La presse, 23 juillet 2000, B. L'été
[" 7LP0101B0723 B 1 dimanche 7LP0101B0723 ZALLCALL 67 00:51:44 07/23/00 B 7050, rue Jean-Talon 352-1010 (près des Galeries d'Anjou) Lentilles pour activités sportives.Nouvelle technologie de contrôle des couleurs 7LP0201B0723 b2 dimanche 7LP0201B0723 ZALLCALL 67 00:49:05 07/23/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 MAGNOLIA (V.F.: MAGNOLIA) Drame de Paul Thomas Anderson.Avec Tom Cruise, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman.Sortie : 25 juillet (VHS) HHH 1/2 Impossible de regarder Magnolia, de Paul Thomas Anderson, sans penser à Short Cuts de Robert Altman.Les personnages y sont nombreux, tous d'égale importance, et on sent que leurs destins vont se croiser avant que ne défile le générique.On ne se trompe pas.Le policier qui manque d'assurance, la fille junkie d'un animateur de télévision, l e v i e i l l a r d mourant du cancer entouré de sa jeune épouse et de son infirmier, le macho fini, le gamin surdoué et le pauvre type endetté : ils sont neuf.Et un fil conducteur les relie, pas seulement le scénario d'Anderson qui passe de celui-là à celle-ci puis à cette autre de plus en plus rapidement.Le résultat est sombre, juste et souvent touchant \u2014 mais ne possède par contre pas le fini de Short Cuts.THE BEACH (V.F.: LA PLAGE) Drame de Danny Boyle.Avec Leonardo Di Caprio, Virginie Ledoyen, Guillaume Canet.Sortie : 25 juillet (VHS et DVD angl./fr.) HH 1/2 Ça tente à qui, le paradis en compagnie de Leonardo Di Caprio ?Car c'est ce que propose Danny Boyle, qui a retiré Leo des eaux glacées de l'Atlantique du Titanic pour l'installer sur l'île idyllique de The Beach.Sauf que le paradis cachait un certain enfer.Et le jeune « d i e u » blond, pas mal de bibittes.On s'en doute dès les p r e m i è r e s phases du scénario où, en compagnie d'un couple de F r a n ç a i s (triangle en vue, mais pas dans les Bermudes !), il rejoint une communauté genre new-age qui vit sur une île inconnue de la Thaïlande.Le tout se confirme par la suite.L'idée est bonne.Sauf qu'elle s'arrête au stade de l'idée.Visuellement splendide, The Beach affiche en effet la tête d'un lendemain de veille : de la confusion en masse.MANSFIELD PARK (V.F : LETTRES DE MANSFIELD PARK) Chronique de Patricia Rozema.Avec Frances O'Connor, Embeth Davidtz, Johnny Lee Miller.(VHS et DVD angl./fr.) HHH Mansfield Park serait le roman de Jane Austen que ses lecteurs ont le moins apprécié.Il serait aussi celui de ses livres que la romancière, elle, a le plus aimé.Chose certaine, Mansfield Park, le film que Patricia Rozema en a tiré (en y mêlant des lettres de l'écrivaine et certains de ses écrits de jeunesse) est celui qui apporte le plus d'éclairage sur la romancière elle-même.Pour cela, pour ses actrices magnifiques (entre autres Frances O'Connor, incarnant une jeune fille pauvre accueillie chez de riches cousins dont l'arrivée va modifier les rapports entre les uns et les autres) et pour sa belle reconstitution d'époque, cette production soignée plaira aux vrais fans de Jane Austen \u2014 ceux qui, ne se contentant pas des films que son oeuvre a inspirés, l'ont lue.DOWN TO YOU (V.F.: LA FILLE DE MES RÊVES) Comédie romantique de Kris Isacsson.Avec Freddie Prinze Jr., Julia Stiles.(VHS et DVD angl./fr.) H 1/2 Freddie Prinze Jr.est le garçon des rêves de bien des jeunes filles.Seule explication à son omniprésence dans les films destinés aux adolescent(e)s ! Ses yeux sombres qui peuvent rire ou se mouiller sous le coup du bonheur et son sourire sûrement assuré à gros prix traversent donc Down To You, comédie romantique où une seconde chance est offerte à un premier amour.Car Freddie, qui espère devenir cuisinier (il est décidément parfait !), rencontre une blonde bien roulée (Julia Stiles), artiste de grand talent dont les moeurs s'avèrent plus légères que celles de l'as des fourneaux.Rupture, donc.Y aura-t-il réconciliation ?Que ceux qui en doutent ne s'en vantent pas : ce serait faire trop honneur à Kris Isacsson, qui souffre d'un total manque d'imagination.Sonia Sarfati PHOTO PIERRE CÔTÉ, La Presse © François Maheu fait partie des Jeunes Ruraux qui présentent leurs génisses à l'Exposition agricole et alimentaire de Saint-Hyacinthe.Les vaches ont suivi un régime particulier en vue de leur défilé devant les juges.Belles d'un jour BELLES / Suite de la page B1 Le lieu permanent de l'exposition a commencé à s'égayer au début de la semaine dernière, avec l'installation des tentes et des manèges qui ont tôt fait de rappeler aux Maskoutains que leur ville allait bientôt s'animer.Petits et grands peuvent admirer depuis vendredi les 2000 animaux présents, dont des wapitis et un lama et, encore une fois, les femelles qui mettent bas pendant l'exposition devraient faire accourir la foule et monter les enchères puisque les visiteurs aiment deviner combien de petits elles auront.Pendant que les plus grands sont dans les estrades, les petits peuvent s'en donner à coeur joie dans les manèges, les jeux gonflables ou en assistant aux spectacles.Celui de Ti-Gus, le conteur de légendes, promet un beau voyage dans l'imaginaire des jeunes.Sans oublier le saloon et ses amateurs de danse country, les chansonniers, les pubs et les jeux d'adresse.Nouveauté cette année, le Musée agricole fait le pont entre les générations en présentant une expo de vieilles carrioles et un magasin général.Le pavillon agro-alimentaire revient pour une seconde année, avec les dégustations, conférences et cuisines diverses, comme les mets végétariens ou à base d'insectes tandis que le Pavillon des arts textiles accueille la raccommodeuse de faïence, le saboteur et autres artisans des vieux métiers.« Pendant les dix jours de l'Exposition, on a l'impression qu'un cirque s'est arrêté en ville.Sur le site, il y a comme une ambiance de fête foraine avec l'odeur de la mousse rose ou des pommes en sucre et tous les bruits qui sont associés aux différents concours », explique Chantal Casavant, directrice générale du Bureau du tourisme et des congrès de Saint-Hyacinthe.Quotidiennement, le kiosque d'informations où elle travaille accueille de 400 à 500 visiteurs pendant cette période.Pendant les dix jours de l'expo, Saint-Hyacinthe voit sa population de 40 000 personnes quadrupler.« La circulation se fait dense autour du site, les machineries agricoles envahissent les rues quelques jours avant l'expo, ça devient achalandé.Mais la population de la ville prend un peu l'événement pour acquis, c'est davantage une exposition pour les visiteurs qui constatent que l'agriculture se passe vraiment à Saint-Hyacinthe », explique Claude Bernier, maire de la municipalité depuis huit ans.Si les 155 premières éditions ont surtout présenté les concours d'animaux, le volet alimentaire se développe aujourd'hui davantage, ainsi que les activités de divertissement qui sont chaque année plus nombreuses.« Pendant des années, nous avions le revenu des casinos, c'était la période facile.Maintenant, il faut user d'imagination pour boucler les budgets et avec les festivals qui poussent comme des champignons, plusieurs expositions agricoles sont appelées à disparaître », souligne le directeur-général de l'événement depuis 27 ans, Richard Robert.L'exposition qui réunit les MRC de Saint-Hyacinthe, Bagot, Granby, Verchères, Richelieu, Chambly et Brome-Missisquoi, comme membre associé, constitue encore l'une des plus importantes et des plus anciennes de la province.Informations pratiques n Les visiteurs peuvent accéder au site de l'Exposition agricole et alimentaire de Saint-Hyacinthe en empruntant la sortie 130 de l'autoroute 20, vers le centre-ville.Les guichets et les pavillons agricoles ouvrent à compter de 8 h et les divers autres pavillons sont accessibles à partir de 11 h ou midi jusqu'à 23 h ou minuit pour la plupart.Les moins de 15 ans profitent de l'entrée gratuite du lundi au vendredi jusqu'à 16 h.Pour les bambins de moins de deux ans, l'entrée est gratuite en tout temps tandis que les personnes de 16 ans et plus doivent débourser 7,50 $, sauf les chanceux qui possèdent le passeport à 15 $, nouveauté cette année.Les manèges et les tirs de tracteurs sont des activités payantes.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Andrée Lachapelle Jean Beaunoyer 20:00 A - LE PLAISIR CROÎT AVEC L'USAGE Une incursion dans l'univers culturel d'Andrée Lachapelle, une artiste qui n'a jamais su vieillir et qui demeure tout aussi populaire qu'à ses débuts.Parmi ses invités, Richard Séguin, Natalie Choquette, Anick Bergeron, Daniel Gadouas, Christian Bégin, André Melançon.20:00 1 - BIOGRAPHY: OPRAH WINFREY On connaît le personnage, ses émissions, sa popularité et sa fortune, mais la vie d'Oprah Winfrey est tout à fait spéciale.Arts and Entertainment présente une émission de deux heures racontant cette femme devenue milliardaire.21:00 a - L'ÉTÉ DE LA MUSIQUE Pour souligner le 250e anniversaire de la mort de Jean- Sébastien Bach, un concert axé sur la rencontre exceptionnelle des soeurs Katia et Marielle Labèque, pianistes duettistes de grande réputation.22:51 a - LA FEMME DU BOULANGER Un petit bijou de Marcel Pagnol qui date de 1938 et qu'il ne faut pas rater.Performance magistrale de Raimu dans le rôle du boulanger.Ce brave homme est tellement triste de voir sa femme le tromper avec un berger qu'il cesse subitement de faire du pain.23:00 K - LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND Un des fameux westerns de Sergio Leone avec Clint Eastwood, Elli Wallach et Lee Van Cleef.Trois aventuriers se disputent le secret de la cachette d'un trésor, mais c'est Clint Eastwood en pleine jeunesse, fumant le cigare, vêtu d'un grand manteau, qui tire le premier pendant qu'on écoute la complainte de l'harmonica.18h00 18h30 CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC VD VDO Le Téléjournal Découverte / La variole condamnée à mort Pop Rétro L'Été de la musique / The Temptations L'Été de la musique / Hommage à Bach Louis et Gino Quilico Le Téléjournal Cinéma (23:21) Le TVA Décibel Fort Boyard / Marie-Chantal Perron, François Chénier Cinéma / SLIVER (5) avec Sharon Stone, William Baldwin Le TVA Sports (22:54) Évangélisation (23:17) Ciel! Mon Pinard / La Charcuterie En pleine nature / Quelle aventure - La Forêt vierge.Le plaisir croît avec l'usage./ Andrée Lachapelle Cinéma / SACCO ET VANZETTI (3) avec Riccardo Cucciola, Gian Maria Volonte Arts et.(23:34) Hercule La Porte des étoiles Cinéma / LE MASQUE (4) avec Jim Carrey, Cameron Diaz Le Grand Journal La fin du monde Cinéma / LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND (3) Pulse Travel, Travel Little Men Touched by an Angel Cinéma / THIS MATTER OF MARRIAGE (6) avec Leslie Hope, Rick Peters CTV News Pulse/sports News Popular Who Wants to be a Millionaire?News Honey, I Shrunk the Kids.Adventures of Jules Verne Cinéma / HAPPY GILMORE (5) avec Adam Sandler Sunday Report Undercurrents Sunday Report Reflections News ABC News Cinéma / LARGER THAN LIFE (5) avec B.Murray, J.Garofalo Who Wants to be a Millionaire?The Practice News Star Trek.Friends 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma / NIGHT SINS (5) avec Valerie Bertinelli, Harry Hamlin (1/2) ER NBC News Olympic Trials / Track & Field Cinéma / DEVIL IN A BLUE DRESS (4) avec Denzel Washington Cinéma Cinéma (16:00) Anyplace.Stokes Birds Naturescene Nature / Animal Attractions Anne of Green Gables: The Continuing Story (1/2) Mystery! An Unsuitable Job.BBC News Religion.Ballykissangel Evening at Pops / J.Williams Buena Vista Social Club News Cinéma Cinéma (16:00) Law & Order Biography: Oprah Winfrey: Heart of the Matter Face to Face: The Schappell Twins Isabella Rossellini Arts, Minds Painted.Star Art Cinéma / WATERSHIP DOWN (3) Dessins animés Cinéma / JONATHAN.(3) .Animal Juste pour rire Le Goût du monde / Galice Couples.Scandales! Biographies / F.Gaudet-Smet Les oiseaux se cachent.Twin Peaks Bénélux.Russian.Focus Grec Télé-série Grèce Lica (Serb.) Caribbean.Kontakt (Ukraine) .juive L'art qui fait boum! Concordia.April-Fortier N.A.S.A.Educational File Mémoire des arts .mouvement féministe Documentaires tout court How'd they do that?Summer@.Encounters Disc.Sunday Showcase Discovery Sunday Showcase Deadly Force: Wrestling.Summer@.Encounters Prêt à partir Les Plus Beaux Voyages.La Route.postale Romantique Airport Odysseus Visites.Prêt à partir So Weird Mentors Honey.Cinéma / WILLY WONKA AND THE CHOCOLATE FACTORY (4) Cinéma / THE KARATE KID II (5) (21:45) Cinéma (23:40) For your Love Cheers Futurama King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle The X-Files Profiler One on One Heart of.60 Minutes The X-Files The Practice .Amazon The Boor Le Grand Jeu USA/URSS Tournants de l'Histoire Hist.secrètes de la 2e Guerre Cinéma / LES DERNIERS JOURS (4) avec S.Antin, W.Gotay Les Armes.Châteaux U-Boats / Iron Coffins (3/3) Piece of Cake Crown and Country Cinéma / WAR GAMES (4) avec Matthew Broderick, Ally Sheedy Crown.Fash.Files TV Guide TV Do for Love .Families .Miracles .Homes Life Specials Real World Dogs, Jobs .Miracles .Homes Chic Planète Duo Benezra Ed Sullivan Pop up.Musicographie: Liberace Cinéma / A STAR IS BORN (3) avec Janet Gaynor, Fredric March Musicographie Fax Box-office Groove Concert Plus / Santana Clip Motown Live BBC News Foreign.The Passionate Eye Special Presentation Sunday Report Mansbridge the fifth estate Antiques Roadshow OlympiquadO Mémoires.Le Monde.Canadien.Zone libre Journal RDI Culture-choc Le Téléjournal Sec.Regard Enjeux Passion plein air Sports 30 Mag Golf LPGA / Omnium des États-Unis - Dernière ronde Sports 30 Mag Tennis / La Coupe Davis Salle des nouvelles Nash Bridges La Firme de Boston La Loi et l'Ordre Cinéma / GLOIRE ET ROCK AND ROLL (5) avec Kevin Bacon Prime Suspect Cinéma / CONTROL (5) avec Burt Lancaster, Kate Nelligan F/X: The Series Cracker Cinéma (23:03) Beastmaster Earth: Final Conflict Cinéma / PREHYSTERIA I (6) avec Brett Cullen, Colleen Morris Cinéma / PREHYSTERIA II (6) avec K.R.Connors, J.Harte Sportscentral Wrestling: WWF Heat SPGA Golf / Instinet Classic Sportsdox / Kurt Browning Sportscentral Wrestling: WWF Heat .Skippy A.Lupin Histoires de compositeurs Panorama Branché.Mont-Royal Cinéma / CORDÉLIA (4) avec Louise Portal, Gaston Lepage Paramedics / Blood Ties Trauma - Life in the ER Super Structures Super Structures / Kansai.The Greatest Skyscrapers Super Structures Wipe-outs Sportsdesk That's Golf Golf / Omnium britannique - Dernière ronde Sportsdesk J.Bravo Sabrina.Donkey.Archie.Sam et Max Drôle, voyou Simpson Animania Cap.Star South Park Simpson Splat! 50e Avenue Gourmands Journal FR2 Forts en tête / Namur.French Riviera (1/3) Le Trio (1/3) Jrnl b.(22:40) Jrnl s.(23:10) Soir 3 (23:40) Undersea.Your Health Centre.Imprint Quest /.Human Potential The View from Here The View from Here Allan Gregg Dialogue Vivre à deux Les Copines Révolution du Viagra Trauma / Newark Loi du retour Jeux de.Maigrir.Les Copines SEX'plique Vivre à deux City Mag Place publique Question Santé Rendez-vous avec.Bonjour Qc Média-zone Au fil de l'eau Parole et Vie .Emploi My Diary Boy Meets.Caitlin's.Story Studio S.Holmes Wolves.Lassie Hometown Anti-Gravity A20 Syst.Crash Radio Active Zone extrême Invasion Planète Terre L'Empire des sciences X Files Technofolie Grand Test Total Recall 2070 Sport (23:03) Soccer / Qualifications de la Coupe du Monde: Canada - Panama 7LP0301B0723 b3 dimanche 7LP0301B0723 ZALLCALL 67 00:46:56 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 B 3 PHOTO LA PRESSE © Pour reprendre son souffle entre deux corvées de peinture \u2014 il en a pour 250 heures \u2014 Pierre Légaré lit.Gros mots de Réjean Ducharme, ces temps-ci, qu'il a accepté de laisser pour voyager avec les Originaux et détraqués de Louis Fréchette.Originaux et Légaré lein de choses m'ont fait triper », dit Pierre Légaré, quelques jours après avoir reçu Originaux et détraqués dans une édition de 1943.« Le livre lui-même, l'époque, la langue, l'auteur et les personnages.J'ai fait un beau voyage.« D'abord l'objet lui-même, cette édition Beauchemin des années quarante, aux pages beiges qu'il fallait couper, au papier épais un peu brouillon, m'a plongé dans mon enfance.Un livre comme quand j'étais petit, je me suis dit quand je l'ai reçu ! Ça m'a fait curieux aussi d'apprendre (dans les pages de garde) qu'en 1892, quand Originaux et détraqués est publié pour la première fois, il est enregistré auprès du ministère de l'Agriculture.L'Agriculture, qu'est-ce que ça vient faire là ?Et que l'édition Beauchemin de 43 a son copyright aux États-Unis.Ça m'a fait penser qu'aujourd'hui, on est propriétaire de plus de choses au Québec.» Pierre Légaré replonge donc dans son enfance en ouvrant et en humant le livre, et découvre que ledit livre a été écrit par Fréchette pour ramener à la vie les paysages et les personnages de la propre enfance de l'auteur.« Fréchette dédicace son livre à un ami, pour immortaliser le pays qu'ils ont connu tous les deux dans leur enfance.Il dit que l'histoire, c'est aussi fait d'anecdotes ; en somme, que la petite histoire, c'est aussi la grande.Ce avec quoi je suis tout à fait d'accord.Moi, j'aime les musées où on offre des visites guidées par des gens en costumes d'époque.Un voyage dans l'histoire est aussi olfactif.Il y a des odeurs qui sont moins présentes aujourd'hui.des odeurs de cuir, de bois, de goudron.» Fréchette est un auteur qui décrit si bien, avec des images si justes, ce qu'il voit, sent et entend que Légaré a l'impression d'avoir fait un séjour dans le Lévis-Québec des années 1850.« Louis Fréchette assiste à l'exhumation de la cage de la Corriveau (NDLR : cette femme, accusée du meurtre de son mari, fut la première pendue du Régime anglais.On l'avait exhibée dans une cage avant de la pendre).De son vivant, il connaît les petit-fils de ceux qui ont combattu sur les plaines d'Abraham.Ça, ça m'impressionne.Aujourd'hui, les plaines sont devenues un baisodrome estival.La ville de Québec dont il parle est un centre national et international de trafic maritime par où tout passe, le thé de Ceylan aussi bien que la dentelle de Bruges.Le fleuve est alors rempli de voiles de bateaux de toutes sortes.Ce n'est pas encore une ville de fonctionnaires où les touristes viennent photographier le Château Frontenac.Quand Fréchette est petit, il n'y a pas encore de Château Frontenac.À cette époque, Québec est industrielle et anglaise et l'industrie est aux mains des Anglais.C'est aussi une ville militaire ; il y a une garnison anglaise en pleine ville.C'est l'époque où les quelques notables canadiens-français sont curés, avocats, médecins et où la religion s'étend partout.Si tu veux faire de la politique, tu as intérêt à avoir le curé de ton bord.J'ai aimé ces photos-là de l'époque.Et puis Louis Fréchette n'est plus seulement pour moi le nom d'une salle du Grand Théâtre de Québec, maintenant je le connais.Et qu'il ait été à la fois avocat, député et écrivain, ça me fascine.La langue de nos pères Pour Pierre Légaré, la langue française du 19e siècle, c'est la plus belle langue française.« Elle n'est pas polluée, elle sent encore le latin et le grec.Il y a des déclinaisons, de l'orthographe.Des noms d'arbres que nos enfants ne connaissent plus aujourd'hui, comme les snelliers, les coudriers.J'ai pris un bain de vocabulaire.Il y a à cette époque beaucoup d'influence maritime dans la terminologie de l'architecture \u2014 les charpentiers des navires sont aussi ceux des maisons \u2014, dans celle des emplois, de la vie courante.J'adore lire des bouquins qui m'obligent à avoir mon dictionnaire pas loin.Un exemple.Fréchette écrit male chance.Ça m'a intrigué.J'ai toujours pensé que malchance, c'était le contraire de chance.Mais c'est pas ça.Malchance, c'est une contraction de mal échéance, c'est-à-dire qu'à l'échéance ça a mal tourné.Les gens diront que ce n'est pas important de savoir ça puisqu'on comprend le sens du mot.Moi, j'aime savoir ça.« Aujourd'hui, c'est le fun la mondialisation.On a le world beat en musique.Mais on s'en va aussi vers le world language.Il y a une réduction du vocabulaire.Une réduction du vocabulaire, c'est une réduction de concepts, une réduction de la pensée.Prenons le mot capoté.Il peut vouloir dire absurde, audacieux, marginal, auto renversée, fantastique.Dans cinq ans, capoté voudra dire une chose : pas ordinaire.Les autres sens auront disparu.« Dans les Originaux et détraqués, on voit apparaître des mots anglais.Ils arrivent en même temps que les bateaux à vapeur.Ça ne gêne pas du tout Fréchette de les utiliser.Quand j'étais petit, tout était en anglais dans les garages.Aujourd'hui, depuis que le Conseil de la langue française est passé par là en laissant ses brochures, les termes utilisés par les garagistes sont de plus en plus français.On s'excuse presque quand on utilise un terme anglais.» Parlant d'excuse, le perfectionniste Légaré trouve bizarre quand quelqu'un dit « Je m'excuse ».« C'est comme s'il se pardonnait lui-même, dit-il.Je sais bien que cela veut dire « je vous présente mes excuses », et que c'est accepté aujourd'hui.Mais j'aime mieux quand on dit « Excusez-moi », après tout, c'est à l'autre de nous pardonner.» Les personnages Dans Originaux et détraqués, Louis Fréchette fait le portrait d'une douzaine de personnages qui ont marqué son enfance.Des personnages dont on ne pourrait pas rire publiquement aujourd'hui.« Certains sont des gens bizarres ou originaux, comme le bedaud spirituel qui fait des blagues à l'intention de l'évêque, dit Légaré.Ou comme l'hôtelier très coloré qui ne s'exprime que par jurons comme s'il était en colère extrême, qu'il soit ou non en colère.Quelques personnages sont détraqués, comme on dirait désinstitutionnalisés maintenant.Il y a un cas qui est pitoyable, celui de Grelot.Le pauvre homme est pris en faute quand il gronde des enfants et les appelle grelots au lieu de gredins probablement.Tout le monde finit par l'appeler Grelot, il en fait une maladie.Il est victime de cruauté mentale, finalement.Mais la plupart des portraits sont des têtes heureuses, comme ce Chouinard illettré qui a des problèmes de langage et qui livre le courrier à pied sur un vaste territoire.Même s'il est plus lent que le facteur, les gens lui font confiance.Dans ce temps-là, tu pouvais être original, choisir ta vie.C'était moins organisé.Aujourd'hui on ferait des griefs contre lui.» L'humoriste a bien aimé aussi le personnage de Burns, un « enfirouapeux », un arnaqueur bien particulier qui réussissait à emprunter de l'argent pour aller boire sans jamais remettre l'argent emprunté.« Il avait développé un pouvoir extraordinaire.Il entrait dans un environnement et imaginait les histoires pour arriver à ses fins.» Pierre Légaré, en résumé, conseille à tous ceux qui aiment l'histoire, qui croient que la petite fait partie de la grande, de lire Originaux et détraqués, qui existe en livre de poche dans la collection Boréal.Originaux et détraqués, Louis Fréchette, Boréal Louis Fréchette, un grand conteur ouis Fréchette (1839-1908) fait partie de cette poignée d'écrivains qui, au 19e siècle, ont commencé à donner un peu de noblesse aux lettres canadiennes-françaises.Si l'on se fie à ses Mémoires intimes, Fréchette a été un fils de famille plutôt à l'aise de Lévis : lui seul et ses voisins anglais portaient chaussures à leurs pieds, à leur grand désespoir.Il fut un enfant dissipé compte tenu du nombre d'écoles et de collèges qui l'ont mis à la porte non sans lui avoir donné quelques mémorables fessées.Fréchette, fils d'un homme enteprenant bien qu'illettré, finit par faire son droit et être admis au Barreau.Il a exercé plusieurs professions : journaliste et fondateur de journaux dont l'un à Chicago, journaux trop radicaux pour survivre, rédacteur, traducteur, homme politique en lutte pour la survie de son peuple y compris aux États-Unis.Il se considère avant tout comme un poète, rôle qui lui permit d'être honoré en France par l'Académie française même \u2014 pour la Légende d'un peuple \u2014 et où il put renconter Victor Hugo, son héros (tout autant que Louis-Joseph Papineau).Il se rendit à cinq reprises au moins en France, pays qu'il vénérait.Si Louis Fréchette fut un grand poète, cette poésie paraît un peu dépassée aujourd'hui contrairement à d'autres écrits de l'auteur, notamment ces Originaux et détraqués, que nous avons fait lire à Pierre Légaré, et ces Mémoires intimes, où l'on retrouve le conteur.Car Louis Fréchette est un excellent conteur, un portraitiste qui retient des détails que d'autres n'auraient point vus.Il redonne ainsi vie à une époque \u2014 le milieu du 19e siècle, après la révolte des Patriotes (1837-1838) \u2014 dont on a surtout gardé le souvenir de gens défaits et humiliés.Sous sa plume, qu'il a souvent drôle, un monde s'anime avec ses humbles et ses pédants, ses « Canadiens » et ses Anglais, ses prêtres et vendeurs itinérants.Un monde qui permet de mieux comprendre combien nous venons de loin.Louis Fréchette, Mémoires intimes, texte établi et annoté par George A.Klinck, Fides 1961.La plupart des textes rassemblés ont paru d'abord dans Le Monde illustré (1900) une revue qui soutenait l'École littéraire de Montréal.On peut trouver en poche deux ouvrages de Fréchette : Originaux et détraqués (Boréal) et Noël au Canada français (10-10 chez Stanké et dans la collection Bibliothèque québécoise).Louis Fréchette 7LP0401B0723 B-4 dimanche - ARTS 7LP0401B0723 ZALLCALL 67 00:52:55 07/23/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Festival Juste pour rire AUJOURD'HUI EN SALLES Mouffe, maître chanteur Opéra, pop, gospel et chant choral au menu du spectacle de clôture 13h Mentire Maison Théâtre 15h30 Tout Court ! Programme 1 Cinéma 1 19h30 La Symphonie fantastique Monument-National Série Fou Bars en Bars: Bien cuit.médium saignant Isabelle Lapperrière, Érika Leclerc-Marceau et Rudy Magnan Cabaret du Saint-Sulpice 20h Gumboots Salle Pierre-Mercure Julia Migenes Monument-National 20h30 Franck Dubosc Studio Juste pour rire Série Fou Bars en Bars: Isabelle Constant, Michel Sigouin, Omar Guechtal Bistro à Jojo Bien cuit.médium saignant Série Fou Bars en Bars: I.Lapperrière, É.L.-Marceau et Rudy Magnan Cabaret du Saint-Sulpice 21h Sylvain Larocque Cabaret Musée Juste pour rire Pierre Palmade Maison Théâtre Série Fou Bars en Bars: AkA soulo et DJ Storm & Kurtis C Jello Bar 22h Louis-José Houde Baloo's 23h C.O.K.E.Usine C Zone interdite III Cabaret Musée Juste pour rire Série Craven A Fou Bars en Bars: Le Cabaret catastrophique Café Chaos SONIA SARFATI Mouffe se dit femme de ménage : « Tout le monde est un metteur en scène ou un directeur artistique en puissance.Moi, on m'engage pour faire le ménage dans les idées, tirer un fil conducteur, mettre de l'ordre dans le désordre.» Mais dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, elle est plutôt maître chanteur.puisqu'elle met en scène Juste en chanson, le spectacle de clôture du Festival Juste pour rire, présenté ce soir à partir de 22 h sur la place Pasteur.Juste en chanson \u2014 « Je ne comprends d'ailleurs toujours pas pourquoi il n'y a pas de «s» à chanson », note la metteure en scène en entrevue \u2014, ce sera « une célébration de la voix ».Ce, démonstrations à l'appui.Le spectacle fera en effet place à l'opéra, au pop, au chant choral, au gospel, etc.Parmi les invités, donc, une chorale d'environ 400 personnes dirigée par le maître de choeur Frédéric Vogel, la diva Julia Migenes et le ténor Marc Hervieux (pour l'opéra), l'auteur-compositeur-interprète Luc de La Rochellière (pour le gospel : on se souvient tous de Sauvez mon âme!) et les imitateurs Michaël Rancourt et Steeve Diamond.« Mais même si ces deux là sont des humoristes, ils sont invités pour « performer » et non pour faire de l'humour », note Mouffe.On est pourtant à Juste pour rire, non ?Oui, mais dans le Juste pour rire « élargi ».Celui qui étend ses ramifications à.à tout, quoi ! « C'est peut-être la vision que Gilbert Rozon a de la mondialisation », rigole-t-elle.Le grand manitou de Juste pour rire a rencontré Frédéric Vogel dans un avion, et c'est comme ça que l'idée de Juste en chanson (oui, sans s) est née.Le maître de choeur s'est ensuite chargé de recruter la dizaine de chorales qui, unies, formeront le méga-choeur que l'on entendra ce soir \u2014 et qui arrivera sur scène au fil de la représentation, en un crescendo de personnes et de voix.Là se trouve d'ailleurs l'un des rôles de la « femme de ménage » de service : orchestrer les déplacements de tous ces gens dans un espace aussi exigu (en tout cas, pour autant de personnes !) que la place Pasteur.Mais Mouffe n'en est pas à un défi près et elle aime expérimenter.Un peu de tout, au moins une fois.En ce qui concerne le contenu de la soirée, la metteure en scène parle de chansons contemporaines et d'ici comme Toujours vivant, Sauvez mon âme et Le Temps des cathédrales et d'oeuvres immortelles telles O Fortuna (le plus connu des extraits de Carmina Burana) ou L'Hymne à la joie de Beethoven.Le tout commençant à 22 h précises.« Parce que le spectacle dure une heure, explique Mouffe, et qu'à 23 h, les pompiers nous débranchent.» Et même si pour les organisateurs de l'événement, la réalité est passablement autre, aux yeux du commun des mortels, le Festival plongera alors dans un coma dont il ne s'éveillera que l'été prochain.JUSTE EN CHANSON sur la place Pasteur (angle des rues Saint-Denis et de Maisonneuve), à 22 h.PHOTO PATRICK SANFAÇON, La Presse © Les chanteurs Steeve Diamond et Luc de La Rochellière (au centre) sont au nombre des invités au spectacle de clôture du Festival Juste pour rire.Pour sa part, Frédéric Vogel (à droite) dirigera une chorale d'environ 400 personnes tandis que Mouffe fera la mise en scène du show présenté sur la place Pasteur, ce soir, à 22 h.GRATUIT 18h15 OK on jam ! Angle Berri et de Maisonneuve 18h Initiatic Car Wash Craven A: Unlimited Makers of America Ruelle Paul-Émile Borduas 18h30 Cinérama Arts forains Leclerc Cinématographe Arts forains Leclerc L'homme idéal Arts forains Leclerc Le marché aux paroles Arts forains Leclerc Marco le magnifique Place Loto-Québec Comédie percutante \u2014 Bam Parc urbain Labatt Bleue Symposium des arts visuels Rue Émery, entre Saint-Denis et Sanguinet 18h45 - 20h15 Par ici la visite Arts forains Leclerc 19h - 20h30 Phénomène paraît normal Place Loto-Québec 19h30 Hollywood Sofa Place Loto-Québec 19h45 - 21h30 Eugène, le roi de la frite Arts forains Leclerc 20h The Field - Strange Fruit Parc urbain Labatt Bleue 20h - 21h45 Jean-Louis 2000 Arts forains Leclerc 20h30 Eugène, le roi de la frite Arts forains Leclerc 20h45 Marco le magnifique Place Loto-Québec 21h Soirée tzigane - Urs Karpatz Place Loto-Québec 21h15 Imaginaire - Cirque Éos Parc urbain Labatt Bleue 22h Juste en chanson Place Pasteur Phénomène paraît normal Place Loto-Québec Le Feu - La Salamandre Parc urbain Labatt Bleue PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Parmi ceux qui ont fait rire la salle, on trouve l'humoriste Rich Hall qui s'est présenté en annonçant qu'il était Américain et qu'il était désolé pour tout.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Eric Idle, animateur du gala anglophone, n'était pas monté sur une scène montréalaise depuis 1974.Mais l'ancien membre du célèbre groupe Monty Python a brillamment donné le ton.Avec Eric Idle: une soirée placée sous le signe de l'humour iconoclaste MARC-ANDRÉ LUSSIER collaboration spéciale Ça commence à devenir agaçant.Les galas du festival Juste pour rire étant conçus expressément pour être diffusés à la télévision, les humoristes nous rappellent sans cesse à quel point on leur demande de « faire attention » pour l'occasion.Vendredi soir dernier, lors du gala anglophone animé par Eric Idle, ils ont heureusement été quelques-uns à balancer la consigne du revers de la main en tenant des propos bien corsés, souvent très drôles, à l'écart de toute rectitude politique digne de ce nom.Bref, ils ont été quelques-uns, pas tous, à nous donner un vrai show.L'ancien membre du célèbre groupe Monty Python, qui n'était pas monté sur une scène montréalaise depuis 1974, a d'ailleurs donné le ton en interprétant d'entrée de jeu une chansonnette grivoise \u2014 et plutôt décapante \u2014 rendant hommage au membre viril de l'anatomie masculine.Après avoir salué les deux communautés linguistiques qui ont formé ce grand pays membre du Commonwealth, et parlé un peu de la vieille Albion (« le pays des silly old Queens \u2014et je ne parle que des critiques ! »), Idle a évoqué la grande époque des Monty Python pour un public qui, manifestement, connaissait déjà les numéros sur le bout de leurs doigts.La nostalgie a d'ailleurs atteint son point culminant lorsque Terry Jones, en ville afin de présenter un film dans le cadre du festival, a rejoint son vieux complice sur scène pour interpréter avec lui Are You A Goer ?, un sketch pratiquement vieux de trente ans.Vif d'esprit, sachant composer avec les imprévus, balançant les pires vacheries avec une proverbiale élégance, Idle fut un excellent présentateur.Parmi les temps forts de cette soirée placée sous le signe de l'humour iconoclaste, signalons la prestation de Bobby Slayton, judicieusement surnommé le « pitbull » de la comédie.Animateur du Nasty Show, l'humoriste américain dégaine sur un rythme d'enfer des propos incendiaires, parfois salaces, souvent odieux.Et c'est hilarant.Dave Chappelle a aussi offert un excellent numéro.D'autant qu'après un début efficace mais relativement « propre », Chappelle a manifestement décidé de faire lui aussi fi des consignes et s'est alors jeté à corps perdu dans un humour plus hard, où figuraient obligatoirement les frasques libidineuses du président Clinton.Susie Essman, la seule fille de la soirée, a aussi effectué un excellent numéro (le couple et le sexe, on y revient toujours !), de même que Rich Hall qui s'est présenté en annonçant qu'il était Américain et qu'il était désolé pour tout.L'humoriste écossais Harry Hill, qui semble ressentir les contrechocs d'une électrocution permanente, a lui aussi marqué des points avec sa vision très allumée, et pour le moins particulière, du genre humain.La partie « variétés » nous aura quant à elle donné droit au meilleur et au pire.Les artisans de Gumboots, venus offrir un extrait du spectacle en fin de soirée, ont pratiquement volé le show.Un énergumène répondant au nom de Trampoline Guy aura par contre mis nos nerfs à rude épreuve.Ce clown là a tenté de « réchauffer » la salle en utilisant des trucs usés à la corde, et est ensuite revenu plus tard afin de présenter son numéro « officiel ».Bien sûr, tout ne peut être d'égale valeur dans un spectacle qui privilégie une formule aussi ouverte, mais est-ce une raison pour laisser passer n'importe quoi ?Des vrais prix.pas juste pour rire SONIA SARFATI Le Festival Juste pour rire remettait hier ses prix \u2014 des vrais, pas des « juste pour rire » \u2014 dans le cadre d'une première cérémonie officielle tenue devant les artistes, les membres des jurys et les représentants des médias.Laurent Paquin, l'excellent animateur du Gala du Cabaret (encore à l'affiche ce soir), a ainsi été sacré Révélation du Festival pour le Québec.Du côté des invités français, les 6 Clones \u2014 six imitateurs qui se sont fait aller dans la rue et dans quelques galas francophones \u2014 ont obtenu le prix que Franck Dubosc avait remporté l'an dernier.Toujours en humour \u2014 car, oui, il y en a encore à Juste pour rire \u2014, le Prix de la relève est allé au duo Les Denis Drolet (formé par Sébastien Dubé et Vincent Léonard), avec mentions spéciales à Thierry Samitier (du Gala du Cabaret \u2014 on répète : encore à l'affiche ce soir) et à Jean-Thomas Jobin (du spectacle Pas de classe).Chez les anglophones, Al Rae, de Winnipeg, a remporté le Homegrown Comic Competition National Championship.Du côté du volet extérieur de l'événement, le Coup d'rue 2000 est allé à Méphistomania, le très beau spectacle déambulatoire (donc, vu par beaucoup.et beaucoup plus puisqu'il sera repris ce soir dès 21 h 30 dans le Quartier latin) de la compagnie française Friches Théâtre Urbain.En ce qui concerne le prix du Symposium des arts visuels (parce que Juste pour rire donne maintenant, aussi, dans ce domaine), les festivaliers ont voté pour l'oeuvre Sol du sculpteur François Corriveau.Pour ce qui est de l'improvisation (rien à voir avec la remise des prix qui, faut l'admettre, allait cahin-caha), le trophée Mondial d'impro Juste pour rire a été décerné à l'équipe du Québec et le prix Robert-Gravel \u2014 remis au joueur jugé le plus sympathique par ses pairs \u2014 est allé à Christian Sinniger de l'équipe parisienne.Petit (ou grand?) saut, maintenant, au cinéma.En cette première année, Comedia fait déjà des heureux.Le prix du public est allé à La Vie après l'amour de Gabriel Pelletier (prix que Michel Côté est venu recevoir \u2014 remerciant pour l'occasion « le grand, en haut.là : Gilbert Rozon »).Les membres du jury présidé par l'actrice Judith Godrèche ont quant à eux décerné le prix du meilleur film à In China They Eat Dogs de Lasse Spang Olsen, du meilleur acteur à Michel Vuillermoz (dans André le Magnifique d'Emmanuel Silvestre et Thibault Staib), de la meilleure actrice à Janeane Garofalo (dans The Independent de Stephen Kessler), du meilleur scénario à Tuvalu de Veit Helmer (qui a aussi reçu le prix spécial du jury).En ce qui concerne les courts métrages, pour Tout court !, le prix du public est allé à Jean-François Rivard pour Kuproko et celui de l'industrie, à Jean Rousselot pour Hommage à Alfred le petit.C'est Franck Dubosc, égal à lui-même (que dire de plus !), qui est monté sur scène pour recevoir la récompense au nom du réalisateur français: « Je remercie les gens qui sont dans l'ombre, donc.thank you everybody », n'a-t-il pu s'empêcher de lancer.Finalement, pour Eat My Shorts, le prix du public et celui de l'industrie sont allés à Charlie Call pour Peep Show. La Presse 23 juillet 2000 Page B5 manquante 7LP0601B0723 b6 dimanche 7LP0601B0723 ZALLCALL 67 00:47:13 07/23/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 L'inconnu de Novi Sad Petits livres pour petites mains etite suggestion au comité du prix Nobel : veuillez décerner ce prix à Aleksandar Tisma, 76 ans, demeurant à Novi Sad, dans la Voïvodine, province du nord de l'ex-Yougoslavie.Chers membres du comité, ce geste permettrait au monde de mieux connaître un très grand romancier et ce serait, en plus, un bon coup politique, car Tisma (ça se prononce « Tishma« ), moitié juif, moitié Serbe, a été fidèle résistant toute sa vie, et n'a jamais quitté sa ville de Novi Sad que pour rencontrer ses lecteurs et ses collègues.Tisma doit avoir besoin d'argent aussi.La dernière fois que je l'ai vu, en mars 1999, deux semaines avant que le bombardement l'ait momentanément chassé de sa ville, il portait, c'est vrai, costume et cravate.Mais les deux morceaux étaient généreusement tachés.Les temps sont durs à Novi Sad .J'aime bien Tisma, l'homme et l'oeuvre, mais je doute fort que l'Académie suédoise prête oreille à mon plaidoyer.Les romans de cet auteur reflètent bien son époque, c'est-à-dire, ils tirent sur le sombre.Au comité du prix Nobel, en général, on préfère primer les auteurs dont l'oeuvre célèbre l'esprit humain, le côté humanitaire de l'humain.Et c'est une denrée qui manque à l'époque et à l'oeuvre de Tisma.Mais ça, ce n'est pas sa faute.On ne choisit pas de naître, et encore moins en 1924, dans le nord de la Yougoslavie.J'aime bien Tisma parce qu'il enquête sur les problèmes de l'identité.D'ailleurs, son enquête précède de loin la mode « identitaire » que nous observons aujourd'hui dans des colloques universitaires partout en Occident.Tisma sait que la quête de l'identité est une cause perdue d'avance, un voyage vers un vide, vers un secret honteux et inavouable : je ne sais pas qui je suis ; est-ce possible que je sois rien ?Cette quête nous pousse à faire bien des choses dans la vie.Dans son roman L'Usage de l'homme, un homme prend pour épouse une femme, non pas pour sa beauté, son charme, même pas pour son argent (s'il y a une chose qui manque dans les livres de Tisma, c'est l'argent), mais parce qu'elle possède une identité stable.Elle n'a jamais perdu son pays, elle sait qui sont ses parents, ses grands-parents, elle a une famille, une place.Tout ce qui manque à son prétendant qui espère, par quelque procédure magique, remplir son vide en l'épousant.Je lui souhaite bonne chance.Comment décrire l'ambiance des romans de Tisma ?L'incertitude, l'angoisse, des personnages obsédés, comme on en voit chez Dostoïevsky.Je viens de finir la lecture de Kapo, mon troisième livre de Tisma.À la première page, un homme se promène en camion en Bosnie, c'est l'après-guerre (la Deuxième Guerre mondiale), et il remarque, par terre, une feuille d'un journal en langue étrangère.Sur la feuille, un nom qui lui est connu.Un nom de femme.Cet homme, qui s'appelle Vilko Lamian, a un secret à cacher à ses semblables.Mais a-t-il vraiment des semblables ?Tout indique que non.Après la Guerre, il s'est trouvé un emploi respectable, mais il vit dans l'isolement complet, il se terre dans un logement d'une seule pièce, car il a peur qu'on le reconnaisse.Son secret est, en effet, honteux.Pendant la Guerre, Lamian a été interné au camp de concentration de Jasenovac, en Yougoslavie, et ensuite, à Auschwitz.Il a survécu aux deux camps en se faisant « kapo, » un prisonnier qui aidait les nazis dans leur travail de destruction et de meurtre.Qu'est-ce qui explique ce comportement ?Pourquoi un individu voudrait-il s'identifier à ceux qui veulent sa mort ?Ce choix, tout inhumain qu'il soit, trouve son explication dans les pages du Kapo.Chez le prisonnier Lamian, il y a plus que la volonté de survivre à tout prix.Il y a la guerre qu'il mène contre lui-même.Lui, Lamian, demi-juif, cherche à persécuter la moitié dont il a honte, la moitié qui le rend vulnérable.Cet homme part en guerre contre lui-même.Tout comme l'ex-pays de Tisma a fait, cinquante ans plus tard.Et notez bien, le roman de Tisma est sorti quatre ans avant la dissolution de la Yougoslavie.À Lamian, il n'a pas suffi de survivre.Ni d'avoir conduit ses semblables à la mort.Ni d'avoir profité charnellement des femmes avant qu'elles ne passent au crématoire ou au gaz.Esprit obsédé, dévoré de dégoût de soi, Lamian cherche à retrouver une femme qu'il a connue au camp, Helena Lifka, et qui a par miracle survécu.Il se met à la traquer de ville en ville, mais en quête de quoi ?Un nouvel amour, donné, cette fois, de plein gré ?L'absolution ?Sa propre mort ?Le chemin de Lamian l'amène jusque dans l'appartment d'Helena Lifka, et ce qu'il y trouve, seuls les lecteurs de Tisma le découvriront.C'est vrai, ce n'est pas avec une telle vision des choses que l'on gagne des prix Nobel.Mais ce n'est pas la faute à Tisma.C'est la faute à son siècle.Le Kapo, Aleksandar Tisma, traduit du serbo-croate par Madeleine Stevanov, L'Age d'Homme/Éditions de Fallois.Également recommandé : L'Usage de l'homme et Le Livre de Blam.a maman, elle n'aime pas balayer.Ma maman, elle n'aime pas tricoter.Ma maman, elle n'aime pas cuisiner ni laver la vaisselle.Ma maman, elle est formidable.» C'est tout.Et c'est, en même temps, toute une histoire que parviennent à raconter Rascal et Émile Jadoul dans Ma Maman (Pastel).Une histoire en quelques mots et en quelques illustrations (maman et Fiston transformant les balais en échasses, jouant parmi les moutons, etc.).L'auteur et l'illustrateur démontrent ainsi qu'il est possible de faire d'un bébé-livre (car c'en est un, tout cartonné pour survivre aux étreintes baveuses et aux éclaboussures de purée de carottes) un objet ludique.Pas un simple étalage de belles images porteuses de message ou à saveur didactique.C'est la démarche qu'a d'ailleurs adoptée Dominique Jolin avec sa charmante série Toupie (Dominique et cie), dont deux nouveaux titres, les onzième et douzième, viennent de paraître : Le shampoing de Toupie et Toupie fait la sieste.Petit rongeur adorable, Toupie ne fait rien sans Binou, son chaton (de peluche ?).Grâce à des illustrations qui sont, chacune, une drôle de fête pour les yeux (l'humour y est en effet omniprésent) et en adoptant le point de vue de Toupie pour raconter les petits faits quotidiens, se laver la tête et faire un p'tit dodo deviennent en soi de grandes aventures.Un esprit ludique que l'on retrouve dans la série Didou de l'auteur-illustrateur Yves Got (Albin Michel Jeunesse).Didou, lui, est un lapin qui partage ses câlins, ses bêtises, ses jeux et même son petit pot avec son nounours nommé.ben, Nounours ! Cela donne Didou aime les câlins, Didou aime faire des bêtises, Didou aime jouer et Didou aime son pot.C'est rigolo comme tout.Et c'est pour les bébés-unpeu- plus-grands : pas de carton plastifié, ici, mais des pages de papier.Parlant matériaux, un superbe échantillon de genres et de textures est présenté aux tout-petits dans Jaune comme., Bleu comme., Rouge comme.et Vert comme.(Albin Michel Jeunesse).Le poussin est en flanelle, l'imperméable est en plastique, l'oiseau est en plume, le coeur est en dentelle, etc.Même les illustrations de simple carton ne sont pas sans surprises : la couverture se soulève, montrant les jambes de bébé ; la benne du camion s'ouvre, montrant moutons et cheval ; etc.C'est coloré, charmant.et ça se lit avec accompagnateur : les aiguilles du réveil ou les languettes que l'on tire et que l'on pousse ne survivront pas longtemps aux petites mains impitoyables.Finalement, les deux coffrets produits par Québec Amérique Jeunesse \u2014 en puisant visiblement dans la banque d'illustrations bâtie pour l'édition des dictionnaires visuels : Mes premiers mots (Ma chambre, À la maison, Le Repas et Les Animaux) et Visite les animaux (Dans l'eau, Dans les régions polaires, Dans les plaines et Dans les forêts).Le résultat est de qualité sur le plan de la fabrication mais manque de chaleur (c'est souvent l'impression que dégagent les dessins et les montages de photos réalisés à l'ordinateur) et d'imagination dans le contenu.Ainsi, dans le coffret Visite les animaux, chaque photo est accompagnée d'une phrase bébête genre : « Le beau cygne blanc ouvre ses ailes ».Waow ! On peut également regretter que dans le livre sur les animaux des régions polaires, le mammouth côtoie le manchot et le boeuf musqué comme si on pouvait, lui aussi, le retrouver dans le premier zoo venu.Ou encore que le livre représenté dans Mes premiers mots/Ma chambre soit l'un de ceux que l'on retrouve dans le coffret Visite les animaux\u2014 passons sur l'autopromotion.mais pourquoi avoir mis là l'édition anglaise du bouquin (With the Animals/In the Forest) ?Un beau cadeau pour une sale journée d'été es nouvelles de Jean Chaumely nous promènent surtout de Paris à Montréal et inversement, autrement dit en terres connues.La balade est quand même agréable et si on en pince pour l'exotisme, il ne faut pas manquer une fameuse virée en Amérique latine du Nord, de part et d'autre du Rio Grande, où on voit se nouer et se dénouer, parmi les congressistes des métiers de l'imprimerie de France, des liaisons dont la figure centrale, appelée « la cowgirl de Bougival » pour une de ses fantasques fantaisies, et toute catin soit-elle, n'en suscite pas moins la concupiscence de tous les hommes, du plus relax au plus pète-sec, et la crainte justifiée de toutes les femmes, épouses ou maîtresses.Ces moeurs qui n'ont pas vieilli ont pris d'autres visages et l'auteur en a tenu compte en situant l'action dans les années soixante-dix du siècle qui s'achève.Cette prudence l'honore, mais plus encore la liberté avec laquelle le moraliste déjoue les calculs qui sont le pain quotidien des hommes et des femmes de tous les temps, obsédés à des degrés divers, mais jamais minimes, par le pouvoir et l'amour, dans toutes leurs acceptions.Il n'y a rien là de condamnable, sauf pour qui prétendrait se situer au-dessus de l'humaine condition, en des lieux éthérés, sans odeurs ni saveurs, où on ne doit pas rigoler tous les jours.M.Chaumely, de toute évidence, place le plaisir par-dessus toutes choses, y compris, manifestement, celui d'écrire.Sans doute faut-il y mettre quelque peine, que le lecteur n'est pas tenu de remarquer, encore moins de partager.On n'entre pas dans les nouvelles de M.Chaumely comme dans une auberge espagnole : les draps sont frais et la table est mise.Il ne reste plus qu'à en goûter les délices, qui sont les fruits d'une observation très fine des êtres, des lieux, des climats et atmosphères.Selon cette approche douce, qui pourtant n'interdit rien, il s'agit moins d'imaginer des situations extraordinaires que de débusquer dans la banalité ce qu'elle peut cacher des émotions et des ambitions, grandes ou petites, qui font courir tout un chacun à sa perte, comme il convient.Ainsi en est-il du « Vieux monsieur du rez-de-chaussée », l'homme de la machine à inventer l'histoire, qui pourrait prétendre tout refaire depuis Ève et Adam et se contente de simples retouches aux événements du siècle qui l'intéresse, le dixhuitième.Le fantastique, ou peut-être est-ce de la science-fiction, n'est pas la meilleure part du recueil.M.Chaumely s'amuse davantage à assister, encore que pudiquement, aux ébats d'un abbé dans un bordel de la rue Saint-Sulpice, à deux pas de la célèbre église, aux vengeances sagement mûries qui assurent aux assassins la sérénité nécessaire à l'exécution d'un crime parfait ou aux amitiés qui sont éternelles parce qu'elles n'en finissent jamais d'être trahies.De nouvelles brèves en nouvelles plus élaborées, et avec un bonheur presque toujours égal, l'écrivain sans cesse fait naître des personnages qui brillent un instant puis s'éteignent, sans faire de chichi : leur destin les a rattrapés.Ils nous auront fait sourire un instant, ou nous auront émus.C'est un beau cadeau pour une sale journée d'été.Demandez nos féeripéties, d'André Truand, n'est pas mal non plus, même si on éprouve à lire ce recueil le sentiment que l'influence de Jacques Prévert y est trop marquée pour laisser deviner ce qu'il y aurait de plus personnel chez l'auteur, aussi bien dans le contenu que dans la manière.Félix Leclerc, qui écrivit il y a longtemps une lettre qui sert de préface à cet ouvrage longtemps inédit, ne s'y était pas trompé.Il cite aussi Jarry, Guy Maufette, Devos, Ducharme, Sol et Trenet.C'est dire assez que M.Truand est en bonne compagnie, car voilà de bien aimables lurons.Le recueil réunit par thèmes des poèmes qui ressemblent à des chansons qui ressemblent à des contes qui ressemblent à des saynètes qui ressemblent à des poèmes.Il n'y en a pas pour tous les goût mais pour le bon seulement, qui donne enfin leur chance aux cancres et envoie les méchants au diable.Dans l'univers de M.Truand, les hommes peuvent se transformer en oiseaux et regarder de très haut, non sans une certaine tendresse, les moins chanceux qui n'ont pas su, ou pas pu, ou pas voulu briser leurs chaînes.Tout chante ici la liberté, y compris celle de verser une larme sur de vieilles amours d'enfance, toutes neuves pour n'avoir été que rêvées.regimartel@sympatico.ca La Machine à inventer l'histoire, Jean Chaumely, Trait d'union, 184 pages (HHH) Demandez nos féeriepéties, André Truand, Stanké, 246 pages (HHH) 7LP0701B0723 b7 dimanche 7LP0701B0723 ZALLCALL 67 00:47:44 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 B 7 Rires jaunes pour série noire occasion fait le larron, paraît-il.Tandis que le Festival Juste pour rire battait son plein, j'ai estimé qu'une brève pause dans mes pérégrinations littéraires internationales était de mise, histoire de m'attarder à l'hégémonie de l'humour sur la culture québécoise.N'étant certes pas le premier à remarquer l'omniprésence des humoristes patentés dans notre vie quotidienne, je vous ferai grâce de réflexions sociologiques bidon sur ce qu'implique notre obsession nationale pour les blagues, farces et autres trucs soi-disant drôles.Bien que j'aie moi-même tâté de la comédie à l'adolescence, je vous avouerai qu'une bonne partie de ce qu'on nous offre au rayon du « comique québécois » m'inspire à peine le sourire.Ce n'est pas une question de snobisme.J'aime rigoler autant que n'importe qui et apprécie à sa juste valeur le travail des Yvon Deschamps, Pierre Légaré, Daniel Lemire, Guy A.Lepage, Claude Meunier, Dominique Lévesque et Dany Turcotte, etc.J'ai beaucoup de plaisir aussi à écouter Anthony Kavanagh \u2014 solidarité ethnique, diront mes détracteurs \u2014 mais trouve Normand Brathwaite passablement ennuyant \u2014 rivalité ethnique, sans doute.Et à quelques exceptions près, le reste de nos diplômés de l'École de l'humour me laissent de glace mais, bon, on ne va pas s'étendre indûment sur le sujet.Ce long préambule pour en arriver à vous parler du premier roman de Daniel Da, Les Aventures hallucinantes de Gusse Oualzerre : L'oeil privé.Juste au cas où le jeu de mots vous aurait échappé, je vous signale qu'il s'agit d'une parodie de série noire, mettant en scène un private eye amateur qui sera par la force des choses mêlé à un histoire de trafic de came et d'enlèvement, fertile en rebondissements invraisemblables.De toute évidence, avant de s'éteindre en début d'été, le prolifique Frédéric Dard aura fait des petits \u2014 sur le plan littéraire, s'entend.Les exploits de San Antonio et de Béru auront incité maints écrivains ou écrivaillons d'ici à commettre des pastiches de polar, notamment Robert Malacci, Nando Michaud et le fantaisiste Ghislain Taschereau.Parmi ces livres dont la réussite dépend bien sûr des talents littéraires du signataire, j'aimerais signaler l'excellent Paul Martin est un homme mort de Patrick Nicol (VLB, 1997), une féroce satire de la classe politique canadian \u2014 dans la mesure où le terme « classe » puisse s'appliquer à cette faune \u2014 dont j'ai gardé un souvenir fort agréable.Je doute fort que Daniel Da avait en tête de telles visées satiriques en écrivant Les Aventures hallucinantes de Gusse Oualzerre, et malvenu serions-nous de le lui reprocher.Manifestement, l'auteur ne cherchait qu'à amuser le lecteur en déconstruisant la forme usée du roman de détective et, sur ce plan, il y est parvenu.Petit bouquin à la couverture vierge d'un rouge pétant, vendu dans un sac en plastique pareil à ceux dans lesquels on garde les pièces à conviction, le livre de Da reprend et dévoie tous les poncifs du genre avec un malin plaisir\u2014 le ton blasé du détective, l'apparente trahison d'une ex-amante, la passion dévorante pour une nouvelle flamme, le kidnapping qui n'en est peut-être pas un, les flics ripoux et peu sympathiques, les personnages peu recommandables dont on ne saurait dire s'ils sont des bons, des brutes ou des truands.Qui plus est, la narration est truffée de bons mots et de formules assassines\u2014 dans un polar, même un pseudo, voilà qui est de rigueur, non ?Allez, je vous cite un passage en guise d'avant-goût : « Vous savez combien de beignets il faut engouffrer avant d'obtenir le droit de tirer sur des corps parce que leur peau n'est pas de la bonne couleur ?Mmm ?» de demander l'inspecteur Ross Hainré à notre héros.« On ne naît pas, on ne devient pas flic ou raciste, Oualzerre : on nous le fait devenir.» Un autre, plus intello, où Oualzerre discute culture avec son ennemi Begamâdé : « Si je n'avais pas perdu tout ce temps à lire l'oeuvre de Sartre, j'aurais pu m'occuper de celle de Foucault.Aujourd'hui, je serais non seulement cultivé mais lucide.» « À la mode, voulez-vous dire.D'ici quelques générations, Foucault ne sera plus qu'une vieille amphore bourrée de gémissements stériles.On fera de lui un tyran, tenez.» Ces extraits, je crois, donnent un idée du ton, qui relève moins du comique de nos humoristes de scène que ce que mon pote Stéphane Bourguignon appelle avec un brin de sarcasme de « l'humour de romancier ».En somme, quoique le roman aurait gagné en efficacité si l'auteur avait élagué sa laborieuse mise en situation, ce premier tome des Aventures hallucinantes de Gusse Oualzerre se laisse néanmoins lire avec un sourire \u2014 et parfois même quelques francs éclats de rire.Que demander de plus ?En terminant, Festival juste pour rire oblige, je m'en voudrais de ne pas citer un extrait de Jacques Godbout : : le devoir d'inquiéter, un désopilant essai signé Yvon Bellemarre, admirateur et exégète attitré de l'oeuvre du Grand Seigneur de nos lettres : « Même si quelques esprits envieux ou chagrins lui reprochent son manque de profondeur, il n'en demeure pas moins juste d'affirmer que Godbout exerce avec bonheur l'art de l'écriture et stimule les esprits léthargiques par ses images provocantes.» Les diplômés de l'École de l'humour peuvent aller se rhabiller : ça, c'est du grand comique ! À quand une monographie sur les rapports entre technique du zapping et changements de paragraphe inopiné dans l'oeuvre de Richard Martineau, le dauphin désigné de Godbout ?Les aventures hallucinantes de Gusse Oualzerre : L'oeil privé, Daniel Da, L'effet pourpre, 271 pages.Jacques Godbout : le devoir d'inquiéter, Yvon Bellemarre, Humanitas, 176 pages.Éloge de la paresse Regard sur un siècle «technolâtre» é le 24 juin 1911, l'écrivain argentin Ernesto Sabato a fait des études scientifiques, lui qui entrevoit un « univers de pureté » dans les mathématiques, mais abandonne la science au début des années quarante pour écrire, dit-il, des « romans aux fictions démentielles » (dont Le Tunnel, 1948).Il a été communiste, a frayé avec le surréalisme à Paris, a écrit, en Argentine, pour la revue Sur, dirigée par Victoria Ocampo.Les collaborateurs de la revue se réunissaient chez celleci et discutaient « sous le regard ironique de Borges », peut-être le plus connu des écrivains argentins.Ernesto Sabato a aussi présidé la Commission nationale sur les disparus, créée en 1984 en Argentine pour enquêter sur les crimes de la dictature implantée à la suite du coup d'État de 1976.Le rapport final, 50 000 pages d'atrocités, fut dactylographié par des secrétaires en larmes qu'il fallait remplacer lorsqu'elles n'en pouvaient plus.À 86 ans, Sabato a écrit ses mémoires, titrés Avant la fin, où il balaie du regard sa vie, son siècle, sans faire (ou presque) de confessions.Ses « vérités les plus atroces », on les retrouvera ailleurs, dans ses romans, « ces sinistres bals costumés ».Ici, il évoque, raconte brièvement, sans jamais décrire en profondeur, et sa rencontre avec « Che » Guevara ou avec l'écrivain Witold Gombrowicz, il ne fait que les nommer.Il décrira cependant celle avec l'essayiste Cioran à Paris.C'est le livre d'un homme dans la période la « plus triste » de sa vie, qui a perdu sa femme et son fils, et dont les mémoires se transforment peu à peu en constat dévastateur sur notre époque « technolâtre et scientiste », où l'on pourrait régler les problèmes de la faim dans le monde avec « un demi pour cent des dépenses d'armement ».« Nous avons atteint l'ignorance à travers la raison », déplore Sabato.On lira Avant la fin non pour l'ensemble, un peu épars et inégal, ou pour l'idéalisme de l'écrivain, peu réaliste et irritant par moments.Mais parce qu'en racontant ses souvenirs sans creuser le passé, semble-t-il, mais en n'en livrant que ce qui surnage, Sabato fait des choix qui frappent l'imaginaire.Son texte est par ailleurs parcouru de citations de grands artistes et penseurs, dont Nietzsche (« Les valeurs ne valent plus rien ») ou Goya (« Les rêves de la raison engendrent des monstres »).Et Sabato, assoiffé d'Absolu, parle d'Artaud, trouvé mort un soulier à la main, et de plusieurs écrivains morts « dans la foi la plus ingénue »: Dostoïevsky, Kierkegaard, et « ce diabolique Rimbaud ».Avant la fin, Ernesto Sabato, Seuil, 218 pages (HHH) lle est la mère de tous les vices, pas celle de tous les crimes.C'est à une autre que l'on doit l'homicide, le vol, le viol, la guerre et autres rejetons attardés de la Volonté de puissance.La paresse, si elle n'accouche pas d'enfants forts, en pond de tranquilles et de tranquillement vicieux.On lui doit entre autres le bon goût et la coquetterie aristocratiques, le spleen romantique, le cynisme doux-amer des princes déchus, la siesta des gens qui ont chaud à l'année, et ce qu'on appelle, ici souvent avec envie, l'art de vivre.Un paresseux, forcément, le seul mal qu'il peut faire est celui de ne rien faire.Comme méchant, on peut trouver pire.Le Livre de la paresse, établi par Cyril Frey, arrive très exactement au bon moment, alors que le farniente petit-bourgeois a bonne presse et que sont remises en question les idées de dépassement et de l'excellence à tout prix.Passons vite l'introduction moralisante où Frey joue à Finkielkraut et s'énerve à critiquer son époque : « Le portable et l'Internet, loin de socialiser leurs usagers, idéalisent le lointain, l'impalpable, le désincarné dans une relation de risque où la performance (.) importe plus que l'échange.» Passons aussi les jugements sur la bonne paresse opposée à la mauvaise paresse.Franchement, s'il faut fournir des efforts pour devenir correctement paresseux, aussi bien travailler à autre chose.Frey est allé consulter les plus grands et plus fins penseurs de l'histoire \u2014 de l'Antiquité jusqu'à notre époque \u2014 et a pigé ici et là dans leurs oeuvres des textes, des poèmes et des aphorismes où il est question, au propre comme au figuré, de l'oisiveté.On passe sans aucun embarras de Horace à Rousseau, de Plutarque à Voltaire ou de Dante à Proust.Frey a cru bon regrouper les morceaux choisis sous diverses rubriques, chacune représentant un type particulier de paresse (Paresses pécheresses, Paresses ordinaires, Paresses sublimées, etc.) Ce qui, sans être absolument nécessaire, agrémente la lecture.On peut aussi lire le livre comme on veut, de paresseuse manière, l'ouvrir au hasard à n'importe quelle page et s'y faire dire par Plutarque que « celui qui se soucie le moins du lendemain le saluera avec le plus de plaisir », ou par Sacha Guitry que « la paresse des imbéciles est une bonne chose pour tout le monde.» Un bouquin d'été qu'on laisse traîner à longueur d'année sur le coin d'une table et auquel on retourne dès qu'on n'a rien à faire.Le Livre de la paresse, Cyril Frey, Édition 1, 2000, 215 pages (HHH). 7LP0801B0723 B-8 dimanche - AR 7LP0801B0723 ZALLCALL 67 00:48:31 07/23/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 Des choix étonnants ans Il suffit d'une nuit, Kristin Scott Thomas est égoïste, vaniteuse et bourrée de défauts.Le magazine Le Nouveau Cinéma a fait le point avec cette actrice, loin de ses rôles de femme romanesque.\u2014 Vous avez atteint un statut de star internationale.Quelles ont été les étapes déterminantes de votre ascension ?\u2014 Au départ, il y a une base acquise au Centre de la Rue Blanche, à Paris.D'excellents professeurs m'ont appris à avoir une exigence, une curiosité pour différents auteurs, à passer de Shakespeare à Duras, une très belle langue pour apprendre le français.Sans cette formation, je me serais sans doute très vite satisfaite d'un certain cinéma américain.J'ai appris à tirer un enseignement de chaque expérience.J'ai débuté dans Under The Cherry Moon, de Prince, une sorte de BD filmée.Le scénario était au ras des pâquerettes, il y avait pourtant mille petites choses à apprendre.\u2014 Vos choix sont surprenants.Après le succès de 4 Mariages et un Enterrement, de Mike Newell, vous tournez Un été inoubliable, du Roumain Lucian Pintilie.\u2014 Malheureusement, le film de Pintilie, présenté à Cannes en 1994, n'a pas eu la carrière qu'il méritait.Le film montrait l'assassinat de villageois bulgares à la frontière roumaine.Le soir, en regardant sur CNN ce qui se passait à une centaine de kilomètres de là, pour la première fois, j'ai pris conscience que mon métier implique certaines responsabilités.Le choix d'un film est un acte responsable.\u2014 Qu'avez-vous appris des différents metteurs en scène qui vous ont dirigée ?\u2014 Certains sont très directifs comme Minghella, d'autres vous laissent faire.Polanski, j'en rêvais ! Les premiers jours, sur le tournage de Lune de fiel, il ne m'a pas dit un seul mot, j'étais désespérée.Puis il m'a avoué qu'il n'avait rien à me dire puisque je faisais exactement ce qu'il voulait ! Redford et Pollack cherchent une efficacité immédiate.Il faut que le public aime le personnage et entre tout de suite en empathie avec lui.Moi, je préfère laisser flotter une certaine ambiguïté.\u2014 Comment préparez-vous un rôle ?Vous allez à sa rencontre, vous le laissez venir à vous ?\u2014 Le rôle appartient-il à l'acteur ou l'acteur appartient- il au rôle ?Vaste question.Parfois, j'ai le sentiment de connaître intimement un personnage.Parfois, tout est à découvrir.Kristin Scott Thomas La politique de Hollywood cteurs et actrices qui affichent leurs couleurs conservatrices seraient plutôt mal vus à Hollywood.Jack Abramoff, ancien producteur maintenant lobbyiste à Washington, a confié au magazine Examiner avoir connu plusieurs comédiens auxquels on a refusé des rôles parce qu'ils étaient républicains.Bo Derek, membre en règle du Parti républicain, soutient, par exemple, qu'on l'a fuie comme la peste à cause de ses convictions politiques.Seuls ceux qui sont déjà des stars peuvent s'afficher impunément comme étant de droite.Par exemple : Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Kevin Costner, Mel Gibson, Chuck Norris, Sylvester Stallone, Tom Selleck.Sans oublier Charlton Heston, président de la National Rifle Association.Un maître pour Cher n Depuis son dernier succès, Believe, Cher a entrepris de faire, une fois de plus, le point sur toute sa vie.Un de ses plus grands regrets ?Ne pas avoir fait son cours secondaire.Encouragée par sa fille Chastity, elle a donc repris ses études à la maison avec un précepteur.Un autre Hitchcock n Pas du tout ébranlé par le piètre accueil réservé à l'adaptation de Psycho d'Alfred Hitchcock, Universal s'attaque maintenant à un remake modernisé de Suspicion.Dans la première version, Joan Fontaine est une riche héritière qui s'amourache d'un aigrefin incarné par Cary Grant, qui en plus de dilapider sa fortune, complote aussi pour attenter à ses jours.Comme ce rôle a permis à Joan Fontaine de remporter un oscar, plusieurs actrices de Hollywood suivent le projet de très près.Noms d'hôtels n Les vedettes donnent souvent de faux noms dans les hôtels.Ainsi, Jim Carrey s'inscrit sous le nom de Phillip Lambert ; Rosie O'Donnell, sous celui de Mme Fred Beasley.Brad Pitt et Jennifer Anniston font leurs réservations aux noms de M.et Mme Ross Vegas.Lauren Holly, elle, a choisi Andy Pandy.La quête du père n Dans son prochain film, The Beautiful Country, Wayne Wang ( Smoke ) filmera le voyage de Binh, 20 ans, mi-vietnamien miaméricain, parti à la recherche de son père, de Saigon au Texan en passant par New York.Nick Nolte incarnera un vétéran du Vietnam qui pourrait bien être le père du jeune garçon.Tournage à l'automne.Paris sur l'avenir n Richard Gere a été la première vedette de cinéma à parier sur l'avenir de son fils sur le site Internet superstarprize.com Il a ainsi investi 15 $, pariant que son fils, Homer Gere, qu'il a eu avec la vedette de Law and Order, Carey Lowell, remportera un oscar un jour.Si ça se produit, le site versera 100 000 $ à Homer.On peut parier sur les réalisations futures de tout enfant de moins de dix ans, que ce soit en politique, dans le sport ou dans le monde du spectacle.E X P R E S S n Le metteur en scène polonais Jerzy Kawalerowicz a entrepris le tournage d'un remake de Quo Vadis ?, d'après le roman du prix Nobel Henryk Sienkiewicz.La dernière version de Quo Vadis ?avec Peter Ustinov, Robert Taylor et Deborah Kerr été réalisée en 1951 par Mervyn Le Roy.Les plombiers ont eu un mal fou à déboucher un drain chez Paul Newman.Et pour cause.Depuis des années, l'acteur nourrit les écureuils de belles grosses noix qu'ils se sont empressés de stocker dans le drain.L'auteur à succès Danielle Steel écrit tous ses romans sur une machine à écrire portable qui date de 1946.SOURCES : Film Review, Star, People, Globe Meryl Streep Bo Derek «M a reconnaissance pour Bette Davis est de notoriété publique.Je parle de reconnaissance plutôt que d'admiration, parce que je lui dois tout.De mes débuts jusqu'à ma nomination à l'oscar pour La Musique de mon coeur de Wes Craven cette année, rien ne serait arrivé si elle n'avait pas été là avant moi.Si elle ne m'avait pas montré qu'une actrice a autant, si ce n'est plus, d'audace qu'un homme, qu'une actrice n'est pas pas un bibelot sexy, mais un véritable instrument de musique, qu'il faut travailler jusqu'à en avoir mal aux doigts.Sans elle, je n'aurais jamais été ni Sophie ni Karen Blixen.Bette Davis, c'est tout simplement la boussole de ma carrière.Studio » ADAM \u2014 Fils de personne.CAPITALISTE \u2014 Homme d'actions.CARIE \u2014 Menace pour la couronne.BRETZEL \u2014 Huit à table.CEINTURE \u2014 Tour du propriétaire.CHARABIA \u2014 Mauvaise langue.CORSET \u2014 Garde-côtes.Marc Elbert \u2014 Mots croisés Depuis mes débuts, j'ai toujours été trois fois plus demandé par les professionnels que par la presse.Tant mieux, car il suffit de toucher un tout petit peu à ce système pour péter les plombs ! Charles Berling J'ai posé pour Playboy quand j'avais 17 ans, et j'ai joué dans 9 Semaines 1/2 il y a quinze ans.Aujourd'hui, j'ai 46 ans, et je peux enfin me libérer de cette image.J'aime m'occuper de mon jardin, être en salopette ou en jeans.Kim Basinger 7LP0901B0723 B-09 dimanche - ART 7LP0901B0723 ZALLCALL 67 00:51:37 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 B 9 Histoires de poupées pour petits et grands SONIA SARFATI Il reste encore du travail à faire, en Amérique du Nord, pour rentrer dans les esprits que les marionnettes ne sont pas qu'un jeu d'enfants.Depuis 1990, une équipe de convaincus prêche à Jonquière, dans une « paroisse » qui succombe de plus en plus au charme de cet art, grâce à La Semaine mondiale de la marionnette \u2014 un événement qui revient tous les deux ans et dont la sixième édition a commencé vendredi et se poursuit jusqu'au 30 juillet.« Cette année, en plus des ateliers et des activités de rue, nous recevons 15 compagnies provenant de sept pays qui donneront 56 représentations en 10 jours », résume Marthe Adam, directrice artistique de l'événement.Ce n'est ni plus ni moins qu'à l'accoutumée.Ce festival- là, qui rejoint en moyenne 12 000 personnes, ne cherche pas le record à n'importe quel prix.« Nous ne grossissons pas et c'est bien comme ça.Nous sommes un petit festival de qualité, qui a maintenant ses lettres de noblesse dans le réseau.» La qualité, l'équipe de la Semaine de la marionnette la trouve en sillonnant la planète à la recherche de perles et de tendances.En ce qui concerne les trouvailles, Mme Adam parle de la version de Blanche-Neige signée par le Norwich Puppet Theatre d'Angleterre \u2014 une production familiale s'ouvrant sur une petite scène qui s'ouvre, se déroule et s'agrandit au fil des péripéties du récit.Elle évoque aussi La Métamorphose des métamorphoses du Theater Meschugge d'Allemagne : « C'est un spectacle pour adultes qui a été créé pour la rue et, ensuite, adapté pour les salles.On y voit une danseuse qui, en utilisant son corps et des accessoires, devient plusieurs femmes dont elle joue la vie.» Toujours pour le « grand » public (en âge et en taille, s'entend !), la directrice artistique de la Semaine mondiale de la marionnette mentionne Dieu! God Mother Radio du Théâtre de l'Arc-en-Terre de France où, au moyen d'une quarantaine de marionnettes à tringle, Massimo Schuster raconte le massacre de la Saint-Barthélémy \u2014 se réservant le rôle de Dieu et commentant les faits à la radio \u2014 et The Repugnant Story of Clotario Demoniax du Teatro Tinglado du Mexique, une autre pièce pour adultes mettant entre autres en vedette un Punch mexicain \u2014 à cent lieues, donc, de son alter ego british : « C'est truculent, succulent.» Mexicain, quoi ! Deux spectacles très actuels dans leur forme.« On voit présentement, dans le monde des marionnettes, une tendance à l'utilisation de marionnettes traditionnelles \u2014 à tringle, à fils, à gaine \u2014 dans des dramaturgies très modernes.« Il existe une autre tendance, celle des petites formes.Un théâtre de marionnettes miniatures.Nous n'en avons pas d'exemple cette année.mais ce n'est que partie remise.» Les projets ne manquent pas.Le désir de découvrir non plus.Ni celui de faire découvrir.« Il nous faut encore rappeler que les spectacles de marionnettes peuvent, aussi, s'adresser aux adultes.Par les thématiques qu'ils abordent et par la façon de traiter ces thématiques.La marionnette permet d'aller très loin dans la transposition et peut, ainsi, mettre sous les yeux des spectateurs des choses qui touchent énormément l'âme humaine.qui a du vécu.Et puis, elles peuvent aller très loin dans le grotesque, dans les choses crues.» Après tout, elles sont un médium populaire et subversif, porteur du désir de dénoncer, de militer.Et, aussi, d'amuser.Désir qui a trouvé un écho à Jonquière.Pourquoi, Jonquière ?Au bout du fil, Marthe Adam se met à rire : « Pourquoi pas ?De toutes manières, comment pourrait-on imaginer un autre festival à Montréal ?» Elle a un point, là.Un bon point.SEMAINE MONDIALE DE LA MARIONNETTE, jusqu'au 30 juillet à Jonquière.Info: 418 695-4649 ou www.marionnette.qc.caxc Jonquière succombe au charme des marionnettes. 7LP1001B0723 B-10 dimanche - A 7LP1001B0723 ZALLCALL 67 00:49:12 07/23/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 SPECTACLES Stephen King attendra le signal Agence France-Presse NEW YORK Le maître américain de l'épouvante, Stephen King, va commencer à publier demain une de ses oeuvres sur son propre site Internet, de quoi donner quelques sueurs froides à ses éditeurs.Ses fans pourront télécharger pour 1 $ US, sur www.stephenking.com, le premier chapitre du roman fantastique The Plant (La Plante).Le deuxième chapitre suivra, au même prix, le 21 août.« Il s'agit d'une histoire drôle mais en même temps assez angoissante.Je m'engage à faire paraître au moins les deux premiers chapitres », anticipe l'auteur dans une interview diffusée sur son site.The Plant, un roman inachevé commencé dans les années 80, raconte l'histoire d'une plante carnivore qui s'empare d'une maison d'édition en lui promettant le succès commercial en échange de sacrifices humains.Stephen King promet de terminer le livre à deux conditions : que son public apprécie le début \u2014 sous-entendu qu'il achète les deux premiers chapitres \u2014 et qu'il joue effectivement le jeu en payant un dollar à chaque téléchargement.Salles de répertoire TRAIN OF LIFE Cinéma du Parc: 15h.RUN LOLA RUN Cinéma du Parc: 17h.THE SHINING Cinéma du Parc: 20h40.NOT ONE LESS Cinéma du Parc: 18h45, 20h45.BEYOND THE MAT Cinéma du Parc: 19h.GHOST DOG Cinéma du Parc: 18h30.ROAD TRIP Cinéma du Parc: 15h.PATH OF GLORY Cinéma du Parc: 16h45.BREAKFAST AT TIFFANY Cinéma du Parc: 15h.DUCK SOUP Cinéma du Parc: 17h.NIGHT AT THE OPERA Cinéma du Parc: 21h.JULIA Centre Canadien d'Achitecture: 12h30, 15h.KADOSH Ex-Centris (salle 1, le Parallèle): 14h30, 16h45, 19h15, 21h30.RIEN À FAIRE Ex-Centris (salle 2, Fellini): 15h30, 17h30, 19h30, 21h45.SUE (PERDUE DANS MANHATTAN) Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 15h, 17h, 19h, 21h.BUSTER KEATON: COLLEGE Cinémathèque québécoise: 19h.BUSTER KEATON: CADET D'EAU DOUCE Cinémathèque québécoise: 21h.Théâtre THÉÂTRE ST-DENIS Les Jumeaux vénitiens, comédie de Carlo Goldoni.Mise en scène de Denise Filiatrault.Avec Yves Jacques, Carl Béchard, Yvan Benoit, Stéphane Brulotte, Marie Charlebois, Henri Chassé, Benoît Girard, Roger La Rue, Vitali Makarov, Roberto Medile, Renaud Paradis, Pierrette Robitaille, Christian Vézina et Isabelle Vincent: 20h, sauf dim.et lun.THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE (84, Ste-Catherine O.) Pop-Corn, de Ben Elton.Trad.de René Gingras.Mise en scène de Yves Desgagnés.Avec Guy Nadon, Emmanuel Bilodeau, Suzanne Lemoine, Maude Guérin, Anne Bédard, Benoît Dagenais, Audrey Demers, Catherine Florent et Luc Chapdelaine: 20h.Musique ÉGLISE T.S.NOM DE JÉSUS (4125, Adam) Dim., 15h30, Anne-Marie Blondel, organiste.Bach, Mendelssohn, Gigout, Vierne.Jeu., 19 h 30, Mario Duella, organiste.Bach, Hesse, Callaerts, Capocci, Rosetta.THÉÂTRE DE VERDURE (Parc Lafontaine) Dim., 19h30, Orchestre Métropolitain.Dir.Yannick Nézet-Séguin.Alexandre Da Costa, violoniste.Strauss, Wagner, Kreisler, Brahms, Dvorak.Festival international de Lanaudière AMPHITHÉÂTRE Dim., 14h30, Sinfonia de Lanaudière.Dir.Stéphane Laforest.Élaine Marcil, violoniste.Suppé, Strauss, Kreisler, Lehar, Waldteufel.Festival de musique de Lachine ÉGLISE ST.STEPHEN'S Dim., 20h, Jean-Pierre Pinet, flûtiste, et Geneviève Soly, claveciniste.Bach.HÔTEL DE VILLE Dim., 15h, Catherine Meunier, percussionniste.Variétés CABARET DU CASINO DE MONTRÉAL Danse Sing, revue musicale, avec la troupe de Sophye Nolet: 21h, sauf lun.et mar.SALLE PIERRE-MERCURE (300, De Maisonneuve) Gumboots: 20h.Relâche le lun.Jusqu'au 30 juillet.MONUMENT NATIONAL (1182 St-Laurent) Symphonie Fantastique: 19h30.Jusqu'au 30 juillet.PLACE ÉMILIE-GAMELIN (Coin Berri et Ste-Catherine) Festival Nuits d'Afrique: Tiken Jah Fakoly: 21h.LA PLACE À COTÉ (4571, Papineau) Axel Fisch Quartet: 20h.L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Troïka: 22h.L'ESCOGRIFFE (4467, St-Denis) Beat In Fraction: 22h.JAZZONS (300, Ontario E.) Alex et Félix: 22h.LA PETITE BOÎTE (2001, Rosemont) Sébastien Mercier: 22h.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Nick Payne et Rick Weston: 22h.P'TIT BAR (3451, st-Denis) Thierry Fortuit: 21h.UPSTAIRS (1254, Mackay) Anne-Marie Massicotte et Blair Thomson: 21h.JAZZI'Z (4075 St-Denis) Nicki Di Ame et John Gilbert: 22h.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Daniel Blouin et Michel Durocher: 21h PUB ST-PAUL (124, St-Paul E.) The Unthinkable: 21h McKIBBIN'S (1426, Bishop) Sona: 21h30. 7LP1101B0723 B-11 dimanche - ART 7LP1101B0723 ZALLCALL 67 00:51:23 07/23/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 B 11 Un Faust intégral en 21 heures Génies en herbe En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., 3535, boul.Rosemont, Montréal H1X 1K7 Agence France-Presse HANOVRE, Allemagne Pour la première fois au monde, le metteur en scène allemand Peter Stein donne dans sa version intégrale de 12.111 vers le Faust de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), un spectacle de 21 heures spécialement créé à l'occasion de l'Exposition universelle Expo 2000 qui a lieu présentement à Hanovre.Le spectacle a commencé hier après-midi avec les sept heures de Faust I et se poursuivra aujourd'hui avec les 14 heures de Faust II.C'est Christian Nickel, 31 ans, remplaçant le comédien suisse Bruno Ganz, 59 ans, hospitalisé à la suite d'une chute lors des répétitions, qui assume seul l'épuisant rôle de Faust, tandis que deux comédiens, Johann Adam Oest et Robert Hunger-Buehler, alternent dans l'autre grand rôle du spectacle, celui de Méphisto.Initialement, Christian Nickel et Bruno Ganz devaient alterner, le premier incarnant le jeune Faust et le second le vieux.Sous la houlette de Peter Stein, les 35 comédiens de cette pièce-marathon veillent à respecter le plus scrupuleusement les indications scéniques données par Goethe luimême quant à la manière de jouer cette tragédie sur l'écartèlement permanent entre le Bien et le Mal.Pour Peter Stein, 62 ans, l'un des metteurs en scène allemands les plus réputés, luimême lauréat du Prix Goethe en 1988, c'est seulement la deuxième fois qu'il s'attaque à une oeuvre du père du romantisme allemand.Mais, en 1968, à Brême, sa mise en scène de Torquato Tasso, avec déjà Bruno Ganz dans le rôle-titre, avait fait l'effet d'une bombe et donné le coup d'envoi d'une grande carrière qui devait lui permettre de relancer dès 1970 la prestigieuse Schaubuehne à Berlin.Contrairement à sa mise en scène de Faust, Peter Stein, alors engagé à l'extrême gauche, avait donné une interprétation très contemporaine de la pièce, Bruno Ganz jouant un Tasso transformé en clown.Une fois que l'Expo 2000 aura fermé ses portes, le 31 octobre, le Faust monumental mis en scène par Peter Stein sera joué à Berlin.A VEUVE 1 Qui a publié le roman Une veuve de papier ?2 Quel alcool est associé à la marque Veuve Clicquot 3 Quelle actrice joue la fille d'une veuve dans le film Les Parapluies de Cherbourg 4 De quel continent est originaire la veuve noire, une araignée venimeuse 5 Qui est la veuve du chanteur Kurt Cobain ?E FORÊT 1 Quel magicien, ami du roi Arthur, habite la forêt de Brocéliande ?2 Dans quel État américain se trouve la parc national de la Forêt pétrifiée ?3 Selon la chanson de Noël, quel arbre est le roi des forêts ?4 Quelle guerre s'est terminée par un armistice signé dans la forêt de Compiègne ?5 Quel prénom évoque le dieu romain des forêts ?F AVIATION 1 Quelle société québécoise a conçu l'avion d'affaires Global Express 2 Quel type d'avion a été inventé par Henri Fabre en 1910 ?3 Quel mot anglais désigne une acrobatie en boucle réussie dans le plan vertical 4 Qui a été le premier pilote à traverser la Manche en avion ?5 Quel instrument indique l'altitude d'un avion ?G OPÉRA 1 De quel compositeur présente- t-on les opéras au festival de Bayreuth ?2 Quel film raconte la vie du castrat Carlo Broschi ?3 Dans quel opéra de Bizet entend-on les paroles toréador, en garde! ?4 Quelle cantatrice québécoise a épousé Léopold Simoneau en 1946 ?5 Dans quel pays se déroule l'action de l'opéra Aïda ?Veuve de Kurt Cobain B AMOUR 1 De quel personnage de bande dessinée mademoiselle Jeanne est-elle amoureuse ?2 Quel roi d'Angleterre a renoncé au trône pour épouser Wallis Warfield Simpson ?3 Quel film raconte les amours de Jack Dawson et de Rose De Witt ?4 Quel adjectif, dérivé du nom d'un philosophe, q u a l i f i e un amour chaste ?5 Quel dramaturge a écrit Le Jeu de l'amour et du hasard ?C CELLULE 1 Quel mot désigne une cellule nerveuse ?2 Combien y a-t-il de cellules dans une amibe ?3 Quelle partie de la biologie étudie la cellule vivante?4 Quelle cellule du sang circulant n'a pas de noyau ?5 Comment appelle-t-on le processus de division d'une cellule somatique ?D PATINAGE 1 Quelle patineuse artistique était la partenaire de Lloyd Eisler en couple ?2 Quelle est la plus longue course olympique de patinage de vitesse ?3 En patinage artistique, lequel de ces sauts est le plus difficile: le salchow, le lutz, l'axel ou la boucle piquée ?4 Dans quelle ville du Québec se trouve l'anneau de glace Gaétan-Boucher ?5 À quels Jeux olympiques a-t-on présenté les premières épreuves officielles de patinage de vitesse sur courte piste ?Procureur H TRIBUNAL 1 Quelle Canadienne a été nommée procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie 2 Dans quelle ville siégeait le tribunal de l'Aréopage, dans l'Antiquité ?3 Quelle expression juridique désigne un acte qui porte atteinte à la dignité des tribunaux ?4 Quel tribunal a été instauré par le pape Innocent III pour lutter contre l'hérésie ?5 Combien y a-t-il de juges à la Cour suprême du Canada SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES LE CHEVAL 7LP1201B0723 B12 dimanche 7LP1201B0723 ZALLCALL 67 00:47:57 07/23/00 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 23 JUILLET 2000 www.academieculinaire.com 393-8111 Apprendre la cuisine pour le plaisir ! Techniques de base, cuisine italienne, cuisine asiatique, fines sauces, sushi, poisson, tofuÉ 360, rue du Champ-de-Mars, Montr.al ¥ M.tro Champ-de-Mars ¥ Stationnement public tous Cours de cuisine de courte dur.e .13 h 00 ou 18 h 30 Pour "]
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