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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-03-04, Collections de BAnQ.

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[" 6SA0101A0304 A1 SAMEDI 6SA0101A1 04 ZALLCALL 67 00:55:07 03/04/00 B 1 3 4 6 www.lapresse.infinit.net Montréal, samedi 4 mars 2000 2$ TAXES EN SUS ÎLES - DE - LA - MADELEINE 2,50 $ / FLORIDE 2,60 $ U.S.(514) 384-2224 Sylvie Cossette, O.O.D.TOUT pour vos yeux 116e année No 133 204 pages, 13 cahiers nAménagement n Transport en commun n Gestion des déchets Louise Harel reporte les fusions Le projet de réforme municipale lance une nouvelle consultation sur les regroupements DENIS LESSARD La Communauté urbaine deviendra « métropolitaine ».Québec créera une nouvelle communauté métropolitaine de Montréal qui aura le mandat de planifier notamment l'aménagement, le transport en commun et la gestion des déchets pour 94 municipalités de la grande région métropolitaine.Hier, après un an de débats ardus au sein du Conseil des ministres, la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, a annoncé la mise en place de trois de ces commissions métropolitaines pour Montréal, Québec et Hull.Tout le débat sur les fusions de municipalités, à Montréal comme ailleurs, devra passer par une nouvelle étape de consultation devant aboutir en octobre prochain, a indiqué Mme Harel.Quant au livre blanc sur la réforme municipale, il devrait être déposé d'ici la mi-avril, bien que Québec ait déjà fait son lit et relégué aux oubliettes l'idée centrale d'une structure supramunicipale dotée de pouvoirs décisionnels.La veille, après 11 discussions sur ce projet contentieux, le caucus des députés péquistes avait approuvé l'idée d'une structure « souple et légère » qui, non élue et sans pouvoir de taxation, ne risquait plus de porter ombrage aux ordres municipal et provincial.Voir LOUISE HAREL en A2 PHOTO MICHEL GRAVEL, La Presse La ministre Louise Harel a eu une journée fort occupée hier.Elle s'est arrêtée le temps d'un appel, à l'hôtel Delta, place Victoria, entre sa conférence de presse et une rencontre avec les maires de la région métropolitaine.nAutres informations et réactions sur la réforme Harel en pages A3 et A4 Un producteur de Hollywood prépare un documentaire sur les Orphelins de Duplessis ANDRÉ NOËL Le producteur de Hollywood William Gazecki, dont le film sur la tragédie de Waco a été mis en nomination pour un Oscar, vient à Montréal la semaine prochaine pour préparer un documentaire sur les Orphelins de Duplessis.Dans un communiqué diffusé cette semaine, M.Gazecki indique qu'il a été inspiré par un article de fond paru à la une du Los Angeles Times, le 10 février.Le quotidien relatait le sort des enfants, illégitimes ou pauvres, qui ont été placés dans des institutions psychiatriques dirigées par des religieuses de 1940 à 1960, à l'époque du premier ministre Maurice Duplessis.Les Orphelins réclament une compensation au gouvernement et affirment qu'ils ont été battus, violés et injustement qualifiés de malades mentaux.« Je crois que leur histoire est aussi importante et suscite autant d'intérêt que celle de Waco », a dit M.Gazecki, hier, au cours d'un entretien depuis Los Angeles.Son film Waco: The Rules of Engagement, lui a valu son cinquième Emmy Award en 1998 et a été mis en nomination pour un Oscar.Ce documentaire portait sur le siège du bâtiment des davidiens à Waco, au Texas, qui a coûté la vie à quatre agents fédéraux et 76 membres de la secte, le 19 avril 1993.Le film, qui a été vu par 10 millions de personnes, a obligé Washington à rouvrir une enquête sur l'événement.M.Gazecki croit que l'histoire des Orphelins de Duplessis est susceptible de passionner le public à cause des thèmes universels qu'elle soulève sur le rôle de la religion, du gouvernement, du corps médical et des intellectuels.Voir UN PRODUCTEUR en A2 Vieillir! Des milliers de Québécois achèvent leur vie dans des centres hospitaliers de soins de longue durée.Des endroits où les petits riens qui renforcent la qualité de vie ont disparu depuis longtemps.La première tranche d'une série de Lilianne Lacroix.À lire en page B5 Accueilli en héros L'ancien dictateur Augusto Pinochet, libéré jeudi par Londres, a été accueilli en héros hier à Santiago, au cours d'une cérémonie rassemblant les officiers supérieurs de l'armée dont il a été le commandant en chef.Le vieillard de 84 ans, jugé mentalement déficient par Londres, semblait en forme.C'est debout, à peine appuyé sur une béquille, qu'il a foulé le sol chilien.La cérémonie a déplu au gouvernement et a choqué les militants des droits de l'homme.Nos informations, page B8 L'Ordre du Temple solaire: une enquête bâclée LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale, PARIS Une enquête policière bizarrement bâclée, comme si l'on n'avait surtout pas voulu connaître les ramifications multiples de l'Ordre du Temple solaire.Des pistes inexplorées et qui de toute évidence mènent à des milieux européens d'extrême droite, marginaux et vieillissants, mais réels.La première grande enquête sur l'Ordre du Temple solaire, parue cette semaine à Paris ( 1 ), n'apporte pas de révélations bouleversantes et d'explication globale sur la nature de cette secte « templière », et les cinq massacres-suicides collectifs de 1994, 1995 et 1997, totalisant 74 victimes.Elle a en tout cas le mérite de fournir un tableau d'ensemble de ce délire collectif, de montrer des coulisses peu connues et d'indiquer des zones d'ombre que les responsables policiers ou judiciaires n'ont pas trop cherché à dissiper.Les trois journalistes, qui ont manifestement concentré leurs efforts sur la partie française de cette affaire, montrent de façon plutôt convaincante les négligences de l'enquête criminelle: sur la scène du massacre de Cheiry par exemple ( 3 octobre 1994: 23 morts, sans doute exécutés pour la plupart ), les preuves matérielles ont été en partie détruites dans la confusion; on n'a jamais élucidé le mystère de la Fiesta rouge aperçue par des témoins avec, sans doute, trois exécuteurs à son bord.Beaucoup plus tard, le 15 décembre 1995, le nouveau « suicide » de 16 « templiers » dans le Vercors sera examiné par les enquêteurs avec désinvolture: l'hypothèse plausible de tueurs, disparus après le massacre, ne sera pas vraiment examinée.La présence parmi les suicidés de deux policiers français incitera peut-être les responsables à ne pas trop chercher de ce côté, de crainte de découvrir des ramifications gênantes au sein de l'administration.Voir L'ORDRE en A2 INDEX Petites annonces - index B10 - immobilier B10, E1 - marchandises E4 et E5 - emplois E5, G8 - automobile G8 et G9 - affaires F3 Arts et spectacles cahiers C et D - horaires-spectacles D17 - Télé-horaire D2 - télévision D2 Actualités A21 Avis A29 et C11 Bridge H22 Carrières cahiers I et J - professions cahier I, J1 à J6 - formation J6 à J8 Décès G11 Échecs H22 Économie F1 à F12 Éditorial B2 Encans F12 Êtes-vous observateur?H20 Feuilleton H20 Horoscope H19 Jardiner K14 Loteries A2 et G12 Météo G12 Monde B8 Mon toit cahier K Mots croisés H19 et H20 Mot mystère H20 Ni bête ni méchant! H22 Philatélie H22 Plus B1, B4 à B7 Politique B9 Restaurants D18 Vacances - voyage cahier H Vin D19 Sports cahier G - Réjean Tremblay G4 - Michel Blanchard G5 MÉTÉO Ciel variable Max.2, min.-6 page G12 8397, rue St-Denis M o n t r é a l ( Q c ) T é l .: ( 5 1 4 )858-0011 1 888 302-6221 Permis du Québec Acapulco $ Puerto Vallarta $ Cancun 0 $ Huatulco 0 $ Manzanillo 0 $ Ha.ti $ Varadero $ Cayo Coco 1 $ Cayo Largo $ Puerto Plata 0 $ Bayahibe 3 $ Punta Cana 1 $ Carthagne Nicaragua San Andres Br.sil (p.d.) 5 $ Circuit Tunisie 10 nuits/19 repas 4 $ .p d / p 1 s Ha.ti .partir de PARIS $ LONDRES $ MARSEILLE $ BRUXELLES $ Appelez-nous NOUS VOUS GARANTISSONS LES MEILLEURS PRIX TOULOUSE $ Tout inclus À partir de / Taxes incluses Jama.que Destinations Primeurs Croisire des Volls seulls JÕAI BESOIN DE VACANCES ¥JÕAI BESOIN DE VACANCES ¥JÕAI BESOIN DE VACANCES ¥JÕAI BESOIN DE VACANCES ¥JÕAI BESOIN DE VACANCES 8 JOURS tout inclus 1 529 $ Cara.bes 1 899 $ .2 Achat/Rachat 17 jours $ Location reg $/jour Hotel Europe $/nuit Europass 5 jours $ Playa Blanca 999 $ Huatulco 1 399 $ Cancun 1 899 $ Turquoise 1 699 $ Varadero 1 669 $ Carte Atout 1 299 $ 6LP0201A0304 A2 SAMEDI 6LP0201A0304 ZALLCALL 67 00:54:09 03/04/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Suites de la une Louise Harel reporte les fusions LOUISE HAREL / Suite de la page A1 Lucien Bouchard trouve la décision annoncée « extrêmement substantielle ».On crée trois conseils et on lance une démarche sur les regroupement possibles, souligne-t-il.Pour Montréal, toutes les hypothèses seront envisagées, y compris « Une île, une ville », ou la très grande ville qui correspondrait au territoire métropolitain, a dit M.Bouchard.La nouvelle structure doit être mise en place pour janvier 2001.Un projet de loi sera déposé en avril et adopté d'ici la fin juin.Elle remplacera la Communauté urbaine mais, hormis le territoire couvert, son mandat et son fonctionnement ressemblent étrangement à la structure actuelle.On n'y retrouvera que 30 représentants choisis parmi les maires, au lieu des 80 qui siègent actuellement à la CUM.« On a voulu faire simple, efficace », a dit Mme Harel, qui a rappelé que l'agglomération de Londres, comptant 10 millions d'habitants, vient d'adopter une structure où toutes les décisions sont prises par un conseil de 25 personnes.Les maires de Montréal, Laval et Longueuil auront d'office un siège à cette nouvelle instance, qui comme c'est le cas pour la CUM, se choisira un président parmi ses membres.Mme Harel se rebiffe quand on parle d'une « CUM élargie », une expression utilisée par le cabinet de Lucien Bouchard, pour décrire la nouvelle structure.« C'est différent, assure-t-elle.La planification se fera sur l'ensemble d'un territoire où on trouve actuellement 12 plans d'aménagement concurrents.On ne trouve pas de plan d'ensemble non plus pour la gestion des déchets ou le transport en commun.» La ministre a toutefois été prise à contrepied quand on lui a demandé si les citoyens peuvent espérer une baisse du compte de taxes.« Ça dépend », a-t-elle risqué.Elle n'a pas non plus pu promettre que sa démarche déboucherait sur un moins grand nombre de villes dans les grandes agglomérations.Police et évaluation La nouvelle communauté n'aura pas à gérer quoi que ce soit.Contrairement aux orientations proposées dans le rapport Bédard et approuvées un moment par Mme Harel, cette commission n'aura rien d'un nouvel ordre de gouvernement.Personne n'y sera élu au suffrage universel et elle n'aura pas de pouvoir de taxation.En outre, pour des questions qui relèvent actuellement de la CUM comme la police, l'évaluation et l'inspection alimentaire, la nouvelle instance pourra prévoir des « souscommissions » de maires provenant des municipalités de l'actuelle CUM.Ainsi, on maintiendra dans l'île de Montréal un service de police distinct de celui de Laval.Le ministre Serge Ménard rendra publiques sous peu ses décisions sur l'organisation policière de la région métropolitaine.De plus, comme la CMM sera responsable du transport en commun, il faudra prévoir que les sociétés de transport seront « éventuellement » fusionnées, a dit Mme Harel.La ministre a dû passer à la déchiqueteuse tous ses projets qui prévoyaient charcuter les régions administratives \u2014 un irritant particulièrement dans Lanaudière.Les cinq régions administratives de la grande région métropolitaine restent intactes et on ne touche même pas aux MRC du territoire.Mais leur mandat sera revu.Fusions Après des mois de discussions, tout le débat autour des fusions municipales souhaitées par Québec dans la région de Montréal reste à faire.Pour Montréal, un comité consultatif formé des maires de Montréal, Laval, et Longueuil, ainsi que du président de l'Union des municipalités et des représentants des maires des rives sud et nord, aura jusqu'à la fin octobre pour faire des recommandations à Québec quant aux regroupements.Ce groupe devra examiner également le scénario d'une ville unique dans l'île de Montréal, prévoit Québec, qui donne à l'exmandarin Louis Bernard le mandat « d'assister » le comité.« À défaut d'une entente, on aura une recommandation et le gouvernement devra trancher », a indiqué Mme Harel.Selon M.Bernard, d'autres solutions peuvent être trouvées pour permettre « l'interfinancement », qui est au fond l'objectif visé par les fusions municipales.L'impact pour une baisse du compte de taxes n'est pas automatique.« Mais si nos structures ressemblent davantage à la réalité, il y aura des gains », explique M.Bernard, qui croit être capable de développer une vision métropolitaine.Selon l'ancien bras droit de René Lévesque et de Jacques Parizeau, « ce n'est pas le gouvernement du Québec qui doit se sentir le premier responsable de la réalité métropolitaine.C'est d'abord la responsabilité des gens de Montréal ».L'Ordre du Temple solaire: une enquête bâclée L'ORDRE / Suite de la page A1 Conclusion de cette enquête: oui, il s'agissait pour l'essentiel d'une secte typique, avec à sa tête un personnage très douteux et plutôt ridicule, Jo Di Mambro, mais qui se révèle un grand manipulateur et que les autres considèrent vraiment comme un gourou.Audessous de lui, le troupeau des manipulés: beaucoup de gens détraqués psychologiquement, ou fragiles, ou perdus dans les vapeurs de l'ésotérisme, en tout cas prêts à tout ou presque pour suivre les enseignements du gourou, un petit vieux gros et chauve, porteur d'une voyante moumoute.Luc Jouret lui-même était fondamentalement sous sa coupe, même si par la suite il avait peut-être pris goût au pouvoir ( notamment sexuel ) et à l'argent illimité.Plus ambigu le cas du chef d'orchestre Michel Tabachnik, qui s'est tenu à l'écart des massacres, mais était un proche de Di Mambro depuis 12 ans: ayant des activités professionnelles honorables et satisfaisantes, que cherchait-il auprès de l'OTS?Le simple plaisir de manipuler des gens, d'exercer un pouvoir sans frein sur eux?Si, de toute évidence, les tueries de Morin Heights, puis de Cheiry en Suisse relèvent de l'assassinat pur et simple ou du traquenard mortel, les victimes de Salvan ( Suisse ), du Vercors en 1995, puis de Saint-Casimir en 1997, ont choisi délibérément le suicide, en toute connaissance de cause si l'on peut dire.Dans le cas du Vercors, en particulier, une partie de ces 13 adultes avaient été interrogés par la police après les 53 morts d'octobre 1994.Ils avaient dissimulé leurs vrais sentiments et leurs intentions et, finalement, avaient minutieusement préparé leur ultime expédition dans les montagnes enneigées du Vercors en décembre 1995.Malgré tout ce qu'ils avaient pu voir et lire sur Cheiry et Salvan, ils voulaient à tout prix faire le grand voyage vers Sirius.Derrière cette activité tellement délirante qu'on a voulu y voir la couverture pour autre chose, une organisation clandestine criminelle ou politique, il n'y avait finalement qu'une secte, comptant jusqu'à 576 membres, et dont le délire suffit à expliquer cette aberration: des gens qui se mettent sous l'influence d'un escroc d'assez bas étage, se laissent voler et acceptent de s'immoler.Les « dons », parfois énormes, des membres de la secte correspondent grosso modo aux activités immobilières de Di Mambro et Jouret et à leur train de vie luxueux sur une quinzaine d'années.Restent beaucoup d'à-côtés de cette activité sectaire.D'une part, le livre sur l'OTS décrit assez bien cette espèce de « nébuleuse templière » dont on retrouve des débris ici et là en Europe, sous les appellations les plus diverses: il y a les Rose-Croix de l'AMORC de Raymond Bernard, l'ORT, l'OSTS.Cette mouvance templière et Rose- Croix a presque partout des liens avec l'extrême droite européenne, parfois avec les services secrets ou la mafia.Au cours de leur enquête, les journalistes ont découvert que les deux policiers « suicidés » du Vercors avaient curieusement leurs entrées au ministère de l'Intérieur à Paris.Ailleurs que des dirigeants de l'OTS ont fréquenté la loge maçonnique Opéra où l'on retrouve des personnages politiques douteux.« Il est clair, dit en conclusion Bernard Nicolas, que Di Mambro a toujours eu des liens avec l'extrême droite.Avec des réseaux divers, dont certains avaient des prolongements en Afrique noire.Une secte comme l'OTS n'avait certes pas en soi de projet politique.Mais il est possible qu'il ait ici et là rendu des « services », peut-être justement en blanchissant de grosses sommes d'argent.Un genre d'implication, peut-être internationale, que peu de responsables de l'enquête avaient envie d'élucider.» L'Ordre du Temple solaire \u2014 Les secrets d'une manipulation, par Arnaud Bédat, Gilles Bouleau et Bernard Nicolas, Flammarion, Paris, 2000, 450 pages.PHOTO La Presse Le terrain et la maison de Morin Heights appartenant à Luc Jourret, gourou de l'Ordre du Temple solaire, où des cadavres ont été découverts au début d'octobre 1994.Un producteur de Hollywood prépare un documentaire sur les Orphelins de Duplessis UN PRODUCTEUR / Suite de la page A1 « Je crois que l'histoire doit être racontée de façon exacte, qu'elle soit bonne ou mauvaise, dit-il.Je n'ai pas l'intention de prendre partie pour un côté ou l'autre.Quand j'ai fait le film sur Waco, je n'ai pas fait l'éloge des davidiens ou du FBI, et je ne les ai pas condamnés non plus.Au bout du compte, les actions de chaque camp parlaient par ellesmêmes.Le documentaire sur Waco rapporte le témoignage d'experts, selon lesquels d'étranges éclairs filmés en infrarouge par un avion du FBI sont presque certainement des coups de feu tirés par des armes automatiques depuis des tanks du gouvernement vers le bâtiment de la secte, dans les jours précédant l'hécatombe.Cela contredit la version du FBI selon laquelle les forces fédérales n'ont pas tiré un seul coup de feu pendant les 51 jours du siège.« Comme citoyen américain, j'ai grandi dans une société où l'Église et l'État n'ont pas la même relation qu'au Canada, encore moins qu'au Québec, souligne le producteur de 44 ans.Alors que je crois fermement que les actions de quelques-uns ne peuvent pas être utilisées pour stigmatiser une institution, je crois aussi que la divulgation complète de la vérité est absolument essentielle.Il n'y a aucun doute que la majorité de la population profite toujours d'un portrait sincère et exact de l'histoire.» M.Gazecki et sa collaboratrice, Christiane Schull ( née à Rosemère ), affirment avoir beaucoup de respect pour les congrégations religieuses.« Je suis absolument certaine que le fait de raconter toute l'histoire va honorer la souffrance des survivants de Duplessis, et respecter le travail des religieuses en soulignant l'engagement de l'Église », a dit Mme Schull.La parution de l'article du Los Angeles Times a mobilisé de nombreux journalistes américains.Le Washington Post entreprend aussi une enquête approfondie sur le drame des Orphelins.Enfin, le comité des Orphelins révélera lundi les noms d'une soixantaine de personnalités québécoises qui réclament la tenue d'une enquête publique.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également 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Ça tombe sous le sens! Effluves printaniers, parfums capiteux, relents nauséabonds, fragrances enivrantes, exhalaisons insoutenables.Ce n'est pas le vocabulaire qui manque pour évoquer les quelque 10 000 odeurs spécifiquement reconnaissables par le nez humain! Explorez les charmes et mystères de nos attributs olfactifs, dans ce troisième dossier de notre série sur les cinq sens, avec Carole Thibaudeau, demain, dans le cahier Sentez.euh, Santé! QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Êtes-vous d'accord avec le projet de réforme municipale de la ministre Louise Harel?Approuvez-vous la décision de Londres de libérer l'ex-dictateur Augusto Pinochet?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 50 % Non: 50 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Il est défendu.Excédé de voir ses élèves plonger sous leur pupitre à la moindre sonnerie, le principal d'une école élémentaire italienne de Gènes a déclaré son établissement « zone interdite » aux téléphones portables.Mario Talloni, directeur de l'école Mazzini di Castelletto, a publié son additif au règlement après avoir appris que dans une autre école génoise, une fillette réprimandée par son instituteur n'avait pas hésité à appeler sa mère en plein cours pour se plaindre.Talloni a fait savoir jeudi que, pour l'heure, aucun parent ne s'était plaint de sa décision.En 1999, l'Italie a vu le nombre des portables dépasser celui des téléphones fixes et comptait 25 millions de « telefonini » sur une population de 57 millions d'habitants. 6LP0301A0304 A3 samedi 6LP0301A0304 ZALLCALL 67 00:54:31 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 3 (voir en page H-9) L'île de Montréal applaudit, la couronne nord rugit MARIE-CLAUDE GIRARD Le comité de maires annoncé hier par la ministre des Affaires municipales pour définir le partage des coûts et services régionaux a déjà du plomb dans l'aile.Tandis que Laval et Longueuil se disent satisfaites sans trop s'avancer, la Rive-Nord tempête et menace de ne pas y participer.De son côté, l'île de Montréal se réjouit de la création de la communauté métropolitaine et des discussions à venir sur le partage des coûts régionaux prévues au plan Harel, mais entretient quelques réserves sur la question des fusions.Le porte-parole de 85 municipalités de la Rive-Nord, Yvan Deschênes, a répété hier que le conseil métropolitain entraînera des hausses de taxes pour les citoyens des couronnes qui devront ainsi payer pour des décisions prises à Montréal.« On ne s'attaque pas au véritable problème qui se trouve dans la mauvaise gestion (de Montréal) et dans les lois du travail.» « On n'a pas besoin d'étendre la maladie de la CUM.Au lieu d'encourager la saine compétition \u2014 qui permet aux organismes et individus de se surpasser \u2014, on veut niveler à la base », soutient le maire de Rosemère.Les maires et préfets de la Rive-Nord se rencontreront la semaine prochaine pour discuter de stratégie et de leur participation au comité.« L'intervention du gouvernement va nuire au développement économique du Grand Montréal.» Comme Montréal, Laval et Longueuil, l'Union des municipalités de banlieue sur l'île estime que le plan de la ministre répond à ses demandes : un conseil métropolitain dirigé par des maires et couvrant toute la région métropolitaine de recensement.« Le gouvernement livre le premier volet, le plus important, la création du Grand Montréal », dit Georges Bossé.Les élus devront reconnaître les installations qui en font partie, dit-il, estimant qu'il pourrait y avoir certaines économies pour les contribuables.Le maire Bourque croit que le plan Harel fait avancer son idée d'« Une île une ville ».M.Bossé estime plutôt que la ministre souhaite laisser toutes les avenues ouvertes.Il espère toujours que s'il y a des fusions, elles seront volontaires, encouragées, et soumises à un vote populaire.« Dès mars 1999, nous avions écrit à la ministre qu'elle devrait trancher si on ne s'entendait pas », rappelle-t-il.Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, demeure évasif sur la réforme projetée, se contentant de répéter qu'il l'« accueille avec une grande ouverture ».« Est-ce que les citoyens auront de meilleurs services au meilleur coût possible ?Je ne veux pas créer une structure pour faire vivre une bureaucratie.C'est un des dangers.» Le maire de Longueuil, Claude Gladu, est lui aussi satisfait, en autant que la taxation n'augmente pas chez lui.« Ça revient à la première proposition que nous avions faite, (la Rive-Sud), au ministre Ménard.Ce qui me réjouit, c'est que la Grande région en vienne à s'entendre pour rivaliser avec les grosses villes extérieures.» Il ne croit pas que la nouvelle structure conduira à des hausses de taxes chez lui mais plutôt dans les deuxième et troisième couronnes, dans les villes « qui ont des services de Montréal et de la Rive-Sud et qui ne paient pas leur juste part ».Les déclarations du porte-parole de la Rive- Nord ont fait réagir le maire de La Salle, Michel Leduc.« C'est très mauvais en début de débat », dit-il qualifiant les propos de son homologue de « dépassés » et « rétrogrades ».« Évidemment, les villes ne sont jamais intéressées à embarquer dans une structure où il faut payer quelque chose.» Hormis la « folie furieuse d'une île une ville », M.Leduc se dit très heureux des annonces de Mme Harel.« Surtout parce que ça donne le temps de s'entendre.» M.Leduc, croit que la « pression » pour les fusions forcées diminuera avec les discussions sur la fiscalité d'agglomération.Une structure régionale qui fonctionne pourrait très bien faire l'affaire, dit-il.Le maire de Westmount, Peter Trent, estime lui aussi qu'une fois qu'on aura réglé les questions de fiscalité et de financement régional, des arguments en faveur des fusions tomberont.On ne pourra plus invoquer autant l'équité fiscale et la nécessité de mieux coordonner la région.Il ne croit pas que les quotes-parts des villes de l'île vont baisser par la création de la communauté métropolitaine.« Le premier défaut de la Communauté urbaine de Montréal, c'est de ne pas avoir été métropolitaine au début.On aurait peut-être évité beaucoup de débats », avance le maire de Montréal-Nord, Yves Ryan.À ses yeux, la réforme proposée est « une forme d'étapisme ».« Le débat reste presque entier.» « C'est un bon début, même s'il y a des zones grises », estime Bernard Paquet, maire de Saint-Laurent.« On pourrait toujours créer une fiscalité d'agglomération sans fusionner.Le fait que toutes les hypothèses de fusions soient envisagées, y compris celle d'une île une ville, inquiète beaucoup le maire de Côte-Saint-Luc, Robert Libman.Il voit par contre dans la communauté métropolitaine « un pas dans la bonne direction.» PHOTO ALAIN ROBERGE , La Presse © La ministre Louise Harel a répondu à plusieurs des demandes du maire de Motnréal, Pierre Bourque.Pierre Bourque se dit fier MARIE-CLAUDE GIRARD Le maire de Montréal est heureux.Il pourra continuer à promouvoir son projet d'« Une île, une ville » jusqu'à l'automne au sein du comité d'élus créé par Québec pour accoucher d'un consensus en matière de fiscalité d'agglomération et de regroupements dans la région métropolitaine.Pierre Bourque se félicite du plan de réforme municipale annoncé hier par la ministre Louise Harel.Selon lui, le plan reconnaît la nécessité de faire des regroupements à l'intérieur de l'île.« Il y a une volonté ferme du gouvernement de créer des organismes légers, non élus, sans pouvoir de taxation.Et aussi une volonté de regroupement, de partages de service.Alors notre projet d'« Une île, une ville » vient de faire un pas en avant énorme.» Officiellement, toutes les options sont possibles, y compris une fusion de Laval, Montréal et Longueuil.La taille, la formule et les responsabilités de la communauté métropolitaine que créera le gouvernement concordent avec les propositions de Montréal.Et la ministre oblige les élus de la région à discuter ensemble, comme M.Bourque le lui avait demandé en janvier.De plus, la Ville avait suggéré le nom de Louis Bernard comme médiateur.L'ancien haut fonctionnaire représentant le gouvernement dans les négociations avec les Innus, a été nommé mandataire du comité consultatif.« Je suis très fier au nom de l'administration, a dit Pierre Bourque.Vous (le gouvernement) avez bien entendu le message des instances de Montréal.Les orientations concordent essentiellement avec les nôtres.C'est une approbation pratiquement sans faille.» Pour les activités qui seront réservées au conseil métropolitain, il y aura des gains financiers pour les gens de l'île de Montréal, estime le maire Bourque.Police, usine d'épuration des eaux, développement social et culturel, revitalisation des quartiers anciens, demeureront des responsabilités locales, note M.Bourque.« Je n'arriverai pas à convaincre 90 % des gens », reconnaît M.Bourque.« Si on s'entend, tant mieux.Si on ne s'entend pas, ce sera au mandataire » de trancher.Le gouvernement devra prendre une décision à l'automne.En conférence de presse hier, la ministre Harel a d'ailleurs rappelé qu'une simulation sur « Une île, une ville » faite par le ministère des Affaires municipales concluait qu'une partie de la banlieue s'en tirerait avec une baisse de taxes.Le chef de l'opposition à Montréal, Michel Prescott, flaire de son côté une stratégie à la « diviser pour régner ».« Il y a des éléments de stratégie là-dedans.Je pense que Québec donne l'impression d'être assez gracieux pour demander au milieu de s'entendre.» Selon lui, les chances d'arriver à un consensus sont faibles tant sur le partage des coûts régionaux que sur les regroupements.Ultimement, le gouvernement tranchera, à sa manière.M.Prescott regrette également que la réforme conserve les cinq municipalités régionales de comté du Grand Montréal.Malgré tout, il croit que Montréal doit participer « de bonne foi » à l'exercice.PC © La ministre des Affaires municipales, Louise Harel, ne cachait pas sa joie hier.«Bonne chance, monsieur Bernard!» MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Trente ans après l'Ontario, voilà que le Québec des 1400 maires s'engage finalement dans une réforme en profondeur de son organisation municipale.Certes, les « communautés métropolitaines » de la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, semblent bien timides si on les compare avec les instances avec pouvoir de taxation et représentants élus au suffrage universel dont elle avait d'abord rêvé pour imposer un palier de « régionalistes visionnaires » à des maires souvent obnubilés par des intérêts strictement locaux.Mais sans ce genre de compromis, elle en serait encore à quêter l'appui de ses propres collègues députés, qu'elle a mis pas moins de onze caucus à convaincre.Et puis dites au président de la Table des préfets et maires de la couronne nord, Yvan Deschênes, qu'il ne s'agit que d'une structure légère, et il crachera le feu.Quoi qu'il en soit, certains réformistes, rendus très sceptiques par les tergiversations du gouvernement au cours de la dernière année, ont retrouvé espoir.Comme l'ex-président de la Commission sur les finances et la fiscalité locales, Denis Bédard, dont le rapport, déposé il y a près d'un an, avait rallumé la mèche en proposant de réduire à trois ou cinq le nombre de municipalités dans l'île de Montréal.« Je trouve ça très intéressant », disait-il hier des annonces de Mme Harel.En confiant à ces communautés des fonctions de planification « stratégiques », comme le transport en commun et l'aménagement du territoire, la ministre donne du galon à la vision métropolitaine, dit-il.Et il n'y a pas de mal à son avis à ce que la structure soit plus légère, à partir du moment où le gouvernement a complètement évacué de ses préoccupations la décentralisation de nouveaux pouvoirs au profit des municipalités.Bien sûr, cela signifiera des coûts pour plusieurs municipalités qui, jusqu'à maintenant, réussissaient encore à se pousser quand arrivait l'addition métropolitaine.Les villes de l'île de Montréal, elles, savent déjà très bien ce qu'est une « quote-part » : elles financent 80 % du budget de un milliard de la CUM, qui disparaîtra en 2001.Quel sera alors le budget de la communauté métropolitaine, auquel contribueront 94 municipalités ?Mme Harel n'a pas voulu donner ses chiffres, mais on sait qu'il faudra soustraire à ce milliard les 390 millions de la police de la CUM.Car pour la ministre, il est hors de question d'étendre ce service, qui compte déjà 4000 policiers, à l'échelle de la région.Il faudra cependant ajouter à l'ardoise régionale les coûts du transport en commun.Et ceux, encore à définir, des équipements et services « à portée supramunicipale ».Devant la commission Bédard, la Ville de Montréal évaluait sa facture à cet égard à 260 millions, en incluant entre autres le Biodôme, le mont Royal, le parc des Îles, le dépotoir de l'ex-carrière Miron et les Maisons de la culture.Laval y joindra son canard boiteux, le Cosmodôme, et au cours de pourparlers qui doivent trouver leur conclusion d'ici la fin juin, chaque ville de banlieue tentera de refiler à la charge de l'ensemble qui, un centre sportif, qui une bibliothèque.La meilleure des chances à Louis Bernard, à qui Québec a confié le mandat d'« accompagner » le comité aviseur formé de maires chargé de dresser cette liste.M.Bernard s'ennuiera peut-être aussi des Innus \u2014 avec lesquels il mène de laborieuses négociations au nom du gouvernement \u2014 lorsque viendra le temps de guider son comité aviseur sur le chemin cahoteux des fusions.Mme Harel demande en effet au comité d'accoucher d'ici octobre de recommandations sur les regroupements « souhaitables », que ce soit « une île, une ville » ou même maintenant « une région, une ville » ! Car des fusions sont indispensables, croit encore Denis Bédard.« Si on en arrive à une quinzaine de municipalités pour toute la région métropolitaine de recensement (au lieu de 94), on va avoir une communauté métropolitaine avec plus de chances de fonctionner, dit-il.Et les préoccupations des élus délégués à cette communauté vont être de niveau supérieur.» Les chances d'un consensus des maires sur la question des regroupements sont très minces, mais Louise Harel est convaincue que le défi est à la hauteur de Louis Bernard.« Je le connais depuis 30 ans, dit-elle.Je connais son pragmatisme et son idéalisme.C'est un alchimiste.» L'alchimie ?Voilà au moins une chose qu'on n'avait pas encore essayée en 30 ans. 6LP0499A0304 a4 saturday 6LP0499A0304 ZALLCALL 67 18:06:39 03/05/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 La réforme Harel Pas question de discuter sans pacte fiscal Les unions municipales réservent un accueil glacial au plan de réforme ANDRÉ DUCHESNE L'Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités ont réservé un accueil glacial au plan de réforme municipale présenté hier matin par la ministre Louise Harel.Les deux organismes menacent de rejeter toutes formes de discussions sur le projet tant que Québec ne leur proposera pas un nouveau pacte fiscal.« Ce n'est pas vrai que les municipalités vont payer à vie une facture annuelle de 321 millions (celle imposée depuis trois ans par le gouvernement pour résorber le déficit) alors que les propositions mises sur la table hier représentent une facture supplémentaire », lance le président de l'UMQ, Mario Laframboise.Il donne en exemple la question du logement social.Dans le plan Harel, celui-ci relèverait des nouvelles communautés métropolitaines.Or, « 70 % des HLM (habitations à loyer modique) sont situées à Montréal ; avec la réforme proposée, on veut faire payer la facture aux 109 municipalités de la future Communauté métropolitaine de Montréal », déplore-t-il.« On a besoin d'une meilleure équité.Mais il n'y a rien de neuf dans ce qu'on nous propose », ajoute M.Laframboise, en invitant les municipalités de l'UMQ à ne pas participer aux discussions avec Mme Harel.La moitié des 321 villes membres de l'union sont concernées par le projet.Le pacte fiscal, rappelle M.Laframboise, permettrait aux villes de récupérer, en tout ou en partie, les formes de taxations qui leur ont échappé au fil des ans.C'est le cas de la taxe sur le gaz et l'électricité que « le gouvernement s'approprie », dit-il.Même chose avec la taxe sur les divertissements.Le président ajoute que l'UMQ déposera dès la semaine prochaine une poursuite de 350 millions contre le gouvernement en représailles à l'annonce de Québec de prolonger d'un an la ponction faite auprès des municipalités dans sa lutte contre le déficit.Uniquement pour les villes-centres De son côté Jean-Guy Poirier, vice-président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) estime que la réforme ne fait que proposer l'ajout de nouvelles structures.« Ça fait un an et demi que nous parlons de fiscalité municipale et de pacte fiscal et il n'en est même pas question dans le plan de Mme Harel.Je ne suis pas impressionné.On ne marchera pas là-dedans si on ne parle pas de fiscalité », dit-il.MM.Laframboise et Poirier croient que les propositions de la ministre ne font que favoriser les villes-centres, au détriment des autres entités municipales.« On vient de créer deux catégories de citoyens, ceux des villes-centres et ceux de la banlieue, selon Jean-Guy Poirier.Mais sans banlieue, est-ce que les villes-centres existeraient ?On n'arrête pas de dire que les banlieusards utilisent les services des villes-centres sans en payer les coûts.Sauf qu'ils injectent aussi beaucoup d'argent dans leur économie.J'aimerais voir le résultat s'ils arrêtaient tout à coup d'acheter des produits dans les villes-centres.» Mario Laframboise se réjouit au moins de constater que la réforme ne créera pas de nouvelles structures régionales électives dotées d'un pouvoir de taxation.La structure proposée est plus légère que celle appréhendée et il s'en félicite, qualifiant le tout de « victoire » pour l'UMQ.PHOTOTHÈQUE La Presse © Mario Laframboise, président de l'UMQ Un soulagement pour le maire de Québec Presse Canadienne QUÉBEC L'annonce du plan de réorganisation municipale faite par la ministre d'État aux Affaires municipales, Louise Harel, arrive comme un soulagement pour le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier.« La nouvelle, pour moi, aujourd'hui, c'est que le train part enfin.De notre côté, nos valises sont faites », a fait savoir le maire, qui n'a pas mis de temps à réagir.Jean-Paul L'Allier se disait particulièrement heureux qu'un échéancier serré ait été établi par la ministre.« On n'a plus le choix.Soit on s'organise, soit on se fait organiser », a-t-il donné à entendre, soutenant que le plan était tout à fait réalisable d'ici janvier 2001.« La réunification de l'Allemagne s'est faite en moins de temps.» Jean-Paul L'Allier Préférant attendre d'en savoir plus, Jean-Paul L'Allier n'a pas voulu commenter la création de la Communauté métropolitaine de Québec.« Apparemment, il ne s'agit pas d'une structure administrative supplémentaire, ce qui me rend heureux.On ne veut pas d'une nouvelle structure.On a déjà les communautés urbaines, les MRC, etc.Il faut diminuer le nombre de structures.La Communauté métropolitaine vient remplacer la Communauté urbaine de Québec.C'est déjà une bonne nouvelle », a-t-il dit.Selon le maire, le plan de la ministre laisse planer une zone d'ombre quant à la représentativité des petites municipalités.« Il faudra voir.L'important, c'est que ça se fasse selon nos objectifs, c'est-à-dire que les citoyens y trouvent leur compte et que ceux qui sont trop taxés voient leurs comptes de taxes baisser.« Malgré la question planante de la réforme de la fiscalité, le maire de Québec demeure somme toute positif.« Le gouvernement dit qu'il est prêt à bouger et à bouger rapidement ?Nous, on est prêts.Même s'il n'y a qu'une véritable réforme fiscale qui pourrait nous permettre d'améliorer notre capacité de créer de la richesse.Jean-Paul L'Allier ne s'oppose par ailleurs pas à une augmentation des responsabilités pour les municipalités.« Je suis d'accord si le gouvernement rétrocède ces responsabilités avec une fiscalité appropriée.» Quant à savoir si un consensus sera possible dans la région, le maire de Québec compte sur la bonne volonté de ses confrères de la région.Les villes-centres satisfaites ANDRÉ DUCHESNE Avec sa réforme municipale le gouvernement « reconnaît le rôle et la réalité des villes-centres », a déclaré hier le porte-parole des 25 villes d'agglomération et maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon.« Les villes-centres forment le moteur du développement des régions et il leur fallait une réforme où elles pouvaient jouer pleinement leur rôle », a-t-il précisé en entrevue à La Presse.Les 25 villes dites d'agglomération sont en quelque sorte les petites soeurs des six grandes villes-centres (Chicoutimi, Hull, Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières).Elles ont marqué l'histoire des régions et en constituent toujours des pôles urbains.En font partie des municipalités telles Granby, Joliette, Magog, La Tuque, Rimouski et Saint-Hyacinthe.D'ailleurs, c'est parce qu'elle se qualifie de ville d'agglomération que Saint-Jérôme voulait être exclue de la future communauté métropolitaine de Montréal, ce dont le maire Gascon se réjouit.Villes-centres et villes d'agglomération avaient récemment uni leurs voix pour réclamer une nouvelle fiscalité, une rationalisation du nombre de municipalités et la création de mécanismes de décision.Les propositions de la ministre Harel semblent les satisfaire.« Tout le monde s'entendait pour dire que le statu quo était impensable.Là, on reconnaît nos problématiques particulières », ajoute Marc Gascon.Reconnaissant que cette réforme risque de ne pas satisfaire tout le monde, il croit que la création des communautés métropolitaines de Montréal, Québec et de l'Outaouais constitueront « des modèles qui vont s'étendre par la suite aux villes-centres ». 6LP0501A0304 A-05 sam 4 mars 6LP0501A0304 ZALLCALL 67 00:54:47 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 5 L'intégrisme casqué Ah non monsieur le chroniqueur ! Vous n'allez pas nous redire pour la millionième fois que vous êtes contre le port obligatoire du casque à vélo ! Pourtant si ! C'est exactement ce que je m'apprête à faire.Je vais surtout vous redire pour la millionième fois que le casque de vélo est une lanterne magique qui éclaire un des enjeux les plus délicats, les plus fragiles des sociétés modernes : l'équilibre entre les libertés individuelles et la responsabilité collective.Mais pour commencer, je vous ferai remarquer que ce n'est pas moi qui reparle de ce foutu casque, c'est le livre vert de Guy Chevrette.La consultation publique devrait se terminer la semaine prochaine et que vous le vouliez ou non, vous en entendrez parler de toute façon.Au fait, vous êtes vous déjà demandé pourquoi cette province qui a tant à bâtir, tant d'autres chats à fouetter, en était à sa troisième consultation publique sur le port obligatoire du casque à bicyclette, en six ans ! Plus de consultations sur le casque que de référendums ! Plus de consultations sur le casque que sur l'éducation.1993 : la majorité des intervenants disent non au ministre des Transports, libéral à l'époque, Sam Elkas.En 1996, 25 des 35 mémoires présentés à Jacques Brassard sont contre une loi contraignante.Et revoici le casque, cette fois dans le livre vert de M.Guy Chevrette.Pourquoi cette obstination, croyez-vous ?Quelle lubie subite saisit invariablement les ministres des Transports ?La sécurité ?Allons donc.On se tue plus en allant promener son chien ou en mangeant des moules qu'en faisant du vélo sans casque.Vous imaginez Guy Chevrette, petit crapaud sur une boîte d'allumettes, se réveillant un matin, et se disant en se grattant sous le bras : mon dieu mon dieu, tous ces cyclistes sans casque, comme c'est imprudent.Allons donc.De sa vie, Chevrette n'a jamais approché une bicyclette à moins de vingt pas, eût-il essayé que la bicyclette lui aurait donné un coup de pompe.Alors, si ce n'est pas Chevrette, qui ?La réponse étonne : surtout des médecins.Pas des médecins ordinaires, des médecins du réseau de la santé publique.Des médecins fonctionnaires \u2014 il y en a 360 au Québec \u2014 qui n'ont qu'un seul malade à soigner : la société.Ces médecins ont fait faire des études d'impact.Ils ont jeté un cycliste sans casque contre une auto.Boum ! Terrible.Puis ils ont opposé un cycliste, toujours sans casque, à un train.Effrayant.Ils ont imaginé une collision frontale entre un cycliste tête nue et un paquebot.Brrr.Enfin, ils ont fait ramasser un cycliste par une grue qui l'a laissé tomber d'une hauteur équivalent à 17 étages : splash.« Voyez sa pauvre tête », ont dit les traumatologues venus témoigner devant la commission des transports et de l'environnement.Leur conclusion tombait aussi du 17e étage : il faut obliger les cyclistes à porter un casque.On leur a objecté que dans les pays où le port du casque est obligatoire comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, on n'a observé aucune réduction significative des taux de décès et de blessures graves à la tête (W.J.Lucas, coroner de la région de Toronto dans « Report on cycling fatalities, recommandations for reducing cycling injuries and death, juillet 1998 ».On leur fait valoir que la grande majorité des cyclistes de la province disent oui au casque et non à la loi qui le rendrait obligatoire.Que Vélo Québec, l'organisme qui encadre le plus grand rassemblement de cyclistes au monde (le Tour de l'île), maître d'oeuvre de la route verte, Vélo Québec qui a placé la sécurité au coeur de son action depuis plus de trente ans dit exactement la même chose : oui au casque, non à la loi.S'en foutent.Ils ont en tête une société de prévoyance absolue à risque nul.Des curés.Des croisés.Les mêmes qui ont fait campagne pour le contrôle des armes à feu, et contre la cigarette.Je n'ai pas d'arme.Je n'aime pas les armes.Les cow-boys m'ennuient et je tiens la très puissante National Rifle Association pour le plus glauque ramassis d'abrutis de la planète.Je ne fume pas.Mon meilleur ami qui fumait beaucoup vient de mourir d'un cancer du poumon et je tiens les multinationales du tabac pour des pushers de pure merde.Je n'ai pourtant jamais eu autant envie de fumer et de m'acheter un fusil.Pour protester.Pour échapper à un danger plus grand que le cancer du poumon ou les balles perdues : la purification sanitaire.L'intégrisme sécuritaire.Pour échapper au lobby de la santé.Quand la coalition pour le contrôle des armes à feu a été fondée au Québec, en 1990, au lendemain du drame de Polytechnique, je trouvais ça plutôt sympathique.Même si je ne connaissais personne de cette coalition, « c'était ma gang », comme on dit.Les gens qui les premiers, vers le milieu des années 80, se sont attaqués aux multinationales du tabac, c'était aussi ma gang.Qu'est-il arrivé pour que quinze ans plus tard je m'en sente aussi éloignés d'eux que du Ku Klux Klan ?Il est arrivé qu'ils sont devenus des intégristes de la sécurité et de la santé.Dans le feu de l'action, ils sont devenus des croisés du bien.Il ne leur suffit plus de vouloir le bien de la communauté.Ils veulent maintenant en éradiquer le Mal.Prévoyance absolue à risque nul.Leur argument massue : les coûts sociaux.Combien coûte à la société un traumatisme crânien ?Un cancer du poumon ?Demain, ils le demanderont pour les cancers causés par l'alcool, par le sucre, par la viande rouge, par le café.Après-demain, ils calculeront le coût social de l'obésité.Des comportements déviants.Ils sont les héritiers des petites coalitions qui, au milieu des années 80, sans moyen ni tribune, se sont attaqués aux puissants lobbies qui défendaient d'énormes intérêts commerciaux.Quinze ans plus tard, ils sont se sont eux-mêmes constitués en lobby.Fonctionnent comme n'importe quel autre lobby.En désinformant.En courtisant les médias.En contrôlant les politiciens.Pensez-y bien, ont-ils dit à M.Chevrette, un traumatisme crânien coûte cher, une loi ne coûte rien, bref une opération politiquement très rentable.Il y a trente ans, derrière cette loi pour obliger les cyclistes à porter un casque on aurait trouvé.un fabricant de casques magouilleur.Aujourd'hui on trouve des médecins qui veulent guérir la société.L'intégrisme n'est pas autre chose que cette singulière santé.Pierre Inquiétude dans les rangs de la CUM Qu'adviendra-t-il des services?MARIE-CLAUDE GIRARD En annonçant la création d'une communauté métropolitaine faisant disparaître la Communauté urbaine de Montréal sans préciser ce qu'il adviendra des services actuels, la ministre Louise Harel a semé l'inquiétude chez les employés de la CUM.« Nous on doit continuer à gérer.Il n'y a eu aucune considération de ce côté-là », déplore la présidente de la CUM, Vera Danyluk.Les employés étaient inquiets hier mais elle n'avait aucune information à leur fournir.Même si la communauté métropolitaine ne sera pas composé d'élus élus au suffrage universel, comme elle le proposait, Mme Danyluk se dit très heureuse de l'annonce de la ministre.« On s'en va dans la bonne direction.» Pour l'instant, des zones grises demeurent quant à la gestion future des services de la CUM.La planification, la coordination et le financement en matière d'aménagement, transport en commun, la gestion des déchets, la promotion économique internationale, le logement social, le partage de l'assiette foncière et les équipements régionaux seront réservés à la nouvelle communauté métropolitaine.Ce qui restera de la CUM ressemblera davantage à une entreprise de service.Mais qu'adviendra- t-il de la police, de l'évaluation ?De quelle autorité relèveront- ils ?« C'est très nébuleux à ce stade-ci.» « La ministre n'a pas bien défini ce que deviendrait la communauté urbaine », constate également le maire de Verdun, Georges Bossé.« Ce qu'on a senti c'est qu'il y aurait un changement majeur dans sa structure.Il n'y aurait plus de conseil d'administration.» « Quelle forme est-ce que ça prendra ?Est-ce que ce sera le comité exécutif seulement qui deviendra le conseil de la CUM ?Estce que ce sera des commissions différentes pour chacun des services ?» Une commission de la sécurité publique s'occuperait de la police et il y aurait certaines commissions pour des choses spécifiques, note de son côté le maire de Westmount, Peter Trent.Autre zone d'ombre : les revenus.Le ministre des Affaires municipales a surtout parlé de taxes foncières mais pas de nouvelles sources de revenus, alors que c'était un aspect important du rapport Bédard, souligne Mme Danyluk.PHOTOTHÈQUE La Presse © La présidente de la CUM, Vera Danyluk, estime que le projet de la réforme municipale est un pas dans la bonne direction. 6LP0601A0304 A 6 samedi, 4 mars 6LP0601A0304 ZALLCALL 67 00:52:29 03/04/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Le «Suivi intensif en communauté»: la panacée pour les malades mentaux?Mathieu Perreault La mort du sans-abri Gino Laplante sur la place d'Armes, le 17 janvier au matin par près de moins 30 degrés, a braqué les projecteurs sur le suivi des malades mentaux mis à la porte des hôpitaux.L'homme de 38 ans, qui a succombé au froid sous les regards pressés des passants, n'avait pas rencontré d'infirmière ou de travailleuse sociale depuis plusieurs jours.Malgré la mort de son patient, le psychiatre James Farquhar croit que le genre de suivi dont bénéficiait M.Laplante est appelé à se généraliser pour les maladies mentales lourdes.Qu'il se trouve dans un centre hospitalier ou non, un patient psychiatrique a toujours plus de risque de mourir que la moyenne, explique le médecin de l'hôpital Douglas.Le programme de « Suivi intensif en communauté » (SIC), que dirige le psychiatre depuis 1997 à Douglas, s'adresse aux « portes tournantes » : les patients qui collectionnent les hospitalisations et sont « réfractaires aux médicaments ».Selon une évaluation du Conseil d'évaluation des technologies de la santé du Québec, de 0,7 à une personne sur 1000 pourrait en bénéficier, avec des pointes de « deux ou plus » en ville, précise l'auteur de l'évaluation, l'économiste Eric Latimer, de l'Université Mc Gill.L'an dernier, les hôpitaux Pierre- Boucher, Charles-Le Moyne, du Lakeshore et de Granby ont adopté une variante du SIC.L'hôpital Douglas, l'Hôpital général de Montréal et Louis-Hippolyte-La Fontaine y souscrivent depuis plus longtemps, alors que l'hôpital du Sacré-Coeur réfléchit à la question.Des SIC existent dans le Bas-Saint- Laurent et l'Outaouais, en Mauricie et sur la Côte-Nord.« Ce serait dommage que ce qui est arrivé à Gino Laplante nuise aux SIC », soutient le Dr Brian Bexton, président de l'Association des médecins psychiatres du Québec.« Il y aura toujours des problèmes qui surgissent en psychiatrie.Dans les maladies affectives comme la dépression, à l'occasion il y a des suicides.» Une équipe SIC de dix professionnels coûte 825 000 $ par année, pour 60 patients au début, et jusqu'à 130 après une dizaine d'années, quand certains cas se sont allégés, selon M.Latimer.Un psychiatre, des psychologues, des infirmières, des ergothérapeutes et des infirmières travaillent ensemble.Le malade sera visité jusqu'à trois fois par jour afin de vérifier s'il prend ses médicaments, se lave, règle ses problèmes de logement, et s'assurer qu'il ne consomme ni drogue ni alcool.Un SIC vise le respect du traitement, l'intégration sociale et le soutien au patient à long terme, peut-être même pour le reste de sa vie.La réduction des hospitalisations est de 68 %, selon M.Latimer.Modèle créé au Wisconsin Le modèle SIC (PACT en anglais) est né en 1970 au Wisconsin.Certains groupes ont taxé l'approche de « paternaliste » et de « parti pris pour la médication ».En Ontario, 55 équipes SIC ont été établies, pour la plupart depuis trois ans.Une centaine d'autres devraient suivre d'ici 10 ans, organisées à partir d'un standard arrêté en novembre 1998.« On travaille à une évaluation obligatoire des résultats », explique le psychiatre Ian Musgrave, de l'hôpital de Brockville, qui dirige le doyen des SIC de l'Ontario.Le ministère québécois de la Santé a appuyé le modèle en décembre 1998 et rendra public en mai un rapport sur les variantes SIC les plus populaires au Québec.« Au Québec, on n'est pas encore très fidèle au modèle du SIC, relève M.Latimer.Le partage des responsabilités à l'intérieur d'une équipe SIC comporte pourtant plusieurs avantages : des expertises complémentaires, en toxicomanie et en réadaptation professionnelle par exemple, sont combinées ; en cas de crise, on peut mobiliser plusieurs intervenants qui connaissent l'usager ; ceux-ci ne sont pas pris seuls avec certains cas très lourds.» En clair, l'implantation des SIC au Québec est freinée par le modèle traditionnel, où chaque groupe d'intervenants préserve jalousement ses prérogatives.Cette attitude entrave la concentration des pouvoirs aux mains des SIC.Hôpitaux et groupes communautaires profitent de ces incertitudes pour se crêper le chignon.« L'un des enjeux, c'est qui fait le suivi ?Les hôpitaux, les CLSC, les groupes communautaires ?Tout le monde veut avoir la responsabilité », explique M.Latimer.On peut voir les SIC comme une tentative des hôpitaux de conserver le monopole de la folie.« L'Association des hôpitaux du Québec a prôné le modèle PACT et y a consacré en mars 1999 un colloque », relève M.Latimer.En général, selon l'économiste, les groupes communautaires sont mieux adaptés au suivi moins intensif, avec des cas moins lourds et donc moins de crises.« Je fais une étude de deux organismes communautaires et de deux PACT.Et, je l'avoue, les résultats sont moins clairs que prévu », tempère-t-il.PHOTO ROBERT NADON, La Presse © « Nous avons été étonnés de la mort de Gino Laplante, dit le psychiatre James Farquhar, de l'hôpital Douglas.La maladie mentale dont il était atteint n'était pas active.» Un appartement minable plutôt que l'asile MATHIEU PERREAULT Les appartements d'une pièce sont loin d'être coquets.Une odeur de renfermé y flotte.L'odeur de tabac imprègne les vêtements des visiteurs.Pourtant, pour rien au monde Allan et Robert (prénoms fictifs) n'échangeraient leur bouge pour un lit à l'hôpital Douglas.« C'est sûr que je suis mieux ici », dit avec difficulté Allan, un déficient intellectuel de 37 ans qui, lorsque sa vie va vraiment mal, tombe dans la schizophrénie.À la demande du Dr Farquhar, il a exécuté pour La Presse son imitation de I'm All Shook Up d'Elvis Presley, et de Talking About My Generation des Who.Au cours des rechutes, il se prend pour Elvis.Pourquoi ne vivait-il pas en appartement avant d'être inscrit au SIC ?« Je n'étais pas organisé », dit Allan.Robert, qui n'a pas l'air engageant avec ses épais cheveux gris en bataille, sa barbe mal taillée et sa chemise de chasse, est un schizophrène pur et dur.De ceux qui peinent à parler à cause d'une trop longue consommation de médicaments.L'homme de 57 ans sait qu'il n'a pas habité en appartement depuis les années soixante, mais ne comprend pas trop pourquoi.« Ils ne voulaient pas que je sorte », tranche-t-il en baissant la tête sur son paquet de cigarettes.Tous les deux ont passé une vingtaine d'années en pension partielle à l'hôpital Douglas, avec de fréquents séjours en société qui n'ont pas dépassé un an.Depuis deux ans, Allan vit dans un immeuble de Verdun, et Robert près du marché Atwater.Allan travaille de temps à autre à nettoyer les planchers dans un restaurant du coin ; Robert passe ses journées dans un café.Les serveuses lui paient des cafés et lui ont donné un appareil radio pour sa fête.« Ça se voit qu'ils sont malades mentaux, commente le Dr Farquhar.Mais ils se débrouillent.Ils préfèrent être en appartement, mais ils ont besoin d'aide pour se rappeler qu'il faut prendre des médicaments.» Quand le psychiatre sort les pilules, tant Allan que Robert tendent un verre pour qu'il le remplisse d'eau.À chaque visite du SIC, Robert reçoit un paquet de cigarettes et 4 $ ; il est sous tutelle et l'argent lui brûle les doigts.La soeur de Robert lui rend parfois visite.Au pire de sa maladie, Robert croyait que sa nourriture et ses cigarettes contenaient des serpents et des rats, dit le Dr Farquhar.Mais il ne s'en plaignait pas.Il racontait avoir joué au hockey avec Maurice Richard, avoir été engagé pour tuer des lions, des panthères et des serpents à Douglas en les étranglant, et avoir été roi du Canada.Robert a perdu sa couronne, mais il a trouvé un royaume.Le corps de Gino Laplante réclamé MATHIEU PERREAULT La mère de Gino Laplante a finalement hâté son retour de Floride pour réclamer le corps de son fils.« Le corps a été réclamé par sa mère le 22 février », dit le porte-parole du Bureau du coroner, François Houle.« Comme le grand-père de M.Laplante nous avait dit que sa mère s'en occuperait à son retour de Floride, il n'y avait pas d'urgence.La mort de Gino Laplante ne hante pas que sa famille.L'équipe de suivi intensif de l'hôpital Douglas a longuement ressassé les raisons qui ont poussé le sans-abri à se livrer aux grands froids.« Les jours précédant sa mort, Gino Laplante n'était jamais à la mission Old Brewery quand on passait le voir », explique le psychiatre James Farquhar, du Douglas.« On vérifiait avec les gens de la mission s'il avait passé la nuit au chaud, s'il avait pris ses médicaments.C'était un genre d'assurance- qualité.» La désinstitutionnalisation n'est pas en cause, selon le Dr Farquhar.« Si Gino Laplante avait été hospitalisé, il aurait très bien pu faire la même chose : aller dehors au froid.Comme il était impulsif, il aurait aussi pu se faire écraser en traversant une rue sans regarder des deux côtés.» Gino Laplante n'avait pas de domicile parce qu'il s'était fait expulser « cinq ou six fois », selon le Dr Farquhar. 6LP0799A0304 a07 actus sam 4 mars 6LP0799A0304 ZALLCALL 67 18:09:50 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 7 L'agriculture croît dans la région de Montréal ANDRÉ NOËL Qui l'eût cru ?Parmi toutes les régions du Québec, c'est dans la région métropolitaine de Montréal que l'agriculture est la plus dynamique, révèle un document interne du ministère de l'Agriculture mis à jour le 16 février.« On y observe une croissance continue des revenus agricoles et des investissements des entreprises supérieurs à la moyenne québécoise, note le document.La valeur ajoutée à la ferme des produits régionaux a contribué à développer l'agrotourisme et consolider le tissu rural.» Cette constatation n'étonne pas René Lefebvre, qui a un troupeau de 120 vaches à Saint-Constant, sur la Rive-Sud, à 15 minutes du centre-ville de Montréal.« Quand on nous laisse produire, on est très efficaces, dit-il.Les terres sont très fertiles.C'est un avantage d'être si proche des marchés, tant pour vendre nos produits que pour acheter du matériel.» Depuis 1981, les revenus agricoles de la région métropolitaine ont augmenté de 208 % (Québec : 145 %) et les investissements de 91 % (Québec : 59 %).« L'industrie bioalimentaire de la métropole accapare plus de 60 % de l'industrie bioalimentaire québécoise.» Les auteurs soulignent le paradoxe montréalais.D'un côté, la zone agricole est sans cesse grugée par l'étalement urbain.D'un autre côté, les terres sont tellement productives que les cultivateurs les exploitent au maximum, plus qu'ailleurs.En moyenne, dans la province, les producteurs cultivent à peine plus de la moitié (54 %) de leurs terres et laissent le reste en friche ou en bois.Dans la région de Montréal, ils la cultivent à 73 %.C'est ce qui explique que la superficie cultivée a augmenté de 2111 hectares entre 1981 et 1996, malgré une réduction importante de la zone agricole (de 26 761 hectares).Le rapport souligne que l'agriculture dans la métropole est vitale pour l'autosuffisance alimentaire du Québec.Mais les auteurs se montrent inquiets.« La pénurie de bons sols agricoles a comme conséquence de restreindre le développement de l'agriculture en créant ce qu'on pourrait appeler une rupture de stock », écrivent- ils.Les auteurs dénoncent les « spéculateurs qui évitent de louer les terres ou de les vendre à des agriculteurs et qui préfèrent attendre qu'elles soient en friche pour les dézoner ».Ils rappellent que le gouvernement a fixé ces objectifs : « la consolidation des zones urbaines existantes et la limitation de l'urbanisation en périphérie », et « le renforcement des pôles d'activités existants et du centre-ville ».M.Lefebvre est d'accord.« J'ai essayé d'exploiter une terre près d'un lotissement résidentiel : c'est impossible, dit-il.Les enfants des résidants allaient jusqu'à couper mes clôtures pour faire fuir mes animaux ! » En 1981, la zone agricole occupait 60 % du territoire métropolitain.En 1996 : moins de 54 %.Il faut la préserver, estime le ministère, selon lequel les 2510 fermes génèrent des milliers d'emplois.« Il existe une synergie vitale entre la moitié urbaine et la moitié agricole.» PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse René Lefebvre (à droite) et son fils Jean-René, dans leur ferme de Saint-Constant, à 15 minutes du centre-ville de Montréal : « On a des terres très fertiles ! » 6LP0801A0304 A 8 samedi, 4 mars 6LP0801A0304 ZALLCALL 67 00:50:06 03/04/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Condamné pour blanchiment, l'avocat Gérald Lavoie est radié pour 15 ans Me Jacques Bouchard pourra continuer à pratiquer MARIE-CLAUDE MALBOEUF Gérald Lavoie, cet avocat qui a aidé l'ex-juge Robert Flahiff à blanchir 1,7 million pour un trafiquant de drogue, vient de perdre le droit d'exercer sa profession pour les 15 prochaines années.Condamné à trois ans de prison cet hiver, Lavoie est toujours libre puisqu'il a porté sa cause en appel.Mais le comité de discipline du Barreau du Québec est convaincu que ni le public, ni les autres avocats ne peuvent plus lui faire confiance.Premièrement, le fiscaliste de 57 ans a facilité un « crime odieux : le trafic de stupéfiants », qui cause des « ravages sociaux et médicaux dévastateurs ».Deuxièmement, il n'a pas fait les choses à moitié : il a mis sur pied un système très complexe pour envoyer de l'argent dans une banque suisse sur une période de 30 mois, et il s'est luimême rendu là-bas.Tout ça pour s'en mettre plein les poches (Lavoie et Flahiff touchaient entre 6 % et 10 % des sommes transférées).Et Lavoie ne semble pas prêt à changer, constatent ses pairs, qui déplorent son « attitude désinvolte » aux audiences de décembre dernier.L'ex-avocat a alors présenté des explications « tout à fait contradictoires » avec celles qu'il présentait en Cour supérieure.D'autres sont « invraisemblables, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement farfelues », indique la décision rendue le 26 janvier dernier.Un exemple de volte-face ?Au procès criminel, Lavoie justifiait ses gestes en disant qu'ils étaient normaux dans sa pratique.Au Barreau, il affirme soudain qu'ils n'ont rien à voir avec sa fonction d'avocat et qu'il faut donc le laisser continuer à diriger son bureau comme si de rien n'était.Foutaise, pour le comité, qui rappelle que : \u2014 Le trafiquant Paul Larue était un client de Lavoie et le payait pour qu'il blanchisse des fonds.\u2014 Lavoie s'est servi de ses connaissances professionnelles pour y parvenir, utilisant même son compte en fidéicommis et son bureau d'avocat pour exécuter ses crimes.\u2014 Il « a fait preuve d'un manque profond de sens moral et de respect de la loi, ce qui est tout à fait incompatible avec le statut d'officier de justice ».« L'avocat doit démontrer qu'il respecte profondément les assises juridiques fondamentales de notre société.Il n'est pas au-dessus ou en dehors de la loi puisque, comme professionnel du droit, il n'existe tout simplement pas sans elle », explique plus haut le comité.Bref, Lavoie doit connaître le même sort que Flahiff et perdre sa place au palais de justice.Contrairement à son complice, l'ancien juge de la Cour supérieure a toutefois tiré sa révérence de lui-même, démissionnant en avril 1999 pour ne pas avoir à témoigner devant le Conseil de la magistrature.Celui qui a précipité leur perte, Paul Larue, est quant à lui déjà derrière les barreaux, puisqu'il a écopé une peine de 17 ans après avoir été coincé par la police anti-drogue américaine et s'être transformé en délateur.Quant aux autres clients de Lavoie, le comité est persuadé qu'une radiation immédiate ne mettra pas leurs affaires en péril.Et Lavoie pourra toujours leur revenir en 2015.Mais seulement s'il n'est pas emprisonné.Et seulement s'il convainc le Barreau « qu'il ne constitue plus un danger pour le public ».RIMA ELKOURI Parce qu'il a été coupable de « négligence dans l'établissement d'un système de comptabilité », et non de mauvaise foi, l'avocat criminaliste bien connu Jacques Bouchard, condamné pour évasion fiscale en septembre, pourra continuer à pratiquer.C'est là la décision du comité des requêtes du Barreau du Québec, chargé d'examiner le dossier de l'avocat qui n'a produit aucune déclaration de revenu durant 10 ans et qui n'a pas non plus payé d'impôt sur ses revenus entre 1989 et 1999.Me Bouchard, qui pratique depuis plus de 30 ans, a reconnu les faits et s'est avoué coupable.Il attribue ces omissions au fait qu'il a éprouvé des problèmes personnels, entre autres de santé.Le 16 septembre 1999, il a été condamné à payer une amende de 71 504 $.Le comité des requêtes du Barreau se dit « impressionné » par le témoignage de Me Bouchard et en vient à la conclusion qu'il n'y a ni mauvaise foi, ni intention malicieuse, ni connotation frauduleuse aux gestes faits par l'avocat.Dans ces circonstances, il n'y a pas lieu, pour assurer la protection de l'intérêt public, de radier, suspendre ou limiter son droit d'exercice, estime le Barreau.Me Bouchard a omis de produire des déclarations d'impôt, mais il n'a pas fait de fausse déclaration, remarque le Comité.Par ailleurs, on souligne le fait qu'aucun des clients de l'avocat criminaliste n'a bénéficié ou été victime de cette affaire.Aucun non plus n'y a participé.Ainsi, même si les gestes de l'avocat ont un lien avec l'exercice de sa profession, le comité est satisfait que Me Bouchard soit « conscient des lacunes qu'il avait dans l'administration de son étude légale » et qu'il ait mis en place des mesures pour corriger ces lacunes.Finalement, le comité recommande que le service d'inspection professionnelle du Barreau rende visite à Me Bouchard pour s'assurer que ses efforts portent fruit.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Me Gérald Lavoie L'ex-directeur de la SPCA, Alex Wolf, est blanchi MARIE-CLAUDE MALBOEUF La Cour d'appel du Québec vient de blanchir l'ancien directeur de la SPCA, Alex Wolf, cinq ans après sa condamnation pour menaces de mort.La Cour supérieure avait alors conclu que M.Wolf, un bouillant défenseur des animaux, avait téléphoné à une collègue pour lui dire qu'il pourrait envoyer l'avocat Raymond Le Moyne « six pieds sous terre » et qu'il avait des amis allemands bien capables de venir incendier sa maison de Westmount.M.Wolf était alors au coeur d'une violente crise interne.Ses employés l'accusaient de tous les maux et démissionnaient en bloc.Lui voulait qu'on cesse d'utiliser la chambre à gaz pour euthanasier les animaux et l'avait déjà vertement fait savoir à Me Le Moyne, un administrateur de l'organisme sans but lucratif.Au procès, l'homme de 50 ans a plaidé qu'il voulait seulement « informer » sa collègue de l'existence de menaces, \u2014 des explications « cousues de fil blanc » pour le juge Jean-Pierre Bonin.Mais la Cour du Québec a mal évalué la crédibilité de M.Wolf, tranche aujourd'hui le juge Michel Proulx.Soit le juge Bonin n'a pas voulu croire l'accusé pour de mauvaises raisons, soit il n'a pas tenu compte de toutes les explications fournies, estime la Cour.Le juge Bonin aurait même commis une erreur en écrivant que M.Wolf avait déjà menacé l'avocat Le Moyne par le passé, alors que « la preuve établit le contraire ».Bref, un doute raisonnable plane toujours quant à la culpabilité de l'ancien directeur de la SPCA ; celui- ci doit donc être acquitté et il n'a pas à payer ses 2000 $ d'amende.Congédié de la SPCA en 1994, M.Wolf n'a sans doute pas fini de se battre en Cour pour autant.En juillet 1995, il a déposé une poursuite de 430 000 $ contre neuf anciens collègues qu'il accuse de diffamation. 6LP0999A0304 A-09 sam 4 mars 6LP0999A0304 ZALLCALL 67 18:10:35 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 9 30 000 disques piratés au Rock en stock : 256 chefs d'accusation Amendes à répétition pour le Super Marché Sun Hing Malpropreté générale et températures trop élevées RAYMOND GERVAIS Le propriétaire du magasin de disques Rock en stock, Michel Meese, 44 ans, ainsi qu'un de ses employés, Frederic Janosy, 42 ans, ont été accusés plus tôt cette semaine à Montréal d'avoir contrevenu à la Loi sur les droits d'auteur, plus précisément d'avoir offert en vente des exemplaires contrefaits de disques compacts protégés par le droit d'auteur.Ces accusations font suite à deux perquisitions effectuées par des agents de la section des droits d'auteur de la Gendarmerie royale du Canada au 1238, rue Crescent à Montréal, au printemps et à l'automne derniers.Lorsque les gendarmes se sont présentés au magasin de disques les 26 avril et 16 novembre 1999, ils ont saisi 30 000 disques compacts piratés.Le propriétaire du commerce fait face à 256 chefs d'accusation et son employé à quatre.Des experts de la Canadian Recording Industry Association et de la Canadian Musical Reproduction Rights Agency ont collaboré à l'enquête policière afin de cibler les disques pirates.Une personne reconnue coupable de ces infractions peut écoper d'une amende de 25 000 $ ou d'une peine d'emprisonnement de six mois par chef d'accusation.RAYMOND GERVAIS Une épicerie-boucherie bien connue des lecteurs de cette chronique, qui a déjà écopé par le passé d'amendes totalisant 11 445 $, le Super Marché Sun Hing, du 1050, boulevard Saint-Laurent, à Montréal, a été condamnée hier à une amende de 6500 $ après avoir été reconnue coupable de malpropreté générale et d'avoir conservé des aliments à des températures inadéquates.Les infractions ont été commises le 14 avril dernier et selon les témoignages entendus hier en cour municipale de Montréal, la situation n'est toujours pas corrigée.Hier matin, un commis travaillait pour le compte de la compagnie à n u m é r o s 2885 263 Canada, a demandé au juge André Massé de reporter l'audition.Le mag i s t r a t a refusé, lui expliquant que seul un officier de la compagnie ou un avocat peuvent représenter une compagnie devant le tribunal.Le juge a alors ordonné comme le prévoit la loi en de telles circonstances que la poursuite procède par défaut, soit sans la présence de l'accusé.Selon les rapports des inspecteurs du Service de l'environnement de la CUM qui ont été déposés en preuve, le plancher du magasin était sale et graisseux.Il y avait une accumulation de graisse sous l'évier et sous l'un des blocs de bois.Ces blocs étaient sales et très graisseux.Les tablettes en acier inoxydable étaient recouvertes de morceaux de carton imprégnés de gras.Le fond des réchauds était couvert de jus de viande et de gras calciné.Les murs de l'aire de préparation étaient graisseux et noircis de suie.Les tablettes étaient recouvertes de débris alimentaires.La hotte de ventilation était graisseuse et poussiéreuse.Au chapitre de la température des aliments, la situation n'était guère plus reluisante.Les inspecteurs ont noté qu'il y avait sur le rebord de la fenêtre des morceaux de porc B.B.Q.dont la température interne était à 18 degrés.Dans un réchaud, il y avait du canard à 38 degrés, du porc à 40 degrés, du poulet à 24 degrés et des calmars à 24 degrés.Afin d'éviter la formation de bactéries pathogènes, tous ces aliments auraient dû se trouver à une température supérieure à 60 degrés.Par ailleurs, le restaurant Garage Café, du 275 rue Hickson à Verdun, a été condamné à une amende totale de 1400 $ après avoir été reconnu coupable de malpropreté, d'avoir eu de la vermine et de ne pas avoir eu des murs, planchers et plafonds présentant une surface lisse, lavable, imperméable et sans fissure.Les infractions remontent au 18 août 1999.La situation est corrigée, sauf en ce qui concerne la vermine.Des nombreuses mouches virevoltaient autour de la nourriture et du cuisinier lorsque les inspecteurs se sont présentés au restaurant.Dans l'aire de préparation des aliments, les fonctionnaires de la CUM ont noté que le plancher était sale et gras, que les parois extérieures d'un des comptoirs étaient souillées de crasse et de coulures.De plus, les coupe-froid des réfrigérateurs étaient endommagés, souillés et poissés de crasse et de moisissures.Le réchaud était rempli d'eau limoneuse et des gouttelettes de graisse étaient suspendues au pourtour du bâti de la hotte.Finalement, la Casa de Fajitas, situé au 153, rue Saint-Amable à Montréal, fermé depuis le moment de l'infraction qui remonte au 27 août dernier, a écopé une amende de 1100 $ après avoir été reconnu coupable de malpropreté et pour ne pas avoir eu un plancher correspondant aux normes de la CUM en matière de salubrité dans les établissements d'alimentation.La FTQ invite à boycotter Telav Presse Canadienne La FTQ lance un appel au boycottage des services audiovisuels Telav, qui font aussi de la traduction simultanée.Telav est une entreprise implantée à Montréal qui fournit les services d'équipements visuels et techniques, ainsi que les services de traduction simultanée lors des congrès, colloques et séminaires.Dans son appel au boycott, la FTQ vise également d'autres filiales qui dispensent le même genre de services : Corpav, Adcom et Fisco.Un conflit de travail sévit chez Telav depuis le 15 septembre dernier : un lock-out selon le syndicat, une grève selon l'employeur.Les principales demandes des 70 membres du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), affilié à la FTQ, touchent les salaires et les horaires de travail.Présentement, expliquait en entrevue M.Jacques Reid, représentant national au SCEP, seuls les taux de salaire de base sont inscrits dans la convention collective et les employés touchent des augmentations au mérite, selon l'évaluation patronale.Le syndicat revendique une grille de salaire à laquelle tous seraient assujettis, avec un minimum et un maximum, ce maximum étant atteint après trois ans.Une Rolex President au nombre des trésors saisis et mis en vente Encan public au port de Montréal le dimanche 5 mars Marchandises saisies pour défaut de paiement Heritage Auctioneers, l'un des plus importants encanteurs au Canada, a reçu le mandat de vendre lot par lot une sélection incroyable de biens de grande valeur.Tous les articles ont été dédouanés et les droits d'importation et taxes ont été acquittés.Chaque article est adéquatement étiqueté, conformément aux lois et règlements régissant l'importation au Canada, avec une description complète de chaque article, pour faciliter l'inspection par le public.Heritage Auctioneers, une des sociétés d'encanteurs les plus réputées au Canada, jouit d'une longue tradition d'honnêteté et de fiabilité auprès des acheteurs les plus exigeants.Parmi les articles mis aux enchères figurent des Rolex, Cartier, Piaget et autres montres suisses, de superbes bijoux, bagues à diamant 1 - 26 carats, colliers, bracelets et solitaires.Belle variété de magnifiques tapis persans et asiatiques noués à la main, dont une belle sélection de tapis en soie et tapis tribaux rares.Ventes finales seulement.Commission d'achat de 15% en sus.L'acquéreur sera responsable de la TPS et la TVQ.Un encanteur agréé reconnu dirigera l'encan.Michael Hoj, directeur général et chef des encans, précise que cette vente est ouverte au grand public et que tous peuvent miser sur n'importe quel article.il suffit de lever la main.Paiement par: Visa, Master Card, American Express, comptant ou chèque visé.Heritage Auctioneers certifie que chaque article est authentique et peut être retourné dans les 24 heures pour un remboursement sous forme de crédit.VALEUR AU DÉTAIL 28 000$ Rolex President pour homme, avec diamants.Enchère probable: 5 000$ \u2014 14 000$.Le dimanche 5 mars 2000 Encan à 14 h Inspection et inscription à 13 h Port de Montréal 285, rue Prince Prendre Mc Gill vers le sud, à droite sur William puis à gauche sur Prince.Rens.: 1-800-396-9236.Publicité 6LP1001A0304 A 10 samedi, 4 mars 6LP1001A0304 ZALLCALL 67 00:51:11 03/04/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Mort du petit Kevin Girard dans un incendie à Laval : le coroner conclut à une mort accidentelle RAYMOND GERVAIS Le jeune Kevin Girard, quatre ans, mort le 16 mai dernier dans un incendie qui a ravagé le logement de sa tante, au 1213, rue Patenaude à Laval, où il était gardé, a été asphyxié et intoxiqué à l'oxyde de carbone après avoir inhalé de la fumée.C'est la conclusion à laquelle en arrive le coroner Michel Ferland qui a enquêté sur les circonstances entourant la mort du bambin.La mort est accidentelle et le coroner estime qu'il n'est pas possible de l'attribuer à la consommation d'alcool de sa tante, Sylvie Brunelle, qui se serait endormie avec une cigarette dans le salon après avoir consommé plusieurs bouteilles de bière.« Sa consommation d'alcool est néanmoins retenue comme un facteur important en ce qu'elle a altéré son jugement et l'a fait sombrer dans un sommeil soudain.Il n'est pas possible d'attribuer à sa consommation d'alcool ses faits et gestes après le début de l'incendie.L'état d'énervement et de panique les explique et les justifie », écrit le coroner.L'autopsie pratiquée sur le petit cadavre par le docteur Michelle Houde, du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, ne démontre aucun signe de traumatisme.Par contre, le médecin note dans son rapport la présence de suie abondante couvrant la muqueuse hyperémiée (congestionnée) de la trachée et des bronches, ainsi que sur la paroi interne de l'oesophage.Sylvie Brunelle habitait ce logement avec ses deux enfants, Maxime, huit ans, et Cédric, quatre ans.Le 15 mai dernier, Mme Brunelle avait la garde son neveu pour le week-end, les parents de l'enfant étant au travail.Elle gardait fréquemment le bambin et, pour le coucher, elle installait par terre un lit fait de plusieurs couvertures dans la chambre de Maxime.Toujours selon le rapport du coroner, Mme Brunelle aurait consommé durant la journée précédant le décès de 12 à 15 bières, d'abord avec des voisins dans la cour, puis sur son balcon et dans le salon, après avoir donné le bain aux enfants et les avoir couchés.Mme Brunelle s'est ensuite endormie, et c'est sa difficulté à respirer qui l'a éveillée.Prise de panique, elle quitte son logis par la porte-fenêtre arrière afin d'aller chercher du secours.Le voisin d'en bas, Daniel Douville, lui ouvre la porte.Croyant qu'un des enfants était malade, il monte à l'étage où il voit le feu.Il prend alors le jeune Cédric dans ses bras puis se dirige vers la chambre de Maxime et le rencontre dans l'embrasure de la porte.Il sort avec les deux enfants et rejoint Mme Brunelle sur le balcon.Ils descendent chez lui d'où il appelle le 911.Le préposé aux appels lui demande alors s'il y a quelqu'un d'autre dans le logement.M.Douville répond « non ».C'est à ce moment que Mme Brunelle réalise que son neveu Kevin est toujours dans l'appartement en flammes.Le locataire remonte à l'étage supérieur, mais les flammes l'empêchent de pénétrer dans l'appartement.Les premiers policiers dépêchés sur les lieux doivent également battre en retraite.Lorsque les pompiers arrivent, ils pénètrent dans le logement et éteignent les flammes.Ils découvrent enfin l'enfant inerte dans la chambre.Des manoeuvres de réanimation pratiquées d'abord par les pompiers, puis par les ambulanciers et finalement par les médecins, ne réussissent par à ramener l'enfant à la vie.Le bambin présentait des brûlures au deuxième degré sur près de 80 % de son corps. La Presse 4 mars 2000 Page A11 manquante 6LP1201A0304 A12 samedi.G N RAL 6LP1201A0304 ZALLCALL 67 00:51:24 03/04/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Pénurie d'infirmières : les auxiliaires aimeraient bien qu'on pense à elles MARTINE ROUX Embaucher des étudiantes pour pallier la pénurie d'infirmières dans les hôpitaux montréalais pendant les vacances estivales ?L'idée fait bondir l'Ordre des infirmières auxiliaires du Québec (OIIAQ), dont 40 % des membres ne demandent qu'à travailler à temps plein.Alors que les hôpitaux s'apprêtent à fermer de 1000 à 1500 lits cet été, l'Ordre des infirmières du Québec (OIIQ) approuvait récemment un projet-pilote permettant dès cet été l'embauche d'infirmières en herbe ayant complété deux années de formation dans un programme universitaire ou collégial.« Mais avant de confier des actes infirmiers à des étudiantes de deuxième année, on devrait peutêtre envisager de recourir aux services des 16 500 infirmières auxiliaires du Québec, expérimentées, mais sous-utilisées », avance Régis Paradis, président de l'OIIAQ.Environ 40 % des membres de l'OIIAQ occupent un emploi à temps partiel ou sur appel.« Plusieurs ne travaillent qu'une journée ou deux par semaine.Cette maind'oeuvre est disponible immédiatement, compétente, soucieuse de la protection du public et peu coûteuse ! Utiliser les infirmières auxiliaires au maximum de leurs compétences représente déjà un élément de solution important pour éviter la fermeture de lits.On pourrait presque régler le problème de pénurie.» L'infirmière reçoit une formation collégiale ou universitaire d'au moins trois ans.L'infirmière auxiliaire, elle, suit un programme de formation professionnelle échelonné sur deux ans et d'une durée de 1800 heures, « soit 300 heures de moins que le programme collégial », précise M.Paradis.Or, le réseau de la santé continue de snober les infirmières auxiliaires, proteste-t-il.« Plusieurs établissements refusent de leur confier des actes infirmiers qu'elles sont aptes à réaliser.» Si elles sont en mesure de préparer et d'administrer des médicaments, de faire des injections, des pansements de tous genres et d'installer des sondes vésicales, « elles font parfois tout juste plus qu'un préposé aux bénéficiaires.C'est un gaspillage éhonté de ressources humaines ».Ni le ministère de la Santé, la conférence des régies régionales ou l'Association des hôpitaux du Québec n'ont frappé à la porte de l'OIIAQ pour trouver des solutions à la pénurie de personnel et à la fermeture de lits.« Depuis plusieurs années, les infirmières auxiliaires sont souvent exclues des soins de courte durée parce que ceux-ci sont apparemment trop complexes et exigent du personnel spécialisé.Mais voici qu'on songe à embaucher des étudiantes sans expérience ! C'est troublant.» À la régie régionale de Montréal, on se défend toutefois de bouder les infirmières auxiliaires.Grève du transport en commun jeudi Le Conseil des services essentiels juge suffisante l'entente intervenue plus tôt cette semaine entre la STCUM et le Syndicat des chauffeurs d'autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport, quant aux services essentiels à maintenir pendant la grève de 24 heures qui sera déclenchée jeudi, le 9 mars.L'entente prévoit le maintien du service de métro aux heures de pointe du matin et de l'après-midi, et en fin de soirée, soit de 6 h 30 à 9 h 38, de 15 h 10 à 18 h 14 et de 23 h à 0 h 59, excluant la ligne 5 qui ne fonctionnera pas le soir.Les circuits d'autobus fonctionneront aussi aux heures de pointe, soit de 6 h 15 à 9 h 15, de 15 h 30 à 18 h 30 et de 23 h 15 à 1 h 15.Si une grève d'une durée indéterminée devait être déclenchée, les parties en cause devront à nouveau s'entendre sur les services essentiels à maintenir.Durant la semaine du 28 février 2000 Monsieur Stéphane Lefrançois de P.A.T.a gagné son achat de 4 350 $ Félicitations ! 6LP1301A0304 a13 saturday 6LP1301A0304 ZALLCALL 67 00:51:17 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 13 Perte d'autonomie?Vive le traitement sur mesure! LILIANNE LACROIX Même si leur besoin d'aide est criant, les familles dont un membre est en perte d'autonomie se montrent extrêmement réticentes à recourir aux programmes offerts par le système de santé et de services sociaux.Pire encore, en viendraiton éventuellement à faire tomber les réticences ou à les atténuer qu'on n'aurait même pas les ressources pour répondre aux besoins.Dans un ouvrage intitulé Les professionnels et les familles dans le soutien aux personnes âgées dépendantes, publié aux éditions l'Harmattan, le sociologue Mario Paquet, de la direction de la santé publique de Lanaudière, en arrive à ces deux constats désarmants.Mais malgré tout, il ne désespère pas de l'avenir du maintien à domicile.« Les professionnels sont parfaitement conscients de cette situation, dit-il.Souvent ils sont concernés professionnellement, mais aussi personnellement, car un de leurs parents est en perte d'autonomie ou quelqu'un de très près vit cette situation.Il m'arrive, quand je donne des conférences à des intervenants, de voir des yeux rougis.Ce que je dis, ça sonne une cloche.» Le domicile, un espace privé Ce qu'il dit, c'est que le domicile demeure un espace privé, où le système ne peut pas rentrer avec ses gros sabots en imposant ses solutions.On doit s'adapter à ce que les gens souhaitent, à la façon dont ils souhaitent recevoir les services, on doit aussi entrer sur la pointe des pieds en cherchant d'abord à établir un lien de confiance de personne à personne et en respectant les limites que fixe la famille.Centrés sur les besoins de la personne en perte d'autonomie, les intervenants ont quasiment occulté les besoins et la dynamique complexe des aidants naturels.Erreur ! Relatée longuement dans le livre de 230 pages, l'expérience de Lucien Saint-Arnault est particulièrement révélatrice.Insatisfait du roulement des intervenantes qui se relayaient pour offrir chacune un maximum de quatre heures par semaine à son épouse démente, le pauvre homme a tenté d'expliquer que tous ces nouveaux visages créaient de l'insécurité chez sa femme.On limitait leur implication à quatre heures pour éviter l'épuisement, a-t-on alors expliqué à M.Saint-Arnault, qui assumait cette lourde charge.les 144 heures restantes.Déménagé sur le territoire d'un autre CLSC, M.Saint-Arnault a pu apprécier l'aide à domicile quand on lui a proposé de choisir luimême le personnel avec lequel il se sentait le plus à l'aise.Le recours à des étrangers « La prise en charge d'un être cher est d'abord et avant tout une affaire privée.Les personnes-soutien sont réticentes à avoir recours à des étrangers », souligne M.Paquet.On croit aussi que personne ne peut s'occuper de leur parent aussi bien qu'on le fait.Parfois, la réticence vient de l'aidant, parfois d'autres membres de la famille, parfois aussi du patient lui-même.Il faut bien identifier la source de cette réticence et ses motifs pour arriver à la contourner.» Même si les obligations familiales sont moins inconditionnelles que par la passé, il demeure que l'on doit assistance à sa famille.Le recours à de l'aide extérieure est souvent vu comme un aveu de faiblesse ou comme une abdication du devoir.De plus, les personnessoutien désirent garder le contrôle, préserver leur indépendance et perçoivent souvent la prise en charge de leur proche comme valorisante.Certaines constatations ressortent.Prendre soin de quelqu'un n'étant pas un rôle traditionnellement dévolu aux hommes, ces derniers semblent moins hésitants à recourir aux services formels.Plus le niveau d'éducation des aidants naturels est élevé, moins ils semblent réticents.Le recours est plus naturel en milieu urbain qu'en milieu rural, où il est plus difficile de préserver l'anonymat et la confidentialité.Enfin, les personnes de faible statut socio-économique et habitant un milieu pauvre font preuve d'une plus grande réticence à utiliser les services.Les intervenants doivent aussi accepter qu'il puisse exister un écart entre les besoins réels et la perception des personnes-soutien.« Mieux vaut aider quatre heures et être bien accueilli que d'imposer vingt heures et essuyer une fin de non-recevoir.La règle du coup de pouce et de la pédale douce est de mise », affirme M.Paquet, qui incite tout le réseau à la souplesse et au traitement sur mesure qui peut, seul, faire tomber les barrières.Les réticences tombées, restera à s'assurer que le système peut fournir à la demande.À voir en page K2. La Presse 4 mars 2000 Page A14 manquante 6LP1599A0304 A-15 sam 4 mars 6LP1599A0304 ZALLCALL 67 18:13:12 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 15 Une manifestation de camionneurs perturbe Ottawa JULES RICHER Presse Canadienne, OTTAWA Le centre-ville d'Ottawa a été perturbé hier par 150 camionneurs qui ont protesté, à bord de leurs véhicules, contre la hausse du prix du carburant.Leur cible : le Parlement, où ils ont pu rencontrer quelques députés.Les camionneurs, qui provenaient de l'Ontario, avaient d'abord formé des convois sur l'autoroute 417 avant d'arriver au centre-ville.Ils ont garé leurs véhicules pendant une bonne partie de l'avant-midi dans la rue Wellington, en face des immeubles parlementaires.Aucun incident n'a été signalé.« Les trois grandes compagnies pétrolières au Canada, Shell, Petro Canada et Esso, devraient être imputables.Elles agissent comme raffineurs, producteurs et détaillants.Nous voulons que le gouvernement fédéral créé un poste d'ombudsman dès maintenant », a affirmé un des représentants des camionneurs, Dwayne Mosley.Malgré une rencontre avec au moins un député libéral, les manifestants sont toutefois repartis les mains vides puisqu'ils n'ont pu obtenir réponse favorable à une autre de leurs demandes : une réduction des taxes fédérales.À la Chambre des communes, le secrétaire d'Etat aux Ressources naturelles, Brent St.Denis, a indiqué que, pour l'instant, les actions du gouvernement consisteront à faire pression sur les pays de l'OPEP pour qu'ils cessent de limiter la production de pétrole.« Ces mesures sont efficaces et je demanderais à (tous) d'être un petit peu plus patients », a-t-il dit.Le Bloc québécois a profité de l'occasion pour réclamer une suspension temporaire de la taxe fédérale d'accise de 10 cents sur le carburant.« La situation actuelle justifie une intervention rapide et immédiate du gouvernement fédéral, qui n'a rien fait jusqu'à maintenant », a souligné le député bloquiste Pierre Brien, en conférence de presse.La taxe d'accise pourrait ensuite être remise en vigueur au fur et mesure d'éventuelles baisses du prix du pétrole.Le Bloc demande aussi à Ottawa de faire pression sur les pays producteurs de l'OPEP.De l'avis du parti, les mesures de pression pourraient aller jusqu'à des sanctions économiques.Finalement, le Bloc estime qu'il faut rouvrir le dossier de la concurrence entre les compagnies pétrolières au Canada.Un comité parlementaire devrait être mis sur pied afin d'étudier la question.PHOTO PC Environ 150 camionneurs ont stationné leurs véhicules devant la Colline parlementaire à Ottawa, en signe de protestation contre le prix élevé de l'essence.Hier le prix du baril de brut a chuté légèrement pour atteindre 29,71 $ US à la fermeture des marchés boursiers. 6LP1601A0304 A 16 samedi, 4 mars 6LP1601A0304 ZALLCALL 67 00:54:53 03/04/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Sherbus met en relief la sécurité de ses autobus MARTINE ROUX Tombeau roulant.Le transporteur Sherbus n'a pas apprécié la remarque d'un contrôleur routier de la Société d'assurance-automobile du Québec (SAAQ) qui a intercepté mercredi dernier un de ses autocars après y avoir décelé quatre défectuosités majeures.Outre des lumières de freins arrières défectueuses, le contrôleur a relevé une pièce de frein cassée, un bris de l'essieu qui handicapait la direction et un problème de suspension.Mais le véhicule, âgé de 16 ans, avait été soumis à une inspection complète le 12 janvier dernier, explique le directeur des relations publiques de Sherbus, Michel Dupuis.« Il répondait à ce moment-là à toutes les normes de sécurité.Le chauffeur l'a aussi inspecté en quittant Sherbrooke pour Québec sans rien remarquer d'anormal.Nous nous sommes assurés que tout était en ordre sur l'autocar avant qu'il ne reprenne la route, et nous assurons les usagers de notre capacité à fournir des services adéquats.» Dans la journée de mercredi, les contrôleurs de la SAAQ ont passé au peigne fin quatre autobus Sherbus : deux répondaient aux normes de l'industrie, un troisième nécessitait un ajustement mineur.et le quatrième a mérité l'infâme sobriquet de « tombeau roulant ».« Disons que l'expression n'était pas appropriée, poursuit M.Dupuis, piqué au vif.Sherbus a mérité le premier prix de la SAAQ pour la prévention routière de 1992 à 1997 inclusivement, de même qu'une mention spéciale en 1998 dans la catégorie des transporteurs interurbains.Nous ne badinons pas avec la sécurité des passagers.Nous sommes des gens responsables ! » Fondée en 1956 à Châteauguay par Léo Auger, Sherbus dessert trois corridors reliant Sherbrooke à Québec, Trois-Rivières et Montréal.L'entreprise exploite près d'une centaine d'autobus, dont une quinzaine de véhicules assurant les liaisons interurbaines.« L'autocar intercepté à Québec est le plus vieux de notre flotte, mais les autres véhicules ont tous moins de dix ans d'existence.Nous avons entre autres acheté six autobus neufs depuis 1998.Ils sont tous soumis à une inspection complète selon une fréquence d'au mieux 15 jours et d'au plus tard 45 jours après le dernier examen, selon le kilométrage effectué.Nos exigences vont bien au-delà de celles de la SAAQ.» Voyageurs entre bonnes mains Depuis la tragédie des Éboulements, dans laquelle 44 Beaucerons sont morts après que l'autocar où ils prenaient place eut plongé dans un ravin, les transporteurs marchent sur des oeufs.Mais qu'on se rassure : les autocars « citrons » sont rares sur les routes québécoises, affirme Roger Saint-Laurent, agent d'information à la SAAQ.« Règle générale, les autocars sont en très bon état.Celui de la compagnie Sherbus est une exception.» L'âge moyen des autobus autres que scolaires est d'environ sept ans, note-t-il.Selon lui, les contrôleurs routiers québécois comptent parmi les mieux formés en Amérique du Nord et la loi 430, adoptée au printemps 1999, a d'ailleurs permis de resserrer les contrôles routiers.« La loi 430 est une mesure de contrôle qui a des dents.Désormais, chaque transporteur a un dossier et toutes les infractions sont enregistrées.Lorsque la cote de sécurité est dépassée, nous avertissons l'entreprise et accentuons les contrôles.Après un deuxième avertissement, la Commission des transports du Québec peut imposer la suspension des opérations et même l'annulation du permis d'exploitation.» En août 1998, la cote de Sherbus était satisfaisante, apprend-on sur le site internet de la Commission des transports.S'ils assurent la sécurité des passagers, ces contrôles mettent aussi des bâtons dans les roues des transporteurs.« C'est d'une telle intensité que c'en est difficile à suivre, peste Michel Dupuis.Ça contraint beaucoup nos activités, car dans les périodes de pointe, les contrôles excessifs bousculent notre horaire.» EN BREF Restriction des charges des camions n À cause du dégel hâtif que nous connaissons depuis une semaine, le ministère des Transports du Québec a décidé de devancer le début de la période de restriction des charges pour les véhicules routiers prévue pour le 15 mars.Ainsi, c'est le lundi 6 mars, dans la zone 1, soit le sud du Québec, que les restrictions s'appliquent.La période de restriction pour les zones 2 et 3 n'est pas modifiée pour le moment.Cette mesure vise à protéger les routes qui deviennent plus fragiles en période de dégel.Porté disparu n Un Terrebonnien de 51 ans, Richard Paquet, est activement recherché par les policiers de la Sûreté du Québec et du Service de police intermunicipale de Terrebonne/ Sainte-Anne-des-Plaines/ Bois-des-Filion depuis sa mystérieuse disparition, le 28 février.Il a été aperçu pour la dernière fois vers 3 h alors qu'il quittait une résidence de la rue Éthier, à Terrebonne.Son automobile a été retrouvée le même jour à 23 h dans le stationnement du centre commercial Place Rosemère.La peinture du pare-chocs avant du véhicule, de marque Chrysler Daytona 1989 et de couleur blanche, est écaillée et l'enjoliveur de la roue droite avant a disparu.Richard Paquet a les cheveux noirs et les yeux bruns.Il est amputé de la jambe gauche et porte une prothèse.Toute personne possédant des informations à son sujet ou pouvant témoigner du déplacement de la voiture le 28 février peut appeler Info-Crime au 1-800-711-1800.Menaces sur Internet n Un adolescent soupçonné d'avoir transmis sur Internet des menaces de mort contre des gens de son école a été arrêté par la GRC.Le garçon de 14 ans, dont le nom n'a pas été révélé, habite la région de Grande Prairie, en Alberta, au nord-ouest d'Edmonton.Le FBI avait remarqué ses messages sur un babillard électronique au début de la semaine et en avait avisé la GRC.Richard Paquet La Presse 4 mars 2000 Page A17 manquante 6LP1801A0304 A-18 sam 4 mars 6LP1801A0304 ZALLCALL 67 00:52:36 03/04/00 B A 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 PHOTO AP Les participants de l'émission Big Brother sont photographiés à leur arrivée lundi dernier dans leur nouveau logis.Les téléspectateurs auront le pouvoir de renvoyer ceux qu'ils n'aiment pas, et la personne qui aura résisté 100 jours se méritera la somme de 250 000 marks, environ 125 000 $ US.L'Allemagne divisée par des hommes cloîtrés et filmés AUDREY KAUFFMANN Agence France-Presse, BERLIN Big Brother, une nouvelle émission de la chaîne privée allemande RTL2 sur la vie de dix captifs volontaires filmés 24 heures sur 24 durant 100 jours, remake d'une idée néerlandaise, suscite indignation de ministres et appels au boycott.Depuis lundi, cinq hommes et cinq femmes, âgés de 22 à 37 ans, vivent dans un logement préfabriqué de 150 m2 près de Cologne, astreints à la vie en communauté devant les objectifs de 28 caméras et 47 micros.Seules les toilettes échappent à cette inquisition.Condamnés à vivre coupés du monde, sans téléphone, médias, papier ni stylo, ils doivent faire l'expérience du « retour aux sources » : couper le bois, cuire le pain, cultiver le jardin, se doucher en une minute et demi.Cinquante minutes de condensé de cette « vie réelle » sont offertes chaque jour à 20 h 15 aux téléspectateurs de la chaîne.Chacun des dix reclus, choisis parmi 20 000 candidats, espère décrocher la cagnotte de 128 000 euros promise à qui tiendra jusqu'au 9 juin, sans craquer ni être éliminé par le vote des spectateurs organisé tous les quinze jours.Le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, a appelé au boycott de l'émission, y voyant une « atteinte massive » à la Constitution allemande, dont l'article un stipule que « la dignité humaine est inaliénable ».Un point de vue partagé par plusieurs chefs de gouvernements régionaux : l'un, Roland Koch, chrétien- démocrate en Hesse, a comparé le traitement réservé aux candidats à celui de « souris de laboratoire », tandis qu'un autre, Kurt Beck, social-démocrate en Rhénanie-Palatinat, disait n'avoir encore vu cela « que pour des rats ».Sur la chaîne néerlandaise Veronica, entre septembre et décembre 1999, l'émission Big Brother s'était taillée un joli succès en termes de cotes d'écoute.L'allemande RTL2 ne fait pas non plus mystère de ses appétits financiers.La chaîne, qui a investi quelque 15,3 millions d'euros dans l'affaire, table sur près de 25 millions d'euros de chiffre d'affaires grâce à la publicité, vendue à prix d'or sur de longues plages, et se réjouit déjà des 3,3 millions de téléspectateurs enregistrés lors de la première mercredi (10,6 % de parts de marché).Un site internet complète l'opération (www.bigbrother-haus.de).Au Comité central des catholiques, la puissante organisation des laïcs allemands, qui dénonce une « tentative sans scrupule » de faire de l'argent sur le dos de personnes « exploitées », RTL2 oppose la participation volontaire des candidats à ce « jeu ».À la Fédération des psychologues qui s'inquiète de cette « expérience de groupe au mépris de l'homme » et des risques de schizophrénie, la chaîne répond que tout est prévu, y compris un soutien psychologique (via une caméra).Pour 78 % des Allemands toutefois, les bornes de l'acceptable ont été franchies.La presse y voit aussi la résurgence de la surveillance des citoyens autrefois de mise en RDA.« Une nouvelle variante de l'auto- avilissement » est née, juge le quotidien Muenchner Merkur.«Le fond absolu de la grossièreté » est atteint, renchérit le Syndicat des médias, IG Medien.L'Office régional de contrôle des médias privés compétent, celui de Hesse, surveille Big Brother à la loupe et a annoncé hier soir, au vu de la deuxième émission, une réunion imminente afin de prendre position, soit en vue de l'annulation de l'émission, soit pour obtenir des modifications d'envergure.D'autant que l'émission se fera bientôt américaine, britannique et portugaise et que d'autres, similaires, doivent investir prochainement le petit écran allemand, comme Experiment Robinson, sur une île artificielle, toujours sur RTL2. 6LP1901A0304 A 19 samedi, 4 mars 6LP1901A0304 ZALLCALL 67 00:52:43 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 19 Le Temple du réveil miraculeux voit sa poursuite rejetée Presse Canadienne Le journaliste Rodolphe Morissette et l'éditeur du Journal de Montréal viennent d'être libérés d'une poursuite totalisant 2,4 millions intentée contre eux par Le Temple du réveil miraculeux du Saint-Esprit et son chef, Claude A.Gagnon.Le temple est situé rue Papineau, tandis que le révérend Gagnon demeure à Laval.Le juge Rodolphe Bilodeau de la Cour supérieure conclut que le journaliste Morissette, l'éditeur Pierre Francoeur et Le Journal de Montréal n'ont commis aucune faute en écrivant, en publiant et en diffusant un article sur le temple le 23 janvier 1996.L'article en question relatait la décision de la Cour d'appel qui rejetait la demande d'un individu désireux de disposer de ses biens (500 000 $) comme il l'entendait, en l'occurrence, de les donner aux dirigeants du temple.Les tribunaux avaient évalué que l'ex-militaire en question souffrait d'une incapacité à résister aux pressions morales.« Il est évident que l'intention des juges était de le protéger contre une trop grande générosité devant l'avidité de certains mouvements religieux.Le journal avait le droit et peut-être l'obligation d'en informer ses lecteurs », écrit le juge Bilodeau.Gagnon se plaignait en outre d'avoir été diffamé par l'utilisation par le journaliste des mots « secte » et « gourou ».Le juge Bilodeau reconnaît que ces mots ont pris une connotation péjorative à la suite, notamment, du drame du Temple solaire en Europe et au Québec.Il fait cependant remarquer qu' « il serait paradoxal et contraire au sens commun que l'on ne puisse utiliser le mot secte à compter du moment où un groupement religieux s'est rendu coupable de violence ou de crime ».Le magistrat considère que les mots gourou et secte « convenaient à ce que voulait démontrer Morissette dans ses écrits : une secte, soit un groupement religieux, fondé et dirigé par un chef (gourou), qui exerce une autorité absolue sur la doctrine et les finances de sa communauté », écrit-il.Il en profite finalement pour servir une mise en garde aux chefs spirituels et aux membres de leur communauté relativement aux dommages sérieux qu'ils sont susceptibles de causer en suscitant des conflits quant à la participation religieuse.« Si la foi peut transporter des montagnes, il faudrait peut-être qu'elle soit accompagnée des vertus de tolérance et de compréhension pour empêcher cette montagne de tout écraser sur son chemin », commente-t-il.Le juge rejette donc l'action de 2,4 millions et impose au Temple et à son leader le paiement des frais occasionnés.La Colombie expulse Jean-Raymond Bélanger d'après AP et PC BOGOTA, Colombie Un Québécois reconnu coupable de trafic de drogue à la suite de l'une des saisies les plus importantes au Canada a été expulsé de la Colombie, hier, à la suite d'une présumée dispute au sujet de la cocaïne avec des guérilleros de gauche.Jean-Raymond Boulanger, âgé de 54 ans, a pris un vol commercial en direction de Montréal, avec escale à Mexico, selon un porte-parole de la police de la sécurité d'État de la Colombie.L'homme est recherché au Canada pour ne pas avoir respecté les conditions de sa libération.Boulanger a été arrêté mercredi après avoir été enlevé, puis relâché, par les Forces armées révolutionnaires de la Colombie, le plus important groupe d'insurgés de ce pays.Les rebelles l'ont gardé un mois en captivité.La police colombienne le recherchait en rapport avec une série d'accusations liées au trafic des stupéfiants.En 1992, Jean-Raymond Boulanger pilotait un avion en provenance de la Colombie avec plus de 4000 kilos de cocaïne à bord, valant plus d'un milliard à l'époque.Il avait atterri à Casey, en Haute-Mauricie, après avoir été poursuivi pendant 10 heures par des avions militaires.Boulanger, qui était impliqué dans cette affaire avec six autres individus, avait écopé une sentence de 23 ans d'emprisonnement.Le procès d'Ahmed Ressam est déplacé à Los Angeles Associated Press SEATTLE Un juge fédéral américain a ordonné que le procès d'Ahmed Ressam, un Algérien faisant face à des accusations de complot pour avoir tenté de faire entrer illégalement des explosifs aux États-Unis, se tienne à Los Angeles plutôt qu'à Seattle.Le porte-parole du bureau du procureur général américain, Harold Malkin, a précisé que ce procès commencera le 10 juillet à Los Angeles.Les avocats de Ressam, 32 ans, ont demandé au juge John Coughenour en janvier de tenir le procès ailleurs qu'à Seattle où, selon eux, la médiatisation de son arrestation ne permet pas d'assurer un procès juste et équitable à leur client.Quant aux procureurs du gouvernement, ils soutenaient qu'il n'avait pas été fait mention du passé de Ressam dans des termes péjoratifs dans les reportages à son sujet.Ahmed Ressam est accusé d'avoir tenté de perpétrer un attentat terroriste.Il fait aussi face à huit accusations reliées au trafic et à la possession d'explosifs, ainsi qu'à de fausses déclarations.Ahmed Ressam a été arrêté le 14 décembre dernier à Port Angeles, dans l'État de Washington, avec des explosifs et des minuteries dans son automobile, alors qu'il arrivait de la Colombie-Britannique par le traversier.Ressam a auparavant résidé à Montréal.Plusieurs autres personnes ont été arrêtées dans cette affaire. La Presse 4 mars 2000 Page A20 manquante 6LP2101A0304 A 21 samedi 6LP2101A0304 ZALLCALL 67 00:50:14 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 21 6LP2201A0304 A-22 sam 4 mars 6LP2201A0304 ZALLCALL 67 00:50:18 03/04/00 B A 22 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Les enfants timides seraient plus souvent malades RECHERCHE UNIVERSITAIRE ANDRÉ PRATTE Les enfants timides sont peut-être plus souvent malades que les autres.C'est du moins ce qui ressort d'une étude réalisée par des psychologues de l'Université de Guelph 1.Joanna Chung et Mary Ann Evans ont étudié les malaises et maladies rapportés par une trentaine d'enfants et par leurs parents pendant une période d'un mois.La moitié de ces enfants étaient considérés comme timides par leurs professeurs, c'est-à-dire qu'ils levaient rarement la main pour prendre la parole et parlaient peu quand on leur demandait d'intervenir.Les élèves participants avaient entre 6 et 8 ans.En moyenne, les enfants timides ont subi des malaises 4,7 jours pendant le mois, deux fois plus que les enfants plus sûrs d'eux (2,3 jours).Les malaises rapportés allaient des rhumes aux troubles gastro-intestinaux, en passant par des problèmes d'origine affective (tristesse, manque d'appétit, irritabilité).Dans le cas des troubles gastro-intestinaux, en moyenne les enfants timides s'en sont plaint une journée durant le mois, contre aucune plainte parmi les enfants non timides.Dans le cas des problèmes respiratoires, les timides en ont rapporté 4,9 jours, contre 3,1 jours pour les non timides.Mmes Chung et Evans avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces écarts.Il se peut, bien sûr, que les enfants timides soient tout simplement plus pleurnicheurs, ou qu'ils invoquent divers maux dans l'espoir d'éviter l'école.Mais les résultats obtenus à Guelph ne vont pas en ce sens.En effet, si l'on retient seulement les cas où l'enfant s'est plaint d'un malaise sans que le problème soit confirmé par le parent, les chercheurs ont relevé davantage de plaintes provenant des enfants assurés.Il est aussi possible que les parents d'enfants timides soient plus sensibles aux maux de leurs enfants, ou soient surprotecteurs.Mais, encore une fois, les données recueillies à Guelph vont à l'encontre de cette interprétation.Le stress Les auteurs sont plutôt portés à croire qu'il existe un lien physiologique entre la timidité et les maladies.Des recherches précédentes, menées notamment par un psychologue de Harvard, Jerome Kagan, ont montré que les enfants timides sont plus stressés que les autres parce que même des situations banales les rendent mal à l'aise.Or, des niveaux élevés de stress se traduisent par la sécrétion accrue d'une hormone, le cortisol, qui réprime le système immunitaire.D'où une susceptibilité plus grande à contracter des maladies.«Les quelques travaux faits à ce sujet et nos connaissances sur le cortisol nous font pencher vers une explication physiologique.Mais il faudra encore beaucoup de recherche avant de conclure avec certitude que les enfants timides sont plus souvent malades», a expliqué à La Presse la professeure Mary Ann Evans.Selon Mme Evans et sa collègue, les personnes \u2014 parents, enseignants, professionnels de la santé \u2014 qui sont en relation avec des enfants timides devraient tenir compte de cette hypothèse.D'une part, il se peut que des maladies fréquentes rendent encore plus difficile l'intégration de ces petits en société.D'autre part, fait remarquer la psychologue, on devrait mettre de côté l'idée que ces enfants font semblant d'être malades: «Cette recherche et d'autres indiquent qu'ils ne jouent pas la comédie, que ces enfants sont différents du point de vue physiologique, ce qui compromet leur capacité de combattre les bactéries et les virus.» Ce qui ne veut pas dire qu'il faut les couver: «Les parents d'enfants timides ne devraient pas les surprotéger.Il faut doucement les encourager et les aider à faire face à toutes sortes d'expériences.Ainsi, ils deviendront habitués à ces situations qui leur causent de l'anxiété, et cette réaction s'atténuera.» 1 J.Y.Y.Chung & M.A.Evans, Shyness and symptoms of illness in young children, Revue canadienne des sciences du comportement, vol.32, no.1, janvier 2000. 6LP2301A0304 a23 actus sam 4 mars 6LP2301A0304 ZALLCALL 67 00:50:24 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 23 Les jeunes fonctionnaires sont une espèce en voie de disparition La moyenne d'âge de l'effectif régulier franchit les 45 ans PAUL ROY du bureau de La Presse, QUÉBEC Les jeunes ne sont plus une « minorité visible » dans la fonction publique québécoise, mais une « espèce en voie de disparition ».Voilà ce qu'a soutenu hier l'Association des jeunes de la fonction publique québécoise (AJFP), après la publication par le Conseil du Trésor des plus récentes statistiques sur l'effectif de la fonction publique.Le document d'une soixantaine de pages nous apprend en effet que la moyenne d'âge de l'effectif régulier a franchi en mars 1999 le cap des 45 ans.Pas surprenant quand on sait que les jeunes de moins de 30 ans ne représentaient plus alors que 1,7 % de cet effectif, comparativement à 3,3 % en mars 1995.L'AJFP demande donc au premier ministre Lucien Bouchard de quelle façon il entend donner suite à l'engagement pris lors du récent Sommet de la jeunesse d'accentuer « le rajeunissement durable de la fonction publique québécoise ».L'Association interpelle également les syndicats, « qui devront faire des concessions en vue d'atteindre cet objectif ».Lors du Sommet de la jeunesse, Robert Caron, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, avait lui aussi plaidé en faveur du rajeunissement de la fonction publique.Le document du Conseil du Trésor nous apprend par ailleurs que Québec comptait 72 fonctionnaires \u2014 effectifs régulier et occasionnel confondus \u2014 de plus en mars 1999 qu'en mars 1995 (de 66 803 à 66 875), et ce malgré les plus de 3000 départs à la retraite du programme volontaire de 1997.Ces départs ont été compensés par l'arrivée, en 1998, de 1752 personnes provenant du gouvernement fédéral et de la Société québécoise de développement de la maind'oeuvre.Ces employés ont été intégrés au Fonds de développement du marché du travail, lequel relève du ministère de l'Emploi et de la Solidarité.De plus, 723 postes d'agents des services correctionnels ont été convertis en emplois réguliers à temps partiel.L'effectif régulier a toutefois diminué de 55 487 à 49 464 les quatre dernières années, l'effectif occasionnel, lui, augmentant de 11 148 à 16 707.Les femmes ont vu leur proportion augmenter de 44,7 % à 49 % dans l'effectif régulier.Le taux de représentation des femmes s'est accru dans toutes les catégories d'emploi, en particulier chez le personnel de haute direction (de 22,9 % à 32,6 %), chez les techniciens (de 43,2 % à 49,8 %) et chez les agents de la paix (de 12,3 % à 23,2 %).C'est toutefois dans la catégorie du personnel de bureau que la proportion de femmes demeure la plus forte, à 85,1 %.En mars 1999, 47,7 % des fonctionnaires travaillaient dans la région de Québec, 20,6 % dans celle de Montréal et 31,6 % dans les autres régions.L'effectif de la fonction publique exclut de nombreux employés de l'État, dont les infirmières, les enseignants, les policiers.Il ne représente en fait que 15 % de l'ensemble de l'effectif des secteurs public et parapublic.Chaque province baissera les impôts CRAIG WONG Presse Canadienne, TORONTO On s'attend généralement à ce que la vigueur de l'économie actuelle incite les provinces à accorder des réductions fiscales et à prévoir plus d'argent pour les soins de santé dans leur prochain budget.« J'ai l'impression que les secteurs qui ont été favorisés dans le budget fédéral le seront aussi dans la plupart des budgets provinciaux », déclare Derek Burleton, économiste principal à la Banque TD.Plus tôt cette semaine, le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a réduit l'impôt des particuliers et indexé les tables d'impôt à l'inflation.Il a également augmenté les dépenses destinées aux infrastructures et à la défense, et annoncé une hausse de 2,5 millards sur quatre ans des paiements de transfert sociaux aux provinces.Cette somme ira au financement de la santé et de l'éducation.Dans le budget qu'elle a déposé récemment, l'Alberta a promis de réduire les impôts et d'accroître les dépenses pour les soins de santé et l'éducation.Le Québec, la Saskatchewan et la Colombie- Britannique doivent déposer leur budget plus tard ce mois-ci, et les autres provinces feront de même peu après.« Les baisses d'impôts aux particuliers auront une place importante dans le prochain budget du Québec », qui a un taux d'imposition marginal parmi les plus élevés au pays, prévoit M.Burleton.Financière Banque Nationale a prédit que l'économie du Québec progresserait de 4,2 pour cent en 2000, dépassant la moyenne nationale pour la première fois en 13 ans. 6LP2401A0304 A24 samedi.MONDE 6LP2401A0304 ZALLCALL 67 00:50:30 03/04/00 B A 24 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 L'aide mondiale au Mozambique s'intensifie GEIR MOULSON Associated Press, MAPUTO L'aide internationale s'est intensifiée hier en faveur du Mozambique, où les pires inondations depuis 50 ans ont déjà fait un million de sans abri et des milliers de morts.Et le pays n'en a pas fini avec la colère des éléments : le cyclone Gloria est annoncé pour les prochains jours.Plus de 11 000 personnes ont été secourues, la plupart récupérées par des bateaux ou hélitreuillées.Mais des milliers de sinistrés restaient hier prisonniers des eaux, juchés sur des toits ou dans des arbres, ou échoués sur des îlots de terre émergée, sans vivre ni eau potable.Jusqu'ici, les sauveteurs se sont concentrés sur la vallée du fleuve Limpopo (sud), dans la province de Gaza, où neuf hélicoptères et une vingtaine d'embarcations étaient à l'oeuvre hier pour tenter de sauver des sinistrés ou acheminer des vivres.Les équipes de secours annoncées par les États-Unis devraient être dépêchées dans la vallée de la rivière Save, dans le centre du pays, qui est durement touchée, mais où les moyens d'intervention font cruellement défaut.Seuls deux hélicoptères de secours tentaient hier d'apporter assistance aux 15 000 sinistrés de la zone.Le Pentagone a toutefois revu à la baisse hier le nombre des soldats envoyés, réduit à 600 au lieu des 900 annoncés mercredi.Ils doivent arriver ce week-end.Washington dépêche également six hélicoptères et six avions cargo.Les autorités du Mozambique estiment que les victimes ont besoin de vivres et de médicaments, mais l'envoi des secours se heurte à d'énormes problèmes logistiques, de nombreuses zones n'étant accessibles que par les airs.Par ailleurs, des épidémies, choléra, malaria et dysenterie menacent les rescapés, dont 250 000 ont trouvé abri dans 68 centres d'hébergement à travers le pays.Pas moins de 69 bateaux gonflables et 39 radeaux de survie devaient arriver de Grande-Bretagne en fin de journée.Et le Premier ministre britannique Tony Blair a annoncé que le « Fort George », navire de 32 000 tonnes transportant carburant, médicaments et cinq hélicoptères, faisait route pour le Mozambique, où il devrait arriver dans une semaine.Ce qui s'ajoute à l'aide déjà importante en hommes et en matériel mobilisée par Londres.La France a de son côté envoyé hier un avion de transport C-160 en provenance de l'île de la Réunion.« Le porte hélicoptères Jeanne d'Arc et la fréate Georges Leygues, devraient arriver au large du Mozambique aujourd'hui.Deux hélicoptères PUMA de l'armée de terre ainsi qu'une équipe médicale rejoindront alors le C-160 », a précisé le ministère de la Défense.La Croix-Rouge internationale a doublé hier son estimation de l'aide nécessaire pour le Mozambique et les pays voisins touchés par les inondations.Elle demande 11,4 millions de FS (11 millions $ CAN) au lieu des 4,67 millions de FS annoncés lundi.Le Programme alimentaire mondial (PAM) demande lui 7 millions de dollars US d'urgence et prépare une opération destinée à nourrir 650 000 sinistrés sur une période de six mois.La Suisse a pour sa part débloqué 10 millions de FS pour l'aide aux victimes des inondations au Mozambique.Six spécialistes suisses de l'aide d'urgence ont également été envoyés sur place.PHOTO AFP Opération sauvetage au Mozambique.Des fonds québécois pour le Mozambique RIMA ELKOURI Victime des foudres du ciel, le Mozambique est en détresse.Plus d'un million de personnes sont durement touchées par les inondations qui dévastent le pays depuis près d'un mois.Pour leur venir en aide, des organismes d'ici ont lancé hier un appel à la générosité et réclament que l'imposante dette du pays soit annulée.Les besoins sont criants.Au moins 100 000 habitants sont sans toit à la suite des pluies torrentielles et du cyclone qui ont noyé le pays.La grande majorité des victimes sont des paysans vivant dans des régions éloignées.Ils ne peuvent compter que sur une infrastructure sanitaire fragile, d'où les risques de prolifération de diverses épidémies.« C'est vraiment une double catastrophe », a expliqué Marisol Laneuville, jeune coopérante du CUSO qui a déjà travaillé au Mozambique.Le pays se remet à peine d'une guerre civile de 20 ans.Sans compter la grande sécheresse des années 90.C'est seulement depuis 1994 que le pays lève un peu la tête.Une bonne partie des efforts de reconstruction sont maintenant anéantis.« Étant donné que l'aide arrive tard, que la situation ne s'améliore pas et qu'on attend d'autres cyclones, les gens sont très préoccupés, a dit Mme Laneuville, qui a communiqué avec des coopérants sur le terrain.L'aide arrive à très petits pas, surtout l'aide de l'Amérique, du Canada et du Québec.» Autre préoccupation, les mines.Ces dangereux vestiges de la guerre civile ont été déplacés par les inondations.« Ça fait 10 ans qu'on ne pose plus de mines au Mozambique.Les villageois savent où elles sont et comment les éviter.Maintenant, on craint une croissance du nombre d'accidents », a indiqué Paul Wilkinson, du Centre canadien de déminage international.Six organismes québécois \u2014 Alternatives, la Croix-Rouge, la CSN, le Centre canadien de déminage international, CUSO et OXFAM \u2014 ont invité, hier, la population à faire des dons en argent.Les sommes recueillies permettront avant tout d'acheminer de l'eau potable, de la nourriture et des abris aux sinistrés.Les organismes pressent le gouvernement canadien de se montrer plus généreux, estimant bien maigre l'enveloppe de 1625 million annoncée par Ottawa.Ils réclament aussi l'annulation de la dette extérieure de 5,9 milliards du Mozambique.En ce moment, le pays doit, chaque semaine, rembourser un million et demi de dollars US au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, a souligné Monique Simard, membre du conseil d'administration d'Alternatives, un réseau d'action et de communication pour le développement international.« La Grande-Bretagne a annulé la dette du Mozambique.Alors, pourquoi pas le Canada ?» demande-t-elle.La Croix-Rouge internationale s'est fixé un objectif de 11,4 millions, à atteindre d'ici six mois.La part qui devra être amassée par la section canadienne n'a pas encore été déterminée.Pourquoi ne pas utiliser les quelque deux millions de dollars recueillis pour les sinistrés du Saguenay et qui n'ont pas servi ?a suggéré une journaliste.« Ces dons ont été placés dans un fonds de fiducie pour les désastres locaux », a indiqué Conrad Sauvé, directeur général de la division du Québec de la Croix-Rouge.Pour faire des dons, il suffit de contacter l'un des organismes suivants : Alternatives : (514) 982-6606 ou 1-800-982-6646 ; la Croix-Rouge : 1-800-418-1111 ; OXFAM : 1-877-937-1614.Autres organismes qui recueillent des dons : UNICEF Canada 1-877-286-4233 ; Développement et Paix : 1-888-664-3387 ; Médec 1-800-982-7903 ; Vision Mondiale : 1-800-363-5021.PHOTO AP Un hélicoptère de l'Afrique du Sud vient au secours de cet homme réfugié sur un radeau de fortune près de la ville de Chibuto.PHOTO AP Les services héliportés d'Afrique du Sud déposent quelques-uns des 12 000 rescapés des inondations de la région de Chibuto. 6LP2501A0304 A-25 sam 4 mars 6LP2501A0304 ZALLCALL 67 00:53:00 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 25 La survie des espèces sauvages menacée par la « pollution pathogène » Associated Press WASHINGTON Après les braconniers, les trafics et les pollutions en tous genres, ce sont désormais les virus qui menacent la survie de certaines espèces animales menacées.Car les humains ne sont pas les seuls à subir l'émergence de nouvelles maladies qui franchissent allègrement la barrière des espèces.Un phénomène baptisé « pollution pathogène » par les scientifiques.Ceux-ci ont été alertés par le cas de la brucellose, une maladie apportée en Amérique du Nord par les bovins et qui infecte désormais les élans et les bisons du Parc national de Yellowstone.Les causes de l'émergence de nouvelles maladies chez les animaux sont les mêmes que chez les humains, souligne Peter Daszak, de l'Université de Géorgie, auteur d'un article sur le sujet publié récemment dans la revue Science.« Fondamentalement, c'est en raison de la globalisation de la planète, qui fait que les choses passent plus facilement d'un pays à un autre.C'est une très bonne façon de répandre les maladies.» Et la menace est sérieuse : ces virus émergents peuvent provoquer localement l'extinction de certains animaux sauvages, voire la disparition totale d'une espèce.« Nous devons considérer cette question sérieusement », a affirmé à l'Associated Press M.Daszak, qui s'est prononcé non seulement pour un approfondissement des recherches sur les nouvelles maladies, mais aussi pour la prise de mesures contre leur propagation, similaires à celles prises contre la rage.Car non seulement ces nouveaux virus menacent la survie des animaux sauvages et la biodiversité, mais ils pourraient aussi mettre en péril la santé des humains, via les animaux domestiques.Des études ont en effet démontré qu'ils franchissent parfois la barrière des espèces, pourtant réputée hermétique.Cela a notamment été le cas par le passé du virus qui a par la suite engendré le sida ou du redoutable virus Ebola.Et en la matière, même les gestes les plus anodins peuvent devenir dangereux.L'équipe de Peter Daszak cite ainsi le cas d'une étude qui a établi un lien entre l'émergence en Grande-Bretagne d'infections par la salmonelle et.la distribution de cacahuètes aux oiseaux dans les parcs.Il est vrai que chaque année, ce sont quelque 15 000 tonnes de cacahuètes qui sont distribuées dans les parcs britanniques.Cette manne provoque dans ces endroits une concentration tout à fait anormale d'oiseaux d'espèces très différentes, concentration favorable au développement de la maladie.Paradoxalement, le rassemblement d'animaux d'espèces très différentes dans les zoos, destinés pourtant à les préserver, est également une aubaine pour les virus.Mieux vaut ainsi éviter de mettre dans les mêmes enclos éléphants d'Afrique et d'Asie : les chercheurs ont montré qu'un type d'herpès sans danger pour les premiers est en revanche fatal aux seconds.De même, dans les zoos britanniques, des animaux ont été contaminés, via leur nourriture, par le prion à l'origine de l'Encéphalopatie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la « vache folle ».La présence de ce prion a été détecté dans l'organisme de pas moins de 58 animaux de zoos de 17 espèces différentes.Mais la contamination peut aller dans les deux sens.Quand ce sont les humains qui empiètent sur le territoire animal, ce sont les maladies des hommes qui peuvent se transmettre à la faune sauvage.L'étude de M.Daszak montre ainsi que la rougeole humaine menace des gorilles de montagne sauvages habitués à voir passer les touristes, et les germes qu'ils transportent.PHOTO AFP La présence d'animaux divers dans les zoos peut favoriser la propagation de virus. 6LP2601A0304 A26 samedi 6LP2601A0304 ZALLCALL 67 00:50:36 03/04/00 B A 26 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 La statistique pour comprendre le génie de Mozart RECHERCHE UNIVERSITAIRE ANDRÉ PRATTE Faut-il disposer de puissants ordinateurs et maîtriser la statistique avancée pour comprendre le génie de Mozart, de Bach ou de Beethoven ?Le musicien, musicologue et mathématicien Guerino Mazzola en est convaincu.« On ne cesse de dire que ces grands compositeurs sont des génies, dit M.Mazzola.Mais quand on cherche à les comprendre, on se sert de méthodes qui équivalent à l'arithmétique de tous les jours ! Selon moi, si on veut comprendre les génies, il faut mettre en marche une très grande machine intellectuelle.Guerino Mazzola et son collègue Jan Beran viennent de signer un long article dans une revue de science statistique.Ils y expliquent les méthodes qu'ils ont employées pour analyser trois courts morceaux pour piano de Schumann, Webern et Bach.Des méthodes tellement complexes que pour une pièce d'à peine 463 notes, il a fallu plusieurs jours à un ordinateur pour effectuer les centaines de millions d'opérations nécessaires.« Analyser une symphonie, à l'heure actuelle, relève de l'utopie, reconnaît M.Mazzola.Mais la puissance des ordinateurs croît à un rythme tel que dans dix ans, il y aura des appareils qui pourront le faire.Quoique pour une symphonie de Beethoven, je crois que l'analyse complète ne pourra jamais être faite parce qu'il y a un nombre incroyable de possibilités.Professeur à l'Université de Zurich, Guerino Mazzola a été quelque temps professeur associé à l'Université Laval.Il a mis au point un logiciel (RUBATO) qui permet d'encoder numériquement les partitions.En deux mots, le logiciel attribue à chaque note un poids numérique indiquant l'importance qu'elle a dans la structure rythmique, harmonique et mélodique de la pièce.Chaque note doit donc être analysée par rapport à son environnement immédiat sur la portée, mais aussi par rapport à l'ensemble du morceau.Une fois tous les calculs fait, le procédé fait ressortir des caractéristiques et des régularités difficiles à percevoir autrement.« Quand vous écoutez une pièce, vous faites beaucoup de choses inconsciemment, explique M.Mazzola.Vous ne savez pas exactement pourquoi vous avez l'impression que telle note est importante ou non.Comme musicologue, dès que vous tentez d'expliquer, votre discours est plus ou moins flou, et vous finissez par dériver vers la statistique en disant des choses comme : \u2018La plupart des notes sont comme ci ou comme ça.' Vous faites des statistiques à la main.» Statistique et Horowitz Les travaux de MM.Mazzola et Beran ne visent pas seulement à mieux comprendre les partitions, mais aussi les interprétations.Les partitions sont des écrits complexes, avec des indications ambiguës et des sous-entendus que chaque musicien interprète à sa manière.Un modèle mathématique peut-il rendre compte de ces subtilités ?Peut-il permettre de saisir ce qui distingue une interprétation d'une autre ?Les travaux exploratoires des deux chercheurs laissent croire que oui.Ils ont conçu un modèle comprenant 57 variables relatives à la structure d'une partition.Ce modèle leur a permis d'arriver à des courbes de tempo très proches de celles de 28 interprétations d'une pièce de Schumann (entre autres celles d'Arrau, d'Horowitz et de Cortot).Du même coup ressortent les variables qui expliquent les différences entre les interprétations de la pièce.Horowitz, notent par exemple les auteurs, « porte une attention particulière à l'information locale détaillée (de la partition), alors que l'interprétation d'Argerich est plus cohérente ».Tout de même, M.Mazzola, la statistique et la musique ne sontelles pas antinomiques, l'une froide et bêtement rationnelle, l'autre chaleureuse et suprêmement émotive ?« Étant moi-même pianiste de jazz, j'adore la musique ! Mais il y a une différence entre la structure de la musique et son effet.C'est la même chose pour une molécule.Une molécule de valium peut-être très complexe, mais produire un effet apaisant.Il y a aussi deux niveaux de réalité dans la musique, même si la plupart des gens ne s'intéressent pas à la structure et désirent seulement être émus.» (1) J.Beran & G.Mazzola, Analyzing musical structure and performance - A statistical approach, Statistical Science, vol.14, no.1, 1999.Si on veut comprendre les génies tels Mozart et Bach, il faut mettre en marche une très grande machine intellectuelle, croit le mathématicien.Guerino Mazzola est un amant de la musique.Les implants au sérum physiologique sous évaluation Associated Presse GAITHERSBURG, Maryland Accusés de se fissurer trop souvent, les implants mammaires remplis de sérum physiologique obligent bon nombre de femmes à subir des interventions chirurgicales répétées.Trois marques pourraient continuer à être vendues si l'évaluation dont elles font actuellement l'objet aux États-Unis se révèle favorable.Aux États-Unis, 130 000 femmes ont bénéficié de ces prothèses en 1999, sans que jamais la Food and Drug Administration (FDA) n'ait conclu à leur innocuité.La FDA a récemment souhaité que ces implants ne soient posés qu'après avoir averti la patiente des risques encourus.Depuis mercredi, des experts de cette très puissante administration étudient les dossiers fournis par trois entreprises spécialisées dans le domaine des implants mammaires remplis de sérum physiologique.Première à être évaluées, Mentor Corp.a donné satisfaction.« On devrait connaître les résultats de l'évaluation de Mc Gan d'ici la fin de la semaine ou en début de semaine prochaine », a déclaré jeudi à l'Associated Press Laurent Brones, directeur de Mc Gan en France.Douleurs liées aux cicatrices, seins qui se dégonflent ou infections : ces prothèses ont fait l'objet de bien des critiques.« Seuls des fous peuvent qualifier de tels risques d'acceptables », a estimé mercredi Patricia Faussett, lors d'un congrès consacré à ce problème.CAMELOTS, ADOLESCENTS ET ADULTES demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I Avec ou sans voiture I À commission Dans les secteurs suivants: I Domaine Haut-Bois I Sainte-Julie I Varennes Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h 00, le weekend.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, Mme Gina Morin composez le (450)780-1185 6LP2701A0304 a27 saturday 6LP2701A0304 ZALLCALL 67 00:50:44 03/04/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 A 27 À peine terminé, le cégep Gérald-Godin est déjà primé Ses concepteurs décrochent le prix d'excellence de la revue Canadian Architect pour 1999 CLAUDE-V.MARSOLAIS La petite municipalité de Sainte-Geneviève, dans l'ouest de l'Île, peut s'enorgueillir de receler sur son territoire un bâtiment primé, le nouveau cégep Gérald-Godin, dont la conception architecturale a permis au consortium d'architectes Saucier + Perrotte/ Desnoyers et Mercure d'obtenir le prix d'excellence de la revue Canadian Architect pour l'année 1999.« Le principal défi que nous avons dû affronter a été de tripler la superficie utilisable sur un site certes exceptionnel, mais plutôt limité », confie l'architecte Gilles Saucier lors d'une visite des lieux.En raison de ces limites, les architectes ont adopté la stratégie de la marmotte, en situant le gymnase et la salle de spectacles au sous-sol, si bien que le visiteur a l'impression de n'apercevoir que deux bâtiments, l'ancien monastère des pères de Sainte-Croix et le nouveau bâtiment au revêtement d'aluminium noir anodisé qui est en retrait.L'ancienne salle paroissiale du monastère a été convertie en hall d'entrée.Le visiteur est un peu dérouté par l'escalier monumental qui descend vers le sous-sol et qui donne accès à la salle de spectacles et au gymnase.Le monastère de style Lombard a été conçu par l'architecte Lucien Parent et sa construction date de 1932.Il était abandonné depuis deux ans lorsque le gouvernement en a fait l'acquisition en 1997.Restauré, il loge maintenant les bureaux de l'administration et la bibliothèque installée dans l'ancienne chapelle.C'est cette dernière qui a fait l'objet de la principale intervention de restauration des architectes.Ils ont aménagé un second étage en retrait des murs donnant une impression de flottement et qui permet de mettre en valeur les vitraux de Limoges du monastère.On accède à cet étage par un escalier en colimaçon, à l'endroit où était le choeur de la chapelle.Là-haut, on a une vue imprenable sur la rivière des Prairies en regardant par les oeilsde- boeuf.L'enveloppe extérieure du monastère en pierre et béton n'a pas été modifiée et les fenêtres n'ont été que réparées et repeintes.Au milieu de la cour du cloître entouré de galeries, on a installé la sculpture- fontaine de Jocelyne Alloucherie intitulée Oeuvre de jour.On entre dans le bâtiment neuf par une aile en retrait qui est accessible par le sous-sol ou par le premier étage.Les classes et les laboratoires se détachent comme un volume suspendu au-dessus du niveau du sol excavé.L'espace ouvert au niveau du sol dégage une vue sur la rivière et ouvre un passage sur un belvédère en surplomb de la salle de spectacles et du bord de l'eau.Deux puits de lumière illuminent le foyer de la salle de spectacles et permettent d'identifier la présence de celle-ci en surface.Les bureaux des professeurs sont regroupés par famille disciplinaire et s'ouvrent sur des salles de réunion baptisées « salles d'appartenance ».La salle de spectacles d'une capacité de 382 places est pourvue d'un mécanisme spécial qui permet de la séparer en deux mini-salles selon les besoins.De plus, la scène est réversible, c'est-à-dire qu'elle s'ouvre vers l'extérieur en contrebas, ce qui permettra de présenter des spectacles en plein air durant la belle saison.À proximité se trouve le grand gymnase souterrain qui a une dizaine de mètres de hauteur.Gilles Saucier et André Perrotte, concepteurs des plans, se sont beaucoup inspirés de leur expérience de restauration à l'Usine C, à la faculté d'aménagement de l'Université de Montréal et à la Cinémathèque, dans la mise en valeur de l'ancien monastère et l'aménagement du bâtiment nouveau.Ce dernier, en raison de sa couleur noire, se fond dans la nuit ne laissant apparaître que ses fenêtres d'où surgissent des rayons de lumière artificielle.« Nous avons été guidés par la passion et le rêve », conclut Gilles Saucier.Le cégep Gérald-Godin, dont l'inauguration officielle a lieu lundi, atteindra sa vitesse de croisière dans un an ou deux alors qu'il accueillera 1100 élèves francophones de l'ouest de l'Île.Il aura coûté 19 millions, dont 18 en frais de construction.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © Le nouveau bâtiment en aluminium anodisé noir est relié à l'ancien monastère par une aile aérienne.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © La bibliothèque a conservé les vitraux de l'ancien monastère. 6LP2801A0304 A-28 sam 4 mars 6LP2801A0304 ZALLCALL 67 00:48:01 03/04/00 B Le Web s'affranchit de l'ordinateur Les terminaux permettant d'accéder à la Toile vont se multiplier LAURENCE BEAUVAIS Le Figaro Rester branché à Internet 24 heures sur 24, ou presque, est devenu pour certains une nécessité, pour d'autres une véritable drogue.Heureusement pour eux, les PC de bureau et leur inévitable « fil à la patte » ne sont plus aujourd'hui les seuls passages obligés.Qu'il s'agisse de surfer sur le Web ou de consulter sa messagerie électronique, les « terminaux » pour l'Internet se sont multipliés.Si Internet et mobilité font bon ménage, d'autres appareils, fixes cette fois, sont également susceptibles de bouter les ordinateurs hors de nos foyers.Les premiers à s'être lancés sur le créneau de l'Internet mobile sont les opérateurs de téléphonie.Logique, quant on sait que pour accéder au réseau des réseaux, il suffit d'un logiciel (messagerie pour lire son courrier électronique et/ou navigateur pour consulter les pages Web), d'un modem et d'un accès téléphonique.Mieux : ils proposent également l'accès à un bouquet de services numériques, allant des actualités à la météo en passant par le trafic routier.Évidemment, pour en profiter, il est indispensable de posséder le téléphone adéquat, pourvu d'un écran de grande taille et de bonne qualité graphique.Muni d'un modem, le One Touch Pocket d'Alcatel possède un bouton de navigation unique qui facilite la lecture de messages et la navigation.Dans sa version « Internet Ready », il permet d'accéder directement à des services en ligne grâce à un logiciel de navigation.Nokia, de son côté, a créé l'événement l'année dernière en lançant son Communicator 9110, un téléphone numérique capable de transmettre des données, des pages Web, des courriels, des télécopies et même d'envoyer un message électronique à un groupe de personnes ou de stocker des fichiers intégrant des photos.Mais dès l'année prochaine, ce modèle risque d'être détrôné : sur le salon « Telecom 99 », les téléphones mobiles présentés tenaient dans le creux de la main et étaient équipés d'écrans couleur, de claviers, de stylets pour saisir des notes, réserver un billet d'avion ou gérer son portefeuille boursier.Les assistants personnels et autres ordinateurs de poche ne sont évidemment pas en reste.La plupart peuvent intégrer un modem et un logiciel de connexion et fournir une liaison infrarouge avec un téléphone mobile pour se brancher sur Internet.Parmi les machines les plus douées, le Psion Series 5 mx offre les fonctions de télécopieur, messagerie électronique et navigateur Web.Le PalmV de 3Com propose les mêmes fonctions, est également doté d'un port infrarouge et sa mémoire étendue lui permet de conserver jusqu'à 200 messages électroniques.L'avenir réside sans doute dans la fusion de ces assistants de poche avec le téléphone mobile.Intégrer un carnet d'adresses ou un agenda à un téléphone portable ne devrait pas, a priori, poser trop de problèmes.Or c'est la seule chose qui leur manque encore aujourd'hui.Cette option a déjà pris forme chez l'opérateur de téléphonie mobile américain Qualcomm, qui a intégré un Palm à un GSM, dans un nouveau téléphone baptisé PdQ.Ces téléphones-modems- assistants personnels connaîtront une percée massive lorsque, d'ici à trois ans, le successeur du GSM sera devenu une norme de transmission hertzienne (UMTS) qui pourra assurer des débits de plusieurs mégaoctets par seconde.On s'en doute, la dernière étape ne pouvait être que la télévision.Naviguer sur le Web à l'aide de sa télécommande, confortablement installé sur le canapé du salon, est déjà une réalité.Il suffit pour cela de se procurer un décodeur comme le Web TV de Microsoft.Un segment sur lequel AOL s'est également engouffré, en compagnie de Philips et de DirectTV, en développant son décodeur AOLTV.Ce qui est certain, c'est qu'Internet s'apprête à entrer chez vous par la porte, la fenêtre et même la cheminée.Les consultants d'IDC estiment même qu'en 2005, le PC sera minoritaire comme terminal de connexion à Internet.Autant dire demain.PHOTO AP Signe des temps modernes du multimédia, le dernier-né de Motorola est une montre-téléphone.Le gouvernement français veut franciser le jargon des finances et d'Internet Agence France-Presse PARIS « Jeunes pousses d'entreprises » et non « start-ups », « compagnie mondiale » au lieu de « world company », « options sur titres » pour « stock-options » : le ministère français des Finances refuse de se déclarer vaincu devant l'invasion des termes anglais dans la finance et les nouvelles technologies.Forte du succès rencontré par son « bogue de l'an 2000 », terme qualifiant une panne généralisée des ordinateurs au changement de millénaire, la commission de terminologie économique du ministère des Finances s'apprête à publier au Journal Officiel une nouvelle floppée de termes adaptés en français.Ils s'imposeront aux administrations et aux entreprises publiques.« L'État ne peut pas imposer des termes à d'autres que lui-même, mais il est souhaitable que tout le pays parle une seule langue », a expliqué jeudi Jean Saint-Geours, président de la commission, lors d'une conférence de presse.Les circulaires des administrations et les « plans de développement » (pour business plans) des entreprises publiques devront donc parler de chariot plutôt que de « caddie » de supermarché, et de directeur de la mercatique plutôt que de « marketing manager ».Dans le vocabulaire administratif, les « aimantins » ont déjà remplacé les « magnets », ces aimants qui retiennent les listes des courses sur les portes des frigos, et les « pins », ces petites broches au sigle d'une entreprise, s'appellent désormais des « épinglettes ».Les mots anglais sont largement utilisés dans les domaines de l'informatique, de l'Internet et de la finance, dominés par les acteurs et les techniques anglo-saxons.« Toute corporation a son jargon.Le problème existe pour les mots qui peuvent avoir un usage courant.La veuve de Carpentras ne parle pas anglais.Si on veut intéresser le grand public à la Bourse, il ne faut pas utiliser trop de termes ésotériques », estime M.Saint- Geours.Dédaignant l'invention québécoise de « courriel », la commission préconise « message électronique » pour « e-mail », n'admettant l'abréviation « Mél.» que sur les cartes de visite, sur le modèle de « Tél.» pour téléphone.Les « Sages » proposent de baptiser « jeunes pousses » les nouvelles entreprises à forte croissance (start-ups), s'inspirant ainsi des métaphores horticoles déjà utilisées dans les « pépinières » d'entreprises.Pour définir les 11 pays de la monnaie unique, « Euroland » a été éliminé au profit de « zone Euro ».Le terme avait été créé sur le modèle de Disneyland par les opérateurs des salles de marchés américaines, par dérision pour les efforts européens pour construire une monnaie commune.« Le plus difficile est de convaincre l'Académie Française, qui ne veut pas se décider trop vite, d'autant que de nombreux termes disparaissent rapidement », indique M.Saint-Geours.La procédure prend en moyenne trois ans.Les académiciens n'ont jamais aimé « logiciel », qui s'est pourtant imposé à la place de l'anglais « software ».En revanche, le mot « leader » est reconnu par l'Académie, qui est même en passe d'admettre « leadership », au détriment du « chef de filat » proposé par la commission.Les membres de la Commission reconnaissent n'avoir pas réussi à évincer le « marketing » au profit de la « mercatique », ni à remplacer les « airbags » des voitures par des « coussins de sécurité ».Ils ne sont pas persuadés de parvenir à remplacer « Big Business » par « grandes affaires » ou « World Company » par « compagnie mondiale ».La « World Company » est d'ailleurs déjà entrée dans le langage commun grâce aux Guignols, les célèbres marionnettes satiriques de la chaine Canal Plus, qui en ont fait la caricature d'une multinationale vouée à l'idéologie libérale anglo-saxonne. La Presse 4 mars 2000 Page A29 manquante 6LP3001A0304 A 30 samedi, 4 mars 6LP3001A0304 ZALLCALL 67 00:50:50 03/04/00 B A 30 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 2000 Un enfant de cinq ans effraie ses camarades avec une arme à feu Associated Press CHEHALIS, État de Washington Cette fois-ci, il y aura eu plus de peur que de mal aux États-Unis.Un garçonnet de cinq ans, fâché avec des camarades de jeu, est allé chercher l'arme de sa mère et a menacé les deux autres enfants avant de tirer, mais vers le sol.Personne n'a été blessé dans cet incident, qui a eu lieu le 23 février, ont précisé les policiers.Le petit garçon a été confié à un psychiatre, mais aucune plainte n'a été déposée, car l'arme était semble- t-il rangée sur une haute étagère et n'était pas chargée, a expliqué Randy Hamilton, commissaire de Chehalis (130 km au sud-est de Seattle).L'enfant a expliqué qu'il avait appris en regardant la télévision comment charger et utiliser le pistolet.« Ma fille aurait pu être tuée », s'est affolée Tabitha Dizer dans un entretien à la chaîne de télévision KIRO, de Seattle.Selon elle, le garçon s'est fâché alors qu'il jouait avec sa fille, huit ans, et un autre enfant.Il est alors retourné chez lui, s'est emparé du 35 mm que sa mère gardait sur une étagère située à deux mètres de hauteur, a trouvé les munitions, a chargé le pistolet avant de ressortir.« Il nous a alors visés puis a tiré vers le sol », a raconté l'autre enfant, Brandon Howard.PHOTO AP La jeune Ashley Mallory, sept ans, participe à une vigile aux chandelles en mémoire de Kayla Rolland, six ans, abattue mardi par un camarade de classe du même âge à l'école élémentaire Buell, dans le canton de Mount Morris, au Michigan.Ashley était une voisine et une amie de la victime.Bill Clinton dénonce le lobby des armes Agence France-Presse SAN JOSE, Californie Le président Bill Clinton a vigoureusement dénoncé hier le lobby des armes incarné par la National Rifle Association (NRA), en l'accusant de peser de tout son poids sur le Congrès pour l'empêcher de renforcer la législation sur la possession d'armes de poing.M.Clinton, qui effectuait une tournée en Californie, a accusé la NRA de s'apprêter à lancer une campagne de publicité télévisée de 20 millions de dollars pour faire battre aux élections de novembre les parlementaires favorables à un projet de loi en souffrance depuis huit mois au Congrès.Selon lui, le NRA envisage aussi de tourner en ridicule l'idée de fabriquer des « armes intelligentes » ne pouvant être utilisées que par leurs légitimes propriétaires.« Je ne pense pas que ce soit très drôle de voir un enfant de six ans tuer un autre enfant du même âge, quand de meilleurs crans de sécurité auraient pu éviter cela », a déclaré M.Clinton en évoquant le drame survenu mardi dans une école primaire près de Flint, au Michigan, où un jeune élève avait abattu en pleine classe une fillette avec un pistolet de calibre 32.Cette tragédie suivie deux jours plus tard d'une fusillade par un forcené à Pittsburgh qui a tué trois personnes dans deux établissements de restauration rapide, a poussé M.Clinton à relancer sa campagne en faveur de lois plus strictes sur l'acquisition et la possession d'armes.Le projet en souffrance au Congrès contraindrait les fabricants à munir leurs armes de système de sécurité inviolables par des enfants.Il étendrait les contrôles d'identité des acheteurs, obligatoires dans les armureries, aux ventes d'armes effectuées dans les foires aux armes très populaires aux États Unis et les monts de piété.Il punirait enfin plus sévèrement les adultes laissant des armes à la portée des enfants.Au Texas, l'industrie de la mort tourne à plein FRANCIS TEMMAN Ageence France-Presse, HUNTSVILLE La litanie des exécutions fait presque partie du paysage au Texas, parfois au rythme de cinq ou six par mois, vieille tradition héritée du passé esclavagiste de cet État sudiste, fier de son histoire.Avec déjà 10 exécutions cette année, dont celle d'un malade mental, Larry Robison, d'une grand-mère de 62 ans, Betty Lou Beets, et d'Odell Barnes, un Noir de 31 ans ayant clamé son innocence jusqu'au bout, le Texas est de nouveau au centre de la controverse sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.De tous les États de l'Union, c'est de loin celui qui exécute le plus, avec un tiers des mises à mort judiciaires à lui tout seul, soit 210 à ce jour sur un total de 617 au plan national depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976.« C'est un vestige culturel qui remonte à l'époque de l'esclavage, lorsque les lynchages étaient monnaie courante.Il s'agissait alors de remettre les Noirs à leur place », affirme Dave Atwood, président de la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort.En réalité, souligne James Marquardt, chercheur au centre de justice criminelle de l'Université Sam Houston, de Huntsville, cette spécificité s'inscrit dans un phénomène plus vaste d'exclusion propre aux États du sud.Outre le Texas, ce sont en effet la Floride, la Louisiane, le Missouri ou encore la Virginie qui détiennent la palme des exécutions.Entre 1976 et 1992, « 90 % des exécutions ont pris place dans les États de l'ancienne Confédération », fait-il ainsi remarquer.Là où le Texas se distingue, estime pour sa part Dennis Longmire, professeur de criminologie à l'Université Sam Houston, c'est par son extrême efficacité et par sa « machinerie judiciaire » extrêmement bien huilée.« Aucun autre État ne dispose de procédures judiciaires aussi rationalisées et qui rendent le système si efficace.Par exemple, alors qu'ailleurs les ordres d'exécution sont signées par le gouverneur, ici, ils le sont par les juges eux-mêmes », explique-t-il.Un autre exemple qui frise la parodie de justice : la commission des grâces du Texas.Ses 18 membres, tous nommés par le gouverneur de l'État, ne se réunissent jamais et votent par fax.Les détenus n'ont pas même pas droit à une audience.Pour Dennis Longmire, « le processus judiciaire tout entier a été complètement déshumanisé, parce que la peine de mort est devenue une seconde nature et fait tellement partie de notre histoire ».Autre vice du système, l'élection, depuis 1996, des juges et des procureurs, qui favorise un extrémisme judiciaire en faveur de la peine capitale.« Pour être élus, les hommes politiques et les juges caressent la population dans le sens du poil », ajoute-t-il.Au Texas, le sentiment populaire en faveur de la peine de mort (plus de 70 %, selon les sondages) est renforcé par l'existence d'un puissant lobby de défense des victimes, très actif, et baptisé Justice for All (Justice pour tous).« Ce groupe de pression a des liens très étroits avec le gouverneur Bush et la droite texane.Leur position, c'est oeil pour oeil, dent pour dent », précise Dave Atwood.« Bush soutient complètement ce système et il ne fait aucune exception pour les malades mentaux, les mineurs, même lorsqu'il y a des preuves de leur innocence.» Depuis 1976, 85 condamnés à mort ont été libérés de prison après avoir été innocentés, dont sept au Texas."]
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