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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-04-29, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0429 B1 Samedi 6LP0101B0429 ZALLCALL 67 01:26:35 04/29/00 B Plus2000 Le cahier mensuel du prochain millénaire B Montréal, Samedi 29 avril 2000 Voici le quatrième des 12 cahiers mensuels Plus 2000.Le dernier samedi de chaque mois, nous vous proposons des reportages rétrospectifs et prospectifs préparés avec l\u2019appui de collaborateurs prestigieux.Aujourd\u2019hui, dans la série Les sagas du XXe siècle, un examen de la musique populaire au cours des 100 dernières années.Pour vérifier vos connaissances, vous trouverez ci-dessous un petit test sur la chanson française.Bonne lecture! Mémoire Les souvenirs d\u2019Ellis Island page B4 Histoire Montréal, ville de transport pages B10 et B11 Pionniers Vers un siècle «biotech»?pages B8 et B9 Vous connaissez la chanson?Demain L\u2019Atlas du XXe siècle: L\u2019intégration européenne Les sagas du XXe siècle 1 Boris Vian Gilles Vigneault Daniel Bélanger Stéphane Eicher Charles Aznavour Serge Gainsbourg Jacques Brel Gilbert Bécaud Jacques Prévert Renaud Robert Charlebois 12 Charles Trenet 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Mais la vie sépare ceux qui s\u2019aime, tout doucement, sans faire de bruit, et la mer efface sur le sable les pas des amants désunis.J\u2019ai jamais vu une fille pleurer autant pour un garçon, j\u2019ai jamais vu l\u2019amour créer de la haine de cette façon.Alors, chu parti, sur Québécair, Transworld, Northern, Eastern, Western et Pan American, mais ché pu où chu rendu.Et maintenant, que vais-je faire, de tout ce temps, que sera ma vie; de tous ces gens qui m\u2019indiffèrent, maintenant, que tu est partie\u2026 Mais voilà, soudain, je m\u2019éveille dans mon lit, donc j\u2019avais rêvé, oui car le ciel est gris, il faut se lever, se laver, se vêtir et ne plus chanter si l\u2019on n\u2019a plus rien à dire.Il la voyait tous les dimanches, mais les parents n\u2019en savaient rien, tous les bouleaux de la rivière Mingan, tous les bouleaux s\u2019en rappellent\u2026 8 7 6 5 4 3 La musique occupe une place importante dans la vie de tous les jours.Les gens de toutes les générations ont grandi avec des chansons dans la tête.Combien de fois n\u2019entendons-nous pas dans les réunions de famille les aînés chantonner des airs qui remontent à leur jeunesse?Inspiré du film d\u2019Alain Resnais On connaît la chanson, nous vous proposons aujourd\u2019hui un petit test en forme de clin d\u2019oeil.Pouvez-vous associer les extraits des chansons qui suivent à leurs auteurs respectifs.À 18 ans, j\u2019ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie ; le coeur léger et le bagage mince, j\u2019étais certain de conquérir Paris.Demain de bon matin, je fermerai ma porte au nez des années mortes, j\u2019irai sur le chemin.2 1 Paraît qu\u2019y a pas d\u2019sot métier, moi j\u2019fais des trous dans les billets, j\u2019fais des trous, des p\u2019tits trous, encore des p\u2019tits trous\u2026 J\u2019abandonne sur une chaise le journal du matin, les nouvelles sont mauvaises d\u2019où qu\u2019elles viennent.Le temps est assasin et emporte avec lui les sourires des enfants.On a vu souvent rejaillir le feu de l\u2019ancien volcan qu\u2019on croyait trop vieux.n LE ROCK EST MORT, VIVE LE ROCK! Une saga à lire en pages B8 et B9 Réponses: 12 11 10 9 1- Je m\u2019voyais déjà, Charles Aznavour, 1960 2- Le déserteur, Boris Vian, 1955 3- Les feuilles mortes, Prévert/Cosma, 1947 4- Sèche tes pleurs, Daniel Bélanger 1992 5- Lindbergh, Robert Charlebois, 1971 6- Et maintenant, Delanoë/Bécaud, 1962 7- Y\u2019a d\u2019la joie, Charles Trenet, 1938 8- Jack Monoloy, Gilles Vigneault, 1962 9- Le poinçoneur des lilas, Gainsbourg, 1958 10- Déjeuner en paix, Stephan Eicher, 1991 11- Mistral gagnant, Renaud, 1985 12- Ne me quitte pas, Jacques Brel, 1962 2852109 6LP0201B0429 B2 samedi 6LP0201B0429 ZALLCALL 67 01:32:25 04/29/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 AVRIL 2000 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Le prix du bol d\u2019air tablir des péages à l\u2019entrée des parcs provinciaux, comme le prévoit le projet de règlement du ministre de la Faune et des Parcs, Guy Chevrette, est une fort mauvaise idée.Le problème ne réside pas dans le principe même de la tarification, qui répond à une logique.Ni dans l\u2019importance des frais envisagés, puisqu\u2019ils seront modestes.Mais bien dans la symbolique en jeu dans l\u2019affaire, laquelle a à voir avec la relation existant entre l\u2019homme et la nature, avec la santé, avec la famille, avec l\u2019ultime voie d\u2019évasion et de loisir qui demeurait grande ouverte au commun des mortels, même le plus pauvre.Dans les espaces verts de juridiction municipale, provinciale et fédérale, la situation relative à la tarification est extrêmement disparate.De façon générale, les frais, lorsqu\u2019ils existent, se rapportent à des services particuliers : stationnement, espace de camping, ski, chasse et pêche, par exemple.Des frais d\u2019entrée sont cependant exigés de ceux qui fréquentent les trois parcs fédéraux du Québec (Mauricie, Forillon et Mingan).Mais, précisément : cette mesure est régulièrement dénoncée par des usagers scandalisés, en dépit du caractère très modéré des contributions demandées : entre 6 et 8,75 $ par jour et par famille.Ce sont des frais de cet ordre qui sont envisagés à compter du mois de juin pour les parcs provinciaux placés, par le biais d\u2019une société administrative, sous la juridiction du ministre : entre 6 et 10 $ par jour et par famille, avec possibilité d\u2019un laissez-passer annuel de 30 ou de 50 $.On peut certes arguer que c\u2019est peu.Mais ce serait oublier qu\u2019il y a bel et bien des milliers de familles disposant d\u2019un budget à ce point serré qu\u2019il ne permet pas une telle extravagance.D\u2019ailleurs, l\u2019argument se retourne.L\u2019opération devrait rapporter, grosso modo, une dizaine de millions.Avec cette menue monnaie et compte tenu de l\u2019insatiable appétit de la bureaucratie, arrivera-t-on à récolter des revenus substantiellement supérieurs aux dépenses qui seront engagées pour les percevoir ?Il est permis d\u2019en douter.Cependant, l\u2019essentiel est ailleurs.Le principe évoqué pour imposer des tarifs, dit de l\u2019utilisateur- payeur, n\u2019est pas dépourvu de bon sens.De fait, il devrait même davantage trouver à s\u2019appliquer dans une société coulée dans le moule de la collectivisation des coûts et des responsabilités, ce qui, précisément, mène trop souvent à l\u2019irresponsabilité.Il y a cependant un problème lorsque l\u2019État instaure une tarification en sus des prélèvements fiscaux sans revoir ceux-ci à la baisse, de sorte que l\u2019utilisateur paie effectivement sans que le nonutilisateur n\u2019en retire quelque soulagement \u2014 une perversion du principe fort aguichante, hélas ! pour des gouvernements en perpétuel état de manque.Quoi qu\u2019il en soit, les parcs ne constituent pas l\u2019endroit idéal pour matérialiser, honnêtement ou non, cette théorie.Le réseau des vingt parcs (dont un marin) québécois, qui s\u2019étend dans toutes les régions de la province, de Mont-Tremblant à Percé, rend théoriquement accessible à chaque citoyen, à chaque famille, une fréquentation agréable et sûre d\u2019espaces verts et aérés.On parle ici d\u2019une activité qui, sans vouloir sombrer dans la psychologie de taverne, a à voir avec le besoin profond, physique et psychologique, que l\u2019homme ressent de communier avec la nature et la vie.De façon plus pratique, on ne peut à la fois gémir sur le coût des soins de santé, monter des campagnes de prévention axées sur les saines habitudes de vie et.restreindre l\u2019accès à l\u2019air pur.Il faut mettre les choses en perspective : on a déjà calculé que les dépenses totales de l\u2019État dans les parcs arriveraient tout juste à faire fonctionner le réseau de la santé pendant.une demi-journée ! En somme, s\u2019il faut vraiment instituer une forme d\u2019autofinancement dans le réseau des parcs, il serait peut-être préférable de voir comment on pourrait offrir de nouveaux services aux usagers, plutôt que d\u2019adopter la solution peu subtile consistant à lui soutirer du fric sans rien lui donner en retour.DROITS RÉSERVÉS Serge.Chapleau@lapresse.ca La Cité du multibéton La Cité du multimédia a été présentée par Québec comme un symbole du succès de son intervention dans l\u2019économie du savoir.Cette Cité du multimédia, c\u2019est en fait un programme de subventions pour des entreprises de la nouvelle économie pour créer des emplois, à condition qu\u2019elles s\u2019établissent au Faubourg aux Récollets, le quadrilatère délimité par les rues de la Commune, Duke, William et King, près du Vieux Montréal.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca À certains égards, l\u2019opération a été un franc succès.À la fin de 1999, 67 entreprises, généreusement subventionnées, avaient annoncé la création de plus de 7500 emplois.Tout cela en deux ans.Et une activité monstre dans un quartier industriel auparavant laissé à l\u2019abandon.Mais il y a un autre côté à la médaille.Ce projet comporte de très sérieux effets pervers.Fondamentalement, derrière les grands mots, la Cité du multimédia n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un parc industriel urbain, où l\u2019argent a été englouti dans le béton plutôt que dans le savoir, où l\u2019on a davantage aidé les promoteurs que les nouveaux entrepreneurs.Et où les fonds publics ont subventionné des emplois qui auraient été créés de toute façon.Cela illustre encore une fois les limites de l\u2019intervention d\u2019un État traditionnel et son désarroi face à la nouvelle économie.Ce qu\u2019a fait le ministre d\u2019État à l\u2019Économie, Bernard Landry, c\u2019est de plaquer le vieux modèle de développement industriel sur une économie virtuelle et mouvante.La Presse révélait hier que le gouvernement du Québec s\u2019apprêtait à en remettre et à lancer un autre programme du même genre, une Cité du commerce électronique.Ce serait inacceptable.Le modèle développé avec la Cité du multimédia comporte trop d\u2019effets indésirables pour que l\u2019on refasse encore une fois les mêmes erreurs.n n n Le concept de la Cité du multimédia a été inspiré par une idée de M.Sylvain Vaugeois, un promoteur de projets proche du ministre Landry, qui suggérait de subventionner les emplois de la nouvelle économie plutôt que les entreprises.Ces subventions seraient en quelque sorte une dépense de formation sur le tas dans un secteur où la main-d\u2019oeuvre spécialisée fait défaut.Cette idée, dans un premier temps, a permis d\u2019attirer ici la firme française Ubi Soft, spécialisée dans les jeux vidéo.Mais les pressions des entreprises locales, qui s\u2019estimaient menacées par la concurrence de nouveaux venus jouissant d\u2019une aide publique, a mené à un élargissement du programme à l\u2019ensemble de l\u2019industrie.C\u2019est ce qui a donné naissance à ce programme d\u2019aide, où 60% du salaire des nouveaux emplois était remboursé jusqu\u2019en 1999, et 40% par la suite, à concurrence de 15 000 $ par an et ce, jusqu\u2019en 2008, à condition que l\u2019entreprise s\u2019installe dans le quadrilatère prévu.Le programme a attiré de gros noms, comme Motorola ou Cognicase, et l\u2019on prévoit 8000 emplois en 2002.Au-delà de son succès politique et médiatique incontestable, le programme comporte deux défauts majeurs.Le premier de ces problèmes, c\u2019est qu\u2019à toutes fins utiles, le programme ne crée que très peu d\u2019emplois.L\u2019enquête que nous avons faite auprès de plusieurs entreprises qui s\u2019établissent à la Cité du multimédia permet de croire qu\u2019un très grand nombre d\u2019entre elles auraient créé ces emplois de toute façon, subventions ou pas.Ce problème se retrouve dans tous les programmes de subventions.Mais il est plus aigu dans ce cas-ci, d\u2019abord parce que le multimédia est dans une phase d\u2019explosion, et que les entreprises qui fonctionnent bien embauchent à un rythme effréné.En outre, le programme est conçu de telle façon que des emplois déjà créés peuvent donner droit à la subvention et ne comporte aucun mécanisme de vérification qui permettrait de s\u2019assurer que l\u2019aide publique était nécessaire.En fin de compte, il n\u2019y a donc aucune façon de savoir si les fonds publics ont servi à créer des emplois.Ce n\u2019est pas un détail quand on sait que l\u2019opération pourra coûter un milliard en dix ans.n n n L\u2019autre grand problème vient du fait qu\u2019on a lié les subventions à l\u2019implantation dans un lieu précis.Pourquoi forcer les entreprises à s\u2019installer dans le Faubourg aux Récollets quand la nature même du multimédia est sa mobilité ?Par ce choix, Québec a voulu faire d\u2019une pierre plusieurs coups.Donner un coup de pouce à la Ville de Montréal, dont une société paramunicipale, la Simpa, avait perdu des millions dans ses investissements immobiliers dans le quartier.Créer une masse critique qui concentrerait l\u2019industrie dans un seul lieu.Ces objectifs ont été atteints.D\u2019une part, la revitalisation du quartier est un succès urbanistique remarquable.Par ailleurs, le regroupement sur un seul lieu d\u2019une partie de l\u2019industrie a donné un élan à ce secteur.Non pas parce que ce regroupement mène à une quelconque synergie : le projet de Cité du multimédia, strictement immobilier, ne propose aucune forme de mise en commun de ressources, de convergences qui en feraient un technopôle.En outre, un grand nombre d\u2019entreprises qui s\u2019installeront dans le quadrilatère n\u2019aiment pas l\u2019idée d\u2019être si proches de leurs concurrents, dans un monde où la mobilité du talent est très élevée.Cependant, cette Cité du multimédia donne une vitrine à Montréal, met son industrie du multimédia sur la « mappe », tant pour les Québécois que pour les investisseurs étrangers.En termes de marketing, la Cité illustre de façon palpable le dynamisme de la ville dans ce domaine.Cet effet vitrine est un peu factice, mais il peut être très efficace.Mais il n\u2019y a pas que le marketing.Le projet de la Cité impose aux entreprises de ce secteur un inutile détour.Ce projet de développement offrira des locaux coûteux, tant et si bien que les entreprises multimédias verront leurs frais de location augmenter considérablement, doubler ou même plus.À un tel point que plusieurs d\u2019entre elles ont dû faire des calculs pour vérifier si la subvention en valait la peine, étant donné l\u2019augmentation de loyer.Le résultat, c\u2019est qu\u2019une partie importante des subventions seront englouties, non pas en recherche, en développement ou en formation, mais en loyer.Une grosse partie des fonds publics destinés au multimédia profitera ainsi aux développeurs et à l\u2019industrie de la construction.Le fric s\u2019en va dans le mortier et le béton.À cela s\u2019ajoute le fait que ce programme, généreux et flou, a attiré son lot d\u2019intermédiaires, de « pécialistes en subventions », qui ont récupéré une partie des fonds publics destinés aux entreprises en développement.C\u2019est regrettable au plan des finances publiques, regrettable aussi en termes de philosophie de développement économique.L\u2019État, face à un secteur flou et en changement perpétuel, a en fait tenté d\u2019imposer sa propre logique bureaucratique et ramené le développement d\u2019un secteur virtuel à des paramètres qui lui sont familiers, comme les pieds carrés.L\u2019État, qui vit aussi de politique, a également trouvé dans ce programme une façon visible, mesurable et politiquement rentable de manifester son intérêt pour la nouvelle économie.Le bilan que l\u2019on peut faire de la Cité du multimédia n\u2019est pas totalement négatif, loin de là.Il est mitigé.Ce projet comporte assez d\u2019effets indésirables pour qu\u2019il soit clair que, si l\u2019on tient vraiment au développement de l\u2019économie du savoir, il ne faut pas refaire la même chose et qu\u2019il faut privilégier d\u2019autres chemins.Ces pistes, on les connaît : la formation, pour combler un manque sérieux de personnel qualifié, le financement, surtout le capital de risque, essentiel dans un monde en croissance exponentielle, le cadre fiscal, l\u2019encadrement, pour les entreprises en démarrage.Le Québec agit déjà dans ces secteurs.C\u2019est là qu\u2019il doit concentrer ses énergies, au lieu de subventionner le mortier et le béton.La Cité du multimédia n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un parc industriel urbain, où l\u2019argent a été englouti dans le béton plutôt que dans le savoir (.) Et où les fonds publics ont subventionné des emplois qui auraient été créés de toute façon.LA BOÎTE AUX LETTRES La tour dorée de Loto-Québec n Mes enfants de 5 et de 9 ans viennent de jouer au jeu de Loto-Québec, Trésors de la tour, sur notre ordinateur.Quel superbe jeu, bien conçu et divertissant pour les jeunes ! C\u2019est une réussite exemplaire qui constitue cependant un piège énorme qui mériterait d\u2019être dénoncé par toute la population du Québec.En effet, notre gouvernement, prétendument de gauche et qui se dit parfois social- démocrate, tente ainsi d\u2019inculquer le goût du jeu de loterie aux jeunes par des moyens détournés.Autrement dit, le gouvernement encourage l\u2019appétit du gain facile et magique.Qu\u2019une population fasse l\u2019objet d\u2019une telle propagande (.) représente une aberration dans un monde moderne.(.) Guy FERLAND Boucherville Deux poids.n Lorsque monsieur Bouchard, premier ministre du Québec, au soutien de la décision gouvernementale de hausser les primes de l\u2019assurance- médicaments, affirme que « le régime doit se financer à même les primes », il met en application un principe de saine gestion.Ce faisant, son gouvernement atteint deux objectifs : sensibiliser le consommateur aux coûts de consommation des médicaments et faire la démonstration de l\u2019application d\u2019un principe d\u2019équité collective.Malheureusement, cette logique est cavalièrement écartée du revers de la main, par ce même gouvernement, lorsqu\u2019il est question de distribuer les surplus accumulés de l\u2019assurance-auto.Ne serait-ce pas la démonstration de deux poids pour le contribuable et une seule mesure pour le gouvernement : collecter à tout prix ?Claude CHICOINE Verdun 6LP0301B0429 B3 samedi 6LP0301B0429 ZALLCALL 67 01:27:10 04/29/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 AVRIL 2000 B 3 Système bloqué, sujet tabou L\u2019aspect le plus déprimant de la crise dans les services de santé n\u2019est pas l\u2019engorgement des urgences, ni même l\u2019allongement des listes d\u2019attente.C\u2019est la quasi-impossibilité de tenir à ce sujet un débat rationnel.La moindre remise en question est bloquée par le fait que le « Medicare », particulièrement au Canada anglais, a pris une dimension surnaturelle et lourdement symbolique.Le « Medicare » est au Canada anglais ce qu\u2019est la loi 101 au Québec : un héritage sacré, un dogme intouchable à forte teneur identitaire.Le système de soins de santé est devenu le symbole entre tous de l\u2019identité canadienne.À un point tel que l\u2019organisation qui milite pour la défense du système, « Friends of Medicare », a composé un chant sur la musique d\u2019Ô Canada : « O, Medicare, we stand on guard for thee ».Voyez ce qui se passe en Alberta, où le gouvernement conservateur de Ralph Klein veut ouvrir des cliniques privées où l\u2019on effectuerait des chirurgies mineures, histoire de désengorger le système.Les patients n\u2019auraient rien à débourser, ce qui rend l\u2019affaire légale.Mais, dans certains cas, on les garderait pour la nuit, ce qui déroge à la lettre de la loi.Ce projet de loi relativement banal a déclenché des levées de boucliers extraordinaires.Ralph Klein serait en train d\u2019ouvrir des camps de concentration qu\u2019il ne serait pas davantage conspué.Les hauts cris évoquent ceux que déclenche, ici, la moindre tentative d\u2019amender, si légèrement soit-il, la loi 101 : c\u2019est « un premier pas », la pente glissante vers l\u2019abîme.On commence par accepter l\u2019anglais sur des affiches, puis on finira par raser les écoles françaises.On commence par confier les hernies aux cliniques, puis on finira par laisser les enfants pauvres mourir de tuberculose.Ainsi vont les arguments.Même l\u2019évêque de Calgary s\u2019en est mêlé, accusant à mots couverts le gouvernement Klein de porter atteinte aux valeurs chrétiennes ! Que dirait le bon prélat de ce qui se passe en France ?Toute l\u2019histoire de France a baigné dans le christianisme, à partir du baptême de Clovis en 496, et la France moderne, qui été gouvernée par des socialistes pendant une bonne partie du XXe siècle, a un système de santé mixte, tout comme d\u2019ailleurs les bonnes petites social-démocraties scandinaves.Le Canada est en fait le seul pays, à part Cuba, où la participation du privé aux services de santé est illégale.Il ne s\u2019agit pas de mettre la hache dans un système qui a d\u2019énormes mérites.Mais face à une situation intenable, qui se reproduit dans toutes les provinces, indépendamment des différences idéologiques, culturelles et démographiques, et malgré les millions qu\u2019on déverse périodiquement dans le système comme dans un gouffre sans fond, ne serait-il pas raisonnable d\u2019aller voir ce qui se fait ailleurs ?De se demander comment l\u2019on pourrait réparer ce qui, visiblement, ne marche pas ?Après tout, le Medicare a été conçu il y a 50 ans, dans un univers radicalement différent, alors que l\u2019on trouvait normal de mourir à 62 ans et que les baby-boomers étaient à la maternelle, alors que n\u2019existaient ni les scanners ni le laser ni tous ces équipements coûteux dont aucune société civilisée ne voudrait aujourd\u2019hui se passer.Après 50 ans, n\u2019est-il pas temps de faire le point ?Mais le pragmatisme n\u2019a pas droit de cité dans ce débat.Pour l\u2019élite canadienne-anglaise, le Medicare est ce qui distingue le Canada des États-Unis, ce qui permet aux Canadiens de se sentir moralement supérieurs aux Américains.C\u2019est la feuille d\u2019érable sur le drapeau.Y toucher serait sacrilège.L\u2019anti-américanisme étant à la racine du nationalisme canadien, quiconque ose émettre la moindre critique envers le Medicare se fait instantanément accuser de vouloir adopter un système à l\u2019américaine, comme s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autres modèles dans le monde ! Même au Québec, où l\u2019on est un peu moins dogmatique sur la question \u2014 pour l\u2019excellente raison que les francophones trouvent leur identité dans la langue et la culture et n\u2019ont pas ce besoin maniaque de se distinguer des États-Unis \u2014 nous vivons, en matière de soins de santé, dans une mer d\u2019illogismes.Ainsi, la ministre Marois se scandalise de ce qu\u2019une clinique privée, l\u2019Institut de polychirurgie, qui effectue des chirurgies ambulatoires (hernies, hémorroïdes, varices, etc.), facture 300 $ aux patients en « frais administratifs ».Cela semble effectivement contrevenir au principe de gratuité de la loi fédérale.Mais outre que ce n\u2019est pas exactement le scandale du siècle (les patients, quant à eux, préfèrent nettement débourser 300 $ plutôt que de poireauter pendant 18 ou 24 mois sur les listes d\u2019attente des hôpitaux), on se demande pourquoi Mme Marois, qui d\u2019une main condamne l\u2019Institut, de l\u2019autre tolère que les femmes requérant un avortement doivent débourser de 300 à 600 $ en clinique privée.L\u2019avortement n\u2019est-il pas, au même titre que les opérations de varices, assuré par la RAMQ ?Ici encore, on comprend les femmes d\u2019aller au privé plutôt que dans les hôpitaux ou les CLSC, où la procédure est gratuite.L\u2019atmosphère de la clinique est plus intime et plus discrète, on offre des conseils et du réconfort, et surtout, surtout, l\u2019intervention se fait plus rapidement, alors que les hôpitaux et les CLSC imposent des délais de trois ou quatre semaines.Il n\u2019y pas une femme sensée qui acceptera pareil délai, sauf celles qui sont absolument incapables de débourser 300 $, donc les très pauvres.qui devront par conséquent subir un avortement tardif, avec tous les traumatismes que cela risque d\u2019entraîner.Est-ce que ce n\u2019est pas de la « médecine à deux vitesses », ça ?La contradiction se poursuit quand Mme Marois dit vouloir instaurer un « partenariat public-privé » en matière d\u2019avortement parce que les institutions publiques sont incapables de répondre à la demande.Est-ce dire que la ministre estime que le secteur public est capable de répondre à la demande dans les autres domaines ?n n n Les problèmes du système ont depuis longtemps dépassé la limite du tolérable.Pourtant, on ne voit rien bouger.Le premier ministre Chrétien s\u2019est installé dans le rôle du gardien farouche de la loi.On prévoit qu\u2019il fera campagne là-dessus, se présentant comme le sauveur du Medicare, quitte à inventer des menaces qui n\u2019existent pas.Ironiquement, c\u2019est Roy Romanow, le premier ministre le plus « socialiste » du pays, et qui vient au surplus de la province où est né le Medicare, qui semble le plus déterminé à lancer le débat.Il se demande notamment s\u2019il ne faut pas « désassurer » certaines interventions.Malheureusement, sa solution est d\u2019instituer une commission royale d\u2019enquête.ce qui est bien la façon royale de noyer le poisson.Quant à la ministre Marois, elle a soulevé quelques questions, assez évasivement, pour finalement s\u2019en remettre à la légendaire efficacité des régies régionales de la santé, lesquelles ont reçu le mandat d\u2019organiser des consultations qui devront avoir lieu les 9, 10 et 11 juin.En ce domaine cependant, c\u2019est le fédéral qui a le rôle primordial car c\u2019est de lui que relève la loi constitutive du régime.Lysiane OPINIONS À la défense de Dédé Desjardins Existe-t-il une culture Internet?Il ne faut pas vendre notre âme à l\u2019Internet, mais donner une âme québécoise à l\u2019Internet HERVÉ FISCHER L\u2019auteur est titulaire de la Chaire Daniel-Langlois à l\u2019Université Concordia et auteur de « Mythanalyse du Futur », publié sur Internet (http ://hervefischer.montreal.qc.ca).Ce texte fait écho aux deux éditoriaux d\u2019Alain Dubuc consacrés à la culture d\u2019Internet et au retard québécois, parus dans La Presse des 22 et 25 avril.On en parle tous les jours.L\u2019Internet fait désormais partie de nos us et coutumes de pays riches.Peut-on pour autant parler d\u2019une culture spécifique à l\u2019Internet ?Il serait difficile de démontrer qu\u2019il existe une « culture du téléphone », même si nous pouvons en décrire les usages sociaux, rituels et messages privés ou publics les plus fréquents, car ce médium n\u2019a guère attiré l\u2019attention de créateurs, écrivains, musiciens ou artistes qui se seraient reconvertis à la magie du clavier et de l\u2019écouteur ; les contenus en sont peu créatifs, qu\u2019il s\u2019agisse des échanges affectifs et familiaux, des utilités ou de l\u2019empire sinistre des boîtes vocales.La spécificité de son langage n\u2019est pas évidente.On pourra douter de même qu\u2019il existe une « culture de la radio », même si je suis un fidèle des émissions dites culturelles.La radio transmet éventuellement des contenus culturels, notamment musicaux, mais a suscité, en tant que médium, peu de créations originales.Son langage a ses rituels rythmiques et sonores, son pouvoir d\u2019évocation peut être réel et même très efficace sur l\u2019imaginaire, mais cela ne suffit pas à constituer une culture identitaire.La télévision a suscité en revanche la création d\u2019écritures et d\u2019esthétiques spécifiques, d\u2019oeuvres originales nombreuses et remarquables.Et sa médiocrité trop fréquente ne lui retirera pas sa pleine légitimité culturelle.Qu\u2019en est-il alors d\u2019une éventuelle « culture Internet » ?Au sens large des anthropologues, où tout fait partie de la culture, ses usages sociaux qui se généralisent et son omniprésence médiatique lui donnent une place importante comme mode de transmission culturelle et comme objet culturel.Mais l\u2019Internet génère-t-il des oeuvres originales, musicales, artistiques, littéraires, cinématographiques, qui sans lui n\u2019existeraient pas ?L\u2019Internet stimule- t-il des créateurs à la création ?L\u2019Internet suscite-t-il de nouvelles recherches esthétiques, de nouvelles écritures, de nouvelles structures et valeurs langagières, artistiques, dramatiques, musicales ?De nouvelles conceptions de l\u2019espace-temps ?De nouveaux modes de participation interactive des publics ?De nouveaux publics ?La réponse est OUI à toutes ces questions.Certes jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, les usages de l\u2019Internet ont surtout été de l\u2019ordre des échanges d\u2019informations, des « utilités », du courrier et du commerce électroniques.Cependant, nous voyons déjà des oeuvres littéraires, romans, poèmes, essais apparaître sur Internet, avec des spécificités originales d\u2019écriture multimédia.Les auteurs, comme les artistes du Web, explorent et exploitent les écritures en arborescence, les liens en hypertexte, la relation entre l\u2019image, le texte, le son, la sculpturalité des icônes, les séquences vidéo, voire la troisième dimension, et la participation interactive de plusieurs auteurs ou visiteurs simultanés.Dès 1985, le roman télématique francophone « Marco Polo, ou le Nouveau Livre des Merveilles », sous le parrainage d\u2019Umberto Eco \u2014 et que je coordonnais par modem à l\u2019époque, l\u2019accès public à l\u2019Internet ayant pris son essor seulement en 1993 \u2014, impliquait la création quotidienne d\u2019un roman à 9 mains, d\u2019écrivains tels que Louis Caron (Québec), Jacques Savoie, (N.-B.), Sony Labou Tansi (Brazzaville), Abdelaziz Kacem (Tunis), Jacques Lacarrière et Florence Delay (France), etc., ainsi que de l\u2019artiste Herménégilde Chiasson (N.-B.) pour les illustrations.Il existe aujourd\u2019hui de nombreux sites Web d\u2019artistes, qui travaillent directement sur la Toile, dont certains, comme Laurie Anderson ou Michel Jaffrenou, sont célèbres.Le Whitney Museum de New York, par exemple, accueille actuellement neuf de ces « Net-artistes » dans sa Biennale d\u2019art moderne.Les créations cinématographiques faites pour l\u2019Internet se multiplient et déjà plusieurs Festivals leur sont consacrés en ligne, dont le LeoFest, lancé par l\u2019acteur vedette Leonardo DiCaprio.Nous avons aussi le Bernard Pivot de la littérature, en la personne de Fréderic Grolleau, présent exclusivement sur Internet.Les sites littéraires d\u2019écrivains explorant l\u2019écriture multimédia se multiplient ; les Forums de discussion sur la création ou les débats d\u2019idées connaissent un succès grandissant ; et dans le domaine musical, c\u2019est la folie ! Face à cette explosion d\u2019une nouvelle culture Internet, que faisons-nous au Québec ?Tous s\u2019accordent à penser que nous manquons de contenu québécois sur Internet, qui est dominé, actuellement, par les sites américains.On dit même que subventionner les familles à faible revenu pour qu\u2019elles se branchent sur Internet, c\u2019est les envoyer dans le cyberespace anglophone.Certes, le gouvernement peut donner l\u2019exemple en développant les inforoutes en français offrant des services pratiques à la population.Mais, au-delà des informations utilitaires, ou du commerce électronique (qui se fait actuellement le plus souvent en anglais), il faut prendre conscience du potentiel énorme du marché des contenus, dont on dit qu\u2019il va rattraper et même dépasser bientôt le chiffre d\u2019affaires fabuleux du marché des technologies numériques et des logiciels.Les grandes compagnies comme Microsoft, AOL, BCE, etc.le savent et rachètent des chaînes de télévision et des groupes de journaux et magazines papier, pour alimenter leurs réseaux de transmission, qui vont avoir une soif inextinguible de contenus, si possible de qualité.Nous avons au Québec de nombreuses industries culturelles de haut niveau et des entreprises de multimédia \u2014 c\u2019est notre chance \u2014, mais qui vont manquer de créateurs pour ce marché en explosion.Allonsnous donc leur donner les moyens de répondre à cette demande, ou laisser le champ libre aux contenus américains ?Des créateurs de contenus québécois innovants : voilà ce dont nous avons besoin pour valoriser l\u2019Internet, pour lui donner sa noblesse et sa légitimité auprès d\u2019une population que nous voudrions y convertir.Développer notre propre culture Internet, c\u2019est aussi sauvegarder et promouvoir notre identité culturelle et notre langue dans le grand ensemble anglophone nordaméricain qui nous entoure et tend à nous absorber.Et ces contenus québécois nouveaux pourront trouver écho dans tout l\u2019espace Internet francophone.La culture québécoise perdra beaucoup de terrain, si elle ne conquiert pas l\u2019Internet.Comment y parvenir ?Par la formation de créateurs, et la recherche et développement de contenus novateurs.Et nous prévoyons y contribuer vigoureusement avec des artistes et des chercheurs dans le Média Lab que nous fondons actuellement à la Faculté des Beaux-Arts de l\u2019Université Concordia, en partenariat avec le faculté d\u2019informatique.Par la reconnaissance de l\u2019importance de la culture Internet de la part des institutions publiques mandatées pour soutenir la création et la diffusion culturelle.Le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts de la communauté urbaine de Montréal, la SODEC, Téléfilm Canada, Héritage Canadien et le ministère de la culture et des communications du Québec devraient désormais consacrer des politiques et des budgets significatifs à la culture Internet.Nous attendons impatiemment de leur part la reconnaissance de cette culture Internet qu\u2019ils ignorent ou méconnaissent et une volonté active pour en soutenir le développement.Il ne faut pas vendre notre âme à l\u2019Internet, mais donner une âme québécoise à l\u2019Internet.Il faut créer une culture québécoise sur l\u2019Internet si nous voulons promouvoir l\u2019Internet au Québec.Il n\u2019y aura pas de culture sans créateurs ! Et il n\u2019y aura pas d\u2019Internet québécois sans culture québécoise.Je ne doute pas que la ministre de la culture, Agnès Maltais, en soit consciente, elle qui me lança un jour cette formule d\u2019un ministère de la culture.net.ANDRÉ LECLERC L\u2019auteur est un conseiller permanent de la FTQ.En annonçant la mort d\u2019André Desjardins, jeudi soir, Radio-Canada s\u2019est contentée d\u2019évoquer le personnage d\u2019un homme violent entretenant des liens étroits avec le monde interlope.Cette image simpliste est celle sur laquelle on a construit la commission Cliche.Et, à nouveau, on profite de cet utile bouc-émissaire pour expliquer une époque peu reluisante des relations de travail au Québec.(.) Je veux aujourd\u2019hui affirmer qu\u2019André Desjardins avait une vision précise de ce qu\u2019il fallait faire pour améliorer le sort des travailleurs de la construction et qu\u2019il y travaillait.Je sais que cette affirmation est énorme et en scandalisera plusieurs, mais c\u2019est ce dont j\u2019ai été témoin pendant les quatre dernières années qu\u2019il coordonna les syndicats de la construction de la FTQ.J\u2019ai en effet cotoyé l\u2019homme de la fin de 1970 à sa démission du poste de directeur de la FTQ-construction, où j\u2019ai joué un rôle épisodique d\u2019agent de communication.J\u2019ai alors appris à connaître un homme coriace, combatif, parfois intransigeant, mais d\u2019une grande lucidité et animé d\u2019une volonté forte de changer les choses.Peu de gens le croient ou l\u2019admettent, mais André Desjardins a été un vrai syndicaliste.(.) Il avait été plombier, comme son père et ses oncles, je crois.Il trouvait que la vie sur les chantiers n\u2019avait pas d\u2019allure et il n\u2019acceptait pas que ça continue comme ça.Son plan était simple : il fallait cesser de voir la construction comme une multitude de chantiers éphémères et la considérer enfin comme une industrie permanente.Il fallait que les politiques gouvernementales y favorisent une stabilité économique et une stabilité de la main-d\u2019oeuvre.Les travailleurs de la construction devaient, comme ceux des usines, avoir droit à une sécurité du revenu, à des avantages sociaux décents.Pour atteindre ses objectifs, il avait commencé à bousculer les choses dans les syndicats, les « unions » internationales de la construction.S\u2019il fallait considérer la construction comme une industrie globale, les syndicats de métiers, divisés, concurrents et corporatistes devaient se donner plus de cohésion, assurer des services permanents partout sur le territoire.Il avait commencé à appeler FTQ-construction le Conseil provincial des métiers de la construction.Il avait mis l\u2019accent sur l\u2019information des membres.Il avait fait concevoir un programme de formation des délégués.Il avait ouvert des bureaux dans toutes les régions du Québec et il insistait pour que les syndicats entretiennent une relation étroite avec leurs membres.(.) La réalité dans laquelle il se débattait était simple.Il y avait de la concurrence entre les syndicats de la FTQ et ceux de la CSN pour prendre le contrôle des chantiers.Cette concurrence entraînait parfois des affrontements violents.« Bien sûr, qu\u2019on veut contrôler les chantiers, disait-il.Mais y a rien de mal à ça.On veut placer notre monde.La CSN fait pareil.C\u2019est notre job ! » Au lieu de cette explication, les média, puis la commission Cliche, on préféré retenir celle du crime organisé essayant de prendre le contrôle de l\u2019industrie pour en tirer profit.Bien sûr la pègre était sur les chantiers, mais contrairement au mythe, André Desjardins n\u2019en n\u2019était pas le roi.Pour lui, les vrais bandits c\u2019étaient ces milliers d\u2019employeurs qui faisaient des faillites frauduleuses et partaient avec la paye des travailleurs.Il savait que l\u2019insécurité d\u2019emploi et l\u2019insécurité physique étaient généralisées.Il avait la conviction que des syndicats forts, intransigeants et combatifs pouvaient peu à peu civiliser cette jungle.(.) André Dédé PHOTOTHÈQUE, La Presse © Desjardins Hervé Fischer La Presse 29 avril 2000 Pages B4-B12 manquantes "]
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