La presse, 11 avril 2000, Cahier A
[" 2LP0199A0411 Page A1/11avril 2LP0199A0411 ZALLCALL 67 00:56:04 04/11/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 P 116e ANNÉE, NO 171, 72 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DE QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.Propos controversés Le PQ met au rancart le partenariat politique DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Pour calmer l'aile souverainiste orthodoxe du Parti québécois, Lucien Bouchard laissera tomber l'idée de « partenariat politique » entre un éventuel Québec souverain et le Canada anglais.La proposition que transmettra l'exécutif national en vue du congrès de mai ne parlera plus que d'un « partenariat économique » avec le reste du pays.L'exécutif du Parti québécois battra aussi en retraite sur sa proposition de septembre visant à introduire les « conditions gagnantes » dans le programme du PQ.Cette idée n'a pas Voir LE PQ en A2 Comme une telenovela PHOTO PC Jean Chrétien a exprimé d'un pouce levé sa satisfaction après avoir reçu le Premier Ordre de Bethléem, la plus haute distinction palestinienne, des mains de Yasser Arafat, hier à Gaza.L'appui de Chrétien à une déclaration unilatérale d'indépendance de la Palestine fait des remous RIMA ELKOURI envoyée spéciale, MIAMI Vous vous rendez à la casa d'Elian ?Ayayaye ! Un bon spectacle vous attend Aller voir la maison d'Elian Gonzalez, dans la Petite Havane, c'est un peu comme aller au cirque, croit Juan A.Ruiz, qui ne « ayayaye ! » Chapeau de cow-boy, la quarantaine bedonnante, le chauffeur de taxi d'origine cubaine parle du petit Elian comme si c'était son fils.Et de Castro, comme si c'était le diable.« Je le connais, ce Castro.Ce n'est pas une bonne idée de lui renvoyer l'enfant », dit le chauffeur qui a luimême fui Cuba sur une embarcation de fortune en 1969.Impossible de s'approcher de la désormais célèbre maison de stuc blanc du réfugié de six ans sans être interpellé par des policiers.Le secteur est bouclé.« Ici, c'est encore plus populaire que Disneyworld ! » observe Lester Cole, de la police de Miami, en refusant l'accès à des touristes asiatiques, qui espéraient, caméras au cou, croquer sur le vif le petit Elian.À quelques pas de la fameuse maison blanche, agglutinés à des barricades, une cinquantaine d'exilés cubains manifestent dans un climat d'hystérie.Ils tiennent mordicus à ce que le petit balsero demeure aux États- Unis.Tour à tour, ils implorent Dieu, les journalistes, le président Bill Clinton, la ministre de la Justice Janet Reno et.Monica Lewinsky.« Elle est la seule à pouvoir régler le problème de Clinton », lance sur le ton de la provocation une jeune Cubano- Américaine.Une caméra de télévision se braque vers elle.La jeune femme crie de plus belle.À côté d'elle, une robuste grand-maman cubaine brandit en silence un crucifix en demandant « justicia » pour le petit Elian.À leurs pieds, une pancarte montrant Fidel Castro, cigare au bec, dans un cercueil, avec, en guise d'épitaphe, l'inscription suivante, en espagnol : « Fidel, c'est comme ça que je veux te voir.» Le « bon spectacle », comme dit Juan A.Ruiz, ce n'est pas seulement les manifestants anticastristes acharnés qui le donnent.C'est aussi et surtout les Voir COMME en A2 GILLES TOUPIN envoyé spécial, GAZA Le premier ministre Jean Chrétien a donné son appui hier à la menace du président de l'OLP, Yasser Arafat, de déclarer unilatéralement l'indépendance de la Palestine, provoquant un certain agacement au sein du gouvernement israélien.Le premier ministre a cependant écarté énergiquement que ce scénario puisse s'appliquer un jour au Québec.Au cours d'une visite officielle dans les locaux de l'Autorité palestinienne à Gaza, M.Chrétien a en effet affirmé en présence d'un Yasser Arafat ravi, et en réponse à une question de La Presse, que la menace de déclaration unilatérale d'indépendance brandie par ce dernier, devant le peu d'empressement d'Israël à faire avancer les choses, était un moyen de pression légitime pour provoquer un accord de paix final.La possibilité de déclaration unilatérale d'indépendance par la Palestine, a dit Jean Chrétien, « est un élément qui va inciter les parties à en venir à une entente ».« Je crois, moi personnellement, que c'est mieux de la garder (NDLR : la déclaration d'indépendance) comme point de pression pour les négociations.C'est la position du Canada.» À maintes reprises, le président de l'Autorité palestinienne a affirmé que si un accord de paix n'était pas signé d'ici le 13 septembre 2000 avec Israël, il allait déclarer unilatéralement l'indépendance de la Palestine.La France a notamment affirmé qu'elle allait appuyer ce geste de Yasser Arafat.Moins d'une heure après la conférence de presse conjointe de MM.Chrétien et Arafat, le premier ministre du Canada a senti le besoin de Voir PROPOS en A2 Autres textes en page B1 « C'est pas la même chose au Québec.Une déclaration unilatérale d'indépendance s'applique seulement lorsque vous êtes une colonie ou un territoire occupé par une force militaire.» Rubriques Cinq finalistes retenus pour la Grande Bibliothèque Arts et spectacles C14 à C17 Bandes dessinées C20 Bridge C21 Cyberpresse C24 Décès C23 Économie C1 à C12 Éditorial B2 Êtes-vous observateur B7 Feuilleton C19 Foglia Pierre A5 Horoscope C21 Le monde B4 Loteries A2, A12 Mots croisés C18, S10 Mot mystère C19 Opinions B3 Petites annonces B7 Politique B1, B5 à B8 MÉTÉO Ciel variable Max.3, min.-2 Cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net SUZANNE COLPRON À qui reviendra l'honneur de concevoir le projet de la future Grande bibliothèque du Québec (GBQ) ?La présidente du jury, Phyllis Lambert, a dévoilé hier les noms des cinq finalistes retenus pour la deuxième et dernière étape du concours international lancé le 21 janvier dernier.Deux d'entre eux sont de Montréal ; les autres viennent de Colombie- Britannique, de Paris et de Londres.1.L'Atelier Christian de Portzamparc, à Paris, associé, pour le projet de la GBQ, aux Québécois Jean-Marc Venne, Birtz Bastien et Bélanger Galienne Moisan Plante.De Portzamparc, réputé internationalement, a réalisé la Tour Louis Vuitton Moët Hennessy, à New York, et la Cité de la Musique du Parc de la Villette, à Paris.2.Le regroupement québécois Faucher Aubertin Brodeur Gauthier (FABG), Gauthier, Daoust Lestage (GDL) et Beaubien, Lauz o n , L e b l a n c , P e l l a n d (N.O.M.A.D.E.).On lui doit, entre autres réalisations, le théâtre Espace Go, la rénovation du stade Jarry et le recyclage de l'immeuble du Monument National.Par ailleurs, les architectes Renée Daoust et Éric Gauthier signent le nouveau Centre interactif des sciences de Montréal, qui transformera les hangars du quai King Edward, dans le Vieux-Port, en une promenade technologique.3.Zaha Hadid, de Londres, spécialisée dans la conception d'édifices publics à vocation culturelle.Dans le dossier de la GBQ, Mme Hadid fait équipe avec Boutin Ramoisy Tremblay Architectes, dont le siège social est à Québec.Elle a conçu le Centre d'art contemporain, à Cincinnati, et le Centre contemporain d'art et d'architecture, à Rome.4.Patkau Architects, une firme établie à Vancouver, maintes fois récompensée pour ses réalisations, ici et à l'étranger.Elle se caractérise par une approche innovatrice du design des bâtiments publics, basée sur les cycles et les facteurs naturels.Pour le projet de la GBQ, elle est liée à la firme Croft-Pelletier, de Montréal, et à l'architecte Gilles Guité, de Québec.5.Les firmes québécoises d'architectes Saucier Perrotte et Menkès Shooner Dagenais.Elles ont réalisé divers projets dont la Cinémathèque québécoise, l'agrandissement et la rénovation de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, le nouveau collège Gérald- Godin et le siège social de l'Agence spatiale canadienne.Pour Voir CINQ en A2 La Presse 11 avril 2000 Page A2 manquante 2LP0301A0411 A-3 MARDI g n ral 2LP0301A0411 ZALLCALL 67 00:55:31 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 3 Au moins, il faisait soleil! Les Montréalais font contre mauvaise fortune bon coeur MICHÈLE OUIMET Hier matin, Claude Vigneault nettoyait vigoureusement son auto avec un balai.Il était enchanté par la température, même s'il demeure dans une rue étroite du Plateau Mont-Royal et que sa voiture était ensevelie sous la neige.Le soleil caressait doucement sa peau et un vent léger soulevait délicatement la neige.Il avait délaissé, l'espace d'un coup de pelle, la rédaction d'un rapport pour s'occuper de sa voiture stationnée dans la rue Laurier, au coin de Marquette.Il aurait dû être sur la route, en direction de Sherbrooke, pour rencontrer un client, mais dimanche soir, lorsqu'il a vu la neige tomber, il a annulé son voyage sans hésiter, trop heureux de rester peinard à la maison, les deux pieds sur la bavette du poêle, à expédier les affaires courantes et écrire des rapports urgents.Claude Vigneault travaille à son compte.Il fait des enquêtes pour des ordres professionnels.C'est lui, par exemple, qui traque les dentistes malhonnêtes qui pratiquent même s'ils n'ont pas le droit.« Ah, ça fait du bien de sortir et de pelleter ! » lançait-il tout en assénant de joyeux coups de balai à sa voiture.M.Vigneault aura besoin de tout son enthousiasme pour passer à travers la semaine.Ce soir, la neige recommencera à tomber sur la ville.Environnement Canada annonce cinq à dix centimètres et les températures ne seront pas très clémentes.Aujourd'hui, le thermomètre ne grimpera pas au-dessus de quatre degrés ; cette nuit, il dégringolera à moins trois, et mercredi, il ne dépassera pas la barre du zéro.Jeudi, il fera beau mais frais, et la température oscillera entre moins sept et plus trois.Rien pour faire fondre rapidement la neige.Pourtant, c'est ce que la Ville de Montréal souhaite.Pas question d'enlever la neige, sauf dans 16 rues étroites du Plateau et du Centre- Sud.Le contrat entre Montréal et les entrepreneurs privés a pris fin le 15 mars, la Ville doit donc compter sur ses cols bleus pour épandre des abrasifs et nettoyer les trottoirs.La Ville a pratiquement épuisé son budget « neige » de 58 millions.Si la nature ne se charge pas du travail, les Montréalais devront se retrousser les manches.Hier, ça pelletait ferme sur la 4e Avenue, dans le quartier Rosemont.Les gens pestaient à peine contre la température, trop heureux de profiter des rayons du soleil.Le maire Pierre Bourque, par contre, n'avait pas la cote.Roland Desrosiers, un costaud Gaspésien à la retraite, ne faisait pas les affaires à moitié.L'asphalte brillait sous ses énergiques coups de pelle.« Regardez icitte, a dit M.Desrosiers en montrant le trottoir enneigé où apparaissaient les traces des passants qui s'étaient frayés péniblement un chemin.C'est comme la trail d'un lièvre.C'est l'enfer ! Mais qu'est-ce que tu veux, c'est la vie.La vie est triste, mais le bonheur est pointu.» Un peu plus loin, Gaston Charbonneau enlevait la neige sur le trottoir en face de sa maison.Pas dans la rue.Il n'a pas d'auto.Alors les tempêtes, ça ne le dérange pas.Au contraire, il trouve ça beau.Appuyé sur sa pelle, il s'est rappelé les tempêtes tardives, celles qui surprennent en plein printemps.« Le 6 mai 1966, a-t-il raconté, je suis parti en petit veston le matin pour aller à Mirabel.Y'a eu une tempête et je suis arrivé dans la neige.\u2014 Vous avez une bonne mémoire.\u2014 Je m'en souviens parce que ce jour-là, j'ai enterré mon frère.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Hier matin, au coin des rues Laurier et Marquette, dans le Plateau Mont-Royal, Claude Vigneault nettoyait son auto avec un moral égal à son énergie.Après tout, c'était le soleil après la tempête.PHOTO PIERRE CÔTÉ, La Presse © Cette demoiselle et son dalmatien en ont profité pour s'entraîner au saut en longueur.PHOTO ROBERT NADON, La Presse © La Ville de Montréal a décidé d'attendre que la neige fonde d'elle-même, sauf dans 16 rues étroites du Plateau et du Centre-Sud.C'est pire pour les oiseaux que pour les végétaux PIERRE GINGRAS Si les végétaux ne sont guère affectés par les tempêtes de neige de fin de saison, la situation peut parfois s'avérer dramatique pour certaines espèces d'oiseaux.Arrivées depuis un petit moment dans la grande région métropolitaine, les hirondelles noires et les hirondelles bicolores, des oiseaux insectivores, auront manifestement des difficultés à trouver la nourriture nécessaire à leur survie, la neige qui recouvre le sol ne favorisant pas l'éclosion des insectes.Ces oiseaux se concentreront davantage le long des cours d'eau où les insectes sont plus nombreux.Mais si elles ne peuvent trouver la nourriture en quantité nécessaire, plusieurs hirondelles seront condamnées.À cet égard, les vagues de froid qui sévissent parfois en avril et au début de mai, sont souvent plus meurtrières.« Nul doute que plusieurs oiseaux devront jeûner à la suite de la tempête, explique le biologiste Yves Aubry, du Service canadien de la faune et coéditeur de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.La bécasse d'Amérique, un migrateur très hâtif qui se nourrit presque exclusivement de vers de terre, devra se trouver des endroits humides et dépourvus de neige si elle veut survivre.» Le merle d'Amérique, un autre grand amateur de lombrics, pourra survivre grâce aux petits fruits séchés qu'il dénichera dans les arbres.D'ailleurs depuis dimanche, plusieurs merles ont pu être observés dans les pommetiers ou encore dans les vinaigriers en quête de nourriture à se mettre dans le bec.Plusieurs oiseaux granivores se rabattront sur des bourgeons ou encore se concentreront aux mangeoires comme on a pu le constater hier.Les grands palmipèdes comme les bernaches où les oies des neiges qui se nourrissent des résidus de culture laissés sur les champs à la fin de l'automne, se dirigeront vers des terres épargnées par la tempête ou se concentreront dans les zones riveraines pour se nourrir de végétation aquatique.La situation est toutefois beaucoup plus problématique pour certaines espèces qui nichent très tôt en saison.L'alouette cornue arrive souvent au Québec vers la mi-février et fait son nid sur le sol, dans les grands champs agricoles dénudés.Dès le premier avril, elle est souvent en train de couver.Les nids actuellement recouverts de neige seront abandonnés, mais l'oiseau en construira un autre et pondra à nouveau dès qu'il en aura l'occasion.Par contre, le grand-duc, dont les oeufs éclosent en mars, est bien adapté aux froids sibériens.Recouverts d'un épais duvet, les petits hiboux résistent sans peine au climat glacial s'ils sont nourris adéquatement et s'ils sont protégés par leurs parents.Le geai du Canada, qui couve ses oeufs en mars, est aussi très bien adapté au climat et sa couvée survit habituellement en dépit du temps froid et des chutes de neige.Par ailleurs, dans le monde végétal, les répercussions d'une tempête de neige à ce temps-ci sont habituellement minimes.Même les plantes qui étaient en fleur la semaine dernière \u2014 c'était le cas de certains perce-neige et de certaines variétés de crocus \u2014 devraient poursuivre leur floraison normalement dès que la neige aura disparu.Les tiges de tulipes, narcisses et autres espèces de plantes bulbeuses ou de plantes vivaces qui avaient déjà effectué leur sortie printanière, ne devraient pas souffrir à cause de la neige.Pas plus que les bourgeons des arbustes ou des arbres, indique Yves Desjardins, directeur du Centre de recherche horticole à l'Université Laval et professeur de physiologie végétale.« Si on fait exception des plantes ou des tiges qui ont été brisées à cause du poids de la neige, la tempête aura peu d'effet sur nos végétaux, explique M.Desjardins.Le sol était dégelé et il avait accumulé beaucoup de chaleur jusqu'à maintenant, notamment lors des pluies que nous avons connues récemment.Cette chaleur va irradier vers la surface du sol, et sera transmise aux racines des plantes et aux bulbes en dépit de la couche de neige.Elle fera même fondre la neige.» Selon le professeur, un froid sibérien à ce temps-ci de l'année est beaucoup plus dommageable qu'une tempête de neige.M.Desjardins rappelle que la neige agit comme un excellent isolant et qu'elle empêche souvent le sol de geler au cours de l'hiver même si la température est très froide.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © Moineaux et carouges à épaulettes affamés ont dû se résigner à faire la queue à cette mangeoire bien garnie. 2LP0499A0411 A4 mardi 2LP0499A0411 ZALLCALL 67 16:21:32 04/11/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 Le toit du Stade tient bon Les charges de neige sur la toile n'étaient pas inquiétantes ANDRÉ DUCHESNE « Si la partie de baseball de dimanche a eu lieu, c'est parce qu'il n'y avait pas de danger.» Le directeur général de la Régie des installations olympiques (RIO), René Morency, est catégorique.La toile du Stade olympique a résisté à l'importante chute de neige de la fin de semaine.« Les charges de neige sur la toiture n'étaient pas inquiétantes », a-t-il assuré hier après-midi en entrevue à La Presse.Le système de câbles chauffants installés sur la toile pour faire fondre la neige a bien fonctionné.« Regardez ! En voyez-vous de la neige ?Il n'y en a plus », lance M.Morency en tirant les stores verticaux de son bureau donnant sur le Stade.Ce système a été installé par le fabricant américain Birdair à la suite de la déchirure de la toile survenue le 18 janvier 1999.L'incident avait alors entraîné l'instauration d'un certain nombre de normes d'inspection avant la tenue d'événements sur l'aire de jeu du Stade.D'ailleurs, la RIO a avisé samedi l'administration des Expos qu'elle procéderait à une inspection rigoureuse de la toile avant de donner son aval à la tenue du match de dimanche après-midi.Selon M.Morency, l'inspection est réalisée visuellement et avec des senseurs installés sur les câbles.Ces appareils mesurent l'accumulation de la neige et la charge de celle-ci sur la toile.La neige mouillée du week-end n'est-elle pas plus lourde, et donc plus qu'une neige poudreuse ?« Non, répond M.Morency.Elle fond plus vite et son évacuation en est facilitée.» La médiation avance D'autre part, la médiation amorcée à la fin du mois de janvier entre la RIO et Birdair pour trouver une solution permanente à la toile du Stade olympique va bon train, assure René Morency.« Nous avons eu beaucoup de rencontres qui ont porté surtout sur des aspects techniques », dit-il.Pour le reste, il se fait avare de commentaires, ne voulant pas nuire aux pourparlers.Il n'aborde pas non plus la question de la poursuite de 4,1 millions de dollars intentée par la RIO contre Birdair après la déchirure de janvier 1999.Dans cette cause, la Régie plaide que le fabricant de la toile de 37 millions n'a pas respecté les termes du contrat selon lesquels le déblaiement de la toile ne serait pas nécessaire en cas de précipitation.Le directeur général s'est dit confiant d'en arriver à une entente dans les prochains mois.La médiation nécessite des dépenses oscillant entre 50 000 $ et 60 000 $ pour chaque partie et a lieu avec l'aide d'une firme de spécialistes.Le système de câbles chauffants installés sur la toile pour faire fondre la neige a bien fonctionné.PHOTO PIERRE McCANN, La Presse © Le directeur général de la RIO, René Morency.Voleurs d'oeuvres d'art recherchés: récompense promise MARCEL LAROCHE Le vol de 40 tableaux et statuettes, des pièces de collection d'une valeur globale de 1,5 million de dollars, préoccupe les propriétaires de galeries d'art de Montréal qui s'associent pour offrir une généreuse récompense pour toute information conduisant à l'arrestation des escrocs.Ces oeuvres ont été dérobées lors de 14 introductions par effraction perpétrées depuis la mi-janvier dans plusieurs galeries d'art du centre-ville et du Vieux-Montréal.C'est pour contrer cette prolifération de vols que les commerçants ont décidé de se regrouper et d'offrir une récompense dont le montant n'a pas été divulgué, une tactique visant à éviter la surenchère.Un des propriétaires d'une galerie du centre-ville qui a récemment reçu la visite des filous a indiqué hier à La Presse que le but visé était aussi de récupérer les pièces volées.Dans la longue liste d'oeuvres d'art volées figurent un tableau de 43,25 par 31,5 pouces intitulé Jeune femme à la balustrade, réalisé vers 1845 à la manière du peintre français Jean-Auguste Ingres, ainsi qu'une toile de 23,75 par 28 pouces nommée Nature morte aux huîtres et perdrix datant de 1870 et attribuée au peintre français Théodule-Augustin Ribot.Par ailleurs, le sergent-détective Jean-Pierre Pelletier, qui mène l'enquête avec son collègue Guy Ouellet, de la police de la CUM, a précisé que la plupart des vols ont été commis pendant la nuit, mais que certains l'ont été en plein jour, pendant les heures normales d'ouverture des galeries.« On est également en contact avec les policiers de la région d'Ottawa qui sont aux prises avec un problème identique impliquant des vols d'oeuvres d'art », de conclure le policier de la CUM.Toute information pouvant faire progresser l'enquête peut être transmise en toute confidentialité au (514) 280-2325.Jeune femme à la balustrade, réalisé vers 1845 à la manière du peintre français Jean- Auguste Ingres.MX607 2LP0501A0411 A-5 MARDI 2LP0501A0411 ZALLCALL 67 00:57:29 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 5 Cela aurait pu être une belle histoire Enfin belle, d'abord horrible.Un rafiot coule en mer des Caraïbes.Les treize passagers, tous cubains, fuyaient le régime castriste.Deux rescapés, dont le petit Elian Gonzalez, six ans.Sa mère est parmi les victimes du naufrage.On ne sait pas si c'est elle qui a réussi à hisser Elian sur cette bouée en forme de chambre à air de tracteur, peu importe, cet enfant sauvé des eaux par des humains qui vont mourir bouffés par les requins, c'est presque une aussi belle histoire que celle du petit Jésus.Sauf que Elian n'est pas destiné à sauver le monde.Seulement à vivre pour que continue la beauté des choses.C'est un beau programme aussi.Cela aurait pu être une belle histoire, il suffisait de faire le contraire de ce qu'on a fait, de tenir l'enfant loin du différent cubano- américain, loin de l'embargo, loin des discours politiques et des avocats, et surtout n'en faire le porte-parole de personne, le porte-étendard de rien, même pas de la liberté.Si cet enfant est porteur d'un message, ce message ne peut être que : vive la vie.Vive les roses.Il fallait le rendre à son papa, oui, mais aussi en faire un citoyen américain, lui permettre de voyager à son gré entre les deux pays, comme un enfant en garde partagée.À Key West, à l'extrémité de la rue South, il y a une pancarte qui dit : « Cuba 90 miles ».Cent cinquante kilomètres.Drummondville- Québec.Il fallait ménager à l'enfant un couloir diplomatique lui permettant d'aller et venir librement entre les deux pays.Cela n'eût pas empêché Cubains de Cuba et de Miami de continuer à se faire leur guéguerre pourrie.Il fallait seulement éviter que l'enfant y soit mêlé.On a fait tout le contraire.Il fallait se débrouiller pour qu'il n'ait pas à choisir entre la petite et la grande Havane, entre l'exil et le socialisme, entre le fascisme ou l'embargo.Lui permettre de voyager comme un enfant de divorcés qui habitent l'un à Québec, l'autre à Drummondville, 150 kilomètres, était-ce une affaire si compliquée ?Cela aurait pu être une belle histoire.Ils ont tout gâché.Ils ?En tout premier lieu les leaders cubains- américains de Miami.Des leaders amers, moins troublés aujourd'hui par Castro que par les changements culturels qui bouleversent leur propre communauté.Les jeunes Cubains de Miami qui n'ont jamais vécu à Cuba sont de moins en moins anticastristes, de plus en plus américains, rien à foutre de Cuba, de Castro, tout ça ce sont des vieilles histoires.La flamme anticastriste vacille dans la Little Havana de Miami, le roman-savon du petit Elian est arrivé à point pour la raviver.De l'autre côté du golfe du Mexique, Fidel Castro bien sûr, n'allait pas laisser passer cette saga politique sans poser au sauveur.Une occasion de s'accrocher encore un peu à son trône, vacillant lui aussi.Bref, cette histoire raconte ce que l'on savait déjà : que l'Homme est héroïque et con à la fois.Quand il sauve un enfant des eaux c'est pour le plonger aussitôt dans la merde.Un athlète nommé Nicklaus n Les sportifs, j'en suis, ont souvent des discussions oiseuses sur ce qui est ou n'est pas un sport.Oiseuses parce que qu'est-ce que ça peut bien foutre que le golf \u2014 voire le baseball, ou la Formule Un \u2014 soit ou non un sport ?C'est le plaisir qu'on prend à le pratiquer ou à le voir pratiquer par des champions qui compte, le reste n'est que vain académisme.N'empêche que Jack Nicklaus a 60 ans.Lors des deux premières rondes du Tournoi des Maîtres, qui est au golf ce que le Tour de France est au vélo, Nicklaus, 60 ans, donc, se classait parmi les meilleurs golfeurs du monde.Il est de bon ton depuis l'avènement de Tiger Woods de souligner que le golf n'est plus le sport de bedondon-bedondaine de jadis.Mes amis golfeurs s'empressent tous de souligner que les golfeurs modernes, Woods en tête, font de la musculation et peut-être même du jogging.Ciel, j'espère qu'ils ne vont pas trop s'épuiser.Jack Nicklaus a 60 ans et une hanche en plastique.Nommez-moi un sport, un seul, dans lequel un athlète de 60 ans peut rivaliser pendant deux jours avec l'élite mondiale.Pas au hockey, pas au football, pas au basket, pas au soccer, pas dans le vélo, pas le rugby, encore moins l'aviron, l'athlétisme ou la gymnastique.Même pas au baseball, qui n'est pourtant pas tout à fait un sport.Même pas l'automobile, ce sport pour paraplégiques, où l'on est assis durant toute la durée de l'épreuve.Qu'est-ce qu'on disait déjà ?Ah oui, que les sportifs, j'en suis, ont souvent des discussions oiseuses.FAIS PAS CHIER, MARGUERITE \u2014 Avant que vous me demandiez si j'ai passé des bonnes vacances : je n'ai pas bougé de Saint- Armand.Le matin où je devais partir, il tombait des cordes, et sur Internet on annonçait qu'il pleuvait aussi sur tout le Vermont, à Boston, New York, Hartford et Providence.Les prévisions pour le reste de la semaine n'étaient guère plus youpilaye, pluie, pluie et pluie.Et un peu de froid.Cela s'est terminé dimanche soir comme vous le savez, par une séance de pelletage intensif.De bien belles vacances en vérité.Vous riez ?C'est gentil à vous.Je m'en souviendrai.Mais ce n'est pas à cause de mes vacances ratées que vous me voyez un peu chagrin ce matin.C'est une histoire de minous.Une autre.Il y a environ un mois et demi, Marguerite, la chatte de la grange que j'ai plus ou moins adoptée, a eu trois bébés, trois petits matous.J'ai trouvé des gens qui voulaient bien les adopter.C'est aujourd'hui que je vais les porter chez les gens.Je ne peux pas les garder, ça m'en ferait onze.Sauf que ça fait un mois et demi que ces petits bestiauxlà courent dans mon salon, pirouettent comme des fous, repartent en galops d'épouvante, sautent en l'air des quatre pattes en même temps, jouent à la cachette avec ma chatte pas de queue qui leur sert de nounou, sautent sur mes genoux et boum tombent endormis d'un coup, comme des jouets au bout de leurs piles.Sont mous et doux sous ma main, trois petits rouquins.Leur nez comme une minuscule fraise des bois.Ils s'appellent Gaston, Tony et Rosaire.Je les porte aujourd'hui dans trois maisons différentes, deux sur le Plateau, l'autre dans Rosemont.Leur maman va les chercher partout, sous les escaliers, derrière le vaisselier, à la cave, dans les rayons de la bibliothèque, dans les plis du lit défait.Et je me connais, je deviens vite grossier quand je suis ému.Fais pas chier Marguerite, sont à Monrial tes minous, bon.Pierre 2LP0601A0411 A-6 Mardi 2LP0601A0411 ZALLCALL 67 00:54:43 04/11/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 Île de Montréal Des contrats de plus de 40 millions à une poignée d'entreprises Le Ville octroie les plus gros contrats à celles qui contribuent à la caisse de Vision Montréal Éric Trottier Malgré une série d ' a v e r t i s s e - ments lancés depuis trois ans par le vérificateur général Guy Lefebvre, Montréal continue de distribuer ses plus gros contrats de réfection des infrastructures à une poignée d'entrepreneurs, toujours les mêmes, dont plusieurs contribuent à la caisse de Vision Montréal, le parti du maire Bourque.C'est ce qu'a pu constater La Presse après avoir étudié les contrats distribués par la Ville en 1999 et la liste des donateurs de Vision Montréal.Selon les documents obtenus des archives de la Ville, l'administration Bourque a accordé en 1999 pour plus de 40 millions de dollars de contrats à une douzaine d'entreprises.Parmi elles, Construction Frank Catania, de Brossard, qui a été condamnée à une amende de 150 000 $ pour évasion fiscale en 1996, a obtenu au moins cinq contrats totalisant plus de six millions de dollars.Cette entreprise a notamment participé à la construction du viaduc Chabanel et d'un égout au nouveau terrain de golf du quartier Rivièredes- Prairies.Un des administrateurs de la compagnie, Paolo Catania, est depuis longtemps un donateur du parti du maire Bourque.Construction Mirabeau, la compagnie d'Anthony Arcuri, Domenico Cammalleri et Domenico Miceli, a pour sa part décroché pour deux millions de contrats de Montréal en 1999 ; sa compagnie-soeur, Pavage CSF, qui appartient aux mêmes actionnaires, en a eu pour 2,1 millions.M.Arcuri est lui aussi un donateur de longue date du parti du maire.Trois compagnies appartenant à des Borsellino ont aussi obtenu pour plus de cinq millions en contrats de la Ville : Asphalte Inter- Canada, qui appartient à Gaspare Spagnolo et Anna Borsellino, a obtenu des contrats pour 1,3 million.M.Spagnolo a donné 500 $ l'an dernier à Vision Montréal.La compagnie B.P.Asphalte, présidée par Giuseppe Borsellino, en a obtenu pour 2,4 millions.B.P.Asphalte a aussi été condamnée à une amende de 407 000 $ pour évasion fiscale, en 1994.Finalement, Construction Garnier, qui appartient à Gattuso Mitchell et Joseph, Lorenzo et Gaspare Borsellino, a eu pour 1,4 million de contrats, essentiellement pour refaire des conduites d'égouts.Parmi les autres fournisseurs réguliers de la Ville, signalons la présence de la famille Ricci, du groupe Chagnon, de Construction DJL (de la famille Désourdy de Bromont), de Construction Soter et Dessau- Soprin.Tous ces contrats sont légaux, mais le vérificateur général de la Ville, Guy Lefebvre, avait dénoncé, il y a deux ans, le fait que l'administration Bourque accorde toujours les plus gros mandats \u2014 et les plus payants \u2014aux mêmes compagnies, de sorte que l'on puisse craindre que les prix soient gonflés.M.Lefebvre rendra public son rapport de vérification pour l'année 1999 à la mi-mai.Interrogé hier, il a dit qu'il ne s'était pas attardé, cette fois, à la question de l'octroi de contrats par la Ville.On note que ceux qui décrochent ces gros contrats ont souvent, directement ou indirectement, des liens avec Vision Montréal.Ou on retrouve le nom de leurs actionnaires sur la liste des grands donateurs du parti du maire, ou on retrouve celui d'employés de l'entreprise.Encore là, tout est légal, en autant que les donateurs de Vision Montréal résident ou aient une place d'affaires à Montréal.Mais tout cela fait dire au chef de l'opposition, Michel Prescott : « On avait compris, depuis la réélection de Pierre Bourque, sa tendance à privilégier les intérêts des promoteurs immobiliers au détriment des résidants, mais cette tendance semble doublée d'une vague de favoritisme qui nous fait penser, surtout quand on analyse le cas récent du Groupe Séguin (voir autre texte), que les contributions électorales des fournisseurs sont prises en considération dans les choix de l'administration Bourque.» PHOTO PIERRE McCANN, La Presse © Dans le groupe restreint des entrepreneurs qui obtiennent de lucratifs contrats avec la Ville de Montréal, se trouve le constructeur Ricci et fils, de Saint-Laurent, qui a notamment le mandat de refaire la façade de la Cour municipale.Dans les bonnes grâces de l'administration Bourque ÉRIC TROTTIER De tous les donateurs de Vision Montréal, le Groupe Séguin Experts-Conseils semble particulièrement dans les bonnes grâces de l'administration Bourque.Non seulement la firme d'ingénierie de l'est de Montréal a-t-elle récolté pour plus de 3,5 millions de dollars en contrats de la Ville depuis l'arrivée de M.Bourque à la mairie, dont un million depuis sa réélection à l'automne 1998, mais en outre le comité exécutif a accepté de déroger trois fois en un peu plus d'un an à sa politique d'attribution des contrats dans le but d'avantager l'entreprise dirigée par René Séguin et Gilles Thibodeau.Il faut dire que ces derniers rendent bien la pareille : non seulement M.Thibodeau a-t-il donné 1000 $ à Équipe-Bourque/Vision Montréal en 1999, mais toute sa famille a contribué au parti du maire : sa femme a donné 1000 $, son fils, 750 $, et sa fille, 500 $.En outre, au moins quatre employés du groupe Séguin ont donné chacun 750 $ à Vision Montréal.D'autres employés de l'entreprise ont leur nom sur la liste des plus importants donateurs de Vision Montréal, mais La Presse n'a pu s'assurer qu'il s'agissait bien d'eux.C'est dans ce contexte que le comité exécutif a décidé, à trois reprises depuis un an, d'attribuer de lucratifs contrats d'ingénierie au groupe Séguin, alors qu'il n'était pas le plus bas soumissionnaire, dérogeant ainsi à la politique d'octroi des contrats de la Ville.En février 1999, le comité exécutif a octroyé, sans appel d'offres, un contrat de 100 000 $ au Groupe Séguin/SNC-Lavalin, en vue de préparer les plans et devis d'un tunnel qui sera implanté sur un futur terrain de golf, dans l'est de l'île.Trois mois plus tard, la Ville a accordé un contrat de 165 000 $ à la compagnie-soeur du Groupe Séguin, Lanni Gagné Experts-Conseils (qui a les mêmes actionnaires), pour réaliser les plans et devis et la surveillance des travaux de réfection du pont du Cosmos, à l'île Sainte-Hélène.Lanni Gagné n'était pas le plus bas soumissionnaire, mais le comité exécutif avait décidé de lui donner le mandat malgré tout.Les travaux ont pris depuis au moins six mois de retard sur l'échéancier, selon un porte-parole de la Ville.Enfin, il y a deux semaines, le comité exécutif a accordé un contrat de 470 000 $ au Groupe Séguin pour la réfection du tunnel Atwater, alors que le comité de sélection de la Ville avait retenu la firme Géniplus, qui offrait d'accomplir les travaux pour 395 000 $.Le président du comité exécutif, Jean Fortier, a expliqué que l'administration Bourque avait préféré le Groupe Séguin pour une « question de compétence », mais le jury d'experts qui a travaillé sur ce dossier a accordé plus de points à Géniplus qu'au Groupe Séguin.Il peut arriver qu'une administration municipale ait de bonnes raisons pour passer outre sa propre réglementation en matière d'octroi de contrats.Mais, un fait inédit est survenu dans le dossier du contrat de 470 000 $ : le comité exécutif a décidé de ne pas rendre publique sa décision.Au lieu d'en faire une résolution formelle (qui apparaîtrait dans la liste des résolutions), le comité exécutif a donné un « mandat » à son service des travaux publics en vue d'embaucher le Groupe Séguin.Ça revient au même, sauf que la décision n'apparaît nulle part dans les documents de la Ville mis à la disposition du public.Certains hauts fonctionnaires s'inquiètent d'ailleurs de cette nouvelle façon d'accorder des contrats.Et sans doute aussi le responsable du développement économique au comité exécutif, le conseiller Saulie Zajdel, qui s'est opposé à la proposition qui a permis d'accorder ce contrat au Groupe Séguin.Interrogé par La Presse, M.Zajdel n'a toutefois pas voulu expliquer pourquoi il avait voté contre ses collègues.Pierre Bourque Têtes d'affiche La mondialisation de l'ignorance, titre d'un ouvrage collectif fruit d'un colloque organisé l'automne dernier par la Fondation québécoise pour l'alphabétisation (analyse prospective et critique de la nouvelle économie), servira de thème à un débat entourant le lancement du livre.Quelques-uns de ses auteurs participeront à ce débat demain à 16h30, à la Bibliothèque Nationale (1700, rue Saint-Denis).Renseignements : 289-1178.« Nous mondialisons l'ignorance pour établir les mêmes conditions de travail à travers la planète, à l'image du capitalisme du siècle dernier », souligne le communiqué de presse.n n n Janette Bertrand C'est sous la d'honneur de Jannette Bertrand, une pionnière de la comm u n i c a t i o n visuelle, que se tiendra le vendredi 28 avril, le deuxième gala annuel de Femmes du cinéma, de la télévision et de la vidéo à Montréal.On rendra alors hommage à six des Montréalaises les plus avant-gardistes de cette industrie, soit la cinéaste Léa Pool, la scripte Monique Champagne, Suzanne Laverdière (anciennement de la Sodec et de Téléfilm Canada), la productrice Bernadette Payeur, et le tandem Catherine Bainbridge et Katerina Cizek.n n n Francine Décary Chef scout du Québec, le lieutenant- gouverneur Lise Thib a u l t v i e n t d'assermenter trois nouveaux ambassadeurs des Scouts du Québec, soit : Francine Décary, directrice générale d'Héma- Québec ; Jacques Labrèche, vice-président sortant de la Banque de Montréal ; et André Villeneuve, vice-président sortant de la Société canadienne des Postes.Le mouvement scout compte ainsi neuf ambassadeurs dont la mission est de favoriser le rayonnement de ce mouvement de jeunes.n n n Guy Gélineau devra abandonner son poste de sous-ministre au ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie (un nouveau ministère québécois qu'il a contribué à mettre sur pied), car il vient d'être nommé directeur du Bureau Amérique du Nord de l'Agence universitaire de la francophonie (opérateur direct de l'Organisation internationale de la francophonie), organisme qui veille au développement de l'enseignement universitaire et de la recherche entre ses 400 établissements membres, leurs enseignants et leurs chercheurs et étudiants.n n n Recherche de donateurs pour la commandite de l'une des 30 bourses d'études (300 $ chacune) que compte attribuer la Fondation collège Marie-Victorin à des élèves méritants.Ces bourses, ainsi que celle accompagnant la médaille du Gouverneur général (1500 $) seront remises lors d'une première soirée du Mérite scolaire au cégep Marie-Victorin, le mercredi 31 mai.Renseignements : 325-0150, poste 2200.Contribuent déjà au financement de cette reconnaissance de la réussite scolaire : la clinique Procréa, papier Profusion, le Guide de Montréal-Nord, le personnel non enseignant du cégep, réadaptation Major médical, Rona l'entrepôt, Arduini musique, l'Ordre des comptables généraux licenciés, le centre culturel Espace 7000 et Cuisine-art.n n n Lise Thibault Le lieutenantgouverneur Lise Thibault, sera la d'honneur le jeudi 4 mai à 18h30 (salle des Pas perdus de la gare Windsor) au dîner de clôture d'une journée de formation organisée par la division québécoise de l'Association du Barreau canadien (hôtel Reine Elizabeth).Une séance plénière sur la magistrature, une simulation de procès sur la responsabilité d'un courtier, et des ateliers traitants différents sujets (titrisation, droit familial, abus de pouvoir en milieu de travail, et changements provoqués par l'Internet) sont au programme de la journée.Coût : 150 $ (prix de faveur pour étudiants).Renseignements : 393-9600.Choristes recherchés pour participer à un spectacle de chansons des années 60, réalisé au profit de la Fondation canadienne Rêves d'enfants.Les répétitions auront lieu les mercredis soirs, à compter du 7 juin, et le spectacle le 9 septembre.Frais (photocopies, pianiste, location de salle) : 30 $.Renseignements : 323-2863.n n n Dominique Valiquet Le prix Crochetière, Pétrin (de la firme d'avocats spécialisée en droit de la construction), d'une valeur de 1000 $, a été remis cette année à Dominique Valiquet, étudiant en droit à l'Université de Montréal qui a obtenu le meilleur résultat scolaire dans le cadre du cours « Sûretés et enregistrement ».Adressez vos communiqués à: Têtes d'affiche La Presse, 7, rue Saint-Jacques Montréal (QC), H2Y 1K9 2LP0702A0411 A7 mardi 2LP0701A0411 ZALLCALL 67 00:58:43 04/11/00 B Actualités LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 R A 7 La Ville fait fi de la colère des citoyens de Saint-Henri La Commission du développement urbain vote en faveur du projet de la compagnie Matrec MICHÈLE OUIMET C'est dans un désordre indescriptible et au milieu de slogans chantés par des citoyens en colère que les membres de la Commission du développement urbain de Montréal ont voté en faveur du projet de transbordement de déchets dans Saint-Henri.Voté est un grand mot.Pendant que la présidente de la Commission, Hasmig Belleli, demandait aux conseillers s'ils approuvaient le projet de la compagnie Matrec, la salle était survoltée.Les gens chantaient, criaient et tapaient sur les tables.Les quatre membres du parti au pouvoir affirment qu'ils ont approuvé le projet, les conseillers de l'opposition, Richard Théorêt et Jeremy Searle, jurent qu'ils n'ont jamais répondu à la question de Mme Belleli et la conseillère Kettly Beauregard, membre de l'équipe Bourque, ignore si elle a voté.Selon Mme Belleli, quatre des sept membres de la Commission ont voté à main levée et les deux conseillers de l'opposition lui ont dit qu'ils votaient contre le projet.« Je n'ai pas levé ma main et je n'ai pas voté », a protesté Richard Théorêt lors d'un point de presse improvisé.Quant à Jeremy Searle, il jure sur ses grands dieux qu'il n'a jamais voté et que la Commission doit recommencer tout le processus depuis le début.Pour le chef de l'opposition, Michel Prescott, le vote est illégal.« On ne peut pas bâcler un vote comme ça.Il est non valable et Mme Belleli ne peut pas décider qu'un vote irrégulier est régulier.Il faut que la Commission se réunisse de nouveau et vote.» L'article 36 du règlement précise que le vote doit se tenir à main levée.Le vote d'hier était-il légal ?Difficile à dire.Le greffier de la Ville, Léon Laberge, préférait ne pas se prononcer.C'est une conseillère du parti du maire Bourque, Colette Paul, qui a mis le feu aux poudres en disant que les gens de Saint-Henri ne s'étaient pas opposés assez rapidement au projet de Matrec.La salle, qui avait gardé son calme, a immédiatement explosé sous les protestations.Le projet a été adopté, mais avec huit réserves que le PDG de Matrec, Charles Tremblay, est prêt à accepter.La Commission, si elle ne reprend pas le vote, transmettra sa décision au comité exécutif pour approbation.Elle demande, entre autres, qu'un comité mixte villecompagnie- citoyens soit mis sur pied pour surveiller le niveau de bruit et les odeurs, que des génératrices soient installées pour pallier aux pannes de courant et que la compagnie négocie avec le Canadien National le droit d'utiliser son chemin privé (le CN a déjà refusé).Inquiétude de Louise Harel Les résidants de Saint-Henri ne veulent rien savoir du projet de la compagnie Matrec qui consiste à construire un centre qui transbordera 300 000 tonnes métriques de déchets par année dans des grosses remorques.Le centre est situé à moins de cent mètres des premières habitations.La ministre des Affaires municipales, Louise Harel, est inquiète.Le 28 mars, elle a expédié une lettre sans équivoque au maire Bourque où elle exprimait ses craintes.« Le dossier soulève de vives inquiétudes de la part des citoyens de Saint-Henri, a-t-elle écrit.Personnellement, je suis préoccupée par les éventuels impacts que pourrait entraîner ce genre d'équipements dans un milieu très urbain.En effet, les citoyens de ce quartier risquent fort de voir leur qualité de vie se dégrader avec la venue d'une entreprise dont les déchets quotidiens peuvent occasionner l'émission de bruits et d'odeurs fort indésirables.M.Bourque va lui répondre incessamment, a indiqué la porte-parole du maire, Michaeli Cantero.PHOTOTHÈQUE, La Presse © La présidente de la CDU, Hasmig Belleli, lors d'une assemblée à l'hôtel de ville la semaine dernière.PHOTOTHÈQUE, La Presse © La population du quartier ne veut rien savoir du projet de transbordement des déchets.La CDU approuve le projet de Gestion Tri, avec modifications HUGO DUMAS La Commission du développement urbain (CDU) de la Ville de Montréal a approuvé en partie, tard hier soir, les plans de la compagnie Gestion Tri qui souhaite ériger un imposant édifice à condominiums à l'angle du chemin de la Côte-des-Neiges et de l'avenue Docteur-Penfield, non loin de l'Hôpital général de Montréal.Devant une poignée de citoyens mécontents, la CDU a cependant demandé au promoteur de voir moins grand et de retourner à la table à dessin.Dans son projet initial, Gestion Tri avait prévu de construire un immeuble de sept à neuf étages pouvant abriter jusqu'à 45 logements.La CDU a recommandé d'amputer l'immeuble d'un étage et de diminuer le volume de l'édifice dans sa partie ouest, partie qui borde une rangée de maisons de style Tudor du chemin de la Côte- des-Neiges.Pour mener son projet à terme, le promoteur doit aussi raser la First Church of Christ Scientist, église qui est implantée dans le quartier depuis 1928.Des citoyens ont dit hier craindre qu'un bâtiment patrimonial ne tombe sous les pics des démolisseurs et ont demandé à ce que l'église soit recyclée en un centre communautaire.« C'est dommage, mais je n'ai absolument aucun document qui me dit que ce bâtiment (l'église) est à conserver », dit la présidente de la CDU, Hasmig Belleli.L'architecte du projet de Gestion Tri, Pierre Joly, avait la mine basse, hier soir, après avoir pris connaissance des recommandations de la CDU.« Ça ne me convient pas du tout », indique-t-il.Le projet est-il encore viable ?« Il peut l'être, mais il faudra faire des modifications ailleurs pour le rentabiliser », dit M.Joly.Le promoteur songe maintenant à réduire certains services, comme le stationnement.George Cutter, dont la maison jouxte les terrains de l'église, était lui aussi très déçu.Et les recommandations de la CDU ?« Ce serait un strict minimum », dit-il.« Il n'y a pas eu d'étude sur la circulation, ce qui est un facteur très important pour tous les Montréalais », indique M.Cutter.L'érection de l'immeuble de Gestion Tri le privera aussi de lumière du jour, dit-il.« J'ai passé un mois là-dessus.Je suis fatigué.Le processus n'est pas démocratique », ajoute M.Cutter.Sandra Cohen-Rose, porte-parole d'une association de citoyens du quartier, partage l'avis de George Cutter.« C'est totalement antidémocratique », dit-elle.Avant d'aboutir au conseil municipal, le projet de Gestion Tri doit passer entre les mains du comité exécutif de la Ville de Montréal.2848620 EN BREF Procès d'un policier et d'un homme d'affaires pour agression sexuelle n Le procès du policier sherbrookois Pierre-Paul Bourassa et de l'homme d'affaires Robert Morin commence ce matin au palais de justice de Sherbrooke.Les deux hommes de 53 ans, qui sont accusés d'avoir agressé sexuellement une femme le 26 mars 1999, à Sherbrooke, ont nié leur culpabilité.Cette affaire sera entendue par un jury de six femmes et six hommes présidé par le juge Réjean Paul de la Cour supérieure.Plus de 60 témoins seront appelés durant ce procès, qui devrait durer environ trois semaines.Cause reportée n La cause d'un des cinq adolescents accusés du meurtre de Pearl Rushford-Lamarre, de Chambly, a été reportée au 14 juin.Un rapport psychiatrique devrait alors être présenté pour aider à décider si l'adolescent doit être transféré devant le tribunal pour adultes ou s'il sera jugé devant la chambre de la jeunesse.Trois des accusés se sont reconnus coupables et ont reçu leur sentence.Un autre doit subir son enquête préliminaire le 25 avril.Nouvelle aile n Construite au coût de 13,6 millions, la nouvelle aile de l'édifice Idola-Saint-Jean a été officiellement ouverte, hier, en présence des députés du Parti québécois de Laval et de la ministre de Santé et des Services sociaux, Pauline Marois.Cet agrandissement va permettre de loger 96 nouvelles personnes nécessitant des soins de longue durée.L'immeuble, qui abrite aussi le CLSC Le Marigot, peut maintenant accueillir au total 196 personnes âgées.L'édifice Idola-Saint-Jean est situé boulevard Cartier, dans le quartier Laval-des-Rapides, partie de Laval où l'on retrouve le plus haut pourcentage de personnes âgées. 2LP0801A0411 A8 mardi 2LP0801A0411 ZALLCALL 67 00:57:35 04/11/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 Un pédophile sous haute surveillance MARTHA GAGNON À sa sortie de prison, un pédophile de 41 ans, Jean-Claude Séguin, qui a agressé sexuellement 17 jeunes garçons dans son appartement à Saint-Hubert, devra faire l'objet de mesures de contrôle sévères durant une longue période qui pourrait s'étendre jusqu'à dix ans.Sans aller jusqu'à le déclarer délinquant dangereux, le juge Lucien Roy a ordonné hier au palais de justice de Longueuil que l'homme à la longue feuille de route se soumette à une surveillance étroite après son incarcération.En vertu d'une disposition particulière du code criminel, Séguin est maintenant considéré comme un « délinquant à contrôler ».Une procédure peu utilisée.Il a subi une évaluation psychiatrique par le Dr Jacques Talbot, de l'Institut Philippe-Pinel, qui confirme la nécessité de le suivre intensivement durant plusieurs années et de lui fournir une thérapie appropriée qui pourrait comprendre une castration chimique.Séguin ne s'y oppose pas.En plus de payer ses jeunes victimes pour obtenir leurs faveurs sexuelles, Séguin les incitait à voler, à consommer de l'alcool et à se droguer.À son appartement de la rue Cartier, à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, il recevait régulièrement plusieurs garçons de 12 à 16 ans qui avaient également des relations sexuelles entre eux.D'après la police, 35 jeunes au moins sont allés au domicile de Séguin de 96 à 98.Ce dernier travaillait comme cuisinier dans des casse-croûte et des terrains de camping.Lorsqu'un mandat d'arrestation a été émis contre lui au printemps 98, Séguin s'est enfui en Ontario où il a été arrêté.Ses victimes sont des garçons vulnérables, dont certains ont des troubles de comportement et proviennent de familles éclatées.L'un d'eux a vécu durant plus d'un an avec Séguin.Après les événements, un autre a répété les gestes qu'il a appris et agressé des jeunes dans une famille d'accueil.En raison de sa déviance profonde, de ses antécédents judiciaires et de son risque élevé de récidive, l'avocate de la poursuite, Josée Grandchamps, a demandé qu'il soit sévèrement encadré et placé sous surveillance étroite durant plusieurs années.Il a plaidé coupable aux accusations d'agressions sexuelles.Il a déjà été condamné pour le même genre de crime et il a une cause pendante à Kingston, en Ontario.Le juge a donc accueilli la requête de la Couronne demandant que Séguin soit déclaré « délinquant à contrôler ».Il ne s'est toutefois pas prononcé sur la sentence et la durée de la période de contrôle qui devra être imposée après l'incarcération.Il entendra les représentations des avocats le 30 mai.Me Grandchamps entend réclamer une peine d'emprisonnement de plus de dix ans.À son avis, Sé- Jean-Claude Séguin guin devrait demeurer en liberté surveillée durant dix autres années (maximum permis par la loi) après sa sortie de prison.Il pourrait être pris en charge par les professionnels de l'Institut Philippe- Pinel.L'avocat de la défense, André Blanchette, ne s'est pas opposé à ce que son client fasse l'objet d'une surveillance après son incarcération, mais fera des représentations quant à sa durée et son application.Selon le psychiatre Talbot, le système est en partie responsable des nombreuses récidives de Séguin.« On le remettait en liberté sans lui fournir l'aide et l'encadrement nécessaires, alors qu'il doit mener un combat quotidien contre ses pulsions.» D'après son évaluation, l'homme n'a pas ce « côté noir et sombre qui pourrait en faire un agresseur violent et sadique ».Pour cette raison, le Dr Talbot a refusé de recommander qu'il soit considéré comme un délinquant dangereux, ce qui aurait signifié l'emprisonnement pour une période indéterminée.Il croit possible de l'aider et de le traiter.Selon lui, sa déviance s'est manifestée très jeune.« On ne peut pas reconstruire sa personnalité, mais on peut lui fournir des outils pour apprendre à contrôler ses pulsions et à s'éloigner des lieux risqués.Une approche légale et professionnelle pourrait permettre de diminuer les risques d'échec à sa sortie de prison.Il fait face, cette fois, à une réalité bétonnée.» 2LP0901A0411 A-9 MARDI 2LP0901A0411 ZALLCALL 67 00:54:50 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 9 Mort du juge Robert Sacchitelle Il fut l'un des pionniers de l'aide juridique HUGO DUMAS Le juge Robert Sacchitelle, de la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, est mort d'un cancer dans la nuit de dimanche à hier.Il avait 61 ans.Avant sa nomination comme magistrat, en décembre 1991, M.Sacchitelle avait été un des pionniers de l'aide juridique québécoise, au début des années 70.« Au-delà de sa passion pour le métier, il y avait chez lui cette générosité de coeur et d'esprit.Robert s'est dévoué entièrement pour sa profession.Il avait tellement de conviction et de générosité », dit le juge Michel Proulx de la Cour d'appel, qui a été de sa promotion à la faculté de droit de l'Université de Montréal.Né en 1938, dans le quartier Villeray, Robert Sacchitelle a embrassé un peu accidentellement la profession d'avocat.Il se destinait au droit du travail, il est finalement devenu criminaliste.Dans les corridors du palais de justice de Montréal, certains de ses collègues l'ont amicalement surnommé le poète, le missionnaire, le chevalier.« Il fonctionnait avec son coeur et son intelligence.Il ne comptait pas ses heures ni ses énergies.Il ne jugeait pas les personnes qu'il avait à représenter.Il a toujours été idéaux », rappelle l'avocat de la défense Pierre Poupart, qui a connu Robert Sacchitelle au début des années 70, du temps des premiers balbutiements de l'aide juridique.« À l'époque, c'était mon mentor, ajoute Me Poupart.Et de tous ceux que j'ai connus dans le milieu, c'était le meilleur, en raison de son humilité et de son humanité profondes.« Il avait une foi extraordinaire en sa profession », dit le juge Proulx, un ancien criminaliste.« Ces qualités humaines ont vraiment transcendé sa vie.C'était un idéaliste et il a inspiré tous ses collègues.Il a toujours gardé la flamme.C'était un être profondément attachant.En décembre 1997, le juge Sacchitelle avait condamné deux adolescents à 24 mois de garde fermée et six mois de garde ouverte relativement à leur implication dans le double meurtre du restaurant Harvey's du quartier Côte-des-Neiges.PHOTO PIERRE McCANN, La Presse© Le juge Robert Sacchitelle P U B L I C I T É 2LP1001A0411 A10 mardi 2LP1001A0411 ZALLCALL 67 00:54:36 04/11/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 Un ex-enseignant accusé d'agression sexuelle dépose des poursuites Presse Canadienne CHICOUTIMI Pierre-Paul Simard, un ex-enseignant de l'école primaire de la Pulperie, à Chicoutimi, acquitté de 13 chefs d'accusation d'attouchements sexuels sur des fillettes, a répliqué par une action en dommages à l'endroit du policier Pierre Voyer, de la Ville de Chicoutimi, du substitut du Procureur général Paul Roy et du Procureur général du Québec.Il a joint son action à celle de sa femme ainsi qu'à une réclamation du Syndicat de l'enseignement du Saguenay (CEQ) pour exiger ensemble un total de plus de 1,3 million $.Les trois requérants en sont pour l'instant à l'étape de la mise en demeure, qui a été signifiée aux parties concernées la semaine dernière.En novembre 1999, dans les semaines qui suivirent son acquittement, Pierre-Paul Simard avait démissionné de son emploi qu'il occupait depuis 31 ans.La commission scolaire des Rives-du-Saguenay avait payé deux années de salaire perdu pendant sa suspension sans solde et versé un montant supplémentaire pour respecter les avis de départ et les congés accumulés.Un autre montant avait été consenti après que l'enseignant eut accepté de renoncer par écrit à toute poursuite contre les parents des fillettes et la commission scolaire.L'enseignant avait ensuite quitté son village natal de Saint-Honoré avec sa femme, elle aussi enseignante au primaire, pour aller s'établir à Montréal.L'enseignant réclame donc 950 000 $, sa femme 250 000 $, tandis que le syndicat veut se faire rembourser les honoraires du criminaliste Michel Boudreault, les honoraires des experts ainsi que des dépenses de plus de 150 000 $.L'avocat de Pierre-Paul Simard, Me Claude Roy, affirme que l'enquête du policier Voyer n'a pas été faite dans les règles de l'art, ni effectuée dans le respect des protocoles d'intervention élaborés par les spécialistes en matière d'attouchements sexuels. La Presse 11 avril 2000 Page A11 manquante 2LP1201A0411 a 12 (mardi) ARTS 2LP1201A0411 ZALLCALL 67 00:56:58 04/11/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 La couronne nord dit non à la réforme Harel MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Six députés péquistes de la couronne nord veulent infléchir la volonté de la ministre des Affaires municipales Louise Harel et obtenir que les villes de leurs comtés ne soient pas incluses dans le territoire de la future Communauté métropolitaine de Montréal.La Presse a appris que ces députés se sont concertés et ont exprimé leurs réticences, il y a deux semaines, à Louis Bernard, chargé par la ministre des Affaires municipales et de la Métropole d'aider les maires à définir les compétences de la nouvelle structure.Elle remplacera la CUM en janvier prochain et s'étendra sur un territoire incluant 102 municipalités des deux rives et de l'île de Montréal.«Je pense aux citoyens, lance la députée de Blainville, Céline Signori.Si ça se traduit par une augmentation de taxes, je ne suis pas sûre que je leur rends service.» «On fait notre travail de députés, renchérit le député de Masson, Gilles Labbé.On est conscients des réticences de notre population et à partir de ça, on fait valoir notre point de vue.Les gens sont inquiets.» «En ce qui me concerne, mon premier objectif est de défendre les intérêts des électeurs de mon comté», dit laconiquement le député de l'Assomption, Jean-Claude St-André.Le groupe d'élus péquistes, qui compte aussi les députés Jocelyne Caron (Terrebonne), Robert Kieffer (Groulx) et Hélène Robert (Deux-Montagnes), a eu une autre rencontre la semaine dernière et compte voir M.Bernard à nouveau prochainement.Mais M.Labbé attend surtout de lire le livre blanc sur la restructuration municipale de Mme Harel, dont la publication est maintenant attendue autour du 20 avril, pour voir si ses arguments et ceux de ses collègues auront été pris en compte.Les députés péquistes de la couronne nord sont l'objet d'intenses pressions de la part des préfets et maires de leur région qui ont décidé de boycotter les travaux du comité Bernard parce qu'ils s'opposent à l'inclusion de leurs villes au sein de la Communauté métropolitaine.Même si elle se dit d'accord avec le partage de certaines dépenses avec Montréal, Céline Signori affirme cependant qu'on ne l'a pas convaincue elle non plus de la nécessité d'incorporer sa région à la Communauté métropolitaine.Déjà, note-t-elle, les citoyens qui vivent au nord de Laval participent au financement de l'Agence métropolitaine de transport via le droit sur l'immatriculation de 30$.«Mais où s'en va l'argent?demande-telle.Pas dans notre coin.Notre train de banlieue ne coûte pas cher.Ça s'en va sur la Rive- Sud.Le métro va à Laval.» 00-04-10 00-04-10 00-04-10 2LP1301A0411 A13 MARDI 2LP1301A0411 ZALLCALL 67 00:57:41 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 13 Baisse à prévoir du prix de l'essence?Presse Canadienne TORONTO La plupart des Canadiens ont constaté dernièrement avec satisfaction qu'il leur en coûte moins cher pour faire le plein, et au moins un groupe de consommateurs prédit que les prix de l'essence chuteront encore davantage d'ici l'été.Les cours du pétrole brut ont atteint hier leur plus bas niveau en cinq mois, et les statistiques indiquent que les prix de l'essence ordinaire au Canada ont baissé de 1,4 cent le litre au début de la semaine passée, pour atteindre une moyenne nationale de 70,3 cents.Dans plusieurs villes, l'essence se vendait même plusieurs cents moins cher.Ne soyez pas surpris d'observer une baisse additionnelle de huit cents environ au cours des prochains mois, prédit Brian Hunt, le président national du Club automobile (CAA).Pour chaque baisse d'un dollar du prix du baril de pétrole, cela devrait se traduire par une baisse d'un cent le litre d'essence à la pompe, a-t-il affirmé en entrevue, hier.On s'attendait généralement à ce que la décision prise le mois dernier par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d'accroître leur production de pétrole de 1,7 million de baris par jour fasse baisser les prix cet été.Mais la chute des prix du brut a été plus rapide et plus spectaculaire que prévu : vendu 34 $ US le baril le 7 mars, il tombait lundi à son plus bas niveau en cinq mois, soit 23,84 $ US, au New York Mercantile Exchange.Le prix du brut de référence West Texas est maintenant d'environ 30 pour cent inférieur aux sommets atteints il y a cinq semaines, les plus élevés des neuf dernières années.Au plus fort de la récente crise, le coût moyen de l'essence ordinaire au pays atteignait 72,5 cents le litre, mais il dépassait largement les 80 cents en certains endroits.Les producteurs d'essence font remarquer que le cours du brut ne détermine pas à lui seul le prix à la pompe : l'importance des inventaires, la concurrence sur les marchés locaux et les disparités entre taxes provinciales sur l'essence sont tous des éléments qui entrent en jeu et influencent le prix exigé du consommateur.Et tous les observateurs conviennent que le prix de l'essence demeurera instable au cours des prochains mois.Il pourrait également y avoir d'importantes variations à travers le pays.Dans un rapport rendu public la semaine dernière, le département américain de l'Énergie prédisait une croissance des réserves, qui devrait engendrer une baisse marquée des prix de l'essence pour la belle saison, traditionnellement associée à une augmentation de la consommation d'essence.Comme les marchés nord-américains sont directement reliés aux prix américains, le coût de l'essence devrait baisser au Canada également cet été.Cependant, pour que cela se produise, les raffineries nord-américaines devront fonctionner à plein, sans interruption ou fermeture, croit Richard O'Farrell, porte-parole d'Imperial Oil, le plus gros producteur de pétrole du Canada, qui appartient lui-même à la plus importante compagnie du secteur mondial de l'énergie, Exxon Mobil Corp.Après Petro-Canada, la Coalition s'en prend à Esso Tarif en vigueur au moment de la publication.Applicable aux nouvelles réservations seulement.Les taxes, les redevances de navigation de NAV CANADA et les frais d'aéroport ne sont pas inclus.Les billets doivent être achetés au plus tard le 17 avril 2000.Achat sept jours à l'avance.Le premier voyage entre en vigueur le 3 avril 2000 et les voyages doivent prendre fin au plus tard le 15 mai 2000.Les billets sont totalement non remboursables.Le nombre de places est limité et fonction de la disponibilité.Le tarif peut différer selon les dates de départ et de retour.Séjour minimal et maximal; d'autres conditions s'appliquent.Doublez vos milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC sur votre premier vol aller-retour entre le 3 avril et le 31 août 2000.Applicable aux vols réguliers sans escale assurés par Air Canada.Le vol doit être un aller-retour ou être constitué de deux allers simples.Cette offre ne peut être combinée à aucune autre promotion.Le seul vol quotidien sans escale Double des milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC Correspondances pratiques pour Billings, Orange County et Reno Offre spéciale de lancement départ de Montréal 349$ aller-retour Téléphonez à votre agent de voyages, Air Canada ou Canadien.Réservez par Internet: www.aircanada.ca ou www.cdnair.ca Presse Canadienne JONQUIÈRE Les détaillants de Petro-Canada pourront reprendre le sourire à la suite de la décision de la Coalition pour la défense des consommateurs de carburants de changer de cible.La Coalition demande maintenant aux automobilistes d'éviter les produits pétroliers Esso qui compte 29 stations-service au Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean.En point de presse hier après-midi, le porte-parole de la Coalition et maire de Jonquière, Daniel Giguère, a expliqué qu'en changeant de compagnie, la Coalition veut faire en sorte de pénaliser équitablement toutes les pétrolières.M Giguère reste convaincu que le boycott est le meilleur moyen de sensibiliser les gouvernements et les pétrolières de l'exaspération des consommateurs.Encore hier, M.Giguère a rappelé les résultats d'une étude menée par une firme spécialisée démontrant que c'est au Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean que les pétrolières obtiennent la plus importante marge bénéficiaire, excluant le profit du détaillant.« Nous recevons des appuis de partout au Québec et même du nord de l'Ontario.Au moins 11 MRC de la province ont fait parvenir des résolutions d'appuis à la Coalition, a rappelé M.Giguère.Tout en attaquant les pétrolières pour le prix élevé du carburant dans la région, la Coalition vise également les gouvernements fédéral et provincial.Daniel Giguère croit qu'il est maintenant temps pour Québec et Ottawa de diminuer les taxes sur le carburant, qui sont de 10,5 cents le litre dans la région pour la taxe provinciale et de 10 cents le litre pour la taxe d'accise fédérale.Yolande Ouellette aurait foncé à cinq reprises sur un véhicule Presse Canadienne TROIS-RIVIÈRES C'est une femme visiblement perturbée qui a comparu hier au palais de justice de Trois-Rivières pour répondre à des accusations de conduite dangereuse et de délit de fuite.À son arrivée au palais de justice, Yolande Ouellette, âgée de 57 ans, s'est précipitée vers les journalistes pour justifier son comportement lors d'un événement survenu samedi dernier à Trois-Rivières.La dame suivait un véhicule qui s'est arrêté brusquement.Les deux véhicules se sont touchés.Frustrée de la situation, elle aurait ensuite foncé à quatre reprises sur l'autre véhicule.Intrigué pour le moins, le conducteur de ce véhicule est sorti pour demander des explications.La dame aurait alors foncé sur lui au point de le renverser.L'homme n'a cependant pas été blessé.Deux autres hommes qui tentaient de calmer la fougue de la quinquagénaire auraient failli se faire heurter par le véhicule de celle-ci.La dame a ensuite pris la fuite et tenté de se cacher dans une entrée d'auto mais elle a vite été repérée par la police.On lui a remis une sommation pour comparaître en cour lundi (hier).Hier, la dame a clamé qu'elle était dans son chemin et que la route était faite pour être partagée.Devant les caméras de télévision, elle a entre autres parlé d'une « guerre de Nintendo » pour évoquer les événements survenus samedi.Devant le juge Jean Bécu, de la Cour du Québec, Yolande Ouellette a donc enregistré un plaidoyer de non-culpabilité aux accusations de conduite dangereuse et de délit de fuite.Son enquête a été fixée au 4 mai. 2LP1401A0411 A14 MARDI 2LP1401A0411 ZALLCALL 67 00:56:27 04/11/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 L'agonie de la petite Bisharo Ahmed, cinq mois Agence France-Presse DANAN, Éthiopie Bisharo Ahmed n'a que cinq mois, mais il ne lui reste probablement que quelques heures à vivre dans les bras de sa mère, déjà endeuillée par la mort de faim de quatre de ses enfants dans le sud-est de l'Éthiopie.Khairo Ahmed a laissé son mari avec ce qui leur restait de cheptel pour sauver ses quatre autres enfants dans la région du Negob, difficile d'accès faute de routes et située à environ 400 km au sudest d'Addis-Abeba.Bisharo, agonisante dimanche après-midi, est malade depuis sa naissance et ne tête plus.Elle vomissait, explique sa mère.« Bisharo est tombée malade et j'ai perdu mon l a i t », dit Khairo.« Je la nourris avec du sucre et de l'eau ».Khairo est arrivée avec d'autres familles il y a quelques semaines dans le camp de Danan, l'un des plus touchés par la malnutrition dans la zone de Godé, où les organisations humanitaires s'efforcent à grand-peine de subvenir aux besoins d'une population affamée estimée à plus de 9000 famill e s ( a v e c u n e moyenne de cinq personnes par famille).Entourée d'autres mamans et d'enfants, à l'ombre faible d'un tronc d'arbre, le groupe offre un spectacle de misère totale.Sur 17 enfants décomptés par l'AFP, seuls trois ou quatre arrivent à marcher.Selon le chef-adjoint du camp, Habbane, une quarantaine de personnes sont mortes la semaine dernière.Un volontaire de l'Ogaden Welfare Society (OWS), Ahmed Ibrahim Hussein, confirme.Dans le village et le camp, « une moyenne de sept enfants meurent chaque jour ».Dans le cimetière adjacent, une centaine de tombes environ.Mais elles contiennent chacune plusieurs cadavres, assurent des témoins.Le premier bilan officiel, fourni le 5 avril par les autorités de la zone de Godé, dont fait partie Danan, était de 263 morts, dont 191 enfants de moins de cinq ans, pour le mois de mars.Un bilan total est extrêmement difficile à établir car tous les décès ne sont pas enregistrés.Les humanitaires soulignent que l'acheminement de vivres reste très faible dans le district de Danan.Cela fait un mois et demi qu'ils n'ont rien reçu.Seuls ont été distribués à Danan dimanche des sacs de céréales vitaminés pour les plus faibles, dépêchés par les autorités éthiopiennes.En tout, pour le camp, 180 sacs de 25 kg chacun ont été partagés entre les plus faibles, identifiés par les anciens, a constaté la journaliste de l'AFP.Les sacs sont entourés de branches à épines, des barbelés naturels, et gardés par des soldats en armes.L'eau est acheminée par camionsciternes au moins deux fois par jour grâce à l'organisation caritative Save The Children USA, selon OWS.Dans le camp, elle est placée dans un conteneur en ciment doté de robinets.Au village, entièrement construit en paille et en branches, elle est versée dans un trou recouvert de grandes bâches de plastique.Le district n'a pas vu un seul médecin depuis au moins cinq mois et demi, date de la création du camp, confirment les humanitaires.Dans un bâtiment en dur, trois fonctionnaires offrent quelques antibiotiques.Ainsi Muslimu, 65 ans, assiste impuissante, assise dans une hutte rudimentaire, à la mort lente du plus jeune de ses neveux encore vivants.Réduit à l'état de squelette, il tousse faiblement.« Ma soeur avait neuf enfants.Trois sont déjà morts.» « J'étais dans le Negob quand j'ai reçu le message qu'elle avait besoin de moi ici.J'ai marché dix jours, mais je ne l'ai pas revue.Quand je suis arrivée, ma soeur était enterrée depuis la veille.Son mari quelques jours plus tôt.Trois de ses neuf enfants (deux, sept et dix ans) ont été les premiers à partir.» PHOTO AFP Cet enfant, tout comme la petite Bisharo Ahmed, subit les affres de la faim dans le camp de Danan, où les vivres tardent à arriver.PHOTO AFP Chaque jour, plusieurs enfants meurent de faim dans le camp de Danan.L'Éthiopie appelle la communauté internationale à ne pas «politiser» la crise Agence France-Presse ADDIS-ABEBA Le président éthiopien Negasso Gidada a appelé hier la communauté internationale et les agences humanitaires à « s'abstenir de politiser » la crise de la sécheresse frappant des millions d'Éthiopiens, et à répondre « généreusement » à la situation sur une « base humanitaire ».M.Negasso s'exprimait lors de l'inauguration du forum des partis politiques à Addis- Abeba, devant plusieurs ministres éthiopiens et une cinquantaine diplomates africains, arabes et occidentaux, au centre de conférence de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA).Il a appelé « tous les Éthiopiens à donner leur soutien inconditionnel aux efforts » déployés par le gouvernement afin de combattre la sécheresse qui menace de famine huit millions de personnes.« Notre gouvernement est en train de donner une attention spéciale à la tâche immédiate de répondre aux besoins de nos populations affectées par la sécheresse et contenir la propagation de la situation d'urgence », at- il affirmé.Dimanche, la comtesse Helga von Strachwitz, directrice des affaires africaines au ministère allemand des Affaires étrangères, avait critiqué les dépenses de l'Éthiopie dans sa guerre contre l'Érythrée, alors que le sudest du pays est menacé de famine, dans un entretien accordé à Godé (sud-est éthiopien) à la chaîne de télévision ZDF.Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait de son côté estimé que si la sécheresse était la principale cause de la famine, la guerre frontalière entre l'Éthiopie et l'Érythrée avait « exacerbé » le problème, en limitant les voies d'accès pour l'aide alimentaire, dans une interview publiée dimanche par l'hebdomadaire britannique Sunday Times.La directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Catherine Bertini, doit entamer aujourd'hui une tournée d'évaluation dans la Corne de l'Afrique qui la conduira en Éthiopie, en Érythrée, à Djibouti et au Kenya. La Presse 11 avril 2000 Page A15 manquante La Presse 11 avril 2000 Page A16 manquante 2LP1701A0411 A17 mardi 2LP1701A0411 ZALLCALL 67 00:56:33 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 17 PHOTOS PIERRE McCANN, La Presse © La victime, Manuel Pouw.Accusé de l'homicide involontaire d'un adolescent: le suspect se serait senti insulté CHRISTIANE DESJARDINS C'est après avoir mal interprété de banales paroles que venaient de leur lancer des jeunes francophones qui passaient dans la rue que Derek Myles et Devon Byrd, deux anglophones de Verdun, auraient décidé de descendre de leur terrasse pour aller se colleter avec eux.C'est du moins ce qui ressort des premiers témoignages au procès de Derek Myles, 21 ans, accusé de l'homicide involontaire de Manuel Pouw, survenu le 22 août dernier à Verdun.Battu en pleine rue, le garçon de 15 ans avait rendu l'âme à l'hôpital deux jours plus tard, sans avoir repris conscience.Jean-Nicolas Duval, 16 ans, et Emmanuelle Scraire, 17 ans, ont raconté hier que le soir du 21 août 1999, ils étaient en party chez une copine de Verdun avec une dizaine d'autres jeunes, dont Manuel Pouw.Les uns consommaient du rhum avec du Coca-Cola, les autres, de la bière.Vers minuit et demi, le groupe, composé de six filles et de trois garçons, est allé prendre une bouchée dans un casse-croûte.C'est en revenant vers la maison de la copine que le drame se serait produit, rue Argyle.Emmanuelle Scraire et Jean-Nicolas Duval se trouvaient à quelques dizaines de mètres derrière leurs amis quand ils sont passés devant une maison où des jeunes se tenaient sur une terrasse.Des banalités prises pour des insultes ?Selon Duval, une des filles du groupe de tête est revenue pour dire à Scraire qu'il y avait des gars « cutes » sur la terrasse.Une conversation se serait engagée avec ces gars, chacun parlant dans sa propre langue.« Que faites-vous ?» aurait demandé en anglais un gars de la terrasse.« On est en party.Il y a des filles cutes », aurait répondu Duval.« Voulez-vous venir ?» aurait demandé, toujours en anglais, un gars à la jeune Scraire.« Des hommes galants, ça descend », aurait répondu Emmanuelle, tout en continuant de marcher.Quelques secondes plus tard, Myles et Byrd seraient sortis d'une ruelle, visiblement en colère.« Qu'est-ce que vous avez dit de nous autres, répétez-le », aurait dit l'un d'eux, en anglais.Duval aurait alors été plaqué par derrière, et aurait abouti sur une clôture avant de se retrouver par terre, sous Devon Byrd.Pendant ce temps, Manuel Pouw, réalisant que son ami était en mauvaise posture, serait venu à sa rescousse.Emmanuelle Scraire aurait tenté de le retenir.« Je les laisserai pas toucher à mes chums », aurait répondu Pouw.Paniquée, la jeune fille se serait alors rendue auprès de Jean-Nicolas Duval et aurait demandé à Byrd de le lâcher, qu'ils ne voulaient pas de trouble.Byrd aurait lâché Duval et se serait excusé.Puis elle aurait entendu quelqu'un derrière elle dire : « Joue pas au héros.» « Là, je suis allée vers Manuel, a raconté Scraire.Il était par terre dans la rue, le visage en sang, inconscient.Une fille lui tenait la tête, elle pleurait et disait qu'il allait mourir.Un gars lui donnait des tapes dans le visage pour essayer de le ramener.» La police et les ambulances sont arrivées.Duval s'en est tiré avec des blessures mineures à une oreille, tandis que Pouw est mort.Devon Byrd a été accusé de voies de fait avec lésion et subira son procès à part.Hier, plusieurs amis du jeune Pouw et leurs parents ont assisté au procès de Myles, qui est en liberté.Le procès se poursuit aujourd'hui devant le juge Gilbert Morrier de la Cour du Québec.Derek Myles à son procès, hier.Jean-Nicolas Duval s'est fait tabasser lui aussi, le soir fatidique. 2LP1899A0411 A18 MARDI 2LP1899A0411 ZALLCALL 67 16:21:59 04/11/00 B A 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 Trois Pulitzer pour le Washington Post, deux pour le Wall Street Journal Agence France-Presse NEW YORK Le Washington Post s'est vu décerner hier trois prix Pulitzer de journalisme, et le Wall Street Journal deux, a annoncé l'Université Columbia à New York.L'agence de presse Associated Press (AP) a obtenu le prestigieux prix de l'investigation pour son enquête sur le massacre de civils par l'armée américaine à Nu Gun Ri Bridge lors de la guerre de Corée.La couverture du massacre du lycée de Columbine, au Colorado, a valu un Pulitzer au Denver Post (reportage d'actualité) et à l'agence Denver Rocky Moutain News Photo (photographie d'actualité).Le Los Angeles Times, le Great Falls Tribune, le St.Paul Pioneer Press, le Village Voice, et l'Orlando Sentinel ont obtenu chacun un prix.Le Pulitzer du théâtre est revenu à Dinner with friends de Donald Margulies, celui du roman à Interpreter of maladies, de Jhumpa Lahiri, et celui de la biographie à Vera, Mrs Vladimir Nabokov de Stacy Schiff.Le New York Times, qui détient le record avec 79 récompenses, n'a pas été distingué cette année, pour la 84e remise du prix le plus prisé par la presse américaine.Le Washington Post a reçu le prix dans la catégorie « Intérêt général » pour une enquête sur les établissements pour handicapés mentaux à Washington, dans la catégorie « Critique » pour ses critiques de photographie et dans la catégorie « Photo magazine » pour le travail de trois photographes auprès des réfugiés du Kosovo.Le Wall Street Journal a été récompensé dans la catégorie « reportage américain » pour une série d'articles sur les dépenses militaires et dans la catégorie « Commentaires ».Les prix Pulitzer sont les distinctions les plus prestigieuses et les plus prisées aux États-Unis.Ils sont remis tous les ans par un jury de 19 grands noms de la presse et l'enseignement supérieur, réunis sous les auspices de l'Université Columbia.Bande adhésive pour élèves bavards Agence France-Presse ROME Pour faire taire des élèves trop bavards, une maîtresse de l'école primaire de Decimomannu, en Sardaigne, a collé des morceaux de bande adhésive sur la bouche des enfants, rapportait hier le quotidien local L'Union sarde.Autre méthode pratiquée par l'institutrice excédée \u2014 celle de la tête enfermée dans une petite armoire.Les élèves bruyants se voyaient obligés de mettre la tête dans une petite armoire dont la maîtresse refermait « délicatement » les deux battants, selon la même source. 2LP1999A0411 A-19 MARDI 2LP1999A0411 ZALLCALL 67 16:23:06 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 19 Des poissons menacés d'extinction dans les rivières américaines Agence France-Presse WASHINGTON Des poissons d'eau douce et d'autres espèces animales disparaissent aussi vite des rivières américaines que certaines espèces des forêts tropicales, en raison notamment des barrages et digues qui contrôlent le cours des rivières, a indiqué hier un groupe écologiste.L'organisation American Rivers, dont le siège est à Washington, a placé le Mississipi et le Rio Grande parmi les treize fleuves et rivières américains les plus menacés dans sa liste annuelle, publiée hier.« Nous avons supprimé les méandres, bloqué les courants, et renforcé les berges de milliers de km de cours d'eau, supprimant leur habitat et rendant difficile pour les rivières de conserver leur faune sauvage », a déclaré dans un communiqué la présidente de l'association, Rebecca Wodder.Les espèces des rivières telles que les poissons, les escargots, les amphibiens et les moules, disparaissent cinq fois plus vite que les mammifères et les oiseaux sur la terre ferme, selon l'association, qui affirme que 17 espèces de poissons d'eau douce ont disparu des rivières américaines.Les barrages construits pour faciliter la navigation, produire du courant ou détourner de l'eau figurent parmi les principaux responsables, selon American Rivers.« De nombreux barrages sont des obstacles insurmontables pour les poissons migrants », selon Rebecca Wodder.LE CRTC VEUT VOS COMMENTAIRES Le CRTC invite le public à formuler des observations sur les modifications proposées afin de mettre en oeuvre certains aspects des politiques révisées relatives à la radio de campus et communautaire et d'intégrer des catégories de teneur révisées pour la radio.Pour de plus amples renseignements veuillez consulter l'avis public.Les parties intéressées peuvent présenter leurs observations écrites ou en version électronique au plus tard le 25 avril 2000.Les observations écrites doivent parvenir à la Secrétaire générale, CRTC, Ottawa (Ont.) K1A 0N2.Les parties qui veulent présenter leurs observations en version électronique peuvent le faire sur disquette ou par courriel : procedure@crtc.gc.ca.Pour plus d'information: 1-877-249-CRTC (sans frais) ou Internet: http://www.crtc.gc.ca.Document de référence: Avis public CRTC 2000-44.AVIS PUBLIC DU CRTC 1.ENSEMBLE DU CANADA.THE SPORTS NETWORK demande l'autorisation de modifier la licence du service national d'émissions spécialisées de langue anglaise en remplaçant les conditions de licence (7 et 9) relatives aux codes de l'industrie sur la représentation non sexiste des personnes et la violence dans les émissions.Les conditions actuelles à cet égard seraient remplacées par des conditions «suspensives», c'est-à-dire que les conditions ne s'appliqueraient pas tant et aussi longtemps que TSN reste membre en règle du Conseil des normes de la radiotélévision.EXAMEN DE LA DEMANDE: 2225, av.Sheppard E., bureau 100, Willowdale (Ont.).Si vous voulez appuyer ou vous opposer à une demande, vous pouvez écrire à la Secrétaire générale, CRTC, Otttawa (Ont.) K1A 0N2 au plus tard le 25 avril 2000, et joindre à votre lettre une preuve que vous avez envoyé une copie au requérant.Vous pouvez également soumettre vos interventions par courriel au: procedure@crtc.gc.ca.Pour plus d'information: 1-877-249-CRTC (sans frais) ou Internet: http://www.crtc.gc.ca Document de référence: Avis Public CRTC 2000-43. La Presse 11 avril 2000 Page A20 manquante 2LP2199A0411 A21 mardi 2LP2199A0411 ZALLCALL 67 16:23:36 04/11/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 A 21 Un concurrent pour le Viagra Agence France-Presse WASHINGTON Un nouveau médicament contre les dysfonctionnements de l'érection, l'Uprima, a été approuvé hier par une commission consultative de l'administration américaine chargée du contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), a annoncé le fabriquant, la société TAP Pharmaceutical Products.L'Uprima, qui a les mêmes effets que le Viagra, est une pilule à faire fondre sous la langue et produit de l'effet « rapidement, parfois en dix minutes mais en moyenne entre 16 et 19 minutes », a noté l'un des médecins ayant participé aux essais cliniques, le Dr John Mulhall, de l'Université Loyola à Chicago.Le dossier soumis à la FDA, dont les avis définitifs vont en général dans le même sens que ceux de ses commissions consultatives, portait sur 27 études cliniques comprenant 3035 hommes.CP © Judith Lapierre, qui a passé 110 jours dans une capsule avec un équipage international, faisait hier sa première sortie publique depuis son retour au pays.L'aspirante astronaute Judith Lapierre parle de malentendus Presse Canadienne HULL Un profond malentendu sur les méthodes de recherche ont contribué à creuser un fossé entre les Russes et l'équipage international dont Judith Lapierre faisait partie, a-t-elle résumé, hier, à l'occasion de sa première sortie publique depuis son retour à la maison, jeudi dernier.C'est avec des yeux de scientifique que l'infirmière et docteure en santé publique a fait un bilan de sa participation à l'expérience d'isolement de 110 jours.Elle a dit n'avoir aucun regret, même si la mission a été marquée par une bagarre entre deux cosmonautes russes et un geste de harcèlement sexuel à son endroit par un participant russe, qui constituaient la mission d'une durée de 240 jours.« Dans tous les documents, on parlait d'une expérience scientifique contrôlée.Nous avons plutôt participé à une recherche sur le terrain.Ce n'est pas du tout ce à quoi je me suis engagée », a-t-elle confié en conférence de presse.La recherche sur le terrain sert « à observer et à documenter, l'intention n'étant jamais de contrôler ou de prédire quoi que ce soit », a-t-elle expliqué.C'est un peu de cette prémisse qu'ont découlé les mésententes qui ont suivi, comme les démentis de l'Institut des problèmes biomédicaux de Moscou quant aux événements entourant le jour de l'An, et aux réactions de gens de l'Institut déçus de voir la chose portée sur la place publique.Mme Lapierre a par ailleurs admis que son rêve de devenir astronaute « pourrait être compromis » par cette mésaventure, mais « pas ma carrière de scientifique ».« J'ai beaucoup de questions de recherche qui en sont sorti et je vais me mettre en quête de financement pour les approfondir », a-t-elle dit.La résidante de Val-des-Monts croit qu'une attention plus poussée devrait être portée à la sélection des astronautes et à leur formation, ainsi qu'à l'établissement d'une mécanique de résolution des problèmes.Une pilule contre le vieillissement Agence France-Presse PARIS L'apport de doses modérées de DHEA, une substance naturellement produite par l'organisme mais dont le niveau baisse avec l'âge, a réellement des effets bénéfiques sur la peau et les os des personnes âgées de sexe féminin, selon une étude scientifique comparative française d'un an.Cette étude a été coordonnée notamment par les professeurs Françoise Forette, gérontologue, et Étienne- Émile Baulieu, spécialiste des hormones.Ces doses (50 mg par jour pendant un an) de DHEA ont un effet « significatif » sur les femmes traitées, y compris sur leur libido, selon les résultats publiés dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences américaine, les PNAS.Les 280 volontaires, hommes et femmes en bonne santé, âgés de 60 à 79 ans, ont reçu pendant un an, après tirage au sort, soit un comprimé quotidien de 50 mg de DHEA (déhydroépiandrostérone), soit un placebo (susbtance neutre). 2LP2201A0411 A-22 MARDI g n ral 2LP2201A0411 ZALLCALL 67 00:52:32 04/11/00 B A 22 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 11 AVRIL 2000 L'étiquetage des aliments modifiés est désormais obligatoire en Europe Tous les produits contenant au moins 1% d'OGM sont touchés Agence France-Presse BRUXELLES Un étiquetage obligatoire pour les aliments et ingrédients alimentaires contenant au moins 1 % d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est entré en vigueur hier dans l'ensemble de l'Union européenne, a confirmé une porte- parole de la Commission européenne.Les aliments qui contiennent des additifs et arômes alimentaires fabriqués à partir d'OGM seront également soumis aux mêmes règles d'étiquetage.Ce seuil de 1 % vise à régler le problème de la présence accidentelle d'OGM dans des produits alimentaires, mais ne constitue pas un étiquetage du type « sans OGM », souligne la Commission.Il permet toutefois d'avertir les consommateurs européens de la présence, même minime, d'OGM dans leur alimentation et leur laisse donc la liberté d'en consommer ou non.Ce seuil, explique la Commission, entend surtout régler le problème d'opérateurs qui se retrouvent avec un pourcentage de matériel génétiquement modifié dans leurs produits, suite à une contamination accidentelle et « fournit ainsi une sécurité juridique à ces opérateurs ».Les associations écologiques, tout en exprimant leur soutien à l'étiquetage obligatoire mise en place par la Commission, ont estimé que le seuil de 1 % est trop élevé.Elles ont indiqué que des producteurs et des distributeurs avaient déjà adopté un seuil beaucoup plus bas de 0,1 % pour une contamination par OGM.Patrice Deré Ingrédients : Sirop de glucose, raisins secs, flocons de blé, germe de blé, crème de riz, sucre, miel, dextrose, matière grasse végétale non hydrogénée, fécule, stabilisant : glycérol, flocons de pomme, amidon, farine de froment, sel, émulsifiant : lécithine de soja, fer.La place que peuvent occuper des OGM Soja Maïs Coton Colza P.de terre "]
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