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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-07-14, Collections de BAnQ.

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[" 5LP0101B0714 B1 vendredi 5LP0101B0714 ZALLCALL 67 01:20:07 07/14/00 B Montréal, vendredi 14 juillet 2000 Politique ÉDITORIAL / OPINIONS / ARTS ET SPECTACLES / PETITES ANNONCES 103 personnes décorées de l'Ordre du Canada Une centaine de productions ciné et télé dans le collimateur de Revenu Québec Presse Canadienne OTTAWA L'ex-commissaire aux langues officielles Victor Goldbloom et Gretta Chambers, journaliste qui a occupé la fonction de chancelier à l'Université Mc Gill, sont au nombre des personnalités qui ont accédé, hier, au rang de compagnons de l'Ordre du Canada.Au total, 103 personnalités ont été décorées de l'Ordre du Canada, dont 67 nouveaux membres.Les autres en faisaient déjà partie et ont été promues officiers ou compagnons.Parmi les nouveaux compagnons, on note aussi les noms Victor Goldbloom du philosophe montréalais Raymond Klibansky et de l'ex-juge de la Cour suprême Gérard La Forest.Au r a n g d'officiers, on retrouve le nom de Warren Allmand, président du Centre international du développement démocratique et des droits de la personne et ex-ministre dans le cabinet de Pierre Elliott Trudeau, et celui du fondateur du service français de l'Office national du film (ONF), Roger Blais.L'Ordre s'est aussi enrichi de nouveaux membres, dont plusieurs Québécois : le promoteur de spectacles montréalais Donald K.Tarlton, Jean-Paul Cloutier (Sainte-Foy), soeur Louise Bellavance (Québec), Sheila Leah Fischman (Montréal), Claude Le Sauteur (Les Éboulements), Robert Michaud (Rimouski), Albert Legault (Sainte- Foy), Alexander Meisels (Sillery), France Théoret (Montréal), soeur Évelyne Tremblay (Les Méchins), Joan Mc Kim (Montréal), Joseph Adrien Letendre (Amos), Arthur Chui Fu Lau (Montréal), John Richard Hamilton (Montréal), Ratna Gosh (Montréal), Morley Mitchell Cohen (Montréal), Guy Bisaillon (Montréal) et James Barrière (Montréal).MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Revenu Québec passe au peigne fin les dossiers d'une centaine de productions cinématographiques et télévisuelles soupçonnées d'avoir profité indûment de crédits d'impôts.Cet examen se poursuivra jusqu'au printemps 2001 et les compagnies qui seront prises en défaut devront rembourser ces crédits avec les intérêts, a indiqué hier Brigitte Portelance, directrice aux normes et programmes à Revenu Québec.Les 100 productions constituent le tiers de celles qui ont bénéficié de tels crédits entre 1996 et 1998.Québec a versé pendant cette période 210 millions aux firmes admissibles.Compte tenu de l'importance des crédits versés, Revenu Québec avait entrepris en février 1998 une vérification dans le cadre de son plan de lutte contre l'évasion fiscale.C'était donc avant que n'éclate, en octobre dernier, le scandale des pratiques fiscales douteuses du producteur-vedette Cinar.Après cette première étape de vérification de 300 productions, Revenu Québec a jugé bon d'aller plus loin.« On a décidé de pousser plus loin les investigations sur une centaine d'entreprises », confirme Mme Portelance.« Évidemment, c'est parce qu'on suspecte quelque chose », ajoute-t-elle.Les vérifications portent notamment sur les coûts de production ; certaines entreprises y incluraient des coûts administratifs inadmissibles.Mais rien n'indique pour l'instant qu'il s'agisse de fraude, précise la directrice, selon qui il est trop tôt pour évaluer les sommes qui pourraient être réclamées à certains producteurs.La PDG de l'Association des producteurs de film et de télévision du Québec, Claire Samson, affirme de son côté qu'il ne s'agit que d'un problème d'interprétation à propos des coûts administratifs.« La majorité des avis de convocation sont liés à un différend d'interprétation dans un des aspects de la loi », ditelle.L'APFTQ a rencontré des représentants du gouvernement cette semaine à Québec à ce sujet.« On a demandé à Québec d'éclaircir cette notion une fois pour toutes », dit Mme Samson.Revenu Québec a d'autre part entrepris une révision de son programme de crédits, qui comportait certaines lacunes, notamment sa complexité.« Il y a un risque élevé d'inobservance fiscale parce que les crédits d'impôts sont adaptés à ce secteur », dit Mme Portelance.« Certaines modalités peuvent inciter des sociétés à réclamer des montants exagérés », note un rapport déposé conjointement en juin par les ministères du Revenu, de la Culture et des Communications et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).Cet examen commun avait été entrepris dans la foulée de l'affaire des prête-noms de Cinar.Le rapport contient 22 recommandations afin de réduire sensiblement les risques d'évasion fiscale tout en améliorant les contrôles.Selon Mme Portelance, elles ont été reçues favorablement par le ministre du Revenu, Paul Bégin, et le ministre des Finances, Bernard Landry.Dorénavant, les entreprises devront d'ailleurs donner plus d'informations, dont la liste des personnes à qui elles versent des salaires.Revenu Québec pourra par exemple vérifier si ces gens existent bien, précise Brigitte Portelance.L'arrivée du nouveau chef vue d'un bon oeil au Québec ÉRIC PLOUFFE L'ancien bras droit de René Lévesque pour les affaires autochtones, Éric Gourdeau, ne croit pas que l'arrivée de Matthew Coon Come à la tête de l'Assemblée des Premières Nations (APN) soit susceptible d'envenimer les relations avec les autochtones.M.Gourdeau voit plutôt l'exgrand chef cri de 44 ans comme un agent de changement social.L'ingénieur et économiste-conseil pense que M.Coon Come souhaite créer plus d'emplois dans les communautés autochtones qui vivent dans la région de la Baie-James.Il rappelle que l'ex-grand chef cri reproche à Hydro-Québec de recruter depuis trop longtemps à l'extérieur de la communauté autochtone, ce qui aurait des conséquences néfastes sur son économie et son climat social.« Il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas de travail et ils voudraient qu'on leur offre autre chose que des emplois de concierge », a noté M.Gourdeau lors d'un entretien téléphonique, hier.M.Gourdeau a dit que faute de patients, il était ardu pour un autochtone de la région de la Baie-James d'étudier la médecine et de pratiquer dans sa communauté.Il serait encore plus difficile pour les étudiants de quitter tout simplement la famille.La situation est la même dans le secteur de l'éducation.« On ne peut pas engager quatre professeurs lorsqu'il n'y a qu'une trentaine d'élèves.» Pour sa part, le porte-parole du Regroupement de solidarité avec les autochtones, François Saillant, voit d'un bon oeil l'arrivée de Matthew Coon Come.Cependant, M.Saillant craint que M.Coon Come ne répète ce qu'il a considéré comme une bévue lors de la campagne qu'il avait menée en 1994 contre le projet hydroélectrique de Grande-Baleine.Le porte-parole a avancé que le chef amérindien aurait alors dû mieux informer la population du Québec que celle des États-Unis.Même s'il a reconnu les talents de communicateur de M.Coon Come sur la scène internationale, François Saillant a tenu à préciser que l'APN ne représentait pas les intérêts de tous les autochtones.« L'Assemblée ne parle pas au nom de tous les autochtones.Elle n'est pas élue par l'ensemble de leur population et il faut comprendre que ce n'est pas un gouvernement autochtone, a-t-il fait remarquer.M.Coon Come représente des conseils de bande qui sont financés par le gouvernement fédéral.Ces liens compromettent le débat sur les revendications autochtones et certains ne s'y reconnaissent pas.» Pour sa part, Pierre Trudel, anthropologue et professeur au cégep du Vieux Montréal, a avancé que le nouveau chef allait faire monter la pression.M.Trudel s'attend à ce qu'une « guerre totale » éclate entre M.Coon Come et l'Alliance canadienne si le nouveau parti devait récolter une grande partie des sièges aux prochaines élections.« L'Alliance canadienne est très dure à l'endroit des autochtones, at- il dit hier à La Presse.Les membres veulent réduire les sommes d'argent versées aux autochtones.» Les jeunes du PQ endossent la consultation PHOTOPC Le chef sortant de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine (à gauche), donne l'accolade à son successeur, Matthew Coon Come, après lui avoir concédé la victoire au second tour de scrutin.PIERRE APRIL Presse Canadienne, QUÉBEC Le vice-président du Conseil national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Mathieu Laberge, ne croit pas que les jeunes seront désillusionnés de devoir participer, encore une fois, à une vaste consultation sur un avant projet de politique jeunesse qui sera présenté par le ministre d'État à l'Éducation et à la Jeunesse, François Legault.Au cours d'une entrevue avec La Presse Canadienne, hier, M.Laberge a défendu la démarche proposée par le ministre en affirmant que s'il est vrai que des solutions concrètes ont fait l'objet d'un consensus lors du sommet de février dernier, et que les jeunes se sont déjà clairement exprimés sur ce qu'ils attendent d'une politique jeunesse, « je pense que ces consultations sont essentielles pour que les jeunes soient partie prenante à cent pour cent de cette politique ».M.Laberge a soutenu que la politique jeunesse doit précéder les gestes qui seront posés sur le terrain.L'élément essentiel de la nouvelle consultation, selon le viceprésident du CNJPQ, c'est qu'elle permettra d'établir les règles quant au suivi de l'application de la politique, « une chose qui n'a pas du tout été discutée au sommet de février ».Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Christian Robitaille, croit pour sa part que la consultation est nécessaire, d'autant plus que le document de réflexion que vient de déposer le ministre Legault est loin d'être satisfaisant.« Qu'il y ait une autre consultation sur la politique, a-t-il affirmé hier, au cours d'une entrevue téléphonique, ce n'est pas un problème, au contraire, ça se situe tout à fait dans ce que nous attendions.C'est une nouvelle ouverture dans laquelle nous allons nous engager.«Un message pour le Canada et le Québec» Matthew Coon Come prévient Ottawa qu'il devra modifier sa façon de négocier avec les Premières Nations MARIE-CLAUDE GIRARD Le nouveau chef de l'Assemblée des Premières Nations, Matthew Coon Come, est prêt à recourir à tous les moyens possibles pour défendre les intérêts des peuples autochtones.À son premier jour à la tête de la plus puissante association autochtone, il prévient le gouvernement fédéral qu'il devra modifier sa façon de traiter avec les Premières Nations.Les leaders autochtones du Québec interrogés hier se sont montrés favorables à l'élection d'un chef au passé plus radical.M.Coon Come l'a emporté avec 58 % des voix contre le chef sortant, Phil Fontaine, vu comme étant plus conciliant.« Je suis en faveur des négociations.Mon parcours montre que je suis capable de négocier.Mais si le gouvernement continue d'ignorer les décisions dans l'arrêt Delgamuukw et Marshall, je crois qu'il faudra porter l'affaire sur la scène internationale.Je ne veux pas le faire, mais je suis prêt à le faire si nécessaire », a indiqué hier M.Coon Come.Le nouveau chef veut négocier de nation à nation avec le Canada et non par l'intermédiaire de politiques gouvernementales.Comme lui, plusieurs leaders refusent de voir leurs titres aborigènes et droits ancestraux disparaître dans de nouvelles ententes qui leur cèdent en échange argent et territoires.Selon lui, l'Assemblée des Premières Nations n'a pas réussi jusqu'ici à porter sur la scène nationale les questions de droits ancestraux, des ressources naturelles et des terres.Il entend y remédier en redémarrant les relations avec le gouvernement sur de nouvelles bases.Il dit comprendre que des chefs autochtones érigent des barricades pour faire valoir leurs droits.Et il est prêt à appuyer toute prise de position des communautés autochtones qui le lui demanderont, y compris celles des Cris du Québec qui songent à contester le projet de loi C-20 sur la clarté référendaire.Selon lui, son prédécesseur aurait dû appuyer les Cris sur cette question.Selon l'avocat innu Armand Mc Kenzie, l'élection de M.Coon Come livre « un message au gouvernement du Québec et au gouvernement du Canada ».« C'est aussi la première fois en 20 ans que nous avons un leader de l'Est », un leader au fait des façons de droit international.Les choses ont changé depuis quelques années, ont rappelé plusieurs leaders autochtones du Québec interrogés hier.Deux décisions de la Cour suprême sont venues appuyer les revendications, des appuis sont venus de comités de l'ONU et la commission royale d'enquête sur les peuples autochtones a fait des recommandations.Pourtant, le gouvernement fédéral persiste à ne pas suivre ces recommandations ou reconnaître les décisions de la Cour suprême, dénoncent les autochtones.« M.Coon Come est arrivé avec un discours beaucoup plus ferme.Mais je crois qu'en même temps, il y a une ligne de tracée qui est celle de l'assemblée des chefs.Je pense que la transition va se faire de façon harmonieuse », a commenté Ghislain Picard, chef régional pour l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.« Le comité exécutif de l'Assemblée aura à s'ajuster à cette nouvelle réalité.» Pour sa part, le chef mohawk de Kahnawake, Joe Norton, ne croit pas qu'on puisse déjà parler d'une radicalisation du discours autochtone.Il y a beaucoup de rhétorique dans le propos de M.Coon Come, dit-il.M.Norton aurait préféré que Phil Fontaine soit réélu.« Nous, on a démontré notre bonne foi.Ça fait 20 ans qu'on est en négociations.On est rendu au moment où il faut trouver d'autres moyens », note Jean-Charles Pietacho, chef innu de Mingan.« La volonté ne semble pas être là de l'autre côté.» Le chef de la communauté algonquine de Pikogan, près d'Amos, Édouard Kistabich, a appuyé Matthew Coon Come.« Matthew est habitué de négocier.Il a de l'expérience derrière lui », souligne-t-il.Le nouveau chef de Premières Nations affirme qu'il est en accord avec le principe d'autodétermination du Québec, en autant qu'on ne nie pas du même coup les mêmes droits aux autochtones.M.Kistabich est du même avis.M.Picard admet qu'il risque d'y avoir davantage de recours judiciaires et de sorties sur la scène internationale avec l'arrivée de M.Coon Come.Mais la tendance se manifeste déjà, dit-il.« En particulier pour la politique en matière de revendications territoriales, on a eu une fin de non-recevoir de la part du gouvernement fédéral.Nous avons déjà considéré d'amener le gouvernement en cour sur cette question-là.De son côté, la présidente de l'Association des femmes autochtones, Michèle Audet, veut s'assurer que le comité sur l'égalité de sexes demeurera en place à l'APN.Les candidats ont fait de grands discours sur l'autonomie gouvernementale et les grands principes, fait-elle remarquer.Au quotidien, il existe aussi des problèmes sociaux criants qui touchent souvent les femmes, souligne-t-elle.Les femmes autochtones qu'elle a consultées sont favorables à l'arrivée de Coon Come, un leader du Québec.Mais les discours du nouveau chef l'ont laissée perplexe quant à la place qu'il réserve aux femmes. 5LP0201B0714 b2-vendredi-edito 5LP0201B0714 ZALLCALL 67 01:17:56 07/14/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Un bon paratonnerre Il est désormais interdit à tous les policiers du Québec, qu'ils soient de la SQ ou encore d'un service municipal, de participer à une manifestation alors qu'ils sont armés ou même simplement en uniforme.Cette interdiction, incluse dans la nouvelle Loi sur la police adoptée peu avant la fin de la session par l'Assemblée nationale, vise à empêcher la répétition d'incidents comme ceux dont on a été témoin l'automne dernier à Drummondville.On se souvient que plus de 200 membres de la SQ, en uniforme et portant ostensiblement leur arme de service, avaient alors profité d'une réunion du Parti québécois pour manifester leur mécontentement devant la lenteur des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective.Pierre Gravel pgravel@lapresse.ca Ce qui devrait susciter la perplexité dans cette nouvelle réglementation, ce n'est pas tant la relative sévérité des pénalités prévues \u2014 de 500 $ à 3000 $ \u2014 que le fait qu'on ait été obligé d'en arriver à cette mesure.C'est-à-dire qu'on soit amené à interdire et même à sanctionner un comportement qui choque le plus élémentaire bon sens.Il apparaît en effet évident que l'utilisation à des fins syndicales de ces ressources, mises à la disposition des policiers pour accomplir leur travail, est un abus de pouvoir et un détournement de bien public.On arrive d'ailleurs mal à croire que ceux-ci n'ont pas compris qu'ils desservent leur cause et se discréditent en se livrant à ce genre de manifestation.Surtout qu'il leur arrive d'être appelés à réprimer des gestes semblables chez des travailleurs du secteur public ayant succombé à cette même tentation d'utiliser à leur profit des biens ou pièces d'équipement devant exclusivement servir l'intérêt général.Les policiers ne sont pas les premiers ni les seuls, loin s'en faut, à tomber dans ce travers.Et si ces derniers peuvent au moins invoquer des circonstances atténuantes en rappelant que, comme les pompiers, ils n'ont pas le droit de faire la grève, il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'autres catégories d'employés municipaux, fonctionnaires, personnel d'Hydro-Québec ou de quelque autre entreprise appartenant à la collectivité.On l'a vu à maintes reprises dans le passé.Et on peut s'attendre à une recrudescence de manifestations semblables à l'automne alors que les cols bleus municipaux promettent une série de manifestations spectaculaires pour dénoncer les projets de fusions mis de l'avant par la ministre Louise Harel et qui représenteraient, à leurs yeux, une grave menace à ce qu'ils considèrent comme leurs droits acquis.Il appartiendra aux différentes instances pertinentes \u2014 tables de négociations, de médiation, tribunaux, etc.\u2014 de se pencher sur ce danger réel ou illusoire et, le cas échéant, de régler les conflits découlant d'un désaccord entre les parties.Mais à la lumière de ce qu'on a souvent observé dans le passé, on peut déjà craindre que des actes de sabotage, le vandalisme, le bris de pièces d'équipement, le gaspillage de fournitures ou simplement l'utilisation abusive de ressources publiques prennent l'allure de tentations irrésistibles.Dans ce contexte, si on en est réduit à devoir modifier une loi pour interdire à des policiers de se comporter comme des voyous, on devrait poursuivre sur la même lancée.C'est-à-dire prendre les dispositions pertinentes pour que chacun soit bien conscient que toute forme de vandalisme ou utilisation non autorisée d'outil, d'uniforme, de véhicule, de local ou de tout autre article de propriété publique destiné au travail sera sévèrement réprimandée.Et que nul geste illégal ou même simplement interdit ne saurait, en aucun cas, être oublié comme par enchantement dans le cadre d'une discussion sur un protocole de retour au travail.On nous prévient de nous attendre à un automne orageux ; raison de plus pour se pourvoir de bons paratonnerres.DROITS RÉSERVÉS PASCAL ÉLIE, collaboration spéciale OPINIONS Compressions en santé Pour le bien de la patiente?Une expérience révoltante! MICHEL BLANCHARD L'auteur écrit à Madame Charron, travailleuse sociale en gériatrie, à la Cité de la Santé de Laval Laissez-moi vous dire la consternation que j'ai ressentie en revenant du centre Saint-Jude, à Laval, où vous venez de transférer Mme Emy Studler.Puis, avec du recul, la consternation a fait place à l'indignation.Plus j'analyse la situation qui a mené la dizaine de patients, dont ma mère, à quitter le service de gériatrie du Centre de la Santé de Laval, plus je constate que cette décision n'a strictement rien à voir avec le bien-être des patients.Point n'est besoin d'avoir fait un cours classique pour comprendre que le seul but de l'opération n'est que de « clairer la place » pour la période estivale.Vous m'aviez averti que ma mère, en attente d'une chambre au centre Idola-Saint-Jean, irait dans un centre de transition.Mais je n'avais pas à m'inquiéter, elle resterait au service de gériatrie de l'hôpital tant et aussi longtemps qu'il n'y aurait pas une place vacante dans l'un de ces centres.Pourtant, ma mère se retrouve au centre Saint-Jude, dans une chambre où il n'y avait pas de place puisqu'on y a tout simplement ajouté un lit, dans le couloir et une armoire dont la porte ne ferme même pas.À quand les lits superposés ?S'il n'y avait que ça ! Pourriez-vous m'expliquer à quoi ont servi toutes ces heures d'évaluation de la patiente puisqu'on les balance du revers de la main, les vacances obligent ! En effet, si ma mère a certaines lacunes physiques réduisant son automie, elle a encore toutes ses facultés intellectuelles, pourtant vous l'avez placée dans un service où la majorité des patients est atteinte d'Alzheimer et autres maladies dégénératives.Un service où, contrairement à votre hôpital, le patient ne peut se lever tant que « la cloche n'a pas sonné » et où il faut le code numérique pour se promener.Une infirmière m'a même avoué candidement être étonnée d'avoir un tel cas dans son service.« On n'a pas l'habitude! » Dans de telles conditions, oseriezvous m'affirmer sans honte faire ça pour le bien de la patiente ?Et combien de temps croyez-vous qu'il lui faudra pour rattraper les autres ?(Peut-être pourrait-on instaurer une loterie !) J'ai une admiration sans borne pour le personnel qui prend soin de ces patients, alors que pour ma part, cette forme de déchéance humaine me mets à l'envers en quelques heures et c'est probablement pareil pour ma mère.Moi, je peux quitter quand je n'en peux plus.Permettez-moi de douter que ma mère ne voit jamais le centre Idola-Saint-Jean, ne quitte jamais l'étage où elle est, pas plus que la chambre où il n'y a même pas de place pour une armoire.Dieu merci, ma mère passe ses journées la tête dans des livres, avalant ligne après ligne.C'est sûrement plus valorisant que de contempler les autres bénéficiaires, (quel euphémisme !) gober les mouches ou ânonner à longueur de journée.Bien sûr, je suis conscient que vous ne pouvez faire votre travail que dans le cadre des politiques édictées par Mme la ministre, elle qui ne visite ces centres que le temps d'une photo pour la prochaine campagne électorale.Pour conclure, j'aimerais faire une suggestion à la ministre.Ma mère est arrivée à l'hôpital en piètre état physique.Elle y a été très bien traitée, très bien soignée puis on l'a gardée en gériatrie près de deux mois avec les mêmes attentions, mais en définitive, pour mieux l'achever, lentement mais sûrement.Avez-vous songé, Madame la ministre, aux économies que vous feriez (puisque c'est ça qui vous obnubile) si vous remplaciez le service de gériatrie par un service d'euthanasie accessible à 65 ans ?Dans un cas comme celui-ci, vous auriez libéré un lit deux mois plus tôt.Pis, vous n'auriez même pas eu à la soigner.PIERRE et CAROLE LAMOUREUX Madame Pauline Marois, ministre de la Santé.Nous venons de subir une expérience absolument révoltante et inacceptable et désirons vous en faire part.Notre mère, âgée de 86 ans, vient de subir un sixième transfert de chambre et un troisième transfert d'institution en six mois.Il lui restait entre une et quatre semaines à vivre selon les médecins, il y a déjà deux mois de cela.Quoique le délai soit dépassé, le personnel médical nous dit de ne pas nous leurrer, elle mourra très bientôt.À noter que tous ces changements l'ont été pour des raisons administratives et même pour des querelles de juridictions.À noter que ce dernier changement sera éventuellement suivi d'un septième changement de chambre et d'un quatrième changement d'institution, car il ne s'agissait que d'un transit avant l'hébergement final.Elle ne s'y rendra jamais.Elle décédera avant.Nous avons appris, la semaine dernière, que notre mère quitterait pour ce transit le lendemain matin.Mais notre mère l'avait appris le matin même, par la femme de ménage.Quelle délicatesse pour nous également, ses deux enfants.Les deux seules personnes au monde se préoccupant d'elle.On expédie la vieille dame originaire de Rosemont à l'extrémité de Pointe-aux-Trembles alors que l'un de ses enfants, qui la visitait quotidiennement, habite également Rosemont et est semi-voyante et se déplace difficilement par les transports publics.Tout le processus précédant cette décision s'est effectué sans consultation.Oh ! bien sûr, au cours de ces six mois, six travailleurs sociaux nous ont appelé.Chacun reprenant à peu près le même questionnement comme si de rien n'était.Chacun interrogeant de nouveau notre mère.Vous savez, cette vieille personne qui a peur des changements! Même que l'un d'eux nous a avoué être parachuté à ce poste et ne pas trop savoir comment s'en tirer.Tous ont été gentils, compatissants, nous disant bien cerner la personnalité et les besoins de notre mère afin qu'elle soit placée en un lieu propice.Un membre du personnel de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, nous a dit: « Fallait occuper le lit de la résidence où votre mère vient d'être envoyée, sinon on aurait perdu ce lit au détriment d'un autre centre hospitalier, et ç'aurait pu être quelqu'un de plus approprié que votre mère qui y aille, mais le manque de temps et de personnel nous a empêché de pousser un peu plus l'enquête.» Bref, la décision nous est communiquée le vendredi pour le lendemain matin.Difficile de contester.Nous rejoignons tout de même la directrice des soins ainsi que le directeur de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, Monsieur Ducharme.Le « Conseil de la protection des malades » les rejoint également.On s'inquiète pour la santé physique et mentale de notre mère.Rien à faire.La décision est maintenue.Notre avocat supplie la direction de l'hôpital de surseoir à la décision jusqu'au lundi suivant, car nous voudrions, par le biais d'une injonction, nous expliquer devant un juge, mais le trop court laps de temps empêche cette possibilité.Quelques instants avant le transfert, nous supplions Madame Monique Asselin, la directrice des soins et des travailleurs sociaux, de surseoir au transfert jusqu'à la demande d'injonction.Réponse: « Eux savent ce qui est bon pour notre mère et s'il fallait que tous les enfants des aînés contestent, ça prendrait une loi anti-injonction.» Alors c'est ça, Madame la ministre, notre système de santé.C'est la « Ligue nationale d'improvisation » d'où les « vieux » sortent perdants parce qu'ils n'ont plus la force de crier.(.) LA BOÎTE AUX LETTRES Le bonheur des riches?n Je souhaite réagir à un article paru dans La Presse du 6 juillet dernier, intitulé « Première pêche pour une fillette d'Hochelaga- Maisonneuve ».Franchement, je trouve qu'on exagère.J'ai moi-même grandi dans Hochelaga-Maisonneuve au sein d'une famille de la classe ouvrière.Mes parents ne possédaient pas de résidence secondaire et ne m'amenaient pas à la mer pendant mes vacances.Des étés dans le béton, j'en ai passés plus d'un.Eh bien ! croyez-le ou non, j'ai eu une enfance merveilleuse que je n'échangerais pour rien au monde avec celle que nous faisons vivre à nos enfants.Mieux nantis que nos parents, nous les parons de beaux vêtements et les couvrons de cadeaux.avant de les reconduire chez la gardienne ou au camp de jour, parce que nous n'avons pas de temps à leur consacrer.Est-ce que les enfants des « riches » sont vraiment plus heureux parce qu'ils peuvent goûter aux joies de la campagne?J'en doute fort.Quoi que l'on fasse, l'amour, la présence et l'attention des parents ne souffrent aucun substitut.On rétorquera que c'est la qualité qui compte et non la quantité.Foutaise! Loin de moi l'idée de déprécier les bienfaiteurs de ces enfants, mais il faut bien comprendre que le bonheur, c'est beaucoup plus qu'une partie de pêche.Josée FOREST Longueuil Que la vérité M.Anthony Kavanagh, n Tout ce que vous avez dit concernant Michel Courtemanche n'avait rien de malicieux et n'était que la vérité.Ce que je vous reproche, c'est votre naïveté, de ne pas voir le jeu de M.Courtemanche qui se sert de votre succès pour mousser sa propre campagne publicitaire pour ses futurs spectacles.Il ne pouvait manquer pareille occasion, car, entre vous et moi, M.Courtemanche est-il toujours aussi populaire?S'ilvous- plaît M.Kavanagh, ne vous excusez pas et la prochaine fois méfiez-vous des manipulateurs qui profitent de la situation à leur profit.Continuez votre beau travail et du succès partout dans le monde, même si cela en fait crever certains de jalousie.Nelson JACQUES Pauline Marois 5LP0302B0714 b3 vendredi 5LP0302B0714 ZALLCALL 67 01:22:06 07/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 R B 3 Mama Africa ouvre les Nuits d'Afrique ALAIN BRUNET Les quatorzièmes Nuits d'Afrique ont été lancées hier par grand-mère Afrique en personne.L'âge relativement avancé de Miriam Makeba (68 ans) et un concert décevant donné dans cette île en 1994 (avec son ex-mari le trompettiste Hugh Masekela) ne laissaient rien présager de très festif.Irions-nous vénérer une figure emblématique dépouillée de sa substance ?Aucunement.La grande prêtresse a brillé hier au Spectrum.De toute son âme, de toute son autorité, la doyenne des chanteuses africaines a piloté un très beau party d'ouverture.Dès 21h30, Miriam Makeba attaquait avec la puissance qu'on lui connaît.Très forte, la madame ! Elle n'était pas sur place pour simplement réitérer son mythe, soyez-en assurés.Auréolée d'un bandeau traditionnel, vêtue d'un magnifique bouba et d'un châle aux motifs typiques de sa région natale, Makeba a imposé un rythme absolument irrésistible.Les gestes lascifs, les coups de hanches, les choeurs gutturaux typiques de l'Afrique australe, les références aux musiques urbaines de là-bas (marquées par les folklores tribaux, mais aussi par le gospel et la soul urbaine afro-américaine) tout y était.Et tout ça imposait le respect.Et tout ça faisait danser à souhait.Lorsque la Mère Afrique est de notre bord.L'artiste et militante, une des plus influentes du continent noir (tubes mondiaux au cours des années 60, 30 ans d'exil, mariage avec feu Stokely Carmichael , figure dominante du black power, adulée par le non moins mythique Sékou Touré, défunt président panafricaniste de Guinée, on en passe), a profité de sa présence pour causer des problèmes inhérents au continent dont elle est issue (eau, bouffe, santé, droits humains, etc.), elle a exhorté son public à se souvenir et pardonner.Car elle n'a pas que dénoncé (en toute sagesse), elle a aussi causé solution, elle a causé guérison ; la musique des sociétés traditionnelles n'est-elle pas un puissant remède ?Miriam Makeba n'est-elle pas la fille d'une guérisseuse xhosa ?Notre Mama Africa a ainsi offert un mélange intéressant de ses grands succès (entre autres Malaïka, The Lion Sleeps Tonight et, surtout, l'incontournable Pata Pata) et d'extraits de son plus récent album, Homeland, dont plusieurs musiques ont été composées par le Congolais parisien Lokua Kanza \u2014 que l'on a connu par ses disques solos il y a quelques années.Ce dernier a sûrement prêté conseil à la sexagénaire pour le recrutement de son groupe de tournée, car plusieurs musiciens de cette formation à moitié sud-africaine semblaient avoir été repêchés dans la métropole française \u2014 le bassiste camerounais Raymond Doumbé, le batteur martiniquais Hervé Laval, le claviériste camerounais Patrick Bebey et surtout, le guitariste malgache Solo Razafindrakoto.Ce dernier nous a livré un amalgame impressionnant et non moins singulier de cordes et de voix, avant que son employeuse ne revienne sur scène en tenue immaculée.Vous vous en doutez bien, Miriam Makeba n'allait pas témoigner d'un nouveau cycle créatif.Sa seule présence suffisait amplement, d'autant plus qu'elle affichait une forme splendide.On aura pardonné mille fois à la marraine des Nuits d'Afrique de n'avoir pas joué le rôle de porte- parole auquel on s'attendait.Plus tôt dans la soirée, la percussionniste et chanteuse montréalaise Assar Santana et son groupe ont offert une performance relativement correcte, essentiellement inspirée de son nouvel album Ironia.Bon batteur, claviériste solide, bassiste un peu mou, section de vents quelque peu poussive par moments, une leader à son affaire.Mais bon, il y avait pire, notamment ce discours empesé et maladroit d'un représentant de la Ville de Montréal, sans compter les renforcements positifs du maître de cérémonie Jean-Pierre Petit.Quelque peu insistant, le MC communautaire.Quoi qu'il en soit, les Nuits d'Afrique se succéderont jusqu'au 23 juillet.PHOTO PATRICK SANFAÇON, La Presse © Miriam Makeba a offert hier soir un mélange intéressant de ses grands succès (entre autres Malaïka, The Lion Sleeps Tonight et, surtout, l'incontournable Pata Pata) et d'extraits de son plus récent album, Homeland.EN PRIMEUR CETTE SEMAINE COTTON MARY Film anglais (1999) d'Ismail Merchant.Co-réalisation : Madhur Jaffrey.Scénario : Alexandra Viets.Images : Pierre Lhomme.Montage : John David Allen.Musique : Richard Robbins.Avec Madhur Jaffrey, Greta Scacchi, James Wilby, Neena Gupta, Sakina Jaffrey, Laura Lumley.123 min.\u2014V.O.: Egyptien n Drame psychologique.En 1954, sept ans après l'indépendance de l'Inde, le correspondant de la BBC John Mac Intosh vit à Kerala, une province au sud-ouest du Pays, avec son épouse Lily.Cette dernière donne naissance à un bébé prématuré qu'elle ne peut allaiter.Cotton Mary, une infirmière anglo-indienne de l'hôpital, prend alors le poupon en charge, l'emmenant secrètement chez sa soeur Blossom, nourrice dans les bas quartiers.Reconnaissante, Lily engage Mary comme nurse.Celle-ci profite de l'instabilité émotive de sa maîtresse, négligée par son mari infidèle, pour la manipuler et tenter d'améliorer sa situation sociale.LA DÉBANDADE Film français (1998) de Claude Berri.Scénario : C.Berri, Tonino Benacquista.Images : William Lubtchansky.Montage : Hervé de Luze.Musique : Bruno Coulais.Avec Claude Berri, Fanny Ardant, Claude Brasseur, Alain Chabat, Danièle Lebrun, Brigitte Bémol.100 min.\u2014Quartier latin n Comédie de moeurs.Claude Langmann, un commissaire priseur au début de la soixantaine, est marié depuis quinze ans à Marie, une belle styliste.Toujours amoureux de son épouse, Claude ne peut cependant la satisfaire en raison de récents problèmes d'érection.Cette situation ne préoccupe guère Marie, comblée par la tendresse qu'il lui prodigue.Mais le sexagénaire ne l'entend pas ainsi et cherche à tout prix à retrouver sa virilité.Il consulte alors divers spécialistes, suit les conseils de son ami Paul-Édouard qui lui procure du viagra, puis tente une aventure avec la jeune stagiaire Agnès, pour se rassurer sur son pouvoir de séduction.MOOKIE Film français (1998) de Hervé Palud.Scénario : H.Palud, Igor Aptekman, Simon Michael.Images : Bernard Lutic.Montage : Roland Baubeau.Musique : Manu Katché.Avec Jacques Villeret, Éric Cantona, Emiliano Suarez, Carla Ortiz, Harry Porter, Valérie Bonneton.87 min.\u2014Carrefour Angrignon, Greenfield Park, Laval, Parisien, Versailles, Saint-Bruno n Comédie d'aventures.Dans un village du Mexique, frère Benoît recueille un bébé chimpanzé femelle qu'il a trouvé sur le bord de la route.Il baptise la petite bête Mookie, puis l'élève comme si c'était sa fille.Or, suite à un étrange phénomène cosmique, Mookie acquiert bientôt la capacité de parler le langage des humains.La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans le milieu scientifique, si bien que frère Benoît doit prendre la fuite vers un monastère de Mexico pour empêcher sa protégée de devenir un cobaye.Pour les conduire là-bas, le moine recrute le boxeur Antoine Capella, lui-même poursuivi par un gangster.Leur périple ne sera pas de tout repos.X-MEN Film américain (2000) de Bryan Singer.Scénario : David Hayter.Images : Newton Thomas Sigel.Montage : Steven Rosenblum, Kevin Stitt, John Wright.Musique : Michael Kamen.Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Anna Paquin, Ian Mc Kellen, Famke Janssen, James Marsden.104 min.\u2014V.O.: Centre Eaton, Colisée Kirkland, Paramount, Cavendish, Côte-des-Neiges, Place Lasalle, Lacordaire, Des Sources, Mega-Plex Spheretech \u2014V.F.Q.: Place Lasalle, Quartier latin, Langelier, Terrebonne, Ste- Thérèse, Mega-Plex Pont-Viau, Mega-Plex Taschereau, Mega-Plex Centre Jacques-Cartier n Science-fiction.Charles Xavier est le fondateur d'un institut secret qui accueille des individus dotés comme lui de pouvoirs fantastiques.Il se donne pour mission d'enseigner à ces êtres exceptionnels à contrôler leurs dons pour faire le bien.À l'inverse, son ennemi Magneto recrute des mutants dans le but de faire la guerre aux humains.Rogue, une adolescente qui a la faculté de s'approprier momentanément les pouvoirs de n'importe quel mutant, et Wolverine, un jeune homme muni de griffes d'acier rétractables, vont devenir l'enjeu d'une lutte à finir entre Xavier et Magneto.Source : Médiafilm 5LP0401B0714 b4 vendredi 5LP0401B0714 ZALLCALL 67 01:18:50 07/14/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 Festival Juste pour rire AUJOURD'HUI GRATUIT 18h Initiatic Car Wash Craven A : The Unlimited Makers of America Ruelle Paul-Émile Borduas Les peintres du dimanche Rue Saint-Denis 18h30 OK on jam ! Angle des rues Berri et de Maisonneuve Symposium des arts visuels Rue Émery entre Saint-Denis et Sanguinet Cinérama Arts Forains Leclerc Le Cinématographe Arts Forains Leclerc L'homme idéal Arts Forains Leclerc Le marché aux paroles Arts Forains Leclerc La Course des garçons de café Départ à l'angle de Saint- Denis et de Maisonneuve 18h45 - 20h15 Par ici la visite Arts forains Leclerc 19h - 19h45 Phénomène paraît normal Place Loto-Québec 19h - 21h30 Eugène, le roi de la frite Arts forains Leclerc 19h15 - 22h Chienne de vie Piste Loto-Québec 6 19h30 Hollywood Sofa Place Loto-Québec 20h - 21h45 Jean-Louis 2000 Arts forains Leclerc 20h15 Folie Royale Départ angle Berri et Ontario 20h45 The Field - Strange Fruit Parc Urbain Labatt Bleue 20h45 - 22h30 Marco le magnifique Place Loto-Québec 21h Soirée tzigane - Urs Karpatz Place Loto-Québec 21h15 Génie Génétic Départ angle Saint-Denis et de Maisonneuve 21h30 Aquaraves Départ angle de Maisonneuve et Sanguinet Natural Theatre Départ angle Saint-Denis et de Maisonneuve 21h45 Imaginaire - Cirque Éos Parc urbain Labatt Bleue PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Ces êtres bizarres montés sur des échasses, les Aquar@ves de la troupe de théâtre rue Malabar, vont déambuler ce soir, demain et samedi dans les rues du Quartier latin.Les Aquar@ves débarquent L'étrange équipage de la troupe Malabar part en croisière pendant trois soirs rue Saint-Denis SUZANNE COLPRON Né il y a 20 ans dans le bassin méditerranéen, la compagnie de théâtre de rue Malabar nous offre, à l'occasion du Festival Juste pour rire, Aquar@ves, une croisière surréaliste sur un océan de public.Le cortège, composé d'un bateau et de 25 artistes vêtus de blanc (comédiens, échassiers, jongleurs, musiciens et acrobates de toutes les contrées européennes et du Québec), s'ébranlera, ce soir, à 21 h 30, au coin des rues de Maisonneuve et Sanguinet, dans le Quartier latin.Destination : le Parc urbain, aménagé au coin des rues Ontario et Berri.Il empruntera la rue Saint- Denis jusqu'à la rue Ontario.« Imaginons un peuple étrange qui vient visiter les Montréalais, à bord d'une nef, dont le seul moyen de communiquer, c'est la fête », résume Sylvestre Jamet, fondateur et directeur artistique de la compagnie qui a monté, en 20 ans d'existence, 18 créations.Le titre du spectacle, Aquar@ves, vient du nom donné aux habitants de ce bateau, un puzzle géant de 40 pièces qui nécessite deux jours de montage.« Ces personnages, assez bizarres, sont des insectes et des humains, mi-insectes et mi-humains, montés sur des échasses », précise le directeur artistique.L'histoire, racontée en une heure, veut que ces êtres venus d'ailleurs découvrent une nouvelle contrée et fassent la fête avec les habitants.Ils sont menés, à bord du bateau, par un capitaine qui aime s'amuser et qui voit des choses étranges au fond des bouteilles.Pas un mot ne se dit.Tout n'est qu'images et chants.De minispectacles sont prévus le long du parcours de 400 mètres dans les rues du Quartier latin : arts de la piste, jeux en interaction avec le public, danse.« On a envie de faire un party, une grande fête dans la rue.On veut que les gens dansent derrière le bateau sur la parade », dit Sylvestre Jamet.« La force du théâtre de rue, c'est la foule.On sait qu'il va y avoir beaucoup de monde, mais on compose toujours avec ce genre de situation, ajoute-t-il.On pense que ça va nous prendre environ trois quarts d'heure traverser la rue Saint-Denis.On ira à un noeud à l'heure s'il le faut ! C'est notre volonté de travailler avec les gens dans la rue.Pour nous, ce n'est pas une contrainte.» La compagnie Malabar a déjà présenté des spectacles dans des théâtres, mais elle en est vite sortie.« Trop froid, avoue le directeur.Ce qui nous intéresse, c'est les spectacles en mouvement.» À ce jour, Malabar a contribué à la réussite de nombreuses manifestations culturelles dans le monde, parmi lesquelles le Centenaire de la Tour Eiffel, les Jeux olympiques d'Albertville, le Black and White Ball de San Francisco, la Coupe du monde de football au stade de France et les 25 ans de la BBC Radio 1, à Birmingham, en Angleterre.Elle nous arrive d'Ottawa, où elle avait été invitée à se produire, la semaine dernière, dans le cadre du Festival franco-ontarien.Après Juste pour rire, elle ira visiter Shawinigan, où se tient un autre événement culturel, le Festival des arts de la rue.Aquar@ves, créé il y a une dizaine d'années, a été joué dans 22 pays sur les grandes places du monde : Moscou, San Francisco, Paris, Londres.À Montréal, la distribution comptera, outre les 13 membres réguliers de la troupe, 12 artistes québécois, dont une trapéziste.Deux autres représentations sont au programme, demain et samedi, à 21 h 30.« On aime jouer où le jour bascule, entre chien et loup.C'est le moment où l'imaginaire se réveille, souligne Sylvestre Jamet.On a aussi une lune sur le bateau.Il faut donc attendre la noirceur pour la voir briller.» Ce spectacle est présenté dans le cadre de la série Les Grands événements Loto-Québec.Détail important : c'est gratuit et le nombre de places est illimité.EN SALLES 18h Le Mondial d'impro Le Medley 19h Les 4 jeudis du groupe Cabaret du Musée Juste pour rire 19h15 Comedia : In China They Eat Dogs Cinéma Imperial 19h30 Tout Court ! Programme 1 Cinéma ONF Symphonie fantastique Monument-National Gala Loto-Québec 2 : Michel Boujenah Théâtre Saint-Denis 20h Gumboots Salle Pierre-Mercure Les Jumeaux vénitiens Théâtre Saint-Denis II Pop-corn Théâtre du Nouveau Monde Anthony Kavanagh Monument-National Fou Bars en Bars : Dorice Simon Cabaret du Saint-Sulpice 20h30 Fou Bars en Bars : Thierry Samitier Le Bistro à Jojo 21h Le Mondial d'impro Le Medley Sylvain Larocque Cabaret du Musée Juste pour rire Fou Bars en Bars : Les malheurs qui font rire Bar Le Jazzons 21h Fou Bars en Bars : Absolut Jonz Jello Bar 23h Zone interdite III Cabaret du Musée Fou Bars en Bars : Le cabaret catastrophique Café Chaos 23h30 Fou Bars en Bars : Le cabaret catastrophique Cabaret du Saint-Sulpice Humour en zone de turbulence ISABELLE MASSÉ collaboration spéciale À l'heure où les gens cessent habituellement de rire pour aller se coucher, quatre grandes gueules du nom de Mike Ward, Patrick Groulx, Martin Perizollo et Patrick Tremblay invitent les couche-tard au Cabaret Juste pour rire.Leur mission : vous entraîner dans la Zone interdite III, de 23 h à minuit 15, là où toutes les bassesses et tous les gros mots sont de mise.Bienvenue aux dames et messieurs prêts à entendre et voir ce quatuor d'occasion éructer, péter, faire chanter, licher et blasphémer à qui mieux mieux.On est en zone interdite ou on ne l'est pas ! Quand les quatre jeunes hommes s'interrogent, autour d'une table en début de spectacle, sur la déroute de l'humour au Québec et sur leur désir de faire « un show intelligent, pour changer le monde, sans blagues pipi, caca, fesse », on ne croit évidemment pas un millième de seconde à leurs bonnes intentions.Mais qui dit interdit, veut-il absolument dire blagues de pets et de branlette ?En 75 minutes, Ward et sa bande repoussent, mais pas trop, les limites de ce qui est « traitable » en humour.Ils osent, mais comme d'autres l'ont fait avant eux, dans les bars comme sur les grandes scènes.À ce titre, la première moitié du spectacle (qui comprend notamment de faibles performances en solo de Martin Perizollo et Patrick Tremblay) ne transcende rien.Les gars ont beau avertir que le spectacle n'a finalement d'autre but que de faire rire, et non de lancer des messages, on apprécie davantage lorsqu'on sent qu'ils se sont creusé les méninges pour nous dilater la rate.Qu'il savent causer homosexualité, organe mâle et chlamydia, tout en amenant la chose plus loin, comme le fait si bien Maxim Martin.Il faut attendre jusqu'à l'apparition de Patrick Groulx en Simon Perron (au sixième numéro), pour sentir que le show a ce qu'il faut pour laisser sa marque.Dans la peau d'un arriéré qui a des libellules dans la tête, il nous raconte son attirance pour les écureuils \u2014 pensez croche ! Sans conteste, la révélation du spectacle.C'est lorsque les gars deviennent absurdes que leurs numéros piquent et mordent vraiment.Mike Ward en handicapé plein de préjugés est pissant.Tout comme Martin Perizollo en garçon qui fait du pouce et qui est prêt à monter dans une soucoupe volante.Le quatuor joue aussi d'agréable façon avec le tempo du spectacle, juxtaposant des sketches de quelques minutes à d'autres d'à peine 30 secondes.Le produit ne manque certes pas de rythme.Seulement d'un peu de maturité.ZONE INTERDITE III, au Cabaret Juste pour rire, ce soir jusqu'à dimanche, puis du 18 au 23 juillet, à 23 h.FILL92 5LP0502B0714 b5 vendredi 5LP0502B0714 ZALLCALL 67 01:22:00 07/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 R B 5 Festival Juste pour rire Un premier gala riche en nouveaux talents JEAN BEAUNOYER Le premier gala de la 18e saison du Festival Juste pour rire a été particulièrement prometteur.Pas trop spectaculaire, pas trop scandaleux, pas spécialement renversant, mais riche en nouveaux talents, varié, équilibré et bien étoffé.Pas moins de 25 numéros réussis, assez courts, à l'intérieur d'un spectacle animé par la vedette de l'heure, Anthony Kavanagh, interrompu à plusieurs reprises par Gregory Charles, limité, hier soir, au rôle de tache de graisse et de chanteur de soutien.Kavanagh a donné le ton à cette soirée de fête en arrivant sur scène dans la peau d'un preacher qui guérit toutes les têtes de la salle sur lesquelles il met sa précieuse main.Par la suite, son questionnaire sur la qualité des gens qui assistaient au spectacle a déridé un public qui n'attendait que les rires et les surprises, hier.L'une de celle-là fut Rémi Bellerive, qui présentait son tout premier numéro au Festival Juste pour rire.On a tout vu lors des 18 ans de ce festival, mais à ma souvenance, personne n'a jamais avoué qu'il était gay et gros.C'est ce que nous a raconté Rémi Bellerive qui assume mais qui fait rire en plus avec une belle maîtrise de la scène.Par la suite, sûrement une découverte du grand public qui pourrait bien adopter l'imitateur Benoît Paquette.Après André-Philippe Gagnon, Marc Dupré et Steve Diamond, voilà que le Festival Juste pour rire lancera définitivement la carrière de Benoît Paquette qui a interprété à peu près tous les personnages de La Petite Vie en plus de Guy A.Lepage (à s'y méprendre) et de Guildor Roy.Par la suite, une apparition assez spéciale.De quoi confondre même les observateurs les plus avertis (dont notre photographe).On a cru entendre et voir Benoit Brière interpréter le personnage de Boris dans la réclame publicitaire de Bell, mais il s'agissait d'une imitation de Michel Trépanier si je n'hallucine pas.Parce que c'était hallucinant, je vous jure.Michel Mpambara, le plus Québécois des Africains, a présenté, par la suite, le numéro le plus sympathique de la soirée.Ce jeune homme peut se permettre de provoquer les Québécois, de leur dire d'énormes vérités et s'en tire avec les grands honneurs.On en redemande parce qu'il est irrésistible sur scène.Pierre Palmade, qu'on avait vu au Festival de 1995, est revenu nous faire son numéro du critique d'un film porno.Il s'agit à mon avis, d'un classique dans son genre.Analyser le plus sérieusement du monde un film porno, tient de la prouesse.Excellentes imitations de Laurent Gerra qui se paye la tête de Patrick Bruel en première partie et celle de Francis Cabrel dans la deuxième.Celle de Cabrel est certainement la meilleure alors qu'il chante Ma cabane au fond du jardin que l'on pourrait traduire pour la compréhension québécoise par Ma bécosse dans le fond de la cour.François Massicotte qui parle des problèmes des « tarlas » de ce monde, a eu droit à une ovation debout.En deuxième partie, Jean-Marc Parent m'a presque fait regretter la mauvaise critique que j'avais commise à son endroit alors qu'il a présenté un numéro qui traite de ce qu'on a l'air et surtout celui sur l'orgasme au féminin et au masculin.Une remarquable performance de sa part.Marc Métral est un ventriloque français qui apporte des éléments nouveaux à cet art qui avait tendance à disparaître.Les Bizzaroïdes ont pleuré en écoutant Jacques Brel chanter Ne me quitte pas.C'était ça le numéro, mais c'était drôle.Un jeune humoriste, Laurent Paquin, nous a offert un numéro fort, musclé.Il interprétait un professeur d'un nouveau genre, celui qui fait de la discipline dans sa classe d'élèves violents avec une arme dans la main et de la poudre blanche dans ses poches.Kra-Z-Noise suivait.Une véritable machine à sons qui a fortement impressionné la salle.Le clou de la soirée, devait être Gumboots, l'attraction de l'heure.Le numéro était manifestement trop court pour qu'on apprécie le langage et le génie de ces danseurs.On y reviendra, j'espère.Aujourd'hui, c'est Michel Boujenah qui anime le deuxième gala, en cette fête des Français.PHOTO PATRICK SANFAÇON, La Presse © Si on vous demande d'identifier le personnage sur cette photo, il y a de fortes chances que vous répondiez Benoît Brière.Plusieurs se sont fait prendre, même notre photographe qui a juré que c'était bien lui.En réalité, c'est Michel Trépanier qui imitait, hier soir, au premier gala de Juste pour rire, Brière dans son personnage de Boris de la réclame bien connue de Bell.Gad Elmaleh : rire grave SONIA SARFATI On n'en est pas à un paradoxe près avec Gad Elmaleh et son spectacle intitulé La Vie normale.qui, en fait, donne dans tout sauf la normalité : le ton est, ici, résolument absurde.Une eau (bleue comme le bleu de ses yeux ?) dans laquelle le comédien et humoriste navigue avec l'aisance d'un poisson.Il bouge bien.Il enfile les rôles comme d'autres les gants ou les chemises.Il tire le maximum de la mise en scène énergique signée Isabelle Nanty.Et il soigne ses chutes : tranchantes, elles coupent net dans le rire des spectateurs.De l'hilarité à la gravité en une fraction de seconde \u2014 et pour quelques fractions de seconde seulement.Fondu au noir, musique (ça va d'un rap de DJ Abdel à une valse de Chopin !) et c'est reparti.Le hic, c'est que le procédé \u2014 qui déstabilise en transformant l'euphorie en une soudaine prise de conscience.qui ne va toutefois pas jusqu'à la prise de tête \u2014 se répète de sketch en sketch et, ainsi, devient recette.Bye-bye l'inattendu.Et, un peu, du plaisir.Gad Elmaleh le disait en entrevue : il aime aller là où on ne l'attend pas.C'est lorsqu'il met ce leitmotiv en pratique que \u2014 paradoxalement, encore \u2014 on le suit le plus de bonheur.Et bonheur il y a dans La Vie normale (certains pourraient voir encore là un paradoxe), s'ouvrant avec une « première partie » où Gad Elmaleh, qui a toujours rêvé de chanter, décide de se donner un coup de pouce : il s'invite luimême.Peut-être pourra-t-il un jour se renvoyer l'ascenseur.Suivent l'arrivée du vieux Baba Yhia, portable vissé à l'oreille \u2014 comme, malheureusement, plusieurs des spectateurs : rarement entendu sonner autant de téléphones cellulaires pendant un spectacle ; celle du gars qui est enfin parvenu, à force de volonté, à commencer à fumer (hi-la-rant) ; celle de Coco qui a fait venir un petit rabbin beau gosse en Concorde pour la bar-mitzva de son fils (on s'éclate là pas à peu près, les amis !) ; celle de l'agent d'immeuble maghrébin Abderzak qui fait visiter un appartement minable à des peut-être-Français ; celle d'un gars qui marche dans la rue.et qui fait des choses différentes soir après soir selon la volonté du public (place, ici, à l'improvisation), etc.À ces numéros très drôles s'ajoutent d'autres sketches au ton plus grave.Cela aussi, Gad Elmaleh l'avait dit en entrevue : il n'aime pas le rire bête et gratuit.S'il espère que les gens se soient amusés en sa présence, il souhaite aussi qu'ils aient reçu ses questions à lui.Au sujet de l'intolérance.De l'angoisse.De la solitude.Des préoccupations qui percent littéralement lorsque, assis à une table de travail, il répond à la demoiselle de Pizza Hutt (lire « hutte ») qui lui a envoyé de la documentation (une vulgaire publicité) ou au monsieur qui lui a fait parvenir un dépliant où il est question de ramonage de cheminée \u2014 le problème, c'est qu'il n'a pas de cheminée.Peut-être devrait-il s'en faire installer une ?C'est à la fois drôle et prenant.Même constat, plus sombre encore, pour le dernier numéro du spectacle \u2014 un tête à tête avec Chouchou, travesti algérien échoué en France qui, en se trompant dans les mots et les expressions, raconte ce qu'ilelle aime et n'aime pas.Pourquoi une finale aussi grave ?Gad Elmaleh revient sur scène pour l'expliquer : il dédie ce numéro aux Algériens qui ont traversé la terrible période que l'on sait.Il finit ainsi son spectacle parce que, dit-il, sa vérité à lui est ainsi.Et que la vie normale, si elle se vit parfois plié de rire, se vit aussi, en d'autres temps, plié de douleur.LA VIE NORMALE de Gad Elmaleh.Au Monument-National, les 15 et 16 juillet.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION 18h00 18h30 CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC VD VDO Ce soir / v Saveurs Soleil (18:30) Tam Tam / P.Lafontaine C'est juste une farce C'est ma tournée / Les Respectables Zone libre / 300 ans de solitude francophone en Louisiane Le Téléjournal/Le Point Sport Cinéma (23:18) Le TVA Tôt ou Tard / N.Mallette Claire Lamarche / Une blonde pour mon copain Cinéma / COLUMBO: LE CHAT DE MR.SELTZER (5) avec Peter Falk, David Rasche Le TVA Tôt ou Tard / Ji Ci Lauzon Sports / Lot.(23:20) Cinéma Le Monde merveilleux de Disney Branché Les Francstireurs Ciel! Mon Pinard / La Production des oeufs Mondial d'impro Juste pour rire (1/3) Cinéma / LOUIS, ENFANT ROI (5) avec Maxime Mansion, Carmen Maura Grand Journal (17:00) Les Indices pensables Partis pour l'été Métier Policier Cinéma / DOGMATIC (5) avec Michael Riley, Leila Kenzle Le Grand Journal Partis pour l'été Sexe et Confidences Pulse Access H.Becker Power Play Cold Squad Total Recall 2070 CTV News Pulse / Sports News Wheel of.Jeopardy Law & Order: SVU News Newswatch Baseball / Phillies - Blue Jays The National / CBC News Nat.Update Thin Blue Line News ABC News Judge Judy Frasier Sabrina.Boy Meets.Making the Band 20/20 Friday News Night.(23:35) News CBS News E.T.Big Brother Candid Camera Jag Nash Bridges Late (23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.Providence NBC News Special Law & Order: SVU Tonight (23:35) Newshour Bus.Report Vermont.Washington Wall Street Evening at Pops / Diana Krall The American South by Rail Masterpiece Theatre BBC News Nightly Bus.Newshour Richest Little Girl in the World Mystery! An Unsuitable Job.Great Detectives BBC News Charlie Rose L.A.Law Law & Order Biography / J.F.Kennedy, Jr.Poirot Investigative / L.A.Detectives Law & Order Jane Bunnett & the Cuban.Videos StarTV Scanning.Cinéma / A WEDDING (4) avec Carol Burnett, Vittorio Gassman Beggars and Choosers Contact Animal - Survivre Énigmes Riches et.Des crimes et des hommes Biographies / Brigitte Bardot Les Procès chocs Agents très spéciaux Informe Semanal Rete Italia.Téléroman italien / Felicità.Solomusica Casa d'Italia Comédie.Téléritmo (Rythmes latins) Football Bangladesh Le Monde des affaires Le Cégep.Irlandais 1843 Passeport.Internet Imagine Magazine universitaire Choix.Cégep en spectacle: le show How'd they do that?@disc.Living Sea Wild Discovery / Sea Soldiers Expedition Discovery Discovery's Canada Summer@.Living Sea Prêt à partir Vidéo Guide Plans d'eau Escapades.Lonely Planet Golfs.Le Sport.Prêt à partir Mentors Gargoyles .Rabbit Jingle Bell.Cinéma / A CHRISTMAS STORY (5) Holiday in Concert (21:35) Cinéma / A CHRISTMAS.Cinéma (23:40) Drew Carey Popular Beyond Belief: Fact or Fiction Greed Charmed Change of.Star Trek Global News Nat.News .the Band E.T.Sliders 20/20 Headline News Sinbad (23:10) Histoire des États-Unis L'Histoire à la une Charlemagne Cinéma / JEANNE LA PUCELLE: LES PRISONS (3) avec Sandrine Bonnaire, André Marcon It Seems.The Way.Archaeology Hist.Bites It Seems.Crimes Cinéma / SHARPE'S JUSTICE avec Sean Bean Tales from the Tower Good Dog Pet Project TV Guide TV It's a Living .Stories .Homes Extra Dogs, Jobs TV Guide TV For Dinner?.Stories .Homes Chic Planète The Tube Ed Sullivan Pop up vidéo Musicographie: Pink Floyd Les Grands Événements Légendes.Duo Benezra Musicographie: Pink Floyd Top5.com Clip Hip Hop Décompte Musique Plus Bouge Clip BBC News Bus.News .Reports Mansbridge.Hot Type The National Hot Type On the Arts .Reports Culture Shock Euronews Cap.Actions Le Monde.Branché Perdu dans l'Everest Journal RDI Partis.Le XXe Siècle Le Canada auj.- Éd.Québec RDS Extrême Sports 30 Mag .le plus fort .forts Boxe / Antonio Tarver - Eric Harding Sports 30 Mag La Lutte WCW Fou de toi Voilà! Salle des nouvelles Saint-Tropez, sous le soleil Harlequin Le docteur mène l'enquête Danger Bay T N T Dead Man's Gun Two Nikita Oz Red Shoe Diaries (23:10) Highlander Babylon 5 Sliders Lexx: The Series Star Trek - Deep Space Nine X-Files Sportscentral Sports Geniuses Golf Tour PGA Golf / Milwaukee Open - 2e ronde Sportscentral Sports Geniuses Last Word.Skippy A.Lupin Les Grands Artistes Panorama Branché Archimèdes À l'aube.Cinéma / O.K.LALIBERTÉ (4) avec Jacques Godin Bob Vila's Home Again 48 Hours / Strike it Rich Police Force Susan Smith: Nine Days.JFK Jr's Last Flight Police Force Off the Record Sportsdesk 2000 Calgary Stampede Football / Tiger Cats - Eskimos Archie.Blaster Redwall Robin.Cybersix A.Anaconda Simpson Animania Ren, Stimpy South Park Simpson Sam et Max 100% Question Les Arts.Journal FR2 Thalassa Méditerranéo Championat.improvisation Festival.Journal belge Journal suisse Soir 3 Kratts'.Stuff Taking Care Great Parks Studio 2 Heartbeat Four.Floor Hist.Bites Studio 2 La Santé.Les Copines.Salut beauté La Loi du retour Trauma / Honolulu Éros et Compagnie Sex'plique Les Copines L'Hôpital Chicago Hope Saveurs.Savoir-faire Le Guide de l'auto Média-zone Bonjour Québec Cité Mag À la une Savoir-vivre Action Emploi Uh Oh! Sailor Moon Power Puff.Daria YTV'S Hit List Gamerz Syst.Crash Student.Radio Active Beasties Au-delà du réel Nerdz / Jeux Technofolie Highlander X Files Zone extrême Millennium Culture Shock photo AFP © Vittorio Gassman Jean Beaunoyer 20:00 X - PINK FLOYD L'histoire du groupe britannique Pink Floyd n'est sûrement pas banale.Musicographie vous la raconte en stéréo avec plein d'effets sonores.20:30 2 - A WEDDING Ce film tourné par Robert Altman en 1978 nous fait vivre un mariage pas ordinaire.De nombreuses intrigues, des crises, des problèmes de couples qui éclatent, un film fou mais passionnant.Avec Carol Burnett, le regretté Vittorio Gassman et Geraldine Chaplin.21:00 P - LE MONDIAL D'IMPRO Dans le cadre du Festival Juste pour rire, on présente les demifinales du Mondial d'impro Juste pour rire 2000.Aujourd'hui, premier des trois matchs opposant des pays francophones.22:00 A - LOUIS, ENFANT ROI En ce jour de fête des Français, l'histoire de l'enfance de Louis XIV qui grandit alors que la reinemère assure la régence jusqu'à la majorité du futur Roi-Soleil.On présente une suite à ce film, intitulée Louis, Soleil levant.23:18 a - COMPLOT DANS LA VILLE Un film sur la corruption impliquant la mafia et les hauts magistrats à l'hôtel de ville de New York.C'est évidemment Al Pacino qui va dénoncer les coupables. 5LP0601B0714 b6 vendredi 5LP0601B0714 ZALLCALL 67 01:16:52 07/14/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 Tremblant de blues DANIEL LEMAY Au pays de la « festivalite », la prudence s'impose : le mot en est venu à désigner tout et n'importe quoi.Festival de ci, festival de ça.S'agit d'aligner cinq ou six noms sur une thématique quelconque, convaincre une brasserie quelconque de donner une cinquantaine de caisses de 24 contre un affichage idoine et voilà un autre festival.Quelconque.Il est des endroits, par contre, où il est moins risqué de s'aventurer.Pour trouver ce qu'on cherche, s'entend.Ainsi, si vous cherchez le blues, Tremblant, ce week-end, est votre « best bet ».Prendre quand même parapluie et petite laine.Aujourd'hui, demain et dimanche, le Festival international de blues de Tremblant présente 60 spectacles, de 150 musiciens, sur 12 scènes, dans les bars, dans le « village » et à flanc du mont Tremblant.Gratuitement.Sauf pour la petite Molson, bien sûr, servie dans son festi-verre de plastique, pourboire en sus.On la veut fraîche, c'est tout.À l'affiche, les meilleures têtes du Québec Blues, en commençant par Steve Hill.Les incontournables musiciens à bouche bleue : Jim Zeller, Carl Tremblay, Guy Cardinal.Ray Bonneville, le travelling man ; Bob Harrisson, « le plus beau et le plus gros » ; Dawn Tyler Watson, la plus belle, mais pas la plus grosse.À découvrir : Rob Lutes, un Montréalais des Maritimes, magnifique guitariste (acoustique), voix de grands chemins folk.Gravity, son premier disque, s'écoute tout seul : même pas besoin de faire le ménage.La grande scène Volkswagen \u2014 chassée du Festival de jazz par l'arrivée de General Motors, le constructeur allemand a choisi le bleu de la montagne \u2014 accueillera aussi Mo Jo (de Carleton), Rita Chiarelli (Toronto, Canada), la pianiste Deanna Bogart (Baltimore, USA), Smokin Joe Kubek avec son Texas Blues pour coeurs solides, et Anthony Gomes, un jeunot qu'on a vu en mai au Campus et qui aurait tendance, me rappelai-je, à se trouver plutôt beau bonhomme.Oui, il joue aussi de la guitare.En pensant à Chicago.La Volksbohne, « la scène du peuple », présente aussi deux soirées thématiques.Vendredi (21 h), une Nuit à La Nouvelle-Orléans, animée par le chanteur-harmoniciste Andy J.Forest, que nous n'avons pas l'honneur de connaître.Samedi, à compter de 19 h, Les Jalouses du blues, une carte entièrement féminine marrainée par Nanette qui a appris à la conférence de presse d'où venait le nom de la soirée.De Câline de blues, ma tante Nanette.Oui, oui, la toune d'Offenbach : « L'aut'souère, l'aut'souère, j'ai chanté du blues.ça l'a rendue jalouse ».Dans un ordre tout féminin, on entendra : Carole Vincelette, Danika, Mo Jo Cyr, Julie Massicotte, vue dernièrement dans Célafête (du Canada, dans le Vieux-Port), Dawn Tyler, l'Américaine de l'Oregon Ellen Whyte, Deanna Bogart, Nanette et Big Time Sarah, probablement pas la plus belle mais la plus grosse.Deux autres noms à souligner, parce que, quand on parle de femmes et de blues, on pense surtout chanteuses.et il nous manque Paule Magnan, petite madame mais grosse guitare, et Julie Lamontagne, qui trouve toujours la note bleue quelque part entre les noires et les blanches.Nanette l'a promis : « On va être merveilleuses ! » Okay.Nous avons vu une première moûture des Jalouses au Medley Blues, en mai.Souhaitons-nous que le concept profite du bon air de Tremblant pour se vivifier un peu.Le blues, faut que « ça se passe ».En fin de semaine, ça risque de se passer à Tremblant. La Presse 14 juillet 2000 Page B7 manquante 5LP0801B0714 b8 vendredi 5LP0801B0714 ZALLCALL 67 01:18:04 07/14/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 Un premier rôle muet pour Janine Sutto EN VADROUILLE Janine Sutto se prépare à devenir Alzheimer.Entre le 5 et le 14 août seulement, elle jouera dans Écho, un premier film de Tetchena Bellange, le rôle de la mère, Alzheimer, du beau Richard Robitaille ! « Il s'agit d'un film fiction de 20 minutes sur la communication à travers le rêve, dit la jeune réalisatrice de 26 ans : il rêve régulièrement à sa grand-mère et dans son rêve elle lui chante une chanson qu'il n'a jamais entendue.Un jour il croise une jeune fille, Ariane, qui chante cette même chanson.Ce rôle, je l'a confié à Bianca Bellange, ma soeur de 24 ans.» Écho sera tourné simultanément en français et en anglais, ce qui ne dérange pas du tout Janine Sutto puisqu'elle n'a pas de dialogue à tenir.Sera-ce son premier rôle muet au cinéma ?.Autre tournage prévu pour la fin août : Une jeune fille à la fenêtre, premier long métrage de Francis Leclerc, coscénarisé avec Marcel Beaulieu, qui raconte l'histoire d'une jeune paysanne que la musique amène en ville.Le casting n'est pas encore arrêté, mais il est question de voir dans le rôle-titre, la jeune Fanny Mallette qu'on a vue dans Gypsies, Ces enfants d'ailleurs, etc.Une comédienne que nous verrons partout à l'automne : dans Tag, Les Muses orphelines, Willie, La Femme qui boit (en Élise Guilbault jeune) et aussi au théâtre, elle jouera Mathurine dans Dom Juan.Fanny aime la musique pour vrai.Elle sait chanter et jouer de la guitare.Autre talent : le judo.Tournera, tournera pas ?C'est un projet à suivre.n n n Saviez-vous que l'UNESCO a décrété l'an 2000 l'année Mihai Eminescu ?Moi non plus, mais j'ai des amis roumains qui m'informent.Eminescu est le plus grand poète roumain (1850-1889).Le ministre de la culture de Roumanie, Ion Caramitru, occupe ses vacances à participer à un spectacle de poésie intitulé Les Années passées selon Mihai Eminescu présenté avec deux autres comédiens : Valeria Seciu et Ovidiu Iuliu Moldovan, accompagnés d'un clarinettiste, en tournée à travers le monde ! Caramitru n'est ministre que depuis trois ans, avant et après il est acteur.Son dernier film : Mission impossible, le premier, avec Tom Cruise.Si je vous en parle, c'est que ce spectacle de poésie EN ROUMAIN fera une tournée nord-américaine et s'arrêtera le 29 juillet au Lion d'Or.n n n J'ai eu le plaisir d'aller à Mascouche mercredi.Soleil radieux pour la visite du jardin Moore où se déroulait le premier des forfaits Les classiques champs et jardins organisé par dame Sylvie Gagnon, des services touristiques de Lanaudière.Belle initiative ! En un après-midi, on découvre un jardin fleuri, on assiste aussi à un concert de musique classique, agrémenté de capsules historiques sur la région, de plus on déguste quelques produits du terroir (sous chapiteau).Le prochain forfait se déroulera les 8 et 9 août au jardin de la Passion Labri à Saint-Jacques-de-Montcalm (Info : 450-474-6419).Qu'il est beau le jardin Moore ! Et qu'il est merveilleux ce monsieur William Dyson-Moore, qui a créé ce grand jardin au bord de la rivière Mascouche en 1985.Son jardin, c'est sa passion, et sa fierté.C'est aussi la fierté de Mascouche, qui peut s'enorgueillir de ce somptueux parterre.Monsieur Moore célébrait justement, mercredi, son 92e anniversaire de naissance ! On a honoré l'homme derrière la beauté, le premier pionnier de Mascouche, le sage, le philosophe, l'homme fier et déterminé, le leader à la passion contagieuse, le motivateur.Visiblement, M.Moore est un homme que l'on aime et que l'on respecte à Mascouche.Il est d'une vigueur impressionnante ! La tête bourrée de projets d'avenir pour son jardin ! Bravo et longue vie ! n n n Vive la France ! Tourisme Hochelaga- Maisonneuve fait les choses en grand du 14 au 16 juillet au marché Maisonneuve.Il y a bal musette ce soir, hommage à Édith Piaf samedi soir par Claudette Dion, et soleil méridional garanti à 14 h dimanche avec Danielle Oddera.La fête nationale française se célèbre aussi dans le Vieux-Montréal.Renée Claude chante Ferré à 19 h 30 sur la terrasse des Bouquinistes, puis grand bal musette place Jacques-Cartier ce soir, et aussi demain, animé par la chanteuse Suzy Étienne et le quintette de l'accordéoniste Jacques Dumont.Chouette soirée s'il fait beau.Personnellement, je serai rue Saint-Denis, au Festival Juste pour rire, et je ne veux pas manquer le bateau Aquaraves de la compagnie Malabar (de France) à 21 h 30.Francine Grimaldi collaboration spéciale La Presse 14 juillet 2000 Page B9 manquante 5LP1001B0714 b10vendredi 5LP1001B0714 ZALLCALL 67 01:16:35 07/14/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 Yoko Ono est en colère contre des tickets de métro à l'effigie de John Lennon EN BREF Cat Stevens refoulé n Youssouf Islam, autrefois plus connu sous le nom de Cat Stevens, a été refoulé par les autorités israéliennes à son arrivée à l'aéroport Ben-Gourion de Tel Aviv, rapporte hier le quotidien Maariv.Le ministère de la Défense n'a pas souhaité donner de détails sur l'incident survenu la veille, indiquant simplement que le Shin Bet (service de renseignements intérieur) avait interdit son entrée sur le sol israélien.L'ancien chanteur pop des années 60-70 s'est converti à l'islam en 1978.Sa dernière visite dans l'État hébreu remonte à 1988, date à laquelle, accuse Israël, il aurait remis des dizaines de milliers de dollars au groupe palestinien Hamas.Réunion de vieux amis n Pete Townshend, compositeur et guitariste des Who, qualifie la dernière tournée du groupe anglais de simple réunion de vieux amis.« C'est le genre de truc que font les gens quand ils sont à la retraite.Ils partent en croisière avec leurs clubs de golf ou quelque chose du genre », a-t-il ironisé dans un entretien publié dimanche dernier dans Newsday.Âgé de 55 ans, l'immortel auteur du verset « J'espère mourir avant d'être vieux » de la chanson My Generation est actuellement au milieu d'une tournée américaine de 20 dates en compagnie du chanteur Roger Daltrey et du bassiste John Entwistle.Celui qui vient de se séparer de son épouse, avec qui il vivait depuis 34 ans, se montre quelque peu désabusé sur ses presque 40 années de carrière.« Je pensais que le rock and roll était une forme différente de show business.Qu'il permettait de débloquer quelque chose de différent au niveau de l'esprit et du processus artistique.Bien sûr, il n'en a rien été.» Chanson charitable sur le Net n Charité en ligne.C'est sans doute une première : une chanson sera offerte uniquement sur Internet à des fins charitables.Sinead O'Connor, le producteur Thomas Dolby ou encore les pionners électroniques Coldcut ont en effet enregistré une version de la chanson Them Belly Full (But We Hungry) de Bob Marley, au profit de l'association War Child.Il n'a pas fallu une heure pour la produire, étant donné que tous ont transmis leurs contributions via Internet.Pour l'entendre : www.warchild.org.uk.Yoko Ono, la veuve du chanteur britannique John Lennon, a intenté hier une action en justice contre une compagnie japonaise de métro à qui elle reproche d'utiliser l'image de son défunt mari sur ses tickets de métro, ont rapporté les médias.Yoko Ono a porté plainte devant un tribunal de Tokyo pour obtenir de la société Teito Rapid Transit Authority qu'elle retire ses tickets de la vente et qu'elle lui verse 13 millions de yens (120 000 $US) de dommages et intérêts, ont rapporté les agences Kyodo New et Jiji Press.Les tickets, sur lesquels est imprimé un portrait de Lennon par le peintre américain Andy Warhol, ont été commercialisés en avril à l'occasion d'une exposition Warhol dans un musée de Tokyo.Selon la veuve de l'ancien Beatle, ces tickets de métro constituent une violation des droits qu'elle détient indirectement sur le portrait de Lennon.PHOTO AP © Yoko Ono 5LP1101B0714 b11vendredi 5LP1101B0714 ZALLCALL 67 01:18:29 07/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 B 11 Johnny Hallyday célèbre ses 40 ans de carrière à Lausanne Agence France-Presse LAUSANNE, Suisse Après Paris, Johnny Hallyday célèbre ses 40 ans de carrière ce soir à Lausanne au stade de la Pontaise, où sont attendues près de 30 000 personnes.Le chanteur donnera un concert calqué sur celui offert à Paris sous la tour Eiffel le 10 juin, devant une foule de près de 400 000 spectateurs, a indiqué l'organisateur de spectacles Michael Drieberg.Une demidouzaine de chansons seront agrémentées de feux d'artifice.Au final, un courte féérie pyrotechnique illuminera le stade à l'occasion du 14 juillet.Il sera réglé par les artificiers qui ont oeuvré sur la tour Eiffel.Johnny chantera avec son fils David et avec Patrick Bruel.Il sera accompagné d'une chorale genevoise de 108 personnes pour interpréter le titre Vivre pour le meilleur.Le rocker vient à Lausanne avec 150 accompagnants et une caravane de 24 camions semi-remorque.Les organisateurs mobiliseront de leur côté 1100 personnes pour le bon déroulement du concert, dont 350 personnes chargées d'assurer la sécurité.Elles seront épaulées par 200 policiers lausannois.Le concert lausannois de Johnny fait figure d'événement.Les spectateurs de Suisse romande avaient été privés de son gala l'été dernier, lors des Fêtes de Genève, pour cause de tempête.PHOTO AFP Johnny Hallyday, dans le jardin de l'hôtel Bristol, à Paris, en mai, lors de l'annonce de sa tournée européenne qui le mènera, entre autres, à Lausanne.EN BREF Fabian, Cossette et Lapointe avec Johnny n Lara Fabian, Sylvain Cossette et Éric Lapointe prendront part aux spectacles présentés par Johnny Hallyday à Montréal, les 29, 30 et 31 août, a fait savoir hier Pléiade Musique.Chacun de ces trois artistes chantera en duo avec le rocker français, interprétant un grand succès de ce dernier, a précisé la maison de production.Baptisée L'Evénement Hallyday, cette série de concerts sera présentée au Théâtre Saint-Denis.Rappelons que le chanteur ne s'est pas produit à Montréal depuis le demi-succès du show qu'il avait donné à la Place des Nations, il y a un quart de siècle. 5LP1299B0714 b12 vendredi 5LP1299B0714 ZALLCALL 67 08:45:57 07/14/00 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 SPECTACLES Salles de répertoire IN CHINA THEY EAT DOGS Fant-Asia au Cinéma Impérial : 19h15 SMALL TIME CROOK Cinéma du Parc (1) : 16h45.BARRY LYNDON Cinéma du Parc : 18h30.FULL METAL JACKET Cinéma du Parc : 21h45.BARAKA Cinéma du Parc : 24h.TRAIN OF LIFE Cinéma du Parc : 16h30, 18h30.THE EMPEROR AND THE ASSASSIN Cinéma du Parc : 20h30.ANIMAL CRACKER Cinéma du Parc : 19h.HIGH FIDELITY Cinéma du Parc : 21h05.MONDO MAGIC Cinéma du Parc : 23h35.ANIMAL HOUSE Cinéma du Parc : 23h30.VIRGIN SUICIDE Cinéma du Parc : 17h.KADOSH Ex-Centris (salle 1, le Parallèle) : 14h30, 16h45, 19h15, 21h30.SEX PISTOLS (THE) : THE FILTH AND THE FURY Ex-Centris (salle 2, Fellini) : 15h30, 17h30, 19h30, 21h45.SUE (PERDUE DANS MANHATTAN) Ex-Centris (salle 3, Cassavetes) : 15h, 17h, 19h, 21h.BUSTER KEATON : OUR HOSPITALITY Cinémathèque québécoise : 19h.BUSTER KEATON : THE ELECTRIC HOUSE/ SHERLOCK Jr.Cinémathèque québécoise : 21h.Théâtre THÉÂTRE ST-DENIS Les Jumeaux vénitiens, comédie de Carlo Goldoni.Mise en scène de Denise Filiatrault.Avec Yves Jacques, Carl Béchard, Yvan Benoit, Stéphane Brulotte, Marie Charlebois, Henri Chassé, Benoît Girard, Roger La Rue, Vitali Makarov, Roberto Medile, Renaud Paradis, Pierrette Robitaille, Christian Vézina et Isabelle Vincent : 20h, sauf dim.et lun.THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE (84, Ste- Catherine O.) Pop-Corn, de Ben Elton.Trad.de René Gingras.Mise en scène de Yves Desgagnés.Avec Guy Nadon, Emmanuel Bilodeau, Suzanne Lemoine, Maude Guérin, Anne Bédard, Benoît Dagenais, Audrey Demers, Catherine Florent et Luc Chapdelaine : 20h.Musique ÉGLISE ERSKINE AND AMERICAN Ven., 12 h 15, Olga Gross, harpiste, et Timothy Malloch, flûtiste.Fauré, Debussy, Ibert.CENTRE D'ARTS ORFORD (Salle Gilles-Lefebvre) Ven., 20 h, Ensemble instrumental.Quintette K.516 (Mozart), Quatuor op.25 (Brahms) (19 h, conférence pré-concert de Carol Bergeron).Festival international de Lanaudière AMPHITHÉÂTRE Congrès mondial du Saxophone.Ven., 20 h, Orchestre du Centre National des Arts.Dir.Pinchas Zukerman, violoniste.Alicia de Larrocha, pianiste.Concerto pour violon K.216, Symphonie no 36, Serenata notturna et Concerto pour piano K.467 (Mozart).Variétés CABARET DU CASINO DE MONTRÉAL Danse Sing, revue musicale, avec la troupe de Sophye Nolet : 21h, sauf lun.et mar.LA MAISON THÉÂTRE (245, Ontario E.) Pierre Palmade (humour) : 21h.14-15 et 18 au 23 juillet.CABARET (2111, St-Laurent) Sylvain Larocque (humour) : 21h.Zone interdite 3 : 23h.Relâche dim.et lun.Jusqu'au 23 juillet.SALLE PIERRE-MERCURE (300, De Maisonneuve) Gumboots : 20h.Relâche le lun.Jusqu'au 30 juillet.MONUMENT NATIONAL (1182 St-Laurent) Symphonie Fantastique : 19h30.Du 10 au 30 juillet.Anthony Kavanagh : 20h.14 et 15 juillet.20h.Gad Elmaleh : 13, 15 et 16 juillet.21h45.KOLA NOTE (4372, St-Laurent) Festival Nuits d'Afrique : Omar Sosa : 21h.FOUFOUNES ELECTRIQUES (87, Ste-Catherine E.) Underground Deathfest 2000 : à partir de 17h.CAFÉ CAMPUS (57, Prince-arthur E.) Lavay Smith : 20h00.LA PLACE À COTÉ (4571, Papineau) Cavalier Noirs, Vice Verset, Chance Won et D.J Horg : 21h L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Eric Sabourin en solo : 15h ; Mathieu Perreault et Kral Surprenant : 18h ; Henry and The Blue Kats : 22h.BAR SHEENA (5386, St-Laurent) Boomerang Baby : 22h.BOITE À MARIUS (5885, Papineau) René Buisson et Francis Robidoux : 22h.CAFÉ LUDIK (552, Ste-Catherine E.) Jean Custeau : 21h.ESCOGRIFFE (4467, St-Denis) Pot Mitic : 22h.JAZZONS (300, Ontario E.) Marie-Anne lacey et Skip et Tim : 22h.LA PETITE BOITE (2001, Rosemont) Morico et Uselavie : 22h.LE LAURIER (5141, St-Denis) Hommage à Red Hot Chili Peppers : 22h.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Sonny Wolf Mo Boogie : 22h.P'TIT BAR (3451, St-Denis) Soirée Piaf avec Annie Peyton : 22h.JAILHOUSE ROCK (30, Mont-Royal E.) Trip The Off, Golden Mean et Aron Booth : 21h.UPSTAIR (1254, Mackay) Brian Hurley Trio : 22h SWIMMING (3643, St-Laurent) Pocket Dwellers : 22h.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Alex Sohier et Mario Fredette : 21h.LES DEUX PIERROTS (104, St-Paul E.) Serge Lachapelle et Dany Pouliot : 21h.PUB ST-PAUL (124, St-Paul E.) Wicked Access : 22h.BRUTOPIA (1219, Crescent) Stefen Hartley : 22h.MCKIBBIN'S (1426, Bishop) Fine Mess : 21h30 KARINA (1455, Crescent) Louise Sauvé : 22h.JAZZ'IZ (4075, St-Denis) Daniel Thouin Quartet : 22h.SPURS (7360, St-Jacques O.) Neon Moon : 21h 5CL1301B0714 CLASSE DU 14 JUILLET 5CL1301B0714 ZALLCALL 67 01:22:51 07/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 14 JUILLET 2000 B 13 Le Roman de L'Exil Julie Papineau Il y eut certes des moments lourds, habituellement lorsqu'on parlait d'un proche resté au Bas- Canada.C'est ainsi qu'il fut question de Louis-Hippolyte La Fontaine, écroué le lendemain de l'insurrection, mais qu'on avait relâché quelques jours avant Noël.L'arrestation d'un homme bien vu des autorités était surprenante.Sans doute lui reprochait-on l'aide qu'il avait apportée aux patriotes détenus, à qui il avait servi d'avocat.Papineau soupçonnait ses collègues de la Couronne d'être intervenus auprès de Colborne pour qu'il soit libéré.Louis-Michel Viger, par contre, passait Noël en cellule, ce qui peina son ami d'enfance.Le beau Louis était toujours à la tête de la Banque du Peuple et tous les prétextes étaient bons pour lui mettre des bâtons dans les roues.Ce qui dépassait l'entendement, c'était l'incarcération du libraire Fabre qui n'était mêlé ni de près ni de loin aux tragiques événements.Son seul tort avait été d'organiser une souscription pour venir en aide aux réfugiés des Bermudes.« Le vieux brûlot a perdu le nord! lança Julie.\u2014 Sans mon ami Fabre, admit Wolfred Nelson, nous n'aurions pas survécu.Si c'est un crime d'aider ses compatriotes dans le malheur.\u2014 Parlez-nous des Bermudes, docteur », implora Amédée qui, comme Lactance, brûlait de connaître tous les détails de son exil sous les tropiques.Wolfred Nelson entreprit donc de faire le récit de son séjour dans l'île.Il y avait de l'émotion dans sa voix.À son arrivée là-bas, il ne lui restait pas 40 piastres en poche et il lui était interdit de travailler.Pourtant, il aurait pu rendre de grands services car, à Hamilton, les sorciers étaient plus nombreux que les véritables médecins.Il confessa avoir désobéi, quelquefois, pour honorer son serment d'Hippocrate, sans que les autorités en soient informées.Ses patients étaient prévenus qu'ils devaient se présenter discrètement chez madame Édouard, une femme de couleur qui le logeait, à la sortie de la ville de Hamilton.«Le reste de temps, je surveillais l'arrivée des bateaux qui nous apportaient des nouvelles du Canada.C'était mon seul désennui.\u2014 Est-ce vrai qu'il y a beaucoup de nègres, là-bas ?demanda Lactance.\u2014 Les neuf dizièmes de la population sont de couleur, répondit le docteur.L'esclavage a été aboli il y a quatre ans, mais les Bermudiens noirs sont pauvres.Les plus instruits n'ont aucune chance d'être élus au Parlement; par conséquent, à cause de la couleur de leur peau, ils ne peuvent pas faire voter les lois qui contribueraient à améliorer leur sort.\u2014 Et les Blancs ?Comment sontils?poursuivit le curieux Lactance.\u2014 Ce sont des Anglais, la plupart du temps riches et hautains, comme ceux du Canada.Ils ne voient qu'à leurs intérêts et méprisent la population noire.» Lorsqu'on apporta les beignes et les croquignoles, la conversation se fixa à nouveau sur le sort de leurs malheureux amis derrière les barreaux.Quel genre de Noël passaientils ?Mère Gamelin et Adèle La Fontaine leur avaient sans doute apporté des vivres.Mais ils devaient se sentir seuls.Wolfred Nelson en savait quelque chose, lui qui avait passé son dernier Noël au Pied-du- Courant.«Malgré tout, nous avons eu plus de chance que le malheureux notaire Joseph Duquet », fit-il.Julie pensa soudain à la lettre de son amie Henriette de Lorimier.« Par la fenêtre de la prison, les condamnés voient les menuisiers construire la potence, précisa-t-elle d'une voix chargée d'émotion.Henriette m'a écrit que les gardes sont cruels avec eux.\u2014 Aucun pays civilisé ne se montre aussi infâme, affirma Papineau.Vous vous rendez compte ?Ils sont huit cents hommes accusés de haute trahison.\u2014 Je ne comprends pas l'indifférence du président des États-Unis, répétait James Porter, comme s'il se sentait coupable de faire si peu.\u2014 Les plus compromis ne s'en tireront pas, fit Julie d'un ton plus bas.Avez-vous lu les gazettes?Le Herald réclame des exécutions rapides et l'affreux Adam Thom se demande pourquoi engraisser des traîtres pour le gibet.\u2014 Il tarde à ces hyènes de boire du sang, accusa Amédée, qui ne comprenait pas que les Canadiens ne se soient pas soulevés en masse.\u2014 Tu ne vois donc pas qu'ils n'avaient pas d'armes?s'impatienta Julie.On leur avait promis mer et monde et ils n'ont rien reçu.Ni argent, ni munitions.On leur avait fait miroiter que l'armée américaine viendrait à la rescousse.Des contes! Des menteries! Voilà pourquoi ils ont été réduits en pièces.» Julie se retint de prononcer le nom de Robert le Diable.Elle ne voulait pas offusquer son frère Wolfred, mais elle poursuivit néanmoins sa pensée.à suivre \u2014 55 \u2014 La Presse 14 juillet 2000 Page B14 manquante "]
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