La presse, 9 mars 2002, Semaine québécoise de la déficience intellectuelle: Membres de votre communauté!
[" CRDIP1 cahier special CRDIP1 ZALLCALL 67 17:20:30 02/28/02 B Membres de notre communauté ! Semaine québécoise de la déficience intellectuelle 2002 Du 10 au 16 mars Ce cahier spécial est une invitation à vous familiariser avec la déficience intellectuelle. CRDIP2 cahier special CRDIP2 ZALLCALL 67 17:25:15 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Vivre avec une déficience intellectuelle .3 «De l'intégration sociale à la participation sociale ».4 De la garderie à l'école\u2026 Une place pour Stéphane .6 Le réseau public des centres de réadaptation en déficience intellectuelle .8 Le travail, c'est la santé ! .10 «Avancez en arrière ! » .11 L'intégration mise en scène.12 La vie de couple\u2026 oui, je le veux ?.13 L'AQIS ! 50 ans d'engagement dans votre vie ! .14 La recherche\u2026 pour faire avancer les choses.15 La société québécoise se veut solidaire, fraternelle et inclusive.C'est dire que chaque Québécoise et chaque Québécois doit sentir qu'une vraie place lui est faite au sein de la collectivité.Bien sûr, certaines personnes ont des limitations de nature physique ou intellectuelle, mais cela ne doit jamais compromettre leur pleine participation à la vie de la communauté.C'est dans cet esprit qu'a été lancée, au cours de la dernière année, la nouvelle politique du ministère de la Santé et des Services sociaux en matière de services destinés aux personnes présentant une déficience intellectuelle.On y prévoit un ensemble de mesures permettant à ces personnes de profiter de la vitalité collective tout en fournissant, à la hauteur de leur potentiel, leur contribution.L'atteinte de cet objectif suppose que chaque acteur social assume ses responsabilités à cet égard, dans un esprit de collaboration et de mise en commun des ressources.Je vous invite, à l'échelle de vos milieux respectifs, à faire preuve de solidarité envers ceux et celles qui présentent une déficience intellectuelle.Ce faisant, vous découvrirez sans doute à quel point ces personnes peuvent enrichir vos vies, à mesure que vous enrichissez les leurs.Un message du ministre Roger Bertrand Collègues de travail, partenaires de sport, de loisirs, de classe, les personnes présentant une déficience intellectuelle sont plus que jamais enracinées dans la communauté.Elles sont dans nos vies, partagent nos moyens de transport, notre vie de quartier\u2026 Formidable avancée sociale, rien de tout cela n'aurait été possible sans l'engagement ferme de la part de tous les partenaires concernés par la réalité des personnes ayant une déficience intellectuelle, de faire tomber les barrières de l'exclusion sociale.Par la qualité et l'accessibilité de leurs services, les centres de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) et la Fédération les représentant ont largement contribué à cet état de fait.Le Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, organisée chaque année en mars, représente une excellente occasion de souligner le chemin parcouru par les personnes présentant une déficience intellectuelle.L'occasion par excellence de démystifier la vie de ces personnes, leurs réalités, de les suivre sur les bancs d'école, au travail, dans leur vie de tous les jours.La chance de mesurer à quel point elles sont, plus que jamais auparavant, Membres de notre communauté ! Sommaire De l'exclusion à la participation sociale\u2026 que de chemin parcouru Roger Bertrand Ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux, à la Protection de la jeunesse et à la Prévention Claude Vanasse Président Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle CRDIP3 cahier special CRDIP3 ZALLCALL 67 17:31:14 02/28/02 B Isolées, reléguées en institution, ségréguées et aujourd'hui membres de la communauté, les personnes présentant une déficience intellectuelle ont parcouru un chemin énorme au cours des dernières décennies.Situations impensables il y a trente ans, des enfants ayant une déficience intellectuelle fréquentent aujourd'hui des garderies et des classes régulières.Certains adultes peuvent quant à eux envisager d'occuper un travail rémunéré et mener une vie autonome, grâce à un soutien approprié de la part du réseau qui les encadre.Des progrès qui tranchent considérablement avec la situation d'une époque pas si lointaine, où l'exclusion et la stigmatisation étaient le lot de cette portion de la population.Au Québec, le statut des personnes ayant une déficience intellectuelle a connu une véritable évolution au courant des années 1960, soit à la sortie de la période de Grande Noirceur, imposée par le régime duplessiste.Jusqu'à ce tournant de l'histoire, l'essentiel du soutien aux personnes présentant une déficience intellectuelle était assuré par le réseau familial.L'absence quasi totale de ressources, autres que l'entraide familiale, a très souvent fait de l'abandon à la crèche ou l'internement, les deux seules avenues à la disposition des personnes présentant une déficience intellectuelle.Au moment de la Révolution tranquille, dans la foulée des grandes réformes sociales, une nouvelle reconnaissance de la spécificité de la déficience intellectuelle prend forme.Progressivement, des services destinés à répondre aux besoins particuliers des personnes ayant une déficience intellectuelle sont mis en place par l'État.À la même époque, certaines associations de parents, résolues à offrir à leurs enfants des alternatives au milieu institutionnel, donnent naissance à un réseau embryonnaire d'établissements et de services spécialisés.Il faudra cependant attendre les années 1970 pour voir apparaître un réseau public de centres de réadaptation consacrés aux personnes présentant une déficience intellectuelle.Au même moment, une réflexion s'amorce en faveur de l'intégration sociale et de la reconnaissance des droits des personnes ayant une déficience intellectuelle.Résultat de ces transformations idéologiques, le mouvement de désinstitutionnalisation prend forme et ponctue les années 1980.Les internats des centres de réadaptation sont alors graduellement transformés en ressources intégrées à la communauté, comme l'exige la politique du ministère de la Santé et des Services sociaux adoptée officiellement en 1988 et intitulée : L'intégration des personnes présentant une déficience intellectuelle : un impératif humain et social.Vingt ans plus tard, les centres de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) ont développé une offre de services spécialisés un peu partout sur le territoire québécois.Des services se partageant en trois grands programmes, à savoir : l'adaptation, la réadaptation et l'intégration sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle.Des services de support et d'accompagnement aux familles et à l'entourage de ces personnes sont aussi offerts par les CRDI.Qu'il s'agisse d'intervention précoce réalisée auprès de jeunes enfants, d'intégration scolaire, d'accompagnement socioprofessionnel ou de maintien dans la communauté, la connaissance spécifique des besoins de la personne ayant une déficience intellectuelle détenue par les CRDI leur permet d'offrir un soutien adapté à la personne tout au long de sa vie.Au moyen d'un plan d'intervention ou d'un plan de services individualisé, les personnes présentant une déficience intellectuelle sont donc soutenues dans toutes les sphères de leur vie de concert avec divers intervenants.Depuis peu, les centres de réadaptation en déficience intellectuelle offrent aussi des services aux personnes autistes et à celles présentant des troubles envahissants du développement.SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Héritiers des transformations connues par le réseau de la santé et des services sociaux au cours des dernières années, les centres de réadaptation en déficience intellectuelle partagent par ailleurs, aujourd'hui plus que jamais, la responsabilité de l'intégration sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle avec un nombre grandissant de partenaires.Dans une perspective d'intégration, le partenariat s'étend en fait à tous les milieux, des centres de la petite enfance, aux lieux de travail, en passant par les écoles, les organismes communautaires où évoluent les personnes comme le Mouvement Personne d'Abord et les CLSC.Conséquence de cette mise en commun des efforts, plusieurs acteurs de la société civile et publique se sont engagés pour que soient reconnus les droits des personnes présentant une déficience intellectuelle.Plus informées, mieux entourées, les personnes revendiquent elles-mêmes une implication plus active et la pleine reconnaissance de leur potentiel.Elles prennent aujourd'hui leur place dans des contextes où elles étaient autrefois bannies et elles sont les meilleurs porteétendards de l'évolution de leur statut social.Les pages qui suivent vous convient donc à les suivre dans leur vie de tous les jours, à la garderie, à l'école, au travail, dans leurs activités de loisirs.Un regard inédit sur l'univers de la déficience intellectuelle.VIVRE avec une déficience intellectuelle Le Québec compte environ 200 000 personnes présentant une déficience intellectuelle.De ce nombre,33000 sont desservies par les centres de réadaptation en déficience intelletuelle.Source : De l'intégration sociale à la participation sociale, Politique de soutien aux personnes présentant une déficience, à leurs familles et leurs proches, ministère de la Santé et des Services sociaux.Saviez-vous que ? CRDIP4 cahier special CRDIP4 ZALLCALL 67 17:32:27 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Un engagement renouvelé du réseau de la santé et des services sociaux La politique de soutien aux personnes présentant une déficience intellectuelle, à leurs familles et aux autres proches a été publiée en juin 2001, sous le titre De l'intégration sociale à la participation sociale.Elle s'inscrit dans la continuité des Orientations ministérielles de 1988, L'intégration des personnes présentant une déficience intellectuelle : un impératif humain et social.Le grand objectif de la nouvelle politique, c'est que les personnes présentant une déficience intellectuelle obtiennent facilement les services requis, sans devoir pour cela cogner à plusieurs portes.Cela suppose une excellente articulation des gestes posés par l'ensemble des professionnels et des établissements en cause, ainsi qu'une bonne concertation avec l'ensemble des ressources de la communauté.Cette orientation favorisera le développement optimal du potentiel des personnes présentant une déficience intellectuelle, de même que leur participation à la vie collective.Les familles et les proches ne sont pas oubliés, puisque la politique insiste beaucoup sur la nécessité de les soutenir adéquatement.À qui s'adresse la politique?Au Québec, on estime qu'au moins 33 000 personnes présentant une déficience intellectuelle ont besoin de services spécialisés ou d'un soutien particulier pouvant s'étendre sur toute leur vie.Environ 12 000 familles nécessitent en outre un certain soutien, dont l'intensité peut varier.En tout, au moins 60 000 personnes - jeunes et adultes vivant avec une déficience intellectuelle, parents, proches-sont directement touchées par cette politique.Naturellement, leurs besoins varient selon toute une série de facteurs comme l'âge, le sexe, le niveau d'autonomie, le milieu environnant, la présence possible d'autres troubles ou maladies, le soutien reçu ou les situations vécues dans le passé.Des principes fondamentaux Les notions d'intégration et de participation sociale constituent la toile de fond de la politique en déficience intellectuelle.Par intégration sociale, on entend que la personne présentant une déficience intellectuelle a, par exemple, des activités, des rôles, des possibilités, des milieux de vie semblables à ceux des personnes non handicapées.La participation sociale évoque quant à elle une relation de réciprocité entre la personne et la collectivité.Le bon fonctionnement de la personne dépendra d'une bonne interaction avec son environnement, ce qui signifie qu'une intervention réussie doit porter à la fois sur la personne et sur son environnement.La nouvelle politique reconnaît que la personne, sa famille et ses proches doivent être au centre de toutes les décisions qui les concernent.Le réseau de la santé et des services sociaux souscrit au respect des droits de la personne présentant une déficience intellectuelle et reconnaît ses compétences.Dans le cas d'un enfant, ses parents sont les premiers responsables de son développement, puisque ce sont eux qui le connaissent le mieux.Leur participation à son « De L'INTÉGRATION SOCIALE à la participation sociale» La politique de soutien aux personnes présentant une déficience intellectuelle, à leurs familles et aux autres proches CRDIP5 cahier special CRDIP5 ZALLCALL 67 17:34:11 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE développement pourra naturellement varier d'une famille à l'autre et évoluera à mesure que l'enfant vieillit.Les services La politique précise l'offre de services vers laquelle doit tendre le réseau de la santé et des services sociaux au cours de la prochaine décennie.Ces services doivent être accessibles et continus, dans un esprit de complémentarité entre les différents intervenants.Les services prévus couvrent : la prévention de la déficience intellectuelle ; l'accès des personnes vivant avec une déficience intellectuelle aux services de santé et aux services sociaux destinés à l'ensemble de la population ; le soutien aux familles et aux autres proches; les services spécialisés pour le développement des capacités des personnes, leur intégration et leur participation sociales.Une approche de services intégrés L'expression « services intégrés » signifie simplement que la personne vivant avec une déficience intellectuelle, ou encore un membre de sa famille ou de son entourage, puisse obtenir l'ensemble de l'information et des services requis en s'adressant à un seul endroit, où elle trouvera le soutien voulu pour l'ensemble de sa démarche.Ainsi, la demande de services n'est faite qu'une fois, et ce, même si plusieurs services doivent être rendus par différents établissements et organismes.Pour simplifier les choses aux gens, les régions doivent donc se doter d'un mécanisme souple d'accès aux services.Un partage clair des responsabilités doit se faire entre tous les dispensateurs de services, principalement les CLSC et les centres de réadaptation en déficience intellectuelle, dont la politique décrit les responsabilités propres.Une mise en commun des ressources des établissements et organismes de chaque territoire est prévue.En somme, peu importe que les services requis soient offerts localement ou régionalement, qu'ils aient un caractère de base ou spécialisé, ils doivent être bien coordonnés, de manière à évoluer au rythme des besoins, des aspirations et de la situation de chaque personne.Les services doivent être individualisés, planifiés et coordonnés en vertu d'un plan de services individualisé et intersectoriel.Cette approche permet aux personnes, à leurs familles et à leurs proches de se sentir respectés et considérés dans leur globalité.Une responsabilité partagée Vivre dans la société, y trouver sa place, participer activement à la réalisation d'activités de la vie courante : tous ces objectifs sont réalisables pour les personnes présentant une déficience intellectuelle, à condition qu'elles aient accès à diverses mesures pour compenser leurs limites fonctionnelles.Selon le projet de vie de chacune d'entre elles, ce sont tous les secteurs d'activités qui sont concernés.Le soutien offert doit s'adapter aux différents milieux fréquentés par une personne, ainsi qu'aux services qu'elle utilise dans sa communauté.Le réseau de la santé et des services sociaux doit donc collaborer avec les principaux partenaires d'une véritable participation sociale, comme les centres de la petite enfance, les écoles, les employeurs, les organismes de loisirs, les sociétés de transport ou les services juridiques et judiciaires.Tout cela suppose une véritable démarche de concertation entre tous ces partenaires, aussi bien à l'échelle nationale que sur une base régionale et locale.La défense, l'exercice des droits et la protection sociale Les personnes qui présentent une déficience intellectuelle peuvent vivre certaines situations problématiques préjudiciables à leurs droits et à leur intégrité physique et morale.Souvent, elles ne sont pas en mesure de s'exprimer sur ces problèmes ou n'ont pas la capacité de juger de leur gravité.Les mesures de soutien à l'exercice et à la défense des droits, ainsi que la protection sociale des personnes ne relèvent pas du réseau de la santé et des services sociaux.Par contre, celui-ci peut y contribuer par certaines actions, notamment en outillant les personnes en matière de reconnaissance et de défense de leurs droits.En conclusion Le ministère de la Santé et des Services sociaux et son réseau ont renouvelé leur engagement à l'égard des personnes présentant une déficience intellectuelle et leurs proches en publiant cette nouvelle politique.En assurant sa collaboration aux différents partenaires concernés par l'intégration et la participation sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle, le ministère entend faire de cet objectif une réussite.Par ailleurs, l'intégration et la participation sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle reposent également sur la volonté de chaque citoyen.Il est essentiel que chaque Québécois accepte d'accueillir ces personnes au sein de la vie collective et leur offre, au besoin, une aide ponctuelle pour faciliter leur intégration.Jocelyne Bélanger CRDIP6 cahier special CRDIP6 ZALLCALL 67 17:40:13 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE En 2002, trouver une place dans une garderie à 5$ pour son petit bout de chou, n'est pas toujours simple.Pour les parents d'enfants présentant une déficience intellectuelle, le défi peut sembler insurmontable.Avec le support du Centre de réadaptation Lisette-Dupras et des éducatrices du programme J'me fais une place en garderie, Gina Meneus et Jean-Nerva Thevenin ont réussi à trouver un centre de la petite enfance (CPE) pour accueillir leur fils Stéphane.Une histoire de succès qui étend maintenant ses ramifications jusqu'à l'école de leur quartier.À sept heures, tous les matins de la semaine, les parents de Stéphane accompagnent leur fils et sa petite soeur Brenda au CPE populaire St-Michel.Atteint d'une encéphalopathie (malformation du cerveau) et né prématurément, Stéphane présente des retards dans son développement moteur et intellectuel.«Quand il était petit, nous avions certaines craintes.C'est pourquoi il est allé plus tard à la garderie », relate sa mère, Gina Meneus.Stéphane était donc âgé de 4 ans, lorsqu'il est arrivé en septembre 1999 au CPE populaire St-Michel.Un ami pas comme les autres Une visite au CPE suffit cependant pour constater que, malgré son arrivée tardive et sa différence, Stéphane fait aujourd'hui partie intégrante du groupe.Deux heures après l'arrivée de tout le monde, tous les « beaux sourires » qui font partie du groupe de Sylvie et de Yasmina, se réunissent pour parler du déroulement de la journée.Aujourd'hui, c'est au tour de Stéphane de servir à tout le monde des ananas.Il s'exécute avec concentration et fait bien attention de ne pas oublier personne.« Stéphane, il ne faut pas prendre des pauses entre chaque service ! », lui lance à la blague l'éducatrice, Sylvie Noël.Éducatrice au CPE populaire St-Michel depuis une dizaine d'années, celle qui, depuis le début de sa carrière, a toujours travaillé auprès de personnes démontrant des besoins particuliers, a observé que les enfants exercent généralement un effet thérapeutique les uns sur les autres.«Au début, Stéphane avait du mal à s'asseoir seul lors des rassemblements en cercle.Mais à force d'observer les autres, il a réussi à faire comme le reste du groupe.» Elle ajoute par ailleurs que c'est par l'instauration du lien affectif entre l'éducatrice et l'enfant que la progression devient possible.« Si je fais un bricolage et que Stéphane veut dessiner, on commence par le laisser explorer ses intérêts.Ensuite, on va tenter de l'amener vers autre chose», explique-t-elle.Les éducatrices qui ont vécu l'intégration d'enfants handicapés ont souvent observé que toute la dynamique du groupe se trouvait modifiée par l'arrivée d'un enfant différent.La personne qui demande une attention particulière exerce en fait généralement un impact très positif sur les autres.«L'année passée, lorsqu'il est arrivé, les enfants prenaient soin de Stéphane et l'incluaient dans le jeu.Les enfants sont capables de comprendre pourquoi leur compagnon est différent, à condition bien sûr qu'on leur explique et que l'on réponde à leurs questions », observe Christine Duquette.Selon Sylvie Noël, la réticence des éducatrices est l'un des plus importants freins à l'intégration des enfants ayant une déficience intellectuelle.Elles ont parfois l'impression que le défi est trop grand pour leur capacité ou encore qu'elles n'ont pas les compétences suffisantes pour intervenir correctement.Pourtant, il suffit le plus souvent de quelques connaissances de base pour éviter l'isolement.Elle ajoute que son intervention auprès de Stéphane a été pratiquement la même qu'avec les autres enfants.«Il est important de sentir que toute l'équipe du CPE soit au courant de la réalité et qu'on sente le support», indique-t-elle.Un travail d'équipe Pour Christine Duquette, les progrès accomplis par Stéphane sont en effet grandement attribuables au climat de collaboration présent.« Dès le départ, nous nous sommes assis avec les parents de Stéphane, l'intervenante du centre de réadaptation et les intervenants du CLSC, pour évaluer la meilleure solution pour Stéphane.Nous avions tous le même objectif : accroître son autonomie.Il fallait donc trouver un endroit où il pourrait travailler en atelier et raffiner ses capacités.» Entre la classe préscolaire et la garderie, ils ont opté pour cette dernière option.La continuité des apprentissages entre le milieu de garde et la famille permet par ailleurs à l'enfant de mieux intégrer les notions De la GARDERIE à l'école\u2026 Une place pour Stéphane En 2001,1200 enfants handicapés ont été intégrés dans environ 77 garderies et 500 composantes de la province.D'ici 2004, on compte augmenter à environ 1500 le nombre de places dans les centres de la petite enfance.Source : Ministère de la Famille et de l'Enfance Saviez-vous que ? CRDIP7 cahier special CRDIP7 ZALLCALL 67 17:42:16 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE acquises.Ainsi, les parents de Stéphane acceptent la responsabilité de travailler à la maison les nouvelles habiletés acquises à la garderie.Pour ce faire, une communication efficace entre les parents et les intervenants fait toute la différence.« Madame Meneus et Monsieur Thevenin sont nos chefs ! », lance Christine Duquette.Prendre une année à la fois est aussi la devise de toute l'équipe qui évolue aux côtés de Stéphane.Lorsqu'il a eu cinq ans et qu'il était en âge de fréquenter l'école primaire, toutes les personnes concernées se sont questionnées à savoir s'il était prêt à franchir cette étape.«Nous avions convenu qu'il était préférable que Stéphane passe une année supplémentaire à la garderie afin de consolider ses acquis.Mais je croyais qu'une intégration à temps partiel à la maternelle pourrait être possible, parce que je soupçonnais que l'école St-Grégoire-Le Grand serait ouverte à cette idée.D'autre part, je pouvais compter sur les services d'une stagiaire capable de supporter l'intégration », raconte Maryse Bouthillier, éducatrice spécialisée à l'adaptation et au soutien à la personne, à la famille et à la communauté au Centre de réadaptation Lisette-Dupras.Demain l'école Le pressentiment de Maryse était exact.À ce jour, la direction et le personnel enseignant et pédagogique ont démontré leur volonté de collaborer au succès du passage au niveau scolaire de Stéphane.Depuis décembre 2001, il fréquente donc la maternelle de son quartier, à raison de deux avantmidi par semaine.Heureuse de constater sa progression, Maryse Bouthillier chapeaute la transition de Stéphane vers l'école de quartier.« Il fait maintenant des phrases complètes, discute avec nous et raconte des blagues.Ce qui aurait été impensable il y a trois ans.Il est beaucoup plus ouvert et réceptif à son environnement et s'intéresse davantage aux jeux.» L'intégration de Stéphane se fait aussi avec le support constant d'une éducatrice spécialisée.Mais l'objectif est d'arriver à ce qu'il fréquente le milieu scolaire à temps complet.«Stéphane est en train de nous prouver qu'il est heureux à l'école », souligne Christine Duquette, qui ajoute que la clé du succès réside dans une préparation structurée.Déjà, on prévoit une intégration complète en maternelle régulière pour l'année 2002-2003.Une autre manière de dire qu'avec une bonne dose de collaboration, d'ouverture et de soutien, l'intégration d'un enfant comme Stéphane est non seulement envisageable, mais aussi réaliste et souhaitable « Tant et aussi longtemps que les professeurs et la direction d'école seront réceptifs à recevoir Stéphane, son intégration ne sera que plus complète parce qu'il restera dans son quartier, avec ses amis », affirme la conseillère et adjointe à la direction du Centre Lisette-Dupras, Monique Nadeau.Sylvie St-Jacques CRDIP8 cahier special CRDIP8 ZALLCALL 67 17:43:05 02/28/02 B Le réseau public des centres de réad Des services au coeur de votre région ! SAGUENAY-LAC-ST-JEAN QUÉBEC MAURICIE CENTREDU- QUÉBEC OUTAOUAIS ABITIBI-TÉMISCAMINGUE ESTRIE LAURENTIDES CHAUDIÈ MONTÉRÉGIE BAIE-JAMES (NORD-DU-QUÉBEC) LANAUDIÈRE NUNAVIK BAIE-JAMES (CONSEIL CRI) Centre de réadaptation en déficience intellectuelle du Bas-Saint-Laurent 274, rue Potvin Rimouski (Québec) G5L 7P5 Téléphone : (418) 723-4425 Télécopieur : (418) 722-6113 Site Internet : www.crdibsl.qc.ca Territoire couvert : De La Pocatière à Matane et de Amqui à Cabano.Clientèle desservie : 965 personnes sur une population totale de 205 424 BAS-SAINT-LAURENT 01 Centre de services en déficience intellectuelle de la Mauricie et du Centre-du-Québec 3255, rue Foucher Trois-Rivières (Québec) G8Z 1M6 Téléphone : (819) 379-6868 Télécopieur : (819) 379-5155 Territoire couvert : De Victoriaville à Drummondville et de La Tuque à Trois-Rivières.Clientèle desservie : 1 842 personnes sur une population totale de 486 629 MAURICIE/CENTRE-DU-QUÉBEC 04 Centre de réadaptation en déficience intellectuelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean 835, rue Roland Roberval (Québec) G8H 3J5 Téléphone : (418) 275-1360 Télécopieur : (418) 275-6595 Territoire couvert : De Dolbeau-Mistassini à L'Anse-Saint-Jean.Clientèle desservie : 1 264 personnes sur une population totale de 282 800 SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN 02 Centre Miriam 8160, chemin Royden Ville Mont-Royal (Québec) H4P 2T2 Téléphone : (514) 345-0210 Télécopieur : (514) 345-8965 Site Internet : www.centremiriam.ca Territoire couvert : De Côte Saint-Luc à Outremont.Clientèle desservie : 400 personnes sur une population totale de 280 000 MONTRÉAL 06 Centre de réadaptation Gabrielle Major 6455, Jean-Talon Est, 6e étage Montréal (Québec) H1S 3E8 Téléphone : (514) 259-2245 Télécopieur : (514) 259-5906 Site Internet : www.crgm.qc.ca Territoire couvert : Est de Montréal Clientèle desservie : 1 171 personnes sur une population totale de 415 820 Centre de réadaptatio 8 000, rue Notre-Dame O Lachine (Québec) H8R 1H2 Téléphone : (514) 364-2282 Télécopieur : (514) 595-53 Territoire couvert : Sud-O Clientèle desservie : 1 352 population totale de 494 5 QUÉBEC 03 Regroupement CNDE/Dixville 155, rue Belvidère, C.P.150 Lennoxville (Québec) J1M 1Z4 Téléphone : (819) 821-2928 Télécopieur : (819) 821-2920 Territoire couvert : De Sherbrooke à Mégantic et de Asbestos à Coaticook.Clientèle desservie : 786 personnes sur une population totale de 278 160 ESTRIE 05 Centre de réadaptation de l'Ouest de Montréal 8 000, Notre-Dame Ouest Lachine (Québec) H8R 1H2 Téléphone : (514) 363-3025 Télécopieur : (514) 363-3905 Territoire couvert : Ouest de Montréal Clientèle desservie : 1 254 personnes sur une population totale de 470 083 CRDI de Québec 110, rue de Courcelette Québec (Québec) G1N 4T4 Téléphone : (418) 683-2511 Télécopieur : (418) 683-9735 Territoire couvert : Québec et Rive-Nord de Québec, de Portneuf à Sainte-Tite-des-Caps.Clientèle desservie : 1 843 personnes sur une population totale de 618 431 Centre hospitalier de Charlevoix 74, rue Ambroise-Fafard Baie-St-Paul (Québec) G3Z 2J6 Téléphone : (418) 435-5150 Télécopieur : (418)-435-3315 Territoire couvert : De Petite-Rivière-Saint-François à Baie-Sainte-Catherine.Clientèle desservie : 594 personnes sur une population totale de 29 105 Les régions 10, 17 et 18 sont desservies par le Centre régional de santé e CRDIP9 cahier special CRDIP9 ZALLCALL 67 17:46:10 02/28/02 B daptation en déficience intellectuelle LAVAL MONTRÉAL CÔTE-NORD BAS-SAINT-LAURENT GASPÉSIE/ÎLES-DE-LA-MADELEINE ÈRE-APPALACHES on Lisette-Dupras Ouest Ouest de Montréal 2 personnes sur une Services de réadaptation L'Intégrale 75, rue de Port-Royal Est, bureau 110 Montréal (Québec) H3L 3T1 Téléphone : (514) 387-1234 Télécopieur : (514) 387-5013 Site Internet : www.integrale.org Territoire couvert : Centre-Nord de Montréal Clientèle desservie : 840 personnes sur une population totale de 338 000 CRDI Normand-Laramée 308, boulevard Cartier Ouest Laval (Québec) H7N 2J2 Téléphone : (450) 972-2099 Télécopieur : (450) 972-2020 Territoire couvert : Ville de Laval Clientèle desservie : 990 personnes sur une population totale de 330 000 LAVAL 13 CRDI Chaudière-Appalaches 100, Mgr Bourget, bureau 200 Lévis (Québec) G6V 2Y9 Téléphone : (418) 833-3218 / 1 866 333 3218 Télécopieur : (418) 833-9849 Site internet : www.crdich-appalaches.org Territoire couvert : De Montmagny à Laurier- Station et de Lac-Etchemin à Thetford Mines.Clientèle desservie : 1 839 personnes sur une population totale de 391 087 CHAUDIÈRE-APPALACHES 12 Les Centres Butters-Savoy et Horizon 1255, rue Beauregard Longueuil (Québec) J4K 2M3 Téléphone : (450) 679-6511 Télécopieur : (450) 928-3315 Site internet : www.cbsh.qc.ca Territoire couvert : De Longueuil à Bromont et de Sorel à Sutton.Clientèle desservie : 2 500 personnes sur une population totale de 810 000 Centre de réadaptation de la Gaspésie 230, route du Parc Sainte-Anne-des-Monts (Québec) G4V 2C4 Téléphone : (418) 763-3325 Télécopieur : (418) 763-5631 Territoire couvert : De Sainte-Anne-des-Monts à Percé.Clientèle desservie : 433 personnes sur une population totale de 91 000 GASPÉSIE/ÎLES-DE-LA-MADELEINE 11 LAURENTIDES 15 Centre de protection et de réadaptation de la Côte-Nord 1250, rue Lestrat Baie-Comeau (Québec) G5C 1T8 Téléphone : (418) 589-2038 Télécopieur : (418) 589-6227 Territoire couvert : De Tadoussac à Blanc-Sablon, incluant les villes nordiques.Clientèle desservie : 318 personnes sur une population totale de 105 000 CÔTE-NORD 09 Centre de réadaptation La Myriade 339, Base-de-Roc Joliette (Québec) J6E 5P3 Téléphone : (450) 753-9600 1 866 252-9600 Télécopieur : (450) 753-1930 Site Internet : www.crlamyriade.qc.ca Territoire couvert : De Repentigny à la Réserve de La Manawan et de Berthierville à Saint-Donat.Clientèle desservie : 1 304 personnes sur une population totale de 397 001 LANAUDIÈRE 14 Clair Foyer 841, 3e Rue Ouest Amos (Québec) J9T 2T4 Téléphone : (819) 732-6511 Télécopieur : (819) 732-0922 Territoire couvert : De La Sarre à Ville-Marie et de Rouyn-Noranda à Val-D'Or.Clientèle desservie : 568 personnes sur une population totale de 152 500 ABITIBI-TÉMISCAMINGUE 08 Pavillon du Parc 768, boulevard St-Joseph Hull (Québec) J8Y 4B8 Téléphone : (819) 770-1022 Télécopieur : (819) 770-1023 Site Internet : www.rsdi.qc.ca Territoire couvert : De Maniwaki à Hull et de Rapides-des-Joachims à Papineauville.Clientèle desservie : 1 070 personnes sur une population totale de 319 879 OUTAOUAIS 07 Services de Réadaptation du Sud-Ouest et du Renfort 315, rue Mac Donald, bureau 105 Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) J3B 8J3 Téléphone : (450) 348-6121 Télécopieur : (450) 348-8440 Territoire couvert : De Saint-Jean-sur-Richelieu à Châteauguay et de Salaberry-de-Valleyfield à Vaudreuil.Clientèle desservie : 1 704 personnes sur une population totale de 542 348 MONTÉRÉGIE 16 Centre du Florès 185, rue Durand Saint-Jérôme (Québec) J7Z 2V4 Téléphone : (450) 569-2970 1 877 569-2970 Télécopieur : (450) 569-2961 Territoire couvert : De Rosemère à Sainte-Adèle et de Saint-Jérôme à Lachute.Clientèle desservie : 868 personnes sur une population totale de 400 200 Réseau de services en déficience intellectuelle Pavillon du Parc CH-CR Antoine Labelle 1525, rue Princpale Nord L'Annonciation (Québec) J0T 1T0 Téléphone : (819) 275-2118 poste 3300 Télécopieur : (819) 275-5464 Site Internet : www.chcr-al.qc.ca Territoire couvert : De L'Annonciation à Mont-Laurier et de Saint-Anne-des-Lacs à Notre-Dame-du-Laus.Clientèle desservie : 409 personnes sur une population totale de 99 758 Centre hospitalier de l'Archipel et CLSC des Îles 420, chemin Principal, C.P.670 Cap-aux-Meules (Québec) G0B 1B0 Téléphone : (418) 986-2572 Télécopieur : (418) 986-4911 Territoire couvert : Îles-de-la-Madeleine Clientèle desservie : 70 personnes sur une population totale de 14 232 CHCR Antoine-Labelle SRSOR Les Services de Réadaptation du Sud-Ouest et du Renfort t de services sociaux de la Baie-James.Population : 30000 CRDIP10 cahier special CRDIP10 ZALLCALL 67 17:47:11 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE À16 ans, Sorrel a affirmé à ses parents qu'il était temps qu'elle se trouve un boulot et gagne sa vie.Lisa et Michæl Merovitz, qui ont toujours valorisé l'intuition de leurs quatre enfants, ne pouvaient qu'encourager une telle initiative manifestée par leur fille qui souffre du syndrome de Down (Trisomie 21).La suite de l'histoire parle d'elle-même.Une histoire d'intégration plus que réussie.«Avec Sorrel, on a dressé une liste des endroits où elle pourrait travailler.Elle avait aussi préparé un petit texte qui expliquait qu'elle avait 15 ans, qu'elle travaillait fort et parlait anglais et français.Je l'ai ensuite accompagnée en voiture pour faire la tournée des employeurs, mais elle devait rencontrer toute seule les patrons », raconte Lisa Merovitz.Tous ses efforts ont porté fruit : elle a été embauchée par le Supermarché IGA, pour trier les bouteilles vides et arranger la présentation des produits sur les tablettes.Des tâches certes répétitives et lassantes pour la plupart des jeunes employés, mais qui ont permis à Sorrel de se sentir autonome et utile.Depuis 10 ans, elle a roulé sa bosse dans quelques commerces de Knowlton et a développé un sens rare du travail bien fait et de la précision.« Les employeurs l'apprécient parce qu'elle ne rouspète pas et qu'elle est toujours de bonne humeur », affirme Lisa Merovitz.Aujourd'hui âgée de 26 ans, Sorrel partage, avec une colocataire et son chat Scooter, un coquet appartement de Knowlton.De 7 heures du matin à 3 heures de l'après-midi, elle assemble des boîtiers de fil de soie dentaire chez Queden, une entreprise locale où elle a été embauchée en juillet 2001.Malgré ce nouvel horaire de travail chargé, elle a gardé son quart du mercredi soir chez IGA.« Lorsqu'elle a commencé à temps plein chez Queden, nous l'avons encouragée à laisser tomber son emploi chez IGA.Mais elle insiste pour le conserver, parce qu'elle connaît bien les gens et elle aime l'atmosphère », raconte sa mère.Pour qu'intégrer soit avantageux Depuis son arrivée sur le marché du travail, Sorrel a bénéficié du soutien offert par Les Centres Butters-Savoy et Horizon grâce aux programmes de Service externe de la main-d'oeuvre (SEMO).Ces programmes sont conçus dans une perspective d'insertion socioprofessionnelle de la personne présentant une déficience intellectuelle.«Pour les personnes bénéficiaires du SEMO qui occupent un emploi \u201c régulier \u201d, le programme paie une partie de la rémunération.Par exemple, 60% du salaire d'une personne qui ne réussirait à atteindre que 40 % du rendement généralement demandé serait financé par le SEMO», explique France Bérard, chef de services socioprofessionnels au Centre.Les exigences de l'employeur sont évaluées avant d'enclencher une démarche de parrainage, pour s'assurer qu'il s'agisse d'un bon choix.Lors de l'application de ces programmes, les CRDI se chargent aussi du suivi auprès de la personne intégrée.«On offre la formation quant à l'apprentissage de la tâche et par la suite, on réalise des rencontres régulières selon les besoins des personnes », résume France Bérard.D'autre part, des agents d'intégration se chargent de la prospection et de la recherche d'emploi, en fonction des besoins, aptitudes et intérêts des personnes.Puisque le cheminement de Sorrel s'est toujours déroulé de façon assez autonome, les rencontres avec son agent d'intégration sont cependant assez sporadiques.Si l'expérience de Sorrel est positive, la question de l'intégration des personnes présentant une déficience intellectuelle soulève invariablement des questions d'ordre éthique et moral.On craint spontanément l'abus et l'exploitation.Par ailleurs, les employeurs sont souvent récalcitrants à retenir les services de ces personnes qui ne réussissent pas à atteindre les critères de productivité.À l'image d'autres emplois du secteur manufacturier, les employés de chez Queden doivent rencontrer des quotas et atteindre des objectifs hebdomadaires.À l'heure actuelle, le cheminement de Sorrel vers l'atteinte de ces critères s'effectue de façon progressive.Gérante d'usine chez Queden, Shirley Hadlock, se dit pour sa part satisfaite du rendement de son employée un peu particulière qui s'intègre bien dans son équipe de travail.Bien entendu, son intégration dans un cadre de travail, où rigueur et rapidité sont de mise, ne s'est pas réalisée sans quelques ajustements.« Sorrel aime bien chanter en même temps que la radio et ça nuit parfois à sa concentration dans le travail », relate la gérante.Puisque depuis son entrée sur le marché du travail, Sorrel a occupé plusieurs postes où elle était amenée à rencontrer le public, elle a su rapidement s'adapter.La confiance qui donne des ailes Il faut dire que l'intégration est loin d'être une chose nouvelle pour Sorrel.Dès son entrée en maternelle, elle a fréquenté les classes scolaires régulières et cheminé dans le même contexte social que ses frères et soeurs.Selon sa mère, « c'est au primaire qu'elle a appris à développer sa concentration ».Sa ponctualité et sa pensée structurée sont aussi des héritages de son passage à l'école.Au secondaire, elle faisait partie d'une classe à cheminement particulier qui comportait plusieurs stages en entreprises.C'est à ce moment que son intégration sur le marché du travail a réellement pris racine.Maintenant, rien ne peut l'arrêter.Le soir, après le travail, il lui arrive d'aller faire un tour au pub du village pour jouer une partie de billards et prendre un chocolat chaud.Ses nombreux albums de photos illustrent toutes les étapes de sa vie et témoignent d'une existence où l'amour familial et l'amitié ont toujours été de la partie.Calme et souriante, Lisa Merovitz est optimiste quant à l'avenir de sa fille.« Je n'ai pas peur pour son avenir, elle a toujours eu le don de s'entourer de personnes bien intentionnées.» Le TRAVAIL, c'est la santé ! En 1998-99, 14294 personnes participaient aux programmes socioprofessionnels des centres de réadaptation en déficience intellectuelle du Québec.Les programmes incluent notamment des ateliers de travail, un soutien aux stages en milieu de travail et l'intégration à l'emploi.Source : De l'intégration sociale à la participation sociale, Politique de soutien aux personnes présentant une déficience, à leurs familles et leurs proches, ministère de la Santé et des Services sociaux.Saviez-vous que ?Sylvie St-Jacques CRDIP11 cahier special CRDIP11 ZALLCALL 67 17:51:14 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Source : Les Jeux Olympiques spéciaux du Québec Agacée de se perdre dans les circuits d'autobus et de se rendre à St-Charles- Boromée plutôt qu'au centre-ville de Joliette, Micheline Léveillé a décidé de prendre le taureau par les cornes et de trouver une solution à son problème\u2026 Dans son cas, l'expression «Avancez en arrière !» ne s'appliquait pas, puisqu'elle avait de la difficulté à reconnaître le nom des circuits au devant de l'autobus et du même coup leur destination.C'est en partageant ses mauvaises expériences, lors d'une rencontre « Partage du vécu» du Mouvement des Personnes d'Abord, un organisme de défense des droits des personnes présentant une déficience intellectuelle, qu'elle s'est aperçue qu'elle n'était pas la seule à vivre cette frustration.Que faire au-delà des mots?L'expertise de l'agent d'intégration, Yves Bourgeault, du Centre de réadaptation La Myriade a alors été un support important pour elle et les autres membres du Mouvement.Alors personne-ressource pour les aider à fonder un groupe du Mouvement dans la région de Lanaudière, il les a aidés à transformer ce problème en un projet.Micheline s'est donc retrouvée à la tête du dossier «Adaptation pour autobus ».L'idée de base était d'améliorer la signalisation par une meilleure identification des autobus et des circuits.Le plaisir d'apprendre et ses retombées Tantôt convaincue de la nécessité de corriger la situation, tantôt découragée devant les nombreuses démarches à faire, Micheline a su, avec le support de l'éducateur spécialisé et celui des autres membres du Mouvement, aller de l'avant.Elle a beaucoup appris, que ce soit en définissant les étapes d'un projet, en l'écrivant ou encore en le présentant au responsable du Conseil intermunicipal de transport Joliette-Métropolitain (CITJM), Carol Henri et au représentant de la compagnie de transport Gaudreault.Par la suite, elle a dû obtenir des soumissions pour démontrer le faible impact budgétaire que cela représentait et consulter les autres organismes de personnes handicapées de la MRC de Joliette.Ses efforts ont porté fruits, puisque chaque autobus est maintenant pourvu d'un logo de couleur qui représente une des municipalités desservies : Joliette, Notre-Dame-des- Prairies et Saint-Charles-Boromée.Un deuxième logo en trois dimensions est placé sur le côté près de la porte d'entrée afin que les personnes non voyantes puissent, elles aussi, identifier l'autobus.Ces logos se retrouvent aussi sur chacune des affiches des débarcadères et indiquent ainsi le circuit possible.Le CITJM a également produit une carte présentant les différents trajets aux couleurs des logos des municipalités.Les personnes peuvent en obtenir une copie gratuitement ou la consulter dans les abribus.Rien de tout cela n'aurait été possible sans une bonne dose d'énergie et de détermination.Grâce à ces qualités, Micheline a su transformer une embûche en retombées positives pour l'ensemble des utilisateurs du transport en commun du Grand Joliette, tant les personnes âgées que les analphabètes ou encore les personnes handicapées physiques.Ce qui a valu, entre autres, au Mouvement des Personnes d'Abord de Joliette, le Prix Droits et Libertés de 1998 de la région de Lanaudière attribué par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.Allant au-delà des objectifs du Mouvement qui sont de promouvoir l'égalité, de défendre les droits de toutes les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou étiquetées comme telles et de faire en sorte qu'elles puissent parler en leur nom et prendre leurs décisions, Micheline est une membre active au sein de sa communauté ! «AVANCEZ en arrière !» De plus en plus de sociétés publiques de transport offrent des formations à leurs employés afin qu'ils soient en mesure d'intervenir auprès des personnes présentant une déficience intellectuelle.Saviez-vous que Brigitte Bédard Pour des services de meilleure qualité Conscient du rôle que joue le transport au regard de l'intégration des personnes handicapées à la société, le ministère des Transports du Québec a entrepris une révision en profondeur du cours de formation relatif au transport des personnes handicapées destiné aux chauffeurs de taxi.Ces derniers devront tous suivre ce cours révisé, conçu selon une approche de sensibilisation aux besoins des personnes handicapées.Ils seront ainsi en mesure de proposer les services les mieux adaptés aux caractéristiques de leurs clients. CRDIP12 cahier special CRDIP12 ZALLCALL 67 17:52:16 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Rémi Rousseau a toujours aimé faire rire son entourage.Extraverti, cabotin, c'est dans un costume de clown ou derrière une batterie qu'il se sent vraiment dans son élément.Aujourd'hui âgé de 24 ans, il connaît aussi bien l'univers du théâtre que celui de la danse, la musique, l'improvisation ou la création cinématographique.Par-delà le fait qu'il soit trisomique, les Ateliers Entr'Actes, à Québec, ont confirmé ce que ses proches savaient déjà depuis longtemps : il est fait pour la scène.«Il a toujours été pleinement intégré.Sa participation aux Ateliers Entr'Actes lui a permis d'augmenter sa confiance en lui et lui a ouvert des univers qu'il ne connaissait pas tout en lui faisant découvrir de multiples talents.Aujourd'hui, les idées ne lui manquent pas : il voudrait écrire une pièce pour Entr'Actes.Rémi a toujours été comme ça.Vous lui mettez un costume sur le dos et il entre dans la peau de son personnage», observe Monique Robitaille, mère de Rémi Rousseau et présidente des Ateliers Entr'Actes.Lors du passage de Rémi au secondaire, Monique Robitaille s'était fermement opposée à ce que son fils poursuive ses études en institution spécialisée.« Quand il était petit, je me suis rendue jusqu'en cour supérieure pour que Rémi puisse être intégré en classe régulière au primaire.Pour lui, le milieu spécialisé aurait signifié une régression », considère-t-elle.Fervente militante pour l'intégration des personnes ayant une déficience intellectuelle, c'est lorsque son fils a joint Entr'Actes, en 1995, que Monique Robitaille a entrepris son implication dans l'organisme.« Les arts ne sont pas quelque chose de menaçant et tout le monde y trouve du plaisir », explique-t-elle.Les Ateliers Entr'Actes, fondés en 1994, offrent des ateliers de danse, de théâtre, de cinéma, de vitrail et de sculpture sur bardeaux de cèdre.Plus de 200 personnes s'y inscrivent annuellement.Rémi y côtoie des gens dits «normaux» et des personnes qui, comme lui, ont des limitations.Mais à Entr'Actes, le terme « limitation » doit être interprété au sens large.Il peut s'agir, bien entendu, de personnes handicapées ou ayant une déficience intellectuelle, mais également de jeunes de la rue, sans emploi ou encore de personnes qui, pour une raison ou une autre, éprouvent des difficultés à être acceptées socialement.Les ateliers sont dispensés par des professionnels du milieu artistique et ouverts à tous.Surtout, l'organisme ne souhaite pas être identifié comme un organisme de loisirs pour personnes handicapées.À bas les étiquettes « Je pense que les arts sont une forme d'intégration privilégiée, où l'on se reconnaît et s'apprivoise à partir de nos richesses et talents respectifs, plutôt que de se regarder à partir d'une étiquette », poursuit Monique Robitaille.Rémi Rousseau est aujourd'hui stagiaire à l'Union des Artistes.En mai prochain, il participera avec ses amis Yann Paquet, Sophie Demers, Olivier De Ladurantaye, Yannik Laroche et Julie Longval, au spectacle de fin d'année des Ateliers Entr'Actes.D'ici quelques années, il compte avoir son propre appartement et voler de ses propres ailes.Pour ce jeune homme qui a horreur d'être marginalisé, il n'y a pas de raison pour que sa vie soit vécue différemment des autres.Stagiaire dans un magasin de commerce de détail, Rémi prend le transport en commun « régulier » pour se rendre au boulot.«Pour lui, c'est une punition de prendre le transport adapté », observe Monique Robitaille.Selon elle, la participation de Rémi aux ateliers de création artistique lui a permis d'acquérir l'assurance dont il avait besoin pour trouver une place sur le marché du travail.« Son sens de l'humour a vraiment pris forme par sa participation aux Ateliers Entr'Actes.Ses collègues de travail disent qu'il est un boute-en-train.» Au cours des dernières années, Rémi Rousseau et ses amis ont côtoyé des comédiens qui se produisent au Trident, à La Bordée ou encore dans la Ligue d'improvisation de l'Université Laval.« On a un pied dans le milieu artistique de Québec », précise Monique Robitaille.La visibilité que leur a conféré ce statut a, selon elle, contribué à réduire la stigmatisation sociale des personnes présentant des limitations.« Ils ne sont plus un objet non identifié ou un peu bizarre dans la société.Ils sont des personnes qui ont un statut, qui connaissent et côtoient de plus en plus de gens.» Plus que simple hobby, ces activités leur donnent une autonomie, une fierté, une identité, met en scène leur intégration.L'INTÉGRATION mise en scène De nombreuses personnes présentant une déficience intellectuelle font du sport de compétition.À l'été 2001, pour la première fois dans toute l'histoire des Jeux du Canada, quatre athlètes présentant une déficience intellectuelle ont pris part aux compétitions régulières qui avaient lieu à London, en Ontario.Saviez-vous que ?Sylvie St-Jacques Source : Les Jeux Olympiques spéciaux du Québec CRDIP13 cahier special CRDIP13 ZALLCALL 67 17:54:08 02/28/02 B SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE À22 ans, André (nom fictif) souhaitait de tout coeur se marier avec son amoureuse.Jusque-là rien de bien étonnant.Leur projet s'est pourtant buté à de nombreuses réticences de la part de leur entourage en raison de leur déficience intellectuelle.Aujourd'hui, marié envers et contre tous, André affirme pourtant à qui veut bien l'entendre qu'il est très heureux avec celle qui est devenue sa femme.Heureux aussi d'avoir pu être considéré au même titre que n'importe quel citoyen.Le cas d'André n'est pas unique en son genre.Beaucoup de parents, qui ont un garçon ou une fille ayant une déficience intellectuelle, affichent une grande inquiétude en voyant leur enfant devenu adulte éprouver une attirance à l'égard d'une personne de l'autre sexe.Toutes sortes de peurs s'installent : grossesse, incapacité à gérer les sentiments, irresponsabilité face à l'avenir, immaturité, etc.Dans les années 60 et 70, un très grand nombre de jeunes filles ayant une déficience intellectuelle subissaient systématiquement, avant l'âge de 18 ans, une hystérectomie en raison de la crainte des parents de voir leur fille devenir enceinte.Toutes formes de relations sexuelles étaient interdites et souvent considérées comme un abus ou une agression.On niait également que ces personnes puissent avoir des sentiments et des désirs à l'égard d'une autre personne, déficiente ou pas.Cette situation était liée en grande partie à la vulnérabilité de la personne ayant une déficience intellectuelle.Cette attitude à leur égard avait pour conséquence de nier toute leur vie affective et sentimentale.Depuis un certain nombre d'années, des changements importants en regard des droits et des pratiques sont survenus, mais n'ont pas pour autant libéré les familles de leurs inquiétudes face à la sexualité de leurs enfants.Comment aborder cette question sans pour autant brimer les droits et les sentiments de ces personnes qui veulent vivre une relation ?Il importe de savoir que les personnes présentant une déficience intellectuelle ont une vie affective intense et des sentiments à l'égard d'autres personnes comme n'importe quel individu.Le droit à une vie affective et sexuelle, même si elle présente à première vue des risques potentiels pour la personne ou son conjoint, doit être respecté en tenant compte de ses limites.Plusieurs s'interrogent sur le jugement et la capacité d'une personne déficiente à conduire sa vie et à choisir son partenaire, son ami et même son conjoint.Il est certain que le degré du handicap vient influencer directement le niveau de support requis pour permettre à la personne et son partenaire de vivre une relation satisfaisante.Aussi est-il important que l'entourage de ces personnes leur assure une éducation et une protection adaptées ainsi qu'un support moral dans leur quête de bonheur.Le travail des éducateurs et des spécialistes qui interviennent auprès des personnes déficientes s'avère en ce sens très important afin de les guider judicieusement dans la façon de faire leurs choix.Le personnel spécialisé des centres de réadaptation qui accompagne ces personnes peut aujourd'hui soutenir toutes celles qui s'engagent dans une relation.Par ailleurs, bien que plusieurs personnes considèrent les personnes ayant une déficience intellectuelle étant incapables de contrôler leurs émotions - préjugé encore trop répandu - il ne faut pas s'y méprendre, ces dernières peuvent faire des choix et se comporter de manière prudente lorsqu'on prend le temps de les renseigner sur les comportements appropriés.Plusieurs couples de personnes ayant une déficience intellectuelle s'accommodent très bien des contraintes et des règles sociales entourant une saine conduite tant affective que sexuelle.Lorsque l'on compare les comportements affectifs et sexuels de gens dit « normaux » à ceux des personnes présentant une déficience intellectuelle, on se rend bien compte qu'il y a peu de différences.Reconnaître à une personne ayant une déficience intellectuelle son droit d'être une personne à part entière et de vivre une relation avec une autre personne apparaît, en début du troisième millénaire, un fait incontournable.Dans les faits, il y a peu de couples qui se forment et encore moins de mariage ou d'unions de fait qui s'actualisent.Deux personnes qui ont une déficience peuvent à l'occasion souhaiter avoir une relation sexuelle et la vivent effectivement sans la permission de personne.Il est important que les familles et les milieux spécialisés acceptent que celles-ci puissent vivre leurs relations affectives de façon satisfaisante sans qu'aucun ne subisse de préjudice.Au delà de la question de droit, c'est une question de dignité, d'équilibre, de respect et de bonheur.LA VIE de couple\u2026 oui, je le veux ?Jean-Pierre Aumont Depuis près de 15 ans, la FQDI amasse des fonds pour venir en aide aux organismes oeuvrant à l'amélioration de la qualité de vie des personnes ayant une déficience intellectuelle en agissant à titre de fournisseur de biens recyclés.Vos dons d'articles usagés ont permis : l'accès à des camps de jour ou des camps familiaux l'aménagement physique de maisons de répit-dépannage l'acquisition d'équipements spécialisés le soutien des associations de services aux personnes ayant une déficience intellectuelle et à leur famille la création d'outils de sensibilisation et d'intégration Ce que l'on récolte aujourd'hui\u2026 sème du bonheur dans leur vie.Pour information : 514.725.9797 Plus de 4,2 millions de dollars amassés CRDIP14 cahier special CRDIP14 ZALLCALL 67 18:14:09 02/28/02 B SEMAINE QUEBECOISE DE LA DEFICIENCE INTELLECTUELLE L'Association du Quebec pour l'integration sociale est un organisme provincial voue a la promotion des interets et a la defense des droits des personnes ayant une deficience intellectuelle et de leurs familles.Elle regroupe 74 organisations en provenance de toutes les regions du Quebec, dont la majorite sont des associations de parents.Derriere ce mouvement en marche depuis 50 ans se trouve une force.Cette force tient principalement a ses membres : les parents.Ces parents qui, a la suite de la naissance de leur enfant, se sont rapidement pris en main et n'ont pas attendu pour agir et pour mettre en place des services permettant a leur fille ou a leur fils de demeurer dans leur famille naturelle tout en developpant leur autonomie.En effet, pour proteger et defendre le droit d'acces de leurs enfants aux services de garde, a l'ecole de leur quartier, aux activites de leur communaute et plus tard a un emploi remunere et a une vie dite normale, ces parents ont du revendiquer des mesures et des services visant a favoriser l'integration pleine et entiere des leurs dans leur communaute respective.Actuellement, nous estimons que le mouvement d'integration sociale a atteint une bonne part de ses objectifs.Toutefois, nous savons tous que l'exercice d'une citoyennete pleine et entiere passe necessairement par la participation sociale des citoyens dans toutes les spheres d'activites de la societe.Elle est garante d'un developpement equitable et harmonieux d'une communaute.Plusieurs l'ont compris et en appliquent deja les preceptes dans leurs demarches, leurs decisions, leurs projets ou leurs approches.Grandir ensemble Pour soutenir et encourager ces objectifs et ces actions, l'AQIS, de concert avec l'Institut quebecois de la deficience intellectuelle, offre chaque annee l'occasion, a tous les acteurs du milieu, d'echanger et de mettre en commun les savoirs et les strategies d'intervention en developpement de chacun, en organisant differents colloques, f orums et congres autour de thematiques rejoignant les preoccupations tant des personnes ellesmemes et de leurs familles que des chercheurs, des professionnels et des intervenants des reseaux de la sante, des services sociaux, de l'education, de l'emploi et, depuis peu, des milieux juridiques.En novembre dernier, un premier colloque portant sur les mesures d'accueil et de traitement des personnes ayant une deficience intellectuelle au sein du systeme judiciaire fut l'occasion de rassembler les principaux representants des milieux juridique, car ceral, associatif, de la securite publique, de la sante et des services sociaux autour de ce theme.Car vivre dans la communaute, que l'on ait une deficience intellectuelle ou non, v eut aussi dire que l'on soit susceptible de faire face, un jour ou l'autre, au systeme judiciaire, en tant que victime, temoin ou contrevenant.Dans ce contexte, l'ar rimage des pratiques respectives de ceux qui sont impliques aux differentes etapes du processus judiciaire devient essentiel.Force est de constater que depuis trois ans, l'idee a gagne du terrain.Des formations aupres des magistrats, comme la mise en place de reseaux d'echanges, dont cinq tables de concertation regionales (Monteregie, Hull, Quebec, Montreal et Rimouski), ont permis de mieux outiller les intervenants des divers services appeles a repondre avec efficience aux situations impliquant une personne presentant une deficience intellectuelle, qu'elle soit contrevenante ou victime.L'AQIS estime que ce type de projet contribue a renforcer l'harmonisation des services et le soutien aux familles.Car tous ces partenaires representent les forces vives des reseaux appeles a intervenir a une etape ou l'autre de la vie d'une personne.C'est donc dire l'importance d'obtenir la collaboration active de tous les partenaires selon leurs responsabilites propres, puisqu'il faut assurer une continuite au niveau du soutien a la famille, car en soutenant les par ents et en les accompagnant, nous assurerons, par ricochet, le soutien a la personne.L'AQIS a a son actif de nombreuses realisations de ce genre et compte poursuivre son projet d'integration sociale tant et aussi longtemps qu'il sera necessaire pour assurer une meilleure qualite de vie aux personnes et aux familles, et pour faciliter l'acces aux services qu'elles requierent et auxquels elles ont droit.L'AQIS :Une force agissante collectivement et dans l'interet de tous.L'AQIS ! 50 ans d'engagement dans votre vie ! Des annees d'envol, des annees de rapprochements, des defis a relever Par ce theme, nous avons voulu mettre l'accent, sur la conviction qui, a la base de tout mouvement, est garante d'une croissance collective.En effet, il su.t parfois seulement d'y croire pour voir ses ambitions se realiser, se concretiser individuellement et collectivement.La conviction est aussi le moteur des actions et des revendications que menent les personnes, les familles, les gens du reseau, les benevoles, les chercheurs, les enseignants et tous les autres citoyens qui font de l'integration une realite quotidienne.Ces personnes grandissent soutenues par des educateurs, des intervenants, des professionnels, des chercheurs et des parents qui, en toute humanite et generosite, ont choisi de partager leur expertise et leurs experiences, permettant ainsi a plusieurs de mieux composer avec les contraintes et les determinants a l'integration sociale.Ce theme suggere egalement qu'il a fallu enormement de perseverance et de conviction pour que les personnes presentant une deficience intellectuelle puissent passer de l'ombre a la lumiere, de la passivite a l'action, de la reclusion a l'inclusion ou de la segregation a l'integration dans la communaute et finalement, a une participation sociale comme citoyen a part entiere.Sylvie Carle Y crroiirre ett grrandiirr enssemblle!! CRDIP15 cahier special CRDIP15 ZALLCALL 67 18:15:07 02/28/02 B Cet encart est publié par la Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle.Rédactrice en chef France Pomerleau Comité de rédaction Brigitte Bédard Guylaine Boucher Hélène Carrière Denis Foucault Collaborateurs Jean-Pierre Aumont Jocelyne Bélanger Sylvie Carle Germain Couture Sylvie St-Jacques Recherche et conception graphique Agence Médiapresse inc.Tél.: (514) 223-0440 Photographies Centre de réadaptation La Myriade Centres Butters-Savoy et Horizon Réjean Meloche, Photographe Monique Robitaille Fédération québécoise des CRDI 601, rue Adoncour, bureau.202 Longueuil (Québec) J4G 2M6 Tél.: (450) 646-7540 Téléc.(450) 646-7072 Site Internet :www.fqcrdi.qc.ca SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE Accompagner une personne présentant une déficience intellectuelle dans sa démarche d'intégration et de participation sociale suppose de pouvoir compter sur des outils adaptés aux besoins de cette clientèle.Rien de mieux pour y arriver que de pouvoir compter sur des chercheurs avides de faire avancer les choses.D'abord initiée par des chercheurs universitaires, la recherche effectuée dans les centres de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) concernait surtout les impacts de la désinstitutionnalisation.Puis, avec l'évolution de l'intégration de ces personnes à la communauté, elle s'est par la suite ouverte sur d'autres horizons.Favoriser l'autonomie de la personne dans ses activités quotidiennes ; faciliter son intégration dans un milieu de garde, un milieu scolaire ou un milieu de travail adapté ; diminuer l'incidence des problèmes de comportement ; favoriser ou stimuler les apprentissages et soutenir la famille et les proches par des pratiques d'intervention appropriées, voilà autant de sujets qui ont depuis fait l'objet de recherche.Les associations entre milieux universitaires et milieux d'intervention sont donc devenues plus nombreuses et ont permis l'évolution rapide de la recherche.Au total, 24 chercheurs universitaires, provenant de 8 universités différentes, sont impliqués avec un CRDI sans compter les étudiants de deuxième et troisième cycle qui participent à ces travaux.Les thèmes abordés ont, à ce jour, permis le développement d'outils d'évaluation, de pratiques d'intervention et de programmes spécifiques.Les recherches ont aussi rendu possible l'étude de problématiques particulières, dont, à titre d'exemple, la réalité vécue par les personnes polyhandicapées.Investir dans la recherche La volonté d'atteindre et de maintenir de hauts standards de qualité de services, de même que la nécessité d'innover pour mieux répondre aux besoins des usagers et des intervenants ont également incité les centres à mettre sur pied des services ou des directions de recherche.Aussi, à la suite de l'adoption de la loi permettant la création d'instituts universitaires du domaine social, la Fédération québécoise des CRDI s'impliquait déjà dans une demande pour la mise en place d'un institut spécifique à la déficience intellectuelle.La présence d'une chercheure-boursière, subventionnée par le Fonds québécois de recherche sur la culture et la société, qui contribue depuis 6 ans aux travaux de l'équipe de la direction de la recherche et du développement du Centre de services en déficience intellectuelle de la Mauricie et du Centre-du- Québec est un autre exemple du dynamisme du réseau dans ce domaine.Et ce n'est pas terminé.Le ministère de la Santé et des Services sociaux, au moyen de sa nouvelle politique en déficience intellectuelle, confirmait récemment la nécessité pour les centres de réadaptation d'investir dans les activités de recherche et de formation afin d'améliorer la qualité de leurs services.Déjà, les facteurs influençant le processus d'intégration et de participation sociales des personnes présentant une déficience intellectuelle, les indicateurs permettant de mesurer leur qualité de vie et celles de leurs proches et la qualité des services sont pressentis pour être sous la loupe des chercheurs.À suivre\u2026 La RECHERCHE\u2026 pour faire avancer les choses Germain Couture Membres de notre communauté ! Faculté de l'éducation permanente La faculté d'évoluer Affichez vos compétences.Inscrivez-vous au Certificat d'intervention en déficience intellectuelle.Certificat créé en janvier 2001 à la demande des centres de réadaptation de Montréal.AUSSI OFFERT Formation en cours d'emploi : Cours à la carte ou module de trois cours donnés dans les établissements.514 343 6090 ou 1 800 363 8876 www.fep.umontreal.ca CRDIP16 cahier special CRDIP16 ZALLCALL 67 18:16:11 02/28/02 B LES CENTRES DE RÉADAPTATION EN DÉFICIENCE INTELLECTUELLE : DES SPÉCIALISTES ET DES PARTENAIRES DE LEUR Les personnes ayant une déficience intellectuelle sont avec vous Dans l'autobus À l'école Au travail s o c i a l e Pour en savoir plus, contactez le centre de votre région 601, rue Adoncour, bureau 202 Longueuil (Québec) J4G 2M6 Tél.: (450) 646-7540 Téléc.: (450) 646-7072 Site Internet :www.fqcrdi.qc.ca "]
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