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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-05-13, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0513 b01 samedi 13 mai 2000 6LP0101B0513 ZALLCALL 67 00:45:57 05/13/00 B Montréal, samedi 13 mai 2000 Plus Le pape à Fatima page B10 ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE Le nouveau visage de l'emploi Porté par l'évolution des technologies de pointe, le Québec emprunte l'autoroute de la nouvelle économie dont les voies d'accès ont souvent une allure insoupçonnée.Le Québec peut en effet s'afficher comme un leader mondial des biotechnologies et hôte de la première technopole agroalimentaire au Canada.Il est également au coeur du développement des industries de l'optique-photonique, du multimédia, des télécommunications, de l'aéronautique, du pharmaceutique, tous des secteurs en ébullition sur la scène internationale et à la recherche d'une main-d'oeuvre formée et compétente.Étonnant ?Peut-être.Fragile, aussi.On a souvent mesuré l'impact négatif des nouvelles technologies plutôt que leur impact positif au cours des dernières années \u2014 pensons aux organismes génétiquement modifiés (OGM) et aux mises à pied liées à l'informatisation du travail.Pourtant, analysées en convergence avec la reprise économique, on constate qu'elles ont contribué à l'essor de nombreux secteurs d'activité, certains nouveaux, d'autres plus traditionnels.C'est précisément ce que nous avons voulu explorer dans la série de textes que nous vous présentons aujourd'hui en pages B4 à B8.Mais bien au-delà des pertes et des gains, c'est le visage de l'emploi et du marché du travail qui s'en trouve changé radicalement.De l'industrie du textile à celle des télécommunications, le constat est clair : le niveau de compétences recherché augmente et continuera d'augmenter.Pour rester dans la course, le Québec a un urgent besoin de têtes bien faites ! La formation d'une relève qualifiée est d'ailleurs un enjeu mondial qui se conjugue avec le vieillissement de la population.À ce chapitre, notons que le Québec vivra une baisse accélérée de sa courbe démographique à partir de 2013 et se présente parmi les sociétés les plus rapidement vieillissantes en Occident.Dans un tel contexte, comment tolérer qu'en l'an 2000, on évalue à près d'un million le nombre d'analphabètes québécois ?Aussi, avec l'évolution rapide du monde de l'emploi, le Québec doit renouveler sa stratégie de documentation du marché du travail et d'encadrement de sa relève.La discipline de l'orientation et du soutien au choix de carrière commence à peine à amorcer son virage technologique.Dans nombre d'institutions d'enseignement, on fonctionne toujours avec des méthodes relevant d'une autre époque.Le réseau scolaire québécois fait face à l'important défi de se doter d'un système de soutien à l'orientation qui sera constamment mis à jour et qui intégrera l'utilisation extensive des technologies de l'information.Le réinvestissement dans le réseau de l'éducation est certes, un pas en avant.Mais faire de l'éducation une valeur culturelle, un outil d'intégration au monde d'aujourd'hui et de demain, ainsi que le levier principal d'une société prospère transcende les simples calculs comptables.À la lecture des pages suivantes, on constate que c'est un objectif qui concerne autant les décideurs que le système scolaire, les parents que les entreprises, les enseignants que les élèves.Plus encore qu'un choix, c'est aussi devenu une question de survie de notre société.Bonne lecture ! François Cartier, éditeur Patricia Richard, directrice des publications Les Éditions Ma Carrière Cette série, présentée en exclusivité par La Presse, a été réalisée par l'équipe de rédaction des Éditions Ma Carrière dans le cadre de sa collaboration avec le site IDclic Carrière et Formation (idclic.qc.ca).Ce projet s'inscrit en complément de la chronique Cyberemploi publiée le samedi dans La Presse, avec la participation du Collège de Bois-de-Boulogne et du ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec.Vous pouvez adresser vos commentaires à : commentaires@macarriere.net Le rêve au fond de la mer Rima Elkouri envoyée spéciale, CARDENAS, Cuba «Luis, dis-moi.Pourquoi tant de Cubains quittent-ils leur île, au péril de leur vie ?» Le gaillard qui s'est spontanément offert comme guide à Cardenas, ville natale d'Elian, hésite.On ne parle pas de « ces choses-là » dans la rue comme on chante du Bob Marley.\u2014 Eh bien ! Ce ne sont pas tous les Cubains qui pensent pareil, dit-il, prudemment.Certains croient que leur vie serait meilleure aux États- Unis.Ce rêve déposé sur une embarcation de fortune aboutit parfois au fond de la mer.Comme en fait foi l'histoire tragique d'Elizabeth Brotons, la maman d'Elian, qui a péri quand son rafiot a coulé avant d'atteindre la Yuma, les États- Unis.« C'était una buena chiquita », soupirent, émus, les gens ayant connu la jeune Elizabeth qui travaillait comme femme de chambre à l'hôtel Paradiso- Punta Arenas de Varadero \u2014 le genre d'emploi qui, chasse aux billets verts oblige, est aujourd'hui convoité par des Cubains qui pourraient très bien être médecins ou architectes.L'histoire de la famille Gonzalez, qui a un pied à Cardenas et l'autre à Miami, tout le monde la connaît par coeur.En fait, c'est une histoire parmi tant d'autres, car, ici, tout le monde connaît quelqu'un qui a déjà risqué sa vie pour El Norte, le Nord.Dans le cas des Gonzalez, tout a commencé ce soir du 22 novembre 1999.Juan Miguel, caissier au parc Josone de Varadero, rentrait comme d'habitude du travail.Chez lui, c'était la panique.Sa mère lui apprend que son ex-femme de 28 ans, Elizabeth, et leur fils Elian, avaient disparu.L'enfant n'était pas allé à l'école.Une rumeur selon laquelle il avait été emmené sur un bateau de fortune à destination de la Floride circulait.Juan Miguel a pris ses jambes à son cou et s'est dirigé vers l'appartement qu'Elizabeth partageait avec son nouvel amoureux et Elian.Personne.Puis, il s'est rendu à la maison des parents du conjoint.Encore personne.La famille a vendu ses meubles avant de disparaître, ont raconté les voisins.La rumeur se confirmait : comme des milliers de Cubains avant eux, Elizabeth et Elian avaient tenté la grande traversée.Ils sont partis bien avant l'aube.À bord de l'embarcation faite de tubes d'aluminium et munie d'un moteur fatigué de 50 chevaux-vapeur, ils étaient quatorze : Elian, sa maman et le conjoint de celle-ci, Lazaro Rafael Munero ; les deux frères de Lazaro et ses parents ; une amie d'Elizabeth, son mari et la famille de son mari, ainsi qu'un jeune couple et leur fillette de cinq ans.Le premier départ fut un faux départ.Des ennuis mécaniques ont forcé le groupe à rebrousser chemin.Entre-temps, le jeune couple s'est ravisé et a décidé de laisser sa fillette à Cardenas.Elizabeth a choisi de garder Elian à ses côtés.La traversée n'est pas si longue \u2014 140 km.Mais ô que dangereuse ! Ça, la famille de Juan Miguel Gonzalez le savait trop bien, ce soir du 22 novembre.Fou d'inquiétude, le grand-père paternel d'Elian, Juan, a appelé ses proches de Miami.Le lendemain, Lazaro, frère de Juan et grand-oncle de l'enfant, rappelait pour calmer sa famille de Cardenas.Ce genre de voyage peut prendre quelques jours, leur a-t-il dit.Le 25 novembre, jour de l'Action de grâce, un autre coup de fil de Miami à Cardenas : Elian avait été retrouvé vivant, couché sur le dos sur une chambre à air, près de Fort Lauderdale.Brûlé par le soleil, mais vivant.L'océan avait emporté sa mère, Elizabeth, cette buena chiquita, ainsi que neuf des autres passagers.Cinq mois après la tragédie, bien des gens à Cardenas n'hésitent pas à lancer des pierres à Munero, le conjoint d'Elizabeth, qui a péri dans le voyage.Lui, ce n'est pas un buen chiquito, diton, l'index accusateur.« Elizabeth ne voulait pas partir.Mais c'est lui, Munero, qui l'a obligée.Il a menacé de tuer l'enfant si elle ne venait pas », confie une voisine de la famille.Cette version, c'est celle de la propagande officielle cubaine, qui n'a pas épargné Munero.Le journal Granma le décrit comme un voyou, coureur de jupons, qui après avoir abandonné l'école, s'est lancé dans une « carrière criminelle ».À 18 ans, il a été emprisonné pendant plus d'un an, pour avoir volé quelque 200 $ dans la chambre d'hôtel d'un touriste allemand.On cherche un coupable, mais LA question demeure.Pourquoi, à l'instar de ce « mauvais chiquito » et de cette « bonne chiquita », tant de Cubains risquent-ils leur vie pour les États- Unis ?À Miami, les leaders cubano-américains anticastristes vous diront que ces gens désespérés fuient la répression politique.À La Havane, les autorités cubaines soutiendront que c'est la faute des Américains, qui, friands d'images de propagande anticommuniste, favorisent l'immigration clandestine.À Cardenas, on vous dira plus simplement c'est davantage pour des raisons économiques et guidés par des choix personnels que tant de Cubains confient leur destin aux caprices de la mer.Les balseros ne pensent pas aux risques, diton.Ils rêvent, c'est tout.DEMAIN : La couleur du dollar PHOTO La Presse © L'école primaire de Cardenas, que le petit Elian fréquentait avant que sa mère ne se décide à partir vers les États-Unis, en novembre dernier.Tout le monde, ici, connaît quelqu'un qui a déjà risqué sa vie. 6LP0201B0513 b2-edito-samedi 6LP0201B0513 ZALLCALL 67 00:47:09 05/13/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Un projet de cité indéfendable Les chiffres impressionneront.La nouvelle Cité du commerce électronique qu'annonçait jeudi en grande pompe le ministre d'État aux Finances et à l'Économie, Bernard Landry, représente un investissement immobilier de 700 millions de dollars dans le centre-ville de Montréal, la création de 20 000 emplois.Le tout dans la nouvelle économie.Wow ! Le maire Pierre Bourque a même parlé de « Baie-James de Montréal ».Mais, derrière le marketing politique et l'enflure verbale, le projet du ministre Landry coûtera terriblement cher, peut-être un milliard et demi, dont une grande partie sera gaspillée ; il repose en outre sur une stratégie de développement dont les fondements sont contestables.Voilà en fait un très mauvais programme de subventions, qui trahit une vision archaïque de l'économie.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca Un jugement excessif ?Le cas de CGI, l'un des deux locataires annoncés du futur complexe immobilier, a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête.Le programme accorde aux entreprises qui déménageront dans le quadrilatère défini, sur René-Lévesque, près du Centre Molson, un crédit d'impôt remboursable qui couvrira 25 % du salaire d'un emploi lié au commerce électronique, jusqu'à concurrence de 10 000 $ par année, pendant dix ans.CGI, une entreprise de services conseils en technologies de l'information, filiale de BCE, déménagera dans le nouveau projet 2400 personnes actuellement dispersées dans la ville.1968 de ces employés ont immédiatement droit à la subvention, même si ces emplois sont déjà créés.Ce passedroit hallucinant fera en sorte que CGI recevra presque 20 millions par année pendant dix ans.Faites le calcul : un total de 200 millions, pour des emplois qui existent déjà.Pourquoi ?En échange de ce cadeau, explique-t-on, CGI s'engage à créer 2000 autres emplois d'ici cinq ans.Qui lui donneront, en gros, 150 millions de plus.L'opération est d'autant plus scandaleuse que la croissance naturelle de CGI l'amènera à créer ces emplois de toute façon.À titre d'exemple, cette entreprise respectée, il y a un peu plus d'un an, estimait être en mesure de créer 1500 emplois en 1999 uniquement grâce à sa croissance interne ! Un tiers de milliard à l'eau.Regardons maintenant la logique économique qui sous-tend la démarche.La Cité du multimédia, dont on s'inspire, malgré d'importants effets pervers, a pu avoir deux effets positifs.D'une part, revaloriser un quartier dévasté.Ensuite, créer une masse critique dans une industrie morcelée, difficile à définir, pour en quelque sorte la mettre sur la « mappe ».Ces deux facteurs ne peuvent pas jouer dans cette nouvelle cité.D'abord, parce que le quartier, à côté du Centre Molson, n'a pas besoin de respiration artificielle.Mais surtout, parce que la définition extrêmement floue du commerce électronique ne permet pas de créer les synergies que le ministre évoque.Quel est le lien naturel, la synergie possible entre Nasdaq, une petite Bourse qui emploiera moins de dix personnes, des consultants comme CGI, le numéro 1 dans son domaine au Canada et le cinquième en Amérique, ou une entreprise comme Dell, que l'on espère attirer, qui oeuvre dans le bas de gamme de la nouvelle économie avec son centre d'appels pour vendre des ordinateurs ?n n n On parle bien sûr de masse critique, un mot à la mode que l'on sert à toutes les sauces, mais qui est vide de sens dans un parc industriel urbain regroupant des industries disparates dont le seul point commun est que leur venue a été lourdement subventionnée.Ce concept de marketing sera peut-être rentable au plan politique.Mais cette culture de l'esbroufe bernera-t-elle les investisseurs et enverra- t-elle une image positive de Montréal.Nous croyons plutôt qu'elle projettera de la métropole une image de ville « has been », bonasse et un peu désespérée, dont les leaders n'ont rien compris à la nouvelle économie.Nous ne dirons jamais assez que ce genre de programme est incompatible avec le e-commerce.D'une part, parce que les fonds publics se retrouveront largement dans l'immobilier et le béton, par le biais des loyers élevés que paieront les entreprises, plutôt que dans le développement.Ensuite, parce qu'on impose l'implantation dans un quadrilatère précis d'une industrie dont la caractéristique fondamentale est la mobilité et la capacité de pouvoir s'installer n'importe où.Il faut enfin soulever une autre question, et c'est celle du rôle du promoteur Sylvain Vaugeois, le concepteur de ce projet, dont la carrière repose largement sur sa capacité de mettre au point des projets dont le succès dépend de l'apport massif de fonds publics.Il a, à cet égard, l'oreille du ministre Landry dont il est un proche.Il touche également des revenus lors du développement de ces projets publics en jouant un rôle d'intermédiaire entre l'État subventionnaire et les entreprises dont il sollicite la participation ou qui lui confient des mandats d'implantation.Nous ne doutons pas de la probité de ces activités.Mais il y a là une proximité qui nous semble incompatible avec la vision que les Québécois se font du rôle de l'État.n n n Le lancement de ce nouveau programme remet à l'avant-scène un débat plus vaste sur le rôle de l'État dans l'économie.M.Landry est, de son propre aveu, interventionniste.C'est son droit.Mais il ne peut, à la fois, distribuer des subventions et se réclamer de Silicon Valley qui est plutôt, comme on sait, un symbole du dynamisme de l'initiative privée.Il ne peut pas non plus se réclamer du modèle irlandais qui, en fait, va exactement dans le sens contraire.L'Irlande a misé sur une faible fiscalité ; le Québec est au contraire le paradis nord-américain du fardeau fiscal et le restera tant que ses politiciens continueront à gaspiller des fonds publics.La Cité du commerce électronique coûtera une fortune à l'État québécois, mènera à un gaspillage important, pour des gains économiques qui n'ont rien d'évident.Tout cela avec notre argent.DROITS RÉSERVÉS Serge.Chapleau@lapresse.ca «Le coeur mal amanché» La nouvelle a été confirmée en fin d'aprèsmidi, hier: le fondateur et âme dirigeante des Colocs, André Fortin, s'est bel et bien suicidé.Devant la maison qui abritait le « quatre et demi » où son corps a été trouvé mercredi, des passants ont déposé des fleurs, des poèmes, des dessins.André \u2014 Dédé \u2014 Fortin n'est pas le premier chanteur à disparaître trop tôt, dans des circonstances tragiques.De tels événements suscitent toujours la consternation, un peu comme si le public s'appropriait la douleur de l'artiste, qu'il y trouvait un écho à ses propres angoisses.Agnès Gruda agruda@lapresse.ca Mais dans la vague de réactions soulevées par la mort brutale du Coloc en chef, il y a plus.Des émotions qui, au-delà de l'inévitable surenchère médiatique, ont une résonance sociale dépassant le simple réflexe d'empathie.Faut dire que le chanteur n'évoluait pas dans la stratosphère glamoureuse du succès.Il était proche de sa génération, branché sur son monde, bien ancré dans sa vie \u2014 et par conséquent, dans celle de son public.« Dédé », c'était le voisin qu'on croise en allant chercher sa pinte de lait, le gars qui lit son journal au café du coin.En partant, les morts percent de petits trous dans la trame de l'univers, écrivait la romancière Arundati Roy dans The God of Small Things.Si le trou laissé par André Fortin semble si vertigineux, c'est peut-être parce qu'il est si près de nous, presque à nos pieds.Cette mort consterne aussi parce qu'elle tranche tant avec la vitalité et l'énergie brute qui se dégageait de la musique des Colocs.Il y avait une telle rage de vivre dans leurs disques et leurs shows \u2014 difficile de croire que celui qui a donné tant de souffle au groupe ait pu porter en lui l'abîme qui l'a avalé.C'est oublier à quel point la rage de vivre est souvent proche du désespoir, à quel point les bonheurs intenses peuvent être voisins de la détresse.Il y a des termes cliniques pour décrire ces vacillements de l'âme.André Fortin, lui, sans doute parce qu'il était lui aussi un écorché de la vie, était capable de les traduire en chansons, simplement, sans faire la morale.Il y avait entre les Colocs et leur public un rapport de proximité presque intime.S'ils ont réussi à toucher tant de gens, c'est parce qu'ils parlaient de choses vraies, de centres d'achat et de dépanneurs, de petites révoltes et de grands drames.Dans une des plus belles chansons des Colocs, « Dédé » s'adresse à un vieux chum perdu de vue depuis longtemps.La dernière fois qu'il l'avait vu, « son coeur était mal amanché, sa tête dans un étau, y était pas beau.» Non seulement tous les « pas beaux » de la Terre auraient- ils pu se retrouver dans ce texte, mais aussi tous ceux qui, un jour, impuissants devant un ami qui a « d'la coke dans les yeux, de l'héro dans le sang », ont pris leurs jambes à leur cou, laissant l'autre seul au bord de la catastrophe.Dans une société qui nous en demande beaucoup, nous ne sommes pas tous des « toffes de toffes ».Il ne faut pas juger le poqué de la vie, l'écorché vif du destin.Si la mort de « Dédé » devait être porteuse de quelque sens que ce soit, souhaitons donc que ce soit précisément celui-là.Tous les groupes sociaux plus ou moins souffrants ont au moins leur journée de célébration annuelle.Il y a la Journée de la femme, celle des vieux et celle des gays, sans oublier la mère, le père et l'enfant.Aujourd'hui même, c'est la Journée Internationale des oiseaux migrateurs.Pourquoi la mort d'André Fortin ne marquerait-elle pas la journée des coeurs « mal amanchés », ceux qui dérivent, qui ont perdu le contrôle, la journée des « pas beaux » et des âmes perdues ?Genre de journée où l'on donne une poignée de change au gars saoûl qui nous tend la main.Où on lui parle, même.Sans le juger.LA BOÎTE AUX LETTRES edito@lapresse.ca Le plus beau métier du monde n Je me regarde dans le miroir et compte les quelques cheveux gris qui parent ma tignasse.Je revoie ma mère quand elle avait mon âge.Je ne suis plus une enfant, il est vrai.Pourtant, mon coeur tressaille encore de bonheur et de gratitude.Je lui suis reconnaissante d'avoir choisi de me mettre au monde.Sa générosité m'a permis d'exister et de connaître à mon tour les joies et les exigences de la maternité.Être mère est le plus beau métier du monde ! Donner la vie, l'arroser d'amour et parfois de larmes.Oser enseigner, guider et corriger.Savoir écouter, consoler et encourager.Prendre le temps de rire et de s'amuser.Oui, prendre le temps.Grâce à ma mère, j'ai appris que l'amour seul peut bâtir un monde plus humain.Et que la famille est au coeur de ce défi.J'ai appris qu'éduquer est un travail essentiel dont il faut être fière.Merci à toutes ces mères qui acceptent de se donner pour que d'autres grandissent.Denise COUSSA Mont-Royal Drôle de politique M.Dubuc, n J'ai lu avec intérêt une de vos chroniques concernant la cité du multimédia.Je suis parfaitement d'accord avec vous sur ce sujet.Il est à se demander quel est le rôle joué par ce Monsieur Vaugeois ?De plus, il me semble que CGI, Dell, Cognicase et cie n'ont pas besoin d'aide dans le commerce électronique.Sous quel argument distribue-t-on des crédits d'impôt à ces entreprises déjà très florissantes ?Le domaine du multimédia, du commerce électronique, de l'impartition n'a pas besoin de subventions.Pierre CYR La Prairie Le triomphe des modérés n Voilà plus de 25 ans que « l'influent » Bernard Landry « pompe » de la modération dans le Parti québécois.Pas étonnant alors que nous ayons assisté au triomphe des modérés lors du dernier congrès de ce parti.Les modérés, c'est-à-dire des délégués( es) triés sur le volet, gentils, tempérés, politiquement corrects et surtout très réceptifs au pouvoir de suggestion de leur chef, Lucien Bouchard, luimême un grand modéré du genre à ne pas vouloir déplaire à trop de monde.Il est bien connu que le premier ministre n'a rien d'un pur et dur malgré ses intonations d'homme fort soulevées par une émotivité peu commune.Éminent stratège habile à s'entourer de gens qui pensent comme lui, Lucien Bouchard a réussi à obtenir sur le plancher du congrès ce qui ressemble à une véritable cote d'amour à son endroit, mais 91 % de votes provenant de modérés, ne donnent pas nécessairement l'heure juste quant à la cote d'amour que cet homme pourrait recevoir de la part de la population en général.Un congrès, c'est d'abord une affaire de famille, mais il y a plus.M.Bouchard est peut-être debout sur un bloc de glace, même s'il paraît avoir été placé sur un solide socle de ciment, lors du 14e congrès du PQ.Seul l'avenir nous dira si le premier ministre peut avoir sur la population en général autant d'emprise qu'il en a eu sur les membres modérés de son parti.Guy MILOT Montréal Comportement arrogant ?n Je vous écris aujourd'hui parce que je suis complètement renversé par l'attitude et le comportement arrogant de Louise Harel concernant le résultat d'un référendum auprès de ceux et celles qui paient son salaire.Elle a dit clairement qu'elle se fout royalement du résultat d'un référendum qui confirmerait que la population (ceux qui paient les taxes municipales et scolaires) ne veut rien savoir d'une fusion forcée ou de toute autre fusion qui n'a pas l'approbation majoritaire de ceux et celles qui paient son salaire.C'est quoi la différence entre un référendum pour la séparation du Québec d'avec le reste du Canada et un référendum pour la fusion de villes ?Si Louise Harel nous dit que le résultat d'un référendum (fusion de villes) n'est pas légal aux yeux de son gouvernement, pour l'amour du bon Dieu, que quelqu'un m'explique pourquoi Jean Chrétien et son gouvernement respecterait le résultat d'un référendum sur la séparation du Québec avec le reste du Canada.Maurice ALLARD 6LP0301B0513 b3-edito-samedi 6LP0301B0513 ZALLCALL 67 00:47:04 05/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 B 3 L'homme de la Big Blue Machine Lysiane Tom Long était récemment de passage à Montréal.Brève entrevue avec lui, dans le hall du Centre Sheraton.Pour un homme qui a derrière lui la Big Blue Machine de l'Ontario et qui incarne les espoirs de Bay Street, il n'a rien d'un chef de guerre.Pas très grand ni très costaud, le visage un peu poupin sous des cheveux fraîchement coupés, il a plutôt l'air d'un gérant de banque ou d'un fonctionnaire anonyme.Il récite plus qu'il ne parle, sans faire de gestes, sans animation ni intensité, sans que son visage ne trahisse quelque sentiment que ce soit.Sans vouloir tomber dans les stéréotypes, je me dis qu'il ressemble à sa contrée d'origine \u2014 le sud de l'Ontario, une région « blanche », conservatrice, protestante, et pour tout dire, plutôt terne.Bref, M.Long a le charisme d'un mur de briques, mais c'est peut-être (soyons honnête) dû au fait que la transition, entre l'ombre et la lumière, n'est pas facile.À 41 ans, le voilà qui devient la vedette, alors qu'il a toujours été l'imprésario.Le voilà qui devient le « produit », alors qu'il a toujours été le vendeur.Pas facile, comme changement de vocation, que de passer du fauteuil du stratège au podium du politicien.C'est d'ailleurs à la dernière minute, voire à contrecoeur, qu'il s'est résolu à sauter dans l'arène de l'Alliance canadienne (ex-Reform) où s'agitaient déjà, entre autres candidats au leadership, l'actuel chef Preston Manning et le ministre albertain Stockwell Day.Ces deux derniers étant albertains \u2014 et l'Alliance ayant désespérément besoin de faire des percées en Ontario \u2014, il fallait un Ontarien capable de faire le vide autour de ce pauvre Joe Clark, afin de réaliser la fusion de la droite canadienne.Grosse commande pour Tom Long, un administrateur qui est à la tête d'une entreprise de « chasseur de têtes » après avoir été le principal stratège des victoires électorales de Mike Harris.Il n'a peut-être pas de charisme, mais il a des « contacts ».Son entrée en scène a amorcé le début de la fin pour le PC, dont le calvaire se poursuit aujourd'hui à Québec où se tient, dans la pagaille et l'amertume, le congrès d'un parti décimé, abandonné par ses bailleurs de fonds et par ses militants.Mais Tom Long part dans la course avec un retard certain.Contrairement à ses deux principaux adversaires, il n'a jamais été élu.Et s'il est un acteur important dans les coulisses de la politique ontarienne, c'est un parfait inconnu pour le grand public.Non seulement est-il étranger au Parti réformiste, dont les membres constituent la base de l'Alliance, mais il représente l'arrogante Ontario dont se méfie passionnément le Reform, ce parti farouchement régionaliste qui est né et a grandi dans l'Ouest.Il représente en outre l'argent de Bay Street, ce qui le marque doublement, dans un parti populiste où la « haute finance » est perçue à peu près comme elle l'était chez les créditistes de Réal Caouette.Nombre de gros canons de la droite canadienne l'ont appuyé, mais en laissant entendre qu'ils retireraient leurs billes si leur candidat n'était pas élu.Voilà qui ajoutera, pour le militant moyen du Parti réformiste, l'insulte à l'injure.Il faudra que M.Long vende des milliers de cartes de membres pour avoir une chance de se mesurer à MM.Manning et Day.(L'élection du leader se fera au vote de tous les membres ; les résultats seront annoncés à Calgary le 24 juin ; comme il est douteux que l'un des candidats ait plus de 50 % des voix, on prévoit un second tour de scrutin qui aura lieu le 8 juillet.) Si M.Long réussit à convaincre un nombre suffisant de réformistes, ce sera parce qu'il aura parlé à leur tête plutôt qu'à leur coeur, en leur faisant valoir qu'avec lui, l'Alliance a plus de chances de faire des gains à l'est du Manitoba.Mais la personnalité relativement terne de M.Long ne pourra lui permettre de sortir de l'anonymat au point de devenir en deux mois une vedette montante au sein du grand public.Il serait donc étonnant que les sondages, qui pourraient théoriquement influencer le choix des membres, jouent en sa faveur.Son principal atout, pour l'instant : l'argent, qui peut acheter beaucoup de cartes de membres.n n n Dans le hall du Centre Sheraton, Tom Long est assis à la table où l'on a servi du café, comme un gérant de banque derrière son bureau analysant un relevé de compte.Son bilan du Canada est prévisible \u2014 économie en déclin, impôts trop élevés, etc.Voir à ce sujet les politiques de Mike Harris, qu'il voudrait voir élargies à l'ensemble du Canada.Pourquoi faire l'union de la droite autour du Reform plutôt qu'autour du PC ?« Parce que ce parti (auquel M.Long adhérait depuis l'âge de 13 ans) est maintenant à la gauche du Parti libéral.» Quels sont, dans l'histoire canadienne, les politiciens qu'il admire ?Il cite un obscur député ontarien, Shawn O'Sullivan, prêtre catholique aujourd'hui décédé.Mais parmi les figures connues ?Il hésite, prudent, comme s'il jaugeait l'efficacité tactique de la réponse.« Peter Lougheed », dit-il enfin.Puis, se rappelant qu'il est au Québec, il ajoute : « Pierre Marc Johnson ».Est-ce dire qu'il s'attend à voir M.Johnson se joindre à son camp ?Non, pas vraiment.En fait, au Québec, M.Long se trouve dans un « no man's land » absolu.Il ne parle pas un mot de français, quoiqu'il jure ses grands dieux qu'il suivra des cours s'il est élu.Il a un petit groupe de conseillers québécois, surtout d'anciens employés du PC inconnus du grand public, de même que l'ancien président des jeunes libéraux du Québec, Jonathan Sauvé.C'est tout de même mieux que Preston Manning, qui après 13 ans de politique fédérale, n'a pas réussi à cultiver un seul associé sérieux au Québec, mais un peu moins bien que Stockwell Day, dont le programme constitutionnel a la sympathie de quelques allairistes dont Me Allaire en personne.M.Day, ayant déjà vécu à Montréal, parle un peu français, et le coprésident de sa campagne est l'ancien ministre libéral Gérard Latulippe.M.Long est lui aussi un partisan de la décentralisation et réprouve les intrusions fédérales dans les champs provinciaux, ce qui s'inscrit assez commodément dans une idéologie où l'on souhaite « moins de gouvernement » dans tous les domaines.Il voudrait que les politiciens fédéraux lisent leur « job description » (leur description de tâche) et s'en tiennent à cela.Le stratège ontarien passe pour avoir des positions moins réactionnaires, en matière sociale, que MM.Manning et Day, qui sont tous deux de fervents évangélistes (le second est même un ministre du culte).Mais M.Long est lui aussi partisan du mouvement pro-vie, et même s'il dit ne pas vouloir imposer aux autres sa moralité personnelle, il n'est pas contre l'idée de tenir des référendums sur l'avortement et la peine de mort.En fait, dit-il, il aimerait tenir beaucoup de référendum sur toutes sortes de sujets, comme en Suisse.Voilà tout ce qu'il manquait à un tableau déjà déprimant : une flopée de référendums à l'horizon, et sur la peine de mort en plus ! Ô misère.Opinions Peut-on juger un juge?Internet: un cheval de Troie culturel et linguistique?ALAIN STANKÉ M.Stanké est auteur et éditeur.Comme c'est dommage qu'il faille attendre la mort d'un homme pour parler de sa valeur.Je m'estime très privilégié d'avoir eu pour ami le juge Deschênes, un juriste mesuré qui inspirait l'admiration et le respect.Nos rapports ont heureusement souvent débordé la simple relation auteuréditeur (née lors de la publication de son autobiographie Sur la ligne de feu ).Aujourd'hui, je me sens donc doublement endeuillé.Jules Deschênes était un bel homme \u2014 un homme complet.Un vrai.Avec au coeur des qualités rares comme patience, respect, compassion courage et justice.D'ailleurs, il n'était pas que juge.Écrivain et conférencier, il oeuvrait sans relâche dans de nombreux organismes nationaux et internationaux.Homme d'une très grande simplicité, il parlait des autres avec une extrême élégance.Son étonnante humilité et sa grande expérience me fascinaient.Il avait le regard humble et impérieux qui faisait baisser le vôtre lorsque vous vous trouviez devant lui.Ses proches trouvaient qu'il portait son âme à fleur de visage, un privilège de toute personne authentique.Cet homme d'exception était habité par l'amour de son prochain.Les trois axes autour desquels sa vie s'est articulée étaient l'avancement du droit, la perfectibilité de la justice et les droits de la personne.Sa réussite dans ces domaines était incontestable.Et si, dans l'exercice de ses fonctions, il lui est arrivé de commettre des erreurs, le juge avait coutume de dire qu'elles étaient « le tribut que la nature humaine devait payer à l'action ».Après la mort de son jeune frère, Jules Deschênes fut élevé, comme il le disait, « seul, entre un père accommodant et une mère attentive mais autoritaire ».En parlant de ses années d'enfance, il disait regretter qu'elles se soient déroulées « sans grandes démonstrations d'affection ».« Je suppose, disait-il, qu'elle proven congénitale, dont mon père, autant que moi, souffrait.Jamais n'avons-nous connu cet élan spontané de tendresse qui s'exprime entre certains pères et fils.Pourquoi faut-il qu'un fils attende la disparition de son père pour constater la place que celuici occupait et le vide que laisse son départ ?Les causes célèbres que le juge Deschênes eut à juger sont innombrables : les conditions de travail des enseignants (CEQ) ; la baie James ; la loi électorale du Québec ; la loi 32 ; le bilinguisme aérien ; la loi 101 \u2014 la langue de la législation et de la justice (Blaikie) ; les indicateurs de police (Keable) ; la nationalisation de l'amiante (Asbestos) ; l'affichage des « traîtres » (Société Saint-Jean-Baptiste), etc.Juriste de grande réputation, il présida la Commission d'enquête sur les criminels de guerre au Canada et fut le premier Québécois à siéger au Tribunal d'appel pénal international pour l'ex- Yougoslavie.Tout récemment encore, il avait quitté temporairement ses responsabilités de magistrat, nommé par le Conseil de sécurité des Nations unies, pour se porter farouchement à la défense de sa collègue, la juge Andrée Ruffo, dans l'épineux dossier concernant l'obligation de réserve des magistrats.Ses ancêtres étaient cultivateurs, ses grands-pères étaient menuisier et teneur de livres, son père était notaire.Lui, est devenu juge en chef de la Cour supérieure du Québec.Dans son autobilan, en guise de testament, le juge a écrit ces mots qui décrivent l'homme qu'il était, mieux que quiconque ne saurait le faire : « Quelle vie n'a toujours obéi qu'à la raison ?Et quelle carrière n'a parfois été orientée par le coeur ?« Bien à plaindre est l'être humain qui n'a pas pris le temps d'aimer : bien plus pauvre encore, celui qui a concentré sur ses richesses sa puissance d'aimer.La foi et l'espérance sont des vertus de ce monde, a écrit l'apôtre, seule la charité est éternelle.« J'ai connu ma petite part de cet éternel sentiment ; c'est sans doute lui qui m'a inspiré mes meilleurs gestes ; c'est hélas ! lui qui parfois m'a poussé à agir aux dépens de la raison.Que le lecteur me pardonne sur cette pointe de romantisme.Et n'y pourrais-je succomber encore ?(.) Je donne libre cours à l'espoir que je nourris de laisser le monde un peu meilleur que si je n'avais pas vécu.C'est un testament qui en vaut bien un autre ».DYANE ADAM L'auteure est Commissaire aux langues officielles.J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les deux éditoriaux récents de l'éditorialiste en chef de La Presse, monsieur Alain Dubuc, dans le cadre de la série d'éditoriaux intitulée « Réinventer le Québec », qui portaient sur l'état de l'utilisation de l'Internet au Québec.« Internet : le Québec à la chandelle » montrait avec ce titre percutant qu'il existe un écart quant à l'usage de l'Internet entre les foyers du Québec, du Canada et des États-Unis.Cet écart est d'ailleurs régulièrement évalué par le site Infomètre du CEFRIO, le Centre francophone d'informatisation des organisations.Or, comme nous le savons tous, la nouvelle économie est centrée sur le savoir et Internet en constitue un élément essentiel.Cet écart doit donc être comblé sans délai.Plusieurs études le démontrent, la faible présence du français sur Internet constitue un facteur déterminant dans la relative lenteur de l'appropriation par les francophones de cette technologie essentielle.Ce constat a été réitéré à plusieurs reprises également à l'occasion des travaux des Sommets de la Francophonie et des Biennales de la langue française, ainsi que dans diverses études du Conseil de la langue française du Québec.Un consensus se dégage de tous ces travaux : une voie de solution serait la constitution d'une plus grande masse critique de contenus et de services en langue française sur Internet.À titre de Commissaire aux langues officielles et dans le contexte des responsabilités du gouvernement du Canada envers la dualité linguistique en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Loi sur les langues officielles, j'ai publié une étude spéciale intitulée : Le gouvernement du Canada et le français sur Internet.(Disponible à : http : www.ocol.clo.gc.ca/gouv_int.htm) Dans cette étude, rendue publique en août dernier à la veille du Sommet de la francophonie de Moncton, je formule douze recommandations au gouvernement du Canada afin qu'il favorise, dans le cadre des responsabilités de ses institutions, une plus grande dynamique d'utilisation de l'Internet en français.Le gouvernement du Canada a répondu de façon favorable et constructive à ces recommandations, le 1er décembre dernier, et, depuis lors, plusieurs démarches d'intérêt public ont été entreprises.Il importe, je crois, de mentionner d'abord les engagements du gouvernement dans les récents discours du Trône et le budget fédéral.On se rappelle que le gouvernement s'est engagé à devenir le premier pays du G7 à offrir l'ensemble de ses services en direct, sur Internet, et ce, d'ici 2004 et à numériser des collections et mettre en réseau plus de 1000 institutions d'intérêt patrimonial afin de créer un Musée virtuel canadien.Le dernier budget fédéral reflète d'ailleurs cet engagement, et 75 millions de dollars seront investis dans la numérisation de collections patrimoniales du gouvernement du Canada dont au moins la moitié pour des collections de langue française.La mise en oeuvre de ces recommandations a également suscité la création du Groupe de travail interministériel pour le français sur Internet et du Comité de concertation technolinguistique, qui visent notamment à faciliter l'élaboration, d'ici le 1er juillet 2000, d'une stratégie intégrée pour le gouvernement du Canada à l'égard de la présence et de la qualité de contenus et de services en français sur Internet.Cette stratégie serait fondée, entre autres, sur l'affirmation de la dualité linguistique comme l'un des principes directeurs de tout cadre politique et de toute action du gouvernement fédéral relatif à l'Internet.La création d'une dynamique d'utilisation en français d'Internet exige également la mise en place d'un méga-portail bilingue de l'information gouvernementale et d'un accès aux outils linguistiques appropriés sur les serveurs fédéraux : caractéristique de négociation de la langue, moteurs de recherche bilingue, banques de terminologie et de ressources, outils de transferts linguistiques qui faciliteront et encourageront l'appropriation en français de l'Internet.Il importe donc, comme l'a si bien affirmé monsieur Alain Dubuc, de créer une culture d'Internet.La langue constitue en effet l'une des dernières frontières de l'Internet.Pour échanger sur Internet et y faire du commerce, encore faut-il pouvoir le faire dans sa langue de préférence.Le gouvernement du Canada offre plus de 5000 sites sur Internet.Il s'agit d'une masse documentaire formidable.Par exemple, le site Stratégis, d'Industrie Canada, vise à donner de l'information aux entreprises et comporte plus de 800 000 pages.Ce site est sujet, comme les autres du gouvernement du Canada, à la Loi sur les langues officielles et offre ses contenus en français et en anglais.Un accès universel sans contenu suffisant de langue française ne risque- t-il pas de devenir une invitation à laisser pénétrer un cheval de Troie culturel et linguistique ?Je crois plutôt que l'harmonisation des volontés et des actions des gouvernements du Québec et du Canada pour la constitution d'une masse critique en français sur Internet saura faire en sorte que ce moyen de communication devienne un puissant outil de promotion et d'épanouissement de la langue et de la culture française dans le monde.PHOTOTHÈQUE, La Presse Jules Deschênes Dyane Adam L'harmonisation des actions de Québec et d'Ottawa pour la constitution d'une masse critique en français sur Internet fera en sorte que le Net deviendra un puissant outil d'épanouissement de la langue et de la culture française dans le monde.Jules Deschênes était un bel homme \u2014 un homme complet.Un vrai.Avec au coeur des qualités rares comme patience, respect, compassion courage et justice. 6LP0401B0513 b04 samedi 13 mai 2000 6LP0401B0513 ZALLCALL 67 00:43:24 05/13/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 Plus/Le nouveau visage de l'emploi « C'est bien de faire une belle page Web, mais il faut aussi savoir à qui elle s'adresse pour en faire un outil de communication efficace.Cela exige donc des connaissances précises.» \u2014 Andrée Beaulieu-Green, présidente-directrice générale de l'Institut de création artistique et de recherche en infographie (ICARI) La revanche des idées Nouveaux emplois en technologies de l'information PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Gilles Valiquette, directeur général de l'école Musitechnic : « Les nouvelles technologies amènent aussi beaucoup de travail pour les musiciens.Ils trouvent de nouveaux débouchés, notamment dans le domaine corporatif.» SYLVIE LEMIEUX collaboration spéciale, Éditions Ma Carrière, IDclic Carrière et Formation Surtout préoccupé par l'aspect quincaillerie jusqu'à récemment, le secteur des technologies de l'information (TI) se consacre de plus en plus au développement de contenus.Les jeunes diplômés et les travailleurs issus des sciences humaines, des lettres et des arts voient s'ouvrir devant eux des portes insoupçonnées.À bord du train en marche, bienvenue aux personnalités curieuses, engagées dans leur domaine et prêtes à prendre le grand virage ! L'industrie du multimédia, plus particulièrement, apporte de nouveaux emplois aux rédacteurs, linguistes, scénaristes, musiciens, compositeurs, illustrateurs, pédagogues et autres, ainsi appelés à participer activement à la création de sites Internet, de cédéroms, de jeux vidéo, de logiciels, etc.Selon Andrée Beaulieu-Green, présidente-directrice générale de l'Institut de création artistique et de recherche en infographie (ICARI), les entreprises recherchent de façon avide des travailleurs possédant une solide formation de base conjuguée à une connaissance des outils du multimédia.« C'est bien de faire une belle page Web, mais il faut aussi savoir à qui elle s'adresse pour en faire un outil de communication efficace.Cela exige donc des connaissances précises », explique-t-elle.Pour Claude Coulombe, vice-président et fondateur de Machina Sapiens, éditeur notamment du logiciel Correcteur 101, il faut parfois chercher longtemps avant de trouver ce qu'il appelle des « êtres hybrides ».« Quand nous développons un produit de traduction ou de correction, nous utilisons des programmeurs purs et durs qui ne comprennent rien à la linguistique et des linguistes qui ne connaissent rien à l'informatique.Pour les faire travailler ensemble, ça nous prend des êtres hybrides, soit des informaticiens qui ont acquis une expertise en linguistique par des cours ou des projets de travail, soit des linguistes qui possèdent un bagage en informatique.Ces sont les employés les plus rares et les plus précieux pour une entreprise, explique celui qui encourage la multidisciplinarité chez les travailleurs.Ça permet d'ouvrir beaucoup plus de portes », affirme-t-il.« Les nouvelles technologies amènent aussi beaucoup de travail pour les musiciens, affirme Gilles Valiquette, directeur général de l'école Musitechnic.Ils trouvent de nouveaux débouchés notamment dans le domaine corporatif, pour une entreprise qui veut offrir un cédérom ou créer un site Internet, par exemple.» Un bel avenir pour qui sait.Il avoue qu'il est toutefois difficile de chiffrer le phénomène.« Nos finissants occupent en majorité des emplois à la pige.Et nous ne possédons pas les outils de mesure nécessaires pour faire le suivi.» Selon lui, les étudiants sont conscients que le multimédia est une nouvelle avenue intéressante.À la condition toutefois de se remuer un peu.« Il faut imaginer son travail, savoir se tailler une place.» M.Valiquette donne l'exemple de musiciens aguerris pour qui l'écriture musicale n'a plus de secret, mais qui hésitent à apprendre le fonctionnement de ces outils de travail.« De l'autre côté, on retrouve les plus jeunes qui embarquent dans tout ce qui est nouveau, mais qui ont de la difficulté à faire la différence entre un mi et un mi bémol.C'est comme s'il manquait un morceau à chaque génération.Pourtant, ceux qui sont capables d'aller chercher la dimension qui leur manque connaissent beaucoup de succès dans l'industrie.» Chez Netgraphe, qui emploie une vingtaine de journalistes et recherchistes affectés aux différents produits comme La Toile du Québec, le portail InfiniT et Multimédium, on recherche évidemment des gens qui ont de bonnes capacités en rédaction, mais qui possèdent aussi une solide culture générale et des aptitudes personnelles spécifiques.« Nous voulons des personnes créatives, c'està- dire qui sont capables de penser et qui s'intéressent à beaucoup de choses.À cause de la nouveauté du domaine, il faut constamment se remettre en question.C'est très insécurisant, et il y a des gens qui n'aiment pas ça.En même temps, c'est palpitant parce qu'il faut être attentif à tout ce qui se passe et être apte à saisir les opportunités », mentionne André Bélanger, directeur de l'information, qui prévoit doubler son effectif au cours des prochains mois.« Qu'ils aient appris sur le tas ou qu'ils possèdent une formation en multimédia, nous privilégions les postulants qui ont acquis de l'expérience pour combler notamment les postes en scénarisation, explique Anick Desjardins, responsable des ressources humaines chez Public Technologies Multimédia (PTM).Ils doivent faire preuve d'une grande capacité de conceptualisation et être en mesure de bien comprendre les objectifs de communication du client.Ils doivent avoir une pensée Web, comme je dis souvent, c'est-à-dire être capable d'élaborer un scénario en fonction des structures de navigation sur Internet.» Selon Mme Desjardins, les personnes embauchées présentent des profils variés chez PTM.« Nous avons des diplômés en lettres, en journalisme, en communication », précise-t-elle.La révolution artistique On assiste également à une véritable révolution technologique dans le travail artistique.Peintres, sculpteurs, chanteurs, danseurs intègrent les outils du multimédia dans leur démarche.« Les artistes deviennent de plus en plus habiles à manipuler ces techniques ou à s'associer à des spécialistes qui vont concrétiser leurs idées, affirme Manon Blanchette, directrice des communications au Musée d'art contemporain de Montréal.Cela devient important pour eux d'acquérir une formation en informatique.De prime abord, on pourrait penser que l'art se marie mal à la technologie.« Je n'opposerais plus ces deux domaines comme avant, continue Mme Blanchette.Le multimédia devient un outil au même titre que le pinceau pour le peintre.Et on constate le phénomène autant chez les jeunes artistes que chez les moins jeunes.Il faut dire que le multimédia offre tellement de possibilités.Il constitue un territoire où de nombreuses découvertes restent à faire.» Danièle Racine, directrice adjointe à la Société des arts technologiques (SAT), un centre de recherche et de production en culture numérique qui offre des services et un encadrement technique aux artistes, abonde dans le même sens.« Ce qui attire les artistes, ce sont les voies infinies de la création offertes par les technologies de l'information, dit-elle.Depuis deux ou trois ans, nous constatons un éclatement des disciplines artistiques.De plus en plus, nous travaillons avec des gens de toutes les disciplines, des architectes, des designers, des spécialistes du son, des concepteurs, des informaticiens qui se joignent aux artistes.» Le processus de création se trouve ainsi complètement modifié.« Les artistes apprennent à travailler en équipe, à mailler les différentes disciplines entre elles », explique Mme Racine qui a assisté récemment à un spectacle de danse où deux artistes livraient une performance de façon simultanée dans deux lieux différents.« Grâce à Internet, il y avait donc une danseuse sur la scène et une autre virtuelle », raconte-telle.Le phénomène entraîne la progression de nouveaux métiers.Selon Danièle Racine, les besoins se manifestent particulièrement pour les administrateurs de réseaux, les concepteurs d'interface, les scénaristes interactifs, les programmeurs.Autre phénomène qui prend de l'ampleur, les artistes envahissent le Web pour se faire connaître.« C'est une carte de visite un peu obligée maintenant », souligne Danièle Racine.« Les artistes utilisent aussi Internet comme plate-forme de création, précise Mme Blanchette.Des personnes situées dans des lieux différents peuvent ainsi créer une oeuvre dans le même espace-temps.Au Québec, le Web est moins un lieu de diffusion.Les artistes considèrent que ce n'est pas leur responsabilité, mais plutôt celle des musées et des galeries.En fait, Internet est un support incroyable pour faire connaître nos expositions auprès des autres musées.Cette situation est toutefois appelée à changer.Si l'on se fie à des expériences récentes, on peut penser que les créateurs de diverses disciplines se serviront de plus en plus d'Internet pour diffuser leur oeuvre.Des auteurs aussi populaires que Stephen King, par exemple, ont déjà publié leurs écrits sur le Web.De l'avis de plusieurs, cette nouvelle tendance risque de devenir monnaie courante ! Pour en savoir plus Art of Craig Mullins (A) www.goodbrush.com/ Designer, peintre, illustrateur, Craig Mullins a intégré la technologie digitale à son travail.Son site donne une idée de ce qu'il peut créer en multipliant les étapes et les techniques.Consortium multimédia CESAM (Centre d'expertise et de services en applications multimédias) http : / / w w w .c e s a m .q c .c a / F R / f s 0 0 / fs0000.html Le CESAM regroupe les principaux intervenants des domaines des technologies de l'information, des télécommunications, de l'éducation, des arts et des médias.Il offre entre autres des services de soutien commercial, financier et technologique aux entreprises québécoises qui utilisent les nouveaux médias, ou à ceux qui veulent démarrer un projet dans le domaine du multimédia.Espace N.O.M.A.D.E.www.espacenomade.com/ N.O.M.A.D.E.est une entreprise montréalaise qui explore les possibilités des croisements entre architecture et multimédia.Leur superbe site présente leurs projets en multimédia, architecture et design.TECHNOCompétences http : www.technocompetences.qc.ca/ TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d'oeuvre en technologies de l'information et de la communication, cherche à favoriser le développement de la main-d'oeuvre et de l'emploi dans le secteur des technologies de l'information, des télécommunications et du multimédia.Dans leur site, on retrouve un portrait de la situation de la main-d'oeuvre dans le domaine, une description des professions, des besoins en main-d'oeuvre, des services offerts et des ressources disponibles. 6LP0501B0513 b05 samedi 13 mai 2000 6LP0501B0513 ZALLCALL 67 00:43:46 05/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 B 5 Plus/Le nouveau visage de l'emploi « L'augmentation du nombre d'emplois manuels rattachés aux secteurs primaire, manufacturier et aux transports a dépassé celle des professions libérales et représente plus de la moitié de l'augmentation totale de l'emploi au Québec depuis 1996.» \u2014 Selon des données d'Emploi-Québec (novembre 1999) Bienvenue dans le Télémonde ANNE QUIRION collaboration spéciale, Éditions Ma Carrière, IDclic Carrière et Formation Où seront les emplois de demain ?Selon le Bureau of Labor Statistics des États-Unis, des 10 carrières qui connaîtront la croissance la plus rapide au cours des huit prochaines années, cinq touchent directement aux communications.On aura besoin d'ingénieurs informatiques, de gestionnaires de bases de données, d'analystes de système et d'infographistes, des professions où on prévoit une croissance supérieure à 75 % ! Au Québec et dans le monde, certains secteurs d'activité sont aussi en bonne voie de faire « boum », directement ou indirectement grâce aux technologies de l'information et de communication.Bienvenue dans le Télémonde ! Grâce à un ordinateur installé à bord d'un camion, il est maintenant possible de connaître à tout moment l'endroit où se trouve le véhicule, le kilométrage effectué, etc.Du coup, l'industrie du transport a besoin d'un logisticien capable d'optimiser la répartition des voyages d'après les données reçues.À l'autre bout de la chaîne, tout individu ayant accès à Internet peut désormais commander des produits sur-le-champ.Ces deux réalités ont complètement transformé l'industrie du transport : ses activités sont maintenant axées sur le « juste-à-temps » et les aspects liés à la logistique y prennent une grande importance.Le Bureau of Labor Statistics inclut les métiers du transport dans sa liste des 10 professions qui connaîtront la croissance la plus forte dans les prochaines années.Aux États-Unis, plusieurs commerçants offrent déjà à leur clientèle un service de livraison adapté aux modes de vie moderne.Par exemple, le messager américain MS Carriers ne se contente plus de livrer la marchandise « en fin d'après-midi » ou « lundi », mais propose des rendez-vous à la minute près.Selon la Direction de la formation professionnelle et technique du ministère québécois de l'Éducation, les besoins en logistique du transport amèneront la création de 600 à 700 emplois par année dans un avenir proche.Selon des données d'Emploi-Québec (novembre 1999), « l'augmentation du nombre d'emplois manuels rattachés aux secteurs primaire, manufacturier et aux transports a dépassé celle des professions libérales et représente plus de la moitié de l'augmentation totale de l'emploi au Québec depuis 1996 ».Avec le projet de Montréal International d'imposer l'industrie montréalaise du transport et de la logistique comme centre de distribution des produits européens en Amérique du Nord, le secteur du transport risque de prendre encore plus d'ampleur.Montréal International parraine un groupe de travail constitué du Port de Montréal, d'Aéroports de Montréal (ADM), d'Investissement Québec, Industrie Canada, la Société générale de financement, Métro Canada Logistique et Transport Robert Devencore.Mais à cause de la concurrence féroce, le logisticien, capable de gérer et d'organiser le transport de marchandises partout dans le monde, reste la personne clé dans ce domaine.Cette profession devrait exploser dans les prochaines années et on parle déjà de pénurie selon Camo-route, le Comité sectoriel de main-d'oeuvre du transport routier au Québec.On s'attend aussi à ce que le parc de véhicules augmente de 10 % dans les prochaines années.Selon la Direction de la formation professionnelle et technique du ministère québécois de l'Éducation, les besoins en logistique du transport sont en forte croissance et amèneront la création de 600 à 700 emplois par année dans un proche avenir.L'industrie cherche donc des mécaniciens, des camionneurs, des assembleurs de commande et, surtout, des spécialistes en logistique.Depuis 1996, le Québec offre un DEC en logistique de transport, notamment pour compenser le manque de main-d'oeuvre dans ce secteur qui se ravitaillait depuis trop longtemps aux États-Unis et en Europe.L'expérience touristique La popularité croissante du tourisme ne semble pas vouloir s'arrêter.La population du globe continue d'augmenter et les habitudes de vie changent.Le Conseil mondial du tourisme prévoit que le niveau de l'emploi dans l'industrie augmentera de 46,4 % dans le monde au cours de la prochaine décennie.Des pays comme l'Inde, la Chine, le Mexique et le Brésil, qui, traditionnellement, accueillaient les touristes, deviennent à leur tour des consommateurs de tourisme.Plus près de nous au Québec, les grands pôles touristiques comme Tremblant attirent une clientèle toujours plus importante, en quête d'une « expérience touristique ».L'hôtelier ne se contente plus d'offrir une chambre, il doit aussi proposer des activités à valeur ajoutée : un forfait-golf, un souper-croisière, un centre de santé, etc.Aux États-Unis, le tourisme est le troisième secteur à générer du commerce électronique ; en France, c'est le premier ! De plus, l'explosion d'Internet offre à la petite auberge ou au bistro du coin une nouvelle visibilité.Des moteurs de recherche puissants permettent à l'internaute de comparer les prix de plusieurs lignes aériennes, hôtels et restaurants.Selon la chaire de tourisme de l'Université du Québec à Montréal, 20 % des réservations de chambres d'hôtel se font par Internet, et plus de 50 % de celles dans les bed&breakfast et les pourvoiries.Selon le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme, l'industrie touristique emploie 1,3 million de personnes au Canada, ce qui représente 10 % de la main-d'oeuvre canadienne.De plus, on prévoit créer 400 000 emplois en tourisme au cours des cinq prochaines années.Pour Louis Jolin, professeur en études urbaines et touristiques à l'UQAM, la capacité de répondre aux besoins du client, d'offrir des services intégrés d'hébergement, de restauration et d'activités de qualité représente le principal défi que l'industrie du tourisme devra relever.Déjà, des compagnies ont adapté leurs services pour accueillir les touristes à mobilité réduite, une clientèle qui risque de prendre de l'ampleur avec le vieillissement de la population.Du service s.v.p.! Avec la popularité croissante du commerce électronique, il devient essentiel pour une compagnie ou une société de commerce électronique d'offrir les services d'un agent capable de gérer et traiter l'ensemble des difficultés éprouvées lors de l'installation et de l'utilisation de produits vendus dans Internet.Certaines sociétés sous-traitent le service à la clientèle dans des centres d'appels à l'étranger.D'autres, plus soucieuses de fidéliser leur clientèle, intègrent le service en leurs murs.Selon une étude publiée par le Gartner Group, une société américaine regroupant 1200 analystes et consultants du monde des affaires et de la technologie, le secteur du service à la clientèle dans le Web connaîtra une croissance fulgurante, proportionnelle à celle du commerce électronique.Standard Life, Excel Communications et Téléglobe Vision Internationale rejoignent les IBM, American Express, Delta Airlines, Glaxo Wellcome, Hewlett Packard, Xerox et Soft Image Avid sur la liste des entreprises qui ont installé leur centre d'appels dans la région de Montréal.Selon les estimations du gouvernement du Québec, les centres d'appels emploient quelque 35 000 personnes, et on aurait besoin de 3500 nouveaux agents dans la seule région de Montréal.Pourquoi Montréal ?Parce que la ville possède un bassin important de personnes bilingues et même trilingues, un atout stratégique lorsqu'on veut étendre ses activités à l'international.Conscient de l'importance du commerce électronique et de son corollaire, le service à la clientèle, Investissement Québec a annoncé en septembre 1999 une subvention de 2,9 millions pour la création de 480 emplois dans de nouveaux centres d'appels.Par ailleurs, les centres d'appels qui répondent aux problèmes reliés aux nouvelles technologies connaissent déjà certains bouleversements.Les agents peuvent désormais intervenir directement sur l'écran de l'usager, en même temps qu'ils lui parlent et au moyen de la même ligne téléphonique.On les appelle les centres d'appels Web et ils remplaceront de plus en plus les centres d'appels conventionnels.Les employés recherchés devront donc posséder de bonnes connaissances techniques, une bonne culture du Net, un sens de la communication et une patience à toute épreuve.La formation est très souvent prise en charge par l'entreprise et dure en moyenne six semaines.Elle propose des mises en situation où l'agent doit apprendre à subir de la pression tout en gardant le sourire.On peut également obtenir une attestation d'études collégiales (AEC) en formation d'agent dans certains cégeps de la province.Immeuble télécommandé L'École de technologie supérieure (ETS) dépense chaque année 1 $ le pied carré pour se chauffer.Les autres universités dépensent quant à elles 1,70 $ en moyenne.Pourquoi ?À l'ETS, un appareil central contrôle l'ensemble des systèmes de chauffage, de ventilation, de climatisation, d'accès et de surveillance vidéo.Tout ça grâce à l'immotique, une technique qui consiste à relier et à automatiser des systèmes autrefois isolés, permettant ainsi de réaliser des économies substantielles.Chez Johnson Control, une compagnie qui installe des systèmes de sécurité et de contrôle du chauffage, notamment, on « immotise » de plus en plus d'édifices, des hôpitaux, des écoles et une centaine d'autres bâtiments appartenant à la Ville de Montréal.Selon Jean-Luc Martineau, représentant commercial, une des conséquences de l'immotique est de responsabiliser les gestionnaires d'immeuble.Par exemple, un directeur d'école qui voudrait contrôler de plus près le budget alloué au chauffage de son établissement pourrait le faire de chez lui grâce à Internet.Il lui suffirait de taper l'adresse Web de l'appareil central et de manipuler lui-même les boutons de commande.Dans le secteur résidentiel (« domotique »), des appareils similaires sont apparus, telle la « centrale de température multipièces » qui procure la température et le taux d'humidité idéals selon les pièces : chambre de bébé, salle de séjour, etc.Idéalement, un tel système serait accessible à distance par Internet, par exemple pour un individu qui souhaiterait profiter d'une chaleur ambiante confortable à son arrivée au chalet.Le marché mondial de la domotique, au sens large, est estimé à 12,5 milliards de dollars US pour l'année 2000.Popularisée dans une première phase pour la gestion de la sécurité, de l'éclairage et du chauffage, la domotique, dans sa deuxième phase, touchera l'audiovisuel interactif et les loisirs électroniques.Par exemple, grâce au Vidéo Sender, on peut acheminer les images d'un téléviseur, d'un magnétoscope ou d'un lecteur de DVD vers un deuxième téléviseur installé dans une autre pièce.Le même principe peut servir à l'écoute musicale ou à consulter l'agenda familial sur n'importe quel écran.La maison devient un lieu où les objets communiquent entre eux, et l'homme avec les objets.IBM, Lucent Technologies et Intel se sont récemment regroupés pour proposer une norme standard permettant de câbler une maison neuve pour de 750 à 2000 dollars US.IBM prévoit que 45 % des maisons neuves pourraient être domotisées par câble d'ici 2004.De plus, l'arrivée de Sun, Cisco, Motorola et Microsoft dans le marché de la domotique fera monter un peu plus les enchères.Une prévision qui fait miroiter de nombreux emplois ! Car pour rendre une maison intelligente, il faut des installateurs et des câbleurs, des ingénieurs pour créer des protocoles, des langages de communication, des microprocesseurs évolués, des interfaces, des routeurs, des réseaux et des infrastructures ! Pour en savoir plus Bureau of Labor Statistics stats.bls.gov/ Le site du Bureau of Labor Statistics, dont les projections (qui vont jusqu'en 2008) sont souvent prémonitoires.Gartner \u2014 Insight for the Connected World gartner12.gartnerweb.com/public/static/ home/home.html Ce site est un véritable centre de veille sur l'évolution des technologies de l'information et de la communication.Home Automation Association www.homeautomation.org Tout, tout, tout sur la maison branchée ! Personal Robot R100 www.incx.nec.co.jp/robot/ Ce site informe des développements concernant la réalisation d'un robot domestique télécommandé par Internet.The World Travel & Tourism Council www.wttc.org/ Cet organisme qui regroupe des représentants de l'industrie touristique mondiale a des ramifications sur plusieurs continents.Il estime que son secteur d'activité a le potentiel de générer plus de 100 millions de nouveaux emplois dans le monde au cours de la prochaine décennie.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Yvon Groleau nous montre le petit ordinateur de bord qui permet au transporteur de suivre les marchandises à la trace. 6LP0601B0513 b06 samedi 13 mai 2000 6LP0601B0513 ZALLCALL 67 00:43:56 05/13/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 Plus/Le nouveau visage de l'emploi « De plus en plus, le manque de ressources humaines risque de freiner le développement de l'industrie.Au Canada, en ce moment, environ 2000 postes ne sont pas comblés.» \u2014 Paul Watson, associé aux communications, Conseil des ressources humaines en biotechnologie La biorévolution arrive STÉPHANIE FILION collaboration spéciale, Éditions Ma Carrière, IDclic Carrière et Formation Le Québec est l'un des leaders mondiaux en matière de biotechnologies, un secteur encore jeune, mais dont l'avenir semble assuré.Son champ d'études s'élargit de jour en jour et ses applications soulèvent des questionnements majeurs dont on n'a vu que la pointe de l'iceberg.La controverse éthique s'annonce passionnée et difficile.Les biotechnologies sont déjà le moteur de toute une industrie qui progresse à une vitesse phénoménale.Au Québec, cette biorévolution amène aussi son lot de questions et.d'emplois.Du yogourt qui stimule le système immunitaire aux bactéries capables de décontaminer des lieux pollués, les biotechnologistes domestiquent actuellement le monde vivant pour mieux tirer parti de ses ressources.Les biotechnologies ont déjà transformé les industries de la santé, de l'alimentation et de l'environnement et s'emparent de plusieurs autres secteurs, dont les ressources naturelles et les cosmétiques.Au-delà de la biopharmaceutique, qui réunit environ les deux tiers de toute l'activité en biotechnologie, le champ exploratoire est vaste et l'exploration commence à peine.Le Québec se positionne admirablement sur le marché mondial des biotechnologies.Il a pris le leadership au Canada dès 1995 et l'a conservé depuis.« À l'heure actuelle, l'industrie québécoise occupe le sixième rang en Amérique et abrite 200 entreprises, tous secteurs confondus, dont 60 % évoluent en santé et environ 25 % en agroalimentaire.Les autres activités sont reliées à l'environnement, la foresterie, l'aquaculture et les bioprocédés », explique Perry Niro, directeur général de l'Association québécoise des bio-industries.Cette jeune industrie emploie environ 3000 personnes, dont le quart occupent des postes de chercheurs.Mais au-delà de tous ces chiffres, la croissance des biotechnologies est indissociable tant des travaux de recherche et développement que de la commercialisation des produits.La disponibilité d'une main-d'oeuvre compétente s'avère donc un enjeu de taille.« De plus en plus, le manque de ressources humaines risque de freiner le développement de l'industrie.Au Canada, en ce moment, environ 2000 postes ne sont pas comblés », indique Paul Watson, associé aux communications du Conseil des ressources humaines en biotechnologie.Il souligne l'importance des détenteurs de maîtrise et de doctorat.Mais pour passer du banc d'essais au marché proprement dit, les techniciens et titulaires d'un baccalauréat en science et en management représentent des acteurs tout aussi essentiels.Au fur et à mesure que les recherches atteindront le stade de la production, tout le processus d'ingénierie industrielle et de commercialisation prendra de l'importance.Énergie verte Du lait qui stimule le système nerveux.Une capsule qui active le processus de digestion ou réduit le cholestérol sanguin.La pharmacie qui se déplace dans le réfrigérateur n'est plus qu'une idée farfelue.À la fois aliments et médicaments, des aliments dits fonctionnels ou nutraceutiques réputés pour leur action préventive et même curative, arrivent tranquillement dans les assiettes.« Ces aliments représentent un des secteurs prometteurs des biotechnologies, annonce d'entrée de jeu Paul Paquin, directeur scientifique à l'Institut de recherche sur les aliments fonctionnels et les nutraceutiques.Une législation qui interdit de mentionner les allégations thérapeutiques sur les produits limite actuellement leur développement, mais celle-ci devrait être levée d'ici la fin de l'année.» À cause de la population vieillissante et de la popularité grandissante des produits naturels, c'est tout le secteur de la bio-santé qui apparaît en émergence.Ce scientifique s'attend donc à voir déferler une vague de nutraceutiques.Et les prévisions appuient ses dires.À l'échelle mondiale, les ventes devraient atteindre 500 milliards de dollars américains en 2010 ! Comme ce fut le cas dans le biopharmaceutique, la rapide croissance des nutraceutiques risque de causer une pénurie de main-d'oeuvre.« Si la croissance maintient ce rythme, nous aurons effectivement un problème.Des personnes qualifiées, allant des techniciens aux diplômés des différents cycles universitaires, seront nécessaires.» En parallèle à cette industrie se développe ce qui est maintenant appelé la cosméceutique, soit un procédé semblable à celui utilisé pour les nutraceutiques et qui se résume à l'application d'ingrédients bio-actifs dans les cosmétiques.« Nous connaissons déjà d'excellents succès commerciaux avec Esthée Lauder, notre principal partenaire, et nous sommes en train de répéter l'expérience avec d'autres multinationales », indique Alain Lavoie, directeur du développement chez Atrium Biotechnologies, une des seules entreprises spécialisées dans ce secteur au Québec.Quoique coûteux pour le consommateur, ce type de produits s'avère en pleine croissance.À cause de la population vieillissante et de la popularité grandissante des produits naturels, c'est tout le secteur de la bio-santé qui apparaît en émergence, selon Jean-Maurice Plourde, PDG du Centre québécois de valorisation des biotechnologies.« Cela inclut notamment tout le bioalimentaire et les bio-soins », dit-il.Les biotechnologies se révèlent également de plus en plus des outils de prédilection pour gérer notre environnement selon les principes du développement durable.Dans ce secteur, elles se sont d'abord imposées de manière industrielle dans le traitement des eaux usées.Puis, la réhabilitation des sols, devenue une priorité au Québec avec la mise en place d'une réglementation très sévère, a commencé à appliquer les principes biotechnologiques.Dans la décennie à venir, elles seront également mises à contribution pour mieux gérer les lieux d'enfouissement des déchets domestiques.Mais ces avenues s'avèrent limitées, selon Jean- Maurice Plourde.« Le traitement des matières polluées est un secteur en décroissance parce que son moteur principal est la réglementation.Et pas de nouvelles lois, pas de nouveaux projets.Selon lui, l'avenir se trouve plutôt dans un domaine qu'il appelle le « bio-développement », soit l'utilisation de procédés industriels respectueux de l'environnement.Il s'agit donc de remplacer des procédés chimiques par d'autres biologiques.Le meilleur exemple de cette application se trouve dans l'industrie des pâtes et papier qui utilise énormément de biotechnologies, entre autres pour blanchir la fibre et traiter la cellulose.Ce secteur fait également référence à la chimie verte, aux bio-produits, à la bioénergie, etc.« Cela implique une reconfiguration majeure du secteur industriel, qui devrait se faire peu à peu », précise Jean-Maurice Plourde.Sciences de la nature La gestion des ressources naturelles tire elle aussi profit des atouts des biotechnologies.Ainsi, dans le secteur forestier, les chercheurs utilisent les techniques de biologie moléculaire et génétique, principalement dans le domaine de la santé.« Le grand défi est d'accroître la proportion de fibres utilisables, donc d'améliorer la croissance et la rusticité des arbres, sans perturber la bio-diversité, explique André Duchesne, PDG de l'Association des industries forestières du Québec.Certains rêvent d'arbres carrés et sans écorce, mais nous ne sommes pas encore rendus là ! » Toutes jeunes encore, les biotechnologies marines commencent aussi à révéler un potentiel très prometteur.Une de leurs premières applications en sol québécois a été développée à Rivière- aux-Renards, en Gaspésie.Une équipe de recherche du groupe Marinard a produit l'an dernier 30 tonnes de chitosane, une substance développée à partir de la chitine, qui fait ellemême partie de la carapace de la crevette.« Nous avons valorisé la crevette en produisant, à partir de ses détritus, une nouvelle substance utilisée par la suite dans le traitement des eaux, les cosmétiques et la biopharmaceutique », explique le titulaire de l'équipe de recherche, Clermont Beaulieu.Ce précurseur au Québec prédit une longue vie aux biotechnologies marines.« Le secteur des pêches sera obligé d'en tirer profit pour valoriser ses produits puisque la ressource est limitée.» Du côté des mines, même si l'époque où l'on rêvait de produire des métaux en utilisant des bactéries pour transformer le minerai est révolue, des innovations intéressantes commencent à poindre, comme la biolixiviation qui permet de réduire la quantité d'effluents polluants rejetés.La richesse et la diversité du monde vivant laissent présager une multitude d'autres applications pour les biotechnologies, même si leur extrême complexité ainsi que les énormes enjeux éthiques et sociaux qu'elles soulèvent freinent leur développement.La génomique, soit la mise en évidence des gènes influençant une maladie, et la bio-informatique, une discipline qui fait appel à l'ordinateur pour gérer et analyser les données qui s'accumulent sur le génome et la structure de l'ADN, s'implanteront également dans les années à venir.Et les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée toucheront davantage ces nouveaux domaines puisqu'ils exigent des compétences spécialisées qui font appel à une formation multidisciplinaire associant plusieurs spécialités scientifiques.Cinquante ans après la découverte de la structure générale de l'ADN, la molécule qui compose les gènes, la science n'a donc pas cessé de percer les secrets des cellules.Et les biotechnologies suscitent encore d'énormes espoirs.Elles apparaissent vraisemblablement comme les germes d'une nouvelle prospérité industrielle et comme la solution pour lutter contre les grands problèmes de l'humanité : la malnutrition, la maladie et la pollution.En fait, les gènes représentent peut-être l'« or vert » du XXIe siècle.PHOTO DIDIER DUBUSSCHÈRE, collaboration spéciale Paul Paquin est directeur scientifique à l'Institut de recherche sur les aliments fonctionnels et les nutraceutiques.« Ces aliments représentent, dit-il, un des secteurs prometteurs des biotechnologies .» Pour en savoir plus Association québécoise des bio-industries www.aqb.qc.ca/ Cette association se consacre au soutien et à la mise en valeur des entreprises québécoises de la biotechnologie.Bio Online www.bio.com/os/start/home.html Un site très complet, qui touche tant les préoccupations de l'industrie que les possibilités de carrière dans le domaine.Centre québécois d'innovation en biotechnologie Liens : www.cqib.org/liensf.htm Répertoire de liens à des sites sur les biotechnologies, ici et dans le monde.Conseil des ressources humaines en biotechnologies www.bhrc.ca/ Le Conseil a pour mission d'établir une stratégie globale de ressources humaines dans le monde de la biotechnologie canadienne.Info Biotech Canada www.nrc.ca/ibc/home.html « Info Biotech Canada (IBC) est une coentreprise des secteurs gouvernementaux, privés et universitaires qui vise à offrir un accès de haute qualité à l'information sur la biotechnologie au Canada et à l'étranger.» Ministère de l'Industrie et du Commerce Les Biotechnologies www.infostat.gouv.qc.ca/iq/section5/ 5_3.htm Un portrait de l'industrie de la biotechnologie québécoise.Québec Science \u2014 Grand dossier sur les biotechnologies www.cybersciences.com/cyber/1.0/1_0.asp Des origines scientifiques aux principaux axes de développement commercial, ce dossier fait un tour de tous les grands volets de l'avènement des biotechnologies. 6LP0701B0513 b07 samedi 13 mai 2000 6LP0701B0513 ZALLCALL 67 00:43:51 05/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 B 7 Plus/Le nouveau visage de l'emploi « Il y a cinq ans, Laval comptait 28 entreprises en biotechnologie.Elles sont aujourd'hui près de 70.» \u2014 Pierre Bélanger, directeur général, Laval Technopôle Le Québec «in»! Technopoles et industries névralgiques SYLVIE LEMIEUX collaboration spéciale, Éditions Ma Carrière, IDclic Carrière et Formation Les Québécois savent-ils ce qui se passent dans leur cour ?Aux quatre coins de la province se brassent pourtant les innovations qui mettent le Québec sur la carte du futur.Les cités de l'optique ou du multimédia, les technopoles agroalimentaire ou biotechnologique sont devenues des fourmilières d'emplois articulées autour d'industries névralgiques en plein développement.De Saint-Hyacinthe à Laval, en passant par Québec et Saint-Laurent, voici un survol de ces concentrations d'entreprises hautement spécialisées.La région métropolitaine connaît une forte croissance des emplois dans les industries de haut niveau de savoir comme l'aéronautique, la pharmaceutique, les biotechnologies, l'informatique, les technologies de l'information et les télécommunications.Plusieurs entreprises travaillant dans ces domaines sont installées à Saint-Laurent et à Laval.Selon Pierre Bélanger, directeur général de Laval Technopôle, les secteurs liés au monde des biotechnologies et des technologies de l'information sont particulièrement en émergence.« Il y a cinq ans, Laval comptait 28 entreprises en biotechnologie.Elles sont aujourd'hui près de 70.Durant cette période, nous avons plus que doublé le nombre des emplois, qui atteint 2300.D'ici trois ans, il devrait y avoir deux fois plus de travailleurs dans ce domaine.» Cette croissance serait due en grande partie à la synergie qui s'est créée entre les deux secteurs.On parle de plus en plus de bio-informatique, nouveau domaine qui permet de traiter une plus grande quantité de données génétiques au moyen de l'ordinateur et accélère ainsi les processus de recherche.C'est le cas en génomique, par exemple, où l'on identifie le ou les gènes responsables d'une maladie et où on met au point des tests précis pour le dépistage et la mise au point de médicaments.Selon M.Bélanger, pour combler leurs besoins en main-d'oeuvre, les entreprises ont besoin à la fois de chercheurs et de techniciens en génie, en chimie et en biologie, entre autres.Autre fleuron métropolitain, la Cité du multimédia devait accueillir à Montréal environ 10 000 travailleurs en 10 ans, selon les prévisions initiales.Ce quartier où sont en train de se regrouper les principaux acteurs d'une industrie florissante enregistre, dans son ensemble, un taux de croissance annuel de l'ordre de 20 %.Plus de 15 mois après sa création, environ 7500 emplois auraient été créés ou sont en voie de l'être.Bien que ces chiffres ne fassent pas l'unanimité \u2014 ces emplois sont-ils tous directement liés à l'industrie du multimédia ?\u2014, l'effervescence du secteur ne soulève pas de doutes.Chez le créateur de jeux Ubi-Soft, on s'attend à embaucher une centaine de personnes d'ici les trois prochaines années, notamment pour les départements d'animation, des tests et de l'informatique.Cette prévision se veut toutefois conservatrice, selon Chantal Cloutier, chargée de relations publiques pour l'entreprise.« C'est un domaine où il est difficile de prévoir à long terme.Au moment de notre implantation à Montréal, nous pensions créer 400 emplois en 10 ans.Nous avons atteint ce chiffre après seulement deux ans et demi d'existence.» L'optiquephotonique Dans la région de Québec, plusieurs secteurs sont en développement, notamment l'environnement, la foresterie, les technologies de l'information et le biomédical.Mais surtout, la Vieille Capitale s'apprête à accueillir la future Cité de l'optique où l'on prévoit créer plus de 5000 emplois pour 2005.Québec veut se positionner sur l'échiquier mondial de ce secteur industriel qui connaît un développement exponentiel depuis quelques années.Avec un taux de 20 % en 1999 dans la région, selon la Société Innovatech Québec- Chaudière-Appalaches, l'industrie de l'optique- photonique affiche une croissance particulièrement rapide.« Nous sommes obligés d'aller faire du recrutement en Europe, au Japon et aux États-Unis, affirme Jean-Guy Paquet, président-directeur général de l'Institut national d'optique (INO), le plus important centre de recherche et développement dans le domaine au Canada.Par ailleurs, l'industrie connaît un taux de roulement de personnel important de 15 % environ.Nous perdons des travailleurs au profit des autres provinces et des États-Unis, notamment.» La région de Québec compte présentement plus de 1200 employés qui travaillent au sein d'une quinzaine d'entreprises du domaine de l'optique-photonique.Elles affichent un chiffre d'affaires global de quelque 150 millions de dollars, soit à peine 0,05 % du marché mondial évalué à 250 milliards, selon M.Paquet.Environ 90 % des applications de l'optiquephotonique sont dans le domaine des télécommunications.« C'est le moteur de l'industrie, soutient Marcel Denis, du Centre d'optiquephotonique et laser de l'Université Laval.Pour Internet, par exemple, on cherche à obtenir des systèmes de plus en plus performants à haut débit de transfert pour limiter le temps d'attente.Aujourd'hui, l'électronique a presque atteint sa capacité limite, et c'est l'optique qui donne l'espoir d'aller plus vite.» Au quotidien, l'optique-photonique est à la base du fonctionnement de quantités d'objets utilitaires, comme la télécommande du téléviseur ou le lecteur optique à la caisse des magasins.Cette discipline sert aussi à la mise au point d'appareils plus sophistiqués pour la transmission électronique d'images en télémédecine ou de systèmes de vision 3D pour l'inspection de chaussées, entre autres.Selon M.Denis, au lieu de parler d'expansion de cette industrie, il faudrait plutôt utiliser le terme « explosion », qui donne une idée plus juste des progrès de ce secteur au Québec.La croissance est tellement rapide que les entreprises et les centres de recherche embauchent à pleines portes.Ce n'est toutefois pas suffisant pour satisfaire les besoins.« Certains employeurs seraient prêts à tripler leur personnel s'ils trouvaient la main-d'oeuvre qualifiée.Cette pénurie freine leur développement », ajoute M.Denis.Ainsi, de nombreux postes en recherche sont à combler pour les diplômés en physique, en génie physique et en génie électrique, trois cheminements qui ouvrent la voie à des études supérieures en optique.L'industrie a aussi besoin de techniciens en génie physique.« L'optique-photonique est un des créneaux sur lequel nous allons mettre l'accent en faisant de la prospection d'entreprises », précise Carole Voyzelle, directrice générale du Parc technologique du Québec où se trouve notamment l'INO.L'agroalimentaire Saint-Hyacinthe est reconnu comme la technopole québécoise de l'agroalimentaire depuis 1993.Première région du Canada à recevoir ce titre, on y trouve plus de 120 entreprises des domaines de la production agricole, de la transformation des aliments, de la fabrication d'équipements et de la distribution.Sans compter quelque 200 chercheurs de réputation mondiale, des centres de recherche et des institutions scolaires de niveaux collégial et universitaire.Saint-Hyacinthe développe également les services reliés à l'agriculture, ce qui inclut la vente et l'exportation d'embryons de bovins laitiers.Au Centre d'insémination artificielle du Québec, on exporte le sperme des taureaux québécois dans plus de 40 pays ! L'industrie agroalimentaire québécoise connaît un développement de ses activités notamment à cause du volume des exportations, qui s'est accru de 8 % entre 1994 et 1998, selon les données recueillies dans la brochure Québec bioalimentaire en un coup d'oeil, produite par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).En 1998, on estimait que plus d'un emploi sur neuf était généré par l'industrie bioalimentaire, qui emploie plus de 400 000 personnes.Selon Roger Martin, de la Direction du développement de la main-d'oeuvre du bio-alimentaire au ministère de MAPAQ, il y aura des besoins assez importants de gestionnaires et d'exploitants d'entreprises agricoles au cours des prochaines années.« Sur plus de 31 000 entreprises recensées en 1997, il y en avait 13 330 dont le principal exploitant était âgé de plus de 50 ans.On peut donc anticiper des besoins importants de relève puisqu'il n'y a jamais plus de 125 finissants par année en gestion et exploitation d'entreprises agricoles.Nous assisterons sûrement alors à un phénomène de consolidation des entreprises.» Il y aura aussi des débouchés intéressants du côté de l'horticulture légumière et fruitière, selon lui.« À cause notamment du développement des marchés extérieurs et aussi en raison des changements dans les habitudes de consommation de la population.De plus en plus, elle recherche des produits santé.» Cela exige donc la mise au point de nouveaux procédés de culture et de conservation qui répondent aux critères des consommateurs.Cette recherche d'innovation se traduit aussi du côté de la transformation alimentaire, dont les deux tiers des activités se situent dans la région de Montréal, incluant la technopole de Saint-Hyacinthe.Dans ce contexte, la biotechnologie liée à l'agriculture explose, à un rythme de 45 % par année selon certaines estimations.On s'en sert notamment pour identifier de nouvelles bactéries entrant dans la composition d'un fromage, par exemple.Les aliments neutraceutiques, mis au point et utilisés pour leur valeur médicinale, sont aussi dans la ligne de mire biotechnologique, ainsi que les nouveaux emballages assurant une meilleure conservation.« De plus en plus, on donne de la valeur ajoutée aux produits alimentaires, précise M.Martin.On a donc besoin de technologues en transformation, d'ingénieurs en alimentation et aussi de personnel non spécialisé dans les entreprises de transformation.» Pour en savoir plus Centre d'optique, photonique et laser Université Laval www.irda.qc.ca Ce centre, reconnu au Canada et dans le monde, veut établir un leadership dans le développement de ces trois champs d'activités.On y trouve des activités de recherche fondamentale et de recherche d'applications plus proches de l'industrie.En tant que Centre de recherche universitaire, sa mission est d'abord la formation de personnel hautement qualifié dans l'ensemble des domaines liés à l'optique.Infomètre www.infometre.cefrio.qc.ca/ Une vraie mine d'or ! Ce site sert de véritable bureau de surveillance en ce qui concerne la pénétration des technologies de l'information au Québec, principalement : données statistiques, enquêtes, sondages, revue de presse et bulletin électronique.Institut agroalimentaire de Saint-Hyacinthe www.ita.qc.ca L'Institut forme des professionnels dans différents secteurs de l'agroalimentaire au Québec, principalement au niveau collégial.Institut de recherche et de développement en agroenvironnement www.irda.qc.ca Cet institut, dont le siège social est à Saint-Hyacinthe, a pour mission le développement de différentes activités de type agroenvironnemental un peu partout au Québec.Un exemple ?Le Réseau-pommier : (http : www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/ pommiers), consacré au développement et à la protection des pommiers et des vergers du Québec.Institut national d'optique (INO) www.ino.qc.ca L'INO se spécialise dans la recherche et le développement en optique et photonique, dans une perspective visant à « promouvoir l'essor économique du pays en appuyant les entreprises dans leurs efforts de compétitivité ».Katia Bergeron, une technicienne en laboratoire chez Norscience, à Laval.PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © Pierre Bélanger, directeur général de Laval Technopôle. 6LP0801B0513 b08 samedi 13 mai 6LP0801B0513 ZALLCALL 67 00:44:02 05/13/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 Plus/Le nouveau visage de l'emploi « Nous devons composer avec de vieilles images tenaces d'usines bruyantes et poussiéreuses, alors que la technologie a aidé l'industrie à procurer un environnement plus sain aux travailleurs.Il nous faut donc redorer notre image » \u2014 Jacinthe Smith, agente de promotion des carrières en textiles, cégep de Saint-Hyacinthe Le retour des «mous» Meuble, textile, vêtement.SYLVIE LEMIEUX collaboration spéciale, Éditions Ma Carrière, IDclic Carrière et Formation Ameublement écologique, fibres « intelligentes », tissus « high tech ».Depuis quelques années, le Québec assiste au retour en force des secteurs « mous » comme les industries du meuble, du textile et du vêtement.Les filatures et autres usines vétustes font place aujourd'hui à des entreprises aux méthodes de production efficaces qui utilisent des équipements à la fine pointe de la technologie.Elles roulent à plein régime et ont un urgent besoin de personnel qualifié et motivé.« L'informatisation et la robotisation ont contribué en bonne partie à l'amélioration de la productivité de nos usines, ce qui nous a permis de transformer complètement l'industrie et de la sortir du marasme dans lequel elle était plongée au début des années quatre-vingt-dix à cause de la récession », explique Jean-François Michaud, vice-président à la direction de l'Association des fabricants de meubles du Québec.En moins de 10 ans, on a assisté à un revirement spectaculaire dans l'industrie du meuble au Québec.De tous les secteurs industriels, c'est celui qui a enregistré la plus forte hausse avec un taux de croissance de près de 22 %, selon les dernières données du ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC).La création d'emplois est à la hausse.Selon les données les plus récentes, on dénombrait 30 400 emplois en 1998, soit environ 8000 de plus qu'en 1996.Cela représente une croissance de 35,7 %.L'Accord de libreéchange et la faiblesse du dollar canadien aidant, les exportations ont quintuplé pour atteindre près d'un milliard en 1998.« L'informatisation a eu une incidence sur la variété des produits fabriqués, ce qui nous permet de desservir des marchés diversifiés », renchérit Christian Galarneau, coordonnateur du Comité sectoriel de main-d'oeuvre des industries des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine.Même son de cloche du côté de l'industrie du textile.« Les entreprises québécoises en textile ont investi pas moins d'un milliard de dollars en technologie de pointe au cours des dernières années, comparativement à 2,9 milliards dans l'ensemble du Canada », explique Jacinthe Smith, agente de promotion des carrières en textiles au cégep de Saint-Hyacinthe.Après une forte décroissance au début des années quatre-vingt-dix, le secteur affiche une solide reprise.En 1999, le Québec comptait 450 entreprises qui employaient 30 000 personnes.Au Canada, ce secteur fournit de l'emploi à 56 000 travailleurs au sein de 1000 entreprises, comparativement à 54 000 en 1994.À l'instar du secteur du meuble, les nouveaux équipements ont notamment permis de diversifier la production et ainsi augmenter le chiffre des ventes, indique Roger Normandin, président du Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie du textile du Québec.Cela a aussi contribué à multiplier les exportations, principalement vers les États-Unis.Le secteur du vêtement s'est lui aussi modernisé, ce qui a largement contribué à son essor.Fin 1999, on comptait 76 500 emplois, soit 1000 de plus que l'année précédente, alors qu'en 1993 quelque 65 000 personnes travaillaient dans cette industrie.Selon les données fournies par le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'habillement, la croissance est particulièrement remarquable au chapitre des exportations, qui ont connu une hausse phénoménale de 350 % entre 1992 et 1998 pour atteindre 1,3 milliard.Certaines étapes de fabrication comme la coupe, le traçage de patron et le repassage profitent particulièrement de l'apport technologique.D'autres se prêtent moins à la robotisation.« L'assemblage des vêtements est encore fait par les opératrices de machine à coudre, explique Sylvie Laverdière, agente de promotion des carrières au Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'habillement.C'est une étape qui n'est pas tellement automatisée, et l'on ne voit pas comment elle pourrait l'être à cause des changements fréquents de modèles et de tissus.» Les compétences accrues L'entrée de la technologie dans les entreprises a modifié le travail de façon marquée dans ces différentes industries.Les travailleurs déjà en place ont dû faire l'apprentissage de nouveaux procédés de fabrication et apprendre à faire fonctionner différents types de machines qui ont éliminé les tâches routinières.Ainsi, on exige des travailleurs qu'ils démontrent des connaissances plus poussées en informatique et en électronique.Les employeurs recherchent également une main-d'oeuvre qui possède une solide formation de base.« Nous exigeons de plus grandes aptitudes en écriture et en mathématiques, qui sont nécessaires à la compréhension des manuels d'instruction des machines et à la lecture des plans, par exemple, affirme Jean-François Michaud.Dans l'ensemble, nous sommes plus exigeants envers la main-d'oeuvre parce que nos normes de qualité sont plus élevées.» « Nous avons élevé nos préalables pour l'embauche des nouveaux employés, confirme Roger Normandin, qui est aussi président de Consoltex, entreprise du domaine du textile située à Montréal.Nous demandons maintenant que les gens aient au moins entrepris, sinon terminé, des études collégiales, et nous complétons leur formation en entreprise.» Au chapitre des compétences, on recherche également des employés qui savent faire preuve d'une plus grande autonomie.« Les employeurs demandent aux opératrices de machine à coudre de se responsabiliser davantage, explique Sylvie Laverdière.Elles doivent d'identifier ce qui va moins bien sur les machines et de faire les modifications requises.» Selon Jacques Frappier, président de Technofil, entreprise située à Laurierville, on exige aussi des employés une plus grande dextérité, mais pas seulement en raison des nouvelles techniques de production.« Aujourd'hui, nous avons mis au point des tissus plus légers, plus extensibles.Cela demande une dextérité supérieure pour les manipuler », explique celui qui est aussi président de l'Association des entrepreneurs en couture du Québec.Ces industries offrent de belles perspectives de carrière pour qui accepte d'acquérir de nouvelles connaissances.Ainsi, il n'est pas rare que des opératrices de machine à coudre accèdent à un poste de superviseur.Selon Christian Galarneau, une personne motivée et compétente peut gravir rapidement les échelons.« Avec seulement un diplôme d'études collégiales (DEC) en poche, des techniciens de production dans le domaine du meuble peuvent occuper un poste de direction comme responsable de la qualité et même devenir directeur d'usine.» Malgré ces avantages indéniables, les trois secteurs souffrent d'un problème d'image qui rend le recrutement de la main-d'oeuvre difficile.Les jeunes ne sont pas assez nombreux à emprunter le chemin de l'école dans les programmes reliés à ces domaines.Une question de perception.« Nous devons composer avec de vieilles images tenaces d'usines bruyantes et poussiéreuses, explique Jacinthe Smith, alors que la technologie a aidé l'industrie à procurer un environnement plus sain aux travailleurs.Il nous faut donc redorer notre image.» Ce n'est qu'un début Si l'on en croit les personnes concernées, l'utilisation de la technologie va continuer de se généraliser dans les entreprises.« De plus en plus d'emplois vont être touchés par les changements technologiques avec l'utilisation de machines toujours plus complexes qui vont nécessiter des connaissances informatiques plus larges.Cela va être la concrétisation des tendances observées au cours des dernières années », affirme Jean-François Michaud.Pour Christian Galarneau, même si le parc de machines automatisées augmente sans cesse, l'évolution technologique a atteint un certain plateau.« Ce qui s'en vient, c'est que nous aurons des outils plus performants quant à la rapidité.Il y aura moins d'étapes de fabrication.» Selon lui, pour demeurer compétitive, l'industrie du meuble doit donner une valeur ajoutée aux produits tout en atteignant un très haut degré de productivité de manière à contrer la concurrence des pays où la main-d'oeuvre coûte moins cher.Ainsi, le développement de produits adaptés à des clientèles spécifiques s'intensifie.Le vieillissement de la population amène les fabricants à dessiner des meubles ergonomiques, par exemple des fauteuils qui permettent de se lever sans difficulté \u2014 un produit conçu il y a quelques années et appelé à se perfectionner.Une nouvelle tendance du marché va aussi vers les meubles dits « écologiques », fabriqués à partir de matériaux recyclés (bois, tissu, etc.).Des recherches sont également menées pour trouver des matériaux exempts de matières polluantes comme le formaldéhyde, que l'on trouve notamment dans la fabrication de meubles de bureau.« L'industrie textile va continuer d'investir dans la technologie de pointe pour faire face à la mondialisation et à la globalisation des marchés.Pour nous démarquer, il faudra développer des produits innovateurs, c'est-à-dire créer de nouveaux mélanges de fibres, de nouvelles textures.On parle de plus en plus de fibres « intelligentes », c'est-à-dire que l'on donne, par exemple, des propriétés antibactériennes au tissu lors de sa fabrication.L'objectif sera d'aller chercher des créneaux particuliers plutôt que de viser la production de masse », explique Jacinthe Smith.Elle précise que l'industrie aura alors un grand besoin de cerveaux pour travailler à la mise au point de nouveaux produits en laboratoire.« Il faut continuer de pousser dans ce sens, renchérit Roger Normandin.Le consommateur est de plus en plus difficile en matière de qualité et la compétition est forte dans notre domaine.Il nous faut donc continuer d'équiper les entreprises de machines informatisées et robotisées qui vont procurer une qualité constante aux produits.Et il faut augmenter encore plus notre productivité.Par rapport aux États-Unis, nous perdons du terrain sur ce plan-là, ce qui est extrêmement négatif.Nous aurons donc davantage besoin de travailleurs familiers avec la robotique et l'informatique.» Difficile toutefois de chiffrer les besoins en main-d'oeuvre.Si on hésite à quantifier la création d'emplois, on s'entend pour dire que le développement technologique contribue à les stabiliser en permettant aux entreprises de devenir plus performantes et concurrentielles.Par ailleurs, la main-d'oeuvre actuelle est vieillissante, ce qui aura pour effet d'ouvrir des portes aux plus jeunes.« D'ici les 10 prochaines années, un nombre important de travailleurs vont prendre leur retraite, constate Jacinthe Smith.Nous allons donc avoir besoin d'une relève.» Pour en savoir plus Association des fabricants de meubles du Québec www.qfma.com/fr/associat/index.html Cette association, qui fait la promotion de l'industrie québécoise du meuble, regroupe près de 200 manufacturiers de meubles et de composantes de meubles.Le site contient un portrait de l'industrie, une présentation des tendances de l'heure en ameublement, une liste de fabricants et de fournisseurs de matériaux, ainsi qu'un petit lexique très utile pour qui veut maîtriser les termes spécifiques à cette industrie.FDM online (A) www.fdmmag.com/fdmhome.htm Magazine américain offrant de l'information sur les produits, les technologies, la recherche et les tendances dans le domaine du meuble et du bois ouvré.Fédération canadienne du vêtement http : www.vetement.ca/home.html La Fédération canadienne du vêtement maintient un site très complet qui offre des renseignements sur l'industrie canadienne du vêtement, la formation, les normes du travail, les réglementations canadienne et américaine, l'importation et l'exportation.L'industrie canadienne du textile (Industrie Canada) http : strategis.ic.gc.ca/SSGF/tx03139f.html Présentation détaillée de l'industrie canadienne du textile.L'industrie canadienne du vêtement (Industrie Canada) http : strategis.ic.gc.ca/SSGF/ap03193f.html Présentation détaillée de l'industrie canadienne du vêtement.Techexchange.com http : www.techexchange.com/ Tout sur la technologie informatique au service de l'industrie du vêtement et du textile ! On y retrouve entre autres une liste de livres, des études et des articles ainsi qu'un forum de discussion.Textile World (A) www.textileworld.com Magazine électronique américain consacré à l'industrie du textile.On y retrouve plusieurs articles portant sur différents thèmes et préoccupations du milieu et des liens vers des sites pertinents.Textile Web (A) www.textileweb.com Destiné aux professionnels de l'industrie, ce site diffuse de l'information sur l'industrie du textile, les meilleurs produits sur le marché, les dernières nouvelles, l'équipement à vendre, etc.Une section permet aussi de chercher un emploi dans le milieu.Vêtement-Québec http : www.vetementquebec.com Site de l'Institut des manufacturiers du vêtement du Québec sur lequel on retrouve une liste de manufacturiers et de fournisseurs, des statistiques sur l'industrie du vêtement, des liens vers des sites reliés aux industries du vêtement et du textile, des communiqués de presse, etc.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Pour Christian Galarneau, l'information a eu une incidence sur la variété des produits fabriqués. 6LP0901B0513 B09, samedi, MONDE 6LP0901B0513 ZALLCALL 67 00:47:14 05/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 B 9 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Mexique : l'opposition de droite bénéficiera de votes de gauche HAÏTI Meurtre politique n Le directeur de campagne d'un candidat à la députation du Parti Louvri Barrière (PLB, indépendant), Branor Sanon, a été tué par balle hier à Port-au- Prince par des inconnus, a annoncé le secrétaire général de cette formation, Willy Louis.Ce meurtre, qui n'a pas été revendiqué, s'est produit dans le quartier populaire de Carrefour Feuille.Il intervient à dix jours du premier tour des élections législatives, municipales et locales, fixé au 21 mai et au lendemain de la dénonciation par le PLB du climat d'insécurité régnant dans le pays.d'après AFP TCHÉTCHÉNIE Un car saute n Quatre civils, dont un journaliste, et deux officiers des forces du ministère russe de l'Intérieur ont été tués hier en Tchétchénie dans un attentat contre un autobus et une attaque contre une jeep transportant ces militaires et le journaliste, selon des sources russes.Trois civils ont été tués et 18 autres blessés dans l'explosion d'un autobus détruit par une bombe télécommandée, dans les montagnes du sud-est tchétchène.Le journaliste Alexandre Efremov travaillait pour le magazine sibérien Nache Vremia (Notre temps).La jeep militaire a sauté sur une mine télécommandée, à l'ouest de Grozny.d'après AFP NATIONS UNIES Employé escroc n Un ancien employé de la mission des Nations unies en Bosnie (MINUB) a été condamné à 41 mois de prison pour avoir escroqué l'ONU d'environ 800 000 dollars US.Charles Kim, un Américain de 60 ans qui avait été reconnu coupable par le tribunal fédéral de Manhattan le 29 septembre 1999, a également été condamné à rembourser les Nations unies.De novembre 1995 à novembre 1998, Kim était chargé à Zagreb des voyages et du transport pour la MINUB.Il a utilisé sa position pour faire rembourser des fausses factures, établies avec la complicité d'une agence de voyages locale et d'un employé d'Air France.d'après AFP AUSTRALIE Pas d'excuses n Le premier ministre australien, John Howard, a confirmé hier que son gouvernement ne s'excuserait pas pour les persécutions infligées aux aborigènes, remettant ainsi en cause le processus de réconciliation entamé il y a neuf ans.Il a notamment refusé de souscrire à une déclaration qui doit être présentée publiquement lors d'une importante cérémonie de réconciliation, le 27 mai à Sydney.Le Conseil de la réconciliation aborigène, mis en place en 1991 par le gouvernement pour favoriser l'harmonie raciale, avait souhaité que des excuses officielles soient formulées à l'égard des 400 000 aborigènes du pays rescapés de deux siècles d'injustices et de marginalisation commises par les Européens.d'après AFP YOUGOSLAVIE Juge manifestant n Un juge a été relevé de ses fonctions pour avoir manifesté à l'appel de l'opposition à Pozarevac, la ville natale du président yougoslave Slobodan Milosevic.Le président du tribunal départemental de Pozarevac a annoncé que Djordje Rankovic, juge d'instruction et vice-président de ce tribunal, avait été limogé après avoir manifesté mardi dernier dans cette ville de l'est de la Serbie.Le rassemblement, qui avait été annulé au dernier moment en raison de mesures prises par les autorités pour gêner sa tenue, avait été convoqué à la suite d'une rixe survenue le 2 mai à Pozarevac entre des partisans du mouvement contestataire Otpor (Résistance) et des employés d'une discothèque.Le propriétaire de cette dernière est Marko Milosevic, le fils du président.d'après AFP ANDRÉ BIRUKOFF Agence France-Presse, MEXICO Le candidat de la droite à la présidentielle a reçu le soutien d'une forte personnalité de la gauche ce qui, à moins de deux mois de l'élection, renforce ses chances de l'emporter contre le candidat du parti au pouvoir qu'il devance déjà dans certains sondages.Porfirio Munoz Ledo, une figure de la gauche mexicaine, lui même candidat à la présidence, a indiqué qu'il négociait avec Vicente Fox, candidat du Parti d'Action Nationale (PAN, conservateur) en vue d'une alliance pour vaincre Francisco Labastida du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et rompre ainsi le monopole que le parti au pouvoir exerce depuis 71 ans sur la vie politique du pays.Ces discussions sont intervenues alors que selon un récent sondage, Vicente Fox, ex-directeur de Coca Cola pour le Mexique et l'Amérique centrale, devance de près de 5 points Francisco Labastida étant crédité de 46,3 % d'intention de vote contre 41,6 à son rival.La montée en puissance de Vicente Fox, personnage controversé pour son langage a l'emporte-pièce et son style « cow-boy » \u2014 bottes pointues et ceinturon à large boucle \u2014 renforcée par une probable alliance avec Porfirio Munoz Ledo, confirme que la présidentielle du 2 juillet prochain devrait être la plus disputée de l'histoire moderne du Mexique.Porfirio Munoz Ledo, actuellement candidat pour une petite formation de gauche, le Parti authentique de la révolution mexicaine (PARM), même s'il n'est crédité que d'à peine 1 % des voix dans les sondages, pourrait drainer vers Vicente Fox des voix de gauche au moment au Cuauhtémoc Cardenas, ex-maire de Mexico et candidat du Parti de la révolution démocratique (PRD, centre-gauche) ne recueille plus que 9 % d'intentions de vote.Personnage haut en couleur, orateur hors pair, Porfirio Munoz Ledo, 66 ans, est considéré comme « le frère ennemi » de Cuauhtémoc Cardenas avec lequel il a fondé le PRD et leur inimitié a atteint un point de non-retour lorsque le PRD a tranché en faveur de Cardenas pour le choix de son candidat à la présidence.Considéré comme l'une des principales figures de la politique mexicaine, Porfirio Munoz Ledo a notamment occupé les fonctions d'ambassadeur à l'ONU et de président du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir depuis plus de 70 ans) avec lequel il a rompu en 1988 pour créer le PRD un an après.Munoz Ledo a quitté avec fracas le PRD en janvier dernier pour devenir le candidat du PARM à la présidence.Porfirio Munoz Ledo a fait scandale en négociant avec Vicente Fox et le PARM a aussitôt exigé qu'il renonce à sa candidature.PHOTO AP Un ex-complice de Chavez le conteste aux élections vénézuéliennes L'ancien officier et candidat d'opposition aux élections présidentielles du Venezuela, Francisco Arias Cardenas, salue ses partisans depuis un logement du bidonville de Catia à Caracas.Après avoir soutenu Chavez lors d'une tentative de coup d'État avortée en 1992, Cardenas est devenu aujourd'hui son principal adversaire en vue du scrutin du 28 mai prochain.La guerre reprend entre l'Éthiopie et l'Érythrée Elle gêne l'aide aux victimes de la sécheresse Agence France-Presse ADDIS ABEBA/ASMARA Les combats entre armées éthiopienne et érythréenne ont repris hier sur tous les fronts, deux ans jour pour jour après le début du conflit frontalier entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique.Les combats qui se déroulent à la frontière constituent « la plus grande bataille depuis un an » entre les deux pays, a déclaré Yemane Gebreab, conseiller du président érythréen Issaias Afeworki.Selon Asmara, les affrontements, provoqués par une offensive éthiopienne, ont débuté peu après minuit, sur le front occidental de Badmé.Huit heures plus tard, ils se sont étendus au front central.Ces combats, les premiers après plusieurs mois de trêve, surviennent à deux jours des élections générales en Éthiopie, pays où le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération humanitaire d'envergure en faveur des millions de victimes de la sécheresse.Les élections « se tiendront dimanche, c'est certain », et un report « ne doit même pas être envisagé », a assuré Salomé Tadesse.L'Union européenne a estimé hier que la reprise des combats pourrait gêner la distribution de l'aide alimentaire aux victimes de la sécheresse.« Le conflit réduit l'espace humanitaire dans lequel nous devons opérer en Éthiopie », a déclaré hier à Bruxelles un porte-parole de l'UE Michael Curtis.De violents combats ont eu lieu sur le front central de Zala Anbesa- Egala et sur le front occidental de la rivière Mereb, a indiqué de son côté le porte-parole du gouvernement éthiopien Salomé Tadesse.Les combats « se sont étendus au front de Burié », à l'est de la frontière, a ensuite précisé la porte-parole éthiopienne.Burié est situé à 70 km au sud du port érythréen d'Assab, cible potentielle pour l'armée éthiopienne, selon Asmara.Mme Salomé Tadesse, sans reconnaître que l'Éthiopie ait été à l'origine de cette nouvelle flambée de combats, n'a pas accusé Asmara d'avoir attaqué le premier.Le 8 mai, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi avait averti la communauté internationale : « L'Éthiopie ne veut pas voir la guerre se prolonger (.), la guerre doit prendre fin maintenant et rapidement.» « La raison pour laquelle la guerre a continué et continue, c'est parce que l'Éthiopie n'a pas eu de partenaire pour la paix », a affirmé hier soir le ministère éthiopien des Affaires étrangères.Des négociations indirectes de paix tenues entre le 30 avril et le 5 mai sous l'égide de l'OUA à Alger avaient échoué.L'OUA a proposé un plan de paix accepté en principe par les deux protagonistes depuis plus d'un an, mais les négociations sur les modalités de son application sont dans l'impasse depuis août 1999.Ce plan prévoit une démilitarisation de la frontière et le déploiement d'une force internationale.« Les Éthiopiens sont allés à la guerre pour faire échouer le processus de paix », a déclaré de son coté M.Yemane, estimant que « la seule solution pour résoudre le différend était un processus de paix ».« Tout a été fait pour empêcher l'Éthiopie de relancer la guerre.Maintenant qu'elle l'a fait, il est du devoir de la communauté internationale de condamner le recours à la force d'Addis Abeba », a ajouté le conseiller du président.De retour d'une navette effectuée cette semaine entre Addis Abeba et Asmara, l'ambassadeur britannique aux Nations unies Jeremy Greenstock a estimé hier soir à New York qu'en cas de reprise des combats, « il y aurait certainement plus de morts, en peu de temps, que dans les conflits de la Sierra Leone et de la République démocratique du Congo (RDC) réunis ».Ce seul conflit armé entre deux États africains a fait jusqu'à présent des dizaines de milliers de morts et 600 000 déplacés.REPÈRES / Autriche Haider, cent jours plus tard EMMANUEL SEROT Agence France-Presse, VIENNE Le dirigeant d'extrême droite autrichien Joerg Haider, à l'origine d'une crise sans précédent dans l'Union européenne, s'est progressivement effacé de la scène politique cent jours après l'entrée de son parti, le FPO, au gouvernement.Mais il reste l'homme fort de ce parti, se fait régulièrement entendre et son avenir politique reste ouvert.Il n'exclut pas de briguer la chancellerie.Lui qui a négocié à la fin de janvier avec le conservateur Wolfgang Schuessel l'entrée de son parti au gouvernement, déclenchant une tempête en Europe, a accumulé les provocations avant de se retirer dans sa province de Carinthie.Il a officiellement cédé le 1er mai la présidence de son parti au vicechancelier, Susanne Riess-Passer.Omniprésent dans les médias, parfaitement à l'aise dans son rôle de trublion, Haider triomphait le 4 février lorsque le FPOe est entré au gouvernement.« C'est un jour historique », lançait-il, alors que l'Union européenne s'apprêtait à isoler politiquement son pays et qu'Israël retirait son ambassadeur.La veille, arrivé à la présidence sous les huées de milliers de manifestants, il avait signé un préambule au programme du gouvernement, imposé par le président Thomas Klestil et qui constitue l'aveu officiel le plus complet à ce jour de la responsabilité de l'Autriche dans les crimes nazis.Il avait ensuite ajouté qu'il n'avait pas l'intention de faire le tour du monde « pour s'excuser de tout et n'importe quoi ».Pour un historien autrichien, Doran Rabinovici, « Haider désavoue par sa personne les déclarations qu'il signe ».Haider avait déjà dû s'excuser en novembre d'avoir eu des propos aux relents de nazisme et d'avoir insulté le président français Chirac et le gouvernement belge.Il assure que « l'excitation s'apaisera » mais lance au début de février ses premières menaces en rappelant à l'UE que les décisions se prennent à l'unanimité et que les voix de ses ministres sont indispensables.Puis il reprend ses attaques contre le président français Chirac, « un très grand ennemi de l'Autriche » et convoque ses ministres chez lui à Klagenfurt, s'emportant de l'accueil glacial que ceux-ci reçoivent dans les conseils européens.Mais, encombrant, Joerg Haider se cherche très vite un rôle, lui que l'opposition accuse d'être le « chancelier de l'ombre ».Une série de revers constituent un tournant : il effectue au Canada un mystérieux voyage ponctué de projets avortés, il doit avoir recours à la protection de la police le jour de la grande manifestation anti-raciste à Vienne, il se heurte en vain à son ministre des Finances Karl- Heinz Grasser sur le montant de la cotisation que celui-ci doit verser au parti.À la surprise générale, il annonce le 28 février sa démission de la présidence de son parti.La gauche autrichienne et tous ses opposants en Europe n'y voient qu'une manoeuvre et appellent à poursuivre les pressions sur le gouvernement.Début mars, Joerg Haider attaque de nouveau et multiplie les complications pour le gouvernement qui tente de convaincre les partenaires européens de revenir sur les sanctions.Dans sa bouche, le président français Jacques Chirac devient « un Napoléon de format de poche » dont l'Autriche n'a pas besoin.Le 12 avril, lors d'une réunion du Comité des régions de l'Union européenne auquel il avait dû renoncer en février au plus fort de la crise, il accuse l'UE de traiter l'Autriche comme un « pays colonisé ».Il lance ensuite plusieurs menaces : un retrait de l'Autriche de l'UE, des poursuites judiciaires, le non-paiement des cotisations autrichiennes, un veto des décisions européennes.Il propose aussi une consultation populaire sur les sanctions européennes, idée reprise par le chancelier Schuessel.En quittant la présidence de son parti le 1er mai, il laisse en héritage un mot d'ordre : « le FPO ne doit pas changer ». 6LP1001B0513 B10, samedi, MONDE 6LP1001B0513 ZALLCALL 67 00:47:20 05/13/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 Monde L'ONU dépêche 3000 autres Casques bleus en Sierra Leone Ottawa ajoute 5 millions à son aide humanitaire et envoie du matériel d'après AP et AFP FREETOWN Les Nations unies n'entendent pas abandonner la Sierra Leone à son sort.Trois mille casques bleus supplémentaires vont être mobilisés pour ce pays ensanglanté par la guerre civile alors que des rumeurs font état d'une offensive prochaine de la rébellion sur la capitale, Freetown.L'inquiétude grandit au sujet du demi-millier de casques bleus toujours portés disparus, probablement retenus en otages par les rebelles.À Genève, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a estimé hier entre 20 000 et 30 000 le nombre de Sierra-Léonais venus se réfugier à Freetown depuis le début de la semaine, principalement en provenance de Waterloo, ville située à 20 km de la capitale.« Ces personnes ne sont pas en mauvaise santé mais ils ont évidemment peur et craignent des attaques rebelles », a précisé Christiane Berthiaume, porte-parole du PAM.De son côté, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui craint une arrivée massive de réfugiés sierraléonais en Guinée voisine, a échaffaudé des plans pour faire face à une telle éventualité.Pour l'heure, seuls quelques centaines de Sierra- Léonais sont arrivés dans ce pays, ce qui s'explique par le bouclage probable de la zone frontalière par les rebelles, selon Kris Janowski, porte-parole du HCR à Genève.Sur place, le gouvernement sierra- léonais se prépare à faire face à une éventuelle offensive des rebelles sur la capitale.L'armée régulière a d'ailleurs affirmé hier avoir réussi à faire reculer les positions rebelles dans la région de Newton, une ville située à 40 km à l'est de Freetown.Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a annoncé l'arrivée prochaine en Sierra Leone de 3000 casques bleus supplémentaires tout en assurant que les forces onusiennes atteindront leur pleine capacité « dans les deux semaines ».« Le président Charles Taylor du Liberia a accepté de mener personnellement les négociations » pour la libération des quelque 500 casques bleus pris en otages par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) de Foday Sankoh, précise M.Annan dans une interview au Monde datée d'aujourd'hui.« Je lui ai parlé ce matin-même, j'espère qu'il réussira.» Le secrétaire général de l'ONU en profite pour lancer un sévère avertissement au chef rebelle : « Nous sommes activement engagés à la recherche de Foday Sankoh.Je tiens M.Sankoh pour personnellement responsable de la sécurité des casques bleus.Il doit être mis en face de ses responsabilités ».Concernant la Mission des Nations unies en Sierra Leone (Minusil), Kofi Annan souligne que « nous sommes en train de renforcer la Minusil », forte actuellement de 8700 casques bleus.« Les Canadiens et les Américains vont nous aider à transporter quelque 3000 soldats supplémentaires.Les Jordaniens y vont avec une équipe d'élite et les Indiens seront munis d'hélicoptères de combat.Dans les deux semaines, la Minusil atteindra sa pleine capacité », promet-il.Pour lui, « il est vital que le monde n'abandonne pas le peuple de Sierra Leone à l'heure où il a le plus besoin d'aide ».Le secrétaire général de l'ONU se dit ainsi « très déçu » par le refus des Occidentaux de créer une force de réaction rapide pour soutenir les casques bleus face à la rebellion.Par ailleurs, Ottawa a annoncé hier l'octroi à la Sierra Leone d'une aide humanitaire supplémentaire de 5 millions de dollars canadiens, ainsi que d'une assistance technique et de matériels pour les casques bleus déployés dans ce pays.Aucun combat n'a été signalé depuis jeudi où de violents affrontements avaient opposé les forces sierra-léonaises anti-RUF et des combattants rebelles à une trentaine de kilomètres à l'est de Freetown, selon la MINUSIL.Près de 10 000 personnes ont pris part dans le stade national à la cérémonie de funérailles des 19 personnes tuées le 8 mai lors d'une fusillade devant le domicile de Foday Sankoh, disparu depuis.Pasteur voleur Une « pause humanitaire » entre Aceh et Djakarta d'après AFP BLOEMFONTEIN, Afrique du Sud Le pasteur Allan Boesak, figure emblématique de la lutte anti-apartheid, a été condamné hier à trois ans de prison ferme par la Cour d'Appel de Bloemfontein (centre du pays) pour vol et fraude de fonds caritatifs.La Cour d'appel, jugeant en dernière instance, a réduit de moitié la peine décidée en mars 1999 par la Haute Cour du Cap qui avait condamné Boesak à six ans de prison pour quatre motifs de vol ou de détournement de fonds pour un montant total équivalant à 224 000 dollars US.Mais Boesak, 54 ans, va aller en prison et sa chute est d'autant plus lourde que l'argent volé ou détourné de donations étrangères était destiné, au début des années 90, aux victimes de l'apartheid.La Cour d'appel a annulé la condamnation pour le détournement de 127 000 dollars de fonds provenant de l'organisation caritative suédoise SIDA.Mais elle a rejeté l'appel de Boesak contre deux condamnations pour vol d'un montant total de 43 000 dollars provenant d'une donation du chanteur américain Paul Simon, comptant pour deux ans de prison.Elle a également rejeté l'appel de la condamnation pour vol de fonds versés par différentes organisations scandinaves à la Fondation pour la paix et la justice (FPJ), organisation caritative que dirigeait Boesak lui-même.Mais elle a divisé par deux l'estimation initiale de 54 000 dollars de fonds volés ainsi que la peine de prison de deux ans correspondante, ramenée à un an.Boesak avait été l'un des fondateurs en 1983 du Front uni démocratique (UDF), une organisation regroupant les mouvements antiapartheid.C'est la même année qu'il persuada son église de Bellville, près du Cap, de constituer la FPJ, destinée à venir en aide aux victimes de l'apartheid.La FPJ draina les fonds de donateurs étrangers pour mettre en place des programmes de développement en matière d'urbanisme et d'éducation et venir en aide aux enfants devenus orphelins à la suite des violences de l'apartheid.Après les premières élections démocratiques d'Afrique du Sud en 1994, Boesak fut nommé ministre des Finances de la province du Cap occidental puis, en 1995, ambassadeur auprès des Nations unies à Genève.d'après AFP et AP GENÈVE L'Indonésie et le Mouvement Aceh libre (GAM) ont conclu hier en Suisse un accord sur une « pause humanitaire » à partir du 2 juin après 25 ans de combats meutriers dans cette province de Sumatra peuplée de 4,3 millions d'habitants.Le GAM lutte depuis 1976 pour l'indépendance de cette province riche en hydrocarbures et la création d'un État islamique.Plus de 5000 personnes ont été tuées à Aceh au cours des dix dernières années.La pause prévue pour trois mois pourra être renouvelée.L'entente a été conclue, dans un endroit tenu secret, par l'ambassadeur d'Indonésie, Hassan Wirajuda, et par Zaini Abdullah, « ministre de la santé » du GAM, à l'issue d'une quatrième séance de négociations confidentielles organisées depuis le 27 janvier.Le chef et fondateur du GAM, Hasan Tiro, qui vit en exil en Suède, était présent hier, de même que des représentants de l'armée et de plusieurs ministères indonésiens.L'ambassadeur Wirajuda a souligné les trois volets sur lesquels les parties sont tombés d'accord : dimension humanitaire de la crise d'Aceh, réduction de la violence et promotion du dialogue comme moyen de résoudre à terme les différends.« Ce n'est pas un accord de cessez- le-feu, mais une pause humanitaire.En ce qui concerne la sécurité, il s'agira d'empêcher les offensives militaires mais il n'est pas question d'un retrait de troupes », a expliqué l'ambassadeur.« La beau côté de cette histoire est que, même sans parler de cessez- le-feu, on a assisté à un exercice de retenue des deux parties pour empêcher de nouvelles tueries », a-t-il ajouté.Le GAM a souligné que son but reste l'indépendance d'Aceh et que cet accord ne signifie aucunement son affaiblissement.Au cours des négociations, « il a été fermement expliqué qu'il n'y avait pas d'ordre du jour sur une solution politique », a ajouté le mouvement.Le GAM a fait la même analyse que l'ambassadeur sur le sens « humanitaire » de l'accord.PHOTO REUTER Des femmes interviennent pour la paix au Zimbabwe Une marche des femmes pour la paix se tenait hier à Harare, capitale du Zimbabwe, alors que le président Robert Mugabe, les fermiers blancs et les anciens combattants convenaient de créer une Commission des terres chargée de superviser la distribution de terres des Blancs aux Noirs sans terre.Fatima et Jean-Paul II: l'énigme du 13 mai JOSEPH VANDRISSE Le Figaro, LE VATICAN «Mais oui, ann o n c e z - le ! ».En ce 26 novembre 1999, Jean-Paul II s'entretient avec un groupe d'évêques portugais.Parmi eux se trouve Mgr Serafim de Souza Ferreira e Silva, évêque de Leiria-Fatima qui, à la sortie du Vatican, donne la nouvelle à la radio catholique portugaise Rinascença : « Le pape viendra à Fatima le 13 mai 2000 (jour anniversaire des apparitions) pour procéder sur place et non au Vatican à la béatification des deux petits bergers, Jacinta et Francisco Marto, qui ont vu la Vierge en 1917 ».La secrétairerie d'État, non au courant, s'étonne, mais ce que pape veut, Dieu le veut.Fatima, pourquoi ?La première visite d'un pape en ce lieu, celle de Paul VI le 13 mai 1967, avait suscité critiques et même sarcasmes, Fatima semblant charrier l'impur, le contestable, le superstitieux.Jean-Paul II s'y rend le 13 mai 1982, un an après l'attentat de la place Saint-Pierre.Il y retourne en 1991, dix ans après, le 13 mai toujours : il y a bien entre Fatima et lui des convergences car, selon lui, \u2014 il le disait sur place en 1991 \u2014, « dans les desseins de la Providence, il n'y a pas de simple coïncidence.» Le 13 mai 1981, à 17 h 17, place Saint-Pierre, des coups de feu, secs.Jean-Paul II s'écroule.Après une longue intervention chirurgicale, dès son réveil, il attribue à la protection de la Vierge le fait qu'il ait été sauvé de ce pas mortel.La date authentifie le miracle.« Une main a tiré, une autre a guidé la balle ».Il le dit à André Frossard.Quatre ans plus tard, devant son vicaire à Rome, le cardinal Poletti, il revient sur la visite qu'il effectua le 27 décembre 1983, à son agresseur, Ali Agca, dans sa prison italienne de Rebibbia.« Il me dit : pourquoi n'êtes-vous pas mort ?Je sais pourtant que j'ai visé juste.» Troublante également cette confidence que soeur Lucie, l'aînée des voyants, âgée aujourd'hui de 93 ans, faisait, il y a deux ans, au cardinal indien Padiyra.Elle reconnaissait que la consécration de la Russie au Coeur immaculée de Marie que Jean-Paul II avait faite publiquement en 1984, avait sauvé l'humanité d'une guerre nucléaire.Mais de quelle autorité la vieille religieuse recluse en son couvent était-elle investie pour le dire ?À l'époque, Jean-Paul II ne minimisait pas le danger d'un tel conflit.Le 18 novembre 1980, à Fulda (Allemagne), il abordait à mots voilés le sujet faisant le lien avec le « secret » de Fatima, jamais jusqu'ici rendu public.La tension en Europe de l'Est est alors à son paroxysme à cause du surgissement de Solidarité en Pologne.Le 16 décembre, le Pape écrit personnellement à Leonid Brejnev pour lui dire sa préoccupation.Le 15 janvier 1981, il reçoit solennellement Lech Walesa au Vatican.Les médias soviétiques multiplient les attaques contre lui.L'homme est gênant.Survient l'attentat.En septembre suivant, Jean- Paul II demande à son Académie pontificale des sciences de lui présenter un rapport sur les conséquences que pourrait avoir un conflit nucléaire.Il le communique officiellement en décembre aux chefs des puissances nucléaires et au président de l'Assemblée générale des Nations unies.Le 1er janvier 1982, dans son homélie pour la Journée de la paix, il trace, sur la base de ce rapport, un tableau terrifiant des conséquences d'un conflit nucléaire.Faut-il voir là un lien avec les prédictions de Fatima ?La question rejaillit en 1990 à la chute du communisme et le pape l'aborde directement dans l'ouvrage très personnel qu'il publie en 1994, Entrez dans l'Espérance.La Vierge Marie n'avait-elle pas prédit, en parlant de la Russie : « À la fin, mon coeur triomphera » ?.Il commente : « Le rappel de ces événements ne permet-il pas de comprendre pourquoi le pape de la fin du siècle a été appelé d'un pays de l'Est ?Il fallait peut-être aussi que l'attentat de la place Saint-Pierre eût lieu un 13 mai 1981 pour que tout devienne plus clair et plus compréhensible ».Pour lui, les événements qui se sont passés de 1981 à 1991 sur le continent européen, spécialement en Europe centrale et orientale, font donc bien penser de façon particulière à Fatima et il considère comme « un don gratuit » le fait qu'il ait pu survivre à l'attentat et poursuivre sa tâche.Comment s'étonner alors qu'à la veille de ses 80 ans, le 18 mai, il ne tienne à retourner au sanctuaire marial pour béatifier sur place les deux jeunes voyants ? 6LP1101B0513 B11- SAMEDI 6LP1101B0513 ZALLCALL 67 00:48:20 05/13/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 B 11 La santé de l'industrie touristique passe par le renouveau MARIO FONTAINE QUÉBEC Les grands prix du tourisme québécois ont été décernés hier à 45 entreprises, groupes et individus considérés comme les plus performants dans l'industrie, 24 heures à peine après qu'un projet de loi allégeant leur fardeau administratif et réglementaire eût été déposé par le ministre Maxime Arseneau.« Nous avons idée, avec ce projet de loi, de dépoussiérer énormément l'industrie touristique et amener du renouveau », a expliqué hier M.Arseneau dans le cadre d'un gala réunissant quelque 1200 intervenants du milieu au Centre des congrès de Québec.Plus, en fait, que les conservateurs fédéraux qui tenaient leur congrès la porte d'à-côté.Si le projet de loi est adopté, 4800 hôtels, motels et gîtes n'auront plus à obtenir un permis d'hébergement.La portion touristique du permis de restauration sera elle aussi abolie, ce qui touche 19 200 restaurateurs.Ce qui ne change rien toutefois aux contrôles de la salubrité des établissements, assuré par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.Plusieurs entreprises connues ont été honorées par l'industrie hier dont, au premier chef, le Manoir Richelieu.L'établissement de Pointe-au-Pic a investi 140 millions l'an dernier en rénovations, afin de retrouver sa splendeur d'antan.Un hôtel de Montréal, le Germain, a pour sa part obtenu le lauréat or pour les établissements de taille moyenne.Le Germain se situe dans la mouvance européenne et nord-américaine des « hôtelsboutiques », où on s'efforce d'allier le luxe aux petites attentions de façon à ce que les clients se sentent enveloppés dans une atmosphère chaleureuse et un confort intimiste.Les campings n'ont pas été oubliés.C'est celui de la Minganie, sur la Côte-Nord, qui a reçu l'or, suivi du camping municipal de la Pointe de Rivière-du-Loup.Le camping, constate le ministre Arseneau, est un secteur qui a connu des améliorations conséquentes au cours des dernières années.Ils sont de plus en plus fréquentés, grâce notamment aux jeunes retraités du baby-boom.L'État s'est beaucoup désengagé de ce secteur au fil des ans, avec des résultats souvent déplorables : subdivision des terrains par les concessionnaires, laisser-aller des équipements, etc.Le gouvernement Bouchard a annoncé récemment son intention, controversée, d'augmenter les tarifs d'entrée dans les parcs, et promis de consacrer une bonne partie du plus perçu à l'amélioration des infrastructures.Côté restauration, c'est l'Auberge Hatley, dans les Cantons-de-l'Est, qui remporte la palme, suivie du restaurant Toqué !, de Montréal, et d'un établissement de la Côte- Nord, la Cache d'Amélie, spécialisé dans les fruits de mer et les poissons de la région.Les Jardins de Métis, privatisés il y a cinq ans, ont apparemment retrouvé une deuxième jeunesse et l'emportent du côté des attractions touristiques, de concert avec le Zoo de Granby. 6LP1201B0513 B12 samedi 6LP1201B0513 ZALLCALL 67 00:50:30 05/13/00 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 MAI 2000 EN BREF Double tentative de meurtre n Deux hommes âgés d'une quarantaine d'années ont été atteints par plusieurs projectiles d'arme à feu en fin d'après-midi hier dans une sortie de l'autoroute 15 à la hauteur de Henri-Bourassa, à Montréal.Les deux hommes se trouvaient alors dans une automobile de marque Chrysler Intrepid.Un des blessés se trouvait hier soir dans un état critique tandis que l'autre homme était dans un état satisfaisant.Pression de l'eau en baisse n La Ville de Montréal avise les résidants des municipalités d'Anjou et de Saint-Léonard ainsi que des quartiers Villeray/ Saint-Michel/Parc-Extension, Rosemont/ P e t i t e - P a t r i e , M e r c i e r / Hochelaga-Maisonneuve et Plateau Mont- Royal/Centre-Sud que la pression de l'eau diminuera par périodes d'ici à dimanche, en fin d'après-midi.Cette situation est imputable à des travaux de réparation devant être effectués aux vannes d'une conduite d'eau de 914 millimètres passant à la hauteur des rues Liège et Chateaubriand.Le Service des travaux publics et de l'environnement tient toutefois à préciser qu'en dépit de cette baisse moyenne de la pression, la qualité de l'eau ne sera nullement affectée.Arme retrouvée n Un pistolet, qui a peut-être été soufflé de la maison qui a explosé mardi soir, rue d'Avaugour à Boucherville, a été retrouvé hier par un citoyen qui habite de l'autre côté de la rue, en diagonale de la maison qui a explosé.Jeudi, des débris de certaines substances qui devront être analysées ont été découverts par d'autres voisins sur leur terrain.Cadavre d'une fillette n Le cadavre du poupon retrouvé jeudi en bordure d'un quai, sur la rivière Chateauguay, est celui d'une fillette.Le bébé pèse 4 livres et 1 once.Les premiers résultats de l'autopsie pratiquée hier n'ont pas permis de déterminer la cause du décès, ni l'âge de l'enfant.Les policiers ne savent pas non plus combien de temps le petit corps a séjourné dans l'eau.Des analyses plus poussées seront effectuées lundi en laboratoire.Bar incendié n Un incendie, probablement d'origine criminelle, a causé d'importants dommages, vers 4h30 hier, au bar Jonathan, situé au 4660, montée Gagnon, à Terrebonne.C'est le deuxième incendie du genre à survenir dans le même secteur dernièrement.Selon un porte- parole de la police municipale, cet endroit « n'est pas un trou à motards mais plutôt un petit bar tranquille fréquenté par les gens du secteur ».Accidents de moto n Un autre motocycliste, le 19e depuis le début du printemps, a perdu la vie quand son bolide a heurté l'arrière d'une automobile, vers 22 h 50 jeudi, sur l'autoroute 640, à la hauteur de Bois-des-Filion.La vitesse excessive serait responsable de cette tragédie, la troisième à survenir sur cette voie rapide en quelques semaines.La victime a été identifiée comme étant Normand Bouthiller, 38 ans, de Bellefeuille.Un autre motocycliste, âgé de 32 ans, se trouvait hier soir entre la vie et la mort à l'hôpital, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation survenu à l'intersection du boulevard Henri-Bourassa et de l'avenue Armand-Bombardier vers 18 h 25.L'accident est survenu lorsqu'une automobiliste a coupé la voie au motocycliste en tournant à gauche sur Armand-Bombardier.Par ailleurs, un motocycliste de 44 ans a été blessé à la suite d'une collision avec une voiture à l'angle de la rue Saint-Dominique et du boulevard de Maisonneuve, hier aprèsmidi, vers 15h15.L'homme, au volant d'une moto japonaise sport, circulait vers l'ouest sur de Maisonneuve lorsqu'il a été frappé par une voiture Honda Accord roulant dans Saint-Dominique vers le sud.Il semble que le conducteur de la voiture a omis de faire son arrêt.Le blessé, souffrant de multiples fractures, a été conduit à l'Hôpital général de Montréal.On ne craint pas pour sa vie.Requête remise n La requête de remise en liberté d'Yves Guilbeault dont l'auto a heurté, le 22 avril, une ambulance à Ferme-Neuve, entraînant dans la mort deux personnes, a été remise, hier, au 26 mai au palais de justice de Mont- Laurier.C'est également ce jour-là que doit avoir lieu son enquête préliminaire.Il est accusé de conduite avec les facultés affaiblies et de refus de donner un échantillon de son sang.Cette tragédie a coûté la vie à l'ambulancier, Jacques Beauregard, également maire de Ferme-Neuve, et à une patiente, Jeanne Forget, 87 ans.C'est après être revenu sur la scène de l'accident avec son frère que Guilbeault a été arrêté.Il est détenu depuis ce temps.Tirage du 2000-05-12 Tirage du 2000-05-12 Tirage du 2000-05-12 Tirage du 2000-05-12 Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2000-05-12 NUMÉROS LOTS 201733 100 000 $ 01733 1 000 $ 1733 250 $ 733 50 $ 33 10 $ 3 2 $ NUMÉROS LOTS 426910 50 000 $ 26910 5 000 $ 6910 250 $ 910 25 $ 10 5 $ 42691 1 000 $ 4269 100 $ 426 10 $ Numéro complémentaire: 16 Orages.Probabilité de précipitations: 80%.Vents de l'est à 20km/h tournant du sud à 20km/h.MONTRÉAL ET LES ENVIRONS Ciel variable.Probabilité de précipitations: 0%.QUÉBEC MAXIMUM AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES Le Soleil et La Lune Calgary Charlottetown Cornwall Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Moncton Régina Rouyn Saint-Jean Saskatoon Sudbury Thunder Bay Vancouver Victoria Whitehorse Windsor Winnipeg Yellowknife Acapulco Bahamas Barbade Bermudes Cancun Daytona B.Ft.Lauderdale Honolulu Jacksonville Key West La Havane Las Vegas Miami Montego Bay Orlando Palm Springs Puerto Plata Tallahasse Tampa W.Palm B.Amsterdam Athènes Beijing Berlin Bruxelles Buenos Aires Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New Delhi New York Paris Port-au-Prince Rio Rome Tokyo Washington MINIMUM MAX/MIN Plutôt nuageux avec quelques averses.Probabilité de précipitations: 40%.Nuageux avec averses.Probabilité de précipitations: 60%.MAX/MIN AU PAYS LE MONDE AU SOLEIL L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL OTTAWA TORONTO Hier Normales du jour Auj.l'an passé Records Max Min Plus haut maximum: Plus bas minimum: 28 en 1992 1 en 1967 Température Précipitation Hier: 0mm Val-d'Or 16/5 Chicoutimi 14/8 Maniwaki 20/6 Sainte-Agathe 20/5 Trois-Rivières 16/7 QUÉBEC 16/8 La Tuque 15/7 Rimouski 11/8 Thetford Mines 22/8 Sherbrooke 22/8 Burlington 22/10 MONTRÉAL 22/8 HULL/OTTAWA 22/5 Plattsburgh 22/10 Front chaud Front froid Occlusion Creux Anticyclone Dépression -10 -20 -30 © Services Commerciaux MM 2000 AUJOURD'HUI CETTE NUIT DEMAIN LUNDI 15/6 16/8 Les systèmes météorologiques sont prévus pour 14h00 cet après-midi.BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPÉ SEPT-ÎLES New York Montréal Halifax Toronto Ottawa Chicago Winnipeg Dallas Los Angeles Vancouver Calgary Edmonton Neige Pluie Pluie verglaçante Orages AUJOURD'HUI DEMAIN AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.16/ 8.Nuageux avec averses.22/ 5.Nuageux avec percées de soleil.20/ 6.PRÉVISIONS RÉGIONALES Régina St-Jean Nouvelle-Orléans Miami Sudbury Denver DEMAIN Plutôt nuageux avec quelques averses.15/ 6.DEMAIN Nuageux avec averses.15/ 8.DEMAIN Passages nuageux.15/ 6.AUJOURD'HUI Nuageux avec percées de soleil.10/ 3.DEMAIN Nuageux avec averses.11/ -1.AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.7/ 1.DEMAIN Nuageux avec averses.7/ 0.AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.9/ 4.DEMAIN Ciel variable.6/ 0.AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.7/ 3.DEMAIN Nuageux avec averses.11/ 4.5h26 20h15 18 mai 26 mai 02 juin 09 juin N N 15h20 3h38 Durée totale du jour: 14h49 © Services Commerciaux MM 1999 Facteur Humidex Aujourd'hui : 26 Indice UV Aujourd'hui : Modéré Beau 11/-1 Éclaircies 16/3 Variable 11/7 Averses 13/5 Orages 22/7 Averses 15/7 Beau 13/2 Variable 18/3 Nuageux 15/7 Nuageux 16/6 Éclaircies 14/5 Nuageux 13/5 Soleil -3/-9 Variable -3/-8 Éclaircies 13/7 Nuageux 14/6 Beau 13/0 Variable 16/0 Pluie 16/4 Averses 12/2 Averses 10/5 Nuageux 9/1 Variable 14/0 Beau 18/1 Averses 19/3 Averses 14/3 Averses 11/3 Beau 20/-2 Beau 14/9 Variable 17/8 Beau 16/9 Variable 19/7 Variable 10/-1 Averses 10/-1 Variable 23/8 Beau 18/8 Éclaircies 9/-1 Variable 15/-2 Éclaircies 5/-6 Variable 8/1 Beau 23/12 Beau 31/18 Beau 28/15 Soleil 22/5 Beau 23/12 Éclaircies 20/14 Soleil 23/13 Beau 16/11 Beau 22/13 Soleil 27/7 Orages 28/9 Faib neige 2/-4 Beau 43/27 Orages 26/15 Orages 23/11 Soleil 31/25 Beau 27/17 Soleil 26/9 Pluie 25/19 Beau 31/16 Beau 33/19 Soleil 29/22 Soleil 30/24 Beau 24/18 Nuageux 30/24 Beau 33/18 Beau 31/21 Beau 28/21 Beau 35/19 Variable 30/23 Beau 33/21 Beau 31/14 Variable 30/23 Soleil 31/25 Beau 33/20 Beau 35/14 Soleil 31/25 Beau 33/17 Variable 31/20 Beau 30/20 "]
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