La presse, 8 mai 2000, Cahier A
[" 1LP0101A0508 Page A1/8mai 1LP0101A0508 ZALLCALL 67 00:44:59 05/08/00 B Quand l'équerre retourne sur la table page C1 Une banque réinventée page B1 Le plus grand quotidien français d'Amérique Efforts diplomatiques pour faire libérer les Casques bleus au Sierra Leone page A14 page S4 Baseball 1 3 4 6 MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 P 116e ANNÉE, NO 196, 64 PAGES, 4 CAHIERSP 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DE QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Le PQ met les gaz sur la souveraineté Les pneus avant de Villeneuve montés à l'envers! MARTIN PELCHAT et DENIS LESSARD « Gonflé à bloc » par son vote de confiance à 91 % et tablant sur l'unité du parti, Lucien Bouchard reprend l'offensive vers la souveraineté en appuyant à fond sur l'accélérateur.« Notre objectif, notre obsession, c'est la souveraineté du Québec, le plus tôt possible ; ça résume tout », a conclu M.Bouchard à l'issue du congrès national du PQ, auquel participaient 1800 militants depuis vendredi.« Nous sortons unis, nous sortons forts, c'est la souveraineté du Québec qui en bénéficiera.» C'est « immédiatement » que le gouvernement remettra au coeur du débat public la question de l'avenir du Québec, dit le premier ministre, qui évacue cependant d'entrée de jeu toute spéculation quant à la tenue du prochain référendum.« Ce ne sera pas un débat sur des dates de référendum », a tranché Lucien Bouchard.« Le moment de la décision, il sera fixé par ce facteur d'efficacité à persuader », a-t-il ajouté en conférence de presse.Le premier ministre promet que les états généraux sur la langue française, derrière lesquels se sont ralliés les militants péquistes hier, ne serviront pas de carburant à la campagne des souverainistes.« Il n'y a pas un parti qui peut se comporter comme si c'était son apanage.C'est l'affaire de tous les Québécois, y compris les anglophones et les nouveaux arrivants.» Il se dit également convaincu que cet événement, attendu vers la fin de l'année, ne relancera pas la société québécoise dans un débat déchirant.« Je crois que nous n'allons pas Voir LE PQ en A2 L'emprise de Bouchard sur le parti est maintenant totale: A6 GILLES BOURCIER envoyé spcéail, MONTMELO, Espagne \u2014 « Ah oui, il est fâché ?» reprend l'ingénieur Jock Clear en apprenant de notre bouche l'état d'âme de Jacques Villeneuve après 23 tours de course.Clear avait le regard soucieux du gars qui aurait constaté que les pneus avant de la BAR n'étaient pas montés du bon côté.Et c'est exactement ce qui est arrivé ! ! ! Jacques Villeneuve Villeneuve a ainsi vécu une course infernale jusqu'à son unique ravitaillement au 22e tour.« La voiture de Jacques était impossible à conduire, elle sous-virait de façon incroyable.Et nous savons pourquoi », nous a d'abord dit le très honnête Clear.Puis, voyant notre intérêt pour les pneumatiques usagés qu'il scrutait déjà depuis un bon moment avec d'autres membres de l'équipe, Clear n'a rien caché.« On les a posés à l'envers, c'est de notre faute, a dit calmement l'homme de confiance du Voir LES PNEUS en A2 Les malheurs de Schumacher profitent aux Mc Laren: S3 « Notre objectif, notre obsession, c'est la souveraineté du Québec, le plus tôt possible ; ça résume tout », a conclu M.Bouchard.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Plébiscité par 91 % des délégués au congrès du PQ, Lucien Bouchard ne cache pas sa satisfaction : il a désormais le parti bien en main, d'autant que Marie Malavoy ( photo en arrière-plan) a battu Bruno Viens pour la vice-présidence.Les Provinces maritimes réclament d'Ottawa un financement adéquat du système de santé Rubriques Arts et spectacles A20 à A23 - horaire spectacles A22 - horaire télévision A21 - théâtre A20 Bandes dessinées B11 Boisvert Yves A5 Bridge C10 Cyberpresse B12 Décès C11 Économie B1, B4 à B9 Éditorial B2 Êtes-vous observateur.B10 Feuilleton C7 Horoscope C9 Le monde A14 Loteries A2, A17 Mots croisés C8, S10 Mot mystère C7 Opinions B3 Petites annonces B10 - immobilier B10, B11 - marchandises B11, C7 - emplois C7 - automobile C8 à C10 - affaires B5 Politique A4, A6 Quoi faire B8 MÉTÉO Ciel variable Max.23, min.10 Cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net GILLES TOUPIN envoyé spécial, BOSTON Le commerce avec la Nouvelle-Angleterre ?Oui, certes c'est capital, ont dit les quatre premiers ministres des Maritimes à Jean Chrétien hier soir à Boston, lors d'un dîner privé, mais ce qui est plus fondamental encore, c'est l'urgence pour le gouvernement fédéral de financer adéquatement le système de santé au Canada.C'est cette réception plutôt inattendue qu'a reçue le premier ministre canadien à son arrivée dans la capitale du Massachusetts hier, alors qu'il s'apprêtait à lancer une mission d'Équipe Canada Atlantique qui permettra à une quarantaine de compagnies canadiennes des Provinces maritimes d'ouvrir davantage leurs marchés à ce coin prospère des États-Unis, véritable pays de Cocagne, où le chômage est pratiquement inexistant (3,2 %).À sa première sortie hors du Canada depuis sa tournée controversée au Moyen-Orient le mois dernier, la performance publique du premier ministre sera de toute évidence scrutée à la loupe.Jean Chrétien est venu prêcher aux Américains de la côte Est les vertus de la nouvelle économie canadienne et ses nouvelles enjambées du côté de la haute technologie.Il faut briser le mythe que le Canada fonde uniquement son économie sur ses ressources naturelles, ont insisté hier après-midi des hauts fonctionnaires canadiens lors d'un point de presse.Mais les premiers ministres Brian Tobin (Terre-Neuve), Bernard Lord (Nouveau-Brunswick), Pat Binns (Nouvelle-Écosse) et John Hamm (Nouvelle-Écosse) n'ont certes rien fomenté hier de comparable à la révolte du Boston Tea Party, mais ils se sont concertés et ont voulu marquer leur impatience et leur exaspération face la fin de non-recevoir de M.Chrétien à propos de l'impérieuse nécessité, disent-ils, d'augmenter les contributions fédérales au système de santé défaillant canadien.« Il faut être persévérant dans nos points de vue face au gouvernement fédéral sur la question de la santé, a déclaré à La Presse Bernard Lord lors d'une promenade dans un jardin public de Boston.Et pour nous, c'est très évident que le gouvernement fédéral doit Voir LES PROVINCES en A2 Roi de coeur Nathalie Petrowski rencontre JEAN-PIERRE FERLAND Certains hommes sont le portrait craché de leur père.D'autres tiennent tout de leur mère.C'est le cas de Jean-Pierre Ferland.Lorsqu'il parle d'Armand Ferland, son père qui tenait un garage au coin de Mont-Royal et de Mentana et qui se vantait de ses amis docteurs, le visage du chanteur se crispe et grimace avec contrariété.Mentionnez le nom d'Anna, sa mère, et son visage se détend, un sourire affleure sur ses lèvres et ses yeux sans couleur deviennent brillants.« Ah Anna ! s'écrie-t-il avec le ravissement d'un petit garçon.Anna était une femme formidable, qui réglait les problèmes de coeur de la famille et du quartier.Pas juste de coeur d'ailleurs.Cette femme-là parlait franchement de sexe bien avant Janette ! » Faut croire qu'Anna, la reine des coeurs, a eu de l'ascendant sur son fils puisqu'à 65 ans, bientôt 66, Jean-Pierre Ferland demeure convaincu que dans la vie, il n'y a que l'amour qui soit intéressant.Le reste n'est qu'une perte de temps.Histoire d'être conséquent, le chanteur de pomme, heureux en amour depuis 17 ans, a décidé, malgré le bide calamiteux de la comédie musicale Gala, de tenter sa chance à nouveau dans le monde de la comédie musicale.Son projet ?Mettre en paroles et en musique l'histoire d'amour du duc de Windsor qui renonça au trône pour l'amour d'une femme du nom de Wallis Simpson.L'écriture devrait être terminée à la fin de l'été.Cette fois-ci sera la bonne, jure le fils d'Anna.À lire, l'entrevue en page A7 PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse Jean-Pierre Ferland 238$ 1,9% /mois Lo c a t i o n 3 6 m o i s Transport et préparation inclus L'Événement Maxi Mini Venture.La maxi mini van.Comptant Mensualité 0 $ 350 $ 4 625 $ 218 $ 3 924 $ 238 $ à l'achat ou à la location 0U LES CONCESSIONNAIRES CHEVROLET OLDSMOBILE DU QUÉBEC Offres d'une durée limitée, réservées aux particuliers, s'appliquant aux Venture 2000 neuves en stock.Sujet à l'approbation du crédit.Première mensualité et dépôt de sécurité exigés à la livraison.Immatriculation, assurance et taxes en sus.Versement ou échange équivalent requis (voir tableau).Frais de 12 ¢ du km après 60 000 km.Taux de financement de 1,9 % à l'achat disponible jusqu'à 48 mois et aussi disponible jusqu'à 36 mois à la location.Voyez votre concessionnaire pour tous les détails. 1LP0201A0508 Page A2/8mai 1LP0201A0508 ZALLCALL 67 00:44:18 05/08/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Suites de la une Le PQ met les gaz sur la souveraineté LE PQ / Suite de la page A1 perturber le climat social en discutant de façon sereine et très large.» La préparation des états généraux est enclenchée.Une commission composée d'une demi-douzaine de membres devrait être désignée en mai ou juin et des études commandées avant l'été, afin d'ouvrir la voie à une tournée provinciale en septembre.Le tout devrait culminer dans un événement de deux ou trois jours, car le gouvernement ne veut pas étirer la sauce sur deux ans comme on l'avait fait pour les états généraux sur l'éducation de Jean Garon et Pauline Marois, en 1994-95.L'automne pourrait d'autre part donner lieu à des élections fédérales et Lucien Bouchard a rappelé que le PQ allait combattre aux côtés du Bloc québécois.Le premier ministre a présenté ces élections comme un des éléments du nouveau contexte dans lequel se pose désormais la question nationale.Passant en revue les décisions du congrès, le chef a souligné l'engagement à considérer l'émission d'une carte d'électeur obligatoire, qui soulève les passions parmi les militants péquistes.Il a toutefois tempéré les ardeurs en répétant que tout serait fait dans le respect des droits individuels.Il a aussi cité la priorité qui sera donnée à la lutte à la pauvreté et son intention d'annoncer d'ici quelques semaines un programme de congés parentaux, en dépit de l'insuccès de son gouvernement à obtenir du fédéral le transfert de fonds sur lequel il comptait pour cela.Le président du PQ aura par ailleurs Marie Malavoy, ancienne ministre sous Jacques Parizeau, comme bras droit.Au poste de premier vice-président du parti, les militants ont préféré Mme Malavoy à Bruno Viens, de Montréal-Centre, qui fut associé dans le passé à l'aile radicale.Cette élection apparaît comme un gage de continuité après les quatre années de Fabien Béchard à ce poste.Les pneus de Villeneuve montés à l'envers! LES PNEUS / Suite de la page A1 Québécois, qui était déjà avec lui chez Williams.Voyez le gauche très usé ?Il devait aller à droite.Comme la carcasse est tressée de façon asymétrique, ils ne fonctionnent que s'ils sont installés à la bonne place.L'équilibre de la voiture en a été affecté dès ce matin (hier), sa vitesse de pointe aussi.Jacques ne le sait pas encore.je pense que vous allez le lui dire ?» Villeneuve a abandonné sitôt le second train de pneus posés.du bon côté cette fois, pense-t-on.En sortant des puits pour son 23e tour de piste, l'accélérateur a immédiatement cessé de répondre, puis il y a eu feu.En rentrant, le pilote avait lui aussi le feu.Il est passé comme un coup de vent, se contentant de dire ce qu'il pensait être arrivé.Clear non plus ne connaissait pas encore la cause de l'abandon.« C'est un problème hydraulique ou d'alimentation, selon Jacques, mais s'il y a eu feu, c'est qu'il y a eu fuite de liquide.» Mais l'explication importait peu pour Clear, juste après la course.Il avait en tête l'inversion des pneumatiques.« À cause de ça, nous n'avons jamais été confiants en course, nous savions que nous allions avoir des problèmes tôt ou tard.Jacques n'a peut-être bloqué personne, mais il y en a qui s'en venaient, Button (Jenson) notamment.Voyant que les quelques mots de Villeneuve ne nous satisfaisaient pas, le relationniste de l'équipe, Graham Jones, nous a raconté.« Jacques a eu le temps de se calmer.Il a dit que la voiture s'était améliorée ( ! ?!), qu'il ne bloquait personne quand il roulait en sixième place.Il s'est douché et changé et a regardé la course.Il a quitté pour son « motorisé » à trois ou quatre tours de la fin.» Ricardo Zonta, qui a terminé derrière Mika Salo, tous deux à un tour des meneurs, a eu un instant d'hésitation quand il a aperçu Villeneuve en bordure de la piste.« J'ai ralenti sur-le-champ pour ménager ma mécanique, mais ensuite je me suis dit que je n'étais pas dans les points et qu'il valait mieux se battre.» Malgré deux premiers tours intéressants et une dernière boucle à la charge, le Brésilien n'était pas particulièrement heureux lui non plus.« Tant que nous peinerons à trouver l'équilibre durant les qualifications, nous aurons de la difficulté en course.» L'équipe fait route vers Jerez où tout est à refaire, selon Clear, puisqu'il s'agit d'un circuit différent de Barcelone, « tout en freinages, avec beaucoup de virages lents, un peu comme le Nürburgring ».Les Provinces maritimes réclament d'Ottawa un financement adéquat du système de santé LES PROVINCES / Suite de la page A1 restaurer son financement dans le domaine de la santé.Il doit répondre à ses obligations face aux Canadiens dans ce domaine.» Le premier ministre Chrétien a clairement exprimé aux journalistes, avant sa rencontre avec ses homologues des Maritimes, qu'il n'était pas ici pour discuter des problèmes du système de santé canadien.« Nous aurons une rencontre en septembre, ou en août, a-til dit, après que les ministres de la Santé se seront rencontrés.C'est la position du gouvernement.Nous sommes à Boston ici.Nous parlerons de santé au Canada.» Le premier ministre Bernard Lord s'est dit « inquiet », quelques minutes avant son dîner avec M.Chrétien, de cette réponse du premier ministre canadien.« Ça c'est une des choses qui nous inquiètent, ce délai continuel dans le processus, a-t-il commenté.Pour nous, c'est important d'envoyer un message clair ce soir à M.Chrétien.» « Ils connaissent ma réponse », a répété M.Chrétien.« Ce n'est pas surprenant qu'ils demandent de l'argent.Certaines provinces font des réductions d'impôt.Elles ont de l'argent pour la santé, elles n'ont qu'à ne pas réduire les impôts.» Si cette question de politique intérieure canadienne menait tout droit à la confrontation hier soir, les premiers ministres de cette mission d'Équipe Canada Atlantique sont d'accord par ailleurs sur l'importance de cette mission commerciale.« Nous sommes aussi ici pour parler d'exportations et d'investissements, a commenté M.Lord.Ici, c'est un marché naturel pour le Nouveau-Brunswick qui a déjà beaucoup de liens, d'échanges avec la Nouvelle-Angleterre.C'est une opportunité pour nous de renforcer ces liens-là et de permettre à d'autres entreprises du Nouveau-Brunswick d'avoir accès à ce marché.» Les échanges commerciaux entre les Maritimes et la Nouvelle-Angleterre se chiffrent à quelque 4,9 milliards de dollars par année.Et si l'on ajoute à cela la participation du Québec, ces échanges atteignent annuellement quelque 29 milliards, soit un montant qui est supérieur à la valeur des échanges avec de grands partenaires commerciaux comme le Japon, le Royaume-Uni et la France.Un prof démissionne en raison d'une punition trop clémente à un élève L'élève ayant brandi une réplique d'arme à feu au visage de l'enseignant a été suspendu pour 15 jours Presse Canadienne SHAWVILLE Un enseignant du Pontiac a démissionné de son poste, en fin de semaine, découragé du peu de sévérité de la punition qui a été donnée à un élève qui lui aurait brandi une réplique d'arme à feu au visage en plein cours, à la fin du mois d'avril.Michael Reilley, âgé de 55 ans, enseignait le français langue seconde à la polyvalente Pontiac depuis le mois de janvier.Il débutait un cours comme les autres à une classe de quatrième secondaire lorsqu'un de ses élèves, un adolescent de 15 ans, s'est levé de sa place et a marché vers lui.Arrivé à environ un mètre de son enseignant, il aurait sorti une réplique de pistolet de calibre 22 de sa poche et aurait appuyé sur la détente.« Quand je l'ai vu, j'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait d'un vrai fusil.Je me suis penché pour esquiver la décharge.Quand je me suis relevé la tête, je me suis aperçu qu'une flamme sortait du canon : il s'agissait en fait d'un briquet.Tous les étudiants de la classe riaient bêtement, raconte-t-il.C'était le rire le plus mesquin que je n'avais jamais entendu.» L'enseignant, en proie à une crise de panique, a saisi l'arme avant de quitter la classe pour aller porter plainte à la direction de l'école.M.Reilley a également porté plainte à la Sûreté du Québec.Les accusations criminelles ont cependant été abandonnées en début de semaine lorsque le procureur de la Couronne a évalué que l'adolescent n'a pas agi avec des intentions criminelles.La direction de l'école a pour sa part suspendu le jeune homme pour une période de 15 jours.« Une peine inacceptable, soutient l'enseignant.Ce ne sont pas des blagues à faire.Surtout pas si on tient compte de toutes les tragédies survenues dans des écoles secondaires au cours de la dernière année.» L'Église anglicane espère qu'Ottawa la sauvera de la faillite Presse Canadienne FREDERICTON L'Église anglicane du Canada place ses espoirs dans le gouvernement fédéral, dont elle espère une aide pour lui éviter de déclarer faillite.Les 40 membres de l'exécutif national de l'Église se sont rencontrés à Fredericton, au cours du week-end, pour discuter de sa situation financière, qui va en se détériorant, et des poursuites intentées par des autochtones pour de présumés mauvais traitements subis dans les pensionnats dirigés par l'Église.Jim Boyles, le secrétaire général de l'Église, affirme que la structure de celle-ci est menacée par le grand nombre de poursuites dont elle est la cible.Le coût de ces poursuites a atteint environ 1,5 million, l'an dernier, et les frais judiciaires se montaient à 112 000 $ à la fin de mars.L'instance nationale de l'Église anglicane dispose d'un actif de 10 millions, mais selon M.Boyles, cela ne suffit pas à couvrir le coût des poursuites et les frais généraux de l'Église.Parce que l'Église anglicane et le gouvernement fédéral sont tous deux nommés dans plusieurs des poursuites, M.Boyles a dit espérer qu'Ottawa l'aidera financièrement.Celle-ci demande au gouvernement fédéral que ses frais juridiques extraordinaires et les coûts potentiels de règlement des poursuites soient limités, pour qu'elle puisse poursuivre son existence.Les dirigeants de l'Église attendent maintenant la réponse d'Ottawa à leur proposition.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.DEMAIN DANS LA PRESSE Boisbriand au ralenti La production de l'usine GM-Boisbriand pourrait baisser à 35 voitures à l'heure dès janvier 2001.Elle est actuellement de 45 véhicules Camaro et Firebird.Cette baisse de cadence à l'usine qui tourne déjà au ralenti pourrait entraîner une centaine de réductions de postes, nous explique Denis Arcand, demain dans le cahier Économie.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Le premier ministre Lucien Bouchard a déclaré hier que son gouvernement va reprendre l'offensive vers la souveraineté du Québec.Êtes-vous d'accord?Le nettoyage du printemps des rues de Montréal se déroule-t-il à un rythme qui vous convient?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 44 % Non: 56 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 6-9-8 à quatre chiffres : 0-5-2-7 COLLECTES DE SANG n à Montréal: Caisses populaires Desjardins Honoré-Beaugrand, Longue-Pointe, Saint- Bernard, Sainte-Claire, Saint-Justin, Saint- Victor, église Saint-Bernard, (sous-sol), 8801, rue Notre-Dame Est, de 13 h à 20 h 30.Objectif: 300 donneurs; n à Saint-Lambert: en collaboration avec le Club Richelieu, le Service de la Sécurité publique et le Club Richelieu des Lambertoises, 35, rue Aberdeen, de 12 h à 20 h 30.Objectif: 250 donneurs; n à Boisbriand: Club Optimiste de Boisbriand, école Gabrielle-Roy, 500, rue Marie-Claire-Daveluy, de 14 h 30 à 20 h 30.Objectif: 300 donneurs; n à Knowlton: Club de Lions Knowlton et le Club Optimiste de Lac Brome Inc., école Saint-Édouard (gymnase) 376, chemin Knowlton, de 14 h à 20 h.Objectif: 90 donneurs. 1LP0301A0508 A3 lundi 1LP0301A0508 ZALLCALL 67 00:44:23 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 3 L'EXPRESS DU MATIN Trois victimes de la route n Au moins trois personnes ont perdu la vie sur les routes du Québec au cours de la fin de semaine.Justin Joyce, un garçon de neuf ans grièvement blessé samedi matin lors d'un accident d'automobile sur l'autoroute 20 près de Cap- Saint-Ignace, dans la région de Montmagny, a finalement succombé à ses blessures.Il est décédé samedi soir à l'Hôtel-Dieu de Québec.Un jeune motocycliste de 19 ans est mort samedi soir dans le Bas-Saint-Laurent, après avoir perdu le contrôle de son véhicule.L'accident, qui serait imputable à la vitesse, est survenu vers 20h00 à Sainte-Louise-de-L'Islet, dans la région de Saint-Jean-Port-Joli.George Fonner, un travailleur d'Hydro-Québec âgé de 60 ans, est mort samedi après-midi dans un accident survenu au nord de Baie- Comeau.M.Fonner effectuait un dépassement quand il a aperçu un véhicule qui venait en sens inverse.Il a alors perdu la maîtrise de son automobile qui a percuté un rocher.Hélicoptère disparu n Deux jours de recherches effectuées par des équipes de Recherche et sauvetage des Forces canadiennes n'ont pas permis de retrouver un hélicoptère disparu dans la nuit de jeudi à vendredi, lors d'un vol entre Ottawa et North Bay en Ontario.L'appareil, un Bell 206 B, n'est jamais arrivé à destination.Le pilote de l'hélicoptère avait quitté Saint-Hubert en soirée jeudi pour Ottawa.Il a atterri dans la capitale fédérale puis a décollé vers 3 h vendredi pour North Bay, un voyage d'une durée de deux heures.Ce n'est que vendredi vers 18 h, que les Forces canadiennes ont été avisées de la disparition de l'appareil, après que le patron du pilote eut survolé lui-même le trajet que son employé devait prendre, sans rien déceler.Le pilote a été identifié comme étant Richard Gremeret, 30 ans, de Montréal.Pêcheur recherché n Les recherches afin de retrouver un pêcheur porté disparu depuis samedi dans la région du lac Caruter aux Milles-Îles, n'ont pas donné les résultats escomptés.Hier, des policiers de l'unité d'urgence de la SQ, assistés d'un hélicoptère, ont quadrillé la région où l'on croit que l'homme a disparu.Il s'agit de Daniel Basque, 42 ans, un résidant de Sainte-Anne-des-Lacs.La camionnette du pêcheur a été retrouvée au lac Caruter, en bordure de la route 329, vendredi vers 18 h, par le locataire de M.Basque.Selon le capitaine détective Daniel Lagacé, de la Régie intermunicipale de police de Rivière-du-Nord, qui enquête sur la disparition du pêcheur, les recherches sont d'autant plus compliquées que trois lacs se relient les uns aux autres, dont deux par portages seulement.Comme M.Basque possède un canot de 12 pieds propulsé par un moteur électrique, les policiers se demandent sur quel lac le pêcheur s'est rendu.Feux de forêt n Le Québec est aux prises avec plusieurs feux de forêt allumés par mégarde par des citoyens.Selon la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), la majorité de ces incendies sont causés par des gens qui ont perdu la maîtrise de leurs feux de broussailles.La SOPFEU rapporte pas moins de 132 feux de forêt depuis le début de la saison, alors que six seraient toujours en activité.Les secteurs les plus affectés sont Maniwaki, dans le nord-ouest du Québec, les Laurentides et Val-d'Or, en Abitibi.Longue poursuite policière n Deux hommes dans la vingtaine ont été arrêtés au cours de la nuit de samedi à hier au terme d'une longue poursuite policière dans la région de Mirabel, dans les Laurentides.À bord d'une voiture volée, ils avaient pris la fuite après avoir commis des vols par effraction dans un commerce et une résidence.Ils ont été pourchassés pendant plusieurs minutes sur l'autoroute 15 par des policiers de la Sûreté du Québec.Leur course a pris fin lorsque leur véhicule a heurté une clôture, derrière une résidence de Mirabel.Les deux hommes originaires de Boisbriand n'ont pas été blessés.Ils devront faire face à de multiples accusations.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Amenée par les manifestants dans le Vieux-Montréal, la Caillé devait déterminer qui serait le gagnant d'un bingo-vache.Marche du citoyen: 200 militants réclament plus de démocratie ANDRÉ DUCHESNE « Si le Québec a une vache à lait qui s'appelle Hydro- Québec, la Coalition des citoyens du Val-Saint-François possède la vache de la démocratie et elle s'appelle La Caillé », a lancé Jacques Laval, porte-parole de ce regroupement, à la Marche du citoyen tenue hier au centre- ville.Belle et tranquille Holstein de 11 ans, La Caillé avait une mission toute spéciale lors de cette manifestation qui a réuni environ 200 personnes.Amenée dans le petit parc coincé entre la place Jacques-Cartier et le Château Ramezay, dans le Vieux-Montréal, elle devait déterminer le gagnant du bingo-vache en laissant une bouse dans un enclos improvisé.La personne détenant le billet dont le chiffre et la lettre correspondaient à l'endroit où la vache laissait sa « carte de visite » gagnait un bel agneau biologique.Sauf qu'après une heure d'attente, La Caillé \u2014 aucun lien de parenté avec le PDG d'Hydro-Québec, ont précisé les manifestants \u2014 ne voulait pas se donner en spectacle.On l'a renvoyée à son fourgon et on a déterminé le gagnant en lançant dans l'enclos un peu de bouse récupérée à l'avance.Cela dit, les manifestants réunis à l'occasion de cette marche en avaient gros sur le coeur contre les instances politiques.Outre les membres de la Coalition du Val- Saint-François, ce groupe des Cantons- de-l'Est s'opposant à la construction de la ligne hydroélectrique Hertel-Des Cantons, il y avait des citoyens contre la venue de Matrec dans Saint-Henri, de SALAMI, un groupe écologiste de l'Île-des-Soeurs, et tutti quanti.« D'un groupe à l'autre, c'est toujours la même histoire, relève Monique Fournier du Val-Saint- François.Les citoyens ne sont jamais écoutés.Ils ne comptent pas dans l'opinion des gouvernements.En se rassemblant, on donne à monsieur et madame Tout-le- Monde un lieu pour s'exprimer.» Le trajet emprunté par les manifestants passait devant des lieux de pouvoir, aux dires de Mme Fournier : le siège social d'Hydro-Québec, le Palais des congrès où se tenait le congrès national du Parti québécois et la mairie de Montréal.Partout, ils ont réclamé un retour à la démocratie et à une véritable représentation des citoyens.Le PQ et Lucien Bouchard ont été l'objet de très sévères critiques.« Les gouvernements passent et se ressemblent tous.Celui-ci (du PQ) est l'un des pires.Nous n'avons pas jeté Maurice Duplessis à la porte il y a 50 ans pour nous retrouver avec son fils spirituel », s'est exclamé Jacques Laval.Pour Alain Moreau, un des résidants de Bois-des-Filions qui veulent des explications de leur conseil municipal sur l'aménagement d'un parc régional un peu trop envahissant à leur goût, les citoyens doivent aujourd'hui rendre visibles leurs revendications s'ils veulent faire avancer les choses.« Les élus ne consultent les citoyens que pour se donner bonne conscience, mais ils ne nous écoutent jamais.Il n'a pas d'autre moyen pour s'exprimer.» Devant l'hôtel de ville de Montréal, Monique Fournier a conclu la manifestation en lançant un « Vive les citoyens libres » calqué sur la célèbre déclaration du général de Gaulle de 1967.Elle a de plus annoncé une autre manifestation l'an prochain.Peut-être que d'ici là, La Caillé aura appris à jouer au bingovache devant public.Vent et foudre font des dégâts Presse Canadienne NOTRE-DAME-DE-PORTNEUF Preuve que l'été s'en vient, tout le sud du Québec a connu des orages bien estivaux, hier.Dans la région de Portneuf, où ils ont causé le plus de dégâts, la foudre a allumé un incendie sur une maison, et les branches d'arbres cassées ont endommagé quelques véhicules et causé une multitude de petites pannes électriques.Environnement Canada a relevé des rafales de vent allant de 90 à 100 km/h dans certains secteurs.À Notre-Dame-de-Portneuf, une petite municipalité située à deux ou trois kilomètres au nord-ouest de Portneuf, les pompiers volontaires et Hydro-Québec ont couru pendant une bonne heure, en fin de journée, allant d'un arbre cassé à un autre pour tenter de limiter les dégâts.Le toit de l'école a perdu quelques tuiles et des citoyens ont eu des bosses sur leurs automobiles et leurs remises.Le pompier volontaire Jean Morissette dit avoir vu des grêlons de la grosseur du bout de son doigt, avant que les précipitations ne se changent en pluie.Une pluie qu'il a vu venir comme un mur blanc, presque semblable à de la neige, dit-il.À certains moments, l'averse était si forte que les automobilistes s'arrêtaient sur le bord de l'autoroute 40, par mesure de prudence.Les longs éclairs qui zébraient le ciel n'avaient rien pour les rassurer non plus.À Donnacona, l'orage a allumé un incendie d'une façon assez inusitée.La foudre est tombée sur un arbre où était fixée une corde à linge métallique recouverte d'un plastique ; elle a suivi la corde et, par les ancrages métalliques, a pénétré dans le mur.Le feu a été rapidement éteint par les sapeurs.À un certain moment, 3500 clients d'Hydro-Québec étaient privés d'électricité dans la région de Québec, mais il s'agissait de petites pannes isolées, ce qui forçait les équipes de réparation à courir à gauche et à droite.Les policiers ont quant à eux dû composer avec des systèmes d'alarme complètement déboussolés, qui se déclenchaient pour un oui ou pour un non.Le mercure a grimpé hier jusqu'à 26 degrés au centre d'observation météorologique à Dorval.Jean-Guy Babineau, météorologue à Environnement Canada, a précisé que le record à battre pour un 7 mai est de 29,8 degrés, et remonte à 1982.Selon M.Babineau, la moyenne des températures à Montréal pour cette période de l'année est de 16,1 degrés. 1LP0499A0508 A04, lundi, G N RAL 1LP0499A0508 ZALLCALL 67 09:02:21 05/08/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Québec participe à un projet de parc industriel à la frontière entre Israël et l'espace palestinien Des plongeurs de la marine canadienne volent du homard depuis 15 ans GILLES GAUTHIER En guise de contribution au processus de paix au Proche- Orient, le gouvernement Bouchard participe à un projet d'établissement à la frontière entre Israël et le territoire palestinien d'un parc industriel tripartite groupant des entreprises, surtout privées, des trois partenaires.La Société générale de financement (SGF) et la Caisse de dépôt et placement du Québec pourraient également être impliquées avec des participations minoritaires, a précisé hier le ministre des Finances Bernard Landry, qui a fait état du projet à l'occasion du passage à Montréal, sous haute surveillance des services de sécurité, de l'expremier ministre israélien et prix Nobel de la paix, Shimon Peres.« L'approche est matérialiste », a affirmé le vice-premier ministre et ministre des Finances.« Si nous faisons coopérer des entreprises d'Israël, de Palestine et du Québec, c'est pour qu'elles fassent de l'argent, qu'elles investissent les marchés de la région et qu'elles servent de portes d'entrée mutuelles pour les différentes économies.» « Mais nous croyons que si une telle chose réussit sous l'angle matériel, il y aura des dividendes pour le processus de paix », a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse conjointe.M.Landry a expliqué que l'idée avait été mise de l'avant par Shimon Peres lors de la mission économique québécoise qu'il avait dirigée en Israël et dans les territoires de l'Autorité palestinienne à la fin de l'an dernier.« Nous avons poursuivi cette idée et avons présenté à M.Peres aujourd'hui (hier) un projet, qui est à l'état d'ébauche.Une mission québécoise se rendra sur place au cours des semaines qui viennent pour vérifier la faisabilité et nous prendrons des décisions au cours du mois de juin.» M.Landry précise qu'il s'agirait d'un parc à caractère technologique.« Mais il se pourrait très bien qu'il s'agisse, pour des raisons de marchés, de technologies faibles.Il y de faibles technologies qui se vendent à des millions d'exemplaires.» Il attendra par ailleurs que les décisions soient prises avant de faire état du nombre d'emplois qui pourraient être créés.Peres, qui occupe le poste de ministre de la Coopération régionale dans le gouvernement Barak, s'est dit impressionné par le travail effectué par le gouvernement du Québec depuis que l'idée a été lancée et a estimé que si la décision d'aller de l'avant est prise, les premiers résultats concrets pourraient être visibles sur le terrain d'ici une année ou deux.Outre sa rencontre avec M.Landry et des rendez-vous avec des membres de la communauté juive, l'ex-premier ministre a participé hier soir à un dîner de la section montréalaise de l'Association des amis canadiens de l'Université hébraïque de Jérusalem.Il a remis à cette occasion un prix à l'homme d'affaires Jean Coutu et à son épouse.Les sommes recueillies au cours de la soirée seront dépensées à Jérusalem pour l'établissement, à l'Université hébraïque, du Centre Jean et Marcelle Coutu pour l'amélioration de l'agriculture dans les pays en voie de développement.Presse Canadienne HALIFAX Des plongeurs de la marine canadienne volent du homard dans le port de Halifax, en Nouvelle Écosse, depuis 15 ans, sous le couvert de soi-disant « enquêtes d'évaluation écologique », ont appris des enquêteurs de l'armée.Ces exercices ont généralement lieu les jeudis, dans une anse à l'abri des regards, indique le document de la police militaire, daté de décembre 1999, obtenu en vertu de la Loi d'accès à l'information.Ces affirmations, attribuées à un informateur non identifié, ont conduit à l'ouverture d'une enquête conjointe de la police militaire et des agents du ministère fédéral des Pêches et Océans.À la suite d'une opération de surveillance menée l'automne dernier, des accusations de pratique du braconnage à des fins personnelles ont été portées en janvier contre neuf membres de l'unité des plongeurs d'élite des Forces canadiennes.Les dates des procès en cour martiale n'ont pas encore été fixées.Bien que les noms aient été retirés du rapport de 55 pages, des notes de plusieurs entrevues indiquent que le braconnage était fréquent.Un plongeur a révélé aux enquêteurs qu'il avait participé à des plongées de pêche illégale au homard à plusieurs reprises au fil des ans, y compris le 16 septembre dernier, alors qu'il faisait partie d'un groupe qui a pris un repas de homard et de bière sur une plage, après avoir capturé 45 kilos de homard.Bien qu'il ait dit ne pas savoir avec certitude si ses superviseurs étaient impliqués dans les plongées illégales, il a ajouté qu'il était « peu probable qu'ils ne soient pas au courant ».À la suite de la fête de plage de septembre, le reste des crustacés a été apporté aux cuisines de la base aérienne voisine de Shearwater, où une partie des bestioles ont été placées dans des réfrigérateurs, d'autres cuisinées pour une soirée à l'extérieur de la base et quelquesunes remises à des cuisiniers de l'armée, en guise de paiement pour avoir fait cuire les homards.L'un des plongeurs passibles de cour martiale a été décoré pour héroïsme dans les jours qui ont suivi la catastrophe du vol 111 de Swissair, qui s'est abîmé au large de la Nouvelle-Écosse en 1998.Des plongeurs ont alors risqué leur vie pour retrouver les enregistrements de vol et les restes humains au fond de l'océan.PHOTO ROBERT SKINNER L'ex-premier ministre d'Israël et prix Nobel de la paix, Shimon Peres (à d.), a remis hier à l'homme d'affaires montréalais Jean Coutu le prix Scopus, en réconnaissance de sa contribution au développement de l'Université hébraïque de Jérusalem.Ottawa et Washington interrompent un programme de mise à jour de NORAD Presse Canadienne OTTAWA Devant des coûts qui ne cessaient d'augmenter, les gouvernements canadien et américain ont abandonné leur projet de modernisation des ordinateurs qui assurent la protection anti-aérienne de l'Amérique du Nord.La ligne Norad a pour objectif de surveiller et de protéger l'espace aérien du continent nord-américain contre une attaque ennemie.Selon des documents obtenus par le Ottawa Citizen, les deux pays ont déjà dépensé au moins 65 millions $ US chacun pour moderniser les systèmes informatiques des postes de commandement régionaux de Norad, mais le coût des travaux, d'abord évalué à 40 millions, a connu une inflation galopante.Le principal fournisseur des logiciels et équipements informatiques, la société Litton Data Systems, de Californie, a annoncé l'automne dernier qu'elle évaluait alors le coût des travaux à au moins 300 millions.Il n'en fallait pas davantage pour que les gouvernements américain et canadien annoncent leur retrait du projet.« Nous n'avions d'autre choix que d'accepter les pertes, a déclaré le lieutenant-colonel Bryan Righetti, responsable canadien du projet de modernisation.On peut au moins se consoler en pensant qu'on aurait pu s'embourber davantage.» 1LP0502A0508 A05, lundi, ENTREVUE 1LP0501A0508 ZALLCALL 67 00:44:33 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 R A 5 L'anarchie n'est pas un parti Certains en ont contre la police.D'autres contre les multinationales.Il y a des défenseurs des animaux.Il y a des filles qui veulent abolir le « patriarcat ».Des gars qui veulent empêcher la privatisation de l'eau.Ils se disent tous « anarchistes » et ils étaient plus de 500, samedi, au Comité social du Centre-Sud, sur la rue Beaudry, au premier « Salon du livre anarchiste » de Montréal.« Salon », ça ne fait pas très anarchiste.Mais il y aurait entre tous ces anars bien des problèmes de mots et de définitions à régler avant de penser à celui-là, si on y tenait.Et justement, on n'y tient pas du tout.L'anarchisme, ce n'est pas un parti.On n'a pas de programme, on ne fait pas de congrès.L'anarchie, en ce moment, ça ressemble à un cri de ralliement sans visée politique immédiate pour des membres d'une génération qui, s'ils ont des idées de gauche radicales, ne veulent rien savoir des « partis » organisés.Ils ne sont pas désorganisés pour autant.On n'a jamais autant entendu parler d'eux : les manifs et la casse à Seattle contre l'Organisation mondiale du commerce ; Washington le mois dernier ; la manif du 1er mai à Westmount ; celle du 15 mars à Montréal contre la brutalité policière, où quelques-uns s'en sont pris à un restaurant Mc Donald, à une succursale bancaire, à un poste de police.« Les manifestations, ce n'est presque rien dans tout ce que je fais », dit Jaggi Singh, 27 ans, qui s'est fait connaître comme un des manifestants lors du fameux sommet de l'APEC, en 1998, à Vancouver, où les policiers de la GRC avaient généreusement aspergé les manifestants de poivre de Cayenne \u2014 ce qui allait donner lieu à d'interminables audiences publiques où l'on a remis en question le rôle du bureau du premier ministre.Singh, même s'il réfute toute notion de vedettariat, est une des stars du mouvement au Canada.Il s'est installé à Montréal depuis l'APEC et est un des organisateurs du salon.Il est un de ceux qui ont été arrêtés lundi à Westmount : « On a fait un grand crime, on a essayé de déranger les riches dans leur nid ! » Singh vient de Toronto, a un bac en histoire et philo de l'Université de Toronto et a étudié la linguistique à UBC.Un garçon aux idées bien organisées, aux cheveux courts et à l'accoutrement bien ordinaire.« 99 % de mon temps, ce n'est pas des manifs, c'est écrire des articles, organiser des événements, promouvoir des idées, faire des débats, je suis un être humain complet ! » dit-il.L'anarchisme a des racines philosophiques profondes, mais puise sa source essentiellement chez des penseurs du XIXe siècle.Littéralement, cela signifie « absence de pouvoir ».On comprend que les anarchistes ont en commun une aversion pour l'autorité sous à peu près toutes ses formes.À partir de ce point de rencontre, les pistes se brouillent.Pour Singh, l'anarchisme, c'est « l'aide mutuelle, la solidarité, l'absence de hiérarchie et de toute forme de discrimination ou d'exploitation ».La violence ?La violence n'est pas toujours où l'on croit, dit-il.La pauvreté, l'injustice, c'est une forme de violence.Les citoyens ont un droit de légitime défense face à ceux qui la leur impose, dit-il.Les Indiens du Chiapas qui prennent les armes ne font que se défendre, d'après lui.Mais ici ?« La lutte armée n'est pas nécessaire.Je suis contre la violence, on ne peut pas baser une société là-dessus.» Pour lui comme pour les autres ici, le parlementarisme, les élections sont une blague à laquelle ils ne veulent pas participer.La lutte n'est pas entre libéraux et péquistes, mais « entre privilégiés et marginalisés », dit-il.n n n Manu, 21 ans, est membre des Citoyens opposés à la brutalité policière.Le COBP a organisé quelques manifs tapageuses, ces derniers temps, dont celle du 1er mai.(Une fête, au fait, qui vise à commémorer des anarchistes défenseurs des droits ouvriers exécutés à Chicago en 1887, rappelle dans un petit livre sur l'anarchisme Normand Baillargeon, prof à l'UQAM et co-organisateur du salon).« Depuis que je suis haut de même que je me fais écoeurer par la police », dit Manu.Il a les cheveux en dread locks, ces sortes de boudin, dont trois, quatre au bout « bleaché », et s'habille, disons, post-grunge-néosqueedgee.Il est derrière le comptoir du COBP.Il vit de l'air du temps.Il n'a pas de diplôme.« Je crois pas à ça, les institutions.Je m'éduque moi-même.» \u2014C'est quoi, l'anarchie ?\u2014 C'est une philosophie, comme.On fait pas une manif pour l'anarchie, ç'a pas rapport, t'sais.On fait une manif contre le capitalisme ou la violence policière, mettons.\u2014Tu rêves à quel genre de société ?\u2014J'en voudrais pas, une société.Un peu plus loin, il y a la table des riot grrrl montreal.Les deux filles ne veulent pas se nommer.Elles sont des féministes « antihiérarchiques ».Leur nombre « varie de deux à 12 » et elles ont « entre 18 et 23 ans », me disent- elles.Elles se sont regroupées pour « parler de ce qui nous écoeure, se supporter, réaliser ce qui a besoin d'être réalisé entre soeurs » : spectacles punks, lutte contre les images de beauté féminine « quasi suicidaires qui nous sont imposées par la société ».Sur les tables, les livres sur tous les contestataires et révolutionnaires du siècle.Che.Zapata.Chomsky.Free the animals.École libre.And God Created Punk.Je regarde le journal Rebelles quand j'arrive face à face avec un rat.Enfin, une fille qui a un rat sur l'épaule.Rebelles, c'est un périodique « socialiste libertaire » qui a 200 abonnés et qui en vend 300 autres exemplaires ici et là.Martin Petit \u2014 pas le comique \u2014 écrit là-dedans.C'est un ancien étudiant de Léo-Paul Lauzon, à l'UQAM.Il a fait toutes ses études de comptabilité.Il en a contre « le recul de la citoyenneté ».« Je ne veux pas que le monde soit réservé à ceux qui ont de l'argent.Il y a 1,7 milliard de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable sur terre.La solution n'est pas de privatiser l'eau, mais de les aider à en avoir.» Il dit que si les coûts réels de l'automobile étaient pris en compte (écologie, santé, sécurité), une voiture ne coûterait pas 15 000 $, mais 50 000 $.Il dit qu'il n'accepte pas de réduire l'existence à « l'accumulation sans borne de richesses ».Il prône l'autogestion.En attendant de commencer une maîtrise avec le prof Baillargeon, il écrit sur Internet dans un périodique anarchiste (ao.qc.ca).Norman Nawrocki, de Rythm Activism, est un artiste anarchiste souriant.Sur sa table, son CD, Jesus was gay.Il ne peut pas accepter, dit-il, que dans une société si riche, tant de gens n'aient rien à manger.Il vient souvent ici, au Comité social du Centre-Sud, donner des spectacles gratuitement.« Il y a plein de gens, de 15 ans, de 80 ans, qui viennent ici chercher un sac de nourriture.C'est pas juste.Tu comprends ?» yboisver@lapresse.ca 1LP0601A0508 a 6 LUNDI 1LP0601A0508 ZALLCALL 67 00:43:12 05/08/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Politique L'emprise de Lucien Bouchard sur le parti est maintenant totale Il y avait quelque chose de pathétique, samedi, à voir Yves Michaud et Jean-Marc Léger, se faire battre à plate couture sur des propositions qui visaient à radicaliser le programme du PQ sur la langue d'affichage et l'admission aux cégeps anglophones.Depuis près de quarante ans, les deux septuagénaires faisaient partie du corps d'élite du mouvement indépendantiste.En fin de semaine, ces compagnons d'armes de René Lévesque sont devenus des marginaux dans le parti de Lucien Bouchard.Après leur tentative ratée \u2014 appuyés seulement par une poignée de militants montréalais \u2014, les deux seniors se sont contentés de faire des leçons de grammaire aux délégués, pour faire bonne mesure.« Que sont mes amis devenus », la complainte de Rutebeuf devenue chanson était, paraît-il, un des textes préférés de René Lévesque.Il se serait probablement demandé ce qu'est devenu son parti s'il était passé au Palais des congrès en fin de semaine.Finis les affrontement fébriles où pendant des heures les militants s'empoignaient dans le détour d'une phrase.Avec l'encadrement étroit des permanents du parti, les militants péquistes ont, en fin de semaine, donné au gouvernement toute la marge de manoeuvre que désirait M.Bouchard.On avait même gardé en poche la promesse d'un conseil national spécial pour préparer les états généraux de la langue, une carte que M.Bouchard n'a même pas eu besoin d'abattre.Bien sûr, certains péquistes avec la foi du charbonnier tentaient de faire leur beurre de ces états généraux.Ils « peuvent devenir un élément important pour la tenue d'un référendum, une seconde commission Bélanger-Campeau pour créer un momentum », espérait André Rény, président de Mercier.Lucien Bouchard et Bernard Landry eurent tôt fait de couper les ailes à cette thèse.Un tel plan ferait d'ailleurs fuir anglophones, fédéralistes et gens d'affaires de ce forum qui, maintenu le plus large possible, ne s'éloignera guère du statu quo.En fait, l'exercice annoncé de l'automne prochain aura d'abord et avant tout servi de soupape pour « passer le congrès ».Au terme du congrès, l'emprise de Lucien Bouchard sur le parti est totale.S'il n'avait pas lui-même passé l'expression à la trappe, il aurait pu dire hier que l'unanimité au PQ était une des « conditions gagnantes » pour la souveraineté.Après avoir fait entrevoir la « Terre promise » de la souveraineté à ses militants, vendredi soir, et souligné, dimanche, « l'obsession » de tout son parti pour la souveraineté, M.Bouchard sera plus modéré dans les prochains jours.L'option reste en panne dans les sondages et on restera bien loin de 1995 où chaque geste du gouvernement Parizeau était calculé en fonction du test référendaire.Les amis Pour un Rodrigue Larose, délégué de Sherbrooke et militant depuis des décennies, l'unanimité de la fin de semaine a eu son prix.Au fil des années, « les militants purs et durs furent marginalisés, beaucoup ont fait défection, ils sont encore souverainistes mais ne veulent plus consacrer d'énergie à un Parti québécois qui s'est édulcoré avec les années ».Depuis son arrivée, en janvier 1996, Lucien Bouchard a plus d'une fois dû composer avec des éléments contestataires au sein de son parti.Or, que sont devenus ces derniers ?Bien sûr, plusieurs ont quitté ; les Andrée Feretti, Louis O'Neill, qui ronchonnaient dans les coulisses du congrès de 1996, brillaient par leur absence en fin de semaine.Mais les deux trouble-fête de 1996, Bruno Viens et Sylvain Lépine, ont eux carrément changé de vie.Jeune homme brillant, M.Viens briguait la vice-présidence.Son élection aurait rendu service à M.Bouchard ; ce lieutenant aurait pu jouer de sa crédibilité d'ex-dissident auprès des militants plus récalcitrants.Battu hier par Marie Malavoy, il aura, a promis M.Bouchard, long avenir au sein du PQ.M.Lépine est depuis des années au cabinet de David Cliche, et fait mine de tirer une fermeture éclair sur sa bouche quand on lui adresse la parole.Un autre dissident, Maxime Barakat, est passé lui au cabinet de Pauline Marois et ne se mêle plus guère du parti, hormis pour veiller aux intérêts de Pauline Marois.Marie Malavoy ne posera guère de problèmes à M.Bouchard \u2014 déjà, elle s'était dite pratiquement en faveur du statu quo sur la question linguistique.Les nouveaux leaders montréalais sont bien différents du duo de 1996.Luc Thériault, de Montréal- Ville-Marie, et Mario Beaulieu, de Montréal-Centre, sont, il y a plusieurs semaines, allés rencontrer la ministre Louise Beaudoin pour discuter de la façon d'aborder la question linguistique au congrès.La résolution qui fut adoptée correspond presque en tout point à ce que souhaitait le bureau de M.Bouchard.Pour un militant en vue depuis longtemps, Paul André Quintin, de Trois-Rivières, « le PQ n'est plus dans les points et virgules d'un texte, mais il y a entente sur les objectifs », et c'est ce qui explique l'unanimité derrière M.Bouchard.Autre changement majeur depuis la période de René Lévesque, les militants voient différemment leur rôle par rapport au gouvernement.« Ils n'ont plus cette volonté qu'ils ont eu pendant des années de gérer à la place du gouvernement », observe M.Quintin.La mission du PQ est de promouvoir la souveraineté, insiste-t-il.Pour Mario Beaulieu, le président de Montréal-Centre, un poste qui a toujours été lourd de symbolique au PQ, la rhétorique autour des radicaux, des orthodoxes au PQ a fait son temps.« Je ne me considère pas comme un radical ».De nombreux nouveaux visages sont apparus dans les structures du PQ.« C'est comme dans l'ensemble de la société, les plus jeunes sont moins dogmatiques, moins portés à être seulement sur les principes.» Les péquistes se sont-ils adaptés à Lucien Bouchard ?D'abord, beaucoup de visages ont changé.Un exemple : sur 14 comtés dans Montréal Centre, 12 présidents d'association sont arrivés depuis 1996, soit après le congrès qui avait été si difficile pour Lucien Bouchard.Au Bureau national, la moitié des élus n'étaient pas là avant l'arrivée de M.Bouchard, et des contestataires comme Gilles Lavoie, du comité de l'Environnement, savent qu'il seront sur des « sièges éjectables » au prochain conseil national.Hier, ni M.Michaud ni M.Léger ne sont intervenus en plénière sur la question de la langue.En fait personne ne prit la parole au « micro contre » sur des résolutions pourtant si chaudement disputées la veille.Ironiquement, en après-midi, au rez-de-chaussée du Palais des congrès où les péquistes tenaient leur rassemblement, on entendait une présentatrice vendre des vêtements de haute couture aux enchères, pour financer la recherche sur le sida.Parfaitement audible par les délégués péquistes, sa harangue, lourdement amplifiée, était.en anglais seulement.ANALYSE Denis Lessard PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Les militants péquistes ont donné au gouvernement toute la marge de manoeuvre que désirait M.Bouchard.Le pot serait à l'index dans un Québec souverain Les maires de la couronne nord courtisent les députés péquistes de Lanaudière ALEXANDRE SIROIS Même dans un Québec souverain, le pot demeurerait une substance proscrite, ont tranché hier les militants péquistes.Les résolutions au sujet des questions les plus controversées, comme la langue et la notion de partenariat, avaient provoqué de vigoureux débats samedi, et elles ont été aisément entérinées hier.Certaines propositions ont tout de même soulevé les passions au cours de la journée, dont celle sur le pot.D'autres propositions contestées, parmi les dizaines examinées par les délégués, concernaient notamment la question de savoir si le gouvernement péquiste doit investir dans la promotion de la souveraineté, et la mise en valeur de la ville de Québec en tant que « capitale nationale ».Ce sont les péquistes de Laval qui étaient à l'origine de la proposition visant la décriminalisation du cannabis après l'accession à la souveraineté.Le vote à main levé a été assez serré pour être repris, mais une majorité de militants a rejeté la résolution à la suite de débats brefs mais houleux.« Le fait de fumer du cannabis est un choix de vie », a affirmé le porte-parole de la résolution, Mathieu Breault, un jeune militant du comté de D'arcy Mc Gee, dont le plaidoyer à suscité les applaudissements d'une bonne partie des délégués.« Le cannabis est toléré en Hollande, et l'expérience nous montre bien qu'il n'y a pas de laisseraller économique à cause de cette ouverture d'esprit.Le cannabis pourrait, par ses multiples usages industriels, contribuer à diminuer la pollution sur la planète », a-t-il ajouté, soulignant aussi les effets bénéfiques de la marijuana pour certains malades.« Donnons-nous le droit d'avoir un autre monde dans un pays souverain », a conclu M.Breault, ce qui n'a pas plu à Jocelyn Jallette, un militant du comté de Joliette.« Le goût d'avoir un autre monde, je tiens à l'avoir de façon réelle, a-t-il répliqué.Je suis contre la décriminalisation.Et, en plus, de voir la décriminalisation associée à un Québec souverain, je trouve ça très embêtant.Il ne faudrait pas qu'on se mette à associer la souveraineté avec un petit joint de pot ! » Québec gagne Les militants péquistes ont par ailleurs donné leur aval à une proposition visant la « mise en valeur de la capitale nationale », entre autres en y localisant la résidence officielle du premier ministre du Québec, celle du chef de l'opposition officielle, les bureaux centraux des ministères sans vocation régionale et certains organismes gouvernementaux.« On dit : faisons de notre pays un vrai pays, et ça, ça suppose notamment une capitale avec les attributs qu'on retrouve dans toutes les capitales du monde », a déclaré Gilles Grenier, président des péquistes de la capitale nationale.« Je ne comprends pas cette frilosité de Québec.Ils ont déjà toutes les instances », a répliqué un délégué de Bourget, Marc Michaud, qui a, malgré tout, vu une majorité de délégués voter en faveur de la proposition.Les militants péquistes étaient également divisés quant à l'opportunité d'exhorter le gouvernement du Parti québécois à financer la promotion de la souveraineté.« Je ne suis pas contre qu'on travaille pour obtenir notre souveraineté, mais je crois qu'on va l'avoir de toute façon, en écoutant les gens », a affirmé Francine D'Aoust, du comté de Papineau.« Nos adversaires puisent dans les impôts de tout le Canada pour faire la promotion du fédéralisme.Il est temps d'ouvrir la machine et d'employer les fonds publics à la promotion de la cause nationale », a riposté Pierre de Bellefeuille, du comté d'Outremont.Une majorité de militants a partagé son avis et a ainsi demandé aux péquistes d'investir « dans des organismes de promotion de la souveraineté ».MARTIN PELCHAT Après avoir obtenu un certain succès en courtisant les députés péquistes de la couronne nord, les préfets et maires de cette région opposés à la réforme municipale de Louise Harel se rapprochent maintenant des députés de Lanaudière, dont les ministres Guy Chevrette et Gilles Baril.Les représentants des 29 municipalités de la couronne nord ont rencontré jeudi soir cinq députés de Lanaudière.Les ministres Chevrette et Baril étaient présents, de même que les députés Jocelyne Caron (Terrebonne), Gilles Labbé (Masson) et Jean-Claude Saint-André (L'Assomption).Absent, le ministre François Legault y avait délégué un collaborateur.« On a leur appui », affirme la mairesse de Repentigny, Chantal Deschamps, qui participait hier, en compagnie de ses collègues, à une manifestation à l'entrée du congrès national du PQ.« Dans les journaux locaux, à Joliette, il (M.Chevrette) s'est déjà prononcé contre la réforme.Guy Chevrette a toutefois nuancé les propos de la mairesse.« On les a écoutés, dit-il.Ils nous ont fait part de leur mécontentement général du dossier et qu'ils demandaient l'abolition de l'obligation de fusions, etc.» « Je leur ai dit surtout que ce n'était pas dans la confrontation qu'on trouvait des solutions.Qu'ils se devaient de collaborer à élaborer des propositions constructives et que là-dessus, on se ferait le trait d'union entre le gouvernement et les élus municipaux.Ils nous ont dit qu'ils prépareraient une proposition et qu'ils nous la donneraient.» M.Chevrette agira donc comme intermédiaire au nom de ses collègues de Lanaudière, tandis que Jocelyne Caron assurera la coordination entre les députés de la couronne nord et la Table des préfets et maires.Louise Harel a pour sa part affirmé pouvoir toujours compter sur l'appui des neuf députés de la couronne nord et de Lanaudière : « Mes collègues m'ont parlé de cette rencontre et je suis assurée de leur solidarité.La ministre présentera cette semaine à l'Assemblée nationale ses projets de loi créant les communautés métropolitaines de Montréal, Québec et Hull et habilitant le gouvernement à décréter des fusions.«Il y a 92 maires de petites, moyennes et grandes villes qui ont demandé au gouvernement de tenir son calendrier et d'aller jusqu'au bout de cette nécessaire réforme », souligne-t-elle, avant d'inviter à nouveau les maires à participer aux travaux du comité d'élus accompagné par son mandataire Louis Bernard.Des fraises pour tous Les maires de la couronne nord réclament que leurs villes soient exclues de la réforme.Ils décideront vendredi de tenir des référendums à ce sujet.Hier, ils attendaient les délégués au congrès du PQ, à l'entrée du Palais des congrès, avec des paniers de fraises.Il s'agissait d'exploiter une déclaration attribuée à la ministre : « Sans la présence de Montréal, les municipalités de la couronne nord ne seraient que d'immenses champs de fraises », aurait déclaré récemment la marraine du livre blanc.« Notre région s'est développée depuis trois siècles, dit le leader des maires de la couronne nord, Yvan Deschênes, maire de Rosemère.Les citoyens ont été très déçus de ces commentaires parce que ces familles sont enracinées dans notre région.L'appartenance est très forte.» « Nous sommes autonomes à tout point de vue, industriel, commercial, touristique, dit-il.Il va falloir faire comprendre au gouvernement qu'on doit faire cette distinction et ne pas mettre tout le monde dans le même.casseau de fraises.» « J'appelle ça de la propagande », a protesté Louise Harel, non sans souligner que les fraises arrivaient de Californie.« Je suis moi-même originaire de la Rive Nord.Une grande partie de ma famille élargie y est toujours.Il ne me serait jamais venu à l'esprit de tels propos que ceux qui m'ont été attribués.» PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Lucien Bouchard est félicité par une partisane du PQ. 1LP0701A0508 A07, lundi, ENTREVUE 1LP0701A0508 ZALLCALL 67 00:43:28 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 7 Entrevue avec.Jean-Pierre Ferland La vie, c'est de l'ouvrage Nathalie Petrowski Jean-Pierre Ferland a eu plusieurs femmes dans sa vie.Mais il a surtout eu plusieurs maisons.La maison de la rue Chambord à Montréal où il a grandi avec ses six frères et soeurs.La maison, angle Maisonneuve et Saint-Mathieu, partagée avec Gilles Talbot et Ginette Reno, et surnommée le Motel Alfred pour la grande liberté sexuelle qui y régnait.Un appartement splendide rue du Musée, avec une vue imprenable sur la ville et une terrasse plus grande qu'un terrain de baseball.Jean-Pierre Ferland a aussi failli habiter un petit manoir dans la campagne française.C'était à la sortie de Je reviens chez nous son grand succès en France, repris par Nana Mouskouri et qui sur une vingtaine d'années lui a rapporté plus d'un million en droits d'auteurs.À l'époque, le grand Eddy Barclay (de la compagnie de disque du même nom) croyait tellement en Ferland qu'il était prêt à lui offrir un manoir sur un plateau d'argent.En visitant les lieux et en se promenant dans les champs autour, Fernand s'était penché pour ramasser une poignée de terre.La terre poussiéreuse s'est effritée dans ses mains comme un tas d'os ou de cendres.Cette image morbide frappa tellement le chanteur que peu de temps après, il prit le premier avion pour Montréal, abandonna sa carrière française et comprit à quel point en écrivant Je reviens chez nous, il avait été sincère.Quelques années plus tard en revenant de Saint-Gabriel de Brandon, Ferland tomba par hasard sur une petite maison plantée à l'orée de 90 acres dans un rang au fond de Saint-Norbert.Déjà flambeur et donc, déjà cassé comme un clou, l'ex-comptable emprunta la somme à un ami.Sans le savoir, il venait d'acheter ce qui allait devenir son île, sa ville, son coin de paradis.Pendant quelques années, Ferland n'habita la maison de Saint Norbert que les fins de semaine.Un jour, il ferma boutique à Montréal et s'installa définitivement dans un lieu qui devint tout pour lui : un refuge, un point d'ancrage, une « Place des Arts » et un atelier de méditation et de création.Aujourd'hui, peu importe où il chante \u2014 Montréal, Québec, Chicoutimi \u2014, il revient le soir même.Avant, c'était lui qui conduisait.Depuis ses ennuis avec la police, il a un chauffeur.« En perdant mon permis (qu'il a depuis retrouvé), j'ai perdu ma passion pour les voitures (qu'il collectionnait comme les femmes).Maintenant, conduire, faire de la vitesse, avoir une Jaguar, tout ça ne m'intéresse plus » dit-il assis sur une chaise berçante en fixant l'horizon de champs nus.Le prétexte de notre rencontre dans la maison de Saint-Norbert est purement promotionnel et vise à rappeler que dimanche prochain, Jean-Pierre Ferland chantera au brunch de la fête des Mères du Théâtre Corona.Mais Ferland n'est pas un vendeur de salade.Ce n'est pas vendre qui l'intéresse, c'est séduire : n'importe qui et n'importe quand.Aussi ses rapports avec les journalistes sont-ils exceptionnellement cordiaux.Pas parce que Jean- Pierre les flatte dans le sens du poil.Plutôt parce qu'il a le don de transformer une banale entrevue promotionnelle en un moment de fête, de grâce et de fun.Avec les journalistes, je le soupçonne de se livrer à la même entreprise de séduction qu'il réservait jadis aux femmes quand il n'était pas encore casé avec Dyane, sa compagne depuis 17 ans.Je le soupçonne de les séduire par la bande.Pas en cherchant à les impressionner par ses exploits mais plutôt en s'intéressant à eux, en leur disant ce qu'ils veulent entendre et en devenant, l'espace de quelques heures, celui qu'ils voudraient qu'il soit.C'est ainsi qu'il s'est lancé dans la chanson au début des années 60.À l'époque, il était petit comptable à Radio-Canada.Pour charmer ses chums, Pierre Nadeau et Richard Garneau, il grattait la guitare en chantant n'importe quoi.Mal lui en prit.Il commença par gagner le concours de la chanson canadienne, puis un concours international contre nul autre que Léo Ferré ! De ses débuts jusqu'à aujourd'hui, quarante ans se sont écoulés, quarante années divisées en autant de périodes et de palettes de couleurs : la période rose où le chanteur « pognait » et remplissait ses salles, la période noire des salles vides, sa période d'animateur à la télé, sa période jaune (du disque du même nom), sa période Gala (de la comédie musicale du même nom), le tout ponctué de coups de foudre, de peines d'amour, de fric jeté par les fenêtres, de virées des grands ducs, de nuits d'alcool et de cigarettes et de quelques accidents de parcours, que cela soit en auto, en moto ou en skidoo.Quand il pense au temps écoulé, Jean-Pierre soupire en déclarant que c'est pas l'amour qui est de l'ouvrage, c'est la vie.La sienne fut particulièrement bien remplie.Assez étrangement pourtant, le doute et l'absence de confiance en luimême semblent avoir été ses plus fidèles compagnons à travers toutes ces années.« J'ai mis énormément de temps à croire dans ce que je faisais, raconte- t-il.Tout a changé avec Écoutes pas ça, mais avant ce disque qui est arrivé tard dans ma vie, je ne m'aimais pas.Je me prenais pour un imposteur, et surtout, j'étais paralysé par le trac.Le trac, c'était ma maladie.C'était ma mort.Ça m'enlevait mes moyens et même quand je me retrouvais sur scène, j'avais encore le trac pendant la moitié du show.La moitié, c'est pas des farces ! » Ferland croit que cette maladie a failli avoir raison de sa carrière.Elle est responsable selon lui de plusieurs de ses échecs.Et des échecs, il y en a eus.Si vous les avez oubliés, Ferland se fera un plaisir de les énumérer avec l'autodérision amusée d'un homme qui, à 66 ans, est toujours incapable de se prendre au sérieux.Il y a une dizaine d'années, Ferland était obsédé par l'idée de vieillir et jurait que lorsque la face lui tomberait trop, il se retirerait de la scène.Le spectacle d'un vieil homme s'accrochant à la scène façon Charles Trenet le dégoûtait aussi bien physiquement que philosophiquement.Il n'a pas changé d'idée et c'est peut-être pourquoi depuis un an, Ferland se cherche ce qu'il appelle son « plan de pension ».Traduire, une source de revenu qui lui permettra de bien vivre sans nécessairement être obligé de monter sur scène à tout bout de champ.Tout dernièrement, il a trouvé le truc qui le mènera au plan de pension.Il s'agit d'une comédie musicale qui racontera la fabuleuse histoire d'amour du duc de Windsor qui a renoncé au trône d'Angleterre pour l'amour d'une femme du nom de Wallis Simpson.Ferland s'est énormément documenté sur le sujet.Il a lu les lettres d'amour du couple ainsi que le livre d'Alain Decaux, intitulé L'abdication.Un moment, il a eu peur que le duc ait collaboré avec Hitler.Vérification faite, la famille royale était de souche allemande.Elle a rencontré Hitler avant la guerre mais n'aurait jamais collaboré avec son régime.Ferland a déjà écrit une bonne partie du livret sur des musiques de ses collaborateurs Alain Leblanc et Bobby Cohen.ll a même trouvé un titre : Le noeud Windsor, noeud de cravate inventé par le duc.Ferland se promet bien de ne pas répéter les erreurs de Gala.« Mon feeling quand j'écrivais Gala était confus.Je voulais parler du surréalisme qui est un sujet particulièrement ardu et j'ai joué au professeur.J'ai cru que j'allais apprendre quelque chose aux gens.C'était une mauvaise idée.C'était pas la place pour le faire.» Quant à l'immense battage médiatique qui a précédé et qui a en quelque sorte calé Gala, Ferland affirme qu'il n'avait pas le choix.Gala était une production immense et coûteuse.Il fallait qu'il vende un nombre record de billets(si possible avant que sortent les critiques) sinon il y laissait sa chemise.Le noeud Windsor sera une oeuvre plus modeste avec seulement quatre personnages.Certains jours, Ferland est convaincu que cette deuxième incursion au pays de la comédie musicale sera la bonne.Lorsqu'il se met à douter, il ferme ses yeux et se revoit il y a 30 ans, assis dans ce restaurant à Paris où le duc et Wallis dînaient.Tout au long du repas, le petit garçon du notaire Albert Flamand avait couru entre les tables en criant que son père était assis avec une vedette du nom de Jean- Pierre Ferland.Tant et si bien qu'en sortant de table, le duc et Wallis s'étaient sentis obligés de le gratifier d'un « bonjour Monsieur Ferland ».À l'époque, le chanteur avait interprété leur salut comme une formalité, un geste de pure politesse.Aujourd'hui, il aime croire que même sans se douter qu'il écrirait un jour une comédie musicale sur leur histoire, Wallis et le duc lui ont dans les faits donné leur bénédiction.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse Jean-Pierre Ferland, chez lui à Saint-Norbert Le succès du congrès péquiste n'inquiète pas les libéraux ALEXANDRE SIROIS Le succès du congrès péquiste, qui a pris fin hier soir, n'inquiète ni les députés du Parti libéral du Québec, ni son chef, Jean Charest, qui croit même que les choix des souverainistes risquent de désavantager le Parti québécois.« C'est un succès de congrès pour les militants du Parti québécois, mais j'ai de la difficulté à voir où la population du Québec va suivre alors que, de toute évidence, elle veut que le gouvernement du Québec s'occupe de dossiers comme la santé, l'économie, l'emploi, et (que) ce que M.Bouchard annonce en fin de semaine, c'est que son gouvernement place au centre de toutes ses actions la souveraineté », a déclaré M.Charest lors d'un point de presse, à la suite du congrès péquiste.L'obsession référendaire du Parti québécois, réaffirmée au cours du week-end, pourrait d'ailleurs servir le Parti libéral, a insinué M.Charest.« Si j'ai bien compris ce que M.Bouchard dit, il ne veut pas fixer d'échéancier sur la question référendaire.Ça voudrait donc dire que la question d'un autre référendum serait au coeur de la prochaine campagne électorale, comme enjeu.Alors, pour nous, ce n'est pas mauvais.Au contraire.», a-t-il lancé.Le chef libéral a ajouté que le succès du congrès était en fait « une mauvaise nouvelle » pour les Québécois.« Je vois surtout ça de la perspective des intérêts de la population du Québec, a-t-il déclaré.Je pense qu'on creuse davantage le fossé entre le gouvernement et la population avec le congrès de la fin de semaine.» Questionné sur ses espoirs quant au vote de confiance auquel il fera face l'automne prochain lors du congrès de son parti, à l'instar de M.Bouchard samedi, M.Charest n'a pas voulu se commettre.« On vise toujours le chiffre le plus élevé possible.(.) Ce sera mon premier test comme chef du Parti libéral du Québec, alors les militants pourront se prononcer à ce momentlà », a-t-il dit Deux députés libéraux contactés par La Presse hier ont également affirmé que la performance péquiste du week-end n'aurait aucun effet négatif sur le Parti libéral, qui demeure en deuxième place dans les intentions de vote depuis un certain temps.« Ça ne change pas grand chose pour nous », a soutenu le député de Westmount-Saint-Louis et président du caucus libéral, Jacques Chagnon, qui a d'ailleurs précisé qu'il était certain, avant même le début du congrès, que toute polémique en serait absente.« Personnellement, je ne m'attendais pas à autre chose.Je n'ai aucune surprise.J'avais dit aux gens : il va faire beau, faites vos jardins, parce qu'il ne se passera rien au congrès du PQ », a-t-il déclaré.« De la minute qu'il (le PQ) arrête de parler des problèmes linguistiques ou de la question de la souveraineté, ça peut devenir problématique », a admis M.Chagnon, tout en affirmant que c'est plutôt le contraire qui s'est passé au cours de la fin de semaine.« Le PQ et son chef sont pris dans une situation schizophrénique, a estimé M.Chagnon.Les militants n'ont qu'un objectif en tête : faire l'indépendance du Québec le plus vite possible et régler les problèmes de la langue, et, parallèlement, la population ne veut pas de ces options-là.» Le député de Verdun, Henri- François Gautrin, a pour sa part maintenu que si le déroulement du congrès avait été un succès, côté forme, cela ne signifiait pas pour autant que, côté fond, on pouvait qualifier de réussite la sélection des sujets abordés par les militants péquistes.« Ça ne veut pas nécessairement dire qu'ils ont amélioré leur discours (.) Ils n'ont pas apporté de solutions sur les problèmes de la santé, ni sur les grandes questions comme celles du vieillissement de la population et de la croissance économique », a dit M.Gautrin, abondant dans le même sens que son chef.Il a ajouté que pour voir une formation politique se pencher sur ces dossiers, il faudra attendre « au prochain congrès du parti libéral du Québec, en octobre ». 1LP0801A0508 A6 lundi 1LP0801A0508 ZALLCALL 67 00:41:40 05/08/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Santé mentale PHOTO ROBERT NADON, La Presse À la Maison Arc-en-ciel de Granby, les repas se préparent en groupe.Les intervenants touchent de petits salaires et la direction se creuse les méninges pour boucler le budget.L'essentiel est néanmoins préservé : la clientèle, composée de cas souvent très lourds, reçoit un encadrement de premier ordre.La survie grâce aux dons charitables Partout au Québec, des organismes communautaires soutenant les « multipoqués » de la vie, ces gens aux prises avec de graves problèmes physiques ou mentaux, se fendent l'âme pour dénicher les trop rares dollars leur permettant de remplir leur mission.Leur défi est particulièrement exigeant en santé mentale, et encore plus dans la grande région de la Montérégie.L'histoire de la Maison Arc-en-ciel, de Granby, L'an dernier, les 36 fenêtres de la Maison Arc-en-ciel de Granby, qui héberge 10 personnes souffrant de maladie mentale, ont été changées grâce à un appel à tous qui a récolté 8000 $, et à une journée vins et fromages de 11 500 $.Déjà, une autre fenêtre dont le remplacement était plus urgent avait été payée par le club Kiwanis qui a aussi changé la pompe du bain tourbillon et acheté la peinture pour la clôture de la piscine.Un ingénieur à qui on avait vendu la bonne cause a remonté le système de ventilation déficient.La photocopieuse réusinée et l'ordinateur ?Des dons du commerce Photo Service et d'IBM.Le revêtement de plancher ?Un cadeau de Domco.Le poêle et les ventilateurs ?Un gros merci à la Banque de Montréal.La télé et le divan-lit pour l'intervenant de nuit ?Achetés grâce à une compagnie d'assurances qui a voulu demeurer anonyme.Le bois de foyer vient du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.La chaise sur laquelle on m'a invitée à m'asseoir ?Un démonstrateur.On pourrait continuer ainsi à l'infini, véritable litanie à la mesure des misères quotidiennes de la Maison.La bataille pour la survie, c'est le lot quotidien d'un organisme comme la Maison Arcen- Ciel, une des moins subventionnées de la Montérégie qui est elle-même la plus pauvre des régions avec les Laurentides (on excepte Laval qui va chercher de nombreux services à Montréal).Les levées de fonds: presque du temps plein En embauchant pour directeur Danny Lamoureux en 1987, le conseil d'administration voulait avant tout un éducateur-gestionnaire.Ils ont obtenu en prime un vendeur qui a permis à la Maison de poursuivre sa vocation malgré ses maigres ressources.Pour y arriver, c'est au moins 80 % de son temps et de son inventivité qu'il doit consacrer à la recherche de fonds ou de dons.Beaucoup trop si l'on considère que la clientèle, des schizophrènes dans la plupart des cas, est extrêmement lourde et réclame un encadrement important et constant, et les intervenants, un soutien tout aussi solide.Les éducateurs, souvent des bacheliers en processus de maîtrise ou à tout le moins des détenteurs d'une technique collégiale, reçoivent 7 $ l'heure la nuit (un gros dix cents de plus que le salaire minimum), 10 $ le soir et 13 $ le jour.Dans le virage ambulatoire, la Maison fait plus que sa part.« On a le plus bas taux de lits au Québec, à peine 18 pour 125 000 de population, déclare le Dr André Delorme, directeur des soins professionnels et chef de psychiatrie à l'hôpital Piedmont-Yamaska.La norme est de 40 lits par 100 000 de population, on en a 14.On a absolument besoin de la Maison Arc-en-ciel, d'autant plus que la qualité de leur travail est exceptionnelle.» Après sept ans à l'hôpital au coût de 350 à 400 $ par jour, un schizophrène a été pris en main par la Maison.Là, il a fallu tout lui apprendre : comment gérer son hygiène, son horaire, son budget, ses émotions ; comment faire à manger, faire son lit, faire le ménage ; comment dialoguer et négocier avec médecins et infirmières.Cet homme vit maintenant dans un appartement supervisé : « Et je ne l'ai jamais revu ici », déclare fièrement le médecin.Un succès spectaculaire qui n'est pas le seul.« Si l'organisme disparaît, tous ces gens-là devront être réhospitalisés », déclare le spécialiste.Pour ces patients fragiles à qui on apprend la vie, le lien avec le psycho-éducateur est extrêmement significatif.Malheureusement, à des salaires entre 7 $ et 13 $ l'heure qui en font des missionnaires des temps modernes, les intervenants, même les mieux intentionnés, ne peuvent pas toujours rester : « Si le personnel roule trop vite, le lien significatif est brisé », déclare M.Lamoureux qui poursuit : « Si on n'avait pas les dons du secteur privé, on serait dans le trou depuis longtemps ».Au CA, deux tendances s'affrontent, admettent Jean Pinsonneault et Richard Carleton, vice-président et secrétaire-trésorier : doit-on, pour les garder, augmenter les salaires de ces travailleurs qui le méritent amplement, quitte à créer un déficit, ou continuer à vivoter avec des moyens dérisoires ?Jusqu'à maintenant, on a toujours choisi la SAINE gestion.Les salaires n'ont pas été augmentés depuis 1993 et l'organisme vit dans une précarité qui oblige ses dirigeants à dépenser plus d'énergie pour survivre que pour accomplir leur job.Doit-on continuer ainsi ou forcer la main des autorités ?Terrible dilemme.Lilianne Lacroix Des causes peu vendeuses D'une urgence à l'autre LILIANNE LACROIX «Chaque fois que vous sortez pareille histoire dans les médias ou que la pression des lobbies ou du public se fait trop forte, un appel du cabinet nous intime de régler le problème.On ne peut solutionner les cas à la pièce, il faut travailler globalement.Cette frustration d'un fonctionnaire contre le réflexe politique du « patchage » laisse dans l'ombre un autre travers de la grosse machine gouvernementale : pour un fonctionnaire, « bientôt » peut vouloir dire dans les prochains six mois.Pour un organisme, la survie se calcule souvent en jours.Pour la santé mentale, l'Abitibi-Témiscamingue reçoit 106,56 $ per capita et l'Outaouais 106,11 $.La Montérégie, elle, doit se débrouiller avec 56,63 $.On ne parle pas de Québec (176,66 $) ou de Montréal (167,23 $) où les services asilaires et la lourdeur des problèmes sociaux augmentent les besoins.Ce problème est archiconnu.Mais dans un contexte où on dépense toujours moins, comment donner plus aux régions défavorisées sans enlever des acquis à ceux qui estiment déjà en recevoir trop peu ?Reproduisez ces inégalités à l'échelle régionale et vous comprendrez qu'à Granby, on en soit réduit à quêter : une maison similaire à Longueuil reçoit 373 000 $ pour 9 lits alors que l'Arc-enciel reçoit les deux tiers de cette somme (250 000 $) pour 10 lits.(Cinq autres personnes plus autonomes sont hébergées hors de la résidence avec une subvention de 35 000 $.) Directeur intérimaire de la coordination des services à la clientèle à la Régie, Yvan Gendron admet : « Sur quelque 325 organismes subventionnés, il y en a au moins une vingtaine, dont la Maison Arcen- ciel, en état de survie.Leur gestion est pourtant serrée et leurs intervenants pas payés plus que des employés de Mc Do.Et encore ! Chez Mc Do, ils ont des bonis ! » Des espoirs incertains En année de transition, la Régie est en train de redéfinir l'encadrement, « de faire des maillages CLSC-communautaire.On sait que le ministère doit injecter de l'argent en santé mentale, mais on ne connaît pas les montants exacts.On vit d'espoir.» Une chose dont M.Gendron est assuré, c'est que l'injection ne sera pas suffisante : « On parle de 64 millions au Québec.À elle seule, la Montérégie aurait besoin de ce montant.» Limitrophe d'un centre urbain qui a siphonné la plupart des ressources, la Montérégie a dû se contenter historiquement de miettes.Si la région en souffre, pourquoi reproduire le modèle localement ?« Vaut mieux permettre à 20 organismes d'offrir une aide importante plutôt que de saupoudrer ici et là », dit-il.Porte-parole du ministère, Madeleine Breton explique : « On est impliqués dans une logique de réalignement financier.La couronne de Montréal a besoin d'oxygène, c'est clair.Par ailleurs, le secteur communautaire a besoin d'être consolidé dans l'ensemble du Québec.Des changements importants ont été apportés, mais on s'applique encore à rééquilibrer jusqu'en 2002.» Il faut prendre le temps de bien faire les choses, estime Mme Breton, « assez vite pour ne pas perdre l'équité d'accès et assez lentement pour ne pas dilapider les fonds.Il ne faudrait pas s'attendre à une injection massive dans les deux prochaines années ».Réaligner, rééquilibrer, que signifient ces politiques de haute voltige pour les organismes qui tirent le diable par la queue ?Probablement rien de bien concret ou de très rapide.LILIANNE LACROIX L'Université de Montréal, qui a lancé une campagne de levée de fonds quasi silencieuse de 125 millions, a récolté en un tournemain 66 millions chez Hydro-Québec, Bombardier et la Fondation J.A.De Sève.René Chicoine, du Conseil québécois de la philanthropie, souligne ainsi le gouffre qui sépare une université, avec son poids social et ses précieuses relations, des petits organismes dont la cause n'est pas particulièrement vendeuse.« Chaque jour, je vois des situations critiques comme une maison de sidéens où on a dû quêter vêtements et draps.» Alors que le gouvernement exige de plus en plus des organismes, le public et les commanditaires corporatifs veulent une cause sexy.Les pédophiles, hommes violents, handicapés intellectuels et malades mentaux, ça ne pogne pas fort.« Si l'État veut beaucoup, il faut peut-être offrir à ces gens-là des horizons plus grands qu'une année et adopter le modèle des subventions pour les projets de recherche universitaire consentis pour trois ans mais remis par tranches annuelles », déclare Marie-Claire Malo, professeur aux HEC.Poussée par son manque de moyens, notre société a découvert des trésors dans les ressources communautaires : flexibilité, adaptabilité, proximité des besoins.Consciente que le meilleur peut y côtoyer le pire, Mme Malo nuance : « Mais c'est un milieu extrêmement hétérogène.» Les organismes similaires devraient se réseauter et se donner une voix économique distincte : « Limités au cas par cas, on ne peut faire évoluer le modèle.Un organisme intermédiaire à vocation financière devrait servir de relais.» Directeur de l'École des HEC, Jean-Marie Toulouse admet que la situation s'avère souvent invivable : « Beaucoup d'organismes sont subventionnés sur une base-programme dont le renouvellement n'est pas automatique.Certains, dont la mission est permanente, pourraient disposer de fonds plus assurés.Qu'on s'enlève de la tête que ces gens-là s'enrichissent ; des tels abus, ça arrive une fois par 25 ans.» 1LP0999A0508 A9 lundi 1LP0999A0508 ZALLCALL 67 09:02:54 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 9 Le système de santé albertain Une régionalisation réussie Comme l'avait fait le Québec deux ans plus tôt en créant les régies régionales de la santé, l'Alberta a pris en 1994-95 le train de la régionalisation.Sauf qu'au pays de Ralph Klein, on est allé beaucoup plus loin.Ne faisant ni une ni deux, on a en effet dissous les conseils d'administration de plus de 200 établissements de santé, pour les remplacer par 17 Regional Health Authorities et par deux organismes provinciaux responsables du traitement des problèmes de santé mentale et du cancer.Les régies desservent des populations dont la taille varie de 19 000 personnes à près d'un million d'habitants.« Nous croyons que nous avons le système le plus intégré au pays, dit Steve Buick, porte-parole de la Capital Health Authority (CHA), la régie régionale d'Edmonton.Tous les établissements de santé à financement public sont sous la direction d'un seul PDG et l'organisation est responsable de tout ce qui concerne la santé, de l'inspection des restaurants aux transplantations cardiaques.» Comme si les hôpitaux, CLSC et autres centres d'hébergement de l'île de Montréal avaient un seul conseil d'administration au lieu de.86, comme c'est le cas actuellement ! Et ça marche très bien, à en croire Charles Mc Dougall, ancien directeur général associé du Centre universitaire de santé Mc Gill, installé depuis 18 mois à Edmonton.« Un exemple : cet hiver, quand il y a eu des problèmes d'accès aux lits, on a décidé d'installer dans les urgences des travailleurs sociaux responsable des soins à domicile, afin de déterminer quels patients pouvaient avoir des soins à domicile plutôt que d'être admis à l'hôpital, raconte M.Mc Dougall, maintenant vice-président aux affaires académiques de la CHA.On a commencé à parler de ça un jeudi, et le mardi matin suivant, le programme était en marche.Il y a une flexibilité dans l'action, que l'on ne retrouve pas lorsqu'il y a plusieurs entités distinctes.» Pourrait-on transposer la solution au Québec, où la ministre de la Santé, Pauline Marois, ne cesse d'insister sur la nécessité pour les établissements de travailler en réseau ?Peut-être, mais certainement pas partout, croit M.Mc Dougall.« Le modèle albertain s'appliquerait beaucoup plus facilement à Sherbrooke, Trois-Rivières ou Québec, des régions où la population ne dépasse pas 850 000 personnes.Mais avec la complexité d'une région où on compte deux millions d'habitants et deux universités, je ne pense pas que ça fonctionnerait bien à Montréal.Pour qu'on puisse arriver à des institutions aussi complexes à Montréal, ça va prendre une autre génération de gestionnaires.» Voici la troisième et dernière tranche de notre série sur le système de santé albertain.JEAN-FRANÇOIS BÉGIN PHOTO PC Ancien directeur général associé du Centre universitaire de santé Mc Gill, Charles Mc Dougall est un fervent adepte de la régionalisation à l'albertaine.Des leçons pour le Québec?JEAN-FRANÇOIS BÉGIN À quelques mois d'une vaste consultation publique sur l'avenir du système de santé québécois, Pauline Marois a sans doute prêté une oreille intéressée au débat qui secoue l'Alberta quant au rôle des cliniques privées dans l'organisation des services de santé.« La plus grand réussite des opposants au projet de loi 11, c'est que tous les autres premiers ministres ont vu ce qui s'est passé en Alberta et comprennent que d'ouvrir la porte au privé est un geste dangereux », estime David Taras, politologue à l'Université de Calgary.L'Alberta est certes la province où les cliniques privées jouent le plus grand rôle dans le domaine chirurgical, et le projet de loi 11, qui leur permet d'hospitaliser des patients, vient renforcer cette tendance.Mais la province de Ralph Klein est loin d'être la seule où les hôpitaux et les instances régionales agissent en partenariat avec les cliniques de leur territoire pour mieux (ou moins bien, diront certains !) répondre aux besoins des populations qu'ils desservent.De telles expériences ont également cours en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario, parfois depuis des années.Au Québec, certes, de plus en plus d'ophtalmologistes équipent leur clinique d'un bloc opératoire afin de s'attaquer au lucratif marché de la chirurgie réfractive (correction au laser de la myopie).Mais ils travaillent en marge du régime d'assurance-maladie, ce type d'intervention n'étant pas couvert par l'État.Simultanément, la Régie de l'assurance- maladie du Québec enquête sur un groupe de médecins montréalais qui, se disant las de ne pouvoir obtenir suffisamment de temps opératoire dans leurs hôpitaux respectifs, ont récupéré les installations de l'ancien hôpital Guy-Laporte pour créer l'Institut de polychirurgie de Montréal, où ils pratiquent des chirurgies mineures \u2014 arthroscopies, hernies, varices \u2014 pour lesquelles ils imposent à leurs patients des frais de 300 $ l'heure.Les administrateurs de l'IPM ne cachent d'ailleurs pas leur intérêt pour le modèle albertain.« Je pense que c'est une voie d'avenir : associer le privé pour la prestation de services (chirurgicaux) publics, ce n'est pas une mauvaise idée », dit l'un d'eux, l'anesthésiste Jacques Letendre.Comme Ralph Klein, il voit dans ces partenariats nouveau genre une manière de désengorger les hôpitaux.Le rapport du comité Arpin sur la complémentarité du public et du privé, déposé l'automne dernier, ne concluait pas autrement.Il suggérait, rappelons-le, de confier à des cliniques « affiliées » certains examens diagnostiques et chirurgies mineures, dans les cas où cela permet d'éviter de nouveaux investissements en équipements et en immobilisations.La nuance est importante, car dans la plupart des hôpitaux, des salles d'opération dorment, inutilisées ou employées à peine quelques heures par jour, faute de budget.N'y aurait-il pas lieu de commencer par se servir pleinement de la capacité existante du réseau ?(C'est d'ailleurs une condition que pose le projet de loi albertain aux régies régionales qui souhaiteraient se lancer dans la sous-traitance chirurgicale.) Chose certaine, les prochains mois seront instructifs, l'un des objectifs de la vaste consultation publique qui se tiendra dans les régions à compter de la fin de l'été (elle devait commencer en juin, mais a finalement été reportée) étant d'examiner comment le système public pourrait tirer un meilleur profit des partenariats avec les cliniques privées.D'emblée, la ministre de la Santé a signifié qu'aucune option ne serait écartée, tant en ce qui a trait au caractère public du système de santé qu'à son financement et à son mode d'organisation.La table est mise pour que les houleux débats printaniers ayant secoué l'Alberta se poursuivent au Québec cet automne.\u2014 FIN \u2014 1LP1001A0508 A10 - LUNDI 1LP1001A0508 ZALLCALL 67 00:42:57 05/08/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Les adultes ne sont pas à l'abri du syndrome de mort subite Presse Canadienne QUÉBEC Le syndrome de mort subite ne menace pas uniquement les nourrissons.C'est en effet cette cause qu'a retenu le coroner Pierre Brochu pour expliquer le décès de Patrick Frigon, alors qu'il participait au Marathon des deux rives, le 29 août 1999.Le jeune homme originaire de La Tuque s'était écroulé à 120 mètres du fil d'arrivée, au Vieux-Port de Québec.Il courait depuis environ quatre heures.Son rythme pour une telle épreuve n'était pas excessif, selon les commentaires du président de l'événement dans les heures qui ont suivi.L'autopsie réalisée le lendemain s'était avérée non concluante, et il a fallu attendre les résultats d'analyses de tissus et d'analyses toxicologiques pour mieux cerner la cause du décès.Selon le coroner Brochu, dont le rapport vient d'être rendu public, « ce décès serait attribuable à un trouble du rythme cardiaque survenu lors d'effort et de stress important ».Il ne présentait toutefois aucune anomalie au coeur.En outre, la présence d'un décongestionnant, Éphédrine ou pseudoéphédrine, dans le sang, l'urine et l'estomac a « sûrement contribué à l'irritabilité du muscle cardiaque », écrit le coroner.Il semble en effet que le seul trouble de santé connu de Patrick Frigon en était un de congestion chronique pour lequel il faisait fréquemment usage de décongestionnants.Dans le dernier kilomètre du marathon qui en compte 42, le jeune sportif avait l'air épuisé au point d'avoir de la difficulté à mettre un pied devant l'autre.La voiture qui impressionne ceux que la voiture n'impressionne plus.www.subaru.ca SUBARU AUTO CENTRE Montréal (514) 937-4235 SUBARU LONGUEUIL Longueuil (450) 677-6361 CONCEPT AUTOMOBILES Granby (450) 372-2007 JOLIETTE SUBARU Joliette (450) 755-1055 JOHN SCOTTI SUBARU Saint-Léonard (514) 725-6777 SUBARU SAINT-HYACINTHE Saint-Hyacinthe (450) 773-5262 ou (514) 332-0062 LACHUTE SUBARU Brownsburg (450) 562-0262 ADM AUTOMOBILES Subaru de Laval (450) 668-6041 CARREFOUR SUBARU AUTO Sainte-Rose (450) 625-1114 SUBARU REPENTIGNY Repentigny (450) 585-9950 ou (514) 891-9950 SUBARU LAVIGNE Sainte-Anne-de-Bellevue 514) 457-5327 SUBARU SAINTE-AGATHE Sainte-Agathe-des-Monts (819) 326-1600 ou 1 800 463-1600 CARON SUBARU Valleyfield (450) 371-8511 SUBARU SAINT-JÉRÔME Saint-Jérôme (450) 476-6165 GATINEAU SUBARU Gatineau (819) 643-4341 2001 C'EST LA MEILLEURE! La nouvelle Subaru Forester Climatiseur Régulateur de vitesse Moteur 2,5 litres / Freins ABS / Pneus 15 po Stéréo AM/FM, cassette Transmission manuelle Traction intégrale Et beaucoup plus.OPTIONS Meilleurs résultats dans sa catégorie dans le «Guide de l'Auto 2000», par Jacques Duval et Denis Duquet.Meilleurs résultats dans sa catégorie aux essais de collision (modèle 1999).L'«Insurance Institute for Highway Safety» a publiée les résultats du rigoureux est de collision frontale asymétrique, à 65 km/h (juillet 1999), où elle a reçu la cote A+.«Motoring 1998» (gagnant mini utilitaire de l'année).Paiements mensuels basés sur un bail de 48 mois.Versement initial de 2995$ ou échange équivalent.Allocation de 20000 km par année, 8¢ du km excédentaire.Immatriculation, assurances et taxes en sus.Sous réserve d'approbation de crédit.Le modèle illustré peut différer.Détails chez votre concessionnaire Subaru.339$ /mois Jean-Luc Brassard Dix millions au concierge Presse Canadienne FREDERICTON Harry Laporte a probablement fini de passer le balai.Le concierge originaire de la réserve St.Mary's, au Nouveau- Brunswick, a en effet remporté vendredi le gros lot d'environ 10 millions de dollars au Lotto Super 7.La Régie des loteries de l'Atlantique doit encore confirmer le gain et le montant exact du lot.M.Laporte a déboursé 2 $ pour le fameux billet sur lequel était inscrite la combinaison 5, 10, 18, 19, 20, 27, 31.Il a été impossible d'obtenir les commentaires de M.Laporte.Le dépanneur qui lui a vendu le billet gagnant ne s'en sort pas trop mal : il recevera un chèque de 100 000 $.Des organes de porcs bientôt transplantés sur des hommes Agence France-Presse MELBOURNE Des organes de porcs clonés seront transplantés sur des humains d'ici cinq à dix ans, a estimé un chercheur chevronné spécialisé dans les transplantations, hier, à Melbourne, en Australie.Selon le professeur Ian Mc Kenzie, directeur de l'Institut de recherche Austin de Melbourne, les progrès dans les techniques de clonage, couplés avec la possibilité d'enrayer le rejet d'un organe transplanté, rendent la transplantation d'organes de porcs envisageables.« Le principal obstacle est de se débarrasser des anticorps qui sont à l'origine du phénomène de rejet dans les minutes, voire les heures qui suivent l'intervention, et l'Australie est en pointe dans ce domaine », a-t-il précisé.Les chercheurs d'Austin ont découvert récemment un gène impliqué dans ce processus et ont réussi à déplacer des enzymes à l'intérieur de cellules pour faire disparaître la galactose qui est à l'origine des rejets.« Le travail réalisé sur le clonage des porcs nous aide énormément et je pense que cela (les transplantations) pourrait survenir d'ici à cinq ans », a estimé M.Mc Kenzie.Le professeur Mc Kenzie doit annoncer, aujourd'hui à Melbourne, lors de la conférence du Collège royal australien de chirurgie, que la première transplantation porchomme devrait probablement concerner des cellules des ilôts pancréatiques qui produisent l'insuline.Cette transplantation devrait être suivie par des tranplantations de coeurs et de reins qui ont déjà été réalisées sur des babouins. 1LP1101A0508 a 11 LUNDI 1LP1101A0508 ZALLCALL 67 00:43:42 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 11 Loi antipauvreté: la proposition est sur la table MARTINE ROUX Le Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté présentera le 13 mai aux membres du caucus du Parti québécois une proposition dont La Presse a obtenu copie.But : tirer en dix ans les ficelles d'un Québec sans pauvreté.Fruit de plusieurs années de consultations publiques menées aux quatre coins de la province, révisée dans le détail par un conseiller juridique, la proposition pourrait être adoptée telle quelle, assure Vivian Labrie, porte-parole du mouvement.« C'est une proposition fondée, rigoureuse et faisable.La pauvreté empêche une bonne partie de la population de jouir de droits universels.Il faut agir comme société, cette loi nous en donne les moyens.» À la fois « loi cadre » et « loi programme », la proposition vise l'élimination de la pauvreté en quatre étapes, en plus d'instituer un Conseil pour l'élimination de la pauvreté, chargé d'appliquer la loi.Elle s'articule autour de trois principes : la lutte à la pauvreté est une priorité, l'amélioration du revenu du cinquième de la population le plus pauvre prime sur celle du cinquième le plus riche et l'inclusion des démunis dans le processus.Objectifs ?Éliminer la pauvreté de façon permanente, mais aussi réduire l'écart entre riches et pauvres, transformer la fiscalité afin de réduire le fardeau des pauvres et corriger les inégalités vécues par les femmes, les jeunes, voire les peuples autochtones.« Nous voulons que le gouvernement consacre autant d'énergie à l'élimination de la pauvreté qu'il en a consacrées à l'élimination du déficit, explique François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain.Si une telle loi est bonne pour les finances publiques, pourquoi pas la pauvreté ?» Première étape : l'adoption de sept mesures « urgentes ».La proposition de loi établit, par exemple, des mesures d'appauvrissement zéro, la gratuité des médicaments pour les prestataires d'aide sociale et les personnes âgées, un soutien à l'emploi accru, la reconnaissance des droits des salariés à statut précaire et la hausse du salaire minimum.Audacieux, le Collectif revendique aussi l'adoption d'un revenu plancher garanti et la hausse du revenu minimal de l'aide sociale.Rêvent-ils en couleurs ?« Non ! tranche Mme Labrie.Ces deux mesures coûteraient au plus 1 milliard par année.Le dernier budget Landry, par exemple, a redistribué 4,5 milliards aux trois cinquièmes de la population les plus riches, tandis que les plus pauvres recueillaient 300 millions.» C'est du sérieux : après les membres du caucus du Parti québécois le 13 mai, le groupe rencontrera le premier ministre Lucien Bouchard.Et pas question que la proposition dorme sur les tablettes.« On veut faire des gains réels, dit François Saillant.L'Assemblée nationale adoptera-t-elle exactement ce projet ?Ce n'est pas si sûr, mais nous marquerons des points lorsque le projet deviendra incontournable.» Et il le deviendra sous peu, juret- on.Né d'une volonté populaire, le Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté recueille de plus en plus d'appuis : sa pétition compte 166 000 noms et quelque 1200 organismes ont adopté ses couleurs. La Presse 8 mai 2000 Page A12 manquante 1LP1399A0508 A13 - LUNDI 1LP1399A0508 ZALLCALL 67 09:03:23 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 13 La responsable du virus ILOVEYOU pourrait avoir détruit les preuves Agence France-Presse MANILLE L'auteur de «ILOVEYOU », virus informatique ayant contaminé des millions d'ordinateurs dans le monde entier via Internet, serait une jeune femme identifiée et « localisée » par les policiers philippins qui la surveillent tout en craignant de ne pas pouvoir la confondre faute de preuves.« Avec toute la publicité de ces trois derniers jours, on craint qu'elle ait d'ores et déjà détruit toutes les preuves qui pourraient la relier au piratage.Le timing de toute cette affaire a été vraiment très mauvais », indiquait- on, hier soir, au Bureau national d'enquête (NBI - sûreté nationale).« Elle pourrait avoir détruit les preuves ou elle pourrait avoir camouflé tout le piratage et nous ne pouvons pas faire grand-chose », ajoutait-on dans les milieux de l'enquête.Le chef de l'unité antifraude du NBI, Nelson Bartolome, a déclaré hier que le suspect était sous surveillance dans une « zone cible », refusant d'en dévoiler l'identité, par crainte de faire capoter l'opération.Les policiers attendaient hier que le tribunal de Manille délivre à son encontre un mandat d'arrêt pour mettre sous les verrous cette pirate soupçonnée d'avoir contaminé une dizaine de millions d'ordinateurs dans le monde, selon l'estimation d'un site spécialisé, par l'intermédiaire du virus qui se propage en utilisant les boîtes aux lettres du logiciel de courrier électronique Windows Outlook.« Nous essayons toujours d'obtenir qu'un mandat d'arrêt soit délivré.Nous avons un suspect », a déclaré M.Bartolome, qui espérait recevoir le feu vert des juges « d'ici demain ».Auparavant le chef de la police, Panfilo Lacson, avait annoncé que l'auteur de ILOVEYOU avait été « identifié » et que « l'opération était menée conjointement par le NBI et la police » sans toutefois lui non plus donner son nom.M.Lacson s'était exprimé depuis Zamboanga, dans le sud du pays, où il accompagnait le président philippin, Joseph Estrada, venu dans le cadre des efforts visant à obtenir la libération des 21 otages, parmi lesquels des étrangers, retenus par le groupe islamiste Abu Sayyaf depuis deux semaines.Le virus figure dans les boîtes aux lettres électroniques sous forme d'un message intitulé ILOVEYOU, et est contenu dans une pièce jointe intitulée « LOVE-LETTER-FORYOU.TXT.vbs ».Les mots « Manila, Philippines », accompagnant la phrase « I hate to go to school » (« Je déteste aller à l'école »), apparaissent à ceux qui ouvrent alors le document fatal.Ensuite le virus s'active et se propage en cascades à tous les destinataires enregistrés dans le carnet d'adresses, qui le transmettent à leur tour à tous leurs correspondants et ainsi de suite.Les spécialistes relèvent que l'enquête risque cependant d'être compliquée dans la mesure où le créateur du virus n'est pas forcément celui qui l'a propagé.Pour Marc Blanchard, responsable des recherches du laboratoire européen de la société californienne Trend Micro, l'enquête policière revient « à chercher une aiguille dans une botte de foin ».« Dans le meilleur des cas, on arrive à un propagateur unique, mais qui n'est pas forcément le créateur du virus », a ajouté cet expert français de la lutte antivirus.Les fournisseurs philippins d'accès à l'internet ont admis que ILOVEYOU avait été implanté dans leurs installations par un pirate informatique identifié sous les noms de « mailme », « spyder » et « ispyder ».Le site de surveillance mis en place par Trend Micro Inc.estimait hier que cette épidémie aurait coûté jusqu'à présent 2,6 milliards de dollars. 1LP1402A0508 A14, lundi, MONDE 1LP1401A0508 ZALLCALL 67 00:45:05 05/08/00 B A 14 R LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Les diplomates suent pour libérer les Casques bleus au Sierra Leone d'après AFP et AP FREETOWN Les efforts diplomatiques pour faire libérer les Casques bleus de la force de l'ONU (MINUSIL) retenus en otage par le Front révolutionnaire uni (RUF, ancienne rébellion) se poursuivent, a annoncé hier, à Freetown, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Sierra Leone, Oluyemi Adenidji.De son côté, Londres a annoncé hier soir l'envoi en Afrique de l'Ouest de cinq navires et de plusieurs centaines de soldats pour procéder à l'évacuation des ressortissants britanniques se trouvant en Sierra Leone, au cas où la situation continuerait à se détériorer dans le pays.Le porte-hélicoptères HMS Ocean, avec « plusieurs centaines » de commandos-marines à bord, une frégate de la Royal Navy, HMS Chatham, deux navires de débarquement et un vaisseau de soutien logistique doivent se rendre dans les prochains jours au large de la Sierra Leone.Ce déploiement survient alors que la force de l'ONU en Sierra Leone vient d'essuyer plusieurs revers face à la rébellion du Front révolutionnaire uni (RUF) qui retient en otage environ 500 Casques bleus.Le représentant de l'ONU, M.Adenidji, a déclaré lors d'une conférence de presse que « nous parlons toujours de la libération » des otages et affirmé que le leader du RUF, Foday Sankoh, « a donné sa parole » à ce sujet.Depuis le début de crise le 2 mai, quatre Casques bleus de la mission de l'ONU en Sierra Leone (MINUSIL) sont présumés tués dans des combats avec le RUF dans le centre et l'est du pays.Le RUF retient en otage près de 300 Casques bleus alors que le contact a été perdu avec quelque 200 autres, selon l'ONU.M.Sankoh et le RUF démentent détenir ces hommes.L'envoyé spécial lybien Ali Triki, ex-ministre des Affaires étrangères qui mène une médiation dans la crise, devait rencontrer une nouvelle fois le caporal Sankoh hier soir.Une nouvelle mission conjointe ONU-RUF pourrait se rendre, peutêtre dès aujourd'hui, dans les zones du centre et de l'est où l'ONU estime que ses hommes sont retenus.Une première « mission » hier a servi à établir que des unités du RUF qui se dirigeaient vers Freetown s'étaient effectivement retirées, après que la MINUSIL eut annoncé dans la nuit de samedi à hier que les rebelles attaquaient la capitale, avant de se retirer.M.Adeniji a affirmé qu'un seul combat avait eu lieu samedi entre RUF et MINUSIL, à Rogberi (à un peu moins de 80 km à l'est de Freetown).Il a qualifié cette énorme gaffe de communication « d'erreur purement humaine, en prenant en compte des rapports sans vérification appropriée ».Il a également estimé que toutes les parties au conflit avaient récemment violé l'accord de paix conclu à Lomé en juillet dernier par le caporal Sankoh et le président sierraléonais Ahmad Tejan Kabbah pour mettre fin à huit années de guerre civile.Il a reconnu qu'un hélicoptère d'assaut gouvernemental avait pilonné samedi des éléments du RUF qui se dirigeaient vers Freetown.Le représentant spécial a souligné avoir « attiré l'attention (du président Kabbah) sur le fait qu'alors que nous tentons de parler de paix il faut faire preuve de retenue afin de ne rien faire pour enflammer la situation qui est déjà tendue ».Interrogé sur les critiques grandissantes contre la MINUSIL, M.Adeniji a estimé que « l'on tend à exagérer les erreurs et à minimiser les louanges.Nous avons sans aucun doute fait beaucoup d'erreurs, mais nous avons aussi fait beaucoup de bonnes choses ».PAYS BASQUE Journaliste assassiné n L'ETA (mouvement indépendantiste basque) a assassiné un correspondant au Pays basque du quotidien espagnol El Mundo, José Luis Lopez de Lacalle, première personne tuée dans l'offensive contre les médias menée depuis quelques mois par l'organisation séparatiste.José Luis Lopez de Lacalle, 62 ans, a été abattu de deux balles dans la tête devant la porte de son domicile à Andoain, dans la banlieue de Saint-Sébastien.Ancien militant du Parti communiste espagnol emprisonné pendant cinq ans sous Franco, le journaliste est la quatrième victime mortelle de l'organisation basque armée depuis qu'elle a annoncé le 28 novembre dernier la rupture de sa trêve de 14 mois.d'après AFP ZIMBABWE Violence n Un éleveur blanc du Zimbabwe, violemment battu par des anciens combattants noirs qui occupaient sa ferme, a été placé en salle de réanimation à Harare, dans le coma.Treize personnes ont été tuées jusqu'ici dans les violences liées au mouvement d'occupation des terres appartenant à des fermiers blancs et au climat politique tendu à la veille d'élections législatives initialement prévue pour le mois de mai et dont la date n'a toujours pas été arrêtée.Quelque 1190 fermes ont été occupées depuis le début du mouvement en février dernier.d'après AFP ULSTER Mise en garde n Le leader du Sinn Fein, Gerry Adams, a mis en garde contre un effondrement du processus de paix nord-irlandais si l'offre de l'IRA de mettre ses armes hors d'usage n'était pas acceptée par les protestants.Gerry Adams s'exprimait lors d'une réunion publique à Belfast devant plusieurs milliers de catholiques venus commémorer l'anniversaire de la mort du « héros » républicain Bobby Sands, mort en prison à l'issue d'une grève de la faim en 1981.d'après AFP ISRAËL Sommet Arafat-Barak n Le sommet entre le président palestinien Yasser Arafat et le premier ministre israélien Ehud Barak a pris fin hier soir à Ramallah, en Cisjordanie, au terme de deux heures et demie d'entretiens.Le conseiller de M.Arafat, Nabil Abou Roudeina, a déclaré que les deux dirigeants avaient évoqué « tous les sujets, y compris celui du statut final » des territoires palestiniens.L'émissaire américain pour le Proche-Orient Dennis Ross, qui tente de rapprocher les points de vue des deux parties, a eu hier des entretiens séparés avec les négociateurs palestiniens et israéliens à Eilat.d'après AFP KOSOVO Cibles ratées n Les avions de l'OTAN ont détruit une fraction infime des cibles militaires serbes revendiquées par de hauts responsables américains après la guerre du Kosovo, rapporte l'hebdomadaire Newsweek dans son numéro à paraître aujourd'hui.Selon un rapport non publié de l'armée de l'air américaine cité par Newsweek, l'aviation de l'OTAN a détruit de façon certaine seulement 14 chars, 18 véhicules blindés et 20 pièces d'artillerie.Ces chiffres contrastent fortement avec le bilan donné à la fin de la campagne aérienne par le chef d'étatmajor interarmes américain, le général Henry Shelton.d'après AFP Poutine s'installe NICOLAS MILETITCH Agence France-Presse, MOSCOU L'ancien agent du KGB Vladimir Poutine, 47 ans, est devenu le nouveau maître de la Russie après avoir prêté serment hier au Kremlin en présence de l'ancien président Boris Eltsine, du patriarche orthodoxe Alexis II et de l'ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev.Aussitôt après la cérémonie, M.Poutine a désigné comme premier ministre par intérim l'actuel premier vice-premier ministre, Mikhaïl Kassianov.Vladimir Poutine a deux semaines pour présenter la candidature de son premier ministre à la Douma (chambre basse du parlement) qui aura une semaine pour l'examiner.Le gouvernement a démissionné hier et une nouvelle équipe devrait être constituée d'ici fin mai.La Russie « doit être libre, prospère et forte pour que ses citoyens en soient fiers et qu'elle soit respectée dans le monde », a déclaré le nouveau président dans son discours inaugural.« J'ai conscience que je dois assumer une énorme responsabilité.Le chef de l'État est responsable de tout ce qui se passe dans le pays », a-t-il ajouté dans une allocution d'une dizaine de minutes où il n'a fait aucune mention de la guerre en Tchétchénie.Les rebelles ont annoncé avoir abattu hier un avion Soukhoï-24 au-dessus de la Tchétchénie, quelques minutes avant que M.Poutine prête serment, et un autre samedi.Cette information n'a pas été confirmée de source indépendante.Selon un porte-parole des rebelles, Movladi Oudougov, les forces tchétchènes ont détruit partiellement un train militaire et fait une dizaine de morts en attaquant des positions russes hier, notamment à Grozny, la capitale.Le président Poutine a prêté serment dans l'ancienne salle du trône des tsars, couverte d'or et décorée d'un aigle bicéphale, emblème de la Russie.D'une voix ferme, la main posée sur la constitution, l'ancien chef des services secrets (FSB, ex-KGB) a déclaré : « Je jure de respecter et préserver les droits et les libertés de l'homme et du citoyen, respecter et défendre la constitution, défendre la souveraineté et l'indépendance, la sécurité et l'intégrité de l'État, servir fidèlement le peuple.Comme à l'accoutumée, M.Poutine a semblé parfaitement maître de lui, son visage ne trahissant aucune émotion tout au long de la cérémonie qui a duré une heure.Son épouse Lioudmila se tenait à côté de Naïna, l'épouse de Boris Eltsine.Dans l'assistance, aucun dirigeant étranger, mais les ambassadeurs accrédités à Moscou, plusieurs évêques orthodoxes et dignitaires musulmans parmi lesquels Akhmad Kadyrov, le mufti prorusse de Tchétchénie.L'ancien président Eltsine a souhaité à son successeur d'« assumer dignement les pouvoirs présidentiels qui ne sont pas faciles ».Boris Eltsine a démissionné avant terme, le 31 décembre dernier.PHOTO REUTER Vladimir Poutine hier, lors des cérémonies marquant son installation comme président de la Russie.Les otages des rebelles philippins sont vivants Agence France-Presse JOLO, Philippines L'armée a maintenu hier la pression sur les rebelles musulmans qui détiennent 21 otages dont dix touristes étrangers sur l'île de Jolo, dans le sud des Phillipines, alors que le président Joseph Estrada s'est rendu dans la région pour faire avancer les efforts en vue de leur libération.Un nouvel accrochage entre l'armée et des membres du groupe islamiste Abu Sayyaf sur l'île voisine de Basilan (sud), où les rebelles retiennent encore d'autres otages, a brutalement accru la tension.À Basilan, où l'armée poursuivait ses recherches pour retrouver au moins huit otages philippins manquants, 13 soldats ont été tués au cours d'une embuscade tendue par les rebelles près de la localité de Lantawan, selon un responsable militaire.L'actuel blocage dans une crise que rien ne paraît dénouer a amené l'Union européenne à annoncer l'envoi à Manille de Javier Solana, Haut Représentant de l'UE pour la politique extérieure.M.Estrada a toutefois estimé hier que l'éventuelle venue de M.Solana constituerait un encouragement aux ravisseurs.Selon des images recueillies dans la nuit de samedi à hier par un journaliste de la télévision philippine ABS-CBN, les 21 otages détenus sur l'île de Jolo sont apparemment vivants et en bonne santé, à l'exception de l'Allemande Renate Wallert qui, très malade, git sur un brancard.Sur certaines images du reportage qu'un correspondant de l'AFP a pu voir, Mme Wallert apparaît allongée sur un brancard, au bord des larmes, complètement abattue et le visage exprimant une très grande lassitude.Autour d'elle, son mari et son fils s'efforcent de lui donner de l'air en agitant près de son visage des feuilles de palme, les autres otages se tenant accroupis à proximité.Ces images confirment l'inquiétude des médecins philippins qui ont examiné cette otage allemande.Mme Wallert souffre d'hypertension et de problèmes cardiaques et son état nécessite une évacuation, selon le Dr Nelsa Amin qui l'avait examinée lundi dernier.L'otage française Sonia Wendling apparaît également abattue, mais en bonne santé, tout comme les autres otages, dont le Français Stéphane Loisy et la Libanaise Marie- Thérèse Michel Moarbes que ces images montrent marchant dans la jungle escortés par les rebelles.Tous les otages ont le visage fatigué et semblent très affectés par les conditions de leur détention, en pleine jungle par des chaleurs dépassant les 30 degrés.Il apparaît au vu de ce reportage qui devrait être diffusé lundi aux Philippines, que les otages se déplacent constamment avec leurs ravisseurs pour fuir les forces armées qui maintiennent une pression maximum sur les rebelles.Cette pression de l'armée a été dénoncée par les négociateurs à Jolo.L'un d'entre eux a expliqué que les combats empêchaient les contacts réguliers de se poursuivre et les négociations de véritablement débuter.Depuis le 23 avril, date à laquelle les 21 otages ont été capturés sur l'île malaisienne de Sipadan, aucune avancée n'a été enregistrée dans les contacts établis avec les rebelles.Aucune réelle négociation n'a été engagée depuis le début de cette crise qui est entrée ce week-end dans sa troisième semaine.Les différents acteurs de la crise ont commencé à manifester leur impatience.M.Estrada s'est rendu hier à Zomboanga, non loin de Jolo, pour y rencontrer Nur Musuari, ancien rebelle membre du Front Moro national de libération (MLNF) rentré dans le rang et principal négociateur.Le MNLF, qui a signé un accord de paix avec Manille en 1996, gouverne depuis la région méridionale de Mindanao, dont dépend Jolo.Aucun élément n'a filtré sur la teneur des discussions entre les deux hommes concernant la stratégie pour traiter avec les ravisseurs.FILL01 La Presse 8 mai 2000 Page A15 manquante 1LP1699A0508 A16, lundi, G N RAL 1LP1699A0508 ZALLCALL 67 09:03:56 05/08/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Les banques Laurentienne et de Montréal achètent 13 succursales de la Banque TD Presse Canadienne TORONTO Afin de se conformer à une obligation fédérale émise après son acquisition du Canada Trust l'an dernier, la Banque TD a vendu 13 succursales ontariennes aux banques Laurentienne et de Montréal.La Banque de Montréal a versé 50 millions pour une douzaine de succursales, alors que la Banque Laurentienne a déboursé un million pour mettre la main sur un comptoir du Canada Trust à Paris, dans le Sud-Ouest ontarien.« La Banque de Montréal est ravie d'accroître sa clientèle sur des marchés clés en croissance comme Kitchener-Waterloo, Cambridge, Elmira et Port Hope, a déclaré par voie de communiqué le vice-président pour l'Ontario, Maurice Hudon.Cette acquisition vient renforcer notre vigoureuse position dans les services bancaires aux particuliers et aux entreprises sur les marchés en croissance, un élément clé de notre stratégie de croissance.» Quant à la Laurentienne, septième plus grosse banque au pays, elle entend par cette transaction s'implanter « dans une région des plus dynamiques et en plein développement ».Pour s'assurer qu'Ottawa avalise la transaction de 7,9 milliards qui a vu la Financière CT, société mère du Canada Trust, passer aux mains de la Banque TD, cette dernière devait se départir de l'exploitation des services de crédit Mastercard du Canada Trust, de même que des 12 succursales ontariennes.Le vice-président du conseil de la TD, Bob Kelly, a affirmé que la vente de ces actifs ne compromettait ni l'avenir du personnel des succursales concernées ni leur clientèle.« La Banque de Montréal offrira un poste à chacun des employés actifs de la Banque TD et du Canada Trust de ces succursales, a déclaré Maurice Hudon.Lorsque ces succursales passeront à la Banque de Montréal, les clients continueront d'être servis par les mêmes visages familiers.» La transaction touche près de 1,4 milliard sous administration, plus de 120 000 clients et 186 employés dans six succursales de la Banque TD et six succursales du Canada Trust.La transaction exclut certains produits et services comme les fonds d'investissement et les comptes de carte de crédit.Mme Marie Mc Cucker et M.Steve Murphy, de la Banque de Montréal, accueillent dans le sud-ouest de l'Ontario quelque 120 000 clients de la Banque TD et du Canada Trust.Ces succursales sont situées dans la région de Waterloo et de Port Hope. 1LP1701A0508 A17 LUNDI 1LP1701A0508 ZALLCALL 67 00:44:05 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 17 Le Centre Iris en grève RAYMOND GERVAIS La quarantaine d'employés du Centre Iris de Montréal, un centre d'intervention de crise en santé mentale, ont déclenché une grève d'une durée de 24 heures ce matin.Les services essentiels sont toutefois assurés par les syndiqués qui se sont entendus avec la partie patronale et le Conseil des services essentiels.Leur contrat de travail étant échu depuis le 31 août 1998, les syndiqués composés d'infirmières, de psychologues, de psycho-éducateurs, de travailleurs sociaux et d'employés de soutien, tentent d'obtenir les mêmes augmentations salariales que celles accordées aux employés du secteur public, soit 9 % pour quatre ans.Le Centre Iris offre 0,5 % à ses employés pour la première année de la durée de la convention.Pour les années suivantes, le centre s'en remet à la Régie régionale de Montréal-Centre dont il dépend.Pour Claudette Carbonneau, vice-présidente de la CSN, il est grand temps que la ministre de la Santé et de Services sociaux, Pauline Marois, se prononce sur la légitimité des demandes d'augmentation réclamée par les syndiqués.En contrepartie, le Centre Iris prétend ne pas pouvoir s'engager au-delà d'un an, ne sachant pas quels seront les montants que la Régie régionale lui allouera pour les années suivantes au chapitre des hausses salariales.À moins d'un dénouement, les employés prévoient tenir deux autres journées de grève.Au Centre Iris, les salaires de ces spécialistes de l'intervention de crise se situent entre 27 000 $ et 34 000 $, alors que dans le réseau de la santé, pour des emplois équivalents, ils se situent entre 30 500 $ et 56 000 $.« Avec notre demande, nous voulons éviter que se creuse encore plus l'écart existant entre nos conditions et celles prévalant dans le réseau public », a expliqué Louise Richer, la présidente du syndicat chez Iris.Les employés du Centre Iris font signer une pétition afin de recueillir des appuis.Jusqu'à maintenant, ils ont récolté 800 signatures.Selon le syndicat, les employés ont développé une expertise d'intervention auprès de personnes en situation de crise psychologique.Ils interviennent notamment auprès de personnes en dépression, aux tendances suicidaires, aux prises avec des problèmes d'alcoolisme ou de toxicomanie, ou encore auprès de personnes atteintes de troubles de santé mentale.Alors que le détresse psychologique en en hausse au Québec, les budgets alloués à la santé mentale sont anémiques : sur les 2,7 milliards annoncés pour la santé dans le dernier budget, seuls huit millions sont prévus pour la santé mentale.Tirage du 2000-05-06 Tirage du 2000-05-06 GAGNANTS LOTS 6/6 0 5 000 000,00 $ 5/6+ 5 145 672,80 $ 5/6 295 1 975,20 $ 4/6 16 488 67,70 $ 3/6 307 821 10,00 $ Ventes totales: 17 631 043 $ Prochain gros lot (appr.): 10 000 000 $ Numéro complémentaire: 06 Numéro complémentaire: 47 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00 $ 5/6 25 500,00 $ 4/6 1 185 50,00 $ 3/6 22 705 5,00 $ Ventes totales: 633 057,50 $ TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2000-05-07 Tirage du 2000-05-07 Tirage du 2000-05-06 Tirage du 2000-05-07 NUMÉRO: 478673 NUMÉRO: 791967 La Presse 8 mai 2000 Page A18 manquante 1LP1901A0508 A19lundi 1LP1901A0508 ZALLCALL 67 00:42:17 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 19 Laurentides L'avenir sourit de nouveau au Parc linéaire An créant un organisme indépendant de gestion, les élus municipaux et les différents organismes des Laurentides croient avoir trouvé la solution pour mettre fin à toutes les chicanes de « clocher » au sujet du Parc linéaire et assurer ainsi son avenir entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier.Et retrouver de ce fait la popularité que ce tracé avait à ses débuts.Cet organisme verra au financement et à l'entretien du parc aménagé sur l'ancienne voie ferrée du P'tit train du nord.Pour se promener en vélo sur ce tracé depuis le 1er mai, chaque personne de 18 ans et plus doit se procurer une vignette de 10 $, valable pour toute la saison estivale.À défaut d'acheter cette vignette qui donne aussi accès à 13 autres pistes membres de l'Association des réseaux cyclables du Québec, l'adulte devra payer 5 $ à chaque visite.Cet été, aucun frais de stationnement ne sera exigé.L'été dernier, la vignette existait déjà mais les utilisateurs devaient payer en plus un droit d'entrée pour stationner leur véhicule dans le territoire de la municipalité régionale de comté (MRC) des Pays-d'en-Haut, c'est-àdire dans les secteurs des anciennes gares de Piedmont, Mont-Rolland et Sainte-Adèle.Incidemment, à cause de l'aménagement d'un tunnel sous la 370, le stationnement de Sainte-Adèle, situé chemin Pierre-Péladeau, a été déplacé et il maintenant situé à l'est du parc linéaire du côté nord.L'été dernier, le taux de fréquentation a chuté de 5 % \u2014 il y a eu 39 800 visites \u2014 par rapport à 1998.On dit que cette diminution n'est pas attribuable à la tarification mais plutôt à la vague de chaleur et à la concurrence.Depuis 1998, l'avenir de ce magnifique parcours semblait menacé, alors que les disputes sur la place publique nuisaient à sa réputation.Des municipalités ont refusé de débourser leur quote-part pour son entretien, soutenant qu'elles n'avaient pas à payer une double tarification.Jusqu'à avril dernier, la gestion du Parc linéaire était confiée à une coalition formée des quatre MRC du territoire : Rivière-du- Nord, Pays-d'en-Haut, Laurentides et Antoine- Labelle.Chaque MRC avait la responsabilité de l'aménagement du tronçon passant dans son territoire, ce qui a entraîné plusieurs plaintes puisque que par endroit aucun entretien n'était effectué.À la suite de discussions souvent houleuses, les maires et les représentants des divers organismes ont convenu de dissoudre la coalition et de la remplacer par un organisme indépendant qui s'autofinancera et qui aura la responsabilité de l'entretien du parc linéaire en son entier.La porte-parole du nouvel organisme, Brygitte Foisy, a indiqué que le parc linéaire est maintenant sous la responsabilité d'un délégué de chacune des quatre MRC, de représentants d'organismes régionaux (l'Association touristique des Laurentides, etc.) et d'utilisateurs (vélo, ski de fond et motoneige).La motoneige est permise seulement entre Sainte-Agathe et Mont-Laurier.Le nom du nouvel organisme n'a pas encore été choisi.Le financement proviendra des revenus de tarification ainsi que de la commandite (Gaz métropolitain et autres entreprises de service) et de la signalisation touristique le long du tracé.« L'été dernier, poursuit Mme Foisy, nous avons récolté 26 000 $ avec la vente de vignettes, nous espérons recevoir plus cette saison.Le tracé sera entretenu de la même façon sur toute sa longueur.La signalisation sera aussi beaucoup plus visible, des aires de service et de repos seront ajoutées.» Un cycliste de Saint-Janvier (Mirabel), Michel Simard, a indiqué qu'il n'était pas contre le fait de payer 10 $ pour utiliser le parc linéaire à la condition cependant qu'il soit bien entretenu.Il espère voir bientôt le jour où le tracé sera ouvert jusqu'à Mirabel.« Pour me rendre jusqu'ici (à l'entrée du parc à Saint-Jérôme) j'ai pris la route 117 », a souligné M.Simard.Pour aider le nouvel organisme à partir du bon pied, chacune des MRC va injecter 30 000 $, somme qui leur sera remboursée.Le préfet de la MRC des Pays-d'en-Haut, Charles Garnier, également maire de la municipalité de la paroisse de Saint-Sauveur, a estimé que la création du nouvel organisme devrait sauver le Parc linéaire.« Je suis d'accord avec la partie du livre blanc de Mme Harel qui accorde plus de pouvoir au MRC, interdisant notamment aux municipalités le droit de se retirer de projets mis de l'avant par la majorité », a-t-il ajouté.Lors de l'entretien, M.Garnier a aussi mentionné que l'été prochain, il n'y aura pas de tarification sur le corridor aérobique entre Morin Heights et la localité du Lac-des-Seize- Îles.Prochainement, il sera aussi possible aux cyclistes d'emprunter la passerelle du parc linéaire qui traverse la rivière du Nord, à la hauteur de Piedmont, et de se rendre jusqu'aux glissades d'eau de cette municipalité qui seront gérées cet été par le Mont Saint- Sauveur.Ils pourront également passer sous le nouveau viaduc en construction sur la 117 à Piedmont afin de gagner Chemin Avila.jean-paul.charbonneau@lapresse.ca Jean-Paul Charbonneau PHOTO PIERRE McCANN, La Presse Michel Simard vient de passer sous l'arche annonçant le début du Parc linéaire, à l'ancienne gare de Saint-Jérôme. 1LP2001A0508 A20 - LUNDI - ARTS 1LP2001A0508 ZALLCALL 67 00:44:43 05/08/00 B A 20 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 Arts et spectacles L'inimitable Michel Beaudry Douglas Fairbanks Jr : une carrière entre le cinéma et les affaires Agence France-Presse PARIS Douglas Fairbanks Jr, qui s'est éteint hier à l'âge de 90 ans, avait joué son premier rôle au cinéma à 13 ans (Stephen steps out).Sans avoir été aussi populaire que son père, qui avait incarné, à l'âge d'or du muet, d'Artagnan, Zorro, Robin des Bois ou le Pirate noir, il a tourné dans 75 films, joué dans 20 pièces de théâtre et connu la consécration avec des oeuvres comme La Grande Catherine (1934), Le Prisonnier de Zenda (1937) et Sindbad le Marin (1947).Né le 9 décembre 1909, Douglas Fairbanks Junior s'est marié en 1929 avec Joan Crawford, « son seul grand amour ».Il divorcera au bout de quatre ans, mais c'est ce mariage qui lui donne le désir de devenir « un grand acteur » et le pousse à travailler à un rythme surprenant : jusqu'à huit films en une année.Quelques-uns de ses films sont signés par des metteurs en scène entrés dans la légende : Claude Autant-Lara (L'athlète incomplet et Le plombier amoureux), Max Ophuls (L'exilé), Ernst Lubitsch (La dame en manteau d'hermine achevé par Preminger en 1948) ou encore Alfred Green et, naturellement, John Cromwell qui le dirige dans les duels, devenus un classique du genre, du Prisonnier de Zenda.Couvert de médailles pour avoir servi avec le grade de commandant de vaisseau dans la flotte britannique (parce qu'il est de naissance britannique) pendant la Deuxième Guerre mondiale, père de trois filles, Douglas Fairbanks Jr s'est remarié pour la troisième fois à 81 ans avec la productrice de télévision Vera Shelton.Dès le milieu des années soixante, il prévoit la crise du cinéma et se lance dans les affaires : des chaînes hôtelières aux cigarettes qui s'allument sans allumettes, mais également dans l'humanitaire : il préside l'organisation américaine CARE d'aide aux sinistrés.Lucide, il déclare au Sunday Express en 1965 : « J'ai eu une vie bien remplie.Je ne peux pas me plaindre.Mais ce que je regrette le plus est de n'avoir brillé en rien.J'ai mis un doigt dans tout, mais n'ai rien empoigné.» Il ajoute que c'est aussi un peu à cause du poids de son nom : « Non seulement je devais me battre contre les gens de la profession qui m'accusaient de faire mon fonds de commerce du nom de mon père, mais il m'a fallu, pour ma propre dignité, prouver au monde entier que j'étais aussi bon sinon meilleur que lui.» RADIO Suzanne Colpron En mission en Syrie, Jean Chrétien prend le téléphone et appelle Les Amateurs de sports, à CKAC, pour s'informer des performances du Canadien.\u2014 Allo ! le Canada.C'est le premier ministre.J'aimerais que vous me donniez des nouvelles.Le Canadien as-tu fait les playoffs ?\u2014 Non.Même pas un seul match, lui répond l'animateur Mario Langlois.\u2014 Excusez.Il faut que je parle à mon attaché de presse.Aïe ! ti-cul, tu me dois cinq dollars.Il a pas fait les playoffs, finalement, le Canadien.L'animateur, c'est le vrai.Mais Jean Chrétien, c'est Michel Beaudry, un imitateur bien connu des Amateurs de sports.Voilà bientôt trois ans qu'il se paye la tête d'une poignée de politiciens et de personnalités du monde du sport et syndical : Jean Chrétien, Lucien Bouchard, Régis Lévesque, Michel Chartrand, Mario Tremblay.Il se distingue des autres humoristes de la radio par la qualité de ses textes et la justesse de ses imitations.Pourtant, Michel Beaudry ne fait pas partie de la gang.Il ne se produit pas au Théâtre Saint-Denis, n'accorde pas d'entrevues ou très rarement, ne fait pas de publicité, ne joue pas dans des séries télévisées.« Au début, ça me faisait de la peine, confie-t-il.Mais plus maintenant.Je suis immunisé.Je capote sur François Massicotte, je capote aussi sur Claudine Mercier.Mais je ne suis pas de ce monde-là.» De quel monde est-il ?De la radio où il a fait ses débuts à l'âge de 17 ans.D'abord à l'emploi de CJMS, puis de CKAC.Il a tout fait : animateur de nuit, week-end, remplaçant aux nouvelles, à la circulation.À 20 ans, il a quitté temporairement la radio pour faire de la télé à Sherbrooke.Une expérience qui a duré deux ans.Puis, il a travaillé à CKMF, à l'émission du matin, avec Paul Houde.Il faisait les sports.Il a ensuite été nommé directeur des sports et directeur des nouvelles, à CJMS.Depuis 1982, il anime les matchs du Canadien à la télé.Devenus propriétaires de CJMS, Paul-Émile Beaulne et Normand Beauchamp lui ont offert d'animer une ligne ouverte contre Pierre Trudel, à CKAC.Très peu pour lui.En 1984, Michel Beaudry a remis sa démission et s'est retrouvé à CKMF, de nouveau aux sports, avant de s'asseoir dans le siège du morning man.« Je faisais beaucoup d'imitations dans les corridors, dit-il, mais je ne déconnais jamais en ondes.Yves Guérard, le patron de la station, m'a demandé de laisser aller mon fou.» Résultat : les cotes d'écoute ont grimpé en flèche.Un an plus tard, il décidait contre toute attente de retourner à CJMS animer l'émission du matin pour contribuer à la renaissance de cette station en difficulté.« Paul-Émile Beaulne s'est souvent vanté par la suite d'être venu me chercher, mais c'est faux.C'est moi qui suis allé le voir pour lui offrir mes services, affirme-t-il.Je suis un gars sensible.CJMS est la station qui m'avait donné ma première chance.Je voulais faire quelque chose.» Il est resté à CJMS jusqu'en 1990 avant de fonder sa boîte de production destinée au marché des congrès et des tournois de golf.Chaque année, il donne une quarantaine de représentations privées pour des compagnies de voitures, des chaînes d'alimentation, des compagnies d'essence et des banques.« C'est une partie de ma vie que j'adore », dit-il.Et une partie importante sur le plan financier.À 43 ans, Michel Beaudry fait ce qu'il veut et partage son temps entre la radio, les spectacles et le hockey.Au début de chaque saison, il étudie le calendrier des matchs du Canadien.Puis, il bloque, dans son agenda, les dates des matchs qu'il va animer.Il choisit ensuite ses vacances et complète son horaire avec des spectacles.Après CJMS, il a refait de la radio.À CKAC, comme animateur l'après-midi, puis à CFGL, le matin.Mais, depuis 1997, il est aux Amateurs de sport, à CKAC, quatre jours par semaine.Le cinquième, la station diffuse, en reprise, l'une de ses capsules humoristiques.Depuis peu, Michel Beaudry s'intéresse aussi au cinéma.Il vient de terminer la rédaction d'un premier scénario, une histoire de pêche.Après 50 ans, il aimerait vivre de sa plume.Il pourrait, par exemple, écrire pour des humoristes.Des gars de la gang ! n n n NOS CHOIX Voici quelques suggestions d'émissions de radio : n Ce matin, Indicatif Présent propose, dès 9h, sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada (95,1 FM, ), une table ronde sur la prostitution et l'émission Sex in the city.n Mardi, à CIEL (98,5 FM), René Simard et Roxanne St-Gelais s'entretiennent, à 8h30, avec Michel Levasseur, fondateur du Festival de musique actuelle de Victoriaville.n Mercredi, à CKAC (730), le morning man Paul Arcand reçoit Jean Beaunoyer, journaliste à La Presse et auteur d'un livre sur le coureur automobile Gilles Villeneuve, Le Mystère Villeneuve.n Mercredi, à 19h, à l'émission 275-Allo (95,1 FM), Andrew, 9 ans, demande : « Est-ce que les aveugles peuvent voir des images dans leur tête ?» Plus tard, à 20h, Macadam tribus présente un reportage sur Tiphanie Dickson, avocate au Tribunal pénal international pour le Rwanda.n Jeudi midi, Multimédi'art, à la Chaîne culturelle (100,7 FM), s'intéresse à la chanteuse d'opéra dont la voix est la plus haute au monde.Il paraît que c'est une Québécoise.Francine Laurendeau parle de cinéma, en direct de Cannes.PHOTOS AP En 1946, à gauche, Douglas Fairbanks Jr tenait la vedette de Sinbad le Marin.Ci-dessus, une photo prise en 1989 alors qu'il était encore très alerte.En avril 1945, la vedette de cinéma était décorée de la DSC par l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Washington, lord Halifax, lors d'une cérémonie soulignant sa participation à la Deuxième Guerre mondiale, sur le théâtre d'opérations alliées en Italie.THÉÂTRE Jack le Martien, Jill la Vénusienne Marie-Christine Blais collaboration spéciale On ne se racontera pas d'histoires : c'est entendu, la critique est toujours subjective.Il y a néanmoins des fois où elle devient personnelle.C'est le cas pour la pièce Jack et Jill.Pour ce qui est des comédiens, aucun problème.Disons-le tout net : Isabel Richer et Pierre Gendron jouent à ravir dans cette pièce pour deux de l'Américaine Jane Martin.Toujours justes, crédibles, à l'écoute l'un de l'autre.C'est d'autant plus remarquable que ni l'un ni l'autre ne se sont particulièrement illustrés au théâtre jusqu'ici, Isabel Richer consacrant son énergie aux miniséries télé et Pierre Gendron multipliant les annonces publicitaires et les rôles secondaires au petit écran.C'est Pierre Gendron qui signe également l'adaptation québécoise du texte, et c'est du beau travail.La mise en scène ?Pour sa première incursion dans ce domaine, Sophie Lorain relève le défi haut la main.On retiendra en particulier son idée de faire jouer ce texte aux allures cinématographiques (nombreux raccourcis et ellipses dans la trame de l'histoire, changement de décor et d'époque en une nanoseconde, etc.) en plaçant ses deux protagonistes un peu comme sur un plateau de tournage.En d'autres termes, Jack et Jill sont presque toujours entourés de (faux) techniciens (éclairagiste, accessoiriste, etc., joués par de jeunes acteurs), devant des photos de repérage des divers lieux où pourrait se situer l'action.si nous n'étions pas au théâtre.À cet égard, la scène de bris de vaisselle est une trouvaille, quoiqu'un peu longuette.La mise en scène de Sophie Lorain \u2014 qui s'est certainement appuyée sur la collaboration active de Richer et Gendron \u2014 a quelque chose de très nordaméricain, avec ce petit quelque chose de fébrile et d'immédiat qui rappelle la télévision quand la télévision est bien faite.Ceux qui se demandent si son travail rappelle celui de sa mère, Denise Filiatrault, apprendront avec intérêt qu'elles ont toutes deux un point en commun : elles signent des mises en scènes efficaces.Bon, alors, c'est quoi le problème ?Où le subjectif devient-il personnel, pour ne pas dire partial ?Le hic, c'est le propos même de Jack et Jill.Pour apprécier cette pièce (qui compte quelques longueurs), il faut aimer le genre Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Ces hommes qui aiment trop, La codépendance affective, comment s'en sortir et tutti quanti.Ou alors, vivre une relation de couple sur le mode « combat des chefs » \u2014 ma voisine, en tout cas, semblait réconfortée à la vue de ces deux personnages qui s'interrompent constamment pendant une heure et demie et ne s'écoutent jamais, JA-MAIS.En fait, Jack et Jill, c'est un homme, une femme, mais sans chabadabada.Un gars, une fille, mais sans autodérision salvatrice.When Harry met Sally, mais sans Billy Cristal.Scènes de la vie conjugale, mais sans la Suède.Bref, une histoire de couple dont on se dit que ce n'est vraiment pas de chance qu'ils se soient rencontrés, ces deux-là, lui si insécure et elle tellement narcissique, pourquoi, mais pourquoi s'évertuent-ils à nier leur profonde incompatibilité, Seigneur.Et pourtant, je sais, c'est la réalité que vivent bien des couples (mais dieu que c'est horripilant à regarder !).Et pourtant, c'est vraiment bien joué par Isabelle Richer et Pierre Gendron.Et pourtant, c'est monté avec une couple de très bonnes idées.Et pourtant, c'est une adaptation en français d'ici catégorie Québec A 1, avec humour à la clé.Bref, c'est à voir si a) vous aimez beaucoup Isabel Richer, b) vous aimez beaucoup Sophie Lorain, c) vous voulez découvrir Pierre Gendron, d) la dynamique du couple nord-américain contemporain vous fascine.Si aucune de ces réponses n'est la bonne, passez votre tour.JACK ET JILL de Jane Martin, mise en scène de Sophie Lorain, assistée de Claude Cournoyer.Distribution : Pierre Gendron, Isabel Richer, Éric Perreault, Annie-J.Berthiaume, Vincent Giroux, Martine Collin.Scénographie : Olivier Landreville.Éclairages : Mathieu Gourd.Costumes : Ève Turcotte.Présentée à la Licorne jusqu'au 20 mai.Infos : 523-2246.Isabel Richer et Pierre Gendron jouent à ravir dans cette pièce pour deux.Toujours justes, crédibles, à l'écoute l'un de l'autre. 1LP2102A0508 A21 - LUNDI - ARTS 1LP2101A0508 ZALLCALL 67 11:19:15 05/08/00 B Théâtre LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 R A 21 Les malheurs de Happy SONIA SARFATI Le personnage s'appelle Happy et il porte bien son nom : il sait voir le bon côté des choses, même si les choses sont souvent bien sombres.Le spectacle s'appelle aussi Happy.Et il n'est pas un traité sur le bonheur.Ainsi en va-t-il de la nouvelle pièce de ce magicien de la marionnette qu'est Ronnie Burkett, présentée à l'Usine C jusqu'au 13 mai.Une nouvelle production, créée il y a quelques jours à peine à Toronto.Et cela, bien sûr, se sent.Oh, pas dans le savoir-faire de Ronnie Burkett ! Impossible de ne pas immédiatement tomber sous le charme de ses marionnettes, qu'il sait si bien faire vivre du bout de ses doigts.Au point où l'on oublie sa présence, même s'il est là, à vue, toujours.Et quand, par hasard, un regard se pose sur lui, c'est pour s'apercevoir qu'il a toute la tendresse d'un père et la sensualité d'un amant quand il regarde, touche, emporte vieilles dames et vieux messieurs, chiens et chats, jeune fille et chanteurs de charme.En fait le problème \u2014 qui n'est pas irrémédiable »- de Happy, se trouve dans le texte.Intelligent, par moments lumineux, d'une grande sensibilité et véhiculant des flots d'émotions (il faut d'ailleurs vraiment comprendre l'anglais pour profiter de toute sa poésie et de tout son humour \u2014 car il y en a), il pèche, ici et là, par excès de densité.De plus, le scénario comporte des longueurs \u2014 sentiment que l'on ressent surtout en fin de parcours quand, après deux heures de spectacle, y allant de plusieurs crescendo dramatiques, l'auteur multiplie les impressions de conclusion.Le point final devient, encore et encore, points de suspension.Ronnie Burkett a peut-être voulu trop en dire.Il a déjà tellement à montrer ! Résultat : le spectacle souffre de la comparaison avec Tinka's New Dress \u2014 qui, lui, nous est parvenu après quatre ans de rodage et de tournées \u2014 et avec Old Friends, également plus abouti lorsque, tel un morceau de septième ciel, il est tombé l'an dernier sur la Maison Théâtre pour assommer d'émerveillement les jeunes spectateurs.Il y a d'ailleurs plusieurs similitudes entre ces « Vieux amis » et Happy.Dans l'un comme dans l'autre, les souvenirs prennent le pas sur le présent.Dans l'un comme dans l'autre, ces souvenirs sont portés par des corps usés, des visages ravinés, les cheveux blancs ou absents.Là s'arrête par contre la comparaison, parce que si le premier véhiculait une nostalgie faite de tendresse et de petits bonheurs, le second mise sur ces instants de vie qui laissent à la bouche un goût amer et sur le cour, une brûlure.Happy est un spectacle d'une tristesse infinie.L'auteur et interprète albertain, fondateur du Ronnie Burkett Theatre of Marionettes de Calgary, cette fois-ci accompagné d'une assistante \u2014 ce qui lui permet d'accélérer le rythme et d'être moins préoccupé par la manipulation « hors lumière » des marionnettes \u2014 évoque les très vieux jours de Happy, un vétéran insouciant et sans problème (croit-on, mais à tort) qui est entouré d'amis, vieux et moins vieux, plongés dans la détresse.Il y a d'abord Carla, si amoureuse des mots et de Drew.Les premiers lui feront défaut lorsque le second mourra dans ses bras.Elle niera, elle tempêtera, elle s'en voudra.Mais jamais elle n'acceptera, ne fera le deuil de son amour parti trop tôt.Et puis, il y a les autres habitants du petit immeuble où vit Happy.Le vieux Raymond, avec ses souliers de plastique et son agaçante serviabilité.La vieille Lucille, qui n'a pas la langue de sa poche.Le couple gay.Le chien de l'un.La chatte de l'autre.Que d'histoires interrompues, de mauvaises pistes suivies, d'errements.D'erreurs.Ronnie Burkett lève les voiles, un par un, sur toutes ces vies.Il ouvre les placards.Les referme.Parfois doucement.Parfois dans un effet de tonnerre.La dernière image de l'histoire de Carla n'est pas de celles que l'on oublie.Puis, de temps en temps, il laisse passer une (impression de) bouffée d'air frais par l'intermédiaire des numéros présentés au Grief Cabaret \u2014 un « cabaret du chagrin » situé dans une zone grise (tout y est gris, les choses, les gens, leurs vêtements.) situé dans un entre deux mondes.La tristesse se fait alors chanson, pantomime, burlesque.Oui, il y a là des rires.Il y en a aussi dans la trame principale du récit.Mais on ne sort pas heureux de Happy.On en sort partagé entre la fascination que provoque le travail de Ronnie Burkett et par la lourdeur du destin qui écrase les frêles créatures qu'il manipule.HAPPY, créé et interprété par Ronnie Burkett.Musique : Cathy Nosathy.Éclairages : Bill Williams.À l'Usine C jusqu'au 13 mai.En version originale anglaise.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Louise Cousineau 19:00 a HOCKEY Eh oui, encore congé de 4 et demi ce soir.En avez-vous assez?19:30 P LA NUIT DES MOLIÈRES Les Oscars du théâtre français présidés par le metteur en scène et écrivain Jérôme Savary.21:00 t ALLY MCBEAL Elle a eu 30 ans la semaine dernière, à sa plus grande déconfiture.21:00 J THE AMERICAN EXPERIENCE La vie de Joe Di Maggio, qui fut un grand joueur de baseball et le meilleur mari de Marilyn Monroe.22:30 r VENDREDI C'EST JULIE Roger Hanin, l'inspecteur Navarro, y sera.Ainsi que l'humoriste Guy Bedos et Cendrine Dominguez, l'animatrice du Fort Boyard français.CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC Ce soir Hockey / Séries éliminatoires: Maple Leafs - Devils Le Téléjournal/Le Point Les Nouvelles du sport De bouche à oreille (23:18) Le TVA Piment fort / André Ducharme Caméra Choc Les Ailes de la mode Place Melrose Salle d'urgence Le TVA Vendredi c'est Julie / Guy Bedos, Roger Hanin Sports / Lot.(23:52) Macaroni tout garni Pignon sur rue La Vie sauvage 1045, rue des Parlementaires Cinéma / LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS (4) avec Ron Perlman, Daniel Emilfork Chasseurs d'idées / Entretien avec Michel Chossudovsky La Vie sauvage Le Tour des mondes Grand Journal (17:00) Flash / Claude Blanchard Faut le voir pour le.Cinéma / GROSSIÈRE INDÉCENCE (6) avec Jimmy Smits, Naomi Watts Le Grand Journal La fin du monde.110% Aphrodisia Flash Pulse Access H.Raymond Freaks & Geeks Ally Mc Beal Third Watch CTV News Pulse/sports News Wheel of.Jeopardy Roswell News Newswatch Hockey / Séries éliminatoires: Maple Leafs - Devils The National / CBC News Nat.Update News ABC News Judge Judy Frasier Celebrity Weddings: In Style Cinéma / MY BEST FRIEND'S WEDDING (4) avec Julia Roberts News Night.(23:35) News CBS News E.T.King of Queens Ladies Man .Raymond Becker Family Law Late (23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.Dateline NBC Cinéma / JASON AND THE ARGONAUTS avec Jason London (2/2) Tonight (23:35) Newshour Nightly Bus.Delivery Antiques Roadshow / Philadelphia, Pa.The American Experience / Joe Di Maggio Cinéma / THE RAZOR'S EDGE (4) BBC News Business.Newshour Silent Witnesses:.Trees My Friend Paul World News Charlie Rose L.A.Law Law & Order Biography / Reba Mc Entire Investigative Reports City Confidential Law & Order Saudade - Jazz Cabaret Videos Arts, Minds Foot Notes Riverdance: Bad Boy.Lord of the Dance NYPD Blue Contact Animal /.crustacés L'Histoire des papes Mer et Monde / J.E.Bernier II Biographies / Caligula La Grande Aventure du ski Agents très spéciaux DW-tv (All.) Asian News Rete Italia.I Due Volti Dell'Amore Questa Italia Émission juive francophone Images/Inde Irlande Chinese Business Hour Cinéma.Internet Grammaire .tir à l'arc .placement Planète Terre Capharnaum .affaires Imagine .substances psychotropes How'd they do that?@discovery.ca Wild Discovery /.Tell Time Champions Great Parks World's Greatest Mysteries @discovery.ca Prêt à partir .l'aventure Plaisirs.Carte postale de Floride Lonely Planet Vidéo Guide Prêt à partir Honey./ .Angels (18:45) .(19:05) .of the Dark?Cinéma / 14 GOING ON 30 (5) Cinéma / TURNER AND HOOCH (5) .(23:05) .of the Dark?Cheers Drew Carey 3rd Rock.That '70s Show Titus Ally Mc Beal Charmed News Radio Star Trek Global News First Nat.News Addams E.T.Dawson's Creek City of Angels / Pilote Global News Sinbad (23:15) Histoires de train L'Histoire à la une La Fabuleuse Histoire de.Cinéma / JARDINS DE PIERRE (4) avec James Caan, D.B.Sweeney .guerre It Seems.Way we were Archaeology .Bites It Seems.Crimes Turning Points /.Scheldt The Great Indian Railway Tour of Duty Pet Project Pet Friends The Goods Images .Miracles .Families Extra Real World Shift TV .Dinner?.Miracles .Families Coulisse.Le Scandale Ed Sullivan Pop up vidéo La Famille Jackson (1/5) En coulisse Scandale.Génération 60 La Famille Jackson (1/5) D.Clip Novo 1-2-3 Punk Hip Hop Clip Watt Clip World News Buss.News Newsworld Reports Health.Counter Spin The National The Passionate Eye Newsworld Reports Euronews .Actions Le Monde ce soir Ils étaient voisins Journal RDI RDI à l'écoute Le Canada.Le Canada.Le Canada.Monde du golf Sport 30 Mag Expos Mag.Challenge de quilles Sports 30 Mag Expos Mag.Salle des nouvelles Médicopter L'Enquêteur Dossier: disparus Harlequin Danger Bay T N T Degrassi Jr.Degrassi.Street Justice F/X: The Series Cinéma / MIDNIGHT DANCERS (5) avec Alex Dell Rosario Highlander Babylon 5 Phenomenon: Lost Archives Lexx: The Series Star Trek - Deep Space Nine X-Files Sportscentral Hockey News Last Word.Sportscentral Soccer / English Premier League: Leeds - Everton Sportscentral Playoff Edition Last Word.Les Enfants.Volt Panorama Ecce Homo Cinéma / TERRE LOINTAINE (4) avec Fernanda Torres Panorama Bob Vila's Home Again Trauma II: Life in the ER Paramedics / .Highways Protect and Serve Police Force: Saints &.Paramedics Off the Record Sportsdesk Baseball / Orioles - Blue Jays WWF Raw is War Sportsdesk SOS Fantômes Super Nanas Méga Bébés Archie.Mythologies Cléo & Chico Simpson Méga Bébés Duckman South Park Simpson Mythologies Autant savoir Taxi pour.Journal FR2 La 14e Nuit des Molières Journal belge Journal suisse Soir 3 Stuff Mechanics More to Life Studio 2 TVO Mystery / Mc Callum History on TVO /.of Seeds Studio 2 Libre ce soir Copines.Gr.Nature Lignes.Jeux de société /.chiens Médecine.du retour .beauté! Les Copines Allô docteur Cité Mag Top 50 Le Guide de l'auto Cité Mag Action Emploi À la une Addams Mona the.Freaky.Studio S.Holmes Boy Meets.Student.Roswell.Lassie Freaky.Addams Beasties Mystères.Conquête.Revanche.Le Futur.Les Secrets du Cinéma Tekwar Frontière.Grand Test Sliders La Coupe de billard professionnel Monde du sport Joe Di Maggio en pleine gloire. 1LP2201A0508 A22 - LUNDI - ARTS 1LP2201A0508 ZALLCALL 67 00:42:21 05/08/00 B A 22 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 SPECTACLES MUSIQUE Salles de répertoire AGE OF INNOCENCE (the) Cinéma du Parc (1): 19h.AGNES BROWNE Cinéma du Parc (2): 17h.BICENTENNIAL MAN Cinéma Impérial.Ven., sam., dim.: 21h.BOY (A) AND HIS DOG Cinéma du Parc (2): 21h15.CRADDLE WILL ROCK (THE) Cinéma Impérial.Ven., sam., dim.: 16h30.42 UP Cinéma du Parc (3): 16h45, 19h15, 21h45.GHOST DOG Cinéma du Parc (1): 21h35.GHOST DOG: LA VOIE DU SAMOURAÏ Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 14h, 16h20, 19h, 21h20.MAIN BASSE SUR LES GÈNES Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 17h, 21h10.MATRIX (THE) Cinéma Impérial.Ven., sam.; 23h30.MOLOCH Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 15h, 19h05.ROSIE Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 13h, 17h, 21h10.SEDUCING MAARYA Cinéma du Parc (2): 19h15.VENT NOUS EMPORTERA (LE) Ex-Centris (salle 2, Fellini): 14h10, 16h30, 19h10, 21h30.WAR ZONE (THE) Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 14h, 16h20, 19h, 21h20.WHOLE NINE YARDS (THE) Cinéma du Parc (1): 17h.Cinéma Impérial.Ven., sam., dim.: 19h.Musique PLACE DES ARTS (salle Maisonneuve) Orchestre Métropolitain.Dir.Yannick Nézet- Séguin.Olivier Thouin, violoniste.Passaggio (Provost), Concerto pour violon (Dvorak), Symphonie no 6 (Pathétique) (Tchaïkovsky): 19h30.PLACE DES ARTS (Salle Wilfrid-Pelletier) Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Charles Dutoit.Frank Peter Zimmermann, violoniste.Macbeth (Strauss), Concerto pour violon (Berg0, Symphonia domestica (Strauss).Grands Concerts: 20h.Théâtre THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE (Place des Arts) La Chatte sur un toit brûlant, de Tennessee Williams.Mise en scène de Fernand Rainville.Trad.de Michel Dumont et Marc Grégoire.Avec Maude Guérin, Normand D'Amour, Michel Dumont, Rita Lafontaine, Adèle Reinhardt, Alain Zouvi, Guy Provost, Marc Legault, Brigitte Lafleur, Yves Désautels ou Kim Olivier.Du mar.au ven., 20h; sam., 16h et 20h30.THÉÂTRE ESPACE GO (4890, St-Laurent) Électre, de Sophocle.Trad.de Jacques Lacarrière.Mise en scène de Brigitte Haentjens.Avec Anne-Marie Cadieux, Andrée Lachapelle, Marc Béland, Anne Dorval, Christiane Pasquier, Denis Gravereaux, Gregory Hlady et Guy Trifiro.Du mar.au sam., 20h.LA LICORNE (4559, Papineau) Jack et Jill, de Jane Martin.Trad.de Pierre Gendron et Sophie Lorain.Mise en scène de Sophie Lorain.Avec Isabel Richer, Pierre Gendron, Éric Perreault, Annie-J.Berthiaume, Vincent Giroux et Martine Collin: Mar., jeu., ven., sam.: 20h; mer.: 19h.LA PETITE LICORNE (4559, Papineau) La Légende de la femme squelette, conte de Patrick Quintal, en collaboration avec Sylvie Marchand: 20h.THÉÂTRE DE L'ESQUISSE (1650, Marie- Anne E.) Contes érotiques du monde arabe, avec Sylvie Belleau et Naila Ben Youssef.Mise en scène de Gerardo Sanchez: 20h30.USINE C (1345, av.Lalonde) Happy, de Ronnie Burkett: 20h.MAI (3680, Jeanne-Mance) Reading Hebron, de Jason Sherman.Mise en scène de Wajdi Mouawad.Avec Anna Fuerstenberg, Rachelle Glait, Joel Miller, Howard Rosenstein et Harry Standjofski.Du mer.au sam., 20h30; dim., 14h30 et 19h30.CAFÉ-THÉÂTRE DE CHAMBLY (2447, Bourgogne, Chambly) Presque par hasard une femme, Élizabeth, de Dario Fo.Avec Sylvie Bibeau, Ghislain Bourdeau, Manon Cardinal, Érik Christensen, Judith Gauthier et Patrice Tremblay.Ven., sam., 20h.CÉGEP DE ST-HYACINTHE (salle Léon- Ringuet, 3000, av.Boullé, St-Hyacinthe) Kamouraska, version scénique du roman d'Anne Hébert, réalisée et mise en scène de Guy Beausoleil: 20h.Variétés LE CASINO DE MONTRÉAL Au cabaret qui chante, avec Roger Sylvain, Pierret Beauchamps, Richard Huet, Sylvie Jasmin, Norman Knight, Jenny Rock, Michel Stax et Patricia Pétrie.Du mar.au jeu., 13h30.THÉÂTRE DES VARIÉTÉS (4530, Papineau) Les Crooners, avec Yoland Simard, Yvan Pion, Nelson Lever et Francesco Verracchia.Du mer.au sam., 20h; dim., 14h.SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) The Matthew Good Band: dès 21h.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Le Stephen Barry Band: 20h30.L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Spirale: 21h30.P'TIT BAR (3451, St-Denis) Tomas Jensen chante Renaud, Desjardins: 21h30.VERRE BOUTEILLE (2112, Mont-Royal E.) Célina: 21h.UPSTAIRS (1254, Mackay) Joshua RAGER: dès 21h.Pires dans Schumann n Inhabituel couplage Schumann de la pianiste Maria Joâo Pires chez Deutsche Grammophon : le Concerto avec Abbado et le Chamber Orchestra of Europe, le Quintette op.44 avec Dumay et Capuçon aux violons, Caussé à l'alto et Wang au violoncelle.Franck au piano n La marque Cyprès a groupé un choix d'oeuvres pour orgue de Franck en transcription pour piano.Au programme, entre autres : Pièce , Cantabile, Prélude, Fugue et Variation, Pastorale et Fantaisie en la.Le pianiste : Michael Frohnmeyer.Deux de Ashkenazy n Vladimir Ashkenazy figure comme pianiste et comme chef d'orchestre sur deux nouveaux disques de la marque Ondine.Avec l'Orchestre Philharmonique de Helsinki, il joue et dirige du piano le Concerto qu'il a commandé au compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara.Puis il dirige l'Orchestre Philharmonique Tchèque dans un programme Richard Strauss : Symphonia domestica et Don Juan.CE SOIR RELÂCHE (LA SOIRÉE DU HOCKEY À 19 H) DEMAIN Marc Dupras demande un étrange service à Bazinet.Virginie discute du cas d'Éric et de Raïcha avec Guillaume et Roger avant de confronter Marilyn à ses mensonges.Claudie suggère à Véronique de se servir de son projet pour donner une leçon à Bazinet.MERCREDI Roger et Guillaume s'affrontent une fois de plus.Lucie a une autre conversation pénible avec Pénélope qu'elle soupçonne d'être influencée par Évelyne.Marilyn essaie de s'expliquer avec Claudie.JEUDI Dominique reçoit la visite de Marc Dupras.Claudie est consternée par l'attitude de Marilyn face à la vie.Secoué, Pierre débarque chez Virginie alors que Cécile se présente à la salle des professeurs dans tous ses états; que s'est-il donc passé ? 1LP2301A0508 A23 - LUNDI - ARTS 1LP2301A0508 ZALLCALL 67 00:42:12 05/08/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 8 MAI 2000 A 23 JEUX VIDÉO Road-movie à cinq milles à l'heure.André Mondoux collaboration spéciale «Tu vas voir, tu v a s ê t r e ém e ! » Combien de fois ne vous l'a-t-on pas prédit, à propos de The Straight Story ! Après tout, tout le monde sait que vous êtes la dernière personne de l'univers à vous inquiéter pour Lassie quand elle plonge dans un torrent pour sauver un lapin ! Quel effet, alors, vous ferait l'histoire de ce vieux monsieur chevauchant sa tondeuse à gazon et parcourant des centaines de kilomètres entre l'Iowa et le Wisconsin pour aller se réconcilier avec son frère ?Vous penchiez pour le sourire et un brin de désinvolture.Vous vous connaissez et vous connaissez David Lynch (enfin, son travail).Eh bien, si vous avez souri, la désinvolture a rapidement pris le bord.David Lynch \u2014 oui, celui de Wild at Heart, de Twin Peaks et autres Lost Highway ; celui dont vous adorez l'étrangeté, les univers violents et bizarres \u2014 vous a joué un sacré tour en jouant ici sur un registre depuis longtemps abandonné.Celui qui avait donné The Elephant Man.À la base de The Straight Story, une histoire vraie.Celle D'Alvin Straight, décédé en 1996.Soit deux ans après avoir parcouru, à l'âge de 73 ans, 500 kilomètres à dos de tondeuse.Six semaines de voyage.Pour aller saluer un frère avec qui il était en froid depuis dix ans.L'histoire a été reprise dans le New York Times et est tombée sous les yeux de Mary Sweeney, compagne de David Lynch \u2014 et productrice de ses films.Elle en a obtenu les droits, coécrit le scénario.Qu'elle a montré, en cours de travail, à David-le-compagnon.Pas à David-le-cinéaste : il était évident que le projet ne le concernait pas.Mais il a succombé.Parce qu'il a reconnu, dans cette histoire dépouillée et directe, quelque chose qui lui rappelait The Elephant Man.Et parce qu'au delà des apparences, ce récit tranquille n'a rien de l'image d'Épinal.Les paysages sont faussement bucoliques.Les situations, faussement banales.Et les gens, faussement ordinaires.Que l'on songe aux voisins d'Alvin, à sa fille mentalement handicapée, aux gens qu'il rencontrera \u2014 de l'auto-stoppeuse enceinte et en fugue aux jumeaux en colère, en passant par la femme qui écrase des cerfs sur la route : leur histoire est juste assez tordue pour se trouver un pas à côté du réalisme pur.Même Alvin Straight (magnifiquement interprété par Richard Farnsworth) n'est pas le vieux monsieur d'à côté : il faut être entêté, indépendant d'esprit et un peu flyé par partir à l'aventure dans de telles conditions.Le résultat n'en est pas moins un moment de paix et de tranquillité.À l'image des premières secondes de la production, où la caméra fouille doucement dans les étoiles puis cherche à se poser quelque part entre les champs de maïs et de soya.Butinant dans une alternance de jaunes lumineux et de verts profonds.Tout, du montage qui parvient à soutenir ce rythme lent (le grand moment de suspense survient quand la tondeuse s'emballe dans une descente et qu'Alvin fait un bon 30 km/ h !) ; de la musique d'Angelo Badalementi (complice de David Lynch depuis Blue Velvet) qui enrobe la production d'accents country ; du scénario qui comporte de belles leçons de vie (lesquelles, en d'autres mains, moins talentueuses, se seraient faites sermons).tout contribue à faire de The Straight Story un film dont on goûte chaque seconde.Et que l'on est heureux d'avoir vu.« Et puis ?Tu as pleuré ?» vous ont demandé les copains.Juste un p'tit débordement dans la scène finale, quand les deux frères se retrouvent.« Pas toi ?! » vous êtesvous étonné.Pas de réponse.Juste un p'tit raclement de gorge.Ému ?Non, ém .Eh, que ça vous a fait du bien ! THE STRAIGHT STORY (V.F.: UNE HISTOIRE VRAIE) Chronique de David Lynch.Avec Richard Farnsworth, Sissy Spacek, Harry Dean Stanton.Sortie : 9 mai (VHS) H H H H 1/2 CINÉMA MAISON Sonia Sarfati À la guerre comme à la guerre De tout temps, les jeux de combats ont inspiré les créateurs de jeux et l'industrie des jeux informatiques ne fait pas exception à la règle.Les jeux informatiques de guerre, qu'il s'agisse de simulateurs sophistiqués ou de stratégie en temps réel, ont leurs adeptes inconditionnels.JANE'S F/A-18 Windows H H H H Les amateurs de renseignements militaires connaissent bien la célèbre revue et lorsque celle-ci prête son nom à des simulateurs de vol, ceux-ci font habituellement preuve d'un souci de rigueur évident.Comme son nom l'indique, ce titre vous propose de prendre les commandes d'un chasseur F/A-18, un bolide bien armé qui niche sur les porte-avions américains.Au-delà de la précision, du degré de sophistication et de réalisme du simulateur comme tel, ce jeu se démarque surtout par l'originalité de son expérience de jeu.Le fait d'avoir à décoller et à atterrir d'un porte-avions confère au jeu une saveur tout à fait particulière.Cette expérience de jeu est renforcée par d'imposants systèmes de communication (de la tour de contrôle aux ingénieurs responsables du trafic sur le pont), un arsenal militaire complet (dont des missiles air-sol, air-air, air-surface) et un terrain d'opérations couvrant plus de deux millions de kilomètres carrés que vous pouvez survoler en rase-mottes à des vitesses supersoniques.Comme bien des simulateurs de vol, celui-ci exige d'investir beaucoup de temps avant de pouvoir piloter avec aisance, mais les récompenses seront à la hauteur.CLOSE COMBAT IV La bataille des Ardennes SSI Windows H H H H En 1996, le simulateur de jeux de guerre Close Combat avait laissé sa marque en proposant une expérience de jeu qui jumelait stratégie en temps réel et contexte historique.Grâce à TLC-Edusoft, la quatrième version de cette célèbre série est désormais offerte en français.Close Combat IV, propose une simulation réaliste de la terrible bataille des Ardennes en décembre 1944, opposant les alliés aux forces allemandes.Le joueur contrôle des unités de soldats et de véhicules dont la diversité reflète bien le souci de rigueur historique (infanterie, espions, saboteurs, aviation, etc.).Une des particularités du jeu est que son réalisme est rehaussé par le fait que les performances des unités sont affectées par le moral et le niveau de stress et de fatigue des soldats individuels qui la composent.Le jeu se déroule sur une carte détaillée de plus de 40 pages et offre un mode de combat où deux joueurs peuvent s'affronter en réseau local ou sur Internet.De plus, pour les amateurs de jeux personnalisés, le jeu offre un éditeur de batailles pour créer des campagnes sur mesure.Un classique en son genre.COMMAND & CONQUER TIBERIAN SUN : FIRESTORM Westwood, Windows H H H 1/2 La version Tiberian Sun de la série de jeux de stratégie en temps réel Command & Conquer (C&C) a connu un imposant succès populaire ; succès qui, en soi, garantissait la sortie d'un module d'expansion.Firestorm est conforme à ce que l'on est en droit de s'attendre d'un tel module : de nouvelles unités militaires (dont les très meurtriers Cyborgs et Juggernaut (un cauchemar ambulant à triple canons d'artillerie), de nouveaux terrains, 18 nouvelles missions (réparties équitablement entre les deux camps adverses) et un générateur aléatoire de cartes de jeux pour le module multijoueurs.Les fans de C&C ne seront pas déçus.EN VRAC AMERICAN BEAUTY (V.F.: BEAUTÉ AMÉRICAINE) Comédie de Sam Mendes.Avec Kevin Spacey, Annette Benning, Thora Birch.Sortie : 9 mai (VHS) H H H H American Beauty a raflé cinq Oscars.Et pas des petits.Meilleur film, Meilleur réalisateur (Sam Mendes), Meilleur acteur (Kevin Spacey), Meilleur scénario original (Alan Ball) et Meilleure direction photo (Conrad L.Hall).Rien que pour cela, la chose est à voir.Mais le devoir ne sera pas douloureux : American Beauty est une comédie aussi noire que brillante, aussi humaine que sarcastique.Bienvenue dans une banlieue non identifiée où, d'entrée de jeu, le narrateur (Kevin Spacey) nous annonce qu'il ne passera pas l'année.Sa petite vie proprette et ennuyeuse (où le summum de l'excitation lui vient de sa branlette matinale sous la douche) va être bouleversée.Par le coup de foudre qu'il éprouvera pour une copine délurée de sa fille adolescente.Et par l'installation, dans la maison voisine, d'une famille menée au pas par un ancien militaire.C'est le coup d'envoi d'American Beauty.Mais le match, défendu par des joueurs dans une forme exceptionnelle, vaut d'être vu du début à la fin.BRINGING OUT THE DEAD (V.F.: RÉSSUSCITER LES MORTS) Drame de Martin Scorsese.Avec Nicolas Page, Patricia Arquette, John Goodman.Sortie : 9 mai (VHS et DVD angl.) H H H 1/2 Impossible de ne pas penser à Taxi Driver.Le mal d'être d'un homme est y omniprésent.New York, ses quartiers mal famés et ses drames, aussi.Un acteur excellent, présent dans toutes les scènes ou presque.Paul Schrader au scénario et Martin Scorsese derrière la caméra.La différence : les « clients » du héros sont malades ou mourants.Et son véhicule, une ambulance.Bringing Out The Dead retrace en effet 56 heures dans la vie d'un ambulancier en pleine crise existentielle.L'homme en question a les traits de Nicolas Cage \u2014 et non ceux de Robert De Niro.Hanté par les gens qu'il n'a pas réussi à sauver, aux prises avec des malades qui veulent mourir mais que médecins et familles retiennent, roulant avec des confrères en voie de disjoncter, Frank multiplie les contacts avec la mort.Ici, l'humour est noir.Les réflexions, pas banales.Et Nicolas Cage, excellent.ÇA COMMENCE AUJOURD'HUI Drame de Bertrand Tavernier.Avec Philippe Torreton, Maria Pitarresi, Nadia Kaci.(VHS) H H H Bertrand Tavernier se fait une nouvelle fois justicier.Après L.627 où il remettait en cause les agissements des forces policières et L'Appât où il s'en prenait à la société médiatique et violente, il met le système d'éducation dans son collimateur avec Ça commence aujourd'hui.Le système d'éducation en France, dans les zones frappées de chômage et de pauvreté.Une situation qui sonnera une cloche pouvant résonner bien au-delà de l'Hexagone.Basée sur l'histoire d'un directeur d'école primaire qui, un jour, en a eu assez de la lourdeur du système, ce film reportage raconte les parents démunis, les enfants négligés, les institutions rigides.Le tout, porté par Philippe Torreton, dont la prestation est magnifique.Le hic, par contre : les Justes et les Méchants portent ici la majuscule.Le portrait est très contrasté (comme les mots écrits à la craie blanche sur le tableau noir) mais le manque de nuances finit par agacer.Sauf que le message, lui, est drôlement clair.Et il porte.VIRTUAL SEXUALITY (V.F.: SEXUALITÉ VIRTUELLE) Comédie fantaisiste de Nick Hurran.Avec Laura Fraser, Rupert Penry-Jones, Luke De Lacey.(VHS et DVD angl.) H H 1/2 L'idée de Virtual Sexuality n'est pas neuve mais elle est ici exploitée de manière rafraîchissante et, tout en s'adressant au public adolescent, elle ne se termine pas sur l'habituelle morale politiquement correcte.Faut dire que le film est anglais et non américain.Il en possède la signature et la facture.Entrée, ici, de Justine.Mignonne mais difficile : elle veut l'homme idéal, rien de moins.Cet homme-là, elle le trouvera dans un salon des nouvelles technologies.où il s'échappera d'elle.Physiquement.Mais dans la tête de ce beau gosse, c'est Justine qui est encore là.Et qui n'en revient pas de ce corps, de ces muscles, de ces poils, de ce.Enfin, bref.Ces découvertes \u2014 de même de ce qui se fait et ne se fait pas quand on est un gars \u2014 donnent lieu aux meilleurs moments de ce film qui s'adressent à ceux qui sont restés (virtuellement) adolescents. La Presse 8 mai 2000 Page A24 manquante "]
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