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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-02-13, Collections de BAnQ.

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[" 7DA0102A0213 A1 DIMANCHE 7DA0101A0213 ZALLCALL 67 00:55:21 02/13/00 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, R dimanche 13 février 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.BOXSTER S 2000 Venez réserver la vôtre ! 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 116e année No 113 54 pages, 4 cahiers L'aéroport évacué Un incendie rapidement maîtrisé sème la confusion Incendie dans un garage: trois morts RAYMOND GERVAIS L'aéroport international de Montréal a été complètement paralysé hier aprèsmidi durant près de cinq heures, lorsqu'un incendie s'est déclaré dans les bureaux administratifs de l'aérogare, situés au troisième étage de l'édifice.Les pompiers de Dorval et de l'aéroport ont réussi à maîtriser les flammes en quelque 50 minutes, mais le terminal des voyageurs a dû être évacué en catastrophe, tant par les passagers que par les employés des différentes compagnies aériennes.Les passagers ont été dirigés vers les bureaux de Transport Canada situés perpendiculairement aux stationnements de longue durée, face à l'aérogare.Même la tour de contrôle a été évacuée et les avions qui devaient se poser à Dorval entre 12 h 40 et 15 heures ont été détournés vers les aéroports d'Ottawa et de Mirabel, avec tous les inconvénients que cela peut entraîner pour les passagers.Les appareils qui se trouvaient déjà sur le tablier de départ ont été cloués au sol avec leurs passagers à l'intérieur, tandis que les avions qui venaient d'atterrir ont subi le même sort, les passagers ne pouvant descendre des appareils.Plusieurs centaines de passagers qui s'étaient présentés à Dorval pour un vol intérieur ou international, se sont retrouvés entassés dans les bureaux de Transport Canada, où ils ont reçu des informations contradictoires à plusieurs occasions.Vers 14 h 30, un porte-parole d'Aéroports de Montréal ( ADM ) s'est présenté avec un porte-voix, annonçant que des navettes viendraient les chercher dans une trentaine de minutes.Les voyageurs ont applaudi et les sourires sont revenus sur les figures.La demiheure a passé, puis les heures, mais les navettes ne sont jamais arrivées.Voir L'AÉROPORT en A2 SIMON DROUIN Trois hommes dans la trentaine ont été trouvés sans vie, en début de soirée hier, à la suite d'un incendie dans un garage de Montréal-Nord.C'est le propriétaire du Garage MC qui, vers 19 h 15, a fait la macabre découverte en mettant les pieds dans son petit atelier de mécanique générale situé au 10 831, rue Racette, à Montréal- Nord.Les trois victimes gisaient sur le sol, les mains et le visage carbonisés.Un des hommes a probablement tenté de fuir puisque des traces de doigts sur le mur couvert de suie pouvaient être aperçues tout près de la seule porte de garage.Les corps des deux autres victimes étaient situés un peu à côté, près d'une porte d'entrée.Le propriétaire a immédiatement interpellé une policière qui passait par là par hasard.Celleci a alors remarqué de la fumée qui se dégageait de la bâtisse et elle a demandé l'intervention de ses collègues du SPCUM et des pompiers.À l'arrivée des ambulanciers, une épaisse fumée était toujours perceptible, a dit André Champagne, porte-parole pour Urgences Santé.L'incendie était par contre éteint.L'immeuble a été ventilé avant que les techniciens ambulanciers ne constatent les décès.L'enquête a été confiée à la section des crimes contre la propriété du Service de police de la CUM.Les trois hommes ont possiblement été victimes d'une explosion, l'incendie ne s'étant pas propagé.« Il y a probablement eu des résidus de combustion qui se sont enflammés », a indiqué M.Champagne.Voir INCENDIE en A2 PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse C'est dans la confusion la plus totale que plusieurs centaines de passagers se sont retrouvés hier après-midi dans les bureaux de Transport Canada à Dorval, à la suite d'un incendie qui a forcé l'évacuation de l'aéroport international de Montréal durant près de cinq heures.Quatorze avions ont été détournés.Un meurtrier chez les Kennedy?RICHARD HÉTU collaboration spéciale En 1969, Ted Kennedy fut le premier à se demander publiquement si « quelque malédiction terrible » ne s'acharnait pas sur sa famille, la plus adulée des États-Unis.Le cadet de Joseph et de Rose Kennedy venait d'échapper à la mort de justesse dans un accident de voiture qui avait tué sa compagne d'un soir, Mary Jo Kopechne.Ses frères Joe, John et Robert avaient déjà perdu la vie sous les balles, le premier à la guerre, les deux autres en politique.Depuis, les médias parlent de la « malédiction » des Kennedy chaque fois que le malheur frappe le clan.Le cliché est irrésistible.Dans la famille de Robert et d'Ethel Kennedy, deux enfants sont morts en pleine jeunesse, l'un ( David ) d'une overdose de cocaïne en 1984 et l'autre ( Michael ) dans un accident de ski en 1997.Dans la famille de John et de Jacqueline Kennedy, John John, le prince du clan, s'est abîmé dans l'Atlantique avec sa femme et sa belle-soeur l'été dernier.Le cliché survivra-t-il au 20e siècle?Il semble bien que oui.Car il y a peut-être un meurtrier chez les Kennedy.L'histoire qui suit suinte l'arrogance des riches et célèbres.Le 19 janvier dernier, au Connecticut, Michael Skakel, neveu de Robert et d'Ethel Kennedy, a été formellement accusé d'avoir battu à mort une fille de 15 ans, Martha Moxley, il y a de cela 25 ans, à Greenwich, une ville cossue de la banlieue new-yorkaise.L'arme du crime: un fer de golf numéro 6, utilisé à la fois pour tabasser et poignarder la victime.Aujourd'hui âgé de 39 ans, Skakel nie l'accusation.En attendant le début de son procès, il jouit de l'appui du clan Kennedy, qui se serre toujours les coudes dans les moments difficiles.« Michael est aussi honnête que la lumière du jour, a déclaré Robert Kennedy fils, dans une entrevue publiée dans le New York Times trois jours après l'inculpation de son cousin.Personne ne mérite ce qui lui arrive, encore moins lui, principalement parce qu'il est innocent, mais aussi parce qu'il a une âme vraiment bonne et décente.» Figure importante chez les écologistes et les démocrates ( il fait campagne pour le vice-président Al Gore ), Robert Kennedy fils a confié au Times que son cousin était « victime de la vengeance de Dominick Dunne et de l'avarice de Mark Furham ».Ces deux noms servent à illustrer la dimension hollywoodienne de l'histoire, qui a déjà été transposée au petit écran.Au cours des années 90, Dominick Dunne et Mark Furham ont tous deux écrit des best-sellers sur le meurtre de Martha Moxley, accusant la police de Greenwich d'avoir bâclé son enquête afin de protéger le rejeton d'un clan puissant.Voir UN MEURTRIER en A2 NEW YORK La Presse Les Québécois plus fougueux que leurs cousins français page A9 INDEX Petites annonces - index C6 - immobilier C6 et C7 - marchandises C7 - emplois C7 - automobile C7 à C9 - affaires C9 Alimentation C12 Arts et spectacles B6 à B9 - horaire spectacles B9 - horaire télévision B6 Bandes dessinées C9 Bridge C10 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Obtenez la liste complète des 24 établissements offrant nos forfaits en composant le 1-877-Le Massif ou au www.lemassif.com FORFAITS SKI AVEC HÉBERGEMENT À PARTIR DE 54$ PAR PERSONNE EN OCCUPATION DOUBLE 7LP0202A0213 A2 DIMANCHE 7LP0201A0213 ZALLCALL 67 00:55:30 02/13/00 B Suite de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Une des victimes a tout tenté pour ouvrir la porte du garage mais en vain.Incendie dans un garage: trois morts PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse De nombreux passagers d'Air Canada ont appris avec surprise que le vol qu'ils devaient prendre avait été annulé à la suite de l'incendie.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Un agent d'Aéroports de Montréal explique à un passager que les comptoirs des envolées intérieures d'Air Canada sont fermés.INCENDIE / Suite de la page A1 D'ailleurs, les victimes étaient affairées au découpage d'un véhicule lorsque le drame s'est produit, a fait savoir Caroline Courteau, représentante pour le SPCUM.Celle-ci ne pouvait cependant pas dire à quelle heure précisément le feu a pris naissance.« Ça s'est passé entre 14 h et 19 h », a-t-elle pu dire en fin de soirée.Sylvain Lambert et Chantal Lavoie, deux voisins rencontrés sur les lieux, affirment avoir perçu une odeur de fumée à 15 h exactement.« Ça sentait comme quand un fil électrique brûle dans une auto », a indiqué M.Lambert, dont la résidence est située à plus de cent mètres du Garage MC.Un autre voisin a dit que le garage recevait presque exclusivement des voitures importées.Ce dernier dit n'avoir jamais rien constaté de suspect.« Il y avait un va-et-vient normal », at- il mentionné.Vers 22 h 45, des employés de la morgue ont procédé à l'évacuation des dépouilles mortelles.L'aéroport évacué L'AÉROPORT / Suite de la page A1 Vers 16 h, un porte-parole d'Air Canada a invité les voyageurs de cette compagnie qui pouvaient retarder à dimanche ou à lundi leur départ, à retourner à leur domicile et à communiquer avec le service des réservations d'Air Canada, annonçant du même souffle que plusieurs vols étaient annulés, sans toutefois préciser lesquels.Ce n'est finalement que vers 16 h 30 qu'on a annoncé aux voyageurs que l'aéroport reprendrait ses activités à 17 h.Mais lorsque les voyageurs ont pénétré dans l'aérogare, une autre surprise les attendait: les comptoirs pour les envolées intérieures d'Air Canada étaient fermés et c'est avec beaucoup de difficulté que les passagers détenant un billet pour une destination canadienne ont réussi à obtenir des informations auprès des employés de la compagnie aérienne, qui semblaient complètement dépassés par les événements.Encore une fois, les voyageurs ont eu droit à des informations contradictoires de la part du personnel, qui tentait tant bien que mal de démêler les informations concernant les différents vols annulés.Une employée d'Air Canada a d'ailleurs suggéré à un passager de retourner à la maison, lui affirmant qu'il n'y avait pas de vol pour Toronto et l'invitant à tenter sa chance dimanche.Air Canada n'avait tout simplement pas l'équipement nécessaire hier soir, à l'aéroport de Dorval, pour assurer ses vols, plusieurs de ses appareils qui devaient atterrir à Dorval ayant été détournés vers Ottawa et Mirabel.Seuls les vols intérieurs sur Calgary et Vancouver ont été maintenus.Tous les autres, notamment vers Toronto, ont été annulés.Les envolées internationales d'Air Canada sur Londres, Prague, Francfort, Nassau et Paris ont été retardées, mais non annulées.Les bureaux de ADM qui ont été la proie des flammes étaient situés au-dessus du corridor, face aux guichets d'Air Canada.Les dégâts causés par l'eau dans ce corridor ont été considérables, ce qui a retardé le réouverture de l'aérogare.Plusieurs autres vols de compagnies internationales, dont Swiss Air, ont quitté Dorval avec plusieurs heures de retard.Ce n'est vraisemblablement qu'aujourd'hui que les activités reprendront normalement à Dorval.Mme Marie-André Bastien, directrice des communications à ADM, a expliqué que le plan d'urgence s'était déroulé comme prévu, qu'il n'y avait pas eu de panique et que personne n'avait été blessé.De plus, les flammes ont rapidement été maîtrisées et le système informatique des différentes compagnies n'a pas été endommagé.Bruce Sims et Deborah Van der Burg, deux étudiants suisses qui revenaient d'un voyage à Boston et qui devaient s'envoler à 17 h sur le vol 135 de Swiss Air, ont dû, comme bien d'autres passagers, prendre leur mal en patience et se résoudre à passer un peu plus de temps en terre canadienne qu'ils ne le prévoyaient.Un groupe de vacanciers qui devait s'envoler pour le Maroc et la Tunisie hier a subi le même sort.Martine Desmarais et Pierre Lafrance avaient la mine basse et se demandaient bien quand ils arriveraient à destination et quel impact ce retard allait avoir sur leur voyage.À un certain moment, un pompier de Dorval a cru avoir découvert un engin explosif, mais il s'agissait plutôt de pièces d'équipement servant aux agents des douanes chargés de détecter les explosifs.La fermeture de l'aérogare a entraîné la formation d'un gigantesque bouchon de circulation à la jonction de la rue Cardinal menant à Dorval, et des routes 520 et 20 durant plusieurs heures.Les bureaux incendiés ont été barricadés jusqu'à lundi, jour où s'amorcera l'enquête des policiers de la section des incendies criminels de la police de la CUM, qui tenteront de déterminer la cause du sinistre.Un meurtrier chez les Kennedy?UN MEURTRIER / Suite de la page A1 Dunne est un auteur célèbre et Furhman est ce détective de la police de Los Angeles accusé de racisme par l'avocat Johnny Cochran lors du procès d'O.J.Simpson.Le monde est très petit.Belle comme une fée, blonde comme les blés, Martha Moxley a été assassinée le soir du 30 octobre 1975.La dernière fois qu'on l'a vue en vie, elle quittait le domaine des Skakel, où se trouvaient Michael, 15 ans, son frère Thomas, 17 ans, et leur tuteur.La maison de Rushton Skakel, frère aîné d'Ethel Kennedy et père indifférent, était réputée pour ses partys et ses excès.Martha Moxley a été retrouvée dans les bosquets entourant la demeure de sa famille, gisant sans vie à côté de l'arme du crime, sur laquelle aucune empreinte n'a été décelée, selon la police de Greenwich.Les soupçons se sont immédiatement portés sur les frères Skakel et leur tuteur.Non seulement Martha avait-elle passé avec eux une partie de sa dernière soirée sur la terre, mais le bâton de golf utilisé pour la tuer appartenait à la famille Skakel.Malgré la nature extraordinaire de ces coïncidences, aucun des suspects n'a été mis en accusation avant le 19 janvier dernier.L'inculpation de Michael Skakel est l'aboutissement d'une enquête relancée il y a deux ans.Selon les médias locaux, le procureur du Connecticut aurait assemblé les preuves matérielles et les témoignages ignorés par ses prédécesseurs.Au cours d'un séjour dans un centre de désintoxication, Skakel, un alcoolique, aurait notamment avoué à trois personnes différentes avoir tué Martha Moxley.Le soir du meurtre, il aurait eu une relation sexuelle avec elle.Skakel vit aujourd'hui en Floride avec sa petite famille.Il n'a jamais vraiment eu à travailler pour gagner sa vie, ce qui lui a permis de devenir un skieur de très haut calibre sur les plus belles pentes de l'Europe.Abonné aux AA et réputé pour sa piété, il est décrit par ses proches comme un être de bonté.Ceux qui le connaissent moins le traitent souvent d'arrogant.Même s'il est reconnu coupable, Skakel pourrait bien s'en sortir.Compte tenu de son âge au moment du meurtre de Martha Moxley, il sera jugé par un tribunal pour enfants, à moins que le procureur du Connecticut ne réussisse à transférer son procès devant un tribunal pour adultes.En 1975, la loi du Connecticut interdisait l'emprisonnement des moins de 16 ans.Vingtcinq ans plus tard, cette loi pourrait bien sauver Skakel.Maudite famille Kennedy.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 692 à quatre chiffres : 3322 6/49: 7 22 25 35 40 42 Compl.11 Extra: 0 8 0 4 0 1 DEMAIN DANS LA PRESSE Un compromis Parmi les berlines intermédiaires de General Motors, la nouvelle Oldsmobile Aurora est certainement celle qui offre le meilleur compromis entre les qualités routières des japonaises et le côté musclé des américaines, le tout à un prix très compétitif.Denis Duquet en a fait l'essai sur les routes de la Californie et croit qu'elle plaira aux automobilistes du Québec autant en raison des performances de ses moteurs que par son homogénéité.À lire demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Selon vous, le sexe prend-il trop d'importance par rapport à l'amour à l'occasion de la Saint-Valentin?Les sentiments ont repris leurs droits dans les chambres à coucher.Êtes-vous d'accord?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 75 % Non: 25 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Amour et chasteté Quelque 500 jeunes du monde entier se sont rassemblés hier dans le centre de Séoul pour protester contre la « liberté sexuelle » et promouvoir l'abstinence avant le mariage ainsi que la fidélité.Les manifestants, venus des États-Unis, du Japon, de Corée du Sud, d'Amérique Latine et d'Europe, ont dansé au son de musiques rock et folk tout en agitant des ballons bleus, rouges et jaunes.Partis d'une place située devant la gare centrale de la capitale sud-coréenne, ils ont ensuite défilé et distribué des tracts prônant l'abstinence avant le mariage.« Amour! Chasteté! », scandaient-ils en arborant des banderoles proclamant « un homme, une épouse » ou « non à la liberté sexuelle ». 7LP0301A0213 a03 actus dim 13 f vrier 7LP0301A0213 ZALLCALL 67 00:53:41 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 3 La STCUM accuse les employés d'entretien de vandalisme Le Syndicat comparaît aujourd'hui devant le CSE Verdun: le Conseil blâme les deux parties MARTINE ROUX Pour la huitième fois depuis le début du conflit opposant la Ville de Verdun à ses cols bleus, le Conseil des services essentiels blâme sévèrement les deux parties pour leur attitude lorsqu'il s'agit d'appliquer l'entente sur les services essentiels.Dans sa décision rendue vendredi soir, le Conseil ordonne au Syndicat canadien de la fonction publique, section locale 302, ainsi qu'à la municipalité, de procéder à l'enlèvement de la neige dès que les précipitations atteignent 20 centimètres, conformément à l'entente sur les services essentiels.Car pendant que les réprimandes pleuvent sur la Ville de Verdun et sur le Syndicat des cols bleus, qui se sont déclarés la guerre en octobre 1998, la neige continue d'encombrer les rues de la municipalité.Mais les deux camps se relancent la balle.Ainsi, le 17 janvier dernier, le syndicat a déposé une plainte au Conseil des services essentiels parce que l'employeur aurait utilisé les services d'entrepreneurs indépendants pour l'enlèvement de la neige.Le même jour, la municipalité rapportait que les syndiqués auraient refusé de débarrasser les rues de la neige accumulée.Dans une décision de 24 pages, le vice-président du Conseil, Me Richard Parent, déplore le comportement des deux parties.Il juge « inadmissible » que la Ville et les grévistes « transportent le jeu de leurs rapports de force dans l'interprétation ou l'application des services à maintenir en cas de grève ».MARTINE ROUX Devant l'échec de la médiation tenue plus tôt cette semaine, la direction de la STCUM ainsi que le syndicat des employés d'entretien ont participé hier à une audience publique convoquée par le Conseil des services essentiels afin de dénouer le conflit de travail qui les oppose et dont les usagers du transport en commun ont récemment fait les frais.Seule la direction de la STCUM a eu l'occasion de faire valoir ses doléances hier.Le Conseil entendra aujourd'hui la partie syndicale de même que Transport 2000, un organisme voué à la promotion du transport en commun ainsi qu'à la défense des droits des usagers.Au terme de l'exercice, il devrait rendre une décision afin d'assurer le rétablissement complet du service, ce qui ne sera pas envisageable avant mardi, selon la STCUM.Après avoir expliqué par le menu le fonctionnement de ses activités, la direction de la STCUM a tenté de démontrer que ses employés d'entretien ralentissent le rythme et se livrent à des actes de vandalisme depuis la mi-janvier, perturbant ainsi le service sur différents circuits d'autobus.Ainsi, 1300 autobus doivent être utilisables à l'heure de pointe du matin.En temps normal, près d'une centaine sont immobilisés chaque jour au garage.Or, mercredi dernier, 227 véhicules ont été retenus au garage, faute de pièces et de réparations essentielles.La STCUM n'a eu d'autre choix que de supprimer certains services lors de l'heure de pointe matinale, a indiqué le directeur de l'entretien, Serge Jolin.Les employés d'entretien ont multiplié les actes de vandalisme au cours des dernières semaines, soutient le directeur.Il a ainsi présenté un bande vidéo montrant des réservoirs de carburant, des boîtes de manutention et la porte du bureau d'un contremaître, tous endommagés par des coups de marteau.Outre le martèlement, le ralentissement de la production, la prolongation des heures de lunch, des serrures bouchées avec de la colle, des vitres fracassées, l'explosion d'un sac-poubelle, des montecharge paralysés, des coupes d'électricité délibérées, des attroupements de personnel inhabituels et un boyau d'arrosage laissé ouvert composeraient le bouquet des moyens de pression des employés d'entretien.Fait plus troublant, les alarmes d'incendie auraient été déclenchées une trentaine de fois sans raison, a fait valoir M.Jolin.La partie patronale a d'ailleurs déposé au Conseil la copie d'une lettre reçue la semaine dernière du chef de division du Service de prévention des incendies de Montréal (SPIM), Michel Champagne, faisant état d'une vingtaine d'appels faits à son service, ce qui a nécessité au total le déplacement de 24 pompiers.Tout en se gardant bien de commenter l'argumentation de la STCUM, le président du syndicat des employés d'entretien, Gaétan Châteauneuf, affirme qu'il n'a jamais encouragé ses membres à adopter des moyens de pression pouvant affecter les usagers.« On n'est pas d'accord avec ce genre d'actions.Tout ce que nous recommandons aux membres, c'est le port d'un macaron, d'un t-shirt, et la participation aux manifestations hors des heures de travail.Mais il faut dire que les employés sont extrêmement mécontents et que de tels actes échappent à notre contrôle.Dès que la STCUM recommencera à cotiser à la caisse de retraite, martèle le président, les employés d'entretien redoubleront d'ardeur au travail.« La convention collective interdit toute modification au régime de retraite sans le consentement écrit des deux parties », répète- t-il.Quoi qu'il en soit, il est inadmissible que les usagers grelottent sur les coins de rue alors que les deux parties se chamaillent à propos des bénéfices de la caisse de retraite, avance Luc Côté, président du conseil d'administration de Transport 2000.« Est-ce une grève déguisée ?Le déclenchement inutile des alarmes d'incendie pose une question encore plus inquiétante : lorsque les pompiers sont mobilisés pour de fausses alertes, c'est toute la population qui risque d'être touchée.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Robert Olivier (à gauche), directeur de la planification et du développement à la STCUM, hier devant le Conseil des services essentiels.Quatre carambolages, nombreux blessés Neuf véhicules circulant en direction de Montréal dans le tunnel Louis-Hippolyte- Lafontaine sont entrés en collision à l'entrée du tunnel vers 11 h 20.Six personnes ont été blessées, dont trois sérieusement.Le tunnel a été fermé en direction nord durant près d'une heure et demie.L'éblouissement dû au soleil sur la neige, un amoncellement de neige en bordure de la voie de droite, la formation de glace noire et la pénombre de l'entrée du tunnel expliqueraient le carambolage.Sur l'autoroute des Cantons-del'Est, à la hauteur de Saint-Alphonse- de-Granby, 15 véhicules circulant en direction est sont entrés en collision à 8 h 10.L'accident a fait sept blessés légers.Trois d'entre eux ont été transportés à l'hôpital par ambulance.Le brouillard qui se forme audessus de la rivière Yamaska serait responsable de l'accident.Un premier automobiliste aurait appliqué les freins en entrant dans le nuage de brouillard, et les véhicules venant derrière se sont tous emboutis.Fait à noter, un panneau de signalisation lumineux, annonçant le risque de brouillard à cet endroit et invitant les automobilistes à réduire leur vitesse, était en fonction depuis vendredi soir lorsque l'accident s'est produit.Au même moment, quatre autre véhicules sont entrés en collision à trois kilomètres derrière.Cet accident n'a toutefois pas fait de blessés.Tôt hier matin, soit vers 6 h 30, cinq véhicules circulant sur l'autoroute 20, à la hauteur de la 1ère avenue à Lachine, se sont heurtés lorsqu'un premier véhicule a ralenti derrière une déneigeuse.Deux personnes ont été blessées, dont une grièvement.Collision fatale Deux morts dans le Bas-Saint-Laurent Presse Canadienne QUÉBEC Deux jeunes amoureux sont décédés, vendredi soir, quelques heures après que le véhicule dans lequel ils prenaient place eut été impliqué dans une violente collision frontale, sur la route 293, entre Saint- Jean-de-Dieu et Trois-Pistoles.Karine Bélanger, 18 ans, de Saint-Jean-de-Dieu, était au volant de la voiture qui circulait en direction sud.Son ami de coeur, Steeve Bélanger, 21 ans, de Trois Pistoles, prenait place à ses côtés.Dans une courbe, la jeune femme aurait perdu la maîtrise du véhicule qui s'est retrouvé dans la voie inverse.Une camionnette n'a pu les éviter et les a frappés de plein fouet.Les deux occupants ont été transportés à l'hôpital.Ils sont toutefois décédés dans la soirée, à quelques heures d'intervalle.Le conducteur de la camionnette s'en est tiré indemne.Un mort dans un incendie Un pompier volontaire de Bellecombe, en Abitibi, a perdu la vie vers 18 h 50 vendredi soir, lorsqu'un incendie s'est déclaré dans son atelier, situé derrière son domicile.La victime, un homme de 35 ans, Gaston Joannette, s'affairait à réchauffer le moteur de sa motoneige, lequel refusait de démarrer, lorsque le feu s'est déclaré.M.Joannette s'est alors rendu à son domicile chercher un extincteur et demander à son épouse d'appeler les pompiers.Il est ensuite retourné à l'intérieur de l'atelier et n'est jamais ressorti.Le premier policier dépêché sur les lieux était un ami de la victime, tandis que les pompiers qui sont arrivés peu de temps après étaient ses confrères de travail.Une enquête a été instituée afin de déterminer la cause exacte du sinistre, lequel pourrait être imputable à une défectuosité du système de chauffage. 7LP0401A0213 A4 DIMANCHE 7LP0401A0213 ZALLCALL 67 00:53:15 02/13/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 EN BREF Le RCM en appelle à l'union de l'opposition Mesures appréciées n L'Association des propriétaires d'autobus du Québec est satisfaite des mesures annoncées hier par le ministre des Transports, Guy Chevrette, pour réduire les effets de la hausse des prix du carburant.L'association croit que le gouvernement a démontré son leadership en assumant volontairement les frais de transport qu'il encourt à titre de client dans le transport de marchandises.L'organisme soutient qu'une telle attitude permettra de mieux faire comprendre à ses clients, grossistes, agences et organisateurs de voyages ainsi qu'à la Commission des transports du Québec qu'ils doivent eux aussi donner de la latitude aux transporteurs.Fumée dans la cabine n Un appareil DC-10 des Continental Airlines qui effectuait la liaison Paris-Newark a dû atterrir d'urgence à Terre-Neuve hier lorsque l'équipage a détecté la présence de fumée dans la cabine.Les équipes de secours au sol se sont mis en branle, mais l'appareil s'est posé sans problèmes, en fin d'après-midi.Harrison Ford dans la jungle n Harrison Ford s'est baladé samedi dans la jungle du Guatelama, non pas pour tourner un nouvel épisode des aventures d'Indiana Jones, mais pour admirer les forêts tropicales pour la défense desquelles il milite.« Il n'est pas venu en tant qu'acteur mais en tant que défenseur de l'environnement qui s'inquiète des moyens de résoudre les problèmes environnementaux dans le monde », a expliqué Harolod Castro, porte-parole du Congrès international pour la Conservation, qui a organisé la visite d'Harrison Ford dans le parc national de « Tiger Lagoon » hier.Liz Taylor récompensée n Elizabeth Taylor a été choisie, en raison de son combat contre le sida, pour être la troisième récipiendaire du Prix Marian Anderson de Philadelphie, qui récompense les artistes travaillant pour le bien de l'humanité.Liz Taylor a « utilisé les feux de la rampe, qui avaient illuminé sa carrière d'actrice tout au long de sa vie, pour les tourner courageusement sur la lutte contre le sida après la mort de son ami proche Rock Hudson », a déclaré le maire de la ville John F.Street.SIMON DROUIN L'année 1999 fut celle de la « survivance », selon le terme du président du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), Abe Limonchik.L'année 2000, elle, sera une période de « consolidation » et de « relance » alors que le parti cherchera à augmenter son membership, à regarnir ses coffres et à rallier les forces de l'opposition.« Ça va paraître un peu prosaïque ou pragmatique, mais il faut nous donner les moyens d'agir, donc il nous faut de l'argent », a lancé le chef du RCM, Michel Prescott, en marge du premier conseil général de son parti cette année, qui se tenait hier au collège Jeande- Brébeuf.Alors qu'on attendait une centaine de militants et de délégués, seulement une cinquantaine se sont déplacés pour discuter et adopter une plate-forme intitulée Priorités d'action 2000.Comprenant les mesures d'urgence mises sur la table par neuf dissidents lors du conseil général de novembre dernier, ce plan d'action propose le regroupement des militants en 17 quartiers plutôt que dans chacun des 51 districts de Montréal.Cette mesure temporaire vise à donner le temps aux comités locaux de se remettre sur pied.« Il faut absolument rebâtir les organisations de quartier, qui sont pas mal amochées », a admis M.Limonchik.L'arrivée de nouveaux fonds passe inévitablement par un renouvellement du membership, ont convenu les militants.Le nombre de membres stagne à 2000 et Michel Prescott espère attirer 1000 nouvelles recrues dans ses rangs.« C'est un objectif qui est envisageable et raisonnable, a-t-il assuré.Quand les gens sont confrontés concrètement à une situation qui met leur qualité de vie en péril, là ils bougent.» Craignant que le scénario de l'élection de novembre 1998 ne se répète, Michel Prescott a aussi demandé un « rassemblement de l'opposition » pour contrer le maire Pierre Bourque.« Il ne faut surtout pas attendre à 2002, a prévenu M.Prescott.Il y a des gens qui vont bouger, je l'espère, en l'an 2000.» Cependant, le chef du RCM n'envisage en aucune façon le sabordage de son parti pour en créer un nouveau.Intéressé par le regroupement des forces de l'opposition, le chef de la Coalition démocratique de Montréal (CDM) et conseiller du district de Snowdon, Marvin Rotrand, a fait acte de présence au conseil général du RCM, le temps de serrer la pince à M.Prescott.« Je suis ouvert à regarder comment on peut améliorer les contacts entre les forces progressistes de l'opposition », a dit M.Rotrand, prudent.La CDM, qui compte 400 membres, étudiera la pertinence d'une union de l'opposition lors d'une assemblée générale au mois de juin prochain.Par ailleurs, le comité exécutif a présenté les états financiers du parti.La dette accumulée du RCM est passée de 148 727 $ à 114 364 $ de 1998 à 1999, « un progrès substantiel », selon le président Limonchik.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Le chef du RCM, Michel Prescott, a suivi avec attention les discussions de ses militants portant sur les nouvelles orientations du parti.Rotrand n'approuve pas la « semaine de relâche » de Bourque SIMON DROUIN Le conseiller municipal du district de Snowdon, Marvin Rotrand, demande au maire Pierre Bourque d'annuler son voyage à Trinité et Tobago, prévu du 3 au 10 mars prochain.En parcourant les pages du Caribbean Camera (3 février), un hebdomadaire afro-canadien produit à Toronto, Marvin Rotrand apprenait à sa grande surprise que le maire Bourque et quelques- uns de ses conseillers s'envoleront vers les Caraïbes dans moins d'un mois, plus précisément à Port of Spain, la capitale de Trinité et Tobago.« C'est une dépense inutile et non justifiée.Je crains qu'il ne s'agisse là que de vacances plus ou moins déguisées », s'est insurgé le conseiller Rotrand, qui est aussi le chef de la Coalition démocratique de Montréal.« Le pire, c'est qu'on a trouvé cette information par accident », a-t-il ajouté.Selon le Camera, Pierre Bourque, son conseiller spécial Allan Patrick, ainsi que les conseillères municipales Ketty Beauregard et Sonya Biddle, seront reçus par le premier ministre de Trinité, Basdeo Panday.Des discussions sur la gestion des déchets, le recyclage, la taxation municipale et les échanges culturels sont prévues.La visite du maire coincidera aussi avec le carnaval de Trinité, ce qui fait dire à M.Rotrand qu'il y a « d'autres façons de se renseigner sur la Carifiesta de Montréal que d'aller à Trinité aux frais des contribuables ». 7LP0501A0213 A5 DIMANCHE 7LP0501A0213 ZALLCALL 67 00:53:48 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 5 Voulez-vous fusionner avec moi?Stéphane Laporte collaboration spéciale Les fusions fusent ! Rogers Communications fusionne avec Vidéotron.Pfizer fusionne avec Warner-Lambert.Mercedes fusionne avec Chrysler.Ford fusionne avec Volvo.Alcan fusionne avec Pechiney.Le Canadien National fusionne avec Burlington Northern Santa Fe.American On Line fusionne avec Time-Warner.Tout le monde fusionne ! Swinguez votre compagnie ! Les grands de ce monde s'échangent leurs compagnies comme les petits gars dans les cours d'école s'échangent leurs cartes de hockey.C'est une véritable épidémie ! Une mode à la Pokémon.Bientôt, il n'y aura plus qu'une grosse multinationale.La GM-Mc Donald- IBM-Sony-Coke-Pepsi-Nike-AOL-Time Warner-Club Price-Croteau.Elle aura un chiffre d'affaires de mille milliards de milliards.Elle emploiera le monde entier.Et quand on ira au magasin GM-Mc Donald- IBM-Sony-Coke-Pepsi-Nike-AOL-Time Warner-Club Price-Croteau acheter notre bébelle, on aura intérêt à aimer notre bébelle, parce qu'on ne pourra pas en acheter une autre ailleurs.Bienvenue en l'an 2000 ! Comment a débuté le phénomène des fusions ?C'est bien simple.Un jour, le PDG d'une grosse compagnie est allé jouer au golf avec le PDG de la grosse compagnie rivale.Tout en frappant leurs balles, les deux présidents directeurs généraux ont échangé sur leur vécu.Ils se sont confiés.Ils se sont dit combien ils étaient stressés.Que leurs conseils d'administration ne cessaient de leur mettre de la pression pour qu'ils fassent plus de profits que la compagnie rivale.Qu'ils devaient travailler parfois le samedi.Que ça leur arrivait même de devoir manquer un 5 à 7 dans leur bar préféré.Qu'ils n'avaient plus de temps pour leur famille et presque plus pour leurs maîtresses.Qu'ils vivaient une vraie vie d'esclave.Tout ça, simplement, pour faire mieux l'un que l'autre.Tout ça, à cause de la maudite concurrence.Ils se sont regardés, les yeux mouillés, et ils ont eu la même idée en même temps : « Si on fusionnait, on serait-tu ben ! ?» Plus besoin de faire mieux que l'autre, y'en a plus d'autre ! Depuis ce temps, les deux PDG passent leurs journées à jouer au golf.Et à être riches.Et tous les autres patrons veulent faire comme eux.Et ils sont tous tellement pressés d'avoir du fun qu'ils ne prennent même pas le temps de trouver des noms pour leurs nouvelles compagnies.On fusionne Time avec Warner, comment on va appeler ça ?Time- Warner ! Bonne idée ! Maintenant on fusionne Time-Warner avec American-On- Line, comment on va appeler ça ?American- On-Line-Time-Warner.Quelle imagination ! Imaginez si La Baie fusionne avec Bell.La Baie-Bell ! C'est vendeur ! Imaginez la vie en 2010, si le maire Bourque parvient à fusionner toutes les villes de l'île de Montréal : « Je m'appelle Marc-André Langelier-Lalancette, je travaille chez Métro-Richelieu-Provigo- Loblaw-IGA-Boni-Soir-Jean Coutu-Pharmaprix- Ro-Na-Réno-Dépôt-Eaton-La Baie- Simmons-Ailes de la mode et j'habite à Montréal-Anjou-Saint-Laurent-Outremont- Westmount-Mont-Royal-Hampstead-Montréal- Nord-Montréal-Ouest-La Salle-Lachine- Saint-Pierre.» Remplir un petit formulaire pour devenir membre d'un club vidéo va prendre deux ans ! C'est bien beau que les patrons fusionnent pour avoir plus de fun, mais nous là-dedans, on ne rit pas.Tout le système capitaliste était fondé sur la concurrence.La seule raison pour laquelle une compagnie vendait sa bébelle moins cher que sa rivale, c'était pas parce qu'elle nous aimait, c'était pour pas qu'on aille acheter la bébelle de l'autre compagnie.Là, ils vont pouvoir nous demander le prix qu'ils veulent.Y'en a pus d'autre compagnie.On est fait.En plus, y'aura même pus moyen d'être assuré de la qualité du produit.Maintenant que Mercedes a fusionné avec Chrysler, leurs chars, c'est-tu des Mercedes ou des Chrysler ?Le jour où Ferrari va fusionner avec Lada, quelle sorte de chars ça va donner ?Pis comme la mode c'est non seulement de fusionner avec son concurrent, mais aussi avec celui qui offre le produit complémentaire, est-ce que ça va vous tenter d'acheter une Toyota-Magnus-Poirier ?Le seul avantage, c'est que les préarrangements vont être sur la garantie.Comment nous, les petits consommateurs, pouvons contrecarrer l'omnipuissance des méga-compagnies ?En nous fusionnant, nous aussi.Ce matin, il vous manque du beurre.Ne partez pas tout seul acheter votre livre de beurre chez Métro-Richelieu-Provigo- Loblaw-IGA-Boni-Soir-Jean Coutu-Pharmaprix- Ro-Na-Réno-Dépôt-Eaton-La Baie- Simmons-Ailes de la mode.Vous allez la payer 50 piastres ! Appelez votre voisine, l'autre voisin, votre cousin, votre cousine, votre oncle, vos amis.Eux aussi ont sûrement besoin de beurre.Si c'est Guy qui va au magasin, il va se faire avoir.Mais si c'est Guy-Thérèse-Jocelyn-Claude-Maurice-Jean- Jacques-Sonia-Berthe-Roger-Huguette-Martin- Simone-Richard-Sheila, et que vous achetez 10 000 livres de beurre, vos chances d'avoir un bon prix sont meilleures.Karl Marx a dit : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous.» Les patrons l'ont compris avant nous.Il serait peut-être temps qu'on le fasse.La fusion des individus ! Beau programme ! Moi pour ma part, j'accepterais de fusionner n'importe quand avec Laetitia Casta, Anna Kournikova et Eva Herzigova ! Et vive la mondialisation ! « Veux-tu fusionner avec moi ?» Ça va être la nouvelle phrase à la mode dans les bars.Surtout que maintenant, les patrons ont le temps d'aller à tous les 5 à 7 ! Justement, en parlant de fusion, joyeuse Saint-Valentin ! 00-02-12 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-02-12 15 556 948,50 $ 00-02-12 00-02-11 00-02-12 00-02-12 00-02-11 15 000 000,00 $ 128 706,70 $ 2 530,70 $ 147,50 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.28 175 718 $ 18 000 000 $ 28 février 3 avril PORT DE MONTRÉAL \u2014 ENTREPÔT DE FRET MARITIME ENCAN PUBLIC MARCHANDISES IMPORTÉES SAISIES POUR DÉFAUT DE PAIEMENT TAPIS PERSANS ET ASIATIQUES NEUFS, NOUÉS À LA MAIN, TAPIS PERSANS TRADITIONNELS ET TAPIS ORIENTAUX, EN PLUS DE Rolex President Datejust jour-date Jubilee Piaget Cartier Patek Bijoux Solitaires Bagues Bracelets Colliers Rubis Émeraudes Diamants Belle sélection de diamants solitaires de qualité, enchères Perles estimées entre 1 000$ et 80 000$ MARCHANDISE DÉDOUANÉE \u2014 DROITS ET TAXES ACQUITTÉS Date: le dimanche 13 février 2000 \u2014 Encan à 14 h Inspection publique et inscription à compter de 13 h Lieu: Port de Montréal, 285, rue Prince.Prendre Mc Gill vers le sud, à droite sur William puis à gauche sur Prince.(Stationnement en face) Chaque pièce est adéquatement étiquetée.Toutes les taxes et droits d'importation ont été acquittés sur ladite marchandise.Identification adéquate exigée à l'inscription.Certains articles peuvent être sujets à réserve.L'acquéreur sera responsable de la TPS et la TVQ.Commission d'achat de 15% en sus.Paiement: comptant, cartes de crédit ou chèque visé.Sous réserve d'ajouts ou de retraits.Heritage Auctioneers: 1-800-396-9236.DERNIÈRE JOURNÉE 7LP0601A0213 7LP0601A0213 7LP0601A0213 ZALLCALL 67 21:37:56 02/14/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 Actualités Les nouveaux congés de maternité répondent-ils aux besoins?Depuis que Jean Chrétien en a parlé au lendemain du discours du trône, la question est posée constamment aux femmes enceintes : « Alors, vas-tu profiter du nouveau congé fédéral d'un an ?» Le projet d'Ottawa a frappé l'imagination de tous.Deux fois plus de semaines de congé de maternité.Une année complète.Dès 2001.Tous les éléments de la formule annoncée par le premier ministre en octobre, étaient saisissants.L'impact a été immédiat.Mais au-delà de la belle formule, est-ce que cette idée est réellement si avantageuse pour les mères ?Au Québec, on se pose la question.Même chez les militants qui demandent une amélioration du congé de maternité.Personne n'est contre l'idée de faire durer ça plus longtemps ! Mais il n'y a pas que la durée des congés de maternité qui compte, ajoute-t-on.Il y a aussi les montants d'argent qui sont versés et, élément crucial, l'accessibilité au programme.Pour le moment, d'après ce qu'on sait et à moins que le budget fédéral ne réserve des surprises, le projet de prolongement du congé proposé par Ottawa n'augmenterait pas les montants versés aux nouvelles mères de façon importante et il ne serait pas question, non plus, d'ouvrir le programme à court terme aux travailleuses qui ne sont pas admissibles au programme d'assurance-emploi.Par contre, le gouvernement québécois a déjà prêt, dans son sac, tout un projet de programme de congé de maternité de son cru, qui ne rallonge pas beaucoup les congés en temps mais qui les ouvrent à plus de femmes et les rendent plus payants.Ce projet était prêt bien avant que M.Chrétien ne fasse son annonce dans le discours du trône.Il a été façonné en consultant de nombreux organismes de femmes et il proposait justement de ramener le programme au Québec parce que les priorités s'y avéraient différentes.Avez-vous dit bataille fédérale-provinciale à l'horizon ?Le programme actuel En ce moment, le programme fédéral de congé de maternité et parental est une sousdivision du programme d'assurance-emploi (l'ancienne assurance-chômage) et est donc encadré par les mêmes balises.Il offre aux femmes et aux hommes admissibles 55 % de leur salaire et il comporte une pénalité de deux semaines, sans paie.Les femmes seulement y ont d'abord droit, pendant 15 semaines.C'est le congé de maternité.Puis, le congé parental, qui peut être pris par le père ou la mère, dure 10 semaines.Si le père le prend, il devra lui aussi « attendre » deux semaines sans paie.De plus, le chèque qui doit représenter 55 % du salaire ne peut dépasser 413 $ par semaine (l'équivalent d'un salaire annuel de 39 000 $).Et les mères ou les pères qui font plus de 48 750 $ de revenu imposable durant l'année où ils reçoivent des prestations doivent rembourser au gouvernement 30 % de ce qui dépasse de ce plafond.Le gouvernement ne peut cependant reprendre plus de 30 % du total des prestations reçues.Dans certains cas, cette politique peut réduire les paiements hebdomadaires au quart de ce que la femme reçoit normalement.Le programme prévoit un supplément familial là où la famille au complet gagne 25 000 $ ou moins.Les mères dans cette situation peuvent obtenir jusqu'à 80 % de leur salaire normal.Le programme fédéral actuel n'est pas accessible aux travailleurs autonomes.Et pour y avoir droit, il faut avoir un revenu d'au moins 4 830 $ et avoir travaillé au moins 700 heures durant les 52 semaines précédant le début du congé, ce qui limite l'accès des travailleuses à temps partiel.Les projets de Chrétien et de Marois Ottawa propose de rendre ce programme deux fois plus long.C'est le premier ministre qui l'a dit.Ottawa offrirait 30 semaines de maternité et 20 semaines de congé parental.Mais donnerait-on plus d'argent aux mères, ouvrirait-on le programme aux travailleuses autonomes, faciliterait-on l'accès pour celles à temps partiel ?« Flexibilité et accessibilité » font partie des choses étudiées, dit Charles Nixon, directeur général associé aux politiques du marché du travail, au ministère fédéral des Ressources humaines.Mais, « les montants des prestations sont dans la loi et c'est difficile de changer une partie de la loi », affirme-t-il.Et les travailleuses autonomes ?« C'est quelque chose que le Québec a proposé mais la question est à plus long terme.» Il se pourrait qu'on en sache beaucoup plus dans le budget du 28 février.Quand M.Chrétien a annoncé son projet en octobre, le gouvernement du Québec travaillait déjà sur une proposition bien à lui, qui fait l'objet d'un certain consensus dans la province puisque ses grandes lignes sont acceptées par le Regroupement pour un régime québécois d'assurance parental.Le regroupement est formé de représentants d'à peu près tous ce qui milite en faveur d'une bonification du programme.Ça va de la Fédération des femmes du Québec à Naissance-Renaissance, en passant par les syndicats québécois et plusieurs autres groupes communautaires.Ce programme que Québec veut aussi mettre en marche dès janvier 2001, tranche avec le programme fédéral à plusieurs égards.D'abord, Québec ouvrirait les portes.Les travailleuses autonomes seraient admissibles, le revenu minimum pour accéder descendrait à 2 000 $ et le plancher d'heures travaillées disparaîtrait.Le programme provincial paierait les mères 70 % de leur salaire plutôt que 55 %, avec un plafond de 51 500 $ au lieu de 39 000 $.Le maximum serait donc de 693 $ par semaine au lieu de 413 $.La durée du congé de maternité serait de 18 semaines, au lieu de 15, sans les deux semaines « d'attente ».De plus, le programme accorderait trois semaines de congé de paternité pour le père seulement et sept semaines de congé parental accessibles autant à la mère qu'au père.On reste donc avec le même total de dix.Mais les couples auraient aussi droit à un congé de 12 semaines pour adoption et un congé parental prolongé à 26 semaines pour le troisième enfant et les suivants.En outre, précise Stéphane Perrault, le porte-parole de la ministre Pauline Marois dans ce dossier, Québec ferait disparaître la « récupération fiscale », soit le remboursement du surplus, qui frappe les mères des classes moyennes supérieures.Bref, dit-il, « on ouvre le programme vers le bas et vers le haut.» M.Perreault ne veut cependant pas dire comment le tout serait financé.Ça fait partie des éléments qui sont à négocier, avec Ottawa.Au Québec, on pensait, jusqu'à ce que M.Chrétien lance son idée, que le gros du boulot serait de convaincre le gouvernement fédéral de redonner à la province les millions qui couvrent l'administration actuelle du programme dans la province.Maintenant, les négociations fédéral-provincial (qui en sont seulement au niveau « administratif » pour l'instant) risquent de ressembler à la typique partie de souque à la corde Ottawa-Québec.Les groupes de femmes se demandent d'ailleurs, vu les circonstances, s'il sera encore possible d'avoir quelque chose de prêt pour une entrée en vigueur le 1er janvier 2001.« On a peur d'être encore prises au milieu des vieilles chicanes fédéral-provincial qui vont se faire directement sur notre dos », dit Marie-France Benoit de la CSN et membre du regroupement québécois.Et on se demande pourquoi le gouvernement fédéral agit comme s'il était tout seul.Officiellement, les fonctionnaires disent qu'ils consultent avec les organismes concernés, sur le terrain.Mais au Québec, les groupes qui sont mêlés au dossier disent qu'ils n'ont pas vu l'ombre d'un fonctionnaire consultant ! « On dirait qu'Ottawa agit uniquement pour court-circuiter Québec », dit Claudette Carbonneau, vice-présidente à la CSN.Québec doit d'ailleurs se positionner en faisant une annonce sous peu dans ce dossier, peut-être cette semaine, avant le dépôt du budget fédéral.Du côté des employeurs, on attend.À première vue, la proposition d'Ottawa peut sembler avoir plus d'impact que celle de Québec, reconnaît Gilles Taillon, président du Conseil du patronat du Québec.« C'est vrai, dit-il, que la période de 52 semaines pose de grosses questions de gestion du personnel », reconnaît-il.Mais ce qui agace les employeurs avec le projet de Québec, c'est son financement.On se demande s'il ne faudra pas augmenter les charges sociales des employeurs et qui payera la note.« On nous a dit que pour payer le tout, on entendait récupérer 100 millions du fédéral et ajouter 60 millions supplémentaires d'argent neuf.Mais d'où viendra cet argent ?» demande M.Taillon.« Nous ne sommes pas contre ce genre de mesure sociale, pas du tout, dit le président du CPQ.Mais dans un cas comme dans l'autre, il nous faut en savoir plus.» Marie-Claude Lortie Les femmes ont peur d'être prises au coeur d'une autre chicane entre Québec et Ottawa.Photothèque La Presse © Il est loin d'être acquis que toutes les femmes auront accès au programme proposé par le gouvernement Chrétien. 7LP0701A0213 a07 actus dim 13 f vrier 7LP0701A0213 ZALLCALL 67 00:52:49 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 7 PHOTO FREDERICTON GLEANER Collision frontale fatale Une collision frontale survenue sur l'autoroute Transcanadienne a fait un mort et 12 blessés hier, près de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.Un véhicule utilitaire sport transportant des militaires et une fourgonnette ayant à son bord des membres de l'équipe de lutte de l'Université Mc Gill se sont heurtés violemment, à environ 30 km à l'ouest de Fredericton.L'un des occupants du véhicule utilitaire, John Edward Melville, 25 ans, a succombé, tandis que les 12 autres accidentés ont été transportés à l'hôpital.Les femmes veulent des fleurs et les hommes.de l'amour Presse Canadienne TORONTO Les femmes n'ont pas de difficulté à trouver ce qui fera plaisir à la plupart des hommes à l'occasion de la Saint-Valentin.Elles possèdent déjà tout ce qu'ils désirent.dans la chambre à coucher.C'est ce qui ressort d'une enquête récente faite par des étudiants en marketing du George Brown College de Toronto auprès de 50 hommes et 50 femmes.Le sondage visait à comparer les préférences des deux sexes en matière de cadeaux, mais les étudiants ont été surpris de constater que beaucoup d'hommes rejetaient toute forme de cadeau et préféraient des instants amoureux avec leur compagne.En outre, 29 % ont opté pour le souper aux chandelles.Les ébats sexuels étaient la préférence de 33 % des sujets interrogés, certains conjuguant le souper d'amoureux et la partie de jambes en l'air.Les femmes, de leur côté, ont exprimé un intérêt pour des cadeaux plus romantiques.Un bouquet de roses venait en premier pour 32 % d'entre elles, suivi par un souper (23 %), un bijou (18 %), et de la lingerie fine (13 %).Les amateurs de chocolat constituaient seulement 9 % des répondants.Un conseil pour les hommes : si vous voulez être bien accueillis lundi, dépêchez-vous d'acheter votre cadeau.Les femmes considèrent que la pire des choses que peut leur faire un homme est d'arriver les mains vides.Même une simple boîte de chocolats les met dans de bonnes dispositions. 7LP0801A0213 A8 dimanche 7LP0801A0213 ZALLCALL 67 00:53:08 02/13/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 Les nouveaux Cyrano MARIE-CLAUDE MALBOEUF CCe sont les Cyrano de Bergerac de l'ère moderne.Sauf qu'au lieu de cacher leur nez interminable dans la pénombre \u2014 et de laisser un bellâtre s'approprier leur flamme \u2014, ils se réfugient derrière un nick (un nom de plume pour internautes), le grand secret pour déballer son coeur en plein cyberespace sans se faire reconnaître.Ils s'appellent Wall Street, Trauma (- tisé ?!), Victor Hugo, Joe Bloe, Gros minou ou Baise-moi (sic).Elles sont Bardot, Colette ou Nancybody.Tous sont Québécois et tous sont inscrits dans une agence de rencontres du Web.À moins qu'ils préfèrent échanger leurs réflexions et blagues salées dans les chat rooms, ces sites où plusieurs personnes s'écrivent à la fois, un peu comme elles feraient un appel- conférence.Grands timides, allergiques aux bars ou mordus d'informatique, ils sont des dizaines de milliers à chercher ainsi \u2014 et parfois à trouver \u2014 le grand amour ou l'aventure d'un soir, rivés à leur écran d'ordinateur.La plupart auront un jour ou l'autre envie de se voir.avec tous les résultats imaginables.« Après une journée de travail, t'as pas le goût de te rhabiller et d'aller dans un bar.Surtout quand il faut que tu y ailles à trois pour pas te faire regarder de travers », explique Simone (tous les prénoms ont été changés), une bibliothécaire de Mauricie, qui, après six ans de célibat, a fini par mettre une petite annonce sur Web Séduction.Et par tomber dans l'oeil d'un Montréalais.Après sa rupture, il y a un mois, Philippe, a plutôt opté pour le chat.« Là, ça niaise pas longtemps : T'as quel âge ?Es-tu marié ?T'es vite situé pour pas arriver dans un culde- sac au bout de l'heure », se réjouit-il, lui qui a trouvé sa belle du premier clic ! Efficace, le cyberdating ?« Dans ma pratique, j'ai rencontré plusieurs couples qui s'étaient rencontrés ainsi et ça semble durable.Mais on n'a pas encore beaucoup de recul », répond le psychologue Georges-Henri Arenstein, qui s'intéresse au phénomène depuis quelques années.Au Québec, les agences n'existent que depuis 1997.Mais aux États-Unis, le premier divorce de deux tourtereaux d'Internet a déjà assombri les nombreuses histoires de mariages.« C'est quand même l'engouement parce que les gens ont une immense soif de contacts humains.Et que demander à des inconnus ce qu'ils ont mangé hier, c'est impensable à l'arrêt d'autobus ! », analyse M.Arenstein.Chose certaine, le cyberdating est un vrai bonheur pour les timides, observe le psychologue Jean Garneau.« Internet élimine les obstacles physiques.On écrit à partir de ce « Caché derrière un écran, tu jurerais que t'es un Kevin Costner ! », appuie Philippe.Drogue et mensonges L'envers de la médaille ?La phobie de tomber sur d'horribles menteurs.« Les gars sont très aux aguets.Ils commencent par parler d'amitié.Ils ont peur de tomber sur une grosse laide », constate Albertine, une femme de carrière dans la trentaine qui a elle- même subi quelques chocs : « Sur les 15 gars que j'ai rencontrés, il y en avait dix qui étaient efféminés intolérables.» Le genre de déception qui a convaincu Robert, 40 ans, de tout laisser tomber : « Je me suis rendu au restaurant pour rencontrer une femme qui se disait très bien.Eh bien, elle était très, très obèse, mal peignée, mal mise pis elle m'a dit : Sans te mentir, j'aurais jamais eu de rencontre avec toi.» Pour se préparer, les « vrais » cyberamoureux commencent pourtant par se parler au téléphone, puis s'envoient des photos.« Mais t'as beau avoir fait tout ça, des fois, la chimie passe pas », constate Philippe, convaincu d'avoir eu beaucoup, beaucoup de chance d'avoir eu de quoi garder le sourire en découvrant sa nouvelle flamme sur les marches d'un musée.« Tu t'imagines une voix, mais au téléphone, tu peux te rendre compte que la personne parle vite, qu'elle parle du nez, qu'elle a un accent.Et celle que tu vois peut avoir les cheveux sales, une mauvaise odeur ou pas savoir quoi faire de ses mains ! » « Il y a un gars, j'étais pas capable à cause de la façon dont il usait ses souliers.J'avais jamais remarqué ça avant ! », renchérit Béatrice, une blonde de 28 ans passée à autre chose.« C'est la rencontre physique qui décide tout, confirme Jean Garneau.On peut s'écarter un peu de notre type habituel, mais le réveil peut être brutal quand la personne ne correspond pas du tout à l'image qu'on s'en faisait.» En attendant, il y a des moments magiques.« Tu peux devenir addict facilement, c'est trippant de vivre dans un monde imaginaire », confie Danielle, une Montréalaise qui vit seule avec sa petite fille.« Il y a des noms que j'ai toujours rêvé d'avoir.C'est ben l'fun d'avoir une double vie.» Tombé sur ce genre de rêveuses, Robert a préféré éteindre.« J'avais l'impression que la majorité des filles étaient là pour chercher ce qu'elles n'avaient plus dans leur relation, pour fantasmer », dit-il.Georges-Henri Arenstein a une explication : « L'attrait vient du mystère, dit le psychologue.En ne se montrant pas, on laisse toute la place à l'imaginaire.C'est un appel très troublant, même chez ceux qui sont en couple.On touche le plaisir de séduire et d'être admiré, de jouer un rôle.» Bref, pour les vieux amoureux, c'est un peu comme avoir un amant ou une maîtresse.« Dans les amours virtuelles, on cherche ce qu'on n'a pas avec le partenaire régulier.Sur le chat, il n'y a aucune corvée.C'est quand on éteint, qu'on revient au partenaire, que la vaisselle et le ménage commencent.» Pas surprenant que certains couples se brisent tout.net.Comme celui d'Étienne, un étudiant à la maîtrise de 23 ans, qui vivait avec sa copine depuis quatre ans quand elle a découvert un autre monde.Très vite, les soupçons ont surgi : « Quand elle chattait ou qu'elle prenait ses e-mail, il fallait pas que je sois dans la chambre.» « Je n'ai rien empêché, mais ça me tombait sur les nerfs qu'on ne fasse plus jamais d'activités ensemble.Elle devait faire au moins 30 heures par semaine sur Internet.Et moi je m'endormais devant le hockey.» Aujourd'hui, Étienne a une nouvelle copine et son ancienne se demande toujours comment retrouver son cyberamoureux français.Bibitte Autre cas typique, semble-t-il, celui des coeurs fraîchement brisés, qui cherchent avant tout la bonne oreille.« Les problèmes sortent souvent lors de la première rencontre.Il y en a un qui m'a parlé de son ex pendant une demi-heure », raconte Simone.Albertine est plus crue.« Je suis sortie quatre mois avec un gars.Il arrêtait pas de dire qu'il comprenait pas ce que je lui trouvais.Je te le dis : Bibitte ! bibitte ! bibitte ! » Mais bien des femmes ont surtout peur des Casanova électroniques.« Pour beaucoup, Internet c'est comme un frigidaire à viande.Ils cherchent la bagatelle, assure Simone.Et comme y'a personne qui passe au détecteur de mensonges, certains vont avoir jusqu'à neuf nicks différents, à utiliser selon leur humeur.» Un exemple d'histoire folle ?Celle de Sarah, une Lavalloise de 51 ans, initiée au chat par ses enfants.Conquise au premier clic, elle fréquente pendant près d'un an un bel homme d'affaires.Pour le prendre en flagrant délit de trahison un beau soir qu'elle entre dans le chat room sous un nouveau surnom.Outrée, elle convainc une amie d'attirer son séducteur dans un restaurant de Laval.Où elle lui vide un énorme verre de Coke glacé entre les jambes.« J'aurais pu avoir beaucoup de peine, conclut-elle.Mais là, pas du tout, parce que, pour moi, la personne que j'aimais n'a jamais existé.» Le conte de fées ?Après s'être inscrite à la blague sur Web Séduction l'été dernier, Marie-Jo Demers, 26 ans et un fils de quatre ans, a craqué pour Stéphane.« Au début, je voulais rien savoir.Je me disais : \u2018 Bon, je suis le numéro combien ?' raconte-t-elle.Mais là, on arrive de voyage à Cuba où pour la première fois, deux filles nous ont demandé comment on s'était rencontrés.» Bonjour les clichés MARIE-CLAUDE MALBOEUF Les blondes n'ont peutêtre pas plus de plaisir, mais elles ont drôlement plus de prétendants électroniques.C'est ce qui ressort d'une petite expérience menée par La Presse pour tester un passe-temps auquel s'adonnent des milliers de Québécois tous les jours : le cyberdating, ou les rencontres amoureuses sur Internet (à ne pas confondre avec le cybersexe).Une copine, un cousin.Presque tout le monde connaît désormais un pionnier ayant fixé rendez-vous à un quasi-inconnu après l'avoir apprivoisé dans un chat room, ces sites où n'importe qui peut lire les répliques de 10, 20, 100 personnes à la fois tout en mettant son grain de sel.D'autres remplissent carrément une petite annonce virtuelle pour se magasiner le grand amour (avec outils de recherche, photos et extraits de voix, s'il vous plaît).Tous les jours, les trois plus grandes agences du Québec recrutent chacune entre 200 et 300 nouveaux membres, parfois prêts à payer jusqu'à 15 $ par mois pour chanter la pomme aux 150 000 autres inscrits.Le dénouement ?Comme dans la vie, des gens se rencontrent et se trompent.Certains trouvent le grand amour.D'autres mentent, collectionnent les aventures ou, au contraire, rêvassent.Mais presque tous ceux qui se risquent se laissent d'abord emballer.« Un matin, je suis rentrée au bureau avec un feu sauvage virulent, mal habillée et de mauvaise humeur », raconte Danielle, une Montréalaise vivant seule avec sa petite fille.« Mais mon ordinateur me disait : Vous avez 137 lettres ! Et à travers tous les épais qui me demandaient si j'avais des gros totons, j'étais la femme idéale d'autres.C'est tout un thrill ! Une drogue ! À chaque matin je voulais mon petit message.» « Au début, j'étais presque gênée de magasiner comme ça.Je venais de m'acheter une nouvelle auto sur Internet.Là, je faisais la même chose avec un homme ! », rigole une de ses amies.Pour avoir une idée du phénomène, La Presse a profité de la Saint- Valentin pour placer deux annonces fictives sur Réseau Contact et Web Séduction (où le taux de réponses s'est révélé infime).Nos personnages ?Lili, une « jolie brunette » ayant décroché une maîtrise, 30 ans, « mordue de cinéma, de pays exotiques et de plein air » et Étoile de mer, une blonde diplômée du cégep, 27 ans, « aimant la vie, rigoler avec les amis et danser toute la nuit ».Premier constat (absolument non scientifique) : vive les clichés ! En trois jours, la blonde a reçu presque deux fois plus de messages que la brune (18 à 11), et deux fois plus d'hommes ont pris la peine de faire apparaître sa fiche à l'écran (80 à 46) ! Deuxième constat : ces messieurs sont vraiment sélectifs, puisque ce ne sont pas du tout les mêmes qui ont écrit à chacune.Reste que certaines brunettes devraient peutêtre se ruer chez le coiffeur, car c'est la blonde adepte de danse qui a attiré le plus de diplômés des cycles supérieurs (5) et de globe- trotters (4).Des types au profil bien plus proche de celui de Lili, qui a toutefois su captiver le seul détenteur de doctorat.Et de loin le plus lyrique : « Je tombe sur votre fiche qui m'évoque, autant dans ses quelques mots que dans le non-dit qui sous-tend ses silences, une intensité palpable.et il faut que je parte (.) Au moins, je pourrai rêver à vous sur la Piazza Navona, m'apitoyant sur mon triste sort qui a fait que je n'ai pu vous croiser avant.» Gros contraste avec les « contacte, horreure, vrai choses, rien n'ai acquis, le plein aire me nourrie », etc., d'un de ses rivaux.Ou avec la photo d'un étalon italien en micromaillot de bain, luimême gros comme une fourmi sur un immense fond de mer turquoise (méfiance, méfiance.).Sans oublier Loveseeker, le sosie de Brad Pitt, photographié torse nu, style Cro-Magnon avec une masse sur l'épaule.mais qui « utilise la vaisselle et le ménage pour relaxer » ! Ou enfin l'avocat taillé au couteau, qui a lui aussi égaré son chandail avant de prendre une pose de boxeur.Le propos : feux de foyer et couchers de soleil.D'autres vous annoncent un comique : « Je mange par étapes, le moins bon en premier ».Ou vous attise d'un : « Je m'entraîne au gym avec un entraîneur qui a déjà été Monsieur Montréal ».Et dans certains cas, qu'on se le tienne pour dit : D'Artagnan, de Laval, ne fait pas de cachettes: « J'aime bien dire des conneries et les conneries aiment bien se faire dire par moi ! » Internet permet d'entrer en contact avec toutes sortes de personnes.Reste à passer le test de la première rencontre.La quête du grand amour MARIE-CLAUDE MALBOEUF Les psychologues ont deux façons de voir les amours virtuelles : au mieux, une sorte de thérapie, au pire, la meilleure recette pour connaître d'immenses déceptions.Tout dépend de ce qu'on cherche, vous diront-ils.« C'est certain que si on désire le grand amour, ce sera long et ardu », prévient d'emblée le psychologue Georges-Henri Arenstein, bien que certains de ses patients se soient trouvés sur le Web.La bonne nouvelle : écrire aux inconnus permet de tisser des liens un temps plus intenses, selon son confrère Jean Garneau, qui a écrit et publié un article sur le sujet cet été (au www.redpsy.com).« Au début, les relations ont des chances d'être plus satisfaisantes sur Internet, dit-il.On peut atteindre avec moins de courage un contact de meilleure qualité.» Pourquoi ?Parce que tous les ingrédients sont là pour qu'on développe vite une intimité.Protégé derrière son écran, on peut s'exprimer de façon plus authentique et on a le temps de raffiner sa pensée.On risque moins de se refermer comme une huître.« On ne voit pas l'autre, on n'est pas gelé par son regard bizarre.On peut se laisser aller plus loin et l'assumer plus.À cause de ça, on se sent plus compris.Et quand on obtient une réponse, on peut prendre tout son temps pour la relire », expose encore M.Garneau.Philippe, nouvellement amoureux, a tout de suite été conquis.« Sur Internet, tu commences par les vraies affaires, les choses profondes comme le bonheur ou le sens de la vie.Ça élimine un paquet de choses moins importantes », s'enthousiasme-t-il, heureux de s'être ainsi écarté de son type habituel.« Et après avoir autant échangé, déjà, je sais exactement quel genre de cadeau elle aimerait pour la Saint-Valentin.Exactement le genre de musique qui va faire un hit.» Le hic et non le hit, toutefois, c'est que la première rencontre risque d'être inconfortable.Un peu comme lorsqu'on regrette ses paroles après avoir désaoulé.« Ce que je peux assumer par e-mail ne veut pas dire que je l'assumerai face à face », note M.Garneau. 7LP0901A0213 A9 DIMANCHE 7LP0901A0213 ZALLCALL 67 00:51:26 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 9 Les Québécois plus fougueux que leurs cousins français Voici la deuxième partie de notre enquête sur la sexualité des couples à l'occasion de la Saint- Valentin.On les dit latins, coquins et chauds lapins.Pourtant, les Français seraient moins portés sur la chose que les Québécois, selon un sondage SOM-La Presse dont nos fiers cousins ne se remettront pas de sitôt ! Quarante-deux pour cent des hommes québécois ont des pensées sexuelles au moins trois fois par jour, alors que les Français ne sont que 24 % à en avoir autant.Ces chiffres chutent à 24 % pour les Québécoises, contre 9 % pour les Françaises.L'enquête SOM-La Presse a repris les mêmes questions que celles posées dans le cadre d'un vaste sondage Ipsos mené aux quatre coins de l'Hexagone et publiées dans l'édition du 22 janvier du Figaro magazine.Nous nous sommes ensuite amusés à comparer les chiffres.Résultat, la Nana et son Jules sont loin d'être au bord de la dépression, mais ils sont tout de même moins comblés au lit que la Blonde et son Chum.En général, 79 % des Québécois sont satisfaits de leur vie sexuelle, contre 70 % des Français.Pas moins de 85 % habitants de la Belle Province soutiennent par ailleurs que le désir qu'ils éprouvent pour leur moitié d'orange est toujours aussi fort qu'avant.Les Français, eux, ne sont que 70 % à l'affirmer.De l'une : les Québécois sont des amants passionnés.ou de fieffés menteurs ! Ces résultats n'étonnent pas le moins du monde notre correspondant à Paris, Louis- Bernard Robitaille, auteur du livre Et Dieu créa les Français.Selon lui, le mythe des chauds lapins est un parfait contresens.« Les mâles français draguent souvent les étrangères parce qu'en France, ils n'arrivent à rien ! » « En France, on ne peut pas entrer dans un bar et en repartir le soir même avec quelqu'un, comme à Montréal.D'ailleurs, un parfait inconnu qui arrive à Paris a intérêt à se remuer beaucoup pour arriver à ses sombres fins ! » M.Robitaille ajoute que les Français sont, en général, très jaloux de leur vie privée.« En Amérique du Nord, les gens répondent beaucoup plus librement à des questions de ce g e n r e q u ' e n France.Ici, on aime bien parler, faire des blagues sur le sujet, mais dire exactement ce qui s'est passé et combien de fois, pas du tout.» Les autorités françaises s'y sont d'ailleurs cogné le nez en finançant à coup de millions une enquête ambitieuse sur la sexualité de la population.« Les résultats n'avaient aucun sens ! Par exemple, seulement 1,5 % des gens disaient avoir eu un jour un semblant de début de rapport homosexuel, aussi timide soit-il.C'est un peu sous-évalué, non ?» Un sujet tabou Guy Larocque, analyste de la maison de sondage SOM, a un tout autre avis sur la question.Selon lui, les Français sont plus familiers que les Québécois à ce genre d'enquêtes, pour la simple raison que le marché est plus vaste et que les magazines qui commandent des sondages sur les habitudes sexuelles sont beaucoup plus nombreux.Dans ce contexte où les enquêtes sexy sont pratiquement entrées dans les moeurs, les Français se sont peut-être confiés avec plus de sincérité que les Québécois, plus habitués à répondre à la sempiternelle question référendaire qu'à ce qui se passe dans leur lit.« Moi, cette question-là, je suis bien tanné de la poser ! » laisse tomber M.Larocque.Reste qu'ici comme à l'autre bout de l'océan, l'hypothèse du mensonge \u2014 ou plus scientifiquement du phénomène de la « désirabilité sociale » \u2014 laisse immanquablement planer certains doutes sur la réelle valeur des sondages qui concernent la sexualité, un sujet encore tabou dans plusieurs foyers.« La désirabilité sociale, c'est lorsque les gens répondent ce qu'ils croient que la majorité va répondre, plutôt que ce qu'ils ont vraiment envie de dire », explique Gilles Trudel, professeur de psychologie à l'UQAM.« On répond en fonction de ce qu'on perçoit être la norme, ajoute son collègue Serge Tremblay, professeur en sexologie.Les sondages de ce genre reflètent toujours un taux plus élevé de satisfaction que la réalité.» En somme, ces enquêtes constituent souvent un miroir déformant qui présente nos coutumes sexuelles sous leur plus beau jour.Lorsque 83 % des Québécois affirment avoir besoin d'éprouver un sentiment amoureux pour leur partenaire avant de se glisser sous ses draps, cela peut en effet soulever un certain scepticisme, admet M.Larocque.« Nous parlons d'une personne qui a répondu à une série de questions au téléphone, dit-il.S'il est 1h10 du matin et qu'elle a sept bières en arrière de la cravate, peut-être qu'elle répondrait différemment ! » SOM SONDAGE Isabelle Hachey Méthodologie Ce sondage téléphonique a été réalisé par SOM, du 28 janvier au 2 février 2000.Au total, 1012 entrevues ont été réalisées auprès d'un échantillon représentatif de la population adulte du Québec.On estime le taux de réponse obtenu à 58 %, alors que le taux de personnes qui n'ont pu être jointes au cours de la période d'enquête se situe à 11 % et la proportion de refus à 31 %.La marge d'erreur échantillonnale sur une proportion estimée est d'au plus 3,4 % au niveau de confiance de 95 %.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse© La Nana et son Jules sont loins d'être au bord de la dépression, mais ils sont tout de même moins comblés au lit que la Blonde et son Chum.Coup de foudre, mode d'emploi SOPHIE CARQUAIN Le Figaro «Un monde sans rencontres serait un monde de glace », écrit le psychiatre Boris Cyrulnik (1).Heureusement, il y a les coups de foudre qui vous vrillent d'un battement de paupières.Magie de l'instant : est-ce une histoire de molécules, un parfum de rose, la qualité de l'air ?Une fraction de seconde suffit pour que Cupidon décoche sa flèche.Qu'il s'appelle « hitomebore » au Japon, « love at first sight » en Angleterre, le coup de foudre nous propulse dans un monde parallèle.Et dans un état second.Fantasme ou réalité ?D'après le désormais rituel sondage des éditions Harlequin, 43 % des hommes et 39 % des femmes déclarent avoir déjà succombé, les messieurs se sentant physiquement « hypnotisés » tandis que les femmes avaient le sentiment d'avoir « rencontré celui qu'elles aimaient depuis toujours ».La palme des « foudroyeurs » revient aux Mexicains, qui sont 71 % à déclarer l'avoir connu, suivis par les Danois et les Italiens (67 % des beaux Transalpins).Enfin, symptôme d'un monde hypermatérialiste ?61 % des Américains et 50 % des Canadiens ont déjà vécu l'expérience, et les Japonais, eux, n'y croient pas le moins du monde.(2) Que se passe-t-il au juste pendant cette brève « syncope » d'avec le réel ?Psychologues, ethnologues, sociologues (dont Alberoni) ont tous essayé d'analyser cette équation chimique.Résultat des recherches : le hasard existe peu.Nous rencontrons ceux que nous reconnaissons comme nos frères \u2014 la fameuse moitié d'orange ! Pour la psychologue Sylvie Tenenbaum (3), le premier regard est riche de promesses : « On reconnaît en l'autre quelque chose qui nous est familier.Un signe, un écho de quelque chose que nous avons vécu, dans notre enfance.En tombant amoureux, on promet inconsciemment de s'aider.Reconnaître en l'autre un peu de soi, jouer à l'autre.ça n'est possible que si l'on est disponible, prêt à « exploser » hors de soi.C'est ce que le sociologue Jean-Claude Kaufmann explique dans sa « théorie du bernard-l'ermite » : « Nous rêvons tous d'être des bernard- l'ermite, c'est-à-dire de nous débarrasser de notre ancienne coquille, notre ancien « soi » pour vivre une autre vie.Seules les rencontres nous en offrent vraiment la possibilité, et c'est pourquoi elles sont magiques.Magnétique, spectaculaire, le coup de foudre fait les plus belles histoires d'amour.Au palmarès des éblouissements les plus célèbres, vient en tête Titanic (25 %), suivi par Autant en emporte le vent (24 %) puis par Sur la route de Madison (9,5 %).Tout commence par un moment d'égarement, un microtremblement de terre.Rappelez-vous la rencontre entre Jack et Mary, sur le pont du Titanic, celle de Scarlett O'Hara (Vivian Leigh) et Rett Butler (Clark Gable) au bas de l'escalier, ou encore de Charles (Hugh Grant) et Carrie (Andie Mac Dowell), à l'église : un moment d'égarement, un regard qui vacille, un rêve.Dans le « mélo » de Clint Eastwood, Sur la route de Madison, le coup de foudre est magnétique : Francesca, la mère de famille 100 % yankee, est littéralement hypnotisée par Robert, le beau photographe.Elle bafouille en lui parlant, se trompe, l'accompagne.Et ils ne se quittent plus.Bien sûr, parce que les gens heureux n'ont pas d'histoire, le « coup de foudre compliqué » est le plus apprécié sur grand écran.Syndrome Roméo et Juliette : Jack (Leonardo Di Caprio), passager de quatrième classe, tombe amoureux de la très aristocratique Mary (Kate Winslett) dont on lui dit : « Inutile de la regarder, elle n'est pas faite pour toi.» Comment Francesca, mère de famille américaine, enlisée dans sa « vie de détails », aurait- elle sa chance auprès du photographe bourlingueur ?Quant au jeune libraire de Nottinghill, aurait- il seulement rêvé de conquérir l'extravagante Anna (Julia Roberts) ?C'est là, dans ces rencontres improbables, que débute le fantasme du cinéma.Moteur : tous les rêves sont permis.Et peu importe si ça dure après la pellicule.(1) La Rencontre (Autrement).(2) Sondage réalisé par les éditions Harlequin auprès de 6626 hommes et femmes, en juillet 1999 dans 22 pays de l'Allemagne à la Chine en passant par le Danemark, l'Espagne.(3) Auteur de Gérer son couple (Inter Éditions).« Nous rêvons tous d'être des bernardl'ermite, de nous débarrasser de notre ancienne coquille pour vivre une autre vie.» 7LP1002A0213 a12 tcons dim 13 f vrier 7LP1201A0213 ZALLCALL 67 00:54:55 02/13/00 B A 10 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 Têtes d'affiche Adressez vos communiqués à: Têtes d'affiche La Presse 7, rue St-Jacques Montréal H2Y 1K9 L'art thérapeutique s'expose Mercredi soir, la galerie Les Impatients était pleine à craquer.Une foule rare au quatrième étage de la Chapelle historique du Bon-Pasteur où normalement, le calme règne.Évidement, puisque la semaine, des artistes y sont à l'oeuvre et que c'est bien connu, les artistes aiment créer dans la tranquillité.Sauf que les artistes qui viennent aux ateliers des Impatients ont rarement l'esprit tranquille : ils ont ou ont eu des problèmes de santé mentale.Ces ateliers leur sont offerts grâce à la Fondation pour l'art thérapeutique et de l'art brut du Québec, une organisation qui commence à peine à faire parler d'elle malgré sa dizaine d'années d'existence.À l'origine de la Fondation se trouve un projet-pilote d'atelier d'art à l'Hôpital Louis-H.Lafontaine qui a donné des résultats surprenants.Les patients avaient tiré de grands bénéfices à s'exprimer au moyen de pinceaux et de peinture.Aujourd'hui, la Fondation offre des ateliers à quatre endroits à Montréal, dont le dernier-né, à l'Institut Pinel.C'est maintenant au grand public de voir les résultats de ces ateliers.C'est la deuxième année qu'on présente l'exposition Parle-moi d'amour qui mélange des oeuvres d'artistes professionnels à celles d'artistes ayant participé aux ateliers d'art thérapeutique.Sur les cimaises de la galerie se trouvent donc, confondues, 140 oeuvres inspirées du thème de la Saint-Valentin.La plupart sont des peintures, mais on retrouve également des collages, photos et autres techniques mixtes.Les artistes professionnels qui participent à l'exposition ont des approches on ne peut plus différentes les unes des autres (par exemple, Marcelle Ferron, Bruce Roberts et Danielle Ouimet sont de la partie !).Le plaisir est de découvrir lesquelles de ces oeuvres petit format sont faites par des artistes professionnels et lesquelles sont faites par des participants aux ateliers ! L'exposition se poursuit jusqu'au 27 février et tout ce temps, les visiteurs pourront participer à un encan silencieux, c'est-à-dire que les gens peuvent miser sur une oeuvre qui leur a particulièrement plu.La toile sera remise au plus offrant.Les profits de l'encan seront utilisés par la Fondation pour financer les ateliers.La galerie Les Impatients est située au 100, rue Sherbrooke est, 4e étage et est ouverte du mardi au vendredi de 11 h à 17 h et les samedis et dimanches de 13 h à 16 h.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Les visiteurs de la galerie Les Impatients ont jusqu'au 27 février pour participer à l'encan silencieux de la Fondation pour l'art thérapeutique et de l'art brut du Québec.Dans l'ordre habituel, Jean-Marie Toulouse, directeur des HÉC, l'ex-premier ministre du Québec, M.Jacques Parizeau, son frère, M.Robert Parizeau, président du conseil d'AON-Parizeau, M.Georges Dionne, titulaire de la chaire de gestion des risques, aux HÉC, et M.Claude Morin, directeur du département d'histoire de l'Université de Montréal.Les Parizeau honorent leur père Des cartes de Noël qui rapportent gros! Dans le cadre de la campagne nationale reliée au programme « Opération enfant soleil », la Banque de Montréal a remis une somme de 12 138 $ à la Fondation de l'Hôpital Sainte- Justine.Cet argent provient de la vente des cartes de Noël de l'institution bancaire.Sur la photo, M.Michel Séguin, directeur principal, Centre de prêts aux investissements à la Banque de Montréal, remet le précieux chèque à la directrice des événements spéciaux à la Fondation de l'Hôpital Sainte-Justine, Mme Andrée Maufette.Tout cela, sous le regard vigilant de Cachou, la mascotte de la Fondation.Les frères Robert et Jacques Parizeau ont rendu hommage à leur père, Gérard Parizeau, en annonçant jeudi dernier la création d'un nouveau prix de 30 000 $, d'une nouvelle série de conférences et d'un fonds, tous en son nom et visant à encourager l'excellence en histoire et en assurances.En plus d'avoir engendré un premier ministre, Gérard Parizeau a mené une brillante carrière dans le monde de l'assurance, en fondant la société Sodarcan et en enseignant à l'école des HEC.Puis, passé l'âge de la retraite, il s'est lancé dans une nouvelle carrière en histoire en publiant notamment une série de livres sur le XIXe siècle au Québec.Voilà pourquoi les prix annuels Gérard-Parizeau seront gérés en alternance par les HEC et le département d'histoire de l'Université de Montréal.Pour la première année, le prix sera remis à une personne qui a marqué l'univers de l'assurance au Québec (et qui a probablement connu M.Parizeau).Le critère principal pour choisir les récipiendaires des prix et les conférenciers : « Il faut que le calibre soit élevé ! ».« C'est le message principal que nous a livré la famille Parizeau », a expliqué le directeur des HEC, Jean-Marie Toulouse.Le premier conférencier sera Michel Crouhy, un ancien professeur de finances à l'École des Hautes études commerciales à Paris, qui est maintenant vice-président de la division gestion de risques à la banque CIBC à Toronto.Il parlera le 4 avril à 16 h, aux HEC, à Montréal.Un prix Mérite L'Association internationale des professionnels de la communication remettait, lors du Gala Ovation qui s'est tenu récemment, un prix Mérite au programme de communication entourant Équip Action.Sur la photo, Monique Dépatie (au centre) du service des affaires publiques de Molson est entourée de Christine Fréchette et Matthieu Sauvé, respectivement conseillère en communication marketing et vice-président au Cabinet de relations publiques National.Tous trois montrent fièrement leur Prix Mérite.Rappellons qu'Équip Action est un programme d'action communautaire par lequel Molson a donné des subventions à des citoyens qui désiraient, bénévolement, améliorer des installations sportives ou de loisir existantes dans leur environnement.Une nouvelle salle de cours chez Intégration Jeunesse L'organisme Intégration Jeunesse du Québec inaugurait plus tôt cette semaine la salle de cours Bell Mobilité dans ses locaux de la rue Ontario, à Montréal.L'aménagement a été rendu possible grâce au partenariat qui existe entre l'organisme et la Fondation Bell Mobilité qui, en plus de cet espace, financera des programmes de formation pour les jeunes adultes sans emploi qui souhaitent réintégrer le marché du travail.À droite sur la photo, M.Luc Arpin, premier vice-président, Québec et ventes aux entreprises chez Bell Mobilité, remet un chèque d'un montant de 30 000 $ à M.Jacques R.Bleau, président du Conseil d'administration d'Intégration Jeunesse du Québec (à gauche du chèque).Ces deux messieurs sont entourés des membres du personnel et du conseil d'administration de l'organisme. 7LP1101A0213 a11 actus dim 13 f vrier 7LP1101A0213 ZALLCALL 67 00:52:18 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 11 EN BREF Violeur jeté en prison n Israel Moret, ancien aide-soignant dans une institution pour déficients mentaux, a été condamné à 11 ans de prison pour avoir violé une patiente dans le coma, qui est tombée enceinte.La victime était âgée de 24 ans et était patiente du Centre de réhabilitation de Town Manor lorsque sa grossesse fut diagnostiquée en octobre 1998.Elle mit ensuite au monde un bébé prématuré, atteint de graves déficiences cérébrales, et qui réclame une assistance permanente, tout comme sa mère.La police avait demandé à tous les employés de sexe masculin de l'institution médicale de fournir des échantillons de sang.C'est grâce à l'analyse de l'ADN qu'ils ont identifié le père de l'enfant.Scooters contre crottes de chiens n Rome est une ville aussi magnifique pour les yeux que dangereuse pour les pieds.Lassés de cette réputation due aux déjections canines qui maculent les trottoirs de l'éternelle cité, les autorités municipales romaines viennent de déployer une première brigade de cinq scooters anti-crottes.Ces engins, apparemment inspirés des motos qui officient depuis des années sur les trottoirs parisiens, sont équipés d'une longue trompe aspirante reliée à un réservoir.Ils peuvent également projeter de l'eau pour venir à bout des taches les plus tenaces.Cinq scooters ne pourront suffire face au pouvoir de nuisance des 200 000 chiens que compte la ville.Mais les autorités prévoient d'en acquérir d'autres si l'expérience donne des résultats.La municipalité s'est également engagée à sanctionner les propriétaires de chiens.Fanatique anti-condom débouté par la justice n La justice américaine a débouté vendredi un pharmacien juif orthodoxe qui refusait de vendre des préservatifs pour raison éthique.Il avait porté plainte contre une société qui avait, pour cette raison, refusé de l'engager.Hillel Hellinger, juif hassidim de 41 ans, père de neuf enfants, refusait de vendre des préservatifs et la société Eckerd, affirmant qu'elle ne pouvait lui trouver un emploi sans porter tort à la clientèle, avait refusé de l'engager en 1995 pour un emploi à temps partiel.M.Hellinger avait alors réclamé des dommages et intérêts d'un montant indéterminé pour préjudice moral, ainsi que 100 000 dollars d'arriérés de salaire virtuel et le poste en question.Un jury fédéral de Floride l'a débouté et a donné raison à la société Eckerd, qui possède 2900 pharmacies dans une vingtaine d'États.Un Rodin à 1,99$ n C'est ce qu'on appelle une bonne surprise.Une femme qui avait acheté dans une boutique d'occasions un tableau représentant une jeune fille dansant, pour la modique somme de 1,99 $, a découvert un peu plus tard qu'il s'agissait en fait d'un original d'Auguste Rodin, d'une valeur de 14 000 $.Ce qui a attiré mon regard, c'est l'état du cadre, a expliqué Joan Comey-Smith.Elle s'est alors approchée et a vu le nom de Rodin écrit.« J'ai pensé : \u2018 je connais ce nom.' ».Regardant le prix, elle a alors pensé faire une bonne affaire : « cela doit être une copie », a estimé Mme Joan Comey- Smith.Mais ce n'était pas une copie.Elle a appris plus tard que le tableau était en fait un original de Rodin.PHOTO AP Beaucoup de poissons morts échouent sur les berges de la Tisa, près de Belgrade.Une nappe de cyanure tue une rivière en Yougoslavie MISHA SAVIC Associated Press, BELGRADE Une rivière morte.Aucune vie n'a survécu dans la rivière Tisa au passage d'une nappe de cyanure partie de Roumanie et qui, après avoir touché la Hongrie, est entrée en Yougoslavie.C'est peut-être la catastrophe écologique la plus grave qu'ait connue l'Europe depuis Tchernobyl.En à peine deux jours, la pollution a déjà provoqué la mort de 80 % des poissons de la rivière en Yougoslavie, selon des responsables locaux.La commissaire européenne en charge des transports et de l'énergie, Loyola de Palacio, a estimé jeudi, à l'issue d'une rencontre à Budapest avec le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi, qu'il s'agissait « d'une catastrophe de dimension européenne ».C'est une mine d'or roumaine située à Baia Mare, à 70 km de la frontière hongroise, qui est à l'origine de la pollution.On y utilise le cyanure pour extraire l'or des métaux.Le 30 janvier dernier, des inondations ont provoqué la rupture de la digue de décantation de l'usine.Le poison s'est alors déversé dans la rivière Samos, qui se jette dans la Tisa en Hongrie.« Il y a d'énormes quantités de poissons morts qui flottent à la surface et la nappe continue de s'étendre », s'alarme Atila Juhas, maire de la ville de Senta, dans le nord de la Yougoslavie.« La Tisa est une rivière morte.Toute vie, des algues aux truites, y a été détruite », renchérit Istvan Backulin, maire d'une autre ville touchée.« La nappe ne laisse rien de vivant derrière elle ».Les responsables de plusieurs villes touchées du nord de la Yougoslavie ont donc décidé de se rassembler samedi en réunion extraordinaire à Senta pour étudier la situation, alors que les habitants de la région étaient mobilisés pour ramasser les poissons.Par précaution, les restaurants de la région ont déjà retiré le poisson de leur menu.Selon l'agence de presse yougoslave Tanjug, la concentration de cyanure dans l'eau de la Tisa, mesurée près de la frontière hongroise, était hier à midi de 0,07 milligramme par litre, contre 0,13 milligramme quelques heures plus tôt.La nappe progresse désormais vers le sud, à une vitesse de 4km/h, menaçant directement le Danube.Les eaux polluées de la Tisa devraient en effet se mêler au fleuve aujourd'hui.Mais les dégâts sont d'ores et déjà considérables : selon des écologistes yougoslaves, cités par l'agence Beta, il faudra des années avant que la vie renaisse dans la Tisa.FILL88 7LP1202A0213 A10, dimanche, MONDE 7LP1001A0213 ZALLCALL 67 00:54:49 02/13/00 B Monde A 12 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 Iran: la fin des mollahs?Le peuple iranien va aux urnes vendredi ; un sourd cri de liberté est audible FRED A.REED collaboration spéciale, TÉHÉRAN C'est l'apocalypse pour les uns.L'aurore pour les autres.Le 18 février, les citoyens de la République islamique iront aux urnes pour élire leurs représentants au 6e madjlis, le parlement islamique.Jamais les enjeux d'un scrutin iranien n'auront été si limpides.Mine de rien, le mouvement de réforme déclenché par l'élection de M.Mohammad Khatami le 23 mai 1997 s'est transformé, deux ans plus tard, en une force quasi irrésistible.Le régime des mollahs au pouvoir depuis 20 ans sent le moisi.Seule ombre au tableau pour les forces de renouveau : trop de candidats et de candidates \u2014 plus de 5000 dans tout le pays \u2014 se disputent les 290 sièges, au risque d'un vote divisé.Mais la puissance de la poussée démocratique ne se dément pas.« L'Iran aux Iraniens ! Sécurité, bien-être, liberté ! Justice sociale, pleins droits aux femmes ! » scandent les immenses affiches qui bordent les grands boulevards téhéranais.D'autres proclament haut et fort : « Je veux vivre en paix, dans un climat politique calme, dans l'espoir d'un développement durable ; fier dans la souveraineté nationale ; miséricorde dans la solidarité sociale.» Du jamais vu, dans un pays où la politique passait obligatoirement par la religion.En ce 21e anniversaire de la révolution qui renversa la dictature de la dynastie des Pahlavi, un rituel célébré en grande pompe, ceux qui se prétendent interlocuteurs privilégiés de Dieu ne savent plus à quel saint se vouer.Devant l'érosion de son emprise sur les esprits, la caste cléricale réagit en prodiguant anathèmes, menaces et provocations.Dans un quotidien de la capitale, une caricature représente un mollah très en vue sous forme de crocodile, coiffée d'un titre peu flatteur.Sous le choc du tabou entamé \u2014 on ne se moque pas du clergé \u2014 une « grève divine » est aussitôt déclenchée dans la ville sainte de Qom.Quelques jours plus tard, des explosions retentissent dans le quartier névralgique de Téhéran où se situent le palais présidentiel et la résidence du Guide suprême, M.Ali Khamene'i.À la solde de Saddam L'acte est aussitôt revendiqué par les Moudjahaddines du peuple, organisation terroriste à la solde du dictateur irakien Saddam Hussein.Mais malgré cela, l'opinion demeure convaincue qu'il s'agit plutôt d'un coup monté, d'une provocation.« Ils sont prêts à tout pour créer des tensions », lance le philosophe Abdolkarim Sorouch, qui nous reçoit dans son bureau en face de l'Université de Téhéran.« Ils ont peur de tout perdre.» Les signes d'un certain affolement du côté du pouvoir ne manquent pas.Faisant preuve encore une fois de l'immense cynisme qui a marqué sa longue carrière, M.Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, autrefois président de la République, a effectué un retour très remarqué en politique pour solliciter un mandat de député.Sa décision a été accueillie par un torrent de dérision sans précédent à l'égard de l'un des plus gros canons du régime.« Il a complètement perdu le soutien du public explique M.Ali Akbar Dareini, politologue.« J'ai mené un petit sondage.Il en est ressorti que les gens en ont marre de ce régime, compris dans le sens le plus large du terme.Les répondants ont traité M.Rafsandjani de tous les noms.Nul doute qu'il s'est lancé dans la campagne pour brouiller les cartes, pour semer la division.» Les attaques les plus cinglantes portent sur la fortune amassée par celui qui s'est autoproclamé « chef de la construction » pendant ses deux désastreux mandats présidentiels, ainsi que par sa famille.M.Rafsandjani aurait touché des commissions faramineuses, voire des pots-de-vin de sociétés coréennes, lui permettant de se hisser parmi les dix hommes les plus riches du monde.Que de mensonges, clame Mme Faezeh Hachemi, députée et chef de cabinet de son père, pendant que le feu crépite dans le foyer qui réchauffe son bureau dans une villa luxueuse au nord de Téhéran.« M.Hachemi est devenu prospère grâce au commerce des pistaches bien avant de devenir président.Tout comme ma mère, avant de se marier.Toujours selon Mme Hachemi, connue pour sa défense du droit des femmes à faire du vélo dans les parcs de Téhéran, M.Rafsandjani est celui qui incarne le centre de l'échiquier politique iranien.Dans cette optique, les radicaux « de gauche » seraient aussi dangereux pour la démocratie iranienne que les milices des Ansar-e Hezbollah, ces fiers-à-bras spécialisés dans l'intimidation et le brasse-camarades.Les adversaires du progrès « Le parti des conservateurs se cache derrière des slogans religieux.Il écarte tous ses adversaires comme des ennemis de la religion.J'en étais moi-même victime dans le 5e madjlis, explique-t-elle.Mais les gauchistes se cachent eux aussi derrière des mots comme « liberté » et « développement politique ».Tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux sont traités comme des adversaires du progrès.Malgré la stratégie centriste que prêche Mme Hachemi, malgré la libération anticipée de M.Qolam Reza Karbaschtchi, l'ancien maire de Téhéran et collaborateur étroit de M.Rafsandjani, emprisonné il y a 18 mois à la suite d'un procèsspectacle, tout indique que les électeurs s'apprêtent à administrer une gifle magistrale à celui dont la carrière englobe les années les plus sombres de la République islamique.« Ces jours-ci en Iran, quoi de plus naturel que de lancer des accusations totalement folles », riposte du tac au tac M.Reza Khatami.Frère cadet du président et chef du Front de participation de l'Iran islamique, le regroupement le plus important de la coalition du 2e Khordad, M.Khatami a aussitôt annoncé que la formation qu'il dirige n'accepterait pas que le nom de l'ancien président soit inscrit sur sa liste de candidats.Le geste à lui seul témoigne du chemin parcouru depuis l'avènement de M.Khatami à la présidence.Veut-il changer la nature de l'État islamique, comme le prétendent les ténors durégime ?« L'accusation est inacceptable.Toutefois, nous concevons l'islam en tant que religion dont les principes nous aideront à trouver des solutions aux besoins et aux exigences du monde contemporain.Pour nous, la démocratie fait partie intégrante de l'islam.Les gens voudront que leur gouvernement soit autre chose que strictement religieux.Il n'est plus possible de bafouer la volonté populaire sous prétexte de protéger la foi.» Pas étonnant donc que les autorités, à commencer par le Guide suprême lui-même, voient d'un très mauvais oeil la façon dont la campagne se déroule.Car, implicite dans les slogans des partis se réclamant de M.Khatami se trouve sinon le rejet, tout au moins une prise de distance avec le principe fondateur de la République, celui du Guide suprême qui ne répond de ses actes qu'à Dieu.Un tournant électoral « Nous ne pouvons pas accepter qu'il y ait quelqu'un au-dessus de la loi, si pieux soit-il.Cela dit, quiconque voudrait faire de la politique en Iran doit respecter cette institution, telle qu'elle est définie dans la constitution », dit-il.C'est là que le bât blesse pour les religieux au pouvoir.Car, si la constitution doit être respectée, elle peut aussi être modifiée.C'est précisément cela qu'il faut faire, soutient M.Davud Hermidas Bavand, professeur de relations internationales à l'Université Djafa'ar Sadeq, l'école qui forme l'élite de la fonction publique iranienne.« Comment réconcilier le républicanisme avec l'islam tel qu'on le pratique en Iran ?Voilà notre dilemne », explique celui dont la candidature fut refusée en raison d'un « manque de qualifications religieuses ».« Sous le régime du Guide suprême, nous avons pardessus tout une personne qui ne répond pas de ses actes, mais qui possède une autorité incontestée.Or, dans un régime républicain, le gouvernement est l'agent du peuple en ce qui concerne la prise de décision.Il doit être redevable au peuple.» Pour M.Bavand, comme pour la plupart des gens que nous avons interviewés, les élections du 18 février marquent un tournant.C'est la plate-forme libérale / religieuse qui domine désormais, et qui impose sa propre logique.C'est une logique dictée par les besoins internes, et par des réalités régionales.Car, fait-il savoir, si l'Iran manquait son rendez-vous avec le renouveau, il pourrait non seulement connaître une nouvelle flambée d'agitation sociale, mais aussi un affaiblissement de sa position géopolitique dans la région, où le bon voisinage pratiqué par M.Khatami commence à porter fruit, notamment au chapitre de l'OPEP, où le prix du brut est à la hausse.« Si les conservateurs, contre toute attente, sortent gagnants, il faut prévoir des troubles, ce qui fera le bonheur de certains voisins, dit M.Bavand.» Le danger d'un dérapage est réel, confirme le Dr Sorouch.Mais le chemin parcouru par l'Iran pendant ces deux ans est si long qu'il est difficile de revenir en arrière.« Auparavant, nous avons parlé de liberté.Aujourd'hui, cette liberté est en train de s'établir.Il nous faut désormais parler de justice.C'est ça, le véritable enjeu des élections.L'histoire iranienne du siècle qui vient de s'écouler peut se résumer à une lutte entre le despotisme et ses ennemis, fait-il remarquer.« Nous avons fait trois révolutions en moins de cent ans.Cette lutte se poursuit de nos jours.L'institution du Guide suprême n'est qu'une monarchie déguisée.Mais qu'ils veuillent ou non, le monarque et ses courtisans ne peuvent pas arrêter cette poussée.Ce qui les rend furieux, c'est qu'ils sont devenus spectateurs de leur propre mort.» Spécialiste du Moyen-Orient, l'auteur rentre de l'un de ses nombreux séjours en Iran.Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur cette région du monde.Son dernier livre, Anatolia Junction vient d'être publié chez Talon.PHOTO AFP L'ayatollah Ali Khamenei, leader suprême de l'Iran, s'adressant à une foule à Téhéran.Un salut ou un adieu ?Journalistes vs «turbans» Contestataire, critique, une certaine presse écrite rend la télé publique des mollahs risible FRED A.REED collaboration spéciale, TÉHÉRAN Au coeur de l'affrontement politique qui secoue l'Iran depuis l'élection de M.Mohammad Khatami le 23 mai 1997, la presse écrite peut revendiquer fièrement le statut de combattant de première ligne.Si le gouvernement du 2 Khordad \u2014 la date de son élection selon le calendrier iranien \u2014 n'a pas fait autre chose, il a su libérer la parole publique.Quotidiens et revues contestataires, critiques et impertinents, se disputent à coups de manchettes, rivalisant avec la télévision d'État devenue la risée d'une population lasse de discours-fleuves de mollahs et autres grands turbans.La fermeture de journaux, l'emprisonnement de rédacteurs, le vandalisme ultra-intégriste téléguidé contre les installations : tous les moyens sont bonsmais jusquelà inefficaces pour museler une opinion publique de plus en plus insoumise.Aux grands maux, les grands remèdes.Il y a deux ans, le bureau de M.Ali Khamene'i, le Guide suprême, confie la direction du quotidien Kayhan à M.Hossein Chariatmadari, l'un des porte-parole de l'aile conservatrice du régime.Ce serait toutefois une erreur de taille que de sous-estimer celui chargé de mener la bataille contre les frondeurs et les contestataires du Dovvom-é Khordad, le mouvement qu'incarne M.Khatami.C'est un homme subtil et cultivé qui nous adresse la parole, nous accueillant dans son bureau au quartier général du quotidien, place de l'Imam Khomeini au centre historique de la capitale.M.Chariatmadari récuse d'emblée les étiquettes droite et gauche trop souvent utilisées pour décrire un paysage politique à nul autre pareil.« Il y a, d'un côté, les gens qui croient aux valeurs de l'Islam et de la révolution islamique ; de l'autre, ceux qui y sont opposés.Ces derniers sont peu nombreux, mais ils créent des divisions et sapent l'unité du pays.Leur propagande a fait en sorte que des amis se sont transformés en ennemis », nous explique- t-il.M.Chariatmadari croit dur comme fer que la source de cette zizanie ne se trouve pas en Iran, mais bien à l'extérieur.« Selon les informations dont nous disposons, il existe une similitude entre ce qui se dit ici, et ce qui se dit dans les journaux et dans les radios étrangères.Quand nous entendons de telles opinions chez nous, nous concluons en toute logique qu'elles sont manipulées, sinon dirigées par des centres étrangers.» Prié de préciser, il fait valoir que les arguments et les slogans utilisés sont si proches qu'il ne peut s'agir d'une coïncidence.« Bien entendu, c'est le travail des autorités de les exposer », ajoute-t-il.Dans la campagne électorale, seulement quelques groupements visent, sous le couvert de la réforme, le renversement du système, affirme-t-il fermement.« Mais ils oublient que toute loi adoptée par le madjlis doit être aussi approuvée par le Conseil des gardiens.» Qui sont ces trouble-fête qui voudront défaire le régime islamique ?Il s'agit de certains capitalistes qui se sont enfuis après la révolution islamique, ainsi que de ceux qui se sont enrichis du jour au lendemain pendant la guerre contre l'Irak, explique-t-il.« Mais aussi de ceux qui sont connus pour leurs contacts avec des puissances étrangères, ou qui appartiennent à des groupes illégaux.» Victime des tortionnaires de l'ancien régime, M.Chariatmadari, homme d'une politesse exquise, ne comprend pas toujours pourquoi feu le chah fut soutenu par cet Occident qui aujourd'hui dit vouloir le bien de l'Iran.Aussi pertinente que soit la question, elle est occultée par son propre personnage.Qui est Hossein Chariatmadari ?Nul autre qu'un interrogateur chevronné du ministère de l'Information, ce sombre organisme dont les agents furent impliqués, entre autres, dans la série noire d'assassinats crapuleux d'opposants politiques de novembre 1998.« Quand nous avons publié cette révélation, il s'est défendu en disant qu'il dialoguait avec les détenus ! » C'est M.Akbar Gandji, proche collaborateur du philosophe Abdolkarim Sorouch et journaliste au quotidien indépendant Sobhé Emrouz (Ce Matin) qui parle.« Le dialogue ne peut exister qu'entre citoyens libres, pas entre le bourreau et sa victime.» Au sommet de l'État, enchaîne M.Gandji, il existe ce qu'il appelle une « chambre occulte » dirigée par « son éminence grise » habilitée à autoriser tortures et meurtres par des fatwa secrets.Bien qu'il ne veuille pas préciser, il ajoute : « Nous croyons qu'il y a suffisamment d'indices pour permettre aux gens de l'identifier.Un jeu mortel est entamé en Iran, conclut-il.Quand je les ai nommés, j'en suis devenu participant.Au prix possible de ma propre tête.» 7LP1301A0213 A13, dimanche, MONDE 7LP1301A0213 ZALLCALL 67 00:54:41 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 A 13 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Kofi Annan tient les pays riches responsables de l'échec de Seattle PHILIPPE AGRET Agence France-Presse, BANGKOK La Xe Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s'est ouverte hier à Bangkok avec comme principal objectif d'associer les pays les plus pauvres à la mondialisation.Dans son discours inaugural, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé à une « Nouvelle Donne mondiale » où les bénéfices de la mondialisation seraient répartis équitablement entre le Sud et le Nord.Devant un auditoire acquis à sa cause, M.Annan a critiqué l'égoïsme des nations industrialisées, principales responsables selon lui de l'échec des récentes négociations commerciales de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).« Le cycle (commercial) n'a pas été lancé parce que des gouvernements \u2014 en particulier ceux des premières puissances économiques du monde \u2014 n'ont pu s'accorder sur leurs priorités », a déploré le secrétaire général.« Leurs gouvernements sont tous en principe en faveur du libre échange, mais trop souvent ils manquent de la volonté politique de confronter ceux qui, dans leurs propres pays, en viennent à compter sur des arrangements protectionnistes », a-t-il dit.La Xe CNUCED se déroule au moment où la libéralisation du commerce est vivement contestée au Nord, au moins par une part de l'opinion publique, mais aussi par les pays les moins avancés du Sud.Elle est la première grande réunion internationale depuis le Forum de Davos et la débâcle de l'OMC à Seattle, où s'est cristallisée la contestation anti-mondialisation.« Les manifestations de rue ont reflété les angoisses ressenties par beaucoup de gens face à la mondialisation.Il faut répondre à ces angoisses », a plaidé M.Annan.Un millier de militants antimondialisation ont manifesté dans une atmosphère bonhomme à proximité du centre de conférences de la CNUCED.Encadrés par la police antiémeute, ils ont fustigé le « Nouvel Impérialisme » et réclamé une refonte du système financier international.Sur leurs banderoles, on pouvait notamment lire : « OMC/FMI/ Banque Mondiale - Allez en Enfer ».Dans le cortège bruyant et coloré, figuraient des organisations non gouvernementales, thaïlandaises et internationales, des syndicalistes et 200 ouvriers du textile.« La mondialisation conduit le monde au chaos, à l'inégalité et à la folie », a accusé Doussa Dembele, dirigeant d'une ONG sénégalaise, tout en estimant que la CNUCED « est une bonne occasion de repenser des politiques qui redistribuent plus équitablement les bénéfices de la mondialisation ».Plus de 120 organisations non gouvernementales \u2014 la « société civile \u2014 ont été conviées à s'exprimer en marge de la conférence afin de ne pas confiner la contestation à la rue et d'éviter toute répétition des confrontations de Seattle et Davos.« Votre cause est notre cause », leur a assuré un dirigeant de la CNUCED.La dixième session quadriennale de la CNUCED \u2014 qui comme les précédentes n'a qu'un pouvoir de recommandation \u2014 entend prendre en compte les doléances des pays en développement dans les futures négociations multilatérales commerciales.Cette ambition se heurte néanmoins au relatif désintérêt des pays riches, notamment des États-Unis \u2014 à en juger par leur niveau modeste de participation à la CNUCED, qui est traditionnellement un forum du tiers monde.L'OMC, par la voix de son directeur général Mike Moore, a indiqué qu'elle allait présenter aux pays en développement une série de propositions afin de leur donner un meilleur accès aux marchés développés.Les pays du Sud revendiquent cet accès, notamment pour leurs exportations agricoles et textiles, et se plaignent des barrières tarifaires des nations industrialisées.La Xe CNUCED, qui réunit plus de 100 pays pendant une semaine, adoptera un plan d'action quadriennal et une « déclaration de Bangkok » sur les questions commerciales et l'aide au développement.RUSSIE Tchétchénie n Les forces russes tentent d'encercler les rebelles dans leurs fiefs montagneux du sud de la Tchétchénie et ont affirmé avoir débarqué par hélicoptère plusieurs unités de parachutistes dans cette région qu'ils ont intensivement bombardée.Selon des témoignages, au moins 400 Tchétchènes ont été tués dans les combats et les bombardements des deux dernières semaines dans les villages au sud-ouest de Grozny.L'aviation russe a massivement bombardé les « bases des rebelles » dans les gorges d'Argoun et de Vedeno, deux défilés montagneux du sud.d'après AFP ALLEMAGNE Kohl nie n L'ancien président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Helmut Kohl, a nié avoir menti dans l'affaire des caisses noires qui éclabousse son parti, récusant des affirmations d'un ancien responsable de la CDU, Uwe Luethje, selon un journal.M.Luethje, cité par l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître demain, avait affirmé dans une déposition devant le Parquet de Bonn que M.Kohl avait menti à plusieurs reprises : selon lui, l'ancien chancelier savait pertinemment que des archives secrètes de la trésorerie de son parti se trouvaient dans un coffre en Suisse ainsi que de l'argent et il a fait « sciemment » de fausses déclarations.d'après AFP ZIMBABWE Référendum n La participation au référendum n'a pas été aussi importante que prévue au Zimbabwe où les électeurs devaient se prononcer sur un projet controversé de nouvelle Constitution, considéré comme un test de la capacité du président Robert Mugabe à se maintenir au pouvoir.La radio gouvernementale a fait état d'une bonne participation, mais dans plusieurs bureaux à Harare et aux environs, la participation était faible.d'après AFP FRANCE Manif pro-Ocalan n Quelque 20 000 personnes ont manifesté à Strasbourg en faveur de la libération du leader kurde Abdullah Ocalan, à l'occasion du premier anniversaire de son arrestation au Kenya.Plus de trois cents cars venus de France, de Belgique, d'Allemagne, de Suisse et des Pays-Bas avaient convergé depuis le début de la matinée vers la métropole alsacienne, dans l'est de la France.Selon les organisateurs, la Fédération des associations kurdes de France, cette manifestation est la plus importante organisée en France par les militants kurdes en faveur de leur chef « Apo ».d'après AFP INDE Violence électorale n Au moins vingt personnes, dont quatorze membres des forces de sécurité, ont été tuées au Bihar dans des violences à l'occasion d'élections législatives dans cet État de l'est de l'Inde.Des groupes de guérilla maoïstes avaient appelé au boycottage du scrutin et ont fait sauter deux mines, tuant au total 10 membres de forces para-militaires, et ont attaqué un bureau de vote, faisant quatre morts et six blessés parmi des soldats.d'après AFP IRAN Candidates pro-Khatami n Des femmes partisanes du président réformateur Mohammad Khatami, candidates aux élections législatives de vendredi prochain, entendent se battre en faveur des droits civiques des Iraniennes dans le futur parlement islamique.Cinq candidates, membres du Front de la Participation (FP), proche du chef de l'État, ont longuement présenté devant la presse internationale une série de réformes politiques, sociales et surtout juridiques qu'elles entendent défendre si elles sont élues.d'après AFP PHOTO AP Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, prenant la parole hier à la Xe CNUCED, à Bangkok.Mots durs contre le Nord.Le Hezbollah rapplique, au Sud-Liban Associated Press BEYROUTH Le Hezbollah a une nouvelle fois attaqué l'armée israélienne au Sud- Liban hier, au lendemain d'une attaque qui avait causé la mort d'un septième soldat israélien en trois semaines.Selon des responsables libanais de la sécurité, les combattants chiites ont tiré en début d'après-midi plusieurs missiles TOW sur la base radar de Bayyada, qui surplombe le port de Tyr, à environ deux kilomètres de la frontière israélienne.On ne faisait dans un premier temps pas état de victimes.Selon les Israéliens, les tirs du Hezbollah sont devenus plus précis depuis trois semaines, grâce à ces missiles TOW de fabrication américaine, fournis aux combattants par l'Iran, principal soutien du parti de Dieu libanais.Le chef du Hezbollah a menacé de nouvelles attaques dans les prochains jours, destinées à pousser les forces israéliennes hors du Liban.« Le bombardement des infrastructures du Liban ne protégera pas les troupes d'occupation » israéliennes, a lancé vendredi Sheik Hassan Nasrallah, selon le journal égyptien Al-Ahram.« Au contraire, cela les exposera à des frappes encore plus douloureuses », a-t-il ajouté.Un député du Hezbollah a de son côté averti que son groupe n'excluait pas de bombarder le nord d'Israël et se réservait le droit de frapper n'importe quand.Selon Ammar Musawi, les implantations juives dans le nord d'Israël sont « des cibles tentantes ».« Si Israël veut mettre fin à ses pertes et à son humiliation, elle devrait se retirer (du Liban) dès que possible », a-til affirmé.Samedi, la Ligue arabe s'est à son tour élevée contre la « dangereuse agression israélienne ».Son secrétaire général, Esmat Abdel- Meguid, a téléphoné à l'ambassadeur américain en Égypte, Daniel Kurtzer, pour faire part de la « colère » du monde arabe et musulman et appelant les États-Unis à tout mettre en oeuvre pour stopper l'escalade.Le président égyptien Hosni Moubarak a de son côté appelé à une reprise des discussions de paix, qui, selon lui, « conduirait à un apaisement » de la situation.Moubarak a également demandé à Israël de « cesser de placer des obstacles sur le chemin de la paix » au Proche-Orient.À Paris, le Quai d'Orsay a fait savoir que le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, s'était entretenu de la situation au Sud-Liban avec son homologue iranien Kamal Kharrazi.M.Védrine a souligné « combien il importait que toutes les parties s'emploient à enrayer un processus dangereux », et renouvelé son souhait de voir reprendre la réunion d'urgence du Groupe de surveillance, interrompue la veille par Israël après la nouvelle recrudescence des violences.« Les deux ministres ont rappelé à cet égard l'importance d'un strict respect des arrangements de 1996 », ajoute le communiqué français.Ces arrangements, que le groupe de surveillance (Liban, Syrie, Israël, France, États-Unis) est chargé de faire respecter, assurent notamment la protection des populations civiles.Épreuve de force pour le président indonésien Agence France-Presse JAKARTA Le président indonésien Abdurrahman Wahid est rentré ce matin à Jakarta où l'attend une épreuve de force avec le général Wiranto, son ministre de la Sécurité, qui refuse de démissionner.Le refus du général d'obéir au président indonésien a fait craindre au cours des derniers jours un coup de force de l'armée ou de certains de ses éléments contre M.Wahid, premier président démocratiquement élu en Indonésie.M.Wahid est arrivé à l'aéroport militaire de Jakarta peu après 1 h locale, en provenance de Bangkok, dernière étape d'une tournée de 16 jours à l'étranger.Il a rencontré dès son arrivée la vice-présidente Megawati Sukarnoputri, mais on ignorait si le général Wiranto était également présent à l'aéroport.Plusieurs témoins ont indiqué avoir vu la voiture du général sur les lieux.La question de la démission de M.Wiranto devait être immédiatement examinée lors de cette rencontre, avait auparavant précisé le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Nugroho Wisnamurti.Avant son départ de Bangkok, le président Wahid avait haussé le ton, et averti qu'il changerait son cabinet si le général Wiranto refusait de démissionner.Le président Wahid avait demandé, dès le 31 janvier, la démission immédiate du général Wiranto.Une commission d'enquête venait de recommander que ce général de 53 ans soit traduit en justice pour répondre de sa responsabilité dans les atrocités commises au Timor oriental.Commandant en chef des forces armées et ministre de la Défense au moment du sac de Timor par l'armée indonésienne et ses milices, le général Wiranto assure n'avoir aucune responsabilité dans ces violences.Deux commissions d'enquête, l'une indonésienne, l'autre des Nations unies, ont établi la responsabilité de l'armée dans les violations des droits de l'Homme au Timor oriental au lendemain d'un vote massivement remporté par les partisans de l'indépendance le 30 août 1999.Des centaines de personnes ont été tuées et des centaines de milliers d'autres contraintes de fuir au Timor occidental.« C'est à lui (le général Wiranto) de décider, s'il démissionnera ou pas, mais s'il ne démissionne pas, alors je changerai le cabinet de toute façon, sans lui », avait déclaré M.Wahid aux journalistes en marge de la Xe CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) à Bangkok.« S'il vous plaît, n'écrivez pas que je vais le limoger, parce que je le respecte beaucoup et je lui donnerai une place de choix mais pas dans le cabinet », a ajouté le président, semblant ainsi laisser une porte de sortie au général.Le président a indiqué qu'une annonce serait faite demain.Vendredi, la hiérarchie militaire indonésienne avait pris pour la première fois clairement partie pour le président Wahid.Au fil des jours, le général Wiranto, malgré le soutien ouvert des partis et groupuscules islamistes, est apparu de plus en plus isolé, alors que, au sein même de l'armée, des voix s'élevaient soulignant la nécessité de respecter la loi. 7LP1401A0213 A14, dimanche, MONDE 7LP1401A0213 ZALLCALL 67 00:53:22 02/13/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 Monde Call-Girl! Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale, PARIS Un événement artistique fait courir les bons médias français et étrangers ces jours-ci à Paris : la chaîne Canal Plus, Libération, Beaux-Arts, les grandes stations de radio, la chaîne Arte, une télé américaine, une italienne.Et, divine surprise, ça se passe au Centre culturel canadien, qui accueille pour deux mois une « installation » baptisée Call-Girl et signée Nadine Norman, une plasticienne de Toronto.Le terme peut paraître bizarre puisque l'installation en question consiste pour l'essentiel en neuf jolies jeunes femmes \u2014 comédiennes de leur état \u2014 qui « reçoivent » sur rendez-vous presque tous les après-midi de la semaine.On a distribué en quantité des cartes de visite sur lesquelles on peut lire : « Call Girls \u2014 100 pour cent dialogue \u2014 Rencontres gratuites sur rendez-vous.» Les médias aidant, il y a maintenant deux cents appels téléphoniques par jour au Centre culturel canadien, mais le carnet de rendezvous de nos call-girls est déjà presque rempli jusqu'au 29 février, à raison d'une demiheure par « client ».Cela se passe au premier étage du Centre culturel, où les trois salles d'exposition ont été reconverties pour l'occasion : une « salle d'attente » pour les clients avec, collés au mur, quelques centaines d'adjectifs féminins, depuis « cosette » jusqu'à « salope » ; le « boudoir » est vide, à l'exception d'un fauteuil et d'un canapé de style sans dossier et inconfortable.L'« entretien » d'une demiheure est retransmis par vidéo (sans le son) sur un bel écran géant qui trône dans l'entrée du Centre.Dans une troisième salle, vide et éclairée de néons bleus blafards, votre callgirl vous prend en photo en fin de rendezvous, avant de faire à votre sujet un court « rapport » écrit.Avec l'ensemble des rapports, Nadine Norman entend faire un livre ( ?) ou une exposition.« Insolite et troublant », écrit le magazine Marianne.S'agit-il d'un jeu (amusant ou pas), d'un gadget, d'une « expérience » ou d'une véritable oeuvre « en progrès » ?C'est à chacun de voir mais, mis à part quelques spécialistes outrés par cette futilité, on peut dire que le « milieu » parisien a vraiment plébiscité l'événement.Dans ce domaine artistique, auquel les médias accordent généralement la portion congrue (sauf pour les très grandes expositions), c'est un exploit que d'avoir au moment du lancement deux tiers de page dans « Libé », puis du temps à Nulle Part ailleurs, l'émission de télé la plus branchée en France, et à la radio intellectualissime France- Culture.Ce qu'il y a de vraiment bizarre dans Call- Girl et qui fait autant parler c'est que, justement, on ne sait pas ce que c'est : une saynète que l'on vient jouer avec de jeunes comédiennes ?Une véritable entreprise de drague ?Une séance de psychanalyse gratis ?« La moitié des « clients » viennent avec une attitude de « joueurs », me dit la brune Lola qui, par ailleurs, m'invite à raconter ma vie.Il y a des intellos, des journalistes, mais aussi des acteurs, qui arrivent avec l'intention de mener le jeu.J'ai même eu une jeune comédienne habillée.en call-girl.Mais à la fin (sourire satisfait), je réussis toujours à les déstabiliser.Il y a aussi tous ceux qui viennent, véritablement, pour parler, se confier, et qui comptent pour à peu près la moitié des clients.» Bien entendu, l'ambiguïté (voulue) de la carte d'invitation attire également, en quantité importante, de véritables clients, à la recherche d'un entretien plus physique.Les (fausses) call-girls qui se relaient au téléphone passent donc la moitié du temps à expliquer que pour ce genre de service, il vaut mieux s'adresser ailleurs : ici c'est « cent pour cent dialogue ».n n n Comme on a déjà écrit dans ces pages quelques phrases désagréables pour le Centre culturel canadien de Paris, on ne se privera pas de signaler le changement en cours : depuis un an, le Centre a véritablement changé.Sous l'effet des critiques (reconnaissent les responsables), du bon sens et, finalement, des méthodes vigoureuses de Robert Desbiens, ancien journaliste-télé, en poste depuis une année.Bien que certains lui reprochent d'avoir parfois des manières à la Hopalong Cassidy (de ville), il faut reconnaître que jamais le CCC n'avait changé aussi rapidement, et pour le mieux.Ainsi, on a soudain découvert que l'existence de ce luxueux hôtel particulier (d'une valeur de 25 millions, rénové pour sept millions et fonctionnant avec 1,1 million de budget annuel) aurait plus de sens.s'il avait véritablement des visiteurs.Depuis quelques mois, le Centre est donc ouvert les jeudis et vendredis soirs jusqu'à 22 heures et toute la journée le samedi.La plaque absurde qui annonçait à l'entrée « Les Services culturels de l'ambassade du Canada » a été enlevée, de même que l'invraisemblable portique de sécurité qui achevait de décourager le passant.Brisant les tables de la loi de la bureaucratie, Desbiens va faire installer un coin café au rez-de-chaussée.Et, comme on a supprimé la salle de projection / spectacle, il va utiliser \u2014 sauf pendant les trois mois d'hiver \u2014 le très beau jardin intérieur pour y tenir des événements.Touche finale : tout le design des cartons d'invitation et des catalogues a été changé (pour le mieux).Dans le même esprit, on a la nette impression que la programmation a été repensée pour mettre l'accent sur des événements tout simplement intéressants, ce qui ne semblait pas faire partie des objectifs de la maison jusque-là.En novembre dernier, un colloque littéraire d'une journée a réussi l'exploit d'obtenir une demi-page dans Le Monde.Mais le sujet était amusant \u2014 les pseudonymes en littérature \u2014 et les invités de bon niveau.Dans quelques jours il y aura un débat sur le cinéma et l'exception culturelle, mais avec la participation de Serge Toubiana, directeur des Cahiers du cinéma.Il y a eu, enfin, ce Call-Girl, qui a valu au CCC plus de couverture médiatique, sans doute, qu'aucun centre culturel à Paris n'en a jamais obtenu.« On ne cherchait a priori ni le scandale si le sensationnel, explique Catherine Bédard, la jeune responsable des quatre expos de l'année, on a invité l'artiste Nadine Norman avant même de savoir quel serait son projet, parce qu'on appréciait beaucoup son travail.» Et Desbiens d'ajouter : « Quand on a connu le nom et le contenu du projet, on a un peu sursauté et regardé l'affaire de plus près.pour éviter, comment dire, les dérapages.» Avec de jeunes comédiennes parisiennes \u2014 qui en ont vu bien d'autres dans leur courte vie \u2014 on ne risquait rien de ce côté.Mais enfin, vu la mentalité habituelle des services ministériels, l'opération restait audacieuse.Et, à Paris, l'audace fait partie des qualités qui rapportent.Très joli succès.Deux ex-dissidentes soviétiques dénoncent le «génocide» en Tchétchénie SYLVIE BRIAND collaboration spéciale, MOSCOU Ex-dissidentes soviétiques, Elena Bonner et Larissa Bogoraz continuent de lutter contre le « désordre établi » dans une Russie secouée par un nouveau conflit en Tchétchénie.Fidèles depuis une trentaine d'années à un seul credo, la défense des droits de l'Homme, elles s'opposent farouchement à cette guerre que soutient une majorité de Russes.« Ce n'est déjà plus une guerre, c'est un génocide ! » martèle au téléphone Elena Bonner, 77 ans, la veuve du prix Nobel de la paix Andreï Sakharov, rejointe à Boston où elle se remet d'un infarctus.« Quand un général ordonne d'arrêter aux frontières tous les hommes âgés de 10 à 60 ans, c'est pour moi le mot d'ordre typique d'un génocide en cours », dit-elle en se référant à la fermeture pour quelques jours de la frontière tchétchéno- ingouche à la mi-janvier.« J'imagine qu'ils ont ensuite trouvé ça gênant pour leur propagande et ils ont retiré ce mot d'ordre », reprend-elle.« Les Russes et les Occidentaux ne se rendent pas compte que nous commençons un nouveau siècle, un nouveau millénaire par un génocide ! » s'insurge la plus célèbre des ex-dissidents que d'aucuns appellent la « voix de la conscience » dans un pays où même l'Église orthodoxe soutient l'opération de « nettoyage » en Tchétchénie.Cette guerre sert, selon elle, à d'influents hommes politiques russes, dont le président par intérim Vladimir Poutine.« J'ai parfois l'impression qu'on a drogué tout un peuple de mensonges pour qu'il marche derrière lui », dit Mme Bonner qui ne pardonne pas à M.Poutine ses années passées au sein des services secrets soviétiques puis russes.« Il ne fait aucun doute pour moi que la Russie se dirige vers un état militaro-policier », dit-elle, estimant que si le candidat favori à la présidentielle de mars l'emportait, il s'accaparerait du pouvoir pour au moins deux mandats « ou peut-être plus s'il parvenait à changer la constitution ».« Il y a plein de signes du genre d'État dont rêve Poutine », poursuit- elle en donnant comme exemples le renforcement du potentiel militaire et la création d'un centre d'information sur la guerre qui est « un organe de censure au service de la propagande d'État ».Un gouvernement criminel Elle croit par ailleurs qu'il est « impensable de débloquer des fonds pour la Russie tant qu'elle pilonne la Tchétchénie ».« C'est comme si les Occidentaux avaient accordé un prêt à l'Allemagne nazie au moment où elle attaquait la Pologne », ajoute-t-elle.Elle estime également que le gouvernement russe qui a lancé l'offensive en Tchétchénie est « criminel ».« Je ne veux pas dire que le régime tchétchène soit angélique », précise-t-elle, « mais la criminalité de leur régime découle en grande partie de l'inconséquence et de l'irresponsabilité du gouvernement russe ».« Le précédent conflit russotchétchène (1994-1996) a laissé cette région dévastée, sans ressources, à la merci de ce commerce affreux d'otages et de l'extrémisme religieux comme planche de salut pour une partie de la population », explique-t-elle.« La Russie répète la même erreur en Tchétchénie qu'en Afghanistan.Le régime des Talibans s'est développé grâce à l'invasion soviétique, il est la conséquence d'une guerre qui a laissé un pays et un peuple ruinés », selon celle qui avait été accusée de « calomnie » contre le régime soviétique.« La Russie ne gagnera jamais cette guerre », dit d'emblée Larissa Bogoraz, pour sa part.« À moins de tuer tous les Tchétchènes, notre armée est en train de fabriquer des générations d'ennemis qui n'auront à coeur que de venger leurs proches », souligne cette petite femme de 71 ans au regard doux et las.Quelques années avant que Elena Bonner ne commence à lutter pour les droits de l'Homme, au début des années 70, Larissa Bogoraz faisait déjà circuler en samizdat l'un des premiers témoignages sur les conditions de détention dans les camps post-staliniens.Elle venait de visiter, aussi ahurie que révoltée, le goulag où son premier mari, l'écrivain Iouli Daniel, purgeait une peine de cinq ans pour « diffamation de l'URSS », après un procès retentissant où il avait comparu en 1966 avec un autre écrivain, Andreï Siniavski.Deux ans plus tard, Larissa Bogoraz était à son tour arrêtée et condamnée à quatre ans de travaux forcés en Sibérie.Elle faisait partie de ces sept manifestants qui, le 25 août 1968, avaient protesté sur la Place Rouge contre l'entrée des chars soviétiques à Prague.La manifestation n'avait duré que quelques minutes, des hommes du KGB intervenant aussitôt pour évacuer les manifestants.Aujourd'hui, dans son appartement moscovite, elle préfère ne pas ressasser les méandres noirs du passé.Mais, comme Elena Bonner, elle n'oublie pas à quelle école a été formé l'ancien directeur du FSB (ex-KGB), Vladimir Poutine.« Tout le monde comprend, rien qu'à le voir, que Radouïev (Salman Radouïev, chef de guerre tchétchène) est un psychotique.Mais ce n'est pas tout le monde qui comprend que Poutine est fou », lancet- elle sérieusement.« Quelqu'un qui veut à tout prix une guerre qui fait des milliers de morts parmi les Russes et les Tchétchènes, vous appelez ça comment ?» reprend-elle d'une voix calme, dénonçant l'existence dans cette guerre de camps de filtration.Selon elle, il y a peu de différence entre ces camps de filtration, où lors du précédent conflit les soldats russes faisaient le « TR0 » des civils et des combattants tchétchènes, et les goulags, ces camps de travail soviétiques où son second mari, Anatoli Martchenko, est mort en 1986 après une grève de la faim de 117 jours.Elle estime enfin que les ex-dissidents sont restés ce qu'ils étaient sous le régime soviétique : une référence morale dont le discours « hérétique » n'est pas écouté « parce qu'il ne correspond pas à ce que les Russes veulent entendre ».« J'ai parfois l'impression qu'on a drogué tout un peuple de mensonges pour qu'il marche derrière lui (Vladimir Poutine) », dit Elena Bonner.L'unité des Quatorze contre l'Autriche se lézarde MARIE-NOËLLE BLESSIG Agence France-Presse, LISBONNE L'unité affichée des Quatorze contre l'Autriche s'est lézardée à Lisbonne lors d'une réunion ministérielle de l'Union européenne, présidée par le Portugal, qui a dû gérer tant bien que mal la présence d'une ministre autrichienne d'extrême droite, une première dans l'histoire européenne.Les Quatorze, qui avaient décidé de suspendre leurs relations bilatérales avec Vienne, se sont retrouvés à Douze + Deux, la Belgique et la France décidant de boycotter ostensiblement la ministre autrichienne Elisabeth Sickl, une ancienne « verte » passée dans les rangs du FPOe de Joerg Haider.Cette réunion des ministres des Affaires sociales de l'UE était la première à se tenir après la formation du nouveau gouvernement autrichien, composé de conservateurs et d'extrémistes de droite du parti FPOe de Joerg Haider.Aucune manifestation extérieure n'est venue troubler la tenue de cette réunion, censée préparer le sommet extraordinaire européen de Lisbonne des 23 et 24 mars.À l'intérieur du bâtiment placé sous haute surveillance policière, la tension était grande, accentuée par une présence inhabituellemement forte des médias pour ce genre de réunion informelle.Le Portugal, qui a réussi à se tirer honorablement de la situation, selon les journaux de Lisbonne d'hier, a essayé de gérer la situation au mieux.Le président de la réunion, le ministre portugais du Travail Eduardo Ferro-Rodrigues a serré la main de la ministre autrichienne.Aucune photo ou caméra n'a cependant fixé l'image.La photo de famille, un « must » pour toutes les réunions officielles de l'UE a été supprimée, de même que la partie touristique du programme.Selon M.Ferro-Rodrigues, interviewé par la télévision portugaise SIC, il n'a cependant pas été le seul à serrer la main de Mme Sickl ni à bavarder avec elle.Les ministres française et belge Martine Aubry et Laurette Onkelinx ont voulu quant à elles montrer ostensiblement leur indignation de voir un parti d'extrême droite et « fasciste » assis à la table de l'UE.Dans un geste sans précédent dans l'UE, elles ont volontairement quitté la salle au moment où Elisabeth Sickl a commencé à parler, après avoir vainement essayé de convaincre leurs autres collègues d'en faire autant.Pour Mme Aubry, il fallait faire « un geste symbolique et fort » pour marquer l'événement.Ses collègues n'ont pas été tendres avec elle, le ministre allemand Walter Riester estimant que le geste n'était « pas constructif ».Le ministre a également publié un communiqué sur la nécessité de faire « avancer l'Europe de l'emploi », un des thèmes de la réunion, et sans aucune référence à l'Autriche.Le ministre néerlandais du Travail, Klaas de Vries (socialiste), a qualifié pour sa part cette sortie de « ridicule ».Les ministres européens socialistes avaient pourtant dîné ensemble la veille de la réunion, pour discuter de leur attitude face à l'Autriche.Cette réunion n'est que le début « d'une période qui va être longue et qu'il va falloir apprendre à gérer », a indiqué pour sa part Michel Rocard (socialiste), l'ancien premier ministre français.M.Rocard est député européen et participait à la réunion de Lisbonne en tant que président de la commission des affaires sociales du Parlement européen.La prochaine réunion européenne aura lieu à Bruxelles et rassemblera les ministres des Affaires étrangères des Quinze.L'Autriche sera à nouveau représentée par une femme, Mme Benita Ferrero-Waldner, membre du parti conservateur autrichien. 7LP1502A0213 A15, dimanche, AILLEURS 7LP1102A0213 ZALLCALL 67 00:54:21 02/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 R A 15 L'Afrique du sable, du sida et des armes Les nouvelles d'Afrique \u2014 c'est un lieu commun \u2014 ne sont pas particulièrement bonnes.Comme toujours, les événements nous arrivent par bribes, par flashes apocalyptiques qui laissent voir tantôt des chiffres effarants sur la montée du sida, tantôt un coup d'État comme cela vient encore de se produire, en Côte d'Ivoire cette fois, tantôt des éclats de guerre régionale comme celle qui touche actuellement le Congo où, dans l'indifférence à peu près générale, une demidouzaine de pays sont impliqués.On a tôt fait de refermer le journal et dans l'intervalle \u2014 situation non-événementielle par excellence celle-là \u2014 la désertification suit son bonhomme de chemin au pays du Sahara.Il pousse de drôles de choses, nous dit le New York Times, dans le village d'Araouane, à 250 kilomètres de Timbouctou, dans le nord du Mali : il pousse des dunes.Du matin au soir, les femmes des quelque 30 ménages qui habitent encore Araouane passent le plus clair de leur temps à empêcher le sable d'envahir leur maison.Depuis longtemps, de grandes dunes croissantes ont pris forme autour du village.Maintenant, de petites dunes se multiplient à l'intérieur même du village.Jamais événementielle, la désertification du coeur de l'Afrique reste pourtant l'image la plus constante qui nous soit parvenue de ce continent ces dernières décennies, avec ce que cette désertification charie de misère humaine sous le rapport de la famine.Sûr, la disparition des forêts a joué un rôle clé dans cette désertification.Mais au-delà de l'intervention humaine, les scientifiques commencent à comprendre ce qu'ils appellent les grands cycles climatiques qui affectent ce continent comme le reste de la planète et ils nous prédisent maintenant, sur la foi de leurs recherches historiques, qu'une ère de sécheresse majeure attend l'Afrique.Les grandes sécheresses ont frappé de tout temps et un peu partout.Le professeur Dirk Vershuren, des universités du Minnesota et de Gand, en Belgique, leur attribue la disparition du premier grand empire connu, celui des Akkadiens, en Mésopotamie, il y a 4200 ans, de même que de plusieurs civilisations pré-incas en Amérique du Sud et en partie de la civilisation maya en Amérique centrale.L'étude des cycles de ces vagues de sécheresse annonce pareille catastrophe pour l'Afrique à une date encore indéterminée.Et un chercheur de Berne, en Suisse, Frank Oldfield, estime que le réchauffement en cours de la planète aura un effet beaucoup plus grave sur l'approvisionnement en eau que sur la température comme telle, un continent déjà mal servi comme l'Afrique sous ce rapport étant le premier touché.Les ravages du sida Dans l'intervalle toutefois, le problème le plus immédiat de l'Afrique est celui du sida.L'an dernier, 2,6 millions de personnes dans le monde sont mortes du sida et l'Afrique fut à elle seule le théâtre de 85 % de ces morts, indique une étude de l'UNICEF dont Newsweek fait état.On en est, dans certaines régions d'Afrique, à faire la queue aux portes des cimetières en attendant d'y enterrer les siens, tandis que des morgues fonctionnent 24 heures par jour, sept jours par semaine.Le drame va prendre de l'expansion : 5,6 millions de personnes, des Africains pour la plupart, ont contracté le virus précurseur du sida, le VIH, dans la seule année 1999.Et on prévoit qu'à la fin de l'an 2000 on comptera 10,4 millions d'enfants africains de moins de 15 ans qui ont perdu leur mère ou leurs deux parents à cause du sida.Dans la grande région sub-saharienne, des efforts en santé publique avaient réussi à faire grimper l'espérance de vie à 59 ans ; on anticipe qu'elle aura chuté à 45 ans en 2010.La grande nouvelle sous le rapport du sida, c'est l'étonnante décision que vient de prendre le Conseil de sécurité des Nations unies, à l'instigation des États-Unis, de placer la lutte contre le sida en tête de ses priorités.C'est la première fois que cet organisme s'attaque ainsi à un problème international de santé publique.Entretemps, le drame commence à émouvoir les philanthropes : Bill Gates vient de débloquer 28 millions US dans la lutte au sida.C'est bien peu par rapport aux besoins, qui se chiffrent par milliards.Dans les pays sub-sahariens les plus durement touchés par le sida, l'un des problèmes rencontrés est le tabou entourant la maladie.L'an dernier, une femme sud-africaine qui avait avoué son mal lors d'une entrevue à la télévision fut subséquemment battue à mort par ses voisins dans son village.En septembre dernier, aucun chef d'État ne s'est présenté à la 11e Conférence internationale sur le sida et autres maladies transmises sexuellement tenue à Lusaka, en Zambie.Des espoirs pourtant : si un pays comme le Botswana affiche un taux ahurissant de 25 % d'adultes porteurs du VIH, le Sénégal a réussi à circonscrire le mal à 2 % de sa population (0,37 % en France, 0,18 % aux États- Unis, 0,06 % en Chine).L'Ouganda, longtemps considéré comme l'épicentre de l'épidémie, a réussi à couper de moitié son taux annuel de nouvelles infections dans les années quatre-vingt-dix.L'initiation au condom compte évidemment pour une part importante des programmes de prévention, mais les femmes n'ont guère de pouvoir décisionnel sous ce rapport et de fait, elles représentent en Afrique 55 % des gens porteurs du HIV.Chez les adolescents, les filles sont porteuses du virus cinq à six fois plus que les garçons, principalement à cause de l'emprise qu'exercent sur elles des hommes âgés.Des spécialistes en sont venus à la conclusion que pour des raisons culturelles de cette nature, des substances microbicides introduites dans le vagin pourraient se révéler plus efficaces que le condom.Une soixantaine de produits de ce type sont à l'étude, mais les tests ne font que débuter.Quant au vaccin préventif, sa mise au point reste fort problématique.Les recherches à ce propos ne représentent que 300 millionsUS des quelque 200 milliards consacrés à la lutte contre le sida en général.Le sida plus les guerres On peut être surpris que le Conseil de sécurité des Nations unies ait soudainement choisi de s'attaquer à un problème de santé publique comme le sida.Mais il se trouve que la grande région sub-saharienne ravagée par le mal est aussi celle qui recèle les guerres les plus chaudes de la planète.Une nombreuse équipe de reporters du New York Times faisait le point de la question la semaine dernière, indiquant que les guerres actuelles ayant le Congo comme foyer principal atteignent une ampleur jamais vue dans l'histoire de l'Afrique.Saisissant, le reportage du NYT, repris en manchette du International Herald Tribune de lundi dernier, rappelle que le Congo et les neuf pays qui l'entourent représentent peut-être la région la mieux pourvue en richesses naturelles au monde, avec son diamant, son pétrole, son uranium, son or, ses réserves aquifères, son sol fertile et sa faune.Or cet Éden est le théâtre de guerres récentes qui ont fait des dizaines de milliers de morts et conduit des centaines de milliers de personnes en exil.La faim a atteint des proportions telles qu'on y dévore au passage éléphants et gorilles.Dans le seul Congo, six armées étrangères s'affrontent : 35 000 soldats \u2014 hommes et enfants \u2014 s'y battent pour une panoplie de raisons.Certains sont là pour protéger le régime du président Laurent Kabila, d'autres pour l'abattre.Pendant que la richesse du pays en fait baver certains, d'autres entretiennent les rivalités hutus-tutsis.Politiquement, ni Kabila ni les rebelles du pays n'ont la faveur des populations.Le Conseil de sécurité des Nations unies a en tête le projet de déployer une force de 5500 militaires pour gérer le cessez-le-feu décrété l'été dernier, mais ne le fera que si la paix effectivement revient, ce qui n'est pas le cas.Le caractère minuscule de cette force dans le contexte fait rire certains observateurs.Dans l'intervalle, l'Afrique du Sud, grande voisine de la région, fourbit ses armes.Le Washington Post signale que le pays, qui ne se connaît pas d'ennemis et qui n'a pas d'argent, s'engage dans un budget d'acquisition d'armes modernes de 5 milliards US : sousmarins et destroyers allemands, hélicoptères italiens et avions de combat britanniques.L'Afrique du Sud n'aura jamais monté une liste d'épicerie aussi considérable.Cet espace africain, le Congo et neuf pays environnants, est probablement le plus riche de la terre, avec ses diamants, son or, son pétrole et une fertilité remarquable.Comme par hasard, c'est aussi l'espace de la terre où les guerres sont les plus féroces.Six pays, plus une ribambelle de milices, sont militairement actifs au Congo.Et en prime, la région est, de loin, celle qui enregistre le taux le plus élevé de sidéens au monde.Résurgence Convergence Véhémence Démence n Il y a quelque chose qui cloche dans toute l'opération Europe vs Autriche, à la suite de l'arrivée au pouvoir de « l'extrême droite » en Autriche, pouvoir partagé avec un parti de centre droite.La majorité des médias d'Occident ont fait grand état \u2014 textes et photos \u2014 des manifestations qui ont « envahi » Vienne en guise de protestations contre l'événement.Dans les faits, de modestes foules chaque jour ont pris part à ces manifs.(Une semaine plus tôt à Madrid, plus d'un million de personnes manifestaient contre un meurtre attribué au mouvement souverainiste basque ETA.Et c'est passé presque inaperçu.) Les médias ont joué gros les réactions à l'avènement du parti de Joerg Haider au pouvoir, mais les commentaires critiques des réactions qu'il a suscitées sont demeurés discrets.William Pfaff, dans le Los Angeles Times, rappelle certains faits, eu égard au processus démocratique : le parti de Joerg Haider a fait élire ses députés régulièrement et démocratiquement ; la coalition formée entre son Parti et les conservateurs modérés était la seule possible dans les circonstances de la vie politique en Autriche.Laissez jouer la démocratie, dit le chroniqueur, et laissez la chance aux coureurs.Le nationalisme teinté de xénophobie d'un Haider n'est pas pire que celui d'un Ross Perot.n On n'en a que pour le sida dans les grands médias, tellement les chiffres à ce propos sont effarants, mais d'autres maux qu'on croyait plus ou moins vaincus resurgissent.C'est le cas notamment de la maladie du sommeil, que procure une variété de la fameuse mouche tsé-tsé.Ce mal, mortel, reprend du service au Soudan et un grand reportage y est consacré en manchette du Chicago Tribune, un dimanche de janvier.Dans le pays du Soudan, on avait tellement oublié la tsé-tsé que quand un jeune homme a entrepris de mettre le feu à des huttes de son village, on a plutôt trouvé l'affaire risible.L'incident s'est produit il y a cinq ans maintenant, mais on n'en rit plus : on devient fou, on plonge dans le coma, puis on en meurt de cette maladie du sommeil.Des villages entiers ont dû être abandonnés.Trois cent mille personnes, du Soudan à l'Angola, ont été atteintes.Et comme c'est le cas avec la malaria, la tuberculose, le sida et le choléra, des Occidentaux se prennent à penser qu'à l'ère du village planétaire, la maladie du sommeil pourrait sortir d'Afrique.Depuis 1994, 20 des 33 épidémies nouvelles ou non anticipées identifiées dans le monde sont venues d'Afrique.Un continent où on ne compte que 16 médecins pour 100 000 habitants, contre 122 comme moyenne planétaire.n Et qu'est-ce qui montre le bout du nez, au sommet de la croissance la plus longue jamais connue aux États-Unis ?L'inflation pardi ! On s'en doute un peu et les camionneurs d'ici n'ont pas manqué de nous le rappeler : le prix des produits pétroliers donne le ton.Une augmentation de 15,5 % à ce chapitre en un trimestre, c'est pas peu.Avec 4 % pour le prix des maisons, 4,2 % pour les produits d'importation et 5,1 % pour les vêtements et les chaussures.Jusque-là, dit Business Week, Allan Greenspan faisait grimper les taux d'intérêt par crainte de l'inflation.Maintenant il le fera parce qu'elle est bel et bien là l'inflation.La surprise, c'est que pareille faiblesse du taux de chômage (aux environs de 4 %) aurait normalement dû faire grimper les prix il y a déjà un bon moment.Mais quand on dit hausse des prix du pétrole, c'est toute une chaîne de coûts qui augmentent ailleurs, avec des retombées dans la consommation au sens large.Et il y a aussi les salaires : on ne prévoyait qu'une hausse de 0,8 % au dernier trimestre de 1999 ; elle aura marqué 1,1 %.La croissance du PIB, durant ce trimestre, aura, elle, atteint un rythme annuel de 5,8 %, ce qui n'est pas, non plus, sans faire pression sur les prix.Les ventes d'automobiles en janvier laissent déjà présager une année 2000 record.n Vous vous souvenez de ce scientifique écossais, Ian Wilmut, qui s'est rendu célèbre en clônant une brebis, la non moins célèbre Dolly ?M.Wilmut va encore faire parler de lui, car après avoir obtenu un brevet sur son invention, il en a cédé les droits à Geron, une entreprise de biotechnologie de Californie.Or il se trouve que le brevet décrété par le gouvernement britannique couvre aussi la propriété intellectuelle du clônage d'embryons humains jusqu'au stade du blastocyste, un point d'évolution où l'on compte quelque 140 cellules.Ainsi donc, estime un chroniqueur, Jeremy Rifkin, dans le Los Angeles Times, un gouvernement accorde un brevet attestant la création d'un être humain au premier stade de son développement.Les implications de pareille décision, dit-il, sont considérables.Mais l'auteur rappelle que les États-Unis ont aboli depuis 1865 le droit de propriété d'un humain sur un autre, abolissant de ce fait l'esclavage.La loi anglaise vient d'innover en reconnaissant qu'une entreprise peut désormais être propriétaire d'un humain qu'elle a inventé, du moins entre sa conception et sa naissance.La compagnie Geron se défend bien de vouloir créer des bébés de toutes pièces ; elle affirme vouloir s'en tenir au clônage d'embryons humains à des fins de recherche scientifique.À quand les bébés en supermarché, se demande l'auteur ?On n'arrête pas le progrès. 7LP1601A0213 a16 perso dim 13 f vrier 7LP1601A0213 ZALLCALL 67 00:49:40 02/13/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 13 FÉVRIER 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 13 FÉVRIER 2000 Denise Cornellier JEAN-PAUL SOULIÉ Un tout nouveau festival vient de naître vendredi à Montréal, destiné à illuminer et animer les hivers de la métropole.Du 11 février au 4 mars, ces festivités présentent trois volets : les Arts de la lumière Hydro-Québec, les Arts de la scène et les Musées, et les Arts de la table SAQ.Le coup d'envoi de ce premier Festival Montréal en lumières a eu lieu à la Place des Arts, avec le lancement du dernier disque de Jessye Norman et de Michel Legrand, avant leur spectacle à la salle Wilfrid-Pelletier.Pour ce gala d'ouverture, alors que débutait à l'extérieur le premier Symposium international de lumière du Canada, le gratin de la grande cuisine des États-Unis, de France, d'Italie et du Portugal, les plus grands chefs montréalais et les personnalités du monde artistique, réunis sous la présidence d'honneur de Paul Bocuse, le « Cuisinier du siècle », dégustaient au Piano Nobile un cocktail dînatoire à base de produits typiquement québécois, conçu et cuisiné boulevard Saint-Laurent, et orchestré par Denise Cornellier, traiteur, et son équipe.Ce n'est pas la première fois que Denise Cornellier se voit reconnue et honorée par ses pairs.En novembre dernier, la jeune femme, qui pratique son art depuis près de 15 ans, a reçu l'Étoile de la gastronomie, une distinction accordée par un comité de chefs cuisiniers de Montréal lors de l'Hommage Charton Hobbs.Récemment, elle a été nommée au conseil d'administration de l'ITHQ, l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.Choisie pour présenter à des convives prestigieux et avertis venus du monde entier les raffinements de la cuisine montréalaise et québécoise, Denise Cornellier est nommée par La Presse la Personnalité de la semaine.Les voies qui mènent à la gastronomie sont parfois tortueuses.« J'ai eu un parcours assez mouvementé, raconte Denise Cornellier en faisant visiter ses installations du boulevard Saint-Laurent.J'ai fait un bac en psychologie.J'ai travaillé avec des ex-détenus, dans une maison de transition de la Rive- Sud, puis avec des déficients mentaux.Mais j'ai toujours aimé faire la cuisine et manger.» Elle se souvient du cadeau qu'elle avait reçu pour ses cinq ans : un Easy Bake.Elle faisait des gâteaux, et surtout, sixième d'une famille de neuf enfants, elle aidait sa mère.Le hasard fait qu'avec deux amies, elle décroche un jour un contrat de traiteur, puis un autre.Ce qui va l'amener à suivre un cours de cuisine professionnelle à l'ITHQ, le soir, avec Rolande Desbois.L'influence de Bocuse se fait sentir : plats allégés, saveurs plus pures, plus proches des goûts des produits naturels.Toujours à l'ITHQ, elle est acceptée, seule fille avec dix gars, à un cours intitulé Vers une nouvelle cuisine québécoise.Elle obtient un jour le Laurier d'or, le premier prix pour la création d'un nouveau plat.« Me Gérard Delage était du jury.J'ai présenté un arc-en-ciel de corrégone, des filets sans arrêtes farcis avec une mousse de truite fumée, accompagné d'un beurre blanc coloré au persil, et des petites endives sautées.» Avec le prix de 2000 $ que lui vaut sa recette, elle part en voyage.Elle travaillera à Sarlat, en Périgord, où elle apprend à traiter le foie de canard et d'oie.Elle travaille ensuite à la délégation du Québec à Paris, puis remplace le chef en congé de maladie de la délégation du Québec à Rome.Elle fera aussi des voyages en Asie, rencontre une collègue chinoise, traiteur à Singapour à qui elle montre le service à l'assiette pratiqué en Occident.« On commence tout juste à parler du métier de traiteur, constate Denise Cornellier.Pourtant, il a toujours existé.Un traiteur, c'est un organisateur d'événements, il faut s'occuper de tout, mais la nourriture est l'élément dominant.Les normes de cuisine sont aussi exigeantes que dans les grandes maisons, mais le décor change chaque fois.» Denise Cornellier, traiteur, c'est d'abord le cuisinier, mais aussi le metteur en scène de la production, le maître d'oeuvre, le chef d'orchestre de l'événement commandé par le client.« La philosophie du métier, c'est la qualité partout.Il faut que tout soit en harmonie.On choisit les produits frais d'ici, et on les présente sur de la porcelaine, presque jamais sur du plastique.La psychologie dans tout ça ?Ça aide ! » Pour arriver à conquérir les palais de Paul Bocuse et des invités du gala d'ouverture du Festival Montréal en lumière, Denise Cornellier a compté sur son équipe de 15 employés à temps plein, sur son chef cuisinier, sur Christiane, son maître d'hôtel, et sur les 25 ou 50 employés occasionnels qui peuvent être appelées selon les circonstances.Vendredi dernier, au menu, il y avait, en bouchées ou en assiettes, du porc, du canard, des ris de veau, de l'esturgeon fumé et du saumon, plus du cheddar pour la première partie du cocktail.On présentait ensuite un verre à martini avec des fruits de mer de la Côte-Nord, pétoncles, crabes, crevettes, avec une vinaigrette spéciale.Enfin, l'agneau braisé était accompagné d'une purée de carottes et rutabaga.Et pour finir, du sucre à la crème.Le Québec dans l'assiette.«On commence tout juste à parler du métier de traiteur.Pourtant, il a toujours existé.Un traiteur, c'est un organisateur d'événements, il faut s'occuper de tout, mais la nourriture est l'élément dominant.» PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © «J'ai eu un parcours assez mouvementé.J'ai fait un bac en psychologie.J'ai travaillé avec des ex-détenus, dans une maison de transition de la Rive-Sud, puis avec des déficients mentaux.Mais j'ai toujours aimé faire la cuisine et manger.» "]
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