La presse, 5 mars 2000, Cahier A
[" 7DA0101A0305 A1 DIMANCHE 7DA0101A0305 ZALLCALL 67 00:51:03 03/05/00 B 1 3 4 6 www.lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 5 mars 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 Venez réserver votre TT ROADSTER, dès maintenant! 116e année No 134 54 pages, 4 cahiers La tension monte au Chili La guérison subite de Pinochet soulève de nombreuses questions RECHERCHE UNIVERSITAIRE C'est la faute du chauffeur d'autocar! d'après AP et AFP SANTIAGO La tension monte au Chili après le retour du général Augusto Pinochet.La police chilienne a dû utiliser hier des canons à eau pour disperser une foule de plusieurs milliers de personnes qui protestaient devant le palais présidentiel à Santiago contre le retour de l'ancien dictateur.Plusieurs manifestants ont été interpellés par la police, et un photographe de presse a été blessé à la tête.Une nouvelle plainte a été déposée contre le général et des manifestants ont exigé qu'il soit traduit en justice alors que l'ex-dictateur, salué par ses partisans, se reposait dans sa luxueuse résidence de Santiago deux jours après avoir été libéré par la Grande-Bretagne.Pinochet, 84 ans, qui avait été officiellement jugé incapable par Londres d'affronter un procès à cause de sa santé, n'a montré aucun signe de faiblesse en venant saluer à deux reprises et à deux mains, sur le pas de sa porte, quelque 200 de ses fidèles.Ceux-ci ont brandi des drapeaux chiliens et des pancartes avec les messages « merci » et « bienvenue » adressés au vieux dirigeant qui a passé la journée dans sa maison au pied des Andes entouré de sa famille.Des défenseurs des droits de l'homme ont jugé que l'apparente bonne forme présentée par l'exchef de l'État depuis son retour au Chili vendredi contredisait les affirmations selon lesquelles il ne pouvait être jugé pour les crimes commis sous son régime entre 1973 et 1990.« On a vu que Pinochet était dans une condition physique et psychique parfaitement suffisante pour qu'il soit poursuivi », a déclaré la députée Isabel Allende, fille du président Salvador Allende mort pendant le coup d'État militaire de septembre 1973 qui porta Pinochet au pouvoir.Elle participait à une manifestation de 4000 personnes rassemblées pour exiger que Pinochet soit jugé au Chili après avoir échappé à un procès à l'étranger.La police est intervenue à coups de matraques et de canons à eau pour disperser les manifestants qui ont lancé des pierres.Voir LA TENSION en A2 n Autre texte, page A11 ANDRÉ PRATTE Par leur façon de conduire, les chauffeurs d'autocar sont les principaux responsables du fait que leurs passagers souffrent ou non du mal des transports.C'est ce qui ressort d'une étude menée en Grande-Bretagne auprès de plus de 3200 passagers d'autocar, qui vient d'être publiée dans une revue spécialisée.( 1 ) « Le chauffeur d'un véhicule est clairement impliqué dans la production du mal des transports puisque c'est lui qui contrôle les accélérations qui causent ce malaise », concluent les responsables de l'étude.Mark Turner et Michael Griffin, chercheurs à l'Institute of Sound and Vibration Research de l'Université de Southampton, ont analysé les mouvements du véhicule \u2014 latéraux, verticaux, avant-arrière, roulements \u2014 au cours de 56 voyages interurbains.Des accéléromètres avaient été fixés au plancher de chaque autocar, permettant d'enregistrer avec précision, pendant toute la durée des parcours, les mouvements sur chaque axe.Les chercheurs ont ainsi pu étudier les rapports entre ces différents mouvements, les malaises ressentis par les passagers, et les caractéristiques des véhicules, des trajets et des chauffeurs.D'un voyage à l'autre, la proportion de passagers rapportant un malaise a varié sensiblement: entre 0 et 36 % ont dit avoir souffert de nausée, et entre 0 et 11 % ont vomi.Turner et Griffin ont constaté que les deux mouvements qui contribuent le plus au mal des transports sont les accélérations avant-arrière et les accélérations latérales.Les premières se produisent lors des accélérations à basse vitesse et au moment du freinage, les secondes dans les virages.Voir C'EST LA FAUTE en A2 PHOTO AFP Des manifestants se sont heurtés à la police hier en face du palais présidentiel de La Moneda, à Santiago, au Chili.La manifestation avait pour objet de dénoncer le retour de l'ancien dictateur Augusto Pinochet.Cancer du sein: la chimiothérapie à forte dose n'est pas si efficace Presse Canadienne TORONTO Dans ce que l'on considère être un recul dans la lutte contre le cancer du sein et ses métastases, des chercheurs américains ont conclu, à la suite d'une étude, que la chimiothérapie à forte dose ne prolonge pas davantage la vie des patientes que la thérapie conventionnelle.Dans un article publié vendredi dans le New England Journal of Medicine, des scientifiques du Centre sur le cancer de l'Université de la Pennsylvanie affirment que le traitement à forte dose n'augmente pas les chances de survie.La théorie qui sous-tend l'utilisation de la chimiothérapie à forte dose veut qu'elle tue davantage de cellules cancéreuses que l'utilisation d'une dose plus faible.Néanmoins, cette théorie n'a jamais été prouvée de façon concluante.Une étude sud-africaine avait suscité beaucoup d'espoirs en affirmant que la chimiothérapie à forte dose prolongeait la vie des femmes souffrant d'un cancer rendu à un stade avancé.Mais en février, le Dr Werner Bezwoda a admis qu'il avait falsifié les données de son étude et s'est rétracté.Dans l'étude américaine, 110 patientes ayant un cancer du sein avec métastases ont subi une chimiothérapie à forte dose, alors que 89 autres patientes ont reçu des doses normales.Voir CANCER en A2 Le scrutin des catholiques Alimentation: allez-y mollo! Pour préparer plus rapidement les repas, les raccourcis, soupes, sauces, mets surgelés, restauration minute, sont bien pratiques.Mais plusieurs de ces produits cachent des gras trans, qui font augmenter les risques de maladies cardiovasculaires.Il ne faut donc pas abuser de ces gras, qui résultent du processus d'hydrogénation utilisé par l'industrie alimentaire pour durcir les huiles végétales.Mais étonnamment, même les aliments pour bébés contiennent de hauts taux d'acides gras trans.À lire en page C12 RICHARD HÉTU collaboration spéciale WESTBURY, Long Island Le jour tire à sa fin.Dans son bureau, James Stachacz, curé de la paroisse Sainte-Brigitte, ne semble pas trop surpris de voir apparaître un journaliste de Montréal, venu lui parler de la course à l'investiture républicaine.Commencé dans la neige du New Hampshire, le combat fascinant entre George W.Bush et John Mc Cain a pris une tournure très religieuse au cours des derniers jours.« Il est regrettable que les deux candidats utilisent la religion pour créer la division plutôt que l'unité », déclare le jeune prêtre, dont la paroisse se trouve dans la ville de Westbury, à Long Island, cette grande banlieue de New York qui s'étend comme un bras dans l'Atlantique.Mais le curé, dans la trentaine, réserve à Bush ses plus sévères critiques.Son opinion compte.Elle reflète sans doute celle de plusieurs catholiques à deux jours du « super mardi », ce festival électoral auquel participeront les électeurs d'une dizaine d'États, dont la Californie, le Massachusetts et New York.Pour rester en vie dans la course à l'investiture républicaine, Mc Cain se doit de gagner la primaire de New York.S'il y parvient, le candidat à la Maison-Blanche devra dire un gros merci aux catholiques de l'État, qui constituent environ 45 % de l'électorat républicain.Assis derrière son bureau, le curé de la paroisse Sainte-Brigitte défait son col romain.D'une voix assurée, il exprime sa déception face à l'adversaire de Mc Cain: « Avant de visiter l'Université Bob Jones, Bush aurait dû s'informer des opinions anticatholiques défendues par l'école.» Le curé fait allusion à un événement qui a pris une importance considérable dans la course à l'investiture républicaine.Le lendemain de sa défaite humiliante au New Hampshire, Bush a été ovationné par les quelque 6000 étudiants et professeurs de l'Université Bob Jones, une institution baptiste de la Caroline du Sud où l'anticatholicisme triomphe et où le racisme persiste plus subtilement.Sur son site Internet, l'école qualifie le pape d'« Antéchrist » et l'Église catholique de « secte satanique ».Jusqu'à jeudi soir, elle interdisait en outre les fréquentations entre les étudiants de races différentes.L'élimination de cette règle a été annoncée par Bob Jones III à l'émission Larry King Live! de CNN.À plusieurs reprises au cours des dernières semaines, Mc Cain a reproché à Bush de ne pas avoir condamné haut et fort l'intolérance de l'Université Bob Jones.Dans la primaire du Michigan, où il a remporté une victoire inattendue, il s'est servi du silence du gouverneur du Texas pour soulever l'indignation des nombreux électeurs catholiques de l'État.Voir LE SCRUTIN en A2 INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7 et C8 - marchandises C9 - emplois C9 - automobile C9 et C10 - affaires C10 Arts et spectacles B6 à B11 - horaire spectacles B8 - horaire télévision B6 Bandes dessinées C8 Bridge C11 Décès C11 Êtes-vous observateur?C7 Feuilleton C11 Génies en herbe B10 Horoscope C9 La presse d'ailleurs A13 Lectures cahier B Loteries A2 et A10 Monde A9 à A13 Mots croisés B10 et C7 Mot mystère C10 Multimédia A6 Santé cahier C Tabloïd Sports - Richard Labbé S5 Têtes d'affiche C6 SCIENCES Les OGM contre le front commun des insectes page B12 MÉTÉO Ciel variable Max.3, min.-5 cahier Sports page 16 7LP0201A0305 A2 DIMANCHE 7LP0201A0305 ZALLCALL 67 00:49:06 03/05/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 Suites de la une Neige: demande de recours collectif La tension monte au Chili Cancer du sein: la chimiothérapie à forte dose n'est pas si efficace LA TENSION / Suite de la page A1 Au même moment, des avocats ont déposé une nouvelle plainte, la 61e au Chili, contre l'ex-dirigeant pour les plus de 3000 morts et les encore plus nombreux cas de torture dont est accusée sa dictature.Des défenseurs des droits de l'homme avaient auparavant demandé que soit levée l'immunité dont bénéficie Pinochet en qualité de sénateur à vie.« Bien entendu son immunité doit être levée », a déclaré l'avocate Fabiola Letelier alors qu'elle déposait la plainte en faveur de parents de deux étudiants présumés exécutés par la police politique en 1974.« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que les milliers de victimes ( de la dictature ) puissent obtenir la vérité et la justice », a-t-elle dit.Son frère, Orlando Letelier, ancien ministre et adversaire du régime militaire, a été assassiné par la police politique de Pinochet à Washington en septembre 1976.Les forces armées chiliennes ont été critiquées pour la cérémonie d'accueil qu'elles avaient organisée pour le retour du général à Santiago vendredi, au lendemain de son départ de Londres après 16 mois de détention.« Nous considérons qu'il est inacceptable que le ministre de la Défense permette à tous les chefs d'état-major des forces armées de présenter leurs respects à un homme accusé des pires crimes », a dit Isabel Allende.Le gouvernement lui-même a exprimé ses réserves sur l'accueil réservé par les militaires à Pinochet.Le président élu, le socialiste Ricardo Lagos, qui succédera le 11 mars à Eduardo Frei, a déclaré que son gouvernement ferait tout pour démontrer que son pays est un État démocratique, où « l'autorité élue par le peuple gouverne » et « où les forces armées sont disciplinées, obéissantes » et ne s'ingèrent pas dans les affaires politiques.RAYMOND GERVAIS Une requête en recours collectif contre la Ville de Montréal a été déposée vendredi en Cour supérieure, au nom de tous les propriétaires d'automobiles dont la voiture a été remorquée à Montréal et dont les propriétaires ont reçu un constat d'infraction dans le cadre des opérations de déneigement survenues entre le 1er janvier et le 2 février.Le recours collectif a été intenté par un résidant de la rue Tupper, Marc Denoncourt, qui soutient s'être fait remorquer son véhicule illégalement alors que la signalisation d'interdiction de stationnement aux fins de déneigement n'avait pas été mise en place conformément à la loi.Le recours collectif vise à récupérer auprès de la Ville une somme de 392 $ par propriétaire de véhicule qui a été lésé, soit 92 $ représentant le montant de l'infraction, 100 $ pour les troubles et les inconvénients découlant du fait que les automobilistes ont dû retrouver leur véhicules dans une rue avoisinante ainsi qu'une somme de 200 $ représentant des dommages exemplaires pour atteintes aux droits de chacun des requérants de jouir paisiblement de leurs véhicules.Me Paul G.Unterberg, l'avocat qui représente les requérants, a expliqué hier que certains des poursuivants ont des témoins qui ont vu les véhicules être remorqués alors que la signalisation était absente ou n'avait pas été affichée selon la réglementation en vigueur à Montréal.Me Unterberg a rappelé que trois types de panneaux interdisant le stationnement pour l'enlèvement de la neige sont autorisés par la Ville.Il y a le traditionnel panneau « sandwich » en bois, des cartons montés sur des piquets de bois et enfin des affiches orangées qui sont juxtaposées à des affiches existantes placées sur des poteaux et qui interdisent le stationnement entre certaines heures.Les affiches traditionnelles doivent être espacées d'au plus 60 m.La réglementation municipale prévoit également que les affiches doivent être installées avant 15 h si l'enlèvement de la neige doit se faire entre 19 h et 7 h et avant 20 h la veille si le chargement de la neige doit se faire entre 7 h et 19 h.D'autre part, même si un recours collectif a été déposé, les requérants sont loin de la victoire.La première étape vise à déposer la requête afin d'obtenir le droit d'intenter un recours collectif.Ensuite, au moment du procès, il faut démontrer à qui revient le fardeau de la preuve.Enfin arrive la décision du tribunal et l'ordonnance de rétribution si les requérants obtiennent gain de cause.CANCER / Suite de la page A1 Le cancer du sein est métastatique lorsque des cellules cancéreuses se répandent à d'autres parties du corps.Au Canada, cette maladie fait environ 5400 victimes chaque année.Après trois ans, seulement 32 % des premières patientes étaient toujours en vie, alors que 38 % des patientes ayant eu des doses normales ont survécu.Cette étude devait d'abord être publiée le 13 avril, mais la revue scientifique a décidé de la rendre publique plus tôt afin d'éviter aux patientes les effets secondaires considérables de la chimiothérapie à forte dose, qui provoque des malaises et de la souffrance pendant trois mois.Selon le Dr Edward Stadtmauer, les patientes qui sont rendues à un stade avancé de la maladie \u2014 habituellement celles dont les tumeurs ont été retirées par la chirurgie et qui présentent de grands risques de rechute \u2014 pourraient répondre mieux à la chimiothérapie à forte dose, mais il est trop tôt pour affirmer cela avec certitude.Étonnamment, certains médecins canadiens croient que la chimiothérapie de l'avenir pour le traitement du cancer du sein pourrait trouver sa voie dans les faibles doses.« Une telle chimiothérapie effectuée sur une base continue pendant un certain nombre d'années pourrait s'avérer le traitement le plus efficace », soutient le Dr Cornelia Baines, professeur de médecine à l'Université de Toronto.C'est la faute du chauffeur d'autocar! C'EST LA FAUTE / Suite de la page A1 L'ampleur des autres mouvements \u2014 roulement, haut-bas \u2014 a relativement peu d'impact sur le nombre de passagers qui souffriront du mal des transports.Le modèle d'autocar n'a pas non plus d'influence sur ce malaise.« Les tentatives pour atténuer le mal des transports en modifiant la suspension des véhicules ne trouvent pas de fondements dans nos résultats », écrivent Turner et Griffin.L'importance des mouvements latéraux et avant-arrière est reliée au type de route empruntée: une route de campagne sinueuse provoque plus souvent la nausée qu'une autoroute.Les données recueillies confirment aussi ce que bien des estomacs sensibles savaient déjà: les mouvements sont moins prononcés à l'avant qu'à l'arrière de l'autobus.Pas une baratte! Surtout, les chercheurs ont remarqué que, pour un modèle de véhicule et un trajet donnés, le nombre de personnes malades variait sensiblement selon le chauffeur qui était au volant.C'est pourquoi ils estiment que « les efforts pour réduire le mal des transports pourraient porter surtout sur le choix des trajets, et sur l'éducation des chauffeurs, pour leur montrer comment réduire les niveaux d'accélération dans les virages ( et lors du freinage ).» Cette sensibilisation se fait déjà auprès des chauffeurs de la STCUM, si l'on en croit Marc Abelly, qui a formé plusieurs d'entre eux à l'École de conduite internationale de Montréal.« Je n'arrête pas de leur dire: \u2018Tu conduis un autobus, pas une baratte! Si tes passagers ont bu du lait, ils risquent de faire du beurre dans ton autobus, et je ne suis pas sûr que tu vas aimer ça.'» Pour sa part, Yves Richard, de l'École du routier professionnel du Québec, cite un manuel produit par la Société de l'assurance automobile du Québec.« Le transport des personnes devrait se caractériser par une conduite en douceur de façon à procurer aux passagers le maximum de confort auquel ils ont droit et à prévenir les collisions et les blessures, ainsi que l'inconfort.Cependant, M.Richard concède que parfois, les chauffeurs oublient ce qu'ils ont appris au cours de leur formation.« L'été dernier, j'ai fait le trajet de Montréal à Trois-Rivières en autocar.Je me suis fait brasser! C'était quand même un chauffeur d'expérience qui n'aurait pas dû me brasser.Mais ça dépend de la circulation.Et les chauffeurs ont leur horaire à respecter.( Le souci du confort du passager ) a tendance à se perdre.» ( 1 ) M.Turner & M.J.Griffin, «Motion sickness in public road transport: the effect of driver, route and vehicle», Ergonomics, vol.42, no.12, décembre 1999.Le scrutin des catholiques LE SCRUTIN / Suite de la page A1 Lundi dernier, en Virginie, il est allé encore plus loin en reprochant à son adversaire d'être un républicain tendance Pat Robertson et Jerry Falwell, deux leaders de la droite religieuse très peu populaires chez les catholiques.« Pas de doute, la visite de Bush à l'Université Bob Jones lui coûtera des votes chez les catholiques », dit Joe Mondello, président du Parti républicain du comté de Nassau, au cours d'une entrevue dans son quartier général, situé dans la même rue que l'église de la paroisse Sainte-Brigitte.Mondello est à la tête d'une des plus célèbres machines électorales des États-Unis.Mardi, il mettra ses soldats au service de Bush afin de faire sortir le vote républicain.Comme le gouverneur George Pataki, comme le maire Rudolph Giuliani et comme presque tous les autres membres de l'establishment républicain de New York, il appuie le fils de l'ancien président.« Chaque vote comptera », dit Mondello, en pensant aux sondages qui donnent Bush et Mc Cain à égalité dans la primaire new-yorkaise.En jouant la carte religieuse, l'ex-aviateur de la US Navy a largué une bombe sur le Parti républicain, au sein duquel les fondamentalistes protestants à la Robertson et à la Falwell ont exercé une influence déterminante au cours des 20 dernières années.Sur les ruines de ce parti, Mc Cain rêve de bâtir une « nouvelle majorité » regroupant les républicains modérés, les démocrates désenchantés et les indépendants frustrés.Mardi, on verra ce qu'en pensent les électeurs de deux États symboliques, la Californie et New York.En attendant, le curé de la paroisse Sainte- Brigitte n'oublie pas de parler de la peine capitale, qui est appliquée de manière routinière au Texas, où le gouverneur Bush a donné le feu vert à 120 exécutions depuis 1994.De l'avis du clergé catholique de New York, cette question devrait préoccuper les Américains encore plus que la visite d'un politicien à l'Université Bob Jones.« George Bush est un ardent défenseur de la peine capitale, dit le curé Stachacz.L'Église ne croit pas que la peine capitale aide l'humanité.Au contraire, elle lui fait mal.Elle la rend cruelle, elle lui enlève la dignité.Qui sommesnous pour décider de mettre fin à la vie?» Dans tous les pays occidentaux, la réponse va de soi, sauf aux États-Unis, où même Hillary Clinton, ex-idole de la gauche démocrate, fait campagne en défendant la peine de mort.Dans la paroisse Sainte-Brigitte, au moins une voix s'élève contre cette justice vengeresse.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 252 à quatre chiffres : 8677 6/49: 10 14 16 19 23 36 Compl.2 Extra: 5 0 0 7 5 3 DEMAIN DANS LA PRESSE Des économies! Les hausses répétées du prix du carburant ont sensibilisé les acheteurs de véhicules neufs.Ignorée par la majorité durant plus d'une décennie, la consommation d'essence et de carburant diesel est redevenue un sujet de préoccupation.L'Office de l'efficacité énergétique du ministère des Ressources naturelles du Canada a récemment dévoilé son palmarès des championnes de l'économie.Denis Duquet brosse un bref tableau de ces résultats et analyse la tendance des constructeurs à utiliser de plus en plus de métaux légers.À lire demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Le mercredi des Cendres a-t-il encore une signification pour vous?Êtes-vous d'accord avec le projet de réforme municipale de la ministre Louise Harel?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: OUI: 50 % NON: 50 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Une volée de cloches! Le tribunal d'une petite ville des Appenins, en Italie, a condamné à l'amende un curé pour avoir troublé l'ordre public.Motif: il avait mis les cloches de son église sur haut-parleurs, ce que n'ont pas apprécié les paroissiens de l'église Santo Stefano di Pizzoli.La municipalité a expliqué que le conflit avait commencé il y a deux ans quand le curé avait décidé de mettre les cloches de son église sur amplificateur et haut-parleurs.Devant les plaintes, le prélat a écarté les critiques, n'hésitant pas à qualifier les opposants de « communistes ».En janvier dernier, la police avait saisi les cloches et mis l'amplificateur et les haut-parleurs sous scellés. 7LP0301A0305 A03 ACTUS dim 5 mars 7LP0301A0305 ZALLCALL 67 00:50:17 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 3 L'EXPRESS DU MATIN La Rive-Sud grogne aussi Des maires ne veulent pas «payer pour les autres» ANDRÉ DUCHESNE Tout comme leurs homologues de la couronne nord, plusieurs maires de la Rive- Sud accueillent avec scepticisme, voire avec colère, le projet de réforme municipale de la ministre Harel.Ils dénoncent vivement la question du partage des coûts des services régionaux prévu dans la nouvelle communauté métropolitaine de Montréal.« On nous demande de partager les coûts des structures supramunicipales, mais on ne nous demande pas de partager la richesse.Les citoyens de Beloeil n'ont jamais demandé que soit construite la Place des Arts », lance en exemple le maire de cette municipalité, Julien Bussière.Les municipalités en périphérie de l'île de Montréal ne veulent pas payer pour ces « structures supramunicipales » concentrées dans le centre, ce que prévoit le projet annoncé vendredi.Un comité consultatif doit d'ailleurs identifier ces équipements et s'entendre sur le partage de la facture avant la fin de juin.Selon le maire Bussière, Québec a mis la charrue avant les boeufs, n'ayant même pas pris le temps de déterminer concrètement les problèmes inhérents à la grande région montréalaise.« Lorsqu'on veut trouver une nouvelle façon de gérer, il faut d'abord identifier les problèmes.Mais justement, quels sont-ils ?» demande-t-il.tout en estimant que les villes de banlieue n'en connaissent pas.À Châteauguay, le maire Sergio Pavone craint que le réforme Harel ne réponde pas aux priorités des villes de banlieue.« Montréal attire et aspire, s'inquiète-t-il.Par exemple, à Montréal, on met le prolongement de l'autoroute 30 en 25e place dans la liste des priorités alors que pour les municipalités de la Rive-Sud, elle occupe la première place.» M.Pavone trouve pour le moins étonnant que la réforme ait été présentée vendredi matin sans qu'il ait jamais été consulté.Julien Bussière partage son opinion, jugeant que Louise Harel « fait des annonces à la pièce ».« Ça a été la même chose avec le train léger sur l'estacade du pont Champlain.» La banlieue paie pour les autres À Delson, le maire et préfet adjoint de la MRC Roussillon, Georges Gagné, considère que la réforme annonce une augmentation du fardeau fiscal des citoyens de la banlieue.Le partage des coûts équivaut « à un accroissement des taxes », fulmine-t-il.Il affirme que les villes de banlieue sont punies pour leur saine gestion.« Delson n'a pas de dette ; nous avons le plein emploi et nos infrastructures sont bonnes pour les 50 prochaines années.Mais là, on va devoir payer pour les autres.Qu'est-ce que ça a donné de bien gérer ?» déplore-t-il.Les regroupements n'entraînent pas nécessairement des économies, avertit ce dernier.Au contraire.« Quatre villes \u2014 Delson, Saint- Constant, Sainte-Catherine et Candiac \u2014 se sont regroupées pour créer une police intermunicipale.Auparavant, notre propre service coûtait 800 000 $ par année.Maintenant, la facture est d'un million et le gouvernement nous a transféré la responsabilité de l'autoroute 132 », ajoute le maire Gagné.Certains maires applaudissent cependant le plan déposé vendredi, car il mettra fin au statu quo qui freine le développement de la région métropolitaine.« Qu'on nous oblige à nous asseoir pour nous parler est positif », souligne la mairesse de Boucherville, Francine Gadbois.Le maire de Varennes et préfet de la MRC Lajemmerais, Jean Robert, estime de son côté qu'il « est temps qu'on aboutisse » sur plusieurs questions, dont le transport, la gestion des déchets ou le développement économique.Mais lui aussi a des réserves sur le partage des coûts.« On peut arriver à un consensus mais pas à n'importe quel prix.» « Si les propositions sont avantageuses, c'est correct.Mais on a des budgets à respecter », renchérit Francine Gadbois.Pas vraiment perdus n Un manque de communication entre une mère et ses deux enfants semble être à l'origine de tout un branle-bas de combat déclenché hier par la police de la Communauté urbaine de Montréal, afin de retracer deux frères portés disparus depuis vendredi.La disparition de Michael Charest Séguin, 7 ans et de son frère Kevin, 12 ans, a été signalée vers 23 h 45 vendredi par leurs parents.Sans nouvelles de leur fils, les parents l'ont vainement cherché avant d'appeler la police.Des recherches ont été immédiatement entreprises dans le secteur afin de retrouver l'enfant.Au cours de l'enquête, la police a appris que le frère aîné manquait lui aussi à l'appel, mais que les parents ne semblaient pas trop s'inquiéter, l'enfant ayant communiqué avec sa mère vendredi soir pour lui dire qu'il soupait et couchait chez un de ses amis prénommé Maxime.Au moment où les policiers s'apprêtaient à faire du porte-àporte hier matin dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve avec les photos des deux frères, des enfants qui avaient été informés de la double disparition par les médias ont dit aux policiers que les deux frères pourraient se trouver non loin, chez des amis.Les deux garçons ont finalement été retrouvés chez deux amis différents, non loin de leur domicile.Hells condamné en Ontario n Un sympathisant québécois des Hells Angels a été condamné vendredi à une peine de près de quatre ans et demi de prison, en Ontario, après avoir plaidé coupable à des accusations de trafic de drogue et possession d'arme.Frédérick Landry-Hétu, un résidant de 31 ans de Carignan, en Montérégie, purgera sa peine en plus des 149 jours déjà passés en détention préventive pour des accusations de possession et trafic de cocaïne, et possession d'arme prohibée.Landry-Hétu avait été arrêté en septembre dernier à Mississauga, en Ontario, dans le cadre d'une vaste enquête de la Police provinciale sur le trafic de cocaïne dans la région de Simcoe.L'enquête de trois ans a permis de porter plus de 200 accusations contre 44 personnes.Lors d'une perquisition menée au domicile de Landry- Hétu à Carignan, la police avait découvert notamment près de deux kilos de cocaïne, 76 000 $ en argent, une liste de dettes de drogue, de fausses pièces d'identité, des armes et munitions et des articles identifés aux Hells Angels.Landry-Hétu devra purger au moins la moitié de sa peine avant d'être admissible à une libération conditionnelle.Il ne pourra porter d'arme pendant au moins cinq ans après sa libération.Blanchons: saison écourtée n La saison d'observation des blanchons s'annonce catastrophique aux Îles-de-la-Madeleine.Après dix jours de temps doux, la banquise est mince et extrêmement morcelée, ce qui empêche les touristes de se rendre sur place.L'un des hôtels des îles suggère même à ses clients qui ont réservé d'annuler leur réservations.Héma-Québec: permis reconduit n Héma-Québec a subi avec succès son inspection annuelle du Bureau fédéral des produits biologiques et radiopharmaceutiques.Son permis à titre de fournisseur de sang du Québec a donc été reconduit.Les inspecteurs ont néanmoins exigé que des améliorations soient apportées aux pratiques de fabrication.Selon Héma-Québec, ces observations sont sans incidence majeure sur la sécurité des produits.Accident mortel n Un jeune homme de 20 ans a perdu la vie dans un accident de la route vendredi soir dans les Bois-Francs.Trois véhicules se suivaient sur la route 116, à Warwick, lorsque le dernier a tenté une manoeuvre de dépassement.Au même moment, le premier véhicule a tourné à gauche, ce qui a provoqué une collision latérale.Camions volés retrouvés à Mirabel RAYMOND GERVAIS Les policiers de Mirabel ont eu la main heureuse hier, lorsqu'ils ont retrouvé trois camions-remorques volés, ainsi qu'une partie de leur contenu dans un entrepôt situé en bordure de l'autoroute des Laurentides.Les policiers avaient d'abord reçu une information vendredi soir, signalant un va-et-vient inhabituel aux abords d'un ancien entrepôt appartenant au ministère des Transports, situé derrière un ancien poste de péage.Le directeur de la police de Mirabel, Bernard Bousseau, a expliqué hier que ses hommes ont d'abord surveillé les lieux durant la nuit, mais comme aucune activité n'a été observée, ils ont décidé d'investir l'endroit le matin.Trois camions-remorques renfermaient une cargaison de sécheuses et de matériel de piscine.Des pompes, des aspirateurs et des épurateurs volés ont été retrouvés à l'intérieur du hangar.La police estime que la saisie pourrait représenter près d'un million de dollars en marchandise volée, en incluant le prix des trois remorques et des tracteurs.Un des véhicules a été volé à Joliette le 21 février dernier, tandis que les deux autres ont été volés en Ontario.Un premier à Peel, le 9 janvier, et le second à Alton, au nord de Toronto le 1er mars.Selon le directeur Bousseau, qui a demandé l'assistance du lieutenant- détective Guy Latulippe du programme CARGO du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, il semble bien qu'un réseau de voleurs professionnels soit à l'origine de ces vols de camions- remorques.« Je pense que nous avons affaire à un réseau de voleurs et de receleurs bien organisés oeuvrant dans plusieurs provinces.Le volume du matériel volé est considérable.L'information que nous avons reçue vendredi nous porte à croire que des receleurs à bord de camionnettes auraient été vus quittant l'entrepôt avec de la marchandise.D'ailleurs, il semble bien que le butin volé avait commencé à être écoulé », a précisé le policier.Personne n'a été arrêté jusqu'à maintenant, mais la police croit pouvoir mettre la main au collet de certaines personnes.Les policiers cherchent notamment à savoir qui avait loué l'entrepôt.De plus, les véhicules volés ont été passés au peigne fin hier et les limiers espèrent bien que cela rapportera des dividendes.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Les pompiers de Montréal ont été appelés en renfort à Verdun durant la nuit de vendredi à samedi afin de lutter contre un gigantesque incendie qui a ravagé plusieurs maisons rue Ethel.Incendie à Verdun: 20 logis ravagés RAYMOND GERVAIS Un incendie d'une rare intensité, qui s'est déclaré vers 1 h 15 dans la nuit de vendredi à samedi à Verdun, a complètement rasé une maison en construction de trois étages en plus de lourdement endommager cinq autres résidences, dont deux situées de l'autre côté de la rue.Fait inusité, les pompiers de Montréal ont été appelés en renfort, même si leurs confrères de Verdun et de La Salle avaient déjà reçu l'aide des pompiers de sept autres villes.Ce n'est finalement que vers 6h hier que les flammes ont été maîtrisées.Plus de 15 pompes d'incendie ont été utilisées pour circonscrire les flammes.Lorsque les premiers pompiers sont arrivés sur les lieux, la structure de bois de la maison en construction était complètement embrasée et des flammes léchaient déjà les murs des maisons voisines.L'intensité du brasier était telle que des tisons ont allumé les flammes de l'autre côté de la rue.Au dire des voisins, les flammes, qui ont débuté au 3919, rue Ethel, se sont propagées aux résidences avoisinantes avec la vitesse de l'éclair.La chaleur qui se dégageait du brasier était insupportable même de l'autre côté de la rue.Le vent a d'ailleurs compliqué grandement le travail des pompiers, ravivant les flammes dans la charpente de la maison en construction.Pas moins de 70 personnes ont été évacuées lors du sinistre qui a fait deux blessés légers chez les pompiers.Vingt logis ont été la proie des flammes, tandis que 15 autres ont été endommagés par l'eau et la fumée.Les adresses des édifices endommagés s'étalent du 3915 au 3953 Ethel et de l'autre côté de la rue, du 3926 au 3942.Une fois l'incendie maîtrisé, un bélier mécanique a été utilisé afin de détruire ce qui restait de la structure.La cause du sinistre est inconnue pour le moment et la section des incendies criminels de la police de la CUM a été chargée de l'enquête.Le propriétaire de l'édifice en construction a affirmé qu'il n'y avait pas d'électricité ni de système de chauffage dans la maison.Fillette tuée dans une laveuse RAYMOND GERVAIS Le coroner a ordonné une enquête hier afin de déterminer les circonstances exactes entourant la mort atroce d'une fillette de 4 ans, tombée tête première dans une machine à laver en marche vendredi soir à Laval.L'enfant, qui avait d'abord été transportée à la Cité de la Santé à Laval, a par la suite été transférée à l'hôpital Sainte-Justine, où elle a été maintenue en vie artificiellement.Le décès a été constaté vers minuit.Selon la police de Laval, l'incident est survenu vendredi vers 18 h 30, dans un appartement du 1004, Wilfrid-Laurier, dans le quartier Chomedey.La fillette, Jessica Breton, assise sur la sécheuse, était en train d'aider sa mère à faire la lessive lorsque l'accident s'est produit.La mère aurait quitté sa fille des yeux durant quelques minutes seulement afin de vaquer à d'autres occupations.Lorsqu'elle est revenue dans la salle de bains où se trouvent la machine à laver et la sécheuse, la petite Jessica avait basculé tête première dans l'appareil.Seuls ses pieds en sortaient.Comme l'agitateur fonctionnait et qu'il y avait du linge dans la machine, les parents ont eu de la difficulté à extirper la petite de sa fâcheuse position.Le linge s'était enroulé autour de son corps et la retenait dans la cuve.Lorsqu'elle a finalement été retirée de la machine, la fillette était inconsciente.Dépêchés sur les lieux, des ambulanciers ont tenté de la réanimer, mais sans succès. 7LP0401A0305 A4 DIMANCHE 7LP0401A0305 ZALLCALL 67 00:49:43 03/05/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 Bernard Landry : On m'a condamné pour ce que j'ai bien fait MARTINE ROUX À l'issue d'un véhément discours sur la souveraineté et la place du Québec « dans le concert des nations » devant les jeunes péquistes, le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry, a réitéré sa bonne foi et souligné la saine gestion qu'il a faite des 841 millions hérités d'Ottawa.Visiblement encouragé par les manchettes plus clémentes des derniers jours, Bernard Landry s'est présenté aux 400 jeunes délégués réunis hier en congrès avec un exemplaire du Devoir sous le bras.« On m'a condamné pour ce que j'ai bien fait, déclarait-il en faisant allusion à la manchette du quotidien montréalais.Les titres sont maintenant plus encourageants, j'aime beaucoup mieux cela que le contraire », a-t-il poursuivi sous les applaudissements nourris des jeunes péquistes.Plus tard, le vice-premier ministre a expliqué aux journalistes que la controverse autour de la cagnotte a pris l'allure d'une tempête dans un verre d'eau, largement en raison de leur interprétation « simpliste » de cette affaire.« Aujourd'hui, alors qu'on analyse cette question à tête reposée, des analystes profonds jugent notre politique comme elle doit l'être.» Le gouvernement a eu une réaction extrêmement sage : l'argent a bel et bien été dépensé, a-t-il insisté, puisque 1,7 milliard a été versé à la ministre de la Santé, Pauline Marois.« Mais on a financé ce montant avec les progrès de l'économie, gardant pour les années qui viennent les réserves du fonds, qui ont été réinvesties dans l'économie du Québec.» Bernard Landry, victime d'une fuite d'Ottawa.ou des médias ?« Non, je n'ai aucun instinct de victimisation.Ça arrive dans une société libre et hautement médiatisée qu'une nouvelle soit mal enclenchée.Tout cette question demande des explications, qui n'ont pas passé tout de suite dans les médias.Mais la vérité finit par triompher.» Aux jeunes de son parti, le ministre des Finances a demandé « un petit effort » afin que la souveraineté du Québec voie le jour.« C'est un combat d'espoir, de modernité.Nous sommes en train de construire une patrie extrêmement sympathique et exemplaire.Ensemble, nous formons une formidable alliance intergénérationnelle.C'est cette main que je suis venu vous tendre aujourd'hui car je suis persuadé que vos chances de voir le Québec accéder au concert des nations sont incommensurablement plus élevées que lors des années 70.» Bernard Landry a admis que les politiciens de sa génération « avaient honte d'avoir endetté » les générations futures, mais que le Québec vit présentement une « ère de croissance économique qu'il n'avait encore jamais connue », ce qui réparera les erreurs du passé.« Il nous reste quelques notables efforts à faire.Nous allons faire les derniers pas ensemble.» Gonflés à bloc, les 400 délégués ont chaudement applaudi Bernard Landry au terme de sa longue envolée.D'aucuns n'ont pas hésité à qualifier son discours de « génial », jugeant qu'il adoptait un ton rafraîchissant sur la mondialisation, notamment, et la place des jeunes dans la société.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse© Gilles Baril Baril veut une hausse des taxes sur les Les jeunes péquistes appuient leur gouvernement cigarettes ANDRÉ DUCHESNE Moins de trois mois après l'entrée en vigueur de la Loi sur l'usage du tabac dans les lieux publics, le ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril, souhaite que le gouvernement du Québec hausse les taxes sur le tabac.« On fait énormément de pressions pour qu'on puisse augmenter les taxes sur le tabac et mettre plus d'argent dans nos campagnes de prévention », notamment chez les jeunes, a-t-il déclaré hier au cours d'une entrevue avec La Presse.Cette hausse souhaitée s'inscrit dans un vaste plan d'action que proposera le gouvernement d'ici quelques semaines en matière de lutte contre le tabagisme.D'éventuelles poursuites contre les fabricants de cigarettes et le lancement d'une nouvelle campagne de prévention en sont les deux autres principaux éléments.« Le travail pour réduire le tabagisme en est un où il faut frapper sur plusieurs fronts.C'est une opération avec des actions multiples sur des fronts multiples », croit le ministre.M.Baril, qui est aussi responsable du loisir, du sport et du plein air, rappelle que son ministère et celui de la Santé de Pauline Marois vont créer un comité chargé d'étudier « tout ce qui s'est fait dans le domaine des poursuites envers les compagnies de tabac ».Il se montre toutefois prudent sur cet aspect.« Je veux enclencher quelque chose qui va permettre au Québec et à la société d'être victorieux.Pour cela, il faut se préparer », dit-il, ajoutant que la Colombie- Britannique a récemment essuyé un échec devant les tribunaux.Un appel d'offres a également été lancé par le ministère auprès d'entreprises de marketing afin de structurer une campagne publicitaire « particulière et originale » sur les effets du tabagisme.Une hausse des taxes sur le tabac permettrait d'assumer les coûts de cette campagne.Mais, s'empresse d'ajouter le ministre, cette augmentation de la taxation ne doit pas tomber dans l'excès.« Ça risque d'entraîner l'effet inverse », reconnaît- il lorsqu'on évoque l'épisode de la contrebande des cigarettes, imputable en bonne partie à la hausse vertigineuse des prix.Tout en dévoilant son plan d'action, Gilles Baril entend faire le point sur les effets de la loi, depuis son entrée en vigueur le 17 décembre dernier.Hier, il n'a rien dévoilé de ce premier bilan, mais a affirmé que la nouvelle législation a incité plusieurs fumeurs à écraser pour de bon.« La loi est l'outil, l'instrument le plus important pour amener les gens à arrêter de fumer.Je suis convaincu de cela », dit-il.MARTINE ROUX Loin d'avoir le moral affecté par les récents cafouillages du gouvernement, les jeunes péquistes rassemblés en fin de semaine à Montréal estiment que le Parti québécois gère sainement les deniers publics.Tout comme Bernard Landry, les jeunes se sont montrés soulagés, hier, que la tourmente suscitée par la cagnotte de 841 millions s'essouffle un brin.« Je crois que les interrogations des médias à ce sujet étaient légitimes, affirme Mathieu Alarie, de Laval.Cette information a été coulée stratégiquement par Ottawa dans le but de faire mal au gouvernement et heureusement, elle commence à être comprise.» Mais Québec aurait-il pu utiliser cet argent autrement ?« C'était une décision rationnelle.On ne gagne pas de médailles à gérer et la population a l'impression que le gouvernement Bouchard n'est pas flamb o y a n t .M a i s c ' e s t u n gouvernement qui prend ses responsabilités.Malgré un Sommet de la jeunesse hautement controversé, pas moyen d'arracher aux jeunes péquistes la moindre perfidie sur la performance du Parti québécois.Côté gestion, on lui attribue d'emblée une note quasi parfaite.Québec songe à réduire les allocations familiales dans son prochain budget, annulant du même coup l'augmentation de celles allouées par Ottawa ?Rien à redire.« Le gouvernement a réalisé un grand pas en avant avec les garderies à 5 $, soutient Aude Vézina, du comité exécutif national.Évidemment, cela ne profite pas aux parents qui font le choix de rester à la maison, mais parfois, les choix collectifs doivent primer les choix individuels.Timide opposition chez sa voisine de table, Claude Traversy, qui croit qu'« il y aurait peut-être moyen de combiner deux mesures : l'une libérant des places à 5 $ dans les garderies pour les parents qui travaillent et une autre pour accommoder ceux à la maison.Le gouvernement n'a pas le droit de choisir à la place des citoyens », dit-elle.Pour Jean-Noël Villeneuve, de Roberval, « ce que le gouvernement fédéral donne aux familles, c'est des pinottes par rapport aux allocations familiales de Québec et aux places en garderie.C'est encore une intrusion du fédéral dans les champs de compétence provinciaux.» Quant à la performance de Lucien Bouchard et de ses acolytes, dix sur dix.« C'est un gouvernement transparent », conclut-il.DERNIÈRE JOURNÉE ! 7LP0501A0305 A5 DIMANCHE 7LP0501A0305 ZALLCALL 67 00:49:29 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 5 Si jeunesse saurait! Stéphane Laporte collaboration spéciale Si jeunesse saurait ! C'est ce que disent les adultes aux jeunes.Je sais qu'il faut dire « Si jeunesse savait ! » Mais aujourd'hui, les adultes ne savent pas plus parler ni écrire que les jeunes.Ce n'est pas l'élève qui a dépassé le maître, c'est le maître qui s'est écrasé devant l'élève.On a appris la semaine dernière qu'un futur prof sur cinq échoue au test de français, de niveau secondaire 5, imposé par les commissions scolaires préalablement à leur embauche ! C'est rassurant ! Si les profs ne savent pas écrire, comment voulez-vous que leurs élèves le savent ! Euh.pardon, le sachent ! La qualité de l'enseignement du français écrit au Québec ne cesse de se détériorer.C'est rendu qu'on peut devenir avocat en écrivant avokat avec un k.On peut devenir médecin en écrivant médessin avec deux s.Le jour n'est pas loin où l'on va pouvoir devenir premier ministre du Québec en écrivant prémié minisse tout croche ! D'ailleurs, on peut déjà devenir prémié minisse du Canada en l'écrivant comme ça ! Que font les professeurs et les élèves, au moment même où la langue française s'en va chez le diable ?Ils sont en semaine de relâche.Ils se relâchent ! Ils sont fatigués.Ils ont appris la lettre A.Il faut qu'ils se reposent un peu avant d'apprendre la lettre B.Les pauvres petits ! Dans mon temps, il n'y en avait pas, de semaine de relâche ! Si tu voulais passer une semaine à la maison, au beau milieu de l'année scolaire, il fallait que tu attrapes la tuberculose ou que tu te casses les deux jambes.Pour t'absenter une matinée, ça prenait un billet signé par le médecin et un billet signé par le pape ! Dans mon temps, on était toujours à l'école.Du début du mois de septembre à la fin du mois de juin.On avait congé seulement à Noël.Pis même pas toute la journée ! On avait des cours de 8h du matin à 6h du soir.Non-stop ! On n'avait même pas le droit d'aller faire pipi.À moins d'y aller avec le frère.Mais on savait écrire.On savait écrire toutes sortes de mots.Des mots compliqués comme anticonstitutionnellement, ecchymoses ou coït.Non, coït, ça, ils ne nous l'ont pas montré.Quoique.En tout cas, on savait écrire parce que nos profs savaient écrire.Aujourd'hui, les profs ne savent plus écrire parce qu'il y a dix ans, les élèves ne savaient pas écrire.Et les élèves d'il y a dix ans, ce sont les profs d'aujourd'hui.Imaginez dans dix ans, quand les élèves d'aujourd'hui qui apprennent à écrire avec des profs qui étaient les élèves d'hier qui ne savaient pas écrire, vont devenir euxmêmes les profs de demain ! Vous êtes mêlés ?Ça ne vous prend pas grand-chose ! Vous devez être un élève d'aujourd'hui ! Tout ça pour dire que bientôt, ça va être le chaos linguistique.Pas à cause des Anglais ! Non.À cause de nous autres, les francophones, qui ne saurons plus lire, ni écrire le français.C'est ben beau d'afficher en français, mais si sur la pancarte c'est écrit Grosse Liquidassion, j'aime autant Big Sale.On fait dur.Surtout à côté des Français.Les vrais, ceux de France.Eux autres, ils savent écrire en français.Il y a des dames pipi de Marseille qui écrivent mieux que certains de nos présidents de compagnies de Montréal.Imaginez si les jeunes de nos écoles québécoises devaient, pour réussir leur bac, rédiger la dictée de Bernard Pivot ! Ça serait catastrophique ! Ce serait pire que le Titanic ! Tout le monde coulerait ! Dans chacune des dictées, il y aurait plus de fautes qu'il y aurait de mots.Seulement dans le mot « ithyphalliques », nos élèves trouveraient le moyen de faire 50 fautes.La seule dictée que les élèves du Québec sont en mesure de réussir, ce n'est pas la dictée de Bernard Pivot, c'est la dictée d'Elvis Gratton ! D'ailleurs, le gouvernement, qui préfère toujours, plutôt que de hausser les normes au niveau des élèves plus doués, les rabaisser au niveau des nonos, songe à imposer la dictée d'Elvis Gratton comme test ultime de connaissance du français.Si le cégépien réussit la dictée d'Elvis Gratton, il peut aller à l'université, s'il échoue, il peut se lancer en politique ! En ce dimanche matin, je vous invite à rédiger cette dictée très allégée, pour savoir où en est la qualité de votre orthographe.Prenez un papier et un crayon et demandez à votre épouse ou à votre époux de vous la lire.Bonne chance à tous ! Voici donc, en primeur, la dictée d'Elvis Gratton : « Si j'aurais allé durant le seméne de rélache à le bibbliothek jaurais puse liser touttes sorte de lives komme la dictionère le grandmère et l'ar de conjugalé, (viregulle) mé gé n'en é pas bezoin passe que jé jusse à taxé le nerd qui étudy pour kopié dessus lui.(Poins) La fille que je parle avec, (viregulle) me demande à moé, (viregulle) de quessé que je veut fére dans le plus tart.(Poins) J'y ai répond : (deu poins) Ostie ! Tu lé wois pas, j'veux têtre proph de franssais comme que le twit en aven, ça l'a l'air qu'on faise ben du cash pis on né tujurs en conjé pédégogik.(Poins phinal) » Si vous avez écrit cette dictée exactement comme le corrigé du ministère ci-haut, vous pouvez vous réjouir, vous serez admis à l'université sans problème.Même que vous êtes bon pour faire des études de doctorat ! Pour sauver la qualité de langue française écrite et parlée au Québec, il ne reste plus qu'une seule solution draconienne : n'envoyez plus vos enfants à l'école, envoyez-les chez Georges Dor ! n n n Le gouvernement du Québec laisse traîner 842 millions dans un compte en banque à Toronto.C'est scandaleux ! Bernard Landry devrait donner tout cet argent aux Expos pour qu'ils puissent signer un gros frappeur Début du carême mercredi Associated Press PARIS Ce sont les cendres, provenant de la combustion des rameaux bénis l'année précédente, qui ont donné leur nom au mercredi des Cendres (8 mars).Ce jour marque pour les chrétiens le début du carême, (de quadragesima dies, le quarantième jour), période pénitentielle de jeûne et de méditation, d'une durée de quarante jours, qui prépare Pâques (23 avril).Selon les Écritures, le Christ fit une retraite de quarante jours au désert avant de commencer sa prédication.Lors de l'office du jour, le prêtre trace une croix au front des fidèles pour leur rappeler qu'ils sont mortels et les appeler à la pénitence et à la conversion.« En carême, saumon et sermon sont de saison », selon le dicton.Autrefois, l'Église imposait un jeûne strict, un seul repas par jour, sans viande, que remplaçait le poisson.Les boucheries étaient fermées, même les laitages étaient proscrits.Bidault de l'Isle, dans Vieux dictons de nos campagnes (Nouvelle Édition de la Toison d'Or), rapporte que le roi Charles V, de santé fragile, dut obtenir un certificat de son médecin et une autorisation de son confesseur pour pouvoir consommer du lait et du beurre.Henri II, dit-il, fut le premier à obtenir de l'Église la consommation de viande pour les malades \u2014 le jeûne s'appliquait aussi bien aux hopitaux qu'aux armées en campagne.Le jeûne demeure rigoureux dans les Églises orientales.Dans l'Église latine, le « faire maigre » a été assoupli.S'ils le peuvent, les fidèles doivent s'abstenir de viande le mercredi des Cendres et tous les vendredis de carême et se priver substantiellement de nourriture le Vendredi saint.Ce doit être pour les chrétiens un temps de retraite spirituelle et de partage.Des collectes, résultats de privations, sont faites au cours de la période au bénéfice d'oeuvres humanitaires.Très tôt, Pâques a été marqué par un jeûne correspondant aux journées de la mort et de la passion du Christ.Au IVe siècle, le jeûne a été porté à quarante jours.Les catéchumènes adultes, qui seront baptisés dans la nuit de Pâques, achèvent leur préparation pendant le Carême.Au cours de cette période, le Gloria et l'Alléluia, chants de gloire et de joie, sont omis lors de la messe et les ornements sont violets, couleur de pénitence.Les trois jours qui précédent le mercredi des Cendres \u2014 dimanche, lundi et mardi \u2014 forment le carême prenant.Le mardi, en particulier, est le Mardi gras, dernier jour de la période du Carnaval (de carnis, viande, et vale, adieu), commencée à l'Épiphanie, et dernier jour de réjouissances et de « manger gras » avant l'austérite du carême.Un défilé du Boeuf gras se déroulait autrefois à cette occasion à Paris.Un entracte, avec crêpes et déguisements, marquera les quarante jours : la mi-carême (30 mars).Castro clôture le Festival du cigare Agence France-Presse LA HAVANE Le président cubain Fidel Castro, un grand amateur de cigares qui a coupé court à sa passion il y a plus de dix ans, a assisté ce week-end au diner de gala cloturant le IIe Festival du cigare, qui se déroulait depuis lundi à La Havane.Le président cubain, vêtu de son treillis vert olive, était accompagné du Prix Nobel de littérature, l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, qui se trouve actuellement à Cuba avec son épouse Mercedes.Quelque 600 convives, amateurs et professionnels du cigare venus de plus de 40 pays, avaient payé 350 $ pour l'événement.Le festival a célébré cette année les anniversaires de quelques unes des marques les plus prestigieuses : Hoyo de Monterrey, 135 ans, Punch 160 ans, Romeo y Julieta 125, Partagas 155 ans, Montecristo 65 ans. 7LP0601A0305 A6 DIMANCHE 7LP0601A0305 ZALLCALL 67 00:48:06 03/05/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 technologie@lapresse.ca PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse© Fans de sports et passionnés d'informatique, la plupart des jeunes de quinze à vingt-cinq ans se sentent aussi à l'aise avec une planche sous les pieds qu'avec une souris à la main.Pour ne pas décevoir ces rois du surf, les sites de sport qui leur sont destinés fourmillent d'informations.Les rois du surf adorent Internet ANNE LINDIVAT Le Figaro Particulièrement réussies, les pages Web consacrées aux sports de glisse sont un modèle du genre.Souvent présentées sous forme de magazines, elles offrent un grand nombre de rubriques.Les amateurs y trouveront des reportages, des adresses pour acheter leur matériel, des promotions sur les voyages, des forums de discussion et des bulletins météo.Ces magazines bénéficient d'une mise en page à l'image de leur public : gaie, colorée et moderne.C'est le cas de Génération Glisse (1), un site belge mis à jour toutes les deux semaines, qui offre une foule de conseils et d'informations aux passionnés de surf, de rouli-roulant ou de surf des neiges.Plus spécialisé, le magazine Sport-SC (2) est dédié à toutes les formes de ski.De la compétition de surf des neiges aux championnats du monde de ski extrême en Alaska, en passant par l'ascension du mont Cho Oyu.Les reportages, nombreux et variés, sont illustrés par de superbes photographies.Mais la palme du site de glisse le plus « tendance » revient sans conteste à Catch-up (3).Entièrement consacré au patin en ligne, Catch-up se distingue par la beauté de son graphisme.Sous son habillage drôle et élégant, le site donne, notamment, les dates des rassemblements de passionnés de patin en ligne en France, des comptes-rendus de compétitions, avec leurs résultats, et des conseils pour changer ses roues ou réussir les figures les plus osées.Moins beau, mais tout aussi sympathique, le site personnel du dénommé « Snake » (4) apportera des réponses aux mordus de patin qui s'interrogent, entre autres, sur la façon d'améliorer leur technique de freinage.Après une lecture attentive des indications, un examen approfondi des schémas et quelques heures d'entraînement intensif, les « jumps », les « slides » et les « alley-oops», autant de figures imposées, n'auront plus de secrets pour vous.Présentés sous une forme plus classique, les sites consacrés au VIT n'en sont pas moins riches.VTT Passion(5) propose par exemple : résultats de compétitions, tests de matériel, sélection de parcours, infos pratiques, calendriers des épreuves, concours de pronostics et revue de presse.Plus axé sur les reportages, la magazine Vtnet(6) offre également des tests de matériel : des chaussures aux fourches en passant par les moyeux, plusieurs centaines de références sont passées au crible.Autre sport, autre ambiance : le basket américain s'expose aussi sur le Web.Même le site de Basket Zone consacré aux équipes françaises, possède une rubrique « USA » avec les résultats des principales équipes américaines (7).Mais, pour des nouvelles fraîches, rien ne vaut le site officiel de la NBA (8).Non seulement les matches disputés la veille sont analysés chaque jour, mais les commentaires des rencontres sont aussi diffusés en direct sur la radio du site.Si votre entourage semble importuné par ces bruyantes retransmissions, abonnez-vous à la lettre rédigée par CNN-SI (9).Vous recevrez, par messagerie électronique, des dépêches sur le basket, le hockey ou le football américain concoctées par les collaborateurs de la célèbre chaîne de télévision CNN et du magazine Sport Illustrated.Au cas où vous ne maîtriseriez ni l'anglais ni les règles du football américain, imprimez les pages du site justement intitulé « Le football américain en France ».Vous découvrirez, schémas à l'appui, l'explication détaillée des règles de ce jeu mystérieux (10).Enfin, pour le grand frisson, connectezvous sur le site des sports extrêmes.Et admirez, bien calé dans votre fauteuil, le motocross, le vélo ou l'escalade en Real Video, tels que les pratiquent les amateurs de sensations fortes (11).(1) www.generationglisse.com/fr (2) www.sport-sc.com (3) www.catch-up.com (4) home.nordnet.fr/-jgrenglet/index.shtml (5) www.vttpassion.com (6) www.vtt.org.(7) www.basketzone.com (8) www.nba.com (9) cnnsi.com (10) www.multimania.com (11) espn.go.com/xgames/summerx99 7LP0701A0305 A7 DIMANCHE 7LP0701A0305 ZALLCALL 67 00:49:14 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 7 Beaucoup de CV pour 426 emplois à la foire de Verdun MARTINE ROUX Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve 3000 emplois sous un même toit.Curriculum vitae à la main et sourire de circonstance, ils étaient donc des centaines à débarquer à la polyvalente Monseigneur-Richard de Verdun, vendredi et hier, dans l'espoir de décrocher un boulot.À défaut d'attirer autant de candidats que d'offres d'emploi, le Carrefour 2000 de l'emploi, de la formation et de l'entreprise a accueilli près de 2000 chômeurs qu'attendaient à bras ouverts une quarantaine d'exposants en manque de personnel ou d'étudiants.Si les candidats sont venus moins nombreux que l'an passé, les CV ont littéralement afflué au stand de Cible Retour au Travail, l'organisme verdunois responsable de l'événement.Un franc succès, estime le coordonnateur Jean-Pierre Ménard.« Nous avons reçu beaucoup de CV.La semaine prochaine, après avoir fait une présélection, nous les acheminerons aux employeurs.Nous ferons ensuite un suivi de six mois avec tous les chercheurs d'emploi qui n'auront toujours pas trouvé de travail.» Pour 426 emplois affichés sur les babillards, les bénévoles de Cible Retour à l'emploi ont recueilli deux fois plus de curriculum vitae.Bien sûr, les inévitables postes d'« agent de télémarketing » ou de « conseiller aux ventes » inondaient le tableau d'offres.Mais ils côtoyaient ceux d'ingénieur, d'infirmière, d'électronicien, d'informaticien, de pharmacien et même d'avocat.Salaires proposés : de 7 $ l'heure.à 80 000 $ par année ! Si certains chômeurs en perdaient leur latin, d'autres repartaient bredouilles.Josée (nom fictif), pilote d'aéronef de profession, ne s'attendait pas à dénicher l'emploi de ses rêves.Mais Michael, un immigrant ghanéen, était prêt à prendre « n'importe quoi », comme ce poste de plongeur dans un grand hôtel montréalais.« Au Ghana, j'enseignais à l'école secondaire.Comme mes compétences ne sont pas reconnues ici, je suis retourné aux études et j'occupe un petit boulot par-ci parlà en attendant.Une foire de ce genre élargit les possibilités d'emploi.Mais pour Cherif Chettabi, un informaticien algérien arrivé au Canada il y a deux ans, la foire de l'emploi en est plutôt une de désillusions.Ne lui parlez pas de pénurie d'informaticiens : voilà un an qu'il est au chômage en dépit d'un baccalauréat algérien en informatique et d'une formation québécoise en analyse et programmation.« C'est vrai qu'on trouve ici des emplois intéressants.Le hic, c'est que le feed-back est souvent négatif.Quand on reçoit un avis de réception, c'est pour apprendre que le poste est comblé ou qu'on ne prévoit pas embaucher.» On lui reproche souvent son manque d'expérience « canadienne », dit-il.« Mais à ce rythme, où vais-je obtenir deux ans d'expérience ?» Sa condition d'immigrant ne facilite pas les choses.« Parce que je suis algérien, les employeurs se méfient et m'associent instantanément à un terroriste.» Selon Liliane Desgranges, du centre local d'emploi de Verdun, les chômeurs immigrants se frottent plus souvent qu'à leur tour aux préjugés des employeurs.« Même qualifiés, leurs compétences ne sont pas toujours reconnues.Ils doivent aussi affronter les préjugés parce que les entreprises ont des doutes quant à leur possibilité de s'intégrer au marché du travail et aux coutumes.Pourtant, cette main-d'oeuvre est une richesse pour les employeurs.» PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Lucie Martineau et son fils William Asselin, 2 ans, font connaissance avec Cloé, le boa constrictor de Sylvie Duranceau.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse© Joël Perez assistait au forum pour le compte d'amis.Les amateurs de reptiles ont maintenant leur salon ANDRÉ DUCHESNE Alexandre Sirois vit dans son appartement montréalais de quatre pièces avec sa copine et.leurs 14 reptiles.Et que son amie de coeur ne s'avise jamais de lui demander de choisir entre elle et ses chers serpents.« Je ne m'en débarrasserai jamais (des reptiles), dit le plus sérieusement du monde ce jeune homme de 24 ans travaillant à la boutique de reptiles Magazoo.Mais ma blonde aime ça, alors il n'y a pas de problème.» Hier après-midi, Alexandre était une des vedettes du premier Salon de reptiles du Québec qui a lieu jusqu'à 17h aujourd'hui au Centre des loisirs communautaires Lajeunesse.En fait, c'est plutôt le couple de pythons de Birmanie dont il est l'heureux propriétaire qui attirait les regards.« La femelle mesure 16 pieds de long et pèse 140 livres.À terme, elle va peser 200 livres », lance fièrement Alexandre en jetant un oeil attendri sur les deux tourtereaux savamment enlacés au fond d'un long vivarium.Un peu triste comme vie ?Pas du tout, affirme notre expert en reptiles.Chez lui, les pythons occupent une grande cage faite de feuilles de contre-plaqué et de plexiglas et bougent très peu, comme c'est le cas dans leur habitat naturel.« Ils mangent une fois aux deux semaines (un gros lapin) et font leurs besoins à la même fréquence.Ce n'est pas d'entretien.Mon propriétaire les aime et il ne tolère même pas de chien dans l'immeuble », soutient Alexandre.Éducation « Les amateurs de serpents et de reptiles les apprécient parce qu'ils sont de peu d'entretien, confirme Pierre Lauzon, gérant de Magazoo, organisateur de l'événement.Mais aussi, ils prennent peu de place dans un logement et ne risquent pas de grignoter les pattes d'une table lorsque les propriétaires s'absentent.» D'autres choisissent un reptile car ils sont allergiques aux animaux à fourrure et ils peuvent ainsi avoir un contact direct avec l'animal.Le salon de la fin de semaine avait pour objet d'éduquer le public, indique M.Lauzon.« On veut démythifier les reptiles.Plusieurs serpents sont des animaux très calmes et ont un bon caractère.S'ils attaquent, ce sera pour se défendre.» Effectivement hier, un peu tout le monde se promenait qui, avec un boa constrictor autour du cou, qui avec un téju (genre de lézard) noir et blanc sous le bras, qui une mygale à orteils roses, araignée d'allure pas très rassurante, sur la main.Aucun animal ne semblait énervé par la présence de toutes ces « bibites à deux pattes ».Sous une table, même Wally, un alligator américain de 150 livres, se tenait tellement tranquille qu'on l'aurait cru empaillé.On l'avait quand même muselé, par précaution.Environ 120 espèces de serpents, reptiles de toutes sortes, araignées, scorpions et autres bestioles exotiques sont présentées à ce salon. 7LP0801A0305 a08 dimanche 5mars 7LP0801A0305 ZALLCALL 67 00:47:19 03/05/00 B Actualités A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 La pilule remplace le massage.Voici la deuxième tranche de notre série sur les conditions de vie dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).Un jour, Gérard Fortin a dû se résoudre à l'inacceptable.« On avait le choix entre les bourrer pour aller plus vite ou bien en nourrir plusieurs à la fois et leur laisser le temps d'avaler.» Dans un agrandissement du corridor tout près de l'entrée, comme dans un petit salon voisin, des résidants sont installés côte à côte dans leur fauteuil gériatrique pendant que des préposées les nourrissent tour à tour.Une cuillerée à l'un, une cuillerée à l'autre.Un, deux, trois et on recommence.Directeur des soins au CHSLD Trèfle d'or qui regroupe trois centres de soins de longue durée de Saint- Rémi, Châteauguay et La Prairie, M.Fortin doit composer, comme sa directrice, Reine Martin, avec un budget de 40 000 $ par lit pour une clientèle de 269 résidants requérant 4,2 heures de soins par jour.Il y a quelques années à peine, la clientèle n'exigeait guère plus de 1,5 heure/soins.Dans l'île de Montréal, le centre Notre-Dame de Lourdes, qui accueille une clientèle exigeant 4,5 heures/soins, reçoit 57 000 $ par tête, 43 % de plus que le Trèfle d'or tandis que Saint-Joseph de la Providence (4,6 h/soins) reçoit 67 000 $, près de 70 % de plus que le Trèfle d'or.Pour négocier le virage et survivre avec l'iniquité d'un système plein de disparités sans que les résidants en souffrent trop, tout le monde pédale fort à Saint-Rémi.« On a même un patient sidéen dont la trithérapie coûte 1300 $ par mois.Des centres montréalais financés à 50 000 $ les refusent parce qu'ils coûtent trop cher.» explique Mme Martin.Si elle permet des économies administratives, la fusion des trois centres n'est pas une panacée.À cause de l'éloignement des trois édifices et du manque de bénévoles éparpillés sur un immense territoire sans transport en commun, on tire le diable par la queue.Ensoleillé, moderne, bien décoré, l'endroit ne reflète pas ce dénuement.Préposées et autres professionnels semblent doux, respectueux.C'est dans les petits détails, parfois invisibles, que les coins ronds se manifestent : « J'ai quatre usagers à nourrir à midi et pas de bénévoles, déclare Nicole Lahaie, préposée.Je n'ai même pas eu le temps de laver les dents de monsieur D.Quand on a nos dents naturelles, c'est important.» « On n'est pas trop tatillon avec les descriptions de tâches, dit Solange Oligny, responsable des services à la clientèle.Ma secrétaire aide à faire manger les gens.L'infirmière en mène aux toilettes.Quand une personne a eu un problème respiratoire et qu'une autre est tombée pendant une activité de loisirs, c'est ma secrétaire qui a continué l'animation.» Le ratio du personnel clinique (infirmières par exemple) par rapport au personnel non clinique (préposés) est loin du 40/60 conseillé, mais oscille plutôt autour de 28/72, ce qui génère des économies salariales et permet d'avoir plus de bras.Malgré tout, alors que les cas requièrent 4,2 heures/soins, les heures travaillées en couvrent à peine 2,94.« Au lieu de massage ou de chaleur, beaucoup de douleurs sont soulagées de façon clinique.Une pilule, ça va bien plus vite, avoue Mme Oligny.L'ergothérapeute ne peut venir ici qu'un jour par semaine.On n'a qu'une physio trois fois semaine alors qu'il en faudrait deux à plein temps.Il faut donc que les résidants aient mal les lundi, mercredi et vendredi.Entre ça, il y a les pilules.Quant aux besoins psychosociaux, aux familles en crise, on a 17 heures par semaine pour l'ensemble des trois centres.» Les ressources faisant cruellement défaut dans la région, une personne admissible pour le CHSLD à Montréal peut être dirigée vers une ressource de type familial ou intermédiaire sur la Rive- Sud.« C'est déjà arrivé à des gens qui résidaient déjà en CHSLD à Montréal », admet Mme Martin.Sur l'échelle de taux de réponse aux besoins, le Trèfle d'or n'obtiendrait que 52 % (la moyenne provinciale est de 68 %) s'il ne choisissait pas d'oublier le ratio clinique/non clinique qui devrait normalement être considéré.« Par le passé, on a déjà reçu un monsieur qui avait passé six ans dans un fauteuil roulant, dit Mme Martin.Au bout de six mois, il avait une marchette, puis une canne.On ne verra plus ça.On n'a pas le temps de faire la mobilisation nécessaire.En Abitibi, où les CHSLD répondent à 60 % des besoins, la moyenne des heures soins a doublé entre 1993 et 1999 : « Souvent, on doit faire attendre les gens.Notre défi, c'est de créer des milieux de vie.Il y a moyen de faire quelque chose, mais il faut un redressement sinon, dans 10-15 ans, ça sera inatteignable », dit Daniel Bergeron, de la Maison Pie XII à Rouyn.« Avec un peu plus de moyens, ils ne seraient pas juste assis dans un coin.Le maintien à domicile aussi devra être supporté.À 57 $ par tête, on est la deuxième province à investir le moins et bien loin de l'idéal de 100 $ », déclare Gilbert Ladouceur, directeur du Centre de santé du Témiscamingue.Si la fin de vie est désolante pour les personnes âgées qui n'ont pas la chance de conserver leur autonomie jusqu'à la fin, il y a pire encore dans les CHSLD.Pour les aînés, on parle de quelques années, de mois ou même de semaines à attendre la mort.D'autres y sont condamnés pour une quasi-éternité : « Prenez Diane, qui a 40 ans et est encore lucide.Prenez Murielle, 50 ans, clouée au lit par la sclérose en plaques.Il y en a une qui n'a même pas 30 ans, déclare Monique Renaud, bénévole et présidente du comité des usagers du Manoir Châteauguay (Trèfle d'or).Tu les regardes dépérir jour après jour.Ils ne font rien.Diane regarde la télé mais Murielle, même pas.Si seulement les gens du gouvernement venaient ici.Comment peut-on parler de milieu de vie ?C'est pas correct, mais c'est la foutue réalité et c'est comme d'être enterré vivant ! » DEMAIN : Une philosophie de gardiennage Lilianne Lacroix Quand on ne peut plus ni se nourrir ni se lever pour aller aux toilettes, ni même se tourner dans son lit, il faut compter sur l'aide d'autrui, en l'occurrence d'une préposée.PHOTOS ARMAND TROTTIER, La Presse © Comme bien d'autres résidants de CHSLD, Yvette Corbeil, présidente du comité des usagers du Trèfle d'or (Saint-Rémi), consacre ses critiques à la défense des employés qu'elle juge surmenés.Une radio communautaire.deux communautés! LILIANNE LACROIX Les aînés du CHSLD du Trèfle d'or et la Maison des jeunes songeant à mettre sur pied une radio communautaire, le reste allait de soi.Dans un petit patelin comme Saint-Rémi, pas question d'ouvrir deux radios.On a donc créé il y a près d'un an la seule radio communautaire intergénérations du Canada, Choc FM, qui rejoint les quelque 4000 citoyens et fonctionne de 12 h à 20 h grâce au bénévolat d'une soixantaine de citoyens, jeunes y compris.Pour les résidants du CHSLD, c'est une ouverture sur l'extérieur, une bouffée d'air, estime Manon Lamarre, responsable des loisirs.Mais à domicile, les citoyens apprécient aussi.« Toute la journée, mon poste syntonise le 104,9 », déclare Lucienne Bisson, 82 ans, invitée à deux reprises pour lire des textes en ondes.Pour les plus âgés, on parle pastorale, on joue des airs du passé, on raconte des histoires d'antan et on donne les actualités locales.« C'est ce qui m'intéresse le plus.Je vis ici depuis 60 ans et je connais tout le monde », dit Mme Bisson.Pour les jeunes, on a des émissions adaptées : « On n'a pas les moyens de commander des sondages, mais l'émission punk de 16 h semble la plus appréciée des jeunes », dit Bernard Leduc, directeur de la radio.C'est la seule heure à laquelle Mme Bisson éteint son poste : « Le choc est un peu brutal, admet M.Leduc en riant.On songe justement à insérer une transition.» Des projets, les artisans de la radio en ont plein : on veut allonger les heures d'écoute et augmenter le rayon de diffusion, mais on voudrait aussi réunir ces deux générations qui cheminent pour l'instant en parallèle sur la même fréquence : « On a des émissions-jeunes et des émissions-aînés.On cherche des formules qui permettraient d'impliquer à la fois jeunes et vieux pour permettre une véritable rencontre », déclare M.Leduc.Apprendre à fermer son coeur LILIAnNE LACROIX « Je ne fais rien.Que voulez-vous donc que je fasse ?» Comme Rita, cinq autres résidants sont parqués dans leur fauteuil gériatrique devant le poste de garde d'une aile du centre Jacques- Viger.Une scène courante dans les CHSLD : « C'est l'endroit le plus populaire.Au moins, là, il y a un peu d'action », explique Marlène Boucher, infirmière-chef de l'étage.Clouée à son lit par des « rhumatismes », Jeanne Émard, 78 ans, partage sa chambre avec trois dames dont aucune n'est lucide.Jeanne ne s'en plaint pas.« Ce qui me manque le plus, ce sont mes mains.J'aimais tellement coudre et tricoter.» Maintenant, sa vie, c'est sa radio et la visite quotidienne de son mari et de son fils : « Pour me donner le plus de temps possible, ils ne viennent pas au même moment », dit-elle.Deux résidantes, Madeleine Baril et Georgette Brisson ont accepté de faire une pause : « On n'a jamais le temps de s'arrêter, on profite de toutes les activités.» Assez en forme pour jouir des loisirs offerts, elles sont débordées et enchantées de l'être : bingo, jeux de cartes, visites au Casino, magasinage, ateliers, elles ne veulent rien manquer, mais réalisent que tous n'ont pas leur chance : « Il y a quelques années, c'était merveilleux mais aujourd'hui, pour ceux qui ne sont pas capables de suivre, c'est terrible.» « Je me tiens occupée.Mais beaucoup s'ennuient.Il n'y a pas assez de contact humain », dit, installée devant son Jell-O et son pouding au riz, Madeleine Fréchette, présidente du comité des usagers du CHSLD du Plateau Mont-Royal (Jean de la Lande).À Saint-Rémi, Azilda Raymond-Oligny, 98 ans, n'a plus les yeux assez vifs pour apprécier le va-et-vient des employés du Trèfle d'or : « J'ai été la plus heureuse des femmes, j'ai élevé 15 enfants et j'ai au moins une centaine d'arrière-petits-enfants.Maintenant, je chante et je prie, c'est tout.Alors, je suis prête.» Élevés à une époque où on apprenait à se contenter de ce qu'on recevait et conscients que les employés font leur possible, peu de résidants se plaignent.S'ils critiquent, c'est plutôt pour défendre les employés : « On manque de personnel et celles qui travaillent se mettent à terre.Elles tombent malades, se font des tours de reins, ça n'a pas de sens », déclare Yvette Corbeil, 76 ans, présidente du comité des usagers du Trèfle d'or.Dans la plupart des centres, les loisirs, c'est l'affaire des clients du centre de jour qui quittent, pour venir se récréer, leur domicile où ils sont maintenus grâce aux services du CLSC.C'est aussi l'affaire d'environ 10 % des résidants des CHSLD comme Madeleine et Georgette, toujours les mêmes.Les autres sont trop hypothéqués pour participer, trop atteints par la démence pour le type de loisir offert ou trop déprimés pour s'y intéresser.« Si Maman dit que ça ne lui tente pas, les employées n'insistent pas.Elles sont tellement surchargées.Alors, on la laisse là », dit Monique Renaud, présidente du Comité des usagers du Manoir Châteauguay où vit sa mère de 93 ans.« Les résidants auraient besoin d'activités individualisées, mais on ne peut pas répondre à ça.La seule solution, ça serait de former les bénévoles et les familles », déclare Manon Lamarre, animatrice en milieu de vie au Trèfle d'or, qui a dû négocier un véritable virage en épingle, passant du statut du centre d'accueil à des besoins moyens de 4,2 heures de soins par résidant, ce qui les situe parmi les centres les plus lourds.Elle se sent démunie : « Je ne sens pas que je réponds aux besoins.Certains sont assez mobiles, plus en forme, extrêmement présents.On les appelle nos petites abeilles.Mais les autres, allez voir sur les étages.Ils sont tous couchés.» Au lieu d'activités, ces patients ont besoin de contacts intimes, estime- t-elle : « Ils souffrent dans leur corps et leur âme.Ils ont besoin d'échanger, de se valoriser.On essaie d'aller aux étages mais on est limités par le temps et le peu de moyens.» La qualité de vie, dit-elle, c'est un tas de petites choses : « L'été, pour eux, ça pourrait être les fleurs qu'on n'a pas le temps de mettre aux fenêtres.Les plaisirs, ça pourrait être un massage, un manucure, le journal qui leur serait lu, raconter leurs souvenirs, être mis en contact avec un petit animal.» Chaque année, pendant trois jours où elle est payée sur sa base habituelle, elle part avec des résidants plus autonomes en camp d'été : « C'est épuisant, mais tellement valorisant », dit-elle.Échaudée par un burn-out, Mme Lamarre a appris à composer avec la réalité : « Tellement d'efforts sont dépensés pour les mener aux toilettes, les faire manger.qu'il ne reste plus rien pour le reste.Il faut apprendre à se fermer le coeur à ce qu'on ne peut réaliser.» 7LP0901A0305 A9 DIMANCHE 7LP0901A0305 ZALLCALL 67 00:48:40 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 9 Le patron s'en va mais Coke paye royalement Agence France-Presse WASHINGTON L'ancien patron de Coca-Cola, remplacé en décembre après les difficultés du groupe, est parti avec des indemnités royales et un avenir assuré, à peine quelques jours après la décision du groupe de sodas de licencier 6000 personnes dans le monde.Douglas Ivester a quitté officiellement le groupe le 17 février avec 17,1 millions d'indemnités en poche, laissant son fauteuil de PDG à Douglas Daft.Officiellement, le conseil d'administration a accepté sa démission.Une manière élégante pour dire que Douglas Ivester payait pour les performances médiocres du groupe et une image écornée.Au moment où le groupe Coca- Cola dévoilait en janvier un vaste plan de restructuration avec la suppression de 6000 emplois, dont 2500 au siège à Atlanta, Douglas Ivester négociait son départ.Même la direction a payé pour les mauvais résultats : « Ni M.Ivester, ni M.Daft, n'ont reçu de primes de résultat en 99 », peut-on lire dans la note d'information aux actionnaires avant l'assemblée générale du 19 avril et publiée par la SEC (Commission de surveillance de la Bourse).Néanmoins, quand la crise européenne a éclaté, Coca-Cola augmentait le salaire annuel de base de Douglas Ivester de 20 % pour le passer à 1,5 million.« Cette augmentation est la première hausse de salaire de M.Ivester depuis 23 mois », souligne le groupe.Dans cette note, Coca-Cola égrène tous les avantages négociés par son ancien patron pour son départ.Outre les 17,1 millions d'indemnités, Douglas Ivester va toucher chaque mois un salaire de 66 300 $ jusqu'à ses 55 ans ans, soit en mars 2002.Ensuite, tout en gardant la couverture sociale payée par le groupe, le PDG et son épouse percevront une retraite mensuelle de 56 000 $ jusqu'à leur décès.De plus, dans le cadre d'un plan d'entreprise sur les primes de résultats, l'ex-patron a touché 1,5 million le mois dernier et empochera la même somme en février 2001 et autant un an après.Pour éviter qu'il aille monnayer auprès des concurrents ses connaissances dans le secteur des boissons ou les petits secrets de la maison d'Atlanta, Douglas Ivester a reçu le titre honorifique de consultant.À ce titre, et quand il ne touchera plus son salaire, l'ex-patron recevra chaque année 675 000 $ entre 2002 et 2007.Enfin, M.Ivester a en réserve ses stock-options, qui sont valorisées à près de 100 millions.PHOTO YVON GAGNON, collaboration spéciale Le chauffeur s'en tire Un camion-remorque qui s'est renversé hier après-midi, dans une bretelle d'accès de la route 132 menant au pont Champlain à Brossard, a forcé la fermeture de cette voie durant près de quatre heures.Le chauffeur du poids lourd a été légèrement blessé. 7LP1001A0305 a10 mozam dim 5 mars 7LP1001A0305 ZALLCALL 67 00:49:50 03/05/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 PHOTO ENRIC MARTI Associated Press Transportant un énorme fagot de bois, cette jeune femme et son bébé traversent un champ inondé près de Palmeira.Le Mozambique sort de l'eau La communauté internationale est à pied d'oeuvre ANTHONY MORLAND et SUSAN NJANJI AFP, MAPUTO La communauté internationale était à pied d'oeuvre hier pour aider le Mozambique frappé par de graves inondations, orientant son effort, après les opérations de sauvetage, sur la livraison de vivres à 250 000 personnes.Une soixantaine d'hélicoptères et d'avions venus d'Afrique du sud, des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne, de- Belgique, du Malawi ainsi que d'autres appareils de sociétés privées devraient être opérationnels dans quelques jours.De nombreux autres pays se sont engagés à fournir une assistance militaire et civile.Même si les responsables mozambicains annoncent que les eaux du Limpopo, du Zambèze et de la Save sont en train de baisser, des centaines de personnes ont encore été secourues samedi par des hélicoptères dans des sites isolés de la province de Gaza (sud).Une envoyée spéciale de l'AFP circulant dans un hélicoptère sudafricain a vu des dizaines de personnes qui se trouvaient sur des arbres et desles hissées à bord de tels appareils survolant les secteurs sinistrés.Une quarantaine de rescapés étaient des tuberculeux et des infirmières piégés sur le toit d'un hôpital du village de Chalaccuane (sud).Certains ont indiqué qu'ils y étaient bloqués depuis une semaine et n'avaient pas d'autre solution que de boire l'eau boueuse qui les entourait.Au moment où ils sont arrivés à Chibuto, grande ville de la province de Gaza, qui sert de centre régional pour les opérations aériennes, beaucoup se sont effondrés, complètement épuisés.Plusieurs étaient incapables de marcher.Certains de ces malades, contagieux, étaient en isolement au moment où leur hôpital fonctionnait encore.À intervalles réguliers, de nouveaux groupes de personnes sauvées par les hélicoptères arrivaient à leur tour à l'aéroport de Chibuto, samedi.Une centaine d'habitants attendaient, quant à eux, de trouver le moyen de gagner Maputo, la ville manquant d'électricité et d'eau potable.L'absence de carburant pour les pompes a aussi provoqué une pénurie d'eau potable dans les camps de Chibuto pour les personnes déplacées, selon les humanitaires.En quelques heures, au moins un millier de personnes secourues sont arrivées à l'aéroport, a-t-on constaté sur place.Les responsables mozambicains et de l'ONU ont déclaré à l'AFP que la phase du sauvetage des Mozambicains était pratiquement terminée.Dans la ville inondée de Xai-Xai (sud), à environ 260 km au nord de Maputo, les opérations de sauvetage ont pris fin avec succès, a affirmé Eugenio Nimaio, gouverneur de la province de Gaza.Samedi devrait être le dernier jour pour de telles opérations dans la vallée du Limpopo, a pour sa part déclaré à l'AFP Ross Mountain, émissaire spécial de l'ONU.Tout en considérant cette évolution comme un « signe positif », Ross Mountain a cependant ajouté qu'il restait « très préoccupé par les retours prématurés » de certaines personnes évacuées.« On est inquiet du fait que si les gens commencent à revenir dans leur maison, il faudra encore aller les chercher », a-t-il ajouté.« La nature humaine veut qu'on ait envie de retourner chez soi pour récupérer ce qu'il est possible de récupérer (.) mais nous ne sommes pas convaincus que tout soit fini.Nous sommes inquiets de la probabilité de fortes pluies au milieu de la semaine prochaine », a-t-il dit.D'autres ont exprimé des craintes quant au passage de Gloria, un ex-cyclone requalifié en tempête tropicale.Gloria, qui était samedi à Madagascar, se dirige lentement vers le sud-ouest, prend progressivement de la vigueur et devrait atteindre les côtes du Mozambique mardi, selon Météo-France.Vu l'humidité et la chaleur, elle devrait encore produire de fortes pluies.250 000 personnes ont besoin d'une aide immédiate, a souligné Ross Mountain, même si le chiffre de personnes affectées par les inondations atteint 1,5 million, selon les responsables mozambicains.La priorité, a-t-il précisé, sera dans les jours à venir de leur distribuer de la nourriture, de l'eau, des médicament, et de leur fournir des abris.Parfois les choses se passent mal.« Un certain nombre d'incidents, presque des émeutes, ont été signalés, notamment à Chibuto, selon des témoins.Des vivres censés être distribués ont été vus dans des marchés privés à différents endroits », a en particulier déploré l'Institut national de gestion des catastrophes.PHOTO REUTERS Un enfant, craintif, sauvé des eaux par hélicoptère.Célébrités.Le 26 février 2000, Mariette Gaudette et Jean-Louis Mongrain célébraient leur 50e anniversaire de mariage en compagnie de leurs enfants et petits-enfants.À l'image de leur vie commune, la famille s'est réunie dans la nature pour partager des activités de plein air et un séjour dans une petite auberge.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 00-03-04 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-03-04 7 569 911,50 $ 00-03-04 00-03-03 00-03-04 00-03-04 00-03-03 5 000 000,00 $ 52 281,10 $ 2 614,00 $ 154,10 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.11 338 396 $ 2 000 000 $ 7LP1101A0305 A11, dimanche, MONDE 7LP1101A0305 ZALLCALL 67 00:50:27 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 11 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Pinochet n'assistera pas à l'accession au pouvoir du président Ricardo Lagos Agence France-Presse SANTIAGO L'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet ne participera pas à la cérémonie organisée samedi prochain au parlement pour l'accession au pouvoir du président élu, le socialiste Ricardo Lagos, a déclaré sa fille Jaqueline Pinochet.M.Lagos, élu en janvier dernier, doit succéder le 11 mars à Eduardo Frei.Le général Pinochet, en sa qualité de sénateur à vie, pourrait participer à la cérémonie.L'ancien chef de l'État est rentré vendredi à Santiago après plus de 500 jours de détention à Londres.Il a été jugé incapable par la Grande- Bretagne d'affronter un procès sur les crimes commis sous son régime, officiellement en raison de sa mauvaise santé.Ricardo Lagos a réaffirmé hier son intention de conduire son pays sur la voie d'une totale démocratie, après l'imposante démonstration d'allégeance des forces armées au général Pinochet.Il a déclaré que son gouvernement fera tous les efforts nécessaires pour démontrer que son pays est un État démocratique, où « l'autorité élue par le peuple gouverne » et « où les forces armées sont disciplinées, obéissantes » et ne s'ingèrent pas dans les affaires politiques.À peine élu président, le 16 janvier, M.Lagos avait annoncé son intention de s'attaquer à l'héritage institutionnel laissé par Pinochet qui, dix ans après la fin de la dictature, empêche toujours un rétablissement total de la démocratie.Il s'était dit déterminé à faire en sorte que soit restituée au chef de l'État la faculté de nommer et de révoquer les chefs des trois armes et de la police militaire des Carabiniers.Malgré le rétablissement de la démocratie, en mars 1990, après 17 ans de dictature, le chef de l'État n'a toujours pas la possibilité de choisir et de révoquer les chefs de l'armée.La Loi organique léguée par le régime Pinochet l'en empêche, accordant au chef de chaque arme la possibilité d'imposer un successeur.Ricardo Lagos, qui fut l'un des principaux ennemis de Pinochet sous le régime militaire, s'est également dit déterminé à modifier la Constitution et la législation du travail, mises en place sous le régime Pinochet.Les prédécesseurs de M.Lagos, Patricio Aylwin et Eduardo Frei, ont tenté de réformer la Constitution et de restaurer les libertés syndicales, mais ils en ont été empêchés par le Sénat, qui a la particularité, grâce à l'échafaudage institutionnel de Pinochet, de compter neuf sénateurs désignés et un sénateur à vie (l'ex-dictateur), sur un total de 48 membres.L'édifice légal mis en place par Pinochet a été consolidé en avril 1978 par une loi amnistiant tous les crimes politiques commis entre cette date et le 11 septembre 1973, jour du sanglant coup d'État ayant renversé le régime socialiste du président Salvador Allende.Il comporte également plus d'une centaine de lois secrètes \u2014 qui le sont encore aujourd'hui \u2014 , dont celle ayant créé la terrible police politique, la DINA/CNI.LIBAN Raids israéliens n L'aviation israélienne a mené deux raids au Liban sud après qu'une organisation affiliée au Hezbollah libanais eut revendiqué une attaque qui a gravement blessé un soldat israélien.Les chasseurs-bombardiers ont tiré au moins deux missiles sur des cibles à Zaouter, en bordure de la zone occupée par Israël, où un soldat israélien a été blessé.Les « Brigades libanaises contre l'occupation israélienne » affiliées au Hezbollah, chiite pro-iranien, ont revendiqué l'attaque.d'après AFP ÉTHIOPIE Navettes diplomatiques n Addis Abeba a affirmé que des « progrès significatifs » avaient été réalisés ces derniers jours au cours des navettes diplomatiques des émissaires américain et de l'OUA, Anthony Lake et Ahmed Ouyahia, entre l'Érythrée et l'Éthiopie, en guerre depuis mai 1998.Les deux émissaires ont effectué plusieurs allers-retours depuis le 22 février entre les deux capitales pour tenter de convaincre les autorités des deux voisins de la Corne de l'Afrique de mettre un terme au conflit qui les oppose en raison d'un litige frontalier.d'après AFP CUBA Castro accuse n Le grand-oncle du petit naufragé cubain Elian Gonzalez, auquel l'enfant est actuellement confié à Miami, a commis des abus sexuels sur plusieurs de ses élèves alors qu'il était enseignant à Cuba, a affirmé le président cubain Fidel Castro à La Havane.Cet homme, « comme professeur d'éducation physique, a commis des abus sexuels sur ses élèves.C'est un vicieux.Et, à ce sinistre monsieur, on a confié » la garde d'Elian, a déclaré le chef de l'État devant des journalistes.Lazaro Gonzalez, le grand-oncle d'Elian chez lequel vit le garçon de six ans, a porté plainte aux États-Unis pour bloquer le retour d'Elian à Cuba.d'après AFP ALLEMAGNE FMI et tractations n Le chancelier allemand et le président portugais de l'Union Européenne ont réaffirmé leur soutien au candidat allemand à la tête du FMI, combattu par Washington, mais un journal allemand évoquait au même moment un possible retrait de M.Caïo Koch-Weser.Ils se sont toutefois refusés à répondre à la moindre question de la presse à la suite de leur déclaration.Ni M.Guterres ni M.Schroeder n'ont prononcé le nom de M.Koch-Weser, ont noté les journalistes.L'Union européenne avait apporté son soutien à la candidature du secrétaire d'État allemand aux Finances Caïo Koch- Weser au poste de directeur général du FMI.d'après AFP ÉGYPTE Manif étudiante n Des milliers d'étudiants égyptiens ont manifesté à l'Université du Caire contre les raids aériens israéliens au Liban et l'opération militaire russe en Tchétchénie.Quelque 5000 étudiants ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et appelé à la fin de l'occupation israélienne du Liban sud.Les manifestants, dont le mouvement a été organisé à l'appel des islamistes, ont tenté mais en vain de se rendre devant l'ambassade d'Israël, toute proche.d'après AFP THAÏLANDE Élections au Sénat n Les électeurs thaïlandais étaient appelés aux urnes pour élire pour la première fois 200 sénateurs.Ce scrutin est considéré par les observateurs comme un test important, dans une démocratie encore fragile et gangrénée par la corruption.C'est la première fois depuis 68 ans que les sénateurs seront élus, et pas désignés.Pour cela, les électeurs devront départager 1521 candidats.d'après AP PHOTOS AFP Les candidats à l'investiture républicaine en vue des élections présidences de novembre aux États-Unis mettent la pression ces joursci, à la veille d'une semaine cruciale pour la désignation des délégués au congrès du parti.Le sénateur John Mc Cain (à g.) s'est adressé hier à une foule de partisans à Fairfield, dans le Connecticut, pendant que le favori, George W.Bush, faisait campagne dans la ville voisine de Hartford.John Mc Cain en remet contre George W.Bush Agence France-Presse PORTLAND, Maine Le sénateur John Mc Cain a dénoncé hier avec vigueur une campagne publicitaire de dénigrement le visant, menée selon lui par son adversaire à l'investiture républicaine, George W.Bush.« Mes amis, une chose incroyable est en train de se passer dans cette campagne.Deux copains du gouverneur Bush ont dépensé deux millions et demi de dollars en publicités télévisées pour m'attaquer sur l'environnement », a-t-il déclaré à l'aéroport de Portland (Maine), lors d'une réunion électorale.« C'est une conduite honteuse », a indiqué le sénateur de l'Arizona.Selon l'état-major de Mc Cain, ces publicités ont été financées par un homme d'affaire texan, Sam Wyly, qui soutient Bush.Selon les sondages, Mc Cain arrive derrière Bush dans la plupart des États qui voteront la semaine prochaine lors du « super mardi », à l'exception de ceux de la Nouvelle- Angleterre.Des élections primaires et des « caucus » auront lieu ce jour-là dans au total 16 États.Le gouverneur du Texas, qui faisait campagne dans l'État de New York hier, a refusé d'engager la polémique à ce sujet.Le sénateur John Mc Cain concentrait ce week-end sa campagne dans le nord-est des États-Unis qu'il doit gagner mardi, avec la Californie, pour conserver une chance de battre George W.Bush dans la course à l'investiture républicaine.M.Mc Cain s'est rendu tôt hier à Boston dans le Massachusetts, État à forte tradition démocrate mais où le gouverneur est un républicain, avant d'aller faire campagne dans le Maine.Selon son état-major de campagne, M.Mc Cain table sur de bons scores dans les États de la Nouvelle- Angleterre qui se rendront aux urnes mardi pour voter dans des primaires républicaines et démocrates.Le New Hampshire, qui fait également partie de la Nouvelle-Angleterre, avait lancé le processus des primaires le 1er février et le sénateur de l'Arizona y avait battu M.Bush de 19 points grâce aux électeurs indépendants, c'est-à-dire non affiliés à un parti.Mc Cain serait, selon des experts, en position de l'emporter dans les six États de la Nouvelle-Angleterre qui enverront 102 délégués à la convention républicaine cet été, soit un de plus que l'État de New York (101), qui vote également mardi.Seize États voteront le 7 mars à l'occasion du « super mardi », dont la Californie, l'État de New York et l'Ohio.Ce jour-là, 613 délégués républicains seront désignés, et le résultat pourrait être décisif dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de novembre.« Vous avez la possibilité mardi d'envoyer des messages forts à travers le pays », a assuré celui qui reste le grand favori, George W.Bush, lors d'un déplacement à Rochester, dans l'État de New York.À Portland, M.Mc Cain a insisté sur son « message de réforme » en soulignant que sa campagne représentait « un combat contre l'establishment de Washington » et qu'il se « battrait » jusqu'à son « dernier soupir » pour « rendre le gouvernement au peuple ».Violents combats dans le sud de la Tchétchénie FRANÇOISE MICHEL Agence France-Presse, MOSCOU De violents combats se sont déroulés hier dans le sud montagneux de la Tchétchénie mais Moscou a formellement démenti une nouvelle embuscade des rebelles dans laquelle jusqu'à 75 parachutistes auraient trouvé la mort dans cette région.Au Kremlin, le président par intérim, Vladimir Poutine, a discuté avec le ministre de la Défense, Igor Sergueïev, des mesures supplémentaires à prendre pour « liquider » les rebelles.De lourdes pertes en Tchétchénie risquent d'entamer la popularité de Poutine qui affrontera les urnes le 26 mars pour la présidentielle.Alors que les généraux prévoyaient la fin prochaine de l'opération lancée il y cinq mois en Tchétchénie après la prise de Chatoï mardi dernier, un guet-apens tendu jeudi par les indépendantistes à Grozny, a fait au moins 20 morts parmi les policiers russes et 29 blessés.« Une autre guerre a commencé en Tchétchénie, celle dont les chefs de guerre tchétchènes parlaient depuis longtemps et à laquelle les généraux russes ne croyaient pas : la guérilla.L'histoire montre que l'on ne peut pas remporter de victoire dans une situation pareille », estimait samedi le quotidien Kommersant.« Les soi-disant territoires libérés en Tchétchénie sont loin d'être sûrs et débarrassés des bandits qui le jour se font passer pour des civils et prennent les armes la nuit », ajoutait les Izvestia.La chaîne publique ORT a affirmé hier matin que des parachutistes étaient tombées dans une embuscade dans la nuit de vendredi à hier dans les gorges d'Argoun (sud) qui aurait fait jusqu'à 75 morts mais l'incident a été formellement démenti.Les militaires ont en revanche reconnu que des violents combats avaient lieu dans les gorges d'Argoun, en particulier près d'Oulous- Kert où les affrontements durent depuis mardi.Plus de 70 missions aériennes ont été menées au-dessus des gorges d'Argoun au cours des dernières 24 heures.Près d'Oulous-Kert « plus de 1000 rebelles qui ont fui la localité de Chatoï tentent de briser l'encerclement (des Russes).Les combats ont lieu pratiquement 24 heures sur 24.Ils ont fait un nombre considérable de victimes des deux côtés », ont indiqué des sources militaires russes.Les Russes ont tué 400 rebelles cette semaine dans cette région tandis qu'au moins 50 soldats russes sont morts au cours de la même période, selon les mêmes sources.Outre Oulous-Kert, la chaîne privée NTV a également fait état de combats acharnés près de Datchou- Borzoï, Zony, Aguichty et plus à l'est à Elistanjy.« Il y a des pertes mais il n'y a aucune information précise à ce sujet.Presque chaque jour des hélicoptères arrivent avec des blessés, y compris aujourd'hui », a commenté le correspondant de NTV en Tchétchénie.Dans le même temps, les Russes ont continué leurs opérations de ratissage après l'attaque contre le convoi de policiers à Grozny, arrêtant 48 suspects, et le ministre russe de l'Intérieur, Vladimir Rouchaïlo, s'est rendu sur place.Illustrant la cruauté de la guerre de partisans menée en Tchétchénie, une vidéo d'une attaque tchétchène d'un convoi russe, tournée par les rebelles, a été transmise à la BBC.Dans l'une des scènes, les Tchétchènes entourent un camion et tirent sur ses occupants à bout portant, tandis que le corps d'un Russe, apparemment déjà mort, est tiré hors du camion et criblé de balles. 7LP1201A0305 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A0305 ZALLCALL 67 00:48:35 03/05/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 Monde Les Guignols: suicide (?) en direct à la télé Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS Désormais, il est possible que ce qui se passe à la télévision soit au moins aussi important que ce qui se passe dans la réalité.Ou davantage.À moins que la réalité vraie ne soit plus qu'un pâle reflet ennuyeux, informe et mal ficelé de ce qu'on peut voir, si ramassé et efficace, au petit écran.Toujours est-il que ce qui faisait hier la une de tous les journaux parisiens était un événement télévisuel.Même pas l'un de ces événements « réels » que produit parfois le direct à la télévision et qui peuvent avoir une portée historique (Lee Harvey Oswald exécuté devant les caméras par Jack Ruby).Non : l'événement était purement virtuel, puisqu'il s'agissait des fameuses et géniales marionnettes de l'émission satirique la plus importante et féroce de notre époque à la télé : les Guignols de l'info, animés par un faux Patrick Poivre d'Arvor plus vrai que le vrai annonçaient leur suicide en direct vendredi vers 20 h sur la chaîne câblée et à la mode, Canal Plus.(Insérée dans le talk-show Nulle Part ailleurs, l'émission des Guignols est diffusée en clair et fait une moyenne de trois millions de spectateurs.) L'émission-phare de Canal Plus était devenue depuis des années une référence incontournable chez les jeunes et au comptoir des bistrots (on parlait Guignol, les tics des marionnettes étaient passés dans le langage courant).Depuis quelques semaines, elle avait fini par se retrouver plongée au coeur d'une vraie tempête médiatique, malgré le maintien intégral de son audience.Après 12 ans de créations et trouvailles époustouflantes, il se répétait un peu partout que les Guignols commençaient à patiner sur place, qu'ils fatiguaient et qu'à force de se répéter, il ne leur était plus resté que leur prodigieuse méchanceté.Entre autres contre Bernadette Chirac, la femme du président, ou Amélie Mauresmo, la joueuse de tennis qui avait rendu public son goût pour les femmes.Des attaques parfois à la limite de la diffamation ou de l'injure raciste.Les griefs avaient fini par se cristalliser sur le patron actuel de l'équipe, un super-macho de 40 ans, Bruno Gaccio, qui s'était permis coup sur coup de manifester une grossièreté incroyable vis-à-vis de deux consoeurs journalistes venues l'interviewer : l'une du Nouvel Observateur et surtout, la seconde du Monde, dont le traitement par Gaccio avait provoqué un petit scandale.À cela ajoutons la publication cette semaine des souvenirs d'un très connu animateur de Nulle Part ailleurs, Guillaume Durand, qui racontait comment il avait été littéralement « exécuté » par la bande des Guignols, au beau milieu de son émission.Se montrant d'une prodigieuse férocité vis-à-vis du monde politique et des vedettes, les Guignols avaient depuis longtemps décidé d'appliquer le même sadisme aux animateurs de Canal Plus, au directeur des programmes Alain de Greef.et au propriétaire lui-même, Pierre Lescure.Ce louable souci de transparence avait rapidement tourné au règlement de comptes quotidien, notamment contre Durand, qui se faisait démolir méchamment en direct.Avant-hier soir, donc, début normal des Guignols, peu avant 20 h, à l'intérieur de Nulle Part ailleurs, où l'animateur Nagui a remplacé Durand \u2014 et se fait lui aussi régulièrement démolir par la bande de Bruno Gaccio.Très rapidement, on comprend qu'il se passe quelque chose.Le présentateur Poivre d'Arvor (dont le vrai modèle présente le téléjournal au même moment sur TF1) déclare : « C'est un jour un peu spécial.C'est le dernier numéro.Puisque la démocratie est en danger, puisque les droits de l'homme sont en péril.Conscients de notre responsabilité, nous avons décidé de nous arrêter.» PPDA présente alors ses excuses aux « victimes » les plus célèbres de l'émission, Mauresmo, Mary Pierce, Johnny Hallyday.Le président Chirac (dont on disait que la caricature aux Guignols.avait beaucoup fait pour sa remontée à la présidentielle) intervient : « Vous ne pouvez pas partir, en 2002, je me présente.» Arrive sa femme Bernadette : « S'il vous plaît, monsieur, restez.Mon mari a peur d'aller en prison.» (ndlr : à cause des dossiers en cours sur la mairie de Paris.) Survient Alain de Greef, qui se prend la tête dans les mains : « J'en ai rien à foutre qu'ils s'arrêtent, mais bon Dieu va falloir que je travaille pour mettre quelque chose à leur place.» Apparaît Francis Cabrel, \u2014 « la seule mamie à moustache du showbiz.» \u2014 chantonnant : « Les Guignols c'était mieux avant.» Et PPDA, au lieu du traditionnel « Atchao, bonsoir », conclut : « Allez, adieu, bonsoir.» Comme rien n'annonçait ce petit coup de théâtre, tout le monde s'est aussitôt frotté les yeux en se demandant s'il avait rêvé.Et l'interrogation métaphysique des quotidiens français d'hier était partout la même : était-ce un simple coup de bluff des auteurs de l'émission ou un vrai suicide en direct ?Question d'autant plus lancinante que l'on constatait après coup que strictement personne n'avait été informé à l'avance.Au sein de l'équipe des Guignols (50 salariés), les animateurs avaient comme d'habitude reçu leurs textes en fin d'après-midi.Étonnement de leur part.« Rien à rajouter », réplique Bruno Gaccio.Le fameux directeur des programmes Alain de Greef reçoit le script à 18 h, et se précipite dans le bureau de Gaccio : tout le monde est déjà parti, ce qui n'arrive jamais.Il doit laisser aller l'émission : « Depuis, je n'ai aucune nouvelle d'eux, ditil à 21h au Monde.J'espère seulement que c'est un gag.Si ce n'est pas le cas, ça ne me fera pas rire du tout.Ils seront remplacés par une nouvelle équipe, qui mettra quelques semaines à se roder, c'est tout.» Vingt-quatre heures plus tard, le mystère demeurait entier : s'il s'agissait d'un faux départ, il faudra un peu plus d'habileté encore que d'habitude pour renouer les fils, car c'est le genre de gag qui touche l'« image » d'une émission.S'il s'agit d'une vraie rupture, elle constituera un classique du genre à la télé : jusque-là, ce genre de dérapage extrême en direct avait été réservé à des films de fiction comme Network.Il faut dire que, bien au-delà de l'émission britannique Spitting Image dont ils s'inspiraient au départ, les Guignols de l'info avaient, pour le meilleur et pour le pire, inventé un nouveau standard télévisé \u2014 et véritablement bouleversé les règles du jeu politique en France.Impensable, pour eux, de tirer leur révérence comme tout le monde.Si suicide il y a eu, il était fort réussi.Murdoch en approche sur Yahoo! Le nouveau couple AOL-Time Warner fait des envieux GUILLAUME FOUCAULT Le Figaro, PARIS La voie tracée par AOL et Time Warner est-elle inéluctable pour tous les groupes médias ?Deux mois à peine après l'alliance qui a formé le numéro un mondial du secteur, News Corp.et Yahoo ! ne cachent plus qu'ils discutent.Les groupes de Rupert Murdoch et Jerry Yang réfléchissent, selon le New York Times, à une alliance et pourraient investir dans des projets communs.Un temps éloigné du monde d'Internet, Rupert Murdoch a décidé d'y faire son entrée.Le géant mondial de la télévision payante et commerciale, du cinéma ainsi que de la presse a un atout majeur dans sa manche : il maîtrise le contenu.Yahoo !, leader mondial des portails Internet avec 560 millions de pages vues par jour au mois de décembre, pourrait se rapprocher de lui.Ils disposeraient, ensemble, du carré magique de la nouvelle économie : audience, image, son, clients.Si aucune alliance capitalistique n'est envisagée, comme ce fut le cas pour la fusion AOL-Time Warner, des projets communs sont évoqués.Le producteur de Titanic, propriétaire de dizaines de chaînes de télévision comme Fox Kids ou Fox News et d'une pléiade de publications comme le Times ou le New York Post, peut facilement faire basculer son contenu sur les supports numériques de Yahoo !.Il peut aussi lui apporter une puissance promotionnelle planétaire que peu d'autres groupes peuvent concurrencer.Un double pari Déjà présent sur les supports numériques, le groupe News Corp.a récemment décidé de réunir ses plates-formes de diffusion par satellite dans une structure commune.Rupert Murdoch va ainsi rassembler ses participations dans Star Tv Asie, le britannique BSkyB (40 %), le japonais JSkyB, Sky Latin America, l'allemand Premiere, l'italien Stream et l'australien Foxtel au sein d'une même holding.La nouvelle entité devrait être introduite en Bourse.Dans son portefeuille, le groupe de Murdoch possède aussi TiVO, une société de technologie qui travaille à l'insertion de disques durs haute capacité dans les décodeurs satellites.Un véritable relais pour les sites Internet consacrés au cinéma.Avec News Corp., Yahoo ! ferait un double pari.D'abord, celui du contenu, peu risqué.Ensuite, celui de la deuxième génération d'Internet qui diffusera, demain, du contenu audiovisuel avec autant de facilité que du texte aujourd'hui.La page d'accueil du moteur de recherche le plus visité du monde va donc faire le pari du satellite.Elle y trouvera des canaux de diffusion à bande passante large faisant actuellement défaut.Contrairement à beaucoup de ses concurrents, le groupe Yahoo ! est rentable.Fondé il y a six ans par des étudiants, le moteur de recherche pèse aujourd'hui 87 milliards de dollars de capitalisation boursière pour un chiffre d'affaires de 588,6 millions de dollars et un profit de 142,7 millions.L'année dernière, les ventes du groupe ont doublé et son bénéfice a été décuplé.En face, l'empire de Rupert Murdoch vaut actuellement 27,3 milliards de dollars.News Corp.réalise un chiffre d'affaires de 13,6 milliards de dollars pour un profit de 678 millions.Les possibilités de développement d'une alliance Yahoo !-News Corp.sont très étendues.Celles d'un accord capitalistique moins.Les actionnaires du groupe News Corp.croient fermement dans la politique du contenu.Et ne semblent pas prêts à voir diluer leur participation dans une grande fusion.Yahoo ! Le plus important moteur de recherche que l'on puisse trouver sur la Toile, au monde.PHOTO REUTER Rupert Murdoch, intéressé par Yahoo !.Je fournis le contenu, vous fournissez la distribution.Alexandre Marc, pionnier du fédéralisme européen, s'éteint en France à l'âge de 96 ans CHRISTIAN ROY collaboration spéciale Le doyen des fédéralistes européens, Alexandre Marc, est décédé le 22 février dernier, à Vence en France, à l'âge de 96 ans.À titre de secrétaire général de l'Union européenne des fédéralistes, il donna à celui-ci une impulsion décisive dans les congrès des années 1940 (La Haye, Lausanne, entre autres) dont allaient sortir les futures institutions européennes.Il fit campagne pour tenter de doubler ces institutions d'une assemblée constituante procédant de l'initiative populaire.Son militantisme prit une forme plus pédagogique à partir du milieu des années 50, avec la création d'institutions d'enseignement par lesquelles des générations d'étudiants de tous les continents sont passées depuis, telles que le Centre international de formation européenne et l'Institut européen des hautes études internationales basés à Nice, et le Collège universitaire d'études fédéralistes dans la région francophone d'Aoste en Italie.Maître fédéraliste pour nationalistes québécois Jacques-Yvan Morin, a présidé à quelques sessions de cette université d'été du fédéralisme.L'ancien ministre péquiste n'a pas été le seul disciple québécois d'Alexandre Marc ; il faut encore compter le créateur du ministère des Affaires culturelles du Québec : Guy Frégault (1918-1980) dont la vision de l'histoire de la Nouvelle-France fournit une des bases du néo-nationalisme québécois, et devait beaucoup aux échanges intellectuels approfondis qu'il avait eu avant la Seconde Guerre mondiale avec Alexandre Marc, en tant que jeune correspondant canadien de son mouvement personnaliste français.Ce paradoxe d'un fédéraliste européen militant inspirant des adversaires du fédéralisme canadien tel qu'il existe s'explique peut-être par le fait qu'Alexandre Marc exigeait un « fédéralisme intégral », soit un maximum de dévolution et d'autogestion dans tous les domaines, en même temps que des liens fonctionnels à géométrie variable entre groupements sociaux constitués « à hauteur d'homme » \u2014 c'est-à-dire localement, et fédérés de loin à l'échelle globale de l'humanité.Cette dévaluation des États-nations et de leurs frontières doit beaucoup au socialisme mutualiste de Pierre-Joseph Proudhon, que Marc a toujours opposé au matérialisme historique de Karl Marx, ayant dès l'adolescence combattu en son nom les Bolcheviks durant la Révolution russe.L'inventeur du personnalisme français Né à Odessa en Russie le 1er février 1904, fils de banquier russe, Alexandre Marcovitch Lipiansky changea son nom après avoir émigré en France en 1919 et poursuivi des études de philosophie en Allemagne en 1922.Marc en revint convaincu de la nécessité de passer outre à l'antagonisme des États-nations pour affronter la crise globale de civilisation qui se présentait aux hommes de tous les pays.Il forgea alors le terme de « personnalisme » pour désigner le nouvel humanisme du mouvement politique « ni de droite ni de gauche » qu'il créa en 1930 pour sortir du « désordre établi » dont témoignait la crise économique, l'appelant Ordre nouveau \u2014 avant que ce nom n'ait acquis des connotations suspectes du fait de son usage par des fascistes durant la guerre et depuis.Marc lui-même sera du reste un résistant de la première heure.Dès l'avant-guerre, il avait conçu la formule d'un « minimum vital garanti », correspondant au « revenu de citoyenneté » dont on parle de plus en plus aujourd'hui, comme un des moyens de sortir des contradictions propres à une société industrielle générant à la fois du travail aliénant et du chômage technique.La notion de personnalisme, fut reprise et popularisée par Emmanuel Mounier dans sa revue Esprit après que Marc l'y eut employée le premier à ses débuts.Cette notion joua un rôle-clé dans la modernisation de l'Église catholique que consacra Vatican II, et par là, dans l'arrière- plan de la Révolution tranquille au Québec.C'est dire l'importance de cette figure méconnue de l'histoire du XXe siècle que fut Alexandre Marc, dont la vie longue et mouvementée s'est achevée au seuil du XXIe, ayant anticipé plusieurs de ses enjeux.Christian Roy est l'auteur d'une thèse de doctorat en histoire pour l'Université Mc Gill qui vient d'être publiée en France : Alexandre Marc et la Jeune Europe (1904-1934) : L'Ordre nouveau aux origines du personnalisme Nice, Presses d'Europe, 1999), ainsi que d'un article sur Le personnalisme de L'Ordre nouveau et le Québec 1930-1947 : son rôle dans la formation de Guy Frégault, dans la Revue d'histoire de l'Amérique française (vol.46, no 3, hiver 1993, pp.463-484). 7LP1301A0305 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0305 ZALLCALL 67 00:48:15 03/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 A 13 Tendances, à trois jours du 8 mars 2000 Ces femmes qui gagnent plus que le conjoint ; ces nouveaux pères ; ces femmes célibataires qui augmentent en nombre Un journaliste marié à une femme médecin, une journaliste vivant avec un ouvrier, un journaliste en ménage avec une patronne d'entreprise : qu'est-ce que ces situations ont en commun ?Dans les trois cas, les femmes gagnent plus que leur conjoint.Ce fait n'est plus exceptionnel dans les sociétés industrielles et aux États-Unis, il est en croissance constante, note le Washington Post, signe palpable d'une vague de fond engendrée par le mouvement féministe au fil des décennies.Victoire incomplète à l'évidence, mais victoire sûre quand même qui a l'allure de ce que les spécialistes appellent une tendance lourde dans nos sociétés.Une tendance qui coïncide, en corollaire souvent, avec une autre tendance lourde, dont rend compte The Economist : l'avènement croissant de jeunes pères qui assument totalement leur paternité dès la naissance de bébé.Ils ne le font plus par souci de devoir « faire leur part » dans le ménage, mais par choix de vie fondamental.Je lisais justement ces coupures de presse cette semaine lorsque mon fils Martin, 30 ans, et sa fille Blanche, huit mois, sont venus déjeuner chez moi.Rituel de la couche à changer, du biberon à servir à la bonne température, du petit pot de purée de poire.« Elle adore les poires », dit Martin, qui connaît tous les goûts de Blanche, sans compter le fin détail de ses horaires.Et ses caprices : ce jouet qu'elle jette par terre en regardant son père droit dans les yeux avec son indéfinissable sourire.La complicité entre les deux est totale.Et fascinante.Suivent un bout de conversation sur les mérites respectifs des pédiatres qui ont vu Blanche et l'appréciation critique qu'en fait Martin.Tout à l'heure Martin ira pousser le landau de mademoiselle, avenue du Mont-Royal.De fait, promenezvous avenue du Mont-Royal par un après-midi ensoleillé, vous rencontrerez de plus en plus d'hommes poussant seul un landau.Martin a des horaires flexibles qui lui permettent d'assumer complètement la garde de Blanche pendant des pans entiers de journée, libérant ainsi Roxanne, sa conjointe.Il explique que dans leur cercle d'amis, de plus en plus de couples fonctionnent comme le sien.Au plan financier, Roxanne et Martin gagnent à quelques sous près des salaires identiques.Nombreux sont les couples de leurs amis, au tournant de la trentaine, où la femme, scolarité aidant, gagne plus que le conjoint.Mutations Aux États-Unis, dit un reportage du Washington Post, on compte maintenant près de 11 millions de femmes dont le revenu est plus élevé que celui de leur conjoint.Ce qui, observent sociologues et économistes, transforme singulièrement la chimie de la vie commune, sous l'angle des travaux ménagers, du pouvoir économique, mais aussi des ego et des attentes de la vie.Debra Judelson, 48 ans, cardiologue de 48 ans, gagne plus de 300 000 $ par année ; son mari, A.J.Willmer, sorte d'inventeur en électronique, n'a jamais connu d'emploi stable.Mais il aura pris une part plus active que sa femme à l'éducation de leurs deux filles, se sera investi dans le comité de parents à l'école et aura géré les investissements de Mme Judelson.Échappant à tout stéréotype, les situations de revenus ici auront contribué à dessiner dans le couple un partage de responsabilités tout à fait unique.À ce point unique, avoue Mme Judelson, que des amis les regardent aller et ne comprennent pas.Pourtant, dit-elle, « c'est une situation qui me convient parfaitement ».Quand à M.Willmer, des amis mâles à l'occasion le narguent.On le soupçonne, l'éducation est responsable de cette multiplication de couples où la femme gagne plus que l'homme.Un économiste de Harvard, Richard Freeman, a constaté que dans les années quatre- vingt-dix aux États-Unis, les collèges et universités ont produit 20 % de plus de femmes diplômées que d'hommes.L'impact à terme de cette tendance est énorme.Le Boston Globe signale à ce propos que la magistrature de l'ensemble de l'État du Massachusetts compte maintenant 30 % de femmes.Aussi récemment qu'en 1989, 90 % des juges étaient des hommes.On peut imaginer que beaucoup de ces femmes juges gagnent plus que leur conjoint.Cela dit, les spécialistes ont voulu savoir si les femmes placées en situation de gagner un revenu supérieur à celui de leur conjoint développaient des comportements semblables à ceux des hommes ayant un revenu dominant.Or ce n'est pas le cas, semble-t-il.Des recherches ont démontré que lorsqu'un homme gagne plus que sa conjointe, il a généralement tendance à considérer sa carrière comme plus importante que sa femme.Mais une femme qui gagne plus dira que sa carrière est « aussi importante » que son conjoint.Les femmes, ont dit les sociologues au Washington Post, auraient plus tendance que les hommes à ne pas faire sentir à l'autre le fait qu'elles sont les principales pourvoyeuses du ménage.Les nouveaux pères Les femmes gagnant plus d'argent que le conjoint restent minoritaires, mais une majorité de femmes désormais ont un travail hors ménage, ce qui depuis une couple de générations maintenant interpelle la conscience des pères.Dans son livre Father Courage, recensé par The Economist, la spécialiste Suzanne Braun note que 93 % des Américains actuellement croient au partage égal des responsabilités d'éducation des enfants.Elle constate que chez tous les jeunes hommes qu'elle a interviewés, « aucun ne voulait être un père comme celui qu'ils avaient eu », ce qui est probablement la critique la plus cruelle qu'on puisse faire aux générations mâles grisonnantes.Elle décèle des tendances nouvelles : des hommes authentiquement voués à leurs responsabilités familiales.Des hommes qui, par exemple, refuseront certains voyages d'affaires pour des raisons familiales.À ce chapitre, note-t-elle, les employeurs ont développé au fil des ans des ouvertures envers les employées mères de famille, mais ils restent peu enclins à pareille compassion pour leurs employés qui évoquent leur statut de pères de famille.Dans l'intervalle, au sein même de la cellule familiale des pères bien intentionnés se heurteront parfois à la résistance d'une conjointe qui considère la « responsabilité maternelle » traditionnelle comme une exclusivité, donc non partageable.Mais pour ces nouveaux pères, la grande révolution reste d'avoir découvert que prendre son enfant de sept ans par la main et le conduire à l'école, ça peut être aussi ça la vraie vie.Et plus qu'un « devoir ».Même si un vieux rêve de devenir président de General Motors peut traîner mollement dans un autre département des petites cellules grises.Les célibataires Ces tendances idylliques étant dites sur le pouvoir économique des femmes dans le ménage et sur la paternité nouvelle, jamais autant de femmes, aux États-Unis, depuis la grande dépression, n'auront vécu sans compagnon ni enfants, indique un reportage du Boston Globe Magazine.En 1995, selon des statistiques fédérales 18,6 % des femmes âgées de 35 à 44 ans \u2014 soit quatre millions \u2014 n'avaient pas eu d'enfants et ce pourcentage n'était que de 12 % en 1970.Le poids social de la vie familiale, charrié tant par la publicité que par les valeurs ambiantes, a tendance à placer ces femmes en situation d'exclusion.L'expression « vieille fille » a disparu du langage, mais la réalité de la chose subsiste, dans des conditions toutefois qui diffèrent de ce qu'elles furent dans les générations antérieures.Souvent, la femme seule d'aujourd'hui aura une meilleure situation financière qu'une contemporaine qui a choisi de se marier en pensant à sa sécurité.De tout temps, des femmes auront vécu seules par choix ou plus souvent par hasard, mais aujourd'hui certaines opteront pour le célibat sous l'effet traumatisant de données claironnées sur les divorces ou les violences faites aux femmes.Voici sans doute une conséquence secondaire malheureuse d'un combat par ailleurs grandiose pour la libération des femmes, qu'on voudra rappeler dans trois jours à la faveur de la Journée internationale de la femme.Célibataires Retardataires Antiquaires Rudimentaires n Le célibat peut être affaire de choix ou de circonstances, mais dans le cas de Silicon Valley c'est un état de fait qui s'applique aux hommes et qui s'explique par l'hyperconcentration de mâles engagés dans les nouvelles technologies, tâches pour lesquelles ils restent, à ce momentci, mieux préparés que les femmes.L'envers de la médaille, c'est que les femmes célibataires dans cette région présentent l'indice possiblement le plus faible de tout l'hémisphère occidental, écrit Business Week.Ces hommes célibataires sont nombreux, riches et s'ennuient.Dans le seul comté de Santa Clara, on rencontre 68 000 célibataires mâles de plus que de femelles.Et à San Jose, l'écart entre célibataires mâles et femelles est le plus important que l'on puisse trouver en Amérique.Un visiteur britannique dans la région a eu le sentiment un jour de se retrouver en pays musulman, tant les femmes sont peu visibles dans la rue.Dans leurs rencontres sociales ici, les hommes parlent moins de leurs performances au golf que de l'art de dégoter telle ou telle rare femme célibataire présente dans le décor.Rien à voir avec le tableau général de la situation aux États-Unis où l'on compte 43 millions de femmes célibataires contre 36 millions d'hommes célibataires.n Les femmes font le compte de leurs victoires aux États-Unis, mais il reste un domaine où elles font encore face à des résistances bien ancrées : le pouvoir politique.Et il n'est pas sûr, de l'avis général des observateurs, que Madeleine Albright, première femme à occuper le poste de secrétaire d'État (ministre des Affaires étrangères) ait contribué à faire renverser la situation.Pour l'instant, aucun signe ne permet de croire à l'avènement prochain d'une femme à la Maison-Blanche.Encore aujourd'hui, 16 % des femmes et 17 % des hommes disent qu'ils ne voteraient pas pour une femme à la présidence du pays, des chiffres néanmoins qui sont en baisse, note un chroniqueur du New York Times.Seulement neuf des cent postes de sénateur sont occupés par des femmes.Forte de 435 membres, la Chambre des représentants ne compte que 56 femmes.Et seulement trois États sur 50 ont élu une femme comme gouverneur.Les sondages sont révélateurs.Les Américains en général veulent bien élire des femmes, mais quand on raffine les questions, on observe que la confiance envers les femmes diminue au fur et à mesure que prend de l'importance le poste en jeu.Le message : plus la tâche est considérable, plus ça prend un homme pour l'assumer.n Au-dessus des eaux calmes d'un féminisme devenu tranquille et sûr de luimême vient d'éclater une tornade aux États-Unis : un livre signé par un psychologue et un anthropologue formés aux doctrines darwiniennes qui prétendent que le viol est un acte « naturel ».Pour l'essentiel, les auteurs de A Natural History of Rape : Biological of Sexual Coersion remontent à l'âge de pierre pour expliquer que le viol est inscrit dans l'histoire humaine et qu'il est essentiellement une affaire de sexualité et d'instinct de reproduction avant d'être une affaire de violence et d'humiliation, comme on en convient généralement depuis un quart de siècle dans nos sociétés.Le livre a naturellement horrifié des militantes féministes, mais aussi des scientifiques, ce dont rend compte le Los Angeles Times.Un des auteurs, Randy Thornhill, rejette du revers de la main le côté rectitude politique de ces réactions.Il affirme que des reportages tordus sur le livre n'ont pas permis de comprendre son propos qui se veut rigoureusement scientifique, mais d'une sophistication que l'engeance médiatique est incapable de transmettre.Dans l'intervalle, des militantes s'arrachent les cheveux : qu'arrivera-til en cour quand la défense d'accusés de viol invoquera ce livre ?n Et bébé lui dans tout ça ?Bébé, qu'on croyait plus ou moins boule de suif à sa naissance, voici qu'on le découvre capable d'une forte capacité cérébrale aussitôt sorti du ventre de sa mère, et pas n'importe comment mais avec grande sophistication.C'est ce que révèlent trois spécialistes de l'Université Berkeley, cités dans le Financial Times, de Londres, à l'encontre d'une croyance populaire \u2014 et souvent scientifique \u2014 qui remonte aux Grecs de l'Antiquité.Jusqu'à il y a peu, des spécialistes disaient que si bébé fait risette, ce n'est qu'un gaz ; et que maman ne devait pas s'illusionner si elle croyait que l'enfant l'avait reconnue.Erreur, disent ces spécialistes, qui disent faire le point de 30 années d'études sur le sujet.Dès leur naissance, les bébés voient, distinguent les visages et savent repérer la voix humaine parmi d'autres bruits.En quelques jours, ils sont capables de reconnaître les visages et les voix et en deçà de neuf mois, peuvent faire la différence entre le bonheur, la tristesse et la colère.En deux mois, ils apprennent à distinguer les objets les uns des autres et à voir comment un objet bouge.De fil en aiguille, ce sont finalement de petits scientifiques et de petits philosophes qui se présentent ensuite en maternelle, et non des cruches à remplir, disent les auteurs dans leur livre How Babies Think : The Science of Childhood. 7LP1401A0305 a14 perso dim 5 mars 7LP1401A0305 ZALLCALL 67 00:45:56 03/05/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 MARS 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 5 MARS 2000 Roger D.Landry JEAN-PAUL SOULIÉ Président et éditeur, il était à la tête du plus grand quotidien français d'Amérique depuis 1980.Roger D.Landry vient de quitter La Presse.Il laisse, après deux décennies de travail et d'innovations, un journal rajeuni et dynamique, une entreprise en bonne santé, des relations de travail harmonieuses.Il y a 20 ans, la situation du quotidien de la rue Saint-Jacques était fort différente.Le climat social y était tendu, et dans une conjoncture économique difficile, avec une situation financière en déséquilibre et après plusieurs conflits de travail successifs, des rumeurs de fermeture planaient sur le journal.Époque révolue.Dès les premières années du règne de M.Landry, une série de transformations a marqué le journal.Le tabloïd des sports est lancé en février 1981, le cahier Plus remplace Perspective, les télé-horaires sont créés, et La Presse se « montréalise ».On assiste à la création des cahiers hebdomadaires et de l'édition du dimanche, et au développement de cahiers spéciaux toujours extrêmement populaires.Homme de terrain, conférencier recherché, animateur dynamique, M.Landry s'est constamment préoccupé de l'image corporative du journal La Presse.L'année du centenaire, d'octobre 1983 à octobre 1984, a donné au quotidien une immense visibilité.Son président et éditeur a été lui-même sur toutes les tribunes, de tous les événements qui ont salué la fin du premier siècle du journal.Le journal La Presse est partie intégrante de la vie de Montréal, et l'année de son centenaire a marqué son histoire.En 1984, c'est à l'initiative de M.Landry qu'est créé le programme Excellence, qui comporte la nomination d'une personnalité de la semaine et la présentation du gala télévisé de l'Excellence.Par un juste retour des choses, La Presse salue le départ de celui qui a présidé à sa croissance et à sa vitalité pendant 20 ans en nommant Roger D.Landry Personnalité de la semaine.« J'accepte cet honneur avec beaucoup d'humilité, mais je me sens tout de même un peu « incestueux » ! Cette célébration de l'Excellence, je l'ai créée.Et au départ, j'ai été le seul qui y croyait ».Les 20 années qu'il a passées à La Presse, M.Landry en parle comme d'une « histoire d'amour ».« Je suis un homme heureux, comblé, après ces 20 merveilleuses années passées avec des gens que j'ai aimés.» Des grands moments de sa carrière de président et éditeur de La Presse, M.Landry retient surtout l'inoubliable année du centenaire, avec toutes ses festivités, les rencontres avec les personnalités, politiciens, artistes.Il y a eu aussi la mémorable rencontre avec les employés du journal à la Place des Arts, en 1981.« Je leur ai dit : on se met au boulot, on cesse de s'autodétruire.Et ça a marché.» « Ma plus grande réalisation, c'est sans doute les stages pour jeunes journalistes.Ils n'existaient plus, pour des raisons économiques.Nous avons fait beaucoup dans ce domaine.Toute l'information au Québec en profite et tous ces jeunes journalistes sont mes amis.Je suis très fier d'avoir contribué à former une relève, j'ai un amour inconditionnel pour les jeunes.Ils sont nos enfants, notre raison d'être.» « Le journal se porte bien, j'ai reçu des témoignages très chaleureux des annonceurs, de nombreux amis.Tout ça m'a permis de réaliser ce qui me tenait le plus à coeur : le respect de la liberté d'expression, le respect de l'information, du travail de la salle de rédaction.Je quitte la tête très haute parce que j'ai réussi à préserver la liberté de la presse dans mon journal.» Pour tout ce qu'il a été capable de réaliser pendant deux décennies, M.Landry tient à remercier tous ceux qui l'ont entouré, les propriétaires du journal, l'équipe de la direction.Avant de tourner la page, il veut parler de sa secrétaire, qui était avec lui depuis plus de 20 ans.« Elle était avec moi quand j'étais avec les Expos.Et mon chauffeur, René.Sans jeu de mots, nous avons fait une longue route ensemble.J'ai aimé tout ce monde-là, les pressiers, les typographes, les journalistes.» « J'ai été un homme heureux à La Presse.Je vais continuer, je suis un bon vivant.Je ne cesserai pas d'être présent, toujours disponible pour les vraies causes.Mais ma vie à La Presse, c'est une histoire d'amour.» «Je suis un homme heureux, comblé, après ces 20 merveilleuses années passées avec des gens que j'ai aimés.» Des grands moments de sa carrière de président et éditeur de La Presse, M.Landry retient surtout l'inoubliable année du centenaire, avec toutes ses festivités, les rencontres avec les personnalités, politiciens, artistes.B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2831315 Not Found B0P01PROMO?10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Found 2831315?10X060 00 personnalite de la s LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.