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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-09-02, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0902 b01 samedi 02 septembre 6LP0101B0902 ZALLCALL 67 01:07:45 09/02/00 B Montréal, samedi 2 septembre 2000 Plus Faut-il avoir peur de l'avion ?page B4 ÉDITORIAL / OPINIONS / POLITIQUE Indemnisation obtenue à l'arraché « Pour beaucoup, l'accord arrive trop tard », a reconnu le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, au début du mois de juillet, au sujet de l'entente définitive sur l'indemnisation des anciens travailleurs forcés du nazisme.Cet accord, selon lequel des centaines d'entreprises allemandes se joignent à leur gouvernement pour dédommager les travailleurs forcés et les travailleurs-esclaves sous le régime hitlérien, a été obtenu à la suite de deux ans de rudes négociations.Et ce sont des nombreuses plaintes portées contre de grandes entreprises allemandes, qui ont provoqué ces négociations et, au bout du compte, l'adoption de la loi d'indemnisation par le gouvernement allemand.En vertu de cette loi, qui est entrée en vigueur le 12 août, un fonds doté de 10 milliards de deutschemarks (environ 7 milliards de dollars canadiens) est créé pour dédommager les travailleurs forcés et les travailleurs-esclaves.« L'industrie allemande, dans sa totalité, a bénéficié du travail non rémunéré, durant la guerre, d'un million de personnes », explique David Birnbaum, directeur général du Congrès juif canadien pour la région du Québec.« On estime qu'un grand nombre de ces 27 000 devraient être concernés, mais il est difficile d'être plus précis que ça à l'heure actuelle », indique M.Birnbaum, précisant qu'il manque encore plusieurs détails au sujet du règlement final.M.Birnbaum assure toutefois que l'indemnisation devrait se faire rapidement, probablement au cours des prochains mois : « Le chancelier allemand Gerhard Schroëder lui-même, avant d'adopter la loi qui a mené à ça, a souligné l'importance que tout se fasse vite.» PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse Philip Katz, qui a survécu à l'Holocauste, pourra bientôt être dédommagé à l'instar de milliers de travailleurs forcés du nazisme.«Le système des nazis n'était pas parfait; ils n'ont pas réussi à tous nous tuer.» Philip Katz, travailleur-esclave et survivant de l'Holocauste, témoigne Le 12 août dernier, entrait en vigueur une loi du Parlement allemand qui permettra à des milliers de travailleurs-esclaves sous le régime nazi de recevoir une compensation financière.Des centaines d'entreprises allemandes participeront au financement de l'opération.Au Québec, 8000 survivants de l'Holocauste pourraient ainsi être indemnisés.L'un d'entre eux, Philip Katz, établi à Montréal depuis 1977, s'est confié à La Presse.Alexandre Sirois Son séjour dans les camps de concentration, Philip Katz le raconte en chuchotant.Si bien qu'il faut parfois tendre l'oreille pour entendre ce que raconte ce petit homme frêle, qui ponctue son murmure de pauses à peine perceptibles pour reprendre son souffle.Il s'en excuse et affirme que sa voix n'est plus la même depuis sa récente opération à coeur ouvert.Loin de lui en tenir rigueur, on est tenté de lui répondre que la douleur de ses souvenirs est si vive qu'un chuchotement suffit pour l'exprimer.C'est pour faire contrepoids à cette douleur, en quelque sorte, que des centaines d'entreprises allemandes ont accepté de dédommager les quelque 260 000 anciens travailleurs forcés et travailleursesclaves sous le régime hitlérien qui sont encore en vie.Âgé de 76 ans, M.Katz est l'un des 8000 Québécois ayant survécu à l'Holocauste qui pourraient être admissibles à un dédommagement d'une valeur maximale d'environ 10 000 $.Le vieil homme signale qu'il acceptera l'argent, mais précise que les montants offerts sont dérisoires.« Aussi utile que cela puisse être pour un grand nombre de survivants qui sont dans des conditions terribles, c'est moins qu'une pitance », déclare-t-il.« Il ne peut pas y avoir de vraie compensation pour ce que nous avons traversé.Pour ce que les Allemands nous ont fait.» M.Katz salue néanmoins l'initiative allemande.« Peut-être que cela aidera à leur apprendre et à donner une leçon au monde entier.À montrer que ces systèmes discriminatoires et antidémocratiques conduisent à l'inhumanité », dit-il.Vient un moment, au cours de l'entrevue, où M.Katz affirme sans détour que les mots lui font défaut : lorsqu'on lui demande d'expliquer l'horreur des camps de concentration.« Il est impossible de tenter de faire comprendre la vie dans les camps de concentration à des gens qui ont toujours vécu dans des conditions normales, affirme-t-il.C'est comme si quelqu'un vivant sur Mars essayait d'expliquer sa vie aux habitants de la planète Terre.» Les souvenirs de M.Katz donnent néanmoins une bonne idée de l'atrocité de la situation.Né à Kisvaida, dans le nord de la Hongrie, en 1924, il était un jeune homme de 20 ans lorsqu'il a été déporté à Auschwitz, en mai 1944.Sa mère et ses cinq soeurs ont elles aussi été entraînées dans les camps de la mort.Seul son père, en voyage aux États-Unis, a été épargné.Sitôt arrivée à Auschwitz, la famille a été décimée.La mère de M.Katz et l'une de ses soeurs ont été tuées.Les quatre survivants ont dû travailler comme des forcenés pour espérer s'en sortir.« Tous les Juifs qui ont survécu aujourd'hui n'étaient pas seulement des prisonniers, ils étaient des esclaves », rappelle M.Katz.Il devait, pour sa part, fabriquer des fuselages d'avion, alors que ses soeurs creusaient des trappes pour empêcher les chars russes d'avancer vers les Allemands, « Les Allemands ont très consciencieusement organisé ce qu'ils ont appelé un plan rationnel pour détruire des gens, particulièrement des Juifs, mais en même temps, ils souhaitaient en retirer tout le potentiel économique qu'ils pouvaient », explique M.Katz.« Ils ne voulaient pas seulement exproprier les gens de tous leurs biens, mais littéralement les faire travailler jusqu'à ce qu'ils meurent, ajoute-t-il.Ce qui était paradoxal, c'est qu'ils avaient un besoin désespéré de travailleurs, mais en même temps, ils les détruisaient.» Ainsi, les conditions de vie étaient absolument insoutenables.Les travailleurs recevaient quotidiennement un minuscule morceau de pain, parfois accompagné de marmelade.Ils étaient réveillés à 3 h ou 4 h du matin et travaillaient sans relâche.Pendant un an, M.Katz a porté les mêmes vêtements sans pouvoir se laver ni même se brosser les dents.Et il a vu des collègues littéralement se tuer à l'ouvrage.Des entreprises coupables Pour M.Katz, la culpabilité des entreprises allemandes ne fait aucun doute.Il qualifie de « stupides et immorales » les allégations selon lesquelles elles n'ont rien eu à voir dans le génocide.« Cette notion que seuls les SS étaient responsables pour la destruction des Juifs ou pour l'établissement des camps de concentration, c'est de la totale fiction », dit M.Katz.Dans un camp de concentration situé à proximité de Munich, M.Katz a travaillé pour BMW, qui, en guise de rémunération pour son travail, payait les SS.« C'est comme la poule et l'oeuf, je ne sais pas lequel des deux est venu en premier ?Est-ce le camp de concentration qui a été établi près de l'usine BMW ?Ou l'inverse ?Chose certaine, il y avait une relation très nette entre les deux », soutient-il.Comment M.Katz et ses pairs ont-ils pu tenir le coup jusqu'à la fin de la guerre ?Encore là, les explications ne s'énoncent pas clairement.« Tenter de définir les facteurs qui nous ont permis de survivre est impossible, indique-til.Il y a eu autant de moyens de survivre qu'il y a eu de survivants.La plupart des survivants doivent probablement leur salut à la chance.Le système des nazis n'était pas parfait : ils n'ont pas réussi à tous nous tuer.» Reste que même la chance n'aura pas permis aux anciens travailleurs forcés et aux esclaves d'être dédommagés par les entreprises allemandes avant cette année, soit 55 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.Un délai que M.Katz juge déraisonnable : « C'est vraiment honteux que cela ait pris tant de temps alors que les survivants, qui ont été si brutalement exploités, sont déjà en train de mourir.» Philip Katz, au centre, entouré de sa mère et de ses soeurs, avant l'horreur des camps. 6LP0201B0902 b2-samedi-edito 6LP0201B0902 ZALLCALL 67 01:09:12 09/02/00 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 Il y a un grand absent dans le débat sur le financement de la santé où s'affrontent les premiers ministres Chrétien et Bouchard.Et c'est le public, les Canadiens ébranlés par la crise de leur système de santé, les patients en attente de soins, les cancéreux exilés.Dans toutes ces semaines où nos premiers ministres se sont chicanés sur la place publique, les a-t-on beaucoup entendus parler des malades, expliquer en quoi leurs visions respectives amélioreraient le sort des patients ?Pas le moins du monde.Car la santé est devenue un champ de bataille purement politique, où les patients, vagues figurants, sont essentiellement des otages.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca Ce n'est pas simplifier les faits à outrance que de dire que la volonté du premier ministre du Canada d'avoir son mot à dire sur la façon dont seront utilisés les fonds fédéraux destinés à la santé tient largement au fait que son parti veut faire de la santé un enjeu majeur de la prochaine campagne électorale.Ou encore de noter que les préoccupations du premier ministre du Québec portent bien plus sur les juridictions et le partage de pouvoirs que sur la qualité des soins et que son indignation s'explique en bonne partie par le fait que le conflit qui se dessine entre le Québec et Ottawa porte peut-être les germes d'une condition gagnante.Ce détournement du débat donne un peu mal au coeur.Les systèmes de santé des provinces sont là pour une chose, soigner les gens et les maintenir en santé.En faire un terrain de bataille de tous les jeux politiques compromet l'esprit même des programmes dont nos sociétés se sont dotés.Cela ne doit pas mener à banaliser le sérieux des conflits qui opposent actuellement Ottawa et le front commun des provinces.Mais à les replacer dans une juste perspective et rappeler qu'il y a d'autres échelles de priorités que celles que nous imposent les politiciens.Il y a en effet un vrai problème, qui touche à la fois le financement de la santé et le partage des responsabilités entre gouvernements.Le gouvernement fédéral, dans sa lutte contre le déficit, a réduit ses transferts aux provinces.Ce manque à gagner a affecté les provinces qui ont du mal à joindre les deux bouts en santé.Les provinces, en front commun, ont donc demandé à Ottawa, qui a retrouvé le chemin des surplus, de restaurer le niveau antérieur de ses transferts.Ottawa accepte maintenant d'injecter 4,2 milliards en santé, mais estime être en droit d'assortir son geste de conditions.Cela soulève d'abord un problème financier.Le Canada souffre d'un déséquilibre fiscal : les provinces sont responsables des secteurs où les coûts explosent, tandis que le fédéral, dont plusieurs programmes sont compressibles, profite en outre d'une explosion de ses recettes fiscales.Comme le dit le gouvernement Bouchard, l'argent est à Ottawa et les dépenses dans les provinces.Le second problème est politique.Les provinces, pour corriger le déséquilibre, doivent donc quémander des fonds à Ottawa, avec le cortège de chicanes, de jeux politiques, de tensions, de confusion des responsabilités que cela provoque.Un contexte d'autant plus explosif qu'Ottawa impose des conditions pour redonner aux provinces de l'argent qu'il leur avait enlevé.Tout cela est malsain.La solution la plus propre, pour s'en sortir, est certainement un nouveau partage fiscal, comme le prône entre autres le PLQ, où Ottawa réduirait son appétit fiscal en transférant des points d'impôt aux provinces, qui se retrouveraient ainsi, en toute logique, à percevoir elles-mêmes les fonds dont elles ont besoin, sans avoir à passer par les pénibles chicanes.C'est la meilleure façon de couper net l'appétit d'intrusion d'Ottawa dans un domaine qui n'est pas de son ressort et pour lequel il n'a pas le « know-how ».Voilà pour les principes.En attendant ce partage souhaitable, il faut s'assurer que la restauration des transferts fédéraux se fasse avec un minimum de lourdeur.On se souvient entre autres que le gouvernement Chrétien a été tenté d'imposer aux provinces des normes en santé, ce qui aurait ouvert une boîte de Pandore.Mais dans les faits, il faut constater qu'Ottawa a depuis maîtrisé ses pulsions et que les conditions auxquelles il veut maintenant assujettir ses versements aux provinces ne sont pas de nature à compromettre l'équilibre et peuvent difficilement être qualifiées d'intrusion.Ottawa souhaite en effet que les provinces participent à un réseau statistique qui permettrait de rendre des comptes à leurs citoyens, de comparer les systèmes, de mesurer leurs progrès et leurs reculs.On cherche en vain l'« odieux chantage » et l'« envahissement des compétences » dont parle la démagogique campagne publicitaire du gouvernement Bouchard.Peut-on vraiment être contre un système de données publiques sur la santé, avec des provinces dont les systèmes sont similaires et partagent les mêmes valeurs ?On comprend d'ailleurs mal comment il se fait qu'un tel outil n'existe pas déjà.On comprend encore moins en quoi cela menacerait le Québec et justifierait de pleines pages de publicité hystériques du gouvernement québécois.Si le système de santé québécois était un modèle en Amérique du Nord, le premier ministre Bouchard pourrait envoyer promener son homologue fédéral en disant que le Québec n'a pas besoin des précieuses suggestions d'Ottawa ou des échanges avec les autres provinces.Mais le système de santé québécois est en crise, plus mal en point que celui de la plupart des autres provinces, sous-financé par rapport aux autres.Ce que Lucien Bouchard se retrouve à réclamer, c'est le droit inaliénable du Québec de pouvoir mal gérer, en vase clos, son système de santé.Ce qu'il demande aux citoyens du Québec, c'est d'appuyer ses tentatives pour ne pas avoir à leur rendre de comptes.Voilà une bien mauvaise bataille pour Lucien Bouchard, dans laquelle les Québécois refuseront très certainement de le suivre.Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Et les malades dans tout ça?Un bon «bulletin» Le Parti libéral du Québec disait souhaiter, il y a dix jours, la confection d'une sorte de « bulletin » des écoles.Son voeu aura été exaucé beaucoup plus rapidement que prévu : le ministère de l'Éducation avait bel et bien en sa possession une évaluation de ce type, rendue publique cette semaine après que La Presse en eut révélé les grandes lignes, juste à temps pour la rentrée des classes.La publication de cette étude, La Réussite scolaire au Québec, a eu l'effet d'une petite bombe.Et fait hurler les syndicats d'enseignants.Cependant, à moins de décréter que la connaissance est inutile ou même nuisible \u2014 ce qui serait une fort étrange position, venant de gens dont le métier consiste à la propager.\u2014, on ne voit pas sur quoi il faudrait se fonder pour imposer le silence sur la performance des écoles.Or, le tableau est relativement inquiétant.Après une pondération effectuée selon des critères liés à l'environnement socio-économique des différentes institutions, l'étude indique que 366 écoles primaires et 104 écoles secondaires du Québec parviennent mal à conduire leurs élèves jusqu'à l'obtention d'un diplôme.Dans certains cas extrêmes, moins du quart de ceux-ci terminent avec succès, et dans les délais prévus, leurs études secondaires.La question est donc : vaut-il mieux le savoir ou pas ?La réponse s'impose d'elle-même.Surtout que, comme dans bien des secteurs de la société, des changements profonds s'annoncent en éducation.La mise en application de la réforme du régime pédagogique a débuté dans les écoles primaires.Le ministre François Legault a exprimé des intentions et des attentes précises en ce qui concerne la qualité et la performance du système.De sorte que, le document sur la Réussite scolaire venant plaider à son tour pour la nécessité d'un renouvellement, la table est mise pour un véritable changement de culture dans les institutions d'enseignement .À l'évidence, c'est bel et bien cela qui fait peur, qui pousse les corporations syndicales à brandir.l'épouvantail anglais.En Grande-Bretagne, en effet, le gouvernement travailliste de Tony Blair poursuit, en éducation, une réforme radicale \u2014 dont les lecteurs de La Presse auront pris connaissance à partir des reportages signés par Marc Thibodeau.L'une des composantes de cette réforme concerne précisément l'évaluation des institutions scolaires : dans les cas extrêmes, lorsqu'une première mesure d'assistance s'avère improductive, les Britanniques vont jusqu'au remaniement ou même au remplacement du personnel d'une école en difficulté.Rien de cela n'a fait plaisir aux syndicats d'enseignants, bien sûr, mais « les parents sont nos plus grands amis », dit un fonctionnaire chargé d'administrer le programme.Au Québec, on se trouve certainement à des années-lumière de dispositions draconiennes comme celles-là.Cependant, dans une société où le plus insignifiant objet de consommation est analysé, disséqué, scruté et évalué comme si le sort du monde en dépendait, on ne peut certainement plus rejeter l'idée qu'un appareil critique \u2014 à être plus exactement défini \u2014 s'intéresse à la qualité des institutions dont dépend l'avenir de nos enfants.Le « bulletin » des écoles préparé par le ministère est délicat à manier ?Certes.Il faut éviter de tirer des conclusions hâtives, ou de jeter l'opprobre sur certaines institutions ?Sans doute.Mais des mesures de correction ne peuvent être appliquées qu'à partir du moment où on sait ce qu'il y a à corriger.L'étude La Réussite scolaire au Québec constitue un premier outil \u2014 rudimentaire, certes, mais qui a le mérite d'exister \u2014 pour s'attaquer à cette besogne.+DROITS RÉSERVÉS Serge.Chapleau@lapresse.ca LA BOÎTE AUX LETTRES La santé, une question de chantage ?n L'argent de la santé doit servir à la santé ?C'est ce que mon gouvernement défend.Et pourtant, il me semble qu'il n'y a pas si longtemps, le ministre des Finances lui-même, Bernard Landry, faisait fructifier des capitaux de sept cent millions réservés à la Santé en attendant de les employer à meilleur escient.Voilà une belle querelle constitutionnelle dont je n'ai que faire et dont je n'ai pas envie de faire les frais.Pourtant, elle me concerne directement puisque je suis en attente d'une chirurgie depuis février.Il y a quelques jours, m'inquiétant des conséquences que pourraient avoir ces délais sur ma santé, j'ai tenté de m'enquérir auprès de mon médecin d'abord, de l'hôpital ensuite d'une date possible de chirurgie.Voilà qui relève de la plus haute fantaisie ! Car l'hôpital, pour boucler son budget, a coupé à une journée d'avis le temps alloué aux médecins en salle d'opération.Impossible donc de connaître la date qui avait d'abord été fixée au printemps 2000 ; on m'a tout de même laissé entendre qu'avec un peu de chance cela devrait se faire avant 2001.Et qu'on ne me dise pas que ce cafouillis bureaucratique est la seule conséquence d'un manque de financement.J'ai été témoin des effets des regroupements d'hôpitaux à l'occasion de l'hospitalisation d'un membre de ma famille.D'abord hospitalisé dans un centre hospitalier faisant partie du CHUQ (Québec), il a dû également être soigné pendant quelques semaines dans un autre centre hospitalier de la même constituante avant d'être ramené au centre hospitalier d'origine.Il a fallu à chaque fois raconter la même histoire, répondre aux mêmes questions, remplir de nouvelles formules parce que chaque centre gardait ses façons de procéder et n'avait aucun contact avec les autres unités du CHUQ ! ! ! Je veux bien que la santé soit de compétence provinciale et que le fédéral n'a pas à s'ingérer dans le domaine.Je trouve cependant inquiétant qu'on fasse un tel battage publicitaire dans un domaine où, à l'heure actuelle, on est loin de faire la preuve qu'on a la situation bien en mains.Et comme d'habitude, les principaux intéressés, les bénéficiaires de services sont absents du débat qui peut être vu comme un odieux chantage de part et d'autre des gouvernements.Michèle CLOSSON-DUQUETTE Sainte-Thérèse Montréal frappe encore n Dans le but d'empêcher les citoyens de profiter d'un des rares espaces verts qui profite aux résidants du centreville qui sont propriétaires de chiens, la Ville de Montréal procède en ce moment au démantèlement des portes en acier cloturant le parc Percy Walters, qui datent de plus de cinquante ans, propriété léguée à l'époque à la Ville de Montréal par le docteur Percy Walters.Depuis plus de 25 ans, ce parc servait d'espace aux résidants propriétaires de chiens dans le but de permettre à ces derniers de s'ébattre.À la suite de cette action sauvage de la Ville, les résidants propriétaires de chiens du centre-ville de Montréal sont désormais abandonnés sans lieu d'exercice pour leur animal favori.Est-ce nécessaire d'attirer l'attention de M.Bourque sur ce problème, lui qui semble plus intéressé à ses fleurs qu'à ses résidants.David SHARPE Le pouvoir aux Sages n Comment se fait-il que nous ayons élu, pour gouverner notre pays, des gens qui ont manqué à ce point de jugeotte pour confier à une entreprise privée le soin de gérer les aéroports de Montréal ?Des avions décollent, atterrissent, souvent la nuit, passé minuit, à un rythme assourdissant, laissant échapper des nappes de kérosène dont la liste des effets sur la santé est ici trop longue à énumérer.Mais, ne craignezrien, nous trouverons bien un moyen de faire connaître ces faits à la population.Que l'on ne nous fasse pas croire qu'il n'existait pas d'autres solutions.Quasiment le plus ignorant d'entre nous aurait été en mesure de faire des suggestions plus intelligentes ! Il est loin le temps où les Sages gouvernaient la Cité ! Ne trouvez-vous pas chers lecteurs ?Francine Des ROCHERS Saint-Laurent 6LP0301B0902 b3-samedi-edito 6LP0301B0902 ZALLCALL 67 01:04:16 09/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 B 3 Forum CATHERINE FOL L'auteure est réalisatrice à l'ONF.M.François Legault, Je vous écris cette lettre pour vous dire qu'aujourd'hui je déserte l'école publique.Après plusieurs mois d'attente, nous venons d'apprendre qu'une place s'est enfin libérée pour notre enfant dans une école privée.Je ne vous raconterai pas par le menu toutes les aberrations auxquelles nous avons assistées à l'école publique, ces dernières années.Nous en avons vu assez pour réaliser que nous n'étions pas malchanceux, que les situations se présentant en classe n'étaient pas accidentelles, qu'elles étaient révélatrices d'une école qui nivelle sans cesse par le bas, une école qui ne répond qu'à une certaine clientèle, de préférence en difficulté.Bien sûr ils sont encore nombreux les bons élèves, ceux qui adhèrent plus ou moins facilement à l'institution, ceux qui suivent le rythme et sont prêts, avec un peu de soutien, à en faire davantage, mais l'école du quartier a trop de problèmes urgents à résoudre pour se soucier d'eux.Ils se tiennent tranquilles, c'est tout ce qu'on leur demande.Malheureusement pour eux nous vivons dans une société où, même s'ils représentent la majorité, il paraît indécent d'exiger plus pour les enfants qui vont bien quand tant d'autres vont si mal.Mon expérience du système public me laisse un goût amer car je ne peux m'empêcher de penser aux camarades de classe de ma fille, à Vincent, Maxime, Emma et Marie-Ève, de beaux enfants, pleins d'espoir en l'avenir, des enfants qui ont soif d'apprendre et qui comptent sur nous, les adultes, pour les éduquer et faire d'eux des citoyens libres.Je vous écris cette lettre pour m'excuser d'être déserteur, d'avoir abandonné une cause collective, d'avoir choisi le meilleur pour mon enfant, au détriment de ma communauté, au détriment des camarades de classe de ma fille, car chaque bon élève qui quitte le système public appauvrit davantage le groupe dont il faisait partie.En retirant mon enfant, je participe malgré moi à nourrir un cercle vicieux qui déséquilibre la clientèle de l'école dont vous êtes en charge.J'en suis désolée.Depuis des années, et plusieurs générations d'élèves, je vois votre ministère imaginer de nouveaux programmes, implanter de nouvelles structures, mettre des énergies sur de nouveaux concepts.Comment une infrastructure aussi riche de compétence que le ministère de l'Éducation, les directeurs d'école, les commissions scolaires, les pédagogues et autres experts qui tous se penchent à l'année longue sur la question de l'éducation, n'arrivent pas à faire en sorte que l'école soit un milieu enrichissant pour tous, pour tous les enfants (et j'ajouterai pour les enseignants aussi) ?Aujourd'hui, vous nous proposez une réforme qui, à ce qu'on en dit, privilégie les mathématiques, le français, la culture, le travail d'équipe et l'autonomie de l'élève, le tout dans une approche dynamique, en travaillant sur des projets constructifs et intéressants.Je dois être bête mais je croyais que ces positions étaient acquises depuis longtemps.Elles me semblent faire appel à un bon sens primaire qui devrait être de mise depuis toujours.Comment se fait-il que le privé, lui, n'ait pas perdu ces directions en cours de route ?Depuis des décennies, il prend le meilleur des mondes, de l'ancien et du nouveau.S'il accepte de se régénérer, il persiste dans son approche traditionnelle à la discipline plus ou moins militaire : faire des dictées pour apprendre l'orthographe, des rédactions pour apprendre à écrire et tant qu'à faire, de la géométrie, de l'histoire, des langues étrangères et encore apprendre la politesse la plus élémentaire, respecter les règles, même celles qui nous déplaisent et travailler, bûcher, étudier, recommencer encore et encore.Et ne venez pas me dire que la clientèle sélecte du privé permet d'atteindre des objectifs impossibles au public.Je les ai vu ces enfants du quartier.Ils ont des yeux aussi pétillants que ceux du privé et selon moi, pas plus que ceux-ci ils ne désirent être ami du professeur, ni ami du directeur ni même de leurs parents.Ils cherchent autour d'eux des adultes qui leur montrent le meilleur d'eux-mêmes.En juin dernier, ma fille est rentrée avec son bulletin en main : « Regarde maman, j'ai eu des MS partout, c'est la meilleure note que tu peux avoir.» MS pour Maîtrise Suffisante.On ne peut plus avoir une note de 80 % et se battre pour atteindre 90 %, ou mieux encore 100 % ; ou alors avoir un B et étudier très fort pour obtenir un A.Il faut bannir la compétition, mais ce faisant, on élimine aussi la compétition avec soi-même.Aujourd'hui, si vous êtes plus ou moins moyen, bon, très bon ou excellent élève, peu importe, vous méritez un vague MS et pouvez être satisfaits de vous-même.Avons-nous si peur de blesser les plus faibles, si peur de nourrir un discours de droite que nous mentons aux uns comme aux autres, que nous ne savons plus dire ce qui est bien ou mal, dur ou facile, médiocre ou excellent.Comment un enfant peut-il apprendre la valeur des choses s'il n'existe plus de référence ?Comment peut-il se dépasser, s'élever, si autour de lui on lui répond : « Ça suffit, c'est assez, c'est suffisant » ?Je suis de la vieille école, vous l'aurez compris.Elle a fait ses preuves.Nous pouvons d'ailleurs nous réjouir qu'elle soit toujours présente à travers le système privé car c'est elle qui, en grande partie, forme encore l'élite dont notre société a besoin.Je me retire donc du système public, triste pour les autres enfants mais rassurée pour les miens.D'ailleurs, vous m'avez donné l'exemple, vous, ministre de l'Éducation, qui malgré vos fonctions et malgré vos discours optimistes, persistez à choisir l'école privé pour vos enfants.En dépit de ma défection, je continue à croire en ce rêve d'une excellente école pour tous mais pour y arriver, il ne faudrait pas se contenter d'une réforme mièvre mais plutôt remettre en question des acquis et des structures insatisfaisantes non seulement dans votre ministère mais aussi aux ministères du travail et de la famille, car il faut toucher tous les adultes, éducateurs et parents, qui tous sont responsables de cette situation.Nous referons confiance au système public, vous et moi et tellement d'autres, le jour où vous trouverez le moyen de faire en sorte que tous, nous ne nous satisfaisions plus d'une école ayant sur ses capacités une maîtrise suffisante.Encore beaucoup de pain sur la planche GÉRALD BOUTIN et LOUISE JULIEN Les auteurs sont professeurs titulaires au département des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal et sont respectivement directeur du Bureau de la formation pratique et directrice du programme préscolaire-primaire (formation initiale).La réforme scolaire québécoise suscite à l'heure actuelle des débats et des inquiétudes qu'il est impossible de passer sous silence.Elle donne lieu à des prises de position pour le moins contrastées de la part de ceux qui s'y intéressent.Nous voici bien au coeur du débat qui envahit le système scolaire québécois à l'heure de la rentrée.Certes la réforme préconisée contient des éléments positifs dont personne ne conteste la pertinence : à titre d'exemple, on peut citer le rapprochement entre l'école et la famille et une plus grande prise en compte du cheminement scolaire de l'enfant.En revanche, elle a des limites évidentes et recèle des paradoxes qui en rendent l'application difficile à plusieurs égards.C'est précisément la thèse que nous avons soutenue dans un ouvrage récent intitulé L'obsession des compétences (Éditions Nouvelles).Dans le droit-fil de notre prise de position, des critiques de plus en plus nombreuses reprochent aux artisans de la réforme leur fixation sur l'approche par compétences qu'ils ont adoptée de façon unilatérale.À ce tableau, s'ajoute la banalisation des connaissances considérées désormais tout simplement comme « étai aux compétences » (sic), sans oublier une vision idyllique de l'évaluation en ce qui concerne les écoliers mais radicale pour ce qui est de la cote attribuée à chaque école.Tout cela peut paraître très complexe, mais voyons-y de plus près.Parlons d'abord de la façon dont cette réforme a été pensée et mise en place.Elle s'appuie sur des théories connues depuis fort longtemps (le socioconstructivisme et la pédagogie par projets datent du début du XXe siècle).En assénant ces théories comme des vérités absolues, les auteurs des programmes font l'économie d'une analyse approfondie des pratiques courantes des enseignants et des véritables enjeux de l'école d'aujourd'hui.Cette conception réductrice de l'enseignement a conduit à la situation qui prévaut actuellement : d'un côté, des enseignants qui se disent mal à l'aise face aux paradoxes et aux contradictions inhérentes à l'approche prescrite et, de l'autre, un ministère de l'Éducation qui poursuit son projet tout en étant obligé de « jeter du lest » depuis quelque temps, face aux résistances et aux critiques qui fusent maintenant de tous côtés.La réforme impose en outre à tous les ordres d'enseignement un modèle unique, l'approche par compétences (APC) \u2014 dont la rigidité est bien connue \u2014, jumelée à une pédagogie d'apparence très souple, \u2014 inspirée, elle, des écoles dites alternatives.Tout se passe comme si on oubliait de tenir compte des limites et des dérives inhérentes à l'adoption d'une démarche aussi complexe et paradoxale.Pour l'heure, ce qui est demandé aux enseignants, c'est de s'aligner sur les compétences attendues insérées dans des programmes présentés sous forme de « myriades de comportements observables » (sic).Le modèle qu'on leur impose, celui de l'APC, n'est pas nouveau ; il a connu son heure de gloire aux É.-U.dans les années 1970 avant de nous arriver, après avoir transité par certains pays européens comme la Suisse et la Belgique (du moins sous forme d'intention).À vrai dire, il provient du monde de l'industrie et du commerce.À cet égard, l'alignement de l'école sur l'ISO, préconisé par certains, donne une idée du peu d'attention que l'on porte au Québec au rôle essentiel de l'école comme responsable de la transmission de l'héritage culturel.L'une des limites importantes de la réforme actuelle, c'est qu'elle tend à banaliser les connaissances, qu'elle assujettit aux compétences.En termes clairs, il s'agit non plus de savoir, mais d'être en mesure de démontrer que l'on sait.Il y a là une vision pragmatique de l'accessibilité aux connaissances et à la culture en général qui interpelle nombre d'observateurs.Cette conception se concrétise dans l'injonction faite aux enseignants de ne plus enseigner, mais de se contenter d'accompagner l'élève dans « la construction de ses connaissances ».De plus, des théoriciens de la réforme vont jusqu'à inciter les enseignants à réduire « de façon drastique » (sic) la quantité de connaissances à enseigner.Une telle assertion tranche sur la réalité puisque tout le monde sait que les enfants et les jeunes d'aujourd'hui ont accès à des milliers de sources de connaissances (Internet, etc).Avec cette restriction, tout sera axé sur l'acquisition des compétences, sur la performance et sur la réussite à tout prix.Dans de telles circonstances, on pourra se demander où s'épanouira le plaisir d'apprendre, où l'on trouvera le temps de laisser mûrir l'enfance dans l'enfant.Les enseignants auront-ils le temps de superviser les projets de leurs élèves, alors que là n'est pas le véritable enjeu et que la ligne d'arrivée est toute tracée à l'avance ?Enfin, la conception de l'évaluation des apprentissages des élèves est loin d'être claire.On pressent, pour l'instant du moins, un bulletin descriptif dont la facture définitive serait établie par chacune des écoles, à partir d'un modèle préparé par le MEQ.Les réformateurs se disent confiants de changer l'attitude des parents, qui préféreraient un bulletin de type quantitatif (sous forme de %), en les invitant à participer à cette évaluation.Pour le reste, on propose l'abandon des examens au profit de l'adoption d'un portfolio dans lequel l'élève sera convié à colliger ses travaux, comme si une évaluation de type formatif (pratiquée en cours d'action) excluait d'office tout autre forme d'évaluation.Cette façon de procéder inquiète les parents et les enseignants qui se demandent comment on pourra tenir compte des acquis des enfants qui seront amenés à changer d'établissement scolaire, voire d'enseignant en cours de cycle.Pour l'instant, rien ne semble arrêté officiellement et il reviendra vraisemblablement aux écoles de « bricoler » des réponses aux questions qu'elles se posent à ce sujet.Cet état des lieux que nous venons de dresser nous incline à poser un certain nombre de questions qui rejoignent, pour l'essentiel, celles de tous ceux que l'éducation québécoise concerne ou préoccupe.Fallait-il, par exemple, procéder à une réforme de l'enseignement d'une telle ampleur pour amener les enseignants à travailler en équipe, pour instaurer trois cycles au primaire, pour imposer deux approches pédagogiques aussi difficilement conciliables que l'approche par compétences et le socioconstructivisme, pour laisser en suspens la question fondamentale de l'évaluation et, surtout, pour valoriser l'éducation, non pas par la culture, mais par des incitations à la performance, selon le modèle industriel Sur un plan encore plus concret, on peut également se demander s'il était approprié de laisser les écoles dans l'expectative d'une réforme salvatrice pendant près de cinq ans et demi, et surtout de dépenser des sommes faramineuses pour la rédaction de programmes sans cesse remis sur la table à dessin, pour en arriver, en septembre 2000, à la décision d'injecter enfin 150 millions de dollars à destination des enfants en difficulté alors que l'on a effectué des coupes sombres dans les services complémentaires depuis 10 ans ?Et enfin, en ce qui concerne la qualité de la formation, jusqu'où faudra-t-il abaisser les exigences scolaires pour assurer la réussite de tous les élèves quelles que soient leurs capacités réelles ?Bref, dans tout ce branle-bas occasionné par la réforme actuelle, force est de constater que l'égalité des chances, espoir du rapport Parent, est subtilement contournée.Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a encore du pain sur la planche et qu'il devient difficile sinon impossible, même à l'heure tardive qu'il est, d'éviter un débat de fond ! Tout sera axé sur l'acquisition des compétences, sur la performance et sur la réussite à tout prix.Dans de telles circonstances, on pourra se demander où s'épanouira le plaisir d'apprendre, où l'on trouvera le temps de laisser mûrir l'enfance dans l'enfant.Quelle rentrée! La rentrée scolaire 2000 ne s'est pas effectuée sans heurts.Les critiques fusent contre la réforme que tente de mettre en place au niveau primaire le ministère de l'Éducation.Nous vous présentons à ce sujet une opinion signée par deux experts et un témoignage.ALAIN ROBERGE, La Presse Catherine Fol confesse que son expérience du système public lui laisse un goût amer.«Je déserte.» Je vous écris cette lettre pour m'excuser d'avoir abandonné une cause collective, d'avoir choisi le meilleur pour mon enfant.En ce qui concerne la qualité de la formation, jusqu'où faudra-t-il abaisser les exigences scolaires pour assurer la réussite de tous les élèves quelles que soient leurs capacités réelles ?se demandent les deux auteurs. 6LP0401B0902 b04 samedi 02 septembre 6LP0401B0902 ZALLCALL 67 01:00:57 09/02/00 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 Plus Faut-il encore s'asseoir dans un avion prêt au décollage ?Après l'écrasement de l'Airbus de Gulf Air, la semaine dernière, celui, historique, du Concorde il y a un mois, et les conclusions des experts concernant la catastrophe de la TWA (juillet 1996), les inquiétudes s'accumulent.Concurrence, saturation des aéroports ou vieillissement des avions sont montrés du doigt, alors que les experts insistent, eux, sur la fiabilité statistique du transport aérien.Faut-il avoir peur de l'avion?CHRISTOPHE DORÉ Le Figaro Avec la catastrophe de l'Airbus A320 de Gulf Air qui a fait 142 morts, la semaine dernière, en s'abîmant en mer aux abords de Bahrheïn, l'addition devient lourde pour le transport aérien qui vit un véritable été noir.Un mois après le premier crash de l'histoire du Concorde, qui a coûté la vie à 113 personnes en s'abattant à Gonesse, ce nouveau drame oblige à s'interroger sur la bonne gestion de ce mode de transport.Défauts de conception des appareils, vieillissement des flottes, saturation des aéroports, concurrence économique exacerbée.Les sources d'inquiétude ne manquent pas, même si les statistiques montrent que l'avion est un moyen de transport très sûr comparé aux autres.« Si le nombre total des accidents augmente, cela s'explique par l'augmentation du nombre de vols réalisés, alors que le risque par vol reste stable », ajoute-t-on à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).Il est vrai que le trafic passagers dans le monde a plus que doublé en dix ans.Quant au trafic français, il augmente en moyenne de 5 % par an, faisant du ciel de l'Hexagone le plus encombré d'Europe.Malgré tout, les bureaux d'enquêtes stigmatisent des dysfonctionnements inquiétants et les incidents se multiplient.Encore dernièrement, à Roissy, un Boeing 747 de la compagnie Japan Airlines a interrompu in extremis sa procédure de décollage constatant la détérioration de deux pneus en surchauffe.« Ces incidents mineurs ne sont pas rares », nuance la gendarmerie des transports aériens.Mais ils ne relèvent plus de l'anecdotique.La destruction d'un pneu a conduit le Concorde « à son écrasement moins d'une minute et trente secondes après cet événement », selon les termes du bureau Enquêtes-Accidents français.Comment ne pas s'inquiéter, également, quand les autorités de l'aviation civile rappellent à l'ordre la compagnie aérienne AOM, après une série d'incidents clouant au sol ses DC 10 et ses passagers ?En cause, des raisons purement techniques et comme excuses : la saturation du secteur empêchant la compagnie d'affréter des avions de remplacement ainsi qu'« une flotte de long-courriers vieillissante », selon le directeur technique de la compagnie.Pour finir, le rapport final d'enquête concernant la catastrophe du Boeing 747 de la TWA survenue en juillet 1996 ajoute de l'eau au moulin des inquiets.Il met directement en cause la conception de l'avion qui abrite les appareils d'air conditionné, sources de chaleur, juste sous le réservoir central.Ce réservoir ne contenait que des résidus de vapeurs de kérosène au moment du décollage du Boeing de la TWA.Une forte chaleur estivale et le fonctionnement des équipements d'air conditionné pendant deux heures d'attente sur le tarmac auraient créé une conjonction favorable à l'explosion de ses vapeurs.Une technologie en progrès constant CYRILLE VANLERBERGHE Le Figaro En dépit des accidents mortels, les avions sont de plus en plus sûrs.Ils gagnent à la fois en fiabilité (moins souvent en panne) et en sécurité (meilleure résistance générale lorsque des incidents surviennent).Les progrès continus de la technologie permettent aux constructeurs aéronautiques de respecter avec chaque nouveau modèle des contraintes de plus en plus strictes.« D'une manière générale, les normes vont dans le sens d'une plus grande sévérité, résume un cadre de Snecma Services.Ce qui est tout à fait logique.» Et le matériel suit.Il y a une vingtaine d'années, on notait un arrêt en vol d'un réacteur pour 100 000 heures de vol.Il n'y a aujourd'hui que trois arrêts pour un million d'heures de vol pour donner un ordre de grandeur, l'avion de Gulf Air avait 17 177 heures de vol, en six années d'exploitation.Ce progrès permet entre autres aux biréacteurs de faire de longs vols au-dessus de l'océan, loin de toute piste de secours.Mais c'est aussi dans l'intérêt de la réputation du constructeur, que ce soit Boeing ou Airbus, de produire des avions sûrs.« Si un train a une panne, il s'arrête simplement.Mais un avion en panne tombe et tout le monde meurt, résume cyniquement un dirigeant d'Airbus.Les passagers, la compagnie aérienne et le constructeur ont tous à perdre dans un accident.» « La conception des nouveaux avions est toujours très longue, car chaque pièce, chaque système doit répondre à des contraintes de sécurité de plus en plus nombreuses », ajoute un ingénieur travaillant pour Airbus.Il existe aussi de nouvelles normes liées à l'environnement sur les émissions des moteurs, les limites de bruit.Et si on ajoute à tout cela la nécessité de faire des avions toujours plus légers et plus économiques, cela représente un véritable casse-tête.Non seulement les constructeurs affirment que leurs avions sont plus sûrs à la conception, mais ils sont aussi imaginés dès le départ pour que leur maintenance soit plus facile.Il vaut évidemment mieux être capable de détecter des problèmes avant qu'ils n'interviennent en vol.Signe de la complexité croissante des règles de sécurité, les normes internationales édictées par l'OACI (Organisation internationale de l'aviation civile) remplissent actuellement plusieurs milliers de pages.Alors que la Convention de 1944 sur l'aviation civile ne faisait au départ qu'une cinquantaine de pages et ne comprenait que six annexes.Et cela ne concerne que les textes de base, ceux sur lesquels tous les 185 pays signataires se sont mis d'accord.Chaque pays peut ensuite ajouter des normes supplémentaires, en fonction de sa géographie (présence de hautes montagnes, par exemple) et de son climat.Cette augmentation permanente des règles est principalement due aux changements technologiques.Pour l'A3XX, Airbus a ainsi dû s'assurer que son avion géant ne laisserait pas derrière lui, au décollage comme à l'atterrissage, des tourbillons capables de renverser les avions qui le suivent.PHOTO Associated Presse © Une traînée de feu de plusieurs dizaines de mètres se dégage du Concorde.Quelques secondes plus tard, l'appareil va s'écraser, faisant 113 victimes.Cinq questions sur la sécurité Trafic, maintenance, charters, formation des pilotes, concurrence : les experts répondent ANGÉLIQUE NÉGRONI et FRANCIS PUYALTE Le Figaro L'augmentation du trafic aérien engendre-t-elle plus de risques ?On l'entend dire, on peut le penser.D'ailleurs, les avis des professionnels de l'aviation sont partagés.Pour Patrick Auguin, vice-président du Syndicat national des pilotes de ligne, « la hausse du trafic n'est pas une menace ».« Car si le ciel est davantage fréquenté, les normes de sécurité et les procédures en vigueur n'ont pas été changées, dit-il.Par exemple, l'entraînement des pilotes, les règles d'entretien et de circulation sont les mêmes et n'ont pas été sacrifiées à la loi du rendement.Notre syndicat a été particulièrement vigilant pour que cette réglementation ne subisse pas la pression commerciale.Certes, une réalité s'impose : plus il y a d'avions, plus les risques d'accidents se multiplient.Mais le seuil limite n'a pas été atteint.Dans le ciel, il y a encore de la place pour d'autres vols.La saturation n'interviendra pas avant des dizaines d'années.» En revanche, pour Bernard Thouanel, historien et spécialiste d'aéronautique, « le trafic exponentiel constitue forcément un danger.Plus il est dense, plus le risque d'accidents est présent.À ce jour, et selon les statistiques, il est prévu un accident d'avion par mois.Selon les études livrées par Boeing, d'ici à 2003, il faudra s'attendre à un accident par semaine.C'est inquiétant.La course au profit se fait au détriment des règles de sécurité.En France, le seuil limite est à mon sens déjà franchi.On dit Orly et Roissy saturés.C'est une bêtise d'envisager la création d'un troisième aéroport.Il faudrait que chaque pays, mais aussi les instances internationales régulent le trafic et lui fixent des limites.Cela dit, en dépit de ces dérives, l'avion reste le moyen de transport le plus sûr.Il y a moins de danger à survoler un océan qu'à faire le tour du périphérique parisien en voiture ».La qualité de la maintenance a-t-elle baissé ?Pour Alain Baron, secrétaire général adjoint du Syndicat national des mécaniciens au sol de l'aviation civile (section Air France), la réponse est « non », mais elle peut et doit s'améliorer.« D'ici à 2001, et avec un échéancier jusqu'en 2011, des règles européennes plus strictes vont progressivement entrer en vigueur, répond-il.Par exemple, le personnel des mécaniciens sera plus contrôlé, soumis à un suivi médical plus rigoureux.Des employés s'adonnant à la boisson seraient du coup mieux repérés.Autre exemple : aujourd'hui, un mécanicien peut intervenir sur 11 avions différents.Ce chiffre sera considérablement revu à la baisse.C'est une bonne solution qui évite l'éparpillement des connaissances.Ensuite, les textes européens prévoient une plus grande indépendance des contrôleurs.S'ils constatent une défaillance sur l'appareil et préconisent son maintien au sol, ils n'auront plus à soumettre leur verdict à leur hiérarchie.Par souci économique, celle-ci peut faire pression sur ce contrôleur pour qu'il change son rapport.À ce jour, Air France est réputée pour son travail de maintenance.Toutes les compagnies n'ont pas les mêmes exigences en matière de sécurité.» Chef de la subdivision nord du contrôle technique d'exploitation, Alain Belliard confirme : « La surveillance s'est renforcée.Depuis 1987, des contrôles inopinés ont lieu sur les aéroports.Prévus tout d'abord sur les seuls avions français, ils touchent depuis cinq ans les avions étrangers.En 1999, nos services, qui dépendent de la Direction générale de l'aviation civile, ont opéré 2359 contrôles techniques, dont 1240 sur les compagnies françaises.Les défaillances que nous constatons sont variées.Cela va du gilet de sauvetage périmé au pneumatique qu'il faut changer.Ce dernier cas est fréquent, nous le rencontrons une fois par mois.Notre rôle préventif a porté ses fruits.Nous constatons que les incidents graves sont en baisse.Les compagnies redoutent que nous bloquions l'appareil pendant un jour ou deux, car nous avons le pouvoir de prendre cette décision.Reste que notre service a un talon d'Achille : nous ne sommes que 30 en France pour réaliser ces contrôles.Les charters présentent-ils plus de risques que les avions des lignes régulières ?Pour Patrick Auguin, comme pour d'autres experts, on ne peut pas généraliser.« C'est un problème de sous-traitance, explique-t-il.Lorsqu'elles manquent d'appareils, des compagnies sont appelées à sous-traiter.Or si certains soustraitants correspondent aux normes de la compagnie qui fait appel à eux et sont donc franchisés, d'autres n'y répondent qu'en partie ou pas du tout.En théorie, il y a des normes de sécurité internationales.Et pour qu'un avion puisse voler, il doit posséder le certificat de transport délivré par les autorités de l'aviation civile.Mais en pratique, les règles changent selon les pays.Tous n'ont pas le même niveau de sécurité.Les règlements locaux sont souverains et certains ne tiennent pas compte des « recommandations » de l'Organisation internationale de l'aviation civile.Il y a donc là un véritable problème.Et nous autres, au syndicat, on se bagarre avec le ministère des Transports pour que les normes soient les mêmes sur tous les appareils.Sinon, pas de contrats de sous-traitance ! » La formation des pilotes est-elle suffisante, bien adaptée aux progrès techniques ?Le vice-président du Syndicat national des pilotes de ligne ne remet pas en cause la formation très pointue du personnel navigant, mais ajoute : « La formation d'un pilote n'est jamais terminée.On se forme avec l'expérience.Seulement, aujourd'hui, on en est arrivé à un point où le trafic croît plus vite que la disponibilité de pilotes.Le métier a perdu de son attrait, il n'attire plus comme avant.Le niveau n'a pas changé, heureusement.Seulement, désormais, tout va plus vite, le trafic augmente et les candidats sont moins nombreux.Quant aux origines des accidents, elles sont forcément toujours humaines, même lorsqu'on les dit « techniques ».C'est bien l'homme qui conçoit la technique, le matériel, non ?Ou bien ce sont des erreurs de procédure.C'est pourquoi nous demandons depuis longtemps, avec un succès mitigé, que les pilotes soient associés à la conception des avions comme aux procédures.» La rentabilité et le jeu de la concurrence ne priment-ils pas, aujourd'hui, sur la sécurité ?On peut parfois se le demander, lorsqu'on observe le trafic des grands aéroports, atterrissages et décollages incessants du matin au soir.Mais Patrick Auguin nous rassure sur ce point : « Dans les grandes compagnies, il y a trop de contrôles à tous les niveaux, notamment syndical, pour que la sécurité ne soit plus la priorité des priorités.N'oublions pas que le pilote est dans l'avion et qu'il tient aussi à sa vie.Mais il y a des cas où le dialogue social n'existe pas.La compagnie peut alors faire pression sur un commandant de bord afin qu'il assure un vol ne garantissant pas une sécurité absolue.« C'est ça ou la porte », peut-on lui dire.Cela arrive surtout dans des pays en voie de développement, mais aussi parfois en France.» Quant à la fiabilité des aéroports, elle ne peut pas être mise en cause aux yeux des spécialistes.« Les normes sont uniformes et respectées, affirme Patrick Auguin.Heureusement, le risque n'a pas changé avec l'augmentation du trafic.Bien sûr, il y a des aéroports dont l'approche est plus délicate que d'autres.Mais chaque appareil est dans son « volume de protection », comme nous disons, ce qui engendre une limite du risque.» 6LP0501B0902 b05 samedi 02 septembre 6LP0501B0902 ZALLCALL 67 01:00:25 09/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 B 5 Plus Les déboires d'Air Canada ont ruiné des projets de vacances et transformé les voyages d'affaires en enfer cet été.La Presse se penche sur les conséquences de la fusion de la compagnie aérienne montréalaise avec Canadien, qui crée un colosse dominant 80 % des vols intérieurs au Canada.Voici le premier volet de notre série.Des vacances à l'eau Cette histoire est malheureusement trop banale.Au cours des derniers mois, des centaines de passagers ont expérimenté des péripéties semblables qui illustrent les profonds problèmes du transport aérien au pays.Et qui, surtout, expliquent la colère des clients d'Air Canada.Le jeudi 29 juin, un homme d'affaires montréalais, appelons-le François, quitte son bureau du centre- ville de Montréal plus tôt que d'habitude afin de se rendre à l'aéroport de Dorval.Sur le coup de 18 h, il devait s'envoler vers Bali, en transitant par Toronto et Hong Kong, pour une semaine de vacances.Le lendemain, en fin d'aprèsmidi, François était de retour à son domicile montréalais : son avion pour Toronto avait été retardé pendant cinq heures, ce qui lui avait fait rater la correspondance pour Hong Kong.Gagner l'Asie devenait alors un périple de trois jours au lieu d'un seul.L'homme d'affaires, avocat et président d'une importante compagnie montréalaise, n'a pas voulu que son nom apparaisse dans La Presse, par peur des représailles d'une Air Canada toute puissante.« Je ne veux pas d'astérisque dans mon dossier Aéroplan.J'ai des points et je ne veux pas qu'ils m'empêchent de m'en servir.» Voici comment s'est déroulé le voyage avorté de François.Le 29 juin, donc, à son arrivée au salon des voyageurs d'affaires à Dorval, un préposé lui a indiqué qu'il n'y avait pas d'avion disponible pour se rendre à Toronto.« Ils en attendaient un de Toronto, où il y avait un très gros orage, relate François.C'est un peu choquant : on ne devrait pas être pris dans une situation où aucun avion n'est disponible à Montréal.On n'est pas à Gander, après tout ! À 20 h, on est monté à bord de l'avion.J'ai signalé que mon vol vers Hong Kong partait à 22h30 de Toronto et que si j'étais pour le manquer, j'allais l'annuler immédiatement.Ils m'ont dit : non non non.On est arrivé à Toronto à 21h45 ; malheureusement, la porte de débarquement n'était pas prête.On a quitté l'appareil à minuit.» À Toronto, François ne parvient pas à enregistrer une réclamation de bagages.« Le préposé n'en prenait pas parce qu'il y avait trop de monde.Le lendemain matin, 30 juin, je me suis rendu à l'aéroport dès 9 h.Deux heures plus tard, on m'a dit que je pouvais aller à Tokyo, puis à Hong Kong et arriver le troisième jour à Bali.J'ai refusé.Et j'ai décidé de rentrer sur-le-champ à Montréal.Hélas ! je n'étais pas au bout de mes peines.J'ai réussi à obtenir une place sur le vol de 14 h pour Montréal, qui a finalement quitté la piste à 15 h 30 pour des raisons obscures.Quant à mes bagages, je les ai finalement retrouvés six jours plus tard ! Je n'ai jamais reçu un mot d'excuses d'Air Canada, ou la moindre indication qu'ils étaient navrés, ennuyés.» François concède que les conditions atmosphériques et les problèmes de relations de travail entre Air Canada et ses pilotes (avant le rapprochement survenu en fin de semaine dernière) compliquent la vie du transporteur.« Mais c'est ridicule qu'il n'y ait pas d'appareil disponible à Montréal, qu'une courte tempête de pluie cause un retard de cinq heures, que le personnel ne donne pas la moindre explication et que les préposés aux bagages ne veuillent même pas prendre ma réclamation.Depuis cette aventure, chaque fois que je suis retourné à Toronto, l'avion était en retard.Un vol est annulé, on nous enregistre sur le suivant ! Aujourd'hui, lorsqu'on prend rendez-vous à Toronto, mieux vaut partir quatre heures plus tôt que d'habitude ! » Ah oui ! Si cela peut consoler François, Air Canada jure qu'il aurait pu s'exprimer publiquement sans craindre de représailles dans son dossier Aéroplan.« Il n'est pas question de pénaliser un passager qui se plaint, dit Nicole Couture-Simard, chef de service aux relations avec les médias.On n'est pas à l'école.Les seuls dossiers Aéroplan étoilés sont ceux de clients qui trouvent des moyens de profiter d'avantages auxquels ils n'ont pas droit, ou qui dérangent pendant un vol.» Une matinée rouge Le mercredi 16 août, La Presse s'est rendue à l'aéroport de Dorval tâter l'humeur des passagers à l'égard d'Air Canada.Plusieurs en avaient long à dire.« C'est pas mal rouge ce matin », a résumé un chauffeur de limousine attendant un client avec un collègue devant l'un des terminaux de l'aéroport.Les vols annulés ou retardés sont en effet indiqués avec un rectangle rouge-ocre sur les écrans.Les déboires d'Air Canada se reflètent dans les plaintes à l'Office des transports du Canada (OTC).Le nombre de lettres dénonçant le comportement de la société aérienne montréalaise a progressé de 34 à 121 entre le premier semestre 1999 et le premier semestre 2000.Pendant ce temps, le nombre total de plaintes écrites reçues par l'Office grimpait de 94 à 258.En d'autres mots, les plaintes contre Air Canada ont progressé 30 % plus vite que le nombre total de plaintes.Air Canada se défend en rappelant que sa part du marché intérieur canadien étant de 80 %, sa performance auprès de l'OTC, où elle est visée par la moitié des plaintes, est plutôt bonne.Mais, depuis juin, la situation a empiré pour le nouveau géant des cieux canadiens.À la mi-août, des agents de comptoir d'Air Canada rapportaient des agressions physiques de la part de voyageurs frustrés.Depuis la fête du Canada, les grands quotidiens torontois égrènent des témoignages furibonds de passagers d'Air Canada, lui consacrant même des lignes téléphoniques.À la mi-juillet, des Torontois ont ouvert un site Web dédié aux récits de voyages cauchemardesques sur Air Canada, aircanadasucks.com.Une quinzaine d'histoires d'horreur y sont recensées, la plupart en provenance de Calgary, ancien siège social de Canadien.Dans les conversations entre voyageurs d'affaires, une question revient souvent : Air Canada annule- t-elle des vols à la dernière minute, faute de passagers ?« C'est sûr qu'on annule des vols pour toutes sortes de raisons, mais ce sont surtout des problèmes mécaniques », a tout d'abord répondu la relationniste Michèle Meilleur, avant de nier, lors d'une conversation téléphonique ultérieure, qu'Air Canada annule des vols parce qu'ils sont à moitié pleins.« Je comprends les doutes des voyageurs, mais je crois que de telles annulations compliqueraient trop la gestion de la flotte », confirme Rod White, professeur de commerce à l'Université Western Ontario.La menace de grève des pilotes d'Air Canada a achevé de démoraliser les passagers.Avec raison : fin juillet, certains pilotes ont refusé de faire des heures supplémentaires, contraignant l'annulation de 49 vols.À la publication des résultats du premier trimestre, le 3 mai, le président d'Air Canada, Robert Milton, avait qualifié de « temporaires » les problèmes que cette fusion « extrêmement complexe » causaient aux passagers.Début août, M.Milton a demandé un autre délai, promettant que les carences du service seraient éliminées « d'ici six mois ».En plus de la menace de grève, des rénovations à l'aéroport de Toronto et de la fusion, Air Canada doit gérer la croissance phénoménale du trafic : en juin, le taux d'occupation de ses vols a grimpé à 78 %, deux points de plus qu'en juin 1999.Le phénomène est mondial : Continental Airlines a rapporté un taux d'occupation record de 93 % le 4 juillet.Charte des droits Le Canada n'a pas le monopole des cauchemars d'aéroports.Une avalanche de plaintes \u2014 deux fois plus en 2000 qu'en 1999 \u2014 force le gouvernement américain à envisager une « charte des droits des passagers » semblable à celle que la Commission européenne distribue dans les aéroports de l'Ancien Continent cet été.En Europe, où le nombre de tours de contrôle souveraines sur leur espace aérien est très élevé, 500 000 vols connaîtront des retards cette année, 30 minutes en moyenne.Les passagers ne sont pas les seuls à réclamer justice.Les agents de bord en ont aussi ras le bol.Devant la montée des épisodes violents de « rage de l'air », où des passagers s'en prennent à des agents, les sociétés aériennes ont décidé de rapporter systématiquement à la police les écarts de conduite des passagers.L'OTC met son grain de sel dans cette guerre de l'air depuis 1996.Après la dernière fête du Canada, une ligne téléphonique sans frais a été ajoutée.Le 4 août, un premier commissaire aux plaintes sur le transport aérien, un ancien arbitre de la Ligue nationale de hockey, Bruce Hood, a été nommé.Il a déjà reçu des centaines de plaintes.La qualité du service arrive en premier lieu dans les plaintes écrites à l'OTC.Air Canada n'a pas que des détracteurs.« Air Canada est blâmée à cause du mauvais temps », affirme Jacques Kavafian, analyste chez Yorkton Securities à Toronto.« Les retards et les annulations de cet été n'ont rien à voir avec la fusion.La météo est tout simplement affreuse.Ça commence à être ridicule.N'empêche, deux provinces, la Colombie-Britannique et Terre- Neuve, ont dénoncé cet été les effets négatifs de la fusion entre Air Canada et Canadien sur leur industrie touristique.Mathieu Perreault Aéroplan entre l'envol et l'impasse MATHIEU PERREAULT Pour les membres d'Aéroplan, le programme de fidélisation d'Air Canada, la belle saison s'est ouvert sur un mur : impossible d'obtenir un siège gratuit en échange de points.Air Canada a rajusté le tir en mai, ajoutant en catastrophe 69 000 sièges gratuits pour l'été.Et début août, le transporteur aérien montréalais a annoncé qu'il planifiait l'entrée en Bourse de son programme Aéroplan, qui aura les coudées plus franches en tant que division à part entière.La fusion entre Air Canada et Canadien a apporté son lot de chambardements chez Aéroplan.Et ce n'est pas fini, selon le professeur de commerce Rod White, de l'Université Western Ontario.« Comme il y aura moins de compétition sur le marché intérieur canadien, il serait logique qu'Air Canada réduise sa capacité excédentaire, estime M.White.Il y aura donc moins de sièges gratuits disponibles aux membres Aéroplan.» À l'Association des consommateurs du Canada, Jenny Hillard souligne qu'Air Canada ayant réduit sa capacité de 40 % sur certains trajets, il est inévitable qu'il y ait moins de sièges gratuits.Air Canada rejette cette analyse.« Nous offrons autant de places qu'avant et continuerons à en offrir autant », répond la relationniste Michèle Meilleur.« Nous ne pouvons pas révéler quelle proportion de nos places nous réservons à Aéroplan, mais ça va jusqu'à 10 %.Les problèmes de cet été ont été causés par l'augmentation de la demande, parce que nous acceptons les points de Canadien.» Selon Mme Meilleur, les 69 000 places ajoutés en mai correspondent à la capacité totale d'Air Canada pendant deux jours consécutifs.Comme le nombre total de places Aéroplan tournait autour d'un million l'an dernier, cela signifie que la proportion de places Aéroplan est de 8 %.La moyenne nord-américaine de sièges échangés contre des points de fidélité est de 5 %, et Mme Meilleur jure qu'Air Canada fera « au moins la même chose sinon mieux ».La possibilité d'une entrée en Bourse d'Aéroplan en rendent plusieurs perplexes.Certains des employés du programme ont interprété l'annonce comme une menace qu'Air Canada se débarrasserait d'eux comme a fait l'image de Bell avec ses employés du service d'assistance- annuaire.« C'est un peu hystérique chez Aéroplan », dit une source.Air Canada affirme au contraire que la valeur de son programme est sousévaluée.Quand la compagnie se défendait contre une offre d'achat non sollicitée d'Onex, l'automne dernier, la banque CIBC lui a allongé 200 millions parce que la carte Visa Or Aéroplan est la première au Canada.« Je suis surprise par les plans d'Air Canada », indique Corinne Berneman, professeur de marketing à l'École des hautes études commerciales, qui s'intéresse aux programmes de fidélisation.« Aéroplan n'a pas de valeur en tant que tel.Il y a des programmes de fidélisation bien plus gros que ça, comme celui d'American Airlines, qui ne sont pas en Bourse.» Le problème que rencontrent les universitaires quand ils étudient les programmes de fidélisation des transporteurs aériens, c'est qu'ils sont très jaloux de leurs chiffres.« Je ne suis même pas sûre qu'ils aient eux-mêmes mesuré leur efficacité, dit Mme Berneman.À priori, ces programmes valent la peine, même si les grands voyageurs sont souvent inscrits à plusieurs d'entre eux.Mais ils sont souvent vus comme une dépense de marketing.» DEMAIN : Les aéroportsforteresses 6LP0601B0902 b06 6LP0601B0902 ZALLCALL 67 01:04:23 09/02/00 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 Plus Diplôme Non-retard Non-retard à 19 ans à 12 ans à 8 ans % % % Montréal Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île Primaire Montmartre 47,6 77,0 86,9 Cardinal-Léger 49,6 69,3 89,7 St-Joseph 50,8 65,4 84,6 St-Octave 51,6 77,6 90,4 Adélard-Desrosiers 52,8 57,7 78,5 Jules-Verne 54,3 56,3 81,1 St-Rémi 55,1 57,0 86,4 Ste-Maria-Goretti 55,3 83,0 93,9 René-Pelletier 55,4 83,7 94,3 De la Fraternité 55,5 59,0 83,2 Jacques-Rousseau 56,3 66,7 85,5 Le Carignan 56,4 57,9 85,2 St-Vincent-Marie-Strambi 56,7 61,8 86,7 Notre-Dame 57,1 78,5 90,1 Albatros 57,3 69,7 87,7 Ste-Colette 58,1 60,0 87,4 Le Tournesol 58,7 71,6 89,1 Victor-Lavigne 59,2 58,2 88,4 Ste-Germaine-Cousin 59,3 75,7 92,4 Félix-Leclerc 60,1 83,3 92,0 Lambert-Closse 60,3 60,7 86,5 Ami-Soleil/La-Bernarde 60,9 78,4 90,1 Ladauversière 61,1 52,1 84,7 Wilfrid-Pelletier 61,3 66,6 89,6 St-Marcel 62,2 81,6 90,6 Des Roseraies 62,2 60,4 87,5 Rivière-des-Prairies 62,3 64,6 82,7 Wilfrid-Bastien 62,9 64,2 85,1 Ste-Marguerite-Bourgeoys 62,9 74,9 88,4 Notre-Dame-de-la-Paix 63,1 72,3 90,1 Alphonse-Pesant 63,2 63,6 84,1 Chénier 63,3 73,0 93,2 Notre-Dame-de-Fatima 63,4 70,5 86,0 René-Guénette 63,5 63,1 89,2 Denise-Pelletier 63,6 63,1 82,1 Fernand-Gauthier 64,0 64,5 83,0 Gabrielle-Roy 64,1 61,3 84,2 Ste-Gertrude 64,7 66,9 85,6 Secondaire Henri-Bourassa 56,7 59,8 82,9 Daniel-Johnson 57,5 79,5 91,0 Anjou 57,6 67,3 87,9 Pointe-aux-Trembles 58,0 79,9 91,2 Le Prélude 58,2 64,8 85,6 Calixa-Lavallée 59,2 62,1 86,6 Amos 59,4 61,9 84,5 Le Tournesol 60,3 73,6 88,2 Antoine-de-St-Exupéry 61,5 62,0 85,9 Pie XII 61,6 60,2 85,4 Jean-Grou 63,0 67,2 84,8 Commission scolaire de Montréal (CSDM) Primaire Petite-Bourgogne 34,8 44,4 63,9 Charles-Lemoyne 41,3 51,5 69,6 Hochelaga 41,5 59,5 80,8 Saint-Nom-de-Jésus 41,7 60,7 79,4 Victor-Rousselot 42,5 50,8 74,6 Baril 42,6 59,2 78,2 Saint-Clément 44,5 65,4 82,9 Saint-Zotique 44,6 51,9 84,4 St-Jean-Baptiste-de-la-Salle 45,2 58,8 80,6 Champlain 45,6 43,3 68,5 Jeanne-Le Ber 46,1 50,5 72,1 Charles-Bruneau 46,8 55,5 77,7 Bienville 47,1 45,6 82,8 Maisonneuve 47,2 61,4 80,5 Saint-Noël-Chabanel 47,9 46,1 81,8 Ludger-Duvernay 48,3 50,7 77,9 Notre-Dame-de-l'Assomption 49,7 59,6 85,0 Marguerite-Bourgeoys 50,0 50,2 76,7 Sainte-Jeanne-d'Arc 50,0 63,4 81,9 Jean-Jacques-Olier 65,3 62,3 84,9 Paul-Bruchési 65,3 84,4 92,8 Saint-Isaac-Jogues 65,3 68,1 84,5 Ahuntsic 65,4 63,4 82,7 Alice-Parizeau 65,8 55,4 79,1 Notre-Dame-du-Foyer 66,1 75,8 88,0 Fernand-Seguin 66,1 66,1 87,2 Les-Enfants-du-Monde 66,2 47,1 81,5 Saints-Martyrs-Canadiens 66,5 62,6 82,2 Glencoe 66,5 59,1 83,3 Alphonse-Desjardins 66,6 70,7 88,4 Atelier 68,0 67,9 87,6 Notre-Dame-des-Victoires 68,0 73,6 88,9 Guillaume-Couture 68,8 83,9 86,2 St-Antoine-Marie-Claret 68,9 74,7 88,4 Saint-Paul-de-la-Croix 71,0 73,4 88,8 Saint-Benoît 71,6 64,0 84,6 François-de-Laval 73,4 63,9 87,2 Christ-Roi 74,2 70,1 89,8 Marie-Reine-des-Coeurs 75,7 74,8 93,5 Saint-André-Apôtre 77,9 66,3 86,8 Secondaire Chomedey-de Maisonneuve 43,9 61,5 80,7 Saint-Henri 45,6 50,2 74,6 Pierre-Dupuy 49,0 54,0 76,9 Espace-Jeunesse 50,2 59,6 80,2 Honoré-Mercier 52,6 66,3 82,1 Eurêka 54,0 54,1 79,2 La Voie 54,3 42,3 74,6 Édouard-Montpetit 55,4 67,4 83,8 Jeanne-Mance 55,9 64,6 84,8 Urgel-Archambault 56,0 71,9 86,6 Dunton 56,1 61,3 82,7 Irénée-Lussier 56,4 61,2 82,8 Henri-Julien 56,5 62,4 84,1 Père-Marquette 56,8 65,5 86,1 Ynova 56,8 52,4 78,3 Eulalie-Durocher 56,9 65,8 84,8 Saint-Louis 57,1 59,2 82,1 Saint-Luc 57,5 46,5 80,1 Lucien-Pagé 57,5 53,5 78,7 Le Tremplin 57,6 70,2 86,0 De Roberval 57,6 56,1 81,7 École internationale de Montréal 58,0 59,4 84,8 Georges-Vanier 59,0 61,2 85,5 Joseph-François-Perreault 59,2 62,2 85,2 Accès Est 59,3 65,9 85,9 Marie-Anne 59,7 58,6 82,2 Face 59,8 59,9 85,0 Louis-Joseph-Papineau 60,8 58,7 82,4 Louis-Riel 62,1 72,2 86,3 Rosalie-Jetté 62,2 67,9 86,2 Évangéline 64,4 54,0 79,7 La Dauversière 65,1 54,8 80,1 Marguerite-de Lajemmerais 65,5 71,9 88,1 Sophie-Barat 68,6 68,0 87,1 Louise-Trichet 70,5 82,4 91,6 Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys Primaire Notre-Dame-de-Lourdes 43,1 63,4 84,2 Lévis-Sauvé 44,7 59,8 82,5 Diplôme Non-retard Non-retard à 19 ans à 12 ans à 8 ans % % % N.-D.-des-Sept-Douleurs 46,0 60,4 83,8 Philippe-Morin 46,8 65,1 87,0 Jardin-des-Saints-Anges 48,1 70,5 85,3 Chanoine-Joseph-Théorêt 48,2 65,6 86,6 Notre-Dame-de-la-Paix 49,1 58,0 80,7 Paul-Jarry 49,5 67,6 84,3 Très-Saint-Sacrement 53,1 68,1 83,9 Martin-Bélanger 56,2 69,4 85,1 Enfant-Soleil 57,5 59,6 85,0 Du-Grand-Héron 59,8 76,1 89,2 Sainte-Catherine-Labouré 60,3 58,2 81,3 Cardinal-Léger 61,2 64,6 82,4 Laurentide 61,9 63,2 84,3 Harfang-des-Neiges 62,5 74,9 87,8 Aquarelle 62,5 62,3 85,9 Perce-Neige 62,7 73,4 88,1 Marguerite-Bourgeoys 73,3 87,2 94,5 Victor-Thérien 74,1 79,5 93,6 Notre-Dame-des-Rapides 74,2 77,9 89,8 Saint-Luc 74,5 77,5 93,0 Saint-Louis 74,5 85,9 94,6 Morand-Nantel 74,6 68,6 92,1 Terre-des-Jeunes 75,3 65,3 85,2 Beau Séjour 75,6 68,2 92,1 Saint-Gérard 77,0 86,1 90,4 Pointe-Claire 77,5 84,5 95,0 Émile-Nelligan 77,8 90,2 96,8 Nouvelle-Querbes 80,0 85,7 96,0 Beaconsfield 80,1 82,1 97,1 Lajoie 80,1 86,2 96,3 Joseph-Henrico 80,6 89,3 96,1 Saint-Rémi 83,0 81,8 96,4 Secondaire Notre-Dame-du-Sourire 49,2 64,0 85,4 Monseigneur-Richard 50,6 64,5 85,8 Dalbé-Viau 52,2 69,0 85,7 St-Germain-de-St-Laurent 64,1 62,6 85,3 Dorval 64,4 72,3 87,9 Émile-Legault 64,7 62,1 85,3 Cavelier-de-La Salle 66,0 69,0 84,8 Collège Saint-Louis 67,8 75,0 88,7 Des Sources 70,0 82,2 91,8 Jean XXIII 70,0 82,6 91,7 Pierre-Laporte 70,6 68,5 89,8 Pointe-Claire 73,1 80,9 92,2 Saint-Georges 74,4 87,7 91,9 Félix-Leclerc 76,3 83,2 93,5 Paul-Gérin-Lajoie 76,6 81,6 94,4 Laval Commission scolaire de Laval Primaire Saint-Christophe 45,6 67,6 86,3 Saint-Gilles 47,6 67,8 87,7 Raymond-Labadie 49,7 63,9 84,7 Saint-Pie-X 50,6 55,1 78,8 Beau-Séjour 51,1 57,9 79,5 Léon-Guilbault 51,9 66,0 85,1 Saint-Julien 52,5 67,4 86,8 Monseigneur-Laval 52,5 65,5 82,9 La Source / L'Étincelle 55,7 78,1 91,2 Simon-Vanier 56,5 62,9 85,3 Saint-Gérard 56,6 68,6 86,7 Notre-Dame-de-Pontmain 56,6 76,7 85,7 Sainte-Cécile 57,1 68,0 86,2 Notre-Dame 57,2 77,8 91,0 Jean-XXIII 57,2 77,3 91,4 Saint-Norbert 57,3 64,1 84,0 Fleur de vie 58,1 77,9 92,6 Jean-Lemonde 72,7 76,7 95,4 Paul-Comtois 73,1 81,8 93,1 Marc-Aurèle-Fortin 73,3 81,4 90,9 Sainte-Béatrice 73,6 79,8 91,0 Le petit Prince 74,4 82,3 90,6 Les Explorateurs 74,7 83,0 92,1 Père-Vimont 74,8 82,2 89,7 Sainte-Dorothée 75,0 77,7 95,1 Le Sentier 75,1 84,0 91,9 Demers 75,7 82,5 94,5 Coeur Soleil 75,8 83,0 87,9 Sainte-Rose 76,2 83,4 95,1 Les Trois Soleils 77,8 82,9 92,2 Pépin 78,0 83,7 90,0 Latour-Latourelle-Latourterell 81,2 87,2 96,5 L'Envolée (primaire) 83,4 87,9 97,6 Secondaire Le Virage 24,4 54,5 74,1 Rucher 53,0 63,6 85,1 Saint-Jean 54,0 67,2 86,3 Mont-de-La Salle 57,8 68,2 87,7 Marcel Vaillancourt 59,1 68,2 87,6 Alphonse-Desjardins 59,2 69,8 88,0 Saint-Martin 59,6 65,7 84,3 Du Boisé 60,0 74,5 90,8 Complexe scolaire Leblanc 60,2 75,1 90,7 Marie-Curie 60,7 72,1 87,2 Georges-Vanier 62,3 77,1 91,2 Saint-Maxime 64,1 70,6 88,2 Éduc.inter.de Laval 64,3 73,8 89,7 Poly-Jeunesse 70,2 81,2 90,9 l'Odyssée des jeunes 72,1 80,3 91,0 Curé-Antoine-Labelle 72,3 81,4 91,7 Horizon Jeunesse 72,6 80,0 91,2 Villemaire 74,1 80,6 93,0 Saint-François 74,7 78,2 93,8 A.-Norbert-Morin 69,3 82,0 90,9 Montérégie Commission scolaire Marie-Victorin Primaire Bourgeoys-Champagnat 39,5 69,1 85,9 Lionel-Groulx 43,5 54,9 79,9 Hubert-Perron 43,9 63,4 80,9 Le Déclic 49,3 66,2 85,1 Tournesol 49,5 67,5 88,4 Jean-de-Brébeuf 50,2 65,6 85,8 Jean-de-Lalande 50,9 65,2 86,2 Carillon 51,3 66,7 86,4 Adrien-Gamache 51,3 60,5 86,5 Christ-Roi 51,7 64,9 85,2 La Sittelle 51,8 68,5 86,8 Lajeunesse 52,2 69,1 88,5 Sainte-Agnès 52,2 68,3 88,3 Curé-Lequin 54,5 73,7 86,3 Des-Quatre-Vents 54,6 70,7 91,2 Les-Petits-Castors 55,3 70,0 88,4 Gaétan-Boucher 55,6 85,4 96,9 Plein-Soleil 56,3 71,7 89,3 Monseigneur-Forget 56,3 70,3 90,0 Paul-de-Maricourt 57,0 72,4 87,5 Int.de Greenfield Park 66,9 76,1 90,3 Kensington 67,1 81,5 93,6 Charles-Le Moyne 67,3 82,4 94,6 De Maricourt 67,7 72,3 89,7 St-Edmond 68,1 79,3 89,8 Pierre-Laporte 68,9 76,2 88,5 Aux-Mille-Fleurs 69,1 83,6 96,5 Diplôme Non-retard Non-retard à 19 ans à 12 ans à 8 ans % % % Tourterelle 70,1 73,2 88,1 De la Nyctale 70,4 65,2 95,1 Rabeau 72,0 74,5 96,4 Marie-Victorin 72,5 71,9 89,0 Pierre-d'Iberville 72,6 83,1 96,0 Georges-P.-Vanier 73,4 73,6 87,5 Préville 74,1 64,6 92,0 Harold Napper 74,4 74,9 89,2 Laurent-Benoit (L'Envol) 78,6 86,6 93,6 St- Lawrence 79,7 77,9 93,4 Samuel-De Champlain 80,0 78,2 93,1 Guillaume-Vignal 80,6 76,8 93,9 Charles-Bruneau 80,9 80,1 92,1 Des Saints-Anges 84,3 79,4 95,0 Secondaire Hélène-de-Champlain 47,0 63,3 84,7 Gérard-Filion 52,2 68,2 86,6 Jean-de-Brébeuf 56,2 67,7 86,8 Jacques-Rousseau 57,2 70,8 88,9 Notre-Dame 59,5 73,2 89,2 Saint-Jean-Baptiste 61,1 73,2 90,0 Mgr-A.-M.-Parent 61,6 76,4 90,8 Le Moyne-d'Iberville 62,4 70,0 89,5 École secondaire participative rég.63,9 75,2 89,4 André-Laurendeau 67,1 82,4 93,9 Royal George 67,3 75,9 89,9 St-Edmond 67,8 76,5 88,9 Pierre-Brosseau 75,0 75,0 90,0 Antoine-Brossard 75,5 74,9 90,4 Commission scolaire des Patriotes Primaire François-Williams 45,8 74,8 88,5 Le Sablier 46,1 75,0 88,5 Boisé 46,8 75,5 88,6 Envolée 47,2 75,8 88,7 Source 53,2 85,0 95,6 Chanterelle 54,8 78,4 96,2 St-Basile-le-Grand 60,7 77,6 89,9 Marie-Victorin 60,8 82,7 95,9 Jacques-De Chambly 61,8 82,7 93,3 Sainte-Marie 64,1 81,2 93,9 Notre-Dame 64,8 79,9 92,2 Aux-Quatre-Vents 65,7 84,5 93,4 Pavillon Jacques-De Chambly 65,9 82,4 94,8 Le Rucher 66,6 85,8 96,0 École alternative de Chambly 67,8 82,2 94,2 Marguerite 68,3 86,3 96,6 De Salaberry 68,5 83,5 96,0 Bourgogne 68,7 82,9 94,6 Grand-Chêne 75,0 85,8 94,5 J.-Rocheleau/St-Basile 75,1 81,4 93,4 Arc-en-ciel 75,2 87,8 94,9 Trois-Temps 75,4 82,8 96,1 Pommeraie 75,9 81,4 95,5 Saint-Charles 76,0 83,5 96,2 Dominique-Savio-Jolivent 76,5 80,7 94,3 Tournesol 76,5 87,0 96,9 Antoine-Girouard 77,3 85,1 92,5 De la Broquerie 77,8 84,6 92,3 Père-Marquette 78,1 82,5 95,0 Aquarelle 78,2 80,0 94,9 Courtland Park 79,5 81,7 96,3 Mgr-Gilles-Gervais 79,7 80,3 95,8 Sacré-Coeur 80,3 85,4 93,9 Paul-VI 80,5 88,2 94,8 Pierre-Boucher 82,2 86,1 94,8 Albert-Schweitzer 82,5 82,0 97,5 Montarville 82,8 82,8 96,8 Louis-H.-Lafontaine 83,3 83,3 95,4 Les Jeunes Découvreurs 87,4 88,8 98,3 Secondaire Le Tremplin 37,2 78,1 91,5 François-Williams 47,0 75,6 88,6 Chambly 65,7 81,7 94,3 Marie-Rose 68,0 79,7 93,2 Carrefour 68,3 85,0 95,9 Grand-Coteau 69,7 84,4 93,8 Centre des Serv.alternatifs 69,9 82,1 94,4 Mont-Bruno 70,6 81,6 94,6 Ozias-Leduc 72,6 80,8 94,9 De Mortagne 73,9 84,2 94,3 Polybel 75,1 83,2 94,1 École d'éducation internationale 76,1 84,2 95,1 Commission scolaire des Grandes-Seigneuries Primaire Saint-Bernard 55,7 78,3 87,1 Saint-Jean 56,1 69,6 93,7 Saint-Romain 56,4 78,9 87,5 Odyssée 57,2 70,3 93,9 Bourlingueurs-Ste-Catherine 58,3 70,9 94,1 Timoniers 58,4 69,7 93,3 Jean-XXIII 58,6 70,9 93,7 Saint-Patrice 58,7 77,8 84,9 Sainte-Clotilde 62,1 78,6 84,9 Moussaillons 62,9 70,5 92,9 Saint-Jude 63,2 77,7 86,4 Jacques-Barclay 63,7 70,7 93,0 N.-D.de l'Assomption 64,1 78,5 92,0 Gabrielle-Roy 65,8 72,4 90,6 Piché-Dufrost 66,0 70,7 93,3 Marguerite-Bourgeois 66,4 77,1 88,4 Trois-Spources 66,5 77,4 90,6 Jacques-Leber 66,7 72,1 92,6 Vinet-Souligny 68,0 74,6 92,9 Gérin-Lajoie 68,1 74,7 91,0 Saint-René 68,2 80,9 89,3 Émilie-Gamelin 68,3 73,7 94,8 Saint-Édouard 68,9 82,1 93,3 Bonnier 68,9 81,1 88,9 Louis-Lafortune 69,1 71,1 91,9 Champlain 70,1 77,6 93,1 Armand-Frappier 70,3 75,7 93,7 Aquarelle 71,0 76,5 92,9 Fernand-Seguin 71,2 80,9 93,3 Clotilde-Raymond 71,7 85,1 92,3 Saint-Viateur 73,0 86,1 92,4 Petite-Gare 73,4 75,2 96,0 Saint-Joseph 73,9 82,5 90,0 Saint-Marc 74,5 86,2 92,4 Notre-Dame-St-Joseph 75,2 75,9 94,9 Jean-Leman 75,6 84,9 98,3 Daigneau 76,9 84,0 95,0 Saint-Isidore - Langevin 77,4 83,6 90,1 Secondaire Timoniers 59,8 70,8 93,6 Marguerite-Bourgeois 63,7 75,4 89,2 Centre Sésame 64,5 73,7 92,7 Émilie-Gamelin 65,6 73,3 94,1 Magdeleine 65,8 74,1 93,4 Armand-Frappier 65,8 72,4 93,2 Louis-Philippe-Paré 66,5 76,7 89,9 Louis-Cyr 67,0 81,0 90,7 Jacques-Leber 67,3 73,3 92,5 Gabrielle-Roy 67,7 74,4 91,2 St-François-Xavier 68,8 76,9 94,2 Fernand-Seguin 69,1 79,1 93,5 Bonnier 69,6 81,4 89,3 Pierre-Bédard 71,8 84,0 91,4 Le ministère de l'Éducation vient de produire à l'attention des écoles primaires et secondaires de la province une série d'indicateurs permettant d'apprécier la probabilité de réussite scolaire des élèves.Pour chaque établissement, le ministère a évalué quelle part des élèves devraient obtenir leur diplôme d'études secondaires avant l'âge de 20 ans.Les probabilités de retard scolaire à l'âge de 8 ans et de 12 ans ont aussi été calculées.La Presse présente ici les résultats obtenus pour les écoles primaires et secondaires de la majorité des commissions scolaires de la région métropolitaine.Faute d'espace, seuls les établissements où le taux de réussite avant 20 ans est le plus élevé et ceux où le taux est le plus faible sont présentés lorsque la commission scolaire considérée compte un trop grand nombre d'établissements.Ces données, contenues dans le cédérom La réussite scolaire à l'école, ne peuvent d'aucune manière être vues comme les bases d'un « palmarès » permettant de distinguer les bonnes et les mauvaises écoles, prévient le ministère.Plusieurs facteurs peuvent en effet expliquer les différences relevées entre les établissements du réseau en ce qui a trait à la probabilité de réussite scolaire.Les listes du ministère ne précisent pas, par exemple, le type d'établissement considéré.Des écoles destinées aux élèves handicapés ou aux raccrocheurs peuvent ainsi se retrouver ici à côté d'écoles régulières.Les caractéristiques socio-économiques des milieux où se situent les écoles peuvent aussi avoir une incidence élevée sur la réussite scolaire.Celles qui accueillent des enfants de milieux défavorisés ont souvent de plus mauvais résultats.Le ministère n'a pas l'intention de diffuser le contenu de son cédérom directement au public.Il presse plutôt les parents qui désirent se renseigner sur une école donnée de s'adresser au conseil d'établissement ou à la commission scolaire concernés, de manière à obtenir des informations correctement «contextualisées».Probabilité de réussite par école \u2014 région métropolitaine 6LP0701B0902 b07 samedi 02 septembre 6LP0701B0902 ZALLCALL 67 01:03:00 09/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 B 7 Plus PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © Paul-Louis Martin avait hâte, en juin, de pouvoir regarder pousser ses prunes.Les fruits pourpres ou jaunes commencent à peine à mûrir.Avec son épouse Marie de Bois, M.Martin a aménagé une boutique là où se trouvait autrefois le magasin de Sifroy Guéret, dans la grande maison de 24 pièces construite en 1840 par le plus grand négociant en beurre du Québec de l'époque.Cet été, La Presse sillonne au hasard la campagne québécoise, histoire de rencontrer ses gens, de rendre compte de leur quotidien et de leurs préoccupations.Voici le neuvième et dernier de nos reportages.Dans les prunes avec Paul-Louis Martin Comme bien des Montréalais, vous n'avez probablement jamais vu de pruniers de votre vie.Des pommiers, oui, mais des pruniers.Rendez-vous donc à Saint-Andréde- Kamouraska chez Paul-Louis Martin.Non seulement vous serez dans les prunes \u2014 il y a là 1400 pruniers \u2014 mais il se peut aussi que vous découvriez avoir été jusque- là complètement dans les patates.Sachez en effet que l'Histoire est dans la prune ! Paul-Louis Martin, gentleman farmer intellectuel, est un horticulteur bien particulier.En fait, il n'est pas tant horticulteur que professeur d'histoire « de la culture matérielle » à l'Université du Québec à Trois-Rivières.Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont Trois siècles d'architecture populaire au Québec et Histoire de la chasse au Québec qui a fait se pâmer un collègue.Voilà qui donne une idée des intérêts diversifiés du personnage.C'est donc en historien-ethnologue que Paul-Louis Martin traite ses pruniers dont il parle avec beaucoup de respect et d'amour.L'espèce, que l'on appelait autrefois les « p'tites prunes d'habitants », est en voie de disparition.Nous avons rencontré Paul-Louis Martin à la mi-juin.La pancarte indiquant la Maison de la prune n'était pas encore en place et cela ne se ferait pas avant le mois d'août malgré les pressions que les responsables du tourisme exercent pour que l'endroit \u2014 très visité \u2014 soit ouvert tout l'été.» Que voulez-vous ! Mes prunes ne sont pas mûres avant septembre, ça ne me donne rien d'être ouvert tout l'été », dit-il, en flattant un prunier.Sur les 1400 arbres qu'il entretient, 500 seulement ont été en fleurs au printemps.« Ce qui ne veut pas dire qu'ils donneront tous des fruits, ça dépend si les insectes pollinisent ou pas.L'an dernier, on a eu la plus petite récolte en 20 ans », précise-t-il tout en montrant, dans les buissons, le chemin qu'emprunte l'un des pires ennemis des pruniers : le porc-épic.Il leur mange l'écorce.Les prunes et le hasard Paul-Louis Martin a découvert qu'il y avait des pruniers sur sa propriété seulement après avoir fait l'acquisition d'une belle et grande maison construite en 1840 au bord de la route 132, à la sortie de Saint- André-de-Kamouraska.La maison avait appartenu au plus important négociant en beurre au Québec au siècle dernier.Il y avait, derrière la demeure, environ 150 arbres fruitiers laissés à eux-mêmes depuis plusieurs années.Ils ont donné des fruits tellement savoureux l'automne venu que l'historien a décidé d'étudier la chose de près.Il a ainsi découvert qu'il s'agissait de la prune de Damas (prune pourpre ou jaune), l'une des cinq espèces de prunes connues au Moyen Âge, considérée aussi comme l'une des cinq meilleures au monde de nos jours.Cette prune-là, précise-t-il, a été introduite en Nouvelle-France en 1620 et s'il y en a déjà eu tant dans la région, c'est que les pruniers sont à l'aise dans un climat maritime.« Ici, c'est un verger-musée, ditil.On a une variété-souche qui remonte à 1840, qui n'a donc jamais été croisée.Les pruniers ont été renouvelés par technique de recépage.La souche reste donc toujours là.On coupe près du sol pour permettre la pousse des rejets.Autrefois, il y avait dans la région plus de 200 vergers de pruniers qui comptaient quelque 210 000 arbres.On est passé de 210 000 en 1901 à 3000 en 1983.» Mais pourquoi donc avons-nous laissé tomber ces prunes qui poussent si bien au pays ?Trois motifs expliquent ce phénomène selon lui.« L'arrivée sur le marché des fruits de l'Ontario et de la Californie bien avant l'automne.Le fait que la prune de Damas est petite, de la taille d'une olive ; au XXe siècle, on aime les gros fruits.Enfin, l'agriculture locale s'est spécialisée dans le lait.On n'a plus eu le temps de s'occuper des arbres fruitiers.» Une affaire de famille C'est bien beau l'histoire et la botanique, mais quand les prunes sont mûres, c'est l'état d'urgence chez les Martin.Les prunes, qui poussent en grappe comme de gros raisins, ont pris l'habitude de tomber à peu près toutes ensemble en même temps.Les enfants Martin et les amis de la famille sont appelés à la rescousse.On étend de grands draps dans l'herbe pour ramasser les prunes qui tombent.Puis vient la corvée du dénoyautage à la main.Marie de Blois, la femme de M.Martin, entre ici en action.Dans sa confiturerie installée près des pruniers, elle fait, d'une manière artisanale, tout ce que l'on peut faire avec des prunes : des confitures, des gelées, de la sauce, du vinaigre.En deux couleurs, pourpre et jaune.Elle fait aussi des conserves avec d'autres fruits : fraises des champs, airelles, amélanches, pommettes, pommes.On peut acheter les produits dans la boutique en août, septembre et octobre, au rez-de-chaussée de la grande maison, là même où le négociant Sifroy Guéret dit Dumont tenait son magasin général dans les années 1840.Quand la Maison de la prune est ouverte au public à la fin de l'été, il est possible de visiter une petite partie de cette élégante demeure d'inspiration néo-classique qui compte 24 pièces et qui a été restaurée dans le respect le plus grand pour ce qu'elle était autrefois.Une chambre à coucher, par exemple, a gardé ses couleurs d'antan.Une immense pièce aux boiseries somptueuses n'ayant jamais été peintes a donc conservé son teint de jeunesse.Les meubles ont été choisis avec le souci évident de respecter l'authenticité historique.La boutique a été reconstituée pour ressembler au magasin d'autrefois.Pas de clinquant inutile nulle part, une sobriété de gens de goût.La Maison de la prune est de toute évidence un luxe que s'offrent des passionnés du patrimoine dans son sens le plus large, comme le sont parfois les petits musées ou écomusées de région tenus, bien souvent, par des enseignants actifs, ou à la retraite.Les visites guidées de la maison se font le dimanche matin, à 10 h 30, et il faut faire des réservations.Mais pour voir les pruniers ou acheter des prunes, c'est ouvert toute la semaine.(INFO : 418-493-2149) Jocelyne Lepage SAINT-ANDRÉ-DE-KAMOURASKA 6LP0801B0902 b08 02 septembre 6LP0801B0902 ZALLCALL 67 01:09:20 09/02/00 B B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 L'Alliance fourbit ses armes: baisse de la TPS et taux d'imposition unique GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA L'Alliance canadienne de Stockwell Day songe sérieusement à inclure dans son programme électoral une baisse de la taxe sur les produits et services (la fameuse et détestée TPS), ce qui assurément lui attirerait un plus grand nombre de sympathisants dans tout le Canada.C'est ce qu'a confirmé hier Rod Love, chef de cabinet de Stockwell Day et l'un des principaux stratèges de l'Alliance.« Dû à l'importance des surplus actuels, a déclaré M.Love, nous regardons de près la possibilité de réduire le pourcentage de la TPS.» Une baisse de la TPS à 5 % (au lieu des 7 % actuels) pourrait constituer l'arme secrète des alliancistes lors des prochaines élections fédérales.Les surplus budgétaires anticipés, si l'on en croit les chiffres qui circulaient chez les libéraux qui étaient réunis en caucus à Winnipeg cette semaine, pourraient atteindre les 30 milliards de dollars.Une baisse de 2 % de la TPS équivaudrait seulement à une baisse de revenus de 5 ou 6 milliards annuellement pour Ottawa.Le premier ministre semble vouloir utiliser la manne de l'excédent budgétaire pour d'abord renflouer le système de santé, baisser les impôts des particuliers et accélérer le remboursement de l'énorme dette nationale.Cette dernière mesure permettrait notamment d'alléger les intérêts à payer sur cette dette et de consacrer de nouveaux milliards aux programmes sociaux.Or, même si rien n'empêche en théorie les libéraux de diminuer aussi le pourcentage de la TPS, le premier ministre n'a jamais été très chaud à l'idée de ramener sur le tapis le sujet de la TPS.On se souvient qu'en 1993, M.Chrétien avait promis d'abolir cette taxe, ce qu'il n'a jamais fait une fois au pouvoir.M.Love n'a pas manqué de rappeler cette « histoire sordide » des libéraux tout en affirmant qu'il était compréhensible qu'ils ne veuillent plus toucher au sujet.« Nous, nous pouvons le faire, a-t-il ajouté.Nous n'avons jamais menti à propos de la TPS.» Certains députés libéraux ont reconnu à Winnipeg que si l'Alliance faisait campagne sur la TPS, cela leur ferait mal.Un membre du cabinet a même parlé de « terrible nouvelle » et il a affirmé que le défi serait alors beaucoup plus grand pour les troupes de Jean Chrétien lors de la prochaine campagne électorale.La mesure envisagée par les membres de l'Alliance canadienne fera partie de la discussion qui doit avoir lieu la semaine prochaine à Saskatoon, alors que les parlementaires du parti seront réunis pendant trois jours.Il s'agira en fait d'une des nombreuses mesures fiscales qu'entend défendre l'Alliance lors de la prochaine campagne électorale, la plus remarquée d'entre elles étant le taux d'imposition unique à 17 %.PHOTO Presse Canadienne Jean Chrétien a été reçu par Yasser Arafat à Gaza le printemps dernier.En cette fin d'été, c'est au tour du leader palestinien de lui rendre la pareille à Ottawa, en route pour New York et le Sommet du millénaire.Les « gaffes » oubliées au Proche-Orient.JULES RICHER Presse Canadienne, OTTAWA Les « gaffes » du premier ministre Jean Chrétien lors de son dernier voyage au Proche-Orient n'ont apparemment pas laissé de traces.La semaine prochaine, M.Chrétien rencontrera successivement, en tête-à-tête, Yasser Arafat et le premier ministre israélien Ehoud Barak, a indiqué hier le cabinet du premier ministre Chrétien.Tous les deux veulent l'informer sur les raisons de l'échec des pourparlers de Camp David et lui faire part de la suite des événements.Le leader de l'Autorité palestinienne fera même un détour spécial à Ottawa, mardi prochain, afin de s'entretenir avec M.Chrétien.La visite ne durera que quelques heures.Les deux hommes s'envoleront ensuite pour New York pour prendre part, mercredi et jeudi, au Sommet du millénaire destiné à faire le point sur le l'avenir des Nations unies.M.Chrétien y rencontrera le premier ministre israélien lors d'un entretien privé, en marge du Sommet.Quelque 170 chefs d'État et de gouvernement sont attendus lors de cet événement grandiose.Pendant sa dernière visite au Proche-Orient, en avril dernier, M.Chrétien avait été montré du doigt en raison des multiples faux pas qu'il aurait alors commis.On avait soutenu que le premier ministre avait eu le don d'irriter aussi bien les Israéliens que les Palestiniens sur plusieurs sujets délicats, comme le partage de Jérusalem et la propriété du lac de Tibériade.Des responsables du cabinet de M.Chrétien ont expliqué que MM.Arafat et Barak recontreront personnellement chacun des leaders du G-8, dont le Canada, pour faire le point sur les discussions de Camp David.Mais ce n'est pas la seule raison pourquoi l'avis de M.Chrétien sera sollicité.« Il y a aussi le fait que nous sommes intéressés (à la situation au Proche-Orient) et que nous siégeons au comité des réfugiés (des Nations unies) », a affirmé un haut responsable canadien lors d'une séance d'information.Les pourparlers de Camp David se sont terminés à la fin juillet par un échec, Israël et les Palestiniens étant incapables de s'entendre sur la question de Jérusalem.À New York, les Nations unies, sous l'impulsion de leur secrétaire général Kofi Anan, ont décidé de marquer avec faste l'arrivée du nouveau millénaire.L'organisation internationale essaie de faire peau neuve en repensant sa mission et ses obligations.Avant le Sommet, Kofi Anan a rendu publique sa vision de l'avenir des Nations unies dans un document intitulé Nous, les peuples.Il y défend trois grands principes d'action pour le XXIe siècle : se libérer de la guerre, se libérer de la peur et assurer un développement durable.Membre fidèle et actif de l'organisation, le Canada souscrit bien sûr à ces principes et M.Chrétien a l'intention de le souligner pendant le discours qu'il fera devant l'assemblée générale, jeudi.Il mettra aussi l'accent sur la nécessité de mieux encadrer les missions internationales de maintien de la paix.Michel Duchesneau décline l'invitation Presse Canadienne GRANBY L'ex-maire de Granby, Michel Duchesneau, renonce à joindre les rangs de l'Alliance canadienne, après avoir y avoir réfléchi pendant quelques semaines.« Je leur ai donné les mêmes raisons que lorsque j'ai quitté la mairie, à savoir que je devais m'occuper de mon entreprise pour l'instant », a indiqué hier M.Duchesneau au cours d'un entretien téléphonique.L'ex-maire ne tire pas pour autant un trait sur une éventuelle entrée en politique fédérale, mais il affirme que la proposition de l'Alliance n'est pas arrivée au bon moment.« Je vois une grande compatibilité au niveau des finances entre mes idées et celles de M.Day, mais cette proposition arrive trop tôt.Tu ne fais pas sept ans de politique municipale sans négliger tes autres obligations, alors il est temps pour moi de consacrer plus de temps à mon entreprise », explique-t-il.Si Michel Duchesneau a été tenté de faire le saut avec l'Alliance canadienne, ce n'est pas parce qu'il partage la totalité des opinions du parti, précise-t-il.« Je ne suis pas un homme de droite, mais un homme de finances.Je partage les idées de M.Day à ce niveau, mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec toutes ses idées », dit-il.L'ex-maire n'approuverait pas la position de l'Alliance sur les gays et l'avortement.Politique Le sort de Paul Martin alimente la rumeur HUGUETTE YOUNG Presse Canadienne, WINNIPEG La question est sur toutes les lèvres : Paul Martin restera-t-il, restera- t-il pas ?Publiquement, le ministre des Finances continue de répéter qu'il sera candidat aux prochaines élections au sein de l'équipe de Jean Chrétien.Mais les apparences sont trompeuses.Les rapports personnels entre MM.Martin et Chrétien sont très tendus.Les deux hommes ne se parlent pas.M.Martin n'a pris aucune décision finale quant à son avenir.Selon ses partisans, plusieurs facteurs penchent dans la balance.D'abord, le ministre des Finances, un faucon sur les questions fiscales, aura beaucoup de difficulté à accepter un retour à la vieille philosophie libérale des dépenses folles.« Il aurait de la difficulté à accepter cela.Deuxièmement, il ne veut pas aller aux Affaires étrangères », expliquait un fier acolyte de M.Martin.« S'il ne peut pas accepter le programme électoral, si le livre rouge des promesses libérales ne lui plaît pas, il ne se représentera pas aux élections », a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.Fier du bilan fiscal du gouvernement et de l'élimination du déficit, M.Martin veut continuer à laisser son « empreinte » sur le processus budgétaire.Le départ presque certain de l'homme fort de Winnipeg, le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, entraînera un remaniement ministériel.M.Axworthy a précisé qu'il étudiait une « proposition sérieuse » de l'Université de la Colombie-Britannique.Il a ajouté que personne ne lui avait demandé de libérer son siège.M.Martin a été clair : il ne veut pas bouger.Il a encore envoyé ce signal jeudi en disant qu'il aimait le rôle de ministre des Finances.Il a reconnu toutefois que la décision finale appartenait à M.Chrétien.Le premier ministre lui a rendu la pareille : « Il est un très bon ministre des Finances, a-t-il expliqué aux journalistes.Je n'ai rien à lui reprocher.Si j'avais quelque chose à lui reprocher, je lui demanderais de partir.C'est mon choix ».Au sein de l'équipe de M.Chrétien, on commence à s'impatienter.Les militants sont démotivés parce qu'ils ne savent pas sur quel pied danser, avance-t-on.Les ministres voudraient également savoir à quoi s'en tenir.Chez les pro-Chrétien, on calcule que ce serait suicidaire pour M.Martin de partir à la veille d'élections générales qui ne sont pas gagnées d'avance.D'autres, au contraire, croit que M.Martin peut s'exiler sans être puni.On est convaincu que le parti libéral l'accueillera à bras ouverts s'il voulait faire un retour en politique.Chrétien-Day: c'est la guerre Pour avoir une juste idée de l'effet Stockwell Day sur les libéraux de Jean Chrétien, il suffit de mesurer toute la place que le premier ministre a accordée au nouveau chef de l'Alliance canadienne, mardi soir à Winnipeg.Au moins les trois quarts du discours de Jean Chrétien étaient consacrés à M.Day et à son parti, avec beaucoup de détails sur ses déclarations récentes, beaucoup d'attention portée à ces dernières annonces et une grande insistance à le ridiculiser.Du coup, le traditionnel « pep talk » qui lance d'ordinaire les caucus s'est transformé en une longue tirade électorale et le premier ministre, qui devait en principe donner ses orientations à ses députés pour la rentrée parlementaire, leur a plutôt présenté en vrac toutes les munitions qu'il entend utiliser pour battre le nouvel ennemi.Tout y est passé, dans un flot de paroles parfois confuses dans un discours mal maîtrisé : baisses d'impôts accélérées, nouveau programme pour la petite enfance, nouvelles initiatives en santé, avec des tonnes de chiffres entrecoupés d'accusations à l'emporte-pièce contre le « rêve des millionnaires » proposé par Stockwell Day.C'est que les libéraux, après avoir traité avec une complaisance qui frôlait l'arrogance la naissance du nouveau parti, puis, l'entrée en scène de son nouveau chef, doivent aujourd'hui se rendre à une douloureuse évidence : Stockwell Day peut leur faire très mal aux prochaines élections.Même leur sondeur, Michael Marzolini, est venu le leur expliquer, chiffres à l'appui.Au printemps, au moment où se déroulait la course au leadership de l'Alliance canadienne, Jean Chrétien s'amusait ferme à comparer le nouveau parti au « nouveau Coke ».À l'époque, les libéraux, comme la majorité des observateurs de la scène politique fédérale, étaient persuadés que Preston Manning allait conserver son poste de chef du Reform, rebaptisé Alliance canadienne.Pour les libéraux, c'était dans la poche : les réformistes changeaient de nom, mais gardaient le même chef, se couvrant ainsi d'un ridicule certain, les conservateurs continuaient de végéter dans les intentions de vote, demeurant juste assez vigoureux pour continuer de diviser le vote de droite en Ontario et permettant ainsi aux libéraux de filer vers une nouvelle majorité.Changement de stratégie Mais voilà, le très photogénique Stockwell Day, qui a près de 20 ans de moins que Jean Chrétien, a créé la surprise et l'événement en remportant la course.À partir de ce moment, on a vu s'opérer un changement de stratégie chez les libéraux.Première conséquence : Jean Chrétien s'est mis soudainement à pratiquer une foule d'activités normalement réservées à des gens plus jeunes que lui, comme la descente de rapides ou la trottinette.Cet été, les conseillers de M.Chrétien prenaient encore la chose du bon côté, affirmant que son passé de fondamentaliste religieux allait finir par rejoindre Stockwell Day.Sont ensuite arrivés les premiers sondages, qui ont accordé jusqu'à 25 % à l'Alliance canadienne, confirmant aussi la quasi-disparition des conservateurs et avec eux le scénario de division du vote qui a si bien servi les libéraux en 1993 et en 1997.Puis, Stockwell Day a annoncé le recrutement de deux anciens députés bloquistes cette semaine, Nic Leblanc et Richard Bélisle.Deux modestes noms, certes, qui ont toutefois démontré d'un coup au reste du Canada que le pouvoir d'attraction de M.Day est probablement plus grand qu'on le croyait.Certainement plus grand, en tout cas, que ce que croyaient les libéraux, qui ont mis beaucoup d'énergie à dénigrer Stockwell Day et ses deux recrues.Oubliant sans doute que plus de 55 % de ses propres électeurs dans Saint-Maurice ont voté OUI au référendum de 1995, Jean Chrétien a affirmé qu'il est « dangereux de tenter de séduire les séparatistes ».« Les séparatistes ne peuvent pas être séduits, a-t-il dit aussi, ils ne peuvent qu'être défaits.» Dans le reste du Canada, ce sera donc une lutte entre le Parti libéral et l'Alliance canadienne, ce que Jean Chrétien a vite compris.La force de l'attaque contre Stockwell Day au caucus de Winnipeg démontre que le premier ministre a encore envie de se battre.Elle révèle aussi au grand jour l'inquiétude qui s'est emparée ces dernières semaines des libéraux.À force de tirer sur l'Alliance canadienne et de se moquer de « Blocwell Day », Jean Chrétien a d'abord démontré à quel point ce dernier l'inquiète.Au Conseil privé, des recherchistes ont passé l'été à fouiller les moindres déclarations de Stockwell Day, ses plus obscurs discours, tous ses faits et gestes en tant que Trésorier de l'Alberta (ministre des Finances).Au Québec et partout ailleurs au Canada, les dirigeants libéraux organisent ces jours-ci des « focus groups » pour tester les « lignes » de la campagne.C'est sans doute cette inquiétude qui a poussé M.Chrétien à étouffer les derniers souffles de rébellion des partisans de Paul Martin avec une fermeté que certains de ses propres députés ont perçue comme de l'autoritarisme paranoïaque.Avant de partir en guerre contre Stockwell Day, le premier ministre a d'abord voulu passer son message : c'est moi le chef, nous sommes en guerre et ceux qui ne marchent pas avec moi marchent contre moi.Ceux qui regrettent la faiblesse de l'opposition contre les libéraux depuis 1993 et qui se plaignent du caractère morne et souvent trop prévisible de la politique fédérale peuvent se consoler : les prochains mois s'annoncent aussi agités qu'imprévisibles.Vincent Marissal du bureau de La Presse, OTTAWA 6LP0901B0902 Page B9/2septembre 6LP0901B0902 ZALLCALL 67 01:08:35 09/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 B 9 Politique Le homard de la guerre Les évêques du Nouveau-Brunswick en appellent au partage de la ressource LE HOMARD / Suite de la page A1 « d'illégale » par le ministère canadien des Pêches et Océans, sans jamais être gênés par les forces de l'ordre.La population blanche, pourtant si révoltée l'an dernier, ne dit plus un mot sur la place publique, laissant aux agents de Pêches et Océans le soin de dénouer l'impasse.La colère gronde cependant dans le coeur de tout le monde, chacun espérant un dénouement rapide.Le conflit oppose principalement Pêches et Océans à la communauté micmac.Les autochtones demandent même la tête du ministre responsable, Herb Dhaliwal.Il serait faux cependant d'affirmer que c'est le chaos dans la région de Miramichi.N'importe qui peut y circuler en toute quiétude, même dans la réserve micmac où les quelque 1500 habitants ont l'habitude de saluer de la main tous les passants.Le conflit Il faut rappeler brièvement les faits.Les Micmacs sont allés jusqu'à la Cour suprême pour faire reconnaître leurs droits ancestraux et ils ont gagné.Ils ont le droit strict de tirer leur subsistance de la mer, ce que nous appelons maintenant le fameux « jugement Marshall ».Les Micmacs pêchent dans la baie, négociant avec des acheteurs que personne ne connaît, du moins officiellement.La Cour suprême accorde donc aux Micmacs le droit à une pêche de subsistance.Qu'est-ce qu'une pêche de subsistance ?Pêcher pour manger ou pour tirer un revenu correct de cette activité ?Tout est dans l'interprétation, diront les villageois de Néguac, rencontrés par La Presse.C'est d'ailleurs pour clarifier cette imprécision que les Micmacs ont voulu rencontrer le ministre Dhaliwal, mais on ne s'entend pas sur le lieu de la rencontre.Les Micmacs veulent voir le ministre à Fredericton, ce dernier préfère Ottawa.Dans les faits, Pêches et Océans accorde 40 casiers à la réserve qui en réclame 5000, un écart pour le moins impressionnant.Les agents peuvent par ailleurs saisir des casiers tous les jours, des pages complètes de « petites annonces » offrent des casiers à vendre, un fait rare à ce temps-ci de l'année.C'est que les Blancs vendent des casiers, que les Micmacs s'empressent d'acheter.Le beau et gros village de Néguac, sur ce littoral acadien, cohabite avec la petite communauté micmac de Burnt Church.Les gens fraternisent beaucoup.Cet été, par exemple, on a organisé des parties de balle opposant les membres du conseil municipal de Néguac aux dirigeants de la réserve.Une belle harmonie, explique le directeur général du village, Denis Bujold, précisant : « Nous avons toujours vécu ensemble et nous vivrons toujours ensemble.C'est malheureux toute cette histoire.Lorsque vous serez partis, vous les médias, nous, nous devrons cohabiter.» Il faut ici mettre en lumière un fait historique capital, que nous ne retrouvons pas au Québec ou ailleurs au Canada : l'amitié qui unit Micmacs et Acadiens depuis la triste déportation de 1755.Les Blancs ne parlent plus publiquement dans le dossier de la pêche au homard parce qu'une longue histoire unit les deux communautés.Les Micmacs ont en effet caché et protégé les Acadiens en fuite, à l'époque de la déportation.Le nom du Burnt Church tire même son origine de cet événement.L'occupant anglais, à l'époque, a cru que la petite église de l'actuelle réserve appartenait aux Acadiens et l'a incendiée par erreur.« Nous n'avons jamais laissé un Indien dans la misère.Une tempête de neige, une grosse pluie, un accouchement difficile, nous avions l'habitude d'ouvrir la porte, de servir un bon repas, de fournir un lit pour la nuit.Toujours, les Micmacs ont été nos amis et protecteurs.Depuis toujours, c'est dans notre coeur, ancré profondément », témoigne l'épouse d'un pêcheur blanc, une Acadienne, Lucie Breau.« Nous sommes en train de tout détruire.Le plus malheureux, c'est que les images projetées par les médias montrent simplement la violence qui nous oppose.Il n'y a personne, plus que nous, qui puisse désirer une paix durable », ajoute la femme du pêcheur, qui ne sait plus où donner de la tête.« Il serait tellement important que les agents de Pêches et Océans démasquent aussi les acheteurs », ajoutet- elle.Lucie Breau, comme d'autres travailleurs de la mer, s'inquiète pour l'avenir de la ressource.« Les Micmacs font une pêche facile, à ce temps-ci de l'année, parce que le homard est affamé.Le printemps, nous ne levons les casiers qu'une fois par jour, mais, l'automne, nous pouvons obtenir jusqu'à trois prises par jour, avec des casiers bien remplis.Les appâts, appelés « bouète » par les pêcheurs, n'ont pas besoin d'être gros », expliquet- elle.Denis Bujold, l'administrateur municipal, partage son opinion.ANDRÉ PÉPIN NÉGUAC, Nouveau-Brunswick Les évêques catholiques du Nouveau- Brunswick appellent au calme, mais également à un véritable partage des richesses dans le conflit qui oppose les Micmacs au gouvernement fédéral au sujet de la pêche au homard dans la grande baie de Miramichi.Cet appel des dirigeants ecclésiastiques revêt ici une grande importance, principalement au sein de la population acadienne.Les évêques, peut-être davantage que partout ailleurs au Canada, sont écoutés et respectés au sein d'une population qui a conservé un fort taux de fidélité à l'Église.Quatre évêques catholiques ont condamné l'assaut des agents de Pêches et Océans contre des bateaux des Micmacs de Burnt Church, qualifiant de « légitimes » les revendications autochtones.« Quelle aurait été la réaction de la population canadienne s'il y avait eu des morts, mardi, lors de l'intervention en mer ?» s'interroge Mgr Faber Mac Donald, un des quatre signataires de la lettre épiscopale.« Tous les homards de la baie de Miramichi ne valent pas une vie humaine.» Dans la communication officielle aux résidants du Nouveau- Brunswick, les évêques écrivent que de « graves injustices ont été commises à l'endroit des Amérindiens au cours des cinq derniers siècles, injustices qui ont provoqué chez eux de graves conséquences aux points de vue spirituel, social, culturel et économique ».Les dirigeants religieux soutiennent par ailleurs qu'un principe fondamental du christianisme dit que « les richesses de la création doivent être tenues pour un bien commun appartenant à toute l'humanité ».Ils suggèrent à toute la population de s'interroger sur le comportement que nous adoptons à l'égard des Amérindiens.« À ce stade, nous, pasteurs et évêques, ne pouvons fermer les yeux sur ce qui se passe à Burnt Church.En tous cas, la violence, les menaces de violence, et l'intimidation ne peuvent résoudre quoi que ce soit, ni susciter une atmosphère de dialogue si nécessaire pour tenter de régler les difficultés actuelles.Nous demandons à toutes les parties engagées dans ce conflit d'adopter des attitudes et des propos qui favorisent le calme et la non-violence.En outre, ce dialogue doit tenir compte des objectifs et des aspirations légitimes des peuples des Premières Nations en ce qui concerne leurs droits de pêche ».Les quatre évêques signataires représentent les deux communautés linguistiques.Ce sont, outre Mgr Faber Mac Donald, de Saint- Jean, ses collègues Ernest Leger, archevêque de Moncton, Mgr André Richard de Bathurst et Mgr François Thibodeau, d'Edmunston dans le Madawaska.Les évêques du Nouveau- Brunswick, contrairement à ce qu'on pourrait penser à l'extérieur de la province, sont connus pour être des partisans de la gauche.Ils marchent souvent avec des ouvriers qui, manifestent, prennent des positions pour le moins courageuses dans différents conflits, dénoncent les injustices sociales.Dans le dossier des coupes sévères à l'assurance- emploi, par exemple, ils sont descendus dans les rues et ont occupé des espaces importants dans les médias pour défendre les travailleurs.Ils jouissent d'une crédibilité indéniable, tant auprès des pratiquants que des non-pratiquants et non-croyants.Les Micmacs de Burnt Church veulent la démission du ministre Dhaliwal Presse Canadienne BURNT CHURCH Les chefs de bande de la réserve de Burnt Church ont déclaré hier qu'ils étaient toujours prêts à discuter des droits de pêche avec Ottawa, mais qu'ils réclamaient la démission du ministre des Pêches, Herb Dhaliwal.Le ministre Dhaliwal refuse de rencontrer les autochtones tant qu'ils n'auront pas retiré leurs casiers à homards de la baie de Miramichi, et il a adopté la ligne dure pour faire respecter la réglementation en vigueur.« Le ministre montre ses véritables couleurs, a déclaré le chef de bande, Wilbur Dedam.Il prétend que nous exerçons encore notre droit de pêche ancestral pour éviter de nous rencontrer.Il abdique complètement sa responsabilité ministérielle.Les Micmacs ont indiqué hier qu'ils voulaient que le ministre Dhaliwal annule toute autre intervention des agents de Pêches et Océans dans la baie de Miramichi.Les agents fédéraux et les autochtones se sont affrontés à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, lorsque les représentants du gouvernement ont saisi des casiers à homards que les Micmacs avaient, selon eux, installés dans l'illégalité.Deux bateaux autochtones ont été coulés au cours de ces incidents.Deux agents ont été blessés après avoir reçu des pierres à la figure, et environ 2000 casiers ont été saisis.Plusieurs autochtones ont été arrêtés.Malgré leur volonté déclarée de négocier, les deux parties sont restées sur leurs positions.Les autochtones refusent que les discussions soient soumises à certaines conditions, et le ministre Dhaliwal exige que les casiers soient retirés avant d'entreprendre des négociations.Les Micmacs ont reçu des témoignages d'appui de diverses régions du Canada.À Deseronto, en Ontario, des membres du territoire mohawk Tyendinaga, situé à 20 kilomètres à l'est de Belleville, ont bloqué mercredi soir l'accès à une voie d'un pont afin de manifester leur appui aux Micmacs.Le barrage a été levé hier.La porte-parole de Burnt Church, Karen Somerville, a déclaré vendredi qu'elle espérait que la communauté internationale serait informée des incidents.« Nous demandons à la communauté internationale de condamner les mesures qu'a prises le gouvernement canadien pour traiter cette affaire, ainsi que sa détermination à obliger notre communauté à se soumettre », a-t-elle déclaré.AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS APPEL D'OFFRES Projet: 570275 Établissement: le CHSLD du Bas-Richelieu Ville: Sorel Le CHSLD du Bas-Richelieu propriétaire, ayant son siège au 151, rue George, Sorel demande des soumissions pour la protection incendie du Foyer Richelieu et de l'Hôpital Général de Sorel.Les documents contractuels pourront être obtenus: DESSAU-SOPRIN 375, boul.Roland-Therrien, bureau 400 Longueuil (Québec) J4H 4A6 Tél.: (514) 281-1010 contre un chèque visé non remboursable de 50 $ émis à l'ordre du propriétaire.Les soumissions devront être accompagnées soit d'un cautionnement de soumission délivré par une institution financière et établi au montant de soixante mille dollars (60 000 $) valide pour une période de quarante-cinq (45) jours de la date d'ouverture des soumissions, soit d'un chèque visé au montant de trente mille (30 000 $) fait à l'ordre du propriétaire, soit d'obligations conventionnelles au porteur émises ou garanties par les gouvernements du Québec ou du Canada dont la valeur nominale est de trente mille dollars (30 000 $).Les soumissions seront reçues à l'endroit suivant: Hôpital Général de Sorel 151, rue George Sorel (Québec) J3P 1C8 Tél.: (450) 746-5555 Le 26 septembre 2000 Heure locale en vigueur 11 h pour être ouvertes publiquement au même endroit, le même jour et à la même heure.Seuls sont admis à soumissionner les entrepreneurs ayant leur place d'affaires au Québec, en Ontario ou au Nouveau-Brunswick et détenant la licence requise en vertu de la Loi sur le bâtiment.Les entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leur soumission, et doivent les informer des conditions qu'ils entendent leur imposer et s'assurer qu'ils détiennent les permis et licences requis.Le propriétaire ne s'engage pas à accepter la plus basse ou quelque autre des soumissions reçues.DESSAU-SOPRIN Représentant du propriétaire désigné ENCANS ENCAN pour le PUBLIC Samedi 9 septembre 2000 à 9h30 Plus de 100 unités \u2014 1992 à 2000 AUTOS / VANS / PICK-UPS (Plusieurs avec balance de garantie du manufacturier) Chaque véhicule soumis à un essai routier Mandats: Banques - Caisses Pop.- Inst.Fin.- Syndics de Faillite - Grossiste - Saisies légales et ventes sous contrôle de justice (aucun véhicule de particuliers) LISTE PARTIELLE Honda CR-V 99 Suzuki Swift 99 Chevrolet Lumina 98 Ford Windstar 98 Suzuki Esteem 98 GMC Sonoma 97 Chevrolet Cheyenne 2500 94 ENCAN INTÉRIEUR INSPECTION ET VÉRIFICATEUR PAR LES ACHETEURS Vendredi 8 septembre 2000: de 12 h à 20 h CONDITIONS: Dépôt de 10% à l'adjudication (min.500 $) PRÉAVIS ENCAN 30 SEPTEMBRE VÉHICULES RÉCRÉATIFS (MOTONEIGES, VTT, MOTOS, ETC.) Les Enchères Automobiles de Laval Inc.2380, Montée Masson, Laval H7E 4P2 Tél.: (450) 666-1254 Fax: (450) 666-8129 www.auction-sales.net La Société du Vieux-Port de Montréal Inc.APPEL D'OFFRES N° IP 510-00-162 FERMETURE : Le mercredi 20 septembre 2000 à 11 h, heure de Montréal.SERVICES DE DÉNEIGEMENT ET D'ÉPANDAGE D'ABRASIFS La Société du Vieux-Port de Montréal inc.désire retenir les services d'une firme pour des services de déneigement et d'épandage d'abrasifs pour l'ensemble de son site couvrant la période 2000-2001.Tous les soumissionnaires doivent participer à une visite obligatoire des lieux le mardi 12 septembre 2000 à 10 h.Le lieu de rencontre est aux bureaux de la Société du Vieux-Port de Montréal situés au 333, rue de la Commune Ouest à Montréal.Les documents d'appel d'offres seront disponibles du 5 au 12 septembre 2000 à l'adresse précitée du lundi au vendredi de 9 h à 16 h inclusivement.Les soumissions cachetées, en trois exemplaires (un original et deux copies lisibles), dans des enveloppes pré-adressées à cet effet, doivent être reçues au plus tard à l'heure et à la date indiquées ci-haut aux bureaux de : La Société du Vieux-Port de Montréal inc.333, rue de la Commune Ouest Montréal (Québec) H2Y 2E2 Une garantie de soumission pour un montant équivalent à dix pour cent (10%) du prix total de la soumission, à l'ordre de la Société du Vieux- Port de Montréal inc.sous forme de chèque visé ou un cautionnement de soumission émis par une société certifiée par le surintendant fédéral ou provincial des assurances, sur un formulaire acceptable par le gouvernement canadien ou garantie bancaire émise par une banque à charte canadienne, doit être jointe à la soumission.Seules les personnes, sociétés, compagnies, corporations qui ont obtenu le document d'appel d'offres, directement de la Société du Vieux- Port de Montréal inc., sont autorisées à soumissionner La Société se réserve le droit de rejeter l'une, quelconque ou toutes les soumissions reçues.Toute demande de renseignements doit être adressée par écrit à : La Société du Vieux-Port de Montréal inc.333, rue de la Commune Ouest Montréal (Québec) H2Y 2E2 Attention de : Joanne Giguère Chef, approvisionnement Télécopieur : (514) 283-8423 Adresse électronique : giguere@vieuxportdemontreal.com ENCANTEUR, RÉCUPÉRATEUR, INC.& ASSOCIÉS ENCAN PUBLIC SANS RÉSERVE DANS L'AFFAIRE DE LA FAILLITE DE CONSTRUCTION W.L.CHOINIÈRE INC.Y SERA VENDU PAR ENCHÈRES PUBLIQUES LE MERCREDI 6 SEPTEMBRE À 9 H 30 AU 982, RUE ROGER À GRANBY ÉQUIPEMENT, OUTILLAGE ET MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION GÉNÉRATRICE CAMPBELL HAUSFIELD CAP.5500 \u2014 COMPRESSEUR PORTATIF POLYQUIP HONDA \u2014 MINICOMPRESSEUR JACCUZY 1/2 HP COMPRESSEUR AIR-TEK \u2014 2 SOUDEUSES LINCOLN/250AMP/180AMP \u2014 PLIEUSE À TÔLE ALUMINIUM PRO 2 PROFESSIONNELLE HEAVY DUTY 10 PI \u2014LASER SPECTRA PHYSICS LASER PLAN 350 \u2014 1 NIVEAU WILD NAK-D \u2014 1 NIVEAU KARL ZEISS \u2014 1 NIVEAU KEUFFLE ESSER \u2014 4 DÉGAUCHISSEUSES GÉNÉRAL (PLANEUR CORROYEUR) \u2014 SCIE RADIALE DEWALT \u2014 SCIE RADIALE DELTA \u2014 SCIE RADIALE ROCKWELL \u2014 3 BANCS DE SCIE \u2014 3 POMPES INDUSTRIELLES À EAU AU GAZ AVEC BOYAUX \u2014 GROS LOT DE JEUX D'ÉCHAFAUDAGE ACCESSOIRES \u2014 2 COMPACTEURS À ROULEAU BOMAG \u2014 2 CLOUEUSES À AIR HITACHI 31/4 \u2014 TRONÇONNEUSE HOMELITE 245 \u2014GROS LOT DE LAMES À BÉTON ET MÉTAL HILTI, ABMAST FLEXOVIT, STIHL NEUVES ET USAGÉES \u2014 1 MARTEAU HITACHI ÉLECTRIQUE \u2014 2 RABOTS ÉLECTRIQUES \u2014 SCIE STANLEY INDUSTRIELLE \u2014 SCIE BEAVER \u2014 5 SCIES B&D \u2014 3 SCIES MAKITA DUREX \u2014 SCIE À BÉTON HOMELITE \u2014 SABLEUSES SKYL, STANLEY \u2014 IMPACT B&D TOUPIE ROCKWELL \u2014 2 GRINDERS B&D 6000 T/MIN \u2014 3 PERCEUSES HILTI \u2014 5 PERCEUSES-DRYWALL: MILWAUKEE, B&D, HILTI, MAKITA \u2014 LOT DE COFFRES À OUTILS \u2014 LONGUE PORTÉE AUTOMATIQUE \u2014 2 CISEAUX ÉLECTRIQUES EKTT, PROCTOR CABLE \u2014 3 CLOUEUSES HILTI \u2014 AGRAFEUSE SENCO À AIR \u2014 40 UNITÉS DE CHAUFFAGE \u2014 LOT DE BARRES DE PLAFOND SUSPENDU \u2014 GROS LOT DE BOIS ET PLANCHES À FINITION \u2014 COFFRE DE CHANTIER EN ACIER \u2014 LOT D'ÉCHELLES ET ESCABEAUX \u2014 SYSTÈME DE COMMUNICATION RADIO: ANTENNE DE 75 PI, 6 RADIOS MOBILES \u2014 ROULEUR POUR TAPIS \u2014 CHARGEUR À BATTERIE \u2014 GROS LOT OUTILS TELS QUE: MÈCHES DE PERCEUSES-PIQUES, ACCESSOIRES DE PERCEUSE, CHAÎNES, MÈCHES HILTI \u2014 CÂBLES, BOYAUX, CÂBLES À SABLEUSE \u2014 CHAÎNE DE TRONÇONNEUSE \u2014 HILTI, ABMAST FLEXOVIT, STIHL NEUVES ET USAGÉES \u2014 42 BOÎTES DE 100 UNITÉS BALLES POUR FUSIL HILTI - GROS LOT DE CLOUS HILTI \u2014 BOULONS \u2014 RONDELLES \u2014 ATTACHES \u2014 COUDES \u2014 GROS LOT DE VIS À TÔLE \u2014 CANON ET CHARGEUR POUR FUSIL HILTI \u2014 LOT DE MASQUES ET LUNETTES \u2014 LOT DE MÉLANGES À MORTIER, À CIMENT, COULIS, MARBRE BLANC, TUILES DE PLAFOND SUSPENDU \u2014 PEINTURE \u2014 COINS ET FINITIONS DE MÉTAL.GROS LOT D'OUTILS GROS LOT DE 2X4, DE 2X6, DE 2X8, DE 10/12/18 PI DE LONG EN MÉTAL GROS LOT DE QUINCAILLERIE ET DE PRODUITS D'ENTRETIEN MÉCANIQUE LOT DE LAINE ISOLANTE\u2014BEAUCOUP D'AUTRES OUTILS NON ÉNUMÉRÉS MATÉRIEL ROULANT PICK-UP CHEVROLET 2500 1995 8 CYL.AUTO À GAZ \u2014 HINO HFB 1990 DIESEL 4 CYL \u2014 4 VIT.AUTO, 2 ESSIEUX, BOÎTE DOMPEUSE CÔTÉ AMOVIBLE \u2014 MASSEY FERGUSON, CHARIOT ÉLÉVATEUR 1 MÂT 10 PI \u2014 4 REMORQUES DE CHANTIER DOUBLE ESSIEU \u2014 1 LIFT CLARK MÂT 10 PI 5000 LB.INSPECTION: LE MARDI 5 SEPTEMBRE DE 9 HEURES À 16 HEURES FRAIS D'ENCAN 10% CONDITIONS: 25%À L'ADJUDICATION, LE SOLDE COMPTANT OU PAR CHÈQUE VISÉ DIRECTION: AUTOROUTE 10, SORTIE 68 GRANBY, PREMIÈRE RUE À GAUCHE, ST-JUDE ET ROGER À GAUCHE & ASSOCIÉS ENCANTEUR, RÉCUPÉRATEUR INC.TÉL.: 450-347-2233 FAX: 450-347-4714 CELL.: 514-949-3493 6LP1002B0902 b10 Samedi 6LP1002B0902 ZALLCALL 67 01:10:19 09/02/00 B B 10 R LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 2 SEPTEMBRE 2000 AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS APPEL DE SOUMISSIONS No 00-518 IMPRESSION DE FORMULAIRES D'ABONNEMENT LOTOMATIQUE CLÔTURE: LE 20 SEPTEMBRE 2000, 11 H, HEURE LOCALE Loto-Québec désire recevoir des offres relativement à l'impression de formulaires d'abonnement Lotomatique.Les fournisseurs peuvent obtenir l'information sur l'appel de soumissions en visitant le site Internet de l'entreprise: www.loto-quebec.com ou en se présentant à: Direction de l'approvisionnement de Loto-Québec 500, rue Sherbrooke Ouest, 18e étage Montréal (Québec) H3A 3G6 Du lundi au vendredi entre 9 h et 12 h et entre 13 h 30 et 16 h Émis le 2 septembre 2000 Des maires furieux de l'annulation de leurs élections Presse Canadienne QUÉBEC Les maires de banlieue ont promis de recourir aux tribunaux après avoir eu la confirmation, hier, que le gouvernement annulera les élections prévues cet automne à Beauport et Charlesbourg.Le tout dernier effort des élus de la banlieue a échoué.Le commissaire Jean-Louis Lapointe a recommandé à la ministre Louise Harel de reporter les élections prévues dans ces deux villes.Ce sont les seules de la Communauté urbaine de Québec où des scrutins devaient se tenir en novembre.« C'est honteux », s'est écrié le maire de Charlesbourg, Ralph Mercier, en invoquant la démocratie.Il a révélé que son groupe fera appel à des procureurs pour bloquer le train qui vient de se mettre en branle.Le commissaire Lapointe a plaidé qu'il serait incorrect de laisser des administrations municipales engager inutilement des centaines de milliers de dollars en dépenses électorales.Incorrect, parce qu'il sait que ces villes n'existeront plus sous leur forme actuelle d'ici quelques mois.« Les scénarios que je retiens pour un examen plus approfondi prévoient tous que les municipalités de Beauport et de Charlesbourg feront l'objet d'un regroupement », peut-on lire dans la lettre qu'il a adressée à Louise Harel, en aprèsmidi.Il précise qu'elles seront « visées par un regroupement, soit entre elles, soit au sein d'un ensemble plus large ».C'est le conseil des ministres de mardi qui disposera de la question du report des élections.Mais il ne s'agirait plus que d'une formalité.La ministre Louise Harel l'a confirmé, en soirée, en faisant savoir qu'aucune élection ne pourra se tenir à Beauport ni à Charlesbourg au cours des 12 prochains mois.L'annulation de ces scrutins apparaît à plusieurs comme la première étape devant mener à la création de deux villes dans la région de la capitale, l'une sur la rive nord et l'autre sur la rive sud.Pour le maire de Beauport, Jacques Langlois, le plan de match est déjà arrêté.« Le rouleau compresseur continuera de faire son oeuvre.Aujourd'hui, c'est Beauport et Charlesbourg.Fin septembre, on aura d'autres surprises.D'autres s'ajouteront.» Le commissaire a levé le voile sur ses intentions à l'issue d'une réunion tenue en matinée avec des élus de la rive sud et de la rive nord.SERVICE DES ACHATS ET DU GÉNIE APPEL D'OFFRES SOUMISSION 00-10 CUEILLETTE, TRANSPORT ET DISPOSITION DES DÉCHETS - DISTRICT ST-PIERRE Des soumissions cachetées, marquées « Soumission 00-10 \u2014 Cueillette, transport et disposition des déchets - District St-Pierre », adressées à M.Paul Roy, Ing., Directeur du Service des achats et du génie, seront reçues à la Ville de Lachine, 1800, boulevard Saint-Joseph, Lachine (Québec) H8S 2N4, jusqu'à 12 h (midi), le mardi 19 septembre 2000 et elles seront ouvertes immédiatement après l'heure limite, dans la salle du Conseil.La durée du contrat est pour une période de quatorze mois, soit de novembre 2000 à décembre 2001 inclusivement, plus une année optionnelle (2002) au choix de la Ville.Le nombre d'unités d'occupation est de 2 366.Les soumissions doivent être accompagnées d'un dépôt minimum de dix pour cent (10%) de la valeur totale de la soumission, payable à la Ville de Lachine, sous forme de chèque visé ou de cautionnement de soumission valide pour une période de 60 jours.Toute la documentation pertinente sera disponible moyennant un dépôt de vingt-cinq dollars (25 $), NON REMBOURSABLE, à compter du mardi 5 septembre 2000, aux bureaux du Service des achats et du génie, au Centre technique, 2200, rue Saint-Antoine, Lachine (Québec) H8S 1V6.La Ville de Lachine ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions et n'encourt aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.PAUL ROY, ing.Lachine, le 2 septembre 2000 AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS "]
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