La presse, 23 juillet 2000, Cahier A
[" 7LP0101A0723 APAGESudi - paul 7LP0101A0723 ZALLCALL 67 00:53:02 07/23/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 P 116e ANNÉE, NO 269, 54 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Le G8 veut brancher les pays pauvres L'initiative fait bondir les organisations humanitaires AFP, AP NAGO (Japon) Les leaders du G8 se sont mis hier « à l'écoute » de la société civile et de ses inquiétudes, en se penchant sur l'accès aux nouvelles technologies, la sécurité alimentaire ou la lutte contre le sida, au deuxième jour du sommet d'Okinawa (sud du Japon).Après avoir entamé la journée en plantant symboliquement en commun un arbre, les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 ont adopté une charte créant notamment un Groupe d'action appelé à combler la « fracture numérique » entre riches et autres.Mais la « Charte d'Okinawa sur la société mondiale de l'information », présentée par les Japonais comme l'un des points forts du sommet, a été aussitôt critiquée par les organisations humanitaires qui estiment qu'il existe des priorités plus urgentes.« Nous ne nous opposons pas aux technologies de l'information, mais sommes-nous vraiment en train d'améliorer la qualité de vie de zones du monde où il y a encore des millions d'illettrés, pas d'électricité, pas d'infrastructures ?» a demandé une responsable de l'association Oxfam, en soulignant que la planète comptait encore 880 millions d'analphabètes.Sur plusieurs dossiers sensibles, comme la dette des pays pauvres et les négociations pour la libéralisation du commerce mondial, les leaders ont demandé à leurs « sherpas » de muscler les textes déjà préparés.Ces conseillers devaient se retrouver tard dans la soirée dans une atmosphère qualifiée de « constructive ».Voir PAUVRES en A2 PHOTO Reuters © De nombreux Japonais ont continué de protester contre la présence militaire américaine dans leur pays, à l'occasion du sommet du G8.Antimissiles : Poutine a un nouvel allié Des parcomètres anti-vélo à Montréal Associated Press NAGO, Japon Gerhard Schroeder et Vladimir Poutine partagent les mêmes doutes devant le projet américain de bouclier antimissiles, mais n'ont pas formé d'alliance pour combattre cette idée, a annoncé hier au Japon le porte-parole de Berlin, Uwe- Karsten Heye.Les autorités allemandes ont également confirmé samedi avoir rééchelonné quelque quatre milliards de dollars de dettes russes.Selon un responsable allemand qui a requis l'anonymat, Moscou a désormais jusqu'à 2016 pour rembourser ses dettes, alors que la Russie devait jusqu'ici les payer en 1999 et 2000.L'Allemagne est le principal créancier de la Russie, qui doit rembourser 42 milliards de dollars à plusieurs gouvernements occidentaux.Voir POUTINE en A2 MARTINE ROUX Cadenasser son vélo à un parcomètre deviendra de plus en plus difficile à Montréal.À la demande de commerçants qui trouvent la pratique gênante, Stationnement de Montréal habille chaque année certains parcomètres de gaines protectrices destinées à décourager les cyclistes délinquants d'y attacher leurs bécanes.Cette gaine, un large tube en plastique rigide épousant le pied du parcomètre, empêche de glisser un cadenas en « U » en travers de ce dernier.Elle ne peut cependant rien contre les chaînes ou les câbles, plus malléables.Mais pour éviter toute méprise, Stationnement de Montréal \u2014 l'organisme privé chargé de la gestion des gobe- sous montréalais \u2014 a garni les revêtements d'un pictogramme signifiant clairement au cycliste que son vélo est loin d'être le bienvenu à cet endroit.Les gaines sont installées à la demande de commerçants montréalais, explique Chantal Bouvier, vice- présidente clientèle et communications chez Stationnement de Montréal.C'est que plusieurs d'entre eux trouvent encombrantes les bicyclettes verrouillées aux gobe-sous : non seulement obstruent-elles le passage ou l'accès au commerce, mais elles s'avèrent carrément dangereuses si elles glissent sur le sol, fait remarquer Mme Bouvier.« Il y a une tolérance quant aux vélos attachés aux parcomètres.Mais il s'agit d'une situation qui n'est ni autorisée ni souhaitable.» Moins d'une centaine de parcomètres ont jusqu'ici été munis de gaines, précise-t-elle, à raison d'environ une dizaine de nouvelles gaines par année.Stationnement de Montréal analyse une à une les requêtes des commerçants avant de décorer le parcomètre.Voir PARCOMÈTRES en A2 PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Certains commerçants jugent gênante l'utilisation que font certains cyclistes des parcomètres pour garer leur vélo.Rubriques Arts et spectacles .cahier B - télévision B2 - horaire spectacles B10 À votre tour A15 Bandes dessinées C5 Bridge C9 Décès C9 Feuilleton C5 Êtes-vous observateur?.C6 Génie en herbe B11 Grille thématique B11 Horoscope C7 Jardiner B12 Laporte A5 Loteries A5, A11 Monde A12 Mots croisés C7 Mot mystère C5 Petites annonces C6 à C9 - immobilier C6 - marchandises C6, C7 - emplois C7 - automobile C7, C8 - affaires C8 Personnalité A16 Presse d'ailleurs A13 Santé C1à C3 Sciences C10 MÉTÉO Ciel variable Max.23, min.15 cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net Il y a 50 ans décollait la première fusée MARCIA DUNN AP, CAP CANAVERAL, Floride Il y aura 50 ans demain, le 24 juillet 1950, la première fusée décollait de Cap Canaveral.Bumper 8, bricolé à partir d'un V2 allemand, devait donner le coup d'envoi d'une aventure qui vit par la suite plus de 3000 engins quitter le pas de tir floridien.Il ne reste plus grand-chose du lieu du premier lancement, sinon une cuvette en acier destinée à récupérer le carburant déversé au sol, un morceau de béton et des trous.Aucune plaque ne rappelle que c'est là que l'histoire de la grande base spatiale américaine a commencé.À l'époque le « Complexe de lancement No3 » était pourtant le seul pas de tir du centre alors qu'ils sont aujourd'hui 35, la plupart inutilisés.À l'occasion des 50 ans du premier tir, une demi-douzaine de membres de l'équipe des Bumper visiteront aujourd'hui le lieu de lancement déserté et se réuniront à nouveau demain pour une cérémonie de lancement.Tout avait commencé de l'autre côté du pays, à White Sands, dans le désert du Nouveau-Mexique par des tirs en 1946 de dizaines de V2 reconstitués avec des pièces confisquées aux Allemands.Le fait que plusieurs engins se soient écrasés près d'un troupeau et un autre près d'un cimetière de l'autre côté de la frontière mexicaine a rapidement souligné la nécessité de trouver un autre endroit.La Californie du Sud avait la préférence de l'armée, mais le Mexique refusait de laisser les fusées survoler son territoire.C'est ainsi que la deuxième option, Cap Canaveral, sur la côte Atlantique, fut choisie.Les six premiers Bumper furent lancés de White Sands en 1948 et 1949, avant que le programme ne déménage.Le premier étage de Bumper était constitué par un V2, surmonté d'une fusée américaine WAC Corporal, utilisée pour la recherche en altitude.Aucun explosif n'était à bord, seulement des instruments scientifiques.L'équipe du programme Bumper à Cap Canaveral comprenait une centaine de personnes venant d'horizons divers.Des militaires Voir FUSÉE en A2 Le Pr Werner von Braun 7LP0201A0723 A 2 dimanche paul 7LP0201A0723 ZALLCALL 67 00:53:08 07/23/00 B Suites de la une A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Le G8 veut brancher les pays pauvres PAUVRES / Suite de la page A1 Le Français Jacques Chirac et le Britannique Tony Blair ont souhaité que le communiqué final, qui sera publié aujourd'hui, se montre plus volontariste sur la mise en oeuvre des promesses du sommet de Cologne, en 1999, pour l'allègement de la dette des pays les plus pauvres.Sur les 100 milliards d'annulation de dettes promis à Cologne, seuls 15 milliards auront été effectivement annulés à la fin 2000.Le G8 s'est d'ailleurs fait tancer depuis New York sur le sujet par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, selon lequel il y a « trop de promesses et pas assez d'action » sur cette question « vitale ».Des organisations humanitaires ont fait remarquer que les sommes dépensées pour organiser ce sommet du G8 (815 millions d'euros) auraient permis à elles-seules d'effacer l'intégralité de la dette de certains pays africains.Des désaccords persistaient aussi sur la meilleure formule à adopter pour appeler au lancement d'un nouveau round de négociations sur la libéralisation du commerce mondial, après l'échec de la conférence de Seattle en décembre dernier.La prudence devrait être privilégiée, les leaders se bornant à juger « souhaitable » le lancement d'un nouveau round d'ici la fin 2000.Les premières discussions sur la sécurité alimentaire, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM), ont donné lieu à un nouvel affrontement entre Européens et Américains.Ces derniers ont refusé la mise en place d'une commission sur le dossier, selon un porte-parole japonais.Pour la lutte contre les pandémies (sida, paludisme et tuberculose), le G8 a discuté de mesures concrètes pour faciliter l'accès aux médicaments.Mais ils cherchent des mécanismes permettant d'éviter que les aides ne soient éventuellement détournées, selon des sources proches des discussions.Pendant que les sherpas retournaient au travail, les leaders du G8 ont assisté à un spectacle animé par la chanteuse pop Namié Amuro, très populaire au Japon.Le G8 aura été aussi l'occasion pour les « Grands de ce monde » de se familiariser avec les arts martiaux japonais, dont le sumo et le judo, longuement évoqués durant le déjeûner.Le président américain Bill Clinton devrait partir plus tôt que prévu aujourd'hui, après avoir bousculé son programme pour retrouver les négociateurs de la paix au Proche- Orient qui l'attendent dans sa retraite de Camp David.Le G8 regroupe les sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) plus la Russie.PHOTO Vladimir Poutine Antimissiles: Poutine a un nouvel allié POUTINE / Suite de la page A1 Le chancelier allemand et le président russe se sont rencontrés pour de brefs entretiens en marge du sommet du G8, qui se tient actuellement à Okinawa, au Japon, a précisé M.Heye.Selon lui, Gerhard Schroeder a confié à Vladimir Poutine rester «sceptique» devant le projet américain de bouclier antimissiles et que d'autres États européens partageaient cette position.Le président français Jacques Chirac a déjà également critiqué cette idée.Le numéro un russe mène une campagne dirigée contre le projet américain de bouclier antimissiles, et s'est assuré le soutien de la Chine et de la Corée du Nord, deux pays où il a fait escale avant d'arriver au Japon.La Corée du Nord s'en est d'ailleurs violemment pris hier au Japon pour son soutien au projet américain de bouclier antimissiles, qualifiant Tokyo de «cancer de la communauté internationale».Estimant que ce projet est «aujourd'hui le plus grand facteur de déstabilisation de l'Asie de l'Est», le bulletin officiel des Affaires étrangères nord-coréennes, KCNA, a accusé Tokyo de vouloir par ce biais restaurer sa suprématie militaire dans la région.«Cela prouve que le Japon est l'État le plus instable du monde», écrit le KCNA.PHOTO Chelsea Clinton, la fille du président des États-Unis, félicite les membres d'une troupe japonaise, lors d'une réception.Des parcomètres anti-vélo à Montréal PARCOMÈTRES / Suite de la page A1 « Nous installons des gaines lorsque le parcomètre est situé à deux pieds ou moins de la porte du commerce et uniquement pour des raisons de sécurité ou d'accessibilité.Ce sont des installations ponctuelles.» Avise-ton la Ville de Montréal lors de l'installation de gaines, de façon à compenser avec des supports à vélos ?« Nous ne le faisons pas systématiquement, mais cela peut arriver.» Rue Saint-Denis en plein coeur du Plateau, là où garer sa bécane ou sa bagnole relève de l'exploit, plusieurs parcomètres n'accueillant plus les bicyclettes enfreignent cependant la règle des deux pieds.Devant la boutique de l'opticien Harry Toulch, par exemple, on compte au moins quatre fois cette distance entre le parcomètre et la porte.Mais à la demande des propriétaires, il ne reçoit plus que les pièces.« C'est une rue fréquentée, les trottoirs sont souvent pleins, explique Steven Toulch.Même si les vélos attachés à ce parcomètre ne bloquaient pas l'accès à mon commerce, les clients pouvaient trébucher ou se salir.Nous avons demandé à faire installer des supports à vélo, mais apparemment, il n'y avait pas assez d'espace.» Plusieurs cyclistes déjouent tout de même la stratégie, ajoute-til.Un peu plus au nord, un parcomètre gainé est planté devant la vitrine d'une boutique de vêtements, bien qu'il soit lui aussi fort éloigné des issues.« Nous avons demandé une gaine pour une question d'esthétisme, soutient une vendeuse qui revendique l'anonymat.Les vélos cachaient un peu la vitrine.Karl Filo, propriétaire de la Quincaillerie Filo sur le boulevard Saint-Laurent, peste quant à lui contre la nouvelle garde-robe des parcomètres.Ce n'est certes pas ce commerçant qui a demandé qu'on affuble de gaines les parcomètres situés à proximité de son commerce, dit-il.« C'est déjà assez difficile pour la clientèle de se stationner dans la rue, s'il faut en plus que les cyclistes ne puissent plus barrer leur vélo à un parcomètre ! Tous ces règlements finissent par faire passer les honnêtes gens pour des criminels.Ce n'est pas une dictature, ici ! » L'organisme Le Monde à bicyclette, qui milite en faveur d'un aménagement urbain plus accueillant envers les cyclistes, déplore aussi ces interdictions.« Il est aberrant qu'on réduise les possibilités de stationnement pour les vélos, car il n'y a vraiment pas assez de supports sur les trottoirs, expose l'une de ses membres, Lili Haury.Il est vrai que ça gêne parfois, & mais il faut faire preuve de bon sens lorsque le parcomètre est éloigné d'une porte.Quand les cyclistes paieront-ils pour attacher leurs vélos à un parcomètre ?» Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 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été surpris en train de faire l'amour avec une femme dans une camionnette de l'archevêché de Callao, ville voisine de Lima, a déclaré la police.L'ecclésiastique de 40 ans a été pris en « flagrant délit » avec une employée de l'archevêché péruvien.Le prêtre et l'employée ont d'abord été arrêtés par des policiers qui croyaient que leur véhicule avait été volé.« La surprise a été grande lorsqu'on a découvert, grâce à ses papiers, que l'homme était un prêtre qui séjournait depuis sept ans au Pérou et travaillait à l'archevêché de Callao », a dit la police.Le couple a été remis en liberté après quelques heures.L'archevêché a été informé de l'incident.DEMAIN DANS LA PRESSE Le plaisir multiplié par quatre « Où le président Ferdinand Piech entend-il mener Volkswagen ?» se demande notre chroniqueur Éric Le François, en analysant la fiche technique de la Passat tellement elle est calquée sur celle d'une Audi, l'ancien employeur de Piech.Comme s'il ne suffisait pas de reprendre la plate-forme d'une Audi, la Passat s'offre cette année le mécanisme de traction intégrale de la firme aux anneaux (Quattro) rebaptisé du nom de 4Motion.À lire demain dans le cahier Auto, le compte rendu de cet essai.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Les pays du G8 veulent brancher les pays pauvres à l'Internet.Jugez-vous cette initiative prématurée ?Trouvez-vous les amendes et les sanctions imposées à 22 cadres et courtiers impliqués dans l'affaire RT Capital suffisamment sévères ?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 20 % Non: 80 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique. 7LP0301A0723 a03 actus dim 23 juillet 7LP0301A0723 ZALLCALL 67 00:52:00 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 A 3 ANDRÉ DUCHESNE Embauchés pour travailler en restauration durant les cinq mois que doit durer l'Exposition universelle de Hanovre, en Allemagne, plusieurs jeunes Québécois ont été renvoyés au bout de quelques semaines et attendent toujours que leur soit versée leur dernière paie.« Je suis arrivée à Hanovre le 20 mai et je suis revenue le 10 juin, raconte, dépitée, Annie Chartrand.Je n'ai été avertie que la veille de mon départ.J'ai essayé de dire à mes patrons que j'avais laissé un logement et un emploi au Québec pour vivre cette aventure, il n'y avait rien à faire.» Annie attend toujours sa paie pour la période allant du 1er au 9 juin.Même situation pour Karine Laroche, renvoyée pour troubles de comportement, lui a-t-on indiqué.« Ils m'ont « reshippé » au bout de trois semaines.» La jeune fille affirme n'avoir été rémunérée que pour sept jours.Les employeurs des quelque 160 Québécois, Optio International et MJM Miracle, auraient justifié ces licenciements en raison de compressions budgétaires liées au peu d'affluence sur les lieux, ouvert depuis le 1er juin, et, dans certains cas, pour mauvais comportement.De ces 160 jeunes, combien en reste-t-il à Hanovre ?Personne n'était en mesure de nous le dire hier.Chose certaine, Optio avait ouvert cinq concessions alimentaires sur les lieux.De ce nombre, quatre auraient été fermées.Seul le restaurant Canada Grill est demeuré en activité et une nouvelle concession, appelée Biergarten, a été depuis ouverte.Changement au service de la paie Selon le contrat signé avant leur départ, les jeunes devaient recevoir un salaire mensuel net de 1486 marks (environ 1100 $ CAN).Ce montant devait leur être remis en totalité une fois par mois.Or, dans une lettre datée du 30 juin, MJM Miracle annonçait plutôt aux employés qu'ils recevraient dorénavant une avance de 300 marks par semaine et que le solde entre le salaire net et les avances (soit 1434 marks) leur serait remis le 31 octobre, à la fin de l'exposition.L'employeur dit avoir adopté ce changement à la suite des demandes faites par les employés.Faux, répondent Dominic Béland et sa copine Emmanuelle Tremblay, qui croient plutôt qu'en retenant une partie de la paie, l'employeur tentait d'endiguer le départ d'autres jeunes dégoûtés par leurs conditions de logement dans une ancienne caserne militaire.Insatisfaite de cette proposition, Emmanuelle a rompu son contrat et est revenue à Montréal.Cela lui a coûté cher car une clause stipule qu'elle doit rembourser le billet d'avion dans une telle éventualité.Elle doit 602 marks, somme qu'elle doit acquitter d'ici le 1er septembre.Selon Julie Morabito, une jeune femme de 24 ans qui a elle aussi rompu son contrat de travail, il est vrai que certains jeunes ont demandé une avance pour les premières semaines, car ils avaient des frais à payer pour les repas et le transport.« Ça ne veut pas dire qu'on demandait ce mode de paiement jusqu'à la fin.Il y a des gens qui ont des comptes à payer à Montréal et misaient sur le versement complet de leur salaire pour payer ces dettes.» Drôle de caserne Ayant déjà travaillé à l'étranger et revenant d'un séjour à Cancun, au Mexique, Julie a quitté Hanovre principalement en raison des conditions pitoyables de logement des employés québécois.Comme d'autres, elle dénonce le fait qu'il y avait seulement 10 douches, deux laveuses, aucune sécheuse, ni poêle, ni frigo.« Ils ont acheté deux autres laveuses parce qu'on a fait tout un tapage et deux sécheuses à la fin de juin.Il n'y avait aucun système d'alarme, aucun gicleur et deux petits extincteurs par étage dans la caserne.Au début de juin, l'employeur a expédié une lettre aux employés leur signifiant leur manque de propreté dans l'édifice.La missive a fait bondir Marc-André Ledoux.« Je comprends qu'il faille ramasser ses affaires et qu'il y avait quelques irresponsables.Mais on manquait d'appareils pour sécher nos vêtements et les matelas des lits étaient très mous.Certains ont alors étendu leur matelas par terre et utilisé le sommier comme séchoir.Disant avoir voulu prendre la part des employés, Dominic Béland a été mis à la porte de façon cavalière.« On m'a réveillé à 7h du matin et signifié que je devais prendre l'avion deux heures plus tard.Si je ne prenais pas cet avion, la compagnie ne m'en paierait pas un autre et je devrais le payer moi-même.Leur mot d'ordre, c'est l'intimidation.Hier, les appels logés par La Presse auprès des responsables d'Optio et de MJM Miracle sont demeurés sans réponse.Trois blessés n Deux accidents survenus en fin de journée hier à Montréal ont fait trois blessés.Une femme de 72 ans qui traversait la rue Heywood, à l'intersection de la rue Cavendish, a été happée par une automobile.La vie de la septuagénaire n'est pas en danger, mais cette dernière a subi des blessures aux côtes, à un bras et à la tête.Un autre accident de la circulation a fait deux blessés, lorsqu'un camion a heurté une automobile qui venait de brûler un feu rouge.La collision est survenue à l'intersection des rues Berri et Legendre, dans le nord de la ville.Une femme d'une cinquantaine d'années et un garçonnet de 7 ans ont été grièvement blessés dans l'accident.L'impact a été très violent et l'automobile que conduisait la dame a été projetée contre une maison.Homme armé arrêté n Un homme de 24 ans, connu de la police, sera accusé lundi à Montréal de possession d'une arme à autorisation restreinte après avoir été arrêté hier matin, rue Iberville, en possession d'un fusil de calibre 12 de type « pistol grip » chargé à bloc.Le suspect, accompagné d'un autre homme, déambulait rue Iberville, non loin de l'avenue Mont-Royal, lorsque leur allure a attiré l'attention de deux agents de quartier du SPCUM.Les policiers se sont approchés des individus et l'un d'eux a pris la fuite.Poursuivi à pied, l'homme a échappé des cartouches de calibre 12 et a finalement été rattrapé dans une ruelle, non loin des rues Chapleau et Franchère.Les agents ont découvert non loin de là le fusil de calibre 12.Le complice, un homme dans la vingtaine, anglophone, a réussi à prendre la fuite.Interdiction levée n Les résidants de Mont-Royal peuvent à nouveau consommer l'eau du robinet sans problème.L'avis émis le 13 juillet dernier recommandant de faire bouillir l'eau au moins 20 minutes avant de la consommer, a été levée par les autorités municipales.Accident mortel n Un homme de 39 ans, Hervé Dubois, de Newport, en Gaspésie, a perdu la vie dans la nuit de vendredi à samedi dans un accident de la route.La victime conduisait un véhicule tout terrain sur un tronçon de la route 132 en réparation, lorsqu'elle a heurté un trou d'homme et fait un chute.Stupéfiants saisis n Les pompiers de Montréal ont découvert une importante quantité de cannabis, tard vendredi soir, lorsqu'un incendie s'est déclaré dans un édifice de huit logements de la rue Lachapelle, dans le secteur de Cartierville.Tous les résidants de l'immeuble ont été évacués et une enquête a été instituée afin de déterminer l'origine du sinistre.Saisie d'armes n En Outaouais, les policiers de la municipalité régionale de comté des Collines ont saisi une trentaine d'armes à feu, de la poudre pour fabriquer des munitions, des munitions, des explosifs et près d'une livre de marijuana.Un homme de 36 ans a été arrêté et sera accusé de possession d'armes prohibées et d'explosifs.Les policiers s'étaient rendus à cette adresse à la suite d'une plainte pour voies de fait.Des chargeurs pouvant contenir plus de 10 balles, des goupilles de grenades et des munitions ont été trouvés.Accident n Cinq personnes ont été blessées grièvement hier matin sur la route 104 à Mont Saint-Grégoire, lorsque deux automobiles sont entrées en collision au moment où l'une effectuait un virage dans une entrée de cour.Les pompiers ont dû découper le toit d'une des automobiles afin de sortir les blessés de l'amas de ferraille.Aucune trace de freinage n'a été observée sur la chaussée.Hanovre: plusieurs employés remerciés attendent encore leur paie PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Julie Morabito conseille à tous les jeunes désirant travailler à l'étranger de s'assurer de la crédibilité de l'employeur.Elle est revenue extrêmement déçue de son expérience à Hanovre.PHOTOS BERNARD BRAULT, La Presse © Deux c'est bien, trois c'est mieux Plus de 600 couples de jumeaux, triplés et autres dupliqués de la nature ont participé au défilé des doubles du Festival Juste pour rire, hier soir dans le Quartier latin.Édouard et David Larouche, 4 ans, ci-haut à gauche, les frères Mc Lennan, ci-dessus, Patricia et Caroline Martel, 5 ans et demi, de Pierrefonds, à gauche, étaient de la fête.L'EXPRESS DU MATIN Il faut évaluer d'autres solutions, dit l'opposition Mais le gaz poivre a toujours son utilité, riposte l'ex-président de la Commission de la sécurité publique de la CUM MARTINE ROUX Les décès de Luc Aubert et Sébastien Mc Nicoll, survenus à quelques jours d'intervalle à la suite d'interventions liées au poivre de Cayenne, devraient inciter les autorités publiques à revoir leurs méthodes, estiment deux conseillers municipaux S'ils ne sont pas prêts à bannir le gaz poivre de l'arsenal policier, Marvin Rotrand, conseiller indépendant, et Richard Théorêt, conseiller du RCM, jugent qu'à défaut d'imposer un moratoire sur son utilisation, la Communauté urbaine de Montréal devrait tout au moins songer à adopter une arme intermédiaire moins risquée pour la santé.Le gaz poivre a été adopté par le SPCUM en 1995, après avoir été à l'essai pendant environ un an.À l'époque, Marvin Rotrand s'en réjouissait : membre de la défunte Coalition contre l'usage excessif de la force par la police, il avait activement milité en faveur d'une arme « douce » offrant une alternative à l'arme à feu en certaines situations.En ce temps, rappelle-t-il, on comptait les policiers membres de communautés culturelles sur les doigts d'une main et le souvenir des Marcelus François, Anthony Griffin et autres victimes de bavures hantaient les autorités.Aujourd'hui, il déplore cependant l'utilisation faite du capsicum (nom savant du gaz poivre) par les corps policiers canadiens.« Ce n'est pas un outil quotidien et il ne doit être utilisé que lors de circonstances exceptionnelles, affirme M.Rotrand.Mais les policiers deviennent paresseux et l'utilisent de plus en plus souvent.Même si le nombre d'interventions liées au gaz poivré a baissé au SPCUM, je crois qu'il faut en restreindre l'utilisation et établir des règles plus strictes.» Selon lui, seuls les suspects soupçonnés de crimes violents et majeurs devraient être maîtrisés à l'aide du gaz poivre.« Bien sûr, le gaz poivre a peut-être permis à certaines personnes de ne pas être tuées.C'est bien.Le problème, c'est qu'on délaisse d'autres tactiques, comme l'intervention à mains nues, et qu'on l'utilise de plus en plus comme une arme de torture.» Surpris d'apprendre que n'importe quel quidam pouvait se procurer du gaz poivre dans certains commerces, tel que le révélait hier La Presse, le conseiller Richard Théorêt se demande quant à lui pourquoi les policiers n'utilisent pas ces produits, moins risqués.« Le capsicum que les policiers utilisent est plus concentré que celui qu'on trouve en vente libre.Pourraient-ils utiliser des doses moins fortes ?Un produit moins risqué ?Il faut poser la question.» Les personnes sous l'effet de drogues ou d'alcool sont plus sensibles au capsicum, rappelle-t-il.« Mais la population criminalisée, qui a évidemment des démêlés avec la police, fait plus souvent usage de ces substances que la moyenne de la population ! Il y a urgence de rectifier le tir, de vérifier nos façons de faire.» Ce débat appartient au passé, tranche quant à lui le maire de Dorval, Peter Yeomans, qui était président de la Commission de la sécurité publique de la CUM au moment où le gaz poivre a fait son apparition au SPCUM.« C'est toujours une arme alternative valable.Les citoyens doivent comprendre que la meilleure façon de ne pas se faire asperger de poivre, c'est de ne pas résister au travail d'un policier.C'est quoi les autres choix ?» demande-t-il.À l'époque, la CUM s'était aussi penchée sur d'autres armes intermédiaires, telles les balles de caoutchouc ou le pistolet paralysant.Mais le gaz poivre l'a emporté « parce que nous trouvions que la ceinture des policiers était suffisamment chargée comme cela.Nous étions conscients des dangers mais on trouvait que c'était la meilleure solution pour éviter aux policiers de recourir à l'arme à feu.» 7LP0401A0723 A4 - DIMANCHE 7LP0401A0723 ZALLCALL 67 00:48:44 07/23/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 L'époque où les étudiants devaient se battre pour travailler pendant leurs vacances scolaires est bel et bien révolue.Depuis que l'économie a repris du poil de la bête, des emplois pour étudiants, il y en a des tonnes.Certains employeurs doivent même dérouler le tapis rouge pour attirer des recrues estivales.Mais qui dit quantité ne dit pas nécessairement qualité.Certains étudiants se font carrément exploiter.La question se pose: cela vaut-il vraiment la peine de passer l'été à s'esquinter dans des jobines mal payées?Voici la deuxième et dernière tranche de notre reportage.Risquer sa vie pour un travail d'été ÉRIC PLOUFFE et MARIE ALLARD Un étudiant de 19 ans est mort d'une façon atroce, mercredi dernier, dans l'une des usines de pâtes et papier de la compagnie Tembec à Témiscaming, en Abitibi.Éric Saint-Amand semble s'être pris le pied dans une trappe avant de faire sa chute mortelle dans une cuve contenant de l'eau et des produits chimiques utilisés par l'entreprise.La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) enquête sur les circonstances de sa mort.Peu de temps avant le drame, le jeune homme s'affairait apparemment à nettoyer une passerelle en bois au-dessus de la cuve.Depuis 1995, il y a une légère augmentation du nombre d'accidents de travail chez les jeunes de moins de 24 ans.En 1999, 24 485 jeunes de ce groupe d'âge ont été victimes d'un accident ou d'une maladie reliés au travail et 12 sont décédés des suites d'un accident.Environ la moitié des accidents recensés chaque année surviennent pendant la saison estivale, soit au moment où l'on signale une hausse considérable du nombre d'étudiants sur le marché du travail.Selon Hélène Saint-Pierre, porteparole aux affaires publiques à la CSST, la croissance de l'activité économique au Québec est liée à cette hausse.« Dans les chantiers de construction, le nombre d'ouvriers ne cesse d'augmenter et il y a de plus en plus de jeunes travailleurs.La CSST étudie actuellement le phénomène des jeunes sur le marché du travail, et continue de mettre en place des programmes de sensibilisation dans les écoles et dans les centres d'emplois pour prévenir les accidents en milieu de travail.« L'idée première est de développer un réflexe de prévention chez les jeunes, explique Mme Saint-Pierre.Lorsqu'ils seront sur le marché du travail, ils seront plus attentifs.» La porte-parole a fait remarquer que les statistiques de la CSST démontrent que les jeunes de moins de 24 ans sont plus à risque et que les accidents surviennent généralement dans les premiers six mois de travail.« C'est chez les jeunes qu'il y a le plus d'accidents de travail », souligne Clairandrée Cauchy, présidente du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ).L'explication de Mme Cauchy ?« Les jeunes sont inexpérimentés et ne connaissent ni leur environnement de travail ni les outils qu'ils utilisent.» Quant aux employeurs, ils lésinent sur la formation d'une main-d'oeuvre qui n'est souvent que temporaire, ce que déplore la présidente du CPJ.L'Association paritaire pour la santé et la sécurité au travail du secteur des affaires municipales (APSAM) est plus optimiste.Cet organisme, qui veille sur les cols bleus, cols blancs, policiers, pompiers et chauffeurs d'autobus note que les jeunes sont de plus en plus prudents.« Les recrues et les employés d'été reçoivent de la formation sur la santé et la sécurité, remarque Alain Langlois, directeur de l'APSAM.Il y a encore dix ans, personne ne pensait à sa sécurité ! » Les jeunes travailleurs exigent maintenant des conditions de travail saines avant d'accepter un boulot.Pas au point de convertir les plus âgés, toujours téméraires.« Il y a des cliques d'employés qui ont 25 ans de métier, raconte M.Langlois.Ils disent qu'il ne leur est jamais rien arrivé et qu'ils ne vont pas changer leurs habitudes.» Être vieux serait-il un facteur de risque ?Pour une fois que les jeunes seraient épargnés.Trouver un emploi d'été par Internet Le recrutement est de plus en plus virtuel ÉRIC PLOUFFE Cet été, Alexandre Favreau-Lessard a décroché un emploi sur Internet.« En décembre, j'ai reçu un courriel de Placement Étudiant Québec m'avisant que leur site était ouvert, a-t-il raconté à La Presse.Placement étudiant m'a offert plusieurs emplois.J'ai en choisi un à la STCUM.» L'étudiant de 19 ans et quelques-uns de ses amis font partie de ces nombreux jeunes qui partent à la recherche d'un emploi bien assis devant l'écran de leur ordinateur.Il existe une pléthore de sites de recherche d'emplois comme Jobboom.Depuis environ deux ans, le gouvernement canadien mise gros sur le recrutement virtuel.Au Centre de ressources humaines pour étudiants (CRHC-É) de Québec, les consultations sur Internet ont augmenté d'une manière significative selon Jennifer Centeno, agente d'emploi.Depuis l'été dernier, les CRHC-É affichent les offres d'emplois sur Internet.Mme Centeno a recensé environ 22 000 entrées sur le site entre les mois de mars et juin.Ce phénomène a eu pour effet de réduire l'achalandage de la clientèle étudiante dans les centres d'emplois.Plusieurs jeunes qui ont accès à Internet préfèrent consulter à distance.Si besoin est, les internautes se rendent au centre d'emploi pour y remettre leur curriculum vitae, consulter les agents pour une aide technique ou tout simplement pour passer une entrevue de présélection.Cette baisse d'achalandage a permis aux agents du CRHC-É de canaliser leurs énergies vers la recherche d'emplois.« Nous avons réorienté nos ressources humaines et décidé de nous engager dans des activités de promotion que nous ne pouvions réaliser auparavant, puisque nous n'en avions pas le temps, explique Jennifer Centeno.Cela nous donne une meilleure visibilité auprès des employeurs.» Au printemps, les agents ont participé à des activités de sensibilisation auprès des entreprises pour les inciter à embaucher des étudiants pendant l'été.Ils ont été en mesure de leur offrir des stages d'un jour en entreprise.Mme Centeno raconte que les agents ont pris part à un tournoi de golf de gens d'affaires.« Nous avons organisé un tirage.L'entreprise gagnante recevait un étudiant qui pouvait effectuer gratuitement des menus travaux pendant une journée.Le concept a été très populaire auprès des employeurs.» L'étudiant, lui, a été fort heureusement rémunéré par le CRHC-É.À Montréal, le Café jeunesse du CRHC-É, voisin du cinéma Quartier latin, est ouvert depuis près d'un an.Il s'agit d'un projet pilote, le seul du genre au Canada, où les jeunes peuvent se servir d'un des 25 ordinateurs branchés sur le Net afin d'aller consulter les offres d'emplois.Le centre donne accès à tous les programmes fédéraux qui s'adressent aux 35 ans et moins.Comme partout ailleurs dans les CRHC-É, les jeunes peuvent utiliser gratuitement le photocopieur, le télécopieur, le traitement de texte et une imprimante pour la rédaction du curriculum vitae.Entre les mois de mars et juin, il y a eu 36 000 entrées sur le site Internet du Café jeunesse.Le responsable des communications du CHRC-É, Nicolas Fonseca, croit qu'il faut encourager les jeunes à utiliser Internet pour leur recherche d'emploi puisque l'époque des petits cartons d'offres d'emplois affichés sur des panneaux sera bientôt révolue.Les CHRC-É prônent l'utilisation d'Internet pour plusieurs raisons.D'abord, il y a l'économie de papier.Deuzio, il n'y aura plus de délais dans l'affichage d'offres d'emplois entre les centres.Cette évolution ne plaît pas à tout le monde.Hugo Saint-Onge, qui s'est trouvé du travail au Festival de Jazz et aux Franco- Folies cet été, après quelques « clics » sur le site Internet du gouvernement canadien, s'en inquiète.« J'aime le contact humain dans les centres d'emplois.Je ne sais pas si c'est une bonne idée d'abandonner le système des petites feuilles de papier.Ce n'est pas tout le monde qui a accès à un ordinateur et à Internet », déplore l'étudiant de 26 ans.Au Québec, environ 25 % des familles sont branchées sur le Net.« Ceux qui vont se rendre dans un centre d'emploi auront peut-être à attendre avant qu'un ordinateur se libère, a-t-il ajouté.Avec les petites feuilles, nous n'avions qu'à passer devant le panneau et à jeter un oeil sur les offres.» À PÉQ, près de 95 % des jeunes ont rempli leur formulaire sur la page Internet de l'organisme.Là aussi, l'emploi massif de feuilles de papier n'est plus qu'un souvenir.Une bonne nouvelle qui a des chances d'égayer Richard Desjardins ! PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse Les jeunes peuvent partir à la chasse aux emplois sur l'un des 25 ordinateurs branchés sur la Toile au Café jeunesse du Centre de ressources humaines du Canada pour étudiants, à Montréal.Faut-il travailler l'été?Ce rituel nord-américain n'est pas aussi populaire ailleurs dans le monde ÉRIC PLOUFFE et SYLVAIN LAROCQUE Ce ne sont pas tous les étudiants québécois qui ont la chance de voyager, lire ou faire la grasse matinée pendant leurs vacances.Comme ailleurs en Amérique du Nord, une grande majorité d'entre eux travaillent.Pour payer leurs études.Ou encore pour affirmer leur indépendance.Pourtant, dans d'autres cultures, le rituel du travail d'été n'est pas aussi répandu.« Au Québec, le travail d'été c'est une institution, alors qu'en France ce n'est pas le cas », affirme François Guyot, attaché de presse au Consulat de France.D'après M.Guyot, plusieurs parents français s'entendent pour dire que les étudiants doivent prendre du repos pendant les vacances.Il explique que certains jeunes travaillent pendant un mois dans la cueillette de fruits, ou font les vendanges par exemple, et profitent du reste de leur congé pour voyager.Il y a bien des étudiants français qui travaillent en été mais, selon M.Guyot, ils sont loin de constituer pas la majorité.« Les études en France sont moins coûteuses qu'au Québec, ce qui explique que les parents sont moins tentés de pousser leurs enfants à travailler », avance-t-il.De plus, selon lui, les universitaires participent à des stages au sein d'entreprises pendant l'été, une participation qui s'inscrit dans leur formation scolaire.Cela ne laisse pas de temps pour occuper un autre emploi.Pas le choix La présidente du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ), Clairandrée Cauchy, constate elle aussi que les étudiants québécois travaillent parce qu'ils n'ont pas le choix.« Dans le calcul des prêts et bourses, on prévoit une contribution de l'étudiant, tirée entre autres de ses revenus d'emploi d'été », expliquet- elle.Mme Cauchy dit que plusieurs étudiants ont besoin des revenus d'un emploi d'été pour survivre pendant l'année scolaire.S'ils ne travaillent pas en été, ils devront occuper un emploi à temps partiel pendant l'année scolaire.La présidente du CPJ voit d'autres avantages au travail d'été : elle pense que l'expérience qu'il permet d'acquérir augmente les chances de décrocher un emploi dans son domaine d'études après l'obtention du diplôme.Le phénomène est aussi lié à un désir d'indépendance, selon Mme Cauchy.« On a beau dire que les jeunes au Québec habitent longtemps chez leurs parents, mais je crois qu'ils travaillent plus tôt qu'en Europe parce qu'ils ont besoin d'acquérir rapidement une autonomie.» Elle ajoute que cette recherche d'autonomie se traduit dans le souhait d'habiter son propre logement, par exemple.Mais pour cela, il faut des sous.De son côté, Samir Hammi croit que les jeunes néo-Québécois, ceux qui sont nés à l'extérieur du pays, sont moins portés à travailler l'été.Originaire du Maroc, ce conseiller en emploi au Centre de ressources humaine du Canada pour étudiants de Montréal estime que le problème chronique de chômage dans le pays d'origine de certains de ces jeunes contribue à ce désintérêt.« Les emplois qui sont ici généralement destinés aux jeunes, par exemple dans les restaurants Mc Donald's, sont occupés à temps plein par des adultes en Haïti ou au Maroc », fait-il remarquer.Cette pénurie d'emplois laisse peu de place aux jeunes dans plusieurs pays d'Afrique, d'Asie et de l'Amérique latine.« On ne s'attend même pas à ce que les jeunes travaillent dans ces pays, dit le conseiller en emploi.Mais les choses changent à mesure que les jeunes et leurs parents s'intègrent à la société québécoise.» D'après M.Hammi, les difficultés reliées à la maîtrise de la langue française découragent plusieurs jeunes des communautés culturelles dans la quête d'un travail d'été.Ce facteur ne joue évidemment pas dans le cas de jeunes qui sont nés au Québec.La coordonnatrice au Service à la famille chinois du Grand Montréal, Ping Wang, n'a pas la même vision des choses dans sa communauté.« Il n'existe pas vraiment de différences culturelles entre les nouveaux arrivants chinois et les Québécois en ce qui a trait aux emplois d'été », croit-elle.Mme Wang explique qu'il s'agit a priori d'une question d'ordre socio- économique.Si la famille est riche, il est fort probable qu'elle envoie ses enfants dans des camps de vacances.Si elle est pauvre, il y a autant de chances que les enfants soient obligés de travailler pendant l'été pour pallier les besoins financiers des parents.« J'ai des amis qui ont envoyé leur fille de 16 ans dans une colonie de vacances pendant deux semaines et je connais des enfants qui doivent travailler dans le restaurant de leurs parents », a expliqué Mme Wang.\u2014 FIN \u2014 PHOTO La Presse Plusieurs étudiants ont besoin des revenus d'un emploi d'été pour survivre pendant l'année scolaire.S'ils ne travaillent pas l'été, ils devront occuper un emploi à temps partiel pendant l'année scolaire. 7LP0501A0723 a5 dimanche 7LP0501A0723 ZALLCALL 67 00:52:07 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 A 5 L'été est en grève Ceci est un message d'intérêt public envoyé par l'Été 2000 à tous les Québécois et Québécoises « Chers habitants et habitantes du Québec, Vous vous demandez pourquoi il ne fait pas beau ?Pourquoi il pleut ?Pourquoi il fait froid ?Pourquoi vos visages sont aussi verts que vos gazons ?Bref, pourquoi vous n'avez pas d'été, cette année ?Eh bien, c'est simple, c'est parce que je suis en grève.J'ai débrayé.Je reste chez moi.Je suis tanné.Je ne veux plus rien savoir.Gelezvous les ! Tant et aussi longtemps que vous n'aurez pas répondu à mes demandes, je me ferai remplacer à tour de rôle par le printemps, l'automne et surtout l'hiver.Voici mes demandes : 1.Améliorer la qualité de la télé estivale.Non mais pourquoi, ce sont toujours mes confrères, l'automne, l'hiver et le printemps qui ont la chance de voir les meilleures émissions de télé ?Celles qui coûtent cher.Celles qui ont des gros budgets et des grosses vedettes.Pourquoi moi, au lieu de regarder Fortier et Omerta, il faut que je me tape Bec et museau et Vélo Mag ?C'est bon Bec et museau.Mais quand c'est Bec et museau, l'émission la plus regardée de la semaine, il y a un problème.Vous me prenez pour qui ?Un nono.Je ne suis pas capable d'apprécier des émissions plus denses.Pis vous me programmez plein d'émissions en reprises.Comme si j'étais pas capable de les avoir comprises la première fois.C'est pas parce que je suis la belle saison que je suis épaisse ! OK ! 2.Diminuer le nombre de festivals.C'est le fun les festivals.Mais un moment donné, ça va faire ! Durant les autres saisons, vous vous forcez pour faire des grands spectacles, Notre-Dame de Paris, Daniel Lemire, Céline Dion.Durant l'été, vous prenez tous les restants, vous les mettez ensemble, ça donne un festival.Je suis sur le bord de l'overdose.Le festival de la fraise, le festival du camion, le festival de l'égouine.Pourriezvous avoir une autre idée ?Le festival de la paix.Vous laissez le monde tranquille durant deux semaines.Pas de festival.Pas de rue barrée.Pas de commanditaires.Me semble qu'on serait ben.3.Améliorer la qualité des films d'été.Avez-vous déjà vu un film lancé l'été gagner un Oscar ?Oui, une fois.Jaws.Mais ça fait 25 ans ! Depuis ce temps, l'été, c'est juste des films pour ados boutonneux.The Flinstones.The Nutty Professor.Me, myself and Irene.C'est rien pour remonter un quotient intellectuel.Vous me prenez vraiment pour un allégé.Je veux du contenu.Est-ce clair ?4.Améliorer la qualité des chansons estivales.La Lambada.La Macarena.Les Forban.Non, mais j'en ai assez de tous les émules de Patrick Zabé ! Pourquoi les Daniel Bélanger, Kevin Parent, Jean Leloup ne lancent jamais d'album en été ?Pourquoi moi faut que je passe trois mois à entendre des paroles aussi songées que Agadoudoudou ou Soleil, Soleil Toujours le même préjugé.L'été est une blonde.En été, faut pas se forcer.Faut faire simple ! Ben tant que vous me traiterez en blonde, il va mouiller ! 5.Améliorer la qualité des événements sportifs.L'été, ça devrait être la saison du sport.C'est logique.Ben non ! Encore une fois, vous avez concentré les grands événements sportifs l'automne, l'hiver et le printemps.En été, il ne reste plus rien.Les Expos, c'est pas du sport, c'est un téléthon.Un oeuvre caritative.Le seul football présenté l'été est le football canadien.C'est sympathique, le football canadien.C'est rustique.Mais c'est pas la grosse affaire.La grosse affaire c'est le Super Bowl.Et ça se joue au mois de janvier.Un sport qui pourtant se joue sur du gazon.Pas de la glace.Du gazon.Pourquoi est-ce présenté l'hiver ?Fouillez-moi ! Même chose pour le basketball.Y-a-tu un sport plus d'été que le basket ?Pourtant on joue à ça l'hiver.C'est rendu que même les Jeux olympiques d'été sont l'automne ! Non mais est-ce qu'il y a quelqu'un quelque part qui m'en veut personnellement ! ?6.Ramener les politiciens au pays.Où sont tous les politiciens l'été pour régler les problèmes ?Ils ne sont pas là ! Ils sont en voyage ! Toujours en voyage ! La job d'un politicien, c'est de s'occuper de son pays.Pas de celui du voisin.Mais l'été, c'est pas une saison assez importante pour avoir besoin d'être là.Alors on se promène.Il n'y a jamais d'élections en été.Jamais de grands débats.Jamais de référendum.Pourtant, les péquistes devraient profiter de l'été pour tenir leur référendum.Tous les fédéralistes sont dans le Maine, pis les immigrants sont retournés dans leurs pays, voir leurs parentés.Il reste juste les pures laines ici.Parce que l'argent américain coûte trop cher pour que les de souche puissent aller à Old Orchard.L'été, le OUI gagnerait.Mais Bouchard s'en fout, il est en vacances ! Je réclame le droit d'être gouverné ! 7.Ouvrir tout ce qui est fermé.L'été, on ferme tout.C'est pas important, l'été.On ferme les lits dans les hôpitaux, on ferme les écoles, on ferme les commerces, on ferme les ponts.Parce que c'est l'été, le monde peut être malade, épais, fauché et bouché ! Fermez donc les piscines extérieures, un coup parti ! Vous les ouvrirez cet hiver ! On ferme tout parce qu'on se dit qu'il fait beau et que le monde ne s'en apercevra pas qu'ils sont malades et au chômage.Ben justement, cette année, il ne fait pas beau.Votre stratégie ne fonctionne pas.Il est temps que vous preniez l'été au sérieux.Aimeriez-vous ça vous faire appeler la saison morte, vous ?Quand au contraire, je suis la saison vivante.C'est l'hiver, la saison morte.Pas moi ! Comprenez-le ! Vous connaissez maintenant mes 7 conditions pour un éventuel retour au travail.Lorsque toutes ces demandes seront acceptées et mises en pratique, je reviendrai au boulot.Pas avant.Dépêchez-vous de me satisfaire, l'hiver s'en vient.Et lui, il ne fera pas la grève ! Signé l'Été 2000.» n n n Dans le but que Yasser Arafat et Ehud Barak puissent fumer au plus tôt la pipe de la paix à Camp David, Bill Clinton y a invité Monica Lewinsky.Stéphane Laporte collaboration spéciale Un journal anglais publie les noms de pédophiles TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO: 705609 NUMÉRO: 399409 Ventes totales: 9 483 722 $ Prochain gros lot (approx.): 10 000 000 $ Tirage du 2000-07-22 Tirage du 2000-07-22 Tirage du 01 03 07 08 10 2000-07-22 Tirage du 2000-07-22 Tirage du 2000-07-21 Tirage du 2000-07-22 Tirage du 2000-07-21 GAGNANTS LOTS 7/7 0 7 500 000,00 $ 6/7+ 0 165 151,50 $ 6/7 68 2 125,10 $ 5/7 3 998 129,10 $ 4/7 81 182 10,00 $ 3/7+ 79 263 10,00 $ 3/7 665 367 participation gratuite Numéro complémentaire: 26 Numéro complémentaire: 20 Numéro complémentaire: 03 Associated Press LONDRES Un journal anglais commence aujourd'hui à publier les photos et les noms de centaines de personnes qu'il accuse de pédophilie, et annonce du même coup la création d'un site Internet qui peut servir à déterminer si un pédophile habite dans les environs.L'hebdomadaire « News of the World » a publié sur une page 49 photos, fournissant les noms des personnes incriminées et leur ville, mais pas leurs adresses complètes.Le tabloid ne précise pas comment il a obtenu ses informations.La campagne du journal est dédiée à la petite Sarah Payne, 8 ans, disparue le 1er juillet dans le sud de l'Angleterre.Son corps avait été retrouvé deux semaines plus tard dans un champ, à 25 km du lieu de sa disparition.Selon le « News of the World », 110 000 pédophiles vivent en Angleterre.Le journal a annoncé qu'il poursuivrait sa campagne jusqu'à ce qu'ils soient tous identifiés, mais a précisé qu'il ne cherchait pas à encourager la création de groupes d'autodéfense, qui pourraient être tentés de se faire justice. 7LP0601A0723 a6 dimanche 7LP0601A0723 ZALLCALL 67 00:49:49 07/23/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Bourassa L e s a n n é e s Le conseil des ministres, lieu des grandes décisions gouvernementales, siège à huis clos dans l'intimité du « bunker », l'édifice du Conseil exécutif sur la Grande Allée.Mais les « mémoires des délibérations » dressés après chaque séance hebdomadaire du conseil peuvent être consultés après 25 ans.La Presse a pris connaissance de ces documents pour constituer une sorte de journal de bord du houleux premier règne de Robert Bourassa, entrepris il y a 30 ans cette année.Les documents du conseil résument les propos des acteurs sans les citer au mot.Nous avons pris la liberté de leur attribuer des déclarations, mais en respectant scrupuleusement les textes.Haro sur Trudeau Castonguay et L'Allier sonnent la charge au Conseil des ministres Martin Pelchat du bureau de La Presse, QUÉBEC C'est l'histoire d'un défoulement collectif à l ' a b r i d e s oreilles indisc r è t e s .L a scène : le Conseil des ministres de Robert Bourassa.La cible : le gouvernement fédéral de Pierre Trudeau.10 mai 1972.Robert Bourassa en a plein les bras avec les grèves du secteur public, qui dégénèrent en affrontement sans précédent.Mais voilà qu'en plus, deux de ses plus importants ministres lui présentent leur démission.Ce n'est pas l'épreuve de force avec le front commun qui a poussé à bout Claude Castonguay, aux Affaires sociales, et Jean-Paul L'Allier (Fonction publique).Le coupable, disent-ils, c'est Ottawa et ses multiples empiètements dans les juridictions provinciales.Près d'un an après l'échec de la conférence constitutionnelle de Victoria, les deux hommes se vident le coeur pendant une dramatique séance du Conseil des ministres.Deux jours plus tôt, le ministre fédéral des Finances, John Turner, a déposé aux Communes un budget qui a fait déborder le vase.Selon Claude Castonguay, il augmentera les pressions sur le Québec afin qu'il hausse ses prestations d'aide sociale.Le respecté actuaire défile comme une litanie les pénibles négociations menées avec un gouvernement fédéral qui fait montre d'« intolérance » : assurance-chômage, allocations familiales, formation professionnelle, assurance-maladie, etc.Des négociations « futiles », dit-il, puisque qu'à chaque fois, Ottawa fait fi des pourparlers pour mettre en marche unilatéralement le programme dont il avait eu l'initiative.« Monsieur Castonguay explique que sa situation est devenue intenable étant donné que d'une part, la population exige de plus en plus et que de l'autre, les instruments essentiels lui échappent tour à tour », rapporte le mémoire des délibérations.\u2014 Les ingérences du fédéral ont pour effet d'éroder la juridiction québécoise et de priver le Québec de moyens d'action qui lui reconnaît la constitution, dénonce Claude Castonguay.Jean-Paul L'Allier est plus cinglant.Le temps de la négociation tranquille est révolu, dit-il, lisant à ses collègues une lettre de démission dans laquelle il précise qu'il lui est impossible de continuer à faire partie de ce gouvernement, même si c'est lui qui pilote les laborieuses négociations en cours avec le front commun.La stratégie du fédéral, poursuit M.L'Allier, est de rendre impossible l'accession du Québec à l'indépendance grâce à une politique de présence auprès de chaque citoyen et cela dans tous les secteurs, de sorte que le fédéral devienne si indispensable à la vie quotidienne des Québécois que ceux-ci soient incapables de se séparer du reste du Canada.« Affrontement très sérieux » Puis, le ministre ouvre une séance de défoulement en déplorant qu'il n'y ait jamais eu de discussion collective au sein du cabinet gouvernement dans ses relations avec Ottawa.\u2014 Plusieurs décisions importantes ont été prises dans le passé sans que plusieurs ministres aient été véritablement consultés, renchérit Kevin Drummond (Terres et forêts).Guy Saint-Pierre (Industrie et Commerce), critique lui aussi « l'envahissement constant du fédéral », tout comme Jérôme Choquette (Justice), d'accord avec le diagnostic des démissionnaires.\u2014 Il existe un espoir de préserver le fédéralisme canadien même si cela devrait être au prix d'un affrontement très sérieux avec les autorités fédérales, pense M.Choquette.Mais L'Allier et Castonguay sont priés de revenir sur leur décision.Robert Bourassa leur demande de réfléchir quelques jours ou tout au moins de retarder leur démission en raison du conflit du secteur public.Le premier ministre reconnaît que plusieurs initiatives d'Ottawa « érodent » des juridictions québécoises et ont pour effet de placer le Québec dans une « impasse ».Mais il estime qu'une sortie publique contre Ottawa doit être reportée après l'élection fédérale.Castonguay et L'Allier conviennent finalement de s'accorder quelques jours de réflexion.Deux mois plus tard, le premier ministre propose au Conseil une « redéfinition » des positions du Québec.« L'avis est exprimé que la difficulté du dossier des relations fédérales-provinciales est due à l'absence d'une définition claire de la position du Québec », rapporte le mémoire de la séance du 12 juillet.Il est convenu que le premier ministre rencontrera Pierre Trudeau « pour bien le saisir des secteurs de mécontentement du Québec en regard entre autres des empiètements constants du fédéral dans les champs de compétence provinciaux ».Mais M.Bourassa met en garde ses ministres.\u2014 Le gouvernement a une responsabilité « énorme », dit-il.D'une part, notre démocratie permet à un parti politique de promouvoir la rupture du pays et de l'autre un certain mouvement s'accentue du côté de nos compatriotes anglophones à l'effet d'adopter l'attitude que le Québec se sépare, si telle est la volonté de sa population.Claude Castonguay demeurera ministre jusqu'en novembre 1973, mais ne se représentera pas.En 1990, il est nommé au Sénat par le premier ministre Brian Mulroney.Jean-Paul L'Allier est dépossédé du titre de ministre de la Fonction publique deux jours après sa sortie au Conseil.« Épuisement », dira Robert Bourassa.Il demeurera au cabinet comme ministre des Communications et ensuite aux Affaires culturelles.Défait aux élections de 1976, il s'est converti à la cause souverainiste et a été nommé délégué du Québec à Bruxelles par René Lévesque en 1981.Depuis 1989, il est maire de Québec.Kevin Drummond est passé lui aussi dans le camp souverainiste en 1980.PHOTOTHÈQUE La Presse L'épisode survient un an après l'échec de la conférence constitutionnelle de Victoria (photo) et quelques jours après le dépôt d'un budget fédéral qui fait déborder le vase.La cible de L'Allier et Castonguay : Ottawa et ses multiples empiètements dans les compétences provinciales.Le «problème des moyens d'information» Les médias ne transmettent pas toujours les nouvelles «comme elles devraient l'être» MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Après son retour aux affaires, en 1985, Robert Bourassa a fait preuve de beaucoup de doigté dans ses relations avec les médias.La leçon de son premier règne, au cours duquel il déplorait dans les coulisses un « problème des moyens d'information », avait manifestement porté.L'étude des délibérations du Conseil des ministres pendant les deux premiers mandats de M.Bourassa démontre qu'il tenait la presse à bonne distance, convaincu qu'elle travaillait contre son gouvernement.L'abcès crève aussi tôt qu'en février 1971 quand, au cours d'une réunion du Conseil, Guy Saint- Pierre, ministre de l'Éducation, se plaint que les actions du gouvernement « ne semblent pas rejoindre la population ».Bourassa reconnaît alors un « problème des moyens d'information ».À son avis, ils ne transmettent pas toujours les nouvelles « comme elles devraient l'être ».\u2014 Il paraît y avoir à plusieurs endroits des chefs de pupitre qui semblent prendre intérêt à montrer l'action du gouvernement sous un jour défavorable, déplore le premier ministre.Il faut dire que depuis la crise d'octobre, le gouvernement est sur la corde raide.Le 13 janvier 1971, le premier ministre déplore qu'à pas moins de quatre reprises en une semaine, des journalistes ont réussi à mettre des ministres en contradiction.Il leur demande d'être « extrêmement prudents » afin « d'éviter de tomber dans les pièges que, faisant leur métier, les journalistes peuvent tendre aux ministres ».En mars 72, Gérard D.Levesque, leader du gouvernement, éclate.Le procès-verbal des délibérations relate avec diplomatie que le ministre « proteste vigoureusement contre ces fuites et ces déclarations qui peuvent faire croire à une division, surtout lorsqu'elles proviennent de ministres ou de personnes de leur entourage ».\u2014 Il s'agit d'une pratique absolument intolérable, martèle-t-il devant ses collègues, en soulignant qu'elle a contribué à la défaite du gouvernement Lesage.C'est une nouvelle parue le matin- même dans le quotidien Le Soleil qui a mis le feu aux poudres.Selon le journal, Kevin Drummond offrira sa démission si le gouvernement n'approuve pas sa politique forestière.M.Drummond fait une mise au point au journal, mais M.Bourassa invite à nouveau les ministres « à la plus grande prudence avec la presse, pour éviter le jeu de certains journalistes qui ne cherchent qu'à faire croire à la division au sein du Conseil ».Deux commissions irritantes En mai 74, le premier ministre est dans l'embarras.La Presse révèle que son épouse Andrée Simard est impliquée dans une société propriétaire de Formules mécanographiques Paragon, qui a bénéficié de contrats du gouvernement et d'Hydro-Québec.Le 8 mai, Robert Bourassa dit à ses ministres qu'il va divulguer les principaux éléments de son actif personnel « afin de dissiper les doutes que laissent planer depuis quelque temps certains journaux et certains députés du Parti québécois sur son intégrité personnelle et sur celle du gouvernement ».Deux semaines plus tard, un comité soumet au Conseil une politique interdisant aux compagnies privées dans lesquelles les ministres et leur famille immédiate ont des intérêts de faire affaire avec l'État.Présentée à l'Assemblée nationale le 11 juin, la politique instaure la déclaration d'intérêts.L'année suivante, ce sont les commissions d'enquête hautement médiatisées sur l'industrie de la construction (Cliche) et sur le crime organisé (CECO) qui irritent les ministres.Le 12 mars 1975, certains jugent que les travaux de la commission Cliche « diminuent la confiance de la population à l'égard des hommes publics ».Ils reprochent à la commission de ne pas respecter certains droits fondamentaux des individus cités.« Certains estiment même que sans des interventions de la part du gouvernement pour modifier cette situation, ce sont les institutions existantes qui pourraient être remises en cause », rapporte le procèsverbal.Des ministres en ont aussi contre des déclarations du président de la CECO, Jean Dutil, au point où Robert Bourassa promet d'en parler avec son ministre de la Justice, Jérôme Choquette.Ces organismes, plaident ces ministres, « doivent entourer leurs travaux d'une certaine discrétion de façon à éviter le plus possible, entre autres, que des accusations publiques soient portées contre des citoyens sans que la preuve du fondement de telles accusations ait été clairement faite ».Le 19 mars 1975, M.Choquette rassure ses collègues : il n'a pas l'intention de proposer que la CECO soit permanente.Mais il rappelle aussi la nécessité de l'enquête en cours.Certains ministres n'en démordent pas.« Devant le manque de maturité de certains médias d'information », notent-ils, le président de la CÉCO devrait limiter ses déclarations publiques.D'autres vont plus loin.« Plusieurs membres du Conseil soutiennent qu'afin de protéger la réputation des personnes qui sont appelées à témoigner, les audiences de la CECO devraient se tenir à huis clos.» DEMAIN : Il faut libérer les chefs syndicaux MARDI : Journal de la crise d'octobre 7LP0701A0723 A7 - DIMANCHE 7LP0701A0723 ZALLCALL 67 00:49:58 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 A 7 PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Rolf Kurtseifer, spécialiste depuis 20 ans chez Weco de ce genre d'effets spéciaux (à gauche) en compagnie de Georg Alef, concepteur du feu allemand et de Joannes Zimmerman (à droite) avec une des deux immenses trompettes qu'on pourra admirer dans la séquence quatre (Mambo No 5).Entrons dans la danse avec les Allemands GEORGES LAMON Georg Alef ne fait pas que tirer des feux.Il les crée.Il innove continuellement.Avec la passion du metteur en scène, il choisit judicieusement ses acteurs (pièces) et ses musiciens, puis s'y jette à corps perdu.C'est ce que le concepteur du feu allemand fera encore ce soir, pour ce 16e International Benson & Hedges.Il a imaginé une Visite dans une école de danse.Un spectacle en huit séquences qui invitera les amateurs à entrer dans la ronde.« Pour nous, Montréal, haut lieu de la compétition, c'est l'école des feux, dit-il.Nous avons appris à danser \u2014 à tirer notre premier feu de véritable compétition \u2014 à Montréal.Nous avons voulu préparer un feu différent que les gens vont pouvoir bien comprendre à travers les différents effets.» La différence cette année c'est que Weco a misé davantage sur un spectacle monté sur un scénario utilisant quantité d'effets spéciaux, mais toujours avec narration.Une présentation avec mise à feu informatisée où les effets joueront un rôle prépondérant : chutes, roues, trompettes.Car les artificiers de Weco aiment jongler avec ces nouveautés créées par leur spécialiste, Rolf Kurtseifer.« C'est la première fois que nous allons utiliser des danseurs et des trompettes (pièces pyrotechniques) ici », avoue-t-il.On le sent tendu, anxieux même.« Je ne peux relaxer, dit-il, car je dois m'occuper de tout.» Weco lance une invitation où les débutants (pièces pyrotechniques) d'une école apprennent tous les genres de danse : pas irlandais, valse, rock, mambo, samba, disco et polka.Une soirée de danse sociale ! À l'instar des Espagnols, les septièmes concurrents ont opté pour une brève narration, qui, selon Georg Alef, fait partie de l'ensemble de ce feu de 34 minutes.Le départ se fera sur un décompte \u2014 un autre \u2014 que l'on entendra et verra également s'allumer sur le site.Puis, pendant sept minutes, on suivra la cadence de Riverdance.« Nous l'avons testé en Belgique et à Hanovre, rappelle Alef.Les spectateurs ont été surpris.C'est la séquence qui a été la plus facile à agencer.» Pour la couleur allemande, Alef a choisi deux musiques typiques : Cologne Samba et Driep op dä Driss (très populaire à Cologne).Sur la deuxième séquence (Carnaval de Venise), on pourra admirer des danseurs souriants \u2014 personnifiés par des roues tournoyant horizontalement \u2014 évoluer au rythme de la musique viennoise.Dans la cinquième (Mambo 5), flammes et chandelles jailliront de deux immenses trompettes illuminées.Une autre spécialité Weco.Quant au bouquet final \u2014 bal des finissants \u2014, il se traduira par une immense chute (Weco) argentée de 90 m de largeur et de 40 m de hauteur, retenue par un câble d'acier arrimé à deux grues de chaque côté de la rampe près du lac.Elle jaillira pendant 40 secondes.« Ça nous pose un gros problème, renchérit Alef, qui ne cache pas une certaine inquiétude.Je prie pour qu'elle marche bien.» Et bien sûr, bombes italiennes et chinoises de divers calibres se limitant aux seules couleurs or et argent.Pas question pour les Allemands d'étaler un arsenal énorme.Comme dit Alef: « Ce n'est pas la quantité qui importe, mais le choix judicieux des pièces.» À peine quelque 2500 pièces pyrotechniques dont 50 pour cent fabriquées par Weco (près de Cologne).Des chandelles Panzera et chinoises des bombes italiennes à multibris et des nautiques (Ipon) et les inévitables gâteaux chinois en boîte de 100 compléteront le programme.Georg Alef sait pertinemment que cette année il doit affronter une très forte compétition.Il sait aussi qu'un feu est réussi « quand les spectateurs ne pensent pas à autre chose qu'au spectacle ».Dans son for intérieur, il entretient toutefois l'espoir que cette année sera l'année dorée Weco.Pour la firme, il importe de produire un bon spectacle et pourquoi pas de gagner.« Tout le monde en Allemagne sait que nous concourons à Montréal.Pour nous, conclut-il, c'est une question de réputation pour l'entreprise.Elle nous incite à poursuivre le développement de nos produits.» Pour lire la critique des feux sur Internet : www.mlink.net/glamon La Presse 23 juillet 2000 Page A8 manquante La Presse 23 juillet 2000 Page A9 manquante 7LP1001A0723 a10 dimanche 7LP1001A0723 ZALLCALL 67 00:52:19 07/23/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 La cent unième manière Il y a bien cent manières d'aller admirer les feux de l'Internationale cigarettière.Il y en a qui paient pour s'asseoir aux première loges et c'est sûrement fantastique.Il y a la façon économique qui consiste à s'installer dans un endroit bien situé et ouvert \u2014 un parc, le trottoir \u2014, mais il ne faut pas craindre la foule.Il y a le privilège, celui d'être invité sur un balcon ou à une fenêtre panoramique donnant directement sur La Ronde.Il y a la maritime, depuis une embarcation qu'on avance sur le fleuve à proximité de l'action.Si vous courez les feux et êtes à la recherche d'un angle original, de la cent unième manière d'admirer le ballet de ces bombes pacifiques, peut-être aurez-vous envie de suivre les guides d'Aventures Amériques.Ils proposent un regard complètement neuf sur cet événement.Un détail cependant : le spectateur ne peut être passif, il doit gagner son siège, si je puis dire, à la force de ses bras, c'est-à-dire en pagayant sur le majestueux Saint- Laurent.Aventures Amériques propose d'aller voir les feux en kayak de mer, voilà ! J'ai vécu cette expérience mercredi soir, une expérience d'autant plus inoubliable que je ne m'étais, je m'en confesse, jamais donné le mal d'aller les voir, ces feux.C'est du moins l'histoire que j'ai racontée à notre guide, Denis St-Amand, en omettant cette occasion où je m'étais rendu dans un parc près du pont Jacques-Cartier, mais avec la bécane dans les jambes.Je n'avais pas trouvé à m'asseoir et j'avais découvert, une fois les feux allumés, que les obstacles à ma vue étaient nombreux, les cimes d'arbres surtout.Allons-y donc pour la prise 2, en quête d'une première.Rendez-vous à l'Île Charron, dès la sortie du tunnel Hipopo.Il faut suivre les indications menant à la tour de ventilation et ne pas y aller, en virant plutôt à gauche pour s'amener dans un parc qui n'est pas celui, provincial et avec stationnement désormais payant, des Îles de Boucherville, mais celui qui appartient à Longueuil et qui vous laisse stationner et jouir de la place gratuitement.Dans les battures Aventures Amériques, c'est une PME \u2014 plus P que M mettons \u2014 créée il y a cinq ans par une petite gang de tripeux de plein air.Membre de l'Association des producteurs de tourisme d'aventure du Québec (APTAQ), la boîte carbure à l'air frais tous azimuts, été comme hiver, à vélo ou en escalade autant qu'en raquettes ou en télémark.« Ça fait vingt ans que je fais du canot et du kayak ici, raconte Denis en inspectant les hautes herbes des grandes battures Tailhandier.Pendant longtemps, je me suis dit que ça serait fantastique d'amener les gens à découvrir sur l'eau cette incroyable nature, tout à proximité de la grande ville.Et depuis quatre ans, je le fais ! » En kayak, mais aussi en canot et en rabaska.Quelques coups de pagaie et je rejoins Dany Chénier, un des cinq piliers de cette sympathique gang.« Les pluies ont fait monter le niveau de l'eau cet été, observe-t-il.C'est bon pour nos randonnées.» Nous \u2014 je me suis insinué ce soirlà dans un groupe de clients \u2014glissons dans ces buissons aquatiques alors que la brunante signale l'heure du lunch pour des milliers d'oiseaux.Je dirais des hirondelles et des goélands mais il faudrait demander à Pierre Gingras, c'est lui qui décide.Qu'importe, les moustiques par milliards sortent pour leur vol de santé quotidien et s'offrent all dressed au bec des volatiles.Ceux-ci sont tellement nombreux qu'ils obscurcissent le couchant : on croirait voir une nuée de.moustiques.Le soleil est déjà dans de beaux draps lorsque nous émergeons des battures.Denis consulte sa montre, il n'y a plus de temps à perdre, il faut se mettre en route pour l'Île Verte si nous voulons être à l'heure pour le spectacle.Le port de Montréal étale ses puissants éclairages sur des kilomètres de rive, si bien que, à l'instar du grand empire qui a conquis le Québec, on peut dire que le « soleil » ne se couche jamais sur les eaux montréalaises du Saint- Laurent.« Autrefois, il y avait de grosses flaques d'huile sur l'eau, raconte Denis.On voit que les normes environnementales se sont resserrées, ça fait sept ans que je n'en ai pas vu.Maintenant, de jour, près du rivage on voit clairement le fond.» Nos guides greffent sur le museau de nos embarcations de minuscules balises nautiques, facilement visibles à des kilomètres à la ronde.Car malgré les lumières environnantes, la surface de l'onde demeure opaque et la navigation nocturne sans loupiote s'appelle suicide.À contre-courant De retour dans la baie de l'Île Charron, où nous avons mouillé une grosse heure plus tôt après une minutieuse préparation, nous nous regroupons pour traverser le chenal marqué par des bouées, l'une rouge, l'autre verte.Cinquante mètres qu'il faut traverser sans niaiser, à la faveur d'une accalmie des embarcations motorisées.Nous longeons ensuite l'Île Verte en remontant le courant, mais près du bord un léger contre-courant favorise notre progression.Et le varech, qui se prend dans nos pagaies, ne nous cause pas d'ennui bien qu'à l'occasion, remarquent nos guides, cette chevelure s'enroule autour du gouvernail.Enfin parvenus au bout de l'île, nous accostons dans les herbes hautes.Nos guides Denis, Dany et Éric Sauvageau \u2014 pour neuf clients, la sécurité est béton \u2014 sortent une radio pour nous faire entendre la musique et les textes qui accompagnent chaque feu.Y'a pas à dire, la vue sur le pont Jacques-Cartier et La Ronde est imprenable.Sur trois kilomètres, pas une brindille pour vous couper la vue.Malgré la distance, l'eau du fleuve accentue la magie des artificiers les plus doués du monde.Et à dix heures pile, la batterie des pétards se met à fuser.Et exactement une demi-heure plus tard, elle se tait.Au chrono ! « Pour nous, explique encore Denis, c'est parfait.Ils sont stricts sur l'heure et le minutage, puisque c'est un concours.Nous, on fait notre sortie autour de ce prétexte.» Les feux, euh.ce sont les feux.Je suppose que je les ai tous vus, mercredi soir, et je peux ne pas y retourner pour encore dix ans, j'ai la satisfaction du loisir accompli.Mais bon, c'est assez magnifique et quelques artifices \u2014 les grandes galaxies rouges et certaines nébuleuses aux textures irisées particulièrement \u2014 nous arrachent de légitimes ho ! et ha ! Un conseil : apportez des vêtements chauds et un lunch.La fraîche tombe vite sur le fleuve et la faim, après deux heures de pagayage, y'a rien de plus normal.Et, bien sûr, une bouteille d'eau.Le retour, favorisé par le courant, se fait plus facilement.Il faut de nouveau se regrouper pour traverser le chenal.Les motorisés reviennent tous en même temps et il y a des vitesses qui sentent l'alcool.La prudence est donc de mise d'autant plus que la bouée verte ne clignotait pas l'autre soir.Encore des fonctionnaires qui font la sieste ! N'apportez pas votre carabine pour tirer les cerveaux-moteurs qui tentent de vous faire chavirer, la saison de la chasse n'est pas ouverte.De toute façon, nos guides connaissent la sauce.C'est quand même du sport.Courriel rchartie@lapresse.ca Aventures Amériques tél.: 514-594-4907 www.aventures-ameriques.com Trois sorties sont encore à l'affiche, sur réservation : ce soir, l'Allemagne ; le mercredi 26 juillet, le Canada ; le dimanche 30 juillet, la grande finale.PHOTOS MARTIN CHAMBERLAND, La Presse© Le fleuve Saint-Laurent convient particulièrement à la pratique du kayak de mer et offre une vue inédite sur la ville de Montréal.Les clients d'Aventures Amériques doivent d'abord être de bons élèves, sécurité oblige.De nouveaux pensionnaires ailés au Biodôme En collaboration avec le Biodôme de Montréal, La Presse publie chaque dimanche au cours de l'été une chronique sur les oiseaux.MARTINE LAGACÉ collaboration spéciale Bonne nouvelle ! La période de reproduction a été fructueuse pour les couples d'oiseaux du Biodôme, qui ont récemment donné naissance à de nouveaux petits pensionnaires.Ces oisillons viennent s'ajouter aux nombreux spécimens adultes virevoltant déjà dans les écosystèmes du Biodôme, ce musée de l'environnement où les ois représentés et cohabitent avec mammifères, poissons, reptiles et amphibiens.On y trouve actuellement un peu plus de 300 oiseaux faisant partie de 70 espèces.Il s'agit du seul groupe d'animaux présent dans chacun des quatre écosystèmes du Biodôme.L'équipe du Biodôme est fière de sa progéniture et est heureuse de vous présenter ces nouveaux petits qui s'ajoutent à sa collection.Les heureux événements qui retiennent notre attention ont eu lieu dans l'écosystème du Saint-Laurent marin ainsi que dans celui du monde polaire, du côté de l'Arctique.Des naissances chez les oiseaux coloniaux La reproduction des alcidés en captivité constitue l'une des plus belles réussites pour les aquaristes du Biodôme.En effet, non seulement le Biodôme est-il l'une des rares institutions d'Amérique à abriter des représentants de ces oiseaux marins, mais il est parvenu à les faire se reproduire, ce qui est plus rare encore.Depuis le début du printemps, on a assisté à la naissance de huit oisillons de cette famille : trois guillemots marmettes et cinq macareux moines.Le fait qu'ils parviennent à se reproduire au Biodôme est un indice important de la bonne adaptation des oiseaux à leur habitat.Ces oiseaux des eaux froides et salées, vivant pour la plupart en colonie, sont des nageurs et des plongeurs remarquables au plumage très dense et imperméable.Pour l'instant, ces nouvelles naissances serviront à accroître les populations du Biodôme.Toutefois, il arrive que les naissances en captivité puissent faire l'objet d'échanges et de collaborations entre les diverses institutions zoologiques, contribuant ainsi au rayonnement international du Biodôme.Les réseaux d'échanges revêtent une très grande importance, car ils permettent d'éviter de prélever des animaux dans la nature.Parmi les nouveaux pensionnaires du Biodôme, huit sont nés dans l'écosystème du Saint- Laurent marin.Il s'agit de fiers représentants de la famille des laridés : quatre sternes pierregarins et quatre mouettes tridactyles.Les professionnels du Biodôme se doutaient bien que parmi la quinzaine de sternes pierregarins qui animent l'écosystème du Saint- Laurent marin par leurs acrobaties en vol (d'où leur surnom d'hirondelles de mer), certains individus avaient atteint l'âge de la reproduction.Ces quatre poussins sternes sont donc une première cette année Quant aux mouettes tridactyles, elles nichent en colonie chaque printemps sur les falaises de l'écosystème du Saint-Laurent marin.Les aquaristes leur fournissent de la sphaigne et des algues pour construire leurs nids.Comme cela se produirait dans la nature, tous les oisillons qui naissent au Biodôme sont élevés par leurs parents.On met cependant à leur disposition de la nourriture supplémentaire.Une, deux, trois.naissances Puisque l'espace est restreint dans chacun des écosystèmes, les biologistes du Biodôme de Montréal doivent évaluer la pertinence d'encourager la reproduction d'une espèce animale.Habituellement, trois aspects décisionnels entrent en ligne de compte : le besoin d'accroître la population de l'espèce, la possibilité de relocalisation des nouveau-nés dans d'autres institutions (jardins zoologiques et aquariums) et les risques de consanguinité.Si la reproduction est souhaitée, on l'encouragera soit en fournissant des matériaux de nidification, par exemple des végétaux séchés ou de la terre, soit en aménageant des nichoirs artificiels, comme pour le macareux moine qui niche au fond d'un terrier.Si on ne souhaite pas que l'espèce se reproduise, on ne favorisera pas les aménagements de nidification.Drôle d'oiseau Le 12 juillet, un nouveau pensionnaire âgé de six ans, a fait son entrée officielle dans ses nouveaux quartiers de la forêt tropicale du Biodôme de Montréal.Le mâle hocco à face nue (Crax fasciolata), même s'il ne possède pas le côté irrésistible d'un nouveau-né, a vraiment de quoi charmer, avec sa tête garnie de plumes frisées et son plumage noir contrastant bien avec son bec jaune vif.Pas convaincu de ses attraits ?Sachez qu'un mâle adulte pèse près de 2,7 kg, qu'il fait entre 77 et 85 cm de longueur et qu'il est en plus un excellent sauteur ! L'auteur est membre de la Société des amis du Biodôme de Montréal Il arrive que les naissances en captivité puissent faire l'objet d'échanges et de collaborations entre les diverses institutions zoologiques.Le tamarin pinché observe un nouveau pensionnaire, le hocco à face nue.Courez la chance de gagner une paire de billets pour le Biodôme de Montréal et trois exemplaires du livre Secrets d'oiseaux, du journaliste de La Presse Pierre Gingras (gracieuseté de la maison Du Jour, éditeur), en répondant correctement à la question suivante : Nommez une des espèces d'oiseau qui s'est reproduite ce printemps, au Biodôme.Retournez votre réponse à: Concours oiseaux La Presse- Biodôme de Montréal, 4777, avenue Pierre-De Coubertin, Montréal (Québec) H1V 1B3 Nom : Prénom : Âge : Adresse : App.: Ville : Code postal : Tél.rés.: Tél.trav.(le nom du gagnant sera tiré chaque vendredi suivant la parution de l'article; le gagnant sera avisé par téléphone et recevra les billets par la poste) Cet été, envolez-vous en famille au Biodôme de Montréal, en visitant deux expositions nature: Mexique au naturel et Monarca.Papillon sans frontières À v ir au Biodôme ( ) Concours 7LP1101A0723 A11 - DIMANCHE 7LP1101A0723 ZALLCALL 67 00:51:03 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 A 11 Amende record au Café Nanking Septuagénaire joueur et irascible RAYMOND GERVAIS Un restaurant du quartier chinois à Montréal, le Café Nanking, 50, rue de La Gauchetière Ouest, a été condamné à une amende totale de 13 100 $ après avoir été reconnu coupable de malpropreté générale, pour ne pas avoir eu d'eau chaude sous pression dans les lavabos, pour ne pas avoir eu de savon, de serviettes individuelles ou de séchoirs mécaniques à l'usage de ses manipulateurs d'aliments.Des accusations d'avoir eu de la vermine et d'avoir eu un plancher non lavable et sans fissure, ont également été portées contre l'établissement par les inspecteurs du Service de l'environnement de la commnunauté urbaine de Montréal.Les infractions ont été commises les 14 avril et 5 août 1999.Une amende de 4000 $ et une autre de 5000 $ ont été imposées au restaurant pour les deux infractions portant sur la malpropreté.Le 19 mai 1998, une amende de 2000 $ avait été imposée à la compagnie propriétaire de ce restaurant relativement à une infraction de malpropreté.Le restaurant Maison Kam Wong, 1180, boulevard Décarie, à Saint-Laurent, a écopé une amende de 3800 $ après avoir été reconnu coupable de malpropreté, d'avoir gardé des aliments non surélevés d'au moins 10 cm du sol et pour avoir eu des aliments non isolés d'un autre aliment ou d'un élément susceptible de les contaminer.Les infractions ont été constatées le 16 juillet 1999.Le Supermarché Sun Hing, 1050, boulevard Saint-Laurent, a été condamné à une amende de 3500 $ pour avoir eu des rongeurs le 5 août 1999.La Pâtisserie Maison Mottas Ltée, 303, avenue Mozart Est, à Montréal, a écopé une amende de 2400 $ pour avoir le 26 août 1998 et le 11 novembre, 1999, avoir gardé des aliment périssables à la chaleur à une température supérieure à 4 degrés et inférieure à 60 degrés ainsi que pour avoir eu des rongeurs dans l'établissement.Le restaurant Pizzéria Bello, 6985, boulevard Lacordaire, à Saint-Léonard, a été condamné à une amende de 2700 $ après avoir été reconnu coupable de malpropreté et pour avoir offert en vente des aliments impropre à la consommation.Les infractions ont été commises le 6 octobre 1999.Le Marché Victoria Oriental Montréal, 6324, rue Victoria, a écopé une amende de 2000 $ après avoir reconnu coupable d'avoir eu des rongeurs.L'infraction remonte au 27 juillet 1999.La Pâtisserie et Restaurant d'Orient, 1091, boulevard Décarie, à Saint-Laurent, a été condamné à une amende de 1200 $ pour avoir gardé son établissement malpropre en date du 7 octobre 1999.Dépan-Escompte Couche-Tard, 7065, rue Jarry Est, à Anjou, a écopé une amende de 600 $ pour ne pas avoir eu d'eau chaude sous pression dans le lavabo de la salle de toilette des employés.La faute a été commise le 21 septembre dernier.Finalement, le restaurant MM Muffins, 1000, rue de La Gauchetière Ouest, à Montréal, a écopé une amende de 300 $ pour ne pas s'être assuré que ses employés portent une résille.L'infraction a été constatée le 3 septembre 1999.RAYMOND GERVAIS Un homme de 72 ans, James Starnino, a été reconnu coupable récemment, en cour municipale de Montréal, d'avoir proféré des menaces de mort à l'encontre de deux employés du Casino.Le 12 juin 1999, malgré une interdiction de se présenter au Casino avant le 20 juin 1999, le défendeur, un homme de petite taille se décrivant comme étant un exboxeur et un joueur assidu de black Jack, se présente à une table de jeux où se trouve le croupier André May.Un billet de 1000 $ à la main, le joueur frappe la table et exige qu'on lui fasse de la monnaie.Occupé avec un autre client, le croupier lui répond d'attendre.Le septuagénaire s'impatiente et lui dit en anglais « vous feriez mieux de m'écouter ou je vais vous tuer.» Malgré ces menaces, le croupier poursuit son travail durant cinq à dix minutes à cette table, jusqu'au moment où il se rend remplacer un croupier à une autre table.C'est à ce moment qu'il informe Marc Lortie, un agent de sécurité du Casino.L'agent de sécurité qui connaît M.Startino pour avoir dû l'expulser par le passé à plusieurs reprises, localise alors le défendeur pour l'expulser à nouveau.Lors du procès, il a été établi que l'accusé n'a jamais utilisé la violence pour résister à ses expulsions antérieures.L'agent Lortie repère le client récalcitrant près du bar et l'invite alors à quitter les lieux.Le défendeur s'apprête à quitter le bar, suivi de près par M.Lortie.C'est à ce moment qu'il se retourne et avec le poing fermé il dit à l'agent : « Reculez ou je vais vous frapper », puis sort du Casino.Toute la scène est croquée par les caméras de surveillance et la preuve de la poursuite est appuyée par la bande vidéo.En défense, le défendeur tente de contredire la preuve vidéo ajoutant qu'il ne peut être reconnu coupable de voies de fait, puisque le vidéo démontre qu'il n'y a eu aucun contact physique entre lui et M.Lortie.Dans une décision écrite, le juge Antonio Discepola en arrive à la conclusion que les paroles de l'accusé contre M.May constituent des menaces.« Il est clair que ces paroles sont prononcées avec l'intention de susciter une crainte chez le croupier, de l'intimider, afin d'obtenir immédiatement ses services.» La peine de l'irascible joueur sera rendue plus tard.Célébrités.60e anniversaire de mariage Le 20 juillet 1940, Geneviève Lalonde et Arthur Besner unissaient leur destinée.Frère et soeurs, neveux et nièces, enfants et petits-enfants, ont récemment souligné cet heureux événement.Félicitations à papa et maman.60e anniversaire de mariage Le 20 juillet 1940, Noëlla Bélanger et Marcel Doré ont uni leur destinée.Leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants sont heureux de souligner cet exceptionnel anniversaire.50e anniversaire de mariage Le 22 juillet 1950, à St-Casimir de Portneuf, s'épousaient Florent Gélinas et Anita Dusablon.Cinquante années se sont écoulées et vous êtes restés jeunes et beaux.Vos cinq turbulentes conséquences, Michel (Isabelle), Bernard (Carol-Ann), Louise (Maxime), Daniel et Pierre (Anne), tiennent à vous témoigner leur ravissement de vous avoir comme parents mais surtout d'être de si bons modèles.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 50e anniversaire de mariage Depuis le 29 juillet 1950, Pauline Vinet et René Langelier forment un couple exceptionnel.Source d'inspiration pour tous, vos enfants, petits-enfants, parents et ami(e)s sont heureux de souligner cet événement et vous souhaitent encore beaucoup d'années de bonheur.H O NUMÉRO COMPLET 100 000 $ 5 DERNIERS CHIFFRES 1 000 $ 4 DERNIERS CHIFFRES 100 $ 3 DERNIERS CHIFFRES 30 $ 2 DERNIERS CHIFFRES 20 $ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.100 000$ chaque jour du 1er au 30 juillet 2000 (numéros décomposables) 2000-07-01 238948 2000-07-02 000347 2000-07-03 407305 2000-07-04 873024 2000-07-05 432630 2000-07-06 593376 2000-07-07 657845 2000-07-08 169578 2000-07-09 308079 2000-07-10 735126 2000-07-11 596202 2000-07-12 788364 2000-07-13 829432 2000-07-14 809066 2000-07-15 536556 2000-07-16 792068 2000-07-17 564766 2000-07-18 253038 2000-07-19 228338 2000-07-20 724152 2000-07-21 379414 2000-07-22 825290 Numéro du 2000-07-23 846472 Prochaine session: le 3 août Inscrivez-vous dès maintenant ! 7LP1201A0723 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A0723 ZALLCALL 67 00:52:27 07/23/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Colombie : les combats font rage Agence France-Presse BOGOTA Les combats continuaient de faire rage en Colombie hier entre les paramilitaires d'extrême droite et l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) avant l'ouverture demain à Genève de pourparlers de paix.Le bilan de ces affrontements, difficile à établir, serait de quatorze paramilitaires et deux rebelles tués, selon un porte-parole de l'ELN qui a confirmé hier la poursuite des accrochages avec les Autodéfenses unies de Colombie (AUC - extrême droite, 5000 hommes).Un précédent bilan fourni par des témoins hier soir, mais non confirmé par la police, avait fait état de 60 guérilleros et 18 paramilitaires abattus.Seconde guérilla en importance avec 6000 hommes après celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - communistes, 12 000 hommes), l'ELN détient en otage onze civils colombiens depuis plus d'un an.Elle a cependant engagé en octobre dernier un dialogue avec les émissaires du président conservateur Andrés Pastrana.L'objectif de l'ELN vise à obtenir, malgré une récente mobilisation populaire contre ce projet, une zone démilitarisée de 4.727 km2, soit deux fois la superficie du Luxembourg, à 700 km au nord de Bogota, pour y permettre la tenue d'une convention de paix susceptible de l'amener à déposer les armes.Les rebelles ont calqué leur stratégie sur celle des FARC, elles-mêmes détentrices d'une enclave démilitarisée de 42 000 km2, grande comme la Suisse, depuis le 7 novembre 1998.Quatre vingts représentants de la société civile colombienne, le Hautcommissaire à la paix, Camilo Gomez, et le procureur général, Jaime Bernal, doivent rencontrer demain et mardi à Genève, sous les auspices de la Suisse, une délégation de six commandants de l'ELN, avec à leur tête le n2 des rebelles, Antonio Garcia, pour tenter de concrétiser cet objectif.Les délégués de la commission internationale de bons offices, créée le 4 juillet et composée de cinq pays \u2014 Suisse, France, Espagne, Norvège et Cuba \u2014 seront présents à ces entretiens.La poursuite depuis quarante huit heures de combats acharnés entre les paramilitaires et l'ELN dans la montagne de San Lucas, à 650 km au nord de Bogota, « met en danger » le processus de paix actuel, a menacé Antonio Garcia, cité samedi par El Espectador, quotidien libéral de Bogota.Ces affrontements ont pour cadre un secteur du département de Bolivar où est retranché le n1 de l'ELN, Nicolas Rodriguez « Gabino », qui a renoncé à se rendre à Genève.D'autres combats, avec un bilan provisoire de 34 morts, opposent également depuis mercredi des paramilitaires aux FARC dans la région d'Ituango, à 500 km au nordouest de Bogota.Tout comme les FARC, l'ELN, responsable du dynamitage de 300 pylônes électriques en Colombie depuis un an, n'a toujours pas signé de cessez-le-feu avec le pouvoir.Les guévaristes ont lancé une nouvelle vague d'attentats de ce type durant le premier trimestre 2000 pour protester contre la privatisation de l'électricité.La guerre civile en Colombie a déjà fait plus de 120 000 morts en trente six ans, provoqué le déplacement forcé de deux millions de personnes et se traduit par 3000 enlèvements par an en moyenne.HAÏTI Départ d'Alexis ?n Le Premier ministre Edouard Alexis a annoncé vendredi sa prochaine démission à la tête du gouvernement, a rapporté hier l'ensemble de la presse haïtienne.Suivant la procédure habituelle à l'issue des élections législatives M.Alexis a déclaré qu'il se préparait à se retirer tout de suite après l'entrée en fonction du nouveau Parlement, issu des élections législatives du 21 mai.«Une fois que les résultats seront officiellement publiés je me retirerai afin de favoriser le choix d'un autre Premier ministre par la nouvelle majorité», a déclaré M.Alexis à la presse.Selon la constitution haïtienne le Premier ministre est désigné par le parti majoritaire en accord avec le président de la République.d'après AFP EUROPE Fischer en remet n Le ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer a renouvelé ses appels pour la construction d'un gouvernement européen, avant l'élargissement de l'Union Européenne (UE) vers l'est, hier soir en Grèce.« Il pourrait y avoir 21, 25, ou 30 États en Europe.Comment cela va-t-il fonctionner ?», s'est interrogé le ministre.« Avec les institutions actuelles, ça ne marchera pas.Nous devons faire le pas vers une union politique.et construire un gouvernement européen ».Joschka Fischer a proposé des réformes, notamment la création d'une constitution européenne, qui ont alimenté les débats sur l'avenir de l'Union ces dernières semaines.Selon M.Fischer, si les institutions n'évoluent pas, l'élargissement vers l'est risque d'affaiblir l'UE.d'après AP CUBA Visite attendue n Huit Américains sont attendus mercredi à La Havane pour parcourir Cuba à bicyclette, sans le feu vert de Washington qui s'apprête à assouplir son embargo imposé à l'île communiste depuis 1962, a rapporté samedi le quotidien officiel Juventud Rebelde.Le «tour de 425 kilomètres » de ces huit Américains se réalisera entre le 26 juillet et le 13 août, et le groupe visitera des lieux «historiques» dans l'est de l'île, comme la garnison de La Moncada à Santiago de Cuba, attaquée le 26 juillet 1953 par Fidel Castro et un groupe de guérilléros.Le journal affirme également que pour la première fois en près de 40 ans d'embargo, un groupe de 40 touristes américains vont assister au carnaval de La Havane, qui commence vendredi prochain.d'après AFP ALGÉRIE 12 autres morts n Douze personnes, dont trois militaires, ont été tuées et sept autres blessées vendredi par des groupes armés en Algérie près de Mascara (ouest) et dans la région de Skikda (est), a-t-on appris samedi à Alger de bonnes sources.Cinq personnes ont été égorgées à un faux barrage dressé par des islamistes armés sur une petite route entre Guellalza et Ras El Aïn, près de Mascara (360 km à l'ouest d'Alger), selon ces sources.Les agresseurs ont intercepté en premier un camion avec trois passagers à bord, qui ont été immédiatement égorgés.Ils ont également mitraillé deux passagers d'une camionnette qu'ils ont ensuite égorgés, avant de blesser le conducteur d'un troisième véhicule, qui a réussi à forcer le faux barrage, a-t-on précisé de mêmes sources.Dans le département de Skikda (500 km à l'est d'Alger), trois militaires ont été tués et six autres blessés, dont deux grièvement, vendredi matin dans une embuscade tendue par un groupe armé à Oued Soudan, près d'Azzaba, une bourgade située dans un secteur montagneux, selon ces sources.d'après AFP PHOTO REUTER Des milliers de partisans du groupe palestinien radical Hamas ont manifesté hier à Gaza demandant à l'Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat de rompre les négociations de Camp David.Les manifestants ont proféré des insultes envers Israël.En attendant Bill Clinton Sabbat aidant, Camp David fait relâche Agence France-Presse THURMONT, près de Camp David Les pourparlers de paix ont marqué une pause hier, jour de sabbat pour les Israéliens, avec simplement quelques rencontres informelles à Camp David dans l'attente du retour prévu aujourd'hui du président Bill Clinton du Japon.Comme la semaine précédente, les négociations tripartites entre les délégations palestinienne, israélienne et américaine ont été singulièrement allégées à la fois en raison du sabbat, le repos religieux juif hebdomadaire, mais aussi parce que chacun attendait le retour de Bill Clinton.Après avoir repoussé son départ d'un jour, le président américain était en passe d'abréger de quelques heures son séjour à Okinawa, où il participe au sommet du G8, pour rentrer au plus vite dans la retraite verdoyante de Camp David.Une fois le communiqué final du G8 publié aujourd'hui à midi au Japon, le président Clinton devrait embarquer pour quinze heures de vol et arriver sur la base d'Andrews à Washington vers 14 h locales.« Je m'attends à ce qu'il retourne directement au travail lorsqu'il sera de retour », a indiqué samedi Joe Lockhart, le porte-parole du président américain, aux journalistes de la délégation américaine au Sommet d'Okinawa.Dès son retour à Camp David, Bill Clinton devrait retrouver la secrétaire d'État Madeleine Albright, qui en son absence s'est efforcée de faire avancer les négociations, et ses conseillers proches qui lui présenteront les derniers éléments des négociations.Il devrait ensuite rencontrer séparément le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak.Hier au douzième jour des négociations, « les délégations ont eu des discussions informelles » avec un programme allégé en raison du sabbat et Madeleine Albright a déjeuné avec Yasser Arafat, ont indiqué les responsables du département d'État.Les négociations se sont focalisées ces derniers jours sur l'épineuse question du statut de Jérusalem, qui est l'obstacle majeur à la conclusion d'un accord de paix qui mettrait fin à un demi siècle de conflit entre Palestiniens et Israéliens.Avant de quitter Yasser Arafat et Ehud Barak, le président Clinton leur aurait présenté des propositions sur le statut final de la Ville sainte, selon des responsables Israéliens.Yasser Arafat refuse d'accepter une solution qui ne donnerait pas la souveraineté palestinienne sur Jérusalem-Est, dans ses limites d'avant la guerre israélo-arabe de 1967.Le dirigeant palestinien veut faire du quartier arabe de la ville la capitale du futur État palestinien, qu'il compte proclamer le 13 septembre, date limite des négociations de paix fixée par les accords d'Oslo de 1993.Une source proche de la délégation israélienne à Camp David a indiqué qu'Ehud Barak accepterait une proposition américaine qui ferait que « certains quartiers arabes de Jérusalem-Est passent sous le contrôle total palestinien, en échange de l'annexion de quartiers juifs situés en dehors des limites municipales ».Samedi en fin d'après-midi, le numéro deux de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abou Mazen) est revenu après une absence de trois jours pour le mariage de son fils.Juste avant de regagner Camp David, Mahmoud Abbas a refusé toute idée d'un accord partiel sur le statut de Jérusalem.« C'est soit un accord total soit pas d'accord », a-til déclaré en descendant de l'avion.Dix-huit personnes accusées de contrebande de cigarettes au profit du Hezbollah aux É.-U.Associated Press, CHARLOTTE, Caroline du Nord Dix-huit personnes ont été arrêtées vendredi matin par les autorités fédérales américaines qui les soupçonnent de financer la guérilla islamique du Hezbollah libanais depuis 1996 grâce à la contrebande de cigarettes sur le territoire des États-Unis.Les 18 personnes placées en garde à vue n'auraient pas participé à des activités terroristes, a précisé le procureur Mark Calloway.Elles ont été inculpées de blanchiment d'argent, de contrebande de cigarettes et de violations des lois sur l'immigration et sur le port d'armes.La plupart des suspects ont été arrêtés lors de perquisitions à Charlotte, en Caroline du Nord, ou dans la région.Trois d'entre eux auraient fourni de l'argent ou du matériel au Hezbollah pro-iranien, placé par les États-Unis sur sa liste noire des organisations terroristes.Le chef présumé du groupe, Mohamad Youssef Hammoud, aurait notamment suivi un entraînement militaire dans les rangs du mouvement chiite.Selon le FBI, le groupe achetait les cigarettes en Caroline du Nord, où les taxes sont de cinq cents par paquet, et les revendaient dans le Michigan où la taxe est de 75 cents.Le bénéfice était utilisé pour financer la guerilla au Liban depuis 1996.D'après un informateur du FBI, l'un des suspects, Ali Hussein Darwiche, a fait passer plus d'un million de dollars au Liban.Quelque 360 000 autres dollars ont transité vers le Pays du Cèdre.Le Hezbollah bénéficie du soutien de la communauté chiite qui compte environ 1,2 million de membres.L'enquête a été ouverte en 1996, lorsque les autorités du comté d'Iredell ont remarqué les allées et venues de voitures immatriculées dans un autre État et transportant de grosses quantités de cigarettes payées comptant. 7LP1302A0723 A17, dimanche, AILLEURS 7LP1302A0723 ZALLCALL 67 00:52:40 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 R A 13 Les lobbies au pouvoir Une industrie de plus en plus forte\u2014 et concentrée \u2014à Washington ABBA 3.0 -0.24 C'est une toile d'araignée qui envahit de plus en plus le processus législatif, tant au Congrès des États-Unis qu'aux Congrès des États : en expansion, l'industrie du lobby vit aussi une concentration de propriété, les grands du lobby se permettant désormais d'offrir le guichet unique, depuis les services de techniciens juristes capables de préparer les lois jusqu'aux appareils de sondage, en passant par des bataillons d'élite en relations publiques dont les tentacules rejoignent la fine fleur des marchands d'opinions, éditorialistes compris.Le lobbying est une vieille institution.Traditionnellement, rappellait le New York Times en novembre, les lobbies n'étaient qu'une collection de PME, chacune n'ayant qu'à entretenir des rapports étroits avec deux douzaines de législateurs clés qui détenaient le pouvoir réel sur l'orientation des lois.Mais le Watergate, en 1974, aura fait éclater cette structure du pouvoir, les élus se montrant désormais sceptiques par rapport à la culture washingtonienne.Les lobbies devaient alors ratisser beaucoup plus large et aller solliciter l'appui des élus là-bas dans leurs fiefs.Les artisans du lobbying s'allièrent à cette fin la complicité de maisons de relations publiques.Il ne suffisait plus de cultiver deux douzaines de décideurs, il fallait toucher plus d'élus et pour ce faire, condititionner leur électorat.À ce niveau, il convenait alors de recourir à une procédure de marketing d'opinion, appareils de sondage à l'appui.Et de fil en aiguille, la logique a conduit l'industrie du lobby à s'intéresser aussi, en amont, à la sélection même des candidats, s'assurant au préalable qu'ils aient, une fois élus, des bontés à son endroit.Le processus a signifié la mort imminente des petits lobbies, mais surtout leur intégration à des structures corporatives de grande taille.Aujourd'hui, ce milieu, note le New York Times, est désigné comme « K Street » \u2014comme on parle de « Wall Street » à New York.Il comprend trois grands noms, Interpublic Group, WPP Group et Omnicom Group.Et à l'heure de la mondialisation, ces superlobbies multiplient les filiales à l'étranger, en Europe particulièrement, parce que les intérêts de leurs clients deviennent de plus en plus planétaires.Interpublic Group compte déjà des filiales dans 52 pays, dans la perspective d'influencer les législateurs étrangers dans le sens des intérêts des clients américains.Des agences de relations publiques d'envergure internationale comme Hill & Knowlton, ou de publicité comme Ogilvy & Mather et J.Walter Thompson appartiennent maintenant à WPP Group.Et dans le processus de concentration, on ramasse indifféremment sous un même toit des entreprises connues pour leur filiation démocrate ou républicaine.Beaucoup d'argent L'argent a toujours coulé à flot dans le commerce du lobbying à Washington ; le débit devient torrentiel, à la faveur de la présidentielle et des élections générales qui approchent.Le lobbying joue ici un rôle d'intermédiaire fondamental entre les donateurs et les candidats en mal de caisses électorales.Le Washington Post note que les dons à six chiffres aux comités nationaux des deux grands partis étaient exceptionnels dans les cycles électoraux antérieurs.Ils sont aujourd'hui monnaie courante, les chèques de 200 000 $ et plus affluant de partout, d'individus, d'entreprises, et même du mouvement syndical.Le Comité national républicain avait déjà recueilli en avril plus de 50 contributions de 250 000 $ ou plus, ce qui était plus que le double de ce qu'il a obtenu aux élections de 1996.Chez les démocrates, on avait dû se contenter de cinq contributions de 200 000 $ ou plus en 1996 ; neuf chèques de cette nature sont entrés durant les seuls trois premiers mois de l'an 2000.Et il ne s'agit que d'aide aux candidatures présidentielles.La même inflation s'applique aux fonds destinés à faire élire les représentants et les sénateurs.Ce qui est vrai pour Washington l'est aussi pour les États.Le Boston Globe a enquêté à fond \u2014 à cinq journalistes pendant quatre mois \u2014 sur l'influence des lobbies dans le processus législatif au Massachusetts et les résultats sont impressionnants.Il y a 10 ans par exemple, les souscriptions des lobbies à la caisse électorale du président de la Chambre des représentants (le Speaker) s'établissaient à 12 %.Elles grimpaient à 30 % en 1995 et atteignent aujourd'hui 41,5 %.Celui qui doit le plus aux lobbies, c'est le président de la réglementation gouvernementale (Government Regulations Chair) dont la caisse dépend des lobbies à 63,6 %.Même chose au Sénat où les caisses des six personnages les plus influents dépendent des lobbies à 34,4 %.Le Boston Globe constatait, en manchette dimanche dernier, qu'au fil des années, les débats véritables sur les sujets d'intérêt public sont devenus de plus en plus rares dans ce contexte.Un cercle de plus en plus restreint et de plus en plus contrôlé par les lobbyistes mène à sa guise les affaires de l'État et la législation à caractère social en souffre directement.Des protestations De fait, les voix se multiplient à travers les États-Unis contre cette spoliation de la démocratie américaine, mais d'autres baissent les bras, affirmant qu'à un tel niveau de pénétration des moeurs, le système est devenu incontournable.Dans l'intervalle, le scepticisme des électeurs est en hausse et se reflète dans une absence grandissante aux urnes.Les Américains se sont toujours nourris du principe selon lequel la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».Le Chicago Tribune, en février dernier, y allait d'une parodie de ce credo en supertitre : « Le gouvernement du peuple riche, par le peuple instruit et pour le peuple aliéné.» Aux élections de 1996 de fait, seulement 32,8 % des Américains gagnant moins de 10 000 $ se sont présentés aux urnes, alors que 73 % des Américains gagnant 75 000 $ ou plus sont allés voter.Et la courbe entre les deux extrêmes est éminemment régulière.Même constance au chapitre de l'instruction : 20,1 % des gens qui n'ont pas une cinquième année se rendent voter contre 77,6 % des diplômés universitaires.Le drame, c'est que les pratiques du type lobby paraissent désormais inscrites tellement profondément dans la trame politique du pays qu'elles paraissent à peu près inaltérables dans la pratique.Au Massachusetts par exemple, l'appareil formé par les leaders politiques et leur lobbyistes a fait voter en avril une loi réduisant les contrôles sur les lobbies tout en atténuant un programme législatif sur le financement des élections, mesure dont le principe avait pourtant obtenu l'assentiment des électeurs par voie de référendum.Et dans ce domaine, la lumière juridique vient de haut.Le chroniqueur William Pfaff, du Los Angeles Times, rappelle que la Cour suprême des États-Unis a décrété, en 1976, que le pouvoir illimité de dépenser lors d'une campagne électorale s'inscrit dans le droit constitutionnel fondamental à la liberté d'expression.Que l'argent devienne de plus en plus le moteur de la vie politique aux États-Unis en agace plusieurs, mais le phénomène n'impressionne guère le chroniqueur Robert J.Samuelson qui, en décembre dernier dans Newsweek, signalait que nombre d'organisations de type « libéral » \u2014 écologistes, défenseurs des droits du citoyen, des droits des femmes, des droits des consommateurs \u2014 ont aussi développé leurs lobbies au cours des années et que leur poids est devenu, lui aussi, considérable face à celui des grands entrepreneurs du pays.Citant le politologue Jeffrey Berry, il affirme qu'une part de plus en plus grande des lois votées à Washington ressortissent à l'esprit libéral et que cette gauche a des entrées privilégiées dans les grands médias du pays.Recettes Sornettes Bicyclettes Trottinettes n L'industrie du disque est en furie contre le Net, on l'a vu dans l'affaire Napster.Prochaine victime annoncée : l'industrie du film.Hollywood fait désormais face à l'éventualité d'un phénomène Napster appliqué au cinéma, révèle le Wall Street Journal, dont un reporter a assisté à la prestation d'un petit génie de Silicon Valley qui lui a fait jouer sur son ordinateur un film, The Matrix, non pas depuis un vidéo de modèle courant mais depuis un simple CD.La technologie permet maintenant de repiquer du Net, avec entreposage restreint, un film qu'un gentil pirate voudra bien quelque part faire circuler.Quitte à changer fréquemment d'adresse pour s'éviter des problèmes.L'industrie américaine du cinéma se croyait, dans l'immédiat, à l'abri des ulcères qu'a provoqués Napster dans le monde du disque.Paraît que la sieste se termine en catastrophe.La nouvelle techno a un nom : DivX.Et on en discute passionnément déjà sur certains sites que le WLS identifie.Jusqu'ici, les modèles informatiques mis de l'avant offraient une piètre qualité de reproduction et occupaient beaucoup d'espace dans les banques.Avec DivX, non.Depuis un CD reproduit sur simple ordinateur, dit le reporter du Wall Street Journal, l'image est parfaite, le son grandiose.n Il est juif, né à Brooklyn, et a étudié l'univers de l'Holocauste.Norman Finkelstein ne s'en met pas moins à dos l'establishment juif pour avoir dénoncé ce qu'il appelle « l'industrie de l'Holocauste », sujet dont il a fait un livre.Il s'en prend sans vergogne par exemple à Elie Wiesel, prix Nobel, qu'il accuse d'hypocrisie pour avoir sacralisé l'Holocauste tout en se rendant, avec limousine et chauffeur, prononcer des conférences sur le sujet à 25 000 $ la prestation.Sa thèse : le puissant lobby juif américain a voulu, après la guerre israélo-arabe de 1967, se servir de l'Holocauste non pas d'abord pour faire entendre une voix au genre humain, mais pour développer une victimologie capable de justifier les opérations criminelles engagées par Israël contre le monde arabe.Et, poursuit l'hebdo britannique The Observer, l'Holocauste a ensuite servi à extorquer de l'argent à l'Allemagne, à la Suisse et à d'autres, au nom de victimes qui n'en n'avaient pas besoin.Il ajoute que le nombre de ces survivants de l'Holocauste a été grossièrement exagéré, atteignant même un chiffre plus grand qu'au lendemain même de la guerre.Les organisations juives, dont le puissant Congrès juif mondial, sont furieuses, dit le journal.n Le rêve de plusieurs écologistes urbains, c'est le triomphe de la bicyclette sur l'automobile.Particulièrement ouverte à ces courants, une ville comme Amsterdam envisageait, dans les années soixante, d'offrir gratuitement des vélos à ses citoyens.Des vélos qu'on ramasse dans la rue et qu'on laisse tout bonnement dans la rue, là où on se rend.Ç'a n'a évidemment pas marché.Mais un designer \u2014 et exhippie \u2014 Luud Schimmelpennick, a mis au point un nouveau vélo convivial de ce type qu'il compte offrir sous peu aux gens d'Amsterdam, dit le Independent.Mais un vélo cette fois surveillé par ordinateur et offrant une balade pour 50 cents, les roues du véhicule bloquant au terme d'une randonnée d'une heure.C'est la STCUM locale qui assumerait l'expérience avec 25 vélos pour commencer, portant éventuellement le parc à 750 appareils accrochés à 45 points d'entreposage dans la ville.Mais les espoirs demeurent faibles.Pour des raisons techniques notamment, le mini- ordinateur du vélo résistant mal aux rues pavées d'Amsterdam.Mais le rêve subsiste.Il a déjà atteint Cambridge, en Grande-Bretagne, qui a fait l'essai de vélos gratuits, mais on les volait.Tokyo songe à offrir de petites autos électriques gratuites à ses citoyens.La morale de tout ça, c'est que plusieurs en ont marre des autos en ville.n Il y a de la Trudeaumanie dans l'air, ça sent les élections : Jean Chrétien faisait de la trottinette il y a deux jours à l'aéroport de Tokyo, en route pour le G8 à Okinawa.Pas d'erreur, le premier ministre du Canada et ses conseillers ont senti le vent.Newsweek fait part de prévisions de ventes de la nouvelle trottinette d'entre deux et cinq millions d'appareils cette année, avec chiffre d'affaires qui devrait atteindre les 200 millionsUS aux États-Unis.Les nouveaux modèles, pliables et faits d'aluminium, viennent d'une idée européenne des années quatre-vingt-dix qui a par la suite pris le chemin de l'Asie.Les Américains ont ensuite dû l'adapter parce qu'ils ont de grands pieds.Ce sont les écoliers qui ont d'abord reçu la piqûre, faisant le tour des voisins et des tantes pour obtenir l'argent nécessaire à l'achat de l'instrument, puis des adultes ont emboîté le pas.Plusieurs prédisent néanmoins à la nouvelle trottinette un succès sans lendemain.Dans l'intervalle, l'appareil n'est pas sans inconvénient.L'an dernier, 3281 utilisateurs de la trottinette ont visité les urgences des hôpitaux : blessures au visage, coupures, os cassés.Mais autant de blessures qui seraient généralement moins graves que celles occasionnées par le vélo, la planche à roulettes ou le patin à roues alignées.Conseils : porter le casque et éviter la grosse circulation.Vous imaginez Jean Chrétien se pointant à l'urgence de l'hôpital Montfort, avec plein de journalistes, en pleine campagne ? 7LP1401A0723 A14 - DIMANCHE 7LP1401A0723 ZALLCALL 67 00:48:53 07/23/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Actualités Un acte d'expiation dans la colonie de la rivière Rouge Cette nouvelle a été traduite de l'anglais par Solenn Carriou, Lexique ltd.Le texte a été écourté pour des raisons de publication.La version originale peut être obtenue par l'intermédiaire de l'Institut du Dominion au 416 368-9627.Alberto Manguel a rédigé cette nouvelle dans le cadre du projet « Les grands moments de l'histoire du Canada » conçu par l'Institut du Dominion et parrainé par Patrimoine Canada.Les lecteurs qui le désirent peuvent voter pour le grand moment de l'histoire du Canada sur « http : www.dominion.ca » ALBERTO MANGUEL L'homme qui arriva à la colonie de la rivière Rouge en 1821 avait quitté son village du Rheinwaldhorn, embarqué sur le Ausdauer à Hambourg, traversé un océan Atlantique désert durant plusieurs longs mois monotones et, après avoir accosté dans un port lugubre du Saint-Laurent, avait traversé l'immensité des Grands Lacs, pagayé sur des eaux troubles et imbuvables, souvent obligé de haler le bateau à contre-courant le long des rives de boue, basses et glissantes, pendant des jours interminables, jusqu'à ce qu'il atteigne un hameau écossais, connu à une époque sous le nom de Point Douglas, d'où il avait pris la route du sud jusqu'au lieu où feu Lord Selkirk envisageait de fonder la nouvelle Thulé, à la jonction des rivières Rouge et Assiniboine.L'épuisement n'atténuait pas l'étrangeté des lieux.Chez lui, les sapins et les lacs se complétaient, encadrant le paysage suisse contre un arrière-plan de montagnes imposantes mais jamais écrasantes.Ici, au contraire, le pays n'avait ni cadre ni ordre.Les arbres poussaient éparpillés dans toutes les directions ou ne poussaient pas du tout, et seules quelques taches jaillissaient alors çà et là, comme si une épidémie de gale s'était propagée sur cette interminable terre rouge.La rive de chacune des rivières donnait l'impression d'un paysage déchiré par une main tremblotante, et l'horizon qui aurait pu définir cet espace sans montagnes se dissipait dans une brume de chaleur, de vapeur et de nuages de moustiques.Aux autres immigrants suisses il avait dit que son nom était Eric.Il était arrivé dans leur village le jour où les hommes de Lord Selkirk avaient affiché une annonce sur la porte de l'église calviniste réformée, invitant tous les hommes au physique robuste à devenir les colons d'un nouveau pays, « riche, vaste, et paisible ».Un rude hiver et un nombre de morts plus élevé que la normale avaient convaincu une poignée d'entre eux que l'appel de l'aventure représentait le signal divin d'abandonner leurs maisons maudites.Même le printemps n'avait pas apporté de répit dans la région : plusieurs vaches étaient tombées malades et avaient donné naissance à des veaux mortnés, un parasite avait gâté la récolte de choux, et la bibliothèque de l'archevêque dans l'abbaye de Sankt-Katharienenthal avait été gravement endommagée par un feu mystérieux.Les autres immigrants ne demandèrent jamais à Eric pourquoi il voulait se joindre à eux.Ils remplirent des malles de vêtements, d'outils, de quelques instruments de musique.Puis un groupe d'une vingtaine de jeunes gens quitta le village dans le sillage d'un chariot lourdement chargé, tandis que les plus âgés restaient derrière, en silence.Lorsqu'ils arrivèrent à la colonie de la rivière Rouge, l'installation avait déjà plus de dix ans.Le long des rives, les premiers colons avaient aménagé d'étroites bandes de terre cultivable, et quelques petits groupes de cabanes (elles lui rappelaient les granges basses où on rassemblait le bétail en hiver) blotties dans un ou deux endroits abrités.La plupart de ces colons étaient écossais ; quelques-uns étaient métis, quelques autres français, polonais et allemands ; un bon nombre d'entre eux venaient du Bas-Canada ; quelques-uns étaient arrivés avec les De Meurons, un régiment de mercenaires suisses qui avait combattu en Inde sous le drapeau britannique.Les nouveaux venus gravitèrent en direction de leurs compatriotes qui les accueillirent avec réticence et les laissèrent se débrouiller par eux-mêmes.Avec l'énergie des débutants, les jeunes hommes entreprirent de construire des baraques de rondins dans le style du nouveau pays, et de préparer le terrain pour l'agriculture.À cette tâche ils se révélèrent inaptes.Dans leurs villages ils avaient reçu des formations d'artisans, de commerçants, de gardiens de troupeau et de bûcherons, entretenant au plus un carré de choux, et ils ne savaient ni labourer, ni semer, ni moissonner.Parmi les familles des De Meurons, certains des jeunes gens trouvèrent des femmes qui acceptèrent de les épouser et de leur apprendre les rudiments de l'agriculture.C'était un lent et douloureux apprentissage : le temps était toujours trop chaud ou trop froid, les moustiques et les taons exaspéraient les nouveaux venus en été et les vents humides et glacés les exaspéraient en hiver.Ceux qui s'essayèrent à l'élevage de troupeaux, comme ils l'avaient fait dans leur village, découvrirent que leurs connaisances étaient inutiles ici : le bétail, importé des États Unis, était différent des troupeaux paisibles de leurs prairies natales ; il était à la fois plus difficile à maîtriser et plus faible, et il était à la merci des chiens de prairie et des loups.L'épouse choisie par Eric parmi les quelques jeunes femmes disponibles était la fille aînée d'un capitaine qui avait succombé à la grippe peu de temps après leur arrivée dans le Nouveau Monde.C'était une fille de 17 ans, blonde et forte, et silencieuse.Son grand-père avait servi en Inde avec les mercenaires suisses, et combattu sous les ordres de Lord Cornwallis dans la troisième guerre du Mysore, assiégeant la ville de Seringpatam, d'où il était revenu avec une paralysie du bras droit et un étandard de Belagula brodé qui pendait maintenant au-dessus de l'âtre.Elle souriait rarement mais lui enseigna, dans un dialecte que son père avait presque oublié et qu'elle n'avait jamais vraiment appris, comment labourer le sol et comment faire les récoltes.Le soir, les hommes allaient boire dans le local qui leur servait de taverne.Eric s'était joint à eux une ou deux foix, afin de ne pas attirer l'attention, puis avait cessé de participer à leurs réunions.À la surprise de sa femme, il se révèla doué pour le travail du bois et construit rapidement plusieurs beaux meubles solides pour la petite maison, notamment une bibliothèque à portes vitrées pour ses quelques livres et un vaissellier hollandais pour la cuisine.À la lumière d'une chandelle, il lisait les livres qu'il avait apportés, mémorisant des passages entiers.C'était pour lui un acte d'expiation, bien qu'il ne le qualifiait pas ainsi.Il ne parla jamais à personne de ce qu'il faisait, jusqu'au jour où il apprit qu'un missionnaire protestant et sa femme avaient construit une église et une école à quelques milles à l'ouest, à Kildonan.Eric décida d'aller y faire une visite.Contrairement aux grandes maisons de rondins construites dans un style connu sous le nom de « charpente de la rivière Rouge », l'église de Kildonan était une bâtisse de rondins sans grâce avec un clocher bancal, qui servait à la fois aux Écossais anglicans et presbytériens se retrouvant de mauvaise grâce sur les bancs de l'église le dimanche, marmonnant leurs prières : les Écossais offusqués que le nouveau missionnaire ne parle pas le gallois, les anglicans se méfiant d'un homme qui passait trop de temps avec les Indiens et les Métis.Il trouva le missionnaire à son bureau.Eric commença à raconter.Le père d'Eric avait constitué, au fil des ans, une belle collection d'une quinzaine de livres qui étaient conservés sous clefs dans la chambre à coucher.Bien que charpentier de profession, la passion du vieil homme avait toujours été ces volumes péniblement acquis.Il comparaît les lettres gothiques noires et précises à des sculptures et admirait l'habileté manuelle avec laquelle elles avaient été taillées.Il en lisait souvent des passages aux enfants, et c'est ainsi qu'Eric se familiarisa avec les merveilleuses aventures d'Ulysse, l'homme qui disait qu'il s'appelait Personne ; avec les vies parallèles et anecdotiques de Plutarque ; avec les contes comiques et crus de Heinrich von Wittenweiler ; avec les chansons patriotiques suisses de Johann Caspar Lavater.Parfois le père lisait des passages de la Bible, et parfois de la Martyrologie de Von Morstein.Le père d'Eric était un charpentier chevronné et quand le père supérieur de Sankt- Katharienenthal eut besoin de nouveaux rayons pour les livres de la célèbre bibliothèque, on fit appel à ses services.Pendant trois mois, le père d'Eric travailla dans la salle qui renfermait tous les trésors du père supérieur, et entre deux sciages et ponçages, il demanda à voir plusieurs des précieux volumes.Certains de ses propres livres contenaient des illustrations, de simples gravures sur bois ou métal représentant Simplicissimus dans ses voyages ou un des bergers de Virgile sous un buisson en fleurs.Mais celles-ci étaient des bijoux de précision et de complexité parés de toutes les couleurs de l'arcen- ciel, et illustrant des minuscules scènes de la vie de Notre Sauveur, des joyeuses aventures du roi Alexandre le Grand, l'architecture précise des châteaux et forteresses de l'amour.De retour à la maison il raconta à sa famille les merveilles qu'il avait vues et Eric se promit qu'un jour, lui aussi les contemplerait.Le jour de ses dix-huit ans il remplit son sac de quelques effets personnels, et notamment de cinq ou six livres que son père lui offrit comme cadeau d'adieu, les tirant de l'étagère avec quelque réticence ; il fit ses adieux et prit la route de Sankt-Katharienenthal.Il n'eut aucun mal à trouver un emploi comme homme à tout-faire.La bibliothèque brûle Les ouvriers n'étaient pas autorisés dans la bibliothèque mais de temps en temps, lorsqu'une course l'amenait à passer devant la porte et qu'un moine allait ou venait avec un air de concentration intense, Eric s'autorisait à jeter un oeil dans la pièce spacieuse.Le plafond était orné de scènes mythologiques qu'il pouvait identifier grâce aux livres de son père comme étant tirées de Homère ; les moulures dorées scintillaient çà et là à travers des siècles de poussières ; les étagères sculptées, dont celles réalisées par son père, se dressaient dans une sombre mais voluptueuse gravité ; mais c'était les centaines de volumes aux reliures de cuir, rayons après rayons de douces ondulations, qui captivaient son regard.Il aspirait à les toucher.La nuit, malgré les avertissements du pasteur, il se remémorait les doux membres arrondis d'une femme nue ; les livres avaient pour lui la volupté de ces membres intimes et désirés.Un soir, incapable de dormir, il se trouvait devant la porte de sa chambre lorsqu'il aperçut soudain une lumière clignoter par la fenêtre de la bibliothèque.Il traversa la cour, jeta un oeil dans la bibliothèque et découvrit le moine bibliothécaire au travail parmi ses ouvrages.Il l'observa longtemps, jusqu'à ce qu'il l'aperçut se lever, prendre la bougie et partir sans bruit le long des arcades du corridor.Il remarqua que le moine avait négligé de verrouiller les portes.Il attendit pendant un moment qui lui sembla interminable puis se glissa à l'intérieur.Grâce à la pleine lune, il y avait suffisamment de clarté pour voir à l'intérieur de la bibliothèque en voûte.Il tendit le bras et tira un livre des rayons, puis l'ouvrit doucement.Il effleura les lettres du bout des doigts.Il lut quelques mots puis le reposa.Il en ouvrit un autre, puis un autre.Lorsqu'il atteint l'extrémité de la bibliothèque, il remarqua un livre de taille moyenne ouvert sur les ailes du lutrin en forme d'aigle doré.Il faisait trop sombre pour pouvoir déchiffrer le texte ; une grande avidité surpassa sa prudence ; il craqua une allumette et alluma la bougie du lutrin.Il lut la page ouverte, merveilleusement illuminée de bleu, d'or et de carmin.Le livre semblait donner une ancienne description du monde entier et offrait des listes d'animaux, de roches, de lacs, de forêts et de villes lointaines, des coutumes de peuples étranges et de noms d'étoiles.Eric lisait page après page, émerveillé.Soudain, un bruit le fit sursauter et sa main fit tomber la bougie.Près du lutrin se trouvait une pile de vieux papiers qui se mirent à brûler.Sans résultats, il tenta d'enrayer la propagation du feu mais les flammes montaient maintenant le long des rayons, rang après rang.Il attrapa le volume illuminé et s'enfuit.Il eut juste le temps de regagner sa chambre et de jeter ses affaires dans un sac avant que l'alarme ne fût donnée.Quelques heures plus tard, il arrivait à l'aube dans le village où l'avis de Lord Selkirk venait d'être affiché.Lors de la longue traversée vers le Nouveau Monde, il parla peu.Son éducation lui avait appris que rechercher le salut était inutile à présent, pourtant il ressentait quand même le besoin de réparer sa faute.Détruire un livre, son père lui disait souvent, était comparable au meurtre.Les morts sont gardés en vie dans l'esprit de chacun par des monuments érigés à leur mémoire ; un livre ne pourrait-il pas (se disait-il) être gardé en vie par un monument à sa mémoire ?Il ne se souvenait bien sûr pas de tous les titres des livres qu'il avait détruits mais il pouvait honorer leurs cendres en mémorisant d'autres livres, ceux qu'il avait apportés par exemple, et créer une bibliothèque dans son esprit qui, aussi longtemps qu'il vivrait, serait le spectre de ces livres à jamais disparus.Dans les cales nauséabondes du navire il mémorisa la Martyrologie.Le révérend Jones écouta puis suggéra que l'acte de rédemption finale serait de concrétiser ce qu'Eric avait péniblement construit dans son esprit.Le révérend Jones rêvait d'une bibliothèque.Il décida que la maison de rondins aux portes géorgiennes et aux vasistas, construite par Peter Fidler, le traceur de cartes décédé qui avait dessiné le plan des parcelles de la rivière pour la colonie, conviendrait parfaitement à cet effet.Elle se dressait au-dessus de l'embranchement où la rivière Assiniboine et la plus petite Seine rencontraient la rivière Rouge qui continuait au nord jusqu'au lac Winnipeg, entre les maisons de grès dans le style normand du Bas-Canada.Fidler avait fait don de ses livres à la colonie.Avec la petite collection d'Eric, ils formeraient le départ de la première bibliothèque.Pendant les mois suivants, Jones fit campagne auprès des missionnaires catholiques, des frères écossais, des vieilles familles suisses et parmi les Métis qui détenaient plus d'un livre ramené de France ou de Québec plusieurs années auparavant.Jones écrivit même à la Société des Missionnaires de Manchester, suppliant ses supérieurs de contribuer au remplissage de ses rayons.Les volumes commencèrent à s'accumuler à l'intérieur du chalet, à la grande satisfaction de Jones et d'Eric.Aux alentours de Noël 1825, la bibliothèque comprenait une collection éclectique d'une soixantaine de titres.L'hiver fut long et douloureux.La neige formait des buttes plus hautes qu'un homme qui tenaient jusqu'en avril et une partie de mai.Un vendredi de la fin mai, Eric entra dans la bibliothèque pour s'asseoir parmi les livres.Eric ouvrit sa chère encyclopédie et lut les passages sur les propriétés de la roche que l'on tire du cerveau du dragon et qui ne devient pierre précieuse que si on tranche la tête du dragon vivant, et sur le calmar géant que les marins prennent pour une île et dont les tentacules immenses et noires peuvent envelopper et couler un navire.Tout d'un coup, le ciel se noircit, un silence de mort s'imposa, puis la pluie commença à tomber.La pluie formait un rideau épais et assourdissant, bloquant la vue, obscurcissant les fenêtres.À l'intérieur de la bibliothèque, Eric s'aperçut que dans l'immensité irréelle de ce déluge rien d'autre n'existait plus : ni ses compagnons de la colonie, ni sa femme, ni le révérend Jones et Mme Jones, ni les vieux arbres ni les roches ni les champs et le bétail, rien que lui et les livres.Ce n'est qu'après un long moment qu'il entendit enfin les coups frappés énergiquement contre la porte et qu'il comprit le Chipewyan dans le grondement de la pluie.Protégeant l'encyclopédie sous sa veste, il se laissa tirer dehors dans la tempête et jusque dans le chariot à deux roues où sa femme et deux ou trois autres De Meurons attendaient.Puis le cheval avança péniblement vers l'est, loin des maisons et à travers les arbres, et monta le long de la crête que les eaux rendaient invisible.La tempête Lorsqu'ils atteignirent le sommet, le Chipewyan les dirigea sous un abri de cuir qui avait été accroché à quatres arbres morts.Eric porta son regard vers la rivière qui maintenant, avec la pluie aveuglante, semblait invraisemblablement plus haute que l'horizon lui-même.Soudain la houle grisâtre se mit à onduler et à gonfler puis finalement, après ce qui leur parut être des heures, la surface de la rivière se fendit dans un craquement étouffé et l'eau se répandit dans la plaine.Les arbres, les roches, les toits des maisons de rondins furent balayés et emportés.Ce qui semblait être la tête d'un cheval ou d'une vache apparut à la surface de l'eau, puis disparut lorsqu'un arbre, grand comme une église, passa avec fracas.Les eaux atteignirent la bibliothèque.Dans un cri, Eric se mit à descendre la pente ruisselante en courant, tombant, se relevant.Il arriva au pied de la crête, le torrent bouillonnant à ses pieds.Parmi les branches et les planches de bois, et la carcasse d'un chien maigre, il crut apercevoir ses précieux livres.Là se trouvait le Homère de son père, en train de couler.Là sa chère Martyrologie.Là son Plutarque.Là ses compatriotes, Heinrich von Wittenweiler et Johann Caspar Lavater.Il y avait des livres qui avaient été ramenés de Bretagne, du Ayrshire, de Londres, de York.Les formes floues filaient dans le torrent, sans dictinction parmi les débris, leurs chères pages maintenant assimilées au bois, à la chair morte, à l'eau putride.Plusieurs jours plus tard, après que les rivières eurent commencé à décroître et que les carcasses noires des maisons eurent réapparu de dessous la boue nauséabonde, la plupart des colons s'en retournèrent et reconstruirent leurs échoppes et leurs fermes.Mais pas les Suisses qui étaient venus de si loin à la recherche d'une meilleure situation.Les anciens soldats et leurs familles, comme les jeunes gens recrutés par les hommes de Selkirk savaient qu'ils en avaient eu assez.La terre avait clairement prouvé qu'elle ne voulait pas d'eux ; maintenant c'était eux qui ne voulaient plus de cette terre.Ils partirent pour le sud, vers la vallée du haut Mississipi, dans leurs chariots grinçants de la rivière Rouge, le seul présent que la terre leur avait laissé.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse L'écrivain Alberto Manguel 7LP1501A0723 A15 dimanche EDITO 7LP1501A0723 ZALLCALL 67 00:46:33 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 A 15 À votre tour La dernière pirouette YVES DESCHAMPS L'auteur est un Montréalais.Il reste bien peu de temps avant que les démolisseurs ne commencent à jeter par terre l'ancien Palais du commerce, où loge le Tazmahal, pour faire place à la future Grande Bibliothèque, au coin des rues Berri et de Maisonneuve.J'aimerais pouvoir exprimer clairement ce qui me gêne dans cette situation.Mais les enjeux paraissent tellement inégaux.La plupart du temps, les revendications des gens qui composent notre société sont tout à fait sensées.Si je parle des besoins en santé, personne ne s'objectera.On ne peut être contre la vertu.Une personne, une seule personne, pouvant mourir dans un corridor d'hôpital en serait une de trop.Mais comment défendre avec autant de conviction la cause des jeunes qui se rendent au Tazmahal pour pratiquer leur sport favori ?D'un côté, on retrouve la culture avec un grand « C », ce rouleau compresseur dirigé par une grande dame de l'intelligentsia québécoise, l'élite avec ses besoins « criants » de monuments qui lui sont dédiés.De l'autre, une bande de « ti-culs » qui se défoncent sur des planches à roulettes, sur des bicyclettes, ou en patins.Je n'ai pas du tout la formation qui me permettrait de défendre de façon articulée ce qu'il y a de révoltant dans cette situation.Je n'ai même pas écrit cinq lettres dans toute ma vie.Je ne suis qu'un gars qui arrive à ne pas trop mal paraître en société, un gars qui a une culture tout à fait dans la moyenne, le genre de bonhomme qui, la plupart du temps, se la « ferme » dans les assemblées afin de ne pas étaler au grand jour ses lacunes au plan du langage devant ceux qui savent débattre leurs idées.Peut être que si j'avais fréquenté plus de bibliothèques, quand j'étais jeune, je ne serais pas aujourd'hui habité par cette gêne.Mais là, je dois lever la main et faire un geste.Sans peur du ridicule, juste pour voir si c'est vrai qu'on peut se faire entendre, se faire écouter, se faire lire.Même si on n'est pas dans les ligues majeures.Voici donc mon point de vue.Depuis quelques années, des jeunes se défoncent à pratiquer leur sport préféré sur des rampes en bois et sur un plancher en béton.Ils sont encadrés par d'autres jeunes qui « trippent » comme eux sur le même sport.Ils sont beaux à voir ! Ceux qui s'y présentent sont de la race des gars et des filles qui n'ont pas froid aux yeux, des amoureux d'émotions fortes qui savent tomber et se relever pour mieux virevolter à la prochaine tentative.Ils ont su vaincre leurs peurs et se confronter à eux-mêmes d'une façon admirable.Certains d'entre eux font de la compétition avec les meilleurs au monde.Et ces champions partagent le même espace d'entraînement que le débutant.À une autre échelle, c'est comme si Wayne Gretsky fréquentait le même aréna que notre fils.On parle ici de sport nouvelle vague, bien sûr, mais ça ne prend pas des équipements qui coûtent « la peau des fesses », comme le hockey.L'idole, ici, n'est pas un millionnaire inaccessible qui se fout carrément des jeunes qu'il pourrait inspirer.Chaque jeune qui fréquente le Taz est un champion qui se relève et recommence.Chacun d'eux est un élément de la société qui a trouvé une échappatoire à l'énergie qui l'habite.C'est une bombe d'adrénaline qui veut « tripper », qui veut se dépasser, qui veut réussir.Bientôt, si l'on n'agit pas, ce jeune va dépenser son énergie ailleurs, sur les rampes d'escalier des bâtiments publics, sur les bancs de parcs, partout où il trouvera des installations lui permettant d'aller plus loin, de se dépasser.Toutefois, des gens bien pensants vont le refouler ailleurs.Ailleurs, mais OÙ ?Parce que partout il dérangera.Au Vieux-Port, au parc Lafontaine, au centre-ville, dans les rues, sur les trottoirs.Peutêtre y penserons-nous à ce moment là, mais il sera trop tard.Il reste peu de temps avant que le pic des démolisseurs ne crève la « baloune » des milliers de jeunes qui fréquentent le Tazmahal de Montréal.Ça ne touche pas grand monde, ça ne fera pas la une des journaux, parce que le projet d'une Grande Bibliothèque québécoise est politiquement rentable.Réagirions- nous de manière aussi indifférente si le même massacre fait à un espace de jeux pour jeunes adolescents était menacé par l'agrandissement d'un Loblaw ?Accepterions- nous que l'on démolisse ce temple de l'acrobatie, sans possibilité de déménagement, si le terrain convoité était réclamé par des spéculateurs afin de construire un parc de stationnement payant.Non ! Je suis certain que là, il y aurait une levée de boucliers par les gens de la « gogauche » qui enverraient des lettres aux journaux, au ministre responsable, etc.Le débat sur la nécessité d'une bibliothèque n'est pas de mon ressort.Je suis certain que le projet est très valable.Ce qui me titille, cependant, c'est la façon dont on met au rancart cette installation sportive.Je ne sais pas trop comment faire entendre mon cri du coeur.Ma démarche restera peut-être vaine, mais au moins, moi qui suis très fier de mes deux gars qui fréquentent l'endroit régulièrement, j'aurai tout comme eux fait une petite pirouette dans le vide, une dernière peut-être, pour faire entendre la voix de ces 50 000 jeunes pour qui le Taz demeurera un bon souvenir.À titre d'auteur primé de la semaine, M.Deschamps recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse.LETTRE DE LA SEMAINE PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Yves Deschamps PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse© Chaque jeune qui fréquente le Taz est un champion qui se relève et recommence.Chacun d'eux est un élément de la société qui a trouvé une échappatoire à l'énergie qui l'habite.C'est une bombe d'adrénaline qui veut « tripper », qui veut se dépasser, qui veut réussir.Il faut la foi.MICHÈLE GAUTHIER L'auteure habite Ottawa et est analyste financier.Madame Anita Vaillancourt, Votre article intitulé « Le rôle de ménagère ne convient plus aux servantes de Dieu », paru dans cette même page de La Presse, dimanche dernier, m'a beaucoup peinée.Premièrement, parce que vos propos sont bien tristes.Mais aussi parce que vous nous incluez toutes et tous dans vos propos.Je cite entre autres : « Mais les croyants voient beaucoup plus clair et le jeu de cartes achève sa partie.De grâce, mes seigneurs les évêques, conduisez-nous à bon port avant que la barque ne chavire.Nous comptons sur vous.».Moi aussi je suis croyante, mais je ne partage pas votre opinion, quoique je la respecte.En tant que laïque catholique pratiquante, j'ai comme vous un grand amour pour le sacerdoce, et qui sait, nous aurions peut-être reçu toutes les deux la vocation au sacerdoce eut-il été dans les plans de Dieu que les femmes deviennent prêtres.Mais voilà, les plans de Dieu sont tout autres.Il y a au moins cinq bonnes raisons pour lesquelles Jésus-Christ a préféré ne pas nous inclure dans son ministère sacerdotal.Les connaissez-vous ?Pour les comprendre, il faut absolument tenir compte de leur nature surnaturelle et de leur origine divine.Et il me semble que c'est là où nous divergeons, vous (et les femmes qui pensent comme vous) et nous, les femmes qui respectent le plan de Dieu et continuent à se sentir catholiques à part entière.Car la seule logique humaine ne suffit pas pour saisir le rôle du sacerdoce dans l'Église et dans le monde : il faut la foi.Or j'ai essayé de trouver dans votre article, ne serait-ce qu'un seul élément qui rappelle notre foi, mais sans succès.C'est la raison pour laquelle, peut-être, vous semblez si outrée.La foi comprend bon nombre de choses.Par exemple, le « Je crois en un seul Dieu.Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique.» Donc, je crois en l'infaillibilité du pape.Qui sommes-nous pour mettre en doute les décisions que le Saint-Esprit lui a inspirées ?Il faut aussi un minimum de bon sens : pourrait-on s'imaginer un homme qui se révolterait parce que Dieu lui a « préféré » la femme pour jouir du merveilleux privilège de la maternité ?Je m'imagine mal la Vierge Marie amère parce que son propre Fils lui a « préféré » les apôtres au moment de l'institution du sacerdoce.Je m'imagine mal, également, les apôtres amers parce que leur Maître leur a « préféré » sa propre mère en la choisissant comme la créature la plus excellente après Dieu, au-dessus des anges, des apôtres, etc.Le rôle de la femme dans l'Église est impressionnant et merveilleux, voire même irremplaçable.Quel dommage que nous, femmes, le minimisions de la sorte.Sachez, madame, qu'en traînant le successeur de Pierre dans la boue, vous vous bafouez vous-même.Quand donc saurons-nous reconnaître notre dignité de chrétiennes ?Quand donc saurons-nous honorer notre baptême ?PHOTOTHÈQUE, La Presse© Les bedaines ne plaisent pas à tout le monde.Les bedaines YVES RANDON L'auteur habite Québec.C'est l'été et chaque belle journée ramène avec elle son cortège maintenant habituel d'hommes en bedaine.Remarquez que je n'ai rien contre la bedaine en soi.Je vois beaucoup de bedaines à la plage ou à la piscine et, là, elles ne me dérangent pas.Ailleurs, elles me dérangent.Elles me dérangent particulièrement lorsque le propriétaire de l'une de ces bedaines offertes à la vue de tous est en train de tondre la pelouse du parlement ou d'autres édifices gouvernementaux, ou encore s'affaire à des travaux publics, comme sur les chantiers de construction ou de voirie, par exemple.Je ne connais aucun club de golf digne de ce nom qui accepterait des joueurs en bedaine, même s'il fait très chaud.Pourquoi devons-nous accepter que des hommes en bedaine travaillent dans des lieux publics ?Et même en dehors des travaux publics, pourquoi ce « bedainisme » à la mode ?Les femmes qui font leur jogging n'ontelles pas aussi chaud que les hommes ?Personnellement, je ne vois dans ce semi-nudisme contemporain que pur exhibitionnisme.On dirait que c'est tout ce qui reste à l'homme post-moderne : le « pouvoir » de se dévêtir sans gêne.Mais d'où vient cet exhibitionnisme et ce sans-gêne ?Cet homme- objet qui croit s'affirmer en ôtant sa chemise ne serait-il pas au fond la victime d'un contexte social et idéologique de plus en plus féministe dans lequel il réussit de moins en moins à porter le pantalon ?Se pourrait-il qu'en conséquence il soit enclin à une sorte de délinquance plus ou moins consciente qui trouverait une soupape d'expression dans cet exhibitionnisme et ce sansgêne ?Un exhibitionnisme et un sans-gêne qui auraient au moins le mérite de lui faire dire son sentiment de déresponsabilisation, de démission et son hyper-individualisme Ce ne serait là, bien sûr, qu'une explication partielle.Admettons par ailleurs, à la décharge du féminisme et de l'homme-objet, que les femmes aussi sont de plus en plus nombreuses à nous montrer de plus en plus de peau.La mode est à la simple camisole.Mais n'y a-t-il pas quelque chose de nouveau ?La mini-jupe des années 60 était sexy.La camisole, très souvent, ne l'est pas.Pas plus que ne le sont certaines sandales à la mode qui semblent avoir été dessinées dans le but précis de faire paraître les pieds plus bêtes qu'ils ne le sont en réalité.Le court-vêtu et le semi-nudisme actuels ressemblent moins à une tentative de séduction qu'à une expression d'indifférence et de mépris.Il y a une poésie du corps humain.Cette poésie trouve son centre dans le visage.Le visage a une puissance d'expression que n'offrent ni le nombril ni le gros orteil.Par ailleurs, cette poésie du corps se voit enrichie par le vêtement et son mouvement ; le mouvement d'une belle robe, par exemple, qui souligne et personnalise celui d'une belle femme.En niant le vêtement, c'est cette poésie que l'on diminue.En exhibant de plus en plus grossièrement l'ensemble du corps, on banalise d'autant le visage, cette expression de l'âme qui tend alors à devenir une partie du corps comme les autres, un morceau de peau dans l'ensemble de la peau.Il y a dans notre conception actuelle de la liberté quelque chose de déshumanisant et de démoralisant car, me semble-t-il, cette liberté s'exerce de plus en plus contre la beauté et contre le respect de soi et celui des autres.À quoi sert le Code de la route?LOUISE BIRON L'auteure est une retraitée de Longueuil.Monsieur Guy Chevrette, Cela fait longtemps que je désire vous écrire, réprimant mon geste chaque fois en me disant : « Les choses se corrigeront car monsieur Chevrette en a parlé dans les médias, l'air assez convaincu.» Donc, j'attendais ! Je parle ici, bien sûr, des excès de vitesse sur les routes.Mon compagnon et moi voyageons quelques fois sur les autoroutes (20, 30, etc.).Notre indicateur de vitesse marque 100 km/h, la vitesse maximale indiquée sur les panneaux tout le long des routes.Nous nous efforçons de respecter la vitesse permise.Guy Chevrette Je crois bien que vous devriez faire inscrire sur les panneaux routiers : vitesse minimum 100 km/h et maximum 120 km/h et même 130 km/h ! Et les camions remorques, donc ! Je croyais que vous aviez mentionné à la télé qu'ils devaient s'en tenir à 90 km/h ! Quelle farce ! Plusieurs routiers nous doublent à 110 km/h ou davantage, nous indiquant leur impatience quand ils ne peuvent nous doubler en nous talonnant avec leur mastodonte.L'autre jour, j'étais au volant sur l'autoroute 30, respectant la limite de vitesse, qui était de 70 km/h à cause des travaux routiers.Je précédais un camion remorque qui ne pouvait me dépasser sur la voie de gauche réservée aux automobilistes venant en sens inverse, toujours à cause des travaux.Eh bien qu'à cela ne tienne ! Il m'a dépassée par la droite sur l'accotement pour ensuite reprendre la route à une vitesse folle.J'en aurais probablement quelques autres à vous raconter mais j'arrête ici ma lettre en espérant ne pas être une victime de la route, ce qui m'empêcherait d'apprécier les bienfaits de la mise en vigueur d'une nouvelle loi qui nous permettrait, à mon compagnon et à moi, de voyager sur les routes sans avoir peur d'être les victimes du non-respect du Code de la route.Écrivez-nous Vous avec un point de vue à exprimer, une opinion à soumettre, un cri du coeur à lancer ?La boîte aux lettres quotidienne de La Presse, publiée en B2, de même que dans cette page, est l'endroit idéal pour ce faire.Écrivez-nous.Notre adresse par courriel est: edito@lapresse.ca.Vous pouvez aussi nous joindre en adressant votre lettre comme suit : La boîte aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9; ou par fax au (514) 285-4816. 7LP1601A0723 A 16 dim., 23 juil.PERS 7LP1601A0723 ZALLCALL 67 00:52:49 07/23/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 23 juillet 2000 JEAN-PAUL SOULIÉ Oscar Peterson est né en 1925 dans le vieux quartier montréalais de Saint-Henri.Célèbre dans le monde entier, le pianiste de jazz aura 75 ans le mois prochain, et même si ses apparitions publiques se font plus rares, il donne toujours des concerts un peu partout dans le monde.Il est actuellement en tournée en Europe et, la semaine passée, il enregistrait une émission de télévision diffusée jeudi dernier à travers le Canada , depuis Toronto, sur sa vie et sa carrière.Une exposition intitulée Oscar Peterson : une sensation jazz, a été inaugurée récemment à la Bibliothèque nationale du Canada à Ottawa.Elle est constituée de tous les disques d'Oscar Peterson et de souvenirs de sa longue et fructueuse carrière de musicien : passeports, matériel publicitaire, programmes, affiches, articles, photos et diplômes honorifiques que l'artiste dépose à la Bibliothèque nationale depuis 1991.Oscar Peterson, le plus célèbre jazzman d'origine montréalaise, vient de remporter le prix de musique de l'Unesco/Conseil international de musique 2000.Il est le premier Canadien à mériter ce prix, décerné précédemment à Dimitri Chostakovitch, Leonard Bernstein, Yehudi Menuhin, Ravi Shankar et Miriam Makeba.Le Conseil international de musique a été créé en 1975, et le prix de l'Unesco récompense les musiciens dont le travail ou les activités ont contribué à l'enrichissement de la musique et à son développement, et ont servi à la paix et à la compréhension entre les peuples.La Presse souligne la reconnaissance par l'Unesco de la carrière de pianiste et de compositeur de jazz d'Oscar Peterson et du travail qu'il a réalisé pour faire progresser les droits de la personne en le nommant Personnalité de la semaine.En 1925, dans la famille d'Olive et de Daniel Peterson, les parents d'Oscar, la musique occupe une grande place, avec la religion, comme dans tous les foyers de Noirs montréalais de l'époque.Sa soeur Daisy enseigne le piano à ses frères et à des petits voisins, dont Oliver Jones, un jazzman qui vouera une admiration sans bornes à son aîné Oscar.Un frère d'Oscar, Chuk Peterson, aujourd'hui décédé, fera par ailleurs, avec sa trompette, les beaux jours de plusieurs clubs montréalais, dont l'Arcade, en face de la gare Windsor.En 1940, Oscar est un précurseur.Fort de ses répétitions avec Lou Hopper et Paul de Marky, il gagne un concours amateur.Il obtient alors une émission de radio, Fifteen Minutes Piano Rambling.De 1948 à 1949, il forme un trio avec le bassiste Austin « Ozzie » Roberts et le batteur Clarence Jones.Le trio se produit au Alberta Lounge et à la station de radio CFCF.C'est en 1951, après avoir fait la tournée de tous les clubs de Montréal fermés par la suite par le maire Jean Drapeau, que le producteur américain Norman Granz l'engage.C'est le début d'une grande carrière internationale.Avec son nouveau trio \u2014 piano, contrebasse et guitare \u2014 , il va faire la conquête des États-Unis, du Canada, de l'Europe et du monde entier.Depuis les débuts de sa carrière \u2014 soixante années bien remplies \u2014, Oscar Peterson a été pianiste, mais aussi chanteur et compositeur.Il est l'auteur de Canadian Suite, Hallelujah Time, Blues for Big Scotia, African Suite, Easter Suite, , Royal Wedding Suite et Hymn for Freedom.Habitué des grandes scènes internationales, Oscar Peterson est, d'après les rares personnes qui ont eu le privilège de lui parler récemment, un homme d'une grande affabilité qui mesure son temps et ses forces.Il a gagné un nombre de Grammy Awards considérable.En 1972 , il a été fait officier de l'Ordre du Canada.Depuis 1989, il est membre de l'Ordre des arts et des lettres de France, et il a été fait chevalier de l'Ordre du Québec en 1991.Diplômé honoraire de l'Université de Toronto, Oscar donne souvent des séminaires dans cette institution.Et l'an dernier, l'Université Concordia de Montréal, sa ville natale, rebaptisait sa salle de concerts salle Oscar-Peterson.Le prestigieux jazzman était présent, salué par ses pairs et disciples, dans un concert ouvert par une performance de Vic Vogel au piano.PHOTO PC Oscar Peterson La dernière grande reconnaissance internationale qu'il vient de remporter lui a été attribuée à la suite de la proposition de la Commission canadienne de l'Unesco.Oscar Peterson, le plus célèbre jazzman d'origine montréalaise, est le premier Canadien à mériter le prix de musique de l'Unesco/ Conseil international 2000, accordé précédemment à Dimitri Chostakovitch, Leonard Bernstein, Yehudi Menuhin, Ravi Shankar et Miriam Makeba.B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2868432 Not Found 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