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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-03-03, Collections de BAnQ.

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[" 5LP0101B0303 B1 vendredi 5LP0101B0303 ZALLCALL 67 01:05:48 03/03/00 B Montréal, vendredi 3 mars 2000 Politique ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / ARTS ET SPECTACLES / CYBERPRESSE L'opposition accuse Landry d'incompétence et de cynisme Le milieu de la santé indigné La cagnotte de 841 millions «aurait pu combler des besoins criants» JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Le milieu de la santé n'a pas tardé à manifester son étonnement et son indignation, après avoir appris que le gouvernement québécois laisse dormir depuis un an 841 millions versés par Ottawa dans un compte en fiducie à Toronto.« On a été très surpris et déçus d'apprendre cette nouvelle, surtout après avoir entendu Lucien Bouchard et Pauline Marois dire que la santé devait être la priorité numéro un », a commenté le vice-président de l'Association des hôpitaux du Québec, Daniel Adam.Certes, la somme allouée par le gouvernement fédéral dans son budget 1999-2000 n'est pas récurrente, mais elle aurait quand même pu combler nombre de besoins criants, croit M.Adam, à commencer par le remplacement d'équipements désuets et la rénovation de sections vétustes des hôpitaux, travaux que les compressions des dernières années ont fortement limités.« On aurait pu acheter ou remplacer des équipements de haute technologie pour les hôpitaux universitaires, dont les besoins dépassent les 500 millions », souligne M.Adam, rappelant que les enveloppes consacrées au remplacement d'équipement totalisent à peine plus de 80 millions par an.L'argent aurait aussi pu servir à réaliser un blitz d'interventions chirurgicales, histoire de raccourcir les interminables listes d'attente, croit l'AHQ, ou encore à éponger le déficit des hôpitaux pour l'année en cours, qui devrait dépasser les 400 millions.« Ça aurait été une bonne cible, on se serait débarrassé de ce boulet qu'on traîne », approuve le directeur général de la régie régionale de la santé de Montréal-Centre, Marcel Villeneuve.La directrice générale de l'Association des CLSC et CHSLD du Québec, Andrée Gendron, s'est dite « complètement consternée », soulignant que les 205 établissements que son organisation représente ne sont pas capables de fournir à la population les services dont elle a besoin.Dans les centres d'hébergement, par exemple, à peine les deux tiers des besoins des malades sont comblés.La réaction a été particulièrement féroce du côté syndical.« C'est rire de nous autres, ça fait des mois qu'à toutes les fois qu'on parle d'augmentation salariale ou qu'on négocie une clause qui a des incidences salariales, le gouvernement nous dit qu'il n'a pas d'argent, et là on apprend qu'il en a gardé dans sa petite poche d'en arrière.C'est difficilement compréhensible et, surtout, inacceptable », a dit la présidente de la Fédération des infirmières du Québec, Jennie Skene, dénonçant le « double discours » gouvernemental.Le président de la CSN, Marc Laviolette, qualifie pour sa part de « révoltante » la stratégie gouvernementale et se demande comment il se fait que Québec n'ait pas puisé dans les transferts fédéraux, « alors qu'il y a des files d'attente pour obtenir des soins, qu'on manque d'équipements de pointe, que les université crient famine et que l'indexation des maigres prestations d'aide sociale est reportée ».Finalement, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, qui négocie toujours le renouvellement de son entente générale avec Québec, juge que le gouvernement aurait pu utiliser une partie de sa cagnotte pour éponger le dépassement de son enveloppe salariale, qui se chiffre à 53,6 millions pour 1999-2000.MARIE-CLAUDE LORTIE Le surplus de 841 millions pour la santé engrangé par le gouvernement de Lucien Bouchard aurait dû être investi durant l'année pour éponger les déficits des hôpitaux et acheter de l'équipement hospitalier, estime l'opposition libérale.Accusant le ministre des Finances Bernard Landry d'incompétence et de cynisme, la critique libérale des finances, la députée Monique Jérome-Forget, a dit hier qu'il n'y avait à son avis aucune excuse valable à garder des surplus en banque alors que le système de santé est en crise.« Qu'il arrête d'empiler son or dans le grenier, caché, un peu comme Séraphin », a-t-elle dit de M.Landry.« La santé n'étaitelle pas supposée être la priorité de ce gouvernement », a ajouté son collègue, le député Yvon Marcoux, critique en matière de santé.Cette année, a dit M.Marcoux, le réseau de la santé se dirige vers un déficit de 400 millions.Et le parc technologique des hôpitaux est en manque criant d'investissements.Il n'y a qu'à penser aux machines nécessaires pour les traitements radiooncologiques, a-t-il précisé.On a appris mercredi que le gouvernement du Québec gardait en banque quelque 841 millions de dollars, de l'argent versé par Ottawa pour le secteur de la santé.Québec dit qu'il n'a pas eu besoin de toucher à cet argent parce que les surplus ont été « inespérés » et que les problèmes dans le secteur de la santé ne sont pas dus à un manque d'argent, mais à des problèmes de gestion.Le premier ministre Lucien Bouchard et M.Landry ont aussi expliqué que l'argent ne pouvait pas être dépensé n'importe comment, que par exemple, ça ne pouvait pas être utilisé pour du financement récurrent.Selon Mme Jérome-Forget, tout ça n'est que poudre aux yeux.Celle-ci n'a pas manqué en outre de rappeler qu'au lendemain du budget fédéral, le gouvernement Bouchard se plaignait de trop bas transferts pour la santé.« Faudrait se décider, at- elle lancé.Y a-t-il trop ou pas assez d'argent pour la santé ?» D'abord la réunion des ministres de la Santé Chrétien «étudie» toujours la demande de rencontre des premiers ministres VINCENT MARISSAL Du bureau de La Presse, OTTAWA Le premier ministre Jean Chrétien « étudie » toujours la demande de rencontre de ses homologues provinciaux, mais Ottawa insiste pour que se tienne d'abord la réunion des ministres de la Santé.Retenu chez lui par une vilaine grippe pour une deuxième journée consécutive, M.Chrétien n'a pu commenter publiquement la demande des premiers ministres provinciaux, Au nom de ses collègues, Lucien Bouchard a écrit mercredi soir à Ottawa pour exiger une conférence fédérale-provinciale sur le financement du système de santé « le plus tôt possible ».Au cabinet du premier ministre, on indique que la demande est tou- Jean Chrétien jours à l'étude, rappelant que le ministre de la Santé, Allan Rock, est prêt à rencontrer ses homologues des provinces aussi tôt que la semaine prochaine s'ils le désirent.Le premier ministre Chrétien n'a jamais été très porté sur les grandes conférences fédérales-provinciales organisées sur fond de crise et d'intrigues politiques.M.Chrétien ne manque jamais une occasion de répéter qu'il préfère tenter de régler les problèmes un à un, loin de l'agitation médiatique.Ottawa s'en tient donc à son plan de match initial : que les ministres de la Santé s'entendent d'abord sur les moyens à prendre pour mettre fin à la crise qui afflige le système public de santé au Canada.Le ministre Rock accueille d'ailleurs très favorablement les déclarations du ministre des Finances du Québec, Bernard Landry, selon qui l'argent n'est pas la seule solution aux problèmes du réseau de santé.« La décision (d'utiliser l'argent maintenant ou plus tard) appartient aux provinces, a-t-il indiqué, mais ce que je trouve important, c'est que M.Landry a réalisé hier que ce n'est pas seulement une question d'argent, mais aussi de planification et de gérance.C'est aussi ce que nous disons.» Les sous-ministres de la Santé des provinces et du gouvernement fédéral ont mis fin hier soir à une rencontre de deux jours à Ottawa, rencontre qui visait à établir l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres, peut-être à la fin du mois.Puis, les ministres provinciaux et leur collègue fédéral se rencontreront de nouveau en mai, à la demande d'Allan Rock.L'idée d'une nouvelle consultation nationale sur l'état du système de santé au Canada a refait surface à cette réunion des sous-ministres, mais il semble que cela n'ira pas plus loin, du moins en ce qui concerne Allan Rock.« Le ministre a déjà clairement indiqué que le temps des études est terminé, c'est maintenant le temps d'agir », explique-t-on au bureau de M.Rock.«Tirez vos conclusions», dit Martin MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Il appartenait aux provinces de juger si les besoins en santé étaient assez « pressants » pour qu'elles puisent dans la cagnotte de 3,5 milliards cédée à leur intention en fiducie par Ottawa l'an dernier, a expliqué hier le ministre fédéral des Finances, Paul Martin.« Vous pouvez tirer vos propres conclusions dans le cas où les provinces n'ont pas retiré l'argent », a ajouté l'argentier de Jean Chrétien, qui était de passage à Québec.Pesant ses mots lorsqu'on lui a demandé de commenter la décision du gouvernement Bouchard de ne pas toucher à sa part de 841 millions et de financer des dépenses supplémentaires en santé à même ses propres surplus, Paul Martin a ajouté que le fédéral n'avait pas à se mêler de divergences d'opinions entre le ministre québécois des Finances, Bernard Landry, et sa collègue à la Santé, Pauline Marois.« Je n'ai aucune intention de faire de l'ingérence dans un débat entre deux ministres provinciaux, de dire M.Martin.M.Landry a fait ses choix.» « Lorsqu'on a transféré cet argent, on avait dit que les provinces pouvaient le retirer s'il y avait des besoins pressants.C'est vraiment à elles de décider s'il y avait des besoins pressants.Ottawa n'en demeure pas moins réceptif à une augmentation des transferts aux provinces, mais toujours à condition qu'elles répondent d'abord positivement à l'invitation du ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, à discuter de solutions « à long terme », a répété Paul Martin.M.Rock affirme que la solution passe notamment par un nouveau programme de soins à domicile.Le Québec et d'autres provinces y voient surtout de l'ingérence.PHOTO PC Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, qui avait échappé jusque-là aux interrogations de l'opposition sur l'affaire des Ressources humaines, son ancien ministère, a rejeté les allégations lancées hier par Preston Manning.Manning érafle Pettigrew Le chef de l'opposition lance des allégations de trafic d'influence contre le ministère du Commerce international GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Le chef du Parti réformiste, Preston Manning, a lancé des allégations de trafic d'influence hier contre le ministère du Commerce international, affirmant que sa Société d'expansion des exportations (SEE) avait dégagé une ligne de crédit de 10 millions de dollars pour la compagnie Earth Canada en dépit de ses déboires financiers notoires.M.Manning a affirmé aux Communes que cette ligne de crédit avait été approuvée en raison de la présence au conseil d'administration de deux amis de Jean Chrétien.« L'année dernière, a précisé le chef réformiste, Earth Canada nommait à son conseil d'administration nul autre que René Fugère et Gilles Champagne.» M.Fugère, a rappelé M.Manning, fait beaucoup parler de lui ces jours-ci relativement à un des innombrables dossiers troubles du ministère du Développement des ressources humaines (DRHC).En effet, les réformistes ont révélé mardi dernier qu'une subvention de 300 000 $ destinée à un projet de scierie dans le comté de Champlain, refusée d'abord à deux reprises en 1998 par DRHC, avait été finalement approuvée lorsque René Fugère avait été engagé comme lobbyiste par les bénéficiaires, les Amérindiens d'Opitciwan et la Donohue.Quant à Gilles Champagne, les réformistes ont souligné que cet avocat était un allié politique proche du premier ministre et qu'il a été responsable, dans le comté de Jean Chrétien, de deux fonds en fiducie de 1,2 million de dollars en provenance du Fonds transitoire de création d'emplois.Ces fonds, selon les réformistes, avaient été jugés illégaux par le Conseil du Trésor.« Une agence gouvernementale fiscalement responsable, a lancé Preston Manning, aurait éclaté de rire et aurait éconduit ces gens s'ils avaient demandé une subvention de 10 millions.Mais pas ce gouvernement.Non, ce gouvernement ne demande pas de connaître la performance financière de cette compagnie, il demande si MM.Fugère et Champagne sont sur le conseil d'administration.» Les pertes financières de Earth Canada, selon la députée réformiste Deborah Grey, sont de 800 000 $ en 1995, de 500 000 $ en 1996 et de 260 000 $ en 1997.Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, qui avait échappé jusque-là aux interrogations de l'opposition sur l'affaire des Ressources humaines, son ancien ministère, en raison du concept de « responsabilité ministérielle », a rejeté les nouvelles allégations de Preston Manning.« J'ai fait les vérifications nécessaires (.), a-t-il dit aux journalistes, alors la compagnie Earth Canada n'est même pas un client de la Société d'expansion des exportations.Il y a eu certaines discussions préalables mais ils ne le sont pas.» De plus, le ministre a affirmé hier que René Fugère ne faisait pas partie du cercle de ses amis.À la Société d'expansion des exportations, un porte-parole, M.Gil Rob, a expliqué à La Presse qu'au mois d'août 1999 Earth Canada avait contacté l'organisme gouvernemental afin d'obtenir une ligne de crédit de 10 millions pour la compagnie brésilienne Petrobras.Earth Canada, qui se spécialise dans la fabrication de produits absorbants pour le pétrole et l'huile, souhaitait en vendre à l'entreprise brésilienne.Selon M.Rob, même si la ligne de crédit était accessible, Petrobras ne l'a pas utilisée.Elle a trouvé ailleurs, dans le secteur privé, l'argent nécessaire à la transaction.Toute cette affaire n'a cependant pas réussi à faire dévier entièrement les questions de l'opposition hier du dossier des Ressources humaines.Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, a notamment exhorté Jane Stewart à ouvrir une vaste enquête publique et indépendante sur l'ensemble de la gestion des programmes de DRHC. 5LP0201B0303 b2-vendredi-edito 5LP0201B0303 ZALLCALL 67 00:59:57 03/03/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF ADM: le temps d'un virage En toute logique, dans une ville normale, l'annonce d'un investissement majeur d'un demi milliard pour moderniser les équipements aéroportuaires serait accueillie comme une excellente nouvelle, signe de succès et de progrès.Mais le projet d'Aéroports de Montréal, 500 millions pour construire d'ici quatre ans de nouvelles jetées transfrontalières et internationales à Dorval, et 800 millions pour d'autres investissements, a plutôt suscité des interrogations et une certaine méfiance.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca Ce n'est ni sain, ni normal.Il est vrai que ce malaise s'explique en bonne partie par l'absence de consensus autour du pari d'ADM de choisir Dorval au détriment de Mirabel pour tous les vols réguliers.Mais ces circonstances atténuantes n'expliquent pas tout.Les carences du projet d'investissement de 1,3 milliard que nous a proposé ADM, la semaine dernière, peuvent probablement nous éclairer sur ce malaise.Nous comprenons que la démarche d'ADM n'est pas simple.L'organisme doit s'acquitter d'une mission impossible : gérer deux aéroports imparfaits, l'un trop vieux, l'autre trop loin.Conscients de ces difficultés, nous avons d'ailleurs appuyé le choix courageux d'ADM de rapatrier les vols réguliers à Dorval, pour mettre fin à une structure hybride qui nous paralysait.Nous comprenons aussi que l'avenir est difficilement prévisible dans le transport aérien, en plein bouleversement.Les prévisions pour Montréal sont encore plus incertaines parce qu'il est impossible de savoir ce que sera l'avenir de Montréal, dont le succès aurait un effet déterminant sur le développement de ses aéroports.Montréal poursuivra-t-elle son déclin relatif ou, au contraire, réussira- t-elle à rebondir ?On ne le sait pas.Mais il semble y avoir d'autres problèmes, dans la gestion de l'organisme, et dans sa façon de définir ses liens avec le milieu qu'elle doit servir.La présentation du projet d'investissement, faite par la présidente du conseil d'administration d'ADM, Mme Nycol Pageau-Goyette, était fort décevante.Rarement avons-nous pris connaissance d'une présentation si sommaire, si peu documentée, si floue pour un projet majeur, qui concerne de surcroit des équipements publics.Par exemple, Mme Pageau-Goyette a été incapable de dire si les investissements qu'elle annonçait la forceraient à majorer la taxe d'aéroport de 10 $ imposée aux usagers.« Disons tout de suite que l'augmentation du FAA n'est pas une priorité, encore moins la solution privilégiée.Reste que cette augmentation pourrait cependant, dans deux, trois, ou cinq ans, devenir la seule option possible.» Ce n'est pas une façon de fonctionner.Les usagers doivent pouvoir savoir si, oui ou non, cet investissement majeur s'autofinancera, ou s'ils se verront imposer ce qui est une taxe indirecte.L'incapacité de répondre à cette question claire s'explique par le fait que tout dépendra du loyer qu'exigera le gouvernement fédéral, propriétaire des installations.ADM, comme l'ont fait les autres aéroports confiés au secteur privé, est en renégociation de ses loyers.Mais la logique la plus élémentaire aurait voulu qu'on attende le résultat de ces pourparlers, pour connaître les coûts et les revenus du projet avant de lui donner le feu vert.L'autre défaut fort troublant de la démarche d'ADM est que ces investissements de 1,3 milliard changent la problématique de la planification de nos aéroports.Toute la démarche d'ADM reposait sur le raisonnement suivant : il faut mettre fin à la dualité aéroportuaire, et la meilleure façon de le faire est de choisir Dorval, parce qu'à moyen terme, les investissements nécessaires pour le remettre à niveau seront inférieurs aux dépenses qu'exigerait la concentration des vols à Mirabel.Mais avec ce projet, ADM propose, vers un horizon 2020, des investissements considérablement plus importants que les 190 millions prévus au départ.Cela semble écarter définitivement le retour éventuel à Mirabel, évoqué il y a quelques années.Et surtout, l'ampleur de la dépense force à se demander si l'option Mirabel ne redeviendrait pas intéressante.Ce sont là, il nous semble, des questions légitimes, auxquelles ADM n'a pas répondu.Bref, il y a beaucoup trop de flou pour un projet si majeur.Quand on se lance dans des investissemnts de 1,3 milliard qui auront un impact sur la collectivité et qui nécessiteront peut-être sa contribution financière, il est élémentaire que cette collectivité puisse être impliquée dans le processus.Les aéroports sont des biens publics, et leur développement sert des intérêts collectifs.On ne peut pas gérer ces équipements comme un club de golf privé au lac Memphrémagog.Comment ?Cela peut se faire par un changement dans la composition de la Sopram, l'organisme qui contrôle ADM, et où l'on retrouve des représentants des municipalités et des chambres de commerce.Mais surtout, par une politique d'ouverture et d'information systématique.On peut se demander aussi si cet organisme, replié sur lui-même, n'a pas cédé à la culture de la cooptation.C'est la chambre de commerce qui exerce le leadership à ADM.Il n'est donc pas étonnant qu'on ait confié la présidence de son conseil d'administration à une ancienne présidente de la chambre, Mme Pageau-Goyette.Mais il est plus étonnant de découvrir que celle-ci, sans expérienmce particulière du domaine aéroportuaire, en soit aussi le chef de la direction.Il est difficile d'appuyer ce projet dans sa forme actuelle, tant qu'on n'en sait pas plus sur le bilan du retour des vols vers Dorval, sur les équilibres financiers du projet et ses coûts pour les usagers, et sur une remise à jour de l'étude qui a mené à choisir Dorval au détriment de Mirabel.Sans cette ouverture, fondamentale, le projet d'investissement de 1,3 milliard sera voué à l'échec, parce qu'il ne réussira pas à susciter l'appui dont il a besoin et à créer les synergies entre ADM et les deux ordres de gouvernement dont la participation est essentielle, notamment pour le développement des accès routiers et des transports en commun.DROITS RÉSERVÉS Serge.Chapleau@lapresse.ca OPINIONS Des problèmes de «gérance»?PAUL LÉVESQUE L'auteur est médecin.Au moment même où le ministre des Finances, Bernard Landry, dans le sillage du budget fédéral, dénonce la « mesquinerie » d'Ottawa, on apprend qu'une somme de 842 millions de dollars mise à la disposition du Québec par le gouvernement fédéral dort dans une fiducie de Toronto, depuis février 1999.Pendant ce temps, la Régie régionale de la Montérégie en est réduite à couper des services indispensables à la population parce que le ministère de la Santé refuse d'éponger un déficit de trois millions de dollars.La plupart des hôpitaux de la région de Montréal sont occupés à planifier les fermetures de lits pour l'été prochain, encore une fois pour boucler leurs budgets.Cette semaine encore, le nombre de patients dans les corridors de l'hôpital Maisonneuve- Rosemont a continué d'osciller entre 90 et 100.Même si monsieur Landry nous explique avec condescendance que ce ne sont pas là des problèmes d'argent, mais de « gérance », un certain nombre de questions n'en demeurent pas moins sans réponse : La réforme Rochon, avec notamment la création des Régies régionales, n'avait-elle pas justement pour objet de régler ces « problèmes de gérance » ?Les dérapages de cette réforme ne sont-ils pas attribuables, de l'aveu même de ses protagonistes, au fait que les impératifs budgétaires \u2014 des problèmes d'argent \u2014 ont pris le pas sur les objectifs fondamentaux ?Le mépris dont le gouvernement a fait preuve envers les infirmières, l'été dernier (alors qu'il était assis sur ces centaines de millions), l'humiliation qu'il leur a fait subir, étaient-ils un exemple de bonne « gérance », propre à assurer une relève adéquate et mettre fin à une pénurie déplorée par tous ?Quoi qu'il en soit, le manque de transparence avec lequel le gouvernement a décidé de la non-utilisation des fonds fédéraux évoque beaucoup plus la magouille politique que n'importe quoi d'autre et ne peut manquer de susciter dégoût et indignation, en particulier chez les malades et leurs proches, et tous ceux qui, au quotidien, subissent la gérance de Lucien Bouchard et Bernard Landry.PHOTOTHÈQUE, La Presse Début janvier, des civières bien alignées dans les couloirs de l'hôpital Santa Cabrini.Du presque jamais vu! Théâtre Rialto: contre l'intrusion d'un «monstre» dans un quartier résidentiel CLAUDINE SCHIRARDIN L'auteure s'exprime au nom du Comité des Citoyens du Mile-End.Ont cosigné la lettre : Kevin Cohalan, Johanne Morin, Pierre Pagé, Nancy Héroux, Denis Chouinard, Sharon Hackett, Gilda El Maleh, Éric Breton, Sophie Bissonnette, Stéphan Reichhold, Noëlle Samson, Marc Lavallée, Mona Trudel, Gilles Thériault, Pierre Lauzon, Madeleine Desnoyers, Marie Lauzon, Pierre Madden, Suzie Lamarche et Martin Fournier.Monsieur le maire, Comme vous le savez, le conseil municipal de Montréal devra, sous peu, prendre un vote déterminant quant à la vocation future du théâtre Rialto.Comme vous le savez aussi, la transformation du théâtre Rialto, de salle de spectacles en mégabar-discothèque, ne pourra se faire que si vous accordez, par votre vote, une dérogation au règlement sur le bruit, en vigueur sur tout le territoire de la Ville de Montréal.Sans entrer dans le détail de tout l'argumentaire qui a été développé devant une Commission de développement urbain sourde à nos doléances, il nous apparaît de notre devoir de citoyens de vous souligner que la transformation du Rialto en bar-discothèque est incompatible non seulement avec la nature même de l'édifice mais avant tout avec la vocation résidentielle du Mile- End, quartier que nous avons choisi d'habiter pour sa quiétude et sa qualité de vie urbaine.Le règlement d'urbanisme sur le bruit a, très justement, pour effet de protéger les résidants de la Ville de Montréal de l'intrusion d'un tel monstre de 700 à 1000 places dans un quartier résidentiel.Voter une dérogation à ce règlement équivaut à détruire l'équilibre fragile du milieu avoisinant, en plus de créer un précédent qui pourra être appliqué par la suite dans tous les quartiers de Montréal.C'est pourquoi, nous demandons à tous les élus de la Ville de Montréal : De protéger, avant toute autre chose, la qualité de vie des résidants du Mile- End et des quartiers de Montréal ; De respecter le règlement d'urbanisme de la Ville de Montréal concernant le bruit et de suivre l'avis des services de la Ville ; De démontrer ainsi aux citoyens et aux élus des banlieues de toute l'île de Montréal que les élus de la Ville de Montréal ont à coeur le développement harmonieux des quartiers, qu'ils défendent avec intégrité les règlements d'urbanisme que la société montréalaise s'est donnés au fil des ans, car ces règlements sont un condensé de l'expérience et de l'expertise des citoyens, des professionnels et techniciens ainsi que des élus municipaux ; qu'ils sont à l'écoute des citoyens résidant à Montréal.En conséquence, nous vous demandons de voter contre la dérogation au règlement sur le bruit dans le dossier du théâtre Rialto.Nous mettons en garde les élus contre la tentation d'accepter des conditions posées par la Commission de développement urbain de Montréal à un vote en faveur de cette dérogation.Ces conditions, à savoir une capacité limitée à 700 places, une utilisation à deux soirs par semaine, un service de valet et environ 200 espaces de stationnement, une limitation du bruit, n'ont comme seule qualité que d'être politiquement correctes ; mais elles n'ont aucune portée juridique.Étant donné la pénurie des moyens de contrôle que la Ville de Montréal peut exercer pour contrer les excès de bruit dans les relations de voisinage, la seule protection efficace des citoyens est le respect strict et intégral de la réglementation actuelle, sans dérogation et sans acceptation de conditions ad hoc qui seront inapplicables dans la pratique.Nous sommes confiants que vous serez, par votre vote, les ardents défenseurs de la qualité de vie dans les quartiers résidentiels de Montréal en respectant fermement le règlement sur le bruit.Nous sommes également confiants que vous deviendrez ainsi des exemples pour tous dans la vision élargie d'« une île, une ville ». 5LP0301B0303 b3-vendredi-edito 5LP0301B0303 ZALLCALL 67 00:59:47 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 3 Réinventer notre avenir La série de huit éditoriaux intitulée « Réinventer notre avenir: des idées pour sortir du cul-de-sac » signée par Alain Dubuc, qui a été publiée dans La Presse du 19 au 26 février, nous a valu un abondant courrier.Nous publions ici quelques uns des textes d'opinion et des lettres que nous avons reçus.Les défis ne manqueront pas Pourquoi ne pas commencer par changer le « Je me souviens » que l'on retrouve sur nos plaques d'immatriculation Tourner la page n Enfin quelqu'un qui ose proposer tout haut ce que beaucoup de gens souhaitent sans trop savoir comment l'exprimer : un renouveau dans notre culture politique.Dans sa série d'articles, M.Dubuc fait ressortir que, de part et d'autre, autant chez les souverainistes que chez les fédéralistes, on se base sur d'anciens débats pour faire avancer une cause qui semble reculer de plus en plus.Les gens sont las des discours remâchés que l'on entend depuis vingt ans.Il est temps qu'on tourne la page et qu'on amorce une reflexion collective basée sur le présent et le futur.En deux occasions, le peuple a été consulté sur la souveraineté et, les deux fois, il a dit non.De grâce, pas une troisième fois ! Ce qui me fait le plus plaisir dans l'analyse de M.Dubuc, c'est lorsqu'il écrit que nous n'avons pas besoin de l'accord du reste du Canada pour être ce que nous sommes.Quel gros bon sens ! Proclamons donc haut et fort ce que nous sommes par le biais de notre langue, de notre culture, de notre économie, de notre talent et le reste du monde nous entendra.Monique DESROCHERS Repentigny Où sont les chefs ?n Finis le « braillage » et le radotage.Au travail ! C'est ce que je retiens des textes sur notre avenir.Mais, où sont les Lesage, Gérin-Lajoie, Sauvé et Lévesque de la seconde révolution tranquille ?Alain Dubuc ouvre des horizons, mais il nous faut des hommes et des femmes de vision et de courage pour entreprendre le changement.Or, ils ne se pointent pas encore.Jean-M.BEAUCHEMIN Québec Querelles de clocher Monsieur Alain Dubuc, n Ce que vous pouvez avoir raison en dénonçant nos querelles de clocher que le Parti québécois entretient depuis trop longtemps déjà.Si nos politiciens mettaient autant de ferveur et d'ardeur à mieux faire rouler notre économie québécoise qu'ils mettent d'effort, d'énergie et de sueurs à nous faire parvenir à la souveraieneté \u2014 que les Québécois désapprouvent de plus en plus \u2014 nous aurions une province beaucoup plus florissante et accueillante pour les investisseurs.Camille LABRECQUE Consultant en gestion de carrière Hypothèse tendancieuse n Le Québec est dans un cul-de-sac, prisonnier d'un débat qui le paralyse depuis trente ans.Votre hypothèse de départ est déjà tendancieuse, car vous prenez pour acquis que c'est le Québec qui est dans une impasse.Pourriez vous refaire l'exercice avec comme préambule que c'est le Canada qui est dans une impasse.Si vous preniez ce chemin vous seriez plus prêt de la vérité.Ne pensez-vous pas que renouveler la pensée fédéraliste serait une première action qui rendrait plus facile la réintégration du Québec ?Claude STORDEUR Trop optimiste ?n Toutes mes félicitations à Alain Dubuc pour son remarquable dossier.Il met en perspective ce que François Cloutier beaucoup d'entre nous pensons sans pouvoir toujours l'exprimer.Son analyse du nationalisme québécois me paraît exacte.Les pistes qu'il définit sont prometteuses.En fait, c'est la meilleure exégèse que j'ai lue de nos complexes si savamment entretenus, depuis des années, d'abord par le clergé, ensuite par nos réactionnaires de tous bords.Peut-être est-il trop optimiste sur la possibilité d'un sursaut.Il vaut mieux l'être sans doute.Je souhaite que ces articles soient publiés sous forme d'un fascicule facilement accessible.François CLOUTIER ancien minitre de l'Éducation et des Affaires intergouvernementales Un projet à rejeter n L'apport d'Alain Dubuc a le mérite de poser clairement des enjeux qui dépassent grandement les simples paramètres de la politique partisane et idéologique.Cohérent et logique, son projet n'en demeure pas moins à rejeter, à réfuter méthodiquement, car son triomphe, possible et probable d'ailleurs, nous entraînerait en effet sur le chemin d'une stagnation politique où la gouverne ne sera plus que gestion et où la nation ne sera plus qu'une archaïque communauté condamnée à une inéluctable disparition.Le présent éternel n'est pas un présent à faire aux hommes.Le confort trop douillet d'une époque qui ignore la tragédie de l'histoire risque d'aseptiser ce qui reste d'ambition collective.L'histoire est un projet collectif.Il faut s'y réengager.Car la quitter sera effectivement adhérer volontairement à une nouvelle ère.L'ère de l'errance.Mathieu BOCK-CÔTÉ étudiant en science politique Une autre Révolution tranquille Monsieur Dubuc, n Je suis né en 1961 et j'ai trois jeunes enfants.J'ai grandi à travers les interminables chicanes constitutionnelles.J'ai voté OUI en 1980 et 1995, beaucoup plus par fierté que par grande lucidité politique.Je dois dire aujourd'hui que votre réflexion arrive à point.J'ai l'impression que le PQ et le Parti libéral ne représentent plus nos aspirations collectives.Notre classe politique est à la dérive.Nous devons passer à un autre chapitre.Votre réflexion touchera, j'en suis sûr, notre principale corde sensible collective.La fierté.Notre fierté d'être reconnus non seulement à travers le Canada et l'Amérique du Nord, mais à travers le monde.Je nous souhaite une autre Révolution tranquille.Sylvain SAUVÉ SÉBASTIEN PAQUET L'auteur est bachelier en histoire de l'UQAM.Cher M.Dubuc, J'ai vingt-cinq ans et je m'intéresse à la question nationale depuis l'âge de 16 ans.À l'époque, je suivais un cours de niveau secondaire portant sur l'histoire du Québec et du Canada.Mon professeur était un sympathique monsieur qui était souverainiste jusqu'au bout des ongles.Le récit qu'il nous faisait de toutes les injustices dont le Québec avait été la victime, m'avait profondément marqué.Je détestais « les Anglais », peuple qui s'était juré notre perte, me disais-je.J'étais, un peu naïvement peut-être, déterminé à poursuivre le combat de mes ancêtres pour libérer le Québec de la domination de ses voisins, ce qui pour moi ne pouvait que se réaliser par l'indépendance du Québec.J'ai grandi et, avec le temps, mes opinions ont changé.Mes voyages et séjours au Canada anglais m'ont fait découvrir avec étonnement des collectivités qui majoritairement acceptent l'existence d'un Québec à majorité francophone et de culture différente.Si bien que, quand l'Angleterre a reconnu formellement l'existence de l'Écosse, je me suis dit qu'à la source de l'affrontement Québec-Canada se trouvait un profond malentendu.Comme vous l'avez souligné, la notion de société distincte est essentiellement un concept dont la portée juridique est limitée, mais également lourdement chargé de symboles.Pour le Québec, c'est un signe de son existence comme peuple, alors que, pour le Canada anglais, il s'agit du premier pas vers un statut particulier qui briserait l'égalité des dix provinces.Quoi qu'il en soit, plusieurs jeunes dans mon entourage en ont assez des combats stériles des générations précédentes.La politique intéresse peu les jeunes d'aujourd'hui et on peut difficilement les blâmer.Je me désole de voir le Québec divisé entre le clan souverainiste et le clan de ceux qui veulent renouveler le fédéralisme.Comme vous l'avez démontré, ces deux options sont des impasses.Je trouve également absurde de voir trop de gens idéaliser les réalisations de la Révolution tranquille, au point de refuser d'adapter nos institutions et nos idées aux réalités du XXIe siècle.La génération que je représente n'a pas fait cette révolution et est, par le fait même, plus impartiale quand vient le temps d'analyser la pertinence de ce qui est connu sous le nom de « modèle québécois ».Un jour, il faudra faire le bilan de ce modèle et évaluer la pertinence de ses composantes.Je crois fermement qu'une mobilisation autour d'un objectif commun, soit la construction d'un Québec fort économiquement et socialement, devrait être notre priorité.Les défis ne manqueront pas.Cependant, nous n'avons rien à perdre et tout à gagner.Puisque les symboles sont si importants pour un peuple, pourquoi ne pas commencer par changer le « Je me souviens » que l'on retrouve sur nos plaques d'immatriculation par une phrase plus positive, une phrase qui signifierait notre rupture avec un passé qui est devenu un frein à notre développement.Des propos exempts d'«astuces» Nous affranchir du passé pour apprendre à penser autrement Les vacances de M.Dubuc ROBERT LAPLANTE L'auteur est directeur de L'Action nationale.La Presse vient de nous gratifier d'une série d'épîtres sur la lassitude.M.Alain Dubuc prend des vacances.L'éditorialiste est fatigué.Fatigué de l'impasse constitutionnelle, fatigué de la politique canadoquébécoise, fatigué de la question québécoise.(.) L'exercice auquel s'est livré le scribe de la rue Saint-Jacques tient du sophisme et de la fabulation.On ne peut prétendre vouloir tout revoir et poser comme postulat que tout est à revoir sauf le Canada tel qu'il est : celui qui ne reconnaît pas l'existence du peuple québécois, qui lui a imposé une constitution et qui va l'enfermer dans le Clarity Act.Pour Alain Dubuc et pour les fédéralistes québécois, il n'y a jamais de pertes suffisamment grandes, de reculs suffisamment coûteux pour questionner le lien canadien.C'est dire que la chose n'a pas de prix.Fût-ce celui du destin de notre peuple.Une fois cela établi, tout le reste est anecdote.Alain Dubuc est fatigué.Et il s'administre un tonique bien connu : le messianisme compensatoire.Toutes les vicissitudes de la réalité s'estompent devant la certitude d'habiter la modernité, de surfer sur les vagues qui érodent les rivages de l'histoire où l'on veut bien voir les épaves de tous ces combats en vain tenus pour importants.Il s'agit dès lors de décréter que le futur ne s'engendre que de luimême pour se draper dans la certitude des gagnants.Toute notre culture politique se trouverait donc en porte-à-faux avec ce que la clairvoyance des fédéralistes inconditionnels devine déjà sous le soleil radieux d'un Québec enfin délivré de toute volonté de maîtriser son destin.En clair : le consentement à la minorisation définitive serait la meilleure avenue de développement pour le Québec.Prétendre le contraire en osant penser que le Canada peut nous amener à notre perte est irrecevable : on ne questionne pas un dogme.Et la meilleure façon d'empêcher qu'on le fasse paraître comme tel est de décréter que les questions qui pourraient l'ébranler sont celles du passé.Agrémentez le tout des clichés les plus éculés sur les tendances porteuses, donnez quelques exemples étrangers, lancez les pavés de la mondialisation et de la réduction du rôle de l'État, faites semblant de critiquer les fédéraux, mais sans remettre en cause le fédéralisme, et vous obtenez une grande série à la recherche d'un nouveau paradigme.Alain Dubuc est fatigué.C'est compréhensible puisqu'il n'y a plus d'espace politique pour les fédéralistes québécois.Il ne leur reste que la soumission à un ordre que Jean Chrétien s'efforce de blinder.Les éditoriaux de La Presse peuvent bien multiplier les imprécations : le Canada réel va continuer de faire des ravages même si ses éditorialistes trouvent de plus en plus épuisant de chercher dans la réalité des matériaux qui pourraient encore servir à maquiller la démission.L'histoire n'arrêtera pas parce qu'un intendant a décrété qu'il n'a plus le goût de trouver des parades.Ce qu'il présente comme une polarisation paralysante n'en est pas une : le choix n'est plus entre souveraineté et fédéralisme mais bien entre démissionner ou assumer la plénitude de son être.(.) JULES LABERGE M.Alain Dubuc, Toutes mes félicitions pour vos huit textes sur le thème « Réinventer notre avenir », qui m'ont beaucoup intéressé.Je les ai lus avec beaucoup d'attention et d'intérêt.Je me sens en parfaite harmonie avec l'esprit qui anime vos propos.Ils sont empreints d'objectivité, ils sont pacificateurs et invitent à la réconciliation.Ils sont exempts d'« astuces » et ne défendent pas d'intérêts partisans.Votre analyse de nos rapports passés et actuels avec nos partenaires du Canada, que certains traitent comme des adversaires, est tout à fait lucide et juste.Comme vous, je ne peux cautionner les interprétations biaisées qu'ont fait de notre histoire certains historiens dont le chanoine Lionel Groulx, lesquelles ont contribué à développer chez nous ce qu'on pourrait appeler le syndrome du vaincu.Trop de nos gouvernants, surtout péquistes, se sont fixés sur ces interprétations qui ont engendré dans nos rapports avec le fédéral de perpétuelles confrontations nourries par la méfiance et la suspicion déclenchant chez nos visà- vis des réactions défavorables.(.) Vos propositions de solution à notre imbroglio national me plaisent tout à fait.Elles reposent sur un préambule qui donne du crédit aux deux positions antagonistes qui s'affrontent, surtout depuis une trentaine d'années.Elles utilisent les éléments positifs de chacune pour servir de levier dans le projet de construire un Québec autonome dans la dignité, la collaboration et la complicité avec nos autres partenaires du Canada et cela sans quémander quoique ce soit, sans marchander, sans toujours revendiquer de vaines reconnaissances et des traitements particuliers de tous ordres.Au même titre que les autres partenaires, nous devons travailler à la bonne gérance du pays dans l'équité pour tous.Comment, d'ailleurs, pouvons-nous espérer entretenir de bonnes relations avec des pays étrangers dans un monde de globalisation si nous ne pouvons construire de bonnes relations avec ceux qui nous sont proches ?Vous avez raison de nous convier à nous affranchir du passé pour apprendre à penser autrement.Comme vous le dites, c'est une question de mentalité nouvelle.Je souhaite que nos décideurs surtout et aussi de nombreux concitoyens puissent s'imprégner de vos propos et s'en inspirer pour entreprendre un virage qui pourrait nous être tellement salutaire et réconfortant.Puisse le Ciel nous susciter des meneurs dynamiques pour nous guider prochainement sur ce chemin d'un avenir bien plus prometteur.Un débat alimenté par une génération qui s'est toujours sentie inférieure FRANÇOIS TANGUAY M.Alain Dubuc, J'étudie présentement aux HEC et vos idées réflètent bien la pensée de mes collègues étudiants.Au moment du dernier référendum, j'avais 16 ans, et l'idée de la souveraineté pure et dure me plaisait dans un certain sens.Toutefois, comment peut-on déterrer continuellement ces vieilles idées au même moment où on n'entend parler que de fusions, que ce soit dans le secteur privé ou le secteur public ?Je ne blâme pas uniquement le Parti québécois, car le Parti libéral du Québec n'ose prendre aucune décision et le fédéral semble se complaire à nourrir la discorde.L'école des HEC nous apprend à avoir une vision internationale du monde des affaires ; or, ce qui me désole, c'est de voir nos chefs de gouvernement passer le plus clair de leur temps à se chicaner pour des idées désuètes dans le monde actuel.À certains moments, j'ai l'impression de regarder trois vieux évadés d'un hospice se battre pour savoir qui va avoir le plus gros morceau de gâteau.Tout ce débat est vraiment pathétique, car il est alimenté par une génération qui a toujours eu un complexe d'infériorité envers le Canada anglais.Cette mentalité n'est toutefois pas palpable dans la nouvelle génération, celle qui va justement bâtir le Québec du 21e siècle.C'est scandaleux, car étant peu nombreux comparativement aux baby-boomers, nous n'avons pas vraiment le pouvoir de transformer ces idéologies de défaitistes.Nous assistons impuissants à ce débat qui, pourtant, influencera l'avenir de notre génération.Heureusement, il y a quelques journalistes comme vous pour mettre en lumière les vrais enjeux face à ces idées périmées. 5LP0401B0303 B4 vendredi 5LP0401B0303 ZALLCALL 67 01:05:06 03/03/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 Politique Les libéraux changent les règles du jeu L'opposition fait front commun pour dénoncer le caractère «antidémocratique» de la manoeuvre entourant les débats sur le projet de loi sur la clarté référendaire GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Les libéraux de Jean Chrétien ont décidé hier de changer les règles du jeu parlementaire afin d'empêcher le Bloc québécois de retarder l'adoption de la loi dite de la « clarté référendaire ».Ce geste, qui consiste notamment à limiter la durée des débats, les discussions et le nombre d'amendements susceptibles d'être soumis à tout projet de loi, a suscité l'ire des quatre partis d'opposition qui ont convoqué en catastrophe une conférence de presse au cours de laquelle ils ont dénoncé la « dictature » du parti au pouvoir et le caractère « antidémocratique » de la manoeuvre libérale.L'opposition a notamment affirmé que Jean Chrétien était si impatient de présenter au congrès libéral national du 17 mars prochain son testament sur l'unité nationale qu'il n'hésitait pas à bafouer les droits des parlementaires canadiens.« Les quatre partis d'opposition, qui représentent 62 % de la population du Canada et qui ne sont pas tous des partis souverainistes, a fait remarquer Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, s'opposent à la motion carrément antidémocratique des libéraux.En d'autres mots, on empêche l'opposition de faire son travail.» Bill Blaikie, le leader néo-démocrate en Chambre, a accusé Jean Chrétien d'avoir surpassé les conservateurs de Brian Mulroney en ce qui concerne le mépris des parlementaires.Les libéraux ont imposé 63 bâillons depuis 1993, autant que le premier ministre conservateur en neuf ans de pouvoir.« À partir de maintenant, a lancé M.Blaikie, c'est le gouvernement qui contrôle tout.Nous pourrions tout aussi bien ne pas être ici.» La motion libérale, qui sera votée aujourd'hui, interdit que des amendements à un projet de loi soient retenus pour étude à l'étape du rapport, retire aux députés l'examen des rapports de comité, interdit aux députés, à l'exception des ministres, de proposer plus d'un amendement par élu.De plus, le nombre d'amendements pouvant être proposé par chaque parti ne pourra excéder le nombre de dispositions, de préambules et d'annexes du projet de loi.Pour contrer le projet de C-20 sur l'encadrement d'un référendum à propos de la sécession d'une province, le Bloc québécois a déposé cette semaine plus de 1000 amendements dont 400 ont été retenus.Les réformistes avaient déposé en décembre, pour retarder l'adoption de la loi sur les Nisga'a, 474 amendements.Les députés étaient alors demeurés jour et nuit en Chambre, soit pendant 42 heures consécutives, afin de voter sur chacun de ces amendements.Cette fois, les libéraux ne veulent pas que ce scénario se reproduise.Le leader en Chambre du gouvernement, Don Boudria, a qualifié de « temporaires » les nouvelles mesures contenues dans la motion.« Quand quelqu'un d'autre essaie de nous dire, a-t-il ajouté, qu'au nom de la démocratie il est nécessaire de déposer 411 amendements à un projet de loi qui n'a pas 1000 mots, je vous demande : qui est antidémocratique ?» Le geste des libéraux, a déclaré le chef conservateur, Joe Clark, à La Presse, « est sans précédent de mémoire d'homme.J'ai été député pendant deux décennies et jamais on n'a essayé de changer les règles de cette façon sans consultation.Lorsqu'on limite le pouvoir des députés élus par le peuple, c'est le pouvoir du peuple qu'on limite ».Le réformiste Chuck Strahl a pour sa part été plus lapidaire : « Le Parlement sera dirigé à partir d'un téléphone portable sur la banquette arrière d'une limousine.» Quant à la bloquiste Suzanne Tremblay, elle considère le geste du gouvernement digne d'une « république de bananes ».Les partis d'opposition préparaient hier une contre-attaque qu'ils ont refusé de dévoiler à l'avance.La présidence des jeunes péquistes: un combat entre «durs» et «mous»?Le fils du felquiste Jacques Cossette-Trudel est l'un des trois candicats MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Dans son entourage, on s'inquiète surtout de la façon dont les médias vont aborder LE sujet.Car voyez-vous, Alexis Cossette-Trudel, un des trois aspirants à la présidence du Comité national des jeunes du Parti québécois, n'est pas exactement le fils de M.et Mme Tout-le-Monde.Celui dont l'équipe, baptisée « Momentum », prône la « révolution démocratique » par la souveraineté, est né à Cuba il y a 27 ans pendant l'exil de ses parents felquistes, Jacques et Louise.En participant au rapt du diplomate britannique James Richard Cross, ils avaient contribué au déclenchement de la crise d'Octobre.Alexis Cossette-Trudel n'en a pas pour autant « baigné » dans l'atmosphère d'octobre 70 et ce sont les autres qui, le plus souvent, abordent le sujet, dit-il.« On n'en parlait pas beaucoup à la maison.» C'est en fait un autre mois d'octobre, celui de 1995, qui a été déterminant dans sa décision de s'engager davantage en politique.« Débiné » par la courte victoire du NON au référendum, il a même appelé la Légion étrangère, en France \u2014 où il a aussi vécu quatre ans avec ses parents après deux années à Cuba.« Je voulais m'en aller, j'étais tellement déçu.» Mais plutôt que de s'exiler, il a joint le Comité national des jeunes du PQ et décroché ensuite la présidence de Montréal-Centre, tout en poursuivant des études en sciences politiques à l'UQAM.Dimanche, au congrès des jeunes, il affrontera deux adversaires pour la présidence : Mathieu Lachaîne, président des jeunes de Laval et Mathieu Bock-Côté, résidant de Lorraine.Le but d'Alexis Cossette-Trudel : la souveraineté, dont le « CNJ » n'a pas assez parlé ces dernières années, à son avis.L'équipe Momentum estime d'ailleurs qu'au PQ comme au CNJ, « trop de temps est perdu dans d'interminables réunions de réflexion et de stratégie ».« Les jeunes sont impatients de faire la promotion de la souveraineté, dit Alexis.Ils veulent aussi l'appui de l'aile parlementaire.On veut que les gens de l'aile parlementaire mettent leurs culottes et commencent à parler de souveraineté.Le deuxième homme dans la course est Mathieu Lachaîne, un informaticien de 21 ans qui a aussi formé une équipe : Nouvelle Génération.Les autres camps l'ont cantonné parmi les souverainistes « mous » parce qu'il a jugé que le parti avait écarté trop vite la proposition de l'ancien conseiller de Lucien Bouchard, Jean-François Lisée, d'un référendum sur de nouveaux pouvoirs.« J'ai dit que je voulais que le débat se fasse, se défend-il.On veut que les débats d'idées se fassent.» Mathieu Lachaîne veut faire du CNJ un mouvement plus à l'écoute de la base qu'il ne l'a démontré en applaudissant sans réserve au projet de loi du gouvernement sur les clauses discriminatoires.Il propose notamment la création d'un site Web qui permettrait une consultation directe des jeunes.Il juge déplorable que la participation au Sommet du Québec et de la jeunesse ait été limitée à quelques dizaines de groupes et organismes qui décidaient « en vase clos ».« Faut que ça soit plus large que ça quand on fait une consultation ou un sommet, dit-il.Je ne dirais pas que le sommet est un échec pour autant, mais ça ne doit pas s'arrêter là.» Militant du PQ depuis l'âge de 16 ans, Mathieu Bock-Côté, 19 ans, fait cavalier seul et se pose en indépendantiste pur et dur, admirateur des Bernard Landry et de Jacques Parizeau.« Le premier ministre, d'après moi, est souverainiste, mais j'aimerais seulement qu'il le démontre publiquement », dit-il.Cet étudiant en philosophie juge « aberrante » l'idée que l'indépendance soit subordonnée à des considérations électorales ou gouvernementales.« Je trouve que le discours souverainiste actuel est d'une certaine anémie intellectuelle, dit-il.C'est l'héritage de 20 ans de souveraineté tiède.» C'est après avoir lancé à la blague, précise Mathieu Bock-Côté, « qu'il faudrait bien parler d'indépendance dans ce parti un jour », qu'il a commencé à récolter des appuis de jeunes militants d'un peu partout en province.« On est la plus puissante force politique jeune au Québec et on se contente de poser des pancartes », dénonce-til.PHOTO PC Le diplomate cubain quitte le pays Le diplomate cubain Jose Imperatori a quitté l'ambassade cubaine à Ottawa en début d'après-midi, hier, a bord d'un avion de la compagnie Cubana, et il s'est immédiatement envolé pour son pays.Imperatori, qui a été expulsé des États-Unis la semaine dernière, s'était d'abord rendu à Montréal, avant de se diriger à l'ambassade cubaine à Ottawa où il a passé les quatre derniers jours.Le gouvernement canadien insistait pour qu'il quitte le pays dans les plus brefs délais.Imperatori est soupçonné par les autorités américaines d'avoir participé à des activités d'espionnage aux États-Unis.La SSJBM ne pourra pas défendre la Charte de la langue en Cour ISABELLE HACHEY La Cour supérieure a rejeté hier la requête de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), qui espérait mettre son grain de sel dans l'appel, par le gouvernement Bouchard, du jugement de la Cour du Québec niant la nécessité de la prédominance du français dans l'affichage et la publicité commerciale.« Admettre au dossier la présence des procureurs de la Société serait ouvrir la porte à d'autres demandes d'organismes opposés qui n'ont pas la même opinion sur les questions linguistiques et qui amèneraient à leur tour des procureurs pour soutenir le point de vue contraire », écrit le juge Paul-Marcel Bellavance dans sa décision.« Il y a un risque de compliquer inutilement le processus d'appel.» La SSJBM avait déposé une requête, début février.« Puisque c'est par les tribunaux qu'on a affaibli la Charte de la langue française, c'est devant les tribunaux que la SSJBM ira défendre la Chartre », avait dit le président de l'organisme, Guy Bouthillier.Le juge Bellavance ne l'entend pas ainsi.« Dans ce dossier, il n'y aura pas de preuve d'experts ou de dépôt d'études sociolinguistiques sur la situation du français.Le présent débat est juridique et l'expertise de la Société en matière de « fardeau de preuve » ne sera que celle de ses procureurs qui, quoiqu'ils aient démontré qu'ils avaient des connaissances exceptionnelles en la matière, n'ont pas démontré qu'ils apporteraient un échange vraiment nécessaire et différent de celui de la Procureure générale », écrit-il.Bref, la SSJBM ne pourra pas défendre la Charte devant les tribunaux parce que son point de vue est relativement le même que celui du gouvernement du Québec.Le juge Bellavance veut aussi se prémunir contre une nouvelle tendance, très en vogue aux États-Unis, qui fait en sorte que les lobbies en tout genre exercent maintenant leurs pressions jusque dans les salles d'audiences.Rappelons que la juge Danielle Côté a rendu un jugement favorable aux Entreprises W.F.H., le 20 octobre, estimant que le gouvernement n'avait pas fait la preuve de la nécessité de la prédominance du français dans l'affichage.Le gouvernement n'a pas tardé à en appeler de cette décision qui a rallumé le brasier de la délicate question linguistique au Québec.L'appel sera entendu le 9 mars, au palais de justice de Granby.EN BREF Feu vert aux cliniques privées n Le gouvernement de l'Alberta a déposé hier un projet de loi visant à donner le feu vert aux cliniques privées, qui désormais feront concurrence au système hospitalier du réseau public.Le projet de loi 11 permettra aux régies régionales de la santé d'accorder des contrats à des cliniques privées où seront effectuées toute une série de chirurgies mineures remboursées par le régime provincial d'assurance-maladie.Le premier ministre de la province, Ralph Klein, s'est bien défendu, hier, de vouloir implanter des hôpitaux privés.Selon lui, un carcan très strict sera imposé à ces cliniques.Tabac: l'Ontario poursuit n Le gouvernement de l'Ontario poursuit les grands fabricants de produits du tabac pour tenter de récupérer les coûts des soins de santé reliés au tabagisme.Le gouvernement ontarien refuse de préciser le montant des dommages réclamés mais la ministre de la Santé, Elizabeth Witmer, a déjà parlé d'un objectif de 40 milliards.À propos de terrorisme n Il est faux de prétendre que le Canada abrite un grand nombre de personnes ayant des liens avec des organisations terroristes internationales, a soutenu hier le chef du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Ward Elcock.Devant les membres d'un comité parlementaire, M.Elcock a dit que les commentaires qu'il a déjà faits sur le même sujet avaient pu prêter à confusion.À maintes reprises, on a rapporté dans les médias que M.Elcock avait affirmé en 1998, devant un comité du Sénat, que le Canada était un refuge pour les terroristes et que les États-Unis étaient le seul pays où on en trouvait en plus grand nombre.Mais hier, devant le comité des Communes sur l'immigration, M.Elcock a nuancé sa pensée.Il a dit qu'il avait transmis une lettre à un sous-comité de la Chambre des représentants des États-Unis, en janvier dernier, dans laquelle il rappelle avoir déclaré : « Si on fait peut-être exception des Etats-Unis, il y a plus d'organisations terroristes internationales actives ici que dans n'importe quel autre pays du monde ».« Nous avons identifié environ 350 individus, ce qui est un bien faible pourcentage de la population d'un pays qui en compte 33 millions », a dit M.Elcock, hier.Loi électorale n Un règlement qui contraint les partis politiques à présenter au moins 50 candidats lors des élections fédérales pour obtenir un statut officiel n'est pas discriminatoire envers les petits partis, soutient le gouvernement fédéral.Dans le cadre d'un appel d'un jugement qui pourrait modifier profondément le processus électoral canadien, un procureur du gouvernement a affirmé que cette règle ne viole pas la Charte des droits et libertés.Ottawa porte en appel le verdict d'un tribunal, rendu l'an dernier, qui déclarait inconstitutionnelles certaines parties de la Loi sur les élections parce qu'elles désavantagent les petits partis. 5LP0501B0303 B 5 vendredi ARTS 5LP0501B0303 ZALLCALL 67 01:02:54 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 5 FESTIVAL IMAGES DU NOUVEAUMONDE Nouvelles images du Nouveau Monde MARC CASSIVI QUÉBEC Le nouveau festival de cinéma Images du Nouveau Monde s'est ouvert en grande pompe mercredi soir à Québec avec Orfeu, du réalisateur brésilien Carlos Diegues, qui a fait salle comble au Grand Théâtre de la capitale.Cette soirée d'ouverture réussie a semblé marquer une première victoire du festival exclusivement panaméricain sur son rival, le Festival international du film de Québec (FIFQ), que dirige depuis Montréal Serge Losique.« La capitale a désormais son propre festival du film, un festival qui lui ressemble vraiment », a déclaré avant la projection, sous une pluie d'applaudissements, la ministre de la Culture et des Communications, Agnès Maltais, qui n'a pas manqué de souligner que « Québec a le taux de visionnement de cinéma per capita le plus élevé en Amérique du Nord ».Un message clair, qui a fait le bonheur des spectateurs, et que l'on pouvait aisément croire destiné au directeur général du Festival international du film de Québec, à qui le gouvernement \u2014 via la SODEC \u2014 a récemment retiré sa subvention.pour l'accorder à la jeune équipe du festival Images du Nouveau Monde.Le FIFQ fait l'objet d'une grogne généralisée dans le milieu du cinéma de Québec, qui reproche au festival de Serge Losique de n'être qu'une succursale du Festival des films du monde de Montréal.Le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, a lui aussi retiré une subvention de la Ville au FIFQ afin de la remettre à Images du Nouveau Monde.« C'est pour vous, les gens de Québec, que l'on a organisé cette fête des images.Que vous soyez ici, dans cette salle, constitue un acte fondateur », a dit mercredi Yves Rousseau, le directeur général et programmateur du volet long métrage du festival, flanqué de la vedette d'Orfeu, Toni Garrido, et du président d'honneur, Michel Brault.« Malheur à ceux qui tournent sans apporter une vision du monde », a quant à lui déclaré le cinéaste des Ordres, paraphrasant le réalisateur italien Bernardo Bertolucci, avant de proclamer le festival Images du Nouveau Monde officiellement ouvert.Une vision du monde, celle des Amériques, c'est justement ce que comptent présenter jusqu'à dimanche, au public cinéphile de Québec, les jeunes organisateurs de cet événement, des mordus du septième art bien connus dans la Vieille Capitale.Plus de trente longs métrages et 41 courts métrages de huit pays des trois Amériques seront diffusés au cours des prochains jours.Le volet compétitif compte 12 films, dont le documentaire À l'ombre d'Hollywood, de la Québécoise Sylvie Groulx (présenté aux Rendez-vous du cinéma québécois), et American Movie, de Chris Smith.Le jury, présidé par Michel Brault, est complété par la comédienne et réalisatrice Micheline Lanctôt, l'écrivain Neil Bissoondath et le critique et poète André Roy.Le prix Tempête du meilleur long métrage sera présenté dimanche.au moment où l'on remettra les prix Jutra, à Montréal.Si la programmation du festival semble plus modeste que le faste de la soirée d'ouverture \u2014 on regrette le peu d'oeuvres américaines \u2014, les films programmés par Yves Rousseau et Martin Brouard (volet court métrage) semblent à l'image du film d'ouverture : colorés, frais et entraînants.Quant à l'Orfeu de Carlos Diegues, qui revisite le mythe d'Orphée dans les favelas de Rio de Janeiro \u2014 comme c'était le cas pour L'Orfeu negro de Marcel Camus (Grand Prix à Cannes en 1959) \u2014, c'est une incursion à la fois joyeuse (merveilleuse musique de Caetano Veloso) et dramatique (souvent mélodramatique), dans la vie des habitants des bidonvilles brésiliens.Une fable grandiloquente au romantisme exacerbé \u2014 ce qui agace parfois \u2014 digne des plus grandes histoires d'amour latino, avec ce côté « La Haine dans les favelas » qui rend le tout pertinent.Le nouveau festival Images du Nouveau Monde s'est ouvert mercredi soir à Québec avec Orfeu, du réalisateur brésilien Carlos Diegues, avec en vedette le comédien Toni Garrido (photo).FESTIVAL DU FILM POUR ENFANTS Petites histoires d'école et de vacances ISABELLE MASSÉ collaboration spéciale Combien de jours reste-t-il au congé scolaire ?Trois petits, en tenant compte du week-end, bien sûr.Combien de jours reste-t-il au Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM) au Cinéma Impérial ?Trois grands.Pourquoi ne pas les passer avec Martin, Vincent, Édouard, Morgane, Charlotte, Jojo et Greg, vedettes du long métrage C'est pas ma faute ?Réunis à l'hôtel Nautilus, planté en pleine campagne française, ces pré-ados rêvent déjà aux vacances inoubliables qu'ils vont passer dans leur cabane en bois, construite l'été précédent.Mais zut ! en arrivant au pied du baobab qui l'abrite, ils s'aperçoivent que des enfants de la colonie de vacances, voisine de l'hôtel, y ont déjà établi leurs quartiers généraux.Plutôt que de déclarer forfait et « d'aller jouer ailleurs », la bande des sept déclarera la guerre aux intrus.Lorsqu'on a comme armes du mercurochrome, de la gouache bleue, des fusils à eau (faits pour contenir tout sauf de l'eau) et des chardons (gracieuseté de la forêt), les combats ne peuvent qu'être.piquants et tachants.Sans compter que Martin est le garçon le plus maladroit que l'hôtel Nautilus ait hébergé.Imaginez les dégâts ! Car tout comme dans la célèbre Guerre des tuques d'André Melançon, à laquelle l'irrésistible C'est pas ma faute fait penser, les enfants ont l'imagination bien huilée pour arriver à leurs fins et récupérer leur butin.N'y manque que Daniel Blanchette de Victoriaville ! On se demande qui des petits ou des grands accourront le plus vite à l'Impérial dimanche, à 13 h.À moins que vous ne préfériez passer l'après-midi d'aujourd'hui en Grèce, où se déroule l'histoire du film La Bicyclette jaune.Fraîchement débarqué à Athènes, Aris, instituteur à l'école primaire, prend sous son aile Lefteris, un élève de sixième année qui sait à peine lire et compter.Le garçon, qui est la risée de ses camarades de classe, s'avère en revanche un surdoué en assemblage de bicyclettes.Lorsque le directeur de l'école demande à Aris de trouver des élèves pour chapeauter la vente annuelle de romans de l'école, ce dernier choisit Lefteris comme caissier.Il devra alors apprendre à calculer.Même si l'Atlantique et la mer Méditerranée nous séparent de Lefteris, l'histoire du film est touchante.Il n'y a rien de plus universel qu'une classe bourrée de petits génies qui se paient la tête d'un cancre qui n'en est finalement pas un.Les balades de Lefteris en bicyclette jaune et sa fugue au bord de la mer sont, toutefois, de belles occasions pour les jeunes cinéphiles de voir du pays.Et le voyage ne coûte que 5 $ par personne.C'EST PAS MA FAUTE de Jacques Monet.Avec Gautier Kusnierek, Thierry Lhermitte et Arielle Dombasle.1 h 30.Dimanche à 13 .LA BICYCLETTE JAUNE de Dimitri Stravakas.1 h 31.Aujourd'hui à 13 h.Soustitres anglais.Narration française.La bande des six de C'est pas ma faute.EN PRIMEUR CETTE SEMAINE LE BONHEUR.OU PRESQUE (The Next Best Thing) Film américain (2000) de John Schlesinger.Scénario : Thomas Ropelewski.Images : Elliot Davis.Montage : Peter Honess.Musique : Gabriel Yared.Avec Rupert Everett, Madonna, Benjamin Bratt, Michael Vartan, Josef Sommer, Lynn Redgrave.107 min.V.O.: Carrefour Angrignon, Colisée Kirkland, Greenfield Park, Laval, Paramount, Famous Pointe-Claire, Lacordaire, Mega-Plex Spheretech.V.F.Q.: Carrefour Angrignon, Greenfield Park, Laval, Parisien, Versailles, Quartier latin, Ste- Thérèse, Terrebonne.n Comédie dramatique.Abbie, une instructrice de yoga de Los Angeles, est la meilleure amie de l'architecte Robert.Tous deux sont intelligents, spirituels, et ils partagent une égale malchance dans leurs relations amoureuses.Ils pourraient former le couple idéal, nonobstant le fait que Robert soit gai.Mais un jour, après les funérailles d'un ami commun, ils boivent des cocktails tout l'aprèsmidi et tombent dans les bras l'un de l'autre.Résultat, Abbie se retrouve enceinte.Les deux parents décident alors d'élever ensemble l'enfant, un garçon qu'ils nomment Sam.Six ans plus tard, l'équilibre de cette famille non conventionnelle est sérieusement menacée lorsqu'Abbie tombe amoureuse de Ben, un jeune investisseur new-yorkais.MON CHIEN SKIP (My Dog Skip) Film américain (2000) de Jay Russell.Scénario : Gail Gilchriest, d'après le livre de Willie Morris.Images : James L.Carter.Montage : Harvey Rosenstock, Gary Winter.Musique : William Ross.Avec Frankie Muniz, Diane Lane, Kevin Bacon, Luke Wilson, Caitlin Wachs, Bradley Coryell.95 min.V.O.: Carrefour Angrignon, Centre Eaton, Colisée Kirkland, Laval, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Mega-Plex Spheretech.V.F.Q.: Quartier latin, Ste-Thérèse, Terrebonne, Langelier, Paradis, Mega-Plex Pont-Viau, Mega- Plex Spheretech.n Chronique.Au début des années 40, dans le village de Yazoo au Mississippi, Willie Morris, un enfant chétif de huit ans, se fait régulièrement tabasser par les durs du coin.Excepté Dink Jenkins, un jeune homme bientôt appelé sous les drapeaux, Willie n'a aucun ami.Au surplus, il est fils unique.Son père, qui a perdu une jambe durant la guerre civile espagnole, a tendance à le surprotéger, ce que réprouve sa mère.C'est pourquoi elle offre à Willie un fox terrier anglais pour son neuvième anniversaire, convaincue que la bête l'aidera à grandir et à s'affirmer.Baptisé Skip, le chien a en effet une influence bénéfique sur le gamin qui devient plus confiant, trouvant même le courage de conter fleurette à la jeune et jolie Rivers Applewhite.LA NOUVELLE ÈVE Film français (1998) de Catherine Corsini.Scénario : C.Corsini, Marc Syrigas.Images : Agnès Godard.Montage : Sabine Mamou.Avec Karin Viard, Pierre-Loup Rajot, Catherine Frot, Sergi Lopez, Laurent Lucas, Mireille Roussel.94 min.Complexe Desjardins n Comédie sentimentale.Camille est une surveillante de piscine au début de la trentaine, qui jouit pleinement de son célibat.Méprisant le confort douillet de son frère Émile dont l'épouse est enceinte, la jeune femme préfère sortir avec sa bande de copains et multiplier les aventures sans lendemain.Pourtant, un jour, elle rencontre Alexis, un quadragénaire militant au Parti socialiste.Convaincue qu'il est l'homme de sa vie, Camille met tout en oeuvre pour le séduire, même après avoir appris qu'il est marié et père de deux enfants.Mais Alexis la repousse, ce qui incite la jeune femme à entamer une liaison avec Ben.Entre-temps, Alexis est tombé sous le charme de Camille et se déclare maintenant prêt à quitter femme et enfants pour vivre avec elle.QUI A TUÉ MONA ?(Drowning Mona) Film américain (2000) de Nick Gomez.Scénario : Peter Steinfield.Images : Bruce Douglas Johnson.Montage : Richard Pearson.Musique : Michael Tavera.Avec Danny De Vito, Bette Midler, Neve Campbell, Jamie Lee Curtis, Casey Affleck, William Fichtner.95 min.V.O.: Colisée Kirkland, Famous Pointe-Claire, Laval, Faubourg.V.F.Q.: Greenfield Park, Versailles, Quartier latin.n Comédie policière.Un jour à Verplanck, une petite localité de l'État de New York isolée de tout, une voiture quitte la route et plonge dans les eaux de l'Hudson, entraînant dans la mort Mona Dearly.Arrivé sur les lieux du drame, le chef de police Wyatt Rash a tôt fait de constater que l'accident est en réalité un meurtre.Le problème, c'est que tous les citoyens de Verplanck avaient un motif pour souhaiter la disparition de Mona.Au premier chef son mari Phil, qui prétend que sa mégère de femme le battait, bien qu'il entretenait une liaison avec la serveuse de restaurant Rona.Ou encore son fils peu futé Jeff, dont le collègue de travail Bobby est fiancé avec la fille du chef Rash, qui n'aura décidément pas la tâche facile dans son enquête.WHAT PLANET ARE YOU FROM ?Film américain (2000) de Mike Nichols.Scénario : Garry Shandling, Michael Leeson, Ed Solomon, Peter Tolan.Images : Michael Ballhaus.Montage : Richard Marks.Musique : Carter Burwell.Avec Garry Shandling, Annette Bening, Greg Kinnear, John Goodman, Ben Kingsley, Linda Fiorentino.104 min.V.O.: Colisée Kirkland, Paramount, Côte-des- Neiges, Lacordaire, Des Sources, Mega-Plex Taschereau, Mega-Plex Spheretech.n Comédie.Provenant d'une planète éloignée peuplée exclusivement d'hommes clonés, l'agent H11449-6 est dépêché sur Terre avec la mission de concevoir un enfant avec une Terrienne.Après s'être introduit en plein vol dans un avion, il débarque sous l'alias de Harold Anderson à Phoenix, où l'attend un emploi de cadre dans une banque.Avec l'aide de son collègue de travail Perry Gordon, un incorrigible coureur de jupons, il fait la connaissance et la conquête de Susan, une agente d'immeubles célibataire dans la quarantaine.Entre-temps, Roland Jones, un enquêteur des services fédéraux du transport aérien, s'acharne à percer le mystère entourant Harold.Source : Médiafilm FILL09 5LP0601B0303 B 6 vendredi ARTS 5LP0601B0303 ZALLCALL 67 01:02:09 03/03/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 Les lumières s'éteignent Le 1er Festival Montréal en lumière prend fin demain.J'ai réussi à suivre le volet des arts de la scène et j'ai terminé hier soir la tournée des sculptures lumineuses en mangeant des guimauves grillées sur le feu de bois (il paraît que, plus tôt, des visiteurs avaient apporté des saucisses à griller !) au coeur du labyrinthe de toile éclairé en rouge, boulevard Saint-Joseph.Le volet des arts de la table a été des plus captivants avec ses ateliers, ses dégustations quotidiennes et les chefs invités ont vraiment donné un coup de fouet stimulant à notre restauration.L'idée des dîners-concerts au Musée des beaux-arts est merveilleuse.Cette année, l'architecture baroque est à l'honneur et nous avons eu droit à une série de dîners-concerts baroques.Quel genre musical pourra-t-on marier à la grande exposition en hommage à Orson Welles l'hiver prochain au MBA ?Nous l'apprendrons peut-être dimanche, lors de la conférence- bilan du Festival.n n n Les arts de la table ne feront pas partie du 18e Festival international du film sur l'art (du 14 au 18 mars).Il ne manque que l'art culinaire pour que ce festival englobe vraiment tous les styles et tous les domaines de l'art.Cette lacune, que je reproche chaque année à René Rozon, n'est pas encore comblée, mais je ne perds pas espoir.n n n Gilles Latulippe a vendu son Théâtre des Variétés.Il joue sur ses planches pour la dernière fois en ce moment dans La Course au mariage, avec Jacques Salvail.Pour la première fois depuis 33 ans, Gilles n'aura pas à se casser la tête cet été pour remplir une nouvelle saison théâtrale.À l'automne, le nouveau proprio du théâtre, qui produit déjà des revues musicales en Floride, m'a-ton dit, présentera une série de spectacles de variétés, genre revue musicale.Gilles Latulippe ne chômera pas.Il aime bien jouer au golf, mais pas à plein temps, alors on le retrouvera sûrement tous les jours au petit écran et mon petit doigt me dit que ça sera avec son compère Fernand Gignac.À suivre.n n n Le printemps approche, les tournages vont se multiplier et aux productions Muse, on s'affaire autour des producteurs newyorkais du film Time of Our Lives, un long métrage de Mary-Agnes Donahue qui devrait être entièrement tourné au Québec avec la merveilleuse Diane Keaton ! J'y reviendrai.n n n Pascale Bussières rides again ! Elle va tourner un autre film en anglais.Cette fois, elle va partager la vedette avec Steven Baldwin dans X Changes, un film futuriste (2008) qui sera entièrement tourné à Montréal à partir du 15 mars.« Ce n'est pas un film américain, il s'agit d'une coproduction Québec-Ontario et le réalisateur, Alan Moyle, (Pump Up the Volume), même s'il fait carrière aux États-Unis, est un Québécois de Shawinigan, diplômé de Mc Gill », m'a dit le producteur Marc Grenier (qui vient de terminer le tournage de Cause of Death !).Dans cette nouvelle aventure où il sera question de clonage et de transfert mental, Pascale retrouvera un complice de toujours, « son » directeurphoto Pierre Gill ! Les effets spéciaux seront réalisés par Buzz, évidemment, ils sont les meilleurs.La distribution, en cours, comptera une quinzaine de rôles principaux.Je vous en reparlerai la semaine prochaine.Le mot de Cambronne à toute l'équipe.n n n La dynamique scénariste- réalisatrice et productrice Patricia Chica n'a qu'une idée en tête : tourner et tourner.Elle est une fana de vidéoclips et elle en réalise aussi à l'occasion.Après le clip de Lili Fatale, elle a réalisé le clip Pollution de l'esprit du groupe triphop québécois Ten Zen.Pour ces petits nouveaux qu'elle adore, elle a exploré des méthodes nouvelles de tournage et une approche visuelle avant-gardiste qui leur ressemble, avec effets spéciaux trompe-l'oeil, etc.Ne ménageant aucun effort, elle a dirigé trois séances de direction d'acteurs avant le tournage pour que ses artistes jouent juste et qu'ils soient à l'aise dans leurs personnages.On en verra le résultat le 8 mars lors du lancement officiel.Maintenant, Patricia a plutôt la tête dans l'histoire du jazz.Elle réalise un rêve, un documentaire sur les 100 ans du jazz.Sera-t-il prêt pour le prochain Festival de jazz ?EN VADROUILLE Francine Grimaldi collaboration spéciale Marie-France Lambert, Mireille Brullemans et Caroline Dardenne, dans Les Enfants d'Irène.Petit écran théâtral MARIE-CHRISTINE BLAIS collaboration spéciale Il y a des soirées comme ça où tu t'écrases devant la télévision et tu zappes, tu zappes, tu zappes, passant d'un univers à l'autre, sans lien véritable, sans raison non plus.Or, étrangement, c'est exactement l'impression ressentie pendant Les Enfants d'Irène, texte et mise en scène de Claude Poissant présentés dans la salle 2 de l'Espace Go, jusqu'au 25 mars.Ça débute au canal communautaire si on en juge par le décor « cheapo » et le ton « téléroman sur la génération X », avec le monologue de Matthias, qui se définit lui-même comme une « tache de naissance » sans ambition et sans rêve, qui s'insurge contre ceux qui portent le travail aux nues.Oups, on zappe, on tombe sur Nadia, la soeur de Matthias, dont les propos et l'attitude misérabilistes sont dignes d'un soap brésilien d'aprèsmidi.Zip, voilà Lucien, le demi-frère, et sa blonde, Angéla, qui discutent de façon aussi banalement absurde que dans Les Machos.Rezip, tiens, une séance de chat (dialogue par ordinateur, pour les non-informaticiens) érotico- amoureux entre Matthias et une inconnue \u2014 ciel, serait-ce un remake québécois du film You've Got Mail, sans Meg Ryan, ni Tom Hanks ?Et ça se poursuit comme ça toute la soirée, avec un quiz délirant sur la valeur de l'argent animé par le chien Barber (joué par Reynald Robinson), une scène d'amour à la Marivaux (ça doit être TV5), un monologue servi sur le mode rap (Musique Plus ?), une femme enceinte qui parle à son ventre (pas de doute, on est à Canal Vie), la chanson Guantanamera (le réseau multiethnique ?), toujours le chien Barber qui philosophe avec les notions de « faire » et « rien » (comme dans les dessins animés songés de Télétoon le soir ?), une litanie de prénoms pour bébé d'après des noms d'artistes (Super Écran débrouillé ?), un pauvre type qui accorde une valeur numérique à tous les mots qu'il entend (Richard Glenn comes back ?), une conversation téléphonique où Matthias engueule comme du poisson pourri un anglophone (clin d'oeil à Jean-Luc Mongrain ?), les mots « mondialisation », « globalisation » et consorts (le Téléjournal ?).Plus fort, toujours plus fort, ça se termine même par une publicité de Coca- Cola ! Quand la télévision se ferme d'elle-même une heure et 40 minutes plus tard, on reste abasourdi sur son siège.Est-ce qu'on a trop zappé et manqué du même coup un super bon programme sans s'en rendre compte ?Est-ce qu'on a encore une fois perdu notre soirée, mais cette fois devant un petit écran théâtral ?Les comédiens jouent pourtant bien, la mise en scène compte deux, trois bonnes idées et quelques rires, il nous reste même de petits bouts d'images, de phrases, mais sans aucune signification, semble-t-il.Tiens, est-ce que c'était ça, l'idée : nous démontrer que nous vivons dans un univers trop saturé d'information, où on zappe tellement que rien ne nous touche plus, sinon, peut-être, un enfant, et encore ?Quoi qu'il en soit, le résultat est le même qu'à la fin d'une soirée de zapping intensif : on se lève de son siège avec une impression de vide et de fatigue mentale, en se demandant si on n'aurait tout de même pas dû rester carrément dans son salon pour regarder la télévision.LES ENFANTS D'IRÈNE, texte et mise en scène de Claude Poissant, assisté de Jean Gaudreau.Distribution : Mireille Brullemans, Caroline Dardenne, Marie- France Lambert, Julie Mc Clemens, Sébastien Ricard, Reynald Robinson, Benoît Vermeulen.Scénographie : Olivier Landreville et Guillaume Lord.Costumes : Caroline Poirier.Éclairages : Martin Labrecque.Conception sonore : Larsen Lupin.Coiffures et maquillages : Angelo Barsetti.Présenté à la salle 2 du Théâtre Espace Go jusqu'au 25 mars.Info : 514-845-4890.Pascale Bussières VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Jean Beaunoyer 10:00 r MAMAN DION Et pourquoi pas Maman Dion en ce matin alors qu'elle se retrouve avec quelqu'un de son âge, Janette Bertrand.Cette grande dame admirable a le don de toujours nous étonner.Ne serait-ce que par sa vitalité, sa jeunesse ou son charme.Bon! Admettons que je suis un fan de Madame Bertrand qui nous propose une recette de crème velours et des pâtes à l'avocat.20:00 r PARCE QUE MAMAN TRAVAILLE Un drame psychologique de R.Markowitz qui raconte l'angoisse d'une divorcée qui doit se battre pour conserver la garde de son fils que réclame, après des années d'absence, son ex-mari.Un film pour toute la famille, sauf l'ex.20:00 a LA FUREUR Pour ceux qui préfèrent s'amuser en famille, La Fureur de la musique pop, de la musique romantique avec Jean-Pierre Ferland, le groupe Aqua et Larusso qui chante Je survivrai.Patrick Huard, Peter Mac Leod, Geneviève Brouillette, Linda Malo sont parmi les invités.Véronique Cloutier fera-t-elle gagner son chum Patrick?Les potineurs s'interrogent.21:00 a ZONE LIBRE On connaît la police privée au cinéma alors que des détectives travaillant à leur compte sont toujours plus futés et plus efficaces que les vrais policiers.Qu'en estil dans la vraie vie?Saviez-vous que le nombre de détectives privés a doublé au Canada depuis 1990.À voir dans ce documentaire présenté à Zone Libre.00:45 2 LOLITA Pour les couche-tard en ce début de week-end, une histoire assez tordue d'un professeur d'âge mûr qui s'éprend de la fille adolescente d'une veuve chez qui il loge.On a souvent repris ce thème, mais Stanley Kubrick a été le premier à l'exploiter au cinéma en 1962.Avec James Mason, Shelly Winters et Peter Sellers.CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC Ce soir La Vie d'artiste Catherine La Fureur / Jean-Pierre Ferland, le groupe Aqua, Larusso Zone libre / La Police privée Le Téléjournal/Le Point / Daniel Lemire Les Nouvelles du sport Cinéma (23:28) Le TVA Piment fort / Bruno Landry J.E./ Des remorquages coûteux; vente pyramidale ou à paliers Cinéma / PARCE QUE MAMAN TRAVAILLE (5) avec Anne Archer, John Heard Le TVA Nikita Sports / Loteries (23:52) Macaroni tout garni Ace London Les Choix de Sophie Les Francstireurs Droit de parole / .prendre les citoyens en otages pour gagner sa cause?Ciel! Mon Pinard / Table champêtre Cultivé et bien élevé Histoires de chansons Les Choix de Sophie Cinéma / BARAKA (4) Grand Journal (17:00) Flash / Diane Lane La Porte des étoiles Aux frontières du réel Scènes de crime Le Grand Journal La fin du monde.110% Phantasmes Flash Pulse A.Hollywood Kids Say.Power Play The City Nash Bridges CTV News Pulse / Sports News Wheel of.Jeopardy Law & Order: SVU News Newswatch Thin Blue Line Dooley Gard.Royal Air.Red Green Sh.This Hour.Bette Show The National / CBC News Nat.Update News ABC News Judge Judy Frasier Boy Meets.Sabrina, the Teenage Witch The Hughleys 20/20 Friday News Night.(23:35) News CBS News E.T.Kids Say.Cosby Now & Again Nash Bridges Late.(23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.Providence Dateline NBC Law & Order: Victims Unit Tonight (23:35) Newshour Business Rep.VT this Week Wash.Week Wall Street Smart Women Finish Rich Leonard Bernstein: Reaching for the Note BBC News Nightly Bus.Newshour People Near.Scully Mystery / Inspector Morse World News Charlie Rose L.A.Law Law & Order Biography: Angela Lansbury Investigative Reports Poirot Law & Order Densil Pinnock Bravo! Videos Scannig.Coming to Voice Cinéma / ON MY OWN (5) avec Judy Davis, Matthew Ferguson Beggars and Choosers 3-D / Les Requins géants L'Égypte / Pyramides.Les Procès chocs Les Nouveaux Détectives Twin Peaks Cinéma / SOHO (5) Informe Semanal (Esp.) Rete Italia.Téléroman italien / I Due Volti.Solomusica Casa d'Italia Com.grecque Téléritmo (Rythmes latins) Wrld Football Indes Le Monde des affaires Projet d'entreprise Justice des mineurs Inventeurs In focus Santé mentale et vieillissement Psychologie.Mémoire, arts How'd they do that?@discovery.ca Wild Discovery The Nature of Things Tribes and Civilizations @discovery.ca Prêt à partir Tout le.Vie de camps Croisières découverte L'Hiver.Pignon sur.Vidéo Guide Prêt à partir Mentors Gargoyles So Weird .of the Dark?Cinéma / THE BOY WHO COULD FLY (4) avec Lucy Deakins Cinéma / DON'T LOOK UNDER THE BED Cinéma (23:35) Caroline.Home Imp.Drew Carey 3rd Rock.World's Wildest Police Videos Greed Charmed Drew Carey Star Trek Global News First Nat.News Ready or Not E.T.That '70s Sh.Bob &.20/20 Outer Limits USA.(17:30) L'Histoire à la une Châteaux Guerre et Civilisation Tournants de l'Histoire Racines L'Histoire à la une It Seems Like Way we were Mansion A Scattering.It Seems Like Great Crimes Cinéma / THE DEVIL'S BRIGADE (4) avec William Holden, Cliff Robertson Good Dog Pet Project Images Real Families Weird Homes Extra Shiver TV Guide TV .for Dinner?Eros Chic Planète Hist.chansons Ed Sullivan Pop up vidéo Musicographie / Elton John Top 100 des meilleurs albums en clips Musicographie / Elton John Ça passe.Novo Hip Hop Décompte Musique Plus Bouge Clip Cimetière CD World News Busin.News Newsworld Reports Pamela Wallin & Company The National Hot Type On the Arts The End Euronews Capital Act.Le Monde ce soir À votre service Le Journal RDI Scully RDI Branché Le Canada.Le Canada.Le Canada.Magazine Sports 30 Mag Hockey junior / Sherbrooke - Montréal Sports 30 Mag Sports 30 Salle des nouvelles Le Ranch de l'espoir Brigade des mers La Firme de Boston Inspecteur Frost Madison Red Dwarf Degrassi Jr.Liberty Street Friday the 13th: The Series The Hitchhiker Strangers Oz Red Shoe Diaries (23:09) Highlander Babylon 5 Sliders GvsE Star Trek - Deep Space Nine X-Files Sportscentral Last Word.Snowboarding / World Cup SPGA Golf / Toshiba Senior Classic - 1re ronde Sportscentral Rewind Game Nation .découverte Volt Panorama Bouillon de culture Cinéma / IMÛHAR, UNE LÉGENDE avec I.Paris (21:10) Panorama Bob Vila's Home Again 48 Hours / Nature's Fury: El Firefight Secret KGB JFK Assassination Files Firefight Off the Record Sportsdesk That's Hockey NBA.Paint Basketball / Jazz - Hornets Sportsdesk Ned.triton Sam et Max Redwall Robin.Mythologies Cléo et Chico Les Simpson Animania Duckman South Park Les Simpson Sam et Max Des Chiffres.D.Journal FR2 Thalassa / Mailles à partir Faut pas rêver Fest.d'été de Qc Journal belge Journal suisse Soir 3 Stuff Mechanics Diplomatic.Chef! Studio 2 Berkeley Square TVO Mystery Vivre à deux Les Copines.Êtes-vous.Sortie gaie Trauma /.à domicile Éros et Compagnie Ça sex'plique Les Copines.Méd.enquête Sortie gaie Cité Mag Le Guide de l'auto Savoir faire.Top 50 Cité Mag À la une Uh Oh! Sailor Moon Powerpuff Daria YTV'S Hit List Gamerz System Crash Radio Active Beasties L'Arcade L'Édition.Revanche.Technofolie Métiers.La Frontière.Highlander Des histoires extraordinaires Millennium 5LP0701B0303 B 7 vendredi ARTS 5LP0701B0303 ZALLCALL 67 01:03:38 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 7 Intense et percutant STÉPHANIE BRODY collaboration spéciale Depuis son adolescence, le chorégraphe torontois Allen Kaeja cherche à comprendre les démons qui ont hanté son père, un survivant des camps de la mort de la Deuxième Guerre mondiale.Il y a consacré deux trilogies dont le dernier volet, Resistance, est présenté jusqu'à ce soir à l'Agora de la danse.Contre toute attente, cette oeuvre pour six danseurs est loin d'être sombre et lourde.Elle est intense, percutante et inondée d'une énergie vive, de cette flamme qui jaillit parfois au milieu de l'horreur et qui nous permet de survivre envers et contre tout.Cette force, on la découvre au tréfonds de soi, mais elle est aussi alimentée par nos compagnons de malheur.Resistance n'a rien de l'oeuvre moraliste et appuyée.Aucun décor ne vient rappeler les camps de concentration (si ce n'est quelques longs manteaux poussiéreux qui apparaissent brièvement) et il pourrait en fait s'agir de n'importe quel groupe d'individus appelés à s'unir pour survivre.Ce sont uniquement les corps qui racontent l'urgence et la violence qui gronde tout autour.Resistance veut témoigner avant tout de la dynamique riche et complexe qui s'installe entre les six individus.Le chorégraphe, en équipe avec ses danseurs, a aussi réussi à en rendre toute la charge émotive.L'oeuvre est basée sur la technique de danse contact, dont Kaeja et son épouse Karen sont spécialistes.Cette technique, avec ses jeux d'attraction, de répulsion, de transferts de poids et ses envolées athlétiques, est un moyen idéal de nuancer la multitude de teintes qui colorent les contacts humains.Les interprètes se sentent les uns les autres dans l'espace et se doivent d'être très concentrés et présents dans l'instant.Tout au long de la pièce et en alternance, des tempêtes de gestes font place à des moments d'accalmie et d'intimité.La discorde des premières scènes se transforme peu à peu en une fragile cohésion.Par moments, une impulsion est transférée d'un danseur à un autre et elle fuse à travers tout le groupe telle une onde de choc qui gagne également le spectateur fasciné.La danse est nette, fluide, intense et physique.Allen Kaeja a pratiqué la lutte et le judo pendant neuf ans avant de se convertir à la danse contemporaine et on sent très bien l'influence de ces disciplines sur son travail.Parfois, les danseurs jonglent et dansent de façon très ingénieuse avec des longs bancs de bois.L'environnement sonore d'Edgardo Moreno est une superposition efficace de musique industrielle, de musique classique et de musique traditionnelle juive.Comme il est assez difficile de suivre ce momentum pendant une heure complète, Resistance s'essouffle un peu par endroits \u2014 ou peutêtre le spectateur a-t-il une soudaine baisse d'adrénaline \u2014, mais il est certain qu'Allen Kaeja créé de la danse intense et mordante.RESISTANCE de Kaeja d'Dance.À l'Agora de la danse jusqu'au 3 mars à 20 h.Concept et chorégraphie : Allen Kaeja, en collaboration avec les danseurs Tom Casey, Philip Drube, Karen Kaeja, Susan Lee, Heidi Strauss et Teena Walker.Compositeur : Edgardo Moreno.Éclairages : Jyri Suominen.Une scène de Resistance, d'Allen Kaeja.31 SALON INTERNATIONAL DE 3 mars 4 mars 5 mars 5LP0801B0303 B 8 vendredi ARTS 5LP0801B0303 ZALLCALL 67 01:04:58 03/03/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 SPECTACLES Salles de répertoire ALL ABOUT MY MOTHER Cinéma du Parc (1): 17h.À L'OMBRE DE HOLLYWOOD Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 17h, 21h10.ANGELA'S ASHES Cinéma du Parc (2): 21h15.BEAU TRAVAIL Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 13h15, 15h15, 17h15, 19h15, 21h15.BEING JOHN MALKOVICH Cinéma du Parc (1): 21h15.CRADLE WILL ROCK (THE) Cinéma du Parc (3): 19h.DOWN BY LAW Cinéma du Parc (1): 23h30.EYES WIDE SHUT Cinéma du Parc (2): 16h45.FIGHT CLUB Cinéma Impérial: 21h20.GUN FOR JENNIFER (A) Cinéma du Parc (3): 23h15.HAUT LES COEURS! Ex-Centris (salle 2, Fellini): 14h, 16h30, 19h, 21h20.LADY OF THE LAKE Cinéma ONF: 21h45 (version originale anglaise).MAINS D'ORLAC (LES) Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 19h.MESSENGER (THE): THE STORY OF JOAN OF ARC Cinéma Impérial: 16h.MONTREAL JEWISH MEMORIES \u2014 STORIES OF THE 20's AND 30's Cinémathèque québécoise (salle Fernand-Séguin): 19h30.PITIÉ POUR EUX Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 21h.RAISON AVANT LA PASSION (LA) REASON OVER PASSION Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 17h.SOMBRE Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 14h30, 19h.STRANGER THAN PARADISE Cinéma du Parc (3): 21h30.THIRD MAN (THE) Cinéma du Parc (3): 17h.TOY STORY 2 Cinéma du Parc (2): 19h35.TRICK OF THE LIGHT (A) Goethe-Institut: 18h30.VOYAGE AU NORD DU MONDE Cinémathèque québécoise (salle Fernand-Séguin): 18h30.WORLD IS NOT ENOUGH (THE) Cinéma Impérial: 19h.ZOMBIE Cinéma du Parc (2); minuit.Festival international du film pour enfants ENVOLÉE (L') \u2014 LA BICYCLETTE JAUNE (8 à 12 ans) Cinéma Impérial: 13h.NOUVEAUX VOISINS (LES) \u2014 LUCKY ET ZORBA (3 à 7 ans) Cinéma Impérial: 10h.Danse AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier E.) Resistance, d'Allen Kaeja.Avec Sylvie Bouchard, Tom Casey, Philip Drube, Karen Kaeja, Susan Lee et Teena Walker: 20h.TANGENTE (840, Cherrier E.) Sa Sa Sa Duende for Days (Fable pour deux corbeaux), de Rae Bowhay et Martin Trudel, et Under Her Heart, de Livia Daza-Paris: 19h30.CENTRE PIERRE-PÉLADEAU (300, boul.de Maisonneuve E.) La compagnie de danse japonaise HArt Chaos.Secret Club Floating Angels 2000, chorégraphie de Sakiko Ohshima: 20h.ESPACE GO (4890, St-Laurent) Les Ballets jazz de Montréal.À fleur de peau/With Soul, de Louis Robitaille.Avec Louis Robitaille, Chérice Barton, Vanessa Convery, Susan Gaudreau, Lourdes Gracia, Francine Liboiron, Neelanthi Vadivel, Éric Beauchesne, Éric J.Miles, Robert Rubinger et Youri de Wilde: 20h.Musique SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE Jutta Puchhammer-Sédillot, altiste, et Élise Desjardins, pianiste.Beethoven, Reger, Scharwenka, Hindemith: 20h.UNIVERSITÉ McGILL (Redpath Hall) Régis Rousseau, organiste.Frescobaldi, Ligeti, Nivers, Leguay: 12h15.ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE Orchestre Symphonique et Choeurs de Mc Gill.Dir.Iwan Edwards.The Dream of Gerontius (Elgar): 20h.CHAPELLE N.-D.-DE-BON-SECOURS (400, St-Paul E.) Les Boréades.Biber, Schmelzer, Böddeckert, Pachelbel, Reinken: 20h.DERNIÈRE CHANCE Ce soir et demain 1/2 PRIX SELON DISPONIBI LITÉ samedi 4 mars 5LP0901B0303 B 9 vendredi ARTS 5LP0901B0303 ZALLCALL 67 01:03:48 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 9 Après l'Italie et la Catalogne, la vitrine du Québec se déplace au Royaume-Uni La Presse En Italie, l'opération « vitrine culturelle du Québec » s'appelait Orizzonte Québec.En Catalogne, elle est devenue Quebec a Catalunya.Elle s'est maintenant transformée en Québec in Motion pour s'installer au Royaume-Uni, du 7 mars au 31 mai prochains.C'est ce qu'a annoncé hier la ministre de la Culture, Agnès Maltais.On sait que parmi la quarantaine d'événements et de spectacles proposés, certains auraient eu lieu de toutes façons, d'autres non, mais la programmation rassemblée sous le titre de Québec in Motion est impressionnante.Signalons, par exemple, la présentation à Londres, au Dominion Theatre, de Notre-Dame de Paris en version anglaise.La traduction a été assurée par Will Jennings (auteur de My Heart Will Go On dans Titanic).La vedette australienne du disque, Tina Arena, sera Esmeralda ; Steve Balsamo qui fut Jésus dans Jesus Christ Superstar jouera Phoebus ; Daniel Lavoie reste Frollo.Michel Tremblay se retrouve lui aussi dans la vitrine.On présentera, en effet, à Édimbourg, en langue écossaise, la Messe solennelle pour une pleine lune d'été.Salt d'Édouard Lock, la plus récente création de La La La Human Steps, sera offerte tant à Londres qu'à Édimbourg.Le pianiste Marc-André Hamelin fera quant à lui une tournée de plusieurs villes, même chose pour La Bottine souriante.Par ailleurs, les universités Edinburgh et Cambridge organiseront des conférences où il sera bien sûr question de la culture québécoise.À Édimbourg, on fera des comparaisons entre les deux cultures ; à Cambridge, on tentera d'expliquer aux Anglais ce qu'est la culture québécoise.Québec in Motion est réalisé par le ministère de la Culture et des Communications, celui des Relations internationales, par la Délégation du Québec à Londres, le Conseil des arts et des lettres et le British Council.On peut avoir plus de renseignements sur deux sites Internet : www.mcc.gouv.qc.ca www.mri.gouv.qc.ca 5LP1001B0303 B 10 vendredi ARTS 5LP1001B0303 ZALLCALL 67 01:04:20 03/03/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 Un Lama pour tous les publics JEAN BEAUNOYER Encore un chanteur pour dames, me suis-je dit, tout en me demandant ce que j'allais faire là.Et pourtant.Serge Lama est sympathique pour tous les publics.Il raconte l'histoire d'un homme cocu (Les P'tites Femmes de Pigalle), ou encore cette triste histoire d'un homme qui s'attache à l'enfant de la femme qu'il aime et qui n'est pas de lui (L'Enfant d'un autre), les problèmes de famille Le Dimanche en famille) et voilà qu'on se retrouve quelque part.Lama, c'est l'un des grands de la chanson française qui n'a jamais fait dans la guimauve et qui n'a jamais susurré ses chansons d'amour.Lama, c'est l'intensité des mots, la puissance de la voix et la générosité dans la présence.Mercredi soir, au Saint-Denis, il a présenté un spectacle intime qui n'avait rien de banal ni de redondant.D'abord, trois musiciens qui valent bien certaines grosses formations, et des chansons connues, d'autres moins, qui sont autant de tableaux de différentes étapes de la vie.Les textes de Lama, qui sont de lui, d'Yves Gilbert ou d'Alice Dona, sont intéressants par leur diversité.Mon ami, mon maître, Le Café du lycée ou encore C'est toujours comme ça la première fois sont des tableaux de la jeunesse.Je voudrais que tu sois là, D'aventure en aventure, c'est la solitude, la défaite.La Serveuse, la danseuse, Avec simplicité, c'est l'observation, l'amour retenu.Il y a de tout pour tout le monde dans les chansons de Lama, même si les femmes écoutent davantage.Il faut bien croire qu'on leur dit rarement ces choses- là, comme dirait Superman.Lama fait le tour du Québec avec ce gentil spectacle qu'il offre aux Québécois avec une belle sincérité.C'est tout de même Lama qui a dit un jour que « la chanson française est maintenant québécoise.et qu'on engage maintenant des interprètes québécois dans les comédies musicales à Paris parce qu'il n'y a pas assez de bons chanteurs en France ».Comme je vous disais, Lama ne fait pas dans la guimauve, d'autant plus qu'il a répété ça en France.Ses musiciens sont exceptionnels, il faut bien le dire.Son accordéoniste, Sergio Tomassi, doit être magicien puisqu'il transforme son instrument en piano ou en harmonica le temps de le dire.Ce Yvan Benoit qui utilise six guitares durant le spectacle est un excellent guitariste et un homme spectaculaire se trouve aux percussions, Nicolas Montazaud.De quoi ne pas regretter cette entreprise colossale où Lama a chanté récemment avec l'Orchestre Symphonique de Québec.On sait qu'il a également tourné pendant plusieurs années avec la comédie musicale Napoléon.Dans son cas, on comprend un Lama intime sur scène.Mercredi soir, il l'a d'ailleurs partagée avec Isabelle Boulay en chantant en duo D'aventure en aventure.Moment émouvant, ovation debout et belle soirée finalement, signée Lama.D'HIER De notre édition finale PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © Serge Lama, mercredi au Théâtre Saint-Denis. 5LP1101B0303 B 11 vendredi ARTS 5LP1101B0303 ZALLCALL 67 01:06:06 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 11 OSM/Prodigieux Chostakovitch CLAUDE GINGRAS Le contraste n'est pas frappant : il est cruel.Charles Dutoit et l'Orchestre Symphonique de Montréal proposent de la douzième Symphonie de Chostakovitch une réalisation comme on n'en entend habituellement que par les plus grands orchestres russes, mais une demisalle à peine est venue écouter mercredi soir le fruit de leur travail.C'est à se demander finalement ce qui intéresse le public de Montréal et en particulier celui de l'OSM ; c'est à se demander, même, si cette ville mérite un orchestre de cette qualité ! Chostakovitch est-il encore trop « moderne » ?Est-ce l'absence d'un grand nom de soliste et le choix d'un concerto très peu connu qui expliquent le déprimant spectacle de toutes ces rangées vides ?Dutoit cherche à renouveler les programmes \u2014 cette fois, trois premières au même concert \u2014 et on ne vient même pas entendre ce qu'il a à proposer.Tout n'est pas réussi d'un bout à l'autre, je le concède.Le poème symphonique de Sibelius au titre pourtant explicite, Chevauchée nocturne et Lever du soleil, ouvre le concert sans avoir été suffisamment travaillé.La répétition interminable des mêmes traits de violons puis de bois doit graduellement et imperceptiblement créer une atmosphère ; elle reste à l'état de formule, voire d'exercices.Pour le concerto, il était original de penser au troisième et dernier de Bruch pour violon.On entend toujours le premier, très rarement le deuxième, et jamais le troisième.L'enregistrement d'Accardo nous l'a appris : ce troisième concerto est fort long et beaucoup moins séduisant que le premier.Il méritait quand même d'être joué au moins une fois en concert.Le jeune James Ehnes l'a d'ailleurs défendu avec comp é t e n c e .Sa d'autant plus à signaler que le s o l i s t e joue presque contin u e l l e m e n t pendant ces 38 très longues minutes simplement accompagnées d'orchestre.Ehnes trille bien et il joue juste.Le premier mouvement, indiqué « energico », ne l'était pas assez et le rondo final aurait pu être plus brillant ; en revanche, il a joué le mouvement lent dans une sonorité continuellement fine et soutenue.Mais le concert, c'est d'abord et presque exclusivement les 40 bouleversantes minutes de la Douzième de Chostakovitch, promise deux fois au cours des dernières années mais remplacée chaque fois pour diverses raisons.Cette « description sonore » de la Révolution russe de 1917 est rendue avec une force écrasante et une émotion pénétrante par tout l'orchestre, toutes les sections et tous les premiers-pupitres au sommet de leur forme.Les quatre mouvements se suivent sans interruption (détail qui ne figure pas sur la page-programme) et offrent un vivant documentaire : menace des cordes graves, pesant suspense des bois, pétarades des cuivres, extraordinaire tapage des lourdes percussions et, finalement, éclat des violons symbolisant la liberté.ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL.Chef d'orchestre : Charles Dutoit.Soliste : James Ehnes, violoniste.Mercredi soir, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts ; reprise jeudi soir, 20 h.Dans le cadre des « Grands Concerts ».Programme : « Nattlig Ritt och Soluppgäng » (« Chevauchée nocturne et Lever du soleil »), poème symphonique, op.55 (1907-09)\u2014 Sibelius Concerto pour violon et orchestre no 3, en ré mineur, op.58 (1890)\u2014 Bruch Symphonie no 12, en ré mineur, op.112 (« 1917 Ghod » - « L'Année 1917 ») (1961)\u2014 Chostakovitch D'HIER De notre édition finale LE BONHEUR OU PRESQUE QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim.QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim.QUI A TUÉ MONA?Sam.au.LE BONHEUR OU PRESQUE QUI A TUÉ MONA?Sam.LE BONHEUR OU PRESQUE QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim.LE BONHEUR OU PRESQUE QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim.LE BONHEUR OU PRESQUE QUI A TUÉ MONA?Sam.Dim.QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim.QUI A TUÉ MONA?Sam.& Dim. 5LP1201B0303 B 12 vendredi ARTS 5LP1201B0303 ZALLCALL 67 01:03:54 03/03/00 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 Société de manipulation JENNIFER COUËLLE collaboration spéciale Le monde de demain sera sain.On a bien envie d'y croire.Notre jeune théâtre, lui, y croit déjà.En tout cas, il clame clairement son refus du monde d'aujourd'hui.Coup sur coup, depuis ce début d'année, il se rit de notre état d'apathie généralisée.À son banc des accusés, notre manque d'engagement socio-politique (Novembre), notre attitude conformiste, notre enlisement matérialiste (Les Pamphlétards).Et à ces miniportraits de société où la norme est aux bras baissés, s'ajoute aujourd'hui un J'accuse en règle à l'endroit de la société.de manipulation À l'affiche depuis mercredi au Théâtre du Maurier du Monument-National, Entrevoir « explore les manipulations.Celle des organisations sur les personnes, et des humains sur leurs semblables.» En plein délire orwellien, que ce premier texte dramatique du jeune numéro à la pensée polyvalente Pierre-Olivier Pineau, bachelier des HEC, maître en philo et sur les derniers milles d'un doctorat sur la déréglementation des marchés de l'électricité ! Un délire, cependant, un peu sec.Intelligent, mais sur le plan de l'affect, distant.Construite autour d'une mystérieuse boîte blanche qui contamine d'idées préprogrammées la mémoire de ceux qui s'en approchent, l'intrigue rappelle les absurdités totalitaires de l'univers de 1984.Un jeune homme désabusé (Pascal Patenaude, dont le jeu énergique mais hors-corps convainc peu) est contraint à trouver l'astuce pour placer ce terrible petit engin aliénant dans les bureaux de l'Office des vérifications.Il est aimé par la bonne et jolie Akeen, piégée par sa propre intégrité, et sera aidé par la sulfureuse et sexy Enka, trop habile pour ne pas s'en tirer.Un récit assez classique que sert pour le mieux une mise en scène et une scéno qui fleurent le constructivisme chorégraphié du Métropolis de Lang.En version épurée, par contre.Moins gothique, plus minimaliste.Puis, il y aussi les costumes qui, avec un rien de plastique, de soie et de ratine synthétique, avec aussi la constance de bottillons noirs bien usés, taquinent avec superbe la référence futuriste.Le tout plongé dans un environnement sonore le plus souvent techno, ponctué de vrombissements et d'autres effets d'avions et d'hélicos.Le morceau, quoi ! Au coeur d'une salle dont l'assistance est reléguée à la périphérie, une série de grands cubes blancs à usages multiples et une paire de murs sur roulettes méthodiquement ajourés en grilles métalliques suffisent à constituer un décor auquel rien ne manque.Tout particulièrement dans ces scènes aussi lubriques que loufoques, où Nathalie Costa et Michel Lavoie, dirigés au poil par Julien Blais, se renvoient la réplique avec force rythme.En anonymes automates de l'Office des vérifications, bien engoncés dans leurs uniformes informes, ils font un malheur avec leur flirt assoiffé par animal domestique interposé.On retiendra aussi le jeu constant de Josée Gagnon qui livre une Enka complexe, à la psyché évasive et à l'énergie palpable.Quant à Violaine Paradis, elle épate dans sa minute et demie de folie, lorsque, à proximité de la fameuse boîte blanche, elle se met à débiter du prêt-à-penser tous azimuts, voire même avec quelques secondes d'accent créole ! Pour ce qui est du tout de ce drôle de drame qui reconnaît, en fin de pitrerie, le règne implacable de la majorité, il respire la qualité, souffre un tantinet de s'être étiré dans le temps et souffre un peu plus de sa panne de sensibilité.L'effet de la manipulation n'en est-il pas un qui s'éprouve, qui se sent ?ENTREVOIR de Pierre-Olivier Pineau, une production du Théâtre de l'Abysse présentée au Monument-National.Avec Nathalie Costa, Michel Daviau, Josée Gagnon, Michel Lavoie, Pascal Patenaude et Violaine Paradis.Mise en scène : Julien Blais.Scénographie : Étienne Proulx.Éclairage : Thierry Laperle.Musique : Stephen De Oliveira.Costumes : Eloïse Chamberland et Catherine Maher-Lemonde.Jusqu'au 11 mars.Info : 514-871-2224.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © Michel Lavoie et Nathalie Costa en automates allumés dans Entrevoir. 5LP1301B0303 b13 vendredi 3 mars 5LP1301B0303 ZALLCALL 67 01:05:54 03/03/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 3 MARS 2000 B 13 Monde Les réactions à la libération de Pinochet Les Russes pris dans une embuscade Moscou craint une longue lutte des partisans tchétchènes d'après AFP et AP MOSCOU Douze policiers des forces de sécurité russes ont été tués et 31 autres blessés hier dans une embuscade tendue par les forces tchétchènes près de Grozny.L'attaque semble donner raison à ceux qui craignaient une longue guerre de guérilla.Le groupe, parti de la ville de Mozdok (Ossétie du Nord), se rendait sur une base russe en Tchétchénie lorsqu'il a été attaqué par des combattants tchétchènes, a annoncé la chaîne de télévision privée russe NTV.« Nous ne nous serions jamais attendus à une attaque aussi violente dans la zone de Grozny », a déclaré Mikhail Simachkine, un des policiers rescapés.Les forces fédérales russes l'avaient ratissée à maintes reprises et l'avaient déclarée sécurisée.Les policiers pensent qu'une personne ayant vu le convoi arriver a prévenu les Tchétchènes.Des soldats russes, dont un général, avaient emprunté le même itinéraire un quart d'heure plus tôt sans incident.Les forces de sécurité ont déclaré avoir été prises au dépourvu mais s'être défendues seules jusqu'à l'arrivée de renforts.« Ils tiraient de partout, nous avons tenté de nous protéger en attendant de l'aide », a raconté un officier de police.Les blessés ont immédiatement été transportés vers des hôpitaux de Grozny pour être opérés.« Certains étaient gravement touchés à la tête et aux poumons.Six blessés ont été envoyés à Mozdok pour subir d'autres interventions, et quatre autres dirigés vers Vladikavkaz (capitale de l'Odessie du Nord).Ils devraient s'en sortir », a assuré Vladimir Bykine, un médecin des urgences.Les combattants tchétchènes semblent avoir désormais opté pour des opérations de guérilla, et de nombreux postes de contrôle tombés aux mains des Russes ont été le théâtre de fusillades.Alors que l'armée fédérale poursuit son « nettoyage » des contreforts du Caucase, où se sont retranchés le reste des combattants séparatistes, un commandant russe prédisait hier que le conflit pourrait encore durer plusieurs mois.Avant même la chute de Grozny, le Kremlin et l'armée russe estimaient en jours le terme de la guerre.Depuis que les combattants tchétchènes ont battu en retraite dans le sud de la république, on évoque quotidiennement du côté russe la fin prochaine des opérations militaires de grande ampleur.Le général Vadim Timtchenko, chef d'état-major adjoint pour la Tchétchénie, considère pourtant qu'il est trop tôt pour envisager le retrait des unités militaires.« Les troupes resteront jusqu'à l'anihilation du dernier bandit », a-t-il déclaré hier.« Je pense que nous aurons du travail ici jusqu'à l'été.» Certains hommes politiques craignent l'apparition d'une guerre de partisans.« Il y aura une inévitable activation d'actions de guérilla, qui n'incluront pas simplement de simples coups de feu, mais aussi des opérations de diversion, des embuscades sur les routes, voire la prise de localités », estimait hier le député libéral Alexei Arbatov.Le général Timtchenko dément ce pessimisme : « Les bandits n'ont pas le soutien nécessaire pour cela, à savoir le soutien massif de la population locale.» Selon lui, au moins la moitié de la population tchétchène soutient les forces russes.Le ministre russe de la Défense, Igor Sergueiev, estimait hier les effectifs rebelles entre 1500 et 3000 combattants.D'après lui, les groupes de combattants ne peuvent plus communiquer et la résistance se limite aux zones montagneuses.CHILI n Isabel Allende : « On a montré qu'il n'y a pas d'impunité dans son cas et c'est très important pour l'avenir du monde entier, pas seulement pour le Chili, mais pour que les futurs dictateurs sachent qu'ils ne peuvent pas faire des victimes comme ça, en toute impunité », a dit la fille du président chilien Salvador Allende renversé par Augusto Pinochet en 1973.Fondation Pinochet : « Justice a été rendue, le cauchemar est terminé », a affirmé le général Luis Cortes Villa, président de la Fondation Pinochet.Famille des disparus : « Nous ne nous sentons pas vaincus.Au contraire, la détention (de Pinochet pendant 503 jours) est un immense succès, non seulement pour nous, mais pour l'humanité entière », a déclaré la vice-présidente du groupe Viviana Diaz.Jacqueline, fille de Pinochet : « Ici au Chili, il y a une justice », a déclaré la plus jeune fille du général en précisant qu'il acceptera de faire face aux plaintes qui l'attendent ici.ARGENTINE n Mères de la Place de Mai : « Cette décision témoigne du pouvoir des dictateurs aidés par des pays comme l'Angleterre et les états-Unis », a estimé la présidente de l'association humanitaire, Hebe de Bonafini.Selon elle, « il était clair que Pinochet ne pouvait pas être mis en prison » en raison « des accords existant entre les pays qui ont appuyé la dictature au Chili » pendant les années 70.ESPAGNE n José Maria Aznar : « Je respecte la décision » du ministre britannique, a déclaré le chef du gouvernement espagnol de centre-droit, José Maria Aznar.Abel Matutes, ministre des Affaires étrangères, a dit ressentir « un certain goût amer » et que ce cas « servira d'avertissement pour tous ceux qui ne respectent pas les droits de l'homme ».BELGIQUE n Le gouvernement belge : M.Straw « a agi dans le cadre de ses prérogatives et il ne me revient pas de commenter ce choix », a déclaré le chef de la diplomatie belge, Louis Michel.Bruxelles entend maintenant transmettre à la justice chilienne le dossier des six plaignants chiliens vivant en Belgique.Paul Lannoye, président du groupe des Verts : « Une erreur historique et une décision lamentable.qui fait apparaître le gouvernement britannique comme protégeant ceux qui violent les droits de l'homme ».FRANCE n Jacques Chirac , président français : « La justice doit être rendue, que ce soit en Grande-Bretagne ou au Chili, et les responsabilités du général Pinochet établies », note un communiqué de l'Elysée.La Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) a estimé que le ministre britannique de l'intérieur Jack Straw avait « manqué à sa parole » en décidant de libérer l'ex-dictateur chilien.Denys Robiliard d'Amnistie international (France) : « Une brêche dans le mur de l'immunité » des auteurs de violation des droits de l'homme.SUISSE n Bernard Bertossa, procureur général de Genève, tout en se disant « extrêmement déçu », n'a pas l'intention de contester une décision d'une justice étrangère.Albanais refoulés d'après AFP et AP MITROVICA La réinstallation de familles albanaises dans la partie nord de Mitrovica, à majorité serbe, a tourné court hier, aucun candidat au retour n'ayant voulu ou pu regagner ses foyers.En milieu de matinée, deux Albanais, qui venaient de visiter leurs appartements pour préparer leur retour, ont été pris pour cibles par des femmes serbes, qui leur ont jeté des pierres, blessant légèrement l'un d'eux.Selon des témoins, des femmes, dont certaines d'une soixantaine d'années, ont réussi à franchir le cordon de sécurité de la Force multinationale de paix (KFOR), les militaires rechignant visiblement à employer la force pour les contenir.« Tant que nous ne pourrons pas aller à Pristina, il n'est pas question que les Albanais viennent chez nous », criait Rocsanda, alors qu'une cinquantaine de femmes s'étaient rassemblées, parapluie en main sous une pluie battante, aux abords de trois immeubles, où vivaient et vivent encore plusieurs familles albanaises.Au fil des minutes, d'autres femmes, mais aussi des hommes, sont arrivés en provenance de la partie serbe, certains aux cris de « Serbie, Serbie ».Le calme a été rétabli peu avant midi avec l'intervention d'Oliver Ivanovic, leader des Serbes du nord de Mitrovica, qui a promis aux quelque 300 manifestants qu'il n'y aurait « pas d'installation d'Albanais aujourd'hui ».Selon une porte-parole de la Mission des Nations unies au Kosovo (MINUK), Kirsten Haupt, 43 familles albanaises \u2014 soit environ 150 personnes sur les quelque 2000 ayant fui le nord de Mitrovica depuis début février \u2014 avaient été pressenties pour regagner leurs appartements.Le « maire » autoproclamé de la partie sud de Mitrovica, Bajram Rexhepi, a qualifié d'« échec » cette première tentative de réinstallation des Albanais dans le nord, mettant en cause des « extrémistes ».À l'issue d'un entretien avec l'administrateur de l'ONU au Kosovo, Bernard Kouchner, il a indiqué avoir reçu l'assurance d'un nouveau renforcement de la sécurité et insisté sur la nécessité d'autoriser le retour de familles serbes dans le sud de la ville.Par ailleurs, le militaire russe, blessé par balle mardi à Srbica, dans le centre du Kosovo, a succombé à ses blessures hier matin, a annoncé le lieutenant-colonel Philippe Chanliau, porte-parole de la KFOR.C'est le premier soldat de la KFOR tué par balle depuis son déploiement dans la province en juin 1999.Le militaire russe, un parachutiste dont l'identité n'a pas été révélée, avait été touché d'une balle au thorax alors qu'il se trouvait à côté de son véhicule, stationné devant la mairie de Srbica, au nord-ouest de Pristina.Le tireur n'a pas été arrêté et l'enquête est en cours.PHOTO Reuters © Bal de l'Opéra de Vienne Entre 12 000 à 15 000 personnes ont manifesté hier soir contre la participation de l'extrême droite au gouvernement à proximité de l'Opéra de Vienne où se déroulait le Bal de l'Opéra, événement mondain de l'année.Un manifestant anti-raciste déguisé en Adolf Hitler, arrivé en Rolls Royce blanche, a tenté de pénétrer dans le bâtiment et a été arrêté avec son chauffeur après avoir réussi à tromper les 1000 policiers qui interdisaient les abords directs de l'Opéra.Pour la première fois en 45 ans d'histoire, ce bal a été est snobé par la majeure partie des célébrités étrangères invitées.La Corse, nouvelle épine au pied de Lionel Jospin JANA MIKOSKA Agence France-Presse, PARIS Après la tempête du Proche-Orient, le premier ministre français Lionel Jospin est confronté à la poudrière corse, où des négociations parallèles menées par des membres de son propre camp avec les poseurs de bombes perturbent le dialogue à peine entamé entre l'État et les nationalistes.Un dirigeant nationaliste corse, qui avait participé fin janvier à cette rencontre avec des responsables socialistes, sous l'égide des francs-maçons, a été inculpé hier pour deux attentats commis le 25 novembre à Ajaccio, en Corse, contre des bâtiments publics, qui avaient fait sept blessés.Joseph Peraldi, 58 ans, un des responsables du mouvement nationaliste Corsica Viva, a affirmé aux policiers qu'il « assumait la responsabilité » de ces deux actions qui avaient pour but « d'attirer l'attention du gouvernement sur le problème corse ».Cinq autres personnes appartenant à Corsica Viva ont été inculpées dans cette affaire.Le choc provoqué par ces deux attentats avait effectivement entraîné une tentative sans précédent du gouvernement français de renouer le dialogue avec les représentants élus de l'île pour enrayer la violence nationaliste et mafieuse.Corsica Viva soutient le processus lancé par M.Jospin le 13 décembre avec les 51 députés de l'Assemblée territoriale corse, dont huit nationalistes regroupés dans la coalition Corsica Nazione.Or, la rencontre secrète au siège du Grand Orient de France entre responsables socialistes et nationalistes, dont M.Peraldi, a jeté un doute sur les intentions déclarées du gouvernement de mener en plein jour le débat sur l'avenir de l'île.M.Jospin a affirmé mercredi devant les députés qu'il n'avait pas été informé de la rencontre du 22 janvier et que le gouvernement n'en était « en rien concerné ».Le Parti socialiste a également nié avoir eu connaissance de cette rencontre qu'il a qualifiée de « faute ».Il a suspendu de ses fonctions Serge Jakobowicz, délégué national aux associations, qui avait reconnu y avoir participé.M.Jospin a par ailleurs rejeté toute idée d'amnistie pour les assassins du préfet Claude Erignac, le plus haut représentant de l'État, tué le 6 février 1998 à Ajaccio.Son meurtrier présumé, Yvan Colonna, est toujours en fuite depuis l'interpellation de ses cinq complices présumés il y a un an.Répondant ainsi à l'appel de la veuve de l'ex-préfet, Domininique Erignac, M.Jospin n'en a pas moins évité d'évoquer le sort des autres nationalistes poursuivis par la justice pour des actes de terrorisme.L'île de 260 000 habitants a été le théâtre depuis dix ans de plus de 4000 attentats, nombre d'entre eux meurtriers.M.Jospin a reconnu pour la première fois avoir « renoncé à poser le préalable de la renonciation à la violence », comme il l'avait fait en septembre, pour « ouvrir le dialogue » avec les élus corses.Il a toutefois affirmé qu'il ne pouvait « y avoir une impunité de la violence ».FILL11 La Presse 3 mars 2000 Page B14 manquante "]
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