La presse, 14 septembre 2000, Cahier A
[" 4LP0101A0914 A1 JEUDI 4LP0101A0914 ZALLCALL 67 11:28:34 09/14/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 P 116e ANNÉE, NO 321, 78 PAGES, 6 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Criblé de balles Le journaliste Michel Auger s'en tirera; la police flaire la piste des motards C'est pour ça qu'elles sont belles HUGO DUMAS Après la mort du jeune Daniel Desrochers en 1995, après les assassinats des gardiens de prison Diane Lavigne et Pierre Rondeau en 1997, après les violentes fusillades des derniers mois qui ont éclaté en plein jour à l'intérieur de restaurants à Montréal, devant une clinique pédiatrique de Laval et sur un terrain de camping de Granby, voilà que le crime organisé s'attaque au monde des médias.Michel Auger, reporter spécialisé dans les activités du milieu interlope au Journal de Montréal, a été criblé de cinq balles, hier matin, peu de temps après être descendu de sa voiture dans le stationnement extérieur du quotidien de la rue Frontenac.Six balles de calibre 38 ont été tirées en direction du journaliste de 56 ans: trois l'ont atteint au thorax, deux se sont logées dans la région de l'épaule et la dernière a raté sa cible.L'état de santé du reporter, entouré de tous ses proches hier soir, n'inspirait toutefois plus de crainte et il ne devrait pas garder de séquelles permanentes graves.Il a subi avec succès une intervention chirurgicale à l'Hôpital général de Montréal.Voir CRIBLÉ en A2 Un collègue de RDI offre à Marie- Claude Deslières de saluer sa famille en ond e s .M a r i e - Claude, 34 ans, mère de trois enfants, pilier de l'équipe de water-polo, s'installe tranquillement devant la caméra, salue ses enfants, son mari, sa soeur et éclate en sanglots.Elle revient à l'entrevue qu'elle me donnait en séchant ses larmes.Excusez-moi, me dit-elle.Fait longtemps que vous avez vu vos enfants?Oui, mais c'est pas à cause de mes enfants que je pleure.C'est à cause de ma soeur, France.Elle est malade?Non.Elle a joué dix ans pour cette équipe nationale.Et puis elle n'a pas été retenue pour les Jeux.Chaque fois que je pense à elle, je braille.Quand cette équipe a été formée il y a deux ans, en avril 1998 précisément, il y avait là Marie-Claude, il y avait la gardienne de but Josée Marsolais, le coach Daniel Berthelette et quelques autres.Ils ont tenu une réunion à Claude-Robillard et c'est une des premières choses qui ont été dites: si on embarque, on embarque.Mariée pas mariée, enfant pas enfant, les mêmes règlements pour tout le monde, les mêmes pratiques pour tout le monde, pas de passe- droit, et c'est moi le boss, a dit Berthelette.L'équipe est née de cette discussion- là.Quand Berthelette a décidé que France, la soeur de Marie-Claude, n'irait pas aux Jeux, Marie-Claude a ravalé sa peine, ses protestations, l'envie d'étrangler Berthelette.Mais les larmes, ça, elle contrôle pas.« Chaque fois que je pense à France, je braille, j'y peux rien.» Je peux me tromper, mais j'ai le sentiment que cette équipe est véritablement née de la commune et furieuse envie que partagent 13 jeunes femmes d'étrangler Berthelette.On pense au Canadien des bonnes années de Scotty Bowman.Et comme Bowman, Berthelette le fait sûrement un peu exprès.Voir C'EST POUR ÇA en A14 PHOTO REUTERS Les enquêteurs du Service de police de la CUM cherchent des indices dans le terrain de stationnement du Journal de Montréal où le reporter Michel Auger a été blessé dans un attentat hier matin, au lendemain de la publication d'un article détaillé sur les luttes de pouvoir entre les gangs de motards et les organisations mafieuses.En médaillon, Michel Auger.Autres textes et photos, pages A3 à A7 Le rôle d'évaluation laisse présager une crise «Nous devrons faire des acrobaties pour éviter une hausse des taxes», dit Jean Fortier ÉRIC TROTTIER Le nouveau rôle d'évaluation déposé hier par la Communauté urbaine de Montréal ( CUM ) laisse présager une importante crise budgétaire \u2014 et politique \u2014 à l'hôtel de ville de Montréal, puisqu'il occasionnera un manque à gagner de 50 à 75 millions pour la Ville et aura pour effet de faire grimper le compte de taxes foncières de certains propriétaires jusqu'à 30 %.Le nouveau rôle, qui servira à confectionner les comptes de taxes de 2001, 2002 et 2003, montre en effet que la valeur totale des propriétés a diminué de 5 % dans l'île, et de 7,4 % à Montréal ( d'où le manque à gagner ), tandis que la spéculation a fait son oeuvre dans les quartiers du centre de la ville \u2014 Plateau Mont- Royal, Mile-End et ghetto Mc Gill, notamment \u2014 où la valeur moyenne des propriétés a augmenté de 10 à 30 % depuis cinq ans.« La bonne nouvelle, c'est que ( comme la valeur des propriétés a augmenté ) vous êtes plus riches.La mauvaise nouvelle, c'est que vous allez devoir contribuer davantage à la société », a déclaré, sur un ton à peine ironique, le président du comité exécutif de la Ville, Jean Fortier.Selon lui, « entre le quart et le tiers » de la population montréalaise sera affectée par une hausse du compte de taxes, l'an prochain.En dépit du fait que la valeur des immeubles des quartiers recherchés a augmenté, il reste que la valeur totale du secteur résidentiel à Montréal est stable par rapport au dernier rôle déposé en 1994, alors que la valeur des immeubles à logements et à bureaux a chuté de 10 %.Résultat, avec ce nouveau rôle, le fruit de l'imposition foncière rapportera entre 50 et 75 millions de moins à la Ville, a répété M.Fortier.« Une fois de plus, nous devrons faire des acrobaties pour éviter une hausse du taux de taxation », a-t-il poursuivi en refusant de s'engager à ne pas toucher au taux actuel de 1,99 par 100 $ d'évaluation, déjà l'un des plus élevés à Montréal.Le président du comité exécutif, qui a commencé la préparation du budget, n'envisage pas non plus un système à taux variables, comme la loi le lui permet maintenant.Voir LE RÔLE en A2 Rubriques Arts et spectacles .D2 à D11 - télévision D6 Bandes dessinées C3 Bridge C7 Décès C9 Économie E1 à E10 Êtes-vous observateur?.C4 Feuilleton C3 Horoscope C5 Loteries A2 et B10 Monde C2 et C3 Mots croisés C3 et S14 Mot mystère C3 Petites annonces C4 - immobilier C4 et C5 - marchandises C5 - emplois C5 et C6 - automobile C6 et C7 - affaires E2 Politique B1, B4 et B¢ Quoi faire D13 MÉTÉO Averses Max.22, min.13 cahier Sports, page 20 http://lapresse.infinit.net Un quartier que l'on fuit MICHÈLE OUIMET Pendant toute son enfance, Lawrence Beaulieu a été violé par son père et ses oncles.Élevé sur une réserve, il a subi les assauts répétés d'un père alcoolique et violent qui le battait sauvagement.Personne n'avait pitié du petit Lawrence, un frêle garçon de neuf ans.Aujourd'hui, il a 41 ans et il se prostitue depuis 20 ans.Croisé dans Ellice Street, une rue pauvre de Winnipeg où travaillent de nombreux prostitués, Lawrence attend des clients.Fébrile, bourré de tics, fragile, il raconte en quelques phrases saccadées l'enfance qui a brisé sa vie.« J'étais maintenu par terre par mon oncle et il me violait.Mon frère voyait tout et il ne disait rien.J'avais peur de mon père, je pensais qu'il allait me tuer.Je fais encore des cauchemars.» « Il est rempli de douleur », affirme Glenn Cochrane, coordonnateur d'un programme de prévention sur les gangs de rue.Il connaît bien Lawrence qui boit et prend de la drogue pour exorciser son enfance.Lorsqu'il ne fait pas le trottoir, Lawrence peint.Avec un certain talent, précise Cochrane.Selon la police, environ 300 prostitués \u2014 femmes, hommes, transsexuels et travestis \u2014 arpentent les rues de Winnipeg.Plus de 70 % d'entre eux sont des Amérindiens marqués par un passé de pauvreté, élevés souvent par des parents alcooliques, agressés sexuellement ou battus au cours de leur enfance.Sur les 660 000 personnes qui vivent à Winnipeg, 46 000 sont des Amérindiens, soit 7 % de la population.Voir UN QUARTIER en A2 En mars, les résidants du Centre-Sud se sont révoltés lorsque la Ville a voulu tolérer la prostitution de rue dans leur quartier.Devant la grogne, le maire Bourque a retiré son projet en catastrophe.La Presse est allée voir ailleurs comment ça se passe.Après les Pays-Bas et la Suisse, voici Winnipeg.Autres textes en page A10 SUPERSOLDE DE L'AUTOMNE! Le Centre de Design PELLA 3075 TRANS-CANADIENNE (514) 694-5855 -Voie de service nord, entre Des Sources et St-Jean ÉPARGNEZ30%SUR DES PORTES ET FENÊTRES DE QUALITÉ LÉGENDAIRE PELLA® 4LP0202A0914 A2 JEUDI 4LP0201A0914 ZALLCALL 67 01:05:10 09/14/00 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 Criblé de balles CRIBLÉ / Suite de la page A1 Nul doute, l'attentat contre Michel Auger a été orchestré par des subalternes gravitant autour des bandes de motards, indique une source policière près de l'enquête.Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard, a vivement réagi hier en réclamant des pouvoirs extraordinaires pour lutter contre les gangs de motards.« J'en suis arrivé à la conclusion qu'il faut utiliser des moyens légaux exceptionnels et limités dans le temps », a dit le ministre Ménard, appelé à commenter la tentative de meurtre contre le journaliste montréalais.Mardi, Michel Auger signait une série de trois articles sur les règlements de comptes et les disparitions au sein du crime organisé, publiés sous le titre Pagaille chez les caïds.Dans un des papiers, le journaliste relatait le récent assassinat de François Gagnon, un sympathisant des Rock Machine, et qualifiait la victime de « minable petit truand malgré son poids de 350 livres ».Après la parution de l'article, une personne qui connaissait très bien Gagnon a laissé un virulent message dans la boîte vocale du reporter qui comportait des « menaces de mort sans équivoque », dit une source policière.En début de matinée hier, Michel Auger s'est rendu à la Place Versailles, où sont centralisées les escouades spécialisées du SPCUM, et a glissé un mot aux enquêteurs sur ce fameux message, sans trop s'en inquiéter, indique notre source.C'est que depuis le début de sa carrière dans le milieu judiciaire, amorcée il y a plus d'une trentaine d'années, le journaliste a souvent essuyé des menaces de toutes sortes.À 10 h 56 hier, Michel Auger a garé sa Subaru dans le stationnement extérieur du journal.Quand il a ouvert le coffre de son auto pour récupérer son ordinateur, un tireur, descendu d'une voiture blanche, a surgi derrière lui.Le bandit a ouvert le feu à moins de six pieds de distance et a déguerpi.Le reporter s'est écroulé sur l'asphalte et a luimême composé le 911 sur son téléphone cellulaire.Il a gardé conscience pendant son transport à l'hôpital, fournissant même les numéros de téléphone de ses proches à contacter.Les policiers n'avaient toujours pas coincé de suspect hier soir.Le tireur était nerveux et il ne s'agissait manifestement pas d'un professionnel, note un policier.Selon lui, l'assassinat a été commandé à la toute dernière minute.Les bandes vidéo des trois caméras de surveillance qui balaient le stationnement adjacent au journal ont été saisies.Douze enquêteurs de la section des homicides du SPCUM se sont précipités sur les lieux du crime.Peu de temps après la fusillade, les policiers ont découvert une vieille Plymouth Acclaim, dont le vol avait été signalé le 20 juin, à l'angle des rues Sherbrooke et Gascon, non loin du Journal.Quelqu'un a tenté d'y allumer un incendie et une arme à feu, de même que des empruntes digitales, ont été retrouvées à l'intérieur.Le SPCUM n'a pas voulu spéculer sur les motifs de l'attentat hier, même si la signature ressemble énormément à celle des motards.« Pour l'instant, nous n'écartons aucune hypothèse », dit le commandant de la section des communications du SPCUM, André Durocher.L'attentat d'hier contre le journaliste s'ajoute à une longue liste d'événements violents défrayant les manchettes et qui impliquent des motards.Le 7 juillet, une serveuse d'un restaurant de Montréal-Nord a été atteinte de plusieurs projectiles d'arme à feu quand deux tireurs ont abattu l'usurier Robert Bob Savard sous ses yeux.Douze heures plus tard, un sympathisant des Rock Machine croulait sous les balles en plein coeur d'un camping familial de Granby.En avril, Normand Hamel, grand argentier des Hells Angels, a été assassiné dans le stationnement d'une clinique pédiatrique de Laval.En plein jour.Dix jours plus tard, le même sort était réservé à l'ex-syndicaliste André Dédé Desjardins.En août 1995, Daniel Desrochers, 11 ans, est mort à la suite de l'explosion d'une bombe qui ne lui était pas destinée, rue Adam, dans Hochelaga-Maisonneuve.Diane Lavigne et Pierre Rondeau, deux gardiens de prison, ont aussi été tués par des criminels, respectivement les 26 juin et 8 septembre 1997.Le rôle d'évaluation laisse présager une crise LE RÔLE / Suite de la page A1 Un tel système permettrait de maintenir les taux actuels dans le secteur résidentiel et de compenser la baisse de la valeur dans le nonrésidentiel par une hausse du taux taxation, mais M.Fortier estime qu'il est trop tard pour y avoir recours cette année.« Nous avons d'autres outils, comme le plafonnement des hausses éventuelles ou la surtaxe sur les immeubles non résidentiels », a-t-il ajouté.Quoi qu'il en soit, les Montréalais ne tarderont pas à connaître la méthode qui sera choisie, puisque le budget sera déposé début novembre.Et quelle que soit la méthode, on peut être sûr d'une chose: là où la valeur d'une propriété a augmenté, le compte de taxes suivra dans la même direction.Selon le nouveau rôle d'évaluation, seuls les résidants de quelques quartiers défavorisés, comme Hochelaga-Maisonneuve, Parc-Extension, Côte-Saint-Paul, et aussi ceux de Pointe-aux-Trembles et Rivière- des-Prairies, où on enregistre une importante baisse des valeurs foncières, pourraient éviter une hausse de leur prochain compte de taxes.On peut obtenir la nouvelle valeur de sa propriété en consultant le site Web de la CUM à l'adresse http://evalweb.cum.qc.ca.Ce nouveau rôle est basé sur les 25 000 ventes réalisées en 1999 dans tous les recoins de l'île.Pour calculer la valeur d'une résidence, les employés du service d'évaluation ont analysé les ventes des immeubles semblables dans un même quartier.Dans l'île, les baisses les plus marquées ont été enregistrées à Montréal-Est ( -15 % ), à Montréal- Nord ( -11 % ) et à Lachine ( -8 % ), tandis que la valeur des immeubles de Westmount ( +11 % ), Outremont ( +6 % ) et Senneville ( +5 % ) a particulièrement grimpé depuis six ans ( voir tableaux en page A11 ).D'une façon plus générale, le rôle montre que le secteur résidentiel a rattrapé les valeurs de 1993 ( en hausse de 1,5 % ), tandis que le non-résidentiel affiche toujours une baisse de 11,4 %.Comme on s'y attendait, le secteur de l'hôtellerie est en forte progression, ayant grimpé de 39 % grâce à une augmentation considérable du nombre de touristes à Montréal depuis trois ans.Par contre, les immeubles à bureaux ont perdu 11 % de leur valeur de 1994, les commerces, 17 % et les industries, 9 %.Au total, tous les immeubles de l'île valent 101 milliards de dollars, soit une diminution de cinq milliards et demi par rapport au rôle de 1994.Variations dans l'île de Montréal des valeurs foncières entre le nouveau rôle de l'évaluation et celui de 1995 (par municipalité) Infographie La Presse Montréal-Est -16% Montréal-Nord -11% Lachine -8% Roxboro -7% Sainte-Geneviève -6% Verdun -6% Montréal -5% Anjou -5% La Salle -5% Saint-Laurent -5% Saint-Léonard -5% Sainte-Anne-de-Bellevue -5% Dollard-des-Ormeaux -4% Côte-Saint-Luc -4% Hampstead -3% Dorval -3% Baie-d'Urfé -1% Pierrefonds -0,7% Kirkland +0,2% Île-Bizard +0,4% Pointe-Claire +0,8% Mont-Royal +2% Beaconsfield +2% Montréal-Ouest +3% Senneville +5% Outremont +6% Île-Dorval +10% Westmount +11% Un quartier que l'on fuit UN QUARTIER / Suite de la page A1 Les prostitués travaillent dans le centreville, dans les rues Ellice et Sargent, et dans une partie du North-End, pauvre et délabrée, que les habitants de Winnipeg appellent le war zone, la zone de guerre.Dès qu'on quitte l'étroit périmètre du centre-ville pour se diriger vers le nord, la ville change radicalement.Les quelques gratte-ciel cèdent la place à des rues désertes où les arbres sont rares et les maisons en mauvais état.Quelques hôtels louches reçoivent les prostitués et les petits revendeurs de drogue.Au détour d'une rue, un homme titube, saoul, une femme quête de l'argent ou une prostituée quitte discrètement la voiture d'un client.Les gens fuient ce quartier habité surtout par des Amérindiens.« Winnipeg est la plus grosse réserve au Canada, ironise Gloria Enns, une travailleuse sociale qui travaille pour Street Connections, un des rares groupes d'aide aux prostitués.Le centre-ville s'est dégradé et plusieurs magasins ont fermé leurs portes.Les gens ne se sentent pas en sécurité.» « Je n'ai jamais vécu dans un environnement où la pauvreté est aussi présente », affirme Serge Gosselin, rédacteur en chef du Winnipeg Sun, qui a quitté le Québec en 1998 pour s'installer à Winnipeg avec sa femme et ses enfants.Les Amérindiens sont ghettoïsés dans le nord de la ville, mais le sujet est tabou.Même le maire, Glenn Murray, un homme qui affiche ouvertement son homosexualité et qui est reconnu pour son ouverture d'esprit, reconnaît que sa ville en arrache.« La circonscription électorale la plus pauvre au Canada est à Winnipeg.La plus riche aussi.C'est une ville de contrastes et d'extrêmes.» Les résidants du centre-ville acceptent difficilement la présence des prostitués comme Lawrence Beaulieu qui traînent dans les rues à la recherche d'un client.Ils se plaignent du bruit, des seringues et des condoms souillés qui polluent les trottoirs et les parcs.Le conseiller municipal du district, Harvey Smith, reçoit de nombreuses plaintes.« Les gens sont furieux », dit-il.Excédés, les résidants ont mis sur pied des patrouilles de surveillance qui sillonnent le quartier.Tolérées par la police, elles sont dénoncées par les groupes communautaires.« Les gens se promènent en groupe de quatre ou cinq, ils harcèlent les prostituées, leur crient parfois des bêtises, prennent des photos et interviennent lorsqu'elles négocient avec un client, affirme Gloria Enns.Ils refoulent les filles dans des endroits plus sombres et plus dangereux.» « Les patrouilles ne font rien d'illégal et elles ne se promènent pas avec des crow bars, ( pieds-de-biche ), proteste le sergent-détective Wayne Harrison, un des sept policiers de la brigade de la moralité ( Vice Division ).Ces gens essaient seulement de protéger leur quartier.» Le conseil municipal a mis sur pied un comité chargé d'étudier la question de la prostitution et la possibilité de créer un red-light.Mais où sera-t-il établi, ce fameux red-light?Dans les quartiers pauvres où tapinent les prostitués ou en banlieue où vivent la majorité des clients, comme l'a suggéré le conseiller Harvey Smith?Après avoir suscité bien des émois, l'idée du red-light sommeille en attendant le rapport du comité qui devrait être déposé devant le conseil municipal au printemps 2001.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 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trois chiffres : 063 à quatre chiffres : 6137 6/49: 2 10 27 29 31 49 Compl.46 Extra: 7 6 7 4 2 2 DEMAIN DANS LA PRESSE Baise-Moi Le premier long métrage de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, Baise-Moi, a été interdit de projection récemment en France.Le film-choc aux accents porno ultraviolents prend l'affiche demain à Montréal.Notre journaliste Jean-Christophe Laurence a rencontré l'auteure et cinéaste qui soulève la controverse outre-Atlantique ( Virginie Despentes, à gauche ) et sa collègue scénariste, réalisatrice et actrice porno.Une entrevue à lire dans notre nouveau cahier des Arts et spectacles du vendredi, qui comprend notamment une page consacrée aux films présentés en primeur.COLLECTES DE SANG Aujourd'hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants: à Montréal: Centre des donneurs, centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est ( métro Préfontaine ), de 10 h à 19 h 30; à Mont-Tremblant: le Chalet des voyageurs, 3005, chemin Principal, de 10 h à 18 h.Objectif: 200 donneurs; à Sherbrooke: carrefour de l'Estrie, 3050, boul.Portland, de 10 h à 20 h.Objectif: 400 donneurs; à Montréal: église Saint-Paul, 1690, rue de l'Église, de 14 h 30 à 20 h 30.Objectif; 140 donneurs; à Saint-Vincent-de-Paul: collège Laval, 275, rue Laval, de 14 h 30 à 20 h.Objectif: 100 donneurs.Partez la d couverte du patrimoine immobilier montr alais ! Ne manquez pas ce cahier spécial samedi prochain dans 4LP0301A0914 A03 jeudi 4LP0301A0914 ZALLCALL 67 01:01:51 09/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 A 3 «Une loi antigang désormais nécessaire» Le ministre de la Sécurité publique change son fusil d'épaule DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Une loi antigang est désormais nécessaire, estime le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, devant la multiplication des meurtres et des règlements de comptes orchestrés par les gangs de motards.Commentant l'attentat visant le journaliste Michel Auger, le ministre Ménard a surpris tout le monde en se disant désormais favorable à ce qu'Ottawa mette en place une loi très audacieuse pour faciliter la lutte contre les organisations criminelles.« Mettre plus d'argent dans la police », serait inutile, estime-til.Le Québec est déjà, avec la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest, un des endroits au pays où on assure la plus forte surveillance policière.Malgré tout, « la violence a atteint un niveau qu'on ne connaissait pas encore », observe le ministre Ménard.« J'en suis venu à la conclusion qu'on a besoin d'outils législatifs exceptionnels, ne serait-ce que pour un temps limité », a-t-il dit.Il y a cinq ans, lors de la mort du jeune Daniel Desrochers, fauché par une bombe dans une voiture, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, M.Ménard s'était dit opposé à une loi antigang, un outil qu'il qualifiait alors « d'excessif » et de « dangereux » pour les droits et libertés.Triste coïncidence, le ministre Ménard s'était dit en faveur d'une telle loi tout récemment, lundi, à une conférence fédérale- provinciale, au Nunavut.La réaction d'Ottawa a été plutôt circonspecte, la ministre Anne Mc Lellan se disant disposée à ce que des fonctionnaires des deux ordres de gouvernement échangent des informations.Les autres provinces sont demeurées muettes, hormis l'Ontario qui, selon M.Ménard, appuierait sans réserve la demande de Québec pour une loi antigang.Ottawa a resserré récemment ses lois pour combattre le crime organisé, « mais ces lois sont tellement complexes et si coûteuses à appliquer qu'elles ne permettent pas d'atteindre le crime organisé », estime M.Ménard.Selon lui, l'attentat contre le journaliste Michel Auger est particulièrement odieux.Les motards se limitaient jusqu'ici à se faire justice entre eux, sans attaquer des gens en dehors de leur milieu.« Un attentat contre un journaliste, je n'aurais jamais cru que cela pourrait arriver ici », a-t-il dit.« S'en prendre à un journaliste constitue une attaque aux libertés fondamentales, et ce crime exceptionnel déclenchera une enquête exceptionnelle, où tous les moyens seront mis en oeuvre pour retrouver les coupables », a promis M.Ménard.Le premier ministre Lucien Bouchard a abondé dans le même sens.« Au Québec, la liberté de presse est un droit inaliénable et elle a toujours été âprement défendue.En traquant la vérité, M.Auger ne faisait que son travail.Les actes d'aujourd'hui sont inacceptables et particulièrement odieux », a-t-il déclaré, par voie de communiqué.Le chef de l'opposition, Jean Charest, a qualifié d'« inquiétant, intolérable et inadmissible un tel événement dans une société démocratique comme la nôtre ».Dans un communiqué, le porte-parole des libéraux en matière de sécurité publique, Jacques Dupuis, a renchéri qu'« on ne peut tolérer que les messagers d'une société démocratique se fassent tirer dessus ».Si ce crime vient des groupes de motards, il faudra se pencher sur les moyens qu'on donne aux policiers pour les combattre.« Des amendements antigang, il y en a eu, ce qui les rend difficiles à utiliser en cour, c'est la difficulté de preuve.Cette preuve pourrait être facilitée : on pourrait présumer la culpabilité de gens qui s'associent et qui ont un passé criminel lourd », a expliqué M.Dupuis, un ancien procureur de la Couronne dans des dossiers de motards.Loi antigang Une loi antigang \u2014 qui relèverait du fédéral parce qu'elle touche le Code criminel \u2014 établirait une liste d'organisations criminelles dont les membres avoués pourraient être arrêtés sans qu'on ait à prouver un acte illégal.Personne ne pourrait plus ainsi soutenir faire partie des Hells Angels ou des Rock Machine sans être inquiété par la police.« Actuellement, on serait capable de prouver qui est membre de groupes criminels identifiés.Avec une telle loi, on pourrait obtenir des condamnations », a expliqué le ministre de la Sécurité publique.« Les gens ne peuvent comprendre qu'un chef d'un groupe qui se dit criminel puisse s'afficher publiquement comme tel sans qu'on puisse l'attraper, parce que tous les crimes sont commis par des exécutants éloignés », a-t-il souligné.De telles dispositions supposeraient le recours à la clause nonobstant de la Constitution garante des libertés fondamentales, comme la liberté d'association.Comme le recours à cette clause est d'une durée de cinq ans, la loi antigang pourrait aussi être temporaire.Cinq ans permettraient d'éradiquer les bandes de motards criminels, estime M.Ménard.Il y a cinq ans, M.Ménard disait que seuls des pays comme l'Italie pouvaient profiter de lois aussi draconiennes.Hier, il soulignait que des pays sociaux-démocrates comme le Danemark avaient adopté des législations similaires.Selon lui, il faudrait que la loi précise que les organisations visées le sont parce qu'elles recourent systématiquement à la violence.Pas question de laisser planer une menace sur d'autres types d'organisations, des syndicats ou des groupes religieux, par exemple.En ce sens, le ministre suggère de nommer dans la loi les groupes visés, même s'il est probable qu'ils prendront vite la route de la clandestinité.M.Ménard a semblé un moment décontenancé quand on lui a demandé s'il se sentait menacé.« En matière de sécurité, la règle d'or, c'est qu'on ne s'occupe pas de sa propre sécurité.Il y a des gens pour s'en occuper, je me fie à eux.» La volte-face de M.Ménard ne surprend pas Jacques Dupuis.« Il fait ça régulièrement sous la pression.Un exemple récent : M.Ménard donnait aux agents de la SQ jusqu'à la fin du congé de la fête du Travail pour qu'ils mettent fin à leurs moyens de pression.L'opposition a dit que cela n'avait pas de bon sens d'attendre la fin du congé.M.Ménard est revenu pour devancer son ultimatum.Il manque de cohérence et de conviction », a lancé M.Dupuis.PHOTOTHÈQUE La Presse Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.La question du crime organisé rebondit à Ottawa VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA L'attentat contre le journaliste Michel Auger vient de remettre brutalement la question du crime organisé dans l'arène politique nationale.Coïncidence ou signe des temps qui courent, les ministres de la Justice de toutes les provinces et leur collègue du fédéral, Anne Mc Lellan, ont consacré toute la journée de lundi, lors de leur réunion à Iqaluit, à discuter de la question du crime organisé.Plusieurs idées circulent depuis des mois parmi les gouvernements pour serrer la vis aux groupes criminels.Ottawa, le Québec et l'Ontario, notamment, soupèsent l'idée de changer radicalement leur approche en s'attaquant d'abord au profit des organisations criminelles.À l'heure actuelle, la Couronne doit établir une preuve hors de tout doute raisonnable contre un suspect, puis le poursuivre et peut-être réussir à le faire condamner.Ce n'est qu'après ces longues et fastidieuses étapes que l'État peut saisir les fruits de la criminalité.Une autre façon de procéder est à l'étude à Ottawa, Queen's Park et Québec.Il s'agirait pour la Couronne de saisir d'abord les biens prétendument acquis grâce à des activités criminelles et de présenter une preuve prépondérante (et non hors de tout doute raisonnable) démontrant que ces biens sont bel et bien liés à des activités criminelles.« On regarde ça activement, l'Ontario regarde ça aussi et le Québec s'y intéresse aussi, indique Yvan Roy, avocat général principal de la section de la politique du droit pénal au ministère de la Justice à Ottawa.En procédant de la sorte, on forcerait les gens à venir se défendre tout en limitant le fardeau de la preuve que doit accumuler l'État.» Le Canada, qui garde un oeil attentif sur le « laboratoire » vivant que sont les États-Unis, n'est toutefois pas prêt à adopter ces mesures pour le moment.« Il faut aussi toujours faire attention aux abus », explique Me Roy.La question reviendra certainement devant le sous-comité de la Justice qui doit entreprendre sous peu l'étude du phénomène du crime organisé au pays.Le député bloquiste Michel Bellehumeur, l'un des instigateurs du comité, penche quant à lui en faveur de mesures antigang encore plus sévères.Selon lui, le fédéral doit envisager de modifier le Code pénal pour permettre aux provinces d'invoquer la clause dérogatoire pour soustraire de la protection de la Charte des droits et liberté certains individus membres d'un gang criminel.C'est toute la question de la liberté d'association qui est remise ici en cause.« C'est sûr que c'est une procédure extrême, mais j'aime mieux ça que de voir qu'un criminel s'en tire parce qu'il est protégé par la Charte », lance M.Bellehumeur.Le ministre fédéral de la Justice est pour le moins réticent à l'idée d'utiliser la clause dérogatoire.« Dans notre système, on ne s'attaque pas aux gens pour ce qu'ils sont, mais pour ce qu'ils ont fait, explique Yvan Roy.Le recours à la clause nonobstant, ça fait peur à bien du monde.» 4LP0401A0914 a4 Jeudi 4LP0401A0914 ZALLCALL 67 01:01:00 09/14/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 Attentat contre un journaliste Le crime organisé préfère habituellement la discrétion MATHIEU PERREAULT Un soir de mars 1998, Greg Rasmussen a rencontré son chat dans la rue en rentrant chez lui, à Vancouver.Le journaliste de CBC Radio s'est demandé comment il avait fait pour sortir de la maison.Puis, il a vu la porte grande ouverte.Les étagères renversées.La vaisselle brisée sur le plancher.Dans la salle de bains, sa radio enveloppée de plastique gisait au fond de la baignoire remplie d'eau.«C'était le premier jour de ma série de deux semaines sur la tentative des Hells Angels de prendre le contrôle des ports de Colombie- Britannique pour faciliter le commerce de drogue», explique M.Rasmussen, en entrevue téléphonique.«Toute la journée, mes collègues m'avaient taquiné en disant que les Hells mettraient ma tête à prix.J'étais naïf, j'en rigolais.Mais la police m'a dit que la radio au fond du bain était une signature caractéristique des motards.Ça voulait dire: la prochaine fois, tu seras au fond de l'eau.» CBC a réagi en affectant d'autres journalistes aux Hells Angels, dit M.Rasmussen.«J'ai continué à travailler sur les motards.Le soir de l'effraction, ma femme et moi avons dormi ailleurs.Nous avons pendant quelque temps eu l'impression d'être épiés et avons appris à changer d'itinéraires, de stationnements.» Le journaliste de 36 ans n'a pas reçu d'autres menaces.L'an dernier, il s'est senti assez en sécurité pour faire un bébé.Une journaliste abattue En Irlande, Veronica Guerin a eu moins de chance.La journaliste dublinoise a été abattue en pleine rue en juin 1996 sur ordre d'un caïd de la drogue, John Gilligan, depuis condamné pour blanchiment d'argent.L'année d'avant, elle avait échappé de peu à la mort: un homme coiffé d'un casque de moto avait sonné à sa porte et tiré quand elle avait ouvert.Gilligan avait aussi menacé en 1995 d'enlever et de violer le garçon de sept ans de Guerin, qui enquêtait avec éclat sur le crime organisé irlandais.«Des fois, je ne signe pas mes textes», admet en entrevue téléphonique Jim Cusack, reporter affecté au crime organisé au Irish Times.«J'ai déjà eu plusieurs fois des menaces.J'ai dû accepter une escorte policière.Le crime organisé irlandais a des liens avec les groupes paramilitaires et ça me rend nerveux.J'ai peur pour ma famille.» Le meurtre de Veronica Guerin a au moins forcé le gouvernement irlandais à déclarer la guerre aux grossistes en drogue.«Quatre mois après le meurtre, une loi permettant la saisie des biens de criminel, sur une base de droit civil, était adoptée.Le nombre de gangs a chuté de moitié.Le gang de Gilligan a été décapité.La marijuana s'est faite rare à Dublin.Mais depuis deux ans, les livraisons ont recommencé depuis Amsterdam.Comme il y a une union douanière, la police irlandaise ne peut rien faire.» Aux États-Unis, tant le Committee to Protect Journalists (CPJ) que le Reporters Committee for Freedom of the Press (RCFP) ont peu d'histoires d'intimidation de journalistes de la part du crime organisé à rapporter.«Les mafias savent bien que les journalistes vont faire leur travail, quoi qu'il arrive», dit Joel Simon, directeur du CPJ.«Récemment, le reporter Robert Friedman m'a rapporté qu'il avait été menacé pendant qu'il écrivait son livre sur la mafia russe, mais il croit que les Russes n'ont tout simplement pas encore compris comment les choses fonctionnaient ici.» Le CPJ a publié en 1994 un rapport sur 11 journalistes assassinés aux États-Unis entre 1976 et 1993.Neuf d'entre eux publiaient dans une langue autre que l'anglais.«Les journalistes ethniques sont plus à risque parce que leurs journaux sont plus petits, moins solides, dit M.Simon.Aussi, les petites communautés s'enflamment facilement quand on lave leur linge sale en public.» L'un des rares meurtres de journalistes au Canada est justement survenu dans la communauté sikh de Vancouver.Tara Singh Hayer, éditeur du Indo-Canadian News, un journal en punjabi, a été assassiné dans son bureau en novembre 1998.Le journaliste de 65 ans avait été cloué sur un fauteuil roulant par un premier attentat, en 1988.M.Hayer dénonçait les extrémistes sikhs, notamment ceux qui seraient impliqués dans l'explosion d'un vol d'Air India en 1985, qui a fait 329 morts.Près d'un an avant le meurtre de M.Hayer, une journaliste du Vancouver Sun qui couvrait l'affaire Air India avait aussi reçu des menaces.«Des lettres m'annonçaient que je subirais le sort «des femmes Gandhi», une référence à l'assassinat d'Indira Gandhi par son garde du corps sikh», explique la journaliste Kim Bolan.«Puis, la police a retrouvé mon nom et celui de M.Hayer sur une liste de personnes à abattre.J'ai dû déménager avec mon mari et mes deux enfants et me cacher.La campagne de terreur des extrémistes sikhs en Colombie-Britannique a eu pour résultat de galvaniser les modérés, croit Mme Bolan.«Mais les extrémistes ont quand même gagné leur pari: les gens restent silencieux.Les meurtres et les attentats restent en grande majorité irrésolus.» Tant Kim Bolan que Greg Rasmussen ont été choqués par l'attentat contre Michel Auger.«Ça me donne le vertige de penser à ce qui aurait pu m'arriver.» Aucun des deux journalistes ne veulent donner trop de détails sur leur domicile actuel, sur le nombre de fois qu'ils ont déménagé, sur les précautions qu'ils prennent pour leurs enfants et ils fuient les photographes comme la peste.PHOTOTHÈQUE AP Veronica Guerin, une journaliste dublinoise de 33 ans, abattue en pleine rue en juin 1996 sur ordre d'un caïd de la drogue.PHOTOTHÈQUE PC Tara Singh Hayer, éditeur du Indo- Canadian News, un journal en punjabi, a été assassiné dans son bureau en novembre 1998.Il faut plus de mordant à la loi, dit Prud'Homme MARCEL LAROCHE « L'attentat dont a été victime le journaliste Michel Auger vient appuyer nos revendications auprès du gouvernement fédéral pour qu'il amende sa loi antigang afin de lui donner plus de mordant pour lutter contre les bandes de criminels.» Ces commentaires formulés par Yves Prud'Homme, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, doivent refléter la pensée de toutes les associations d'agents de la paix, policiers et gardiens de prisons, qui réclament un resserrement des lois depuis plusieurs années.Prenant comme exemple l'attentat contre Michel Auger, M.Prud'Homme a affirmé que cet événement devait servir de matière à réflexion.COURS AXÉS SUR LA CONVERSATION Petits groupes : 3 à 7 personnes ; admission continue COURS INTENSIFS de jour, 25 h/semaine à temps partiel et semi-intensifs matin, après-midi, soir, samedi 135 $ à 145 $ /semaine Mat riel p dagogique inclus, pas de taxes, d ductible d imp t, frais d inscri Matin : mardi et jeudi.à partir du 26 sept.Soir : lundi et jeudi, à partir du 25 sept.ANGLAIS 1 à 7 fois/sem.I 195 $/30 h FRANÇAIS ESPAGNOL Formation en entreprise adaptée à vos besoins Cours privés : toutes les langues école de langues postmoderne accréditée par Emploi-Québec 1160, boul.St-Joseph Est, 3e étage, Mtl Laurier (514) 278-5309 www.converlang.com Samedi : 9 h 30 à 16 h 30, à partir du 23 sept. 4LP0501A0914 4LP0501A0914 ZALLCALL 67 01:02:30 09/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 A 5 Les mots tachés de sang Un matin, Michel Auger a des trous dans la peau et soudain les mots n'ont plus le même poids.Liberté d'expression.Journalisme.Des mots devenus presque insignifiants à force de traîner dans les colloques.Tout d'un coup, ils sont lourds du sang d'un homme.Il se trouve que je le connais, pour l'avoir côtoyé régulièrement au palais de justice.Et que j'ai de l'estime pour lui.Tout d'un coup, la gorge se serre en pensant qu'ici aussi les balles des tueurs peuvent répondre à des mots.Dans ce pays \u2014 c'est un luxe assez inouï à l'échelle du monde et de l'histoire \u2014 quand on parle d'entraves à la liberté d'expression, on pense concentration de la presse, poursuites judiciaires, jugements des tribunaux, enfin ce genre de bois mou dans les roues des journalistes.Et un matin, Michel Auger se fait tirer dans le dos.Et tu penses à ceux, ailleurs, qui tremblent devant leur écran, juste d'écrire la vérité, en Algérie, en Russie, en Colombie.Tu penses à Michel Auger, qui n'a jamais tremblé.Qui n'a jamais varié.Malgré les intimidations, les menaces, les médisances \u2014 Oh ! il y en a eu ! Auger qui riait presque quand on lui parlait des risques du métier.Et qui riait franchement quand quelqu'un suggérait qu'il avait un peu de courage.À ses yeux, ce n'était pas une affaire de courage, c'était son boulot.Oh ! oui, plus stressant que de couvrir la Constitution.Et puis après ?Alors que pour la majorité d'entre nous, ce qu'on appelle dédaigneusement les « faits divers » et les « affaires policières » sont au mieux une façon d'entrer dans le métier, pour Michel Auger, c'était un sujet suffisamment important pour y consacrer toute sa carrière.Passionnément.En même temps qu'il chatouillait tout ce que le Canada a connu de criminels plus ou moins organisés, il a publié nombre de « scoops » où l'on voyait que le fait divers rejoint souvent le fait social et politique.Un seul genre l'intéresse : la nouvelle.Il a toujours aimé se moquer de tout ce qu'il perçoit comme de la prétention journalistique.Les « journalistes d'enquête » qui recyclaient ses papiers, les conférences de presse où l'on voit les gens des journaux, de l'électronique et « toutes les sortes de Radio-Canada » (radio, télé, affaires publiques, émissions spéciales, reportages sur les médias.) n n n Qui l'a fait ?Pourquoi ?Les gens cherchaient la réponse dans les articles écrits par Michel sur les motards et la mafia, mardi.Il faudrait ressortir les 10 000 papiers qu'il a publiés depuis 35 ans à La Presse, au Devoir, au Journal de Montréal, toutes les entrevues, tous les reportages à la télé.Il a écrit sur les gangs de rue, les bandits à pied, à vélo, en moto, les mafieux de Sicile, de Calabre, de Russie, de Colombie, de Saint-Léonard, de Saint-Henri.Quand je vois nos « zexperts » venir dire à la télé, pendant qu'Auger est encore sur la table d'opération, qu'ils ne sont pas surpris de ce qui est arrivé, sans se donner la peine de dire que c'est grave, je ne suis pas fier de la profession.Il faut le dire et le redire, même si c'est une évidence.Dire que c'est grave.Grave parce qu'il a été attaqué, selon toute vraisemblance, à cause de ses écrits.Des écrits où l'on voit bien qu'il a fait de la lutte contre le crime organisé une sorte de combat personnel.Dans un style qui ne fait pas l'unanimité même chez les journalistes, c'est vrai.Mais l'heure n'est pas à l'exégèse journalistique.L'heure est à la solidarité.L'heure est à dire bonne chance, Michel, bon courage à toi, aux gens du Journal.L'heure est à dire un « non » retentissant.À l'intimidation.Et à l'espèce d'emprise du crime organisé, qui avait l'habitude de régler ses affaires à l'interne, mais qui déborde maintenant, dirait-on, sur la vie civile.Il y a eu des gardiens de prison, il y a maintenant un journaliste.Quoi, demain ?La situation commence à ressembler à celle de la fin des années soixante, début soixante-dix, pendant les guerres de gangs de la mafia qui ont mené à la création de la Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO) \u2014 dont Michel Auger a couvert les activités en détail.En tout cas, il faut que quelque chose se passe pour que le ministre de la Sécurité publique déclare que le problème du crime organisé a pris des proportions telles qu'il discrédite l'administration de la Justice.Quand Serge Ménard, qui est aussi un avocat de la défense, plaide pour qu'on suspende temporairement certaines libertés fondamentales afin de créer un crime d'association de malfaiteurs, c'est que ça ne va pas.C'est un aveu d'impuissance policière.n n n Solidarité ?Pas pour les journalistes.Le journalisme n'existe pas pour lui-même, mais pour jeter de la lumière dans la cité.C'est un acte civique fondamental.Aujourd'hui un peu plus que d'habitude.yboisver@lapresse.ca Les journalistes de faits divers ébranlés par l'attentat contre leur collègue Michel Auger SYLVAIN LAROCQUE Les journalistes de faits divers, qui font quotidiennement un travail similaire à celui de Michel Auger, ont été profondément ébranlés par la tentative de meurtre à l'endroit du reporter du Journal de Montréal.Mais ils n'entendent pas baisser les bras, loin de là.« Je suis interloqué, c'est un choc, affirme Alexandre Dumas, qui couvre les faits divers à Radio- Canada depuis plusieurs années.En s'attaquant à un journaliste, je trouve que c'est un bien drôle de message qu'on envoie à la société.Tout le monde est interpellé par ce qui est arrivé.» Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Allô-Police, Richard Desmarais, abonde dans le même sens.« Je suis surpris qu'on aille jusque-là », dit-il.Il voit dans cet attentat le signe d'un « grand changement dans le milieu criminel ».« Ceux qui ont fait ça n'ont pas respecté une règle non écrite qui dit qu'on ne s'attaque pas aux journalistes.« Les gens qui ont fait ça, s'ils sont du crime organisé, risquent de se faire pointer du doigt par les gens de leur milieu », ajoute Jean- Paul Charbonneau, chroniqueur à La Presse et ami proche de M.Auger.Pour lui, cet attentat n'est toutefois pas le signe d'une nouvelle tendance, mais plutôt un cas isolé.Claude Poirier n'est pas étonné de l'attentat, contrairement à ses collègues.« Ça ne me surprend pas, a-t-il déclaré.Michel Auger écrit des analyses, il fait des liens et ne se contente pas de présenter uniquement les faits.C'est un couteau à double tranchant : c'est sûr que tu déranges du monde.» Conséquence désagréable de son audace, Michel Auger recevait régulièrement des menaces de mort à la suite d'articles qu'il publiait.« Il recevait des menaces très explicites, il y a des gens qui le détestent profondément », a confié à La Presse Jean-Pierre Charbonneau, ami et ancien collègue de M.Auger, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale.« Il était conscient du danger, mais à force d'écrire des articles percutants, il a fini par s'endurcir.Avait-il peur ?« S'il avait des craintes, elles n'étaient pas visibles, soutient Jean-Paul Charbonneau.C'est un gars serviable, volubile, un bon vivant.» Si certains reporters judiciaires, comme André Cédilot, de La Presse, disent n'avoir jamais reçu de menaces sérieuses, d'autres n'ont pas eu la même chance.« J'ai déjà fait face à des menaces très sérieuses, des menaces de mort même, qui m'ont obligé à prendre des mesures de sécurité plus poussées, raconte Alexandre Dumas.Nous recevons des menaces régulièrement, mais il ne faut pas arrêter de faire notre travail honnêtement, c'est-à-dire en relatant les faits.» Dans l'ensemble, toutefois, les chroniqueurs judiciaires ne se sentent pas tellement plus en danger que leurs collègues d'autres secteurs.« Je ne me suis jamais sentie menacée, dit Christiane Desjardins, journaliste qui couvre les palais de justice pour La Presse.Ce n'est pas le genre de choses qui arrivent souvent.« Nous avons toujours de petites craintes, explique Alexandre Dumas, mais il faut apprendre à vivre avec en appliquant les règles élémentaires de prudence.» Des exemples ?« Il ne faut jamais se suppléer à la police », dit Richard Desmarais, ni « coucher avec ses sources », selon Claude Poirier.Mais une chose est sûre pour les reporters de faits divers : il ne faut surtout pas cesser de parler du monde criminel dans les médias.« Il ne faut pas se laisser aller à la crainte, lance Jean-Paul Charbonneau.Il faut continuer à servir le public.J'espère que ça va resserrer les liens entre les journalistes et qu'on ne va pas se laisser impressionner par du chantage comme celui- là.Avec la collaboration de Pascale Breton PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse « Une attaque contre un journaliste, c'est une attaque contre un des principaux rouages de la démocratie », a déploré, bouleversée, la rédactrice en chef du Journal de Montréal, Paule Beaugrand-Champagne, peu après le sauvage attentat.LE GILET multizip UTILITAIRE 4995 Toile coton et nylon brossée, intérieur filet contrastant, zip aller-retour, col tunnel, c'est l'indispensable veste sans manches qui donne le départ à tous les jeux de superpositions.Une exclusivité Twik.Teintes sablées de café, kaki, marine, rouge.P.m.g.Rég.58.00 Pull ethnique 80.00, jupe façon cuir 19.99, tuque nouée 18.00 QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL 977 RUE STE-CATHERINE OUEST, SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE 2888843 LE PRIX RÉGULIER SIGNIFIE LE PRIX AUQUEL CET ARTICLE EST HABITUELLEMENT VENDU CHEZ SIMONS ET N'EST PAS UNE INDICATION DU PRIX AUQUEL EST VENDUE LA MAJORITÉ DES ARTICLES EN QUESTION.PHOTO REUTERS Les ambulanciers s'apprêtent à transporter le journaliste blessé à l'hôpital. 4LP0601A0914 a6 Jeudi 4LP0601A0914 ZALLCALL 67 15:52:45 09/15/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 Attentat contre un journaliste Des craintes pour la liberté de presse PASCALE BRETON « C'est un bien triste jour pour la démocratie, c'est notre rôle de chien de garde qui en prend pour son rhume.» Photographe à La Presse depuis plus de 30 ans, Pierre Mc Cann est un ami intime de Michel Auger qui a été blessé par balles hier matin alors qu'il se rendait au travail.Après avoir passé l'après-midi au chevet de son ami, M.Mc Cann a vivement déploré l'attentat.« Ma crainte est l'effet que cet incident peut avoir sur les jeunes journalistes qui pourraient décider de changer de voie, ou les autres qui risquent de reculer dans leurs enquêtes.Pour ce qui est de Michel, je suis convaincu qu'il va continuer de plus belle, il n'est pas facile à arrêter », a confié le photographe.L'attentat dont a été victime Michel Auger dans le stationnement du Journal de Montréal a secoué le monde journalistique.À la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, la présidente, Hélène Pichette, était indignée.« Nous sommes très attristés et en colère.C'est absolument inadmissible dans notre société, on ne s'y attendait pas.Que nous le voulions ou non, un événement du genre nous rend tous frileux.Un journaliste qui est attaqué parce qu'il fait son travail, c'est très inquiétant pour la liberté de presse », a déclaré Mme Pichette.L'Association canadienne des journalistes a aussi vivement dénoncé cette attaque.« Cela semble avoir été fait dans le but de faire taire le journaliste et c'est inquiétant.On ne s'attend pas à devoir porter un gilet pare-balles dans l'exercice de notre profession », a dit Charles Bury, vice-président de l'association.Chantale Larouche, présidente de la Fédération nationale des communications (CSN), a elle aussi déploré l'aspect troublant de cet attentat.« Il peut avoir un impact très important sur la liberté de presse.Il est évident qu'un journaliste dérange en raison de son travail, mais c'est inquiétant de constater que, dans un pays comme le nôtre, le droit fondamental d'expression est compromis », a affirmé Mme Larouche.Cet attentat contre un journaliste n'est pas le premier.Le 20 février 1995, le journaliste pigiste Robert Monastesse, qui avait entre autres publié des textes sur les gangs de motards, a été atteint de projectiles aux jambes.Le mardi 1er août de la même année, Brian Smith, un commentateur sportif de la station CJOH en Outaouais, a été abattu par un individu frustré contre les journalistes.Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, a aussi été victime d'un attentat au début des années 70, alors qu'il était journaliste, tandis que le 8 septembre 1984, Gilbert Lavoie, alors chef du bureau de La Presse à Ottawa, a reçu la visite d'un individu à sa résidence.Prétextant la couverture de la campagne électorale, l'intrus avait fait feu en direction de M.Lavoie.Une balle lui avait frôlé la cuisse.Maintenant rédacteur en chef au quotidien Le Soleil, M.Lavoie ne voulait pas revenir sur ces tristes événements hier, mais a eu une pensée pour Michel Auger.« Il est clair que toute forme de violence de la sorte risque de semer la crainte.Nous faisons un métier qui peut être dangereux et malheureusement, il faut des événements comme celui-ci pour nous le rappeler.La police doit prendre ça au sérieux », a-t-il affirmé.Chaque année, l'organisme Reporters sans frontières prend la défense des journalistes tués, blessés ou arrêtés dans l'exercice de leurs fonctions.En 1999, 36 journalistes ont été assassinés, dont six dans les Amériques, et 653 cas d'agression ou de menaces ont été enregistrés dans le monde.« Je suis surpris parce que généralement, des cas du genre ne se produisent pas au Canada.Les attentats surviennent plutôt en Amérique du Sud, surtout en Colombie.Notre rôle est de dénoncer les atteintes à la liberté d'expression », a commenté Régis Bourgeat, responsable du bureau des Amériques.L'Union internationale des journalistes de langue française a aussi déploré le fait que la liberté soit menacée, même au Canada.« Ceux qui se sont attaqués à Michel Auger ont voulu faire taire le messager et le message.L'attentat en est aussi un contre la presse », a indiqué par voie de communiqué le vice- président international, Eldred Savoie.PHOTO PC Après avoir été atteint par plusieurs projectiles d'arme à feu dans le stationnement du Journal de Montréal, le journaliste Michel Auger a été conduit en ambulance à l'hôpital où il a subi une intervention chirurgicale, hier après-midi.Médias et motards: y a-t-il un rapport de complaisance?JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Un mois après les désormais célèbres prestations de Jean-Pierre Ferland et Ginette Reno au mariage d'un proche de Maurice Boucher, la tentative de meurtre contre le journaliste Michel Auger soulève de nouveau la question du traitement réservé par les médias au crime organisé.Pour certains observateurs, les organes de presse banalisent les activités criminelles des motards, de la mafia et des autres groupes criminels d'envergure.« Les médias carburent de plus en plus aux vedettes, quelles qu'elles soient, on met le cardinal Turcotte et Mom Boucher sur le même pied, ça fait vendre », déplore Jean-Claude Leclerc, professeur de journalisme à l'Université de Montréal.« On a tendance à considérer les motards de manière folklorique, ajoute-t-il.Ce n'est pas du folklore : ils contrôlent le marché de la drogue, ils ont des millions et ils s'en servent pour embaucher des gens pour s'occuper de leurs relations publiques, des avocats, des fiscalistes.» M.Leclerc se fait particulièrement virulent à l'endroit de l'hebdomadaire judiciaire Allô Police, qui a publié le premier l'histoire du mariage de René Charlebois, membre des Nomads, le club d'élite des Hells Angels dirigé par Boucher.« Je n'ai jamais vu un reportage aussi complaisant envers des criminels, on a jusqu'à retouché les photos pour ne pas que l'on reconnaisse les motards », s'indigne-t-il.Réponse de l'avocat sherbrookois Jean-Pierre Rancourt, copropriétaire depuis six mois d'Allô Police : « On traite de la mafia et des motards depuis toujours et on parle des crimes qu'ils commettent, on ne révèle pas que leurs bons côtés.» « Si nos journaux se vendent, c'est parce que ça intéresse les gens, je ne pense pas qu'il y ait un problème avec ça, dit-il.Mais évidemment, le backlash, c'est que ça revalorise le crime organisé, c'est sûr.» Dans la foulée de l'affaire Ferland- Reno, le journaliste Laurent Laplante s'en est pris lui aussi à la complaisance médiatique.« Le vedettariat que propagent les médias et dont ils vivent en prétendant ne pas y toucher, on l'a étendu aux bandes de motards criminalisées comme aux chanteurs populaires », écrivait-il récemment dans sa chronique Dixit, publiée sur Internet.Le journaliste André Cédilot, chroniqueur judiciaire à La Presse depuis 25 ans, reconnaît que la concurrence entre les médias cause parfois de la surenchère et des dérapages dans la couverture des affaires criminelles.Mais il ne croit pas que ce sont les journaux, la télé et la radio qui ont fait des Mom Boucher de ce monde des vedettes.« Ce n'est pas nous qui faisons les vedettes, c'est l'actualité.La seule vraie guerre de motards dans le monde se passe au Québec et elle a fait 160 morts en six ans : ce n'est pas nous qui inventons ça.C'est un phénomène social et il faut en parler », dit-il.« Des héros criminels, ou des antihéros, c'est pas d'hier qu'il y en a, on n'a qu'à penser à Jesse James ou à Al Capone.» N'empêche, les grands médias ne consacrent pas suffisamment d'efforts \u2014 et d'effectifs \u2014 à fouiller les activités du crime organisé, croit Jean-Claude Leclerc.« Leurs politiques d'information ne sont pas à la hauteur, dit-il.Les entreprises de presse ont abdiqué face à la criminalité, parce que c'est du journalisme d'enquête qui demande un investissement important en temps et en argent.» PHOTO MARTIN C.CHAMBERLAND, La Presse © Un agent du SPCUM a été affecté à la surveillance du bureau de Michel Auger, hier après-midi, dans la salle de rédaction du Journal de Montréal, afin de s'asssurer que tout demeure en place pour les fins de l'enquête policière.Consternation au Journal de Montréal HUGO DUMAS « Tentative de meurtre au 4545, Frontenac.» La nouvelle est sortie sèchement d'un balayeur d'ondes dans la salle d'écoute du Journal de Montréal.Le 4545, rue Frontenac, c'est l'adresse du quotidien de Quebecor.Une fusillade dans le stationnement d'un journal ?Impossible.Mais pourtant.C'est le choc, la tristesse, la stupeur, la colère et l'inquiétude partout dans la salle de rédaction.André Viau, photographe, n'a fait ni une ni deux et s'est tout de suite précipité à l'extérieur dès qu'il a été informé de l'attentat.« Je me doutais que c'était Michel.Ça ne m'a pas surpris », dit-il.Michel Auger, spécialiste des organisations criminelles, a reçu de nombreuses menaces reliées aux articles qu'il a rédigés, dit sa rédactrice en chef, Paule Beaugrand- Champagne.« Il était très prudent.Il surveillait constamment s'il était suivi », indique-t-elle.« Michel recevait des menaces depuis des années, autant de la mafia, des motards, des Hells Angels, que de tous les milieux criminalisés », dit Pierre Schneider, directeur de la section Arts et spectacles du quotidien.Selon lui, le journaliste expérimenté multipliait les précautions pour s'éviter des ennuis potentiels.Il ne déclinait jamais son adresse personnelle et il empruntait des chemins différents pour se rendre au bureau ou chez lui.« Quand ça devenait chaud, il demandait de la protection et on lui accordait.La plupart du temps, c'était de la sécurité privée », explique Dany Doucet, dir e c t e u r d e l'information, qui a tenu à saluer le courage de son journaliste.Nous ne sommes pas en Colombie et nous ne pouvons pas laisser les criminels s'en prendre aux journalistes, ajoute- t-il.« Le milieu criminel et les motards font ce qu'ils veulent », dit M.Doucet.Et la fusillade a carrément outré tous les journalistes.« C'est une agression contre la démocratie et l'information.C'est inacceptable, c'est scandaleux », dit Mme Beaugrand- Champagne.« Je ne peux pas comprendre qu'on s'attaque à un journaliste dans le cadre de ses fonctions pour avoir fait uniquement son travail », souligne le journaliste Stéphane Alarie du Journal de Montréal.« C'est une attaque vicieuse contre la pratique du journalisme », ajoute Pierre Schneider Pour Maude Goyer et Patrick Lagacé, jeunes journalistes au quotidien de la rue Frontenac, il est hors de question d'abandonner la couverture des faits divers.Ça ne ferait que donner raison à ceux qui ont tenté de tuer Michel Auger.Pier Karl Péladeau choqué par la nouvelle Par ailleurs, le président et chef de la direction de Quebecor, M.Pierre Karl Péladeau, s'est dit choqué par la nouvelle de l'attentat contre Michel Auger.« J'ai été choqué en apprenant cela », a-t-il déclaré hier soir, après avoir participé à une conférence de presse sur l'acquisition de Vidéotron par Quebecor et la Caisse de dépôt et placement du Québec.M.Péladeau a déclaré qu'il était allé à l'hôpital immédiatement après avoir pris connaissance de l'incident.« J'ai été très heureux de constater que sa situation était, dans les circonstances, extrêmement bonne, et qu'il n'y avait pas de problèmes avec les organes vitaux », a-t-il indiqué.Il a déclaré qu'il n'avait pas eu de nouvelles des opérations que devaient subir M.Auger dans la journée.« Nous espérons bien que tout va bien se passer », a-t-il déclaré.M.Péladeau s'est inquiété au sujet de l'effet d'un tel attentat sur la liberté de la presse et la pratique journalistique.« Lorsqu'on vit dans une situation où il y a de la contrainte physique, c'est extrêmement préoccupant », a-t-il déclaré.Dany Doucet, directeur de l'information au Journal de Montréal : « Nous ne sommes pas en Colombie et nous ne pouvons pas laisser les criminels s'en prendre aux journalistes.» Selon le Bloc, le crime organisé a la vie trop facile au Canada JULES RICHER Presse Canadienne, OTTAWA Victime lui-même de menaces de mort, c'est avec stupeur que le député bloquiste Yvan Loubier a réagi à l'attentat dont a été victime le journaliste Michel Auger, du Journal de Montréal.« Je trouve cela vraiment dégueulasse ce qui est arrivé à M.Auger.Je ne sais pas où on s'en va.Un moment donné, ça va devenir invivable », a souligné le député fédéral.Le printemps dernier, le Bloc québécois a présenté une motion à la Chambre des communes pour dénoncer le crime organisé.La motion a obtenu l'appui unanime des partis des communes.Un sous-comité parlementaire a ensuite été formé afin d'étudier des moyens efficaces pour combattre le phénomène.Ses travaux reprendront la semaine prochaine.Le Bloc québécois propose notamment de faire de l'appartenance à un groupe du crime organisé une offense criminelle.Toutefois, pour y arriver, il faudrait contourner la Charte des droits et libertés, qui protège le droit d'association.Le Bloc suggère de recourir à la clause nonobstant de la Charte.MICH Not Found MICH 59050-7-JE Not Found 59050-7-JE Missing files that are needed to complete this page: MICH 59050-7-JE 4LP0701A0914 A-7 JEUDI g n ral 4LP0701A0914 ZALLCALL 67 01:02:01 09/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 A 7 Attentat contre un journaliste «C'est la démocratie qui est en jeu», selon Jean-Pierre Charbonneau SYLVAIN LAROCQUE La tentative de meurtre dont a été victime hier Michel Auger a rappelé de très mauvais souvenirs au président de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, lui aussi victime d'un attentat alors qu'il était journaliste au Devoir en 1973.« C'est lui qui m'a introduit dans le milieu journalistique, se rappelle M.Charbonneau.Il m'a enseigné les premiers rudiments du métier.» Michel Auger travaillait alors à La Presse.En 1976, Jean- Pierre Charbonneau l'y a rejoint, la direction du quotidien de la rue Saint-Jacques souhaitant former une équipe de journalistes d'enquête.À l'automne de la même année, M.Charbonneau quitta toutefois le journalisme pour se faire élire comme député du Parti québécois.Les anciens collègues ont néanmoins gardé contact au fil des ans.« Je l'ai vu il y a trois semaines », confie M.Charbonneau.Il admire l'audace dont fait preuve, selon lui, Michel Auger dans son travail.« Il se savait haï.Mais pour lui, il n'était pas question de renoncer.Il lui fallait aller jusqu'au bout.» Pour Jean-Pierre Charbonneau, c'est en fait la seule façon de faire du journalisme.« Les journalistes qui ne font que s'en tenir aux faits ne font pas leur travail », dit-il.« Quand un journaliste met en relation des faits dans un article, qu'il fait des liens particuliers, ça n'a pas la même résonance que de simplement rapporter les faits.C'est du journalisme plus agressif, dont l'existence est essentielle pour que les gens comprennent bien la réalité.Évidemment, ça ne plaît pas aux gens du monde interlope, qui n'aiment pas voir leurs relations exposées au grand jour.» Pour Jean-Pierre Charbonneau, il ne fait aucun doute que les assaillants de M.Auger voulaient sa peau.« Ils l'ont touché dans le dos, près du coeur.On tire dans les jambes quand on ne veut servir qu'un avertissement.Faut-il se surprendre qu'on s'en prenne à un journaliste ?« C'est une illusion de penser que les criminels ont un sens des valeurs morales, répond M.Charbonneau.Ils ne sont pas là pour faire plaisir.» Ce dur constat amène M.Charbonneau à déplorer les « faiblesses législatives » qui font en sorte qu'il est « de plus en plus difficile d'enquêter sur des criminels violents et de les inculper.« Nous n'avons pas le courage de regarder la question en face, croit-il.Comme c'est toujours le cas, malheureusement, il faut attendre que quelque chose de grave arrive pour que nous nous réveillions.» Aux yeux de M.Charbonneau, l'attentat d'hier soulève le problème de la responsabilité des patrons de presse.« Est-ce que les médias vont baisser les bras, demande- t-il.Vont-ils se laisser intimider et se contenter de faire de l'information pépère ?C'est toute la question de la liberté de presse, de la liberté d'expression et de la démocratie qui est en jeu.» PHOTO PC Le journaliste Michel Auger photographié lors d'un reportage au Pakistan, en 1997.Michel Auger s'était habitué à vivre avec les menaces Archives La Presse © L'actuel président de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, a lui aussi été victime d'un attentat alors qu'il était journaliste au Devoir en 1973.ANDRÉ CÉDILOT Ce n'est pas d'hier que le journaliste Michel Auger, qui couvre la scène judiciaire depuis 35 ans, essuie les menaces de criminels qui font l'actualité.Âgé de 56 ans, Auger a toujours couvert les faits divers, que ce soit à La Presse ou au Journal de Montréal, où il travaille depuis 17 ans, au point de devenir l'un des journalises les mieux informées sur le monde interlope.Au fil des années, il a accumulé une quantité considérable d'informations qui lui ont permis d'établir des liens entre les gangsters et les différentes organisations criminelles qui prolifèrent à Montréal et dans le reste du Canada.Rares sont les policiers spécialisés dans la lutte au crime organisé qui n'ont pas eu d'échanges avec lui.À ses débuts dans le métier au journal Metro Express, en 1965, Auger écrivait déjà sur le crime organisé.« Il allait aux funérailles des membres de la pègre et il prenait des photos », rappelle son ami Pierre Mc Cann, photographe à La Presse.Selon lui, ce n'est pas la première fois que Michel Auger est menacé de représailles.« Il a tellement reçu de menaces durant sa carrière qu'il semblait s'être habitué à vivre avec ça.On en parle parfois, mais il a toujours dit qu'il n'avait pas peur », affirme Pierre Mc Cann.Auger a néanmoins toujours été conscient des dangers qui le guettent, et prenait des précautions.« Quand il circule en voiture, il regarde constamment dans son rétroviseur.Il lui est même arrivé de prendre des détours pour s'assurer qu'il n'est pas suivi », relate Mc Cann, dont les propos sont corroborés par la direction du Journal de Montréal.Il y a quelques années, il s'était même réfugié dans un hôtel sous la garde d'une agence de sécurité.Il avait alors été informé par la police que des motards voulaient lui faire la peau.L'affaire n'avait pas eu de suites.La nouvelle de l'attentat a évidemment secoué le milieu judiciaire.Juges, avocats de la Couronne et de la défense sont atterrés et surtout inquiets pour la démocratie.« On n'aurait jamais cru ça possible.On se croirait en Italie », a lancé le criminaliste Robert La Haye.EN PRIMEUR La décision de placement la plus simple de votre existence Faites d'une pierre six coups en optant pour l'un des portefeuilles Choix Sélect Royal.Chacun de nos quatre nouveaux portefeuilles à gestion professionnelle vous donne accès, sans commission, à une combinaison bien diversifiée des meilleurs fonds communs au Canada.Quel que soit votre degré de prudence ou d'audace, nous pouvons vous offrir plus de choix et un mode d'investissement simple et intelligent.Vous pouvez acquérir des parts des portefeuilles Choix Sélect Royal dans toute succursale de la Banque Royale et du Trust Royal ou en appelant notre service Télé-Placements Royal au 1-800-ROYAL-63®.Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Web, à www.banqueroyale.com/fir.LES PORTEFEUILLES CHOIX SÉLECT ROYAL Un mode d'investissement intelligent Les portefeuilles Choix Sélect Royal sont aussi offerts par Actions en direct Banque Royale Inc.(courtage à escompte), RBC Dominion valeurs mobilières Inc.et d'autres courtiers autorisés.Nous détenons une licence d'emploi des marques de commerce de la Société AGF, de Fonds Mutuels C.I., de Fidelity Investments, de la Corporation Financière Mackenzie, de Fonds d'investissement Royal et de Gestion de placements Trimark.Ces entreprises ont assumé une partie des frais publicitaires associés à la présente annonce.Les fonds communs de placement Royal sont offerts par la société Fonds d'investissement Royal Inc., membre du Groupe Financier Banque Royale.Les placements en fonds communs peuvent entraîner des commissions, des frais administratifs et des frais et dépenses de gestion.Veuillez lire le prospectus avant d'investir.Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leurs rendements antérieurs ne sont pas nécessairement répétés.® Marque déposée de la Banque Royale du Canada.Nouveau Le précédent du Devoir en 1973 PIERRE VENNAT « C'est très surprenant ce qui m'est arrivé.Les journalistes américains qui ont donné la claque au crime organisé aux États-Unis n'ont jamais été attaqués de cette façon.» C'est ainsi que le président actuel de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, réagissait en 1973 à l'attentat dont il avait été victime, en pleine salle de rédaction du Devoir, alors qu'il pourfendait la pègre.Quand il a été élu député pour la première fois en 1976, Jean-Pierre Charbonneau était journaliste à La Presse, après avoir oeuvré au Devoir.C'est Michel Auger, a-t-il raconté, qui l'avait initié à la chasse à la mafia italienne de Montréal, notamment le clan Cotroni, lors d'un stage à La Presse au début des années 70 et les deux cosignaient souvent leurs textes quand ils ont par la suite travaillé ensemble à La Presse.C'est le 1er mai 1973 que Jean- Pierre Charbonneau a été victime d'un attentat en pleine salle de rédaction du Devoir, dans des circonstances qui rappellent celui dont vient d'être victime son associé d'hier.Ce soir-là, un individu s'était pointé au journal, avait demandé à voir Charbonneau, et avant que celui-ci ne puisse vraiment réagir, avait fait feu à trois reprises, le blessant grièvement au bras.Selon lui, c'est notamment sa couverture de la Commission d'enquête sur le crime organisé (CECO), qui avait failli lui coûter la vie.L'agresseur, Tony Mucci, était en effet un homme de main de la mafia italienne et il a été condamné deux ans plus tard à huit ans de prison.Au lendemain de l'attentat contre lui, Charbonneau, après s'être défendu d'être un héros, avait confié à La Presse : « Un gars intelligent dans la pègre, il connaît les risques du métier qu'il fait.Le risque de mon métier à moi, c'est qu'il n'aime pas ce que j'écris.» L'an dernier, en entrevue, Charbonneau avait déclaré que le métier de chroniqueur aux affaires criminelles était plus dangereux aujourd'hui qu'il y a 30 ans, le crime organisé ayant évolué et employant, avec les motards, des méthodes plus violentes. La Presse 14 septembre 2000 Page A8 manquante 4LP0901A0914 A-9 JEUDI g n ral 4LP0901A0914 ZALLCALL 67 01:04:19 09/14/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 A 9 VIGNETTES VIP La réintégration et le dédommagement des cadres coûtera 1,8 million à la Ville ALEXANDRE SIROIS La Ville de Montréal réintégrera et dédommagera les 10 cadres qu'elle avait congédiés dans l'affaire des vignettes VIP, a déclaré hier le maire Pierre Bourque qui a précisé que l'initiative coûtera 1,8 million aux contribuables montréalais.« Dans les meilleurs délais, ces 10 personnes seront réintégrées à la fonction publique montréalaise », a indiqué le maire, qui avait convoqué les journalistes pour annoncer que la Ville se conformerait au jugement rendu mardi par la Commission municipale du Québec.L'organisme, qui relève du ministère des Affaires municipales, a estimé que la décision de mettre à la porte les 10 cadres du service du stationnement de Montréal, en septembre 1998, avait notamment été « précipitée, non motivée, déraisonnable et abusive ».L'administration municipale avait pris cette décision après avoir découvert que certains agents de stationnement avaient mis au point un système de vignettes qui leur permettait d'échapper aux contraventions.Pourtant, la Ville n'avait pas la preuve que les cadres étaient au courant du système mis en place par les agents, a révélé la Commission municipale.Pas d'excuses officielles « Comme maire de Montréal, c'est évident que je prends ça avec beaucoup d'humilité : de ne pas avoir mieux saisi tous les impacts et les tenants d'une preuve solide », a dit hier M.Bourque.Or, s'il a reconnu ses torts, le maire de Montréal a refusé de s'excuser officiellement.« On va dédommager (les cadres), c'est déjà une forme de reconnaissance.On va les réintégrer dans l'honneur et on accepte le jugement de la Commission », a-t-il affirmé.« On a pris les décisions au meilleur de notre connaissance, dans le cadre d'une enquête importante, d'un scandale auquel on voulait mettre fin », a ajouté M.Bourque, qui a d'autre part précisé que la Commission l'avait innocenté en soulignant l'absence d'ingérence politique dans le dossier.Question de veiller à ce qu'un tel dérapage ne se reproduise pas, le maire a demandé au directeur général de la Ville, Guy Coulombe, d'examiner le processus d'enquête et de mettre sur pied des mécanismes plus sûrs.« La Ville ne se fera plus prendre dans un débat similaire à l'avenir », a-t-il soutenu.Quant à la directrice du service des travaux publics, Johanne Falcon, et au directeur du personnel, Michel Brousseau, tous deux sévèrement blâmés par la Commission municipale, ils n'ont pas, pour l'instant, été réprimandés par la Ville.M.Coulombe a insinué que les erreurs des deux employés en question, dans le dossier des vignettes VIP, étaient des événements isolés.« Mme Falcon doit être jugée sur (son travail) comme responsable des travaux publics, a dit le directeur général.Et non pas si elle est une bonne enquêteuse.La même chose (vaut) pour M.Brousseau.» Les cadres soulagés Si aucun des 10 cadres n'a accepté de s'adresser aux médias, leurs représentants, au sein de l'Association des cadres municipaux, ont chaleureusement accueilli la décision de la Ville.« Comme Association, notre mandat était axé sur le support qu'on leur a apporté et de faire en sorte que justice soit rendue.Dans ce sens-là, le jugement nous satisfait », a affirmé Stéphane Chénier, président de l'organisme.M.Chénier ne s'est pas formalisé du refus du maire de livrer des excuses formelles.« Pour nous, lors de son témoignage, le maire s'est excusé à demi, car il a confirmé que l'administration se plierait au jugement », a-t-il dit.Et « la Ville met tout en oeuvre » actuellement pour favoriser la réintégration rapide des cadres.M.Chénier a également confirmé que les cadres avaient été rudement affectés par l'affaire des vignettes VIP, mais il n'a pas voulu révéler si des poursuites seraient intentées contre l'administration municipale.« Ils sont représentés par des avocats.C'est une décision qu'ils auront à prendre avec leurs procureurs », a-t-il expliqué.Par ailleurs, le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal a profité de l'occasion pour réclamer, entre autres, le remboursement des 10 jours de suspension imposés à plusieurs agents de stationnement et le retrait des poursuites pénales contre certains agents et dirigeants syndicaux.« Nous n'avons qu'une seule préoccupation (.) c'est que justice soit rendue pour nos membres », a déclaré la vice-présidente du syndicat, Monique Côté.Le plus grand choix d'édredons de duvet et accessoires AUX PLUS BAS PRIX GARANTIS! 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possible, de se présenter à ses urgences qui connaissent une fois de plus des débordements majeurs.Hier matin, 88 patients étaient couchés sur des civières alors que la capacité officielle n'est que de 35 civières.Pis encore, 25 patients étaient alités depuis plus de 48 heures.La situation était aussi difficile à Maisonneuve-Rosemont et à l'Hôtel-Dieu, mais surtout à l'hôpital Santa Cabrini, où l'on dénombrait 64 patients pour 20 civières, dont 26 attendaient un lit depuis plus de deux jours.Le taux d'occupation des 17 urgences de l'île de Montréal atteignait 195 %.Les camions de Beaver toujours sur la route n En dépit de la faillite récente de la compagnie, plusieurs camions de Beaver Asphalte sont toujours sur la route et l'un d'eux a été aperçu près du viaduc du boulevard du Souvenir.C'est ce viaduc qui s'est effondré le 18 juin à Laval, entraînant la mort d'un automobiliste en plus de provoquer des blessures à deux autres.Beaver était alors responsable de la construction du viaduc.La compagnie a loué ses camions à Jeskar qui honore maintenant les contrats de Beaver.Les deux compagnies ont la même adresse, à Montréal-Nord.Des agents correctionnels manifestent devant le centre de détention Leclerc n Environ 75 agents correctionnels du centre de détention Leclerc à Laval, au nord de Montréal, ont manifesté hier matin avant leur entrée au travail.Ils se sont joints à d'autres confrères ailleurs au pays afin de revendiquer des augmentations salariales qui permettraient de combler l'écart de 17 % qui subsiste entre leur rémunération et celle des agents de la GRC.Selon le syndicat, cet écart a été confirmé par une étude commandée conjointement avec la partie patronale.Un conciliateur doit être nommé bientôt afin de tenter de rapprocher les deux parties.Les agents de correction fédéraux n'ont pas le droit de grève mais se disent prêts à déclencher de nouveaux moyens de pression.Des voleurs battent et séquestrent un couple âgé n Un couple de personnes âgées de Nicolet-Sud a vécu une véritable soirée d'enfer, lundi, lorsque des malfaiteurs sont entrés dans leur domicile pour tenter de voler leur argent, battant l'homme de 75 ans et bousculant la dame de 79 ans.L'agression s'est produite vers 20 h, lundi.Le nombre exact d'agresseurs n'est pas encore déterminé, mais ceux-ci ont prétexté une panne d'essence pour s'introduire à l'intérieur de la maison du couple.C'est alors qu'ils ont menacé et sommé les deux personnes âgées de leur donner de l'argent.« L'homme a été battu à coups de poing et de pied, en plus d'avoir été frappé à la tête avec un objet contondant.Quant à la dame, les individus ne l'ont pas frappée, mais ils l'ont bousculée », explique l'agent chargé des affaires publiques à la Sûreté du Québec. 4LP1001A0914 a10 jeudi 14 septembre 4LP1001A0914 ZALLCALL 67 00:57:44 09/14/00 B Société A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 En mars, les résidants du Centre-Sud se sont révoltés lorsque la Ville de Montréal a voulu tolérer la prostitution de rue dans leur quartier.Devant la grogne populaire, le maire Pierre Bourque a retiré son projet en catastrophe.La Presse a décidé d'aller voir ailleurs comment ça se passe, soit à Heerlen et Amsterdam aux Pays-Bas, à Genève en Suisse et à Winnipeg.Aujourd'hui, Winnipeg et Montréal.L'école ou le juge?À Winnipeg, le client pris en flagrant délit a le choix Lorsqu'un client se fait prendre en flagrant délit avec une prostituée à Winnipeg, la police lui donne le choix entre passer une journée dans une école de réhabilitation ou se retrouver devant un juge.S'il est alors reconnu coupable, son auto est saisie et il paie une amende de 600 $.Les John Schools (les anglophones appellent les clients des prostitués des johns) ont débuté en septembre 1997.Pendant une journée, les hommes écoutent des conférences données par des policiers, des résidants dont le quartier est envahi par les prostitués, des mères qui racontent comment leur fille s'est retrouvée à faire le tapin, d'anciennes travailleuses du sexe, une infirmière, un psychologue et un avocat.Les John Schools permettent aux hommes accusés d'avoir sollicité une prostituée d'échapper à la loi.Mais ce ne sont pas tous les fautifs qui peuvent s'inscrire dans cette école : ils doivent d'abord passer une entrevue menée par un travailleur social de l'Armée du Salut, éprouver des remords sincères, admettre qu'ils ont eu tort de payer une prostituée et ne pas donner l'impression qu'ils s'inscrivent à ces sessions uniquement pour récupérer leur auto et éviter d'aller en cour.S'ils réussissent l'entrevue, ils récupèrent leur voiture et paient 400 $ pour écouter des conférences pendant une journée.S'ils échouent, ils se retrouvent en cour et s'ils sont coupables, l'État saisit leur auto, la vend et verse les profits à des organismes d'aide aux prostitués.Wayne Harrison et Jay Paquette, deux policiers membres de la brigade de la moralité, donnent des cours aux johns.Ce sont eux qui débutent la journée.« On leur demande pourquoi ils ont accepté de payer une prostituée, raconte Jay Paquette.Ils nous donnent toutes sortes de raisons : ils se sentent seuls, ils ne sont pas obligés de passer une soirée dans un bar à draguer, c'est simple et pratique, il n'y a pas d'implication émotive, c'est un fantasme, l'excitation de l'illégalité, etc.Personne ne parle de sexe.» « Certaines conférences sont très efficaces et la charge émotive est grande, ajoute Wayne Harrison.Quand des mères racontent la peine qu'elles ont éprouvée lorsque leur fille s'est retrouvée dans la rue ou que d'ex-prostituées leur balancent crûment qu'elles couchent avec eux uniquement pour leur argent ou pour se payer de la drogue, certains pleurent ou baissent la tête, d'autres se lèvent, s'excusent et demandent pardon.» « La plupart des johns viennent de la banlieue et ils ignorent à quel point la présence des prostitués peut perturber la vie d'un quartier, note Harrison.On attaque le mythe du film Pretty Woman où Julia Roberts donne une image romantique de la pute.À la fin de la journée, ils sont ébranlés et ils rencontrent un psychologue pour faire le point.» Depuis 1997, 250 johns ont participé à de telles sessions.De ce nombre, deux seulement ont de nouveau été arrêtés.L'argent versé par les johns sert à financer les Jane Schools.Un juste retour des choses, souligne Jane Runner, travailleuse sociale qui s'occupe des prostituées depuis de nombreuses années.Pendant trois jours, les femmes arrêtées par la police rencontrent des psychologues, des travailleurs sociaux et des infirmières.« Nous savons qu'elles vont retourner dans la rue, dit Jane Runner, mais au moins elles évitent d'aller en cour et de payer une amende (150 $).» Une vie dure Seulement une soixantaine de prostitués, femmes, hommes, transsexuels et travestis, ont profité des Jane Schools depuis deux ans.Les autres arpentent les rues, évitent la police, se font battre par des clients violents, prennent de la drogue, boivent de l'alcool ou respirent des solvants.Jojo se prostitue depuis 10 ans.Elle avait 18 ans et elle était complètement saoule lorsqu'elle a fait sa première fellation à un homme qui l'avait prise sur le pouce.« Quand je me suis réveillée, j'avais 40 $ dans mes poches.Je me suis dit : Wow ! de l'argent facilement gagné pour payer mes brosses.» Jojo a un sérieux problème d'alcool.À 28 ans, elle a trois enfants, mais aucun ne vit avec elle.Sa première fille a été prise en charge par les services sociaux, alors qu'elle n'avait même pas un an.Pendant sa grossesse, Jojo a beaucoup bu et sa fille souffre du syndrome d'alcoolisme foetal, une maladie congénitale qui affecte le cerveau et le développement moteur.« À l'hôpital, la travailleuse sociale a été dure avec moi », se souvient Jojo qui raconte son histoire avec un filet d'agressivité dans la voix.Sa deuxième fille habite avec le père à Montréal et la troisième, son bébé, a été prise en charge par une tante qui vit sur une réserve.La vie de prostituée à Winnipeg n'est pas facile.Jojo a déjà été battue et violée par des clients, mais elle n'a pas porté plainte.« Pourquoi l'aurais-je fait, demande-telle ?Qu'est-ce que la police peut faire pour moi ?Un rapport ?Qu'est-ce que vous voulez que je fasse avec un rapport ?De toute façon, on sait très bien ce que les flics pensent de nous.» Les classes sociales Élevée sur une réserve par une mère célibataire alcoolique qui recevait de l'aide sociale, Nora a vécu dans une grande pauvreté.« Mon frère passait son temps à violer ma soeur qui s'est aussi prostituée.» Aujourd'hui, sa soeur est en prison parce qu'elle a poignardé un john.Quant à son père, elle l'a vu deux fois et « il peut bien crever ».Nora est un homme bien baraqué de 35 ans qui se travestit et rêve d'être une transsexuelle.Dans la rue, dit-elle, il y a les drogués, les alcooliques et ceux qui respirent des solvants.C'est cette distinction qui importe, bien plus que la division Blancs-Amérindiens.« Il existe tout un système de classes sociales dans la rue », confirme la travailleuse sociale Jane Runner.Les quartiers de la prostitution sont divisés en tracks.Une track comprend une, deux ou trois rues.Il y a la kiddy track, où les enfants travaillent, la gay track, arpentée par les homosexuels, la low track, où les prostitués pauvres ou en manque font des fellations pour 20 $ ou 40 $, et la high track.Mais avec l'appauvrissement de Winnipeg, il n'y a plus de high track.Les femmes qui exigent un certain prix ont déserté la rue et elles se sont réfugiées dans les salons de massage et les agences d'escorte.La Ville cherche des solutions au problème de la prostitution.Elle songe à ouvrir un red-light, mais cette idée suscite une vive controverse.Les groupes de femmes sont férocement contre.Elles affirment que le gouvernement et la Ville se transformeraient en proxénètes et que la prostitution est dégradante et ne doit pas être encouragée.« Il faut d'abord régler le problème de la pauvreté et des agressions sexuelles avant d'envisager de légaliser la prostitution », croit Kelly Gorkoff, professeur en sociologie à l'Université du Manitoba.Elle mène une vaste étude sur les prostitués de Winnipeg.Wayne Helgason, qui préside un comité mis sur pied au printemps par la Ville pour étudier le problème de la prostitution, a été renversé par l'agressivité des femmes qui rejettent l'idée d'un red-light.Il croit que les groupes d'aide aux prostitués, comme Street connections, n'en veulent pas, car ils tiennent au statu quo qui garantit leur emploi.Mais tout ce débat autour d'un red-light est peut-être inutile.La prostitution est légale au Canada, mais le proxénétisme, les bordels et la sollicitation dans un endroit public sont frappés d'interdit.Selon l'avocat Stanley Nozick, qui fait aussi partie du comité de Wayne Helgason, la Ville ne peut pas légiférer ce que le Code criminel bannit et un red-light signifie que les prostitués solliciteraient ouvertement et publiquement leurs clients.La marge de manoeuvre des municipalités est étroite, conclut-il.Glenn Murray, le maire de Winnipeg, le reconnaît.« Nous n'avons pas de pouvoir, mais c'est nous qui avons les problèmes.» PHOTOS MICHÈLE OUIMET, La Presse Le Mont-Royal (photo du haut), un des nombreux hôtels louches du North-End, rendez-vous des prostitués et des petits revendeurs de drogue de Winnipeg.Dans l'ordre habituel, Glenn Murray, maire de Winnipeg, admet que sa ville en arrache.Jay Paquette, policier de la brigade de la moralité, reconnaît que c'est simple et pratique.Son collègue Wayne Harrison ajoute que certaines conférences sont très efficaces.Penny Sinclair est une ex-prostituée qui tente d'ouvrir une maison pour les femmes victimes d'agressions sexuelles avec l'organisme Save the Children.Montréal tenté par l'expérience manitobaine MICHÈLE OUIMET La Ville de Montréal est prête à étudier différents scénarios pour ramener la paix dans le quartier Centre- Sud et trouver une solution au problème de la prostitution.Elle n'écarte pas le modèle manitobain où la police saisit l'auto d'un client et l'envoie dans une école de réhabilitation pendant une journée.Claire Saint-Arnaud, conseillère municipale et présidente du comité montréalais sur la prostitution qui a élaboré le projet pilote qui a mis le feu aux poudres dans le Centre- Sud en mars, a mis une croix sur l'approche répressive.« L'arrestation bête et méchante ne donne rien, on sait que ça ne fonctionne pas, explique-t-elle.On ne retourne pas à la case départ, c'est-à-dire dresser simplement des contraventions, sans approche socialisante.Et pas question de se lancer dans les grands nettoyages réclamés par certains.» C'est justement cette approche socialisante qui a révolté les citoyens du Centre-Sud en mars.La Ville voulait « déjudiciariser » la prostitution dans le quartier Centre- Sud et au centre-ville.La police allait tolérer la prostitution et éviter de donner des contraventions.Six équipes de deux personnes, un policier et un travailleur social, devaient travailler 24 heures sur 24, sept jours par semaine et répondre aux plaintes des citoyens.« Les gens ont cru qu'on légalisait la prostitution et qu'on faisait de leur quartier un bordel à ciel ouvert, sans intervention policière », rappelle Mme Saint-Arnaud.« C'était une maudite bonne idée, affirme Carole Thiboutot, directrice générale de Stella, un groupe qui défend les droits des prostitués.Mais il y a eu trop de politique.On s'est fait fourrer sans se faire payer et sans avoir de fun.» Les citoyens du Centre-Sud ont rejeté le projet.Le 14 mars, lors d'une assemblée publique, leur fureur a éclaté et la Ville a retiré son projet en catastrophe.En avril, l'Association des résidants des faubourgs de Montréal a été créée pour défendre les droits des gens du quartier et éviter que la Ville revienne avec son projet.Son président, André Gagnon, fulmine encore.« On parle de notre intolérance, mais on ne dit pas un mot sur la violence subie par les citoyens qui se sont fait intimider par les souteneurs et les prostitués.La Ville a une vision angélique de ce milieulà.Elle parle de prostitution de fin de mois où il n'y a que des victimes.Rien sur la drogue, rien sur le crime organisé.» « Nous n'avons pas de vision angélique, se défend Claire Saint-Arnaud.La prostitution de fin de mois existe.Donner une contravention de 136 $ à quelqu'un qui ne peut pas payer son loyer, c'est le monde à l'envers.» L'été a été calme, car les policiers ont sillonné le quartier.Pendant que les citoyens se frottaient les mains, les prostituées s'inquiétaient.Lors d'une conférence de presse à la fin août, elles ont affirmé que l'imposante présence policière les a refoulées dans les rues sombres et que les incidents violents ont dramatiquement augmenté.La police a répondu que les prostituées victimes de violence refusent de porter plainte et qu'elle ne peut rien faire.Déjà ébranlé par la révolte des citoyens, le fragile consensus que le comité montréalais sur la prostitution avait réussi à tisser entre les policiers, les groupes communautaires et les prostitués a été rompu par cette conférence de presse.« Il n'y a pas un seul corps policier au Canada qui accepte de s'asseoir avec les prostitués, a laissé tomber avec amertume le porte-parole du SPCUM, Serge Gascon.Nous, on l'a fait.» À la mi-septembre, le comité se réunira de nouveau et essaiera de trouver une solution.Les discussions s'annoncent difficiles.michele.ouimet@lapresse.ca \u2014 FIN \u2014 4LP1102A0914 A11 jeudi 4LP1102A0914 ZALLCALL 67 01:05:33 09/14/00 B Actualités LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 R A 11 Un régime de taxes foncières municipales à quatre taux MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC D'ici quelques mois, les municipalités pourront instaurer un régime de taxes foncières à quatre taux différents.La ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, compte déposer dès la rentrée parlementaire de la mi-octobre des amendements législatifs qui permettront cette réforme des taux différenciés, réclamée par les deux grandes unions municipales dans le cadre des pourparlers sur le nouveau pacte fiscal.Mme Harel a indiqué hier lors d'un point de presse qu'elle faisait siennes les recommandations d'un comité technique formé des deux unions et du ministère.Ce comité a statué en faveur de deux taux de taxation pour le secteur résidentiel, l'un pour les immeubles de moins de six logements et l'autre pour ceux de plus de six logements, en plus d'un taux pour le secteur commercial et d'un autre pour l'industriel.Selon la ministre, ce nouveau régime « permettrait de ne pas voir jouer les vases communiquants entre les catégories résidentielles et non-résidentielles ».Les villes ne seront toutefois pas obligées de souscrire au nouveau régime.« Cela sera laissé à leur libre arbitre », dit-elle.Mme Harel recommandera donc cette réforme au gouvernement, qui devrait prendre sa décision avant la rentrée parlementaire.Québec s'était engagé à introduire un régime à taux variés lors de la signature de l'entente cadre sur le nouveau pacte fiscal avec les deux unions, l'Union des municipalités et la Fédération québécoise des municipalités, le 28 juin dernier.Beaconsfield, Westmount et Hampstead risquent aussi d'y goûter ÉRIC TROTTIER Il n'y a pas que les résidants du Plateau Mont-Royal qui font face à des hausses de taxes importantes à la suite du dépôt, hier, du nouveau rôle d'évaluation.Les citoyens de Westmount, Hampstead et Beaconsfield risquent eux aussi des hausses de 10 % à 20 %, puisque la valeur de leurs propriétés a augmenté dans les mêmes proportions.Toutefois, contrairement à Montréal où on semble pressé d'adopter le prochain budget, le maire de Westmount, Peter Trent, a décidé de reporter l'adoption de son exercice financier 2001 au mois de janvier prochain.« Je veux donner le temps à la ministre (des Affaires municipales) Louise Harel de mettre en place des mécanismes pour nous permettre d'adopter des taux variables », a-t-il dit.La ministre Harel a d'ailleurs annoncé hier une série de mesures d'atténuation qui vont permettre aux municipalités de l'île d'amoindrir le choc des hausses de taxes, conséquence de l'adoption de ce nouveau rôle d'évaluation.Parmi ces mesures, on pense à un étalement sur trois ans de la variation des valeurs, un plafonnement de la hausse de taxes entraînée par l'augmentation de la valeur d'une propriété, ainsi que la mise en place de taux variables entre différentes catégories d'immeubles.Le président du comité exécutif, Jean Fortier, s'est toutefois montré plutôt réticent, hier, face à des mesures qui, selon lui, compliqueraient le système fiscal de Montréal.Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Michel Prescott, a dit pour sa part trouver « méprisante » l'attitude de M.Fortier à l'endroit des résidants du Plateau Mont-Royal qui seront frappés d'une hausse de leur compte de taxes qui pourrait atteindre les 30 %.« M.Fortier a une approche de spéculateur.Il dit que les résidants du Plateau, en achetant à gros prix des résidences dans ce quartier, devaient s'attendre à une éventuelle hausse de taxes.C'est oublier que la majorité des résidants du Plateau habitent dans ce quartier depuis des années et n'ont pas souhaité que la valeur de leur maison augmente », dit M.Prescott, qui estime que le président du comité exécutif « court après le trouble » par ses déclarations.« Il faut retenir que le nouveau rôle d'évaluation aura pour conséquence un transfert fiscal du nonrésidentiel vers le résidentiel et ça, c'est inacceptable », dit encore M.Prescott.Enfin, le nouveau rôle d'évaluation montre que la valeur moyenne des propriétés résidentielles à Montréal est de 137 800 $, contre 113 000 $ à Montréal-Nord, 137 000 $ à Pointe-Claire, 178 000 $ à Verdun, 438 000 $ à Outremont et 553 000 $ à Westmount, qui demeure la ville la plus riche de l'île.La résidence la plus chère de l'île se trouve aussi à Westmount, et vaut 5,5 millions, tandis que l'immeuble non-résidentiel qui a la plus grande valeur est la Place Ville-Marie (évaluée à 405 millions).PHOTOTHÈQUE, La Presse© Jean Fortier PHOTOTHÈQUE, La Presse© Michel Prescott Mauvaise nouvelle pour le Centre Molson Un qui risque d'avaler sa bière de travers avec l'adoption du nouveau rôle d'évaluation, c'est bien Pierre Boivin, le président du Canadien de Montréal.Molson tente depuis plusieurs années de faire réviser à la baisse son compte de taxes \u2014 10 millions de dollars \u2014 en invoquant le fait que le centre vaut moins que son évaluation foncière, qui était jusqu'à maintenant fixée à 176 millions.Or, le nouveau rôle indique que le Centre Molson a désormais une valeur de.196 millions ! M.Boivin, qui souhaite que l'on fixe la valeur de son immeuble à 35 millions, devra se contenter d'une hausse de taxes d'un peu plus de 10 %, l'an prochain, à moins que le Tribunal administratif du Québec, qui entend la cause, ne rende une décision qui lui soit favorable.PHOTOTHÈQUE, La Presse© Pierre Boivin PHOTOTHÈQUE, La Presse© Peter Trent Tous les jours .Sydney D.couvrez l Õautre c.t.des Jeux Olympiques avec les commentaires de Pierre Foglia, les photos de Bernard Brault et les comptes rendus de toute lÕ.quipe des sports de la Presse.Ds demain, dans notre cahier sp.cial Ç Olympiques È.Foglia.Le 3e c.t.de la m.daille.Variations des valeurs foncières selon la catégorie d'immeuble, selon le nouveau rôle d'évaluation Infographie La Presse Dans toute l'île de Montréal Sur le territoire de la Ville de Montréal Maisons unifamiliales : +6% Condominiums : +0,9% Duplex : -0,1% Triplex : 0% 4 à 11 logis : -7% Conciergeries : -8% Bureaux : -11% Centres commerciaux : -4% Hôtellerie : +39% Maisons unifamiliales : 0% Condominiums : -0,3% Duplex : -0,7% Triplex : +0,5% 4 à 11 logis : -5% Conciergeries : -10% Bureaux : -10% Centres commerciaux : -1% Hôtellerie : +43% La Presse 14 septembre 2000 Page A12 manquante La Presse 14 septembre 2000 Page A13 manquante 4LP1499A0914 A14 jeudi 4LP1499A0914 ZALLCALL 67 15:53:14 09/15/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 14 SEPTEMBRE 2000 Casino ou Technodôme: le Port doit céder Bickerdike, dit Landry C'est pour ça qu'elles sont belles C'EST POUR ÇA / Suite de la page A1 « Je ne pense pas qu'il le fait exprès, c'est dans sa profonde nature ! » laisse tomber la frisottée Josée Marsolais, gardienne de but et étudiante en psychologie.sportive Ce doit être drôlement agaçant pour un coach d'avoir une étudiante en psychologie sportive dans son équipe.Détail amusant, Berthelette a récemment essayé de brasser sa gardienne de but psychologue en la menaçant de lui enlever son poste de gardien numéro un et de la faire jouer sur le banc.Or, la thèse de maîtrise de Josée a justement pour titre La dynamique des réservistes dans le sport.Ça tombe bien ! Les filles jouent leur premier match samedi contre la Russie.Le lendemain contre les Américaines.Cinq matches de préliminaires en cinq jours.Les demi-finales pour les quatre premières équipes classées.La finale, l'autre samedi.Et c'est fini.Je veux dire leur grand, leur beau trip sera fini.Gagne ou perd.Les entraînements au petit matin, les voyages, les stages, les rires, les pleurs, les envies d'étrangler Berthelette, fini.Elles n'y pensent pas vraiment parce qu'il leur reste un dernier grand truc à faire ensemble.Elles y pensent pourtant.Elles savent qu'après, c'est le vide.C'est pour ça qu'elles sont plus soudées que jamais.C'est pour ça qu'elles ont hâte et en même temps voudraient que cette attente ne finisse jamais.C'est pour ça qu'elles sont fortes et en même temps qu'elles ont peur.C'est pour ça qu'elles sont belles.NE PRENEZ PAS CET AIR IDIOT, MERCI \u2014 Les filles de la natation aussi sont superbes.Vous comprenez « superbes », n'est-ce pas.Juste pour être sûr qu'il n'y a pas de malentendu, on me donnerait deux millions pour faire une entrevue avec Patrice Brisebois, je dirais O.K.pour deux millions.Par contre, je pourrais passer toute la journée avec la nageuse Karine Legault, et ça ne lui coûterait pas un sou.Vous me suivez ?Ou avec Yannick Lupien, tiens, ce grand jeune homme fébrile qui prend tant de plaisir à raconter ses courses, à expliquer ses chronos.Tu comprends, me disait-il, le sprint au Canada, ça n'existe pas.Je suis le premier Canadien à avoir brisé la barrière des 50 secondes sur 100 mètres et ça ne me classe même pas dans les 20 meilleurs au monde.Comme ça, tu ne feras pas la finale Ce sera un miracle si je fais les demi.Mon but, c'est de redescendre sous les 50 secondes : 49,5, ce serait comme une médaille d'or, je serais fou comme un balai.En passant, si vous avez l'impression que la natation canadienne n'est plus ce qu'elle était, c'est une fausse impression.Le Canada a déjà brillé par défaut à l'époque où la natation c'était seulement trois nations : États-Unis, Australie, Canada.Les années 80.Depuis, les Européens, les Asiatiques, les Sud-Américains s'y sont mis et dans ce concert mondial, le Canada occupe une place honorable.À Sydney, la guerre entre Australiens et Américains va provoquer un raz-de-marée qui noiera tout le reste, mais si vous prêtez bien attention, vous verrez de temps en temps sur le podium un Anglais, un Français, un Croate, des Suédois, des Néerlandais, des Hongrois, même des Japonaises, une Costaricaine, deux Canadiennes, Marianne Limpert, Joanne Malar, et un Canadien, Curtis Myden.Vous ne verrez pas Lupien, 20 ans, ni Jessica Deglau, 20 ans aussi, mais ils ne seront pas si loin.Je vous dis ça parce que les Jeux commencent avec la natation, et les premiers jours, il n'y en aura que pour le gentil Popov, Ian Thorpe, Michael Klim, l'insupportable Gary Hall et je vous entends d'ici dans votre salon : Et les Canadiens ?Où sont les Canadiens ?Sont à leur place.Troisième ou cinquième au monde, même dixième, même 23e comme Lupien, c'est pas grave si vous n'appréciez pas, c'est pas obligé, ni rien.Mais, de grâce, ne prenez pas cet air un peu con que vous prenez pour dire : « C'est bien quand même.» VIVE LE VENT, DIT CAROLINE \u2014 Franchement, j'aime mieux notre automne mouillé que leur printemps venteux et frisquet.On nous avait prévenus d'apporter une petite laine, on aurait dû prévenir aussi les avironneurs et les kayakistes comme Caroline Brunet de se présenter avec une planche à voile plutôt qu'avec leur embarcation traditionnelle.Le vent souffle en bourrasques si fortes au bassin de Penrith où auront lieu les épreuves d'aviron et de canoë-kayak que les entraînements ont dû être suspendus de peur que les embarcations chavirent.Une honte, se plaignent les uns, une joke, se résignent les autres.« C'est pas si pire », nous confiait Caroline Brunet rencontrée hier à l'Université Macquarie où était donnée une réception en l'honneur de l'équipe canadienne.« Le bassin est ainsi fait que le vent souffle également sur tout le bassin, aucun couloir ne sera avantagé, c'est tout ce qui m'importe.» Notons que le style tout en puissance de Caroline \u2014 moins de coups de pagaie à la minute \u2014 s'accommode mieux d'un vent contraire que celui de ses adversaires qui pagaient plus léger, à une cadence plus rapide.Le jeune canoéiste Maxime Boilard, de Québec, abondait dans le sens de Caroline : « Nos compétitions ont lieu le matin avant que le vent se lève vraiment.Et puis je suis si heureux d'être ici, et je trouve les installations si somptueuses, que ce n'est pas un peu de vent qui va gâcher mon plaisir.» ANGUILLE SOUS ROCHE \u2014 Les filles du water-polo ont reçu hier leurs nouveaux maillots Speedo, des maillots en néoprène, une matière qui n'offre pas de prise aux accrochages.Retenir par le maillot est la faute la plus classique en water- polo, d'où l'idée d'un maillot qui transforme les nageuses en anguilles.Remarquez que cela n'empêchera pas les coups de genou, les coups de coude, paraît que c'est effrayant ce qui se passe sous l'eau, et paraît que les pires à ce petit jeu salaud sont les Américaines.MON ESPION AU VILLAGE \u2014 Il est si compliqué d'entrer au village des athlètes pour un journaliste, les passes sont si limitées, que j'ai déjà renoncé.Je m'étais trouvé un espion à l'intérieur, nous devions communiquer par courriel.« Petit problème me dit mon espion, il n'y a que deux ordinateurs au pavillon Canada, deux accès à Internet, longues listes d'attente, et même des files d'attente au cas où quelqu'un inscrit sur la liste ne se présenterait pas ! En plus, pour un des deux ordinateurs, un petit comique a détourné Explorer à son seul profit, en introduisant un code connu de lui seul évidemment.» Ah l'esprit olympique ! IL Y A DES MINISTRES JUNIORS, CELUI-CI EST JUVÉNILE \u2014 Pour revenir à la réception en l'honneur de l'équipe canadienne où j'ai rencontré Caroline Brunet hier soir, quelle soirée excitante ce fut.Danses folkloriques et chorales de patronage.Tonitruant discours préélectoral du juvénile et exubérant secrétaire d'État aux Sports, Denis Coderre.Coderre a promis des jardins de roses aux athlètes.Très bien, c'est dans sa fonction, mais quelqu'un pourrait-il lui conseiller d'arrêter de sautiller, de claquer dans ses mains et de faire toujours les mêmes jokes plates sur son poids ?Quelqu'un pourrait-il lui dire qu'il n'est plus président des jeunes libéraux de son comté ?MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Que ce soit pour accueillir le Technodôme ou un nouveau complexe récréotouristique de plus d'un milliard où déménagerait le Casino, le Port de Montréal doit mettre fin à l'activité portuaire au convoité quai Bickerdike, soutient le ministre des Finances, Bernard Landry.« L'utilisation du quai Bickerdike ne peut pas continuer à fin portuaire, dit-il.C'est en plein coeur d'un arrondissement d'esthétique, de beauté, de récréotourisme et tôt ou tard, quand le port aura ce qu'il faut pour se loger ailleurs \u2014 parce qu'il ne faut pas nuire au travail du port \u2014 il faudra que cet endroit se libère.» Se disant en parfait accord à ce sujet avec le maire de Montréal, Pierre Bourque, le vice-premier ministre croit que le quai doit être désormais réservé à une activité récréotouristique avec de l'habitation et « comportant une forte dose d'esthétique ».« Allez voir ce qui est arrivé à Barcelone dans ce qui était le Bickerdike.Allez à Paris.Est-ce qu'il y a encore des navires marchands qui déchargent au pied de la cathédrale Notre-Dame ?Non.Il y en avait naguère.À un moment donné, il faut faire de l'urbanisme.M.Landry ne fait pas pour autant une croix sur le projet du Technodôme, le centre de divertissement de 900 millions des frères Reichmann, même si la direction du Port a réitéré la semaine dernière son refus de leur vendre le Bickerdike.Le PDG de Loto-Québec, Michel Crête, \u2014 qui relève de M.Landry \u2014 a indiqué qu'il comptait maintenant rencontrer la direction du Port dans l'espoir de réussir là où les Reichmann ont jusqu'à maintenant échoué.M.Crête croit que le déménagement du Casino au port y attirerait la construction d'un centre de foires internationales, « qui est quelque chose dont Montréal a besoin et qui pourrait se rapprocher du centre des congrès », dit-il.Les investissements des partenaires, incluant ceux de Loto-Québec, pourraient dépasser le milliard de dollars, dit-il.Les quelque 350 grandes foires commerciales internationales (trade shows) ont toujours boudé Montréal, faute d'espace.Elles occupent de 800 000 à un million de pieds carrés.La Régie des installations olympiques reluque elle aussi cette lucrative clientèle.Loto-Québec rêve en outre de déménager le Casino, trop à l'étroit dans l'île Notre-Dame, au Bickerdike, pour y bâtir aussi un hôtel et une grande salle de spectacles.Contrairement au Technodôme, ce projet ne réclamerait pas toute la superficie du quai Bickerdike, explique Michel Crête.« Nous, on est prêts à s'accommoder d'une partie.Il n'est pas question qu'on demande au port de terminer une activité essentielle à l'essor économique de Montréal.Ils sont chez eux et c'est prioritaire, il faut le reconnaître.» "]
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