La presse, 16 janvier 2000, Cahier A
[" 7DA0102A0116 A1 DIMANCHE 7DA0101A0116 ZALLCALL 67 00:44:01 01/16/00 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, R dimanche 16 janvier 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.BOXSTER S 2000 Venez réserver la vôtre ! 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 116e année No 85 50 pages, 4 cahiers Santé L'anesthésie: une amie pour mieux guérir page C1 Pour en finir avec la grippe page A5 L'employeur peut-il éplucher mon courrier ?page A4 La Personnalité de la semaine Marie-Ève Drolet page A12 Stéphane Laporte SPORTS La santé d'abord et avant tout 2 Bien avant la souveraineté, fait comprendre Bouchard à ses militants MARTIN PELCHAT JONQUIÈRE La grande priorité du gouvernement pour l'an 2000 sera sans conteste la santé, a annoncé hier Lucien Bouchard à sa première sortie publique depuis son retour de vacances des Fêtes en Floride.La souveraineté, elle, fera surtout l'objet de débats, comprend-on du discours du premier ministre, qui prend acte du fait que les Québécois « ne sont pas enthousiastes présentement à l'idée d'un référendum ».Québec entend donner le ton à cette année « santé » avec un « rappel » à Ottawa, le mois prochain.Président actuel de la Conférence des premiers ministres provinciaux, M.Bouchard veut rallier ses homologues, le 3 février, à Québec, autour d'une nouvelle offensive prébudgétaire pour amener le gouvernement fédéral à rétablir ses transferts en santé à leur niveau d'avant 1994-95.Depuis cette époque, a-t-il rappelé, le Québec a perdu 6,2 milliards de contributions.« Le fédéral, plutôt que de faire ça, anticipe de créer des programmes marginaux autour, pour intervenir directement, dénonce M.Bouchard.Ce n'est pas de ça qu'on a besoin.On a besoin que les services primaires de santé soient rendus correctement dans des délais acceptables.Le premier ministre reconnaît par ailleurs que son gouvernement devra augmenter le financement des hôpitaux universitaires et régionaux \u2014 comme Chicoutimi \u2014 traitant plus de cas lourds.Mais il croit aussi à la nécessité de revoir l'organisation des services pour soulager les problèmes des urgences, qui alimentent à nouveau les manchettes depuis le début de l'année.Voir LA SANTÉ en A2 page S3 Le père Lévesque s'éteint à 96 ans En attendant.Un deuxième podium pour Podivinsky PIERRE GRAVEL Le père Georges-Henri Lévesque, dominicain, que plusieurs spécialistes considèrent comme le véritable père de la Révolution tranquille ou du moins celui qui en a été le principal inspirateur, est décédé hier à Québec.Né à Roberval, il aurait eu 97 ans le 16 février prochain.Surtout connu comme le fondateur de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, au début des années 40, il aura été, dans ce contexte, celui qui aura largement contribué à la formation de bien des personnalités qui, par la suite, seront des moteurs de la plupart des grands changements à marquer le Québec après la disparition de Maurice Duplessis.Fondateur de la Maison Montmorency, près des chutes du même nom, au milieu des années 50, il y accueillera plusieurs des jeunes intellectuels qui, autour des René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie, Paul Émile Lapalme et autres militants libéraux jetteront les bases de ce qui deviendra le programme électoral de Jean Lesage qui prendra le pouvoir le 22 juin 1960.Voir LE PÈRE en A2 page S6 Les Dolphins essuient une dégelée PHOTO AP Loin de toute la controverse qu'il alimente malgré lui depuis la fin novembre, Elian Gonzalez n'était hier qu'un enfant de 6 ans émerveillé par sa visite au cirque Barnum et Bailey de Miami, en compagnie de sa cousine Marisleysis et de son grand-oncle Lazaro Gonzalez.La famille attend toujours de voir si le petit garçon de 6 ans, seul survivant d'un naufrage au cours duquel ont péri sa mère et son beau-père, retournera auprès de son père à Cuba ou restera à Miami avec ses proches.Les services d'immigration américains ont conclu que la garde légale revenait à son père, la ministre de la Justice Janet Reno a confirmé leur décision et appelé à une solution rapide du conflit pour que l'enfant puisse continuer sa vie.Un tribunal fédéral devra vraisemblablement trancher la question.pages S8 et S9 Quand Hillary rit RICHARD HÉTU collaboration spéciale Pendant un mois, David Letterman a tout fait pour inciter Hillary Clinton à accepter une invitation à son talk-show de fin de soirée présenté au réseau de télévision CBS.Quand les flatteries se sont avérées vaines, l'irrévérencieux animateur est passé aux insultes, traitant les conseillers de la première dame des États-Unis d'imbéciles.Tout ça devant les caméras, soir après soir, comme une blague entre initiés.À New York, la campagne infructueuse de Letterman a rapidement débordé le cadre du showbiz pour envahir le champ de la politique.Qu'on soit d'accord ou non, il est désormais de rigueur pour les politiciens de fréquenter les talk-shows.Ils doivent lever le voile sur leur personnalité intime, répondre à des quiz, cabotiner.Aux États-Unis, Bill Clinton est passé maître dans ce nouvel art, jouant du saxophone à l'émission d'Arsenio Hall, confessant ses péchés à Oprah Winfrey et révélant ses préférences en matière de bobettes au jeune auditoire de MTV.Clinton est certainement l'un des politiciens les plus roués de la planète, mais on ne peut pas en dire autant de sa femme.Pour plusieurs, son refus d'aller au Late Show With David Letterman, une émission enregistrée au Ed Sullivan Theater, sur Broadway, était symptomatique de son manque de pif politique.C'est comme si elle voulait devenir sénatrice de l'État de New York sans avoir à sortir de son cocon de First Lady.Elle se déplace toujours avec un énorme entourage, composé de conseillers de la Maison-Blanche et d'agents de sécurité, tenant le public et les journalistes à distance.Elle calcule tous ses coups à l'avance, prononçant presque tous ses discours devant des auditoires choisis avec soin.Elle ne laisse aucune place au hasard ou à la spontanéité, d'où, sans doute, sa hantise de Letterman, qui se comporte toujours en adolescent attardé.Voici, à titre d'exemple, ce que l'animateur de 52 ans a dit, lors d'un show récent, dans l'espoir de convaincre Hillary de lui rendre visite: « Je vous promets de ne pas vous courir après dans le studio avec un marteau.» Voir QUAND HILLARY en A2 NEW YORK La Presse Tampa Bay à de justesse avec une recrue pages S8 et S9 INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7 et C8 - marchandises C8 - emplois C8 et C9 - automobile C9 et C10 - affaires C10 Alimentation C12 Arts et spectacles B6 à B9 - horaire spectacles B9 - horaire télévision B6 Bandes dessinées C8 Bridge C10 Consommation C5 Décès C11 Êtes-vous observateur?C76 Feuilleton C10 Génies en herbe B9 Horoscope C9 La presse d'ailleurs A11 Loteries A2 et A7 Monde A9 à A10 Mots croisés B9 et C7 Mot mystère C10 Santé C1 à C4 Tabloïd Sports - Réjean Tremblay S5 Têtes d'affiche C6 SCIENCES Les moments-clés de l'année page B10 MÉTÉO Neige Max.-7, min.-22 cahier Sports page 16 Ophtalmologistes \u2014 Optométristes \u2014 Opticiens 9250, boul.de l'Acadie, Montréal (514) 381-2424 1-888-990-2424 INTERNET: www.ophtalmolaser.com LES PROFESSIONNELS DE LA VISION Polyclinique visuelle MYOPIE HYPERMÉTROPIE ASTIGMATISME PRESBYTIE 7LP0202A0116 A2 DIMANCHE 7LP0201A0116 ZALLCALL 67 00:44:18 01/16/00 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 La santé d'abord et avant tout LA SANTÉ / Suite de la page A1 « Avec le nombre de médecins que nous avons \u2014 qui est parmi le plus grand nombre de médecins au Canada par 1000 habitants \u2014 avec les équipements, avec les 12, 13 milliards qu'on dépense par année, on doit être capables d'organiser mieux la façon dont les services sont rendus.S'adressant à une soixantaine de militants du Parti québécois de sa circonscription de Jonquière réunis en congrès, M.Bouchard s'est attardé aux changements structurels \u2014 vieillissement technologiques \u2014 qui contribuent à une hausse annuelle de 4 % des coûts de santé, alors que la richesse collective ne s'accroît que de 2,5 %.« Il faut se rendre compte que ce n'est pas le Québec seulement qui est aux prises avec ce problème-là.J'étais en Floride la semaine dernière.Je lisais des articles sur la situation qui prévaut dans toutes les provinces au Canada.» Outre la santé, les autres priorités citées dans l'ordre hier par M.Bouchard devant ses militants sont l'éducation et la jeunesse, les baisses d'impôts, la lutte contre le projet de loi fédéral sur la clarté et enfin le congrès du PQ, au printemps, où devrait être modernisé le projet souverainiste et « rénové » son argumentaire.« Je suis convaincu que les Québécois, dans leur for intérieur, même s'ils ne sont pas enthousiastes présentement à l'idée d'un référendum, savent très bien qu'il y a quelque part une décision à prendre et que cette décision ne peut être prise par d'autres que par eux et elles », ditil.« Le débat que nous aurons cette année va forcer les autres partis à faire le leur et va donner l'occasion à l'opinion publique québécoise de revoir de fond en comble les vicissitudes et les avanies d'une non-décision.» L'année politique 2000 commence sous d'heureux auspices, a aussi soutenu M.Bouchard, en soulignant la conclusion avant les Fêtes des négociations avec les grands syndicats du secteur public et le taux de chômage à 8,1 %, du jamais vu depuis près de 30 ans.Au Saguenay, l'indice demeure à 10,4 %, mais il s'agit néanmoins du meilleur résultat depuis 10 ans dans cette région, a-t-il remarqué.PHOTO La Presse Le père Georges-Henri Lévesque, en 1994.Le père Lévesque s'éteint à 96 ans Quand Hillary rit QUAND HILLARY / Suite de la page A1 Hillary ne pige peut-être pas l'humour new-yorkais.Malheureusement pour elle, les New-Yorkais ne semblent pas la comprendre davantage.Selon un sondage rendu public la semaine dernière, même les femmes de race blanche, à l'échelle de l'État, lui préfèrent le maire Rudolph Giuliani dans la course sénatoriale.Dans sa dernière édition, The New York Observer publiait à la une un texte sur cet étonnant phénomène.L'hebdomadaire titrait: « Meet the Smart New York Women Who Can't Stand Hillary Clinton » ( traduction libre: Faites connaissance avec les New- Yorkaises intelligentes qui ne peuvent piffer Hillary Clinton ).Dans l'article, une obstétricienne de 52 ans, Patrica Allen, déclarait: « Vous savez, j'ai honte d'elle.Je n'ai jamais vécu ma vie à travers celle d'un homme.Je n'ai jamais tenté d'acquérir le pouvoir en m'alliant à un homme puissant.» Mais Hillary n'est-elle pas justement en train d'établir son indépendance en briguant les suffrages, une première pour une First Lady des États-Unis?La femme du président serait peut-être plus convaincante si elle ne donnait pas l'impression de toujours consulter les sondages avant de prendre la moindre décision.Un exemple: au début de janvier, selon le sondage mentionné plus haut, 58 % des électeurs newyorkais étaient d'avis que la First Lady devait accepter l'invitation de Letterman.Comme par hasard, le lendemain de la publication dudit sondage, Hillary faisait savoir au producteur du Late Show qu'elle était enfin prête à affronter Dave.Le face-à-face tant attendu a eu lieu mercredi soir.À New York, l'événement avait été annoncé dans les journaux du jour, à la radio, à la télévision, partout.Pendant son monologue d'ouverture, Letterman avait l'air encore plus fébrile que d'habitude.À un moment donné, le vénérable Walter Cronkite, exanchorman de CBS, s'est pointé sur le plateau pour dire à l'animateur du Late Show : « Tu reçois la première dame de notre nation ce soir.Essaye donc de ne pas faire l'idiot.» Letterman, qui allait subir deux jours plus tard un quintuple pontage, s'est comporté en hôte avenant.Il a posé quelques questions anodines à Hillary, qui n'a eu aucun mal à y répondre, se permettant même d'égratigner Giuliani au passage.Interrogé sur la différence entre un maire et un sénateur, elle a déclaré: « Un sénateur ne peut arrêter les sans-abri.» Élégante dans un tailleur-pantalon noir et un chemisier pêche, Hillary a également pu faire entendre son rire très sonore, qui tranche avec l'image cérébrale qu'elle projette.Avant de quitter la scène, elle a reçu une ovation de l'auditoire et, de la part de Letterman, une tondeuse pour sa nouvelle maison de Chappaqua, en banlieue de New York.Le lendemain, tous les journaux locaux, y compris le méchant Post, saluaient la performance de la First Lady, se demandant pourquoi elle avait hésité aussi longtemps avant d'accepter l'invitation de Letterman.La morale de cette histoire?Quand Hillary rit, c'est sérieux.LE PÈRE / Suite de la page A1 Toujours préoccupé par les questions liées à la formation des adultes, au développement des mouvements coopératifs et aux différents groupes impliqués dans l'action sociale, il sera aussi amené à jouer un rôle déterminant dans l'essor de la vie artistique et littéraire au Canada.Tout en continuant ses activités à Québec, il sera nommé par le premier ministre fédéral du temps, Louis Saint-Laurent, membre de la Commission Massé, une commission royale d'enquête sur les arts, les sciences et les lettres au Canada.Ce vaste travail donnera naissance au Conseil des arts du Canada dont le père Lévesque deviendra le premier vice-président.Au moment où il commençait à envisager de prendre une retraite bien méritée, ses supérieurs lui demandaient de relever un autre défi de taille en allant fonder à Kigali l'Université nationale du Rwanda, en Afrique centrale, dont il sera le tout premier recteur.Après son retour au pays, il demeurera fort actif en gardant des contacts étroits avec plusieurs de ses anciens étudiants, dont certains occupent aujourd'hui des postes en vue sur la scène politique, sociale ou culturelle.Il fera même partie pendant plusieurs années du conseil d'administration de La Presse.À l'occasion d'une fête organisée en son honneur, en mars 1993, pour célébrer ses 90 ans, son 65e anniversaire de sacerdoce et ses 70 ans de vie religieuse, il avait eu droit aux éloges formulés par celui qui avait été son proche collaborateur à l'Université Laval, le comédien et humoriste Doris Lussier, décédé peu après.Ce dernier, qui s'amusait à dire que le père Lévesque « avait trouvé le tour d'être âgé sans être vieux », concluait ses propos par une remarque qui résume assez bien l'ensemble de cette carrière toute entière axée sur des défis à relever.Et qui décrit sans doute le souvenir que tous ceux qui ont bien connu ce personnage hors du commun garderont de lui: « Le père Lévesque, un homme-lumière, un homme-force, un homme- ferment, un homme.vertical.Le criminel de guerre «Arkan» abattu à Belgrade d'après AFP et AP BELGRADE Zeljko Raznatovic, ancien chef de milice serbe connu sous le nom d'Arkan et inculpé pour crimes contre l'humanité en Croatie et en Bosnie- Herzégovine, a été abattu hier lors d'une fusillade dans un grand hôtel de Belgrade.Atteint à la tête, Arkan est mort au centre des urgences de la capitale, selon des sources médicales concordantes.La fusillade, survenue à l'hôtel Intercontinental, a fait deux autres morts, dont un garde du corps d'Arkan.Selon un communiqué du juge d'instruction du tribunal de Belgrade, cité par l'agence officielle Tanjug, Zeljko Raznatovic est mort à 18 h 50 locales.L'un de ses gardes du corps, Milenko Mandic, dit Manda, a été tué sur le coup, et un autre homme, Dragan Garic, est lui aussi mort de ses blessures.Le communiqué ne donne pas d'indications sur le déroulement de la fusillade ou sur l'identité de celui ou ceux qui ont tiré sur Arkan.Selon un témoin cité par Tanjug, des agresseurs masqués auraient ouvert le feu au pistolet automatique sur Arkan et les personnes qui l'accompagnaient au rez-de-chaussée de l'Intercontinental.Les agresseurs se seraient ensuite enfuis.La police a mené pendant plusieurs heures des investigations dans le hall de l'Intercontinental, l'un des plus grands hôtels de la capitale yougoslave, dans le quartier moderne de Novi Beograd.Les policiers tenaient la presse à distance et se sont refusés à toute déclaration.La voiture d'Arkan, un gros 4x4 blindé noir garé devant l'hôtel, a été remorquée par une dépanneuse de la police.Arkan, qui a exécuté avec zèle la politique de purification ethnique prônée par les partisans de la Grande Serbie, était âgé de 47 ans.Il avait créé et commandé à partir de 1991 une milice ultra-nationaliste appelée « Les Tigres ».Il a toujours rejeté les accusations de crimes de guerre portées contre lui, malgré la masse des témoignages disponibles.Le 31 mars 1999, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ( TPI ) de La Haye avait rendu publique son inculpation pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant les conflits en Croatie et en Bosnie- Herzégovine entre 1991 et 1995.Prononcée en septembre 1997, l'inculpation n'avait été rendue publique qu'un an et demi plus tard.Dans l'espoir de faciliter une éventuelle arrestation, le procureur du TPI, Louise Arbour, en avait décidé ainsi, avant de se raviser devant des informations faisant état de la présence de miliciens d'Arkan au Kosovo pendant la guerre dans la province au printemps 1999.Arkan avait démenti ces informations.Avant les guerres dans l'ex-Yougoslavie, Arkan était un bandit de droit commun, condamné à une vingtaine d'années de prison pour vol, extorsion de fonds et cambriolages de banques et recherché par Interpol dans sept pays d'Europe.Depuis quelques années, il s'était reconverti dans la politique, fondant un Parti de l'unité serbe ( PSJ ), et dans les affaires.Le secrétaire d'État Madeleine Albright a déclaré que les États-Unis ne « retiraient aucune satisfaction du meurtre d'Arkan » car il échappe ainsi à la justice.Washington «aurait voulu qu'il réponde de ses crimes à La Haye » devant le Tribunal pénal international ( TPI ), a-t-elle ajouté.« Arkan a vécu violemment, ce n'est donc pas une surprise qu'il soit mort violemment », avait commenté auparavant le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, premier responsable étranger à réagir.« Je regrette sa mort, parce qu'elle nous empêche de rendre justice aux victimes de ses atrocités en le faisant comparaître devant le tribunal de la Haye », a ajouté le chef de la diplomatie britannique.À Belgrade, l'un des leaders de l'opposition au président yougoslave Slobodan Milosevic, Vladan Batic, a prédit que le meurtre d'Arkan resterait « non élucidé, comme tous les meurtres qui l'ont précédé », selon l'agence Beta.M.Batic, de l'Alliance pour des changements ( SZP ), se référait à une série de meurtres commis ces dernières années à Belgrade et sur lesquels la lumière n'a jamais été faite.« Quelqu'un qui en savait trop et qui a participé à beaucoup de choses a été tué », a déclaré un autre leader de l'opposition, Goran Svilanovic, de l'Alliance civique serbe ( GSS ).Au Kosovo, l'annonce de la mort d'Arkan a été accueillie avec joie par les Albanais de la province.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 024 à quatre chiffres : 4540 6/49: 1 9 15 26 47 48 Compl.13 Extra: 3 7 6 8 7 2 DEMAIN DANS LA PRESSE Plus stylisée Après avoir proposé des coupés passablement insipides quant à l'aspect et à la performance, Hyundai s'est amendé avec la Tiburon, dévoilée en 1996.Trois ans plus tard, le numéro un sud-coréen propose la deuxième génération de ce modèle.Cette fois, les stylistes ont été encore plus audacieux en accentuant les différentes caractéristiques visuelles de la carrosserie.Les ingénieurs ont été plus sages puisqu'ils se sont contentés de raffiner les éléments mécaniques de la première Tiburon.Denis Duquet l'a essayée.À lire demain dans le cahier automobile.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net La santé supplante la souveraineté dans la liste des priorités du gouvernement provincial.Êtes-vous d'accord?Selon un vaste sondage de La Presse, les Québécois s'ennuient des années 50.Êtes-vous d'accord?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 52 % Non: 48 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique. 7LP0302A0116 a03 actus dim 16 janvier 7LP0301A1 16 ZALLCALL 67 00:44:10 01/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 R A 3 L'EXPRESS DU MATIN Policiers attaqués à coups de pelle n Un résidant de Laval a tenté de faire un mauvais parti à deux policiers lavallois à l'aide d'une pelle tranchante, hier soir.L'homme dans la trentaine, intoxiqué par l'alcool, la cocaïne et des médicaments, a aussi menacé de mort les deux agents venus l'appréhender dans un immeuble à logements situé au 1665 rue Concorde.Ces derniers ont dû battre en retraite après avoir poivré le forcené.Les policiers ont ensuite pu lui passer les menottes avant de l'emmener à la Gendarmerie, le poste d'urgence de Laval.L'individu a continué de donner du fil à retordre aux agents en proférant des menaces et en se cognant la tête sur la structure de son lit.Craignant pour la vie du forcené qui disait vouloir se suicider, la police l'a fait transporter en ambulance à l'hôpital Sacré-Coeur, où il reposait toujours hier soir.Évasion n Robert Jacques, 57 ans, un détenu de l'établissement à sécurité minimale Montée Saint- François, à Laval, a profité d'une permission de sortir pour s'évader de son escorte, hier, en fin d'après-midi.Jugé non dangereux, Robert Jacques purge, depuis le 16 mars dernier, une sentence de cinq ans pour des vols qualifiés.Le Service correctionnel du Canada a demandé l'aide de la Sûreté du Québec pour mettre la main au collet du fugitif.Collision mortelle n Une collision entre une remorque et un véhicule a fait un mort, hier matin, sur la route 277, à Saint-Malachie, dans la région Chaudière-Appalaches.Assise côté passager à l'avant, Stéphanie Breton, 19 ans, de Lac-Etchemin, a péri sur le coup quand le véhicule dans lequel elle prenait place a été heurté par une remorque.Le conducteur et deux autres passagers ont été blessés et transportés dans un hôpital de Québec.La remorque se serait détachée d'une camionnette roulant à sens inverse.Une inspection mécanique de la remorque et de la camionnette sera effectuée.Fermeture de route n Une collision entre deux véhicules a forcé la fermeture complète de la route 223, hier aprèsmidi, à la hauteur de la 39e Avenue, à Saint-Blaise-sur-Richelieu.Survenu vers 15 h 15, l'accident a fait trois blessés, dont un gravement.Après avoir procédé à l'analyse de la scène de l'accident, les agents de la Sûreté du Québec ont autorisé la réouverture de la route 223 deux heures plus tard.Maison centenaire rasée par le feu n Une maison centenaire de Saint-Basile, dans le comté de Portneuf, à l'ouest de Québec, a été complètement rasée par les flammes, en fin de journée vendredi.À l'arrivée des pompiers, vers 16 h 30, le spectaculaire incendie, qui a vraisemblablement pris naissance dans le panneau électrique, avait déjà fait passablement de ravages.Le temps très froid a aussi compliqué la tâche des pompiers.Située sur le boulevard du Centenaire, la maison était divisée en deux logements.Personne n'a été blessé.Culture de pot n André Martel, 39 ans, de Beauport, en banlieue de Québec, a été inculpé de production de cannabis, hier, au lendemain de la saisie à son domicile d'une plantation évaluée à 600 000 $.Vendredi, les policiers de la Gendarmerie royale du Canada et de la Sûreté municipale de Québec ont découvert quelque 600 plants de marijuana chez l'accusé.La serre, présumément exploitée par ce dernier, accaparait cinq pièces à l'étage supérieur de la maison, chacune d'entre elles étant réservée à une étape distincte du développement des plants, selon la police.Le suspect été remis en liberté de façon provisoire, moyennant une caution de 5000 $, au terme de sa comparution devant le juge André Cartier.Il lui sera interdit de posséder une arme à feu, un téléphone cellulaire ou un téléavertisseur pendant la durée des procédures judiciaires.La carte postale distribuée par Montréal dans les bars fréquentés par les banlieusards.Montréal courtise les banlieusards Les citoyens du 450 invités à devenir résidants du 514 RIMA ELKOURI Aux banlieusards exaspérés par l'attente interminable sur les ponts, la Ville de Montréal propose une solution qui n'est pas désintéressée : « Venez habiter à Montréal ! » Jusqu'au 21 janvier, une vaste campagne de publicité intitulée Adieu les ponts tentera ainsi de convaincre les citoyens des couronnes « 450 » de se convertir en résidants « 514 ».« Peu importe votre budget et vos besoins, vous trouverez un quartier qui vous ressemble, une maison qui vous convient et.adieu les ponts ! » clame la publicité.Selon des données de l'Agence métropolitaine de transport reprises par la Ville de Montréal, le temps perdu annuellement dans les bouchons devrait passer à huit semaines par personne en 2011.En 1991, il était de trois semaines.Alors, vivement le retour en ville, fait valoir la publicité.La campagne Adieu les ponts mise surtout sur des messages d'une durée de 30 secondes, à la radio.À l'heure du « pare-chocs contre pare- chocs » sur les ponts de la Rive- Sud et de Laval, des bulletins de circulation décrivant des heures de pointe pénibles et des attentes de plus de 30 minutes sont diffusés.Puis, la « solution miracle » se fait entendre : l'annonceur invite les banlieusards qui en ont marre de poireauter sur un pont à contacter la Ville de Montréal.On leur vante les projets résidentiels de la municipalité, les différents quartiers et le programme de crédit de taxes foncières pour l'achat d'une maison neuve.Par ailleurs, trois affiches géantes montrant un terrible bouchon sur le pont Jacques-Cartier ont été installées aux abords des ponts Jacques- Cartier, Mercier, Champlain et Victoria.La même image cauchemardesque, version carte postale, est distribuée dans les bureaux Accès Montréal ainsi que dans les bars et les restaurants montréalais.Pourquoi pas dans des établissements de banlieue ?C'est qu'une étude de marché commandée par la Ville démontre que les bars et les restos de Montréal demeurent les meilleurs endroits pour rejoindre les banlieusards.Une première version de cette campagne a suscité, l'an dernier, plus de 1250 appels en deux semaines.Preuve que la publicité atteint bien sa cible, les appels provenaient souvent d'automobilistes pris dans un embouteillage et munis d'un téléphone cellulaire.De Yahoo! à You Hou! Une voiture fonce vers la résidence du premier ministre britannique MARIE-CLAUDE GIRARD Le moteur de recherche Yahoo ! aurait- il perdu le sens de l'humour sur lequel il s'est bâti ?C'est ce que se demande aujourd'hui l'animateur de l'émission Branché, à Radio- Canada, Jean-Hugues Roy, après qu'une mise en demeure l'eut incité cette semaine à modifier la parodie québécoise de Yahoo ! qu'il avait créée.L'histoire s'est finalement réglée rapidement, les changements apportés par l'animateur à son site ayant satisfait la compagnie.Yahoo ! Québec est devenu You Hou ! Québec.Le logo a été modifié.Et le moteur de recherche qui pointait par défaut vers une page de liens menant à des sites pornos est maintenant dirigé.vers le site du Vatican.On peut y découvrir les résultats d'une recherche avec les mots clés « plus catholique que.» « J'ai compris.J'ai tout de suite changé le logo », note M.Roy.Il souligne que son site ne diffusait pas d'images XXX, mais conduisait seulement à une page de liens.« Internet, c'est basé sur l'humour et la parodie.Cela en fait partie depuis le début.On ne se prend pas au sérieux.» M.Roy a eu l'idée l'automne dernier de créer un tel site pour illustrer un reportage sur l'arrivée en Bourse de l'entreprise Netgraphe.Qu'arriverait-il à la Toile du Québec si Yahoo créait une section québécoise ?se demandait-il alors.Puis, à la blague, il a laissé le site Web en ligne, l'agrémentant comme s'il avait été créé par.Elvis Gratton.La commande « Search », est devenu « Enwouaille ».La section internationale comprend « Les Amaricains », « Tabarnacos » et « Blokes ».On offre à l'internaute de chercher dans « toute le monde » ou « yienque le Kébec ».M.Roy s'attendait bien à ce que Yahoo ! réagisse à l'utilisation de ses nom et logo, mais pas par la voix de ses avocats, d'autant plus que le moteur de recherche offre déjà une rubrique de sites le parodiant.Il ne croit pas non plus que Yahoo ! Canada souhaite créer une section québécoise.« Je ne m'attendais pas à ce qu'ils sortent un canon pour tuer une mouche.Le plus comique, c'est qu'ils se sont trompé de mouche ! » En effet, les avocats canadiens de Yahoo ! Canada n'ont pas visé le véritable responsable du site en envoyant mercredi dernier une mise en demeure au babillard Pssst !, alors que celui-ci avait simplement créé un lien vers Yahoo ! Québec.Les adresses des sites Web témoignent d'ailleurs de la spécificité de chacun : http://altern.org/ groov3/yahoo/ e t h t t p : / / www.pssst.qc.ca.Comme quoi certains avocats ont peut-être encore du mal à comprendre les subtilités d'Internet.En remontant la filière, on peut d'ailleurs retracer l'auteur du site.Ironie du sort, altern.org, l'entreprise hébergeant You Hou ! Québec, a fermé ses portes temporairement l'an dernier.Elle avait été condamnée pour avoir hébergé un site présentant des photos d'Estelle Hallyday nue.Pour sa part, M.Roy a fait une demande à Yahoo ! pour que le moteur de recherche répertorie désormais son site dans la liste des parodies.Agence France-Presse LONDRES Une voiture s'est précipitée hier contre les grilles qui ferment l'accès à Downing Street, à Londres, où réside le premier ministre Tony Blair, blessant légèrement une femme et un enfant qui passaient devant, a indiqué Scotland Yard.Les occupants de la voiture ont été emmenés dans un commissariat voisin pour y être interrogés.La police cherche à savoir si le conducteur du véhicule a délibérement foncé sur les grilles ou a perdu le contrôle de sa voiture.La femme et l'enfant blessés ont été transportés à l'hôpital, a indiqué Scotland Yard.L'accès à Downing Street, qui est en fait une impasse, est bloqué par un grand portail de fer forgé, où s'accrochent chaque jour des grappes de touristes, avides d'apercevoir la célèbre porte d'entrée noire du numéro 10, résidence officielle du premier ministre.Tony Blair et sa famille résident en fait au numéro 11, normalement résidence du chancelier de l'Échiquier Gordon Brown, célibataire.MM.Brown et Blair avaient opéré un échange de résidence après la victoire aux élections de mai 1997, l'appartement du numéro 11 étant plus adapté à la grande famille de Tony Blair (trois enfants plus un en attente), que les pièces exiguës du 10.PHOTO JONATHAN HACHEY, collaboration spéciale Accident mortel Un accident de la route survenu hier matin, vers 3 h 40, sur l'autoroute 640, à Boisbriand, a coûté la vie à une femme de 22 ans originaire de Mascouche.La conductrice, Caroline Cadieux, est morte sur le coup après avoir perdu la maîtrise de sa voiture.La passagère, également âgée de 22 ans et résidante de Mascouche, a été légèrement blessée. 1LP0401A0116 A4 DIMANCHE 1LP0401A0116 ZALLCALL 67 15:36:00 01/17/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 L'employeur peut-il vraiment éplucher mon courrier?Voici la deuxième tranche de notre série sur les impacts des nouvelles technologies sur les relations de travail.Entre le droit de gérance de l'employeur et le droit à la vie privée de l'employé, où se situe la marque ?Ce qui est sûr : l'ordinateur de l'employé appartient à l'emp l o y e u r .Même chose pour la souris, son tapis, le bureau, la chaise, le téléphone, le télécopieur, et tout le reste.Oui, l'employeur paie pour les coûts d'Internet.Et oui, il possède le droit légitime de vérifier le travail de ses employés.Est-ce que tout ça lui ouvre la porte aux courriels, à la vie privée et aux sites Internet préférés de ses employés ?Réponse : ça dépend.Deux discours, deux visions se téléscopent chez les avocats.Selon qu'on défende l'employé ou l'employeur.Karim Benyekhlef ne défend ni l'un ni l'autre.Il est professeur de droit à l'Université de Montréal.Selon lui, le contenu de l'ordinateur sur les lieux de travail est comparable à celui de notre bureau.« Est-ce que tous les documents classés dans vos tiroirs ou étalés sur votre table de travail appartiennent à l'employeur ?Une partie lui appartient peut-être, mais l'employé a aussi droit à des notes personnelles.Pierre Trudel est lui aussi professeur de droit à l'Université de Montréal.Cet avocat rappelle que la légitimité et les limites de cette surveillance électronique demeurent truffées de zones d'ombre.« Ce n'est pas parce qu'un employeur met un courrier électronique ou un ordinateur à la disposition d'un employé, qu'il devient aussitôt et instantanément propriétaire de toutes les données qu'il contient », estime-t-il.« Cela dit, il est vrai que l'employeur a le droit de s'assurer que le travail est correctement exécuté et il possède aussi le droit de surveiller, lorsqu'il a des doutes à l'endroit d'un employé qui ne fait pas adéquatement son travail ou lorsque cet employé fait circuler des messages de harcèlement.Ici, il a non seulement le droit, mais l'obligation d'aller regarder de plus près ce qui se passe.Évidemment, entre tout ça, il y a énormément de flou, j'en conviens.Comme la filature.La question de la surveillance du courriel et de la navigation sur Internet au travail est une nouvelle réalité « gruyère », pleine de vides juridiques.Elle rejoint à certains égards celle de la filature et de la surveillance par caméra.La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ne s'est pas prononcée sur la question de la surveillance du courrier électronique.Aucun salarié au Québec n'a encore porté plainte après un congédiement ou une mesure disciplinaire faisant suite à une surveillance informatique.L'organisme de défense des droits et libertés s'est néanmoins penché sur la question de la surveillance par caméra vidéo à l'intérieur de l'entreprise.« Pour la Commission, la surveillance constante des salariés par caméra est inacceptable, c'est une condition déraisonnable de travail qui est contraire à l'article 46 de la Charte des droits et libertés de la personne.L'employeur pourrait y avoir recours \u2014 en dernier recours \u2014 s'il a de graves soupçons (fuite de secrets commerciaux, etc.) à l'égard de certains employés », assure Michel Coutu, conseiller juridique à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.L'article 5 de la Charte des droits et libertés de la personne stipule que toute personne a droit au respect de sa vie privée.Les articles 35 et 36 du Code civil du Québec énoncent aussi formellement le droit à la vie privée.« Et ce droit à la vie privée ne s'annule pas dès que vous franchissez les portes du bureau de votre employeur.Il suit la personne.L'employeur doit avoir des raisons sérieuses qui mettent en doute l'honnêteté du salarié pour le surveiller.À moins que l'employeur défende toute utilisation du courrier électronique à des fins personnelles, là c'est une autre question », opine Pierre Gingras, responsable des affaires juridiques du Syndicat des employés et employées professionnels et de bureau (FTQ).Me Jean-Pierre Néron, conseiller juridique de la FTQ, concède que l'employeur peut, par exemple, et de manière tout à fait justifiée, interdire que les postes de travail servent à accéder à des sites Web pornographiques.« Ça, c'est un objectif louable.Mais comment un employeur va s'y prendre maintenant pour surveiller, sans porter atteinte à la vie privée ?Sans compter le stress de l'employé.Imaginez quelqu'un qui vous regarde pendant que vous tapez à l'ordinateur.Ça vous fatigue.Alors là, c'est un peu la même chose, vous regardez une image à l'écran et vous vous dites, peut-être que mon boss est en train de regarder la même chose ?Est-ce que le contenu de mon courrier électronique appartient à mon employeur ?Moi, je le compare à une lettre.Et je n'aime pas l'idée que mon employeur vienne regarder mon courrier postal.» Défenseur des droits des travailleurs, Pierre Gingras ne se laisse pas intimider par le fait qu'une entreprise se munisse d'une politique relative à l'utilisation du courrier électronique.Cette dernière, selon certains avocats, pourrait limiter la responsabilité de l'employeur en cas de poursuite pour atteinte à la vie privée.Autrement dit, en informant les employés que leurs communications peuvent être surveillées, la politique informatique devrait restreindre le nombre de poursuites pour intrusion dans la vie privée des employés.« Politique ou pas au travail, je peux avoir un comportement personnel », objecte Pierre Gingras.Il insiste : « Un employeur doit avoir de sérieuses raisons de mettre en doute mon honnêteté de salarié pour me surveiller.» « Si les arguments de la productivité ou du contrôle de la prestation de travail sont les seuls à justifier la surveillance du courriel, c'est à mon sens, insuffisant », réplique le professeur de droit Karim Benyenkhlef.« Ce n'est pas parce que vous signez un contrat d'emploi que vous devenez l'esclave de l'entreprise.DEMAIN : Bill Gates, l'arroseur arrosé.Pour réagir à cette série : général@lapresse.ca Lucie Lavigne PHOTO ROBERT NADON , La Presse « Ce n'est pas parce qu'un employeur met un courrier électronique ou un ordinateur à la disposition d'un employé qu'il devient aussitôt et instantanément propriétaire de toutes les données qu'il contient », estime Pierre Trudel, professeur de droit à l'Université de Montréal.Internautes vagabonds sous surveillance Ne passe pas qui veut! Infographie La Presse Site Web Utilisateur Celui qui effectue la requête pour accéder à un site Web Logiciel de contrôle Aussi appelé de surveillance.Ce peut être un ordinateur ou un logiciel installé dans le garde-barrières.Il a pour mandat de permettre ou d'interdire l'accès à certains sites.S'il accepte la requête, il garde en mémoire les visites des employés.S'il la refuse, l'employé retourne à son clavier, bredouille.Gardes-barrières (firewall) Installés par les entreprises, ils servent à contrôler l'information qui entre et qui sort.Une requête, lancée par un employé, doit passer par ce gardien de l'information.3A OUI NON Marie-Andrée Amiot Surveiller les allées et venues d'un employé dans ses escapades sur Internet peut s'avérer bien simple pour un employeur.Selon des experts consultés par La Presse, il suffit que l'entreprise soit branchée sur un serveur muni de murs gardes-barrières (firewalls) et qu'elle installe un logiciel de surveillance fourni par des sociétés spécialisées.Ne reste qu'à consulter les journaux de bord fournis par le logiciel et le tour est joué.« Et puisque 95 % des entreprises qui possèdent un serveur ont des gardes-barrières, à peu près toutes peuvent se munir de ces moyens de surveillance », rajoute François Normant de Technologia Formation.Voici comment fonctionnent les logiciels de surveillance.1.Un employé inscrit une adresse pour visiter un site sur le Web, celui de Playboy par exemple.2.Sa requête passe par le gardebarrières et est stoppée à un premier goulot d'étranglement.3.La requête est alors acheminée à un logiciel de surveillance qui filtre le site.Il peut alors permettre l'accès ou le refuser.4.S'il permet l'accès, la requête de l'employé, ainsi que toutes ses allées et venues sur ce site, sont inscrites dans un journal de bord.S'il refuse, l'employé ne peut que revenir.bredouille.Un employé sait habituellement que son voyage est journalisé mais il peut aussi faire l'objet de surveillance sans le savoir.Car l'employeur a le choix en installant son logiciel.Il peut opter pour composer un journal de bord composé de toutes les requêtes de ses employés sans émettre d'interdits.« Cela ne signifie pas que les employés reçoivent une bénédiction absolue, simplement ils savent qu'ils peuvent accéder au site mais que leur voyage est surveillé.Le logiciel indique où ils se sont arrêtés, quels parcours ils ont suivi, combien de temps ils ont passé à fureter sur ce site, ce qu'ils ont acheté, etc.» Toutes les allées et venues sont alors inscrites dans un journal de bord et l'employeur peut obtenir une description complète du voyage de son employé.L'autre option est de payer un abonnement annuel à une entreprise qui catégorise des centaines de milliers de sites.Certains peuvent être à caractère haineux, être violents ou pornographiques, etc.Chaque jour, le serveur se connecte sur cette liste noire de sites et interdit l'accès aux nouveaux qui surgissent quotidiennement.« L'employeur peut mettre des règles comme interdire toute connexion à des sites donnés, poursuit M.Normant.Les sites de tourisme, par exemple, ne peuvent être accessibles qu'entre 12h et 13h.Techniquement, on peut tout faire.» On a inventé une nouvelle façon d'écrire MARIE-ANDRÉE AMIOT Bjr, G reçu ton msg.Merci.A tu fini ton trv ?Julie \u2014 Oui : -))) LOL.A+, Sébastien Si vous êtes un habitué des sites de discussion sur Internet, vous aurez compris que Julie remercie Sébastien de son message.Sébastien, de son côté, a fini son travail et en est très heureux.Il rit (LOL : laughing out loud) et promet de lui parler plus tard.Confus ?Vous n'êtes pas seul.Mais, semble-t-il, il faut s'y faire.Le mode abrégé est la norme dans les « chat ».Passe encore pour les conversations entre ados (qui n'osent peut-être pas s'aventurer dans des rédactions plus poussées, de peur de faire des fautes), mais comment écrira cette génération montante quand viendra le temps de rédiger des notes de service dans le monde des affaires ?Depuis l'avènement du courrier électronique, on a inventé une toute nouvelle façon d'écrire.Fini le protocole épistolaire contraignant et démodé, les messages électroniques comportent désormais un minimum de formalités.On abrège les mots, histoire « de sauver du temps », justifient les adolescents.Au mieux, les messages sont courts, sans les politesses d'usage ; au pire, les mots s'écrivent au son, comptent le moins de lettres possible et il faut parfois les lire à haute voix pour les comprendre.Le style est décontracté, familier, sans grande planification syntaxique.Des exemples ?Pkoi (pourquoi), l'otjr (l'autre jour), c ou (c'est où) t ki ?(qui es-tu ?).Les coupables sont nombreux, il y a l'influence de l'anglais, le caractère expéditif des communications électroniques, le système scolaire qui a laissé tomber les règles de grammaire, etc.Susan Herring, professeur de linguistique à l'Université du Texas à Arlington cite aussi l'anonymat, les petites dimensions des écrans et l'attention limitée des utilisateurs.« C'est la structure même de la langue qui change », écrivait-elle l'an dernier.Résultat : les courriels prennent souvent des allures de messages encodés, réservés aux initiés et totalement opaques pour les profanes.L'orthographe surtout, en a pris pour son rhume.Il suffit de se promener dans des sites de discussion fréquentés par les jeunes pour s'apercevoir que les règles de Grevisse n'ont plus la cote.Dans les écoles, on s'inquiète depuis longtemps.L'angoisse a gagné les milieux d'affaires.Car même si les messages en entreprise destinés à l'extérieur sont lisibles et respectent (encore !) les règles universelles, ce n'est pas toujours le cas des communications à l'interne où la situation s'est détériorée.Des consignes venant de tel ou tel département concernant des politiques ou des avis généraux sont tellement truffées d'erreurs qu'elles deviennent quasi incompréhensibles.Des exemples : \u2014 Veuiller notez que le système téléphonique sera fermer entre minuit et 3h pour y effectuer des réparation.\u2014 Pour acheminer vos messages par courrier électronique, vous devrer les envoyés par notre nouveau logiciel.Les employés qui veulent s'inscrires à la formation sont priés de laissez vos noms à la réception.\u2014 Un virus circule dans les messages en pièce jointe.Veuillez cessez d'ouvrir des pièce jointe.Ici, il n'est pas question de mots abrégés, mais de fautes.Imaginez quand les acronymes rencontreront la nouvelle orthographe ! La Presse a interrogé quelques entreprises dans le cadre de cette recherche et un peu partout, on a dédramatisé la situation.Les responsables des relations publiques affirment que leur situation n'est pas pire qu'ailleurs.Pourtant, quand on parle aux employés, tous ont en tête des notes de service catastrophiques.Les exemples ci-dessus sont réels et viennent de communications internes de grandes sociétés.Que faire ?Selon des porte-parole de l'Office de la langue française, il faut d'abord encourager les employés à utiliser un correcteur orthographique qui, à tout le moins, relèvera les coquilles et les erreurs grammaticales.Puis, redorer l'image des courriels en les apparentant à une lettre qu'on met à la poste.Finalement, on suggère de réfléchir avant d'écrire.« Plusieurs messages sont envoyés rapidement, dans le feu de l'action, affirme Mme Herring.Prendre le temps de les relire éviterait sûrement plusieurs erreurs.» Et la propagation de messages jugés « inappropriés » ! 7LP0501A0116 a05 slapo dim 16 janvier 7LP0501A0116 ZALLCALL 67 00:42:56 01/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 A 5 Pour en finir avec la grippe Stéphane Laporte collaboration spéciale Lundi matin, vous arrivez au bureau.En forme.Pimpant.En montant dans l'ascenseur, vous rencontrez le gros Serge qui travaille au huitième.Il vous tend la main.Vous la serrez.Pauvre fou! Vous êtes fait! Vous êtes fini! Car ce que vous ne savez pas, c'est qu'avant que vous montiez dans l'ascenseur, le gros Serge était en pleine consomption.Il toussait du plus profond de son fond.Et les germes sortaient de sa bouche comme les Japonais sortent d'une bouche de métro à Tokyo, le jeudi à 18h.Par milliers.Par millions.Comme Serge est un homme bien élevé, il a pris soin de mettre sa main devant sa bouche.Pour ne pas arroser tout le monde autour.Et comme Serge est toujours un homme bien élevé, quand il vous a vu, il vous a tendu cette même main.Pour vous saluer.Pour vous montrer son respect.Bien sûr, il l'avait essuyée avant, un peu, sur son pantalon.Mais il restait sur sa grosse main moite au moins dix millions de germes.Qui se sont empressés de sauter sur la vôtre à l'instant du contact.Vous sortez de l'ascenseur, innocent.Sans savoir que vos beaux jours achèvent.Sans savoir que vous venez de l'attraper.Que bientôt, vous serez, vous aussi, un grippé.Un malade.En marchant dans le corridor, vous vous grattez le nez.Avec votre main infectée.Et les germes commencent à entrer dans vos narines.Alien vient de prendre possession de votre corps.En début d'après-midi, la bête va s'être confortablement installée dans vos sinus et votre gorge.Vous allez commencer à suer.À vous sentir mal.À renifler.À tousser.À faire de la fièvre.Vous irez voir votre patron.Pour lui demander la permission de partir plus tôt.Il va vous la donner.Pour le remercier, vous allez lui serrer la main.Beau remerciement.Vous venez de l'infecter.De le contaminer.Il est fait! Il est fini! Dans quelques heures lui aussi va voir sa vie basculer.Il va rejoindre le clan des gens hors d'usage.Des alités.Des faisandés.C'est effrayant! C'est horrible! Et pourtant, personne ne fait rien pour empêcher l'épidémie de se propager.Les gouvernements se croisent les bras.Aucune campagne publicitaire pour nous enseigner comment éviter d'attraper le monstre.On laisse les grippés circuler librement.Laisser leurs mouchoirs pleins de substances contaminantes traîner au sol.Tousser dans toutes les directions.Saliver sur le pays en entier.C'est juste la grippe.Eh bien! non, c'est pas juste la grippe.La grippe n'est plus une maladie de moumounes.La grippe est rendue heavy métal.En Angleterre, on s'attend à ce qu'elle tue 20 000 personnes.La grippe est la peste de l'an 2000.Quand on pense aux sommes astronomiques que la grippe coûte à la société québécoise, en journées de travail perdues, en urgences débordées, en médicaments prodigués, il semble évident que la grillée Pauline Marois et ses confrères devraient prendre illico des mesures pour remédier à ce fléau.Pour en finir avec la grippe, il faut d'abord que les Québécois cessent de se donner la main.Le gouvernement doit interdire la poignée de main et inciter les gens à utiliser une façon plus sûre de se saluer.Le gouvernement doit promouvoir l'usage du clin d'oeil.Un clin d'oeil, c'est inoffensif.Et ça fait la job.Vous entrez dans l'ascenseur.Vous apercevez le gros Serge.Vous lui faites un clin d'oeil.Il vous fait un clin d'oeil.Le tour est joué.Aucun échange de microbes.Aucun risque d'attraper quoi que ce soit.Bien sûr, il faut faire la publicité de cette nouvelle pratique, pour que tous les Québécois soient au courant.Sinon, lorsque vous allez faire un clin d'oeil à la petite secrétaire rousse, elle va penser que vous êtes en train de la flirter et elle va vous répondre par une claque dans la face.Si la petite rousse a la grippe, vous êtes fait! Vous êtes fini! Pour protéger les populations, il faudrait aussi convertir, durant l'hiver, toutes les sections fumeurs des endroits publics en sections renifleurs.Regrouper les grippés ensemble.Qu'ils s'infectent entre eux autres.Mais qu'ils nous fichent la paix.Et non pas leurs bactéries.Pas juste pour qu'on reste en santé.Mais surtout pour ne pas nous dégoûter.Parce qu'y a-tu quelque chose de plus écoeurant que d'être assis au restaurant à côté d'un grippé au troisième degré?! Vous êtes en train de manger vos pâtes, et votre voisin de gauche est en train de remplir son cinquième mouchoir Royal.Vous l'entendez extirper son liquide verdâtre de ses bronches.Un solo de trompette digne de Louis Armstrong.Vous lui lancez un regard pour qu'il baisse le volume de son nez.Et là, vous vous apercevez qu'il s'est mal mouché.Qu'il a une guédille qui lui pend des narines au menton.Vous grimacez d'effroi.Vous vous empressez de regarder ailleurs.Vous regardez vos pâtes, et la vue de votre sauce vous fait penser à autre chose.Vous ne mangez plus.Vous vous en allez.Ces désagréments seraient éliminés si on forçait les grippés à rester entre eux.Il faudrait aussi mettre en place un système de transport adapté aux grippés.Des autobus dans lesquels on rassemblerait tous les tousseux.Permettant ainsi aux bien portants d'utiliser le transport en commun sans craindre de tenir le poteau en métal sur lequel un mal portant se serait mouché auparavant.Sur les lieux de travail, il faudrait promulguer le port du casque obligatoire pour tous les grippés.En portant un casque de moto, toute la journée, les grippés ne risquent pas de nous infecter lorsqu'ils toussent.Avec une loi anti-grippe interdisant la poignée de main, instaurant des sections renifleurs, mettant en place un système de transport adapté et obligeant le port du casque de type full face, les grippés deviendraient une menace beaucoup moins dangereuse pour la société.En attendant que ces mesures soient prises, je n'ai qu'un conseil à vous donner pour éviter d'attraper la grippe durant les prochaines semaines : restez embarré chez vous ! Tant que les grippés seront en liberté, les non-grippés devront s'enfermer.n n n Pinochet serait sénile.Ça fait au moins 30 ans que les Chiliens le savent.n n n Une chose est sûre, Myriam Bédard ne peut poursuivre Radio-Canada pour avoir utilisé son image lors des Jeux olympiques de Nagano.On ne l'avait pas vue de la course! Dion offre d'expliquer la «clarté» au caucus conservateur L'an 2000 sera une bonne année SONDAGE Les Canadiens sont plus positifs lorsqu'ils évaluent les perspectives économiques et d'emploi du Canada pour l'an 2000 qu'ils ne l'étaient pour 1999.Ainsi, 25 % des personnes interrogées par l'institut Gallup croient que l'an 2000 sera une année de prospérité économique, comparativement à 12 % qui prévoient des difficultés économiques pour l'année qui commence.Par opposition, l'an dernier, 16 % des répondants envisageaient la prospérité économique pour 1999 et 21 % croyaient que l'année serait difficile.Environ six personnes sur dix, (61 %) croient que l'année 2000 sera à peu près la même, économiquement, que l'année précédente.Si l'on remonte dans le temps, on constate que la vision des Canadiens à ce sujet était plus morose à la fin de 1989, alors que seulement 3 % croyaient que 1990 apporterait la prospérité et que 72 % se préparaient à voir des difficultés économiques.Comparativement aux années précédentes, les Canadiens croient en général que l'an 2000 se présente bien en matière d'emploi.Vingt-neuf pour cent des Canadiens pensent que le chômage augmentera et un nombre égal croit qu'il diminuera.Au cours des années passées, le nombre de Canadiens prédisant une hausse du nombre de chômeurs l'emportait largement sur celui des répondants prévoyaient une baisse.Depuis 1990, quand Gallup a pour la première fois posé la question, le pessimisme a été le plus marqué en 1991.Alors, plus de huit personnes sur dix (81 %) envisageaient une hausse du nombre de chômeurs.Gallup a aussi demandé aux Canadiens s'ils anticipaient une hausse ou une diminution des grèves et des conflits ouvriers au pays en l'an 2000 et 44 % ont répondu qu'ils prévoyaient une hausse.Seulement 9 % pensent que les grèves et conflits ouvriers seront moins fréquents cette année, tandis que 44 % ne prédisent pas de changement.À peu près comme l'an dernier, seulement 14 % des répondants croient que l'année sera pacifique, plus ou moins exempte de conflits internationaux, une légère hausse par rapport à l'an dernier (12 %).Un peu moins du tiers (30 %) croit en revanche que l'année sera agitée.Enfin, 54 % pensent que l'an 2000 ressemblera à 1999 sur le plan des relations internationales.Les résultats de ce sondage reposent sur 1007 entrevues téléphoniques réalisées avec des adultes de 18 ans et plus, entre le 8 et le 15 décembre 1999.Un échantillon de cette taille est précis à 3 points de pourcentage près, 19 fois sur 20.La marge d'erreur est plus élevée avec un échantillon plus restreint, par exemple au Québec où 262 entrevues ont été menées, pour une marge de six points, 19 fois sur 20.Presse Canadienne OTTAWA Le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, aurait offert de rencontrer le caucus divisé du leader conservateur Joe Clark, afin d'expliquer aux députés son projet de loi sur la clarté référendaire.Dans une entrevue publiée hier par le quotidien torontois National Post, M.Dion indique qu'il souhaite avoir l'occasion de s'entretenir avec les 20 membres du caucus conservateur.« Il ne s'agit pas d'une question électorale ou partisane, dit-il.C'est du pays que nous discutons.Pouvons- nous accepter que le Canada se morcelle dans la confusion, sans un appui clair des gens du Québec ?J'espère que M.Clark et les conservateurs se joindront à nous.» L'attachée de presse de Joe Clark, Stacey Grey, dit que le leader conservateur réfléchira sérieusement à l'offre qui lui a été faite.Elle précise que ce ne serait pas la première fois qu'un ministre du cabinet rencontre le caucus d'un parti d'Opposition.M.Clark s'oppose à la législation devant déterminer les conditions d'une sécession possible du Québec, mais cinq députés de son parti ont décidé d'appuyer le projet de loi.Le leader a convoqué une réunion du caucus la semaine prochaine, et il a promis d'y autoriser un vote libre sur la clarté référendaire, et de proposer des amendements offrant des réformes positives pour la fédération.Le leader conservateur a accusé le premier ministre Jean Chrétien d'imposer de nouvelles règles référendaires au Québec en raison de l'antagonisme qui existe entre lui et les autres Québécois francophones, et parce qu'il veut gagner des votes au Canada anglais.M.Dion nie ces accusations, qu'il qualifie d'injustes envers le premier ministre et envers lui-même.« C'est un projet de loi favorable au Québec, dit-il.Il est évident que c'est parce que nous nous préoccupons de notre société que nous croyons que nous ne devrions pas négocier la sécession si les Québécois n'expriment pas clairement leur volonté de cesser d'être Canadiens.« Nous sommes disposés à accueillir les suggestions que M.Clark pourrait avoir concernant la fédération, mais depuis qu'il fait de la politique, je ne l'ai jamais entendu énoncer une seule idée pour améliorer le pays », a-t-il ajouté.L'offre de M.Dion aurait été endossée par Elsie Wayne, adjointe du leader du Parti conservateur.« Je pense que cette offre est excellente, et elle ne me cause aucun problème, a-t-elle déclaré en entrevue.Mais ce sera au caucus de décider ce qu'il veut faire.» Les casques bleus canadiens accroissent leur zone en Bosnie Presse Canadien OTTAWA Les casques bleus canadiens ont accru leur zone de responsabilité en Bosnie, prenant en charge le secteur couvert jusque-là par des Belges et des Luxembourgeois, a indiqué hier à Ottawa le ministre de la Défense nationale Art Eggleton.Les soldats du groupement tactique du 1er Bataillon du Royal 22e régiment, de Valcartier, patrouilleront désormais une zone de 7300 km carrés, comprenant maintenant des grands centres comme Glamoc, Livno et Tomislavgrad.Les casques bleus canadiens continueront par ailleurs de servir, au sein de la Division multinationale, dans le sud-ouest de la Bosnie, près de la frontière croate, entre les villes de Velika Kladusa, au nord, Bihac, Drvar et maintenant Tomislavgrad, au sud.Ce redéploiement fait partie du plan de rationalisation des forces de l'OTAN dans les Balkans, annoncé en novembre dernier.« Le rôle de premier plan nouvellement assumé par les Forces canadiennes en Bosnie est un bon indice de la confiance que nous accordent nos alliés en ce qui a trait à notre capacité de leadership ainsi que d'effectuer un travail efficace », écrit le ministre Eggleton dans un communiqué.La mission canadienne en Bosnie comprend actuellement 1350 soldats ; 300 autres s'y ajouteront au printemps.À ce moment, la majorité des 1450 soldats canadiens déployés au Kosovo rentreront au pays dans le cadre du plan de rationalisation de l'OTAN.Seuls quelques spécialistes en déminage et des membres du quartier général demeureront sur place. 7LP0601A0116 a06 actus dim 16 janvier 7LP0601A0116 ZALLCALL 67 00:40:44 01/16/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 L'ADQ ou rien! Mario Dumont ne durerait pas plus d'une journée au PLQ.et même pas une journée complète au PQ Paul Roy RIVIÈRE-DU-LOUP Le type attablé devant un plat de pâtes et un verre de rouge fait de la politique active depuis pas loin d'une douzaine d'années.À titre de président de la commission jeunesse du PLQ, puis à celui de chef de son propre parti, il a vécu aux avant-postes tous les débats constitutionnels des dix dernières années : référendum de Charlottetown, référendum de 1995.amenez-en ! Membre fondateur et chef de l'ADQ (Action démocratique du Québec), il s'est fait élire député avec de substantielles majorités en 1994 et 1998, son parti se permettant même le luxe, aux dernières élections, de récolter 11,6 % des votes à la grandeur du Québec.À l'époque où il ruait dans leurs brancards, les libéraux lui avaient fait miroiter la lune.avant d'essayer de lui tordre les bras (ou le cou ?).Et ces dernières années, les péquistes lui ont offert plus d'une fois une limousine \u2014 et le titre de ministre qui va avec.Sa réponse : non.Et quand on lui a rappelé, pour le convaincre, que Jean Charest aussi avait dit non avant d'accepter de diriger les libéraux, il s'est demandé « c'était quoi le rapport » ?Il pose sa fourchette et pouffe d'un grand rire adolescent : « Charest a accepté, bon, O.K.! » À l'Assemblée nationale, comme chef et seul député de son parti, il est quotidiennement victime de quolibets : libéraux et péquistes insinuent tour à tour qu'il est le caniche de l'autre parti.Tout cela semble l'amuser au plus haut point.Au fait, Mario Dumont n'a même pas 30 ans.Et quand on lui demande s'il se considère surdoué, il répond que non, « pas vraiment ».Était-il bon en classe ?« Oui, j'ai jamais eu de la misère à l'école.» \u2014 Dans les premiers.Premier \u2014 Ça ressemble à ça.Au secondaire et au cégep, j'ai eu la médaille du Gouverneur général.\u2014 Deux fois ?\u2014 Mais j'étais malcommode par exemple.A-t-il déjà passé un test de quotient intellectuel ?Oui, un test de Mensa.\u2014 120, 130.140 ?\u2014 Oui.À l'Université Concordia, à Montréal, il a réussi son bac « with great distinction ».« Pourtant, à l'université, je faisais tout sauf étudier.Je faisais des semaines de 80 heures (au PLQ) avant d'aller à mon premier cours.» Calcul mental Fils d'un couple d'agriculteurs de Cacouna, à côté de Rivière-du- Loup, Mario Dumont n'a qu'un frère, qui est de cinq ans son cadet.« C'est un chercheur, dit-il.Il fait son doctorat à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.Ce qu'il fait exactement ?J'aurais bien de la misère à l'expliquer, c'est dans les virus (.) Le soir, il va nourrir ses bactéries.» Lui-même préparait une maîtrise en économie quand la politique l'a happé pour de bon.Au secondaire, il avait mené son équipe à la finale de Génies en herbe.\u2014 Aviez-vous gagné ?\u2014 On ne parle pas de ça.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je n'aime pas ça, pas gagner.Était-il le meilleur de son équipe (de quatre) ?Eh oui ! Sur un match de 500 points, il pouvait « scorer » à lui seul 350, 400 points.« Mais, s'empresse-t-il d'ajouter en toute fausse modestie, c'est ma vitesse qui m'aidait.J'étais plus vite sur le piton.» \u2014 Il fallait tout de même connaître les réponses.\u2014 Je n'étais pas bon dans tout.Moi, le cinéma, je ne connais rien là-dedans.Alors, on avait nos spécialités : un c'était le cinéma, un autre les sports.\u2014 Et vous ?\u2014 Le reste : les sciences, la géographie, l'histoire, l'économie, la politique, le calcul mental.En calcul mental, il n'y en a jamais un qui m'a battu.\u2014 Quel genre de calculs ?\u2014 La racine carrée de 169, fois 4, moins 18.Des affaires de même.On a souvent écrit sur lui que dès le secondaire, il rêvait de devenir premier ministre.« Complètement faux ! » tranche-t-il.C'est son père qui l'a inscrit, à son insu, à son premier congrès du Parti libéral, à la fin du secondaire.Rapidement, il est devenu représentant pour le Bas-du-Fleuve à la commission jeunesse du PLQ.À l'été 1989, il était embauché comme permanent à ladite commission et, en mars 1991, il en devenait le président.Il était proche du premier ministre d'alors, Robert Bourassa.\u2014 C'est vrai qu'il était votre idole ?\u2014 Idole, c'est un mot un peu fort.\u2014 On dit que vous lui ressembliez \u2014 Je ne trouve pas.C'était un gestionnaire, un gestionnaire des esprits, des situations, mais pas un entrepreneur.Moi, c'est le contraire.\u2014 Et l'amour de la politique ?\u2014 Ça, c'est une autre différence.\u2014 Vous pourriez vivre sans ?\u2014 Je vais ! Il dit être en politique parce que le Québec gaspille son potentiel.« On dévalorise la performance, on a érigé en religion le nivellement par le bas, on se dirige vers la médiocrité absolue.» C'est ce qu'il aimerait changer.Et quand on lui mentionne que les tiers partis ont peu de chances de percer au Québec, il répond que les deux principaux partis, le PQ et le PLQ, sont peut-être plus fragiles qu'on le croit.Le PQ, à cause de son option souverainiste.Et le PLQ ?« Parce qu'il n'y a pas un, mais bien deux PLQ, explique-t-il : un gros Parti égalité, dans les circonscriptions anglophones, et un autre parti dans les circonscriptions francophones.Et c'est ce Parti libéral-là qui est fragile.» Et de prévenir : « Dans le Québec francophone, il ne faudrait pas que le Parti libéral perde une troisième élection de suite.» Et si Mario Dumont n'arrivait pas à changer le monde \u2014 ou à tout le moins le Québec \u2014 à partir de l'ADQ, songerait-il à joindre un des deux autres partis ?Il manquera de s'étouffer de rire à quelques reprises en répondant : « Au PQ, je ne pourrais pas faire une journée ! Au PLQ, je pense que je pourrais faire une journée (mais pas plus) parce que, pour gagner une élection, ils sont capables d'être courtois.» (Là, il éclate vraiment de rire.) Plus sérieusement, il explique que le PQ est « un parti idéologique » avec lequel il est « aux antipodes sur tellement de questions » qu'il n'y survivrait pas une journée.\u2014 Autrement dit, si votre carrière politique ne se poursuit pas à l'ADQ, c'en sera la fin ?\u2014 Autrement dit c'est ça.Et d'ajouter : « J'ai quelque chose à offrir, si le monde en veut pas, je ne m'immolerai pas sur la place publique.» Et qu'a-t-il à offrir ?Du « bonheur national brut ».Un bonheur qui tient en trois points : une économie en santé, une culture (française) en santé et la liberté pour les individus.Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mario Dumont n'est pas un politicien de gauche.Certains le décrivent comme un « jeune vieux ».S'il n'en tenait qu'à lui, les employés de l'État \u2014 pour ce qui en resterait, de l'État \u2014 diraient adieu à leur sécurité d'emploi.« Ce n'est pas les syndicats que je blâme, précise-t-il, mais les gouvernements qui leur cèdent tout.» \u2014 Vous même, accepteriezvous de faire partie d'un syndicat \u2014 Non.Il dit en avoir contre « ce corporatisme, ces groupes de pression qui font plier les gouvernements ».Il s'inquiète de la santé économique du Québec.« Quand t'es le dernier à bénéficier de la reprise, tu risques d'être le premier à planter.Militant du camp du OUI lors du référendum de 1995, Mario Dumont est-il toujours souverainiste ?« Je ne l'ai jamais été », répond-il candidement.Et d'expliquer qu'en 1995, il s'opposait d'abord et avant tout au statu quo, et qu'un OUI aurait permis un salutaire rebrassage des cartes.Il pense que Lucien Bouchard est « un gars intègre ».« Mais je ne pense pas qu'il soit péquiste par ailleurs.Si tu l'amenais dans une boîte noire et lui demandais de rédiger un programme, je ne suis pas sûr que ça ressemblerait au programme du PQ.Il a fait ce compromis- là pour être premier ministre, mais je pense qu'il le regrette à tous les congrès.» Charles et Angela Le 14 décembre, Marie-Claude Barrette, sa femme, a donné naissance à leur deuxième enfant, Charles.Angela, une petite éveillée, a trois ans.Il y a quelques années, Mario Dumont, qui a habité Montréal plusieurs années, a racheté la ferme familiale de Cacouna.Son père faisait du lait, lui fait pousser des céréales, orge, avoine, soya.\u2014 En même temps que le job de député, de chef de parti ?\u2014 Je fais faire des affaires à forfait.Mais en mai, je prends deux ou trois fins de semaine pour faire mes semences.Il se qualifie volontiers d'hyperactif.« Mais je n'ai aucune difficulté à décrocher de la job quand je rentre le soir.Et je ne suis pas un mordu de politique, je n'écoute pas les nouvelles toutes les trois heures au cas où il y aurait une déclaration.Le 24 août 1992, quelque temps avant le référendum de Charlottetown, il avait été convoqué à minuit au Château Frontenac (de Québec) par les bonzes du Parti libéral.Il y avait là Robert Bourassa, Jean-Claude Rivest (aujourd'hui sénateur), John Parisella, Pierre Anctil, Pierre Saulnier et Thierry Vandal.Le jeune Mario \u2014 il avait 22 ans \u2014, président de la commission jeunesse, refusait d'appuyer la position du parti.« Marie-Claude (qu'il a connue à la commission jeunesse) m'accompagnait, je lui ai demandé de m'attendre à la porte.» Elle l'attendait toujours quand il est sorti de la pièce, trois heures plus tard.Trois heures au cours desquelles six hommes d'âge mûr, rompus à toutes les astuces de la politique, ont tout tenté pour le faire fléchir.« C'était good cop, bad cop », se remémore-t-il.Ou, si vous préférez, le jeu du bâton et de la carotte.À un moment, le jeune Dumont, loin de craquer, avait demandé à ses « tortionnaires » : « Y a rien à manger ici ?» On lui avait fait monter des sandwiches.Il avait mangé, et il avait tenu son bout.Pour résister, il se répétait : « Dans un mois, l'humanité va se souvenir que Charlottetown, c'était de la marde ! » \u2014 À 22 ans, vous n'aviez peur de rien ?\u2014 En politique, non, pas vraiment.J'ai pas mal plus peur de monter dans une échelle sur le toit de ma maison.PHOTO DIDIER DEBUSSCHERE, collaboration spéciale Mario Dumont dans sa maison de ferme de Cacouna avec Charles, un mois, et Angela, trois ans.Des garderies trop bruyantes André Noël On a l'habitude de voir des matelas sur le plancher dans les garderies.Mais à la Sourithèque, une grosse garderie de 80 enfants dans le Centre-Sud de Montréal, ils sont accrochés au plafond.Le but : étouffer le bruit.« Ce n'est pas superflu, affirme Rachel Bolduc, une éducatrice.Le bruit, dans les garderies, c'est un problème sérieux.Autant pour le personnel que pour les enfants.Ce n'est pas seulement dans les usines qu'on risque de devenir sourd ! » Une garderie sur cinq excède carrément les normes émises par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) fixées à 90 décibels (dbA), indique une étude récente de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal.Cela pose un problème pour les éducateurs, qui passent leur vie dans ce milieu de travail.Les petits enfants risquent peu de souffrir de surdité permanente, croit un des auteurs de l'étude, Michel Picard.Mais ils peuvent souffrir de surdité temporaire.Et surtout voir leurs capacités d'apprentissage affectées.Le système auditif n'atteint sa maturité qu'à partir de 13 ans, explique M.Picard.Selon lui, au cours de l'enfance, tout travail d'apprentissage devrait donc se faire dans des endroits silencieux.M.Picard et sa collègue, Chantal Boudreau, ont recueilli trois échantillons acoustiques pendant 10 minutes dans 25 petites garderies au cours de l'été 1998.Un échantillon était pris pendant la période très bruyante où les enfants arrivent ; un autre pendant des activités structurées où les enfants dessinent, chantent ou écoutent des histoires ; et un dernier pendant le repas.Dans toutes les garderies, le bruit excédait le niveau de décibels considéré comme optimal pour permettre aux enfants de parler et de communiquer normalement (de 30 à 37,5 dbA).En fait, il était en moyenne deux fois plus élevé que ce qui était souhaitable ; 20 % avaient des niveaux égaux ou supérieurs à 85 dbA.La lecture la plus calme a été enregistrée à 52,5 dbA.Raymond Hétu, un autre professeur de l'École d'orthophonie, avait déjà sonné l'alarme il y a une dizaine d'années.Pierre Morissette, professeur d'architecture à l'Université de Montréal, y avait collaboré.« Malheureusement, je ne crois pas qu'il y ait eu beaucoup de changements au cours des dernières années, dit-il.Les pires niveaux sonores sont enregistrés dans les aires ouvertes : on y constate un mélange en série de pleurs et de cris.On a vu les retombées sur la santé et le stress des enfants et des éducatrices.Le bruit nuit aux rapports humains.Il limite la capacité de résistance de l'organisme.même aux microbes ! » M.Morissette a suggéré de modifier le design intérieur, d'organiser l'espace autrement et d'installer des matériaux absorbants sur les plafonds pour empêcher les phénomènes d'écho et de réverbération.« On peut aussi installer des tampons sous les meubles, éliminer les portes qui claquent, etc.» Carole Lavallée, professeur en technique de garde au cégep du Vieux-Montréal, insiste sur l'organisation du travail.« Mieux vaut éviter les gros groupes, dit-elle.Lorsque les enfants sont divisés en petits groupes, le bruit baisse.Les périodes où les enfants sont plus excités sont prévisibles, juste avant le repas par exemple.C'est une bonne idée de les distraire, de les faire patienter avec des activités.Mais on ne pourra jamais les empêcher de faire du bruit : cela n'est pas souhaitable.» La Sourithèque a écouté les recommandations de M.Morissette et de Mme Lavallée.Les 16 enfants de trois ans et demi à quatre ans ont deux éducatrices pour s'occuper d'eux, et se trouvent souvent à fonctionner en petit groupe.Les plafonds et le mobilier ont été transformés pour amortir les bruits.« Nous avons un local plus silencieux et un autre plus bruyant, explique Rachel Bolduc.Dans le premier, les enfants doivent faire attention.Dans le second, ils peuvent se laisser aller un peu plus, et bouger plus.Lorsqu'ils sont fatigués, ils reviennent dans le premier local.» Cependant, toutes les garderies n'ont pas la chance d'avoir de grands locaux.Au ministère de la Famille et de l'Enfance, on affirme être préoccupé par le problème.Ce n'est pas du jour au lendemain que les quelque 107 000 enfants en garderie pourront passer leur journée dans des milieux calmes. 7LP0701A0116 A-7 dimanche 7LP0701A0116 ZALLCALL 67 00:43:10 01/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 A 7 La famille Rizzuto se désiste La Commission de toponymie devrait revoir sa position sur le changement de nom du pont Papineau-Leblanc SIMON DROUIN Sans doute exaspérée par la controverse entourant le changement de dénomination du pont Papineau- Leblanc, la famille de Pietro Rizzuto demande que la Commission de toponymie annule sa décision de nommer le pont reliant Montréal et Laval en l'honneur de l'ex-sénateur libéral décédé en 1997.Son fils, Alfonso Rizzuto, a fait parvenir une lettre à deux des plus ardents promoteurs du changement de nom, MM.Enrico Riggi et Giuseppe Sciortino, leur demandant d'abandonner le projet déjà approuvé, rapportait hier le quotidien Le Devoir.M.Sciortino a aussitôt écrit au secrétaire et directeur général de la Commission de toponymie, Alain Vallières, pour lui faire part du désaccord de la famille Rizzuto.L'assentiment de la famille, qui jusque-là ne s'était pas manifestée publiquement, était essentiel à la poursuite de la démarche, a expliqué M.Sciortino.Ce revirement vient probablement donner le coup de grâce à ce projet officialisé par la Commission de la toponymie le 18 novembre dernier.Froissée par cette décision qui retirait le nom Papineau-Leblanc au pont de l'autoroute 19, la famille Leblanc a déposé une pétition de 4000 noms à la Commission.Les ministres péquistes David Cliche, Joseph Facal, Serge Ménard et Louise Beaudoin, responsable de la Commission, se sont aussi prononcés contre le changement de dénomination.Devant la controverse et l'opposition de nombreux groupes et citoyens, les sept membres de la Commission de toponymie réévalueront exceptionnellement le dossier jeudi prochain.Normalement, la demande de la famille Rizzuto devrait les obliger à revoir leur position.PHOTO SYLVAIN RYAN, collaboration spéciale Incendie rue Ste-Catherine Est Un incendie qui a fortement endommagé un édifice de trois étages situé au 3821, rue Sainte-Catherine Est, a jeté 24 personnes à la rue lors de la froide nuit d'hier.L'incendie, qui a débuté un peu avant minuit vendredi, a aussi obligé la centaine de pompiers dépêchés par le Service des incendies de Montréal (SPIM) à procéder à une évacuation massive des personnes âgées habitant dans un immeuble adjacent.Le sinistre a causé pour environ 200 000 $ de dommages à un magasin de pièces d'autos situé au rez-de-chaussée et aux logements des deuxième et troisième étages.Une enquête a été amorcée par le SPIM afin de déterminer si cet incendie est d'origine criminelle.Force Jeunesse ne peut dire non au Sommet de la jeunesse MARIE-CLAUDE GIRARD Le président sortant de Force Jeunesse, François Rebello, recommande à ses membres de participer au Sommet de la jeunesse le mois prochain.« Je pense qu'on ne peut pas dire non.On n'a pas le choix, par respect envers la démocratie.Il faut gagner le plus possible », a-t-il indiqué hier, ajoutant que rien n'empêche un groupe de quitter la réunion en cours de route.« On est quand même privilégié d'avoir une tribune.» Plus tôt cette semaine, il avait laissé planer un doute quant à la participation de son organisme à ce qui pourrait n'être qu'un « show de boucane ».Les organismes défendant les intérêts des jeunes sont relativement peu nombreux dans la liste des invités du gouvernement.Force Jeunesse encourage d'ailleurs la tenue d'un sommet parallèle où les groupes qui n'ont pas été invités par le gouvernement pourront se faire entendre.En théorie, les membres de Force Jeunesse doivent décider demain en assemblée générale s'ils participent au Sommet.Une centaine d'entre eux assistaient hier à la première journée d'une fin de semaine de réflexion qui devrait conduire à des recommandations au Sommet de la jeunesse.Quant à François Rebello, il dit vouloir prendre une pause.« Mon chemin sera loin de la politique.» Il compte notamment poursuivre des études de maîtrise en économie et consacrer du temps à sa famille.Il restera membre du groupe Le Pont entre les générations, autour duquel gravitent plusieurs membres de Force Jeunesse.La politique ?« Ça peut être intéressant, mais ce n'est pas un objectif absolu.» Son départ permettra à d'autres jeunes leaders de se faire connaître.« Pour donner un élan à l'organisme, les plus jeunes sont mieux placés », dit-il.Le seul candidat à la présidence est Martin Koskinen.Les membres individuels sont depuis peu admis au sein de Force Jeunesse, formé au départ par des associations de jeunes travailleurs et professionnels.En tête de liste des sujets discutés au cours du week-end, la conciliation du travail et de la famille, un casse-tête pour les jeunes travailleurs à statut précaire.Force Jeunesse prône la création d'une caisse de congés parentaux, une forme d'assurance parentale.Québec serait sensible à cette demande, mais attend une entente avec Ottawa.« Pourquoi ne pas la mettre tout de suite sur pied ?» demande M.Rebello.Dans quelques années, le faible taux de natalité aura continué à faire son oeuvre.Les décrocheurs et les jeunes assistés sociaux qui souhaitent retourner aux études devraient aussi avoir droit à un soutien au revenu, quoique les déboires d'Emploi- Québec ne soient pas des plus rassurants pour l'avenir, estime-t-on.La place des jeunes dans le secteur public est au nombre des préoccupations.Malgré la pénurie, bon nombre d'infirmières sont toujours sur appel.Et en se limitant aux finissants universitaires de l'année, le programme de rajeunissement de la fonction publique adopté l'automne dernier exclut les stagiaires travaillant pour le gouvernement, les jeunes travailleurs et les chômeurs.« Si on crée des postes, qu'on prenne les meilleurs candidats possibles », proteste M.Rebello.Des propositions toucheront aussi les délais du processus de syndicalisation et les conditions de travail des jeunes non syndiqués.Force Jeunesse envisage la création d'un système de cotation des commerces selon les conditions de travail offertes à leurs employés.Les consommateurs pourraient choisir d'acheter dans un commerce plutôt qu'un autre sachant qu'il offre de bonnes conditions de travail.En échange, les employeurs obtiendraient un outil de promotion.00-01-15 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-01-15 39 621 442 $ 00-01-15 00-01-14 00-01-15 00-01-15 00-01-14 5 000 000,00 $ 158 429,40 $ 3 150,60 $ 149,30 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.8 532 212 $ 7 500 000 $ 7LP0801A0116 A8 DIMANCHE 7LP0801A0116 ZALLCALL 67 00:40:56 01/16/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 Ancienne religieuse, elle enseigne aux sourds à lire et à écrire À l'occasion de l'année internationale des personnes âgées et en cette fin de 20e siècle, La Presse a donné la parole aux aînés et raconté l'histoire de l'un d'eux chaque dimanche.Voici notre dernier reportage.«Je me souviendrai toujours de mon arrivée à Montréal.J'étais née à Chicoutimi dans une famille à l'aise, mais le magasin de fourrures de mon père a passé au feu.Il a donc décidé d'acheter une épicerie à Montréal et on a fait le voyage en train.Dans le train, je suis tombée malade.J'ai dit à ma soeur : « Le monde tourne, je vois tout à l'envers.» On s'est aperçu que j'étais très malade et dès mon arrivée à la gare, on m'a transportée à l'hôpital Sainte-Justine où l'on a diagnostiqué une méningite.Je suis passée à un cheveu de la mort, mais mon heure n'était pas encore arrivée.Mais je suis devenue sourde, je le suis toujours.» Ceux qui croient que les sourds sont automatiquement muets ou qu'ils sont condamnés à vivre dans un ghetto devraient aller voir Lucette Boulé-Desrosiers.Après 20 ans de vie religieuse, elle sort de communauté, dans la foulée de Vatican II, travaille d'abord au palais de justice de Québec puis à la Société d'adoption de la protection de l'enfance, puis fonde le centre Alpha- Sourd et y donne toujours, à 75 ans, trois heures par semaine de cours d'alphabétisation.« De nombreux sourds de naissance, surtout adultes, éprouvent beaucoup de difficulté avec la langue française.C'est bien beau le sous-titrage à la télévision ou les écrans lumineux qu'on veut mettre dans le métro pour permettre aux sourds de prendre connaissance des messages sonores qu'ils ne peuvent pas entendre.Et ça rend service à bien des gens, surtout les devenus sourds.Mais pour celui ou celle qui ne sait à peu près pas lire, ça ne sert pas à grand-chose.» Alors Lucette Boulé, qui, elle, a eu la chance de s'instruire chez les soeurs de la Providence à l'Institut des sourdes de la rue Saint-Denis et qui enseigna 20 ans avant de découvrir le monde, puis l'amour, de se marier et de devenir mère pour la première fois à 45 ans, avant de faire cinq belles croisières sur différentes mers du monde, a décidé de se consacrer à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture chez les sourds.Et ça marche ! Après 40 ans d'enseignement, elle y trouve toujours du plaisir, préside le centre Alpha-Sourd, a présidé le Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain et a également été trésorière de la Fondation québécoise des enfants sourds.À 75 ans, « l'ancienne reine des sports » des sourds de Montréal sourit à la vie.Et se rappelle comment, avant de sortir de sa communauté religieuse, elle ignorait tout, ou à peu près, du monde extérieur.«À l'âge de s e p t ans, mes p a r e n t s m ' o n t inscrite à l'Institut des sourdes.J'y ai appris à l i r e , à écrire et c o m m e j'avais déjà entendu, j'avais un beau langage, j'étais oraliste, je lisais les lèvres et je ne me débrouillais pas trop mal.Quant aux signes, on se faisait taper sur les doigts par les religieuses quand on voulait les utiliser entre nous.On vivait en vase clos au couvent, la radio, on ne connaissait pas cela, on savait à peine que ça existait.La musique, on n'en écoutait évidemment pas et la crise économique des années trente, on n'a même pas su qu'il y en avait une.« À 18 ans, mes études terminées, j'ai participé à une retraite fermée et j'ai été très impressionnée par les voeux qu'une religieuse sourde prononçait et par l'homélie de Mgr Chaumont, l'évêque auxiliaire de Montréal du temps.Je trouvais le costume des soeurs beau, j'étais impressionnée par tout le décorum.Mais j'étais loin d'être une fille modèle.La supérieure répondit à ma mère, qui lui en faisait la remarque : « Ce ne sont pas des anges qui entrent en communauté.Elle y demeura 20 ans, mais les changements survenus dans l'Église, à compter de la Révolution tranquille et de Vatican II la déconcertèrent : « On abandonna notre beau costume et notre voile, on se mit à s'habiller « en civil », mais on n'avait pas le droit de se friser les cheveux, de se maquiller, de se mettre du rouge à lèvres.Je ne nous trouvais plus belles, j'avais le goût d'aller voir à l'extérieur, je suis sortie.» Elle rencontra un ancien cultivateur, sourd comme elle, l'épousa, devint une Desrosiers et accoucha pour la première fois à l'âge de 45 ans, ce qui est assez rare.« Tout s'est bien passé, comme pour une jeune.» Sa fille est parfaitement entendante, tout comme son petit-fils.Revenue dans le « monde », Lucette Boulé reprit le temps perdu.Encore aujourd'hui, elle aime bien se vêtir, bien se maquiller, bien s'amuser.Elle a toujours son groupe de joueurs de bowling.N'at- elle pas été, plus jeune, élue reine des sports du club Abbé de l'Épée de Montréal ?Encore aujourd'hui, elle montre avec fierté une coupure de journal qui la présentait comme « une reine des plus jolies ».Avec son « amour de mari », elle a fait cinq croisières aux Antilles, en Grèce et ailleurs.« C'est ma folie », dit-elle avec son petit rire espiègle, espérant voyager encore souvent.« Dans ces croisières, je suis toujours rendue au casino », dit-elle, avouant son petit vice.Professeure d'alphabétisation, soucieuse du français bien parlé et bien écrit, Lucette Boulé, lorsqu'elle n'est pas à son bureau au Centre de la communauté sourde de Montréal métropolitain ou lorsqu'elle n'enseigne pas, accompagne pas des personnes sourdes, à la banque, au CLSC ou encore aide les immigrants sourds.Et elle parle, elle parle.De quoi faire oublier à n'importe qui le mythe voulant qu'un sourd soit également un muet ! Pierre Vennat PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse© Lucette Boulé-Desrosiers a beau être sourde, c'est un vrai moulin à paroles.FILL06 7LP0901A0116 A09, dimanche, MONDE 7LP0901A0116 ZALLCALL 67 00:43:41 01/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 A 9 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Les bombardements russes ont repris de plus belle en Tchétchénie d'après AP et AFP MOSCOU et GROZNY C'est une véritable pluie d'obus qui s'est abattue hier sur la capitale tchétchène Grozny, recouverte d'épaisses fumées noires après le bombardement par l'armée russe d'un dépôt de carburant.La guerre des communiqués fait rage aussi, chaque camp affirmant infliger à l'autre de lourdes pertes.Le président russe par intérim Vladimir Poutine, quant à lui, a reconnu pour la première fois hier que la guerre de Tchétchénie risquait d'être longue et difficile, et s'est efforcé de montrer qu'elle n'était absolument pas liée à l'élection présidentielle pour laquelle il est favori.Il a « réaffirmé que, malgré la résistance tchétchène, l'offensive fédérale en Tchétchénie irait jusqu'à son terme.« Nous prendrons Grozny, puis nous achèverons l'opération dans les montagnes » du sud de la république, a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision ORT.M.Poutine s'est également engagé à respecter les civils tchétchènes : ce « sont nos citoyens et nous ne les sacrifierons jamais au nom d'un objectif militaire.Nous agirons fermement, mais pas cruellement », a-t-il affirmé.Par ailleurs, le président de la République voisine russe d'Ingouchie a confirmé la levée de l'interdiction faite à tous les hommes tchétchènes âgés de 10 à 60 ans de quitter la République sécessionniste ou d'y entrer.Dans la semaine, ordre avait été donné aux soldats russes d'interpeller tous les hommes à leur entrée ou sortie du territoire pour vérifier si des rebelles tchétchènes ne se mêlaient pas aux civils.Face au tollé international soulevé par cette mesure, l'armée fédérale avait décidé vendredi de rouvrir temporairement les frontières.L'aviation russe a bombardé hier la principale raffinerie de Grozny et touché l'un des dépôts de carburant, aussitôt transformé en gigantesque brasier, répandant d'épais nuages de fumée noire au-dessus de la capitale.Le nombre de raids menés par les bombardiers russes ne cesse de s'accroître au fil des jours.En deux jours, ces sorties sont passées de 130 à 180, selon l'armée russe.Principales cibles : Grozny, Argoun et Vedeno dans les montagnes du sud-est de la République.Les frappes de ces dernières 24 heures semblent être les plus violentes depuis des semaines, notamment autour des villages situés à l'entrée de la gorge d'Argoun, site stratégique conduisant au sud vers la Géorgie.Les troupes fédérales se sont emparées de Charoi et de Simoi, deux villes situées dans les montagnes du sud de la Tchétchénie, a affirmé hier le lieutenant-colonel Constantin Koukharenko, porte-parole de l'armée russe, en précisant que des rebelles tentaient de fuir cette région déguisés en civils.De leur côté, les rebelles ont rapporté que leur DCA avait abattu vendredi soir un chasseur-bombardier russe Sukhoi-25 et que l'avion s'était écrasé dans un secteur du sud de Grozny sous contrôle russe.Le ministère russe de la Défense à Moscou a démenti hier ces informations.Autres affirmations invérifiables de cette guerre des communiqués : les Russes ont annoncé avoir tué 58 rebelles qui tentaient de quitter la capitale tchétchène pour des bases situées dans le sud dans la nuit de vendredi à samedi.Quant au commandant rebelle à Grozny, Isa Mounaiev, il a fait état de la mort de 28 soldats russes venus en reconnaissance dans la capitale.Par ailleurs, neuf civils tchétchènes auraient péri dans les bombardements russes sur le sud de Grozny.Vendredi déjà, Moscou avait vigoureusement démenti les informations selon lesquelles l'armée russe aurait subi des pertes importantes en Tchétchénie, informations fournies par des experts indépendants et des militaires présents sur le terrain cités par des médias russes.ESPAGNE Manifs basques n Entre 30 000 et 40 000 nationalistes basques se sont rassemblés à Bilbao (Pays basque, nord) lors de deux manifestations parallèles.Les indépendantistes de la coalition Euskal Herritarrok (EH, bras politique de l'organisation armée ETA) ont marché 50 mètres derrière les modérés du Parti nationaliste basque (PNV, au pouvoir dans la région), qui avaient convoqué ce rassemblement pour demander à l'ETA d'abandonner la violence.Certains d'entre eux ont réclamé le départ des troupes espagnoles et crié des slogans favorables à l'ETA.d'après AFP ISRAËL Retrait retardé n Israël a décidé de reporter son retrait prévu jeudi 20 janvier en Cisjordanie, conformément à l'accord de Charm el-Cheikh.Le « premier ministre Ehud Barak veut d'abord entendre ce que (le président de l'Autorité palestinienne Yasser) Arafat a à dire lors de sa rencontre à Washington avec le président Clinton avant de décider de quelle zone se retirer », a expliqué un porteparole israélien.d'après AFP SOUDAN Trêve prolongée n Le gouvernement de Khartoum a annoncé une prolongation de trois mois du cessez-lefeu général dans le sud du Soudan.La trêve militaire avait été décrétée par le président Omar al-Béchir en août 1999, puis reconduite le 15 octobre de la même année.Des représentants de Khartoum et de l'Armée de Libération des Peuples du Soudan (SPLA - rébellion sudiste) doivent avoir des discussions, sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), en vue de préparer de nouveaux pourparlers de paix, prévus en février.d'après AFP ÉQUATEUR Échec des Indiens n Les Indiens d'Équateur n'ont pas réussi à se mobiliser hier comme ils l'avaient annoncé pour exiger la démission du président Jamil Mahuad, et cet échec traduit la reprise en mains du pays par le chef de l'État depuis la dollarisation de la monnaie.Décidés à paralyser le pays par un blocage des routes, les 3,5 millions d'Indiens \u2014 dénommés « indigènes » en Équateur \u2014, étaient loin d'avoir concrétisé leur objectif à la mijournée.Installées dans la région depuis 12 000 ans, les 28 nations indiennes \u2014 dont la langue vernaculaire est le « quichua » \u2014 représentent près de 30 % des 12,5 millions d'Équatoriens.d'après AFP INDE Extradition demandée n L'Inde a officiellement demandé au Pakistan d'extrader les cinq auteurs du détournement fin décembre d'un avion d'Indian Airlines sur Kandahar (Afghanistan) pour qu'ils soient jugés sur son sol.L'Inde demande au Pakistan de « prendre les mesures nécessaires pour arrêter les pirates et leurs complices présents au Pakistan et les extrader en Inde pour qu'ils y soient jugés ».d'après AFP GRANDE-BRETAGNE La santé de Pinochet n L'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet pourrait guérir des affections qui ont empêché jusqu'à présent son extradition vers l'Espagne pour qu'il y réponde des accusations de torture, estime l'un des experts médicaux l'ayant examiné début janvier.Dans une interview à paraître aujourd'hui dans The Observer, John Grimley Evan, professeur en clinique gériatrique, a démenti les affirmations du ministre de l'Intérieur John Straw selon lequel l'équipe médicale chargée d'examiner Pinochet avait conclu que l'ancien dictateur n'était pas en état d'être jugé.d'après AFP L'aide américaine à la Colombie sera liée aux droits de l'homme JACQUES THOMET Agence France-Presse, BOGOTA L'aide des Etats-Unis à Bogota dépendra de la lutte engagée pour faire respecter les droits de l'homme, a déclaré en substance hier le secrétaire d'État américain, Madeleine Albright, à l'issue d'une visite de 24 heures à Carthagène (nord) où elle a eu des entretiens avec le président colombien Andres Pastrana.Sur les 1,6 milliard de dollars d'aide américaine sur deux ans annoncée mardi pour la lutte contre le trafic de stupéfiants en Colombie, au Pérou et en Bolivie, 1,3 milliard seront destinés à Bogota.La majeure partie de ces fonds visent à aider Andres Pastrana à financer son « Plan Colombie », annoncé en septembre dernier.Il englobe surtout la lutte anti-drogue, mais aussi la pacification du pays, la réactivation de l'économie et le développement social.« Notre appui au Plan Colombie repose sur la poursuite des actions appropriées contre ceux qui violent les droits de l'homme, qu'ils soient militaires, paramilitaires, guérilleros ou simplement criminels », a déclaré Mme Albright lors d'une réunion avec des hauts-fonctionnaires des deux pays.« Vous avez déjà fait d'énormes progrès dans ce domaine, mais nous savons tous qu'il faut en faire davantage », a-t-elle ajouté à l'adresse des autorités colombiennes.Les paramilitaires, au nombre de 5000 environ en Colombie, sont regroupés au sein des milices d'Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite).Ces milices s'affrontent en permanence aux deux principales guérillas d'extrême gauche, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, communistes) et l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), ainsi qu'à leurs sympathisants.La guerre civile en Colombie a déjà fait plus de 120 000 morts depuis 35 ans.Une nouvelle offensive des FARC hier matin, au moment où Mme Albright se trouvait à Carthagène, a fait 26 morts à 60 km au sud de Bogota, peu après la reprise jeudi du sixième round de négociations entre les émissaires du président Andrés Pastrana et cette guérilla.Une trêve de vingt jours des rebelles, la première depuis 1987, s'est achevée le 10 janvier.Les pourparlers de paix, ouverts le 24 octobre dernier, se tiennent dans une zone démilitarisée de 42 000 km2, grande comme la Suisse, octroyée aux FARC par le pouvoir le 7 novembre 1998 dans le sud du pays.La Colombie est le troisième plus important bénéficiaire de l'aide militaire américaine après Israël et l'Égypte avec 300 millions de dollars en 1999, essentiellement dans le cadre du combat contre le trafic de cocaïne.Quelque 250 tonnes produites chaque année dans le pays sont destinées en majeure partie aux États-Unis.Le président colombien souhaite financer le « Plan Colombie », d'un coût total de 7,5 milliards de dollars, par 4 milliards de fonds propres et 3,5 milliards fournis par la communauté internationale.Au cours d'une conférence de presse donnée avant son départ pour le Panama puis le Mexique, Mme Albright a souligné implicitement que l'aide américaine ne constituait pas une ingérence dans les affaires intérieures de Bogota.« Le \u2018 Plan Colombie ' est un plan colombien, pour le peuple colombien, proposé par le président élu (.), en harmonie complète avec les plans nationaux d'un autre pays », a-t-elle indiqué.Le secrétaire d'État a appelé d'autre part « le reste de la communauté internationale à s'unir à cet effort » des États-Unis en faveur de Bogota, avant de « promettre, au nom du président Bill Clinton et en étroite alliance avec le président Pastrana, d'obtenir 100 ans de paix, de démocratie et de prospérité », dans une allusion au roman de Gabriel Garcia Marquez.PHOTO AFP 150 000 Cubains exigent le retour du petit Elian Une foule immense de plus de 150 000 Cubains s'est rassemblée à La Havane pour exiger le retour rapide du petit naufragé de la mer Elian Gonzalez dans son pays d'origine.Pour un deuxième jour consécutif, les Cubains ont voulu par une manifestation monstre exprimer leur mécontentement face à la tournure des événements, le garçonnet étant retenu en Floride par des parents éloignés.L'OPEP maintient la réduction de l'offre de pétrole Agence France-Presse KOWEIT L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) prolongera à « l'unanimité » la réduction de son offre de brut au delà de mars 2000, a déclaré hier le ministre koweitien du Pétrole.Le ministre, cheikh Saoud Nasser Al-Sabah, a également déclaré à l'agence officielle KUNA que le sommet des chefs d'État de l'OPEP, prévu initialement pour fin mars à Caracas, a été reporté à fin septembre.« La recommandation du Comité de surveillance du marché (MMC), prévoyant une extension de la réduction de la production après mars 2000, sera approuvée à l'unanimité par les membres de l'organisation ainsi que par des pays qui n'en font pas partie », a-t-il dit, sans préciser ces derniers.« La recommandation a été soutenue par le Venezuela, ce qui constitue un élément très important » pour qu'elle soit adoptée officiellement à la conférence ministérielle de l'OPEP, le 27 mars à Vienne, a-t-il ajouté.Cheikh Saoud s'exprimait à Koweit, à son retour d'une réunion de la MMC (Iran, Koweit et Nigeria) à Vienne, à laquelle a également assisté le ministre vénézuélien du Pétrole, Ali Rodriguez.La réunion a « fortement recommandé » à la prochaine conférence ministérielle de l'OPEP de reconduire le plafond de production actuel lorsqu'il arrive à son terme, le 31 mars prochain.Le ministre koweitien n'a pas précisé jusqu'à quand serait prolongé l'accord de maintenir l'offre à son niveau actuel, affirmant que la décision appartenait à la conférence ministérielle de l'OPEP.Il a justifié la volonté de l'OPEP de reconduire son plafond de production par l'importance des stocks de pétrole dans les pays consommateurs.« Les stocks baissent, mais ils n'ont pas atteint le niveau que nous souhaitons », a-t-il dit, ajoutant que l'OPEP évaluera la situation à nouveau à la fin de l'hiver, saison marquée par une forte consommation.Un haut responsable pétrolier saoudien avait indiqué jeudi que l'OPEP continuera d'appliquer jusqu'en juin prochain l'accord stipulant une réduction de l'offre mondiale de brut, conclu en mars 1999.La possibilité d'un maintien de la réduction de l'offre a été évoquée jeudi par les ministres vénézuélien et saoudien du Pétrole à Amsterdam.L'Arabie saoudite et le Venezuela, membres de l'OPEP, et le Mexique, qui n'en fait pas partie, sont les architectes de l'accord de mars 1999, qui a réduit l'approvisionnement mondial de plus de 2,1 millions de barils par jour, dont plus de 1,7 mbj pour les seuls membres de l'OPEP.Le sommet des chefs d'État de l'OPEP devait initialement avoir lieu en mars à Caracas en même temps que la réunion ministérielle, mais le Venezuela, touché par de graves inondations, a demandé un report du sommet, avait indiqué un expert pétrolier à Londres, Léo Drollas.Selon le ministre koweitien, le sommet a été reporté à fin septembre.Le prix du baril de brut de référence (light sweet crude) pour livraison la plus rapprochée en février, avait gagné vendredi 39 cents à 27,08 dollars sur le marché à terme de New York, soutenu par la perspective d'une prolongation de l'accord de réduction de l'offre. 7LP1001A0116 A10, dimanche, MONDE 7LP1001A0116 ZALLCALL 67 00:43:34 01/16/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 Monde Docteur Romand et Mister Nothing Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS C'est l'histoire d'un homme qui, derrière une façade sociale flatteuse, n'était rien.Et qui, le jour où l'incroyable mensonge qu'il avait entretenu pendant 18 ans allait s'effondrer, a massacré sa famille.Le docteur Jean-Claude Romand, 39 ans, était un notable de sa petite commune de Prévessin, paisible banlieue résidentielle de Genève située du côté français.C'était un chercheur de renommée internationale, salarié à l'Organisation mondiale de la santé, qui fréquentait des sommités et passait son temps dans des colloques à l'étranger.Sa femme, une grande fille sportive, exerçant à temps partiel son métier de pharmacienne, était une catholique pratiquante, du genre moderne.Ils avaient les mêmes amis depuis 15 ou 20 ans \u2014 médecins entre autres \u2014, une vie sans histoire.Un lundi matin du mois de janvier 1993, les pompiers découvrent dans la maison familiale à moitié incendiée Jean-Claude Romand, gravement brûlé, qui a tenté de se suicider.Les cadavres de sa femme et de ses deux enfants.Puis les cadavres de ses parents, abattus dans leur maison.Sorti du coma, et après avoir tenté de nier, le chercheur avoue son quintuple crime aux policiers, qui entre-temps ont fait cette découverte stupéfiante : Romand n'a jamais appartenu à l'OMS, fréquenté Bernard Kouchner, ou participé à aucun congrès scientifique.Il n'a jamais été médecin non plus.Pendant toutes ces années, Jean-Claude Romand, après avoir laissé ses enfants à l'école chaque matin, prenait la direction de Genève.Les premiers temps, il allait se garer au parking de l'OMS, flânait à la bibliothèque ou à la cafétéria, ramassait tous les dépliants gratuits qui lui tombaient sous la main, achetait des tonnes de journaux et de revues médicales qu'il lisait dans sa voiture.Ou alors il passait sa journée sur une aire d'autoroute, dans un self-service, rarement le même, parfois allait se promener dans une ville voisine, ou en forêt.Lorsqu'il « partait en colloque », à Tokyo, New York ou Mexico, il garait sa voiture au stationnement de l'aéroport et s'enfermait pendant trois ou quatre jours dans une chambre d'hôtel moderne et sinistre, à regarder la télé, ou à éplucher le guide touristique concernant la ville en question, de manière à pouvoir en parler à son « retour ».Avant de rentrer il achetait des cadeaux à la boutique de l'aéroport.Personne n'avait son téléphone au bureau.Sa femme elle-même devait l'appeler sur un « bip », et il la rappelait aussitôt.Hasard inexplicable : rigoureusement personne dans son entourage n'avait eu un jour l'idée de le demander au standard de l'OMS, ou de consulter l'agenda de l'organisme.Le grand mensonge avait duré 18 ans.Depuis ce mois de juin 1975 où, à cause d'un coup de cafard (sa « fiancée » et future femme Florence avait décidé de rompre), il était resté au lit et ne s'était pas présenté au dernier examen de deuxième année de médecine à Lyon.Incident mineur : il n'aurait eu qu'à se rattraper à la session de septembre.Au lieu de quoi \u2014 peut-être déjà pour ne pas « décevoir » ses parents dont il était le fils unique \u2014 il raconte à tout le monde qu'il a été reçu à l'examen.Pendant dix ans, il se réinscrira chaque année en seconde année de médecine, fréquentera les salles de cours, se tiendra au courant des matières, prêtera même ses notes à des camarades, se mêlera à la foule des candidats les jours d'examens, « passera » avec succès les années suivantes, puis « fera » de brillants stages hospitaliers à Paris, à l'issue desquels il sera reçu cinquième de sa promotion.Peut-être parce qu'il est terne et banal, personne ne remarquera jamais rien, même si les listes des candidats reçus étaient publiques et affichées.Pendant une dizaine d'années, jusque vers 1985, il vivra (modestement) aux crochets de ses parents, qui entretiennent cet étudiant prolongé à Lyon.Il continuera discrètement à puiser dans leurs économies, ayant une procuration sur leur compte.Puis, tout naturellement, versera dans l'escroquerie ; son beau-père, puis sa belle-mère, ses parents de nouveau, lui confieront leurs économies (en liquide !) pour qu'il les place dans des banques suisses à un taux de 18 %.Il vendra quatre gélules « miracles » à un oncle cancéreux pour 15 000 $.Accroc passager : le beau-père, qui lui avait confié environ 80 000 $ en 1986, veut en récupérer la moitié 18 mois plus tard.Bizarrement, il meurt deux semaines plus tard d'une chute d'escalier, dans sa maison où il se trouve seul avec son gendre au-dessus de tout soupçon.Du coup, la veuve lui confiera les 300 000 $ provenant de la vente de sa maison.À 37 ans, Romand tombe amoureux d'une jeune divorcée plutôt « libérée » appartenant à la vieille bande d'amis, et qui s'est installée à Paris.Pour (péniblement) la séduire, il fréquente les palaces et les grands restaurants, lui offre une bague de 5000 $, l'emmène en voyage à Rome ou Leningrad.Elle ne veut pas de lui.mais finira par lui confier 200 000 $ (en liquide).Inexorablement, le système craque le jour où, en juin 1992, son « amie » décide de récupérer ses 200 000 $ \u2014 avec les intérêts.D'un prétexte à l'autre, Romand réussira à faite traîner l'amie jusqu'en janvier 1993.En lui faisant miroiter, à la fin, un dîner le samedi 9 janvier chez Bernard Kouchner.Le mercredi 6, il a acheté en ville deux gros bidons pour l'essence, un silencieux pour carabine 22 long rifle, une boîte de cartouches, deux grenades lacrymogènes.Dans la nuit du vendredi au samedi, Romand tue sa femme à coups de rouleau à pâtisserie.À 8 h du matin, parle au téléphone à une amie de Florence, qui l'attendait.au catéchisme du soir.Abat l'un après l'autre ses deux enfants, puis le chien.Sort de chez lui, parle aux voisins, achète des journaux.Prend sa voiture et va tuer à leur tour son père et sa mère à 80 kilomètres de là.File sur Paris où, vers 22 h, il asperge son « amie » de gaz lacrymogène et tente de l'étrangler avant de s'effondrer finalement.Il rentre à Prévessin et, ce n'est que vers 4 h la nuit suivante qu'il met le feu à la maison et avale 20 cachets (périmés) de barbituriques avant de se coucher dans le lit où le cadavre de sa femme repose depuis maintenant 48 heures.Le 2 juillet 1996, Jean-Claude Romand est condamné à la prison à perpétuité.Accusé bien éduqué et impénétrable, prisonnier modèle, il s'est tourné entre-temps vers la religion et le mysticisme.Fasciné par cette affaire où « sous le faux docteur Romand, il n'y avait personne », le romancier Emmanuel Carrière a suivi le procès et correspondu avec Romand, avant de finalement publier, « dans la douleur et le vertige », un petit livre très retenu sur le « mystère impénétrable » de cet homme qui s'était inventé une façade sociale pour masquer le fait qu'il n'était rien.L'Adversaire, Emmanuel Carrère, P.O.L.éditeur, Paris, 2000, 222 pages.En librairie au Québec le 24 janvier.Un documentaire de 90 minutes vient également d'être réalisé sous le titre Le Roman d'un menteur.La littérature chinoise moderne entre au musée Bientôt à Pékin, le plus grand musée consacré à la littérature dans le monde SYLVIANE TRAMIER collaboration spéciale, PÉKIN Après l e s avoir conspués, persécutés ou poussés au suicide, la Chine honore ses grands écriv a i n s a v e c l'ouverture prochaine à Pékin du Musée de la littérature chin Bibliothèque, centre d'expositions, d'archives et de documentation, le nouveau musée sera consacré aux écrivains qui, du début du siècle à nos jours, ont fait entrer la littérature chinoise dans la modernité.À l'origine, il y a le patriarche des lettres chinoises, Ba Jin \u2014 connu en Occident sous le nom de Pa Kin \u2014 qui, après la chute de la « bande des quatre », demande la création d'un musée de la révolution culturelle.Pour rendre hommage aux victimes qu'elle a faites et par devoir de mémoire pour les générations futures.Le projet de Ba Jin a été rejeté : trop délicat, il aurait conduit à la mise en cause du principal responsable de la révolution culturelle, le « cinquième » membre de la « bande des quatre », Mao lui-même.Muré dans son silence depuis la décennie noire des années 1966-1976, Ba Jin revient quand même à la charge, et il propose alors un musée de la littérature moderne.En 1985, un petit musée est ouvert à Pékin.Après 15 ans dans des locaux exigus, on a décidé de le déménager dans un immeuble neuf \u2014 encore une suggestion de Ba Jin.L'ouverture de la nouvelle demeure de la littérature chinoise devait avoir lieu en 1999, à l'occasion du 50e anniversaire de la République populaire.Mais le chantier a pris du retard et ce n'est au mieux qu'au printemps prochain qu'il sera prêt à accueillir le public, avec l'achèvement de la première tranche des travaux d'une superficie de 14 000 m2 \u2014 l'ensemble, bâtiment et jardin de sculptures, devant occuper 30 000 m2 quand tout sera fini.« À notre connaissance, ce sera le plus grand musée consacré à la littérature dans le monde », dit son directeur Shu Yi, lui-même écrivain, fils du romancier et dramaturge pékinois Lao She acculé au suicide au début de la révolution culturelle.De la démesure On a vu grand, mais on n'est pas tombé dans la démesure ou le style colossal qui caractérisent la plupart des constructions nouvelles de Pékin.On a soigné le détail et le choix des matériaux : marbre gris de la province du Shandong, marbre blanc du Hubei, tuiles bleutées du Yunnan et bois rouge du Xinjiang.De grands artistes chinois et étrangers ont signé les sculptures des auteurs du siècle exposées dans le jardin et deux peintres chinois renommés mettent la dernière touche aux fresques de l'entrée, représentant les grands personnages de la fiction chinoise moderne.On s'accorde pour fixer à 1919 la date de naissance de la littérature moderne chinoise.Autour de l'effervescence du mouvement intellectuel et des manifestations antijaponaises du 4 mai 1919, les écrivains ont rompu avec la langue classique pour écrire en chinois populaire et mettre en scène des personnages issus du petit peuple.La bibliothèque réunira les oeuvres \u2014 toutes les oeuvres \u2014 des écrivains d'expression chinoise depuis 1919, qu'ils soient de Taïwan ou de la diaspora et quelle que soit leur allégeance politique, assure Shu Yi.Les biographies et les bibliographies de 6000 auteurs \u2014 y compris de ceux qui, par esprit d'indépendance, ne sont pas membres de la très officielle Association des écrivains chinois \u2014 seront disponibles pour les chercheurs.Même la nouvelle vague sera représentée, notamment avec Wang Shuo, l'enfant terrible de la littérature chinoise, qui a introduit le « roman hooligan » et les personnages de marginaux dans les lettres chinoises, et qui a souvent des démêlés avec la censure.Car, si le bâillon qui condamnait les écrivains au silence ou aux exercices de propagande s'est un peu desserré, la liberté d'expression n'est pas encore totale.« Il y a encore trois sujets sensibles : la révolution culturelle, les questions des minorités nationales et la religion.Mais les écrivains savent traiter de ces sujets de manière oblique.Par exemple, la révolution culturelle, si vous n'attaquez pas Mao directement, vous pouvez en parler sans risquer d'être censuré.Les lecteurs chinois savent lire entre les lignes et ils comprennent que c'est Mao qui est responsable de ce qui s'est passé », dit Shu Yi.Un passage à vide La proposition de Ba Jin de musée de la révolution culturelle a beau avoir été refusée, ce musée de la littérature moderne chinoise met en relief le drame des écrivains chinois : les grandes maîtres du siècle, ceux de la génération de 1919, fondateurs de la littérature moderne chinoise \u2014 Ba Jin, Lu Xun, Guo Moruo, Cao Yu, Lao She, Mao Dun, Bing Xin, Qian Zhongshu \u2014, tous largement traduits à l'étranger, ont écrit leurs oeuvres majeures avant la révolution chinoise de 1949.Le seul encore vivant dans cette pléiade est Ba Jin, âgé de 96 ans, qui vit à Shanghai mais qui n'a plus écrit depuis la révolution culturelle.Après le foisonnement des années vingt et trente, il y a le tarissement des 30 premières années du régime communiste.Ce n'est qu'à la fin des années soixante-dix que renaît la vie littéraire.En choisissant d'être complet, le musée ne peut que faire ressortir le grand passage à vide de la littérature chinoise du 20e siècle.« La littérature chinoise du 20e siècle est très riche, mais elle est peu connue dans le monde, explique Shu Yi.« Cela tient en partie aux difficultés de traduction de la langue chinoise, mais aussi au fait que ce siècle a été une période révolutionnaire.Les étrangers se sont intéressés aux événements qui se déroulaient en Chine, mais pas à la production littéraire sachant que l'idéologie politique nuit à la qualité artistique.» Shu Yi déplore l'absence d'un prix Nobel de littérature chinois.Le nom de Ba Jin, maintes fois évoqué, n'a jamais été retenu par le jury.La Chine du 20e siècle n'aura pas eu son Soljenitsyne.« Beaucoup de gens disent que le Nobel n'est pas important.Je ne suis pas d'accord.La Chine devrait avoir un lauréat, comme marque de reconnaissance de sa littérature.» La Presse Pékin Shu Yi, directeur du musée, devant une fresque représentant des personnages littéraires chinois.Statues d'écrivains chinois.De gauche à droite : Ye Shengtao, Cao Yu et Lao She, compris dans ce qu'on appelle « la génération de 1919 ».PHOTOS SYLVIANE TRAMIER, collaboration spéciale Statue en bronze de l'écrivain chinois Ba Jin (ou Pa Kin). 7LP1101A0116 A11, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0116 ZALLCALL 67 00:41:31 01/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 A 11 Trois stars mondiales à l'aube de 2000 Deux recrues : Steve Case, d'America Online, et Vladimir Poutine ; et une valeur sûre confirmée dans ses fonctions : Alan Greenspan L'an 2000 a déjà 16 jours.La fête, tenue dans l'ordre et en l'absence à peu près complète du bogue redouté, a laissé comme un vide événementiel qui a permis de ranimer l'éternel problème des services d'urgence dans les hôpitaux.On a eu droit pendant plusieurs jours, aux heures et aux demi-heures à la radio de Radio- Canada, à des manchettes répétitives bien chiffrées sur les dépassements aux urgences, mais à assez peu de données finalement sur le mal luimême : la grippe et son ampleur sociale.Je ne me souviens pas avoir été témoin dans mon milieu d'autant de personnes souffrant de la grippe en même temps.Le mal frappe des deux côtés de l'Atlantique et a d'ailleurs atteint le statut officiel d'épidémie en Grande-Bretagne, révélaient les journaux britanniques de dimanche dernier.En Grande-Bretagne, comme aussi aux États-Unis et dans le reste du Canada, c'est un peu partout que débordent les services d'urgence des hôpitaux.À New York, à Washington et ailleurs, les temps d'attente ont doublé dans les services d'urgence, indique Newsweek, qui titre : « C'est comme si tout le monde l'avait (la grippe).» C'est le seul bogue qu'on aura connu avec l'an nouveau, ajoute l'hebdo.Pour le reste, l'actualité internationale de ce début d'année a surtout fait apparaître de nouveaux noms : Vladimir Poutine, premier bébé politique majeur de l'an 2000 qui a hérité du poste de président en exercice laissé vacant le 31 décembre par Boris Eltsine.Un bébé énigmatique.Ensuite, la plus grande transaction financière privée de l'histoire \u2014 l'achat du conglomérat Time Warner par America Online \u2014 a brusquement mis sur la sellette un personnage peu connu du grand public jusque-là, Steve Case, dont la stature pourrait rapidement porter ombrage à celle d'un Bill Gates.Et dans l'intervalle, le banquier le plus important de la planète, Alan Greenspan, a été confirmé par le président Clinton dans ses fonctions de président de la banque centrale des États-Unis, la Federal Reserve.ALAN GREENSPAN Le banquier le plus puissant du monde reste en poste, à 73 ans An 2000 ou pas, la pérennité des États-Unis sur les affaires du monde a son symbole, après comme avant le jour de l'An : la présence d'Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve, la banque centrale des États-Unis.Et ce n'est sans doute pas par hasard qu'une des premières décisions prises par le président Clinton en cette ère nouvelle ait été de confier un nouveau mandat de quatre ans à M.Greenspan, qui fait maintenant 73 ans.L'avenir financier d'un peu tout le monde en Occident \u2014 et de plus en plus du monde en général \u2014 dépend des décisions de cet homme, rappelle le chroniqueur Andrew Marshall, du quotidien londonien The Independent.En août dernier, son collègue Ed Vulliamy, de l'hebdo The Observer, le décrivait comme « l'homme le plus puissant de la planète », ce que plusieurs en Occident ne contestent pas.Même si le job est fort bien payé, c'est un peu une vie de chien que celle de président d'une banque centrale.Le bonhomme a la tâche ingrate de retirer le champagne et les petits fours de la bouche des invités lorsque ceux-ci croient avoir obtenu le droit aux agapes.Alan Greenspan est devenu célèbre en réussissant à maîtriser l'inflation dans un pays qui avait jusqu'à lui du mal à le faire.Tout ça en jouant sur l'échelle graduée des taux d'intérêt.Ça paraît simple comme ça \u2014 un quart de point par ci, un demi-point par là \u2014, mais la recette découle d'une quantité phénoménale de données économiques qu'il faut non seulement ingérer, mais digérer.Ce modèle est devenu courant un peu partout dans le monde, y compris au Canada, mais quand on l'applique aux États-Unis, beaucoup beaucoup de monde sur la planète marque le pas.Ce gars-là en est venu à « tenir (presque) le monde entier dans ses mains », écrit le chroniqueur du Independent, rappelant qu'outre les destinées de l'économie américaine, Alan Greenspan rejoint périodiquement à Bâle, en Suisse, le groupe des Dix, qui réunit des homologues présidents de banques centrales.Quand il lui arrive d'ouvrir la bouche en public, les cracks universitaires ou analystes de publications comme Barrons ou The Wall Street Journal en viennent à ruiner leur santé mentale à vouloir interpréter la portée de ses propos, dit le chroniqueur du Observer.Jeune, Alan Greenspan avait d'abord étudié la musique, rêvant de devenir saxophoniste.Meilleur à cet égard que Bill Clinton, il avait fréquenté l'élitiste école Julliard, à New York, et joué ensuite dans l'orchestre de Stan Getz.Mais la fascination des chiffres le conduit très vite à la New York University, où il va chercher une maîtrise en économie.Et vogue la galère, jusqu'à ce que le président Reagan le nomme à la tête de la Fed, en 1987.Homme de Washington, il fréquente pourtant peu les réceptions au cours desquelles il passe son temps, dit le chroniqueur du Observer, à jouer avec le p'tit change dans sa poche.Ses soirées, il les vit surtout avec sa femme chez lui.Et réfléchit surtout dans son bain.Notamment on imagine.VLADIMIR POUTINE L'espion venu de nulle part qui s'installe au Kremlin STEVE CASE La grenouille d'America Online qui vient d'avaler le boeuf Time Warner Vladimir qui ?se demandaient les Russes en août dernier en observant le regard froid de Vladimir Poutine que le président Boris Eltsine venait de désigner comme premier ministre \u2014 le cinquième en quelques mois.Cette fois, le président avait misé sur le bon cheval.Ébranlée par la série d'attentats attribués aux « terroristes tchétchènes », la société russe ne demandait pas mieux qu'un nouveau premier ministre relève le gant et promette d'aller rétablir l'ordre russe là-bas chez les trouble-fête de Tchétchénie.Succès immédiat époustouflant pour Vladimir Poutine.Il convenait ensuite de pouvoir demeurer sur le haut de la vague jusqu'aux élections présidentielles prévues en juin, mais comme les situations de guerre peuvent se dégrader, il suffisait que le président Eltsine démissionne \u2014 ce qu'il a fait à la surprise générale la veille du jour de l'An \u2014, justifiant ainsi une élection présidentielle le 26 mars plutôt qu'en juin.L'armée russe n'a plus qu'à tenir le coup que 10 semaines maintenant en Tchétchénie pour que la Russie confirme par un vote national l'extraordinaire popularité dont jouit actuellement le jeune président en exercice.Nombre d'observateurs restent fascinés par cette séquence d'événements.Le scénario est tellement parfait d'ailleurs que certains en viennent même à douter de l'authenticité de l'événement déclencheur : les présumées « actions terroristes tchétchènes » en Russie.C'est le cas de l'hebdo The Economist qui rappelle qu'on n'a jamais réuni de preuves indiquant que des éléments tchétchènes sont à l'origine de cette action terroriste.Et ce qui rend mal à l'aise, c'est que la carrière du nouveau maître du Kremlin fut essentiellement consacrée à l'espionnage.Personne ne saute aux conclusions, mais le malaise est là, partagé d'ailleurs dans le Boston Globe par un expert indépendant de Washington, David J.Kramer, qui signale qu'à Moscou même, des rumeurs attribuent aux services secrets russes un rôle dans l'initiative terroriste qui a fait près de 300 morts.Avoir mené une vie d'espion donc ne paraît pas à ce moment- ci le meilleur tremplin vers la crédibilité internationale, mais la population russe vit sur un autre registre.Paniquée, elle attendait, au-delà de toute considération idéologique, l'homme fort.Elle a le sentiment de l'avoir découvert en Vladimir Poutine.Mais sans le connaître vraiment.Messianique aux yeux des Russes qui lui concèdent volontiers 70 % de leurs suffrages, indiquent les sondages, Vladimir Poutine apparaît plutôt comme un personnage diabolique à nombre d'observateurs étrangers.Le chroniqueur William Pfaff, du Los Angeles Times, n'hésite pas à parler de « coup d'État Eltsine-Poutine » à propos de la séquence des événements qui ont conduit à la substitution de capitaine au Kremlin.Pfaff rappelle lui aussi qu'on ne dispose pas encore de preuves d'une main tchétchène dans les attentats survenus en Russie.Pour le reste, les observateurs regardent aller le nouveau président en exercice avec plus de crainte que de confiance.Sa carrière d'espion, Vladimir Poutine l'a surtout menée du côté de l'Allemagne, où il avait pour mission d'obtenir de l'information économique sur l'Occident.Business Week y voit un bon point dans la mesure où le futur président a ainsi été amené à se familiariser avec les façons de faire à l'Ouest.Mais généralement, les observateurs redoutent le côté obscur de pareille formation professionnelle et demandent à voir.Mais est-ce que le président Bush n'a pas été lui-même grand patron de la CIA ?C'est vrai, rappelle The Economist, mais il y fut désigné par décision politique : il n'a pas fait carrière d'espion.Attendez-vous à ce que les grands magazines, ces prochains jours et ces prochaines semaines, construisent un piédestal pour Steve Case, le patron d'America Online qui vient de prendre possession de l'empire Time Warner.Bill Gates aura maintenant de la compagnie dans la galaxie des cracks de la grande entreprise technologique planétaire, d'autant plus que l'entrepreneur le plus riche de la Terre vient de décider d'abandonner certaines fonctions chez Microsoft.Qui est Steve Case ?On en sait assez peu de choses pour l'instant, mais le International Herald Tribune fournissait quelques indices intéressants cette semaine.On sait qu'il n'a pas fréquenté l'Université Stanford, qu'il ne vient pas de Silicon Valley et qu'au collège, la programmation de logiciels n'était pas sa tasse de thé.Pourtant, il vient d'acquérir le plus puissant conglomérat médiatique au monde pour en faire « la première entreprise planétaire de médias et de communications du siècle d'Internet », comme il le déclarait lundi dernier.L'homme n'a jamais eu la réputation d'un visionnaire de la technologie, ce qui ne l'a pas empêché de bâtir America Online à partir de presque rien et d'avoir contribué plus que tout autre à la diffusion de la Toile dans les foyers et à la pénétration du Net dans la culture commerciale.Natif d'Hawaï, ce n'est pas en Californie mais dans le Massachusetts que Steve Case a reçu sa formation.Et en sciences politiques plutôt qu'en technologie.À compter de 1983, on le retrouve dans des fonctions de directeur de marketing dans des maisons comme Procter & Gamble, Pepsi Co, Pizza Hut et finalement chez Control Video Corp., qui alimente des ordinateurs personnels en jeux vidéo.En 1985, Control Video devient Quantum Computer Services qui commence à distribuer des services en ligne, avant même que la plupart des gens n'aient entendu parler d'Internet.Steve Case se passionne alors pour la formule et développe les services en ligne pour les usagers de quincaillerie Apple, Tandy et IBM.De fil en aiguille, Quantum devient America Online en 1991 et Steve Case en est promu président du conseil et chef de la direction.Une première souscription boursière en 1992 rapporte 66 millions US et de là, l'entreprise installée à Dulles, en Virginie, part pour la gloire.Quand America Online réalisa sa première souscription boursière, elle ne comptait que 200 000 internautes branchés, 250 employés et affichait un revenu de 30 millions.Huit ans plus tard, la compagnie compte 20 millions de clients branchés dans le monde, 12 000 employés et une capitalisation boursière qui dépasse les 160 milliards de dollars.Microsoft tentera sans succès de mettre la main sur AOL en 1992 et Steve Case se lance alors dans une campagne d'acquisitions qui permet à AOL d'élargir sa technologie, son parc de spécialistes et son infrastructure.En 1995, AOL réalisait une série d'alliances, notamment avec le géant mondial de l'édition, l'allemand Bertelsmann AG.Coup de maître en 1997 : AOL achète son principal concurrent, Compu Serve, puis forme des alliances avec Netscape et Sun Microsystems l'année suivante.Le International Herald Tribune dit que le milieu corporatif traditionnel considère Steve Case comme atypique dans le monde d'Internet.Il a plus que tout autre une vision à long terme des choses et exerce un talent remarquable dans l'élaboration de consensus.Ce sont ces dernières qualités, dit le journal, qui seront mises à l'épreuve dans l'absorption du géant Time Warner.Steve Case n'a que 41 ans.Illustration de The Independent 7LP1201A0116 A 12 Dimanche Perso 7LP1201A0116 ZALLCALL 67 00:38:49 01/16/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 JANVIER 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 16 JANVIER 2000 Marie-Ève Drolet JEAN-PAUL SOULIÉ La nouvelle championne du monde junior toutes catégories de patinage de vitesse sur courte piste, Marie-Ève Drolet, n'a que 17 ans, et 11 années de patin derrière elle.Dès l'âge de six ans, elle voulait faire du patinage de vitesse.Quand elle a commencé à pratiquer sur les longues lames, pour faire comme un de ses cousins, elle avait déjà la détermination et l'envie de gagner qui l'ont conduite, dimanche dernier, sur la plus haute marche du podium, à Budapest.Marie-Ève, qui avait remporté la médaille d'argent au 1000 mètres et une quatrième place au 1500 mètres, devenait la première Canadienne à terminer au premier rang du classement cumulatif.Au Canada, Marie-Ève domine tellement sa discipline qu'elle aspire à devenir membre de l'équipe nationale senior.Les épreuves de qualification qui se dérouleront cette semaine devraient confirmer sa place au sein de l'équipe du Canada, qui ira disputer des coupes du monde en Europe dans un mois.La Presse salue la brillante performance d'une très jeune athlète et nomme Marie-Ève Drolet Personnalité de la semaine.« Dimanche, j'ai été étonnée au moment de l'annonce des résultats.Je ne m'étais pas préoccupée du classement cumulatif pendant toutes les compétitions », a déclaré Marie-Ève au soir de sa victoire.Concentrée sur chacune des épreuves, elle a gardé le plus grand calme, même quand les courses devenaient très serrées.De retour dans son Saguenay natal, la jeune athlète pense surtout aux essais de la semaine prochaine, pour former l'équipe nationale du Canada.« Si je termine dans les cinq premières, j'ai des chances pour le championnat du monde senior.» Et pour se donner toutes les chances de « se classer », la nouvelle championne du monde junior a planifié son année scolaire.Étudiante en sciences humaines au cégep de Chicoutimi, elle n'a pris que 15 heures de cours par semaine pour la seconde session, alors qu'elle en avait pris 19 pour la première.« J'espère que je vais voyager beaucoup cette année, ditelle.Trois semaines après les essais de la semaine prochaine, il y a la Coupe du monde en Suède, et ensuite les championnats du monde par équipe et individuels, en Angleterre et aux Pays-Bas.» À plus long terme, elle veut aussi se classer pour les Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002.« Ce serait une occasion pour mes parents de venir assister aux compétitions.Moi, ça m'aiderait beaucoup de les avoir avec moi.» Marie-Ève va continuer à s'entraîner de 12 à 15 heures par semaine, en groupe avec son équipe, les Comètes de Chicoutimi, ou seule avec son entraîneur Bernard Boucher.« J'ai commencé à patiner avec Christian Simoneau, quand j'étais débutante.J'ai participé aux compétitions régionales, à Alma, à Jonquière.Je gagnais des rubans, ça fait longtemps ! On est passé aux compétitions provinciales, les Coupes Lactantia, à l'époque.J'ai tout gagné, depuis le juvénile II à 12 ou 13 ans, jusqu'au junior et à l'intermédiaire.» Marie-Ève aime beaucoup voyager, mais trouve qu'elle n'a pas été très chanceuse de ce côté-là, dans sa jeune carrière.Les championnats du monde auxquels elle a participé avaient lieu à Marquette et à Saint-Louis aux États-Unis, et à Montréal.« Mais il y a eu aussi l'Italie, où j'ai passé 15 jours, et Budapest.J'aime visiter, quand on a une journée de libre.» Pour ses études universitaires, Marie-Ève veut s'inscrire en psychologie, à l'Université du Québec à Chicoutimi.« La psychologie, ça peut déboucher sur le domaine sportif, et aussi sur la communication ou la publicité.Et il y a aussi les services d'urgence.Ça, je connais.» La jeune fille se souviendra toute sa vie du déluge du Saguenay et du chalet familial que ses parents voulaient transformer en résidence permanente, à Laterrière, près de la rivière Chicoutimi.Le chalet a été emporté par les eaux.Depuis, la maison a été reconstruite, et c'est là qu'elle ramène ses médailles de championne du monde.Autour d'elle, il y a son père Denis, entrepreneur électricien, sa mère Jacynthe, secrétaire de dentiste, son frère Jean-Denis, qui travaille avec son père, et aussi son petit ami, Philippe, qui fait partie de son équipe et qui s'entraîne avec elle.Elle a aussi un commanditaire, Étoile Dodge Chrysler, qui lui fournit une petite voiture qu'elle conduit depuis un an.« C'est commode pour aller aux cours et à l'entraînement.Tout ça, c'est beaucoup de travail.Ça ne laisse pas beaucoup de temps libres.Je ne veux pas avoir de mauvaises notes au cégep.Quand on a le temps, avec Philippe, on va au cinéma.Je n'ai aucune envie de quitter Chicoutimi pour aller m'entraîner ailleurs.Je me trouve bien ici.J'ai une bonne école, un bon club, un bon entraîneur.Tout ça, c'est le résumé de ma vie.J'espère rester ici encore longtemps.Ça va bien.» Et pour Marie-Ève Drolet, ça va même aller très loin.Au Canada, Marie-Ève domine tellement le patinage de vitesse qu'elle aspire à devenir membre de l'équipe nationale senior.«Je n'ai aucune envie de quitter Chicoutimi pour aller m'entraîner ailleurs.Je me trouve bien ici.J'ai une bonne école, un bon club, un bon entraîneur.Tout ça, c'est le résumé de ma vie.J'espère rester ici encore longtemps.Ça va bien.» "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.