La presse, 26 juin 2000, Cahier A
[" 1LP0101A0626 UNE-LUNDI-26-06 1LP0101A0626 ZALLCALL 67 00:55:07 06/26/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 P 116e ANNÉE, NO 243, 60 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Lendemain de veille.Le malheur au service des partis GILLES PAQUIN envoyé spécial, VALLE DE CHALCO, Mexique Une odeur fétide s\u2019élève du canal de la Compania à Chalco, un gigantesque égout à ciel ouvert dont les eaux noirâtres ont inondé environ 80 blocs de cette banlieue pauvre de Mexico le mois dernier.L\u2019eau s\u2019est retirée des rues de Chalco, mais les 3300 personnes qui vivent dans ce quartier pataugent encore dans la boue infecte et les débris de toutes sortes emportés par le torrent.Seulement quelques affiches électorales délavées et de rares banderoles suspendues entre les maisons rappellent aux habitants du quartier que le Mexique s\u2019apprête à vivre une des élections les plus importantes de son histoire.« Ici, les gens n\u2019ont pas le temps de discuter de la campagne électorale, ils tentent tout simplement de survivre à ce désastre », dit Marco, un étudiant de l\u2019Université autonome de Voir LE MALHEUR en A2 PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Taylor Streetman, artiste sculpteur, examine les débris qui jonchaient le parc du Mont-Royal, hier.La police a procédé à 35 arrestations dans la nuit de samedi à dimanche.Peu de grabuge à la Saint-Jean ANDRÉ DUCHESNE Le brouhaha causé par des fêtards et les 35 arrestations effectuées au parc du Mont-Royal dans la nuit de dimanche avaient bien un petit côté spectaculaire mais ils ne reflètent en rien l\u2019atmosphère des festivités entourant la Fête nationale, célébrée dans la tranquillité à travers le Québec ce week-end.Le commandant de la section des communications du Service de police de la CUM, André Durocher, affirmait d\u2019ailleurs hier que « le bilan est positif dans l\u2019ensemble ».Ceci dit, le SPCUM a eu maille à partir avec quelques centaines de joyeux lurons qui avaient décidé de fêter le Québec à leur façon dans le secteur du parc du Mont-Royal situé au pied du monument GeorgeÉtienne Cartier.« Vers 22 h, il y avait entre 400 et 500 personnes dans le secteur.Nous avons fait une première intervention pour sensibiliser les gens à la consommation.Puis, à 23 h 30, dans une seconde approche, des bouteilles et des projectiles ont été lancés vers les policiers dont un a été blessé au genou », rapporte le commandant Durocher.Après un repli, les agents ont lancé un ordre formel de dispersion vers 1 h 45.À ce moment-là, environ 300 personnes demeuraient dans le parc et trois feux de joie étaient allumés.Les récalcitrants ont été refoulés vers les artères Mont-Royal et du Parc où les policiers avaient déployé un important contingent, à pied, à cheval et à motocyclette.Bilan une fois la foule dispersée : un jeune homme de 21 ans poignardé à l\u2019abdomen, 35 arrestations, une quinzaine de bancs de parc arrachés dont plusieurs incendiés, des bouteilles fracassées, une boîte de contrôle de feux de circulation (sur l\u2019avenue du Parc) détruite, deux tables de pique-nique et une quinzaine de poubelles Voir PEU DE GRABUGE en A2 Rubriques Arts et spectacles .B8 à B11 - horaire télévision .B9 - horaire spectacles .B9 Bandes dessinées .A18 Boivert Yves .A5 Bridge .A18 Décès .C10 et C11 Feuilleton .C10 Économie.B1, B4 à B6 Éditorial.B2 Êtes-vous observateur.C7 Horoscope.A18 Le monde .A19 Loteries .A2 et A17 Mots croisés .A18 Mot mystère.C10 Petites annonces.C7 - immobilier.C7 et C8 - marchandises.C8 - emplois.C8 - automobile.C8 à C10 - affaires .B4 MÉTÉO Passages nuageux Max.26, min.19 cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net Manning a joué et perdu GILLES TOUPIN envoyé spécial CALGARY Il a tout risqué.Il a sabordé le parti qu\u2019il avait lui-même fondé, le Parti réformiste, il s\u2019est lancé dans la construction d\u2019une nouvelle alliance de la droite, l\u2019Alliance canadienne, et il a mis en jeu son poste de chef de l\u2019opposition pour pouvoir, comme le phénix, renaître de ses cendres.Mais voilà, dans une douzaine de jours, Preston Manning perdra son job.Tout a mal tourné pour lui dans cette aventure.D\u2019abord, cette vaste coalition de la droite qui devait rassembler et les réformistes et les conservateurs ne s\u2019est pas matérialisée dans la réalité.Beaucoup de conservateurs, et pas seulement Joe Clark, n\u2019ont pas marché.Ils ne se sont pas reconnus dans le conservatisme social de certains ténors de l\u2019Alliance, dont ce Stockwell Day qui les fait frémir avec ses positions anti-avortement, son idée de rétablir la peine de mort, de libéraliser la vente des armes à feu, d\u2019établir un taux d\u2019imposition unique et de trucider tout ce qu\u2019il y a de programmes sociaux au gouvernement fédéral.Puis, surtout, cette idée de décloisonner les régions, de rassembler la droite de l\u2019Est avec celle de l\u2019Ouest, d\u2019unir les conservateurs fiscaux avec les conservateurs sociaux, de faire chanter à l\u2019unisson les provinces Maritimes avec le Canada central, cela n\u2019a pas eu l\u2019heur de plaire, comme M.Manning l\u2019aurait souhaité, aux conservateurs de l\u2019Ontario, ceux-là justement qu\u2019il visait, afin de les rallier à sa cause et défaire la grosse machine libérale fédérale qui raflait, en 1997, 101 des 103 comtés de la province.Le résultat du premier tour du scrutin samedi à la direction de l\u2019Alliance canadienne démontre qu\u2019il n\u2019a pas la faveur des Ontariens, devancé de loin par.Stockwell Day, l\u2019autre Albertain, celui que l\u2019on n\u2019identifie pas à la vieille garde réformiste.Et même Tom Long, le petit gars du coin, celui Voir MANNING en A2 n Autres informations en page A4 ANALYSE L\u2019Alouette entêtée C\u2019\u2019était à la fin d\u2019octobre 1997.Larry Smith, le directeur général des Alouettes de Montréal, a reçu un appel téléphonique d\u2019André Tétrault de la RIO.\u2014 « Larry, j\u2019ai un problème avec U2, annonça Tétrault.\u2014 U2, Me 2, de quoi tu me parles André ?blagua Smith.\u2014 Je te parle de U2, insista Tétrault.\u2014 C\u2019est quoi ça U2, un sous-marin ?répliqua Smith.\u2014 Du rock Larry, c\u2019est un groupe rock connu à travers le monde entier.Ils viennent chanter au stade le 2 novembre.Le même soir que le match des Alouettes.On a un problème.» Un autre que Larry Smith aurait piqué une crise de nerfs, envoyé promener le président ou lui aurait carrément raccroché la ligne au nez.Mais l\u2019ancien joueur étoile des Alouettes, redoutable et menaçant sur un terrain de football, est dans la vie de tous les jours un bon gars, mais surtout un gars pratique.Au lieu d\u2019engueuler le président et de lui faire perdre du temps et de l\u2019argent, il s\u2019est mis à la recherche d\u2019une solution.Quelqu\u2019un a mentionné le stade McGill.Smith n\u2019y avait pas mis les pieds depuis un siècle.Il a vite compris pourquoi.Abandonné de tous sauf par les éléments, le stade était en état de décomposition avancée.Le béton était craquelé, la mauvaise herbe perçait de partout et un arbre poussait même dans un gradin.Smith a demandé si on pouvait l\u2019abattre.On lui a répondu qu\u2019il fallait demander la permission aux Amis de la Montagne.Quatre ans plus tard, la ruine est devenue le stade le plus populaire en ville, et son équipe, la préférée des amateurs, tous sports confondus.Tout ça à cause de Larry Smith, une alouette tenace et entêtée qui, sur le terrain de jeu comme dans la vie, ne s\u2019est jamais laissé abattre (ni plumer) par l\u2019adversité.n À lire, l\u2019entrevue en page A7 Nathalie Petrowski rencontre LARRY SMITH PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse Larry Smith 0,9% à l\u2019achat* Voyez votre concessionnaire pour tous les détails.*Sur la plupart des véhicules en inventaire.2871836 1LP0201A0626 DEUXLUNDI-26-06 1LP0201A0626 ZALLCALL 67 00:55:13 06/26/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 Suites de la une Manning a joué et perdu MANNING / Suite de la A1 qui a tiré avec talent les ficelles pour Mike Harris, l\u2019artisan secret de la révolution du bon sens, celui qui avait l\u2019appui de Bay Street et la plus grosse caisse électorale, celui- là a mordu la poussière samedi de la façon la plus humiliante en ne récoltant que 18,21 % des voix.Sa mésaventure au Québec - où des mercenaires payés 2000 $ pour vendre des cartes de membres à 5 $ de commission la carte ont recruté des citoyens québécois sans même leur en parler - avait d\u2019ailleurs été pour lui le commencement de la fin.Son argent a plutôt repoussé les réformistes de souche qui ont horreur de cette vieille manière de faire de la politique.La cruelle leçon de réalisme reçue par Tom Long en fin de semaine est d\u2019ailleurs peut-être pour quelque chose dans son refus, samedi soir, de se rallier à l\u2019un ou l\u2019autre des candidats gagnants.Il trouvera certainement un baume dans les salamalecs et les agenouillements auxquels ont commencé à se livrer MM.Day et Manning pour récupérer ses 21 823 électeurs au deuxième tour.Que reste-t-il de ce grand projet de Preston Manning après ce week-end où il a connu la plus grosse déconfiture de sa carrière politique ?L\u2019Alliance canadienne s\u2019est certes renforcée en termes de membres, passant de 75 000 à 200 000 en moins de trois mois.Mais combien de ces membres poursuivront l\u2019aventure ?Déjà, samedi, 80 000 d\u2019entre eux ne se sont même pas dérangés pour voter.Pourquoi bougeraient-ils davantage le 8 juillet ?Et qu\u2019en est-il de la coalition qui devait soulager les ressentiments de l\u2019Ouest vis-àvis la domination économique de l\u2019Ontario, qui devait faire oublier aux habitants des provinces de l\u2019Atlantique la négligence économique d\u2019Ottawa à leur égard.Et où sont ces appuis du Québec à l\u2019Alliance ?Que sont devenus ces 11 900 membres samedi alors que, affirme-t-on de bonne source, moins de 1 500 auraient participé au scrutin ?En fait, d\u2019un parti régional de l\u2019Ouest, l\u2019Alliance canadienne aura réussi tout au plus à devenir un superparti régional de l\u2019Ouest.Elle s\u2019est acquise de nouveaux appuis en Alberta et en Colombie-Britannique, justement là où elle en avait le moins besoin, échouant, du moins à ce jour, à rassembler les destinées séparées et isolées des diverses régions de ce pays.C\u2019est un peu cet échec que reflète la descente aux enfers de Preston Manning en fin de semaine.PHOTO SYLVAIN RYAN, collaboration spéciale La police a procédé à 35 arrestations dans la nuit de samedi à dimanche aux abords du parc du Mont-Royal.Peu de grabuge à la Saint-Jean PEU DE GRABUGE / Suite de la A1 endommagées et plusieurs autres renversées.« Une évaluation très sommaire fait état de moins de 10 000 $ de dommages.Ça n\u2019inclut pas la boîte de contrôle des feux », mentionne André Lazure, porte-parole du Service des travaux publics.L\u2019homme atteint de coups de couteau repose encore à l\u2019hôpital ; sa vie est hors de danger.Hier après-midi, la police ne détenait aucun suspect relativement à cette agression.Par contre, une femme a été arrêtée et devra répondre à des accusations de voie de fait sur un policier après avoir giflé.le commandant Durocher alors qu\u2019il faisait un point de presse au beau milieu de la nuit.« Elle est sortie de nulle part, a-t-il raconté ».Les 34 autres personnes arrêtées, 20 hommes, 5 femmes et 9 adolescents devront répondre à des accusations d\u2019attroupement illégal.Ils comparaîtront tous sur sommation.Par ailleurs, les services de police de plusieurs municipalités contactés par La Presse ne font état d\u2019aucun incident majeur au cours des festivités tenues samedi ou vendredi soirs.À Québec, le lieutenant Pierre Voisard rapporte 14 arrestations vendredi soir alors que se déroulait un grand spectacle sur les Plaines d\u2019Abraham.À Chicoutimi, on relève aussi quelques arrestations pour des événements mineurs alors qu\u2019à Sherbrooke, une seule personne a été arrêtée en état d\u2019ébriété.Par contre, les policiers de Saint-Hyacinthe, La Baie, Roberval, Sainte-Foy, Lévis, Longueuil et Laval n\u2019avaient rien à signaler.Soirées très tranquilles également sur le vaste territoire desservie par la Sûreté du Québec, observe l\u2019agent Pierre Robichaud.Pendant ce temps, au parc Maisonneuve de Montréal où a eu lieu le grand spectacle de samedi soir, une douzaine de personnes s\u2019affairaient hier à ramasser, parfois sous la pluie, les déchets avec des balais à gazon.« Ça va nous prendre six ou sept heures », a mentionné Patrice Pilon, propriétaire de l\u2019entreprise Nettoyage Ouragan.Selon lui, le terrain du parc était jonché de plus de déchets que l\u2019an dernier.« La foule (250 000 personnes) était plus compacte », estime-t-il.Comme à chaque année, les employés ont fait quelques découvertes inusitées : petites culottes, condoms, montres, stylos, clefs et trousses de premiers soins.Le malheur au service des partis LE MALHEUR / Suite de la A1 Mexico(UNAM) venu aider les sinistrés.Près de lui, une vingtaine de personnes se bousculent autour d\u2019un camion débordant de caisses de vivres et de vêtements, offerts par un syndicat de camionneurs de la capitale.Maria de la Paz, 62 ans, quitte le groupe avec une boîte de vêtements, ses souliers sont maculés de boue comme les murs des maisons.Une ligne brune, à deux mètres du sol, indique le niveau atteint par l\u2019inondation.« Ce n\u2019est pas de la faute du gouvernement si nous avons été inondés, c\u2019est une catastrophe naturelle.Il pleuvait tellement que le mur du canal a cédé et l\u2019eau a débordé », dit-elle.Le fatalisme de Maria est partagé par un grand nombre de ses concitoyens qui, selon les sondages, iront voter une nouvelle fois en faveur du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir depuis 71 ans.« Moi je veux la paix, d\u2019ailleurs le PRI gouverne depuis longtemps et il sait ce qu\u2019il fait », ajoute Maria.Son commentaire laisse pantois les étudiants qui nous écoutent.Pour eux, il est temps que le Mexique change de gouvernement, et même si les gens n\u2019en tiennent pas rigueur aux autorités, il ne fait aucun doute dans leur esprit que l\u2019administration a été négligente.« Le canal existait avant que ces maisons ne soient construites.La municipalité n\u2019aurait jamais dû les laisser s\u2019installer ici », affirme Mauricio Arteaga, un autre volontaire de l\u2019UNAM.Aujourd\u2019hui, les gens ne veulent plus partir parce que ce serait quitter tout ce qu\u2019ils ont, explique Mauricio.Lorsqu\u2019ils sont arrivés dans le secteur, il n\u2019y avait pas d\u2019électricité, même pas d\u2019eau courante, ils n\u2019ont pas envie de tout recommencer ailleurs en dépit du fait que la ville leur offre des terrains.Continuer à vivre a proximité du canal qui charrie les eaux usées de Mexico est cependant très périlleux.Depuis l\u2019inondation, il n\u2019y a plus d\u2019eau potable et les problèmes de santé se multiplient.Les employés municipaux, appuyés par des militaires et des volontaires, aident les gens à désinfecter leur maison avec du chlore, mais la vie est loin d\u2019avoir repris son cours normal.Se laver avec de l\u2019eau contenant autant de chlore provoque des problèmes dermatologiques qui viennent s\u2019ajouter aux infections pulmonaires, aux malaises intestinaux et aux autres maladies communes en pareilles circonstances, note Mauricio.Le malheur des électeurs de Chalco a été récupéré par les organisateurs du PRI qui ne cessent de répéter que cette inondation était imprévisible.Des citoyens de Chalco ont pourtant signalés aux autorités la présence de fissures dans le mur du canal longtemps avant la catastrophe.« Ils vont certainement tenter de culpabiliser notre parti.Nous devons multiplier nos interventions, sinon les citoyens mécontents vont dire qu\u2019il faut voter contre le PRI.Nous devons être très présents sur le terrain pour contrer ça », a déclaré le candidat local Luis Enrique Martinez Ventura lors d\u2019un entretien avec la presse.Selon lui, les militants du PRI doivent expliquer aux sinistrés que l\u2019aide passe par les structures du parti même si celui-ci ne le dit pas dans sa propagande électorale.Son message a été entendu par les partisans du PRI et la distribution de vivres, de vêtements et d\u2019eau embouteillée se fait par des personnes portant des chemises avec le slogan « Le PRI avance ».Maria et ses voisins l\u2019ont bien compris.Un kilomètre plus loin, à la terrasse d\u2019un casse-croûte d\u2019Ixtapulaca, Miguel Patulan et son copain Cumbertino Garcia ne se laissent pas influencer par cette campagne de récupération politique.« Les gens n\u2019osent pas dire pour qui ils votent de crainte des représailles, ils ont peur de ne plus avoir d\u2019aide.Moi, j\u2019irai encore voter pour Cardenas (le candidat de la gauche) », dit Garcia.Selon lui, le PRI fait des promesses depuis 50 ans, mais rien ne change.Il annonce des hausses de salaires et c\u2019est tout le contraire qui se produit, la dévaluation vient gruger les revenus des Mexicains.« Le Mexique a la main-d\u2019oeuvre la moins chère en Amérique, on est pays d\u2019esclaves », dit-il en avalant sa dernière gorgée de Coca Cola.Les deux compères aimeraient bien poursuivre la conversation, mais ils doivent céder leur table à des gens qui attendent.Ils nous conseillent d\u2019aller voir la clinique locale pour constater la piètre qualité des services de santé de la ville et ajoutent que l\u2019hôpital le plus proche est à 20 kilomètres.Lors des dernières élections, il y a six ans, le PRI avait obtenu une très forte majorité à Chalco.Si les citoyens de la ville lui font encore confiance cette année, c\u2019est peut-être signe qu\u2019il en remportera également une dans le pays.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 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à trois chiffres : 6-1-6 à quatre chiffres : 7-9-6-6 COLLECTES DE SANG Aujourd\u2019hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants : n à Montréal : Centre des donneurs de sang, Centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est (métro Préfontaine), de 10 h à 17 h 30; n à Montréal : Expos de Montréal/ Jacques-Beauchamp, Stade olympique (terrain), 4545, avenue Pierre-de-Coubertin, de 10 h à 20 h.Objectif: 900 donneurs.DEMAIN DANS LA PRESSE Pierre David, producteur Pierre David, l\u2019un des premiers Québécois à se faire un nom dans La Mecque du cinéma hollywoodien, joue actuellement aux États- Unis un rôle clé dans le controversé dossier portant sur l\u2019exode du cinéma américain vers le Canada.Michel Girard nous l\u2019explique demain dans le dossier Économie.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net L\u2019Alliance canadienne peut-elle causer une surprise aux prochaines élections fédérales ?Selon vous, a-t-on réussi à «dépolitiser» le défilé de la Saint-Jean ?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 40 % Non: 60 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n\u2019a aucune prétention scientifique. 1LP0301A0626 A 3 (lundi) 1LP0301A0626 ZALLCALL 67 00:54:25 06/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 A 3 Aucun recours pour les victimes du viaduc Mais ce pourrait être l\u2019occasion de réviser la Loi de l\u2019assurance automobile ANDRÉ DUCHESNE La famille de Gilbert Vinson, cet homme mort dans l\u2019effondrement du viaduc du boulevard du Souvenir dimanche dernier à Laval, et les deux rescapés de l\u2019accident ont bien peu de chances d\u2019obtenir des compensations judiciaires, selon plusieurs avocats consultés.Par contre, cette histoire pourrait ouvrir la porte à un débat sur la révision de la loi.Aussi extraordinaire soit-il, l\u2019événement serait couvert comme n\u2019importe quel autre par le régime de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), puisque les trois hommes se trouvaient à bord d\u2019un véhicule.La SAAQ dédommage les victimes, mais cellesci n\u2019ont aucun autre recours.En termes communs, c\u2019est le principe du « no fault » qui s\u2019applique.« La Loi de l\u2019assurance automobile est très claire.Tout dommage corporel qui résulte d\u2019un accident automobile ne peut faire l\u2019objet de poursuites judiciaires.Mais si on maintient cette immunité, il faudrait sans doute élargir la notion des victimes », croit Me Jannick Perreault, avocate de la Fondation des accidentés de la route.Par victimes, elle donne en exemple les proches des deux hommes, Marc Vallée et Louis Gauthier, qui ont miraculeusement survécu à l\u2019effondrement des huit poutres de béton armé sur la Volvo dans laquelle ils se trouvaient.Ces proches ne pourront recevoir de compensation pour les inconvénients causés par l\u2019hospitalisation ou la convalescence des victimes.Tous les avocats consultés sont également unanimes pour dire que les sommes versées par la SAAQ dans de tels cas sont relativement minimes, peu généreuses.« Par contre, les dossiers couverts par la SAAQ sont réglés beaucoup plus vite.C\u2019est rapide et simple.Alors que s\u2019il y avait poursuite, ça traînerait en longueur devant les tribunaux.Il y aurait de gros enjeux et les compagnies d\u2019assurances des différentes parties (ingénieurs, architectes, constructeurs, etc.) s\u2019en mêleraient », explique un avocat spécialisé en responsabilité civile qui requiert l\u2019anonymat.Un cas limite Ce dernier estime cependant que cette histoire représente « un cas limite » en ce sens qu\u2019un juge pourrait faire une interprétation plus restreinte de la loi qui, en général, est interprétée dans un sens très large.Des cas de jurisprudence existent au Québec.Ainsi, en 1999, une chaîne de restauration rapide avait été poursuivie par un couple ébouillanté par du café qu\u2019une employée avait renversé sur eux alors qu\u2019ils se trouvaient dans leur voiture (au service au volant).Le restaurant avait plaidé que cet accident relevait de la SAAQ, mais le juge, après délibéré, en avait décidé autrement.Un autre avocat, François Audet, rappelle l\u2019histoire de cet homme dont le fils en bas âge a perdu la vie après que sa voiture est tombée en bas de l\u2019autoroute Métropolitaine mal déglacée il y a quelques années.Le père n\u2019a jamais pu poursuivre qui que ce soit.« Si les poutres du viaduc de l\u2019autoroute des Laurentides étaient tombées sur des piétons, là, il aurait pu y avoir poursuites au civil, dit de son côté Me Louis Grignon de Granby.Mais dans le cas actuel, si j\u2019avais de l\u2019argent, je ne l\u2019investirais pas dans cette cause-là.» Privé de garderie à cause de ses allergies ! MARTINE ROUX Après avoir finalement déniché une place en garderie pour leur fils Victor, 11 mois, des parents de Laval sont tombés des nues en apprenant que leur poupon ne pourrait fréquenter l\u2019établissement.en raison des allergies alimentaires qui l\u2019affligent.Allergique aux produits laitiers et aux oeufs, Victor ne boit que du lait de soya et fuit les biscuits, les pâtes fraîches et même le pain.Mais ses parents, Julie Farah-Lajoie et Hugo Lambert, étaient loin de se douter que ce régime se transformerait en casse-tête lors de l\u2019inscription à la garderie.Victor devait pourtant commencer à fréquenter la Garderie Faby aujourd\u2019hui.Mais bien qu\u2019elle fût au courant des allergies du bambin, la propriétaire de l\u2019établissement de la rue Papineau a changé d\u2019avis la semaine dernière.« Selon notre médecin, ces allergies sont assez communes chez les enfants et devraient disparaître avec l\u2019âge, explique Mme Farah- Lajoie.De toute façon, elles sont parfaitement contrôlables et nous avions convenu d\u2019apporter tous les repas de Victor à la garderie.Je ne comprends pas qu\u2019on refuse un enfant à cause de ses allergies ! » Depuis la naissance de Victor, le couple s\u2019était inscrit sur les listes d\u2019attente d\u2019une bonne vingtaine de garderies.Déjà excédés par cette recherche, les parents ont maintenant l\u2019impression d\u2019être victimes de discrimination.« C\u2019est comme si un hôpital refusait tel type de malade ! commente le papa.Il devrait y avoir des normes ou des règles claires quant à l\u2019admission des enfants allergiques en garderie.» Des normes ou des règles, il n\u2019y en a pas, répond la propriétaire de la garderie, Faby Normandeau, dont l\u2019établissement est en voie de devenir un Centre de la petite enfance (CPE).« Chacun fait ses propres règles, explique-t-elle.Nous avons décidé de ne pas prendre Victor car ses allergies représentent un risque trop élevé.À la pouponnière, il y a seulement deux éducatrices pour 10 enfants et les allergies seraient un stress constant pour elles.» La garderie a déjà accueilli des enfants allergiques, poursuit Mme Normandeau, mais ils étaient plus âgés.« À cinq ans, par exemple, ils savent eux-mêmes ce qu\u2019ils peuvent ou ne peuvent pas manger.Mais imaginez qu\u2019un poupon prenne la nourriture d\u2019un autre enfant ! Ce n\u2019est pas évident.» À ce compte, les bébés peuvent aussi bien se blesser avec une épingle ou un stylo, ironisent les parents.« Tant que Victor mange dans sa chaise haute, je ne vois pas de problème, estime la mère.Ce qui m\u2019exaspère, c\u2019est qu\u2019on le refuse avant même d\u2019avoir tenté l\u2019expérience.» « Nous avons décidé de ne pas prendre Victor car ses allergies représentent un risque trop élevé », explique la propriétaire de la garderie, Faby Normandeau.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Après plusieurs mois de recherches, Julie Farah-Lajoie et Hugo Lambert avaient enfin trouvé une garderie pour Victor, leur premier enfant.Mais ils devront tout reprendre à zéro.Radio-Canada paralysée par une panne informatique 2831456 MARTINE ROUX Les auditeurs de la radio de Radio-Canada ont dû se passer hier d\u2019une bonne partie de la programmation régulière de la station en raison d\u2019une panne informatique.Le grand responsable est Dalet, un logiciel de traitement sonore utilisé par la salle des nouvelles depuis près de deux ans.Dans ses bonnes journées, c\u2019est une petite merveille : il permet d\u2019enregistrer, de monter et d\u2019archiver des reportages pour ensuite les intégrer à la programmation en un tournemain.Sauf qu\u2019à 1h hier matin, Dalet a boudé.« Si le système flanche, nous n\u2019avons plus accès aux données déjà enregistrées, explique un technicien de la salle des nouvelles.Nous ne pouvions pas donc diffuser des reportages qui étaient entrés la veille, par exemple.» Mis à part quelques rares morceaux d\u2019émissions enregistrés sur bandes ou des entrevues diffusées en direct, les auditeurs ont eu droit à de la musique jusqu\u2019en milieu d\u2019après-midi.Et la salle des nouvelles a continué de pondre les bulletins de nouvelles \u2014 montés sur rubans \u2014 heure après heure.De mémoire de technicien, Radio-Canada n\u2019avait jamais connu de panne généralisée d\u2019une telle ampleur.Les droits de la personne ont progressé au Québec Presse Canadienne QUÉBEC Depuis 25 ans, les droits de la personne ont progressé sur plusieurs fronts au Québec mais les gains restent fragiles, estime le président de la Commission des droits de la personne, Me Claude Filion.« L\u2019évolution de la société québécoise se mesurera toujours à l\u2019aune de la lutte que nous menons contre l\u2019exclusion, et surtout contre l\u2019exclusion de ceux qui n\u2019ont pas voix dans le forum social », a déclaré Me Filion dans une entrevue accordée à l\u2019occasion du 25e anniversaire de l\u2019adoption par l\u2019Assemblée nationale de la Charte des droits en juin 1975.Les droits des Québécois et des Québécoises sont maintenant mieux assurés et mieux défendus sur plusieurs fronts, croit Me Filion.Il cite comme exemple le droit des femmes ou celui des personnes handicapées.« Il reste encore des gains à accomplir dans ces secteurs, mais les Québécois ont développé de la tolérance », a dit le président de la Commission.Toutefois, ces gains demeurent fragiles.La preuve, c\u2019est que cette année encore, quelque 883 dossiers ont été ouverts à la Commission à la suite de plaintes pour discrimination.Le quart des plaintes concernent un geste de discrimination eu égard à un handicap, 18 % concernent de la discrimination basée sur le sexe, 14 % sur la couleur ou l\u2019origine ethnique, 12 % sur l\u2019âge et 6 % sur la condition sociale.Beaucoup de ces plaintes concernent le droit au travail, mais on en relève concernant le logement, l\u2019accès au transport ou l\u2019accès dans un lieu public.Le pire, constate Me Filion, c\u2019est que l\u2019administration publique est prise à partie dans 35 % des dossiers.En effet, 312 des 883 plaintes ont été portées par des personnes qui estiment leurs droits lésés par une administration publique ou parapublique. 1LP0401A0626 a04 polit lun 26 juin 1LP0401A0626 ZALLCALL 67 00:52:55 06/26/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 Politique Manning n\u2019abandonne pas GILLES TOUPIN envoyé spécial, CALGARY Visiblement ébranlé et nerveux, Preston Manning a pris son courage à deux mains et il a entrepris de se relever de son échec de samedi lors du premier tour du scrutin à la direction de l\u2019Alliance canadienne.Il a enjoint quelques-uns de ses sympathisants hier matin, réunis dans un hôtel de Calgary, à ne pas abandonner la lutte.Malgré l\u2019impressionnante victoire de son rival, Stockwell Day, qui est passé à moins de 6 % des voix de devenir dès le premier tour le chef de l\u2019opposition officielle, M.Manning estime qu\u2019il peut encore l\u2019emporter à l\u2019arraché le 8 juillet prochain lors du second tour.Son entourage, notamment les principaux députés de l\u2019Alliance qui l\u2019appuient, les Monte Solberg, Deborah Gray, Chuck Strahl et Diane Ablonczy, affichaient une mine basse et trahissaient leurs efforts pour s\u2019accrocher un sourire aux lèvres.Le coeur n\u2019y était tout simplement pas.Pendant ce temps, le rival triomphant, Stockwell Day, prenait une journée de repos auprès de sa famille avant de se lancer dans une bataille de 12 jours pour assurer avec 50 % plus un des voix son étonnante percée du premier tour.Stockwell Day avait confié après sa victoire samedi soir qu\u2019il n\u2019allait rien changer à son style de campagne, qu\u2019il maintenait sa stratégie fondée sur de nombreuses assemblées publiques et sur un suivi permanent de son personnel sur le terr a i n .M.Day s \u2019 e s t d i t particulièrement heureux de sa percée en Ontario où il a terminé bon premier.« Nous savions, a-t-il dit, que nous faisions bien et ce ne fut donc pas un choc total que cette belle performance en Ontario.» Pour lui, sa victoire dans la majorité des provinces est la démonstration qu\u2019il est la personne idéale pour construire cette coalition de la droite « capable de déloger les libéraux de Jean Chrétien ».Sans commenter la déconfiture de Tom Long en Ontario (le protégé du premier ministre Mike Harris), M.Day a bel et bien l\u2019intention de courtiser la clientèle conservatrice associée au jeune stratège de la révolution du bon sens.« Je vais demander aux gens, a-t-il dit, qui ont appuyé Tom pour des raisons personnelles d\u2019épouser maintenant une perspective plus grande, de regarder vers un horizon plus brillant, celui de déloger le gouvernement libéral.Je leur dirai que nous pouvons réussir ce qu\u2019ils voulaient eux-mêmes réussir à travers Tom.» Sur quelque 200 000 membres dûment inscrits au parti, 119 868 ont participé au premier tour samedi, dont 44 491 par vote téléphonique.Stockwell Day, l\u2019ancien ministre des Finances de l\u2019Alberta, a récolté 53 002 voix (44,22 %), P r e s t o n Manning 43 161 (36,01 %), Tom Long, le jeune espoir conservateur de l\u2019Ontario, 21 823 (18,21 %) alors que Keith Martin recevait 1673 votes (1,40 %) contre 209 (0,17 %) à l\u2019obscur John Stachow.Preston Manning, l\u2019instigateur de cette nouvelle alliance de la droite au Canada, a donc une pente ardue à remonter s\u2019il veut rattraper et battre Stockwell Day à la ligne d\u2019arrivée.Pour chaque nouvel appui que l\u2019ancien ministre albertain ira chercher d\u2019ici le 8 juillet, M.Manning devra, lui, s\u2019en gagner trois s\u2019il veut avoir la moindre chance de conserver son poste de chef de l\u2019opposition.« Il est très difficile d\u2019imaginer, a commenté Stephen Harper, le président de la Coalition nationale des citoyens, comment Manning pourra effacer l\u2019avance de Day lors du second tour.» Mais le député de Calgary Sud- Ouest insistait sur ses chances hier et mettait sa défaite sur le compte de l\u2019excès de confiance de ses militants qui ont cru que sa victoire était assurée et qui n\u2019ont pas pris la peine d\u2019aller voter.M.Manning a en effet affirmé que l\u2019écart de 10 000 votes ou de 8 % qui le sépare de Stockwell Day n\u2019est pas insurmontable.Il peut être comblé si son organisation parvient à faire voter au deuxième tour une bonne partie des quelques 80 000 membres qui se sont abstenus de le faire samedi dernier.« Ce que cela veut dire, a-t-il expliqué, c\u2019est qu\u2019il nous faut faire voter environ de 15 000 à 20 000 autres personnes afin de gagner le 8 juillet.» Preston Manning a donc supplié ses gens hier de tout faire pour convaincre les membres du parti qu\u2019il a les meilleures qualifications pour occuper « le job de premier ministre ».Son succès ou sa chute ne dépendent plus, en somme, que du nombre de personnes qui voteront au deuxième tour.PHOTO CP Le premier ministre Chrétien lors d\u2019une réception à l\u2019ambassade canadienne à Lisbonne.Day n\u2019inquiète pas Chrétien VINCENT MARISSAL envoyé spécial, LISBONNE La possibilité d\u2019affronter Stockwell Day aux prochaines élections n\u2019inquiète pas du tout Jean Chrétien, qui affirme que les Canadiens rejetteront les politiques de droite du politicien albertain au profit des libéraux.« Je ne vois pas une grande menace, a lancé le premier ministre, hier soir à Lisbonne.C\u2019est surprenant, mais M.Manning, maintenant, a l\u2019air d\u2019un modéré.Avec Stockwell Day, Deborah Grey aura l\u2019air de la nouvelle Maude Barlow (la présidente du Conseil des Canadiens, un important groupe de pression de gauche).» Rappelant les problèmes d\u2019organisation de l\u2019Alliance canadienne au cours des dernières semaines et lors du premier tour, samedi à Calgary, M.Chrétien soutient que la venue d\u2019un nouveau chef n\u2019a pas de quoi effrayer les libéraux au pouvoir depuis 1993.« Nous avons notre programme et notre bilan, dit-il, nous avons notre organisation et nous sommes prêts pour des élections dès que nous déciderons de les déclencher », insistant d\u2019abord pour dire que M.Day n\u2019a pas encore été élu à la tête de l\u2019Alliance canadienne.« Et quand bien même serait-il élu, cela ne changerait rien, affirme M.Chrétien.\u2014 Stockwell Day pourrait-il ratisser plus large que Preston Manning ?lui a-t-on demandé.\u2014 On verra.\u2014Ça vous inquiète ?\u2014 Non.» L\u2019arrivée sur la scène politique canadienne d\u2019une nouvelle génération de politiciens \u2014 Stockwell Day n\u2019a que 49 ans \u2014 n\u2019ébranle pas non plus M.Chrétien (66 ans), qui persiste à dire qu\u2019il se représentera pour un troisième mandat.« Ce n\u2019est pas une question de génération.Celui que les gens aiment beaucoup, c\u2019est Paul Martin, on est de la même génération, ditil.Ce n\u2019est pas une question de génération, mais de politiques, de programmes et de philosophie.» Loin d\u2019être une menace pour les libéraux, les politiques de droite de l\u2019Alliance \u2014 et surtout de Stockwell Day \u2014 feront fuir les Canadiens, soutient M.Chrétien.« Le mouvement vers la droite de l\u2019Alliance me plaît, dit-il, parce que les valeurs canadiennes, je les ai toujours défendues, il ne faut pas penser seulement aux réductions d\u2019impôt, il y a encore de la pauvreté, il y a des problèmes économiques dans les régions.C\u2019est une question de philosophie : le gouvernement peut être un élément de force pour le bien dans une société.» PHOTO CP Samedi, pendant le congrès au leadership de l\u2019Alliance canadienne, Preston Manning et Stockwell Day se sont donné l\u2019accolade.Chrétien tenté de participer à la future force d\u2019intervention de l\u2019Union européenne VINCENT MARISSAL envoyé spécial, LISBONNE Le Canada pourrait accepter l\u2019invitation de l\u2019Union européenne de fournir, à partir de 2003, des troupes ou des policiers dans la future force d\u2019intervention rapide lors de conflits européens.Désireuse de contrebalancer l\u2019omniprésence des États-Unis dans les missions de maintien la paix, l\u2019Union européenne veut lancer, en 2003, une force policière et une force militaire de maintien de la paix composées uniquement d\u2019Européens.Le Canada se montre toutefois intéressé à participer à certaines missions de cette force européenne, lorsque l\u2019OTAN n\u2019est pas impliqué.Encore marquée par l\u2019expérience récente du Kosovo, où les puissants États-Unis ont pris pratiquement toute la place sous le chapeau de l\u2019OTAN, l\u2019Europe veut se doter de sa propre force d\u2019intervention pour les conflits européens.« L\u2019OTAN a le droit de premier refus (de s\u2019engager dans un conflit) ; alors, les Européens veulent s\u2019assurer de disposer d\u2019une force à elle au cas où les Américains ne seraient pas disposés à s\u2019engager dans tel ou tel conflit, explique un conseiller du premier ministre Chrétien en affaires internationales.Les Américains veulent aussi pouvoir appliquer leur solution lors de conflits européens.» Le sujet sera abordé aujourd\u2019hui à Lisbonne où le Canada rencontre les dirigeants de l\u2019Union européenne.Il ne faudrait pas y voir un désaveu de l\u2019OTAN ou des États- Unis, insistent les hauts fonctionnaires canadiens, qui reconnaissent toutefois que la participation du Canada à cette force permettrait au Canada de maintenir son statut particulier auprès de l\u2019Union européenne.« Nous sommes toujours pour la paix, résume le premier ministre Jean Chrétien.La meilleure formule pour maintenir la paix aura toujours le support des Canadiens.J\u2019aurai l\u2019occasion d\u2019en discuter avec les dirigeants de l\u2019Union européenne (aujourd\u2019hui).» Outre cette nouvelle force, la question des semences transgéniques, du boeuf aux hormones, de l\u2019accès des vins ontariens en Europe et des subventions aux producteurs agricoles sont aussi à l\u2019ordre du jour aujourd\u2019hui à Lisbonne.La ville d\u2019Edmunston menacée d\u2019éclatement ANDRÉ PÉPIN CARAQUET, Nouveau-Brunswick Le plus important regroupement municipal jamais réalisé au Nouveau- Brunswick, qui créait la plus grande ville francophone de la province, Edmundston, située aux frontières du Québec et du Maine, risque maintenant d\u2019éclater après seulement deux ans d\u2019existence.Le rattachement de trois gros villages à l\u2019ancienne ville d\u2019Edmundston a été concrétisé en 1998.Mais depuis quelques mois, des groupes de citoyens, organisés dans les anciens villages, multiplient les pressions pour retrouver leur autonomie.Le regroupement municipal avait été réalisé par l\u2019ancien gouvernement libéral des Frank McKenna et Camille Thériault.Les citoyens mécontents demandent aujourd\u2019hui au premier ministre conservateur Bernard Lord de trancher la question.Et ils ont l\u2019appui d\u2019un poids lourd du gouvernement, le ministre des Ressources naturelles, Jeannot Volpé, député de la région.M.Volpé est un politicien redoutable, très enraciné dans le milieu qu\u2019il représente depuis plusieurs années.Il était député conservateur dans le Madawaska à l\u2019époque du puissant règne libéral McKenna.Son intervention dans le dossier pourrait donc faire basculer les décisions antérieures concernant la nouvelle ville francophone.Le maire d\u2019Edmundston, Jacques Martin, vient de faire une sortie publique pour implorer le premier ministre de trancher le débat une fois pour toutes.Le maire admet qu\u2019il est difficile, dans le contexte actuel, de planifier l\u2019administration de la nouvelle ville.Le regroupement joignait à Edmundston les villages de Saint-Jacques, Saint-Basile et Verret, faisant passer de 15 000 à 18 000 la population de la ville.Il n\u2019y a pas eu à l\u2019époque de référendum sur la question, mais des consultations avaient été menées dans le milieu.Fredericton encourageait fortement le regroupement, sans toutefois l\u2019imposer directement.Au sein du personnel de la ville d\u2019Edmundston, hier, on ne cachait pas son agacement.« Nous ne savons plus sur quel pied danser.Le premier ministre Bernard Lord n\u2019a jamais dit qu\u2019il ferait une déclaration publique.Nous, cependant, nous l\u2019espérons pour que cessent les réunions tumultueuses », a confié un collaborateur du maire Jacques Martin, admettant du même souffle suivre de très près l\u2019évolution du dossier des regroupements au Québec.Les assemblées du conseil sont de plus en plus tumultueuses.Des policiers en civil sont là pour intervenir rapidement si cela s\u2019avère nécessaire.La situation devient inten a b l e .D a n s l a r é g i o n , principalement dans les rues des villages annexés, des affiches sont installées pour inciter les citoyens à manifester au conseil de ville d\u2019Edmundston.Les citoyens mécontents craignent bien sûr les hausses de taxes, mais déplorent principalement la perte de leur identité.Les noms des rues, les adresses, l\u2019identité de leur village.Les noms de Saint-Basile, Saint-Jacques et Verret ne disparaissent pas du vocabulaire quotidien.Il est important également de souligner que ces différents villages montraient une situation financière enviable, avant le regroupement.C\u2019était notamment le cas à Saint-Jacques, où tous les services étaient payés.La population y a même reconstruit une église, sans aucune dette.Depuis quelques jours, le maire Martin multiplie les rencontres privées pour tenter d\u2019apaiser le mécontentement.2871362 2867667 1LP0501A0626 A5 LUNDI 1LP0501A0626 ZALLCALL 67 00:53:28 06/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 A 5 Les feux de la Saint-Jean C\u2019était il y a une douzaine d\u2019années, à l\u2019époque où l\u2019on voyait, partout en ville, des affiches qui disaient « Ne touchez pas à la Loi 101 ».Ma nièce, qui avait alors cinq ou six ans, s\u2019était fait expliquer le sens de ces affiches par une voisine, qui en avait placardé son balcon.Ma nièce a résumé toute la problématique et le danger de la situation à ma soeur : « La Loi 101, c\u2019est une chose, si tu touches à ça, tu deviens un Anglais ! » L\u2019histoire m\u2019est revenue en mémoire cet hiver.Notre plus vieux, qui n\u2019avait pas encore cinq ans, nous a expliqué qu\u2019un de ses amis anglophones à la pré-maternelle « veut jouer avec des Canadiens, mais il ne parle même pas français ».Quelques précisions historiques et démographiques s\u2019imposaient.Il y a trois semaines, nous allons visiter le fort de Chambly.Un fort, des canons, des fusils, des soldats : un gros succès.Il y a des fresques qui reconstituent des scènes de combat entre les armées anglaise et française au XVIIIe siècle.Et d\u2019autres entre des Français et des Iroquois.\u2014 C\u2019étaient qui les méchants ?Ils étaient méchants, les Anglais ?Ils étaient méchants, les Indiens ?Qui a gagné ?Que voulez-vous y faire ?Tous les pays sont nés d\u2019une guerre ou de plusieurs.Ça demande explications.Les Indiens, les Français, les Anglais, le Canada, le Québec.Il faut essayer d\u2019organiser ça avec un peu de bon sens dans la tête d\u2019un enfant de cinq ans avec un maximum d\u2019honnêteté et d\u2019ouverture d\u2019esprit.Les parents américains expliquent bien la guerre d\u2019Indépendance, la guerre de Sécession, l\u2019esclavage.Les parents allemands doivent se faire demander : « C\u2019est qui, Hitler ?» \u2014 Et nous, on est des Français ?\u2014 Non, nos ancêtres étaient des Français, c\u2019est pour ça qu\u2019on parle français.Mais nous, on est Canadiens.On est Québécois.C\u2019est-àdire, vois-tu, quand les Anglais sont arrivés, ceux qu\u2019on appelait les Canadiens, c\u2019étaient les Français.Enfin, pas les Français, mais les descendants des Français.Les Anglais, on les appelait les Anglais.Ensuite, ils sont devenus Canadiens.\u2014 Ils parlaient français ?\u2014 Attends un peu.Il y a des Canadiens français et des Canadiens anglais.(Et bien d\u2019autres gens encore, mais laissons ça pour le moment.) La plupart des Canadiens français vivent au Québec.On est des Québécois.\u2014 Mais Olivier ?Et Fiona ?\u2014 Olivier aussi, mais sa mère est née en Angleterre et son père au Québec.Fiona, sa mère est francophone, son père est anglophone.\u2014 C\u2019est un Anglais ?\u2014 Non, c\u2019est un Québécois, un Canadien.Il parle anglais et français.Bon.Vous n\u2019avez pas faim ?Allons manger.n n n Dans l\u2019auto, les deux plus vieux (trois et cinq ans) ne veulent écouter qu\u2019une seule chose : Gilles Vigneault.Henri Dès, c\u2019est bien, Anne Sylvestre aussi, Carmen Campagne, sa vache, ses escargots, à dose homéopathique, s.v.p.Bref, il faut essayer autre chose avant de devenir fou.J\u2019ai essayé un peu de Vigneault, un jour.Ils sont accros depuis.Il n\u2019y a rien à faire.Dès que le moteur démarre, les cris retentissent de derrière : « Je veux Gilles Vigneault ! » « Jack Monoloy aimait une Blanche/Jack Monoloy était indien/Il la voyait tous les dimanches/Mais les parents n\u2019en savaient rien.» \u2014 Pourquoi les parents n\u2019en savaient rien ?Pourquoi il dit : « la Mariouche est pour un Blanc ?» \u2014 Il y a des gens méchants ou ignorants qui jugent les autres par la couleur de leur peau.Au restaurant, le plus vieux pointe un enfant de dix ans : « Papa, est-ce que c\u2019est un Chinois, lui ?» \u2014 Peut-être est-il né en Asie, ou ses parents, mais c\u2019est un Québécois lui aussi.« Et c\u2019est la guerre/Loin de chez nous,/ Comme un grand jeu/D\u2019à qui perd gagne à tous les coups./On croit la faire avec des sous,/Mais dans le corps/des gens très loin.ça fait des trous.» \u2014 Pourquoi il dit que ça fait des trous ?\u2014 C\u2019est pour dire que ce n\u2019est pas drôle, la guerre.Il y a des gens qui meurent, il y en a qui doivent quitter leur pays.« Mon pays ce n\u2019est pas un pays c\u2019est l\u2019hiver.» \u2014 Pourquoi il dit que son pays, ce n\u2019est pas un pays, c\u2019est l\u2019hiver ?La poésie, la neige, la constitution.Ça fait bien des choses à démêler pour s\u2019y retrouver, pour savoir où l\u2019on est.« Profond comme au large de l\u2019île/Doux comme une aile d\u2019istorlet/Loin comme l\u2019Angleterre/Je t\u2019aimerai/Je t\u2019aimerai.» \u2014 C\u2019est loin, l\u2019Angleterre ?\u2014 Ça dépend par où l\u2019on passe.J\u2019ai une idée : si on allait voir les feux d\u2019artifice ?yboisver@lapresse.ca Les résultats des élections fédérales bientôt sur Internet LEANNE YOHEMAS-HAYES Presse Canadienne, OTTAWA Les « politicomanes », les insatiables de l\u2019information et les Canadiens à l\u2019étranger vont pouvoir se régaler grâce à un nouveau site Internet mis au point par ÉElections Canada.L\u2019agence fédérale est en effet à mettre la touche finale à ce site Web, qui comprendra, dès la fermeture des bureaux de scrutin, une abondance d\u2019informations et de statistiques sur les élections fédérales.En fait, les résultats seront affichés ou seront envoyés sous forme de messages électroniques aux internautes intéressés aussitôt qu\u2019ils seront disponibles et aussi vite que leur modem pourra les laisser entrer.« Vous n\u2019aurez plus à attendre pour savoir ce qui se passe dans votre circonscription ou ailleurs », affirme en entrevue le directeur des élections, Jean-Pierre Kingsley.Les gens pourront facilement comparer les résultats dans quelque comté que ce soit au pays, et même les mettre en parallèle avec les résultats de 1997 et des huit élections partielles qui ont eu lieu depuis.En outre, selon M.Kingsley, les utilisateurs pourront programmer le site pour qu\u2019il arrange visuellement les résultats à leur goût.Pour avoir accès au site, les internautes devront s\u2019enregistrer par courrier électronique dès le déclenchement de la campagne électorale.Ils pourront ensuite indiquer comment ils veulent recevoir les informations, le jour du scrutin.Ils pourront notamment choisir de recevoir cette information en texte ou graphiques, en ordre alphabétique ou par affiliation partisane, dans un, deux ou plusieurs comtés, incluant celui du premier ministre et des chefs des autres partis.Les intéressés pourront également signaler leur intention de recevoir des mises à jour sur les candidats pendant la campagne électorale ou des nouvelles qui les intéressent.« Ça va être formidable s\u2019ils arrivent à faire tout ça », soutient Devin Baines, un créateur de sites sur Internet.Mais selon lui, c\u2019est davantage le public que les organisateurs d\u2019élections qui pourront en profiter, ces derniers ayant déjà mis au point leur propre système de sélection des données.Menace de grève des fonctionnaires municipaux Du 1er au 30 juin 2000 à l\u2019achat d\u2019un solarium.Quantité limitée.2871323 MARTINE ROUX Quelques 1200 cols blancs de la Ville de Montréal ont adopté la semaine dernière dans une proportion de 87 % un mandat de grève de 24 heures qu\u2019ils comptent exercer en septembre si Québec ne retire pas les dispositions sur l\u2019arbitrage obligatoire de la loi sur les fusions municipales.Les employés municipaux affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) entendent ainsi protéger leurs conditions de travail en dépit de l\u2019adoption récente des projets de loi 124 et 134, qui doivent mener aux fusions municipales et à la création de la Communauté métropolitaine de Montréal.« Nous ne voulons pas que l\u2019arbitrage puisse décider de nos conditions de travail dans le futur, indique Daniel Paillon- Demers, président du syndicat des cols blancs de la Ville de Montréal.Nous maintiendrons les pressions sur le gouvernement pendant l\u2019été et nous adopterons au besoin d\u2019autres moyens d\u2019action.» Lors d\u2019une fusion, un arbitre pourrait, par exemple, imposer un gel des conditions de travail pour une durée déterminée, craint-il.2863074 1LP0601A0626 A 6 lundi 26 juin 1LP0601A0626 ZALLCALL 67 00:52:06 06/26/00 B Société A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 Histoires de pot, lendemains de veille juridique Par deux fois en deux ans, les policiers de Vancouver ont rempli le plus curieux rapport de leur carrière.Liste des objets volés : 12 petits pots de marijuana, des sacs de biscuits au haschich et 60 disques des Grateful Deads.« Les gars avaient le fou rire, mais ils écrivaient », raconte Hilary Black, qui a fondé le premier Club Compassion du Canada, il y a trois ans, et trouve désormais tout naturel d\u2019appeler la police chaque fois qu\u2019on la dévalise.Autre signe que les temps changent, il y a quelques mois, un homme souffrant de sclérose en plaques est sorti fumer son petit joint sur les marches de la Cour suprême.C\u2019était au beau milieu de son témoignage.De retour après la pause, il s\u2019est empressé de relater son crime aux juges, en soulignant que ses tremblements continuels avaient miraculeusement disparu.Les juges n\u2019ont pas bronché.Pas plus que l\u2019agent de Kitchener, qui, le mois dernier, a obéi au tribunal en remettant un paquet d\u2019herbe illicite à Catherine Devries, qui en sanglotait de joie dans sa chaise roulante.Son colis s\u2019était ouvert à la poste.Et malgré la maladie qui lui a valu une exemption spéciale du gouvernement, les policiers refusaient absolument de le lui rendre, prétextant que cela les transformerait aussitôt en trafiquants ! Bref, juges et policiers vivent de sérieux lendemains de veille depuis que le gouvernement permet à certaines personnes atteintes du sida, de glaucome, de cancer, etc.de fumer de la marijuana, mais pas d\u2019en acheter à d\u2019autres.« Ce n\u2019est pas tout le monde qui peut faire pousser de la marijuana, il y en a qui sont bien trop malades.D\u2019autres qui n\u2019ont pas l\u2019équipement ou qui ne savent pas comment » , s\u2019indigne Hilary Black, une militante qui vend à plus de 1100 personnes, exemption ou pas.Ottawa comme pusher Jim Wakeford, atteint du sida, a décidé de prendre les grands moyens.Il a carrément demandé à la cour de forcer Ottawa à lui fournir de la drogue ! Il a perdu le mois dernier, mais aurait pu gagner.Après tout, Robert Randall a réussi le coup aux États-Unis.En 1976, l\u2019homme s\u2019imposait ainsi dans un programme expérimental de l\u2019Université du Mississippi.Et même si le programme a pris fin sur ordre de George Bush, l\u2019université livre encore 300 joints de pot gouvernemental par mois à huit patients.L\u2019an dernier, deux hommes ont par ailleurs convaincu leur compagnie d\u2019assurance de leur verser jusqu\u2019à 9750$ une fois leurs plants volés, ou saisis par la police.Le Californien Chris Miller lève donc le nez sur les 1272$ que lui a offert Allstate.Il aime autant la poursuivre.Bref, les causes se corsent et les jugements se contredisent aussi au sud de la frontière.Là-bas, huit États ont adopté une loi pour permettre aux malades de cultiver leur marijuana, les citoyens en ayant décidé ainsi par référendum.Mais cela reste contre les lois fédérales.En plus, comme au Canada, personne n\u2019a encore le droit de fournir l\u2019herbe illicite aux patients.Et rien n\u2019indique dans quelle mesure ceux-ci peuvent en faire pousser.Certains se lancent en grande : un couple de Californiens a été pris avec 265 plants.Les policiers n\u2019ont pas digéré.Leur procès débute au mois d\u2019août.Deux autres Californiens, eux aussi malades, ont été arrêtés avec plus de 4100 plants, qu\u2019ils voulaient vendre au Club Compassion de Los Angeles.Ils préparaient aussi un livre sur l\u2019utilisation de la marijuana.Au procès, le juge a choisi son camp.Il a interdit à Todd McCormick d\u2019informer les jurés qu\u2019il était malade et que le cannabis semblait avoir des vertus thérapeutiques.Il n\u2019a même pas pu leur dire que le gouvernement fédéral en fournit à huit patients et que la loi de leur propre État autorise certains malades à fumer de l\u2019herbe.Pour le juge, le référendum californien de 1996 n\u2019a aucune valeur parce qu\u2019il contredit les lois fédérales.Et le jeune homme était mal placé pour l\u2019amadouer, lui qui s\u2019était déjà vanté de vouloir devenir le « Bill Gates de la marijuana médicinale ».Coincé, McCormick a plaidé coupable.En mars, le juge le condamnait à cinq ans de prison.Quant à son complice Peter McWilliams, il est mort le 17 juin.Ses supporters disent que c\u2019est parce qu\u2019on l\u2019a privé de marijuana et qu\u2019il ne pouvait plus supporter sa maladie.De quoi alimenter encore longtemps les innombrables sites Internet des activistes, qui font de leurs vainqueurs des héros et de ceux qui perdent leur pari, des martyrs.DEMAIN : Les réserves de Réjean Thomas À Montréal comme à Vancouver, l\u2019utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques suscite un vigoureux débat.Des questions d\u2019ordres médical, légal et éthique l\u2019alimentent.Voici la deuxième tranche de notre série.Marie-Claude Malboeuf Les clubs de cannabis destinés aux malades Au Canada, posséder de la marijuana est illégal, sauf pour la quarantaine de malades ayant réussi à obtenir une exemption du ministre de la Santé.Neuf clubs vendent néanmoins aux malades à travers le Canada, envers et contre tout, même si plusieurs ferment et rouvrent : Vancouver Island Compassion Society (Victoria, BC) Vancouver Compassion Club (East Vancouver, BC) Nelson Cannabis Compassion Club (Nelson, BC) Universal Compassion Center (Calgary, Alberta) London Cannabis Compassion Center (London, Ontario) Compassionate Cannabis Club (Sturgeon Falls, Ont.) Cannabis as Living Medecine (Torontot, Ont.) Marsh Marijuana Club (Kingston, Ont.) Club Compassion de Montréal (Qc) Aux États-Unis Petit détail : Le cannabis a fait partie de la pharmacopée des États- Unis jusqu\u2019en 1941.Il entrait encore dans la préparation de plusieurs médicaments jusqu\u2019à la fin du siècle dernier et a été utilisé comme analgésique pendant la guerre de Sécession.Aujourd\u2019hui, dans huit États, posséder de la marijuana est à moitié légal.Des citoyens y ont fait changer la loi en organisant un référendum.Mais cela reste contre la loi fédérale.La Californie fut le premier État à tenir un référendum, la célèbre Proposition 215 de 1996 (56 % de oui).On y trouve aujourd\u2019hui des jardins de pot communautaires.Un Bed, Bud (bouton) and Breakfast à Santa Cruz.En mai, la Ville de Los Angeles décidait même de prêter 300 000 $ à un club de cannabis pour qu\u2019il achète le building qu\u2019elle lui loue déjà.Leur liberté, par contre, ne s\u2019exporte pas.Un Californien qui vendait sur Internet vient d\u2019être arrêté et accusé d\u2019avoir i l l é g a l e m e n t vendu en Louisiane.Et même chez eux, c\u2019est un peu le chaos tant les policiers improvisent d\u2019une ville à l\u2019autre.Ils ont déjà fermé 10 des 13 clubs, en disant qu\u2019ils acceptaient n\u2019importe quoi comme prescription et traitaient n\u2019importe quels malades.Le Maine, le Nevada, l\u2019Arizona, l\u2019Alaska, l\u2019Oregon et Washington ont organisé un référendum en 1998 (en 1999 pour le Maine) et leur loi a changé.Dans les trois derniers États, on remet peu à peu des cartes d\u2019identité avec photo aux exemptés.En Arizona, un Club vend par correspondance.À Hawaii, dans le même sens, la loi a changé en avril dernier.Les référendums du District de Columbia et du Colorado ont été annulés en 1998.Mais les citoyens du Colorado retournent aux urnes en novembre, après deux ans d\u2019attente.Petite anecdote : une loi de 1979 permettait déjà aux malades d\u2019utiliser la marijuana.Mais elle était subitement déclarée désuète en 1995.À New York, la loi n\u2019a pas changé, mais c\u2019est un des premiers endroits où l\u2019on a ouvert des clubs de cannabis clandestins, la communauté homosexuelle y ayant été décimée par le sida.Australie La province de Nouvelles-Galles- du-Sud a décidé de rendre la possession de marijuana légale pour n\u2019importe qui, ce qui a créé toute une industrie.Un club y offre des biscuits de marijuana par la poste et s\u2019annonce aux malades dans les journaux du week-end.La police a amorcé une enquête à ce sujet le mois dernier.PHOTO Presse Canadienne Une patiente, Nicole Gionet, originaire du Nouveau- Brunswick, s\u2019est déjà fait perquisitionner chez elle.Ici, elle est interrogée par Jill Fantharpe, une employée du Club Compassion de Vancouver.Hilary Black, la directrice du Club Compassion de Vancouver, nous montre un pot de marijuana comme ceux qu\u2019on a volés.Appelés sur les lieux, les policiers ont rédigé un rapport.de police ! Quelques causes marquantes des dernières années Les malades Même s\u2019il vient d\u2019échouer dans sa tentative de forcer Ottawa à lui faire pousser du pot, Jim Wakeford a déjà causé de sérieux maux de tête aux fonctionnaires.C\u2019est lui qui, parce que ceux-ci prenaient trop de temps à étudier sa demande, a obtenu la permission de cultiver sa marijuana directement d\u2019un juge.(Il a le sida et en avait besoin pour soulager ses nausées.) Et c\u2019est seulement à la suite de ce jugement que le gouvernement s\u2019est mis à accorder ses propres exemptions à d\u2019autres.La police de Toronto a saisi 71 plants chez Terry Parker, atteint d\u2019épilepsie, en 1997.Mais la cour ontarienne a conclu que la Loi sur les stupéfiants est inconstitutionnelle en ce qui concerne l\u2019usage thérapeutique.La cause est en appel.Jean-Charles Parizeau, un sidéen en phase terminale, et sa femme ont été arrêtés pour possession de marijuana.Ils risquent six mois de prison ou 1000$ d\u2019amende.Rob Brown, atteint d\u2019Hépatite C, attend son exemption.En 1998, la police a confisqué 65 plants chez lui, mais la Couronne vient de suspendre les procédures.Les fournisseurs Stenley Czolowski, qui vendait au Club Compassion de Vancouver et fumait pour traiter son glaucome a reçu une absolution conditionnelle.Il cultivait 60 plants chez lui.Le juge a dit ressentir une « extrême sympathie » à son égard.Marcus Richardson allait chercher l\u2019herbe chez les cultivateurs pour l\u2019amener au club de Vancouver quand la police l\u2019a intercepté et accusé de trafic.Il a eu une absolution conditionnelle et a pu récupérer ses 6000 $ destinés à d\u2019autres achats (ses six kilos de pot avaient déjà été brûlés).Dans son jugement, la cour compare le club à une pharmacie.B.E.Smith, un ancien combattant souffrant du syndrome posttraumatique, faisait pousser de la marijuana et en vendait à d\u2019autres malades sans se cacher.C\u2019est le premier Américain vivant dans un État où la loi a changé à se faire poursuivre.Mais le juge a interdit à son avocat de parler de cette nouvelle loi au jury.Il a dit que la marijuana était « une porte d\u2019entrée mauvaise vers la violence, les gangs, la destruction des familles et des communautés ».Le juge a aussi interdit aux avocats de parler de l\u2019usage thérapeutique de la marijuana aux procès des Californiens Todd McCormick et Peter McWilliams (mort le 17 juin).Tous deux malades, ils faisaient aussi pousser de la marijuana pour leurs recherches et pour en vendre.Ils ont plaidé coupables.McCormick a été condamné à cinq ans de prison en mars.En cour Marc-Boris Saint-Maurice et Alexandre Néron sont accusés de trafic de drogue pour avoir vendu de la marijuana à un membre du Club Compassion de Montréal.Ils ont été pris avec 66 grammes d\u2019herbe et tout leur matériel et leurs registres ont été saisis.Leur procès débute le 13 novembre.Bill Small faisait pousser chez lui de la marijuana pour le Club Compassion de Vancouver (il était membre du conseil d\u2019administration) et est aujourd\u2019hui accusé de trafic. 1LP0702A0626 A7 LUNDI 1LP0702A0626 ZALLCALL 67 00:54:05 06/26/00 B Entrevue avec.Larry Smith LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 R A 7 Pour l\u2019amour du jeu Mathalie Petrowski La première fois que j\u2019ai rencontré Larry Smith, il était 8 heures du matin dans le hall du TNM, haut lieu de la culture montréalaise s\u2019il en est un, envahi pour l\u2019occasion par une cinquantaine de femmes d\u2019affaires.Tout seul de sa « gang », portant son costume comme un uniforme et sa cravate comme une corde pour se pendre, le président directeur général des Alouettes de Montréal n\u2019en menait pas large.Adossé au bar à capuccino, il suivait silencieusement l\u2019action en distribuant des sourires timides et de discrètes poignées de main.Dire que ces cadres en tailleurs chics, toutes membres de son « Femmes Club », l\u2019intimidaient, est un euphémisme.Ce matin-là, Larry Smith était à des années-lumière du personnage joyeux et fier qui à chaque match des Alouettes, accueille personnellement les gens au Stade McGill.Il ne ressemblait ni à un sauveur, ni à une ancien joueur étoile, ni même au monument de bonne humeur qui a fait son succès auprès des chroniqueurs de sport.Ce matin-là, Larry Smith, était comme un poisson rouge éjecté de son bocal ou mieux encore : à un petit garçon de 49 ans, qui s\u2019ennuyait des jupes de sa mère.Deux mois plus tard dans un bureau au coin d\u2019University et de Sainte-Catherine avec vue imprenable sur les limbes du magasin Eaton, c\u2019est un tout autre homme que j\u2019ai rencontré.Bye bye le petit gars gêné à Margie, bonjour Monsieur Relations publiques.En plus de ses talents sportifs, de sa forme physique enviable, de sa gueule d\u2019acteur de cinéma, Larry Smith est un communicateur-né doublé d\u2019un joyeux drille qui aime faire la fête, jouer au golf avec sa femme Leesa, écouter Tina Turner et Lionel Ritchie, conduire sa MGB 77, batifoler avec ses chiens Basil et Georgie et boire de la bière : plus que la moyenne des ours mais sans doute moins que la majorité des footballeurs.Quand il vous reçoit dans son bureau, il ne s\u2019assoit pas en face de vous pour marquer son pouvoir mais à côté pour abolir toute hiérarchie.Avec son naturel désarmant, sa simplicité chaleureuse, son humour de stand up comic, il vous met immédiatement à l\u2019aise.Il le fait sans effort apparent pour le plaisir de la communication et bien entendu, pour l\u2019amour du jeu.Au bout de dix minutes, vous avez l\u2019impression d\u2019avoir élevé les cochons avec lui.Au bout de 20 minutes, tous les préjugés que vous pouviez entretenir à l\u2019endroit des joueurs de football, ces grosses brutes épaisses aux épaules boursouflées et au cerveau ratatiné par la testostérone, fondent comme la broue sur une bière tablette.Larry Smith fait mentir tous les clichés sur les « jocks » parce que comme le dit si bien mon collègue King, Ronald de son prénom, Larry Smith est peut-être un jock mais il est surtout un jock intelligent.Ajoutez à cela un jock instruit qui a bonifié ses études universitaires en économie avec un bac en droit civil à McGill.Or, de l\u2019intelligence et de l\u2019instruction, il en fallait pour sortir du trou une équipe moribonde, paralysée par des problèmes d\u2019intendance, ridiculisée par les amateurs qui désertaient le Stade olympique à pleine pelletées et que les commanditaires fuyaient comme la peste il y a seulement quatre ans.C\u2019était en 1996.Larry Smith venait de terminer un mandat de cinq ans à Toronto.À titre de commissaire de la Ligue canadienne de football, il avait réussi à faire avaler aux joueurs le principe d\u2019un plafond salarial.À l\u2019ère des millionnaires du sport, que des joueurs acceptent un salaire oscillant entre 52 000 $ et 125 00 $ tenait du miracle.Un miracle que seul un honnête homme qui avait lui-même été membre du syndicat des joueurs, pouvait réaliser.Reste que Smith avait hâte de quitter Toronto où la spontanéité selon lui est un produit en perpétuel rupture de stock.« Toronto est une ville formidable pour les affaires, dit ce Montréalais né le 28 avril 1951, mais si tu veux t\u2019amuser, il faut que tu t\u2019y prennes trois mois à l\u2019avance.Chez eux, on a l\u2019impression que l\u2019affiche not playing tonight est érigée en permanence.À Montréal, tu as juste à prendre le téléphone.Le soir même, tu es assuré d\u2019avoir du fun.» L\u2019offre des Alouettes est tombé au bon moment.Smith se mourait de revenir vivre à Montréal avec sa femme Leesa et leurs trois enfants.L\u2019idée de retrouver l\u2019équipe où il avait vécu ses plus grandes heures de gloire comme joueur défensif, ne lui déplaisait pas non plus.Aussi a-t-il accepté le poste de président directeur général des Alouettes sans hésiter, mais surtout sans savoir ce qu\u2019il l\u2019attendait.Et ce qui l\u2019attendait, c\u2019était rien de moins que la catastrophe.En l\u2019espace de 15 ans, le football montréalais, jadis une chasse gardée anglophone, avait changé de camp.Malheureusement, les propriétaires de l\u2019équipe ne s\u2019en étaient pas rendus compte.Ils continuaient à se comporter comme une organisation anglophone dans une ville où le pouvoir économique était passé au mains des francophones.Larry Smith le découvrit à sa première tournée de reconnaissance quand tous les commanditaires lui fermèrent la porte au nez.Commanditer les Alouettes ?Non merci ! Ce fut une des périodes les plus noires de sa vie.Dans son bureau, un tableau hyperréaliste résume bien son état d\u2019esprit du moment.On y voit un joueur de football affalé sur un banc, épuisé et complètement découragé par la vie.Smith raconte que la tableau lui a été offert de façon anonyme par quelqu\u2019un qui comprenait parfaitement sa situation.Sauf que contrairement au personnage du tableau, Larry Smith n\u2019a pas cédé au découragement.Au lieu de s\u2019écrouler, il a décidé de se battre.De se battre envers et contre tous.« À cette époque-là, dit-il, j\u2019étais le seul à croire aux Alouettes.J\u2019y croyais parce que dans la vie, j\u2019ai toujours refusé de dire « je ne peux pas ».Du temps que je jouais avec les Alouettes, je n\u2019étais pas le meilleur des joueurs mais j\u2019étais tough et tenace.Y\u2019a jamais personne qui m\u2019a sorti du terrain.J\u2019ai fait une quinzaine de contusions et même si parfois j\u2019étais absent mentalement, je n\u2019ai jamais raté un match de ma vie.» Ses parents Clarey et Margie Smith ont fait preuve de la même constance.Dès que Larry, le cadet de leurs deux fils, a commencé à jouer au football à l\u2019école secondaire de Hudson, ils ont assisté à tous ses matchs.Ils ont persévéré quand Smith est allé étudié l\u2019économie à l\u2019Université Bishop à Lennoxville où son père lui refilait en douce 10 $ pour chaque « touchdown ».Lorsqu\u2019il a été recruté par les Alouettes en 1972, ses parents étaient encore là.Smith affirme avoir été élevé à l\u2019ancienne, avec des principes sévères, mais avec aussi énormément de support et d\u2019encouragement dans une famille religieuse et pratiquante dont le grand-père maternel était un ministre anglican à la tête de quatre églises en Gaspésie.Chez les Smith on travaillait fort, on allait à la messe tous les dimanches, mais on savait aussi s\u2019amuser.À l\u2019âge de 14 ans, Smith commence à baragouiner le français.Mais parce qu\u2019il est d\u2019un naturel ouvert et avenant, les déchirements entre les francos et les anglos ne semblent pas avoir eu de prise sur lui.C\u2019est ce qui explique qu\u2019en 1976, lorsque tous ses amis, affolés par l\u2019arrivée du PQ fuient à Toronto, il refuse catégoriquement de les imiter.« Je ne suis pas le genre à céder ma place.Sur un terrain de football comme dans la vie, on ne se débarrasse pas facilement de moi.J\u2019ai toujours voulu rester à Montréal.Et puis quand j\u2019ai vu mes amis partir, j\u2019ai vite compris que leur départ allait créer des opportunités sans précédent pour les anglophones qui restaient.» Il avait vu juste.Peu de temps après avoir pris sa retraite des Alouettes, il devient directeur général de la succursale québécoise de IST.Sur les 600 employés qui y travaillent, seulement deux parlent anglais, dont Smith, évidemment.Quelques années plus tard, on lui offre la vice-présidence marketing de la minoterie Ogilvy Labatt.« J\u2019avais à peine 30 ans et j\u2019étais déjà vice-président.À Toronto, je n\u2019aurais jamais eu cette chancelà ! » s\u2019écrie-t-il fier de son coup.À l\u2019entendre, on devine que Larry Smith ne s\u2019est jamais senti menacé ni membre d\u2019une minorité à Montréal.Mieux : au lieu de se plaindre de son sort ou de se morfondre dans la nostalgie d\u2019un pouvoir perdu, il a décidé d\u2019aller avec le vent.Les francophones ont pris le contrôle financier de la ville ?Tant mieux pour eux.Comme le dit le vieil adage : if you can\u2019t beat them, join them.C\u2019est exactement ce que Larry Smith a fait.Quand il a vu qu\u2019il y avait de plus en plus d\u2019amateurs de football chez les Québécois de souche et surtout de plus en plus de jeunes joueurs francophones, il est allé vers eux.Puis il a convaincu Serge Savard, le poids lourd du renouveau économique montréalais, de lui donner un coup de main.Au lieu de s\u2019isoler dans sa tour d\u2019ivoire, il s\u2019est mêlé aux « pure laine » en se présentant à la blague comme un « pure langue seconde ».Puis il a invité ses joueurs à l\u2019imiter et à s\u2019offrir en adoption dans 75 écoles du Québec.Aujourd\u2019hui, chaque joueur des Alouettes est le frère adoptif de sept écoles qu\u2019il visite régulièrement.Côté recrutement, Smith est un adepte de la discrimination positive mais à une condition : « il faut que le Québécois soit aussi bon qu\u2019un autre sinon c\u2019est see you later alligator.» Ça tombe bien.Selon Smith, la relève québécoise en football domine le sport amateur.De sorte qu\u2019il y a présentement dans les rangs des Alouettes douze joueurs québécois, autant dire douze Québécois de plus que chez les Expos.À la veille du premier match hors saison qui aura lieu demain soir au stade McGill, on a beau chercher une fausse note dans ce conte de fées sportif, on n\u2019en trouve pas.Quant à celui qui a réécrit l\u2019histoire des Alouettes et transformé un désastre en « success story », il n\u2019est peut-être pas millionnaire, mais il s\u2019en fout.« J\u2019ai tout ce que je veux dans la vie : ma femme, ma famille, une maison, une job et le respect de ma communauté.Qu\u2019est-ce que je pourrais demander de plus ?Rien Monsieur le président, sinon que ça continue.» PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © Larry Smith, celui qui a réécrit l\u2019histoire des Alouettes et transformé un désastre en « success story », n\u2019est peut-être pas millionnaire, mais il s\u2019en fout.2871726 Affaire Néron: Radio-Canada en appelle Radio-Canada a annoncé hier qu\u2019elle portera en appel la décision du juge de la Cour supérieure, Claude Tellier, qui lui impose, avec la Chambre des notaires du Québec, de verser près de 2 millions de dollars à Gilles Néron.Les deux organismes ont été condamnés mardi à verser cette somme record pour atteinte à la réputation de M.Néron, à la suite d\u2019un reportage diffusé à l\u2019émission Le Point en janvier 1995.M.Néron avait ensuite perdu son emploi à la Chambre des notaires.Radio-Canada considère que ce jugement « crée un précédent dangereux susceptible d\u2019entraver le travail de tous les journalistes » et qu\u2019il ne pondère pas « les droits fondamentaux en présence dans cette affaire, soit la liberté de presse et le droit du public à l\u2019information dans une question d\u2019intérêt général par rapport à la vie privée ».La télévision d\u2019État reproche par ailleurs au juge Tellier d\u2019avoir mal identifié la place qu\u2019elle accordait à M.Néron dans son reportage, affirmant que M.Néron était clairement identifié comme porte-parole de la Chambre.De plus, Radio-Canada compte déposer une requête pour surseoir pour éviter de verser immédiatement à Gilles Néron une somme de 846 000 $, conjointement avec la Chambre, tel que demandé par la Cour.La société d\u2019État espère pouvoir réduire cette somme à 80 000 $ et demande que ce versement soit accompagné d\u2019une garantie qu\u2019elle serait remboursée si elle gagnait la cause en appel.La Chambre des notaires a fait savoir plus tôt cette semaine qu\u2019elle en appelait de la décision du juge Tellier. 1LP0801A0626 A 8 (lundi) 1LP0801A0626 ZALLCALL 67 00:53:02 06/26/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 L\u2019hôpital Rivière-des-Prairies se vide tranquillement Il y a un peu plus d\u2019un an, Pierre-Paul quittait l\u2019hôpi tal psychiatrique Rivièredes- Prairies, où il vivait de puis un quart de siècle.Pierre-Paul est trisomi que, il souffre de déficience intellectuelle sévère et il ne parle pas.Il ne peut pas exprimer ce qu\u2019il ressent ni ce qu\u2019il a vécu dans cet hôpital du nord-est de Montréal, mais pas besoin d\u2019être grand clerc pour deviner que les 25 ans qu\u2019il y a passés n\u2019ont pas été faciles.« Son milieu, c\u2019était une unité où toutes les portes étaient fermées à clé, raconte Denise, sa marraine.Il y avait un petit salon, mais Pierre- Paul se tenait toujours debout près de l\u2019entrée, sous les néons.Il avait sa petite chambre, qu\u2019il devait partager avec deux autres personnes.Il n\u2019avait pas de loisirs.Et il avait des contentions.» Le jour, le personnel de l\u2019hôpital attachait régulièrement Pierre-Paul pour réfréner sa tendance à bousculer son entourage.La nuit, on lui sanglait le thorax et lui nouait les poignets pour éviter qu\u2019il s\u2019automutile.Les choses ont bien changé.Depuis février 1999, Pierre-Paul, 36 ans, a une jolie chambre bien à lui à la résidence Somerset, un vaste bungalow entouré d\u2019arbres, à Saint-Laurent.Les moyens de contention ont été relégués aux oubliettes, et il a cessé de s\u2019automutiler.Avec les trois autres résidants de la maison et les éducateurs qui y travaillent, il multiplie les sorties : restaurant, cabane à sucre, piscine, etc.Pour Christine Tremblay, chef d\u2019équipe de la résidence (qui relève de L\u2019Intégrale, un centre de réadaptation), il ne fait pas de doute que Pierre-Paul est beaucoup mieux maintenant.« Chaque préposé et éducateur s\u2019occupe personnellement du client : on est trois sur le plancher pour quatre clients (alors que le ratio est de deux pour 13 à l\u2019hôpital).Ils sont aux petits soins.» La marraine de Pierre-Paul approuve.« À Rivière-des-Prairies, c\u2019était un fonctionnement hospitalier plutôt que familial, dit-elle.Ici, c\u2019est beaucoup plus près de la normalité.» Transferts Le cas de Pierre-Paul n\u2019est pas unique.Depuis un an, une cinquantaine de patients ont quitté Rivière- des-Prairies.Et d\u2019ici 2004, les 369 patients adultes hospitalisés vont être déplacés vers des « ressources » plus légères relevant des cinq centres de réadaptation en déficience intellectuelle de l\u2019île de Montréal.Le protocole de sortie sera rendu public demain.Le plan est de convertir Rivièredes- Prairies en un hôpital voué à la pédopsychiatrie et aux patients avec double diagnostic.La décision a été prise quelques mois après que le Curateur public eut déposé, en février 1999, un rapport dénonçant l\u2019hospitalisation inutile de 155 de ses pupilles : ils ne souffraient d\u2019aucune affection psychiatrique, mais plutôt de déficience intellectuelle ou de troubles envahissants du comportement.Le Curateur, Pierre Gabrièle, qui représente la majorité des patients de l\u2019hôpital, promet de jouer son rôle de chien de garde.« À ceux qui craignent la désinstitutionnalisation sauvage, ce que je réponds, c\u2019est que c\u2019est moi qui autorise les sorties, et que les patients vont sortir avec des services », dit-il.Mais tout cela ne se fera pas sans quelques heurts.Des familles ont l\u2019intention de recourir aux tribunaux pour empêcher ces transferts, persuadées qu\u2019ils se traduiront par une détérioration de la qualité de vie de leur enfant.Déjà, un couple dont les deux enfants vivaient à Rivière- des-Prairies depuis le milieu des années 60 a présenté une requête pour qu\u2019ils soient réintégrés à l\u2019hôpital, et ce, même si le Curateur public a autorisé leur transfert.(La cause a été reportée en août.) Sans aller aussi loin, d\u2019autres expriment tout de même une profonde inquiétude devant le sort incertain qui attend leur parent hospitalisé.« Dans le passé, il y avait toujours possibilité de revenir à l\u2019hôpital si ça ne fonctionnait pas, mais là, on nous a bien dit que ce ne serait pas possible », dit André Descôteaux, dont le frère cadet, Jean, a passé 43 de ses 46 années à Rivière-des-Prairies, souffrant de déficience intellectuelle et de nombreux problèmes de santé.« Il me semble que ce serait plus humain si on laissait la porte ouverte.» Apprendre des erreurs Pour le directeur général intérimaire de l\u2019hôpital, Jean-Pierre Duplantie, il ne fait pas de doute que les erreurs des vagues précédentes de désinstitutionnalisation alimentent les craintes des familles.« On est confronté à l\u2019image des itinérants, dit-il.Les gens qui sont contre l\u2019intégration sociale craignent que les patients n\u2019aient pas le support nécessaire dans la communauté.Et quand on regarde ce qui s\u2019est produit dans le passé, ils ont bien raison d\u2019avoir peur et de vouloir s\u2019assurer que les choses seront bien faites.» Mais les familles ne sont pas les seules à douter du réalisme du projet.Même le directeur des services professionnels de l\u2019hôpital, le Dr André Masse, croit qu\u2019on pèche par excès d\u2019optimisme.« On ne peut pas sortir les 400 patients, dit-il.On devra tirer la ligne quelque part, comme communauté, et voir si on ne peut pas améliorer le milieu de vie dans l\u2019hôpital à la place, pour certains patients.Plusieurs peuvent sortir, mais plusieurs, peut-être le quart, ne pourront pas.» « On reconnaît que certains patients sont aptes à sortir, mais d\u2019autres ont passé 40 ans ici, l\u2019hôpital est leur maison, ce sera beaucoup plus difficile.Il leur faut une préparation adéquate, qu\u2019ils n\u2019ont pas du tout présentement », dit de son côté Odette Richmond, présidente du syndicat regroupant les éducateurs spécialisés et les professionnels, affilié à la CSN.Ce genre de réaction hérisse le président du conseil d\u2019administration, Louis Letellier de Saint-Just.« Il faut regarder ce que la direction a fait depuis la mise en place des changements et la manière dont ça se fait, et je pense qu\u2019on peut être rassuré, dit-il.Il faut avoir confiance cette fois-ci, parce que les éléments sont en place.» Un de ces éléments, c\u2019est le relèvement budgétaire de trois millions dont bénéficie l\u2019hôpital depuis peu.Cela permettra d\u2019embaucher une cinquantaine d\u2019éducateurs supplémentaires et d\u2019améliorer le ratio employés/ patients, qui devrait passer de deux à trois pour treize.« C\u2019est significatif, dit M.Duplantie.Ça a un effet sur la réduction de la contention, par exemple.» Mais en dernier lieu, ce sont les ressources extérieures qui en profiteront.« Ça permet de développer des ressources, car on transfère le budget aux centres de réadaptation, dit le directeur général.Dans la plupart des cas, c\u2019est 50 000 $ en personnel qui sont transférés pour chaque patient.» Reste à voir ce qui se produira quand on en arrivera aux cas les plus lourds.Dans les ressources communautaires comme la résidence Somerset, on est bien conscient que tous les patients ne seront pas comme Pierre-Paul.« Il y en a des beaucoup plus problématiques que ceux qu\u2019on a eus, dit Christine Tremblay, l\u2019éducatrice responsable.Jusqu\u2019ici, on a eu la crème.» Jean-François Bégin PHOTO PATRICK SANFAÇON, La Presse Depuis qu\u2019on l\u2019a confié aux bons soins d\u2019éducatrices comme Claire Perreault, à la résidence Somerset, Pierre-Paul a cessé de s\u2019automutiler, et n\u2019est plus soumis aux mesures de contention.2867734 La Presse 26 juin 2000 Pages A9-A11 manquantes 1LP1299A0626 A12 LUNDI 1LP1299A0626 ZALLCALL 67 19:20:45 06/26/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 Une explosion à Mont-Joli fait un blessé et conduit à des évacuations Avant-projet de loi sur la conduite policière RAYMOND GERVAIS Une explosion survenue dans la nuit de samedi à dimanche dans un bar de Mont-Joli, dans le Bas Saint-Laurent, a fait un blessé et forcé l\u2019évacuation d\u2019une résidence pour personnes âgées ainsi que d\u2019un immeuble à logements.La déflagration s\u2019est produite au Bar Chez Moe, 1432, boulevard Jacques-Cartier, puis les flammes se sont rapidement propagées aux appartements Verreault ainsi qu\u2019au foyer Bel Âge situés à côté du bar.Les locataires des deux immeubles ont tous été évacués et relogés.Un jeune homme de 20 ans qui se trouvait près du bar lors de l\u2019explosion a été blessé grièvement.Les 12 pensionnaires de la résidence pour personnes âgées ainsi que les deux propriétaires sont sains et saufs.Un commerce situé au rez-dechaussée de l\u2019immeuble à logement a aussi été lourdement endommagé par les flammes.Selon Roger Boudreau, porteparole de la municipalité de Mont-Joli, le décompte de tous les locataires a été effectué et personne ne manque à l\u2019appel.Malgré les dommages matériels qui sont très importants, M.Boudreau a précisé que l\u2019incendie aurait pu être beaucoup plus dramatique.Le bar Moe, qui était fermé à cause de la Fête nationale, attire habituellement des dizaines et des dizaines de jeunes tous les soirs.Si l\u2019explosion s\u2019était produite alors que le bar était ouvert et bondé de monde, le bilan aurait pu être catastrophique.La cause de la déflagration n\u2019est pas connue pour le moment et l\u2019enquête policière pourrait être confiée aujourd\u2019hui à l\u2019unité des crimes contre la propriété de la Sûreté du Québec.Presse Canadienne OTTAWA Les policiers qui doivent parfois enfreindre la loi dans l\u2019exercice de leurs fonctions ne pourraient être tenus criminellement responsables de leurs actes, selon les amendements au Code criminel qui viennent d\u2019être proposés par le ministère fédéral de la Justice.La ministre Anne McLellan a déposé hier un avant-projet de loi au Sénat afin de susciter un débat public sur les circonstances qui pourraient autoriser les policiers à enfreindre la loi dans le cadre d\u2019une enquête criminelle.Le document de travail constitue la réponse d\u2019Ottawa au jugement rendu en avril 1999 par la Cour suprême du Canada.Le plus haut tribunal du pays avait statué que les policiers ne pouvaient enfreindre la loi alors qu\u2019ils enquêtaient sur un crime, à moins d\u2019avoir obtenu une autorisation parlementaire.Cette décision a eu pour effet de lier les mains des policiers et d\u2019entraîner la suspension de certaines enquêtes.Le jugement portait sur une cause survenue en Ontario et impliquant des agents de la Gendarmerie royale du Canada.Les policiers s\u2019étaient fait passer pour des fournisseurs de hachisch et avaient tenté de vendre de la drogue au présumé dirigeant d\u2019un réseau de stupéfiants.L\u2019opération d\u2019infiltration avait mené à l\u2019arrestation de deux hommes qui avaient porté leur cause en appel par la suite, alléguant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un recours abusif.Sans surseoir aux accusations qui pesaient contre eux, la Cour suprême a demandé au Parlement d\u2019établir des paramètres pour les enquêtes comportant une infraction à la loi.Le ministère de la Justice propose que les agents de la force publique n\u2019aient pas besoin d\u2019une autorisation pour commettre des délits moins graves tels que l\u2019acquisition de certains produits en contrebande ou de fausse monnaie, s\u2019ils croient raisonnablement que le délit est proportionnel au crime sous enquête.Mais dans le cas des délits plus graves, comme ceux qui pourraient causer des dommages corporels ou des dommages importants aux biens, les policiers devraient d\u2019abord obtenir l\u2019autorisation d\u2019un policier de grade supérieur.La ministre McLellan se propose de consulter les associations de policiers, des avocats et la population en général au cours de l\u2019été.Un projet de loi officiel serait déposé aux Communes à la rentrée de l\u2019automne.2870925 Appels d\u2019offres Service des travaux publics et de l\u2019environnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-106, Montréal H2Y 1C6 pour: Soumission: 9621 Réhabilitation d\u2019une conduite de 1200 mm de type «lockbar», rue Sherbrooke entre Guy et Atwater.Date d\u2019ouverture: 19 juillet 2000 Documents: Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 27 juin 2000 au Service des travaux publics et de l\u2019environnement, 700, rue Saint-Antoine, bureau 1.100, contre un paiement de 79 $.Dépôt de garantie: 200 000 $, cautionnement ou chèque visé.Renseignements: Yves Bernier, ing., chef de section Vente du cahier des charges: Téléphone: 872-4631 Télécopieur: 872-3587 Tout paiement doit être fait au comptant ou sous forme de chèque certifié à l\u2019ordre de la Ville de Montréal.Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés par la ville et transmise dans l\u2019enveloppe prévue à cette fin.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement à la salle du conseil de l\u2019hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 26 juin 2000 Le greffier, Me Léon Laberge 2871413 EN BREF Toujours pas de verdict au procès Saint-Germain n Après six jours de délibérations, le jury au procès de Marc Saint- Germain, ce policier de la Sûreté du Québec accusé de négligence criminelle, de conduite avec facultés affaiblies et de conduite dangereuse ayant causé la mort de quatre de ses collègues, n\u2019arrive toujours pas à se prononcer sur la responsabilité du policier de la SQ qui conduisait la voiture de police le soir du 27 octobre 1994.Le jury composé de quatre hommes et de huit femmes reprendra ses délibérations ce matin à 9 h.Même si le fait n\u2019est pas exceptionnel, la durée des délibérations dépasse largement la moyenne des procès.Les jurés doivent se prononcer sur chacun des chefs d\u2019accusation portés et doivent en arriver à une décision unanime.Si jamais les jurés n\u2019arrivaient pas à s\u2019entendre sur un verdict, le juge Lise Côté n\u2019aurait d\u2019autre choix que de déclarer un non-lieu, avec toutes les conséquences que cela pourrait entraîner pour l\u2019accusé, soit la tenue d\u2019un troisième procès.Cinq victimes n Cinq personnes sont décédées au Québec au cours de la fin de semaine.Véronique St-Cyr, 20 ans, de Sainte-Julie, a perdu la vie dans une collision avec une camionnette, samedi après-midi, sur l\u2019autoroute 20, à Sainte-Julie.À Saint-Jean- Baptiste de Rouville, en Montérégie, un homme a perdu la vie quand il a perdu le contrôle de sa voiture sur le Rang Nord.Sa voiture a fracassé un poteau.La route a fait une troisième victime, hier, alors qu\u2019un jeune homme de 18 ans, de Longueuil, qui était maintenu en vie artificiellement à la suite de l\u2019accident, a rendu l\u2019âme.À Chicoutimi, un jeune militaire de 31 ans, Martin Whittom, de la base des Forces armées canadiennes, à Bagotville, au Saguenay, a perdu la vie hier matin quand sa voiture a percuté de plein fouet un mur de béton.Enfin, à Laval, un enfant de neuf ans est mort samedi alors qu\u2019il s\u2019amusait dans la piscine familiale.Le garçon serait tombé inconscient après avoir effectué un plongeon devant des membres de sa famille.Malgré des manoeuvres de réanimation, son décès a été constaté peu après à l\u2019hôpital.Évasions n Trois adolescents du centre Jeunesse Gouvernail, à Beauport, ont réussi à s\u2019évader vers 19 heures samedi après avoir séquestré les deux éducateurs et cinq autres jeunes pensionnaires dans un bâtiment près de la piscine de l\u2019institution de réhabilitation.Les jeunes participaient à une fête à l\u2019occasion de la Saint-Jean.Un des jeunes fuyards a été rattrapé en fin de soirée, tandis que les deux autres âgées de 16 et de 17 ans, ont réussi à prendre la clef des champs.Fortes pluies n En plus de provoquer plusieurs inondations, les pluies torrentielles qui sont tombées hier ont emporté plusieurs portions de chemins secondaires dans les Laurentides ainsi que dans l\u2019Outaouais.Ce fut notamment le cas dans les régions de Saint-Sauveur et de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, et à Gatineau, Buckingham et Hull, en Outaouais.Dans la région de Saint- Sauveur, plusieurs routes ont été englouties par les eaux.A Sainte- Sophie, des chemins donnant accès à des lieux de villégiature ont été emportés.Un tronçon de la route 327, qui relie Lachute à Saint-Jovite, a dû être fermé. 1LP1301A0626 A13 LUNDI 1LP1301A0626 ZALLCALL 67 00:53:08 06/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 A 13 L\u2019Église orthodoxe de Jérusalem en péril Des congressistes de divers pays manifestent leur inquiétude à Montréal SOPHIE BROUILLET Se disant très inquiets de l\u2019avenir de leur Église mère, une centaine de chrétiens orthodoxes arabes de divers pays ont tenu cette fin de semaine un congrès de réflexion à Montréal.Selon eux, l\u2019Église orthodoxe de Jérusalem est menacée par la négligence pastorale d\u2019une petite poignée de dirigeants isolés et corrompus.Le Groupe de soutien des chrétiens orthodoxes arabes de Jérusalem, qui a des organisations dans 18 pays et compterait un millier de membres, se réunit chaque année depuis 1994.Pour la première fois, il a tenu son congrès à Montréal, où il compte un noyau d\u2019une trentaine de militants.L\u2019événement a eu lieu à l\u2019hôtel Crowne Plaza du centre-ville.L\u2019Église orthodoxe de Jérusalem est l\u2019un des centres de la religion chrétienne orthodoxe, qui ne relève pas d\u2019une autorité centrale comme dans le catholicisme, mais comprend plusieurs institutions patriarcales autonomes.Elle a toutefois une importance particulière en tant que berceau du christianisme.« C\u2019est notre Église mère, et ce qui est en jeu, ce sont nos racines et nos traditions », explique le révérend Michel Majim, pasteur de l\u2019église orthodoxe Saint-Nicolas de Los Angeles.Le coeur du problème est que l\u2019Église de Jérusalem regroupe des fidèles en très grande majorité arabes, mais est dirigée depuis le seizième siècle par un patriarche et des évêques grecs, explique le président international du Groupe de soutien, George Madanat.Un petit groupe qui s\u2019est renouvelé de génération en génération, mais qui a perdu tout souci pastoral, s\u2019est isolé et se soucie avant tout, désormais, de ses propres intérêts.« On parle d\u2019environ 70 personnes d\u2019origine grecque, qui possèdent une grande partie des terres saintes et pour qui ces dernières sont une source de revenu incroyable », soutient M.Madanat.Le Groupe de soutien reproche au patriarcat orthodoxe de Jérusalem de négliger l\u2019éducation religieuse des jeunes et des prêtres, et aussi de vendre une grande partie des terres de l\u2019Église à des intérêts israéliens, au risque de voir des constructions nouvelles défigurer des lieux historiques.La situation entraîne un exode des chrétiens orthodoxes de Jérusalem, dont le nombre aurait dramatiquement chuté au cours des 15 dernières années, selon le Groupe de soutien.2865617 2866456 2867562 1LP1401A0626 A14 LUNDI 1LP1401A0626 ZALLCALL 67 00:53:15 06/26/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 La bactérie E.coli se tient tranquille L\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments ne rapporte aucun nouveau cas de contamination à travers le pays Les examens de santé des immigrants posent problème ANDRÉ DUCHESNE Après la folie des derniers jours causée par le rappel de 77 000 kilos de boeuf haché du grossiste Lakeside Packers distribués dans cinq provinces canadiennes dont le Québec, la bactérie E.coli semble s\u2019être tenue tranquille au cours du week-end.Hier après-midi, l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) ne rapportait aucun nouveau cas de contamination à travers le pays et le vice-président adjoint de Costco Canada, Roger Plamondon, n\u2019enregistrait aucune nouvelle anomalie après le rappel de 10 000 kilos de boeuf haché lancé jeudi par cette entreprise.« On touche du bois », ajoutait ce dernier hier au cours d\u2019une entrevue téléphonique.Costco avait lancé ce rappel, concernant une trentaine de magasins dont onze au Québec, à la suite de la découverte de la bactérie dans de la viande hachée vendue dans son magasin de Kingston.Comme cette viande provenait de la production du 31 mai faite à l\u2019usine de Lakeside Packers de Brooks en Alberta, là d\u2019où provenait également le boeuf contaminé découvert chez Maxi & Cie quelques jours plus tôt, Costco et Lakeside n\u2019ont voulu prendre aucune chance.« Nous avons reçu entre 10 000 et 11 000 appels de clients inquiets dans nos deux centres de téléphonistes au Canada, souligne M.Plamondon.Les gens nous ont rapporté des pains de viande, de la sauce à spaghetti, du pâté chinois et d\u2019autres mets cuisinés avec du boeuf haché.Nous avons tout repris », a-t-il dit, sans pouvoir évaluer les pertes pour le moment.Il estime que les clients ont été reconnaissants envers l\u2019entreprise pour avoir fait une vérification exhaustive des viandes et lancé volontairement un rappel.Il a également apprécié l\u2019attitude des médias.« Ce qui est très important est de répéter qu\u2019il n\u2019y a pas de problème si c\u2019est bien cuit et en ce sens, il en a été beaucoup question.Des médias sont venus filmer dans nos magasins des paquets de boeuf haché où, depuis deux ans, nous inscrivons de bien faire cuire la viande », ajoute M.Plamondon.Rappelons à ce sujet que la bactérie ne survit pas à une température de cuisson atteignant ou dépassant 70 degrés Celsius.Normalement, cette bactérie vit à la surface de la viande mais elle peut se retrouver à l\u2019intérieur lorsque le boeuf est haché.De là l\u2019importance que la teinte rosée de la viande disparaisse à la cuisson.Un cas de plus En Montérégie, un seul nouveau cas de personne contaminée par la bactérie a été signalé depuis jeudi, jour où la Direction de la santé publique indiquait avoir répertorié 33 cas de personnes malades en mai et juin, soit presque trois fois plus qu\u2019en 1999.« Il semble bien que la petite, mais significative, éclosion signalée soit plus derrière nous que devant nous », a laissé entendre hier le Dr Luc Boileau, directeur de la santé publique dans ce secteur.Et lui aussi réitère le conseil de bien faire cuire vos boulettes de boeuf haché.En dépit du rappel de Lakeside Packers, aucun cas de personne malade n\u2019a été signalé au Canada en rapport avec le boeuf haché produit à son usine de Brooks le 31 mai dernier.La bactérie E.coli trouvée dans le boeuf haché est la même qui est responsable du décès de sept personnes à Walkerton, en Ontario il y a quelques semaines.Mais à Walkerton, elle se trouvait dans l\u2019eau et aucun avis de la faire bouillir n\u2019avait été lancé avant qu\u2019elle fasse des ravages dans la population.Presse Canadienne VANCOUVER Le processus de vérification de la santé des immigrants pourrait représenter un danger pour les Canadiens soutient un rapport interne d\u2019Immigration Canada.Le rapport, rédigé l\u2019automne dernier, indique que le programme de suivi médical des immigrants de Citoyenneté et Immigration Canada « est éparpillé entre divers organismes et niveaux de gouvernement ».On y signale aussi que les immigrants ne comprennent pas les objectifs du programme ou craignent de s\u2019y conformer.Tous les immigrants désireux de venir au Canada doivent subir un examen dans leur pays d\u2019origine avant de partir.Mais souvent la qualité des examens médicaux dans ces pays est mise en doute, ajoute le rapport dont la Presse Canadienne a obtenu copie en vertu de la loi d\u2019accès à l\u2019information.La tuberculose est la maladie la plus souvent rapportée chez les immigrants « et celle qui représente le plus grand risque potentiel pour la population, puisque la maladie peut être transmise par les voies respiratoires », précise le rapport.Un immigrant diagnostiqué avec une forme active de la maladie se voit aussitôt refusé l\u2019entrée au pays.Il peut immigrer au Canada quand la bactérie est inactive, mais il doit alors faire l\u2019objet d\u2019un suivi médical, comme c\u2019est également le cas pour les immigrants souffrant de syphilis.Malheureusement, signale le rapport, ce suivi n\u2019est pas fait de façon cohérente et efficace.Dans 42 % des cas, les immigrants ne comprennent ni l\u2019anglais ni le français.En outre, une fois au Canada, peu d\u2019entre eux se rapportent aux autorités médicales et il n\u2019y a aucun système de surveillance.Le rapport note également que les responsables de la santé publique n\u2019ont aucune autorité pour forcer les immigrants à subir des examens, une question qui n\u2019est d\u2019ailleurs même pas évoquée quand vient le temps d\u2019accorder la citoyenneté.Le rapport recommande notamment d\u2019améliorer l\u2019éducation aux immigrants ainsi que les communications entre le réseau de la santé et les représentants de l\u2019immigration.2871296 La Presse 26 juin 2000 Page A15 manquante La Presse 26 juin 2000 Page A16 manquante 1LP1701A0626 A17 LUNDI 1LP1701A0626 ZALLCALL 67 00:53:58 06/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 A 17 pour Cavalier et Sunfire 2866594 Les cyclistes font preuve d\u2019un comportement dangereux RAYMOND GERVAIS Soixante-quatre pour cent des cyclistes d\u2019âge adulte qui ne portent par de casque protecteur ou qui omettent de signaler qu\u2019ils tournent, s\u2019exposent à de sérieux risques de blessures.C\u2019est du moins la conclusion à laquelle en arrive la compagnie d\u2019assurance Assur-Ligne à la suite d\u2019un sondage téléphonique réalisé auprès de 2110 Canadiens entre le 16 et le 24 mars 2000.Un tel échantillon est considéré comme ayant un taux d\u2019erreur de plus ou moins 2,2 points de pourcentage, 95 % du temps.Le sondage a été mené par COMPAS, une maison canadienne indépendante de sondage d\u2019opinion publique et des marchés.Les résultats démontrent que neuf millions des 14,1 millions d\u2019adultes qui pratiquent le cyclisme au pays font preuve d\u2019un comportement potentiellement dangereux.« Ces conclusions sont inquiétantes, croit Valérie Desrochers, porte-parole en matière de sécurité chez Assur-Ligne.Il appartient à tous \u2014 cyclistes, piétons et conducteurs \u2014 d\u2019observer le code de la route, de demeurer alertes et d\u2019adopter les mesures de sécurité qui s\u2019imposent ».Plus de la moitié de cyclistes interrogés (51 %) avouent ne porter que rarement ou jamais un casque protecteur, alors que 13 % le portent à l\u2019occasion.Pas moins de 40 % des cyclistes d\u2019âge adulte reconnaissent ne signaler un virage que rarement ou même jamais, et près du tiers ne signalent qu\u2019à l\u2019occasion.Tirage du 2000-06-24 Tirage du 2000-06-24 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 974 419,70 $ 5/6+ 2 296 162,90 $ 5/6 213 2 224,70 $ 4/6 12 244 74,10 $ 3/6 240 057 10,00 $ Ventes totales: 14 109 799 $ Prochain gros lot (appr.): 5 000 000 $ 01 17 21 27 40 44 Numéro complémentaire: 36 01 22 27 41 42 48 Numéro complémentaire: 33 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 2 25 000,00 $ 5/6 13 500,00 $ 4/6 811 50,00 $ 3/6 16 196 5,00 $ Ventes totales: 549 971,50 $ TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2000-06-25 07 08 09 10 11 15 17 19 20 21 22 24 27 30 33 39 50 51 55 61 Tirage du 2000-06-25 3 4 616 7966 Tirage du 2000-06-24 Tirage du 2000-06-25 NUMÉRO: 989824 NUMÉRO: 926389 2868507 P U B L I C I T É 2864229 1LP1801A0626 A18, lundi, MONDE 1LP1801A0626 ZALLCALL 67 19:22:19 06/26/00 B A 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 Monde Q26JUIN Not Found Q26JUIN Un État palestinien proclamé dans quelques semaines, dit Arafat d\u2019après AP et AFP NAPLOUSE, Cisjordanie La proclamation de l\u2019État palestinien interviendra d\u2019ici « quelques semaines », a affirmé hier le président de l\u2019Autorité palestinienne Yasser Arafat.« La Palestine est à nous, à nous, à nous », a-t-il lancé, dans un discours enflammé devant des milliers de partisans du mouvement Fatah qu\u2019il préside, à deux jours d\u2019une visite dans la région du secrétaire d\u2019État américain Madeleine Albright.« Les semaines qui viennent seront cruciales », a-t-il insisté devant la foule réunie dans une école de la ville autonome du nord de la Cisjordanie.Le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy a aussitôt réagi en affirmant qu\u2019« Israël ne se pliera pas aux menaces durant les négociations ».Des collaborateurs de M.Arafat entre-temps ont cependant précisé que le calendrier précis pour cette proclamation doit encore être établi.Israéliens et Palestiniens tentent actuellement de définir les grandes lignes d\u2019un accord de paix définitif, censé être signé avant le 13 septembre prochain et qui doit régler les questions du statut de Jérusalem, des frontières d\u2019un État palestinien et du sort des réfugiés palestiniens.« Nous avons encore devant nous quelques semaines, mais ce sont les plus importantes et cruciales car à leur issue nous proclamerons l\u2019État », a lancé M.Arafat devant quelque 5000 Palestiniens qui assistaient à Naplouse à un congrès du Fatah, la principale composante de l\u2019OLP.« Nous voulons un État ! », a scandé la foule en acclamant M.Arafat.L\u2019État palestinien aura pour « capitale Jérusalem », « celui à qui cela ne plaît pas pourra aller boire la Mer Morte », a ajouté celui-ci.Le leader palestinien n\u2019a pas précisé si cette proclamation aurait lieu avant le 13 septembre et si elle interviendrait en l\u2019absence d\u2019accord de paix avec Israël.Le ministre palestinien du Plan Nabil Chaath, un des principaux collaborateurs de Yasser Arafat, a laissé entendre que les Palestiniens proclameraient unilatéralement leur État si les négociations ne progressaient pas.« Si nous nous trouvons sans accord le 13 septembre et pas près d\u2019y parvenir, nous devrons dire alors à la communauté internationale que nos frontières sont celles de 1967 (avant la guerre des Six Jours, NDLR), que notre terre est occupée, que chaque réfugié à le droit au retour ou à une compensation et sur cette base nous proclamerons l\u2019État», a-t-il dit.Israël s\u2019est déclaré prêt, dans cette hypothèse, à annexer certains secteurs de Cisjordanie, dont des implantations juives près de Jérusalem.Nabil Chaath a souligné que toute décision concernant une éventuelle proclamation devra recevoir l\u2019aval du Conseil central palestinien, qui se réunira les 2 et 3 juillet dans la Bande de Gaza.Yasser Arafat a fait allusion durant son discours aux récentes déclarations du chef d\u2019état-major de l\u2019armée israélienne, le général Shaul Mofaz, selon lequel l\u2019État hébreu aurait recours si nécessaire à des hélicoptères et des blindés pour réprimer un soulèvement en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.« Nous n\u2019allons pas nous laisser menacer par des blindés et des avions, personne ne peut nous menacer », a déclaré le dirigeant palestinien d\u2019une voix forte.« Je veux le rappeler à quiconque l\u2019aurait oublié (.) sept ans d\u2019Intifida et je dis que nous sommes prêts à recommencer.» VOTRE HOROSCOPE du 22 JUIN au 22 JUILLET Dans votre vie sentimentale, vous serez plutôt secret aujourd\u2019hui.C\u2019est une bonne journée pour réfléchir à certaines de vos aspirations.Concrètement, c\u2019est un bon moment pour faire quelques achats.Vous trouverez ce que vous cherchez.Vous vous accommoderez de quelques changements imprévus.Vous pourriez passer un bon moment en compagnie d\u2019une personne avec qui vous avez plusieurs points communs.Vous aurez la touche pour tout ce qui concerne les contrats et ententes aujourd\u2019hui.Vous dépenserez votre énergie sans compter.Dans vos activités, vous serez en bonne position pour recevoir des compliments ou même un cadeau.En soirée, vous serez gagné par une heureuse insouciance.Vous aurez un esprit curieux qui pourrait vous entraîner vers de nouveaux horizons et des découvertes intéressantes.Avec vos amis et vos proches, vous serez confiant et tendre.Vous aurez de la stabilité.Vous prendrez un recul nécessaire afin d\u2019évaluer vos chances de succès dans un projet qui vous intéresse.Vous pourriez vous retrouver dans une situation étonnante.A la maison, vous aurez envie d\u2019un nouvel aménagement.Côté coeur, vous ne serez en toute confiance qu\u2019auprès de vos intimes.Vous aurez tendance à la dispersion et vous pourriez perdre quelque chose.C\u2019est dans vos amitiés que vous serez le plus à l\u2019aise aujourd\u2019hui.Vous pourriez faire une surprise à un proche.Vous serez efficace si vous travaillez à plusieurs.Vous rassemblerez facilement les gens pour un même but.En ce début de semaine, vous pourriez mettre l\u2019accent sur les questions d\u2019argent.Si vous avez accumulé les dépenses, c\u2019est le moment de payer vos comptes.Il se pourrait bien qu\u2019une occasion d\u2019achat vous soit offerte.L\u2019opinion que certaines personnes ont de vous se modifiera pour le mieux.On vous prendra au sérieux et l\u2019on tiendra compte de vos remarques.Les prochains jours vous seront favorables à tous points de vue.Vous éprouverez peut-être une sensation de solitude aujourd\u2019hui.Si c\u2019est le cas, ne vous en faites pas car ça ne durera pas.Dans vos activités, vous aurez la surprise de voir que vous relevez certains défis de plus en plus facilement.Ne restez pas seul car vous n\u2019y trouveriez aucun plaisir aujourd\u2019hui.Par ailleurs, il est possible que vous décidiez de modifier votre rôle au sein de votre groupe d\u2019amis, au travail ou dans votre famille.Vous pourriez modifier certaines habitudes.C\u2019est un bon moment pour évaluer vos possibilités de réussite dans un nouveau projet.Pour votre santé, mangez légèrement et vous serez plus en forme.En matière d\u2019argent, vous aurez le sens pratique.Vous voudrez dépasser ce petit quotidien qui est parfois bien ennuyeux.Vous adopterez tout de même un point de vue plutôt positif et votre bonne humeur fera plaisir à voir.Vous serez entraîné par un vent de liberté.n Je suis né à Verdun le 9 juillet 1943 à 23h50.J\u2019aimerais connaître ce que l\u2019avenir me réserve aux plans suivants : amour, santé, travail et argent.n Vous avez le Soleil dans le signe du Cancer combiné à un ascendant Bélier.Cette combinaison est le signe d\u2019une nature composée de contrastes, c\u2019est-à-dire de la nonchalance et de l\u2019activité tout à la fois, de la timidité et de l\u2019agressivité parfois ou encore vous êtes à d\u2019autres moments tendre et cruel.Vous avez une vive imagination et vous cherchez à réaliser vos rêves par l\u2019action.Vous aurez l\u2019occasion parfois de ruer dans les brancards tout en ayant soif de tendresse et d\u2019affection.Vous serez attaché aux vôtres tout en cherchant à vous en libérer.Vous êtes le type même du bon travailleur et du conteur d\u2019histoires.Vous êtes très susceptible, l\u2019agressivité est malheureusement bien souvent votre seul moyen de défense.Vous vous croyez bien souvent la victime, surtout dans vos affaires de coeur.Vous êtes tout particulièrement attiré par les personnes ayant l\u2019ascendant dans la Balance ou la Lune dans le signe du Cancer.Avec Jupiter dans votre maison II, vous serez surtout un idéaliste en l\u2019an 2000 et considérerez parfois les richesses matérielles comme dégradantes ; soit au contraire, vous vous mettrez tout d\u2019un coup à travailler comme un forçat pour acquérir plus de puissance et d\u2019argent.Vous ne serez pas très stable dans votre schème de pensée à ce niveau pendant cette période de votre vie.Cela aura quelques influences dans une relation amoureuse toute particulière et vous aurez de la difficulté à la maintenir au-dessus des flots.Saturne en transit dans votre maison II vous sensibilise beaucoup à la peur de la pauvreté.Vous ferez alors preuve de plus de prudence dans vos dépenses.Parfois on vous considérera même comme étant un avare.Vous raterez alors de bonnes occasions en raison de votre manque d\u2019audace et l\u2019ensemble de votre vie ne sera pas toujours facile.Uranus vous aidera à vous sortir du mauvais effet de Saturne en ce que vous n\u2019aimerez pas vous sentir enfermé ou coincé.Vous devrez, pour réussir dans votre vie, être novateur et savoir faire face à l\u2019adversité.du 23 JUILLET au 23 AOÛT du 24 AOÛT au 22 SEPTEMBRE du 23 SEPTEMBRE au 23 OCTOBRE du 24 OCTOBRE au 22 NOVEMBRE du 23 NOVEMBRE au 21 DÉCEMBRE du 22 DÉCEMBRE au 20 JANVIER du 21 JANVIER au 19 FÉVRIER du 20 FÉVRIER au 20 MARS du 21 MARS au 20 AVRIL du 21 AVRIL au 20 MAI du 21 MAI au 21 JUIN RÉPONSE À VOS QUESTIONS n Si vous recherchez la réponse à une question se rapportant à l\u2019astrologie, il suffit d\u2019écrire à VOTRE HOROSCOPE, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9, en n\u2019oubliant pas de mentionner l\u2019heure, le jour, l\u2019année et le lieu de votre naissance.Missing files that are needed to complete this page: Q26JUIN 1LP1901A0626 A19, lundi, MONDE 1LP1901A0626 ZALLCALL 67 00:53:22 06/26/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, LUNDI 26 JUIN 2000 A 19 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL Une coalition de droite affaiblie est reportée au pouvoir au Japon Éraflé, le premier ministre Yoshiro Mori restera en selle d\u2019après AFP et AP TOKYO La coalition au pouvoir du Premier ministre japonais Yoshiro Mori a remporté hier les élections anticipées à la Diète, la Chambre basse du parlement.Selon les premiers résultats partiels, le Parti libéral démocrate (PLD, conservateur) et ses deux alliés conservent en effet la majorité, mais enregistrent une érosion des voix.Malgré l\u2019impopularité croissante de Yoshiro Mori, qui a accumulé les maladresses depuis son arrivée au pouvoir début avril, la coalition rassemblant PLD, Komeito et Parti conservateur, a gardé la majorité, mais de justesse.Les résultats officiels de ce scrutin marqué par un faible taux de participation n\u2019étaient pas attendus avant ce matin.Selon les résultats publiés par la chaîne NHK et portant sur 91 % du dépouillement pour les 300 sièges à désignation directe et 41 % pour ceux désignés indirectement, la coalition engrange 254 sièges sur les 480 de la Diète.Soit plus que la majorité de 241, mais une nette érosion par rapport à la Diète sortante, où la coalition avait une majorité de 65 %.Le PLD, qui domine quasiment sans discontinuer la vie politique nippone depuis près de 50 ans, aurait pourtant bien besoin d\u2019une majorité plus confortable.Et c\u2019est surtout Mori, très contesté, qui avait besoin d\u2019une victoire nette pour être assuré de son maintien au poste qu\u2019il occupe depuis l\u2019attaque cérébrale de son prédécesseur, Keizo Obuchi, mort le 14 avril.N\u2019empêche, les responsables du PLD ont décidé de maintenir au pouvoir l\u2019actuel premier ministre Mori, malgré le recul accusé hier, selon les médias locaux.« Nous avons décidé que le Premier ministre Yoshiro Mori, mais également le secrétaire général (Hiromu Nonaka, numéro deux du gouvernement) resteront à leurs postes », a annoncé Mikio Aoki, chef du cabinet, cité par Jiji Press, à l\u2019issue d\u2019une réunion avec MM.Mori et Nonaka.Le vote des 101 millions d\u2019électeurs japonais laisse le Parti Libéral Démocrate de M.Mori dépendant de ses deux alliés au sein de la coalition au pouvoir pour conserver la majorité au sein de l\u2019assemblée, selon un décompte de la Japan Broadcasting Corp.Selon les résultats partiels annoncés par la chaîne de télévision après la clôture des bureaux de vote, huit sièges restant à attribuer, le PLD en obtenait 230, contre 271 dans l\u2019ancienne assemblée.Le parti Komeito n\u2019a conservé que 30 sièges sur 46 et le petit Parti conservateur 7 sur 20.NATIONS UNIES Sommet contesté n Plus de 5000 manifestants « anti-mondialisation » ont défilé hier à Genève à la veille du sommet social de l\u2019ONU qui doit s\u2019ouvrir dans la cité de Calvin, alors que la conseillère fédérale Ruth Dreifuss ouvrait le « Forum Genève 2000 » réservé aux travaux des organisations non gouvernementales (ONG).Les manifestants ont défilé pacifiquement dans les rues et ont érigé un petit village, haut en couleurs, pour défendre la cause des plus faibles et des plus défavorisés.À part quelques tags sur des vitrines, la manifestation n\u2019a pas connu de débordements.d\u2019après AP LOS ALAMOS Le FBI progresse n Le FBI serait sur le point de résoudre le mystère de la disparition du laboratoire de Los Alamos de deux disques durs contenant des secrets sur les armes nucléaires américaines, rapporte Newsweek.Des responsables du département de l\u2019Énergie ont indiqué à l\u2019hebo qu\u2019ils pensaient que des membres de l\u2019équipe de recherche nucléaire d\u2019urgence seraient impliqués dans cette affaire.Les disques durs, aussi grands qu\u2019un jeu de cartes et contenant apparement des données sur le désarmement des bombes nucléaires, ont été portés disparus le 7 mai, puis sont réapparus un mois plus tard, derrière une photocopieuse.d\u2019après AFP INDONÉSIE Violence à Ambon n Ambon, la capitale de l\u2019archipel indonésien des Moluques, semblait à feu et à sang hier selon les informations parvenues à Djakarta.Des coups de feu résonnaient toujours dans la ville où des affrontements entre chrétiens et musulmans ont fait 46 morts ces cinq derniers jours.Ambon est le théâtre de véritables batailles de rues.« Les combats se poursuivent toujours », selon Malik Selang, un des responsables de la mosquée Al Fatah d\u2019Ambon contacté par téléphone.Selon lui, au moins cinq musulmans sont morts hier d\u2019après AP SOUDAN Contre les sanctions n Le gouvernement soudanais a affirmé hier son souhait de poursuivre le dialogue avec les États-Unis pour tenter d\u2019éviter un veto américain à l\u2019ONU contre la levée des sanctions contre le Soudan.Le Conseil de sécurité a discuté vendredi d\u2019un projet de résolution, présenté par le Mali, pour la levée des sanctions économiques et diplomatiques imposées en 1996 au Soudan après une tentative d\u2019assassinat du président égyptien Hosni Moubarak.Un vote est envisagé en juillet mais seul Washington semble réticent à la levée des sanctions.d\u2019après AFP KOSOVO Geste « courageux » n L\u2019administrateur de l\u2019ONU au Kosovo, Bernard Kouchner, a salué hier la décision « courageuse » prise par des leaders serbes de réintégrer, après un boycott de trois semaines, les instances administratives de la province, patronnées par l\u2019ONU.« Cette décision courageuse permettra aux représentants serbes de jouer une fois de plus pleinement leur rôle pour la construction d\u2019un Kosovo démocratique, en paix et tolérant », a déclaré M.Kouchner.d\u2019après AFP ELIAN GONZALEZ L\u2019oncle persiste.n Le grand-oncle du petit Cubain Elian Gonzalez à Miami doit saisir aujourd\u2019hui la Cour suprême à Washington, dans une ultime tentative pour empêcher le retour d\u2019Elian à Cuba dès mercredi soir.Vendredi, la Cour d\u2019appel d\u2019Atlanta (Géorgie, sudest) a refusé de réexaminer le dossier de demande d\u2019asile d\u2019Elian et annoncé que la mesure l\u2019obligeant à rester aux États-Unis serait levée mercredi à 16 h.d\u2019après AFP PHOTO AFP Un premier ministre Mori plutôt déconfit, hier soir, au terme d\u2019un scrutin qui a vu faiblir la coalition qu\u2019il dirige.Zimbabwe: campagne pourrie, mais scrutin finalement potable Isabelle Hachey envoyée spéciale HARARE, Zimbabwe Malgré quelques rapports d\u2019intimidation dans les régions rurales, le pire n\u2019est pas arrivé en fin de semaine au Zimbabwe, où les électeurs se sont rendus aux urnes en masse et dans le calme, d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, pour les plus importantes élections législatives de l\u2019histoire de cette jeune démocratie d\u2019Afrique australe.Aujourd\u2019hui, alors que le scrutin sera dépouillé et que les résultats parviendront au compte-gouttes tout au long de la journée, les Zimbabwéens seront partagés entre l\u2019optimisme et la crainte.Optimisme, parce que l\u2019espoir de changement, dans ce pays où les difficultés économiques et sociales augmentent de façon dramatique, n\u2019a jamais été aussi concret.Crainte, parce que plusieurs ici pensent que le président Robert Mugabe ne cédera pas le pouvoir sans un dernier combat.« Les gens du Zimbabwe ont voté en grand nombre ce week-end et malgré l\u2019ampleur de la violence et de l\u2019intimidation durant la campagne, malgré les graves irrégularités dans le processus électoral, ils ont affiché une détermination claire d\u2019influencer le futur du pays », a dit le directeur de la mission d\u2019observation de l\u2019Union européenne, Pierre Schori, lors d\u2019une conférence de presse à minuit hier soir.Les 190 observateurs de l\u2019Union européenne, présents dans le pays depuis le début du mois de juin, ont constaté que le Zanu-PF du président Mugabe était responsable de la majorité des violences perpétrées au cours de la campagne, qui ont fait au moins 30 morts et des centaines de blessés.« Les dirigeants du Zanu-PF semblent avoir donné leur appui à l\u2019utilisation de la violence et de l\u2019intimidation contre les opposants politiques , a-t-il dit.Des partisans du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) ont aussi été les auteurs de brutalité et d\u2019intimidation, mais « eur responsabilité était beaucoup moins grande , et les leaders du MDC « nt condamné plus clairement la violence .« es tribunaux devront s\u2019occuper de tous les cas d\u2019abus des droits humains associés au processus électoral, a poursuivi M.Schori.Cela sera essentiel pour contribuer à rétablir le respect de la règle du droit au Zimbabwe.Le directeur de la mission européenne a ajouté que le président Mugabe aura un « ôle crucial à jouer dans la suite des événements.M.Schori a qualifié de « très positif » le déroulement général des élections en fin de semaine, mais a condamné le manque d\u2019ouverture et de transparence du bureau général des élections.« Nous en sommes venus à la conclusion que cela n\u2019était pas de l\u2019incompétence administrative, mais plutôt une tentative délibérée de réduire l\u2019efficacité de la surveillance indépendante des élections », a-t-il dit.Le Zanu-PF restera au pouvoir Le président national du Zanu- PF, John Nkomo, a affirmé hier matin que son parti conserverait le pouvoir, « peu importe les résultats des élections législatives ».M.Nkomo a expliqué qu\u2019en vertu de la constitution de Lancaster House, signée lors de l\u2019accession à l\u2019indépendance du pays, le président est chef du pouvoir exécutif et peut nommer les gens qu\u2019il veut pour former le prochain gouvernement.Les élections présidentielles sont prévues pour l\u2019an 2002.Le camarade Mugabe, qui rêve d\u2019un parti unique et qui n\u2019a d\u2019ailleurs jamais connu de véritable opposition depuis 20 ans, aura donc le privilège de choisir 20 des 150 membres du Parlement.Ces vingt personnes, que le président peut recruter dans une université comme dans une prison si le coeur lui en dit, formera le prochain cabinet, même si le MDC de Morgan Tsvangirai rafle la totalité des 120 sièges éligibles en fin de semaine.Les dix sièges restants seront choisis par les chefs locaux du pays.Ces dispositions laissent peu de marge de manoeuvre aux partis d\u2019opposition.Dans l\u2019éventualité où le MDC obtient une majorité au Parlement, il adoptera sans doute un vote de non-confiance envers le président.Dans ce cas, Mugabe a le choix entre dissoudre le Parlement, ou alors accepter ce vote et remettre sa démission, puis déclencher immédiatement des élections présidentielles.M.Nkomo a cependant estimé hier que le MDC n\u2019avait aucune chance d\u2019obtenir une majorité \u2014 ce qui permettrait en outre de procéder à des modifications constitutionnelles.De son côté, Tsvangirai a affirmé qu\u2019« il y a de la place pour une coexistence » au Parlement.Préparés au pire C\u2019était le branle-bas le combat hier au Banket Farmer\u2019s Center, une quincaillerie transformée en quartier général des fermiers blancs de la province de Mashonaland.De grandes cartes de la région toutes gribouillées, des postes de radio émetteurs, des fusils et des ceintures de balles entreposés dans tous les coins : les fermiers s\u2019étaient préparés au pire.Deux grosses carabines jonchaient le sol dans le bureau de Duke de Coudray, propriétaire de l\u2019endroit.Prêtes à servir.Comme plusieurs fermiers blancs, il a consacré ses énergies et une bonne partie de son argent, au cours des derniers mois, à la campagne du MDC.« Ce n\u2019est pas seulement le parti des Blancs, c\u2019est le parti du peuple », dit le fermier, niant les allégations du gouvernement, qui répète chaque jour que Tsvangirai est la « marionnette des colonialistes britanniques ».Lorsqu\u2019un incident a été signalé en après-midi dans un bureau de scrutin situé sur une ferme blanche, à 30 kilomètres du Banket Farmer\u2019s Center, les agriculteurs n\u2019ont pas hésité à envoyer un convoi de 50 partisans du MDC, armés de massues, pour mater les jeunes supporters du Zanu-PF.Sur place toutefois, tout s\u2019est déroulé dans le calme.Avec une telle escorte, le représentant électoral du MDC a pu circuler sans problème sur la ferme et se rendre au bureau de scrutin.Quelques heures plus tôt, des jeunes du Zanu-PF avaient saccagé la voiture d\u2019un autre membre de l\u2019opposition.PHOTO AP Moment de solitude hier pour le président Mugabe qui, en plein scrutin national, attendait à l\u2019aéroport d\u2019Harare son homologue Kabila, du Congo.Des Minutes du patrimoine, façon zimbabwéenne Pour un étranger, regarder le bulletin de nouvelles national du Zimb a b w e e s t u n e expérience surréaliste.Toute la semaine, malgré l\u2019intimidation et les violences qui ont fait rage d\u2019un bout à l\u2019autre du pays \u2014 rapportées par plusieurs organisations humanitaires indépendantes \u2014, ZBC News a donné la parole à un seul parti, celui du président Mugabe.Un peu comme si, à la veille d\u2019un référendum sur la souveraineté au Québec, le Téléjournal de Radio- Canada consacrait la totalité de son émission à une suite ininterrompue de Minutes du Patrimoine.Hier soir, le directeur de la mission d\u2019observation de l\u2019Union européenne, Pierre Schori, a condamné les médias contrôlés par le gouvernement, qui ont été « utilisés comme des véhicules de publicité pour le Zanu-PF ».Mais déjà, le mois dernier, le Media Monitoring Project du Zimbabwe (MMPZ) concluait que les médias contrôlés par le gouvernement n\u2019avaient que de la propagande gouvernementale à offrir aux citoyens.L\u2019organisme rapporte qu\u2019entre le 17 avril et le 14 mai, ZBC News a diffusé 167 reportages sur la campagne électorale, dont 152 sur le Zanu-PF, huit sur le MDC et sept sur l\u2019ensemble des autres partis d\u2019opposition.À la radio et dans les journaux contrôlés par l\u2019État, la couverture est aussi grossièrement inégale, constate le MMPZ.Résultat, les Zimbabwéens n\u2019ont pas droit à d\u2019autres perspectives politiques que celle de Mugabe dans les médias financés par les fonds publics.Plus la campagne avançait, plus le message devenait pressant.Dans le Herald de samedi, les manchettes qui se succèdaient page après page ne laissaient aucun doute sur l\u2019orientation du journal : « Ne votez pas pour un retour au colonialisme .Les observateurs étrangers accusés de travailler contre le Zanu- PF.L\u2019Occident veut une marionnette au pouvoir.Les allégations de fraudes électorales sont ridicules.Les Britanniques sont racistes, selon le président.» La presse d\u2019État a largement couvert les propos de Mugabe, la semaine dernière, lorsque ce dernier a accusé les observateurs et les journalistes étrangers d\u2019être de connivence avec le MDC, d\u2019inciter à la violence et de tenter de briser le pays.« On dirait que les observateurs ne sont pas là pour observer, mais pour chercher les problèmes », s\u2019indignait un chef de police à la télévision nationale.Dans un contraste saisissant, le Zimbabwe Independant publiait le même jour à la une l\u2019insoutenable photo du postérieur d\u2019un homme (ou ce qu\u2019il en reste) torturé par des partisans du Zanu-PF pendant 24 heures parce que sa famille supportait le MDC.Son frère, lui aussi torturé, en est mort quelques jours plus tard, rapporte l\u2019hebdomadaire privé.Mais exposer la vérité toute crue n\u2019est pas sans risques dans ce pays : il y a quelques jours, une bombe a explosé dans les locaux du Daily News, un autre journal indépendant basé en plein centre d\u2019Harare.« Le gouvernement nous déteste et affirme que nous sommes commandités par les impérialistes britanniques », dit Trevor Ncube, rédacteur en chef du Zimbabwe Independant.Malgré le harcèlement dont ses journalistes, très critiques, sont victimes, il admet que comparé à d\u2019autres pays d\u2019Afrique, le Zimbabwe jouit d\u2019une liberté de presse relative.Et il espère que ces acquis perdureront. La Presse 26 juin 2000 Page A20 manquante "]
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