La presse, 22 juin 2000, B. Politique
[" 4LP0101B0622 B1 jeudi 4LP0101B0622 ZALLCALL 67 00:57:47 06/22/00 B Montréal, jeudi 22 juin 2000 Politique ÉDITORIAL / OPINIONS La visite de Chrétien en France commence en douceur VINCENT MARISSAL envoyé spécial, PARIS Visite du Louvre, dîner privé à l'Élysée, puis spectacle au jardin dans le cadre de la fête de la musique, la visite officielle de Jean Chrétien en France a commencé tout doucement hier à Paris.Le rythme de la visite et le contenu des entretiens deviendront toutefois plus sérieux dès aujourd'hui, notamment sur certains litiges commerciaux et sur le débat des organismes génétiquement modifiés, un sujet très chaud en Europe.Jean Chrétien, à qui la presse parlementaire canadienne reproche un manque de disponibilité, a bien pris soin de faire connaître ses vues sur les débats de l'heure dans une série d'entrevues publiées hier dans des quotidiens français.Prenant de front l'opposition du gouvernement français, qui a décrété en 1998 un moratoire sur toute nouvelle semence modifiée génétiquement, Jean Chrétien affirme ainsi dans Les Échos que l'Europe n'a pas raison de craindre les OGM.« Il faut s'assurer, bien sûr, qu'ils ne troublent pas la santé, dit-il au journal parisien.Mais, avec les problèmes de faim dans le monde, il est important d'accroître la productivité agricole.Le rejet des OGM relève largement de la peur un peu irraisonnée du progrès scientifique.Personnellement, cela ne me dérange pas de manger des OGM.» Le premier ministre aura certainement l'occasion aujourd'hui d'expliquer sa position sur les OGM lors de ses entretiens avec le président Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin.Le moratoire français, dont l'effet s'est immédiatement répercuté partout en Europe, fait perdre au bas mot 400 millions par année aux agriculteurs canadiens, en ventes de colza seulement.Et comme la France prend la présidence de l'Union européenne le mois prochain pour un an, les autorités canadiennes craignent que l'interdiction de tout OGM ne devienne permanente et ne s'applique à de nouveaux secteurs.L'autre principal litige commercial concerne l'accès extrêmement restreint des vins ontariens au marché européen, un dossier qui traîne depuis des mois, sans grand espoir de règlement prochain.L'Europe, il est vrai, jouit d'un rapport de force considérable dans ce domaine.L'Union européenne a exporté en 1999 pour 545 millions de vins vers le Canada qui, lui, n'a vendu que pour 440 000 $ de ses vins en Europe.Ottawa espère néanmoins profiter de la visite officielle du premier ministre chez le prochain président de l'Union européenne pour ouvrir davantage la porte aux viticulteurs ontariens.Il est question ici, d'abord, du Ice Wine de la région du Niagara (les vins de glace), un marché jalousement protégé par les Allemands dans l'Union européenne.Sur le front politique, les conseillers du premier ministre ont répété hier encore qu'il est hors de question d'aborder le débat de l'avenir du Québec avec les dirigeants français.Mais comme pour les OGM, le premier ministre s'est assuré que son message le précède à Paris.En entrevue au Figaro, Jean Chrétien affirme que « si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi ».« Il n'y a aucune garantie que les frontières du Québec restent ce qu'elles sont aujourd'hui », indique-t-il.« Il n'y a rien dans les entrevues que vous avez lues dans les journaux français qui soit nouveau pour vous et le premier ministre n'a pas l'intention de parler de ça ici », ont insisté les conseillers du premier ministre hier soir, à Paris.Mais avant d'entrer dans le vif des sujets délicats, M.Chrétien s'est payé un petit tour hier après-midi au musée du Louvre, profitant d'une visite particulière dirigée par le président Chirac lui-même.Les deux hommes ont inauguré une nouvelle section d'art primitif, dont deux masques nisga's de la Colombie-Britannique, réunis pour la première fois depuis un siècle.Avide collectionneur et fin connaisseur d'art aborigène, le président Chirac a gracieusement commenté les masques et statuettes pendant 40 minutes, après avoir attendu son invité dans le hall d'entrée pendant 10 minutes.PHOTO PC Le premier ministre et Mme Aline Chrétien ont été invités par le président Chirac à un dîner privé à l'Élysée, hier soir, une marque d'amitié hors de l'ordinaire.Le Canada marque des points dans la guerre des tapis rouges Jacques Chirac reçoit Jean Chrétien avec des marques d'amitié LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale, PARIS Le premier ministre Jean Chrétien a déjà obtenu le résultat essentiel de sa visite à Paris, et il est d'ordre symbolique : c'est l'invitation du président Chirac à un dîner privé, hier soir, à l'Élysée.Sans compter la visite commune, dans l'après-midi, de la galerie des Arts premiers, au Louvre.En l'absence de tout sujet brûlant à discuter ou de projet commun à annoncer, cette marque d'amitié hors de l'ordinaire \u2014 qui s'ajoute à l'horaire normal d'une visite officielle \u2014 constitue une petite victoire pour le Canada dans la guerre des tapis rouges et des images qu'il entretient à Paris avec le Québec.Ce petit succès \u2014 au plan de l'image \u2014 s'ajoute à d'autres succès accumulés par la diplomatie canadienne en France.Malgré tous les efforts déployés à Paris depuis un quart de siècle, malgré le G7, la relation avec le Canada demeure pour la France une affaire de deuxième ordre (en comparaison avec les relations avec l'Allemagne, la Russie, les États-Unis, etc.) Elle ne décide pas des grandes affaires mondiales, et les échanges économiques demeurent malgré tout réduits.En revanche, le Canada a effectivement réussi, depuis quelques années, à regagner et occuper une très grande partie du terrain politico-médiatique \u2014 au détriment du Québec.Cela n'empêche pas le gouvernement français de recevoir à intervalles réguliers le premier ministre du Québec, avec de grands égards bien codifiés.Ni le Québec de compter quelques amis influents \u2014 à commencer par Philippe Séguin.Toutefois, pour ce qui est des affaires courantes et politiques au jour le jour, la diplomatie canadienne déploie à Paris une activité impressionnante qui contraste avec la quasi-disparition de la délégation du Québec dans des domaines stratégiques comme la culture et les médias.« Si on n'occupe pas à Paris ces secteurs vitaux, je ne comprends pas à quoi sert la délégation », constate un responsable québécois qui ajoute : « Et quand il y aura Raymond Chrétien à l'ambassade, ce sera pire encore, car c'est vraiment un poids lourd.» Il est vrai que l'ambassade du Canada a beaucoup plus de personnel que la délégation : 225 salariés contre environ 80, rue Pergolèse.Mais cette disproportion n'est pas nouvelle.Quant aux compressions budgétaires, il y en a eu d'un côté comme de l'autre, mais le résultat est là : les contacts de la délégation avec les grands médias français sont faibles (ledernier blitz dans les journaux parisiens à Raymond Chrétien propos du projet de loi sur la clarté du processus référendaire était de bout en bout organisé par la ministre Louise Beaudoin), et ses activités culturelles sont plus que discrètes depuis la fermeture des services culturels de la rue du Bac, il y a huit ans.Question d'argent, bien sûr, mais aussi de choix politique.Côté médias, l'ambassade a depuis plusieurs années le meilleur service de presse qu'on ait vu à Paris : personnelplutôt réduit, maisdisposant de moyens non négligeables.Le porte-parole Normand Smith s'est indéniablement monté un petit réseau journalistique \u2014 comme- Paul Gros d'Aillon, par exemple, l'avait déjà fait dans les années 70 à la délégation.On invite à déjeuner, on maintient le contact.Rien que pour les 12 derniers mois, l'ambassade a organisé trois voyages de presse au Canada, non compris un quatrième organisé depuis Ottawa : cela fait plus d'une vingtaine de journalistes.En face, la délégation n'a pas organisé un seul voyage de journalistes depuis deux ans.Résultat : sur des faits de société ou des questions économiques, le Canada obtient régulièrement du « rédactionnel » dans les journaux.Il y a deux ans, il a réussi un très joli coup médiatique à propos du Nunavut : entre autres une grande série d'articles dans Le Monde, puis une visite du président Chirac en personne.De présenter le Canada comme un protecteur exemplaire des autochtones constitue en France un coup de pub de première catégorie.De manière plus générale, les médias français, qui étaient vaguement et globalement sympathiques à la souveraineté, sont aujourd'hui plus partagés.Lors de la dernière visite de Lucien Bouchard, l'ambassade avait « obtenu » un important papier très documenté de deux pages dans L'Express sous le titre : « Le référendum introuvable ».Dans le domaine culturel, le déséquilibre des forces est encore plus criant.Depuis un peu plus d'un an, le Centre culturel canadien tourne à plein régime, attire souvent des personnalités françaises de premier plan, obtient des papiers dans les journaux.Par ailleurs \u2014 question de moyens toujours \u2014 l'ambassade semble avoir des fonds inépuisables pour parrainer, à coups de milliers de dollars pour une réception, etc., toutes les activités culturelles susceptibles d'être bonnes pour son image.Côté Québec, les moyens mis à la disposition des services culturels sont misérables, et l'absence de tout centre culturel se fait cruellement sentir.Évidemment, ça ne serait pas gratuit : un million de dollars par année ?Davantage ?Il est probable qu'avec le budget du Printemps du Québec en 1999 \u2014 entre dix et douze millions \u2014 on aurait eu de quoi se payer un tel centre culturel pendant dix ans.« On ne peut pas, dit le même responsable québécois, prétendre faire parler de soi à Paris et se priver des artistes, qui sont nos meilleurs ambassadeurs.La délégation a parfois compensé la faiblesse de ses moyens par la présence d'une forte personnalité qui faisait à elle seule le gros du travail de pénétration des milieux français.Il y a eu Paul Gros d'Aillon (qui n'était même pas délégué), puis Yves Michaud, et enfin Louise Beaudoin, qui battit tous les records dans ce domaine.Chacun en tout cas s'était construit un réseau personnel qui s'ajoutait aux appuis traditionnels du Québec à Paris.Ce n'est plus le cas depuis longtemps.Le délégué actuel, Michel Lucier, entretient le réseau traditionnel sans vraiment l'élargir dans les milieux qui comptent à Paris.De bonne source, il paraît acquis qu'il sera remplacé à la fin de l'été.« Il faut quelqu'un de fort pour faire le poids face à Raymond Chrétien, qui impressionne d'autant plus qu'il arrivera de Washington », dit une autre personnalité québécoise.Non seulement pour contrebalancer la forte personnalité de M.Chrétien, mais aussi tout simplement pour redresser une situation qui n'avait jamais été aussi défavorable au Québec.On cherche l'oiseau rare.Signalons par ailleurs que M.Chrétien a signé hier, à Paris, un accord de coopération qui renforce la participation canadienne dans l'Agence spatiale européenne (ESA).PHOTO PC Le premier ministre Jean Chrétien et le président Jacques Chirac ont inauguré, hier, au Louvre, une nouvelle section d'art primitif, dont deux masques nisga's de la Colombie-Britannique, réunis pour la première fois depuis un siècle.Au centre de la photo, Mme Aline Chrétien Ce dimanche : 4LP0201B0622 b2-jeudi-edito 4LP0201B0622 ZALLCALL 67 00:51:52 06/22/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Les pieds pendant au bout du quai.Peu importe le sort qui lui sera réservé, le projet de Technodôme, ce complexe récréatif de un milliard proposé par Heathmount Corporation, aura eu au moins un effet positif: celui d'attirer l'attention sur le Port de Montréal, de rappeler son importance économique, d'initier la réflexion sur son avenir à moyen et à long terme.A ainsi été ramené à notre attention le fait que le port manutentionne annuellement 20 millions de tonnes de marchandise, génère des revenus de 1,7 milliard et emploie directement ou indirectement 17 000 personnes; au premier trimestre de l'an 2000, la quantité de fret qui y a transité a encore augmenté de près de 12 % par rapport à l'année précédente et on prévoit que, cet été, même le nombre de passagers fréquentant la gare maritime \u2014 une activité pourtant marginale \u2014 atteindra 38 000, la deuxième meilleure saison en un quart de siècle.Tout cela est bel et bon, mais n'implique pas que l'on doive se priver de réfléchir sur l'avenir à long terme de certains espaces actuellement consacrés à ce trafic.Car, s'il doit absolument se trouver au bord de l'eau (!), comme l'ont judicieusement rappelé les autorités du port en refusant de céder la jetée Bickerdike aux promoteurs du Technodôme, il n'est pas dit que les quais jouxtant le centre-ville soient destinés à demeurer pour l'éternité encombrés de conteneurs et de marchandise en vrac.On l'a suffisamment répété : Montréal est bâti sur une île et il est anormal qu'on puisse y vivre sans jamais voir le fleuve, qui représente à ce point de vue une formidable richesse inexploitée.n n n D'autres villes ont, depuis quelques décennies, rendu le bord de mer accessible aux citoyens en conjuguant les ressources des pouvoirs publics et du secteur privé.Aux États-Unis, New York, Boston et Baltimore, notamment, entrent dans cette catégorie.Au Québec, plusieurs villes ont fait ou font des efforts en ce sens.C'est le cas de Trois-Rivières, qui a largement réaménagé son Vieux-Port, tout comme la ville de Québec.Celle-ci a débarrassé les berges situées à l'ouest de la vieille ville des réservoirs de pétrole qui l'encombraient, ce qu'a également fait Chicoutimi, en bordure du Saguenay.À Montréal, le Vieux-Port, bien qu'il laisse fortement à désirer quant à son aménagement, attire annuellement sept millions de visiteurs.Les défenseurs du Technodôme, au premier rang desquels se trouve la Société générale de financement, ont raison sur un point: une partie de l'espace actuellement utilisée par l'Administration portuaire de Montréal (APM) devra un jour ou l'autre se donner une vocation à la fois récréative, commerciale et résidentielle.Dans un premier temps, on parle ici de la portion du port comprise entre l'autoroute Bonaventure et le pont Jacques-Cartier, cette bande de terre sur laquelle viennent mourir plusieurs grandes artères du centre-ville, les rues Mc Gill, Saint-Pierre, le boulevard Saint-Laurent, la place Jacques-Cartier; des berges sur lesquelles donnent l'immeuble de la Société Radio-Canada et l'entrepôt frigorifique qu'il est question de convertir en condos de luxe.Il s'agit d'une portion somme toute limitée des 25 kilomètres de berges qu'occupe le port, et déjà largement vouée à l'habitation, à la récréation et au commerce, d'Habitat 67 à la Tour de l'Horloge en passant par le Vieux- Port.L'activité strictement industrielle qui s'y exerce encore est elle aussi limitée.On y trouve la gare maritime Iberville, logée quai Alexandra.Puis, à l'ouest, entre la rue de la Commune et la Cité du Havre, la jetée Bickerdike et le silo à grains numéro 5 \u2014 qui ne pourra pas toujours servir d'instrument de musique et au sujet duquel il faudra bien finir par prendre une décision.Reste, à l'est, entre le quai de l'Horloge et le pont Jacques-Cartier, le secteur Centre-Sud, un important noeud ferroviaire alimentant tout le port.Dans son « Plan d'utilisation des sols » rendu public en décembre dernier, l'APM se montre parfois sensible aux pressions exercées pour que soit transformée la vocation de certaines portions du port; dans d'autres cas, déterminée à conserver ses activités en l'état.Ainsi, la gare maritime ne pose pas de problème et pourrait même constituer en soi une attraction au coeur d'une zone réaménagée.D'autre part, les autorités portuaires semblent accepter le fait que le secteur du Havre \u2014 incluant la jetée Bickerdike \u2014 sera éventuellement affecté à d'autres fonctions.Cependant, la conversion du secteur Centre-Sud présente, selon elles, d'insurmontables difficultés, de sorte que l'APM prévoit dans son Plan qu'elle y « consolidera la fonction d'échange ferroviaire et restreindra les autres usages ».n n n Actuellement, un comité mis sur pied par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec tente de trouver de nouveaux emplacements pouvant accueillir les activités portuaires dans le but de libérer la jetée Bickerdike pour le Technodôme.Or, puisqu'on y est, l'opération pourrait viser plus large que la recherche d'une solution à ce problème précis et ouvrir la porte à une réflexion plus large sur l'avenir du port.Si le projet de Heathmount Corporation et de la SGF, pour les diverses raisons qu'a déjà longuement exposées La Presse, ne constitue pas une véritable voie d'avenir, il n'en reste pas moins que d'autres avenues se présenteront forcément, qui seront éventuellement porteuses d'un plus grand équilibre entre les vocations futures de cette portion du port de Montréal.C'est à ce moment que l'investissement public pourra se faire en accord avec sa mission et que l'initiative privée s'exercera avec bonheur et pragmatisme.La Grèce fait sa place en Europe La Grèce deviendra, le 1er janvier prochain, le 12e pays à adopter l'euro, la monnaie commune de l'Union européenne.Pour ce pays, cela représente un grand effort de discipline financière car, il y a deux ans, la Grèce avait été écartée du système, n'ayant atteint aucun des critères de convergence.L'inflation et le déficit budgétaire sont maintenant nettement en dessous des seuils admissibles et, si la dette publique est encore excessive, elle l'est moins qu'en Italie et en Belgique.Frédéric Wagnière fwagnier@lapresse.ca On a assisté à un profond changement de mentalité chez les Grecs.Il y a une dizaine d'années, on disait volontiers qu'ils n'étaient européens que pour pouvoir obtenir des subventions, et les finances de la Grèce étaient dans un état lamentable, nécessitant l'intervention du Fonds monétaire international.Le premier ministre Costas Simitis, européen convaincu depuis les années 70, a changé tout ça.S'écartant du socialisme populiste et un peu démagogique de son prédécesseur, Andreas Papandreou, il est de la même trempe que Tony Blair et Gerhard Schröder, sachant qu'il ne peut tenir ses promesses socialistes qu'en s'appuyant sur une économie forte et des finances saines.La discipline financière et monétaire nécessaire pour joindre l'euro, n'est que la première étape d'une politique qui devrait permettre à la Grèce de rejoindre le reste de l'Europe, alors que son PIB par habitant est actuellement de 30 % en dessous de la moyenne européenne.Il s'agit surtout de moderniser l'économie en relançant la concurrence et en privatisant les entreprises d'État.La privatisation devrait également permettre de diminuer la dette publique.Au cours des prochains mois, l'économie grecque sera profondément stimulée, parce que l'adoption de l'euro entraînera une baisse de moitié des taux d'intérêt à court terme.La croissance devrait donc atteindre 5 %, l'objectif que le gouvernement s'est donné pour pouvoir combler son retard par rapport au reste de l'Europe.Mais le gouvernement sera aussi obligé de continuer sa politique anti-inflationniste par des moyens fiscaux, car les pressions inflationnistes peuvent rapidement réapparaître dans ce pays qui a toujours eu tendance à vivre au-dessus de ses moyens en 170 ans d'indépendance.La transformation de la Grèce est importante pour l'Europe au moment où elle examine la possibilité d'accepter une dizaine de nouveaux membres de l'Europe de l'Est et du Sud.L'adhésion de pays comme la Suède et l'Espagne ont été facilitée par le fait que leurs économies étaient déjà fortement intégrées à celle de l'Europe.Cela n'était pas le cas pour la Grèce et ne le sera pas pour Chypre, la Slovaquie et la Pologne, parmi d'autres.Pour chaque pays qui, comme la Slovénie et l'Estonie, a anticipé les problèmes et adopté une politique dont le but principal est l'intégration de son économie dans celle de l'Europe, il y en a d'autres dont les structures créeront des tensions à l'intérieur de l'Europe, que ce soit par une dépendance excessive de l'agriculture ou par un centralisme étatique trop poussé.L'exemple de la Grèce montre que l'Union européenne est devenue davantage qu'une organisation internationale où l'on peut participer de façon presque passive.En Europe, le pays qui n'avance pas avec les autres recule et risque, à la longue, de ne plus en tirer les bénéfices escomptés.L'Europe n'a toutefois pas de structures rigides ; par exemple, trois autres pays, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède, n'ont toujours pas adopté l'euro.Il s'agit toutefois de décisions politiques, car ces pays n'ont pas été tenus à l'écart parce que leurs finances étaient en mauvais état.Les pays candidats doivent se dire que l'Europe est une auberge espagnole et qu'on en retire ce qu'on y apporte.DROITS RÉSERVÉS PASCAL ÉLIE, collaboration spéciale LA BOÎTE AUX LETTRES edito@lapresse.ca Ritalin = démission n Le Québec détient le triste record du plus grand nombre d'enfants Ritalin au monde.Je me demande si, avant d'embarquer nos enfants (garçons) sur le Ritalin, on ne pourrait pas commencer par : diminuer leur consommation de cola et de chocolat, les coucher à des heures raisonnables, limiter les heures d'écoute de Much Music, limiter l'utilisation des jeux vidéos hyperviolents et stimulants.Ah oui ! C'est vrai.Ça signifierait qu'on devrait s'impliquer, s'affirmer devant nos enfants.C'est vrai.Dans le fond, le Ritalin, ça demande beaucoup moins d'efforts.Michel BENOIT Femmes au foyer et piège pour hommes n Je réponds à un article paru en fin de semaine dans La Presse.En l'an 2000, Femme au foyer veut-il dire piège pour homme ?Et voilà, les guerrières ont besoin de repos.Elles retournent donc au foyer et acceptent « d'abandonner leur carrière » ( au fait, quelle carrière puisqu'elles s'essoufflent bien avant d'y arriver ?) pour élever les enfants.Mais aujourd'hui, le mariage ce n'est plus pour la vie.Ça c'est une réalité.Et au bout de 7 ans (statistiques actuelles), c'est le divorce.Et que fait madame qui était tellement soulagée d'arrêter de travailler.elle gagne le gros lot ! D'abord, elle garde les enfants, puis la maison et réclame un montant pour avoir « pris soin de son mari » toutes ces années, une pension alimentaire pour elle, le temps de se retourner, et une grosse pension alimentaire pour les enfants.Deux enfants, c'est la retraite assurée et trois, là, c'est vraiment le « jackpot ».Et bien sûr, l'auréole de « monoparentale » certain d'apporter pitié et sollicitude des proches.Elle n'a dorénavant plus besoin de travailler, a une fin de semaine sur deux de congé, des vacances à l'été et des vacances aux Fêtes.Et le pauvre gars lui : il paie ! La voilà, la libération de la femme d'aujourd'hui.Thérèse PARENT Anjou Et ça continue Chère Madame Gagnon, n La lecture de votre article, paru dans l'édition du 20 juin 2000, suscite, d'un humble banlieusard, les réflexions suivantes.La « banlieusardisation » ou l'étalement urbain n'est pas un fait nouveau.Cette tendance remonte aux années cinquante et s'inscrit dans le phénomène des boomers de l'aprèsguerre et résulte de la nouvelle prospérité rendant maintenant possible, pour un plus grand nombre, l'accès à la propriété.Le bon peuple locataire aspirait maintenant à la propriété et le rêve était rendu possible par les grands projets domiciliaires situés en banlieue.Évidemment, la classe canadiennefrançaise supérieure trouvait historiquement refuge dans son « ghetto » d'Outremont et plus tard, à la suite de l'exode progressif des anglos, à NDG.Pour sa part, la nouvelle classe moyenne francophone, souvent issue des quartiers populaires de Montréal, aspirait à son coin de quiétude et de verdure: la banlieue qu'elle pouvait maintenant s'offrir.Pour l'avenir du Québec, la banlieusardisation est moins troublante que la constatation que les élites politiques du Québec ne sont plus issues de la région de Montréal et qu'elles sont de plus en plus issues des petites villes.Ne pensons qu'à Bourassa, Drapeau et Trudeau, tous de Montréal, alors que plus récemment nous avons eu droit à Bouchard, Charest, Chrétien et même Mulronney, tous issus de petites villes.Au Québec, la vraie ville et ses banlieues voient le pouvoir politique échapper au profit des régions.Pierre Lupien Sainte-Julie La politique rend amnésique ?n On a eu le Stade olympique qui devait être peu coûteux, à toit rétractable et que sais-je encore ?On eu un vélodrome olympique qu'il a fallu transformer en biodôme, pour qu'il finisse par servir à quelque chose.On a eu un cosmodôme qui devait être rentable et construit par l'entreprise privée.Et maintenant on nous parle d'un technodôme qui devrait attirer des touristes en quantité industrielle et faire ses frais.Soit que la politique rend amnésique ou qu'elle fournit des diplômes de « cornacs spécialisés en éléphants blancs ».Clément MARCOTTE 4LP0301B0622 b3-jeudi-edito 4LP0301B0622 ZALLCALL 67 00:58:36 06/22/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 B 3 Pas de révolution en vue en juger par sa composition, la commission sur la santé chargée par la ministre Marois de revoir le financement du système de santé ne risque guère de brasser la cage.Six de ses membres, y compris son président Michel Clair, proviennent de la bureaucratie du milieu de la santé.Tout comme à la commission Rochon (1985-1987), ce seront donc principalement des gestionnaires du système qui se trouveront chargés de l'analyser.Il serait étonnant qu'ils soient très critiques envers leurs propres réalisations.Autre point commun avec la commission Rochon, la commission Clair ne comptera aucun soignant.On y trouve un seul médecin, le Dr Howard Bergman, qui est spécialisé dans les soins aux vieillards ; et une seule infirmière, qui a quitté la pratique il y a plusieurs années pour occuper un poste administratif à l'Ordre des infirmières.La commission Clair n'a aucun représentant du milieu hospitalier, sauf le Dr Bergman qui représente » à la fois les médecins, les non-francophones, la communauté juive et le monde hospitalier ( !).Par contre, les réseaux des CLSC et des centres d'accueil auront deux fortes voix à la commission, avec M.Clair, ancien président de l'Association des centres d'accueil et Pierre Ippersiel, ancien président de la Fédération des CLSC.Enfin, le profil général des membres de la commission laisse croire qu'il s'en dégagera une préférence marquée pour un statu quo à peine modifié au chapitre du financement et de l'organisation.Même si la ministre Marois a déclaré que « tout est sur la table » (même une formule à l'albertaine, avec des cliniques privées effectuant certaines chirurgies financées par l'État), on peut supposer qu'une majorité de commissaires s'opposera mordicus à toute forme de privatisation des soins et que les grandes lignes du réseau resteront inchangées.n n n Voyons qui sont ces gens qui devront, d'ici quelques mois, diagnostiquer les maux du système et prescrire le traitement requis.Michel Clair, 50 ans, avocat de formation, a été ministre (Transports, Conseil du Trésor) dans les gouvernements Lévesque et (Pierre Marc) Johnson.Défait en 1985 dans son comté de Drummondville, il a hérité de la présidence de l'Association des centres d'accueil, après quoi on le retrouve à Hydro-Québec International.La performance décevante de l'organisme l'envoie sur une « tablette », comme vice-président aux « projets spéciaux ».De l'aile modérée du PQ, il a laissé le souvenir d'un ministre discret et consciencieux.Léonard Aucoin, psychologue et consultant, est lui aussi proche du PQ.En 1983-84, il a hérité de la gestion de l'hôpital Louis- Hippolyte-La Fontaine que le gouvernement avait mis en tutelle, et a proposé une réforme de la gestion de l'institution.Plus récemment, il a reçu de la ministre Harel le mandat d'assister les maires des Îles-de-la-Madeleine dans un projet de révision des structures municipales.Le Dr Howard Bergman est directeur des services gériatriques à l'Hôpital général juif de Montréal et se préoccupe particulièrement de l'arrimage entre les services hospitaliers et les soins à domicile.À plusieurs reprises, il est intervenu publiquement à la défense du système public canadien, dénonçant « les effets pervers » des HMO américains et « l'illusion » que le privé améliorerait l'accès aux soins.Malgré ses lourdeurs, estime-t-il, un système public à payeur unique géré par l'État demeure « la meilleure garantie d'équité pour les malades ».Rosette Côté, enseignante de formation, a longtemps milité à la CEQ dont elle a été vice-présidente, avant de devenir chef de cabinet de la ministre péquiste Jeanne Blackburn.On la retrouve ensuite au bureau du premier ministre Bouchard, où elle supervise l'activité gouvernementale.On dit que c'était l'une des rares à oser tenir tête au « boss ».Il y a deux ans, elle a été nommée commissaire aux plaintes en santé et services sociaux, un organisme passablement inactif (110 plaintes l'an dernier !).Solution avancée par Mme Côté : augmenter les pouvoirs de la commissaire en lui donnant un statut d'ombudsman.Pierre Ippersiel, président du conseil de l'Université du Québec à Hull, a fait presque toute sa carrière dans le milieu des CLSC.Il a été directeur du CLSC de Hull avant de devenir président de la Fédération des CLSC.Il est souvent intervenu publiquement à la défense du caractère gratuit et universel du système.John Le Bouthilier est président de Sidbec- Dosco et membre de la SGF.Les archives des journaux sont assez peu disertes à son égard.Gérard-Antoine Limoges, comptable de formation, est l'ancien président de la firme Ernst & Young.Homme d'affaires à la retraite, il est resté très actif dans nombre de domaines.Conseiller municipal à Westmount, il a été nommé tuteur de la CSDM par le ministre Legault en septembre 1999, et est membre de nombreux conseils d'administration, dont celui de la compagnie pharmaceutique Supratek Pharma.S'il y a un partisan d'une (certaine) privatisation au sein de la commission, ce devrait être lui.Hélène Rajotte est directrice générale de l'Ordre des infirmières du Québec.À 26 ans, Vicky Trépanier a une feuille de route bien remplie.Étudiante en droit à Laval, elle a été présidente de l'Association des étudiants de Laval, fondé un cabinet de traduction sur le campus, organisé des débats politiques et milité contre la hausse des droits de scolarité.Elle s'est signalée en dénonçant le fait que le débat des chefs, durant la campagne électorale de 1998, se soit déroulé à Montréal plutôt que « dans la capitale politique du Québec ».Ce fut l'une des vedettes du Sommet de la jeunesse à Québec, où elle était l'un des quatre représentants des « jeunes des régions » (sic).« Nous ne sommes pas venus ici pour écouter des exposés magistraux ! Laisseznous parler des enjeux qui nous touchent ! » s'est-elle écriée après un « nième » discours.L'incident a marqué la reprise en mains du sommet par les jeunes.Le secrétaire général de la commission sera René Rouleau, ancien fonctionnaire au MSS et au Conseil du Trésor, aujourd'hui directeur du financement et des immobilisations à la régie régionale de Montréal.S'il est normal que le secrétaire d'une commission sur la santé connaisse dans le détail le fonctionnement du système, il reste qu'il est, lui aussi, lié de bien près aux institutions qui seront examinées par la commission.D'autant plus que ce sont les régies régionales, dont le fonctionnement et même l'existence sont controversés, qui seront responsables de l'organisation des consultations publiques.En tout cas, préparez vos mémoires (ou vos mouchoirs), le train partira en septembre.Lysiane Opinions On nous a trompés! Scandale aux conservatoires de musique JEAN-MARC PLANTE Il y a environ un an et demi, les citoyens du Plateau Mont-Royal, secteur Laurier, se sont vivement opposés à la venue d'un marché Loblaws sur la rue Saint-Grégoire.Quelques jours après l'annonce du projet, une pétition circulait, les élus municipaux et provinciaux se prononçaient contre le projet et, en trois coups de cuiller à pot, Loblaws se voyait forcée de retirer son projet.Tout contents qu'ils étaient de voir la démocratie fonctionner dans le contexte municipal actuel, très favorable aux promoteurs, rappelons-le, les citoyens n'ont pas remarqué le caractère miraculeux de cette victoire.Derrière chaque miracle, pourtant, il se cache un imposteur.Peu de temps après la mort du projet Loblaws, le projet Habitat Chambord était rendu public.Après une opposition encore une fois très vive des citoyens, Habitat Chambord passait malgré tout comme lettre à la poste.Il manquait un ingrédient à la potion magique.Pendant que Habitat Chambord suivait son cours, la population du Plateau apprenait une autre nouvelle du merveilleux monde des promoteurs immobiliers et des épiciers : le marché Métro Chèvrefils voulait doubler sa superficie, démolir cinq immeubles, détourner une ruelle, ériger un monstre de quatre étages sur le coin vert de Laurier et Brébeuf.Avant de s'opposer, les citoyens se sont rendus à une réunion publique où M.Chèvrefils devait présenter son projet.Or, de présentation il n'y en eut point.M.Chèvrefils s'est contenté d'exposer des généralités sur la nécessité d'offrir plus de produits, en affirmant, devant plus d'une centaine de personnes, que si les citoyens, par exemple, ne voulaient pas d'un quatrième étage, il n'y en aurait pas, en somme que tout était ouvert à la discussion.Nous nous sommes bien faits endormir.Des discussions, il n'y en eut pas non plus, bien que la conseillère du district eût laissé entendre qu'elle pourrait s'en charger.Le projet a passé les différentes étapes d'approbation, y compris les nombreuses dérogations à la réglementation municipale.Là encore, plus de potion magique qui fonctionne.« Si nous n'étions pas loyaux envers les gens, nous ne serions pas dans le Plateau depuis 63 ans.» Cette phrase est de M.Guy Chèvrefils.Outre qu'elle est en partie vraie, pour ce qui est de la durée, parce que le marché Métro détient un quasimonopole de l'épicerie pour notre secteur depuis la disparition du marché IGA il y a de nombreuses années, elle est surtout fausse, du moins la partie portant sur la loyauté.Pour savoir en quoi, il faut s'interroger sur l'ingrédient manquant de la potion magique.Lorsque les citoyens se sont opposés à la venue du Loblaws, au moins un adjoint du bureau du député ministre de Mercier, Robert Perreault, a participé activement à l'organisation de cette opposition.Même si plusieurs commerçants locaux ont été mis en évidence à cette occasion (il fallait bien faire signer la pétition quelque part), on pourrait dire que cet adjoint du député en a été l'un des principaux animateurs.L'ingrédient essentiel de la potion magique, c'était un peu beaucoup le bureau du député.Lorsque j'ai exprimé mon opposition au projet Métro à cet adjoint, je me suis fait répondre curieusement que « Guy », comme il l'appelait, avait son projet d'agrandissement dans ses cartons depuis au moins un an.Sur le point qui personnellement me chicote le plus, le quatrième étage au coin du parc Laurier (selon moi une incongruité qui révèle un manque de culture urbanistique qui devrait entraîner un confinement automatique et perpétuel à la banlieue), l'adjoint m'a déclaré que puisque les condos de l'école Marquette, qui venaient tout juste d'être construits, avaient obtenu leur quatrième étage, c'était maintenant un droit acquis dont pouvait se réclamer « Guy ».De là à dire que la réglementation municipale, comme la loi, est faite pour être violée, il n'y a qu'un pas, qu'on n'a pas besoin de franchir lorsqu'on a des amis à la bonne place.Rappelons les termes de l'équation.Lorsque le bureau du député de Mercier est intervenu pour organiser l'opposition au projet Loblaws, il était au courant du projet d'agrandissement du marché Métro.L'entourage de M.« Guy » Chèvrefils, dans lequel j'inclus un adjoint du député de Mercier, savait, et a tu sciemment, au moment de faire signer par les citoyens de ce quartier la pétition contre le projet Loblaws, que le projet Loblaws allait tuer le projet Métro, et que le marché Métro risquait de devenir un gros dépanneur de quartier, au lieu de la méga épicerie projetée.En fait, on s'est porté à la défense de Métro sans que celle-ci ait à se salir les mains.Après les faits, les probabilités.Il est fort probable que le marché Métro est luimême intervenu auprès du bureau du député de Mercier ou de certains de ses membres pour que se manifeste une opposition au projet Loblaws.Il est probable aussi que le bureau du député de Mercier avait été au courant de l'imminence du projet Habitat Chambord, et qu'on en ait été informé au marché Métro, et qu'en plus de nous avoir caché son projet d'agrandissement, le marché Métro nous a aussi caché que, si le projet Loblaws était abandonné comme M.Chèvrefils le souhaitait, le quartier allait se retrouver avec une méga épicerie sur Laurier plus un projet immobilier de 500 logements sur la rue Saint-Grégoire, au lieu d'une seule méga épicerie sur Saint-Grégoire, ce qui avait au moins le mérite de se situer à la périphérie du quartier.La tromperie manifeste que révèlent ces simples faits, et les probabilités qui en découlent, devraient suffire à disqualifier le projet Métro.Mais il y a aussi l'étude d'impact commandée par Métro, sur laquelle les instances décisionnelles se sont en partie basées pour rendre une décision favorable.D'après le service des Travaux publics et de l'environnement de la Ville de Montréal, cette étude d'impact, même après avoir été corrigée à la demande du service, pêchait par un manque de clarté et de précision.Si je ne m'abuse, c'est là un autre ingrédient de la tromperie.En outre, ladite étude n'incluait même pas l'impact des 500 logements du projet Habitat Chambord dans ses calculs.Là, c'est autre chose que de la tromperie, c'est prendre les gens pour des poires.Les dirigeants du Métro Chèvrefils ont sciemment trompé la population du quartier en dissimulant des faits essentiels pour que les citoyens puissent prendre une décision éclairée.Personnellement, s'il fallait recommencer au début, sachant avec quoi on se retrouve maintenant, je serais pour la venue du Loblaws.J'irais acheter mon lait et mon journal chez Métro, bien sûr.Métro Chèvrefils a trompé la population aussi l'an dernier lorsqu'elle a soutenu être à l'écoute de ses préoccupations lors de la présentation de son projet.Or, ces préoccupations n'ont pas été prises en compte dans son projet final.Au contraire, celui-ci réunit tous les éléments du pire scénario possible.Je mets au défi les dirigeants du marché Métro de soumettre leur projet à une véritable consultation locale.Dire que les gens veulent avoir 14 marques de lait ne suffit pas.Tout le monde est pour la tarte aux pommes, on le sait.Ce qu'il faut savoir, c'est combien de citoyens du quartier sont pour ou contre chacun des éléments du projet d'agrandissement.S'il se révélait que l'un ou l'autre de ces éléments trouve assez d'opposants pour être remis en question, il faudra travailler à une solution de rechange, en collaboration avec les citoyens.Si tous les éléments du projet récoltent l'assentiment général, je me plierai à cette volonté, et je crois que les autres opposants le feront aussi.Mais cet exercice, essentiel à la bonne entente dans notre quartier, n'a pas encore eu lieu.Au contraire, on a tout fait pour l'escamoter.En cela, nous avons été trompés.MARIE BLETTON Assisterons-nous à une fermeture de nos conservatoires de musique ?Le scandale qui éclate autour des admissions aux conservatoires du Québec, en cette fin de mois de juin 2000, a un goût de traîtrise et d'injustice.La volonté politique a plus de résonance et de poids que les nombreux talents que l'on bafoue et que l'on méprise.Chaque année les conservatoires de la province offraient, au mois de février, un concours d'admission à des jeunes désireux d'étudier au sein de ces institutions publiques de haut niveau.Ces jeunes-là savent combien il est difficile d'y entrer ; ils savent que peu d'espoir leur est permis mais ils tentent leur chance et se plient à la règle.Plus tard, en mai, les élèves admissibles étaient convoqués à un test théorique afin de mieux cibler les groupes qu'ils allaient intégrer.Or voici que cette année, le scandale éclate ; on nous annonce 15 jours avant les vacances que moins de la moitié des élèves jugés admissibles sera acceptée et que, dans plusieurs classes, comme par exemple la flûte traversière, aucun candidat ne sera retenu ! L'annonce s'est faite par téléphone et par hasard, le 12 juin, puisqu'on a négligé d'envoyer, fin mai, un courrier aux candidats.Les professeurs ont découvert en même temps que nous, les parents, cette absurde décision.Et pour quelles raisons les élèves ne sont-ils pas acceptés ?Aucune qui ne soit valable.On bredouille au téléphone du secrétariat et à la direction ; on se permet de leur dire que.« peut-être l'année prochaine » ; les bruits courent même que l'on formerait trop de musiciens par rapport à la demande (quelle demande ?).Cessez de mentir à nos jeunes ! Prenez vos responsabilités et dites leur que les conservatoires sont en voie de disparition, mais arrêtez de les convoquer pour des examens d'admission « bidons » sur lesquels ils fondent tous leurs espoirs ! Et d'ailleurs, pourquoi les leur faire passer s'il n'y a pas de places ?Qui donc peut se permettre de jouer sans scrupule avec des vies comme avec des pions ?Où inscrire ces jeunes à 15 jours des vacances d'été ?C'est comme si l'on disait lâchement à ces jeunes musiciens : « Vous avez vraiment du talent mais allez voir ailleurs ! » Ma fille fait partie de ces jeunes qui ont travaillé fort pour tenter l'entrée au conservatoire ; du haut de ses 15 ans, avec volonté et détermination, elle a pratiqué ses deux heures de flûte quotidiennement en plus de son travail scolaire.Ayant obtenu la meilleure note au concours d'admission, elle préparait sa rentrée prochaine avec confiance.Comme beaucoup d'autres, elle a basé son avenir sur l'espoir d'accéder à un enseignement de qualité.N'êtes-vous donc pas fiers de vos conservatoires, de tous les talents qui en sortent et se promènent à travers le monde, de tous ces professeurs qui transmettent leur passion ?N'êtes vous donc pas fiers de ces jeunes qui veulent faire de la musique un métier avec beaucoup d'ambition ?Tant de qualités vous gênerait-elle ?Madame la ministre Maltais et mesdames et messieurs de la direction des conservatoires, sans doute n'êtes vous pas musiciens.Cela se sent dans vos décisions.Mais savez-vous au moins ce qu'il y a derrière le mot culture ?N'y a-t-il que budget et politique ?Si cela est le cas, c'est bien décevant.Car derrière le mot culture, voyez-vous, il y a : talent, création, travail, émotions, emplois et rayonnement Alors ne vous moquez pas de tous ces jeunes en attente de leur entrée au conservatoire et que vous refusez cette année.Vous risquez de casser leur enthousiasme et vous risquez aussi de les perdre car la musique n'a pas de frontières.Manifestation devant le marché Chèvrefils dans le Plateau, en juin dernier.Les dirigeants du Métro Chèvrefils ont sciemment trompé la population du quartier en dissimulant des faits essentiels pour que les citoyens puissent prendre une décision éclairée. 4LP0401B0622 B4 jeudi 4LP0401B0622 ZALLCALL 67 00:57:33 06/22/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 Politique Québec hausse le budget des familles d'accueil Le jugement sur les logiciels anglais «confirme la Charte», dit Mme Beaudoin DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Loin d'invalider la Charte de la langue française, le verdict de la Cour supérieure sur l'utilisation de logiciels en anglais dans les entreprises vient confirmer l'interprétation qu'en faisait le gouvernement.Aussi, pour Louise Beaudoin, le jugement rendu par Pierre Dalphond, mardi, est loin de battre en brèche la Charte de la langue et les pouvoirs de l'Office de la langue, comme le soutenait l'avocat Julius Grey.« Le jugement confirme la Charte », a dit Mme Beaudoin hier à l'issue de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.Pour Québec, il n'y aurait aucune raison d'en appeler de ce verdict.Le jugement est « important », admet Mme Beaudoin, « mais il ne faut pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas ».Le juge Dalphond a repris, dans son jugement de 31 pages, une lettre de la présidente de l'Office de la langue, Nicole René, qui soulignait que l'OLF ne prétendait pas qu'il faille « imposer à une entreprise qu'elle exige de ses employés l'utilisation exclusive de logiciels en langue française ».« Il n'en demeure pas moins que l'entreprise doit généraliser l'emploi du français dans le domaine de l'informatique et s'assurer que cet usage se maintienne », dit Mme René.Pour Louise Beaudoin, il faut que les logiciels en français soient accessibles et que l'entreprise accepte « d'inciter » ses employés à les utiliser.La contestation en cour avait été engagée par des employés de firmes pharmaceutiques de Montréal qui réclamaient le droit de se servir de logiciels en anglais dans leurs entreprises, où l'utilisation de la version française était généralisée.Pour Mme Beaudoin, les employés ont le droit d'avoir des versions françaises des logiciels qu'ils ont à utiliser pour leur travail, mais rien n'empêche l'employeur de rendre accessibles aussi des versions en d'autres langues.« C'est ce que l'OLF et le gouvernement disent depuis mai 1998 », observe la ministre.Le tribunal avait surtout souligné que la loi « n'empêche pas l'entreprise qui le désire d'installer également la version anglaise (d'un logiciel), mais cela ne doit pas nuire à la généralisation de l'utilisation du français dans l'entreprise ».Pour le juge Dalphond, « l'Office peut exiger d'un employeur la mise en place de mesures incitant les employés à fonctionner en français » sans interdire l'usage d'autres langues, dont l'anglais.Pour Mme Beaudoin, il est clair que l'application de la Charte pour ce qui touche les technologies de l'information fera partie des considérations des prochains états généraux sur la langue.C'était un point soulevé par le rapport intérimaire du comité ministériel, qui brossait un tableau préoccupant de la situation du français à Montréal, rappelle Mme Beaudoin.Les nominations pour les États généraux n'ont pas été arrêtées hier au Conseil des ministres, mais selon les informations obtenues, la présidence de Gérald Larose, l'ancien président de la CSN, sera confirmée, bien qu'elle ait été décriée par les éditorialistes et certains commentateurs.Presse Canadienne QUÉBEC Le ministre délégué à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril, a annoncé hier une hausse de 7 pour cent du budget consacré aux familles d'accueil, qui passe de 70 à 75 millions.Cette hausse de 5 millions apparaît bien peu en regard des 40 millions qui seraient nécessaires, mais elle est reçue comme une bouffée d'air frais par le milieu concerné.Le ministre a rendu public hier le rapport du Groupe de travail sur la politique de placement en famille d'accueil.Aux côtés du président du comité, l'universitaire Richard Cloutier, et de la présidente de la Fédération des familles d'accueil du Québec, Huguette Blais, M.Baril s'est engagé à donner suite aux 45 recommandations du Groupe de travail d'ici trois ans.L'investissement commence cependant immédiatement, avec l'ajout de 5 millions récurrents dans le réseau dès cette année.De ce montant, 3 millions serviront à la création de 46 nouveaux postes dans le réseau des centres jeunesse pour assurer un meilleur soutien aux familles et aux enfants qu'elles hébergent.Le Groupe avait évalué ce besoin à 110 postes.Les 2 millions restants serviront quant à eux à alléger le fardeau des familles d'accueil, en leur retirant certaines dépenses qui leur étaient confiées.Il s'agit de frais liées à l'éducation, qui seront désormais assumés par les centres jeunesse.Pour l'oppposition officielle à l'Assemblée nationale, cette somme est nettement insuffisante, puisqu'elle ne représente que 234 $ par année par famille, soit 4,50 $ par semaine.Par ailleurs, le gouvernement instaure un mode de fonctionnement uniforme pour le paiement des dépenses relatives aux vêtements, aux loisirs et à l'éducation, afin d'abolir les disparités régionales actuelles.Pour Louise Jessop, de l'Association des centres jeunesse, qui siégeait au Groupe de travail, « c'est un bon début, mais c'est juste un début ».Le président du comité, Richard Cloutier, s'est quant à lui montré heureux, bien que le montant alloué soit loin des sommes nécessaires.Il a dit voir le mouvement enclenché hier comme un « nouveau momentum ».Il se dit en outre satisfait que le rapport ait été accepté plutôt que tabletté.Pour les familles d'accueil, l'espoir est enfin là de voir s'installer un véritable partenariat, tel que proposé par le comité.Les familles d'accueil dénoncent depuis longtemps le rôle de gardiennes auquel elles sont confinées.Or, le ministre propose de les associer directement à l'élaboration du plan d'intervention pour les enfants qu'elles hébergent.PHOTOTHÈQUE, La Presse Louise Beaudoin Une semaine après le vote, Québec donne ses directives à son représentant au Port de Montréal DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Plus d'une semaine après le vote crucial où le conseil d'administration du Port de Montréal a unanimement refusé de céder le quai Bickerdike pour le projet du Technodôme, le gouvernement Bouchard a donné ses directives à son représentant au sein de cet organisme.Jean G.Chaput, directeur général de Pro-Est et nommé par Québec au conseil du Port, a rencontré Bernard Landry hier, à Québec, le ministre dél é g u é a u x Transports, Jacques Ba r i l , pour établir la stratégie des prochains développements du projet du Technodôme de la SGF et des frères Reichmann.Le ministre Guy Chevrette était aussi de la réunion, mais a dû partir rapidement en raison d'autres engagements.Il y a une semaine, le conseil d'administration du Port avait unanimement refusé de céder le quai Bickerdike à la SGF pour qu'elle y construise son Technodôme, un projet de près de 1 milliard.Le représentant de Québec, M.Chaput, tout comme Denis Gauthier, mandaté par la Ville de Montréal, ont voté contre le Technodôme même si Québec et Montréal appuyaient le projet.Québec avait attendu à la toute dernière minute pour essayer, en vain, d'entrer en contact avec son représentant, même si la réunion du conseil d'administration était annoncée depuis plusieurs semaines.Des sources fédérales proches du dossier jugent bien étrange cette apparente nonchalance qui tranche avec les déclarations acerbes du ministre Landry sur la place publique.On prédit que la situation n'aura pas changé en septembre, au terme du délai que Québec et le Port se sont donné pour examiner la possibilité d'utiliser d'autres endroits en remplacement du quai Bickerdike.Le ministre des Finances, Bernard Landry, avait rencontré lundi l'ensemble du conseil d'administration du Port de Montréal présidé par Dominic Taddeo.Selon un participant, la réunion n'était pas tendue, en dépit des déclarations lapidaires du ministre Landry les jours précédents.M.Landry a même soutenu que ce projet serait abandonné si aucune solution n'était acceptable au Port.Le ministre, dit-on, a proposé que le Port étende ses activités sur la Rive-Sud, à Contrecoeur, dans sa circonsciption.Le Port détient depuis longtemps des terrains dans le secteur mais le projet de développement, depuis 20 ans dans les cartons, n'a jamais vu le jour, compte tenu de la volonté du secteur privé de rester près des industries montréalaises.À la surprise générale, le maire Bourque a aussi convenu que le port de Montréal pourrait envoyer des activités à Contrecoeur, mais M.Taddeo a rapidement relevé que l'absence de ligne du CP, important transporteur de marchandises, rendait l'idée boiteuse.Les autorités du Port ont soutenu qu'il leur en coûterait 120 millions pour déplacer les activités de Bickerdike, une facture qui serait loin d'être absorbée par les 14 millions offerts par les promoteurs pour le terrain.Tirage du 2000-06-21 TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Ces 3 numéros gagnants sont décomposables 1er numéro 25 000 $ 2e numéro 50 000 $ 3e numéro 100 000 $ Tirage du 2000-06-21 Tirage du 2000-06-21 NUMÉRO Tirage du 2000-06-21 Tirage du 2000-06-21 Tirage du 2000-06-21 Numéro complémentaire: 07 Numéro complémentaire: 31 La Presse 22 juin 2000 Page B5 manquante 4LP0601B0622 B6 jeudi 4LP0601B0622 ZALLCALL 67 00:57:40 06/22/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 Politique Un lobby paye l'avion de Charest pour le Mexique Le chef libéral y a prononcé une conférence devant les représentants de l'Association canadienne de la construction MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Un important lobby du monde de la construction, l'Association canadienne de la construction, a payé, cet hiver, le billet d'avion pour le Mexique du chef libéral, Jean Charest, qu'elle avait invité à prononcer une conférence dans le cadre de son congrès à Puerto Vallarta.Selon le porte-parole du chef du PLQ, Christian Barrette, M.Charest a défrayé luimême toutes les dépenses de sa famille, qui l'accompagnait au Mexique au début de mars, avant la reprise des travaux parlementaires.M.Barrette ne voit rien de controversé dans le fait que l'ACC ait payé le voyage en avion de son chef qui, en plus de prononcer une conférence, a soupé lors de ce séjour de quatre jours avec des représentants des associations de la construction du Québec et participé à d'autres activités du congrès.« C'est une pratique courante », dit-il.« Il a été invité comme chef de l'opposition à aller au Mexique.Il a défrayé les coûts pour sa famille.Il partait de Toronto et l'association a payé son billet d'avion.Dans l'optique où tu es le conférencier invité, l'association qui invite défraie ces coûts.» « Il a fait une très bonne présentation sur la question du Québec, sur pourquoi le Québec devait miser sur le Canada », a raconté à La Presse un des 500 participants au congrès de Puerto Vallarta.Rappelons que c'est pendant ce voyage que la controverse a éclaté au Québec à propos des 841 millions de fonds fédéraux pour la santé déposés par le gouvernement provincial dans un compte bancaire de Toronto.Quelques jours plus tard, un député du PLQ, Henri-François Gautrin, a publiquement reproché à son chef de ne pas avoir écourté ses vacances pour venir attaquer le gouvernement.« Au lieu de dire la vérité, il a dit qu'il se trouvait quelque part en Ontario », avait soutenu M.Gautrin devant un auditoire réuni dans une synagogue de Montréal.L'Association canadienne de la construction est un lobby qui regroupe plusieurs organismes provinciaux et 20 000 entreprises évoluant dans le domaine.Ses congrès annuels ont souvent lieu à l'étranger et selon un de ses membres, d'autres politiciens canadiens y ont aussi participé dans le passé, comme l'ancien ministre conservateur John Crosbie.Le congrès de mars 2001 de l'ACC aura lieu à Orlando.La Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale doit publier sous peu un rapport sur les activités de lobbying au Québec.Avant même la publication du document, l'opposition libérale, qui a participé à son élaboration, a publié mardi un communiqué affirmant que « les données recueillies lors des travaux ne justifient pas un encadrement législatif ».« Cette activité est extrêmement difficile à circonscrire et c'est pourquoi un encadrement rigide serait difficilement applicable, écrit le porte-parole libéral dans ce dossier, Cosmo Maciocia.De plus, rien ne nous a permis de conclure que cette activité, souvent occultée, comporte des risques pour nos institutions.» Il y a 40 ans, Lesage «libérait» le Québec UNE PAGE D'HISTOIRE PIERRE VENNAT Il y a 40 ans aujourd'hui, débutait ce que les historiens ont convenu d'appeler « la Révolution tranquille ».Ce jour-là, le 22 juin 1960, Jean Lesage, à la tête du Parti libéral du Québec, réussissait, à l'arraché, à enlever le pouvoir à une Union nationale décapitée, qui le détenait depuis 16 ans, mais avait perdu coup sur coup, en quelques mois, son fondateur tout-puissant, Maurice Duplessis, puis son successeur Paul Sauvé.Avec son slogan « Désormais », ce dernier avait amorcé la vague de grands changements qui devait métamorphoser la société québécoise avant la fin de la décennie.Cette « Révolution tranquille », plusieurs historiens font aujourd'hui remarquer qu'elle n'est pas née spontanément et que par conséquent, il faut chercher bien avant l'élection de Jean Lesage ce qui l'a provoquée.D'autres ne lui reconnaissent pas toutes les vertus qu'on lui accordait dans les années 70 et 80 et prétendent même que, jusqu'à un certain point, elle a été néfaste au Québec.D'autres encore disent qu'elle serait survenue de toute façon.Mais tous reconnaissent que l'élection de Jean Lesage et de son « équipe du tonnerre », avec comme slogan « C'est le temps que ça change » fut un événement historique de grande portée au Québec.Car en six ans, jusqu'à ce que Lesage perde le pouvoir en 1966, des changements, il y en aura à la tonne : laïcisation de la société ; création d'un ministère de l'Éducation ; étatisation de l'électricité ; entrée massive du gouvernement dans l'économie par la création de la Société générale de financement, etc.Bien sûr, au soir des élections, alors que les libéraux avaient remporté 50 sièges, contre 44 pour l'Union nationale et un indépendant, on ne parlait pas encore de « révolution », tranquille ou non.Mais le nouveau premier ministre, dans un discours triomphal au club de Réforme, lança déjà : « La province est libérée.Dans une de ses envolées oratoires, Jean Lesage ajouta : « La victoire que nous avons remportée, c'est la victoire du peuple du Québec.Le peuple méritait cette victoire.Il a voulu, malgré les chaînes qui l'attachaient, se débarrasser de l'esclavage.Il a eu confiance dans l'équipe que j'ai présentée.Il a eu confiance dans le programme que nous avons mis de l'avant.La province est libérée.Le peuple en a la gloire.» Et d'ajouter que « la victoire est maintenant assurée, mais le plus difficile reste à faire, c'est de restaurer la province ».Le chef libéral promit donc, en terminant, que la nouvelle administration mettrait de l'ordre et ferait de la planification là où, jusqu'alors, il n'y avait eu que de l'improvisation.Cette victoire, qui arrivait juste à la veille de la fête de la Saint-Jean-Baptiste et le cahier de la Saint-Jean que La Presse publiait le 23, en même temps que les résultats des élections, annonçait déjà les temps nouveaux.« Comment, pouvait-on lire, ne pas constater que le Québec industriel est à la base de la renaissance d'un peuple que les historiens de 1760 pouvaient croire voué à l'assimilation, parce qu'il avait été littéralement défait ?« Mais ce qui a été fait depuis le début du siècle ne peut être qu'un commencement.Un peuple n'est maître de son destin que s'il contrôle les sources de son économie.» En éditorial, notre journal, au lendemain du scrutin, se montrait prudent, mais en même temps plaçait tous ses espoirs dans le développement d'une économie québécoise forte : « Personne ne sera peut-être pleinement satisfait du scrutin d'hier, mais il paraît incontestable que la majorité des électeurs souhaitait un changement de gouvernement.Il faut espérer que ce changement sera pour le plus grand bien d'une province qui, ainsi que le démontrent les pages que nous consacrons aujourd'hui à son essor économique, est appelée à un brillant avenir.Puissent nos gouvernants de demain, comme ceux d'hier, consacrer tous leurs efforts à la réalisation de cette promesse ».La Révolution tranquille commençait.PHOTOTHÈQUE, La Presse© Choisi, quelques mois plus tard, le « plus bel homme du Québec », Jean Lesage reçoit ici, le soir du 22 juin 1960, le baiser de la victoire de son épouse Corrine. 4LP0701B0622 B7 jeudi 4LP0701B0622 ZALLCALL 67 00:58:47 06/22/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 B 7 Politique Bouchard rencontre de nouveau les directeurs d'hôpitaux Québec songe à un recours contre les fabricants de tabac Presse Canadienne QUÉBEC La ministre de la Justice et ministre responsable de la Condition féminine, Linda Goupil, et le ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril, ont annoncé hier la création d'un comité pour examiner la faisabilité d'un recours visant à récupérer les coûts des services de santé reliés au tabagisme.« Le tabagisme fait des ravages importants au sein de la population, a déclaré le ministre Baril à l'issue du Conseil des ministres.Il entraîne chaque année le décès de 12 000 personnes.Le gouvernement a lancé une offensive pour lutter contre ce fléau, que ce soit par le biais de la loi 444 sur le tabac ou par des campagnes de prévention chez les jeunes.Il est maintenant temps d'analyser sérieusement la faisabilité d'un recours à l'endroit des fabricants de tabac.» Le comité qui sera formé devra étudier les approches juridiques possibles et faire des recommandations aux ministres concernés dans les trois mois suivant le début des travaux.Au moins deux autres provinces ont déjà fait part de leur intention de lancer une offensive contre les compagnies de tabac.du bureau de La Presse QUÉBEC Deuxième rencontre au sommet pour une dizaine de directeurs d'hôpitaux qui, en dépit de la loi, menacent de faire des déficits.Le premier ministre Bouchard rappellera aujourd'hui l'importance de rester sur les cibles budgétaires.La situation a même empiré depuis la première rencontre, début mai, qui avait réuni les directeurs des 11 plus importants centres hospitaliers, la ministre Pauline Marois et le premier ministre Bouchard à son cabinet de l'édifice Hydro-Québec.En mai, les directeurs d'hôpitaux disaient voguer vers un déficit de 200 millions pour cette année, en dépit des balises de la nouvelle loi.Or, six semaines plus tard, on prédit maintenant 250 millions.À Québec, on observe toutefois que les deux tiers des établissements restent sur les cibles budgétaires, et qu'une partie de l'encre rouge annoncée s'explique, notamment, par la flambée des coûts des médicaments.100 000 $ de récompense! 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Visitez une succursale TD ou une succursale Canada Trust.Le concours se déroule du 5 juin au 13 août 2000.Le Nunavut conteste la loi sur le port d'armes Agence France-Presse IQALUIT Le gouvernement du Nunavut, le nouveau territoire du Grand-Nord canadien, a annoncé hier qu'il s'associait à un groupe d'Inuit pour contester en justice la loi canadienne sur le contrôle des armes à feu.La loi fédérale oblige chaque détenteur d'arme à feu à obtenir un permis d'ici la fin de l'année, ainsi qu'à déclarer d'ici la fin de 2002 tous les fusils, revolvers et pistolets détenus.Dans un recours déposé lundi devant une cour du Nunavut, le groupe d'autochtones soutient que ces deux mesures vont à l'encontre de leur droit de chasser sans permis ni paiement de taxes que leur confère un accord signé avec Ottawa.Plainte de discrimination envers les jeunes dans la fonction publique Presse Canadienne L'Association des jeunes de la fonction publique québécoise a déposé hier une plainte à la Commission des droits de la personne pour discrimination envers les jeunes, à cause des conventions collectives signées par certains syndicats, lors de la dernière ronde de négociation avec l'État.La discrimination alléguée vient de lettres d'entente annexées aux conventions collectives, signées trois syndicats, qui établissent les règles d'accès aux postes permanents dans la fonction publique pour les employés occasionnels.Le mécanisme négocié a pour effet d'exclure des concours réservés ceux qui ont le moins de mois de service, souvent des jeunes. 4LP0801B0622 B-8 JEUDI g n ral 4LP0801B0622 ZALLCALL 67 00:54:06 06/22/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 Air Canada rencontrera ses pilotes demain pour essayer d'éviter une grève Presse Canadienne TORONTO Le chef de la direction d'Air Canada, Robert Milton, a convoqué le négociateur en chef du syndicat des pilotes à une rencontre à Montréal, demain, pour relancer les pourparlers à une semaine de la date-butoir prévue pour le déclenchement d'une grève M.Milton, qui a personnellement lancé cette perche dans une lettre transmise à l'Association des pilotes d'Air Canada, ne sera pas présent lui-même à cette rencontre cruciale.Il a cependant désigné deux hauts responsables dont le mandat consiste à résoudre cette crise avec diligence.Les négociations sont rompues depuis le 5 juin et les pilotes, qui veulent de meilleures conditions de travail et des salaires plus avantageux, travaillaient en l'absence d'une convention collective depuis le 1er avril.La date-butoir pour une grève est fixée au 30 juin.« C'est un signe positif et nous souhaitons que cette nouvelle ronde de discussions permette de résoudre notre différend, a dit Raymond Hall, président du conseil de direction du syndicat des pilotes.En substance, la lettre de M.Milton dit : « Allez, cessons de perdre du temps et retournons à la table de négociations ».« Un vote de grève électronique, dont les résultats seront connus lundi, est actuellement en cours.Ce vote se tient sur plusieurs jours afin que les pilotes \u2014 qui, en raison de leur travail, se trouvent un peu partout dans le monde \u2014 aient tous la possibilité de participer au scrutin.Le syndicat des pilotes a d'ailleurs transmis à ses 2200 membres la directive de procéder quand même au vote de grève et de ne pas prendre pour acquis que les pourparlers qui s'amorcent déboucheront sur un nouveau contrat de travail.« Nous nous attendons à un mandat de grève très fort, a dit M.Hall.Les pilotes sont extrêmement déçus de la compagnie à l'heure actuelle.Air Canada n'a rien voulu dévoiler de ses plans en vue de la rencontre, mais a signalé que les pilotes devaient interpréter cette initiative comme un « signe positif » témoignant de ce que la direction souhaite éviter une grève et entend se consacrer à une solution négociée.On se rapproche d'une entente chez Acier Leroux CLAUDE-V.MARSOLAIS À la suite de négociations intensives qui se sont tenues lundi et mardi chez Acier Leroux de Boucherville, la direction du syndicat affilié à la CSN avait convoqué hier son conseil syndical afin de lui faire connaître les dernières offres de l'employeur.Les 73 travailleurs de l'entrepôt de Boucherville avaient récemment donné un mandat de grève à 98 % à leur comité de négociations, ce qui a incité la compagnie à bonifier son offre originale.Selon le conseiller syndical Mario Chaumont, la compagnie a majoré son offre salariale de 1 % à 1,5 % par année, ce qui signifierait des augmentations globales supérieures à 9 % pour les trois prochaines années.Un point majeur demeurait en suspens : la protection contre toute poursuite ou réclamation de la part de l'employeur ou d'un tiers en cas d'accident pour les chauffeurs de camions de la compagnie.En fait, le syndicat réclame de la compagnie qu'elle détienne une assurance- responsabilité pour couvrir ces cas.De même, les travailleurs réclament d'être informés lors de l'installation d'un système de surveillance électronique.Le conseil syndical devait évaluer si l'offre de la compagnie était suffisamment améliorée pour être soumise aux membres en assemblée générale ou s'il devait recommander la poursuite des négociations.M.Chaumont a indiqué qu'il tentait aussi d'obtenir un règlement pour les 21 travailleurs de Transfo Métal, filiale d'Acier Leroux spécialisée dans les poutrelles d'acier.Acier Leroux est un acteur important dans la distribution de pièces d'acier au Canada avec un chiffre d'affaires dépassant les 600 millions.EN BREF Développement chez CAE n Les 941 machinistes et techniciens en grève de CAE ont été convoqués aujourd'hui à une assemblée générale à l'hôtel Sheraton de Laval, où ils prendront connaissance d'une nouvelle offre de l'employeur obtenue après des négociations intensives.Le président de la section locale du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), Serge Fortin, n'a pas voulu faire connaître le détail de la nouvelle entente, mais il a indiqué qu'elle répondait aux attentes des membres.Trois points faisaient l'objet du litige : la sous-traitance, la progression salariale aux échelons inférieurs et les augmentations de salaire.Baisses d'impôt n Selon les conclusions d'une étude de la chaire d'études socioéconomiques de l'UQAM, les gouvernements du Québec et du Canada devraient réorienter leurs baisses d'impôts en réduisant les taxes régressives que constituent les taxes de vente à la consommation (TPS et TVQ), plutôt qu'en continuant de réduire les taxes progressives comme l'impôt sur le revenu des particuliers.Si on affectait les sommes consacrées aux baisses de l'impôt sur le revenu annoncées en début d'année dans les budgets provincial et fédéral à une baisse des taxes de vente, le total des taux applicables sur la TPS et la TVQ passerait de 15 % à 7,6 %. 4LP0901B0622 B-9 JEUDI 4LP0901B0622 ZALLCALL 67 00:56:24 06/22/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 B 9 Ottawa abolit le controversé Fonds transitoire pour la création d'emploi Presse Canadienne OTTAWA Le gouvernement fédéral a décidé d'abolir le Fonds transitoire pour la création d'emploi du Canada, discrédité par plusieurs scandales au cours des derniers mois, et de confier à d'autres unités administratives la gestion des sommes vouées à la création d'emploi.Ce geste, qui sera annoncé aujourd'hui, retirera la responsabilité politique des programmes de création d'emploi des mains de la ministre du Développement des ressources humaines, Jane Stewart, pour la redistribuer à quelques-uns de ses collègues du cabinet.On ne savait pas encore, hier, au moment où les fonctionnaires achevaient de peaufiner la reconfiguration, si celle-ci modifierait fondamentalement la façon dont les projets sont financés.La Presse Canadienne a appris que les 110 millions $ annuellement consacrés aux différents programmes de création d'emploi seraient redistribués à quatre agences régionales de développement.Une partie de cette somme pourrait toujours être accordée sous forme de subventions non remboursables à des entreprises ou à des organismes communautaires actifs dans des régions à haut taux de chômage.Toutefois, une partie pourrait aussi être redirigée dans des programmes de prêts ou d'autres types de mesures.« Ce sera laissé à l'entière initiative des agences régionales, a précisé un fonctionnaire de haut niveau.Ce programme \u2014 le Fonds transitoire \u2014 est définitivement fermé.« Parce que l'année financière est en son plein milieu, le Fonds transitoire sera toutefois éliminé graduellement.L'argent parviendra ainsi aux projets déjà approuvés et les soumissions actuellement sous examen seront traitées sans délai supplémentaire.Les fonctionnaires ne pouvaient préciser, hier, quel pourcentage du budget de cette année du Fonds transitoire pour la création d'emploi avait déja été dépensé avant la réforme.Québec veut investir davantage dans la recherche scientifique NORMAND DELISLE Presse Canadienne QUÉBEC D'ici 2005, le Québec devra avoir comblé l'écart qui le sépare des pays du G7 en matière d'investissements dans la recherche.Tel est l'objectif que s'est fixé le ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Jean Rochon, en lançant un débat public sur la politique scientifique du Québec.Actuellement, le Québec consacre 2,1 % de sa richesse collective (de son produit intérieur brut) à la recherche.C'est mieux que l'Ontario (1,96 %) ou que la moyenne canadienne (1,59 %) mais c'est moins que la moyenne combinée de sept pays les plus industrialisés, le G7, qui est à 2,44 %.C'est cet écart qu'il faudra rattraper, croit le ministre Rochon.Pour ce faire, une somme additionnelle de 2,5 milliards devra être graduellement rajoutée aux fonds québécois consacrés à la recherche, qui s'élèvent actuellement à 3,9 milliards.Un premier pas a déjà été franchi lors des deux derniers budgets du gouvernement québécois, où des sommes additionnelles de 500 millions ont été débloquées pour la recherche.Les bourses consenties à ceux qui font des études supérieures ont également été augmentées de 30 % en moyenne récemment.Le plan du ministre Rochon veut augmenter le nombre de chercheurs dans les universités.C'est d'autant plus nécessaire que le nombre de professeurs à temps plein dans les universités a chuté de 1000 entre 1994 et 1999 dans la vague des restrictions budgétaires.La nouvelle politique scientifique portera ses efforts sur trois secteurs dans lequel le Québec a fait sa marque jusqu'à maintenant.Il s'agit des technologies physiques de pointe comme l'aérospatiale, les communications et l'optique, les sciences de la santé comme la pharmaceutique, les biotechnologies de l'agroalimentaire et enfin, les sciences sociales et humaines, comme la recherche sur l'enfance et la jeunesse ou l'organisation gouvernementale.M.Rochon a aussi lancé l'idée de mettre en place une commission de l'éthique sur les enjeux de la recherche.La politique fera l'objet d'une consultation publique du 21 août au 15 septembre dans plusieurs régions.Selon les données disponibles, les crédits de recherche au Québec s'élèvent annuellement à 3,9 milliards.La majeure partie consiste en de la recherche effectuée par les entreprises privées, mais elle bénéficie de crédits fiscaux de la part du gouvernement.Il y a aussi environ un milliard de dollars consacrés à la recherche dans les universités et une proportion moindre utilisée dans les centres de recherches du gouvernement.Une guerre des parfums à plein nez Agence France-Presse HALIFAX La bataille entre amateurs et adversaires canadiens des parfums a pris une tournure orageuse avec deux conférences de presse rivales organisées mardi dans le même hôtel mais à des étages différents à Halifax (Nouvelle- Écosse).Ce conflit fait suite à la décision du conseil municipal de Halifax de lancer un « programme d'encouragement anti-parfums », faisant état de la nocivité possible de certains parfums pour des personnes souffrant d'allergies.Bien que le conseil municipal n'ait pas interdit l'utilisation des parfums, la publicité faite autour de ce programme a déjà des eu des effets néfastes sur l'industrie du parfum, ont indiqué à la presse des responsables du secteur.Déjà certaines écoles ou collèges ont interdit à leurs élèves de venir en classe parfumés.Ainsi en avril une jeune fille de 17 ans Gary Falkenham, a été l'objet d'une mesure de discipline pour être allée au collège en ayant utilisé du gel pour cheveux et du déodorant, tous les deux parfumés.L'un de ses professeurs s'est plaint et elle a été menacée d'expulsion.L'industrie des cosmétiques, qui estime qu'il n'y a à ce stade aucune preuve scientifique que les parfums soient mauvais pour la santé, a demandé aux autorités de Nouvelle Écosse de faire procéder à de nouvelles recherches sur les syndromes pouvant affecter des personnes affirmant que les parfums altèrent leur capacité respiratoire. 4LP1001B0622 B-10 jeu 22 juin 4LP1001B0622 ZALLCALL 67 00:54:26 06/22/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES SOUMISSIONS - ENCANS Le ministère de l'Environnement aurait averti le gouvernement Harris JAMES McCARTEN Presse Canadienne, TORONTO Le premier ministre de l'Ontario Mike Harris aurait été averti par son propre ministère de l'Environnement, en mars, de la nécessité d'augmenter le financement et le nombre d'inspecteurs pour s'assurer de la qualité de l'eau potable dans la province.Un rapport préliminaire obtenu par l'opposition néo-démocrate indique que le ministère a suggéré au cabinet d'embaucher 138 employés supplémentaires à l'Environnement afin de respecter une promesse faite en 1999 de créer une brigade dont la mission serait de surveiller l'application des lois sur l'environnement.Cette mesure nécessitait des investissements de 18,5 millions, en plus 14,6 millions en frais d'exploitation.Selon le document qu'a dévoilé le NPD à l'assemblée législative, hier, moins de 10 % des sources de pollution dans la province font l'objet d'une inspection annuelle.Le document mentionne spécifiquement qu'une eau plus propre doit être un des objectifs du ministère.M.Harris a répliqué que ni lui ni son cabinet n'avaient entendu parler de ce rapport, qu'il a qualifié d'invention et « d'aussi faux qu'un billet de 3 $ ».Après la période des questions, le ministre de l'Environnement, Dan Newman, a refusé de commenter la réponse du premier ministre, se bornant tout au plus à dire qu'il n'avait jamais vu le document en question.L'opposition ne cesse de harceler le gouvernement Harris depuis l'annonce de la contamination par la bactérie E.coli de l'aqueduc de Walkerton, il y a un mois.Au moins sept personnes sont mortes après avoir bu de l'eau contaminée et plusieurs autres décès suspects font actuellement l'objet d'une enquête par le coroner pour déterminer s'ils ne sont pas également reliés à la contamination.Les mentalités dans l'armée changent, mais lentement, selon un ex-ombudsman Presse Canadienne OTTAWA L'ombudsman des Forces armées canadiennes affirme que la mentalité conservatrice, voire même machiste, à l'origine de la majorité des plaintes reçues au cours de la dernière décennie est en train de changer, pour le mieux, mais lentement.André Marin, qui a occupé le poste en 1998, admet que le changement n'est pas des plus rapides, mais qu'aucune institution ne peut se transformer du jour au lendemain.Au cours d'un discours prononcé hier devant le Canadian Club, M.Marin a spécifié que « l'armée est une organisation très conservatrice.C'est un peu comme un gros navire : on ne peut pas modifier sa trajectoire en un instant.» L'ex-ombudsman a confirmé que les plus hautes sphères de l'armée ont clairement fait savoir que le changement était inévitable.Le problème, selon lui, est de faire accepter cette évolution par les rangs subalternes.« Je crois qu'il faudra une profonde évolution culturelle », a-t-il commenté.Cela ne peut toutefois se faire instantanément et « des réticences importantes » persistent devant des concepts comme l'intégration des femmes dans l'armée.En général, a cependant souligné M.Marin, l'armée canadienne évolue et le rôle de l'ombudsman est de mieux en mieux accepté.Cette fonction de surveillance des pratiques de l'armée avait, au moment de son implantation, été accueillie avec beaucoup de méfiance.« Mon personnel a bénéficié d'une bonne coopération de la part des Forces armées », a noté André Marin.Mais luimême se chamaille parfois avec les avocats militaires quant à la nature et la portée de son mandat, puisque ceux-ci « interprètent les règles de manière à essayer de garder à distance les enquêteurs de l'ombudsman ».Les militaires devront aussi apprendre que l'ombudsman est partie intégrante de l'armée et non un touche-à-tout de l'extérieur.M.Marin souhaite ainsi que les Forces acceptent éventuellement l'ombudsman en tant que partenaire.« Ce n'est en rien un signe de faiblesse que de se tourner vers un ombudsman, avance-t-il.C'est une chose tout à fait saine et j'essaie de convaincre l'organisation de s'inspirer de l'exemple d'autres pays qui n'hésitent pas à recourir aux services d'un ombudsman.» AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS - ENCANS APPEL D'OFFRES TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT PAYSAGER Des soumissions sous pli scellé seront reçues au bureau du Greffe de Ville de Saint-Laurent, 777, boulevard Marcel-Laurin, Saint-Laurent (Québec) H4M 2M7, jusqu'au mardi 11 juillet 2000 à 11 h et seront ouvertes publiquement après l'heure ci-avant indiquée à la salle de conférence A de l'hôtel de ville pour : Travaux d'aménagement paysager du square Jean-Rostand dans le développement résidentiel Bois-Franc - Soumission G-373 Les documents de soumission peuvent être obtenus au bureau du Service ingénierie et environnement, 777, boulevard Marcel-Laurin, (514) 855-5968, à compter du jeudi 22 juin 2000 à 14 h, sur remise d'un montant non remboursable en argent ou chèque visé de 70 $, taxes incluses.Sont admis à soumissionner les entrepreneurs détenant la licence reconnue (au Québec - Régie du bâtiment «entrepreneur en construction» et membres de l'Association des Paysagistes professionnels du Québec).Ils devront fournir copie des licence et certificat AVANT D'OBTENIR LES DOCUMENTS DE SOUMISSION.Le Conseil n'est pas tenu d'accepter la plus basse ni aucune des soumissions présentées.SAINT-LAURENT, le 22 juin 2000 Pierre Lebeau, c.g.a.Directeur général APPEL D'OFFRES TRAVAUX DE TÉLÉMÉTRIE Des soumissions sous pli scellé seront reçues au bureau du Greffe de Ville de Saint-Laurent, 777, boulevard Marcel-Laurin, Saint-Laurent (Québec) H4M 2M7, jusqu'au mardi 11 juillet 2000 à 11 h et seront ouvertes publiquement après l'heure ci-avant indiquée à la salle de conférence A de l'hôtel de ville pour: Ville de Saint-Laurent - Travaux de télémétrie\u2014 Soumission G-374 Les documents de soumission peuvent être obtenus à l'endroit suivant: Les Consultants GEMEC inc.Experts-Conseils 1400, rue Sauvé Ouest, bureau 214 Montréal (Québec) H4N 1C5 a/s de Daniel Fortin Tél.: (514) 331-5480 à compter du jeudi 22 juin 2000 à 14 h, sur remise d'un montant non remboursable de 200 $ taxes incluses, en argent ou chèque visé fait à l'ordre de Les Consultants GEMEC inc.Sont admis à soumissionner les entrepreneurs détenant la licence reconnue (au Québec - Régie du bâtiment «entrepreneur en construction»).Ils devront fournir copie de la licence AVANT D'OBTENIR LES DOCUMENTS DE SOUMISSION.Le Conseil n'est pas tenu d'accepter la plus basse ni aucune des soumissions présentées.SAINT-LAURENT, le 22 juin 2000 Pierre Lebeau, c.g.a.Directeur général 4LP1101B0622 B 11 jeudi, 22 juin CYB 4LP1101B0622 ZALLCALL 67 00:51:07 06/22/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 JUIN 2000 B 11 technologie@lapresse.ca Faire sa radio sur le Net Bruno Guglielminetti collaboration spéciale Pourriez-vous me dire comment m'y prendre pour faire de la radio sur Internet avec mon PC ?Je vois toutes ces nouvelles radios qui apparaissent sur le Net et j'aimerais bien avoir mon émission.Daniel Chartrand Quand on sait que d'ici 2005, selon une étude du groupe Forrester, 118 millions de consommateurs américains seraient prêts à faire leur propre programmation radiophonique en sélectionnant à la fois de la musique, des nouvelles et divers contenus d'information ou de divertissement sonores, ça nous donne une assez bonne idée de la direction que la radio, et plus particulièrement la consommation de ce média, va prendre.Et puis, il faut garder en tête que d'ici quelques mois, vous pourrez vous brancher sur les radios du Web, les 4000 stations qui y diffusent, sans même avoir à vous trouver un ordinateur.Le Kerbango est justement conçu pour être le premier récepteur de radio Internet que vous branchez à une ligne de téléphone ou sur une connexion modem-câble.Alors, si vous désirez vous lancer dans l'aventure de la radio, juste pour le plaisir de communiquer une passion ou pour développer carrément un service spécialisé en ligne sur le sujet de votre choix, c'est aujourd'hui un excellent moment pour y penser et commencer à investir dans votre projet.Si vous pensez partir à la conquête du monde anglophone, je vous dirais que c'est peut-être un peu trop tard dans un marché déjà saturé.Mais le marché radiophonique Internet francophone est encore passablement vierge et tout reste à faire.Évidemment, si vous désirez vous faire une petite émission d'entrevues ou de reportages pour votre simple plaisir et la rendre accessible sur Internet pour le bénéfice de vos connaissances, ce n'est rien de bien compliqué à faire.D'ailleurs, à partir d'outils qui sont déjà sur la majorité des ordinateurs personnels de la génération multimédia, vous pouvez enregistrer votre voix, faire une programmation musicale en format MP3 et verser le tout dans un format de votre choix sur un site Web pour que les intéressés puissent en télécharger une copie pour écoute.Si vous désirez améliorer un peu plus votre programmation, alors vous voudrez vous lancer dans la production d'une vraie émission avec un thème, des présentations, un choix musical et des invités.Encore là, vous pouvez toujours produire les éléments de l'émission à la pièce, et plus particulièrement les entrevues avec vos invités à l'extérieur ; ainsi vous vous éviterez de devoir aménager un studio pour accueillir vos invités.Une fois tout le matériel produit, vous pouvez utiliser un logiciel d'édition sonore comme Sound Forge XP ou Cool Edit pour faire le nettoyage de vos entrevues (pour enlever les eeeuh, les ok, on commence, etc.), la mise en place des éléments pour le montage final et l'encodage numérique final dans le format de votre choix.Vous trouverez des versions d'essai des deux logiciels au site Download.com.Dans quel format devriez-vous offrir vos fichiers sonores ?Ça devient quelque chose de personnel, puisque la grande majorité des internautes disposent maintenant des lecteurs Real et Windows Media.Cependant, si j'avais à choisir, je pencherais pour le format Windows Media, qui est lu par plus de lecteurs de multimédias différents, comparativement au format Real qui est uniquement lu par le Real- Player de Real Networks.Maintenant, si vous désirez faire un bond de géant et carrément ajouter un service radio de votre cru à votre site Web, vous pouvez utiliser gratuitement un des deux services américains spécialisés dans la diffusion pour station de radio Internet.Les deux services en question sont les sites Live 365 et, une initiative du groupe Time-Warner, Be a DJ, qui offrent tout ce dont un radiodiffuseur virtuel a besoin.Et l'incroyable dans cette histoire, c'est évidemment de savoir que ce service est offert gratuitement même si ça peut représenter l'équivalent de milliers de dollars en services si vous avez une émission à succès.Alors pourquoi vous l'offrir gratuitement ?Parce qu'ils en profitent au passage pour faire de la publicité et de la vente de disques à vos auditeurs.Des deux services, je préfère le Live 365, qui en plus d'offrir le service d'hébergement et de bande passante, propose également gratuitement le logiciel Live- Cast pour faciliter la production d'émission radiophonique à partir de chez soi.Kerbango www.kerbango.com Download.com www.download.com Live 365 www.live.365.com Be a DJ www.time.com/time/everyone/dj/ Pour communiquer avec Bruno Guglielminetti question@guglielminetti.com NEC : un logiciel pour traduire en 10 langues Agence France-Presse TOKYO Le géant japonais de l'électronique NEC a annoncé hier le lancement au Japon d'un logiciel pouvant traduire automatiquement un site internet en un maximum de 10 langues différentes, y compris l'anglais, le français, l'allemand, l'espagnol, le chinois et le japonais.Des logiciels de traduction existent déjà mais ne sont généralement capables de traduire une seule langue en japonais, et c'est la première fois qu'un système est proposé pour une traduction multi-langues, a indiqué à l'AFP Yasuhito Jochi, porte-parole de NEC à Tokyo.« Nous avons développé un serveur qui peut traduire huit langues en japonais et réciproquement », a indiqué ce porte-parole, en précisant que les langues sont l'anglais, le chinois, le français, l'allemand, l'italien, le coréen, le portugais et l'espagnol.« Il y a aussi des possibilités pour le russe et le thaï, mais ce n'est pas d'aussi bonne qualité », a indiqué M.Jochi.Il a précisé que le serveur sera mis en service le mois prochain, mais que son prix de vente n'a pas encore été décidé.« Nous allons le vendre surtout à des fournisseurs d'accès, ainsi qu'à certains gouvernements et de grandes firmes », a-t-il indiqué, en précisant que l'objectif est d'en commercialiser 50 en deux ans.Les utilisateurs japonais de l'Internet verseront probablement une somme modeste pour ce service qui sera en grande partie pris en charge par les fournisseurs d'accès.Ceux-ci sont en effet lancés dans une compétition féroce pour conquérir de nouveaux abonnés : les principaux sont, dans l'ordre, le groupe de téléphonie mobile NTT Do Co Mo avec son service d'accès depuis un portable i-mode, Fujitsu avec Nifty, NEC avec Bi- Globe et Sony avec So-Net.Selon les chiffres les plus récents disponibles au Japon, plus de 21 millions de personnes utilisent régulièrement l'Internet dans le pays.« Nous pensons que chaque abonné à l'Internet devra payer environ 100 yens (à peine un dollar ou un euro) par mois pour ce service, ce qui est très bon marché », a estimé M.Jochi.NEC est conscient des imperfections de ce produit, qui présente les mêmes défauts que ses homologues déjà sur le marché, incapables notamment de reconnaître les noms propres.Un traducteur sur Internet consulté hier a ainsi traduit la phrase « Tiger Woods plays golf » en « Golf de jeux en bois de tigre ».Le service ne sera « pas parfait, mais utile pour les clients japonais qui pourront obtenir des informations rapides et bon marché sur des sites étrangers », a estimé M.Jochi, en précisant que le serveur contiendra environ 200 000 mots de chaque langue, « l'équivalent d'un dictionnaire ».Internet et vie privée Agence France-Presse NEW YORK Plusieurs groupes d'informatique soutiennent le projet international de standard pour la protection de la vie privée sur l'Internet, dit P3P, a annoncé hier son développeur, le World Wide Web Consortium (W3C) dans un communiqué.Le Projet pour une plate-forme de préférences des données privées (P3P) permettra à un internaute d'être informé de façon claire sur les pratiques de collection et d'utilisation de données privées par un site internet.Ce standard, à l'état de projet depuis plusieurs années, pourrait voir ses premières applications l'an prochain selon le W3C.Le W3C, une organisation internationale de promotion de l'Internet et de définition de ses standards, a annoncé que les sites de sociétés comme celui du fabricant d'ordinateur IBM, du service en ligne America Online ou encore du groupe de produits de consommation Procter and Gamble étaient partiellement ou complètement compatibles avec ce standard.Des spécialistes de logiciels, comme Microsoft, et du marketing en ligne, comme Engage Technologies, ont présenté hier des exemples de fonctionnement de P3P.La question du respect des données privées des internautes prend une importance grandissante aux États-Unis. La Presse 22 juin 2000 Page B12 manquante "]
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