La presse, 20 août 2000, Cahier A
[" 7DA0101A0820 Page A1/20aout 7DA0101A0820 ZALLCALL 67 02:19:53 08/20/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 P 116e ANNÉE, NO 297, 50 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Requiem pour le Koursk Même la Marine russe a perdu espoir Jaune et malodorante! Combien pour une photo d'Anna?SERGUEI SHARGORODSKY de l'Associated Press, MOSCOU La Marine russe a reconnu hier qu'il n'y avait quasiment plus d'espoir de retrouver des survivants parmi les 118 hommes pris au piège dans le sousmarin nucléaire Koursk, qui gît depuis une semaine par 108 mètres de fond en mer de Barents, au large des côtes nord-ouest de la Russie.L'ultime espoir repose désormais sur le sous-marin de poche britannique LR5 qui, transporté par le navire Normand-Pioneer, est arrivé dans la zone en début de soirée, hier et sur les plongeurs norvégiens.Londres a annoncé que les marin e s r u s s e e t britannique se concertaient pour décider de la suite des opérations.Malgré une mer calme, le LR5 ne devait toutefois pas entrer en action avant ce matin.Quant aux plongeurs norvégiens, ils se sont approchés des lieux du drame vers minuit, mais ils ne devaient pas amorcer leurs opérations avant ce matin, selon la télévision russe NTR.Voir REQUIEM en A2 RIMA ELKOURI «Sept cent vingtcinq dollars pour u n e p h o t o d'Anna Kournikova autographiée.Qui dit mieux ?» demande l'encanteur.Michel Hébert hésite un peu.Puis, il fait un signe de la main et lève son petit carton blanc.« Sept cent cinquante, m'sieu avec le chapeau beige.Une fois, deux fois, trois fois.Vendue ! » Michel Hébert, grand fan de tennis, a raflé hier après-midi trois des 12 objets vendus aux enchères des Internationaux de tennis féminin.Une photo d'Anna, pièce la plus convoitée de l'encan, une autre de Martina Hingis (300 $) et un chandail autographié par Pete Sempras, en souvenir de sa victoire à Wimbledon (525 $).« Je vais tout mettre ça dans mon bureau ! » confie, tout sourire, le propriétaire d'un centre de jeux vidéo.« Heureusement que vous en avez laissé un peu pour les autres.» lui lance à la blague Sylvain Messier, en repartant tout content avec une autre photo de Voir COMBIEN en A2 Autres textes en pages A7, S2 et S3 PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Dans le bol à gauche, l'eau jaunâtre et malodorante coulant des robinets de L'Ascension, une municipalité des Hautes-Laurentides.Dans le bocal à droite, l'eau embouteillée qu'achète chaque semaine Christian Meilleur, un des quelque 800 habitants de l'endroit qui, comme bien d'autres, ne consomme pas l'eau potable du réseau.Sous le coup d'un avis recommandant de faire bouillir l'eau avant de la consommer depuis plusieurs années, L'Ascension est l'un des 90 exploitants visés par le ministère de l'Environnement du Québec qui les oblige à trouver une solution permanente à leurs problèmes d'approvisionnement d'ici trois semaines.« On paie des taxes pour un service qu'on ne peut même pas utiliser et en plus, on dépense 8 dollars par semaine pour s'acheter de la bonne eau », mentionne M.Meilleur.Les citoyens en ont assez mais ne sont pas prêts à payer n'importe quel prix pour corriger le tir.Nos informations en page A3.PHOTO REUTERS Le vice-amiral Mikhail Motsak.Pas de pacte avec l'Alliance Joe Clark réussit à convaincre les tories velléitaires ALEXANDRE SIROIS Le chef du Parti conservateur, Joe Clark, a aisément rallié ses militants québécois, hier, sur la question d'un pacte éventuel avec l'Alliance canadienne, mais il n'a pas pu persuader la députée de Shefford, Diane St-Jacques, de mettre fin à sa réflexion sur son avenir au sein des bleus.Quelque 140 militants conservateurs du Québec, réunis à Longueuil pour un conseil provincial, ont indiqué à l'unanimité, lors d'un vote à main levée tenu devant les journalistes, qu'il était hors de question de conclure un pacte de non-agression avec l'Alliance canadienne.La Presse révélait samedi que certains conservateurs québécois étaient prêts à considérer une forme de pacte avec le parti de droite de Stockwell Day.Selon une telle entente, si l'un des partis avait eu plus de chances de remporter certains comtés aux prochaines élections, l'autre n'aurait tout simplement pas présenté de candidat dans ces circonscriptions, afin d'éviter la division du vote de droite.Hier, la question a été soulevée alors que les conservateurs étaient réunis à huis clos.À l'issue de la rencontre, le dossier semblait clos pour l'ensemble des militants.« Je n'ai vu personne dire ici aujourd'hui qu'il faudrait peut-être y réfléchir un peu plus, a déclaré Ani Perrault, ancienne candidate conservatrice dans Joliette.Je pense Voir PAS en A2 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Le chef conservateur, Joe Clark.Rubriques Arts et spectacles .B5 à B8 - horaire spectacles .B7, B8 - horaire télévision B5 - livres B1 à B4 Bandes dessinées C9 Décès C8 Êtes-vous observateur C5 Génies en herbe B8 Feuilleton C9 Horoscope C6 Laporte Stéphane A5 Le bridge C7 Le monde A10 Loteries A2, A5 Petites annonces - immobilier C5, C6 - marchandises C6 - emplois C6 - automobile C6 à C8 - affaires C8 Politique A6 Mots croisés C9, S10 Mot mystère C7 Sciences C10 Têtes d'affiche B9 MÉTÉO Ciel variable Max.20, min.11 Cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net La lutte des classes RICHARD HÉTU collaboration spéciale, LOS ANGELES L'anarchiste, si l'on peut employer ce terme pour parler d'un jeune Américain de race blanche, portait un T-shirt noir sur lequel se détachaient les mots Class Wars « Lutte des classes ».Costaud, le militant avait la moitié du visage cachée par un mouchoir noir noué à la zapatiste.À Los Angeles, il participait à une marche en faveur de l'ex-Black Panther Mumia Abu-Jamal, « Voix des sans-voix », condamné à mort pour le meurtre d'un policier blanc.Dans la rue, j'étais sceptique.Les contestataires de l'an 2000 ont peut-être raison d'être en colère, mais leur mouvement a quelque chose d'artificiel, d'emprunté.Prenez ces « anarchistes ».Ils veulent liquider les règles, mais ils s'habillent tous de la même façon, comme des petits soldats sans imagination.D'une ville à l'autre, dans la foule itinérante des militants, on voit les mêmes têtes, les mêmes porte-parole condamnant de façon fort éloquente « l'industrie pénitentiaire » des États-Unis, qui bouffe des millions de vies, souvent pour une simple possession de crack.D'une ville à l'autre, on apprend que les « anarchistes » détestent les militants qui accordent des entrevues aux journalistes.Aux yeux des premiers, les seconds se prostituent en parlant aux laquais des médias capitalistes.La lutte des classes, aux États-Unis, ça ne fait pas sérieux.Et pourtant, jeudi soir, à Los Angeles, un allié inattendu du peuple s'est levé.Il se nomme Al Gore.Le type est soit visionnaire, soit suicidaire.Dans un cas comme dans l'autre, il est plus intéressant que son image le laisse croire.Devant la convention démocrate de Los Angeles, Gore a pris un risque en promettant de se battre pour les « familles de travailleurs » et contre les « puissants », les grosses compagnies de pétrole, de tabac, de médicaments, les gros pollueurs, qui sont défendus par les républicains, cette « vieille garde ».« Ils sont pour les puissants, nous sommes pour le peuple », a dit Gore, livrant le discours Voir LA LUTTE en A2 7LP0201A0820 Page A2/20aout 7LP0201A0820 ZALLCALL 67 02:20:04 08/20/00 B A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 Suites de la une Requiem pour le Koursk REQUIEM / Suite de la page A1 Aucune raison n'a été avancée, mais les sauveteurs, qui doivent procéder avant le sousmarin britannique, souhaitaient semble-t-il éviter de plonger dans l'obscurité.« Nous savons déjà qu'il y a certains risques » sur les lieux, a déclaré le commandant britannique Mike Finney.« Nous espérons envoyer les plongeurs norvégiens vers le Koursk pour évaluer les problèmes que (le mini sous-marin) pourrait rencontrer (.).Nous continuons à garder espoir et ferons tout ce que nous pourrons.» « Nous espérons que les équipes britanniques et norvégiennes réussiront dans leur entreprise.Sauver une seule personne représenterait déjà beaucoup », a quant à lui souligné Vladimir Navrotski, porte-parole de la Marine russe à Mourmansk.« Malheureusement, nous avons passé la limite critique pour la survie de l'équipage », a pour sa part déclaré le vice-amiral Mikhail Motsak, chef d'état-major de la Flotte du Nord, sur la chaîne de télévision russe RTR, la seule autorisée à couvrir les opérations du navire de secours russe Pierre-le-Grand.« L'absence de contact avec le sous-marin nous permet d'affirmer qu'apparemment, l'équipage est déjà arrivé à une situation critique, a-t-il encore analysé.Le plus probable est que nous devrons admettre que nos pires craintes se sont réalisées.» Selon l'officier supérieur, il semble que l'essentiel de l'équipage a été tué dans les premières minutes du drame, quand le Koursk est allé heurter violemment le fond de la mer, le 12 août.Les éventuels rescapés seraient morts noyés peu après, a-t-il estimé.Une hypothèse confirmée par le vice-premier ministre Ilia Klebanov, qui a expliqué devant la presse que « la majorité de l'équipage a trouvé la mort dans les deux minutes qui ont suivi l'avarie (.), notamment ceux qui étaient aux commandes du bâtiment.» M.Klebanov s'est par ailleurs montré pessimiste sur l'issue des efforts internationaux menés en mer de Barents.« Nous pensons que le submersible britannique ne parviendra pas à s'arrimer puisqu'il recourra aux mêmes méthodes que les capsules russes », a-t-il confié à Mourmansk.La commission d'enquête gouvernementale a annoncé hier qu'une forte explosion s'était produite dans le compartiment avant du submersible, qui abrite le lance-torpilles.Celui-ci contenait une trentaine d'ogives.« Lorsque le sous-marin a heurté le fond, le choc a semble-t-il provoqué l'explosion des torpilles », a précisé Mikhail Motsak.De leur côté, les autorités norvégiennes et américaines ont fait état de deux explosions, détectées samedi dernier dans le secteur de l'accident.Selon l'institut norvégien de sismologie Norsar, la deuxième déflagration aurait atteint une magnitude de 3,5, équivalente à celle d'un léger tremblement de terre.Tout en qualifiant la tragédie de « plus grave catastrophe dans l'histoire de la Marine russe », le vice-amiral Motsak a assuré que les secouristes poursuivraient malgré tout leurs efforts.« Nous devons entrer dans le sous-marin et évacuer l'équipage.Le principal est de les trouver, morts ou vivants, et de les ramener à terre pour faire ce qui doit être fait.» Le commandant Alan Hoskins, de la Royal Navy, qui organise les secours britanniques, a expliqué que cette mission se poursuivrait aussi longtemps que le souhaiteraient les autorités russes.« L'humeur est morose en raison de la proximité du but, mais nous sommes toujours déterminés.Nous sommes ici pour effectuer un travail, alors allons-y », a-t-il confié depuis le Normand-Pioneer.Alors que se préparaient ces opérations de la dernière chance, les familles des sous-mariniers, relayées par la presse russe, ont accusé hier l'état-major et le pouvoir politique d'incompétence coupable dans la gestion de cette catastrophe.Combien pour une photo d'Anna?COMBIEN / Suite de la page A1 Martina Hingis acquise pour 560 $.« Laissez les cordons de votre bourse très, très lousses », clamait l'encanteur Patrick Blaizel, débitant à une vitesse folle sa salade pour faire augmenter les mises.Mais sur la terrasse publique du parc Jarry, on trouvait plus de curieux que de réels amateurs d'enchères.« C'est beaucoup trop cher et il n'y a pas grand-chose par rapport aux années passées », se désolait Marie-Claire Manning, une mordue de tennis qui prend des vacances pour pouvoir assister aux Internationaux.Six des 12 objets présentés portaient le sceau de la joueuse russe Anna Kournikova.Ce qui n'a pas fait que des heureux.Un encan pour les « p'tits garçons », soupiraient Marie-Claude Côté, 24 ans, et Isabelle Lamarre, 29 ans.« Il y a juste des trucs sur Kournikova ! Il y a deux ans, c'était beaucoup mieux.Ça ne vaut même pas la peine de rester.» Malgré tout, l'encan, dont les profits seront versés au fonds de développement du tennis junior canadien, a permis d'amasser 5100 $.Mais les fans en voulaient davantage.Il y a deux ans, les chaussures « encore chaudes » de Nathalie Tauziat, offertes par la joueuse quelques minutes après un match, ont été vendues.« Je les aurais achetées, mais ce n'était pas ma pointure ! » dit Marie- Claude Côté.Aussi, une raquette de Monica Seles avait été achetée pour 1000 $.Et une robe d'Anna Kournikova, 550 $.Seulement ?« Peut-être que les hommes étaient gênés de mettre plus.» avance Eugène Lapierre, directeur adjoint à l'organisation des Internationaux de tennis.Cette année, pas de robe, pas de raquette.Mais, en revanche, quatre photos de joueuses, une serviette, un chandail et des souliers (« qui sentent bon », précisait l'encanteur) de Sempras autographiés.Des affiches de l'Omnium du Maurier, aussi, et des balles de tennis géantes signées par les joueuses.Ainsi qu'une petite balle autographiée par Kournikova.C'est Alain Smith, responsable de l'informatique du Club de hockey Canadien, qui est reparti avec la petite balle jaune portant la griffe A.K.Le prix au marteau ?Cent quarante dollars, ce qui en fait l'objet le moins cher de l'encan.« Je vais la mettre dans ma chambre à côté d'une autre balle très précieuse que j'ai pu avoir à Atlanta.C'est la balle de match de Sergei Brugueira, qui a gagné la médaille d'argent aux Jeux olympiques.Je l'avais échangée avec la juge de ligne contre une épinglette des Olympiques de 1976 », dit-il, en serrant fort le grand sac de plastique blanc au fond duquel se trouve la balle jaune autographiée.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse L'encanteur Patrick Blaizel en pleine action.Pas de pacte avec l'Alliance PAS / Suite de la page A1 que c'était très clair dans la salle que les gens n'ont pas l'intention de faire de pacte avec l'Alliance.» En conférence de presse, en début d'aprèsmidi, M.Clark a même insinué que son parti allait profiter de la prochaine campagne électorale pour faire des gains qui lui permettront de ravir une partie assez importante du vote de droite pour empêcher sa division.« Je suis certain que la prochaine campagne électorale sera très intéressante et que le parti progressiste-conservateur sera le seul parti capable de confronter et de remplacer le parti libéral », a-t-il déclaré.Or, si l'idée d'un pacte avec l'Alliance canadienne a été écartée, certains militants demeurent tout de même perplexes quant à l'objectif de présenter des candidats dans tous les comtés.« Est-ce que ça vaut vraiment la peine de présenter à tout prix 301 candidats ?Je me pose la question, en ce moment, surtout s'il y a des élections à l'automne », a souligné le président de l'association de comté de Beauharnois-Salaberry, Pierre Bellemarre.M.Clark, pour sa part, tient mordicus à ce que le parti présente des candidats dans toutes les circonscriptions du pays, et il l'a signalé à plusieurs reprises.M.Bellemarre, lui, s'interroge sur la viabilité d'une telle entreprise et indique que le parti dispose actuellement de candidats dans seulement 10 % des comtés.Par ailleurs, M.Clark a livré un discours à saveur électorale lors duquel il a soutenu qu'il fallait faire un effort pour publiciser les politiques du parti, notamment sur la réduction des impôts et de la dette.Il n'a toutefois pas pu susciter de profession de foi de la députée de Shefford.Interrogée après la rencontre, Mme St-Jacques continuait d'affirmer qu'elle est toujours en réflexion sur son avenir au Parti conservateur.« Je prends toute l'information qui se dégage de cette rencontre-là et je continue ma réflexion », a-t-elle dit.« C'est une réflexion profonde, qui est saine, selon moi.J'ai été approchée.Des gens de mon comté m'ont incitée à regarder ce qui se passe, a ajouté la députée.Je réfléchis, et quand ma réflexion aura mûri, je prendrai une décision.Il n'y a rien qui presse.» M.Clark, qui a tenu à minimiser l'impact de l'absence du député de Compton- Stanstead, David Price, à la rencontre d'hier, a aussi tempéré les déclarations de Mme St- Jacques.« Je suis parfaitement confortable avec sa position et je suis confiant que Mme St-Jacques sera là, dans notre gouvernement, après les prochaines élections », a-t-il déclaré.Quant aux finances du parti, les responsables conservateurs ont nié les rapports qui indiquent qu'elles seraient en piètre état.« Ce sont des montants stratégiques qu'on ne révèle pas, a déclaré Jacques Léger, coprésident de la campagne conservatrice pour le Québec.Mais, quant à moi, les choses vont La lutte des classes LA LUTTE / Suite de la page A1 de sa vie (il partait de loin).Dès le lendemain, George W.Bush a sévèrement critiqué Gore, lui reprochant de vouloir diviser les Américains par classes.Dans les médias, des journalistes sympathisants se sont demandé où le candidat des démocrates s'en allait comme ça.N'a-t-il pas entendu parler de la « nouvelle économie » ?Ne sait-il pas que 52 % des Américains ont de l'argent investi à la Bourse, source inépuisable ?N'a-t-il pas entendu parler de la prospérité des dernières années, qui anesthésie une population grasse et béate ?Qu'à cela ne tienne, à Los Angeles, Gore a planté son drapeau dans le camp des Américains qui gagnent le salaire minimum, qui n'ont pas d'assurance médicale, qui envoient leurs enfants dans des écoles publiques délabrées, qui n'ont pas profité de la prospérité des dernières années.Les stratèges démocrates ont trouvé un nom pour les dizaines de millions d'Américains ciblés par Gore : « The K-Mart Voters ».S'ils ne travaillent pas chez K-Mart, ces électeurs y font leurs achats, non pas par choix, mais par nécessité.Ce Gore populiste n'est peut-être qu'une autre réincarnation politique vouée à l'échec.Il se peut que le vice-président ait commis une erreur en adoptant un ton aussi combatif (jeudi soir, il a prononcé le mot « fight » 22 fois).Il se peut que les Américains lui préfèrent le « conservateur compatissant », George W., qui réduira leurs impôts en se fiant sur leur charité pour le reste.Mais certains observateurs ont cru voir apparaître le vrai Al Gore, jeudi soir.Ils connaissent son héritage politique.Ils connaissent l'histoire de son père.Al Gore père a représenté le Tennessee pendant 32 ans, à la Chambre des représentants et au Sénat.Pendant sa longue carrière, cet orateur légendaire a fustigé Wall Street et tous les capitalistes qui faisaient des profits sur le dos des pauvres.Dans les années 30 et 40, la lutte des classes n'était pas finie.Et les ténors du Parti démocrate ne se gênaient pas pour parler en mal des barons de l'industrie, y trouvant leur compte lors des élections.Franklin Delano Roosevelt s'est fait élire et réélire en promettant d'augmenter les impôts des riches et des grosses compagnies.En 1970, cependant, les électeurs du Tennessee ont mis à la retraite Al Gore père.Le sénateur rêvait à la Maison-Blanche.Mais son refrain populiste ne prenait plus.Trente ans plus tard, Al Gore fils tente de le réactualiser.Sans l'éloquence de son père, il dit : « Malgré le bon temps, je ne suis pas satisfait.Ensemble, assurons-nous que notre prospérité n'enrichit pas seulement une minorité, mais toutes les familles de travailleurs.Visionnaire ou suicidaire, Gore tente de sortir de l'ombre.À Los Angeles, pendant la convention démocrate, on a aussi appris qu'il avait adoré le film Being John Malkovich, de Spike Jonze, un jeune réalisateur doté d'un sens de l'humour très particulier.C'est mieux que Bush.Un journaliste a déjà demandé à W.de citer le titre du dernier film qu'il a vu.Il a nommé le film des imbéciles heureux, Forest Gump.Et vivement la lutte des classes ?Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : 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01-11-14-22-25-34Compl.06 avec extra: 616969 INSOLITE DEMAIN DANS LA PRESSE À tombeau ouvert Nous n'avons pas tous eu le « privilège » de vivre l'époque délurée où l'essence coulait à flots dans les carburateurs Holley des gros moteurs V8 et où l'on pouvait impressionner les copains (surtout la copine !) en cirant jusqu'au bord de l'éclatement les pneus arrière de son bolide.Avis aux nostalgiques : la direction de Pontiac propose toujours l'une des ces machines à remonter le temps : la Firebird.Et celle-ci promet, dans l'une de ses livrées les plus extrêmes, de ressusciter votre folle jeunesse.Éric Le François nous parle de sa rencontre avec cette voiture demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Le ministère de l'Environnement a-t-il bien fait de sommer les propriétaires de 90 réseaux de distribution d'eau potable de corriger les problèmes identifiés dans un court délai de 20 jours?Approuvez-vous la proposition que le PLQ soumettra à son prochain congrès et qui prévoit la mise en oeuvre d'«évaluations périodiques des compétences des enseignants»?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 59 % Non: 41 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.Drôle de pistolet.n Un homme de 42 ans gravement malade s'est échappé vendredi de l'hôpital en emportant avec lui sa sonde urinaire et a attaqué une banque, avant d'être capturé au terme d'une spectaculaire course-poursuite sur les toits de Madrid, a annoncé hier la police.Indalecio S., soigné pour une grave insuffisance rénale, a disparu en début de matinée de l'hôpital madrilène Doce Octubre en emportant avec lui sa sonde.Le malade rejoignait alors un complice et, quelques instants plus tard, armés de pistolets et déguisés à l'aide de perruques, de fausses moustaches et de lunettes de soleil, tous deux braquaient une succursale d'une caisse d'épargne.-AFP 7LP0301A0820 a03 actus dim 20 ao t 7LP0301A0820 ZALLCALL 67 02:20:51 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 A 3 L'EXPRESS DU MATIN Fermeture de la rue Sherbrooke n À l'occasion de la fête des Enfants de Montréal qui se tient aujourd'hui au parc Maisonneuve, la rue Sherbrooke sera complètement fermée dans les deux sens à la circulation automobile, entre le boulevard Pie- IX et la rue Viau, de 7 h à 20 h 30.Afin d'éviter la congestion automobile, les familles sont invitées à utiliser sans frais, à l'aller et au retour, le service de la STCUM.Afin de bénéficier de la gratuité du transport, les familles n'auront qu'à présenter le carton d'invitation de la fête des Enfants de Montréal disponible dans les bureaux Accès Montréal, dans les bibliothèques, les maisons de la culture et dans la plupart des installations municipales.Cadavre repêché dans le fleuve n Un cadavre a été repêché tôt hier matin dans le fleuve Saint- Laurent, à Montréal.C'est un plaisancier qui a avisé la police après avoir aperçu le corps à la dérive, à la hauteur du quartier Hochelaga-Maisonneuve.Il s'agit du cadavre d'un homme de race blanche âgé d'une trentaine ou une quarantaine d'années.Une autopsie sera pratiquée pour déterminer la cause du décès et depuis quand le corps séjournait dans l'eau.La foudre fait deux blessés n Deux hommes ont été sérieusement électrocutés hier par la foudre qui s'est abattue près d'un chalet de Lac-Beauport, dans la région de Québec.Un éclair a littéralement traversé de la tête aux pieds François Beaulieu, 21 ans, et son ami Réjean Fréchette, 47 ans, qui effectuaient alors des travaux sur un cabanon.M.Fréchette aurait eu le temps de voir l'éclair entrer par le haut de la porte.En une fraction de seconde, il a été projeté à l'intérieur du cabanon et a perdu conscience.Lorsqu'il est revenu à lui, M.Fréchette a eu une vision d'horreur : François Beaulieu gisait près de lui, un espadrille transpercé par la foudre.Quand l'homme de 47 ans a constaté que son ami respirait, il a couru demander de l'aide à un voisin qui dispose du téléphone.À l'arrivée des ambulanciers, François Beaulieu était toujours à moitié inconscient, était parcouru de spasmes et émettait des hurlements de douleur.Il a été transporté au Centre hospitalier de l'Enfant-Jésus à Québec où il a été traité pour des brûlures internes.Son état a été jugé satisfaisant et on ne craint pas pour sa vie, a indiqué en soirée la police.Tentative de meurtre n Un homme de 40 a été atteint à la hanche d'une décharge de fusil, hier après-midi, au moment où il se trouvait face à sa résidence située au 1639, rue Pothier, à Terrebonne.Selon la Sûreté du Québec, une voiture ayant à son bord deux individus s'est approchée de la pelouse de la résidence puis l'un des occupants a tiré une fois en direction de l'homme.Les assaillants ont ensuite accéléré et pris la fuite.Le blessé a été transporté à l'hôpital de Le Gardeur.Son état n'inspire aucune crainte.L'homme, qui a déjà eu par le passé des démêlés avec la justice et qui a déjà été associé à un groupe de motards criminels, a refusé de porter plainte à la police.La SQ a affirmé hier que le blessé n'était plus considéré comme étant actif au sein des motards.Conseiller accusé n Un conseiller municipal de Saint-Calixte, Marcel Douaire, a été accusé jeudi au palais de justice de Joliette de culture de marijuana et de possession de stupéfiants pour fins de trafic.Les policiers ont effectué une perquisition au domicile du conseiller mercredi dernier et saisi quelque 200 plants de marijuana.Malgré les accusations qui pèsent sur lui, le conseiller Douaire, membre du conseil municipal depuis neuf ans, refuse de démissionner et a décidé de poursuivre ses activités politiques.PHOTOS ALAIN ROBERGE, La Presse © Marie-Pierre Meilleur ne consomme jamais d'eau du robinet.Comme la majorité des citoyens, elle s'approvisionne à l'épicerie.À L'Ascension, l'eau embouteillée se vend comme des petits pains ANDRÉ DUCHESNE L'ASCENSION Dans la petite localité de L'Ascension, dans les Hautes- Laurentides, l'eau courante est tellement imbuvable que la propriétaire du restaurant La Friterie, Line Durocher, n'ose pas l'utiliser, même bouillie, pour faire ses sauces.Et c'est partout pareil.Les habitants parlent de cette eau jaunâtre et nauséabonde coulant du robinet comme s'ils venaient de voir le diable en personne.En fait, il y a bel et bien un rapprochement à faire parce que plusieurs n'hésitent pas à dire que, depuis de nombreuses années, la situation concernant l'eau potable, « c'est l'enfer ».« Lorsque j'ai rempli ma piscine au printemps, on ne voyait pas le fond.Il a fallu que j'ajoute 50 livres de produits pour l'éclaircir », soutient Christian Meilleur qui demeure dans une partie de la paroisse desservie par le vieux réseau municipal de canalisations d'eau.Municipalité de 800 âmes, L'Ascension fait partie des 90 exploitants de réseaux d'eau qui, vendredi, ont reçu un avis du ministère de l'Environnement du Québec leur enjoignant de trouver dans les 20 jours des solutions permanentes pour assurer un approvisionnement en eau potable de qualité à quelque 50 000 clients.La facture, évaluée entre 25 et 40 millions, sera en partie payée par Québec.En fait, la situation est encore plus corsée à L'Ascension, comme à Saint-Michel-des-Saints d'ailleurs, où les avis de faire bouillir l'eau font partie de quotidien quasiment à longueur d'année.Dans ces deux cas, l'heure n'est plus à proposer des solutions mais à agir, quitte à investir d'importantes sommes d'argent pour modifier les infrastructures déficientes.Comme d'autres citoyens, Christian Meilleur, cousin du maire du village Yves Meilleur, accueille cet avis d'ordonnance avec un brin de scepticisme.« Ça dépend combien cela va coûter, lance-t-il.Déjà qu'aujourd'hui, on paie des taxes pour le service d'eau et qu'on ne peut même pas l'utiliser.» Le réseau municipal s'approvisionne dans le lac L'Aqueduc.Faute de moyens techniques pour la purifier, l'eau sent mauvais et tache les vêtements.À son contact, certaines personnes ont même développé des problèmes cutanés.« On prend des bains dans de l'eau jaune, grogne Manon Durocher, la fille de Line.Il y a deux ans, les problèmes étaient tels que l'eau était gluante.On retrouvait des algues dedans.» En bouteille Toutes les personnes rencontrées hier par La Presse dans les rues de L'Ascension prêchaient le même credo : elles ne consomment jamais l'eau du robinet et n'essaient pas de la faire bouillir dans le but de la boire.Restent deux solutions : acheter de l'eau embouteillée ou s'approvisionner dans l'une des sources d'eau naturelle coulant à proximité.Et c'est ce que font les résidants.Au marché Omni situé en plein coeur du village, les contenants d'eau potable s'envolent comme des petits pains.« Nous vendons une soixantaine de contenants de 18 litres par semaine, indique la propriétaire Arusha Siebert.Et vous voyez ces contenants de 4 litres ?Nous en avions reçu 30 caisses mardi ; il en reste la moitié, peut-être moins.» Marie-Pierre Meilleur (oui, la nièce du maire.) fait partie de cette vaste clientèle de consommateurs.« Ça fait un bon bout de temps que l'eau du robinet est dégueulasse, dit-elle.Moi, je n'en consomme jamais.» « J'ai bien de la misère à m'adapter, renchérit Mme Siebert.Dans la laveuse, le linge blanc devient jaune.» D'autres, comme Michel Lachance, un résidant de Laval qui passe un mois chaque été dans un chalet des environs, aiment bien aller remplir leurs contenants à la source du lac Mousseau.« On n'a jamais été malade avec cette eaulà », dit-il tout en remplissant deux énormes bidons de plastique.Il faut dire que le fait de s'approvisionner à cet endroit a un petit côté bucolique agréable.Le tuyau d'approvisionnement se trouve au bord d'un chemin de terre sinueux qui fend une épaisse forêt de feuillus et de conifères.Malgré tout, les habitants espèrent bien un jour avoir accès à une eau potable de qualité.Mais pour y arriver, il faudra vraisemblablement y mettre le prix.Un projet de solution proposé il y a quelques années par l'administration municipale a fait chou blanc, les citoyens s'opposant à l'adoption d'un règlement d'emprunt de 350 000 $ destiné à la prospection d'eau souterraine.Selon un résidant de la paroisse, Rolland Brisebois, ce refus découle du niveau de vie très modeste des habitants.« C'est comme le tiersmonde ici.On n'a rien.Juste une industrie de bois.Les gens ne sont pas capables de payer.Il faudrait quasiment que le gouvernement paie la facture au complet.» Michel Lachance de Laval va remplir ses contenants à la source du lac Mousseau.Salaberry-de-Valleyfield a corrigé la situation il y a une dizaine d'années! MARTINE ROUX Bien qu'elle figure sur la liste des 90 municipalités ou exploitants de réseaux de canalisations d'eau dans le collimateur du ministère de l'Environnement, la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield a effectué les corrections demandées.il y a près de dix ans ! Avec la bénédiction du même ministère.Le ministère a demandé vendredi aux autorités municipales d'améliorer une partie de son réseau, soit celle touchant au port de Valleyfield.Le hic, réplique le maire Denis Lapointe, c'est que le puits d'alimentation du port a été fermé il y a huit ans.« Les travaux au réseau d'aqueduc ont été réalisés avant la fermeture du puits d'alimentation, soit il y a près de dix ans.À l'époque, ils avaient été approuvés par le ministère de l'Environnement.Il y a certainement un problème avec les informations dont il dispose.» Au printemps dernier, une partie du réseau municipal a bel et bien été affectée par des problèmes de contamination résultant d'une pollution industrielle, explique le maire de la municipalité de 27 000 habitants.Les résidants touchés ont fait bouillir l'eau pendant quatre ou cinq jours, mais tout est rentré dans l'ordre après que la Ville et l'entreprise eurent corrigé le problème, assure M.Lapointe.« En cinq ans, c'est la seule fois où nous avons demandé aux citoyens de faire bouillir l'eau.Je ne comprends pas l'intervention du ministère, notre eau est tout à fait potable.Quelqu'un a dû confondre les problèmes du réseau avant la fermeture du puits d'alimentation du port et la contamination que nous avons connue au printemps.» Hier, le téléphone ne dérougissait pas à l'hôtel de ville ainsi que chez les conseillers, raconte M.Lapointe.À Salaberry-de-Valleyfield, l'ultimatum n'aura servi selon lui « qu'à faire peur au monde.Ils (les fonctionnaires du ministère) ont fait leur sortie un peu trop tôt.Ils auraient dû prendre le temps de démêler les choses pour éviter les erreurs ». 7LP0401A0820 a4 dimanche 7LP0401A0820 ZALLCALL 67 02:19:23 08/20/00 B A 4 LLA PPRREESSSSEE, , MONTTRRÉÉALL, , DIIMANCCHEE 2200 AOÛTT 22 Visites au cimetière Mont-Royal MARTINE ROUX Passer l'après-midi au cimetière ?C'est le pari que lance le cimetière Mont- Royal, qui propose de découvrir les édifices montréalais en renouant avec les personnages qui ont façonné la ville au cours des deux derniers siècles.L'histoire de Montréal gît aux flancs du mont Royal, parmi les effluves de thym et à l'ombre des chênes centenaires.De Hugh Allan à Mortimer Davis en passant par les familles Stewart, Molson ou Redpath, le cimetière Mont-Royal rassemble plusieurs des grands acteurs du passé montréalais.Rien de plus normal que les Amis du cimetières aient donc songé à organiser des visites guidées de ce ravissant cimetière, il y a quelques années.« Peu de gens connaissent l'existence du cimetière ou le rôle que plusieurs des personnes qui y reposent ont joué dans le passé, explique la guide et directrice des relations publiques, Myriam Cloutier.Nous avons voulu démythifier tout cela et faire voir aux gens que le cimetière est loin d'être lugubre ! » Les édifices montréalais constituaient hier le principal thème de la visite.Le restaurant Mike Bossy, autrefois connu sous le nom de Mère Tucker ?C'était la résidence du brasseur William Dow.L'édifice Sunlife ?On le doit à l'assureur Matthew Gault, qui a convaincu la compagnie Sunlife de s'établir à Montréal.Le canal Lachine, l'église Notre-Dame ?Les travaux de construction de ces deux grandes réalisations ont été supervisés par l'entrepreneur John Redpath, qui a aussi légué à Montréal la raffinerie de sucre du même nom.Sir Thomas Roddick, en l'honneur de qui on a érigé les portes du campus de l'Université Mc Gill, a pour sa part été le premier médecin à promouvoir les méthodes antiseptiques au Québec.Féru de chasse et de courses de chevaux, Hugh Paton a pour sa part acquis une île, dans la rivière des Prairies, qui porte toujours son nom et a depuis vu pousser les condominiums.Et c'est à Herbert Holt, un homme d'affaires qui détestait pourtant les mondanités, qu'on doit le prestigieux hôtel Ritz Carlton ! Même la rue Sainte-Catherine a des échos au cimetière Mont- Royal : en 1890, John Morgan fut le premier commerçant à s'y établir.« Tous ses compétiteurs le traitaient de fou : c'était un quartier résidentiel », explique Myriam Cloutier.Ce qui n'a pas empêché Henry Birks de faire de même, et puis bien d'autres.Fondé en 1851, le cimetière Mont-Royal a également été l'hôte du premier crématorium au pays, en 1901.Aujourd'hui encore, les familles s'arrachent les places, raconte Paul Delaney, directeur du marketing.Le cimetière, où reposent quelque 200 000 personnes, affichera complet d'ici cinq à dix ans.Il n'y a pas que d'illustres personnages inhumés au cimetière Mont-Royal : plusieurs esclaves américains et victimes de la guerre de Sécession y reposent aussi, indique Mme Cloutier.Les gens ordinaires constituent d'ailleurs le thème de la visite de la semaine prochaine, dit-elle.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © L'histoire de Montréal gît aux flancs du mont Royal, parmi les effluves de thym et à l'ombre des chênes centenaires.Déménagement du Tazmahal: le chèque se fait attendre MARTINE ROUX Bien que la Ville de Montréal et la direction du Tazmahal s'entendent pour reloger le roulodôme dans l'ancien incinérateur, l'aide de Québec manque toujours à l'appel, déplore l'opposition libérale et les administrateurs.Dès le début des travaux de construction de la future Grande Bibliothèque, prévu pour janvier prochain, le Taz devra boucler ses valises.Récemment, la Ville a proposé de déménager le roulodôme dans l'ancien incinérateur, rue des Carrières, en plus d'offrir plus de deux millions pour l'aménagement des lieux.Mais le projet tarde encore à obtenir l'aide de Québec, ont dénoncé vendredi trois membres de l'opposition libérale, les députés Pierre-Étienne Laporte et Jean-Sébastien Lamoureux ainsi que Karine Cousineau, membre de la Commission jeunesse.Au ministère de la Culture et des Communications, on nous renvoie au bureau du ministre délégué à la Protection de la jeunesse et ministre responsable du Loisir, du Sport et du Plein Air, Gilles Baril.À son tour, l'attaché de presse de ce dernier, Thierry Audin, renvoie la balle au Tazmahal.« On travaille sur le dossier depuis plusieurs semaines, affirme-t-il.On attend maintenant un plan de développement et d'affaires de la part du Tazmahal pour pouvoir procéder.Les gens du Tazmahal sont extrêmement satisfaits de la tournure des événements actuellement.» Pourtant, au Tazmahal, on ignorait jusqu'ici qu'un plan de développement d'affaires était attendu.« On en est encore à l'étape des accusés de réception avec Québec ! s'étonne la directrice administrative, Paula Barsetti.Nous ne savons pas même si le ministère acceptera de nous aider.» Un tel plan a déjà été soumis au bureau du ministre Baril au printemps dernier, soutient- elle, alors que le Tazmahal lorgnait un autre lieu que l'incinérateur.« Bien sûr, il faut le mettre à jour et revoir le budget.Mais il y a longtemps que le gouvernement sait que nous aurons besoin d'un montant oscillant entre 1,5 et 2 millions.» Le Tazmahal n'est aucunement lié à l'initiative des trois membres du Parti libéral, précise-t-elle.Néanmoins, l'inquiétude gagne la direction du roulodôme, dit-elle, puisque les travaux de réaménagement de l'incinérateur ne pourront se réaliser sans l'aide de Québec.« Il est évident que nos utilisateurs vont nous suivre même si les travaux nécessitent une fermeture temporaire.Mais si le déménagement tarde trop, nous perdrons une grande partie de notre clientèle scolaire.» Un skatepark populaire Le Taz, c'est plus qu'un roulodôme et un skatepark : pour les adeptes du patin à roulettes, de la planche à roulettes ou du BMX (vélo de montagne), c'est carrément une institution.« C'est le seul lieu de rassemblement que je connais qui soit autorégulé, explique l'éducateur et membre du conseil d'administration André Faivre.Il n'y a pas de batailles, pas de drogue, pas de gardiens.Le skate est un mode d'expression, un moyen d'accomplissement personnel.Ici, un jeune tombe et se relève aussi vite.» L'éducateur, qui y accompagne régulièrement les jeunes logeant au foyer de groupe où il oeuvre, est déçu par l'attitude « hautaine » de la Grande Bibliothèque.« Idéalement, nous aimerions greffer d'autres activités au Taz.Nous aimerions avoir une salle de lecture ou un centre audiovisuel, par exemple, pour faire la jonction entre la culture et les activités sportives.Je ne comprends pas que la Grande Bibliothèque ne saisisse pas cette porte d'entrée qu'est le Taz pour rejoindre les jeunes.» La réputation du Taz dépasse aussi les frontières montréalaises : hier, une famille résidant en banlieue de Boston est venue y faire un tour ! « C'est super, expliquait le patineur Torey Nicholson, 15 ans.Il y a très peu de roulodômes de ce genre près de chez moi.Nous avons de la parenté près de Montréal mais nous venons surtout ici pour le Taz.» PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Le Taz, c'est plus qu'un roulodôme et un skatepark : pour les adeptes du patin à roulettes, de la planche à roulettes ou du BMX (vélo de montagne), c'est carrément une institution.Incendies dans l'Ouest américain: renforts réclamés Associated Press TOSTON, Montana Le service américain des Forêts a appelé ses retraités à revenir au travail, pour bénéficier de leur expérience dans la lutte contre les incendies qui ravagent l'Ouest américain.Dans le même temps, les universités de la région reportent leurs dates d'inscription, pour que les étudiants bénévoles, qui représentent le tiers ou le quart des personnes luttant actuellement contre les feux, puissent rester sur le terrain.Vendredi, quelque 19 000 personnes luttaient toujours contre les flammes, dont 14 000 pour les États du Montana, de l'Idaho et du Wyoming.Samedi, l'armée américaine a annoncé l'arrivée de 500 militaires supplémentaires dans l'État du Montana, un énième renfort qui fait passer le nombre de militaires combattant le feu à plus de 1600.Un bataillon de Marines pourrait également rejoindre ces soldats du feu, selon le gouverneur du Montana Marc Racicot.En trois jours, aux environs de Toston, 40 000 hectares ont été réduits en cendre, mobilisant samedi près de 600 pompiers. 7LP0501A0820 A5 DIMANCHE 7LP0501A0820 ZALLCALL 67 02:20:13 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 A 5 Les recettes de Paul Martin Stéphane Laporte collaboration spéciale tes-vous bien assis ?Car je vais, ce matin, révéler à la nation canadienne un scandale qui va secouer le pays d'un océan à l'autre.Après le Watergate, voici le Piegate ! Mercredi dernier, à Charlottetown, le premier ministre, Jean Chrétien a reçu une tarte en plein visage.Le coupable de l'entartage est un certain Evan Wade Brown.Ne vous laissez pas berner.Cet inconnu n'est que le livreur de la tarte.Le fabriquant de la tarte est une personnalité très en vue.Très très en vue.Un pâtissier machiavélique.J'ai reçu hier dans une enveloppe brune des factures de carte de crédit d'achats effectués mercredi matin par le ministre des Finances Paul Martin : une livre de beurre, un sac de farine Robin Hood, un sac de sucre, un mélange de pâte feuilletée et un pot de crème fouettée Dream Whip.Coïncidence ?De plus, dans la même enveloppe, j'ai trouvé un reçu de Purolator pour un envoi urgent d'un colis devant parvenir d'Ottawa à Charlottetown.Coïncidence ?Saviez-vous qu'avant d'être ministre des Finances, Paul Marin écrivait son prénom avec un o et qu'il était chef cuisinier ?Les recettes de Pol Martin, ça vous dit quelque chose ?Et quelle était la spécialité de ce chef coloré ?Les tartes et les quiches ! Coïncidence Ne trouvez-vous pas curieux que le ministre Pierre Pettigrew ait mangé une tarte au visage, que le ministre Stéphane Dion ait mangé une tarte au visage, que le ministre Alan Rock ait mangé une tarte au visage, que le premier ministre Jean Chrétien ait mangé une tarte au visage, bref que toutes les figures importantes du gouvernement libéral aient mangé une tarte au visage, toutes, sauf Paul Martin ?Paul, lui, jamais.Toujours beau, le monsieur.Toujours bien rasé.Jamais entarté.Coïncidence ?Eh bien ! non.Nous avons assez de preuves circonstancielles pour affirmer que Paul Martin est le cerveau qui a préparé l'entartage du premier ministre Jean Chrétien.C'est lui aussi qui a fait entarter ses collègues pour faire pratiquer les membres de son organisation secrète.Vous n'êtes pas encore convaincu que Paul Martin a orchestré l'attentat de Charlottetown ?Bien.Voici le raisonnement qui vous convaincra.Vous admettez sûrement que le premier ministre Chrétien est très mal protégé.Le filet du Canadien au temps de Doug Soetart était mieux protégé que le premier homme du Canada l'est actuellement.C'est plus compliqué, dans une foule, d'avoir accès à Éric Salvail qu'à Jean Chrétien.Tout le monde peut lui passer sur le corps.On peut crier du porte-voix dans ses oreilles.On peut lui donner une pichenette derrière l'oreille.On peut lui écraser une tarte au visage.On peut entrer dans sa maison en pleine nuit avec un couteau.Ouvrir la porte de sa chambre.Assaillir son épouse.Personne ne bouge.Personne ne lève le petit doigt.Personne ne descend de son cheval.La GRC regarde ailleurs.La GRC n'est pas là.La GRC est chez Tim Horton.La sécurité du premier ministre est tellement pourrie que GRC signifie désormais : Gendarmerie Riant de Chrétien ! Le PM est tellement laissé à luimême qu'il est obligé, parfois, d'égorger, de ses blanches mains les gens qui l'incommodent.C'est pas normal.C'est pas sérieux.Vous êtes-vous déjà demandé qui signe le chèque de paie de la GRC ?Le ministre des Finances, Paul Martin ! Alors qui pensezvous que ces hommes écoutent ?Celui qui, à Charlottetown, ressemblait à Madame Doubtfire ou celui qui a l'argent ?Paul Martin, bien sûr ! Surtout, qu'avec tous les profits qu'il accumule, le ministre Martin glisse, de temps en temps, une enveloppe, en-dessous de la table, aux agents qui assurent la sécurité du Chrétien pour qu'ils le protègent encore moins.Pour que lors des grands événements publics, ils regardent les belles filles au lieu de chercher des assaillants potentiels.Bien sûr, Paul Martin fait tout ça dans le but que Jean Chrétien lâche.Pour devenir calife à la place du calife.Il se dit qu'à force de se faire assaillir, brasser, harceler, salir, humilier, ti-Jean va craquer et démissionner.Et Paul ou Pol aura enfin le champ libre.Et toute la tarte pour lui.Mais ti-Jean ne craque pas.Ti-Jean ne démissionne pas.Il reste là.Il a même l'air d'aimer ça.Et plus Paul Martin organise des coups pour déstabiliser Chrétien, plus Chrétien devient populaire.Pour ma part, je ne trouve pas que le fait d'avoir reçu une tarte au visage a nui à l'image du premier ministre.Au contraire ! Je trouve que la tarte a embelli son image.Monsieur Chrétien paraît beaucoup mieux avec un peu de crème fouettée dans le visage.Ça adoucit ses traits.Il a l'air moins sévère.Moins dur.Je pense même que les concepteurs de la publicité de sa prochaine campagne électorale devraient se servir de la photo qui a fait la une de tous les journaux jeudi pour leurs affiches officielles.Leur slogan pourrait être : « Jean Chrétien, une bonne pâte », « Jean Chrétien, la crème de la crème ! », « Hé, que ça a bon goût, le Canada ! », « Au Canada, chaque province a le droit à sa pointe de tarte, le fédéral aussi ! », « After American Pie, now Canadian Pie ! ».Bref, plus Paul Martin organise des complots, plus ils permettent à Jean Chrétien de faire parler de lui et d'augmenter sa cote.Ne soyez donc pas surpris si, la semaine prochaine, M.Martin s'entarte lui-même, juste pour faire parler de lui.En ces temps vides de contenu, les politiciens en sont rendus là.Que voulez-vous, entre tartes, on se comprend n n n Les Expos devraient engager Anna Kournikova.Le stade serait plein.Vous allez me dire qu'elle ne sait pas jouer au baseball.Pis, si les gens aiment la voir perdre au tennis, ils vont autant l'aimer la voir perdre au baseball TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO: 616969 NUMÉRO: 235478 Ventes totales: 9 709 814 $ Prochain gros lot (approx.): 2 500 000 $ Tirage du 2000-08-19 Tirage du 2000-08-19 Tirage du 05 06 09 23 24 2000-08-19 Tirage du 2000-08-19 Tirage du 2000-08-18 Tirage du 2000-08-19 Tirage du 2000-08-18 GAGNANTS LOTS 7/7 1 7 500 000,00 $ 6/7+ 2 89 859,50 $ 6/7 55 2 859,10 $ 5/7 3 737 150,30 $ 4/7 79 752 10,00 $ 3/7+ 73 271 10,00 $ 3/7 658 553 participation gratuite Numéro complémentaire: 06 Numéro complémentaire: 48 Numéro complémentaire: 36 Le jeu doit rester un jeu Vente de faillite officielle Tapis persans et asiatiques Nous avons le mandat de liquider le reste de l'actif de la Collection Ziai de Toronto, en faillite.Nous y avons ajouté des articles à l'intention des Montréalais.Il s'agit là de la plus extraordinaire et de la plus complète collection de tapis persans que vous ayez pu voir ou même imaginer.À titre d'exemple: Tabriz rehaussés de soie, Isfahan, Nain et Qum en soie, Serapi, caucasiens, Kashan signés, Mashad antiques, Qashgani et beaucoup d'autres dans une variété de dimensions, de motifs et de couleurs.Aucune offre raisonnable ne sera refusée.Exemples de tapis persans: NOM GRANDEUR VALEUR PRIX PRIX IMBATTABLES C'est garanti Kashan signé 14'x10' 12 500 $ 999 $ Mashad 13'x10' 12 200 $ 959 $ Tabriz 7'x10' 9 200 $ 699 $ Nain a/soie 7'x10' 12 000 $ 989 $ Heriz 8'x11' 11 500 $ 959 $ Zanjan 5'x 7' 2 900 $ 199 $ Ghashghaie 2,6'x 9' 1 900 $ 199 $ Et beaucoup d'autres tapis de 2'x3' à 12'x16' Dernière chance! 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hier, un sondage Angus Reid, mené pour le quotidien The Globe and Mail et le réseau de télévision CTV, confirmait la même tendance.On y apprend que les libéraux ont perdu cinq points de pourcentage dans les intentions de vote depuis leur congrès de mars dernier, alors que M.Chrétien annonçait son intention de demeurer en selle pour un troisième mandat.Ces résultats semblent confirmer l'analyse interne au PLC qui ne donnerait qu'une chance sur cinq à Jean Chrétien de former un gouvernement majoritaire aux prochaines élections générales.Selon des sources proches du parti, le chef libéral serait convaincu, lui, qu'il peut mener ses troupes à une victoire majoritaire.Ces perspectives donnent cependant des armes aux partisans du ministre des Finances, Paul Martin, qui veulent le voir à la tête du parti.Si le sondage Angus Reid révèle une perte pour les libéraux, il confirme par ailleurs que pour l'instant, les troupes de Jean Chrétien devancent encore largement l'Alliance canadienne, probablement assez pour former un gouvernement majoritaire.L'Alliance recueille quand même 25 % des intentions de vote au pays, un point de plus qu'en juillet.Pendant la même période, les libéraux perdaient deux points, à 43 %.Ces écarts sont cependant inférieurs à la marge d'erreur du sondage (2,5 points, 19 fois sur 20, 1500 répondants).Au Québec, les libéraux ont perdu neuf points de pourcentage depuis le mois de mai, passant de 48 à 39 % des intentions de vote.Le Bloc québécois est passé pendant la même période de 40 à 43 %.À droite, l'Alliance canadienne, à peu près absente au Québec en mai dernier, avec 1 % des intentions de vote, recueille aujourd'hui 7%.Le Parti conservateur continue à perdre des plumes au Québec \u2014 comme ailleurs au Canada \u2014, passant de 5 % en mai dernier à 4 % en août.En Ontario, où l'Alliance tente de miner les appuis du PLC, Stockwell Day et ses troupes ont gagné depuis mai dernier cinq points, à 21 % d'intentions de vote.On estime qu'à partir de 30 %, un parti peut commencer à gagner des dizaines de sièges en Ontario.Dans les provinces de l'Atlantique, les libéraux ont perdu neuf points depuis juillet (à 42 %), même s'ils y ont annoncé en grande pompe, en juin, un programme de création d'emplois de 700 millions.L'échantillon du sondage était cependant plutôt faible dans cette région.Rappelons aussi que les libéraux n'avaient recueilli que 33 % des suffrages exprimés lors des élections générales de 1997 \u2014 12 sièges sur 32 dans la région.LIQUIDATION RADICALE ! L'EMBARGO AMÉRICAIN SUR LES TAPIS PERSANS EST LEVÉ Depuis la levée de l'embargo commercial américain, la plupart des tapis persans sont expédiés sur le marché des États-Unis.Nous voulons offrir à nos clients l'occasion d'acheter leurs tapis pendant cette vente spéciale, avant que les prix des tapis soient multipliés par quatre ou même cinq.Nous avons tous les genres de tapis, Qum en soie, Tabriz laine et soie, Heriz, Isfahan, Kashan, Mashad, etc., dans toutes les dimensions, jusqu'à 16' x 12' et des tapis de passage jusqu'à 22' de longueur.TOUS NOS TAPIS VONT DE 100$ À 2 200$ Premiers arrivés, premiers servis Samedi 19 août 2000 \u2014 13 h à 19 h Dimanche 20 août 2000 \u2014 11 h à 18 h Hôtel Ruby Foo's 7655, boul.Décarie Montréal (Québec) (514) 731-7701 CHÈQUE Heriz Persian Rugs Un ancien conservateur frustré par son flirt avec l'Alliance canadienne ALEXANDRE SIROIS Après avoir flirté avec l'Alliance canadienne, l'ancien directeur des communications de l'aile québécoise du Parti conservateur, Pierre Miquelon, se dit aujourd'hui de nouveau à l'écoute des bleus et dénonce l'attitude du nouveau parti fédéral de droite dirigé par Stockwell Day.À partir d'avril dernier, M.Miquelon a été responsable des communications de Tom Long, l'un des candidats à la direction de l'Alliance canadienne, dont la course au leadership a pris fin le mois dernier.Il a effectué une présence remarquée, hier, au conseil provincial des conservateurs.M.Miquelon dit avoir été frustré, au cours de son mandat auprès de M.Long, par l'attitude des dirigeants de l'Alliance canadienne.« Je suis toujours mal à l'aise avec ça.Mon expérience du bureau national de l'Alliance canadienne à Calgary a été claire pour moi.C'était, en une phrase : no frogs in my party.(pas de frogs dans mon parti) », a déclaré M.Miquelon.« Je ne vous dis pas que le changement de garde à l'Alliance canadienne ne fera pas de bien, car je n'en ai aucune idée, at- il ajouté.Par contre, ce que j'ai vu de l'Alliance à partir du mois d'avril jusqu'au 24 juin, m'a laissé un goût excessivement amer.» Ainsi, M.Miquelon dit ne pas avoir été étonné par les récents commentaires de John Mykytyshyn, un organisateur de l'Alliance canadienne, qui a soutenu que les habitants de la côte Est du pays sont des paresseux habitués à vivre aux crochets du fédéral.« Pour moi, c'est une illustration très claire de qui dirige le parti au bureau national, a indiqué M.Miquelon.Je veux bien comprendre qu'un individu ne fait pas un parti.Mais pour moi, ces propos sont très désolants et lèvent un drapeau rouge.Si Mykytyshyn est comme ça, estce que d'autres sont comme ça à l'intérieur de ce parti ?Ma réponse, selon l'expérience que j'ai vécue avant le 24 juin, c'est oui.» Pour M.Miquelon, les responsables de l'Alliance ont un problème d'attitude.« Ils sont partis de principes réformistes.Rappelons-nous que le Parti réformiste a été créé en réaction.Ces gens-là n'ont jamais démordu de leur réaction.Tu ne peux pas prétendre être un parti national si tu t'en tiens à être réactionnaire », a-t-il lancé.M.Miquelon, qui dit avoir déchiré sa carte de membre de l'Alliance canadienne sitôt après l'avoir reçue, n'a pas encore décidé s'il souhaitait retourner chez les conservateurs.Il a affirmé qu'il était présent à la rencontre d'hier pour « écouter ».« Par contre, je peux vous dire que ce que j'ai entendu entre les quatre murs, à huis clos, ce matin, me réconforte et me laisse présager de meilleurs jours pour le parti, a-t-il confié à La Presse.J'ai senti une détermination que je n'avais pas sentie depuis des mois, sinon des années.» 7LP0701A0820 a-7dim 20 AOUT 7LP0701A0820 ZALLCALL 67 02:19:14 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 A 7 Le meilleur tournoi au monde n'est pas encore parfait ! ÉRIC CLÉMENT L'omnium de tennis féminin organisé à Montréal a beau être devenu le plus populaire au monde dans sa catégorie, il y a encore place à l'amélioration.Richard Legendre, directeur de l'Omnium du Maurier, en est conscient.« Cette année, nous avons procédé à une auto-évaluation et nous savons que nous allons devoir continuer à nous améliorer.On a quelques problèmes de croissance », expliquait-il, hier, à La Presse, à la veille de présenter son bilan du tournoi 2000.Ces problèmes de croissance sont de plusieurs types.D'abord, techniquement, qui dit plus de spectateurs dit plus d'automobiles.Cette année, le stationnement a causé bien des maux de tête à nombre d'automobilistes.« Nous avons perdu une aire de stationnement où des condos sont construits et près de Jarry, un terrain de soccer a aussi pris de la place.Nous allons regarder ça de près.Il faudrait aussi parvenir à convaincre des amateurs montréalais de venir en métro ! » L'an prochain, le tournoi masculin sera intégré au sein de l'organisation Tennis Masters Series d'où l'importance d'améliorer les lieux.On songe ainsi à transformer le court no 1 pour le rendre plus confortable, plus grand et plus symétrique, mais « cela prend des sous », explique M.Legendre, qui espère pouvoir bénéficier d'une aide financière provinciale.Mais les spectateurs, eux, craignent de devoir payer plus cher.Richard Legendre assure que s'il y a agrandissement du court no 1, les spectateurs ayant des billets sur le central auront accès au court rénové.Par ailleurs, le prix des billets de série sera augmenté, mais Richard Legendre croit que cet « ajustement » est normal compte tenu des escomptes dont les abonnés ont bénéficié par le passé.« Et puis il faut dire aux amateurs que les bénéfices des deux tournois, celui de Montréal et celui de Toronto, sont directement destinés au développement du tennis junior.Les revenus de nos commanditaires ne couvrent que 75 % de nos dépenses.» À ceux qui trouvent anormal que jeudi soir il n'y ait eu qu'un match de simple au programme contre trois pour la séance « matinée », M.Legendre répond qu'il est difficile de gérer la répartition des rencontres de simple quand 15 des 16 joueuses de doubles jouent aussi en simple.Chaque fois, il faut faire des choix déchirants.Des spectateurs des rangs 200 se sont plaints aussi cette année du bruit émanant des loges commerciales où des entreprises organisent des réceptions parfois assez dérangeantes.On a même failli en venir aux mains jeudi soir quand des amateurs ont commencé à trouver que le party était « trop pogné » derrière eux.« Il n'y a pas beaucoup de moyens physiques pour empêcher ça, dit M.Legendre.Peut-être faudrait-il mieux communiquer avec nos clients (commerciaux) pour que tout le monde soit satisfait.» Richard Legendre tiendra compte aussi dans l'avenir des plaintes des personnes trouvant qu'il est anormal que l'on fume dans une enceinte sportive, même en plein air.Ajoutons toutefois que le stade du Maurier portera ce nom jusqu'en 2003, date à laquelle la commandite du tabagiste sera terminée.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Solange et Guy Boisclair, restaurateurs officiels de l'Omnium.Ils restaurent les amateurs depuis 15 ans De la Formule 1 au tennis pour l'équipe de L'Entre-Match, .ÉRIC CLÉMENT Copropriétaires de l'auberge Godefroy de Bécancour, Solange et Guy Boisclair sont des restaurateurs heureux.Même s'ils gardent les pieds sur terre, leurs affaires fonctionnent à merveille depuis qu'ils sont devenus les concessionnaires alimentaires officiels du tournoi de tennis du stade Jarry, il y a 15 ans.Ils sont discrets sur les lieux et pourtant.Ils gèrent tous les comptoirs alimentaires (loges exceptées), notamment le Pub Heineken, le Grand Bistro et Bordeaux & Baguettes.« Notre entreprise, L'Entre- Match, employait 45 personnes à l'époque.Aujourd'hui, 227 employés sont là tous les jours.Nous avons même dû transformer les locaux pour pouvoir entreposer des aliments et organiser les cuisines.» Le couple Boisclair est arrivé au tennis par la Formule Un.Ils avaient la concession alimentaire du Grand Prix de Montréal au début des années 80 alors que c'est Labatt qui commanditait le spectacle de course automobile.Ce fut le tremplin pour le tennis.Au fil des ans, la variété des plats servis a changé.Les hamburgers et les hot-dogs sont toujours aussi populaires mais on a ajouté depuis des steaks, de la cuisine mexicaine, des salades, etc.« Les ventes d'une journée aujourd'hui, on les réalisait en neuf jours au début, dit M.Boisclair.L'an prochain, le tournoi masculin change avec l'arrivée de nouveaux organisateurs (Tennis Masters Series).Il va donc y avoir d'autres activités, d'autres comptoirs et des nouveaux bars.Pour nous, c'est stimulant.Demain, les Boisclair vont retourner à Bécancour pour reprendre leurs activités à l'auberge trifluvienne, qui comporte aussi un centre de santé et un golf.Ils reviendront l'an prochain, c'est sûr.Concessionnaires à vie du tournoi de tennis ?« Je pense que l'on répond aux attentes de Tennis Canada, alors.! » 7LP0802A0820 a-8 dim 20 AOUT 7LP0802A0820 ZALLCALL 67 02:21:00 08/20/00 B A 8 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 Rien ne va plus chez Air Canada Presse Canadienne Le spectre de la grève plane de nouveau sur le transport arérien, la médiation entre Air Canada et ses 2200 pilotes ayant échoué.Les parties ont en effet mis un terme à leurs discussions, tard vendredi soir, après que le médiateur fédéral, Bruce Outhouse, se fut déclaré impuissant à établir une entente.Le syndicat des pilotes s'accorde quelques jours pour déterminer la statégie à adopter.Des moyens de pression allant jusqu'à la grève générale sont envisagés.S'ils veulent déclencher un arrêt de travail, les pilotes doivent déposer un avis de 72 heures.Il reste maintenant au médiateur Outhouse à faire ses recommandations à la ministre du Travail, Claudette Bradshaw.« Je dois préparer un rapport avec des recommandations, et le soumettre aux parties ainsi qu'à la ministre », a-t-il déclaré à Halifax, hier, ajoutant qu'il ignorait combien de temps il lui faudrait pour mener sa tâche à terme.« Il y a une myriade de questions.Je ne suis pas vraiment en mesure de me prononcer à leur sujet.Tout ce que je peux dire, c'est qu'il en sera fait état dans mon rapport », a ajouté M.Outhouse.Pour sa part, Air Canada attend de connaître la teneur du rapport du médiateur, a fait savoir Laura Cooke, porte-parole de la société aérienne, précisant que les questions des salaires, de la sécurité d'emploi et de l'ancienneté demeuraient à être réglées.« Air Canada s'attend à ce que les recommandations du médiateur puissent servir de base à un accord final entre les parties », a-t-elle indiqué.La convention collective des pilotes est échue depuis le 1er avril, 18 mois après qu'elle eut été entérinée, à la suite d'une grève d'une durée de 13 jours, en septembre 1998.Ce conflit de travail avait paralysé les activités de la compagnie aérienne, lui coûtant quelque 133 millions.Si jamais les pilotes devaient déclencher la grève, le gouvernement fédéral adopterait sans tarder une loi spéciale de retour au travail, estiment des analystes.« S'ils font la grève, en aucune façon le gouvernement permettra que celle-ci dure plus que quelques jours », affirmait hier Frank Lazar, professeur de commerce à l'Université de Toronto.« La législation est déjà prête, et il s'agirait seulement de rappeler tout le monde à Ottawa afin de l'adopter le plus rapidement possible.» Vraisemblablement, les pilotes opteront plutôt pour la stratégie de la grève du zèle, a estimé M.Lazar.« De cette façon, le gouvernement ne pourrait intervenir, et cela aurait pour effet de donner encore plus de maux de tête à Air Canada », a-t-il expliqué.« Une grève du zèle se traduirait par un nombre plus élevé d'annulations de vols et davantage de retards que ce l'on vit en ce moment.Fiducies familiales: le fisc perd une autre manche Presse Canadienne WINNIPEG En vertu d'un jugement rendu vendredi, le ministère fédéral du Revenu devra se justifier d'avoir autorisé le transfert d'une fiducie familiale de 2,2 milliards aux États-Unis afin qu'elle puisse se soustraire au fisc.Le juge Edgar Sexton, de la Cour fédérale, s'est opposé à la requête des avocats du gouvernement fédéral, qui réclamaient la suspension des procédures intentées sous prétexte qu'elles violaient le principe de la confidentialité.Un simple contribuable de Winnipeg, George Harris, a provoqué cette affaire, il y a quatre ans, lorsqu'il a contesté la décision de Revenu Canada d'octroyer une réduction d'impôt de 700 000 $ aux Bronfman, riche famille de Montréal.M.Harris, qui a décidé d'aller de l'avant après que le vérificateur général eut fait état du transfert litigieux dans un rapport, prétend que les Bronfman ont profité d'un congé d'impôt dans le cadre de ce transfert, en 1991.Toutefois, ni la famille ni le ministère n'ont confirmé la chose.Vendredi, M.Harris se disait ravi par la décision rendue par le juge Sexton.« C'est une agréable surprise.Ca me laisse croire que le système fonctionne, même si le processus suit son cours lentement », a-t-il déclaré.« Cela démontre que les tribunaux prennent au sérieux les préoccupations des gens ordinaires.» M.Harris s'est lancé dans cette bataille afin de faire la démonstration de l'injustice d'un système s'acharnant contre le simple contribuable tout en accordant du répit aux riches.La décision de vendredi constituait la troisième victoire de « David contre Goliath » dans le cadre de cette affaire.En juin, la Cour fédérale d'appel s'était à l'unanimité rangée du côté de M.Harris en statuant qu'une tierce partie pouvait intervenir en toute légalité dans des affaires d'ordre fiscal.publié tous les derniers samedis du mois dans Le cahier de Un cahier sur les nouvelles technologies, le multimédia et Internet.Samedi Spécial Ciel, mon ordi ! Tout sur l'achat d'un ordinateur 7LP0902A0820 A9 DIMANCHE 7LP0902A0820 ZALLCALL 67 02:17:06 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 R A 9 L'incomparable Àvue de nez, comme ça, on ne voit pas le rapport.Parler de l'actrice chinoise Gong Li dans un cadre de sport ou d'aventure peut paraître gratuit, mais il n'en est rien.La favorite du grand réalisateur Zhang Yimou occupe une place de choix dans nos souvenirs les plus périlleux.Avec Gong Li, nous avons fait du trekking dans les montagnes, avec elle nous avons fait du triathlon pour fuir l'ennemi, nous avons bivouaqué à ses côtés dans la tranchée, nous avons même mangé des mets chinois en sa compagnie Ah ! Gong Li ! Vous allez au cinoche régulièrement, mais vous ne connaissez pas Gong Li, la sensuelle, la sublime, l'incomparable, celle à côté de qui Demi Moore n'est belle qu'à demi ?Le seul Lee que vous connaissez se prénomme Bruce ?Vous ne connaissez pas Zhang Yimou, l'égal n'importe quand de Martin Scorsese ?C'est que nous n'allons pas au même cinéma.Gong Li n'est pas un produit hollywoodien, mais à Cannes, tassez- vous les mecs, elle est reine ! Et à Montréal, dans la petite famille effeffemique, il y a longtemps que la table d'honneur est mise pour elle.Et cette année est la bonne puisque le 24e Festival des films du monde va rendre hommage à cette créature dont Dieu se sert pour prouver qu'il est Dieu.Si c'est un hommage à Richard Gere que vous voulez, appuyez ici sur torontoff.com.Si c'est l'aventure du cinéma mondial qui vous tente, mêlez-vous tel que vous êtes et sans honte à la gang du FFM, dès vendredi prochain.Vous en émergerez, le 4 septembre, comme d'une naissance à quelque chose, à une nouvelle vie, à une autre manière de voir.En ce qui concerne Gong Li, j'imagine déjà comment cela va se passer pour le simple festivalier que je suis.En sortant d'un film yougoslave ou australien au Centre Eaton, mon ami Dominique et moi on va se rendre compte qu'il ne nous reste que quatre minutes, on va se frayer un chemin dans la foule qui encombre les escalateurs pour descendre en catastrophe jusqu'au niveau de la rue, défoncer les portes, courir malgré la chaleur écrasante et foncer sur le trottoir achalandé de la rue Sainte-Catherine pour atteindre, le moins de minutes possible plus tard, le complexe Desjardins, y entrer comme des bêtes enragées, débouler les escaliers en entendant les applaudissements déjà commencés, et foncer comme des bloqueurs offensifs jusqu'à l'Agora, le lieu-dit où trônera déjà la belle Gong Li, le sourire énigmatique, la robe de soie rouge et or bordée de mélusine, en train d'être présentée par Richard Gay.Serge Losique aussi va parler, il aura tellement travaillé pour concrétiser cet instant.Il va sans doute brièvement rappeler la filmographie de la célèbre actrice \u2014 de Qiu Ju, une femme chinoise à Shanghai Triad, en passant par Le Silence brisé, de Sun Zhou, en compétition au FFM \u2014, puis Gay interviendra encore pour présenter l'interprète qui sera sûrement un Chinois avec des lunettes, ou peut-être bien sans, Gay posera enfin une première question \u2014 en anglais, on gagetu ?\u2014 le monsieur va traduire et, finalement, tout dégoulinants de sueur et nous essuyant les yeux pour mieux entendre, presque tremblants, nous percevrons de nos tympans ravis la voix melliflue, fantasmatique et parfaitement live de Gong Li elle-même.Le Chinois avec ou sans lunettes va reprendre, dans un filet de voix presque inaudible et avec un accent extrêmement oriental, on n'aura rien compris, mais Richard Gay, lui, si (à moins que le gars ne parle québécois sans accent).Et ce sera à son tour de rendre les propos de l'actrice chinoise.Puis la roue communiante repartira à l'inverse et quinze minutes plus tard, qui nous auront paru deux, Gong Li aura répondu à trois ou quatre questions.Puis les journalistes à leur tour poseront des questions, auxquelles peut-être l'interprète commencera à répondre avant que Gay n'ait pu intervenir.Il va y avoir les flashes des photographes et des soupirs dans les basilaires où sera accrochée une foule de plus en plus compacte.Ce sera un moment dans l'histoire du FFM.Et une particule intemporelle de l'histoire du cinéma, puisque le FFM, selon Gérard Depardieu \u2014 à qui nous souhaitons un prompt rétablissement rapport à son pontage \u2014, est « la véritable planète du cinéma ».Puis la grande dame et son entourage vont se lever et quitter les lieux, Gong Li entourée d'un gorille ou deux \u2014 pas besoin des soixante-huit casseurs de gueules de Pamela Anderson pour protéger les vedettes au FFM \u2014, pour se diriger vers la sortie du stationnement où attendra déjà, supposonsle, une limousine blanche, ce qui sera bien la moindre des choses.Dominique et moi, nous nous serons postés avantageusement, et, en passant devant nous, Serge Losique prendra délicatement Gong Li par le bras et la dirigera vers nous deux.Je ferai de gros efforts pour ne pas tomber sur mes genoux déjà meurtris.Losique dira quelque chose, mais je n'arriverai pas à comprendre.Je sais seulement que la main d'albâtre de la divinité s'avancera vers moi, fragile comme une porcelaine de Kakiémon, mes gros doigts moites arriveront par en-dessous pour la soulever encore un peu, son index s'appuiera à peine sur mon éminence thénar et, me prosternant, je ferai le baisemain qui depuis tant d'années hante mes nuits.Je ne veux pas tenter de décrire ici ce que pourra être le contact merveilleux entre mes lèvres et le dos des phalangettes de Gong Li, il n'en subsistera qu'un malheureux cerne de sueur sur sa chair délicate, mais l'actrice ne montrera aucun dégoût derrière son énigmatique sourire, et elle repartira, me laissant à ce qui ne sera déjà plus qu'un souvenir dont, à vrai dire, les détails m'échapperont à jamais, ce qui explique qu'il vaut mieux pour moi écrire mes mémoires à l'avance.Quand je reviendrai à moi, je serai mouillé comme au sortir d'un bain, mais plein de l'incroyable bonheur d'avoir réalisé mon rêve : toucher Gong Li.Évidemment, on sera menacés de retard pour le prochain film.Il faudra courir jusqu'au Parisien ou jusqu'à l'Impérial dans l'espoir d'entendre le mot du réalisateur avant la projection, parce que les cinéastes sont souvent présents à la projection de leurs oeuvres, c'est l'usage au FFM.Vous ne le saviez pas ?Alors sachez-le.On regarde parfois un film en compagnie des acteurs eux-mêmes.Pour moins cher qu'une projection régulière en salle ordinaire ! Le baisemain à Gong Li \u2014 je me suis laissé emporter \u2014, ça ne risque pas d'arriver, c'était juste pour les fins du récit et l'ambiance du festival.Et je n'ai jamais même dit bonjour à Serge Losique, on ne peut m'accuser de rien.Ça commence vendredi.Pendant dix jours, on va courir les films.Ça va être du sport doublement bon pour la santé puisqu'on est présentement en période d'orages solaires.Ces émissions-là, invisibles, sont cancérigènes, alors il vaut mieux regarder des vues à l'intérieur.Ouf ! Courriel rchartie@lapresse.ca Le Festival des films du monde www.ffm-montreal.org PHOTO REUTERS La favorite du grand réalisateur Zhang Yimou occupe une place de choix dans nos souvenirs les plus périlleux.Prête-moi ta plume MARTINE LAGACÉ collaboration spéciale Bien que l'agitation urbaine fasse partie du quotidien de la plupart d'entre nous, la nature qui nous entoure continue néanmoins de nous inspirer.En effet, si l'on en juge par le taux élevé de fréquentation des terrains de camping, des parcs et des réserves du Québec, il est indéniable que les animaux, les forêts, les lacs et les rivières charment l'être humain.Cet engouement pour la nature transpire d'ailleurs dans notre culture et nos traditions.Et les oiseaux constituent sans contredit un thème qui inspire.En effet, dans le vocabulaire qu'il utilise, dans les chansons qu'il écoute, le Québécois retrouve une foule d'inspirations ailées.Dès le retour du doux temps, les oiseaux nous ravissent avec leurs gazouillis.Les chanteurs et chanteuses leur rendent la pareille en les incluant souvent dans leurs compositions.Nos chansons populaires et les comptines qui ont bercé notre enfance regorgent de références à la gent ailée.Des preuves ?Au chant de l'alouette, C'est la poulette grise, Mon merle, Alouette.Il y a aussi la très populaire chanson de Michel Fugain Fais comme l'oiseau, et, plus près de nous, Le Picbois de Beau Dommage.René Simard, bien sûr, a ému le Québec au complet en chantant L'Oiseau à une autre époque, et sa soeur Nathalie l'imitait quelques années plus tard en nous faisant bouger avec La Danse des canards ! Et comment oublier Une colombe de Céline Dion qui obtint un grand succès et qu'elle chanta volontiers pour le pape Jean-Paul II lors de sa visite chez nous.Mais il n'y a pas que les chansons qui soient aux oiseaux ! Les proverbes et expressions populaires sont également riches d'évocations aviaires.Chez nous, on n'a qu'à songer à Petit à petit, l'oiseau fait son nid, Une hirondelle ne fait pas le printemps, Quand les poules auront des dents et autres expressions pour s'en convaincre.Ailleurs dans le monde, quantité de peuples ont des proverbes s'inspirant des oiseaux : On attrape l'oiseau avec des graines et l'homme avec des écus (proverbe russe) ; Plutôt mon corbeau que le rossignol d'autrui (proverbe turc) ; Le vent entraîne l'oiseau vers l'endroit où il désire aller (proverbe du Burkina Faso).L'oeuf, pour sa part, n'est pas en reste et a également contribué à inspirer d'autres expressions et proverbes : Marcher sur des oeufs ; On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs ; Il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.Du langage familier émanent quelques expressions communes, comme un drôle d'oiseau, faire son jars, poule mouillée, canard boiteux, ne pas être manchot, fier comme un paon, tête de linotte, faire l'autruche, jaser comme une pie, faire le perroquet, gai comme un pinson.On trouve même des oiseaux dans les petits mots doux que l'on susurre à l'oreille : mon pit, ma chouette, ma poulette, ma colombe.Il existe plusieurs autres manifestations de l'influence ou de la symbolisation des oiseaux chez l'homme.Pensons seulement aux noms de famille : Rossignol, Pigeon, Létourneau, Vautour, Lacaille, Martinet, Daigle, Pinson et Moineau, pour ne nommer que ceux-là.N'oublions pas la célébrissime cigogne, symbole des naissances, l'aigle, emblème de plusieurs nations (romaine, américaine, etc.), de même que les poèmes, fables et peintures.Bon nombre de mythes et de légendes tirés de la culture amérindienne font référence à la nature en général et aux oiseaux en particulier (origine des oiseaux, origine des plumes, etc.) Par exemple, au sein de la mythologie huronnewendat, l'animal suscitant le plus de vénération et tenant le rôle de protecteur de la Nation est Hinon, l'Oiseau-Tonnerre.Celui-ci a la responsabilité d'anéantir toutes les manifestations négatives s'attaquant aux humains (monstres, sorciers, mauvais esprits, etc.) Pour ce faire, il utilise ses pouvoirs fabuleux : le battement de ses ailes gigantesques cause le fracas du tonnerre tandis que les éclairs, provoqués par le clignement de ses yeux perçants, foudroient tous les mauvais esprits.L'Oiseau-Tonnerre fait de plus tomber la pluie, source de vie.Le nom des oiseaux Lors du vote populaire visant à doter Montréal d'un oiseau emblème, tenu dans le cadre du Festival des oiseaux de Montréal \u2014 le prochain se tiendra du 5 au 13 mai 2001 \u2014, plusieurs participants ont envoyé des lettres, des poèmes et des dessins en guise d'appui à leur choix.Certaines personnes du troisième âge nous ont alors rappelé que le merle d'Amérique se nommait autrefois grive et qu'on le connaissait aussi sous le nom de rouge- gorge.Il est vrai que dans le langage populaire, les noms d'animaux ou de plantes peuvent prendre un sens particulier selon la personne qui l'emploie.Par contre, tous les noms officiels des oiseaux sont soumis à une nomenclature scientifique, régie par le Code de nomenclature zoologique internationale.Néanmoins, on constate que le nom officiel des oiseaux peut parfois changer en fonction de nouvelles découvertes qui permettent d'améliorer la classification des oiseaux.Par exemple, des analyses du code génétique font que des espèces changent de famille ou deviennent des sous-espèces.De plus, certains noms français des oiseaux ont été modifiés au moment de la publication de la liste des Noms français des oiseaux du monde par la Commission internationale des noms français des oiseaux, fondée en 1993.C'est ainsi que le huart à collier est désormais connu sous le nom de plongeon huard.L'auteur est membre de la Société des amis du Biodôme de Montréal 1.0 0.41 À TIRE-D'AILE PHOTO La Presse © Mon merle a perdu son bec.Mon merle a perdu son bec.Un bec, deux becs, trois becs, marlo ! 7LP1001A0820 7LP1001A0820 ZALLCALL 67 02:21:10 08/20/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 Monde Revirement étonnant : Gore devancerait Bush Le leader démocrate aurait pris l'avance (48 % / 42 %), selon Newsweek Agence France-Presse WASHINGTON Le vice-président démocrate Al Gore, profitant des retombées de la convention du Parti démocrate, dépasse le candidat républicain George W.Bush dans les intentions de vote, avec respectivement 48 % contre 42 %, selon les résultats d'un sondage publié par l'hebdomadaire Newsweek à paraître aujourd'hui.C'est la première fois depuis le mois de juin que le candidat démocrate est en tête dans la course à la Maison-Blanche.Selon le sondage, le candidat des Verts, Ralph Nader, recueillerait 3 % des voix et celui du Parti de la réforme, Pat Buchanan, 1 %.Le discours d'investiture d'Al Gore a eu un effet largement positif auprès des électeurs, puisque 45 % d'entre eux ont affirmé avoir une meilleure opinion de lui.Sur les questions de fond, les personnes interrogées pour cette enquête sont une majorité à estimer que Gore sera plus efficace que Bush sur les questions de l'économie et de l'emploi (52 % contre 35 %), l'avortement (48 % contre 30 %), le système de retraite fédérale (51 % contre 35 %), les impôts (45 % contre 39 %), l'éducation (49 % contre 35 %) et les valeurs morales (42 % contre 38 %) et enfin sur la santé (56 % contre 30 %).Al Gore est honnête et droit pour 64 % des sondés contre 58 % à George Bush.Si, enfin, une majorité d'électeurs (52 %) admettent volontiers être dans une meilleure situation financière aujourd'hui comparée à il y a huit ans, 46 % considèrent que l'identité du futur président n'a de toute façon aucune importance car la prospérité économique se poursuivra d'elle-même.(Ces résultats ont été obtenus à partir d'une moyenne de deux sondages effectués jeudi et vendredi par la firme Princeton Survey Research Associates, auprès de 806 électeurs inscrits.CONGO Expulsions n Les États-Unis ont averti hier qu'ils prendront des «mesures appropriées» contre la République démocratique du Congo (RDC) en réaction à l'expulsion de deux diplomates américains de Kinshasa, dont le département d'État défend «l'intégrité».Deux diplomates américains en poste en RDC ont été expulsés vendredi par le régime de Kabila et déclarés «personae non gratae».Un porte-parole du département d'État a indiqué que le gouvernement congolais reprochait aux diplomates d'avoir fait des déclarations «incompatibles avec leur statut de diplomates ».«Ces allégations sont tout à fait fausses et scandaleuses», a déclaré ce porte-parole qui a requis l'anonymat.Les États-Unis «explorent tout l'éventail de mesures appropriées», a-t-il ajouté, en se refusant à indiquer si le gouvernement américain envisageait en rétorsion des expulsions de diplomates congolais de Washington.d'après AFP PALESTINE Arafat rentre n Le président palestinien Yasser Arafat a estimé hier que la question de Jérusalem devait être réglée avant un règlement de paix définitif avec Israël.«Avant de mettre fin au conflit, la chose la plus importante est de résoudre la question de Jérusalem », a déclaré aux journalistes à Gaza M.Arafat, de retour d'une tournée dans huit pays asiatiques.M.Arafat a expliqué que sa tournée en Asie avait pour but de rallier un soutien aux positions palestiniennes dans les négociations.M.Arafat devait rencontrer hier l'envoyé spécial américain pour le Proche- Orient Dennis Ross, en tournée dans la région depuis le 17 août, qui s'est entretenu vendredi avec M.Barak et samedi à Alexandrie (Égypte) avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Amr Moussa.d'après AFP DROITS DE L'HOMME Dénonciations n Des experts de l'ONU ont dénoncé durant trois semaines à Genève les discriminations et violations des droits de l'Homme les plus actuelles à l'heure de la mondialisation, égratignant au passage l'OMC en matière de propriété intellectuelle.La 52e session de la «sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l'Homme» a achevé vendredi soir ses travaux, entendant des centaines d'interventions, qui mesurent chaque année «la température » et l'évolution des préoccupations en matière de droits de l'Homme.Les formes d'esclavage moderne, y compris la servitude pour dettes et l'exploitation sexuelle des enfants, la condition des femmes afghanes, une demande de levée de l'embargo affectant la situation humanitaire des Irakiens, la poursuite des criminels de guerre, ont figuré dans les 40 résolutions ou décisions adoptées.d'après AFP SOUDAN Plainte maintenue n Le gouvernement du Soudan a déclaré hier qu'il maintenait sa plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies contre les États-Unis, qui ont bombardé l'usine Al-Chifaa à Khartoum, affirmant qu'elle fabriquait des armes chimiques.«Le Soudan ne restera jamais silencieux face à l'injustice qui lui a été faite», a déclaré le ministère soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué, à la veille du deuxième anniversaire du bombardement, le 20 août 1998.Le Soudan réclame toujours des «dédommagements» pour cette opération dénoncée «dans le monde entier, y compris par les médias américains», poursuit le ministère.Le New York Times avait notamment affirmé en octobre dernier que plusieurs responsables de l'administration américaine avaient émis de fortes réserves sur le bien-fondé de cette opération de destruction, menée avec des missiles de croisière.d'après AFP PHOTO AP Le vice-président des États-Unis et candidat démocrate à la présidence, Al Gore, recevant un baiser de sa femme, Tipper, REPÈRES / Élections USA Agence France- Presse PORT-AU-PRINCE Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), César Gaviria, a achevé hier une mission de bons offices en Haïti en appelant les Haïtiens au dialogue pour trouver une solution politique à la crise électorale.M.Gaviria a encouragé les Haïtiens «à se mettre d'accord afin de juguler la crise issue des élections contestées du 21 mai dernier», a-til déclaré lors d'une conférence de presse.«Ce n'est pas à l'OEA d'apporter une solution», a-t-il expliqué, après ses différentes rencontres avec le président René Préval, l'ancien président Jean-Bertrand Aristide et les dirigeants politiques de l'opposition.«Je crois qu'une solution est encore possible malgré la publication des résultats de ces élections remportées par le parti Famille Lavalas de l'ancien président Jean Bernard Aristide», a estimé le secrétaire général de l'OEA.Une clé: les minorités CLAUDIA RAHOLA Agence France-Presse, LOS ANGELES Le candidat démocrate Al Gore doit rallier les votes des minorités, en particulier des noirs et des hispaniques, pour gagner en novembre l'élection présidentielle face au candidat républicain George W.Bush, estiment des experts.Dans son discours d'investiture prononcé jeudi, principalement à l'intention des « familles laborieuses », l'actuel vice-président s'est engagé à faire des États-Unis un pays « meilleur et plus juste », en détaillant une liste de propositions pour améliorer leur condition.« Chacun a pu y trouver quelque chose qu'il voulait entendre », a souligné Eric Schockman, professeur de science politique à l'Université de Californie du Sud (USC).Durant les deux mois et demi qui restent avant le scrutin, Al Gore devra maintenir un équilibre délicat pour rallier à la fois les centristes de son parti, gagner les votes des indépendants modérés tout en fidélisant la base de son parti, au sein de laquelle les minorités, qui appartiennent en grande majorité aux classes populaires, jouent un rôle important.Le candidat démocrate n'a pas ménagé en particulier ses efforts en direction de la communauté hispanique durant la campagne, un terrain sur lequel il doit affronter la concurrence de George W.Bush, qui a affiché sa détermination à renverser l'étiquette anti-immigration qui colle au Parti républicain.Durant la convention républicaine fin juillet à Philadelphie, son neveu George P.Bush, dont la mère est hispanique, a d'ailleurs prononcé un discours en espagnol.« Il y a encore beaucoup d'indécis », explique Angela Acosta, porte- parole du Southwest Voter Registration Project, une organisation destinée à promouvoir et à analyser le vote latino.Selon Mme Acosta, les démocrates « ont marqué quelques points importants » durant leur convention la semaine dernière à Los Angeles, notamment sur les principaux sujets de préoccupation de la communauté hispanique, à savoir l'éducation, la santé et le salaire minimum.Mais elle a déploré le mutisme d'Al Gore sur un autre sujet qui tient plus à coeur aux hispaniques qu'aux noirs : l'immigration.Certains électeurs noirs et hispaniques sont favorables à la proposition des républicains de « bons scolaires », qui permettrait aux parents qui les désirent de transférer leurs enfants des écoles publiques vers des écoles privées.Cette proposition a été rejetée par Al Gore mais elle avait reçu au départ un accueil favorable de la part de son colistier, Joseph Lieberman.Lieberman a soigneusement évité le sujet durant la convention, tout comme il a dit qu'il fallait « réformer et non supprimer » les programmes d'aide aux minorités en matière d'emploi, d'éducation et de contrats publics.Un discours soigneusement pesé, nécessaire pour ne pas s'aliéner l'électorat noir, qui vote traditionnellement en très grande majorité pour les démocrates.« Je suis persuadé que nous avons nos différences mais ces différences peuvent être résolues par une bonne communication », a déclaré à propos de Lieberman au dernier jour de la convention démocrate Maxine Waters, une noire membre du Congrès.L'OEA achève sa mission en Haïti Les délégations à Tripoli commencent à plier bagages, la Libye s'impatiente MOHAMED HASNI et DEBORAH PASMANTIER Agene France-Presse, TRIPOLI Les délégations et familles des otages de Jolo, qui attendaient à Tripoli leur libération, commençaient à plier bagages hier après la volteface des ravisseurs, alors que la Libye lançait un ultimatum de 48 heures au gouvernement philippin avant de cesser sa médiation Le ministre libanais des Ressources hydrauliques, Soleiman Traboulsi, venu attendre à Tripoli l'otage franco-libanaise, a annoncé hier son intention de quitter la Libye aujourd'hui, après le nouveau report de la libération des 28 otages détenus à Jolo (Philippines) par le groupe islamiste Abu Sayyaf.« Nous avons l'intention de partir demain avec toute la délégation », a déclaré à la presse M.Traboulsi, arrivé le 15 août avec une délégation libanaise venue ramener Marie Moarbès, à bord d'un avion affrété par la Libye.« Il faudra du temps pour négocier de nouveau et dépasser les difficultés qui ont surgi », a-t-il estimé.La mère de l'otage, Sarouat Moarbès, venue à Tripoli avec la délégation, a déclaré qu'elle repartirait avec le ministre.Le ministre sud-africain des Eaux et Forêts Ronnie Kasrils, arrivé lui aussi le 15 août, quittera la Libye aujourd'hui mais sa délégation restera jusqu'à l'arrivée des otages, a indiqué hier un porte-parole de la diplomatie sud-africaine.« Vue la situation, le ministre quitte demain la Libye pour des visites dans des pays de la région (.).Dès qu'il y aura un signal de l'arrivée des otages à Tripoli, il sera en mesure de revenir immédiatement en Libye, a indiqué à la presse le porte-parole du département des Affaires étrangères, Dumisani Rasheleng.« Nous pensons que le problème est temporaire et espérons toujours une libération imminente », a-t-il indiqué.De son côté, le représentant du gouvernement allemand, Cornelius Sommer, arrivé le 16 août, a indiqué qu'il se déterminerait aujourd'hui.« Je dois décider, voir les nouvelles demain matin.Pour le moment, c'est la nuit aux Philippines », a-t-il dit à l'AFP.Le délégué finlandais, Pekka Hyvonen, a indiqué qu'il resterait pour le moment en Libye.« J'ai parlé avec Helsinki, je reste ici.Combien de temps, cela dépendra du résultat des négociations », a-til dit.Il a écarté l'idée d'un échec de Tripoli.« Je ne sais pas qui est responsable de l'échec, mais (.) une des choses est la peur que les kidnappeurs ont de représailles » de l'armée philippine, a-t-il relevé.L'organisation caritative libyenne impliquée dans les négociations avec le groupe Abu Sayyaf a donné hier un ultimatum de 48 heures au gouvernement philippin, à l'issue duquel elle menace de mettre fin à sa médiation.Dans un communiqué, la Fondation Kadhafi de bienfaisance, dirigée par l'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al- Islam, a indiqué qu'« au moment ou elle engageait une ultime tentative avec le gouvernement philippin, elle exigeait qu'une démarche positive et concrète soit entreprise (par les autorités de Manille) », sans en préciser la nature.Dans le cas contraire, l'organisation libyenne annonce qu'elle « se retirera et rappellera dans les 48 heures ses responsables présents aux Philippines depuis le début de la crise, son avion et l'équipe médicale déployés sur place depuis plus d'une semaine ».De son côté, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères Hassouna al-Chaouch, s'est montré optimiste.« Nous avons grand espoir que le problème sera résolu dans 48 heures », a-t-il déclaré à l'AFP.Le groupe Abu Sayyaf a fait volte- face en refusant de relâcher hier les otages comme prévu et en exigeant une renégociation d'un accord qui semblait pourtant solide.Le principal négociateur philippin, Roberto Aventajado, a indiqué que les rebelles craignaient une offensive de l'armée une fois tous les otages relâchés, et tenaient par conséquent à des libérations en plusieurs vagues.Manille, qui a promis de punir les rebelles, a exigé que tous les otages soient relâchés en même temps.PHOTO AP Le négociateur en chef du gouvernement philippin, Robert Aventajado, à droite, s'expliquant hier devant la presse à son retour de l'île Jolo, où le mouvement Abu Sayyaf détient 24 otages.Le retour de Pinochet Agence France-Presse SANTIAGO L'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet effectuera mercredi, si sa santé le permet, sa première apparition dans une cérémonie publique depuis la levée de son immunité parlementaire, ont annoncé ses partisans.L'ex-dictateur, âgé de 84 ans et qui fait l'objet de 158 plaintes au Chili pour des crimes commis sous son régime, prépare d'autre part une Lettre aux Chiliens pour se défendre des accusations portées contre lui, ont ajouté ses collaborateurs.L'EXPRESS INTERNATIONAL 7LP1101A0820 a11 actus dim 20 ao t 7LP1101A0820 ZALLCALL 67 02:18:04 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 A 11 Actualités Gela dans les bras de la Pieuvre Voici la deuxième tranche de l'enquête du Figaro sur les organisations criminelles en Italie.RICHARD HEUZÉ Le Figaro «Atypique, ce c o m m i s s a - riat ! » Le magistrat Giovanni Tinebra ne cache pas son étonnement.Un poste de police flambant neuf, cinq étages, 6000 mètres carrés de bureaux.Du jamais vu à Gela, une ville de 70 000 habitants sur la côte sicilienne, près d'Agrigente.Le commissariat se dresse au milieu d'un quartier nouveau, mais déjà dégradé : rues défoncées, toits disloqués, palissades de tôles.Il y a foule pour l'inaugurer : les autorités locales, le préfet, le président de la commission anti-mafia, l'évêque pour bénir l'édifice, un parterre d'industriels.« C«est le plus grand commissariat du sud de l'Italie.Presque une préfecture de police », s'exclame le ministre de l'Intérieur, Enzo Bianco, qui parle de « bataille sans précédent » remportée par l'État contre la mafia.Le taux de criminalité à Gela est l'un des plus élevés de l'île.Ancienne colonie grecque et deuxième pôle pétrochimique de Sicile après Syracuse, la ville est un paradis pour la pègre.Quelque 20 000 appartements y ont été construits sans permis.Le plan d'urbanisme est en panne depuis 18 ans.La ville ne compte qu«un seul hôtel et des quantités de rues sans nom.Le taux de chômage frôle les 45 % et pour faire régner l'ordre, la ville ne dispose que de 113 agents de police.Bien insuffisant quand on vit au rythme d'un attentat par nuit.Non loin du complexe pétrochimique, un hangar vient d'être dévasté par les flammes : c'est tout ce qui reste de la société Ekos.Deux ouvriers qui travaillent un peu plus loin disent ignorer ce que faisait la société Ekos.Ils ne savent pas davantage comment l'incendie s'est déclaré.En Sicile, l'« omertà », la loi du silence, est la règle.À Niscemi, une localité voisine, c'est un atelier de vernissage qui a été incendié.« Le climat n'est pas serein, reconnaît laconiquement le maire de Niscemi.Presque chaque nuit, une voiture ou un magasin sont détruits ».Racket et extorsion sont les deux mamelles de la « Pieuvre ».Les crimes diminuent en Sicile (684 en 1991, 140 l'an dernier), mais la contrebande et le trafic de drogue s'amplifient et la petite criminalité explose littéralement.Commerçants et petits industriels en font les frais.Et gare à ceux qui oublient de payer le « pizzo », la dîme mafieuse ! Gaetano Giordano tenait une parfumerie en plein centre-ville.Pour avoir refusé d'obtempérer, il a été abattu sur le pas de sa porte en novembre 1992.En huit ans, trois associations anti-racket ont tenté de se constituer.Elles ont dû renoncer, faute d'adhérents.« Les gens doivent comprendre que la sécurité est un bien commun », déclare le préfet Isabelle Giannola, qui parle de campagnes d'éducation, de réindustrialisation, de pactes de légalité.Sans se faire trop d'illusions : « Cela prendra une génération », concède- t-elle.Les chefs d'entreprise eux aussi sont sceptiques : « Le mieux serait de porter plainte dès la première intimidation, déclare Fabrizio Lisciandra, le président des petits industriels.Mais dans 95 % des cas, les gens préfèrent payer, la peur au ventre ».Pour Giuseppe Cagnizzaro, un autre chef d'entreprise, « être patron de PME ici, c'est comme être missionnaire ».Francesco Rosario Averna représente la Confindustria (le Medef italien) pour le Mezzogiorno.Ce grand industriel sicilien, dont la firme produit dix millions de bouteilles d'« amaro » (liqueur) par an, affirme n'avoir jamais subi d'intimidation : « Les mafieux ne s'en prennent qu«aux petits ».Pour lui, « l'État donne le mauvais exemple.Comment venir à bout d'une micro-criminalité en pleine expansion si l'État défend une conception obsolète de l'organisation du marché du travail et maintient l'une des pressions fiscales les plus fortes d'Europe ?Il n'y a pas mieux pour encourager l'économie au noir et l'illégalité ».Les grands clans de la « Pieuvre », ceux de la mafia et de sa rivale la stidda, puissante à Gela, ont été démantelés il y a dix ans.Reste une profusion de petites organisations criminelles qui prospèrent.Elles recrutent parmi les adolescents désoeuvrés qui traînent dans les rues.« Ce sont les yeux, les oreilles et les bras de la pègre, explique Caterina Chinnici, procureur au tribunal pour mineurs de Caltanissetta.Dès 11 ou 12 ans, un garçon est entraîné à faire de petits boulots pour son oncle ou son grand frère mafieux.».Caterina Chinnici connaît bien la mafia.Son père, qui dirigeait le bureau d'instruction de Palerme, a été assassiné en juillet 1983 dans l'explosion d'une voiture piégée.Difficile, dit-elle, de faire de la prévention avec ces mineurs : « Ils proviennent de milieux sociaux difficiles.À peine rentrés dans leurs familles, ils reprennent leurs habitudes de délinquants ».Rares sont ceux qui collaborent avec la justice.Caterina Chinnici cite le cas d'un enfant de onze ans qui a dénoncé son grand-père pour crime de sang.« Ce qui frappe le plus chez lui comme chez les autres, raconte-t-elle, c'est la dureté de leur regard.Ce sont des jeunes que l'on a contraints à grandir trop vite.» Don Rosario rêve d'un projet de société fondé sur l'amour RICHARD HEUZÉ Le Figaro Il faut avoir la foi de Don Rosario Morone pour affirmer que les mafieux sont eux aussi fils de l'Église.« Les emprisonner ne résout pas le problème », constate le jeune curé de Strongoli, l'un des bastions de la mafia calabraise N'Drangheta, réputée le plus dangereuse, la plus mystérieuse aussi de toutes les organisations criminelles italiennes.Face au cancer mafieux, Don Rosario rêve d'« un projet de société fondé sur l'amour ».Les 6000 habitants de Strongoli en sont loin : c'est à coups de kalatchnikov que se règlent les comptes dans ses ruelles étroites.Le curé évoque « les racines de nos lointains ancêtres venus de Grèce pour fonder les colonies les plus prospères de la Méditerranée ».Mais ce bourg accroché à sa colline, avec ses maisons délabrées, ne baigne pas dans l'âge d'or.On y respire la pauvreté et la méfiance.Aux terrasses des cafés, les hommes ont l'air d'avoir été désoeuvrés toute leur vie.Pourtant, les Giglio Levata, clan maître de Strongoli, contrôlent la zone industrielle de la plaine de Crotone, présentée à Rome comme un modèle du genre.Or, les Giglio Levata ne sont qu'un modeste tentacule de la N'Drangheta, qui gère le trafic de cocaïne à travers l'Europe, de connivence avec les cartels colombiens et la mafia albanaise, selon la police.Les enquêteurs ont découvert « une organisation complexe et très efficace, capable de déplacer d'importantes quantités de cocaïne et d'organiser des canaux de corruption aussi bien dans les pays de départ (Brésil, Colombie, Venezuela) que sur les lieux de réception en Europe.Pour le recyclage, cette organisation s'appuyait sur des banques suisses de Chiasso, Lugano et Mendrisio ».À Milan, sur 37 enquêtes de la direction anti-mafia, 24 concernent des clans calabrais : « Toutes les familles de la N'Drangheta, dominantes ou pas, sont présentes en Lombardie », relève le rapport.À l'étranger, elle est forte surtout dans en Allemagne et en Belgique où vivent des communautés calabraises.Elle est aussi implantée en Amérique du Nord et en Australie, sur les routes de la diaspora italienne.Cette« colonisation » vise un double but : assurer un flux rapide et sûr de stupéfiants et garantir les voies du recyclage, de préférence en direction du Luxembourg ou de la Suisse.Pour Giuseppe Lumia, président de la Commission anti-mafia du Parlement, cette famille « est la plus agressive à l'étranger ».Elle est d'autant plus dangereuse qu'elle a changé de tactique, « passant des attentats spectaculaires à une profonde clandestinité, cherchant à corrompre institutions et société civile ».Lumia souhaite que l'Europe « comprenne que les mafias ont globalisé leurs affaires et menacent nos démocraties et nos économies ».Il veut « un corps de magistrats européens libres d'enquêter dans tout le périmètre de l'Union, et le renforcement rapide d'Europol, la police européenne, pour enquêter sur les patrimoines mafieux, les sociétés offshore et les paradis fiscaux ».Le cerveau de cette « Internationale » reste en Calabre.Lors d'un « sommet » au coeur du parc national de l'Aspromonte, la chaîne montagneuse qui traverse la Calabre, tous les chefs de clan avaient accouru, venant même des quatre coins du monde.Ils ont versé une obole au village voisin en témoignage de reconnaissance.Le parrain de tous les parrains calabrais, qui se fait appeler Mamma Santissima (la très sainte mère) est sans doute un certain Giuseppe Morabito, dit Tiradritto (tire droit).Il a succédé à Piromalli, tombé après le démantèlement en 1994 d'un gigantesque trafic de drogue entre l'Amérique latine et le port de Gênes.Dans un livre à paraître en septembre, Enzo Ciconte, historien de la N'Drangheta et consultant de l'anti-mafia, raconte l'histoire du clan de Morabito.Il était en affaires avec un Bosniaque du Kosovo, Enver Abazi, qui avait un contrat pour livrer à Milan vingt kilos d'héroïne par mois, payable après coup.Un chargement ayant été saisi par la police, Abazi était venu en Calabre pour rencontrer le chef dans son village perdu d'Africo, au pied de l'Aspromonte.Le chef ordonna à son clan de payer et au Bosniaque de poursuivre ses livraisons, en même quantité et aux mêmes conditions.Ce dernier le remercia d'un lingot d'or.À Africo, on dit du chef qu'il est « plus riche que l'État », ce qui en dit long sur son influence.C'est une société dépendant de Morabito, La Vela, qui avait racheté de beaux locaux dans la principale galerie Vittorio Emanuele de Milan.avant de sombrer dans les dettes.Issue au XVIIIe siècle du brigandage sous le terme de piccioteria ou encore maffia, avec deux f, la N'Drangheta signifie « homme droit » en dialecte.Elle tire sa force de sa structure fortement familiale et de rites ancestraux encore en usage comme le serment du sang.Rares sont les repentis : quand Antonio Zaghani rapporte à la police un projet d'enlèvement d'un industriel du Nord, il sait qu'il envoie en prison son père Giacomo, qui en est le cerveau.En révélant une affaire de stupéfiants, Margherita di Giovane dénonce ses dix frères et soeurs, son père, sa mère, ses oncles et tantes.On comprend que les collaborateurs de justice soient peu nombreux.D'où aussi la relative tranquillité qui s'est instaurée en Calabre : de 140 meurtres en 1989, on est passé à 13 l'an dernier.Cette paix mafieuse indique que les clans ont trouvé de nouveaux équilibres, plus inquiétants.Pour l'historien Enzo Ciconte, « si l'on veut vraiment frapper la N'Drangheta, il faut l'appauvrir.Un mafieux pauvre perd toute influence.Pendant des décennies, elle a accumulé des richesses sans être inquiétée.Aucune enquête sérieuse n'a été faite sur son patrimoine.Mieux vaudrait la confiscation des biens que la réclusion perpétuelle ».En juillet, carabiniers et agents du fisc ont lancé en Calabre une offensive appelée « Magna Grecia », du nom des colonies grecques de l'Antiquité.«Une criminalité en col blanc» Entrevue avec Giovanni Tinebra, procureur en chef du parquet de Caltanissetta Le Figaro : Quel bilan faitesvous de votre action ?Giovanni Tinebra : En huit ans, nous avons remporté des succès indéniables.À lui seul, mon parquet a fait arrêter 2400 criminels et condamner 200 à la réclusion perpétuelle.Jamais la lutte anti-mafia n'avait connu une saison aussi riche.Les clans sont aujourd'hui fortement affaiblis.Cela se voit à l'âge des nouvelles recrues qui sont de plus en plus jeunes, et à leur faible épaisseur criminelle.Avant, il fallait suivre un long apprentissage pour devenir un « homme d'honneur » : commettre une série de délits et au moins un crime.Aujourd'hui ce rituel n'a plus cours.Cela ne veut pas dire pour autant que notre travail soit terminé.Bien au contraire ! Que devient la mafia ?Après le démantèlement de la Coupole (l'exécutif de la mafia) et l'arrestation des principaux parrains, la mafia a renoncé à sa stratégie terroriste.Elle cherche maintenant à se fondre dans le tissu social, à faire oublier sa présence pour atténuer la pression très forte de l'État.Elle change aussi d'activités, se modernise.On voit apparaître une criminalité sicilienne en col blanc qui se lance dans les affaires, le recyclage des gains illicites, les adjudications publiques, la nouvelle technologie.Cette nouvelle mafia noue des alliances avec d'autres pègres, celle d'Albanie et de Colombie.Plus que de mafia, il faut aujourd'hui parler de criminalité organisée.Y a-t-il encore des collusions avec certaines forces politiques ?Beaucoup moins qu'au début des années 1990.En entrant dans la clandestinité, les grandes familles y ont renoncé.La structure de la mafia n'est plus pyramidale comme avant.Elle a éclaté en une myriade de petits clans qui opèrent avec une large autonomie.Après les assassinats en 1992 des magistrats Giovanni Falcone et Giorgio Borsellino, les quatre parquets de Sicile ont travaillé ensemble.Cela a permis de démanteler l'organisation de Toto Riina.Seul Bernardo Provenzano est encore en liberté.Reste une culture mafieuse encore largement répandue.Avez-vous suffisamment de moyens pour en venir à bout ?C'est un travail de longue haleine.Certes, nous manquons encore de moyens, mais dans l'ensemble nous avons remporté de beaux succès.Reste bien sûr l'omertà.Pour la vaincre, il faudra du temps.Cela nécessite de sortir la Sicile et tout le sud de l'Italie du sous-développement et d'avoir foi dans son rôle de citoyen.\u2014 FIN \u2014 PHOTOTHÈQUE La Presse Les photos ci-dessus, prises entre 1982 et 1992, illustrent si besoin est la méthode préférée de ces bandits.Après le démantèlement de la Coupole (l'exécutif de la mafia) et l'arrestation des principaux parrains, la mafia a renoncé à sa stratégie terroriste.Elle cherche maintenant à se fondre dans le tissu social.Elle change aussi d'activités, se modernise.On voit apparaître une criminalité sicilienne en col blanc. 7LP1201A0820 a12 dimanche 7LP1201A0820 ZALLCALL 67 02:21:21 08/20/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 Actualités La croisade controversée d'une Saguenéenne ANDRÉ DUCHESNE JONQUIÈRE « J'ai voulu canaliser ma rage en rage vive », explique Anne-Claude Girard, mère d'une fille agressée sexuellement, lorsqu'on lui demande ce qui la motive depuis cinq ans à traquer les pédophiles dans tous les coins du Québec et même du Canada.Attablée dans la cuisine de son appartement de Jonquière, au Saguenay, cette femme de 37 ans, véritable boule d'énergie qui ne mesure pas cinq pieds, a de la difficulté à tenir en place.Elle répond au téléphone qui sonne régulièrement, tend l'oreille à l'émission de radio pour vérifier si on ne traiterait pas de sa cause et défile son histoire à une vitesse supersonique entre deux bouffées de cigarette.« Vous êtes chanceux parce que c'est quand même assez calme ce matin », assure-t-elle à La Presse venue la rencontrer.Anne-Claude Girard ne se gêne pas pour dénoncer publiquement les pédophiles, faisant fi des lois, des menaces et des poursuites qui lui pendent au bout du nez.Elle placarde leurs photos dans les villes où ils demeurent, inonde les postes de police et les médias de coups de téléphone et conseille les parents sur les façons d'éviter à leurs enfants de se trouver en présence d'éventuels prédateurs sexuels.En avril dernier, elle a ajouté une flèche à son carquois en créant un site Internet où elle dénonce des individus condamnés pour acte de pédophilie, allant jusqu'à publier leurs photos.Coiffé du titre « Protégeons nos enfants », le site est visité par des milliers de curieux et de parents inquiets.Certains utilisent d'ailleurs le courrier électronique pour faire des dénonciations.que l'hôte du site s'empresse de vérifier.Bénéficiant d'une large vitrine dans le grand public, la cause que défend Mme Girard avec acharnement est cependant loin de faire l'unanimité.« La chasse aux pédophiles tend à créer un climat de peur et d'hystérie qui, loin de combattre efficacement la pédophilie, risque de la rendre encore plus sournoise », écrivait récemment le journaliste Pierre Bourdon dans le journal Le Quotidien de Chicoutimi.La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affiche également son scepticisme.« Nous avons déjà émis un avis concernant l'affichage sur les pédophiles (en mai 1999) dans lequel nous estimons que ce n'est pas la solution.Selon nous, cette méthode pénalise les familles et tous ceux qui sont concernés.Les gens libérés paient à nouveau pour leur faute », fait observer la porte-parole de la Commission, Ginette L'Heureux.Dans son avis, la Commission dit s'interroger sur l'efficacité de telles démarches qui « suscitent diverses questions en matière de droit ».Elle cite une étude américaine concluant à « l'absence d'effets dissuasifs de cette divulgation sur les agresseurs » et conclut que l'affichage de pédophiles connus risque de « générer un sentiment de sécurité qui serait trompeur », car il laisse dans l'ombre tous les cas d'agressions non révélées.Mme Girard rejette ces arguments du revers de la main.« Ce que je fais, c'est de l'éducation sociale et de la prévention, assure-telle.Je compte même des amis pédophiles qui m'encouragent à poursuivre.D'autres viennent me voir pour se confesser avant d'aller se livrer aux policiers.» Voleur de pureté Il y a cinq ans, Anne-Claude Girard a sombré dans un profond cauchemar lorsque sa fille lui a révélé par une simple réflexion qu'un homme demeurant dans le logement voisin du sien abusait d'elle.Un jour où Mme Girard disait à sa fille de se tenir loin de l'individu en question en raison de son comportement louche, cette dernière a laissé tomber : « C'est vrai qu'il est bizarre.Il faut lui donner un bec pour avoir une piastre.» « Les premières semaines, on sent l'enfer, raconte-t-elle, la voix soudain adoucie.Le temps de s'adapter à la situation, c'est le néant total.Puis, on sent l'échec, la culpabilité, la peine, la colère.Tu te sens agressée parce que la victime est la chair de ta chair.» Qu'est-ce qu'un pédophile pour Mme Girard ?« C'est un voleur de pureté, de dignité et d'innocence.Un individu qui fait des gestes qui font des dommages énormes.»Mme Girard dit recevoir d'importants appuis dans la communauté, de la part de journalistes, de policiers, de gens d'affaires et de gens provenant du milieu judiciaire.Mais plusieurs, contactés par La Presse, ajoutent des bémols à cette association, quand ils ne remettent pas en question certaines allégations.Un exemple : les récentes révélations de citoyens selon lesquelles un pédophile rôdait dans une piscine de Saint-Félicien auraient permis aux policiers de l'endroit de le chasser des lieux.Vérification faite, un enquêteur de ce service de police affirme n'avoir retrouvé aucun dossier concernant cette affaire.« Elle a vécu un grand drame dans sa vie.J'ai de l'empathie pour elle, mais j'ai toujours peur qu'elle se mette dans le trouble ou que ses gestes poussent un pédophile à aller s'installer ailleurs, là où il passerait incognito », soupire Myriam Segal, animatrice d'une émission d'affaires publiques à la station de radio CKRS de Chicoutimi où la croisade de Mme Girard fait souvent l'objet de débats.« Beaucoup de gens ont de l'admiration pour son culot.Ils se disent qu'elle réalise ce qu'ils n'oseraient pas faire », ajoute cependant l'animatrice.Les initiatives de Mme Girard pourraient la placer un jour dans une position délicate face à la justice.Elle-même affirme que des poursuites totalisant 1,6 million pèsent sur elle et qu'elle a déjà fait l'objet de menaces.Mais la dame persiste et signe.« La seule chose qui va m'arrêter, c'est la mort.Je n'ai pas peur de mourir.S'il faut que je donne ma vie pour des victimes de pédophiles, je le ferai.» PHOTO AP © Le pape Jean-Paul II a été acclamé par la foule durant son intervention.PHOTO La Presse © Anne-Claude Girard a créé un site Internet, en avril dernier, où elle dénonce des individus condamnés pour acte de pédophilie, allant jusqu'à publier leurs photos.Deux millions de jeunes ont veillé avec le pape Associated Press ROME C'était l'un des grands moments qu'ils attendaient depuis le début des XVe Journées mondiales de la jeunesse à Rome.Dans une chaleur torride, plus de deux millions de jeunes catholiques, selon le maire de la capitale italienne, se sont rassemblés hier aux portes de la Ville éternelle pour la grande veillée avec le pape Jean-Paul II, qui sera suivie ce matin par une messe, ultime temps fort du rassemblement.Ferveur, recueillement et même euphorie ont marqué cette soirée ponctuée par une longue intervention du souverain pontife.Venus à pied pour la plupart, adolescents et jeunes adultes de quelque 160 pays s'étaient retrouvés dans la journée sur le campus de Tor Vergata, au sud-est de Rome, où Jean-Paul II, âgé de 80 ans, est arrivé en hélicoptère en début de soirée, alors que le soleil descendait derrière les collines et que la température caniculaire, qui avait atteint 38 degrés quelques heures plus tôt, commençait à baisser.Dans un large sourire, le souverain pontife a salué des jeunes qui l'attendaient au pied de sa papamobile pour l'accompagner vers l'immense scène installée sur le campus.Accompagné de cinq jeunes représentant cinq continents, le souverain pontife a ensuite franchi une imposante porte symbolisant le jubilé, pour cette grande veillée, ponctuée de chants et de témoignages de jeunes.Au cours de son intervention, le pape a reconnu les difficultés à suivre les enseignements de l'Église, notamment opposée aux relations sexuelles avant le mariage.« C'est dur, mais avec l'aide de la grâce, cela peut être accompli », a déclaré Jean-Paul II, fréquemment interrompu par des applaudissements, des chants ou des cris comme « Longue vie au pape ».« C'est difficile de croire en ce troisième millénaire ?» a demandé le pape à la foule.« Oui, c'est difficile ».Au cours de la veillée, une jeune fille a réussi à franchir les cordons de sécurité pour venir étreindre le pape et lui témoigner son amour, l'adolescente posant sa tête contre le souverain pontife pendant quelques secondes.Jean-Paul II a conclu son intervention en présentant ses excuses aux pèlerins qui se trouvaient éloignés de l'estrade, tout en ajoutant modestement qu'ils avaient au moins entendu le « chaos » de ses prières.« Ce soir, ils nous entendent à Rome », a-t-il dit, plein de vie.« Et ils n'oublieront jamais ».Il a quitté Tor Vergata peu avant minuit, mais la plupart des jeunes envisageaient de dormir sur place pour attendre son retour ce matin à l'occasion de la messe finale.Le maire de Rome, Francesco Rutelli, a fait état de la présence de plus de deux millions de personnes sur les lieux.Ce nombre, basé sur les estimations fournies par la police, est pratiquement deux fois supérieur à celui communiqué par le Vatican au début des manifestations des JMJ à Rome le 15 août.En début de soirée, l'armada des centaines de médecins et secouristes mobilisés pour l'événement coincidant avec le week-end le plus chaud de l'année avait soigné plusieurs centaines de pèlerins sur le campus, alors que des tentes avaient été déployées pour donner un peu d'ombre aux jeunes pris de coups de chaud.Plusieurs pèlerins ont dû être hospitalisés, la plupart pour des problèmes cardiaques mineurs.Vers un projet de loi fédéral ?ANDRÉ DUCHESNE Un des rêves les plus chers d'Anne-Claude Girard est de faire adopter un projet de loi par le gouvernement fédéral afin de rendre les peines plus sévères pour les personnes reconnues coupables de crimes sexuels commis à l'endroit des enfants.En cela, elle a l'appui indéfectible de la députée bloquiste de Jonquière, Jocelyne Bujold.« J'ai suivi son combat de près », assure Mme Bujold, qui a déjà déposé une pétition signée par plus de 50 000 personnes à la Chambre des communes, réclamant des sanctions plus sévères à l'endroit des pédophiles.Cet automne, la députée espère avoir l'occasion de présenter un projet de loi que les membres de son bureau et elle concoctent en ce sens depuis des mois.« On souhaite faire hausser le temps des peines, reconnaît- elle.Présentement, la plupart des sentences imposées pour les actes de pédophilie sont de deux ans moins un jour (sous juridiction provinciale).Ce n'est pas suffisant pour l'offense.Nous souhaiterions aussi qu'elles soient assorties d'une obligation pour le condamné de suivre une thérapie, ce que ne nous permet pas la Charte des droits et libertés actuellement.» Mme Bujold est plus prudente lorsqu'on aborde le sujet du site Internet mis sur pied par Mme Girard, qui contient les photos de pédophiles québécois.Si elle cautionne l'initiative, c'est du bout des lèvres.« Je n'embarque pas là-dedans.C'est son domaine à elle.Mais cela représente un moyen additionnel de dénoncer les pédophiles.» Chose certaine, selon la députée du Bloc, Anne- Claude Girard a « brassé la cage » de pas mal de monde dans le dossier de la pédophilie au Québec.Le calme après la tempête à Burnt Church Presse Canadienne BURNT CHURCH, N.-B.Le ministère fédéral des Pêches et Océans a accepté vendredi soir d'étudier la possibilité de confier aux autochtones de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, la supervision des pêcheries dans la baie de Miramichi.Rassurés, les leaders micmacs ont aussitôt ordonné la levée des barricades érigées il y a plusieurs jours sur une autoroute passant à proximité de leur réserve.La bande amérindienne et le ministère mettent également la touche finale à un projet en vertu duquel des agents autochtones et fédéraux prendraient part à des patrouilles communes dans la baie de Miramichi, dans le nordouest du Nouveau-Brunswick.D'autres rencontres doivent avoir lieu, ces prochains jours.Et bien que l'issue des discussions demeure incertaine, les deux parties semblent satisfaites de la bonne volonté affichée par chacune d'entre elles.Hier, l'ambiance au sein de la petite réserve abritant quelque 1300 personnes, sise dans la baie de Miramichi, était à la bonne humeur.Cela contrastait avec la colère et la confusion qui régnaient cette dernière semaine, alors que les leaders autochtones et le fédéral se trouvaient dans l'impasse quant au contrôle de la pêche au homard.Plus de 1000 casiers ont été saisis ou carrément détruits par les agents des pêcheries depuis que les pêcheurs de Burnt Church ont commencé à jeter de ces casiers à l'eau, plus tôt ce mois-ci, à l'encontre de la législation fédérale.Les saisies ont provoqué la colère des autochtones, et de dangereux affrontements ont éclaté en mer.Quatre personnes ont été arrêtées.Elles ont été inculpées d'entrave au travail des agents.Des dérapages populaires en Europe ANDRÉ DUCHESNE Unique au Québec, la campagne menée par Anne-Claude Girard n'en demeure pas moins marginale lorsqu'on la compare à la chasse aux pédophiles lancée par l'hebdomadaire grand public News of the World le mois dernier en Europe.En juillet, le tabloïd anglais a commencé à publier les noms de centaines de pédophiles, supposés ou réels, dans ses pages, entraînant une vague de dérapages populaires incluant des manifestations, des actes de violence, des émeutes et forçant les personnes dénoncées à l'anonymat ou à la fuite.Ainsi, le 10 août, les organisateurs de manifestations anti-pédophiles à Portsmouth, dans le sud de l'Angleterre, ont mis fin à une longue semaine d'agitations dont le but ultime et avoué était de forcer une vingtaine de personnes soupçonnées de pédophilie à déménager.Environ 200 personnes ont pris part à ces manifestations.Dans la foulée de la campagne du News of the World, le journal luxembourgeois L'Investigateur avait annoncé, début août, son intention de publier également une liste contenant les noms de personnes mentionnées dans le dossier d'enquête sur l'affaire Dutroux, ce pédophile et assassin présumé qui est présentement emprisonné en Belgique.Les autorités belges n'ont pas mis de temps à réagir et ont réussi à obtenir une ordonnance du tribunal interdisant au journal de concrétiser ses intentions.Dans une décision unanimement saluée par les journaux du pays, le tribunal de Namur a estimé que cette controversée initiative constituait une atteinte aux droits de l'homme et à la présomption d'innocence.La publication de ces noms se traduirait par « une menace grave pour les personnes citées qui seraient innocentes, pour les condamnés susceptibles d'amendement et de reclassement et pour les victimes et victimes potentielles de pédophiles réfugiés dans la clandestinité et l'anonymat », indiquait- on dans cette décision.L'interdiction touche non seulement les médias écrits, mais aussi tous les autres médias et le réseau Internet.De plus, selon une dépêche de l'Agence France-Presse, une perquisition policière a été menée chez l'éditeur du journal et le journaliste indépendant qui s'apprêtait à dénoncer publiquement les présumés pédophiles connaît actuellement des démêlés avec la justice. 7LP1301A0820 a15-dimanche 7LP1301A0820 ZALLCALL 67 02:16:03 08/20/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 A 13 À votre tour Existe-t-il un 911 de la démocratie?Une invention ratée JEAN HUOT L'autre jour, un homme s'est fait frapper par une auto sur l'avenue du Parc.Quand j'ai vu la scène \u2014 ce devait être trois ou quatre minutes après l'impact \u2014 l'homme gisait dans son sang, le crâne fracassé.Le spectacle m'a donné envie de vomir.Aussi de pleurer un peu.J'avais l'impression de voir une scène de guerre civile.Tiens, le genre d'image qui nous arrive du Sierra Leone.Un jeune homme dans la fleur de l'âge.Une minute débordant de vie.La minute suivante, gisant par terre avec son cerveau éparpillé dans la rue.L'absurdité d'une vie gâchée sans raison intelligible.L'horreur.Il y a peu de chance que l'accident fasse la une des journaux, même si la victime meurt.Notre société en est venue à considérer comme normal un certain niveau de morts de la route chaque année.Bon an, mal an, des milliers de vies humaines sont sacrifiées pour que les banlieusards puissent continuer de traverser la ville avec leur véhicule d'assaut.Pendant ce temps, au lieu de se dire que l'automobile est une invention ratée, une machine qui ne peut pas réellement cohabiter avec l'humain, nos dirigeants se lancent dans des extensions d'autoroutes qui ne pourront qu'accélérer l'étalement urbain et, conséquemment, le nombre d'autos sur les routes.Face à tant d'irresponsabilité, les citoyens des quartiers de Montréal, ceux dont le milieu de vie est perçu comme un tuyau d'écoulement de la circulation, doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour tenter d'apaiser la circulation en ville.Ça pourrait commencer, par exemple, par une limite de vitesse de 30 km/h partout en ville.PIERRE LAUZON L'auteur est citoyen d'Oka.Décidément, la démocratie a des problèmes de santé par les temps qui courent au Québec! Le 16 avril dernier, à Oka, s'est tenu dans la plus stricte légalité un référendum, non seulement organisé par le conseil municipal, mais également prévu par décret gouvernemental, à la suite d'une demande de la compagnie Niocan pour exploiter un gisement minier en zone agricole.C'est à plus de soixante pour cent (60%) que la population de l'ex-paroisse d'Oka a rejeté ce projet à saveur économique.Dès lors, nous étions en droit de nous attendre à ce que le projet de Niocan soit définitivement relégué aux oubliettes.Il n'en est rien.Il faut dire que, malgré les invitations préréférendaires pour savoir si cette compagnie minière respecterait le verdict de la population, Niocan ne s'est jamais engagée à se plier aux résultats du référendum.Premier accroc majeur à toute notion même de démocratie! L'entreprise privée est là pour notre bien (dans tous les sens du terme), que nous le voulions ou non.Compte tenu que le conseil municipal d'Oka et la MRC de Deux-Montagnes ont décidé de respecter entièrement le choix du peuple okois, nous aurions cru, encore une fois naïvement, que ce dossier était clos et qu'à Oka, nous pouvions travailler dorénavant sur des projets qui rassemblent au lieu de diviser et d'hypothéquer l'avenir d'une municipalité agrotouristique qui a déjà eu plus que son lot de problèmes.Comme nous pouvons être de grands naïfs! Même s'il est très bien informé de la volonté exprimée par la population okoise au sujet de ce projet minier, le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, a émis le 26 juillet dernier, en pleine période des vacances estivales, un bail minier à la compagnie Niocan pour qu'elle puisse exploiter le gisement du rang Sainte- Sophie, à Oka.Il faut donc en conclure que ces investisseurs miniers ont leurs entrées au sein du gouvernement québécois, soutenus par leur puissante firme d'ingénieurs et d'avocats, le tout financé en bonne partie par l'argent des contribuables, entrées pourtant inexistantes pour les citoyens d'Oka.La réponse gouvernementale est que ce bail minier n'est qu'une simple formalité (au même titre qu'une demande de permis de conduire!), ce qui ne veut pas dire pour autant que Niocan soit autorisée automatiquement à commencer son exploitation minière, puisqu'elle doit obtenir au préalable des autorisations du ministère de l'Environnement et de la Commission de protection du territoire agricole.Rassurant?Pas tellement.Il y en a tellement qui ont l'art de vouloir toujours endormir la population.Car ces autorisations sont-elles, elles aussi, que de simples formalités?La dernière cerise sur ce sundae minier est que ce même ministre, Jacques Brassard, a demandé par écrit, le 5 juillet dernier, au conseil municipal d'Oka leur accord pour vendre à Niocan l'ancien site de la St.Lawrence Columbium afin que cette compagnie puisse exploiter son gisement minier à partir de ce site situé à proximité.Il se dit tout disposé à intervenir auprès du Conseil du Trésor pour faciliter la transaction.Et la population okoise dans tout cela?Et les résultats du référendum d'avril dernier?Évidemment, le 7 août dernier, le conseil municipal a rejeté à l'unanimité cette demande du ministre et de la compagnie Niocan.Enfin rassuré?Pas du tout! Car il est fortement question que le gouvernement puisse procéder par expropriation, s'il n'a pas l'aval de la municipalité, et donner ainsi le feu vert définitif à ce projet minier à l'encontre de la volonté de la population et de son conseil municipal.Le plus aberrant dans tout ce dossier, c'est que même la députée péquiste de Deux-Montagnes, Hélène Robert, est plutôt tenue dans l'ignorance des différents aspects de ce projet, qu'elle doive se battre pour obtenir ces informations auprès de sous-ministres ou de ministres péquistes, et qu'elle soit, en définitive, impuissante à faire prévaloir les droits humains sur les droits miniers.On est surpris, par la suite, de constater que la population en général a de moins en moins confiance dans ses institutions démocratiques.On dirait qu'il y en a, au sein même de ce gouvernement qui se prétend social-démocrate, qui travaillent véritablement à miner les bases de la démocratie et à cultiver la démission de la population envers ses différents instruments démocratiques.Ce n'est pas en se cachant en arrière de lois ou de règlements, votés et modifiés par ces élus, que l'on réussira à rassurer la population d'Oka ou d'ailleurs.Y a-t-il un médecin dans notre pays qui pourrait examiner et soigner notre démocratie ?Y a-t-il un 911 pour la santé de notre démocratie?À titre d'auteur de la lettre primée de la semaine, M.Lauzon recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse.LETTRE DE LA SEMAINE PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse Pierre Lauzon Des criminels surprotégés LOUIS LAMARCHE L'auteur est de Montréal.Comme il en a été éminemment question lors du 10e Symposium de victimologie, tenu récemment à Montréal, les criminels sont surprotégés (et c'est particulièrement le cas au Québec), tandis que les victimes sont trop souvent laissées pour compte.Notre système judiciaire a des failles importantes et notre système carcéral encore davantage.Je ne peux donc que me réjouir que ce symposium ait eu lieu et qu'il ait mis en lumière certaines de ces lacunes.Les victimes passées doivent composer avec leurs douleurs, qu'on souhaite tous amoindrir le plus possible, mais nous devons surtout faire en sorte que des mesures préventives soient mises en place pour qu'à l'avenir, les victimes soient moins nombreuses.Pour cela, il faut que les criminels sachent que s'ils vont en prison, leur séjour ne sera pas une récréation ; les autorités carcérales, et en premier lieu nos élus, doivent en prendre conscience et imposer aux criminels des mesures très coercitives, comme partout en Amérique du Nord.C'est le meilleur antidote à la criminalité, et cela n'exclut pas les mesures de réinsertion sociale, qui sont déjà en vigueur.Comme le soulignait un lecteur dans une lettre à La Presse, le 8 août dernier, il est grand temps que les détenus se mettent au travail.Il faut absolument qu'on leur enlève télévision, ordinateurs, salles de culturisme et autres gâteries.Les criminels sont là pour purger des peines, non pour se payer du bon temps.Il serait si facile de leur faire ramasser des ordures dans les villes, de les faire oeuvrer à la réfection des routes, de leur demander d'effacer des graffitis, etc.En outre, comme cela se fait également ailleurs en Amérique du Nord, notamment en Ontario, les criminels devraient être obligés de parader dans les grandes villes avec des affiches déshonorantes sur lesquelles on pourrait lire les délits qu'ils ont commis.Cela est un moyen de dissuasion très efficace, tant pour les détenus eux-mêmes que pour les passants qui pourraient avoir des idées malveillantes.Finalement, j'espère que l'on réalisera des études pour comparer le taux de récidive des criminels québécois au taux de récidive des criminels des autres provinces.Je crois que ceux qui pensent que notre système carcéral est parfait simplement parce que le taux de criminalité est faible vont déchanter.Les autorités carcérales doivent imposer aux criminels des mesures très coercitives.Le siège social d'Hydro-Québec, boulevard René-Lévesque, à Montréal.L'arrogance d'Hydro D.BÉLANGER L'auteure est une ex-propriétaire de petits immeubles dans le région de Montréal.Chère Madame Forget, Dans La Presse du 6 août dernier, j'ai lu avec intérêt la lettre que vous avez adressée au service des plaintes d'Hydro Québec.Les injustices que doivent maintenant subir les propriétaires d'immeubles locatifs résidentiels m'ont incité à me départir de mes immeubles, et ce1a, presque à n'importe quelle condition.Je pourrais prendre des heures et des heures et remplir des pages et des pages de ce journal et je ne réussirais pas à vous énumérer toutes les injustices que j'ai dû subir au cours des dernières années ; mais comme vous parlez d'Hydro-Québec, écoutez bien la suite.Un groupe d'amis et moi-même avions une petite compagnie de rénovation qui achetait, rénovait des petites propriétés et les revendait par la suite.En janvier 1994, nous avons, faute de le vendre, loué un duplex que nous avions rénové à deux jeunes couples qui l'ont occupé quelques temps pour l'acheter par la suite.En mars 1997, à ma résidence, je reçois une facture de 782 $, adressée à notre compagnie mais aussi à mon nom personnel.Je téléphone chez Hydro-Québec et leur demande des explications.Une dame me répond que cela représentait la consommation d'électricité pour la période de janvier 1994 à juillet 1994, pour l'immeuble loué et vendu en 1994.Je lui explique alors que non seulement je n'étais pas responsable de la consommation de mes deux locataires, mais que de plus, durant la période facturée, j'ai même vendu la propriété aux dits locataires.De plus, la compagnie qui en avait déjà été propriétaire et dont j'étais une des actionnaires n'avait aucun lien avec ma résidence personnelle.Pour Hydro-Québec, j'étais la seule actionnaire connue de la compagnie.Cela a pris des heures, 829 $ comptant, plus un dépôt de 200 $ pour, d'après eux, garantir le paiement de ma consommation personnelle.Il va sans dire que dans le passé, je n'ai jamais eu de problèmes de paiement avec mes comptes d'électricité.L'arrogance du personnage qui est venu effectuer le rebranchement était à vous faire vomir.Chère Madame Forget, je vous recommande la prudence avec les gens d'Hydro-Québec, car comme vous le disiez dans votre article, ils ont tous les pouvoirs, même ceux de faire payer un compte par ceux qui ne le doivent pas.Laissez Anna tranquille! SERGE LESSARD L'auteur est de Montréal.Vous vous appellez Anna Kournikova.Vous avez sept ou huit ans, vous êtes fascinée par un sport : le tennis.Vous avez une idole : probablement Martina Navratilova.Vous vous initiez donc à la raquette avec passion.Au fil des ans, vous et votre entourage découvrez que vous êtes douée ; alors vous tentez d'exploiter ce talent au maximum.Vous vous consacrez à votre sport avec courage, détermination et énormément de discipline sans jamais perdre de vue votre objectif.Puis, fidèle à la poursuite de votre rêve et moyennant d'innombrables sacrifices, vous vous hissez, quelques années plus tard, parmi les meilleurs.« Worldwide ».Un jour, vous atterrissez à Montréal pour un tournoi majeur.Vous êtes quinzième au monde ! Mais tout ce dont les médias vous parlent en conférence de presse, c'est de votre cul.Vous vous demandez alors pourquoi personne ne vous pose de questions sur ce que vous faites de êêmieux et ce pourquoi vous êtes là : jouer au tennis.Vous vous sentez mal à l'aise, vous trouvez vos interlocuteurs impertinants, méchants et stupides.Alors vous vous levez, poussée à bout par cette situation ridicule, et vous partez.En plein milieu de la conférence de presse.Voilà pour l'histoire.Des belles filles comme ça, il y en a partout.Et moi aussi, je la trouve fatigante.Mais sachez donc, chers dirigeants et journalistes, que ce n'est pas son apparence qui l'a menée là où elle est.Mais bien son intelligence, sa détermination et son talent.Une ou deux croustillantes questions teintées d'humour et insérées dans le cadre d'un entretien au menu normalement constitué de questions pertinentes auraient pu être acceptables.Après tout, ne contribue- t-elle pas elle-même à projeter cette image ?Or, elle a eu droit à un barrage de questions aussi idiotes qu'indiscrètes.Bien entendu, tous les moyens sont bons pour faire grimper les cotes d'écoute ou vendre des journaux.Quitte à s'abaisser.Quitte à se couvrir de ridicule jusque sur la scène mondiale.Quitte à déranger profondément une athlète dans sa concentration.Quitte à blesser.Voilà pour la morale.Tous les moyens sont bons pour faire grimper les cotes d'écoute.PHOTOTHÈQUE, La Presse Anna Kournikova 7LP1401A0820 A14 dimanche - perso.7LP1401A0820 ZALLCALL 67 02:21:30 08/20/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 AOÛT 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 20 AOÛT 2000 Alexandre Despatie JEAN-PAUL SOULIÉ Alexandre Despatie, le petit prodige de 13 ans qui a remporté la médaille d'or de plongeon à la tour de dix mètres aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur en 1998, est de retour.Deux ans plus vieux, six pouces plus grand, le jeune athlète n'a plus la silhouette, gracile, du garçon au seuil de l'adolescence que le Québec fêtait il y a deux ans à son arrivée de Malaysie.Le muscle affirmé a pris du volume, même s'il reste délié.À 15 ans, l'athlète est devenu un jeune homme.Le regard, lui, n'a pas changé : calme et direct, toujours confiant.Depuis trois ans, Alexandre a travaillé avec le même entraîneur, Michel Larouche.Depuis le début de l'année 2000, il a participé aux premières compétitions de la Coupe du monde.« Ça n'avait pas très bien marché, constate Alexandre, j'ai été un peu déçu par ma 15e place.» Une déception qui l'a sans doute fouetté.Aux compétitions suivantes, en Russie et en Angleterre, il se classe chaque fois sixième.« Ça, c'était bon ! » Ça allait devenir encore meilleur à Montréal, où il décroche une cinquième place, pour ensuite remporter, en première place, sa qualification pour les Jeux olympiques de Sydney, au mois de septembre.À 15 ans, Alexandre va participer à ses premiers Jeux olympiques.Pour bien montrer qu'il n'entend pas se contenter de participer, selon la formule consacrée, il vient de réaliser deux grandes performances : à Thunder Bay, le 22 juillet, il a obtenu 685,59 points, battant son ancienne marque de 683,04 établie lors des championnats nationaux de 1999.Il a obtenu ce jour-là trois notes parfaites de 10 : deux pour son deuxième plongeon, un 3 et demi en position groupée, et une autre pour son 3 et demi avant.La semaine dernière, Alexandre confirmait ses ambitions olympiques en décrochant une quatrième place dans une compétition avec l'élite mondiale de sa discipline à Messine en Sicile.La Presse souligne les excellents résultats du très jeune athlète qui parachève par un travail sans relâche sa préparation pour les Jeux olympiques du mois prochain et nomme pour la seconde fois Alexandre Despatie Personnalité de la semaine.Avoir été le meilleur plongeur aux Jeux du Commonwealth de 1998 n'a pas changé grand-chose dans la vie d'Alexandre.« Après ?L'entraînement a continué », dit-il très simplement.L'école aussi, en classe sportétudes à Antoine-de-Saint-Éxupéry, où il entre en quatrième secondaire en septembre.« Le public s'attend à quelque chose de moi, mais je ne ressens pas de pression.En compétition, l'âge n'a pas d'importance, ni le fait d'être un nouveau ou un champion reconnu.» Et les juges ?« Il y en a qui aiment, d'autres qui n'aiment pas, mais c'est ce qui arrive dans les sports où il y a des juges.Il faut faire face parfois à une certaine forme de favoritisme.» Comme sa place dans le sport, celle qu'il occupe à l'école est bien définie.« Je ne suis pas différent des autres, sinon que mon parascolaire à moi est un peu chargé.Je ne peux pas faire d'autre sport que le plongeon.» « L'entraînement, il ne faut jamais prendre ça à la légère, affirme le jeune garçon, extrêmement sérieux.C'est 25 heures par semaine, dont de 10 à 12 heures de musculation, surtout au début de la saison.» Pas différent des autres, c'est bien certain.Alexandre a toujours le même groupe d'amis.Toujours fidèles, et très attentionnés.Pas question que leur copain champion se blesse stupidement.Alors ils ont démonté son skateboard et chacun en a gardé une pièce.Alexandre ne fait plus de ski avec sa soeur, lui qui aimait tant ça.Pourtant il a souffert d'une douleur au dos qui l'a empêché, l'an dernier, de saute du 10 mètres.« Je commençais à aimer le 3 mètres.Plus tu vieillis, plus c'est dur, l'impact de la tour de 10 mètres.Il n'y a pas beaucoup de vieux plongeurs \u2014 de 25 ou 28 ans \u2014 au 10 mètres.Ils sont tous au 3 mètres.» Les plans de carrière, un athlète de 15 ans en fait, comme tout le monde.« Je vais faire les Jeux de Sydney, et puis ceux d'Athènes.Mais après.» Dans l'immédiat, il y a aussi les études.Alexandre étudie l'anglais, et il aimerait ajouter l'espagnol.Un point semble pourtant acquis, celui de sa taille.À cinq pieds six, il dépasse déjà son père d'un centimètre.« C'est difficile de grandir, pour un plongeur.Tout devient plus lent.Mais là, ça s'est stabilisé.Et dans ma famille, personne n'est très grand.J'espère que c'est fini.» En septembre, Alexandre va partir en Australie avec sa famille, le père administrateur, et ancien marathonien, sa maman professeur de golf et chauffeur, sa soeur cégépienne et skieuse.Sa grand-mère suivra ses exploits à la télévision : « Elle est beaucoup trop nerveuse pour venir sur place ! » Et tout de suite après Sydney, Alexandre va prendre un mois de repos bien mérité en allant à l'école, comme tout le monde.« C'est difficile de grandir, pour un plongeur.Tout devient plus lent.Mais là, ça s'est stabilisé.J'espère que c'est fini.» PHOTO PATRICK SANFAÇON, La Presse À 15 ans, Alexandre va participer à ses premiers Jeux olympiques.Pour bien montrer qu'il n'entend pas se contenter de participer, selon la formule consacrée, il vient de réaliser deux grandes performances.B0P01PROMO Not Found Not Ready Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO Not Found B0P01PROMO80 10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Ready 287207980 10X060 00 PERSONNALITEE SEMAIN LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
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