La presse, 6 août 2000, B. L'été
[" 7LP0101B0806 b1 dimanche 7LP0101B0806 ZALLCALL 67 01:19:23 08/06/00 B 7050, rue Jean-Talon 352-1010 (près des Galeries d'Anjou) Lentilles pour activités sportives.Nouvelle technologie de contrôle des couleurs 7LP0201B0806 b2 dimanche 7LP0201B0806 ZALLCALL 67 01:19:46 08/06/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 HAUT LES COEURS ! Drame de Solveig Ansplach.Avec Karin Viard, Laurent Lucas.Sortie : 8 août (VHS) HHHH Solveig Ansplach réalise habituellement des documentaires.Solveig Ansplach a, un jour, appris qu'elle souffrait du cancer du sein.Elle était aussi, à l'époque, enceinte de quelques mois.Elle a décidé de se battre.Pour son enfant.Pour elle.Son histoire et son parcours professionnel, sa vie quoi, ont donné Haut les coeurs ! Un film d'une justesse émouvante, porté par une actrice plus vraie que nature, Karin Viard.Un film qui aurait pu tomber dans le plus larmoyant des pathos mais qui, par sa simplicité et son refus de jouer sur les cordes sensibles, devient une oeuvre marquante.Et forte.Au moins autant que celle qui se tenait derrière la caméra.REINDEER GAMES (V.F.: LES JEUX SONT FAITS) Suspense de John Frankenheimer.Avec Ben Affleck, Charlize Theron, Gary Sinise.Sortie : 8 août (VHS et DVD angl./fr.) HH Dire que l'on sort perplexe du visionnement de Reindeer Games est un euphémisme.Vient-on de voir un navet ou le pastiche réussi d'un film d'action ?Quelles étaient les intentions de John Frankenheimer quand il a pensé à Ben Affleck pour incarner un voleur qui, à sa sortie de prison, se fait embarquer dans le braquage d'un casino, et Charlize Theron en manipulatrice machiavélique ?Ken et Barbie plongés dans Reservoir Dogs.Jusqu'aux tatouages d'Affleck qui ont l'air de s'emmerder ! Le collègue Jean-Christophe Laurence a bien cerné la chose au moment de sa sortie sur grand écran : « L'habileté de Frankenheimer n'est pas tant d'avoir pondu un bon film que de nous convaincre qu'il en avait peut-être fait un.» À méditer.A MAP OF THE WORLD (V.F.: UNE CARTE DU MONDE) Mélodrame de Scott Elliott.Avec Sigourney Weaver, Julianne Moore, David Strathairn.Sortie : 8 août (VHS), 15 août (DVD angl.) HH 1/2 A Map of the World commence comme un drame inhumain : pendant qu'Alice a le dos tourné, la fillette de sa meilleure amie, dont elle avait la charge pour la journée, se noie dans l'étang situé près de la maison.La « coupable », c'est Sigourney Weaver.La « victime », Julianne Moore.En terme de jeu, l'efficacité est donc au rendez-vous.C'est le scénario qui ne suit pas, lorsque Alice, aussi infirmière à l'école du village, est accusée d'agression sexuelle sur des enfants.Le récit qui explorait les méandres du pardon et de la culpabilité se transforme alors en un improbable film carcéral.Comme si, en voulant brouiller les pistes, les scénaristes avaient perdu la carte (et pas seulement celle du titre).PRINCESSE MONONOKE Dessin animé de Hayao Miyazaki.Sortie : 8 août (VHS) HHH DRACO : UNE NOUVELLE ÈRE Film fantastique de Doug Lefler.Sortie : 8 août (VHS et DVD angl./fr.) HH 1/2 D'une part, il y a les personnages \u2014 dont l'apparence attirera le regard des enfants.D'autre part, il y a ces paysages grandioses et ces créatures fantastiques \u2014 qui raviront l'oeil (plus ?) averti.Princesse Mononoke, dessin animé de Hayao Miyazaki, est en fait un objet plein de paradoxes.Long (deux heures et quart) et complexe, mêlant la violence à l'écologie et les religions animistes au réalisme historique, l'oeuvre s'adresse plus à l'amateur de mangas qu'au fan de Pokémons.Pour ces derniers, mieux vaut peut-être opter pour Draco : une nouvelle ère, suite télévisuelle du superbe Draco : la légende du dernier dragon.Plus banal, sans surprises (ni bonnes ni mauvaises), il plaira en effet aux plus jeunes des chevaliers \u2014 ceux que les décapitations et combats sanglants de Princesse Mononoke pourraient secouer.Et ce, pas mal plus fort que les décharges électriques de Pikachu.Sonia Sarfati Edgar Bori, le chanteur inexistant BORI / Suite de la page B1 Sur une base aussi fantaisiste, grâce à une logique imparable, Italo Calvino a construit une intrigue qui se tient.Et campé un éventail de personnages au départ improbables mais qu'il est bientôt impossible de ne pas adopter, aimer.L'imagination est de chaque page.La beauté de la langue est de chaque phrase.« Cette lecture m'a ouvert la porte.Qu'un adulte puisse écrire des choses aussi transporter des images, des paradoxes, des contrastes ; pour parler du rêve, de la jeunesse et des désillusions.ça m'a redonné la flamme.Ça m'a permis de revenir à l'essentiel.» Qui, pour lui, ne se trouvait pas dans un bar, même le sien.Il s'est racheté des instruments.De musique et de technologie.A écrit une chanson.Deux.Trois.Les a présentées à Yvon Bilodeau.Pourrait-il lui trouver quelqu'un qui les chanterait ?« Oui.Toi.» Le chevalier inexistant a ainsi refait surface dans l'âme de celui-qui-allait-devenir- Edgar-Bori.L'idée d'un chanteur masqué \u2014 « Mais pas à la manière d'une bande dessinée ! » \u2014 s'est imposée.Un camouflage qui aurait la noblesse de l'armure, parce qu'au service d'une langue poétique et non de cartoon.Quant au public, une fois venu le temps de la scène, il lui faudrait s'y faire.« Si Charlemagne ne s'étonnait pas qu'il n'y ait personne derrière le heaume, il y avait sûrement moyen que, dans notre société moderne, les gens puisse s'habituer à ce qu'un chanteur n'existe pas.» Ça, ça collait à lui.C'était la clé ouvrant la voie publique à ses textes.Une clé aussi déroutante que l'univers d'Italo Calvino dans Le Chevalier inexistant.« C'est à travers des visions comme celles-là, originales et rafraîchissantes, que l'on voit à quel point nous sommes banalement incrustés dans notre quotidien.Nous sommes « pierrisés ».Nous ne bougeons plus.Calvino, lui, pousse à l'action.Parce qu'il est fou de cette folie qui ouvre des portes.» C'est donc incognito, un écran en guise d'armure et « les Bori » en guise d'armée, qu'Edgar a interprété quelque 200 fois ses chansons, dans le théâtre-spectacle-répétition Vous attendez Bori.Il en reprendra quelques-unes, pour entourer ses dernières- nées, dans le théâtre-spectacle-spectacle Fête au cimetière \u2014 dont la première se fera au Corona, le 1er novembre.Jour des Morts.Spectacle grave, mais pas lourd.Fête de l'esprit et esprit de la fête.Fête de la lumière, également, puisque Edgar sortira de l'ombre.Partiellement.Tel Marc Favreau derrière Sol.Ou le chevalier dans son armure.Pour partir à la rencontre d'un public comme d'un monde.Et s'il le fait, c'est qu'il se sent prêt.De la même manière qu'il se sent prêt, aujourd'hui, à lire autre chose que.que le dictionnaire.Parce que, oui, il lit le dictionnaire.Au moins une fois par année.« Je viens d'ailleurs de le faire dernièrement, pendant mes vacances.» Le gros Petit Robert comme compagnon de plage, fallait y penser Il fait défiler les pages, les mots.Lisant et mémorisant les définitions de ceux qu'il ne connaît pas et qui pourraient lui servir.Il ne s'attarde donc pas aux termes dont l'usage se limite à la biologie moléculaire, la médecine moderne et autres domaines hautement spécialisés.« En fait, ce que j'aime, c'est comprendre la portée d'un mot simple quand on le place à côté d'un autre mot s i m p l e .Un homme, tout le monde sait ce que c'est.Un éléphant, même chose.Mais placer l'un à côté de l'autre, homme-éléphant.pouf ! ça t'ouvre le cerveau ! » Mais en dehors du dico \u2014 il en possède une armée, près de la table de travail où s'affaire le chevalier \u2014, Edgar Bori lit très peu.Le collège lui a présenté Baudelaire, Verlaine et autres hommes de lettres qui lui ont donné des bases.Sauf qu'il a rapidement rabattu la couverture.Entre autres, par insécurité.« Je me sentais confiné, étouffé par ce que les autres ont fait et ont écrit.Plutôt que de m'autocensurer, j'ai préféré ne pas fréquenter leurs oeuvres.Cela m'a permis, je crois, de développer mon style d'écriture.» Un style qu'à présent, il possède.C'est pour cela qu'il dit se sentir prêt pour les autres.« Leur écriture ne peut maintenant que m'ouvrir d'autres horizons.» Comme l'a fait Italo Calvino ?« Exactement.Je ne veux donc lire que des choses extraordinaires.» La barre est haute.Mais pas infranchissable : les chevaliers vont sur de flamboyants destriers, pas sur de vieilles carnes.Le Chevalier inexistant d'Italo Calvino (traduit de l'italien par Maurice Javion).Points, Seuil.153 pages.PHOTO JOCELYN BERNIER, Le Soleil © Mal à l'aise à la lumière, l'homme connu sous le nom d'Edgar Bori préfère l'ombre de l'anonymat aux flashs du vedettariat.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Francine Ruel 18h00 18h30 CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC VD VDO Le Téléjournal Découverte / Les Cachalots Pop Rétro Cinéma / LA LEÇON DE PIANO (2) avec Holly Hunter, Harvey Keitel Téléjournal (22:15) Cinéma / LA FILLE DU PUISATIER (4) (23:06) Le TVA Décibel Catastrophes ferroviaires Cinéma / LA MÉMOIRE ENDORMIE (6) avec Michele Greene, Joe Penny Les Grands Procès / L'Affaire Côté (Les années 60) Le TVA Sports (23:24) Ciel! Mon Pinard / Le Canard En pleine nature / Quelle aventure Le plaisir croît avec l'usage./ André Gagnon Cinéma / L 627 (3) avec Didier Bezace, Jean-Paul Comart Hercule Cinéma / VISIONS CRIMINELLES (6) avec Barbara Eden, Michael Nouri Le Défilé de la Fierté gaie Le Grand Journal Cinéma / APPEL DE DÉTRESSE (5) avec J.Smith Pulse Travel, Travel Forests of Canada Touched by an Angel Cinéma / SCANDALOUS ME: THE JACQUELINE SUSANN STORY (6) avec Michele Lee, Peter Riegert CTV News Pulse / Sports News Who Wants to be a Millionaire?News Wonderful World of Disney Cinéma / CASABLANCA (2) avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman .Fire Hydrants Sunday Report Undercurrents Sunday Report Reflections News ABC News Cinéma / RUDYARD KIPLING'S THE JUNGLE BOOK (4) Who Wants to be a Millionaire?The Practice News Star Trek.Friends 60 Minutes Touched by an Angel Cinéma / ABOUT SARAH (6) avec K.Martin, M.Steenburgen ER NBC News Cinéma / THE 10th KINGDOM (5) avec John Larroquette (3/4) Cinéma / THE 10th KINGDOM (5) avec John Larroquette (4/4) Cinéma .(15:30) Whale Rescue: Stranded Friends The Moody Blues at Royal Albert Hall Over Canada Vaudeville BBC News Religion.Ballykissangel Michael Ball Live.Jewish Voices Return to Poland Blast! Cinéma (23:20) Cinéma (16:30) Law & Order When Animals Talk / Se poursuit jusqu'à 4h00.Dolly Parton: Diamond.Arts, Minds The Trickster - E.Poitras Postcards.Cinéma / TOOTSIE (3) avec Dustin Hoffman, Jessica Lange Cinéma .Animal Juste pour rire Le Goût du monde / Frioul Couples.Scandales! Biographies / Hector Toe Blake Les Enquêtes d'Hetty Twin Peaks Bénélux.Russian.Focus Grec Télé-série Grèce Lica (Serb.) Caribbean.Kontakt (Ukraine) .juive L'art qui fait boum! Concordia.April-Fortier N.A.S.A.Educational File Mémoire des arts L'Or bleu ou l'eau convoitée Documentaires tout court How'd they do that?Summer@.Encounters Discovery Sunday Showcase Discovery Sunday Showcase Deadly Force: Blizzard Summer@.Encounters Prêt à partir Les Plus Beaux Voyages.La Route.postale Romantique Airport Odysseus Visites.Prêt à partir So Weird Mentors Honey, I Shrunk the Kids Cinéma / INNERSPACE (4) avec Martin Short, Dennis Quaid Cinéma / THE HAPPIEST MILLIONAIRE (5) avec F.Mac Murray Baby Blues Futurama King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle The X-Files Profiler One on One Heart of.60 Minutes King of the Hill The Practice Comedy Tonight Le Grand Jeu USA/URSS Tournants de l'Histoire Hist.secrètes de la 2e Guerre Cinéma / UNE CASSE D'ENFER (4) avec Sean Bean, Trevor Byfield Châteaux War Stories (17:00) Piece of Cake Crown and Country Cinéma / THE BOUNTY (4) avec Anthony Hopkins, Mel Gibson Fashion Files TV Guide TV Do for Love .Families .Miracles .Homes Life Specials Real World Dogs, Jobs .Miracles .Homes Chic Planète Duo Benezra Ed Sullivan Pop up vidéo Musicographie / Gerry Boulet Spécial: Gerry Boulet - Rendez-vous doux The Tube Musicographie / Gerry Boulet Fax Box Office Concert Plus / Kid Rock Clip Motown Live BBC News Foreign.The Passionate Eye Sunday Report Mansbridge the fifth estate Antiques Roadshow OlympiquadO Mémoires.Le Monde.Canadien.Zone libre Journal RDI Culture-choc Le Téléjournal Sec.Regard Enjeux Monde du golf Sports 30 Mag Golf PGA / L'Internartional - Dernière ronde Sports 30 Mag F1 Magazine Salle des nouvelles Nash Bridges La Firme de Boston La Loi et l'Ordre Cinéma / LE CLAN DES TRAVELLERS (4) avec Bill Paxton Prime Suspect Cinéma / RACE TO FREEDOM (4) avec J.Bailey, C.Vance F/X: The Series Cracker Cinéma (23:02) Beastmaster Earth: Final Conflict Cinéma / BATMAN (4) avec Adam West, Burt Ward Cinéma / HERCULES (6) (22:15) Sportscentral Wrestling: WWF Heat Hardcore.SPGA Golf / Coldwell Banker Classic Sportscentral Wrestling: WWF Heat .Skippy A.Lupin Les Grands Inventeurs Panorama Branché.Mont-Royal Cinéma / LE VILAIN AMÉRICAIN (5) avec M.Brando, E.Okada Paramedics / Newark Trauma - Life in the ER Lost Ark Dawn of Man / First Body - Body Human Lost Ark Golf (16:30) Sportsdesk That's Golf The Great Outdoor Games Boxing / Eric Morel - Sornpichai Pisnurachank Sportsdesk J.Bravo Sabrina.Donkey.Archie.Sam et Max Drôle, voyou Simpson Animania Cap.Star South Park Simpson Splat! 50e Avenue Gourmands Journal FR2 Forts en tête / Le verre.French Riviera (3/3) .d'écrivains Journal belge Journal suisse Soir 3 Undersea.Girl Talk Centre.Imprint Quest / Energy, Power, Sprint The View from Here Cinéma / A MARRIED COUPLE (4) Documentaire Vivre à deux Les Copines.Les Sectes tueuses Trauma / La Marine Loi du retour Jeux de.Maigrir.Les Copines.Ça SEX'plique Vivre à deux City Mag Place publique Question Santé Rendez-vous avec.Reflets.Média-zone Au Fil de l'eau Parole et Vie Action Emploi Boy Meets Caitlin's.Story Studio S.Holmes Suzuki's.Wolves.Lassie Hometown Anti-Gravity A20 Syst.Crash Radio Active Zone extrême Invasion Planète Terre L'Empire des sciences X Files Technofolie Grand Test Total Recall 2070 Allan.(23:45) .(22:15) Groove Marc Cassivi 19H h CASABLANCA Histoire d'amour classique parmi les classiques avec Humphrey Bogart et la belle Ingrid Bergman.Toujours un plaisir de redécouvrir l'American Bar le plus mystérieux du Maroc.Here's looking at you kid.20H a LA LEÇON DE PIANO Le très beau film que nous livrait Jane Campion il y a 8 ans déjà.Rencontre majestueuse et électrisante entre deux grands acteurs : Harvey Keitel et Holly Hunter.20H 0 ZONE LIBRE Les pirates informatiques.à l'instar de Mafiaboy, des milliers de cracks informatiques, surtout américains, essaient tous les jours de s'infiltrer dans le système du FBI, de la CIA, de la Maison-Blanche et des grandes multinationales.Reportage.21H X GERRY BOULET : RENDEZ-VOUS DOUX Musimax souligne le dixième anniversaire de la mort du leader d'Offenbach. 7LP0301B0806 b3 dimanche 7LP0301B0806 ZALLCALL 67 01:13:56 08/06/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 B 3 Habiter le paysage HÉBERT / Suite de la page B1 Rochers, tourbillons, coteaux verdoyants, vieux moulin de pierres grises, pins centenaires.« C'est dans ce pays charmant, parmi ces paysages poétiques que s'est formé mon âme », écrit-il, « c'est là qu'elle a conçue ses aspirations artistiques.Serge Proulx, du Comité des amis de Saint-Denys Garneau, a participé à l'organisation des célébrations à Sainte-Catherine pour le cinquantième anniversaire de la mort de celui qu'on présente volontiers comme le père de la poésie moderne québécoise.Il a aussi participé au choix des textes du sentier de La Liseuse.« Après lui, la poésie ne s'est plus jamais écrite de la même façon au Québec.» Ce que Saint-Denys Garneau appelait en peinture « l'habitation du paysage », c'est aussi une façon de parler de la culture, explique M.Proulx, auteur d'une thèse consacrée au poète.La culture comme quelque chose de concret qui, comme la nature, se renouvelle et se transforme.Une conception bien différente de celle admise dans la société québécoise des années 30.Les poèmes choisis renvoient au paysage, aux tableaux, aux réflexions sur l'art faites par l'auteur dans son Journal, ses critiques ou sa correspondance.C'est une transcription en poésie de ce qu'il fait en peinture, note Serge Proulx.« Anne Hébert adopte à peu près la même démarche, une même esthétique.« Je pense qu'avant de créer et composer, il faut se mettre longtemps à l'école de la nature, docilement », écrivait Saint-Denys Garneau à un de ses amis.En 1944, dans La Nouvelle Relève, Anne Hébert raconte que c'est lui, son aîné de quatre ans, qui lui a appris à voir la campagne.« Le paysage d'eau et de feuillages avait fait un pacte avec lui.Le plus profond, et le plus cruel pour nous.Le paysage a accepté l'offrande consommée sur cette grève de glaise, près des sapins noirs.» Informations pratiques Sainte-Catherine-de-la-Jacques- Cartier est à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Québec, sur la rive nord.Par l'autoroute 40, on s'y rend par le boulevard Fossambault.Le Chemin de La Liseuse devient un sentier de ski de fond en hiver.Le manoir Juchereau-Duchesnay et la maison où Anne Hébert passait ses étés ne se visitent pas.Une édition de luxe de Regards et jeux dans l'espace a été publiée chez Fides.On y trouve des reproductions de 35 peintures.On attend bientôt l'édition du catalogue de l'exposition L'Univers de Saint-Denys Garneau du Musée d'art de Joliette, laquelle sera présentée au centre culturel Yvonne L.Bombardier à Valcourt à l'hiver 2001.« Je pense qu'avant de créer et composer, il faut se mettre longtemps à l'école de la nature, docilement », écrivait Saint-Denys Garneau à un de ses amis.PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © La première halte.Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières.Quatre haltes poétiques sur le Chemin de La Liseuse PREMIÈRE HALTE.Un éclaircissement de la forêt ouvre sur la rivière, un vaste miroir où le ciel et les arbres se reflètent.Un ruisseau coule tout près.Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières Ô l'onde de mes yeux prêts à tout refléter Et cette fraîcheur sous mes paupières Extraordinaire Tout alentour des images que je vois (.) (Saint-Denys Garneau, Rivière de mes yeux, 1935) DEUXIÈME HALTE.Un grand orme apparaît au milieu d'un champ (.) Forêts alertées rivières dénouées chantent les eaux-mères de ce temps Tout un continent sous un orage de vent En route, bel amour, le monde se fonde comme une ville de toile S'accomplisse la farouche ressemblance du coeur Avec sa terre originelle (A.Hébert, Terre originelle, années 60) TROISIÈME HALTE.On passe tout près des rapides avant de traverser un couvert boisé et de ressortir étonné dans des champs.Est-il rien de meilleur pour vous chanter les champs Et vous les arbres transparents Les feuilles Et pour ne cacher la moindre des lumières Que l'aquarelle cette claire Claire tulle ce voile clair sur le papier (Saint-Denys Garneau, L'Aquarelle, 1935) QUATRIÈME HALTE.Une clairière.Par beau temps, la clarté du paysage s'impose.Une petite butte se devine dans un champ (.) Il ne pleut ni ne neige à perte de vue Ce monde est rond comme une pomme mûre De tous bords en sa rondeur parfaite Baignés de soleil et de rire joyeux (.) (A.Hébert, Il fait très clair, années 90) 7LP0402B0806 B-4 dimanche - AR 7LP0402B0806 ZALLCALL 67 01:22:35 08/06/00 B Photographie B 4 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 Les Franco Folies Un dernier tour de site PHILIPPE RENAUD collaboration spéciale Dans la fraîcheur de ce samedi soir, les festivaliers ont couru se réchauffer une dernière fois devant les scènes extérieures.Ce n«était pas une foule record, mais un achalandage digne des belles soirées des Franco Folies, malgré une programmation qui ne comportait pas de noms tellement connus.Cette douzième édition du festival s'est donc terminée par la présentation de découvertes et de groupes prometteurs, surtout du côté québécois.Hier soir, la Zone Hip a connu un achalandage à la hauteur de sa programmation, battant à coup sûr des records d'assistance.Il était temps.Aux concerts de 20h et de 22h, devant la petite scène hip hop, aux tables des vendeurs d'artisanat ou de bijoux, les mélomanes affluaient, bière à la main, rehaussant ainsi de quelques crans la qualité de l'atmosphère de cette zone qui en a souvent manqué au courant de la semaine.Sur la Zone Hip, c'était soirée destroy par excellence.À 20h d'abord, en compagnie des Vulgaires Machins, quatuor issu de Granby qui avait traîné avec lui une partie de son fanclub.Le groupe, appuyé par trois saxophones, nous fit une démonstration un brin inégale de son savoir-faire.Mais n'ayez crainte, les Vulgaires Machins, s'ils ne sont pas des musiciens exceptionnels, maîtrisent l'art de la bonne chanson punk rock bien plaquée, aux accents de pop accrocheurs que des harmonies vocales très senties amènent à bon port.Leurs mélodies s'ancrent facilement au fond de votre subconscient, et la prochaine fois que vous entendrez la chanson Pourri sale, vous n'oublierez jamais qu'il s'agit des Vulgaires Machins.Encore un talent qui échappe au discernement de nos radios commerciales.Mais le meilleur était encore à venir.À 22h, les inénarrables Marmottes Aplaties ont fait de leur prestation une joyeuse formalité, comme s'ils avaient déjà leur public dans la poche avant de grimper sur scène.« Welcome to the freakshow ! », scandait le bassiste Martin, qui s'est tu après les huées des spectateurs qui en avaient assez de l'entendre déconner en anglais.Alors démarra la musique.Franchement, ces trois gars-là redonnent tout le sens de « power » dans « power-trio ».Un batteur, un guitariste, un bassiste, trois micros, des textes complètement débiles, mais un gros son rock-punk sale balancé avec une expérience de scène de 15 ans de tournées.Ils n'ont pas plus de 22 ans, et ils torchent.On a même vu des espadrilles voler dans les airs.Non seulement enchaînent-ils les chansons de rock underground pur à la vitesse d'un TGV, en criant des inepties à l'unisson (« cette chanson est pour tous les lépreux de la planète.»), ils le font aussi avec un sens de l'autodérision qui rafraîchit autant qu'il décoiffe.Jouissif.Les mélomanes moins portés sur la guitare électrique ont certainement eu leur curiosité piquée par le duo des Femmouzes T, qui se produisait sur la scène du Carrefour des générations.Ces deux Toulousaines - dont une est d'origine brésilienne -, qui ont profité de leur passage aux Francos pour lancer un disque, donnent leur concert armées d'un tambourin, d'un accordéon et de quelques lignes rythmiques préenregistées.Une mouture originale qui a pris dans la foule, pour peu que les accents musettes et la frénésie brésilienne sonnent bien ensemble dans vos oreilles.Très bon, quoiqu'un peu court - tout juste 45 minutes.Ce n'est pas grave, elles reviendront sûrement nous visiter bientôt.La formation reggae de Saint-Hilaire Kaliroots a pris en charge la scène principale, devant un public en grand nombre qui a bien fait de s'y réfugier, la soirée se faisant de plus en plus frisquette.À dix musiciens sur scène, ce n'est pas long que l'atmosphère se réchauffe.Dès les premières pulsations de la basse, les bassins se sont mis à onduler.Et que dire de la couleur ensoleillée de l'impeccable section de cuivres ?La musique jamaïcaine a sa place dans notre paysage musical ; merci à Kaliroots pour nous en pondre du bon franco-québécois.Enfin, du côté de Czerkinsky, ça n'a pas été facile.Après le flop d'hier soir sur la grosse scène, le Français a tenté de se mettre à l'aise sur la petite scène des espoirs Radio- Canada.Malgré l'originalité de la composition du groupe (un guitariste, un violoniste, un flûtistesaxophoniste, et Gregori parfois à la guitare ou au vibraphone), l'interprétation manquait encore de relief.Disons aussi que les problèmes techniques et la sonorisation franchement atroce n'ont pas aidé sa cause.On devra se rabattre sur le disque pour conserver un bon souvenir de ce chanteur électropop.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © La formation reggae de Saint-Hilaire, Kaliroots, a fait tout à fait vibrer les spectateurs sur la scène principale des Franco Folies, hier soir.PHOTO ÉRIC ST-PIERRE , La Presse © Chaque fruit d'un caféier renferme deux grains de café qui seront séchés pendant plusieurs jours avant d'être acheminés à la coopérative.Sur la piste des cueilleurs de café équitable STÉPHANIE BÉRUBÉ Pourquoi aller prendre un café au coin de la rue quand on peut se rendre au milieu des plantations en Afrique ?Éric St-Pierre est parti en voyage l'automne dernier avec tout son matériel photographique dans ses bagages.Au bout du monde l'attendait plus qu'une tasse de café : St-Pierre allait visiter une coopérative vieille de 75 ans qui fait partie du réseau du commerce équitable.Il a vécu en Tanzanie, au sein des familles de paysans qui cultivent le café à l'ombre du Kilimanjaro.Il est revenu deux mois plus tard, sans son matériel photographique (mésaventure de parcours.), mais en rapportant dans ses bagages des pellicules que les voleurs lui avaient laissées.Une centaine de rouleaux de photos qui racontent ses rencontres avec des hommes, femmes et enfants qui cueillent le café que l'on boit tous les matins.« Je voulais faire un reportage dans le Sud sur quelque chose qui nous touche ici, explique le jeune photographe.Ici, tout le monde a une relation avec le café : on le boit pour se réveiller le matin ou avec des amis.Mais je ne suis pas sûr que les gens savent que le café ça pousse dans les arbres.Ou que c'est un fruit qui est rouge.» Pour réaliser son reportage, Éric St-Pierre avait contacté la Kilimanjaro Native Cooperative Union quelques mois avant son départ.Parce que n'est pas accepté facilement n'importe quel Blanc qui arrive à l'improviste dans cette région qui se rappelle trop bien la traite des esclaves.Le photographe a donc pris son temps, s'est assis dans les plantations et a regardé ses modèles jusqu'à plus soif : jusqu'à ce que l'objectif ne soit plus une menace pour ceux qui ramassent un à un les grains de café.Voilà qui explique les sourires qui se trouvent sur les portraits de St-Pierre.« Oui, mais le Kilimanjaro, ce n'est pas l'Éthiopie, prévient-il.La terre est très riche et bonne pour l'agriculture.» Selon Éric St- Pierre, la coopérative de café a assuré une certaine stabilité économique dans la région, ce qui a permis la construction d'infrastructures parfois rares en Afrique, comme des écoles.« Dans la région du Kilimanjaro, 95 % de la population sait lire et écrire », explique- t-il.Certains parlent anglais.St-Pierre a tout de même appris à baragouiner en souahéli, pour jaser avec tout le monde.Pour être accepté pleinement de ses hôtes, il a mangé le ragoût de bananes et bu le lait suri, boisson pas facile à avaler quand on se trouve au beau milieu d'une plantation de café invitant.« Je me sens privilégié d'avoir pu le faire », dit-il avec émotion.Ce voyage, il l'a aussi fait pour faire connaître la cause du café équitable qu'il défend.« Il y a trois ou quatre ans, quand on a commencé à entendre parler du café équitable ici, on pouvait le trouver à quatre adresses seulement à Montréal.Aujourd'hui, on peut s'en procurer à une centaine d'endroits.Le Cirque du Soleil offre seulement du café équitable à ses employés; l'Assemblée Nationale aussi, depuis mai.» Le Québécois qui paye plus cher pour acheter du café équitable pose-t-il vraiment un geste qui fera une différence pour ces producteurs lointains ?« Ça fait une grosse différence ! » réplique le photographe qui explique que les coopératives qui font partie d'un réseau assurent aux cultivateurs un prix plancher : 1,26 $ US la livre de café.Si les prix chutent radicalement, le producteur est certain d'avoir un revenu minimum.« Les cultivateurs sont des petits propriétaires, ils gagnent très peu », explique-til.Le café équitable de la coopérative qu'a visitée Éric St-Pierre est mis en marché à travers le monde, il est particulièrement populaire au Japon et en Grande-Bretagne.« Il est très bien coté : il est cultivé en altitude, en montagne, ce qui est un gage de qualité », ditil, vendeur.On peut se douter que le photographe ne boit plus que du café équitable.Et qu'il espère probablement que c'est Gloria, Olivia ou Pauli qui l'a cueilli, en se souvenant de ce Blanc qui a passé deux mois à les croquer avec ses appareils.Une vingtaine de ses photographies sont exposées au Café Rico (969, rue Rachel Est) jusqu'au 29 août.Elles sont accompagnées d'explications sur le café équitable qu'on peut aussi goûter à ce petit resto du Plateau Mont- Royal.Lointaine La Rochelle.MARC CASSIVI Il y a quatre ou cinq ans à peine, les Franco Folies de Montréal et celles de La Rochelle \u2014 mère de toutes les Franco Folies (belges, suisses et autres) \u2014 marchaient presque main dans la main, comme un vieux couple au réflexe mécanique.Il n'était pas rare qu'une dizaine d'artistes québécois soient invités dans l'Ouest français à la suite d'un « repérage positif » aux précédentes Francos montréalaises par une équipe de recruteurs sous l'égide de Jean-Louis Foulquier, grand-manitou francofou.Cette année, début juillet à La Rochelle, trois artistes québécois seulement participaient aux Franco Folies : Isabelle Boulay en compagnie des chanteuses Patricia Kaas et Noa, Marc Déry en salle intime, « et un troisième dont le nom m'échappe », nous disait hier David Jobin, l'un des responsables de la programmation intérieure des Franco Folies de Montréal.Cette année, Jean-Louis Foulquier, un habitué de la fête francofolle montréalaise (il est membre du conseil d'aministration de l'événement) qui avait l'habitude, au terme de chaque festival, de livrer aux médias ses coups de coeur, est absent pour des raisons de santé.L'an dernier, des problèmes cardiaques l'avaient aussi empêché d'être à Montréal pour le pendant québécois de l'événement qu'il a fondé et qu'il dirige depuis 1985.Pas de Foulquier, pas de délégation française.Peu avant le début des 12e Franco Folies de Montréal, début juillet, le nouveau responsable de la programmation extérieure, Laurent Saulnier, nous confiait n'avoir eu que « très peu d'échanges » avec les gens de La Rochelle en préparation de sa grille horaire.Guy Latraverse, cofondateur de l'événement, précisait par ailleurs à notre collègue Daniel Lemay qu'il n'y a plus de liens structurels entre les Franco Folies de Montréal et celles de La Rochelle.Même le prix Félix-Leclerc, attribué depuis des années par les deux organisations, a été confié en France aux soins de la direction du Sentier des Halles (une salle parisienne de 120 places), qui dévoilera le prochain lauréat en novembre.Les vieux amoureux font-ils désormais chambre à part ?« Nous sommes toujours amis », dit Guy Latraverse.« Nous sommes cousins », renchérit laconiquement David Jobin.Entre les branches, il est pourtant dit que les « cousins » ont peu à peu perdu intérêt dans les artistes québécois, considérés peu « exportables » vers l'Hexagone.« La programmatrice des Franco Folies de La Rochelle est à Montréal et elle fait du repérage.La fille de Jean-Louis Foulquier, Aube, est également ici », insiste David Jobin, qui considère l'événement français comme « notre antenne auprès du gouvernement français et des institutions françaises ».Il y a cinq ou six ans à peine, Jean-Louis Foulquier animait une émission à Radio-France en direct des Franco Folies de Montréal.Une vitrine de choix pour les artistes francophones du Québec.L'émission n'est plus, mais « le pont existe toujours », selon David Jobin.A-t-on récemment vérifié ses structures ?« Ici, tout le monde a une relation avec le café.Mais je ne suis pas sûr que les gens savent que le café ça pousse dans les arbres.Ou que c'est un fruit qui est rouge.» Photo de rappeur Passe-moi le kodak!Cette photo, au foyer et bien câdrée, a été prise par l'un des membres de Saïan Supa Crew, lors du concert extérieur de vendredi soir dans la Zone Hip.Alors que le groupe hip hop français s'amusait avec la foule, lui demandant de prendre des poses délirantes, l'un des six rappeurs s'est emparé de l'appareil de notre photographe Alain Roberge pour que ce moment de folie collective passe à la postérité. 7LP0502B0806 B-5 dimanche - AR 7LP0502B0806 ZALLCALL 67 01:23:00 08/06/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 R B 5 Les Franco Folies Cinq questions à.Depuis 10 jours, La Presse, complètement francofolle, a vu plus de 75 des quelque 100 spectacles présentés depuis le jeudi 27 juillet.Jean-Christophe Laurence et Marc Cassivi ont fréquenté les salles : ici, un Spectrum bondé, là, un Métropolis plutôt tranquille.Ils sont aussi allés à la Place des Arts, passant du tiède-tirant-sur-le-chaud de Maisonneuve au « frette et blanc » de Wilfrid Pelletier.Philippe Renaud, lui, a « fait la rue », courant de découverte en déception avec plein d'entre-deux-eaux.Pendant ce temps, nous posions quotidiennement à un artiste des Franco Folies cinq questions qui, bien que d'apparence légère, ne nous en apprenaient pas moins sur les goûts, les habitudes et les rêves de ces stars de la francophonie.Ainsi, condamné à l'exil sur une île déserte, Rachid Taha y apporterait entre autres l'album Harvest de Neil Young; s'il devait se réincarner en chanteuse, Pag, lui, serait Judy Garland \u2014 à cause de la concentration d'émotion « en une seule note » \u2014 et Patricia Kaas nous a confié qu'elle serrait immanquablement son nounours avant d'entrer en scène.En pensant à sa défunte mère.C'était un jeu mais.Dans le même esprit ludique, mais sur le même fond sérieux que les artistes des Franco Folies, nous avons posé à nos trois chroniqueurs cinq questions qui, bien que d'apparence légère, ne nous en apprennent pas moins sur leurs goûts, leurs fantasmes et leurs rêves.Au lendemain des 12e Franco Folies, voici donc leurs réponses.Francofranches ! PHOTO ROBERT SKINNER La Presse © Le violoniste du groupe Les Pires.Philippe Renaud Quels spectacles amèneriez-vous sur une île déserte ?Rachid Taha, pour l'exotisme des rythmes qu'il présente, avec une drôle de nonchalance, de façon moderne, voire visionnaire, et contagieusement dansante.Saïan Supa Crew, parce qu'avec eux sur une île déserte, on ne s'ennuierait pas, tant leur présence sur scène et leur talent au micro nous captivent.Les Pires, qui, à l'image de Rachid Taha, fusionnent les saveurs du monde en une musique riche, dense et éclatée.Quels spectacles oublieriez-vous au port ?Celui de Noir Silence et de tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, ont incorporé à leur set une reprise de Notre-Dame de Paris (No Déjà, Marco Volcy \u2014 qui a même trouvé le moyen d'en faire un medley avec Maria, Maria de Santana !).Ce n'est même plus de l'opportunisme ; ce n'est qu'une terne opération de séduction.Faites-nous entendre des compositions originales ! Une heure, c'est si court pour faire bonne impression.Quel est votre plus grand fantasme francofou Je concevrais un concert-hommage à Gainsbourg, invitant Julien Baer, Anna Karina, France Gall, Dutronc, Bashung, encore les Rita Mitsouko, Jane Birkin, Vanessa Paradis, Arsenic 33 (ils ont fait du sacré bon boulot comme orchestre-maison lors du Kabaret Kerosen), David Holmes et Coldcut, et pourquoi pas aussi Bardot.De plus, j'embaucherais une section de cordes de 60 musiciens et j'exigerais qu'on joue La Ballade de Mélodie Nelson.L'intégrale des 37 minutes.Si vous étiez Alain Simard.Je repenserais de a à z le site extérieur.Dans sa formule actuelle, l'espace occupé par les Francos a l'air d'une version réduite du Festival de Jazz, avec toutes les inévitables \u2014 et défavorables \u2014 comparaisons.J'ai même cru un moment que le public ignorait qu'il y avait une Zone Hip, située un peu à l'écart du « centre nerveux ».Par ailleurs, l'idée du Shag est bonne, mais la capacité de 115 personnes en a laissé davantage à la porte.Faudrait voir plus grand.Quel est votre plus grand regret ?Avoir manqué les concerts des Rita Mitsouko et de Katerine.Pas entendu Marcia Baïla et Histoires d'A dans l'euphorie d'un public en feu, ni les brillantes chansons du flegmatique Katerine qui nous emmerde tant.Aussi, regrets d'avoir ingéré trop de hot-dogs/ piments forts qui laissent un inconfortable souvenir gastrique.Non, je n'ai pas oublié que l'achat de produits sur le site aidait à défrayer le coût des concerts gratuits.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Vic Vogel et Nanette Workman.toute en voix.Salut Gerry: des ovations.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE La salle Wilfrid-Pelletier a connu ses meilleurs moments des Franco- Folies hier soir.Non pas parce qu'on y soulignait officiellement la fin de cette douzième édition, mais parce qu'on célébrait la mémoire de Gerry Boulet, disparu il y a dix ans presque jour pour jour.Spectacle inégal, mais l'émotion était quand même au menu.Rarement le grand frigidaire de la Place des Arts n'avait semblé aussi chaud.Le public de Gerry était là dans toutes ses déclinaisons, des rockeurs aux matantes, des gars aux filles, des jeunes aux vieux, de tout de tous.Une salle pleine et vivante, qui ne s'est pas gênée pour manifester son enthousiasme par des applaudissements nourris et des ovations debout à n'en plus finir.Des ovations qui n'avaient rien de protocolaire.Elles étaient toutes bien senties, spontanées, vibrantes.On peut comprendre.Outre la famille immédiate (Justin et Julie Boulet) tout le gratin du rock québécois s'était donné rendez-vous pour rendre hommage à celui qui fut l'âme d'Offenbach.Imaginez rien qu'un peu : sur la même carte, on retrouvait Dan Bigras et Laurence Jalbert, France D'Amour et Éric Lapointe, Pierre Harel (avec Corbach) et Bob Harrison, Nanette Workman et Lucien Francoeur, Jeff Smallwood, Claude Dubois et, oui.Diane Dufresne.Il n'y a pas eu que du bon, remarquez.Nettement moins réussie, la seconde partie a donné lieu à quelques moments erratiques, dont une longue et chaotique séquence « concept » sur Gerry et ses paroliers, dirigée par Lucien Francoeur, qu'on avait peine à voir faute d'un écran plus ou moins transparent installé entre lui et nous.Par ailleurs, l'entrée sur scène de Claude Dubois, harnaché à un parachute, n'a pas fait rire grandmonde.Comme on dit, la joke est tombée « flatte ».Ses interprétations de Les yeux du coeur et Seulement qu'une aventure compensaient cependant.La voix reste inimitable.Comme celle de Diane Dufresne, impériale, livrant Un beau grand bateau sur un plateau d'argent à la toute fin du concert.Le public \u2014 qui n'était pas prévenu \u2014 n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles.Plus rythmée, la première partie restera celle de l'émotion.Accompagnée par Dan Bigras au saxophone et à la voix, Julie Boulet (fille de Gerry) a provoqué une première ovation en jouant Le Serre-Volant au piano.Piano qui sera également caressé par Vic Vogel, sur une frissonnante relecture de Georgia, chantée par Nanette Workman.Une folle rumeur veut que celle-ci n'ait plus de voix.Cette rumeur peut aller se recoucher : hier, Nanette a chanté comme la reine des rockeuses qu'elle est toujours.Ovation monstre.Et ovation encore pour France d'Amour, pétante d'énergie sur Prends pas tout mon amour.Sans oublier cette prenante version de L'Hymne à l'amour par Dan Bigras.Le feeling y était.Et il a transpercé la salle.Ah oui, Éric Lapointe chantant Ayoye.Une toune faite sur mesure pour lui.Mais le rockeur n'a pas donné sa pleine mesure.Lapointe a la voix.Mais à la différence de Gerry, il lui manque la vulnérabilité.À ce chapitre, on retiendra plutôt Pierre Harel dans une reprise émouvante de Faut que j'me pousse.Soirée réussie, somme toute.Pas parfaite non, mais à l'image de celui qu'on fêtait, honnête et bien sentie.Loin d'une veillée funèbre ou d'un hommage pleurnichard, on célébrait hier une oeuvre qui est toujours bien en vie.Sur scène, une vieille manufacture tenait lieu de décor.On avait sorti le grand jeu puisque le spectacle, sur une direction artistique de Marco Tessier sera rediffusé à la télé de Radio-Canada le 11 mars 2001.Ùn tabac! Il n'a rien de Gerry Boulet mais a quand même fait un tabac.Nicola Ciccone, nouvelle coqueluche de la chanson pop québécoise, donnait hier sa première officielle à Montréal, au Spectrum.On attendait un jeune homme timide, nous avons eu un chanteur plein d'assurance, blaguant et causant à la foule.Pas une bête de scène, mais une certaine présence et une voix déjà reconnaissable.Mis en confiance, sans doute, par les 40 000 exemplaires vendus de son premier album, Ciccone a bien changé depuis sa victoire il y a un an et demi au concours Ma première Place des Arts.À la frontière de la variété et de la chanson, Ciccone a une démarche chansonnière plutôt classique.Mais on n'a sans doute pas fini d'en entendre parler.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Rachid Taha et son accompagnateur.Jean-Christophe Laurence Quels spectacles des Franco Folies amèneriez- vous sur une île déserte ?Mano Solo, pour l'intensité, la vérité, la vulnérabilité et l'authenticité du personnage.Pour l'incroyable dose d'amour injectée de la salle à la scène et vice-versa .Pour cette façon de tout donner sans ménagement, malgré cette dent cassée au début du concert.Loco Locass pour le courage des prises de position, pour le hip hop groovy et musicalement inspiré.Pour ce mélange unique de Beastie Boys (trois petites teignes qui rappent en choeur) et des Colocs (l'engagement).Les Rita Mitsouko pour avoir Catherine Ringer.Quels spectacles oublieriez-vous au port ?Axelle Red à cause de l'aseptisation.Patricia Kaas à cause de l'aseptisation et de la mauvaise sono.Bernard Lavilliers à cause de cette formidable façon de se ménager.Ou comment un showman jadis rebelle et généreux devint un autre de ces chanteurs de variétés qui sonnent creux.David Hallyday en raison du désolant manque de talent.Votre plus grand fantasme ?Voir un jour Brigitte Fontaine, grande prêtresse de la chanson flyée française, héroïne d'une nouvelle génération de créateurs toutes langues confondues (Katerine, Stereolab, Sonic Youth), mère spirituelle de Catherine Ringer (même si elle n'est pas d'accord), qui n'a jamais mis le pied au Québec.parce qu'elle a peur de prendre l'avion.Quelqu'un, quelque part, lui offrira-t-il le voyage en paquebot ?Si vous étiez Alain Simard.Je reviserais la formule du souk : moins néo-hippie Prince-Arthur, plus recentré sur la chanson.Un lieu d'information style minimusée sur la chanson francophone, avec films d'archives, vidéo continue, extraits d'entrevues, artéfacts d'artistes, un souci de transmission historique.Ou une expo temporaire dans le même esprit, au Complexe Desjardins.Évidemment, des Francos en juin plutôt qu'en août, lorsque l'été est jeune et l'homo festivalus encore plein d'énergie.Et des nouvelles photos dans le hall d'entrée du Spectrum.Ça commence à dater.Votre plus grand regret ?Avoir manqué les concerts de Katerine et Rachid Taha.Avoir vu celui de David Hallyday.Ne pas être Fred Chichin.Catherine Ringer, des Rita Mitsouko.Marc Cassivi Quels trois spectacles amèneriez-vous sur une île déserte ?Rachid Taha, pour danser la nuit durant avec mon amoureuse en les écoutant chanter des mots que je ne comprends pas.Katerine, pour rire comme un fou à des rimes que je ne comprends pas toujours.M., pour faire le plein de guitares sans avoir à réfléchir.Quel spectacle oublieriez-vous au port ?La Chicane.La complainte sourde de l'ornithorynque me semble plus harmonieuse, le cri strident du toucan plus mélodieux, le langage subtil des poissons tropicaux plus inspiré.Si vous étiez Alain Simard.Je résisterais une fois pour toutes à la tentation de présenter des spectacles à la Place des Arts.Un soir de juillet comme de janvier, la salle Wilfrid-Pelletier reste un frigidaire.Avec Ferland, Rivard et Bélanger, avec Lapointe, Nanette et Laurence, même avec la famille malienne élargie du polygame Ali Farka Touré.Quel est votre plus grand fantasme francofou Une soirée « carte blanche » à Bashung, avec Rachid Taha, Marc Ribot, M.et Noir Désir.De la grande chanson française, qui se renouvelle sans peine, servie sur la récente et merveilleuse compilation du maître Alain B., Climax.Le mot est bien choisi.Quel est votre plus grand regret ?D'avoir passé plus de la moitié des Franco Folies en béquilles avec une entorse au pied, résultat d'une partie de foot un peu musclée avec des champions du monde français (dont notre collègue Jean Gounelle).Surtout, d'avoir par conséquent raté le spectacle des Rita Mitsouko, dont on ne me dira jamais assez de bien.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Dan Bigras, accompagné de Julie Boulet au piano, pour Serre-Volant, a récolté la première ovation de la soirée.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © France d'Amour a récolté une ovation monstre pour sa prestation. 7LP0601B0806 b6 dimanche 7LP0601B0806 ZALLCALL 67 01:15:03 08/06/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 L'amie des plus grands 17 ans \u2014 on l ' a p p e l l e L i o l a \u2014 e l l e s'éprend d'un pasteur, Gillot, père de deux enfants de 17 ans.C'est une sorte de Pygmalion, il la forme, l'éduque, lui fait lire Kant et Spinoza, il la hausse au plus élevé qu'il peut trouver, et c'est très haut.Dès que ce travail est terminé, elle s'enfuit : il voulait l'épouser Elle s'éprend ?J'ai dit elle s'éprend ?Comme c'est bizarre.Est-ce que Lou Andreas-Salomé s'est jamais éprise de quelqu'un ?Je me méfie de cette sorte d'égérie-là.La lecture de la très belle et intéressante biographie \u2014 passionnante \u2014 de la célèbre Lou ne me fera pas changer de méfiance.Car on se demandera tout du long qui cette femme a bien pu aimer, et comment.Une chose est sûre : elle n'a cessé de se refuser, de curieuses et différentes façons.Avec Rilke, elle jouera l'instinct maternel, le poète a besoin d'une maman, ce sera parfait, et si possible d'une maman vierge \u2014 il est ainsi de poétiques exigences, vraiment, que seule la vierge Marie pourrait satisfaire.La voici donc inspiratrice du poète le plus abîmé du siècle.Mais voilà qu'elle croisera aussi d'autres célébrités.C'est ce mot qui semble le plus important pour elle.S'ils sont célèbres, il lui faut donc aller voir, devenir l'indispensable amie, la confidente, l'égérie, l'inspiratrice.L'amante ?Ah bien là, on n'est sûr de rien.Vous savez combien les gens sont méchants : toute l'histoire littéraire, philosophique et psychanalytique de la fin du siècle (le XIXe) sera emplie du murmure de Lou Andreas-Salomé.Je veux dire du nombre de ses amours \u2014 que personne ne pourra prouver.C'est ainsi.D'une intelligence redoutable Elle avait une intelligence redoutable, dangereuse, empoisonnée, qui la menait à fréquenter, peut-être jusqu'à l'oreiller, ce n'est pas sûr, des penseurs comme Nietzsche (son cher Frédéric) tout en se partageant entre lui et Paul Rée, dans une sorte de ménage à trois.Elle a rencontré Nietzsche à Rome, en 1832, et Paul Rée est l'inséparable ami du philosophe.Cela rappelle l'histoire de Jules et Jim.Nietzsche ne se remettra guère, déjà malade comme il l'était, de ce feu que dégage Lou, qui prétendra que l'amitié de ces trois personnes doit rester chaste.Tout en écrivant des lettres et des poèmes d'un énorme érotisme.La soeur de Nietzsche, Lisbeth, veillera au grain, et obtiendra que l'on écarte Lou de son frère.Bon, soyons gentils, cette Lisbeth était mauvaise comme la gale, comme la peste, la peste noire : elle sera une grande adepte du nazisme.Lisez cela, vraiment, vous ne perdrez pas votre temps.Et Freud, alors ?Eh bien oui, Lou Andreas-Salomé ne manquera pas de le rencontrer, de le fréquenter, de discuter avec celui, qui lui écrira force lettres.Enflammées.On vous le dit : tout ce qui compte, au début du siècle, dans la pensée du Centre- Europe, c'est pour Lou.N'oublions pas celui qui lui donnera son nom : Andreas, intello polyglotte et savantissime, qu'elle épousera, à condition que ce fut un mariage blanc.Décidément.Non vraiment, la vie de cette femme rebelle, perverse peut-être, narcissique sûrement, dominatrice et géniale, vaut d'être lue de près.C'est le meilleur des romans, et invraisemblable, pour faire rêver d'un monde mort et enterré, dans lequel l'esclavage ne se trouvait pas du côté que l'on pourrait penser.Lou Andreas-Salomé, l'alliée de la vie, par Stéphane Michaud, Seuil, Paris, 394 pages.Nietzsche et Salomé, par Jean- Pierre Faye, Grasset, Paris, 300 pages.« Pidi » James, reine du roman policier depuis bientôt 40 ans.Elle écrit «au meurtre!» première vue, il semble difficile de trouver quelqu'un de plus English dans la fibre que la baronne James of Holland Park (Phyllis Dorothy pour les intimes).Indéfectiblement attachée aux piliers de l'establishment \u2014 l'Église anglicane, le Parti tory et la BBC dont elle fut membre du conseil d'administration durant cinq ans \u2014, elle a siégé en outre au British Council, au Arts Council et à cette anachronique Chambre des lords dont elle défend les privilèges avec conviction.Et pourtant, elle doit son anoblissement par la reine en 1991 moins à son exemplaire carrière dans l'administration publique (d'abord comme administratrice d'hôpital, puis directrice d'un laboratoire médico-légal de la police criminelle) qu'à l'immense notoriété des romans policiers qu'elle écrit avec une rare maîtrise depuis bientôt quarante ans.Un genre littéraire que d'aucuns qualifient de mineur, mais pour lequel « Pidi » James revendique le statut « d'oeuvre d'art ».Elle avoue d'ailleurs le pratiquer « pour imposer l'ordre à un terrifiant chaos », celui causé par le meurtre, crime ultime qui secoue l'ordre naturel et moral.Ce besoin d'ordre, cette volonté de contrôle se retrouvent au coeur même de son dernier livre malicieusement intitulé Il serait temps d'être sérieuse.Non, ce n'est pas une nouvelle enquête de son cher Adam Dalgliesh mais bien, dit-elle, « une autobiographie partielle et une parade contre ceux qui, de plus en plus souvent, en personne ou par lettre, m'annoncent qu'ils ont été chargés d'écrire ma biographie et sollicitent ma coopération ».Ce qu'elle a toujours obstinément refusé.Parade donc contre les intrus qu'elle choisit de rédiger sous la forme d'un journal un peu spécial allant d'août 1997 à août 1998, soit entre son 77e et son 78e anniversaire.La description d'événements quotidiens d'ordre personnel, familial et professionnel (c'est l'année du lancement et des campagnes de promotion de son dernier roman, Une certaine justice) y est ainsi truffée du récit fragmentaire de sa vie et de réflexions diverses sur la société, la littérature, le roman policier.Sans oublier des « conseils » aux jeunes écrivains ainsi que deux listes de règles péremptoires adressées aux adaptateurs de la télévision et surtout aux critiques sommés, entre autres, « de ne pas rendre compte d'un livre s'il appartient à un genre pour lequel ils ont une particulière aversion ».Cette structure souple lui permet de passer de la franchise et la prolixité à la pudeur, la retenue, voire la dissimulation, quand elle le juge bon.Pas de sentimentalisme ni de plaintes, mais un regard un rien nostalgique sur une période de sa vie qui fut pourtant loin d'être facile avant le succès de son premier roman (À visage couvert ) en 1962.Son enfance dans le Shropshire puis à Cambridge fut assombrie par le mariage malheureux de ses parents, l'internement périodique de sa mère dépressive, la sévérité et l'avarice de son père.Malgré son intelligence, Phyllis dut quitter l'école à l'âge de 16 ans pour un emploi minable aux Impôts.Infirmière à la Croix-Rouge dès 1939, elle épousa deux ans plus tard le docteur Connor Bantry White.Deux filles naîtront (en 1942 et 1944) de cette union heureuse, mais Connor revint de la guerre atteint de schizophrénie, nécessitant de fréquents séjours en clinique.Jusqu'à la mort de son mari en 1964, la vie de Phyllis sera pour l'essentiel partagée entre la visite dominicale à l'hôpital psychiatrique, l'emploi de bureau chichement rémunéré (au point qu'elle dut mettre ses filles en pension) et les cours du soir pour améliorer sa formation et sa situation.Elle ne se remaria pas, avouant que Connor lui manque encore chaque jour.De ces années noires qui ont considérablement retardé sa carrière littéraire, elle a gardé une méfiance viscérale envers l'intrusion des psychiatres dans le cercle familial, et une grande colère contre un système qui impose aux proches de s'occuper de malades mentaux, charge que « personne ne devrait être obligé d'endurer ».Pendant tout ce temps, elle rêvait d'écrire, consciente que l'écriture était pour elle le seul moyen de s'en sortir.Elle eut la chance de voir son premier manuscrit accepté par la prestigieuse maison d'édition Faber & Faber.Comme elle l'avait signé de ses initiales P.D., la critique crut avoir affaire à un romancier ! Méprise que ne manque pas de relever celle qui devint rapidement l'une des incontestées « reines du crime ».Et d'expliquer le succès de femmes dans le roman policier par leur « oeil pour les détails, les petits riens de la vie quotidienne, si importants quand il s'agit de fabriquer des indices », par leur intérêt pour les « émotions fortes », les subtilités psychologiques, les choix moraux plutôt que pour la violence et les armes.Atouts que les conventions et la forme du roman de détection leur permettent, de plus, de déployer en toute sécurité.Grande admiratrice de Jane Austen et George Eliot, véritable praticienne du roman victorien \u2014 voir la place qu'elle accorde dans ses intrigues à la description du décor, qui « peut en révéler autant sur le personnage que le dialogue ou l'action » \u2014, pourquoi P.D.James a-t-elle choisi d'écrire des romans policiers ?« Par le besoin, répond-elle, d'évoquer la peur atavique de la mort, d'exorciser la terreur et la violence, de rétablir au moins en imagination la paix et la tranquillité après l'angoisse déstabilisante du meurtre, et d'affirmer le caractère sacré de la vie humaine et la possibilité de la justice, même s'il ne s'agit que de celle des hommes, toujours faillible.Dans cette remarquable « défense et illustration » du genre, on aura noté l'absence de toute préoccupation ou critique sociale.La très conservatrice P.D.James laisse cela à d'autres, en particulier à la « travailliste » Ruth Rendell, son amie de longue date, anoblie baronne de Barbergh depuis deux ans (sur proposition de Tony Blair) siégeant aussi à la Chambre des lords, et dont les dernières enquêtes de la saga Wexford (Simisola, Espèces protégées) jettent un regard sans complaisance sur l'Angleterre post-thatchérienne.Phyllis ne cache pas son admiration pour l'oeuvre prolifique de sa consoeur qui explore « avec force et imagination les recoins les plus sombres de la psyché humaine ».Gageons qu'elle a beaucoup aimé comme nous Sage comme une image (A Sight for Sore Eyes, 1998), un inquiétant thriller psychologique sur les conséquences des traumatismes de l'enfance.Francine et Freddy, les deux héros du livre, sont beaux et sages lorsqu'ils se rencontrent et leur idylle pourrait tenir du conte de fées.Mais dans l'univers de Rendell, le lecteur consentant l'apprend toujours à ses dépens, les apparences se révèlent mortellement trompeuses.Âgée d'à peine sept ans, Francine n'a-t-elle pas assisté au meurtre de sa mère, choc qui l'a rendue muette.Elle a retrouvé la parole grâce à une psychothérapeute qui, ayant séduit son père, se transformera en une belle-mère possessive jusqu'à la folie.Freddy, lui, a grandi dans un milieu sans amour et n'a trouvé le salut que dans la méfiance envers les adultes, le silence et le culte du Beau.Devenu sculpteur-ébéniste de talent, il voit en Francine, dès le premier regard, l'incarnation de la beauté, « l'objet » (au sens propre) de son désir dont il faut s'emparer à n'importe quel prix.L'inéluctable danse de séduction et de mort rapprochant ces deux handicapés de l'âme se déploie dans ces décors londoniens dont seule Rendell semble capable d'exploiter les sinistres ressorts dramatiques, pour s'achever dans une belle demeure de St John's Wood, où une rousse attire les jeunes gens comme une araignée dans sa toile.Magistral.Il serait temps d'être sérieuse.(Fragment d'autobiographie), P.D.James, Fayard, 351 pages (HHH) Sage comme une image, Ruth Rendell, Calmann- Lévy, 393 pages (HHHH) La face cachée d'un caprice e beau livre de Pan Bouyoucas s'ouvre sur une longue nouvelle, qui fait le tiers du recueil.Le docteur Loukoum, ophtalmologue, en est le personnage principal \u2014 mais l'est-il vraiment ?Il vient de perdre sa femme, Alma Joncas, une comédienne célèbre qu'il a chérie pendant de longues années.Très malade, elle l'a prié de lui faire l'amour.Ce devait être l'ultime fois : elle meurt entre ses bras, au bout de sa dernière jouissance.Une belle mort, si telle chose existe, qui n'est pas sans semer dans la conscience du veuf éploré un brin de culpabilité.Mais il a d'autres chats à fouetter.Sa femme lui a fait savoir qu'elle voulait que ses cendres fussent enterrées là où elle a été le plus heureuse.Le médecin, qui est tout dévouement à la bien-aimée en allée, entend bien respecter ce voeu légitime.Le tendre devoir d'amour, en apparence anodin, se révèle pourtant bien difficile à réaliser.Comment savoir où la dame a été le plus heureuse ?Le docteur Loukoum ne doute pas que le jardin de la maison montréalaise où il s'est installé avec Alma, après avoir quitté la Montérégie à laquelle il ne s'habituait pas, est le lieu où elle a été le plus heureuse.Mais la parenté et les amis s'en mêlent, qui ont d'autres idées.Montréal peut-être, disent-ils, mais plutôt et surtout Saint-Hilaire, ou la province de Charlevoix, ou le théâtre où la diva a triomphé, ou même Paris, puisqu'elle a tant aimé jouer à la Comédie- Française.Plus on avance dans cette histoire qui n'est pourtant basée que sur une anecdote, ou un caprice si on veut, plus on se rend compte qu'il ne s'agit pas de savoir où Alma a été le plus heureuse, mais plutôt avec qui, chacun revendiquant cet honneur sans en avouer tout à fait les mobiles.Est-ce par amour ou par amitié vraiment ?Pour emprunter un peu de la gloire de la disparue ?Pour rég l e r d e s comptes avec les autres prétendants au legs de l'urne funéraire ?M.Bouyoucas respecte assez l'intelligence de ses lecteurs pour les laisser se e u x - m ê m e s avec toutes ces questions.Sa nouvelle ne manque pas pour autant de transparence.Ce qui est en cause en effet, c'est la perception de soi que peut laisser aux autres toute personne qui a noué des liens amoureux, familiaux, amicaux ou professionnels.En révélant son voeu ultime, la grande Alma Joncas renvoie chacun à lui-même, au risque de bousculer tout le monde.En même temps, elle laisse d'elle-même une image protéiforme.Si l'amour donne aux lieux la couleur du bonheur, il est possible qu'Alma ait été le plus heureuse dans le lit de son mari, d'une femme de théâtre, d'un metteur en scène parisien qu'elle s'apprêtait peut-être, au moment de mourir, à rejoindre pour toujours, ou auprès d'un petit garçon qu'elle a connu dans son enfance, tendre amoureux jamais oublié et qui jamais n'aura aimé d'autres femmes.Les noms des personnages de Docteur Loukoum se terminent tous en as.Par cette coquetterie, Pan Bouyoucas nous rappelle ses origines grecques.Il en témoigne, et aussi d'un lointain séjour au Liban, dans quelques- unes des autres nouvelles du recueil.Les nouvelles les mieux inspirées nous apportent des paysages physiques et cult u r e l s d'une Grèce bercée par la mer et embaumée de parfums, certes, mais pas nécessairement idyllique.La Deuxième Guerre mondiale et le conflit avec la Turquie ont été l'occasion d'une érosion des valeurs anciennes dont les plus âgés font difficilement leur deuil.L'écrivain, tout en paraissant profondément attaché au pays originel, regarde ces vieux compatriotes avec une tendresse qui n'est pas exempte d'ironie.La dernière nouvelle, Anna et Sotiris, d'un ton résolument personnel, raconte l'histoire des parents et grands-parents dans un registre émotif où la simplicité et l'intensité coexistent très heureusement.Il n'y a pas d'éléments vraiment faibles dans le recueil de M.Bouyoucas.Il arrive cependant que le lecteur soit privé de cette chute étonnante qui fait parfois la réussite d'une nouvelle.C'est le cas par exemple de Amir et Samir, deux Libanais, l'un chrétien et l'autre musulman, qui se rencontrent dans un restaurant de Montréal et qui, passant par-dessus tout ce qui pourrait les séparer, décident de fraterniser.Ils finissent par se quereller bêtement, chacun voulant régler l'addition : « Un moment après, ils se cognaient dessus à poings fermés.(.) Les deux hommes se battaient avec une telle violence que personne n'osa s'en approcher pour les séparer.» La variété de l'inspiration fait oublier cet humour un peu convenu.À vrai dire, il y en a dans ce recueil pour tous les genres et tous goûts, depuis le flic qui multiplie les crimes parfaits jusqu'au velléitaire, admirateur de Gandhi, qui risque de laisser mourir quelqu'un avant de se décider à donner de son sang.Une écriture soignée et efficace contribue au plaisir de lire.Docteur Loukoum, nouvelles de Pan Bouyoucas, 152 pages.Collection De quoi rêver, Éditions Trait d'union, Montréal, 2000.regimartel@sympatico.ca 7LP0701B0806 b7 dimanche 7LP0701B0806 ZALLCALL 67 01:16:20 08/06/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 B 7 El Condor Pasa u Québec, mon pays, nous sommes fiers de déclarer avoir tous un peu de sang indien », affirme Julien, le narrateur du Vol du condor, à une vendeuse du marché de La Paz en Bolivie qui lui a fait remarquer qu'il ressemble à un Amérindien.Roger Blay, dont ce livre est le premier roman, m'en voudra-t-il d'avoir sourcillé à la lecture de cette réplique, qui ne me semble pas correspondre tout à fait à l'état des rapports entre sociétés québécoise et autochtone en ce dixième anniversaire de la regrettable crise d'Oka ?Nonobstant la reconnaissance tacite de l'irréfutable réalité historique du métissage, il reste encore beaucoup de travail à faire sur les mentalités avant que M.et Mme Tout-lemonde embrassent pleinement la part amérindienne de leurs héritages culturel et biologique et aillent jusqu'à en tirer de la fierté.Dans l'esprit de trop de Québécois encore, l'Indien d'Amérique est resté au mieux un bon sauvage vivant en parfaite intelligence avec la nature, au pire un fainéant ivrogne qui fait fi des lois et brandit avec mesquinerie sa carte qui lui garantit mille privilèges et pas la moindre obligation \u2014 deux stéréotypes à la couenne dure qui trahissent une vision étriquée du réel.J'ai l'air de digresser ?Il n'en est rien, puisque le bouquin de Roger Blay s'intéresse justement au rapport entre l'Occident rationnel moderne et les sociétés traditionnelles.Cela dit, ce que j'écrivais la semaine dernière sur les fictions occidentales se déroulant en Afrique me semble également applicable à une bonne proportion de ces oeuvres romanesques qui nous invitent à la découverte des cultures aborigènes de l'Amérique et, à la limite, de toute culture non occidentale.À savoir qu'il est difficile pour les romanciers du Premier Monde d'éviter l'approche émerveillée du touriste en terra incognita.Pourtant, il faut en convenir, l'exotisme tient souvent moins de l'objet observé que de la perception qu'en a l'observateur.Dans Le Vol du condor, Blay réussit par moments ce tour de force de résister à la tentation de s'éblouir béatement de la culture de l'Autre, mais de s'en imprégner véritablement.Manifestement, l'auteur possède une véritable connaissance et une certaine compréhension des traditions des Indios d'Amérique latine et il importe peu de savoir s'il les tire de la recherche bibliographique ou de l'expérience vécue.Homme de théâtre, premier interprète d'Yvirnig dans Les Oranges sont vertes de Claude Gauvreau, Roger Blay a été codirecteur de l'École nationale de théâtre et prêté ses traits à des personnages de la télévision et du cinéma (on se souvient notamment de lui dans le long métrage La Quarantaine d'Anne- Claire Poirier).Pour cette première oeuvre de fiction, il a choisi un héros narrateur, quarantenaire dont on ne saura finalement pas grand-chose, sinon qu'il souffre d'un étrange mal del viento (en l'occurrence, une paralysie progressive des muscles faciaux).Guidé par ses rêves habités par des figures emblématiques de la mythologie inca (dont celle du majestueux condor), Julien quitte Montréal, sa petite fille Myriam et son ex-femme Judith vers la Bolivie et le Pérou.Chez les descendants des aborigènes massacrés par les conquistadores espagnols, il espère trouver la guérison en se soumettant à divers traitements dont on ne se gardera de dire s'ils relèvent de sorcellerie ou de science ancestrale.Au fil de ces expériences hallucinées, le baby-boomer en mal de luimême pourra compter sur la complicité d'une poignée de femmes \u2014 la jeune et ravissante Juanita, Wendy l'expatriée américaine, Fermina l'acupunctrice, Jovana la curandera \u2014 pour recouvrer la pleine jouissance de ses sens.En effet, la quête du voyageur se double d'une sorte de périple initiatique au royaume de la sensualité \u2014 ce qui permet à l'auteur d'accumuler les passages d'un érotisme cru, voire primal, passages ma foi fort réussis, malgré quelques excès de lyrisme et de délire mystico-philosophique.Tenez, par exemple, cette scène de sauna torride à souhait : « Nous accomplissons une danse de commencement du monde.Ses bras autour de mon cou, elle saute à cheval sur mes hanches.J'ai du mal à maintenir l'équilibre.Elle me serre la taille de ses cuisses fortes, puis ses fesses descendent lentement.Toutes nos odeurs emplissent nos sens.Son sexe, comme mille pétales mouillés, s'ouvre et enveloppe lentement mon érection de granit.Des larmes coulent sur ses joues et se mêlent à nous sueurs salées que je lèche.Longuement, nous rebâtissons le monde : Manco Kapac pénètre l'univers de Mama Okllo dans un cri mâle et femelle réunifié, provenant du fond des âges.» À ces moments, ainsi que dans les passages relatant les visions de Julien, on n'est jamais très loin du ton de ces livres de l'ethnologue Carlos Castaneda, qui connurent à l'époque de leur parution une popularité qui ne se dément pas auprès d'un certain public épris de psychédélisme.Dans ces bouquins aux titres évocateurs (L'herbe du diable et la petite fumée, Voir, Voyage à Ixtlan, Histoire de pouvoir et Le second anneau de pouvoir, pour en citer quelques-uns), Castaneda racontait les apprentissages qu'il fit, alors qu'il était encore jeune étudiant, auprès d'un sorcier yaqui nommé Don Juan.Habilement construit, écrit dans un style maîtrisé (malgré quelques maladresses ça et là), Le Vol du condor s'avère un premier roman plutôt réussi, même si quelques passages flirtent avec une certaine littérature ésotérique en vogue qui ennuie ou passionne le lecteur selon qu'il soit friand ou non d'élucubrations « nouvel-âgeuses ».Le Vol du condor, Roger Blay, Lanctôt, 203 pages.Pour réagir à cette chronique : stanpean@hotmail.com Quand Moore s'en mêle ls l'ont l'affaire, les Américains ! Qu'ils la gardent pour eux ! Après avoir lu le bouquin de Michael Moore, Dégraissez-moi ça !, on est bien content d'être juste des Canadiens, habitants d'un pays « plus meilleur », sans doute flou et froid, sans doute pas si meilleur que ça, mais quand même moins pire que celui d'en dessous.Le verdict de Moore est sans appel : c'est indiscutable, les États-Unis font dur.Malgré ses airs de gros bonhomme simple et jovial, Moore est un combattant, un engagé enragé qui n'a pas peur de se mouiller à gauche, quitte à passer pour un barbu.On l'a vu dans Roger & Me, son premier documentaire sorti en 1989, parcourir les plus creux recoins de son pays à la recherche du président de General Motors, lequel vide la ville de Flint de ses habitants en fermant une usine.Dans The Big One, un autre documentaire sorti en 1998, Moore reprend la route, cette fois pour faire la promotion de son brûlot, Downsize This, celui-là-même que viennent de traduire pour nous les éditions La Découverte.Et pour un pamphlet \u2014 ce n'est pas un essai ou une thèse \u2014 c'en est un vrai ! Convivial et jamais dépourvu d'humour, l'auteur nous traîne d'un bout à l'autre des États- Unis pour une balade dans le cauchemar américain.On passe par des villages devenus fantômes à la suite de monstrueuses « réductions d'effectifs », on visite des métropoles dont les quartiers populaires ressemblent aux bas-fonds de Ouagadougou et à côté desquels notre centre- sud montréalais passerait pour Beverly Hills.Là où le statisticien pointilleux lèverait la narine, c'est aux pages consacrées aux chiffres.D'où viennent ces chiffres ?Moore n'est pas un expert en chiffres.Moore est un alarmiste barbu de gauche.En jouant le jeu des pourcentages, Moore utilise les armes de son ennemi capitaliste, capable de prouver que « les choses vont moins mal qu'on le dit ».Moore s'en prend au système d'exploitation, à cette grosse machine qui semble s'autohuiler au gré des humeurs de la bourse.Moore en veut à ceux-là qui ne font rien d'autre que du profit \u2014 car c'est un but en soi \u2014 et qui, pour en faire encore plus, n'hésitent pas une seconde à vider des villages et à ruiner des existences.Il en veut aussi aux vertueux de la droite qui ne trouvent d'ennemis que chez les homosexuels, les immigrés, les avorteurs et les fumeurs, alors que visiblement l'ennemi, le vrai selon Moore, est bien assis dans son grand bureau en haut de la tour, à décider de tout envers et contre nous.Rien de moins.Dénué d'ironie, le livre serait désespérant : le grand rêve devenu cauchemar, il n'y a pas là de quoi rire.Mais à l'instar de nos fortes gueules nationales, les Chartrand, Falardeau et Lauzon, Moore a un moral de plomb et le coeur à la bonne place, comme on dit.Et il poursuit en rigolant, à sa modeste façon, ce combat dit d'arrière- garde, pour l'égalité des chances.Dégraissez-moi ça, Michael Moore, 2000, éditions La Michael Moore Découverte, 211 pages (HHH) Un homme à la défense de l'autonomie d'Hydro-Québec i e n des gens s'étaient interrogés en 1981 quand le président d'Hydro- Québec, Robert Boyd, avait annoncé sa démission, après à peine quatre ans d'un mandat de dix ans, lui qui avait débuté sa carrière dans la boîte en 1944, l'année même de la création de l'entreprise d'État qui s'accaparait des actifs de la Montreal Light, Heat and Power Company.En ce faisant, Robert Boyd marquait sa dissidence devant la décision du gouvernement d'obliger Hydro-Québec à lui remettre un dividende annuel dont le montant serait fixé unilatéralement par Québec.Pour lui, il s'agissait d'une véritable mise en tutelle de la société d'État.Dans sa biographie de l'ex-président intitulée Du génie au pouvoir, André Bolduc note que Robert Boyd avait toujours considéré que la Loi constitutive créant la société d'État était celle qui assurait le meilleur équilibre entre le besoin d'autonomie d'Hydro-Québec et l'obligation pour le gouvernement de veiller à l'intérêt commun.L'auteur de la loi, Louis-Philippe Pigeon, avait même fait préciser que « la Commission hydroélectrique du Québec a pour objet de fournir l'énergie aux municipalités, aux entreprises commerciales ou industrielles et aux citoyens de la province aux taux les plus bas \u2014 compatibles avec une saine administration financière ».On peut s'interroger si ce mandat est toujours d'actualité.À ses débuts, la nouvelle société publique était totalement dominée par des cadres supérieurs anglophones.Robert Boyd entreprit ses premières batailles en instaurant la francisation des méthodes de travail et en traduisant lui-même des manuels d'instruction de l'anglais au français.Mais cette initiative était mal vue et les cadres supérieurs s'empressèrent de mettre sous clé la version française.Lors de la prise du pouvoir par les libéraux en 1960, Robert Boyd prit du galon en devenant chef ingénieur de la division métropolitaine de l'exploitation.C'est à ce titre qu'il joignit les rangs d'un comité technique chargé de définir en 1962 les conditions dans lesquelles devrait se faire l'intégration des compagnies privées à Hydro- Québec.C'est à lui que devait incomber l'intégration des compagnies après le 1er mai 1963, date de l'acquisition officielle des distributeurs privés.Deux ans plus tard, il était nommé directeur général de l'entreprise.Ce poste fut aboli en 1969 et Boyd devint commissaire de la société d'État.L'auteur nous raconte comment Boyd, vers la fin des années 1960, a transigé avec la Churchill Falls Corporation un contrat à long terme de 65 ans et un prix du kilowattheure à l'abri de l'inflation.Ce contrat allait devenir, une décennie plus tard, « l'affaire du siècle ».Les premières tentatives du gouvernement de « tasser » Hydro- Québec survinrent après l'élection de Robert Bourassa comme chef du gouvernement.Ce dernier voulait confier à une nouvelle entreprise le soin d'harnacher les richesses hydrauliques de la Baie James, mais devant le désaveu de l'opinion publique, le gouvernement dut jeter du lest.Il créa la Société de développement de la Baie James, mais y incorpora une filiale, la Société d'énergie de la Baie James, qui devint une créature d'Hydro.Boyd dut aussi lutter pour que la maîtrise de l'oeuvre demeure entre les mains de la société d'État au lieu d'être confiée à Bechtel, une compagnie américaine.L'ouvrage écorche au passage Jean Cournoyer, ancien ministre de la Main-d'oeuvre, qui avait écarté une suggestion de la direction d'Hydro de décréter une convention de chantier durant la période de dix ans que dura l'aménagement du complexe hydroélectrique de la Baie James.L'absence d'une telle convention déjà expérimentée à Churchill Falls devait donner lieu au saccage de la Baie James en 1974 et à d'innombrables grèves en 1976.Appelé à succéder à Roland Giroux en 1977, Robert Boyd ne s'attendait pas à devoir subir les désidératas du pouvoir politique quelques années plus tard.En effet, malgré l'opposition acharnée du président Boyd, René Lévesque imposa à la SEBJ un règlement hors cour de 200 000 $ dans l'affaire du saccage de la Baie James, alors que les dommages avaient été évalués à 32 millions.Lorsqu'au printemps 1981 Jacques Parizeau, alors ministre des Finances, annonça que la fiscalité des sociétés d'État allait être modifiée et que ces dernières devraient payer des redevances au gouvernement, il comprit qu'il s'agissait d'une mise en tutelle.Après une vaine tentative en Commission parlementaire pour rendre plus acceptable le projet de loi 16, il fit parvenir sa lettre de démission à René Lévesque le 15 août 1981.La compétence et le leadership de Robert Boyd furent reconnus internationalement.En 1981, le magazine américain Engineering News Record lui décerna le titre de Construction's Man of the Year pour sa contribution à la réalisation du complexe hydroélectrique de la Baie James.L'auteur, André Bolduc, nous livre ici une biographie intéressante qui nous révèle certains faits inédits concernant les dirigeants d'Hydro- Québec et les grands projets hydroélectriques.Du génie au pouvoir.Robert A.Boyd., André Bolduc, Libre Expression, 262 pages.(HHH) 7LP0801B0806 B-8 dimanche - AR 7LP0801B0806 ZALLCALL 67 01:18:40 08/06/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 Quand on n'a que l'humour uatre ans après Fallait pas ! revoici Gérard Jugnot réalisateur- acteur avec Meilleur espoir féminin, qui lui a valu une déferlante d'éloges.Le magazine Ciné Live a fait le point avec lui.\u2014 Vos parents venaient sur les tournages ou assister à vos pièces, à vos débuts ?\u2014 Très peu.J'avais toujours la terreur, lorsque ma mère venait me voir jouer au théâtre, qu'elle se lève en plein milieu d'une scène et qu'elle crie : « Non, mon fils n'est pas comme ça, il est beaucoup plus gentil ! » Comme je ne jouais que des abrutis, des couillons ou des méchants au théâtre, j'étais terrorisé par ça, c'était mon fantasme.Je l'imaginais : « Arrêtez de rire, mon fils n'est pas ridicule, il est très beau, très gentil, très intelligent ! » J'ai toujours souffert d'une certaine incompréhension de la part de mes parents par rapport à ce métier.On a eu des problèmes de langage, de communication intellectuelle, et c'est ce que j'essaie de dire dans le film : qu'il y a d'autres langages.Celui d'Yvon, c'est l'amour.Il n'a que l'amour, que la tendresse, il ne comprend rien mais il comprend autre chose, et ça vaut autant qu'un langage intellectuel.\u2014 Vous vous sentez intégré dans le cinéma français ?\u2014 À force.Il n'y avait pas une grande adhésion au départ, c'est sûr ! Mais ça y est, ils m'ont accepté.Ils ne pouvaient pas me virer parce que je me suis cramponné.Je ne fais pas un cinéma qui dérange non plus, même si ce film est à rebrousse- poil de tout ce qui se fait.\u2014 Vous êtes beaucoup plus détendu aujourd'hui qu'avant la sortie de Fallait pas !.\u2014 À l'époque, je sortais de Casque bleu, qui était un peu bizarre, c'était un film écrit à moitié, il y avait deux histoires qu'on n'avait pas réussi à réunir.C'est un film que j'aime bien, mais avec cette petite histoire qui devient une grande histoire, on s'est un peu perdus.Après ça, j'avais envie de faire un film d'action, avec plein de choses qui pétaient.Mais même si les gens riaient beaucoup, au final, il restait peu de choses de Fallait pas !.parce que les deux personnages principaux, on s'en foutait un peu.Là, je suis heureux parce que le film est très bien reçu, les gens ont l'impression que je reviens dans une famille qui leur avait plu.Gérard Jugnot Charlotte Gainsbourg Et le mariage?\u2014 Le succès donne un souffle nouveau.Pendant un moment, vous aviez disparu des écrans.J'ai eu un enfant, alors j'ai pris du temps.Mais en fait, je n'avais pas réellement souhaité cette pause, elle est arrivée après Love, etc.À l'époque, j'étais encore très hésitante.J'attendais d'être désirée par quelqu'un, ce qui est inconfortable et paniquant : on perd confiance en s o i lorsqu'on n'a pas de projet.J'ai eu tellement de chance au départ.J'allais à l'école et je savais que l'été j'allais faire le film de Claude Miller ou de Bertrand Biler.C'était peinard.Je m'étais habituée à ce genre de demande, à attendre que ça vienne.Et ça venait.Et puis ça n'est plus venu.Maintenant j'essaie d'avoir une attitude plus dynamique : je montre que j'ai envie de travailler.Le Nouveau Cinéma mour, romance, mariage à Hollywood.Voici quelques petits faits relevés par le magazine Star.1 ) À 60 ans, Al Pacino ne s'est encore jamais marié.Parmi les célibataires endurcies, on compte Diane Keaton, 54 ans ; Julie Christie, 59 ans ; et Jacqueline Bisset, 55 ans.2 ) Avant de marier John Travolta, Kelly Preston a été liée à George Clooney et Charlie Sheen.3 )Des couples qui ont divorcé puis se sont remariés : Robert Wagner et Natalie Wood ; Don Johnson et Melanie Griffith ; Elizabeth Taylor et Richard Burton.Train-Train n Nathalie Baye tourne Train-Train, un premier film de Bruno Chiche dans lequel elle a pour partenaires Fabrice Luchini et Marie Gillain.Cette comédie raconte les aventures d'un homme qui, à l'occasion de la Saint-Valentin, se voit offrir un voyage en Orient-Express par sa femme, sa maîtresse et l'amant de celle-ci.Retrouvailles n Trois ans après Nettoyage à sec, Mathilde Seigner et Stanislas Merhar vont bientôt se retrouver pour le nouveau film de Daniel Vigne, Le Mal des femmes.Un film décidément placé sous le signe des retrouvailles, puisque son scénario a été écrit par Jean- Claude Carrière, auteur du Retour de Martin Guerre avec Vigne en 1982.Le magazine Studio précise que Merhar y interprète un jeune médecin envoyé en 1860 étudier les moeurs sexuelles des habitants \u2014 et surtout des habitantes \u2014 d'une petite ville de province.Son enquête, pourtant très scientifique, va semer la zizanie.La beauté à quel prix ?n Quelques trucs de beauté des vedettes rapportés par le magazine Star.Lorsqu'elle sort de son bain, Liz Hurley, représentante d'Estée Lauder, se fait frotter les fesses et les cuisses au papier sablé ( fin ).Il paraît que ça prévient la cellulite.Le mannequin Christie Brinkley conserve l'éclat de ses cheveux en les massant avec de l'eau dans laquelle elle a fait dissoudre une aspirine.Si d'aventure un bouton fleurit sur le visage de Rachel Hunt, elle le recouvre de pâte à dents avant de se mettre au lit.Ça l'assèche.Le cinéma et le net n Le magazine Studio a demandé à Bill Mechanic, le chef de la section cinéma de la Fox, ce qu'il pensait des rumeurs véhiculées sur Internet avant la sortie des films ?« Internet est la pire chose qui soit arrivée à notre business, a-t-il répondu.Le problème n'est pas qu'un autre studio sache ce que nous préparons.Mais c'est que les types de sites Internet comme Aint-it-cool-news fassent la critique des films qu'ils ont vus en se faufilant dans une projection test, alors que le film a peut-être une demi-heure en trop qui sera coupée ensuite, ou un montage inachevé, etc.Si la critique est mauvaise, l'effet peut être terrible sur le public.Cela dit, le mal est fait.Je reconnais moi-même souvent consulter ces sites.» E X P R E S S n Jean-Pierre Mocky tourne à Paris La Soutane turquoise, sorte d'Erin Brokovich français avec des rillettes contaminées à la place de l'eau.Faut croire qu'on n'a jamais assez de sous ! Matt Le Blanc gagne peut-être jusqu'à 750 000 $ par semaine, mais cela ne l'empêche pas de continuer à acheter des billets de loterie.Eddy Mitchell devrait bientôt passer derrière la caméra.Il travaille actuellement à l'adaptation du roman En cherchant Sam ( paru en 1998 ) avec son auteur Patrick Raynal, coscénariste du Poulpe et directeur de la collection Série noire.Johnny Carson a fait deux dons de 100 000$, un à un centre d'art et l'autre à un foyer pour personnes âgées de Norfolk, Nebraska, où il a grandi.SOURCES : Première, Globe, People, Movie Idols Al Pacino Ils n'ont pas de pain?Mot abusivement prêté à Marie-Antoinette, Dauphine en 1770, Reine en 1774.François Bluche note dans le Dictionnaire des citations et des mots historiques que cette histoire de brioche était une mauvaise et ancienne plaisanterie.Rousseau, au livre VI des Confessions, écrit avant 1769, parle du « pis-aller d'une grande princesse à qui l'on disait que les paysans n'avaient pas de pain, et qui répondit : « Qu'ils mangent de la brioche.» La phrase de Rousseau est censée concerner une conversation de 1740, tenue quinze ans avant la naissance de Marie-Antoinette ! Pour moi, les plus grands acteurs sont Meryl Streep, Robert De Niro, Al Pacino, Jack Nicholson.Ils sont mystérieux, tout en ayant un pouvoir d'évocation extraordinaire.Brian De Palma Il y a deux catégories de metteurs en scène : les violeurs et les voleurs.Les violeurs vous arrachent de gré ou de force ce qu'ils veulent obtenir de vous.Vous n'avez plus de pouvoir sur ce qu'ils vous ont pris, ils le gardent pour eux.Les voleurs vous piquent quelque chose dont vous n'avez pas conscience, pour mieux vous le révéler.Ensuite, vous le rangez précieusement dans votre valise, ça fait partie du bagage de votre vie d'acteur.Pierre Arditi Théâtre Le Cheval blanc court toujours CHANTAL GUY collaboration spéciale Après une invitation inattendue (accidentelle dit-on) au Festival de théâtre de Grenoble, la petite Troupe du Cheval blanc reprend le spectacle à l'origine de son nom, La Légende du Cheval blanc, à la Maison du pressoir près du parc de l'île de la Visitation et ce, pour toutes les fins de semaine jusqu'au 29 octobre 2000.C'est par hasard que les acteurs se sont retrouvés dans la programmation extérieure du Festival de Grenoble.« Nous n'avions jamais fait de théâtre de rue », explique le directeur de la troupe, Michel Bourgeois, le premier à être enchanté par l'expérience.Cette récente aventure outre-mer explique peut-être les modifications apportées au spectacle cet été.« Nous avons fignolé le texte, modifié la technique et nous avons de nouveaux costumes », précise-t-il avec une pointe de fierté.C'est au deuxième étage de cette maison construite entre 1806 et 1821 que les spectateurs découvrent dans une ambiance obligatoirement intime (la salle ne peut contenir qu'une vingtaine de places !) les amours de la blanche Roseline et l'Indien Zarzais, qui changera son nom pour Adironda et se vengera de la perte de ses terres en devenant le Cheval blanc, bête mythique s'acharnant à empêcher la construction de l'église du village de Sault-au-Récollet.C'est un mors en forme de croix \u2014 une idée du curé \u2014 qui calmera un jour ses ardeurs.Avec un tout petit espace, peu de moyens et peu d'acteurs, la troupe du Cheval blanc se débrouille en utilisant un jeu d'ombre et d'éclairage pour nous plonger au coeur de cette légende populaire.Lors des représentations pour les groupes scolaires, les enfants sont invités à « entrer dans la légende » et, selon Michel Bourgeois, ils ne se font pas prier.Cette année, la pièce se juxtapose au parcours historique de l'île de la Visitation mis sur pied par Cité Historia, un organisme sans but lucratif qui gère les activités historiques du secteur et qui finance aussi le spectacle de la troupe.Les curieux ont maintenant droit à une visite guidée d'une heure sur le site des Moulins où l'on rencontre quelques fantômes de différentes époques, un homme d'affaires intéressé par la construction d'un barrage hydroélectrique, un curé soucieux de ses ouailles et un colon un peu poivrot racontant sa propre version bien catholique de la légende du Cheval blanc.Le lien se crée instantanément avec la pièce présentée à la Maison du pressoir qui, elle, offre une variante amérindienne de cette étrange histoire.Le site des Moulins a subi plusieurs transformations ces dernières années.« Nous ne sommes pas un attrait touristique mais un secret touristique », plaisante Denis Vézina, président fondateur de Cité Historia.La Maison du Meunier possède depuis peu un charmant petit bistro-terrasse avec vue sur la rivière des Prairies.Des vestiges des anciennes activités industrielles sont visibles un peu partout sur le site.Denis Vézina souhaite ajouter des activités culturelles au parc-nature de l'île de la Visitation.Depuis déjà sept ans, en collaboration avec la maison de la culture Ahuntsic, il y a les « Soirées de la pleine lune », soirées de contes et légendes où Michel Faubert, Jocelyn Bérubé et François Lavallée en ont raconté de bien bonnes, paraît-il.Le quartier avoisinant donne à voir plusieurs maisons centenaires, sans oublier l'église de la Visitation, construite entre 1749 et 1751, l'une des plus anciennes de l'île de Montréal et la dernière à avoir été construite sous le Régime français.Un paysage magnifique, plusieurs sentiers pédestres, une piste cyclable, un camp de jour pour les enfants de 8 à 12 ans, deux expositions permanentes, des concerts extérieurs.Si la pièce La Légende du Cheval blanc ne dure que 35 minutes, vous n'aurez pas assez de toute une journée pour profiter des merveilles du parc-nature de l'île de la Visitation.LA LÉGENDE DU CHEVAL BLANC, avec Michel Bourgeois, Neil de Albuquerque, Anik Pelisson, Christine Ruel, Esther Hardy, à la Maison du pressoir, (514) 280-6783.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Dans un beau cadre culturel, Adironda (Michel Bourgeois) et Roseline (Christine Ruel) se content fleurette pendant qu'Antoine le forgeron (Xavier Malo) raconte au guide Didier Joubert (Stéphane Messier) comment il a aidé le curé à attraper le Cheval blanc.Missing files that are 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musique, ce qui semblait bien extraordinaire quand on l'entendait chanter ».Bien sûr, Trenet, surnommé le « Fou chantant » n'est pas mort en avion et vit toujours soixante ans plus tard.Quant à savoir pourquoi, en pleine guerre, notre journal s'était fié à une information fournie par une agence de presse nazie, il faudrait poser la question aux journalistes du temps, malheureusement tous décédés.Le souvenir de Gérald Desmarais n Sauf quelques rares connaisseurs, plus personne ne se souvient maintenant de Gérald Desmarais, mort dans un accident de la route aux États-Unis il y a un demi-siècle.Pourtant, comme le notait notre chroniqueur musical du temps, Marcel Valois, dans sa chronique du 5 août 1950, Desmarais est disparu en pleine maturité, quelques jours seulement après avoir été l'un des solistes de La Passion selon saint Matthieu, de Bach, à la soirée d'inauguration du Festival de Montréal 1950.« Le grand public gardera surtout le souvenir de Gérald Desmarais comme d'un chanteur d'opéra et cela sera justice puisque son talent avait été consacré à l'Opéra de Chicago, où il chanta des grands rôles wagnériens.Montréal ne l'aura pas entendu dans La Walkyrie où il interpréta le rôle de Hounding, mais on n'a pas oublié sa noble figure du roi Marc dans Tristan et Iseut pour la Société des Festivals.» En 1949, Gérald Desmarais avait été un des interprètes dans Manon au stade Molson et avait souvent chanté sur la scène de l'Opera Guild et des Variétés Lyriques.« En récital, il avait prouvé l'étendue de sa culture et de sa sensibilité si vive qu'il lui fallait la retenir.Comme chanteur d'église, Gérald Desmarais, était fort en demande et, ces dernières années, il remplissait avec autorité le poste de maître de chapelle de l'église Saint- Germain-d'Outremont.On ne compte plus les programmes radiophoniques de bonne tenue auxquels il avait pris part.» Les débuts des Jeunesses musicales n Il y a un demi-siècle, (5 août 1950), Jean Béraud racontait dans nos pages les débuts des Jeunesses Musicales du Canada, à la veille d'un congrès de plusieurs jours, la semaine suivante à Trois-Rivières, afin de donner des assises solides au mouvement et planifier son avenir.Divers groupes avaient déjà esquissé un plan de travail en quelques centres de la province.Le violoniste Gilles Lefebvre, le premier animateur du mouvement, s'adressa au mieux connu d'entre eux, les Compagnons de l'Art, à Saint-Hyacinthe, suggéra de rallier les autres, et, en septembre 1949, six villes assuraient déjà 6000 auditeurs à trois artistes de chez nous, le violoniste Noël Brunet, la soprano Marthe Létourneau et le pianiste Gilles Breton.L'expansion, dès lors, déborda nos frontières et Gilles Lefebvre, s'étant rendu à Paris, affilia les Jeunesses Musicales du Canada au groupement similaire englobant alors 150 000 membres en France, un grand nombre d'autres en Belgique, au Luxembourg, dans les Pays-Bas, en Autriche, au Portugal et en Suisse.« Du coup, on acquiert les avantages d'un Centre de renseignements international, avec les perspectives d'échanges d'artistes, de coopération sur un plan qui, de jour en jour, doit fortifier localement chacune des filiales, en donnant aux jeunes musiciens canadiens la chance de participer au mouvement musical mondial.» La Poudrière au milieu de la verdure n Il y a quarante ans, avant que l'Expo 67 vienne changer toute l'allure de l'île Sainte-Hélène, on pouvait se rendre en voiture, à quinze minutes du centre-ville, dans ce qui était alors un véritable théâtre au milieu de la verdure : la Poudrière.Pourtant, écrivait Jean Hamelin le 6 août 1960, la chose était généralement ignorée du grand public, même si un service d'autobus reliait la ville à ce théâtre sur l'île Sainte-Hélène.« Un parc de stationnement suffisant à trois minutes du théâtre est prêt à recevoir, chaque soir, plus de cent autos.Le théâtre lui-même est extrêmement joli, bien aménagé, dans un site historique heureusement revalorisé puisque l'édifice qui abrite le Théâtre de la Poudrière date de 130 ans.La poésie des vieilles pierres est utilisée ici à bon escient et dans un but éminemment louable.» Pierre Vennat 7LP1001B0806 B-10 dimanche - A 7LP1001B0806 ZALLCALL 67 01:18:51 08/06/00 B B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 Robert Downey Jr en liberté La télé allemande prépare un autre Big Brother Agence France-Presse COLOGNE, Allemagne Plus de 70 000 personnes ont posé leur candidature pour faire partie des dix heureux élus qui participeront cet automne à la seconde édition du show télévisé Big Brother, a annoncé la firme productrice Edemol cette semaine à Cologne.L'émission, dont la première saison au printemps avait connu un succès phénoménal en Allemagne, recommencera le 16 septembre sur le même principe.Dix personnes enfermées pendant 106 jours dans un appartement, sous l'oeil indiscret de 28 caméras tournant en permanence, devront tenir le plus longtemps possible pour empocher un chèque de 250 000 marks (environ 190 000 $ CAN).Toutes les deux semaines, un candidat sera éliminé par les spectateurs et les colocataires.Les responsables de la programmation de la chaîne privée RTL, qui diffusera l'émission, entendent bien améliorer leur succès qui a réprésenté 15% des parts de marché la saison dernière.En dépit de l'engouement des téléspectateurs, l'émission avait soulevé une indignation quasi généralisée en Allemagne au nom de la dignité humaine.Agence France-Presse LOS ANGELES Une cour d'appel de Californie a ordonné la libération cette semaine du comédien Robert Downey Jr, parce qu'il y a eu une erreur de calcul dans la sentence qu'il lui avait été imposée en août 1999, a-t-on appris de source judiciaire.La cour d'appel a décidé de libérer Robert Downey, 35 ans, contre une caution de 5000 $, moins d'une semaine après le dépôt par ses avocats d'une requête stipulant qu'il aurait dû terminer sa peine en février dernier.L'acteur avait été condamné à une peine de prison pour consommation de drogue durant sa période de liberté conditionnelle.Ses avocats ont fait valoir que, lors du jugement, il n'avait pas été précisé si la nouvelle peine s'ajoutait ou non à une précédente.Selon le calcul effectué initialement par la justice, le comédien n'aurait dû retrouver la liberté que le 2 novembre.Robert Downey, un des acteurs les plus prometteurs de sa génération, avait été nominé pour un Oscar en 1992 après avoir incarné le personnage de Charlie Chaplin.Depuis sa première arrestation en 1996, il a passé presque tout son temps en prison, en centre de réhabilitation ou en liberté conditionnelle, ce qui ne l'a pas empêché de tourner une dizaine de films.PHOTOTHÈQUE La Presse Le comédien Robert Downey Jr est sorti de prison cette semaine.SPECTACLES Salles de répertoire AMERICAN BEAUTY Cinéma du Parc (3): 14h45.BUT I'M A CHEERLEADER Cinéma du Parc (3): 18h35, 20h10, 21h45.BUTTERFLY Cinéma du Parc (1): 16h35.DINOSAUR Cinéma du Parc (1): 15h.GLADIATOR Cinéma du Parc (1): 20h30.HIGH FIDELITY Cinéma du Parc (2): 21h25.KADOSH Ex-Centris (cinéma Parallèle): 14h30, 16h45, 19h15, 21h30.OLD ORCHARDS BEACH P.Q.- LA COCOTTE D'AZUR - PAYS DE COCAGNE Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 21h.RIEN À FAIRE Ex-Centris (salle 2, Fellini): 15h30, 17h30, 19h30, 21h45.PARIS AU MOIS D'AOÛT Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 19h.ROPE Cinéma du Parc (3): 17h.SHANGHAI NOON Cinéma du Parc (1): 18h20.SUE (PERDUE DANS MANHATTAN) Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 15h, 17h, 19h, 21h.SUNSHINE Cinéma du Parc (2): 14h30.VIRGIN SUICIDES (THE) Cinéma du Parc (2): 17h45, 19h35.Musique CHRIST CHURCH CATHEDRAL Dim., 12h30, Patrick Wedd, organiste.Hakim, Pärt, Berio, Ligeti, Messiaen; 16 h, Cathedral Singers.Joubert, Piccolo, Tippett.AMPHITHÉÂTRE DE LANAUDIÈRE Dim., 14h30, Sinfonia de Lanaudière, dir.Stéphane Laforest, Chanteurs de la Place Bourget, dir.Fernand Lindsay, Gino Quilico, baryton, Louise Marcotte, soprano, Marc Hervieux, ténor.Bizet, Verdi, Puccini, Gershwin, Lehar, Brel, Vigneault, Boccelli, Plamondon, Cocciante.CHALET PAULINE-VANIER (Saint-Sauveur) Dim., 17h, lauréats du Concours des Jeunes musiciens des Laurentides.CENTRE D'ARTS ORFORD Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac Dim., 14h, Louise Pellerin, hautboïste, et Dom André Laberge, organiste.Bach, Handel, Koechlin.Théâtre THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE (84, Ste-Catherine O.) Pop-Corn, de Ben Elton.Trad.de René Gingras.Mise en scène de Yves Desgagnés.Avec Guy Nadon, Emmanuel Bilodeau, Suzanne Lemoine, Maude Guérin, Anne Bédard, Benoît Dagenais, Audrey Demers, Catherine Florent et Luc Chapdelaine: 20h.THÉÂTRE LA LICORNE (4559, Papineau) Le Cirque, de Dominic Quarré.Avec Roxanne Banning, Marie-Hélène Brousseau, Benoît Champagne, Dominic Quarré et Dave Richer.Du jeu.au sam., 20h.À L'ÉCART (245, St-Jean, Longueuil) Lettres d'amour, de A.R.Gurney.Trad.de Jean Leclerc.Avec Françoise Faucher et Gérard Poirier.Les 4, 5, 11, 12, 18, 19, 25 et 26 août à 20h.Variétés CABARET DU CASINO Danse Sing, revue musicale, avec la troupe de Sophye Nolet: 21h, sauf lun.et mar.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) La Vie en rose: 20h.L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Léandre en duo; 18h; Chinese Cookies: 22h.JAZZONS (300, Ontario E.) Skip Bey et Tim Jackson: 22h.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Nick Payne et Greg Faulkner: 22h.P'TIT BAR (3451, St-Denis) Thierry Fortuit chante Brel: 21h.BLEU EST NOIR (812, Rachel E.) Half Baked et les Protagonistes Rébarbatifs: 21h.CAFÉ SARAJEVO (2080, Clark) Les Gitans d'Osman: 18h.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Dany Pouliot et Daniel Blouin: dès 20h.PUB ST.PAUL (124, St-Paul E.) Groupe Barcode: dès 21h.10 000 cornemuses! Agence France-Presse, EDIMBOURG Plus de 10 000 joueurs de cornemuse et de tambour venus du monde entier ont défilé hier à Edimbourg, avec le double objectif d'entrer dans le Livre des records et d'aider une association de lutte contre le cancer, ont annoncé les organisateurs.L'impressionnant cortège s'est ébranlé hier vers 11h30 (heure locale) sur l'artère principale de la capitale écossaise, avec dans ses rangs des musiciens venus de tout le pays mais également des États-Unis, d'Alaska, du Canada, d'Europe, d'Australie et de Hong Kong notamment.Le défilé dans les rues de la ville, salué par plusieurs milliers de spectateurs, devait se terminer en début d'après-midi.Le prince Charles, invité d'honneur, devait également assister dans l'après-midi à une série de spectacles à Edimbourg, destinés à rassembler des fonds au profit de l'Association Marie Curie qui lutte contre le cancer.En réunissant plus de 10 000 musiciens, les organisateurs ont largement dépassé l'ancien record de 5000 joueurs de cornemuse, établi en 1994 à Edimbourg. 7LP1101B0806 B-11 dimanche - A 7LP1101B0806 ZALLCALL 67 01:17:32 08/06/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 B 11 Génies en herbe #897 A CLASSIQUES POPULAIRES 1 Le 13 mars 1990, les radios du monde célèbrent la victoire de la nouvelle présidente de l'Irlande en faisant jouer cette chanson, qui est aussi le nom de la nouvelle élue.Quel en est le titre ?2 Ce matin-là, quel duo reprenait du service sur disque pour interpréter ce vieux succès ?3 À Noël 1992, Hillary Clinton offre à son mari une cravate à l'effigie de l'auteur des chansons Ripple et Anthem to the sun.Quel artiste, décédé en 1995 était représenté sur cette cravate ?4 Quel groupe, malgré son succès Bayou Country, n'est pas originaire de la Louisiane mais de la Californie 5 Il a repris le succès de Bob Marley, I Shot The Sheriff et a ainsi contribué à faire connaître le reggae dans le monde.Qui est cet ancien des Yardbirds ?E LOISIRS 1 Comment appelle-t-on le tapis des judokas ?2 Quel célèbre joueur de tennis français est originaire du Cameroun ?3 Combien de cases le jeu de dames contient-il ?4 Comment appelle-t-on les petits points placés autour d'un timbre ?5 Quel nom porte l'utilisation intensive de la téléc o m m a n d e d ' u n téléviseur ?En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., 3535, boul.Rosemont, Montréal H1X 1K7 B STRASBOURG 1 Quel grand hymne guerrier français a vu le jour à Strasbourg ?2 Tour à tour allemande et française, sur quel site la ville est-elle bâtie ?3 Hans Arp naquit à Strasbourg.Dans quel domaine s'est-il illustré ?4 Quel missionnaire, officier converti, devenu prêtre et assassiné en Algérie, dont l'influence sur la spiritualité du milieu du XXe siècle a été très grande, est né à Strasbourg ?5 Quelle institution importante a son siège à Strasbourg Un ancien des Yardbirds.F D'IBERVILLE 1 À quelle grande famille néo-canadienne D'Iberville appartenait-il ?2 Dans quelle ville D'Iberville est-il né ?3 Sur quel bateau mena-t-il une lutte acharnée contre trois bateaux anglais pour le contrôle de la Baie d'Hudson ?4 De quel état américain D'Iberville fut-il le fondateur 5 Ce soldat énergique mourut et repose dans quelle ville ?H ANATOMIE DU CHIEN 1 Combien y a-t-il d'os dans le corps d'un chien : 210; 320; 450 ?2 Quel est l'organe canin le plus grand ?3 Combien un chien a-t-il de côtes ?4 Combien d'orteils un chien a-t-il ?5 Quel est l'os simple le plus grand dans le corps d'un chien ?C TERRORISME 1 Quel nom portait le groupe qui a abattu des athlètes israéliens aux jeux de Munich ?2 Quel est le nom du mouvement de libération des Noirs fondé aux États- Unis en 1966 ?3 Quel mouvement a perpétré plusieurs attentats en Italie et, en particulier, l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro ?4 Ce mouvement marxiste péruvien met depuis 1970 le Pérou à feu et à sang, quel est-il ?5 Cet autre mouvement péruvien fut responsable de la prise d'otages à l'ambassade japonaise en décembre 1996.D GASTRONOMIE 1 Comment appelle-t-on une pêche servie avec glace, coulis de framboises et crème chantilly ?2 Quel est l'ingrédient d'un potage Saint-Germain ?3 Quel fruit sert à préparer une tarte Tatin ?4 Quel plat constituait le mets national des Spartiates 5 De quelle région de France vient le gâteau Kouglof ?Marcel Cerdan.G MARCEL CERDAN 1 Dans quelle ville africaine Marcel Cerdan est-il né en 1916 ?2 Le plus grand et le plus populaire des boxeurs français était champion de quelle catégorie ?3 Reçu à l'Élysée et à l'hôtel de ville de Paris après son championnat de 1948, contre qui s'était-il battu ?4 L'année suivante, le 16 juin 1949, Il perd son premier combat à Détroit contre Jake La Motta.Pourquoi ne peut-il avoir sa revanche ?5 Avec qui Cerdan vivait-il le grand amour ?SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Il y a 150 ans naissait Guy de Maupassant Associated Press DIEPPE Pour célébrer le 150e anniversaire de la naissance de Guy de Maupassant, le château de Miromesnil de Tourville-sur-Arques, près de Dieppe, où naquit l'écrivain, a été ouvert gratuitement au public hier.C'est en effet dans cette superbe bâtisse de la fin du XVIe siècle que l'écrivain vit le jour le 5 août 1850.« Regardez, c'est ici au premier étage, que se trouve la chambre avec vue sur la majestueuse forêt de hêtres », explique Thierry De Vougue, propriétaire des lieux.Toute la journée d'hier, le château et son parc de 80 hectares ont reçu la visite du public dans le cadre des festivités entourant cet anniversaire de la naissance de l'écrivain, qui affectionnait tant cette terre normande.Les visiteurs ont pu découvrir la façade Louis XIII en brique rouge, décorée de masques, de pilastres et de vases sur ses corniches.À l'intérieur du château, où des comédiens lisaient des oeuvres de l'auteur, un circuit permettait d'apprécier les grands salons, les chambres et les objets de la famille Maupassant.Bien protégés dans une vitrine, on pouvait aussi voir les originaux de plusieurs oeuvres de l'écrivain, des photos et son extrait de naissance attestant qu'il est bien né dans ce lieu magique où ses parents habitaient.« Et où il a certainement été conçu », ajoute le maître des lieux qui voue une passion sans limite à l'écrivain.Toujours dans le cadre de ces festivités, la ville d'Etretat fera revivre au public, samedi prochain, quelques scènes de la vie de l'époque de l'écrivain.On pourra ainsi renouer avec les bains de mer, les chants et les danses, et assister à un grand défilé musical et costumé. 7LP1201B0806 7lp1201b0805 7LP1201B0806 ZALLCALL 67 01:17:43 08/06/00 B B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 6 AOÛT 2000 www.academieculinaire.com 393-8111 Apprendre la cuisine pour le plaisir ! Techniques de base, cuisine italienne, cuisine asiatique, fines sauces, sushi, poisson, tofuÉ 360, rue du Champ-de-Mars, Montr.al ¥ M.tro Champ-de-Mars ¥ Stationnement public tous Cours de cuisine de courte dur.e .13 h 00 ou 18 h 30 Pour "]
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