La presse, 22 septembre 1999, B. Politique
[" 3LP0102B0922 B1 mercredi 3LP0102B0922 ZALLCALL 67 00:55:41 09/22/99 B B Montréal, mercredi 22 septembre 1999 R ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE Toutes les options sont encore à l\u2019étude Lucien Bouchard n\u2019exclut même plus le projet «une île, une ville» MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC À peine trois mois après avoir opposé une fin de non-recevoir au projet « une île, une ville » du maire Bourque, Lucien Bouchard convient aujourd\u2019hui qu\u2019il mérite d\u2019être reconsidéré.Mais le premier ministre ne s\u2019en montre pas moins méfiant devant ce concept, tout « attrayant » soit-il.« À première vue, c\u2019est simple, c\u2019est attrayant », disait-il hier soir, à l\u2019entrée d\u2019un caucus spécial de l\u2019aile parlementaire de son parti, convoqué à la suite des sorties de certains députés contre la superstructure concoctée par la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel.« Mais le diable est dans les détails, comme nous le savons tous, ajoute du même souffle M.Bouchard.Alors, nous examinons présentement les aspects secondaires, qui ne sont pas si secondaires.Quand nous en aurons fini avec cet examen de toute la question, nous serons dans une meilleure position pour savoir si c\u2019est une option qui doit être retenue.» Malgré les tergiversations qui ont entouré jusqu\u2019à maintenant le projet de réorganisation municipale de Louise Harel, Lucien Bouchard se montre toujours déterminé à mener à bien une réforme « significative ».« Mon gouvernement a pris l\u2019engagement de faire cette réforme même si tous ceux qui ont essayé de la faire se sont cassé les dents jusqu\u2019à maintenant », dit-il.Mais sans se prononcer sur les options à l\u2019étude pour Montréal \u2014 de la superstructure Harel (ou conseil métropolitain) à la mégacité en passant par une communauté urbaine élargie \u2014, M.Bouchard a précisé que cette réforme devrait être « compréhensible » pour les citoyens et qu\u2019elle pourrait se faire « progressivement ».« On sait bien qu\u2019il n\u2019y aura jamais de consensus parfait dans ce dossier.Ce qui est important, c\u2019est qu\u2019on trouve une solution pour répondre aux intérêts des contribuables (.) Nous allons réussir, je n\u2019ai aucun doute là-dessus.Mais ce sera difficile.» Le premier ministre n\u2019a pas voulu s\u2019engager par ailleurs à renoncer pour l\u2019an prochain à une troisième ponction de 375 millions dans les municipalités, un des enjeux de la négociation qui vient de s\u2019engager avec les représentants des maires.« On verra ce qu\u2019il est possible de faire en terme de temps et de transition, dit-il.Vous savez, les municipalités ont des finances publiques bien meilleures que les nôtres.» Chose certaine, cette ponction ne sera pas effacée mais remplacée par des transferts de responsabilités, a indiqué M.Bouchard.La structure aux oubliettes Les députés du Parti québécois avaient rendez-vous hier soir à Québec pour laver leur linge sale en famille après l\u2019étalage public de récriminations suscité par les projets de superstructures de Mme Harel à Montréal et Québec.Après quatre heures de discussions, Louise Harel et le président du caucus, François Gendron, sont finalement sortis pour annoncer.la mise sur pied de trois nouveaux groupes de travail de députés, un pour la région de Montréal, un autre pour celle de Québec et un dernier pour le reste de la province.Les scénarios à l\u2019étude incluent toujours les superstructures, a affirmé Mme Harel.Mais le député de Marguerite-d\u2019Youville, François Beaulne, qui avait parti le bal de la contestation, a déclaré après le caucus que le conseil métropolitain de 74 municipalités avait été écarté.« C\u2019est mort et enterré, tel que ça avait été présenté et perçu, a-t-il expliqué.Le premier ministre l\u2019a confirmé lui-même.» Plus tôt dans la journée, le ministre responsable de la région de Québec, Paul Bégin, était sorti d\u2019un caucus régional des élus péquistes en rejetant à son tour la superstructure que Mme Harel réservait pour la Vieille Capitale et ses banlieues.Enfin, même si elle reconnaît que la présentation de son livre blanc, d\u2019abord annoncé pour la miaoût, attendra encore « quelques semaines », Mme Harel s\u2019est défendue de refaire le travail de la commission Bédard, qui a accouché ce printemps de 108 recommandations après neuf mois de consultation.« Une réforme, il faut y mettre du temps et du doigté, dit-elle.On me rappelle que Mme Payette, au moment de la réforme de l\u2019assurance- automobile, avait déposé 14 mémoires différents au Conseil des ministres.» Louise Harel reconnaît qu\u2019il faut du temps et du doigté pour mener à bien la réforme envisagée.Québec hésite à négocier un régime d\u2019assurance parentale bonifié Clauses discriminatoires: des amendements envisagés L\u2019abolition de ces clauses occasionnerait jusqu\u2019à 3800 pertes d\u2019emplois, selon une étude du Travail KATIA GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC S\u2019il n\u2019a pas un appui extrêmement solide de la part de tous ses partenaires, tant patronaux que syndicaux, le gouvernement Bouchard pourrait carrément abandonner la négociation d\u2019un nouveau régime d\u2019assurance parentale bonifié, comme le premier ministre s\u2019y était pourtant engagé en campagne électorale.Pas question que Québec répète l\u2019expérience malheureuse de la négociation avec le gouvernement fédéral sur ce nouveau régime \u2014 qui a lamentablement échoué au printemps 1997 \u2014 sans avoir une « coalition solide » de partenaires derrière lui, a indiqué hier la ministre déléguée à la Famille, Nicole Léger, qui accordait une entrevue à La Presse.Mme Léger cite le consensus observé, il y a deux ans, en faveur des commissions scolaires linguistiques.« On ne retournera pas au fédéral sans avoir une coalition solide.Le programme touche des employeurs, des travailleurs : il faut que tout le monde ait le goût de s\u2019embarquer », dit-elle.« Si on se retrouve avec la moitié du monde qui n\u2019en veut pas, je n\u2019irai pas me battre pour ça.Il faut que tout le monde soit derrière ce programme », ajoute la ministre.La consultation entreprise par Mme Léger se terminera dans deux semaines.Et si, à l\u2019issue de cette tournée, le gouvernement juge que cette coalition manque de solidité, « on n\u2019ira pas à Ottawa », tranche résolument Mme Léger.« Cette coalition de tous les partenaires est absolument fondamentale.C\u2019est une condition inévitable.Sinon, on n\u2019y va pas », répètet- elle.Au printemps 1997, le gouvernement Bouchard annonçait en grande pompe la mise sur pied d\u2019un nouveau régime d\u2019assurance parentale, plus généreux que celui du fédéral.Le futur régime québécois accorderait dix semaines de plus en congé aux parents, ne comporterait plus de délai de carence de deux semaines et rembourserait 75 % du salaire des bénéficiaire jusqu\u2019à concurrence de 50 000 $, avait promis le premier ministre Bouchard.Le premier ministre a par la suite réitéré cet engagement en campagne électorale.Le hic, c\u2019est que le programme québécois compte essentiellement sur des fonds fédéraux, une part des prestations que les Québécois versent à la caisse d\u2019assurance-emploi.Au printemps 1997, après quelques mois de négociation et un écart de 174 millions entre les offres fédérales et les demandes de Québec, les pourparlers achoppaient.Et Québec est visiblement encore échaudé par cette expérience : « On a appris de la dernière fois.Alors là, on va retourner correctement et avec la force qu\u2019il faut », dit Mme Léger, notant qu\u2019il y a deux ans, « la coalition n\u2019était pas assez forte ».Dans l\u2019immédiat, la ministre Léger se concentre plutôt sur le « virage famille » qu\u2019elle veut imprimer à l\u2019ensemble de l\u2019appareil gouvernemental.« Il y aura plusieurs ministères interpellés.Le ministère de la Santé, par exemple.Pourquoi les campagnes de vaccination de nos tout-petits ne se font-ils pas dans les Centres à la petite enfance ?», se demande la ministre.Autre exemple : la Direction de la protection de la jeunesse pourrait profiter des services des CPE pour soutenir les parents débordés, plutôt que de placer les tout-petits en famille d\u2019accueil.Sur le terrain, le ministère de la Famille veut aussi aider les municipalités, par exemple, à offrir davantage d\u2019activités aux enfants et aux adolescents.La ministre voudrait offrir aux parents un crédit d\u2019impôt maximum de 2000 $ pour les activités parascolaires auxquelles leurs enfants participent (cours de danse, activités sportives).« Ça encouragerait les municipalités à offrir des services aux familles.Et ce serait un atout pour les familles québécoises puisqu\u2019on les encouragerait dans les activités parascolaires de leurs enfants », souligne Mme Léger.DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Le gouvernement Bouchard envisage déjà des amendements au projet de loi, à peine déposé, sur les « clauses discriminatoires », dont la disparition aurait un impact néfaste sur l\u2019emploi, selon une étude du ministère du Travail.L\u2019étude portant sur l\u2019impact prévisible de l\u2019abolition de ces clauses discriminatoires \u2014 qui permettent actuellement une double échelle salariale basée sur la date d\u2019embauche \u2014 estime à 3800 les « pertes d\u2019emplois potentielles », dont la majorité (2650) toucherait le secteur municipal et le commerce de détail.En tenant compte des déplacements d\u2019emploi, des exceptions prévues dans le projet de loi et des ajustements prévisibles, le nombre d\u2019emplois disparus risque quand même d\u2019atteindre le millier.Dans l\u2019alimentation, la disparition des doubles paliers pour les jeunes employés risque, selon l\u2019étude gouvernementale, de forcer des détaillants à fermer leurs portes \u2014 ce qui vient confirmer les craintes exprimées par ce groupe.Cela laissera une plus large part de marché aux compétiteurs, mais parce que ceux-ci devront demeurer compétitifs, les nouveaux emplois seront forcément rémunérés à des taux moindres, poursuit l\u2019étude, menée conjointement par les ministères du Travail, de l\u2019Industrie et de la Solidarité sociale.En outre, sans pouvoir l\u2019évaluer, on souligne que l\u2019existence d\u2019une loi proscrivant ces dispositions aura un impact sur l\u2019investissement.Hier dès l\u2019ouverture de la Commission parlementaire, qui pendant cinq jours entendra des groupes sur le projet de loi 67, la ministre Diane Lemieux semblait avoir prêté une oreille attentive aux doléances des employeurs qui, la veille, réclamaient l\u2019abandon pur et simple du projet.En revanche, les fonctionnaires relèvent que dans les secteurs scrutés, la mise en place de clauses discriminatoires a coûté cher aux jeunes.Dans le secteur municipal, on parle d\u2019un écart moyen de 5380 $ par année entre l\u2019échelle des vétérans et celle des nouveaux embauchés ; dans les manufactures, on parle de 3300 $ d\u2019écart et de 2400 $ dans l\u2019alimentation.Diane Lemieux Se disant réceptive à « des modifications », elle promettait de « préserver la souplesse indispensable aux entrepreneurs québ é c o i s » .« Comme ministre du Travail, je me dois de préserver la capacité concurrentielle des entreprises québécoises », a-telle tranché.« Il y a un risque de pertes d\u2019emplois, il faut en être tous conscients », a-t-elle ajouté.Sur l\u2019étude, la ministre Lemieux a souligné qu\u2019il s\u2019agissait de scénarios très pessimistes.« Il faut parer le coup et tenter d\u2019éviter le plus possible ces disparitions d\u2019emplois.» Pour François Rebello, dugroupe Force Jeunesse, il faut « prendre avec un gros grain de sel » les conclusions « boiteuses » du ministère.Les auteurs ont posé comme postulat que les entreprises ne peuvent pas rogner leurs profits, et que l\u2019ensemble des salariés ne peut pas accepter une diminution de salaire pour permettre de respecter l\u2019équité à l\u2019endroit des jeunes.Selon Daniel Baril, de la Fédération étudiante universitaire du Québec, avec un projet de loi truffé d\u2019exceptions, « le gouvernement n\u2019a pas vraiment mis ses culottes ».Pour la coalition des groupes de jeunes, les délais, les exceptions et même la « clause crépusculaire » qui fait que la loi n\u2019existera plus à compter de 2005 « ont dénaturé l\u2019esprit du projet de loi ».Les jeunes du Parti québécois ont réclamé un projet de loi avec plus de dents.Ils veulent qu\u2019il interdise même l\u2019ajout d\u2019échelons salariaux vers le bas, ce que permet le projet actuel, à condition que tous les employés puissent à un moment donné atteindre le même niveau.En outre, ils réclament aussi que cette loi soit permanente; actuellement on prévoit qu\u2019elle deviendra obsolète fin décembre 2004.« Il y a des choses qui peuvent se corriger », a déclaré Mme Lemieux aux journalistes.Le projet de loi l\u2019a déçue sous certains aspects, convenait-elle en commission parlementaire.PHOTO PC Nicole Léger, ministre déléguée à la Famille.2781153 3LP0201B0922 b2-edito-mercredi 3LP0201B0922 ZALLCALL 67 00:45:07 09/22/99 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR CLAUDEMASSON ÉDITEUR ADJOINT MARCELDESJARDINS DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Des drapeaux de trop Une des nombreuses chicanes de drapeaux que nous imposent nos politiciens, tant fédéraux que provinciaux, vient de mourir de sa belle mort, sans effusion de sang.La ministre du Patrimoine, Mme Sheila Copps, a fort heureusement abandonné l\u2019idée de forcer les éditeurs à imprimer l\u2019unifolié sur les livres qui ont bénéficié de subventions fédérales.Ce projet répondait sans doute à plusieurs motivations.D\u2019abord, le marketing qui amène les organismes subventionnaires, publics ou privés, à faire connaître leur intervention par l\u2019apposition de logos.Ensuite, une forme de patriotisme primaire qui a poussé la ministre, on le sait, à valoriser l\u2019utilisation de l\u2019unifolié.Enfin, la guéguerre fédérale- provinciale qui amène les belligérants à multiplier les escarmouches préréférendaires et à vouloir marquer leur territoire ; l\u2019équivalent politique de ce que bien des animaux domestiques font de la façon que l\u2019on sait.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca S\u2019il est un endroit où ce genre de patriotisme primaire est à bannir, c\u2019est bien dans le monde de l\u2019édition.Imposer des symboles gouvernementaux aux éditeurs, c\u2019est risquer que ces logos soient perçus comme une forme d\u2019imprimatur étatique aux relents soviétiques.Cela heurte la volonté légitime des auteurs et des éditeurs à marquer leur absolue indépendance.La tentation doit être puissante, puisque le Québec a lui aussi tenté d\u2019imposer sa fleur-de-lys, pour cependant reculer plus rapidement que le fédéral devant le tollé du monde du livre.Mais, au-delà de son caractère un peu ridicule, cette offensive patriotique soulève une autre question, bien plus profonde.En voulant partager de force son amour de l\u2019unifolié, la ministre Copps se retrouve à imposer aux Québécois un mode d\u2019expression de leur identité qui n\u2019est pas la leur.Les Québécois, différents par leur langue et leur culture, le sont aussi par le sens d\u2019appartenir à une nation, qui les mène à définir leurs liens avec le Canada d\u2019une façon bien différente des autres Canadiens.Il est clair, qu\u2019au Québec, les manifestations de nationalisme primaire prennent d\u2019autres formes.Les Québécois célébreront d\u2019abord leur appartenance au Québec avec les symboles extérieurs qui s\u2019y rattachent, notamment le fleurdelysé.C\u2019est tout aussi vrai pour les francophones fédéralistes.Le drapeau canadien n\u2019a pas la même signification et la même résonnance au Québec que, par exemple, en Alberta.L\u2019enthousiasme de Mme Copps a ainsi des connotations politiques au Québec dont elle doit tenir compte.Il reflète également une volonté d\u2019uniformiser d\u2019un océan à l\u2019autre le sentiment d\u2019appartenance et les émotions pour l\u2019exprimer ; c\u2019est une négation de la dualité et un non respect de la différence.Ainsi, chaque fois qu\u2019elle impose ses drapeaux, non seulement Mme Copps risque-t-elle de provoquer l\u2019irritation, mais bien plus, elle coupe l\u2019herbe sous les pieds de ceux qui, au Québec, croient qu\u2019il est possible d\u2019être à la fois Québécois et Canadien, et qu\u2019il est possible de vivre cette double identité.Cela est d\u2019autant plus étonnant que la ministre Copps elle-même, dans une entrevue qu\u2019elle accordait lundi à La Presse, exprimait une vision bien plus nuancée de la réalité québécoise, qu\u2019elle qualifiait de « société culturellement distincte ».« C\u2019est évident que la société québécoise est distincte culturellement, c\u2019est ce qui fait la force du Québec », ajoutait-elle.« Si je pouvauis prêter un peu de la fierté des Québécois au reste du pays.» On ne peut à la fois, glorifier cette différence culturelle et tenter en même temps de la raboter.DROITS RÉSERVÉS serge.chapleau@lapresse.ca La machine à voter Grosse innovation ! Une toute nouvelle « machine à voter » sera mise à l\u2019essai dans deux villes du Québec, La Prairie et Rivière-du-Loup, aux élections municipales de novembre prochain.Si tout va bien, on pourrait alors envisager d\u2019étendre cette formule aux autres scrutins de façon à ce que cette procédure entre dans les moeurs.Pierre Gravel pgravel@lapresse.ca Il faut noter qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019un processus complet, c\u2019est-à-dire d\u2019un écran, semblable à celui d\u2019un guichet automatique, sur lequel chaque électeur indiquera son choix sans avoir à utiliser le traditionnel bulletin de vote.Et, bien sûr, d\u2019une compilation automatique et quasi instantanée qui permettra de connaître tous les résultats dans les minutes suivant la fermeture des bureaux de scrutin.Cette dernière étape n\u2019a rien de très innovateur dans la mesure où, depuis cinq ans, dans plusieurs villes du Québec et ailleurs dans le monde \u2014 dont le Brésil où son usage est maintenant bien implanté \u2014 on a souvent utilisé ce qu\u2019on a appelé des « urnes électroniques » qui comptent automatiquement les bulletins remplis à la main par les électeurs.En réalité, ce qui devrait véritablement retenir l\u2019attention dans cette annonce, ce n\u2019est pas qu\u2019on tentera cette expérience.C\u2019est qu\u2019on n\u2019en soit encore qu\u2019à cette étape d\u2019un processus qui pourrait être beaucoup plus avancé.Mais il se trouve que, en ce qui a trait à l\u2019utilisation de ces appareils électroniques dans le processus électoral, les réticences sont fort nombreuses.Les craintes les plus fréquemment évoquées sont la confidentialité du vote, qui serait moins garantie par ces appareils, et les problèmes posés par l\u2019absence de bulletins pouvant être recomptés en cas de contestation des résultats.Il reste qu\u2019il est assez troublant qu\u2019à une époque où règne en maître tout ce qui touche de près ou de loin au multimédia ou au monde de la technologie, la seule évocation du recours éventuel à une « machine à voter » provoque au mieux du scepticisme.Quand ce n\u2019est pas carrément de la méfiance ou une opposition viscérale.Avec le résultat que, dans une société où il reste de moins en moins de domaines qui ne soient pas, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, tributaires de l\u2019informatique, le choix des élus et, ultimement, la constitution des gouvernements se fassent encore à partir d\u2019un procédé qui était en usage il y plus de cent ans.Ce ne sont pourtant pas les ressources techniques qui manquent ni la compétence et l\u2019expérience pour que ce processus de base de la démocratie s\u2019effectue de façon moins artisanale.Sans compter, si on en croit les expériences passées et à condition d\u2019accepter quelques changements au processus lui-même \u2014 comme les heures de votation, l\u2019emplacement des bureaux de vote, la simultanéité de l\u2019exercice, etc.\u2014 que les coûts engendrés par l\u2019acquisition et la gestion de ces équipements peuvent être assez rapidement absorbés par la diminution des frais reliés au nombre actuel de locaux, au temps requis pour voter et compter les résultats, au personnel de chaque bureau de scrutin, à l\u2019impression des documents, etc.Il faut souhaiter que le Directeur des élections aura le feu vert pour accélérer le processus et faire la démonstration aux plus méfiants que toutes les précautions ont été prises pour assurer la rigueur de l\u2019exercice.Car il semble évident que, si on n\u2019arrête pas le progrès, la tentation reste grande chez bien des gens, en dépit \u2014 ou à cause \u2014 de l\u2019accélération des changements qui surviennent un peu partout, de ralentir sa marche.LA BOÎTE AUX LETTRES edito@lapresse.ca La mesquinerie pour masquer la faiblesse des arguments Sincères remerciements n Je désire m\u2019adresser ici à tous ceux qui nous ont offert des témoignages de sympathie lors du décès de mon père, Jean Drapeau.Je pense particulièrement à ceux qui l\u2019ont fait dans leurs mots, ceux qui Jean Drapeau l\u2019ont exprimé par leur présence à l\u2019hôtel de ville, à la basilique Notre-Dame ou tout au long du cortège funèbre.Sans oublier ceux qui n\u2019ont pu être présents, qui n\u2019ont pu se manifester à nous d\u2019une quelconque façon mais qui, devant leur écran de télévision ou tout simplement dans le fond de leur coeur, ont eu une pensée pour sa mémoire.Chacun de vous, je tiens à vous remercier très sincèrement.Veuillez croire que vous nous avez touchés et réconfortés durant ces pénibles moments.Qu\u2019il repose maintenant en Paix ! Pierre DRAPEAU Gamin enflammé ?n Je désire réagir à l\u2019opinion de Claude Jasmin parue dans La Presse d\u2019hier sous le titre « Adieu référendum ! » Claude Jasmin s\u2019exprime bien, comme l\u2019écrivain qu\u2019il est, mais la teneur de son discours est celle d\u2019un gamin enflammé qui confond encore rêves et réalités.Ainsi, il trouve acceptable que les péquistes puissent faire la séparation s\u2019ils décrochent la majorité des sièges à une élection.Le fait qu\u2019ils puissent gagner une telle élection avec seulement 40 % des votes ne semble pas le déranger pourvu que son envie soit satisfaite.Que les péquistes se retrouvent dans l\u2019opposition ne lui déplairait pas non plus : au moins là, ils n\u2019auraient plus à composer avec les exigences de la réalité et pourraient sans risque donner libre cour à leurs rêves les plus déconnectés.Yves CAMPAGNA Gatineau Je m\u2019accuse et me confesse.n Dans un mauvais rêve, je m\u2019accusais à Dieu Montréal.Voici cette confession.Je m\u2019accuse, oh ! Mon Père, d\u2019être né dans les Laurentides, d\u2019un père originaire de Rimouski et d\u2019une mère née à Sainte-Adèle et de n\u2019avoir jamais habité Montréal et de ne pas y travailler.Je me confesse, oh ! Mon Dieu, d\u2019avoir étudié à Montréal dans des immeubles payés par les impôts de tous les Québécois, d\u2019avoir visité le Stade olympique, le stade Jarry, le Biodôme, le Jardin botanique et d\u2019avoir payé mon droit d\u2019entrée au même titre que n\u2019importe quel touriste américain, européen ou asiatique, sans compter qu\u2019une part de mes impôts y contribue.Je me confesse d\u2019avoir utilisé, pour me rendre à Montréal, des ponts payés par les impôts de tous les Québécois (Canadiens dans certains cas), d\u2019avoir dépensé de mon argent dans des commerces de Montréal qui paient des taxes foncières, spéciales et d\u2019affaires à Montréal.Quant à l\u2019usage de leurs rues, oh ! Mon Dieu, j\u2019espère que les Montréalais ne m\u2019en voudront pas, car ils utilisent les nôtres régulièrement, les week-ends, pour aller se récréer.Pour ces péchés, oh ! Mon Père, j\u2019espère que ma punition ne sera pas de devenir montréalais.Ils sont, je crois, déjà assez nombreux à se disputer mes impôts et je ne voudrais pas qu\u2019ils se disputent aussi mes taxes.Si vous voulez, je réciterai plutôt quelques « Notre Maire » et deux, trois « Je vous salue Louise ».Alain ROY Sainte-Anne-des-Plaines Rien de nouveau sous le soleil n À l\u2019aube du nouveau millénaire, rien de va plus.Où ?Au Timor, en ex-Yougoslavie, en Russie avec les attentats à la bombe et même chez nos voisins américains.La cible, ce sont nos enfants.Oui, autrefois, les victimes des guerres et des tueries étaient des soldats, des adultes.Plus maintenant.Ces dix dernières années, les guerres ont estropié et tué beaucoup plus d\u2019enfants que de soldats.Durant la même période, environ deux millions d\u2019enfants sont morts dans des guerres, lit-on dans dans un rapport de l\u2019UNICEF.Ce sont les chiffres de la honte, le siècle de la honte, les parents de la honte, la société de la honte.Demain, on dira encore : « Rien de nouveau sous le soleil.» J.R.TREMBLAY Mont-Royal N.B.n La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L\u2019auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boîte aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.Les textes peuvent également être acheminés par fax au 285-4816 ou par email à l\u2019adresse: edito@lapresse.ca CLAUDE CASTONGUAY L\u2019auteur a été ministre de la Santé et des Affaires sociales dans le premier gouvernement de Robert Bourassa.M.André-Pierre Contandriopoulos, département d\u2019administration de la santé, Université de Montréal, Dans un article publié dans La Presse du 18 septembre, vous affirmez que mes positions en matière de santé s\u2019expliqueraient par le fait que j\u2019aurais des intérêts croisés pas très explicites.Selon vous, mes stratégies seraient celles de quelqu\u2019un qui travaillerait à étendre le marché d\u2019un certain nombre de compagnies d\u2019assurances.Pour un professeur qui est supposé faire preuve d\u2019objectivité, ces insinuations de votre part me surprennent et me déçoivent.Puis-je vous rappeler qu\u2019en 1970 je n\u2019ai pas hésité à Claude Castonguay enlever la couverture des soins médicaux aux assureurs privés, lors de l\u2019instauration de l\u2019assurance-maladie.Puis-je vous rappeler également qu\u2019en 1995 j\u2019ai recommandé publiquement au ministre de la Santé de confier à la Régie de l\u2019assurancemaladie, plutôt qu\u2019aux assureurs privés, la couverture des médicaments pour le million et demi de personnes qui ne détenaient aucune assurance-médicament.Sachez enfin que je n\u2019ai aucune raison de protéger les compagnies d\u2019assurances dans lesquelles je n\u2019ai aucun intérêt.Le seul but que je poursuis, c\u2019est de contribuer à la recherche de solutions efficaces aux problèmes majeurs qui confrontent notre système de santé au lieu de maintenir, comme vous, un position idéologique d\u2019inspiration socialiste sans égard à la réalité.Monsieur le professeur, vous devriez savoir que celui qui s\u2019en prend de façon mesquine à la crédibilité d\u2019un interlocutur dans un débat démontre sa faiblesse et son manque d\u2019arguments valables.En terminant, j\u2019aimerais savoir ce qui vous autorise à mettre en doute la crédibilité de vos interlocuteurs. 3LP0301B0922 b3-edito-mercredi 3LP0301B0922 ZALLCALL 67 00:42:49 09/22/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 B 3 Opinions Controverse autour d\u2019un poème La décision de l\u2019UNEQ de contester le choix de la Ville de Montréal quant au poème qui a été reproduit sur un mur de briques de la place Gérald-Godin, coin Rivard et Mont-Royal, a fait réagir notre collègue Nathalie Petrowski, dans sa chronique de jeudi dernier.Ci-dessous, nous reproduisons la lettre qui a été envoyée à la Ville de Montréal par l\u2019UNEQ, le poème contesté ainsi que l\u2019autre poème qu\u2019aurait préféré l\u2019UNEQ, et la lettre que la présidente de l\u2019UNEQ a fait parvenir à Nathalie Petrowski.Un constat d\u2019échec?Questionner fait partie des règles du jeu FRANÇOIS CHARRON L\u2019auteur est poète et membre du conseil d\u2019administration de l\u2019UNEQ.Ont cosigné le texte : Denise Boucher, présidente de l\u2019UNEQ, Joël Des Rosiers, vice-président, David Homel, secrétaire-trésorier ; Stéphane Despatie, administrateur ; Guy Marchamps, administrateur ; Danielle Roger, administratrice.Madame Francine Lord, Commissaire à l\u2019art public, Service de la culture de la Ville de Montréal, Si l\u2019Union des écrivaines et écrivains québécois se réjouit de l\u2019initiative prise par la Ville de Montréal de consacrer une place publique à la mémoire d\u2019un de nos poètes récemment disparu, elle ne peut cependant passer sous silence son profond désaccord quant au texte choisi pour en témoigner.Ce poème, pris hors contexte, donne l\u2019impression d\u2019un constat d\u2019échec et renoue ainsi avec l\u2019attitude résignée de la vieille mentalité canadienne-française.De plus, dans une forme littéraire incolore, les inquiétudes du politicien l\u2019emportent sur l\u2019indiscipline joyeuse du poète populaire.Résolument tourné vers l\u2019émotion du quotidien, le langage sensible et coloré de Gérald Godin nous signale avant tout le caractère d\u2019affirmation qui donne à notre langue sa vibrante dignitié humaine.À l\u2019intérieur d\u2019un Québec moderne, ouvert, pluriel, sans complexe, sa parole à la fois tendre et emportée nous invite à célébrer l\u2019amour de la vie à même les élans de la passion et les débordements de l\u2019imaginaire.Par rapport à une telle force d\u2019émancipation, l\u2019ambiguïté du poème Tango à Montréal ne représente en rien l\u2019esprit de liberté qui a toujours animé le désir de brûler d\u2019un tel homme, bien au contraire ! Voilà pourquoi nous croyons nécessaire de rectifier ce choix si nous ne voulons pas qu\u2019il devienne une gênante et permanente bévue venant ternir la réputation du poète.Afin de rendre justice à la soif de bonheur et de fraternité de Gérald Godin, il nous apparaît essentiel d\u2019opter pour un propos en harmonie avec la lucidité courageuse qui se dégage de l\u2019ensemble de son travail.En ce sens, le poème Portrait de mes amis, tiré de Sarzènes, exprime la volonté de partage nettement plus significative.Il serait malheureux d\u2019utiliser le nom de Gérald Godin comme simple accessoire au service d\u2019un montage visuel, laissant ainsi le vacarme du spectaculaire assourdir le message d\u2019intensité vécue que nous livre sa parole insoumise.Il y va de la possibilité d\u2019entrevoir le monde tel que nos meilleurs écrivains le réclament : un espace de changement où le respect des différences en appelle aux imprévisibles émerveillements du rêve et aux transfigurantes audaces de l\u2019action.Nous demeurons convaincus que vous saurez tenir compte du point de vue professionnel de l\u2019UNEQ dans cette affaire, et que votre décision sera rapidement modifiée.DENISE BOUCHER L\u2019auteure est présidente de l\u2019UNEQ.Chère Nathalie Petrowski, Vous lisant dans le journal d\u2019aujourd\u2019hui, je me demande au nom de quel principe nous aurions à abdiquer nos libertés de contester le choix du poème de Gérald Godin pour la murale du métro Mont-Royal.Dans notre société, on peut questionner un choix et l\u2019identité des personnes qui le firent, et questionner fait partie des règles du jeu.Notre désaccord n\u2019implique ni violence ni censure.Il dit le désaccord.La comparaison que vous utilisez, en mettant en parallèle l\u2019UNEQ et l\u2019Albanie d\u2019une certaine époque, manque de justesse.Ce manque est plus blessant pour votre intégrité que pour la nôtre.J\u2019ai été une amie de Godin et souvent il m\u2019a fait lire ses manuscrits avant de les publier, et j\u2019ai discuté avec lui de ses poèmes.Alors, si je me permets quelques exigences pour son oeuvre, je sais de quoi et de qui je parle.Quant au rôle de l\u2019UNEQ, dont vous êtes membre, sachez, si cela a échappé à votre oeil, qu\u2019il est multiple.Votre société, en page cinq de ses statuts et règlements, doit, entre autres: Représenter les écrivains; Promouvoir leurs intérêts professionnels, moraux et économiques; Représenter les écrivains auprès des pouvoirs publics; Offrir à ses membres des services administratifs, juridiques et de relations avec le public; Maintenir des relations avec les autres groupements d\u2019écrivains et favoriser les échanges internationaux.Voilà cinq des treize objets de notre association qui expliquent clairement le pourquoi de notre lettre adressée à la Ville de Montréal.Votre équation « l\u2019UNEQ non invitée au jury de la Ville se venge » ne tient donc pas la route.Faut-il vous rappeler qu\u2019en démocratie chacun et chacune a le droit d\u2019être jugée par ses pairs.Voilà pourquoi nous revendiquons toujours une présence pertinente dans tous les lieux où la littérature est en jeu.PHOTOTHÈQUE, La Presse Gérald Godin PORTRAIT DE MES AMIS - Au général Morpione TANGO DE MONTRÉAL Sept heures et demi du matin métro de Montréal c\u2019est plein d\u2019immigrants ça se lève de bonne heure ce monde-là le vieux coeur de la ville battrait-il donc encore grâce à eux ce vieux coeur usé de la ville avec ses spasmes ses embolies ses souffles au coeur et tous ses défauts et toutes les raisons du monde qu\u2019il aurait de s\u2019arrêter de renoncer C\u2019était une génération de produits hautement inflammables hommes d\u2019amadou hommes d\u2019attisée hommes en fagots ils ne demandent qu\u2019à brûler abandonnés parfois pour une fin de semaine on entend crépiter leur coeur sur les tables de chez Harry ils se consumaient d\u2019amour en d\u2019interminables incendies ils n\u2019avaient plus de larmes ils n\u2019avaient plus de hargne ils n\u2019avaient plus que les sursauts de leurs années en lambeaux pour tout coeur souvent ils n\u2019avaient que braises et pour tout souvenir que cendres mais ils sont prêts à tout recommencer dès la prochaine poudrée Écarter la question référendaire pour débloquer la société CHARLES HALARY L\u2019auteur est professeur de sociologie.Le monde de l\u2019informatique pourrait suggérer aux membres du Parti québécois une question de ce genre : êtes-vous sûr de vouloir faire du Québec un État indépendant ?Rien de plus simple.Quand on veut supprimer un dossier, le programme de l\u2019ordinateur vous demande : êtes vous sûr de vouloir faire cela ?Cette question s\u2019adresserait surtout à la forte minorité qui a dit deux fois OUI.C\u2019est un mode interrogatif qui se justifierait après deux référendums négatifs.À 50 % + 1, le Québec prendrait congé du Canada.Ensuite, comme disait Jacques Parizeau : « Tout est possible.» Mais personne ne peut dire que la population souhaite aller dans ce sens.Tout indique le contraire.Pour ceux qui sont sûrs de ce contraire, la préparation est tellement au point qu\u2019on regrette presque de ne pas avoir de référendum.Le ministre Dion est tout à fait certain de son fait et il a raison.Mais son collègue de Parlement et de conviction fédéraliste, le chef de l\u2019opposition Manning, lui conseille d\u2019avoir le triomphe plus modeste (donc moins académique) de peur de réveiller les esprits souverainistes tapis au fond de chaque Québécois francophone.Des deux côtés, il va falloir savoir terminer en beauté la saga référendaire.Si le Parti québécois remet sa menace séparatiste aux calendes grecques, il perd ses militants et sa raison d\u2019être.Or, il ne doit son existence qu\u2019à la crédibilité de cette menace.Autre facteur de blocage : le maintien de Jean Chrétien à la direction du Parti libéral et sa prochaine candidature aux élections fédérales seraient renforcées par un référendum renvoyé à 2002 ou plus tard.La théorie des équilibres que Pierre Trudeau avait empruntée à Lord Acton se vérifierait donc à nouveau, par inertie.Elle s\u2019énonce ainsi : le Canada est fondé sur deux nations, mais l\u2019État canadien doit les englober pour construire plus tard un nouvel ensemble qui en fait un acteur important sur la scène mondiale et un exemple à suivre.Toujours selon cette théorie, la possibilité de créer un État-nation au Québec est très forte mais cela indiquerait un manque d\u2019ambition politique.De plus, la réussite du projet indépendantiste jetterait le Canada anglophone dans le giron états-unien.Or, plus tard, cela réduirait de manière significative l\u2019influence de la langue française en Amérique du Nord et ne donnerait que des moyens dérisoires aux dirigeants québécois pour négocier seuls avec Washington un peu mieux que le Costa-Rica.Cette théorie fédéraliste de l\u2019équilibre exige néanmoins qu\u2019un parti politique souverainiste existe au Québec.Sinon aucune fusion à haut niveau confédéral ne serait envisageable entre deux entités.Or, d\u2019ici la fin de son mandat, Lucien Bouchard sait qu\u2019un référendum gagnant est impossible.Par conséquent, il doit officiellement l\u2019abandonner à un moment opportun et le proposer aux militants au cours du prochain mandat.Ainsi les choses seraient claires.Pas de référendum à combattre pour l\u2019actuel gouvernement de Jean Chrétien et une ouverture pour d\u2019autres candidatures que la sienne dont celle de Paul Martin.Même chose du côté du Parti québécois, Lucien Bouchard pourrait céder la place à Bernard Landry ou à un improbable plus jeune leader et Jean Charest se préparerait à former une équipe pour diriger le Québec en 2002.Le toujours jeune leader de l\u2019Action démocratique pourrait sauter dans un des deux trains, chemin faisant.Tout cela rendrait la vie politique des francophones pas trop désagréable.Le gel des capacités francophones de gestion de l\u2019État fédéral au sein du Bloc québécois pourrait aussi prendre fin.Les anglophones du Canada seraient alors tellement contents de rester au Canada-uni qu\u2019il feraient quelques « dernières » concessions Charles Halary à leurs chers compatriotes de langue française.Si les médias ne trouvent pas le temps de traiter à la une un drapeau brûlé ou une affiche mal imprimée, tout irait bien.On pourra alors baisser rapidement les impôts au Québec et réorganiser des services publics en fonction des besoins et non de la « cause ».Comme le Québec est à la traîne en Amérique du Nord dans l\u2019expansion actuelle, on pourra enfin ouvrir réellement le marché nordaméricain en examinant les questions monétaires et les mouvements de population ainsi que les circuits commerciaux et la cruciale formation d\u2019une Ville de Montréal sur son île.Ainsi, aujourd\u2019hui, les innovations produites aux États- Unis mettent au moins six mois pour venir ici.C\u2019est six mois de trop dans la conjoncture actuelle.L\u2019État du Québec a fait sa cure budgétaire mais n\u2019a pas changé ses modes de fonctionnement.La génération au pouvoir a surtout coupé sans rien créer en attendant de tout bouleverser.La jeunesse québécoise, mieux formée que jamais, a malheureusement en face d\u2019elle un bloc corporatiste qui n\u2019investit plus que dans les fonds de retraite, ceux qui font la joie des syndicats FTQ et CSN.Le Québec a conservé des industries mondialisées comme Bombardier et des entreprises de haute technologie qui ont épuisé leurs capacité d\u2019expansion pourtant bien réelles.La reprise japonaise, et globalement asiatique, va raffermir le Canada comme exportateur de matières premières.Il serait donc grandement nécessaire de permettre aux entrepreneurs du Québec de sortir de la tutelle duplessiste du corporatisme gouvernemental.Il serait bon aussi que les grandes fortunes du Québec ne prennent plus prétexte du projet souverainiste pour ne pas s\u2019investir dans l\u2019amélioration de la vie culturelle et sociale au Québec.Ceci serait un moment important pour les organismes populaires et syndicaux qui ont disparu de la carte en attendant le Godot souverainiste.Au lieu d\u2019ergoter sur un filandreux débat d\u2019identité (Qui est Québécois ?), il serait peut-être utile de voir où en sont les perspectives sur la diminution des heures hebdomadaires de travail dans les entreprises, sur la formation réelle de la main d\u2019oeuvre (et non sa gestion politique catastrophique par Emploi-Québec) et sur les grands équipements culturels nécessaires au Québec pour servir sa population.Autour de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, trop de voix partisanes de la politique du pire, pour la « Bonne cause » se sont fait entendre et ont effectivement abouti à mal servir la population du Québec.Il a en a été de même à Ottawa où des sommes douteuses se sont déversées dans l\u2019unifolié délirant.L\u2019hypothèque du référendum dessert aujourd\u2019hui grandement le Québec.Il n\u2019y a plus de menace utile ni crédible dans ce projet.Dans un univers qui représente l\u2019avenir du Québec, celui des jeunes allophones souvent trilingues de Montréal, ce blocage est particulièrement douloureux.Alors que le français n\u2019est plus perçu par eux comme une langue menacée ou marginale, les coupures exercées dans les universités de langue française (qui fonctionnent surtout grâce aux fonds publics) et de langue anglaise (aidées par la communauté anglophone de manière directe) ont affaibli considérablement la capacité d\u2019attraction de l\u2019UQAM et de l\u2019UdeM dans la prise en compte des nouvelles technologies d\u2019enseignement.Ne pouvant compter sur l\u2019exemple de la France, qui ne maîtrise même pas les données du problème en la matière, les universités de langue française du Québec voient les éléments les plus dynamiques de ce jeune milieu allophone lui échapper et avec eux les innovations sociales dont ils sont porteurs.L\u2019afflux des campagnes vers les villes, qui a permis la naissance d\u2019un puissant réseau universitaire public de langue française au Canada, est bel et bien fini.Comme pour tous les pays occidentaux, c\u2019est de l\u2019extérieur que vient le renouvellement démographique qui porte l\u2019avenir des sociétés de l\u2019économie du savoir.Or, pour intégrer ces jeunes (essentiellement montréalais) à une vision canadienne qui porte la langue française, il faut cesser de jouer avec une option politique aujourd\u2019hui dévalorisée.Réinvestir dans les universités de langue française, lier leurs programmes aux débouchés de l\u2019économie du savoir, favoriser un enseignement multilingue en leur sein, adapter les frais de scolarité à la formation reçue, permettre une mobilité des professeurs avec de nouvelles conventions collectives fondées sur la diversité du terrain est devenu l\u2019urgence des urgences pour l\u2019avenir du Québec. Politique Eau embouteillée: des quotas effarants et gratuits Presse Canadienne Les producteurs canadiens d'eau en bouteille n'ont pratiquement rien à payer pour avoir le droit de puiser chaque année environ 30 milliards de litres d'eau potable de qualité supérieure, indique une étude du quotidien to-rontois Globe and Mail.L'étude a permis de constater qu'une seule province, la Colombie-Britannique, exige des frais pour permettre à l'industrie d'avoir accès à cette ressource naturelle.Toutes les .nitres provinces \u2014 sauf la Nouvelle-Ecosse, qui n'a pas participé à l'étude \u2014 offrent l'eau gratuitement aux producteurs et aux autres utilisateurs.Certains frais sont prévus pour le traitement des permis.Les producteurs d'eau embouteillée ont le droit de puiser quotidiennement l'équivalent de 1000 litres par Canadien, soit la quantité contenue dans 82 piscines de dimensions olympiques.Avec les permis qui leur sont accordés, ils pourraient fournir deux fois le marché de l'eau embouteillée des États-Unis.C'est beaucoup plus que le niveau actuel de production de l'industrie, qui atteint chaque jour 707 millions de litres.Au Québec, les producteurs ont droit cha- que année à 4,5 milliards de litres provenant de 35 puits ou sources.La province occupe le troisième rang en termes de quotas, après la Colombie-Britannique (4,9 milliards de litres) et l'Ontario (plus de 18 milliards de litres).Alarmés, les environnementalistes accusent les provinces de négligence et soutiennent qu'elles devraient imposer des coûts et utiliser les profits pour reconstruire l'infrastructure des cours d'eau publics.Ils allèguent que contrairement aux consommateurs résidentiels ou industriels, qui retournent aux cours d'eau de leur région une bonne partie des quantités qu'ils en ex- traient, les producteurs expédient l'eau ailleurs, ce qui, à long terme, risque de réduire le niveau hydrostatique.L'Association canadienne de l'eau embouteillée précise qu'elle ne compile pas de données sur la valeur au détail de l'eau que vendent ses membres.Mais des statistiques fédérales indiquent que compte tenu de;la popularité croissante de l'eau embouteillée auprès des consommateurs préoccupés de leur santé, les exportations vers les États-Unis ont augmenté de façon marquée.En 1989, 23 millions de litres ont été [expédiés chez nos voisins du sud.Ce chiffré a atteint 272 millions de litres l'an dernier.Le cardinal Turcotte honoré Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal (à droite), a reçu hier la médaille Montpetit des mains de Jean-Guy Legault, président de la Fondation Édouard-Montpetit.Le cardinal Turcotte a reçu cet honneur pour le rôle social important qu'il a joué au Québec et dans le diocèse de Montréal en particulier.Les ministres de la Culture créeront un centre de défense de la diversité culturelle BRIGITTE MORISSETTE collaboration spéciale.OAXACA Le mini-sommet d'Oaxaca réunissant les ministres de la Culture de 18 gouvernements n'a pas accouché d'une convention internationale sur la diversité culturelle et contre les règles implacables du marché.C'était pourtant le souhait d'Agnès Maltais, la ministre de la Culture et des Communications du Québec \u2014 souhait qu'elle rappelle dans son propre communiqué final.Une femme trop pressée, Mmc Maltais, pour un forum qui s'obstine à demeurer informel \u2014 au risque, objecte en français le ministre d'un pays étranger, de mener à l'immobilisme ! Cette deuxième réunion « informelle » du Réseau international sur les politiques culturelles (créé à Ottawa en juin 1998) termine ses délibérations par le même voeu ex-primé au départ : « Les biens culturels, incluant les médias audiovisuels, méritent un traitement spécial pour être le reflet des identités culturelles nationales et régionales.» Le secret le plus total entoure toutefois la stratégie à mettre en oeuvre pour exclure la culture d'une nouvelle campagne de libéralisation commerciale sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).Les ministres vont créer un groupe de travail qui serait présent à Seattle pour le lancement d'une nouvelle ronde de négociations de l'OMC.La discussion autour de la libéralisation des services semble particulièrement inquiétante.La ministre fédérale du Patrimoine, Sheila Copps, a fait de la diversité culturelle son nouveau cheval de bataille.Elle déploie pour la culture une poigne exercée d'abord en environnement.De sorte que ce nouveau groupe de pression se réunira en Grèce en l'an 2000, en Suisse l'année suivante et en Afrique du Sud, en 2002.(Les Sud-Africains sont préoccupés de faire plier l'anglais pour conserver et développer leurs onze langues nationales.Le ministre sud-africain de la Culture parle et s'affirme zou-lou.) Voila donc du pain sur la planche pour les artistes, les ONG et les communautés locales qui, à titre de « nouveaux acteurs de la culture », voudraient exprimer leur point de vue quant aux quotas, subventions et autres exceptions.Pour l'instant, les artistes, comme les journalistes, sont les grands absents du réseau et de ses mini-sommets, de même que les minorités telles que les francophones hors Québec, la plus importante minorité au Canada.Interrogée sur les gestes concrets que lui inspire, au Canada même, sa campagne pour la diversité culturelle, Mmc Copps brandit le milliard voté à Ottawa pour développer l'une ou l'autre des deux langues officielles dans la région où chacune est minoritaire.À la même question, le ministre de la Culture de Terre-Neuve, Charles Furey, qui représente les autres provinces mais ne parle pas français, décrit son propre ordre du jour : développer le tourisme pour vaincre le chômage créé par la sur-pêche.Furey est un ancien ministre du Commerce passé à la Culture.L'annonce de la création d'un centre pour la défense de la diversité culturelle ne tardera pas à produire son effet.Après avoir abusé du terme « industries culturelles », on semble revenir à une notion plus traditionnelle de la culture, en lui reconnaissant toute sa puissance intellectuelle et sa créativité.Mais la défense de la culture, avec ses relents de protectionnisme, est loin de faire l'unanimité.Lebel guidé par des motifs «personnels» NORMAN DEIISLE Presse Canadienne.QUÉBEC C'est pour des raisons d'ordre \u2022« personnel ci familial » que le député bloquiste de Chambly, Ghis-lajfl Lebel* a refusé en 1997 de rendre public son rapport d'impôt, comme le lui suggérait son chef Mlles Duceppe.C'est ce qu'a rapporté hier le chef du Bloc québécois, Gilles Du-ceppe, lors de son témoignage de-ont la commission qui enquête sur les fuites au ministère du Revenu.M.Duceppe a raconté que lors de la publication d'éléments du dossier fiscal du député Lebel dans Le Journal de Montréal, en novembre 1997, il a suggéré à son député de mettre fin à l'affaire en rendant public son rapport d'impôt.Le député Lebel a refusé la suggestion en invoquant des raisons « personnelles et familiales ».Ces raisons ont paru convaincantes à M.Duceppe qui a alors entériné la décision de son député.La nature de ces raisons personnelles n'a pas été révélée.Deux rencontres ont eu lieu entre le député Lebel et son chef Duceppe au lendemain de la parution de la manchette du quotidien montréalais.M.Lebel a expliqué qu'il « n'avait pas de problèmes » avec l'impôt, puisqu'il venait d'émettre une série de quatre chèques pour la somme rcl.Hivernent minime q» devait au fisc.Il n'était nullement question de « fraude » ou de «< malversation » dans ce dossier, a note M.Duceppe.h Politique Culture de la mari : la GRC réclame en vain du renfort La police est débordée par une récolte sans précédent PHOTO ALAIN R06ERQE.LaPmtÊÛ La GRC ne compte en ce moment qu'une vingtaine de policiers affectés au Québec à la recherche et à l'éradication de plants de cannabis, une culture qui se répand comme de la mauvaise herbe dans les champs de maïs.VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA Prise de court par une récolte de marijuana sans précédent, la GRC joint sa voix au Bloc québécois pour demander du renfort, une requête qui n'aura toutefois pas de suite à Ottawa.« On est au courant de l'ampleur de la culture de marijuana au Québec, en Ontario et, depuis plus longtemps, en Colombie-Britannique, mais nous n'avons pas de budget cannabis », indique à La Presse un haut responsable du bureau du Solliciteur général.Au mieux, affirme notre source, il n'y aura pas de réduction de personnel dans les postes de la GRC du Québec à court terme, mais le redéploiement des ressources est toujours à l'étude.Chose certaine, il n'y aura pas de renfort, confirme le secrétaire parlementaire du Solliciteur général, le député de Brossard-La Prairie, Jacques Saada.La GRC ne compte en ce moment qu'une vingtaine de policiers affectés au Québec à la recherche et à l'éradication de plants de cannabis, une culture qui se répand comme de la mauvaise herbe dans les champs de maïs.Pour toute la Montérégie, rebaptisée « le triangle d'or » par le député bloquiste de Saint-Hyacinthe, Yvan Loubier, il n'y a que cinq agents de la GRC.C'est trop peu, reconnaissent les policiers de la GRC, surtout en période de récolte (autour du l« octobre et toujours avant le premier gel).Cette semaine seulement, ils doivent intervenir dans 20 plantations majeures prêtes à la récolte.« Plus on en cherche, plus on en trouve », résume le sergent Daniel Lemay.Débordée, la GRC a demandé en vain d'obtenir plus d'heures de vol en hélicoptère pour trouver les plants et les éradiquer.La police fédérale ne dispose que de 150 heures par année pour tout le Québec.Il existe un protocole d'entente avec la Défense nationale pour l'utilisation des appareils de l'armée canadienne, mais cela ne sert le plus souvent à rien parce que les Griffons ne sont pas disponibles.Pendant ce temps, dénonce Yvan Loubier, les plantations se multiplient dans les champs de paisibles cultivateurs, qui vivent sous les menaces du crime organisé.M.Loubier demande une intervention ponctuelle de l'armée pour l'éradication des plants de marijuana.« Avec ses effectifs actuels, la GRC n'arrive à éradiquer que 30 % des plants », affirme M.Loubier.Le député de Saint-Hyacinthe craint par ailleurs qu'Ottawa ne ferme les bureaux de la GRC de Granby, Saint-Hyacinthe et Drum-mondville.Yvan Loubier a rencontré la semaine dernière un adjoint du chef de cabinet du premier ministre Chrétien, Jean Pelletier, à la demande de celui-ci, mais la rencontre n'a pas eu de suite à ce jour.« La situation est effectivement préoccupante, admet Jacques Saada.Le Canada produit tellement de marijuana qu'il est devenu exportateur, mais attendons de voir les résultats de l'opération Cisaille qui n'en est qu'à sa première année.» La surproduction de cannabis au Canada, un « pot » de plus en plus puissant, risque de provoquer un problème beaucoup plus grave très bientôt.« On sait que depuis quelque temps, à la frontière entre les États-Unis et la Colombie-Britannique, les trafiquants échangent une once de cannabis pour une once de cocaïne, qui est en surplus aux États-Unis », indique le haut responsable du bureau du Solliciteur général.L'opération Cisaille, menée conjointement par la SQ et la GRC, a permis de détruire 375 000 plants de pot l'an dernier au Québec seulement, soit cinq fois plus qu'il y a cinq ans.C'est bon signe, croit Jacques Saada.« Le recours à l'armée ne peut avoir lieu que si Québec en fait la demande au gouvernement fédéral, c'est un peu paradoxal de la part de M.Loubier de demander une telle intervention, indique Jacques Saada.Le pire service que l'on pourrait se rendre en ce moment, c'est de faire de la politique avec ce dossier.» Enseignement religieux: pas de projet de loi cet automne campées.Le ministre espère que cette commission parlementaire lui permettra de trouver « une solution réaliste » au problème, « un consensus » acceptable à tous.Impossible, rétorque Louise Lau-rin, la présidente de la Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire.« Il n'y aura pas tie consensus avec les uhracatholi-ques.Parce que ce que nous préconisons, c'est une école pour tous les enfants, une école démocratique ».dit Mme Laurin.KATIA GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Même si la question est délicate et l'échéancier très serré, le ministre de l'Éducation, François Legault, n'a pas l'intention de présenter un projet de loi cet automne, qui réformerait la façon dont on enseigne la religion dans les écoles québécoises.« On est en train de tenir une consultation.Alors, il ne faudrait pas penser avoir un projet de loi cet automne.Il faut d'abord consulter et, ensuite, présenter un projet », a indiqué le ministre, à l'ouverture de la commission parlementaire qui recevra pendant plusieurs semaines divers groupes intéressés par la question.Le hic, c'est que le ministre a dé-* crété, au printemps dernier, un moratoire de deux ans sur l'utilisation de la clause dérogatoire, qui permet aux écoles québécoises de ne dispenser que les enseignements religieux catholique ou protestant, excluant les autres religions.Or, deux ans, c'est très peu, admet le ministre.« L'échéancier de deux ans est très serré puisque tout projet de loi qui amènerait des modifications dans les écoles a besoin d'un certain temps pour être implanté », concède M.Legault.Avec un projet de loi adopté au printemps prochain, le ministère n'aurait que quelques mois pour mettre sur pied un nouveau programme et former les professeurs.Mais l'existence même d'un nouveau programme est loin de faire l'unanimité: les positions des groupes d'opinion, tant ceux qui prônent la laïcité que les ultracatholiques, sont très fermement Et les bourses du millénaire.Par ailleurs, le ministre Legault a tenté de minimiser l'ampleur de la querelle de drapeaux qui l'oppose au gouvernement fédéral dans le dossier des bourses du millénaire.La Presse rapportait hier que M.Legault et son homologue, Jane Stewart, en sont à se disputer sur la taille des logos et la langue utilises sur les chèques destinés aux étudiants québécois.« Le dossier des chèques est mineur.On s'entend qu'il y a deux logos, je pense bien qu'on va s'entendre pour les placer.Le sujet qui est le plus important, c'est comment on va utiliser les fonds ?Pour nous, il est primordial que 50 % des fonds aillent à l'amélioration du réseau de l'éducation », plaide le ministre, qui ajoute cependant que la question de la langue revêt effectivement une certaine importance pour Québec.« Il faut respecter la Charte de la langue française.Il faut quand même respecter nos propres lois.» M.Legault devrait rencontrer Mme Stewart cette semaine pour tenter (encore une fois !) de finaliser le dossier.La cause sur la pornographie infantile reportée à l'an 2000 HUGUETTE YOUNG Presse Canadienne.OTTAWA La Cour suprême du Canada n'entendra pas la cause très controversée de la Colombie-Britannique sur la pornographie infantile avant le mois de janvier prochain, en raison d'un calendrier trop chargé cet automne.Avec le report de l'audition de la cause sur la pornographie infantile, les réformistes estiment que la ministre de la Justice, Anne McLel-lan, n'a plus le choix que d'invoquer la clause dérogatoire pour contourner le jugement de la Cour suprême de Colombie-Britannique.Selon le critique réformiste en matière de justice, John Reynolds, cette situation ne peut plus durci.Vu la gravité du problème, il t'attendait à ce que cette cause soit entendue rapidement cet automne.Au bureau de la ministre McLel-l.in, on disait avoir l'assurance que cette cause serait entendue entre le 17 et le 19 janvier.Pour M.Rev -nolds, le temps presse.« C'est très préoccupant.La Cour suprême du Canada a été saisie de l'affaire et je pense que sa priorité numéro un devrait être la protection des enfants.C'est très décevant.J'espère que le gouvernement exercera des pressions auprès de la Cour suprême pour qu'elle entende cette cause plus rapidement.» Selon le depute Reynolds, ce délai justifie l'utilisation de la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, qui permettrait au gouvernement fédéral de restituer l'application des dispositions criminelles interdisant la production et la distribution d< matériel pornographique.Depuis le jugement de la Coin suprême de Colombie - Britannique en janvier dernier, plusieurs causes de pornographie infantile ont été suspendues jusqu'à l'audition de la cause devant la Cour suprême du Canada. 3LP0601B0922 b06mercredi22sept 3LP0601B0922 ZALLCALL 67 00:50:11 09/22/99 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL IRAK Laisser le temps.n Il est peu probable que le Conseil de sécurité de l\u2019ONU parvienne à un accord cette semaine sur un assouplissement des sanctions à l\u2019égard de l\u2019Irak, a déclaré hier le secrétaire au Foreign Office Robin Cook.« Je n\u2019exclus pas que nous puissions parvenir à un accord le mois prochain, mais nous n\u2019en sommes pas encore là », a expliqué le chef de la diplomatie britannique, en marge de l\u2019Assemblée générale des Nations Unies.M.Cook a souligné que son pays, en concertation avec les Pays- Bas, avait préparé un projet de résolution ouvrant la voie à un assouplissement des règles sur ce que l\u2019Irak peut importer.d\u2019après AFP NIGERIA L\u2019État tue n Des dizaines de civils ont été tués au cours des deux dernières semaines par les forces de sécurité du Nigéria, a affirmé hier l\u2019organisation humanitaire Human Rights Watch.Ces tueries se sont produites dans la région productrice de pétrole.Selon l\u2019organisme, c\u2019est la mort d\u2019un soldat le 9 septembre, lors d\u2019une confrontation entre jeunes et forces de l\u2019ordre, qui a été le point de départ d\u2019une répression sévère.Ces informations interviennent au lendemain de l\u2019annonce, par un responsable de l\u2019administration américaine, de la rencontre entre le président Olusegun Obasanjo et son homologue Bill Clinton, le 28 octobre, pour une visite de travail à la Maison Blanche.d\u2019après AFP CHILI Affaire Pinochet n Le Chili présentera aujourd\u2019hui à la Cour internationale de Justice de La Haye une requête visant à obtenir la libération du général Augusto Pinochet, retenu à Londres depuis onze mois.Mais même avec le dépôt formel de sa demande, Santiago ne s\u2019attend pas à ce que La Haye permette à l\u2019ex-dictateur de quitter la Grande-Bretagne.Il est assigné à résidence à la suite des poursuites lancées contre lui pour des crimes contre les droits de l\u2019homme commis pendant sa dictature.d\u2019après AFP Autres informations pages B7 et C8 PHOTO Reuters © Moment de détente entre un enfant timorais et un soldat australien de la force internationale, hier, à Dili.Les Casques bleus accueillis en libérateurs au Timor oriental d\u2019après AFP et AP JAKARTA La capitale du Timor oriental a accueilli dans la liesse les membres de la force internationale de maintien de la paix qui ont commencé à se déployer, hier, dans l\u2019ensemble de l\u2019ancienne colonie portugaise, tandis que les soldats de l\u2019armée indonésienne, démoralisés, étaient copieusement hués.Au lendemain de leur arrivée, les soldats des dix pays de la force internationale n\u2019ont rencontré aucune résistance de la part des milices pro-indonésiennes, lesquelles avaient semé la terreur dans l\u2019ancienne colonie portugaise après l\u2019annonce des résultats du référendum, en faveur de l\u2019indépendance, le 30 août dernier.La plupart des Casques bleus qui se trouvaient hier au Timor oriental, reçus en vrais libérateurs à Dili et à Dare, étaient Australiens.D\u2019autres venaient de Grande-Bretagne, de France, de Nouvelle-Zélande, des Philippines, de Thaïlande, de Malaisie et des États- Unis.Le Brésil, le Canada, l\u2019Italie et Singapour ont chacun manifesté leur volonté de fournir un contingent.Le président indonésien Jusuf Habibie a de son côté demandé aux députés de ratifier le choix des Timorais en faveur de l\u2019indépendance, une position qui, à ses yeux, améliorerait l\u2019image de Jakarta.Les parlementaires indonésiens doivent se prononcer sur les résultats de ce référendum lors d\u2019une session qui doit avoir lieu dans environ deux mois.Pour certains, la présence de soldats étrangers au Timor oriental constitue une violation de la souveraineté nationale.D\u2019ailleurs, au moment où s\u2019exprimait M.Habibie, une cinquantaine de fils et de filles de militaires indonésiens, morts pendant des affrontements au Timor oriental, manifestaient à l\u2019extérieur du Parlement pour crier leur colère contre le président, accusé d\u2019avoir trahi l\u2019héritage de leurs parents en laissant les Timorais choisir l\u2019indépendance.En outre, des inconnus ont tiré sur les vitres de deux bureaux de l\u2019ambassade d\u2019Australie dans la capitale indonésienne, apparemment pour dénoncer le rôle de ce pays à la tête de la force internationale.« J\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu » pour résoudre le conflit et maintenir la cohésion d\u2019une nation forte de 210 millions d\u2019habitants, a souligné le président Habibie dans un discours d\u2019une heure.« J\u2019ai été capable d\u2019empêcher une balkanisation », a-t-il déclaré en réponse aux craintes de nombreux Indonésiens de voir leur pays se disloquer dans la violence à la manière de la Yougoslavie.L\u2019ensemble du cabinet de Habibie était présent y compris son puissant ministre de la Défense, le général Wiranto, souvent décrit comme l\u2019homme fort du régime.« Nous devons accepter les souhaits des Est-Timorais », a-t-il dit, faisant allusion à la très large victoire des partisans de l\u2019indépendance lors du référendum.Cédant à la pression internationale, le président Habibie a accepté le 12 septembre d\u2019autoriser l\u2019envoi d\u2019une force internationale de maintien de la paix au Timor oriental.Le commandant de la force internationale, le général Peter Cosgrove, a voulu tempérer le regain d\u2019optimisme à Dili en soulignant que le Timor oriental resterait dangereux quelques semaines encore, le temps que les soldats de la paix prennent le contrôle de l\u2019ensemble du territoire.Selon des membres d\u2019organisations humanitaires et des réfugiés timorais, des milliers de personnes ont sans doute été tuées par l\u2019armée et les milices indonésiennes.Pour le général Wiranto, le bilan de cette flambée de violences ne dépasse pas 90 morts.Pas d\u2019accord, rétorque l\u2019évêque de Dili, Mgr Carlos Ximenes Belo, qui a accusé hier l\u2019Indonésie d\u2019avoir commis au Timor oriental « le plus grand crime contre l\u2019humanité dans cette région du monde ».« On dirait que Dieu nous avait abandonné, mais Il a écouté nos prières et nous a envoyé la force internationale au Timor oriental », a ajouté le prix Nobel de la paix pendant la célébration d\u2019une messe à Porto, au nord du Portugal.Par ailleurs, un des deux avions de transport canadien Hercules C- 130, qui devait rejoindre lundi soir en Australie la force multinationale d\u2019intervention, a dû rebrousser chemin dans la soirée après deux heures de vol, en raison d\u2019ennuis mécaniques.Selon le major Norm Patterson, un des officiers de la base de Trenton (Ontario), d\u2019où était parti l\u2019appareil, l\u2019équipage du Hercules a constaté des problèmes dans le compas et les gouvernes, et a décidé de retourner à sa base.20 000 km, amaranthe/cachemire 2785711 Ehud Barak invite la Syrie à négocier la paix des braves d\u2019après AP et AFP JÉRUSALEM Le premier ministre israélien Ehud Barak a appelé hier la Syrie à négocier une « paix des braves » sur le site du mémorial dédié aux soldats israéliens morts durant la guerre du Kippour en 1973.« À nos voisins syriens qui ont également subi de nombreuses pertes durant la guerre du Kippour nous disons : le temps de la paix des braves est arrivé.Assez de guerres !, assez de sang versé ! » a lancé M.Barak à Jérusalem, tout juste avant de s\u2019envoler pour l\u2019Allemagne.Toutefois, en contrepoids cette annonce, le ministre des Affaires étrangères David Levy, qui jusqu\u2019à récemment se voulait optimiste, a indiqué que Damas avait durci sa position.« La Syrie devient plus intransigeante.Elle élève le niveau de ses exigences », a-t-il déclaré à la radio israélienne.M.Barak s\u2019est envolé par la suite pour Berlin, un voyage de 24 heures hautement symbolique puisqu\u2019il est le premier hôte étranger accueilli dans la nouvelle capitale de l\u2019Allemagne unie.Il a reçu une chaleureuse accolade du chancelier Gerhard Schroeder, avec lequel il doit déposer aujourd\u2019hui une gerbe à la mémoire des victimes de l\u2019Holocauste à l\u2019ancien camp de concentration de Sachsenhausen, au nord de Berlin.Plusieurs survivants du camp résidant en Israël accompagnent M.Barak.Cette courte visite illustre, selon lui, les « changements énormes survenus en deux générations » entre les deux pays.Interrogé lors d\u2019une conférence de presse sur l\u2019indemnisation des travailleurs forcés sous le nazisme, le Chancelier Schroeder a estimé qu\u2019il fallait si possible arriver à une solution « d\u2019ici à la fin de l\u2019année ».REPORTAGE PUBLICITAIRE Première du film Est-Ouest La comédienne Sandrine Bonnaire était de passage à Montréal, lundi soir dernier, pour la première du film Est-Ouest et qui met également en vedette Catherine Deneuve et Oleg Menchikov.On reconnaît de gauche à droite, Sophie Aird, coordonnatrice publicité et promotions et Guy Gagnon, président de Alliance Atlantis Vivafilm, Sandrine Bonnaire, Régis Wargnier, réalisateur du film ainsi que Patrick Roy, vice-président acquisitions et ventes de Alliance Atlantis Vivafilm.2786550 3LP0701B0922 b07mercredi22sept 3LP0701B0922 ZALLCALL 67 00:54:55 09/22/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 B 7 Monde Le Canada en faveur du droit d\u2019ingérence humanitaire JOONEED KHAN « La souveraineté des États ne peut pas être absolue », a déclaré hier le ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, rangeant ainsi le Canada avec ceux qui réclament un « droit d\u2019ingérence humanitaire » à la 54e Assemblée générale de l\u2019ONU.M.Axworthy était en ville pour inaugurer le Bureau de Montréal du Centre Pearson (BMCP) pour la formation en maintien de la paix, et il a répondu aux questions des journalistes après l\u2019événement.« Quant les pouvoirs en place oppriment leurs populations, comme au Kosovo, la souveraineté ne saurait interdire l\u2019ingérence qui cherche à protéger les victimes civiles », a-t-il expliqué.« Le concept de la sécurité humaine place l\u2019individu au centre des préoccupations internationales du Canada », avait déclaré plus tôt le ministre, en invitant le BMCP à « définir et analyser le lien entre sécurité humaine et maintien de la paix ».Concepts fluctuant au gré des événements, en fait, puisque « la sécurité humaine » prend désormais le pas sur « la libéralisation du commerce », « la protection de civils » reste controversée au Kosovo, où l\u2019OTAN a d\u2019ailleurs marginalisé l\u2019ONU, et le Canada, ayant entretenu pendant des décennies des liens fructueux avec l\u2019Indonésie des généraux, n\u2019est pas sans blâme sur le Timor oriental.« Sur le Kosovo, le Conseil de sécurité de l\u2019ONU n\u2019a rien pu faire à cause du droit de veto de certains membres qui veillent à leurs intérêts nationaux, mais sur le Timor le conseil a agi, avec les résultats que l\u2019on sait », a répliqué Axworthy.Au débat général ouvert lundi à l\u2019ONU, Kofi Annan s\u2019est fait l\u2019avocat du « nouveau droit d\u2019ingérence humanitaire » qu\u2019appellent surtout les puissances industrielles du Nord.Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU a adopté la semaine dernière un rapport de Annan réclamant « des mesures pour la protection des populations civiles en temps de guerre ».Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, aussi président en exercice de l\u2019OUA, a pris le contre-pied de cette position en déclarant : « La souveraineté est la dernière protection (des pays pauvres) contre les règles d\u2019un monde inégal » et « les pays du Sud ne sont pas parties prenantes » aux décisions du Conseil de sécurité, et encore moins à leur application.Le ministre brésilien des Affaires étrangères avait renchéri en s\u2019interrogeant sur l\u2019inaction du Conseil de sécurité dans certains conflits et sa « mobilisation intense » dans d\u2019autres.Interrogé hier, M.Axworthy a répondu : « La souveraineté des États ne peut pas être absolue », mais, a-t-il ajouté, « le Conseil de sécurité reste à la merci du club du veto ».Ce qui, dans le cas algérien, accentue encore l\u2019improvisation : de l\u2019aveu de Bouteflika, la guerre civile qui n\u2019a osé dire son nom en Algérie a fait au moins 100 000 morts en sept ans, mais le Canada n\u2019y jamais proposé d\u2019« ingérence humanitaire », préférant plutôt faire des affaires et envoyer des délégations à Alger.Le Bureau de Montréal du Centre Pearson, logé à l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP) à laquelle il est associé, a en tout cas le mandat de « développer et promouvoir la formation en maintien de la paix en français », pour « servir la Francophonie nationale et internationale ».Une initiative de Formation en matière de paix et de sécurité pour l\u2019Afrique francophone, dotée de 4,5 millions de dollars sur trois ans par l\u2019ACDI, « permettra d\u2019offrir des programmes pour les militaires, les policiers, les journalistes, les étudiants, les professeurs, et les représentants d\u2019ONG et de la société civile ».M.Axworthy a remis hier un chèque de 375 000 $ à Jocelyn Coulon, ancien journaliste du Devoir et auteur de plusieurs livres sur les missions de paix du Canada, qui dirige le BMCP.Coulon a aussitôt tendu le chèque à Alex Morrison, président du Centre Pearson, installé depuis sa création en 1994 à Cornwallis, en Nouvelle-Écosse.Le CP y a accueilli depuis 1994 plus de 1500 personnes de 120 pays pour une formation en maintien de la paix et « bonne gouvernance ».Le premier projet du BMCP sera l\u2019envoi de cinq formateurs du CP au Centre de paix de Zambakro, en Côte d\u2019Ivoire, pour entraîner pendant une semaine jusqu\u2019à 36 participants de l\u2019Afrique francophone.PHOTO PIERRE CÔTÉ, La Presse © Le directeur de Bureau de Montréal du Centre Pearson, Jocelyn Coulon, et le ministre Loyd Axworthy.2776768 b8 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 Â :\u2022: +1+
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