La presse, 26 mars 2000, Cahier A
[" 7DA0101A0326 A1 DIMANCHE 7DA0101A0326 ZALLCALL 67 00:37:48 03/26/00 B 1 3 4 6 www.lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 26 mars 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 Venez réserver votre TT ROADSTER, dès maintenant! www.lauzon.qc.ca 2832261 116e année No 155 56 pages, 4 cahiers Manning enterre son parti Le Parti réformiste vote en faveur de la nouvelle droite 2 Presse Canadienne CALGARY Les militants réformistes ont voté hier à 91,9 % en faveur du sabordage de leur parti au profit de la création de l'Alliance canadienne.Ce résultat remplit toutes les conditions nécessaires pour être valide, soit que le total des votes pour le OUI surpasse un minimum de 66 % des voix et qu'une majorité de votes pour le OUI l'emporte dans toutes les provinces et les territoires.Preston Manning, qui était fondateur et chef du Parti réformiste depuis sa création il y a 13 ans, souhaite, comme les partisans de l'Alliance, donner au nouveau parti de droite une base assez solide pour battre les libéraux fédéraux lors des prochaines élections.Le désormais défunt Parti réformiste n'a jamais réussi à atteindre une telle popularité.Seul le nom du Parti réformiste subsistera et il sera contrôlé par l'Alliance.Les réformistes deviennent automatiquement des membres de l'Alliance et tous les actifs du Parti réformiste sont transférés au nouveau parti.La course à la direction est d'ores et déjà engagée et Preston Manning est candidat, entre autres contre le ministre des Finances de l'Alberta, Stockwell Day.Voir MANNING en A2 4 Poutine redoute l'abstention page S7 JOONEED KHAN MOSCOU Quelque 108 millions de Russes sont appelés aujourd'hui à désigner le deuxième président élu de l'ère postsoviétique et deux questions retiennent l'attention: plus de 50 % irontils voter pour que le scrutin soit valide?Et Vladimir Poutine sera- t-il intronisé « tsar » dès le premier tour?L'exercice électoral a en fait débuté dès 14 h hier, heure de Montréal, dans les îles de l'extrême orient russe au large du Japon.Il s'achève cet aprèsmidi, 11 fuseaux horaires et près de 10 000 km plus loin, dans l'enclave de Kaliningrad, sur la Baltique.Militaires et civils des régions les plus retirées avaient commencé à voter en milieu de semaine.Il en était de même en Tchétchénie, où l'armée russe est désormais confrontée à la guérilla indépendantiste, et dans les camps de réfugiés tchétchènes de l'Ingouchétie voisine.Les premiers résultats seront publics dès la fermeture du dernier des 94 000 bureaux de scrutin, a indiqué Aleksandr Vechnyakov, président de la Commission électorale centrale ( CEC ).Président en exercice depuis le 31 décembre grâce au départ anticipé de Boris Eltsine qui l'a imposé comme son héritier, Vladimir Vladimirovitch Poutine, 47 ans dont 16 dans les rangs du KGB, a joui de l'avantage du pouvoir pour émerger de l'obscurité et friser les 60 % des intentions de vote contre 10 adversaires.Voir POUTINE en A2 Nicolet te dit merci! Tagliani part 4e Le Montréalais Alex Tagliani a réalisé hier, sur le circuit d'Homestead, le quatrième tour le plus rapide de la séance de qualifications en vue du Grand Prix de Miami de la série CART.En F 1, Jacques Villeneuve s'est montré furieux à l'issue de la séance de qualifications qui s'est déroulée sur le circuit d'Interlagos, à Sao Paulo, où il a obtenu la dixième place en vue du Grand Prix du Brésil.pages S2 à S5 PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse C'est le message d'amour que la communauté de Nicolet a laissé hier à Jeanne Auger, lors des funérailles de son fils Samuel, 5 ans, tué dans la tragédie routière de Saint-Jean-Baptiste-de- Nicolet, où sept autres bambins ont trouvé la mort.Tous les parents éprouvés et toute la population ont témoigné leur solidarité à la conductrice qui, à l'invitation du célébrant, a été chaudement applaudie durant la cérémonie.Nos informations, page A3 Le stress de la richesse RICHARD HÉTU collaboration spéciale Maren Lindstrom n'est pas une Américaine comme les autres.D'abord elle est mariée à un Québécois, ce qui prouve son bon goût.Puis elle parle trois langues, cuisine comme un cordon bleu et ne souffre même pas d'embonpoint, ayant conservé dans la trentaine sa taille d'athlète universitaire.Voilà pour le côté personnel.Côté professionnel, la New-Yorkaise aux yeux bleus et aux cheveux blonds est aux premières loges d'un spectacle épeurant, celui d'un pays enfiévré comme jamais par l'appât du gain.Elle travaille sur Wall Street pour une des plus grandes banques d'Europe.Elle ne produit rien de tangible, mais elle fait plus d'argent qu'elle n'en a jamais rêvé.Dans son domaine particulier, le salaire de base peut atteindre 200 000 $ et les primes annuelles, cinq fois ce montant.« Le plus drôle, c'est qu'il y a toujours quelqu'un qui fait un salaire encore plus phénoménal que le tien », dit la jeune femme originaire du Connecticut au cours d'une entrevue dans un restaurant de Manhattan.« Tu vois comment on peut perdre contact avec la réalité », ajoute-t-elle.On voit très bien.Chaque jour, 60 Américains joignent les rangs des nouveaux millionnaires, estime-t-on.Ils travaillent sur Wall Street, à Silicon Valley et dans les autres pôles de la nouvelle économie, San Francisco, Seattle, Boston, Austin.D'un bout à l'autre du pays, ils investissent à la Bourse avec une passion débordante.« Le passe-temps national des États-Unis n'est plus le baseball, c'est de parier sur les actions à la Bourse et de faire de l'argent, dit Maren Lindstrom.C'est devenu tellement facile avec Internet.» Et les médias ne se font pas prier pour attiser les convoitises.Tous les jours, les chaînes d'information continue affichent les indices Dow Jones et Nasdaq au bas de l'écran.Trois soirs par semaine, le réseau ABC diffuse son quiz fétiche, Who Wants to Be a Millionnaire.Et jour après jour, la presse populaire en rajoute, faisant l'apologie d'un capitalisme débridé.Voir LE STRESS en A2 NEW YORK La Presse Au pays de Jésus Le pape Jean-Paul II termine aujourd'hui son périple en Israël par des visites hautement symboliques, se rendant dans trois des principaux lieux saints des trois grandes religions monothéistes, à Jérusalem: il devient ainsi le premier pape à aller au mur des Lamentations.page A11 INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7 et C8 - marchandises C9 - emplois C9 - automobile C10 et C11 - affaires C11 Arts et spectacles B7 à B10 - horaire spectacles B8 - horaire télévision B7 Bandes dessinées C9 Bridge A7 Décès C11 Êtes-vous observateur?C7 Feuilleton C10 Génies en herbe B10 Horoscope C8 La presse d'ailleurs A13 Lectures cahier Loteries A2 et A14 Monde A11 à A14 Mots croisés B10 et C8 Mot mystère C10 Multimédia A6 Santé cahier C Tabloïd Sports - Réjean Tremblay S3 Têtes d'affiche C6 SCIENCES Des rayons contre le cancer page B12 MÉTÉO Éclaircies Max.9, min.0 cahier Sports page 16 Institut Hippocrates Floride 7LP0201A0326 A2 DIMANCHE 7LP0201A0326 ZALLCALL 67 00:37:56 03/26/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 Suites de la une Ottawa dit avoir fait ses devoirs Manning enterre son parti MANNING / Suite de la page A1 Ce dernier affirme que même s'il ne remporte pas la course à la direction, il briguera un siège de député à la Chambre des communes lors du prochain scrutin.Les membres de l'Alliance canadienne se choisiront un chef à la fin du mois de juin.Trois autres partisans du nouveau parti ont manifesté leur intention de se lancer dans la course à la direction du nouveau parti.Il y a d'abord Frank Klees, un jeune ministre du gouvernement conservateur de Mike Harris, en Ontario, un député réformiste de la Colombie- Britannique, Keith Martin, et un avocat de Toronto, Joe Peschisolido.M.Klees est perçu comme un candidat ayant un fort potentiel, car il est Ontarien et il pourrait permettre à l'Alliance de briser l'image qu'elle risque de traîner avec elle, celle d'un même parti avec un nouvel emballage.Le chef des conservateurs fédéraux, Joe Clark, soutient que rien n'a changé et que les électeurs ne voteront pas davantage pour ce nouveau parti qui, selon lui, n'a de nouveau que le nom.Au Canada, il faut qu'un parti fédéral soit d'abord très populaire en Ontario pour espérer remporter les élections et le Parti réformiste n'a jamais réussi à s'imposer dans cette province.Les électeurs de la province la plus populeuse du Canada n'ont jamais adopté le Parti réformiste à cause de son image de parti régional et en partie à cause de Preston Manning, qui est perçu parfois comme un politicien dépassé.Le principal intéressé ne croit pas ces affirmations et estime plutôt que la division du vote de la droite entre les réformistes et les conservateurs a causé la défaite de son parti et la victoire des libéraux.L'opposition à la formation de l'Alliance au sein même du Parti réformiste s'est envolée en fumée depuis le congrès de l'Alternative unie à Ottawa, plus tôt cette année, alors que les opposants ont constaté que la victoire de l'Alliance lors du référendum d'hier était devenue inévitable.ÉRIC TROTTIER et MARTINE ROUX En dépit d'un nouvel appel du ministre des Transports Guy Chevrette à son homologue fédéral, David Collenette, la Société des ponts fédéraux a déjà entrepris l'installation des 60 nouveaux panneaux publicitaires aux abords de l'autoroute Bonaventure ainsi que des ponts Champlain et Jacques-Cartier.Ni la Ville de Montréal, ni Québec n'ont juridiction sur les terrains de la Société des ponts fédéraux, estime son président, Michel Fournier.« L'article 1 de la loi québécoise nous exclut parce que les ponts et les autres routes fédérales sont entretenues par Ottawa, a-t-il expliqué à La Presse la semaine dernière.Je vois mal comment, après nous avoir soustraits explicitement de sa loi, le gouvernement provincial veut maintenant nous inclure dans son moratoire.» Il y a cinq ans, Guy Chevrette a imposé un moratoire sur l'affichage publicitaire en bordure des routes afin d'en étudier l'impact sur la sécurité routière.La semaine dernière, M.Chevrette a demandé à nouveau l'intervention personnelle de son homologue David Collenette afin que les actions de Québec et de la Société des ponts « soient harmonisées ».Les inquiétudes du ministre Chevrette irritent toutefois Michel Fournier, qui prétend que les intentions de la Société des ponts fédéraux étaient connues depuis près d'un an.« Il est un peu tard pour réagir puisque le contrat est déjà accordé », réplique-t-il.En outre, le moratoire sur l'affichage publicitaire « n'est pas une loi.On a respecté la loi à la lettre et on a été transparents dès le début ».Par conséquent, la firme Médiacom pourra comme prévu installer 60 panneaux publicitaires à 30 endroits différents, dont 11 en bordure de l'autoroute Bonaventure.Les travaux ont d'ailleurs débuté la semaine dernière aux abords du pont Champlain, a constaté La Presse.La Ville de Montréal, qui avait adhéré au moratoire imposé par le ministre québécois des Transports, affirme de son côté qu'elle refusera d'accorder un permis de construction à Médiacom, la firme ayant obtenu le contrat de la Société des ponts.Mais le conseiller Saulie Zajdel, responsable du développement urbain au comité exécutif, reconnaît du même souffle que la Ville n'a vraisemblablement pas juridiction sur les terrains de la Couronne.« Si la Société des ponts installe des panneaux sur son emprise, je ne crois pas qu'ils aient besoin de notre permission.Nous sommes en train de vérifier tout cela avec les avocats de la Ville.» Pour Michel Fournier, la question est déjà tranchée.« Pensezvous qu'on a mis sur pied un tel projet sans avoir fait nos devoirs?» rétorque-t-il.Le contrat \u2014 qui rapportera 43 millions à la Société des ponts au cours des 15 prochaines années \u2014 servira à financer de nouvelles « mesures de décongestion » sur les ponts, soutient-il.PHOTO PC Le chef du Parti réformiste, Preston Manning, victorieux après l'annonce des résultats du référendum sur l'adhésion du parti à l'Alliance canadienne, hier à Calgary.Poutine redoute l'abstention POUTINE / Suite de la page A1 Sa fermeté sur la Tchétchénie, face aux indépendantistes qu'il appelle « les bandits » et face aux vives critiques de pays de l'OTAN, l'a bien servi auprès de ses concitoyens, humiliés par l'éclatement de l'URSS, l'effondrement de l'économie russe après une décennie de « réformes », la dégradation des conditions de vie et la montée fulgurante du crime et du désordre.Mais l'économie a aussi été son alliée: la flambée du prix du pétrole, l'impact bénéfique de la dévaluation du rouble pour l'industrie russe et pour les exportations et la hausse des recettes fiscales du gouvernement lui ont permis de payer les arriérés de salaires, des militaires et des retraités notamment, et de se rallier les provinces \u2014 79 des 89 qui composent la Fédération de Russie sont des bénéficiaires nettes des subventions fédérales.Après avoir chuté pour la première fois sous les 50 % dans un sondage il y a deux semaines, Poutine a terminé la semaine dernière avec entre 53 et 60 % des intentions de vote.Son principal rival, le communiste Guennadi Ziouganov, 55 ans, restait bloqué sous les 25 %, suivi de loin par le libéral Grigori Iavlinski avec 5 %, huit autres candidats se partageant le reste.Ziouganov, battu une première fois par Boris Eltsine en 1996, crie déjà à la fraude électorale, et non sans raison: à l'image d'une campagne biaisée en faveur de Poutine, poulain des maîtres du Kremlin ( « la Famille » ) et de la douzaine d'oligarques qu'une privatisation douteuse a rapidement enrichis, les opérations de vote et de dépouillement ne sont pas encore transparentes en Russie, 10 ans après la fin du communisme, malgré la présence de 500 000 observateurs, dont 1000 étrangers.Si Poutine n'est pas élu dès le premier tour, il devra affronter à coup sûr Ziouganov lors d'un deuxième tour, le 16 avril.Iavlinski a pour sa part martelé la menace d'une nouvelle dictature sous Poutine, qui s'entoure de ses anciens collègues du KGB et qui parle déjà de prolonger son quadriennat en septennat.La Constitution de 1993 léguée par Eltsine confère d'énormes pouvoirs au chef de l'État: il peut gouverner par décrets sans l'accord du Parlement, il est commandant en chef de l'armée, il nomme le premier ministre et il peut dissoudre le Parlement.Mais Poutine, qui a cherché à adoucir son image en protestant de sa foi orthodoxe et en se montrant avec ses deux filles et leur caniche ainsi que sur les pentes de ski, prend au sérieux la grogne abstentionniste au sein de l'électorat.Dans son dernier discours télévisé, vendredi, il a exhorté ses compatriotes à aller voter « pour relancer l'économie, fournir un gouvernement efficace, et restaurer le prestige de la Russie et son rôle primordial dans le monde ».Et hier, contre toute attente, il s'est présenté dans la loge officielle à un match de soccer entre le Spartak de Moscou et l'Alania, club de la capitale de l'Ossétie du Sud, voisine de la Tchétchénie.Iavlinski était aussi présent au match, mais dans les loges populaires.Le stress de la richesse LE STRESS / Suite de la page A1 Un exemple parmi d'autres: samedi dernier, le New York Post a consacré sa une à l'histoire d'un employé de restaurant ayant reçu un pourboire de 1000 $.Selon le tabloïd, le client satisfait venait de partager avec sa femme un repas d'anniversaire dont la note s'élevait à 899,56 $.Le Post a demandé à l'employé du restaurant, un étudiant originaire d'Italie, ce qu'il comptait faire avec son 1000 $.Vous avez deviné, il s'en servira pour tenter de faire fortune à la Bourse.« C'est mon grand rêve », a-t-il confié au Post.Mais l'argent ne fait pas le bonheur, tout le monde sait ça.« Je côtoie chaque jour plusieurs personnes qui travaillent très fort pour faire beaucoup d'argent et qui sont malheureuses comme c'est pas possible », commente Maren Lindstrom.Personne ne pleurera sur le sort des riches.Mais deux psychologues de la Californie viennent d'identifier une nouvelle « maladie » frappant plusieurs millionnaires de la nouvelle économie.Le nom de la maladie: «Sudden Wealth Syndrome ».Le syndrome de la richesse soudaine affecte tout particulièrement Silicon Valley, berceau de la révolution informatique, où un tas de personnes sont devenues millionnaires du jour au lendemain grâce à la bulle spéculative engendrée par Internet.Que faire avec tous ces millions tombant du ciel?Certains nouveaux riches perdent la tête et achètent quatre Porsche de couleurs différentes.D'autres sont paralysés par la culpabilité, ne croyant pas mériter tout cet argent.D'autres encore s'inquiètent de l'impact qu'aura ce matérialisme à outrance sur leurs enfants.L'inquiétude n'est pas injustifiée.Déjà, dans les cours d'école de Silicon Valley, les enfants de six ans ne disent plus: « Mon papa est plus fort que ton papa.» Ils disent: « Mon papa peut acheter ton papa.» Quant aux adolescents de Silicon Valley et d'ailleurs, ils rêvent de suivre les traces de Jeff Bezos, le jeune fondateur d'Amazon.com, devenu l'un des 267 milliardaires américains, selon le dernier recensement du magazine Forbes ( en 1982, les États-Unis comptaient 13 milliardaires ).Un jour, l'époque actuelle aura sa place aux États-Unis parmi les périodes qui marquent les générations entières.Les parents des baby-boomers auront connu les privations de la grande dépression.Les enfants des baby-boomers auront grandi au cours d'un boom économique dont la durée n'a pas de précédent historique.Mais personne ne semble avoir le coeur à la fête.Tout le monde est trop occupé à courir après le temps et l'argent.Tout le monde craint secrètement le krach à venir.Même Maren Lindstrom, qui n'est pas comme les autres, avoue se sentir parfois comme un hamster dans une cage, pédalant sur sa roue sans aller nulle part.Mais elle a une idée pour échapper à cette vie insensée.D'ici cinq ans, elle ira vivre avec son mari dans les Pyrénées.Du moins, c'est ce qu'elle promet.« Ce qui est chouette en France, c'est qu'on peut s'asseoir et parler pendant des heures sans jamais qu'il ne soit question d'argent, dit l'Américaine, qui a vécu à Paris au début des années 1990.Est-ce encore vrai?McCULLOCK Précision La photo publiée en page A6 de notre numéro de vendredi n'était pas celle du maire de Lachine, William Mc Cullock, mais de l'avocat John T.Pepper.Nos excuses.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 620 à quatre chiffres : 8497 6/49: 10 30 31 35 43 44 Compl.46 Extra: 1 7 8 4 2 9 DEMAIN DANS LA PRESSE Encore la Mazda MPV Même si la vogue des minifourgonnettes est en baisse, il demeure encore rentable pour un constructeur de faire sa marque dans ce créneau.Notre collaborateur Éric Le François nous explique, demain, dans le cahier Auto, que l'occasion est bonne pour le constructeur Mazda.Il nous propose une MPV complètement redessinée, et susceptible d'inscrire de nouveau \u2014 comme l'a fait la première génération de MPV \u2014 son nom au sommet du palmarès des minifourgonnettes « importées » les plus vendues au pays.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Le gouvernement devrait-il revenir sur sa décision d'imposer un droit d'entrée dans les parcs provinciaux?Approuvez-vous la surenchère de Quebecor et de la Caisse de dépôt afin de mettre la main sur Vidéotron aux dépens de Rogers Communications?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 67 % Non: 33 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Quand on est bien câblé! Chris Hoyle entendit crier, leva les yeux de son bureau, pour voir passer devant sa fenêtre un homme en train de tomber.« Il tombait la tête la première, il hurlait », a-telle racontré au Contra Costa Times de Walnut Creek, en Californie.Elle se précipita dehors, et devant l'immeuble de cinq étages, demanda à un homme: « Tout le monde va bien?Je viens de voir quelqu'un tomber du toit.» « Ouais, c'était moi », lui répondit Ken Larsen, 34 ans.Il avait le bras égratigné et l'épaule endolorie, mais rien de cassé.Larsen installait un câble de télécommunications sur le toit lorsqu'il est tombé.Le câble, qu'il n'avait heureusement pas lâché, a ralenti sa chute, tandis que son collègue, resté sur le toit, pesait de tout son poids sur le rouleau du câble pour le freiner. 7LP0302A0326 a03 actus dim 26 mars 7LP0301A0326 ZALLCALL 67 00:38:43 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 R A 3 L'EXPRESS DU MATIN Nicolet: Jeanne Auger applaudie aux funérailles de son fils ANDRÉ DUCHESNE NICOLET La communauté de Nicolet n'a pas seulement dit un dernier adieu à Samuel Auger-Chauvette, 5 ans, dont les funérailles ont été célébrées hier matin à la cathédrale de l'endroit.Elle a aussi exprimé son amour et son appui à la mère du garçon, Jeanne Auger, applaudie à tout rompre durant la cérémonie.« Je vais demander aux gens de se lever et de t'applaudir très fort », venait de dire le vicaire Robert Richard à cette femme de 31 ans qui conduisait la minifourgonnette dans laquelle huit bambins de 2 à 5 ans (dont son fils Samuel) ont trouvé la mort le jeudi 16 mars, à Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet.Juste avant, M.Richard a lu une lettre écrite au nom de tous les parents dont les enfants se trouvaient à bord du véhicule, où ils réaffirmaient leur affection à Mme Auger.Ces témoignages ont sans doute apporté du réconfort à la conductrice, qui appréhendait cette première sortie publique à la suite de l'accident.« Jeudi, en se rendant au salon funéraire pour la première fois, Jeanne avait l'impression que toute la ville la regardait.Le lendemain, les gens sont venus lui dire à quel point ils l'aiment », a observé le vicaire après la célébration.Très émue, vêtue simplement d'un manteau rouge et d'un pantalon bleu, Jeanne Auger s'est présentée dans une église bondée.Accompagnée de ses proches, elle a marché jusqu'aux premiers bancs, alors qu'on lui avait réservé un fauteuil roulant.Quelques dizaines de pas qui avaient tout leur sens.« Depuis une semaine, vous faites des petits pas et nous marchons avec vous », a confié le vicaire Richard à Mme Auger, à son conjoint Alain Arsenault et au père de Samuel, Christian Chauvette, au tout début de la cérémonie, qui fut des plus sobres.Très courte, l'homélie a porté sur ce passage des Écritures où Jésus guérit une femme souffrant d'infirmité depuis 18 ans.Traçant un parallèle entre cette femme et Mme Auger, courbée par le poids de la douleur, M.Richard a voulu la rassurer, lui dire qu'elle pouvait se promener dignement dans la communauté.D'ailleurs, les applaudissements réservés à cette mère qui a aussi un fils de 2 ans, Zachary, n'ont pas été le seul signe d'appui.Un bouquet de fleurs séchées (immortelles) lui a été remis et tous les parents qui ont perdu un enfant lui ont manifesté leur appui au cours des derniers jours.« La mère de Kevin et de Stacy Roy, Carole Poudrier, a tenu à visiter Mme Auger au salon funéraire hier (vendredi), a indiqué le vicaire Richard.C'est un geste qui m'épate, qui me touche.» Hier après-midi d'ailleurs, les funérailles de Kevin Roy, 4 ans, ont été célébrées à l'église de Saint- Grégoire, là où celles de sa soeur Stacy, 2 ans, avaient eu lieu lundi dernier.Selon l'agente de pastorale Henriette Bouchard, des cartes envoyées de tous les coins du Québec, de l'Ontario et de l'extérieur du pays, ont été envoyées aux familles éprouvées et à la conductrice.« Par le réseau Internet, nous avons reçu 250 pages de messages de sympathies », a-t-elle ajouté.Durant la cérémonie, les cousins et cousines de Samuel ont été invités à faire cercle autour du petit cercueil bleu-gris pour réciter le Notre Père.Spontanément, Mme Auger, son conjoint et le père de Samuel se sont joints à eux.Un geste bouleversant qui a ému les quelque 1200 personnes présentes.« Le rite funéraire était important pour Jeanne, a glissé le vicaire Richard.C'est elle qui, comme bien des mères, a appris le Notre Père à Samuel.» Rappel de petits pots Heinz n Heinz Canada rappelle l'une de ses variétés d'aliments Heinz pour enfants, la « Casserole de légumes, haricots et pâtes Heinz pour enfants » en pots de 7,5 onces (213 ml).Les petits pots ont été manufacturés le 9 février 1999 et portent le code de production 09AU011VI0409 sur le couvercle.Heinz a décidé du rappel à la suite d'une analyse effectuée par la compagnie et l'Agence canadienne d'inspection des aliments qui aurait détecté une petite pierre dans deux pots provenant d'une même période de production, indique Heinz dans un communiqué.Aucune autre variété d'aliments Heinz pour bébés, ni aucun autre code de production de cette variété n'est touché par ce rappel, et aucun consommateur n'a mentionné d'effets nocifs sur la santé, indique Heinz.Granby l'emporte n La ville de Granby est sortie grande gagnante hier du concours de la Fondation de la faune du Québec, le volet faunique du concours Fleurir le Québec du MAPAQ.Granby s'est méritée le prix pour son projet d'aménagement faunique réalisé dans un parc public en fonction des oiseaux.Le prix a été attribué au projet du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.Seize municipalités avaient soumis leur candidature.Par cet événement, la Fondation de la faune espère sensibiliser encore davantage la population au rétablissement de la faune ailée en milieu urbain.Bar incendié n Un incendie a complètement détruit, dans la nuit de vendredi à samedi, le bar de danseuses Faucon Bleu situé au 65, montée Ryan, à Saint-Jovite.Alimentées par de l'essence, les flammes ont rapidement eu raison du club de nuit, le seul bar de danseuses dans la région.Lorsque les pompiers et policiers sont arrivés sur les lieux, le feu enveloppait déjà tout le bâtiment.Un guichet automatique qui se trouvait à l'intérieur a aussi été détruit.Les dommages sont évalués à plus de 200 000 $.La présence de bidons d'essence à proximité porte à croire qu'une main criminelle pourrait être à l'origine du sinistre.Accident de ski n Un jeune skieur de 13 ans a perdu la vie hier matin au mont Adstock, dans la région de Thetford Mines, lorsqu'il est entré en collision avec un arbre en bordure de la piste de ski.La victime, Maxime Doyon, skiait avec des amis lorsqu'elle a fait une fausse manoeuvre et a perdu le contrôle de sa descente.Les secouristes n'ont pu que constater le décès de l'adolescent.Octogénaire disparu n Un Longueuillois de 81 ans, Jean-Marie Charbonneau, qui a quitté sa résidence de la rue Lasalle vendredi après-midi vers 15 h pour aller prendre un café, n'est toujours pas revenu à son domicile.L'octogénaire, qui éprouve occasionnellement des pertes de mémoire, a quitté sa résidence au volant de son automobile, une Dodge Shadow de couleur grise, de modèle 1988.La police de Longueuil a lancé un avis de recherche à tous les corps policiers pour tenter le localiser la voiture de M.Charbonneau, immatriculée JRA 267.L'octogénaire n'avait pas l'habitude d'aller bien loin avec son automobile, ayant des difficultés à s'orienter.Toute information peut être communiquée à la pol 450-646-8554.Incendie criminel n Un incendie d'origine criminelle qui s'est déclaré peu après 19 h hier, à l'intérieur d'un commerce de brocanteur, Brideau vêtements et meubles, situé au 277, avenue Mont-Royal Est, sur le Plateau Mont-Royal, a forcé l'évacuation d'une dizaine de personnes qui habitaient quatre logements situés aux étages supérieurs du commerce.Une dizaine de foyers d'incendie ont été découverts par les pompiers, qui ont mis moins d'une heure à circonscrire les flammes.La propriétaire du commerce, une dame de 68 ans, s'interroge sur les motifs du crime.PHOTOS ALAIN ROBERGE, La Presse © Un ourson et une couverture de laine (doudou) ont été placés sur l'autel avant le début de la cérémonie.Le message d'amour des parents à Jeanne Les parents des dix enfants qui se trouvaient à bord de la camionnette conduite par Jeanne Auger au moment du terrible accident qui a fauché la vie à huit bambins lui ont fait parvenir un message d'amour et d'affection à l'occasion des funérailles de son fils de 5 ans, Samuel Auger- Chauvette, hier.Ce message a été lu par le vicaire de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet, Robert Richard, durant la cérémonie.Tout de suite après, à la demande du vicaire, la foule rassemblée à la cathédrale de Nicolet a chaleureusement applaudi Mme Auger.La Presse reproduit ici intégralement le texte lu par le vicaire Robert Richard.Jeanne, J'ai la belle et tendre mission d'être le porte-parole des parents de tous les enfants que tu portes encore et toujours dans ton coeur : de Marie-Claude et Gaétan, unis à Léane ; de Nicka et de André, unis à Frédérike ; de Sylvain et de Sylvie, unis à Laurence ; de Chantal et de Hervé, unis à Karl ; de Mélanie et de Ghyslain, unis à Viviane ; de Carole et de Dany, unis à Stacy et à Kévin ; porte-parole aussi de Chantal et de Pascal, avec Sarah ; de Ghislaine et de Lucien, avec Catherine.Je me fais avec grande joie le porte-parole de toutes ces personnes qui s'en voudraient de ne pas te dire « je t'aime », qui t'offrent à toi et à Christian leur compassion pour Samuel, qui te souhaitent un retour le plus rapide possible à une vie paisible ; enfin, qui te disent tout simplement merci de t'être autant dévouée pour leur enfant ; merci à toi et aussi à Alain, ton conjoint, qui aura été d'une présence de tous les instants auprès de toi.Et que t'offrir, en ce moment, au nom de tous ces parents qui, tu le comprends bien, ne se sont pas tous sentis la force d'être ici aujourd'hui ; que t'offrir à toi pour qui les fleurs coupées évoquent la mort par leur odeur et parce qu'elles sont périssables Tout simplement quelques fleurs séchées, immortelles.un bouquet composé d'un soleil pour la joie, d'un papillon pour la liberté et l'espérance de la vie, une petite abeille pour que ton ardeur jamais ne s'arrête, et quelques petites coccinelles, seulement deux pour l'instant car, des coccinelles, c'est comme l'amour, ça se multiplie beaucoup plus vite qu'on ne le pense.Au nom de toutes ces personnes et en mon nom personnel.Manifestation contre le bruit des motoneiges à Saint-Jovite Un mort à la mine Kina RAYMOND GERVAIS Un mineur de 44 ans, Guy Morin, de Val-d'Or, a perdu la vie vers 17 h 30 vendredi, lorsque le plafond d'une galerie de la mine Kina à Dubuisson, près de Vald'Or, en Abitibi, s'est effondré sur lui à quelque 960 mètres de profondeur.Au moment de l'accident, le travailleur, qui était seul, s'affairait à poser un grillage de protection sur le plafond d'une galerie.La paroi rocheuse a cédé.Ce n'est que cinq heures après l'éboulement que les secouristes ont réussi à se glisser jusqu'à la victime pour constater le décès.Les mineurs ont mis toute la nuit à dégager le corps pour finalement le remonter à la surface à 9 h 30 hier.La Commission de santé et de sécurité au travail a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances de l'accident.Les activités de la mine Kina, propriété des Mines Mc Waters, le 8e producteur d'or au Canada, ont été suspendues dans le secteur de l'accident.Le directeur du complexe minier Kina, Michel Labonté, a expliqué qu'il est fréquent qu'un mineur travaille seul à des activités de boulonnage sur la voûte d'une galerie.Il s'agit du premier accident mortel dû à un effondrement à survenir dans cette mine depuis son ouverture il y a 20 ans.MARTINE ROUX Environ 200 résidants vivant en bordure du parc linéaire du P'tit train du Nord ont envahi les rues de Saint-Jovite, hier, pour protester contre l'envahissement bruyant de leur environnement par les motoneigistes.Ils réclament une voie de contournement qui obligerait les bolides à ne pas passer au ras de leurs résidences.Chantale Pigeon habitait à la campagne.Mais depuis quatre ans, cette citoyenne de Saint-Faustin a l'impression de vivre en bordure d'une autoroute : perchée à flanc de montagne, sa demeure surplombe le parc linéaire du P'tit train du Nord, qui accueille des caravanes de motoneigistes entre Sainte-Agathe et Mont-Laurier pendant l'hiver.« Certains roulent à plus de 120 km/h ! déplore-t-elle.Je mets Mozart à plein régime ou des bouchons de cire pour ne plus les entendre.C'est comme le supplice chinois : une goutte d'eau, ça va, mais à la longue, on croît devenir fou.» Plus d'une centaine d'engins à l'heure empruntent le tracé aux périodes de pointe, explique Normand Lacroix, président de la Coalition pour la protection de l'environnement du parc linéaire Le P'tit train du Nord.L'ennui, c'est que les heures de pointe s'étirent de 9 h à 21 h.Ce qui ne veut pas dire que les nuits sont paisibles.« Cet hiver, le seul moment calme de la journée, c'était entre 5 h 30 et 6 h 30.Quand on entend les motoneiges à 3 h 20 du matin, on sait que tel bar vient de fermer.Les résidants courroucés de Saint-Jovite, Mont-Tremblant, Saint-Faustin, La Conception et autres municipalités jouxtant le parc linéaire en ont soupé de la cohabitation forcée avec les motoneigistes.Leur argument est simple : une autoroute de bolides filant à plus de 100 km/h n'a pas sa place en milieu habité.La solution ?Déjà toute tracée, disent les riverains : les motoneigistes n'ont qu'à emprunter une voie de contournement, possiblement les abords de la route 117, où ils circulaient d'ailleurs avant 1996.C'est à cette période que les choses se sont gâtées.Le parc linéaire du P'tit train du Nord, dont le nom s'inspire du célèbre lien ferroviaire abandonné en 1990, traverse les Laurentides au plus grand bonheur des skieurs, cyclistes et autres randonneurs.Les motoneiges n'ont pas le droit de se trouver sur la plus grande partie du parcours, un règlement provincial leur interdisant l'accès à une piste située à moins de 30 mètres des habitations.Mais en 1996, un décret du ministère des Transports a amendé le règlement pour le tronçon situé entre La Conception et Sainte-Agathe- Nord.Résultat : fini le ski de fond ou les ballades hivernales sur ces 25 kilomètres.« J'ai failli me faire renverser par une motoneige alors que je marchais dans le sentier avec ma fille », raconte Mme Pigeon.« Les citoyens sont dépossédés, renchérit M.Lacroix.Un sondage mené par la coalition indique que 78 % des riverains utilisent le parc l'été.L'hiver, la fréquentation baisse à 5 %.» Leur lutte en est aussi une de santé publique, dit-il.« Outre la pollution sonore, les motoneiges causent beaucoup de tort à l'environnement.» Christian Gosselin, qui loue des motoneiges à Mont-Tremblant, regardait défiler les manifestants d'un oeil ironique.« La motoneige fait vivre 3000 personnes de la région et y a 200 monsieurs pincés qui braillent ! Vont-ils se plaindre que les vélos font trop de poussière en été ?» Pourtant, il ne voit pas d'inconvénient à ce que les motoneigistes empruntent un autre tracé.« Nous ne sommes pas contre les motoneigistes, insiste Normand Lacroix.Nous demandons simplement aux élus de les faire passer là où c'est approprié.La solution est à portée de main.» 7LP0401A0326 A4 - DIMANCHE 7LP0401A0326 ZALLCALL 67 00:37:26 03/26/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 Desjardins s'attaque à de nouveaux marchés Le Mouvement plafonne dans le secteur traditionnel des prêts L'astronaute agressée a délibérément poursuivi sa mission LAURIER CLOUTIER QUÉBEC Desjardins rate de grosses occasions de gains dans de nouveaux marchés et plafonne dans le secteur traditionnel des prêts.Le Mouvement va toutefois s'attaquer à plusieurs nouveaux marchés, dont la gestion de patrimoine familial, et veut multiplier les partenariats avec le Groupe SGF, la Caisse de dépôt et placement du Québec et d'autres promoteurs du développement.C'est malgré la vigueur de l'économie que plusieurs des parts de Desjardins dans les marchés traditionnels ont stagné l'an dernier, ce qu'on compte bien corriger cette année.Déjà, la campagne des REER a dépassé les provisions, dit Rénald Boucher, chef de l'exploitation.Desjardins doit devenir rapidement « le principal gestionnaire » des fortunes accumulées par les familles, a déclaré le nouveau président, Alban D'Amours, devant 3355 délégués qui participaient à l'assemblée spéciale du Mouvement, hier.Il doit aussi « mieux accompagner » les entreprises dans leur expansion, a dit M.D'Amours dans son discours inaugural.Près de la moitié des PME naissent et croissent grâce à Desjardins, mais les banques les courtisent ensuite et le Mouvement en perd plusieurs.Pour mieux servir des clients comme le Cirque du Soleil, Desjardins doit en outre « maîtriser l'art des grandes alliances coopératives internationales ».Il prévoit en conclure cette année.Des négociations durent depuis septembre dernier.Le président sortant, Claude Béland, reste président de l'Association internationale des banques coopératives.Avec Jean-Guy Langelier, président de la Caisse centrale Desjardins, M.Béland tente de former un partenariat coopératif avec la Rabobank, des Pays-Bas, et la DG Bank, d'Allemagne, ayant un actif de 1200 milliards, soit autant que la plus grande banque du monde.Une première alliance doit porter sur l'Amérique du Nord, où ces deux banques coopératives ont un actif de 15 milliards.Cette alliance consoliderait les 77 milliards de Desjardins et faciliterait les affaires avec les entreprises.Les banques coopératives de France mordent aussi davantage à l'hameçon des partenariats que la Nurinchunkin, du Japon.Aux États-Unis, la filiale de Desjardins en Floride doit très bientôt décrocher une nouvelle licence qui lui permettra l'expansion.Dans le cas des credit unions du Canada, Desjardins va conclure une alliance avec elles dès qu'elles seront prêtes, assure Claude Béland.Pour devenir incontournable, particulièrement dans les régions, Desjardins veut faire des affaires avec plusieurs intervenants socioéconomiques, dont le Fonds FTQ.Ces projets et les grands chantiers en cours visent l'amélioration de la rentabilité.Les résultats n'ont pas été satisfaisants l'an dernier, dit Alban D'Amours.Les trop-perçus avant ristournes sont passés de 327 à 336 millions, soit loin des records de profits des banques.Les ristournes aux membres ont reculé de 138 à 122 millions, un niveau qui demeure non négligeable cependant.La réingénierie des caisses tarde à produire ses fruits.Près de 130 caisses ont fusionné l'an dernier et Desjardins prévoit arriver à compter 600 caisses, avec 1500 points de service, en 2002.L'abolition de 5000 postes est prévue.Les caisses hésitent.Il reste encore 3000 postes à abolir d'ici 2003 pour que Desjardins concrétise des économies de 230 millions.La fusion des fédérations d'ici juillet 2001 doit aussi réduire les coûts encourus par Desjardins.Presse Canadienne OTTAWA L'Agence spatiale canadienne (ASC) dit avoir offert à Judith Lapierre de mettre fin à son expérience de simulation d'un long séjour dans une station orbitale après que l'un de ses collègues de l'expérience, un Russe, qui était en état d'ébriété, eut tenté de l'agresser sexuellement, selon ce que rapportait hier le quotidien Ottawa Citizen.Mme Lapierre, 32 ans, de Gatineau, aurait plutôt choisi de demeurer dans la capsule expérimentale, à Moscou, jusqu'à la fin des 110 jours prévus pour l'expérience.« Ces personnes vivaient dans des conditions extrêmes », affirme le directeur du bureau des astronautes de l'ASC, Michel Vachon.« Elles avaient toujours la possibilité de quitter les lieux si elles jugeaient que cela était trop difficile », ajoute-il.Néanmoins, il précise que Judith Lapierre, une ancienne infirmière de Val-des-Monts, était déterminée à continuer.« Judith est très productive.Elle nous a dit qu'elle voulait continuer.Nous avons étudié la situation et respecté son choix », explique M.Vachon.Cette semaine, la famille de Mme Lapierre a dit que l'agence spatiale avait mis 10 jours à répondre lorsque la tentative d'agression a été signalée, et que l'ASC a gardé Mme Lapierre enfermée dans la capsule.La porte-parole de l'ASC, Anna Kapiniari, soutient que l'expérience était menée par l'Institut des problèmes biomédicaux en Russie, et non par l'agence canadienne.Mme Kapiniari précise que lorsque les Russes ont choisi Judith Lapierre, qui avait déjà vécu dans une base isolée de l'Antarctique, cette dernière a approché l'ASC pour démontrer son intérêt pour le programme et demander un soutien financier.Selon la porte-parole, l'agence a octroyé un contrat à Judith Lapierre afin qu'elle produise un rapport à la suite de son expérience.PHOTO PC Le président sortant du Mouvement Desjardins, Claude Béland, a longuement salué la foule, hier après son discours d'adieu, sous les yeux de son successeur, à droite, Alban D'Amours.La Caisse se livre à une vendetta, soutient Chagnon Presse Canadienne L'actionnaire majoritaire de Vidéotron, Claude Chagnon, accuse la Caisse de dépôt et de placement du Québec d'exercer une vendetta à son endroit en bloquant la vente du câblodistributeur à Rogers Communications.Dans une entrevue diffusée hier sur le réseau TVA, M.Chagnon va même jusqu'à laisser entendre qu'il fait l'objet d'une vengeance personnelle de la part de Pierre Bélanger, président de Capital Communications, filiale de la Caisse et partenaire de Quebecor dans l'offre d'achat de Vidéotron.M.Chagnon a confirmé que M.Bélanger, un ancien vice-président exécutif chez Vidéotron, avait quitté l'entreprise dans des circonstances houleuses.« Ce n'était pas sa décision », a laissé tomber M.Chagnon, qui se serait senti « trahi » par la Caisse, laquelle mènerait, selon lui, une « vendetta ».« C'est le mot que j'ai utilisé, a-t-il dit.On a entendu des commentaires de certains dirigeants de la Caisse face à la famille Chagnon la dernière semaine.On se demande si la Caisse préfère les Péladeau aux Chagnon.» Du reste, le grand patron de Vidétron pourrait très bien envisager, en dernier ressort, de rester propriétaire de l'entreprise.Au début de février, le géant canadien de la câblodistribution, Rogers Communications, a offert d'acquérir Vidéotron pour environ 5,3 milliards.Rogers a offert 0,925 action sans droit de vote en échange d'une action de Vidéotron.Or, Quebecor et Capital Communications ont proposé vendredi 5,9 milliards comptant aux actionnaires de Vidéotron.La famille Chagnon, qui contrôle environ 72 pour cent des actions avec droit de vote dans le Groupe Vidéotron, avait accordé un appui irrévocable à l'offre de Rogers, en vertu d'une entente.Les Chagnon ont maintenu cet appui hier. 7LP0501A0326 A5 DIMANCHE 7LP0501A0326 ZALLCALL 67 00:35:25 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 A 5 Le principe de Jennifer Lopez Stéphane Laporte collaboration spéciale J'aimerais lancer un appel à toutes les vedettes qui sont présentement en train de choisir leurs fringues pour le gala Métro Star de ce soir.Ne mettez pas ça ! Je vous en supplie, ne mettez pas ça ! Ça, c'est la grande robe noire que vous avez dans les mains et que vous revêtez à chaque gala.On est tanné.On est pus capable de la voir ! Donnez-la à votre grand-mère ! Pour le plus grand bien de votre carrière, choisissez autre chose.Je sais bien que votre grande robe noire est chic et de bon goût.Qu'elle est sobre.Qu'elle n'attire pas l'attention.Mais voulezvous bien me dire pourquoi les vedettes du Québec sont les seules vedettes au monde qui ne veulent pas attirer l'attention ! ?C'est le propre d'une vedette d'attirer l'attention ! C'est à ça que ça sert dans la vie.Si vous vouliez passer inaperçue, au lieu de devenir une vedette, vous aviez juste à devenir chef du Parti libéral du Québec ! Ce soir, plutôt que de faire de l'angoisse à vous demander si vous remportez ou non un petit trophée, mettez enfin en pratique le principe de Jennifer Lopez qui régit toutes les soirées de gala : « L'important, ce n'est pas de gagner, c'est de savoir s'habiller.» Nommez-moi l'interprète féminine de l'année lors du dernier gala des Grammy Awards ! Vous n'êtes pas capable ! Vous n'êtes pas capable parce que tout ce que vous avez retenu du gala des Grammy Awards, c'est la robe de Jennifer Lopez.Elle, elle a compris ! Elle, elle sait c'est quoi une tenue de gala.Elle, elle sait comment voler un show.Elle a pris la robe d'une de ses Barbie, pis elle se l'est mise sur le dos.Trois pouces de tissu.On en a parlé durant un mois.Tout le monde l'a vue.Même ceux qui n'ont pas regardé le gala.Si ce soir, Ginette Reno entre en scène vêtue de la robe de Jennifer Lopez, tous les gagnants peuvent rester assis, on ne parlera que de Ginette, demain matin ! Ça fera la une de tous les journaux.Même que ça débordera en page deux ! Parce que le linge, c'est ce qui frappe le plus dans un gala.Bien avant les trophées.Si vous n'êtes pas encore convaincu, nommezmoi un gagnant du gala des Félix en 1991.Vous n'êtes toujours pas capable.Mais vous vous souvenez sûrement de la robe de Joe Bocan.Et surtout du Joe qui lui était sorti de la robe ! Ça ne s'oublie pas.Il est temps que vous compreniez ça, chères vedettes du Québec.Nous, le vrai monde, nous regardons les interminables galas pour une seule chose : voir de quoi vous avez l'air.Ce n'est pas pour vous entendre remercier, des trémolos dans la voix, votre père, votre mère, votre époux et votre amant.On ne vous écoute même pas ! On s'en fout ! On ne fait que vous regarder.Et passer nos commentaires : « Cou'donc, elle, elle a ben grossi ! », « Mon doux, lui, il a ben vieilli ! » « Elle, elle s'est fait refaire la face ! », « Lui, il s'est fait greffer des cheveux ! », « Elle, elle a dû acheter ça en vente chez Croteau.», « Lui, il a l'air pressé, mais son smoking ne l'est pas ! » On n'arrête pas durant trois heures.Vous pouvez faire une sortie contre la ministre Copps, ou pour le droit d'auteur, on s'en balance, de vos propos.On ne s'intéresse qu'à votre apparence.Votre look de veuuuudettes.On sait bien que l'habit ne fait pas le moine.Mais vous n'êtes pas des moines, vous êtes des veuuudettes ! Et l'habit fait la veuuudette.Voilà pourquoi votre grande robe noire nous gâche notre fun.Que voulez-vous qu'on dise sur un vêtement noir ?Le look Marcel Marceau se passe de commentaire.Faites un effort.Revêtez quelque chose qui va nous faire parler, crier ou nous évanouir.Pour une fois ! Christiane, ma belle Christiane, si ce soir tu t'habillais tout en blanc, on en parlerait encore dans vingt ans ! Jocelyne, ma belle Jocelyne, si ce soir, tu portais une robe transparente, on pourrait vraiment dire que J.E.ne nous cache rien.Macha, ma belle Macha, si ce soir, tu portais la moitié du décolleté de Jennifer Lopez, on serait sûr que la soirée ne serait pas plate.Normand, mon beau Normand, si ce soir, tu portais une robe, on arrêterait peut-être de t'achaler avec l'homophobie.Artistes du Québec, faites un effort ! Étonnez-nous ! Je sais que je vous ai convaincu.Je sais qu'en ce moment vous virevoltez dans votre placard.Vous courez de droite à gauche, en sous-vêtements, cherchant le morceau de linge qui fera parler de vous.Qui fera de vous la Jennifer Lopez du Québec ! La vraie gagnante du Métro Star ! Si jamais vous ne le trouvez pas, ne désespérez pas pour autant.Venez en sous-vêtements, le résultat sera le même ! n n n Dans l'espoir de gagner le vote des jeunes, Paul Martin a déclaré être parent avec Ricky Martin.Living la vida Canada ! n n n Quand on demande au ministre Paul Martin s'il est content que Jean Chrétien demeure chef du Parti libéral, il répond oui de la même façon que Lara Fabian répond oui lorsqu'on lui demande si elle est contente du succès de Céline Dion.n n n Selon les Cris, le peuple québécois est un peuple fictif.On est peut-être un peuple fictif, mais on paie des taxes réelles, nous autres.n n n C'est rendu qu'il faut être plein pour faire le plein.Jennifer Lopez 7LP0601A0326 A6 DIMANCHE 7LP0601A0326 ZALLCALL 67 00:35:58 03/26/00 B Le Web en direct des paddocks Pour tout savoir sur les stars des circuits et leurs bolides LAURENCE MAURY Le Figaro Qui succédera à Mika Häkkinen et deviendra champion du monde des pilotes 2000 ?Internet ne donne pas la réponse.Mais il permet de se tenir au courant de tous les aspects de l'intersaison et de la saison en cours.Sur le site de TF 1 (1), on a pu ainsi voir, dès le 1er février à midi en avant-première, les bolides de Prost Grand Prix.Cependant, il ne faut pas s'attendre à connaître, grâce au Web, tous les secrets de conception de ces engins.Ils sont mieux gardés qu'à Fort Knox, compétition oblige.En revanche, les amateurs d'anecdotes se tourneront avec profit vers « Les Nouvelles du paddock », toujours chez TF 1, qui propose un espace bien complet sur la F 1.Dans le même esprit encyclopédique, on peut visiter F 1 live (2), un site qui n'est pas avare de fiches, de photographies et de « nouvelles du front ».À consulter également avec plaisir, Daily F 1 (3).Au programme : les derniers potins, des photos des coulisses et, surtout, des fiches complètes pour chaque écurie avec, à chaque fois, les adresses des sites Web correspondants.Un reproche, toutefois, à ces trois sites de référence : les mises à jour se font attendre.Pour se consoler, les rappels historiques permettent de se souvenir de Senna ou de Fangio.La nostalgie est d'ailleurs bien cultivée dans ce petit monde pourtant voué à la vitesse.Ainsi chez Ferrari (4), dans la liste des grands pilotes qui ont défendu les voitures au cheval cabré, on honore Ascari ou Lauda.Schumacher, le grand espoir de l'écurie de Maranello, n'est pas oublié, loin de là.Dans le « coin du fan », les inconditionnels se verront décerner, gratuitement, une photo dédicacée de « Schumi ».La signature est électronique et l'on peut écrire soi-même son message.Même principe, mais en courriel dédicacé, chez Prost (5).Il suffit de sélectionner une photo (de ses deux pilotes ou du maître en personne) et d'y joindre un petit mot.Votre correspondant n'aura plus alors qu'à venir la découvrir sur le site de l'écurie française, dont les pages vous accueillent (comme il se doit) au son d'un bon coup d'accélérateur.Pour donner encore plus de piment à la compétition, un concours de pronostics désignera les heureux bénéficiaires d'une invitation à une séance d'essais privés pour deux personnes, ou de la combinaison dédicacée de Jean Alesi.Ce dernier est devenu une véritable star du Web.Pas moins d'une dizaine de pages de fans lui sont consacrées sans compter son site officiel (6).On y découvre, en autres confidences, que son emblème est le coyote du dessin animé.Celui qui passe son temps à poursuivre Beep-Beep sans jamais l'attraper.Cherchez le symbole.Autre favori des internautes : Jacques Villeneuve (7).Le site de son fan-club \u2014 en anglais exclusivement \u2014 est beaucoup moins généreux que celui de l'Avignonnais, mais il annonce honnêtement la couleur : il ne faut pas compter sur lui pour obtenir des places aux Grands Prix.Beaucoup plus convivial, Mika Häkkinen (8) ne cache rien, ou presque, sur un site d'inspiration très familiale, mis en place par sa soeur.Le champion en titre livre son album de photos \u2014 y compris des clichés datant de sa petite enfance \u2014 et promet de répondre aux questions qui lui sont posées.Quant à Michael Schumacher (9), il dispose lui aussi d'un site très classique, mais en allemand.On peut lui préférer celui de son fan-club (10), qui mêle informations sportives et images plus privées comme celles des vacances du champion à Dubaï.Une interview nous apprend qu'il se remet bien de son accident, même s'il reconnaît : « J'ai encore mal à la jambe.» Mais que ses rivaux ne se réjouissent pas trop vite, comme l'a prouvé la première course en Australie, car il ajoute : « Lorsque je joue au football ! » En voiture, cela ne le gêne plus du tout.(1) www.tf1.fr (2) www.f1.live.com (3) www.dailyf1.com (4) www.ferrai, it (5) www.prostgp.com (6) www.jean-alesi.org (7) www.jvfan.villeneuve.com (8) finhost.teliafi.net/hakkinen (9) www.michael-schumacher.com (10) www.schumacher-fanclub.com PHOTO AFP Le champion canadien Jacques Villeneuve suivi par le Hollandais Jos Verspaten à Sao Paulo, au Brésil, hier au cours d'une séance de qualifications pour le Grand Prix qui doit être disputé aujourd'hui. 7LP0701A0326 A7 - DIMANCHE 7LP0701A0326 ZALLCALL 67 00:35:35 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 A 7 Le grand héron, emblème des insulaires Une consultation populaire se tient jusqu'au 30 avril afin de choisir un oiseau emblème pour Montréal.Le grand héron est l'un des six candidats retenus.Majestueux, cet oiseau rappelle aux Montréalais qu'ils sont des insulaires.At- il l'étoffe et le caractère recherchés ?À vous de juger.Chaque dimanche, du 12 mars au 16 avril, nous dressons un portrait de l'un des candidats.Un article synthèse conclura la série le 23 avril.Alors, pensez-y ! Petits et grands peuvent voter pour leur candidat favori.VINCENT LÉTOURNEAU collaboration spéciale Excursion matinale sur les rives de Montréal.On est en juin, il est 6h.Mon canot glisse sur l'eau calme du ruisseau Bertrand.Débouchant sur la rivière des Prairies, le petit cours d'eau s'élargit.Sur les hauts-fonds, un herbier de quenouilles s'est développé.J'aperçois, dans une mare, au milieu des plantes émergées, une masse allongée et grise.Je m'arrête et sors mes jumelles.D'un coup d'oeil, c'est confirmé, il s'agit bien d'un héron ! L'oiseau, jusqu'ici immobile, me surprend en plongeant d'un coup de tête violent.L'instant d'après, il sort de l'eau un petit brochet.Rapidement, il pointe le bec en l'air et la proie glisse dans sa gorge d'un seul trait.Comme elle fait au moins 20 centimètres, je la vois qui gigote en descendant lentement le cou mince du pêcheur.Mais mon canot vient trop près, le héron devient nerveux et voilà que s'envole cet instant majestueux.Le grand héron se nourrit en eaux peu profondes, surtout de poissons, mais aussi de grenouilles et de gros insectes.Il marche lentement ou attend sa proie patiemment, puis l'attrape d'un coup de bec vif.Pouvant atteindre jusqu'à 1,30 mètre de long, ce héron figure parmi les plus grands oiseaux du Québec.Ses longues pattes, son cou interminable et son bec en forme d'épée sont de précieux atouts lorsqu'il s'agit de traquer une proie dans 50 centimètres d'eau ! Le poisson est avalé tout rond et tête première.Si la proie est à l'envers, le héron prendra un instant pour la placer tête devant.Malgré sa taille imposante, le grand héron demeure relativement léger : environ 2,3 kilos.Difficile d'imaginer qu'un oiseau de cette taille pèse à peine plus qu'un contenant de deux litres de lait ! L'apparence est trompeuse, mais rappelez-vous qu'outre sa poitrine et ses cuisses bien musclées, le héron n'a que la peau, les plumes et les os ! Pour faire voler ces kilos, il est doté de larges ailes dont le battement lent lui donne un caractère majestueux.Le grand héron fait partie des ardéidés, une famille qui regroupe quelque 80 échassiers (hérons, aigrettes et butors) dans le monde, dont six nichent au Québec.Plusieurs confondent les hérons avec les grues.Ces dernières, très rares à Montréal, volent le cou tendu et non replié en S comme les hérons.Un nicheur colonial Le grand héron revient à Montréal vers la fin mars ou le début avril, dès que les rives du Saint-Laurent sont dégagées des glaces.Autour de l'île, ses activités se partagent alors entre sa colonie et ses lieux de pêche.Chaque héron adopte plusieurs endroits d'alimentation : des portions d'étangs, de rivages ou de marais riches en poissons.Bien qu'il aime s'alimenter seul, il préfère nicher en colonie.Qu'elle soit sur une île ou au coeur de la forêt, la colonie sera souvent isolée de l'activité humaine.Les nids sont de larges plates-formes de branches sèches.Ils sont construits assez haut dans de grands arbres, non loin les uns des autres.Comme la plupart persistent après l'hiver, la colonie peut être ravivée chaque printemps, moyennant quelques réparations apportées aux plates-formes et la construction de nouveaux « logis ».La femelle pond quatre ou cinq oeufs, dont l'incubation débute dès la ponte du premier oeuf.Ainsi, les oeufs vont éclore l'un après l'autre, à deux ou trois jours d'intervalle, et les héronneaux seront de tailles croissantes selon l'âge.Si les proies se font rares, les oisillons les plus forts accapareront toute la nourriture.Affaiblis, les plus jeunes finiront par tomber au pied du nid et mourir.Ce type de développement n'est pas le propre du héron.On le trouve notamment chez les rapaces diurnes et nocturnes comme le faucon pèlerin et le petit-duc maculé.Un spectacle grandiose Le grand héron peut être fréquemment observé à Montréal, d'avril à octobre.Les rives et les divers plans d'eau de l'île \u2014 des marais des parcs nature aux étangs du Jardin botanique \u2014 constituent pour lui autant de lieux de pêche intéressants.Mais l'endroit le plus spectaculaire demeure l'Île-aux-Hérons, qu'il fréquente assidûment d'avril à juillet, depuis au moins 400 ans ! À distance, on aperçoit plusieurs nids.En avril, on peut voir les mâles qui se les disputent bruyamment.Plus tard en saison, on sera témoin des inlassables allées et venues des adultes qui s'affairent, jour et nuit, à nourrir les héronneaux.L'Île-aux-Hérons est située dans les rapides de Lachine.On peut la voir depuis La- Salle, à partir d'une aire publique située sur le boulevard La Salle, face à la 6e Avenue.Dominique Granger est vice-présidente de la Société de biologie de Montréal.Depuis cinq ans, elle se passionne pour l'observation des oiseaux.Elle serait fière de voir le grand héron devenir l'oiseau emblème de Montréal.« C'est un oiseau majestueux que tout le monde reconnaît, de près ou de loin, posé comme en vol, et même sans jumelles.» Plusieurs de ses amis non ornithologues lui ont déjà fait part de rencontres émouvantes avec le grand héron.Que de beaux souvenirs ! Que de spectacles inoubliables ! » « Le grand héron était déjà là, en 1611, quand Champlain est passé.Aujourd'hui, il arrive qu'on l'aperçoive au-dessus de la ville, sur un rivage ou en traversant un pont.C'est l'emblème qu'il nous faut.C'est l'oiseau qui rappelle aux Montréalais qu'ils sont des insulaires.» L'auteur est animateur scientifique au Biodôme de Montréal.SOURCE : Les oiseaux nicheurs du Québec Le grand héron niche en Amérique du Nord et hiverne jusqu'en Amérique du Sud.Sa population automnale au Québec serait d'environ 25 000 individus.Pouvant atteindre jusqu'à 1,3 mètre de long, le grand héron figure parmi les plus grands oiseaux du Québec. La Presse 26 mars 2000 Page A8 manquante 7LP0901A0326 A 9 samedi 7LP0901A0326 ZALLCALL 67 00:36:49 03/26/00 B 7LP1001A0326 A10 DIMANCHE 7LP1001A0326 ZALLCALL 67 00:35:10 03/26/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 Actualités La Fondation Paul Gérin-Lajoie cherche à recruter 2000 parrains Nadine Filion collaboration spéciale Peu de gens savent que la Fondation Paul Gérin- Lajoie pilote depuis dix ans un programme de parrainage d'écoliers.À ce jour, c'est donc à peine 400 élèves du Sénégal et d'Haïti qui profitent des 30 dollars versés mensuellement par leur parrain ou marraine du Canada.Mais parce que les besoins sont encore \u2014 et toujours plus \u2014 criants, la Fondation lance en fin de semaine une vaste campagne : l'opération Faim d'école 2000.L'objectif est de débusquer, ici, 2000 parrains ou marraines désireux de soutenir financièrement, là-bas, la scolarisation des plus démunis.Pour ce faire, un documentaire promotionnel d'une heure est diffusé en fin de semaine sur nos principales chaînes télévisées francophones.On y dépeint entre autres les difficultés auxquelles font face les familles haïtiennes et sénégalaises.En Haïti, 1,3 million d'enfants n'ont pas leur place sur les bancs d'école.Au Sénégal, quatre jeunes sur dix n'ont pas accès à une éducation de base.Ceux qui l'ont ne bénéficient pas toujours des meilleures conditions d'apprentissage.Des classes, souvent décrépites, où s'entassent jusqu'à 95 élèves ; des tables-bancs qui n'ont de table que le nom, passage du temps oblige ; peu ou pas de matériel didactique ; des « Bic » qui doivent être partagés afin que chacun parvienne à écrire dans son petit cahier racorni ; voilà à quoi ressemble la vie scolaire d'un petit Sénégalais.Si l'éducation des garçons va de soi (en autant que la famille en ait les moyens, avec un salaire annuel moyen de 300 $), celle des filles pose problème.Les mères, surchargées de travaux domestiques, ont tendance à garder leurs fillettes auprès d'elles afin de les mettre à contribution : laver les vêtements dans le marigot voisin, balayer le sol de terre battue entourant la case au toit de paille, piler le mil, puiser l'eau, cuisiner les repas sur un petit feu de charbon.Un parrain, un écolier.un tuteur Le parrainage de la Fondation fait d'une pierre, deux coups.La famille obtient l'aide financière nécessaire, mais aussi l'appui des responsables du programme qui veillent à ce que le décrochage scolaire ne vienne tenter ni les enfants ni les parents.Qui plus est, les 30 $ versés mensuellement (moins 6 % de frais d'administration) à un petit parrainé servent à l'ensemble de ses compagnons de classe.Ainsi, lors de la dernière rentrée scolaire au Sénégal, la classe d'Awa Camara, 10 ans, n'avait pas de craie ( !) C'est avec les fonds du parrainage qu'il a été possible de remédier à la situation.Qui dit parrainage dit aussi tuteur.La Fondation tient mordicus à ce que chacun des parrainés reçoive le soutien d'un plus vieux.Dans l'une des écoles élémentaires situées en banlieue de Saint-Louis, toujours au Sénégal, 63 tuteurs, principalement des élèves du cours secondaire, suivent pas à pas les progrès de leurs protégés.« Une concurrence s'installe entre les tuteurs et ceux-ci veulent à tout prix que leur jeune réussisse », raconte la responsable du programme, Louise Kandé.Résultat : un seul des 63 parrainés a redoublé l'année dernière.PHOTOS La Presse© Paul Gérin-Lajoie, âgé de 80 ans, croit que le parrainage donne un visage plus humain à la coopération internationale.Prêchant par l'exemple, il parraine lui-même une écolière d'Haïti, Fédéline Noël.Au Sénégal, il n'est pas rare de retrouver jusqu'à 95 élèves par classe.Pour un seul professeur.Quatre parrainés de Saint-Louis, au Sénégal.Au Sénégal, 80000 enfants ont découvert l'éducation de base NADINE FILION collaboration spéciale SAINT-LOUIS, Sénégal Au Sénégal depuis 1988, au Mali depuis 1994 et en Haïti depuis deux ans, la Fondation Paul Gérin-Lajoie (FPGL) lutte avec acharnement pour l'implantation d'une éducation de base.Car « sans elle, il n'y a pas de développement possible », soutient Yakya Ly, directeur du bureau régional de la FPGL au Sénégal.L'aventure de la Fondation en Afrique de l'Ouest a commencé après une visite de Paul Gérin-Lajoie, en décembre 1986, dans la région de Saint-Louis, au nord du Sénégal.L'ancien ministre, à qui l'on doit la grande réforme québécoise de l'éducation des années 60, s'est dit choqué de voir tous ces jeunes, pourtant en âge de fréquenter l'école, déambuler sans but, pieds nus dans les rues poussiéreuses de l'ancienne capitale coloniale française d'Afrique occidentale.Il fallait faire quelque chose : construire des salles de classe, rénover des écoles, instaurer une structure qui dure.La Fondation a innové par rapport à la traditionnelle coopération internationale en faisant appel au sens de prise en charge des Sénégalais.Et encore aujourd'hui, pour ce que ça marche, « il faut impliquer les gens dans leurs tripes, mentionne Magatte Faye, chargé de projet.Ils doivent se sentir concernés par le projet.» Cela n'a pas toujours été facile.Dans les villages perdus au bout de kilomètres et de kilomètres de pistes cahoteuses, les Peuls, ces populations d'éleveurs semi-nomades, auraient préféré conduire un troupeau de boeufs à Paris plutôt que de fournir, en main-d'oeuvre, les 30 % exigés par la Fondation en contrepartie d'une première salle de classe.« Il a fallu leur vendre l'idée que l'avenir de leurs enfants dépendait de l'éducation qu'ils allaient recevoir, explique Georges- Henri Huard, chef de projet.Et pour les inciter à participer financièrement ou techniquement au projet, on leur disait qu'il fallait payer pour le prix de la liberté.» L'éducation des jeunes, l'alphabétisation des adultes Au fil des années, 84 écoles du nord du pays ont profité de l'appui technique de la Fondation, moyennant une prise en charge des « cellules- écoles-milieu » composées d'enseignants, de parents, de villageois et même d'élèves.Pas moins de 80 000 garçons et fillettes ont ainsi été rejoints.La région de Saint-Louis peut aujourd'hui se vanter d'un taux de scolarisation de 84 %, l'un des plus élevés de tout le pays (65 % pour l'ensemble).Mais il y a plus, à commencer par l'alphabétisation des adultes.Ici, on sait bien que si on démontre aux parents l'importance de la lecture, de l'écriture et du calcul, ils seront plus enclins à envoyer leurs enfants à l'école.C'est ainsi que la Fondation a créé, depuis 1995, des dizaines de classes d'alphabétisation rejoignant plus de 13 000 adultes.« Maintenant, l'école est vue avec un grand E », souligne M.Faye.À Fass, comme dans la plupart des autres villages sénégalais bénéficiant d'un centre d'alphabétisation, ce sont majoritairement les femmes (à 75 %) que l'on retrouve sur les bancs d'école.Revêtues de leur plus beau boubou, elles ne ratent aucune des séances d'animation qui se déroulent en français, trois heures par jour, trois fois par semaine.Le jeu en vaut-il la chandelle ?Il semble que oui : « On découvre nos droits, on apprend la prévention des maladies, on peut suivre de près la scolarisation de nos enfants », mentionne une « apprenante ».C'est d'ailleurs une femme, Fatou Diaw, qui préside la celluleécole- milieu de Kassack, petit village de 2000 habitants campé dans la savane.Cette mère croit à l'éducation plus qu'à tout.« Je veux que mes neuf enfants connaissent de meilleures conditions de vie », confie- t-elle en wolof, l'une des six langues nationales du pays.Si Kassack a droit à une septième salle de classe, c'est grâce à Fatou Diaw, qui a multiplié les représentations auprès de la Fondation.Résultat : le petit local de six mètres par dix actuellement en construction accueillera bientôt une soixantaine de gamins.qui s'entasseront à quatre par table-banc.Fatou Diaw, présidente de la cellule-école-milieu de Kassack, au Sénégal, rêve à de meilleures conditions de vie pour ses neuf enfants. 7LP1102A0326 A11, dimanche, MONDE 7LP1101A0326 ZALLCALL 67 00:38:36 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 R A 11 Monde Le Congrès du Chili renforce l'immunité de Pinochet L'EXPRESS INTERNATIONAL d'après AFP VALPARAISO Le Congrès du Chili a approuvé hier un amendement constitutionnel accordant l'immunité aux anciens présidents de la République, dont l'ex-dictateur Augusto Pinochet, qui fait face à 76 plaintes déposées contre lui dans son pays.Parmi les députés et sénateurs réunis en congrès comme il est requis pour les votes sur des lois de nature constitutionnelle, 113 ont approuvé le texte, 27 ont voté contre et trois se sont abstenus.Le Parti socialiste du nouveau chef de l'État, Ricardo Lagos, s'est opposé à ce projet en avertissant que cette immunité accordée au général Pinochet lui permettrait d'échapper finalement à un procès pour les crimes imputés au régime militaire qu'il a dirigé de 1973 à 1990, a expliqué le dirigeant socialiste Ricardo Nunez.En tant que « sénateur à vie », poste qu'il occupe depuis qu'il a quitté le commandement de l'armée en mars 1998, le général Pinochet (84 ans) bénéficie déjà de l'immunité parlementaire mais celle-ci peut être levée sur décision de la Cour suprême du Chili quand une instruction judiciaire entreprise à la suite d'une plainte débouche sur un procès.Par contre, le statut spécial des anciens présidents voté hier par le Congrès ne prévoit aucun mécanisme spécifique pour une levée de l'immunité.Le juge Juan Guzman Tapia, qui instruit les dossiers des 76 plaintes déposées contre l'ex-dictateur, a demandé la levée de son immunité parlementaire, mais aucune décision de la Cour suprême n'est encore intervenue.L'amendement constitutionnel, déjà voté séparément par la Chambre des députés et le Sénat, a été proposé par des parlementaires appartenant à la Concertation démocratique au pouvoir \u2014 dont les principales forces sont la démocratie chrétienne et les socialistes \u2014 alors que le général Pinochet était détenu à Londres.Les initiateurs du texte avançaient deux objectifs : d'un côté obtenir que l'ex-dictateur se retire de la vie politique et abandonne donc son poste de sénateur à vie et, de l'autre, assurer un statut au premier président après le rétablissement de la démocratie au Chili en 1990, le chrétien-démocrate Patricio Aylwin.La Constitution héritée du régime militaire et datant de 1980 n'accorde le statut de sénateur à vie qu'aux présidents ayant exercé leur mandat pendant six ans.Or Aylwin n'avait été président que pendant quatre ans, jusqu'en 1994, et ne bénéficiait d'aucun statut en tant qu'ancien chef de l'État.L'amendement a été approuvé par l'ensemble de l'opposition de droite, qui avait soutenu le général Pinochet lorsqu'il était au pouvoir, et une partie des membres de la Concertation démocratique, dont les chrétiens-démocrates.La veille du vote du Congrès, le chef du groupe parlementaire socialiste, Francisco Encina, avait déclaré que le Parti socialiste ne pouvait approuver l'amendement « pour des raisons politiques ».« Nous nous sommes trompés en ayant initialement approuvé le statut » spécial pour les anciens présidents, avait-il reconnu.Entretemps, le général Pinochet, arrêté à Londres le 16 octobre 1998, était rentré au Chili, le 3 mars dernier, après que le ministre britannique de l'Intérieur Jack Straw eut décidé de le libérer pour raisons de santé.Clinton rentre d'Asie bredouille RWANDA Pasteur accusé n Un ancien pasteur rwandais accusé d'avoir participé aux massacres de 1994 dans son pays a été expulsé des États- Unis pour être jugé en Tanzanie par le Tribunal pénal international pour le Rwanda.Elizaphan Ntakirutimana, âgé de 75 ans, est notamment accusé d'avoir attiré dans son église, à Mugonero, un groupe de Tutsis, qui ont par la suite été massacrés.Il a été arrêté en 1996 au Texas, où il vivait.d'après AP ALGÉRIE 18 morts n Dix-huit personnes ont été tuées ces deux derniers jours en Algérie dans des opérations antiterroristes et l'explosion d'une bombe.Une des opérations des services de sécurité a été déclenchée après l'attentat qui a coûté la vie, le 20 mars, à quatre membres des Groupes de légitime défense (civils armés par les autorités) près de Lakhdaria (80 km à l'est d'Alger) et le sabotage d'un gazoduc à Aomar, dans la même région.Par ailleurs, à Hassi Bahbah (300 km au sud d'Alger), trois personnes \u2014 une femme et deux enfants \u2014 ont été tuées et six autres blessées dans l'explosion d'un bombe vendredi, selon le journal El Youm.d'après AP TIMOR Appel aux réfugiés n Le chef de la mission des Nations unies au Timor oriental s'est rendu hier sur la frontière avec le Timor occidental indonésien, appelant les réfugiés qui s'y trouvent toujours à rentrer.« Revenez au Timor oriental », a lancé Sergio Vieira de Mello à un groupe de réfugiés.Quelque 7000 personnes s'étaient réunies, pour des retrouvailles entre familles et amis vivant de chaque côté de la frontière.L'Indonésie a exigé que les réfugiés décident d'ici vendredi prochain s'ils rentrent ou restent en Indonésie.Après cette date, Djakarta interrompra toute aide dans les camps.d'après AP NORVÈGE Le cri des athées n La municipalité d'Oslo décidera mardi si les athées pourront déclamer des « Dieu n'existe pas » depuis les toîts de la ville en réponse aux « Allah est le plus grand » que les musulmans ont été récemment autorisés à lancer du haut des minarets de la capitale norvégienne.Si, comme elle l'espère, cette autorisation lui est accordée, la Société païenne de Norvège installera des haut-parleurs sur un immeuble situé à proximité d'une mosquée et des clochers de deux églises dans le quartier de Gamle Oslo pour diffuser des appels à la laïcité.d'après AFP INDE Famille assassinée n Des séparatistes musulmans ont tué dans leur sommeil cinq membres d'une famille musulmane accusée de ne pas coopérer avec la guérilla islamiste au Cachemire, a affirmé hier l'armée indienne.Un groupe de guérilleros a attaqué dans la nuit le village de Ramvan, à 200 km au nord de la capitale d'hiver du Cachemire indien, Jammu, et ont tué par balles deux hommes et trois femmes.d'après AFP VIETNAM Presse et pouvoir n Le Premier ministre vietnamien, Phan Van Khai, a appelé les journalistes de ce pays à se mettre davantage au service de la révolution.S'adressant à 327 délégués représentant quelque 8000 journalistes réunis en conférence nationale à Hanoi, il les a notamment appelés à combattre « la corruption et les tentatives de sabotage des forces hostiles » ainsi que « les phénomènes négatifs, les cultures toxiques et les débauches » afin de défendre les idéaux révolutionnaires du Vietnam communiste.d'après AFP d'après AFP ISLAMABAD Le président Bill Clinton a terminé hier à Islamabad une tournée de six jours en Asie du Sud sans obtenir d'engagements précis de l'Inde et du Pakistan sur la réduction de la tension au Cachemire ou la question nucléaire.De plus, au Pakistan, Clinton n'a pu arracher un engagement ferme pour un retour à la démocratie mise à mal, le 12 octobre dernier, par un putsch qui avait entraîné une condamnation internationale et des sanctions américaines.Ce voyage pourrait toutefois marquer un revirement des alliances des États-Unis dans cette région où Washington s'est appuyé pendant des décennies sur le Pakistan en ignorant l'Inde.Entamé le 19 mars par une visite de cinq jours en Inde \u2014 alliée de toujours de l'ancienne URSS et militante du non alignement \u2014 il a en effet permis le dégel des relations entre les deux pays, qui semblent s'être engagés sur la voie d'un partenariat nouveau.Sur le plan économique déjà, il a été marqué par la signature, vendredi, à la fin de la visite, de contrats d'une valeur totale de quelque quatre milliards de dollars US.« Je crois que ce que nous avons entendu cette semaine, c'est le bruit de la glace en train de fondre », a affirmé un haut responsable américain.Clinton s'est montré particulièrement chaleureux et séducteur en Inde, mais beaucoup plus réservé à l'égard du Pakistan des militaires, où il n'a passé que quelques heures.Il avait pris son bâton de pèlerin dans cette région pour tenter d'amener les deux pays sur la voie du dialogue au sujet du Cachemire, enrayer une course aux armements nucléaires et promouvoir la non prolifération.Il n'a obtenu que de maigres résultats, estiment les observateurs, qui soulignent que les deux pays ne semblent pas avoir bougé d'un pouce sur les questions qui leur sont essentielles.Le porte-parole de la Maison- Blanche, Joe Lockhart, a admis à Islamabad que Clinton n'avait obtenu hier « aucune assurance » du régime militaire pakistanais sur le désarmement nucléaire, le Cachemire ou le retour de la démocratie dans le pays, au terme d'une discussion « franche et sincère » avec le général Musharraf.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse On se souvient de Mgr Romero Quelque 150 personnes ont tenu à souligner hier le 20e anniversaire de la mort de Mgr Oscar Romero, assassiné par un commando militaire le 24 mars 1980, au Salvador, alors qu'il célébrait la messe dans sa cathédrale.La soirée religieuse et culturelle avait lieu à l'église unie Saint-Jean, rue Sainte-Catherine, à Montréal.La chanteuse salvadorienne Vilma Munguia et le musicien Julio Racinos ont chanté en mémoire du prélat décédé.Un premier pape au mur des Lamentations d'après AFP JÉRUSALEM Le pape Jean-Paul II termine ce matin son périple en Jordanie, dans les Territoires palestiniens et en Israël en effectuant une série de visites hautement symboliques dans trois des principaux lieux saints des trois grandes religions monothéistes, dans la Vieille Ville de Jérusalem.Il devenait le premier pape à se rendre au mur des Lamentations, le lieu le plus sacré du judaïsme, puis sur l'esplanade des mosquées, qui abrite le troisième lieu saint de l'islam, avant de célébrer une messe à l'église du Saint-Sépulcre, qui s'élève, selon la tradition chrétienne, à l'endroit où le Christ a été crucifié et enterré et où il est ressuscité.Sa visite triomphale à Nazareth hier a dissipé, le temps d'une messe, la querelle sur la construction d'une mosquée face à la basilique de l'Annonciation mais l'affaire a ressurgi quand il est rentré à Jérusalem.En fin d'après-midi le porte-parole du Vatican, Joaquim Navarro Valls, a déclaré à Jérusalem que le Vatican était intervenu auprès des autorités civiles israéliennes pour qu'elles reviennent sur leur décision d'autoriser la construction de cette mosquée.« La question a été évoquée avec les autorités civiles israéliennes et nous espérons qu'elles reviendront sur leur décision », a déclaré Navarro Valls sans préciser à quel niveau cette intervention avait été faite.Cette affaire empoisonne depuis des mois les relations entre chrétiens et musulmans, très majoritaires à Nazareth, première ville arabe d'Israël, et avait failli compromettre la venue du souverain pontife en Terre Sainte.L'imam islamiste Fathi Qichawi avait mis en garde vendredi, la veille de l'arrivée du pape, contre toute intervention sur ce sujet.Plus tôt dans la journée tout allait pour le mieux, à l'image des précédentes journées de la visite papale.Des milliers de chrétiens, mais aussi quelques musulmans, étaient sortis dans les rues de cette ville pour applaudir le chef de l'Église romaine dans sa « papamobile ».L'accueil a été aussi chaleureux à son arrivée dans la basilique, la plus grande du Proche-Orient.Le bâtiment perché sur une hauteur a été construit il y a une trentaine d'années.Visiblement fatigué, le pape a toutefois eu la force de descendre un escalier de pierre pour aller se recueillir très longuement, agenouillé sur une prie-Dieu, dans la grotte de l'Annonciation.Il est ensuite rentré à Jérusalem où il a rencontré les représentants des églises et confessions chrétiennes (catholiques, orthodoxes et protestantes) réunis au Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem.Le pape a condamné la division des églises chrétiennes, estimant qu'elles donnaient une « scandaleuse impression » dans une ville où les trois religions monothéistes devraient pouvoir coexister en paix.« Ce n'est qu'en se réconciliant que les chrétiens peuvent jouer pleinement leur rôle pour faire de Jérusalem la ville de la paix pour tous les peuples ».« Dans cette ville », a-t-il ajouté, « il devrait être parfaitement possible pour les chrétiens, les juifs et les musulmans de vivre ensemble dans la fraternité et la liberté, dans la dignité, la justice et la paix ».Mais le pape a reconnu que « la route conduisant à l'unité est une route difficile ».Plus tôt, le pape s'était recueilli à l'église de Gethsémanie à Jérusalem- Est, qui s'élève à l'endroit présumé de la trahison de Judas et de l'arrestation de Jésus.Il regagne Rome aujourd'hui à bord d'un Boeing 747 d'El Al, accompagné d'une suite de 45 personnes et de 76 journalistes. 7LP1201A0326 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A0326 ZALLCALL 67 00:36:04 03/26/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 Monde Jospin, phase II: rude Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS Paru à la une du Monde d'hier, un dessin de l'excellent caricaturiste Pancho : sur le modèle des Oscars, il s'agit de la cérémonie des Lionels où le MC Lionel Jospin, escorté de Martine Aubry, annonce : « Et dans la catégorie \u2018 À bout de souffle ', les partants sont.» En arrière- plan, son vieil ami et ministre de l'Éducation, Claude Allègre, le bras en écharpe et monté sur des béquilles, se fait refouler par un huissier : « Non, il n'y a pas de prix du meilleur cascadeur.» Tout cela pour dire que la France est à la veille d'un important remaniement ministériel, dont les détails devaient être annoncés dès demain par le premier ministre Jospin.A priori, un remaniement ministériel \u2014 le premier véritable \u2014 après deux ans et demi de gouvernement, cela n'a rien de bien exceptionnel, surtout dans un pays fiévreux comme la France.Le cabinet constitué en juin 97 par Jospin fait déjà partie de ceux qui ont battu des records de longévité sous la Ve République.Le problème, c'est que ce gros chambardement se fait sous la pression de la rue et des événements, et que le premier ministre y est pour ainsi dire acculé.Lui qui se faisait un point d'honneur de toujours dominer les dossiers (ou de donner cette impression) et de ne jamais agir sous la contrainte, a cette fois eu beaucoup de difficulté à garder un air détaché.Le bateau gouvernemental connaît actuellement au moins deux fuites majeures, qu'il faut boucher d'urgence.Et comme les équilibres politiques et entre les personnes restent délicats, le remaniement a toutes les chances de toucher plusieurs ministères majeurs.Les deux premiers visés par le remaniement ne sont pas les moindres.Pour commencer, rien de moins que le meilleur ami et confident de Jospin, Claude Allègre, responsable de l'Éducation et donc plus important employeur du pays, avec plus d'un million d'enseignants.Claude Allègre, scientifique respecté et homme à poigne, avait ni plus ni moins l'ambition.de moderniser l'Éducation nationale en entrant en fonction en 1997.Étaitce de la franchise ou de la maladresse ?Toujours est-il que, dès son arrivée, il a réussi à antagoniser les principaux syndicats d'enseignants (qui par nature ne sont pas très ouverts aux changements), d'abord an parlant de « dégraisser le mammouth » (évoquant son ministère), puis en dénonçant « le taux anormal d'absentéisme chez les profs ».À partir de ce moment-là, la hache de guerre avec les syndicats et les enseignants est restée déterrée.Allègre avait une bonne cote de popularité dans l'opinion, mais les profs lui reprochaient justement de faire de la démagogie sur leur dos.Certains de ces reproches ne manquaient pas de fondement.En revanche, il semblait n'avoir aucune compréhension des très graves problèmes des enseignants dans d'immenses banlieues « difficiles », où l'atmosphère est à la violence et à l'insécurité.Bref, les rapports étaient à la franche hostilité.Dernier acte du conflit : une énième réforme de Claude Allègre à appliquer aux lycées professionnels, qu'il souhaitait raisonnablement plus axés sur le monde du travail.Ce dernier projet a cristallisé toutes les rancoeurs.Il y a deux jours, plus de 100 000 enseignants étaient dans la rue, et la moitié du personnel faisait la grève.Deux semaines plus tôt, le mouvement était encore plus important.Du coup, mercredi dernier à l'Assemblée, Lionel Jospin laissait publiquement tomber son vieux copain Allègre, ce qui scellait définitivement son sort au gouvernement.Restait à savoir qui le remplacerait : Ségolène Royal, jusque-là ministre déléguée à l'enseignement, et fort habile personnalité politique ?Deuxième victime expiatoire, et non la moindre : le ministre de l'Économie et des Finances Claude Sautter en personne, qui venait d'échouer lui aussi, mais à faire passer une réforme majeure de son propre ministère.On parlait de modernisation et de simplification des structures : les syndicats ont invoqué la défense de l'emploi, rompu toute négociation.et déclenché des journées de grève il y a dix jours.Capitulation en rase campagne du gouvernement, qui se trouvait à désavouer son ministre.La personnalité de Sautter incarnait précisément la façon de faire de Jospin jusque-là.Simple et obscur secrétaire d'État au Budget, il était arrivé à la tête de Bercy suite à la démission forcée de la grande vedette du gouvernement, Dominique Strauss-Kahn, tombé à la suite des accusations (pas gravissimes) de trafic d'influence.Toujours pour éviter les grands chambardements, Jospin s'était contenté de faire monter en grade le terne et compétent Sautter.Mais il n'avait ni la fibre médiatique ni le sens politique.Après six mois à peine, le voilà près de la sortie.Autre grand perdant, même s'il n'est en aucune manière une vedette politique en France : Émile Zuccarelli, qui est à la fois « le » ministre corse du gouvernement et \u2014 tout de même \u2014 le responsable au gouvernement de la fonction publique, ce qui n'est pas une petite affaire.Or lui aussi, au moment de négocier avec les fonctionnaires l'application des 35 heures \u2014 imposée par le gouvernement au secteur privé ! \u2014 a abouti dans les dernières semaines à un échec total, gouvernement et syndicats quittant la table de négociations sans le moindre accord.Ajoutons à cela le fait que le même Zuccarelli, en Corse même, a été il y a quinze jours l'homme qui a fait capoter le projet de déclaration d'autonomie que semblait souhaiter le gouvernement Jospin lui-même.Tout cela fait en vérité de gros postes ministériels à combler.Pour le ministère de l'Économie et des Finances, il est maintenant question, soit d'Élisabeth Guigou (qui quitterait la Justice) ou d'Alain Richard (la Défense).Un jeu de chaise musicale en vue.Dans la foulée, quelques ministres contestés devraient à tout le moins changer de secteur, mais là aussi il s'agit de secteurs très en vue.D'abord Catherine Trautman, qui n'a jamais fait de grandes étincelles à la Culture.Et la « verte » Dominique Voynet à l'Environnement et à l'Aménagement du territoire.Tout cela fait beaucoup de poids-lourds en orbite.On surveillera l'atterrissage.Et surtout, pour un gouvernement socialiste qui a encore deux années pleines devant lui avant les grandes échéances électorales de 2002, la question est aujourd'hui de savoir s'il aura la capacité et le courage de s'attaquer aux indispensables réformes.À commencer par celle, explosive, des retraites et de l'augmentation des années de cotisation.En France, on descend massivement dans la rue pour beaucoup moins.De la part de Lionel Jospin, candidat à la présidence, la prudence et l'habileté ne suffiront plus.Ken-le-Rouge, futur maire de Londres VERA MURRAY collaboration spéciale, LONDRES Ken Livingstone avait commencé sa carrière politique comme anarchiste.Après trois décennies comme membre dérangeant du Parti travailliste, il a maintenant repris ses habitudes d'autrefois : il a planté une bombe dans le camp du Parti travailliste avec sa décision de se présenter comme candidat indépendant à la mairie de Londres, au scrutin du 4 mai prochain.Vu que le Parti travailliste avait déjà choisi un autre candidat officiel, le « traître » Livingstone a été exclu de ses rangs.Mais il est presque sûr qu'il remportera l'élection : tous les sondages lui donnent en ce moment plus de 65 % des voix.On dit que Tony Blair déteste Ken Livingstone de tout son coeur et qu'il était prêt à tout pour l'empêcher de devenir le candidat du Parti travailliste.Blair ne supporterait pas du tout le côté perturbateur et, surtout, les idées « gauchistes » de Livingstone.Ce dernier a eu le culot de critiquer ouvertement la politique économique du gouvernement Blair, affirmant qu'elle était peu favorable aux travailleurs et donc peu fidèle aux idéaux du parti.« L'élection de Ken Livingstone serait un total désastre financier pour Londres ! » s'est exclamé Blair en apprenant la nouvelle de la candidature de Livingstone.Il est clair que le Parti travailliste prépare contre Livingstone une campagne au vitriol.Des rumeurs sur sa vie personnelle ont déjà commencé à circuler.On dit aussi que des organisateurs du parti ont compilé des centaines de commentaires embarrassants de Livingstone qu'ils brandiront au cours de la campagne.Un grand ministre L'avantage et le problème de Ken Livingstone est qu'il a déjà dirigé Londres, bien qu'à un autre poste.Dans les années 1980, il avait été le leader du Conseil du Grand Londres (The Greater London Council).Les bagarres entre lui et le premier ministre conservateur de l'époque, Margaret Thatcher, étaient légendaires.Il était vite devenu le deuxième politicien le plus connu du pays \u2014 après la Dame de Fer.En 1986, Margaret Thatcher avait tout simplement aboli le Conseil, prétextant que l'institution était non seulement trop dépensière, mais carrément « marxiste ».Depuis, c'est le gouvernement central qui a été en charge de toutes les grandes décisions concernant la métropole, tandis que les « borroughs », les conseils des quartiers, géraient Londres au jour le jour.En arrivant au pouvoir, Tony Blair a promis d'établir le poste de maire de Londres.Vu l'importance économique de la capitale, le poids politique du futur chef de l'administration municipale sera équivalent à celui d'un grand ministre.Du temps de son passage à la direction du Conseil du Grand Londres, Ken Livingstone était en effet très friand d'actions qui avaient de quoi choquer profondément les bourgeois.Il avait refusé d'assister au mariage du prince Charles et de Diana.Il avait invité à Londres des leaders du Sinn Fein, le bras politique de l'IRA en Irlande du Nord \u2014 des « terroristes » infréquentables à l'époque \u2014, pour tenir ses propres négociations de paix.Il s'était prononcé en faveur des droits des homosexuels.Et il accordait régulièrement des subventions à des organisations bizarres : une crèche, réservée aux enfants de militants antinucléaires, portait à l'époque le nom de « Babies against the Bomb ».Les travaillistes espèrent convaincre les Londoniens que Livingstone version 2000 n'est en rien différent du fou gauchiste d'il y a vingt ans.Livingstone d'abord Le programme de Ken Livingstone se réduit à peu de choses : sauver les Londoniens de la privatisation proposée du métro, améliorer en général le transport public (assez tiers-mondiste, il faut le dire), réformer la police, et, surtout, donner enfin un droit de parole aux habitants de la capitale.Même le très sérieux Financial Times de Londres, qu'on ne peut guère accuser d'être très copain avec Tony Blair, a constaté que Livingstone était un poids idéologique léger : « Pour Ken Livingstone, peu de choses sont plus importantes que Ken Livingstone luimême.Mais Ken le Rouge semble être parti pour la mairie de Londres.Tony Blair, le premier ministre le plus populaire de l'histoire britannique, ne pourra pas l'empêcher de battre à plate couture le candidat officiel de son parti, Frank Dobson, un personnage sans couleur dont on a pour le moment retenu une seule chose : dans le but d'améliorer son image, les organisateurs travaillistes lui ont demandé de raser sa barbe.Le candidat du Parti conservateur, l'homme d'affaires Steven Norris, est encore plus insignifiant.À plusieurs égards, la popularité de Livingstone a beaucoup à voir avec l'atmosphère qui règne actuellement sur la scène politique britannique.C'est une réaction à la trop grande centralisation du pouvoir entre les mains du roi Tony et au manque d'une vraie opposition.En attendant de recevoir à la face la boue travailliste, Ken Livingstone fait très attention à ce qu'il dit et à ce qu'il fait.Il se présente comme le monsieur Tout-le- Monde, un « underdog » qui fait face aux manipulateurs professionnels \u2014 les « spins doctors » et les « control freaks » \u2014 de la formidable machine du New Labour.Les attaques vicieuses des travaillistes ne feront très probablement que confirmer cette impression aux yeux du peuple londonien.PHOTO AFP Dès le lendemain de l'annonce de sa candidature à la mairie de Londres, le 7 mars dernier, Ken Lingstone, dit Ken-le-Rouge, prenait la rue avec ses partisans.L'entourage du premier ministre \u2014 et le premier ministre Tony Blair \u2014 le prennent très mal.Ulster: Trimble tassé par sa droite Agence France-Presse BELFAST La réélection de David Trimble hier à la tête du Parti unioniste d'Ulster (UUP) par une marge étroite confirme la montée en puissance des opposants à l'accord de paix au sein de la première formation politique d'Irlande du Nord.De 58 % du parti en novembre dernier, les partisans du partage du pouvoir avec les catholiques nationalistes ne sont plus que 56 % à l'issue du vote d'hier, qui opposait Trimble au révérend Martin Smyth.Ce dernier avait émergé 48 heures avant la réunion de l'UUP comme le porte-drapeau des contestataires de la ligne Trimble, telle que réaffirmée récemment à Washington et consistant à se contenter de promesses de désarmement de l'IRA pour gouverner avec son aile politique, le Sinn Fein.L'UUP a aussi adopté une motion, soutenue par les opposants à l'accord de paix, qui soumet son retour au sein du gouvernement autonome au maintien du nom et des symboles de la police d'Ulster, la Royal Ulster Constabulary (RUC).Trimble était personnellement opposé à cette position.Changer le nom et les emblèmes de cette force de police, à plus de 90 % protestante, était l'un des points centraux d'un remaniement draconien recommandé dans un rapport commandé par le gouvernement britannique à l'ancien gouverneur de Hong Kong Chris Patten et publié en septembre 1999, qui préconisait aussi d'augmenter le nombre de catholiques parmi ses membres.Les unionistes soutiennent que tout changement de nom serait une insulte pour les policiers tués et blessés lors des 30 années de violences inter-confessionnelles en Irlande du Nord.Après la tentative entre décembre et février d'un gouvernement autonome, que Londres avait suspendu face au refus de l'IRA de désarmer, les opposants à Trimble exigent désormais en préalable un début effectif de restitution des armes de l'IRA.Les partisans de Smyth ont immédiatement averti par la voix de l'unioniste Timothy Johnson que « si David Trimble risque un geste dans le mois qui vient vers un rétablissement du gouvernement selon les termes exposés en Amérique, il sera confronté à un nouveau défi à son leadership ».Partisan de Trimble, le député Michael Mc Gimpsey a estimé « qu'il y avait une division dans le parti mais aussi une majorité claire pour le leader et sa politique » en dépit d'un « vote de protestation ».Le fait qu'il ait suffi d'un quasianonyme pour fédérer ce vote est un sujet d'inquiétude pour Trimble, mais aussi pour les parrains de l'accord de paix à Londres, Dublin et Washington, dont la tâche de rassembler les partis autour d'une relance du processus se trouve compliquée.Downing street a rappelé hier en quelle « haute estime le Premier ministre (Tony Blair) tenait M.Trimble ».Et le numéro deux du Sinn Fein, Mitchel Mc Laughlin, a confirmé que Trimble, libéral et modernisateur de l'unionisme, demeurait son seul interlocuteur possible, en assurant que le Sinn Fein « travaillera avec lui pour résoudre le problème du désarmement, pour contrer l'opposition qu'il affronte au sein de sa propre communauté ».La capacité de Trimble d'amener son parti à collaborer au processus de paix selon ses propres termes est cependant désormais en question, ses opposants s'attendant fermement à ce qu'il prenne acte de leur performance d'hier.« Il va devoir penser sérieusement à la façon dont il va unir le parti derrière sa politique », a estimé le député William Ross, qui soutenait la candidature Smyth.Les opposants à l'accord de paix, qui n'espéraient certes pas défaire Trimble, comptent désormais le forcer à durcir la position du parti vis-à-vis du compromis du Vendredi Saint, soutenu à l'époque par à peine plus de la moitié de la communauté protestante. 7LP1301A0326 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0326 ZALLCALL 67 00:36:14 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 A 13 Le prix de l'essence: la grippe qui dure.L'OPEP dira demain, à Vienne, si elle livre l'antibiotique : une hausse de la production On entendra beaucoup parler de pétrole ces prochaines 48 heures : l'Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole, l'OPEP, doit décider demain à Vienne si elle augmentera ou non la production d'or noir et, si oui, dans quelle mesure, ce qui serait de nature à réduire éventuellement les prix à la pompe.Mais quoi qu'il advienne demain, on s'entend généralement pour dire que tout rajustement substantiel des prix sera long à venir.Des économistes voient dans les prix actuels le signal d'une reprise de l'inflation, déjà perceptible depuis un an et pouvant peut-être conduire à une récession.Aux États-Unis dans l'intervalle, le coût de l'essence se présente déjà, selon de nombreux observateurs, comme élément clé de la longue campagne présidentielle qui s'amorce.Le consommateur américain n'est pas plus affecté, au volume, que l'Européen ou le Canadien par l'actuelle flambée des prix de l'essence, mais sa sensibilité à cet égard est différente.Les Américains valorisent plus que tout autre la conduite automobile.Plus qu'ailleurs conduire fait partie de l'être intime.Les droits de l'Homme, dans la mentalité américaine ambiante, ça commence par le droit de conduire un véhicule et pour pas cher.« C'est une sorte de droit divin », confie au Telegraph, de Londres, le spécialiste Tom Cloza qui ajoute : « Quand le prix de l'essence augmente, c'est considéré comme une insulte.» Or justement, le consommateur américain a été abasourdi en voyant apparaître, pour la première fois de son histoire, le chiffre magique de deux dollars le gallon dans des reportages télévisés ces dernières semaines.Il y a des chiffres ronds, comme ça, illustrant des records, qui produisent leur effet Guinness.L'augmentation au gallon n'est pas plus grande aux États- Unis qu'ailleurs, mais comme les Américains ont retrouvé depuis 10 ans le goût du gros véhicule puissant, la claque est fortement ressentie.La soif d'essence des VLT, les véhicules loisir travail, est gargantuesque.Faire le plein d'un Excursion \u2014 44 gallons \u2014 ou d'autres gros VLT qui roulent à 12 milles au gallon, frise les 70 $US.L'effet électoral À telle enseigne que le New York Times parle maintenant du « vote VLT », qui va faire courir les présidentiables.Pourtant, dit le journal, la hausse du prix de l'essence \u2014 il fut de 1,56 $ le gallon en moyenne cet hiver \u2014affecte plus les conducteurs de berlines, parce qu'ils appartiennent à une catégorie de revenus moins élevés.Un VLT comme la Suburban de Chevrolet consomme 53 % plus d'essence que la berline Taurus de Ford, par exemple, mais le propriétaire d'une Suburban dispose de 75 % de plus de revenus que celui d'une Taurus.Autre exemple : la VLT Expedition de Ford consomme 93 % plus d'essence que la petite Neon de Dodge, mais le propriétaire de la première gagne 118 % plus d'argent que le second.Mais malgré la hausse phénomènale des prix à la pompe, les ventes de VLT continuent de croître légèrement plus vite que les ventes de berlines.Ce qui n'empêche pas la grogne des classes moyennes supérieures qui ont plus de moyens de la faire sentir que les classes à revenus inférieurs.En conséquence, le candidat à l'investiture républicaine George W.Bush envisage de faire campagne sur le rappel d'une taxe sur l'essence de 4,3 % en vigueur depuis 1993.L'aspirant démocrate Al Gore, lui, se trouve coincé : champion de la cause environnementale, cette taxe lui paraît pertinente à une réduction globale de la consommation d'énergies fossiles.Dans le Boston Globe, le spécialiste Robert Kuttner estime que l'abrogation de cette taxe de 4,3 % \u2014 réclamée par les éditorialistes du Wall Street Journal notamment \u2014 ne changerait rien pour le consommateur puisque les pays producteurs de pétrole s'empresseraient de l'éponger à leur profit, privant d'autant le Trésor américain.Et l'OPEP dans tout ça ?Les analystes s'entendent pour dire que le niveau élevé des prix à la pompe s'explique fondamentalement par la croissance de la demande mondiale et par le fait que la production actuelle de pétrole dans le monde est déficitaire de 2 à 2,5 millions de barils par jour par rapport à la demande.Les analystes attendent fébrilement en conséquence la décision que prendra l'OPEP demain à Vienne de rouvrir les valves ou non.Le plus fidèle allié des États-Unis à cette rencontre est l'Arabie saoudite ; les faucons sont l'Iran, l'Irak et l'Algérie.L'OPEP, note l'hebdomadaire The Observer, n'assure plus que 44 % de la production mondiale de pétrole contre 56 % dans les années soixante-dix, mais son rôle demeure déterminant.Considérée comme plutôt moribonde encore récemment, l'OPEP a réussi à resserrer les rangs pour en arriver à la situation actuelle, dénichant au passage de puissants alliés hors du cartel comme le Mexique et la Norvège.Hantée par les élections, la Maison- Blanche a lancé aux trousses de tout ce beau monde le secrétaire à l'Énergie, Bill Richardson, qui a réussi semble-t-il à faire comprendre notamment au Mexique et à la Norvège qu'une réduction de la production pétrolière ne peut à terme que provoquer l'inflation, accentuant d'autant le risque d'une récession, ce qui se retournerait contre eux.À la rigueur, le gouvernement américain pourrait toujours aller piger dans la Réserve pétrolière stratégique de 600 millions de barils qui sommeille en Louisiane et au Texas, mais la Maison-Blanche a confiance jusqu'à nouvel ordre que ses efforts diplomatiques en viendront à conjurer le danger, note le Washington Post.N'empêche, même si l'OPEP devait décider à Vienne d'accroître la production de pétrole, il faudra du temps pour rétablir un équilibre entre l'offre et la demande.Faudra du temps.Dans le cycle normal d'une année pétrolière, c'est au premier avril que les réserves d'essence sont les plus considérables aux États-Unis, en prévision de la forte consommation des vacances d'été ; advienne la fête du Travail, les réserves atteignent.le fond du baril.Or il se trouve que cette année, les raffineurs sont déjà particulièrement dégarnis à l'approche de ce 1er avril fatidique.Et même si l'OPEP devait décréter demain une augmentation de la production, il faudra compter au moins un mois et demi avant que cet accroissement \u2014 transport, raffinage, etc.\u2014 ne rejoigne le consommateur.Business Week estime que l'OPEP devra décréter une augmentation de 1,5 million de barils par jour pour que la situation se rétablisse à terme, mais les pays producteurs se méfient : la dernière fois qu'ils ont ouvert les vannes, en 1997, le prix du baril de pétrole a chuté aux environs de 10 $.Depuis, le resserrement de l'offre a fait grimper ce prix jusqu'a 34 $ à un moment donné.Ce qui veut dire qu'on doit s'attendre à de l'essence à prix fort pendant plusieurs mois encore.Ottawa paraît déterminé à s'abstenir de toute intervention, ayant confié au Conference Board cette semaine une longue mission d'étude qui n'aboutira que l'hiver prochain.Dans l'intervalle, la fièvre électorale américaine pourrait avoir plus d'effet sur nos prix à la pompe que toute improbable initiative canadienne.D'autant moins probable que le fédéral empochera entre 200 et 250 millions de dollars supplémentaires en TPS cette année du fait de la hausse à la pompe, signalait jeudi un correspondant de La Presse à Ottawa.Cela dit, cette hausse des prix du pétrole menace-t-elle de replonger nos économies dans les bourbiers récessionnistes des décennies passées ?Peu d'économistes le pensent, mais une publication comme The Economist n'écarte néanmoins pas cette perspective.Vers une récession ?Les sceptiques invoquent plusieurs raisons pour ne pas croire à une récession consécutive au prix du pétrole.La Nouvelle Économie d'abord carbure à l'information plutôt qu'au pétrole.De nouvelles sources énergétiques sont apparues.L'industrie lourde, forte consommatrice de pétrole, est en déclin.Les pointes historiques d'augmentation des p r i x \u2014 1973-74, 1979-80 et 1990 \u2014s'accompagnaient toutes de guerres et de fortes tensions politiques, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.Ces chocs pétroliers s'inscrivaient aussi dans des contextes déjà inflationnistes, ce qui non plus n'est pas le cas aujourd'hui.Reste que, signale The Economist, l'inflation remontre le bout du nez.Elle est passée de 1,6 à 2,7 % en un an aux États-Unis, de 0,8 à 2 % en Europe.Dans la zone euro, les coûts de production ont augmenté de 5 % en 1999, alors qu'ils avaient baissé de 2,7 % l'année précédente.C'est de mauvais augure.Un baume néanmoins : une étude de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) indique que les pays producteurs de pétrole seront contraints de retourner leurs profits dans l'économie en deça de deux ans plutôt que de l'engranger comme ils l'ont fait par le passé.Mais toutes ces spéculations laissent bien perplexe l'analyste Paul Krugman, du New York Times, qui dit ne pas encore avoir mis la main sur une seule étude économique valable expliquant les grandes hausses de prix du pétrole des décennies passées.Si les économistes, dit-il, ne sont même pas capables de comprendre correctement ce qui s'est passé, comment peuvent-ils prétendre pouvoir nous rassurer par rapport à ce qui s'en vient ?PHOTOMONTAGE La Presse, collaboration spéciale Corrections Dollarisation Alimentation Mutations n Ils y ont mis du temps, mais ils le font finalement : les grands constructeurs automobiles américains ont décidé d'apporter à leurs VLT (véhicules loisir travail) des modifications destinées à faire moins mal aux berlines en cas de collision.General Motors abaissera de deux pouces les rails d'acier au bas de la carosserie des modèles Olsmobile Bravda, GMC Envoy et Chevrolet Blazer, à compter de 2002.Ford fera de même sur ses modèles Explorer, Expedition et Lincoln Navigator.Pour 2002 également, Daimler Chrysler de son côté apportera plusieurs changements à sa Dodge Durango de manière à diminuer les dommages causés aux berlines en cas d'accidents.Dès cet automne, la Toyota Sequoia comprendra une sorte de coussin empêchant le véhicule de grimper sur la voiture qu'elle frappe.Ford a déjà apporté cette modification à son modèle Excursion.Nissan a redessiné le parechoc de sa Pathfinder pour que l'impact soit plus largement réparti en cas de collision et envisage d'autres mesures.Pour les berlines comme telles, on explore la possibilité de les équiper de coussins gonflables latéraux.Une étude du gouvernement américain a attribué aux VLT l'an dernier 1000 morts accidentelles qui auraient pu être évitées, rappelle le New York Times.n Discrètement, la dollarisation de l'Amérique latine commence à faire son chemin.Installé à la présidence de l'Équateur après un coup d'État militaire en janvier, le gouvernement de Gustavo Noboa y est allé d'une vaste réforme économique qui prévoit notamment le remplacement du sucre par le dollar américain comme monnaie nationale.Le Fonds monétaire international a bien réagi à l'ensemble du programme, notamment aux engagements de réduire la taille de l'État, en promettant d'allonger 2 milliardsUS à l'Équateur, signale The Economist.Lourdement endetté, le nouveau gouvernement espère que la dollarisation va redonner confiance aux créanciers du pays, avec qui s'amorceront des négociations bientôt, et faciliter les investissements étrangers.Sauf que les Équatoriens en ont vu d'autres et demeurent sceptiques.Le produit intérieur brut a baissé de 7 % l'an dernier et les prix à la consommation ont augmenté de 25 % au cours des deux premiers mois de 2000.Pour l'année en cours, le gouvernement n'anticipe qu'une faible croissance du PIB de 1 %.Entre-temps, les manifestations de masse se multiplient, gonflées par les puissants syndicats d'agriculteurs indiens.L'avènement du dollar américain n'a pas pour l'instant engendré la magie attendue.n Il y en a qui ne jurent que par les herbes exotiques quand il s'agit d'absorber des suppléments vitaminiques, histoire d'être en meilleure forme ou simplement de mieux dormir.Or aux États-Unis on commence à compter les victimes \u2014 comprenant parfois des morts \u2014 de cette pratique, ces suppléments naturels n'étant pas, comme les produits pharmaceutiques, réglementés ni testés par les autorités fédérales.Mal équipé pour faire face à ces pratiques commerciales qui ont acquis une vogue récente, la FDA (Food and Drug Administration) se contente d'avertissements ponctuels.L'agence connaissant mal l'étendue des dégâts en ce domaine, le Washington Post y est allé d'une enquête qui révèle des faits inquiétants : le Texas a dénombré 86 cas de patients consommateurs du supplément GHB, populaire chez les culturistes.La Californie a découvert en 1998 que près du tiers de 260 produits asiatiques à base d'herbes contenaient des éléments pharmaceutiques non affichés sur l'étiquette ainsi que du plomb, de l'arsenic ou du mercure.Les centres de contrôle d'empoisonnement de plusieurs États rapportent de nombreux cas liés à la consommation de suppléments à base d'herbes.Même des produits étiquetés ginseng en prennent un coup.n La pinball machine (appelée « machine à boules » ici, flipper en France) a fait son temps.La dernière machine de la dernière grande entreprise à en fabriquer est sortie d'usine en novembre.La machine à boules aura pendant plus de 50 ans hanté les moindres lieux de divertissement du continent nord-américain, depuis les scintillantes arcades de Broadway jusqu'au snack bar en face de l'église de village dans le fond de l'Abitibi, avant de traverser l'Atlantique pour aller égayer la moitié des cafés parisiens.De fait, la machine à boules est à l'origine des arcades, elles-mêmes aujourd'hui en régression à cause de la popularité croissante des jeux vidéo à domicile.The Economist rend hommage à la machine à boules, bidule chefd'oeuvre d'électromécanique, qui fut en son temps pionnière de divertissement, comme le furent à leur façon le célèbre juke box de Wurlitzer et la Thunderbird 1967.L'hebdo décèle l'apparition du jeu vidéo Pac Man, au tournant de 1980, comme date charnière qui devait enclencher le déclin de la machine à boules.De là, les jeux vidéo ont peu à peu remplacé les machines à boules une à une.Au point où la WMS Industries, qui fabriquait les Bally, les Williams et les Midway, s'en remet entièrement désormais à la production de vidéopokers.Moins payant pour le client mais plus payant pour l'entreprise. 7LP1401A0326 A14 DIMANCHE 7LP1401A0326 ZALLCALL 67 00:38:04 03/26/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 Célébrités.Philippe Joyal C'est avec fierté que nous te félicitons pour la réussite de tes récentes études en «relations publiques».Avec excellence, tu as su harmoniser la musique, la planche à neige, la gestion des affaires courantes de l'entreprise familiale et les études.Bravo Philippe! Tes parents, amis et collègues de travail C'est avec un immense plaisir et une joie (à peine) dissimulée que nous désirons souligner notre 25e anniversaire de mariage qui fut célébré en l'église St-Esprit de Rosemont, le 22 mars 1975.Lise et Pierre Lépine Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 L'entente avec les Innus provoque la grogne sur la Côte-Nord DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Dans le cadre d'une entente historique consacrant leur autonomie gouvernementale, Québec et Ottawa offrent environ 400 millions à trois communautés innuesmontagnaises, en contrepartie de quoi elles devront renoncer notamment à une poursuite de 500 millions contre Hydro- Québec.La reconnaissance prochaine par le Québec et le gouvernement fédéral des « droits ancestraux » de 14 000 Innus (Montagnais) sur une partie immense du territoire québécois fait déjà grincer des dents chez les péquistes de la Côte-Nord.« Est-ce que c'est l'appartheid à l'envers, un territoire où la majorité abdiquerait une partie de ses droits.pensez-vous que ce serait acceptable ?Je pose la question ! » de lancer hier, dans une entrevue à La Presse, le député Gabriel Yvan Gagnon, élu péquiste du Saguenay, un immense comté qui recouvre le territoire de 300 000 kilomètres carrés, allant du parc des Laurentides jusqu'au Labrador, où des « droits ancestraux » seront bientôt reconnus aux Innus.M.Gagnon craint que ce genre d'entente, conjuguée aux arrêts récents des tribunaux, « donne à terme davantage de droits aux autochtones qu'aux Blancs sur ce territoire ».« Cela va à l'encontre du principe fondateur de la démocratie que tous doivent être égaux devant la loi », tranche-t-il.À Sept-Îles, récemment, le président régional du PQ pour la Côte- Nord, André Lessard, avait souligné que la question de l'égalité des droits était particulièrement délicate dans les circonscriptions de Saguenay et Duplessis, tous deux représentés par des péquistes à l'Assemblée nationale.Selon les informations obtenues par La Presse, à Québec, le Conseil des ministres a approuvé l'entente de principe le 15 mars, après bien des hésitations venues surtout du titulaire des Ressources naturelles, Jacques Brassard.Québec avait choisi Me Louis Bernard comme négociateur.Ses vis-à-vis fédéral et innu étaient respectivement André Maltais et Rémy Kurtness.Les trois parties sont parvenues à rallier trois des neufs communautés innues à une entente prévoyant notamment des redevances de trois pour cent, payées par Québec pour l'exploitation des richesses naturelles.Les Innus de Pointe-Bleue, des Escoumins et de Baie-Comeau, qui approuvent l'entente, représentent 60 % de la communauté de 14 000 Innus.Ceux de Sept-Îles devraient bientôt se joindre à eux.Le chemin sera long pour obtenir l'adhésion des autres groupes.« Cette entente vise l'extinction de nos droits autochtones sur le territoire, ce serait un bon deal pour le Québec uniquement.Nous ne l'accepterons jamais », de lancer Me Armand Mackenzie, qui négocie pour les communautés situées plus à l'est.Dans les ministères à Québec, la lecture est inverse : on juge que le négociateur Bernard a « beaucoup donné » et que l'entente risque d'avoir des conséquences aussi importantes qu'imprévisibles dans l'avenir.À Ottawa, le Conseil des ministres de Jean Chrétien devrait, le 11 ou le 18 avril, approuver le même texte.En fin de semaine, le ministre québécois responsable des relations avec les autochtones, Guy Chevrette, devait se rendre sur la Côte- Nord et au Lac-Saint-Jean pour expliquer la teneur de l'entente aux populations locales.Pour le député Gagnon, il est injustifiable que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard ait accepté de négocier sur la base de la Constitution de 1982, à laquelle tous les gouvernements du Québec ont refusé d'adhérer depuis vingt ans.« Tout ce traité se base sur l'article 35 de l'acte constitutionnel de 1982.Quel que soit le régime, le Québec a toujours refusé cette Constitution.il y a là un problème de taille », observe M.Gagnon.Au surplus, poursuit-il, « la reconnaissance du Nitasinam, qui signifie la terre innue, a des conséquences pour notre projet politique souverainiste ».La question de la souveraineté du Québec n'a jamais été abordée à la table de négociations, semble-t-il.Longtemps greffier de Baie-Comeau, l'avocat originaire de Forestville écorche au passage le ministre Guy Chevrette, qui a selon lui totalement manqué de transparence dans cette négociation.« Il y a deux ans, il attaquait ses collègues ministres, les accusant de lui en avoir passé des petites vites dans Joliette; il n'a pas fait autrement avec les députés », lance M.Gagnon, soulignant avoir déjà dit « avec intensité » toutes ces choses à Guy Chevrette.Les deux hommes ont eu une violente prise de bec, a-t-on appris.La reconnaissance de droits autochtones avait toujours été basée jusqu'ici sur des traités historiques, conclus entre les Blancs et les autochtones à l'époque.Rien de tel n'existe avec les Innus mais, d'entrée de jeu, Québec et Ottawa ont reconnu qu'il s'agissait d'une communauté organisée, rassemblée autour d'un régime de droit commun, qui n'a jamais toutefois été codifié par écrit.Les deux gouvernements ont aussi établi que les autochtones n'auraient pas de droit de veto politique et qu'ils ne pourraient tirer, de l'apparition de gouvernements autonomes, une reconnaissance internationale.Comme le révélait La Presse, fin janvier, Québec accordera une redevance de trois pour cent sur l'exploitation des richesses naturelles \u2014 essentiellement la forêt \u2014 sur ce territoire de 300 000 kilomètres carrés, s'étendant grosso modo du parc des Laurentides à Blanc-Sablon.Le Québec retire environ 200 millions de redevances par année sur les ressources naturelles de ce territoire, ce qui signifiera un transfert de six millions par année au futur gouvernement autonome.Le mode de répartition entre les communautés reste à définir (les trois communautés qui adhèrent à l'accord recevront 3,5 millions).Québec accordera aussi, rapidement, environ 90 millions en transferts aux trois communautés, essentiellement des coups de pouce pour des projets de développement économique.Ottawa accepte aussi de faire une mise de fonds initiale de plus de 250 millions.Les programmes existants continueront de s'appliquer mais, comme dans l'entente conclue par Ottawa avec les Nishgas, les gouvernements autonomes autochtones devront tirer une partie de leur revenus de taxes imposées à leur communauté.L'entente avec les Nishgas prévoit l'apparition d'un tel impôt après dix ans.Les autochtones voient la superficie de leurs territoires propres doubler, passant de 250 kilomètres carrés à 531 kilomètres carrés, mais il s'agira désormais de « territoires » plutôt que de « réserves ».La Loi sur les indiens, fédérale, ne s'y appliquera donc plus.Du point de vue des Innus, la principale victoire est la satisfaction de leur aspiration historique.Ils voient reconnus des droits sur tout le territoire qui va de l'est du parc des Laurentides jusqu'au Labrador.On parle de droits et pas de propriété, nuance-t-on : les autochtones auront le droit de pêcher et de chasser sur l'ensemble de cet immense territoire.00-03-25 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-03-25 49 570 919 $ 00-03-25 00-03-24 00-03-25 00-03-25 00-03-24 7 500 000,00 $ 212 869,00 $ 2 483,40 $ 145,80 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.11 641 372 $ 10 000 000 $ DEVENEZ CONSULTANT À TEMPS PARTIEL OU À PLEIN TEMPS Il vous est possible de gagner des revenus substantiels comme CONSULTANT à temps partiel ou à temps plein en travaillant de votre maison ou de votre bureau.Les honoraires moyens chargés par les consultants sont actuellement de 157 $ l'heure.Assistez à ce séminaire et transformez vos soirées et vos fins de semaine (ou à plein temps) en une source de revenus exceptionnels et atteignez le prestige et la reconnaissance d'être professionnel.Les besoins de consultation croissent actuellement à un rythme de plus de 20% annuellement.QUI DEVRAIT ASSISTER À CE SÉMINAIRE ?Tous les hommes et toutes les femmes qui ont acquis des connaissances au cours de leur vie soit par éducation ou par expérience : administrateurs, ingénieurs, éducateurs, spécialistes en ressources humaines, militaires à la retraite, étudiants gradués, auteurs, retraités, professionnels de la vente et du marketing, spécialistes en informatique, comptables, spécialistes de l'immobilier, avocats, notaires, bref : toutes personnes intéressées à profiter de l'actuelle demande croissante de consultants.CE QUE VOUS APPRENDREZ DURANT CES 6 HEURES : Comment établir vos honoraires I Comment vendre vos connaissances I Comment établir votre pratique de consultant I Comment établir un besoin permanent pour vos services I Comment éviter de donner vos connaissances gratuitement I Les 9 situations qui requièrent les services de consultant I Comment créer une demande pour vos services I Contrat de performance I Facturation / collection / contrats I Savoir quand refuser un contrat de consultation I Les opportunités offertes par les gouvernements I Et beaucoup d'autres points.Le samedi 1er avril de 9 h à 16 h Hôtel des Gouverneurs Île Charron Longueuil Prix : 195 $ + taxes (matériel de cours inclus) Réservez dès maintenant au : (450) 679-0261 Conférenciers : Jacques Lépine, M.B.A.Ginette Méroz, avocate Groupe Forsythe Interational Inc.www.forsythegroup.com 7LP1501A0326 a15-dimanche 7LP1501A0326 ZALLCALL 67 00:36:25 03/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 A 15 À votre tour Qui a peur du gros méchant loup?L'arrivée de Loblaw a forcé les autres géants de l'alimentation à s'améliorer ANNE DESJARDINS L'auteure est une résidante de Lachine.Ayant suivi la saga autour du jugement sur la démolition du Loblaws de Brossard, ordonnée par le juge Marc Tellier, de la Cour supérieure, je tombe des nues chaque jour un peu plus, sans possibilité de me relever, tellement ma stupeur est profonde devant tant d'imbécilité et de mauvaise foi.Ainsi donc, le grand démon ontarien de l'alimentation a hypocritement érigé un supermarché trop petit (oui, oui, vous avez bien lu !), contrevenant ainsi machiavéliquement à un règlement de zonage de la ville de Brossard.Il n'y a plus qu'à raser le bâtiment haut et court au plus sacrant, avant qu'il ne vienne détruire le fragile équilibre urbanistique de cette superbe zone suburbaine qu'est le boulevard Taschereau.Faut-il rappeler qu'à la vérité, le règlement de zonage n'est pour rien dans cette affaire, mais qu'il s'agit plutôt de concurrence féroce, sinon déloyale ?Faut-il rappeler que le vertueux citoyen qui a inscrit cette poursuite en cour est nul autre que le concurrent direct du Loblaws en question, soit le propriétaire du mégamarché Métro d'en face, situé au Mail Champlain ?Belle façon de faire taire la concurrence en se drapant dans la dignité quelque peu ridicule d'un règlement de zonage pour le moins discutable.Un règlement que, sauf erreur, la Ville de Brossard elle-même a tenté de faire modifier.J'en ai vraiment ma rude claque de toute cette entreprise de démonisation de Loblaw, qui a cours au Québec depuis que la chaîne d'alimentation tente de s'y implanter.Car, enfin, de quoi est-elle coupable, sinon d'offrir des produits de très haute qualité, un service hors pair, des prix concurrentiels, un choix inégalé de produits frais et de raretés autrement introuvables pour bien des citoyens des banlieues ?Ayant suivi de près la controverse depuis ses débuts, j'en suis venue à la conclusion qu'en vérité, le seul tort de Loblaw était d'être « méga », et pas « pure laine ».Quand j'entends les gens se plaindre ad nauseam que ce géant de l'alimentation nous menace parce qu'il s'agit d'une grande surface, je me demande où ils étaient quand on s'est mis à ériger de hideux Wal-Mart, d'éléphantesques Clubs Price-Costco ou autres Carnaval un peu partout sur le territoire.Lorsqu'une chaîne d'épicerie « biende- chez-nous » avale un concurrent et devient « méga », on applaudit.Mais lorsque Loblaw (par ailleurs bien de chez nous aussi, n'en déplaise à certains) tente de s'implanter au Québec, on fait des gorges chaudes, on panique.Allons bon ! N'avez-vous pas remarqué que l'arrivée de Loblaw a forcé les autres géants de l'alimentation à améliorer la qualité et la variété de leurs produits ?C'est pourtant frappant et ça m'apparaît comme une concurrence intéressante pour le consommateur.Parce qu'enfin, je n'ai jamais été impressionnée par la qualité des fruits et légumes des Métro-Provigo et autres supermarchés « pure laine » avant l'arrivée du géant ontarien.Sa façon de faire a obligé les grosses chaînes d'ici à améliorer leurs services et leurs produits.Enfin, j'ai aussi remarqué que ceux qui conspuent Loblaw avec la dernière énergie sont, ou des concurrents ou des consommateurs qui n'y ont jamais mis les pieds.Pour ma part, j'habite une charmante ville de l'Ouest-de-l'Île et, depuis l'arrivée de Loblaw dans la région, non seulement les autres épiceries se sont-elles mises à offrir du meilleur et du plus beau, mais ai-je pu aussi enfin me remettre à cuisiner « ethnique » avec bonheur : car ce gros méchant loup venu de l'Ouest est le seul à m'offrir tout ce dont j'ai besoin pour le faire à des milles à la ronde.À titre d'auteure de la lettre primée de la semaine, Mme Desjardins recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse.LETTRE DE LA SEMAINE PHOTOTHÈQUE, La Presse Une chose est certaine, Loblaw ne laisse personne indifférent, que ce soient les concurrents ou les consommateurs.PHOTO DENISCOURVILLE, La Presse Anne Desjardins Une nouvelle page le dimanche Sauvons le Taz! De façon à permettre à nos lecteurs de jouir davantage d'espace pour s'exprimer, nous lançons aujourd'hui cette nouvelle page.Chaque semaine, nous remettrons un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse à l'auteur d'une lettre qui nous a semblé particulièrement intéressante.Vous avez un point de vue à exprimer, une opinion à soumettre, un cri du coeur à lancer ?La boîte aux lettres quotidienne de La Presse, publiée en B2, de même que cette page sont l'endroit idéal pour ce faire.Écriveznous.Notre adresse par courriel est: edito@lapresse.ca.Vous pouvez aussi nous joindre en adressant votre lettre comme suit: La boîte aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y1K9; ou par fax au (514)285-4816.LÉON ROBICHAUD Père de trois « adolescents patineurs », l'auteur est historien et siège au conseil d'administration du Tazmahal.Le Tazmahal Roulodôme et Skate Park est un organisme à but non lucratif.Les médias, les sondages et le monde de l'éducation nous décrivent les malaises des jeunes, surtout des garçons.Ceux-ci réussissent moins bien à l'école, ils dérangent, ils font du bruit.Est-ce que ce problème est nouveau ?Depuis des milliers d'années, les jeunes garçons bougent, dérangent, remettent en question l'autorité des adultes.À 15 ans, ce tableau n'a rien d'attrayant.À 15 ans, on a tellement d'énergie qu'on voudrait tout mettre à l'envers.On cherche des émotions fortes, on veut pousser ses limites, avoir peur, puis retourner tranquillement à la maison.Ça et là, il existe des lieux où les jeunes peuvent prendre leur place.Le Taz en est un.Si vous connaissez le Taz (surnom pour le Tazmahal Roulodôme et Skate Park) c'est probablement parce que, pour attirer 45 000 jeunes par an, il a su proposer aux jeunes un lieu qui leur ressemble.Pour cela, le Taz n'a pas eu besoin d'une fusée sur le bord d'une autoroute ni de plusieurs dizaines de millions en subventions.Le Taz, c'est un lieu sans prétention où l'on peut pratiquer, dans un environnement sécuritaire et bien encadré trois sports très populaires chez les jeunes : le patin à roues alignées, la planche à roulettes (skateboard) et le vélo BMX.On y retrouve des rampes, des rails, des sauts, de la musique plein les oreilles, de très beaux graffitis sur les murs, mais pas de drogue, pas d'alcool, pas de gangs.Il y a des jeunes de toutes origines et de tous les groupes sociaux qui ont en commun la passion pour un sport d'action stimulant.Le Taz possède un équipement sportif de calibre mondial, cité dans toutes les revues spécialisées et qui n'a absolument rien coûté aux contribuables.Issus du milieu, les concepteurs du Taz ont répondu à un besoin que la société n'a pas assumé.Là, les jeunes ont la possibilité de prouver à eux-mêmes et à leurs amis de quoi ils sont capables.Ils peuvent sauter plus haut, tourner plus longtemps, se dépasser, exhiber leurs prouesses, s'épuiser, puis rentrer chez eux.De plus, tandis qu'on associe souvent ce genre d'activités à un exutoire mâle de testostérones pour une galerie féminine, la présence de plus en plus grande de filles fait que les garçons doivent accepter celles-ci non pas comme des spectatrices mais aussi comme leurs égales.Ce n'est pas un club privé de garçons mais bien un lieu ouvert à tous et à toutes.Le succès du Taz est dû en partie au fait qu'il a pu bénéficier à faible coût d'un espace sous-utilisé au coeur du centreville : le Palais du Commerce.Cependant, comme on le sait, cet édifice sera démoli pour faire place à la Grande Bibliothèque du Québec.Avec l'Université du Québec à Montréal et les Archives nationales du Québec, on aura dans le Quartier latin un pôle de connaissance qui sera bénéfique pour le monde académique.Mais, comme l'a reconnu la ministre Louise Beaudouin, lors des audiences publiques sur le choix de l'emplacement de la GBQ, la société a autant besoin de lieux pour les jeunes que pour les intellectuels.Elle s'est engagée à aider à la relocalisation du Taz.C'est un processus très ardu.Il n'est pas facile de trouver une surface ouverte de 75 000 pieds carrés, accessible par le métro, pour y loger un organisme à but non lucratif.Pourquoi, aujourd'hui, faut-il s'en faire ?Parce que le Taz est un organisme créé pour servir les jeunes et qu'une trentaine de postes de travail sont occupés par eux.Le Taz n'est pas associé à aucun groupe de pression capable de monter aux barricades ou des lobbyistes qui savent aller chercher l'argent des gouvernements.Lorsque le Palais du Commerce sera démoli, est-ce que ça changera quelque chose si le Taz disparaît ?Expliquez aux jeunes que, parce qu'ils ne sont ni chômeurs, ni décrocheurs, ni universitaires, ni criminels et parce qu'ils sont en bonne santé, on ne peut rien faire ! Malheureusement pour eux, il n'existe aucun programme pour aider à la survie d'un lieu qui leur permet de s'exprimer.L'expérience du Taz est une réussite et sert même de modèle pour d'autres projets du genre un peu partout dans le monde.Depuis bientôt quatre ans, le Taz fonctionne de manière autonome et il a réussi, sans aucune subvention, à assumer le coût de ses équipements et le salaire de ses employés.La principale difficulté au niveau de sa relocalisation réside dans la question des frais rattachés au futur loyer.Un organisme à but non lucratif ne possède pas les budgets nécessaires pour payer les taux commerciaux d'une surface de cette superficie.Le Taz existe pour servir les jeunes, pas pour faire du profit à leurs dépends.Il est parfois ironique de constater que, dans une ville où il existe certains lieux sportifs sous-utilisés, il est si difficile de faire une place pour le Taz.Dans certains cas, on ressent une méfiance envers la clientèle du Taz, on dirait presque le syndrome du « pas dans ma cour ».Les ados sont-ils maintenant considérés au même titre que les déchets toxiques ?C'est évidemment un cliché suranné que de parler de volonté politique.C'est toutefois ce qu'il faudrait pour permettre au Taz de survivre.Il faut briser le carcan bureaucratique et trouver l'initiative pour créer un projet qui recoupe plusieurs ministères et niveaux de gouvernements.En comptabilisant les coûts sociaux.économiques et médicaux rattachés à la disparition du Taz, on arriverait à la conclusion qu'il vaut mieux lui trouver un nouvel emplacement pour faire place aux jeunes.Aujourdhui.nous voyons des jeunes aux vêtements trop grands, aux souliers détachés, à la démarche bizarre.N'oublions pas que, comme les générations qui les ont précédés, ils seront demain journalistes, syndicalistes, chefs d'entreprise.Mais qu'ils soient chômeurs, ouvriers ou cadres, c'est aujourd'hui qu'ils se feront une opinion du rôle que jouent les gouvernements.Est-ce que ceux-ci ont créé une structure qui existe pour elle-même et pour ses amis, ou est-ce une institution qui vise l'épanouissement du plus grand nombre ?Cinar : de fiers artisans n Voilà déjà cinq mois que notre compagnie fait régulièrement la une des quotidiens, qu'on lui consacre des pages et des pages dans les médias.Nous tentons vainement de nous détacher des propos qu'on y retrouve, nous disant : « Les journalistes ont un travail à faire et ça fait partie de leur métier.» Le hic, c'est que notre travail, notre métier est affecté par tous les débats médiatiques.Aujourd'hui, nous vous disons ceci : CINAR, c'est plus que des gens d'affaires, des intérêts dans les comptes de banques et des chiffres.Derrière les murs de béton et les surfaces miroitantes du 1055 boulevard René-Lévesque et du 1207 Saint-André, il y a des gens qui travaillent fort.Cinar, c'est avant tout une équipe d'employé(e)s énergiques, passionné(e)s, d'artistes et de créateurs.Depuis une quinzaine d'années déjà, nous avons su produire et exporter nos talents ainsi que présenter nos produits aux enfants et aux parents, dans plus de 150 pays.Nous créons et nous produisons des émissions de qualité, nous prônons la nonviolence tout en soulignant l'importance du divertissement et de l'éducation des enfants.Malgré toute l'encre qui a récemment coulé à propos de Cinar dans le journaux, nous sommes toujours fier(e)s de nos émissions et des aventures de nos personnages.Que nous soyons dessinateur, mixeur, coordonnateur, technicien en animation ou autre, c'est nous qui donnons vie à Caillou, Ouimzie, Souris des Villes-Souris des Champs, Arthur et La Petite Lulu, pour n'en nommer que quelques-uns.Notre désir le plus cher serait qu'au-delà des propos rapportés par les médias, le public se rappelle des artisans et des artistes, et de tous les gens qui travaillent à Cinar avec la conviction qu'ils produisent des émissions de qualité.Sylvie ROCHON, Louis JUNGER, Ken BEAULIEU Diane DALLAIRE, Julie PELLETIER, Chantal PARÉ, Geneviève LAROCQUE Un bien précieux M.le ministre Paul Bégin.n Pourquoi votre ministère offre-t-il toujours une oreille attentive aux promoteurs immobiliers et fait-il la sourde oreille aux citoyens qui prennent la défense de la nature ?Il faut sauver le petit bois de l'Île-des-Soeurs, coûte que coûte, pour la sauvegarde de plusieurs oiseaux et de plantes très rares.La forêt de l'Île-des-Soeurs est un bien précieux qu'il faut préserver pour les générations futures.Nous sommes privilégiés d'avoir, à nos portes, un site ornithologique exceptionnel.Jocelyne LEMIEUX Verdun PHOTOS DENIS COURVILLE, La Presse On retrouve au Taz des rampes, de la musique, des graffitis, mais pas de drogue, pas d'alcool, pas de gangs.Michel Comeau, pdg du Taz, en compagnie de l'auteur du texte, Léon Robichaud. 7LP1601A0326 a16 perso dim 26 mars 7LP1601A0326 ZALLCALL 67 00:34:13 03/26/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 26 MARS 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 26 MARS 2000 Louise Vanier JEAN-PAUL SOULIÉ Mercredi dernier, 25 bambins de zéro à cinq ans ont passé une grande partie de la journée à jouer dans l'eau et le sable, au milieu de palmiers, en mangeant des brochettes de fruits.Le beach party avait lieu rue Théodore, à une centaine de mètres au sud du Stade olympique, dans le sous-sol de la maison Interaction Famille du quartier Hochelaga-Maisonneuve.Tout le monde s'est bien amusé.Le lendemain, la maison était un peu plus calme, mais la directrice Louise Vanier était toujours là, au milieu de « son monde ».C'est Louise Vanier et son monde qui ont réussi, en un temps record, à rassembler une trentaine d'enfants de familles démunies et de parents accompagnateurs invités gratuitement par la famille Auger à aller passer deux journées à la pourvoirie Bazinet, à Sainte-Éméliede- l'Énergie.Une façon tout à fait inespérée pour une quarantaine de personnes d'occuper la semaine de relâche scolaire du début de mars.Enfants et parents ont pêché sur la glace, fait du traîneau à chiens, glissé et joué dans la neige pendant 48 heures.Un vrai miracle.Chaque lundi, dans la maison de la rue Théodore, des familles viennent déjeuner.Chacun apporte quelque chose, des oeufs, des pommes de terre ou des saucisses.Parents et enfants déjeunent ensemble.Le cinq et demi est assez grand pour recevoir pas mal de monde, certains s'occupent des enfants, les autres se parlent, échangent, apprennent les uns des autres.Interaction Famille s'occupe aussi des vacances d'été.Vingt-huit familles partent pour une semaine dans un camp.Et pour Noël, 175 personnes prennent un bon repas, ensemble, à la maison.Au coeur de ce regroupement chaleureux, il y a Louise Vanier, 52 ans, mère de trois enfants et grand-mère depuis 13 mois, veuve d'un opérateur de machinerie lourde, un Cri du nord de l'Abitibi qui lui avait appris à dépouiller un castor sans abîmer la peau.La Presse souligne le « beau coup » qu'ont été les 48 heures de bonheur de familles démunies dans les forêts de Lanaudière et salue 18 années de travail au service de la famille en nommant Louise Vanier Personnalité de la semaine.La trajectoire de Louise Vanier est assez particulière.Elle a bien failli être du nombre de ceux qu'on appelle les orphelins de Duplessis, mais à six ans, elle a été adoptée par des gens âgés et aisés.Elle fête ses 21 ans au Cameroun, où elle travaille pour les oeuvres du cardinal Léger.« C'était mon époque peace and love, les cheveux longs, des idées de missionnaire.Ici, j'avais travaillé avec des victimes de la dystrophie musculaire, des exclus, dans des quartiers pauvres.Au Cameroun, nous nous occupions de victimes de la polio, des handicapés, mais dans un hôpital riche.C'est là que j'ai commencé à ruer dans les brancards.Le centre du cardinal Léger allait chercher les jeunes handicapés dans leurs villages et les regroupait ensemble, loin de leurs familles.Je trouvais qu'il n'y avait pas de respect des familles, une chose pourtant très importante en Afrique.Moi, je voulais aller dans les villages, apporter l'aide au milieu des familles.Je me suis dressée contre le cardinal, et j'ai fini par avoir un camion.Mais j'ai dû revenir, j'avais attrapé la malaria.» « J'ai toujours été un peu délinquante, ditelle.Aujourd'hui, je me bats pour redonner une valeur à la famille.Il faut avoir une vision globale, centrale de la famille.Le gouvernement, les bailleurs de fonds, en ont une vision commerciale.On la morcelle : le père est étiqueté chômeur, la mère « sans secondaire V », on ajoute des modes, comme les bébés à gros poids ou à petit poids, la toxicomanie d'un fils ou d'une fille.Nous refusons ça.La famille doit être regardée dans sa globalité.La bagarre de Louise, c'est la chasse aux subventions, mais surtout la défense de ses familles, de leur droit de choisir d'envoyer ou non leurs enfants dans les centres de la petite enfance, comme l'ordonnent des fonctionnaires.« Nous ne sommes pas des sous-traitants des CLSC, ni des gestionnaires de la pauvreté, dit Louise.Certaines de nos familles vivent dans une très grande pauvreté, ou ont une histoire lourde.» À la maison Interaction Famille, chacun apporte ce qu'il est, et dans un climat favorable aux confidences, le sentiment d'appartenance devient très fort.Des maisons de la famille, il y en a près de 300 au Québec, regroupées en un réseau qui existe depuis 30 ans.Beaucoup de femmes seules en font partie, mais aussi des couples.« Si on avait de l'argent, on aurait plus d'hommes », lance Mariette, une collègue de Louise Vanier.Cette religieuse de la congrégation des Petites soeurs de l'Assomption aux cheveux bouclés d'un blanc immaculé rêve d'une table de billard.Suzanne, qui est membre du CA de la maison Interaction Famille approuve, comme Johanne, l'organisatrice de la fête de la veille, au sous-sol, et Sylvie, qui dirige le programme de pré-employabilité.C'est le monde de Louise Vanier qui s'active, une famille constituée de 150 familles.«Nous ne sommes pas des sous-traitants des CLSC, ni des gestionnaires de la pauvreté.» PHOTO RÉMI LEMÉE La Presse © La bagarre de Louise Vanier, c'est la chasse aux subventions, mais surtout la défense de ses familles, de leur droit de choisir d'envoyer ou non leurs enfants dans les centres de la petite enfance, comme l'ordonnent des fonctionnaires.B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2837206 Not Found B0P01PROMO?10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Found 2837206?10X060 00 PERSONNALITEE SEMAIN LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
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