures n\u2019est un modèle de l\u2019année, elles sont toutes dans un état respectable.« Nous n\u2019avons pas les moyens d\u2019acheter des voitures neuves », soutient Gracia Laurenstin, chauffeur depuis 18 ans.Fier, il ouvre la porte de sa Buick 1993 et met quiconque au défi de trouver quoi que ce soit à redire.« Ce n\u2019est pas une question d\u2019âge, c\u2019est une question d\u2019entretien », croit-il.Près de lui, une autre porte s\u2019ouvre : ses collègues sont piqués au vif.Tout en avouant que certains véhicules sont désuets, Theodoro Aguilar pense, lui aussi, que ce sont les inspections qui devraient être plus sévères.« D\u2019après le gouvernement, aucun taxi actuellement n\u2019est assez bien », lance-t-il depuis sa Volvo 1989.Une équipe de sept inspecteurs sillonne les rues de Montréal.Les fonctionnaires visitent surtout les postes d\u2019attente et s\u2019assurent que la réglementation municipale est respectée (permis valides et affichés, etc.).Il y a quelques semaines, Aéroports de Montréal a mis le feu aux poudres en voulant imposer un âge maximum aux taxis qui desservent Dorval et Mirabel.ADM réclamait des véhicules de deux ans et moins.Les ligues de taxi ont réagi en bloquant l\u2019accès à l\u2019aéroport de Dorval.ADM a finalement proposé un compromis, des véhicules de cinq ans.En assemblée générale, les chauffeurs ont cependant rejeté la proposition.Ils refusent que la société aéroportuaire réglemente leur industrie.Pour eux, accepter le livre vert du ministère des Transports équivaudrait à baisser les bras.Le livre vert suggère de déterminer un âge maximal au-delà duquel un véhicule ne pourra plus être utilisé comme taxi.La mise en vigueur de cette proposition se ferait selon un des deux scénarios suivants : Une introduction graduelle d\u2019un âge maximal pour les véhicules pendant quatre ans.À la fin de la première année, tous les taxis de 10 ans et plus seraient retirés.À la seconde, ceux de neuf ans subiraient le même sort.Et ainsi de suite jusqu\u2019à sept ans.L\u2019âge maximal des véhicules serait établi à 12 ans, mais les véhicules entre huit et 12 ans auraient des vérifications mécaniques tous les trois mois.2757344 6LP0201B0807 b3-samedi-edito 6LP0201B0807 ZALLCALL 67 01:12:53 08/07/99 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR CLAUDEMASSON ÉDITEUR ADJOINT MARCELDESJARDINS DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Simulacre de débat La rentrée sera chaude pour François Legault, et pas seulement en raison des menaces de grèves qui planent sur les cégeps et les écoles.Le ministre de l\u2019Éducation a un autre plat au feu : fin septembre, se tiendra la commission parlementaire sur l\u2019enseignement religieux.Au coeur du débat : le rapport du Groupe de travail sur la place de la religion à l\u2019école, autrement dit le rapport Proulx.Agnès Gruda agruda@lapresse.ca Réalisé à la demande du gouvernement, ce document a fait des vagues tout au long de l\u2019été.De nombreux textes d\u2019opinion, le plus souvent opposés au projet, ont occupé les pages de la presse estivale.La controverse n\u2019est pas surprenante, puisque le rapport propose une rupture avec la tradition confessionnelle de l\u2019école québécoise.Mais attention : ses auteurs ne recommandent pas pour autant de « sortir la religion » des écoles.Si l\u2019on suit leurs recommandations, au lieu d\u2019agir comme courroie de transmission de la foi pour les seuls catholiques et protestants, l\u2019école permettrait plutôt aux élèves de s\u2019ouvrir à l\u2019histoire de toutes les religions.Et elle pourrait toujours permettre la préparation aux sacrements, mais en dehors des heures de classe.Cette position lucide et nuancée fait preuve d\u2019un courage qui, hélas !, fait cruellement défaut à Québec.Rappelons que pour maintenir les privilèges réservés aux catholiques et protestants, Québec doit se soustraire à la Charte des droits et libertés via la clause dérogatoire - que le gouvernement vient de reconduire pour deux ans.D\u2019accord : que la société prenne le temps de digérer le virage, c\u2019est compréhensible.Mais là où ça ne va plus du tout, c\u2019est quand le ministre responsable du dossier décide d\u2019emblée, avant même que le débat n\u2019ait eu lieu, que cette même société n\u2019est pas prête pour le changement.C\u2019est pourtant précisément ce qu\u2019a fait le ministre Legault qui, pour calmer les vagues, a rejeté l\u2019idée de l\u2019école laïque dès le début de l\u2019été, sous prétexte qu\u2019elle ne correspond pas aux attentes de la population.Selon lui, il vaudrait mieux opter pour un enseignement religieux à la carte permettant à tous -catholiques, protestants, juifs, musulmans et (pourquoi pas) Témoins de Jéhovah de faire la classe, chacun de son côté.Cette balkanisation religieuse irait tout à fait à l\u2019encontre des objectifs d\u2019intégration des immigrants poursuivis par ailleurs par Québec.Qui plus est, cette solution improvisée ouvre la porte à tous les sous-groupes religieux qui voudraient se lancer dans une inflation de demandes appelant au respect d\u2019exigences imposées par divers rituels, du hidjab au turban sikh, en passant par la ségrégation sexuelle.Le plus ironique dans tout ça, c\u2019est que M.Legault, comme TOUS les opposants de l\u2019école laïque, veut conserver les privilèges confessionnels au nom des.parents.Or, si l\u2019on se fie au sondage effectué pour les fins du rapport Proulx, c\u2019est une infime frange de parents (12 % chez les catholiques, 6 % chez les protestants et 8 % chez les adeptes d\u2019autres confessions) qui désire une telle fragmentation religieuse.Selon ce même sondage, 44 % des catholiques, 64 % des protestants et 55 % des « autres » favorisent un enseignement religieux procurant à TOUS les élèves les mêmes connaissances générales sur les principales religions.Cette option est précisément celle que le rapport Proulx met de l\u2019avant ! Au lieu de présumer que les voix militantes représentent la majorité, le ministre Legault devrait s\u2019appuyer sur ces données pour défendre, ou à tout le moins donner sa chance, à un projet de réforme qui a été préparée, après tout, à sa propre demande.S\u2019il n\u2019a pas ce courage, qu\u2019il épargne donc aux Québécois ce qui risque de donner lieu à un ridicule simulacre de débat.DROITS RÉSERVÉS serge.chapleau@lapresse.ca Se croiser les doigts l\u2019en croire, le propriétaire de l\u2019usine désaffectée qui a brûlé à Montréal, en fin de semaine dernière, était sur le point de se débarrasser des barils de BPC qui ont été découverts par les pompiers sur les lieux du sinistre.Si ce dernier affirme « avoir été pris de court », les habitants du quartier entourant la rue de Lorimier, eux, ont été « pris par surprise ».Ce qui n\u2019a sûrement pas été le cas des fonctionnaires du ministère de l\u2019Environnement qui, depuis neuf mois, avaient de bonnes raisons de s\u2019inquiéter.Pierre Gravel pgravel@lapresse.ca Au point d\u2019avoir demandé deux fois par écrit au propriétaire, en décembre et en janvier dernier, de « sécuriser » les lieux et, devant son inaction, d\u2019avoir finalement ouvert une enquête judiciaire à son sujet le 12 mai.Tout ça sans résultat puisque, à l\u2019évidence, « il n\u2019a pas fait sa job », comme le reconnaît avec un certain fatalisme le responsable de ce dossier au MEQ.Ce constat d\u2019impuissance ou du moins d\u2019incapacité d\u2019intervenir rapidement et efficacement quand un cas dangereux se présente est inquiétant.Surtout quand il s\u2019ajoute, pour le citoyen ordinaire, à l\u2019impression désagréable de n\u2019être à peu près jamais certain de ne pas vivre à proximité d\u2019une bombe à retardement.Un danger qui a pris, dans ce cas, la texture de BPC - de sinistre mémoire - mais qui peut fort bien, selon les situations, prendre d\u2019autres formes de produits chimiques, d\u2019explosifs ou autres matières polluantes toutes moins rassurantes les unes que les autres.Et ce ne sont certes pas les propos contradictoires, les explications vagues ni les promesses confuses des responsables de chacune des instances concernées qui vont le rassurer.On est bien forcé, en effet, de constater que l\u2019évaluation des risques varie en fonction des différents interlocuteurs et de la nature de leur responsabilité.Face au même danger potentiel - un édifice vacant, par exemple, susceptible d\u2019abriter des substances dangereuses ou de devenir un foyer d\u2019incendie - on risque fort d\u2019avoir droit à des réponses bien différentes selon qu\u2019on parle à la police, au service de prévention des incendies, au département des permis municipaux, à la régie de la santé communautaire ou au ministère de l\u2019Environnement.Et le pire, c\u2019est que, dans la plupart des cas, on ne sera même pas d\u2019accord sur le nombre exact d\u2019immeubles à l\u2019abandon pouvant être considérés comme dangereux, leur emplacement, la nature des risques qu\u2019ils représentent et les moyens à prendre pour obliger leurs propriétaires à régler le problème.Chacun invoquera la loi ou le règlement qui le concerne en rappelant que « les inspecteurs sont passés », que « c\u2019est au propriétaire de rapporter l\u2019existence de matières dangereuses et de prendre les mesures de sécurité qui conviennent » ou encore qu\u2019une situation anormale ayant été notée, « des avertissements et des mises en demeure ont été envoyées il y a plusieurs mois » et qu\u2019on envisage de prendre des procédures dès que les fonctionnaires auront fini d\u2019étudier le dossier ! Au MEQ, on se veut rassurant en rappelant l\u2019échéance de la fin de décembre 2000, date avant laquelle tous les BPC devront avoir été détruits.D\u2019ici là et quant au reste, c\u2019est-à-dire aux autres substances toxiques, aux dangers d\u2019incendies et aux divers autres types d\u2019accidents pouvant découler d\u2019édifices vacants, il ne reste apparemment qu\u2019à se croiser les doigts.Et à espérer être protégé contre une catastrophe en attendant que le gouvernement se décide à mettre de l\u2019ordre dans ce fouillis et à prendre les moyens pour discipliner les propriétaires négligents ou indifférents.LA PRESSE ET VOUS Le stage d\u2019été 1999 tire à sa fin Lectrice fidèle depuis plus de 20 ans, une dame de Mascouche - qui veut taire son nom - scrute La Presse chaque jour presque à la loupe.Elle est une bonne collaboratrice par ses nombreuses suggestions.Elle a remarqué un fait que peu de lecteurs constatent: la présence de nouvelles signatures tout au long de la période estivale.Pour la 16e année consécutive, en effet, notre quotidien a accueilli cet été neuf stagiaires et une journaliste- surnuméraire pour un stage rémunéré de dix semaines qui se terminera (avec regret) jeudi prochain.Cinq filles et cinq jeunes hommes de 21 à 31 ans.Moyenne d\u2019âge 23,5 ans.Huit journalistes qui possèdent tous un baccalauréat et dont trois détiennent même une maîtrise.Un photographe qui a aussi un baccalauréat en sciences et une graphiste qui fait des études universitaires en design graphique au niveau du baccalauréat.Une bonne brochette pour la relève.Nos stagiaires ont été encadrés depuis le premier jour par deux journalistes professionnelles reconnues de La Presse: Michèle Ouimet et Agnès Gruda.Deux véritables professeures en journalisme.Tous les écrits des stagiaires sont passés au peigne fin.Je vous les présente succintement: Martine Roux (journaliste surnuméraire): maîtrise en sciences politiques de l\u2019Université du Québec à Montréal.Certificat en information et journalisme de l\u2019Université de Montréal.Baccalauréat en communication de la même université.Martine Roux a souvent collaboré à La Presse à titre de rédactrice en chef des Éditions Ma Carrière.Simon Drouin: maîtrise en sciences politiques de l\u2019Université Laval.Baccalauréat en science politique de l\u2019Université du Québec à Montréal.Valérie Dufour: certificat en français écrit actuellement en cours à l\u2019UQAM.Baccalauréat en communication publique: majeure en communication profil journalisme et mineure en histoire de l\u2019Université Laval.Patrick Neko Likongo: baccalauréat en droit de l\u2019Université de Montréal et baccalauréat en sciences politiques à l\u2019UQAM.Nathalie Nolin: majeure en sciences de la communication à l\u2019Université de Montréal.Baccalauréat en communication et certificat en journalisme de la même université.Alexandre Pratt: baccalauréat en communication (journalisme) à l\u2019Université du Québec à Montréal.Il a obtenu la Bourse CCN décernée au meilleur étudiant en journalisme de l\u2019UQAM et le premier prix du concours de journalisme de Montréal Campus/Le 30.Amélie Régis: certificat en journalisme en voie d\u2019obtention à l\u2019Université Laval, de Québec.Baccalauréat en sciences politiques à l\u2019U de M.Diplômée d\u2019études collégiales en langues et littérature au cégep John Abbott.Alexandre Sirois: diplôme d\u2019études supérieures en journalisme international de l\u2019Université Laval.Baccalauréat en communication de l\u2019UQAM.Éric St-Pierre, photographe-stagiaire: baccalauréat en science (majeure en géographie, mineure en biologie) à l\u2019Université Concordia.Attestation d\u2019études collégiales en photographie au collège Dawson.France Dupont, graphiste-stagiaire: études universitaires en design graphique, niveau baccalauréat, à l\u2019Université du Québec à Montréal.La plupart des stagiaires ont déjà pratiqué le métier dans des journaux universitaires ou autres et quelques-uns ont déjà collaboré à La Presse, notamment au cahier SORTIR du jeudi, à la Jeune Presse et au cahier Carrières, Professions et Emplois.Il n\u2019est pas facile de devenir stagiaire à La Presse.Les stagiaires sont choisis parmi plus de cent - et parfois même jusqu\u2019à deux cents - candidatures non sollicitées reçues entre janvier et mars de chaque année, spontanément, sans qu\u2019aucune publicité n\u2019ait été faite, dans La Presse ou ailleurs.C\u2019est la réputation du stage qui fait sa force, année après année.Le choix des stagiaires survient après un long processus de sélection, dont une journée complète d\u2019examens, un samedi d\u2019avril, sous la direction de Michel G.Tremblay, directeur de l\u2019administration du Service de la rédaction.Nous accordons depuis les débuts du stage la préférence aux jeunes, en provenance de l\u2019une ou l\u2019autre des universités et de l\u2019une ou l\u2019autre des régions du Québec, sans aucune forme de discrimination.Ces jeunes, souvent encore aux études, doivent avoir terminé au moins un baccalauréat et idéalement une maîtrise en cours ou complétée.Il est préférable qu\u2019ils aient acquis une expérience même limitée en information.Au cours de l\u2019année, d\u2019autres stages - ceux-ci non rémunérés - sont organisés pour des périodes de plus ou moins un mois.Ainsi, une entente conclue il y a déjà quelques années avec l\u2019Office franco-québécois pour la jeunesse permet à trois ou quatre jeunes journalistes européens d\u2019effectuer un stage cheznous.Par ailleurs, les lauréats de diverses bourses, dont la Bourse Fernand-Séguin en vulgarisation scientifique, choisissent régulièrement La Presse comme lieu de stage.C\u2019est toujours avec beaucoup d\u2019enthousiasme et de disponibilité que les journalistes, préposés au pupitre d\u2019édition, photographes, graphistes, techniciens, membres du secrétariat, téléphonistes, autres membres du personnel, direction de La Presse et du Service de l\u2019information et de l\u2019éditorial, Syndicat des travailleurs de l\u2019information (CSN) accueillent leurs nouveaux collègues susceptibles d\u2019assurer la relève journalistique.Nous remercions nos stagiaires de la cuvée 1999 qui, comme leurs prédécesseurs, ont accompli de « la grosse besogne ».Nous leur souhaitons plein succès dans la poursuite de leurs études universitaires ou dans la recherche de travail en journalisme, en photographie, en graphisme.Nous leur exprimons le voeu qu\u2019ils connaissent le plus bel avenir professionnel qui soit.Claude MASSON Éditeur adjoint cmasson@lapresse.ca 6LP0301B0807 b3-samedi-edito 6LP0301B0807 ZALLCALL 67 01:20:19 08/07/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 B 3 Et les arbres des villes?Richard Desjardins et d\u2019autres ont éloquemment plaidé en faveur de la protection des forêts boréales.Hélas !, on parle moins d\u2019un patrimoine arboricole qui est beaucoup plus précieux - et bien plus en danger : celui des villes et des régions densément peuplées, là où la flore est rare et particulièrement vulnérable.Au printemps dernier, un promoteur immobilier faisait abattre 22 arbres mûrs sur l\u2019ancien terrain des Dominicains, à Notre-Dame- de-Grâce.Des arbres qui non seulement n\u2019étaient pas malades, mais que la Ville avait fait émonder au coût de 10 000 $, quelques mois auparavant ! Près de l\u2019angle des rues Atwater et Sherbrooke, une companie embauchée par Bell Canada pour rénover des fils souterrains endommageait irrémédiablement un peuplier de 30 mètres qui avait résisté pendant 60 ans à toutes les intempéries et au verglas de janvier 98, alors que certaines précautions minimales auraient pu éviter l\u2019abattage.On a bêtement scié à travers les racines au lieu de les contourner.Toujours au printemps dernier, à Saint- Hyacinthe cette fois, seule l\u2019intervention en catastrophe de citoyens indignés a empêché un promoteur immobilier d\u2019abattre les vieux érables qui peuplaient le bois du séminaire.Il y a un an, l\u2019hôpital Royal Victoria, qui est situé au flanc du mont Royal, faisait abattre une vingtaine d\u2019arbres, dans ce qui est un lieu théoriquement protégé.Pourquoi ?Pour agrandir un parking ! Autres dégâts, moins spectaculaires mais plus dommageables parce qu\u2019ils se répètent fréquemment, dans la semi-clandestinité du « droit à la propriété » : les abattages réalisés par les individus sur leur propre terrain.Exemple type, raconté par une lectrice indignée : elle et son mari avaient acheté une maison dans une petite rue ombragée du nord de Montréal.Les arbres centenaires qui y existaient étaient LA raison pour laquelle ils avaient choisi de s\u2019installer là.Quelques mois plus tard, la rue se retrouvait à moitié-nue, et leur environnement, dévasté.Le voisin avait fait abattre tous ses arbres.parce qu\u2019il ne voulait pas de feuilles mortes dans sa piscine ! n n n Dans la plupart des cas, qu\u2019il s\u2019agisse de promoteurs ou d\u2019individus, on ne se donne même pas la peine de demander un permis d\u2019abattage à la Ville de Montréal.Mais même le respect de la loi ne protégerait pas davantage le rare patrimoine arboricole de Montréal.Il suffit de verser 50 $ à la Ville pour obtenir le droit de couper tous les arbres mûrs de sa propriété.(C\u2019est moins cher à la douzaine : qu\u2019on en coupe un ou vingt, c\u2019est le même prix !).Aucun motif sérieux n\u2019est exigé.Il suffit, stipule le règlement, que l\u2019arbre constitue « une nuisance à la personne ou aux biens » ou qu\u2019il soit situé « dans ou à proximité d\u2019une construction projetée ».À Toronto et à Vancouver, qui ne sont pas à ce qu\u2019on sache sous le joug de mairies communistes, le sacro-saint principe de la propriété privée est tempéré par le désir de préserver l\u2019environnement.Dans les anciens quartiers de Toronto, on n\u2019a pas le droit d\u2019abattre un arbre sans l\u2019accord des voisins.après quoi l\u2019on doit attendre l\u2019autorisation du conseil municipal.À Vancouver, toute modification le moindrement substantielle à l\u2019aspect extérieur d\u2019une propriété doit être approuvée par les voisins immédiats.Plus près de nous, à Laval, les entrepreneurs sont assujettis à des normes très sévères pour ce qui est du patrimoine arboricole.Des pénalités sont prévues pour les compagnies qui endommagent les racines ou les branches d\u2019un arbre durant une construction, et certains promoteurs, qui ont à la fois le sens des affaires et le sens de l\u2019esthétique, se sont faits « un nom » en prenant d\u2019extraordinaires précautions pour sauvegarder leurs feuillus.En fait, nombre de gouvernements parfaitement démocratiques limitent le droit à la propriété privée.Partout à travers la France, tout comme dans plusieurs quartiers de Vancouver, les constructeurs sont soumis à des règles très strictes pour ce qui est de la forme et du revêtement des toitures, de la couleur des maisons, du style architectural, de la dimension par rapport au lot, etc.n n n La Ville de Montréal n\u2019a pas le monopole de l\u2019irresponsabilité.Le gouvernement du Québec fait plus que sa part pour détruire le paysage.On n\u2019a qu\u2019à voir le désolant Institut d\u2019hôtellerie qui gâche, depuis des décennies, le gracieux square Saint-Louis.Cette année toutefois, le gouvernement, via l\u2019inepte ministère des Transports, s\u2019est surpassé.La destruction de la Côte-des-Éboulements, dans le comté de Charlevoix, est un scandale à tous égards.Il en coûtera au moins 17 millions pour détruire l\u2019un des plus beaux paysages du Québec - un paysage classé par l\u2019UNESCO par-dessus le marché ! Le pire, c\u2019est que cela ne règlera même pas le supposé problème de sécurité routière dont s\u2019inquiète le ministère, puisque le rapport du coroner, après l\u2019accident d\u2019autocar ayant coûté la vie à 44 personnes en 1997, établissait sans équivoque que l\u2019accident était dû à un système de freinage défectueux.La philosophie qui prévaut à Québec, en matière de sécurité routière, serait belle à voir si elle était appliquée à l\u2019échelle de la planète ! On raserait les Alpes, les Rocheuses et la Grèce pour éliminer les routes de montagne, on assécherait les fleuves pour éviter les crues, on dynamiterait les tunnels qui tapissent la Riviera italienne sous prétexte qu\u2019il s\u2019est produit un accident dans le tunnel du mont Blanc ! Remarquez, tous les pays ont leurs tarés.En France, dans une campagne digne de notre ministère des Transports, certains édiles voudraient abattre les superbes platanes qui bordent leurs routes pour limiter les risques d\u2019accidents.Les routes de France bordées de platanes font partie, tout comme les côtes de Charlevoix, des humbles trésors de l\u2019humanité.Depuis des siècles, des millions de gens sont passés par là.et ont survécu.Mais les associations de victimes talonnent les autorités politiques, obsédées qu\u2019elles sont par le besoin de trouver un coupable à la mort d\u2019un proche.On refuse d\u2019admettre que le cher disparu ait trop bu avant de prendre le volant, ou conduit trop vite ou pas assez prudemment.Non.Le coupable a été identifié, c\u2019est le platane qui se trouvait au mauvais endroit ! Lysiane OPINIONS De quoi sommes-nous fiers déjà?ROBERT CAMPEAU Tous les médias ont sauté sur l\u2019événement.Tous les hebdos culturels de Montréal (francophones et anglophones confondus) y ont consacré leur une au grand complet et plusieurs en ont profité pour faire un cahier spécial, une formule qui permet temporairement d\u2019explorer de nouveaux marchés publicitaires.Grande première aussi, TQS - le fameux mouton noir de la télévision - a diffusé le défilé intégralement sur ses ondes.Bref, le temps de quatre petites journées glissées entre mille festivals qui font de Montréal une ville à nulle autre pareille, l\u2019homosexualité a fait l\u2019affaire de bien du monde, à commencer bien sûr par les gays eux-mêmes, plus particulièrement ceux qui sont fiers d\u2019être fiers, qui se soumettent à un régime infernal et qui déboursent chaque année une véritable petite fortune pour se donner un corps à la mesure de leurs fantasmes.La récupération du phénomène gay relève pratiquement du surréalisme.Il y a quelques décennies à peine, il était tout aussi normal d\u2019abaisser, de mépriser, voire de bannir les homosexuels.Je revois encore la page frontispice d\u2019un certain Montréal-Matin où de jeunes gens avaient été photographiés à leur insue (on avait pris soin de masquer leurs yeux d\u2019une petite bande noire !) et où l\u2019on pouvait lire, en lettres dramatiques : « Ces jeunes sont des HOMOS ! » Le seul fait d\u2019être « comme ça » était en soi une tare épouvantable, une ignominie.Et l\u2019idée même d\u2019une éventuelle fierté gay aurait alors été de la pure science-fiction pour esprits déviés.Mais quelle est donc, à l\u2019arrivée de l\u2019an 2000, cette drôle de chose qu\u2019on appelle la « fierté gay » ?À éplucher tous les textes parus sur le sujet, il s\u2019agit en tout cas d\u2019un sujet on ne peut plus branché.Comme si le Québec avait trouvé là une nouvelle cause à défendre, un nouvel étendard à brandir.À défaut de nous donner un pays, donnons-nous un Village ! On n\u2019a qu\u2019à regarder avec quel enthousiasme le gouvernement québécois et les partis d\u2019opposition ont voté à l\u2019unanimité ou presque la nouvelle loi sur la reconnaissance des conjoints de même sexe, le printemps dernier.Doit-on y voir un phénomène judéo-chrétien de déculpabilisation collective ?Chose certaine, il n\u2019est plus un seul aspect de la vie gay qui ne soit ausculté sous ses moindres coutures : vie de couple, mode, loisirs, fantasmes, etc.On scrute, on questionne, on veut savoir.(.) Bien sûr, ce sont les gays eux-mêmes qui se sont forgés cette place qu\u2019on leur a longtemps interdite, par une lutte acharnée qui a souvent semblé utopique.Ce sont les plus audacieux d\u2019entre eux - les militants et militantes de la première heure - qui ont bravé l\u2019homophobie généralisée et qui ont ouvert la voie au phénomène social que l\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Mais ces mêmes gays ne deviennent-ils pas peu à peu les proies de ce nouveau mode de vie dangereusement commercialisé ?Car ne nous leurrons pas : l\u2019homosexualité telle qu\u2019on la « festivalise » maintenant à chaque année - son défilé à jour fixe, ses lieux d\u2019expression de plus en plus définis, son territoire presque sacralisé - contribue toujours à entretenir sa ghettoïsation et à peaufiner des archétypes qui ne correspondent pas nécessairement à l\u2019ensemble de sa communauté.La normalisation de l\u2019homosexualité telle qu\u2019elle se fait actuellement a quelque chose de pernicieux : elle risque de marginaliser encore davantage ceux et celles qui ne s\u2019identifient en rien à ce mode de vie pour épilés compulsifs, où le machisme impose ses lois encore plus durement que dans le monde hétérosexuel : celles du « peau flasque, maigrichon, chauve, laideron ou passé date », s\u2019abstenir ! Va pour la fierté dans le sens de ne plus jamais avoir honte d\u2019être ce que l\u2019on est et de toujours lutter pour plus de dignité.Va pour une reconnaissance qui s\u2019inscrit graduellement dans la vie de tous les jours, « avec » et « parmi » tous les hommes, les femmes et les enfants.Va aussi pour un petit côté subversif qui fait effectivement toute la différence.Mais s\u2019il s\u2019agit uniquement d\u2019un immense party annuel pour voyeurs hétérosexuels ou émules de La Fureur en mal d\u2019exhibitionnisme, ou encore d\u2019une immense publicité à ciel ouvert pour commerces de tout acabit, changeant ainsi la cause en prétexte, alors là je débarque.Tout comme le 8 mars nous rappelle cruellement que tous les jours de l\u2019année ne sont pas nécessairement ceux de la femme, le défilé de dimanche dernier, une fois de plus, m\u2019a rappelé que ce n\u2019est pas parce que c\u2019est gay que tout est rose.PHOTOTHÈQUE, La Presse Le Groupe Lépine a acquis le terrain de 25 732 mètres carrés faisant partie de l\u2019ancien domaine des Sulpiciens.Domaine des Sulpiciens: un nouveau démembrement cautionné par Québec GÉRARD BEAUDET L\u2019auteur est professeur à l\u2019Institut d\u2019urbanisme et président d\u2019Héritage Montréal.Le 29 juillet dernier, La Presse dévoilait les termes d\u2019un projet d\u2019entente entre les prêtres de Saint-Sulpice, la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications concernant le site du Grand Séminaire et du Collège de Montréal, rue Sherbrooke ouest.Cette entente, que le ministère s\u2019apprête à signer, confine les principes de la conservation à moins de la moitié de ce site historique classé et identifie une partie de la propriété comme secteur de développement résidentiel différé.Cette approche par fragmentation équivaut à réduire le site à une juxtaposition de bâtiments, d\u2019aménagements et de.terrains à construire.L\u2019histoire se répète.Ce n\u2019est pas la première fois que le Domaine est démembré depuis qu\u2019il a été classé site historique, en 1982.La construction des ensembles résidentiels du Fort de la Montagne et Le Belmont était apparemment le moyen d\u2019assurer la protection et la mise en valeur des parties les plus significatives.À chaque fois, on avait pris l\u2019engagement que ce serait la dernière.La mise en valeur n\u2019est toujours qu\u2019embryonnaire et le ministère récidive.Mais le projet d\u2019entente ne contient aucun engagement formel.Chacun des volets est assujetti à la disponibilité de ressources financières sur lesquelles le protocole est totalement muet.On présente le démembrement comme étant inéluctable, sans le démontrer et en se gardant de prendre quelque engagement quant aux résultats.Le geste équivaut à réduire de manière détournée la superficie du site historique.On s\u2019en défendra mais nul ne sera dupe.Le vague du projet d\u2019entente est explicite.La même approche prévaut dans les dossiers de la sucrerie Redpath et de la Ferme sous les Noyers.Dans tous les cas, le ministère privilégie la signature d\u2019ententes de collaboration avec la Ville, même si les avenues imposées par cette dernière sont contestées en vertu de principes reconnus en matière de conservation, qu\u2019elles contreviennent au plan d\u2019urbanisme et qu\u2019elles ne sont l\u2019objet d\u2019aucune consultation publique.(.) Mais il y a d\u2019autres raisons de s\u2019indigner de la conclusion prévisible de cette entente.Rappelons que la ministre de la Culture et des Communications, Agnès Maltais, a refusé à deux reprises d\u2019étendre la protection du site historique de la rue Sherbrooke à la Ferme sous les Noyers, invoquant dans un premier temps des études dont on n\u2019a trouvé aucune trace.En clair, on n\u2019a jamais établi formellement la valeur intrinsèque de la Ferme sous les Noyers.Le projet d\u2019entente permet d\u2019éclairer ce fait sous un nouveau jour.Le ministère a sacrifié la Ferme sous les Noyers parce qu\u2019il avait déjà abdiqué ses responsabilités dans le dossier du Domaine de la rue Sherbrooke.Bien naïf qui croira que les discussions sur l\u2019avenir du Domaine de la Montagne n\u2019étaient pas déjà en cours quand a été contesté le projet d\u2019aménagement résidentiel proposé pour le site de la Ferme sous les Noyers.En la circonstance, la direction du bureau de Montréal du ministère de la Culture et des Communications ne pouvait reconnaître la valeur exceptionnelle du site de la rue Atwater puisqu\u2019elle s\u2019apprêtait à entériner le principe du démembrement du domaine de la rue Sherbrooke.On a donc prétendu que la Ferme sous les Noyers avait une valeur secondaire, même si aucune étude ne le démontrait.En d\u2019autres termes, il fallait d\u2019abord sacrifier la Ferme sous les Noyers pour pouvoir justifier ensuite le démembrement du site historique de la rue Sherbrooke.C\u2019est là, estime-t-on au ministère, le prix à payer pour préserver les espaces libres de la propriété de la rue Sherbrooke.Ce sacrifice d\u2019un site pour permettre le dépeçage éventuel d\u2019un autre laisse évidemment un goût amer chez tous ceux qui ont cru que la dimension patrimoniale était au centre des préoccupations du ministère.En aucun temps, lors des rencontres avec la ministre, avec des représentants de la Commission des biens culturels ou avec la directrice du bureau de Montréal, ceux qui réclamaient la sauvegarde du site de la Ferme sous les Noyers n\u2019ont été informés des discussions en cours sur l\u2019avenir du site du Grand Séminaire et du Collège de Montréal.Comme si les enjeux du démembrement du Domaine de la Montagne étaient une affaire banale et strictement privée.Et comme si la Ville de Montréal avait démontré, ces dernières années, qu\u2019elle assumait ses responsabilités en la matière, de telle sorte qu\u2019on puisse ignorer le point de vue de citoyens et d\u2019intervenants qui subissent les rebuffades d\u2019une administration obnubilée par le développement à tout prix et quel qu\u2019en soit le prix.Or, est-il nécessaire de le rappeler, il s\u2019agit d\u2019un bien culturel national classé par l\u2019État québécois pour ses qualités exceptionnelles.Se souvient- on seulement à Montréal et à Québec qu\u2019il fut un temps où la sauvegarde du patrimoine était une mission fondamentale du ministère de la Culture et des Communications ?Il faut que cesse la dilapidation à la pièce du patrimoine institutionnel montréalais.En conséquence, nous demandons à la ministre de la Culture et des Communications de surseoir à la signature de ce projet d\u2019entente.Nous sommes conscients de l\u2019ampleur du défi que représente la conservation de ces vastes propriétés, même du simple point de vue du coût de leur entretien.Il ne s\u2019agit pas de nier le problème, mais d\u2019en mesurer toute l\u2019ampleur.La vente de morceaux du patrimoine national au plus offrant ne peut remplacer une approche stratégique et intégrée de conservation.D\u2019autres avenues ont été privilégiées ailleurs, notamment en Angleterre où la sauvegarde de grands domaines passe souvent par l\u2019implication de fondations.Aussi demandons-nous à la ministre de proposer à la Ville de Montréal la réalisation d\u2019une étude sur l\u2019avenir de l\u2019ensemble des grandes propriétés institutionnelles du mont Royal et de ses abords.Cette étude devrait être menée de manière ouverte et avec la participation de l\u2019ensemble des intervenants.On évitera ainsi que soient réédités les dérapages qui ont caractérisé les dossiers de l\u2019Hôtel-Dieu, de Villa Maria et de la Ferme sous les Noyers. 6LP0401B0807 b4-samedi 6LP0401B0807 ZALLCALL 67 01:08:06 08/07/99 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 Plus Le millénaire des lecteurs de La Presse Un choix difficile « J\u2019ai écrit d\u2019un seul coup.» « J\u2019ai écrit cette lettre d\u2019un seul coup, impulsivement », dit notre gagnante Lyse Labelle.Infirmière, Mme Labelle a été directrice du module de maintien à domicile, au CLSC Kateri.Elle a pris une retraite prématurée, il y a quelques années, pour passer plus de temps avec son conjoint.Ce dernier, psychiatre, a quitté l\u2019hôpital Notre-Dame, en 1966, pour aller organiser la psychiatrie en Montérégie.Le pavillon de psychiatrie de l\u2019hôpital Charles- Lemoyne porte d\u2019ailleurs son nom.Elle est heureuse d\u2019avoir été choisie: « Je prends cela comme un hommage à Denis.» Sympathique coïncidence: en donnant rendez-vous à Mme Labelle, je lui demande si elle sait où est situé l\u2019édifice de La Presse.« Mais bien sûr!, s\u2019exclame-t-elle, mon père y a déjà travaillé! Il était typographe, il a travaillé au journal Le Canada (il était président de son syndicat), puis à La Patrie.Il est passé à La Presse quand elle a acheté La Patrie.J\u2019ai grandi en entendant parler de journaux.» Bienvenue donc, chère Madame, dans ces pages que votre père a déjà composées au plomb, avec l\u2019admirable dextérité de ces typographes que l\u2019on appelait « les princes de l\u2019Imprimerie » avant que leur métier ne disparaisse, emporté par les progrès de l\u2019informatique.L.G.Lysiane Gagnon Hé bien, chers lecteurs, on peut dire que vous m\u2019avez fait travailler ! Récapitulons.En janvier dernier, j\u2019ai eu l\u2019idée de vous demander où vous auriez voulu vous trouver durant le dernier millénaire.Où et pourquoi ?Entre le lancement de mon petit concours et l\u2019échéance du 15 mars, j\u2019ai reçu beaucoup plus de lettres que je n\u2019en attendais.Les unes tenaient sur une seule feuille, d\u2019autres s\u2019étalaient sur plusieurs pages.Mon idée première était de ne publier que le texte gagnant (dont l\u2019auteur a reçu une bouteille de champagne offerte par le journal.à ne boire, bien sûr, que le 31 décembre, à minuit !).Mais étant donné le grand nombre de textes de qualité, ce petit concours prit des dimensions imprévues, et le journal a finalement décidé de publier les textes les plus intéressants, en les abrégeant au besoin.Aux deux pages d\u2019aujourd\u2019hui, succéderont donc deux autres pages samedi prochain.Les thèmes Le choix du meilleur texte aura été une opération fort ardue, car par définition ce petit concours a attiré des gens qui aiment écrire et qui ont le sens de l\u2019histoire.Certains thèmes revenaient souvent, comme la découverte de l\u2019Amérique par Christophe Colomb.La majorité des lecteurs se sont référés à l\u2019histoire de France, qui nous est si proche et qui fut du reste la nôtre jusqu\u2019au 17e siècle.Dans la foulée du grand succès de Notre- Dame-de-Paris, nombreux sont ceux qui ont évoqué l\u2019époque des grandes cathédrales de France.Très populaires aussi, les dates charnières de la prise de la Bastille et de la libération de Paris, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, laquelle reste ancrée dans la mémoire des lecteurs plus âgés.Mais il fut aussi question de la révolution haïtienne, de l\u2019Expo 67, de la fin de l\u2019apartheid en Afrique du sud, etc.J\u2019ai même reçu un texte en anglais d\u2019un lecteur qui aurait aimé se trouver à la bataille d\u2019Agincourt ! D\u2019autres, dotés de la fibre artistique, auraient préféré vivre dans l\u2019entourage d\u2019un grand créateur.Les premiers pas de l\u2019homme sur la Lune ont également marqué plusieurs lecteurs.D\u2019autres, cependant, ont refusé de faire le saut dans le passé, se disant parfaitement heureux dans le temps présent.Toutes les générations ont participé.J\u2019ai reçu de nombreux textes d\u2019élèves du secondaire (colligés par leurs profs), certains venant même d\u2019aussi loin que de la Saskatchewan ! Le choix À la recherche du gagnant, j\u2019ai commencé par diviser les textes en deux piles, l\u2019une pour les bons textes, l\u2019autre pour les moins bons.À la fin de l\u2019opération, la seconde pile était minuscule, et la première, énorme.C\u2019est à ce momentlà que j\u2019ai commencé à plaindre les professeurs de français.Comment font-ils pour noter, quand il s\u2019agit de textes relativement comparables ?Fallait-il privilégier le style ?L\u2019érudition ?L\u2019originalité ?L\u2019universel ou le personnel ?J\u2019ai fini par réduire ma « short list » à sept textes.et par pencher du côté du coeur, vers des lecteurs qui parlaient d\u2019événements très intimes (mais, comme on le verra, à portée universelle).Deux coups de coeur, littéralement.Comme par hasard, c\u2019étaient deux lettres écrites à la main, sans effets de style et d\u2019une simplicité totale: celles de Lyse Labelle, de Candiac, et de Jacques Biron, de Baie-Comeau.(Autre coïncidence, tous deux viennent du secteur de la santé).J\u2019ai beaucoup hésité entre les deux, et j\u2019ai fini par choisir le texte de Mme Labelle, pour des raisons formelles \u2014 à cause de la densité d\u2019émotion comprimée dans seize lignes, et à cause de l\u2019approche originale.La première phrase étonne, on ne sait pas où elle mène.À la deuxième, vous voilà déjà touché au coeur.Un autre texte m\u2019a particulièrement ravie, et aurait tout autant mérité le premier prix.C\u2019est celui de Lucie Godbout, de Montréal.Mme Godbout aurait voulu se trouver « derrière le miroir de ma tante Claire ».En quelques lignes, on voit défiler toute une partie du siècle, en même temps que les aventures peu communes d\u2019une femme exceptionnelle comme il y en eut tant au Québec.Quelle jolie idée, aussi, que celle du miroir, témoin d\u2019une vie entière ! PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Lyse Labelle LES COUPS DE COEUR Naître à Courcelles.Si tout pouvait recommencer, j\u2019aimerais naître à Courcelles, en Beauce, en août 1925.Je pourrais alors tomber en amour vers l\u2019âge de 13, 14 ans avec l\u2019amour de ma vie, Denis Doyon.Denis est réellement né dans ce village, le 10 novembre 1924.Nous aurions pu alors vivre 50 ans de bonheur.Hélas !, la vie a voulu que je naisse en 1942.Denis et moi avions donc 18 ans de différence.Nous avons tout de même été heureux pendant 20 ans.Nous retombions en amour tous les matins au réveil.Il est décédé le 27 septembre 1998.Comme j\u2019ai de la difficulté à retrouver un peu d\u2019équilibre sur cette petite planète.Lyse LABELLE Candiac «J\u2019aurais voulu lui tenir la main.» Le miroir de ma tante J\u2019ai vécu, en milieu rural, une enfance très heureuse grâce à la qualité de la présence de mes parents.(.) J\u2019ai toujours eu une impression de grande complicité avec mon père.Mon travail et mon type d\u2019engagement social étaient très semblables à ce qu\u2019il avait vécu.Puis, mes parents ont quitté Baie-Comeau pour Québec, comme font tant de personnes retraitées de mon coin de pays (.).À l\u2019âge de 77 ans, il fut affecté par la maladie.Après une période d\u2019accalmie, dont ma mère est en grande partie responsable tellement elle l\u2019aimait, il fut réhospitalisé.Le 2 septembre 1995, tôt en avant-midi, son coeur a flanché et il est décédé seul dans sa chambre d\u2019hôpital.À votre question, je réponds ceci: j\u2019aurais voulu être avec mon père, lui tenir la main, lui parler doucement, tendrement, dans ses derniers moments, lui qui aimait tellement la vie et qui avait très peur de la mort.Je lui aurais répété ce que nombre de fois je lui avais dit auparavant: combien je l\u2019aimais et combien j\u2019appréciais tout ce qu\u2019il avait fait pour moi.Je lui devais cela, pour tout l\u2019amour qu\u2019il m\u2019a donné, pour tous les gestes complices posés à mon égard, pour la grande amitié qui nous liait et parce que je l\u2019aimais profondément.Tant que je vivrai, je regretterai de ne pas avoir été présent à cet « événement ».Aucun autre événement passé ou à venir dans ce siècle qui s\u2019achève ne me paraît plus important.Jacques BIRON Baie-Comeau Où aurais-je voulu être ?Derrière le miroir de ma tante Claire.Ma tante est née en 1900.À sa naissance, sa mère avait reçu un joli petit miroir mural qu\u2019elle installa dans le salon.Pendant plus de 20 ans, aux premières loges, le miroir assista à tous les événements de la famille.Il écouta, par exemple, les histoires extraordinaires que mon arrière-grand-père, capitaine au long cours, rapportait de ses voyages en Irlande, en Écosse et en Allemagne.et celles de mon grand-père, voyageur de commerce, qui racontait Charlevoix, l\u2019Estrie, les États- Unis.À 20 ans, ma tante partit étudier la bibliothéconomie aux États-Unis.Le miroir demeura dans la famille, accroché au mur, juste au-dessus de l\u2019impressionnant nouveau poste de radio.Il écouta toutes les nouvelles, chansons et éditoriaux de ce début de siècle, assista à tous les chapelets en famille, aux demandes en mariage, aux soirées de couture et de conversation.Il vit apparaître des cousins et des cousines et vieillir mes grand-parents.Il écoutait patiemment les discussions politiques des hommes qui enfumaient sa réflexion personnelle.Pendant la guerre, le miroir rejoignit Claire à Washington, où l\u2019on cherchait des secrétaires bilingues pour correspondre avec la France et l\u2019Angleterre.Les Québécoises valaient leur pesant d\u2019or ! Le miroir l\u2019accompagnait tous les jours, mais surtout le soir, quand elle se préparait à sortir.Washington procurait des divertissements peu communs: opéra, théâtre, terrasses élégantes.Les jeunes filles du Québec étaient très recherchées: So French! Un soir, le miroir vit se présenter un grand monsieur.Un Français.Le général De Gaulle était à Washington et avait besoin d\u2019une machine à écrire.Ma tante lui prêta la sienne avec plaisir.J\u2019ai toujours cette dactylo, sur laquelle est encore collé un papier jauni portant l\u2019inscription: Avec les remerciements du général De Gaulle, Mission France à Washington.Ma tante eut un fiancé pendant dix ans.Le miroir s\u2019étamait à force d\u2019attendre.Le fiancé mourut et ma tante songea à entrer chez les soeurs, mais sa coquetterie et le petit miroir lui-même, allié aux arguments du grand-père, empêchèrent cette vocation tardive de se développer.Ma tante Claire fonda la bibliothèque publique de sa ville natale.Elle avait rapporté de ses études aux États-Unis une méthode moderne d\u2019inscription des ouvrages qui a toujours cours au Québec, de nos jours.Elle eut comme élève, plus qu\u2019employé, un jeune homme qui devint plus tard directeur de la Bibliothèque Nationale ! Le miroir avait le tain de moins en moins clair.Il vit quand même la dame vieillir et ses cheveux blanchir.Claire mourut à l\u2019âge de 99 ans, dans un hôpital.Près d\u2019elle, son petit miroir que je lui avais apporté.Depuis, j\u2019en ai hérité.Lucie GODBOUT Montréal 6LP0502B0807 b5-samedi-plus 6LP0501B0807 ZALLCALL 67 01:07:47 08/07/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 B 5 Plus Le millénaire des lecteurs de La Presse LE TEMPS DES EXPLORATEURS Accueillir Jacques Cartier Autour du monde en ballon J\u2019aurais souhaité accueillir Jacques Cartier à l\u2019occasion de son premier voyage, alors qu\u2019il naviguait au large des côtes de l\u2019Île-du- Prince-Édouard.Petits fours, bière locale et pommes de terre sautées, nous aurions pu apprécier la beauté des plages rouges sous un soleil éclatant.René PION Rien ne m\u2019aurait plus passionné que de faire partie de l\u2019équipage du Breitling Orbiter qui est présentement en train de réaliser un exploit extraordinaire en accomplissant le tour du monde en ballon.J\u2019aurais préféré être là plutôt que de marcher sur la lune ou de visiter la station de l\u2019espace Mir.Paul-André MARTINEAU Être Rodrigo de Triana.Christophe Colomb Le petit pas sur la Lune Le 12 octobre 1492, à deux heures du matin, j\u2019aurais voulu être à la place de Rodrigo de Triana, le matelot de quart sur la Pinta, l\u2019un des trois bâtiments de la flotte de Christophe Colomb, voguant à la recherche du Nouveau Monde.C\u2019est ce matelot qui, le premier, vit briller sous la Lune une plage de sable blanc et cria: « Terre! Terre! ».La Pinta arrivait en vue de l\u2019île Guanahani, que Colomb allait baptiser San Salvador (il s\u2019agit sans doute de l\u2019île Watling, aux Bahamas).L\u2019Amérique entrait ce jour-là dans l\u2019histoire de l\u2019Occident.Roger LANOUE «Terre! Terre à l\u2019horizon!» J\u2019aurais voulu être aux côtés d\u2019Armstrong et faire moi aussi ce « petit pas » sur la Lune.C\u2019est pour moi le fait saillant de ce siècle.Guy BER À mi-chemin du deuxième millénaire, j\u2019aurais aimé vivre, avec Christophe Colomb, la découverte du Nouveau Monde.Compagne complice, j\u2019aurais pris le gouvernail de l\u2019une des trois caravelles de l\u2019expédition, et crié avec les autres membres de l\u2019équipage: «Terre! Terre à l\u2019horizon!» Quelle merveille paradisiaque! Des îles multiples et enchanteresses; des plages chaudes pour se prélasser au soleil; une verdure luxuriante; une faune ailée, colorée; Quelle récompense gratifiante après ce périple d\u2019aventurier! Fini l\u2019abîme au bout de l\u2019océan.Le paradis nous y attend, promesse de bonheur et de prospérité, comme une Terre Promise.Luce LANGLOIS Le 20 juillet 1969, à 22h56, l\u2019astronaute américain Neil Armstrong posait le pied sur la Lune, ce qu\u2019aucun être humain n\u2019avait fait avant lui, sauf dans l\u2019imagination de Jules Verne et d\u2019Hergé.À moins d\u2019un grand chambardement technologique, l\u2019homme ne devrait pas remettre le pied sur la Lune avant un bon bout de temps.À Château-Richer J\u2019aurais aimé me trouver en 1640, à Château-Richer, près de Québec, pour vivre les hauts et les bas des ancêtres Gagnon (Jean, Pierre et Mathurin, mon ancêtre), venus de Normandie pour s\u2019enraciner solidement en Nouvelle-France.Yolande GAGNON-LAROCQUE Le premier sur la Lune Moi, j\u2019aurais aimé faire partie de l\u2019équipe d\u2019astronautes qui a mis le pied sur la Lune pour la première fois.Pourquoi?Pour vivre la plus grande aventure humaine de tous les siècles.Pour la sensation nouvelle de l\u2019espace.Pour vivre cet impossible rêve de Jules Verne.Si ton jeu du millénaire avait été celui du bimillénaire, j\u2019aurais aimé être un apôtre de Jésus, ça devait être tout un trip.C\u2019était être un témoin de tous les événements que le Fils de Dieu a réalisés, et ça ne devait pas être ennuyeux.Simon-Pierre Le 10 avril 1912, le Titanic quittait le port de Southampton, en Angleterre, pour son premier voyage en direction de New York, destination qu\u2019il n\u2019atteindra jamais.Avec Neil Armstrong L\u2019endroit où j\u2019aurais aimé être, c\u2019est avec l\u2019astronaute Neil Armstrong, quand il fut le premier humain à fouler le sol de la Lune.Quel défi! La Lune m\u2019a toujours fascinée.Lorsque j\u2019étais petite, je la regardais changer de couleur et de forme, et bien souvent on aurait dit une grosse figure.Jamais, à ce moment, on aurait pensé que quelqu\u2019un pourrait y aller! J\u2019ai vu l\u2019événement à la télévision.J\u2019étais excitée.J\u2019aurais voulu être là.C\u2019est sûrement le plus grand événement du présent millénaire.Lise LORTIE À bord du Titanic.Je suis sur les quais de Southampton, ce 11 avril 1912, et j\u2019ai en mains mon billet de première classe pour le voyage inaugural du Titanic.En montant à bord, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019entrer dans l\u2019Histoire.Puis, soudain, mon monde s\u2019écroule.Panique, angoisse et peur.L\u2019invincible château flottant est en train de couler.Avec moi à la direction du groupe, nous travaillons sans relâche au sauvetage des femmes et des enfants.Je me sens imbu d\u2019un pouvoir extraordinaire.Mais mes forces déclinent.Éreinté, je décide de rester à bord et de couler avec le bateau.À la toute dernière minute, je me révolte contre moi-même et me dis que moi seul je peux donner un sens à ma vie.Je saute dans l\u2019eau, m\u2019accroche à un canot et suis finalement rescapé.Gérard MICHAUD La châtelaine et l\u2019abbé LE TEMPS DES CATHÉDRALES Aliénor d\u2019Aquitaine Nous avons souvent, mon compagnon et moi, l\u2019étrange impression de nous être trompés d\u2019époque.Notre attrait pour le Moyen-Âge nous a amenés à vivre une expérience hors du commun aux Médiévales de Québec, en l\u2019an de grâce mille neuf cent quatre-vingt-treize.Nous nous sommes retrouvés pendant trois jours projetés au 13e ou au 14e siècle, et la mémoire nous est revenue ! Nos amis nous disent que notre couple est la preuve que l\u2019amour courtois existe encore.(Aux Médiévales), il sera donc mon preux chevalier et je serai la châtelaine dont il gagnera le coeur au retour des Croisades.Hélas!, le costume de chevalier est trop cher pour nos bourses mal garnies.On nous offre, en remplacement, un costume de moine.Je serai donc Dame Aube Des Islets, et lui sera mon confessseur, l\u2019abbé Jacques Esbayard de Saint-Ours.L\u2019amour sera encore au centre de notre aventure, car en l\u2019absence prolongée des chevaliers, les belles dames esseulées confiaient leur âme et parfois leur coeur à leur confesseur.Nous avons abordé Québec par bateau, partis de Lévis comme vers une lointaine croisade.Aucun anachronisme ne vint troubler les personnages que nous étions devenus pendant ces trois jours précieux.Nous rencontrions artisans, marchands, gueux, nobles, religieux et princes.Jacques d\u2019Esbayard haranguait ou bénissait la foule, il exorcisait à l\u2019occasion un enfant qui hurlait au grand désespoir de ses parents, il confessait religieuses et pèlerins.À ses côtés, Aube Des Islets évoluait gracieusement.Nous n\u2019étions pas déguisés.Nous habitions nos personnages, étant là où nous aurions voulu être au cours de ce millénaire.Marie-Josée DÉSILETS Je dirai, instinctivement: 1136, et je serai Aliénor, duchesse d\u2019Aquitaine, comtesse de Poitou, presque reine de France mais pas encore d\u2019Angleterre.Elle a changé bien des choses en son temps.On lui doit l\u2019amour courtois à une époque où l\u2019on n\u2019imagine pas que la courtoisie ait pu exister.Aliénor ira aux Croisades avec son premier époux et succombera, du moins le dit-on, aux sortilèges de l\u2019Orient.L\u2019amour y prit le visage de son oncle, Raymond de Poitiers, et celui du légendaire Saladin.Ce fut une femme d\u2019avant son temps.Elle quitta son mari, Louis VII, et sauta dans les bras de son bel amour Henri II d\u2019Angleterre, emportant avec elle sa dot, soit une bonne partie de la France! Après avoir encouragé la révolte de ses fils (Richard Coeur de Lion et Jean Sans Terre) contre leur père, elle sera emprisonnée longtemps et mourra, à près de 85 ans, dans sa chère abbaye de Fontevrault.Adèle CARBONNEAU La cathédrale d\u2019Amiens Les vitraux de Chartres J\u2019aurais aimé me trouver à Chartres, vers 1200, pour voir le triomphe d\u2019une architecture nouvelle, et les lignes gothiques d\u2019une cathédrale aux vitraux d\u2019un bleu jamais égalé depuis.Thérèse LEMIRE J\u2019aurais aimé être en 1270, devant la cathédrale Notre-Dame d\u2019Amiens, dans le nord de la France, au moment où fut posée la dernière pierre, cinquante ans après le début des travaux.J\u2019aurais aimé voir le visage des gens - la majorité née après le début de la construction -qui la voyaient enfin complétée, voir leur fierté d\u2019avoir édifié la plus grande église de France, leur joie d\u2019avoir mené à terme, ensemble, un projet si imposant.Aujourd\u2019hui, lorsque nous construisons, il y a toujours une motivation monétaire.Je voudrais avoir senti cette ferveur populaire du Moyen-Âge que nous avons perdue.Isabelle PARENT Sans limite Quand « il est venu, le temps des cathédrales », les hommes ont dressé des murs capables de traverser les siècles, capables surtout de laisser l\u2019esprit s\u2019échapper dans un espace où seul le ciel constituerait une possible limite.J\u2019aurais aimé y être.Réjeanne FOLEY Un voyage dans le temps aux Médiévales de Québec. 6LP0601B0807 b06 samedi 7aout 6LP0601B0807 ZALLCALL 67 01:16:38 08/07/99 B Plus B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 Brise estivale d\u2019outre-Outaouais Gilles Toupin du bureau de La Presse OTTAWA Le rafraîchissement estival du Conseil des ministres effectué cette semaine par le premier ministre Jean Chrétien n\u2019a sans doute pas appris grand-chose aux Canadiens sur ce que sera la deuxième moitié du mandat du présent gouvernement libéral.Huit des dix portefeuilles majeurs du cabinet demeurent en effet sous la même direction ministérielle.Tout au plus Jean Chrétien a-t-il envoyé quelques signaux aux partisans d\u2019une approche plus altruiste des affaires de l\u2019État en nommant à divers postes clés des femmes et des hommes qui ont démontré par le passé des préoccupations résolument sociales.Il a nommé par exemple l\u2019ancien ministre des Pêches et Océans, David Anderson, à l\u2019Environnement, insistant pour dire que ce dossier allait remonter dans l\u2019ordre de ses priorités.Il a donné un poste de ministre à l\u2019Ontarienne Maria Minna (Coopération internationale), elle qui avait pourtant tempêté publiquement contre la faiblesse de l\u2019action gouvernementale pour soulager la pauvreté chez les enfants.Et il a fait faire un bond de géant à Jane Stewart, l\u2019ancienne ministre des Affaires indiennes, en la propulsant au gigantesque ministère du Développement des ressources humaines, là où elle aura la tâche d\u2019améliorer les programmes d\u2019aide aux enfants et aux familles, un pan peut-être majeur du prochain discours du Trône que pourrait nous servir dès l\u2019automne le premier ministre.De petites touches En fait, fidèle à sa manière, Jean Chrétien redessine discrètement, par petites touches, son calendrier politique.Les vieux routiers en place depuis longtemps, comme le ministre des Finances Paul Martin, continueront à suivre la ligne de conduite tracée au cours de six années de pouvoir.Le ministre des Finances procédera, comme il l\u2019a promis, à des baisses d\u2019impôt lors du prochain budget (on parle déjà d\u2019une baisse de 20 % échelonnée sur cinq ans) alors que la plupart des nouveaux venus tenteront d\u2019infléchir la machine afin qu\u2019elle consente à de nouvelles dépenses pour les programmes sociaux et les infrastructures.« Nous sommes pour la responsabilité fiscale, mais nous réalisons en même temps qu\u2019il y a des problèmes dans les domaines économiques et sociaux qui nécessitent l\u2019intervention du gouvernement », a confirmé Jean Chrétien mardi dernier lors de la prestation de serment des nouveaux ministres à Rideau Hall.Mais il n\u2019en reste pas moins que les nouveaux titulaires de portefeuilles auront bien des défis à relever et souvent des tâches lourdes.Un dossier brûlant Au Conseil du Trésor, Lucienne Robillard hérite de l\u2019épineux dossier de l\u2019équité salariale.Sera-t-elle plus sensible que son prédécesseur, Marcel Massé, à l\u2019injustice faite à quelque 200 000 employés fédéraux, en majorité des femmes, qui pendant 15 années ont reçu des salaires inférieurs à ceux versés à des groupes à prédominance masculine exerçant des emplois comparables ?Il y a un an, le Tribunal des droits de la personne a tranché en faveur de ces fonctionnaires lésés.Le gouvernement se refuse jusqu\u2019à présent à leur verser les quelque cinq milliards de dollars que représente le manque à gagner, multipliant les recours juridiques.Déjà, la journée même du remaniement, l\u2019Alliance de la fonction publique témoignait de sa confiance en Mme Robillard, souhaitant qu\u2019elle fasse preuve de compassion.L\u2019Alliance émettait également le voeu que la ministre ne mette pas à exécution la décision du gouvernement \u2014 autre dossier brûlant \u2014 de récupérer les 30 milliards de surplus accumulés dans la caisse de retraite de ses travailleurs.Par ailleurs, peu de commentateurs ont souligné que Lucienne Robillard était aussi ministre des Infrastructures, une tâche qui incombait avant elle aux différents titulaires du Conseil du Trésor, mais qui ne bénéficiait pas du titre officiel.Est-ce à dire que Jean Chrétien se prépare à annoncer un vaste programme consacré à la reconstruction du réseau routier national, un projet estimé à 14 milliards de dollars sur dix ans ?C\u2019est l\u2019une des choses que nous apprendra le discours du Trône.Bien sûr, il y a d\u2019abord les baisses d\u2019impôt, l\u2019aide à l\u2019enfance et les soins de santé.Mais pourquoi Jean Chrétien aurait-il attiré de cette façon l\u2019attention sur les infrastructures s\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019agir ?À l\u2019Environnement, David Anderson paraît être la personne capable de réparer le gâchis laissé par Christine Stewart.Il est clair que le premier ministre désire marquer des points dans ce secteur où jusqu\u2019à présent il a peu convaincu.Le Canada est loin d\u2019avoir pris les mesures nécessaires pour respecter ses engagements de Kyoto en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre.David Anderson, spécialiste de ces questions, pourrait parvenir à donner au Canada la crédibilité qu\u2019il n\u2019a pas en ce domaine.Le nouveau ministre de l\u2019Environnement, conservationniste reconnu, a déjà fait savoir de plus que la nouvelle loi sur les espèces menacées, attendue à l\u2019automne, sera inutile si elle n\u2019est pas accompagnée de mesures pour protéger l\u2019habitat de ces espèces.Enfin, David Anderson devra manoeuvrer également dans le délicat dossier de la qualité de l\u2019eau des Grands Lacs et dans le débat entourant son exportation.Un vrai spécialiste Au Commerce international, Pierre Pettigrew se retrouve, à 48 ans, sur un terrain qu\u2019il connaît à fond.Sa tâche ne sera pas aisée puisqu\u2019elle consistera à convaincre les Canadiens que l\u2019idée du démantèlement des barrières tarifaires est à leur avantage.M.Pettigrew occupera dès l\u2019automne une place centrale de l\u2019action gouvernementale puisqu\u2019il supervisera le début de la nouvelle ronde de négociation du GATT qui aura lieu sous les auspices de l\u2019OMC à Seattle.Et comme il semble bien que les nouvelles règles du jeu obligeront au démantèlement du pacte de l\u2019auto de 1965 et au contrôle des approvisionnements dans l\u2019industrie laitière, il ne sera pas facile pour le ministre de persuader les milliers de travailleurs de ces industries que la mondialisation est le paradis sur terre.M.Pettigrew sera également à l\u2019avant-garde des discussions pour l\u2019établissement d\u2019une zone de libre- échange des Amériques et veillera à aplanir les divers contentieux commerciaux qui surgissent régulièrement avec notre voisin américain.Enfin, du côté de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, la nouvelle ministre, Elinor Caplan, devra décider du maintien ou non des transformations annoncées au projet de la loi sur la citoyenneté.Cette loi, qui doit être en principe adoptée à l\u2019automne, fait des mécontents chez certains libéraux d\u2019arrière-ban issus de familles d\u2019immigrants.Ils la jugent trop contraignante et décourageante, notamment en ce qui concerne la durée des séjours à l\u2019étranger des aspirants Canadiens.Deux déclarations de revenus en Ontario?Une seule au Québec?Gérald LeBlanc «Je vous écris pour vous expliquer la décision de l\u2019Ontario de rejoindre l\u2019Alberta et le Québec en établissant son propre système de taxation.» Ainsi commençait la lettre transmise le 14 mai au premier ministre du Canada, Jean Chrétien, par le premier ministre de l\u2019Ontario, Mike Harris.Est-ce à dire que les Ontariens feront bientôt deux déclarations de revenus, comme les Québécois ?À moins que le Québec ne soit entraîné dans l\u2019imprévisible sillon créé par l\u2019Ontario ?Il faut d\u2019abord situer la missive de Mike Harris dans le contexte de la campagne électorale menée, en juin, sur le thème de la réduction d\u2019impôt.« Nous entendons établir un système fiscal \u2018sur mesure pour l\u2019Ontario\u2019 complètement indépendant du système fédéral.Le Québec bénéficie d\u2019un tel système et l\u2019Alberta suivra sous peu », lisait-on dans le programme électoral de Mike Harris.Dans le système canadien, l\u2019impôt provincial sur le revenu des particuliers est établi en fonction de l\u2019impôt payé au fédéral, 38,5 % de l\u2019impôt fédéral pour l\u2019impôt ontarien.C\u2019est donc dire que l\u2019impôt provincial fluctue symétriquement avec l\u2019impôt fédéral, ne serait-ce qu\u2019avec l\u2019indexation ou non des crédits d\u2019impôt.Dans le contexte actuel, où la réduction des impôts a remplacé l\u2019atteinte du déficit zéro dans le mantra canadien, Mike Harris veut bien établir que ce sont les bleus de l\u2019Ontario et non les rouges d\u2019Ottawa qui mènent le peloton fiscal du Canada.Le mauvais exemple albertain Mais pourquoi mettre ensemble l\u2019Alberta, dont les impôts sont prélevés par Ottawa, et le Québec qui les ramasse lui-même ?Parce qu\u2019Ottawa a ouvert une porte dans laquelle l\u2019Alberta s\u2019est empressée de mettre les deux pieds.Le fédéral a en effet indiqué qu\u2019il permettrait aux provinces d\u2019établir leur fiscalité sur le revenu imposable et non en pourcentage de l\u2019impôt fédéral, tout en continuant d\u2019assumer la collecte.C\u2019est ce qui a permis à l\u2019Alberta d\u2019annoncer qu\u2019elle fixerait bientôt un taux unique de 11 % pour son impôt provincial, peu importe les revenus des particuliers, mais avec d\u2019importants crédits d\u2019impôt pour les moins fortunés.Mike Harris veut-il suivre l\u2019exemple de l\u2019Alberta ou aller encore plus loin et établir son propre système de collecte des impôts comme le Québec ?Rien n\u2019a encore transpiré à ce sujet depuis les élections du 5 juin, mais l\u2019on peut penser que c\u2019est sur l\u2019Alberta que s\u2019alignera l\u2019autre province riche du Canada.L\u2019influent institut C.D.Howe vient de suggérer à l\u2019Ontario d\u2019éviter la route coûteuse et peu profitable du Québec.L\u2019Ontario peut obtenir tout ce qu\u2019elle désire sans assumer les coûts de la collecte de ses impôts, fait valoir l\u2019analyste Finn Poschmann.Le fiscaliste de C.D.Howe indique qu\u2019il en coûterait plus de 400 millions par année à l\u2019Ontario pour faire instaurer une deuxième déclaration de revenus et en récolter les recettes.C\u2019est à peu près aux mêmes conclusions qu\u2019était arrivé le défunt Conseil économique de l\u2019Ontario, dans un rapport publié en 1983 et soutenu par deux volumes de recherches sur le sujet.Et l\u2019on se souvient d\u2019une petite phrase du programme électoral de Mike Harris.Après avoir promis l\u2019établissement d\u2019un système fiscal « sur mesure » pour l\u2019Ontario, on ajoutait : « Nous procéderons à sa mise en oeuvre sans augmenter pour autant le fardeau fiscal des contribuables et sans générer une foule de formalités administratives.» L\u2019héritage de Duplessis Qu\u2019en est-il vraiment au Québec, qui possède son propre système depuis 1954 ?Fédéraliste ou souverainiste, aucun gouvernement n\u2019a osé remettre en question cet héritage de Duplessis.Le Québec possède un ministère du Revenu \u2014 en Ontario, c\u2019est une division du ministère des Finances qui veille à l\u2019impôt sur le revenu des corporations \u2014 qui double toutes les opérations faites à Ottawa : élaboration de politiques, impression et expédition de formulaires, collecte des impôts et des amendes.Difficile de préciser ce qu\u2019épargnerait le Québec s\u2019il s\u2019alignait sur la politique canadienne d\u2019une seule déclaration de revenus et de la collecte par le fédéral.Le ministère du Revenu du Québec jouit d\u2019un budget d\u2019environ 750 millions dont 460 millions pour l\u2019administration fiscale.Il faut aussi ajouter que le Québec subventionne en quelque sorte la collecte des impôts des riches Ontariens et Albertains à qui Ottawa rend ce service gratuitement.Or, près du quart de cet argent dépensé pour les autres provinces vient des Québécois.L\u2019important reste finalement de savoir si les Québécois en ont pour leur argent et leur effort supplémentaire d\u2019une seconde déclaration de revenus.Croisé à l\u2019École des hautes études commerciales, le professeur Benoit Tremblay, ancien député du Bloc québécois, s\u2019est empressé de souligner la politique familiale comme champ d\u2019action où le Québec avait profité de son indépendance fiscale pour mener ses propres politiques.Il admettait cependant que la marge de manoeuvre s\u2019est rétrécie avec le manque de ressources aux divers niveaux de l\u2019administration publique.Quant à Michel Lanteigne, fiscaliste de réputation internationale chez Ernst & Young, il considère que le coût encouru par le Québec, autour de 600 ou 700 millions selon lui, n\u2019en vaut vraiment pas la chandelle.« En théorie ça devrait donner un meilleur contrôle sur les recettes, dit-il, mais en pratique, l\u2019Ontario ou l\u2019Alberta peuvent faire tout ce que nous faisons.La seule vraie différence, c\u2019est que nous possédons notre propre armée de fiscalistes à Québec.» La question pourrait resurgir à l\u2019automne lors du retour des députés à l\u2019Assemblée législative de Queen\u2019s Park.Il serait pour le moins ironique de voir l\u2019Ontario forcer le Québec à rentrer dans le rang canadien après avoir annoncé son intention de suivre le modèle québécois. 6LP0702B0807 b07 samedi 7aout 6LP0702B0807 ZALLCALL 67 01:17:51 08/07/99 B Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 R B 7 La Redpath, l\u2019architecture et l\u2019histoire industrielles de Montréal PHYLLIS LAMBERT L\u2019auteure est directrice, fondatrice et présidente du Conseil des fiduciaires du Centre canadien d\u2019architecture de Montréal Il est important mais il est aussi extrêmement intéressant de savoir que le bâtiment de la Redpath, construit le long du canal de Lachine est à la fois une oeuvre associée à la première dynastie architecturale montréalaise, et le plus ancien témoin existant à Montréal du développement extraordinaire de l\u2019industrie canadienne au XIXe siècle.Le canal de Lachine, creusé dans les années 1820, fut également utilisé par l\u2019industrie comme source d\u2019énergie après son élargissement au début des années 1840.La zone du bassin des nouvelles écluses de Saint-Gabriel connut alors un essor sans précédent : dix-sept établissements industriels s\u2019y installèrent en l\u2019espace de trois ans, entre 1852 et 1855.Un des premiers fut la fabrique de portes et de fenêtres de l\u2019architecte John Ostell, qui occupait en outre à l\u2019époque les postes importants d\u2019arpenteur de la Ville et arpenteur du gouvernement.Ostell a d\u2019ailleurs joué un rôle de premier plan dans le développement de ce secteur, car il était en 1852 un des quatre entrepreneurs (avec entre autres John Young, membre de la Commission du port de Montréal) qui ont loué du gouvernement les droits d\u2019exploitation des terrains et des ressources hydrauliques du bassin de Saint-Gabriel.En 1854, la Canada Sugar Refinery a été construite en partie sur des terrains vendus par Ostell à John Redpath (conseiller municipal qui connaissait Ostell comme arpenteur de la Ville).Le marché de construction stipulait que le bâtiment devait être « très exactement conforme aux plans dressés par John Ostell, architecte »1.Situé du côté sud du canal et connu pendant la presque totalité de ses 145 années d\u2019existence comme la raffinerie Redpath, ce bâtiment de sept étages \u2014 deux étages en pierre et cinq en briques \u2014, est encore aujourd\u2019hui, avec ses ajouts, le témoin de la position dominante de Montréal comme centre industriel à la veille de la Confédération.Un notable La carrière de John Ostell est impressionnante.Né en Angleterre dans un milieu ouvrier, il a fait un premier séjour à Montréal à l\u2019âge de 17 ans, puis il est reparti dans son pays compléter sa formation d\u2019arpenteur-géomètre et d\u2019architecte.Il était de retour à Montréal en 1834, à l\u2019âge de 21 ans, et trois ans plus tard il épousait Éléonore Gauvin (dont le frère, le docteur Alphonse Gauvin, fut un des chefs de file de la Rébellion de 1837), s\u2019alliant ainsi avec une famille bien en vue du Canada français.Dix ans après son arrivée, John Ostell comptait parmi les notables de la ville en sa qualité de juge de paix, en compagnie de personnalités telles que le premier maire de Montréal, Jacques Viger, et le grand industriel John Molson.En 1860, il était également président de la Montreal & Champlain Railroad et président de la New City Gas Company.À la mort de John Ostell en 1882, le journal La Patrie regrettait la disparition d\u2019une figure majeure de la vie sociale et politique de Montréal2.La personnalité prodigieuse de John Ostell lui a permis de travailler en collaboration étroite avec les nombreuses institutions qui ont été ses principaux clients.Dès 1836, les autorités coloniales britanniques lui confiaient la construction de la Douane de Montréal (qui fait aujourd\u2019hui partie du Musée de la Pointe-à-Callière), et l\u2019Université McGill lui commandait, en 1839, les plans de son premier bâtiment (aujourd\u2019hui la Faculté des arts).Alors qu\u2019il construisait des églises, des écoles et des orphelinats pour les protestants, Ostell travaillait en même temps pour le diocèse catholique de Montréal et pour les grands rivaux de celui-ci, les Sulpiciens.Pour le compte des Sulpiciens, il a achevé les tours de l\u2019église Notre- Dame et il a réalisé la partie est du Vieux-Séminaire adjacent à l\u2019église.Dans les années 1850, en collaboration avec son neveu Henri- Maurice Perrault, il a dessiné les plans de l\u2019église Notre-Dame-de- Toutes-Grâces et ceux du Grand Séminaire de Montréal, à nouveau pour les Sulpiciens.À titre d\u2019architecte du diocèse, Ostell a travaillé à des édifices conventuels et il a réalisé le palais épiscopal, construit en 1849 mais détruit en 1852 dans le grand incendie qui a ravagé l\u2019est de la ville.À la même époque, il a aussi dessiné le nouvelle façade de l\u2019église de la Visitation, à Sault-au-Récollet.En 1855, il a été chargé de la reconstruction de l\u2019église Saint-Jacques ; la façade principale et celle du transept sud de cette église ont été intégrées aux nouveaux bâtiments de l\u2019Université du Québec dans les années 1970.Dans les années 1850, pour le gouvernement de la province du Bas-Canada, Ostell a construit rue Notre-Dame le très élégant palais de justice (occupé aujourd\u2019hui par les bureaux de la Ville de Montréal), avec son portique à colonnes ioniques, et il a transformé l\u2019aile est de la prison du Pied-du-Courant.Les oeuvres les plus remarquables d\u2019Ostell pour des clients privés datent également de cette période, notamment la quincaillerie Frothingham and Workman et la raffinerie de sucre Redpath.Une production imposante Avec une production qui se compare uniquement à celle que donnera Victor Bourgeault dans le baroque italien à la génération suivante (Marie-Reine-du-Monde, 1870-1894), Ostell a imposé la marque du baroque anglais à la plupart des bâtiments iconiques réalisés à Montréal à son époque et tous, à l\u2019exception d\u2019un seul, subsistent encore aujourd\u2019hui, et sont inscrits profondément dans l\u2019histoire et le tissu de la ville.Aussi peu avenant qu\u2019il puisse apparaître dans son état d\u2019abandon actuel, le bâtiment de la Redpath se distingue non seulement par son histoire, que nous venons d\u2019esquisser brièvement, mais aussi sur le plan de l\u2019architecture par la présence de deux portes extraordinaires dont les arcs à voussoirs passants un-sur-deux se détachent en relief sur un mur plus brut.Le traitement de ces ouvertures est à mettre en rapport avec quelques- uns des édifices les plus connus de Londres, et en particulier avec l\u2019église St.Martin-in-the- Fields construite par James Gibbs au XVIIIe siècle, mais leur forme évoquant les rayons du soleil est un motif proprement ostellien.Cette alternance de pierres longues et courtes crée autour des ouvertures un rythme que l\u2019on retrouve sur un autre bâtiment réalisé par Ostell dans les mêmes années, en 1852, la quincaillerie Frothingham and Workman, située en retrait de la rue Saint-Paul à la hauteur de la Douane de 1836.Au point de vue de l\u2019histoire de l\u2019architecture, l\u2019usine construite par Ostell et Redpath représente donc le lieu même où il convient de signifier la prouesse industrielle de Montréal dans les années 1850 et sa vigueur aujourd\u2019hui retrouvée.D\u2019une part, l\u2019activité industrielle se réaffirme dans le secteur : à l\u2019est immédiat, dans un bâtiment soigneusement rénové, une usine de textile est maintenant établie ; à l\u2019ouest immédiat, le secteur des multimédias est en plein essor ; et sur le site de l\u2019ancien Bassin Ostell, dans la « Northern », se sont installées plusieurs petites entreprises artisanales et multimédiatiques.D\u2019autre part, le manque de soutien à la vie résidentielle dans ce secteur est saillant.Or, ces services existent déjà plus à l\u2019ouest, autour du marché Atwater et sur les deux berges du canal, où se trouvent des bâtiments industriels transformés en demeures résidentielles ainsi que de nouveaux logements.1) Lettre de John Redpath à Augustin Laberge, maçon, 14 décembre 1853.2) La Patrie, 7 avril 1892.PHOTO Gracieuseté du Centre Canadien d\u2019architecture MAROC Mohammed VI: révolution en douceur THIERRY OBERLÉ Le Figaro Le nouveau roi du Maroc compte poursuivre la politique de réformes engagée par son père.Il devra s\u2019appuyer sur la bourgeoisie novatrice et arbitrer entre la vieille garde et les ministres socialistes.Le destin du royaume chérifien est entre les mains d\u2019un inconnu, au visage de vieil adolescent condamné, jusqu\u2019à la mort de son père, au rôle de prince sans pouvoir, Pas de gestes forts, pas de responsabilités, pas d\u2019entretiens accordés aux journalistes et, pour la galerie, des discours en langue de plomb.À 35 ans, Sidi Mohammed sort d\u2019un vide médiatique, ce qui n\u2019a guère d\u2019importance, mais aussi d\u2019une sorte de néant existentiel.Sa personnalité de jeune homme timide s\u2019est construite à l\u2019abri des murs du palais dans les soirées de la jet-set ou dans des micro-événements intimes dont il garde le secret.Jusqu\u2019à son apparition vendredi soir sur les écrans de la télévision marocaine, il parlait pour ne rien dire, respectant ainsi la volonté du souverain.Ses acquis de politique internationale se limitent à une présence, au début de l\u2019année, aux obsèques du roi Hussein de Jordanie.Ses sorties publiques au Maroc ne dépassaient pas le cadre de festivités culturelles, de séminaires de réflexion, et d\u2019actions caritatives.Il distribuait des repas gratis et des pull-overs aux pauvres.Sa plus grande audace, dans ce pays traditionaliste, est d\u2019avoir embrassé un malade du sida sur son lit d\u2019hôpital.Le décès d\u2019Hassan II est sa première épreuve qui agira comme un révélateur.Le modèle espagnol Mohammed VI est-il le personnage effacé, voire timoré, décrit par certains, ou fera-t-il preuve dès le début de son règne d\u2019une autorité naturelle ?Celle-ci sera-t-elle suffisante pour maintenir en l\u2019état la « démocratie hassanienne » ?N\u2019endosse- t-il pas un costume royal trop large pour lui ?Souverain féodal et éclairé, Hassan II s\u2019était taillé sur mesure un système constitutionnel de monarque absolu.Il régissait la politique, la religion en qualité de commandeur des croyants, et l\u2019économie avec l\u2019ONA, le premier groupe privé marocain.Sa dernière volonté fut, pour préserver l\u2019avenir, de confier les rênes du gouvernement à l\u2019opposition.Il dut cependant attendre le bon vouloir de son ancien adversaire, le socialiste Abderrahmane Youssoufi, peu pressé de partager le pouvoir avec le ministre de l\u2019Intérieur Driss Basri, l\u2019inamovible pion de Sa Majesté.Les partisans d\u2019un déverrouillage de l\u2019édifice rêvent déjà d\u2019une prise de distance royale inspirée du modèle espagnol mis en place par Juan Carlos après la dictature de Franco.Socialistes, nationalistes de l\u2019Istiqlal et membres de la société civile prêtent des intentions de dém o c r a t e m o d e r n i s t e à Mohammed VI.De là à en déduire que le nouveau roi sera l\u2019artisan de ruptures, il y a un pas difficile à franchir.En dépit des apparences, il a été éduqué pour régner.Mohammed VI va sans doute choisir les transitions en douceur.Il devrait favoriser l\u2019émergence d\u2019un nouveau makhzen, la bourgeoisie émanant du palais.Il peut s\u2019appuyer sur une nouvelle génération d\u2019administrateurs civils et sur des relais novateurs dans les rangs des chefs d\u2019entreprise, et parmi les professions libérales.En politique, il devra arbitrer l\u2019antagonisme viscéral entre la vieille garde d\u2019Hassan II et les ministres socialistes.Et la gauche marocaine ?Cible de multiples attaques, Driss Basri est considéré par la gauche comme le symbole des résistances au changement.Mais les incantations contre le très madré ministre de l\u2019Intérieur servaient bien souvent à masquer l\u2019immobilisme du gouvernement.La force de Driss Basri a toujours été de savoir se rendre indispensable.À en croire les rumeurs du sérail, le prince héritier n\u2019avait pas d\u2019atomes crochus avec le serviteur dévoué de son père.Composera-t-il malgré tout avec ?L\u2019exercice de cohabitation devrait, quoi qu\u2019il en soit, se poursuivre cahin- caha au moins quelques mois.Telle était la vol o n t é r o y a l e .Même si le chef du gouvernement Youssoufi est à 77 ans affecté par un léger accident cérébral.Et même si Driss Basri déplaît.À terme, pourtant, la crise est inévitable.Implantés discrètement dans les universités et les milieux populaires, les islamistes attendent au tournant.Ils ne devraient pas tarder à tester l\u2019héritier de la dynastie alaouite et à ce titre « descendant du Prophète ».L\u2019armée, dernier rempart Chef d\u2019état-major des forces armées royales, Mohammed VI va devoir compter aussi avec ses généraux.Débarrassée dans le sang de ses tentations putschistes dans les années 70, l\u2019armée reste au Maroc, comme dans l\u2019ensemble du Maghreb, la clé de voûte.Elle est le dernier rempart et l\u2019ultime recours.Le jeune monarque la connaît bien, il sait qu\u2019elle s\u2019est forgée son indentité sur la question du Sahara occidental.Grande affaire inachevée de la fin du règne d\u2019Hassan II, le devenir de cette immense bande de sable revendiquée par Rabat et par le front des tribus indépendantistes du Polisario, aurait dû être tranché par un référendum organisé par l\u2019ONU, mais sa tenue fut sans cesse repoussée.Les militaires suivront de près le dossier confié jusqu\u2019à présent à Driss Basri et lorgné par le général Kadiri, l\u2019homme de l\u2019ombre, chef des puissants services de renseignements militaires.Le deuil passé, le parcours de Mohammed VI s\u2019annonce parsemé d\u2019obstacles et de chausse-trapes.Quant à sa tâche, elle est immense.Le Maroc souffre de trop de pauvreté.La faim est absente, mais le dénuement des populations défavorisées des villes et des campagnes reste extrême.Un habitant sur deux est analphabète.Sur les autoroutes, les Mercedes croisent des charrettes tirées par les ânes.Le luxe et le mode de vie occidental côtoient l\u2019indigence.Les paysans puisent l\u2019eau au puits et s\u2019éclairent à la lanterne.Le sud saharien s\u2019est développé au détriment du Rif favorisant dans le nord la culture du cannabis et l\u2019exode vers l\u2019Europe.Les grands groupes nationaux ou multinationaux et les industriels du tourisme ont permis un décollage, mais la dynamique est paralysée par la prébende.La corruption frappe l\u2019appareil judiciaire de la base au sommet, les réformes s\u2019enlisent.Mohammed VI s\u2019attaquera-t-il aux féodalités et aux fortunes des barons du chanvre ?Combattra-t-il le règne de l\u2019argent facile ?Le roi fera- t-il tomber des têtes ? 6LP0801B0807 b08 monde sam 07 ao t 6LP0801B1 07 ZALLCALL 67 01:15:23 08/07/99 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 Monde Les alliés de Belgrade critiquent le Monténégro Podgorica baisse le ton et l\u2019Occident joue la carte de la non-ingérence d\u2019après AFP et AP BELGRADE La présidence yougoslave de Slobodan Milosevic gardait le silence hier sur le document adopté la veille par le Monténégro proposant une profonde modification de ses relations avec la Serbie.Aucun dirigeant du Parti socialiste de Serbie (SPS) de Milosevic ou de la Gauche yougoslave (JUL) de son épouse Mira Markovic n\u2019avait fait de commentaire à ce sujet.Les quotidiens pro-gouvernementa ux Politika, Politika Ekspres et Borba d\u2019hier ne contenaient pas un mot sur le document.La télé d\u2019État RTS gardait elle aussi un silence absolu sur l\u2019affaire.Seule l\u2019agence officielle Tanjug a mentionné le document, mais sans le moindre commentaire, dans une brève dépêche factuelle.Mais le Parti socialiste populaire (SNP) du premier ministre yougoslave Momir Bulatovic a critiqué le document monténégrin tout en proposant un « dialogue », selon l\u2019agence Beta.« Ce que propose le Monténégro n\u2019est ni une fédération ni une confédération ni une alliance d\u2019États ni un État fédéral », indique une déclaration écrite d\u2019Emilo Labudovic, haut responsable du SNP, un parti d\u2019opposition monténégrin.Toutefois Labudovic, cité par Beta, a indiqué que le SNP est « prêt au dialogue » pour parvenir à un accord sur les relations entre la Serbie et le Monténégro, en soulignant que « la question de l\u2019État commun est au-dessus de toutes les autres questions ».Un parti monténégrin d\u2019opposition a pour sa part qualifié de « coup de couteau dans le dos » l\u2019adoption de ce document par le gouvernement du Monténégro.« La plate-forme du gouvernement monténégrin pour la redéfinition des relations au sein de la Fédération yougoslave, par son contenu et le moment de sa publication, constitue un coup de couteau dans le dos non seulement pour la démocratie et pour la Serbie, mais aussi pour le Monténégro », a estimé Novica Stanic, du Parti populaire serbe du Monténégro (SNS, pro-Milosevic).Le chef d\u2019un parti d\u2019opposition serbe Vojislav Kostunica a accusé le Monténégro de vouloir détruire la fédération yougoslave.« Les auteurs de la plate-forme veulent désintégrer la fédération serbo-monténégrine sans que cela n\u2019y paraisse à première vue », a déclaré Kostunica, chef du Parti démocratique de Serbie (DSS), cité par Tanjug.La volonté du Monténégro de modifier la nature de ses relations avec la Serbie est légitime, mais ce ne sera réalisable qu\u2019après le départ de Milosevic, a déclaré pour sa part Zoran Djindjic, l\u2019un des dirigeants de l\u2019opposition serbe.« La priorité est de renvoyer Milosevic du pouvoir et de créer une structure démocratique, qui serait capable de résoudre ce genre de problèmes », a déclaré Djindjic, chef du Parti démocratique (DS) qui domine l\u2019Alliance pour des changements (SZP), une coalition d\u2019opposition.La veille déja, l\u2019ultranationaliste serbe Vojislav Seselj avait affirmé que l\u2019armée fédérale interviendrait immédiatement en cas de sécession, « tout comme l\u2019armée américaine le ferait si la Californie décidait de s\u2019en aller ».Devant tant de réactions négatives, en dépit du slience officiel de Belgrade, les dirigeants du Montenegro ont quelque peu baissé le ton hier en laissant entendre qu\u2019ils n\u2019étaient pas pressés d\u2019obtenir leur indépendance.« Nous ne sommes pas pressés.Nous ne voulons pas l\u2019indépendance comme la Croatie, comme la Bosnie au prix de 250.000 morts, et comme le Kosovo avec 15.000 morts », a déclaré Zarko Rakcevic, président du Parti social-démocrate qui appartient à la coalition au pouvoir à Podgorica.Il a toutefois critiqué les États- Unis qui ont appelé jeudi le Monténégro à rester partie intégrante de la RFY, qu\u2019elle forme avec la Serbie.Pour lui, aucun pays étranger « n\u2019a le droit de nier le droit à l\u2019autodétermination du Montenegro, qui est l\u2019un des plus vieux pays d\u2019Europe ».Ancienne possession de l\u2019Empire ottoman, la petite République a obtenu son indépendance en 1878, et rejoint la Yougoslavie en 1918.La Russie réitérait hier son soutien à l\u2019intégrité territoriale de la Yougoslavie (Serbie et Monténégro).Du coup, l\u2019Allemagne se prononçait contre une partition de la Yougoslavie et la Grande-Bretagne déclarait que la volonté du Monténégro de modifier ses relations avec la Serbie relève « des affaires internes du Monténégro ».Accord Rugova-Thaçi sur le Conseil de transition du Kosovo Hiroshima, il y a 54 ans Le maire de la ville japonaise de Hiroshima a salué hier, à l\u2019occasion du 54e anniversaire de l\u2019explosion de la première bombe atomique, le rôle joué par les survivants dans la lutte contre la course aux armements nucléaires, par leur « détermination à raconter leur histoire au monde et à affirmer que les armements nucléaires menaçaient la race humaine ».Jusqu\u2019à 50 000 personnes, dont de nombreux survivants, les « hibakushas », ont commémoré par une minute de silence le jour où le bombardier américain Enola Gay lança la bombe Little Boy sur Hiroshima, faisant plus de 200 000 morts.Trois jours plus tard, Nagasaki était réduite en cendres.Le 15 août 1945, le Japon déposait les armes, mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale.Sur la photo, des enfants larguent des lanternes de papier dans la rivière Motoyasu.d\u2019après AFP et AP PRISTINA, Yougoslavie Les rivaux kosovars Hashim Thaçi et Ibrahim Rugova se sont mis d\u2019accord pour participer au Conseil de transition, organe consultatif présidé par l\u2019ONU.L\u2019accord a été obtenu à l\u2019issue d\u2019une rencontre entre les deux hommes, la première en six mois, en présence de l\u2019administrateur de l\u2019ONU Bernard Kouchner.Formé de personnalités kosovares, de toutes ethnies et tendances politiques, le Conseil de transition est un organe consultatif chargé de représenter la province auprès de l\u2019administration de l\u2019ONU, jusqu\u2019à l\u2019organisation d\u2019élections et la mise en place d\u2019un gouvernement autonome au Kosovo.Belgrade n\u2019acceptera aucun changement de statut du Kosovo, a aussitôt déclaré le président yougoslave Slobodan Milosevic, dans une allocution diffusée par la télévision officielle serbe RTS.Milosevic a souligné que lors de la conclusion du conflit du Kosovo, la Yougoslavie avait obtenu de l\u2019ONU « des garanties » sur son intégrité territoriale et sa souveraineté.« Nous considérons ces garanties comme finales et définitives », a-t-il dit.En toile de fond, la Force multinationale de paix KFOR se disait « préoccupée » par la multiplication d\u2019attaques contre ses hommes, notamment russes, dont l\u2019un a été blessé jeudi.Dans l\u2019est sous commandement américain et où sont déployés des troupes russes, trois « checkpoints » ont été pris pour cible jeudi et un soldat russe a été blessé.Dans le sud sous commandement allemand, des coups de feu ont été tirés mercredi en direction d\u2019un point de contrôle.À l\u2019intérieur de deux véhicules, les militaires ont saisi des fusils ainsi que des munitions, et arrêté huit occupants albanais.À Pec, en secteur italien, une patrouille de la KFOR a essuyé des tirs, qui n\u2019ont pas fait de blessé.Un homme a été arrêté.D\u2019autres incidents ont été signalés jeudi à travers la province.À Bucarest, le « roi des Tziganes », Florin Cioaba, a dénoncé hier les violences perpétrées par les Albanais du Kosovo à l\u2019encontre de la minorité rom (tzigane), rapporte l\u2019agence roumaine Rompres.« Au Kosovo, des miliers de Roms sont harcelés et terrorisés par les Albanais.Contraints de s\u2019enfuir en Serbie ils sont ensuite refoulés (par les Serbes) vers le Kosovo », a déclaré le roi autoproclamé qui vit en Roumanie.Les premiers éléments de la police de l\u2019ONU patrouilleront dans les rues de Pristina dès cette fin de semaine, a indiqué le chef danois de cette force de police, Sven Frederikson.Un premier groupe de 200 policiers bangladeshis, canadiens, allemands et suédois commenceront à travailler dimanche, a dit le commissaire.Quelque 225 autres policiers sont à l\u2019entraînement, a-t-il ajouté.Dans les prochaines semaines, les effectifs de la police de l\u2019ONU au Kosovo atteindront le chiffre de 3100, dont plus de la moitié seront affectés au maintien de l\u2019ordre public, aux enquêtes criminelles et au contrôle de la circulation.Près de mille policiers seront également formés pour constituer 10 compagnies d\u2019une force de police spéciale, avec les mêmes attributions que les gendarmes français ou les gardes civils espagnols.Enfin, 205 policiers seront affectés au contrôle des frontières avec la Macédoine et l\u2019Albanie, a expliqué Frederikson.PHOTO AFP 2772469 2773228 2765249 Enquête canadienne, inquiétude de l\u2019ONU ord.ord.jeans 325 $ 95 $ chaussures 295 $ 85 $ S-shirts 275 $ 75 $ T-shirts 125 $ 45 $ ceintures 75 $ 25 $ complets 1 295 $ 395 $ vestons 1 095 $ 295 $ pantalons 295 $ 95 $ D-shirts 175 $ 60 $ cravates 110 $ 35 $ VERSACE VERRI VERSUS GIANFRANCO FERRE DONNA KARAN FRANCESCO SMALTO COSTUME NATIONAL MOSCHINO DOLCE & GABBANA ET BEAUCOUP D\u2019AUTRES Stationnement gratuit \u2014 renseignez-vous par téléphone LES COURS MONT-ROYAL 1455, RUE PEEL ANGLE PEEL ET DE MAISONNEUVE TÉL.: (514) 282-0022 2773425 d\u2019après AFP et PC OTTAWA Les enquêteurs canadiens, de retour du Kosovo, ont affirmé hier avoir réuni en cinq semaines des pièces à conviction qui pourront permettre au Tribunal pénal international (TPI) sur l\u2019ex-Yougoslavie de porter des accusations contre des responsables de l\u2019armée yougoslave.« Nous avons des douilles de balles, des balles elles mêmes et des témoins qui peuvent nous dire quels individus étaient impliqués dans les massacres », a indiqué l\u2019inspecteur Brian Strongman de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en conférence de presse.D\u2019autres preuves, comme des échantillons d\u2019ADN et des documents photographiques, ont été ramenées pour être analysées dans des laboratoires au Canada, a-t-il expliqué.Les neuf policiers et médecins légistes ont travaillé sur cinq sites, aujourd\u2019hui sous contrôle américain, où des tueries de civils ont été perpétrées.Ils ont autopsié les cadavres de 60 victimes abattues par balles, dont la plus jeune, un enfant de deux ans, a été exécutée dans les bras de sa mère. 6LP0901B0807 b09 monde sam 07 ao t 6LP0901B0807 ZALLCALL 67 01:09:31 08/07/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 B 9 Monde REPÈRES/Colombie Pastrana: les illusions perdues d\u2019après AFP BOGOTA Avec la nouvelle explosion de violence dans une guerre civile qui a fait 120 000 morts en 35 ans, l\u2019euphorie a fait place au désespoir en Colombie, un an après l\u2019avènement le 7 août 1998 du président conservateur Andrés Pastrana.Élu sur un programme de réconciliation nationale, cet avocat et ancien journaliste de 44 ans va fêter un an de présidence dans l\u2019impopularité, avec une image négative pour 65 % des 38 millions de Colombiens, selon l\u2019Institut Gallup.Ses concitoyens lui reprochent surtout d\u2019avoir échoué à mettre fin à la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, communistes \u2014 12 000 hommes), et de l\u2019Armée de libération nationale (ELN, guévariste \u2014 5000 hommes).Les radios abondent en témoignages de familles désespérées par le meurtre ou l\u2019enlèvement d\u2019un des leurs par l\u2019une ou l\u2019autre des deux guérillas.Jusqu\u2019à 1500 personnes sont séquestrées dans le pays contre des rançons, et 3000 autres sont portées disparues.Les Colombiens ne comprennent plus la politique de paix de leur président, au point de souhaiter, pour plus de la moitié d\u2019entre eux d\u2019après les sondages, une intervention militaire américaine dans leur pays.Ils reprochent au chef de l\u2019État ses excessives concessions aux insurgés, voire sa naïveté.Les pourparlers de paix ont avorté, et les affrontements des FARC avec l\u2019armée se sont soldés par un bilan de plus de 400 morts.Les hommes de « Tirofijo » veulent négocier en position de force, selon les analystes, et se refusent à tout contrôle, par une commission internationale, de leur « zone de détente ».Ils sont accusés par le médiateur d\u2019y perpétrer des exécutions sommaires, et par l\u2019armée, de tirer de juteux profits de la cocaïne.La Colombie en est le premier producteur mondial.Dans un mimétisme remarqué, l\u2019ELN, de tradition révolutionnaire catholique, n\u2019a pas hésité à faire monter la pression.Malgré l\u2019excommunication de ses chefs samedi par l\u2019archevêque de Cali, les émules du prêtre guérillero Camilo Torres détiennent 64 otages, dont 16 enlevés en pleine messe à l\u2019Église de La Maria à Cali le 12 avril.L\u2019ELN souhaite elle-aussi disposer d\u2019une zone démilitarisée.Le président s\u2019est déclaré prêt à négocier avec ces guérilleros, sans avoir pris la mesure de la lame de fond réclamant la fermeté dans l\u2019ensemble du pays.Faisait hier le bilan des affrontements jeudi entre guerilleros et paramilitaires d\u2019extrême droite dans les localités de Riosucio et Jurado, proches de la frontière du Panama, les autorités parlaient de 10 morts, six blessés et dix disparus.Par ailleurs, le chef du commando de l\u2019armée chargé de la lutte contre les enlèvemements dans le département de Magdalena, le major Hasbet Cogollo, a été assassiné jeudi par des inconnus dans la ville de Santa Marta, a-t-on appris de source officielle.La crise économique l\u2019accable encore davantage : la Colombie s\u2019enfonce en effet dans la pire des récessions depuis 70 ans.Un croissance négative, jointe à un chômage endémique qui touche près d\u2019un actif sur cinq, avec une dette extérieure de 34 milliards, viennent de forcer Pastrana à demander au FMI une aide de 3 milliards pour un pays jusqu\u2019ici à l\u2019abri de la crise grâce à ses exportations de café et de pétrole.La récession s\u2019est aggravée en 1999 dans la spirale de violence exacerbée sous les assauts conjugués des deux guérillas.La confiance des investisseurs s\u2019est envolée malgré les immenses ressources du pays en matières premières.Les faillites se multiplient, avec 3700 entreprises concernées depuis le début de l\u2019année.La croissance, tombée à son niveau le plus bas en 1998 (+ 0,6 %), devrait être négative cette année.Le PIB a baissé de 5,85 % au premier trimestre par rapport à la même période de 1998.Le chômage touche 19,5 % de la population active, soit le chiffre le plus haut jamais atteint en Colombie.Durant les cinq premiers mois de l\u2019année, les exportations ont chuté de 8,7 %.La baisse des cours du café, dont la Colombie est le second producteur mondial, s\u2019est traduite par une chute des ventes à l\u2019étranger de 1,01 milliard à 689 millions durant le dernier semestre, par rapport au précédent.La monnaie \u2014 le peso \u2014 a connu deux dévaluations de 10 et 9 % en septembre 1998 et juin dernier.L\u2019inflation est de l\u2019ordre de 9 % par an.Quant à la dette publique, elle s\u2019est aggravée, à la suite d\u2019une baisse du recouvrement des impôts, et concerne 20 des 34 milliards de la dette extérieure.Un plan d\u2019austérité a déjà été annoncé par le gouvernement pour ramener le déficit public à 2,5 % du PIB en 2000, avec le gel de la plupart des salaires dans la fonction publique et une augmentation de deux ans de l\u2019âge de la retraite, aujourd\u2019hui de 60 ans pour les hommes et 55 pour les femmes.Ces mesures ont déjà provoqué l\u2019appel à une grève générale dans tout le pays pour le 30 août.Photothèque Reuters Andrés Pastrana, élu sur un programme de réconciliation nationale, va fêter un an de présidence dans l\u2019impopularité, avec une image négative pour 65 % des Colombiens.2770669 B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 7 AOÛT 1999 Monde Les Palestiniens demandent à Washington d'intervenir Le Hamas reprend le sentier de la guerre d'après AFP GAZA Les Palestiniens ont demandé à Washington d'intervenir auprès d'Israël pour faire appliquer l'accord de Wye sur un retrait israélien en Cisjordanie, a indiqué hier le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat.Le premier ministre Israélien Ehud Barak a déclaré peu après à la télévision que « l'accord de Wye sera mis en oeuvre exactement comme il a été prévu » et que son application « débutera en fait dans trois semaines ».Cheikh Yassine, chef spirituel du mouvement islamiste palestinien Hamas, annonçait entretemps la reprise d'actions militaires contre Israël dans « les jours qui viennent ».« Nous devons résister à l'occupant plus que jamais », déclare-t-il dans un entretien avec le quotidien français libération, « Barak n'est pas un homme de paix, c'est un homme de guerre.La preuve, il est allé aux États-Unis parler de paix et il est revenu avec huit milliards de dollars d'armements », ajoute-t-il.L'accord de Wye stipule un retrait de 13 % de la Cisjordanie en trois phases qui auraient dû s'achever en janvier 1999.Seule la première phase, portant sur 2 % du territoire, a été appliquée par l'ancien premier ministre droite Benjamin Netanyahu, qui avait pourtant signé l'accord.Constatant qu'un mois après l'investiture de Barak, le processus de paix n'arrive pas à redémarrer, les Palestiniens ont décidé d'appeler Washington à la rescousse.« Nous leur avons dit qu'ils devaient intervenir pour garantir l'application des accords car les États-Unis sont responsables du processus de paix, avec la Russie », a précisé Erakat.Depuis son élection, Barak rechigne à appliquer le retrait militaire en Cisjordanie stipulé par l'accord de Wye, ce qui suscite la colère des Palestiniens qui y voient une tentative d'Israël de se soustraire à ses engagements.Il a même proposé de reporter l'essentiel des retraits prévus en Cisjordanie jusqu'à la conclusion d'un règlement de paix final avec les Palestiniens.Ceux-ci l'ont accusé de suivre les pas de Benjamin Netanyahu.Des pourparlers israélo-palestiniens sur les modalités d'application de l'accord ont eu lieu en début de semaine, sans résultat.Depuis, les discussions sont officiellement suspendues.Sous le titre « Crainte d'un Barakyahu », le quotidien israélien Haaretz, faisant le bilan d'un mois de pouvoir d'Ehud Barak, se demande d'ailleurs si Israël n'a pas élu un clone de Netanyahu.« Une chose étrange est arrivée à Ehud Barak.Les gens ont commencé à se demander s'il n'est pas simplement une nouvelle version de Netanyahu », écrivait hier le commentateur politique du journal, Yoël Marcus.« La façon dont il a réussi à se créer des ennemis inutiles au sein de son parti, la manière surprenante dont il coupe les cheveux en quatre au sujet de Wye, et la longue liste de gaffes qu'il a commises dès le début semblent indiquer que Barak pourrait avoir beaucoup moins de matière grise que, dans sa modestie toute relative, il se l'imagine », observe Marcus.Le quotidien Yédiot Aharonot relève pour sa part avec ironie : « Même se tromper, Barak sait le faire mieux que tout le monde.On a le sentiment qu'il fonce vers un mur en béton », écrit le commentateur, Mme Sima Kadmon.des événements.Saisissez vite cette occasion inespérée de vous glisser derrière le volant d'une Cadillac DeVille.la nouvelle Cadillac DeYille est joliment équipée : légendaire système Northstar avec moteur V8 de 275 chevaux, direction Magnasteer* .sièges en cuir chauffants à l'avant, télédéverouillage des portes et climatisation électrique à deux zones.Sans oublier ïensemble de privilèges des propriétaires Cadillac qui comprend, entre autres, l'entretien sans frais de 4 ans ou 80 0C0km.Et pour un temps limite, le système de communication et de sécurité OnStar vous est offert sans frais, installation comprise {Valeur approximative de l 800S.Frais d'abonnement de 360$ requis).I I \u2022 \u2022 7 ».I Cadillac, rien de moins.$ ?A.t/fvîr, M' f Offre dune durée limitée réservée aux particuliers, sappliquant aux véhicules neufs DeVille 1999 en stock, comportant ïensemble des équipements décrits ci-dessus Photo à titre indicatif seulement.'Immatriculation, assurance et taxes en sus Le concessionnaire peut vendre à prix moindre.Un échange de véhicule \\ peut être requis.Tous les détails chez votre concessionnaire Cadillac, en visitant le www.gmcanada corn* ou on téléphonant au 1 800 463-7483.L'EXPRESS DU MATIN ÉTATS-UNIS Ventes d'armes ¦ Les États-Unis sont restés les plus gros exportateurs d'armements dans le monde en 1998, malgré la crise financière en Asie et une baisse globale du marché des armes, selon un rapport annuel du Congrès rendu publique cette semaine.Avec 7,1 milliards de dollars en contrats d'armements négociés en 1998, les États-Unis comptaient pour 30,8 % du marché mondial d'armes conventionnelles, évalué à 23 milliards, indique le rapport du Congressional Research Service, qui dépend de la Bibliothèque du Congrès.Derrière les États-Unis figuraient l'Allemagne (5,5 milliards) et la France (3 milliards).d'après AFP ÉTATS-UNIS Trafic de drogue ¦ La femme du responsable américain de la lutte anti-drogue en Colombie a été inculpée de participation à un trafic de cocaïne aux États-Unis.Laurie Anne Hiett s'est livrée aux autorités jeudi, a indiqué le parquet fédéral de Brooklyn.Elle a été laissée en liberté moyennant une caution de 150 000$.Son mari, le colonel James Hiett, commandait les 200 militaires qui conseillent la Colombie dans sa lutte contre la drogue.Un mandat d'arrêt, dont le texte a été rendu public hier, avait été lancé le 25 juin contre Mme Hiett et deux ressortissants colombiens, dont un vivant à New York.d'après AFP NATIONS UNIES Procureur du TPI ¦ Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a recommandé au Conseil de sécurité de nommer la ma-gistrate suisse Caria del Ponte comme procureur général du Tribunal pénal international (TPI, La Haye) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR, Arusha).Appelée à succéder à la Canadienne Louise Arbour, Mme Del Ponte, 52 ans, est procureur de la Confédération helvétique.Elle a rencontré jeudi à New York Kofi Annan.Le procureur du TPI et du TPR, dont le mandat est de quatre ans, est chargé de poursuivre les crimes de guerre en ex-Yougoslavie et au Rwanda.d'après AFP TIMOR-EST Fin du recensement ¦ Quelque 200 bureaux d'enregistrement des électeurs pour le référendum d'autodétermination au Timor oriental ont fermé leurs portes hier, à moins d'un mois du scrutin qui se déroulera sous l'égide de l'ONU.Ce recensement, qui avait pris du retard à cause des agissements de milices pro-indonésien-nes hostiles au référendum, a été effectué par du personnel de l'ONU.Le porte-parole de la mission de l'ONU au Timor oriental (UNAMET), Hiro Ueki, a fait état de deux incidents impliquant des miliciens pro-indonésiens et au cours desquels au moins un membre de l'UNAMET a été blessé.Auparavant, l'UNAMET avait indiqué avoir enregistré 427 190 électeurs au Timor oriental même et 12 380 autres hors du territoire, en Indonésie et dans des pays ayant d'importantes communautés d'exilés ti-morais.d'après AFP HAÏTI Émeutes ¦ Des individus armés ont incendié hier matin trois véhicules, dont un autobus, dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince, selon des témoignages recueillis sur place.Les agresseurs ont obligé les passagers de l'autobus à descendre ayant d'y mettre le feu et de prendre la fuite.Ces violences surviennent à l'occasion d'un appel à la grève'générale de deux jours {jeudi et Hier) lancé par des organisations populaires proches de l'ancien président Jean Bertrand Aristide (1991-1996), qui s'est soldé par un échec, la population, toutes couches confondues, refusant de suivre ce mot d'ordre.La situation était par ailleurs normale à Port-au-Prince.d'après AFP Autres informations pages B8 et B9 "]
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