La presse, 23 mars 2000, D. Sortir
[" 4LP0198D0323 D-1 JEUDI sortir 4LP0198D0323 ZALLCALL 67 08:49:39 03/23/00 B 4LP0201D0323 D-2 JEUDI sortir 4LP0201D0323 ZALLCALL 67 00:39:02 03/23/00 B D 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 Bouffée de fraîcheur! VALÉRIE LETARTE collaboration spéciale Bien avant le débat actuel sur l'humour et les limites qu'il peut ou non franchir, l'arrivée des Chick'n Swell a été ressentie par plusieurs comme un soulagement, une bouffée de fraîcheur ! Le trio, qui a commencé à se faire connaître il y a quatre ans au Festival Juste pour rire, était en nomination dans la catégorie Découverte au gala des Olivier, dimanche dernier (c'est Crampe en masse qui l'a finalement emporté).Préférant concentrer ses énergies et son imagination sur l'absurde, Chic'n Swell évite l'actualité, la politique, la vulgarité \u2014 et les blagues sur les homosexuels.Ce qu'ils nous offrent, ce sont de petites histoires tragico-comiques dans lesquelles des personnages de clowns ou de voleurs au ralenti ou en accéléré empruntent à l'imaginaire du cinéma et de la télévision.Les Chick'n Swell, qui ont chacun 27 ans, sont les cousins du Groupe Sanguin et des Bizarroïdes, les petits frères de RBO, et presque les enfants de Ding et Dong.Il y a dix ans, le groupe s'est formé de Daniel Grenier et Francis Cloutier.Ils s'étaient rencontrés à la polyvalente de Victoriaville, avaient monté un spectacle pour payer la location d'une limousine pour le bal des finissants, et y ont pris goût.Ils ont poursuivi à l'École nationale de l'humour et ont fait la connaissance de Ghyslain Dufresne, qui en plus de participer à la création de Crampe en masse, s'est ajouté au groupe.« Avec les Chick'n Swell, je suis davantage un comédien.Pour ce qui est de l'horaire, deux groupes, ça demande un peu plus d'organisation, c'est tout.Je n'ai pas pu résister ! Tant que je pourrai mener les deux de front, je le ferai ! » Les idées, l'écriture, ça revient donc à Daniel, celui qui pense visuel et rythme, et Francis, qui se définit comme l'émotif du trio, le grand sensible qui avoue avoir pleuré en voyant le film A Straight Story de David Lynch et qui, dans chaque histoire imaginée, n'hésite pas à faire se frôler la tragédie et la comédie.Assis devant un petit déjeuner, les Chick'n Swell sont de charmants jeunes hommes bien élevés, qui partagent les fruits, les confidences, les anecdotes et les questions, avec une aisance désarmante et une bonne humeur plus contagieuse que tapageuse.Sur scène, ils se transforment en dynamos et se démènent avec une agilité incroyable, entre les très nombreux changements de costumes, les accessoires rigolos, et les étonnantes ruptures de ton.Sans oublier toutes les insertions sonores, qui font de leur premier spectacle, un feu roulant étourdissant pour le spectateur et techniquement exigeant pour les comédiens.Et ça aussi, fait partie du plaisir.« C'est excitant à chaque fois.Faut que ça roule ! Il y a toujours une certaine fébrilité, un peu de danger.C'est encore plus drôle quand il y a de l'imprévu, comme les coulisses qui ont déjà foutu le camp.On est déstabilisé, c'est un défi », explique Daniel.Ce premier spectacle, qu'ils ont déjà promené en région, et déjà présenté l'an dernier à Montréal au Cabaret, ils le reprennent demain soir, dans le cadre des célébrations entourant l'inauguration du Nouveau Club Soda.Ce qui a changé depuis ?Du nouveau, mais surtout la participation de Ghislain Taschereau, qui signe la mise en scène.« Il a tout observé, revu et resserré, nous a amené à pousser plus loin, à aller à fond.Son sens de l'absurde rejoint le nôtre et travailler avec lui a été formidable », déclare Francis, pleinement satisfait.Les Chick'n Swell font partie de cette nouvelle vague de groupes d'humour (pensons à Dominic et Martin, aux Mecs comiques) auxquels le public semble vouloir s'identifier.Explication de Daniel.« Peut-être que le public aime voir des équipes sur scène, des gens qui ont des liens de travail et d'amitié.C'est chaleureux, du monde qui se tient, surtout à notre époque tellement individualiste.En tous cas, nous, quand on était jeunes et qu'on voyait RBO, on se disait que ça devait être vraiment l'fun ! » Précisons qu'il y a un quatrième Chick'n Swell, Michel Grenier, le discret frère de Daniel, qui est leur gérant, mais également leur technicien sonorisateur.C'est lui qui, 109 fois, durant le spectacle, veille à ce que le bon petit bout de son arrive au bon moment.Indispensable.Ajoutons que le groupe a un projet de télévision avec Avanti Ciné Vidéo, que Guy A.Lepage leur donne un coup de pouce, et que Radio- Canada s'est montrée très intéressée.Nous avons là, sans doute aucun, nos quatre garçons dans le vent.LES CHICK'N SWELL, demain, 20 h, au Nouveau Club Soda, 1225, boul.Saint- Laurent ; info : 514 790-1111.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Les Chic'n Swell (Francis Cloutier, Ghyslain Dufresne et Daniel Grenier) font partie d'une nouvelle vague de groupes d'humour.La LIM déménage C'est sur la scène du Cabaret du Musée Juste pour rire que la Ligue d'improvisation montréalaise (LIM) amorcera sa nouvelle saison, dimanche.La ligue alternative, qui dirige également une ligue dite Pamplemousse formée de 14 équipes collégiales, ainsi qu'une ligue laboratoire (la LIMonade), a procédé à certains autres changements.D'abord, l'ajout de nouvelles catégories d'impro, ce qui repoussera encore plus loin les limites de la créativité des comédiens.De plus, le nombre d'équipes a été réduit à trois, «pour élever le niveau de jeu» et le rendre encore moins compétitif dans l'esprit de la LIM.CABARET DU MUSÉE JUSTE POUR RIRE, 2111, boulevard Saint-Laurent 514 845-2014. 4LP0301D0323 D-3 JEUDI sortir 4LP0301D0323 ZALLCALL 67 00:35:21 03/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 D 3 Hôtels culturels ISABELLE MASSÉ et PHILIPPE RENAUD collaboration spéciale On ne va plus à l'hôtel que pour dormir ou bruncher le dimanche.Surtout depuis que certains hôtels, désireux d'attirer une clientèle tant locale qu'internationale, se donnent des airs de musée, de discothèque et de salle de spectacles.Suivant la tradition européenne, ils s'acoquinent avec la culture sous toutes ses formes.« En Europe, les gens ont l'habitude de fréquenter les hôtels pour des expositions », affirme Louise Lapointe, aux relations publiques et culturelles de l'hôtel Delta.« Les hôtels de Miami et Los Angeles sont considérés comme des endroits publics, au même titre qu'un musée ou un bar, constate Rachael Sirois, de l'hôtel Europa Royal.Ici, rares sont ceux qui attirent la clientèle locale.Espace en art La mezzanine de l'Hôtel Delta porte, depuis septembre, le joli nom d'Espace Adagio et déploie ses murs aux artistes.L'initiative vient de Louise Lapointe, passionnée d'art, engagée par la direction pour consolider la vocation culturelle de l'établissement.« Toutes les salles de l'hôtel portent le nom de compositeurs célèbres, dit celle qui a travaillé en galeries pendant dix ans.Adagio signifie mouvement lent en musique.Comme les gens doivent ralentir pour regarder les oeuvres exposées.» Louise Lapointe a inauguré l'Espace Adagio en affichant les clichés des photographes des festivals Nuit d'Afrique, Juste pour rire, du Jazz, des Films du monde et Fantasia.Pendant le festival Montréal en lumière, l'artiste Julien Doré a sculpté son Jardin de cristal dans celui de l'hôtel, où on servait du café irlandais.Chambres à part, la prochaine exposition de l'Espace Adagio (du 28 mars au 30 avril) regroupe les tableaux, photos, dessins et sculptures de 21 étudiants de l'Université Concordia.Le mariage de plusieurs disciplines risque fort de plaire à la masse.« Nous attirons beaucoup de gens qui ne fréquentent pas les galeries et les musées.On ne fait pas d'argent avec de telles activités, mais on fait connaître l'hôtel.» Oasis urbain L'hôtel Europa Royal propose, depuis janvier, la totale en matière de dépaysement aux Montréalais.Elle veut rappeler à sa clientèle que la mer Méditerranée n'est pas si loin.En effet, son lobby aux formes arrondies, aux murs sablés couleur sable, aux colonnes recouvertes de tissu capitonné pourpre et aux nombreuses fontaines, n'a rien à voir avec l'entrée des autres hôtels de la ville.Son ludique lounge Acqua, avec ses téléviseurs encastrés et ses tables en spirale, est une autre belle incongruité de l'hôtel.Les jeudis, hommes et femmes d'affaires descendent de leurs tours à bureaux pour s'y retrouver de 5 h à 7 h en compagnie du guitariste Michel Gauthier.Le vendredi soir, le DJ Santos prend possession des platines et transforme l'endroit en discothèque.Plus de 100 designers ont refait une beauté à l'hôtel.En mai, on inaugurera la première terrasselounge sur le toit d'un édifice montréalais : l'Aria Sky Lounge, où on pourra visionner des films sur écran géant en grillant un cigare de La Havane.La direction pense déjà à s'associer au Festival des films du monde pour la tenue d'activités en parallèle.Des murs encadrés Inspiré par l'exposition Monet au Musée des beaux-arts de Montréal l'an dernier, Benoît Auclair, directeur de la restauration du Novotel, a décidé de tapisser de tableaux les murs du bistro de l'hôtel.« Nous avions accroché les oeuvres impressionnistes de jeunes artistes.Je me suis dit : \u2018\u2018pourquoi ne pas continuer ?'' C'est une belle façon de décorer.» Fort d'une entente avec l'Académie arts et beaux-arts à Varennes, le Café Nicole voit depuis ses murs changer de couleurs tous les six mois.Jusqu'en juin, une trentaine de tableaux d'Ange-Albert Dalpé, Benoit Desfossés, Gémma Thériault, Danielle Trottier et Diane Turmel recouvrent la tapisserie rayée du bistro.« Nous faisons ainsi connaître les artistes d'ici, note Maryse Casol, qui représente plusieurs peintres de l'Académie.Si on vend, tant mieux ! » Sur les traces d'Elvis Samedi, de 20 h à minuit, le Château de l'aéroport de Mirabel voyagera dans le temps.L'établissement réserve sa salle de bal à la formation Dominic & Corvairs.Pour un bal ?La réception d'un mariage ?Pour un spectacle tout simplement.Devant un public de 400 personnes, la formation alignera les succès des années cinquante et soixante entourée de dix danseuses.«Play it again, Marius!» Pas facile, la vie d'artiste ?Demandez donc à Michel & Marius, le duo qui fait les belles soirées de l'Auberge Universel de Montréal, à côté du Stade olympique.Depuis près de cinq ans, Michel « chante pour les femmes » et Marius l'accompagne au piano.« Ça fait trente ans que je fais ce métier ! » clame fièrement Michel de sa voix racoleuse.Marocain d'origine, Michel a adouci bien des oreilles de Alger à Montréal, en passant par Paris et San Francisco.Il chante en français, en anglais, en espagnol, en italien, en arabe.Et il connaît bien son public : « Dès que j'entre dans une salle, je sais ce qu'il faut chanter.J'ai appris à reconnaître les foules et à adapter mon répertoire.Si les gens veulent du rock n' roll, de la chanson française ou des standards de Sinatra, je le sais.» Le duo connaît des centaines et des centaines de chansons, ce qui lui permet de répondre aux nombreuses demandes spéciales.Malgré le travail constant, malgré les heures de travail tardives, Michel et Marius n'hésitent jamais à enfiler leur complet chic.Ne les manquez pas chaque week-end, du jeudi au samedi.Prenez note que le duo lancera vendredi prochain, à l'hôtel, sa deuxième compilation sur cassette, Michel & Marius, volume 2.Ça va fêter.Arrêtez tout! C'est l'heure du thé! Il est 15 h 30.Vous avez passé la journée à magasiner dans le centreville, vous êtes fatigués de trimballer vos paquets.Reprenez votre souffle au Ritz-Carlton avant de vous frotter au trafic : c'est l'heure du thé ! La tradition du thé au chic hôtel du centre-ville remonte à 1912 et se poursuit invariablement aujourd'hui, sous les auspices du Conseil Canadien du thé ! On vous reçoit au Café de Paris à l'heure traditionnelle pour vous servir le thé à l'anglaise, le thé traditionnel ou le thé royal.Pour 3,85 $, vous pourrez déguster \u2014 tout en savourant la musique de la harpiste \u2014 l'une des variétés de thé à la carte.Le thé à l'anglaise vient, pour 15,95 $, avec une sélection de petits sandwichs, scones, pâtisseries françaises et petits fours.Enfin, l'expérience ultime, le thé royal, qui se distingue par sa coupe de champagne servie avec des fraises \u2014 comme à Wimbledon ! La totale, pour 32 $.Enfin, un thé spécial (déthéiné, chocolat chaud ou tisane) est servi aux enfants de 10 à 12 ans, histoire de les initier à la grande tradition britannique.Arrêtez tout et dégustez paisiblement.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Les jeudis, de 5 h à 7 h, hommes et femmes d'affaires se retrouvent au lounge Acqua de l'hôtel Europa Royal en compagnie de deux musiciens.Nature à distance JENNIFER COUËLLE collaboration spéciale Sauvage, la nature ?Dans Faking Nature, une installation multimédia en trois parties de Kevin Kelly, la nature passe à la moulinette de la culture.Quant à la culture, c'est sur quatre roues et par rétroviseurs interposés qu'elle se cherche.Peintures panoramiques, ici d'un drive-in safari, là d'une autoroute ; vidéos de fleurs hybrides et image au jet d'encre d'une bête captée sur vidéo, ensuite photographiée, puis numérisée (ça fait loin du poil, tout ça) constituent le corpus de cette exposition qui, caustique et amusée, signale le gouffre qui sépare la nature de sa représentation.Pour ce qui est du clou, il faut voir la quinzaine d'animaux empaillés toutes pupilles tournées vers un téléviseur diffusant un collage d'extraits on ne peut plus violents des films d'Arnold Schwarzenegger.Touché MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEIGES, 5290, chemin de la Côte-des-Neiges, jusqu'au 30 avril.Chromos littéraires C'est à un rendez-vous avec la démesure que nous convie Daniel Gagnon-Barbeau.Avec ce trop-expressif qui fait parfois la force de la caricature.Ce peintre qui est aussi romancier et essayiste fait étalage, ces jours-ci, d'une galerie de portraits.abusifs.Et le mot, ici, est tout doux.Portraits d'écrivains donne à voir une cinquantaine d'énergiques effigies des visages de la littérature québécoise.D'Arlette Cousture à Pierre Perrault, en passant par Monique Proulx, Gaston Miron et Jacques Godbout, le compte est bon.Quant à la peinture.Il y a présence et ressemblance, mais surtout une inquiétante parenté avec ces grands yeux candides de frimousses d'enfants sur velours noir.Quelle idée ! MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DEGRÂCE, 3755, rue Botrel, jusqu'au 20 avril.Effets de verre Il reste encore quelques jours pour se mettre au parfum de la relève en verre d'art.Les Montréalaises Maude Bussières, Carole Frève et Isabelle Massé, de même que Jonathan Mossop, d'Alberta lui, exposent actuellement un assortiment de sculptures qui carburent au doigté et à la délicatesse.Qui rappellent à quel point le verre, comme matière première, sait aisément fasciner.À signaler, la série de très beaux bols impraticables d'Isabelle Massé, ainsi que les étranges et séduisants objets secrets qui en cachent parfois d'autres de Maude Bussières.GALERIE ELENA LEE VERRE D'ART, 1428, rue Sherbrooke Ouest, jusqu'au 28 mars.FILL92 4LP0401D0323 D-4 JEUDI sortir 4LP0401D0323 ZALLCALL 67 00:36:09 03/23/00 B D 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 La folie des petitesses Ils ne sont qu'une vingtaine, mais ils forment depuis 1965 une solide association.Leur dada est, semble- t-il, très prisé en Europe et aux États-Unis, mais peu reconnu au Québec.C'est pour mieux transmettre la passion de ses membres que l'Association des modélistes du Québec organise une exposition au Musée Stewart de l'île Sainte-Hélène samedi et dimanche.Les oeuvres exposées auront un caractère historique ou fantastique, mettant en scène Robin des Bois ou le roi Arthur, par exemple.La confection de ces figurines nécessite non seulement une grande précision manuelle (et de la patience), mais aussi une connaissance de l'histoire pour que le produit final soit des plus vraisemblables.L'entrée est de 6 $ pour les adultes, 4 $ pour les enfants ; c'est gratuit pour les moins de 7 ans.MUSÉE STEWART, à l'île Sainte-Hélène, les 25 et 26 mars de 10 h à 17 h.Info : 450 656-2606.Cinéma d'Algérie La cinéaste algérienne Djamila Sahraoui sera, à l'invitation de l'Association Pont Algérie-Québec, de passage à Montréal et à Québec pour nous présenter son film La Moitié du ciel d'Allah, un documentaire prisé, tourné en 1995, qui s'inscrit dans son travail de valorisation de la libéralisation de la femme dans son pays natal.Aujourd'hui installée en France, la documentariste discutera, en compagnie des spectateurs, à propos de la douloureuse condition féminine en Algérie.Une représentation aura lieu mardi soir, 19 h, au cinéma de l'ONF (au coût de 8 $), puis le lendemain, même heure, au Musée de la civilisation de Québec, dans le cadre du festival Femmes « bâtisseurs » d'Afrique.CINÉMA ONF, 1564, rue Saint-Denis, 514 529-8123.Musée de la civilisation de Québec, 418 643-2158.La mode.et pour cause! Demain soir, à 19 h, la gare Windsor fera office de catwalk le temps d'un défilé de mode généreux \u2014 à bien des égards \u2014 intitulé p« H »assion.Ce défilé-spectacle a été mis sur pied pour amasser des sous qui aideront à lutter contre le sida, par le biais des fondations Farha et CanFAR.Ainsi, les designers DKNY, Luscious, Hugo Boss, Diesel ainsi que nombre de collections montréalaises associées à des boutiques, telles que Escence, Mosquito, Fidel et autres (toutes aussi branchées, n'en doutez point), présenteront leurs collections printemps-été.En plus, les mannequins, peignés et maquillés par les Garçons Coiffeurs, joueront de la hanche aux rythmes des vinyles de Tiga, de l'étiquette montréalaise Turbo records.Le party se termine au bar 737 de la Place Ville-Marie.Les billets sont 20 $ pour les étudiants, sinon 40 $, ou encore 100 $ pour le billet V.I.P.P« H »ASSION, le 24 mars à la gare Windsor, 1160, rue de la Gauchetière Ouest.Info : 514 398-6030 ou www.phassion.com Philippe Renaud collaboration spéciale Du politique en aparté! PATRICIA BERGERON collaboration spéciale Quand on entre à L'Aparté la première fois et qu'on voit les revues de théâtre, les rideaux écarlates, les produits dérivés de la Comédie- Française et les nombreuses photos de scène, la question qui nous vient à l'esprit, c'est : « Y aura-t-il des lectures de pièces ici ?» Et comment qu'il y en aura ! Le minuscule café va bientôt se transformer en un aussi minuscule cabaret plusieurs soirs par semaine.À l'origine de ce lieu théâtral unique à Montréal, deux soeurs passionnées de théâtre : Nadine et Gaëlle Vincent.Pour faire une histoire courte, Nadine habite un appartement au-dessus de L'Aparté depuis des années.Quand les anciens occupants ont déménagé, elle a pris sa chance.On ne peut pas rêver d'un meilleur emplacement pour un café théâtral : l'École Nationale de théâtre est en face ! « Au départ, je croyais que ça allait devenir le terrain d'essai naturel des finissants de l'École, confie Nadine Vincent, une ancienne du Quat'Sous.J'ai été surprise de constater à quel point ça intéressait les professionnels.» L'Aparté se veut un lieu de prise de parole : celle des auteurs, par la mise en lecture de leurs textes, celle des comédiens qui veulent dire autre chose que ce qu'il est payant de dire et celle du public, grâce aux débats qui suivent les mises en lecture.Le coup d'envoi débute en force mercredi prochain avec une Semaine de théâtre politique, histoire de créer « des conditions gagnantes pour la suite », blague Denis Trudel, un comédien de la « bande à Falardeau », qui incarnait un felquiste dans le film Octobre.Denis Trudel a rencontré Nadine Vincent lors des activités de financement du prochain film du cinéaste, 15 février 1839.Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer.C'est sans hésiter que Denis a accepté d'assumer la direction artistique du volet politique.Après le coup d'envoi, la thématique du « collectif » reviendra chaque dernier lundi du mois.« Ce n'est pas parce que les gens ne veulent plus entendre le discours du \u2018\u2018continuons le combat'' qu'il faut évacuer complètement les pièces politiques, dit-il.Les comédiens ont une capacité de dire et, avec ça, la responsabilité de ne pas dire n'importe quoi.» « L'idée, précise Nadine, ce n'est pas de faire une semaine de théâtre \u2018\u2018ohé ! camarades'', mais d'essayer de faire bouger les choses en ayant du plaisir à faire du théâtre.Les pièces que nous avons retenues ont chacune un ton différent : satirique, ironique, intense, sarcastique.» La Semaine politique aborde le « collectif » sans présenter de textes québécois.Il n'ont tout simplement pas trouvé de pièces québécoises qui répondaient à leurs critères.La Semaine débute avec Les Justes de Camus, le 29 mars.Un gros morceau qui n'a pas été monté depuis des lustres.Avec la distribution qu'ils ont rassemblée, gageons que justice sera rendue.Le lendemain, on propose un programme double de Vaclav Havel, un autre auteur trop souvent oublié : Pétition, suivi de Vernissage.Le 31, place à la parole du Sud-Africain Athol Fugard \u2014 « un Anglo-Saxon blanc qui écrit sur la misère noire », explique Denis Trudel.Le volet théâtral prendra fin en compagnie du Polonais Slawomir Mrozek, qui, pour échapper à la bête censure, critiquait le totalitarisme par l'absurde.C'est peut-être une bonne chose qu'on programme ses pièces La Police et En Pleine Mer, un 1er avril.Cela dit, la Semaine politique se termine le 2 avril en chansons et dans la bonne « humeur ».Le cabaret accueillera trois chanteurs : Michel Gatignol (chansons de Vian et de Dutronc avec participation du public), Marc Edgar (auteur-compositeur-interprète) et Rock Larue (rocker ironique qui a chanté au spectacle de financement du film 15 février 1839).Mentionnons que c'est Gaëlle Vincent qui s'occupe de la programmation musicale des dimanches non théâtraux.L'APARTÉ est situé au 5029 rue Saint-Denis.Le téléphone est le 514 282-0911.Denis Trudel et Nadine Vincent Les à-côtés de L'Aparté Sous son appellation passe-partout de « café », L'Aparté propose une succulente cuisine du marché, offerte à la carte et en table d'hôte.On y fait aussi la promotion de produits québécois, notamment de l'hydromel, du vin de framboise, du fromage au lait crû et autres délices.Côté librairie, le stock de livres d'occasion est un peu maigre, mais on peut y faire bonne provision de revues théâtrales introuvables ailleurs (Cassandre, Théâtre Magazine, de vieux L'Avant-Scène).On vous a gardé le meilleur pour la fin.L'Aparté peut s'enorgueillir d'être le point de vente exclusif des produits dérivés de la Comédie-Française en Amérique du Nord ! Ce n'est pas rien.Les torchons à vaisselle Alfred de Musset font particulièrement honneur à la collection de L'Aparté.Achetés en couple et mis côte à côte, ces linges reproduisent le décor de la création originale de la pièce Les Caprices de Marianne.Des oeuvres d'art ! Comme quoi, quand on aime vraiment le théâtre, c'est sans limite ! 4LP0501D0323 D 5 (jeudi) ARTS 4LP0501D0323 ZALLCALL 67 11:26:01 03/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 D 5 Arts et spectacles EN BREF Andrzej Wajda, l'Homme de cinéma Suspect inculpé dans l'affaire des Oscars n L'une des deux personnes arrêtées dans l'affaire des 52 statuettes volées à quelques jours de la cérémonie des Oscars a été inculpée tandis que l'autre a été libérée, a-t-on appris hier de source judiciaire.Trois jours après avoir été arrêté, Lawrence Ledent, chauffeur de la compagnie chargée du transport des statuettes, la Roadway Express, a été inculpé et s'est déclaré innocent devant un juge de Los Angeles, selon la même source.Le juge a fixé au 18 avril une nouvelle audience dans cette affaire.Le procureur, Gregson Somes, a en revanche décidé de ne pas inculper l'autre employé de la compagnie, qui a été libéré pour manque de preuves.Cinquante- deux des 55 statuettes dorées disparues le 8 mars, d'une valeur totale estimée à 18 000 $, ont été retrouvées dimanche dans une benne à ordures derrière un supermarché du quartier coréen de Los Angeles.Le chauffeur, détenu avec la possibilité d'être libéré contre une caution de 100 000 $, a déclaré : « Je pensais que je pouvais faire de l'argent », selon un inspecteur de police.Spacey et Bening ont de bonnes chances n Les deux acteurs vedettes du film American Beauty, Kevin Spacey et Annette Bening, devraient recevoir l'Oscar du meilleur acteur et de la meilleure actrice dimanche soir, selon une enquête publiée hier par Greenfield Online et ASI Entertainment.Selon l'enquête réalisée du 7 au 14 mars sur Internet auprès de 1500 personnes, The Sixth Sense (Le sixième sens) devrait remporter la palme du meilleur film, selon 23 % d'entre elles.The Green Mile (La ligne verte) arrive en deuxième position avec 21 % des suffrages juste devant American Beauty avec 20 %.Penélope Cruz y sera n L'actrice espagnole Penélope Cruz rejoindra le groupe des présentateurs des Oscars, a annoncé l'Académie des arts et sciences du cinéma.Ce sera la première participation de la jeune Madrilène, une des héroïnes du dernier film d'Almodovar Tout sur ma mère, à la grande célébration du cinéma retransmise dans le monde entier.Son compatriote Antonio Banderas, qui tourne actuellement Dancing in the Dark au Mexique avec Angelina Jolie, sera aussi de la partie.Au nombre des présentateurs de la cérémonie \u2014 annoncés au compte-goutte ces dernières semaines \u2014 figurent aussi Brad Pitt, Morgan Freeman, Angela Bassett et Ethan Hawke.Penélope Cruz, une des actrices les plus sollicitées du cinéma espagnol, s'est fait connaître dans Belle Époque de Fernando Trueba et Jamon, Jamon de Bigas Luna.Elle a aussi tourné avec le Britannique Stephen Frears (The Hi-Lo Country) et vient de jouer dans All the Pretty Horses avec Matt Damon.Moore prend la suite n L'acteur britannique Anthony Hopkins reprendra dans la suite du Silence des agneaux son rôle d'Hannibal Lecter, pour lequel il a reçu l'Oscar du meilleur acteur, et Julianne Moore jouera l'agent du FBI Clarice Sterling à la place de Jodie Foster, ont confirmé les studios Universal Pictures et Metro-Goldwyn-Mayer qui coproduisent le film.Ridley Scott, réalisateur de Thelma et Louise, Alien et Blade Runner, dirigera le film, dont le tournage doit débuter au mois de mai en Italie.Dans cette suite, Hannibal Lecter, le psychiatre serial-killer qui dévore ses victimes, se rappelle au souvenir de l'agent Clarice Starling qui a perdu sa trace depuis sept ans.Van Damme congédié n L'acteur Jean-Claude Van Damme vient d'être congédié du poste de direction qu'il occupait au sein d'une société culturelle active sur Internet.Le conseil d'administration d'Entertainment Internet Incorporated a indiqué avoir exigé du comédien belge qu'il lui remette sa démission, ayant jugé sa contribution peu importante.Star Trek : la fin n La prochaine saison de Star Trek : Voyager sera la septième, mais surtout sa dernière.Les producteurs de Voyager estiment s'être rendus aussi loin qu'ils le pouvaient.Il est toutefois question de nouvelles émissions inspirées de Star Trek, série classique des années 60.Des négociations à ce sujet sont en cours.Agence France-Presse PARIS Pour le cinéaste Andrzej Wajda (74 ans), le chantre de la Pologne dont les films sont inséparables de l'histoire de son pays, Hollywood, où il reçoit le 26 mars un Oscar couronnant l'ensemble de son oeuvre, « est quand même un endroit où on crée des films fantastiques ».« Certains sont vraiment à l'avant-garde du langage cinématographique actuel et ils réfléchissent l'époque folle dans laquelle nous vivons mieux que d'autres, déclare le réalisateur de L'Homme de fer qui présente à Paris son dernier film Pan Tadeusz.« Cet Oscar me vient plutôt de ceux qui font ces films-là.Et donc ma satisfaction est grande », dit-il tout en déplorant « l'invasion du cinéma américain qui dispose de moyens énormes pour imposer sa production ».« En revanche, regrette le cinéaste, c'est très difficile de voir un film européen en dehors de son pays d'origine.Il faudrait faire quelque chose.Nous sommes aussi intéressés par ce qui se passe chez les autres que lorsque, dans les années 60, nous découvrions la France à travers la Nouvelle Vague et Paris à travers A bout de souffle.Andrzej Wajda lui-même a connu une grande popularité en France dans les années 70 et 80 (L'Homme de fer a eu la Palme d'or en 1981) mais ses derniers films ne sont pas sortis ou à la sauvette.En Pologne, le succès de Pan Tadeusz a dépassé les espérances.« Notre public est peut-être un peu lassé par ce qu'il voit au cinéma et à la télévision.Ce sont surtout des productions américaines avec de l'action, de la violence, un monde qui nous est étranger, même si nous allons dans cette direction.Pan Tadeusz st plutôt du domaine du rêve.Et en même temps ses personnages sont terriblement polonais.» Le cinéaste craint que le public étranger ne soit pas aussi sensible à la musique des vers d'Adam Mickiewicz.« Cela dit, je me souviens avec émerveillement de Cyrano de Bergerac et de Gérard Depardieu (avec lequel il a réalisé Danton).Combien c'était beau sa manière de parler en français.J'aime bien écouter aussi les acteurs de Bergman, même si je ne comprends pas un traître mot de suédois.J'aime les acteurs de Kurosawa qui parlent un langage étrange et violent.Grâce à la langue, estime Wajda, le public peut se transporter dans un autre monde.» Lorsqu'on lui demande s'il est un « cinéaste politique », il répond qu'il se « sent d'abord un metteur en scène de cinéma, qui cherche à recréer quelque chose à l'écran, pas forcément en rapport avec la politique ».Mais, témoin engagé de son temps, symbole d'un peuple en lutte, il a souvent filmé les vicissitudes de l'histoire.« Dans un système où la cinématographie appartient à l'État, avec une censure forte, on fait un film politique au moment où c'est possible.C'est ce qui s'est passé avec Cendres et diamant, puis 20 ans plus tard avec L'Homme de marbre et enfin avec L'Homme de fer (Lech Walesa), au moment où Solidarnosc avait suffisamment de force.» « Maintenant, dit-il, la politique est montrée tous les jours à la télévision, dans la presse, et les gens ne viendraient pas au cinéma pour voir un film là-dessus.Il y a quand même un sujet à porter à l'écran : la transformation de la Pologne.La transition se passe de la manière la plus heureuse possible.Et en même temps, ça devient un pays de contraste entre les riches et les pauvres, ceux qui travaillent et ceux qui n'ont pas d'emploi.Je crois qu'il faudrait faire un film qui montrerait un héros de notre temps, comment se crée ce nouveau héros du marché libre.» Andrzej Wajda Habiller une star pour les Oscars Tout un défi pour les grands couturiers Associated Press NEW YORK Hilary ! Julianne ! Annette ! QUI vous a habillée ?Pour les créateurs de mode c'est là le vrai suspense.Tous se battent pour que les stars les plus en vue portent leur robe le fameux soir des Oscars.« Les retombées financières d'une célébrité photographiée dans votre robe représentent une fortune, plus que cinq pages éparpillées dans Vogue ou Harper's Bazar qui n'apparaissent qu'une seule fois », explique le créateur Carmen Marc Valvo.« La même photo peut être publiée dans les journaux et les magazines de tout le pays et dans le monde entier.Cela vaut des centaines de milliers de dollars.» Bien avant la cérémonie du 26 mars, les couturiers new-yorkais ont donc envahi les suites des grands hôtels de Los Angeles, transformées en showrooms de fortune.Les stylistes qui arrivent à convaincre une star de porter telle ou telle robe voient se dérouler le tapis rouge.Peu importe la dépense, explique Phillip Bloch, styliste de célébrités.« Cela peut coûter à un créateur jusqu'à 50 000 $.Ils envoient deux ou trois personnes de la maison de couture à Los Angeles, où ils prennent une suite au Mondrian.Ensuite il faut inviter six ou huit personnes à dîner chaque soir, payer les publicitaires, les retoucheuses, les brochures et les vidéos de la collection, etc.» Mais l'investissement ne sera pas forcément fructueux.« On peut finir par se retrouver avec personne.dans sa robe.Ou alors quelqu'un qui n'attire pas beaucoup la presse cette année-là », reconnaît Bloch.Avant de s'envoler pour Los Angeles, Pamela Dennis, comme d'autres de ses consoeurs et confrères créateurs, adresse des photographies de sa collection et des échantillons de tissus.Elle attend ensuite des nouvelles du styliste d'une star et de son agent, qui joindront les mensurations de la star.Puis envoie la robe dans la couleur choisie.Elle n'a plus qu'à prier pour que le grand soir la star soit d'humeur à porter sa robe plutôt que celle d'un autre.Car comme les nominés, les créateurs doivent attendre la dernière minute pour savoir s'ils ont gagné, constate le créateur Marc Bouwer.« Si une star se réveille et se trouve un peu empatée, elle va choisir une robe chemisier marine.Mais si elle se sent vraiment bien, elle choisira une robe rose shocking avec un décolleté dans le dos et des découpes sur les côtés.» Et bien sûr, cela ne change rien que les robes rejetées soient l'oeuvre d'un créateur.Réalisées sur mesure.Et prêtées gracieusement.Les créateurs peuvent d'ailleurs ne plus jamais la revoir, confie le créateur Douglas Hannant.« Sharon Stone ne rend rien.C'est un fait.Tout le monde est prévenu.Sa styliste me l'a dit.Alors il faut choisir.» « Si on gagne, on garde la robe », justifie Phillip Bloch, styliste qui a habillé Halle Berry pour les Golden Globes.« Après sa victoire, Valentino a appelé, genre « alors, quand est-ce qu'on récupère la robe ?» Et nous, on a répondu : « Vous ne la récupérez pas.Elle a gagné dans cette robe.Cela fait partie de son histoire.» Et ce que les stars les plus « tendance » d'Hollywood porteront le soir des Oscars influencera non seulement la couture dans le monde entier, mais aussi toute l'industrie du prêt-à-porter.L'actrice Jennifer Tilly (Bullets over Broadway, Liar, liar) a visité la suite de la designer italienne Kritzia, la semaine dernière dans un hôtel de Beverly Hills.Les retombées dépendent de la renommée de la star.et de l'issue du vote de l'Académie.Treize coups de théâtre à Québec SONIA SARFATI « Des spectacles que l'on cueille, parfois comme des confidences murmurées à l'oreille, parfois comme des cris d'amour hurlés dans la nuit.» C'est ainsi que les organisateurs du cinquième Carrefour international de théâtre de Québec résument l'événement qui se tiendra du 11 au 22 mai sous l'égide des directrices artistiques Marie Gignac et Brigitte Haentjens.La Vieille Capitale accueillera ainsi 13 spectacles venus d'Argentine, de France, d'Italie, de Belgique, du Canada anglais et du Québec.Cette année toutefois, un seul « échange » se fera avec Théâtres du monde de Montréal (contrairement à trois par le passé) dont la programmation sera connue le 28 mars.En tout, 75 représentations tenues dans 10 lieux.Et des noms, beaucoup de noms.Celui de Robert Lepage, qui fait un malheur à Québec avec son solo La Face cachée de la lune et dont la Géométrie des miracles est actuellement présentée à Montréal, y va de son spectacle à grand déploiement Zulu Time.Celui d'Yves Hunstad, qui avait fait fureur au même Carrefour, en 1992, avec sa Tragédie comique, et qui revient avec Du vent.des fantômes.Celui de Wajdi Mouawad, qui avait créé Willy Protagoras enfermé dans les toilettes au dernier Carrefour, il y a deux ans, et qui, juste avant de conclure la saison du Quat'Sous en reprenant Rêves, crée à Québec \u2014 et en collaboration avec Estelle Clareton \u2014, Ce n'est pas de la manière qu'on se l'imagine que Claude et Jacqueline se sont rencontrés (le genre de titre qui fait plaisir aux chroniqueurs payés à la ligne.).Du côté des spectacles déjà éprouvés (et non éprouvants !), donc, Zulu Time de Robert Lepage.Un voyage dans l'univers des fantasmes et des peurs liés aux voyages en avion.Mal reçu à Zurich au mois d'août avant d'éblouir Paris en octobre, cette production multimédia prend place dans la structure métallique que l'on imagine, truffée de passerelles et d'écrans vidéo.Notons aussi, dans les rangs des valeurs sûres, la reprise de ces Mots délicieux signés Sylvie Daigle et Jean-Pierre Ronfard ; Un paysage/ Eine Landschaft/A Landscape, une exploration multidisciplinaire signée Émile Morin et Pascale Landry, créée en 1997 à partir du texte Paysage sous surveillance de Heiner Müller et des textes d'Andrée A.Michaud ; El Pecado que no se puede nombar, autrement dit Le Péché que l'on ne peut nommer de Ricardo Bartis (d'après Roberto Arit), un spectacle argentin qui a constitué l'un des grands moments du dernier Festival d'Avignon ; et Bardoni de Pippo Delbono, une production qui a reçu le prix de la Critique italienne 1998 et dans laquelle on peut suivre le destin de marginaux et d'itinérants \u2014 dans une atmosphère assure-t-on fellinienne.Dans les rangs des spectacles dits « novateurs », on retrouve le dernier Wajdi Mouawad \u2014 où le dramaturge et la chorégraphe Estelle Clareton unissent la danse, le jeu et leurs voix pour livrer un chant d'amour à ceux qu'ils ont aimés.Du vent.des fantômes où les Belges Yves Hunstad et Ève Bonfanti (se) jouent de cette illusion qu'est le théâtre ; The House of Pootsie Plunket de Joey Tremblay et Jonathan Christenson (Edmonton), qui s'inspire du mythe d'Électre (que Brigitte Haentjens explorera d'ailleurs bientôt à sa manière, à Espace Go) ; et puis, deux pièces françaises : Aberrations du documentaliste de Ezéchiel Garcia-Romeu et François Tomsu et Un mois à la campagne, où Yves Beaunesne jette un regard neuf sur le texte d'Ivan Tourgueniev.Finalement côté jeunesse, le Carrefour présente trois créations : Maïta d'Esther Beauchemin (une production du Théâtre de Sable et du Théâtre de la Vieille 17) ; Amour, délices et ogre de Claudie Gagnon (une production du Théâtre des Confettis) ; et, directement de la Belgique, Éric Pervenche \u2014 ou une incursion dans le monde des insectes afin d'y voir plus clair sur l'humain (et ses dysfonctionnements !).À chaque spectacle, le Carrefour a accolé un qualificatif.Cela va ainsi : déculottant, désaltérant, déboussolant, décapant, délinquant, désarmant, déroutant, désarçonnant, délirant, déchirant, délicat, délicieux ou débrouillard.Désopilant, non ?CARREFOUR INTERNATIONAL DE QUÉBEC, du 11 au 22 mai.Information et billets : (418) 670-9011 Jean-Pierre Ronfard et Sylvie Daigle ont signé Mots. 4LP0601D0323 D 6 (jeudi) ARTS 4LP0601D0323 ZALLCALL 67 00:36:01 03/23/00 B D 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 Sur Internet seulement Mort d'un Bach en Alberta CLAUDE GINGRAS Un descendant de Johann Sebastian Bach est mort à 91 ans ces jours derniers à Calgary, Alberta.Il était né à Winnipeg, Manitoba, le 30 juillet 1908, de parents venus d'Allemagne.Annoncée par le National Post dans son édition du 14 mars, la nouvelle coïncide avec le 250e anniversaire de la mort du célèbre compositeur, commémorée cette année à travers le monde.John S.Bach était de la branche de Johann Christoph Bach, 16e des 20 enfants du Cantor.L'intéressé disait avoir vérifié ses origines lors d'un voyage à Leipzig, où Bach fut longtemps organiste.John S.Bach fut un musicien très actif à Calgary comme professeur, chef de choeur et pendant 25 ans altiste du Calgary Philharmonic ; il avait étudié à Londres et enseigné en Australie.En 1985, en costume d'époque et perruque, il avait participé aux fêtes du 300e anniversaire de naissance de son illustre ancêtre.On disait sa mémoire phénoménale.M.Bach était aussi golfeur et collectionneur de timbres-poste.Sa femme s'appelait Georgina Nichols et le couple eut un fils prénommé John.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Le nouveau Jimmy Page ?Seulement sur le Web ! C'est un des disques rock les plus attendus de l'année.Mais ne le cherchez pas chez votre disquaire.Live at the Greek, enregistré l'automne dernier en concert par Jimmy Page et le groupe The Black Crowes, ne sera disponible que par Internet.On pourra commander ce CD-double ou en télécharger les chansons en se pointant sur le site www.musicmaker.com.Cette stratégie commerciale, encore peu répandue chez les dinosaures du rock, ne semble pas avoir tempéré les ardeurs des fans.De fait, la ruée aurait été tellement forte lors du lancement officiel de l'album à la fin février, que le site s'est temporairement effondré ! Live at the Greek regroupe une vingtaine de chansons, des classiques zeppeliniens aux reprises de joyaux du blues, en passant par des reprises de Oh ! Well ! de Fleetwood Mac et Shapes of Things des Yardbirds \u2014 avec qui Page joua quelques années, aux côtés de Jeff Beck.www.musicmaker.com doit également accueillir le prochain album live des Who, plus tard au printemps.n n n Parlant de Led Zeppelin, rappellons que l'ex-bassiste du groupe sera de passage au nouveau Club Soda le 1er avril prochain.John Paul Jones, de loin le plus expérimental des trois survivants du zeppelin plombé, fait aujourd'hui partie de l'écurie de Robert Fripp, l'étiquette Discipline Global Mobile.Il vient de lancer Zooma, le premier album solo.de sa carrière ! Plus de détails la semaine prochaine.n n n Jésus et le rock ne s'entendront décidément jamais.Le chanteur britannique Robbie Williams est actuellement poursuivi pour avoir plagié les paroles d'une pièce folk américaine Jesus in a Camper Van reprendrait en effet, presque mot pour mot, une ligne de I Am The Way, écrite par Woody Guthrie au milieu des années 60, puis reprise par Loudon Wainwright III au milieu des années 70.Sur son album, Williams crédite Loudon Wainwright et non Woody Guthrie, d'où procès et poursuite de 50 000 livres (environ 100 000 $).Tout ça pour une phrase.Le radiothon de Radio Ville-Marie Décidemment, c'est le temps des radiothons.Après CISM, la radio étudiante de l'Université de Montréal, Radio Ville-Marie (91,3 FM), la radio religieuse de Montréal, lance son événement annuel de collecte de fonds, les 6 et 7 mai.Objectif, 150 000 $.Née le 1er mai 1995, Radio Ville-Marie offre une programmation d'inspiration chrétienne, oecuménique, inter-religieuse et ouverte aux grands courants spirituels de notre temps.Son radiothon, parrainé par Marguerite Lescop, auteure bien connue des médias, et Henri Bergeron, grand communicateur, autrefois présentateur à Radio-Canada, offre 48 heures de programmation spéciale, de 6 h, le 6 mai, à 22 h, le 7 mai, animée par Jacques Houde.Internet: www.radiovm.com.Jimmy Page VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC Ce soir Virginie Un gars, une fille Gypsies / Dernière L'Écuyer / Jean-Luc Mongrain, Georges Brossard, Daniel Boucher Le Téléjournal/Le Point / Élie Wiesel Nouvelles du sport Cinéma (23:28) Le TVA Piment fort / Gildor Roy .records Guinness Grandes Peurs de l'an 2000 Diva Fortier Le TVA Le Poing J / Les Crooners, Dino Tavarone Sports Macaroni tout garni Improvissimo Les Choix de Sophie D.Le Tour des mondes / Je t'aime, j't'en veux (1/2) J'aime / Le Potin La Grande Illusion Ace London Les Choix de Sophie Le Présent du passé Grand Journal (17:00) Flash / Jean- Pierre Ferland Coroner Cinéma / LE FLIC DU TEMPS (5) avec Jean-Claude Van Damme, Ron Silver Le Grand Journal La fin du monde.110% Aphrodisia Flash Pulse Access H.King.Stargate SG-1 Charmed ER CTV News Sports News Wheel of.Jeopardy Whose Line is it Anyway?Who Wants to be a Millionaire?News Newswatch Canadian Amateur Sports Witness CBC Thursday The National / CBC News Nat.Update News ABC News Judge Judy Frasier Whose Line is it Anyway?Who Wants to be a Millionaire?You Can't Say That! News Night.(23:35) News CBS News NCAA Basketball Championship / Demi-finales régionales News Nightly.Jeopardy Wheel of.Friends Daddio Frasier Battery Park ER News Tonight (23:35) Newshour Business Trailside Old House .(20:35) Mystery / Lady Audley's Secret USS Wisconsin Cinéma / MURDER AT THE.World News Business Newshour Nature / Extraordinary Dogs Nova / Lost at Sea Search for Shangri-la World News Charlie Rose L.A.Law Law & Order Biography: Hayley Mills Investigative Reports Inside Story Law & Order Adeline Yen Mah - Ziggy Videos Ignatieff BookTV A.Thomas Cinéma / THE ADVENTURE OF SHERLOCK HOLMES'.NYPD Blue Contact Animal Le Monde du futur Mystères et Controverses Biographies / Jimmy Carter Kojak Cinéma / LAWRENCE.(1) DW-tv (All.) Pologne Rete Italia.Téléroman italien Un paesa.Jungreis Sh.Mini-série Horizons libanais Corée .psychotropes Planète Terre La Peinture moderne au Québec Educational Psychology Initiation à l'astronomie Intro.à la peinture moderne How'd they do that?@discovery.ca Wild Discovery Future Now / Future Body Bears Week @discovery.ca Prêt à partir Blanches.Visite de.Aqua Planet Odysseus Carte postale de Floride Plus belles Ville du monde Prêt à partir Honey./ .Angels (18:45) .(19:05) .of the Dark?Cinéma / NOT QUITE HUMAN (5) Cinéma / STILL NOT QUITE HUMAN (21:35) Gargoyles .(23:35) Caroline.Home Improv.Drew Carey 3rd Rock.14th Annual American Comedy Awards Popular Drew Carey Star Trek Global News First Nat.News Sabrina E.T.Friends Daddio Frasier Battery.Traders Outer Limits .(17:30) L'Histoire à la une Il était une.Millenium Pour le meilleur ou pour le.La Chambre des dames L'Histoire à la une It Seems.Way we were Mansion Fashion It Seems.Crimes War Stories The Civil War / Forever Free Tour of Duty Pet Friends .Doctor Images Moneysense .for Love Weddings Extra .Homes Flick .Dinner?.for Love Weddings Nostalgie Ed Sullivan Pop up vidéo Ricky Martin Clips de Ricky Martin Nostalgie Ricky Martin Box Office M.Net Clip Clip (20:45) Ricky Martin Clip World News Buss.News Newsworld Reports Health.Counter Spin The National the fifth estate Newsworld Reports Euronews .Actions Le Monde ce soir Le Parrain Journal RDI RDI à l'écoute Le Canada.Le Canada.Le Canada.Golf Mag Sport 30 Hockey / Maple Leafs - Sénateurs Sports 30 Mag La Lutte WCW Salle des nouvelles Force de frappe Hélicops Le docteur mène l'enquête Vertiges Madison Red Dwarf Degrassi Jr.Degrassi.Light.Force The Rez Due South Cinéma / RAGING BULL (1) avec Robert De Niro Highlander Babylon 5 Sliders Angel Star Trek - Deep Space Nine X-Files Sportscentral Cool Shots Hockey / Maple Leafs - Sénateurs NCAA Basketball / Demi-finales régionales Sanctuaires Volt Panorama La Guerre de 1812 Cinéma / L'EX DE JULIE avec V.Genest Un enfant.Panorama Bob Vila's Home again Turning Point / Fugitive Son Tornado! Hurricane! Flood! The Race for the Poles Tornado! Hurricane! Flood! Off the Record Sportsdesk That's Hockey PGA Golf / Championnat des joueurs - 1re ronde Sportsdesk S.O.S.Fantômes J.Bravo Minus.Daria Super Nanas Cléo &.Simpson Cybersix Duckman South Park Simpson Spawn Des chiffres.Les Arts.Journal FR2 Union libre / Francis Huster Écrans.Une aventure de Nestor Burma (21:03) Journal belge Journal suisse Soir 3 S.Bus / Zoo Dinosaur.Fragile Nature Studio 2 Cinéma / THE QUARREL (4) avec S.Rubinek Four Direc.Studio 2 Le Feu sacré Les Copines Guérir.Médecine.Cinéma / SA DERNIÈRE LETTRE (4) avec Marc Jolivet Table ronde Les Copines Cuisinez avec Jean Soulard Cité Mag Vos finances Pl.publique Cité Mag Action.À la une Addams.Caitlin Boy Meets Radio Active Student.Syst.Crash A20 Boy Meets Student.Watership.Addams.Beasties Revanche.Technofolie Revanche.Grand Test L'Arcade C'est math.Au-delà du réel Aux frontières de l'inexpliqué Babylone 5 Jean Beaunoyer 17:00 A - LE TOUR DES MONDES Premier de deux épisodes sur les différences entre les Français et les Québécois.Intitulée Je t'aime, j'te veux, cette première tranche s'attaque aux relations intimes et affectives des deux communautés.Aimez-vous les Français?Lisez-vous notre correspondant à Paris, Louis-B.Robitaille?19:30 a - UN GARS, UNE FILLE Il sera question d'une grippe, de photographie et d'un chalet à la campagne dans la dernière émission originale de la saison.20:00 X - MUSICOGRAPHIE Par curiosité, pour mieux connaître le nouveau phénomène Ricky Martin qui se raconte et qui chante dans cette musicographie.22:00 - RAGING BULL Le fim date de 1980, mais c'est sûrement l'un des meilleurs qu'on a tournés sur le monde de la boxe.On y raconte l'histoire vécue de Jack La Motta, un champion boxeur qui achève sa vie dans des cabarets de troisième ordre.Robert De Niro est remarquable dans le rôle-titre.22:30 r - LE POING J Que dire d'une soirée Big Band avant d'aller se coucher?C'est Claude Blanchard qui anime cette émission spéciale alors que Dino Tavarone, le célèbre Scarfo de la série Omertà, sera son invité ainsi que le comédien Tony Conte, Agnès Maltais, ministre de la Culture et les Crooners pour la musique rétro.23:30 a - AU PETIT MARGUERY.Ce film tourné en France, il y a cinq ans, raconte la fermeture d'un restaurant.Un dernier dîner, des souvenirs, de la nostalgie avec Michel Aumont, Stéphane Audran et Jacques Gamblin.Parfait pour aller dormir.Claude Blanchard 4LP0701D0323 D 7 (jeudi) ARTS 4LP0701D0323 ZALLCALL 67 00:41:35 03/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 D 7 Je préfère Ricky C'était le 2 janvier dernier.J'avais invité une poignée d'amis à venir soigner leur cuite de l'an 2000 à la maison.Au milieu de la soirée, j'ai roulé le tapis, tassé les meubles et brandi le CD de Ricky Martin.À la vue de l'objet honteux, mes amis, des gens de ma génération et même de la génération d'avant, ont levé les yeux au ciel en me traitant de quétaine finie et Ricky, de bellâtre sans talent et sans cervelle, voire de machine à imprimer de l'argent, vide et superficielle.Mes amis ont râlé, le temps que je glisse le CD du latin lover dans le lecteur.Après quoi, ils ont passé la soirée entière à danser, à brasser leur « bonbon » et à marteler le plancher au son de sa sauce piquante.Et quand j'ai cherché à faire diversion avec un CD des Spice Girls, mes invités ont protesté, fait la moue et sont partis se perdre dans le décor.Malgré cela, je suis prête à mettre ma main au feu que ces gens qui ont dansé comme des possédés sur Ricky Martin doivent en ce moment même râler à nouveau contre lui.Ils doivent par la même occasion être fiers de ne pas aller au Centre Molson ce soir.Payer pour Ricky Martin ! Ça va pas ! Pourquoi une telle malhonnêteté intellectuelle ?Parce que chez les gens de ma génération et des générations d'avant, il est de bon ton, voire idéologiquement cool et correct, d'exprimer une sorte de dégoût existentiel à l'égard de Ricky Martin.Il est bien vu de dénigrer le côté pute de Ricky et de lui reprocher sa manie de tabler sur ses attributs physiques plutôt que sur ses talents musicaux qui, de toute façon selon eux, sont nuls.Le phénomène n'est pas nouveau.Il refait surface périodiquement dès qu'une vedette de la chanson populaire connaît un trop grand succès à l'échelle planétaire.Passe encore quand la vedette est une jolie fille qui mise autant sur son corps que sur la force de ses cordes vocales.Mais quand la vedette est masculine, qu'elle a une belle gueule et qu'elle joue de ses hanches et de son cul comme une femme, on dirait qu'elle transgresse un vieux tabou, qu'elle déstabilise et qu'elle dérange.Comme on ne sait pas sur quel pied danser face à un tel phénomène, on se venge en le tournant en dérision.Ça a été le cas au début pour Elvis le pelvis, à un moindre degré pour Tom Jones et, à un degré beaucoup plus élevé, pour Michael Jackson.Dès que le type joue sur les stéréotypes sexuels, dès qu'il s'aventure sur le terrain de la séduction, voire du sexe, un terrain généralement réservé aux femmes, il s'attire les foudres d'une certaine opinion publique pudibonde et dépassée par les événements.Qu'à cela ne tienne.Mes amis et congénères trouvent Ricky ridicule, tant pis pour eux.Cela ne m'empêchera pas de l'aimer.Je n'ai pas honte de le dire ni de l'écrire, quitte à passer pour une quétaine finie ou pour une chroniqueuse atteinte de jeunisme aigu, cette maladie diagnostiquée chez les adultes qui refusent de vieillir et qui s'obstinent à croire qu'ils auront toujours 17 ans.J'aime Ricky Martin, mais surtout, je le préfère à un paquet de chanteurs plates et beiges, plantés comme des piquets sur scène et aussi sexy qu'un bâton de golf ou qu'une barre à clous.J'aime Ricky, mais ce qui est encore plus important, c'est que je l'aime pour toutes les bonnes raisons.Primo, parce qu'il est portoricain plutôt que platement américain.Deuzio, parce qu'il parle espagnol et que sa culture hispanique dépasse de ses caleçons.Autrement dit, je l'aime pour sa diversité culturelle et parce que chaque fois qu'il apparaît sur une scène, il se fait un devoir de rappeler ses origines au lieu de chercher à les cacher.Et puis, contrairement à des produits dérivés comme les Backstreet Boys ou même les Spice Girls, Ricky n'est pas la créature ou la création industrielle d'une compagnie de disques.Il n'est pas né de la cuisse gauche d'un producteur ou d'un agent.Avant de devenir une commodité domestique, il existait.Il existait tellement qu'il a eu le temps d'enregistrer quatre disques en espagnol.Il arrive donc avec une expérience, un bagage et une culture, ce qui n'est pas donné à la plupart des chanteurs populaires.Dernière bonne raison de l'aimer : contrairement à ceux qui doutent de ses capacités musicales, j'ai l'intuition que derrière le body, le nombril, les pantalons matelot et les chandails de débardeur, se cache un authentique musicien.J'en ai pour preuve un concert extérieur que Martin a donné l'été dernier à Manhattan.J'ai vu le concert sur Musique Plus l'autre soir.C'était une grosse production avec les danseurs, le feu, les stroboscopes et tout le bataclan.Ricky n'avait pas besoin d'inviter qui que ce soit sur scène avec lui.De toute façon, les filles ne voulaient voir et ne voyaient personne d'autre que lui.Mais parce qu'il aime la musique, parce qu'il s'inscrit dans une certaine continuité musicale, parce qu'il a des racines et un sens de l'histoire, Ricky a invité sur scène José Féliciano et le guitariste Carlos Santana, deux vieux de la vieille.Ricky n'était pas obligé de chanter une chanson avec eux ni de leur offrir ce coup de chapeau.Qu'il l'ait fait apparaît à mes yeux comme le signe que Ricky est plus qu'un latin lover de pacotille, plus qu'un gigolo de plastique, plus qu'une machine à faire vendre des nachos et à imprimer de l'argent.En d'autres mots, préparez-vous les amis, Ricky risque d'être parmi nous plus longtemps que prévu.Nathalie Liam refuse une distinction Masur succède à Charles Dutoit à l'ONF Agence France-Presse BALLYMENA, Grande-Bretagne L'acteur britannique Liam Neeson a refusé le titre de citoyen d'honneur de sa ville natale Ballymena, en Irlande du Nord, en raison de l'opposition de certains membres du conseil municipal, appartenant au parti protestant extrémiste du DUP.Le DUP avait affirmé que le comédien de 48 ans, catholique, avait eu des remarques désobligeantes à l'égard de la communauté essentiellement protestante de la ville, en critiquant les marches orangistes traditionnelles de l'été ressenties comme une provocation par les catholiques.Des propos que l'acteur a catégoriquement démentis.Dans un message à la municipalité, Liam Neeson a affirmé qu'il «restera toujours très fier de l'endroit où j'ai grandi, de ma ville et de mon pays natals, que je continuerai à promouvoir à chaque occasion ».«De plus, je considère que le soutien que j'ai reçu depuis des années de toutes les communautés de Ballymena constitue une reconnaissance plus que suffisante des succès que j'ai pu obtenir en tant qu'acteur», a-t-il ajouté.Associated Press PARIS Le chef allemand Kurt Masur a été nommé cette semaine directeur musical de l'Orchestre national de France à partir de la saison 2002-2003 et pour les deux saisons suivantes, selon un communiqué de la présidence de Radio- France.Les fonctions de Charles Dutoit, actuel directeur musical, prenant fin en juillet 2001, Kurt Masur, qui a signé un contrat avec le PDG de Radio France Jean-Marie Cavada, sera directeur musical désigné dès la saison 2001-2002.Né en Silésie en 1927, Kurt Masur étudie le piano, la composition et la direction d'orchestre au conservatoire de Leipzig.En 1948, il est nommé à la tête du Hall County Theater avant de devenir directeur musical des Opéras de Erft et de Leipzig.De 1955 à 1958, il est chef de l'Orchestre philharmonique de Dresde, puis il occupe la fonction de directeur musical du Gewandhaus de Leipzig entre 1970 et 1996, période pendant laquelle il dirige près de 1000 concerts à Leipzig et 900 en tournée.Depuis 1991, Kurt Masur est directeur musical de l'Orchestre philharmonique de New York.Selon Radio France, il a permis de faire aboutir des projets tels que le retour à des émissions de radio en direct sur toute l'étendue du territoire américain et la création de son propre label discographique, New York Philharmonic Special Editions.En novembre 1998, l'Orchestre philharmonique de Londres a nommé Kurt Masur chef principal, poste qu'il occupera à partir de la saison 2000-2001. 4LP0801D0323 D 8 (jeudi) ARTS 4LP0801D0323 ZALLCALL 67 00:35:29 03/23/00 B D 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 Vidéotron et TVCBF: déblocage en vue SPECTACLES Vidéotron a accepté de rencontrer, à une date encore indéterminée, les représentants de la télévision communautaire des Bois-Francs (TVCBF), qui s'opposent à la prise de contrôle de la production communautaire de Victoriaville par Vidéotron.Un spectacle a eu lieu le 19 mars pour dénoncer la décision du câblodistributeur et la députée de Sauvé, Line Beauchamp, a déposé une motion à l'Assemblée nationale.Elle souhaite que le CRTC étudie rapidement le Règlement sur la distribution de la radiodiffusion et qu'il demande à Vidéotron de suspendre sa décision.La date de fermeture de TVCBF, fixée initialement au 20 mars, a été repoussée par Vidéotron au 31 mars.Salles de répertoire ALFRED HITCHCOCK'S REAR WINDOW Cinéma du Parc (1): 17h30, 19h15, 21h30.AMERICAN FRIEND (THE) Cinéma du Parc (3): 21h.BEAU TRAVAIL Cinéma du Parc (3): 17h.COURT ET BREF Goethe-Institut: 20h.FIGHT CLUB École Polytechnique de Montréal (2500, chemin de Polytechnique, amphithéâtre Bell): 18h30, 21h30.GUEULE DE L'EMPLOI (LA) - DE L'AUTRE CÔTÉ DU PÉRIPH' Cinémathèque québécoise (salle Fernand-Séguin): 19h30.GHOST DOG: LA VOIE DU SAMOURAÏ Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 14h, 16h20, 19h, 21h20.GONE DU CHAÂBA (LE) Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 21h.HUIT FEMMES ET DEMIE Ex-Centris (salle 2, Fellini): 14h10, 16h30, 19h10, 21h30.NIGHT ON EARTH Cinéma du Parc (2): 22h15.PARADIS DES INFIDÈLES (LE) - LA PROMESSE Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 17h.POWAQQATS Cinéma du Parc (3): 19h.SEDUCING MAARYA Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 17h, 21h10.SOMBRE Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 14h30, 19h.TALENTED MR.RIPLEY (THE) Cinéma du Parc (20: 17h, 19h35.TERRE SANS PAIN - SIMON OF THE DESERT Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 19h.TOUT SUR MA MÈRE Collège Édouard-Montpetit (180, de Gentilly E., Longueuil): 20h.Danse THÉÂTRE LA CHAPELLE (3700, St-Dominique) Te souvient-il?, des compagnies Sylvain Émard Danse et Louis Bédard Danse: 20h.AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier E.) Projet Morin/Formule intégrale, de Natalie Morin.Avec Christine Charles, Nathalie Claude, Bill Coleman, Elinor Fueter, Sylvain Poirier.Présentation de Danse-Cité: 20h.TANGENTE (840, Cherrier E.) Sur tes hanches comme montagnes, de Marie-Stéphane Ledoux et Jacques Brochu.Présentation de Mia Maure Danse: 20h30.Musique UNIVERSITÉ McGILL (Redpath Hall) Sylvain Bergeron, luthiste: 20h.PLACE DES ARTS (salle Wilfrid-Pelletier) Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Matthias Bamert.Nelson Freire, pianiste.Symphonie no 55 (Haydn), Concerto no 2 (Rachmaninov), extraits de Roméo et Juliette (Prokofiev).Grands Concerts: 20h.UNIVERSITÉ McGILL (Pollack Hall) Malcolm Lowe, violoniste, James Sommerville, corniste, Libby Yu, pianiste.Schubert, Beethoven, Harbison, Brahms.Concerts CBC: 19h30.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Yehonatan Berick, violoniste, Antonio Lysy, violoncelliste, Ronan O'Hara, pianiste.Tchaïkovsky: 20h.Théâtre PLACE DES ARTS, THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE Sous le regard des mouches, texte et mise en scène de Michel Marc Bouchard.Avec Roger La Rue, Sebastier Delorme, Marie Tifo, Céline Bonnier, Normand Lévesque, Pauline Lapointe, Simone Chartrand, Fanny Mallette et Micheline Poitras.Mar.au ven.20h., sam., 16h et 20h30.Jusqu'au 25 mars.THÉÂTRE DU RIDEAU VERT (4664, St-Denis) Maître Puntila et son valet Matti, de Bertolt Brecht.Trad.de Michel Cadot.Mise en scène de Guillermo de Andrea.Avec Raymond Bouchard, Patrick Goyette, Pierrette Robitaille, Isabelle Blais, Claude Prégent, Mireille Deyglun, Sylvie Boucher, Sylvie Potvin, Caroline Lavigne, François Longpré, Jean Harvey, Jean Deschênes, Richard Fréchette, Catherine Allard, Yvan Benoit, Jean-Marie Moncelet, Isabelle Drechou, Vincent Giroux et Florence Provost Turgeon.Du mar.au ven., 20h; sam., 15h et 20h; dim., 15h.THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI (3900, St-Denis) Les Vieux ne courent pas les rues, de Jean-Pierre Boucher.Mise en scène de René Richard Cyr.Avec Janine Sutto, Huguette Oligny, Monique Mercure, Gilles Pelletier, Pierre Collin, Catherine Bégin, Claude Gai et Marthe Choquette: 20h.THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI (salle Jean-Claude Germain, 3900, St-Denis) 16 et (3 fois 7) font 16 j'en ai assez merci, de François-Étienne Paré: 20h.THÉÂTRE PROSPÉRO (1371, Ontario E.) Le Paradis mobile, comédie candide, de Pascale Rafie.Chorégraphie de Mireille Leblanc.Avec Roxanne Boulianne, France Castel, Dominic La Vallée, Aubert Pallascio, Dominique Pétin, Louise Portal et Stéphane Théoret: 20h.THÉÂTRE DENISE-PELLETIER (4353, Ste-Catherine E.) Peines d'amour perdues, de William Shakespeare.Trad.de Maurice Roy.Mise en scène de Manon Vallée.Avec Frédéric Boivin, Hélène Bourgeois-Leclerc, Sylvain Castonguay, Louis Champagne, Hugolin Chevrette-Landesque, Véronique Clusiau, Frédérick de Grandpré, Hubert Gagnon, Hugo Giroux, Clermont Jolicoeur, Julie Le Breton, Anick Lemay, Bruno Marcil, Caroline Roberge, François Sasseville, Claude Tremblay et Guy Vaillancourt.Mer., 19h; jeu., ven., 20h; sam., 16h.ESPACE GO (4890, St-Laurent) Les Enfants d'Irène, de Claude Poissant.Avec Mireille Brullemans, Caroline Dardenne, Marie-France Lambert, Julie Mc Clemens, Sébastien Ricard, Reynald Robinson et Benoît Vermeulen.Du mar.au ven., 20h; sam., 16h.ESPACE LIBRE (1945, Fullum) Le 4e Round, de Philippe Ducros.Avec Dany Michaud, Marie-Hélène Copti, Richard Lemire, Patrice Dubois, Martin Rouleau, Michel Mongeau, Valérie Le Maire, Marie- Christine Lê-Huu, Denis Lavalou, Jean Boilard, Philippe Ducros: 20h30.MAI (3680, Jeanne-Mance) Les Chapeaux de Monsieur Zenobe, de Robert Astle.Mise en scène de Paul Lefebvre.Avec Robert Astle: 20h.PLACE DES ARTS (Cinquième Salle) Fineman's Dictionary, de Samuel Gesser.Mise en scène de Muriel Gold.Avec Fyvush Finkel et Linda Sorensen: 20h.USINE C (1345, av.Lalonde) La Géométrie des miracles, de Robert Lepage et Ex Machina: 20h.CÉGEP DE ST-HYACINTHE (salle Léon-Ringuet, 3000, av.Boullé, St-Hyacinthe) Adieu.Bonjour! Tout en scènes.Mise en scène de Jacquea Rossi: 20h, sauf dim.Pour Enfants LA MAISON THÉÂTRE (245, Ontario E.) Déséquilibre-Le Défi, de Gilbert Dupuis.Mise en scène d'Alain Fournier.Avec François Isabelle, Héloïse Depocas, Kelly Lynch et Yves Simard.Dim., 15h.(12 ans et plus) Variétés GESÙ (1200, Bleury) Benoit Paquette: 20h.THÉÂTRE CORONA (2490, Notre-Dame O.) Jean-Pierre Ferland: 20h.THÉÂTRE DES VARIÉTÉS (4530, Papineau) La Course au mariage, de Gilles Latulippe.Avec Gilles Latulippe, Jacques Salvail, Julie Deslauriers, Serge Christiaenssens, Josée La Bossière, Diane St-Jacques, Pierre Jean et Mehdi.Du mer.au sam., 20h; dim.: 14h.LE CASINO DE MONTRÉAL Au cabaret qui chante, avec Roger Sylvain, Pierret Beauchamps, Richard Huet, Sylvie Jasmin, Norman Knight, Jenny Rock, Michel Stax et Patricia Pétrie.Du mar.au jeu., 13h30.CASINO DE MONTRÉAL (Cabaret) Country 2000, hommage aux grands noms du country, tels que Kenny Rogers, Anne Murray, Dolly Parton, Garth Brooks, Shania Twain, Patrick Norman, Renée Martel, Willie Lamothe et les autres.Du mer.au dim., 21h.SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) Sno Jam avec Snapcase, Down By Law, Mustard Plug, Big Wig, Grade, Flashlight: 19h30.CENTRE MOLSON Ricky Martin: 20h.CABARET (2111, St-Laurent) Jean-Louis Murat: 20h30.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Daniel Blouin et Alex Sohier: dès 20h.LE ZEST (2100, Bennett) Reunion avec Jean Derome, Normand Guilbeault, Tom Walsh, Guillaume Dostaler et Pierre Tanguay: 20h.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Coroner Blues Band: 21h.L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Groupe Alex Cattaneo: 22h.BOÎTE À MARIUS (5885, Papineau) Érick Desranleau et Michel Lévesque: 22h.CAFÉ LUDIK (552, Ste-Catherine E.) Christian Fortin: 21h.L'ESCOGRIFFE (4467, St-Denis) Mile-End: 20h30.JAZZONS (300, Ontario E.) Trio Éric St-Jean: 22h.LE LAURIER (5141, St-Denis) Riverside Blues: 22h.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Billy Craig Blues Band: 22h.LE SERGENT RECRUTEUR (4650, St-Laurent) Session (musique traditionnelle irlandaise): 21h30.CENTRE SAIDYE BRONFMAN (5170, chemin de la Côte-Ste-2/3Catherine) The Great Houdini, comédie musicale basée sur le texte de Melville Shavelson.Arr., Elan Kunin en collaboration avec Alexandre Ary.Mise en scène de Bryna Wasserman: 20h.LE SOFA (451, Rachel E.) Electrica: 22h30.LE SWIMMING (3643, St-Laurent) Pigeon Hole: dès 21h.UPSTAIRS (1254, Mackay) Lise Villeneuve: dès 21h.CAFÉ SARAJEVO (2080, Clark) Thomas Hellman et Quasi Modo: 21h30.JELLO2/3(151, Ontario E.) Tribal Groove: dès 21h.THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND (225, boul.l'Ange-Gardien, L'Assomption) Roch Voisine: 20h.CABARET-THÉÂTRE DU VIEUX ST-JEAN (190, Laurier, St-Jeansur- Richlieu) Guy Nadon: 20h.5 avril : COMPLET 4LP0901D0323 D 9 (jeudi) ARTS 4LP0901D0323 ZALLCALL 67 00:35:42 03/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 23 MARS 2000 D 9 La culture des jeunes de la rue Comme une belle catalogne verbale MARIE-CHRISTINE BLAIS collaboration spéciale Il était une fois une manière de gars de Québec qui s'appelait Christian Vézina.C'te gars pouvait vous réciter des poèmes comme pas un.Or, un beau jour, il eut la bonne idée de choisir quelques histoires écrites par un dénommé Jacques Ferron, médecin de son état, écriveux par ses heures, puis de raboudiner toutes ses histoires et de les présenter au cours d'un ben joli spectacle baptisé Une soirée chez le Maréchal-Ferron.Ben, c'te p'tite soirée, mes amis, elle a justement lieu à la salle Fred-Barry jusqu'au 1er « avri » ! C'est peut-être en ces termes qu'un des personnages colorés nés de la plume de Jacques Ferron aurait décrit le bref et charmant spectacle de Vézina, où se côtoient la bonhomie du Québec rural des années 40 et le verbe un tantinet précieux de Ferron, tout en passé simple et en belles « entournures » de phrases.Mais il y a plus que ce contraste entre deux langues dans ce spectacle.Il y a d'abord et avant tout le regard amusé et affectueux de Ferron sur un univers aujourd'hui disparu, celui où les cochons vivaient en toute liberté dans le village à la manière des chiens et chats, où les familles étaient si nombreuses qu'il fallait parfois un couple de perruches pour consoler du départ de tous les enfants, où l'étiquette de « bouddhiste » vous valait la considération d'un adjudant, où un gros rat blanc pouvait venir à bout d'un amant.Je n'en dirai pas plus, ceux dont la curiosité est titillée par ces bribes d'histoires iront voir par eux-mêmes.Humour fin Et ils verront par la même occasion Vézina lui-même, qui incarne carrément le bon docteur Ferron venu nous entretenir de ses concitoyens entre deux consultations, toujours avec un humour fin et une grande délicatesse de sentiments, ce qui n'exclut pas la description de certaines trivialités de la vie, notamment la sexualité, bridée ou lâchée lousse.Pas de monstre, de fée ou de loup-garou dans les contes de Ferron, à peine un peu de fantastique et beaucoup de quotidien, dont la mort, l'amour et la folie.Si le talent de Vézina pour dire les mots des autres est toujours aussi indéniable, ce qui m'épate particulièrement chez lui, je l'avoue, c'est son don pour coudre tous ces textes les uns aux autres sans couture visible, un peu comme une belle catalogne verbale où se mêlerait sans qu'il n'y paraisse les mots de Ferron, ceux de Vigneault (tirés d'un des fameux monologues de l'homme de Natashquan) et ceux de Vézina luimême.Le tout se déroule naturellement, sans qu'on sache où débute le conte et où finit la présentation.C'est superbe.S'il y a toutefois un tout petit bémol à ce spectacle, c'est qu'il ne comprenne pas plus de contes aussi poétiques que Le Paysagiste, qui clôt le spectacle.Certes, Ferron s'est beaucoup intéressé à la vie simple des gens, et c'est tout à l'honneur de Vézina d'en rendre compte.Mais c'est tout de même dans Le Paysagiste, tout en quotidien transfiguré par l'imaginaire, en images sensuelles, en mots qui se bousculent, c'est dans cette ode à la beauté du monde qu'on mesure le mieux le talent de Ferron et celui de Vézina.Ben, m'a dire comme on dit : disons que ça finit bellement une belle soirée ! UNE VEILLÉE CHEZ LE MARÉCHALFERRON, de et avec Christian Vézina, d'après des contes de Jacques Ferron, présenté à la salle Fred-Barry du théâtre Denise- Pelletier jusqu'au 1er avril, 19 h 30.Info : 514 253-8974.JENNIFER COUËLLE collaboration spéciale Il a l'oeil avide, Christian Brisson Dargis.Des yeux preneurs pour des muses.Des accents de rave et d'installations d'art actuel, des projections vidéo, des percussions en direct et des squeegees.Tout ça et encore sur scène.Ce jeune auteur et comédien propose dès la semaine prochaine son chaud et peut-être même brûlant Ceci n'est pas un road movie., pour lequel il signe sa première mise en scène.Et ça risque de grouiller.« C'est bien ce qu'on souhaite », confirme le dramaturge de 26 ans qui dit viser un théâtre vivant « où chacun des concepteurs trouve sa place au même titre que les comédiens.» Au coeur de sa pièce, trois gars et deux filles qui n'ont pas encore vingt ans et qui travaillent, pour la plupart, comme squeegees.Embobinés par un homme d'affaires vendu aux communications, ils s'engageront dans un projet pilote qui leur fera traverser les États-Unis jusqu'au désert de l'Arizona.Le hic ?Leur périple sera retransmis en direct sur Internet.Et, foi de Big Brother, l'omniprésence des caméras qui devaient les faire vibrer, donner un sens à leur existence, fait surtout le vide.Puis, le plein de la pub, pour laquelle, finissent- ils par réaliser, leurs images sont récupérées.« La pièce, explique son créateur, se veut entre autres une métaphore du processus de vieillissement, de la prise de conscience que l'art est un moyen bien précaire pour changer le monde.» N'empêche, un gars s'essaie.Heureusement.Et celui-ci met le paquet, avec son road movie qui n'en est pas un et qui a pour toile de fond la réalité des jeunes de la rue.Un portrait, assure-t-il, qui se garde de faire filer les clichés.Du vrai de vrai, donc, qui prend l'affiche à l'X, un centre alternatif punk de la rue Sainte-Catherine.CECI N'EST PAS UN ROAD MOVIE.présenté du 28 mars au 15 avril au 182, rue Sainte-Catherine Est.Info : 514 528-7756.mer., jeu.1:00 1:30 3:50 4:30 6:40 7:20 9:10 9:50 La Presse 23 mars 2000 Page D10 manquante "]
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