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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-02-02, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0202 b01 samedi 02 février 6LP0101B0202 ZALLCALL 67 20:37:32 02/01/02 B LE RÊVE DE SARAJEVO Vendredi prochain, à Salt Lake City, les Jeux olympiques d'hiver s'ouvriront.Ce sera pour cette ville américaine une occasion exceptionnelle de célébrations.Le rêve olympique, plusieurs autres villes l'ont connu dans le monde.Parmi elles, Sarajevo, devenue ensuite ville martyre.Notre correspondante Isabelle Hachey s'est rendue en Bosnie- Herzégovine examiner comment la ville hôtesse des Jeux de 1984 se relève de sa douleur.Et pourquoi elle rêve d'organiser les Jeux olympiques en 2010.Photo FEHIM DEMIR, collaboration spéciale Grâce aux millions du CIO et d'autres donateurs, Zetra a été reconstruit en 1999.Mais il a triste allure, entouré de pierres tombales trop neuves, trop blanches.Comme les parcs de Sarajevo, le terrain de football du centre sportif a été converti en cimetière pendant la guerre.Quand les forces serbes ont tiré leurs roquettes sur la halle de Zetra, le centre de sports olympiques de Sarajevo, le monde de Faruk Catal s'est écroulé.C'était en 1992, au début du long et terrible siège de la capitale bosniaque.« J'habitais à un kilomètre, et j'ai senti une odeur de fumée », se rappelle-t-il.Zetra brûlait.Pour Faruk Catal, ce fut comme un coup de poignard.« Ce centre, c'était un peu comme chez moi.Je m'y entraînais tous les jours avant la guerre », raconte le solide gaillard de 35 ans, ancien champion de luge dans ce qui était encore la Yougoslavie unifiée.Avec la fumée noire s'est aussi envolé le souvenir d'un rêve olympique.Un rêve qui avait ouvert Sarajevo sur le monde, quand la ville avait accueilli les Jeux d'hiver de 1984.C'est à Zetra que le patineur québécois Gaétan Boucher était devenu un héros national en gagnant trois médailles.Et c'est là aussi que les danseurs sur glace britanniques Jayne Torvill et Christopher Dean avaient envoûté le monde \u2014 et les juges, qui leur avaient accordé 12 notes parfaites \u2014 au rythme du Boléro de Ravel.À l'époque, Faruk Catal n'avait que 17 ans.Mais il se souvient très bien de la joyeuse frénésie qui s'était emparée de sa ville.« Le monde débordait d'enthousiasme.Les Jeux avaient créé une sorte de sentiment d'appartenance à Sarajevo.On ne faisait plus qu'un.» Serbes, Croates ou Musulmans, cela n'avait guère d'importance.La capitale était cosmopolite, bouillonnante, tolérante.Pour raviver ce rêve, pour créer des ponts entre des communautés déchirées et pour rebâtir une ville ravagée par la guerre, Faruk Catal et ses concitoyens entretiennent un espoir un peu fou.Dans le brouhaha médiatique des Jeux d'hiver qui s'ouvriront vendredi prochain à Salt Lake City, rares sont ceux qui remarqueront la présence d'une petite délégation bosniaque venue promouvoir la candidature de Sarajevo, qui souhaite redevenir l'hôtesse des Jeux olympiques en organisant les Jeux d'hiver, en 2010.« C'est un grand projet », admet Sejdalija Mustafic, secrétaire général du Comité national olympique de Bosnie-Herzégovine.Mais un projet qui semble presque déjà voué à l'échec pour une ville en pleine convalescence, dans un monde olympique où règne désormais l'argent, l'argent et encore l'argent.Réalistes, les Bosniaques savent bien que Sarajevo ne peut rivaliser avec les autres villes candidates pour 2010, beaucoup plus riches.Ils n'ont pas d'argent pour faire du lobbying.Pas plus que pour reconstruire les installations des Jeux de 1984 détruites d u r a n t l a guerre.Et c'est pourquoi ils en appellent au « sens moral » de la communauté internationale.« Le monde aurait pu nous aider dès le début du siège de Sarajevo, mais il a eu peur, affirme M.Mustafic.Il a mis près de quatre ans à intervenir et à mettre fin à la guerre.S'il a une conscience morale, il a maintenant une bonne occasion de le prouver et de nous aider.» C'est, en quelque sorte, une dette d'honneur que la communauté internationale doit payer aux Sarajéviens abandonnés à leur sort \u2014 et aux francs-tireurs serbes embusqués dans les montagnes qui ceinturent la ville \u2014 pendant 43 mois de pur enfer.Le siège de Sarajevo, qui a commencé le 5 avril 1992 et qui a pris fin avec les bombardements de l'OTAN en novembre 1995, a fait 10 000 morts, dont 1600 enfants.Grâce aux millions du CIO et d'autres donateurs, Zetra a été reconstruit en 1999.Mais il a triste allure, entouré de pierres tombales trop neuves, trop blanches.Comme les parcs de Sarajevo, le terrain de football du centre sportif a été converti en cimetière pendant la guerre.Et les arbres ont disparu.Privés d'électricité pendant trois longs hivers, les Sarajéviens ont d'abord utilisé les bancs publics et les portes des maisons abandonnées pour se chauffer et faire la cuisine.Puis, ils se sont résolus à couper tous les arbres de la ville.En dernier recours, même les croix de bois, dans les cimetières, ont été arrachées.Question de survie.M.Mustafic a vu des snipers serbes tirer, en pleine nuit, sur des familles qui avaient eu l'audace de sortir pour enterrer leurs morts.Il a vu bien d'autres choses, qu'il n'ose pas encore raconter, six ans après la fin de la guerre.« C'était inimaginable.Quand j'y repense, je ne sais pas comment on a pu survivre tout ce temps, sans eau, sans nourriture, sans chauffage.L'homme est un grand animal.» Gaétan Boucher, lui, s'est rendu à Sarajevo en pleine guerre, pour une « mission de paix » organisée par les Nations unies, en 1994.En survolant la ville, il avait dû s'asseoir sur un gilet pare-balles pour éviter les tirs des combattants.Pour lui, ce fut un choc de revoir Zetra.Là où il avait gagné l'or ne restait plus que des ruines.Et l'anneau de glace extérieur était envahi par les camions des forces de l'ONU.M.Boucher espère que la seule ville olympique détruite par la guerre depuis le début des Jeux modernes remporte son pari.« Dans l'Antiquité, tous les conflits cessaient pendant les Olympiques.Ce serait un beau symbole », dit-il.Voir SARAJEVO en B2 Photothèque La Presse C'est à Zetra que le patineur québécois Gaétan Boucher était devenu un héros national en gagnant trois médailles. 6LP0201B0202 b02 samedi 02 février 6LP0201B0202 ZALLCALL 67 20:08:21 02/01/02 B Photo Reuters Sarajevo, ville martyre, se relève lentement d'une guerre civile brutale qui a duré quatre longues années.Bilan: 10 000 victimes dont 1600 enfants.Il y a deux ans, pour commémorer le huitième anniversaire de l'infamie, des enfants ont justement dessiner des fleurs de la paix là où des jeunes de leur âge étaient tombés sous les balles de francs-tireurs.Lente convalescence d'une martyre Quand l'avion se pose à l'aéroport de Sarajevo, on se sent comme sur le dos d'un oiseau géant regagnant son nid, au creux des montagnes.Pendant des siècles, les habitants de la ville ont vénéré leurs sommets enneigés, dressés dans un ciel clair ou enveloppés de brume.Jusqu'au 5 avril 1992.Ce jour-là, les combattants serbes ont découvert une nouvelle discipline olympique : le tir à la roquette.Ou à la simple mitraillette, cela n'avait pas d'importance.Le tir sur les immeubles, les femmes, les enfants, les vieillards.Le tir sur tout ce qui bouge.Leurs stands, c'étaient les montagnes, devenues les barreaux d'une ville assiégée, prisonnière de l'enfer.Les Sarajéviens, eux, ont vite appris à courir comme des lapins.Courir pour s'approvisionner en eau, en aide humanitaire, en bois de chauffage.Courir sur la « Sniper Alley », le triste surnom de l'avenue principale.Courir pour survivre.Surtout, ne pas traverser la rue au mauvais moment, au mauvais endroit.C'était une question d'instinct, ou de hasard.Ou de destin.« J'ai connu un photographe qui n'est pas sorti de son appartement pendant six mois.Et le premier jour où il a mis les pieds dehors, il a été tué », raconte Slobodan Stajic, un journaliste du quotidien Oslobodenje.Aujourd'hui, Sarajevo cache tant bien que mal les cicatrices du plus long siège de l'histoire moderne, de ces trois ans et demi où vivre consistait à éviter la mort.Place de la Libération, une cinquantaine de vieux jouent aux échecs géants sur les dalles de pierres.« Qu'il pleuve ou qu'il neige, ils sont toujours là », me dit Bojana Mrkic, une jeune citadine de 25 ans.Le siège de Sarajevo les a peut-être rendus un peu claustrophobes.Autour de la place, les amoureux se bécotent sur les bancs publics et les jeunes s'attardent aux terrasses des cafés à la mode, dont s'échappe une musique qui se mêle aux appels à la prière provenant des mosquées fraîchement reconstruites.Puis, un unijambiste traverse le parc, rappelant bien malgré lui le siège qui a fait 11 000 morts et 50 000 blessés.Des jeeps blanches de l'ONU et des soldats patrouillent les rues en permanence.Une femme vend des graines pour survivre, une autre quémande quelques sous, recroquevillée sur le pavé, près de son fils qui a perdu ses deux jambes.Visions d'horreur dans une ville qui n'en finit plus de panser ses plaies.Six ans après la fin de la guerre, les immeubles et les panneaux routiers sont encore criblés de balles.On dit que chaque maison, ici, a reçu au moins un éclat d'obus.Et que chaque âme a une fêlure.« Nous avons les nerfs à fleur de peau, confie Alen Sutvic, 25 ans.Je ne peux supporter le bruit des concerts et les feux d'artifice.Ça me fait trop penser à la guerre.Même les klaxons dans les embouteillages me rendent nerveux.» Malgré un taux de chômage dépassant 50 % et un salaire mensuel moyen de 350 $, les magasins de luxe tels que Benetton et Yves Rocher fleurissent au centre-ville.Un peu plus loin, dans les boutiques du quartier musulman, les commerçants ne vendent plus seulement des théières et des cartes postales aux rares touristes, mais aussi des balles converties en stylos et des restes d'obus ramassés dans les montagnes.Ils y ont gravé des motifs et une inscription, « Souvenir de Sarajevo ».La capitale aurait-elle perdu son âme ?Un peu, soupirent les Sarajéviens.C'est que la population a beaucoup changé.Depuis 1992, la ville jadis cosmopolite, symbole de liberté et de tolérance ethnique, s'est vidée du tiers de ses habitants.Les couples mixtes et les élites \u2014 professeurs, médecins, avocats \u2014 ont été les premiers à partir.Ceux qui les ont remplacés avaient été chassés de leurs villages par les forces serbes.Ils ont amené avec eux un mode de vie différent, inévitablement moins instruit, et plus nationaliste.Un mode de vie qui dérange.« Les réfugiés n'ont pas l'habitude de vivre ensemble, dit Slobodan Stajic.Et ils ont apporté une mentalité paysanne qui fait en sorte qu'on ne paie pas dans les tramways et qu'on gare sa voiture où c'est interdit ! » Alen Sutvic va même jusqu'à comparer l'afflux des réfugiés, provenant pour la plupart de Serbie et du Monténégro, à une « deuxième agression » contre sa ville, où la proportion de musulmans est passée de 50 % à 80 % avec la guerre.« Ce n'est pas une question de nationalité », s'empresse- t-il de souligner.C'est qu'« ils » sont différents.Et qu'ils jettent leurs ordures par les fenêtres.Croire en son pays Bref, Sarajevo la multiculturelle n'échappe pas, elle non plus, à la logique d'épuration ethnique.Dans la capitale de plus en plus conservatrice, les jeunes étouffent, rêvent d'exil.Pour eux, l'avenir est à l'Ouest.« Tous mes amis sont partis en Australie, au Canada, en Europe », dit Nikica Cvetkovic, 25 ans, qui est restée pendant le siège pour veiller sur son père malade.Sa mère était morte.Sa soeur avait fui.La guerre lui a tout volé, même sa jeunesse.Aujourd'hui, Nikica reste parce qu'elle croit en son pays.« Ça va de mieux en mieux avec les années, dit cette éternelle optimiste.Il y a tout, ici, des cinémas, des théâtres, des musées, des restaurants.» Ceux qui n'ont pas d'argent peuvent toujours regarder la télé.Ces jours-ci, les femmes bosniaques craquent pour les yeux verts d'Ovila Pronovost, qui chante la pomme (en serbo-croate) à la belle Émilie sur la chaîne publique.Des années de siège, Nikica, Alen et Bojana n'en parlent jamais.Pas même entre eux.« C'est trop difficile », laisse tomber Bojana.« Parfois, j'étais coincée dans mon appartement pendant deux ou trois mois.J'avais l'impression de n'avoir jamais connu autre chose que la guerre.» Alen raconte que le manque d'eau et de nourriture n'était rien comparé à la constante incertitude.« On ne savait pas combien de temps ça allait durer.Vous ne pouvez pas imaginer ce qu'on a vécu.» Nikica, elle, se cloître dans son silence.Et ne leur demandez pas s'ils sont Serbes, Croates ou Musulmans.Pour eux, ça n'a aucune importance.Ils ont suffisamment payé le prix du nationalisme.« Mon père est serbe et ma mère était croate.Moi, je ne me déclare pas ci ou ça.Je n'ai pas de sentiment nationaliste », dit Nikica.« Mon père est croate, ma mère serbo-musulmane.Je représente toute la Bosnie ! » clame joyeusement Alen.« Moi, mes parents sont orthodoxes (serbes).Mais ça ne fait pas de différence », dit Bojana.Les trois enfants de Sarajevo n'abandonneront pas leur ville.Ils rêvent de construire un monde meilleur, dans cette cité juchée dans les montagnes qu'ils continuent d'aimer, malgré tout.« On ne peut pas changer le passé, mais on peut essayer de bâtir un meilleur avenir, dit Nikica.Oui, je suis optimiste.Je dois l'être.Qu'est-ce qu'il nous reste d'autre ?» Photo FEHIM DEMIR, collaboration spéciale Trois Sarajéviens: Bojana Mrkic, Alen Sutvic et Nikica Cvetkovic.SARAJEVO Suite de la page B1 Après avoir subi la folie de l'homme, les Sarajéviens s'accrochent aux Jeux de 2010 comme à une bouée salvatrice, porteuse d'espoirs.« Pour la première fois, nous avons un projet positif qui peut nous permettre de nous tourner vers l'avenir.Ce que nous voulons, c'est offrir un projet au monde afin d'obtenir son appui, plutôt que de recevoir des dons humanitaires », explique Faruk Catal, qui était jusqu'à récemment conseiller du maire pour la candidature de Sarajevo.Et c'est peut-être la seule chance de retenir une jeunesse désabusée qui n'a plus qu'une envie, partir faire sa vie à l'étranger.Les Jeux de 2010 serviraient aussi \u2014 et surtout \u2014 de formidable tremplin pour la reconstruction de Sarajevo.Ils ramèneraient les touristes, généreraient des millions en construction de routes et d'hôtels.« Qu'on obtienne les Jeux ou pas, il faudra rebâtir », dit Faruk Catal.Le nouveau village olympique pourrait profiter à 15 000 Sarajéviens après les Jeux, dans une capitale en pleine crise du logement.Tout cela coûterait près de 500 millions de dollars US, mais les lucratifs droits de télévision valent bien davantage.Mais les obstacles sont nombreux.À commencer par les divisions ethniques qui déchirent encore le pays.C'est au mont Jahorina, par exemple, qu'avaient eu lieu les épreuves de ski en 1984.Or, la montagne se trouve dorénavant en République serbe de Bosnie (Republica Srpska), alors que Sarajevo fait partie de la Fédération croato-musulmane.En formant ces entités autonomes, les accords de paix de Dayton (1995) ont scindé la Bosnie-Herzégovine en deux.Et, du même coup, institutionnalisé des frontières tracées dans le sang par les ultranationalistes.Aujourd'hui, comment les Sarajéviens pourraient-ils se rendre allègrement en territoire serbe, et surtout au mont Jahorina, qui avait été converti en base militaire destinée à les éliminer pendant le siège ?La tâche serait ardue, mais l'organisation commune des Jeux, croient ses défenseurs, pourrait justement accélérer le processus de réconciliation.« Depuis le début, nous travaillons à ce projet avec des gens de la Republica Srpska, dit Faruk Catal.Si on avait demandé l'opinion des sportifs, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus de problèmes dans les Balkans ! » La Bosnie-Herzégovine a présenté une sélection unifiée aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000, rappelle-t-il.Serbes, Croates et Musulmans avaient marché, pour la première fois depuis 1995, sous un même drapeau.Les pistes de luge et de bobsleigh, quant à elles, sont en territoire croato-musulman.Mais elles ont été détruites pendant la guerre.En fait, les Sarajéviens ne s'en approchent même pas : elles sont encore bourrées de mines.La Bosnie compte 750 000 engins explosifs dans 30 000 champs minés.Même en pleine ville de Sarajevo, on conseille de ne pas trop s'éloigner des trottoirs et des routes pavées.Et puis, il y a la corruption.La mafia est florissante dans la Bosnie d'après-guerre, peuplée de nouveaux riches en voiture de luxe et de petits criminels.Le Comité national olympique n'est pas épargné.La semaine dernière, Sejdalija Mustafic a été accusé de toucher « illégalement » 7000 $ par mois en tant que secrétaire général du Comité, alors que le salaire moyen est de 350 $ à Sarajevo.Il aurait aussi privilégié certaines compagnies pour la reconstruction de Zetra, en plus de déménager les employés du comité dans de coûteux locaux du centre-ville, appartenant à une entreprise privée.dont il était luimême président ! M.Mustafic jure qu'il n'a rien fait de mal et qu'on cherche à le salir.Mais nul doute que l'affaire, qui sera entendue par les tribunaux bosniaques en mars, pourrait compromettre la candidature de Sarajevo pour les Jeux de 2010.Les membres du Comité international olympique (CIO) feront une première sélection de villes candidates en juillet prochain, et annonceront leur choix final au printemps 2003.« Évidemment, cette histoire ne nous réjouit pas, mais la corruption existe partout dans le monde, a fortiori dans un pays qui a connu la guerre », plaide Zlatko Vukmirovic, qui travaille à la promotion de la candidature pour la Ville de Sarajevo.« Et il faut faire une différence entre le Comité national olympique, qui ne fait que soumettre la candidature, et la ville de Sarajevo, qui sera responsable de l'organisation des Jeux.» Slobodan Stajic, vétéran journaliste du quotidien sarajévien Oslobodenje (Libération), estime pourtant que, dans les circonstances actuelles, il est trop tôt pour que Sarajevo puisse espérer obtenir à nouveau les Jeux d'hiver.« Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes et avec le monde.Il reste beaucoup de choses à faire avant de soumettre notre candidature.Le pays est encore divisé et, surtout, il y a un tas de gens qui se sont enrichis de manière illégale.C'est tout à fait contraire à l'esprit olympique.» À Sarajevo, pourtant, neuf personnes sur 10 veulent les Jeux de 2010.Car ce fameux esprit olympique, les habitants ont montré qu'ils l'avaient conservé même au plus fort du siège, en s'entraînant sous les tirs des snipers \u2014 les athlètes de la ville ont participé aux Jeux même pendant la guerre, malgré leurs pénibles conditions de vie.« Nous l'avons fait parce que nous voulions montrer que jamais, nous n'allions renoncer, dit Faruk Catal.Maintenant, nous voulons prouver au monde entier que nous sommes capables d'organiser les Jeux olympiques. 6LP0301B0202 b03 samedi 02 février 6LP0301B0202 ZALLCALL 67 22:33:18 02/01/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 F É V R I E R 2 0 0 2 P L U S B 3 Rideau ! Départs spectaculaires de deux vétérans ministres Mardi dernier, en fin d'après-midi, Guy Chevrette et Jacques Brassard, deux vétérans ministres péquistes, ont annonçé leur démission du gouvernement.Ce coup de théâtre fut le prélude à l'important remaniement ministériel du lendemain.Le chef de bureau de La Presse à Québec raconte comment, dans les coulisses, les heures fatidiques menant à cette décision ont été vécues.QUÉBEC \u2014 « Pour l'organisation.Va falloir que tu t'arranges avec Gilles Baril.» Là, la coupe débordait pour Guy Chevrette.Lundi, la veille, il était rentré d'urgence de Tokyo où, avec stupeur, il avait appris que Bernard Landry comptait réaliser, mercredi, et donc sans lui, son remaniement.Il se souvenait encore de ce coup de fil du « boss », juste avant son départ pour 12 jours en Asie : « Bonne mission, Guy », lui avait simplement dit Bernard Landry sans jamais l'informer de ses plans.Puis tout était allé de travers.Bernard Landry n'avait pas caché sa colère devant les déclarations intempestives d'un ministre qui se sentait poussé vers la porte, et la révélation d'une offre embarrassante de pot-de-vin n'avait fait qu'empirer les choses.Lundi, pendant les heures fiévreuses d'une réunion nocturne dans un hôtel du centre-ville de Montréal, avec une vingtaine de disciples politiques et de supporteurs de Joliette, Guy Chevrette avait soupesé toutes les hypothèses.Tous lui recommandaient d'accepter la dernière proposition de Bernard Landry, les Affaires autochtones (son nom passerait à l'histoire avec la signature imminente d'une entente avec les Cris et les Innus) et l'organisation de la prochaine campagne électorale.Lessivé, Chevrette va se coucher au petit matin, ébranlé par ses amis.Il pourrait accepter de boire le calice que lui présente son patron.Et voilà que Bernard Landry lui disait que même comme organisateur, il aurait à prendre ses ordres de ce Gilles Baril, jeune coq bien moins expérimenté, voisin de comté, et surtout son rival dans la région de Lanaudière.C'en était trop pour celui qui avait tenu le PQ à bout de bras après le départ de Pierre Marc Johnson en 1987.« Fini les couleuvres » « Moi, après 25 ans de politique, j'ai fini d'avaler des couleuvres », avait confié lundi soir Jacques Brassard à sa garde rapprochée.Il revenait de la résidence de Bernard Landry, à Verchères, où le patron avait offert « un prix de consolation » au flamboyant tribun du Lac-Saint-Jean, qui estimait ne pas avoir démérité.La vie d'un politicien est pleine de ces humiliations.Jacques Brassard se souvenait avec douleur du jour de 1994 où Jacques Parizeau lui avait donné des miettes : l'Environnement.Mais cette fois c'en était trop, pour lui aussi.Mardi, avant la conférence de presse fatidique où ils annoncent leur départ, MM.Chevrette et Brassard ont un long entretien au cabinet du ministre des Transports.Attaché aux traditions, Guy Chevrette pense qu'il va demeurer député jusqu'à l'ouverture de la session pour un dernier hommage sur le parquet de l'Assemblée nationale.« Moi je ne retourne pas là, c'est clair.On a eu tous les hommages toutes les fleurs possibles pour notre 25e anniversaire (le 15 novembre dernier).Imagine l'atmosphère, Landry te rendant hommage.» lui répliqua Brassard.Guy Chevrette acquiesça rapidement.Les « messagers » Les deux hommes étaient d'autant plus meurtris que jamais avant l'opération de cette semaine Bernard Landry, leur collègue depuis 25 ans, n'avait jugé nécessaire de leur signifier directement ses intentions.Le 19 décembre Jacques Baril, un vétéran de 1976, rencontre Bernard Landry pour lui dire qu'il ne sera pas des prochaines élections.Le premier ministre lui conseille de penser à un rôle tout différent, un « secrétaire d'État » pour motiver les troupes en région.Guy Chevrette et Jacques Brassard devraient y penser aussi.de dire Landry.De retour au cabinet des Transports, M.Baril s'empresse de raconter toute l'histoire au député de Joliette, qui comprend que ses jours sont comptés.Le 11 janvier, c'est Claude H.Roy, le chef de cabinet de M.Landry, qui rencontre le bouillant ministre des Transports.Son message est aussi limpide qu'humiliant : non seulement on veut le rétrograder, mais M.Roy lui demande de convaincre Jacques Brassard, Jean Rochon, Paul Bégin et David Cliche d'accepter le même sort.M.Chevrette se contente d'en parler à ceux avec qui il se sent plus à l'aise, Brassard et Rochon \u2014 Jacques Baril est déjà au parfum.Les quatre « martyrs » décident, ensemble, qu'ils n'accepteront jamais d'être rétrogradés comme secrétaire d'État \u2014 un ministre d'opérette, sans limousine, ne disposant que d'un accès restreint aux réunions hebdomadaires du gouvernement.Marge de manoeuvre Vers 15 h mardi, quand il parle pour la dernière fois à MM.Chevrette et Brassard, Bernard Landry ne peut qu'accuser le coup.« Je m'en doutais, j'ai vu que vous aviez l'air déçus, je comprends.» a-t-il dit, avant de leur demander s'ils démissionnaient aussi comme députés.Un détail ?Pas du tout.En démissionnant sur-le-champ, les deux ministres étaient parfaitement conscients de plonger leur patron dans un profond embarras.Trois partielles étaient déjà prévues, dont deux dans les circonscriptions imprenables de Viger et d'Anjou.En en ajoutant deux autres, les deux ministres multipliaient par 10 la pression sur Bernard Landry, premier ministre désigné, pour qu'il déclenche des élections générales.Vers 21 h mardi, longtemps après que Claude H.Roy et le premier fonctionnaire Jean St-Gelais eurent quitté la résidence du premier ministre, Bernard Landry passa un coup de fil à David Cliche, un des rares à avoir appuyé explicitement Pauline Marois dans la course au leadership.« Je n'ai plus de place pour toi », expliqua le premier ministre.« Vous allez devoir faire une autre partielle », répliqua sèchement le député de Vimont.Passant à Verchères en fin d'après-midi mardi, les ministres Rochon et Bégin étaient en position bien plus confortable.Soucieux d'enrayer l'hémorragie, avec déjà deux démissions sur les bras, Bernard Landry fut plus conciliant.Et le Conseil des ministres d'augmenter d'autant.Avec 36 ministres, M.Landry a mis en place le plus gros Conseil des ministres de l'histoire du Québec.Avec le souci évident de renforcer la représentation en région \u2014 avec deux ministres par région souvent \u2014, M.Landry avait fait ses choix en ayant clairement à l'esprit les prochaines élections.Il y avait tellement de monde mercredi, pour la première réunion du Conseil des ministres, qu'il fallut ajouter une petite table, pour quatre nouveaux arrivés, à côté de l'immense table circulaire où prennent place les membres du gouvernement.Gâchis stratégique « Quel gâchis ! » ne put s'empêcher de lancer un vétéran chez les organisateurs péquistes.Avec les démissions imprévues, l'improvisation de l'opération sautait aux yeux.Les cartes avaient été mal jouées.Bernard Landry était carrément furieux de voir les trois ministres déchus abandonner leur sièges en faisant fi de toute considération stratégique.En 24 heures, sa marge de manoeuvre s'était volatilisée, avec six partielles à tenir avant l'automne prochain.La première doit être déclenchée avant le 16 mars alors que les trois qui se sont ajoutées cette semaine doivent l'être avant le 28 juillet.Avec ces nouveaux départs, les scénarios d'élections générales tard à l'automne, ou même en cinquième année du mandat, en 2003, devenaient bien théoriques.Rien de bien rassurant pour les stratèges péquistes, qui répètent que la satisfaction à l'endroit du gouvernement reste encourageante, de l'ordre de 54 %.Car ce n'est pas ce que voient les sondeurs externes.« Cinquante pour cent de satisfaction, on n'a pas vu cela depuis un an, au moment de la démission de Lucien Bouchard », affirme Claude Gauthier, spécialiste de CROP.Ses sondages de janvier montrent plutôt qu'il y a davantage d'insatisfaits, 47 %, que de gens satisfaits, 45 %.Quant à l'intention de vote, elle devrait refroidir l'enthousiasme des organisateurs péquistes.Au mieux, le PLQ n'a que six points d'avance \u2014 45 % contre 39 %, observe M.Gauthier.Dès qu'on distribue les 10 % d'indécis avec plus de précision, les libéraux ont 9 points d'avance, ce qui accorderait à Jean Charest une victoire confortable.Un remaniement attendu Le remaniement paraissait inévitable depuis un an.Déjà en mars 2001, les conseillers de Bernard Landry l'exhortaient à frapper un grand coup, à apporter beaucoup de changements.Ils brandissaient des focus groups réalisés par Léger Marketing montrant que M.Landry devrait s'imposer et se positionner comme celui par qui le « changement » arrive.M.Landry n'avait pas osé à l'époque bousculer ses collègues et les simples députés avaient été déçus devant si peu de modifications.Pendant des mois on s'inquiéta de l'absentéisme aux réunions hebdomadaires des élus.Arrive le douloureux verdict des partielles en octobre \u2014 deux bastions péquistes passent aux libéraux \u2014 et la cabale reprend dans les rangs péquistes pour convaincre M.Landry de « faire le ménage », de donner plus de place aux jeunes avec un important remaniement ministériel.Plus facile à dire qu'à faire toutefois.Sans compter David Levine, venu de l'extérieur, M.Landry a fait monter 12 nouveaux députés au Saint des Saints sans en rétrograder un seul aux banquettes arrière.Depuis des semaines, l'organisateur Gilles Baril harcelait en vain des sympathisants péquistes en vue pour qu'ils sautent dans l'arène politique comme l'avait fait le tennisman Richard Legendre, l'an passé.Un seul est venu cette semaine, et essentiellement par amitié pour Bernard Landry.Doté d'un charisme certain, David Levine, coqueluche des médias, a franchi le Rubicon, après une très longue réflexion.L'état-major est changé en profondeur.Mais le sort humiliant réservé aux anciens généraux risque de refroidir l'ardeur des soldats, à l'approche du combat.Photothèque La Presse « Pour l'organisation.Va falloir que tu t'arranges avec Gilles Baril », lui a dit Bernard Landry.Pour Guy Chevrette, la coupe débordait.« Moi, aprè s 25 ans de politique, j'ai fini d'avaler des couleuvres », disait lundi soir Jacques Brassard à sa garde rapprochée.Mardi, Bernard Landry savait: « Je m'en doutais, j'ai vu que vous aviez l'air déçus, je comprends.» a-t-il dit. 6LP0401B0202 b04 samedi 02 février 6LP0401B0202 ZALLCALL 67 15:45:37 02/01/02 B Le nouvel apartheid La privatisation de la santé, un cauchemar en Afrique du Sud L'Afrique du Sud a renoncé formellement à l'apartheid en 1994 quand les électeurs ont porté le Congrès national africain (ANC) au pouvoir au premier scrutin libre de son histoire.L'apartheid a toutefois la vie dure et rebondit sous de nouvelles formes, au point où les Sud-Africains parlent d'un nouvel apartheid, entre riches et pauvres celui-là, mais qui recoupe largement les vieux clivages ethniques.Sur plusieurs étages d'un immeuble moderne de Durban, des employés gèrent par ordinateur les polices privées d'assurance- maladie de quelque 10 millions de Sud-Africains qui en ont les moyens.À 20 km de là, dans le township d'Umlazi, des foules silencieuses aux regards insoutenables se massent dans la salle d'attente de l'hôpital public sis en rase campagne.« C'est le nouvel apartheid », dit Zuma Nehawu du Syndicat national des travailleurs de l'enseignement et de la santé, dont il est le secrétaire pour la province du Kwa Zulu-Natal.« L'apartheid des riches et des pauvres », précise-t-il.« On a désormais 20 % de Sud- Africains qui s'achètent une police d'assurance-maladie.Ils vivent dans les nouvelles banlieues, protégés par des clôtures électroniques et des bergers allemands, réfugiés dans une mentalité sécuritaire.Ils ne sont pas tous Blancs, mais ils sont surtout Blancs.Les autres, à peu près tous Noirs, et sans moyens, sont obligés de se rabattre sur les services publics, que le gouvernement veut privatiser, pressé par le secteur privé et les bailleurs de fonds », explique-t-il.« La firme Medscheme gère les plans de 900 000 assurés, qui paient jusqu'à 1500 $ CAN par famille chaque année en primes d'assurance- maladie », explique Lakshmi Subramaniam, chef d'atelier au bureau de Durban.Les responsables syndicaux sont réunis ce matin par la centrale COSATU, à laquelle ils sont affiliés, pour parler du harcèlement sexuel au travail.Aux réflexions des syndiqués mâles invoquant « la dimension culturelle » et « la polyandrie », leurs collègues femmes parlent de « harcèlement sexuel ET racial ».L'envoyé de la COSATU s'interpose : « tout harcèlement est un abus de pouvoir, et c'est à l'employeur de garantir un environnement de travail sans harcèlement ».Employés noirs, métis, indiens pour la plupart, dirigés par des cadres blancs, des femmes surtout, pour la firme fondée en 1971 et qui compte 3500 travailleurs dans toute l'Afrique du Sud, avec siège social à Johannesburg.Medscheme n'est pas une compagnie d'assurances ; elle gère l'assurance- maladie pour les compagnies.Medscheme est en fait la plus importante administratrice de fonds de santé en Afrique du Sud.Elle gère plus de six millions de demandes de remboursements de frais médicaux par mois soumises par plus de deux millions d'assurés dans cinq pays, dont le Botswana et le Swaziland.Les assurés peuvent consulter leurs dossiers directement sur Internet.Internet ?Ordinateurs ?Assurance- maladie privée ?Ces mots clés de la « nouvelle économie » sont inconnus à l'hôpital Mémorial Prince Mshiyeni, à Umlazi.Avec plus d'un million d'habitants, c'est le plus grand township noir d'Afrique du Sud après Soweto.L'édifice rouille brûlé par le soleil printanier austral suffoque sous les ventilateurs au milieu de la savane sèche dévorée par une terre rouge.On est loin des locaux climatisés et feutrés de Medscheme.Les couloirs sont encombrés de monde, hommes, femmes et enfants, chacun attendant son tour avec un étonnant stoïcisme.Beaucoup emportent des fruits, des légumes, des poulets pour offrir au personnel médical.Médecins, infirmières, psychologues vont et viennent comme ils peuvent, jouant à la fois les consolateurs, les sociologues et les guérisseurs.« On fait ce qu'on peut avec les moyens du bord, il nous manque de tout, équipements, personnel, espace, médicaments », confie Mme Memela, infirmière psychiatrique.« Les gens viennent de loin et ils n'ont souvent pas grandchose à manger.Alors, même avec les bons médicaments, les chances de guérison sont minces », ajoute-t-elle.« Imaginez le cauchemar si le gouvernement privatise la santé », intervient Zuma Nehawu.« Ces gens devront alors payer pour être soignés.Comment feront-ils ?Une visite à l'hôpital leur coûte déjà une journée de travail.La médecine privatisée acceptera-t-elle d'être payée avec des fruits et des poulets ?Voilà, c'est ça le nouvel apartheid pour 33 millions de Sud- Africains », dit-il avec indignation.« On fait ce qu'on peut avec les moyens du bord, il nous manque de tout, équipements, personnel, espace, médicaments.» Photo JOONEED KHAN, La Presse Les couloirs de l'hôpital d'Umlazi sont encombrés de monde, hommes, femmes et enfants, chacun attendant son tour avec un étonnant stoïcisme.Beaucoup emportent des fruits, des légumes, des poulets pour offrir au personnel médical.Des écoles à plusieurs vitesses L'ÉCOLE PRIMAIRE John Wesley à Pinetown, à 50 km de Durban, est un véritable bijou : grande cour avec terrains de jeux, édifices agrandis et rénovés selon les besoins, salles d'ordinateurs et de théâtre, une majorité d'élèves noirs à l'image du pays, des enseignantes qui prennent leur pause avec une tasse de thé et de petits gâteaux dans le Staff Room.Mais il ne faut pas s'y méprendre.Cette école est une exception en Afrique du Sud.« On représente une expérience, très belle certes, mais difficilement adaptable au reste du pays », admet Arthur Hill, le principal, après qu'un groupe d'élèves eut joué sur scène un spectacle pédagogique sur le sida.Cette réussite s'explique par une conjugaison des efforts de l'Église méthodiste et des dons du grand secteur privé tant sud-africain que multinational.« L'édifice central était la résidence d'un président de compagnie qui nous en a fait don avec le terrain d'un acre et demi », confie Arthur Hill.« Nous faisons chaque année appel aux mécènes.Notre nouveau projet, c'est de bâtir un dortoir pour les élèves noirs qui habitent dans les townships lointains », ajoute-t-il.« C'est sûr que les élèves sont triés sur le volet.On finance une partie des frais, les parents doivent assumer le reste.On donne aussi des bourses aux élèves pauvres, mais méritants », dit Hill.La débrouille Ndaba Gcwabaza, négociateur national du Syndicat démocratique des enseignants (SADTU), a réussi à y caser sa fille de 8 ans.Sa femme, elle, enseigne à l'école publique Khulugqame, à Clermont, un township noir de 50 000 habitants à une dizaine de kilomètres de là.« Ici, même moi je n'ai pas d'ordinateur », dit Mme Thobile Shange, la directrice, en montrant son bureau doté d'une table et d'une chaise.« On a une salle pour les professeurs, mais là il n'y a même pas de meubles ! » ajoute-telle.L'école, qui couvre le primaire et le secondaire, est assez neuve de construction.Mais il n'y a pas d'entretien et l'édifice se délabre déjà sous les intempéries.Il n'y a pas de gymnase, pas de terrain de jeux, pas d'auditorium.À l'heure de la récréation, les enfants jouent sur la terre battue de la cour intérieure.« L'apartheid est finie ?C'est une nouvelle pour moi », dit une enseignante dans la salle, effectivement sans meuble aucun, où les élèves du secondaire ont monté un spectacle de chant et de danse, vigoureux et spectaculaire, dans la tradition zouloue.On est après tout au Kwa Zulu-Natal, sur la côte est du pays.À 20 km de là, dans le township indien de Chatsworth, l'école secondaire semi-privée de Crossmoor accentue un peu plus le profil complexe de ce nouvel apartheid sudafricain.Les élèves sont surtout indiens, mais il y a aussi bon nombre d'Africains.L'école fut fondée en 1978, et baptisée, selon les normes de l'apartheid régnant, « Chatsworth no 23 ».« On a ouvert nos portes aux élèves noirs en 1986, en changeant de nom et en accordant des bourses aux plus méritants », a dit Vinay Motheeram, le directeur, lors d'une rencontre où les élèves les plus âgés et les enseignants ont posé des questions sur la Conférence de l'ONU contre le racisme, qui se déroulait alors à Durban.« Le gouvernement paie le salaire de 34 enseignants et nous verse une modeste subvention.Nous fonctionnons avec 400 000 rands par an alors que notre budget est de 600 000.« Pour comparaison, poursuit-il, les anciennes écoles blanches de même taille, maintenant ouvertes à tous, soit 1200 élèves, recoivent six millions de rands par an.Alors, il nous faut constamment chercher du financement.Notre force : nous avons affiché l'an dernier 88 % de réussites aux examens de fin du secondaire, l'un des meilleurs du pays », a déclaré Motheeram, vivement applaudi par ses profs et ses élèves.Zuma Nehawu, dit Super Zoulou, premier maire noir de Hilton.Maire noir d'une ville blanche ZUMA NEHAWU, alias Super Zoulou, est le secrétaire du Syndicat national de l'enseignement et de la santé pour la province du Kwa Zulu- Natal, sur la côte est de l'Afrique du Sud.Il fut aussi, ce qui est plus intéressant, le premier maire noir de la petite ville de Hilton, au nordouest de Durban.« C'était un ghetto blanc au temps de l'apartheid, mais je fus élu grâce au vote des libéraux blancs combiné à celui de la minorité noire et indienne », raconte Nehawu, qui était candidat de l'ANC (Congrès national africain).« L'apartheid a bien travaillé ce pays, durant plusieurs siècles.Nous avons à peine commencé à démanteler l'apartheid que déjà il rebondit sous des formes inusitées, économiques, sociales », dit-il.« Vous imaginez bien que, sans expérience municipale, sans aucune connaissance des dossiers, j'ai eu du mal à m'imposer au sein du conseil municipal, où les élus de l'ancien système ont tout fait pour me saboter », poursuit-il.« Mais on s'en est bien tiré car les nostalgiques de l'apartheid ont compris que leur propre bien-être dépendait d'une bonne gestion de la chose municipale.J'ai laissé la place à quelqu'un d'autre aux dernières élections, mais je le conseille, et petit à petit, on essaie de reprendre le dessus pour le bien commun.« Six ans après l'arrivée au pouvoir de l'ANC, c'est à peine si la géographie de l'apartheid a changé.Dans le Kwa Zulu-Natal, qui est ma province, la ville blanche de Durban a été prise d'assaut par les Indiens et les Noirs, mais les Blancs se sont regroupés dans des nouvelles banlieues exclusives, dit-il.« Et les townships noirs comme Umlazi et Clermont, ou indien comme Chatsworth, ou encore les villes blanches comme Pinetown ou même Hilton n'ont guère changé d'aspect.Ces séparations sont encore plus profondément ancrées dans les têtes et dans les coeurs.« Voyez, là, sur cette butte à l'entrée d'Umlazi, ce sont les baraquements où le régime de l'apartheid logeait les ouvriers zoulous célibataires pour faire échec au militantisme de l'ANC dans cet immense township de plus d'un million d'habitants.Je reste pour eux un homme marqué, et même aujourd'hui, je ne m'y aventurerai pas : je risque de ne pas en sortir vivant ».Les élus de l'ancien système ont tout fait pour me saboter.» 6LP0501B0202 b05 samedi 02 février 6LP0501B0202 ZALLCALL 67 22:18:26 02/01/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 F É V R I E R 2 0 0 2 P L U S B 5 Photos Associated Press Ils sont 158 prisonniers pour les uns, terroristes pour les autres, dont le gouvernement américain qui ne les considèr surtout pas comme des prisonniers de guerre au sens de la convention de Genève.N'empêche qu'on les garde sous haute surveillance, à la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba.De Nuremberg à Guantanamo Qu'est-ce qu'un prisonnier de guerre?Pas seulement quelqu'un qui est prisonnier et qui a fait la guerre, disent les Américains Vous déclarez la guerre.Vous faites la guerre.Vous faites des prisonniers pendant la guerre.Qu'est-ce que vous obtenez?Sûrement pas des danseurs de flamenco.Mais pas nécessairement des «prisonniers de guerre».C'est du moins le point de vue soutenu par Washington, nous explique notre chroniqueur.Aux termes de la convention de Genève, un prisonnier de guerre répond à une définition et possède certains droits assez précis.L'application stricte de ce statut viendrait miner la capacité des Américains de prévenir de futures attaques terroristes, dit Washington.Pour la Maison-Blanche, les 158 personnes non identifiées qui ont été capturées en Afghanistan et qui sont détenues à Cuba sont des « combattants illégaux », un point c'est tout.Sans en connaître l'identité, on sait que le groupe de 158 détenus comprend des ressortissants « d'au moins 25 pays ».La plupart de ces pays contestent l'approche de Washington.Certains, comme l'Arabie Saoudite, réclament le retour des prisonniers dans leur pays « pour fins d'enquête ».Et les critiques réclament que, quel que soit le nom à donner à ces personnes, elles doivent être protégées par la convention de Genève.Cette convention prévoit qu'un tribunal « compétent » doit décider qui est un prisonnier de guerre et qui ne l'est pas.Dans le cas des États-Unis, le tribunal désigné d'ordinaire est une cour martiale formée de trois juges.Jusqu'ici, Washington maintient que ces personnes ne sont pas des prisonniers de guerre, mais cette semaine, le président Bush a laissé entendre qu'il accepterait peut-être l'autorité du droit international pour trancher la question.Les droits d'un prisonnier Qu'est-ce donc qu'un prisonnier de guerre ?Il faut d'abord qu'il ait été membre de « forces armées ».C'est-à-dire un groupe armé identifié et organisé sous un commandement, répondant à une discipline interne et qui respecte les règles du droit international.Une fois capturé par l'ennemi pendant un conflit, un combattant devient un prisonnier de guerre.Les prisonniers de guerre doivent évidemment être traités humainement.Ils doivent être nourris convenablement, pouvoir pratiquer leur religion, avoir accès à des soins médicaux et pouvoir correspondre avec l'extérieur.Ils ont le droit de refuser d'être interrogés, sauf pour donner leur nom, numéro de matricule, rang et date de naissance.Ils doivent également être rapatriés sans délai dès la fin des hostilités (après un cessez-le-feu normalement ; ici, le conflit est-il simplement afghan ou est-ce la « guerre au terrorisme » ?) Ceux d'entre eux condamnés pour des crimes ou des crimes de guerre doivent attendre la fin des procédures ou de leur peine avant de regagner leur pays, dit la convention.Ils doivent être jugés par les cours martiales régulières (à moins que le pays ne prévoie le droit à un procès criminel ordinaire) ; ils doivent avoir les mêmes droits d'appel que les militaires du pays qui les détient.« Combattants illégaux » Pour Washington, les 158 détenus ne se qualifient pas : ils sont des membres d'Al-Qaeda, une organisation terroriste vouée à la destruction des États-Unis ; ils ont eux-mêmes violé les règles du droit international en s'attaquant à des civils innocents, ce qui les disqualifie.Ou alors, ce sont des combattants talibans qui protégeaient Al- Qaeda et qui eux-mêmes n'ont pas respecté le droit international.Mais pour Human Rights Watch, entre autres, ayant fait le choix d'envoyer « des soldats, avec des armes et des bombes », après avoir dit qu'ils feraient « la guerre » au terrorisme, les Américains sont mal placés pour déclarer qu'il ne s'agit pas de prisonniers de guerre.Les critiques ajoutent qu'on ne peut se contenter des déclarations de bonnes intentions des Américains, qui disent « respecter l'esprit de Genève » et promettent de bien traiter ces prisonniers.Le droit n'est pas fondé sur la bonne foi et les déclarations d'intention ; il suppose de s'en remettre à un contrôle extérieur.Enfin, même le commandement militaire américain, selon le New York Times, s'inquiète de ce précédent : si Washington refuse que Genève s'applique, les prisonniers américains dans d'autres conflits pourraient eux aussi être privés de ces protections par un pays ennemi qui dirait imiter les États-Unis.Les militaires américains ne considèrent pas les détenus comme des prisonniers de guerre, mais insistent pour que leur statut soit déterminé selon les règles de la convention (par un tribunal).Pendant la guerre du Vietnam, les Américains ont refusé un temps le statut de prisonniers de guerre à des combattants du Vietcong, l'armée communiste nord-vietnamienne, pour ensuite se raviser.Sous-ensembles flous « Il faut admettre que nous sommes devant un problème nouveau, dit Armand de Mestral, professeur de droit international à Mc Gill.Ces personnes peuvent appartenir à trois catégories en même temps et relever de trois types de droit : le droit criminel, le droit sur le terrorisme, ou le droit de la guerre.» La convention de Genève, même si elle a été réécrite, est d'abord fondée sur la vision de la guerre qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale et les procès de Nuremberg, contre les criminels de guerre nazis.Nous voici dans une autre dynamique, dit-il.« C'est un peu naïf, par exemple, de penser que les militaires canadiens vont envoyer les prisonniers à Ottawa, pour que nous nous en occupions ! Il y a un commandement américain ; on peut blâmer le ministre ou le gouvernement d'avoir envoyé des soldats ; mais une fois là-bas, ce ne sont pas les soldats canadiens qui mènent.« Je ne pense pas non plus qu'on puisse réclamer le rapatriement immédiat de tous ces prisonniers \u2014 même Genève ne dit pas cela.Il semble y avoir des risques sérieux d'attentats et je ne crois pas qu'il serait réaliste d'exiger des Américains qu'ils se contentent de demander le nom et le matricule de chacun.» La pression internationale augmente néanmoins chaque jour sur Washington.Les capitales européennes et autres réagissent mal à l'attitude américaine, qui semble vouloir se situer au-dessus du droit international, sous prétexte qu'elle combat pour une juste cause.Washington ne changera pas d'avis sur le statut de ces prisonniers.Mais il ne serait pas surprenant que les Américains acceptent qu'une cour examine la question.Mais même si Washington convainc la cour qu'il ne s'agit pas de « prisonniers de guerre », au fait, il restera à voir quelle sorte de justice leur sera réservée.Les prisonniers récupèrent lentement leurs droits les plus élémentaires à la prière et peuvent dorénavant se laisser pousser barbe et cheveux. 6LT0601B0202 b06 et b07 samedi 02 fév 6LT0601B0202 ZALLCALL 67 21:00:48 01/31/02 B LES ÉCOLES DE LA BOURSE Les écoles des quartiers défavorisés de votre ville enregistrent des taux d'échec retentissants et rien ne semble vouloir les sortir de l'impasse ?Faites appel à une compagnie privée cotée en Bourse qui se targue de pouvoir redresser leur situation tout en générant un substantiel profit pour ses actionnaires.L'idée, pour le moins surprenante, n'a rien de saugrenu aux yeux de nos voisins du Sud qui confient la gestion d'un nombre croissant de leurs établissements publics à la quarantaine de compagnies actives en ce domaine.L'État de la Pennsylvanie, qui vient de placer en tutelle le district scolaire de Philadelphie \u2014 en raison de la piètre performance des élèves de ce secteur urbain difficile \u2014, songe à transférer la gestion de plus d'une quarantaine d'écoles à la firme new-yorkaise Edison Schools.Les établissements continueraient de relever du secteur public, mais seraient entièrement pris en charge par l'entreprise qui gère déjà plus de 100 écoles publiques aux États-Unis.Edison affirme qu'elle peut injecter des ressources additionnelles dans les écoles et améliorer la performance des élèves tout en générant des profits.Pour ce faire, suffit de réduire les coûts administratifs « centraux » traditionnellement liés aux districts scolaires (l'équivalent de nos commissions scolaires).Les élèves, eux, continuent de fréquenter l'établissement sans avoir à payer.Syndicats d'enseignants, groupes communautaires et élèves affirment que les prétentions d'Edison ne sont que de la poudre aux yeux.Ils préconisent plutôt la réduction de la taille des classes et le rétablissement d'un financement adéquat.Cette bataille rangée, que La Presse décrit aujourd'hui, s'inscrit dans un débat plus large aux États-Unis sur la place que le secteur privé doit occuper dans le réseau de l'éducation.Le président George W.Bush, fidèle à ses convictions conservatrices, préconise depuis des années l'implantation, à grande échelle, d'un système de bons d'éducation permettant aux élèves des écoles sous-performantes de faire le saut au secteur privé avec l'aide de l'État.Sous la pression des élus démocrates, l'administration Bush a dû mettre un peu d'eau dans son vin.Une loi qui permet uniquement le passage des élèves d'une école publique en difficulté à un autre établissement public plutôt qu'à un établissement privé, a été adoptée.Le recours à l'entreprise privée pour gérer des écoles est une invention américaine qui ne trouve guère d'écho au Québec.La firme Arthur Andersen a bien tenté, il y a quelques années, de vendre un concept « d'école du futur » axée notamment sur une utilisation accrue des technologies, mais le concept n'a pas trouvé preneur au Québec.Le ministère de l'Éducation du Québec ne croit pas, pour sa part, qu'il y ait lieu de faire appel à de telles entreprises.Le réseau public, déclarait récemment l'ancien ministre de l'Éducation François Legault, dispose déjà de l'expertise dont il a besoin pour mener sa mission à bon port.Edison, accueil favorable ou pas, dit n'avoir aucune visée canadienne.« On ne va habituellement là où on nous invite », dit le porte-parole de l'entreprise, Adam Tucker.Les écoles québécoises à l'abri La méthode Edison « En autant que les enfants passent avant tout, je n'ai aucun problème avec le fait que quelqu'un fasse un profit.» LES FIRMES PRIVÉES de gestion qui, comme Edison Schools, se proposent de prendre en charge des écoles en imposant leur modèle de gestion et leur propre curriculum, ne peuvent espérer prendre pied au Québec sans se buter à de sérieuses contraintes juridiques.Selon le ministère de l'Éducation, les dispositions régissant, par exemple, l'octroi d'un permis pour l'exploitation d'une école privée rendent un tel scénario hautement improbable.Les écoles privées agréées pour fins de subvention ne peuvent, d'une part, être à but lucratif, ce qui écarte d'emblée cette option.Les écoles privées sans agrément peuvent être à but lucratif, mais elles doivent suivre le curriculum gouvernemental.Ce qui cadre mal avec l'approche d'Edison, axée sur l'adoption d'un curriculum maison.Le ministère estime par ailleurs que les dispositions de la Loi sur l'instruction publique liant les commissions scolaires limite leur capacité de céder la gestion d'une école à une entreprise privée.L'ancien ministre de l'Éducation, François Legault, ne croit pas pour sa part qu'il soit « nécessaire » de faire appel à de telles entreprises, notait il y a quelques semaines sa porte-parole, Anne Marcotte.Les plans de réussite permettent aux commissions scolaires de poser un diagnostic précis sur la situation de leurs écoles.Et des experts du réseau sont disponibles pour venir en aide à c e l l e s qui éprouvent des besoins particuliers, dit-elle.Berthier Dolbec, qui est conseiller en dével o p p e m e n t pédagogique à la Fédération des commissions scolaires du Québec, estime qu'elles pourraient peutêtre enrichir leur savoir-faire si elles pouvaient s'associer avec l'entreprise privée.Il ajoute qu'il y a quelques années, la firme Arthur Andersen proposait sans succès aux commissions scolaires de former le personnel des écoles pour appliquer son concept « d'école du futur ».Le concept en question, basé sur une utilisation optimale de l'informatique, avait été développé en collaboration avec des écoles californiennes.Pierre Dalcourt, un associé d'Arthur Andersen qui avait participé aux efforts de commercialisation de cette approche au Québec, note que le projet n'a guère progressé depuis.L'entreprise, indique M.Dalcourt, n'a jamais eu l'intention de prendre en charge des écoles, comme le fait Edison aux États-Unis, mais seulement d'implanter un modèle de gestion.« Nous ne nous occupions pas du contenu », précise-t-il.Certaines firmes spécialisées en gestion, comme le Groupe CFC, une entreprise montréalaise, offrent des services aux commissions scolaires, notamment en formation.« Ça représente moins de 5 % de notre chiffre d'affaires », indique Michel Paquet, qui est directeur général et associé de l'entreprise.Selon lui, aucune compagnie active dans ce secteur au Québec n'a l'ambition de prendre en charge des écoles comme le fait Edison.Par contre, on assiste à l'apparition de firmes spécialisées en tutorat et en soutien aux élèves qui interviennent en périphérie du système scolaire.C'est le cas notamment d'Oxford Learning, une compagnie ontarienne qui a ouvert une première succursale au Québec, à Dollard-des-Ormeaux.Tarah Andres, cofranchisée, dit venir en aide, contre argent sonnant, à plus d'une centaine d'enfants qui reçoivent des services de tutorat adaptés ou de l'aide pour améliorer leurs méthodes de travail et leur capacité de concentration.Mme Andres, qui ne comptait aucune expérience en éducation avant de se lancer dans l'aventure avec Oxford, emploie une quinzaine de personnes à temps partiel.Coût mensuel : 295 $ pour huit séances d'une heure.Les besoins dans ce domaine sont réels puisque le nombre d'enfants a doublé depuis l'ouverture du centre il y a deux ans.« On s'attend à ce que ça continue dans la même voie au cours des années qui viennent », ditelle.CHESTER, Pennsylvanie \u2014 À première vue, l'école Wether Edison Elementary, située à Chester, à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Philadelphie, ne présente rien de particulier.Les élèves, en majorité des jeunes noirs ou hispanophones issus des quartiers défavorisés voisins, suivent leurs cours, certains peinant à garder les yeux ouverts.Le directeur de l'école, Paul Loper, tente d'éclaircir, avec un parent et un enseignant, les circonstances entourant une bagarre survenue la veille entre deux élèves.Une autre enseignante prépare quelques documents pour une évaluation à venir.L'établissement, malgré tout, n'a rien d'ordinaire puisqu'il est géré, depuis un an, comme une demi-douzaine d'autres écoles du secteur, par une compagnie privée cotée en Bourse, Edison Schools, qui administre 138 établissements aux États-Unis.Selon M.Loper, les différences apportées par l'entreprise à l'école, qui demeure sous la gouverne du district scolaire local, demeurent substantielles mêmes si elles ne sautent pas aux yeux.Edison, dit-il, a notamment injecté d'emblée près de 700 000 $ pour acheter de nouveaux manuels scolaires et ajouter des équipements scientifiques et sportifs.Une nouvelle salle d'ordinateurs a été ajoutée et chaque enseignant a reçu un portable.L'entreprise, grâce à un partenariat avec le géant IBM, prête normalement un ordinateur personnel à toutes les familles des élèves des la 3e année pour leur permettre de poursuivre leur apprentissage à la maison.À l'école de M.Loper, cette mesure ne s'est cependant pas encore concrétisée en raison de problèmes « administratifs ».Le personnel doit appliquer un curriculum enrichi, étroitement surveillé par Edison, en vigueur dans chaque école où l'entreprise intervient.Une attention particulière est accordée à l'assiduité en classe et à la discipline.Normalement, les journées de classe des élèves des écoles Edison comptent entre une et deux heures de plus et l'année scolaire est prolongée de 25 jours.Les relations tendues avec les représentants syndicaux des enseignants ont empêché jusqu'à maintenant l'établissement de M.Loper d'en faire autant.« Notre journée est allongée seulement de 20 minutes », dit-il.Le directeur, qui a longtemps oeuvré pour des districts scolaires, dit avoir fait le saut chez Edison parce qu'il cherchait un nouveau défi.Tout comme les quelques enseignants rencontrés sur place par La Presse, il ne voit rien de répréhensible au fait qu'on confie la gestion d'une école publique à l'entreprise privée.« En autant que les enfants passent avant tout, je n'ai aucun problème avec le fait que quelqu'un fasse un profit », dit M.Loper, qui se décrit comme un défenseur du réseau public.Edison, qui dit injecter 1,5 million dans chacune des écoles qu'elle administre, affirme qu'elle peut générer des profits et améliorer les services aux élèves sans coûter plus cher aux districts scolaires.Comment ?En réduisant au maximum les coûts administratifs « centraux » traditionnellement liés aux districts scolaires, une prétention qui laisse bien des observateurs songeurs.Les actionnaires, en tout cas, doivent prendre leur mal en patience puisque l'entreprise a enregistré en 10 ans des pertes de près de 200 millions.Ses administrateurs affirment que l'opération deviendra rentable lorsqu'un nombre suffisant d'écoles lui seront confiées.En bout de ligne, la viabilité d'Edison dépendra de sa capacité à démontrer qu'elle peut faire mieux que les administrateurs publics.Sur ce plan, les résultats sont aussi mitigés.L'entreprise affirme dans son plus récent rapport que la performance scolaire des élèves s'est améliorée dans 84 % des établissements qu'elle gère.« Nous ne sommes pas parfaits à 100 %, mais notre méthode a fait ses preuves », dit son porte-parole, Adam Tucker.Une étude du Western Michigan University parue l'année dernière affirme cependant que les écoles d'Edison ne font pas mieux que les établissements publics comparables.L'American Federation of Teachers a aussi produit une étude dans le même sens.La compagnie accuse ses détracteurs de vouloir ternir son image pour des raisons « idéologiques ».En plus d'exagérer la performance de ses écoles, la compagnie a été accusée à quelques reprises de procéder à de « l'écrémage » en montrant la porte aux élèves en difficulté, une allégation qu'elle rejette.Des districts scolaires ont par ailleurs dénoncé des dépassements de coûts imprévus de plusieurs millions.M.Tucker rétorque que, controverse ou pas, seuls trois des 65 contrats signés par Edison ont été rompus.Photo DELANE B.ROUSE, Associated Press Comme plusieurs des établissements sous-performants de Philadelphie, l'école Strawberry Mansion est située dans un quartier très défavorisé de la ville.Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse Les «clients» du centre Oxford Learning, de Dollard-des-Ormeaux, qui offre des services pédagogiques spécialisés, paient 295$ par mois pour huit Strawberry Mansion séances d'une heure.«Je pense que notre école est une perle cachée dans.» LE QUARTIER DÉFAVORISÉ de Strawberry Mansion, dans le nord de Philadelphie, a toutes les allures d'une zone sinistrée.Des maisons à moitié carbonisées côtoient des résidences placardées.Des déchets partout.Certaines cours donnent l'impression d'être de véritables dépotoirs.Dans un parc, une carcasse de voiture abandonnée.La zone a mauvaise réputation.Il faut multiplier les appels pour trouver un taxi qui accepte de s'y rendre.« Ne marchez pas dans ce quartier, même le jour », nous dira finalement en guise d'au revoir le chauffeur qui a accepté de nous y conduire.Dans cet environnement éprouvant, le Strawberry Mansion High School, un imposant établissement secondaire accueillant plus ou moins 1200 élèves.Tous sont des Noirs, sauf un! « Je pense que notre école est une perle cachée dans.J'aime mieux ne pas avoir à compléter ma phrase », lance d'emblée la directrice de l'école, Lois Powell-Mondshire, qui met les bouchées doubles pour soutenir les élèves depuis son arrivée en poste en février dernier.Après le passage obligé sous le détecteur de métal, elle multiplie les embrassades avec les jeunes qui commencent normalement leur journée par un repas gratuit.« J'essaie de leur donner l'affection qui leur manque », dit-elle.Malgré les efforts enthousiastes du personnel, la situation de l'école demeure peu reluisante : plus de 60 % échouent bon an mal an les tests standardisés de lecture et de mathématiques de l'État de la Pennsylvanie.La performance de l'école reflète celle du district scolaire de Philadelphie, qui arrive en queue de peloton à l'échelle de l'État.Les difficultés persistantes du district, où près de 80 % des élèves vivent sous le seuil de la pauvreté, ont poussé les élus à passer aux actes.Et, l'automne dernier, ils ont mis en branle une série de réformes qui pourraient permettre de confier la gestion d'une soixantaine d'écoles publiques à l'entreprise privée.Il s'agit d'un exercice de « privatisation » d'une ampleur sans précédent au pays.L'ancien gouverneur de la Pennsylvanie, Tom Ridge, a lancé le bal l'année dernière en demandant à la Edison Schools de se pencher sur la situation du district.Depuis, il a été appelé à Washington pour veiller sur la sécurité intérieure du pays après les attentats du 11 septembre dernier.L'entreprise new-yorkaise, qui gère 138 écoles publiques aux États-Unis, a mis le feu aux poudres en concluant, dans son rapport, que la gestion du district lui-même et d'une soixantaine des écoles les plus défavorisées devrait être remises à des sociétés de gestion.Le président de la compagnie, Chris Whittle, a indiqué peu de temps après le dépôt du rapport que sa compagnie était intéressée à obtenir ce mandat.Le nouveau gouverneur de l'État, Mark Schweiker, voudrait bien qu'Edison obtienne un rôle important dans le district scolaire qu'il a mis sous tutelle à la fin de l'année dernière.Évidemment, cela fait l'objet d'une bataille rangée à Philadelphie entre les groupes communautaires, les syndicats, des groupes d'élèves et les élus favorables à cette solution.La démarche s'inscrit dans un débat plus large, à forte teneur idéologique, sur la place que le secteur privé doit tenir dans l'éducation.Profitant de ce courant idéologique, bon nombre de compagnies comme Edison se sont lancées dans ce « marché » en soutenant qu'elles sont en mesure de mieux gérer les écoles publiques, sans coût additionnel pour l'État.Selon un récent bilan de l'Université Columbia, elles sont une quarantaine aux États-Unis.Les établissements qu'on leur confie demeurent généralement publics et gratuits.L'argent payé par l'État ou le district pour chaque élève est versé à l'entreprise privée chargée de prodiguer les services éducatifs.Le président de la Philadelphia Federation of Teachers, Ted Kirsch, estime que l'État ferait fausse route en faisant appel à une entreprise comme Edison.« Il n'y a aucune preuve que les entreprises privées sont capables de faire mieux que le système actuel », croit-il.C'est une philosophie, et non des faits, qui, selon lui, guident l'action des élus.Les relations entre Edison et les enseignants s'avèrent houleuses.Des mesures législatives permettent en effet à Edison de rouvrir les conventions collectives de travail, tout en réévaluant tout le personnel d'une école sous sa gestion.Les enseignants, qui s'opposent férocement à ces « attaques », ont entrepris \u2014 avec d'autres syndicats et des organismes communautaires \u2014des démarches judiciaires pour faire lever la tutelle et empêcher l'octroi d'un contrat à Edison.Cela, parce que, selon M.Kirsch, Edison se serait placée en situation de « conflit d'intérêts » en se montrant intéressée à la gestion des écoles du district après en avoir fait la recommandation.Aldustus Jordan, qui est responsable des questions d'éducation publique pour l'organisme communautaire Philadelphia Citizens for Child and Youth, un groupe actif auprès des jeunes, s'insurge contre l'idée qu'une compagnie puisse faire des profits en gérant des écoles publiques.La solution aux problèmes des écoles de Philadelphie, ditil, passe par la réduction de la taille des classes et l'obtention d'un financement adéquat, et non par le recours au privé.Selon une récente étude, le district recevrait, en proportion, près de 23 % de moins par élève que la moyenne des districts de l'État.Emmanuel Filipo, de Youths United for Change, un élève qui lutte contre la venue d'Edison, juge que ce manque d'argent entraîne des inégalités flagrantes avec les enfants de la banlieue privilégiée.« Je suis allé dans une de leurs écoles.Les élèves de 10e année voyaient ce que nous voyons en dernière année », dit-il.Dwight Evans, un député démocrate influent, est un des admirateurs d'Edison, défiant ainsi son parti traditionnellement rébarbatif à ce genre de scénario.Le district scolaire, dit-il, gère les écoles depuis plus de 100 ans et son bilan est un « échec ».« C'est le moment de donner la chance à quelqu'un d'autre », dit M.Evans.Selon le politicien, les administrateurs du district et le personnel des écoles ont démontré plus de préoccupations au fil des ans pour leurs propres conditions de travail que pour le sort des enfants.De son côté, Edison estime enfin que le transfert d'écoles à l'entreprise privée constitue une option valable qui n'a rien d'une hérésie.« Il y a des tas de compagnies qui génèrent des bénéfices énormes en vendant du matériel scolaire ou en s'occupant des services de cafétéria et personne ne s'en offusque.Ce n'est pas différent », nous a déclaré le porte-parole de la compagnie, Adam Tucker.Lois Powell-Mondshire, qui risque de perdre la direction de Strawberry Mansion, n'est pas opposée à la venue de l'entreprise privée en autant que les enfants passent en premier ».Mais elle émet quand même quelques réserves.« Il n'y a aucune preuve que les entreprises privées sont capables de faire mieux que le système actuel.» 6LT0601B0202 b06 et b07 samedi 02 fév 6LT0601B0202 ZALLCALL 67 21:00:48 01/31/02 B LES ÉCOLES DE LA BOURSE Les écoles des quartiers défavorisés de votre ville enregistrent des taux d'échec retentissants et rien ne semble vouloir les sortir de l'impasse ?Faites appel à une compagnie privée cotée en Bourse qui se targue de pouvoir redresser leur situation tout en générant un substantiel profit pour ses actionnaires.L'idée, pour le moins surprenante, n'a rien de saugrenu aux yeux de nos voisins du Sud qui confient la gestion d'un nombre croissant de leurs établissements publics à la quarantaine de compagnies actives en ce domaine.L'État de la Pennsylvanie, qui vient de placer en tutelle le district scolaire de Philadelphie \u2014 en raison de la piètre performance des élèves de ce secteur urbain difficile \u2014, songe à transférer la gestion de plus d'une quarantaine d'écoles à la firme new-yorkaise Edison Schools.Les établissements continueraient de relever du secteur public, mais seraient entièrement pris en charge par l'entreprise qui gère déjà plus de 100 écoles publiques aux États-Unis.Edison affirme qu'elle peut injecter des ressources additionnelles dans les écoles et améliorer la performance des élèves tout en générant des profits.Pour ce faire, suffit de réduire les coûts administratifs « centraux » traditionnellement liés aux districts scolaires (l'équivalent de nos commissions scolaires).Les élèves, eux, continuent de fréquenter l'établissement sans avoir à payer.Syndicats d'enseignants, groupes communautaires et élèves affirment que les prétentions d'Edison ne sont que de la poudre aux yeux.Ils préconisent plutôt la réduction de la taille des classes et le rétablissement d'un financement adéquat.Cette bataille rangée, que La Presse décrit aujourd'hui, s'inscrit dans un débat plus large aux États-Unis sur la place que le secteur privé doit occuper dans le réseau de l'éducation.Le président George W.Bush, fidèle à ses convictions conservatrices, préconise depuis des années l'implantation, à grande échelle, d'un système de bons d'éducation permettant aux élèves des écoles sous-performantes de faire le saut au secteur privé avec l'aide de l'État.Sous la pression des élus démocrates, l'administration Bush a dû mettre un peu d'eau dans son vin.Une loi qui permet uniquement le passage des élèves d'une école publique en difficulté à un autre établissement public plutôt qu'à un établissement privé, a été adoptée.Le recours à l'entreprise privée pour gérer des écoles est une invention américaine qui ne trouve guère d'écho au Québec.La firme Arthur Andersen a bien tenté, il y a quelques années, de vendre un concept « d'école du futur » axée notamment sur une utilisation accrue des technologies, mais le concept n'a pas trouvé preneur au Québec.Le ministère de l'Éducation du Québec ne croit pas, pour sa part, qu'il y ait lieu de faire appel à de telles entreprises.Le réseau public, déclarait récemment l'ancien ministre de l'Éducation François Legault, dispose déjà de l'expertise dont il a besoin pour mener sa mission à bon port.Edison, accueil favorable ou pas, dit n'avoir aucune visée canadienne.« On ne va habituellement là où on nous invite », dit le porte-parole de l'entreprise, Adam Tucker.Les écoles québécoises à l'abri La méthode Edison « En autant que les enfants passent avant tout, je n'ai aucun problème avec le fait que quelqu'un fasse un profit.» LES FIRMES PRIVÉES de gestion qui, comme Edison Schools, se proposent de prendre en charge des écoles en imposant leur modèle de gestion et leur propre curriculum, ne peuvent espérer prendre pied au Québec sans se buter à de sérieuses contraintes juridiques.Selon le ministère de l'Éducation, les dispositions régissant, par exemple, l'octroi d'un permis pour l'exploitation d'une école privée rendent un tel scénario hautement improbable.Les écoles privées agréées pour fins de subvention ne peuvent, d'une part, être à but lucratif, ce qui écarte d'emblée cette option.Les écoles privées sans agrément peuvent être à but lucratif, mais elles doivent suivre le curriculum gouvernemental.Ce qui cadre mal avec l'approche d'Edison, axée sur l'adoption d'un curriculum maison.Le ministère estime par ailleurs que les dispositions de la Loi sur l'instruction publique liant les commissions scolaires limite leur capacité de céder la gestion d'une école à une entreprise privée.L'ancien ministre de l'Éducation, François Legault, ne croit pas pour sa part qu'il soit « nécessaire » de faire appel à de telles entreprises, notait il y a quelques semaines sa porte-parole, Anne Marcotte.Les plans de réussite permettent aux commissions scolaires de poser un diagnostic précis sur la situation de leurs écoles.Et des experts du réseau sont disponibles pour venir en aide à c e l l e s qui éprouvent des besoins particuliers, dit-elle.Berthier Dolbec, qui est conseiller en dével o p p e m e n t pédagogique à la Fédération des commissions scolaires du Québec, estime qu'elles pourraient peutêtre enrichir leur savoir-faire si elles pouvaient s'associer avec l'entreprise privée.Il ajoute qu'il y a quelques années, la firme Arthur Andersen proposait sans succès aux commissions scolaires de former le personnel des écoles pour appliquer son concept « d'école du futur ».Le concept en question, basé sur une utilisation optimale de l'informatique, avait été développé en collaboration avec des écoles californiennes.Pierre Dalcourt, un associé d'Arthur Andersen qui avait participé aux efforts de commercialisation de cette approche au Québec, note que le projet n'a guère progressé depuis.L'entreprise, indique M.Dalcourt, n'a jamais eu l'intention de prendre en charge des écoles, comme le fait Edison aux États-Unis, mais seulement d'implanter un modèle de gestion.« Nous ne nous occupions pas du contenu », précise-t-il.Certaines firmes spécialisées en gestion, comme le Groupe CFC, une entreprise montréalaise, offrent des services aux commissions scolaires, notamment en formation.« Ça représente moins de 5 % de notre chiffre d'affaires », indique Michel Paquet, qui est directeur général et associé de l'entreprise.Selon lui, aucune compagnie active dans ce secteur au Québec n'a l'ambition de prendre en charge des écoles comme le fait Edison.Par contre, on assiste à l'apparition de firmes spécialisées en tutorat et en soutien aux élèves qui interviennent en périphérie du système scolaire.C'est le cas notamment d'Oxford Learning, une compagnie ontarienne qui a ouvert une première succursale au Québec, à Dollard-des-Ormeaux.Tarah Andres, cofranchisée, dit venir en aide, contre argent sonnant, à plus d'une centaine d'enfants qui reçoivent des services de tutorat adaptés ou de l'aide pour améliorer leurs méthodes de travail et leur capacité de concentration.Mme Andres, qui ne comptait aucune expérience en éducation avant de se lancer dans l'aventure avec Oxford, emploie une quinzaine de personnes à temps partiel.Coût mensuel : 295 $ pour huit séances d'une heure.Les besoins dans ce domaine sont réels puisque le nombre d'enfants a doublé depuis l'ouverture du centre il y a deux ans.« On s'attend à ce que ça continue dans la même voie au cours des années qui viennent », ditelle.CHESTER, Pennsylvanie \u2014 À première vue, l'école Wether Edison Elementary, située à Chester, à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Philadelphie, ne présente rien de particulier.Les élèves, en majorité des jeunes noirs ou hispanophones issus des quartiers défavorisés voisins, suivent leurs cours, certains peinant à garder les yeux ouverts.Le directeur de l'école, Paul Loper, tente d'éclaircir, avec un parent et un enseignant, les circonstances entourant une bagarre survenue la veille entre deux élèves.Une autre enseignante prépare quelques documents pour une évaluation à venir.L'établissement, malgré tout, n'a rien d'ordinaire puisqu'il est géré, depuis un an, comme une demi-douzaine d'autres écoles du secteur, par une compagnie privée cotée en Bourse, Edison Schools, qui administre 138 établissements aux États-Unis.Selon M.Loper, les différences apportées par l'entreprise à l'école, qui demeure sous la gouverne du district scolaire local, demeurent substantielles mêmes si elles ne sautent pas aux yeux.Edison, dit-il, a notamment injecté d'emblée près de 700 000 $ pour acheter de nouveaux manuels scolaires et ajouter des équipements scientifiques et sportifs.Une nouvelle salle d'ordinateurs a été ajoutée et chaque enseignant a reçu un portable.L'entreprise, grâce à un partenariat avec le géant IBM, prête normalement un ordinateur personnel à toutes les familles des élèves des la 3e année pour leur permettre de poursuivre leur apprentissage à la maison.À l'école de M.Loper, cette mesure ne s'est cependant pas encore concrétisée en raison de problèmes « administratifs ».Le personnel doit appliquer un curriculum enrichi, étroitement surveillé par Edison, en vigueur dans chaque école où l'entreprise intervient.Une attention particulière est accordée à l'assiduité en classe et à la discipline.Normalement, les journées de classe des élèves des écoles Edison comptent entre une et deux heures de plus et l'année scolaire est prolongée de 25 jours.Les relations tendues avec les représentants syndicaux des enseignants ont empêché jusqu'à maintenant l'établissement de M.Loper d'en faire autant.« Notre journée est allongée seulement de 20 minutes », dit-il.Le directeur, qui a longtemps oeuvré pour des districts scolaires, dit avoir fait le saut chez Edison parce qu'il cherchait un nouveau défi.Tout comme les quelques enseignants rencontrés sur place par La Presse, il ne voit rien de répréhensible au fait qu'on confie la gestion d'une école publique à l'entreprise privée.« En autant que les enfants passent avant tout, je n'ai aucun problème avec le fait que quelqu'un fasse un profit », dit M.Loper, qui se décrit comme un défenseur du réseau public.Edison, qui dit injecter 1,5 million dans chacune des écoles qu'elle administre, affirme qu'elle peut générer des profits et améliorer les services aux élèves sans coûter plus cher aux districts scolaires.Comment ?En réduisant au maximum les coûts administratifs « centraux » traditionnellement liés aux districts scolaires, une prétention qui laisse bien des observateurs songeurs.Les actionnaires, en tout cas, doivent prendre leur mal en patience puisque l'entreprise a enregistré en 10 ans des pertes de près de 200 millions.Ses administrateurs affirment que l'opération deviendra rentable lorsqu'un nombre suffisant d'écoles lui seront confiées.En bout de ligne, la viabilité d'Edison dépendra de sa capacité à démontrer qu'elle peut faire mieux que les administrateurs publics.Sur ce plan, les résultats sont aussi mitigés.L'entreprise affirme dans son plus récent rapport que la performance scolaire des élèves s'est améliorée dans 84 % des établissements qu'elle gère.« Nous ne sommes pas parfaits à 100 %, mais notre méthode a fait ses preuves », dit son porte-parole, Adam Tucker.Une étude du Western Michigan University parue l'année dernière affirme cependant que les écoles d'Edison ne font pas mieux que les établissements publics comparables.L'American Federation of Teachers a aussi produit une étude dans le même sens.La compagnie accuse ses détracteurs de vouloir ternir son image pour des raisons « idéologiques ».En plus d'exagérer la performance de ses écoles, la compagnie a été accusée à quelques reprises de procéder à de « l'écrémage » en montrant la porte aux élèves en difficulté, une allégation qu'elle rejette.Des districts scolaires ont par ailleurs dénoncé des dépassements de coûts imprévus de plusieurs millions.M.Tucker rétorque que, controverse ou pas, seuls trois des 65 contrats signés par Edison ont été rompus.Photo DELANE B.ROUSE, Associated Press Comme plusieurs des établissements sous-performants de Philadelphie, l'école Strawberry Mansion est située dans un quartier très défavorisé de la ville.Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse Les «clients» du centre Oxford Learning, de Dollard-des-Ormeaux, qui offre des services pédagogiques spécialisés, paient 295$ par mois pour huit Strawberry Mansion séances d'une heure.«Je pense que notre école est une perle cachée dans.» LE QUARTIER DÉFAVORISÉ de Strawberry Mansion, dans le nord de Philadelphie, a toutes les allures d'une zone sinistrée.Des maisons à moitié carbonisées côtoient des résidences placardées.Des déchets partout.Certaines cours donnent l'impression d'être de véritables dépotoirs.Dans un parc, une carcasse de voiture abandonnée.La zone a mauvaise réputation.Il faut multiplier les appels pour trouver un taxi qui accepte de s'y rendre.« Ne marchez pas dans ce quartier, même le jour », nous dira finalement en guise d'au revoir le chauffeur qui a accepté de nous y conduire.Dans cet environnement éprouvant, le Strawberry Mansion High School, un imposant établissement secondaire accueillant plus ou moins 1200 élèves.Tous sont des Noirs, sauf un! « Je pense que notre école est une perle cachée dans.J'aime mieux ne pas avoir à compléter ma phrase », lance d'emblée la directrice de l'école, Lois Powell-Mondshire, qui met les bouchées doubles pour soutenir les élèves depuis son arrivée en poste en février dernier.Après le passage obligé sous le détecteur de métal, elle multiplie les embrassades avec les jeunes qui commencent normalement leur journée par un repas gratuit.« J'essaie de leur donner l'affection qui leur manque », dit-elle.Malgré les efforts enthousiastes du personnel, la situation de l'école demeure peu reluisante : plus de 60 % échouent bon an mal an les tests standardisés de lecture et de mathématiques de l'État de la Pennsylvanie.La performance de l'école reflète celle du district scolaire de Philadelphie, qui arrive en queue de peloton à l'échelle de l'État.Les difficultés persistantes du district, où près de 80 % des élèves vivent sous le seuil de la pauvreté, ont poussé les élus à passer aux actes.Et, l'automne dernier, ils ont mis en branle une série de réformes qui pourraient permettre de confier la gestion d'une soixantaine d'écoles publiques à l'entreprise privée.Il s'agit d'un exercice de « privatisation » d'une ampleur sans précédent au pays.L'ancien gouverneur de la Pennsylvanie, Tom Ridge, a lancé le bal l'année dernière en demandant à la Edison Schools de se pencher sur la situation du district.Depuis, il a été appelé à Washington pour veiller sur la sécurité intérieure du pays après les attentats du 11 septembre dernier.L'entreprise new-yorkaise, qui gère 138 écoles publiques aux États-Unis, a mis le feu aux poudres en concluant, dans son rapport, que la gestion du district lui-même et d'une soixantaine des écoles les plus défavorisées devrait être remises à des sociétés de gestion.Le président de la compagnie, Chris Whittle, a indiqué peu de temps après le dépôt du rapport que sa compagnie était intéressée à obtenir ce mandat.Le nouveau gouverneur de l'État, Mark Schweiker, voudrait bien qu'Edison obtienne un rôle important dans le district scolaire qu'il a mis sous tutelle à la fin de l'année dernière.Évidemment, cela fait l'objet d'une bataille rangée à Philadelphie entre les groupes communautaires, les syndicats, des groupes d'élèves et les élus favorables à cette solution.La démarche s'inscrit dans un débat plus large, à forte teneur idéologique, sur la place que le secteur privé doit tenir dans l'éducation.Profitant de ce courant idéologique, bon nombre de compagnies comme Edison se sont lancées dans ce « marché » en soutenant qu'elles sont en mesure de mieux gérer les écoles publiques, sans coût additionnel pour l'État.Selon un récent bilan de l'Université Columbia, elles sont une quarantaine aux États-Unis.Les établissements qu'on leur confie demeurent généralement publics et gratuits.L'argent payé par l'État ou le district pour chaque élève est versé à l'entreprise privée chargée de prodiguer les services éducatifs.Le président de la Philadelphia Federation of Teachers, Ted Kirsch, estime que l'État ferait fausse route en faisant appel à une entreprise comme Edison.« Il n'y a aucune preuve que les entreprises privées sont capables de faire mieux que le système actuel », croit-il.C'est une philosophie, et non des faits, qui, selon lui, guident l'action des élus.Les relations entre Edison et les enseignants s'avèrent houleuses.Des mesures législatives permettent en effet à Edison de rouvrir les conventions collectives de travail, tout en réévaluant tout le personnel d'une école sous sa gestion.Les enseignants, qui s'opposent férocement à ces « attaques », ont entrepris \u2014 avec d'autres syndicats et des organismes communautaires \u2014des démarches judiciaires pour faire lever la tutelle et empêcher l'octroi d'un contrat à Edison.Cela, parce que, selon M.Kirsch, Edison se serait placée en situation de « conflit d'intérêts » en se montrant intéressée à la gestion des écoles du district après en avoir fait la recommandation.Aldustus Jordan, qui est responsable des questions d'éducation publique pour l'organisme communautaire Philadelphia Citizens for Child and Youth, un groupe actif auprès des jeunes, s'insurge contre l'idée qu'une compagnie puisse faire des profits en gérant des écoles publiques.La solution aux problèmes des écoles de Philadelphie, ditil, passe par la réduction de la taille des classes et l'obtention d'un financement adéquat, et non par le recours au privé.Selon une récente étude, le district recevrait, en proportion, près de 23 % de moins par élève que la moyenne des districts de l'État.Emmanuel Filipo, de Youths United for Change, un élève qui lutte contre la venue d'Edison, juge que ce manque d'argent entraîne des inégalités flagrantes avec les enfants de la banlieue privilégiée.« Je suis allé dans une de leurs écoles.Les élèves de 10e année voyaient ce que nous voyons en dernière année », dit-il.Dwight Evans, un député démocrate influent, est un des admirateurs d'Edison, défiant ainsi son parti traditionnellement rébarbatif à ce genre de scénario.Le district scolaire, dit-il, gère les écoles depuis plus de 100 ans et son bilan est un « échec ».« C'est le moment de donner la chance à quelqu'un d'autre », dit M.Evans.Selon le politicien, les administrateurs du district et le personnel des écoles ont démontré plus de préoccupations au fil des ans pour leurs propres conditions de travail que pour le sort des enfants.De son côté, Edison estime enfin que le transfert d'écoles à l'entreprise privée constitue une option valable qui n'a rien d'une hérésie.« Il y a des tas de compagnies qui génèrent des bénéfices énormes en vendant du matériel scolaire ou en s'occupant des services de cafétéria et personne ne s'en offusque.Ce n'est pas différent », nous a déclaré le porte-parole de la compagnie, Adam Tucker.Lois Powell-Mondshire, qui risque de perdre la direction de Strawberry Mansion, n'est pas opposée à la venue de l'entreprise privée en autant que les enfants passent en premier ».Mais elle émet quand même quelques réserves.« Il n'y a aucune preuve que les entreprises privées sont capables de faire mieux que le système actuel.» 6LP0802B0202 6LP0802B0202 ZALLCALL 67 21:17:12 02/01/02 B B8 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 2 FÉVRIER 2002 MONDE Mexique : les pétrodollars finançaient les élections Un peu comme on a vu ailleurs, la pétrolière PEMEX arrosait à gauche et à droite Cent ans de relations entre Cuba et le Mexique.B R I G I T T E MORISSETTE collaboration spéciale MEXICO \u2014 Les anciens présidents mexicains avaient leur petite caisse : la Loterie nationale.Leur parti, le PRI, puisait à même la grande caisse : PEMEX, la société publique des pétroles.Des revenus de 15 milliards de dollars par an, c'est tentant.Que pèsent, en effet, 140 millions versés au parti au pouvoir pour tenter de faire élire son candidat contre Vicente Fox aux élections 2000 ?Et si c'était le double que PEMEX ait eu à verser pour soutenir le candidat du PRI, Francisco Labastida En accusant PEMEX d'avoir financé la caisse électorale du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), le Contrôleur général, ministre de la transparence, M.Francisco Barrio, a voulu taquiner un gros poisson.Et s'est peut-être lancé dans des accusations prématurées.Les hautes instances de la police n'ont pas encore terminé leur enquête.Et lorsque le procureur général s'est vu forcé de confirmer la nouvelle, il a lancé le double de cette somme : près de 300 millions de dollars auraient été versés par PEMEX à travers le puissant syndicat des pétroliers.Confusion dans une affaire scandaleuse qui toutefois n'étonne personne.Car depuis le retour du Mexique en tête du peloton des pays producteurs de pétrole, son syndicat est connu comme le grand Satan qui tient à sa merci la société d'État nationalisée en 1936.Les travailleurs pétroliers ont la réputation de jouir de redevances pour l'extraction de chaque baril, de pensions généreuses et même d'une sorte de droit héréditaire à l'emploi chez PEMEX.Pour s'être opposé à Carlos Salinas et avoir soutenu son adversaire Cuauhtemoc Cardenas (fils du président qui nationalisa le pétrole), aux élections de 1989, l'ancien président du syndicat pétrolier a passé six ans en prison, accusé de.corruption.Son successeur, Romero Deschamps, n'en mène pas large face à l'accusation qui pèse sur son syndicat.Car le pire n'est pas seulement d'apprendre que le pétrole arrosait la caisse électorale du PRI, expédié néanmoins dans l'opposition, mais de savoir où est passé l'argent ! Des politiciens, des fonctionnaires se sont-ils graissé la patte au passage ?Le vieux PRI qui se débat pour se refaire une crédibilité \u2014 et a regagné quelques galons aux dernières élections dans les États \u2014 n'a pas tardé à s'abattre contre le procureur et son collègue, Monsieur Net.Lancer des accusations sans avoir terminé une enquête ni offrir de preuves irréfutables, cela tient des méthodes de l'ancien régime qui contrôlait tout, y compris la presse.Cette même presse, une fois libérée \u2014 et privée des faveurs gouvernementales \u2014 ne se prive pas de montrer du doigt les manquements du nouveau gouvernement.L'avenir même de PEMEX fait partie des exemples de l'« ingouvernabilité » dénoncée par l'opposition.Pour faire passer ses lois \u2014 telles que les modifications constitutionnelles devant permettre la privatisation du pétrole et de l'électricité \u2014 le parti de Fox doit négocier tantôt avec la gauche, tantôt avec le parti majoritaire.Or, le PRI, accusé aujourd'hui de la plus grande fraude électorale de son histoire, détient une majorité relative au Congrès.Scandale doublement embarrassant Chose certaine, PEMEX aura été, dans toutes les applications du terme, la vache à lait de l'État mexicain.Au moins trois présidents successifs ont promis de réformer la puissante société d'État.PEMEX verse au ministère des Finances 37 % de ses revenus.Faute d'installations capables de raffiner son pétrole lourd, le Mexique doit pourtant importer des États-Unis des lubrifiants et autres dérivés valant quatre fois plus qu'un baril de pétrole brut comme en exporte le Mexique à son voisin.La privatisation des usines de pétrochimie est promise à un nouvel échec tant les installations sont vétustes.Le président Fox voulait privatiser PEMEX en entier ou en partie : les Mexicains s'y sont vivement opposés, échaudés par la privatisation des banques qui a coûté aux finances publiques plus de 130 milliards.Même échec avec les autoroutes privées, rescapées à coups de milliards de dollars.La privatisation de la Compagnie fédérale d'électricité ne connaît pas un meilleur sort, d'autant que les Mexicains découvrent qu'Enron a largement participé au projet.Cela dit, des compagnies comme Westcost Energy, de Vancouver, passée récemment en mains américaines, Trans Alta, de Calgary, des foreurs de l'Ouest, ont réalisé ces dernières années d'alléchants contrats avec PEMEX.Les démêlés de son ancien PDG, Rogelio Montemayor, accusé d'avoir léché les bottes du PRI, ne modifient pas l'urgent besoin de PEMEX de dégraisser son personnel et de moderniser ses installations.Toutefois, le gouvernement, autant que PEMEX et son nouveau patron sorti du privé, ont peu d'espoir de faire adopter des changements constitutionnels favorisant une privatisation même partielle.C'est pourquoi d'ailleurs certains commentateurs critiquent le président qu'ils accusent d'avoir ménagé l'ancien parti au pouvoir, retardant ainsi le grand ménage gouvernemental.Mais d'abord des preuves ! Les Mexicains attendent toujours « los peces gordos » \u2014 les gros poissons ayant profité de la corruption tant dénoncée.Ce nouveau scandale, note un éditorialiste, ne peut que nuire à la réforme et à l'autonomie promises à PEMEX, et partant à ses partenaires nationaux et étrangers.d'après AFP LA HAVANE \u2014 Cuba, point de divergence majeur entre le Mexique et les États-Unis, reçoit demain le président Vicente Fox pour une visite de 24 heures qui devrait consacrer une relation centenaire, mais passablement détériorée ces dernières années, entre les deux pays.Cette visite à l'île du premier candidat de l'opposition mexicaine à gagner la présidence fait suite à une invitation du président cubain Fidel Castro, qui avait assisté l'an dernier aux cérémonies d'investiture de Fox à Mexico.Le Mexique est le seul pays d'Amérique latine n'ayant jamais rompu les relations diplomatiques avec l'île \u2014 établies en 1902 \u2014 et ayant toujours manifesté son opposition à l'embargo américain en vigueur depuis 40 ans, tout en montrant sa disposition à jouer les messagers entre La Havane et Washington.Malgré les relations étroites entre le président américain George Bush et le président Fox, Washington et Mexico ont à plusieurs reprises exprimé leur désaccord sur la politique à suivre vis-à-vis de Cuba.Le chef de la diplomatie, Jorge Castaneda, avait notamment affirmé lors d'une rencontre avec son holomogue Colin Powell, l'an dernier, la volonté du gouvernement mexicain d'intensifier ses échanges économiques et touristiques avec La Havane.« Nous pensons, et nous ne sommes pas forcément d'accord là-dessus (avec les États-Unis), que cette forme d'engagement est la meilleure manière de réintégrer Cuba » dans la région, avait-il indiqué, tout en soulignant que dans le même temps, son pays entendait parler de manière « explicite et énergique » des questions relatives à la démocratie et des droits de l'homme.Il s'agit de la première visite d'un président mexicain à Cuba depuis celle de Carlos Salinas de Gortari en 1994.La présidence d'Ernesto Zedillo, de 1994 à 2000, avait été marquée par un net refroidissement dans les relations entre Cuba et le Mexique.Celui-ci s'était notamment traduit par la rencontre, lors du Sommet ibero-américain de La Havane, entre le ministre des Affaires étrangères mexicain, Rosario Green, et des membres de la dissidence cubaine.Le séjour de Fox à Cuba, une « visite de travail » plutôt qu'une visite d'État, ne sera que de 24 heures et aura un calendrier particulièrement chargé.Dès son arrivée, le président mexicain se rendra au palais de la Révolution pour des entretiens avec Castro avant une cérémonie officielle au monument du héros national cubain José Marti.Fox, qui s'était déja rendu à Cuba lorsqu'il était gouverneur de l'État de Guanajuato, visitera ensuite le centre colonial de La Havane avant de se rendre dans une usine de gaz dans la province de Matanzas, à une centaine de kilomètres de la capitale cubaine, et de visiter un centre international de réhabilitation neurologique.Le président mexicain, qui sera accompagné de sa femme et d'une importante délégation d'hommes d'affaires mexicains, participera ensuite à un dîner réunissant la communauté diplomatique au Palais présidentiel.Il quittera Cuba lundi matin.Une rencontre entre Fox et des membres de l'opposition interne cubaine ne semble pas à l'ordre du jour.Gerardo Sanchez Santa Cruz, membre de la Commission des droits de l'homme et de la réconciliation (illégale mais tolérée) a déclaré hier « n'avoir pas de projet de réunion pour le moment avec le président Fox.Nous sommes toutefois toujours disposés à dialoguer, a-t-il ajouté, mais nous devrions le faire d'abord avec le gouvernement cubain ».La visite « constitue une opportunité pour que les deux mandataires puissent échanger leurs points de vue sur des thèmes bilatéraux, régionaux et internationaux d'intêret commun », selon un communiqué du gouvernement cubain.Ville de Montréal En collaboration avec Jean-Drapeau Pour en savoir plus sur l'ensemble de la programmation : (514) 872-6120 fetedesneiges.com Magiciens d' hiver Loto-Québec Une galerie d'art à ciel ouvert.Une exposition diurne et nocturne à deux pas du métro.Patinoire Loto-Québec 2,2 km de glace sur le Bassin olympique.Glissade libre Apportez vos luges et dévalez les pentes de l'île Sainte-Hélène.Tous les jours de 10 h à 21 h.Gratuit.Découvrez un parc enneigé 33002234552244AA 6LP0902B0202 B09, samedi, MONDE 6LP0902B0202 ZALLCALL 67 00:34:25 02/02/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 F É V R I E R 2 0 0 2 MOND E B 9 Le président argentin reporte l'annonce de son plan anticrise Agence France-Presse BUENOS AIRES \u2014 Le président argentin Eduardo Duhalde a reporté hier soir à une date indéterminée la présentation de son plan anticrise à la suite du jugement de la Cour suprême en faveur de la suppression des restrictions bancaires, qu'il a qualifié de « très grave ».« Nous courons des risques.L'Argentine est au bord de l'anarchie », a dit M.Duhalde, lors d'une déclaration improvisée à la résidence présidentielle d'Olivos dans la périphérie nord de la capitale.Des milliers d'Argentins, las de près de quatre ans de récession économique, ont manifesté pacifiquement tôt ce matin en tapant sur des casseroles.« Surpris » par le jugement de la plus haute instance judiciaire, le chef de l'exécutif venait d'annuler le message qu'il devait adresser au pays, étranglé par « la plus profonde crise de son histoire ».M.Duhalde comptait présenter un programme attendu depuis un mois par les institutions financières et le Fonds monétaire international ( FMI ) dont le gouvernement espère le déblocage de crédits déjà accordés et une nouvelle aide de 15 à 20 milliards de dollars.Ce plan prévoyait notamment un assouplissement progressif des restrictions bancaires instaurées début décembre, une « pesification » de l'économie soumise depuis dix ans à une dollarisation rampante, ainsi que des aides sociales et de relance de la production.Le gouvernement, qui a dévalué la monnaie et supprimé la parité peso-dollar en vigueur depuis 1991, envisageait aussi une profonde réforme politique et judiciaire.« Cette décision de la Cour, prise comme par hasard 48 heures après que le Congrès eut estimé recevable le procès politique de ses membres ( ses juges ), est très grave », a estimé M.Duhalde, élu le 1er janvier par le Congrès après la chute de deux gouvernements en pleine convulsion sociale.Le tribunal s'est prononcé sur le cas d'un client de la plus importante banque privée argentine Banco Galicia, Carlos Antonio Smith, qui réclamait la restitution de ses dépôts à terme gelés par les restrictions bancaires et l'anticonstitutionnalité de ces mesures.En lui donnant raison, la Cour suprême, considérée comme corrompue et honnie pour avoir jusque- là rejeté tous les recours des épargnants, a rendu une décision inattendue qui pourrait faire jurisprudence et mettre en danger le système bancaire.« Si cette bombe à retardement éclate, non seulement ceux qui ont des dépôts ne vont pas les récupérer, mais c'est tout le système productif qui va s'effondrer », a affirmé M.Duhalde, en qualifiant les restrictions bancaires de « bombe que l'on doit désarmer prudemment ».Des concerts de casseroles ont de nouveau rassemblé des milliers de personnes place de Mai, face au palais présidentiel de la Casa Rosada, ainsi que dans d'autres quartiers de Buenos Aires et en province.Les manifestants protestaient contre les restrictions bancaires, mais aussi contre la Cour suprême.« J'ai peur de ce qui peut arriver quand les banques ne pourront payer et seront liquidées par la Banque centrale ( .) Des millions de gens seront frustrés et auront perdu leur épargne », a averti M.Duhalde.Le jugement de la Cour a également amené la Banque centrale a décréter la fermeture des banques et des marchés des changes lundi et mardi.Jugeant que « l'Argentine est au bord de l'anarchie », le président a affirmé que sa « première priorité est de préserver la paix sociale ».« La préoccupation porte sur les millions d'Argentins qui n'ont pas les droits basiques à la vie, à la nourriture, au travail », a-t-il ajouté à propos des 44,2 % de pauvres que compte ce pays sud-américain de plus de 36 millions d'habitants.« Nous devons sortir de cette alliance financière, spéculative, rentière usurière de ceux qui se sont arrogés l'argent des Argentins et qui devront rendre des comptes à la justice ici-bas », a-t-il ajouté.Eduardo Duhalde avait apporté jeudi son soutien à une enquête de la justice fédérale sur des fuites massives de capitaux, en proposant « la prison à perpétuité pour les cas de corruption ».Ariel Sharon en perd, mais domine d'après AFP JÉRUSALEM \u2014 La popularité du premier ministre israélien, Ariel Sharon, a chuté pour la première fois depuis plusieurs mois, selon un sondage publié hier par le quotidien Maariv.À la question : « Êtes-vous contents ou non de la manière dont opère Ariel Sharon en tant que premier ministre ?», 48 % des personnes interrogées répondent par l'affirmative, 43 % se disent mécontentes et 9 % n'ont pas d'opinion.Ce sondage réalisé cette semaine par l'institut indépendant Market Watch révèle une perte de popularité de 8 à 10 points de Sharon par rapport à des enquêtes d'opinion effectuées régulièrement depuis septembre.Pa moins de 54 % des personnes interrogées se disent mécontentes de la façon dont Sharon gère les questions de sécurité contre 37 % de satisfaits et 9 % sans opinion.Les Israéliens sont encore plus critiques sur la gestion de Sharon des dossiers économiques et sociaux : près de trois Israéliens sur quatre (74 %) se déclarent mécontents contre seulement 18 % de satisfaits et le reste sans opinion.Le sondage a été réalisé après un nouvel attentat suicide palestinien à Jérusalem-Ouest dimanche dernier, qui a tué un Israélien outre son auteur, alors que la situation économique continue à se dégrader, le taux de chômage atteignant 10 % de la population active.Par ailleurs, selon la radio publique israélienne, Sharon a rencontré « il y a deux jours » de hauts responsables palestiniens à Jérusalem, pour la première fois depuis son élection en mars 2001.Sharon a affirmé au président du Conseil législatif (Parlement) palestinien, Ahmad Qoreï, au numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas, et au conseiller économique Mohammad Rachid qu'il continuerait à exercer des pressions sur le président Yasser Arafat pour qu'il mette fin aux activités des militants palestiniens, a ajouté la radio citant des sources palestiniennes.Le bureau du premier ministre s'est refusé à tout commentaire sur cette information.Selon la radio, la réunion a eu lieu dans la résidence de Sharon à Jérusalem, en présence notamment de son fils Omri, qui a déjà rencontré Arafat à plusieurs reprises.Une deuxième réunion doit avoir lieu après la visite de Sharon aux États-Unis, le 7 février, a indiqué la radio.Arafat est assigné de fait à résidence par Israël à Ramallah en Cisjordanie depuis le 3 décembre.Sharon a affirmé, dans une entrevue au quotidien Yediot Aharonot publiée hier, sa volonté d'accentuer la pression sur le président palestinien.« Nous n'avons pas exploité encore toutes les possibilités de pression sur Arafat », a-t-il déclaré.Il a réaffirmé que ce dernier resterait confiné à Ramallah tant qu'il n'aurait pas cédé aux exigences israéliennes, notamment l'arrestation des assassins du ministre du Tourisme, Rehavam Zeevi, qui se trouvent, selon Israël, à Ramallah.Interrogé par le journal Maariv, qui lui a demandé s'il regrettait qu'Arafat n'ait pas été « liquidé » en 1982, Sharon a répondu : « Absolument mais nous nous étions engagés à ne pas le faire.» Il a toutefois assuré : « aujourd'hui, nous n'avons nulle intention d'éliminer physiquement Arafat ni de démanteler l'Autorité palestinienne car cela ferait du tort à Israël.» Le président des États-Unis George W.Bush, qui recevait hier le roi Abdallah II de Jordanie à la Maison-Blanche, a critiqué à nouveau le président palestinien, affirmant qu'il devait faire du « meilleur travail » pour stopper la violence.Photo AP Le Cambodge soumis à un test de démocratie Plus de cinq millions de Cambodgiens voteront demain aux élections communales qui doivent compléter le processus de démocratisation du royaume.Après 20 ans de guerre civile, ce pays n'a connu que deux élections nationales, les législatives de 1993 et de 1998, et de graves soubresauts politiques jusqu'en 1997.Demain, le Parti du peuple cambodgien du premier ministre Hun Sen met en jeu les postes dans les communes sur lesquelles il a un contrôle écrasant, à l'occasion du premier scrutin local multipartite au suffrage universel jamais organisé dans l'ensemble du pays.Sur la photo, un défilé hier du parti royaliste du prince Norodom Ranaridah, membre de la coalition gouvernementale, dans les rues de Phom Penh.EXPRESS INTERNATIONAL États-Unis Jeb Bush devance Reno LE GOUVERNEUR républicain de Floride, Jeb Bush, reste favori pour conserver son poste de gouverneur de Floride, que brigue également la démocrate Janet Reno, ancienne ministre de la Justice de Bill Clinton, selon un sondage publié hier par le Miami Herald.Jeb Bush, 48 ans, frère du président George W.Bush, l'emporterait avec 58 % des voix, contre 36 % pour Janet Reno, 63 ans, qui n'a pas encore reçu l'investiture démocrate.Reno, chez qui la maladie de Parkinson a été diagnostiquée en 1995, reste la favorite pour remporter cette investiture.Le sondage a été réalisé avant qu'elle n'ait un malaise qui l'a fait s'évanouir mercredi dernier alors qu'elle prononçait un discours à l'Université de Rochester.\u2014 d'après AFP Chine Attentat suicide UN RESPONSABLE policier a été tué et deux autres blessés hier lors d'un attentat suicide à Urumqi, la capitale de la région autonome chinoise du Xinjiang, à majorité musulmane.Selon l'agence semi-officielle Nouvelles de Chine, l'auteur de l'attentat appartenait à l'ethnie han (majoritaire dans le pays) et aurait crié qu'il était atteint du sida et ne souhaitait pas continuer à vivre.La nouvelle de l'attentat survient alors que la presse chinoise a multiplié ces derniers jours les informations sur les activités « terroristes » des séparatistes musulmans qui militent pour la création d'un État indépendant du « Turkestan oriental » au Xinjiang.Une série d'attentats à la bombe, dont des attaques contre trois autobus en février 1997 à Urumqi, avaient fait neuf morts et 68 blessés au total, selon le bilan officiel.\u2014 d'après AFP Irlande Contre l'avortement LE GOUVERNEMENT irlandais a annoncé hier qu'il tiendrait le 6 mars un référendum destiné à amender la constitution et durcir la législation sur l'avortement, illégal en Irlande sauf dans les cas où la vie de la mère est en danger.Un projet de loi propose de revenir sur une décision de 1992 de la Cour suprême irlandaise, qui avait autorisé une femme à avorter en raison de ses tendances suicidaires.Le texte prévoit de supprimer l'autorisation d'avortement même en cas de risque de suicide de la mère.Si les Irlandais disent oui au référendum, ce projet de loi sera soumis au vote du Parlement dans les 180 jours et inscrit dans la Constitution du pays.Il sera alors impossible de modifier cette nouvelle législation sans organiser un autre référendum.\u2014 d'après AFP Slobodan Milosevic : trois conflits, un procès HERVÉ CLERC Agence France-Presse LA HAYE \u2014 Slobodan Milosevic aura finalement un seul et unique procès, au lieu des deux initialement prévus, et ce procès commencera bien le 12 février devant le Tribunal pénal international (TPI) à La Haye, sauf avis contraire de la chambre de première instance.Cette dernière, qui doit juger l'ancien président yougoslave, avait décidé en décembre que celui-ci aurait deux procès, l'un correspondant aux événements du Kosovo, prévu pour le 12 février, et un second pour répondre des crimes commis en Bosnie et en Croatie, qui devait commencer aussitôt après la fin du premier.Le procureur Carla Del Ponte avait fait appel de cette décision, estimant que si elle était maintenue, elle porterait « un dommage irréparable » à l'accusation.Une chambre d'appel, présidée par le magistrat français Claude Jorda, a estimé hier que les actes reprochés à Milosevic en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, faisaient partie d'« une même opération » et qu'ils devaient donc donner lieu à un procès unique.« La chambre d'appel a décidé à l'unanimité que les trois inculpations donneraient lieu à un seul procès.À moins que la chambre de première instance n'en décide autrement, le procès commencera le 12 février, avec les éléments de preuve concernant le Kosovo », indique un communiqué du TPI.Les juges d'appel confirment ainsi la thèse du procureur qui, à l'appui de sa demande d'un procès unique, faisait valoir la continuité du dessein de Milosevic tout au long des trois conflits.Aux yeux de l'accusation, ce dernier a poursuivi un seul but, un seul objectif, une seule stratégie dans les trois conflits majeurs qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie : façonner une « Grande Serbie » qui rassemblerait tous les Serbes dispersés dans un même État autour de Belgrade.Del Ponte, qui se trouvait hier à New York, a aussitôt exprimé sa satisfaction.« C'était très important pour les victimes d'avoir un seul procès de manière à ce que les victimes du Kosovo, mais aussi celles de Bosnie et de Croatie, puissent entendre l'ensemble des faits (reprochés à Milosevic) et que la justice soit rendue au même moment », a-t-elle dit, citée par sa porte-parole, Florence Hartmann.Le procureur a souligné à nouveau que l'accusation était « tout à fait prête » à entreprendre le procès le 12 février comme prévu.Après des déclarations générales de l'accusation et de Milosevic, le procès devrait donc commencer par l'examen des crimes commis au Kosovo avant de se pencher ensuite sur la Bosnie et la Croatie.L'accusation a indiqué lors de la dernière audience publique de Milosevic, mercredi, qu'elle serait prête à aborder ce second volet du procès à partir du 1er juillet.Conformément à la chronologie et aux souhaits de l'accusation, le procès pourrait ensuite et enfin revenir aux événements du Kosovo.Milosevic est inculpé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour les trois conflits : Croatie (1991-1995), Bosnie (1992-1995) et Kosovo (1998-1999).Pour la guerre de Bosnie, la plus meurtrière avec plus de 200 000 morts, il devra également répondre de génocide.Slobodan Milosevic 6LP1001B0202 B10, samedi, MONDE 6LP1001B0202 ZALLCALL 67 22:50:32 02/01/02 B Une troisième force politique surgit au Costa Rica Otton Solis talonne les chefs des partis traditionnels en dénonçant la corruption et le néolibéralisme JACQUES LANUSSE-CAZALE Agence France-Presse SAN JOSE \u2014 Le « troisième homme », Otton Solis, a bousculé en quelques semaines l'organisation politique du Costa Rica pour l'élection présidentielle de demain en axant son programme sur la lutte contre la corruption et en qualifiant le néolibéralisme d'idéologie extrémiste.Selon un sondage publié jeudi par La Nacion, le principal quotidien du pays, Solis, candidat du Parti de l'action citadine (PAC), recueillerait 28,4 % des votes.Il n'est devancé que de peu par les candidats des deux blocs traditionnels qui occupent le pouvoir à tour de rôle depuis 50 ans, Abel Pacheco (Unité sociale-chétienne, droite), crédité de 33,5 % des intentions de vote, et Rolando Araya (Libération nationale, libéral), qui obtiendrait 29,7 % des suffrages.« Le néolibéralisme est une idéologie extrémiste.Cette idéologie incapable de résoudre les problèmes sociaux liés au développement accéléré des pays est le reflet inverse du marxisme », affirme Solis.Pour freiner la course éperdue de son pays vers une societé libérale, répondant aux critères nord-américains \u2014 57 % des importations au Costa Rica viennent des États- Unis \u2014, Solis est décidé notamment à stopper net différents programmes de privatisation (télécommunications, électricité, eau, etc.), envisagés par les autres candidats.Pour renforcer des secteurs en difficultés, comme la production de bananes (le Costa Rica est le deuxième producteur mondial derrière l'Équateur), de café et l'agriculture en général, le candidat du PAC défend un programme basé sur un protectionnisme renforcé qui, toutefois, apparaît en contradiction avec les règlements dictés par l'Organisation mondiale du commerce.« Les échanges internationaux sont une chose, mais la survie d'une nation, aussi petite soit-elle, n'a pas de prix », affirme-t-il, conscient que le Costa Rica et ses 3,8 millions d'habitants demeure un modèle économico-social pour ses voisins turbulents d'Amérique centrale.La fulgurante ascension de cette « troisième force » politique, créée il y a moins d'un an, illustre selon les analystes politiques costariciens le malaise des pays d'Amérique latine par rapport à la mondialistaion et à l'économie néolibérale qui s'est imposée durant les années 90 dans bon nombre de pays.« Le discours de M.Solis contre le bipartisme et en faveur du changement est une réussite », explique l'analyste indépendant Luis Guillemo Solis.« Son programme, axé sur la lutte contre la corruption et pour l'établissement de règles draconiennes concernant les dépenses de l'État, a eu un impact considérable dans l'opinion », ajoute-t-il.« Enfin, M.Solis présente le profil idéal pour défendre son programme », précise-t-il.Issu d'une famille d'agriculteurs, Solis, 47 ans, est un brillant économiste diplômé de l'Université de Manchester en Angleterre.Cet homme intègre insuffle un esprit moralisateur dans une campagne dominée par les slogans racoleurs de ses deux principaux adversaires.« Aux promesses sans lendemain des candidats des deux partis traditionnels, j'oppose des mesures concrètes et immédiates et surtout possibles pour un petit pays comme le nôtre », a-t-il expliqué tout au long de ses réunions publiques organisées en « questions-réponses » avec les électeurs.« Une victoire d'Otton Solis constituerait une véritable révolution politique pour le pays et une sorte de retour aux sources », estiment plusieurs analystes, se référant à l'époque du président José Figueres qui, en 1949, après avoir définitivement banni l'armée, prônait une societé égalitaire, basée sur l'éducation de sa jeunesse et la morale politique.L'ombre d'un fugitif plane sur la campagne électorale en France FRANCIS CURTA Agence France-Presse PARIS \u2014 Un ancien responsable politique de droite, Didier Schuller, en fuite à l'étranger depuis sept ans, vient d'annoncer son prochain retour en France et des révélations qui pourraient embarrasser, notamment, le président Jacques Chirac, moins de trois mois avant l'élection présidentielle.Schuller, 54 ans, ex-directeur général de l'Office des HLM (habitations à loyer modéré) des Hautsde- Seine (banlieue parisienne), accusé de corruption, vivait jusqu'en janvier un exil doré en République dominicaine, malgré un mandat d'arrêt international lancé depuis des années à son encontre.C'est son fils, Antoine, 26 ans, qui a finalement révélé où il se trouvait, au moment même où s'engage en France la campagne pour l'élection présidentielle qui se déroulera le 21 avril et le 5 mai.Tandis que les autorités françaises se précipitaient pour remettre à Saint-Domingue une demande d'extradition, Schuller, par voie de presse, a affirmé être prêt à rentrer, ajoutant : « Il y a trop longtemps que je porte le chapeau pour tout le monde.Je veux maintenant m'expliquer.Dans une entrevue au quotidien Le Monde, Schuller a également affirmé que pendant des années, lorsqu'il occupait ses fonctions de directeur général, « les entreprises qui obtenaient des marchés publics de l'office des HLM ou qui voulaient en obtenir ont versés des contributions, officielles ou non ».« Ces sommes alimentaient les caisses du RPR national (le parti de droite Rassemblement pour la République dirigé par Chirac) et celles de la fédération des Hauts-de- Seine (dirigée par Charles Pasqua, un ancien ministre de l'Intérieur qui brigue lui aussi l'Élysée) », selon Schuller.Il a également mis en cause Pasqua et l'ancien premier ministre de droite Édouard Balladur dans une seconde affaire touchant cette fois au juge d'instruction Eric Halphen, chargé d'enquêter sur des accusations de corruption portées notamment à l'encontre de Chirac alors qu'il était maire de Paris.En 1994, Schuller avait déposé plainte contre le beau-père du juge, Jean-Pierre Maréchal, qu'il accusait de chantage, affirmant que ce dernier lui avait proposé de convaincre le juge de laisser tomber son enquête en échange d'argent.Halphen, récemment déssaisi du dossier concernant Chirac, a annoncé au début de janvier que, gagné par un sentiment d'« impuissance » et de « lassitude », il quittait la magistrature.« En piégeant le beau-père, on pensait qu'on atteindrait le gendre.Il était visiblement devenu prioritaire d'arrêter ce juge parce qu'il menaçait des intérêts qui me dépassaient de très loin, » a-t-il déclaré au Monde.Balladur a qualifié les propos de Schuller de « bouffonnerie pure et simple » tandis que Pasqua, qui préside le Conseil général des Hauts-de-Seine, affirmait que Schuller « mentait », ajoutant que ses propos et son retour annoncé « sentaient la manipulation ».« Il aura des comptes à rendre à la justice et à ceux qu'il met en cause.(.) Nous n'avons jamais participé à quelque financement illégal que ce soit », a ajouté Pasqua dans une entrevue télévisée.Il a toutefois convenu que les accusations de Schuller « n'étaient pas de nature à contribuer à la victoire de Jacques Chirac », « chef du RPR à l'époque », à l'élection présidentielle.Chirac, qui sera très probablement le candidat de la droite au deuxième tour de la présidentielle, a été mis en cause dans plusieurs affaires remontant à l'époque où il était maire de Paris.Mais la justice a récemment décidé qu'il ne pouvait être entendu par les juges pendant la durée de son mandat présidentiel.ENCANS AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS Ordinateurs : (50) Pentium III Compaq Desk Pro En 500 à 1 000 Mhz a/moniteurs 15 - 17 po (3) Laptop Toshiba Satellite Pro 3000 Imprimantes laser : superbe Tektronics couleur mod.Phaser 850 (2) HP laser Jet 5 et 5 SI Brother HR 30L Photocopieurs : Sharp Digital mod.205 et 207, Sharp Cester Ar-207 station multi-fonction Télécopieurs : Sharp F.O 4500, Toshiba TF 601 Brother Intellifax mod.770, Xerox Genicom : sér ie 5000 mod.1000 Lpm (2) Epson mod.DFX 5000 Électronique : (3) 3COM Supertrack II \u201c Baseline Hub & Hub 10 \u201d Acculink Paradyne Cisco série 2500 Stara networks Q05 Zip drive 250 Mo Étalage à ordinateurs et \u201cpatch boards\u201d Cat 5 IBDM, Alpha source de pouvoir Boca modem 144 dbps Système téphonique Meridien: (15) téléphones + boîte contrôle Mobilier de bureau: (40) postes de travail Global \u201c télémarketing et/ou centre d'appels, agents de voyages \u201d Postes de réception et administratifs (10) mobiliers de direction (25) bureaux complètement fournis, formes en L, en P et en U, étagères variées, (60) - protège-tapis Classeurs latéraux 2 à 5 tiroirs (75) chaises opérateurs Chaises sténo et hauts dossiers Tables pliantes Chaises empilables Réfrigérateurs Danby, Hotpoint et General Téléviseur RCA 27 po couleur Téléviseur/magnétoscope Samsung Unité mobile de présentation Une tonne d'accessoires de bureau, etc.FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE ENCAN FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE FAILLITE TÉl.: (514) 937-0661 À être vendu article par article sans réserve selon les conditions affichées Dépôt 25 % comptant ou chèque visé requis avec mise Solde comptant ou chèque visé Prime d'acheteur 10 % Concernant la faillite de Le mardi 5 février à 10 h 30 précises (Inspection le lundi de 9 h 30 à 17 h) au : 500, boul.Saint-Martin Ouest, 4e étage, Laval (Dir.15 Nord, sortie St-Martin Est) ORDINATEURS PENTIUM ÉLECTRONIQUE MOBILIER DE BUREAU CONSEILLER PROFESSIONNEL : PIERRE BEAUPRÉ, ARCHITECTE A/S SOCIÉTÉ DE LA PLACE DES ARTS 260, BOUL.DE MAISONNEUVE OUEST MONTRÉAL (QUÉBEC) H2X 1Y9 pbeaupre@pda.qc.ca LA SOCIÉTÉ DE LA PLACE DES ARTS DE MONTRÉAL LANCE UN CONCOURS D'ARCHITECTURE ET DE DESIGN en vue de réaliser un projet d'identification extérieure de l'immeuble ainsi que des compagnies résidantes et des commerces qui l'habitent.L'objectif du concours est de choisir un projet lauréat dont le concepteur participera à la réalisation.Le présent appel de candidatures est ouvert à tous les architectes et designers du Québec.Puisque ce projet fait appel à plusieurs disciplines de l'aménagement, la Société sollicite la candidature d'équipes multi-disciplinaires dont au moins un des membres doit être architecte.Les professionnels intéressés à soumettre leur candidature peuvent obtenir un formulaire d'inscription et les règlements du concours en s'adressant au conseiller professionnel, contre un chèque de 25 $ à l'ordre de la Société de la Place des Arts.Ce chèque n'est pas remboursable.LES CANDIDATURES DOIVENT PARVENIR À LA PLACE DES ARTS AVANT LE 22 FÉVRIER 2002.Par la suite, le jury du concours choisira trois firmes ou regroupements qui seront invités à présenter leur projet.Une rémunération de 7 250 $ + taxes est prévue pour cette prestation.LES PROPOSITIONS, SOUS FORME D'ESQUISSES CONCEPT, DEVRONT ÊTRE DÉPOSÉES AVANT LE 5 AVRIL 2002.APPEL DE CANDIDATURES CONCOURS D'ARCHITECTURE ET DE DESIGN POUR L'IDENTIFICATION EXTÉRIEURE DE LA PLACE DES ARTS 3023929A cyberpresse.ca / chroniqueurs LIQUIDATION LIQUIDATION URPLUS D'INV NTAIRE URPLUS D'INV NTAIRE MANU VIC inc.ÉQUIPEMENT D'ENTREPÔT NEUF ET USAGÉ Plus de 50 chariots élévateurs de 1 500 lb à 15 500 lb de capacité.Grand choix de marques, modèles usagés et modèles récents jusqu'à 2 000, fonctionnant au propane, électriques et diesel, et transpalettes manuelles et électriques.Aussi plus de 1 000 sections d'étagères métalliques racking (type redirack).Poutres et montants sur mesure et beaucoup plus encore.Visitez-nous au www.manuvic.com ou appelez-nous T l.: 1-800-822-2023 et fax (819) 758-4088 VEUILLEZ COMMUNIQUER AVEC NOTRE BUREAU POUR OBTENIR UN DÉPLIANT ILLUSTRÉ GRATUIT OU VISITEZ NOTRE SITE WEB.COMMISSION D'ACHAT DE 10 % EXIGÉE.INSPECTION : LE MERCREDI 6 FÉVRIER CORPORATE ASSETS INC.TORONTO Tél.: (416) 962-9600 Courriel : infocorpassets.com CHICAGO Téléc.: (416) 962-9601 Web : www.corpassets.com ENCAN CORPORATE ASSETS INC.Biens excédentaires pour les opérations de PROTO METALWORKS LTD.DIVISION DE GENERAL DYNAMICS CANADA 165 Robertson Road, Nepean, Ottawa, Ontario Le jeudi 7 février 2002 à 10 h 30 COMPRENANT : Laser Mazak 95, 49 po x 98 po, 2000 watts (2) VMC 4 axes Toshiba 97, 49 po x 18 po VMC Mazak 96, 37 po x 21 po (3) VMC Bridgeport VMC Monarch VMC White-Sundstrand Plieuse hydr.Allsteel 95T x 8 pi (2) plieuses Chicago 55 tonnes et 11 tonnes Presses à insérer Haeger & Pemserter Cisaille hydr.Pearson 8 pi x 1/4 po Poinçon à tourelle Strippit 20 tonnes Machinerie pour métal en feuilles Scies Rectifieuses Tours Perceuses (3) vibrofinisseurs Atelier de placage Atelier de soudage Compresseur et déshumidificateur Atelier d'inspection Feuilles d'acier inoxydable et d'aluminium Chariot élévateur Toyota 6000 lb Équipement de bureau Etc.PUBLIC AVIS PUBLIC DANS L'AFFAIRE DE LA FAILLITE SNV INTERNATIONAL CONCEPTEUR ENSEMBLIER AFCAN SERONT VENDUS PAR DEUX ENCANS BUREAUX ET ORDINATEURS 1er ENCAN: SNV INTERNATIONAL LE: MARDI 5 FÉVRIER 2002 À 10 h 30 AU: 4200, ST-LAURENT, SUITE 1480, MONTRÉAL INSPECTION: LE LUNDI 4 FÉVRIER 2002 DE 9 h 30 À 16 h 30 BUREAUX: (2) Bureaux de direction en U I Env.(30) sections de travail (haut de gamme) acajou avec séparateurs I Cabinet antique I (7) Classeurs latéraux 4 tiroirs I (2) Classeurs 3 tiroirs I (2) Tables de conférence rondes I Table de conférence acajou ovale 8' I Bureau de réception I Chaises en cuir I Chaises visiteur et de secrétaire I Photocopieur CANON NP 6035 I Station fax CANON LASER CLASS 5500 I Station CANON LASER 90005 I Coffre-fort I Minifrigidaire I Micro-ondes I Système de téléphone MERIDIAN 11 appareils I Etc.ORDINATEURS: Env.(20) ordinateurs PENTIUM II et III I (2) PENTIUM IV, 1500 MHz, 40 Go, 256 Mo RAM I Plusieurs imprimantes laser H.P.et BROTHER I Etc.SERVEURS: IBM NETFINITY 5000 IBM NETFINITY 3500 COMPAQ PROLINE 1600 2e ENCAN: CONCEPTEUR ENSEMBLIER AFCAN LE: JEUDI 7 FÉVRIER 2002 À 10 h 30 AU: 6000, MÉTROPOLITAIN EST, SUITE 207, MONTRÉAL INSPECTION: LE MERCREDI 6 FÉVRIER 2002 DE 9 h 30 à 16 h 30 BUREAUX: Poste de réception acajou avec dessus vitré I (4) Fauteuils de réception design I Ensemble de directeur avec crédence acajou, table de conférence ronde, fauteuil et (6) chaises visiteur I Armoires en métal I Ensemble de directeur : bureau avec retour, table ronde, fauteuil en cuir et (4) chaises visiteur I (3) Postes de travail 9' x 6' avec cubicule I Env.(12) classeurs latéraux 2/3/4 tiroirs I Plusieurs tables d'ordinateur I Table de conférence 10' acajou avec (10) fauteuils cuir et tissu I Tableau avec 2 portes acajou I Photocopieur XEROX 5028 I Photocopieur XEROX 5053 I Fax SHARP et télécopieur XEROX 7042 I Réfrigérateur I Micro-ondes I Etc.ORDINATEURS: (4) Ordinateurs portatifs PENTIUM II et III I Env.(20) ordinateurs PENTIUM II, III et IV I Imprimantes laser H.P.et BROTHER I Etc.SYSTÈME DE TÉLÉPHONE NORSTAR 16 APPAREILS SYSTÈME TÉLÉPHONIQUE ATT 15 APPAREILS CONDITIONS : 25 % COMPTANT À L'ADJUDICATION SOLDE PAYABLE COMPTANT OU PAR CHÈQUE VISÉ FRAIS D'ACHETEUR 10% ENCAN ENCAN (514) 949-6677 www.imperialauctions.com ENCAN PUBLIC QUIPEMENT DE RESTAURANT COMPLET PUB - BISTRO - BAR - R TISSERIE - PIZZ RIA - BUFFET - ETC.CHAMBRES R FRIG R ES ET CONGEL ES AMEUBLEMENT Le mercredi 6 février 2002 à 10 h 30 au 944-B, chemin Trudeau, Saint-Mathieu-de-Beloeil (Québec) (sortie 109 de l'Autoroute 20 Est) Pour des photos consultez notre site Internet : www.encansbaril.com Inspection : Le mardi 5 février 2002, de 9 h à 17 h Conditions : Frais d'encan 10% Dépôt : 25% argent comptant ou chèque visé Solde : Argent comptant ou chèque visé BARIL, BLANCHETTE INC.Commissaires-priseurs Tél.: (450) 464-9899 Téléc.: (450) 464-9734 Liste partielle : Ensemble de buffet complet à l'état neuf de marque SANI METAL (buffet chaud/froid pour dessert, crème glacée, etc.) I Ensemble de cafétéria 50' avec comptoir caisse I Lot de panneaux pour chambres réf.et cong.4''/portes/comp./évap.I Mélangeur 40 pts BEAR (bol, main et crochet) I 4 réfrigérateurs 2 portes vitrées I 2 réfrigérateurs 1 porte vitrée I Congélateur 1 porte I Gril à gaz 8' BAKER'S PRIDE I Gril à gaz 4' QUEST I 2 hottes en acier inoxydable 10' I Four à pizza à gaz GARLAND, m: Air Deck I Table chaude à gaz 8' MKE I Table buffet 4' I Rôtissoire à poulet HOBART avec réchaud supp.I Rôtissoires à poulet à gaz OLD HICKORY I Rôtissoires à poulet électriques OLD HICKORY I Wok chinois triple I Lave-vaisselle basse température, avec tables de lavage I Marmite GROEN 10 gal.I Coupe-légumes I Friteuse à gaz I Cuisinière à gaz MKE 6 ronds, 1 pl., 2 fours I Évier double en acier inoxydable 10' I Grille-pain rotatif SAVORY I Plaque 24'' à gaz MKE I Plaque 36'' à gaz GARLAND I Base réfrigérée 55'' comp.int.I Réfrigérateur à bière I Réchaud I Table à pizza 6' I Tables de travail différentes grandeurs I Lot d'échelles à pâtisserie I Lot de vestiaires d'employé (lockers) I Lot de bancs de bar I 80 chaises empilables tissu beige I 50 chaises avec bras en bois (pub) I 140 chaises empilables tissu brun I 69 dessus de table 27''X27'' I 69 base de table en métal (croix) I Lot de bases de table en fonte (croix) I 5 tables, 4 places (fast food) I Lot de bases de table simples I Lot de banquettes en chêne naturel I etc.ENCAN POUR LE PUBLIC Samedi 9 février 2002 à 9 h 30 ENCAN INTÉRIEUR Plus de 100 unités - 1994 à 2002 AUTOS / VANS / PICK-UPS (Plusieurs avec balance de garantie du manufacturier) Chaque véhicule soumis à un essai routier.Mandats : Banques - Caisse pop.- Inst.fin.Syndics de faillite - Grossistes - Saisies légales et ventes sous contrôle de justice (aucun véhicule de particulier) LISTE PARTIELLE Hyundai Accent 01, Toyota Echo 01, Hyundai Sonata 99, Dodge Ram 1500 99, Honda Civic 99, Chevrolet Malibu 99, Cadillac Catera 97, Honda Civic 97, Toyota Corolla 97.INSPECTION ET VÉRIFICATION PAR LES ACHETEURS Le vendredi 8 février 2002 de 12 h à 20 h CONDITIONS : Dépôt de 10 % à l'adjudication (min.500 $) Les Enchères Automobiles de Laval inc.2380, montée Masson, Laval H7E 4P2 Tél.: (450) 666-1254 Fax : (450) 666-8129 www.groupefournier.com 6DU1101B0202 SAMEDI 6DU1101B0202 ZALLCALL 67 21:26:14 02/01/02 B LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 2 FÉVRIER 2002 B 1 1 AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES - SOUMISSIONS Rectificatif Veuillez prendre note des corrections suivantes à apporter aux cahiers Mon nid (1-1) et Solde de blanc (1-2).1-1 PAGE 3.Les stocks du canapé Princeton de Distinctive Designs sont épuisés; une substitution sera offerte en magasin.1-2 PAGE 7.Les articles Godiva sont exclus de l'offre tous les chocolats de la Saint-Valentin à 15% de rabais.Notre clientèle voudra bien excuser ces erreurs.Être Grand Frère ou Grande Soeur.ça me grandit TTééll.:: 11-880000-666611-44225522 PM52 MISE AU POINT Veuillez noter les corrections suivantes : Dans le cahier publicitaire SEARS de 24 pages en vigueur su lundi 4 février au dimanche 10 février 2002 (C022F002), À la page 11, Le parc «Pack 'n Play Graco» n°67456 n'inclut pas un moïse.Cet article est aussi annoncé dans le cahier publicitaire Solde de 3 jours en vigueur du vendredi 1er au dimanche 3 février 2002.À la page 21, Rabais 500 $ sur les foyers à gaz Kenmore installés, à évacuation directe.Le rabais de 500 $ est valide lorsque vous achetez un foyer à gaz Kenmore installé, à évacuation directe, muni d'une fenêtre en baie Nous somme sincèrement désolés de tout inconvénient que ces erreurs ont pu causer à nos clients.APPEL D'OFFRES SERVICES PROFESSIONNELS EN ÉVALUATION FONCIÈRE La Ville de Candiac demande des soumissions pour l'obtention de services professionnels en évaluation foncière pour la période s'échelonnant du 1er mars 2002 au 31 décembre 2007.Directives aux soumissionnaires Pour être validement reçue, toute soumission devra se trouver physiquement et sous pli cacheté au Service du greffe de la ville de Candiac, à l'hôtel de ville, au 100, boulevard Montcalm Nord, avant le MERCREDI 20 FÉVRIER 2002, 10 HEURES, dans l'enveloppe préadressée fournie à cette fin.Ne seront considérées que les soumissions préparées sur les formulaires fournis par la Ville de Candiac.Les soumissions seront ouvertes publiquement le MERCREDI 20 FÉVRIER 2002, 10 HEURES, à la salle du conseil à la même adresse.Les formulaires, de même que les cahiers de charges, pourront être obtenus à compter de 9 heures, le LUNDI 4 FÉ- VRIER 2002, à la réception de l'hôtel de ville, au 100, boulevard Montcalm Nord, Candiac, moyennant un montant non remboursable de 25 $ (incluant TPS et TVQ).Le paiement pour les documents de soumission devra être effectué sous forme d'argent comptant ou de chèque visé fait à l'ordre de la «Ville de Candiac», et ce, POUR CHAQUE EXEMPLAIRE.Toute soumission, pour être considérée, doit être accompagnée d'un chèque visé de 5 000 $, tiré sur une banque canadienne à charte faisant affaires dans la province de Québec ou une caisse populaire, et payable à la Ville de Candiac, ou d'un cautionnement de soumission de 5 000 $, émis en faveur de la Ville de Candiac par une compagnie d'assurances légalement autorisée à se porter caution dans la province de Québec, valide pour une durée de soixante (60) jours civils consécutifs à la date d'entrée des soumissions.Le soumissionnaire doit également joindre à sa soumission une lettre émise par une compagnie d'assurances légalement autorisée à se porter caution dans la province de Québec, attestant qu'elle s'engage à fournir au soumissionnaire les cautionnements requis advenant le cas où ce dernier deviendrait l'adjudicataire.Seules sont considérées aux fins du contrat les soumissions des fournisseurs ayant leur principale place d'affaires au Québec ou, lorsqu'un accord intergouvernemental est applicable, au Québec ou dans une province ou un territoire visé par cet accord.Le conseil de la ville de Candiac ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues, sans obligation ni aucuns frais d'aucune sorte envers le ou les soumissionnaire(s).CANDIAC, ce 24 janvier 2002 CAROLE LEMAIRE Greffière DANS L'AFFAIRE DU PLAN DE TRANSACTION ET D'ARRANGEMENT ET RÉORGANISATION DE L'ENDETTEMENT, DES OBLIGATIONS ET DU CAPITAL-ACTIONS DE LES MINES MCWATTERS INC., personne morale dûment incorporée conformément aux lois de la province de Québec, ayant son bureau exécutif et une place d'affaires au 1800, avenue Mc Gill College, bureau 2400, dans les ville et district de Montréal, province de Québec, H3A 3J6.AVIS est par la présente donné que toutes les Preuves de réclamation doivent être transmises au contrôleur, Richter & Associés Inc., au plus tard le 20e jour de février 2002 au 2, Place Alexis Nihon, 22e étage, Montréal (Québec), H3Z 3C2 ou par télécopieur au (514) 934-3504.Conformément au Plan d'arrangement qui a été homologué par le tribunal le 28e jour de janvier 2002, il sera interdit aux créanciers qui omettront de déposer une Preuve de réclamation le ou avant le 20e jour de février 2002 de faire valoir leur créance et, à tous les égards, leur créance sera éteinte.AVIS AUX CRÉANCIERS RELATIVEMENT À LA DATE PÉREMPTOIRE AU DÉPÔT DES PREUVES DE RÉCLAMATION 3024309A Avis public GREFFE RÈGLEMENT Avis est donné que le conseil, à son assemblée du 4 octobre 2001, a adopté le règlement suivant : 01-259 : Règlement autorisant un emprunt de 4 119 456 $ pour la construction de conduits souterrains et la modification du réseau municipal de conduits souterrains sous la surveillance de la Commission des services électriques de la Ville de Montréal.Ce règlement a été approuvé par la ministre des Affaires municipales et de la Métropole le 16 janvier 2002 pour un montant de 4 028 700 $.Montréal, le 2 février 2002 La Greffière de la Ville Me Jacqueline Leduc 6LP1201B0202 Oxfam samedi 2 février 6LP1201B0202 ZALLCALL 67 20:27:31 02/01/02 B B12 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 2 FÉVRIER 2002 PARTENAIRES D'ICI ET D'AILLEURS Photo YVES MEDAM, collaboration spéciale Grâce aux terrasses radicales, les agriculteurs rwandais peuvent exploiter de nouvelles terres et espérer un rendement au moins deux fois plus important que dans le passé.La paix vient en la cultivant SÉVERINE DEFOUNI e t YVES MEDAM collaboration spéciale Les collines verdoyantes se répètent à perte de vue, leur profil se définissant entre les méandres de terre rouge qui épousent leurs formes.Vu de haut, le Rwanda n'a rien perdu de sa consécration de pays des mille collines même si, de fait, pour ses habitants, le paysage a été transformé à bien des égards.Dans certaines régions de Byumba, dans le nord du pays, les collines ont changé de géométrie, passant de pentes raides en terrasses arables, là où l'agriculture avait pourtant toujours semblé impossible.Partout dans le pays, on trouve des maisons disposées en agglomérations, ces imidugudus dans lesquels cohabitent les deux ethnies du pays, Hutus et Tutsis.Bienvenue dans l'ère de l'après-guerre, celle de la réconciliation des peuples.« Toutes nos activités doivent contribuer à la même finalité : renforcer la société civile et réduire la pauvreté dans le but d'amener à l'édification de la paix », explique Michel Dubois, représentant d'Oxfam- Québec au Rwanda.L'organisme oeuvre dans deux nouveaux villages qu'il a construits dans le district de Kisaro, dans la région de Byumba, dans le cadre d'un projet de développement communautaire intégré.Il a mis sur pied un conseil composé de deux représentants des autorités gouvernementales, deux autres d'associations paysannes et deux d'Oxfam-Québec.Ceux-ci mettent ensemble sur pied plusieurs activités pour amener des gens qui ont traversé un drame humain terrible \u2014 et qui ne se parlent plus depuis des années \u2014 à entreprendre conjointement des projets essentiels à leur survie : sécurité alimentaire, socialisation et commerce.Au printemps 1994, ce pays, qui comptait alors 7,2 millions d'habitants, a été le théâtre d'un génocide qui a fait plus d'un million de victimes.Maisons, écoles, champs ont été pillés.Aujourd'hui, la reconstruction du Rwanda passe par la reconstruction des infrastructures, mais aussi et surtout par la réorganisation du développement agraire.« Le problème de l'accessibilité à la terre et celui de la faim sont générateurs de conflits et présentent sans aucun doute les plus grands risques de nouvelles tensions au Rwanda », dit Joop Gieling, chargé de projet à Oxfam-Québec, qui appuie ce constat sur le passé récent.Plus de 90 % des Rwandais pratiquent l'agriculture de subsistance.Or, au début des années 90, avec une croissance démographique rapide dans un pays qui présente la plus importante densité de population de l'Afrique (303 habitants par kilomètre carré), la concurrence pour l'accès aux terres combinée à l'exiguïté du territoire a contribué à anéantir l'équilibre fragile dans les rapports entre Hutus et Tutsis.Avec le retour massif de plus de 1,2 million de réfugiés en 1996, la reconstruction urgente de maisons a été possible grâce à l'application d'une politique d'habitat innovatrice : les imidugudus, une solution envisagée par le gouvernement avant les événements de 1994.Ce décret appelé Un abri pour tous, qui a exigé la participation de tous les bénéficiaires, avait pour objet de résoudre en partie les conflits liés au droit à la propriété.Il devait cependant être arrimé à un plan de développement tout aussi novateur sur le plan de la production agricole.« La construction des maisons par l'ensemble de la communauté a aidé à reconstruire aussi la vie sociale, car cela a donné aux gens la possibilité de reprendre le dialogue », explique Pascal Gashumba.Les terrasses radicales Fort de cette expérience, cet agronome au service d'Oxfam-Québec a convaincu les populations locales de pousser l'effort collectif pour fabriquer des terrasses radicales, des plateaux de 4 mètres de large qui épousent la forme de la montagne.« Les terrasses radicales ont le double avantage de lutter contre l'érosion et d'augmenter la superficie cultivable en permettant l'exploitation de terres abandonnées depuis une vingtaine d'années en raison de leur infertilité », explique- t-il.Les collines ont été aménagées en terrasses et en talus, fortifiés par la plantation de rangées d'herbes qui servent en même temps de fourrage pour les bêtes.Ainsi, pommes de terre, sorgho, haricots et oignons partagent leur espace avec les vaches dans une harmonie écologique.« Il n'y a pas d'agriculture sans élevage, croit Pascal Gashumba, parce que c'est le fumier qui va nourrir la terre et c'est la terre qui va nourrir le bétail » ; un bétail local par ailleurs amélioré grâce à un programme d'insémination artificielle.« Avant, nous devions importer des vaches d'Allemagne ou d'Afrique du Sud, mais comme cela coûtait cher, nous ne pouvions en acheter plus de 10 », explique M.Gashumba.Aujourd'hui, les « vaches améliorées » donnent au bas mot quatre fois plus de lait qu'avant, idem pour le rendement des terres aménagées en terrasses radicales.L'effort collectif s'avère fructueux sur plusieurs fronts : en se constituant en association, les agriculteurs d'une même colline ont accès à des semences sélectionnées et à une parcelle de terre qui leur est allouée.Grâce au partage équitable des richesses, tous empochent une partie des bénéfices.Selon que la terre appartient à un propriétaire privé ou à l'État, les cultivateurs se partagent entre eux 70 % ou 85 % de la récolte, laissant 15 % pour les frais de gestion et de représentation à leur intergroupement, le conseil élu qui chapeaute les associations.Avec la réconciliation nationale vient aussi la décentralisation des pouvoirs, autre innovation au pays.Pour le gouvernement, il s'agit d'un moyen de stimuler la participation de la société civile au processus de décision, un exercice démocratique qui a un impact positif, selon Éric Zikama, président du Conseil de développement communautaire (CDC).Ce conseil extrêmement hiérarchisé se subdivise en 16 secteurs et 125 cellules, tous ayant des représentants élus qui détiennent les dossiers du développement économique, de la promotion féminine, de la jeunesse, de l'éducation, de la santé et des finances.« Ça peut paraître compliqué, mais c'est plus démocratique qu'avant, alors que le maire prenait seul les décisions, dit Éric Zikama.Notre structure prône la transparence et reflète mieux les besoins de la population qui voit d'ellemême qu'elle doit s'investir dans le développement de sa communauté.Il s'agit là peut-être d'un exercice pratique pour le grand défi que cette communauté sera appelée à relever sous peu : près de 120 000 Rwandais sont incarcérés dans des prisons et des cachots communaux en attendant d'être jugés pour leurs actes lors du génocide.Le système judiciaire traditionnel ayant montré ses limites, le gouvernement met actuellement la touche finale à son projet de gacaca.Il s'agit d'un système de justice participative qui reproduit une institution datant d'avant la colonisation, où l'on faisait appel à un groupe de sages pour régler les conflits.Sans égard à l'ethnie, au revenu ou au sexe des accusés, le gouvernement fera appel à la population pour qu'elle puisse témoigner des événements et mettre derrière les barreaux ceux qui ont effectivement participé au génocide.« C'est un boulet que traînent les Rwandais alors qu'ils sont en processus de réconciliation, dit Joop Gieling, qui croit que la réussite du système dépendra de la façon dont il sera instauré.Il pourrait y avoir des dérapages.D'un côté, les Tutsis ont peur que des Hutus s'en sortent à bon compte, tandis que les Hutus craignent des actes de vengeance à leur sortie de prison.» L'apprentissage des droits humains Dans un tel contexte, l'apprentissage des droits humains revêt une grande importance.C'est pourquoi l'association des droits humains du Rwanda, Urana, offre une formation aux élèves.Les jeunes prennent connaissance de l'existence de la Déclaration universelle des droits de l'homme, puis assimilent la matière à l'aide de sketchs qu'ils répètent à l'occasion de rassemblements publics.Du coup, ils deviennent en quelque sorte des ambassadeurs.« Quand on commence avec ces jeunes, ils oublient ce que les adultes leur disent et ont tendance à vouloir construire un monde meilleur.S'ils grandissent dans cet esprit, je suis sûr que nous verrons un Rwanda différent de celui que nous avons connu », dit le directeur de l'école secondaire de Buyoga.Le Rwanda mise sur sa jeunesse pour rebâtir le pays, et cet avenir passe par l'éducation.De nombreuses écoles ont ainsi été remises en état avec l'aide d'ONG locales et internationales.De plus, le Centre de formation professionnelle, ouvert depuis septembre, vient en aide aux jeunes défavorisés comme les orphelins, chefs de famille et enfants de prisonniers.Des cours de maçonnerie, couture, cuisine, ébénisterie et alphabétisation y sont offerts.L'école accepte dans ses classes garçons et filles sans égard aux catégories traditionnelles de métiers, mais s'assure de répartir les métiers entre les localités pour que tous les maçons, par exemple, ne soient pas dans l'obligation de se concurrencer pour gagner leur vie.Beaucoup de projets de microcrédit ont été mis sur pied pour encourager le démarrage d'entreprises, certains axés sur les femmes que l'on veut encourager à prendre plus de place au sein de la société rwandaise.Ainsi, il y a un an, le gouvernement a modifié sa loi sur le droit à la propriété pour permettre aux femmes d'hériter de la terre de leur mari ou de leur père, mesure inexistante auparavant.De même, pour alléger le travail des femmes, Oxfam-Québec et des organisations locales d'aide aux femmes ont développé le concept du four amélioré : des briques, de la terre de termitière, des brindilles et de la terre sèche, un dispositif simple à fabriquer, mais qui est en train de révolutionner la condition féminine au Rwanda.Le foyer traditionnel avec lequel les familles se chauffent et se nourrissent est fait de trois pierres disposées en triangle à l'intérieur duquel on ajoute du bois.Cela ne permet de préparer qu'un plat à la fois en plus d'occasionner une perte d'énergie importante et un surplus de fumée en raison des ouvertures entre les pierres.Tout le contraire des fours améliorés.« Ils permettent d'économiser plus de 50 % du bois, explique Odette Mukarurangwa, agent d'Oxfam-Québec pour l'agri-élevage.La femme n'a plus à sortir aussi souvent pour s'approvisionner en bois et, parce qu'il n'y a plus de fumée, elle peut rester chez elle, prendre soin de ses enfants tout en cuisinant deux plats à la fois.» Regroupements en associations, création de clubs de droits humains, activités de rassemblement, toutes ces mesures concourent à faire comprendre à la population que la coexistence pacifique est possible.Et en visant l'amélioration de la richesse collective comme objectif tangible, le message de la nécessaire réconciliation passe mieux : « Le développement des associations a réglé le problème d'ethnicisme, dit Éric Zikama du CDC.Les veuves dont les maris ont été victimes du génocide et les femmes dont les maris ont pris la fuite se sont associées pour s'en sortir.Et quand on se regroupe par intérêt, nécessairement, ça aide à la réconciliation.Ce reportage a été dirigé et rédigé par Séverine Defouni avec le concours d'Yves Medam sur le terrain.QUESTION 3 : Quelles sont les activités proposées par Oxfam- Québec et ses partenaires pour favoriser l'édification de la paix au Rwanda ?Jusqu'au 7 avril 2002, La Presse publie chaque semaine, en collaboration avec Oxfam-Québec, un article portant sur un projet de coopération internationale.Dix jeunes journalistes et photographes québécois ont parcouru le globe afin de produire cette série, qui met en relief la qualité du travail de coopérants canadiens et qui souligne l'importance de la solidarité entre populations du Nord et du Sud, et au sein même de ces sociétés."]
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