La presse, 15 août 1999, Cahier A
[" 7DA0101A0815 A 1 dimanche 15 7DA0101A0815 ZALLCALL 67 01:06:38 08/15/99 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 15 août 1999 60 ¢ TAXES EN SUS RÉGION EST DE QUÉBEC 65 ¢ / ÎLES - DE - LA - MADELEINE 1 $ / AAuuddii AAuuddii 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 Votre concessionnaire Audi sur la Rive-Nord 27257954978485 115e année No 291 46 pages, 4 cahiers Plus instruites mais moins rémunérées Le sexisme perdure sur le marché du travail MARC THIBODEAU Même si elles se taillent désormais la part du lion des diplômes décernés par les universités québécoises, les femmes ne bénéficient toujours pas d\u2019un statut équivalent à celui des hommes sur le marché de l\u2019emploi.C\u2019est du moins ce qu\u2019indique une récente étude produite par la Coordination à la condition féminine du ministère de l\u2019Éducation obtenue par La Presse.L\u2019étude en question relève d\u2019entrée de jeu que le taux de placement global des femmes diplômées s\u2019est sensiblement amélioré depuis le début des années quatre-vingt, en dépit de conditions économiques moins propices à l\u2019emploi.En 1997, 91,2 % des détentrices d\u2019un baccalauréat obtenaient un emploi tandis que le taux correspondant était de 85,3 % en 1982.Le taux de placement des hommes a parallèlement augmenté légèrement de 90,2 % à 90,5 %.L\u2019évolution en ce qui a trait aux titulaires d\u2019une maîtrise est aussi favorable aux femmes.Ces gains cachent toutefois des données beaucoup moins reluisantes, indique l\u2019étude.Voir SEXISME en A2 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Neuf cents personnes ont défilé hier à l\u2019hôtel de ville de Montréal pour rendre un dernier hommage à Jean Drapeau, celui qui a été « leur » maire pendant 29 ans et qui est mort jeudi à l\u2019âge de 83 ans.Dernier hommage à Monsieur le maire CHRISTIANE DESJARDINS Neuf cents personnes ont défilé hier à l\u2019hôtel de ville de Montréal pour rendre un dernier hommage à Jean Drapeau, celui qui a été « leur » maire pendant 29 ans, et qui est mort jeudi à l\u2019âge de 83 ans.Il n\u2019y avait ni cercueil ni urne dans le hall de l\u2019hôtel de ville.Seulement une photo de Jean Drapeau, et un grand livre où les visiteurs pouvaient écrire leurs adieux.Juste derrière, les portes de la salle du conseil étaient ouvertes, et l\u2019on pouvait voir la grande chaise que Monsieur le maire a occupé jusqu\u2019en 1986.Une présentation toute simple, sans ostentation, comme l\u2019a souhaité la famille du défunt.Pierre Drapeau, fils aîné de Jean Drapeau, représentait la famille, et a reçu de nombreux témoignages de sympathie.Le maire Pierre Bourque, ami de longue date des Drapeau, était également présent, de même que le président du comité exécutif, Jean Fortier, et de nombreux conseillers.Il n\u2019y avait pas de longue file d\u2019attente pour cette première journée d\u2019hommages, mais les gens se sont succédé presque sans interruption, de midi à cinq heures.Ceux qui n\u2019ont pu s\u2019y rendre hier peuvent encore le faire aujourd\u2019hui, de midi à cinq heures.Les funérailles ont lieu lundi matin, à la basilique Notre-Dame.Hier, les gens ont offert des témoignages émouvants, et certains avaient même la larme à l\u2019oeil.« C\u2019était mon maire.Je vais vous dire franchement, quand j\u2019ai appris sa mort, ça m\u2019a fait plus de mal que lorsque mon père est mort », a confié Aimé Boucher avec émotion, en remontant dans sa voiture, qu\u2019il avait stationnée illégalement devant l\u2019hôtel de ville.Sur la plaque avant de ce Montréalais, on pouvait lire : « Jean Drapeau Montréal ».M.Boucher a fait confectionner cette plaque il y a 20 ans.« En juin 1986, j\u2019en ai déjà donné une pareille, mais en bois, au maire Jean Drapeau.Aujourd\u2019hui, j\u2019en ai donné une à son fils Pierre, et je lui ai dit que j\u2019allais enlever la mienne après les funérailles.Ça fait 20 ans qu\u2019elle est là, sur mes voitures.Que voulez-vous, c\u2019est fini, il ne reviendra plus.» Gérard et Lise Labelle, un couple montréalais, ont été les premiers à signer le grand livre, hier midi.« C\u2019était un grand visionnaire.Pendant qu\u2019il était maire, c\u2019était l\u2019harmonie et tout le monde travaillait.Nous trouvions important de venir Voir HOMMAGE en A2 Autres informations en page A3 La pénurie de l\u2019an 1999 RICHARD HÉTU collaboration spéciale Quelques mois avant la fin du millénaire, New York s\u2019en fait pas mal moins pour le bogue de l\u2019an 2000 que pour la pénurie de l\u2019an 1999.Depuis le début de juillet, la capitale mondiale de la finance est en manque de la plus petite et ridicule des pièces de monnaie, la cenne.Sur le plan des affaires, la situation est assez grave, faisant perdre beaucoup d\u2019argent aux marchands obligés d\u2019arrondir les montants remis à leurs clients.La rareté des cennes constitue bien sûr un paradoxe, puisque les New-Yorkais, comme tous les citoyens de l\u2019Amérique du Nord, en ont plein leurs tirelires, leurs pots de mayonnaise Kraft, leurs tiroirs, leurs placards, leurs vieilles chaussettes.Ils n\u2019ont juste pas le temps ou la motivation de les compter, de les rouler et de les échanger à la banque.À New York, la pénurie de l\u2019an 1999 force les marchands à rivaliser d\u2019imagination pour convaincre les consommateurs de remettre leurs cennes en circulation.À l\u2019intersection de Broadway et de la 51e, le gérant d\u2019un McDonald\u2019s offre des Big Macs gratuits aux clients se présentant avec 10 $ en sous noirs.Pour sa part, la Chase Manhattan Bank Voir PÉNURIE en A2 NEW YORK La Presse à PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Fervent admirateur de Jean Drapeau, Bernard Vallières a tenu à livrer une dernière pensée à l\u2019ex-maire de Montréal, hier, à l\u2019hôtel de ville.M.Vallières avait même apporté un livre écrit par M.Drapeau pour l\u2019occasion.Ulster : violents affrontements entre la police et les catholiques d\u2019après AFP et AP BELFAST Des échauffourées se sont produites hier en Ulster entre la police nord-irlandaise et des catholiques qui protestaient contre des défilés protestants, faisant remonter la tension dans la province au moment où elle commémore le premier anniversaire de l\u2019attentat meurtrier d\u2019Omagh, sur fond d\u2019impasse du processus de paix.De violents affrontements ont eu lieu à Belfast, à Lurgan près de Belfast et Londonderry au nord-ouest, faisant 27 blessés parmi les policiers, qui ont été la cible de plusieurs dizaines de cocktails molotov, de pierres et de jets de bouteilles.Les premiers incidents ont éclaté dans la matinée à Belfast lorsque des policiers antiémeute, portant casques et boucliers, ont évacué sans ménagement 200 manifestants qui avaient organisé un sit-in à l\u2019entrée de leur rue, la Lower Ormeau Road.Selon la police, 19 de ses membres ont été contusionnés tandis qu\u2019au moins quatre protestataires ont été hospitalisés pour des blessures légères.Ces derniers entendaient s\u2019opposer au passage dans leur quartier à majorité catholique d\u2019un défilé traditionnel de l\u2019ordre protestant des « Apprentice Boys », vécu par eux comme une provocation.Cet ordre rappelle l\u2019action des jeunes apprentis de Londonderry qui fermèrent les portes de la ville au roi catholique James II en 1689.Voir ULSTER en A2 PHOTO Reuters © De violents affrontements ont eu lieu à Londonderry, faisant huit blessés parmi les policiers, qui ont été la cible de plusieurs dizaines de cocktails molotov.139 JOURS AVANT L\u2019AN 2000 INDEX Petites annonces - index C4 - immobilier C4, C5 - marchandises C5 - emplois C5, C6 - automobile C6 à C8 Arts et spectacles cahier B - horaire spectacles B8 - horaire télévision B2 Bandes dessinées C5 Bridge C6 Décès C8 Êtes-vous observateur C4 Feuilleton C9 Horoscope C8 Laporte A5 Loteries A7 Monde A8, A9 Mots croisés C7 Mots mystères C6 Tabloïd Sports - Réjean Tremblay S8, S9 SCIENCES Les UV menacent les algues \u2014Mathieu Perreault page C10 MÉTÉO Passages nuageuxMax.24, min.16 Cahier Sports, page 16 (514) 384-2224 1-888-990-2424 sur place par des ophtalmologistes et des optométristes Un nom qui vous distingue Marc Cossette, b.a.o.o.d.Sylvie Cossette, o.o.d.LUNETTERIE CONTACTOLOGIE Depuis 30 ans un service courtois et personnalis.2774480 7LP0201A0815 A 2 dimanche 15 7LP0201A0815 ZALLCALL 67 01:05:12 08/15/99 B Suites de la une A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 La pénurie de l\u2019an 1999 Plus instruites et moins rémunérées SEXISME / Suite de la page A1 Bien que leur taux de placement soit plus élevé, les femmes diplômées occupent moins fréquemment que les hommes des emplois permanents et des emplois à temps plein.Ainsi, 68,2 % des détentrices de baccalauréat occupaient un emploi à temps plein en 1997, tandis que le taux correspondant en 1982 était de 80,7 %.Chez les hommes, ce taux a chuté de 88,4 % à 79,3 % durant la même période.Cette évolution fait dire à l\u2019auteur de l\u2019étude, Isabel Bernier, que « les femmes sont les championnes de l\u2019emploi à temps partiel ».Elle note par ailleurs qu\u2019un écart salarial persistant existe entre les femmes et les hommes diplômés.En 1997, le salaire hebdomadaire moyen des bacheliers occupant un emploi à temps plein était supérieur de 67 $ à celui de femmes se trouvant dans la même situation.Au niveau de la maîtrise, l\u2019écart, presque deux fois plus important, était de 126 $.Mme Bernier est aussi d\u2019avis que la « ségrégation des sexes perdure » en matière d\u2019emploi puisque les femmes sont, encore aujourd\u2019hui, regroupées dans des domaines traditionnellement féminins.Elle juge particulièrement « préoccupant » que les femmes diplômées continuent d\u2019être « en faible nombre » dans des domaines comme les sciences physiques et l\u2019informatique parce que ceux-ci sont associés au développement économique des pays industrialisés.L\u2019étude est basée sur un sondage reflétant le cheminement professionnel des personnes diplômées, qui est menée régulièrement par la Direction de l\u2019enseignement et de la recherche universitaires du ministère de l\u2019Éducation.PÉNURIE / Suite de la page A1 promet une prime de cinq cents pour chaque rouleau de 50 sous.Mais leurs efforts ne font que souligner l\u2019absurdité : New York et plusieurs autres villes américaines se retrouvent en situation de pénurie pour une chose dont aucun consommateur ne veut.C\u2019est le monde à l\u2019envers, bien sûr, et il se trouve au moins un groupe de pression américain pour le dire et le répéter.Le groupe s\u2019appelle Coin Coalition et milite pour l\u2019abolition de la cenne.Il favorise l\u2019arrondissement de la monnaie au nickel (5 sous) près, de même que le remplacement du dollar en papier par un dollar en métal, comme au Canada.La coalition de la monnaie n\u2019est pas au-dessus de tout soupçon, étant financée par l\u2019industrie des machines distributrices, mais elle n\u2019est pas la seule à trouver que le penny constitue un anachronisme enquiquinant et coûteux.De fait, la chaîne Walgreen a déjà calculé que l\u2019abolition de la cenne permettrait à chacune de ses pharmacies d\u2019épargner 2000$ par année.Les gérants n\u2019auraient plus à acheter des rouleaux de cennes.Les caissiers n\u2019auraient plus à compter les cennes à la fin de leur quart de travail.La transaction moyenne prendrait 2,5 secondes de moins (les cennes constituent 42 % des pièces de monnaie remises aux consommateurs).Mais le lobby du penny est tenace.Il est constitué en partie par les citoyens de l\u2019Illinois, qui ne veulent rien savoir de l\u2019abolition de la pièce de monnaie sur laquelle apparaît le portrait du fils le plus célèbre de leur État, Abraham Lincoln.Et il est soutenu par un groupe de pression appelé Americans for Common Cents, dont le financement provient de l\u2019industrie du zinc, le métal qu\u2019on enrobe de cuivre avant de le frapper et de créer la fameuse cenne.Americans for Common Cents a mis sur pied un site Internet sur lequel elle présente dix raisons de garder le penny.Elles sont toutes plus lamentables les unes que les autres.La raison numéro neuf : « Le penny est une partie intégrale de l\u2019expérience américaine.» Le raison numéro cinq : « L\u2019abolition du penny pourrait éroder la confiance des consommateurs en l\u2019économie.» Et pourquoi donc ?Parce que « les Américains auraient l\u2019impression de se faire rouler en payant 7,80 $ pour un bien valant 7,78 $ ! Le gouvernement américain ne se couvre pas moins de ridicule.Il frappe un milliard de cennes par mois sans parvenir à répondre à la demande des banques là où sévit la pénurie : New York, Pittsburgh, Philadelphie, Chicago, St.Louis, Cleveland et Albany, entre autres.Son effort fait penser à celui de Sisyphe dans les Enfers.Sisyphe, fils d\u2019Éole et d\u2019Énarête, était condamné à pousser un rocher au sommet d\u2019une montagne, d\u2019où il retombait aussitôt.Et de même, le gouvernement des États-Unis se croit tenu de frapper pour l\u2019éternité des pièces de zinc, tout en sachant pertinemment que deux tiers des cennes ainsi produites seront aussitôt retirées de la circulation par des Américains ne sachant plus où les mettre.Dans l\u2019ingrat, l\u2019interminable et l\u2019absurde, on ne faire guère mieux depuis les Grecs de l\u2019Antiquité.Au total, selon l\u2019industrie des machines distributrices, les Américains sont assis sur l\u2019équivalent de 7,7 milliards en monnaie de toutes pièces, une somme supérieure au budget annuel de plusieurs pays pauvres.Chez lui, le consommateur moyen possède 30 $ en monnaie éparpillée un peu partout, y compris sous les coussins du divan.Mais la situation n\u2019est pas complètement désespérante.Si le bogue de l\u2019an 2000 paralyse les banques pour quelques jours, les consommateurs de New York et d\u2019ailleurs pourront toujours trouver dans leurs tirelires de quoi se payer du lait, du pain, du beurre et même de la bière.Dernier hommage à Monsieur le maire HOMMAGE / Suite de la page A1 lui rendre hommage », a dit M.Labelle.À l\u2019extérieur, Joseph Brillant avait décidé de faire signer une pétition pour que la rue Sherbrooke soit rebaptisée rue Jean-Drapeau.Les funérailles Par ailleurs, les derniers détails des funérailles civiques de Jean Drapeau ont été dévoilés hier.À 10 h 30, lundi, le cortège funèbre fera un arrêt devant l\u2019hôtel de ville, où le maire Pierre Bourque fera un salut au défunt, avant de se joindre au convoi.Le cortège s\u2019ébranlera par la suite vers la basilique Notre- Dame, où la cérémonie sera célébrée par le cardinal Jean-Claude Turcotte et ses concélébrants.L\u2019organiste Pierre Grandmaison, une chorale, de même que les chanteurs Napoléon Bisson et Nicole Lorangé, assumeront l\u2019aspect musical de la messe.À la demande de la famille, qui voulait une cérémonie religieuse simple et empreinte de recueillement, il n\u2019y aura pas de discours, a expliqué le porte- parole de la Basilique, Yoland Tremblay.Les funérailles seront retransmises sur plusieurs canaux de télévision.L\u2019éditeur de La Presse, Roger D.Landry, avec l\u2019accord de la veuve de M.Drapeau, sera l\u2019invité de Pierre Bruneau, qui animera cette émission spéciale au réseau TVA.Il est à noter que le Vieux-Montréal sera partiellement fermé dès 6 h 30 lundi, et le sera complètement à partir de 9 h jusqu\u2019à la fin des funérailles, vers 13 h.De nombreuses personnalités publiques sont attendues pour la cérémonie, et l\u2019on prévoit que beaucoup de Montréalais se rendront dans le Vieux- Montréal pour voir le cortège ou assister aux funérailles.On devrait savoir aujourd\u2019hui si le public pourra suivre le cortège.Quoi qu\u2019il en soit, au cas où tous les fidèles ne trouveraient pas place à l\u2019intérieur de la Basilique (2718 places), des haut-parleurs diffuseront la cérémonie à l\u2019extérieur.L\u2019inhumation sera strictement privée.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Pierre Drapeau (à droite), fils aîné de Jean Drapeau, a reçu de nombreux témoignages de sympathie, dont celui du maire Pierre Bourque.Ulster: violents affrontements entre la police et les catholiques ULSTER / Suite de la page A1 Les forces de l\u2019ordre ont utilisé leurs matraques et donné des coups de boucliers pour disperser la foule et traîné par les pieds certains protestataires pour les conduire dans des fourgons, selon des témoins.« Je suis dégoûté par la brutalité dont a fait preuve le RUC (le Roya Ulster Constabulary, la police nord-irlandaise) contre des gens qui manifestaient pacifiquement », s\u2019est indigné le numéro deux du Sinn Fein, l\u2019aile politique de l\u2019IRA, Martin McGuinness, au micro de la BBC-radio.Le ministre irlandais des Affaires étrangères David Andrews s\u2019est dit de son côté « préoccupé » par les scènes de violences.La parade protestante controversée, réduite à seulement une dizaine d\u2019Apprentis, le cou ceint d\u2019une étole et accompagnés d\u2019une fanfare, a finalement traversé calmement le quartier catholique au son d\u2019un tambour.Des incidents se sont au même moment produits dans la ville de Lurgan, théâtre d\u2019une autre parade des Apprentis.Environ 75 catholiques, certains le visage couvert d\u2019une cagoule noire, ont lancé cocktails molotov, pierres et bouteilles sur les forces de l\u2019ordre qui encadraient le défilé.Cinq personnes ont été interpellées, selon le RUC.Le climat était également tendu à Londonderry, la deuxième ville d\u2019Ulster \u2014 à majorité catholique \u2014 où près de 10 000 sympathisants des Apprentis ont organisé leur principale marche de la journée pour commémorer une victoire militaire de leur communauté sur les catholiques datant de 1689.En milieu d\u2019après-midi, quelque hommes masqués ont lancé plusieurs cocktails molotov en direction de voitures blindées de la police.Huit policiers ont été blessés.Près d\u2019un millier de membres des forces de sécurité ont été déployés dans cette cité symbole du mouvement nationaliste nord-irlandais, où avaient débuté à la fin des années 1960 les marches pour les droits civiques.Ils se sont efforcés de tenir les résidants catholiques à distance des Apprentice Boys.La police avait mis en garde vendredi contre des « éléments extrémistes » du camp nationaliste, qui, selon elle, prévoyaient « d\u2019orchestrer » des violences dans la ville.Jusqu\u2019ici, la saison des marches, traditionnellement source de confrontations intercommunautaires, s\u2019était déroulée plutôt calmement.Mais le feu vert inattendu accordé par les autorités aux parades protestantes de la Lower Ormeau Road et de Londonderry a provoqué la colère des catholiques, dans un climat déjà détérioré par le blocage du processus de paix.Ce regain de tension survient alors que l\u2019Irlande du Nord commémore tout le long du week-end l\u2019attentat à la bombe d\u2019Omagh, la pire atrocité commise dans la province en 30 ans de troubles, qui avait fait 29 morts et 330 blessés le 15 août 1998.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, 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prostituées à tout acheteur de ses voitures.Après avoir obtenu une explication complète du concessionnaire, les services fiscaux lui ont accordé une exonération de 2000 dollars néo-zélandais (environ 2500 $) pour couvrir les frais de péripatéticiennes.Restera toutefois un léger problème à résoudre pour le concessionnaire: la fédération des concessionnaires de Nouvelle-Zélande pourrait le traduire très rapidement devant la commission d\u2019éthique.DEMAIN DANS LA PRESSE Ford Excursion: pour les grosses familles L\u2019engouement des Américains pour les très gros véhicules utilitaires sport aidant, la compagnie Ford a concocté l\u2019Excursion.Ce mastodonte des routes est capable d\u2019accueillir neuf personnes et leurs bagages tout en tractant une lourde remorque.Notre chroniqueur Denis Duquet admet que ce gros véhicule n\u2019est pas pour les petites familles ou les célibataires.Il souligne cependant que les qualités de l\u2019Excursion seront appréciées par tous ceux qui ont besoin d\u2019un véhicule costaud et très spacieux.À lire demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Selon vous, les transporteurs Air Canada et Canadien devraient-ils fusionner ?Considérez-vous l\u2019Exposition universelle de 1967 comme la réalisation la plus importante de Jean Drapeau ?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 84 % Non: 16 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n\u2019a aucune prétention scientifique.FILL31 7LP0301A0815 A-3 dimanche 7LP0301A0815 ZALLCALL 67 01:05:57 08/15/99 B Jean Drapeau 1916-1999 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 A 3 On perd un grand homme Il avait un flair politique fantastique, affirme le politicologue Jacques Léveillée Plusieurs centaines de personnes se sont rendues à l\u2019hôtel de ville hier pour rendre un dernier hommage à l\u2019ex-maire Jean Drapeau.Un homme qui a laissé sa marque non seulement sur Montréal, mais aussi dans le coeur des Montréalais.MARTINE ROUX Professeur en sciences politiques à l\u2019UQAM, Jacques Léveillée est formel : avec Médéric Martin et Camilien Houde, Jean Drapeau a été l\u2019un des grands maires du vingtième siècle à Montréal.Une version québécoise du général de Gaulle, en quelque sorte.« Jean Drapeau était de ces leaders charismatiques qui ont un lien direct avec le peuple.Même après que le rapport Malouf l\u2019ait blâmé pour sa mauvaise gestion dans le dossier olympique, il a conservé la confiance des Montréalais.Il avait un flair politique fantastique.» Si on peut lui reprocher d\u2019avoir fait fi de la démocratie en certaines occasions, l\u2019ancien maire a changé à jamais le visage de l\u2019administration municipale au Québec, soutient le politicologue.D\u2019abord en fondant le premier véritable parti politique municipal au Canada, le Parti civique, puis en donnant un grand coup de balai dans les moeurs politiques montréalaises.« Avant lui, la Ville de Montréal était minée par les magouillages et les malversations.Associé à la Ligue d\u2019action civique, Drapeau s\u2019est fait un nom lors de l\u2019enquête sur la moralité publique.C\u2019était un bienpensant qui flirtait avec le principe du good government.En ce sens, il a instauré un professionnalisme et une éthique dans la vie politique municipale.» Abolie, la fameuse classe C permettant aux corps publics, comme les universités, les archevêchés et les chambres de commerce, d\u2019envoyer 33 représentants au conseil municipal.Monsieur le maire a aussi amendé la Charte de la ville afin de pouvoir désigner les six conseillers qui accéderaient avec lui au comité exécutif.« Une véritable forme parlementaire gagnait l\u2019hôtel de ville », estime le spécialiste.Un fin stratège, ce Jean Drapeau.Déjà, en 1954, il avait exposé sa stratégie de développement de la ville à la commission Tremblay, portant sur les problèmes constitutionnels.Pour lui, l\u2019avenir de la métropole passait par l\u2019émergence de l\u2019économie tertiaire et son ultime symbole, le centre-ville.« Il a toujours été cohérent dans l\u2019élaboration de ses stratégies, une qualité rare chez les politiciens.Il a tout misé sur l\u2019économie tertiaire même s\u2019il a perdu quelques batailles, comme la création d\u2019une Cité des ondes près de la Place des Arts ou le TGV Montréal-New York.Il cultivait peu d\u2019idées à la fois mais il y tenait mordicus.Ce n\u2019est qu\u2019à partir de 1978 qu\u2019il est revenu, avec Yvon Lamarre, à une stratégie plus locale.À cette époque, le véritable Jean Drapeau n\u2019était plus que la caricature de lui-même.» En revanche, au plan administratif, il a laissé des cicatrices douloureuses.Outre le gouffre olympique, le politicologue rappelle que le maire Drapeau avait décidé d\u2019exempter la Ville des cotisations au régime de retraite des employés municipaux, en 1967.Montréal rembourse cette dette depuis 1984.« Il a beaucoup investi dans les infrastructures visibles mais a laissé de côté les infrastructures invisibles, comme le réseau d\u2019aqueducs.La gestion, ce n\u2019était pas son point fort.» Comment a-t-il pu se maintenir au pouvoir si longtemps ?« Il a toujours eu des opposants ! Mais jusqu\u2019à la moitié des années 70, il était vraiment trop fort : les autres candidats passaient pour des bouffons à côté de lui.Il pouvait compter sur une excellente organisation, basée sur les paroisses.Il se promenait dans les quartiers, répondait aux lettres des citoyens, participait régulièrement à une émission radiophonique.Ce qui fait qu\u2019aujourd\u2019hui, la population ne retient que ses bons coups.» PHOTOS BERNARD BRAULT, La Presse Carmen McDonald Drapeau était un patron en or, se rappelle sa secrétaire Rebaptiser en son honneur: pas le Stade.Il a tellement fait pour Montréal.Je lui dis merci pour tout.J\u2019étais infirmière à l\u2019hôpital Maisonneuve-Rosemont et je me rappelle la première fois que j\u2019ai pris le métro avec des collègues, juste pour faire une ride, comme ça, pour le plaisir.C\u2019était fantastique.L\u2019Expo aussi.PIERRE ROBERGE de la Presse Canadienne Le Stade olympique fut peut-être une croix à porter pour Jean Drapeau et plus d\u2019une personne en était consciente, hier, en lui rendant hommage à l\u2019hôtel de ville.« Ah non pas le stade, il y a trop de blagues là-dessus ! » estime une dame qui venait d\u2019entendre la suggestion en ce sens, à propos du lieu que la ville pourrait rebaptiser du nom de l\u2019ancien maire.De son côté, un admirateur résolu et organisé, dans l\u2019entrée de l\u2019édifice, faisait signer une pétition pour que la rue Sherbrooke soit rebaptisée Jean-Drapeau.Ce nom de rue avait été avancé pour René Lévesque, à sa mort en 1987, mais la ville opta alors pour le boulevard Dorchester.Un citoyen reconnaissant, serrant la main de son fils aîné, Pierre Drapeau, lui dit « c\u2019est grâce à lui que j\u2019ai une pension ».Une dame lui confie que « moi, j\u2019ai eu un fils l\u2019année de l\u2019Expo, en 67.Et il est né en février, comme votre père.» Le grand hall de l\u2019hôtel de ville rappelle des souvenirs à Ève Allard, qui travaillait au service de santé de la ville (rattaché depuis aux CLSC et DSC) lorsque M.Drapeau lança la tradition de la collecte de sang du temps de Pâques.« Je le voyais chaque Vendredi saint », raconte Mme Allard qui retient de lui une personnalité d\u2019homme « sévère mais compréhensif ».Un citoyen donne son appréciation, nommant Camillien Houde et Jean Drapeau « les plus grands maires que Montréal aie connus.On n\u2019est plus capable aujourd\u2019hui d\u2019avoir des hommes comme eux ».Il se souvient d\u2019un emploi de serveur, obtenu via le service de police, pour « des partys au chalet de la Montagne.M.Drapeau invitait du monde de France dans ce temps-là.» Guy Toupin, policier municipal pendant 36 ans, fut ensuite responsable de la sécurité au palais de la Civilisation, dans l\u2019île Notre-Dame.Il se souvient de Jean Drapeau comme d\u2019« un érudit.Il venait voir plusieurs fois une exposition, il prenait des notes ».Un homme de 38 ans, qui ne travaille pas dans le secteur public, est venu lui rendre hommage parce qu\u2019« il n\u2019y en aura peut-être plus d\u2019homme comme lui.Il faut rendre à César ce qui est César ».Même chose pour trois copines, qui finissaient leurs études l\u2019année de l\u2019Expo.Elles ne doivent pas un emploi ou autre avantage à l\u2019administration Drapeau, mais étaient là hier parce que « j\u2019admire ce qu\u2019il a fait.Il ne se laissait pas piler sur les pieds », dit l\u2019une d\u2019elles.Certains projets auront coûté cher aux contribuables, admettentelles, mais l\u2019action du maire aura été bénéfique pour Montréal « et puis ne l\u2019oublions pas, t\u2019as rien pour rien ».Un homme plus âgé a fait la guerre en Europe, il s\u2019était engagé dans le régiment Maisonneuve, à l\u2019époque justement où Jean Drapeau débutait en politique avec les adversaires de la conscription.Selon ce vétéran, le jeune politicien Drapeau a alors défendu des idées qui étaient de son âge mais il a gagné en maturité : « Quand t\u2019as 18 ans, tu sautes, quand t\u2019en as 50, tu regardes avant de sauter.» Comme tout le monde qui a des qualités et des défauts, M.Drapeau a commis des erreurs, ajoute l\u2019ancien militaire.Politiquement il le voit comme « un nationaliste mais toujours fédéraliste, avec le Québec dans le Canada.» CHRISTIANE DESJARDINS « Jean Drapeau, c\u2019est un homme d\u2019une envergure exceptionnelle, comme on en rencontre quelques-uns seulement par siècle.Il est de la trempe de de Gaulle, Churchill.», dit Monique Gadoury, à propos de celui qui fut son patron pendant 16 ans à l\u2019hôtel de ville de Montréal.« C\u2019était un patron en or, raconte Mme Gadoury, secrétaire particulière de Jean Drapeau de 1970 à 1986.C\u2019était un bourreau de travail, mais ce n\u2019était pas une corvée de travailler avec lui.Il nous en donnait le goût, il était motivant.» « Avec lui, on savait à quelle heure on commençait, mais on ne savait pas à quelle heure on finissait.On sortait souvent à minuit passé de l\u2019hôtel de ville », ajoute-telle en riant.Il faisait le café « Le matin, il arrivait toujours le premier et c\u2019est lui qui faisait le café.C\u2019était un homme intelligent, disponible, et attentionné.Et il ne se choquait pas, même s\u2019il aurait eu bien des fois des raisons de le faire.Je ne dis pas que parfois, il ne tempêtait pas avec des conseillers qui étaient proches de lui, mais avec nous, les employés, il ne se choquait pas.» Sens de l\u2019humour Mme Gadoury a aussi apprécié le sens de l\u2019humour de son patron.Souvent, il appelait des caricaturistes pour leur soumettre des idées », rigole-t-elle.Pendant 16 ans, Mme Gadoury n\u2019a jamais craint de perdre son emploi si son patron, lui, venait à perdre ses élections.« Jamais.Au pire des tempêtes, alors que les médias lui prédisaient la défaite, il sortait avec les meilleurs résultats.Même la dernière fois, en 1986, je suis convaincue qu\u2019il aurait été réélu s\u2019il s\u2019était présenté à nouveau.Mais sa santé n\u2019était plus aussi bonne, et il ne voulait pas continuer en sachant qu\u2019il ne pourrait pas donner autant.» Courte retraite Quand M.Drapeau a quitté la politique en 1986, après 29 ans à la mairie, Mme Gadoury a décidé elle aussi de prendre sa retraite, après 29 ans de carrière pour la Ville de Montréal.Après un an et demi, trouvant le temps un peu long loin du travail, elle reprenait le collier, cette fois pour Cogeco.Cela fait maintenant 12 ans qu\u2019elle y est secrétaire.Elle a toutefois continué d\u2019appeler Mme Drapeau par la suite, pour avoir des nouvelles.Mme Gadoury s\u2019estime privilégiée d\u2019avoir vécu l\u2019époque Drapeau d\u2019aussi près.« C\u2019est une expérience unique, personne ne pourra revivre cette période-là.Il y avait de l\u2019enthousiasme à cette époque-là.M.Drapeau en était conscient.Par la suite, il me disait : \u2018On ne pourrait plus refaire l\u2019Expo maintenant\u2019.Il avait raison.Maintenant, les gens sont plus accaparés par ce qu\u2019ils peuvent avoir pour eux-mêmes.» Claude Bernard J\u2019étais haut fonctionnaire au ministère des Transports et j\u2019ai côtoyé M.Drapeau dans le cadre de mes fonctions.Il y en avait, du travail et de la construction de routes et de ponts dans ce temps-là.Il y avait des étincelles, on vivait constamment des choses nouvelles.M.Drapeau a eu un destin exceptionnel, il a contribué à mettre le Québec sur la carte.C\u2019est un grand homme.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © « C\u2019est une expérience unique », se souvient Monique Gadoury.Gisèle Gagné Jean Drapeau, il était bon pour tout.On perd un grand homme, a dit cette dame avant d\u2019éclater en sanglots.Sa soeur Madeleine se demande si on va finir par lui trouver un défaut MARTINE ROUX « Je trouve que les hommages rapportés par les médias sont très élogieux pour mon frère.Mais des fois, je me demande s\u2019ils vont finir par lui trouver un défaut ! » Madeleine Champagne, soeur cadette de Jean Drapeau, n\u2019a elle aussi que de bons mots pour son frère.Discrète et réservée, elle hésite toutefois à épiloguer sur le génie de l\u2019homme, livrant ses souvenirs au compte-gouttes.« C\u2019était un vrai frère, très bon pour moi.Nous étions toujours très unis.Pour le reste, tout a été dit.» La famille Drapeau a grandi sur la 5e Avenue, à Rosemont, un quartier que Mme Champagne habite toujours aujourd\u2019hui.Au fils aîné, mort à 20 mois, a succédé une fille, Thérèse, aujourd\u2019hui décédée.Jean Drapeau est né en 1916, suivi 11 ans plus tard de Madeleine.« Vu la différence d\u2019âge, nous n\u2019avons pas beaucoup joué ensemble.Mais je me souviens que nous nous taquinions.Mon frère a toujours été travailleur et même jeune, il était très occupé.Nous ne nous voyions pratiquement que le matin, au déjeuner.» Mariée et mère d\u2019une fille, elle a mené une vie « bien simple », à l\u2019opposé de celle de son illustre frère.« Je n\u2019ai pas travaillé à l\u2019extérieur de la maison.Mais j\u2019ai travaillé beaucoup en dedans ! » lance- t-elle avec humour.Malgré la tristesse, Madeleine Champagne accepte la mort de son frère comme « une délivrance ».« Je me console en me disant qu\u2019il souffrait tellement, ces dernières années.Il a tellement travaillé durant sa vie.J\u2019ai bien peur qu\u2019il n\u2019arrête pas de travailler même rendu de l\u2019autre bord.» Andrée Léonard J\u2019ai toujours eu un grand respect pour M.Drapeau.Même s\u2019il a été beaucoup critiqué, il a aidé au développement de Montréal.Si la ville est verte et fleurie, c\u2019est à cause de lui.Je l\u2019aimais beaucoup. 7LP0401A0815 a04 si cl dim 15 ao t 7LP0401A0815 ZALLCALL 67 01:02:48 08/15/99 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 Un jésuite au service des juifs À l\u2019occasion de l\u2019année internationale des personnes âgées et à l\u2019aube du XXIe siècle, La Presse a décidé de donner la parole aux aînés et de raconter l\u2019histoire de l\u2019un d\u2019eux à chaque dimanche.SOPHIE BROUILLET Quand le novice jésuite Stéphane Valiquette a demandé au recteur de son collège la permission de participer à une journée d\u2019études sur le judaïsme, en 1937, il s\u2019est fait demander s\u2019il était tombé sur la tête.Pour mener à bien son projet, le jeune homme de 25 ans a dû rencontrer son supérieur provincial qui, lui aussi réticent, l\u2019a référé à l\u2019archevêque de Montréal.Finalement autorisé à prendre part à l\u2019événement, Stéphane Valiquette s\u2019est vu sommé d\u2019être « très discret ».Une directive qui serait bien difficile à respecter, puisqu\u2019il allait se retrouver seul catholique au milieu d\u2019une centaine de protestants.« À l\u2019époque, se souvient le prêtre de 87 ans, qui a consacré sa vie au dialogue avec les juifs et codirigé le Centre canadien d\u2019oecuménisme de 1967 à 1987, l\u2019Église catholique était très en retard en matière d\u2019ouverture aux autres religions.Nous étions l\u2019Église, la seule, les autres étaient à peine sauvés et, même dans la vie quotidienne, on ne leur parlait pas.» Une vingtaine d\u2019années plus tôt, Stéphane Valiquette encore enfant avait vu des immigrants juifs commencer à s\u2019installer à Mont r é a l , participant à un mouvement de fuite de l\u2019antisémitisme européen.Une communauté peu n o m b r e u s e , pauvre, très peu structurée et fort soucieuse de s\u2019intégrer, mais qui allait progressivement changer devant le peu d\u2019ouverture manifesté à son endroit.« On les ignorait et, avec le temps, ils se sont organisés entre eux », explique- t-il.Figée dans son orthodoxie, l\u2019Église catholique de la première moitié du siècle avait toutefois aussi son côté aventurier.« C\u2019était une époque missionnaire, se souvient le père Valiquette.Avec le développement des moyens de communication internationaux et l\u2019immigration, on voulait prendre contact avec le reste du monde, lui offrir ce qu\u2019on avait comme révélation.» Des missions dispersées un peu partout sur le globe, des religieux « courageux », exaltés d\u2019aller « sauver le monde » plus que craintifs de s\u2019expatrier, autant de souvenirs qui vivifient l\u2019époque d\u2019avant la révolution tranquille dans l\u2019esprit du père Valiquette.À l\u2019intérieur du Québec catholique, l\u2019Église entretenait une conversation continue avec le gouvernement, les deux institutions s\u2019influençant mutuellement.« L\u2019Église dépendait des politiciens pour financer ses écoles et ses hôpitaux », explique Stéphane Valiquette.Réciproquement, l\u2019État n\u2019aurait jamais « fait passer une loi » sans consulter d\u2019abord les religieux, même dans des domaines comme l\u2019agriculture et la santé.Une façon pour les dirigeants de sonder indirectement leurs sujets, précise le jésuite.« On consultait l\u2019Église au sujet de la population, parce qu\u2019elle en était assez proche.» Dans les paroisses autant qu\u2019en haut lieu, la voix du clergé résonnait avec force.« Le curé régissait vraiment la vie de ses paroissiens, affirme Stéphane Valiquette.On le consultait beaucoup, sur l\u2019achat d\u2019une voiture, sur le budget familial, sur la fréquence des relations sexuelles.» Ainsi, se souvient-il, pendant que certains couples se voyaient reprocher des rapports trop fréquents, d\u2019autres étaient appelés à se mettre à l\u2019ouvrage, « parce qu\u2019il fallait des sujets au peuple canadien français ».Une domination délibérément recherchée ?« Plutôt une présence pesante, un phénomène social, corrige M.Valiquette.Le curé était très instruit par rapport aux familles, il avait beaucoup de prestige.» L\u2019autre versant de la montagne Ce sont ces liens très étroits qui expliquent la rapidité, sans égale en Europe, avec laquelle le Québec des années 60 a tourné le dos à la religion, croit le père Valiquette.« La société était beaucoup plus serrée, il y avait un certain étouffement, alors les réactions ont été plus vives.» Si sa promptitude peut étonner, la déconfessionnalisation de la société était en ellemême inévitable, estime-t-il d\u2019autre part.« Elle allait de pair avec la démocratisation, qui s\u2019imposait en politique comme sur le plan des idées et des décisions personnelles.À partir du moment où on laisse chacun faire ses choix, il y a nécessairement un certain éloignement par rapport à la religion.» Vatican II Défenseur des libertés individuelles, peu enclin à pleurer la baisse de l\u2019influence religieuse, Stéphane Valiquette se souvient surtout des années soixante comme de l\u2019époque d\u2019un grand virage d\u2019ouverture interreligieuse pour le catholicisme.« Le concile Vatican II, ça a fait sauter l\u2019Église en l\u2019air », dit-il en riant, insistant sur son impact bien réel.« Presque tout de suite après, l\u2019archevêque de Montréal a demandé qu\u2019on ouvre le Centre canadien d\u2019oecuménisme, et la Conférence des évêques catholiques du Canada a fait créer une commission oecuménique.Les catholiques ont cessé de tirer la patte.» Discrètement, le dialogue interreligieux allait désormais faire son chemin, à travers des rencontres mensuelles d\u2019information et de prière, des concélébrations et des campagnes pour des objectifs humanitaires.Activités qui demeurent limitées à des cercles restreints mais qui, assure le père Valiquette, changent vraiment quelque chose.« Ça crée un respect mutuel qui a son importance dans la société.» À l\u2019aube de ses 90 ans, le religieux à l\u2019allure encore robuste célèbre occasionnellement des mariages mixtes avec des rabbins, convaincu de se maintenir ainsi dans l\u2019air du temps.« Sur le plan religieux, l\u2019oecuménisme aura été l\u2019événement du siècle », estime-t-il.PHOTO ANDRÉ FORGET, La Presse À 87 ans, le père Stéphane Valiquette concélèbre toujours des mariages mixtes avec des rabbins.Avec la carte Sears, vous avez ANJOU JUSQU\u2019À MAI 2000 353-7770 LAVAL 682-1200 BROSSARD 465-1000 ST-BRUNO 441-6603 LASALLE 364-7310 POUR PAYER SANS INTÉRÊT ST-LAURENT 335-7770 2771224 Tous les services et produits pour l\u2019auto de plus de 200 $.Détails en magasin.Mail Champlain I Promenades Saint-Bruno I Fairview Pointe-Claire I Galeries d\u2019Anjou I Centre Rockland La Place Vertu seulement 2775731 7LP0501A0815 a05 laprt dim 15 ao t 7LP0501A0815 ZALLCALL 67 01:02:38 08/15/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 A 5 Le rire de Camille Mardi midi, j\u2019arrive chez André-Philippe.On va regarder ensemble les textes du spectacle de Las Vegas.Il fait beau.On s\u2019installe dans le jardin.Entre les balançoires et le carré de sable.Et on commence à répéter.Soudain, je vois une petite tête blonde foncer vers nous.C\u2019est Camille, la fille d\u2019André- Philippe.Quatre ans et demi d\u2019entrain et d\u2019énergie.Elle me regarde droit dans les yeux.« J\u2019ai quelque chose à te montrer ! » Elle prend sa petite main et baisse sa lèvre inférieure, dévoilant un joli espace entre deux de ses petites dents.Elle vient de perdre sa première dent de lait ! Celle du milieu ! Elle est toute fière ! « Wow ! T\u2019as perdu une dent ! Est-ce que la fée des dents t\u2019as laissée quelque chose sous ton oreiller ?» Elle fait signe que oui.Puis elle s\u2019assoit à côté de moi.Et on se met à jaser.Camille et moi, on aime ça jaser ensemble.De n\u2019importe quoi.\u2014 Où habites-tu Camille ?\u2014 À l\u2019Île-des-Soeurs.\u2014 Et ton petit frère Jules, il habite où ?\u2014 À l\u2019Île-des-Soeurs.\u2014 Ben non, si toi, tu habites à l\u2019Île-des- Soeurs, ton petit frère habite à l\u2019Île-des-Frères ! » Camille me regarde, décontenancée.Un doute s\u2019installe en elle.Après avoir pensé à son affaire durant quelques secondes, elle réplique : \u2014 Non, Jules ne peut pas habiter à l\u2019Îledes- Frères parce qu\u2019il habite avec moi, à l\u2019Île-des-Soeurs ! \u2014 Ça ne se peut pas.Toi, tu es sa soeur, tu habites à l\u2019Île-des-Soeurs, lui, c\u2019est ton frère, il habite à l\u2019Île-des-Frères, c\u2019est la loi.» Camille est très très décontenancée.La pensée qu\u2019elle et son petit frère n\u2019habiteraient pas au même endroit semble l\u2019angoisser.Elle se tourne vers son papa : \u2014 Papa, c\u2019est pas vrai, hein, que Jules habite à l\u2019Île-des-Frères ?\u2014 Ben non, tu sais bien que Stéphane fait toujours des farces ! » Un grand sourire illumine le visage de Camille.Pour deux raisons.Premièrement, son petit frère habite à la même place qu\u2019elle.Ça la rassure.Deuxièmement, Camille aime les farces.Elle se tourne vers moi.« Jules n\u2019habite pas à l\u2019Île-des-Frères ! » Je ne réponds pas.Camille est contrariée.Elle veut que je réponde.Elle veut que je tienne mon bout.Elle a compris le jeu.Elle s\u2019essaie à nouveau : « Stéphane, tu dis n\u2019importe quoi ! Jules n\u2019habite pas à l\u2019Île-des-Frères ! Lalala ! \u2014 Oui, toi, tu es une soeur, t\u2019habites à l\u2019Île-des-Soeurs, lui c\u2019est un frère, il habite à l\u2019Île-des-Frères, ton papa c\u2019est un père, il habite à l\u2019Île-des-Pères et ta maman, c\u2019est une mère, elle habite à l\u2019Île-des-Mères.» Et c\u2019est reparti.Chaque fois que Camille me dit que j\u2019ai tort, je la chatouille.Et viceversa.La belle enfant ne veut surtout pas que je lui donne raison.Elle veut que je continue à la contrarier.Elle veut que je continue à la chatouiller.Je n\u2019ai jamais eu autant de plaisir à m\u2019obstiner avec quelqu\u2019un.Notre conversation n\u2019a aucune importance.Notre conversation ne veut strictement rien dire.Ce qui compte c\u2019est le bonheur qu\u2019on a à se parler.À jouer.Et à s\u2019entendre rire.Le rire de Camille est tellement beau.Tellement pur.Et surtout, elle a tellement de plaisir à le laisser partir.À le faire retentir.Ce rire rendrait heureux n\u2019importe qui.Et le n\u2019importe qui, aujourd\u2019hui, c\u2019est moi, le chanceux.Soudain, après 15 minutes de débat existentiel, je pointe le ciel : « Camille, as-tu vu la grosse abeille ?» Camille lève les yeux.J\u2019en profite pour lui faire une pichenette dans le cou : « Oh, elle t\u2019a piquée ! » Camille se tourne vers moi.Elle rigole.Mais elle a l\u2019oeil malin.Elle me dit : « Regarde Stéphane, l\u2019abeille est rendue là.» Je lève les yeux au ciel.Camille me fait, à son tour, une pichenette dans le cou.Je crie : « Ayoye ! L\u2019abeille m\u2019a piquée ! » Camille se tord de rire.Puis elle recommence le manège.Cinq fois.Dix fois.Vingt fois.J\u2019ai le cou tout rouge à force de recevoir des pichenettes.André-Philippe intervient : « Camille, ça suffit.Il faut que Papa et Stéphane travaillent.» Camille me fait une autre pichenette dans le cou.« Camille, Papa a dit ça suffit.Va voir Maman dans la maison ! » Camille obéit.La tête entre les deux jambes.Mais le plus déçu des deux, c\u2019est moi.J\u2019aurais joué avec Camille toute la journée ! Toute la semaine ! Il n\u2019y a pas de plus grand bonheur que de jouer avec des enfants.Parce qu\u2019avec eux, le jeu est vrai.André-Philippe et moi, répétons durant une heure.Puis, je dois m\u2019en aller.Sans dire bonjour à ma petite copine.Elle fait dodo.En quittant l\u2019Île-des-Soeurs, le blues me prend.Je me sens tout drôle.Presque triste.J\u2019envie André-Philippe d\u2019avoir sa Camille, d\u2019avoir son Jules.Maudit chanceux ! J\u2019ai 38 ans et je n\u2019ai pas encore de rayons de soleil dans ma vie.Ce n\u2019est pas ma faute.C\u2019est le destin.Je n\u2019ai pas vécu d\u2019amour assez grand, assez long, pour qu\u2019il mette au monde un enfant.J\u2019espère toujours.Mais ça commence à presser.Si je veux pouvoir voir ma plus vieille ou mon plus vieux recevoir son diplôme universitaire, il va falloir qu\u2019il naisse bientôt ! Parfois, j\u2019ai peur que ça n\u2019arrive pas.J\u2019ai peur de vivre toute ma vie, en passant à côté de ce qu\u2019il y a de plus beau dans la vie.Donner la vie.Donner l\u2019amour.À un petit cul.Sans un môme, je sais que ma vie ne sera pas complète.Qu\u2019il me manquera toujours quelque chose.L\u2019essentiel.Souvent, j\u2019arrive à oublier ça.À travers le travail, les voyages, le fun.Mais il y a des jours où cette absence prend plus de place.Des jours comme aujourd\u2019hui.Je ne peux rien y faire.Le miracle se produira un jour.Ou il ne se produira pas.C\u2019est ainsi.Dring ! Mon cellulaire sonne : « Stéphane ! Jules, il habite à l\u2019Île-des- Soeurs ! \u2014 Non, Camille, je te l\u2019ai dit, c\u2019est ton frère, il habite à l\u2019Île-des-Frères.» Camille se met à rire.Je vais mieux.Stéphane Laporte Jour de joie et de fierté en Acadie ANDRÉ PÉPIN CARAQUET, N.B.C\u2019est jour de joie et de fierté en Acadie aujourd\u2019hui, où l\u2019on célèbre partout la Fête nationale.Le drapeau acadien, entouré de toutes sortes de décorations, embellit les villages.La fierté est partout évidente, particulièrement en cette année de la francophonie canadienne.« Le Congrès mondial acadien de la Louisiane, le Sommet de la francophonie de Moncton et de nombreux événements culturels contribuent plus que jamais à tisser des liens solides entre les communautés acadiennes », souligne le gouverneur général, M.Roméo Le- Blanc, dans un message à ses compatriotes.Des dizaines de spectacles seront présentés aujourd\u2019hui dans toutes les régions acadiennes, non seulement au Nouveau-Brunswick, mais également dans chacune des provinces atlantiques.Plusieurs touristes québécois, en vacances dans la région, participeront à la fête.Il y aurait plus d\u2019un million de Québécois ayant des racines acadiennes, principalement à Montréal.En fin d\u2019après-midi, aujourd\u2019hui, se tiendra le grand tintamarre, cette manifestation de joie qui consiste à faire le plus de bruit possible avec des ustensiles, des chaudrons, des sifflets et tout ce qui nous tombe sous la main.Cette activité très courue vise à bien montrer que le peuple acadien est bien vivant, toujours prêt aux réjouissances et à la fraternité.C\u2019est toujours sous la protection de la vierge Marie que se déroule la fête du 15 août, jour où l\u2019on célèbre l\u2019Assomption.Une messe en plein air est prévue notamment à Caraquet, dans le cadre enchanteur de Sainte-Anne du Bocage, un des plus beaux sites de la Péninsule acadienne, sur les bords de la Baie des Chaleurs.Il faut rappeler que le drapeau tricolore de l\u2019Acadie, aux couleurs de celui de la France, est marqué d\u2019une étoile jaune, signe de respect à Marie, la protectrice des Acadiens.Le chant Ave Marie Stella est d\u2019ailleurs l\u2019hymne national de la diaspora acadienne.Le drapeau acadien a été adopté en I884, un peu plus de 100 ans après la tragique déportation de I755.Les grands événements de cette année de la francophonie contribuent largement à mousser la fierté des Acadiens et des Cajuns de la Louisiane.Le congrès de la Louisiane, qui se termine, nous aura permis de constater le miracle de la survivance française.Le défi de conserver la langue française à travers les siècles était encore plus difficile, dans cette lointaine Louisiane située en plein territoire de la culture anglaise.Le prochain congrès mondial se tiendra à Halifax, en Nouvelle-Écosse.Une seule ombre planait hier sur les festivités : il pleuvait partout, de gros orages, et la météo ne prévoyait pas d\u2019amélioration pour aujourd\u2019hui.2776054 7LP0601A0815 a06 actus dim 15 ao t 7LP0601A0815 ZALLCALL 67 01:04:53 08/15/99 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 Les cocaïnomanes prônent l\u2019entraide La pluie gâte la sauce aux Fêtes gourmandes « Debout dans l\u2019unité », tel est le thème cette année du 13e congrès régional des Cocaïnomanes anonymes qui se tient à Montréal au cours du week-end.Selon les cocaïnomanes, c\u2019est par l\u2019entraide et le partage de la foi, l\u2019espoir et le courage, que les membres réussissent à résoudre leur problème commun, la dépendance, et à vivre libres et abstinents.Selon François Prévost, assistant chef à l\u2019unité de désintoxication du CHUM (campus Saint-Luc), les toxicomanes d\u2019aujourd\u2019hui sont de plus en plus jeunes et consomment davantage de cocaïne par voie intraveineuse.Les résultats sont désastreux : problèmes de santé graves dont le VIH, l\u2019hépatite et les abcès.À l\u2019hôpital Saint-Luc, plus de 650 patients cocaïnomanes sont traités annuellement en cure interne et plus de 6000 en cure externe.Hier, les participants ont eu droit à des ateliers portant sur la dépendance, l\u2019amour de soi, la spiritualité, la méditation et la relaxation.Le point culminant du congrès est le décompte sobriété, soit le total des jours d\u2019abstinence des membres présents le samedi soir.RAYMOND GERVAIS Dame nature n\u2019est pas du côté des organisateurs des Fêtes gourmandes cette année.Depuis le début de l\u2019événement, le weekend dernier, la température a été au-dessous des moyennes saisonnières et n\u2019a guère incité les gastronomes en quête d\u2019aventures culinaires à se promener sur les îles d\u2019Expo 67.Vendredi, la directrice de l\u2019événement, Mme Jacqueline Vézina, a dû se résoudre à clore les activités à 17 h.La pluie diluvienne qui s\u2019abattait sur la grande région métropolitaine avait rendu le site inondé et dangereux.Des centaines de personnes ont d\u2019ailleurs été prises au piège vendredi et les organisateurs ont dû leur distribuer des imperméables de fortune.Hier matin, tout le personnel des Fêtes gourmandes a été affecté au nettoyage et au séchage des tentes, des chapiteaux et du matériel afin de permettre l\u2019ouverture du site.Mme Vézina a indiqué hier après-midi qu\u2019elle souhaite grandement une amélioration des conditions météorologiques.Toutefois, malgré le temps pluvieux que nous avons connu hier, plusieurs milliers de personnes se sont présentées sur le site détrempé pour déguster des plats provenant d\u2019une trentaine de pays différents.Mme Vézina ne dispose pas de chiffres officiels pour mesurer l\u2019affluence aux 8e Fêtes gourmandes depuis leur ouverture, mais soutient que malgré tout, l\u2019événement suscite d\u2019année en année plus d\u2019intérêt.« Sans la pluie et la température fraîche, on aurait battu tous les records cette année », a déclaré Mme Vézina.L\u2019an dernier, près de 300 000 personnes ont traversé les tourniquets de l\u2019aventure gastronomique internationale.Mme Vézina souhaite égaler, voire même dépasser ce chiffre cette année, mais la météo fait en sorte qu\u2019il y a moins de monde qui visite le site.Malgré tout, elle garde espoir puisque les Fêtes gourmandes se prolongent jusqu\u2019au 22 août prochain, soit durant 16 jours au lieu de 11.Environnement Canada prévoit d\u2019ailleurs que le mercure va atteindre 25 degrés aujourd\u2019hui, sous un ciel partiellement nuageux.Les Fêtes gourmandes sont en quelque sorte un tour du monde des plaisirs de la table, où il est possible de choisir parmi quelque 350 plats différents et spécialités culinaires provenant de 30 pays.Cette aventure gastronomique n\u2019est pas accessible à toutes les bourses, mais il y a moyen, pour une trentaine de dollars, de s\u2019en sortir et de goûter à plusieurs mets.Il faut toutefois oublier la soupe à la tortue et le ragoût de serpent.Pour les gastronomes plus fortunés, les tables d\u2019hôte de cuisine régionale et internationale sont offertes depuis l\u2019année dernière ; des chefs de renommée mondiale préparent des mets à huit et 10 services qui vous sont servis comme dans un grand hôtel.Le prix d\u2019entrée sur le site est de 5 $ et les prix des tables d\u2019hôte de 40 $ et de 50 $, apéro inclus.Ce dernier ne comprend toutefois pas le vin.Célébrités.NOCES D\u2019OR Il y a 50 ans, le 18 juillet 1949, Jean-Paul Morency et Madeleine Bilodeau unissaient leur destinée.Pour cette occasion nos 5 enfants, leur conjoint et les 7 petits-enfants ont souligné par leur témoignage ce bel exemple d\u2019amour.D\u2019une grande réception familiale à l\u2019Étang des Moulins nous garderons le souvenir.Nos remerciements à vous tous.C\u2019ÉTAIT LE 13 AOÛT 1949 50 ANS DÉJÀ Félicitations à Rolande Lacourse et René Renaud pour leur anniversaire de mariage.Meilleurs voeux de vos frères et soeurs et de vos neveux et nièces.40e ANNIVERSAIRE Le 15 août 1959, Carmen Roy et Eddy Boilard unissaient leur destinée.Cette union est encore aujourd\u2019hui remplie d\u2019amour, de tendresse et d\u2019un extraordinaire don d\u2019eux-mêmes.Félicitations! De vos enfants et petits-enfants.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 ou 285-7274 Appels interubains sans frais: 1 (800) 361-5013 2775828 MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Samuel Pauzé (à gauche) et Nicolas Granger au Frites Alors.Urgences: une journée moins pénible 70% que prévu UNE SEMAINE SEULEMENT SUR TOUTE LA COLLECTION PRINTEMPS/ÉTÉ 1999 DU 13 AOÛT AU 19 AOÛT LES COURS MONT-ROYAL 1455, RUE PEEL COIN PEEL ET DE MAISONNEUVE TÉL.: (514) 282-0022 2775175 MARTINE ROUX Les urgences des hôpitaux montréalais ont gardé la tête hors de l\u2019eau, hier, alors que la pénurie chronique de personnel infirmier et la fermeture de lits laissaient craindre le pire.Au CHUM, l\u2019urgence de l\u2019hôpital Notre-Dame était la plus engorgée : en fin de journée hier, on y dénombrait 64 patients alités, dont 27 depuis plus de 48 heures, pour une capacité de 28 civières.La direction de l\u2019établissement avait détourné les ambulances vers d\u2019autres hôpitaux dès minuit samedi et recommandait à la population de s\u2019adresser d\u2019abord à d\u2019autres ressources, comme les cliniques et les CLSC.À l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019hôpital Saint-Luc, 39 et 36 patients peuplaient les corridors des urgences respectives.Le personnel de l\u2019urgence de l\u2019Hôpital Général de Montréal en avait aussi plein les bras, alors que 33 patients, pour une capacité de 17 civières, étaient en attente d\u2019hospitalisation.Au Royal Victoria, on comptait 20 patients pour 17 civières.Dans les deux cas, la situation était « sous contrôle » selon la porte-parole du Centre universitaire de santé McGill, Chantal Beauregard.« La population commence à comprendre qu\u2019il y a d\u2019autres solutions que les urgences », remarquait-elle.Ailleurs sur l\u2019île, les urgences tenaient le coup.L\u2019hôpital Jean-Talon n\u2019accueillait que 15 patients pour une capacité maximale de 21, tandis que Sacré-Coeur hébergeait 34 personnes pour 35 civières.L\u2019urgence de l\u2019hôpital Maisonneuve- Rosemont était légèrement plus engorgée : 39 patients y étaient alités, dont deux depuis plus de 48 heures, pour une capacité de 34 civières.2772781 7LP0701A0815 a07 actus dim 15 ao t 7LP0701A0815 ZALLCALL 67 01:06:48 08/15/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 A 7 EN BREF Nouveau bateau d\u2019immigrants intercepté au large de la côte ouest Presse Canadienne ESQUIMALT, C.-B.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé hier qu\u2019un troisième navire rempli d\u2019immigrants chinois se dirigeait vers la côte ouest du Canada.Le bateau a d\u2019abord été intercepté par les autorités japonaises, puis par la garde côtière américaine, qui lui a fait faire demi-tour, a annoncé l\u2019agente de la GRC, Tracey Rook, hier.Selon Mme Rook, le cargo transportait un groupe d\u2019immigrants chinois qui espéraient arriver en Colombie-Britannique pour le mois de septembre.Le bateau se dirigerait maintenant vers les îles Mariannes, un territoire américain au sud du Japon.La GRC était au courant de l\u2019existence de ce navire depuis quelques temps, mais ne pouvait en souffler mot plus tôt à cause de l\u2019implication des États-Unis dans le dossier.Les autorités canadiennes s\u2019attendent à voir d\u2019autres bateaux remplis d\u2019immigrants se diriger vers la côte ouest.« Les événements récents font partie d\u2019un mouvement global de trafic d\u2019immigrants, a expliqué Mme Rook.Le mandat national de la GRC, en collaboration avec l\u2019Immigration et la section des passeports, est d\u2019enquêter sur ces activités de trafic d\u2019immigrants.» Mme Rook affirme que le trafic d\u2019immigrants est souvent lié de près au crime organisé.« C\u2019est un marché très très lucratif et la côte ouest de la Colombie-Britannique est une cible de choix, vu sa géographie.Nous avons une très large côte », a-t-elle expliqué.Pendant ce temps, le Globe and Mail rapportait hier qu\u2019un autre navire d\u2019immigrants serait en route vers le Canada \u2014 cette fois par la côte est \u2014 et pourrait avoir à son bord plusieurs « criminels chinois ».Selon les sources du ministère de l\u2019Immigration et des services de renseignements canadiens citées par le quotidien, un bateau de pêche aurait quitté la Lituanie il y a plusieurs jours et se trouverait maintenant dans le nord de l\u2019Atlantique, se dirigeant lentement vers le Canada ou les États-Unis.Le navire devrait arriver d\u2019ici quelques semaines.Il semble que le bateau soit rempli de criminels chinois.Incendie criminel n Un bureau d\u2019Accès Montréal, situé au 8910, boulevard Maurice- Duplessis, a été la cible au cours des deux derniers jours de pyromanes qui, à l\u2019aide d\u2019accélérant, ont incendié l\u2019édifice.Personne n\u2019a été blessé, mais les dommages causés à l\u2019immeuble sont importants.Tard vendredi soir, deux inconnus ont été vus par des témoins, en train d\u2019enlever des panneaux de contreplaqué placés par les pompiers dans les fenêtres de l\u2019édifice incendié.Ces hommes ont par la suite répandu un accélérant sur l\u2019immeuble et y ont mis le feu.Poursuite d\u2019un chauffard n Un chauffard âgé de 30 ans a comparu hier matin au palais de justice de Saint-Jérôme, après avoir été arrêté vers 3 h 50 samedi à la suite d\u2019une poursuite en automobile commencée par ses victimes.La Sûreté du Québec avait d\u2019abord reçu un appel provenant d\u2019un automobiliste qui circulait sur l\u2019autoroute 640, dont la voiture avait été heurtée par le chauffard.L\u2019automobiliste en question a suivi discrètement le véhicule en attendant l\u2019arrivée des policiers.Chemin faisant, le chauffard, qui était en état d\u2019ébriété, a heurté trois autres automobiles.Finalement, coincé par un barrage policier alors qu\u2019il circulait en direction contraire sur l\u2019autoroute, il a été forcé par une voiture de police de s\u2019immobiliser sur le terre-plein.Il a été accusé de conduite avec facultés affaiblies et de délit de fuite.Disparitions n Les recherches pour retrouver une femme de 78 ans, disparue de son domicile situé à l\u2019intersection de la rue Saint-Mathieu et du boulevard René-Lévesque à Montréal depuis minuit samedi, se sont poursuivies hier, mais sans résultat.La dame, qui souffre de la maladie d\u2019Alzheimer, a été identifiée comme étant Mme Marjory Admead Killar.Lors de la disparition, elle portait une perruque brune, des lunettes, un imperméable de couleur kaki et un sac à main brun.Toute personne ayant aperçu cette dame est priée de communiquer l\u2019information qu\u2019elle possède en composant le 911.Par ailleurs, deux pêcheurs ont retrouvé hier matin le cadavre d\u2019un homme de 82 ans, disparu depuis le 10 août dernier à Saint-Thomas de Dydine, près de Dolbeau au Lac Saint-Jean.L\u2019octogénaire a été retrouvé dans un ruisseau, à 28 km du lieu de sa disparition.L\u2019homme était parti cueillir des bleuets avec son frère âgé de 79 ans et de sa soeur âgée de 71 ans.Panne d\u2019électricité n Les pluies diluviennes qui se sont abattues vendredi soir sur la Montérégie et dans les Cantons-del\u2019Est sont à l\u2019origine d\u2019une panne d\u2019électricité qui a privé de service 4251 abonnés d\u2019Hydro-Québec en Montérégie et 1824 autres en Estrie.Des branches d\u2019arbres tombées sur les fils électriques sont à l\u2019origine des pannes.Le service est revenu à la normale durant la journée d\u2019hier.2771617 Un camionneur québécois se tue au Maine Un camionneur québécois est mort vendredi, dans le Maine, lorsque qu\u2019il a perdu le contrôle de son véhicule sur l\u2019autoroute 95.Les secouristes arrivés rapidement sur les lieux de l\u2019accident ont réussi à sortir du camion un garçon de 11 ans, le neveu de la victime.Le chauffeur, Éric Beaudoin, un résidant de Saint-Evariste, dans la région de la Beauce, est décédé sur le coup.6 8 12 13 18 46 3 99-08-14 00 17 891 17 397 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 99-08-14 15 16 33 41 43 47 27 601 142 $ 99-08-14 99-08-13 9 11 12 13 16 751847 18 19 22 23 24 25 36 39 43 50 53 54 56 64 65 99-08-14 99-08-14 110 3473 057454 99-08-13 0 0 49 2 908 61 264 58 970 510 115 2 500 000,00 $ 143 338,30 $ 2 559,60 $ 154,00 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.22 31 33 34 36 41 43 7 7 673 716 $ 5 000 000 $ 2774116 Une infirmière d\u2019Archambault appréhendée en possession de stupéfiants RAYMOND GERVAIS Une infirmière de 58 ans, travaillant à l\u2019infirmerie du pénitencier Institut Archambault, à Sainte-Anne- des-Plaines, a été appréhendée vendredi après-midi par la Sûreté du Québec, au moment où elle se présentait à son travail en possession d\u2019une importante quantité de stupéfiants.Michelle Sainte-Marie-Korol a comparu hier matin au palais de justice de Saint-Jérôme, où elle a été formellement accusée de possession de stupéfiants à des fins de trafic.Au moment de son arrestation, l\u2019infirmière, qui est à l\u2019emploi des Services correctionnels canadiens depuis huit ans, était en possession de 114 gr de haschisch, de 19 quarts de gramme de cocaïne et de 10 comprimés de diazapam.La valeur marchande de la drogue à l\u2019intérieur des murs est estimée à 7000 $.Au début du mois d\u2019août, le service de sécurité du pénitencier avait été informé que l\u2019infirmière faisait entrer des stupéfiants dans l\u2019institution.La Sûreté du Québec a ouvert une enquête et entrepris de suivre Mme Korol.Vendredi, les agents ont suivi la dame à partir de son domicile jusqu\u2019à son lieu de travail où ils ont procédé à son arrestation au moment où elle pénétrait dans l\u2019institution carcérale.Mme Korol, qui a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité hier, a pu reprendre sa liberté moyennant un cautionnement de 2000 $ jusqu\u2019à la tenue de son procès. 7LP0801A0815 A8, dimanche, MONDE 7LP0801A0815 ZALLCALL 67 01:02:30 08/15/99 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 Monde Le Daguestan, un enjeu pétrolier Et un autre brûlot de l\u2019OTAN aux marges de la Russie Jooneed Khan Syndrome afghan ?Effet Kosovo ?Modèle cachemiri ?Il y a de tout cela dans le conflit qui vient d\u2019éclater au Daguestan.Mais l\u2019enjeu stratégique de cette nouvelle aventure islamiste dans la petite république russe de deux millions d\u2019habitants se résume à ceci : une épreuve de force entre l\u2019Occident et la Russie pour contrôler l\u2019accès au pétrole et au gaz de la mer Caspienne, voire de l\u2019Asie centrale.Ces mirobolants gisements d\u2019hydrocarbure sont en effet d\u2019accès difficile.Plusieurs projets de pipelines et tankers rivalisent pour sortir ces ressources énergétiques vitales et les acheminer vers les marchés assoiffés d\u2019Europe et du Japon.L\u2019un passe par l\u2019Afghanistan, un autre via l\u2019Iran, un 3e par la Turquie, un 4e par l\u2019Azerbaïdjan et la Géorgie vers la mer Noire et un autre par la Russie vers Novorossisk et par tankers via le Bosphore et les Dardanelles.Chacun implique des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars et des rentes ultérieures de plusieurs dizaines d\u2019autres.Variante moderne du « Grand jeu » par lequel l\u2019Empire britannique s\u2019efforçait au 19e siècle d\u2019empiéter sur l\u2019Empire russe, chacune des options ci-haut citées se heurte à des conflits qui riment avec instabilité : la guerre afghane s\u2019accompagne du désordre permanent à Karachi, la question kurde reste posée même si le PKK semble prêt à négocier avec Ankara la stabilité en Anatolie, et le Caucase reste agité, hier en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Arménie et en Tchétchénie, aujourd\u2019hui au Daguestan.Un universitaire américain écrivant au printemps de 1995 dans la revue Eurasian Studies accusait la Russie de soutenir les Kurdes pour bloquer le projet d\u2019oléoduc-gazoduc Bakou-Djeyhan, qui doit forcément passer par l\u2019Anatolie.Il insinuait que le soulèvement anti-russe en Tchétchénie visait, lui, à bloquer le contre-projet Bakou-Novorossisk.Résumant en décembre 1997 la visite à Ankara du premier ministre russe d\u2019alors, Viktor Tchernomyrdine, le quotidien turc Hurriyet écrivait que celui-ci et son homologue turc de l\u2019époque, Mesut Yilmaz, s\u2019étaient entendus sur au moins un point : « Vous ne touchez pas à l\u2019affaire tchétchène et nous ne soutiendrons pas le PKK.» Un nouveau trajet Le conflit tchétchène s\u2019est résorbé depuis, et la Russie a lâché le chef du PKK, Abdullah Ocalan, aujourd\u2019hui détenu en Turquie en attendant l\u2019audience de l\u2019appel contre sa condamnation à mort.Mais l\u2019oléoduc reliant Bakou à Novorossisk passe par le Daguestan et la Tchétchénie, et il ne fonctionne plus en raison des vols de pétrole et de l\u2019insécurité ambiante.Les Russes venaient de proposer un nouveau trajet d\u2019oléoduc par le seul Daguestan, contournant la Tchétchénie, quand a éclaté il y a une semaine l\u2019insurrection islamiste.Ce conflit menace « les plans de la Russie de devenir le principal corridor pour sortir le pétrole de la Caspienne », commente une expert pétrolier.Et là convergent à la fois le syndrome afghan, l\u2019effet Kosovo et le modèle cachemiri : il s\u2019agit, pour les mêmes intérêts qui ont profité de la défaite de l\u2019Armée rouge en Afghanistan et qui ont poussé à l\u2019aventure de l\u2019OTAN au Kosovo, de priver la Russie de substantiels revenus à long terme susceptibles de la revigorer au point qu\u2019elle puisse vraiment contester l\u2019hégémonie de l\u2019OTAN.Ce n\u2019est guère fortuit qu\u2019une internationale islamiste issue de la guerre contre l\u2019Armée rouge en Afghanistan (1979-1989) soit à la tête de l\u2019insurrection daguestanaise.Le « commandant » Khattab, son chef, âgé de 35 ans, est né en Jordanie, a étudié aux États-Unis, a combattu les Russes en Afghanistan, ensuite les communistes au Tadjikistan, avant de rejoindre en 1995 les indépendantistes en Tchétchénie.C\u2019est là qu\u2019il se lie avec Chamil Bassaïev, seigneur de la guerre et ensuite premier ministre tchétchène.C\u2019est lui qui, à la tête d\u2019une Choura autoproclamée du Daguestan, mène la « guerre sainte » contre les Russes, avec Khattab pour chef de l\u2019« Armée islamique ».Les deux hommes veulent fondre le Daguestan et la Tchétchénie en une seule « République islamique indépendante ».Et ils admettent que leurs 1200 combattants sont composés de ressortissants de divers pays musulmans, depuis le Pakistan jusqu\u2019aux pays arabes.Cette diversité rappelle d\u2019emblée l\u2019initiative du groupe qui s\u2019est infiltré à partir du Pakistan au mois de mai pour allumer un brûlot semblable au Cachemire indien.L\u2019Inde accusa le Pakistan d\u2019avoir infiltré ses propres soldats avec des combattants cachemiris entraînés par lui, mais Islamabad rétorqua qu\u2019il s\u2019agissait de « combattants de la liberté » qu\u2019il ne contrôlait guère.Le quotidien Izvestia rapportait cette semaine qu\u2019un groupe de 200 combattants islamistes venant du Pakistan et du Proche-Orient contrôlait deux villages du district de Tsoumada, dans le sud-ouest du Daguestan.Le vice-ministre russe de l\u2019Intérieur, Igor Zoubov, affirmait de son côté que ces « bandits » étaient « financés par des millions de dollars de l\u2019étranger ».Les rebelles Pour éviter « les malentendus diplomatiques », Zoubov a refusé de nommer les pays qui financent les rebelles.Mais alors que les dépêches s\u2019accordent pour dire que les rebelles sont « wahhabites », elles omettent de préciser que le wahhabisme, courant intégriste islamique ayant servi les intérêts britanniques contre l\u2019Empire ottoman dans la péninsule arabique, est aujourd\u2019hui le système au pouvoir en Arabie saoudite, alliée privilégiée des États-Unis.Quant à l\u2019effet Kosovo, il découle d\u2019un étonnant parallèle entre la province yougoslave et la Russie : les deux ont une population d\u2019environ deux millions de personnes, à 90 % musulmane, les 10 % qui restent étant serbes au Kosovo et russes au Daguestan.Ce sont de petits territoires, le Kosovo mesurant deux fois la taille de l\u2019île du Prince-Édouard et le Daguestan s\u2019avérant grand comme l\u2019Écosse, pauvres tous deux, passés tout droit du blocage dirigiste à l\u2019anarchie mafieuse.Les Serbes étant les plus solides alliés des Russes en Europe, c\u2019est la Russie que l\u2019OTAN visait en frappant la Yougoslavie.L\u2019agitation au Daguestan, avec le potentiel de rallumer le brûlot tchétchène, ne peut qu\u2019affaiblir la Russie dans le Caucase.Et les hommes de Bassaïev et Khattab ne sont pas sans rappeler l\u2019UCK de Hachem Thaçi.Pendant que d\u2019autres moudjahidines et talibans s\u2019agitent dans les marges de la Russie.0 50 km IRAN TURQUIE RUSSIE Moscou GROZNY MAKHACHKALA Ansalta Echeda AZER.Botlikh MER CASPIENNE DAGUESTAN TCHETCHENIE Tsoumada GEORGIE Villages envahis par des rebelles islamistes venus de Tchétchénie Les forces russes à l'assaut des rebelles islamistes Hélicoptères russes INGOUCHIEINGOUCHIEINGOUCHIE Le retour desMayas: brillante odyssée BRIGITTE MORISSETTE collaboration spéciale, MEXICO Les Mayas viennent encore de frapper.Tandis que d\u2019un côté de la rue Justo Sierra, à quelques pas de la grande place de l\u2019ancienne Tenochtitlan, les Aztèques et autres Mexicas regroupent leurs splendeurs passées dans l\u2019enceinte du Templo Mayor, en face, dans un palais mauresque du 16e siècle, les Mayas affichent un trésor qui provoque un engouement planétaire.Le Mexique nous livre des bribes de sa splendeur passée : 500 objets, fresques, figurines, sculptures monumentales, bas-reliefs illustrent sous les arcades richement sculptées du palais San Idelfonso les mythes, les cultes, l\u2019érotisme, le talent de ces lointains ancêtres \u2014 ou cousins, à votre choix ! En 35 000 ans de migrations depuis le détroit de Béring, les Mayas n\u2019ontils pas traversé Canada et États- Unis pour finalement s\u2019illustrer sur un territoire en forme de corne d\u2019abondance \u2014 le Mexique ?Particulièrement le Yucatan ?C\u2019est la plus importante exposition maya jamais organisée.Ces chefs-d\u2019oeuvre \u2014 certains exposés récemment à Venise, d\u2019autres inconnus \u2014 nous arrivent de tous les horizons du vieil empire maya : Yucatan, Quintana Roo, Belize, Guatemala, Costa Rica, Honduras, Salvador, Colombie.Cette exposition est l\u2019événement de l\u2019automne.« Les cultures américaines n\u2019ont rien à envier aux vieilles civilisations européennes, s\u2019exclame Mercedes de la Garza, directrice du Musée d\u2019anthropologie et d\u2019histoire.Même pas la Grèce ! » Maths et astronomie L\u2019exposition « Los Mayas » balaie parfois, renforce le plus souvent la mythologie des plus célèbres « Indiens » d\u2019Amérique.La question de l\u2019origine des Mayas a donné lieu aux interprétations les plus fantaisistes : surgis de Mars, de l\u2019Atlantide, de l\u2019Inde ou d\u2019Égypte, en barques aux voiles de papyrus.Les nombreux experts qui ont étudié récemment et avec frénésie 3500 ans d\u2019histoire maya confirment ce que les archéologues du siècle dernier comme Thomson avaient révélé au monde : les Mayas connaissaient le cycle de Vénus, les cycles lunaires, leur calcul des jours de l\u2019année est d\u2019une remarquable précision.Ils ne se servaient pas de la roue pour leurs grands travaux.Ils savaient pourtant utiliser le zéro.Avant que les Arabes s\u2019en mêlent ! On a trouvé à Coba (dans la péninsule du Qintana Roo, pas très loin de Cancun) une stèle indiquant une date-ère : 13 août de l\u2019année 3114.Un texte prédit la fin du monde par un déluge ! C\u2019est demain.Fabulation ?Des mystères L\u2019écriture maya révèle petit à petit le mystère de ses hiéroglyphes, splendides petits dessins constitués de têtes d\u2019animaux, barres, cercles.Chacun de ces signes est en luimême une oeuvre d\u2019art.Les mayas ont laissé trois codicés qui se trouvent enfermés dans trois villes européennes : Dresde, Paris, Madrid.Le texte de Madrid \u2014 dont le Mexique possède une copie \u2014 est composé de dessins et hiéroglyphes et se déplie en accordéon : 28 cm de hauteur sur 5 mètres de longueur pour décrire des rites mayas.Oui, les Mayas sacrifiaient de nombreuses victimes aux dieux que leur sang abreuvait d\u2019énergie vitale.Ils se mutilaient, se perçaient jusqu\u2019à la langue et le sexe pour recueillir cette énergie.Le codicé de Dresde est essentiellement astronomique et décrit un cycle d\u2019éclipses sur 33 ans.Le fameux escalier de Copan, au Honduras, présente une somptueuse série de hiéroglyphes décrivant l\u2019olympe astral des Mayas.De superbes astronomes.Fureur touristique Les Européens paraissent plus impressionnés par les civilisations précolombiennes que par les plages.En réponse, le gouvernement mexicain \u2014 avec l\u2019appui de la Banque mondiale \u2014 a investi des sommes considérables pour restaurer les ruines.Chaque région du Mexique réclame son site archéologique ! Les archéologues s\u2019offusquent d\u2019une commercialisation précipitée.À Uxmal, par exemple, les célèbres nez du dieu Chac se sont drôlement multipliés, les ruines des murs des palais sont plus hauts, plus majestueux.À Chichen Itza, fief d\u2019un autre groupe de conquérants précolombiens, j\u2019ai vu des ouvriers édifier à la vapeur, sur un tas de terre, des pyramides peu historiques ! À Copan (au Honduras), je me suis indignée qu\u2019on coupe un arbre vieux de plus d\u2019un demi-millénaire, ayant fait son lit sur les ruines d\u2019une pyramide qu\u2019on a soigneusement retapée depuis ! Impressionner les touristes qui aiment l\u2019escalade, c\u2019est bon pour le commerce local.Hélas ! Beaucoup de sites archéologiques risquent de perdre cette ambiance mystérieuse, conduisant naturellement à la mé ditation devant de somptueux paysages.La médaille a aussi son envers : pour préserver les sites et les nombreux nouveaux musées sur place, on exerce une surveillance plus efficace.À la satisfaction des archéologues de toutes origines qui ne chôment pas au Mexique.On se rappelle avec effroi une époque pas si lointaine où les pilleurs de tombes descendaient en hélicoptère, armés de scies électriques, pour ravir l\u2019histoire ancienne en pièces des Amériques ! (1) Le président Ernesto Zedillo l\u2019a signalé le soir de l\u2019inauguration : cette exposition ouvre une étape dans la conquête de notre identité continentale.(1) L\u2019exposition Los Mayas se prolongera jusqu\u2019à la fin du mois de décembre.On peut même y suivre un cours d\u2019une semaine sur l\u2019archéologie et l\u2019histoire mayas.Pour ceux qui connaissent l\u2019espagnol, le catalogue est un volumineux ouvrage d\u2019art et d\u2019histoire vendu au prix de 65 $ environ.PHOTO AP Têtes mayas sculptées, en pierre et en céramique, présentées cet été dans un musée de Mexico.PHOTO AP Sculpture sur pierre illustrant un gouverneur (à d.) recevant un présent d\u2019une divinité maya.Cette oeuvre fait partie d\u2019une collection de 550 témoignages de la civilisation maya présentée dans un musée de Mexico. 7LP0902A0815 A9, dimanche, MONDE 7LP0901A0815 ZALLCALL 67 01:07:39 08/15/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 R A 9 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL Bush lance sa campagne en Iowa d\u2019après AFP AMES Le gouverneur républicain du Texas George Bush junior a été élu hier par des militants républicains meilleur candidat à la présidence américaine pour l\u2019an 2000 lors d\u2019un vote symbolique à Ames, a annoncé un responsable du parti républicain de l\u2019Iowa.Le milliardaire de l\u2019édition Steve Forbes, qui n\u2019a pas hésité à dépenser deux millions de dollars pour l\u2019occasion, est arrivé deuxième, selon la même source, et Elizabeth Dole troisième.Neuf des dix candidats républicains officiellement en course étaient venus solliciter les suffrages des 15 000 militants qui avaient au préalable payé 25 dollars pour glisser leur bulletin dans l\u2019urne, une manière de collecter des fonds pour la campagne.Pour ce sondage informel, pittoresque mais qui a valeur de coup d\u2019envoi de la course à la Maison- Blanche, l\u2019archi-favori George W.Bush avait affiché sans aucune honte sa confiance.« Je suis ici pour gagner », a déclaré le fils de l\u2019ancien président George Bush, qui avait commencé sa journée par une partie de pêche.M.Bush a annoncé à la mi-juillet qu\u2019il refusait des fonds fédéraux pour la campagne pour les élections primaires, ce qui lui permet de dépenser sans compter en usant de contributions privées.Il avait alors déjà recueilli 36 millions US en contributions privées pour son trésor de guerre, soit plus que tous les autres candidats républicains réunis.« Les motards pour Bush » ont également enfourché leur machine pour une chevauchée de la « victoire » à travers cette petite ville du centre des États-Unis.Des groupes de rock ou de gospel mais aussi les très populaires chanteurs de musique country étaient là pour faire le spectacle dans un village de tentes plantées aux abords du bureau de vote et entourées des volutes des fumées des barbecues.« Venez à notre tente.Nous vous offrirons un hamburger ou un hotdog (.) et s\u2019il vous plaît votez pour moi, pas pour celui qui vous servira », invitait ces derniers jours l\u2019ancien vice-président Dan Quayle en traversant l\u2019État.Autre candidat, le milliardaire de l\u2019édition Steve Forbes n\u2019a pas hésité à dépenser deux millions de dollars pour l\u2019occasion afin de tenter d\u2019être parmi les mieux placés à l\u2019issue du scrutin.Le départ de Bill Clinton, après deux mandats, et l\u2019apparente faiblesse de son vice-président Al Gore, ont largement contribué à aiguiser les appétits républicains.Le commentateur conservateur Pat Buchanan est de la partie pour sa troisième course à la présidentielle, mais aussi l\u2019activiste religieux Gary Bauer et l\u2019animateur de radio Alan Keyes espèrent qu\u2019une forte participation de leurs militants respectifs redonnera vie à des candidatures en mal de crédibilité.Elizabeth Dole a fait sensation quand elle lancé sa candidature pour être la première femme à devenir présidente des États-Unis, mais elle a depuis perdu de sa superbe et seul un bon résultat pourrait revigorer la campagne de l\u2019ancienne femme du challenger de Clinton en 96, Bob Dole.Seul le républicain John McCain, sénateur de l\u2019Arizona et ancien prisonnier au Vietnam, a préféré rester chez lui en vacances plutôt que de participer à ce qu\u2019il estime être un gaspillage de l\u2019argent de la campagne.CISJORDANIE Retrait en octobre n Israël a réaffirmé hier son intention de commencer à retirer ses troupes de Cisjordanie le 1er octobre peu avant le début d\u2019une nouvelle ronde de négociations israélo-palestiniennes consacrées au calendrier d\u2019application de l\u2019accord de Wye Plantation.Le premier ministre Ehud Barak a publié un communiqué indiquant qu\u2019il « avait donné pour instruction à l\u2019armée de se préparer pour une mise en application de l\u2019accord de Wye le 1er septembre, cela signifie que le transfert des territoires commencera le 1er octobre ».d\u2019après AFP DAGUESTAN La Russie accrochée n La promesse du nouveau premier ministre russe Vladimir Poutine de régler le problème du Daguestan en deux semaines risque de ne pas tenir.Une semaine après le début des combats contre les islamistes tchétchènes, les forces russes n\u2019ont pas repris les villages occupés et ont déjà perdu 14 hommes.Des bombardiers et hélicoptères de combat russes ont poursuivi hier leur pilonnage des positions rebelles dans la région de Botlikh.Les rebelles appartiennent pour la plupart à la mouvance wahhabite, un mouvement fondamentaliste souhaitant créer une République islamique dans la région.d\u2019après AP TAIWAN Bush va-t-en guerre n Le candidat républicain favori à la présidence américaine, George Bush junior, a affirmé hier dans une interview diffusée par la chaîne CNN qu\u2019il était prêt à recourir à la force pour défendre Taiwan contre une agression chinoise.« Notre position doit être très ferme lorsqu\u2019il s\u2019agit de Taiwan », a déclaré le gouverneur du Texas et fils de l\u2019ancien président George Bush.« Le président Clinton a commis une erreur en qualifiant la Chine de partenaire stratégique.Je pense qu\u2019il a envoyé le mauvais signal à la Chine en lui disant : si vous décidez d\u2019agresser Taiwan, nous n\u2019agirons pas nécessairement.Nous devons être forts et fermes », a-t-il conclu.d\u2019après AFP ÉGYPTE Journalistes condamnés n La justice égyptienne a prononcé hier sa plus lourde peine contre des journalistes en condamnant trois d\u2019entre eux à deux ans de prison ferme pour avoir accusé le ministre égyptien de l\u2019Agriculture, Youssef Wali, de « collaboration » avec Israël.La Cour d\u2019assises du Caire a condamné le rédacteur en chef du bi-hebdomadaire islamiste Al-Chaab, Magdi Ahmed Hussein, le journaliste Salah Bedewi et le caricaturiste Essam Hanafi à deux ans de prison ferme et à 20 000 livres égyptiennes (5750 $US) d\u2019amende chacun pour « diffamation ».Depuis début 1998, six journalistes ont ainsi été condamnés à des peines de prison pour diffamation.d\u2019après AFP AFGHANISTAN Renforts islamistes n Plusieurs milliers d\u2019islamistes en provenance du Pakistan arrivent en ce moment en Afghanistan où les talibans préparent une nouvelle offensive contre les forces de l\u2019opposition du commandant Ahmed Shah Massoud.Des sources religieuses dans le nordouest du Pakistan ont affirmé hier que plusieurs milliers d\u2019étudiants ont quitté les madrassas (écoles coraniques) de la région ces derniers jours pour renforcer la milice des talibans en difficulté ces dernières semaines face aux combattants de Massoud.Selon un expert militaire, ces nouveaux renforts \u2014 « sans doute des combattants inexpérimentés » \u2014 seront chargés de « tenir » les zones conquises afin de « permettre aux combattants talibans aguerris » de repartir à l\u2019assaut.d\u2019après AFP PHOTO AFP L\u2019allure confiante, le gouverneur du Texas, George Bush, porté par les sondages, a amorcé sa campagne hier en Iowa pour obtenir l\u2019investiture du Parti républicain en vue de l\u2019élection présidentielle en l\u2019an 2000.Risque de catastrophe écologique en Yougoslavie Contrebandiers «blindés» aux frontières italiennes d\u2019après AFP ROME Les forces de sécurité italiennes rencontrent depuis plusieurs semaines des problèmes croissants avec des contrebandiers pourvus de véhicules et de navires blindés.Le dernier incident en date a eu lieu hier dans la région de Bari (sud) lorsqu\u2019un convoi de véhicules blindés appartenant à des contrebandiers a éperonné une petite voiture avec à son bord trois femmes et un enfant, a-t-on appris de source policière.Les femmes se rendaient au travail empruntant une route que les contrebandiers ont également prise quelques minutes plus tard.Trouvant que la voiture conduite par une des femmes roulait trop lentement, les contrebandiers l\u2019ont purement et simplement poussée hors de la route.Cet épisode est le dernier d\u2019une série d\u2019incidents qui ont opposé récement des membres des forces de sécurité aux contrebandiers dans le sud de l\u2019Italie.Il y a une semaine environ, dans les Pouilles, des contrebandiers poursuivis par la police ont semé des clous sur leur chemin, provoquant une trentaine de sorties de route.Mercredi, c\u2019était une vedette des gardes-côtes italiens qui a été éperonnée par un bateau appartenant à des contrebandiers et dont la proue était renforcée par des plaques de métal.Sous le choc, la vedette des forces italiennes a eu la coque déchirée.Jeudi, un « combat à la voiture blindée » a opposé les contrebandiers aux forces de l\u2019ordre.Un convoi d\u2019une dizaine de voitures de contrebandiers, repéré par la police, a tenté de forcer le passage en envoyant une grosse voiture américaine blindée, ouvrir la route aux autres véhicules 4X4 des malfaiteurs.Deux voitures de la Guardia di Finanza (police financière), blindées elles aussi, ont été endommagées et une troisième complètement détruite.Depuis la fin de la guerre au Kosovo fin juin, le trafic en tout genre, mais surtout celui de cigarettes, a repris entre le Monténégro et l\u2019Albanie d\u2019une part, et l\u2019Italie de l\u2019autre.Fin juillet, un responsable de la police italienne indiquait que 10 à 12 vedettes chargées de cigarettes quittaient chaque nuit le Monténégro en direction des Pouilles.Ce trafic rapporte, selon la même source, entre 6 et 10 milliards de lires (entre 3 et 5 millions $US) par mois à chaque clan de contrebandiers.Pour le fisc italien le trafic de cigarettes représente un manque à gagner d\u2019environ 2 millards $ US), selon une récente estimation du ministère des Finances.Les contrebandiers s\u2019organisent de mieux en mieux et disposent de véhicules sophistiqués, généralement de puissantes 4X4 blindées qui ont également des vitres pare-balles et des pneus increvables.Pour faire face, les forces de l\u2019ordre italiennes ont été pourvues également de véhicules tout-terrain blindés et de munitions antiblindage pour leurs armes.d\u2019après AFP BELGRADE Une catastrophe écologique menace la Yougoslavie si des mesures ne sont pas prises d\u2019urgence pour remédier aux conséquences des bombardements de l\u2019OTAN, selon l\u2019organisation humanitaire Focus, citée hier par l\u2019agence indépendante Beta.Une équipe d\u2019experts de Focus, une association qui comprend des représentants de quatre pays (Russie, Autriche, Suisse et Grèce), a effectué une mission en Yougoslavie du 19 juillet au 12 août.Ces experts ont effectué « des analyses chimiques et radiologiques détaillées sur les sites qui ont subi les plus grands dégâts » du fait des bombardements de l\u2019OTAN, selon leur rapport préliminaire cité par Beta.Ils ont en particulier examiné les sites d\u2019usines chimiques, de raffineries, de dépôts d\u2019hydrocarbures et autres frappés par les avions de l\u2019OTAN à Belgrade, Pancevo, Novi Sad, Vranje, Kragujevac, Nis, Bor, Smederevo, Pristina.« Sur la base des résultats de ces analyses, l\u2019équipe d\u2019experts a conclu que la libération de substances extrêmement toxiques et cancérigènes avait eu pour résultat une très grave menace écologique sur le territoire de la Yougoslavie », indique le rapport.« Les conséquences écologiques les plus graves » sont dues, selon le rapport, aux bombardements du complexe industriel de Pancevo (près de Belgrade), de la raffinerie de Novi Sad, de dépôts d\u2019hydrocarbures à Smederevo et à Pristina, et de stations électriques à Nis et à Bo.Les experts de Focus recommandent « la reprise des activités des organisations internationales, et en particulier une mission humanitaire, afin d\u2019éviter une possible catastrophe écologique en Yougoslavie ».Selon Focus, « il est indispensable de prendre des mesures urgentes pour localiser toutes les zones contaminées » et pour empêcher le passage des substances toxiques dans les cours d\u2019eau et les zones habitées.Il faut aussi « dresser un plan pour le nettoyage complet des secteurs contaminés », indique le rapport.L\u2019organisation souligne que la pollution du Danube par les conséquences des bombardements menace aussi la Roumanie et la Bulgarie.Après une mission d\u2019une dizaine de jours dans le pays, une équipe d\u2019experts de l\u2019ONU avait déclaré fin juillet que, selon ses premières constatations, il n\u2019y avait pas de catastrophe écologique dans le pays.La mission de l\u2019ONU a en revanche trouvé des preuves de pollution « dangereuse » sur plusieurs sites industriels bombardés, selon son chef, le Finlandais Pekka Haavisto.Pour sa part, le Fonds mondial pour la protection de la nature (WWF) a appelé le 30 juillet à des mesures urgentes pour agir rapidement contre la pollution du Danube par des substances toxiques provenant d\u2019entreprises industrielles touchées par les frappes de l\u2019OTAN.Les Colombiens pleurent leur humoriste assassiné d\u2019après AP BOGOTA Au lendemain de l\u2019assassinat du plus célèbre humoriste politique du pays, des milliers de Colombiens bouleversés ont défilé hier devant le cercueil de Jaime Garzon, exposé au Capitole, en plein centre de la capitale Bogota.Garzon a été ensuite inhumé à l\u2019issue d\u2019une messe de funérailles dite en la cathédrale nationale de Bogota.Plusieurs organisations ont appelé à une marche pour la paix pour dénoncer la poursuite des violences commises par les groupes paramilitaires et les rebelles dans le pays.« Ils ont tué la plus belle chose au monde », se lamentait un admirateur de Garzon, Javier Saavedra, au milieu d\u2019une longue file de compatriotes qui traversait toute la place Bolivar et remontait les escaliers du Capitole jusqu\u2019au cercueil ouvert.« Cet homme était un symbole d\u2019honnêteté, de courage, de vérité.» Jaime Garzon, 40 ans, se rendait en voiture à la radio de Bogota Radionet où il travaillait lorsqu\u2019il a été assassiné par un tireur non identifié circulant en moto avec un complice.L\u2019humoriste, qui s\u2019était arrêté à un feu rouge, a été abattu de cinq balles dans la tête.L\u2019assassinat n\u2019a pas été revendiqué, mais les collègues de Jaime Garzon ont aussitôt soupçonné les milices paramilitaires d\u2019extrême droite.Garzon s\u2019était rendu célèbre par ses satires grinçantes d\u2019hommes politiques et autres personnalités en vue en Colombie.Il était également intervenu discrètement pour obtenir la libération d\u2019otages enlevés par les guérillas d\u2019extrême gauche.PHOTO AP L\u2019humoriste Jaime Garzon A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 AOÛT 1999 La personnalité de la semaine // n 'est pas de succès qui se mérite s'il n 'est construit sur l'excellence La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président liT éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef \\ 0- « Nos clients se regroupent et veulent avoir un fournisseur unique.Nous avons saisi l'occasion de faire reconnaître le Canada comme le leader dans un grand secteur industriel.Nous sommes dans la bonne voie, puisque nos concurrents directs tentent de nous imiter.» SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 15 août 1999 Jacques Bougie JEAN-PAUL SOULIÉ Au début de l'année 1999, Jacques Bougie, président et chef de la direction d'Alcan Aluminium, dirigeait une entreprise d'envergure internationale, qui comptait 39 000 employés sur les cinq continents, avec des usines et des bureaux de vente dans plus de 30 pays.Cette semaine, après l'annonce fracassante de fusion entre Alcan, Pechiney de France et Algroup de Suisse, un nouveau leader mondial, APA, vient de voir le jour dans l'industrie de l'aluminium et de l'emballage.La nouvelle entité, dont le siège social est à Montréal, totalisera 19 milliards de dollars US en valeurs boursières, au cours actuel, et générera des ventes de 21,6 milliards de dollars US, sur la base des résultat de l'année 1998 de ses trois composantes.À la tête d'APA, Jacques Bougie, 51 ans, chef de la direction, dirigera 91 000 employés, répartis dans 59 pays.La Presse salue la réussite du grand gestionnaire qu'est Jacques Bougie et le succès de l'opération de fusion qu'il a entreprise avec ses partenaires européens pour créer le plus grand groupe mondial de l'industrie de l'aluminium en le nommant Personnalité de la semaine.Dans le secteur de l'aluminium primaire, APA compte 11 mines de bauxite, 27 usines d'électrolyse sur cinq continents, 45 usines de laminés classiques, 24 autres usines de transformation, à quoi il faut ajouter 159 usines d'emballage souple et de spécialités.Premier producteur mondial d'aluminium primaire, APA sera aussi en tête sur les marchés de l'aéronautique, des transports, de l'automobile et de la canette, et domine largement le secteur des emballages pour les marchés de la pharmacie, l'alimentaire, l'hygiène et les produits de beauté.La naissance du nouveau géant industriel a été annoncée simultanément à Londres, Paris, Zurich et dans les principaux centres boursiers du monde.Le jour même, Jacques Bougie donnait une conférence de presse téléphonique destinée aux médias du Québec et du Canada.Le lendemain, il arrivait de Londres et convoquait une conférence de presse en début de matinée, à Montréal, ce qui lui permettait de sauter, avant midi, dans un avion pour Toronto où l'attendaient les journalistes économiques et financiers locaux et les représentants des investisseurs.Quelques heures plus tard, un autre avion emportera de Toronto à New York le nouveau grand patron d'APA, mais entre-temps, il aura eu des conversations téléphoniques avec le premier ministre du Québec, très intéressé par l'avenir d'Arvida, avec le premier ministre du Canada, pays dont il représente le plus international des fleurons industriels, et aussi avec leurs homologues de la Colombie-Britannique et du Manitoba.Jacques Bougie est né dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal.Son père était pharmacien.La famille compte quatre enfants, mais son père meurt alors qu'il n'a que huit ans.Il perdra aussi sa mère dix ans plus tard.Il a fait ses études au collège Saint-Laurent, puis en droit à l'Université de Montréal, et enfin il obtient un diplôme de l'École des hautes études commerciales.Très jeune, il travaille chez Burroughs, en informatique.Il commencera à travailler dans l'aluminium, plus précisément dans le métal primaire, à Beauharnois, en 1979, et grimpera tous les échelons, de la transformation à la commercialisation, jusqu'à devenir, toujours très jeune, chef de l'exploitation.Le 21 juin dernier, Jacques Bougie et son épouse ont fêté leurs 30 f i r j i j* ^ \u2022 ans de mariage.Pour le Le Chef fl£ ICI direction grand patron d'APA, c'est sans doute la chose - t.la plus importante au d APA dirigera monde.Sa famille compte beaucoup pour lui, son frère politicolo- QQQ employés, gue, son frère pharma- * * ' cien, sa soeur qui vit aux États-Unis, mais surtout sa fille Caroline-, 29 ans, qui possède une maîtrise en gestion des HEC et travaille pour Northern, et son fils, Jean-Marc, 26 ans, maîtrise en finance du Lon- don Business School, associé dans une banque d'affaires de Toronto.« Je ne peux pas demander mieux », dit Jacques Bougie, rayonnant.Considéré par ses pairs et ses collègues de travail comme un homme d'une rigueur extrême, ne laissant rien au hasard, méthodique, il possède aussi la faculté de communiquer son enthousiasme, et les journalistes qui l'on entendu parler de la fusion gigantesque à laquelle il vient de présider en ont été témoins.Raconté par Jacques Bougie, le monde des affaires, quand elles sont planétaires, n'est pas dépourvu de lyrisme.« Nos clients se regroupent et veulent avoir un fournisseur unique, dit-il.Nous avons saisi l'occasion de faire reconnaître le Canada comme le leader dans un grand secteur industriel.Nous sommes dans la bonne voie, puisque nos concurrents directs tentent de nous imiter.» répartis dans 59 pays.BANQUE NATIONALE Il faut penser autrement y loto-québec II Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.ALCAN K Hydro Québec Salu t :^ i Du lundi au vendredi de 6 h à 9 h Chaque lundi à 8 h 35, Guy Mongrain s'entretient avec la personnalité CEEEjZD* ^e la semaine.y TVA La réseau d'Ici x 73 "]
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