La presse, 25 août 2000, Cahier A
[" 5LP0102A0825 Page A1/25aout 5LP0101A0825 ZALLCALL 67 01:00:43 08/25/00 B 1 3 4 6 R MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 P 116e ANNÉE, NO 302, 54 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ «La sécurité du public est en danger» Ménard somme les policiers de la SQ de mettre fin à leurs moyens de pression Le Nintendo nouveau Des pirates s'attaquent à Sympatico en Abitibi Des numéros de cartes de crédit auraient été dérobés CAMILLE BEAULIEU et MARIE-ANDRÉE AMIOT Lino Sympatico, un important serveur Internet propriété de Télébec, en Abitibi- Témiscamingue, a été victime hier de pirates à la recherche d'informations telles que les numéros de cartes de crédit appartenant à ses clients.Le fournisseur d'accès Lino a communiqué d'urgence hier soir avec sa clientèle pour leur suggérer fortement, par précaution, de signaler à leur institution bancaire le vol de leur carte de crédit, a confirmé hier un employé de Lino.Par la même occasion, les employés de Lino enregistraient de nouveaux mots de passe pour les abonnés.Dans le cas de Sympatico, les clients seront avisés de modifier eux-mêmes leur mot de passe, sans doute dans les prochaines heures.Les pirates ont percé des mots de passe à la fois chez Lino et chez Sympatico.Autrefois deux entreprises distinctes, Lino et Sympatico ont partiellement fusionné depuis leur achat par Télébec.Selon les informations de Lino, la région de Montréal n'aurait pas été touchée même si le service haute vitesse de Sympatico a connu des ratés en fin de soirée.En Abitibi-Témiscamingue, les clients de Lino Sympatico ont été touchés de façon certaine par le vol.Les autres régions desservies par Télébec (notamment l'Outaouais, les Hautes-Laurentides, la Mauricie, l'Estrie et les Îles-de-la-Madeleine), pourraient également avoir fait les frais de la même mésaventure.Dans les régions affectées, les services Internet ont été suspendus Voir DES PIRATES en A2 KATIA GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC La grève des contraventions des policiers de la Sûreté du Québec a causé une augmentation des morts et des blessés sur les routes du Québec cet été, affirme le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, qui somme l'Association des policiers provinciaux de cesser ses moyens de pression d'ici la fête du Travail.Statistiques de la Société d'assurance automobile en main, le ministre Ménard a convoqué un point de presse surprise, hier, pour dévoiler des chiffres du mois de juillet qui montrent une hausse significative du nombre de morts et de blessés sur les routes du Québec.Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, les collisions mortelles ont en effet augmenté de 6,4 % en juillet, les accidents avec blessés de plus de 10 %.Pourquoi ?Parce que les automobilistes font des imprudences, convaincus qu'ils sont de ne pas écoper d'une contravention, croit M.Ménard.Au mois de septembre 1999, alors que les policiers provinciaux étaient déjà en moyens de pression, ils avaient dressé 25 000 constats d'infraction aux automobilistes.En comparaison, en juin dernier, avec l'intensification de ces moyens de pression, les policiers en ont rédigé.423.« Cela démontre que la sécurité du public est en danger », conclut M.Voir «LA SÉCURITÉ» en A2 Source: SAAQ Michèle Lecavalier - (PC) Mortelles Blessés D.M.S.Total -26 22,0 % 9,6 % -0,8 % 2,0 % Juillet Variation 2000 vs 1999 Mortelles Blessés D.M.S.Total 2,9 % 5,0 % 3,4 % 3,7 % De janvier à juillet dommages matériels seulement PHOTO AP Nintendo a lancé, hier, un nouveau jeu vidéo, la console Game Cube, qui s'apparente au Nintendo N64 présentement sur le marché, mais qui a l'avantage d'offrir une image de meilleure qualité.Le petit Tsubasa Araki, âgé de 7 ans, qui a assisté au dévoilement, a étudié avec intérêt la nouveauté.Il avait également un autre jeu à convoiter, puisque le manufacturier de jeux vidéo japonais a aussi montré un prototype de son tout nouveau Game Boy Advance, version améliorée du Game Boy qui devrait être sur le marché l'été prochain.L'écran de ce dernier jeu est plus grand et ses couleurs sont plus brillantes.Autre avantage : on peut se raccorder à trois autres joueurs et ainsi le transformer en jeu compétitif.Dans le secteur des jeux vidéo, Nintendo est en concurrence avec Sony (Play Station), qui domine avec 73 millions d'exemplaires de Play Station vendus, et Microsoft, qui devrait offrir l'an prochain aux amateurs son jeu X-Box.Mais Nintendo n'est pas en reste.Les ventes mondiales de son Game Boy ont atteint les 100 millions cet été, et les ventes de Nintendo 64 en sont rendues à plus de 29 millions.Éducation : une réforme hautement « asymétrique » Très peu d'écoles primaires seront en mesure d'appliquer les nouveaux programmes cet automne MARC THIBODEAU L'ambitieuse réforme du curriculum qui doit être officiellement lancée la semaine prochaine dans les écoles primaires de la province ne prendra son plein envol que dans une fraction des établissements concernés, a appris La Presse.Les enseignants devront de plus procéder sans manuel adapté aux nouveaux programmes puisque aucun n'a encore été approuvé par le ministère de l'Éducation, qui tarde à finaliser la politique d'évaluation des apprentissages promise pour la rentrée.La Commission scolaire de Montréal (CSDM), de loin la plus importante de la province, s'attend à titre indicatif à ce qu'un quart seulement de ses 139 écoles primaires appliquent toutes les facettes de la réforme dès le début de l'année.« Il y a une autre tranche de 25 % ou 30 % qui va plutôt expérimenter dans un premier temps la réforme avec un seul programme, comme le français ou les mathématiques.Les autres établissements vont se situer quelque part entre les deux », note Pierre Bergevin, directeur général adjoint aux services éducatifs de la CSDM, qui parle d'une implantation « asymétrique ».Il juge le niveau de préparation des écoles « acceptable » compte tenu du fait que les négociations survenues dans le secteur public en 1999 ont retardé la formation des enseignants, qui boycottaient les séances prévues à cet effet.M.Bergevin, qui a participé depuis un an à plusieurs rencontres portant sur la réforme avec ses homologues de l'île de Montréal et de la province, se dit convaincu que la situation à la CSDM est comparable à celle des autres commissions scolaires.« Nous ne sommes en retard sur personne », assure-t-il.La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) ne dispose d'aucune donnée quant au niveau de préparation des écoles, mais s'attend aussi à ce qu'une majorité d'établissements débutent timidement en expérimentant avec l'un ou l'autre des nouveaux programmes.Le ministère de l'Éducation n'a pas de son côté tenté de dresser un portrait précis de la situation.« Pauvre vous ! Je ne sais pas cela, moi ! » a lancé Margaret Rioux-Dolan, directrice de la formation générale des jeunes au ministère, lorsque La Presse lui a demandé hier quelle part des établissements est prête à appliquer toutes les facettes de la réforme.Mme Rioux-Dolan affirme qu'il est normal Voir ÉDUCATION en A2 Rubriques Arts et spectacles .B4 à B10 - horaire spectacles B10 - horaire télévision B7 Bandes dessinées C14 Boisvert Yves A5 Décès C13 Économie C1 à C8 Éditorial B2 Êtes-vous observateur C9 Feuilleton C14 Horoscope C11 Le bridge C12 Le monde B3 Loteries A2, A8 Mots croisés C14, S10 Mot mystère C14 Opinions B2 Petites annonces - immobilier C9, C10 - marchandises C10 - emplois C10, C11 - automobile C11, C12 - affaires C2 Politique A14, B1 MÉTÉO Ciel variable Max.24, min.15 Cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net Le 24e FFM : un grand banquet cinématographique LUC PERREAULT Après une avant-première hier soir juste pour donner au public un avant-goût de l'Impérial rénové, le 24e Festival des films du monde s'ouvre ce soir à la salle Maisonneuve avec la projection du film d'Agnès Jaoui, Le Goût des autres.Actrice remarquable, elle a réuni pour ce premier film des gens qu'elle aime, Jean-Pierre Bacri en tête, son compagnon dans la vie, de même qu'Anne Alvaro, Alain Chabat, sans s'oublier elle-même.Le film de Jaoui lance également la compétition officielle.Jusqu'au 4 septembre, 23 autres longs métrages vont tenter de séduire le jury de sept membres présidé par l'Iranien Abbas Kiarostami (à qui un hommage sera rendu).L'enjeu : un Grand Prix des Amériques, remporté l'an dernier par un autre Iranien, Majid Majidi, avec La Couleur du paradis.La grande vedette du cinéma chinois, Gong Li, figure cette année parmi les principales attractions du Festival.Sa présence, dans le cadre d'un hommage, coïncidera avec la présentation du film de Sun Zhou, Le Silence brisé, où on la retrouve en mère célibataire.D'autres hommages sont prévus dont un premier ce soir, lors de la soirée d'ouverture, à Francesco Rosi, l'un des derniers grands du cinéma italien.Notons que l'Italie est le pays invité cette année.Dimanche, à l'Impérial, lors de la projection de My Little Devil, l'acteur indien Om Puri sera lui aussi honoré.Il en sera de même pour le vétéran japonais Kenato Shindo, toujours à l'Impérial, dimanche à 21 h 30, lors de la projection de By Player.Quant aux deux Cubains, l'actrice Daisy Granadas et son collègue Adolfo Llaurado, leur hommage est prévu pour le 3 septembre à 20 h au Parisien, l'un des autres lieux du Festival avec le Centre Eaton.Déjà la liste des invités ayant confirmé leur présence s'allonge.Pratiquement chaque film de la compétition a droit à son ou ses invités.Daniel Auteuil, l'interprète de Sade, accompagnera le réalisateur Benoît Jacquot.Dans la section hors-concours, on verra Morgan Freeman et Gene Hackman demain soir à l'Impérial lors de la projection d'Under Suspicion de Stephen Hopkins.Hackman tourne en ce moment à Montréal dans un film de David Mamet qui viendra lui aussi présenter son petit dernier, State and Main.Parmi les autres invités qui ont confirmé leur présence figurent Volker Schlöndorff, Liv Ullmann, Voir LE 24e en A2 Autres textes en pages B4 et B5 5LP0202A0825 Page A2/25aout 5LP0201A0825 ZALLCALL 67 01:01:01 08/25/00 B A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 Suites de la une «La sécurité du public est en danger» «LA SÉCURITÉ» / Suite de la page A1 Ménard.Ces données sont cependant à prendre avec un grain de sel, affirme-t-on à la SAAQ, puisque les chiffres cités par le ministre ne couvrent qu'un territoire partiel, celui que les policiers de la SQ patrouillent.« Ce sont des données très parcellaires.On ne peut rien en tirer.Il ne faut pas mêler les pommes et les oranges.Si on regarde au niveau provincial, c'est peut-être un autre portrait.» Le bilan routier global n'est complété que jusqu'au mois de mai 2000, indique-ton, et comparé à l'année précédente, il se solde par un mort de moins.Mais M.Ménard n'en démord pas : le public court des risques, à court comme à plus long terme.« L'alimentation déficiente des banques de données (un des moyens de pression de l'APPQ) fait que nous risquons d'arrêter par erreur certaines personnes en vertu de mandats annulés.Aussi, à long terme, ça commence à mettre sérieusement en péril les enquêtes que nous menons sur le crime organisé », explique-t-il.Le ministre Ménard reste cependant muet sur les conséquences qu'encourront les policiers s'ils défient son ultimatum.Sans exclure la mise en tutelle pure et simple de l'APPQ, le ministre laisse entendre qu'il pourrait avoir recours aux mêmes moyens qu'avait employés le gouvernement Bouchard pour faire plier la Fédération des infirmières du Québec, l'été dernier.On avait coupé les vivres au syndicat en supprimant les cotisations et les libérations syndicales.« Nous avons un vaste éventail de solutions.Des actions contre un syndicat de policiers, c'est évidemment plus délicat que lorsqu'il s'agit d'autres groupes.Mais il est évident que nous allons prendre des mesures, qui s'adresseront à l'association plus qu'à leurs membres qui, eux, désirent faire leur travail, explique Serge Ménard.Je suis convaincu qu'un appel au sens des responsabilités des policiers devrait être suffisant.» Les propos de M.Ménard, lui qui dimanche dernier encore jouait au golf avec le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, Tony Cannavino, ont pris ce dernier totalement au dépourvu.L'APPQ s'est refusée à tout commentaire, tenant d'abord à prendre connaissance des propos exacts du ministre.Le chef libéral, Jean Charest, ne s'est quant à lui pas gêné pour verser dans l'ironie.« Je ne sais pas si M.Ménard a livré l'ultimatum sur le terrain de golf, a-t-il commenté.C'est difficile de trouver son ultimatum très convaincant.» Les négociations entre le gouvernement et les policiers de la Sûreté du Québec, qui stagnent depuis maintenant plus d'un an, achoppent toujours sur la question des salaires.Le gouvernement refuse de leur accorder davantage que ce qu'il a concédé aux autres employés du secteur public : neuf pour cent d'augmentation sur quatre ans.L'APPQ réclame 6,9 % de plus en guise de rattrapage avec les policiers de la Communauté urbaine de Montréal.« Presque tout est réglé.Sauf les salaires.Et les salaires, c'est une question de justice envers l'ensemble de nos employés.Alors, c'est la même règle qui s'applique à tout le monde », souligne M.Ménard.Éducation: une réforme hautement «asymétrique» ÉDUCATION / Suite de la page A1 que la majorité des écoles ne procèdent que partiellement à la rentrée en raison de la complexité des changements.Le ministre de l'Éducation, François Legault, qui avait déjà reporté d'un an l'implantation de la réforme, mise de toute manière sur une approche « modulée » permettant à chaque école de procéder, pour un an, à son rythme, rappelle- t-elle.Le ministère estime par ailleurs que l'absence de la version définitive de la politique d'évaluation des apprentissages n'aura guère d'incidence sur les commissions scolaires puisqu'un document préliminaire résumant les orientations préconisées a déjà circulé dans les écoles.Le responsable des ressources didactiques au ministère, Roger Vézina, assure par ailleurs qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer du fait qu'aucun manuel scolaire adapté à la réforme n'a encore été approuvé.Les premiers manuels devraient être disponibles d'ici deux semaines, dit-il.D'autres suivront « dans les mois qui viennent ».Même s'il convient que la situation n'est pas idéale, M.Vézina est d'avis que les écoles peuvent entre-temps parfaitement fonctionner avec les anciens manuels.« Les écoles pilotes qui ont testé la réforme l'an dernier l'ont démontré », dit-il.La présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier, n'est guère étonnée des difficultés rencontrées.Le ministre, juge-t-elle, a fait un « choix politique » en décidant d'aller de l'avant dès cette année et ce n'est qu'à la demande de la FCSQ et des enseignants qu'il a finalement accepté de procéder avec souplesse.Elle se dit confiante que ce compromis permettra d'assurer le succès de la réforme.Des pirates s'attaquent à Sympatico en Abitibi Le 24e FFM: un grand banquet cinématographique LE 24e / Suite de la page A1 Olivier Assayas, François Ozon, Bernard Rapp et Nicolas Wadimoss.Danièle Cauchard, la vice-présidente, compare le Festival à un grand banquet cinématographique.Au menu, 216 longs métrages dont 75 seront présentés en première mondiale, 72 en première nord-américaine et 39 en première canadienne.« L'important, en ce qui concerne la compétition, était d'assurer un équilibre entre les noms prestigieux et les représentants du jeune cinéma, a confié hier Mme Cauchard.J'espère que le public n'aura pas peur d'aller vers des noms inconnus.» La préoccupation qu'elle exprime en tête du programme du Festival porte sur les cinémas nationaux, une espèce menacée, selon elle.« La plupart des pays subventionnent leur cinématographie, sinon celles-ci ne survivraient pas.Ces films font le tour de la planète dans les festivals mais on les voit de moins en moins en dehors de ce circuit.Je n'irais pas jusqu'à blâmer les petits distributeurs qui font un travail difficile : ils sont à l'intérieur d'un système qui fait que les films ont du mal à trouver leur public.» La cinéphilie, au dire de Mme Cauchard, n'est plus ce qu'elle était.« La vraie cinéphilie est remplacée par autre chose, une sorte de consommation rapide.Il n'y a plus de vie comme avant après la sortie d'un film.» Elle se dit satisfaite du niveau de la compétition et de l'ensemble du programme.Il y a des pays, selon elle, qui relèvent la tête.Le cinéma allemand, par exemple, présent en force au FFM, serait en pleine remontée.L'Iran et le Japon marquent des points.En somme, plusieurs pays qui valent le détour.Au public maintenant de jouer.DES PIRATES / Suite de la page A1 vers 17 h.On imagine aisément que les fournisseurs Lino Sympatico et les institutions bancaires ont fort à faire ce matin pour rassurer les clients.Certaines régions sont entièrement desservies par ces deux fournisseurs d'accès Internet, filiales de Télébec.Née il y a près de 30 ans, Télébec vient au troisième rang des entreprises de télécommunications au Québec.Il était impossible d'avoir des détails plus précis hier soir, l'entreprise n'ayant pas publié de communiqué officiel au moment de mettre sous presse.Progrès dans le traitement d'une forme sévère de lupus d'après AFP Une chimiothérapie à haute dose associée à une greffe de cellules souches sanguines a permis d'obtenir une rémission chez des patients souffrant d'une forme de lupus très grave affectant plusieurs de leurs organes, selon une étude américaine publiée dans l'hedomadaire britannique Lancet.Sept patients âgés de 15 ans à 51 ans, souffrant d'une forme grave de lupus érythémateux disséminé, avec notamment une altération du fonctionnement des reins et des atteintes vasculaires au niveau du coeur et des poumons et neurologiques, ont été soumis à ce traitement expérimental conduit par l'équipe du Dr Ann Traynor de Chicago (Northwestern Memorial Hospital).La durabilité de la rémission reste cependant à vérifier, soulignent ces spécialistes.Le lupus érythémateux disséminé (encore appelé lupus érythémateux systémique, SLE en anglais) est une maladie auto-immune d'origine inconnue dans laquelle le corps s'attaque à ses propres constituants.La maladie touche plus souvent les femmes et doit son nom de « lupus » à une de ses manifestations, une rougeur en forme de masque de loup sur le visage.En dépit des progrès avec notamment l'introduction de la cyclophosphamide, un anticancéreux dérivé de moutarde, la mortalité reste élevée pour ces malades atteints de formes disséminées graves, de l'ordre de 1 % par an.Le protocole thérapeutique expérimenté par les médecins américains a reçu l'approbation de l'administration sanitaire américaine habilitée, la Food and Drugs Administration (FDA), précisent les auteurs.Les cellules souches sanguines ont été prélevées sur les patients auxquels avaient été préalablement administrés des facteurs de croissance afin de favoriser ce prélèvement.JEAN-MARC LÉGER Précision Parmi les signataires d'une lettre intitulée Le français reste en danger , publiée hier en page B2 et dont il était question dans un article de la page B1, figure M.Jean-Marc Léger.Il s'agit bien sûr de l'ancien journaliste et exdiplomate, et non du sondeur de la maison Léger & Léger, comme nous l'avons écrit par erreur.Toutes nos excuses.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Sans frais : 1-800-361-5013 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 5-7-6 à quatre chiffres : 9-3-3-3 COLLECTES DE SANG Aujourd'hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants ; n à Montréal : Centre des donneurs de sang, Centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est (métro Préfontaine), de 10 h à 17 h ; n à Joliette : M 103,5 et Les Galeries Joliette, 1075, boul.Firestone, de 10 h à 20 h 30.Objectif : 225 donneurs ; n à Saint-Bruno : Promenades St-Bruno, cour La Baie (premier niveau), 1, boul.Des Promenades, de 13 h à 20 h.Objectif : 125 donneurs ; n à Lebel-sur-Quévillon : organisée par les Chevaliers de Colomb et les Filles d'Isabelle aréna, 500, place Quévillon, de 11 h à 20 h.Objectif : 250 donneurs ; n à Saint-Lazare : Maire de Saint-Lazare, école Auclair (gymnase), 1550, rue des Cèdres, de 15 h à 20 h 30.Objectif : 130 donneurs.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Est-ce souhaitable que Montréal accueille 40% du nombre des immigrants reçus annuellement en province?La montée de l'Alliance canadienne dans les sondages devrait-elle inquiéter les libéraux de Jean Chrétien?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 70 % Non: 30 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.DEMAIN DANS LA PRESSE L'école à l'examen Les travaillistes de Tony Blair ont annoncé, dès leur arrivée au pouvoir en Grande- Bretagne en 1997, que l'éducation serait leur priorité absolue.Ils ont subséquemment multiplié les initiatives originales dans le but de favoriser la réussite des élèves anglais.Évaluation publique des écoles, rémunération des enseignants au mérite, recours au secteur privé.aucune voie n'est négligée.Notre journaliste Marc Thibodeau s'est rendu en Grande-Bretagne pour faire le point sur les chambardements en cours au moment où la question de la performance des écoles et des enseignants est plus que jamais d'actualité au Québec. 5LP0302A0825 A3 vendredi 5LP0302A0825 ZALLCALL 67 01:01:45 08/25/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 R A 3 Montréal revient aux années folles Ce thème animera la Fête de l'histoire ce week-end, dans le Vieux-Montréal MARIE-CLAUDE GIRARD Pour la septième année, le Regroupement des commerçants du Vieux-Montréal organise la Fête de l'histoire, le dernier festival gratuit à caractère familial avant la rentrée scolaire.Forte d'un budget plus costaud, la foire commerciale et historique prend de l'ampleur.Cette année, les années 20 sont en vedette.Un grand défilé avec fanfares, voitures anciennes, personnages costumés et animateurs de rue empruntera les rues Notre-Dame, Saint-Paul et de la Commune dimanche à 14h.Tout au long de la fin de semaine, de nombreux spectacles de musique dixie, jazz, blues ou de chanson française sont offerts sur sept scènes extérieures.Le tout se terminera par un gala de lutte « à l'ancienne » avec Jacques Rougeau, place Jacques-Cartier.Mais la fête ne se limite pas qu'à l'entre-deux-guerres.Le marché Bonsecours, la basilique Notre- Dame et les différents musées du Vieux-Montréal participent au festival et invitent à remonter dans le temps, jusqu'à l'époque de la Nouvelle- France.Devant le Centre d'histoire de Montréal, on inaugure le poste de pompiers de la place d'Youville à la façon 1904, avec quintette de cuivre jouant des pièces de compositeurs canadiens de l'époque.Sur le parvis de la chapelle Notre- Dame-de-Bonsecours, on assiste au développement du quartier, au XIXe siècle, en compagnie de personnages de l'époque.Le château Ramezay ouvre ses jardins, rénovés récemment par la Ville dans l'esprit XVIIIe7/8 siècle.Un aperçu de la vie quotidienne à la résidence du gouverneur.Le populaire marché du XVIIIe siècle revient à la place Royale, gracieuseté du musée de la Pointeà- Callière : produits du terroir, animation théâtrale, musique folklorique, campement amérindien.Visite guidée de la basilique Notre- Dame par des guides costumés.Accueil par le premier bedeau, en 1661.Concerts d'orgue de Pierre Grandmaison.Samedi et dimanche, entre 11h et 23h, la rue Notre-Dame sera fermée entre Saint-François-Xavier et Saint-Laurent ; Saint-Paul entre Saint-Pierre et Bonsecours ; Saint- Pierre entre Saint-Paul et la Place d'Youville ; et Saint-Claude direction sud, entre Notre-Dame et Saint-Paul.Les rues transversales demeureront ouvertes.Mais si l'affluence est trop forte, la police de la CUM est prête à fermer complètement le Vieux-Montréal à la circulation.Les automobilistes ont donc intérêt à éviter le périmètre formée des rues Saint- Pierre, Notre-Dame, Berri et de la Commune.L'an dernier, le beau temps aidant, l'affluence a été exceptionnelle, avec près de 200 000 personnes.Cette année, le président du Regroupement, Eric Luksenberg, espère en attirer autant.Il s'est donné pour mission d'animer le Vieux-Montréal à l'année.En tenant la Fête de l'histoire la veille de la période creuse, on souhaite rappeler aux Montréalais et aux banlieusards que le Vieux-Montréal existe aussi en hiver.« Ça nous mène à l'Halloween, Octoberfest, l'animation d'hiver », souligne le président bénévole, qui rêve de faire du bal du Nouvel An tenu le 31 décembre dernier à la place Jacques-Cartier une nouvelle tradition.PHOTO ALAIN ROBERGE La Presse © Les commerçants du Vieux-Montréal ont reçu la consigne de se costumer à la mode des années 20.Sur la place Jacques-Cartier, Eric Luksenberg et Lydia Ostiguy, respectivement président du Regroupement des commerçants du Vieux-Montréal et organisatrice de l'événement.PHOTOTHÈQUE, La Presse © L'aire de jeu sera encore fermée cet hiver.pour la troisième fois en trois ans.La piscine et l'aire de jeu du Stade fermées pour l'hiver MARIE-CLAUDE MALBOEUF Même si Québec était prêt à chauffer le toit du Stade olympique à fort prix pour éviter que le poids de la neige le fasse encore déchirer, l'aire de jeu sera encore fermée cet hiver.Pour la troisième fois en trois ans, les foires commerciales devront donc ériger leurs stands aux abords de la piscine olympique (recouverte pour l'occasion), refoulant les nageurs frustrés vers le petit bassin d'entraînement.« Les employés entendent dire que le problème du toit pourrait être réglé, mais qu'il n'y a pas d'ingénieur prêt à signer comme quoi c'est sûr, à donner le OK pour rouvrir les installations », rapporte l'entraîneur Benoît Lebrun, déçu de devoir annuler deux des compétitions qui assurent les revenus du Club de natation de la piscine du Parc olympique.Au cabinet du ministre responsable, André Boisclair, on évoque plutôt la lenteur de la médiation amorcée il y a neuf mois avec Birdair, la firme américaine qui a conçu le toit.« La médiation se poursuit, quand il y aura une conclusion, une solution permanente, on le fera savoir », dit l'attaché de presse Nicolas Girard.Le Service de la prévention des incendies de Montréal (SPIM) et la Régie du bâtiment, qui devront donner leur feu vert avant que le Stade ne rouvre l'hiver, attendent donc toujours.« On ne nous a encore rien présenté comme solution », affirme la porte-parole du SPIM, Brigitte Daoust.En décembre 1999, quand Birdair et Québec ont commencé à discuter des solutions possibles, les parties se donnaient jusqu'en avril pour s'entendre sur les travaux à faire et sur les causes du bris.Mais leur retard de quatre mois ne devrait plus étonner, sachant comment, un an et demi après les déchirures, Birdair n'a toujours pas remis le rapport qu'elle a pourtant promis à maintes reprises.Quoi qu'il en soit, le directeur du centre sportif, Guy Dubuc, a beau dire qu'il envisage deux scénarios (fermer ou non la piscine) et qu'il prépare deux budgets, tout indique que les baigneurs seront encore une fois évincés cet hiver.« On m'a dit que la piscine serait fermée et on a déjà commencé à préparer le petit bassin d'entraînement », indique Benoît Lebrun.Les promoteurs de foires commerciales ont reçu la même information.« On va installer les stands autour de la piscine », dit Jean-Paul Lalonde, du Salon de l'auto, qui retournera au Stade après s'être exilé l'an dernier à la Place Bonaventure, finalement jugée trop petite.Ce sont ses organisateurs qui ont pratiquement reçu le toit du Stade sur le tête, le 18 janvier 1999, alors qu'ils s'affairaient à monter des stands.La Régie des installations olympiques (RIO) a déjà perdu près de cinq millions dans l'aventure : 2,5 millions de revenus volatilisés (à cause de l'annulation de salons) et 2,4 millions en réparations du toit.Des poursuites et réclamations non réglées de 10,1 millions pourraient lui faire perdre encore plus.Quant à Birdair, elle est poursuivie par l'Ordre des ingénieurs, comme le sont aussi les deux autres firmes impliquées dans la construction du toit.La cause doit être entendue du 27 novembre au 19 janvier. La Presse 25 août 2000 Page A4 manquante 5LP0501A0825 A-5 VENDREDI boisvert 5LP0501A0825 ZALLCALL 67 01:07:31 08/25/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 A 5 Les routes ne sont pas à vous Fallait-il que le ministre de la Sécurité publique s'humilie à le dire ?Apparemment, oui.Hier, Serge Ménard l'a donc dit aux policiers.Ils n'avaient pas le droit d'emmerder tout le monde en bloquant les routes à l'heure de pointe, cet hiver.Ils n'ont pas davantage le droit de cesser de donner des contraventions.Il l'a dit poliment.Avec une menace à peine voilée de mise en tutelle du syndicat et de son suave président, Tony Cannavino.Permettez qu'on tente de rendre les choses plus claires : les boys, les routes ne sont pas à vous.Les ponts ne sont pas à vous.Les voitures ne sont pas à vous.Les renseignements policiers ne sont pas à vous.Les ordinateurs ne sont pas à vous.Les contraventions ne sont pas à vous.La loi n'est pas à vous.Il n'y a pas à tortiller, il n'y a rien à négocier.Évidemment, ça hurle moins fort aux tribunes téléphoniques quand les policiers cessent de contrôler la vitesse sur les autoroutes.On en entend rarement se scandaliser d'avoir fait Montréal\u2014Québec à 160 tout le long sans rencontrer une voiture de police.Mais, dans un cas comme dans l'autre, ces moyens de pression sont illégaux et inacceptables.Font-ils réellement courir un danger aux citoyens ?C'est la corde qu'a voulu faire vibrer le ministre Ménard.Peut-être pour ne pas avoir l'air de celui qui courait après l'argent des automobilistes.C'est du meilleur marketing politique.Sauf qu'avec neuf accidents mortels de plus que l'an dernier à pareille date, l'augmentation de morts accidentelles sur la route cet été peut être attribuable à tout autre chose que les « moyens de pression » des policiers de la Sûreté du Québec.Quant aux renseignements que les policiers, apparemment, n'entrent pas dans l'ordinateur et qui, selon le ministre, risquent de nuire à des enquêtes « sur le crime organisé », il y a un gros flou artistique.Difficile de savoir exactement ce que les policiers n'inscrivent pas.Mais « crime organisé », voilà une autre corde qu'il était utile de faire vibrer.En attendant de faire la preuve que le militantisme syndical a causé des blessures et des morts, qu'il suffise de dire qu'en 30 jours, au mois de septembre 1999, la SQ a donné sur l'ensemble du territoire québécois 25 163 billets d'infraction contre.423 dans les 30 jours du mois de juin 2000.Il est évident que pour le Trésor québécois, cela représente des pertes de dizaines de millions de dollars depuis les mois que durent ces moyens de pression.À compenser ici ou là par une augmentation des taxes, une diminution des services ou une augmentation de la dette.Il n'y a rien de honteux à le calculer.Il n'y a après tout rien de répréhensible, pour l'État, à percevoir des revenus de ceux qui commettent des infractions au Code de la sécurité routière.Et à en tenir compte dans les prévisions budgétaires.En tout cas, ce n'est pas à notre police de décider s'il convient d'abolir les contraventions Autrement dit, encore une fois, les policiers prennent la loi entre leurs mains au nom de la négociation syndicale.Des policiers qui ont, grosso modo, la retraite à 45 ans et des conditions de travail qui font l'envie de bien des fonctionnaires, pour ne parler que des employés de l'État.Mais ils veulent 15 % d'augmentation au lieu des 9 % obtenus par les autres fonctionnaires.On a tellement laissé faire par le passé que l'on prend comme une tradition presque folklorique ce genre de moyens de pression illégaux.Cette fois, le ministre fait une démonstration louable de fermeté.La suite des choses d'ici deux semaines nous en apprendra beaucoup sur la possibilité de changer les rapports de force dans ce corps de police.Et peut-être, aussi, comme le recommandait la commission Poitras, d'en réformer en profondeur la culture des relations de travail avant le prochain siècle.n n n EXPOS \u2014 Que reste-t-il des Expos ?Au plan sportif, c'est un désastre.Au plan économique, c'est un échec spectaculaire.Au plan moral, c'est la débandade.Au plan des relations publiques, par contre, le dossier mériterait une étude approfondie.Je dis « relations publiques », mais il vaudrait probablement mieux parler de farces et attrapes.Parce qu'enfin, il y a matière à rigoler.Penchons-nous un instant sur les dernières phrases du porte-parole officiel du proprio Jeffrey Loria, André Bouthillier.Les Expos viennent de renoncer à l'option de location qu'ils détenaient sur le terrain du centre-ville où ils devaient construire leur stade.Bon.Ça semble clair, non ?Pas de terrain, pas de pelletée de terre.Moins on creuse, plus on enterre le projet.En toute logique, les journalistes demandent donc à M.Bouthillier si cela veut dire que le projet est abandonné.M.Bouthillier répond en s'impliquant personnellement : « Je lui (Loria) ai demandé s'il envisageait de déménager les Expos et il m'a répondu qu'il n'a jamais discuté avec les autorités d'une ville américaine dans le but d'y transférer la concession ».Ce n'était pas ça, la question.C'était : voulez- vous partir.Il répond qu'il n'en a pas parlé aux maires.\u2014 Voudriez-vous me passer le beurre, monsieur Loria ?\u2014 Je n'ai jamais adressé la parole à une vache de ma vie.Je vous le jure.Évidemment, qu'il n'en a pas parlé aux maires.Cela lui est formellement interdit par les règles du baseball.M.Bouthillier ajoute que M.Loria veut encore et toujours un stade au centre-ville.Évidemment.Moi aussi, j'en veux un.Je le prendrais gratuit et bleu avec des lignes vertes, s'il vous plaît.yboisver@lapresse.ca 5LP0602A0825 A 6 vendredi, 25 ao t 5LP0602A0825 ZALLCALL 67 01:01:54 08/25/00 B Actualités A 6 R LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 La future Communauté métropolitaine aurait des impacts financiers dans la couronne nord Les maires entendent continuer à participer au comité Bernard MARIE-CLAUDE GIRARD La participation à la future Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) coûtera en 2005 de 28,4 à 44,7 millions aux municipalités de la couronne nord, Laval compris, selon une étude dévoilée hier par la Table des préfets et maires de la couronne nord.À elles seules, les 27 villes de la couronne devront assumer près de la moitié de la facture.Les élus de la banlieue nord ont profité du dévoilement des résultats préliminaires de l'étude du professeur Danielle Pilette, de l'UQAM, pour annoncer leur intention de demeurer au sein du comité consultatif sur la région de Montréal.Le maire de Rosemère, Yvan Deschênes, y avait été délégué il y a quelques semaines pour discuter des questions de transport.Il y restera pour prendre part aux discussions sur les responsabilités de la CMM et les regroupements municipaux.La contribution à la CMM des 27 villes de la couronne nord risque fort de se traduire par une hausse de taxe.À Lachenaie, par exemple, les revenus devraient augmenter de 6,6 à 10,4 % en cinq ans, pour rencontrer les coûts de la CMM, d'après l'étude.Selon le pire scénario, « pour une maison de 100 000 $, c'est environ 200 $ par année.On est loin des 25 $ que répète la ministre », dit Marcel Therrien, maire de Lachenaie.Selon des données émanant du comité Bernard, la participation à la CMM entraînerait une contribution de 25 $ par contribuable des banlieues nord et sud et de l'île de Montréal, apprenait-on au début de l'été.Le porte-parole des villes de la banlieue nord, Yvan Deschênes, se plaît à souligner que la ministre Harel a déjà affirmé que la communauté métropolitaine ne provoquera pas de hausses de taxes.« Les conclusions de l'étude confirment qu'il y aura nécessairement un impact financier majeur », dit-il.Mme Pilette a calculé les hausses de recettes foncières nécessaires à la participation à la Communauté métropolitaine.Elle arrive à la conclusion que les recettes devront augmenter de huit à 10 %, ou même de 20 %, dans les petites municipalités en partie rurales.D'après une simulation de l'exercice financier 2001 déposé par le gouvernement au comité Bernard, Laval et la couronne nord devraient contribuer pour près du cinquième des fonds nécessaires à la CMM, soit près de 20 millions.L'économiste est arrivé aux montants de 28,4 et 44,7 millions en calculant la part que les villes devront débourser pour le transport en commun dans l'hypothèse d'une fusion de la Société de transport de Laval avec les organismes de transport de la couronne nord.« Le comité Bernard a fait siennes les recommandations des trois sociétés de transport », a indiqué hier M.Deschênes.Selon cette hypothèse, les trois sociétés prendraient sous leur aile les petites organisations de transport.Dans la couronne nord, celles-ci fonctionnent davantage sur le mode utilisateur-payeur.Les élus et petites sociétés de transport de la couronne nord et de la Rive-Sud dévoileront la semaine prochaine leur contre-proposition commune en matière de transport en commun.Les villes de la couronne nord souhaitent maintenant participer au comité Bernard.La loi créant la CMM est maintenant adoptée, faiton valoir.Il y a peu d'espoir que les villes de la couronne nord ne fassent pas partie de la CMM.Les élus ne sont pas convaincus que la liste des équipements régionaux dont toute la région partagera la facture sera toujours limitée au Cosmodôme, au Planétarium, au Biodôme et au Jardin botanique.Lors d'un recensement réalisé en 1998 par le ministère des Affaires municipales, les villes de la région de Montréal avaient fait mention de 200 équipements à portée régionale.Prescott propose ses bonifications à la proposition Bernard n Des maires d'arrondissement élus n Des arrondissements calqués sur les quartiers MARIE-CLAUDE GIRARD Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, Michel Prescott, propose des bonifications à la proposition Bernard : des maires d'arrondissement élus au suffrage universel, des arrondissements calqués sur les quartiers montréalais et un droit au référendum local pour les citoyens du territoire actuel de Montréal.Loin de condamner la proposition de discussion faite par le président du comité consultatif sur la région de Montréal, M.Prescott la juge proche des orientations de son parti, le Rassemblement des citoyens de Montréal.« De toute évidence, M.Bernard a lu notre projet », dit-il.Il met toutefois en garde le gouvernement sur les coûts de la nouvelle formule, particulièrement sur le compte de taxes.« Le gouvernement ne doit pas réaliser cette réforme sans qu'une étude crédible sur cette question ne soit produite.Il souhaite aussi que la nouvelle ville se rapproche davantage d'une communauté urbaine favorisant la décentralisation, au profit des mairies d'arrondissement, que d'« une île une ville » aux pouvoirs très centralisés.S'ils ne sont pas élus au suffrage universel, les maires d'arrondissement n'auront pas de poids moral et politique, tant au conseil d'arrondissement qu'au conseil de la nouvelle ville, croit M.Prescott.Selon la proposition actuelle, les maires d'arrondissement seraient nommés par les conseillers de l'arrondissement.De plus, le chef du RCM juge inacceptable que les citoyens des villes de banlieue perdent le droit de se prononcer par référendum sur les questions de zonage.Inversement, il serait injuste que les citoyens des arrondissements montréalais en soient toujours privés.Finalement, M.Prescott croit que le découpage actuel des quartiers devrait être respecté pour la formation des arrondissements.Il serait prêt à garder une quinzaine des 17 quartiers montréalais, chaque arrondissement comptant alors plus de 66 000 personnes.Pour l'instant, la formule Bernard morcelle le territoire de Montréal en neuf arrondissements.« Beaucoup de questions se posent sur la taxation des arrondissements.Peut-être aussi le centreville devra-t-il avoir un statut particulier ?Et certains quartiers préféreraient peut-être travailler ensemble.Les mairies d'arrondissement gèrent une part infime du budget total de la Ville de Paris, souligne-til.Peut-être faudrait-il trouver une inspiration du côté des boroughs du Grand Londres ou de New York.Malgré tout, l'urgence est du côté de la future communauté métropolitaine, estime M.Prescott.À ses yeux, le débat sur la proposition Bernard détourne l'attention des questions régionales plus cruciales, comme les nouvelles sources de revenus pour les villes.PHOTOS ALAIN ROBERGE, La Presse © Le plaisir des uns.La vente-trottoir du boulevard Saint-Laurent bat son plein pour la deuxième fois cet été.Comme ils l'avaient fait au début juin, des centaines de badauds et de coureurs d'aubaines ont profité de l'absence des voitures entre la rue Sherbrooke et l'avenue du Mont-Royal hier pour envahir la chaussée de la célèbre artère.Les automobilistes qui circulaient dans le secteur avaient un peu moins le coeur à la fête toutefois, la fermeture du boulevard leur ayant fait perdre plusieurs minutes dans des bouchons de circulation.La vente-trottoir se poursuit jusqu'à dimanche et entraîne la fermeture du boulevard Saint-Laurent de 8h à 21h30.Têtes d'affiche Sophie Thibault C'est sous la d'honneur de l'avocate Claire Richer-Leduc que se tiendra lundi, au club de golf des îles de Boucherville, le tournoi de golf annuel de la Fondation du Centre des femmes de Montréal.Sophie Thibault, journaliste et chef d'antenne au réseau TVA, a accepté d'animer la soirée qui suivra.Coût : 150 $.Renseignements : 842-4776.n n n Un enfant malade pourra voir son rêve le plus cher réalisé par la Fondation canadienne Rêves d'enfants, grâce à la con tribution bénévole des 150 choristes de l'ensemble vocal Jukebox, qui présentera un concert-bénéfice (pour Rêves d'enfants) animé par Serge Laprade, les 8 et 9 septembre, à l'auditorium du collège Maisonneuve.Coût : 15 $.Renseignements : 999-2958 ou (450) 676-12 31.n n n Nick De Cicco Le tournoi de golf annuel de la Fondation canadienne du rein, qui se tiendra le 18 septembre au club de golf Royal Montréal, est placé sous la présidence de Nick De Cicco (Iris Importing) et est command i t é p a r l e groupe de sociétés de la Banque de Montréal.Ce tournoi de golf s'inscrit dans le cadre de la campagne Prix du fondateur, présidée par Rémi Dionne (Schwartz Levitsky Feldman), qui compte recueillir 300 000 $ pour mener la lutte contre les maladies rénales.Renseignements : 938-4515.n n n Maryse Caron et Annie Pellas, copropriétaires du salon de coiffure Callas, ont fait une journée portes ouvertes au profit de l'oeuvre des Petits frères des pauvres.Les employés de l'établissement ont travaillé bénévolement durant cette journée.La journaliste Sophie Thibault était de la partie, soulignant qu'elle aimait profiter d'occasions du genre pour accompagner sa mère qui vit en centre d'hébergement.Au terme de cette journée, le salon de coiffure Callas a remis toutes ses recettes (2500 $) aux Petits frères des pauvres, qui cherchent à briser l'isolement dans lequel vivent des personnes de 75 ans et plus.n n n Emmett Johns La Fondation pour l'aide au bénévolat organisé (FABO) vient de remettre u n d o n d e 4200 $ au père Emmett Johns pour son oeuvre Dans la rue (autrefois connue sous l'appellation Le Bon Dieu dans la rue).Ce don servira au financement d'activités reliées à l'organisation du travail des bénévoles, ainsi que le veut la vocation de FABO.Dans la rue compte sur une équipe d'une centaine de bénévoles qui viennent en aide aux jeunes sans-abri ou vivant en situation précaire.n n n C'est sous la présidence d'honneur du député fédéral de Richelieu, Louis Plamondon, que se tiendra le dimanche 10 septembre, au club de golf Les Patriotes, le premier tournoi de golf du carrefour communautaire L'Arc-en-ciel, de Saint-Ours.Les fonds recueillis serviront à financer des projets destinés aux citoyens en milieu rural (dîners de l'amitié pour personnes âgées, aide aux travaux scolaires de jeunes élèves, animation auprès des adolescents).Renseignements : (450) 785-2875 ou (450) 785-3059.n n n Michel David Chantiers jeunesse, un organisme qui favorise le développement de l'autonomie de jeunes adultes en leur offrant de participer à des travaux communautaires réalisés par des équipes de jeunes, vient de recevoir un don de 3000 $ du Fonds de bienfaisance Molson.C'est Michel David, membre du Fonds, qui a remis officiellement le don à Carmelle Lecompte, directrice générale de Chantiers jeunesse.n n n Brunch champêtre et encan d'oeuvres d'art au profit de la maison Victor-Gadbois (soins palliatifs aux cancéreux adultes en phase terminale), le 9 septembre, aux 441 et 451, rue Richelieu, à Saint-Marcsur- Richelieu.Organisée par la maison Richelieu (galerie d'art qui vendra aux enchères des oeuvres d'une vingtaine d'artistes), ainsi que la bergerie Richelieu et l'hostellerie Les Trois Tilleuls (qui offriront le brunch mettant à l'honneur des produits de la ferme).Cette activité- bénéfice aura lieu sous le chapiteau, beau temps mauvais temps.Coût : 40 $.Renseignements : (450) 584-2797.Adressez vos communiqués à: Têtes d'affiche La Presse, 7, rue Saint-Jacques Montréal (QC), H2Y 1K9 5LP0701A0825 A 7 vendredi, 25 ao t 5LP0701A0825 ZALLCALL 67 01:08:06 08/25/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 A 7 Laval Un travailleur agricole mexicain estime avoir été injustement congédié par son employeur lavallois ANDRÉ NOËL Un ouvrier agricole mexicain, Ignacio Roblès, affirme qu'il a été congédié d'une grosse ferme de Laval, les Productions Margiric, seulement à cause de son amitié avec un Québécois qui défend ses camarades accidentés.Par ailleurs, deux inspecteurs de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) ont visité la ferme, hier.Le 4 juillet, un des compagnons de M.Roblès, Lazaro Luna Lara, 45 ans, est tombé d'une remorque de la ferme.Son crâne a heurté la chaussée, avenue des Perron.Il a subi un hémorragie cérébrale et a été hospitalisé à la Cité de la Santé.Jean-Louis Lebrun, un résidant de Laval marié à une Mexicaine, a eu vent de l'accident à cause de ses nombreuses relations parmi les quelque 200 ouvriers agricoles de Margiric.Il est intervenu auprès de la police afin que les propriétaires cessent de les transporter d'un champ à l'autre sur des remorques.Le port de la ceinture de sécurité est en effet obligatoire dans tous les véhicules qui empruntent la voie publique.M.Lebrun a ensuite visité M.Luna Lara à l'hôpital et obtenu une procuration pour le défendre auprès de la CSST.« J'ai voulu m'assurer que M.Luna Lara recevrait des indemnités de la CSST ou de la Société de l'assurance automobile du Québec, a expliqué M.Lebrun à La Presse.Mais j'ai appris que l'employeur et le consulat du Mexique à Montréal avaient entrepris des démarches pour le renvoyer au Mexique.» M.Lebrun a déposé le dossier du travailleur accidenté à la CSST, ce qui, selon lui, a mis le président de Margiric, Alain Gibouleau, « hors de lui ».Quelques jours plus tard, le neveu du propriétaire, Martin Gibouleau, a interpellé Ignacio Roblès dans un champ et lui a signifié son congédiement.« Je lui ai demandé pourquoi j'étais congédié, a dit M.Roblès au cours d'une entrevue avec La Presse.Martin Gibouleau m'a dit que c'était à cause de mes relations avec Jean-Louis Lebrun.Mais depuis quand une amitié est-elle un motif de congédiement ?Cette situation est totalement injuste.» Alain Gibouleau, le président de la compagnie, a dit hier que c'était son droit de ne plus embaucher un travailleur, mais il n'avait aucun reproche à faire à l'endroit de M.Roblès, un homme de 45 ans qui travaille dans les champs québécois depuis six ans.« Il y avait une mésentente avec M.Roblès », a dit M.Gibouleau, qui est également président de l'Organisation des travailleurs mexicains au Québec.Fanny Carranza, agent de liaison au consulat du Mexique, a confirmé qu'elle avait suggéré à M.Roblès de s'excuser auprès de M.Gibouleau afin de conserver son emploi chez Margiric.Mais tant Mme Carranza que M.Gibouleau ont nié avoir tenté de renvoyer M.Roblès au Mexique.De son côté, ce dernier a déclaré : « Pourquoi devrais- je m'excuser ?Pour avoir un ami ?Je croyais que le consulat devait prendre notre défense ! » Mme Carranza a dit qu'elle lui avait trouvé un autre emploi dans une autre ferme, sur la Rive-Sud.« Les contrats de travail garantissent des emplois aux ouvriers agricoles, mais pas forcément sur les mêmes fermes », a-t-elle dit.M.Lebrun a dit que les propriétaires de Margiric avaient averti tous les ouvriers agricoles qu'ils seraient congédiés eux aussi s'ils avaient des relations avec lui.Cela n'a pas empêché M.Lebrun de venir à la défense d'un autre ouvrier, Pedro Rebello Gomes, qui a été blessé aux yeux cette semaine.« M.Gomes a reçu des gouttes de pesticide dans un oeil alors qu'il travaillait sur une machine, a-t-il dit.Encore une fois, les propriétaires essayaient de taire cet accident auprès de la CSST.» M.Gibouleau a rétorqué qu'il avait un certain nombre de jours pour déclarer l'accident et qu'il n'avait jamais eu l'intention de le cacher.« M.Gomes avait une tumeur à l'oeil avant de venir travailler ici, a-t-il ajouté.Je commence à en avoir plein le casque des interventions de M.Lebrun.» Selon ce dernier, plusieurs fermes font vivre les ouvriers agricoles dans des conditions pitoyables.Il ajoute d'un même souffle que ceux de la ferme Margiric sont bien logés.Le propriétaire, M.Gibouleau, affirme qu'il les traite bien.Environ 1400 ouvriers agricoles mexicains travaillent dans les champs cet été au Québec, en vertu d'une entente entre le Mexique et le Canada.Ils sont payés sept dollars de l'heure et travaillent parfois 80 heures par semaine.Ils contribuent à l'achat de leur billet d'avion jusqu'à concurrence de 525 $.M.Roblès affirme par ailleurs qu'il doit chaque année verser une commission de 1500 pesos (240 $) à des agents recruteurs au Mexique, ce qui, selon Mme Carrenza, est illégal.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse © Ignacio Roblès, un ouvrier agricole mexicain, affirme avoir été congédié d'une grosse ferme de Laval à cause de son amitié avec Jean-Louis Lebrun (à droite), qui défend ses compagnons accidentés.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © La ferme Margiric de Laval embauche près de 200 ouvriers agricoles mexicains chaque été.Home Depot compte vaincre les réticences à Rosemère JEAN-PAUL CHARBONNEAU Home Depot n'a pas abandonné l'idée de s'implanter à Rosemère.La semaine prochaine, la direction de l'entreprise présentera un projet modifié à l'administration du maire Yvan Deschênes et rencontrera par la suite le groupe de résidants qui ne veulent pas voir ce géant s'établir chez eux.Le porte-parole de Home Depot Canada, Albert Tremblay, a indiqué hier à La Presse, lors de l'ouverture du premier magasin de l'entreprise en sol québécois, qu'il n'est cependant pas question d'aller à l'encontre de la population.Entre le magasin de Laval et le terrain convoité à Rosemère, il y a une quinzaine de kilomètres.« Si les résidants de Rosemère ne veulent pas de nous, nous n'irons pas.Mais nous sommes persuadés que l'opposition est formée seulement d'un petit groupe.Nous avons modifié nos plans originaux afin de répondre aux attentes de la population, et nous allons présenter un projet numéro deux amélioré.Nous voulons agir en bons voisins », a-t-il précisé.Dernièrement, le maire Deschênes a déclaré qu'il n'irait pas à l'encontre des citoyens et que, pour cette raison, il ne permettra pas de procéder à une modification du zonage du terrain convoité afin de permettre la construction d'un vaste magasin de quincaillerie et de matériaux.Mais les spécialistes en immobilisation de cette multinationale ont refait leurs devoirs et croient avoir réalisé un plan qui devrait satisfaire les mécontents.La partie semble toutefois loin d'être gagnée.La coalition des citoyens de Rosemère demande à Home Depot de cesser ce qu'elle voit comme une forme de harcèlement.« Ses représentants prennent des moyens détournés pour convaincre des résidants du bien-fondé de leur venue chez nous », affirme le porte-parole de ce mouvement de pression, Jean-François Couture.Afin de faire le point et de bien renseigner la population sur les inconvénients que causeront l'arrivée d'un magasin à grande surface comme celui projeté dans cette municipalité cossue, la coalition avait organisé un pique-nique « anti- Home Depot » en fin d'après-midi, hier, au parc Hamilton.Le terrain visé pour cette réalisation est situé en bordure de la montée Sanche, au sud du boulevard Bouthillier. La Presse 25 août 2000 Page A8 manquante 5LP0901A0825 5LP0901A0825 ZALLCALL 67 01:08:57 08/25/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 A 9 Coupable d'avoir enfreint la loi sur l'affichage Un commerçant refuse de payer l'amende: ses biens seront mis aux enchères ALEXANDRE SIROIS Son automobile ?Sa berceuse ?Sa télévision ?Son poêle ?Sa chaîne stéréo ?Son lave-vaisselle ?Son micro-ondes ?Sa tondeuse ?Ou sa souffleuse à neige ?Parmi ces articles de valeur, Clifford Oswald, un commerçant originaire de Pointe-Claire, saura aujourd'hui ce qu'il perdra pour avoir refusé de payer une amende de 50 $ après avoir enfreint la loi sur l'affichage.Un huissier procédera à une vente aux enchères, chez M.Oswald, en début d'après-midi.Il vendra ses biens un par un, jusqu'à ce qu'il atteigne un montant correspondant à l'amende et à divers frais accumulés depuis que l'infraction a été signalée par l'Office de la langue française, soit une somme d'environ 260 $.« C'est décourageant, a indiqué M.Oswald à La Presse.On ne penserait pas qu'avec une société comme on a, qui est prête à se lancer dans le troisième millénaire avec des gros projets de haute technologie, on peut s'amuser avec des choses comme ça.C'est un gaspillage d'argent, et je ne crois pas que les Québécois et Québécoises vont laisser continuer ça.» La mésaventure de M.Oswald a débuté en 1997, lorsqu'il a reçu un constat d'infraction pour avoir enfreint la loi sur l'affichage.À l'extérieur de son commerce situé à Notre- Dame-de-Grâce, le vitrier avait inscrit « Studio Lubbers, vitraux, stained glass », sans prendre soin de laisser une nette prédominance au français, comme le prescrit la loi.Par la suite, même devant le tribunal, M.Oswald n'a rien voulu entendre.« J'ai dit au juge que je ne reconnaissais pas cette loi-là et que je ne lui reconnaissais pas le droit de me juger sur quelque chose à quoi je ne croyais pas », raconte- t-il aujourd'hui.Têtu, M.Oswald a toujours refusé de payer son amende.« Le dossier a suivi toutes les étapes administratives depuis que le constat a été signifié en 1997.En juillet, on était rendu à l'étape de la saisie.L'huissier s'est rendu chez M.Oswald au début d'août et il a fait l'inventaire des biens qui pouvaient être saisis.Ça fait partie des procédures », explique Simon Cantin, à la direction du traitement des infractions du ministère provincial de la Justice.« Les délais ont été respectés.À un moment donné, il faut faire respecter la loi.C'est un État de droit et la même loi s'applique à tout le monde », ajoute M.Cantin, qui précise qu'aujourd'hui encore, « monsieur Oswald pourrait payer son amende et les frais, et le dossier serait fermé ».Le vitrier, qui, dans sa croisade, a l'appui de plusieurs groupes anglophones, dont le Parti égalité, n'a pas l'intention de débourser un sou.Il a invité les médias, cet après-midi, à assister à la vente aux enchères.« Je pense qu'il y a un certain prix à payer quand on décide de s'impliquer dans quelque chose comme ça.Je savais qu'il y avait une possibilité que ça aille aussi loin que ça et j'étais prêt à suivre les principes que je veux suivre », dit-il.M.Oswald semble même avoir conservé son sens de l'humour.S'il admet que son poêle à bois possède une valeur sentimentale, il dit être prêt à se départir de son automobile : « Je dis toujours, à la blague, que lors d'une soirée tranquille, on peut entendre la rouille tomber de cette voiture.» Le CNLC retourne Francesco Cotroni derrière les barreaux Il était dans une maison de transition avec la permission spéciale du directeur du pénitencier ANDRÉ CÉDILOT Placé dans une maison de transition à la suite d'une permission spéciale du directeur du pénitencier, Francesco Cotroni a été renvoyé derrière les barreaux, hier, par la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC).Cette décision va à l'encontre d'une recommandation de l'équipe de superviseurs de Cotroni en prison, qui voyait d'un bon oeil son maintien dans une maison de transition.Après un long interrogatoire de Cotroni, les commissaires Robert Paquette et Odette Gravel-Dunberry ont jugé qu'il n'a pas suffisamment modifié son attitude et ses valeurs morales.« Vos acquis ne sont pas évidents.On ne peut parler de changements significatifs.Vous manquez de transparence et vous vous êtes même contredit en audience », ont-ils dit.L'aîné des garçons de la célèbre famille mafieuse, Francesco Cotroni, 40 ans, purge une peine de huit ans de pénitencier pour un projet d'importation avoué de 250 kilos de cocaïne, qui a échoué en 1996 au terme d'une opération d'infiltration de la GRC.Condamné à trois reprises dans le passé \u2014 ont une fois en 1987 pour sa participation au meurtre de Jos Montegano, survenu quelques années plus tôt dans un bar de Saint-Léonard \u2014 Cotroni était admissible à une libération conditionnelle parce qu'il en était au tiers de la peine de huit ans qui lui a été infligée en 1997.Tout en minimisant son rôle dans ces crimes pour lesquels son père, Frank, a été condamné en même temps que lui, Cotroni a nié appartenir à la section calabraise de la mafia montréalaise.« Je ne fais partie d'aucun clan.Je connais beaucoup de monde (dans le milieu criminel), dont Vito Rizzuto, mais je ne suis pas dans un gang », a-t-il déclaré.À la surprise des commissaires qui lui exhibaient des documents montrant qu'il avait consulté son père, déjà en prison, au moment de négocier la cocaïne avec des trafiquants colombiens, Cotroni a nié avoir trempé dans une quelconque histoire louche avec lui.« Je n'ai jamais mis mon nez dans ses affaires, et il ne s'est jamais mêlé des miennes.Il a toujours tout fait pour qu'on aille droit, mes frères, ma soeur et moi », a-t-il dit.Si l'on en croit ses propos, c'est à cause de la réputation des Cotroni dans le milieu interlope qu'il a été appelé à négocier avec des émissaires du cartel de Cali.« Je ne connais rien à l'importation de drogue, mais ils voulaient parler à un Cotroni », a-t-il relaté.Cotroni affirme qu'il était en mauvaise posture financière quand un acolyte lui a fait part de ce projet de contrebande de cocaïne.« Mon train de vie a augmenté quand je me suis marié, grosse maison, deux autos, des voyages.J'étais toujours pogné à la gorge, sans argent de côté », a-t-il souligné.Il prévoyait toucher « dans les 100 000 $ » si le coup avait réussi.En apprenant la décision des commissaires, Cotroni était évidemment déçu.Depuis mars dernier, à la faveur d'une décision du directeur de la prison et du souscommissaire du Service correctionnel au Québec, il avait obtenu d'aller vivre dans une maison de transition.Selon Jean Mireault, responsable de ce programme à l'établissement à sécurité minimum de la Montée Masson, il s'agit là « d'une mesure assez exceptionnelle » que Cotroni a mérité grâce à sa bonne conduite lors de la quarantaine de sorties sans escorte dont il a bénéficié depuis décembre.En vigueur depuis 1992, ce « programme placement extérieur » est surtout utilisé dans les pénitenciers à sécurité minimum.Des 62 détenus de l'établissement qui en profitent actuellement, 49 doivent réintégrer le pénitencier après leur journée de travail.Les 13 autres, tel Cotroni, logeaient dans une maison de transition.En raison de la décision de la CNLC, M.Mireault et les autres superviseur de la prison devront revoir le dossier de Cotroni.Il n'est pas impossible qu'il puisse continuer à faire du bénévolat à l'extérieur des murs si, bien sûr, le directeur de l'institution, Réal Charbonneau, et, au besoin, le sous-commissaire Richard Watkins, le permettent.En attendant, ce qui n'a rien pour apaiser ses malheurs, Cotroni, en instance de divorce (il était marié à la fille du caïd Jos Di Maulo, grand ami de son père, avec laquelle il a deux enfants de six et huit ans), reste incarcéré.PHOTOTHÈQUE, La Presse © Francesco Cotroni, 40 ans 5LP1001A0825 A10vendredi 5LP1001A0825 ZALLCALL 67 01:00:15 08/25/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 Santé La hausse des admissions en médecine est insuffisante Cent femmes pour un clone Raël a bien du pain sur la planche.MATHIEU PERREAULT Un communiqué de presse de Raël dans lequel le gourou affirme qu'il clonera en octobre un bébé américain mort à dix mois a fait le tour du monde hier après que l'Agence France-Presse eut repris la nouvelle.La grande prêtresse raëlienne du clonage, Brigitte Boisselier, a affirmé à l'AFP que les parents du bébé, mort dans un accident, avaient versé 200 000 $ américains pour que leur enfant soit cloné aux Bahamas.Si Raël est sérieux dans ses efforts de clonage, il aura besoin d'au moins 100 Bahamiennes comme mères porteuses, si on se fie au taux de succès actuel du clonage de brebis, de cochons, de souris et de vaches.Plus de la moitié des grossesses n'arriveront même pas au stade d'embryon, les autres déboucheront sur des fausses couches, surtout aux premier et deuxième trimestre, et quelques bébés mourront quelques minutes après l'accouchement de difficultés respiratoires, cardiaques ou immunologiques.Un seul clone survivra, et le clonage animal est encore trop jeune pour dire quelle genre de vie il mènera.L'an dernier, le vétérinaire et chercheur en transgénèse Marc-André Sirard, de l'Université Laval, a réussi à parler au téléphone à Mme Boisselier, qui se dit biologiste et réfugiée aux États-Unis « pour fuir la mentalité antisecte française ».Les réponses à ses questions techniques ont convaincu le Dr Sirard que « les raëliens ne sont pas dangereux parce qu'ils ne sont pas sérieux ».« Mme Boisselier répondait n'importe quoi, relate le Dr Sirard en entrevue avec La Presse.Je lui demandais où ils prendraient les ovules, elle répondait que ce n'était pas de mes affaires.Elle disait qu'elle trouverait des mères porteuses « dans des pays du Sud ».Leur but, ce n'est pas de faire du clonage, c'est de faire de la propagande.» Raël est un ancien journaliste sportif français qui affirme que des extra-terrestres ont créé les humains en éprouvettes.Pour lui, le clonage mènera à la vie éternelle, grâce à une mystérieuse technique de « transfert de connaissances », un « procédé imaginaire », selon le Dr Sirard.Un de ses collègues, le professeur du département d'obstétrique Raymond Lambert, se fait plus cinglant.« Il faut être fou et irresponsable pour essayer le clonage humain », dénonce- t-il.Le Dr Lambert étudie l'immunologie de la reproduction et a travaillé au premier bébé éprouvette québécois, en 1985.« Les clones de vaches ont des difficultés respiratoires et immunologiques qu'on ne comprend pas, affirme-t-il.Le clonage humain va à l'encontre du bon sens scientifique, parce qu'on ne maîtrise pas les techniques.Personne ne doit faire des expériences qui mettent en danger la santé et le bien-être d'une personne, même potentielle.De plus, le clonage humain est inacceptable du point de vue éthique.» Le clonage consiste à retirer le noyau d'une cellule de l'animal à cloner.On insère ensuite ce noyau, où sont enfermées sous forme d'ADN les archives génétiques de l'individu, dans un ovule dont le noyau a été retiré.Outre les mères porteuses, le laboratoire qui tentera le premier clonage humain devra résoudre la question des ovules.La collecte des ovules est compliquée : on n'en récolte que 10 par cycle.Le taux de succès du clonage animal tourne autour d'un clone viable sur 100 ovules fécondés, dit le Dr Sirard.« Environ 40 % des ovules implantés dans les mères porteuses mènent à une grossesse.Mais un seul de ces 40 embryons devient un clone qui survit à la naissance.» L'insémination en éprouvette affiche une performance d'un bébé sur 10 ovules implantés.« Il est loin d'être facile de copier les techniques d'autres laboratoires, relève le Dr Sirard.Et le plus dramatique, c'est qu'on ne comprend pas du tout comment ça marche.Un ovule réussi en six heures à faire passer l'ADN d'une cellule d'un homme de 42 ans à 0 jour.Le noyau de la cellule adulte est déshabillé de son expérience.Ça va nous prendre 20 ans pour comprendre.Plusieurs fois, le travail de l'ovule est incomplet, ce qui mène à des embryons imparfaits qui sont évacués en fausses couches à divers moments de la gestation, ou même à la naissance.» JEAN-FRANÇOIS BÉGIN La décision gouvernementale de ne créer cette année que 30 nouvelles places dans les facultés de médecine suscite la grogne au sein du corps médical québécois.Pour les représentants des fédérations médicales et de certaines universités, cette augmentation, inférieure à ce qui avait été recommandé par la Table de concertation sur les effectifs médicaux, est nettement insuffisante.« C'est une goutte d'eau », estime le viceprésident de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Yves Dugré.Considérant que 7 % des aspirants-médecins échouent leur examen de fin d'études, que la moitié se dirigent vers la médecine générale et que certains s'établissent à l'extérieur du Québec, cette hausse des admissions se traduira par l'ajout d'à peine dix spécialistes dans l'ensemble de la province, dans dix ans.« Dix spécialistes pour 33 spécialités reconnues au Québec, alors que la plupart sont en manque d'effectifs, ce n'est pas assez ! », dit le Dr Dugré.L'hiver dernier, la Table de concertation \u2014 groupe consultatif où siègent omnipraticiens, spécialistes et représentants du ministère et des régies régionales \u2014 avait recommandé d'ajouter 55 places par année au cours des trois prochaines années.À terme, en 2003, le total de nouveaux inscrits dans les quatre facultés de médecine aurait été de 636, contre 471 en 1999-2000.Mais la ministre de la Santé Pauline Marois s'est finalement rangée à un avis transmis au printemps par le Conseil médical du Québec \u2014 autre organisme-conseil \u2014, qui lui suggérait d'y aller prudemment afin, entre autres, de ne pas compromettre la qualité des programmes de formation en médecine.Depuis quelques années, les facultés de médecine se sont en effet converties à l'apprentissage par problèmes (APP), une méthode pédagogique selon laquelle les étudiants apprennent en petits groupes sous la supervision d'un tuteur, ce qui nécessite plus de professeurs que les cours magistraux traditionnels.Ajouter brusquement un grand nombre d'étudiants pourrait donc donner des maux de tête aux universités, qui éprouvent déjà des difficultés à recruter suffisamment de professeurs.Le Conseil estimait par ailleurs qu'une réorganisation des services médicaux \u2014 à l'ordre du jour cet automne avec les travaux de la Commission Clair \u2014 pourrait réduire l'ampleur de la pénurie annoncée.Mais, pour le doyen de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, le Dr Patrick Vinay, une telle réorganisation, si elle a lieu, n'apportera que des améliorations marginales.« Même avec l'augmentation de 55 places par année, on se rend compte qu'on manquerait encore de médecins dans dix ans », souligne-t-il.De plus, les universités vivent dans l'incertitude, la ministre n'ayant pas encore décidé si d'autres ajouts de place surviendront l'an prochain.« Les 30 nouvelles places ne valent que pour un an et c'est l'élément le plus problématique », soutient le Dr Jean Rodrigue, porte-parole de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.« Pour des programmes de six à dix ans, tu ne peux pas jouer au yoyo avec tes équipes d'enseignement : il faut pouvoir dire aux universités qu'elles vont pouvoir compter sur tel ou tel nombre d'étudiants.» Un comité interministériel réunissant des représentants de la Santé, de l'Éducation et du Conseil du Trésor se penche actuellement sur la question des admissions et remettra son rapport dans les prochains mois, a indiqué la porte-parole de la ministre Marois, Nicole Bastien.Chrétien sommé de verser des milliards à la santé HUGUETTE YOUNG Presse canadienne, OTTAWA Le gouvernement du premier ministre Jean Chrétien doit verser 18,8 milliards $ pour répondre aux besoins « criants » des soins de santé, plaide l'Association canadienne des soins de santé.Dans une lettre ouverte au premier ministre, la présidente Sharon Sholzberg- Gray, somme M.Chrétien d'annoncer un important financement lors de la rencontre fédérale-provinciale du 11 septembre à Ottawa, à défaut de quoi le système de santé « risque de s'effondrer.» « Il faut sur-le-champ un financement suffisant et prévisible de la part des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, fait-elle valoir.« L'enjeu n'est rien moins que la survie de notre système de santé financé par l'État, dont nous avons tant besoin et auquel nous tenons énormément.» L'oestrogène pourrait prévenir la démence et l'Alzheimer HELEN BRANSWELL Presse canadienne TORONTO L'apparition des maladies mentales comme la démence et l'Alzheimer est moins fréquente chez les femmes d'âge mûr qui ont un niveau d'oestrogène élevé, indique une recherche menée par l'Université de la Californie.Cette découverte pourrait éventuellement aider à identifier les femmes qui sont les plus à risque de développer ces maladies et à mettre au point un traitement pour leur venir en aide, indique le Dr Mary Tierney, responsable de la recherche en gériatrie au Centre des sciences de la santé Sunnybrook and Women's College de Toronto.Les résultats de la recherche sont publiés aujourd'hui dans le journal médical britannique The Lancet.Le Dr Kristine Yaffe et son équipe, de l'Université de la Californie à San Francisco, ont suivi pendant six ans 425 femmes âgées de 65 ans et plus pour une autre recherche sur l'ostéoporose, et ont obtenu des résultats dans le même sens. 5LP1101A0825 5LP1101A0825 ZALLCALL 67 01:07:45 08/25/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 A 11 Éducation Jacquard et Serres au cégep de Limoilou PAUL ROY du bureau de La Presse, QUÉBEC Imaginez : vous êtes un employeur et vous recevez le C.V.d'un finissant en techniques informatiques qui prétend avoir assisté à des conférences d'Albert Jacquard, Philippe Breton, Riccardo Petrella, Charles Taylor, Ignacio Ramonet, Joël de Rosnay et autres grands esprits contemporains.Et vous vous apprêtez à confondre l'imposteur.Pas si vite ! Vérifiez d'abord le nom du cégep.Si c'est Limoilou, le petit malin dit probablement vrai.Le cégep de Limoilou, situé dans la basse ville de Québec, n'est pas à proprement parler un de ces collèges haut de gamme qui n'acceptent que la crème de la crème.« On se décrit comme un collège accessible », explique Réal Roy, prof de philo à Limoilou et initiateur des Grandes Rencontres du cégep de Limoilou.« Quand un élève est admissible à une formation collégiale, on l'accueille.» Et on lui fait rencontrer des grandes pointures.« Le but, explique Réal Roy, c'est de créer une dynamique de réflexion avec les grands penseurs qui font évoluer la culture et la science.» Cet automne, par exemple, les habitués des Grandes Rencontres pourront entendre le Prix Nobel de physique 1991 Pierre-Gilles de Gennes (31 août) ; l'historien et philosophe des sciences Michel Serres (25 et 26 septembre) ; l'auteur et directeur de recherches au CNRS Edgar Morin (11 et 12 octobre) ; le mathématicien Adrien Douady (18 octobre) ; le philosophe Thomas De Koninck (6 novembre) et le ministre québécois de la Recherche, de la Science et de la Technologie Jean Rochon (20 novembre).Des conférences qui auront entre autres pour thèmes « Les sept savoirs fondamentaux pour les années 2000 », « Les mathématiques dans la formation scientifique et technologique », « La nouvelle ignorance et le problème de la culture », etc.\u2014 Ne sont-ce pas là des sujets un tantinet arides pour des cégépiens ?\u2014 La marche peut paraître haute à première vue, admet Réal Roy.Mais si on attend qu'ils soient prêts, ils ne seront jamais prêts.Et d'expliquer qu'on ne vient pas au cégep que pour acquérir une formation dans un domaine donné.On y vient aussi pour acquérir une formation fondamentale qui va déborder la discipline choisie.« Et nos conférenciers sont mis au courant de la clientèle à laquelle ils s'adressent.» Réal Roy raconte d'ailleurs qu'à sa deuxième visite, l'an dernier, Albert Jacquard avait attiré 1400 personnes.« Il avait reçu une ovation.Il avait parlé des droits humains et les élèves avaient suivi ça comme un récit de leur grandpère.Les Grandes Rencontres, qui entreprennent leur cinquième année, sont obligatoires pour certains groupes d'étudiants (philosophie, sciences) mais également accessibles \u2014 au coût de 5 $ \u2014 au grand public.Cette année, les organisateurs des Grandes Rencontres ont produit des cassettes vidéo de cinq conférences, dont « Au pays de Socrate » \u2014 Albert Jacquard (1997) ; « Les droits humains » \u2014 Albert Jacquard (1999) et « Mondialisation vs solidarité » \u2014 Riccardo Petrella (1998) .PHOTOS ALAIN ROBERGE, La Presse Une école désaffectée et délabrée, c'est tout ce qu'on a trouvé pour accueillir 85 jeunes déficients intellectuels, à Laval, déplore la représentante syndicale Martine Prud'homme.Les locaux de la vieille école d'Argenteuil ne sont même pas préparés pour leur nouvelle fonction, comme on le voit ici.85 déficients intellectuels dans une école délabrée JEAN-PAUL CHARBONNEAU Les enseignants et les professionnels responsables, à la Commission scolaire de Laval (CSDL), de l'éducation de 85 filles et garçons de 13 à 21 ans souffrant de déficience intellectuelle, ont eu tout un choc hier, à leur retour de vacances, lorsqu'ils ont constaté qu'ils devraient recevoir leurs élèves dans une école désaffectée et délabrée où l'on ne retrouve pas l'équipement minimum.En agissant de la sorte, disentils, la CSDL frappe sa clientèle scolaire la plus fragile.« L'école primaire a été fermée par les autorités scolaires parce que l'immeuble était vétuste et qu'il en coûterait trop cher pour le réparer.Et voilà que l'on décide d'y loger, même si ce n'est que de façon temporaire, les écoliers atteints de déficience.Les chaises et les pupitres traînent dans les locaux », a dit la porte-parole du groupe et représentante syndicale, Martine Prud'homme.« Beaucoup de ces jeunes souffrent d'incontinence et il n'y a pas de douche », a enchaîné Françoise Côté, une enseignante.La rentrée scolaire à la CSDL s'effectue le 29 août et parce qu'ils jugent être incapables de recevoir adéquatement leurs élèves, ces enseignants et professionnels ont décidé de prendre immédiatement cinq congés pédagogiques, ce qui a pour conséquence de reporter la rentrée au 5 septembre.« Nous allons passer ces journées à l'école afin d'aménager les locaux le mieux possible.On nous a promis l'aide de 11 déménageurs.Notre matériel est éparpillé, plusieurs boîtes se trouvent encore dans des conteneurs, je ne sais pas au juste où », a ajouté Mme Côté.L'école d'Argenteuil date du début des années 1950 et elle a été construite en fonction d'élèves du primaire, ce qui ne correspond pas du tout aux besoins de ses nouveaux occupants : les urinoirs sont presque au niveau du plancher et il n'y a pas de gymnase adéquat.Les élèves prennent leur repas du midi à l'école, mais il n'y a pas de cafétéria ; un immeuble voisin désaffecté qui servait de maternelle sera rouvert afin de servir de cafétéria.Les protestataires notent aussi que ces garçons et filles doivent être bien encadrés et continuellement suivis dans leur apprentissage qui les conduit sur le marché du travail.« Ils étaient habitués à l'école Alphonse-Desjardins, explique Mme Prud'homme, et la commission scolaire dans la rationalisation de ses immeubles a décidé de changer la vocation de cette école.On nous a envoyés à la polyvalente Saint-Maxime et les travaux d'aménagement pour recevoir nos écoliers devaient être prêts pour la rentrée, mais il n'en est rien.Lorsque les travaux seront terminés, ces garçons et filles vont encore être obligés de déménager et de s'habituer à un nouvel endroit.À la commission scolaire, on affirme que les travaux seront terminés bientôt.La décision de transférer ces élèves lourdement handicapés avait choqué leurs parents.Ils avaient accusé les commissaires de vouloir parquer leurs enfants comme du bétail en les envoyant dans une grosse polyvalente.« Nous sommes persuadés que les parents vont piquer une colère lorsqu'ils vont être informés que leurs enfants devront commencer leur année scolaire dans un immeuble aussi délabré que celuici », a lancé une enseignante.Les cégeps victimes de la décroissance de l'effectif scolaire MARC THIBODEAU Les cégeps de la province commencent à ressentir les contrecoups de la baisse de l'effectif scolaire vécue par les commissions scolaires et s'inquiètent de l'incidence du phénomène sur leur situation budgétaire.La Fédération des cégeps a indiqué hier qu'elle avait enregistré une nouvelle baisse du nombre d'inscriptions dans les établissements membres de son réseau à la rentrée 2000.Le nombre d'élèves, aujourd'hui évalué à 153 000, a chuté de près de 5 % depuis 1997.Selon Gaëtan Boucher, présidentdirecteur général de la Fédération, le phénomène est particulièrement marqué dans les régions comme la Gaspésie, la Côte-Nord et le Bas- Saint-Laurent.Les centres d'études collégiales, satellites des cégeps, sont durement touchés.« Le centre de Charlevoix accueillera cette année 200 élèves alors qu'il y en avait 300 il y a quelques années », illustre M.Boucher.Le phénomène est d'autant plus préoccupant aux yeux de la Fédération que les projections du ministère de l'Éducation prédisent, baisse démographique oblige, une diminution constante du nombre de diplômés du réseau secondaire au cours des prochaines années.Le financement des cégeps, comme celui des commissions scolaires, est fonction du nombre d'élèves.La baisse des inscriptions se traduit conséquemment par une baisse de revenus alors que les dépenses des établissements demeurent relativement stables, plaide M.Boucher, qui souhaite revoir les modalités de financement du réseau pour pallier ce phénomène.Le gouvernement a réservé sept millions de dollars dans son dernier budget pour venir en aide aux établissements les plus touchés, mais des « solutions financières à plus long terme » s'imposent, estime le président-directeur général de la Fédération.« S'il n'y a rien qui est fait, il deviendra de plus en plus difficile d'assurer les services, surtout en région », dit-il.La Fédération entend procéder durant l'automne à diverses études pour quantifier l'ampleur exacte du manque à gagner financier qui découlera de la baisse démographique à venir.Elle espère parallèlement former une table de travail avec le ministère pour étudier les formules susceptibles de résoudre ses difficultés.CAMELOTS, ADOLESCENTS ET ADULTES demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I Avec ou sans voiture I À commission Dans les secteurs suivants: I ële Bizard I Lachine I Pointe-Claire Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h, le week-end.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, M.Louis Archambault composez le (514) 992-5501 Courriel : moselle@sympatico.ca 5LP1201A0825 A 12 vendredi, 25 ao t 5LP1201A0825 ZALLCALL 67 01:09:02 08/25/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 Actualités Un vieux sous-marinier russe prend dans ses bras une parente d'une des victimes de la tragédie du Koursk.PHOTOS AFP Parents et amis des 118 sous-mariniers russes perdus en mer de Barents dans des circonstances encore non élucidées.Le Koursk : le FSB n'exclut pas un acte terroriste VICTORIA LOGUINOVA AFP, MOURMANSK , Russie Une partie des familles des 118 marins du Koursk a accepté hier pour la première fois de participer à une cérémonie d'adieu et s'est rendu en mer de Barents pour jeter à l'eau des couronnes de fleurs à la mémoire des sous-mariniers.À Mourmansk, le chef des services secrets russes (FSB, ex-KGB), Nikolaï Patrouchev, a laissé pour la première fois entendre que la catastrophe pourrait être due à un acte terroriste, alors que le procureur général Vladimir Oustinov a annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'accident du Koursk.M.Patrouchev a affirmé que ses services enquêtaient sur deux Daguestanais qui étaient à bord du Koursk.Les deux hommes, Mamed Gadjiïev et Arnold Borissov, travaillaient pour l'entreprise militaire Dagdiesel qui, selon l'agence Interfax, fabrique des torpilles pour sous-marins.Le chef du service de presse du FSB, Alexandre Zdanovitch, a affirmé dans la soirée que ces deux Daguestanais n'étaient « en aucun cas liés » au naufrage du sous-marin, qualifiant « d'absurde » l'interprétation faite par les médias des propos de M.Patrouchev.Un porte-parole des islamistes tchétchènes, Movladi Oudougov, avait assuré après l'accident du Koursk que le sous-marin avec 118 hommes à bord avait été saboté par un membre de l'équipage, un Daguestanais acquis à la cause tchétchène, Sirajoudine Ramazanov.Ce nom ne figurait pas sur la liste de l'équipage du Koursk.Selon l'expert de l'agence d'information militaire AVN Iouri Gladkevitch, « les déclarations de Patrouchev sont de la contre-propagande à la suite des informations diffusées par les indépendantistes tchétchènes et reprises par la presse russe et étrangère ».Le ministre russe de la Défense, le maréchal Igor Sergueïev, a déclaré pour sa part que les premières conclusions sur les causes de l'accident seraient tirées dans deux ou trois jours sur la base des données recueillies par les satellites.Plus de 150 proches des marins sont rentrés hier soir à Vidiaïevo, port d'attache du Koursk, après avoir participé à une émouvante cérémonie d'adieu en mer.Les familles ne se sont pas rendues sur les lieux où le Koursk a coulé le 12 août, mais ont jeté des couronnes de fleurs à l'endroit où le sous-marin a commencé à plonger, a indiqué le porte-parole de la flotte du Nord, Vladimir Navrotski.De nombreuses familles ont refusé de participer à cette cérémonie, considérant qu'il y avait toujours un espoir de retrouver des survivants tant que tout l'intérieur du sous-marin n'aurait pas été inspecté.Chaque famille des 118 marins du Koursk recevra une aide de 720 000 roubles (38 000 $ CAN) et un appartement dans une autre région russe si elle souhaite quitter la base de Vidiaïevo sur la mer de Barents, a déclaré mercredi le vicepremier ministre russe Valentina Matvienko.Le fonds d'assurance du ministère de la Défense versera en outre l'équivalent de 10 ans de solde par famille et de 25 mois de solde par membre de la famille, selon Mme Matvienko.Le total des sommes payées par le ministère s'élèvera à 23 millions de roubles (1,2 millions $ CAN), selon elle.Par ailleurs, le président Vladimir Poutine a autorisé une hausse de 20 % des salaires dans les forces armées, la police et la justice russes, annonçait hier l'agence Interfax, citant le Kremlin.Cette hausse de salaire, qui interviendra à partir du 1er décembre, s'appliquera également aux douanes, à l'administration pénitentiaire et à la police fiscale.Mme Nathalie Lemaire de Sherbrooke M.Dufresne de St-Félix-de-Valois Mme Bernadette de Laval Mme Allard de Laval M.Claude Journet de St-Lambert M.Deguire de Montréal Mme Diane Reynolds de Valleyfield M.Vachon de St-Hubert Mme Dagenais de Montréal Mme Ghislaine Levert de Ste-Thérèse M.Vincelette d'Outremont M.Lizotte de St-Luc Mme Christiane Linteau de Ste-Adèle Mme Grignon de Laval Mme Marielle Racicot de St-Léonard La deuxième boîte noire de l'A320 de Gulf Air est retrouvée selon AP et PC MANAMA, Bahrein La compagnie Gulf Air a annoncé hier qu'on avait retrouvé la boîte noire contenant les enregistrements des conversations des pilotes de l'Airbus A320 qui s'est abîmé dans le golfe Persique la veille au soir.Ali Ahmadi, vice-président des ressources humaines de la société aérienne, a précisé que l'enregistreur CVR avait été retrouvé dans les eaux peu profondes où l'appareil s'est abîmé.L'autre boîte noire, l'enregistreur des données de vol (FDR), avait été découverte dans la nuit.La catastrophe, dont les causes ne sont pas encore connues, a tué les 143 personnes, parmi lesquelles un Canadien, se trouvant à bord du vol GF072 devant relier Le Caire à Manama, au Bahreïn.La victime canadienne a été identifiée comme étant Mohammed A.Haram, 28 ans, a fait savoir hier un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.M.Haram était étudiant à Montréal lorsqu'il a fait une demande en vue d'obtenir un passeport canadien, il y a trois ans, a précisé M.Doiron.Il était enregistré à l'ambassade du Canada à Beyrouth, au Liban, où demeurent ses parents, a ajouté le porte-parole.Selon Gulf Air, il y avait également à bord 63 passagers égyptiens, 34 Bahreinis, 12 Saoudiens, neuf Palestiniens, six Émiratis, trois Chinoises, deux Britanniques, un Omanais, un Koweitien, un Soudanais, un Australien et un diplomate américain.Sur les 135 passagers, 36 avaient moins de 18 ans.L'équipage de l'A320 était composé de deux Bahreinis, d'un Omanais, d'un Philippin, d'un Polonais, d'un Indien, d'un Marocain et d'un Egyptien.Alors que l'émir du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a décrété trois jours de deuil national, la détresse était visible, hier, lorsqu'un responsable de la compagnie a lu d'une voix tremblante la liste des victimes.Plusieurs membres des familles des victimes se sont effondrés en larmes.Au Caire, Gulf Air s'apprêtait hier à emmener à Bahreïn 134 Égyptiens ayant perdu un proche dans la catastrophe.Le directeur de la Sécurité civile bahreinie, Abdul-Rahman ben Rachid al-Khalifa, a confirmé que la totalité des 143 corps avaient été repêchés et qu'il n'y avait pas de survivants après la catastrophe survenue à environ cinq kilomètres au nord de Manama.Sur place, les premières familles commençaient à identifier les corps d'après les photographies prises par les secouristes.Quinze victimes ont été inhumées dans le plus grand cimetière de l'État du Bahrein, hier.Les proches se sont réunis dans la mosquée du cimetière de Manama.Les victimes placées sur des plateaux de bois portées par les membres de leurs familles ont été emmenées jusqu'aux tombes fraîchement creusées.Des versets du Coran retentissaient depuis les hauts-parleurs de la mosquée, tandis que les participants chantaient « Allah est grand ».L'accident s'est produit aux environs de 16 h 30 GMT, mercredi, peu avant l'atterrissage de l'appareil qui devait se poser sur l'aéroport international de Bahrein, situé à environ huit kilomètres de Manama.Il aurait été provoqué par l'incendie de l'un des réacteurs.S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un contrôleur aérien de l'aéroport de Manama a dit avoir vu l'avion survoler deux fois la piste avant de plonger dans la mer lors de la troisième tentative d'atterrissage.Il a affirmé ne pas avoir vu de flammes et souligné que l'équipage n'avait rien signalé d'anormal.Selon Ibrahim al-Hamer, soussecrétaire de l'Aviation civile bahreinie, le pilote de l'A320, dont il n'a pas donné le nom, avait 21 ans d'expérience.Airbus Industrie a annoncé l'envoi sur place d'une équipe d'experts, tout comme le Bureau américain de la sécurité des transports (NTSB).Dans un communiqué, le consortium européen a également confirmé que l'appareil accidenté était bien un Airbus A320 qui avait été livré à Gulf Air en septembre 1994.Selon Airbus, l'appareil avait accumulé environ 17 177 heures de vol au cours de 131 848 vols.La dernière catastrophe ayant frappé Gulf Air remonte à 1983 quand une bombe a explosé dans la soute d'un Boeing 737-200 à l'approche d'Abu Dhabi.L'attentat avait tué les six membres d'équipage et 105 des 111 passagers.PHOTO AP Une partie du fuselage de l'A320 émerge des eaux peu profondes de cette partie du golfe Persique.FILL07 La Presse 25 août 2000 Page A13 manquante 5LP1402A0825 A14 vendredi 5LP1402A0825 ZALLCALL 67 01:02:04 08/25/00 B Politique A 14 R LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 25 AOÛT 2000 Pour une marine mieux équipée Un appel à l'aide de l'opposition cambodgienne Sam Rainsy invite Ottawa à faire pression sur Phnom Penh pour que cesse la violence politique Presse Canadienne OTTAWA S'il n'en tient qu'au vice-amiral Greg Maddison, la marine canadienne devrait bénéficier d'investissements majeurs au cours de la prochaine décennie.La marine canadienne a déjà subi une cure de rajeunissement au cours des 10 dernières années, alors que presque toute sa flotte a été renouvelée ou rénovée.Mais la direction des forces navales du pays veut davantage : de nouveaux navires, de nouveaux systèmes et de nouveaux armements.Lors d'une récente entrevue, le vice-amiral Maddison, chef des ressources humaines de la marine, a décrit certains projets qu'il a en tête pour améliorer la performance de la marine, comme l'acquisition de nouveaux navires de réapprovisionnement et de navires consacrés à la défense aérienne.On souhaite également renouveler les armements mis à la disposiiton de la marine, dont éventuellement des missiles de croisière.GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Le chef de l'opposition cambodgienne, Sam Rainsy, exhorte le gouvernement canadien à faire pression sur le régime de Phnom Penh afin que la démocratie, les droits de la personne et la liberté d'expression soient respectés dans son pays.De passage à Ottawa pour sensibiliser les responsables au ministère des Affaires étrangères à la violence politique à laquelle font face les opposants démocrates au Cambodge, le chef du PSR (lésé pour l'instant de son véritable nom de Parti national khmer en raison de tracasseries judiciaires), Sam Rainsy, affirme que le Canada peut jouer un rôle important dans l'assainissement de la vie politique cambodgienne.« La semaine dernière, a-t-il rappelé à La Presse au cours d'une entrevue, notre parti a eu deux morts et un blessé.Il s'agit de candidats aux prochaines élections.La démocratie au Cambodge n'existe que sur le papier.L'État au Cambodge et le parti au pouvoir se confondent.C'est la caractéristique de tout pouvoir autoritaire.» Sam Rainsy croit que le Canada, qui est signataire des Accords de Paris sur le Cambodge, qui a participé à la force de maintien de la paix de l'ONU dans ce pays et qui est un donateur important, possède tous les moyens de pression nécessaires pour aider à l'assainissement politique du royaume khmer.À noter que les assassinats de la semaine dernière font suite à une longue liste de meurtres et d'attentats perpétrés contre le PSR.M.Rainsy lui-même a échappé à plusieurs attentats.« Nous demandons au gouvernement canadien, poursuit Sam Rainsy, de parler au gouvernement cambodgien qui compte sur l'aide internationale \u2014 et sur celle du Canada \u2014, d'utiliser toute son influence pour que le régime de Hun Sen ne recourt plus à ce genre de pratique.Je sais que l'un des objectifs de l'Agence canadienne de développement international est de renforcer les institutions démocratiques.Le Cambodge se trouve actuellement devant trois impasses, selon le dirigeant démocrate.La première concerne la mise sur pied d'un tribunal pour juger les anciens chefs khmers rouges.« Le gouvernement cambodgien ne veut pas de ce tribunal, affirme Sam Rainsy ; il veut faire un simulacre de tribunal et de justice.Il refuse que le compromis fait avec l'ONU sur la composition de ce tribunal se matérialise.Parce que si un tribunal indépendant était créé, il risquerait d'éclabousser beaucoup de gens qui sont au pouvoir actuellement et qui sont d'anciens chefs khmers rouges, dont le premier ministre Hun Sen lui-même, le ministre des Affaires étrangères et celui de l'Économie.De plus, la Chine s'oppose à la création de ce tribunal.» La deuxième impasse est celle des élections communales.« Pour que le Cambodge puisse prétendre être une démocratie, il faut que la démocratie soit plus vivante au plan local.C'est que le concept d'élections communales va à l'encontre de la culture autoritaire qui veut que tous les chefs locaux soient nommés par le parti au pouvoir.Enfin, troisième impasse, celle de la situation économique.« Le Cambodge est comme un tonneau des Danaïdes.Plus on aide ce pays, plus on verse de l'argent dans ce tonneau, moins il se remplit.Cela veut dire que le peuple cambodgien devient de plus en plus pauvre.Où va l'argent ?Pourquoi le peuple cambodgien ne bénéficie-til pas de cette aide ?» Sam Rainsy s'élève contre la façon dont la richesse est répartie au Cambodge, ne profitant qu'à une petite minorité au détriment de la plus grande partie de la population qui vit dans des conditions lamentables.« La richesse de cette petite minorité provient de certaines activités très spéciales, soutient M.Rainsy, genre déforestation, corruption, drogue, prostitution, blanchiment d'argent, etc.Cela est criminel parce que ça contribue à faire du taux de mortalité chez nous l'un des plus élevés au monde.L'espérance de vie au Cambodge est de 53 ans."]
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