La presse, 12 mai 2000, Cahier A
[" 5LP0101A0512 A1 VENDREDI 5LP0101A0512 ZALLCALL 67 00:34:28 05/12/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 P 116e ANNÉE, NO 200, 64 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DE QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Ottawa confirme: la taxe sur le tabac sera salée Le chanteur des Colocs avait une soif d'absolu JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE « Si un jour je le fais, je le ferai droitte.» Dédé Fortin en parlait parfois avec Raymond Paquin, son agent, ami et éditeur depuis le début.Aujourd'hui c'est Raymond Paquin qui nous en parle, à coeur ouvert, encore sous le choc de cette épouvantable disparition qui laisse croire au suicide.Oui, Dédé y avait déjà pensé.Il y a 10 ans, avant la naissance officielle des Colocs, au creux d'une dépression, il était même passé proche.Cette fois, il a visé juste.Hier, le bureau du coroner a rendu publics les résultats préliminaires de l'autopsie pratiquée sur le corps de Dédé Fortin, dont la mort remonterait au lundi 8 mai.L'autopsie, pratiquée par le docteur Claude Pothel, pathologiste au laboratoire de médecine légale à Montréal, n'a pas permis d'établir si le chanteur des Colocs s'est suicidé ou s'il a été assassiné.Le décès a toutes les apparences d'un suicide, mais on aurait encore quelques interrogations concernant certaines blessures, aux mains notamment.On le sait désormais: ces dernières semaines, Dédé traversait une grosse peine d'amour.Une période de confusion énorme qu'il avait décrite à son agent comme « insupportable seconde par seconde ».Quelques jours avant sa mort, il lui a envoyé le texte de sa dernière chanson, que nous publions entièrement et en exclusivité ci-contre.« Quand j'ai lu ça, raconte Raymond Paquin, j'ai eu des frissons.Ce soir-là, on a soupé ensemble.Quand il filait mal, il venait chez moi.Je lui faisais un saumon au gingembre avec du romarin.Il en a pris sept fois.» Samedi, Raymond a recroisé Dédé sur l'avenue du Mont-Royal.Il pleuvait.Dédé a mis sa tête sur l'épaule de son gérant.Avait besoin de parler.Ne dormait plus depuis cinq jours.« Ma tête est comme un carrousel, qu'il m'a dit.Chaque fois que je suis concentré sur une image, il en arrive une autre.» Voir LE CHANTEUR en A2 GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Le ministre des Finances, Paul Martin, haussera les taxes sur le tabac à leur niveau de 1993, soit d'environ 15 dollars la cartouche de cigarettes, mais il le fera par étapes.Le ministre a en effet confirmé hier qu'Ottawa et les provinces avaient mis sur pied un groupe de travail pour discuter de cette question et pour voir dans quelle mesure ces hausses risquaient de relancer la contrebande.Le ministre a de plus affirmé que la Gendarmerie royale du Canada allait avoir son mot à dire dans le niveau des hausses prochaines.« Je pense que c'est assez clair, a dit Paul Martin, qu'il va falloir procéder par étapes.Et ce sera certainement, j'en suis convaincu, ce que va nous recommander la GRC.» Ottawa avait été contraint en 1994 de baisser considérablement ses taxes sur le tabac afin d'enrayer le fléau de la contrebande en provenance des États-Unis.Les compagnies de tabac ont d'ailleurs été accusées depuis d'avoir eu un rôle à jouer dans ces réseaux de contrebande.Voir OTTAWA en A2 Le péché devient une erreur dans un projet de Bible franco-québécoise SOPHIE BROUILLET Une première traduction franco-québécoise de la Bible devrait faire son apparition en librairie à l'automne 2001, et risque de semer la controverse à cause des importantes libertés d'interprétation qu'elle comportera.On y évacue des termes aussi décisifs que « péché », qui y est remplacé par « égarement » ou « erreur », et des expressions clés telles que « foi », « résurrection », « esprit » et « Satan » y cèdent souvent la place aux mots édulcorés de « confiance », « réveil », « souffle » et « provocateur ».Certains des livres saints seront même méconnaissables, prédit Jean-Pierre Prévost, coordonnateur de l'équipe de traduction québécoise.Voir LE PÉCHÉ en A2 Rubriques Arts et spectacles .B7 à B13 - télévision B8 Bandes dessinées B15 Bridge C14 Cyberpresse A14 Décès C15 Économie C1 à C10 Feuilleton C13 Êtes-vous observateur?.B14 Horoscope C11 Loteries A2 et A8 Monde B5 et B6 Mots croisés C12 et S10 Mot mystère C13 Opinions B3 Petites annonces B14 - immobilier B14 et B15 - marchandises C11 - emplois C11 et C12 - automobile C12 à C14 - affaires C2 Politique B1 et B4 MÉTÉO Ciel variable Max.21, min.13 cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net La Croisette et ses contrastes Jules Deschênes meurt à 76 ans L'ancien juge en chef de la Cour supérieure du Québec, Jules Deschênes, est mort mercredi à l'âge de 76 ans.Entre autres décisions célèbres, il a accordé aux pilotes francophones d'Air Canada le droit de parler en français aux contrôleurs aériens francophones et a invalidé l'unilinguisme français des lois du Québec.De 1993 à 1997, il a siégé au Tribunal pénal sur les crimes de guerre dans les Balkans.À lire en page A13 MARC CASSIVI envoyé spécial, CANNES Cinq malheureux pendus à un arbre, un homme qui urine dans la bouche d'une fille.Les premières images d'un festival.Images fortes, judicieusement floues, lancées sans avertissement, comme un électrochoc de 17 minutes, à un public strass et paillettes qui n'en demandait pas tant.L'exercice de style, présenté en ouverture du Festival de Cannes, préambule indigeste au fastueux Vatel, est signé Jean-Luc Godard, créateur de génie et enfant terrible sans repentir du cinéma mondial.L'Origine du XXIe siècle \u2014 ou « Les années dégueulasses du dernier siècle selon JLG » \u2014 est un diamant brut qui refuse d'être poli.Un essai plus ou moins lucide et brouillon sur l'horreur du réel, la terreur du mépris, la catastrophe de la haine et le cinéma, commandé expressément au réalisateur par le Festival, et qui contraste violemment avec l'opulence insouciante de ses nombreuses activités mondaines.Les films ont repris le dessus sur la Croisette.Et s'offrent en contrepoids réaliste aux célébrations parfois frivoles de cette grande manifestation, à la fois du cinéma et de la vanité qui l'accompagne souvent, sinon nécessairement.Au premier rang, comme toujours, Ken Loach, le réalisateur britannique champion de la cause sociale, qui présentait en lever de rideau compétitif, hier, un film syndicaliste réussi, Bread and Roses.Voir LA CROISETTE en A2 Professionnels vision mode Sur pr.sentation de cette annonce, obtenez 25 $ de rabais additionnel sur l Õoffre 2 pour 1 ou obtenez 25 % de rabais applicable .l Õachat d Õune paire de lunettes complte (verres et monture).Valide jusqu Õau 11 juin 2000, voir d.tails en magasin.25$ o u 25% DE RABAIS [514] 336 / 4444 5LP0201A0512 A2 VENDREDI 5LP0201A0512 ZALLCALL 67 00:34:33 05/12/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 Suites de la une Le chanteur des Colocs avait une soif d'absolu LE CHANTEUR / Suite de la page A1 Dédé était comme ça.Toujours sur le bord du gouffre, les pensées en accéléré, s'entrechoquant sans arrêt.« Il vivait trois ans par année.Il avait 38 ans, mais au fond il en avait 120.C'était une jeune auto avec beaucoup de millage.Il vivait avec une intensité maximum, tellement forte que c'en était invivable.Il se vidait aussi rapidement qu'il se remplissait.Ce n'était jamais assez.Dédé Fortin a fini la soirée de samedi chez son chum Éric Henry.Il a écrit pendant six heures.« En partant, raconte Raymond, il lui a dit: je vais faire ce que j'ai à faire.» On connaît malheureusement la suite.Sans nouvelles depuis dimanche, des amis et son ancienne blonde sont allés cogner chez lui.Sans réponse, ils sont entrés par la fenêtre d'en arrière.Ils ont trouvé Dédé par terre dans son salon.Aujourd'hui, une seule question: pourquoi?En public, Dédé Fortin n'exaltait-il pas la joie et la rage de vivre?Selon Raymond Paquin, « une des plus grandes erreurs des médias a été de réduire les Colocs à l'image d'un groupe de party.Mais au fond, Dédé n'a jamais été un gars de party.C'était un désespéré en quête d'absolu.Il faisait tout en désespéré.Ça a fini par l'user.Chaque fois qu'il touchait quelque chose, l'univers s'agrandissait encore plus.Plus il s'approchait de la perfection, plus il se trouvait imparfait.Il y avait chez lui un constant besoin de se surpasser y compris en amour.Il y avait chez lui une soif infinie d'amour.Il n'en trouvait jamais assez.Il n'était pas capable de gérer tout cela, se questionnait sans cesse sur ses rapports avec les femmes.Une chose est certaine, ses blondes lui ont donné plus qu'il était possible de donner à quelqu'un.» Quand Raymond Paquin parle d'amour, il ne pense pas seulement aux femmes.Il pense aussi à cette si Belle Province que Dédé aimait comme une femme, et pour laquelle il a plus fait que n'importe quel autre chanteur de sa génération.« Jamais vu personne aimer le Québec comme lui.Et si son oeuvre doit servir à quelque chose, qu'on se souvienne d'abord de cela.» Victime de son amour inassouvissable et de son énergie dévorante, incapable de trouver la paix, Dédé Fortin est donc « allé sur une île et brûlé son bateau ».On ne mesure pas encore l'impact de cette soudaine disparition.La chanson québécoise perd assurément un de ses auteurs-compositeurs les plus doués, sensibles, ouverts et attachants.Un authentique qui était loin d'avoir tout dit, et dont le dernier album, le touchant Dehors Novembre, annonçait d'encore plus prometteuses réalisations.Son départ paraît d'autant plus prématuré que Dédé avait de nouvelles idées en chantier.Il voulait se produire dans un an au festival d'été de Québec avec un groupe de 300 percussionnistes.Ce concept de « Fanfare du Québec » lui avait été inspiré par la formule du bloco brésilien.Cet été, toujours à Québec, il avait l'intention d'en présenter une version réduite avec 40 musiciens.Quant aux Colocs, ils avaient un nouveau disque sur les rails.Des bouts d'enregistrement, des démos faits maison.Selon Raymond Paquin, Dédé « avait l'intention d'élargir la base rythmique de son groupe » qui possédait déjà deux batteurs et deux percussionnistes.Il est probable que cet album inachevé sortira un jour.Ceci, préciset- il, en collaboration étroite avec la famille.Celle-ci veillera le corps de Dédé samedi.Les funérailles doivent avoir lieu dimanche ou lundi.Le service sera réservé aux parents et aux proches.La famille Fortin demande au public de respecter cette volonté et de ne pas s'imposer.« Mais j'suis heureux/parce qu'au moins j'meurs l'esprit tranquille/j'vas r'commencer mon autre vie d'la même façon/J'vas avoir d'l'instinct/j'vas rester fidèle à mon style/L'entente parfaite entre mon coeur et la raison.» La Croisette et ses contrastes Ottawa confirme: la taxe sur le tabac sera salée OTTAWA / Suite de la page A1 Hier, le ministre Martin a assuré qu'Ottawa et les provinces allaient suivre les recommandations de la GRC sur les niveaux des baisses de taxes.Mais il a souligné que la situation aujourd'hui n'était plus la même qu'en 1994 en raison principalement des hausses des prix du tabac enregistrées aux États-Unis.Certains États frontaliers vendent en effet leurs cigarettes à un prix plus élevé qu'au Canada.« À l'époque où les taxes ont été réduites, a rappelé M.Martin, nous avions clairement dit que nous voulions rétablir ces taxes aussi vite que possible.L'obstacle majeur demeurait celui de la contrebande.» Le ministre des Finances est de l'avis des groupes antitabac et de son collègue à la Santé, Allan Rock, que la baisse des taxes sur les cigarettes en 1994 a contribué à l'augmentation du nombre de fumeurs chez les adolescents.Le ministre des Finances du Québec, Bernard Landry, a déclaré de son côté que « la hausse des taxes sur le tabac est d'habitude la seule qui soit approuvée dans l'enthousiasme ».« On vise la lutte contre le tabagisme et la contrebande », a confirmé M.Landry.Paul Martin croit que la formule idéale pour l'ensemble du Canada serait une taxe uniforme sur le tabac, question d'éviter que des réseaux de contrebande interprovinciaux ne voient le jour.Le niveau de taxation du tabac varie en effet selon les provinces.En raison de la gravité de la contrebande au Québec et en Ontario, présumément alimentée par les compagnies de tabac qui envoyaient du Canada d'imposants stocks de cigarettes aux fournisseurs américains de l'Est, c'est dans ces provinces que les plus fortes baisses de taxes ont eu lieu.Au Québec et en Ontario, par exemple, où les contrebandiers auraient agi à partir des réserves des Mohawks, les réductions de taxes avaient atteint en 1994 un record de 20 dollars la cartouche.« C'est une question de santé, a conclu Paul Martin.Ce qui nous motive à hausser ces taxes, c'est le lien existant entre l'augmentation des usagers du tabac chez les jeunes et le prix des cigarettes.» LA CROISETTE / Suite de la page A1 Cette histoire d'immigrants latino- américains qui forment un syndicat dans l'immeuble où ils font le ménage, doublée d'une histoire d'amour entre un leader gauchiste ( Adrien Brody ) et une sans-papiers impétueuse ( excellente Pilar Padilla ), va droit au coeur, sans verser dans les bons sentiments.De l'ultra-réalisme engagé, façon Loach, qui confirme une fois de plus l'énorme talent de direction d'acteurs du Britannique.Quelques bémols manichéens, mais un scénario ( de Paul Laverty ) souvent comique et toujours juste.Si les premiers films disent vrai, la compétition 2000 ( 23 longs métrages ) sera relevée, captivante et extrêmement variée.C'est sans compter la Quinzaine des réalisateurs, qui s'ouvrait hier avec Tout va bien, on s'en va, de Claude Mouriéras, au Noga-Hilton, et à laquelle participe la Québécoise Guylaine Dionne, avec son premier long métrage, Le Fantôme des trois Madeleine.Vrai, on n'a pas vu de « grand » film encore, mais la première belle surprise de la compétition est arrivée hier matin et s'appelle Harry, un ami qui vous veut du bien, du Français Dominik Moll, un cinéaste pratiquement inconnu, même dans l'Hexagone.Ce thriller tordu mettant en vedette Laurent Lucas, Mathilde Seigner et Sergi Lopez, dans le rôle d'un richissime détraqué à la mémoire phénoménale, est frais, original, comique et sans prétention.Des éléments charmeurs qui font aussi la force du dernier film de l'Américain Neil Labute, une comédie satirique du nom de Nurse Betty.On vous en reparle demain.Le péché devient une erreur dans un projet de Bible franco-québécoise LE PÉCHÉ / Suite de la page A1 Professeur de théologie qui a enseigné à l'Université Saint-Paul d'Ottawa, il vient d'en être exclu pour avoir quitté la prêtrise, il y a un an.« On aura constamment l'impression de n'avoir jamais lu le livre de Job, par exemple », assuret- il.En cours de réalisation, le projet de traduction a été lancé en 1997 par les éditions Médiaspaul, du Québec, et Bayard, de France, qui voulaient avoir une Bible à leur catalogue et qui souhaitaient donner à cette réalisation une envergure supranationale.« On trouvait aussi que les versions francophones dataient », explique le directeur de la maison catholique Médiaspaul, le prêtre Gilles Collicelli, en précisant que les traductions françaises les plus connues remontent à une trentaine d'années.« En ce moment, on vit sur un héritage », estime-t-il.D'emblée, les éditeurs se sont entendus sur un projet avant-gardiste, et ont convenu de délaisser l'approche historico-critique de traduction de la Bible utilisée depuis le début du siècle.« On cherche plutôt à donner de la valeur à la langue, à rejoindre la sensibilité du lecteur contemporain et à renouer avec la culture d'aujourd'hui », affirme M.Collicelli.Les éditeurs ont donc fait appel à une cinquantaine de traducteurs français et québécois, dont la moitié sont des biblistes et la moitié des écrivains, une grande première à la connaissance du directeur général des éditions Bayard, Frédéric Boyer.« Ça ne s'était jamais fait dans la tradition biblique française », rapporte-t-il, en précisant que des traductions anglaises et allemandes ont davantage privilégié la dimension littéraire des livres saints.Le Québec fournit au projet 11 biblistes, responsables de près de 40 % des textes, et trois écrivains, soit Jacques Brault, lauréat pour la troisième fois du prix du Gouverneur général en 1999, Pierre Ouellet et Marie-Andrée Lamontagne.En France, de grands noms tels Jean Echenoz, prix Goncourt 1999, sont au nombre des traducteurs.Théologiens et littéraires travaillent par équipes de deux sur chacun des livres saints, et confrontent leurs points de vue.Si le recours à des gens de lettres est audacieux, les allégeances de l'équipe de traduction et certains des choix qu'elle est en train de faire apparaissent franchement téméraires.« C'est aussi une première dans le sens où il n'y a pas unanimité d'allégeance », affirme l'ex-prêtre Jean-Pierre Prévost, qui est loin d'être le seul à posséder, comme traducteur de la Bible, une feuille de route particulière.« D'autres membres sont d'anciens prêtres partis depuis plus longtemps, certains de nos écrivains se disent agnostiques, plusieurs ne croient pas à l'institution de l'Église et il y a des juifs non pratiquants du côté français », énumère M.Prévost.L'hétérogénéité des traducteurs se reflète déjà dans les textes, ainsi que certains avancées théologiques qui ne font pas l'unanimité.« À peu près personne n'a retenu le mot péché, souligne M.Prévost, et on a révisé des traductions qui, une fois adoptées, se sont sclérosées et ont pu paraître à tort inévitables.Le mot foi, par exemple, s'est imposé au fil des siècles, mais Jésus a plutôt dû parler de \u2018confiance' à l'origine.» On peut donc se demander si la prochaine Bible en langue française, très représentative de la diversité spirituelle actuelle, recevra l'imprimatur de l'Église catholique.« On a senti que les évêques préféraient qu'on ne leur demande pas leur approbation », indique Jean- Pierre Prévost, pour qui la bénédiction de l'Église est souhaitable, mais non essentielle.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 095 à quatre chiffres : 5695 DEMAIN DANS LA PRESSE Au pays d'Elian « Dis-moi, pourquoi tant de Cubains quittent leur île, au péril de leur vie?» Cette question, notre journaliste Rima Elkouri l'a posée à plusieurs Cubains lors de son séjour au pays du petit Elian Gonzalez, le naufragé le plus célèbre du monde.Des rues étroites de la Vieille Havane aux hôtels luxueux de Varadero, sans oublier le village de Cardenas où Elian est né, elle a interrogé des Cubains ordinaires pour mieux comprendre leurs joies, leurs peines et leurs espoirs.La Presse vous propose demain la première tranche de ce fascinant reportage.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Craignez-vous le retour de la contrebande si les gouvernements haussent les taxes sur le tabac?Selon vous, le gouvernement parviendra-t-il à convaincre les hôpitaux d'éliminer les déficits?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 22 % Non: 78 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.COLLECTES DE SANG Aujourd'hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants: à Montréal: Centre des donneurs, centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est ( métro Préfontaine ), de 10 h à 17 h; à Saint-Constant: Saint-Constant Auto, 48, rue Saint-Pierre, de 13 h 30 à 20 h 30.Objectif: 225 donneurs; à Fabreville: église Saint-Ferdinand, 3250, rue Esther, de 14 h à 20 h.Objectif: 150 donneurs; à Pointe-Claire: Fairview Pointe-Claire, 6801, route Transcanadienne, de 13 h à 20 h 30.Objectif: 125 donneurs; à La Plaine: école secondaire de l'Odyssée, 7000, rue Guérin, de midi à 19 h.Objectif: 125 donneurs; à Trois-Rivière-Ouest: carrefour Trois- Rivières-Ouest, 4520, boul.Royal, de 14 h à 20 h.Objectif: 150 donneurs. 5LP0301A0512 A 3 vendredi, 12 mai 5LP0301A0512 ZALLCALL 67 00:34:59 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 3 La mort de Dédé Fortin Sur les traces de Dédé Fortin HUGO DUMAS Fin mai 1998, le soleil plombait, rue Saint-Denis.C'était le quatrième anniversaire du journal L'Itinéraire.Une journée très spéciale pour Alain Coulombe dit Alcatraz, un des camelots, qui avait proprement taillé sa barbe et rasé ses longs cheveux pour l'occasion.Posté près du Second Cup, au coin du boulevard de Maisonneuve, Alcatraz ne réussit pas à écouler ses journaux comme à l'habitude.Fait trop beau et c'est la fin du mois, a-t-il pensé.Intrigué par un joyeux boucan, un peu plus au nord, il file sur Saint-Denis, jusqu'à la rue Émery.Devant le cinéma Quartier Latin, Dédé Fortin et sa belle bande de Colocs tournent le vidéoclip de la chanson Tassez- vous de d'là.Alcatraz s'y pointe, sur le bout des pieds.Puis, on l'invite spontanément à se joindre au groupe des figurants.Comme un ami, un proche.« Il y avait plein de monde du Café Central, du Quai des Brumes.Moi, dans le vidéo, je suis accoté sur le parcomètre.Il y a plein de monde qui se battent autour de moi.Je montre mon journal à la caméra.Il y a Roger Tabra sur le front page », raconte l'homme de 47 ans.Hier, Alcatraz a revu le vidéoclip à la télé, dans un des nombreux hommages qui ont été rendus au rocker engagé.« Ça m'a fait tout drôle.C'est triste », dit-il.Deux ans plus tard, son parcomètre a disparu de la rue Émery.Dans la fenêtre du petit commerce de disques que l'on aperçoit dans le clip, une pancarte toute simple : « Merci Dédé ».La Presse s'est baladée en ville hier et a recueilli les témoignages et anecdotes de plusieurs Montréalais qui ont été touchés par la musique des Colocs.Le choc de la mort brutale de Dédé Fortin a été ressenti partout.« Les Colocs, c'est top en tabarnak », dit Ti-Dré, 21 ans, rencontré hier à la place Pasteur avec un groupe d'amis.« Je trippais là-dessus ben raide.Je connaissais toutes leurs tounes par coeur.Dédé, c'était un gars qui nous comprenait ; il vivait les mêmes problèmes que nous », dit-il.Un ami de Ti-Dré, surnommé Gagné, a une cassette du band à Dédé Fortin.Il l'a piquée à son coloc.Hier matin, il n'a pu l'écouter, car son système de son était brisé.Il est parti s'en acheter un autre.« Dédé avait l'air bien cool.Juste dans ses chansons, ça paraissait.Ça pogne ton âme », raconte Gagné, 27 ans.Quant à Microbe, 18 ans, il rejette carrément l'hypothèse du suicide.« Je peux pas croire que tu peux arriver à faire ça.Ça se peut juste pas », dit-il.Sur les tablettes du magasin de disques Archambault, rue Sainte- Catherine, il ne restait plus un seul exemplaire du dernier disque des Colocs, Dehors Novembre.« Les gens l'achètent, car ce sera probablement le dernier album du groupe », dit le gérant du magasin, Léo Descotes.Une commande spéciale a été placée et le nouveau stock devrait arriver aujourd'hui.Chez HMV, rue Sainte-Catherine Ouest, les ventes d'albums des Colocs ont grimpé de 50 % hier, indique un employé de la section francophone, Richard Vanier.Frédéric Lalande est un vrai fan des Colocs.Il possède les trois albums et les a vus en spectacle au moins quatre fois, dont la dernière au Woodstock, en Beauce, l'été dernier.« J'ai eu beaucoup de peine en pensant à tout ce qu'il ne pourra pas faire.Il était encore jeune », dit l'étudiant de 20 ans.« Les messages des Colocs sont graves, poignants.Ils ont fait beaucoup plus que des albums de party.En les écoutant, on pouvait passer d'un état de grande félicité à une déprime totale, comme dans la chanson Le Répondeur », dit Frédéric, étudiant en sciences humaines au cégep du Vieux-Montréal.Pour Christian Jutras, un étudiant de 23 ans, Dédé Fortin était ni plus ni moins que La Bolduc des années 90.« Il était engagé, sans être trop provocateur.Il passait des messages à caractère social dans des chansons accrocheuses », dit-il, tout en sirotant une bière sur la terrasse du Saint-Sulpice, dans le Quartier latin.Son amie, Claudie Robillard, trouve admirable que les Colocs soient toujours demeurés humbles et simples malgré leur succès fulgurant.« Ils ne faisaient pas de la musique vide ; ils avaient beaucoup de contenu », souligne-t-elle.Les Colocs ?« C'est full populaire », lance Amélie Boivin, 19 ans, étudiante en communication au cégep du Vieux-Montréal.Son amie Édith Roy, 19 ans, ajoute : « Ils ont exploré plusieurs styles musicaux.Ils faisaient de la musique multiculturelle ; ils n'ont jamais arrêté d'évoluer.» Mélanie Bonneau, 23 ans, étudiante en design de présentation au cégep du Vieux-Montréal, a craqué pour le côté ensoleillé de la musique des Colocs.« Quand je mettais ma cassette en me levant le matin, ça me faisait un réveil joyeux.Dans mon auto, ça me motivait à conduire.On est joyeux au Québec et les Colocs, ça représentait bien notre pays », dit-elle.Un peu plus loin dans l'ouest, coin Laurier et Jeanne-Mance, Asbed Istanbulian se rappelle les nombreuses fois où Dédé Fortin venait prendre son petit-déjeuner dans son restaurant, Toi, moi et café.« Il avait son coin à lui tout au fond.Il s'assoyait toujours là et lisait son Devoir.Il chialait pour que j'en achète plus qu'une copie.Il pouvait venir tous les jours de la semaine », confie-t-il.Les journalistes culturels se souviendront que c'était l'endroit où Dédé Fortin aimait bien donner des entrevues.Sa place était cruellement vide hier.PHOTOS MARTIN C.CHAMBERLAND, La Presse © La place de Dédé Fortin dans le restaurant Toi, moi et café, angle Laurier et Jeanne-Mance, était cruellement vide hier.Sa mort a laissé un grand vide partout au Québec.Alain Coulombe, dit Alcatraz, est ce camelot et journaliste de L'Itinéraire que l'on peut voir dans le vidéoclip Tassez-vous de d'là, des Colocs.De nombreux admirateurs ont défilé hier devant la porte de l'appartement du Plateau Mont-Royal où le chanteur Dédé Fortin a été trouvé mort.Plusieurs y ont déposé fleurs, mots gentils, ballons et poèmes.Les Colocs, c'était Dédé Fortin STÉPHANIE BÉRUBÉ et HUGO DUMAS « Moi, j'ai fait mes débuts dans les Colocs et les Colocs, c'est André Fortin.Sans lui, je ne sais pas ce que je ferais aujourd'hui.» Bien que la journée ait été particulièrement pénible, Mononc' Serge ne se lassait pas hier de parler de son ami Dédé.« C'est la moindre des choses de dire un petit mot à son égard », confie-t-il.« Je l'ai côtoyé durant cinq ans.Il a eu un impact important dans ma carrière », dit-il, en ajoutant que depuis son départ du groupe, il ne voyait plus Dédé que quelques fois par année.Le choc n'en fut pas moins grand quand il a appris la nouvelle par les médias, mercredi : « Je me suis dit que ça n'avait pas d'allure.C'était totalement inattendu.» De son ami, il garde le souvenir de quelqu'un qui bouillait de créativité et qui était toujours en quête de nouveauté.« Il aimait s'entourer de gens qui avaient des idées.André est quelqu'un de très perméable aux nouvelles influences », explique Mononc' Serge, incapable de s'habituer à parler de son copain au passé, comme si toute cette histoire n'était qu'un mauvais, très mauvais rêve.Laurent Saulnier, ex-critique de musique à l'hebdomadaire Voir, n'a pas répondu au téléphone mercredi.Il n'a pas lu les journaux d'hier non plus.« La mort de Dédé Fortin me touche énormément.Je trouve ça tellement triste.Mercredi, je suis resté chez nous et j'ai pleuré dans les bras de ma blonde », dit Laurent Saulnier.« J'ai l'impression que c'est un cliché, mais les Colocs restent le seul band qui a réussi à être rassembleur.Ils ont réussi à faire danser des gens sur des sujets indansables.Ils ont eu des succès monstres, dont les paroles étaient extrêmement dures.C'est un exploit que très peu de groupes ont réussi », explique-t-il.Laurent Saulnier ne compte plus les fois où il a vu les Colocs en show.Des spectacles dynamites qui tournaient inévitablement en de gigantesques partys où tout le monde dansait et s'amusait.« C'était quasiment devenu les Nations unies, ce band-là, avec un ticul du Lac-Saint-Jean, un Cri de la Saskatchewan, un Belge, un Black », souligne-t-il.La douleur est vive.« C'est triste pour tout le monde », ajoute Laurent Saulnier.Polo, des Frères à Ch'val, place Dédé Fortin dans la catégorie des authentiques.« Ils écrivent avec leurs tripes sans se demander si ça va passer à la radio », a-t-il dit à Radio-Canada.Claude Rajotte, animateur à Musique Plus : « Ça va surtout laisser déprimer plein de jeunes qui aimaient Dédé Fortin.C'est comme leur héros qui se serait suicidé.Ça laisse un grand trou dans la musique québécoise.» 5LP0401A0512 a4-vendredi 5LP0401A0512 ZALLCALL 67 00:34:16 05/12/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 La mort de Dédé Fortin PHOTOS CHANTALE HAMEL, Le Quotidien Rue Saint-Cyrille, à Normandin, une des sources d'inspiration de Dédé Fortin ?Photo de droite, la maison de Normandin (maison de droite) où Fortin a passé son adolescence.Normandin ou Dolbeau?PAUL ROY envoyé spécial, NORMANDIN Dans ma p'tite ville, on était juste 4000, pis la rue principale, a s'appelait Saint-Cyrille, la coop, le gaz bar, la caisse pop, le croque-mort, pis le magasin général, quand j'y r'pense ça m'fait assez mal, yé tombé une bombe su'a rue principale, depuis qu'y ont construit le centre d'achats.\u2014 André Fortin On entre à Normandin, au nord-ouest de Saint-Félicien, au lac Saint-Jean, par la rue Saint-Cyrille.Des maisons recouvertes de déclin d'aluminium, une caisse pop, un « gaz bar ».Nous sommes au bon endroit.Cherchons le centre commercial Le voici, rue Durocher.« Le Gerbier », son nom.Une affaire en béton gris orné de parures d'aluminium orange.Entrons.Un marché Richelieu, une salle de quilles, le bar L'Alibi, des bureaux et des espaces inoccupés.Guy Asselin et Linda Charest, employés de bureau, prennent leur pausecafé.\u2014 Est-ce que c'est ici le centre d'achats de la chanson des Colocs ?\u2014 En plein ici ! répond Mme Charest.Son collègue est moins catégorique : « J'ai toujours entendu parler que c'était à Dolbeau.\u2014 Ben non, c'est ici, réplique Mme Charest, y a presque plus de commerces sur la rue Saint-Cyrille, pareil comme dans la chanson.\u2014 Oui mais la chanson parle d'un Mac Donald, l'interrompt M.Asselin.Il n'y en a pas à Normandin, mais il y en a un à Dolbeau.\u2014 Est-ce qu'il y a une rue Saint-Cyrille à Dolbeau ?\u2014 Bien non, justement.\u2014 Alors, peut-être André Fortin a-t-il mélangé un peu les deux situations, pour les fins de la chanson ?\u2014 Peut-être, a admis M.Asselin.Mais sa collègue paraissait sceptique.Le débat est loin d'être fini.On le constatera un peu plus tard à Dolbeau, où Micheline Leclerc, propriétaire de L'hôtel du Boulevard, nous affirmera que « Dédé » faisait bien référence à la fermeture du boulevard Wallberg, pour y construire un centre commercial, vers le milieu des années 80, dans « La rue principale ».« Le monde de Dolbeau a bien compris qu'il parlait de nous autres.On avait fait un référendum, et 98 % des gens avaient voté contre le projet.Ce qui n'avait pas empêché les promoteurs de couper le boulevard Wallberg en deux.Venez voir ici ! » Réjean Hudon, responsable des achats chez Gemofor, à Normandin, nous fournira un autre élément de réponse en disant que la population de Normandin est de.4000.Dolbeau-Mistassini compte environ 17 000 habitants.Dans ma p'tite ville on était juste 4000.M.Hudon, de deux ans son aîné, a d'ailleurs bien connu André Fortin, qui est mort à 38 ans.« Vers la fin des années 70, avec Régis Gilbert à la batterie et Sylvain Doucet à la basse, on avait formé un petit groupe.André et moi, on jouait de la guitare.» \u2014 Vous donniez des spectacles ?\u2014 Non, non, on faisait juste pratiquer.\u2014 Vous aviez un nom ?\u2014 Oui, « En attendant ».\u2014 En attendant quoi ?\u2014 C'était le nom de notre groupe.« Déjà, on voyait qu'André était pas mal plus talentueux que nous.Une guitare, ça lui faisait pas peur ! » Les gens de Normandin étaient fiers d'André Fortin, selon Réjean Hudon.« Quand quelqu'un de chez nous perce comme ça, ça fait quelque chose.En plus, il n'était pas gêné de dire qu'il venait d'ici, de Normandin.L'été dernier, les Colocs étaient venus jouer à l'aréna de Normandin.Avant le spectacle, André Fortin était allé trouver Réjean Hudon à son bureau pour l'inviter au concert.Il n'y était pas allé.« Je devais aller à l'extérieur ce soir-là.» De méchantes langues affirment que M.Hudon avait peur que « Dédé » le fasse monter sur scène pour jouer avec lui.« Ç'aurait été son genre de faire ça.» Après le spectacle, les Colocs s'étaient rendus veiller au bar Le Clairon, rue Durocher.Guy Harvey, barman ce soir-là, s'en souvient fort bien.« Il était monté sur la scène et il avait joué La rue principale.Le plancher voulait arracher, j'avais jamais vu une affaire de même ! » Sonia Minier, une grande rouquine de 25 ans, s'en souvient aussi.« J'étais allée au spectacle et après, j'étais venue ici, au Clairon.Ça avait brassé pas mal.La police était venue fermer la place.à 4h ! Le monde voulait pu sortir.Dédé était là, il s'était mis à jouer de la musique à bouche.» On l'attendait, cet été, à Saint-Thomas-Dydime PAUL ROY envoyé spécial, SAINT-THOMAS-DYDIME André Fortin a grandi à Normandin, mais il est né à Saint-Thomas-Dydime, à une quinzaine de kilomètres au nord.Or, Saint-Thomas- Dydime, 855 habitants, fête cette année son 75e anniversaire.Il y a des gros « 75 » sur la plupart des maisons.Fier de ses origines, « Dédé » ne voulait semble-t-il pas manquer la fête.Aussi, proposa- t-il aux organisateurs d'y amener ses Colocs le 24 juin au soir.« On a refusé deux fois sa proposition, raconte Jean-Marc Paradis, secrétaire de la municipalité et du comité d'organisation des fêtes du 75e.On se disait qu'on n'aurait jamais les moyens de se payer le groupe de l'année.» À sa troisième tentative, Dédé a dit à Luc Simard, un ami d'enfance : « Je vais chanter à Saint-Thomas ! » \u2014 Et alors ?\u2014 Alors il nous a fait un prix ridiculement bas.Il venait pour presque rien, le prix de l'éclairage, des techniciens.Son gérant n'était pas très de bonne humeur après lui.Il devait chanter en plein air, au centre du village.« On est déboussolés, confie M.Paradis.On attend une réponse du gérant des Colocs lundi ou mardi.Est-ce qu'ils vont venir ?Les Colocs vont-ils exister sans Dédé ?On avait loué une scène de Montréal, ç'aurait été très professionnel, ç'aurait été écoeurant ! » Dédé au-delà du party JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Faute de mieux, et peutêtre un peu par paresse, on a toujours classé les Colocs au rayon des groupes de party.Leur musique pleine de vitalité, contagieuse, oscillant entre rock, ska, blues, swing et autres musiques joviales, démangeait les orteils, invitait à la fête.Mais les Colocs, c'était bien plus que ça.Au-delà du party, Dédé célébrait aussi la mort, la perte de l'amour et toutes les injustices de ce monde qui va tout croche.De loin, il fut une des voix les plus engagées de sa génération, celle des 25-40 ans.Alors que ses pairs (Leloup, Bélanger en tête, Lapointe, Parent ensuite) optaient pour le désengagement, évitant de placer le débat au centre de leur oeuvre, Dédé y plongeait tête la première.Sous des dehors insouciants et festifs se profilait un poète sensible à la réalité qui l'entourait, doté d'une rare humanité et d'une grande conscience sociale.Dès le premier album des Colocs, paru en 1993, rien n'échappe à l'oeil tendre et cynique de ce chroniqueur social.Dédé y cause d'urbanisation sauvage (Rue Principale) des laissés- pour-compte (Maudit qu'le monde est beau) et des sans-abri (Passe-moé la puck), quand il ne refile pas le micro à son harmoniciste pour Séropositif Boogie.Plus personnel, l'album Dehors novembre laisse filtrer une âme désemparée, le malaise profond d'un homme déçu par un monde de plus en plus déshumanisé.« Baise-moi encore pour fuir le monde/Des dominants, des dominés/Des herbivores, des carnivores/En parlant d'herbe roules-en donc un/Qu'on redevienne l'instant d'un spliff/ Des souverains improductifs » (Pissiômoins).Engagé sur papier, mais aussi en pratique.On a souvent vu les Colocs monter sur scène pour embrasser une cause.Réguliers du spectacle-bénéfice, ils militeront pour le sida, le SALAMI (regroupement contre l'AMI), le Santropol Roulant (un organisme pour aider le troisième âge).En juin, ils devaient se produire avec Richard Desjardins dans une collecte de fonds pour la forêt boréale.Sans oublier le clip de Pissiômoins, tourné dans le cadre d'une manifestation politique pacifique contre la spéculation boursière et la mondialisation.Sa plus grande cause, du reste, fut toujours celle du Québec.On se souvient d'un 30 octobre 1995, où les Colocs avaient joué tard, en dépit du résultat.Bien que Québécois de souche, sa vision du Québec était totalement inclusive.Intégrer un Indien cri, un Belge, deux Sénégalais et un Jamaïcain dans sa formation était une sorte de manifeste.« Ce gars-là était en train de vivre l'expérience du seul Québec possible, commente Raymond Paquin, son agent.Le Québec qui intègre les nouveaux arrivants.» Pour Dédé Fortin, les Colocs étaient devenus plus qu'une bande de jeunes dans un appartement commun.C'était le Québec tout entier cohabitant.À une époque où la jeunesse se débat devant la mondialisation et l'emprise grandissante de la société de consommation, dans une période où l'avenir du Québec passe par le métissage et la mosaïque culturelle, on comprends mieux pourquoi Dédé et ses Colocs ont obtenu un tel écho chez les moins de 35 ans.Ce type avait la vérité dans ses chansons.Au-delà du party, Dédé célébrait aussi la mort, la perte de l'amour et toutes les injustices de ce monde qui va tout croche.Il fut une des voix les plus engagées de sa génération.PHOTOTHÈQUE, La Presse Dédé Fortin et Michel Rivard au spectacle de la Saint-Jean-Baptiste au parc Maisonneuve, le 24 juin 1999. 5LP0501A0512 a5-vendredi 5LP0501A0512 ZALLCALL 67 00:34:45 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 5 La mort de Dédé Fortin Rites païens Toute la journée, des amis, des parents, des fans, des passants sont venus.Ils ont déposé des fleurs en silence.Des mots pour Dédé Fortin.Des cadeaux.Comme dans un rite païen spontané, mais qui viendrait du fond des âges.Est-ce bien à lui qu'ils parlent ?Il fallait en tout cas dire leur douleur.Ils ne croient pas à l'Au-delà, mais écrivent comme si, la nuit venue, après le brouhaha, Dédé allait venir incognito lire ces messages.Sur le pas de la porte du 863, rue Rachel Est, verrouillée d'un gros cadenas marqué « Police », quelqu'un a déposé un tapis de fleurs d'érables, vert tendre.Des tulipes.Des crocus.Des marguerites.Des dizaines de mots collés ou simplement déposés.« Pas de circulaires », dit la vignette.Tu peux partir, mon beau Belzébuth.J'espère que tu planes bien, mais tout de même, quelle tristesse, là, aujourd'hui.Tu m'auras toujours touché fortement.Tiens ! Y fait beau dehors.Un poème signé « Fourmi Atomic ».Un bonbon.Dédé, je t'aimais beaucoup.Ça me fait mal.Très mal.Je vais aller t'écouter à la maison.Ciao.Un autre : On t'oubliera jamais tant qu'il y aura des centres d'achat.Il a dessiné un « peace and love ».Au dos d'un carton marqué « bonbons de réglisse 1,49 $ » : Salut Dédé.C'est peut-être cheap, un carton de prix pour des réglisses, mais c'est tout ce que j'ai trouvé.Je les ai vu t'emporter hier soir, j'ai jamais eu aussi mal.En espérant que t'es bien où tu es.Un dessin d'enfant.« T'étais obligé de partir mais t'étais pas obligé de partir tout de suite ».Vers 15h, un gars pose discrètement une petite boîte sur le pas de la porte.C'est un harmonica.« C'est pour qu'il jamme avec Pat », m'explique Guy Bélanger.Il a joué avec Fortin, sur le deuxième disque des Colocs, où il a pris la place de « Pat », l'harmoniciste Patrick Esposito Di Napoli, mort du sida en 1994.« Y a 12 millions de projets qui ne sont pas finis.Ils sont partis avec lui.» « C'était mon idole, dit Ghislaine Pelletier.Je le prends personnel.Ça remet la vie en question.Je reste dans l'Est, mais il fallait que je me présente ici pour faire mon deuil.C'est le meilleur chanteur des années 1990.Authentique.Pas commercial.» Un gars a dû passer au moins une heure et demie devant la porte, à lire les messages, à se parler.Une autre cite une chanson : « J'te dis qu'à soir dans mon p'tit coeur y fait frette ».n n n Toujours les mêmes questions après un suicide (si c'en est bien un) : pourquoi ?Pour quoi ?Y avait-il quelque chose à faire ?Francesca Pulizzi, de la Maison des pâtes fraîches, en dessous de chez Fortin, est aussi celle qui lui louait son appartement.Il venait pratiquement tous les jours chercher à manger chez ce resto-traiteur.Il n'aimait pas les plats en plastique, alors il descendait avec son assiette.Il causait un peu.Toujours aimable.Dimanche, la dernière fois, il avait l'air fatigué.Mme Pulizzi a demandé s'il allait.Oui, oui.Il souriait.Il souriait toujours.Mme Pulizzi n'a pas dormi cette nuit.Comme le sentiment d'une occasion ratée.« Si on pouvait savoir.Si on pouvait parler.Peut-être qu'on pourrait aider.» Mais allez donc savoir.« Il était dans un groupe à risque parce qu'il était un homme entre 20 et 40 ans et qu'il prenait de la drogue », a dit un expert.La belle affaire ! Ça fait du monde à surveiller ! n n n Il vivait en plein coeur du Plateau, là où la rue Rachel forme une sorte de village.Les binerie de quartier, la Banquise, et les autres, plus chics.La fruiterie.Le quincaillier.Le vendeur d'autos.Le dépanneur Rachel, qui a reconnu son client sur la photo du journal.Le café Rico, qui vend du café « équitable ».Rachelle Béry, temple du végétarisme.Les bars.La piste cyclable.Le Bleuet noir, repère de saguenéens qui ne le trouvent pas drôle aujourd'hui.Douze enfants de huit ans passent devant le 863.Ils s'en vont jouer au ballon au parc La Fontaine avec leur moniteur.Ils s'arrêtent devant la porte.\u2014 Oui, je te dis, c'est un suicide ! \u2014 Non, il y avait des traces de bataille ! \u2014 Non, y a eu une peine d'amour, puis là, il s'est suicidé et c'est sa blonde qui est venue porter des fleurs, explique le troisième.Le moniteur leur demande s'ils croient en Dieu.Les avis sont partagés.Une brunette dit qu'elle n'y croit pas.Alors, après, il n'y a rien ?demande le moniteur.\u2014 Il n'y a pas rien, mais tu oublies tout et tu es dans un autre monde, il n'y a plus de stress et tu es bien.Un autre groupe d'enfants.Ils ont cinq, six ans.La monitrice arrête devant la porte.Elle, elle n'a pas le goût d'en parler.\u2014 Plusieurs de vos parents le connaissaient.\u2014 C'est vrai, ma mère, c'était son amie, dit une fille.\u2014 .Alors par respect, on va garder le silence.Ils continuent leur chemin.\u2014 Y a dû y avoir du sang, chuchote un garçon.\u2014 Chuuut ! dit son ami.Monsieur Chandelle, un vendeur itinérant qui arpente les rues du Plateau, s'approche avec ses bougies aromatisées aux herbes et aux fruits.Il en dépose une verte sur le pas de la porte.« Je suis proche des gens.Je l'aimais pour ses paroles.Il disait la vérité.Les gens n'aiment pas toujours ça entendre la vérité.Une vieille Jetta arrive à toute allure en pleine piste cyclable.Les vitres sont baissées.Le plus récent succès des Colocs, Tassez-vous de d'là, joue à tue-tête.C'est la troisième fois que François Lacombe, qui fait du courrier avec sa voiture, vient ici.« Je me crisse de la piste cyclable ! Aujourd'hui, moi, c'est Tassezvous de d'là, y faut que je voye mon chum ! » Il a laissé un mot, ce matin.Sur un papier d'ordinateur taché de café, avec des calculs au verso, il a écrit au stylo : Tu m'as permis de m'assumer comme loser.Tu m'as dit que être loser est pas mal et honteux.Merci.« Regarde mon char : il est sale, y a des croûtes de pizza par terre, je suis un loser.Mais je m'assume.Il avait 38 ans, le même âge que moi ! » Il reçoit un appel.« Faut que je reste jusqu'à la fin de la toune ! » Il redécolle la pédale au plancher.Il est venu, comme les autres, participer à un rite urbain informe, mais qui dit sa douleur.Comme un besoin irrépressible de « communier », sans religion, je veux dire de mettre en commun sa détresse.Et demain, peutêtre, son espoir.Pour après.yboisver@lapresse.ca Folie et création sous la loupe des psys Soyez à l'écoute de votre ado Surtout s'il file un mauvais coton et qu'il est un fan des Colocs MATHIEU PERREAULT Van Gogh s'est coupé l'oreille dans une crise de folie.Virginia Woolf s'est noyée pour éviter d'entendre des voix.Alys Robi a été internée.Émile Nelligan a fini sa vie dans un asile.Camille Claudel aussi.La folie chez les artistes fascine depuis Aristote.« Pourquoi les hommes qui excellent en philosophie, poésie et dans les arts sont-ils mélancoliques ?» demandait trois siècles avant notre ère le grand penseur grec.Depuis une trentaine d'années, des psys se sont mis en tête de transporter la question sous la loupe de la science.Quoique contestées pour des biais méthodologiques, leurs études montrent que les grands créateurs sont jusqu'à 30 fois plus susceptibles de consulter un psy que la population en général.« Je travaille sur une connexion biologique entre la dépression, la création et la spiritualité », explique le psychiatre Joseph Schildkraut, de l'Université Harvard.« Je ne peux pas vous révéler s'il s'agit d'une région du cerveau, ou de processus neurochimiques communs, mais il semble y avoir quelque chose.» En 1994, le Dr Schildkraut écrivait dans l'American Journal of Psychiatry que la moitié des 15 peintres du groupe new-yorkais des expressionnistes abstraits (Jackson Pollock, Mark Rothko, 1940-50) affichaient des psychopathologies.Dans un groupe de 47 artistes britanniques de haut niveau \u2014 Académie royale, Prix Booker, collaborateurs d'anthologies Oxford \u2014, 18 avaient consulté pour résoudre un trouble affectif (dépression, maniaco-dépression), a constaté en 1983 la psychologue Kay Jamison, de l'Université Johns Hopkins au Massachusetts.Trente fois la moyenne de la population.Le faible échantillon de Mme Jamison \u2014 et sa croyance en un pouvoir créateur de la maniaco-dépression \u2014 ont prêté flanc à la critique.Une autre étude, réunissant une trentaine de boursiers d'un programme d'écrivains de l'Université d'Iowa, a suscité les mêmes critiques.La psychiatre Nancy Andreasen montrait que 80 % des écrivains souffraient de différentes formes de dépression.Dans les deux études, le taux de suicide frisait 2 %, 100 fois plus que dans la population en général.Pour régler le problème des petits échantillons, le psychiatre Arnold Ludwig, de l'Université du Kentucky, a analysé 2200 biographies de 1004 génies du XXe siècle.Les biographes, raisonne-t-il, connaissent autant sinon mieux leur sujet que les psys leur patient.Le tiers des artistes affichaient des symptômes psychiatriques à l'adolescence, une proportion qui doublait chez les poètes, mais chutait en bas de 10 % chez les génies du monde des sciences, du sport et des affaires.La conclusion du Dr Ludwig : les génies à l'équilibre mental fragile choisissent plus souvent les arts que les sciences ou les affaires.Les hauts et les bas d'une maniaco- dépression sont plus dommageables pour un financier ou un politicien que pour un écrivain.LILIANNE LACROIX Si vous avez un adolescent qui adore les Colocs et qui file présentement un mauvais coton, n'hésitez pas : abordez directement le sujet avec lui, demandez-lui si lui-même a déjà songé à s'enlever la vie, préparezvous à écouter et insistez pour aller chercher de l'aide.Même dans votre entourage, envers des gens peut-être moins proches, il faut avoir des antennes et savoir se mêler de ce qui ne nous regarde pas.Est-ce qu'un secouriste hésiterait à venir en aide à un accidenté parce que ce n'est pas de ses affaires ?C'est le cri du coeur lancé par Brigitte Lavoie, directrice générale de Suicide-Action.« Quand une de leurs idoles fait un tel geste, les adolescents sont particulièrement sensibles à l'effet d'entraînement.Parfois, ils choisiront le même moyen ou se suicideront en laissant un disque ou une photo de leur idole près d'eux.En fait, toutes les personnes qui songent au suicide, qui sont plus fragiles, peuvent y voir une sorte de message et passer à l'acte.» Soulignons que, même si la mort du chanteur André Dédé Fortin a l'apparence d'un suicide, la possibilité d'un homicide n'a pas encore été complètement écartée par le coroner qui poursuit toujours son enquête.À l'Association québécoise de suicidologie, la psychologue Sylvaine Raymond craint particulièrement l'effet-miroir dans le cas où la thèse du suicide se confirmerait.« Les gens se disent que si ce garslà qu'ils aiment et qu'ils estiment, qui a tout ce qu'ils voudraient, ne s'en sort pas, quelle chance ont-ils, eux, de s'en sortir ?» À ce chapitre, Mme Raymond souhaiterait ne pas revoir ce qu'elle appelle la « surmédiatisation » qui avait suivi le suicide de Gaétan Girouard et qui, elle en est convaincue, a mené à une hausse importante du nombre des suicides en 1999.Le nombre des suicides l'an dernier a en effet atteint 1599, une hausse spectaculaire de 13 % sur la moyenne des quatre années précédentes (1390 en 1998, 1343 en 97, 1479 en 96 et 1445 en 95).En fait, l'augmentation a semblé si importante que le bureau du coroner, admet le porte-parole François Houle, a même songé à faire une enquête sur les liens entre l'importante médiatisation de la mort de M.Girouard et la hausse du nombre des suicides.« Dans le cas de couverture extensive, les jeunes sont encore plus à risque, surtout si on romantise le geste, si on le rationalise, explique Mme Raymond : trouver une cause unique, c'est bien trompeur, car la problématique est toujours très complexe.Ce qu'il ne faut jamais oublier, c'est qu'il y a d'autres moyens pour alléger une souffrance qui semble insupportable.Avec de l'aide, on peut les découvrir.Chez Suicide-Action, Mme Lavoie rappelle que les services de l'organisme sont ouverts non seulement à ceux qui songeraient au suicide, mais aussi à tous ceux qui craindraient pour un proche.« Si vous sentez que quelqu'un que vous connaissez est en train de glisser, il faut aller le chercher.Souvent, il n'est plus en mesure de demander lui-même de l'aide.» Si vous avez peur pour un proche, une connaissance ou pour vous-même, vous pouvez appeler votre CLSC, consulter les premières pages de votre bottin téléphonique local pour y trouver le numéro d'une ressource ou vous rendre aux urgences d'un hôpital.À Montréal, on peut communiquer avec Suicide-Action au 723-4000.PHOTOTHÈQUE, La Presse La psychologue Sylvaine Raymond souhaiterait ne pas revoir ce qu'elle appelle la « surmédiatisation » qui a suivi le suicide de Gaétan Girouard et qui, elle en est convaincue, a mené à une hausse du nombre des suicides en 1999.Ci-dessus, une photo prise lors des funérailles de M.Girouard.Fortin était particulièrement à risque Un décès sur quatre chez les hommes de 20 à 40 ans est dû au suicide LILIANNE LACROIX Les artistes et les personnages publics ne sont pas plus à risque de dépression ou de suicide que le commun des mortels, ont révélé des recherches sur la corrélation suicide-célébrité.Cela dit, et surtout si la thèse du suicide se confirme dans le cas du chanteur des Colocs, André Dédé Fortin, on pourra dire qu'il était particulièrement à risque, estime Brigitte Lavoie, de l'organisme Suicide-Action.Pourquoi ?Parce que c'était un homme entre 20 et 40 ans.Un décès sur quatre d'hommes de cette tranche d'âge est dû à un suicide.L'usage abusif de drogues ou d'alcool constitue encore un risque supplémentaire, ajoute Mme Lavoie.S'il ne dédaignait pas un joint et même plusieurs, Dédé Fortin ne donnait toutefois pas dans les drogues dures, assure notre collègue Alain Brunet.Même si les femmes vivent globalement autant de détresse que les hommes, certains facteurs leur assurent une certaine protection.« Elles hésitent moins à aller chercher de l'aide alors que les hommes associent la demande d'aide à la confirmation d'un échec personnel, explique Mme Lavoie.De plus, les femmes hésitent souvent en songeant qu'elles ne peuvent abandonner leurs enfants ou faire une telle peine à leurs parents ou à leurs proches.Les hommes, eux, ont tendance à se dire que les autres seront débarrassés.Ils ne réalisent pas combien les gens vont souffrir.» Pour les personnes suicidaires, la crise la plus aiguë dure habituellement de six à huit semaines.« Certains, surtout s'ils ne mangent plus et ne dorment plus, auront alors besoin de médicaments.D'autres pourraient bénéficier d'un support psychologique », explique Mme Lavoie.Des problèmes de santé mentale constituent d'ailleurs un facteur de risque supplémentaire, révèlent les spécialistes.Tous les humains ont vécu à un moment ou l'autre des moments de souffrance intense.Si on excepte la drogue, l'alcool et la maladie mentale, pourquoi certains se suicident-ils et d'autres pas ?« Les capacités personnelles, l'entourage, le réflexe de demande d'aide, la culture, différents éléments peuvent faire la différence », déclare Sylvaine Raymond, psychologue et directrice de l'Association québécoise de suicidologie. 5LP0601A0512 A 6 vendredi, 12 mai 5LP0601A0512 ZALLCALL 67 00:34:39 05/12/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 Île de Montréal La Ronde dévoile sa 33e et dernière programmation MARIE-CLAUDE GIRARD La Ronde a dévoilé hier sa 33e et probablement dernière programmation, du moins dans la forme actuelle du parc d'attractions.La Ville de Montréal espère vendre La Ronde à temps pour qu'un gestionnaire privé prenne la relève à l'été 2001.Le parc Jean-Drapeau, autrefois Société du parc des Îles, n'a pas acheté de nouveaux manèges cette année.On a préféré investir un million et demi pour « refaire une beauté » à certains équipements, améliorer le confort des invités et ajouter des activités d'animation.Une série de spectacles gratuits Molson Dry sera donnée les vendredis soir, du 17 juillet au 25 août, au Jardin des étoiles.On y entendra entre autres Plume Latraverse, Big Sugar, les Frères à Ch'val et Okoumé.Des spectacles de musique country seront aussi présentés au « Saloon du Fort Edmonton ».Le festival des feux d'artifice et les spectacles de plongeon ou d'acrobatie sur trampoline reviennent cette année.Différentes activités d'animation sont prévue pour les enfants.Une troupe de comédiens tentera de distraire les visiteurs un peu partout dans le parc d'attractions.La Ronde ouvre ses portes la fin de semaine de la fête de la Reine, du 20 au 22 mai, ainsi que le week-end suivant.L'ouverture officielle aura lieu le 17 juin.« Il fallait refinancer La Ronde et la mettre au goût du jour.Je pense qu'il faut investir massivement, lui donner un nouveau look », a indiqué hier la présidente du parc Jean- Drapeau, Nycol Pageau-Goyette.« Ce sont des travaux majeurs qu'il y a à faire.» Des travaux de plusieurs dizaines de millions, précise-t-elle.Mme Pageau-Goyette a déjà fait savoir qu'elle quittera son poste aussitôt que le sort de La Ronde sera réglé.Le conseiller Paolo Tamburello, responsable du parc des Îles au comité exécutif, affirme avoir reçu la semaine dernière des appels de nouveaux investisseurs intéressés par La Ronde.Parmi eux, on compte un groupe québécois.« Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas dire de chiffres, simplement on ne sait pas encore combien d'investisseurs vont se pointer.» Un rapport commandé par la Société du parc des Îles et remis à la Ville a déjà identifié des investisseurs potentiels.La Ville veut demeurer propriétaire du terrain.Les espaces verts ne diminueront pas et les îles ne seront pas vendues, a-t-il tenu à souligner.Combien vaut un parc comme La Ronde ?« Des montants de 30 et quelques millions ont circulé, mais ça reste à voir.Enprincipe, on devrait aller en appel d'offres public.» Le conseil d'administration du parc Jean- Drapeau privilégie une formule de privatisation qui permettrait aux Montréalais de toucher des redevances et d'investir ailleurs dans le parc des Îles.La recherche d'investisseurs commandée à Price Waterhouse par le parc Jean-Drapeau allait en ce sens.La Ville préfère examiner aussi d'autres possibilités.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © Le directeur général et la présidente du parc Jean-Drapeau, Pierre Bibeau et Nycol Pageau-Goyette, ont dévoilé hier ce qui pourrait bien être la dernière programmation de La Ronde avant qu'elle ne soit vendue à des investisseurs privés.Richard Drouin entre au conseil d'ADM MARIE-CLAUDE GIRARD L'ancien patron d'Hydro-Québec, Richard Drouin, accède au conseil d'administration d'Aéroports de Montréal avec « sérénité et ouverture », en dépit des récentes controverses suscitées par la société, la résurgence du débat sur le transfert des vols à Dorval et les négociations à venir à propos du bail avec Transports Canada.M.Drouin a été nommé par la chambre de commerce du Montréal métropolitain au conseil d'administration d'Aéroports de Montréal, en remplacement de Nycol Pageau- Goyette, qui quitte le poste de présidente du conseil pour celui de présidente-directrice générale.Elle reste membre du conseil.L'avocat de 66 ans est nommé comme simple membre du conseil.Le conseil doit encore choisir le nouveau président, précise-t-il.La nomination du nouveau président devrait être faite dans les prochaines semaines.Jusqu'ici, M.Drouin dit avoir observé les tribulations d'ADM de l'extérieur.« Je ne connais pas les dossiers autrement que pour les avoir vus dans les journaux.J'utilise les aéroports.Je vois les débats.Vice-président de la banque d'affaires Morgan Stanley Canada, associé au bureau d'avocats Mc Carthy Tétrault, M.Drouin a été président du conseil et chef de la direction d'Hydro-Québec de 1988 à 1995.Il est membre de nombreux conseils d'administration, dont ceux d'Abitibi-Consol, Provigo, Groupe TVA, Stelco et American Superconductors.Il préside également le conseil de l'Université Laval, à Québec.Spécialisé en droit commercial, des affaires et en relations de travail, M.Drouin a été négociateur pour le gouvernement du Québec dans ses relations avec le secteur public.Selon lui, l'avenir des aéroports est un enjeu très sérieux.« Il en va de tout l'aspect économique de Montréal.» Mme Pageau-Goyette a salué l'arrivée de M.Drouin au conseil.« Comme d'habitude, la chambre de commerce a choisi un candidat de prestige, de haut niveau.C'est un dossier évidemment percutant, mais superbement intéressant.Et un projet d'investissements de 500 millions pour Montréal, ce n'est pas rien.» PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Centre d'archives de Montréal Le Centre d'archives de Montréal, aménagé au coût de 19,9 millions, a été inauguré hier par la ministre de la Culture, Agnès Maltais, en compagnie du directeur des Archives nationales du Québec, Robert Garon, et de la directrice du centre, Lucille Vachon.Pour faire connaître la beauté de l'édifice de la rue Viger et les documents qu'il abrite, une journée portes ouvertes sera organisée demain.On pourra y admirer les Géantes, quatre grandes statues de marbre blanc qui ornaient autrefois la Banque Royale, rue Saint-Jacques.et visiter une exposition racontant la croissance de Montréal à l'aide de 200 pièces d'archives, cartes et photos.Têtes d'affiche Les pompiers s'installeront devant des supermarchés Provigo pour les deux prochains weekends, afin d'informer les gens des règles de sécurité à suivre dans l'entretien et l'utilisation d'un barbecue.Cette opération de prévention est réalisée en collaboration avec Kraft et Provigo, dans le cadre de la collecte de fonds de la Fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés.On peut y contribuer par l'achat de produits Kraft.Renseignements : 1-800-567-8683.n n n Éric Dulac Bizou international, représentée par Éric Dulac, directeur des ventes et du marketing dans cette entreprise, a remis un don de 2582 $ à la comédienne Johanne Mc Kay, porte-parole de J e u n e s s e j'écoute, service téléphonique d'écoute et d'intervention pour les jeunes de quatre à dix-neuf ans en difficulté.Cet argent provenait d'une promotion de vente d'épinglettes.n n n Concert de l'ensemble musical Marguerite-de-Lajemmerais (de l'école du même nom), dimanche, à 14 h, à la cathédrale de Joliette, pour marquer la clôture du camp musical de la classe des finissantes en guitare classique.Trente jeunes filles formant cet ensemble interpréteront des oeuvres traditionnelles classiques, populaires et folkloriques.Entrée libre.n n n Martine Francke Les comédiens Martine Francke et Guy Jodoin viennent de renouveler leur eng a g e m e n t comme porte-parole de la campagne de recrutem e n t d e bénévoles du Parrainage civique de Sainte- T h é r è s e - d e - Blainville et Deux-Montagnes.L'organisme est en quête de personnes pouvant agir comme parrain ou marraine de personnes ayant une déficience intellectuelle.Renseignements : (450) 430-8177.n n n Le Regroupement québécois du parrainage civique tiendra son assemblée générale annuelle les 1er et 2 juin, au centre Plein air carrefour, 714, chemin Gagnon, à L'Avenir (près de Drummondville).Renseignements : 1-800-567-0907 ou 1-877-PARRAIN.Soulignons, par ailleurs, que le 15 mai est la Journée québécoise du parrainage civique, des activités devant se tenir dans les organismes locaux de parrainage civique.n n n Jacques Nadeau C'est sous la d'honneur de Me Jacques Nadeau (Heenan Blaikie) que se tiendra le vendredi 29 septembre, au Parcours du cerf de Longueuil, le tournoi de golf annuel de la fiducie Intègremploi.Les revenus de cette activité permettront de poursuivre la mission de l'organisme qui contribue à la réinsertion sociale de personnes ayant connu des problèmes de toxicomanie ou d'autres types de dépendances.Renseignements : (450) 674-7932.n n n Sur l'initiative de Michel Ménard, directeur de la caisse populaire Desjardins de Lavaltrie, un programme d'emploi d'été pour jeunes de 15 à 17 ans a été instauré dans la région de Lanaudière.Le programme a vite attiré la participation de nombreuses caisses populaires de cette région et permettra d'offrir cette année un premier emploi estival (durée de six semaines) à 1135 jeunes, un investissement estimé à 135 000 $ des caisses participantes.n n n Isabelle Pearson La Fondation s p o r t - é t u d e s vient de sélectionner Isabelle Pearson, athlète spécialisée en judo qui poursuit des études en sciences de la nature au collège Édouard-Montpetit, comme l'une des vingt lauréats de la bourse olympique Radio-Canada (500 $).C'est Marie-Josée Turcotte, chef d'antenne des reportages olympiques de la télévision de Radio- Canada, qui a remis la bourse à la lauréate.Isabelle Pearson s'est distinguée avec une moyenne scolaire générale de 91 %.n n n L'ex-animateur de CKVL Roger Drolet donne une conférence sur Les hommes et les femmes de demain, demain, au cinéma Le Château (angle Saint-Denis et Bélanger), à 20 h.Renseignements : 790-1245.n n n Gens d'affaires et professionnels se sont déguisés le temps d'une « course folle » en signe d'appui à la lutte au cancer, vendredi de la semaine dernière.La course amicale en équipe dite Défi Canderel a eu lieu dans le centre-ville, avec la participation du maire de Montréal, Pierre Bourque.Le signal du départ a été donné par Jonathan Wener, président du conseil de Canderel.Tous les profits de cette course, à laquelle participaient plus de 250 entreprises montréalaises, sont remis au Centre de recherche sur le cancer de l'Université Mc Gill et à l'Institut du cancer de Montréal, de l'Université de Montréal.n n n La Fontaine d'espoir (fondation des employés du groupe de sociétés de la Banque de Montréal) organise le tirage de 17 prix d'une valeur de plus de 20 000 $, les profits de ce tirage seront remis à des hôpitaux régionaux pour la recherche sur les maladies infantiles.Coût : 2 $.Renseignements : succursales de la Banque de Montréal, ou tél.(450) 975-3005 ou 1-877-975-2902.Adressez vos communiqués à: Têtes d'affiche La Presse, 7, rue Saint-Jacques Montréal (QC), H2Y 1K9 5LP0701A0512 A 7 vendredi, 12 mai 5LP0701A0512 ZALLCALL 67 00:33:57 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 7 Île de Montréal Le cinquième Loblaws sera construit à RDP ÉRIC TROTTIER Petit à petit, d'une Commission du développement urbain à l'autre, le géant ontarien Loblaw étend son empire sur Montréal.La Presse a appris que Loblaw- Provigo s'apprête à construire un autre marché d'alimentation d'une superficie de 80 000 pieds carrés à l'emplacement de l'ancien centre commercial Marc-Aurèle Fortin, boulevard Maurice-Duplessis, dans le quartier Rivière-des-Prairies.En fait, l'ancien centre commercial, qu'on n'a jamais fini de construire à la suite de la faillite de ses promoteurs, est en voie d'être complètement démoli pour faire place au Loblaws et à un Canadian Tire qui aura une superficie de 52 000 pieds carrés.Les deux projets vont totaliser des investissements de 19 millions.Loblaws et Canadian Tire prévoient embaucher 380 employés et rapporter près de 700 000 $ en taxes par année à la Ville.Il s'agit certes d'un tableau plus reluisant que l'ancien bâtiment inachevé qui était abandonné depuis une dizaine d'années.« Le projet représente une opportunité exceptionnelle pour redonner vie à cet important secteur du quartier Rivière- des-Prairies », font d'ailleurs valoir les promoteurs dans le document de présentation remis à la Ville.Les deux nouveaux commerces seront en effet construits sur les ruines d'un des plus grands échecs commerciaux à Montréal au cours des 20 dernières années, celui de la Place Marc-Aurèle Fortin, un centre commercial érigé au coût de 80 millions à la fin des années 80 et qui devait accueillir plus de 220 magasins, mais qui est toujours resté vide.En 1994, la Ville de Montréal a dû saisir l'immeuble pour taxes non payées, avant de le revendre trois millions, cinq ans plus tard.La démolition de l'immeuble a été autorisée en août dernier.À ce moment, les nouveaux propriétaires, Développement Iberville et Amos Sochaczevski, avaient laissé entendre que des magasins à grandes surfaces étaient intéressés par les lieux.À proximité des résidences Tout comme le projet d'un Loblaws dans le quartier Ahuntsic, ce nouveau marché du géant ontarien sera situé à proximité d'un secteur résidentiel.Toutefois, Loblaw ne prévoit pas d'opposition de la part de la population (alors que le Loblaws d'Ahuntsic avait soulevé tout un tollé) : « Compte tenu du fait que l'usage de ce terrain était déjà destiné au commerce, et comme nous allons remplacer un centre commercial abandonné, nous ne prévoyons pas d'opposition », a indiqué hier le porte-parole de Loblaw, Laurent Pepin.Il faut dire que le Loblaws et le Canadian Tire, situés entre les boulevards Louis-Hippolyte-La Fontaine et Armand-Bombardier, seront accessibles surtout par le boulevard Maurice-Duplessis et ne devraient pas entraîner de hausse de la circulation automobile dans les rues résidentielles du secteur, contrairement au Loblaws d'Ahuntsic.Loblaws prévoit aussi entourer son commerce et le stationnement de 700 places d'un aménagement paysager.Le projet Loblaw-Canadian Tire déroge d'autre part en plusieurs points au plan d'urbanisme de la Ville ; c'est pourquoi il devra être étudié par la Commission du développement urbain (CDU) de la Ville.Il prévoit, par exemple, des immeubles d'un seul étage, alors que la hauteur minimale prescrite dans le secteur est de quatre étages.D'autres points inquiètent le service du développement économique et urbain de la Ville, notamment le bruit généré par les deux commerces, le nombre élevé de places de stationnement à l'avant des commerces et, par conséquent, l'éloignement des façades des bâtiments par rapport au boulevard Maurice-Duplessis.La CDU ne sait pas encore quand auront lieu les audiences publiques sur le projet.En attendant, les résidants de Rivière- des-Prairies ont jusqu'au 14 juin pour faire parvenir leurs commentaires sur le projet à la Ville.Si le projet devait être accepté, il s'agirait du cinquième Loblaws à s'établir à Montréal, après ceux de la Place Versailles et de l'ancienne gare Jean-Talon (ouverts depuis plus d'un an), après celui des anciens ateliers Angus (ouvert depuis trois semaines) et celui du quartier Ahuntsic (que l'on prévoit ouvrir en 2001).PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © Voici les ruines de l'ancien centre commercial Marc-Aurèle-Fortin, resté inachevé, sur lesquelles Loblaw veut ériger un marché d'alimentation de 80 000 pieds carrés.Une statue de Jean Drapeau s'élèvera sur la place du même nom ÉRIC TROTTIER La Ville de Montréal rendra un autre hommage à l'ancien maire Jean Drapeau en érigeant une statue de bronze de deux mètres à l'image de celui qui a dirigé la destinée de la métropole pendant près de 30 ans, et qui est mort le 12 août dernier.La statue, une création de l'artiste Annick Bourgeault, sera installée sur la place Jean-Drapeau, que la Ville s'apprête à aménager au pied de la Biosphère, au coût de 400 000 $.Cette somme n'inclut pas la facture de la sculpture de bronze, puisque c'est l'Industrielle-Alliance qui, à la demande du président de son conseil d'administration, Raymond Garneau, l'a commandée à ses frais : « M.Drapeau est une personne avec qui j'ai travaillé durant les années 70, a expliqué M.Garneau hier à La Presse.Malgré le fait qu'il fut critiqué, il demeure que Jean Drapeau a accompli de grandes choses pour Montréal.Cette statue se veut un témoignage d'appréciation de son oeuvre.» Quant à la place Jean-Drapeau, la Ville en fera l'annonce lundi au conseil.Selon un membre du comité exécutif, Pierre-Yves Melançon, la place aura un aménagement paysager « de toute beauté ».Ce nouvel hommage survient après que la Ville eut renommé le parc des îles Sainte-Hélène et Notre- Dame parc Jean-Drapeau, et après que la STCUM eut accepté, à la demande de la Ville, de donner le nom de l'ancien maire de Montréal à la station de métro Île-Sainte- Hélène, qui s'appellera désormais la station Jean-Drapeau.La statue, la place Jean-Drapeau, le parc et la station de métro du même nom seront inaugurés à l'automne prochain en présence des membres de la famille du défunt homme politique, grand responsable de l'Expo 67 et de l'aménagement des îles Notre-Dame et Sainte- Hélène.Selon Raymond Garneau, la veuve de l'ancien maire a participé au choix de la posture que prendra M.Drapeau dans l'oeuvre de Mme Bourgeault.Cette dernière s'affaire actuellement à produire une première statuette qui sera bientôt présentée à la famille Drapeau, pour approbation.Annick Bourgeault a déjà réalisé le bronze de Raoul Dandurand, qu'on peut admirer dans le hall d'entrée du Carrefour de l'Industrielle- Alliance, rue Metcalfe, à Montréal.C'est elle, aussi, qui a obtenu la commande pour réaliser une statue de bronze de Jean Lesage qui sera dévoilée à Québec, le mois prochain. 5LP0801A0512 a8 vendredi 5LP0801A0512 ZALLCALL 67 12:00:29 05/12/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 Infirmière prise en otage par une patiente La forcenée s'est rendue à la police après avoir détenu sa victime durant plus de quatre heures STÉPHANIE BÉRUBÉ Une singulière prise d'otage a eu lieu hier au coeur du Quartier latin, à Montréal, alors qu'une femme, vraisemblablement une patiente du CLSC des Faubourgs, a séquestré durant plus de quatre heures une infirmière de l'établissement pour des raisons qui demeurent nébuleuses.Elle devait finalement libérer sa captive vers 20h30 et se rendre aux policiers environ une heure plus tard.C'est en fin d'après-midi, vers 16h20, que la femme s'est présentée à la clinique située au deuxième étage du CLSC de la rue Sanguinet, près de la rue Sainte-Catherine Est.Selon Renée Spain, directrice générale du CLSC, elle s'y rendait pour y recevoir des services médicaux.Cependant, très vite, les choses tournent mal : la femme, âgée d'une quarantaine d'années, sort une arme de poing et se barricade à l'intérieur d'un bureau avec l'infirmière, sous les yeux apeurés des autres employés et de la dizaine de patients qui se trouvaient alors dans la salle d'attente de la clinique.Le personnel du CLSC a immédiatement contacté la police et fait évacuer les lieux.Un employé du service de l'entretien, qui était à proximité, s'est rendu aux étages supérieurs pour avertir tout le monde, patients et employés, de rapidement quitter l'immeuble de quatre étages.Selon lui, quelques personnes seulement qui se trouvaient sur les lieux du drame, et qui avaient vu la femme armée, ont paniqué.Même l'évacuation de la garderie qui se trouve à l'intérieur du CLSC s'est déroulée sans heurt.Les enfants sont sortis par l'arrière de l'immeuble, en chantant, et se sont rendus au Centre sportif de l'UQAM, voisin du CLSC.Là-bas, ils ont attendu leurs parents en s'amusant dans un gymnase.Aucun ne s'est rendu compte de la situation dramatique.Les policiers de la SPCUM ont investi les locaux du CLSC et ont établi un dialogue avec la forcenée peu de temps après le début de la prise d'otage.À ce moment, elle montrait des signes de panique évidents.Quant à l'infirmière de 57 ans qu'elle détenait, il semble qu'elle n'a jamais perdu son sangfroid, ce qui aurait grandement contribué à la résolution de la crise.Les négociateurs du SPCUM ont réussi à convaincre la femme de relâcher son otage vers 20h25.L'infirmière n'a subi aucune blessure ; elle était même souriante lorsqu'elle a quitté le CLSC sur une civière.On l'a transportée à l'hôpital pour lui faire subir des tests.La forcenée est demeurée environ une heure seule à l'intérieur, menaçant de mettre fin à ses jours.Les policiers l'ont finalement convaincue de rendre son arme et de sortir à son tour.Le commandant Jean-Guy Gagnon, qui sera chargé de l'enquête, a précisé que la femme avait consommé de l'alcool et qu'elle était dans un état dépressif.Elle aurait par ailleurs mentionné, lors des négociations, avoir des problèmes familiaux.En tout, cette prise d'otage aura duré environ cinq heures et demie.Plus d'une cinquantaine de policiers ont participé à l'opération.De nombreux curieux ont patiemment attendu le dénouement de l'affaire avant de quitter les lieux à leur tour.Selon Michel Fontaine, porte-parole du SPCUM, la dernière prise d'otage digne de ce nom s'étant déroulée sur le territoire de la CUM, avant celle d'hier, datait de l'automne 1998 et avait duré environ 36 heures.PHOTO ÉRIC ST-PIERRE La Presse © Vers 20h25, la forcenée qui s'était barricadée dans le CLSC les Faubourgs a libéré son otage.L'infirmière de 57 ans n'a pas été blessée: il semble même qu'elle n'a jamais perdu son sang-froid.Boucherville: accusations possibles contre les victimes Cadavre d'un bébé sur le bord de la rivière Châteauguay MARTHA GAGNON Les résultats des fouilles des policiers confirment de plus en plus qu'un laboratoire de transformation de drogue serait à l'origine de l'explosion qui a soufflé une maison à Boucherville, rue d'Avaugour, mardi soir.Un porte-parole de la Sûreté du Québec a indiqué hier que différents objets ayant pu servir à un laboratoire de drogue clandestin avaient été trouvés.Il y aurait même des traces de cannabis.Le tout sera analysé par des spécialistes qui tenteront de déterminer quel type de gaz ou de produit a pu provoquer une déflagration d'une telle ampleur.Les policiers ont effectué leurs fouilles avec l'aide d'un chien entraîné pour ce genre d'opération.Les quatre hommes, qui se trouvaient au sous-sol de la maison lors du drame, ont, semble-til, déjà eu des liens avec la bande de motards les Rockers, filiale des Hells Angels.Des informations que la police n'a pas niées hier.Tous ont des casiers judiciaires.Sans les connaître, des voisins affirmaient qu'ils avaient des allures bizarres.« Mais on ne juge pas d'après les apparences », faisait toutefois remarquer l'un d'eux.« Pour provoquer une telle explosion, on comprend maintenant qu'ils ne faisaient pas des réparations comme l'a dit une des victimes avant d'être transportée en ambulance », affirmait un autre résidant, hier.L'un des occupants de la maison, Réjean Latraverse, 38 ans, est mort dans l'explosion.Son frère, Guy, et les deux autres, souffrent de brûlures.Si l'hypothèse du laboratoire de drogue se confirme, les victimes pourraient être accusées de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic.Les expertises du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec devraient permettre de faire la lumière sur cette affaire.Hier, il y avait beaucoup de vaet- vient dans le quartier désormais célèbre.Des évaluateurs de compagnies d'assurances étaient sur les lieux pour examiner les dommages causés à différentes résidences.Les commentaires de Raymond Mezda, représentant du Bureau d'assurance du Canada, étaient de nature à en rassurer certains.« L'explosion est parmi les risques couverts », dit-il.Le CLSC La Seigneurie avait également envoyé une travailleuse sociale pour rencontrer les gens qui ont subi les dommages les plus importants et qui sont encore ébranlés.L'un de ceux-là, Pierre Robitaille, affirmait tout de même que « l'important c'est d'être en vie ».Et il a bien raison.Sa maison est située juste à côté de celle qui a volé en miettes.Les dommages sont évalués à plusieurs milliers de dollars.MARTHA GAGNON Deux résidants de Châteauguay, Régean Boudrias et Stéphane Vallière, ont eu la surprise de leur vie hier en découvrant le corps inerte d'un nouveau-né sur un amas de branches à la surface de la rivière, près du quai où ils effectuaient leur nettoyage printanier.« On a d'abord pensé qu'il s'agissait d'une poupée, dit M.Boudrias.En la touchant avec une rame, on s'est rendu compte que c'était un vrai bébé.Il était nu et couvert de boue.Je n'osais pas y croire.On a immédiatement avisé la police.Je suis encore tout à l'envers.Le corps a, sans doute, flotté quelque temps sur la rivière Châteauguay avant de s'immobiliser dans le berceau de branchages près de la rive face au 374 Salaberry- Nord.S'agit-il d'un homicide, d'un accident ou d'un enfant mort-né ?La Sûreté du Québec a ouvert une enquête.Les citoyens ont aperçu le cadavre vers 9h45.« C'est certain qu'il n'était pas là la veille parce que le tas de branches n'était pas encore formé », indique M.Boudrias.Une autopsie sera pratiquée afin de déterminer les causes de la mort.La police était incapable de préciser combien de temps le nouveau- né est resté dans l'eau glaciale.L'enfant avait-il des marques de violence ?« Il faudra attendre le résultat de l'autopsie, explique l'agent, Gérard Carrier.S'il y a des marques, elles peuvent avoir été causées par des éléments dans la rivière.Nous commençons l'enquête à zéro.On ne dispose d'aucun indice pour l'instant.C'est un bébé naissant mais on ne peut dire avec certitude s'il est âgé de quelques jours ou de quelques semaines.» Le sexe n'est pas encore connu.En attendant l'arrivée de l'ambulance, plusieurs curieux regardaient avec tristesse le corps minuscule enroulé dans une serviette sur le quai, ne formant qu'une tache blanche.« Ça fait mal au coeur, disait une dame.Il faut être désespéré ou malade pour faire une telle chose.Il y a tant de gens qui veulent adopter des enfants.» Un homme ajoutait : « Nous sommes habitués aux surprises du printemps de la rivière Châteauguay mais celle-ci en est toute une.» Une autre résidante, Pierrette Vallière, affirmait que l'enfant venait à peine de naître.« Son nombril n'était pas encore tombé.Il doit peser autour de six livres.» L'agent Carrier invite toute personne susceptible de fournir des renseignements sur la disparition de l'enfant de communiquer avec la police au numéro 514-598-4043.« C'est une longue et difficile enquête qui s'amorce, explique-t-il.Nous allons contacter les hôpitaux, les CLSC et les municipalités en amont de la rivière pour qu'ils soient aux aguets.Nos recherches pourraient aussi nous amener de l'autre côté de la frontière.On ne sait absolument pas d'où peut provenir cet enfant.» Tirage du 2000-05-10 Tirage du 2000-05-10 GAGNANTS LOTS 6/6 0 10 000 000,00 $ 5/6+ 8 122 934,10 $ 5/6 373 2 109,30 $ 4/6 19 769 76,30 $ 3/6 381 102 10,00 $ Ventes totales: 23 038 909 $ Prochain gros lot (appr.): 12 000 000 $ Numéro complémentaire: 26 Numéro complémentaire: 15 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00 $ 5/6 19 500,00 $ 4/6 1 111 50,00 $ 3/6 23 417 5,00 $ Ventes totales: 687 828,50 $ TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2000-05-11 Tirage du 2000-05-11 Tirage du 2000-05-10 Tirage du 2000-05-11 NUMÉRO: 399966 NUMÉRO: 100251 Bio Chem: Thresh s'est débarrassé des preuves CHRISTIANE DESJARDINS Outre de la litière usagée et des ordures domestiques, c'est tout un tas de documents retraçant les transactions boursières sur Bio- Chem faites par Carole Perron et Peter Svoronos (prête-nom de Steven Thresh), que les enquêteurs ont trouvé dans trois sacs verts, a expliqué la policière France Théorêt, qui témoignait hier au procès de Steven Thresh et Carole Perron, accusés d'avoir influencé la cote boursière de Bio- Chem Pharma par des attentats à la bombe, en 1997.Les trois sacs verts en question, les policiers les ont récupérés après que Thresh les eut déposés dans un conteneur à l'arrière d'un Canadian Tire du West Island, dans l'après-midi du 9 avril 1998.Le matin même, Thresh s'était fait tirer du lit par un appel téléphonique de Svoronos.Ce dernier, très inquiet, venait de lire à la une de la Gazette, que des spéculateurs boursiers avaient fomenté les attentats à l'explosif contre Bio Chem Pharma, dans l'espoir de faire un coup d'argent, et que leur arrestation n'était qu'une question de temps.Rappelons que Svoronos avait servi de prête-nom à Steven Thresh dans l'achat d'options de vente de Bio Chem, le 25 novembre 1997, jour des explosions.Thresh et sa conjointe, Carole Perron, étaient dans la mire des policiers depuis un certain temps.Ils étaient sous filature et leurs téléphones étaient sous écoute électronique.inséré dans La Presse de demain un encartCOMPLET sur la décoration, fenêtres et literies vous offre plein de BAS PRIX ! 2857836 5LP0901A0512 A 9 vendredi 5LP0901A0512 ZALLCALL 67 00:35:52 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 9 Les billets de 1000$ éliminés 5500, rue Paré (514) 737-6586 ANDRÉ CÉDILOT Bien que le décret du gouvernement fédéral n'apparaisse pas encore dans la Gazette officielle, la Banque du Canada cessera quand même, à compter d'aujourd'hui, d'imprimer les billets de 1000 $ si chers aux narcotrafiquants.C'est ce qu'a indiqué la direction de la Banque du Canada.C'est le député du Bloc québécois, Richard Marceau, qui a été l'initiateur du dossier aux Communes.Le règlement devait être publié hier dans la Gazette officielle.Selon un porte-parole de la banque centrale, les billets de 1000 $ seront retirés au fur et à mesure que les banques et autres institutions financières les leur renverront à la suite de transactions avec leurs clients, comme c'est le cas depuis 1989 et 1996 des masses de billets de 1 $ et 2 $ qui sont remplacés progressivement par des pièces de monnaie.Bien entendu, les billets de 1000 $ encore en circulation continuent « d'avoir cours légal et conservent leur pleine valeur nominale », a assuré un porte-parole de la Banque du Canada.Les gens qui en possèdent peuvent les conserver et s'en servir « aussi longtemps qu'ils le voudront ».Les relevés de 1999 indiquent qu'il y a sur le marché 3,8 millions de coupures de 1000 $.« On s'attend à ce que 90 % des billets nous soient retournés d'ici cinq ou six ans », affirme Gilbert Marois, responsable de l'information sur la monnaie à la Banque du Canada.Il va sans dire que le député Richard Marceau jubilait.« C'est une belle victoire.Ça n'élimine pas le blanchiment d'argent, mais ça va compliquer davantage la tâche des criminels », a-t-il dit.Le député de Charlesbourg a noté au passage que le Bloc québécois était aussi à l'origine de la loi qui obligera sous peu les banques, les casinos, les sociétés spécialisées dans les virements de fonds et autres établissements financiers à signaler les transactions de 10 000 $ et plus.Il en sera de même pour le transport d'argent transfrontalier.« Pour la police, ça fait des outils de plus, mais c'était important que le Canada prenne ces mesures », a déclaré le responsable de l'Unité mixte des produits de la criminalité de la GRC à Montréal, Richard Marcoux, rappelant qu'il y a longtemps que les corps policiers canadiens dénoncent les carences du système aux divers gouvernements.En vérité, c'est la pression internationale qui a amené le gouvernement Chrétien à finalement passer à l'action.Le Canada est en effet le dernier pays du Groupe d'action financière internationale (GAFI) à prendre les moyens pour mieux contrôler la circulation de l'argent.Les États-Unis, qui ont de telles lois depuis plus de 10 ans, dénonçaient également l'apathie du Canada à grands cris depuis belle lurette.Dans certains milieux d'affaires, on applaudit aussi la décision du gouvernement d'éliminer les billets de 1000 $.« C'est un important pas dans la bonne direction.Ça devrait faciliter le travail de détection.Tout le monde y gagne, les banquiers, les policiers, les douaniers, etc.», estime Pierre Bolduc, du service juricomptable de la compagnie KPMG, à Montréal.En général, dit-il, les billets de 1000 $ sont utilisés pour l'évasion fiscale ou d'autres activités illicites comme le travail au noir, la fraude et surtout le trafic de drogue et le blanchiment d'argent.« Pour un messager qui se rend en Colombie acheter de la cocaïne, par exemple, il est plus facile de transporter 100 billets de 1000 $ que 1000 billets de 100 $ », a commenté l'ancien policier de la GRC.« Plus les coupures sont petites, plus le volume est gros.Les risques pour le suspect de se faire remarquer sont par le fait même plus grands, que ce soit à la douane ou dans une banque », de préciser M.Bolduc, qui montre maintenant aux entreprises comment éviter que de l'argent sale se ramasse dans leurs coffres.À l'appui de son argumentation, M.Bolduc rappelle que les autorités américaines, pour rendre les transferts d'argent encore plus difficiles, ont même déjà songé à éliminer les 100 $, la plus grosse coupure émise aux États-Unis.Il en sera dorénavant de même ici, maintenant que les billets de 1000 $ \u2014 les fameux « pinkies », comme on les appelle dans le milieu criminel \u2014 ont été rayés de la liste d'imprimerie de la Monnaie royale canadienne.MONTRÉAL-AMSTERDAM à partir de $799$ aller-retour Tarif en vigueur au moment de la publication.Applicable aux nouvelles réservations seulement.Les taxes, les redevances de navigation de NAV CANADA et les frais d'aéroport ne sont pas inclus.Les billets doivent être achetés au plus tard le 24 mai 2000.Achat sept jours à l'avance.Le premier voyage entre en vigueur le 3 juillet 2000.La dernière date de départ est le 31 juillet 2000.Les billets sont totalement non remboursables.Le nombre de places est limité et fonction de la disponibilité.Le tarif peut différer selon les dates de départ et de retour.Séjour minimal et maximal ; d'autres conditions s'appliquent.Obtenez le double des milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC sur votre premier vol aller-retour entre Toronto et Amsterdam du 3 juillet 2000 au 31 août 2000.Applicable aux vols réguliers sans escale assurés par Air Canada.Les vols doivent être des allers-retours ou être constitués de deux allers simples.Cette offre ne peut être combinée à aucune autre promotion.Le double des milles Aéroplan/points Canadien Plus ne peut être obtenu qu'une seule fois.Plus de vols sans escale du Canada pour l'Europe que tout autre transporteur Nouveau dès le 3 juillet : vol quotidien sans escale pour Amsterdam, au départ de Toronto Double des milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC Téléphonez à votre agent de voyages, Air Canada ou Canadien Réservez par Internet : www.aircanada.ca ou www.cdnair.ca Les vols sont assurés par Air Canada.Veuillez vous présenter au comptoir d'enregistrement d'Air Canada. 5LP1002A0512 a10 vendredi 5LP1002A0512 ZALLCALL 67 12:00:47 05/12/00 B Santé A 10 R LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 Hôpitaux: la menace de tutelle est maintenue Pas question de compromettre l'effort d'assainissement des finances publiques JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Même s'il se dit prêt à examiner de plus près les « situations exceptionnelles », le gouvernement Bouchard maintient la menace de tutelle envers les hôpitaux qui seraient tentés de faire un déficit.Les dirigeants de l'Association des hôpitaux du Québec et les administrateurs des 11 hôpitaux universitaires et affiliés ont eu droit à un véritable rappel à l'ordre, hier matin, lors d'une réunion au bureau montréalais du premier ministre, à laquelle participaient Lucien Bouchard et la ministre de la Santé, Pauline Marois.« Nous maintenons que les établissements doivent adopter des budgets en équilibre et doivent le faire dans les temps prévus », a dit Mme Marois au sortir de la réunion, d'une durée de plus de trois heures.Le premier ministre Bouchard s'est apparemment montré très ferme, soulignant aux gestionnaires qu'il n'était pas question qu'ils compromettent les efforts d'assainissement des finances publiques.« C'était une réunion pour adultes, a commenté l'un des gestionnaires présents.Je pense que c'est clair que la loi antidéficit va être appliquée.Le gouvernement n'a pas reculé, ni sur l'esprit ni sur la lettre de la loi.Tout ce qu'on peut espérer, c'est une ouverture à réévaluer la situation dans certains hôpitaux qui ont des écarts importants par rapport à l'équilibre budgétaire.» Mme Marois a en effet indiqué que « le gouvernement est prêt à évaluer au cours des prochaines semaines des situations qui s'avéreraient exceptionnelles ».Ce pourrait par exemple être le cas si les dépenses en médicaments d'un hôpital ne pouvaient être maintenues dans le cadre budgétaire actuel, a-telle dit, ajoutant que cela se limiterait sans doute « à quelques dizaines d'établissements ».Les hôpitaux de la province doivent présenter au plus tard aujourd'hui un plan budgétaire équilibré aux régies régionales de la santé.Mais la tâche est ardue.Malgré l'effacement de leur déficit dans le dernier budget Landry et des réinvestissements importants, les gestionnaires d'hôpitaux affirment se diriger tout droit vers un nouveau déficit, qui pourrait atteindre 150 millions à l'échelle provinciale.Dans une récente lettre à ses membres, l'AHQ invitait ceux-ci à identifier leurs « vrais besoins » et à donner l'heure juste aux régies régionales, plutôt que de comprimer artificiellement leurs budgets.Là-dessus, la ministre de la Santé n'a pas hésité à recourir à la menace.« On est prêt à envisager certaines exceptions, mais nous croyons qu'on est capable de gérer avec les sommes qui sont actuellement disponibles.Sinon, oui, cela pourrait mener à la tutelle éventuellement », a dit Mme Marois.Les dirigeants d'hôpitaux et l'AHQ rencontreront de nouveau M.Bouchard et Mme Marois dans un mois, avant que le projet de loi antidéficit ne soit adopté.D'ici là, les administrateurs d'hôpitaux devront faire la démonstration, chiffres à l'appui, de leur sous-financement.« On a la possibilité d'identifier nos zones de fragilité », s'est réjouie la présidente de l'AHQ, Marie- Claire Daigneault-Bourdeau, qualifiant la rencontre de « constructive ».Parmi les secteurs névralgiques : les dépenses autres que salariales (pour les médicaments et les nouvelles technologies, notamment), pour lesquelles les budgets ne sont majorés que de 1,6 %, alors que l'augmentation réelle peut atteindre 10 %, selon le vice-président de l'AHQ, Daniel Adam.Le ministère de la Santé a nommé un sous-ministre au suivi budgétaire, qui s'assoira avec les administrateurs d'hôpitaux afin de définir des outils d'évaluation de la performance, qui pourraient mener à de nouveaux critères d'allocation budgétaire dans le prochain budget provincial.Grands-mères à la rescousse des jeunes mères L'intervention de la ministre Marois réclamée à Rivièredes- Prairies LILIANNE LACROIX « Ces enfants-là, c'est l'avenir, l'espérance.En nous les confiant ainsi pour deux heures, c'est un gros cadeau que les mamans nous font.» Comme d'autres dames d'âge mûr qui adorent les enfants, Paulette Van de Walle berce un poupon qu'une mère lui a confié.Cette semaine, au point de service Outremont du CLSC Côte-des-Neiges, elles étaient sept « grands-mères » bénévoles à se pencher ainsi sur ces bébés de quelques semaines ou de quelques mois pendant que leurs mères décompressaient en jasant avec l'infirmière dans la pièce d'à côté.Mme Van de Walle offre ainsi ses services bénévoles depuis onze ans.Son amie Paulette Crespin le fait depuis huit ans.« On adore les enfants.Ils nous apportent soleil et amour et les mamans apprécient beaucoup ce petit service », expliquent- elles pour motiver leur implication du mardi après-midi.Pourtant, cinq d'entre elles ne sont pas grands-mères dans la vraie vie et trois n'ont jamais été mères.« J'ai fait des études en puériculture, des stages dans des crèches et pendant 30 ans comme technicienne en diététique à Sainte-Justine, j'ai côtoyé des enfants.C'est sans compter les 13 neveux et nièces que j'ai bercés et gardés », dit en souriant Lise Ducharme, visiblement comblée de s'occuper encore d'un tout-petit.Certains jours sont plus difficiles.« Les lendemains de vaccins ou quand un des petits souffre de coliques, ça peut être plus dur », admet Christiane Galesso.« Si l'un commence à pleurer, souvent ils s'y mettent tous.Une vraie chorale ! » lance Mme Ducharme en riant.Dans la pièce voisine, les mères jasent.Certaines ont préféré garder leur enfant avec elles, mais d'autres goûtent avec délices ce moment de pause.« Ici, on peut partager avec d'autres femmes qui vivent la même chose que nous, ça fait du bien », disent Éliane Leberre, Galit Anlebi et Lyne Da Sylva.Pour Éliane, arrivée de Bretagne alors qu'elle était enceinte de Juliette, ces rencontres sont particulièrement précieuses.« Je venais d'un village de 300 habitants.Je suis complètement dépaysée et j'ai encore du mal à m'adapter.Je croyais pourtant avoir une certaine facilité d'adaptation, mais j'ai du mal à me retrouver.À quelle institution dois-je m'adresser pour telle ou telle chose ?Ici, j'apprends plein de choses en plus de converser avec d'autres mères.» Chaque année, 22 000 enfants naissent dans la région de Montréal.Près de 95 % des nouvelles mères sont contactées par une infirmière du CLSC dans les jours qui suivent leur retour à la maison, et plus de 50 % reçoivent une visite à domicile après leur sortie de l'hôpital.Quelque 150 infirmières, 70 travailleurs sociaux, éducateurs et psychologues ainsi que plusieurs médecins se consacrent aux services de périnatalité en CLSC dans la région de Montréal.Parmi les enfants nés à Montréal, 4 % sont de mères de moins de 20 ans et 6 % pèsent moins de 2,5 kg.Vice-président du Regroupement des CLSC de la région de Montréal, Alain Roy faisait ainsi le bilan en périnatalité des CLSC et y allait d'un engagement à faire encore plus et mieux.Ainsi, on veut s'assurer que chaque nouvelle mère reçoive un appel téléphonique dans les 24 heures suivant son retour à la maison et une visite dans un délai maximal de trois jours.Par contre, M.Roy admet que les CLSC ne disposent pas de l'argent nécessaire pour ce faire, et il ne pouvait estimer les sommes requises.\u2014 Comment pouvez-vous parler d'engagement quand vous n'avez pas encore l'argent ?a demandé une journaliste.« On s'engage parce qu'on croit à l'importance d'un tel programme.On ne ménage pas les efforts et on mettra tout en oeuvre pour le réaliser.On poursuit d'ailleurs nos pourparlers avec la régie pour évaluer les ressources requises.» Craignant de voir les patients confiés à des ressources externes moins bien équipées, l'Association des parents des bénéficiaires de l'hôpital Rivière-des-Prairies, alliée à l'intersyndicale CSN des employés, réclame l'intervention de la ministre Pauline Marois pour mettre fin « au plan d'évacuation massive des bénéficiaires vers des ressources externes et à l'abandon de la mission de longue durée de l'établissement ».L'Association s'oppose totalement à un avenir pour les enfants sans contrôle et sans suivi de l'hôpital.« Certains usagers, comme mon fils, autiste et psychotique, présentent des problèmes de violence, explique le président de l'Association, Vincent Argentini.Je crains qu'il ne fasse le tour de ressources qu'il épuisera comme ce fut notre cas avant de se retrouver à nouveau dans un hôpital ou même dans un établissement plus contraignant comme Pinel.» S'il comprend les craintes des parents, le directeur intérimaire Jean-Pierre Duplantie assure qu'elles sont injustifiées : « Certains parents optent pour la sécurité de l'hôpital plutôt que la qualité d'un milieu plus naturel.Mais être quatre par chambre ici ou subir une contention parce les intervenants ne sont pas assez nombreux, ce n'est sûrement pas l'idéal.» Chaque sortie est accompagnée de quelque 50 000 $ ou de l'équivalent en ressources, explique M.Duplantie.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © Future mère, la comédienne Linda Malo a particulièrement apprécié les cours prénatals du CLSC dont elle ne connaissait même pas l'existence jusque-là.Bébés et accidents en orbite.L'astronaute américain John Glenn fort apprécié des écoliers MATHIEU PERREAULT Les bébés pour les filles.Les accidents pour les gars.La centaine d'écoliers rassemblés hier à l'Agence spatiale canadienne pour écouter l'astronaute septuagénaire John Glenn n'ont pas tous retenu les mêmes leçons.Christina, Deidra et Kelly, du haut de leurs 11 et 12 ans, retenaient surtout la question sur les bébés, qui a fait rigoler l'ex-sénateur, premier Américain dans l'espace en 1962.« Je ne pensais pas qu'on pouvait en avoir dans l'espace », a dit Kelly, qui fréquente une école primaire de Saint-Bruno.Dave Williams, un astronaute canadien, a expliqué qu'il n'y aurait « probablement » pas de problème à concevoir dans l'espace, mais que les foetus pourraient être exposés à des doses de radiations excessives.Les garçons s'intéressaient davantage aux procédures d'urgence en orbite.« Je pensais qu'ils s'arrêtaient là et qu'on venait les aider », dit James, 10 ans.John Glenn a expliqué qu'il était très peu probable qu'une navette tombe en panne de carburant, et qu'en cas d'alerte, il était préférable de redescendre en catastrophe que d'attendre des secours.Patrick, 11 ans, a été quant à lui estomaqué d'apprendre que les astronautes gobent les mêmes médicaments que sur le plancher des vaches.Une chose est sûre, l'astronaute américain avait la cote auprès des jeunes du primaire et du secondaire.Les cheveux immaculés coupés très courts, malgré sa large calvitie, l'uniforme bleu électrique beaucoup plus reluisant que celui de M.Williams, le sourire éclatant d'un pilote bien nourri, M.Glenn a eu droit à un bain de foule enthousiaste après son laïus.L'ex-sénateur est en effet rafraîchissant.Il ne faisait pas mystère de ses connaissances limitées en biologie, même si la NASA le « vend » depuis 1998, année de sa dernière mission, comme un spécialiste de la recherche sur le vieillissement.« J'ai étudié les hormones qui empêchent la perte de masse osseuse, qui s'appellent parathyroïdes.C'est un terme médical que seul un docteur peut expliquer.» John Glenn avait aussi de la difficulté à enchaîner les trois racines étymologiques de « microbiologique », comme s'il ne le prononçait pas souvent.Quand La Presse lui a demandé si les Russes pouvaient à la fois remplir leurs obligations envers la Station spatiale internationale \u2014 le module de propulsion a un retard de deux ans \u2014 et garder la station Mir dans l'espace, il a prévenu qu'il fallait « mettre de la pression » sur ces « anciens ennemis ».« Nous avions foi en eux.S'ils ne respectent pas le calendrier (des livraisons), la construction va être ralentie.On dépend d'eux pour le reste de la construction.» PHOTOTHÈQUE La Presse © L'astronaute et ex-sénateur John Glenn. 5LP1199A0512 a11vend 5LP1199A0512 ZALLCALL 67 09:26:51 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 11 Un journal danois bien branché Internet, menace pour les journaux?ALEXANDRE SIROIS « Je ne voudrais pas être dans l'industrie des journaux.Je pense que c'est eux que l'Internet va dévorer en premier », avait déclaré le fondateur de l'incontournable réseau câblé CNN, Ted Turner, l'an dernier.Une affirmation significative de l'appréhension avec laquelle certains, dans l'univers du journalisme écrit, envisagent leur entrée dans « l'ère numérique ».Les médias d'ici ne sont pas en reste.À la super conférence de l'Association canadienne des journaux, qui se déroule à Montréal depuis mercredi, le défi représenté par l'Internet est un sujet de discussion majeur.Personne, cependant, ni au congrès ni parmi les spécialistes internationaux contactés hier par La Presse, ne donne raison à Ted Turner.Bien au contraire.« C'est une grande préoccupation pour tous les éditeurs », admet d'emblée la présidente- directrice générale de l'Association canadienne des journaux, Anne Kothawala.Elle estime toutefois que les journaux n'ont pas à craindre l'Internet.« Parce qu'ils ont un bon rapport avec leurs lecteurs, explique-t-elle.Ça, c'est très important.Parce qu'on peut trouver beaucoup d'informations sur l'Internet, mais on veut savoir que l'information vient de quelqu'un en qui on a confiance.Donc, si ces lecteurs préfèrent trouver leurs nouvelles sur l'Internet, ils vont sûrement aller sur le site Web des journaux avec lesquels ils sont à l'aise.» Même son de cloche chez Peter Zollman, président de la firme de consultation en médias électroniques Interactive New Solutions, qui travaille notamment avec le groupe de presse canadien Torstar.« Les journaux ont une force incroyable pour satisfaire les besoins des gens en information, dit-il.Ils ont la chance de disposer de leur propre matériel, alors que les autres organisations doivent commencer à zéro si elles veulent développer leur contenu.» Des clips dans les journaux M.Zollman et Mme Kothawala précisent toutefois que si les journaux ne s'adaptent pas aux changements provoqués par l'essor de l'Internet, ils ont de très bonnes raisons de craindre l'avenir.Leur avis est partagé par plusieurs, dont Dennis Skulsky, vice-président ventes et services aux lecteurs pour l'entreprise de presse Southam et le National Post, dernier-né des quotidiens torontois.« Je pense qu'il doit y avoir un lien très étroit entre les journaux et l'Internet, et que les compagnies qui trouvent des moyens d'entrer en interaction avec l'Internet et y lient leurs produits : le contenu éditorial, les annonces classées, les arts, etc., auront beaucoup de succès », affirme-t-il.M.Skulsky croit également que les journaux doivent miser sur le contenu.« En tête des raisons pour lesquelles les gens disent qu'ils ne veulent pas de journal, c'est qu'ils n'ont pas le temps de lire.Pourtant, les gens trouvent du temps de faire ce qu'ils aiment ou ce qu'ils trouvent important.Alors, quand j'entends ça, je me dis : c'est une question de contenu.Il y a quelque chose qui ne les ramène pas au produit.» C'est notamment en priorisant le contenu, dit-il, que le National Post, lancé il y a 18 mois, peut aujourd'hui vendre environ 340 000 exemplaires quotidiennement.Le contenu est d'une importance capitale, convient également M.Zollman, mais les contenants doivent absolument se diversifier.Un journal devrait pouvoir, par exemple, offrir des vidéoclips de ses nouvelles sur le Web.« Les journaux devront distribuer leur contenu sur de multiples appareils et de multiples plate-formes.Ceux qui vont demeurer uniquement lié à l'imprimé vont presque certainement faire faillite », prévoit-il.Le directeur du Center for New Media, de l'Université de Columbia, John V.Pavlik, croit lui aussi que les journaux doivent mettre la main à la pâte et s'adapter au plus tôt.Il va même jusqu'à prédire que le « concept de journal va durer », mais que les journaux sur papier seront bientôt denrée rare.« Il y aura toujours des nouvelles imprimées sur du papier, mais je crois que, dans 10 ou 20 ans, il y aura des appareils d'affichage électronique qui seront l'équivalent virtuel du papier », affirme ce spécialiste des médias, joint à New York.Il ajoute que de nombreux chercheurs travaillent déjà à la conception d'une plaque de plastique « qui a la flexibilité du papier et la résolution du papier », et dont le prototype sera disponible d'ici quelques années.« Avoir des presses dispendieuses pour imprimer les journaux, des camions qui doivent les livrer aux camelots qui, eux, vont les livrer à la porte des abonnés, je pense que ça ne durera pas très longtemps, estime M.Pavlik.Dans 10 ou 20 ans, ce sera aussi dépassé que l'idée du laitier qui livre son lait le matin ! » ALEXANDRE SIROIS Imaginez que La Presse demande à certains de ses journalistes basés à Ottawa de se rendre au bureau central, situé dans le Vieux- Montréal, en se dirigeant.vers l'ouest du pays ! Ils seraient obligés de faire le tour du monde.C'est exactement ce qu'a demandé le quotidien danois Jyllands- Posten à ses journalistes, en prévision de l'an 2000.Plus de 50 correspondants se sont succédés au volant du même véhicule pour faire le tour du monde en 500 jours, publiant des reportages de partout.Une saga nommée JP Explorer qui, paraît-il, a captivé les Danois, qui pouvaient suivre l'aventure dans le journal, mais aussi sur le Web, en direct ! « Vous pouviez lire tous les articles, lire le journal de bord où ils parlent de ce qu'ils font, de ce qu'ils mangent et comment ils se sentent, ce qui était très populaire.Ils avaient un moniteur GPS (système de positionnement mondial) avec eux, alors, sur l'Internet, vous pouviez voir exactement leur position, leur vitesse et leur direction », explique le rédacteur en chef du Jyllands-Posten, Ulrik Haagerup, joint hier à Copenhague.C'est que le quotidien danois, le plus populaire en son pays, est l'un de ceux qui, à travers le monde, font oeuvre de pionniers sur l'Internet.« Au lieu de voir l'Internet comme une menace pour les journaux, les journalistes et les rédacteurs en chef devraient voir l'Internet comme une occasion pour faire concurrence aux médias électroniques pour ce qui est de la couverture au moment même où la nouvelle se produit », estime M.Haagerup.Le rédacteur en chef cite en exemple la couverture d'une forte tempête ayant frappé son pays l'automne dernier.« Normalement nous aurions écrit à ce sujet le jour suivant.Bien sûr, c'est ce que nous avons fait.Mais nous avons pu immédiatement commencer à dire aux gens (via l'Internet) où était la tempête et à leur demander de nous envoyer des renseignements.Les lecteurs nous disaient ce qui se passait, au moment où ça se passait, alors qu'ils le voyaient à travers leurs fenêtres », se rappelle-til.M.Haagerup croit aussi que l'Internet permettra aux journaux « d'aider les lecteurs à aller plus en profondeur qu'à l'habitude » dans leurs éditions imprimées.Selon lui, graduellement, c'est sur le Web qu'on trouvera les faits bruts et sur papier qu'on lira les analyses.« Dans un an, si on se reparle, je pense qu'au journal, les journalistes de l'édition papier seront ceux qui devront mettre les histoires en perspective et répondre à la question : pourquoi ?, alors que ceux de l'édition Internet devront aider les lecteurs à savoir : qui ?, quoi ?, où ?, et quand ?», prédit le rédacteur en chef, qui s'apprête à envoyer deux journalistes en Australie pour une autre mission JP Explorer.Ils seront encore une fois armés d'un ordinateur relié à l'Internet, mais aussi d'une caméra numérique et d'une web cam ! La Presse 12 mai 2000 Page A12 manquante 5LP1399A0512 a13vend 5LP1399A0512 ZALLCALL 67 09:28:42 05/12/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 A 13 L'ancien juge Jules Deschênes n'est plus Presse Canadienne Le juge en chef de la Cour supérieure du Québec, Jules Deschênes, est mort mercredi à l'âge de 76 ans.Entre autres décisions célèbres, il a accordé, il y a un quart de siècle, une injonction aux pilotes francophones d'Air Canada pour qu'ils puissent parler français avec les contrôleurs aériens francophones.En sens inverse, quelques années plus tard, le juge Deschênes a rendu le premier jugement qui invalidait l'unilinguisme français des lois du Québec, tel qu'imposé par la loi 101 de 1977.Né à Montréal le 7 juin 1923, dans une maison bâtie par son grand-père qui était menuisier, Jules Deschênes, fils d'un notaire, avait fait son droit à l'Université de Montréal.Entré au barreau en 1946, le jeune avocat a notamment plaidé des causes civiles, certaines en Cour suprême.Il a été nommé en 1964 procureur de la commission qui enquêta sur l'affaire Coffin, à la suite de la publication d'un livre accusateur de l'actuel sénateur Jacques Hébert.Wilbert Coffin avait été pendu en février 1956, pour le meurtre de trois chasseurs américains, en Gaspésie.L'enquête, qui entendit 200 personnes dont les jurés au procès, confirma toute la procédure et le verdict.Plus tard, l'avocat Deschênes défendit le ministre fédéral de la Justice Guy Favreau, dans l'enquête sur une tentative de corruption d'un procureur de la Couronne, au sujet du criminel Lucien Rivard ; nullement impliqué dans cette affaire, Favreau dut quand même démissionner.Le disparu a également milité pour l'aide juridique et la cour des petites créances.Comme juge, il a débouté le constructeur Nissan, qui contestait la constitutionnalité d'un tel tribunal interdit aux avocats.Dans une autre cause politique, il a rejeté une demande d'injonction de députés fédéraux, qualifiés de « traîtres » par des nationalistes pour avoir appuyé le rapatriement unilatéral de la Constitution.L'attaque est « directe et dure mais défendable », avait-il alors expliqué.En mars 1972, l'avocat Deschênes avait d'abord été nommé directement à la Cour d'appel du Québec.Durant 18 mois, il y rédigea 231 opinions, entre autres dans les appels du felquiste Paul Rose et des trois dirigeants syndicaux condamnés à la prison pour outrage au tribunal.Mais, ne voyant plus de défi valable à la Cour d'appel, il préféra la Cour supérieure que lui proposa le premier ministre Trudeau ; même si celle-ci est hiérarchiquement inférieure, les causes y sont plus importantes, estimait-il.Jules Deschênes aura ainsi été juge en chef de 1973 à juin 1983 et il aurait pu le rester encore longtemps car, à ce moment, il a préféré redevenir un des juges de ce tribunal.Il a alors quitté le poste de juge en chef, une option qu'aucun magistrat n'avait encore exercée au Canada.De 1985 à 1987, il a présidé une commission d'enquête sur les criminels de guerre au Canada.De 1993 à 1997, il a siégé au Tribunal pénal international (TPI) sur les crimes de guerre dans les Balkans.En cette qualité, lors d'une conférence à l'université Mc Gill, il a révélé que le Canada avait renoncé en 1948 à entamer de nouveaux procès pour crimes de guerre, se conformant ainsi à un mémorandum venu de Londres.Entre autres honneurs, Jules Deschênes a été fait membre de l'Ordre du Canada, en 1989, et de la Société royale du Canada, en 1977.« Un homme d'une grande vaillance » Le premier ministre Lucien Bouchard a déclaré, hier, avoir appris avec tristesse la mort de l'ancien juge en chef Jules Deschênes.Saluant en lui « un homme d'une grande vaillance », le chef péquiste a affirmé que le magistrat a montré « un solide et indéfectible engagement à son idéal de justice, tant sur le plan national qu'international ».Le juge Deschênes était doué de « capacités intellectuelles exceptionnelles », il a montré « courage et conviction dans l'expression de ses opinions » et apporté « une précieuse contribution au développement de la société québécoise ».À Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien a vu en lui « une des figures les plus marquantes du droit canadien ».Le juge Deschênes a su « donner au droit toute sa pertinence sociale », a-t-il noté dans communiqué.M.Chrétien a louangé ses jugements et initiatives comme son « appui à l'aide juridique et à un système de médiation familiale qui ont permis à la société canadienne de réaliser des progrès considérables ».AVIS D'ENCAN PUBLIC Marchandises dédouanées au Canada Marchandises importées, dont les droits d'entrée et les taxes ont été payés au port d'entrée, auxquelles s'ajoutent d'autres expéditions en difficulté, à liquider immédiatement par ENCAN PUBLIC Si vous avez besoin de tapis, voici l'occasion idéale de choisir et d'acheter des tapis provenant de notre vaste sélection de magnifiques et rares TAPIS PERSANS Entièrement noués à la main.Rappelez-vous: l'embargo commercial É.-U.- Iran sur les tapis persans s'est terminé la semaine dernière.En conséquence, le prix de ces tapis va bientôt quadrupler ou quintupler.FAITES VITE! 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L'ancien juge Jules Deschesnes est mort à l'âge de 76 ans. 5LP1403A0512 A 14 vendredi 5LP1402A0512 ZALLCALL 67 00:35:59 05/12/00 B A 14 R LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 L'arbre aux gadgets bourgeonne Éric Bernatchez collaboration spéciale Au printemps, les gourous de la nouvelle économie sont comme des arbres qui bourgeonnent de toutes sortes de nouveaux gadgets qui révolutionneront soi-disant nos vies au cours de l'année.Histoire de commencer la « revolucion » maintenant, voici un aperçu des gadgets réels ou en voie de l'être qu'a pondu la nouvelle économie ces derniers mois.Le walkie-talkie devient Cybiko Décidément, le walkie-talkie de ma tendre enfance a pris un coup de jeune.Les enfants de demain \u2014 et même ceux d'aujourd'hui si leurs parents ont de l'argent \u2014 auront accès à un tout autre mode de walkie-talkie.Le Cybiko, de la compagnie du même nom, ressemble à un téléavertisseur bidirectionnel, mais en plus gros et avec plus de fonctions.Cet appareil, une des vedettes de la foire aux jouets de l'hiver dernier, qui avait vu l'apparition de plusieurs jouets hi-tech, est maintenant disponible par commande postale aux États-Unis pour 149 dollars américains.Comme le Cybiko n'est pas relié à un réseau, mais fonctionne plutôt par ondes radio dans un rayon de 150 pieds (à l'intérieur) à 300 pieds (à l'extérieur), il faut au moins deux appareils pour que les enfants communiquent.Ça fait encore cher le loisir, mais ce n'est sans doute qu'une question de temps avant que ça baisse à 40 ou 50 dollars.L'usage typique serait dans une maison ou.dans une école, au malheur potentiel des enseignants.Les enfants peuvent s'en servir pour communiquer par « chat » avec les autres utilisateurs à proximité et, comme l'appareil peut relayer des messages, la zone de couverture peut être plus grande, si chaque appareil est à la portée d'un autre.Ils peuvent aussi jouer à des jeux réseau à faible résolution et en noir et blanc \u2014 un peu comme sur un game boy \u2014 avec les autres, comme le font les adolescents avec leurs jeux d'action ou de stratégie sur Internet.On n'a plus les walkies- talkies qu'on avait.(1) eGo prometteur, mais.Après avoir été annoncé à grand renfort d'articles par les médias Internet l'an dernier, le baladeur MP3 pour l'auto e Go, de i2go.com, est sur le marché depuis quelques mois.Mais s'il faut en croire Computers.com et un certain nombre de ses lecteurs, l'appareil manque encore de raffinement.Ce baladeur, plus lourd et plus gros que la moyenne, se branche sur l'allume-cigares et la chaîne stéréo de votre auto pour que vous puissiez écouter votre musique sur la route, un concept génial qui commence à faire vibrer aussi les autres fabricants de baladeurs MP3 : S3, la compagnie qui a acheté Diamond Multimédia, le fabricant du premier baladeur MP3, travaille elle aussi sur un modèle pour l'auto.Mais \u2014 peut-être a-t-il un trop gros e Go \u2014 l'appareil ne semble pas facile à dompter.Celui qu'a testé l'équipe de Computers.com s'arrêtait parfois en plein milieu d'un morceau et n'affichait pas le bon nom des chansons qu'il faisait jouer.La fonction de courriel vocal, censée faciliter la vie des travailleurs qui se rendent au boulot en auto en leur lisant leur courriel et en leur permettant de dicter leur réponse, ne fonctionnait pas bien.Computers.com a pu écouter ses messages, mais avait du mal à transférer ses réponses dans son PC.Des usagers ont eu des problèmes semblables, bien que d'autres semblent ravis et qu'ils se disent satisfaits dans une proportion de 72 % \u2014 sur seulement 25 votants cependant.Bref, le e Go ressemble à un bel essai.un peu inquiétant à acheter.À partir de 219 $ US avec 32 Mo de mémoire, p a r commande postale.(2) Grand écran portatif On connaît depuis longtemps les appareils à images virtuelles qui permettent de reproduire sous un masque l'équivalent d'un écran géant de 52 pouces, comme le Eye- Trek de Olympus.Mais selon Gadget Central.com, Olympus s'apprête à lancer sur le marché une version « monocle » de son Eye-Trek, qui se porte attaché au-dessus de l'oreille et, sans gêner la vision, peut projeter au fond de l'oeil l'équivalent d'un écran de dix pouces tel que vu à 20 pouces de distance et ce dans une résolution de 800 points par 600.L'appareil, qu'Olympus a démontré à la foire CeBIT 2000 de Hanovre en Allemagne, ne pèse qu'environ 100 grammes.Mauvaise haleine par ordinateur L'équipe de l'émission La Revanche des nerds à Canal Z m'a mis sur la piste d'un gadget absolument fumant : le Breath Alert, un petit appareil sur lequel vous n'avez qu'à souffler un peu de votre haleine pour savoir si vous sentez bon ou mauvais.Un logo représentant une tête à bouche ouverte vous l'indique : s'il n'y a que quelques particules devant la bouche, ça va, mais s'il y en a beaucoup, vous puez ! Surveillez leur émission, car les nerds se promettent de le tester dès que possible.En vente cet été (3) 1.Cybiko : www.cybiko.com 2.e Go : www.i2go.com 3.Breath Alert : www.breathalert.com La scission de Microsoft aurait un impact limité Agence France-Presse WASHINGTON Un éventuel démantèlement de Microsoft, présenté par le gouvernement américain comme un garant de l'innovation dans la haute technologie, ne pourrait avoir qu'un impact limité pour ce secteur en pleine ébullition, estiment certains analystes.Le géant de l'informatique a plaidé cette semaine son cas auprès du juge Thomas Jackson, en affirmant que pour les consommateurs, les avantages liés au développement de son système d'exploitation Windows et d'autres logiciels « n'auraient pas été possibles sans une structure unifiée de Microsoft ».Le groupe de Bill Gates a proposé au juge de modifier ses pratiques commerciales, et réclamé le rejet de la suggestion du gouvernement de scinder Microsoft en deux, avec une société consacrée aux différentes versions de Windows, et une autre vouée aux logiciels d'application (Office, Explorer.).« Personne ne peut prédire avec un quelconque degré de certitude quels effets la proposition de démantèlement du gouvernement aurait sur les deux sociétés, l'industrie des logiciels et l'économie du pays », écrit Microsoft dans son document.Mais pour le département de la Justice, « les propositions de Microsoft sont inefficaces (.) et ne l'empêcheraient pas d'user de son monopole à l'avenir pour continuer d'écraser la concurrence de manière illégale ».« L'impact dynamique » d'un partage de Microsoft sur l'industrie serait limité, a affirmé à l'AFP Dan Kusnetzky, responsable de la recherche sur les logiciels pour la firme d'analyse International Data Corporation (IDC).Pour lui, « l'innovation se fait indépendamment de Microsoft et va continuer », que Microsoft soit divisé ou non.« Il y a tout un éventail de technologies auxquelles Microsoft ne participe pas », a relevé l'analyste d'IDC, soulignant que le groupe n'est dominant que dans le secteur de l'ordinateur personnel, mais pas au chapitre des logiciels pour serveurs ni de ceux pour les appareils de la nouvelle génération (ordinateurs de poche, terminaux Internet, téléphones intelligents).Sur 99 catégories de logiciels répertoriés par IDC, Microsoft n'est présent que dans 24, a-t-il ajouté.« Microsoft a prouvé à plusieurs reprises que dominer le marché des PC ne garantissait pas un succès sur les marchés adjacents », affirme pour sa part Scott Winkler, consultant en technologie, dans le New York Times.« Palm, Sun, et Oracle sont en train de l'écraser sur les autres marchés », poursuit-il.De leur côté, les consommateurs américains font largement la sourde oreille à la mission de défense du consommateur trompétée par le gouvernement.Hier, un sondage de l'institut Gallup a montré que plus de la moitié des Américains (54 %) était opposé au démantèlement de Microsoft, qui jouit d'une bonne opinion dans le public.Si toutefois un partage devenait réalité, ils sont 41 % à penser que celui-ci aiderait plus qu'il ne défavoriserait l'économie américaine, contre 32 % qui pensent l'inverse.Ces pourcentages sont plus élevés pour l'impact sur l'industrie informatique (45 %contre 37 %).Mais pour le moment, tout n'est que spéculation, car la procédure d'appel par Microsoft du verdict du juge devrait prendre entre un et deux ans.La multinationale américaine avait été reconnu coupable de violation de la loi antitrust.Les conséquences sur l'industrie d'un partage éventuel de Microsoft ne devraient par ailleurs se faire sentir que d'ici trois à cinq ans, soutient l'analyste d'IDC.Black soutient que ses journaux se vendront rapidement d'après AP et PC NEW YORK Le président d'Hollinger International, Conrad Black, a affirmé hier qu'il s'attendait à ce que la plupart des petits journaux qu'il possède soient vendus d'ici 10 semaines.Alors qu'il prenait la parole lors de l'assemblée annuelle des actionnaires d'Hollinger à New York, M.Black a soutenu que plusieurs acheteurs potentiels ont démontré leur intérêt.« Les réponses sont encourageantes jusqu'à maintenant », commente-il.Hollinger, une société basée à Toronto qui contrôle 60 % des quotidiens canadiens, a annoncé il y a deux semaines qu'elle mettait en vente environ 300 quotidiens et hebdomadaires au Canada et 50 journaux aux États-Unis.Tous ces médias ont un tirage de moins de 50 000 exemplaires.Cette annonce du côté d'Hollinger est survenue 10 semaines après que la compagnie Thomson a fait connaître son intention de vendre 130 journaux en Amérique du Nord, ne conservant seulement que le Globe & Mail.Conrad Black a précisé qu'environ 60 % des recettes provenant des ventes de ses journaux seront utilisées pour réduire la dette de la compagnie.Le reste servira au rachat d'actions d'Hollinger.Le président a également précisé qu'il n'a pas senti de pressions à la baisse sur les tirages des journaux de la compagnie à cause d'Internet.Au Québec, Hollinger possède Le Quotidien de Chicoutimi, Le Droit d'Ottawa-Hull, Le Soleil de Québec, The Gazett e à Montréal et The Record à Sherbrooke.FILL96 La Presse 12 mai 2000 Page A15 manquante 5LP1699A0512 A16 vendredi 5LP1699A0512 ZALLCALL 67 09:29:54 05/12/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 12 MAI 2000 Un étudiant philippin a peut-être déclenché «par erreur» ILOVEYOU Associated Press MANILLE Un étudiant philippin en informatique a laissé entendre hier qu'il avait peut-être déclenché accidentellement le virus ILOVEYOU, qui a provoqué d'importants dégâts dans les ordinateurs à travers le monde.Onel de Guzman, qui avait disparu depuis plusieurs jours, est apparu à une conférence de presse, portant des lunettes noires.Il n'a pas directement dit qu'il avait programmé le virus ILOVEYOU et affirmé qu'il n'était pas sûr non plus de l'avoir envoyé dans le cyberespace.« Il n'est pas vraiment conscient qu'il soit réellement à l'origine de l'acte qu'on lui reproche », a déclaré son avocat qui traduisait en anglais ses propos formulés en tagalog, la langue nationale des Philippines.Aux journalistes qui lui demandaient s'il avait pu déclencher le virus accidentellement, Onel de Guzman a répondu : « C'est possible.» Il a affirmé ne pas se rappeler où il était le 4 mai quand est apparu ILOVEYOU.Les enquêteurs avaient concentré leurs recherches sur les programmes écrits par Onel de Guzman avec un ami également étudiant à la faculté d'informatique des Philippines, ont précisé les autorités.Michael Buen, le second jeune homme, a produit une thèse, dont l'agence Associated Press a obtenu une copie, dans laquelle il mentionne son camarade de Guzman.Ce dernier n'a pas pour sa part obtenu son doctorat, car sa thèse portait sur les moyens de découvrir les mots de passe des ordinateurs, l'une des formes les plus courantes du piratage informatique.Les responsables de la faculté estiment que les deux projets de thèse pourraient avoir été combinés pour créer le virus, qui a éclos la veille de la cérémonie de remise des diplômes.Onel de Guzman et Michael Buen, tous deux âgés de 23 ans, font partie de GRAMMERSoft, une « association » d'une dizaine de pirates qui a écrit et vendu des thèses à d'autres étudiants.Or le nom de GRAMMERSoft est mentionné dans le code d'ILOVEYOU.De Guzman a déclaré qu'il avait discuté de sa thèse avec des membres de l'association.Son avocat a suggéré que certains d'entre eux auraient pu participer à l'écriture du virus : « Nous pouvons aller jusqu'à dire qu'il a préparé le projet de thèse mais (.) la connaissance du contenu n'était pas limitée à Onel », a-t-il dit.Pour Manuel Villar Jr, président de l'Assemblée nationale philippine, c'est l'exemple même du génie mal utilisé.L'étudiant aurait pu « devenir riche et apporter la reconnaissance à notre pays », a-t-il déclaré à la presse.Elfren L.Meneses Jr., à la tête du service de lutte contre la délinquance informatique du Bureau national des investigations (NBI) des Philippines, a déclaré que les enquêteurs souhaitaient parler aux étudiants en informatique mais qu'il était trop tôt pour dire si ces derniers étaient des suspects.Onel de Guzman vit avec sa soeur et le compagnon de celle-ci, un employé de banque qui a été arrêté lundi mais relâché le lendemain.Le NBI et le FBI étudient les disquettes informatiques saisies dans l'appartement.L'enquête aux Philippines est retardée par le manque de moyens, de spécialistes, et de lois sur la délinquance informatique.ILOVEYOU pourrait avoir coûté jusqu'à dix milliards de dollars US.PHOTO AP Onel de Guzman (à gauche), un étudiant philippin en informatique, pourrait avoir « accidentellement » déclenché le virus ILOVEYOU.Sa soeur, Irene, l'accompagnait à la conférence de presse d'hier."]
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