La presse, 23 janvier 2000, Cahier A
[" 7DA0101A0123 A1 DIMANCHE 7DA0101A0123 ZALLCALL 67 00:48:31 01/23/00 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 23 janvier 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.BOXSTER S 2000 Venez réserver la vôtre ! 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 116e année No 92 52 pages, 4 cahiers Un grand écrivain disparaît Anne Hébert s'est éteinte hier à 83 ans MARIE-CLAUDE GIRARD et ANDRÉ DUCHESNE « La littérature française perd une grande dame, un de ses géants », commente avec émotion Pascal Assathiany, l'éditeur québécois de la poétesse, romancière et dramaturge qui s'est éteinte hier à l'âge de 83 ans à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal.Plus de 50 ans de carrière consacrés à la poésie, au roman, au théâtre.Un talent reconnu internationalement et souligné par de très nombreux prix littéraires dont le prix Femina en 1982, le prix Gilles- Corbeil, le prix de l'Académie française et, il y a seulement 10 jours, le Grand prix littéraire France- Québec/Jean-Hamelin, décerné à la fois pour son dernier roman, Un habit de lumière, et pour l'ensemble de son oeuvre.L'auteure de Kamouraska, des Fous de Bassan et des Chambres de bois est morte des suites d'un cancer au service des soins palliatifs de l'hôpital Notre-Dame.Selon les souhaits de l'écrivaine, le directeur des Éditions du Boréal préfère ne pas faire de commentaires sur la maladie qui l'a emportée.« Elle avait exprimé des désirs assez précis.Elle voulait que les choses soient le plus sobre possible », qu'on parle plus de ses livres que de sa vie privée, explique-t-il, encore terrassé par la nouvelle.Voir UN GRAND ÉCRIVAIN en A2 Terrorisés Les premiers jours, Bagdad n'apparaît pas différente des autres grandes villes du Moyen- Orient, on pourrait se croire à Istanbul ou à Damas.On ne voit pas d'autres flics que ceux qui règlent la circulation aux carrefours.Les passants vont à leurs affaires, apparemment libres de leurs mouvements.Les taxis conduisent le visiteur étranger où il veut.Où ça, un État policier?Le doute vient avec les premiers contacts avec les locaux.Échanges chaleureux, mais extrêmement frileux, lisses de tout sous-entendu, de toute allusion politique, de tout humour, surtout, surtout pas de blagues sur Saddam.Jamais un clin d'oeil pour dire qu'on n'en pense pas moins, même si on ne peut pas parler.Un soir, comme je rentrais, j'ai croisé les deux serveurs du restaurant de l'hôtel.Des jeunes gens dans la vingtaine.L'un étudiant en journalisme justement, l'autre presque avocat.Ils étaient ravis que je leur fasse un brin de conduite, jusqu'au moment où je leur ai demandé ce qu'ils pensaient de Saddam.C'est comme si je leur avais introduit un fer rougi dans le cul.Bonsoir, monsieur.Ils sont partis au galop.Parlant de Saddam, on s'habitue vite à voir son gigantesque portrait placardé partout, dans toutes les poses et toutes les tenues.Mais tout à coup on s'étonne: comment cela, pas un seul de ces portraits maculé de quelques tomates pourries?C'est pourtant vite lancé, une tomate, la nuit.Comment cela, pas un seul graffiti?On commence à mesurer la terreur qui règne ici.À Bassera, la grande ville du sud de l'Irak, je suis tombé sur un pédiatre qui, m'avait-il semblé, était au bord de hurler son écoeurement.Je suis retourné le voir en soirée avec un médecin de notre délégation.Le plus loin qu'est allé le pédiatre écoeuré, en deux heures d'entretien, c'est d'émettre le souhait que Saddam et Clinton règlent leur différend « entre hommes » et qu'on en finisse.Juste ça, juste de suggérer, par la bande, que Saddam ne valait peut-être pas mieux que Clinton, lui avait donné des suées.Cela aussi donne la mesure de la répression qui étouffe ce pays.On se croyait libre de nos mouvements, et voilà qu'on découvrait qu'il fallait une autorisation de circuler pour aller à seulement 20 kilomètres du centre-ville.Voilà que les gens des ONG qui travaillent à Bagdad nous rapportent qu'ils sont flanqués toute la journée d'un ange gardien uniquement chargé de faire rapport de leurs activités, ce qui s'est fait, ce qui s'est dit, qui est venu.Voilà que nous allons à Bassera et que nous avons à passer une bonne douzaine de contrôles militaires.Voilà que trois membres de notre délégation se font « sortir » manu militari de Saddam City, le quartier le plus rebelle de Bagdad.Voilà qu'en pleine ville de Bassera, un militaire m'interdit l'accès à un pont.Nos minuscules embarras de visiteurs privilégiés, pilotés par deux flics qui nous ouvraient toutes les portes, laissent à penser ce que le citoyen ordinaire a à endurer dans son quotidien.Saignés de l'extérieur par l'embargo, les Irakiens sont étranglés de l'intérieur par le plus glauque, le plus stalinien des États policiers légué justement par les Soviétiques qui ont déjà été très influents en Irak.Voir TERRORISÉS en A2 PHOTO La Presse n Sa vie, son oeuvre/page A7 Anne Hébert en 1993 Les anti-OGM réclament un protocole «fort» ANDRÉ DUCHESNE Il fallait avoir des convictions profondes et quasiment des gènes d'acier pour manifester par un froid polaire hier dans les rues du centre-ville de Montréal, comme l'ont fait des centaines de personnes venues exprimer leurs inquiétudes face aux organismes génétiquement modifiés ( OGM ), mieux connus sous le nom d'aliments transgéniques.Réunis en colloque à l'Université du Québec à Montréal, ils sont partis du square Berri pour se diriger vers le siège de l'Organisation de l'aviation civile internationale ( OACI ).C'est là que, à compter de demain, des représentants de 130 pays tenteront de s'entendre autour d'un protocole sur la biosécurité.« Nous réclamons un protocole fort et sérieux, qui tiendra compte, par exemple, de la responsabilité des pays exportateurs, et qui sera légalement contraignant », insiste Johanne Fillion, directrice de Greenpeace-Québec.Voir LES ANTI-OGM en A2 PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Des gènes de poisson dans le maïs.Non merci, ont clamé hier à Montréal des centaines de manifestants opposés aux organismes génétiquement modifié ( OGM ).Ils craignent que les aliments transgéniques aient des conséquences graves sur la santé et l'environnement.À défaut de pouvoir éliminer totalement les OGM, ils réclament l'adoption de règles sévères quant à leur gestion et ont voulu le faire savoir aux quelque 400 délégués qui, à compter d'aujourd'hui, se réunissent dans la métropole pour signer un protocole sur la biosécurité.Le marché à l'école RICHARD HÉTU collaboration spéciale Ils sont financiers sur Wall Street, investisseurs à Silicon Valley, dirigeants de multinationales.Ils ont transformé l'économie des États-Unis, qui fait l'envie de plusieurs pays.Et ils veulent maintenant s'attaquer à l'école publique, ce « monopole » d'État.Ils parlent la même langue que les candidats républicains à la Maison-Blanche, qui font présentement campagne en scandant le mot « choix », mantra des partisans de la concurrence en matière d'éducation.Après le Pepsi et le Coke au high school, c'est le nouveau débat scolaire.Le temps est à la réforme.Aux États-Unis, 90 % des jeunes fréquentent l'école publique.En milieu urbain, ils reçoivent une éducation très souvent inférieure à celle offerte aux nantis de la banlieue.Et leurs parents ont rarement le « choix » de fuir ce système appauvri, où les problèmes des bureaucrates et des syndicats prennent trop souvent le pas sur les besoins des élèves.Comment réformer ces écoles perçues en Amérique du Nord comme le problème le plus important avant \u2014 ou après \u2014 celui de la santé?Le milliardaire Ted Forstmann pense avoir trouvé la solution.Financier sur Wall Street, il a fait fortune en acquérant ( par endettement ) et en transformant des compagnies comme Gulfstream Aerospace, Dr.Pepper et General Instruments.L'an dernier, dans un geste philanthropique, il a offert aux parents à faibles revenus des bourses totalisant 200 millions pour les aider à sortir leurs enfants des écoles publiques non performantes et à les inscrire dans des écoles privées ( l'admission dans une maison d'enseignement catholique, un choix abordable et populaire, coûte en moyenne 2500 $ par année ).L'offre de Forstmann a donné lieu à une campagne de relations publiques tous azimuts.Plusieurs célébrités l'ont soutenue, dont l'exgénéral Colin Powell, le joueur de baseball Sammy Sosa et la poétesse Maya Angelou.Quand Oprah Winfrey a reçu Forstman à son émission de télévision, elle a prié ses auditrices d'éteindre leur aspirateur et d'écouter.Plus d'un million de familles ont répondu à l'offre de Forstmann.Une loterie a été tenue simultanément à New York et à Los Angeles pour déterminer les 40 000 gagnants, qui ont reçu des bourses variant de 600 $ à 1600 $ par année pendant quatre ans.En acceptant l'aide du financier, chaque parent devait s'engager à donner de sa poche une moyenne de 1000 $ par année pour assumer le coût de l'éducation de son « choix ».Voir LE MARCHÉ en A2 NEW YORK La Presse INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7 et C8 - marchandises C8 - emplois C8 - automobile C8 à C10 - affaires C10 Arts et spectacles B6 à B9 - horaire spectacles B7 - horaire télévision B6 Bandes dessinées C9 Bridge C10 Décès C11 Êtes-vous observateur?C7 Feuilleton C9 Génies en herbe B9 Horoscope C8 La presse d'ailleurs A13 Lecture cahier B Loteries A2 et A10 Monde A10 à A13 Mots croisés B9 et C10 Mot mystère C11 Politique A6 Santé cahier C Tabloïd Sports - Réjean Tremblay S5 Têtes d'affiche C6 SCIENCES Quand l'ordinateur se prendra pour le cerveau page B10 MÉTÉO Nuageux Max.-13, min.-18 cahier Sports page 16 7LP0202A0123 A2 DIMANCHE 7LP0201A0123 ZALLCALL 67 00:50:37 01/23/00 B Suite de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Un grand écrivain disparaît UN GRAND ÉCRIVAIN / Suite de la page A1 Mme Hébert détestait se montrer en spectacle et parlait peu de sa vie.Les funérailles seront réservées à la famille et aux amis, mais des livres de condoléances seront ouverts au public mardi à la Bibliothèque nationale du Québec ( Saint-Sulpice ), à Montréal, et à la bibliothèque Gabrielle- Roy, à Québec.Née en 1916 à Sainte-Catherine-de-Fossambault, près de Québec, Anne Hébert a commencé à publier des poèmes et des contes dans les journaux et magazines à la fin des années trente.Son père, Maurice, était critique et poète.« Anne Hébert a donné ses lettres de noblesse à la poésie au Québec, dans la foulée de son cousin Saint-Denys Garneau et de Nelligan », souligne M.Assathiany.En 1942, le gouvernement du Québec lui remet pour une première fois le prix David pour son premier livre, Songes en équilibre.Au début des années 50, elle a collaboré aux émissions culturelles de Radio-Canada et travaillé comme scénariste à l'Office national du film.L'auteure était revenue vivre au Québec en 1997, après plus de 30 ans passés à Paris.L'écrivain Pierre Nepveu, qui était président du jury du prix Gilles-Corbeil en 1994, se souvient du moment où il a annoncé à Mme Hébert qu'elle avait reçu le prix.« Vraiment pour moi, vous êtes sûr?» lui at- elle répondu.« Elle était comme une adolescente qui doutait, d'une incrédulité charmante », raconte l'écrivain.Pour M.Nepveu, coauteur d'une Anthologie de la poésie québécoise, le livre le plus important d'Anne Hébert demeure Le Tombeau des rois.De l'oeuvre entière, il retient particulièrement sa capacité de créer un univers à la fois irréel et touchant.Critique littéraire au magazine L'actualité depuis une quinzaine d'année, Gilles Marcotte s'attriste du départ d'une « très grande écrivaine.» « Elle travaillait avec une énergie, avec un sens de la rigueur tout à fait exceptionnels.Des oeuvres telles Le Torrent et le Tombeau des rois sont superbes et impérissables.Elles sont inscrites dans l'histoire littéraire à tout jamais.» Son ami Jean-Guy Pilon, qui fut président de l'Académie des lettres du Québec pendant 14 ans, l'a connue dans les années 50.« Le souvenir que je garde d'elle en est un de beauté, autant intérieure qu'extérieure, de générosité, d'élégance, de tendresse.» M.Pilon souligne qu'Anne Hébert est tombée malade quelques jours après avoir terminé son dernier roman, Un habit de lumière.« On disait d'elle qu'elle était très réservée, mais elle ne l'était pas trop avec ceux qu'elle aimait.Elle était presque secrète sur ses propres oeuvres, mais parlait avec respect des autres auteurs.La dernière fois qu'elle est venue à la maison, à la mi-août, elle était fatiguée.Elle avait passé l'après-midi avec nous.Il faisait très beau et nous nous étions beaucoup amusés.» La présidente de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec, Denise Boucher, rappelle le contraste entre l'auteure et son oeuvre.« C'était une femme secrète et discrète, mais dont les oeuvres sont d'une extrême violence.C'est une écriture de la révolte contre le conformisme.Elle devait se savoir très malade pour revenir au Québec et y mourir », estime-t-elle.Mme Boucher se souvient d'avoir dîné avec Anne Hébert à Québec à la fin des années quatre-vingt.« Je suis immensément triste car aujourd'hui mon éditeur pilonne mon livre Le Torrent, lui avait-elle alors confié.Le président de l'Union des artistes, Pierre Curzi, se désole de la perte d'un « auteur majeur, remarquable.» Sa compagne, la comédienne Marie Tifo, a joué dans la version cinématographique des Fous de Bassan.« Elle était parmi les héros de notre enfance.Comme sa poésie, c'était quelqu'un de précieux », un personnage mythique souligne-telle.L'auteur et critique Jacques Folch-Ribas rappelle que l'Académie des lettres du Québec a proposé depuis quelques années la candidature d'Anne Hébert au prix Nobel de littérature.Pourquoi?« Pour la grande qualité de la langue qui est propre et pure.Sa poésie est une poésie de l'espoir.Ce n'est pas une poésie abstraite.» L'ancien président de l'Académie des lettres du Québec, Jean-Pierre Duquette, estime que l'oeuvre d'Anne Hébert est extrêmement significative dans la littérature du XXe siècle.« En France, elle avait une réputation très importante.» Il croit que l'exil à Paris de Mme Hébert était la meilleure chose à faire.Elle devait s'installer là où elle pouvait travailler librement.Les anti-OGM réclament un protocole «fort» LES ANTI-OGM / Suite de la page A1 Les OGM sont des organismes vivants auxquels on inocule en laboratoire des gènes d'autres organismes afin d'en améliorer les caractéristiques.Qualifiant le procédé de « pollution génétique », les écologistes expriment leurs inquiétudes quant aux conséquences que peuvent avoir les aliments transgéniques sur la santé et sur la biodiversité, c'est-à-dire la variété des espèces dans la nature.La rencontre de cette semaine à l'OACI a pour objet d'établir des règles environnementales visant à prévenir les risques liés aux OGM.À défaut de pouvoir éradiquer complètement la présence de ces aliments sur le marché, Greenpeace réclame l'établissement de règles du jeu claires.La coalition environnementale montre d'ailleurs du doigt le gouvernement canadien qui, dit-elle, est l'un des pays ayant obstrué la signature du protocole sur la biosécurité lors de la précédente ronde de négociations, l'an dernier, en Colombie.À l'heure actuelle, le Canada est l'un des principaux producteurs d'OGM dans le monde.Selon Mme Fillion, le pays compte déjà 43 brevets d'homologation d'organismes génétiquement modifiés.Au Québec, 25 % des pommes de terre produites sont des OGM.L'étiquetage de ces produits est un « minimum vital » demandé par Greenpeace, afin de laisser le choix aux consommateurs.Scientifiques en faveur À l'opposé de la manifestation des écologistes, une centaine de scientifiques canadiens ont dévoilé hier, en conférence de presse, une lettre ouverte d'appui aux biotechnologies et à la recherche sur les cultures transgéniques.« Les bénéfices des biotechnologies sont plus rentables que les inconvénients qui, pour le moment, se résument à des interrogations », indique en entrevue Joe Schwarcz, directeur de l'Office pour la chimie et la société de l'Université Mc Gill, un organisme qui se dit indépendant.Pour lui, les biotechnologies permettent de combattre la famine et la malnutrition dans le monde.« On sait par exemple qu'il existe des populations aux prises avec des problèmes d'anémie parce que la base de leur alimentation est le riz, un aliment faible en fer.Qu'y a-t-il de mal à créer un type de riz ayant une plus haute teneur en fer?» demande- t-il.Le marché à l'école LE MARCHÉ / Suite de la page A1 À la mi-janvier, lors d'une réunion à New York, Forstmann a continué à explorer ce concept du « choix » en matière d'éducation avec un groupe de capitalistes hétéroclites.Coparrainée par la maison de courtage Merrill Lynch, la rencontre rassemblait des représentants de l'ancienne et de la nouvelle économie, dont John Walton, un des héritiers de la chaîne Wal-Mart, et John Doerr, fondateur d'une des sociétés de capital-risque les plus importantes de Silicon Valley.Tous ces apôtres du marché rêvent au jour où l'État abandonnera son « monopole » sur l'éducation publique et permettra aux parents de choisir l'école de leurs enfants.Pour atteindre cet objectif, ils suggèrent une idée radicale.Annuellement, les écoles publiques dépensent en moyenne 7000 $ par enfant aux États-Unis.Selon Forstmann et Cie, le gouvernement devrait remettre ces 7000 $ directement aux parents, qui s'en serviraient pour envoyer leurs enfants à l'école de leur choix.Un tel système, selon ses partisans, favoriserait la concurrence entre les écoles, qui seraient tenues d'offrir un enseignement de qualité pour garder leurs élèves.Sans clientèle, les institutions scolaires seraient obligées de fermer leurs portes, comme les mauvais restaurants.Conformément aux lois du marché, seules les meilleures écoles survivraient.Les candidats républicains à la Maison- Blanche ne vont pas aussi loin.Mais ils appuient tous les programmes mis en place aux États-Unis pour aider les parents à choisir l'école de leurs enfants.Le programme en vigueur en Floride depuis septembre est le plus ambitieux.Il offre des bons d'éducation (school vouchers) de 4000 $ aux parents dont les enfants fréquentent des écoles jugées non performantes.Ce montant permettra aux parents d'envoyer leurs enfants dans des écoles privées.Les candidats présidentiels du Parti démocrate, de même que les syndicats d'enseignants, sont farouchement opposés aux school vouchers.À leurs yeux, ces programmes menacent la survie de l'école publique et de l'idéal d'égalité qu'elle représente.Ils veulent que le gouvernement investisse plus dans l'éducation.Mais le marché n'en continue pas moins à faire sentir sa présence à l'école.Jeudi dernier, deux géants de l'informatique, Microsoft et Intel, se sont engagés à dépenser 500 millions pour aider les enseignants à utiliser les nouvelles technologies dans leurs classes.Le même jour, l'ex-PDG de Netscape, James Barksdale, a donné 100 millions à l'État du Mississippi, où il est né, afin d'aider les écoles publiques à mettre sur pied des programmes d'alphabétisation.Son geste a été vanté d'un bout à l'autre des États-Unis.Terrorisés TERRORISÉS / Suite de la page A1 Pour vous dire, les Irakiens sont si terrifiés par leurs innombrables polices qu'on n'en trouvera aucun pour oser nous le confirmer! Ce n'est qu'à Amman, au retour, que des exilés irakiens en Jordanie, accepteront de nous expliquer comment s'exerce cette terreur au quotidien.Un demi-million d'Irakiens vivent à Amman de petits trafics qu'alimentent ceux qui font la route vers Bagdad, cigarettes, bijoux, dates, vêtements.Ils vivent entre la crainte des rafles et le vague espoir d'être acceptés comme réfugiés.Mais comme nous a dit Nasser, avec un pauvre sourire: « Nos passeports verts ne sont pas à la mode! » Ils sont cinq dans la petite pièce glacée où ils nous ont invités à entrer.Je suis accompagné de Josée, la photographe de la délégation.Ils ne voulaient rien savoir d'une photo, ils accepteront finalement de poser de dos.Même ici, ils ont peur de la police secrète.Celui-ci a fait un an de prison et a été torturé.Celui-là est venu avec le passeport de son frère assassiné en plein Saddam City, au début de l'année, dans la vague de révoltes qui a suivi le meurtre politique de l'ayatollah Sadek Al Sadr.Ils sont de la majorité chiite, soupçonnée par le pouvoir ( sunnite ) de vouloir renverser le régime.Celui-ci, professeur de physique, s'est exilé pour des raisons économiques: « Nous étions en train de crever littéralement de faim.Ma femme et mes trois enfants sont restés à Bagdad, je leur envoie de l'argent tous les mois.» D'entrée de jeu, tous refusent de parler de Saddam: « Cela nous exposerait inutilement.» Mais ils en parleront quand même un peu.\u2014 Comment s'organise la répression en Irak?\u2014 Police municipale.Police criminelle.Sécurité civile.Sécurité militaire.Renseignements généraux.Cela vous suffit?Et il en est une autre, la pire: la sécurité interne qui quadrille les quartiers en nommant « un responsable de la moralité » pour chaque îlot de 20 maisons.Ce responsable tient des fiches sur chaque famille.En fait, tout le monde surveille tout le monde, tout le monde dénonce tout le monde.Quotidiennement des gens disparaissent.Un fils ne rentre pas de l'université.Un père ne revient pas du souk.On n'en entend plus jamais plus parler.Dans Saddam City, pour chaque îlot de 20 maisons, on compte trois ou quatre disparus.\u2014 S'il y avait des élections libres en Irak aujourd'hui?\u2014 Saddam n'obtiendrait pas le quart d'un seul vote \u2014 Dans l'intimité des familles, que dit-on des palais que se fait bâtir Saddam?\u2014 On s'en fout.On ne comprend pas très bien l'indignation des Occidentaux sur ce point.Le pays tout entier est un palais pour Saddam.\u2014 Avez-vous fait la tournée des ambassades d'Amman dans l'espoir d'être accepté comme immigrant quelque part?\u2014 Je suis allé à l'ambassade canadienne entre autres.De toute façon, cela prend huit mois pour avoir une réponse.Or nos visas en Jordanie sont de six mois.\u2014 Ce n'est pas l'amour fou avec les Jordaniens?\u2014 Ça ne l'a jamais été.Les Irakiens ont toujours traité les Jordaniens de très haut, en petits cousins pauvres.Aujourd'hui, les Jordaniens prennent leur revanche.\u2014 Revenons en l'Irak.De quoi le peuple irakien souffre-t-il le plus, de la répression ou de l'embargo?\u2014 Libérez-nous de l'intérieur, on va s'arranger avec l'embargo.DEMAIN: Les limites de l'humanitaire Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 152 à quatre chiffres : 0401 6/49: 4 14 18 36 39 44 Compl.11 Extra: 9 2 3 1 9 2 DEMAIN DANS LA PRESSE Plus moderne! La nouvelle Volvo V70 est le premier modèle de la Série 70 à être transformé.Le tour de la berline viendra.Son aspect extérieur est en harmonie avec les voitures des Séries 40 et 80 présentement commercialisés alors que la plate-forme est empruntée à la berline S80.Une rigidité accrue de la caisse, une nouvelle suspension arrière et un habitacle plus moderne font de cette Volvo ce que la compagnie a produit de mieux en fait de familiale.Notre chroniqueur Denis Duquet l'a essayée.À lire demain dans le cahier automobile de La Presse.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Devrait-on donner le nom d'Anne Hébert à la Grande Bibliothèque du Québec?Selon une étude, la banlieue sortirait gagnante d'une fusion des municipalités de l'île.Êtes-vous d'accord?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 42 % Non: 58 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Le docteur Zorro Content de lui après une césarienne couronnée de succès, un obstétricien de New York a ensuite perdu quelque peu la tête et gravé ses initiales avec son scalpel sur l'abdomen de la femme qu'il venait de faire accoucher.Le docteur Allan Zarkin, désormais surnommé « Docteur Zorro » par ses collègues de l'hôpital, « se sentait très proche de cette femme, mais il a soudainement perdu la raison », a déclaré son avocat vendredi.La victime, Liana Gedz, a porté plainte et réclame cinq millions de dommages et intérêts au médecin, âgé de 61 ans.Selon des témoins, le docteur Zarkin, après avoir réussi la césarienne, a lancé: « J'ai fait du bon travail, je vais le signer ».Le médecin souffre d'une forme avancée de la maladie d'Alzheimer. 7LP0302A0123 a03 actus dim 23 janvier 7LP0301A0123 ZALLCALL 67 00:50:31 01/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 R A 3 Quatre randonneurs sauvés des eaux glaciales du bassin de Chambly par l'hélico de la SQ Une pellicule de glace invisible provoque un accident mortel Le réchauffement prévu pour aujourd'hui devrait rendre la vie moins difficile aux automobilistes SIMON DROUIN Le temps glacial et la poudrerie causé par les vents qui sévissaient hier ont fait une autre victime sur les routes du Québec.Circulant sur l'autoroute 15 nord, à la hauteur du bassin de Laprairie, Guylaine Tremblay, 42 ans, est morte après que son véhicule eut heurté une dépanneuse immobilisée sur la route, vers 8 h 30 hier matin.La résidante de Sainte-Catherine a perdu la maîtrise de son auto après être passée sur une plaque de glace invisible.La conductrice est morte sur le coup.Sa passagère, une femme dans la vingtaine, a subi des blessures mineures.Quelques minutes plus tard, soit à 9 h 35, Transports Québec a ordonné la fermeture complète de l'autoroute 15 dans le secteur du bassin de Laprairie.À cet endroit, il y a un microclimat provenant du bassin qui occasionne des températures froides et du vent, a expliqué un porte-parole de Transports Québec.Le vent provoque de la poudrerie et réduit la visibilité tandis que le temps froid favorise la formation de glace invisible, le cauchemar des conducteurs.L'autoroute 15 a été réouverte à la circulation à 11 h 54, mais Transports Québec émettait toujours en soirée des avertissements de visibilité réduite à nulle dans ce secteur.Le réchauffement des températures, prévu pour aujourd'hui, devrait cependant donner un coup de main aux automobilistes.Marcel Savard, météorologue à Environnement Canada, prévoyait que les vents allaient tomber hier soir, ce qui réduira considérablement l'effet de froid ressenti par le corps humain.Alors que des vents de 30 à 40 km/h balayaient l'île de Montréal hier matin, les téméraires qui se sont pointés le nez à l'extérieur ont pu ressentir une température de -43 à -50 degrés Celsius ! Le thermomètre, lui, indiquait de -20 à -23 degrés.Aujourd'hui, Environnement Canada prévoit que le mercure atteindra un maximum de près de -13 degrés, ce qui est quand même loin de la normale saisonnière de -4.Malgré le froid cinglant, plusieurs braves ont dévalé les pentes des stations de ski du Québec, hier.Au centre de ski Sutton, 800 personnes ont pu profiter de la protection contre le vent offerte par les fameux sous-bois de la station de l'Estrie.C'est quand même loin des 3000 skieurs qui se présentent en moyenne lors d'une journée de fin de semaine « normale ».Pour une deuxième journée consécutive, les chevaux de l'Hippodrome Blue Bonnets n'ont pas eu à se geler les naseaux, hier soir, les épreuves ayant été annulées ou reportées en raison du froid intense, de l'humidité et des vents forts.Par ailleurs, les mouvements de sol provoqués par le froid ont conduit au bris de trois conduites d'aqueduc de la Ville de Montréal.Une vingtaine de citoyens ont aussi contacté le Service des travaux publics de la Ville pour signaler le gel de leurs conduites d'eau.Sur les 450 000 foyers montréalais, c'est bien peu, a fait remarquer Diane Leduc, une parte-parole des travaux publics.SIMON DROUIN À peine revenu du sauvetage de deux motoneigistes pris sur les glaces du bassin de Chambly, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, un hélicoptère de la Sûreté du Québec a dû rebrousser chemin pour récupérer un couple de curieux venu observer la première scène.À 15 h 15, un appel de détresse est envoyé par deux motoneigistes prisonniers des glaces sur le bassin de Chambly.L'un des deux hommes âgés de 28 et 29 ans a vu la glace céder sous son poids et sa motoneige s'enfoncer dans l'eau glacée.Il a reçu l'aide de son ami pour se sortir du pétrin.Il ne restait cependant plus aucune issue pour quitter le bassin d'une étendue de deux kilomètres carrés.Appelés sur les lieux, les pompiers de Chambly, Richelieu et Carignan n'ont pu rejoindre les deux « naufragés » avec un canot pneumatique.Un hélicoptère de la SQ a donc été appelé en renfort vers 16 h.Le sauvetage s'est déroulé avec succès et les deux motoneigistes ont ensuite été conduits en ambulance au centre hospitalier du Haut- Richelieu, souffrant d'hypothermie légère.Son devoir accompli, le pilote de l'hélicoptère retourne à la base de Saint-Hubert.Mais le moteur n'a pas le temps de refroidir que la SQ reçoit un autre appel pour le sauvetage de deux personnes sur le bassin de Chambly ! Intrigués par l'action qui se déroulait sur le plan d'eau, un homme et une femme âgés de 38 ans, circulant dans un véhicule tout-terrain, ont eux aussi été pris en souricière sur les glaces.Deuxième sauvetage e t deuxième réussite pour l'hélicoptère de la SQ.Les deux rescapés n'ont pas été blessés.Non seulement la circulation en motoneige est-elle interdite sur le bassin de Chambly (il n'y a pas de sentiers balisés), mais elle est surtout très dangereuse.Selon les autorités de Chambly, le bassin est reconnu pour ses courants chauds qui rendent la glace très mince à certains endroits, même par temps très froid.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Il n'y avait pas beaucoup d'enfants dans les rues hier; ils seront plus nombreux à jouer dehors aujourd'hui.Manif à la mémoire du sans-abri Lizotte MARIE-CLAUDE GIRARD Plus d'une centaine de manifestants ont bravé le froid et le vent hier pour exprimer leur colère face à la mort du sansabri Jean-Pierre Lizotte et réclamé à hauts cris la démission du directeur général du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal.À l'invitation du Mouvement Action Justice, des Citoyens contre la brutalité policière et de la Ligue des Noirs du Québec, les manifestants ont remonté le boulevard Saint-Laurent jusqu'au Shed Café, où M.Lizotte aurait été battu en septembre par deux policiers.Des ballons remplis de peinture ont été lancé sur la façade du bar malgré les appels au calme de Dan Philip, de la Ligue des Noirs et de Yves Manseau, du Mouvement Action Justice.Des graffitis ont aussi été gribouillés sur la vitrine.Une fois la manifestation terminée, un bon nombre de manifestants ont poursuivi leur marche sur la rue Sainte-Catherine.La police de la CUM a alors procédé à l'arrestation de deux hommes de 22 ans relativement aux actes de vandalisme commis quelques minutes plus tôt sur la façade du bar.L'un d'eux a été libéré sur promesse de se présenter en Cour.Le second est demeuré derrière les barreaux, car des mandats d'emprisonnement pesaient contre lui, rapporte le service de communication du SPCUM.Tous deux seront accusés de méfait.Une impressionnante quantité de fourgonnettes de police avaient été postés à proximité du boulevard Saint-Laurent.« On est ici pour demander justice », a lancé Alexandre Popovic, des Citoyens opposés à la brutalité policière.Selon lui, le cas Lizotte n'est pas un phénomène isolé.« Les grosses places à fric », ont commencé à occuper le boulevard Saint-Laurent, faisant des sans-abri des indésirables, dit-il.« Pour un seul cas de mort d'homme aux mains de la police, il y a des centaines, sinon des milliers d'autres cas de harcèlement, d'intimidation et d'arrestation de sans-abri, de squeeggees ou d'individus à l'allure trop marginale pour côtoyer d'aussi près les espaces fliqués et friqués », avance le COBP dans un communiqué.Les manifestants ont rappelé la mort tragique d'un sans-abri lundi dernier au milieu des passants du Vieux-Montréal.« Si vous avez froid aujourd'hui, essayez d'imaginer ce que c'est de vivre dans la rue », a lancé Popovic.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Les manifestants ont simulé hier après-midi l'arrestation de Jean-Pierre Lizotte devant le Shed Café.L'homme agressé dans un bar de Saint-Henri a succombé à ses blessures Quatrième déraillement en moins d'un an Important déversement de méthanol SIMON DROUIN L'homme de 19 ans victime d'une agression la semaine dernière dans un bar de Saint-Henri est mort dans la nuit de jeudi à vendredi.Sébastien Garneau, un résidant de Verdun, avait été attaqué, probablement avec un bâton, par trois hommes âgés entre 25 et 30 ans alors qu'il se trouvait dans le bar Chez Pierre, à Saint-Henri, dans la nuit du 15 au 16 janvier.M.Garneau avait perdu conscience à la suite d'un traumatisme crânien.Il est demeuré inconscient jusqu'à sa mort.Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal ne peut pour le moment confirmer qu'il s'agit là du troisième meur tre commis sur son territoire depuis le 1er janvier.« On présume qu'il est décédé des suites des blessures subies lors de cette agression, mais on doit attendre les résultats des tests qui seront menés par le pathologiste en début de semaine pour le confirmer », a indiqué hier l'agent Christian Émond du SPCUM.La section des homicides a cependant le dossier en main.Les policiers ne détiennent jusqu'à maintenant aucune information pouvant les mener aux trois assaillants de M.Garneau, qui se sont aussi emparés du contenu du tiroir-caisse de l'établissement.Les agresseurs connaissaient probablement leur victime puisqu'ils l'auraient interpellée avant de la ruer de coups.Sébastien Garneau était accompagné d'un autre homme, qui lui n'a subi que de légères blessures.SIMON DROUIN Pour la quatrième fois en moins d'un an, un train de la compagnie Chemin de fer Québec-Sud a déraillé, hier matin, dans le canton d'Easton, en Estrie.L'accident a provoqué le déversement d'une importante quantité de méthanol liquide, mais n'a fait aucun blessé.Une douzaine de wagons de ce convoi ferroviaire qui se dirigeait vers Lac-Mégantic ont quitté les rails, à environ quatre kilomètres de Cookshire.Un des wagons contenait du méthanol liquide, un produit utilisé entre autres dans la fabrication du liquide lave-glace.Des spécialistes d'Urgence Environnement, section Estrie, ont été appelés sur les lieux pour mesurer l'ampleur des dégâts.« Le wagon contenant du méthanol était à l'envers et le liquide s'échappait des trappes d'accès situées sur le dessus, a expliqué Yvan Tremblay, coordonnateur des mesures d'urgence.Ce wagon contient 110 000 litres, qui devraient tous s'écouler.Une digue de terre a été construite pour contenir le méthanol.La compagnie Québec-Sud a embauché la firme Onyx pour effectuer le pompage.« Ça devrait se terminer dans la nuit », a indiqué M.Tremblay.Le déversement ne devrait pas être trop dommageable pour l'environnement puisque le méthanol sera récupéré en bonne partie, le temps froid favorisant le travail des spécialistes.« Si c'était arrivé à l'été, il y aurait eu un très grand danger d'explosion, a mentionné M.Tremblay.Par temps chaud, le méthanol devient hautement volatile et il peut être très toxique dans l'air.» Du côté de Chemin de fer Québec- Sud, on n'avait aucune idée de ce qui a pu causer ce déraillement ni de commentaires à formuler.« Tout ce que je sais, c'est qu'il y a une douzaine de wagons en bas de la track », a simplement dit, en après-midi, l'unique superviseur présent au siège social de Farnham.C'est la quatrième fois en moins d'un an qu'un train de Québec-Sud déraille.Il n'y a jamais eu de blessés.Le plus important est survenu en février dernier quand 18 wagons ont quitté la voie ferrée, à Rock Forest, en Estrie. 7LP0401A0123 A04 dimanche 7LP0401A0123 ZALLCALL 67 00:50:14 01/23/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Actualités PHOTOS KARYNE THIBODEAU, collaboration spéciale Depuis la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consol, qui a plongé Chandler dans la désolation, la population digère mal de subir les contrecoups des malheurs des travailleurs.Le fossé se creuse entre syndiqués et citoyens à Chandler Quand le bottin de téléphone s'étale sur 12 pages.Que le centre commercial compte 15 petits magasins.Et que le moindre nouveau visage est immédiatement scruté, les crises qui secouent un village peuvent s'envenimer comme le font les pires chicanes de famille.Bref, depuis la fermeture de l'usine de pâtes et papier d'Abitibi-Consol, une poignée de citoyens communiquent à coups de mises en demeure.Car les rapports n'ont plus rien de tendre entre les syndiqués purs et durs et leurs collègues ou voisins, qui se mettent à les blâmer pour la longue grève (votée à 98 %) ayant peut-être précipité leurs malheurs.« On n'est pas encore rendus aux coups, mais c'est proche.Les gars se font des gros yeux.Ils se disent : toi t'en mériterais une bonne.Et vlan ! ils s'accusent d'intimidation et s'envoient des papiers d'avocat », révèle le papetier et jeune père de famille Michel David, qui se range du côté syndical et « aime autant ne pas être provoqué ».« Je ne vais plus tanker chez Irving en attendant que ça se règle, poursuit son épouse Lorraine Leblanc.Les gens vont là prendre un café.Ça s'éternise, quand tu rentres, ça arrête de parler et ça te fait des gros yeux, ça passe des remarques.» « Il y a des places où je voudrais aller déjeuner et je n'y vais pas à cause des autos qu'il y a dans le stationnement.» Serge Soucy, ancien responsable syndical, a vécu la même chose.« Une fois, il est allé à l'épicerie et la femme d'un dissident lui est tombée dans la face.Elle l'a abîmé de bêtises », raconte sa femme Sylvie Deraîche.D'autres sont poursuivis jusque sur les lieux du travail, où des conjointes virulentes défendent chacune les vues de leur mari.Bien des ex-travailleurs estiment toutefois que les reproches sont mérités.« On paye pour nos péchés, le syndicat a défendu des idées dépassées.Que ces gars-là viennent pas se plaindre et dire qu'ils ont plus d'argent », a tonné le Gaspésien en exil Marcel Huard après avoir lu notre édition d'hier.Au moins, les petits clans se serrent les coudes plus que jamais.« Depuis la fermeture.Il y a eu des soirées café comme je n'en avais jamais vu.Il fallait bien extérioriser tout ça », se console M.Soucy.Reste que la chicane a pris des dimensions politiques.Depuis deux semaines, le syndicat et le front commun mené par le maire ne s'entendent plus sur leur stratégie.Et qu'il n'y a plus moyen de savoir de quel côté se rangent la majorité des extravailleurs.« La priorité, c'est de l'ouvrir, l'usine, pas de commencer à faire la fine bouche.C'est d'avoir un revenu le plus vite possible », tranche le maire Michel Saint-Pierre.D'autre laissent entendre qu'avec son hôtel à remplir et ses taxes à collecter, le maire est peut-être un peu trop pressé.Quoi qu'il en soit, le fossé se creuse entre les travailleurs et le reste de la population, qui subit les contrecoups de leur malheur.« Tout le monde n'est pas sympathique à la Gaspésia.On entend dire que les travailleurs ont trop dépensé avec leurs deux voitures, leurs deux motoneiges et leur bateau », rapporte le responsable des chômeurs, Gaétan Cousineau.La psychologue et religieuse Annette Fullum observe encore plus de rancoeur : « Quand on a distribué les paniers de Noël, des gens se sont fâchés en disant : \u2018Allezvous arrêter de tout donner à ceux de la Gaspésia.Ils n'ont pas besoin d'aide, ils avaient juste à mettre de l'argent de côté avant.' » Marie-Claude Malboeuf CHANDLER «On va essayer de louer la maison parce que la vendre, on sera pas capable.C'est chez nous ici : on a tout décoré, on a tout dessiné », confie le papetier Michel David, qui se range du côté du syndicat.Il craint de devoir amener à Montréal sa femme Lorraine Leblanc et leur petite Catherine (5 mois).Mal de vivre et tendances suicidaires MARIE-CLAUDE MALBOEUF CHANDLER Partout, du minuscule centre commercial aux rues enneigées de Chandler, des hommes errent sans but.Depuis que l'usine de pâtes et papier Gaspésia a brutalement fermé ses portes, ils ne peuvent plus rentrer au travail.Et certains n'ont même plus le droit de mettre les pieds chez eux.« Avec le stress, des gars de l'usine ont pogné les nerfs et menacé leur femme.Le juge a accordé une ordonnance qui leur interdit d'approcher.Et voilà : ils se promènent en ville depuis Noël et dorment à L'Éclaircie (la maison de transition, qui ne désemplit plus) », explique Jean-Eudes Leblanc.Le vaillant moustachu vient de passer la nuit à braver les routes glissantes pour répondre à huit appels d'urgence, dont deux appels de suicidaires.D'autres travailleurs ont quitté leur maison cossue, leur terrain boisé et leur vue sur la mer pour le centre de détention de New Carlisle, au Nouveau-Brunswick voisin.« Il y a des femmes qui n'étaient plus capables d'avoir leur mari dans les jambes.Les paroles partent, les menaces, pis c'est ça que ça donne.Ils ne leur ont même pas donné de coups, mais elles ont eu peur et depuis, ils se morfondent », raconte encore M.Leblanc.Quant à ceux qui ont évité le pire, ils tentent de tuer le temps en allant discuter sous les néons du centre commercial, sur les bancs de cuirette des petits restaurants, ou encore, au triste sous-sol du club des travailleurs.« En 25 ans, je n'ai jamais vu un tel mal de vivre, ni autant de tentatives de suicide », résume M.Leblanc, trois mois après le choc qui a fait perdre leur gagne-pain à 600 familles, tué l'économie locale et provoqué un exode.« Des marchands m'ont mis des nouveaux pneus sur ma voiture pour que je puisse continuer.» Résultat : l'intervenant reçoit jusqu'à 400 S.O.S.par mois, contre 90 en temps normal.Et selon lui, au moins cinq travailleurs de l'usine ont déjà tenté de mettre fin à leurs jours.D'autres y sont parvenus.La semaine dernière, par exemple, le mari d'une ingénieure d'Abitibi- Consol s'est tué.Au chômage lui aussi, il avait 34 ans et deux tout petits enfants.« Sa femme n'a plus de job, plus de mari, plus de vie », a commenté un ex-travailleur le jour de funérailles dont toute la ville parlait.« Des divorces, des séparations : la fermeture en a déjà provoqué plein », rapporte la directrice du petit CLSC de briques, Chantal Duguay, qui dit n'avoir jamais vécu une telle crise en 20 ans.« Les comptes vont rentrer, les demandes des enfants vont continuer et avec l'anxiété de plus en plus grande, plein de choses vont soudain être remises en question.Les gens se crient : Pourquoi t'as acheté ça, Si t'avais pas mis 30 000 $ sur la cuisine aussi, ou Si au moins t'avais pas fait la grève pendant cinq mois.» Bad trip D'autres tentent d'oublier.Selon Johanne Bécu, directrice de L'Éclaircie, les malheureux consomment trois ou quatre fois plus de drogue et d'alcool qu'avant.Et les abstinents recommencent.« Les gens nous disent qu'ils prennent des pilules pour dormir.Parce que quand tu dors, t'as pas faim », explique Josianne Blais, qui ne fournit plus au comptoir de charité.« Les jeunes volent beaucoup de médicaments à leurs parents et les revendent », constate de son côté M.Leblanc.Pas surprenant qu'à la polyvalente, la drogue surgisse de plus en plus le midi et lors des pauses.« Il ne faut pas exagérer le problème, mais on voit beaucoup d'intrus rôder dans la cour.Des décrocheurs qui reviennent et à qui il faut envoyer des mises en demeure », admet le directeur Gaston Laflamme.Bien des jeunes peinent aussi à se concentrer.« Un élève qui dit : « Mon père a pleuré toute la nuit, je suis tout à l'envers », il n'est pas en forme pour apprendre », souligne M.Laflamme, qui voit son travailleur social soudain débordé.« Les jeunes ont l'impression que tout s'écroule autour d'eux, observe- t-il.D'autres ont de la misère à comprendre et maintiennent la pression sur les parents.Ils veulent encore leur jean Tommy, leur veste de cuir, leur raquette à 200 $.» « Il y a un climat d'une lourdeur incroyable.Les gens sont très intolérants.Ils protestent pour toutes sortes de petites affaires, constate de son côté le propriétaire de la très populaire salle de quilles, Jean- Pierre Carrière.On est habitués à cacher nos problèmes, à être patients, mais à mon avis, c'est le calme avant la tempête.» Le CLSC vient au moins d'obtenir des budgets pour faire plus de dépistage et envoyer quelqu'un sur le terrain.En attendant, en surface, la majorité des travailleurs semblent prendre les choses du bon côté.Au café ou durant les manifs, on les voit rigoler et clamer que tout va bien.« C'est sûr qu'on est de bonne humeur, on vient chercher un chèque ! » lançait ainsi l'exopérateur Pierre Deraîche avant de recevoir une prime de départ de plusieurs milliers de dollars.« On veut pas s'apitoyer sur notre sort, même si c'est écoeurant ce qu'Abitibi nous a fait.On veut pas donner une image de quêteux », exposait de son côté Jean-René Laplante, un ex-contremaître qui ne se départ pas de son sourire même si l'usine a fermé à quelques jours de sa retraite.Derrière les portes closes, c'est toutefois une autre histoire.« La femme qui conduit une jeep à 45 000 $ et qui est habituée à un certain standing, c'est pas elle qui va venir me dire qu'elle a mangé la claque, constate Johanne Bécu.Elle va appeler en me donnant un faux nom, mais moi, je reconnais sa voix.Je sais que c'est elle et, des fois, c'est assez pour me déconcentrer.Blanche Morin, qui s'occupe des femmes battues entend aussi toutes sortes d'histoires : « Avant, aller au bureau de poste, ça me prenait 30 secondes.Maintenant, les gens ont tellement de choses à me conter que ça me prend au moins trois quarts d'heure.» En tuant l'économie locale et en provoquant un exode, la fermeture de la compagnie Gaspésia a entraîné toutes sortes de problèmes sociaux à Chandler. 7LP0501A0123 a05 slapo dim 23 janvier 7LP0501A0123 ZALLCALL 67 00:48:39 01/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 A 5 Le silence de mon père (bis) Si vous me permettez cette semaine, je vais sortir de mes tiroirs une de mes vieilles chroniques parue en 1997, le dimanche de la fête des Pères.Parce que je n'ai pas le goût de faire des farces, ce matin, et surtout parce que de tous les textes que j'ai écrits durant ma vie, c'est sûrement celui qui a fait le plus plaisir à mon papa.Après l'avoir lu, il m'avait dit, après un long silence : « Toi, t'as compris ton père.» J'avais compris le silence de sa vie.Aujourd'hui, il me reste à comprendre le silence de sa mort.Mon père est décédé, jeudi dernier.n n n Dans quelques minutes, je vais appeler mon père.Ça va sonner.Il va répondre : « Oui allô ! ?\u2014 Bonne fête des Pères, Papa ! \u2014 Merci beaucoup.\u2014 Est-ce que tu vas bien ?\u2014 Pas trop mal, toi ?\u2014 Moi ça va bien.Rien de neuf ?\u2014 Non juste du vieux.Toi ?\u2014 Moi toujours pareil.\u2014 .» Et là, il va y avoir un silence.Comme si on n'avait plus rien à se dire.Mais c'est pas ça.C'est juste notre façon de se parler.Car entre mon père et moi, il y a toujours eu un silence.Pas de chicane.Pas de gros mots.Pas d'éclats.Juste un silence.Un silence qui vient de loin.Un silence qui en dit long.« .» Dans le silence de mon père, il y a toute la réserve d'un homme.Orphelin à 16 ans avec ses 10 frères et soeurs, il a appris très jeune le sens des responsabilités.Et il a pris la vie au sérieux.Trop.Beaucoup trop.En taisant ses audaces.En taisant ses blessures.En les criant silencieusement.« .» Dans le silence de mon père, il y a toute la pudeur de l'amour paternel.Mon père a fait pour moi tout ce qu'un bon père fait pour son enfant.Il a travaillé fort pour bien me nourrir, bien me loger, bien m'habiller.Il s'est sacrifié pour me payer de bonnes études.Il m'a conduit partout.Il est venu me chercher.Toujours là.Agissant.Sans dire un mot.Petit parleur, grand faiseur.Mon père m'a montré qu'il m'aimait.Sans jamais vraiment me le dire.C'est mieux que l'inverse.Mais cela a bâti un mur entre lui et moi.Le mur du silence.Et ça fait que moi aussi, j'ai de la misère à lui dire toutes les belles choses que j'aimerais lui dire.Alors j'écris.J'écris sur le mur.J'écris des silences.« .» Dans le silence de mon père, il y a tous les vieux souvenirs d'un pôpa et de son gars.Des souvenirs de films muets.Quand j'étais petit, on regardait le hockey ensemble.Sans dire un mot.Papa sur le divan vert.Moi sur le divan bleu.Quand le Canadien comptait, j'étais seul à crier.Papa ne réagissait pas.Papa ne parlait pas.Le match continuait.En silence.Dans le salon, il n'y avait que la voix de Lecavalier.Et puis au début de la troisième période, enfin, je l'entendais.Je l'entendais ronfler ! Mon père n'a jamais été un grand fan de hockey ! Par contre, moi si j'aime autant le hockey, c'est peut-être à cause des ronflements de mon père.J'avais appris à les traduire.Ces ronrons voulaient dire que mon père était bien avec moi.Comme ceux d'un chat.Un enfant qui sent que son père est bien avec lui n'a pas besoin d'en savoir plus.Il comprend l'essentiel.Le reste ce n'est que du bruit.« .» Dans le silence de mon père, il y a l'héritage qu'un père laisse à son fils.Mon père m'a légué la force du silence.Une paisible forteresse.Et je l'en remercie.Souvent quand je suis au milieu de gens qui parlent pour ne rien dire, je m'y réfugie.Et j'y suis bien.Et je pense à mon papa.« .» Dans le si.« Veux-tu parler à ta mère ?» Comme d'habitude, mon père brisera son silence avec cette question.Un silence qui aura duré deux secondes.Ou peut-être 74 ans.Ça dépend si on le mesure avec une montre ou avec un coeur.Et Papa me passera Maman.Et là, il n'y aura plus de silence ! Ma mère parle plus que Michel Barrette et Janette Bertrand ensemble ! C'est elle qui m'a légué le plaisir de la parole.Le bonheur des mots tout simples.« T'es gentil d'avoir appelé ton père.Tu ne travailles pas trop, j'espère ?Sais-tu qui j'ai rencontré hier ?» Assis à côté d'elle, mon père l'écoutera.Dans quelques minutes, je vais appeler mon père.Ça va sonner.Il va répondre : « \u2014 Oui allô ! ?\u2014 Bonne fête des Pères, Papa ! \u2014 .» Et là, tout de suite, il y aura un énorme silence.Plus tôt que prévu.Et plus long aussi.À cause de cette chronique.Mon père, après avoir lu ça, ne saura pas quoi dire.Et moi non plus.Ce n'est pas grave.Ça fait longtemps, que lui et moi on sait, que le silence ça veut dire je t'aime.Stéphane Laporte collaboration spéciale Des jeunes Montréalais se donnent une voix: Forum jeunesse Les Canadiens envisagent d'effectuer plus de gros achats Pour la septième année de suite, l'institut Gallup a demandé en 1999 aux Canadiens d'évaluer la probabilité qu'ils fassent trois achats importants au cours des 12 prochains mois, soit une nouvelle voiture, une maison ou un appareil électroménager majeur.Cette année, les résultats obtenus laissent voir une légère augmentation du pourcentage de Canadiens pour qui un tel achat est très probable ou plutôt probable.Ces résultats sont à l'inverse des résultats de l'année dernière qui indiquaient que cette probabilité avait diminué par rapport à l'année précédente.Treize pour cent des Canadiens croient qu'ils achèteront très probablement une nouvelle voiture au cours des 12 prochains mois \u2014 ils étaient 8 % il y a un an.Au total, 24 % des répondants ont parlé d'une certaine probabilité de faire un tel achat, comparativement à 20 % l'an dernier.D'ailleurs, l'intention d'acheter un véhicule neuf au cours de l'année 2000 a augmenté dans toutes les régions du Canada.Au Québec, 25 % des répondants sont susceptibles de le faire, comparativement à 17 % l'an dernier.En Colombie- Britannique, l'achat d'une nouvelle automobile est très probable ou plutôt probable pour 26 % des personnes interrogées (12 % l'an dernier) et il en est de même également pour 26 % des habitants des Maritimes (20 % en 1998).Ailleurs, l'écart par rapport à l'an dernier est moins marqué : 26 % des Ontariens songent à un tel achat (23 % l'an dernier), comme 18 % des habitants des Prairies (19 % en 1998).Dix pour cent des Canadiens croient très probable (5 %) ou plutôt probable (5 %) l'achat d'une maison au cours de l'année qui vient, une hausse de deux points de pourcentage par rapport à l'année précédente.Les Québécois sont les moins susceptibles de faire un tel achat (7 %), tandis que les Ontariens (12 %) et les résidants des Prairies (12 %) sont les plus susceptibles de le faire.L'achat d'un appareil électroménager majeur est très probable (12 %) ou plutôt probable (14 %) pour 26 % des personnes interrogées, une augmentation de 3 % par rapport à il y a un an.Le pourcentage des Canadiens les plus susceptibles de faire une telle acquisition en l'an 2000 (le choix de réponse très probable, parmi quatre réponses possibles) n'a cessé d'augmenter, quoique légèrement, au cours des six dernières années.Les résultats de ce sondage sont basés sur 1007 entrevues téléphoniques réalisées avec des adultes de 18 ans et plus, entre le 8 et le 15 décembre 1999.Un échantillon de cette taille est précis à 3,1 points de pourcentage près, 19 fois sur 20.La marge d'erreur est plus élevée avec un échantillon plus restreint, par exemple au Québec où 262 entrevues ont été réalisées, pour une marge de 6 points, 19 fois sur 20.SONDAGE ANDRÉ DUCHESNE Les jeunes de l'île de Montréal provenant de tous les horizons viennent de se doter d'une structure qui, désormais, parlera en leur nom : le Forum jeunesse.Hier, au terme d'un colloque de deux jours auquel plus de 200 personnes ont participé, ces jeunes ont identifié les principaux problèmes qui les préoccupent dans différents domaines : les services sociaux, la santé, la justice, le revenu et l'emploi, les arts, la culture, l'habitation, l'éducation, etc.Après une réflexion en atelier, ils ont ébauché les grandes pistes permettant de trouver des solutions à ces problèmes.« C'est un défi considérable que nous venons de relever.Jamais l'île de Montréal n'avait eu un organisme de référence aussi large en matière de questions liées à la jeunesse », observe François Robert, un des membres élus au Forum permanent, genre de comité exécutif, qui compte actuellement 22 membres.Ce groupe restreint a du pain sur la planche.À partir des orientations déposées hier, il doit maintenant élaborer un plan d'action jeunesse, en tenant compte des caractéristiques particulières de l'île de Montréal.M.Robert est conscient que les objectifs énoncés hier demeurent encore très généraux.Il faudra des mois de travail avant d'en arriver à des actions et des réalisations plus concrètes.La composition du Forum permanent reflète le désir des organisateurs de rassembler des représentants en provenance de tous les horizons.Y siègent des jeunes des milieux artistique, culturel, socio-économique, socio-communautaire, de l'éducation, des communautés culturelles, gays et lesbiennes et autres.En fin de journée, on a toutefois déploré l'absence de représentants des personnes handicapées et des anglophones.Les adolescents ont quant à eux réussi à obtenir un siège pour les représenter spécifiquement.Le colloque de la fin de semaine a été orchestré par le Conseil régional de développement de l'île de Montréal (CRDIM), un organisme à but non lucratif financé par le ministère de la Métropole.Les priorités identifiées par les jeunes seront intégrées au plan stratégique quinquennal de cet organisme. 7LP0601A0123 A06 dimanche 7LP0601A0123 ZALLCALL 67 00:48:48 01/23/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Jean Pelletier, le chef de cabinet du premier ministre Chrétien, et Stéphane Dion, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, étaient également présents.La gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, a assisté aux funérailles en compagnie de son mari, John Ralston Saul.PHOTOS PC Le premier ministre Lucien Bouchard, ici en compagnie du chef bloquiste Gilles Duceppe, a parlé du père Lévesque comme d'un personnage incontournable pour comprendre le Québec moderne.Le père Lévesque honoré une dernière fois PIERRE APRIL de la Presse Canadienne, QUÉBEC Près de 600 personnes ont assisté, hier à Québec, aux funérailles du père de la liberté intellectuelle et universitaire, Georges-Henri Lévesque, dominicain, fondateur de la factulté des sciences sociales de l'Université Laval.Le monde universitaire, politique et culturel s'était rendu dans l'église Saint-Dominique de Québec pour participer à une sobre cérémonie d'adieu en l'honneur de ce bâtisseur.Le premier ministre Lucien Bouchard a tenu à rendre hommage au disparu.« Le père Lévesque, a-t-il affirmé sur le parvis de l'église, aura été un éveilleur, qui a surtout réveillé le Québec en lui ouvrant les portes de la modernité, ce qui l'a rendu incontournable dans la compréhension du Québec moderne.Pour M.Bouchard, le père Lévesque était un homme chaleureux, facile à aborder, très vif et drôle.« Il possédait tout ce qu'il y a de mieux dans le tempérament québécois », a-til soutenu.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a tenu à saluer le disparu, qu'il avait rencontré en 1992.« Les rencontres les plus importantes de ma vie, a-t-il noté, ont été Shimon Peres (l'ancien premier ministre israélien), Nelson Mandela (l'ex-président sud-africain) et le père Lévesque.» Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, représentant officiellement le gouvernement canadien, a lui aussi rendu hommage à la mémoire du père Lévesque, le professeur et le maître à penser.« Le grand mystère, a-t-il dit, c'est de savoir qui a enseigné au père Lévesque, comment ces gens-là se font qui, à eux seuls, arrivent à changer le monde.« Le père Lévesque a été un créateur de liberté de l'individu face aux pouvoirs abusifs de l'Église et de la politique », a ajouté M.Dion, lui-même formé à l'Université Laval.Le ministre a également rappelé les liens qui ont uni le père Lévesque à son père, Léon Dion, lui aussi un intellectuel qui a marqué la vie québécoise et canadienne.« Mon père et toute sa génération lui devaient beaucoup, a-t-il souligné, et nous, on doit tout à la génération de mon père.» Croyant et libre Dans son homélie, le père Benoît Lacroix, lui aussi dominicain, a insisté sur la promotion de la liberté, si chère au disparu.« La leçon finale de cette longue vie de 1903 à l'an 2000, pour plusieurs d'entre nous qui avons vécu ce qu'on a appelé trop modestement peut-être la Révolution tranquille, demeure qu'il est possible d'être croyant et libre ; il est possible d'être libre, chercheur de vérité, courageux et homme d'avenir (.) Georges- Henri Lévesque témoigne à sa manière que la vérité rend libre.» Dans son hommage, le recteur de l'Université Laval, François Tavenas, a souligné la contribution du père Lévesque à l'épanouissement de la vie intellectuelle et politique du Québec.« Le père Lévesque, a-t-il dit, a été un visionnaire, un rassembleur, un bâtisseur.Ses convictions, si elles s'exprimaient avec audace et fermeté, se manifestaient toujours dans le plus grand respect des personnes et de leurs opinions.» La cérémonie, présidée par l'archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, a été émouvante et empreinte de simplicité.Dans la foule, on comptait beaucoup des collègues professeurs, nouveaux et anciens, de l'Université Laval.Au premier rang, chez les dignitaires, en plus du premier ministre Bouchard et de son épouse, du ministre Dion et de Jean Pelletier, chef de cabinet du premier ministre Jean Chrétien, il y avait la gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, et son époux, John Ralston Saul.Dans l'assistance, il y avait, entres autres, les comédiens Jean-Louis Roux, Paul Hébert et Margot Campbell, et, du monde politique et des affaires, les Jacques Parizeau, Raymond Garneau, Claude Morin et le sénateur Marcel Prud'homme.De l'ambassade du Rwanda, où le père Lévesque avait fondé l'université nationale au début des années soixante, c'est le premier conseiller, Joseph Rulinda, qui a présenté ses hommages en s'inscrivant en faux contre des idées parfois avancées « selon lesquelles l'oeuvre du père Lévesque dans ce pays aurait été ternie par l'implication au premier niveau des intellectuels rwandais, notamment ceux formés à l'Université, dans le génocide des Tutsis en 1994 ».La cérémonie terminée, la dépouille mortelle du père Lévesque a été transportée au couvent des dominicains à Saint-Hyacinthe, où elle a été inhumée. 7LP0701A0123 A-7 dimanche 7LP0701A0123 ZALLCALL 67 00:49:15 01/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 A 7 Un grand écrivain disparaît Anne Hébert: autant de talent que de génie JOCELYNE RICHER Presse Canadienne Ayant produit une oeuvre abondante consacrée au roman et à la poésie, Anne Hébert aura été une figure marquante de la littérature québécoise pendant plus d'un demi-siècle.Récipiendaire d'un nombre impressionnant de prix littéraires ici comme à l'étranger, l'auteure de Kamouraska et des Chambres de bois laisse en héritage une oeuvre empreinte de lyrisme aux résonances intemporelles et universelles.Ses livres ont été distribués et étudiés à travers toute la francophonie.Très jeune, elle se passionne pour la poésie et le théâtre, et publie dans des périodiques ses premiers poèmes en 1939.Ses talents exceptionnels de poète sont vite reconnus : dès 1942, on lui décerne le prix David pour son premier recueil de poésie, Les Songes en équilibre.En 1950, elle publie un recueil de nouvelles Le Torrent, puis en 1953, Le Tombeau des rois, un recueil de poésie.Boursière de la Société royale du Canada en 1954, Anne Hébert part pour Paris afin de s'y consacrer à l'écriture et mener depuis la Ville lumière une longue carrière littéraire couronnée de succès.Mais même si elle passe une bonne partie de sa vie en France, c'est le plus souvent le Québec qui lui sert de territoire imaginaire où camper son univers de création.Reconnaissance de la critique La qualité de son écriture, finement ciselée, et la richesse de son univers romanesque font l'unanimité dès 1958, lorsqu'elle publie aux éditions du Seuil Les Chambres de bois, qui lui vaudra le prix France- Canada et le prix Duvernay, sans compter la reconnaissance de la critique.Elle a alors 42 ans, et son génie littéraire est consacré.En 1959, le prix littéraire de la province de Québec lui est décerné et l'année suivante, elle est accueillie par la Société royale du Canada, puis reçoit le Prix du gouverneur général pour son recueil Poèmes.Elle recevra une nouvelle fois le Prix du gouverneur général en 1975, l'année où elle publie le roman Les Enfants du sabbat.En 1967, elle reçoit le prix Molson, puis, en 1971, le prix des Libraires de France couronne son roman Kamouraska (1970), que le cinéaste Claude Jutra portera à l'écran en 1973 en confiant le rôle principal à Geneviève Bujold.Elle mérite aussi, en 1982, le prestigieux prix Fémina pour son roman Les Fous de Bassan, lui aussi porté à l'écran.Son imposante production littéraire compte également les titres suivants : Le Premier Jardin, roman paru en 1988, L'Enfant chargé de songes et, plus récemment, Poèmes pour la main gauche, un recueil de poésie paru chez Boréal en 1997.L'année suivante, elle publiait Est-ce que je te dérange?, puis, l'an dernier, Un habit de lumière, pour lequel elle a reçu le prix France-Québec / Jean-Hamelin.Outre la publication de nombreux textes de création, Anne Hébert a aussi signé une série de textes documentaires pour des productions de l'Office national du film.Elle a également été faite officier de l'Ordre national du Québec en 1985.Après avoir vécu longtemps à Paris, la grande dame de la littérature québécoise était revenue au pays il y a quelques années.PHOTOTHÈQUE La Presse © En décembre 1958, Anne Hébert recevait le prix Duvernay décerné par la Société Saint-Jean-Baptiste qui voulait ainsi récompenser l'ensemble de son oeuvre.C'est le président fondateur du prix, le journaliste et écrivain Roger Duhamel (décédé en 1985), qui en avait fait la présentation.PHOTOTHÈQUE La Presse © Réunis en avril 1978 pour la deuxième remise des prix du Québec, les lauréats honorés à l'époque sont presque tous décédés aujourd'hui.De gauche à droite, on reconnaît le sociologue Marcel Rioux, le docteur Bernard Belleau, le premier ministre René Lévesque, Anne Hébert (prix Athanase-David), le peintre et sculpteur Ulysse Comtois, et, seul survivant du groupe, l'organiste Bernard Lagacé.PHOTOTHÈQUE La Presse © Photo d'Anne Hébert datant de 1953, à l'époque où elle travaillait pour l'Office national du film.PHOTOTHÈQUE DENIS COURVILLE, La Presse © À l'occasion de la remise du prix Gilles-Corbeil pour l'ensemble de son oeuvre en janvier 1994, Anne Hébert, resplendissante, avait sympathisé avec le poète Gaston Miron, lequel est mort en décembre 1996.PHOTOTHÈQUE La Presse © Lors de la première du film Les Fous de Bassan, en décembre 1986, Anne Hébert accompagnait le jeune réalisateur Yves Simoneau.PHOTOTHÈQUE La Presse © À partir de 1954, Anne Hébert a fait l'aller-retour Québec- France à plusieurs reprises.On la voit ici lors d'un départ pour Paris en novembre 1966. 7LP0801A0123 A08 dimanche 7LP0801A0123 ZALLCALL 67 00:46:32 01/23/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Le Congrès américain examinera les mesures anti-terroristes canadiennes EN BREF Avalanches en Roumanie n Des avalanches déclenchées par des vents violents ont fait en Roumanie quatre morts, dont trois enfants, ont annoncé samedi les autorités roumaines.Une femme de 41 ans et ses deux fils âgés de 13 et 14 ans ont été emportés par une avalanche dans le village de Cornisoru, à 300 kilomètres au nord-ouest du pays.Tous trois ont péri en dépit des efforts entrepris par les habitants pour les sauver.Leurs corps ont été retrouvés tôt samedi.Une autre avalanche, dans le village de Garda, à 275 kilomètres au nord-ouest de la capitale roumaine, a causé la mort d'une adolescente de 15 ans.Greffée des poumons de ses parents n Une jeune femme atteinte d'une maladie pulmonaire grave a subi une transplantation pulmonaire grâce aux dons de ses parents à l'hôpital de Vienne, a rapporté samedi la télévision autrichienne.« Un quart des poumons a été retiré sur chaque parent », a indiqué le chirugien Walter Klepetko à la télévision, ajoutant que l'ablation d'un quart de la surface pulmonaire « ne réduit pas la qualité de vie d'une personne en bonne santé ».L'opération, qui a duré huit heures, s'est déroulée sans complication jeudi.La famille se porte bien.Menace de marée noire en Irlande n Une marée noire menace la côte ouest de l'Irlande à la suite d'une collision entre deux batiments de pêche, ont averti samedi les autorités maritimes irlandaises.Environ 155 000 litres de mazout se sont échappés des réservoirs du « Friesland », un navire hollandais avec 34 hommes d'équipage à bord, à la suite d'une collision avec le bâtiment espagnol Jose Luisa Y Mary.Une nappe de mazout de 400 mètres « menace sérieusement notre côte ouest », a déclaré le secrétaire d'État à la Marine irlandais, M.Michael Woods.Les services d'urgence ont mis en place une surveillance aérienne de la pollution et du bâtiment néerlandais.Presse Canadienne, TORONTO Un comité du Congrès américain tentera cette semaine de déterminer si les mesures anti-terroristes utilisées au Canada sont suffisamment efficaces pour éviter que des terroristes, des immigrants illégaux et des contrebandiers n'entrent au pays.Selon une source à Washington, le comité alléguera en outre que le premier ministre Jean Chrétien et son cabinet ne se sont pas assez préoccupés d'assurer la sécurité aux frontières, faisant ainsi courir des risques aux Américains, rapportait hier le National Post.La séance du comité, qui est prévue pour mardi, fait suite à l'arrestation d'Ahmed Ressam, un Algérien vivant à Montréal qui a été intercepté le 14 décembre alors qu'il tentait d'entrer aux États-Unis avec des explosifs.Selon le quotidien torontois, les législateurs américains se proposent également d'examiner les lois canadiennes qui autorisent des groupes suspects à collecter des fonds, ainsi que les politiques et règlements concernant les réfugiés et l'asile politique, qui permettent à des voyageurs étrangers de transiter par le Canada sans visa.Allan Kay, porte-parole du républicain Lamar Smith, du Texas, qui préside le sous-comité judiciaire sur l'immigration, affirme qu'il existe une menace de terrorisme réelle et immédiate aux frontières situées au nord des États-Unis.M.Smith est favorable à une loi prévoyant de faire preuve de plus de rigueur à l'égard de tous les étrangers entrant aux États-Unis.Cette loi doit entrer en vigueur en 2001, mais les politiciens des États du nord s'y opposent, alléguant qu'elle donnera lieu à de longues files d'attente à la frontière et éloignera les touristes.John Thomson, directeur de l'Institut Mackenzie de Toronto, qui doit comparaître devant le comité, a l'intention de parler des frontières « trop ouvertes » du Canada.« Peut-être que ça prend une intervention des Américains pour nous faire agir », dit-il.Un présumé terroriste déporté malgré le risque de torture Presse Canadienne, TORONTO Un Torontois d'origine indienne identifié par les services de renseignement canadiens comme étant un « personnage clé » d'un groupe présumé responsable de l'attentat d'Air India, en 1985, a été discrètement déporté il y a deux semaines, écrit le National Post dans son édition d'hier.Un responsable du ministère fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration a confirmé vendredi que Iqbal Singh avait été déporté le 6 janvier dernier vers le Belize, en Amérique centrale, après avoir été débouté dans sa requête pour rester au pays.Il alléguait que s'il était déporté, il serait torturé dans son pays d'origine.Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) accuse l'homme d'affaires d'être « très actif » au sein du Babar Khalsa, une organisation indépendantiste sikhe présumée responsable de l'écrasement d'un appareil d'Air India dans l'Atlantique, en 1985.L'attentat avait fait 329 morts, pour la plupart des Canadiens.L'enquête menée depuis plus de 10 ans n'a toujours pas permis de porter des accusations dans cette affaire.Singh, qui est né en Inde en 1966, a attiré l'attention du SCRS peu après son arrivée au Canada, en 1991.Il soutient n'avoir jamais été impliqué dans des activités violentes ni faire partie d'une organisation extrémiste.Considéré comme une menace à la sécurité nationale, il avait néanmoins été arrêté en 1998.Il est l'un des 10 présumés terroristes qui avaient évité la déportation en soutenant qu'ils pourraient être torturés dans leur pays.Mais cette semaine, un juge de la Cour fédérale a statué que le Canada avait le droit de déporter des terroristes même s'ils sont menacés de torture.Le juge devait trancher dans la cause de Manickavasagam Suresh, un collecteur de fonds pour les rebelles tamouls du Sri Lanka.SOLDE D'ENTREPÔT AUSSIPNEUS D'HIVER ROADHANDLER ICE N' SNOW II À LÉGÈRES IMPERFECTIONS P155/80R13 43 $ P175/70R13 43 $ P185/70R13 43 $ P205/70R15 63 $ QUANTITÉS LIMITÉES ! ANJOU 353-7770 LAVAL 682-1200 BROSSARD 465-1000 ST-BRUNO 441-6603 LASALLE 364-7310 ST-LAURENT 335-7770 COMPOSEZ LE POSTE 228 FILL34 La Presse 23 janvier 2000 Page A9 manquante 7LP1001A0123 A10 dimanche 7LP1001A0123 ZALLCALL 67 00:49:35 01/23/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Les ministres des Finances pressent Tokyo de poursuivre ses efforts Associated Press, TOKYO Les grands argentiers des principaux pays industrialisés partagent certes les inquiétudes nippones face à la hausse du yen, mais encouragent Tokyo à poursuivre ses efforts de restructuration.Pour le reste, la rencontre des ministres des Finances du G7 s'est achevée hier sur une note optimiste quant à la croissance des principales économies mondiales.En attendant le sommet annuel du G7 qui se tiendra en juillet à Okinawa, ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales se retrouvaient pour la première fois de l'année, autour de questions générales, de la situation de la Russie à celle de l'Asie, mais surtout de l'état de l'économie japonaise, étranglée par un yen trop fort, après avoir subi la pire crise économique de son histoire récente.« L'économie japonaise a montré des signes encourageants de reprise, bien qu'une reprise soutenue reste à établir », déclare prudemment le communiqué final.Les grands argentiers partagent donc les inquiétudes nippones sur « l'impact potentiel de l'appréciation du yen sur l'économie japonaise et l'économie mondiale ».Mais le Japon, demandeur d'aide et profil bas, a surtout été rappelé à la nécessité de poursuivre son assainissement : « Des mesures destinées à renforcer le système financier et les réformes structurelles continueront à être importantes », note le communiqué.Le ministre nippon des Finances s'est contenté de prendre acte.Avec un yen qui a grimpé de 10 % en un an face au billet vert, et flirtant avec les 105 yen pour un dollar, le Japon tremble pour ses exportations et n'arrive pas à faire décoller sa croissance, mais se fait renvoyer à son marché intérieur, notamment par Washington qui veut le voir s'ouvrir un peu plus.Sur les autres fronts, le G7 s'est dit encouragé par la reprise « plus rapide et plus forte qu'attendue » dans l'Asie d'après la crise, ainsi que des signes positifs en Amérique latine.Avant de se déclarer satisfait de la bonne santé des économies anglo-saxonnes membres du « clan des riches », tout en rappelant la nécessité d'une croissance sans inflation.PHOTO REUTERS Le ministre fédéral Paul Martin et le gouverneur de la banque du Canada Gordon Thiessen, lors d'une conférence de presse tenue hier après la clôture de la rencontre des ministres des Finances du G7.00-01-22 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-01-22 34 571 949,50 $ 00-01-22 00-01-21 00-01-22 00-01-22 00-01-21 7 500 000,00 $ 65 660,80 $ 2 462,30 $ 140,90 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.10 967 610 $ 10 000 000 $ CAMELOTS, ADOLESCENTS ET ADULTES demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I Avec ou sans voiture I À commission Dans les secteurs suivants: I Hochelaga-Maisonneuve I Rosemont I Saint-L onard Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h 00, le week-end.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, M.Mario Gourdeau composez le (450) 652-7504 Egyptair commence à indemniser les familles des victimes Agence France-Presse, LE CAIRE L'indemnisation des familles des victimes de l'écrasement du Boeing égyptien le 31 octobre dans l'Atlantique a commencé, sans qu'on attende les conclusions de l'enquête, et devrait atteindre de 88 à 117 millions de dollars, a annoncé le président d'Egypt Air, Mohamed Fahim Rayyan.Vingt familles de victimes du Boeing 767 d'Egypt Air ont déjà touché des indemnisations, avant la conclusion du rapport officiel sur les causes de la catastrophe, affirme le responsable de la compagnie aérienne, cité samedi par le quotidien gouvernemental Al-Gomhouriya.La compagnie d'assurances Misr Insurance a déjà complètement indemnisé ces 20 familles, qui ont présenté les documents prouvant le décès de leur proche et leurs droits d'héritiers, a précisé Mohamed Fahim Rayyan.Le président d'Egypt Air a donné pour exemple le cas du père d'une des victimes, qui a perçu 476 000 livres égyptiennes (140 000 dollars).Peu après la catastrophe, un responsable d'Egypt Air avait déclaré que « 20 000 dollars seront provisoirement versés à chaque famille en mesure de présenter des documents prouvant le lien de parenté avec la victime », et le restant de la somme après la publication du rapport officiel sur les causes de l'accident.D'autre part, le président de l'Autorité de l'aviation civile égyptienne, Abdel Fattah Katto, est rentré samedi au Caire, après une semaine passée à Washington pour suivre les développements de l'enquête sur le crash du Boeing 767 d'Egypt Air, a-t-on appris de source aéroportuaire.M.Katto, qui a rencontré aux États-Unis divers responsables du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB), a refusé de commenter sa visite, soulignant simplement que l'enquête était encore en cours.Le groupe britannique Jane's, spécialiste des questions de défense, avait indiqué vendredi que « les enquêteurs sont parvenus à la conclusion qu'il s'agit d'un acte délibéré ».Le Boeing 767 d'Egypt Air, effectuant la liaison New York-Le Caire, s'est abîmé dans l'Atlantique le 31 octobre, environ une demi-heure après son décollage de New York, avec 217 personnes à bord.L'analyse des boîtes noires n'a livré aucune preuve de défaillance technique ou d'explosion, avaient révélé les enquêteurs le 10 décembre, sans pourtant en déduire à ce stade d'éventuelles causes criminelles de la tragédie.Le plus célèbre pirate informatique américain retrouve la liberté Agence France-Presse, LOS ANGELES Kevin Mitnick, le plus célèbre pirate informatique des États-Unis, a retrouvé la liberté après avoir passé cinq ans derrière les barreaux pour avoir pénétré les systèmes de plusieurs universités américaines et de grandes compagnies de haute technologie.Libéré vendredi du centre correctionnel fédéral de Lompoc, en Californie, il reste toutefois sous surveillance.La justice lui interdit en effet d'approcher jusqu'en 2003 un seul appareil électronique lui permettant d'accéder à Internet, qu'il s'agisse d'ordinateurs, de modems, de téléphones cellulaires ou de postes de télévision interactifs.« Si l'on suit ces restrictions à la lettre, il devra probablement rester au même endroit pendant trois ans », a constaté l'avocat du pirate, Donald Randolph.Kevin Mitnick, dont les allures d'éternel adolescent dissimulent les 36 ans, compte cependant obtenir de la justice fédérale l'autorisation de reprendre ses études à l'université pour y suivre des cours.d'informatique.Dès sa remise en liberté, il a tenu à lire une déclaration devant la presse pour regretter l'exagération faite par les procureurs et les médias de ses délits, jugeant que cela avait nui à sa défense.« Mes crimes ont consisté simplement à entrer sans autorisation », a plaidé celui qui avait pénétré les systèmes de sociétés telles Motorola, Novell et Nokia, dérobant au passage logiciels, plans de conception et autres données.« Il ne s'agissait que de curiosité.Je voulais savoir aussi bien que possible comment fonctionnaient les réseaux téléphoniques et les systèmes de sécurité des ordinateurs.» Dans un entretien accordé à l'émission 60 Minutes de CBS et dont la diffusion est prévue aujourd'hui, il assure avoir toujours agi par amusement et non pour s'enrichir.« J'étais passé maître dans l'art de s'introduire sans permission.Mais je ne me considère pas comme un voleur », affirme-t-il, reconnaissant seulement « avoir copié sans autorisation ».DIMANCHE PROCHAIN ! 7LP1101A0123 A11, dimanche, MONDE 7LP1101A0123 ZALLCALL 67 00:49:46 01/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 A 11 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Rétablissement d'un pouvoir civil soutenu par l'armée en Équateur AP et AFP QUITO L'histoire continue de s'accélérer en équateur.Quelques heures seulement après avoir pris le pouvoir, à la faveur d'un coup d'état consécutif au soulèvement des Indiens du pays, le triumvirat composé du chef d'état-major de l'armée et de deux civils a annoncé hier sa dissolution et autorisé le vice-président, Gustavo Noboa, à rétablir un pouvoir civil.Au lendemain du renversement du président démocrate-chrétien Jamil Mahuad, en fonctions depuis août 1998, M.Noboa a ainsi été installé à la tête du pays, devenant le sixième chef de l'État qu'ait connu l'Équateur en l'espace de quatre ans.Après avoir abandonné vendredi le palais présidentiel du Carondelet, alors que les locaux du Parlement étaient occupés par des milliers d'Indiens et les bâtiments gouvernementaux aux mains de militaires, le président déchu a fait hier une apparition surprise sur la huitième chaîne de télévision.M.Mahuad, dont on ignorait le sort depuis vendredi soir, a condamné fermement le coup de force qui l'a chassé du pouvoir, le qualifiant de « honte nationale et internationale », mais a souhaité « très bonne chance » à son ancien viceprésident.M.Noboa a indiqué qu'il poursuivrait le plan de son prédécesseur, qui vise à maîtriser l'inflation, faire baisser les taux d'intérêt et attirer les investissements.À Ottawa, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a condamné le coup d'État.Le coup d'État a donc fait long feu en Équateur où en moins de 24 heures le pays a retrouvé un calme total avec le retour à une apparence de légalité depuis la ratification hier par le Congrès à Guayaquil du remplacement du président déposé, Jamil Mahuad, par son vice-président, Gustavo Noboa.Quito a repris sa vie de tous les jours à 2800 m d'altitude, aucun militaire n'est visible dans les rues, seul le Congrès est protégé par la police, les Indiens à l'origine de l'insurrection l'ont évacué.Les 13,5 millions d'Équatoriens s'étaient endormis avec l'annonce de la prise du pouvoir par un triumvirat composé du général Carlos Mendoza et de deux civils, l'avocat Carlos Solorzano et Antonio Vargas, le leader du mouvement des Indiens à l'origine de l'occupation du Congrès à Quito vendredi matin pour exiger la démission de M.Mahuad.Ils se sont réveillés avec un nouveau chef de l'État, un avocat et professeur de 61 ans, Gustavo Noboa, vice-président jusque-là de Jamil Mahuad, et étranger au coup d'État.Réuni en session extraordinaire à Guayaquil (sud-ouest), le Congrès a ratifié hier après-midi la prise de fonctions de M.Noboa jusqu'en 2003, après avoir constaté « l'abandon de sa charge et la cessation de ses fonctions » par M.Mahuad, destitué vendredi par le coup d'État.Jamil Mahuad a fait savoir qu'il allait rester dans son pays.Ce revirement complet d'une situation confuse a été provoqué par l'abandon subit des putschistes par sa figure de proue, le général Mendoza, quatre heures après la formation de la troïka séditieuse.Le chef d'étatmajor des Forces armées a annoncé hier à l'aube qu'il confiait le pouvoir à Gustavo Noboa, avant de renoncer immédiatement à toutes ses fonctions dans l'armée et de demander à être versé dans le cadre de réserve.L'un des premiers insurgés à se rallier aux Indiens, le colonel Lucio Gutierrez, a été arrêté hier matin.Les insurgés ont voulu ainsi « éviter un isolement international de l'Équateur » tout en étant conscients de la « préoccupation » des États-Unis, a affirmé le général Mendoza à la radio de Quito.La décision du général Mendoza a été qualifiée de « trahison » par Antonio Vargas, dans la mesure où le coup d'État n'aurait jamais pu être réalisé sans le soulèvement des Indiens vendredi.Installés depuis 12 000 ans dans la région, les 28 nations indiennes, dénommées « indigènes » en Équateur, rassemblent 3,5 millions de personnes.Leur langue vernaculaire est le quechua.Instigateurs de la révolte contre Jamil Mahuad, les Indiens n'ont remporté en fait, avec le renversement du président, qu'une amère victoire au goût de défaite.Les Indiens demandaient également la dissolution des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, qualifiés de « corrompus » par eux, avant la constitution d'un « gouvernement d'union nationale ».Aucune de ces exigences n'a été satisfaite.Ils exigeaient l'abolition de la dollarisation \u2014 le remplacement du sucre, la monnaie nationale, par le dollar \u2014, décidée par M.Mahuad le 9 janvier.Gustavo Noboa a déjà annoncé son maintien.CORÉE DU NORD Tests de missiles n La Corée du Nord a décidé de réexaminer son moratoire sur les tests de missiles nucléaires à longue portée après un nouvel essai cette semaine par les États- Unis de leur système de défense anti-missile.« La conduite des États-Unis oblige la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à réexaminer sérieusement son moratoire », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle nord-coréenne KCNA, reçue à Séoul.d'après AFP PORTUGAL Internationale socialiste n L'Internationale socialiste (IS) va promouvoir « une grande campagne mondiale » pour l'abolition de la peine de mort, pour la suppression de la dette extérieure des pays du tiersmonde, ainsi que pour la fin de la violence contre les femmes, a indiqué le président de l'IS, Antonio Guterres.Cette décision a été prise lors de la réunion du Présidium de l'IS tenue à Sintra (près de Lisbonne) qui a également sonné l'alarme contre la situation de pauvreté au continent africain.d'après AFP TURQUIE Islamistes n La police turque a découvert à Konya (centre) huit nouveaux cadavres de victimes présumées de l'organisation islamiste Hizbullah, portant à 25 le nombre de corps découverts ces derniers jours, a rapporté l'agence Anatolie.Les corps, tous des hommes, ont été trouvés dans la cave d'une maison de la ville, nus et en état de décomposition avancée.D'autres cadavres pourraient encore être découverts lors des recherches qui reprendront aujourd'hui, a indiqué le procureur Mehmet Sinasi Aygun.Au total, 25 corps de personnes qui auraient été enlevées et tuées par l'organisation ont été retrouvés, à Istanbul, Ankara et Konya depuis mercredi.d'après AFP BURUNDI Violence n Au moins trente personnes ont été tuées au Burundi par des rebelles hutus, dans la province de Rutana (est du pays).Radio Burundi n'a pas précisé si les morts étaient tous des civils, ni en combien de temps ou d'attaques les tueries ont été perpétrées.Elle a toutefois ajouté que les assaillants ont rasé quelque 1600 maisons dans trois districts de cette province frontalière avec la Tanzanie.Le Burundi est en proie, depuis 1993, à une guerre civile qui oppose le pouvoir et l'armée dominés par la minorité tutsie à divers mouvements de rébellion hutue.d'après AFP ÉGYPTE Frères musulmans n Dix-neuf étudiants appartenant aux Frères musulmans ont comparu devant le parquet de la sûreté de l'État pour propagation des idées de ce mouvement interdit.Ces étudiants de l'université du Caire ont été arrêtés vendredi à Alexandrie (nord) alors qu'ils organisaient un camp pour propager les idées du mouvement.d'après AFP BALKANS À bas les sanctions n Plusieurs pays des Balkans, pénalisés par les sanctions internationales imposées à l'ex-Yougoslavie, souhaitent des compensations financières, et jugent en outre que ces sanctions ratent leur cible, le pouvoir de Belgrade.« Nous sommes tous d'avis que les sanctions (contre Belgrade) affectent l'ensemble des pays de la région », et la Bulgarie juge « qu'elles ne visent pas correctement leur cible car des gens ordinaires en Serbie en souffrent », a déclaré le premier ministre bulgare Ivan Kostov à l'issue d'une réunion informelle en Bulgarie des sept premiers ministres des pays voisins de l'ex-Yougoslavie.d'après AFP Le tiers de Grozny est sous contrôle russe DMITRI SOURTSEV Agence France-Presse, GROZNY Moscou a affirmé hier contrôler un tiers de Grozny, un mois après le lancement de l'assaut contre la capitale tchétchène, alors que le Kremlin nommait un nouveau général pour une meilleure coordination entre les forces du ministère de l'Intérieur et l'armée russe.Alors que les combats faisaient rage dans plusieurs quartiers de la capitale, les civils doivent affronter un danger supplémentaire, le froid.Les Russes ont mené des attaques à partir de l'ouest et du nord de la ville mais n'ont que peu progressé hier vers le centre, ont indiqué des militaires russes.Le ministère de la Défense a affirmé que la place Minoutka était sous contrôle russe hier mais le chef de la milice tchétchène prorusse Bislan Gantamirov avait déjà dit jeudi que cette place, qui ouvre la voie vers le centre de Grozny, était aux mains des Russes avant d'être démenti.L'État-major a également affirmé avoir sous son contrôle le quartier de Staropromyslovski (sud).Les Russes ont admis officiellement cinq morts pour les deux derniers jours et ont affirmé avoir tué hier plus de 100 Tchétchènes.Tous ces chiffres sont invérifiables.Les lance-roquettes Grad et Ouragan ont appuyé le tir des chars russes, tandis que des hélicoptères ont frappé également les banlieues.Le pilonnage d'artillerie vise à immobiliser les défenseurs tchétchènes.« Les Tchétchènes utilisent des passages souterrains dans Grozny pour sortir à l'arrière de nos positions et nous prendre à revers », a raconté un officier des troupes du ministère de l'Intérieur, Maxime Petrovitch.Les Russes ont affirmé contrôler le tiers de la ville mais selon les Tchétchènes ils n'en contrôlent que 10 à 15 %.L'assaut russe contre Grozny a été lancé le 25 décembre.Une nouvelle offensive a été lancée dimanche dernier et les Russes prévoyaient alors de prendre la ville en quelques jours mais ils parlent maintenant d'un mois.Alors que les combats deviennent de plus en plus durs, le Kremlin a annoncé la nomination d'un nouveau général à la tête des troupes du ministère de l'Intérieur afin d'assurer une meilleure coordination avec l'armée sur le terrain.Le général Viatcheslav Tikhomirov commandait en 1996 les troupes russes lors de la première guerre de Tchétchénie (décembre 1994-août 1996).Les troupes de l'Intérieur sont le fer de lance de l'assaut contre Grozny.Le froid est venu s'ajouter aux souffrances endurées par les 10 000 à 40 000 civils qui se trouvent encore dans la ville.Les Tchétchènes ont affirmé que le général Mikhaïl Malofieïev, porté disparu depuis mardi par les Russes, était « sain et sauf » et qu'il se trouvait « en lieu sûr » en dehors de la capitale tchétchène.Le ministère de la Défense a de son côté affirmé n'avoir aucune nouvelle information sur le sort du général, précisant que les recherches pour le retrouver se poursuivaient.Enfin, les Russes ont démenti qu'un de leurs avions ait été abattu au-dessus de Grozny, comme l'ont affirmé les Tchétchènes.PHOTO AFP Les mémés d'Elian arrivent à New York Les grands-mères d'Elian Gonzalez, le petit naufragé cubain, Raquel Rodriguez (à dr.) et Mariela Quintana, ici après leur arrivée à l'aéroport Kennedy, ont demandé hier au ministre de la Justice américaine, Janet Reno, de pouvoir ramener leur petit-fils, sauvé au large des côtes de Floride, à Cuba.Les deux femmes prévoient quitter les États-Unis lundi.Helmut Kohl se trouve de plus en plus isolé RENAUD LAVERGNE Agnce France-Presse, BERLIN Les responsables de l'Union chrétienne- démocrate (CDU) allemande ont nettement durci le ton hier à l'encontre de leur ancien mentor Helmut Kohl, qui, droit dans ses bottes, apparaît de plus en plus isolé dans son propre camp.« Helmut Kohl nous a mis dans une situation incroyablement difficile », a estimé Angela Merkel, secrétaire générale de la CDU, à propos du mutisme de l'ancien chancelier, qui refuse de dévoiler l'identité des fournisseurs de fonds des caisses noires du parti.Cette figure de la CDU, promise aux plus hautes destinées dans le parti, doit pourtant toute sa carrière politique à Helmut Kohl.« Nous devons compter sur nos propres forces », a-t-elle cependant ajouté.Une manière de couper un peu plus les ponts avec Kohl.Un des jeunes loups du parti, Christian Wulff, président régional de la CDU de Basse-Saxe, n'a pas hésité, de son côté, à affirmer qu'il n'inviterait pas Kohl « en ce moment », dans son fief.Les propos les plus durs pour celui qui détient toujours un mandat de député sont venus de l'ancien président de la commission des lois au Bundestag, Horst Eylmann (CDU) : « Le groupe parlementaire doit isoler Kohl.Quand il sera assis tout seul sur les arrières-bancs du Parlement, il s'en ira de luimême », a-t-il lâché.Et de poursuivre : « Kohl a toujours dit que les Allemands ont tenu compte de l'Histoire.Et lui-même, alors ?Il n'a pas appris que le droit passe avant le pouvoir.» Même les autorités religieuses ne se privent plus désormais de sermonner le chancelier déchu.« On n'a pas le droit de violer la loi pour une question d'honneur », a lancé Wolgang Huber, évêque protestant de Berlin-Brandenbourg.Ce feu de critiques intervient au lendemain d'un discours à Brême (nord) de l'ex-président de la CDU, répétant qu'il avait donné sa parole d'honneur à ces mystérieux donateurs, « respectables citoyens de notre pays », de ne pas révéler leur identité.La presse allemande, hier, décortique du coup les mécanismes judiciaires qui pourraient contraindre Kohl à livrer ces noms.Par exemple l'ex-chancelier pourrait \u2014 théoriquement \u2014 connaître l'humiliation des geôles de son pays, pour, tel un prisonnier politique ou un terroriste, finir par parler.Plus prosaïquement, le quotidien populaire Bild rapportait hier que Wolfgang Huellen, le cadre financier de la CDU qui s'est suicidé jeudi, aurait détourné pour son propre compte de l'argent des caisses du groupe parlementaire CDUCSU.Le lot de révélations quotidiennes sur l'affaire des comptes occultes de la CDU à proprement parler a cette fois touché une nouvelle fédération régionale : en Rhénanie- Palatinat, la CDU aurait ainsi reçu quelque 200 000 euros (environ 300 000 $CAN) en provenance des comptes secrets des instances fédérales du parti pour sa campagne électorale de 1996.Une broutille, en réalité, face aux dizaines de millions de marks ayant transité sur des comptes en Suisse et au Liechtenstein de la fédération de Hesse.La direction régionale de la CDU a cependant approuvé hier les efforts du chef de l'exécutif régional, Roland Koch, pour faire « toute la lumière » sur le scandale de ces comptes secrets.Ce dossier hessois risque de rendre anecdotique la remise dimanche soir du rapport des expertscomptables mandatés pour la CDU pour faire la lumière sur ses comptes.Les auditeurs du cabinet Ernst and Young n'ont pas, en effet, planché sur les caisses de Hesse.C'est ici, pourtant, que les montants ayant transité sur des caisses noires de la CDU est le plus important. 7LP1201A0123 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A0123 ZALLCALL 67 00:48:59 01/23/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 Monde En Belgique, Wallons et Flamands se parlent.en anglais Gérald Le Blanc W A L L O N I E FRANCE PAYS-BAS ALLEMAGNE LUXEMBOURG F L A N D R E BRUXELLES Anvers Liège Namur Belgique La Belgique pratique le bilinguisme territorial : tout en néerlandais au nord dans la Flandre et tout en français au sud dans la Wallonie, avec une capitale bilingue, Bruxelles.Ce que l'on ne savait pas, c'est que Wallons et Flamands se parlent de plus en plus en anglais, la seule langue qui n'offense personne et qui domine déjà dans les organismes européens de Bruxelles.C'est ce que nous apprend Jean- Marie Klinkenberg, francophone malgré son patronyme d'origine allemande, qui a choisi le néerlandais comme langue seconde pour ses enfants à l'école.« Je suis cependant minoritaire, ajoute-t-il, car la majorité des enfants apprennent l'anglais comme première langue étrangère, autant en Wallonie qu'en Flandre.L'anglais a déjà détrôné le français en Flandre et il régnera bientôt sans partage comme langue seconde un peu partout en Belgique.» Inutile de dire que les Belges sont étonnés de voir qu'au Canada, le gouvernement fédéral accorde d'importantes subventions pour la promotion de l'anglais au Québec alors que cette langue s'impose d'elle-même partout dans le monde.Un habitué du Québec Sociolinguiste et ancien président du Conseil supérieur de la langue française de Belgique, le professeur Klinkenberg, qui a aussi dirigé le Centre d'études québécoises de l'Université de Liège, où il enseigne toujours, est un habitué du Québec qu'il visite régulièrement, depuis son premier séjour comme jeune chercheur en 1975.Il a suivi nos ébats et débats linguistiques \u2014 y compris le passage de « checker les breaks » à « vérifier les freins » \u2014 et est en mesure de faire des comparaisons sur les ressemblances et différences des sociétés francophones de Belgique et du Québec.« La principale ressemblance nous vient en quelque sorte par soustraction : nous sommes toutes deux des sociétés francophones mais non françaises.La culture française, très centralisée et très peu permissive à l'endroit des particularités, culpabilise le petit Belge qui ne parle pas le français de Paris.Avec les Québécois, nous entretenons donc une connivence pour affirmer que nous ne sommes pas seulement locataires, mais aussi propriétaires de notre langue française.« La grande différence, c'est la situation géographique : nous en osmose avec la France, dont nous regardons les téléjournaux et lisons les magazines ; vous en français dans l'Amérique, c'est votre visage exotique.Aussi, votre culture est moins stressée qu'en Europe.On est surpris de voir les gens qui attendent en file pour prendre l'autobus sans se bousculer.« Quant au nationalisme, c'est plus le miroir flamand qui renvoie à la situation du Québec francophone, car c'est en Flandre et non en Wallonie qu'on revendique et qu'on parle d'indépendance.» Longtemps rurale et loin du pouvoir industriel et politique, la Flandre a mis du temps à faire sentir le poids de sa majorité à l'école, à l'usine et au Parlement.On trouve maintenant bien lourde la péréquation en faveur de la Wallonie, devenue l'enfant pauvre suite à la désuétude de son ancien complexe industriel.Les points chauds autour de Bruxelles En gros, la Belgique compte six millions de Flamands, trois millions et demi de Wallons et un million de Bruxellois.On a réglé le problème linguistique en faisant deux sociétés unilingues, mais des points de friction demeurent à la frontière des deux grandes régions et autour de Bruxelles.« Jérusalem des Flamands », selon M.Klinkenberg, Bruxelles constitue en quelque sorte l'enjeu et le ciment des deux communautés belges qui ne hissent plus le drapeau commun que pour les matchs de foot et les consécrations ou funérailles royales.Sis en territoire flamand, à quelques kilomètres de la frontière, Bruxelles a toujours été dominé par les francophones qui forment au moins 75 % de sa population.On ne le sait plus au juste car les maires flamands ont refusé les questions sur la langue dans les recensements en alléguant, non sans raison, que la pression était forte pour qu'on inscrive comme langue maternelle le français, langue de la promotion sociale.Le cas de la municipalité de Fourons, du côté flamand de la frontière, mais majoritairement francophone, revient souvent à la surface.Mais ce sont toutes les communes frontalières, où la minorité est dite protégée, qui posent problème.Dans le contexte de l'unilinguisme territorial c'est vraiment au compte-gouttes qu'on accorde les services dans la langue de la minorité, particulièrement en Flandre \u2014 en Wallonie, l'on n'a vraiment jamais parlé la langue de l'autre \u2014 où l'on compte sur le temps pour uniformiser la société.Dans ce contexte, la probable indépendance de la Flandre, maintenant siège de la nouvelle industrie autour du grand port d'Anvers, est vue avec un certain fatalisme.« L'éclatement de la Belgique ne donne pas lieu à des débats musclés, n'est pas vécue comme une catastrophe.La majorité des francophones estiment que la Wallonie formerait alors à elle seule la Belgique tandis qu'une importante minorité prévoit plutôt l'annexion à la voisine française, dit le professeur Klinkenberg.« Surtout, ajoute-t-il, les gens estiment que Wallons et Flamands seront de plus en plus Européens, partageant la même monnaie et le même marché, donc réunis dans un nouvel ensemble.» PHOTO ROBERT NADON, La Presse Jean-Marie Klinkenberg : Wallons et Flamands se parlent en anglais parce que c'est la langue qui n'offense personne.Le Mexique, enfant gâté de Wall Street, aura de bien grands défis à relever BRIGITTE MORISSETTE collaboration spéciale, MEXICO La veille de Noël, le Mexique a reçu des analystes de Wall Street une série de compliments qui en fait « l'enfant gâté » de l'Amérique latine.Croissance dépassant 4 %, stabilisation politique, croissance dans le secteur des 3500 maquiladoras : ces usines de sous-traitance se sont multipliées avec l'ALENA et sont de plus en plus compétitives dans l'automobile et l'électronique.Le gouvernement d'Ernesto Zedillo proclame les finances du Mexique assainies, « blindées » pour les prochaines élections présidentielles, le 2 juillet.Car depuis la terrible dévaluation du peso, en 1976, le Mexique a connu un quart de siècle de crises successives culminant avec la fin de chacun des quatre derniers régimes présidentiels \u2014 tous du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).Le peso est passé de 12,50 à près de 10 000 au dollar US.Le retranchement de trois zéros et la création d'un « nouveau » peso, pour faciliter les opérations mathématiques, peuvent faire illusion (1).La majorité des consommateurs mexicains ont vu fondre leurs économies et leur niveau de vie.Des millions de gens se sont résignés à retirer leurs enfants de l'école, à changer leur mode de vie, jusqu'à leur alimentation.Les syndicats affirment que les travailleurs ont perdu en 15 ans 70 % de leur pouvoir d'achat.La majorité a surtout perdu confiance jusque dans le changement ! Depuis 1994, l'actuel président et son ministre de l'Économie, Angel Gurria \u2014 expert en renégociation de la dette \u2014 ont investi le plus gros de leurs efforts pour sortir une fois pour toutes de l'infernal jeu de l'échelle et du serpent : croissance-dégringolade ! Les investisseurs ne boudent pas le Mexique qui cumule quelque 90 milliards de dollars CAN d'investissements productifs venant de l'étranger.Version gouvernementale, l'économie mexicaine est donc « blindée » : déficit sous contrôle (moins de 3 % du PIB), dette rééchelonnée (l'échéance la plus lourde est prévue en 2002), la faillite des banques balayée sous le tapis ; le sauvetage bancaire évalué à 125 milliards CAN sera finalement intégré à la dette publique \u2014 ce que la gauche a vivement combattu.Le peso est plus solide que prévu.Et le FMI avance une ligne de crédit de plus d'un milliard CAN pour assurer sans douleur le changement de gouvernement.Comme l'arche de Noé Il n'est pourtant pas difficile d'imaginer les raisons de cette mélancolie qui s'est infiltrée dans les rues de Mexico, la nuit du 31 décembre, malgré la vigueur des mariachis et des grands ténors.Le Mexique ressemble à l'arche de Noé, conclut un humoriste : il y a toujours le couple pour chaque espèce \u2014 c'est-à-dire le meilleur et le pire ! Les travailleurs mexicains ont été sonnés peu avant Noël : 10 % de hausse des salaires.Mais du même souffle, une hausse de 14 % de l'électricité ! Les autres services comme les supermarchés n'hésiteront pas à suivre le mouvement.Ce ne sont plus 26 millions de Mexicains, mais 60 millions qui vivent dans une grande misère, victimes de l'inflation.On commence à se pencher sur la détresse des jeunes.Vingt-six millions de 14-25 ans sont condamnés au chômage ou à des emplois précaires dans l'économie au noir.Gerardo a versé quelques centaines de pesos en décembre pour un petit stand en toile au milieu de l'un de ces campements commerciaux qui défigurent Mexico aux abords des parcs, des bouches de métro ou dans les rues achalandées.On les appelle les vendeurs ambulants.Gerardo n'a pas fait son beurre, et c'est tout juste s'il a pu inviter sa blonde à manger quelques tacos.Pour une ville de 20 millions d'habitants, Mexico paraissait drôlement tranquille au temps des Fêtes.Voilà un contexte idéal pour que souffle au Mexique, lors des élections présidentielles du 2 juillet, le plus grand changement politique depuis la Révolution de 1917.D'autant plus que le gouvernement Zedillo traîne comme un boulet une guerre au Chiapas, et une grève de neuf mois de la plus importante université du Mexique, l'UNAM.Erreur ! Tout s'use très vite dans ce pays où la patience apparaît aux étrangers comme une vertu nationale ! Le PRD, naguère la deuxième force politique du pays, s'est usé en moins de trois ans à la tête de la capitale.Le PRI, qui s'est affublé de l'adjectif « nouveau » \u2014 el nuevo PRI comme naguère el nuevo peso \u2014 se refait une image et une clientèle ! Son candidat, Francisco Labastida, a grimpé dans les sondages.Tandis que le leader de la gauche, Cuauhtemoc Cardenas, a vu réduire son score \u2014 11 % à peine des intentions de vote à la présidence de la République.Reste le « troisième homme », Vicente Fox.L'homme providentiel peut être considéré comme la déception de l'année.Cet ancien représentant de Coca-Cola et gouverneur de Guanajuato serait-il depuis trop longtemps en campagne électorale ?A-t-il été trahi par son parti \u2014 l'Action nationale \u2014 incapable de prendre ses distances avec le pouvoir en place qu'il appuie à l'occasion pour défendre d'obscurs intérêts financiers ?Comme de garder secrets les noms des entrepreneurs protégés dans le coûteux sauvetage des banques ?Le slogan que vient de lancer le candidat du nouveau PRI, exigeant la publication des revenus de tous les candidats de son parti, a surtout des allures de réchauffé : « Lutte à la corruption ! » Mais le plus renversant, c'est encore le budget de l'IFE (l'Institut de surveillance électorale) qui dispose de près d'un milliard et demi CAN pour soutenir les partis et assurer la transparence des prochaines élections ! La « transition à la démocratie » coûte cher, mais c'est devenu la préoccupation majeure du Mexique 2000, jusque dans les milieux d'affaires.(1) Le peso fluctue aujourd'hui autour de 9,50 au dollar US et de 6,30 au dollar CAN.PHOTO AP Le candidat du PRI à la présidence, Francisco Labastida, grimpe dans les sondages. 7LP1301A0123 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0123 ZALLCALL 67 00:50:21 01/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 A 13 C'était une riche idée, Internet Les grands commerçants avaient horreur de vous y laisser surfer tout seul Les observateurs ne savent vraiment pas où donner de la plume à propos de la portée réelle de cette « plus importante transaction de l'histoire » qui a conduit à la fusion de l'empire Time Warner avec America Online.Déjà Business Week construit des châteaux en Wall Street, imaginant par exemple que IT&T, Disney et Microsoft puissent à leur tour faire alliance.C'est parti : il y avait une douzaine d'entreprises majeures de télécommunications en 1996, dit un universitaire dans le Miami Herald, elles ne sont plus que six.Personne n'est capable d'anticiper l'avenir, mais un peu tout le monde a sa petite idée sur les dangers que ces fusions font naître au chapitre de la qualité de l'information, en son sens large de communications de masse, comme en son sens restreint : le journalisme.Dans le Washington Post, la programmeuse Ellen Ullman, qui s'intéresse aux implications sociales de la technologie de la communication, y va d'une longue lamentation sur la mort d'Internet tel qu'il fut donné au grand public, aux frais de l'État américain, à l'origine.Elle retrace la courte histoire du Net, rappelant qu'il se présentait à sa naissance comme un vaste univers multipolaire qu'aucun groupe ou qu'aucune organisation ne devait arriver à contrôler.Ce devait être une sorte de plasma planétaire accueillant les globules de toutes les cultures, de toutes les opinions, chaque individu de la planète y trouvant sa place, non seulement comme lecteur mais aussi comme éditeur.Mais l'esprit commercial du siècle étant ce qu'il est, cette pureté des intentions ne pouvait durer et depuis 1994, l'outil s'est carrément transformé en instrument de vente.Regardez la page frontispice de AOL \u2014 ou de Yahoo, ou d'une filiale de Microsoft \u2014 dit en substance Mme Ullman : il n'y a pas un centimètre carré d'espace qui n'a pas été vendu et de là, on vous prend par la main en prétendant vous conduire objectivement vers les meilleures décisions d'achat par exemple, alors que dans les faits, tout est articulé en fonction d'objectifs commerciaux précis et calculés.Les moteurs de recherche vous donnent accès au monde ?Foutaise de répondre Ellen Ullman citant une étude du NEC Research Institute, qui a découvert que le moteur de recherche le plus vaste ne donne accès qu'à 16 % de ce qui est effectivement disponible sur Internet.Une enseigne comme Yahoo ne couvre que 7,4 % de ce qui est accessible sur Internet.Lycos : 2,5 %.Et des renvois compliqués ramènent invariablement aux sites les plus puissants, laissant les plus petits sites dans l'ombre pendant des mois parfois.Le génie propre de la fusion AOL-Time Warner, c'est justement de vous prendre par la main et d'en arriver à vous faire voyager dans un univers aux apparences illimitées, mais qui vous ramènera invariablement aux marchandises de l'empire.Monde concentrationnaire Le Washington Post consacre une pleine demi-page à la seule énumération à la fois de la quincaillerie et des contenus culturels du nouvel empire AOL-Time Warner : câblodistribution, magazines, maisons d'édition, vedettes de variétés sous contrat en exclusivité, cinéma, télévision (dont CNN), propriété dans le sport professionnel, chaînes de magasins, etc.L'hebdomadaire The Observer complète le tableau par quelques chiffres : la cinémathèque en propre de Time Warner contient 5700 films ; le tirage combiné des magazines du groupe rejoint 120 millions de lecteurs ; et America Online se présente déjà comme le plus important serveur de la planète.Mais une telle puissance de diffusion ne va-t-elle pas stimuler la créativité universelle ?Andrew Marr, l'analyste du Observer, croit au contraire que plus la technologie progresse, moins l'imagination est au rendez-vous, qu'il s'agisse du roman, de la musique, du théâtre, voire de l'organisation de la société et de l'évolution politique.Décadence du journalisme Todd Gitlin, professeur de culture, de journalisme et de sociologie à la New York University, se demande comment désormais des médias comme CNN ou le magazine Time pourront prétendre, sans rire, traiter un tant soit peu objectivement de questions comme la présence justement de AOL-Time Warner et de tout ce qui s'y rattache dans le paysage de la société américaine.Et de la même manière, comment aussi pourront-ils traiter avec sérieux des concurrents du nouvel empire.Que les patrons de cet empire, Steve Case et Gerald Levin, se soient engagés à laisser champ libre à leurs salles de rédaction, on ne doute pas de leur sincérité, ajoute le professeur Gitlin, mais on verra ce qui arrivera dans les faits quand les actionnaires auront décidé que ces salles de rédaction menacent le rendement des actions.L'universitaire estime qu'un des principaux facteurs de corruption de la vie politique américaine est le tarif exorbitant chargé par les médias électroniques pour la pub électorale, ce qui a pour effet de conduire les partis à des compromis inavouables avec le monde des affaires.Il voit mal comment les journalistes de l'empire mettraient en cause cette pratique, vache à lait de l'empire justement.Même chose dans le sport professionnel : football, baseball et basketball rapportent des milliards aux médias électroniques, les plaçant en situation pour le moins inconfortable quand il convient d'examiner les travers de cette industrie.(Au fait, il y avait de quoi se bidonner \u2014 ou pleurer \u2014 l'autre soir à regarder la succession de mines réjouies sur RDS lorsque le gouvernement fédéral a annoncé une aide aux équipes canadiennes de hockey professionnel.) De l'avis de plusieurs, cette concentration croissante de l'univers de la communication est de nature à restreindre le rôle de l'information.Newsweek évoque le cas d'un reporter de la chaîne ABC qui n'est jamais arrivé à diffuser un reportage sur des pédophiles opérant dans l'univers de Disney World.Newsweek n'approuve ni ne condamne le blocage, mais se contente de rappeler l'intégration financière d'ABC et de Disney.Ce qui forcément crée malaise.Imaginez, dit l'hebdo, qu'une publication de Time Warner produise un article favorable à AOL-Time Warner ; on dira que c'est bidon.Si l'article est défavorable, on y verra le signal de tiraillements intérieurs dans la grande maison.Le vrai problème, dit l'analyste de Newsweek n'est pas tant que Steve Case, patron d'AOL-Time Warner, vienne mettre son nez dans le moindre reportage de Sports Illustrated, mais que ne se développent chez les journalistes et leurs cadres un esprit d'autocensure.Les effets de pareils sentiments sont multiples et peuvent même conduire certains journalistes à vouloir prouver leur indépendance en exagérant certains travers liés aux intérêts financiers qui possèdent leur média.Bref, tout devient faussé.Dans l'intervalle, le chroniqueur vedette de Newsweek, Robert J.Samuelson, met la pédale douce sur la prétendue révolution d'Internet.Il ridiculise la prétention selon laquelle le phénomène aurait autant d'importance que l'invention de la typographie par Gutenberg.C'est de l'amnésie historique, estime Samuelson, qui croit que le train, l'automobile, l'avion, l'électricité, le téléphone, la télévision, voire les antibiotiques ont tous eu plus d'importance pour l'évolution du genre humain qu'Internet.Et quoi encore ?On pense qu'Internet s'est répandu à une vitesse fulgurante parce qu'il a rejoint 38 % des ménages américains en 10 ans ?De la petite bière si l'on compare à la télévision qui, entre 1950 et 1960, est passée de 9 % à 87 % de présence dans les ménages.Déjà, la radio était passée de 0 à 20 % dans les années vingt.Et qu'Internet modifie aujourd'hui la façon d'acheter un livre ou une voiture, l'essentiel reste le livre ou la voiture, quel que soit la nature ou l'outil de la transaction.Le e-commerce est en croissance, mais il revet un caractère de « charité capitaliste », note l'auteur : pour capter la clientèle nouvelle, on vend sans profit, voire à perte, et ça ne pourra pas durer.Et quoi qu'il en soit, le e-commerce, en dépit de tout ce qui s'écrit à son sujet, n'a absorbé que 0,5 % des dépenses de consommation des Américains en 1999.Et la pub alors ?Internet n'a grugé cette année-là que 1,8 milliard de dollars d'une tarte de 215 milliards.En fait, conclue l'auteur, la grosse affaire liée à Internet demeure les 366 milliards dépensés en 1999 au chapitre de la quincaillerie : ordinateurs, logiciels, fibre optique, etc.Mais même si Internet est appelé à croître, ça ne lui donnera pas plus d'importance que les grandes découvertes du dernier siècle et demi.N'empêche, signale Jeremy Rifkin, dans le Los Angeles Times, la concentration médiatique est en train de créer une poignée de marchés de la culture d'où seront exclus tous les petits artisans de la culture dans le monde, qu'il s'agisse de musique, de danse, de festivals locaux, d'événements sportifs, voire de cuisine.Pour toute une partie du monde, l'accès à la culture deviendra un acte commercial ne conduisant qu'aux seuls grands noms de l'industrie.Dans l'intervalle, cette moitié de l'humanité et plus qui ne s'est pas encore servi du téléphone une seule fois dans sa vie, sera tenue à l'écart du cyberespace.La division Nord-Sud aura alors une nouvelle signification.Alpinisme Communisme Étapisme .et autres ismes n On aurait eu du mal hier à convaincre les Montréalais marchant dans la rue que la planète vit une ère de réchauffement.Les prochains jours devraient ramener au réel mais dans l'intervalle les scientifiques sont aux abois : on pense souvent aux effets sur la mer quand on pense réchauffement, mais les montagnes y sont sensibles aussi.Dans les Alpes par exemple, on observe, sous l'effet du réchauffement, une réduction du pergélisol, cette partie du sol gelée en permanence.Pareille réduction signifie l'affaiblissement des structures des divers systèmes de remontée mécanique, comme les téléphériques, ou des fondations de bâtiments sur les sommets.Elle peut entraîner ensuite le décollage de masses rocheuses dans le déclenchement naturel des avalanches.Elle peut vouloir dire aussi à plus ou moins long terme l'avalanche de simples masses rocheuses libérées de leurs glaces, menaçant les agglomérations situées au pied des montagnes.L'affaiblissement du pergélisol a déjà été invoqué pour expliquer certaines avalanches mortelles, comme celle qui a fait plus de 50 morts l'an dernier au centre de villégiature de Galtur, en Autriche.Des scientifiques, note The Observer, viennent d'obtenir des fonds spéciaux de l'Union européenne pour étudier le phénomène de plus près.Plusieurs régions sont menacées : outre les Alpes, on mentionne les Pyrénées, les montagnes de Scandinavie et la Sierra Nevada en Espagne.L'objectif : en arriver à déceler au plus tôt les signaux d'effondrement des vallées et des bâtiments.n Boris Eltsine, président démissionnaire de Russie, aime bien les fêtes.Il a quitté son poste un 31 décembre et son successeur Vladimir Poutine a pris les commandes le premier janvier.Mais on ne se souvient guère, tout pris que nous étions par nos propres Fêtes, que c'est le 19 décembre que les électeurs russes sont allés aux urnes pour renouveler la Douma.L'hebdomadaire The Economist avait publié, pour la circonstance, un reportage sur les moeurs électorales assez ahurissantes entourant ce rituel, encore relativement neuf dans la Russie postcommuniste.Et accompagnant ce reportage figurait un sondage étonnant sur l'actuel état d'esprit des Russes.On a demandé aux gens notamment d'évaluer l'affirmation suivante : « Il aurait été préférable que le pays demeure comme il l'était avant 1985 (c'est-à-dire sous l'ancien régime) ».À cette proposition, 58 % des répondants ont répondu par l'affirmative et seulement 27 % ont répondu non.Une autre question était formulée ainsi : « Quel système économique préférez-vous ?planification et distribution assurées par l'État ou bien propriété privée et le jeu des lois du marché ?Quarante- huit pour cent des Russes optent pour la première formule et 35 % pour la seconde.Mais tout ça ne dit pas tout sur l'état d'esprit des Russes : 63 % appréhendent une montée de l'anarchie et c'est ce qui explique la popularité montante de Vladimir Poutine.Prochaine étape : l'élection présidentielle du 26 mars et le successeur d'Eltsine part grand favori.Et au diable les idéologies.n Pas besoin de faire s'écrouler un « mur de Berlin » pour prendre ses distances visà- vis du communisme.La Chine par exemple a déjà laissé tomber de larges pans du modèle, tout en conservant le très utile autoritarisme propre au système.On voit régulièrement apparaître des façons de faire tout à fait occidentales dans des secteurs comme l'industrie, le commerce et la finance.Ce que l'on sait moins, c'est que le système de sécurité sociale vit, lui aussi, une sévère mutation.Un reportage paru dans le Los Angeles Times révèle que les Chinois doivent payer désormais pour une foule de services de santé, ce que des centaines de millions d'entre eux ne peuvent se permettre.La Chine avait pourtant accompli des progrès remarquables en santé publique depuis l'avènement de Mao en 1949.L'espérance de vie était alors de 35 ans, elle atteint aujourd'hui 68 ans chez les hommes et 72 chez les femmes.Dans l'intervalle, la mortalité infantile passait de 200 pour 1000 naissances à 32.Mais désormais le gouvernement ne paie plus que 70 % du modeste salaire des médecins, qui compensent en imposant une augmentation de 15 % sur le prix des médicaments.En régions rurales surtout, on constate que nombre de Chinois ne peuvent se permettre de payer et que la mortalité infantile remonte, atteignant jusqu'à 100 morts par 1000 naissances en certains cas.Il en coûte désormais quelque 50 $ US pour accoucher dans quatre provinces pauvres, ce qui représente plus des deux tiers du revenu annuel de ceux qui sont au seuil de la pauvreté.n Dans son numéro du jour de l'An, un billetiste de Newsweek y va d'un article amusant sur les « ismes » qui ont marqué l'histoire récente \u2014 comme le nazisme et le communisme, lesquels furent appuyés d'un militarisme débridé \u2014 et sur ceux qui nous guettent, comme le fondamentalisme.Tous les ismes, dit-il, se raccrochent à un travers fondamental, l'utopisme, le plus grand mirage de l'histoire, qui traîne notamment dans son sillon le marxisme et le freudisme.Les technologies ne sont pas absentes de l'apparition de certains ismes : les trains intercontinentaux auront stimulé le nationalisme \u2014 et son corollaire le racisme \u2014 puis Internet aura engendré l'internationalisme.Des ismes sympathiques traînent dans le décor comme l'humanisme ou le bioisme, dans la mesure où ils traduisent une préférence de l'homme sur la machine.Dans l'intervalle sera apparu le féminisme, qui tend à se muer en carriérisme.Mais le nationalisme persiste, entraînant le protectionnisme.Et à l'aube du nouveau siècle, c'est le fondamentalisme qui apparaît comme la menace dominante : celui des chrétiens et des juifs bien sûr, mais surtout celui de l'islam, que l'auteur attribue au phénomène de l'ayatollah Khomeiny, apparu en 1979.Danger ici pour la planète mais d'abord pour les communautés musulmanes elles-mêmes, comme cela se vérifie en Algérie.Dans le cas de la Russie, l'alcoolisme et le cynisme ont fait place au communisme.Dans tous les cas de figure, deux ismes sont proposés : scepticisme et idéalisme.Mais il est un isme étrangement absent de cette chronique : le bon vieux capitalisme.Comme s'il était inclassable dans tout ça. 7LP1401A0123 A14 - DIMANCHE - PERSO 7LP1401A0123 ZALLCALL 67 00:48:54 01/23/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JANVIER 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 23 JANVIER 2000 Christiane Ayotte JEAN-PAUL SOULIÉ Depuis plus de dix ans, le Dr Christiane Ayotte est la référence obligatoire, la source de renseignements privilégiée des médias, des associations sportives et une experte judiciaire très sollicitée auprès de tribunaux administratifs du sport et de juridiction civile du monde entier en matière de dopage sportif.Mme Ayotte dirige depuis 1992 le Laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand- Frappier-Santé humaine, le seul laboratoire canadien accrédité par le Comité international olympique (CIO).Habituée à rechercher et à dénoncer les tricheurs dans un monde de compétition où la récompense des vainqueurs et de ceux qui les entourent et les nourrissent n'est pas simplement la gloire, mais souvent le profit, le Dr Christiane Ayotte est montée cette semaine sur le podium des grands honneurs de la science.Elle a reçu le titre de Scientifique de l'année 1999, prix décerné depuis 13 ans par l'équipe de journalistes du magazine scientifique Les Années-lumière, une émission diffusée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Autre reconnaissance, cette semaine, de la part du secrétaire d'État fédéral au sport amateur Denis Coderre : l'expérience du Dr Christiane Ayotte, sommité en matière de lutte contre le dopage et la qualité du laboratoire qu'elle dirige, comptent parmi les atouts les plus importants de Montréal dans l'obtention par le Canada du siège permanent de la nouvelle Agence antidopage mondiale que s'apprêtent à créer le CIO et les gouvernements de 16 pays.La Presse se joint à ce concert d'éloges et nomme le Dr Christiane Ayotte Personnalité de la semaine.Il y a quelque chose de disproportionné entre le Dr Ayotte, une frêle jeune femme qui, de son laboratoire, traque, dénonce et stigmatise l'utilisation de toutes les substances \u2014 médicaments, drogues, agents anabolisants produits par des multinationales de la chimie \u2014 et les champions des disciplines sportives aux musculatures hypertrophiées qui sont la pratique habituelle de son laboratoire.« Nous sommes dans une société technologique, je reçois ce prix au nom de mon équipe, dit le Dr Ayotte.C'est une reconnaissance de la conviction et de l'honnêteté que nous mettons dans l'exercice de nos fonctions.» Et elle rappelle que le contrôle antidopage, c'est une question de santé humaine.Christiane Ayotte est née à Saint-Vincent-de- Paul.Son père était biochimiste, sa mère s'occupait de la maison, et des quatre enfants.« Tous ont bien réussi, il y a un médecin, une pharmacologue, une orthophoniste.» Aux murs de son bureau, trop exigu pour être une salle de garderie, il y a une profusion de dessins d'enfants, visiblement réalisés à divers âges.« Ce sont les oeuvres de Vincent et d'Alex, dit-elle.Alex, ma fille a dix ans et demi.Elle m'a prouvé que le football, ce n'est pas une affaire de filles.Quant à Vincent, le garçon de 13 ans, il a déjà joué au hockey dans les doubles lettres, mais aujourd'hui il est parfaitement heureux de jouer au collège Regina Assumpta.» Le fait que son fils fréquente ce qui était autrefois un collège de fille lui rappelle ses débuts au cégep, à 15 ans seulement.« Ça a été tout un choc pour moi de découvrir le cinéma et les lectures libres ! Et les premiers cours de philo, dans des classes où il y avait des garçons.» Après son doctorat en chimie, Christiane Ayotte entre à l'INRS.Les scandales olympiques vont se succéder.Des programmes sont lancés pour mettre au point le dépistage des stéroïdes anabolisants.On travaille sur la spectrométrie de masse, la technique de base pour détecter les drogues dans les urines des athlètes.« Nous avons quelques grands crus, conservé sous congélation : Ben Johnson, Denis Mitchell, Javier Sotomayor, Éric Chevrier, etc.Avec la mondialisation, les choses se compliquent.Les athlètes ont pris l'habitude de traîner laboratoires et fédérations sportives devant les tribunaux.Il peut y avoir un procès intenté par un cycliste australien prélevé au Mexique et testé positif à Montréal.» Après 15 ans de travail, les choses vontelles mieux dans le merveilleux monde des sports ?La recherche est très stimulante, mais les résultats ont une portée sociale énorme.« Il y a les suspensions qui en découlent, on me fait une sorte de chantage émotif, je rencontre des entraîneurs, un milieu un peu pourri.Les athlètes ne s'occupent pas de leur cas, ils sont potentiellement exploités.Les coupables, ce sont les autres, l'environnement, les multinationales qui vendent des produits non testés.« J'ai l'impression de me battre contre quelque chose de très gros, de très puissant.Je suis terrorisée, mais chaque fois plus passionnée.Je suis une rebelle.J'ai l'impression de jeter un paquet de cailloux dans un engrenage.J'aime la compétition, mais la performance à tout prix, ça ne doit pas nous laisser vulnérables », ditelle en pensant à tous les jeunes qui, comme son fils, ont rêvé de devenir joueurs de hockey.Habituée à rechercher et à dénoncer les tricheurs dans un monde de compétition, le Dr Christiane Ayotte est montée cette semaine sur le podium des grands honneurs de la science.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse « J'ai l'impression de me battre contre quelque chose de très gros, de très puissant.Je suis terrorisée, mais chaque fois plus passionnée.Je suis une rebelle.J'ai l'impression de jeter un paquet de cailloux dans un engrenage.J'aime la compétition, mais la performance à tout prix, ça ne doit pas nous laisser vulnérables.» "]
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