La presse, 10 novembre 2000, Cahier A
[" 5LP0103A1110 Page A1/10novembre 5LP0103A1110 ZALLCALL 67 01:06:45 11/10/00 B MONTRÉAL VENDREDI 10 NOVEMBRE 2000 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC > HULL-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.· · 1 17e ANNÉE > NO 22 > 6 8 PA G E S > 6 C A H IE R S Un incroyable imbroglio Gore contestera en justice les résultats qui donnent à Bush une infime avance en Floride RICHARD HÉTU collaboration spéciale NEW YORK Ð Le suspense électoral s'est transformé en guerre politique hier.Les lieutenants d'Al Gore sont passés à l'offensive en promettant de s'opposer en justice au résultat de l'élection présidentielle en Floride.Ils ont également demandé un décompte manuel du scrutin dans quatre comtés de l'État, dont celui de Palm Beach, où des citoyens sont descendus dans la rue pour réclamer un nouveau scrutin.C'est la première fois depuis 1876 que le résultat d'une élection à la Maison- Blanche est contesté.« Si la volonté des citoyens doit prévaloir, alors Al Gore doit être déclaré vainqueur en Floride et devenir président », a déclaré William Daley, directeur de la campagne présidentielle du vice-président, au cours d'une conférence de presse à Tallahassee, capitale de la Floride.Daley a pris la parole pendant que se déroulait le décompte des votes en Floride.À la fin de la soirée, l'avance de George W.Bush sur Gore avait fondu, passant de 1874 suffrages à 229, sur un total de six millions.Ce résultat n'a pas encore été officialisé.Et il ne tient pas compte des votes par correspondance, qui pourraient être décisifs.La Floride a jusqu'au 17 novembre, soit dix jours après le scrutin, pour recevoir et valider ces votes.Il faudra attendre au moins cette date avant de connaître le vainqueur de la Floride.En raison de ses 25 grands électeurs, la Floride joue un rôle déterminant dans l'élection présidentielle de 2000.Si Bush ou Gore enlève l'État, il atteint le total de grands électeurs requis pour accéder à la Maison- Blanche : 270.La confusion règne en Floride, mais les États-Unis ne sont pas encore officiellement en crise.La Constitution du pays prévoit une transition de dix semaines entre l'élection d'un président et son inauguration.Ainsi, jusqu'au 20 janvier 2001, Bill Clinton est toujours le président en fonction.« Laissez-moi vous assurer que la présidence se continue de façon vigoureuse jusqu'au 20 janvier », a déclaré l'ancien chef de la diplomatie américaine, Voir UN INCROYABLE en A2 Autres informations Ðpage A10 Photo AP Accompagné de son colistier Dick Cheney (à gauche) et d'Andrew Card, l'un de ses conseillers, George W.Bush a passé la journée d'hier à préparer son équipe présidentielle, comme s'il était certain de la victoire malgré le nouveau décompte des voix en Floride.Les bulletins de la confusion RICHARD HÉTU collaboration spéciale NEW YORK Ð Les bulletins de vote du comté de Palm Beach, au nord de Miami, avaient été conçus pour aider les personnes âgées à voter.Ils auront plutôt provoqué la plus grande confusion électorale de l'histoire des États-Unis.Plus de 19 000 bulletins ont été invalidés lors du dépouillement du scrutin mardi, soit 4 % des suffrages exprimés.Des électeurs y avaient inscrit plus d'un choix à la présidence.Depuis la journée du scrutin, d'autre part, des électeurs démocrates ont affirmé avoir voté par mégarde pour le candidat du Reform Party, Pat Buchanan.Ils ont mis leur erreur sur le compte de la conception alambiquée des bulletins du comté de Palm Beach.Pour comprendre cette confusion, il faut jeter un coup d'oeil sur les bulletins en question.Les candidats présidentiels et leurs colistiers y sont répartis sur deux colonnes.Le ticket républicain (Bush- Cheney) domine la colonne de gauche, Voir LES BULLETINS en A2 Une corrida sanglante Day a brisé les règles du débat, déplorent ses adversaires « Stockwell a coincé Chrétien » Comment le Bloc est devenu moins temporaire Le français de Day déçoit ses maîtres Ð pages A6 à A8 La corrida, avec encore une fois Jean Chrétien dans le rôle du brave taureau attaqué de toutes parts, fut beaucoup plus sanglante que celle du débat français.Qui en fut le vainqueur ?Spontanément, je dirais Joe Clark, qui, n'ayant rien à perdre, a magistralement attaqué tant M.Chrétien que M.Day, mais d'autres donneront la palme à ce dernier, qui a habilement effacé, hier soir, sa mauvaise performance au débat français.Le moment le plus dramatique survint vers la fin, lorsque MM.Clark et Day accusèrent le premier ministre d'avoir déclenché ces élections pour écarter Paul Martin du leadership.Des deux chefs d'opposition, M.Clark fut le plus direct et le plus cruel : « (Vous avez déclenché l'élection) pour que Paul Martin n'ait pas votre job.Vous êtes un premier ministre sans autre projet que de rester au pouvoir.» M.Chrétien n'avait pas eu le temps de se relever du coup que déjà M.Clark attaquait de Voir UNE CORRIDA en A2 Arts, spectacles, cinéma cahier C - horaire spectacles C4 - horaire télévision C4 - télévision C3 Bandes dessinées D14 Décès E7 Économie cahier D Éditorial A12 Êtes-vous observateur D14 Feuilleton D14 Forum A13 Horoscope E8 Le bridge E8 Le monde A10, A11 Loteries A2, E3 Mots croisés D14, S10 Mot mystère D14 Petites annonces - immobilier E4, E5 - marchandises E5 - emplois E5 - automobile E5, E6 - affaires D2 Politique A6-A8 M É T É O Voir page S16 Pluvieux Maximum 11, minimum 6 Photo PC Sous le regard un rien surpris de Jean Chrétien et Joe Clark, Stockwell Day a brandi une pancarte disant « Non à un système de santé à deux vitesses », lors du débat télévisé des chefs qui s'est tenu en anglais hier soir à Ottawa.Débat vif et mordant G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð Le débat anglais des chefs d'hier soir a certainement été l'un des plus spectaculaires et des plus vifs de ces dernières années.La plus grande priorité des Canadiens, c'est-à-dire la question de la santé, a notamment rattrapé les cinq chefs des partis fédéraux, donnant lieu à des prises de bec corsées, à des situations cocasses et à un ton fort différent des débats habituels.Après un début terne, Joe Clark et Stockwell Day s'en sont pris aux coupes de 33 % (25 milliards) exercées par le gouvernement Chrétien dans le financement de la santé, l'accusant d'avoir été la première cause de l'effondrement du système.M.Day a qualifié ces coupes de « sauvages » et M.Clark a sommé le premier ministre de redonner aux provinces tout l'argent qui leur revient.« Attendez-vous de faire encore plus de dégâts ?» at- il demandé au premier ministre.M.Chrétien a répliqué en mettant de l'avant l'accord du 11 septembre dernier avec les provinces et les 21 milliards qu'il a réinjectés dans le système.Il a contre-attaqué en lançant une charge contre son principal adversaire, Stockwell Day, l'accusant d'entretenir le projet secret d'un système de santé à deux vitesses.M.Day a alors fait une chose pour le moins surprenante, sortant des sentiers battus et montrant à la caméra une affiche sur laquelle Voir DÉBAT en A2 5LP0202A1110 Page A2/11novembre 5LP0202A1110 ZALLCALL 67 01:06:55 11/10/00 B A2 · LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 DEMAIN DANS LA PRESSE Mégacomplexes sans complexes Deux nouveaux cinémas de la chaîne Famous Players ouvriront leurs portes la semaine prochaine : le premier dans le Parc olympique, le second, à Laval.Trente-cinq salles supplémentaires apparaissent ainsi dans un marché québécois que l'on dit déjà saturé par des mégacomplexes que d'aucuns accusent de tous les maux (mort des cinémas de quartier, disparition du cinéma d'auteur, tarifs exorbitants, atmosphère bruyante).Nos journalistes Stéphanie Bérubé, Jean-Christophe Laurence et Marc-André Lussier en ont profité pour faire le point sur la situation.À lire demain dans le cahier Cinéma.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 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William Daley, numéro deux de Gore en Floride, semble être sorti des pages d'un roman politique.Il est le fils du légendaire maire de Chicago, Richard Daley, celui-là même qui fit voter des morts en 1960 pour permettre à John F.Kennedy d'arracher la Maison-Blanche à Richard Nixon.L'élection présidentielle de 2000 est souvent comparée à celle de 1960.Les deux ont été extrêmement serrées.Mais la comparaison s'arrête là.En 1960, Nixon a choisi de ne pas contester l'élection, malgré la fraude à Chicago et au Texas.Comme il l'a écrit dans ses mémoires, il voulait épargner au pays des déchirements.Gore suit une autre voie.Fort d'une majorité dans le vote populaire, ce que Nixon n'avait pas, il se battra en Floride pour obtenir gain de cause, comme l'ont annoncé ses lieutenants.Après tout décompte automatisé, la loi électorale de Floride permet aux candidats de demander un dépouillement manuel.Les démocrates ont décidé de se prévaloir de cette loi dans quatre comtés : Palm Beach, Dade, Broward et Volusia.Dans le comté de Palm Beach, les démocrates prétendent que des milliers d'électeurs n'ont pu voter pour Gore en raison de bulletins de vote mal conçus et « illégaux ».Dans leur confusion, certains électeurs démocrates auraient voté par erreur pour l'ultraconservateur Pat Buchanan, candidat présidentiel du Reform Party, qui a récolté 3400 suffrages dans le comté, un total qui l'a lui-même étonné.En outre, plus de 19 000 bulletins ont été invalidés, étant marqués par plus d'un choix.Le camp Gore s'est dit prêt à se battre pendant des semaines pour obtenir gain de cause en Floride.En attendant, le révérend Jesse Jackson, allié de Gore, est descendu pour encourager les électeurs qui protestent dans la rue.On peut voir le spectacle sur CNN.C'est Elian Gonzalez sans Castro.Les républicains ont réagi avec indignation aux manoeuvres des démocrates.Dans une conférence de presse à Austin, capitale du Texas, les lieutenants de Bush ont accusé les démocrates de « politiser » et de « déformer » les faits.Selon eux, le gouverneur du Texas a gagné le scrutin en Floride, comme le démontre son avance dans les suffrages.Le président élu, c'est lui.« Notre processus démocratique prévoit un vote le jour de l'élection, il ne prévoit pas qu'on continue à voter jusqu'à ce que quelqu'un soit satisfait du résultat », a déclaré Don Evans, directeur de la campagne présidentielle de Bush.Les républicains ont menacé de demander un décompte des votes en Iowa et au Wisconsin, où Gore a gagné par quelques milliers de votes seulement.Ils ont tourné en ridicule les plaintes des démocrates concernant les bulletins du comté de Palm Beach.À Tallahassee, où il représente Bush, l'ancien secrétaire d'État James Baker a rappelé que les bulletins controversés avaient été approuvés par les démocrates avant l'élection.« Et devinez quoi, il n'y a eu de plainte qu'après l'élection », a-t-il dit aux journalistes.À Austin, le camp Bush s'est efforcé de projeter une image présidentielle.On a parlé de transition, de la nomination prochaine d'un chef de cabinet, d'un meeting entre le gouverneur et Condoleeza Rice, conseillère de Bush en matière de sécurité nationale.Les démocrates ont utilisé le mot « arrogance » pour parler de l'attitude des républicains.La guerre politique ne fait que commencer.LES BULLETINS Suite de la page A1 suivi du ticket démocrate (Gore-Lieberman).Le nom de Buchanan et de sa colistière apparaissent en haut de la colonne de droite.Entre les deux colonnes se trouvent des cercles que les électeurs devaient poinçonner pour exprimer leur choix.Comme le ticket démocrate se trouve au deuxième rang de la colonne de gauche, certains électeurs auraient poinçonné le deuxième cercle en pensant voter pour Gore.Or le deuxième cercle correspondait à un vote pour Buchanan.Une chose est sûre : Buchanan a récolté un nombre étonnant de votes dans le comté de Palm Beach, soit 3400.Même dans les comtés plus populeux ou plus conservateurs de la Floride, le commentateur n'a pas fait mieux.Les 3400 votes de Buchanan sont étonnants parce que le comté de Palm Beach compte une très forte population de juifs.Or, Buchanan a souvent été accusé d'antisémitisme par le passé.« Je ne pense pas que nous avons 3000 nazis dans le comté de Palm Beach », a déclaré le commissaire du comté, Bert Aaronson.Buchanan lui-même a admis que ses suffrages dans le comté de Palm Beach étaient sans doute le résultat d'erreurs.« Il semble que la plupart de ces 3000 voix dont on parle ne sont probablement pas pour moi et pourraient suffire à donner l'avantage à M.Gore », a-t-il dit au cours d'une entrevue à l'émission Today, de NBC.Au moins trois électeurs ont entrepris des démarches en justice pour obtenir la tenue d'un nouveau vote dans le comté de Palm Beach.Ils ont reçu l'appui de plusieurs centaines de leurs concitoyens qui sont descendus dans la rue, hier, à West Palm Beach, pour réclamer une nouvelle élection.Les conseillers de Bush ont réagi de façon agressive aux allégations des démocrates.Ils ont fait valoir que plus de 14 000 bulletins de vote avaient été invalidés dans le comté de Palm Beach lors des élections de 1996.Et ils ont soutenu que le comté comptait plusieurs supporters de Buchanan.DÉBAT Suite de la page A1 UNE CORRIDA Suite de la page A1 nouveau : « Qu'avez-vous fait durant sept ans, à part la loi sur la clarté et les bourses du millénaire ?».Joe Clark était plus relaxe que Stockwell Day.Ce dernier jouait tout son avenir et celui de son parti.M.Clark ne jouait que sa fugace image dans les manuels d'histoire.Gagner le débat n'est pas gagner les élections, comme l'ont prouvé John Turner en 1988 et Mario Dumont en 1997.Il n'empêche que M.Clark a été magistral, et, de très loin, le plus intelligent et le mieux renseigné des cinq leaders.En plus, il n'avait pas, comme Stockwell Day, cette déplorable habitude de fixer constamment la caméra.M.Clark regardait ses interlocuteurs, il leur parlait pour vrai.Stockwell Day, par contre, avait l'air d'une poupée Ken avec sa gestuelle laborieusement axée sur la caméra.Mais attention, ce dernier a été terriblement efficace, notamment lorsqu'il s'est défendu de promouvoir un système de santé à deux vitesses.Le truc de la petite pancarte était simpliste mais efficace, de même que l'insistance extraordinaire que le chef allianciste a mise à demander à Jean Chrétien de rétracter son accusation : « Allez-vous me traiter de menteur ou allez-vous retirer ces annonces (qui disent que je favorise un système à deux vitesses) ?».Dans le rôle des picadors dont la fonction est d'épuiser le taureau avant l'exécution finale, Gilles Duceppe et Alexa Mc Donough ont été assez efficaces, quoique cette dernière ait nettement dépassé le chef bloquiste au rayon de la futilité.Elle semblait le plus souvent mener un débat parallèle, hurlant ses « lignes » sans égard à ce qui se disait à côté.M.Chrétien, qui avait été fort convaincant dans le débat français, semblait hier affaibli par l'effet combiné de ces multiples attaques.Quatre attaquants par jour, cela fait huit au bout du compte ! Il n'a pas fait de gaffe et ne s'est jamais départi de l'attitude courtoise qui sied à un premier ministre sortant.Mais il s'est mal défendu des attaques qui pleuvaient sur lui.Ou plus exactement, il s'en est défendu sans inspiration, sans passion, sans sortir des clichés de son petit manuel de campagne.Au départ, il avait tendance à lire studieusement son texte.Quand la discussion s'est animée, ce n'est que par des platitudes qu'il a répliqué aux accusations de MM.Clark, Day et Duceppe sur son bilan gouvernemental.Il a notamment raté l'occasion de clouer Stockwell Day au pilori sur l'« agenda caché » de l'Alliance en matière sociale.Cela aurait pourtant été facile, compte tenu que l'on sait maintenant que l'Alliance promet à ses partisans des référendums sur la peine de mort et l'avortement.M.Chrétien n'a effleuré le sujet que mollement, peut-être pour ne pas s'aliéner le vote des régions semi-rurales.Mais on se demande pourquoi M.Duceppe n'a pas abordé la question, lui qui, de son propre aveu, ne s'intéresse qu'à « ce qui est bon pour le Québec ».Or, Dieu sait qu'au Québec, on est contre la peine de mort et l'interdiction de l'avortement ! À la place, M.Duceppe a préféré radoter sur la loi contre les motards, un sujet qui n'intéresse pas le reste du Canada.De toute façon, le chef bloquiste avait la partie facile : dans l'opposition ad vitam aeternam, quelle responsabilité a-t-il donc à assumer ?était inscrit « Pas de système de santé à deux vitesses ».« Vous pouvez lire cela M.Chrétien ?» a-t-il demandé.M.Clark s'est alors moqué de son adversaire de l'Alliance, lui demandant s'il voulait devenir « animateur de jeux télévisés ou premier ministre ».« M.Day est devenu un spécialiste pour passer des messages complexes sur des panneaux réclames », a ajouté Joe Clark, déclenchant les rires de l'assistance.Les réseaux de télévision ont cependant signalé, après la soirée, que M.Day n'avait pas respecté les règles préétablies en faisant usage de cette affiche.Mais Stockwell Day n'entendait pas en rester là.« La position de l'Alliance canadienne, a martelé Day, ce n'est pas un système à deux vitesses.Ou bien vous me traitez de menteur, M.Chrétien, ou bien vous retirez vos publicités qui prétendent que c'est ma position.» Le premier ministre a tenté de faire dévier le tir, mais M.Day a réussi à monopoliser l'attention en l'interpellant à répétition : « Répondez à ma question, pourquoi vous ne répondez pas à ma question ?» M.Clark, qui a été solide et mordant toute la soirée, a conclu que Jean Chrétien avait bel et bien l'argent pour la santé, mais n'avait rien d'autre, pas de leadership, pas de plan pour le Canada et qu'il était temps de changer de gouvernement.La carte de la nouveauté a d'ailleurs été jouée à fond par les opposants de Jean Chrétien.Les Day, Duceppe et Clark se sont résolument aventurés sur le terrain des attaques personnelles, tentant de dépeindre le premier ministre comme un homme du passé.Gilles Duceppe, qui a fort bien tiré son épingle du jeu toute la soirée dans la langue de Shakespeare, a notamment mentionné que « l'avenir pour les Québécois passait par un partenariat entre le Québec le Canada ».« Il n'y a personne au Québec qui pense que Jean Chrétien représente l'avenir », a-t-il dit.M.Day a été encore plus cinglant en affirmant qu'il ne voulait pas devenir premier ministre pour « être quelqu'un ».« Je le fais pour l'avenir de mes enfants, pour l'avenir des Canadiens.» Le chef de l'Alliance a laissé entendre que, lui, saurait se retirer après dix années de pouvoir.Il a aussi mouché M.Clark à un moment du débat, l'intimant de ne pas l'interrompre.« Vous avez eu 30 ans pour faire valoir votre point, M.Clark, je vais prendre 30 secondes pour faire valoir le mien.» Le premier ministre Jean Chrétien n'a pas été mauvais, défendant ses réalisations, sa conception d'un gouvernement national dédié à protéger le filet social et l'unité du pays.Mais le tir de ses adversaires était tellement nourri et concentré, ses réponses tellement prévisibles et connues, qu'il a paru égal à lui-même.« Je suis humain, je ne suis pas parfait », a déclaré Jean Chrétien pour atténuer les nombreux coups de boutoir de ses adversaires.« Le leadership, a-t-il répondu avec un rare moment d'émotion, c'est de servir les gens.» Joe Clark n'a pas été tendre non plus envers son vieil adversaire libéral.« La seule véritable raison pour laquelle vous avez déclenché des élections, lui a-t-il lancé, c'est pour empêcher Paul Martin de prendre le pouvoir.» Les autres thèmes débattus au cours du débat, ceux de la justice, de la place du Québec dans ou hors la fédération, des valeurs morales Ð dont l'avortement Ð, des programmes de subventions, ont été en quelque sorte une répétition des grandes discussions tenues au cours des deux premières semaines de la campagne électorale.Alexa Mc Donough, le chef du NPD, a certainement été le plus effacé des cinq candidats hier, ramenant sans cesse sur le tapis le thème de la mauvaise utilisation des surplus budgétaires.Elle a notamment accusé M.Chrétien de se déguiser « en sauveur du système de santé », de n'avoir rien prévu pour le logement social, les soins à domicile et les sans-abri.« Ce que les Canadiens savent, at- elle lancé à propos du bilan du premier ministre, c'est que 37 jours de docteur Jekyll ne comblent pas les sept ans de M.Hyde.» RECETTES Précision En raison d'une erreur technique, deux recettes de notre chroniqueur gastronomique, Ricardo Larrivée, étaient incomplètes dans le cahier Actuel de notre numéro d'hier.Nous les reproduisons aujourd'hui en page B2.Prenez quelques livres.pour le plaisir! Le 23e Salon du livre de Montréal Du 16 au 20 novembre 2000 Un cahier spécial à ne pas manquer demain dans 5LP0301A1110 a3 vendredi 5LP0301A1110 ZALLCALL 67 01:05:07 11/10/00 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 A3 ACTUALITÉS Le policier qui a tiré sur Suazo plaidera coupable en déontologie CHRISTIANE DESJARDINS Michel Garneau, le policier qui a abattu d'une balle à la tête un jeune voleur à l'étalage, Martin Suazo, en mai 1995, enregistrera un plaidoyer de culpabilité devant le Comité de déontologie policière, mercredi prochain.Le procureur de Garneau, Me Philip Schneider, et la procureure de la Commission de déontologie, Me Christiane Mathieu, en sont manifestement venus à une entente dans cette affaire, mais il a été impossible de savoir hier sur lequel des deux chefs Garneau allait s'avouer coupable.Le policier est cité pour avoir usé d'une force plus grande que nécessaire et ne pas avoir utilisé son arme de service avec prudence et discernement.Martin Omar Suazo, 23 ans, a été atteint d'une balle à la tête le 31 mai 1995, au terme d'une poursuite sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal.Suazo était hors de sa voiture et maîtrisé quand le coup de feu mortel avait retenti.L'enquête du coroner avait conclu à un accident, dû entre autres au niveau de stress que comportent les opérations policières à haut risque.Il n'y a jamais eu d'accusations criminelles déposées contre Garneau.Les poursuites civiles entreprises par la famille ont finalement été réglées hors cour, pour une somme qui reste secrète.Mais Garneau a finalement été cité devant le Comité de déontologie en 1999, et c'est cet exercice qui doit se tenir ces jours-ci.Il y a eu faute professionnelle Hier matin, lors d'une conférence préparatoire en vue du procès qui devait durer une vingtaine de jours devant le Comité de déontologie, les deux procureurs ont expliqué au président du Comité, Jean-Marie Blais, que l'exercice serait considérablement réduit, vu l'aveu de culpabilité.Il n'y aura pas de témoin à faire entendre, et on présentera au président divers documents, dont des rapports balistiques, d'autopsie, et des résumés de témoignages, afin de l'éclairer sur l'incident et la sentence à imposer.« Si on en est à un plaidoyer de culpabilité, c'est évident qu'il y a eu faute professionnelle.La faute professionnelle est claire, elle est admise », a expliqué Me Mathieu.Le président a toutefois averti les procureurs qu'il se réservait le droit d'interroger des témoins s'il le jugeait nécessaire.« Si un coup de feu est parti accidentellement, je veux le savoir.Si j'ai besoin d'entendre un témoin, je vous informe que je l'entendrai.Je me réserve le droit d'aller plus loin si j'en ai besoin », a ajouté le président, avant d'ajourner la séance à mercredi prochain.Yves Manseau, président du Mouvement Action Justice, était présent dans la salle d'audience, hier.Il estime que la tournure de cette affaire démontre encore une fois un manque flagrant de transparence du milieu policier.Il craint que la lumière ne soit pas faite entièrement sur les incidents, et il réclame une audience publique.Manseau a toutefois salué la position qu'avait prise M.Blais, quand il a fait connaître son intention d'entendre des témoins s'il le jugeait nécessaire.« Je lui lève mon chapeau », de dire M.Manseau.La mère de Martin Suazo, Lily Salinas, devait arriver du Pérou hier.PHOTOTHÈQUE La Presse © Des camionneurs en grève au port de Montréal, plus tôt cette semaine.PORT DE MONTRÉAL 16 millions de poursuites, plaintes et contraventions Cinq compagnies déposent des plaintes pour pratique déloyale MARIE-CLAUDE GIRARD S'IL FAUT se fier à l'expérience des infirmières, il risque de couler beaucoup d'eau dans le port de Montréal avant que la CSN ne paie les amendes qui s'accumulent chez les représentants syndicaux et les camionneurs de l'intermodal.Seize mois après la grève illégale des infirmières, les tribunaux ne se sont pas encore penchés sur la contestation des 10 millions de dollars d'amendes imposées à la Fédération des infirmières et aux représentants syndicaux, a indiqué hier la présidente de la FIIQ, Jennie Skene.En fait, si la grève de l'été 1999 a coûté cher jusqu'ici aux infirmières, ce n'est pas en raison des amendes imposées au syndicat en vertu d'une loi d'exception, mais parce que le gouvernement peut, en raison d'une loi précédente (loi 160), soustraire directement du chèque de paye deux jours de salaire par jour de grève illégale.La CSN compte contester les amendes, mais aussi la loi d'exception votée la semaine dernière.Déjà, la centrale nage en plein dans les procédures légales.Hier, cinq compagnies ont déposé autant de plaintes pour pratique déloyale au Conseil canadien des relations de travail, réclamant 7,66 millions à la CSN et au Syndicat national du transport routier.Les compagnies estiment que le syndicat ne peut forcer les employeurs à négocier parce qu'il n'est pas un agent accrédité au sens du Code canadien du travail.Le responsable du contentieux à la CSN, Me François Lamoureux, juge ces plaintes non fondées et abusives au sens légal.Ces plaintes s'ajoutent aux actions entreprises au civil par des compagnies qui veulent obtenir 7,7 millions pour divers dommages causés par l'arrêt de travail des camionneurs.Quant aux multiples avis d'infraction, la CSN espère pouvoir les compiler d'ici la fin de la semaine.Le 4 novembre, ils totalisaient déjà un demimillion, uniquement pour la centrale et le syndicat.Les chèques d'aide remis aux camionneurs en grève proviennent du fonds de défense professionnel de la CSN, mis sur pied dans les années 70 et financé par une cotisation perçue auprès des syndiqués CSN.Les camionneurs s'exposent à des amendes de 250 $ à 1000 $ par jour de grève.Ceux qui sont aussi représentants syndicaux sont passibles d'amendes de 7000 $ à 35 000 $.La CSN et le Syndicat national du transport routier pourraient payer de 25 000 $ à 125 000 $ par jour de grève.De leur côté, les infirmières n'ont pas été payées pour les jours de grève.À leur retour au travail, elles ont vu un jour de plus rayé de leur chèque.Pour rembourser celles qui ont déboursé davantage, la FIIQ a partagé la contribution entre toutes les infirmières.Au total : 447 $ chacune, l'équivalent d'environ trois jours et demi de travail.Les pénalités ont porté un coup à la solidarité syndicale, déjà ébranlée par les négociations.Avant que la facture ne soit répartie, le Syndicat de l'est du Québec a quitté la FIIQ.Mais Mme Skene ne croit pas que le gouvernement ait réussi à briser la solidarité syndicale.« Sur le coup tout le monde chiale, mais après on a accepté de partager.C'est un exemple de solidarité extraordinaire.» La loi d'exception a aussi fait perdre des journées de libération syndicale, ce qui a entraîné certaines hausses de cotisations.À l'hôpital l'Enfant-Jésus de Québec, où travaille Mme Skene, les cotisations sont passées de 9,56 $ à 12,13 $ par semaine.De plus, la loi 72 prive la FIIQ pendant encore au moins cinq ans du prélèvement à la source des cotisations syndicales.Pour assurer quelques revenus avant la mise en place d'un autre système de perception, des syndicats d'infirmières d'autres provinces ont prêté environ deux millions à la FIIQ, qui en a déjà remboursé une partie.Des herbicides contre les plantations de cannabis La police veut se servir de satellites pour détecter les cultures FRANÇOIS BERGER LA SÛRETÉ du Québec utilisera de puissants herbicides pour détruire les plantations de cannabis et elle envisage aussi d'avoir recours aux satellites afin de détecter les cultures clandestines qui prennent une ampleur considérable sur les terres agricoles, dans les champs en friche et même en forêt.L'utilisation des technologies de pointe est devenue une nécessité pour la police.« Nous devons raffiner nos méthodes, et rapidement », a confié à La Presse le responsable de l'éradication du cannabis au sein de la Direction de la lutte contre le crime organisé à la Sûreté du Québec, le caporal Jean Audette.Les plantations sont de plus en plus nombreuses et de mieux en mieux camouflées.Les trafiquants ne se contentent plus de disperser les plants dans des champs de maïs, par exemple, mais utilisent aussi l'orée des bois, les clairières en forêt et les flancs de montagnes.Il y a maintenant des plantations illicites « partout au Québec et aussi loin que sur la Côte-Nord », précise le caporal Audette.Cet été, 1500 plants ont été saisis à Forestville, tandis qu'une première plantation nordique avait été détectée l'an dernier à Clova, en Abitibi.Qualifié de « Colombie du Nord » par des policiers américains, le Québec exporte en grande partie aux États-Unis sa marijuana à forte teneur en THC (tetrahydro-cannabinol, l'ingrédient actif de la plante).La valeur commerciale de l'herbe prohibée saisie par la police du Québec, cette année, dépasse le demi- milliard de dollars.Jusqu'à maintenant, les policiers arrachaient les plants manuellement, mais cette méthode, fort onéreuse en salaires, est dépassée par l'ampleur de la tâche.Cette année (à la date du 25 octobre), la SQ a saisi près de 360 000 plants de marijuana, deux fois plus qu'il y a cinq ans.Depuis 1996, ce sont près de deux millions de plants de pot qui ont été cueillis au Québec par la SQ ou la Gendarmerie royale du Canada.Dès l'an prochain, la destruction des plantations sera plus massive et moins coûteuse, grâce à l'utilisation de puissants herbicides, comme c'est d'ailleurs le cas en Colombie pour l'éradication de la coca.Les herbicides ont été testés l'année dernière sur des plants de cannabis par le ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.Les essais, faits à l'occasion de saisies policières, ont été concluants et il ne reste plus qu'à former les policiers au maniement parfois délicat de ces produits chimiques, a confié un fonctionnaire qui a requis l'anonymat à la Direction des services technologiques du ministère.Parmi ces herbicides, on trouve le gramoxone, un produit très efficace mais hautement toxique, qui avait provoqué une catastrophe pour l'écologie lors d'un accident industriel survenu à Seveso (Italie), il y a 24 ans.Toutefois, le ministère croit qu'il ne constituera pas un risque pour l'environnement puisqu'il sera utilisé en petite quantité contre le cannabis.D'autres produits, comme le glyphosate (présent dans l'herbicide commercial de marque « Round up »), sont d'usage plus courant.Généralement, les policiers étendront les herbicides à l'aide d'un pulvérisateur portable, mais il est possible qu'on fasse de l'épandage par la voie des airs, dans les cas de plantations situées dans des lieux difficiles d'accès.De plus, les produits résiduels des herbicides rendront les sols incultes pour le cannabis, l'année suivante, selon les analyses du min i s t è r e d e l'Agriculture.Les planteurs clandestins vont ainsi devoir trouver des nouvelles terres.La détection des plantations sera également améliorée, selon le caporal Audette de la SQ.Les policiers se contentent pour le moment de la détection de visu à partir d'un hélicoptère, mais on aura bientôt recours aux photos satellites, dit-il en précisant qu'une recherche dans ce domaine sera initiée bientôt par des universités québécoises.La SQ a déjà essayé la télédétection photographique par avion, en 1997 et 1998, mais elle a jugé cette méthode trop chère, bien que très efficace.Il en coûte quelque 10 000 dollars pour une seule mission de télédétection aéroportée (à 1000 mètres d'altitude), tandis que le gouvernement du Québec n'a consacré, cet été, qu'un total de 500 000 dollars à la lutte contre la culture illicite du cannabis.La technologie actuelle des satellites ne permet qu'une résolution d'un mètre carré, tandis qu'il faudrait qu'elle soit de quelques dizaines de centimètres carrés pour « voir » un plant de cannabis, indique le professeur François Cavayas, du département de géographie de l'Université de Montréal.Selon lui, les photos prises par satellite peuvent servir comme « indicateur » en permettant de déceler au sol des « perturbations » du couvert végétal.En recoupant cela avec d'autres éléments d'enquête, on peut arriver à détecter des plantations, explique le spécialiste de la télédétection.« Il est impensable de balayer l'ensemble du Québec avec des photos satellites en espérant trouver les cultures de cannabis », dit le professeur Cavayas.Il faut au moins savoir vers quelle portion du territoire on va diriger les caméras, ajoute-t-il.Les trafiquants Ð appartenant en général au crime organisé Ð sont eux aussi engagés dans la « course technologique », suggèrent les dernières données de la SQ sur les saisies de cannabis.Ainsi, le nombre de productions hydroponiques (des cultures de haute qualité faites dans des bâtiments) tombées entre les mains de la police ont doublé cette année, tandis que les productions à l'air libre ont chuté de 5 %.La SQ a entre autres déniché une serre hydroponique de 18 000 plants, cet été, à Highwater, à la frontière du Vermont.PHOTOTHÈQUE La Presse C Dès l'an prochain, la destruction des plantations de cannabis devrait être plus massive et moins coûteuse. 5LP0401A1110 A-4 VENDREDI actualit s 5LP0401A1110 ZALLCALL 67 01:01:46 11/10/00 B POSSESSION D'ARMES À FEU La SQ s'apprête à délivrer 200 000 permis temporaires PIERRE GINGRAS LA SÛRETÉ du Québec s'apprête à délivrer dans les prochaines semaines au moins 200 000 permis temporaires de possession d'armes à feu.Comme le veut la nouvelle directive du ministère fédéral de la Justice, ces permis visent à régulariser la situation d'au moins un million de propriétaires d'armes à feu au pays qui n'auraient pu, dans les délais normaux, obtenir le permis de possession régulier avant le 31 décembre.À l'heure actuelle, il faut un minimum de trois mois pour délivrer un permis de possession plastifié.Or, après le 31 décembre, le propriétaire d'une arme à feu qui ne détient pas son permis de possession sera en état d'infraction criminelle.Le permis temporaire est valide jusqu'au 30 juin 2001, mais il ne sera accordé que si le postulant répond aux critères requis par la loi.Le document ne permettra pas toutefois d'acheter une nouvelle arme à feu, mais autorisera les chasseurs à poursuivre leur gibier normalement au tournant de l'année.La SQ indique par ailleurs que les propriétaires ont encore quelque temps pour compléter leur formulaire et obtenir leur permis temporaire avant la fin de l'année.Les retardataires se retrouveront probablement sans permis le 1er janvier.Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur le contrôle des armes à feu, en décembre 1998, 111 000 personnes ont obtenu un permis de possession (ou encore un permis de possession et acquisition), environ 70 000 demandes sont actuellement à l'étude et pas moins de 200 000 formulaires attendent toujours d'être examinés.Le nombre considérable de demandes en attente est attribuable à l'afflux provoqué par l'importante campagne de publicité invitant les propriétaires d'armes à compléter leurs formulaires avant le 15 octobre pour éviter d'avoir à absorber des coûts additionnels importants.À la dernière minute, le gouvernement fédéral a décidé de maintenir les frais à 10 $ jusqu'à la fin de l'année.Ils devaient passer à 60 $.C'est donc près de 400 000 propriétaires d'armes à feu au Québec, en grande majorité des chasseurs, qui se sont soumis à la loi sur le contrôle des armes à feu.Certaines données indiquent d'ailleurs que le Québec serait l'endroit au Canada où les citoyens se plient le plus volontiers à la loi.Selon les estimations de la SQ, il y aurait environ 535 000 propriétaires d'armes à feu dans la province, mais ce chiffre serait de 2,2 millions pour l'ensemble du Canada.L'Ouest canadien s'oppose toujours farouchement à cette loi, plus particulièrement à l'enregistrement des armes à feu, dont la date butoir est le 31 décembre 2002.Très présente dans l'Ouest, l'Alliance canadienne a déjà indiqué qu'elle abrogerait la loi si elle était élue.Archives La Presse Condamné à 14 ans de pénitencier en 1996, Giovanni Marra, 47 ans, vient d'obtenir sa libération conditionnelle.Dix ans de moins pour le trafiquant Giovanni Marra ANDRÉ CÉDILOT Se disant acculé au pied du mur par sa compagne et son jeune fils, Giovanni Marra, membre haut coté du clan Cotroni, a promis de se tenir loin du milieu interlope montréalais et des gros trafiquants de drogue.Ces engagements fermes et son comportement impeccable depuis quatre ans ont incité la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) à écourter de dix ans son séjour derrière les barreaux.Le 13 septembre 1996, Marra avait été condamné à 14 ans de pénitencier pour une importation de 180 kilos de cocaïne.Bras droit de Frank Cotroni et de son fils Francesco, Marra s'occupait de la logistique au Canada.Le groupe était en contact direct avec le chef du cartel de Cali, Miguel Rodriguez Orejuela, aujourd'hui emprisonné en Colombie.Âgé de 47 ans, Giovanni Marra pourra ainsi continuer de vivre dans une maison de transition et garder l'emploi de vendeur qu'il occupe depuis six mois dans une entreprise de Laval, où il gagne, dit-on, 600 $ par semaine.Il s'en est fallu de peu pour que les commissaires Pierre Cadieux et Constance Bennett ne refusent de le maintenir en maison de transition (il y restera au moins pendant les six prochains mois), n'étant pas convaincus des bonnes intentions de Marra.D'autant que celui-ci en est à sa troisième condamnation pour trafic de drogue, dont une aux États-Unis.L'intervention de l'avocat de Marra a sans doute influé.Tout en reconnaissant le lourd passé de son client, Me Stéphane Beaudin a souligné qu'une décision défavorable constituerait un recul dans le cheminement carcéral du mafioso.« Il perdrait son emploi, car les placements rémunérés ne sont pratiquement plus possibles », a-t-il dit, invoquant une récente directive du Service correctionnel canadien (SCC).Vérifications faites, la direction du SCC a confirmé avoir avisé les directeurs des pénitenciers au Québec de ralentir la cadence dans l'application du programme de placements extérieurs.Celui-ci permet aux détenus de sortir le jour afin de faire du bénévolat ou effectuer du travail payé.Le soir venu, plutôt que de retourner au pénitencier, certains détenus, dont Marra, vont dormir dans une maison de transition.Si le Service correctionnel a décidé de serrer la vis, « c'est que le nombre de placements extérieurs est en augmentation constante au Québec, et nettement au-dessus de la moyenne canadienne », a expliqué un porte-parole de l'organisme fédéral, Normand Daoust.« De 1993 à 1999, on est passé de 60 à 716 placements », a-t-il ajouté.« On demande surtout aux directeurs de prendre en considération les objectifs du programme (essentiellement de développer les habiletés des détenus tout en rendant des services à la collectivité) avant de prolonger ce type de placements à l'extérieur », a souligné M.Daoust.Les détenus qui profitent du programme sont évalués tous les 60 jours.Par prudence, la CNLC a interdit à Marra de fréquenter les débits de boissons et les personnes ayant un casier judiciaire ou reliées à la drogue et au crime organisé.« Toute reprise de contact avec de tels individus nécessitera une réévaluation du risque », notent les commissaires.SONDAGE GALLUP Sept Canadiens sur dix appuient l'enregistrement obligatoire des armes à feu TORONTO Ð Selon la loi votée en 1995 par le Parlement, toutes les armes à feu doivent obligatoirement être enregistrées au Canada avant 2003.Cette décision, qui était réclamée par 83 % des Canadiens en novembre 1994, a reçu un appui croissant, selon les sondages successifs de la maison Gallup : 64 % en juin 1995, 72 % en octobre 1998, 73 % un an plus tard.Cette année, selon un sondage mené le mois dernier, 70 % (-3 %) des Canadiens appuient la législation qui rend obligatoire l'enregistrement de toutes les armes à feu auprès du gouvernement fédéral, 26 % s'y opposent et 4 % n'ont pas d'opinion.C'est au Québec que l'appui à l'enregistrement obligatoire est le plus fort (85 %), suivi par l'Ontario (71 %), la Colombie-Britannique (66 %), les Maritimes (59 %) et les Prairies (54 %).Notons aussi que le soutien à cette législation sur les armes à feu est nettement supérieur à la moyenne nationale (70 %) dans les deux grandes villes du pays : 94 % à Montréal, 81 % à Toronto, alors qu'il n'est que de 68 % à Vancouver.D'autre part, 78 % des femmes sont favorables à l'enregistrement obligatoire des armes à feu auprès du gouvernement fédéral, contre 63 % des hommes.Cette mesure reçoit l'appui de 79 % des diplômés universitaires, 64 % des gens ayant un niveau d'éducation secondaire, 62 % d'un niveau primaire ; de 77 % des gens de 18 à 39 ans, mais de 64 % de ceux ayant 40 ans et plus.Ce sondage téléphonique a été mené du 16 au 22 octobre dernier auprès de 1009 adultes de 18 et plus.Sa marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.Au Québec, en raison de l'échantillon plus réduit, elle de 6,1 %, 19 fois sur 20.Fonctionnaire du ministère de l'Industrie accusé de corruption CHRISTIANE DESJARDINS UN FONCTIONNAIRE du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du gouvernement du Québec, Hyacinthe Auger, doit comparaître le 20 décembre en Cour du Québec pour répondre d'accusations de corruption et d'abus de confiance.Les incidents reprochés se seraient produits entre le 1er mai et le 15 octobre 1997, alors que M.Auger était analyste au ministère de l'Industrie.On l'accuse d'avoir exigé, accepté ou convenu d'accepter de Pierre De Castris, une récompense pour un trafic d'influence, d'avoir commis un abus de confiance dans l'exercice de ses fonctions, et d'avoir, par corruption, exigé ou accepté une récompense de Pierre De Castris.Pierre De Castris est le président d'Industries de fournitures internationales (IFI), une entreprise spécialisée dans la fabrication de comptoirs réfrigérés à usages commercial et industriel.En 1997-98, l'entreprise de M.Castris avait bénéficié de subventions tant du gouvernement provincial (3 millions), que fédéral (2,9 millions), pour soutenir sa croissance.IFI misait sur les nouvelles réglementations environnementales interdisant l'usage des CFC pour prendre de l'expansion.À partir de mai 1997, IFI a embauché de plus en plus de personnel, celui-ci passant de 50 à 212 employés en moins d'un an.En mai 1998, dans le cadre d'un projet d'investissement de 14,3 millions, IFI inaugurait en grande pompe une nouvelle usine à Anjou, en présence du premier ministre Lucien Bouchard et du ministre d'État de l'Économie et des Finances, Bernard Landry.Quelques mois plus tard, en février 1999, l'entreprise se déclarait insolvable et se plaçait sous la protection de la loi de la faillite.Il y a eu un concordat adopté par les créanciers, quoique avec récriminations et grincements de dents, et l'entreprise a finalement poursuivi ses activités, grâce notamment à une garantie bancaire.L'enquête dans l'affaire de corruption aurait débuté en avril 1999, et a été effectuée par le département des crimes économiques de la Sûreté du Québec.Les accusations ont été déposées cette semaine au palais de justice de Montréal.Personne, tant du côté de la Couronne que de la police, n'a voulu dire hier les sommes qui auraient été versées.« On parle de milliers de dollars », s'est borné à dire Gilles Mitchell, porte-parole de la SQ.Selon M.Mitchell, l'enquête a été entreprise à la suite d'une plainte du ministère, parce que l'on s'était rendu compte de certaines anomalies.« Cela a trait à une subvention de 1,8 million de dollars.Le ministère n'a pas perdu d'argent, l'entreprise y avait droit.C'est sur la manière qu'il a un problème », dit M.Mitchell.Joint par La Presse à son bureau de IFI, Pierre De Castris semblait fort surpris de la tournure des événements.Il a indiqué que des policiers étaient allés lui poser des questions il y a un an ou un an et demi.« Je leur ai remis un dossier », dit-il.Il signale qu'Auger est un des fonctionnaires qu'il a contactés à l'époque de ses demandes de subventions, mais affirme qu'il ne lui a jamais remis d'argent.Selon nos informations, Auger ne serait plus à l'emploi du ministère.THETFORD MINES Neuvième chef d'accusation contre le présumé chauffard Presse Canadienne THETFORD MINES Ð Un neuvième chef d'accusation a été porté contre Bertrand Gagné, présumé chauffard à l'origine du décès, vendredi dernier, de Marie-Pierre et Mathieu Roy, à Thetford Mines, dans la région de l'Amiante.Gagné a en effet été accusé d'utilisation de véhicule sans autorisation, hier, au palais de justice de Thetford Mines.La poursuite de l'enquête menée par la sûreté municipale de l'endroit a permis d'ajouter cette accusation à celles auxquelles il faisait déjà face.Gagné aurait utilisé sans permission la voiture appartenant à son ex-conjointe, Christiane Paradis.Cette dernière, qui habite le même immeuble à logements que l'accusé, avait remisé son véhicule pour l'hiver, le 31 octobre.Le même soir, Mme Paradis était hospitalisée, et deux jours plus tard, soit la veille du drame, elle faisait appel à son ancien conjoint pour qu'il lui apporte des effets personnels.Gagné aurait répondu à sa demande le lendemain, utilisant alors son véhicule sans son autorisation.C'est à son retour de l'hôpital que le drame aurait eu lieu.Bertrand Gagné devra à nouveau comparaître, le 27 novembre, au moment de la reprise de l'enquête sur sa remise en liberté.Entretemps, il demeurera incarcéré.La Cour suprême rejette l'admission en preuve d'un test fait à un pédophile Presse Canadienne OTTAWA Ð La Cour du Québec a eu raison de ne pas admettre en preuve des tests concluant qu'un Montréalais ne présentait pas les déviances sexuelles propres aux pédophiles, a tranché hier la Cour suprême du Canada.L'homme, décrit seulement par les initiales J.-L.J., pour protéger l'identité de sa victime, a été reconnu coupable, en 1998, d'avoir sodomisé un garçon de trois ans et de l'avoir incité à avoir des contacts sexuels avec lui.Le verdict unanime du plus haut tribunal du pays renverse la décision de la Cour d'appel du Québec, qui avait admis les tests et ordonné la tenue d'un nouveau procès.La Cour suprême indique dans son jugement que les tests ne répondent pas aux critères stricts déterminés par la jurisprudence pour accepter des preuves scientifiques d'une nouvelle nature.La Cour a également fait part de son inquiétude devant la marge d'erreur d'environ 50 % associée à ce genre de test.« Le taux de réussite de 47,5 % signifie que, même dans une population expérimentale composée entièrement de déviants sexuels, le test donnerait un faux négatif dans plus de la moitié des cas », a écrit le juge Ian Binnie dans le jugement.J.-L.J.a déjà terminé sa peine de deux ans de prison, selon son avocate, Pauline Bouchard.Au premier procès, la défense avait demandé au psychiatre Edouard Beltrami de témoigner devant la Cour, mais la Couronne s'était opposée à ce témoignage.Lors d'une audience à huis clos, M.Beltrami a affirmé au juge que de tels crimes sexuels sur un enfant ont été commis pas un prédateur sexuel et que les caractéristiques de ce type d'agresseur n'ont pas été décelées lors des tests menés auprès de l'accusé.Ces tests consistent à présenter à l'accusé des images et à lui faire entendre des sons d'actes sexuels normaux et déviants, et à mesurer sa réaction psychologique au moyen d'un capteur attaché à son pénis.Selon le Dr Beltrami, le « capteur de contrainte » sert à déceler des signes d'excitation physique.Si le sujet a déjà éprouvé du plaisir en se livrant à une certaine forme d'activité sexuelle, a-t-il ajouté, ce plaisir est enraciné dans son cerveau et il peut être stimulé de nouveau en présence d'images ou de sons d'actes semblables.Le juge du premier procès a refusé d'admettre les résultats des tests, affirmant que la science n'a pas de portrait type des individus qui pratiquent la sodomie avec de jeunes enfants. 5LP0501A1110 5LP0501A1110 ZALLCALL 67 01:02:42 11/10/00 B L A P R E S S E MONT R É A L V END R E D I 1 0 NO V EMB R E 2 0 0 0 A 5 QUÉBEC Les députés voient d'un bon oeil une hausse de salaire La recommandation du rapport Godin de majorer leur traitement de 10,5% sera étudiée en caucus PAUL ROY QUÉBEC Ð Des députés Ð péquistes comme libéraux Ð ont dû frétiller hier : le rapport Godin, qui propose de hausser leurs salaires de 10,5 %, rétroactivement au 1er juillet dernier, pourrait bientôt faire l'objet d'un projet de loi.C'est le premier ministre Lucien Bouchard en personne qui l'a dit, lui qui s'est pourtant toujours montré chatouilleux concernant la rémunération des élus.Le rapport Godin propose donc de faire passer immédiatement le salaire d'un simple député de 63 317 $ à 69 965 $, puis à 71 714 $ le 1er janvier prochain et à 73 507 $ en 2002.« Nous allons étudier ce rapport au prochain caucus (mercredi prochain), a dit M.Bouchard, interrogé par le chef de l'ADQ Mario Dumont.Nous aurons donc l'occasion à ce moment-là de nous faire une tête sur l'attitude à adopter.Et nous serons immédiatement après en mesure Ð après nous être concertés avec les autres caucus Ð de prendre une décision de gouvernement afin, le cas échéant, de soumettre un projet de loi à l'Assemblée nationale.» Le député Dumont, un des rares à ne pas se plaindre de son salaire, ne réclamait pas son augmentation quand il s'est adressé au premier ministre.Il s'opposait plutôt à ce que la question de la rémunération des élus soit étudiée isolément de celle de leur rôle, de leur pouvoir et de leurs fonctions.Il répète depuis longtemps que le rôle du député est dévalorisé, de plus en plus réduit à celui d'une « machine à voter ».« Ici, à l'Assemblée nationale, il n'y a aucun vote libre.Si les questions ne sont pas plantées, du côté gouvernemental, elles semblent difficilement tolérées.Le contrôle des nominations est complètement en dehors du pouvoir des députés (.) Et je pourrais parler de députés qui sont arrivés pleins de bonnes intentions mais qui se sont trouvés déçus par le système.» M.Bouchard lui a répondu que « la tâche du député et la réforme parlementaire sont deux choses différentes », que la réforme parlementaire était elle aussi à l'étude mais que pour le moment, il s'agissait de prendre position sur le rapport Godin.Les scrupules de Mario Dumont sont très loin de faire l'unanimité chez les députés.Le député libéral Norman Mac Millan lui a même crié, à un moment donné, soulevant les éclats de rire : « Si t'a veux pas (ton augmentation), m'a la prendre, moi ! » Interrogés plus tôt hier, les présidents des caucus péquiste et libéral, François Gendron et Jacques Chagnon, s'étaient tous deux montrés favorables aux recommandations du rapport produit cette semaine par le comité indépendant présidé par l'homme d'affaires Serge Godin (CGI), et auquel participaient deux ex-présidents de l'Assemblée nationale, Clément Richard et Pierre Lorrain.« Le rattrapage, ça m'apparaît correspondre à la réalité », a dit M.Gendron.« Je pense que c'est un rapport qui se tient, a pour sa part dit M.Chagnon.Je me sens capable de suggérer à notre caucus de l'adopter.» Certains députés, toutefois, trouvent que c'est trop peu.« Je trouve ça timide, mais c'est mieux que rien », a laissé tomber un Matthias Rioux (PQ-Matane) à l'air dépité.En juin dernier, après avoir accordé des hausses de 12 % à 24 % aux hauts fonctionnaires, Lucien Bouchard avait repoussé une augmentation réclamée par les élus.La grogne s'était fait sentir d'aussi haut que la présidence de l'Assemblée nationale.Le président Jean- Pierre Charbonneau avait qualifié de « malsaine » cette situation qui contribuait à « banaliser » le pouvoir législatif.Les députés avaient vu leur salaire réduit de 7 % dans le cadre de la lutte contre le déficit, en 1997.Les aînés exigent plus de résidences pour personnes en perte d'autonomie ÉTATS GÉNÉRAUX Alliance Québec soutient que la loi 101 nuit au développement du Québec PIERRE APRIL Presse Canadienne QUÉBEC Ð Parce qu'il refuse d'investir davantage dans des résidences publiques d'hébergement pour personnes âgées en perte d'autonomie, le gouvernement encourage la prolifération d'établissements privés illégaux.Un avis présenté au gouvernement par le Conseil des aînés fait aussi état de la détérioration alarmante des soins accordés aux clientèles des Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHLSD).« En obligeant les personnes âgées, surtout celles en perte d'autonomie, à se tourner vers les ressources d'hébergement privé, note l'organisme, le gouvernement collabore à rendre hors la loi le secteur privé sans permis.« Si rien n'est fait pour normaliser la situation, précise l'étude, on peut d'ores et déjà s'imaginer que les aînés en perte d'autonomie devront continuer de se tourner de plus en plus fréquemment vers le secteur privé, du moins pour ceux qui en ont les moyens.« Le développement débridé du réseau privé fait en sorte que le gouvernement ignore tout de la qualité des services qui y sont dispensés ; de sa capacité de répondre à une augmentation des besoins de plus en plus complexes de sa clientèle et des frais toujours de plus importants imposés à leurs pensionnaires.Le document trace un portrait alarmant de la situation et démontre que les orientations prises par le ministère de la santé et des services sociaux en matière d'hébergement, au cours des dernières années, ont eu pour conséquence la diminution de la disponiblité des places.« Alors qu'en 1990, on comptait autour de sept lits d'hébergement pour 100 personnes de 65 ans ou plus, précise l'avis en notant la dégradation de l'état de santé des personnes hébergées, le gouvernement planifie de les réduire à 4,2 et même à 3,5 places par 100 personnes de 65 ans ou plus au cours des prochaines années.« En 1990, le ministère de la Santé et des Services sociaux estimait que pour être admise en centre d'hébergement public, une personne devait nécessiter au minimum une heure et 20 minutes de soins infirmiers par jour.Les statistiques de 1998-1999 démontrent que pour l'ensemble des résidants de CHSLD, 23,6 % nécessitent moins de 2,1 heures de soins par jour contre 60 % qui réquièrent plus de 2,8 heures.On souligne que la notion « surveillance » des pensionnaires a été presque totalement évacuée même s'il s'agit là d'une valeur très importante pour les pensionnaires présentant des déficits cognitifs.On note que dans plusieurs régions du Québec, une personne requérant moins de trois heures de soins par jour est incapable de se trouver une place dans un CHSLD public ou privé reconnu.Au chapitre des soins à domicile, l'inertie du gouvernement est aussi dénoncée.La situation est telle que les familles doivent se tourner vers les centres d'hébergement public qui présentent des listes d'attente interminables ou, si elles en ont les moyens, trouver un établissement privé.En 1992, le MSSS estimait que le besoin en lits d'hébergement serait de 52 238 en 2001.Une étude semblable en 1995 revoyait à la baisse le nombre de lits et estimait que le besoin en 2001 serait plutôt de 48 031 places.L I A LEVESQUE Presse Canadienne LAVAL Ð Le Québec a « un rendement économique faible » et cela est « dû en partie aux lois linguistiques ».Le niveau de vie des Québécois « est moindre ; ceci est le résultat net des lois linguistiques ».Aussi, le français, comme langue de travail au Québec, « est utilisé à tel point qu'il n'est plus en danger ».En fait, c'est l'anglais au Québec qui serait presque menacé.C'est le message qu'est venu livrer, hier, la section lavalloise d'Alliance Québec devant la Commission des états généraux sur la situation de la langue française.Les deux porte-parole d'Alliance Québec de Laval-Rive-Nord, Yvonne Coupal et Harold Forester, ont laissé entendre que le développement du Québec était brimé par la Charte de la langue française.Ainsi, les entreprises auraient des « résistances » à investir au Québec, disent-ils, à cause des lois linguistiques, qui entraîneraient même un niveau de vie moindre des Québécois.Invité par le président de la Commission, Gérald Larose, à donner des exemples étayant leur thèse, M.Forester a cité « le gaspillage » encouru par les entreprises pour fournir une traduction en français des documents.Mme Coupal a cité deux exemples : General Motors, à Sainte- Thérèse, qui encourrait des frais supplémentaires pour maintenir une usine fonctionnant en français au Québec au point où elle soupèserait ce critère dans sa décision de fermer ou non son usine, ainsi qu'Air Canada, qui a, semble-t-il, dû traduire des manuels pour ses mécaniciens, peu après l'adoption de la loi 101, et qui l'a fait dans un si court laps de temps que « la sécurité du public était en danger ».Alliance Québec Laval-Rive- Nord a notamment réclamé le retour au libre choix en matière de langue d'enseignement, tant pour les francophones que les anglophones et les allophones.Comme mesure transitoire, ils accepteraient que l'on permette l'accès à l'école anglaise aux enfants d'immigrants provenant de pays où l'on parle anglais, comme les Britanniques ou les Américains.Quant à la loi sur l'affichage commercial, qui exige la nette prédominance du français, Alliance Québec de Laval-Rive-Nord propose de la remplacer par l'autorisation d'une ou plusieurs langues en plus du français, à condition que le français soit au moins égal.L'organisme a également demandé qu'une ville puisse obtenir le statut de ville bilingue dès que 10 % de sa population est d'expression anglaise.Alliance Québec Laval-Rive- Nord a dépeint l'anglais comme étant menacé au Québec.La loi 101 a eu des résultats positifs « au détriment de la communauté anglaise » qui, elle, souffre d'un exode de ses jeunes « qui ne sont pas considérés comme Québécois ».Le groupe soutient que contrairement à ce que prescrit la loi 101, « l'anglais est, elle aussi, une langue officielle du Québec ».La comparution de la section lavalloise d'Alliance Québec a donné lieu à un long échange avec plusieurs commissaires, dont le président Larose et les commissaires Dermod Travis, Norma Lopez- Therrien et Stanley Péan.Devant l'affirmation d'Alliance Québec voulant que le français ne soit nullement menacé comme langue de travail, c'est la commissaire Lopez-Therrien, née en Bolivie, qui a fait valoir qu'elle avait de la difficulté à se faire servir en français dans le quartier Parc-Extension, à Montréal.Et c'est le commissaire anglophone Dermod Travis, né en Alberta, qui a souligné que loin d'avoir « un rendement économique faible dû en partie aux lois linguistiques », le Québec avait accueilli des investissements privés pour plusieurs milliards de dollars.C'est aussi lui qui a demandé à Alliance Québec s'il croyait représenter la majorité des anglophones du Québec, ce à quoi M.Forester a répondu (en anglais) : « Nous affirmons que nous représentons ce que l'anglophone moyen pense.» QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL 977 RUE STE-CATHERINE OUEST, SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE Un essentiel pour l'homme moderne.C'est le veston versatile, qui se porte avec ou sans cravate et qui s'adapte à toutes les circonstances d'une vie active.Noir, olive, marine, bordeaux.38 à 46.Rég.195.00 Actualisé ici par un foulard burberry 19.99, un pull chiné 59.95, un pantalon flanelle sans plis 129.95, un sac facteur 135.00 ET CACHEMIRE LE 4 BOUTONS laine 2905761 LE PRIX RÉGULIER SIGNIFIE LE PRIX AUQUEL CET ARTICLE EST HABITUELLEMENT VENDU CHEZ SIMONS ET N'EST PAS UNE INDICATION DU PRIX AUQUEL EST VENDUE LA MAJORITÉ DES ARTICLES EN QUESTION. 5LP0602A1110 A6 vendredi 5LP0602A1110 ZALLCALL 67 01:06:34 11/10/00 B A6 · LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 Day a brisé les règles du débat, Libre-échange: déplorent ses adversaires plus de transparence UNE QUARANTAINE d'organisations et de coalitions, membres du Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC) et de Common Frontiers, pressent les chefs des grands partis politiques de s'engager à faire preuve de transparence en vue de la vaste négociation devant mener à la création d'une zone de libre-échange des Amériques d'ici 2005.Les porte-parole des organismes, dont font partie trois centrales syndicales québécoises (CSN, CSQ et FTQ), dénoncent « le secret qui entoure les négociations sur la création d'une zone de libreéchange des Amériques » et exigent « que les textes, les analyses et les rapports de négociations soient rendus publics ».En d'autres mots, ils demandent aux chefs des cinq grands partis de se prononcer en faveur d'une démocratisation du processus de négociation.Mauvaise humeur LES FRANCOPHONES hors Québec ne sont pas de bonne humeur.Selon eux, le contenu des programmes électoraux des partis politiques fédéraux n'a rien pour impressionner les francophones de l'extérieur du Québec.« Le silence presque complet des programmes sur les questions affectant les communautés francophones et acadiennes est inacceptable et incompréhensible, s'insurge Georges Arès, président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA).Il est essentiel que les chefs de partis profitent du débat des chefs et du questionnaire envoyé par la FCFA pour corriger ces terribles lacunes.» Pour l'organisme, le Bloc québécois est le parti qui va le plus loin sur cette question.Intégralement C'EST FOU tout ce qu'on peut trouver en farfouillant sur Internet.Ainsi, la firme de transcription Steno Tran Services (www.stenotran.com), spécialisée dans la transcription, en français comme en anglais, de procès-verbaux et autres échanges pour des organismes privés et publics, possède sur son site Internet la retranscription mot à mot du débat des chefs (français) de 1997.Même les propos entendus suivant le malaise de l'animatrice Claire Lamarche y sont retranscrits.On y apprend, du moins en se fiant à cette retranscription, que c'est le journaliste Normand Rhéaume qui a lancé : « Y a-t-il un médecin dans la salle.» Sabotage! LE DÉPUTÉ néo-démocrate sortant du comté de Kamloops en Colombie- Britannique, Nelson Riis, crie au sabotage après que sa voiture ait été très curieusement impliquée dans un accident de la route la semaine dernière.Le représentant de Kamloops a raconté qu'il avait perdu la roue avant gauche de sa voiture après qu'un individu eut retiré le boulon la retenant à l'essieu, rapporte le quotidien The Toronto Star dans son numéro de mercredi.« Il est évident que c'est la roue visée quand on veut commettre un acte de sabotage », a déclaré le député, qui croit qu'on veut ainsi l'empêcher d'être réélu le 27 novembre prochain.La section de Kamloops de la Gendarmerie royale du Canada mène enquête.André Duchesne VINCENT MARISSAL OTTAWA Ð Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, s'est attiré les critiques et les quolibets de ses adversaires pour avoir brisé une règle du débat en brandissant une affiche pour passer son message.Au terme d'un débat difficile, le chef libéral, Jean Chrétien, a dénoncé l'attitude de son principal adversaire, lui reprochant même, indirectement, de prendre toujours congé le dimanche.Contrevenant à une des règles de débat convenues entre les télédiffuseurs et les partis politiques, M.Day a montré une petite affiche sur laquelle il était écrit : « Pas de système de santé à deux vitesses ».Stockwell Day voulait ainsi démentir les affirmations des autres chefs de partis qui l'accusent de vouloir laisser se développer un réseau de cliniques privées s'il devenait premier ministre.« M.Day aime les mises en scène (photo-opportunities), mais être premier ministre, c'est plus que des mises en scène, c'est un emploi à temps complet, y compris le dimanche », a lancé le premier ministre.En se lançant en politique, il y a plus de dix ans, Stockwell Day a promis à sa famille de ne pas travailler le dimanche, une promesse qu'il tient même en campagne électorale.Les trois autres chefs, Gilles Duceppe, Alexa Mc Donough et Joe Clark ont aussi ridiculisé le côté théâtral de leur adversaire allianciste, sans toutefois faire référence à ses congés dominicaux.Loin de s'excuser, le chef de l'Alliance canadienne a invité les journalistes à ne pas s'arrêter à de tels détails.« Revenez-en (grow up), a-til lancé.Les règles ont été brisées toute la soirée : Joe Clark a passé la soirée à m'insulter, les autres ont dépassé leur temps de parole et, le pire, c'est qu'ils ne disent pas la vérité.» Décidé à passer son message, M.Day a affirmé qu'il était prêt à faire même plus Ð comme enlever son veston Ð pour faire bien comprendre que son parti ne favorise pas la privatisation de la santé.« M.Day n'a pas seulement brisé les règles, il n'a pas répondu aux questions, a dit la leader néo-démocrate, qui reproche notamment au chef allianciste ses positions sur l'avortement.Il a été élu par des pro-vie qui lui rappelleront qu'ils l'ont élu.» Inexplicable « M.Day est un homme de mise en scène, pas un homme de substance », a soutenu M.Clark, ajoutant que « M.Day est inexplicable.M.Clark a aussi expliqué pourquoi il avait reproché à Jean Chrétien d'avoir déclenché des élections hâtives dans le seul but de bloquer son successeur, Paul Martin.« C'est une accusation grave, a-t-il admis, mais c'est (de la part de M.Chrétien) une action grave.» Gilles Duceppe, qui a remporté, de l'avis général, la médaille du meilleur outsider, n'a pas fait beaucoup de cas des frasques de Stockwell Day.« Le public jugera », a-til seulement déclaré.Le chef du Bloc, qui, curieusement, a été meilleur hier soir en anglais que la veille en français, a justifié sa performance en disant que le débat en anglais était plus « intéressant et plus dynamique ».« Après deux débats, a-t-il conclu, on ne sait toujours pas quelle est la position de M.Chrétien sur les surplus budgétaires.Est-ce le 50-50 dont nous parle M.Chrétien, est-ce 80-20 % comme le minibudget de Paul Martin ou se dirige-ton vers un déficit de deux milliards comme le dit leur candidat vedette John Mc Callum, l'économiste en chef de la Banque Royale ?» «Stockwell a coincé Chrétien » Le débat vu par des alliancistes de Toronto MARIE-CLAUDE LORTIE TORONTO Ð Vers 21h hier soir, au bar Scaliwag, en plein centre de Toronto, les partisans de Stockwell Day jubilaient.« Notre gars va TRÈS bien », se sont-ils tous exclamés en choeur et avec un sourire jusqu'aux oreilles, quand, vers 21h, La Presse leur a demandé de faire un bilan de la première heure.À 22h, il n'y avait plus de doutes, pour eux, que leur homme venait de gagner à plate couture.Parce que selon eux, Day a coincé Jean Chrétien sur la clause dérogatoire et sur une question de pub, et parce qu'il a tout simplement présenté les opinions du parti avec une clarté et une efficacité supérieures à tous.Dans St.Paul, un comté qui s'étend le long de la rue Young au nord du centre-ville, l'Alliance n'a pas de base naturelle.Aux dernières élections, les réformistes y ont fini quatrièmes, derrière le NPD, les conservateurs et les gagnants, les libéraux.Mais chez Scaliwag, l'équipe du jeune candidat de l'Alliance, Theo Caldwell, un conseiller financier de 27 ans qui ressemble à un jeune cousin de Stockwell Day avec des cheveux longs, l'énergie débordait.« Moi j'ai beaucoup aimé quand Stockwell a coincé Chrétien avec la question de la clause nonobstant.Soixante-trois de ses députés lui ont demandé de s'en servir pour mieux lutter contre les criminels et il ne l'a pas fait.Soixante-trois ! Ça se peut pas.Nous, on croit à la vraie démocratie, où les députés sont écoutés par leur chef », explique Caldwell, qui dit être particulièrement attiré par les propositions de l'Alliance sur « le retour du Parlement aux électeurs.» « J'aime l'ouverture large qu'on a maintenant avec l'Alliance et notre chef », dit-il.« Et j'ai adoré ce qu'il a fait avec le débat.Il a mis notre programme de l'avant clairement et efficacement.C'est sûr que ça va nous aider à faire campagne », a-t-il conclu après la fin de l'exercice.Chrétien a souffert Steve Jelly, un des rares membres de l'équipe de l'Alliance dans St.Paul qui a plus de 30 ans, croit que Duceppe s'en est bien tiré « parce qu'il est resté solide ».Mais il ajoute qu'il n'avait pas grand-chose à gagner, à part un peu de crédibilité sur certains dossiers autres que la question constitutionnelle.« Moi j'ai aimé que Stockwell insiste sur le respect des compétences provinciales.C'est important selon moi », a trouvé David Ellison, un Ontarien.« Et il s'est bien débrouillé pour parler de la reconstruction du système de santé, qui a été démoli par les compressions libérales.Celui qui a le plus souffert, c'est Jean Chrétien.Mais c'est normal.Tout le monde l'attaquait.Il était sur la défensive.» Joe Clark, le chef du Parti conservateur ?Il n'a pas impressionné le candidat de l'Alliance.« Il est mieux quand il n'est pas sous pression, croit Caldwell.Moi je l'aimais bien quand il était ministre des Affaires étrangères.» « Joe s'en est bien tiré, a rétorqué Evan Baker, un consultant en relations gouvernementales qui dirige la campagne de Caldwell.Sauf qu'il est complètement hors de la course.Ce qu'il dit n'a plus grande importance.» photo PC « Joe (Clark) s'en est bien tiré, selon Evan Baker, un consultant en relations gouvernementales qui dirige la campagne de l'allianciste Theo Caldwell.Sauf qu'il est complètement hors de la course.Ce qu'il dit n'a plus grande importance.» La grande énigme des élections ALEXANDRE S I R O I S OTTAWA Ð Après deux heures de débat en français, mercredi, et deux autres, hier, en anglais, la grande énigme des élections fédérales actuelles demeure.Pourquoi les a-ton déclenchées ?Il faut se rendre à l'évidence, près de trois semaines après le début de la campagne électorale, personne ne s'entend sur les raisons qui ont poussé le premier ministre à déclencher des élections.Les chefs des cinq grands partis fédéraux ont bien tenté de trancher la question lors du débat d'hier, mais en vain.Chacun y est allé de sa théorie, contredisant du même coup celles des autres politiciens.« Il n'y avait pas de raison pressante de déclencher des élections », a affirmé d'emblée le journaliste Jason Moscovitz, qui a demandé à M.Chrétien s'il l'avait fait pour « gagner les élections à tout prix ».Or, à écouter les répliques des adversaires du premier ministre, il n'y avait qu'une seule conclusion possible : M.Chrétien avait de nombreuses « raisons pressantes » d'appeler les Canadiens aux urnes.C'est le conservateur Joe Clark qui a eu l'explication la plus sulfureuse : « L'unique raison pour laquelle vous avez déclenché ces élections fédérales, c'est pour empêcher Paul Martin de prendre votre emploi », a-t-il lancé.« Ce n'est pas parce que vous avez un plan pour le pays.C'est parce que vous avez un plan pour vous.Pas même un plan pour les meilleurs intérêts de votre parti », devait-il ajouter un peu plus tard.Le leader bloquiste, Gilles Duceppe, a quant à lui répété ce qu'il affirme sur toutes les tribunes depuis le début de sa campagne, soit que le premier ministre voulait éviter la publication du résultat des enquêtes de la GRC ouvertes à la suite des cafouillages au ministère du Développement des ressources humaines.M.Duceppe a aussi soutenu que le premier ministre souhaitait prendre de court le nouveau parti fédéral de droite de Stockwell Day.« Vous vouliez surprendre l'Alliance canadienne, a-t-il déclaré.Vous nous aviez fait le même coup en 1997.Je m'en souviens.» Le chef de l'Alliance canadienne était du même avis.Il a même déclaré qu'il avait déjà prédit que M.Chrétien déclencherait des élections pour cette raison.« J'avais dit qu'il le ferait parce qu'il n'aimait pas voir le fait que l'Alliance canadienne ait la possibilité réelle de former le prochain gouvernement fédéral », a-t-il dit.M.Day a par ailleurs reproché au premier ministre de se défendre en expliquant que c'est le chef de l'Alliance canadienne qui l'avait mis au défi de déclencher des élections.Une raison de surplus La néo-démocrate Alexa Mc Donough semblait pour sa part avoir trouvé, elle aussi, la raison du déclenchement des élections, lorsqu'elle a lancé : « L'hypocrisie n'a pas de limites ».Mais elle a vite changé de sujet et critiqué le gouvernement libéral pour la façon dont il s'apprête à utiliser les surplus fédéraux.En ce sens, Mme Mc Donough donnait raison à M.Chrétien, qui a pris soin de rappeler que les valeurs de l'Alliance canadienne différaient de celles des libéraux, pour ensuite répéter qu'il avait déclenché des élections pour demander aux Canadiens de se prononcer sur la façon dont Ottawa doit faire usage des surplus.Ainsi, à l'issue du débat, la balle était clairement dans le camp des téléspectateurs.La raison pour laquelle ils iront voter le 27 novembre demeure peut-être une énigme, ceux qui tiennent absolument à savoir pourquoi ont maintenant l'embarras du choix ! LES CHEFS AUJOURD'HUI Au lendemain des débats, blitz sur l'Ontario.> Le chef du Parti libéral, Jean Chrétien, fait campagne à Hamilton et Niagara Falls.> Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, visite quatre villes ontariennes, dont Sarnia.> Le leader conservateur, Joe Clark, passe la journée à Toronto.> Le chef du NPD, Alexa Mc Donough, est le seul des chefs fédéralistes à ne pas faire campagne en Ontario : elle s'envole ce matin pour le Nouveau-Brunswick.> Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, entreprend la deuxième moitié de sa campagne à Saint- Jean-sur-Richelieu.Il se rendra ensuite à Coaticook, puis à Sherbrooke, pour une assemblée partisane en soirée. 5LP0702A1110 A7 vendredi 5LP0702A1110 ZALLCALL 67 01:07:07 11/10/00 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 · A7 Cinq chefs, cinq visions Voici le texte intégral des déclarations prononcées par les cinq chefs de parti à l'ouverture du débat diffusé hier soir en direct du Centre national des arts d'Ottawa.La traduction est de La Presse.Gilles Duceppe (Bloc québécois) Je suis ici ce soir pour vous dire que Jean Chrétien ne vous dit pas la vérité quand il affirme que la question du Québec est réglée.Qu'elle a été réglée avec le projet de loi C- 20, la soi-disant Loi sur la clarté.L'avenir du Québec est une question qui sera réglée par les Québécois, et seulement par les Québécois.S'il y a quelque chose de clair au Québec, c'est que pas un seul parti politique, y compris le Parti libéral du Québec, n'a appuyé ni le projet de loi C-20 ni la Loi constitutionnelle de 1982.Je suis le chef d'un parti souverainiste qui croit que le Canada et le Québec ont besoin d'un nouveau partenariat fondé sur un respect mutuel et entier, sur le fait que nous sommes deux nations distinctes qui pourraient travailler ensemble en tant que pays souverains dans une nouvelle association politique et économique.Et cela est vrai plus que jamais, dans un contexte de mondialisation.Mais le 27 novembre, c'est jour d'élection fédérale, et non le jour du référendum québécois.Aujourd'hui, c'est le temps de l'évaluation.Au cours des derniers jours, M.Chrétien a dit qu'il regrettait les coupes dans les dépenses de santé, qu'il regrettait les coupes dans les budgets d'assurance- emploi, qu'il regrettait les réductions de dépenses en éducation, en logement social, qu'il s'excusait d'avoir mal dépensé l'argent des contribuables.Je suppose qu'il s'apitoie sur le sort de ceux que son gouvernement a laissés pour compte.Mais ses excuses ne compenseront pas la dignité perdue par tant de gens oubliés.Joe Clark (Parti conservateur) J'espère que les Canadiens prendront le temps de réfléchir avant de voter à cette élection, et qu'ils se poseront deux questions.Premièrement, ne pensez-vous pas qu'il est temps d'envoyer un message à Jean Chrétien ?Et deuxièmement, qui est capable d'envoyer ce message ?M.Chrétien est égaré.Il a perdu tout respect pour vous, et ne s'intéresse plus à son travail, et gaspille les occasions.Voilà ce qui arrive à des gens qui sont au pouvoir depuis trop longtemps.Il pense qu'il a lui-même fait du Canada le meilleur pays au monde, tout seul.Rappelezvous.Il a taillé en pièces les budgets de santé, pour ensuite construire des fontaines dans sa circonscription avec votre argent, parce qu'il pense qu'il peut toujours s'en tirer.Le 27 novembre, attirez l'attention du premier ministre.M.Day, pour sa part, donne l'impression d'un chic type, et il essaie très fort de nous faire oublier qu'il dirige le Parti réformiste.Alors il va de volteface en volte-face, d'un bout à l'autre du pays, tous les jours.Personne ne connaît son véritable agenda.S'il respectait honnêtement les Canadiens, il exprimerait clairement ses positions sur les enjeux importants.Voici l'essence de cette campagne.M.Chrétien a besoin de se faire dire que vous être mécontents de son cynisme et de son arrogance.Vous avez besoin d'une personne coriace et d'expérience pour transmettre ce message en votre nom.Vous connaissez mes positions, vous savez en quoi je crois.Donnez à moi et à mon équipe la chance de faire ce travail et je vous garantis que vous ne serez pas déçus.Stockwell Day (Alliance canadienne) Je fais ce que je fais par amour pour ce pays et parce que je suis préoccupé par ce que le gouvernement actuel fait à ce pays.Mais aussi parce que j'ai de grands espoirs pour ce qu'un nouveau gouvernement Ð un gouvernement de l'Alliance canadienne Ð peut accomplir.L'Alliance canadienne apportera avec elle des niveaux de financement légiférés pour les soins de santé, redonnera la santé au système de santé.Nous apporterons le respect aux gens qui travaillent fort avec le régime le plus vaste de réductions d'impôts que notre pays n'a jamais vu.Nous ramènerons le mot « juste » dans le système de justice.Nous ramènerons le mot « correction » dans le système correctionnel.Nous redonnerons la fierté et des ressources à nos forces armées.Nous apporterons la reconnaissance et un soutien aux fermes familiales de ce pays.Nous redonnerons la force à nos programmes sociaux.Nous redonnerons l'espoir et l'opportunité à nos jeunes gens.Si vous en avez assez des promesses brisées, de l'arrogance, du gaspillage, du patronage et des affaires menées en secret, si vous êtes prêts pour les changements que propose l'Alliance canadienne, je vous demande d'agir en conséquence.L'Alliance restaurera notre démocratie érodée, nous apporterons un sens de l'accomplissement et de destin à tout ce que l'on fait.Si vous croyez comme moi que c'est le temps que ça change, le temps d'un nouveau gouvernement, d'une nouvelle direction, je vous demande d'appuyer l'Alliance canadienne.Alexa Mc Donough (NPD) Vous êtes sur le point d'entendre les autres chefs de parti vous dire comment ils utiliseront les surplus sans précédent du Canada - un surplus de plus de 130 milliards de dollars - pour voir qui pourra couper les impôts corporatifs le plus profondément et le plus rapidement.Je veux parler de choix différents.Je veux utiliser ce surplus pour sauver le régime de soins de santé.Stockwell Day appuie un régime de soins de santé à deux vitesses.Peu importe ce qu'il l'appelle, je l'appellerai par son vrai nom : la fin de l'assurance-santé universelle.Joe Clark appuie à peu près la même chose et Jean Chrétien se déguise en sauveur de l'assurancesanté.Mais c'est lui qui l'a mise aux soins intensifs.Son bilan le démontre : 13 milliards de dollars arrachés aux seul domaine de la santé.Des patients qui paient les IRM de leur poche.Les infirmières et autres travailleurs de la santé étirés à la limite.Une population vieillissante et pourtant pas un sou pour un programme national de soins à domicile.En dépit des coûts exorbitants pour les médicaments d'ordonnance, pas un sou pour un programme national d'assurance- médicaments.M.Chrétien n'a aucune difficulté à trouver des milliards et des milliards de dollars pour réduire les impôts des riches, des banques et des grandes sociétés.Ils ont fait leur choix.Le choix néo-démocrate et différent.Notre choix, c'est de saisir l'occasion et d'investir ces surplus dans ce qui compte le plus pour vous et pour votre famille.Jean Chrétien (Parti libéral) Les élections posent la question du choix.Jamais les choix n'ont-ils été si clairs.Le Canada a besoin d'un gouvernement national fort et actif, pour parler au nom de tous les Canadiens, pour maintenir la croissance économique, pour protéger notre régime public de soins de santé, pour donner aux Canadiens la dignité du travail, pour aider les plus vulnérables dans la société, pour se préparer à la nouvelle économie de demain, et pour réduire les impôts des Canadiens à faibles revenus et à revenus moyens.D'autres proposent une approche très différente.Un gouvernement national faible qui laisse à peu près tout, y compris les soins de santé, aux forces du marché ou aux provinces.Les Canadiens s'attendent à plus que cela.Nous sommes plus que des citoyens d'une seule région ou d'une seule province.Nous sommes plus que de simples contribuables.Nous sommes les citoyens d'un grand pays.Nous avons des responsabilités les uns envers les autres.Nous avons besoin d'un gouvernement national qui protégera et renforcera le tissu social et l'unité du pays.Le Canada est sur la bonne voie.Notre économie n'a jamais été plus forte.Continuons de travailler ensemble pour s'assurer que le Canada de demain n'oublie personne.Photo PC Les cinq chefs fédéraux ont participé à un débat animé hier soir au Centre national des arts à Ottawa. 5LP0801A1110 A8 vendredi 5LP0801A1110 ZALLCALL 67 01:03:50 11/10/00 B A8 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 Compressions: «Ottawa s'est laissé emporter par une panique exagérée en 1995 » KATIA GAGNON Le gouvernement fédéral était obligé d'effectuer des compressions dans la santé pour redresser les finances publiques : c'est ce qu'a répliqué Jean Chrétien, au cours des débats des chefs, à ses adversaires qui l'accusaient d'avoir miné le réseau de santé canadien.Ottawa avait-il le choix ?Les économistes consultés hier par La Presse estiment que oui.Le problème financier du Canada, dont ont hérité les libéraux, était causé essentiellement par une économie déprimée par les taux d'intérêts et de chômage élevés qui ont sévi entre 1989 et 1995.Une économie qui roulait au ralenti, où le service de la dette coûtait de plus en plus cher et où les dépenses sociales (comme l'assurance-chômage) grimpaient de façon vertigineuse.Les libéraux n'avaient donc pas d'autre choix que d'effectuer des compressions dans les dépenses.Cela fait à peu près consensus chez les économistes.Mais à quel niveau exactement ?« C'est évident que la situation demandait un redressement.Mais est-ce qu'il aurait dû être fait de façon aussi accusée dans les paiements de transfert aux provinces ?La question se pose », souligne Jean- Louis Denis, du Groupe de recherche interdisciplinaire en santé de l'Université de Montréal.« Le gouvernement Chrétien est allé très loin dans les coupes.Il s'est laissé emporter par une panique exagérée en 1995 », renchérit un économiste réputé, qui préfère ne pas être cité.Par prudence, le gouvernement Chrétien a en effet choisi d'équilibrer son budget au niveau de cette économie qui tournait au ralenti.Il en a résulté des compressions massives en santé, notamment.Or, quand l'économie a repris, que le taux de chômage a diminué, tout comme les taux d'intérêts, le gouvernement s'est retrouvé avec d'énormes excédents.L'opposition aussi a tort En conséquence, le gouvernement fédéral n'avait pas d'autre choix que d'accepter de rehausser le niveau des paiements de transfert aux provinces, ce qu'il a fait dans une entente conclue juste avant les élections.Mais les partis d'opposition, comme le NPD ou le Bloc, qui réclament des réinvestissements massifs et immédiats, ont peut-être eux aussi tort, estime M.Denis.« Si on remet trop d'argent massivement, on va perpétuer la situation actuelle puisqu'on va conforter les gens dans leurs façons de faire.Or, le système de santé avait besoin de transformations et il a encore besoin de transformations », fait-il valoir.Mais la réforme du système de santé n'est pas qu'une affaire économique.Elle est aussi hautement politique et c'est ce qui complique les choses, explique Jean-Louis Denis.Pour établir des services de première ligne efficaces, il faudrait, par exemple, s'attaquer aux chasses gardées des CLSC et des cliniques privées pour mettre sur pied une véritable collaboration.« Et dans tous les réinvestissements, on continue de négliger l'importance du secteur social, qui est pourtant aussi important, sinon plus que le secteur de la santé.Évidemment, investir en prévention, c'est moins glamour que d'aller chercher des grosses machines.» Comment le Bloc est devenu moins temporaire.ANDRÉ DUCHESNE EN LANÇANT à Gilles Duceppe que « c'est évidemment un énorme échec, votre affaire », au débat des chefs de mercredi soir, le premier ministre Jean Chrétien ironisait sur la promesse du Bloc québécois d'être un parti éphémère à Ottawa.Ce commentaire découle d'une déclaration faite le 14 juin 1991 par Lucien Bouchard à la veille du congrès de fondation du Bloc québécois comme parti politique.M.Bouchard lance alors : « Nous sommes à Ottawa en mission temporaire.Notre succès se mesurera à la brièveté de notre mandat.» Depuis cette déclaration, la présence du Bloc à Ottawa a fait l'objet de nombreuses réflexions qui, mises bout à bout, ressemblent à une danse en ligne.Un pas en avant, deux pas en arrière, un autre sur le côté.La défaite des souverainistes au référendum du 30 octobre 1995 a forcé les députés bloquistes à réfléchir à leur avenir et à celui de leur parti : mettre fin à leur présence dans la capitale nationale ou y rester pour défendre les intérêts des Québécois.Ils ont choisi la seconde option.Candidat à la succession de M.Bouchard, Michel Gauthier déclarait en janvier 1996 que le Bloc allait rester à Ottawa au moins jusqu'en 2000.« Il faut cesser de nager dans le clair-obscur en ce qui a trait à notre avenir.Nous avons un horizon qui nous mène au moins jusqu'en l'an 2000 », disait-il.Plier bagage Viennent les élections fédérales du 2 juin 1997.Le Bloc perd plusieurs sièges et le statut d'opposition officielle.Qu'à cela ne tienne, deux jours après les élections, Lucien Bouchard déclare être convaincu que le Québec a participé à ses dernières élections fédérales.À la fin de 1997, le chef Gilles Duceppe déclarait que le Bloc solliciterait un troisième mandat uniquement si Jean Chrétien décrétait des élections anticipées au lendemain d'un OUI au prochain référendum.Il calculait qu'en principe il y aurait des élections au Québec avant le prochain scrutin fédéral (ce fut le cas) et qu'un autre référendum serait tenu avec une victoire du OUI (ce qui ne fut pas le cas).Le Bloc plierait alors bagage.Finalement, à son congrès de janvier 2000, le Bloc remplace la définition de parti temporaire incluse dans ses statuts par une phrase indiquant qu'il « sera présent sur la scène fédérale jusqu'à la réalisation de la souveraineté du Québec ».On la retrouve dans la Déclaration de principes du parti.PHOTOTHÈQUE La Presse © Stockwell Day en compagnie de son hôte de l'été dernier, à Saint-Jean-sur-Richelieu, Jean-Paul Coulombe.Le français de Day déçoit ses maîtres KATIA GAGNON JEAN-PAUL Coulombe est un homme déçu : à son avis, l'élève Stockwell Day a été recalé à son examen de français lors du débat des chefs.Et M.Coulombe est bien placé pour en parler, puisque c'est lui qui a accueilli le chef de l'Alliance canadienne pour son immersion en français, l'été dernier.Stockwell Day a séjourné une semaine chez Lise et Jean-Paul Coulombe, conversant tous les jours avec eux tout en prenant des cours de français à l'ancien Collège militaire de Saint-Jean, devenu le campus du Fort-Saint-Jean.« À la fin de son passage, j'estimais qu'il parlait aussi bien français que Joe Clark », dit M.Coulombe.Mais ça n'a pas paru au débat en français.« Je ne l'ai pas entendu parler beaucoup », dit l'enseignant à la retraite, visiblement déçu de la performance de son poulain.« M.Day comprenait très bien quand on lui parlait en français à la maison.Mais les deux autres, Chrétien et Duceppe, parlaient pas mal vite pour lui.Le temps de se concentrer pour saisir ce qu'ils disaient et de penser à sa réponse, les autres avaient recommencé à parler », explique-t-il.Le fait que le chef de l'Alliance n'ait jamais participé à un débat l'a également rendu plus prudent qu'un politicien expérimenté comme Joe Clark, croit M.Coulombe.« Il n'a pas osé y aller.Le problème de M.Day, estime Jean- Paul Coulombe, c'est qu'il ne pratique pas assez la langue de Molière.« Il faudrait absolument qu'il parle français souvent, tous les jours.» Avis à Stockwell Day : les Coulombe sont prêts à l'accueillir de nouveau au sein de leur famille.« Nous avons beaucoup aimé son passage parmi nous.C'est un homme très chaleureux, qui a beaucoup d'écoute.» Des cotes d'écoute dans la moyenne «Le programme de Al'lliance menace de créer un énorme déficit », soutient le libéral John Mc Callum ANDRÉ DUCHESNE LE DÉBAT des chefs en français de mercredi soir a attiré, en gros, le même nombre de téléspectateurs que les quatre derniers événements du genre, sur la scène fédérale.Selon ces données obtenues hier par La Presse, 1 125 000 écouté, mercredi, les échanges entre les cinq chefs des principaux partis politiques.De ce nombre, 473 000 personnes ont écouté le débat à Radio-Canada tandis que 652 000 autres l'ont écouté à TVA.La porte-parole de la SRC, Évelyne Dubois, a cependant précisé que les cotes d'écoute au Réseau de l'information (RDI) n'étaient pas incluses dans ces statistiques et ne seraient pas disponibles avant plusieurs jours.Les quatre derniers débats télévisés en français ont été diffusés le 3 octobre 1993, le 13 mai 1997, le 18 mai 1997 et le 8 novembre 2000.Deux débats ont été nécessaires en 1997 en raison du malaise qu'avait subi la présentatrice Claire Lamarche.De ces quatre confrontations, le débat du 13 mai 1997 a été le plus écouté avec 1 223 000 téléspectateurs, dont 699 000 à la SRC.Mentionnons en terminant que tous ces chiffres ont été compilés par la maison Neilsen.Les données pour les débats ayant précédé les élections fédérales de 1984 et 1988 n'ont pas été fournies parce qu'elles avaient été compilées par une firme concurrente (BBM), dont les méthodes d'analyses diffèrent de celles de Nielsen.MARIE-CLAUDE LORTIE TORONTO Ð La recrue vedette des libéraux en Ontario, l'économiste John Mc Callum, a défendu les prévisions économiques de son parti et attaqué l'Alliance hier en affirmant que le programme de Stockwell Day coûtera presque 32 milliards par année quand il sera complètement mis en place.« C'est plus que quatre fois les surplus prévus en 2004-2005 et plus que trois fois les surplus prévus en 2005-2006.(.) Peu importe comment on regarde ça, le programme de l'Alliance menace de créer un énorme déficit au Canada », a-t-il déclaré aux convives de l'Imperial Club venus l'entendre au centre-ville de Toronto, à deux pas de Bay Street.M.Mc Callum a fait ces commentaires après que le chef de l'Alliance eut relevé une remarque faite par M.Mc Callum plus tôt cette semaine, dans laquelle le libéral admettait que les dépenses prévues par son parti en 2004-2005 étaient de 2,6 milliards plus élevées que les surplus prévus pour cette période.M.Mc Callum, qui se présente dans le comté de Markham, ville de la banlieue aisée de Toronto, reconnaît encore cette différence négative de 2,6 milliards.Mais selon lui, ce n'est rien comparé aux coûts du programme de l'Alliance.Et de plus, a-t-il expliqué aux médias après son discours à l'Imperial Club, les chiffres seront révisés d'ici 2004-2005 de toute façon.M.Mc Callum, qui a pris un congé de son poste de vice-président de la Banque Royale et économiste en chef pour se présenter pour les libéraux, n'est pas en faveur des déficits.« L'Alliance est malhonnête de faire une grosse histoire avec ça.Ce sont les libéraux qui ont un programme fiscal responsable », a-t-il dit en résumant sa pensée.Cette controverse lui a cependant valu une conversation « amicale » avec le bureau du premier ministre, à Ottawa.Durant son discours, M.Mc Callum a insisté sur la validité de ses propres chiffres et sur la menace profonde que pose, à son avis, le parti de Stockwell Day, à cause des coûts de ses promesses.Selon lui, les promesses sont trop dispendieuses pour que des programmes sociaux comme l'assurance-maladie, par exemple, ne risquent pas d'être affectées.« On ne vend pas l'âme de ce pays pour des baisses de taxe.(.) Pour moi, le Canada que je connais et que j'aime n'est pas moins attaqué par l'Alliance qu'il l'était par les séparatistes en 1995.À mon avis, c'est une excellente raison de se lancer en politique.» Il a conclu en disant que le programme de l'Alliance était en fait un « ordre du jour caché, vendu avec un habit de plongée et un sourire ».M.Mc Callum est la grande recrue vedette des libéraux en Ontario.Il a été parachuté par le premier ministre Jean Chrétien dans le comté de Markham, où l'association libérale locale ne l'aide même pas.Ancien recteur de la faculté des arts de Mc Gill, il travaille à Bay Street depuis nombre d'années et défend ardemment les politiques économiques mises en place par Paul Martin, qu'il a mentionné plusieurs fois dans son discours hier.PHOTOTHÈQUE La Presse © John Mc Callum 5LP0901A1110 A 9 vendredi 5LP0901A1110 ZALLCALL 67 01:01:57 11/10/00 B SIAMOISES Jodie « se remet rapidement » Agence France-Presse MANCHESTER Ð Jodie, la survivante des petites siamoises opérées lundi à Manchester, en Grande-Bretagne, « se remet rapidement » et n'a plus besoin de respirateur artificiel, a annoncé hier après-midi l'hôpital Saint Mary.« Jodie va bien », a annoncé une porte-parole de l'hôpital.« Depuis la nuit dernière, elle respire sans appareil et a commencé à se nourrir normalement », at- elle ajouté.L'hôpital a souligné que la petite fille était toujours surveillée très étroitement.Jodie a subi lundi une opération de 20 heures visant à la séparer de sa soeur, Mary, et destinée à lui permettre de survivre.L'intervention a coûté la vie à sa soeur, la plus faible des deux siamoises née le 8 août dernier.Les médecins avaient déclaré à la fin de l'opération que les 48 heures suivantes seraient cruciales pour savoir si Jodie pouvait survivre et avoir des chances de mener à terme une vie à peu près normale.Sans cette opération d'une extraordinaire complexité, réalisée par une équipe de vingt spécialistes dirigée par les chirurgiens Alan Dickson et Adrian Bianchi, les deux enfants Ð dont la véritable identité n'a jamais été révélée Ð étaient condamnés à relativement court terme, selon les médecins.Le coeur, le cerveau ainsi que les poumons de Mary ne fonctionnaient pas et elle ne survivait que grâce aux organes de sa soeur, qui s'affaiblissait en raison de cette dépendance.Si elle franchit le cap postopératoire, Jodie devra encore subir de multiples interventions chirurgicales pour « reconstruire » son corps.Si tout se passe bien, elle pourrait avoir une activité intellectuelle normale, être capable de marcher, avoir des enfants et une espérance de vie dans la moyenne, selon les médecins.Les parents des jumelles, fervents catholiques originaires d'une petite île proche de Malte, avaient intenté une action en justice pour tenter d'empêcher l'opération, mais leur appel avait été débouté.Photo AFP Le marché de Rungis, qui approvisionne Paris et sa région, a subi une baisse de 42 % depuis un mois.La méfiance envers la viande de boeuf française gagne les clients étrangers Agence France-Presse PARIS Ð La méfiance envers la viande de boeuf française a gagné les principaux clients européens, et l'Allemagne, l'Italie ou la Grèce ont commencé à réduire fortement leurs importations, même si pour l'heure seule l'Espagne, dans l'Union européenne, a annoncé une mesure d'interdiction à l'application incertaine.Hors UE, la Russie (8e cliente, avec 55 millions de FF de viande importés durant les huit premiers mois de l'année), a décidé, elle, de « limiter » ses importations de boeuf français.La Bulgarie applique une mesure similaire.La Pologne et la Hongrie ont en revanche annoncé un embargo, mais leurs importations sont marginales.Pour les professionnels français, déjà frappés par l'effondrement des ventes de viande bovine en France, (42 % hier sur le marché de Rungis qui approvisionne Paris et sa région depuis un mois), le ralentissement des exportations est un nouveau coup dur.La France vend plus d'un cinquième de sa viande bovine à l'étranger : sur une production de 1,85 million de tonnes de viande de boeuf et de veau en 1999, 330 000 tonnes ont été exportées, selon le Centre français du commerce extérieur .Or, la suspicion qui entoure la maladie de la vache folle a conduit à un arrêt ou un ralentissement considérable des exportations françaises, qui « pourrait s'amplifier dans les prochains jours », selon Laurent Spanghero, président de la Fédération des industries du commerce de gros et de détail de la viande.L'Allemagne, troisième cliente de la France (avec 641 millions de FF de viande française importée durant les huit premiers mois de l'année, selon les Douanes), a arrêté complètement ses importations, indique ce professionnel.La première cliente de la France, l'Italie, qui a acheté pour 1,3 milliard de FF de viande française durant les huit premiers mois de l'année, et la Grèce (deuxième cliente), ont elles aussi considérablement « ralenti leur approvisionnement », selon lui.Le coup d'arrêt reflète la méfiance de l'opinion publique européenne, parfois envers la viande de boeuf en général : ainsi, en Belgique, des cantines scolaires ont supprimé toute la viande bovine, et pas seulement française.Les gouvernements européens, eux, hésitent à agir.Dans l'Union européenne, seule l'Espagne, cinquième cliente de la France, a décidé d'une mesure : elle entend fermer ses frontières à l'importation des vaches reproductrices françaises et irlandaises et des ovules et embryons de bovins.Sa décision, applaudie par les professionnels ibériques, a été critiquée hier par la Commission européenne qui l'a considérée comme « non nécessaire ».Les professionnels français redoutent toutefois que ces annonces ne fassent tache d'huile.D'autant plus que chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles : deux nouveaux cas de la vache folle ont été détectés hier, portant à 94 le nombre de cas dans le pays depuis le début de l'année.L'Ukraine confirme la fermeture définitive de Tchernobyl ANIA TSOUKANOVA Agence France-Presse KIEV Ð Le président ukrainien Leonid Koutchma a confirmé la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 15 décembre 2000, au cours d'une conférence de presse hier à Kiev.« Nous avons une nouvelle fois confirmé que nous respecterons nos engagements vis-à-vis de la communauté internationale et que nous fermerons Tchernobyl le 15 décembre », a déclaré M.Koutchma en soulignant que la fermeture aura lieu même si Kiev ne reçoit pas à temps l'aide financière internationale prévue.Un responsable ukrainien, Olexandre Bilitchenko, directeur d'Energoatom, la structure chargée d'exploiter les centrales atomiques du pays, avait laissé entendre le 1er novembre que la fermeture de Tchernobyl serait reportée au moins jusqu'à la fin de l'hiver si les Occidentaux ne remplissaient pas leurs engagements financiers.« J'exprime mon entière satisfaction face à la fermeture de Tchernobyl qui représente un grand sacrifice pour l'Ukraine », a déclaré le président de la Commission européenne, Romano Prodi, en Ukraine pour une visite de 24 heures, au cours d'une conférence de presse commune avec M.Koutchma.L'UE avait annoncé plus tôt dans la journée l'octroi à l'Ukraine de 25 millions d'euros pour faire face au « déficit énergétique » entraîné par le prochain arrêt de Tchernobyl, théâtre en 1986 du pire accident du nucléaire civil.L'Ukraine exige aussi de l'Occident des crédits, promis dans le cadre d'un accord international de 1995, pour achever deux nouveaux réacteurs nucléaires, destinés à remplacer Tchernobyl.Le seul des quatre réacteurs de la centrale de Tchernobyl encore opérationnel, le numéro 3, fournit aujourd'hui près de 5 % de l'électricité ukrainienne même s'il est régulièrement arrêté à cause de nombreux dysfonctionnements.Selon l'accord conclu en 1995, la Commission européenne doit octroyer pour les deux réacteurs quelque 600 millions de dollars, alors que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) doit débourser 200 millions de dollars.M.Prodi a conditionné une aide dans ce domaine à la reprise de l'aide du FMI à l'Ukraine.La reprise des financements de la part du Fonds Monétaire International « constituerait un signal positif » pour la BERD, susceptible d'apporter une aide financière à l'achèvement des deux réacteurs, a ajouté M.Koutchma.Gardons toujours en mémoire ce que certains n'oublieront jamais\u2026 TAPIS DE PERSE COLLECTION HORS PAIR Nous avons rassemblé notre collection avec minutie et fierté, chaque tapis constituant un symbole de beauté évoquant les couleurs du kaléidoscope et exerçant sur l'observateur un charme hypnotique.Nos tapis proviennent de tous les coins du monde et vont des tapis conçus pour la ville aux magnifiques tapis tribaux.Toutes grandeurs et couleurs en laine, en laine et soie et pure soie.HÔTEL CROWNE PLAZA 505, rue Sherbrooke Est Tél.: (514) 842-8581 11 Samedi novembre de 11 h à 20 h 12 Dimanche novembre de 10 h à 18 h 5LP1001A1110 A-10 VENDREDIMONDE 5LP1001A1110 ZALLCALL 67 01:04:12 11/10/00 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 LES ÉLECTIONS AMÉRICAINES EN BREF Poussée de fièvre autour du décompte Apparu en Floride, le virus du doute menace de se propager à d'autres États JOONEED KHAN Apparu en Floride, le virus du doute qui retarde depuis 48 heures l'élection du 43e président des États-Unis risque de se propager à d'autres États - et de prolonger l'incertitude durant plusieurs semaines.Accusant les démocrates d'avoir « des plans B, C et D » en Floride pour faire suite au « Plan A », le décompte automatique en cours, les républicains ont indiqué hier qu'ils pourraient à leur tour exiger le décompte dans deux États remportés par Al Gore à de faibles majorités.Dans l'Iowa (7 votes électoraux), l'avance de Gore n'est que de 5253 voix sur George W.Bush (sur 1,3 millions de suffrages), et, dans le Wisconsin (11 votes électoraux), le candidat démocrate ne mène que par 5921 voix sur son rival républicain (sur plus de 2,5 millions de suffrages exprimés).Avec 65 des 67 comtés de Floride (25 votes électoraux) donnant, après décompte hier soir, une avance de 225 voix à Bush, les démocrates réclamaient déjà un nouveau comptage, manuel celui-là, dans quatre comtés clés.Ils appuyaient en même temps des actions en justice intentées par des citoyens pour une reprise du vote dans certains districts.Entre-temps, l'Oregon (7 votes électoraux) et le Nouveau-Mexique (5 votes électoraux) étaient toujours en jeu hier, même si tous les regards étaient tournés vers la Floride.Le Nouveau-Mexique a été accordé à Gore, qui a recueilli 255 597 voix contre 245 526 à Bush.Ralph Nader, le candidat Vert, a eu 19 215 voix, soit 4 %.Mais l'État n'a pas encore proclamé un vainqueur : il attend la fin du décompte de 67 000 bulletins de vote par correspondance et par anticipation.Quant à l'Orégon, seul État où la totalité des électeurs ont voté par correspondance, il n'a encore été accordé à aucun des rivaux : avec 96 % des bulletins dépouillés, Gore menait avec 662 155 voix contre 658 123 pour Bush.Nader avait 63 284 voix (5 %).Mais Bush devait hier gagner du terrain avec le vote des comtés conservateurs du sud, et la loi y déclencherait un nouveau décompte automatique si l'avance du vainqueur était d'environ 2500 voix Ð ce qui porterait au 7 décembre le résultat officiel dans l'État.Si les républicains contre-attaquaient comme ils menaçaient hier de le faire en élargissant le front, les démocrates pourraient, eux, frapper dans le New Hampshire (4 votes électoraux), où Bush affiche une avance de 7282 voix seulement sur un total de 656 000 suffrages exprimés.L'avance de Bush sur Gore est si mince en Floride, sur quelque 6 millions de suffrages exprimés, que le vote des expatriés, des soldats en poste à l'étranger surtout, pourrait être déterminant, a indiqué hier James Baker, l'ancien secrétaire d'État qui dirige la batterie d'avocats et de spécialistes que Bush a dépêchée dans le Sunshine State.Baker a aussi demandé aux démocrates, qui manifestent déjà en criant à la fraude, et aux médias, de se calmer car, selon lui, il s'agit d'abord de déterminer si les opérations en Floride se sont déroulées conformément aux lois de l'État.Les avocats et experts envoyés par Gore en Floride sont dirigés, eux, par un autre ancien secrétaire d'État, démocrate celui-là, Warren Christopher.Bill Daley, directeur de la campagne d'Al Gore, a élevé le ton hier en accusant le camp Bush d' « ignorer le fait que plusieurs milliers de Floridiens aient été privés de leur droit de vote ».Digne, il affirmait que « le prochain président ne doit pas être élu par des détails techniques », et, démagogue, il ajoutait, « mais par la volonté du peuple ».Don Evans, chef d'état-major de la campagne de Bush, réagissait aussitôt en accusant les démocrates de « politiser la crise, de déformer les faits et de désinformer le public », affirmant qu'ils le font « au détriment de la démocratie ».La bataille partisane fait déjà rage dans les médias et sur le Web.Le Washington Post parle du « coup d'aile de papillon » (loi du décompte en Floride) ayant provoqué « le chaos » national.Et des républicains accusent les démocrates d'avoir fait voter « des immigrants non naturalisés » en Floride, et d'avoir « manipulé le vote à Detroit pour noyer l'avance de Bush au Michigan ».L'affrontement se corse.Il ébahit l'étranger.Mais il met aussi à l'épreuve l'élasticité du système américain sclérosé par 50 années d'unanimisme obligé à cause de la guerre froide.On ne sait toutefois s'il en sortira renforcé ou affaibli.Photo AFP Miguel Flores 35e exécution au Texas LE GOUVERNEUR du Texas, George W.Bush, a donné le feu vert hier à l'exécution dans la soirée d'un Mexicain de 31 ans, Miguel Flores, condamné à mort pour avoir enlevé, violé et poignardé en juin 1989 une étudiante de 20 ans.« Parce qu'il n'y aucun doute sur la culpabilité de l'accusé et parce qu'il a bénéficié d'un accès équitable et entier aux tribunaux, le gouverneur Bush n'accordera pas un sursis de 30 jours » à ce condamné, a indiqué à Austin un porte-parole du gouverneur.Le Mexique, l'Union européenne et Washington avaient demandé à M.Bush de surseoir à l'exécution.La Cour suprême avait auparavant rejeté un ultime appel de Flores.C'était la 35e exécution de l'année au Texas.Ð d'après AFP Le vote asiatique en Californie UNE MAJORITÉ d'Américains d'origine asiatique a voté mardi pour le candidat démocrate à la présidence Al Gore, selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote, publié hier par le Los Angeles Times.Le vice-président a emporté 62 % des suffrages dans cette minorité, contre 37 % pour le candidat républicain George W.Bush.Deux pour cent des électeurs qui se sont rendus aux urnes mardi aux États-Unis sont des Américains d'origine asiatique.Selon le même sondage, 80 % des Américains ayant voté sont des blancs, 9 % sont des noirs et 7 % sont d'origine hispanique.Ð d'aprèsAFP Noirs exclus en Floride PLUS DE 400 000 personnes, des Noirs américains dans leur immense majorité, ayant un casier judiciaire n'ont pas pu voter en Floride parce qu'ayant définitivement perdu avec leur condamnation leur droit de vote, assure l'association de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).Le fait d'avoir rayé de façon permanente plus de 400 000 anciens condamnés en Floride est susceptible d'avoir déterminé l'issue de l'élection présidentielle, dit HRW.« Au moins un tiers des hommes noirs américains en Floride ont perdu leur droit de vote à cause d'une condamnation à un moment de leur vie », ajoute HRW.Au plan national, poursuit l'organisme, un adulte sur cinquante, soit 3,9 millions d'Américains, sont ainsi privés du droit de vote.Ð d'après AFP Politique politicienne L'ORGANISATION électorale de George W.Bush a accusé hier les démocrates de politiser le recompte des voix en Floride.Un porte-parole de Bush est revenu sur la polémique en cours dans le comté de Palm Beach où des électeurs démocrates affirment avoir voté à tort pour l'ultraconservateur Pat Buchanan en raison de bulletins de vote imprécis.L'annulation de 19 000 bulletins de vote dans ce comté n'a rien d'exceptionnel puisque 14 872 bulletins l'avaient déjà été lors de l'élection présidentielle de 1996.« Les démocrates politisent et déforment ces événements routiniers et prévisibles », ajoute le communiqué.Ð d'après AFP Castro rigole À QUELQUES ENCABLURES de la Floride, traditionnel point de mire de Cuba, le gouvernement de Fidel Castro a tourné en dérision l'imbroglio électoral américain.Comme il l'avait promis, le président cubain Fidel Castro a affiché publiquement son dédain à l'égard du prochain président américain, le dixième depuis son arrivée au pouvoir il y a quarante et un ans, en allant à la plage.« Carnaval », « show », « scandale », la presse officielle cubaine n'a pas manqué d'épithètes ces jours derniers pour qualifier la course à la Maison-Blanche.Un éditorial dans le quotidien Granma, organe officiel du Parti communiste cubain, comparait hier les États-Unis à une « république bananière ».Ð d'après AFP Les critiques railleuses agacent les États-Unis CHRISTOPHE DE ROQUEFEUIL AFP WASHINGTON Ð Les responsables américains se sont efforcés hier, avec un mélange d'humour et d'agacement, de rassurer sur la santé de leur démocratie et leur capacité à tenir leur rang mondial, alors que la presse multiplie les critiques sur les ratés de leur système électoral.« Comme vous le savez, nous pouvons vaquer aux affaires du pays, 24 heures sur 24, sept jours par semaine et partout dans le monde », a assuré hier le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, Sandy Berger.Le département d'État (Affaires étrangères) a ironisé pour sa part sur « certains commentaires intéressants de la presse étrangère », comme ceux du Daily Mirror britannique comparant les États-Unis à une « république bananière ».L'élection a été « régulière, normale, légale, claire, transparente, ouverte », a souligné avec une pointe d'agacement le porte-parole de la diplomatie américaine, Richard Boucher.Les États-Unis « n'envisagent pas » de demander à l'Organisation des États américains (OEA) d'envoyer des observateurs internationaux en Floride, une demande faite par Washington dans le passé pour le Pérou et Haïti, a répondu le porte-parole à un journaliste sud-américain amusé.M.Boucher a insisté sur le fait que Washington n'avait reçu aucune demande de la part des capitales étrangères pour réclamer des explications ou exprimer des inquiétudes en raison de l'imbroglio électoral actuel.« Personne n'est venu nous demander si les États- Unis étaient perdus dans l'espace ou quoi que ce soit de semblable », a-t-il plaisanté.Plusieurs capitales, comme Paris et Pékin, ont toutefois été piégées par les annonces prématurées de victoire des telévisions américaines dans la nuit de mardi à mercredi, en envoyant des messages de félicitations au candidat républicain George W.Bush.Plus sérieusement, les responsables américains soulignaient que le président Bill Clinton, en fonction jusqu'au 20 janvier, avait maintenu son agenda diplomatique chargé, en rencontrant hier le président palestinien Yasser Arafat, puis dimanche le chef du gouvernement israélien Ehud Barak.M.Clinton doit également se rendre la semaine prochaine au sommet Asie-pacifique (APEC) à Brunei puis se rendre au Vietnam pour une visite historique, la première d'un président américain depuis la fin de la guerre dans ce pays.« La présidence continue tout comme les affaires du pays », a déclaré M.Berger, en soulignant que M.Clinton devait avoir des rencontres bilatérales avec ses homologues russe Vladimir Poutine, chinois Jiang Zemin, sud-coréen Kim Dae-Jung ainsi qu'avec le premier ministre japonais Yoshiro Mori.La presse étrangère a multiplié les commentaires critiques sur le fonctionnement de la démocratie électorale américaine, à l'instar du Times de Londres qui a estimé que le pays « pourrait bien être au bord de la plus grave crise politique depuis le Watergate ».« On pourrait s'en amuser s'il s'agissait de l'élection du maire de Chicago et pas de l'homme le plus puissant du monde », a souligné pour sa part le quotidien allemand Berliner Zeitung.Aux États-Unis aussi les commentaires n'étaient parfois pas tendres.« Tout notre système politique a explosé mardi.Quel que soit celui celui qui sera investi président, la légitimité de son élection sera en doute », écrivait hier l'un des éditorialistes du Washington Post, E.J.Dionne.Photo AFP La démocrate Jennifer Parker a manifesté avec une foule d'électeurs hier devant le Complexe gouvernemental du comté de Palm Beach hier pour demander la reprise du scrutin présidentiel.Manifestations contre les invalidations de votes Agence France-Presse PALM BEACH, Floride Ð Des manifestations ont eu lieu hier en Floride pour protester contre l'invalidation de quelque 19 000 bulletins de vote à Palm Beach, un comté à forte population noire.Des centaines de manifestants ont protesté en criant leur colère à West Palm Beach, demandant que leurs voix soient inclues dans le décompte final en Floride qui doit déterminer qui de George W.Bush ou de Al Gore sera le prochain président américain.Près de 500 étudiants noirs ont aussi défilé en silence à Tallahassee, capitale de l'État, devant la résidence du gouverneur Jeb Bush, frère du candidat républicain George W.Bush.Ce dernier est impopulaire auprès de la communauté noire pour avoir supprimé la « discrimination positive », pour l'admission à l'université.« C'est une marche non partisane pour montrer que nous en avons ras le bol, une marche silencieuse pour être enfin entendus », a déclaré Joseph Pierce, un étudiant de 18 ans, qui a voté pour la première fois dans une élection présidentielle.« Nous voulons juste que notre vote soit pris en compte et nous n'allons pas nous laisser faire », a-t-il dit.Plus de 19 000 bulletins de vote n'ont pas été pris en compte à Palm Beach, parce que les électeurs avaient coché les noms de deux candidats, selon le juge du tribunal de comté Charles Burton.Ces électeurs ont en général percé à la fois la case de M.Gore et celle du candidat ultraconservateur Pat Buchanan, parce que, selon les démocrates, les bulletins utilisés dans ce comté sont source de grande confusion.Le révérend Jesse Jackson, un démocrate qui est l'un des principaux dirigeants de la communauté noire américaine, est lui aussi venu à Palm Beach pour affirmer que « chaque vote devait être comptabilisé ».« Chaque vote doit être comptabilisé.Lorsque tous les votes seront comptés, nous devrons respecter le vainqueur », a-t-il dit. 5LP1101A1110 A-11 VENDREDIMONDE 5LP1101A1110 ZALLCALL 67 01:04:21 11/10/00 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 A 1 1 MONDE EXPRESS INTERNATIONAL Russie Forces réduites LES EFFECTIFS de l'armée russe vont être réduits de 470 000 postes militaires et 130 000 postes civils sur cinq ans, a annoncé hier le vice-secrétaire du conseil de sécurité, Vladimir Potapov, au cours d'une réunion présidée par le chef de l'État, Vladimir Poutine, au Kremlin.L'armée russe compte présentement 3 millions de postes, dont 1,2 million de militaires.Cette décision intervient dans le cadre de la réforme de l'armée russe, héritière de la puissante Armée rouge, que les finances du pays ne peuvent plus supporter.L'état de déliquescence dans lequel se trouve actuellement l'armée russe lui interdit de mener une guerre conventionnelle avant 2010, a ajouté Potapov.Dans le même temps, la Russie va maintenir au niveau actuel le budget consacré à l'armée afin d'augmenter la solde du personnel.La Russie a alloué 7 milliards de dollars US à l'armée en 2000.Ð d'après AFP Algérie Amnistie dénoncée LE MINISTRE ALGÉRIEN de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, a accusé hier Amnestie internationale (AI) d'utiliser les droits de l'homme comme « fonds de commerce ».Une délégation de cet organisme effectue une visite en Algérie depuis le 5 novembre.« Quand ils n'ont rien à faire, ils ressortent des affaires du congélateur pour les utiliser afin de faire pression sur l'État et le peuple », a ajouté Zerhouni à la télévision d'État.L'organisme reproche aux autorités algériennes les lois d'amnistie et l'absence d'enquêtes indépendantes sur les homicides et autres atteintes aux droits.Ð d'après AFP Nations unies Écrasante majorité L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE des Nations unies a condamné hier de manière écrasante Ð par 167 voix contre trois Ð et pour la neuvième année consécutive l'embargo imposé depuis 38 ans à Cuba par les États- Unis.La résolution, non contraignante, demandait à tous les pays de refuser d'appliquer l'embargo américain imposé par Washington à Cuba.Les États-Unis, Israël et les îles Marshall ont voté contre.Quatre pays se sont abstenus sur ce texte qui a recueilli sa plus grande majorité depuis le premier débat sur l'embargo organisé en 1992 par l'assemblée.Ð d'après AFP Grande-Bretagne Opération Escargot DES ROUTIERS ET FERMIERS britanniques en guerre contre la cherté de l'essence se préparaient jeudi à une opération Escargot, mais contrairement à leur premier mouvement en septembre, ils apparaissent divisés et moins suivis après les concessions du gouvernement.Si leur mot d'ordre est maintenu, les camions et tracteurs devaient partir aujourd'hui de deux villes, Newcastle, au nord-est de l'Angleterre, et Berwick, en Écosse, pour gagner tout doucement Londres, où les manifestants comptaient arriver lundi.Des pêcheurs ont également prévu de venir amarrer leurs bateaux sur la Tamise, devant le Parlement de Westminster, pour manifester leur colère.Ð d'après AFP Congo Un million de gens déplacés PLUS D'UN MILLION de personnes sont déplacées dans le nord-Kivu et le sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), à cause de l'insécurité dans ces deux provinces contrôlées par la rébellion, a déclaré hier un responsable de l'ONU.« Selon nos dernières estimations, nous avons 640 000 déplacés dans le nord-Kivu, 450 000 dans le sud-Kivu, ce qui fait un total de près de 1,1 million », a affirmé Charles Petrie, responsable du bureau de coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA) pour l'est de la RDC, basé à Goma.Les deux provinces orientales de RDC sont contrôlées par le principal mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda, depuis le lancement, le 2 août 1998, de la rébellion contre le régime du président congolais Laurent-Désiré Kabila.Mais l'insécurité est surtout due aux milices ralliées à Kinshasa.Ð d'après AFP Kosovo Roms tués QUATRE TZIGANES ont été tués dans un village du Kosovo où ils étaient revenus récemment, a annoncé hier un porte-parole de la force multinationale dans la province (KFOR).Les quatre victimes ont été retrouvées avec des blessures par balles à la tête dans le village de Dosevac, à 20 kilomètres à l'ouest de Pristina, où ils étaient revenus avec l'aide du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l'ONU, a-t-il précisé.Peuplé en majorité d'Albanais, Dosevac est situé sur une montagne surplombant l'entrée dans la Drenica (centre du Kosovo), bastion de l'ex-Armée de libération du Kosovo (UCK).Depuis le retrait des forces yougoslaves du Kosovo et l'arrivée de la KFOR en juin 1999, les Serbes et les Tziganes restés dans la province sont fréquemment victimes d'attaques de la part des Albanais majoritaires.Ð d'après AFP Photo AP Attaque au missile en Cisjordanie Un hélicoptère de combat israélien a tiré hier un missile sur un véhicule conduit par Hussein Abayat, 37 ans, chef pour le sud de la Cisjordanie de la milice armée du Fatah, le mouvement du dirigeant palestinien Yasser Arafat.Cette attaque a également coûté la vie à deux Palestiniennes et fait une quinzaine de blessés.Arafat a rencontré le président américain Bill Clinton pendant deux heures à Washington hier, ce qui a permis selon lui d'examiner «en détail tous les problèmes, y compris celui d'une force de protection internationale» pour les Palestiniens.Clinton recevra dimanche le premier ministre israélien, Ehud Barak.PHILIPPINES Estrada admet l'existence de pots-de-vin et de maîtresses d'après AFP MANILLE Ð Le président philippin, Joseph Estrada, a affirmé hier qu'il n'avait pas touché de pots-de-vin puisque l'argent se trouvait dans un compte de banque et qu'il ne gardait que les maîtresses dont il avait besoin pour s'occuper de ses enfants illégitimes.Accusé d'avoir touché des pots-de-vin de huit millions US, Estrada a révélé lors d'une entrevue avec trois stations de radio que son principal accusateur, son ancien ami Luis Singson, lui avait offert un pot-de-vin de quatre millions de la part d'organisateurs de jeux clandestins, déposé sur un compte en banque.« L'argent est intact à la banque », a indiqué Estrada, reconnaissant ainsi pour la première fois l'existence de ces pots-devin versés par les organisateurs de jeux clandestin.Il avait toujours nié les accusations jusqu'à hier.Ces accusations de corruption ont provoqué l'ouverture d'une procédure de destitution devant le Congrès philippin tandis que les pressions se sont multipliées pour qu'il démissionne.« Je n'y toucherai jamais », a-t-il affirmé en faisant allusion à cet argent, expliquant que tel avait toujours été son attitude face à l'argent sale lorsqu'il était maire de son quartier à Manille et encore davantage depuis qu'il est président.Il a précisé que cet argent déposé en banque servirait de preuve de son innocence s'il devait être jugé par le Sénat philippin, ce qui semble de plus en plus probable.Estrada, 63 ans, a aussi affirmé qu'il n'avait plus le temps d'avoir des maîtresses mais qu'il en avait encore assez pour s'occuper de ses enfants illégitimes.L'ancien et très populaire acteur de cinéma a fait l'éloge de sa femme Luisa, médecin psychiatre qui l'avait quitté avant de se réconcilier avec lui.« Elle est la seule première dame », a-t-il affirmé à la radio.« C'est un modèle d'épouse qui doit être louée et mise sur un piédestal », a-t-il ajouté.Quant aux maîtresses, « toutes ces femmes ont été un problème depuis que je suis maire, sénateur, vice-président, président et je confirme tout », a-t-il déclaré.« Mais depuis que je suis président, je n'ai pas le temps pour cela.J'ai trop de choses à faire », a assuré Estrada.« C'est du passé », a-t-il dit avant de reconnaître que ses nombreuses liaisons extra-maritales l'avaient comblé de plusieurs enfants.« Je leur rends visite à l'occasion.Je ne nie pas avoir des relations avec leurs mères.Je leur donne une bonne éducation.Je ne veux pas leur donner un complexe d'infériorité », a-t-il déclaré sans préciser de combien d'enfants il était le père.« Je ne suis pas un hypocrite comme d'autres qui refusent d'admettre qu'ils ont eu des enfants en dehors du mariage », at- il dit.Estrada n'a jamais caché ses penchants pour les femmes, la boisson et le jeu, ce qui ne l'avait pas empêché d'être élu président en 1998.Par ailleurs, la vice-présidente, Gloria Arroyo, a refusé hier d'assurer l'intérim du pouvoir pendant une visite à l'étranger du président Estrada, comme ce dernier le lui avait proposé.Ce dernier doit se rendre mercredi prochain à Brunei à l'occasion d'un sommet de deux jours du Forum de coopération économique Asie- Pacifique (APEC).Mme Arroyo, qui a pris la tête de la fronde contre Estrada, a expliqué son refus en disant qu'il serait déplacé pour elle d'assurer l'intérim du président tout en appelant à sa démission.200 000 manifestants contre l'extrême droite à Berlin d'après AFP BERLIN Ð Quelque 200 000 personnes, selon la police, ont manifesté hier à Berlin contre l'extrême droite, à l'appel de tous les partis politiques représentés au Parlement, des Églises, des syndicats et des fédérations d'employeurs.Placé sous la devise « nous nous engageons pour l'humanité et la tolérance », ce rassemblement se voulait une réaction à la recrudescence d'actes néo-nazis depuis quelques mois.La manifestation a débuté devant la synagogue de l'Oranienburger Strasse, dans l'ancien quartier juif de Berlin.Le chancelier social-démocrate Gerhard Schroeder et plusieurs personnalités y ont déposé des couronnes.Puis les manifestants, de tous âges et tous horizons, ont défilé munis de ballons et banderoles affichant les slogans « Nous nous soulevons » et « Non aux néo-nazis ».En tête de cortège se trouvaient Schroeder, sa femme Doris, le chef de la diplomatie Joschka Fischer, la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU, opposition), Angela Merkel, le président du parti frère bavarois (CSU), Edmund Stoiber, ainsi que celui de la Fédération de l'industrie allemande (BDI), Hans-Olaf Henkel.Une pléiade de personnalités comme le Prix Nobel de littérature Gunter Grass, les ex-champions de tennis Boris Becker et Steffi Graf ou le président-idole du club de football du Bayern de Munich, Franz Beckenbauer, étaient également présentes.Le rassemblement de Berlin avait lieu au lendemain de la décision du gouvernement allemand d'intenter un recours devant la Cour constitutionnelle en vue d'interdire le parti néo-nazi NPD.REPÈRES / ANGOLA Vingt-cinq ans d'indépendance dans la peur et la misère d'après AFP Vingt-cinq ans après l'indépendance, dont l'anniversaire sera célébré demain, les habitants de l'Angola, ancienne colonie portugaise, vivent toujours dans la peur et la misère, otages d'une guerre civile sans fin.Depuis 1975, le gouvernement d'inspiration marxiste du MPLA (Mouvement populaire pour la libération de l'Angola) et les rebelles de l'Union nationale pour l'Indépendance totale de l'Angola (UNITA), soutenus au départ par l'Afrique du Sud de l'apartheid, se livrent une guerre aveugle.Un accord de paix, signé en 1994 à Lusaka, est resté lettre morte et l'armée s'est lancée à la fin de 1998 dans une opération d'éradication des rebelles de Jonas Savimbi qui lui a permis de reprendre les principaux fiefs de la guérilla mais n'a pas restreint de manière significative la puissance de frappe de cette dernière.L'UNITA s'est permis au début d'août de frapper aux portes de la capitale, à Catete, à 60 km de Luanda.Depuis l'été 2000, les combats ont redoublé d'intensité, notamment dans la région de Moxico (1400 km à l'est de Luanda), à la frontière avec la Zambie et la République démocratique du Congo (RDC).Luanda refuse par ailleurs depuis 1998 toute médiation de l'ONU dans le conflit.L'ONU a dû reconnaître que les sanctions dont elle a frappé l'UNITA depuis 1999 n'ont eu aucun effet sur les rebelles qui continuent, comme l'armée régulière, à s'alimenter en armes grâce au contrôle des immenses ressources du sous-sol du pays, notamment les diamants.La guerre civile en Angola crée une instabilité régionale de plus en plus étendue : l'armée régulière angolaise est intervenue aux côtés du régime de Kinshasa en affirmant que des savimbistes étaient réfugiés en RDC, la Zambie se plaint d'incursions à répétitions de l'armée angolaise sur son sol tandis que Luanda accuse Lusaka de soutenir les rebelles.Luanda a reçu en décembre 1999 l'autorisation de Windhoek d'intervenir en Namibie pour pourchasser l'UNITA.La population demeure la principale victime de la guerre qui a fait au moins 500 000 morts selon les estimations et quatre millions de déplacés, sur une population totale de 12 millions.Parmi eux, plus de 2,5 millions n'ont pas accès à l'aide humanitaire et le Programme alimentaire mondial a averti au cours des derniers mois des risques de famine dans certaines zones du pays.Grenier à blé avant l'indépendance, l'Angola fait face à un déficit alimentaire de 670 000 tonnes de céréales.Les populations n'ont souvent d'autre choix que la fuite.Quelque 170 000 Angolais sont réfugiés en RDC et 180 000 se trouvent en Zambie.Dans un rapport récent, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avait estimé à 51,5 % le nombre des Angolais pauvres et à 9,9 % le nombre des Angolais extrêmement pauvres dans un pays potentiellement très riche en pétrole.En octobre, une augmentation de 73 % du prix du pain a provoqué des manifestations de la population qui souffre déjà d'une inflation atteignant 109,52 % par mois en 2000.La guerre a abouti à une crise sociale et économique doublée d'un blocage total sur le plan politique.Le régime du président José Eduardo dos Santos refuse toute négociation avec l'UNITA et a décidé de proroger le parlement le mois dernier, tandis que l'opposition civile exige que des élections présidentielles et législatives se tiennent en 2001 pour permettre une alternance du pouvoir.Le mandat de quatre ans du parlement élu en 1992 avait déjà été prorogé à deux reprises.Pour la principale coalition d'opposants Ð les Partis d'opposition civile (POC) Ð, « le pays risque de supporter éternellement le régime actuel si la guerre ne se termine pas ».Mais une issue pacifique à un conflit vieux de 25 ans ne semble pas d'actualité et les observateurs doutent de la possibilité d'organiser un scrutin dans un pays où la guerre est une réalité quotidienne. 5LP1201A1110 a12-vendredi 5LP1201A1110 ZALLCALL 67 01:05:41 11/10/00 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 FORUM Quand la démocratie dérape A g r u d a @ l a p r e s s e .c a Comment est-il possible qu'un bulletin de vote mal conçu dans une seule circonscription d'un seul État ait pu jouer un rôle décisif dans l'une des élections les plus chaudement disputées de l'histoire américaine ?C'est la question que posait hier le Miami Herald , mais le quotidien de Floride n'était pas le seul à se montrer ébahi au lendemain d'un scrutin aux résultats tout à fait inusités.C'est tout le pays qui était plongé dans un état de stupéfaction.Une élection sans résultats concluants.Un écart qui fond à mesure que le décompte se poursuit.L'éventualité que la victoire n'aille pas au candidat qui a recueilli le plus de voix.Des milliers de bulletins de vote jetés au panier.Des électeurs qui réclament une nouvelle élection.Et une menace de recours aux tribunaux par dessus le marché.Les États-Unis ont connu d'autres élections délicates.Mais il faut fouiller bien loin dans l'histoire du pays pour trouver un suspense et une confusion post-électorale comparable à ce que l'on connaît aujourd'hui.Cette situation a ramené sur le tapis le système électoral particulier aux États-Unis Ð la procédure indirecte qui attribue la responsabilité ultime de désigner le président à un collège électoral choisi en fonction du vote populaire dans chaque État.Les pères de la Constitution américaine avaient concocté ce modèle démocratique pour deux raisons.Parce qu'ils se méfiaient du jugement du peuple et ont préféré déléguer la tâche de choisir le président à un conseil de sages Ð choisi, lui, au suffrage universel.Et pour rassurer les petits États qui avaient peur de se perdre dans le grand tout américain et qui jouissent d'un poids supérieur à leur poids démographique au sein du collège.Depuis l'avènement des partis politiques, et à quelques rarissimes exceptions près, les Grands Électeurs ne font plus que relayer la volonté populaire.La procédure est peut-être devenue archaïque.Mais elle n'a rien à voir avec les résultats fous du scrutin de mardi.D'autres systèmes peuvent produire des situations biscornues où un parti se fait élire avec une minorité de voix et une majorité de députés, par exemple.Pas besoin de chercher loin : c'est ce qui s'est produit aux dernières élections provinciales au Québec.Si le grand bordel post-électoral n'est pas attribuable au système des Grands Électeurs, cela ne signifie pas pour autant que tout aille bien dans la meilleure démocratie du monde.Près de 20 000 bulletins de vote ont été rejetés parce que les endroits où l'électeur devait pratiquer un petit trou n'ont pas été imprimés comme il faut.Résultat : de nombreux électeurs ont voté à la fois pour Al Gore et Pat Buchanan.Si les bulletins rejetés de Palm Beach avaient été attribués à Al Gore, celui-ci aurait remporté la Floride Ð et la présidence.On comprend que des électeurs de Palm Beach aient eu le sentiment de s'être fait voler leur vote.Mais des cafouillages de toute sorte se sont produits ailleurs sans attirer autant d'attention parce que le hasard a voulu qu'ils n'aient pas été aussi cruciaux.Des gens n'ont pas pu voter parce qu'on n'avait pas prévu suffisamment de bulletins de vote, d'autres parce qu'on a manqué de bureaux de scrutin.Que des défaillances techniques dignes du tiers monde aient entravé l'exercice de la démocratie dans la plus grande puissance mondiale, c'est assez sidérant.Mais même quand tout roule sur des roulettes, la complexité de l'exercice démocratique décourage bien des électeurs.En plus de voter pour le président, ceux-ci doivent élire la Chambre des représentants et le Sénat.Parfois, ils élisent en plus leur conseil scolaire ou leur shérif.Sans oublier les référendums.Il y en a eu 204 cette année.Les électeurs de l'Alaska devaient se prononcer sur la légalisation de la marijuana.Ceux de l'Oregon, sur l'opportunité des pièges à mâchoires pour les animaux et une pléthore d'autres questions.Tout ça sur un seul bulletin de vote.Aux États-Unis, le recours à la démocratie directe est de plus en plus fréquent.Pour les électeurs, cela devient inextricable.Et exception faite du léger sursaut du 7 novembre, la participation électorale est généralement à la baisse.Surtout chez les plus démunis.Et puis, boiteuses ou pas, les élections coûtent de plus en plus cher.Cette année, la facture a atteint trois milliards.C'est 50 % de plus que les élections de 1996, qui avaient déjà été considérées comme exceptionnellement chères.Une folie.L'imbroglio dans lequel se trouvent actuellement les républicains et les démocrates résulte, en bonne partie, d'un simple accident de l'histoire.Mais en toile de fond, il y a une démocratie qui s'emballe.Et qui dérape.Serge.Chapleau@lapresse.ca Droits réservés LA BOÎTE AUX LETTRES edito@lapresse.ca Pénurie de médecins ?J'AI LU dans La Presse du 31 octobre que le Conseil médical du Québec suggérait de retarder les nouvelles inscriptions en médecine.Incroyable ! Je dois réajuster mes lunettes et relire l'article car je suis ébranlé par une telle déclaration, moi qui croyais qu'il y avait pénurie de médecins.Je me suis dit qu'on allait certainement réagir à une telle déclaration.Bien non, personne n'a réagi, du moins pas à ma connaissance et j'ai cherché dans la presse chaque jour depuis.Je dois certainement être plus vieux que je crois, ma vue baisse et ma compréhension également.Cette semaine, je suis allé dans une « clinique médicale sans rendez-vous ».Après examen j'ai demandé au médecin s'il accepterait d'agir comme mon médecin de famille.Il m'a répondu : impossible, j'ai déjà trop de clients.Je lui ai alors demandé s'il connaissait un médecin qui pourrait agir comme mon médecin de famille.Il m'a répondu non et que j'aurais de la difficulté à m'en trouver un car, à sa connaissance, ils sont tous trop occupés.En voilà un autre qui est mal renseigné, il devrait consulter le Conseil médical du Québec.JEAN LALONDE Repentigny Pourquoi 50 % ?LES GAINS en capital sont désormais taxés à la moitié du taux qui s'applique aux revenus de travail.La belle affaire ! Messieurs les ministres Martin et Landry pourraient- ils avoir la décence d'expliquer cette discrimination ?Pourquoi taxer les gains provenant d'un travail deux fois plus que ceux faits par la détention du capital-action ?Qu'y a-t-il de juste dans cet aspect de la fiscalité Le fait que le gouvernement américain fasse de même ne constitue pas une justification.Cette pratique contribue à creuser l'écart entre riches et pauvres aux États-Unis et aura le même impact ici.Pourquoi la cessation de la discrimination dans l'imposition des gains de travail et ceux de capital n'est-elle pas à l'ordre du jour de la prochaine réunion du G8 ?D'ailleurs, qui décide de l'ordre du jour et pourquoi ces réunions se tiennent-elles à huis clos ?FRANÇOIS BEAULÉ Montréal Logique désuète JE PENSE que monsieur André Houle (La Presse, 8 novembre) doit lui aussi souffrir de trous de mémoire.Vouloir nous faire admettre que la FTQ, comme syndicat, est pire que l'est la CSN, est un peu désuet comme logique.Dans les années 1986-87, je travaillais comme chef de département dans l'un des plus grands hôtels de Montréal.La CSN tentait de faire « débarquer » le syndicat en place.Elle a finalement réussi à le faire après plus d'un an de pratiques plus que douteuses.Depuis ce temps, la CSN contrôle quasiment tous les hôtels de la région métropolitaine.Dans les métiers spécialisés, comme la restauration, le résultat est que dans la plupart des établissements, le personnel a été réduit de moitié, avec pourtant une nette augmentation de revenus.On achète en partie à l'extérieur.Vouloir syndiquer des Mc Do est un non sens.Tous ces fastfoods sont capables de mettre à la porte tous leurs employés et de les remplacer le lendemain par du personnel neuf.La raison : le manque de besoin de qualification professionnelle.Tous ceux qui luttent deséspérement pour qu'un syndicat les protège, ce sont les sans-métiers, les plongeurs, les gens d'entretien, etc.Il est certainement plus aisé de se faire défendre par un syndicat que de faire l'effort d'apprendre durant quelques années une profession, quelque qu'elle soit.De nos jours, chaque individu, aussi pauvre soit-il, est capable d'étudier et de gagner confortablement sa vie, professionnellement parlant et ceci sans l'aide d'aucun syndicat.Il suffit de voir autour de soi.Les cas sont multiples et étonnants.Pour clore, j'indiquerais que monsieur Houle aurait dû nous parler des cols bleus de Montréal, des chauffeurs d'autobus, des débardeurs du port et combien d'autres.Ils se comportent à chaque occasion comme des bandits de grands chemins.C'est ceci la démocratie syndicale.RAMON ANNEN Carignan La vie à tout prix ?michele.ouimet@lapresse.ca Des siamoises, Mary et Jodie, sont nées le 8 août à Manchester, en Angleterre, soudées par l'abdomen.Elles partageaient la même colonne vertébrale, les mêmes poumons, le même coeur.Jodie pouvait vivre, mais seulement si elle était détachée de Mary par une délicate opération.Mary, par contre, avait très peu de chance de s'en sortir.Une chose était certaine : si elles n'étaient pas séparées rapidement, les deux fillettes allaient mourir.Est-ce que Mary devait périr sous le scalpel pour permettre à Jodie de vivre ?Dilemme.Les parents, des paysans catholiques qui vivent dans l'île maltaise de Gozo, ont décidé d'aller à Manchester pour l'accouchement qui s'annonçait difficile.À la naissance, Jodie semblait normale.Elle ouvrait et fermait les yeux et suçait son pouce.Mary, elle, était amorphe.Ses yeux n'étaient pas formés et elle vivait en pompant le sang et l'oxygène de sa soeur.Les parents, fidèles à leurs convictions religieuses, ne voulaient pas sacrifier Mary.Ils s'opposaient à l'opération qui, pourtant, aurait pu sauver Jodie.Ils préféraient remettre la vie de leurs fillettes entre les mains de Dieu.Les médecins ont contesté leur décision devant les tribunaux.Les juges ont donné raison aux médecins.« Jodie a le droit de protester parce que Mary est en train de la tuer, ont-ils statué.Mary mourrait non pas parce qu'on l'a tuée intentionnellement, mais parce que son corps n'est pas capable de retenir la vie.» Lundi, les fillettes ont passé 20 heures sous le bistouri de l'équipe médicale.Mary est morte.Jodie a survécu.Les médecins croient que Jodie mènera une « vie normale ».C'est d'ailleurs ce qu'ils ont dit aux juges pour les convaincre.Mais peut-on parler de vie « normale » pour la petite Jodie qui passera les cinq prochaines années de sa vie à l'hôpital ?Son corps subira les assauts répétés des médecins qui vont lui reconstruire des organes génitaux et un rectum.Elle devra aussi subir des greffes de la peau.Jodie a de longues années de douleur devant elle.Jusqu'où peut-on torturer un corps pour lui permettre de vivre ?N'y a-t-il pas quelque chose d'indécent dans le fait de s'acharner sur une fillette de trois mois à qui on ne peut même pas garantir un minimum de vie décente ?Faut-il imposer une limite éthique, morale à la science ?Y a-t-il une ligne qu'il ne faut pas dépasser ?Et si oui, qui doit la tracer : les parents, les juges, les médecins, les politiciens ?On ne peut s'empêcher de penser à Robert Latimer, ce fermier de Saskatchewan qui a tué sa fille de 12 ans pour mettre fin à ses souffrances.Elle était atteinte de paralysie cérébrale.La Cour suprême a été saisie du dossier.Les avocats de Latimer affirment qu'il a fait preuve de compassion en abrégeant les souffrances de sa fille et qu'il devrait bénéficier d'une exemption constitutionnelle.Mais pour les groupes qui représentent les handicapés, donner raison à Latimer créerait un dangereux précédent.Qui défendra Jodie quand elle aura 12 ans ?Qu'en penserait Baden Powell ?QUE PENSE la direction du mouvement si formateur qu'est le scoutisme, en acceptant de s'associer à une loterie comme Lotomatique ?Baden Powell, fondateur du mouvement qui a embelli ma jeunesse avec les belles valeurs qu'il nous a inculquées à nous, jeannettes, guides, louveteaux et scouts, a dû se retourner dans sa tombe en voyant ce que certains dirigeants ont fait de son organisation.Est-ce le nouveau code d'honneur du mouvement ?Si oui, je suis bien contente d'en avoir fait partie dans ma jeunesse et non aujourd'hui ; j'ai 60 ans et que de merveilleux souvenirs.J'ai été jeannette et guide et je garde encore un souvenir ému de cette organisation.On nous a inculqué le sens de l'honneur, du respect de la parole donnée, du dévouement envers le prochain, de la générosité, de la droiture, de la spiritualité, etc.Nous sommes loin des loteries, n'est-ce-pas ?Quel exemple veut-on donner aux jeunes : plus besoin de travailler, de faire des efforts : la loterie peut tout.Nous, nous vendions des billets de tirage, des fleurs en papier que nous faisions nous-mêmes, des « tagdays ».Ça ne risquait pas de créer d'accoutumance au moins ! Les responsables du mouvement ne lisent-ils pas les journaux ?Sont-ils inconscients au point de ne pas connaître les dangers des jeux de hasard ?Et dire que c'est un mouvement de formation S'il-vous-plaît, reprenez-vous et annulez votre décision au nom du respect dû à une si belle organisation et au devoir que vous avez de respecter les volontés de son fondateur, pour le plus grand bien de nos jeunes.Ce que j'en ai retiré m'a profité toute ma vie et continue de le faire.Je vous en supplie, n'empêchez pas les jeunes d'aujourd'hui d'en bénéficier mais dans le sens de ce que Baden Powell a voulu.MICHELINE DUBREUIL Saint-Léonard Les loteries seraient-elles devenues la planche de salut du mouvement scout ? 5LP1301A1110 a13-vendredi 5LP1301A1110 ZALLCALL 67 01:00:09 11/10/00 B LA PRESSE MONTRÉAL VENDREDI 1 0 NOVEMBRE 2000 A13 FORUM ÉLECTORAL Santé : un blâme sévère 14 % de la population canadienne, oubliée ! CHLOÉ SERRADORI L'auteure s'exprime au nom de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN).«Oh non, pas encore les personnes handicapées ! » C'est probablement ce que certaines personnes vont penser.Pour celles-ci, nous sommes des privilégiées qui nous plaignons pour un oui, pour un non.Que voulez-vous, quelle que soit la réalité, c'est la perception qui gagne.Ce qui nous amène à vous parler des élections fédérales : à un moment où les gens se demandent pour qui ils vont voter, nous nous demandons si nous avons les moyens d'exercer notre droit de vote et quelle place nous est accordée ?En effet, est-ce que les différents partis nous donnent les moyens de voter en connaissance de cause ?Quel parti a utilisé les médias substituts tels que : le braille, le gros caractère, la disquette, la cassette, le langage simplifié et le langage gestuel ?Quel parti peut se targuer de présenter des candidats ou candidates ayant une limitation fonctionnelle ?Le parti qui cumulerait des candidats et candidates « personne ayant une limitation fonctionnellejeune », « personne ayant une limitation fonctionnelle- femme », « personne ayant une limitation fonctionnelle-autochtone » aurait la palme d'or.Bien sur, nous ne sommes pas les meilleurs vendeurs en ville.On nous met toujours entre parenthèses, comme quelqu'un oublié dans un autobus, même pas en marche, à peine visible.Peut-être est-ce normal, le « handicap » ne saigne pas.Peut-être que nous ne faisons pas assez de lobby : nous ne faisons que défendre nos droits.C'est probablement pour cela que 14 % de la population est oublié.Oubliéeparmi d'autres oubliés, les jeunes, les communautés culturelles, les femmes, les personnes âgées, les pauvres, les sans-logis, les autochtones, la liste ne se veut pas exhaustive ! Alors si vous avez envie de nous inciter à voter, peut-être que les différents partis pourraient répondre concrètement à quelques questions ?En tant que parti politique, êtes-vous prêt à vous engager à collaborer avec les provinces et les territoires afin de réinvestir les surplus budgétaires outrageants dans les programmes de santé, d'éducation, d'emploi et de revenu ?En tant que parti politique, êtes-vous prêt à vous engager à être imputable auprès de la population et à vérifier si les budgets transférés, dans le cadre du transfert social canadien, vont réellement bénéficier aux personnes ?En tant que parti politique, êtes-vous prêt à reconnaître et à appliquer un revenu de citoyenneté, tenant compte des coûts liés aux besoins fondamentaux pour toute personne et des besoins liés aux incapacités pour les personnes ayant une limitation fonctionnelle ?En tant que parti politique, êtes-vous prêt à renforcer la Loi canadienne sur les droits de la personne afin d'éliminer la discrimination systémique que vivent les personnes ayant des limitations fonctionnelles ?Nous avons bien d'autres questions, mais, déjà, des réponses à celles-ci pourraient nous éclairer.Nous sommes assurés que vous nous transmettrez également les réponses en médias substituts.GÉRALD CHARETTE L'auteur est un résidant de Brossard.J'ai récemment écouté une entrevue réalisée par Bernard Derome avec une personne âgée de l'ouest canadien, au cours de laquelle il a été question des soins de santé dont ont été privées des centaines et peut-être même des milliers de personnes de tous âges pendant que le gouvernement fédéral encaissait des surplus énormes.Il n'est pas nécessaire de dire à quel point cette situation me révolte, me dégoûte, principalement parce que les libéraux utilisent ces surplus pour faire des cadeaux au bon peuple pour se faire réélire une autre fois.Est-il besoin de souligner les souffrances autant physiques que morales que nombre de Canadiens ont eu à endurer et il est même à se demander si ces manques de soins n'en ont pas conduit certains à leur dernier repos.Il faut ajouter que le fait qu'un grand nombre de personnes ont dû aller se faire soigner dans des hôpitaux américains, ce qui ne doit pas contribuer à donner une belle image du Canada , ce pays où il est supposé faire si bon vivre.À mon avis, les chefs de partis opposés à Jean Chrétien parlent trop en douceur de cette situation, si on songe aux souffrances et aux risques auxquels ont eu à faire face quantité de citoyens canadiens depuis plusieurs années.J'ai personnellement eu à vivre une situation de cancer du sein contracté par ma première épouse et je me vois difficilement avoir dû accepter qu'elle manque de soins pendant que des surplus s'entassaient dans les coffres du gouvernement.J'en aurais été bien évidemment encore plus révolté.Messieurs les chefs de partis, je voudrais que vous vous mettiez à la place de ceux qui ont eu à faire face à ces problèmes et que vous vous fassiez nos porteparole pour dénoncer avec beaucoup plus de vigueur, voire même avec colère, le comportement de ce gouvernement qui s'est moqué du bien-être de la population pendant des années pour accumuler ces énormes surplus dont il se sert dans sa campagne électorale pour donner des cadeaux qu'il aurait pu donner il y a longtemps.C'est bien beau vouloir éliminer des déficits, mais pas sur le dos de la population.C'est carrément indécent.Et que dire des restrictions à propos de l'accès à l'assurance-emploi qui, même si elles ne sont pas aussi spectaculaires et visibles que les soins de santé, n'en apportent pas moins de problèmes à ceux qui en ont été victimes, certains en étant réduits recourir au bien-être social, ce qui est une humiliante situation pour plusieurs.Monsieur Chrétien a admis avoir fait erreur dans ce dossier.Qu'il fasse également son mea culpa dans celui des soins de la santé.Lors du premier débat télévisé, aucun des cinq chefs n'a réussi à mettre KO ses adversaires.Toutefois, une chose est ressortie de ces débats, le Canada ressemble de plus en plus à une mosaïque politique.Un débat qui ne passera pas à l'histoire La grande surprise, Joe Clark HUGO MORISSETTE L'auteur habite Montréal.Après avoir écouté le débat des chefs en français, mercredi soir, je me disais : enfin on a sorti des idées de cette campagne électorale extrêmement terne et ennuyante.On a laissé les attaques dirigées contre les chefs de parti et on a pris position sur certains thèmes.Jean Chrétien, souvent sur la défensive, a bien su répondre aux attaques venant de toutes parts.Tout le monde attendait une phrase suicide ou une gaffe de sa part, mais en vain.Il a par contre perdu des points, à mon avis, lorsqu'il a expliqué les déboires des libéraux, en place depuis sept ans, en les reliant à l'héritage conservateur ; il aurait fallu trouver autre chose de plus crédible ! Il s'est repris avec l'humour en traitant Gilles Duceppe de « bloqueux » ! Bref, il conservera ses appuis.Gilles Duceppe, sur qui les bloquistes avaient fondé beaucoup d'espoirs, a réussi à mettre Jean Chrétien devant des situations embarrassantes, mais il a paru un peu agressif en coupant sans cesse la parole aux autres chefs de parti.Lui aussi conservera ses appuis.Stockwell Day est le grand perdant du débat.La barrière linguistique l'a empêché de faire part de son programme et surtout de répliquer aux affirmations contenues dans les débats.Comme il n'a pas pu se vendre, il ne pourra sûrement pas percer au Québec.Bref, une grande défaite pour l'Alliance.Alexa Mc Donough, quant à elle, s'est entêtée à réciter son programme électoral quelle que soit la question posée.Que ce soit sur le thème de la santé, des finances ou de la justice, la chef du NPD s'en est tenue aux thèmes des coupures favorisant les banques et au système de soins à domicile.Manque de matière, peut-être.Comme quoi la gauche n'a pas tellement sa place dans le coeur des Québécois.La grande surprise est venue du côté de Joe Clark.Lui qui n'avait rien à perdre et tout à gagner a su prendre part à tous les débats avec éloquence.On a reconnu le vieux renard rusé qui possède une expérience des débats et qui se débrouille bien dans sa seconde langue.Si ce n'était pas de la dualité Bloc-libéraux, M.Clark obtiendrait peut-être plus de votes.Donc, à mon avis, ce n'est pas un débat qui passera à l'histoire, mais il a certainement pu éclaircir certains aspects des programmes politiques des partis dans l'arène.Quoique certains éléments n'ont pas pu être touchés, il reste que deux heures, c'est suffisant.Une chose est sortie du débat : le Canada ne possède pas de parti national.Chaque parti possède son fief dans une région du Canada : l'Alliance dans l'Ouest, le Bloc au Québec, les libéraux en Ontario et le NPD dans les Maritimes.Les conservateurs, en voie de disparition, n'ont plus la cote au Canada.Le Canada ne possède plus de parti national Rien de neuf sous le soleil DEPUIS DES décennies, nos politiciens, comme s'ils avaient la recette infaillible, usent des mêmes thèmes et des mêmes vieilles formules.On va les entendre parler de la jeunesse comme l'avenir d'un pays et les voir visiter les foyers de personnes âgées où les résidants attendent on ne sait plus trop quoi de la vie.Quel sera donc le parti avec un programme réaliste, écrit dans un langage concret et des idées contemporaines ?Qui sera le politicien nouveau des années 2000 qui, en lâchant les vieux trucs d'organisateurs politiques, saura mobiliser les gens, jeunes et adultes pour faire changer la face du monde ?Quel est le candidat qui, au lieu de secouer des mots devant des caméras, osera vraiment regarder ce qui change dans la face de notre monde.Avant de devenir blasés, nous souhaitons voir se lever des hommes différents, avec une vision réaliste, des objectifs concrets, une stratégie intelligente et des valeurs humaines solides.Ce n'est pas avec des vieilles idées, de vieilles méthodes qu'on va créer un pays d'avenir ; il faudrait que nos candidats aient des tempéraments de chefs, soient des meneurs, soient de vraies femmes et de vrais hommes au lieu d'être des caméléons génétiquement modifiés et socialement asservis.FRANCOIS BILLET Chambly Du pareil au même AU FIL DES ans, je m'étais dit : « Peut-être les choses changerontelles ?» En suivant la campagne électorale en cours, je dois admettre à mon grand regret que non, elles n'ont pas changé.Je déplore activement les méthodes de mise en valeur utilisées par les barons des partis politiques canadiens.C'est méthodes qui consistent essentiellement à dénigrer les adversaires et à nous rabâcher leurs erreurs et leurs infortunes dans le seul but d'en tirer profit, de se faire du capital politique.Est-ce là les dirigeants que je désire ?Non ! Dans mon enfance (et je suis encore jeune), on m'a inculqué des valeurs de bonté, d'amour et d'intégrité.J'ai analysé ces principes moraux, les ai acceptés et mis en pratique.Je veux que les dirigeants et représentants de ma nation en fassent autant.Qu'ils mettent à jour leur système de valeurs, car celui-ci, j'en ai bien peur, croule sous la vétusté.Je suis peut-être idéaliste, voir même utopiste, mais je crois fermement en un avenir où nous aurions des politiciens représentant fidèlement le peuple et ses valeurs.Des politiciens dont les techniques de vente, car c'est bien de cela qu'il s'agit, seraient honorables et empruntes de dignité.Je crois en de la politique propre.Pour de tels dirigeants, je voterais.Messieurs les politiciens n'attendez pas que je me lance en politique.MICHEL DESJARDINS Étudiant Tourner autour du pot JE VOUDRAIS réagir à l'annonce de la candidature de Claude Messier dans Rosemont-Petite Patrie, sous la bannière du parti Marijuana.Indépendamment de ce que l'on pense de la drogue douce, que ce soit le pot ou les aspirines, et au-delà du débat stérile qui perdure depuis mon premier joint, en 1967, je pense qu'on pourrait faire d'une pierre deux coups en votant pour Messier : d'abord donner un coup de pouce à une cause tout-àfait concrète, et ensuite permettre à un maudit bon gars d'avoir un job à la hauteur de ses talents pour quatre ans ! Dans ce monde où la logique n'étouffe personne au gouvernement, le niveau d'hypocrisie grimpe en flèche quand il est question de pot : d'un côté, il y a les études exhaustives, dont l'étude française publiée il y a deux ans, qui répète toujours les mêmes évidences : de l'autre côté, les tenants de la démonisation qui ne parlent que de trafic et de bandits.Quand je vois dans le journal, dans la même page, un malade à qui on donne la permission de fumer du pot mais pas les moyens de se le procurer, et une belle photo de policiers tout fiers de la saisie de quelques plants, je me sens un peu épais.Comment peut-on prendre au sérieux des politiciens qui vivent à l'aise dans ce genre de contradictions ?Alors, je vous encourage, Claude Messier, et je voterai pour vous.JEAN DAVIAULT Montréal Raisons stratégiques JE FAIS peut-être dans la fiction politico-stratégique, mais il me semble que lorsque, dans un discours dont le texte avait préalablement été remis aux journalistes, M.Day a décidé de laisser tomber les attaques personnelles (ce qui est peut-être sage compte tenu du personnage) contre Jean Chrétien, il l'a fait en toute connaissance de cause et pour des raisons stratégiques.En agissant de la sorte, M.Day préserve son image de « bon chrétien » et laisse aux médias la tâche de transmettre la « bonne nouvelle ».Ce qui fut fait.JEAN-PIERRE HARVEY Longueuil « Chrétien from coast to coast » SADDAM Hussein a besoin d'un ennemi puissant pour assurer son leadership.Il fait ainsi figure de protecteur de son peuple contre le Grand Satan américain : ses sujets en oublient l'odeur fétide de son administration.De même, Jean Chrétien a besoin de la mobilisation des forces indépendantistes pour renforcer son rôle de défenseur du fédéralisme.Notre « chef-ici » perdrait son trône si le mouvement indépendantiste disparaissait.Une intelligence limitée de la question québécoisse ne suffit pas à expliquer ses braquages systématiques contre le Québec.Il faut provoquer le Québec pour susciter la mobilisation nécessaire à l'exercice du pouvoir du « p'tit gars de Bay Street ».Qu'il en résulte une conjoncture politique nuisible à tous, peu importe ; Paul Martin serait un bien meilleur premier ministre ?L'objectif est clair : le pouvoir « chrétien from coast to coast ».MICHEL FRANKLAND Montréal « Blocquer la démocratie » MONSIEUR Duceppe, vous devriez vous retirer de la politique fédérale, vous et votre parti.Vous retirer parce que vous êtes aussi utiles à Ottawa qu'un nid de fourmis dans un garde-manger.En vous maintenant dans l'engrenage des élections fédérales, vous ne cherchez qu'à « déranger » (votre propre déclaration) sans avoir l'intention de faire du Canada un pays fort et uni, bien au contraire.Vous « perturbez la démocratie », vous « BLOCquez la démocratie », vous la détruisez, et en plus vous faites le jeu du parti au pouvoir en diluant les votes.En attirant une partie de l'électorat québécois mécontent de la performance de l'actuel gouvernement fédéral, vous ne laissez pas librement s'exprimer le vote populaire, vous empêchez que cette démocratie s'exprime.Vous retirez à d'autres partis, qui ont une audience transcanadienne, des votes qui leurs seraient peut être bien utiles pour leur crédibilité.De plus, vous risquez ainsi de leur retirer le statut de parti officiel.PHILIPPE BOSOM Montréal Un peu de compassion LES CANADIENS vont voter.Ils éliront des leaders pour que ces derniers leur proposent des idées nouvelles.Justement, le candidat Jean Chrétien, dans son rôle de leader d'un pays du G8, avait lancé à ses homologues un défi intéressant, soit que les pays industrialisés augmentent leur aide publique au développement de 10 p.cent.C'était à Okinawa l'été dernier et l'idée semblait pleine de promesses.Malheureusement, le retour au Canada et à la réalité a amené une grande part de désenchantement.Ni le budget pré-électoral, ni le Livre rouge des libéraux ne proposent d'augmentation de notre aide étrangère.Ce document ne fait même aucune allusion aux priorités de développement social (santé, alimentation et éducation) que la ministre de la Coopération internationale, Maria Minna, a annoncées il y a seulement quelques mois.Si quelqu'un veut mon vote, que cette personne fasse preuve de leadership et de compassion.Pour y arriver, voici quelques suggestions : 1) Augmenter l'aide publique canadienne à 0,35 % du PNB ; 2) Donner suite aux nouvelles priorités de l'ACDI en développement social ; 3) Ouvrir nos frontières commerciales aux produits des pays les moins développés.Le Canada, pays riche, doit accepter sa responsabilité d'aider les pays plus démunis.Après tout, plus du quart de l'humanité doit encore se débrouiller pour survivre avec moins d'un dollar par jour.PIERRE POULIN Hull 5LP1401A1110 5LP1401A1110 ZALLCALL 67 01:02:50 11/10/00 B Baisse de risque de démence avec des médicaments anticholestérol ENCAN PUBLIC Vente de marchandises libérées par Douanes Canada Le dimanche 12 NOVEMBRE 2000 ENCAN: À 14 h INSPECTION: 1 HEURE AVANT L'ENCAN MAGNIFIQUES TAPIS PERSANS Stock de magnifiques tapis persans noués à la main, comprenant: Qum pure soie, Tabriz laine et soie, Isfa han soie, Kashan fin, Heriz, Sarough, Bakthiari, superbe Bidjar, tapis de passage, de 6' à 30', plusieurs tapis tribaux.Toutes les teintes et tous les modèles, 100% faits et noués à la main.MAGNIFIQUES BIJOUX dises de valeur saisies pour défaut de paiement, Rolex President pour hommes et femmes, montres Rolex deux tons, Cartier, Piaget, bagues à diamants solitaires, colliers, bracelets d'esclaves et boucles d'oreilles.PEINTURES ET BRONZES Sélection de fameuses huiles sur toile, oeuvres du Groupe des Sept, A.J.Casson et beaucoup plus encore.Aussi oeuvres de bronze d'artistes connus.MEUBLES ANTIQUES Grande sélection de meubles antiques en acajou et chêne massif, accessoires d'appoint décoratifs, qualité et sélection exceptionnelles.Pièces de collection antiques rares mises aux enchères! Valeur de 100$ À 150 000$ LIEU: Holiday Inn (centre- ville), 420, rue Sherbrooke Ouest, Montréal.Salon Diplomate Chaque pièce est adéquatement étiquetée et certifiée authentique.Évaluateurs agréés sur place.Toutes les taxes et droits d'importation ont été acquittés sur ladite marchandise.Identification adéquate exigée à l'inscription.Commission d'achat de 10% en sus.Sous réserve d'ajouts ou de retraits.Certificat d'exonération de taxe exigé le cas échéant.2906935 Agence France-Presse PARIS Ð Le risque de démence parmi les personnes âgées pourrait être considérablement diminué grâce à des médicaments qui réduisent le niveau de cholestérol dans le sang, selon une nouvelle étude américaine publiée dans l'hebdomadaire médical britannique The Lancet, daté du 11 novembre.L'étude conduite par le Dr Hershel Jick de Boston (Massachusetts, États-Unis) visait à apprécier les effets de traitements réducteurs des taux de lipides et du cholestérol dans le sang, comme les statines.Elle englobe le cas de 284 patients déments britanniques âgés de 50 à 89 ans et un groupe contrôle de 1080 personnes, pris à titre de comparaison.Dans ce dernier groupe, 13 % présentaient un excès de graisses sanguines (hyperlipidémie), 11 % se sont vu prescrire des statines et 7 % d'autres médicaments réducteurs de l'excès de lipides sanguins.Dans ce même groupe, 69 % n'ayant pas d'anomalies des graisses sanguines, n'ont pas reçu de traitement (ni statines ni autres).Selon l'étude, le risque de développer une démence serait réduit de 70 % parmi les patients sous statines.Les statines repousseraient le moment d'apparition de la démence et s'opposeraient à la survenue de dégradations intellectuelles liées à l'âge.La démence affecte environ 10 % de la population de plus de 65 ans, notent les auteurs.Les médecins n'ont pas observé de réduction du risque de démence parmi les patients traités par les autres médicaments, réducteurs du niveau des lipides sanguins.Le Dr Hershel Jick se dit « conscient des conséquences potentielles de cette publication et de la nécessité de confimer ces résultats ».Étant donné l'impact potentiel de l'étude, il a donc estimé « urgent » la réalisation d'études complémentaires.Les accidents cérébraux vasculaires (ACV) sont une des causes de démences.La maladie d'Alzheimer reste toutefois la cause la plus fréquente des démences.L'hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque, l'encrassement des artères (artérosclérose) et le tabagisme représentent des facteurs de risque d'ACV.Une large étude, publiée en octobre dans une revue américaine Archives of Neurology a mis en évidence une association entre la prises de statines (pravastatine et lovastatine, mais pas avec la simvastatine) et une réduction de 60 à 73 % de la fréquence de la démence d'Alzheimer.Deux des auteurs, les Drs Benjamin Wolozin et George Siegel, ont admis la nécessité d'études supplémentaires pour confirmer cette hypothèse, mais ont déjà déposé une demande de brevet pour l'usage de deux de ces statines (lovastatine et pravastatine) dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.La démence affecte environ 10 % de la population de plus de 65 ans, notent les auteurs."]
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