La presse, 23 octobre 2000, Cahier A
[" 1LP0101A1023 A1 LUNDI 1LP0101A1023 ZALLCALL 67 00:59:20 10/23/00 B Patrick Roy arrêté pour violence conjugale RAYMOND GERVAIS LE GARDIEN DE BUT de l'Avalanche du Colorado, Patrick Roy, 35 ans, a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Greenwood Village au Colorado, à la suite d'un appel au 911 pour violence conjugale.Roy a pu reprendre sa liberté après avoir déposé une caution de 750 $ afin d'assurer sa présence devant le tribunal.Une accusation de méfait a également été portée contre lui.Le lieutenant Steve Keller du bureau du shériff a expliqué hier que l'accusation de méfait retenue contre le gardien étoile est de nature criminelle au Colorado et que l'ancien joueur du Canadien de Montréal devra faire face à la justice.Selon la police de Greenwood Village, la personne à l'intérieur de la maison des Roy qui a appelé le 911 a raccroché le combiné avant de parler.Lorsque les policiers se sont présentés au domicile des Roy vers 2 h 33, Patrick et sa femme Michèle ont accueilli les agents à la porte et les ont informés qu'ils venaient d'avoir une « dispute verbale » sans contact physique.Voir VIOLENCE en A2 MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE DEPUIS MONTR ÉAL D 'AMÉRIQUE D EPUIS 1884 1 1 7e A N N É E > N O 4 > 8 8 P A G E S > 6 C A H I E R S 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST D U QUÉBEC > HU LL-OTTAWA > 70¢ C'est parti! «C'est l'opposition qui a réclamé des élections» VINCENT MARISSAL SHAWINIGAN Ð Jean Chrétien a déclenché hier des élections générales pour la troisième fois en sept ans, après seulement trois ans et quatre mois écoulés à son mandat, affirmant que l'Alliance canadienne l'y a poussé en menant une campagne non officielle depuis des semaines.« Nous savons tous que la campagne a en fait commencé il y a quelques temps, a indiqué M.Chrétien en sortant avec son épouse, Aline, de chez le gouverneur général.Les Canadiens ne veulent pas d'une campagne coûteuse à l'américaine qui s'étire pendant des mois.Il n'y a rien de plus démocratique que de déclencher des élections.» Justifiant sa décision d'appeler si tôt les Canadiens aux urnes, le premier ministre en a rejeté la responsabilité sur les partis d'opposition, qui l'avaient mis au défi d'aller devant le peuple.« Nous nous trouvons dans une situation inhabituelle, a-t-il expliqué.Les partis d'opposition sont déjà en campagne, ils ont réclamé des élections, M.Day m'a mis au défi de déclencher des élections et il a déjà dépensé des millions en publicité.» Repoussant les reproches de l'opposition, selon qui les libéraux déclenchent des élections sans autre raison que de garder le pouvoir, M.Chrétien affirme par ailleurs que les Canadiens doivent choisir maintenant comment les surplus budgétaires seront dépensés.« Nous avons des raisons très valables ( de déclencher des élections maintenant ), parce que nous avons pour la première fois des surplus budgétaires et avant de les dépenser de façon définitive, il faut demander aux Canadiens ce qu'ils veulent comme société.Nous sommes devant des choix très importants en cette période de surplus budgétaires, le temps est venu de faire ces choix.» À peine le signal du départ donné, les accusations d'arrogance et de cynisme des quatre partis d'opposition se sont mises à pleuvoir sur le chef libéral.« Le premier ministre abandonne son poste à la mi-mandat alors qu'il lui restait beaucoup de travail à faire.Il agit par vanité et par arrogance », a affirmé le chef conservateur Joe Clark, qui se trouvait hier en Nouvelle-Écosse pour faire ses adieux aux électeurs de son comté d'adoption de Kings-Hants.Voir C'EST PARTI en A2 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Les bénévoles du Bloc québécois étaient déjà à pied d'oeuvre hier matin dans le comté de Longueuil, détenu par Caroline St-Hilaire, 30 ans, la plus jeune députée des Communes.En plus de ce sérieux coup de pouce, Mme St-Hilaire ( du moins, son image en format géant ) a reçu un bon coup de marteau d'Alain Morrissette, responsable de l'affichage pour sa campagne.Le Bloc part en lion Arts et spectacles C1-C7 - télévision C2 Auto D8-D14 Bandes dessinées D20 Bridge E7 Décès E7 Économie D1-D14 Éditorial A22 Êtes-vous observateur?D21 Feuilleton D20 Forum A23 Horoscope D27 Loteries A2, A16 Monde A19, A20, A21 Mots croisés D20, S10 Mot mystère D20 Petites annonces D21 - immobilier D21 - marchandises D22 - emplois D22 - automobile D22, E6 - affaires D5 Politique A3-A6 Quoi faire E5 M É T É O Voir S16 Ensoleillé Maximum 15 > minimum 8 1 3 4 6 ANDRÉ DUCHESNE À 11 H HIER MATIN, alors que le premier ministre Jean Chrétien rendait visite au gouverneur général du Canada Adrienne Clarkson pour lui recommander la dissolution de la Chambre des communes, les coups de marteau avaient commencé à se faire entendre dans le comté de Longueuil détenu par la bloquiste Caroline Saint-Hilaire.Bang, bang bang! Un clou bien placé dans un coin du grand panneau de plus d'un mètre de haut.Bang, bang, bang! un autre clou à quelques centimètres du slogan.Bang, bang, bang! Oups! le bénévole a bien failli crever un oeil dans le visage format géant de la souriante députée de 30 ans.Le bénévole en question, c'est Alain Morrissette, qui a pris sa retraite il y a dix ans après avoir travaillé durant 40 ans comme menuisier.Et ça paraît.Alignées dans le stationnement de son atelier du boulevard Guimond, les grosses charpentes de bois triangulaires traduisaient du travail bien fignolé.« Je me lève de bonne heure pour fabriquer mon framage, raconte avec un bonheur tranquille ce militant souverainiste de longue date.Mais ça me plaît.On travaille pour la meilleure, alors, c'est tellement facile.» Autour de lui, une dizaine de bénévoles s'affairent à préparer les quelque 1500 petits panneaux qui seront accrochés aux poteaux et 50 grosses pancartes que les habitants du comté apercevront sous peu à la croisée des artères principales du comté.« On se sent comme une Formule1 sur la ligne de départ.Là, les lumières viennent de passer au vert », jubile Stevens Héroux, un jeune militant qui a concocté le site Internet de la députée sortante.Au quartier général du Parti conservateur, rue Saint-Jean dans le Vieux-Montréal, l'ambiance était plus.monastique.« On va les acheter cette semaine, mais nous n'aurons pas de grosses pancartes », laisse tomber avec limpide franchise le directeur de la campagne pour le Québec, Jean-Guy Hudon.Voir BLOC en A2 Des élections sur quatre champs de bataille Un scrutin pour noyer le poisson?Plusieurs députés du Bloc dans l'eau chaude Prêts pas prêts, partez! pages A3 à A6 VOUS DÉSIREZ RÉAGIR À NOTRE COUVERTURE ÉLECTORALE?Courrier électronique: elections@lapresse.ca 2862760 La route.S a n s l e d o u t e.14 198$ CAVALIER VL 2001 Offre d\u2019une durée limitée réservée aux particuliers, s\u2019appliquant aux Cavaliers 4 portes VL 2001 neuves en stock.Photo à titre indicatif seulement.* À l\u2019achat, préparation incluse, transport (730 $), immatriculation, assurance et taxes en sus.Voyez votre concessionnaire pour tous les détails.2893323 à l\u2019achat* 2893334 1LP0202A1023 a2 LUNDI 1LP0202A1023 ZALLCALL 67 01:00:06 10/23/00 B A2 · LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 DEMAIN DANS LA PRESSE Bientôt le téléphone porté « Montréal a tout ce qu'il faut pour devenir le Silicon Valley de la mode », affirme le couturier français Olivier Lapidus, qui a déposé le brevet du premier parka à énergie solaire! « Nous sommes au Moyen Âge du vêtement communiquant, dit-il.Mais d'ici peu, on ne parlera plus de téléphone portable, mais de téléphone porté! Intégré dans le vêtement! Dans un climat comme Montréal, où les hivers sont rudes, le téléphone porté devient particulièrement pertinent.Intégré dans un manteau, il facilitera la vie de pas mal de gens.» Vous trouvez les propos d'Olivier Lapidus farfelus?À lire demain dans le cahier ACTUEL.LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 9-2-2 > À quatre chiffres : 6-2-5-2 POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 lapresse.infinit.net RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Quoi faire aujourd'hui andre.cloutier@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie econo@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Sports sports@lapresse.ca Télécopieur: (514) 350-4854 Têtes d'affiche denis.lavoie@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.RENSEIGNEMENTS (514) 285-7272 PROMOTION (514) 285-7100 COMPTABILITÉ (514) 285-6892 RECOUVREMENT (514) 285-6900 PUBLICITÉ Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi : 8 h 00 à 17 h 30 Décès et remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi : 8 h 30 à 17 h 30 Détaillants : (514) 285-6931 National et Télé-Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 ABONNEMENT (514) 285-6911 Par télécopieur : (514) 285-7039 Lundi au vendredi : 6 h 30 à 17 h 30 Samedi : 7 h à midi / Dimanche : 7 h à 11 h Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 SUITES DE LA UNE La Presse est prête VIOLENCE Suite de la page A1 Toutefois, l'inspection de la maison par les policiers a démontré que des objets avaient été déplacés et que des dommages avaient été causés à la résidence La police a toutefois refusé de préciser si les dommages constatés démontraient qu'il y avait eu lutte ou si tout simplement que des objets avaient été lancés.Une répartitrice du service de police a précisé que Roy avait été amené à la prison du comté d'Arapahoe, puis relâché.La police de Greenwood Village a précisé que toute information supplémentaire dans ce dossier sera transmise par l'entremise du bureau du procureur.La police n'a pas précisé si quelqu'un à l'intérieur du domicile avait été blessé lors de la dispute conjugale, ni si les enfants se trouvaient dans la maison.Il a été également impossible de savoir si les enfants ont été témoins de la dispute.Patrick Roy est reconnu dans la LNH comme étant un joueur au tempérament vif.En 1998, quelques jours avant Noël, Roy avait saccagé le bureau de son entraîneur Bob Hartley.Hartley avait fait remplacer Roy durant quelques minutes devant le filet afin de faire reposer ses meilleurs joueurs.L'Avalanche avait ensuite marqué en avantage numérique pour gagner le match.Mais Roy n'avait pas été crédité de la victoire.À la fin de la partie, Roy est entré dans le bureau de Hartley et a jeté par terre les deux téléviseurs qui s'y trouvaient ainsi qu'un appareil vidéo.Roy a toujours clamé qu'il était dans son droit et que Hartley ferait mieux de ne pas recommencer.Depuis plusieurs années, le gardien de but s'est impliqué auprès de la Fondation Ronald McDonald afin d'amasser des fonds pour venir en aide aux enfants malades et à leur famille.Il avait concrétisé le projet au printemps 1994, en créant la Fondation Patrick Roy, dont le but consistait à amasser des fonds pour l'agrandissement du Manoir Ronald McDonald de Montréal, lequel accueille les enfants malades et leurs parents lorsqu'ils viennent de l'extérieur de Montréal.Vendredi, Patrick Roy a été honoré avant le début du match opposant les Panthers de la Floride à l'Avalanche, après être devenu le gardien de but de la Ligue Nationale de Hockey qui a remporté le plus grand nombre de victoires en carrière, battant Terry Sawchuk, en accumulant 448 victoires.Lors de la cérémonie de vendredi, Roy avait été rejoint au centre de la patinoire par son épouse Michèle et par ses trois enfants Jonathan, 11 ans, Frédérick, 9 ans et Jana, sept ans, au volant d'une voiturette de golf que sa famille lui a donnée en cadeau.Le maire de Denver, Wellington Webb, a annoncé le même soir que la voie Auraria Parkway, située près du Pepsi Center, sera baptisée Patrick Roy Boulevard pour la prochaine saison de hockey.Avant de devenir le gardien de but vedette de l'Avalanche, Patrick Roy a évolué avec le Tricolore durant 11 ans.Lors de la soirée organisée en son honneur à Denver, Roy avait remercié les organisateurs de la soirée et avait dit: « Je voudrais remercier les membres de ma famille qui ont joué un rôle important dans ma carrière.» Le club de hockey de l'Avalanche du Colorado a émis un communiqué hier soir confirmant que « Roy avait été impliqué dans un incident », mais qu'aucun membre de l'organisation ne fera part de ses commentaires avant la fin de l'enquête.Pierre Lacroix, directeur- général de l'Avalanche n'a pu être joint hier.Roy touche un salaire de 7,5 millions US cette saison.DEPUIS HIER et pour les 35 prochains jours, La Presse se met en mode électoral.Déjà, plusieurs pages de notre numéro d'aujourd'hui sont consacrées aux premières heures de la campagne électorale.Le branle-bas de combat en vue du scrutin fédéral du lundi 27 novembre, le troisième en sept ans, est commencé.Une équipe d'une vingtaine de journalistes, sous la responsabilité quotidienne d'André Pratte, est affectée à la couverture des élections.Gilles Toupin, le chef de notre bureau d'Ottawa, et Vincent Marissal accompagnent Jean Chrétien et Stockwell Day tandis qu'Alexandre Sirois et Martin Pelchat suivront tour à tour Gilles Duceppe.Les faits et gestes de Joe Clark et d'Alexa McDonough sont confiés à la Presse Canadienne, sauf lorsqu'ils seront de passage au Québec.Plusieurs régions du Canada seront le théâtre de luttes électorales palpitantes.La Presse aura des envoyés spéciaux en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et dans les Maritimes pour y analyser les enjeux propres à ces régions.Notre chroniqueur Pierre Foglia, de son côté, traversera le Canada d'est en ouest non pas en vélo, mais en train; il vous donne un premier rendez-vous à la une samedi prochain.Il va de soi que nous accordons aussi une attention toute particulière à la bonne vingtaine de circonscriptions du Québec et de la région de Montréal où la bataille s'annonce particulièrement intéressante.Au cours des cinq prochaines semaines, La Presse publiera également les résultats de trois sondages nationaux sur les intentions de vote des Canadiens.Ils seront réalisés pour le compte des quotidiens The Toronto Star et La Presse, de la Société Radio-Canada et de la CBC.Le premier sondage est en voie de réalisation et nous en révélerons les résultats plus tard cette semaine.D'autre part, nous donnerons la parole aux indécis ( près du tiers de l'électorat actuellement ), nous irons vérifier sur le terrain si les dires des candidates correspondent réellement aux faits et nous vous ferons découvrir des aspects insolites ou méconnus de la campagne.Enfin, vous êtes invités à nous faire partager vos impressions et observations sur la campagne; notre adresse électronique est: elections@lapresse.ca.Tout est en place pour vous offrir une couverture électorale de qualité et originale.Nous sommes fin prêts! Yves Bellefleur Directeur de l'information PHOTO AP Lors de la cérémonie organisée par l'Avalanche vendredi dernier pour souligner son nouveau record de victoires enregistrées par un gardien de but dans la LNH, Patrick Roy était entouré de sa femme Michèle, et de ses enfants Jana, Jonathan et Frederick.C'EST PARTI Suite de la page A1 Les mots « arrogance, cynisme et opportunisme » ont été repris par les organisateurs de l'Alliance cana dienne Jason Kenney et Peter White ( le chef Stockwell Day ne travaille jamais le dimanche ) et par la leader du NPD, Alexa McDonough.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, promet quant à lui de faire campagne contre le « livre noir » des libéraux, qui ont, dit-il, abandonné les chômeurs et attaqué la démocratie québécoise.Tout en reconnaissant que la conjoncture politique actuelle l'avantage, le chef libéral dit ne rien tenir pour acquis et ajoute qu'il se présente devant l'électorat « confiant mais humble ».« Mais c'est important pour les Canadiens que nous gagnions.Alors, c'est sûr que je vais en campagne dans l'espoir de gagner », a- t-il rétorqué quand on lui a demandé si son avance dans les sondages et la désorganisation des partis d'opposition ont influencé sa décision.Profitant d'un temps automnal superbe pour tenir un bref point de presse dans les jardins de Rideau Hall, la résidence du gouverneur général, M.Chrétien a de plus justifié la dissolution de la Chambre des communes en affirmant qu'il est plus agréable de faire campagne en automne qu'en mars.« Regardez cette journée magnifique, a lancé M.Chrétien.Imaginez si nous devions déclencher des élections le 27 février.J'imagine que c'est mieux aujourd'hui.» Quant aux nombreux projets de loi morts au feuilleton à cause de ces élections prématurées, le premier ministre sortant souligne que ce sont des choses qui arrivent à chaque campagne électorale.« Tous les projets de loi n'ont pas été adoptés, on ne peut jamais accomplir tout notre programme, mais je pense que nous avons accompli 90 % de notre programme », se défend-il.À Shawinigan Après un bref arrêt au local électoral de son nouveau ministre des Affaires étrangères, John Manley, à Ottawa, M.Chrétien s'est rendu à Shawinigan afin d'être officiellement désigné candidat dans Saint- Maurice pour la 11e fois depuis 1963.Visiblement d'attaque, le premier ministre a lancé sa campagne en présence d'une cinquantaine de ses candidats au Québec à l'Auberge des gouverneurs, la même auberge qui a reçu des subventions controversées du ministère des Ressources humaines.En cette première période d'échauffement, M.Chrétien s'est fait les dents sur le Bloc québécois et sur l'Alliance canadienne.« Ce soir, je peux vous dire que le Bloc québécois a perdu sa raison d'être, a-t-il lancé.En 1993, ils ont dit qu'ils étaient là pour une seule élection, maintenant, tout ce qu'ils veulent, c'est une plus grosse pension du méchant gouvernement fédéral.» « C'est le temps d'être positif au Québec, a-t-il repris.Le temps est fini de parler de Constitution et de séparation, les Québécois veulent parler d'économie et d'emplois.» Quant à l'Alliance canadienne, Jean Chrétien a ridiculisé les principaux éléments de leur programme Ð taux d'impôt unique, abolition de l'ACDI, davantage de réductions d'impôts.« Ce ne sont pas de nouvelles idées, mais de mauvaises idées », a-t-il martelé.BLOC Suite de la page A1 Selon ce dernier, seulement 15 candidats ont jusqu'à maintenant été trouvés pour représenter le parti de Joe Clark dans l'ouest du Québec, où l'on compte 51 comtés.« Il y a 17 autres comtés où nous avons des contacts et 19 où c'est le vide total », précise l'ancien député conservateur de Beauharnois-Salaberry sous les gouvernements Mulroney et Campbell.M.Hudon se disait quand même « anxieux » face à la campagne de 36 jours qui s'est amorcée hier.Il y voit « un beau défi » et n'hésite pas à appeler d'anciens députés dans l'espoir de le secouer pour qu'ils soient candidats.Hier, La Presse s'est baladée durant quelques heures sur l'île de Montréal, à la recherche d'autres panneaux électoraux.Il semble bien que le Bloc québécois avait pris une longueur d'avance sur les autres formations.Car outre les affiches du Bloc, on n'apercevait que celles faisant la promotion ou dénigrant le projet « Une île, une ville » du maire de Montréal Pierre Bourque.D'ailleurs, dès samedi, le Bloc avait commencé à poser ses affiches, notamment dans Laurier- Ste-Marie, le comté du chef Gilles Duceppe.Puisque seules les dépenses effectuées durant la période électorale de 36 jours sont calculées, le montant investi par le Bloc pour son budget « panneaux » sera donc divisé par 37, et le 1/ 37e de ces dépenses ne lui sera pas remboursé.Hier, le Bloc avait déjà 31 000 petits et 4000 grands panneaux produits, donc posés ou prêts à l'être.Pendant ce temps-là, un calme dominical régnait dans les autres quartiers généraux des principaux partis au Québec.« Il n'y a personne ici.Tout le monde est à Shawinigan », a indiqué le téléphoniste au bureau du Parti libéral, rue Crémazie.À Shawinigan, parce que le premier ministre Chrétien y lançait la campagne électorale libérale.« Ça bourdonne », jurait pour sa part l'organisateur Julien Patenaude au bureau du NPD, boulevard Saint-Joseph, où sept personnes s'activaient.Il ajoutait que ses affiches électorales étaient en route.« Le début de la campagne nous a rattrapés un peu vite.Comme tout le monde », disait- il.Enfin, rue Masson, le téléphone a sonné plusieurs coups avant qu'un répondeur téléphonique annonce qu'il n'y avait personne pour nous répondre à la section Québec de l'Alliance canadienne. 1LP0301A1023 a03 lundi 23 octobre 1LP0301A1023 ZALLCALL 67 00:56:02 10/23/00 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 A3 Des élections sur quatre champs de bataille G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð La guerre électorale de cet automne se fera sur quatre grands champs de bataille distincts.Les généraux livreront leur combat principal au coeur du pays, dans l'Ontario rouge des libéraux, où la machine électorale de Jean Chrétien tentera de conserver ses 101 sièges sur 103.Mais il y aura aussi la bataille de l'Est, dans les Maritimes, celle de l'Ouest et celle du Québec.Avec une majorité de 161 sièges sur 301, le Parti libéral du Canada ne peut se permettre de lourdes pertes en Ontario Ð il risquerait de devenir minoritaire.Et si d'aventure l'Alliance canadienne, à la faveur d'une désaffection de l'électorat ontarien pour les conservateurs fédéraux jugés hors course, réussit à y gagner une douzaine de sièges, la majorité libérale sera sérieusement menacée.À moins que des gains d'importance ne soient faits ailleurs, en particulier dans les Maritimes.Il faudra donc surveiller le couple Ontario / provinces de l'Atlantique au cours de cette campagne.En 1997, les libéraux avaient été corrigés durement par les électeurs des quatre provinces de l'Est, mis à mal par la réforme de l'assuranceemploi.Ils avaient été balayés de la Nouvelle-Écosse et n'avaient conservé que 12 sièges pour l'ensemble de la région.Les conservateurs avaient fait des gains avec 13 sièges sur 32 et les néo-démocrates avaient remporté sept comtés.Pour compenser les éventuelles pertes en Ontario, où l'Alliance pourrait remporter des comtés principalement ruraux, le Parti libéral devra regagner le terrain perdu dans les Maritimes en 1997.M.Chrétien croit que la candidature vedette de Brian Tobin, le premier ministre de Terre-Neuve démissionnaire, et une nouvelle réforme de l'assurance-emploi feront l'affaire.Mais cela sera-t-il suffisant pour contrer les conservateurs, qui vont recevoir la plupart de leurs appuis justement des provinces de l'Atlantique, où la situation de bien des travailleurs demeure toujours précaire?Au Québec, la bataille se fera entre les libéraux et le Bloc québécois.Encore là, les stratèges de Jean Chrétien croient qu'ils pourront faire mieux qu'en 1997 et reprendre quelques comtés.Le Bloc est représenté actuellement par 44 députés alors que le PLC en compte 29.Même avec un pourcentage de votes égal à celui des libéraux, la troupe de Gilles Duceppe devrait conserver la plupart de ses acquis à l'extérieur de Montréal, où les comtés sont essentiellement francophones.L'Ouest demeure une énigme en ce début de campagne.Il y a trois ans, les libéraux n'avaient pu faire mieux dans les Prairies et en Colombie- Britannique que de remporter dix-neuf sièges.Les néo-démocrates contrôlent 13 sièges et les conservateurs un seul.Si la popularité de Stockwell Day se maintient, les libéraux pourraient encaisser de durs revers dans le patelin même du chef de l'Alliance.Quant aux néo-démocrates, ils pourraient également subir de lourdes pertes au profit de l'Alliance.Rien en somme n'est coulé dans le ciment dans l'Ouest.En somme, dans cette campagne électorale, tout peut donc arriver, du statu quo aux grosses surprises.Les inconséquences des gains du passé en politique ne sont pas une nouveauté.Luttes serrées à prévoir au Québec ANDRÉ PRATTE La campagne électorale qui s'amorce promet plusieurs luttes serrées au Québec.Dans les circonscriptions suivantes, notamment, les résultats sont pour l'instant fort difficiles à prévoir.Abitibi-Baie James-Nunavik Autrefois député conservateur, Guy St-Julien a repris le comté pour les libéraux en 1997.Mais son avance devant le candidat du Bloc était relativement mince, 2635 votes.Comme dans beaucoup de comtés au Québec, le résultat de ces élections- ci sera déterminé par la performance du candidat conservateur.Si, comme l'indiquent les sondages pré-campagne, le PC faiblit, cela profitera-t-il à M.St-Julien, à son adversaire du Bloc, ou au candidat de la nouvelle Alliance canadienne?Beauharnois- Salaberry Un comté bloquiste depuis 1993, mais longtemps libéral dans les années 60 et 70.En 1997, la montée du vote conservateur a réduit la marge du constitutionnaliste Daniel Turp, qui ne l'a emporté que par 3223 voix.Si le vote bleu s'affaiblit, où ira-t-il?Les libéraux présentent contre M.Turp un adversaire de taille, l'ancien député libéral provincial du coin, Serge Marcil.Bellechasse- Etchemins- Montmagny-L'Islet Ancien comté de l'organisateur et ministre conservateur Pierre Blais, Bellechasse est passé au Bloc en 1993, puis au libéral Gilbert Normand en 1997.Mais M.Normand l'a emporté par seulement 47 votes sur son adversaire bloquiste François Langlois, tandis que le conservateur Denis Roy obtenait un impressionnant 31% des voix.Verrat- on à nouveau une course à trois?Et sinon, qui sortira gagnant d'un duel?Depuis son élection, Gilbert Normand siège au Cabinet, aujourd'hui en tant que secrétaire d'État pour les Sciences, la Recherche et le Développement.M.Langlois est à nouveau sur les rangs pour le Bloc.Bonaventure- Gaspé-Îles-dela- Madeleine- Pabok En 1997, le bloquiste Yvan Bernier l'a emporté de justesse (179 votes) sur le libéral Patrick Gagnon.M.Bernier ne sera pas candidat cette fois-ci.Son successeur, le journaliste et syndicaliste Raynald Blais, affrontera un adversaire de taille en la personne de l'ancien député libéral provincial des Îles, Georges Farrah, lui-même défait de justesse aux élections provinciales de 1998.Chicoutimi-Le Fjord Il y a quatre ans, le conservateur André Harvey a réussi l'exploit de ravir ce comté nationaliste au Bloc québécois, qui le lui avait pourtant arraché en 1993.Harvey l'a emporté de justesse, devançant par 317 votes le bloquiste Gilbert Fillion.Il y a quelques mois, André Harvey a changé de camp, devenant membre du Parti libéral du Canada qu'il a si longtemps combattu.Harvey réussira-t-il à conserver ce comté à 99% francophone?Tâche difficile, quand on sait qu'aux dernières élections, le candidat libéral n'avait obtenu que 11% du vote.Le candidat bloquiste n'est pas encore choisi.Frontenac-Mégantic Le Bloc québécois l'a emporté en 1993 et en 1997.Mais, à cette dernière occasion, la montée des conservateurs a grugé l'avance du candidat bloquiste, de sorte que Jean- Guy Chrétien a devancé la libérale Manon Lecours par à peine 465 votes.Encore ici, le résultat sera déterminé par les électeurs (25%) qui, il y a trois et demi, ont voté pour le Parti conservateur dirigé par Jean Charest.Laval-Centre et Laval-Est La lutte entre les bloquistes et les libéraux a été serrée dans ces deux circonscriptions de Laval il y a quatre ans.Dans les deux cas, les candidats bloquistes l'ont emporté par moins de 4000 voix, tandis que les conservateurs obtenaient environ un quart du vote.Les jeux sont donc loin d'être faits pour les bloquistes Madeleine Dalphond-Guiral (Laval-Centre) et Mathieu Alarie, qui prend la relève de Maud Debien, députée sortante de Laval- Est.Dans Laval-Centre, le candidat libéral sera Pierre Lafleur, chef de cabinet du maire de Laval Gilles Vaillancourt.Dans Laval-Est, c'est l'ex-journaliste Carole-Marie Allard qui défendra les couleurs de Jean Chrétien.Manicouagan Représenté il y a trois ans par l'ancien député André Maltais, qui avait été député provincial du comté de 1979 à 1984, le PLC avait chauffé le bloquiste Ghislain Fournier.M.Fournier l'a finalement emporté par 1532 votes.M.Maltais ne sera pas candidat cette fois-ci, et son successeur n'est pas encore choisi.Saint-Lambert Il y a quatre ans, la libérale Yolande Thibeault a battu le député bloquiste sortant Richard Bélisle par 978 voix.M.Bélisle représentera cette fois-ci l'Alliance canadienne, dans une circonscription voisine.Christian Picard, membre du personnel politique du Bloc à Ottawa, portera les couleurs souverainistes cet automne.À Saint- Lambert aussi, la performance du candidat conservateur, qui avait obtenu 17% de vote en 1997, sera déterminante.Les comtés bleus En 1997, les conservateurs de Jean Charest avaient gagné cinq comtés au Québec.Combien resteront fidèles au parti maintenant dirigés par Joe Clark?Dans Chicoutimi-Le Fjord, on l'a vu, André Harvey est passé aux rouges.Même scénario dans Compton-Stanstead et Shefford, où les députés David Price et Diane St-Jacques ont joint le parti de Jean Chrétien.En 1997, Price et St- Jacques avaient sans doute profité de l'effet Charest dans les Cantonsde- l'Est.Les deux l'avaient emporté par des marges relativement petites, Price 4758 votes, et St-Jacques par 521 votes.En 1997, les candidats libéraux s'étaient classés au troisième rang dans chacune de ces circonscriptions.Dans Shefford, le Bloc est représenté par un populaire animateur de radio, Michel Benoît.Enfin, la situation apparaît très délicate pour le dernier des députés conservateurs du Québec, André Bachand (Richmond-Arthabaska).En 1997, il l'avait emporté sur le député bloquiste sortant, Gaston Leroux, par seulement 2368 votes.M.Leroux se présente cette année contre David Price, dans Compton- Stanstead.Saint-Maurice Dans le plus fort suspense de la soirée électorale de 1997, le bloquiste et ancien ministre péquiste Yves Duhaime a talonné le premier ministre Jean Chrétien dans son comté de Saint-Maurice.M.Chrétien, qui avait auparavant représenté Saint-Maurice pendant 23 ans, survivant avec brio à la vague conservatrice de 1984, l'a finalement emporté contre Duhaime par seulement 1602 voix.Cependant, cet automne, Yves Duhaime a choisi de ne pas être candidat.Dans ces conditions, il est difficile d'imaginer que «le p'tit gars de Shawinigan» ne l'emportera pas dans son pays natal.On apprenait hier soir que François Marchand, un avocat en vue de la région, a été choisi par le Bloc québécois pour affronter le premier ministre Chrétien.Sherbrooke Après le départ de Jean Charest pour la politique provinciale, le Bloc québécois a arraché son comté de justesse, par 219 votes, lors d'une élection partielle.Le député sortant, Serge Cardin, devra à nouveau livrer une chaude lutte.Son adversaire libéral sera un conseiller municipal de Sherbrooke, Jean- François Rouleau, qui faisait partie de l'organisation de M.Charest lorsque celui-ci était chef du Parti conservateur.VOUS DÉSIREZ RÉAGIR À NOTRE COUVERTURE ÉLECTORALE ?Courrier électronique : elections@lapresse.ca Photo PC C'était le 4 octobre dernier.André Harvey, le député indépendant de Chicoutimi-Le Fjord, André Harvey, passait chez les libéraux.Le premier ministre Jean Chrétien, après l'avoir accueilli à bras ouverts, l'avait présenté aux journalistes comme étant André Tremblay. 1LP0401A1023 a04 lundi 23 octobre 1LP0401A1023 ZALLCALL 67 00:57:49 10/23/00 B A4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 Déclaration du premier ministre Presse Canadienne OTTAWA Ð Voici la déclaration du premier ministre Jean Chrétien annonçant le début de la campagne électorale : « Mesdames et Messieurs, le gouverneur général vient d'accepter de dissoudre la 36e législature et des élections générales se tiendront le lundi 27 novembre prochain.« Nous avons des choix très importants à faire pour l'avenir, à l'heure où des excédents budgétaires importants se présentent à nous.Le moment est venu de faire ces choix.« Aujourd'hui, l'économie est dynamique, les emplois sont créés à une vitesse record, le revenu réel des citoyens augmente, les impôts et la dette diminuent, on sent partout l'optimisme et la confiance en l'avenir.« Au cours des prochains jours, les libéraux vont travailler à convaincre les Canadiens que les choix que nous offrons sont les meilleurs pour eux et pour le Canada.Le programme libéral est modéré et équilibré : il contient des réductions d'impôts, surtout pour les Canadiens à faible et moyen revenu, et aussi la réduction de la dette.« Nous parlons des investissements, dans la santé, dans l'environnement, le savoir, l'innovation et la recherche, afin de préparer les Canadiens pour la nouvelle économie.« Il faut s'assurer que le gouvernement national demeure fort et parle pour tous les Canadiens et Canadiennes, afin de créer des possibilités pour tous.« La campagne électorale débute officiellement en ce moment, mais nous savons tous et toutes qu'en fait, elle a déjà commencé de façon non officielle.Les Canadiens et Canadiennes ne veulent pas d'une campagne électorale à l'américaine qui dure des mois et des mois et qui coûte très cher.« Il n'y a rien de plus démocratique que de déclencher des élections.C'est une occasion qui s'offre aux Canadiens et Canadiennes de choisir entre différentes visions et différentes valeurs.Cette élection offre deux visions très différentes du Canada, deux alternatives bien distinctes.« Nous devons décider des moyens de régler les problèmes touchant à la santé, à l'éducation, aux familles et aux enfants, à l'environnement, aux jeunes et à leur avenir, à la réduction de la dette et des impôts et au besoin d'un gouvernement canadien fort.« J'entame cette campagne en ne prenant rien pour acquis.J'entre dans cette phase avec beaucoup d'humilité, mais aussi avec conviction et confiance.La conviction qu'ensemble, avec les Canadiens, nous avons réalisé beaucoup de choses et avec la confiance qu'ensemble, nous pouvons réaliser encore bien davantage.« C'est au peuple canadien de choisir.Nous voulons que les Canadiens et les Canadiennes comparent notre approche à celle des autres, de comparer nos choix avec ceux des autres équipes.La nature de ce choix apparaît très clairement maintenant et le moment opportun pour choisir est justement maintenant.« Aline et moi avons donc hâte de rencontrer un grand nombre de Canadiens au cours des 35 prochains jours.Ce sera, pour elle et pour moi, une autre belle expérience : l'expérience de parler et de conquérir la confiance des Canadiens.» Photo BERNARD BRAULT, La Presse Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dénoncé hier la timidité du gouvernement Chrétien à l'endroit du crime organisé.Des élections pour noyer le poisson ?« Il y a 21 enquêtes criminelles sur ce gouvernement », rappelle le chef du Bloc ALEXANDRE S I R O I S Ce sont les enquêtes criminelles ouvertes à la suite des cafouillages du gouvernement libéral dans la gestion des subventions qui ont poussé Jean Chrétien à déclencher des élections prématurées, a soutenu hier le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.« Il y a actuellement 21 enquêtes criminelles sur ce gouvernement, dont quatre dans le seul comté du premier ministre, dans Saint-Maurice.C'est certes là l'une des raisons du déclenchement de ces élections hâtives : afin que ne soit pas connue l'issue de ces enquêtes », a déclaré M.Duceppe lors d'un point de presse hier midi.« Jean Chrétien voulait tenir des élections avant que le monde sache ce qui s'est passé », a ajouté le leader bloquiste.Lors d'un discours prononcé dans le cadre de son assemblée d'investiture dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, le chef du Bloc a dénoncé la timidité du gouvernement libéral à l'endroit du crime organisé.Il a affirmé que s'il se mettait en colère, depuis plusieurs années, chaque fois qu'il parlait des conséquences des gestes de ces bandes criminelles, c'est qu'il ne pouvait pas « endurer ça ».« Il n'est pas le temps de se tenir debout, par hasard ?D'avoir une loi musclée et de dire au crime organisé : c'est fini, on vous attaque.», a lancé M.Duceppe, suscitant l'ovation des militants réunis dans l'auditorium de la polyvalente Pierre-Dupuy, dans l'est de Montréal.« Il n'y a pas un Hells Angels ou un Rock Machine qui va faire plier un député du Bloc, je peux vous le dire.Et les droits constitutionnels des Hells Angels, vous savez où je peux me les mettre », a ajouté M.Duceppe, d'un ton qui ne laissait planer aucun doute sur l'endroit qu'il désignait.En soirée, à Joliette, cinq policiers de la GRC accompagnaient M.Duceppe.Un « livre noir » Le Bloc québécois a lancé hier le « Livre noir du Parti libéral », conçu comme une réplique aux célèbres livres rouges de M.Chrétien.« Il y a, dans ça, tout ce que les libéraux ne diront pas durant la campagne », a indiqué M.Duceppe.Dans ce « bilan » de 14 pages, sous-titré « Les vraies valeurs du gouvernement de Jean Chrétien », le Bloc critique l'action du gouvernement libéral dans de nombreux domaines.Il y dénonce, notamment, l'adoption du projet de loi C-20 visant à encadrer un éventuel référendum québécois, les ratés du système de santé pour les militaires, et le refus de défendre l'hôpital Montfort, seul hôpital francophone en Ontario, contre la quasi-fermeture ordonnée par le gouvernement provincial.Selon M.Duceppe, il ressort de ce bilan que, contrairement à leurs prétentions, les libéraux manquent de compassion : « Je trouve qu'ils sont effrontés de nous parler de compassion quand on les a vus couper dans les transferts d'argent pour la santé, pour l'éducation, pour le bien-être social.» Le chef du Bloc a même insinué que M.Chrétien était déçu d'en être arrivé récemment à une entente sur la santé avec les provinces.M.Duceppe a soutenu que le premier ministre avait l'air malheureux au moment de la signature de l'entente : « On aurait dit qu'il souhaitait un échec pour (pouvoir) faire campagne sur la santé.» Par ailleurs, en soirée, le ministre québécois des Transports, Guy Chevrette, s'est joint aux bloquistes pour dénoncer Jean Chrétien.Il l'a d'ailleurs fait avec vigueur lors de l'assemblée d'investiture de Pierre Paquette dans Joliette.« Il faut se débarrasser de ça, a-t-il lancé en parlant de M.Chrétien.Ça n'a pas de bon sens.Même le plus tiède des libéraux en a honte.» Al'lLiance et le changement La vanité, selon Joe Clark Les meilleurs choix du NPD Presse Canadienne DIGBY, Nouvelle-Écosse Ð Le premier ministre Jean Chrétien bafoue les Canadiens en déclenchant des élections pour flatter son amour-propre, estime Joe Clark, le chef du Parti progressiste- conservateur.« Jean Chrétien quitte son poste en laissant beaucoup de travail derrière lui », a commenté M.Clark, à sa sortie de l'hôpital d'une petite communauté rurale où il entamait sa campagne électorale, dimanche.Les 200 millions que coûtent une élection fédérale pourraient vraiment s'appeler un « fonds de vanité » Chrétien, a-t-il ironisé.« Cette élection ne servira que ses ambitions personnelles et les stratégies à court terme du Parti libéral, au détriment des meilleurs intérêts du pays », croit le chef conservateur.Selon lui, cette somme aurait été mieux utilisée en santé ou en éducation, deux enjeux prioritaires pour les électeurs.Mais au delà des coûts « non nécessaires » de ces élections, M.Clark déplore que le gouvernement Chrétien ait laissé en plan d'importantes pièces législatives sur les jeunes contrevenants, la réforme des services financiers et les espèces menacées, entre autres.Âgé de 61 ans, M.Clark entreprend, avec sa fille Catherine à ses côtés, sa septième campagne électorale.Ses commentaires surviennent dans une province où les conservateurs détiennent 11 sièges fédéraux Presse Canadienne OTTAWA Ð Dès qu'ils auront pris connaissance des politiques de l'Alliance canadienne, les électeurs finiront par le préférer au Parti libéral, ont soutenu hier des responsables du nouveau parti de droite, en l'absence de Stockwell Day.Le chef allianciste consacre en effet ses dimanches à sa famille.Les plus récents sondages indiquent que l'Alliance recueille 20 % des appuis populaires, contre près de 50 % pour les libéraux.Or, selon Jason Kenney, député et coprésident de la campagne allianciste, le vent tournera à la grandeur du pays d'ici le scrutin.« Nous croyons que les Canadiens veulent du changement (.) et quand ce désir de changement s'affirme, tout peut arriver lors d'un scrutin », a-t-il dit.M.Kenney et son coprésident Peter White ont promis une campagne et un débat « vigoureux » sur des enjeux telle la fiscalité Ð à tout le moins du lundi au samedi, puisque Stockwell Day entend se conformer à son rituel dominical.« Je pense que les Canadiens respectent quelqu'un qui tient ses engagements envers sa famille et nourrit de solides convictions personnelles, a déclaré M.Kenney.Stockwell Day est quelqu'un qui respecte ses engagements et qui n'y dérogerait pas par simple calcul politique.« Il a précisé que s'il était élu, M.Day se rendrait disponible le dimanche dans les cas d'urgence nationale ou d'« absolue nécessité ».Presse Canadienne OTTAWA Ð Le gouvernement libéral a sans cesse fait de mauvais choix, préférant accorder des baisses d'impôts aux riches plutôt que des programmes sociaux aux Canadiens ordinaires, et pour cela, il mérite d'être défait aux élections, le 27 novembre, a estimé hier la dirigeante du Nouveau Parti démocratique (NPD), Alexa McDonough.La leader néo-démocrate a lancé sa campagne pour de « meilleurs choix » en pressant les électeurs de rejeter la vision libérale favorisant l'octroi de répits fiscaux au détriment des soins de santé, de l'éducation et de l'environnement.Mme McDonough s'en est par ailleurs pris au premier ministre Jean Chrétien, le jugeant « extrêmement arrogant » pour avoir déclenché des élections moins de trois ans et demi après le début de son mandat.« C'est un beau jour pour entreprendre une campagne électorale Ð qu'elle soit nécessaire ou non », a déclaré la dirigeante du NPD en présence d'une poignée de partisans rassemblés à l'extérieur d'une clinique médicale communautaire, dans un quartier populaire d'Ottawa, à quelques pas de la Colline parlementaire.Le Canada a besoin des néo-démocrates afin de lutter en faveur du changement, a estimé Mme McDonough, soulignant ce qui constituera un thème clé de la campagne : les dépenses sociales par opposition aux baisses d'impôts favorisées par les autres partis.LES CHEFS AUJOURD'HUI LE PREMIER ministre Jean Chrétien fait campagne en Ontario, en pays ami, à London et à Kitchener.En soirée, il s'adressera aux militants de la région métropolitaine de Toronto.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, inaugure le quartier général de campagne, à Montréal, puis fait campagne à Granby et à Rock Forest.En soirée, il participera à l'assemblée d'investiture du député bloquiste de Sherbrooke, Serge Cardin.Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, entreprend sa campagne à Ottawa, devant l'édifice de la Cour suprême du Canada.Il se rendra ensuite dans le sud de l'Ontario, notamment à Perth, où il visitera un poste de police.Le chef du Parti conservateur, Joe Clark, passe la journée dans les Maritimes.En soirée, il participe à l'assemblée d'investiture de la populaire députée conservatrice de Saint-Jean, au Nouveau- Brunswick, Elsie Wayne.La leader du NPD, Alexa McDonough, accorde des entrevues aux réseaux de télévision basés à Toronto.Elle s'envolera en soirée vers sa circonscription, à Halifax.VOUS DÉSIREZ RÉAGIR À NOTRE COUVERTURE ÉLECTORALE ?Courrier électronique : elections@lapresse.ca La Big Blue Machine roule au neutre MARTIN VALLIÈRES TORONTO Ð C'est parmi les électeurs ontariens que l'Alliance canadienne dirigée par Stockwell Day a le plus besoin de réaliser une percée aux élections fédérales du 27 novembre, afin d'appuyer ses ambitions de parti politique national.Mais pour ce faire, l'Alliance a besoin de l'appui des conservateurs provinciaux de l'Ontario, de la «Big Blue Machine» et de son chef, le premier ministre Mike Harris, dont Stockwell Day se proclame un «collègue de longue date» et un proche parent idéologique.Or, l'Alliance ne peut rien prendre pour acquis en ce début de campagne, à la teneur de l'accueil partagé qu'ont réservé à M.Day les conservateurs ontariens réunis en congrès, ce week-end à Toronto.Déjà que leur chef, Mike Harris, proclame tout haut sa «neutralité» pour le prochain scrutin fédéral.Lors de son discours aux militants, samedi soir, M.Harris a vanté pendant 35 minutes les réalisations de son gouvernement en Ontario.Il a toutefois omis toute mention des élections fédérales, alors que le chef de l'Alliance canadienne était assis à l'une des tables.Auparavant, M.Day et ses conseillers avaient arpenté les corridors du congrès des conservateurs ontariens pour solliciter des appuis.Après le discours de M.Harris, le chef de l'Alliance a été présenté aux congressistes par un député conservateur de la Législature ontarienne.Mais au moins le tiers des militants ont applaudi poliment, sans se lever de leur chaise.La veille, vendredi, le chef du parti progressiste-conservateur, Joe Clark, s'était présenté aussi au congrès des conservateurs ontariens pour obtenir des appuis.Parmi les participants au congrès des conservateurs ontariens, les opinions étaient partagées entre l'appui aux progressistes-conservateurs ou à l'Alliance canadienne.Certains disaient vouloir continuer à appuyer le parti de Joe Clark par «tradition» et par «expérience», malgré sa situation périlleuse sur l'échiquier politique.D'autres avouaient leur préférence pour Stockwell Day, qui aurait le plus de chances à leur avis de «faire au niveau fédéral ce que nous avons réalisé avec succès en Ontario».L'Alliance canadienne veut faire élire au moins 20, peut-être 40 députés en Ontario, principalement dans les comtés où le parti de Mike Harris a fait ses meilleurs scores au scrutin provincial de l'an dernier.Ces circonscriptions sont concentrées autour des principales villes de l'Ontario, notamment la grande banlieue de Toronto plutôt que la ville centrale, ainsi que les régions rurales du sud de la province. 1LP0501A1023 a05 lundi 23 octobre 1LP0501A1023 ZALLCALL 67 00:52:34 10/23/00 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 A5 Plusieurs députés du Bloc québécois dans l'eau chaude DENIS LESSARD QUÉBEC Ð Une majorité de députés bloquistes risquent de se retrouver dans l'eau chaude le 27 novembre, révèle une analyse des résultats du scrutin de juin 1997.Même si le Bloc québécois conservait sa base électorale d'il y a trois ans, la polarisation possible du vote fédéraliste autour du Parti libéral n'augure rien de bon pour les troupes de Gilles Duceppe.Déjà, le score de 1997, 38 % du suffrage au Québec, représentait une baisse par rapport aux 49 % obtenus par le Bloc en 1993.Il s'agissait du premier recul du vote souverainiste depuis l'échec de l'Accord du lac Meech.Des 44 députés bloquistes qui ont fait leur entrée aux Communes après les élections de 1997, seulement 11 avaient obtenu une majorité absolue de voix ; les autres avaient été élus grâce au fractionnement du vote fédéraliste.En 1998, le Bloc a ajouté Sherbrooke à son tableau de chasse, mais, encore là, un regroupement du vote fédéraliste aurait renversé le résultat de la partielle.L'effondrement du vote c o n s e r v a t e u r , tombé à 6 % dans l'ancien comté de Jean Charest, a d'ailleurs débouché sur un résultat très serré, le bloquiste coiffant le candidat libéral par moins de 200 votes Ð 44,2 % des voix contre 43,6 %.Si cet automne, le Bloc conservait tous ses appuis de 1997, onze députés bloquistes seraient assurés de revenir aux Communes, ayant obtenu plus de 50 % des voix il y a trois ans.Il s'agit de Gilles Duceppe (Laurier-Sainte-Marie), Caroline St-Hilaire (Longueuil), Francine Lalonde (Mercier), Benoît Sauvageau (Repentigny), Louis Plamondon (Richelieu), Michel Gauthier (Roberval), Paul Mercier (Terrebonne), Stéphane Bergeron (Verchères), Michel Bellehumeur (Berthier), Gérard Asselin (Charlevoix), et de Stéphane Tremblay (Alma).En 1997, le PLC avait obtenu seulement 36 % d'appuis au Québec, deux points de moins que le Bloc.Or, un sondage Ekos publié la semaine dernière par La Presse estimait que le PLC avait désormais 8 points d'avance sur le Bloc au Québec, à 45 % contre 37 %.Une enquête Ipsos-Reid publiée par The Globe and Mail estimait à 10 points l'avance du PLC sur le Bloc au Québec, tandis qu'un sondage Compass pour la chaîne Southam affirmait, il y a quelques jours, que le Bloc obtenait 47 % d'appuis au Québec contre 39 % au PLC.Des résultats contradictoires, mais un phénomène saute aux yeux : le Parti conservateur paraît rayé de la carte au Québec Ð 3 % selon Ekos Ð tandis que l'Alliance canadienne recueille 7 % d'appuis.Une situation inconfortable Neuf des 45 députés bloquistes ont obtenu moins de 40 % des votes en 1997, ce qui laisse présager une situation très inconfortable pour le 27 novembre : il suffirait au candidat libéral de recueillir la moitié des votes conservateurs pour l'emporter.Daniel Turp, dans Beauharnois- Salaberry, avait eu 39,7 % du suffrage tandis que la libérale Linda Julien obtenait 33,5 %.Le conservateur Dominique Bellemare, candidat de Jean Charest, avait fait la différence en attirant 25,6 % des voix.Dans Laval-Centre, la bloquiste Madeleine Dalphond-Guiret avait eu 39,6 % des suffrages, quatre points de plus que la candidate du PLC, Sylvie Matteau.Le conservateur Alain Dubois avait fait pencher la balance pour le parti de Gilles Duceppe en recueillant 23 % des voix.Même scénario dans Laval-Est, où Maud Debien a été élue avec 38,5 % ses voix, suivie par la libérale Nathalie Paradis, à 32 %.Le conservateur bien connu Vincent Della Noce avait attiré 28 % des suffrages.Près de Québec, où la carte électorale fédérale est pratiquement toute bleue, bien des comtés bloquistes pourraient basculer, toujours si le PLC parvient à canaliser une bonne partie du vote fédéraliste.Pensons à Hélène A l a r i e , dans Louis-Hébert, qui a v a i t obtenu 40 % des suffrag e s , t a n d i s qu'Hélène Scherrer, la libérale, avait obtenu 33,6 % des appuis.Le jeune Christian Lessard, du PC, avait scellé le sort de l'élection en obtenant 22 % cent des voix.La situation est similaire dans Québec-Est : Jean-Paul Marchand avait obtenu 39,4 % d'appuis contre le libéral Rémy Poulin, un ancien député provincial appuyé par 31 % des électeurs.Dans ce comté, le candidat conservateur, Marquis Gagnon, avait obtenu une voix sur quatre (24,6 %).Dans Charlesbourg, le bloquiste Richard Marceau avait eu 38,4 % d'appuis et le libéral Jacques Portelance, 31,4 %.D'autres députés sont en meilleure posture, mais leur situation reste précaire, dépendant largement du regroupement des voix fédéralistes qui, il y a trois ans, s'étaient réparties entre le PLC et le PC.Onze bloquistes ont obtenu entre 40 et 45 % des suffrages en juin 1997, parmi lesquels Maurice Dumas (Argenteuil), Yvan Loubier (Saint-Hyacinthe), Serge Cardin (Sherbrooke) et Yves Rocheleau (Trois-Rivières).Finalement, 14 élus du BQ avaient obtenu entre 45 et 50 % des suffrages, et restent vulnérables, selon la direction que prendra le vote conservateur d'il y a trois ans.Dans ce groupe on retrouve Ghislain Lebel (Chambly), Maurice Godin (Châteauguay), Réal Ménard (Hochelaga-Maisonneuve), René Laurin (Joliette) Ð qui a cédé sa place à l'ancien syndicaliste Pierre Paquette Ð, Suzanne Tremblay (Rimouski), Bernard Bigras (Rosemont), Pierrette Venne (Saint-Bruno-Saint-Hubert), Gilles A.Perron (Saint-Eustache) et Claude Bachand (Saint-Jean).Photo BERNARD BRAULT, La Presse L'organisateur conservateur Jean-Guy Hudon, un ancien député, paraissait bien seul hier dans les locaux de son parti.Il concède que la lutte sera très difficile pour les bleus cet automne.Que feront les anciens fidèles de Jean Charest ?DENIS LESSARD QUÉBEC Ð Que sont devenus les amis de Jean Charest ?Répondre à cette question, c'est probablement avoir la clé du résultat des élections fédérales au Québec le soir du 27 novembre.Au dernier scrutin en 1997, le Parti conservateur dirigé par Jean Charest avait obtenu 22 % des suffrages au Québec.Loin derrière le Bloc québécois (38 %) et le Parti libéral (36 %), les conservateurs n'avaient obtenu que cinq sièges dans la province.Mais dans beaucoup de comtés, le poids du vote bleu avait pesé lourd sur l'issue du scrutin.Avec le départ de Jean Charest pour la scène provinciale, ces électeurs québécois sont susceptibles de changer d'allégeance.Où irontils ?La réponse n'augure rien de bon pour le Bloc québécois, estiment les spécialistes de ces questions au Québec.Car le profil de ces voteurs rend probable leur appui au parti de Jean Chrétien.Pour Claude Gauthier de CROP, on peut penser que les conservateurs québécois de 1997 étaient surtout des fédéralistes Ð le PC de Joe Clark s'est effondré dans les intentions de vote au Québec, et l'Alliance canadienne est loin d'avoir fait le plein de ces appuis.« L'appui au Bloc québécois reste stable autour de 40 % dans les récents sondages.Dans beaucoup de comtés, le Bloc avait gagné en 1997 grâce à la force des conservateurs », observe M.Gauthier.Si l'Alliance était susceptible de récupérer ces appuis, on en verrait déjà des traces dans les sondages.Or, ce n'est pas le cas, précise-t-il.Jean-Marc Léger de Léger Marketing, est catégorique : la majorité des conservateurs québécois de 1997 passeront au PLC.« Il y a deux types de conservateurs québécois, les nationalistes et les fédéralistes.» En 1997, il y avait 31 % d'électeurs qui n'étaient ni libéraux ni bloquistes ; ce groupe est maintenant de 16 %, selon les enquêtes de M.Léger.Sur la différence de 15 %, on peut penser que les deux tiers sont passés aux libéraux fédéraux, évalue M.Léger.« La majorité des conservateurs sont fédéralistes et l'effondrement du PC risque de profiter davantage aux libéraux qu'au Bloc québécois », conclut M.Léger.Une inconnue de taille demeure : la performance de l'Alliance canadienne, précise-t-il toutefois.Différences régionales Des stratèges conservateurs passés depuis au PLQ avaient obtenu des chiffres plus détaillés d'une enquête Angus Reid juste avant les élections de 1997.Le deuxième choix des conservateurs québécois était alors le PLC dans 44 % des cas.Les supporters de Jean Charest appuyaient le Bloc comme second choix dans 32 % des cas.La composante régionale était importante, rappelle-t-on ; les conservateurs en région, dans l'est du Québec notamment, étaient plus nationalistes, moins susceptibles d'aller supporter Jean Chrétien.Cette donnée aura son importance au dépouillement du vote.Deux illustrations ; le vote conservateur d'André Harvey dans Chicoutimi est loin d'être acquis au PLC.En outre, en septembre 1998, l'effondrement du vote conservateur à la partielle dans Sherbrooke après le départ de Jean Charest Ð le PC était passé à 6 % Ð avait tout de même mené à l'élection, de justesse, d'un député bloquiste.Une autre enquête SOM, en mai 1997, montrait que ceux qui avaient l'intention de voter conservateur au Québec étaient majoritairement des fédéralistes, à 38 % contre 17 % (un sur deux ne savait pas ou refusait de répondre).Pour Gilles Therrien, président de SOM, les 7 à 10% qu'a récolté l'Alliance canadienne dans les sondages au Québec au cours des dernières semaines viennent très probablement du vote conservateur de 1997.« La majorité des conservateurs de 1997 vont aller à l'Alliance », prédit M.Therrien, d'autant plus qu'il y a eu plusieurs défections de l'organisation conservatrice au profit du parti de Stockwell Day.« Le fait que Charest soit devenu libéral convaincra peut être une partie de ses supporters de le devenir au niveau fédéral », observe-t-il aussi.Un certain noyau demeurera au Parti conservateur, mais ce groupe restera bien peu nombreux.Quelques conservateurs « nationalistes » pourraient même passer au Bloc québécois, « mais ce sera très marginal », selon M.Therrien.VOUS DÉSIREZ RÉAGIR À NOTRE COUVERTURE ÉLECTORALE ?Courrier électronique : elections@lapresse.ca Une campagne conçue par le Bloc, organisée par le PQ DENIS LESSARD QUÉBEC Ð « Frères de sang », le Bloc québécois et le Parti québécois vont travailler de concert au cours de la campagne électorale qui s'amorce.Jusqu'au gouvernement Bouchard qui y ira d'un bon coup de pouce à la réélection des députés de Gilles Duceppe.Déjà, au cours des derniers jours, les ministres de Lucien Bouchard ont à tour de rôle tirer en direction d'Ottawa Ð un jour, Pauline Marois dit que le fédéral empêche la création d'un programme d'assurance parentale plus généreux, le lendemain c'est Diane Lemieux qui accuse le fédéral de renier sa parole et de chercher à revenir dans le secteur de la main-d'oeuvre.Guy Chevrette ajoutera son grain de sel, avec la nomenclature des engagements non tenus d'Ottawa.Chez Lucien Bouchard, on garde aussi dans la manche le débat sur le projet de loi 99, la réponse de Québec au projet de loi fédéral sur la « clarté » référendaire.Quelques interventions sur les prérogatives de l'Assemblée nationale devraient aider le Bloc, positionné comme « défenseur des intérêts du Québec », tout comme en 1997.Selon les stratèges péquistes, trop parler de souveraineté nuirait aux chances du Bloc.Cela risquerait de polariser le vote fédéraliste autour du Parti libéral, et de provoquer une hécatombe pour les députés bloquistes.Évidemment, le Bloc n'hésitera pas à faire campagne sur le dos de Jean Chrétien Ð encore impopulaire dans l'électorat francophone.À l'opposé, une campagne libérale centrée sur l'équipe, et mettant Paul Martin à l'avant-scène, serait embarrassante pour le Bloc.Sur le terrain, les députés péquistes et bloquistes feront campagne main dans la main.« On va être à mort derrière les candidats du Bloc.Ce sont nos frères de sang, nous sommes convaincus que la meilleure des choses, pour un parti souverainiste, c'est d'avoir le plus de députés bloquistes possible », disait il y a quelques jours François Gendron, le président du caucus des députés du Parti québécois.Lucien Bouchard apparaîtra au moins deux ou trois fois aux cotés de Gilles Duceppe durant la campagne.« Il prendra la parole à quelques occasions, mais c'est d'abord la campagne de Duceppe », précise le stratège bloquiste Pierre Paquette.Des interventions trop nombreuses du premier ministre québécois seraient contre-productives.« Quand le premier ministre du Québec parle, il faut que cela ait un impact », observe Paquette.Bien des choses ont changé depuis la première élection générale du Bloc en 1993, où le jeune parti de Lucien Bouchard n'avait pas d'organisation digne de ce nom.Après sept ans, les permanents sont plus aguerris, et l'organisation bloquiste aura plus d'autonomie que par le passé.Les bloquistes croyaient pouvoir voler de leurs propres ailes en 1997, mais en pleine campagne, le timonier bloquiste Michel Daviault avait dû céder sa place en catastrophe au directeur général du PQ, Bob Dufour et son équipe, tant les choses allaient mal.Gilles Duceppe arborant un bonnet de douche Ð il visitait une fromagerie Ð, les autobus de journalistes perdus, une tournée qui passait par des écoles où les étudiants étaient en congé, la campagne du Bloc en 1997 avait été une descente aux enfers pour le nouveau chef.Paralysé par le stress, M.Duceppe avait même raté des rassemblements importants.Il faut dire que le Bloc sortait d'une campagne au leadership particulièrement déchirante Ð les ponts entre les supporters de Gilles Duceppe et Yves Duhaime n'étaient pas reconstruits.Cette fois, les bloquistes gardent plus jalousement leurs cartes, le positionnement de la campagne a été préparé par un groupe serré, autour de Carole Lavallée, l'ancienne directrice des communications du PQ, passée au Bloc il y a trois ans.La firme Charpentier Garneau, qui en 1994 avait pondu le slogan du Parti québécois, « l'autre façon de gouverner », a été mise à contribution.Mais le positionnement de cette campagne a clairement été l'affaire de gens du Bloc québécois, sans trop de péquistes pour regarder par-dessus leur épaule.Au niveau des opérations quotidiennes de la campagne, ce sera une toute autre histoire.Un comité « d'arrimage » entre le PQ est déjà formé, dirigé par Pierre Paquette pour le Bloc et Marie Malavoy pour le PQ.Péquistes conscrits Dès la semaine dernière, comme d'habitude, les joueurs les plus importants au Parti québécois ont été désignés comme volontaires pour le combat de 36 jours.Grégoire Bérubé, l'organisateur du PQ, prêtera ses services au Bloc.Sylvain Tanguay, directeur général du PQ, siégera quotidiennement au « comité directeur » de la campagne.Son adjointe Danièle Rioux sera responsable des événements spéciaux.Aux communications, les bureaux du PQ se vident.Michel Léveillé sera responsable des relations de presse pour la campagne bloquiste, tandis que son collègue Pierre-Luc Paquet s'occupera de la publicité.Responsable des liens entre le gouvernement et le PQ, Pierre D'amours, lieutenant de Lucien Bouchard, ne sera jamais bien loin, mais son poste au sein du cabinet de M.Bouchard l'empêche d'avoir une case officielle dans l'organigramme bloquiste.Chez les bloquistes, Francois Leblanc dirigera la campagne.Ancien adjoint au chef de cabinet de Lucien Bouchard à Québec, M.Leblanc est aussi un ancien agent de liaison au PQ, mais il est aujourd'hui plus près du Bloc.Ancienne directrice des communications au PQ, Carole Lavallée jouera un rôle clé dans la campagne, c'est une amie de longue date des Leblanc, Duceppe et de son adjoint Pierre-Paul Roy.Tout naturellement, Louis-Philippe Bourgeois, directeur général du parti, et Patrick Marais, un ancien responsable du financement au PQ, feront partie du comité restreint des stratèges bloquistes.Pierre-Paul Roy va accompagner Gilles Duceppe tout au long de la campagne.Le chef bloquiste a en son bras droit une confiance absolue, de sorte qu'il devrait être moins stressé qu'il y a trois ans.Les proches de M.Duceppe seront néanmoins à l'affût des signes de détresse qu'ils connaissent bien : quand il se met à parler du nez, dit-on, les choses vont bien mal. 1LP0601A1023 a06 lundi 23 octobre 1LP0601A1023 ZALLCALL 67 00:51:56 10/23/00 B A6 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 Prêts pas prêts, partez ! Jean Chrétien a pris l'Alliance canadienne de vitesse VINCENT MARISSAL OTTAWA Ð Si la décision de Jean Chrétien de déclencher des élections maintenant ne fait pas l'unanimité au sein de ses troupes, elle a, du strict point de vue stratégique, un grand avantage pour les libéraux : prendre l'Alliance canadienne de vitesse.Prêt, pas prêt, c'est parti, et le premier ministre sait très bien qu'il part avec une longueur d'avance sur son plus sérieux rival, Stockwell Day.Le chef de l'Alliance canadienne doit se mordre les doigts d'avoir mis Jean Chrétien au défi de déclencher des élections, il y a un mois.M.Day est certes prêt à partir en campagne à travers le pays, mais on ne peut pas en dire autant de son parti, surtout là où ça compte, en Ontario et dans une moindre mesure au Québec et dans les provinces de l'Atlantique.Contrairement aux libéraux, qui assoient leur campagne nationale sur des équipes régionales aguerries et enracinées depuis des lustres aux quatre coins du pays, les alliancistes doivent s'en remettre à de jeunes organisations formées le plus souvent de gens venant de partis disparates et de toutes tendances.À l'est du Manitoba, les organisateurs locaux ne connaissent pas le nouveau chef et celui-ci ne connaît pas ses organisateurs, avec tous les risques de dérapages que cela comporte.Ce n'est certainement pas le cas chez les libéraux, où tout le monde chante la même chanson, même les anti-Chrétien qui ont décidé de ne pas faire de fausses notes pour ne pas compromettre la réélection de leur parti.Par contre, la relève est mince chez les libéraux, qui n'ont pas réussi à attirer beaucoup de nouveaux visages pour rajeunir l'image du parti.L'Alliance canadienne souffre d'un problème équivalent, ne disposant d'aucune « vedette » ou « gros nom » dans l'est du pays à qui le chef pourrait passer le relais quand il fera campagne dans l'ouest.Personnage télégénique, mais aussi très controversé à cause de ses positions sur les homosexuels, sur la peine de mort ou sur l'avortement, Stockwell Day constitue à la fois le meilleur atout et le plus grand danger de l'Alliance.Au Québec, ses organisateurs font toujours des mystères sur le lieu de ses apparitions publiques, question de ne pas prévenir trop tôt les contestataires.Ailleurs au pays, le chef de l'Alliance a déjà goûté au chocolat au lait d'un opposant en Ontario et un chef autochtone de l'Ouest est monté le rejoindre sur scène la semaine dernière pour brûler une page du programme de l'Alliance canadienne.Question fric, Stockwell Day aurait pris volontiers quelques mois de plus pour remplir sa caisse, d'autant qu'il a démontré son pouvoir d'attraction en amassant 1,7 million en une seule soirée à Toronto la semaine dernière.Cela dit, l'argent n'est pas un gros problème pour l'Alliance canadienne, qui a déjà dépensé près de trois millions en publicité préélectorale.Le budget de l'AC pour la campagne tournera autour de 12 millions.Les libéraux, quant à eux, ont une cagnotte de 14 à 15 millions, à peu près la même qu'en 1997.Le Bloc est prêt Au plan de l'organisation, donc, c'est déjà un à zéro pour les libéraux sur l'Alliance.Et on ne parle pas des conservateurs, qui ont réuni tant bien que mal autour de sept millions, selon certains organisateurs.Le PC disposera de moins de 500 000 $ pour mener campagne au Québec, huit fois moins que le Bloc québécois.Au moment de prendre le départ, Joe Clark n'a pas gagné son pari de présenter 301 candidats dans les 301 comtés du Canada.Au Québec, ses lieutenants estiment qu'il faudra un miracle pour qu'ils gagnent deux ou trois sièges, y compris celui de leur dernier député, André Bachand, dans Richmond- Arthabaska.L'avance de la machine libérale n'est pas aussi marquée au Québec, où le Bloc québécois n'a jamais été aussi prêt pour une élection.Avec un budget d'environ quatre millions, un chef ragaillardi et une machine bien huilée, le Bloc se prépare aux élections depuis l'été.Mieux encadré, notamment par Pierre Paquette (candidat dans Joliette) et par des équipes de campagne et de communication chevronnées, le chef Gilles Duceppe devrait éviter de revivre le calvaire de 1997.Le Bloc a aussi réussi à renouveler son image avec la retraite de huit de ses 44 députés et il reste le parti, toute proportion gardée, qui fait le plus de place aux femmes et aux jeunes.(Pas seulement en nombre, mais aussi en regard des chances d'être élus).Les syndicats appuient le NPD Le Nouveau Parti démocratique, plus invisible que jamais au Québec, mènera d'abord campagne sur ses solides bases dans les Maritimes, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.Contestée la semaine dernière par l'influent président des Travailleurs canadiens de l'auto, Buzz Hargrove, la chef du NPD, Alexa McDonough, peut néanmoins compter sur l'appui moral et financier des principaux syndicats du pays.En vertu d'un système de parti qui fait en sorte que les membres des partis NPD provinciaux sont automatiquement membres du grand frère fédéral, le NPD de Mme McDonough dénombre plus de membres que n'importe quel autre parti fédéral.Ce qui assure également un financement stable et un budget de campagne raisonnable.Le combat des chefs Quatre leaders d'expérience et le petit nouveau VINCENT MARISSAL OTTAWA Ð Dans le coin gauche, Jean Chrétien, 66 ans, premier ministre sortant et 37 années d'expérience en politique canadienne.Dans le coin droit, le challenger Stockwell Day, 50 ans et à peine un mois d'expérience à Ottawa.Avec deux chefs aussi différents, le combat électoral 2000 se jouera beaucoup sur la personnalité et l'expérience des chefs de deux principaux partis.Si la bataille pour le poste de premier ministre se fera assurément entre Jean Chrétien et Stockwell Day, les deux autres chefs de partis nationaux, la néo-démocrate Alexa McDonough du NPD et le conservateur Joe Clark, pourraient brouiller les cartes, surtout dans les Maritimes, au Manitoba et en Saskatchewan.Au Québec, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, se lance dans sa deuxième campagne à la tête du parti souverainiste en comptant sur une base militante et une organisation solide.Voici, en résumé, le parcours, les forces et les faiblesses des cinq chefs des principaux partis en présence.Jean Chrétien, chef du Parti libéral du Canada L'ARRIVÉE de M.Day à Ottawa a bousculé les libéraux et leur chef Jean Chrétien, qui devra se battre contre un adversaire 16 ans plus jeune que lui.Mais Jean Chrétien a la force de l'expérience: il a déjà été élu 11 fois aux Communes, il a occupé 10 ministères différents durant sa longue carrière de 37 ans, et il est premier ministre depuis sept ans.Quand M.Chrétien a été élu pour la première fois à Ottawa en 1963, son adversaire allianciste n'avait que 12 ans.La rapidité et la fermeté avec laquelle il a étouffé, le printemps dernier, le début de mutinerie des partisans de Paul Martin, démontrent qu'il a encore toute une poigne politique et qu'il tient son parti bien en main.Opiniâtre, il a fait adopter la loi sur la «clarté» référendaire par son gouvernement malgré l'opposition au sein de son propre caucus.Parfois imprévisible, il a aussi retenu l'attention des médias au cours des derniers mois avec des déclarations controversées au Moyen-Orient et, la semaine dernière, en écartant lui-même un journaliste qui insistait trop à son goût.Le «p'tit gars de Shawinigan», comme il aime bien se décrire, a occupé des rôles centraux dans tous les grands événements constitutionnels des 20 dernières années: rapatriement de la Constitution en 1982 (et la fameuse nuit des longs couteaux qui l'a précédé en 1981), mort de l'accord du lac Meech en 1990, référendum sur Charlottetown en 1992, référendum sur la souveraineté de 1995.Stockwell Day, chef de l'Alliance canadienne CADET des chefs de partis fédéraux, spécialiste des mises en scène pour la télévision et habile animateur de foule, Stockwell Day a fait une entrée fracassante en politique fédérale le 8 juillet dernier en arrachant à Preston Manning la direction de l'Alliance canadienne, le nouveau parti de droite issu du défunt Parti réformiste.Pour la grande majorité des Canadiens, Stockwell Day, le politicien, reste méconnu, mais il a réussi en un peu plus de trois mois à attirer l'attention de pas mal de monde sur son personnage.Sa balade en moto-marine, le mois dernier en Colombie-Britannique, et sa conférence de presse en combinaison de plongée font déjà partie du folklore politique canadien.Très connu en Alberta, où il a siégé comme député conservateur de 1986 à 2000, occupant trois postes ministériels, dont celui de ministre des Finances dans le gouvernement de Ralph Klein.Les Albertains s'en souviennent comme le père de la formule d'impôt à taux unique (14% pour tous les Albertains).Ailleurs au pays, il est surtout connu pour ses positions anti-avortement, en faveur de la peine de mort et contre les homosexuels.Né à Montréal, M.Day a vécu pratiquement aux quatre coins du pays avant de s'installer en Alberta en 1974.Très religieux, Stockwell Day a été assistant pasteur et pratique toujours avec ferveur, au point de ne pas faire campagne le dimanche.M.Day se présente dans le comté d'Okanagan- Coquihalla, dans le sud de la Colombie- Britannique.Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois PREMIER député du Bloc québécois élu aux Communes (lors d'une partielle en 1990), Gilles Duceppe a grandi dans l'ombre de Lucien Bouchard pendant six ans avant d'apprendre à la dure le métier de chef de parti politique.Celui qui restera toujours pour plusieurs le politicien coiffé d'un bonnet de douche a beaucoup souffert, lors de la campagne de 1997.Et beaucoup appris.Âgé aujourd'hui de 54 ans, M.Duceppe profite maintenant, après dix ans aux Communes et trois ans et demi à la tête de son parti, des fruits de son expérience.Il jouit aussi d'une longue accalmie au sein du Bloc, un parti qui a déjà été plus turbulent qu'il ne l'est aujourd'hui et qui couve toujours une remise en question existentielle.Fils du grand comédien Jean Duceppe, le chef du Bloc n'a visiblement pas hérité des talents de scène de son père et n'est pas aussi à l'aise devant le public.Mais il est aujourd'hui plus serein, plus sûr de lui qu'en 1997.Son message passe mieux, ses questions aux Communes sont plus percutantes et plus pertinentes.L'homme traqué de 1997 est beaucoup plus détendu aujourd'hui.Il contrôle beaucoup mieux son parti et a réussi à ramener l'harmonie au sein des troupes.Ancien militant marxiste, devenu par la suite négociateur syndical à la CSN, M.Duceppe a fait le saut en politique en 1990.Il se présente pour la quatrième fois dans Laurier- Sainte-Marie.Joe Clark, chef du Parti conservateur JOE «WHO», le politicien joufflu aux grosses lunettes fait partie de la catégorie des survivants à Ottawa.Increvable, tenace, résistant au temps et aux coups durs, celui qui fut brièvement premier ministre pendant neuf mois entre 1979 et 1980 avant d'être renvoyé dans l'opposition par Pierre Elliott Trudeau, a fait un retour en 1998 à la tête du moribond Parti conservateur.Franc, direct, candide même et un brin gaffeur, Joe Clark est doté d'un optimisme qui n'a d'égal que sa capacité à encaisser les mauvaises nouvelles.Malgré la déconfiture de son parti et les départs qu'il n'a pas réussi à endiguer au cours des derniers mois, le politicien de 61 ans garde un moral d'acier.M.Clark a débuté sa carrière politique en 1967, à la législature albertaine.Il a fait le saut à la Chambre des communes en 1972 et a été réélu six fois, la dernière le mois dernier dans une élection partielle à Kings- Hants (Nouvelle-Écosse).Il se présente toutefois dans le comté de Calgary-Centre, son coin d'origine, pour l'es élections générales.M.Clark a pris la tête du Parti conservateur en 1976, puis il est devenu, en 1979, à 39 ans, le plus jeune premier ministre de l'histoire du pays.Il a démissionné du poste de chef en 1983, mais a gardé une place au sein des cabinets Mulroney.M.Clark a notamment occupé les fonctions de ministre des Affaires extérieures pendant près de sept ans, de 1984 à 1991.Par la suite, il fut ministre des Affaires constitutionnelles à l'époque du référendum de Charlottetown.Alexa McDonough, chef du Nouveau Parti démocratique ALEXA McDonough est aussi peu connue au Québec que ne l'est son parti.Affable, souriante et disponible, Mme McDonough a pourtant fait des progrès remarquables en français depuis son arrivée à Ottawa, il y a trois ans et demi.Élue en 1995 à la tête du Nouveau Parti démocratique, elle n'est entrée aux Communes que lors de l'élection générale de juin 1997 en remportant le siège de Halifax, le comté où elle se représente.Ancienne travailleuse sociale, elle a pris la tête du NPD provincial de la NouvelleÉcosse en 1980.Elle a par la suite été élue en 1984, 1988 et 1993, toujours dans l'opposition.Défenseur acharnée des chômeurs et des plus pauvres, la chef néo-démocrate de 56 ans est aussi devenue à Ottawa la meneuse de la lutte contre la privatisation des services de santé au Canada.En février 1998, elle avait été l'unique chef de parti à s'opposer aux frappes militaires menées par les États-Unis et la Grande- Bretagne contre l'Irak de Saddam Hussein.VOUS DÉSIREZ RÉAGIR À NOTRE COUVERTURE ÉLECTORALE ?courrier électronique : elections@lapresse.ca Photos PC Les cinq chefs de parti sont désormais en campagne électorale.L'arrivée du sprint : le lundi 27 novembre.Dans l'ordre habituel, le premier ministre Jean Chrétien ; le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day ; du Bloc québécois, Gilles Duceppe ; le leader du Parti conservateur, Joe Clark ; et, finalement, du NPD, Mme Alexa McDonough. 1LP0701A1023 A-7 LUNDI actualit s 1LP0701A1023 ZALLCALL 67 00:54:16 10/23/00 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 A C T U A L I T É S A 7 Photos ARMAND TROTTIER, la Presse © Patrick, Jasmine et Phillip Prucha, de Beaconsfield: «C'est une question de respect, dit Mme Prucha.Nous vivons dans une société cosmopolite et à Beaconsfield, ce fait est reconnu.Est-ce que ce sera encore le cas quand nous deviendrons un arrondissement de Montréal?» «On a le sentiment de subir une grande injustice», déclare la mairesse de Baie-d'Urfé, Anne Myles.Le blues du West Island Que restera-t-il du statut de ville bilingue une fois le rouleau compresseur des fusions passé?Le regroupement qui donnera naissance à une ville unique dans l'île de Montréal sera un chantier d'une envergure inégalée dans l'histoire du monde municipal au Québec.Dans le troisième volet de notre série «Une île, une ville», nous abordons aujourd'hui la délicate question du statut bilingue.ÉRIC TROTTIER La petite municipalité de Senneville, sur la pointe ouest de l'île de Montréal, à 25 kilomètres du centre-ville.Ici, que de grands arbres majestueux, entre lesquels de confortables maisons ont été construites, sur d'immenses terrains de plus de 20 000 pieds carrés.Avec, en prime, le lac des Deux-Montagnes.Ça ressemble davantage à Saint-Hilaire qu'à Montréal, en fait.Sauf que les rues se nomment Morning Side, Pacific, Sunset.« On est tellement bien comme on est, raconte Margerie Guindon, une anglophone qui a épousé un francophone.On est un petit village tranquille, loin des tracas de la grande ville.Et on n'a pas de problèmes entre les francophones et les anglophones, ici ; alors pourquoi faire une réforme qui risque de faire ressortir toutes ces vieilles chicanes ?» Plus que tous les autres banlieusards de l'île de Montréal qui seront affectés par la réforme municipale, les anglophones du West Island ont le blues, ces jours-ci.Il faut dire que, des huit villes appelées à disparaître dans la proposition Bernard (Baie-d'Urfé, Hampstead, Montréal-Est, Montréal- Ouest, Roxboro, Sainte-Annede- Bellevue, Sainte-Geneviève et Senneville), sept sont situées dans la partie ouest de l'île.Et de ce nombre, cinq municipalités ont obtenu le statut de ville bilingue, qui donne le droit aux administrations locales de fonctionner en anglais et en français.Bref, la réforme municipale à Montréal va entraîner la disparition de cinq des 14 villes qui avaient obtenu ce statut spécial, accordé seulement aux municipalités desservant une population majoritairement anglophone.Est-ce un hasard ?« N'ayons pas peur de le dire : la question linguistique est au coeur de la réforme montréalaise, affirme le maire de Dorval, Peter Yeomans.Sinon, pourquoi on aurait réalisé un plan si complexe, et si différent de ce qui est proposé pour la Rive- Sud et dans la région de Québec ?» M.Yeomans, un vieux loup de la politique municipale dans l'île, dit que les anglophones vont se battre jusqu'au sang pour défendre le droit acquis des villes bilingues.« C'est un droit fondamental, viscéral, qu'on n'est pas près d'abandonner.Le gouvernement n'a rien vu encore si son intention est de diminuer nos droits.» Le statut de ville bilingue: un droit acquis?Le premier ministre Lucien Bouchard a pourtant assuré les anglophones que le statut de ville bilingue sera maintenu dans les arrondissements de la future nouvelle ville de Montréal.« Oui, mais Louise Beaudoin (ministre responsable de la loi 101) dit plutôt le contraire, rétorque la mairesse de Baie-d'Urfé, Anne Myles.Ça nous inquiète, surtout chez les personnes âgées qui n'ont jamais pu apprendre le français, et qui ne veulent pas se retrouver dans une ville unilingue française.» « Le statut de ville bilingue est un enjeu symbolique important », estime pour sa part le maire de Westmount, Peter Trent.Selon lui, les anglophones ne se retrouvent pas tellement dans les institutions provinciales, trop francophones à leur goût, ce qui fait que les institutions municipales sont devenues essentielles, pour cette communauté.« C'est pourquoi les anglophones sont si amers, en ce moment.Parce que les institutions auxquelles ils tiennent tant, leurs municipalités, vont en partie disparaître.» Dans la population, le sentiment est le même, soutient Patrick Prucha, un résidant de Beaconsfield : « Je comprends tout à fait qu'il faille protéger la langue française, dit-il dans un français impeccable.Mais pour les anglophones, ça peut quand même devenir insultant par moments.Moi, par exemple, je dois demander une permission spéciale au gouvernement pour envoyer mon enfant à l'école anglaise (parce que sa conjointe est originaire d'un autre pays).Chaque fois que le gouvernement du Québec m'envoie un document, c'est écrit en français, à moins que ce ne soit pour me réclamer de l'argent.Vous comprendrez qu'on se méfie de ce qui est en train de se passer dans l'île.» À Beaconsfield, où M.et Mme Prucha habitent, tous les documents expédiés par la Ville sont écrits dans les deux langues.Beaconsfield ne fait pas partie du groupe des villes qui devront disparaître, mais la municipalité va devenir un « arrondissement » de Montréal.« C'est une question de respect, enchaîne Jasmine Prucha.Nous vivons dans une société cosmopolite et à Beaconsfield, ce fait est reconnu.Est-ce que ce sera encore le cas quand nous deviendrons un arrondissement ?» Une grande injustice À Baie-d'Urfé, la question ne se pose même pas : la ville de 3800 habitants ne deviendra pas un arrondissement ; elle devra, d'ici deux ans, fusionner avec une ville voisine.« C'est ce qui est le plus triste pour nous, dit un de ses résidants, Alfred Steininger.Nous perdons tout dans cette réforme : notre town hall, notre maire et nos six conseillers.J'aimerais que le gouvernement se donne la peine de m'expliquer pourquoi, car je ne comprends pas.Baie-d'Urfé est une ville qui ne coûte rien à gérer.Si la réforme a pour but d'aider Montréal dans ses finances, qu'on nous impose une taxe spéciale, et nous allons payer.Mais laissez-nous notre ville.» « Les villes du West Island forment de petites communautés, menées en bonne partie par des bénévoles très impliqués, poursuit le maire de Senneville, Georges McLeish.Quand nos citoyens ont un problème, ils peuvent nous appeler à la maison, même la nuit ou les week-ends, et on s'active dès lors à régler la situation.Pour moi, cette formule est un succès.Ce dont les gens ont le plus peur, c'est de perdre ce lien très étroit qu'ils avaient avec leur ville.» Anne Myles a le sentiment de subir « une grande injustice », d'autant plus qu'elle trouve que le gouvernement s'apprête à prendre de graves décisions, « qui auront de lourdes conséquences sur nos vies », en se basant sur un document de.30 pages (la proposition Bernard).« En éliminant nos petites municipalités, conclut-elle, M.Bouchard espère avoir trouvé une solution à des problèmes qui persistent peut-être à Montréal, mais qui n'existent pas chez nous.C'est foncièrement injuste.» 'Loccasion de faire le ménage dans le dossier?Pendant que Lucien Bouchard se fait rassurant, Louise Beaudoin se plaît à réveiller les vieilles peurs ÉRIC TROTTIER S'il fallait réviser le statut de ville bilingue accordé à 14 municipalités de l'île de Montréal, on se rendrait compte que six d'entre elles n'y ont plus droit aujourd'hui.C'est que le nombre d'anglophones diminue peu à peu à Montréal, au profit, notamment, des allophones.Résultat : Dollard-des-Ormeaux, Dorval, Kirkland, Mont-Royal, Pierrefonds et Roxboro ne répondent plus au critère principal (langue maternelle anglaise pour plus de 50 % de la population) de l'Office de la langue française, l'organisme qui octroie le statut de ville bilingue.Or, même si le premier ministre a promis aux anglophones de leur garantir ce droit acquis, il reste que plusieurs villes vont devoir fusionner dans l'île, tandis que les autres vont être transformées en arrondissements.Plusieurs craignent que le gouvernement saisisse l'occasion pour faire un bon ménage dans ce dossier.Ce qui n'aide pas à calmer les esprits, la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue, Louise Beaudoin, souhaite resserrer les critères qui ont permis à ces villes d'obtenir des droits supplémentaires, pour éviter que ce ne soient les allophones qui en profitent.« L'objectif de la loi était de protéger les droits des anglophones, pas de favoriser l'intégration des nouveaux arrivants à la langue anglaise », a déclaré au printemps dernier Mme Beaudoin, qui indiquait chercher une façon d'empêcher que de nouvelles villes obtiennent le statut de ville bilingue, dans l'île de Montréal.Mme Beaudoin refuse maintenant toutes les demandes d'entrevue sur le sujet.Le statut de ville bilingue, introduit dans la Charte de la langue française par le gouvernement de René Lévesque, en 1977, accorde le droit aux municipalités dont la population anglophone est majoritaire de s'adresser à leur population dans les deux langues à la fois, d'avoir un affichage public dans les deux langues et d'embaucher des employés unilingues anglophones (en autant qu'ils n'aient pas affaire au public).Des huit petites villes qui doivent disparaître pour fusionner avec leur voisine, selon la réforme Bernard, les « bilingues » n'ont pas le choix : elles doivent s'allier à d'autres villes bilingues si elles veulent conserver leur statut particulier.Senneville devra par exemple fusionner avec Pierrefonds, en autant que cette dernière, qui ne compte plus que 37 % d'anglophones, conserve son statut.Roxboro aura le choix entre Pierrefonds ou Dollard-des-Ormeaux, Baie-d'Urfé devrait rejoindre Beaconsfield pour former un tout assez homogène, etc.Là où ça se complique, c'est dans le cas de Sainte-Anne-de-Bellevue, une municipalité qui n'a pas le statut de ville bilingue, mais qui est entourée de villes anglophones ! Le gouvernement acceptera-t-il de laisser Sainte- Anne-la-francophone (qui compte tout de même 40 % d'anglophones) faire partie d'une ville bilingue ?Quand on dit que la réforme municipale risque d'ouvrir le panier de crabe linguistique ! DEMAIN Comment la Ville de Montréal traite-t-elle ses anglophones?Alfred Steininger, de Baie-d'Urfé, estime que les citoyens des petites villes de l'ouest de l'île vont tout perdre avec la réforme municipale.«Si la réforme a pour but d'aider Montréal dans ses finances, qu'on nous impose une taxe spéciale, et nous allons payer.Mais laissez-nous notre ville.» 1LP0801A1023 A-8 LUNDI actualit s 1LP0801A1023 ZALLCALL 67 12:56:41 10/23/00 B A 8 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 Une loi antigang pour venger Francis Laforest Les amis du jeune propriétaire de bistro de Terrebonne entendent poursuivre son combat MARTINE ROUX Révoltés que leur ami ait payé de sa vie son honnêteté, les proches de Francis Laforest, le jeune propriétaire d'un bistro de Terrebonne battu à mort mardi dernier, réclament une loi antigang.Et comptent bien profiter de la campagne électorale pour porter leur message à Ottawa.Réunis hier pour rendre un dernier hommage à Francis Laforest, ses proches ont manifesté l'intention de reprendre le combat là où leur héros l'a laissé : en tenant tête aux motards criminels, soupçonnés de l'avoir sauvagement assassiné après qu'il les eut expulsés de son établissement, le bistro McTavish.« Avec toutes tes lois, tu étais notre homme public, a lu son ami Patrick Boisvert lors de l'hommage en vers qu'il lui a rendu hier aprèsmidi à la résidence funéraire St- Louis.Au nom d'une loi, la loi antigang, la loi Francis Laforest, tu motives notre élan politique.» Visages décomposés, yeux humides, quelques dizaines de proches éplorés se sont massés silencieusement devant la résidence funéraire à l'issue de la petite cérémonie.« Nous ne garderons pas le silence longtemps, a par la suite confié Patrick Boisvert.On veut une loi antigang.On veut que ces gens-là (les motards criminels) arrêtent de se promener librement.On veut que les enfants continuent à jouer au hockey dans les ruelles ou dans le carré de sable.» Une quarantaine d'amis de Francis Laforest Ð « nous étions une vrai gang d'amis dont il était l'élément réunificateur », dit l'un d'eux Ð doit se réunir aujourd'hui pour déterminer la stratégie que le petit groupe entend épouser pour faire entendre son message.« C'est plate à dire mais la campagne électorale nous ouvre des possibilités, dit M.Boisvert.On veut aller marcher à Montréal.Il faut continuer, c'est ce que Francis aurait voulu.» À l'intérieur du salon funéraire, on invitait le public à signer deux pétitions : l'une en faveur de l'adoption d'une loi antigang, l'autre exigeant le retrait de l'émission Tag diffusée à Radio-Canada.« Il y a deux semaines, on y voyait un épisode où quelqu'un était battu à coups de batte de baseball, comme Francis l'a été », expliquait Jeannine Cossette, qui se chargeait de recueillir les signatures.Plus de 3000 personnes ont signé les pétitions depuis samedi, indique-t-elle.Le groupe s'est ensuite réuni au bistro McTavish, jusqu'à tout récemment le point de ralliement des nombreux copains et connaissances du disparu.Devant la porte du commerce s'amoncelaient les fleurs et témoignages de sympathie déposés à la mémoire de Francis Laforest.De l'autre côté de la rue, on remarquait les vestiges délabrés d'un autre resto-bar, le Don Quichotte, incendié de façon suspecte.le lendemain du meurtre.« On savait la pression que Francis avait par les motards qui souhaitaient placer un revendeur de drogue au McTavish », racontait son ami Stéphane Goulet.Mais il avait des convictions.Il ne s'est jamais laissé marcher sur les pieds.Cela en a fait un martyr, et un véritable héros à nos yeux.» Mais ces « héros » doivent avoir des nerfs d'acier pour résister au chantage des groupes criminels, faisait valoir le directeur général du pub Saint-Paul, Patrick O'Hara, qui assistait au rassemblement.« J'espère que la mort de Francis Laforest va réveiller le public.Des bars veulent s'associer aux motards ?C'est leur affaire.Mais ceux qui veulent rester propres doivent avoir le droit de le faire.» Pour tenir les revendeurs de drogue à l'écart, il faut savoir choisir sa clientèle, poursuit M.O'Hara, dont l'établissement niche dans le Vieux-Montréal.« Si vous éliminez la clientèle qui consomme, vous éliminez le marché pour les revendeurs.Chez nous, c'est tolérance zéro : on expulse les clients qui se droguent, qu'il s'agisse d'un joint ou d'autre chose.Mais souvent, si t'en sors un (un revendeur), ils (les groupes criminels) t'en envoient un autre.» Francis Laforest doit être incinéré aujourd'hui.Aucune arrestation n'a encore été effectuée et l'enquête suit son cours.Photos ALAIN ROBERGE, La Presse © Outre les fleurs et les témoignages de sympathie, le bistro McTavish a accueilli hier les amis de Francis Laforest.Les frères cadets du propriétaire du bistro McTavish, Yannick et Maxime Laforest, à leur sortie de la résidence funéraire St-Louis, où les proches du disparu lui ont rendu un dernier hommage hier.Patrick Boisvert (à droite), ami du disparu et portier du bistro McTavish, souhaite qu'une loi antigang avec des dents soit adoptée par le gouvernement fédéral.Denis Langlois, le dauphin du maire sortant, l'emporte facilement à Granby 2852379 S I L V I A GALIPEAU LES CITOYENS de Granby ont voté en faveur de la continuité hier, élisant à une écrasante majorité Denis Langlois, le dauphin du maire démissionnaire Michel Duchesneau, à la mairie de la ville.Denis Langlois a ainsi remporté près de 75 % des voix de cette élection partielle, loin devant ses deux rivaux, soit Robert Duval, qui a reçu 23 % des votes, et Martin Langlois, les 4 % restants.Tout juste 41 % des personnes inscrites se sont déplacées pour aller choisir le nouveau maire.Les deux autres candidats s'attendaient à ce résultat, vu la grande popularité dont jouissait l'ex-maire Michel Duchesneau.Denis Langlois avait d'ailleurs fait campagne sur le thème de la continuité.Robert Duval, quant à lui, avait misé sur « l'harmonie ».Le dernier candidat, Martin Langlois, un jeune de 29 ans, avait fait campagne sur les thèmes de l'étalement urbain et de la revitalisation du centre-ville. 1LP0901A1023 A9 - LUNDI 1LP0901A1023 ZALLCALL 67 00:52:46 10/23/00 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 A 9 Un macho au fourneau RENCONTRE GUY FOURNIER Depuis 30 ans, il n'y a pas une journée où Guy Fournier n'a pas fait la cuisine.Pas une seule.Qu'il soit réfugié au milieu de son domaine à Saint-Paul-d'Abbotsford ou dans son appartement à Paris, en amour ou en instance de divorce, en train d'écrire un téléroman ou en quête d'un concept ou d'une idée, l'auteur, commentateur et ex-grand manitou de TQS, se lève chaque matin en se demandant : « Qu'estce que je pourrais bien faire à manger aujourd'hui ?» À huit ans, sa mère lui confia ainsi qu'à Claude, son frère jumeau, la confection de quatre douzaines de beignes.Voyant ses garçons pétrir la pâte comme de vrais petits marmitons, elle leur jura qu'elle allait leur apprendre à faire si bien la cuisine qu'ils n'auraient jamais besoin d'une femme.Elle se trompa au sujet des femmes.Guy Fournier a toujours été incapable de vivre sans une femme.Il en a connu plusieurs et cinq ont officiellement partagé sa vie.Ces cinq élues ont d'ailleurs toutes eu droit à la même promesse de l'auteur.Non pas que Guy Fournier les aimeraient toujours.Plutôt que, pendant les 60 premiers jours de leur amour, elles ne mangeraient jamais deux fois la même chose.À ce chapitre-là, Fournier jure que ces dames n'ont pas été déçues.Encore aujourd'hui, après 60 ans et des poussières de vie, dont la moitié derrière les fourneaux, Guy Fournier peut passer des mois sans répéter le même plat.Par mesure de protection, il tient un journal où chaque plat est consigné jour après jour.Il collectionne aussi des cahiers consacrés aux soupers entre amis.Sous la date scrupuleusement notée, on peut lire, page après page, le nom des invités, des plats mangés et des vins bus.Pour lui l'amitié et la cuisine sont une seule et même c h o s e .Tant et si bien qu'il ne comprend pas la manie de ses amis riches de faire appel de plus en plus souvent à des t r a i t e u r s quand ils reçoivent.« Cuisiner pour les autres est un geste convivial et de partage.Et même si c'est du travail, il y a un réel plaisir à mettre la main à la pâte pour les autres.Si c'est un traiteur qui a travaillé à ta place sans savoir pour qui il cuisinait, ça n'a pas la même signification.Cela dit, je préférerai toujours être reçu chez quelqu'un avec un traiteur que d'être reçu au restaurant.» La bouffe est une telle obsession pour Fournier qu'il a décidé d'en faire un livre.Le bouquin sera lancé aujourd'hui aux Éditions de l'Homme sous le titre Un homme au fourneau.Personnellement si j'avais eu voix au chapitre, j'aurais remplacé le mot homme par macho.Car s'il y a un lieu où Fournier exerce son machisme en toute impunité, c'est bien dans la cuisine, devant un fourneau.Ici, peu importe la femme, l'épouse ou l'amante du moment, Fournier est le maître absolu du territoire.Que celles qui l'aiment l'assistent.Quant aux autres, si elles ne sont pas contentes, qu'elles aillent se faire voir ailleurs.n n n Voulant observer Guy Fournier sur son territoire, je me suis invitée chez lui à midi, la semaine dernière.En chemin, je m'imaginais sa cuisine comme un lieu immense et ouvert, sorte de sanctuaire sacré où le dieu du fourneau trônerait devant une cour émue et admirative.Erreur.La cuisine de Fournier n'est pas grande ni ostentatoire.C'est, à toutes fins utiles, un corridor entre deux salles à manger.Il fut un temps où ses outils de travail étaient étalés et en vitrine, comme des Gémeaux.Mais Fournier, un maniaque de l'ordre, s'est l a s s é d ' ê t r e constamment interpellé par leur apparence de désordre.Aujourd'hui, les placards tirant sur le sang de boeuf, cachent absolument tout.Depuis le frigo jusqu'au micro-ondes en passant par la machine à espresso et le compartiment d'alcools réservés strictement à la cuisine, tout l'arsenal culinaire a été planqué comme du linge sale.Comme Gaz Métro ne se rend pas jusque chez lui, Fournier cuisine à l'électricité, ce qui de nos jours n'est pas très branché.Mais Fournier n'est pas un homme préoccupé par les dernières tendances, ni même par l'air du temps.Pour vous donner un exemple, il a mis 20 ans avant de comprendre qu'il n'avait pas besoin de se décrocher le bras à force de brasser son risotto.Les chefs à la mode avaient beau décréter qu'un risotto pouvait très bien mijoter tout seul dans son coin, Fournier ne les croyait pas.Il a fini par comprendre.Cent ans plus tard.Sa cuisine est une affaire simple et quotidienne.Fournier se lance rarement dans des productions spectaculaires et ne donne pas dans la haute voltige gastronomique.En revanche, ce qu'il cuisine est toujours savoureux et préparé avec minutie.Si ce que l'on mange est ce que l'on est, alors Fournier est un homme simple, sain et équilibré, quoique toujours un peu angoissé à l'idée de décevoir ceux qu'il reçoit à manger.En même temps, il se vante d'avoir rarement manqué son coup.« Ça m'est arrivé deux fois, raconte- t-il, la première c'était avec une croustade aux pommes.J'avais remplacé le sucre par du miel.Le résultat fut désastreux, surtout au plan visuel.C'était tellement laid que je l'ai jeté aux poubelles et j'ai passé une nuit blanche à me demander comment diable j'avais pu me tromper à ce point-là.» Fournier passe énormément de temps à penser à la bouffe.Il y pense même quand il écrit et, parfois, ça le déconcentre quand ça ne lui coupe pas carrément l'inspiration.« Quand on cuisine, il y a toujours quelque chose à faire : des légumes à peler, des oignons à hacher, des herbes à choisir, ça n'en finit plus, mais plus je vieillis et plus j'aime ça.Même les tâches les plus plates me font du bien.» En disant cela, Fournier allume son fourneau, sort un petit chaudron en fonte orange où il fait revenir une tasse de riz italien dans de l'huile d'olive.Ce qui me frappe, c'est l'air studieux, sévère et quasi religieux qu'il affiche, comme si ce qu'il préparait relevait de la plus haute chimie.Le Fournier de la cuisine n'est pas le Fournier de la télé.Il ne cabotine pas, parle peu et ne lâche pas du regard son chaudron ni les ingrédients qui reposent comme des petits cailloux dans des bols méticuleusement alignés sur le comptoir.Une fois le riz parti, Fournier ouvre un placard et tend la main vers son élixir secret : du vermouth blanc dont il arrose tous ses plats.Fournier est tellement accro au vermouth qu'il en vide au moins deux litres par semaine.Idem pour l'huile d'olive.Bien que cuisiner ne fasse pas partie de son patrimoine génétique, Fournier s'est approprié le territoire avec l'autorité d'un conquérant.Les femmes qui veulent s'y risquer sont condamnées à deux rôles : soit témoin admiratif, soit assistante, un terme poli pour esclave.Certaines de ses femmes se sont accommodées de la chose sans rouspéter, bien qu'elles fussent elles- mêmes des cordons bleus comme Maryse, sa femme actuelle, une ancienne boulangère recyclée en productrice chez Cossette.Avec d'autres par contre, ce fut plus difficile.Ce fut le cas avec Blanche, son épouse libanaise.Avant qu'ils ne se marient, les deux filaient le parfait bonheur dans la cuisine.Blanche l'initiait aux secrets de la coriandre, du cumin, du sésame et de la girofle tandis que Fournier jouait à l'élève curieux et attentif.Les choses se sont gâtées après leur mariage.Une fois mariée, Blanche se nomma en effet ministre des finances de la maison et PDG de la cuisine, tel que le prescrit la culture libanaise.Non seulement voulaitelle gérer les comptes, elle refusait de partager le fourneau.Fournier eut beau lui répéter qu'au Québec, certains mâles préféraient parfois la cuisine au café du coin, rien n'y fit.Le tout s'est finalement réglé chez l'avocat.Blanche est retournée avec son indemnité de séparation dans son pays et Fournier, un peu moins riche, dans sa cuisine.Quant à Louise Deschâtelets, Fournier la range au rang des femmes formidables mais néanmoins gênantes, dans une cuisine à tout le moins.« C'est une perfectionniste qui veut que tout soit absolument parfait alors que, pour moi, ce qui compte avant tout c'est que ça soit bon.Des fois ça créait des tensions dans la cuisine.» Fournier demeure reconnaissant à son ex pour une chose : elle lui a tout appris sur l'art de la table.Elle l'a même obligé à inventer une armoire à nappes, afin que celles-ci puissent être suspendues sur des tringles au lieu d'être pliées et froissées dans des tiroirs.Aujourd'hui, l'armoire Deschâtelets loge au sous-sol, en compagnie de cinq frigos et d'une cave à vins constituée de mille cinq cents bouteilles.Et pas de la piquette, je vous prie de le croire.J'ai quitté Guy Fournier à deux heures de l'après-midi, après avoir savouré un potage aux panais onctueux, un risotto aux cèpes savoureux et un sabayon exquis, le tout arrosé d'un sancerre rouge aussi léger qu'un nuage.La porte n'était pas refermée que Fournier songeait déjà à ce qu'il allait préparer pour le repas du soir.La veille, Maryse était rentrée fourbue et fatiguée, à minuit et vingt.Guy Fournier l'avait attendue, mais pas avec un rouleau à pâte.Il l'avait attendue avec une table bien mise, une assiette chaude et un repas prêt à être servi.Comme quoi il y a certains avantages à céder sa place dans la cuisine à un macho.Photos ARMAND TROTTIER, La Presse Pour Guy Fournier, l'amitié et la cuisine sont une seule et même chose.Tant et si bien qu'il ne comprend pas la manie de ses amis riches de faire appel de plus en plus souvent à des traiteurs quand ils reçoivent.« Cuisiner pour les autres est un geste convivial et de partage.Et même si c'est du travail, il y a un réel plaisir à mettre la main à la pâte pour les autres.» Depuis 30 ans, il n'y a pas une journée où Guy Fournier n'a pas fait la cuisine.QU É B E C P L A C E S T E - F OY \u2022 G A L E R I E S D E L A C A P I TA L E \u2022 V I E U X - Q U É B E C, M O N T R É A L 9 7 7 RU E S T E - C AT H E R I N E O U E S T, S H E R B RO O K E C A R R E F O U R D E L\u2019 E S T R I E MODE LINGERIE POUR LA MAISON SERVIETTE unie et rayée ST-MALO 699 Format bain Des prix dérisoires pour une grande serviette de 30 x 56 pouces, en ratine pur coton de première qualité, douce et bien absorbante.Choix de 6 coloris unis: forêt, jade, marine, vin, framboise ou blanc et 2 rayures à coordonner.Main 4.99, débarbouillette 2.99 DRAP «percale plus» FINES RAYURES 699 Jumeau Profitez de ces prix exceptionnels fin de collection pour vous procurer des draps en coton-polyester 200 fils au pouce de première qualité, d\u2019entretien aisé.Variété de jaune, vert, bleu.Double, grand, très grand, taies standard et très grandes taies au même prix spécial de 9.99 Quantités limitées.NAPPE feuilles en damier PUR COTON 1499 Tous les formats À prix vraiment exceptionnels, toute une sélection de superbes nappes pur coton tissé.Choix de divers motifs jacquard 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de l'entente d'un milliard $ passée avec Rail Cycle North afin de les enfouir dans une mine désaffectée des environs de Kirkland Lake.La nouvelle entente entrera en vigueur lorsque fermera, en 2002, le site d'enfouissement de Keele Valley, où Toronto expédie actuellement ses ordures ménagères.Le maire de Toronto, Mel Lastman, ayant demandé à la Ville d'envoyer ses déchets au Michigan si jamais Rail Cycle North refusait de signer l'entente révisée, Carleton Farms est sur le point de recevoir 1,3 million de tonnes d'ordures par année.Les clauses de l'entente Ð notamment sa durée Ð demeurent à être finalisées mais on s'attend à ce que la métropole canadienne fasse parvenir par camion fermé quelque 6000 tonnes de déchets par jour au site du Michigan.De plus, tandis que Toronto continuait à discuter avec Rail Cycle North des modifications apportées à l'entente portant sur les ordures ménagères torontoises, Republic Services a sans faire de problèmes signé un contrat de cinq ans afin de traiter les déchets industriels et commerciaux de la ville.La compagnie américaine devra ainsi faire face à au moins 285 000 tonnes d'ordures non ménagères au cours des deux premières années prévues par l'entente, et au moins 100 000 tonnes lors des trois années subséquentes.Le projet d'enfouissement des déchets de Toronto dans la mine abandonnée située à proximité de Kikland Lake, dans le nord de l'Ontario, a été annulé vendredi.La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par les nombreux opposants au projet, qui craignaient que la mine ne contamine les cours d'eau et les lacs de la région.Ces derniers temps, plusieurs douzaines de manifestants avaient bloqué la voie ferrée menant au site controversé.Les coûts imprévisibles ont paru être un élément déterminant dans la décision qu'ont prise les autorités de Toronto.La responsabilité potentielle de la transaction conclue avec Rail Cycle North pour transporter les déchets à la mine Adams était devenue trop lourde, a déclaré le maire Lastman.Le projet controversé aurait permis d'expédier les déchets de Toronto, dont le site d'enfouissement actuel est saturé, à la mine Adams, à 600 km au nord.Ses défenseurs affirmaient qu'il permettrait de créer des emplois dans la région de Kirkland Lake, mais les environnementalistes, les premières nations et plusieurs Québécois soutenaient qu'il aurait des conséquences catastrophiques pour l'environnement.Presse Canadienne EDMONTON Ð Le ministère fédéral de la Santé pourrait émettre une mise en garde à propos de lentilles cornéennes « de fantaisie », à la suite de plaintes d'opticiens concernant ces lentilles vendues dans des grandes chaînes de magasins et de pharmacies.La semaine dernière, au moins un Zellers, à Edmonton, a cessé de vendre les verres de contact OnlyOne, de fabrication italienne, après qu'un opticien eut prévenu le gérant qu'ils pouvaient causer des infections, des égratignures ou des ulcérations de la cornée.« Elles pourraient présenter des risques pour l'oeil, aussi nous pourrions émettre une mise en garde pour inciter les consommateurs à ne pas en porter », a déclaré Roslyn Tremblay, porte-parole de Santé Canada, la semaine dernière.À la différence des lentilles vendues sur ordonnance, les lentilles OnlyOne et d'autres verres de contact vendus à des fins purement esthétiques ne modifient pas la vision, seulement la couleur des yeux.Elles peuvent aussi reproduire l'allure d'yeux de chats ou de reptiles.Ces lentilles sont en vente aux comptoirs de cosmétiques de certains magasins Zellers, Shoppers Drug Mart, Pharmaprix, Jean Coutu, entre autres, depuis quelque sept mois.Aux États-Unis, la vente de ce type de lentilles cornéennes dans ces magasins est illégale parce que tout verre de contact, même non correcteur, est considéré comme un appareil médical, vu qu'il est en contact avec un organe sensible, l'oeil.Chez Shoppers Drug Mart et sa filiale québécoise Pharmaprix, on ne vendait les lentilles en question que parce qu'on croyait que Santé Canada ne s'y opposait pas, a indiqué le porte-parole, Terry Creighton.La chaîne pourrait les retirer de ses tablettes, a-t-il déclaré.2895979 La Presse 23 octobre 2000 Pages A11-A13 manquantes 1LP1401A1023 tetesaff10234 1LP1401A1023 ZALLCALL 67 00:54:23 10/23/00 B A 1 4 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 Deux podiatres sur le pied de guerre juridique SYLVAIN LAROCQUE Frustrés de ne pouvoir administrer et prescrire tous les médicaments dont ils ont besoin, deux podiatres montréalais ont pris les grands moyens pour faire bouger l'Office des professions et l'Ordre des podiatres qui, selon eux, se traînent les pieds dans ce dossier.N'étant pas reconnus comme médecins, ils peuvent seulement administrer et prescrire les médicaments qui figurent sur une liste établie par l'Office des professions après consultation avec les ordres professionnels des médecins, des pharmaciens et des podiatres.Un premier règlement établissant la liste des médicaments que peuvent utiliser les podiatres a été adopté en 1991, mais il était déjà « désuet », selon Daniel Simoni et André Benoît, qui traînent en cour l'Office des professions et l'Ordre des podiatres pour les sommer de mettre à jour la liste au plus vite.« Si je ne peux pas prescrire tous les médicaments dont j'ai besoin, y compris les plus récents, je risque de mettre en danger la santé de mes patients », soutient André Benoît, qui travaille comme docteur en médecine podiatrique à la clinique de Daniel Simoni.Selon la Loi sur la podiatrie, qui a été adoptée en 1973 et qui a créé l'Ordre des podiatres, l'Office doit dresser « périodiquement, par règlement », la liste des médicaments que peuvent utiliser les podiatres.Or, puisque qu'aucune liste n'existait de 1973 à 1991, les podiatres ont longtemps dû recourir à des moyens détournés, parfois à la limite de la légalité, pour traiter adéquatement leurs patients.« Certains podiatres s'approvisionnaient en médicaments directement auprès des compagnies pharmaceutiques, relate le Dr Pierre Cardin, podiatre depuis 1982 et ancien président de l'Ordre.D'autres avaient des ententes avec des médecins chez qui ils envoyaient leurs patients et qui prescrivaient pour eux certains médicaments courants.» Ces pratiques sont pratiquement disparues avec l'adoption d'un premier règlement en 1991, assure l'Ordre, mais les podiatres ont vite trouvé que la liste n'était pas assez complète.En mai 1995, l'Ordre des podiatres soumettait un mémoire à l'Office des professions pour faire modifier la liste des médicaments, dans lequel il affirme que la « vétusté » de celle-ci peut nuire au travail du podiatre : « Il est intéressant de noter que les pathologies locales du pied et les complications les plus souvent rencontrées en podiatrie peuvent toutes nécessiter des médicaments qui ne sont pas inscrits sur la liste officielle, peut-on y lire.Ceci oblige le podiatre à exercer sa profession dans des conditions qui sont très souvent contraires aux règles de l'art et le rend susceptible de compromettre la qualité de son traitement.Cette situation est, à la limite, contraire au code de déontologie.» Contrairement à ce qu'affirment les docteurs Simoni et Benoît, l'Ordre des podiatres dénonce depuis plusieurs années les délais que lui impose l'Office des professions pour la mise à jour du règlement.Dans son rapport annuel 1998-99, l'Ordre indiquait que « malgré nos demandes et représentations répétées en cours d'année, il semble que l'Office n'ait pas la volonté politique de voir avancer ce dossier.» L'Office soutient aujourd'hui qu'il est « en plein coeur du processus d'analyse » des quatre demandes de mise à jour du règlement formulées par l'Ordre au cours des dernières années.L'organisme gouvernemental est toutefois incapable de dire quand un nouveau règlement pourra être adopté, invoquant qu'il s'agit d'un processus « rigoureux » qui « ne doit pas être complété de manière expéditive, notamment en raison de la complexité, de l'importance et du sérieux du sujet traité qui a des répercussions importantes sur la santé humaine.» Deux types de podiatres La prudence de l'Office s'explique par le fait que tous les podiatres n'ont pas reçu la même formation en pharmacologie.L'Ordre des podiatres reconnaît en effet deux types de membres : les docteurs en médecine podiatrique, qui ont reçu une formation universitaire de quatre ans et les autres, qui ont suivi une formation universitaire mais qui ne sont pas « docteurs ».Les docteurs en médecine podiatrique (DPM) devraient, d'ici une dizaine d'années, former la majorité des podiatres, l'Ordre n'acceptant qu'eux comme nouveaux membres.Ce sont principalement ces podiatres mieux formés qui se plaignent des limites qu'impose la liste des médicaments qu'ils peuvent utiliser.« C'est malheureux qu'une telle liste nous restreigne dans notre pratique, explique Serge Gaudreault, DPM à la Clinique podiatrique de Montréal.Je n'ai pas le droit d'injecter de la cortisone au Québec alors que je l'ai utilisé au moins 500 fois aux États-Unis pendant ma formation.» Le Dr Gaudreault estime qu'il pourrait mieux traiter ses patients dans 25 % des cas s'il avait accès à tous les médicaments disponibles sur le marché.« Prenez un patient qui a des champignons dans les ongles.Le lamisil oral permet de régler très efficacement le problème, mais les podiatres n'ont pas le droit d'utiliser ce médicament au Québec.Il faut employer du lamisil sous forme topique, qui prend beaucoup plus de temps à agir et qui, par conséquent, prolonge inutilement la période d'inconfort pour le patient.» En Colombie-Britannique et aux États-Unis, les docteurs en médecine podiatrique ont le droit d'utiliser pratiquement tous les médicaments, tandis qu'en Alberta et en Ontario la liste de ceux qu'ils peuvent employer et prescrire est plus complète que celle en vigueur au Québec.L'Ordre des podiatres s'oppose aux démarches des Dr Simoni et Benoît devant les tribunaux, qu'il trouve inutilement belliqueuses et contre-productives, mais aussi intéressées.« Tous les podiatres sont d'accord avec eux sur le fond, mais leur façon de procéder n'est pas dans l'intérêt commun de la profession : ils veulent tout bousculer sans tenir compte de leurs collègues », dit le président de l'Ordre, le Dr François Allart, en soulignant que le Dr Benoît a été reconnu coupable par le comité de discipline de l'Ordre d'avoir utilisé en 1996 un médicament non visé par le règlement, soit la cortisone.Aux yeux de plusieurs podiatres contactés par La Presse, l'Ordre fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire avancer le dossier.Et bien qu'il déplore la lenteur de l'Office des professions à étudier ses nombreuses demandes de mise à jour de la liste, l'Ordre des podiatres se dit aujourd'hui confiant que les choses vont progresser rapidement au cours des prochains mois.« Je n'aurais pas dit ça il y a un an, mais à l'heure actuelle, je crois en la bonne foi de l'Office des professions », affirme le président de l'Ordre.2901821 2895728 ANGLAIS COURS AXÉS SUR LA CONVERSATION Petits groupes : 3 à 7 personnes ; admission continue COURS INTENSIFS de jour, 25 h/semaine à temps partiel et semi-intensifs matin, après-midi, soir, samedi 135 $ à 145 $ /semaine* 1 à 7 fois/sem.I 195 $/30 h* *Mat riel p dagogique inclus, pas de taxes, d ductible d imp t, frais d inscription : 40 $ ESPAGNOL Samedi : 9 h 30 à 16 h 30, 11 nov.au 9 déc.Formation en entreprise adaptée à vos besoins Cours privés : toutes les langues 2900153 école de langues postmoderne accréditée par Emploi-Québec 1160, boul.St-Joseph Est, 3e étage, Mtl Laurier (514) 278-5309 www.converlang.com CAMELOTS, ADOLESCENTS ET ADULTES demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I Avec ou sans voiture I À commission Dans les secteurs suivants: I Boisbriand I Rosem re I Sainte-Th r se Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h, le week-end.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, M.Benoit Bougie composez le (514) 942-8560 Courriel : bbougie@lapresse.ca 2900462 2898975 La Presse 23 octobre 2000 Page A15 manquante 1LP1601A1023 a16 LUNDI 1LP1601A1023 ZALLCALL 67 00:58:09 10/23/00 B A 1 6 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 ROUES EN ACIER RABAIS DE 15% À L\u2019ACHAT DE PNEUS D\u2019HIVER ANJOU* 353-7770 BROSSARD* 465-1000 LASALLE* 364-7310 LAVAL* 682-1200 ST-BRUNO 441-6603 ST-LAURENT* 335-7770 NP1040600*COMPOSEZ LE POSTE 228 Copyright 2000.Sears Canada Inc.Pneus toutes saisons WeatherwiseMC Michelin de qualité supérieure Nos plus bas prix de la saison.Avec service de changement de pneu sur place 24 heures sur 24\u2020 et garantie contre les avaries routières\u2020.Série n° 58000.À partir de4499 Chacun 155R12.Rég.Sears 89,99.*Détails complets chez Sears.MCWeatherwise fait pour Sears par Michelin Rabais 25-40% Certains pneus de tourisme, de 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Taux d\u2019intérêt à partir de 5,9% 2901477 Tirage du 2000-10-21 Tirage du 2000-10-21 Tirage du 2000-10-21 GAGNANTS LOTS 6/6 4 563 933,70 $ 5/6+ 6 112 786,70 $ 5/6 929 582,70 $ 4/6 13 814 75,10 $ 3/6 203 233 10,00 $ Ventes totales: 14 541 778 $ Prochain gros lot (appr.): 2 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00 $ 5/6 31 500,00 $ 4/6 1 687 50,00 $ 3/6 27 335 5,00 $ Ventes totales: 667 348,50 $ Tirage du 2000-10-22 Tirage du 2000-10-22 3 4 922 6252 Tirage du 2000-10-22 Tirage du 2000-10-21 013098 100 000 $ 907958 100 000 $ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.TVA, le réseau des tirages Le jeu doit rester un jeu.15 22 47 49 *Seules les sélections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles à la promotion.GAGNANTS LOT 72 138,89 $ 04 05 07 12 13 19 21 24 25 27 31 36 38 39 41 56 63 64 67 69 02 04 06 14 30 35 Numéro complémentaire: 22 38 43 44 45 46 47 Numéro complémentaire: 17 2896292 La Presse 23 octobre 2000 Page A17 manquante 1LP1801A1023 a18 LUNDI 1LP1801A1023 ZALLCALL 67 00:57:40 10/23/00 B A 1 8 A C T U A L I T É S L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 AL'DQ propose un scrutin avec représentation proportionnelle NORMAN D E L I S L E Presse Canadienne ALMA Ð L'Action démocratique du Québec (ADQ) met de l'avant une proposition concrète de réforme du système électoral, avec une représentation proportionnelle.Lors d'une réunion de son conseil général, hier à Alma, le parti de Mario Dumont a adopté la suggestion suivante : Ð 75 des députés de l'Assemblée nationale seraient élus selon la méthode habituelle, dans les circonscriptions correspondant aux limites actuelles des comtés fédéraux ; Ð 50 députés additionnels seraient élus selon une formule de compensation proportionnelle régionale, qui permettrait de corriger les inégalités du scrutin régulier.Mario Dumont Cette proposition, adoptée à l'unanimité des 150 membres du conseil général de l'ADQ, a été préparée et présentée par le militant adéquiste André Larocque, qui a été naguère sous-ministre de la réforme électorale sous le gouvernement péquiste de René Lévesque.L'ADQ a été égratignée par le système électoral lors des dernières élections générales au Québec, n'obtenant qu'un seul des 125 sièges de l'Assemblée nationale malgré l'appui populaire d'un demimillion d'électeurs, soit 12 pour cent des suffrages.Une certaine forme de représentation proportionnelle pourrait corriger cette distortion lors des élections, a plaidé M.Larocque.Il a noté que sa proposition n'impliquerait pas de dépenses additionnelles pour l'État, puisqu'elle n'augmenterait pas le nombre actuel de députés de l'Assemblée nationale, qui demeure à 125.L'Action démocratique a aussi annoncé qu'elle présentera un mémoire devant les États généraux sur la langue, dont les travaux devraient commencer le 1er novembre prochain.Le parti de Mario Dumont y défendra « le principe de la prédominance claire de la langue française au Québec », tout en maintenant les droits linguistiques de la minorité et en favorisant le « maintien de la paix linguistique ».Plusieurs autres propositions ont été adoptées par les militants adéquistes.Les membres de l'exécutif national du parti solliciteront une rencontre avec la Fédération des femmes du Québec pour expliquer les positions de l'ADQ en matière de lutte contre la pauvreté, de resserrement des lois face à la violence et de justice.L'Action démocratique se battra aussi pour une baisse de la taxe sur les carburants, dont le prix élevé nuit au développement des régions du Québec.Une autre proposition suggère un soutien fiscal pour l'achat ou la rénovation d'une résidence partagée par plusieurs générations d'une même famille.Cette solution permettrait de faciliter la cohabitation des grands-parents avec leurs enfants et leurs petits-enfants lors d'un maintien à domicile de personnes âgées, ont plaidé les parrains de la résolution.Enfin, la ministre du Travail, Diane Lemieux, a été invitée à accorder un statut spécial à l'Outaouais pour les travailleurs de la construction, afin de faciliter la libre circulation de ces travailleurs avec l'Ontario limitrophe.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Condorcet 2000, pour l'ensemble de ses actions en faveur de la défense des droits et libertés des victimes d'injustice, tout particulièrement en ce qui a trait aux orphelins de Duplessis.PRIX CONCORDET 2000 Jacques Hébert récompensé par le Mouvement laïque québécois Le sénateur en profite pour inviter le gouvernement à rouvrir le dossier des orphelins de Duplessis S I L V I A GALIPEAU Le premier ministre Lucien Bouchard, comme « descendant légitime de l'honorable » Maurice Duplessis, ne pourra pas y échapper.Il devra payer pour les torts de l'« Autre », en rendant justice aux orphelins de Duplessis.Quant au cardinal Jean-Claude Turcotte, il devra s'excuser pour se retrouver « du bord de la justice ».Les mots sont du sénateur Jacques Hébert, qui recevait hier le prix Condorcet 2000 de la part du Mouvement laïque québécois, et qui en profitait pour livrer un virulent discours, interpellant à la fois M.Lucien Bouchard, le cardinal Jean- Claude Turcotte, ainsi qu'Yves Lamontagne, le président du Collège des médecins.De sa voix éraillée et sur un ton quasi théâtral, il a promis d'interpeller les trois hommes « sans relâche », tant et aussi longtemps qu'ils « ne se résoudront pas, au nom de leurs corporations respectives, à reconnaître les torts causés jadis à des enfants sans défense ».Sous le régime de Maurice Duplessis, certains orphelins dits « illégitimes » de l'institution Mont-Providence avaient été faussement étiquetés comme déficients mentaux, afin de permettre à l'institution d'obtenir des subventions fédérales plus généreuses.À l'époque, Maurice Duplessis, le cardinal Léger et les médecins avaient tous appuyé l'affaire.Aujourd'hui, Jacques Hébert reproche à Lucien Bouchard, au cardinal Léger et à Yves Lamontagne trois choses : de ne pas avoir rencontré les représentants des orphelins de Duplessis, de ne pas avoir présenté d'excuses au nom de leurs prédécesseurs, et de ne pas avoir offert une « juste et honnête compensation ».Au premier ministre, il demande une excuse franche, et une réparation tout aussi franche, s'apparentant moins au trois millions offerts en mars 1999, mais davantage aux 60 millions recommandés par le protecteur du citoyen Daniel Jacoby à la même date.La somme correspondrait ainsi aux indemnisations moyennes offertes dans les autres provinces pour des cas semblables.Au cardinal Turcotte, il n'ose même pas demander de charité, et l'implore seulement de s'excuser au nom de son prédécesseur, le cardinal Léger.« On ne vous parle même pas de charité, car vous devez bien savoir qu'il n'y a pas de charité sans justice », lançait-il.Il qualifiait aussi le silence du cardinal Turcotte d'« inacceptable », une silence qui « fait beaucoup de tort à l'Église catholique ».Et puis à Yves Lamontagne, il demande de « rendre compte pour les médecins indignes, sinistres et malhonnêtes de Mont- Providence, qui ont signé de faux certificats médicaux, c'est-à-dire, selon le Code, commis des crimes ».Présent hier, Bruno Roy, le président du Comité des orphelins de Duplessis, rappelait : « Nous vivons tous dans un régime de droits, toute personne qui a subi une injustice a droit à une compensation, or pas nous.Nous sommes encore des exclus.» Le médecin Henry Morgentaler, lauréat du même prix Condorcet en 1994, était lui aussi venu prêter main-forte aux orphelins pour l'occasion, qualifiant leur cause de « l'un des plus tristes événements de l'histoire du Québec ».Le prix Condorcet existe depuis 1993, et vise à récompenser une personnalité ou un organisme pour ses contributions en faveur de la défense de la liberté de conscience et de l'avancement de la laïcité.L'an dernier, le titre était justement octroyé au Comité des orphelins de Duplessis.Au bureau du premier ministre hier, on a rappelé que celui-ci avait rencontré les orphelins et offert compensation.Le dossier est désormais considéré comme clos.Il n'a pas été possible de rejoindre ni le cardinal Turcotte, ni le président du Collège des médecins, pour avoir leurs réactions sur la question.CHAMPIONNATS MONDIAUX DE MONOPOLY Les 5 finalistes sont connus Agence France-Presse TORONTO Ð Cinq « magnats » de l'immobilier ont acculé hier à la « faillite » 33 autres concurrents participants aux championnats mondiaux de Monopoly à Toronto.Le tenant du titre mondial, Christopher Woo, de Hong Kong, a été éliminé lors des manches préliminaires à la finale du championnat qui aura lieu aujourd'hui.L'Allemand Hans-Gunther Meyer, le Hongrois Tamas Bukovsky, le Japonais Yukata Okada, l'Écossaise Marilyn Elliott et Steven Chu Chun Hin, de Hong Kong ont accédé à la grande finale.Le champion du monde de Monopoly recevra une prime de 15 140 $ US, soit le montant précis d'argent prévu dans le jeu d'origine, créé en 1933 par l'Américain Charles Darrow.La compétition, qui se tient tous les quatre ans, se joue à Toronto sur une planchette de la toute nouvelle version canadienne du jeu de Monopoly.On y va en prison avec un représentant de la police montée et on joue avec des pions en étain en forme de caribou, d'ours, de canoë, d'avion à ski ou de hockeyeur.Le joueur se promène de la côte est à la côte ouest du Canada pour acheter maisons ou hôtels situés dans des rues de Toronto, Vancouver, Montréal, Québec ou Halifax.Les plus chers sont vendus sur la Robson Street de Vancouver, alors que les moins cotées (du jeu) sont sur Water Street à St.John, dans la province de Terre-Neuve.Photo PC © Stephanie Torres, une Portoricaine de 11 ans, est la plus jeune concurrente aux Championnats mondiaux de Monopoly, qui prennent fin aujourd'hui à Toronto.Elle a terminé 23e au total et repart avec 5284 $.Composez le 1 800 361-2354 ou voyez votre conseiller financier.www.altamira.com Des frais de gestion et d\u2019exploitation et des commissions de suivi peuvent êtres encourus pour l\u2019investissement dans les fonds communs de placement.Consultez notre prospectus simplifié avant d\u2019investir.Les taux de rendement représentent les taux de rendement annuels composés historiques des périodes terminées le 29 septembre 2000.Ils tiennent compte de la variation de la valeur des parts et du réinvestissement de toutes les distributions, mais excluent tous frais d\u2019acquisition, de rachat, de distribution ou autres frais optionnels et les impôts sur le revenu payables par les porteurs de parts qui auraient réduit les rendements.Pour les performances plus récentes, renseignez-vous auprès des Services financiers Altamira.Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leurs valeurs peuvent fluctuer et le rendement passé ne garantit en rien le rendement futur.D É D I É S À VOT R E E N R I C H I S S E M E N T.1 AN 3 ANS 5 ANS 10 ANS 1 AN 74,6% LES MOTEURS DE NOTRE ÉCONOMIE.ÇA VOUS ALLUME?FONDS DE CROISSANCE ALTAMIRA FONDS D\u2019ACTIONS ALTAMIRA 26,5% 21,1% 17,3% 57,5% 14,2% 16,0% 19,2% 3 ANS 5 ANS 10 ANS 2902171 1LP1901A1023 A19, lundi, MONDE 1LP1901A1023 ZALLCALL 67 00:56:47 10/23/00 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 MOND E A 1 9 Faible participation au scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire Agence France-Presse ABIDJAN Ð Le chef de la junte au pouvoir en Côte d'Ivoire s'est dit confiant dans une participation conséquente au scrutin présidentiel d'hier alors que témoins et journalistes faisaient état d'une faible mobilisation des électeurs.Le général Robert Gueï, qui a voté à Abidjan entouré d'un important déploiement de sécurité, a estimé que la participation serait supérieure à celle du référendum constitutionnel de juillet 2000 (56 %).« Tout se passe dans la sérénité, le vainqueur gagnera », a-t-il dit, soulignant que la Côte d'Ivoire était « un pays de paix ».Les quelque 5,5 millions d'électeurs avaient à choisir entre cinq candidats, dont trois voués à un rôle de figuration, l'affrontement se déroulant entre le chef de la junte, le général Gueï, et le leader socialiste Laurent Gbagbo.Les bureaux de vote fermaient en ordre dispersé hier après 18 h locales, certains présidents ayant décidé de prolonger les opérations de vote dont le démarrage avait dû être retardé pour des problèmes d'organisation.Aucun incident grave n'a été signalé, toutefois certains bureaux Ð notamment à Abidjan Ð ne disposaient pas de formulaires de procès verbaux en nombre suffisant pour en donner comme prévu aux représentants des candidats.Le dépouillement a immédiatement commencé, parfois à la lueur des lampes-tempêtes faute d'éclairage dans les salles de classes.Les premiers résultats devraient être connus ce matin.Deux grands partis, le Rassemblement des républicains (RDR) et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, au pouvoir de 1960 au coup d'État du 24 décembre 1999) avaient appelé au boycottage de l'élection.Le candidat du RDR, Alassane Ouattara, et les six candidats qui s'étaient présentés sous bannière du PDCI ont tous été invalidés par la Cour suprême.Aucun taux de participation global n'a été donné, la Commission nationale électorale (CNE) recevant les résultats au fur et à mesure.Un important dispositif militaire a été déployé autour du siège de la CNE à Abidjan après 18 h.Le parti de M.Gbagbo a estimé que la participation pourrait s'élever à environ 40 %.La plus grande affluence a été relevée dans l'ouest du pays, d'où sont originaires le général Gueï et M.Gbagbo.Dans les villes du nord, bastion du RDR, tous les correspondants de presse, ont noté une très faible participation.« Nous ne sommes pas allés voter », a expliqué Amara, 22 ans, en exhibant sa carte d'électeur au milieu d'un groupe qui buvait du thé sous un manguier, ajoutant : « Nous nous conformons au mot d'ordre de notre parti.» Dans le centre, notamment à Bouaké et Yamoussoukro, fief du PDCI, les témoignages faisaient état d'une participation réduite.Un peu partout, les témoins assurent que les électeurs en zone rurale ont été un peu plus mobilisés que dans les grandes villes.À Abidjan, la situation était plus mitigée mais la participation semblait moins importante que lors du référendum : pas de longues files d'électeurs sous le soleil et jusqu'à la fermeture des bureaux.De nombreuses boutiques ont fermé dans les quartiers populaires.Dans les bureaux, les représentants des deux principaux candidats étaient partout présents.Les électeurs, après le passage par l'isoloir, parfois un simple placard poussé contre un angle de mur pour masquer la vue, émergeaient ou appliquaient leur empreinte digitale sur la liste.M.Gbagbo, qui a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre toute tricherie, a déclaré qu'il ne « s'imaginait pas perdant ».« J'espère que les perdants seront de bons perdants », a-t-il dit après avoir voté, se disant « confiant » mais « toujours inquiet en ce qui concerne la fraude ».Il a prévenu à plusieurs reprises que si le général Gueï fraudait et essayait de lui « voler la victoire », il ferait descendre ses militants dans la rue.Le général Gueï a de son côté assuré qu'il reconnaîtrait sa défaite s'il était vaincu et remettrait le pouvoir.La présence des forces de l'ordre et de l'armée a été très discrète toute la journée à travers le pays.2897063 Référendum au Sénégal Agence France-Presse PARIS Ð Le président sénégalais Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis avril dernier après avoir passé 26 ans dans l'opposition, a annoncé hier à Paris la tenue « début janvier » d'un référendum constitutionnel, suivi par des « élections législatives en mars ».« Nous avons entrepris l'élaboration d'une nouvelle constitution dès mon arrivée au pouvoir, avec la mise en place d'une commission d'experts et de juristes.Cette constitution fera l'objet d'un référendum début janvier, et il y aura des élections législatives en mars », a déclaré M.Wade lors d'une conférence- débat à l'université de La Sorbonne.« J'espère faire mieux au référendum que lors de l'élection présidentielle, où j'avais obtenu 58 % des voix, et ensuite aux législatives afin d'asseoir la majorité à l'Assemblée nationale », a-t-il ajouté.M.Wade a souligné sa volonté d'« ajouter aux libertés publiques traditionnelles, des libertés pour les femmes rurales, notamment dans l'accès à la propriété, et contre le mariage forcé ».Il a toutefois précisé que la question de la polygamie ne serait pas abordée dans la constitution.« Je veux instaurer un État de droit.Cette constitution consacrera aussi de véritables droits pour l'opposition, comme le droit de manifester », a-t-il dit.Il a ainsi suggéré que son prédécesseur, le président Abdou Diouf devienne, « s'il en a envie », le chef de cette opposition, « avec un statut, comme dans la constitution canadienne, qui demeure pour moi, un modèle ».Initialement prévu le 27 novembre, ce référendum avait été reporté une première fois au 10 décembre.Le 10 octobre, le président Wade avait indiqué que la tenue d'un référendum constitutionnel pourrait connaître un nouveau report, sans mentionner de date précise. 1LP2001A1023 A20, lundi, MONDE 1LP2001A1023 ZALLCALL 67 00:54:02 10/23/00 B A 2 0 MOND E L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 Encore plus étonnant Encore plus mordant Les mordus avec André Robitaille 19 h Lundi c\u2019est Julie avec Julie Snyder 21 h CE SOIR À TVA Parmi les invités : PAUL BUISSONNEAU GENEVIÈVE BORNE CHARLES LAFORTUNE LUCE DUFAULT Invités : PATRICK FIORI HÉLÈNE SEGARA MICHEL BOUJENAH PIERRE PALMADE PREMIÈRE 2900333 Un Monténégrin premier ministre de Yougoslavie?Kostunica a l'oeil sur Zoran Zizic, dont le parti a soutenu Milosevic Agence France-Presse PODGORICA, Yougoslavie Ð Le président yougoslave Vojislav Kostunica a donné son accord hier à la candidature du Monténégrin Zoran Zizic, du Parti socialiste populaire (SNP), au poste de premier ministre du prochain gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie (RFY).Le SNP a soutenu l'ancien président Slobodan Milosevic jusqu'aux récentes élections fédérales.Lors de ces élections, il a remporté la totalité des sièges réservés au Monténégro au parlement fédéral, en raison du boycottage de la consultation par les partis réformistes et anti-Milosevic au pouvoir au Monténégro.M.Kostunica, soutenu par l'opposition démocratique de Serbie (DOS), coalition qui a remporté une majorité simple au parlement fédéral, a indiqué à plusieurs reprises qu'il nommerait au poste de premier ministre un candidat issu des rangs du SNP.S'adressant à la presse à l'aéroport de Pogdorica, la capitale monténégrine, à l'issue de ses entretiens avec les leaders du SNP, le nouveau président de RFY a indiqué que les consultations pour la composition du futur gouvernement fédéral se poursuivraient la semaine prochaine avec des représentants de la DOS et que les décisions finales seraient prises avant la fin du mois d'octobre.« Nous voulons un gouvernement qui permettra à la Yougoslavie de mettre en place un règlement de ses problèmes internes et de réintégrer la communauté internationale », a ajouté M.Kostunica, précisant qu'il comptait trouver dans la semaine ce nouveau gouvernement remplissant ces conditions.Tant M.Kostunica que M.Zizic ont indiqué qu'ils essaieraient d'impliquer le plus possible de partis politiques dans ce gouvernement.La constitution fédérale stipule que si le président est serbe, ce qui est le cas de M.Kostunica, le Premier ministre doit être monténégrin, et vice-versa.Photo AFP Le président Kostunica, lors de sa visite à Sarajevo hier, la première par un chef de l'État yougoslave en cinq ans.Madeleine Albright est arrivée en Corée du Nord Associated Press PYONGYANG Ð La secrétaire d'État américaine Madeleine Albright est arrivée lundi matin en Corée du Nord.Une telle visite, la première d'un secrétaire d'État américain depuis la création du pays, en 1945, à la suite de la division de la péninsule, était encore improbable il y a quelques mois.Madeleine Albright a été accueillie par le vice-ministre des Affaires étrangères, Kim Gye Gwan.Un enfant de huit ans lui a offert un bouquet de fleurs en guise de bienvenue.Si les discussions entre la secrétaire d'État et le leader nord-coréen Kim Jong Il se déroulent bien, le président Bill Clinton pourrait se rendre à son tour en Corée du Nord le mois prochain, ont indiqué des responsables de l'administration américaine.La construction et l'exportation par la Corée du Nord de missiles balistiques seront au centre des entretiens entre Mme Albright et ses interlocuteurs.On parlera notamment du Taepo Dong I, un missile de moyenne portée capable de menacer le Japon, mais aussi du Taepo Dong II, pas encore essayé en vol mais qui pourrait être capable d'atteindre le territoire américain.La dernière visite de Mme Albright dans la région remonte à 1997 : elle avait alors effectué une brève incursion dans la zone démilitarisée entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, pays qu'elle avait observé avec une paire de jumelles.Personne n'imaginait alors un dialogue entre les deux Corées, et encore moins la visite du chef de la diplomatie américaine.Chirac évoque en Chine la question des droits de l'homme Agence France-Presse PÉKIN Ð Le président français Jacques Chirac a tenu à évoquer hier, au cours de ses entretiens avec son homologue chinois Jiang Zemin, la question des droits de l'homme, avec le souci d'approfondir « le dialogue constructif » noué avec Pékin sur ce sujet sensible.Le chef de l'État français, qui assure actuellement la présidence de l'Union européenne, est arrivé hier soir à Pékin après un week-end dans la ville natale de Jiang Zemin, avec lequel il a eu cinq heures d'entretiens.Cette visite à Yangzhou était la réponse à celle que le président chinois avait effectuée il y a un an dans la résidence corrézienne du président français.Mais elle n'a pas donné lieu au même déploiement d'amabilités, même si les deux présidents ont visité, dans la bonne humeur, le musée, dissertant sur la culture et l'histoire chinoises, et parcouru en barque le grand canal.Depuis quelques mois, des nuages se sont amoncelés dans les relations franco-chinoises.La Chine demande à la France d'annuler la vente, conclue l'an dernier par Aérospatiale Matra avec Taïwan, d'un satellite d'observation.Pékin considère que ce satellite est d'usage militaire, Paris d'usage civil.Jacques Chirac et Jiang Zemin se sont mis d'accord pour que cette question ne pollue pas la visite.Mais l'agence Chine Nouvelle, rendant compte des entretiens de Yangzhou, a souhaité que les problèmes dans les relations bilatérales soient traités en ayant à l'esprit « les perspectives stratégiques » et « les intérêts fondamentaux et à long terme des deux pays ».Manière de laisser entendre que Pékin ne renonce nullement à ses exigences.Jacques Chirac, qui avait été critiqué par les militants des droits de l'homme, pour son accueil, jugé trop chaleureux à Jiang Zemin en octobre 1999, a évoqué les droits de l'homme et la situation du Tibet, au nom du dialogue francochinois et euro-chinois.Il a souhaité que la Chine ratifie rapidement les deux pactes de l'ONU sur les droits économiques, sociaux et culturels et sur les droits civils et politiques, signés en 1997 et 1998.Ce serait « un signe apprécié de la France et des Européens », a-t-il fait valoir.Le pacte sur les droits économiques sera examiné au Parlement chinois à partir d'aujourd'hui.Le vice-Premier ministre Qian Qichen a assuré Jacques Chirac de la volonté du gouvernement chinois qu'il soit ratifié prochainement.En revanche, aucune date n'est prévue pour le pacte sur les droits politiques, plus sensible que le premier.Jacques Chirac a également plaidé pour la liberté religieuse et civile au Tibet, sans pour autant remettre en cause son appartenance à la Chine.Le président français a également évoqué une nouvelle fois la situation des catholiques en Chine et souhaité l'amélioration des relations entre Pékin et le Vatican, fortement dégradées depuis les canonisations d'une centaine de martyrs de Chine par le pape Jean Paul II, le 1er octobre, jour de la fête nationale chinoise.Devant la communauté française à Pékin, il a également rendu hommage au prix Nobel de littérature, Gao Xingjian, réfugié en France dont il a acquis la nationalité.La Chine a critiqué la décision du comité Nobel, justifiée à ses yeux par des motivations politiques.Au cours des entretiens, Jacques Chirac et Jiang Zemin ont souligné leurs convergences sur la construction d'un monde multipolaire qui fasse contre-poids aux États-Unis, ainsi que sur l'aide à l'Afrique et la nécessité de maintenir à un haut niveau l'aide publique au développement.Autre point d'accord, la réforme des Nations unies pour rendre plus efficace le Conseil de sécurité dont la France et la Chine sont membres permanents.Lundi, Jacques Chirac participera au troisième sommet UEChine, où la prochaine adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sera au centre des travaux.Avant de quitter Pékin dans la soirée, il participera à une brève visite bilatérale.Le « Plan Colombie » agace les pays voisins Agence France-Presse BOGOTA Ð La prochaine mise en place du Plan Colombie de lutte contre la drogue met sous pression les pays voisins, menacés d'un exode de réfugiés et d'une émigration des narcotrafiquants et hantés par l'éventualité d'un débordement de la guerre civile.La Colombie a 6341 kilomètres de frontières avec cinq pays, le Brésil, l'Équateur, le Panama, le Pérou et le Venezuela.Le démarrage d'ici la fin de l'année de ce plan anti-drogue, basé sur une aide américaine massive, fait craindre aux chancelleries d'Amérique Latine un embrasement de la région à l'heure où les combats en Colombie ont déjà fait plus de 100 morts depuis mercredi et accentué le flux de réfugiés vers l'Équateur et le Panama.Le Plan Colombie a été qualifié de « déclaration de guerre » par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes Ð 12 000 hommes) et par l'Armée de libération nationale (ELN, extrême gauche Ð 6000 hommes), les deux principales organisations de guérilla colombiennes.Les FARC et l'ELN, implantées dans les zones de plantations de coca, sont accusées par l'armée de tirer l'essentiel de leurs ressources du trafic de drogue.L'aide américaine à Bogota dans le cadre de ce plan, d'un montant de 1,319 milliard de dollars, prévoit la fourniture à la Colombie de 60 hélicoptères pour la fumigation des plantations de coca, et inclut la présence de 500 conseillers américains.La Colombie est devenue le premier producteur mondial de cocaïne, avec 520 tonnes par an, exportées à hauteur de 90 % vers les États-Unis.Les succès du combat anti-drogue au Pérou et en Bolivie depuis dix ans ont accentué la culture de la coca en Colombie.Les capitales latino-américaines redoutent qu'un succès du Plan Colombie ne provoque l'installation des narcotrafiquants dans les pays voisins. 1LP2101A1023 A21, lundi, MONDE 1LP2101A1023 ZALLCALL 67 00:57:32 10/23/00 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 2 3 O C T O B R E 2 0 0 0 MOND E A 2 1 Durcissement au Proche-Orient Des hélicoptères d'assaut israéliens tirent des roquettes sur des zones habitées près de Bethléem EZZEDINE SAID Agence France-Presse JÉRUSALEM Ð Israël, en décrétant une pause dans le processus de paix, et les Arabes, en menaçant de rompre avec l'État juif, ont durci hier leurs positions, alors que les affrontements se poursuivaient dans les territoires palestiniens, où quatre manifestants ont été tués par l'armée.Cette nuit, des hélicoptères d'assaut israéliens ont tiré des roquettes et un char a tiré au canon en direction des zones habitées de la région de Bethléem (Cisjordanie) à la suite de tirs contre l'implantation juive de Gilo au sud de Jérusalem, selon un porte-parole militaire israélien.Auparavant, le premier ministre israélien, Ehud Barak, avait décidé une « pause » sine die dans le processus de paix avec les Palestiniens « à la lumière (des) résultats » du sommet arabe qui s'est achevé hier au Caire.« Après le sommet arabe et à la lumière de ses résultats, nous sommes obligés de procéder à une pause, dont l'objectif est de procéder à un réexamen de la situation du processus politique, comptetenu des événements de ces dernières semaines », c'est-à-dire de la révolte palestinienne, a affirmé M.Barak dans un communiqué.Un porte-parole gouvernemental israélien, Nachman Shaï, a, par la suite, précisé que cette « pause » allait durer aussi longtemps que les violences se poursuivraient dans les territoires palestiniens.Réagissant à la décision du Premier ministre israélien, le président palestinien Yasser Arafat n'a pas mâché ses mots à l'égard de celui qu'il considérait il y encore quelques semaines comme son « partenaire ».« Le peuple palestinien va continuer sur le chemin de Jérusalem, capitale de l'État palestinien indépendant, qu'il (Barak) l'accepte ou pas » a tonné le dirigeant palestinien à son retour du Caire à l'issue du sommet arabe.« Qu'il aille au diable », a-t-il ajouté à propos du Premier ministre israélien.M.Barak a également confirmé son intention de former un gouvernement « d'urgence nationale » avec l'opposition de droite.Dans la résolution finale du sommet, les dirigeants arabes ont menacé de rompre les relations que certains pays arabes ont établies avec l'État juif.Le sommet a, en outre, rendu Israël responsable des violences dans les territoires et du blocage du processus de paix.Les chefs d'État arabes se sont également engagés, « en raison du revers subi par le processus de paix, à faire face avec fermeté à toutes les tentatives d'infiltration d'Israël dans le monde arabe et à cesser désormais d'établir des relations avec lui ».La résolution finale du sommet demande également à l'ONU de créer un Tribunal pénal international pour juger « les criminels de guerre israéliens, auteurs de massacres de Palestiniens ».Israël a répliqué en condamnant ce qu'il a qualifié de « langage de la menace », tout en rendant hommage au président égyptien Hosni Moubarak pour « les efforts considérables » qu'il a déployés pour « maintenir une approche équilibrée » « Israël rejette catégoriquement le langage de la menace qui a été utilisé lors du sommet et condamne les appels à la poursuite des violences », a affirmé dans un communiqué la présidence du Conseil.Sans même attendre la fin du sommet arabe, la Tunisie a annoncé la fermeture de son bureau d'intérêts en Israël et celui d'Israël à Tunis, tandis que le ministre qatariote des Affaires étrangères, cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani, affirmait que son pays étudiait une possible fermeture de la représentation commerciale israélienne à Doha.Israël s'est déclaré « déçu » et « surpris » par la décision tunisienne.Qualifiant la résolution finale du sommet arabe de « solide », M.Arafat a, pour sa part, affirmé que le texte « soutient la lutte du peuple palestinien à tous les niveaux ».Mais selon un responsable palestinien qui parlait au Caire sous le couvert de l'anonymat, M.Arafat « n'est pas content, car il juge les décisions prises contre Israël trop faibles et trop obscures ».Un des chef du Fatah, le mouvement de M.Arafat, a confirmé que le sommet arabe avait « déçu les espoirs du peuple palestinien ».« Il aurait dû prendre des décisions plus pratiques », a déclaré à l'AFP Marwan Barghouthi, chef du Fatah en Cisjordanie.Sur le terrain, les affrontements entre manifestants et soldats israéliens s'étaient poursuivis dans la journée, faisant au total quatre morts chez les Palestiniens, deux à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, et deux autres dans la bande de Gaza, ainsi qu'une vingtaine de blessés.Cette nuit, des hélicoptères d'assaut israéliens ont tiré des roquettes et un char a tiré au canon en direction des zones habitées de la région de Bethléem (Cisjordanie) à la suite de tirs contre l'implantation juive de Gilo au sud de Jérusalem, selon un porte-parole militaire israélien.Une dizaine d'enfants palestiniens en état de choc ont été hospitalisés, selon des sources hospitalières.Des échanges de tirs (sporadiques du côté palestinien) ont opposé pendant plusieurs heures hier soir Israéliens et Palestiniens entre Gilo et les localités palestiniennes de Beit Jala, Khadr et le camp de réfugiés de Haïda proches de Bethléem.L'armée israélienne a riposté aux tirs palestiniens en tirant des rafales de mitrailleuses et des grenades vers la localité de Beit Jala, du village de Khadr et du camp de Haïda d'où provenaient les tirs, selon une source militaire.Puis des hélicoptères israéliens sont intervenus, selon des témoins palestiniens, tirant d'abord à la mitrailleuse puis à la roquette et au canon en direction de deux bâtiments, dont une fabrique de carreaux, selon des témoins.À la suite d'un nouveau tir palestinien des chars israéliens gardant Gilo ont ouvert le feu à la mitrailleuse et l'un a tiré un obus.Au moins trois maisons ont été touchées par ces tirs qui ont provoqué un mouvement de panique dans ces localités qui se sont retrouvées plongées dans l'obscurité à la suite de la coupure d'une ligne à haute tension, ont-ils précisé.Par ailleurs sept Palestiniens ont été blessés lors d'un échange de tirs dans la bande de Gaza, près de Rafah, à la suite du tir d'un missile Law anti-char par des soldats israéliens, selon des sources palestiniennes et militaires israéliennes.Les quatre nouveaux décès de dimanche portent à 132 le nombre des morts (112 Palestiniens, 12 Arabes israéliens, 7 Israéliens juifs et un soldat druze de l'armée israélienne) depuis le début de la révolte palestinienne, qui a éclaté le 28 septembre lors de la visite du chef de la droite israélienne, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem.2896454 1LP2201A1023 A22 lundi dito 1LP2201A1023 ZALLCALL 67 00:50:10 10/23/00 B A22 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 Pour une vraie consultation michele.ouimet@lapresse.ca En avril, la Ville de Montréal avait autorisé la compagnie Matrec à construire un centre de transbordement de déchets dans le quartier Saint-Henri, mais les résidants se sont révoltés.Pas question, ont-ils dit, de prendre notre petit déjeuner en reniflant les effluves de tonnes de déchets entassés à cent mètres de nos fenêtres.Indignés, les gens de Saint- Henri se sont rendus à l'hôtel de ville de Montréal et ils ont défilé devant la Commission du développement urbain (CDU), plaidant pour leur quartier, pauvre mais fier.Sourde aux critiques, la CDU a voté en faveur du projet Matrec.Les exemples pourraient se multiplier : arrivée d'un Loblaw à Ahuntsic, transformation de la Redpath le long du canal de Lachine, conversion du théâtre Rialto en discothèque, construction de condos sur le flanc du mont Royal.À chaque fois, les citoyens mécontents ont frappé un mur.Imperméables aux critiques, les neuf membres de la CDU, un organisme de consultation formé uniquement de conseillers municipaux, donc de politiciens, acceptaient les projets controversés.Frustrés, amers, les citoyens repartaient en ayant la désagréable impression de s'être fait flouer et en pensant que cette commission ne servait à rien, sinon à donner bonne conscience au maire Bourque.Et ils ont raison.Montréal doit se débarrasser de cette commission bidon.Politisée, engluée dans des chicanes partisanes, la CDU n'est pas crédible.Sa présidente, Hasmig Belleli, une conseillère du maire Bourque, est souvent agressive.Contrôlante, elle coupe la parole aux membres de la Commission qui ne partagent pas ses idées.Pire, elle se permet parfois de rabrouer des citoyens.De toute façon, l'administration Bourque fait souvent fi de ses avis.Que ce soit pour la Redpath, le Loblaw ou les condos du promoteur Lépine sur le mont Royal, le comité exécutif de la Ville avait déjà fait son lit, peu importe les recommandations de la CDU.n n n Dans les autres villes de la province, sauf à Québec et Montréal, les citoyens qui s'opposent à un projet peuvent exiger la tenue d'un référendum.Dans son rapport sur la réforme municipale déposé récemment sur le bureau de la ministre Louise Harel, le mandataire Louis Bernard corrige la situation.Il recommande que les 27 arrondissements qui formeront la future grande ville de Montréal aient le droit de tenir des référendums.Les Montréalais ne doivent plus être des citoyens de seconde zone.Mais le rapport Bernard est flou.Pour les détails, le mandataire s'en remet aux conclusions de la commission présidée par l'ancien ministre libéral Gérald Tremblay, chargé par le maire Bourque de revoir le fonctionnement de la CDU.Celui-ci doit remettre un rapport préliminaire demain.Louis Bernard règle le délicat problème de la consultation en deux, trois paragraphes écrits sur le bord de la table.Il se contente d'affirmer que le schéma d'aménagement doit relever de la future Communauté métropolitaine de Montréal, donc de l'instance régionale qui regroupera d'ici le 1er janvier des villes de la Rive-Sud, de la couronne nord et de l'île de Montréal.Il ajoute que le plan d'urbanisme doit être sous la responsabilité de la grande ville qui épousera les contours de l'île et que le zonage sera du ressort des arrondissements.Sage décision.En donnant la responsabilité du zonage aux arrondissements, il évite que TOUS les citoyens de l'île aient à décider si un dépanneur peut avoir trois portes et quatre fenêtres ou si un quartier héritera d'un Loblaw.Bref, que les gens débattent de ces questions dans leur quartier avec, dans les poches, l'arme du référendum.La grande ville n'a pas à régler des problèmes pointus de zonage.Par contre, elle doit adopter un plan d'urbanisme, sinon chacun des 27 arrondissements accouchera du sien, risquant ainsi de créer une tour de babel architecturale à Montréal.Pour décider des grands projets qui ont un intérêt à la grandeur de l'île, comme le développement du mont Royal, un bureau de consultation pourrait être créé.Formé de gens compétents et non de politiciens, son fonctionnement doit être simple et clair afin d'éviter les délais trop longs qui feraient fuir les promoteurs.Son existence devrait aussi être inscrite dans la Charte de la Ville.Un maire expéditif ne pourrait donc pas s'en débarrasser par un simple vote au conseil municipal, car tout amendement à la Charte nécessite le feu vert de Québec.Que proposera l'ancien ministre Tremblay ?Retiendra-t-il l'hypothèse d'un bureau indépendant et crédible ?Chose certaine, il doit mettre au panier la CDU qui, au fil des projets controversés, a fait la preuve de son incompétence.Des valeurs qui nous représentent?MÊME s'il dit représenter les valeurs canadiennes dans toute leur splendeur, M.Chrétien démontre qu'il est réfractaire à toute critique, et ses gestes laissent poindre une certaine intolérance face à la critique.Le boycott libéral du comité des comptes publics où le vérificateur général devait faire part des carences administratives du gouvernement n'aura été qu'une occasion de plus de constater à quel point la démocratie est mal servie.Quand seul un cercle restreint d'individus aux intérêts partisans invoque l'intérêt national afin de déclencher hâtivement des élections, et s'assurer ainsi une campagne vide de tout débat significatif, nous sommes en droit de nous questionner sur la portée réelle des valeurs défendues par le parti au pouvoir.L'autocritique et la tolérance envers autrui n'en font manifestement pas partie et ont été évacuées au profit de considérations qui se confinent au ras du sol.GUY CAMPEAU Gatineau Tenter le diable LE CRIME sexuel est assurément le plus « spectaculairement » et le plus durement houspillé par notre société.Paradoxalement, c'est le sexe qui compte le plus grand nombre de vitrines.Journaux, revues, films, gadgets, etc.À peu près tous les actes sexuels entre personnes consentantes sont tolérés.Il ne pourrait en être ainsi pour la violence.Il faut dire que les conséquences ne sont pas nécessairement les mêmes.Une distance illimitée sépare la tolérance et l'intolérance en matière de sexe.D'un côté, tout, ou presque, est permis à condition de respecter le consentement de l'autre.Pour le déviant, c'est la condamnation illico, sans appel et permanente.C'est viscéral chez nous.J'essaie de comprendre cette dichotomie.S'agit-il de puritanisme hypocrite, d'irresponsabilité, de scrupule bienséant ou de culpabilité écorchée, hérissée ?Ou est-ce dû au fait que le crime sexuel s'attaque davantage à la personne psychologique ?Je ne sais trop.J'aimerais qu'on m'explique.Mais, ce que je sais, plutôt, ce que je constate, c'est qu'on punit et blâme sévèrement le déviant sans questionner tout l'arsenal érotique dont il peut disposer.Ne nous leurrons pas.L'omniprésence du sexe affecte les personnes dont l'équilibre est fragile en ce domaine.En décriant ces « cochons », on a l'impression de montrer patte blanche.Et puis le sexe, c'est une industrie qui est intimement liée au signe de piastre.Alors.YVES DESLAURIERS Prévost Étonnante déclaration DANS LA FOULÉE des revendications pour que certaines entreprises québécoises, canadiennes ou étrangères francisent leur nom d'entreprise lorsqu'elles font affaires au Québec, Lucien Bouchard aurait déclaré pour justifier le laxisme de son gouvernement dans ce domaine : « On en retrouve partout, de ces appellations (unilingues anglaises), dans le monde.Voyagez, vous allez voir un McDonald sur les Champs-Élysées, et ainsi de suite.» Une déclaration étonnante, vous en conviendrez, de la part d'un chef de gouvernement francophone.N'aurait-il pas été plus approprié de la part de M.Bouchard de dire, par exemple : « Plusieurs entreprises ont compris qu'il était à leur avantage commercial d'afficher leur nom d'entreprise en français au Québec ; il suffit de penser à Bureau en gros, Poulet Frit Kentucky, Dollar ou deux, Le Monde des Athlètes, Chalet Suisse, Centre Japonais de la Photo pour n'en nommer que quelques-unes.Les autres auraient avantage à s'inspirer de celles-ci » ?Bref, il aurait pu inviter les entreprises à comprendre et à respecter la dynamique québécoise comme se doit de le faire un premier ministre du Québec.Choisir de citer la présence de McDonald sur les Champs-Élysées en France ne peut être perçu, dans les circonstances, que comme un encouragement pour les entreprises à banaliser les efforts de francisation du Québec, au point de dissuader celles qui avaient l'intention de le faire, et même, de ridiculiser celles qui l'ont déjà fait.JEAN-PAUL PERREAULT Les touristes sexuels et la loi agruda@lapresse.ca Un Français de 48 ans vient d'être condamné par la justice de son pays à une peine de sept ans de prison pour avoir violé une fillette de sept ans lors d'un voyage en Thaïlande.Amnon Chemouil est le premier touriste sexuel à avoir été inculpé en vertu d'une loi récente permettant de juger des citoyens français qui ont commis des agressions sexuelles contre des mineurs à l'étranger.Selon une estimation approximative, un million d'enfants sont exploités sexuellement quelque part sur la planète.En Asie, mais aussi en Afrique et en Europe de l'Est, des enfants vendent leur corps pour des miettes à des touristes qui profitent d'eux en toute impunité.Les années 90 ont vu naître un mouvement de lutte contre ce trafic de chair fraîche.En 1996, la conférence internationale sur l'exploitation sexuelle des enfants s'attaquait de front à la pédophilie transfrontalière.Cette prise de conscience a amené quelque 25 pays, dont le Canada, à adopter des lois visant à soumettre les « pédophiles transfrontaliers » aux tribunaux de leur pays d'origine.L'Allemagne a joué un rôle de pionnier dans le domaine, en votant une loi en ce sens dès 1993.Durant ses cinq premières années d'application, cette loi a donné lieu à une quarantaine de poursuites.D'autres pays, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ont aussi pu utiliser leurs lois pour sévir contre les pédophiles voyageurs.Et le Canada ?Notre loi, en vigueur depuis trois ans, n'a pas encore servi une seule fois ! Pas que le Canada soit immunisé contre cette sombre pratique touristico- sexuelle.Selon des sons de cloche recueillis auprès d'ONG vouées à la protection des droits des enfants, c'est notre loi qui manque un peu de mordant.Exemple : exception faite de cas de prostitution, avant de poursuivre un Canadien pour une agression sexuelle contre un mineur à l'étranger, le Canada doit demander le consentement du pays concerné.Récemment, un professeur de Calgary s'est rendu au Costa Rica avec des élèves.Une de ses étudiantes l'a accusé d'agression sexuelle.Mais le Costa Rica a refusé que l'enseignant en question soit déféré devant un tribunal canadien.Et puis, un procès pour un crime extraterritorial, c'est cher et compliqué.Les touristes sexuels n'ont pas tous la bonne idée de filmer leurs ébats, comme l'a fait M.Chemouil.Il faut faire enquête, trouver des preuves.Cela prend de l'énergie et des ressources.Il y a deux ans, un Canadien de retour d'Afrique du Sud était arrêté à l'aéroport de Vancouver avec des photos explicites et un journal où il notait ses « rencontres » avec des petites filles de moins de 10 ans.Le Canada aurait pu le poursuivre pour avoir exploité sexuellement ces enfants.Mais on s'est contenté d'une accusation de possession de pornographie infantile, qui a valu au monsieur une amende de 300 $.Du coup, on a raté une belle occasion de tester la nouvelle loi.C'est peut-être une évidence, mais il faut le répéter : une loi dont on ne se sert jamais est une loi qui ne sert à rien.PHOTOTHÈQUE, La Presse © La Maison de Radio-Canada, à Montréal.La qualité du français à Radio-Canada UNE LECTRICE de La Presse fustigeait dans cette page, jeudi dernier, la radio et la télévision publiques pour la qualité de leur langue parlée en ondes.Elle donnait comme exemple deux erreurs de français qui se sont glissées dans un bulletin de nouvelles diffusé quelques jours plus tôt à la radio de Radio-Canada.À titre de directeur de l'information de la radio française de Radio-Canada, je tiens à répondre personnellement à cette lectrice sur ce sujet qui est fort important pour nous : la qualité du français en ondes.Le bulletin cité par la lectrice est l'un de nos 27 bulletins quotidiens.Notre but premier est d'informer le public le plus rapidement et le plus précisément possible.Des lapsus peuvent se produire dans le feu du direct.Par contre, je ne crois pas, comme il était écrit dans cette lettre ouverte, que tous nos auditeurs soient unanimes « à souligner le piètre niveau de la langue parlée.».Le contraire serait plus près de la vérité.Radio-Canada s'est toujours distinguée par la qualité de ses émissions et de sa langue parlée.Des institutions phares comme le bureau des annonceurs et le service de linguistique de Radio-Canada ont contribué à cette réputation qui est encore inégalée aujourd'hui dans le milieu.La direction de Radio-Canada est convaincue de l'importance qu'il faut donner chaque jour à la qualité de la langue parlée en ondes.Entre autres, signalons que nous avons un conseiller linguistique, monsieur Guy Bertrand, qui répond aux interrogations de nos artisans et corrige, dans une chronique régulière, les erreurs qu'il a entendues en ondes au cours de la semaine.Vous pouvez consulter cette chronique dans notre site Internet (www.radio-canada.ca, zone «Éducation», Le français au micro).À ma connaissance, aucune autre station de radio n'en fait autant.ALAIN SAULNIER Le directeur de l'information de la radio française de Radio-Canada FORUM ANDRÉ DESMARAIS > P r é s i d e n t du c o n s e i l d ' a d m i n i s t r a t i o n GUY CREVIER > P r é s i d e n t e t é d i t e u r MARCEL DESJARDINS > V i c e - p r é s i d e n t e t é d i t e u r a d j o i n t YVES BELLEFLEUR > D i r e c t e u r de l ' i n f o r m a t i o n A L A I N DUBUC > É d i t o r i a l i s t e en c h e f Droits réservés Serge.Chapleau@lapresse.ca LA BOÎTE AUX LETTRES VOUS AVEZ DES COMMENTAIRES SUR DIVERS SUJETS?ÉCRIVEZ-NOUS: courrier électronique: edito@lapresse.ca 1LP2301A1023 A23 LUNDI dito 1LP2301A1023 ZALLCALL 67 00:50:23 10/23/00 B FORUM LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 23 OCTOBRE 2000 A23 Prévenir dès la grossesse la violence des jeunes La télévision de Radio-Canada présente cet automne la série Tag, qui porte sur l'adolescence et la délinquance, la violence et l'exclusion.Nous profitons ici de l'intérêt que suscitent ces dramatiques pour poursuivre plus loin la réflexion et prolonger dans la réalité le questionnement amorcé dans l'univers de la fiction.RICHARD E .TREMBLAY L'auteur est titulaire de la chaire sur le développement de l'enfant à l'Université de Montréal.LA VIOLENCE physique des adolescents et des jeunes adultes fait peur et fascine.Les médias nous bombardent d'informations plus ou moins romancées sur les malheurs des jeunes qui les conduisent à la violence.Les porteurs du message seraient-ils eux-mêmes responsables d'une flambée de violence chez les jeunes ?Notre société moderne fabriquerait-elle des monstres ?C'est bien ce que Jean- Jacques Rousseau a cherché à faire comprendre aux citoyens de Genève, il y a 250 ans, lorsqu'il apprit que Voltaire allait ouvrir un théâtre aux portes de la ville.Il était convaincu que les oeuvres de fiction nuisaient à l'éducation des jeunes.Pour bien faire comprendre que les enfants sont victimes de leur environnement, Rousseau commence son célèbre traité sur l'éducation des enfants par la phrase suivante : « Tout est bien, sortant des mains de l'Auteur des choses ; tout dégénère entre les mains de l'homme.» La version moderne de ce traité de l'éducation des enfants nous porte à croire ce qui suit : plus les enfants vieillissent, plus ils sont influencés par la violence des médias, par des amis déviants, par des parents qui négligent de les superviser ; à l'adolescence, ils deviennent de plus en plus libres de choisir leurs amis, leurs émissions de télévision, les lieux qu'ils fréquentent, et ils peuvent même choisir d'abandonner l'école ; cette liberté donne accès à toutes les mauvaises influences qui mènent à la délinquance et à la violence, surtout si on a des parents pauvres.Notre système de protection de la jeunesse semble organisé pour répondre à cette vision des origines de la violence.Le comité Lebon, du ministère de la Santé et des Services sociaux, estime en effet que les Centres jeunesse du Québec investissent plus de 40 % de leur budget (670 millions par année) pour placer des adolescents en institution.Plus les adolescents sont violents, plus « leur protection » coûte cher, celle des plus violents atteignant 100 000 $ annuellement pour chacun d'entre eux.Il est clair que ces interventions de la « protection de la jeunesse » durant l'adolescence peuvent protéger le public des adolescents violents.Toutefois, contrairement aux espoirs, règle générale elles ne réussissent pas à transformer en citoyen bien adapté l'adolescent qui a des problèmes chroniques de violence.Pourquoi ?Quand la violence des jeunes débute-t-elle?Afin de tenter de répondre à cette question, nous suivons, depuis près de 20 ans, le développement de dizaines de milliers de jeunes, depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte.Les résultats nous ont surpris, bien qu'ils ne surprennent pas ceux qui vivent quotidiennement avec de jeunes enfants.Contrairement aux théories modernes qui proposent, à l'instar de Rousseau, qu'en vieillissant les enfants apprennent la violence de leur environnement, c'est en fait vers l'âge de deux ans que les enfants utilisent le plus souvent l'agression physique.Ces comportements apparaissent en effet dès la fin de la première année après la naissance et leur fréquence augmente sensiblement tout au long de la deuxième et souvent pendant la troisième année.Par la suite, le niveau d'agression physique de la très grande majorité des enfants diminue de façon constante jusqu'à l'âge adulte.Ces résultats vont à l'encontre de l'image de l'enfant gentil et obéissant qui, au cours de l'adolescence, se transforme en délinquant à cause de la mauvaise influence de son milieu.Que se passe-t-il donc ?L'agression physique chez les humains est, comme chez les autres espèces animales, un comportement « naturel » pour obtenir ce qui est désiré ou pour réagir à la frustration.Mais le petit de l'homme apprend pendant les premières années de la vie à utiliser d'autres moyens que l'agression physique.Heureusement, la nature fait bien les choses.À l'âge où l'enfant de l'humain utilise fréquemment l'agression physique, il est petit de taille, et plus il devient grand et fort, plus il apprend à se contrôler et à utiliser d'autres moyens pour obtenir ce dont il a besoin ou pour exprimer son mécontentement.Comment prévenir les cas de violence chronique?Malheureusement, il y a une minorité d'enfants qui, pour plusieurs raisons, n'arrivent pas à acquérir ce contrôle aussi bien que la majorité.Tout en devenant grands, forts, et de plus en plus rusés, ils maintiennent un haut niveau d'agression physique.La violence physique de ces jeunes était tolérée lorsqu'ils étaient de petits enfants, probablement parce qu'elle ne mettait pas les adultes en danger.Mais lorsque l'adolescence leur donne un corps d'adulte, ceux qui les entourent ont tout à coup besoin de protection ! Une protection qui coûte extrêmement cher, et qui consiste par ailleurs à regrouper ces jeunes sous un même toit, soi-disant pour leur bien ! Il n'est donc pas surprenant que dans les centres de réadaptation, on retrouve des « climats » et des comportements qui ressemblent à ceux des milieux carcéraux.Si l'on veut vraiment protéger ces enfants qui sont destinés à une vie de misère parce qu'ils n'ont pas appris à utiliser des solutions de rechange acceptables à l'agression physique, nous allons devoir investir une bonne partie de nos ressources de protection de la jeunesse au début de leur vie.Il est clair que la capacité de vivre avec les autres sans violence physique s'apprend lors de la petite enfance.Nous connaissons de mieux en mieux les conditions qui nuisent à l'apprentissage du contrôle de l'agressivité physique pendant la petite enfance.Les enfants qui vivent dans un milieux familial désorganisé sont les plus à risque.Une bonne partie de ces familles sont relativement faciles à identifier parce que les parents sont très souvent le produit de notre système de protect i o n d e l a jeunesse.En effet, il n'est pas difficile d'imaginer que les adolescents qui ont de sérieux problèmes d'agression physique, de toxicomanie et de prostitution seront les parents les moins aptes à apprendre à leurs jeunes enfants à utiliser d'autres moyens que l'agression physique pour obtenir ce qu'ils désirent.Les jeunes femmes enceintes qui ont vécu cette vie de misère depuis leur enfance, et qui ont souvent comme partenaire un jeune homme qui a eu un cheminement semblable, sont bien connues des réseaux des services sociaux, des médecins, des infirmières et des autres professionnels qui leur procurent des soins physiques pendant la grossesse.Elles sont aussi bien connues des CLSC et des Centres de la petite enfance, des cliniques, des hôpitaux et des écoles maternelles qui offrent des services aux enfants après la naissance.C'est lorsque ces mères ont recours à tous ces services qu'il faut utiliser les millions de dollars pour protéger la jeunesse.On comprend de mieux en mieux aujourd'hui que le développement de l'organisation physiologique du cerveau dépend de la qualité des premières expériences, tout particulièrement au cours de la grossesse et au cours des quelques années suivantes.L'enfant dont le cerveau a subi la consommation de drogue, d'alcool, et de cigarette de sa mère pendant la grossesse, en plus de subir la négligence et l'abus physique des ses parents après l a naissance, n'aura pas la même capacité d'apprendre à contrôler son comportement que celui qui n'a pas vécu ces expériences.Non seulement l'absence de services adéquats pendant la grossesse et pendant les quelques années avant l'entrée à l'école nous coûtet- elle extrêmement cher par la suite, mais nous condamnons en plus ces enfants délaissés et leurs descendants à un éternel recommencement de vie de misère.'eLnfant dont le cerveau a subi la consommation de drogue, d'alcool, et de cigarette de sa mère pendant la grossesse, en plus de subir la négligence et l'abus physique des ses parents après la naissance, n'aura pas la même capacité d'apprendre à contrôler son comportement que celui qui n'a pas vécu ces expériences.L'auteur, Richard E.Tremblay RÉPLIQUES Une argumentation Oui, les autochtones paient de l'impôt! à remettre à jour PIERRE TRUDEL L'auteur est professeur d'anthropologie au Collège du Vieux Montréal.CLAUDE PICHER écrit, dans « L'aide financière aux autochtones » (La Presse, 28 septembre), que celle-ci « coûte un bras aux contribuables canadiens », eux qui en ont assez de voir tant d'argent donné aux autochtones.Sans parler du fait que « les autochtones écoeurent les automobilistes qui traversent Kahnawake » dans le but d'appuyer ceux qui « pêchent illégalement le homard au Nouveau-Brunswick ».De plus, « les autochtones ne paient pas d'impôt sur le revenu, ni de taxe de vente ».En moyenne, les autochtones reçoivent chacun 19 500 $ en dépenses publiques fédérales et provinciales sans payer de taxes et d'impôts, tandis que les autres Canadiens reçoivent chacun 10 200 $, mais ils paient des taxes et des impôts.« Manifestement, les gens en ont assez », écrit Claude Picher.Ce texte attaque la réputation de tout un groupe au Canada.Il s'agit d'environ un million de personnes.Il contient des affirmations qui sont contraires à la vérité et des insinuations malveillantes.Manifestement, ce texte leur porte préjudice.Trois peuples autochtones occupent le Canada, selon l'article 35 de la Constitution.Les Métis, les Inuits et les Indiens non inscrits paient des taxes et des impôts.Sur les réserves vivent environ 250 000 Indiens inscrits.Seuls les Indiens inscrits résidant et travaillant sur une réserve ne paient pas d'impôts.Quant aux taxes de vente, habituellement, un bien acheté hors réserve, ou qui n'est pas livré sur la réserve, ne fait pas l'objet de l'exemption fiscale.La situation socio-économique des réserves fait en sorte qu'une proportion très importante d'Indiens inscrits résidant dans une réserve n'aurait de toute façon pas suffisamment de revenus pour payer de l'impôt car 47 % dépendent de l'aide sociale.L'exemption fiscale ne profite qu'à une minorité.Il y a beaucoup plus d'autochtones qui paient des impôts et des taxes qu'il n'y en a qui bénéficient de l'exemption fiscale prévue dans la Loi sur les Indiens.Claude Picher tente d'estimer « l'aide gouvernementale aux autochtones ».La dépense fiscale que représente l'exemption fiscale, qu'il généralise à tort à tous les autochtones, s'élèverait à 1,2 milliard de dollars (900 millions en impôt sur le revenu et 300 millions en taxe de vente).À ce manque à gagner pour le gouvernement s'ajouteraient les dépenses gouvernementales qui s'adressent aux autochtones, soit celles en provenance principalement du ministère des Affaires indiennes.En tout, il s'agit d'une somme de 9300 $ par individu en moyenne, ou au total 6,5 milliards, et à laquelle « vous n'avez pas droit si vous n'êtes pas un Amérindien ou un Inuit ».Ces dépenses s'ajouteraient à d'autres dépenses gouvernementales, soit 10 026 $ que reçoit en moyenne chaque Canadien, pour en arriver à un total de 19 500 $.Cette affirmation est fausse.La Commission royale sur les peuples autochtones a estimé en 1992-93 le montant moyen que reçoit chaque autochtone à 15 714 $, comparativement à 10 026 $ pour les autres Canadiens.L'écart s'explique premièrement par la nécessité de combler des besoins fondamentaux découlant de la pauvreté, du manque d'accès à l'emploi et aux ressources.Deuxièmement, cet écart s'explique par la démographie des autochtones : il y a beaucoup plus de jeunes.De plus, les autochtones sont plus souvent que les autres Canadiens répartis dans de petites collectivités très éloignées des centres urbains.Il y a aussi des programmes destinés spécifiquement aux autochtones et auxquels les autres Canadiens n'ont pas accès ; ces programmes donnent des services publics qui ne sont pas couverts par les gouvernements provinciaux ou fédéral.La majorité de cette somme va à des dépenses en éducation postsecondaire, là où il y a un grand rattrapage à faire, ainsi que dans la santé, ou encore là, et cela est bien connu, se trouvent des besoins qui sont loin d'être comblés.Claude Picher écrit que ce traitement spécial auquel n'a pas droit l'ensemble des Canadiens s'élève à 6,5 milliards de dollars.Dans les faits, il s'agit plutôt de 0,7 milliard et qui vont principalement à des programmes destinés aux autochtones en matière de santé et d'éducation ! La commission royale démontre que les autochtones paient de l'impôt en estimant à 2,1 milliards la somme que les gouvernements pourraient toucher de plus si les autochtones hors réserves, ou travaillant hors réserves, avaient un revenu équivalent aux autres Canadiens.En 2016, la Commission a estimé que la perte de tous les Canadiens découlant de la marginalisation économique s'élèvera à 11 milliards de dollars dépensés en programmes correctifs et en pertes fiscales.Quant aux autochtones, ils perdraient, si l'ampleur du problème relatif à l'équité en emploi se maintenait, 4,3 milliards en revenu net, après qu'ils auraient payé 3,1 milliards en impôt.La commission en conclut : « À moins que des progrès tangibles ne soient réalisés bientôt, nous risquons d'être entraînés dans un conflit majeur dont les coûts humains et économiques seront très élevés, beaucoup plus élevés que les coûts du statut quo que nous venons d'examiner.».(volume 5, p.55) D'ici 20 ans, des centaines de milliers d'emplois devront être disponibles aux autochtones si l'on veut tenir compte des politiques d'équité en emplois et de leur hausse démographique.Le texte de Claude Picher encourage la généralisation abusive, l'hostilité et les préjugés à l'égard des autochtones de la part d'éventuels employeurs ou collègues de travail.IL EST VRAI, comme vous le mentionnez, que seuls les Indiens visant sur les réserves sont exempts de taxes et d'impôts.Je reconnais que j'aurais du être plus précis sur ce point.Je vous ferai cependant remarquer que, selon les chiffres du ministère des Affaires indiennes, 60 % de la population indienne vit sur les réserves.Cela fait, en tout, une population de 375 727 personnes, et non 250 000 comme vous le prétendez.Apprécions l'ampleur de l'écart.Je vous signale aussi que, selon Statistique Canada, il y a 799 000 autochtones au Canada.Ce chiffre inclut les Indiens vivant sur les réserves et hors réserves, les métis et les Inuits.Vous conviendrez que ce chiffre est encore assez loin de votre « million de personnes ».En supposant un taux d'accroissement démographique annuel de 2,8 % (chiffre conforme aux prévisions du ministère), votre « million de personnes » devrait être atteint en 2009.Les chiffres de la Commission royale sur les peuples autochtones remontent à plus de sept ans.Les chiffres que je citais sont ceux des crédits du ministère des Affaires indiennes pour l'exercice 2000-2001.En ce sens, votre argumentation aurait besoin d'une sérieuse mise à jour.Le budget du ministère, de 4,8 milliards, est entièrement canalisé vers des dépenses et programmes exclusivement destinés aux autochtones.Votre chiffre de 0,7 milliard ne correspond à aucune réalité.Vous invoquez aussi deux grandes raisons pour justifier le coût de l'aide aux autochtones.D'abord, la pyramide démographique.Sur ce point, les chiffres sont éloquents : les jeunes de 15 ans et moins constituent 35 % de la population autochtone, contre une moyenne canadienne de 21 %.Si la situation était la même chez les autochtones que dans le reste du Canada, il y aurait 139 000 jeunes autochtones de moins.Il est assez difficile de croire que la présence de ces 139 000 jeunes (moins de 0,5 % de la population canadienne) justifie des dépenses de 4,8 milliards et plus.Votre deuxième argument concerne l'éloignement des communautés autochtones.Il est vrai que de nombreuses réserves sont situées en région éloignée, mais ce sont celles qui sont les moins peuplées.Les réserves mohawks des environs immédiats de Montréal comptent, à elles seules, une population supérieure aux treize villages inuits du nord du Québec, réunis.C.P.PHOTOTHÈQUE, La Presse © Un groupe de jeunes autochtones à la réserve de Maliotenam. La Presse 23 octobre 2000 Page A24 manquante "]
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