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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Actuel
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-07-08, Collections de BAnQ.

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[" 1LP0101B0708 1LP0101B0708 ZALLCALL 67 20:18:11 07/07/02 B 12 au 21 juillet 2002 Le Vieux-Port de Montréal Réunis dans un village féerique de tentes et de chapiteaux au bord du fleuve, plus de 300 artistes et des artisans vous proposent leurs oeuvres magnifiques : céramiques, bijoux, tableaux, sculptures, jouets, vêtements\u2026 Heures 11 h à 22 h Tarifs Adulte : 5 $ , 12 ans et moins : gratuit.Réadmission gratuite Lieu Quai Jacques-Cartier, Vieux-Montréal www.leportdesarts.com Renseignements (514) 286-1021 2pour1 Présentez ce coupon au moment de l'achat d'un billet au prix courant et obtenez un second billet gratuit.NE PEUT ÊTRE JUMELÉ À AUCUNE AUTRE PROMOTION.LP 3061994A 1LP0201B0708 b2 actuel lun 8 juillet 1LP0201B0708 ZALLCALL 67 21:28:13 07/07/02 B B 2 L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 8 J U I L L E T 2 0 0 2 BANDE À PART ÉPOUSER Suite de la page B1 Chani Rader est venue d'Angleterre pour étudier au séminaire Habad (lubavitch) de Montréal.La jeune fille désirait rencontrer un partenaire profondément religieux, disposé à l'étude du talmud et désireux de fonder un foyer hassidique obéissant strictement aux valeurs du dogme.Une schadchan lui a donné le nom d'un candidat potentiel vivant à New York.« Nos critères sont sérieux, il s'agit de fonder un foyer hassidique basé sur les enseignements de la torah.Qu'il soit beau, roux ou brun, peu importe », explique la jeune Anglaise.Les rendez-vous Une fois les recherches effectuées par les parents sur la famille du jeune homme et auprès de ses proches, un premier rendez-vous est organisé.Habituellement, le jeune homme vient chercher la demoiselle chez ses parents.Les jeunes gens iront dans un endroit public : un hall d'hôtel ou au jardin botanique.Là, ils discutent pendant quelques heures de ce qu'ils veulent tous les deux dans la vie.Comme il existe des communautés lubavitch partout dans le monde, ces rendezvous peuvent être fastidieux à organiser.Raisel raconte, à ce titre, que son neveu a déjà pris l'avion pour aller rencontrer une jeune fille à Tel-Aviv.Si la première rencontre s'est bien déroulée, la schadchan organise un second rendez-vous.Si, au contraire, le candidat n'a pas su plaire, la schadchan se met en quête d'un autre candidat.« Les jeunes gens ne sont pas obligés de se décider tout de suite, mais après trois ou quatre entrevues, il faut se décider, histoire de ne pas faire perdre son temps à personne », explique l'entremetteuse d'expérience, en ajoutant : « Ces rencontres n'ont qu'un seul but : le mariage.On ne sort pas avec quelqu'un pour le plaisir ! » Les juifs lubavitch font figure, au sein des communautés hassidiques, de libéraux.Chez les Satmars, les juifs hassidiques qui demeurent à Outremont, on ne peut se rencontrer qu'une seule fois avant de se décider ! Le mariage Au terme de ces rendez-vous vient la demande en mariage, que le jeune homme fait toujours par l'intermédiaire de la schadchan : « Il est évident qu'on ne peut parler d'amour à cette étape, mais le jeune homme et la jeune fille doivent éprouver un sentiment très fort l'un pour l'autre », précise Mme S.La demande en mariage acceptée, on fixe la date des fiançailles.Ces dernières se tiendront près d'un mois après la grande demande.Deux à quatre mois après, le mariage doit avoir lieu.« Les hommes et les femmes n'ont pas le droit de se toucher s'ils ne sont pas mariés.Pour éviter les frustrations, il est nécessaire de marier nos jeunes le plus rapidement possible », explique Mme S.À partir du moment où une jeune femme est fiancée, elle commence un apprentissage particulier.La fiancée doit choisir dans la communauté une femme mariée en qui elle a confiance et qui lui enseignera les lois religieuses qui régissent l'intimité du couple : les règles de la pureté familiale.Au cours de cet apprentissage, la jeune femme apprendra, entre autres choses, que durant la période de son écoulement menstruel elle ne doit avoir aucun contact avec son mari.D'ailleurs, les couples hassidiques dorment systématiquement dans des lits jumeaux.À cette période s'ajoutent sept jours durant lesquels les contacts sont interdits.Cette prescription doit être suivie à la lettre, explique Esther : « Pendant cette phase, on ne peut même pas tendre une tasse de café à son mari.En outre, nous devons nous vêtir modestement pour ne pas provoquer de désir inutile chez notre homme.» Au bout des sept jours « propres » après ses menstruations, la femme se rend au bain rituel : elle s'immerge dans un bain d'eau de pluie pour se purifier.Ce soir-là, elle doit se donner à son mari.Selon Mme S., cette coutume expliquerait le succès des unions chez les juifs orthodoxes : « Cela préserve le désir, on ne se lasse pas », dit cette jolie femme dans la jeune quarantaine.Esther, qui suit en ce moment cette « formation », précise à cet égard que, lorsque les relations sexuelles sont permises, l'homme est obligé de rendre sa femme heureuse ! La jeune fille prend la peine d'ajouter que la légende voulant que les juifs orthodoxes fassent l'amour à travers un drap est tout à fait burlesque : « Le contact est direct : peau contre peau.» Le mariage Comme ce sont les parents de la mariée qui paient pour la noce, celle- ci se déroule dans la ville de la jeune fille.À la synagogue, les hommes et les femmes se rendent dans deux salles séparées pour le cocktail.La mariée est assise en compagnie de sa mère et de la mère de son époux, et les invitées viennent lui rendre hommage.Peu à peu, les invitées s'éloignent de la fiancée, car elle doit lire certaines prières.Puis on couvre la jeune femme d'un voile de toile opaque.Ce rituel datant des temps bibliques symbolise la modestie de la femme vis-à-vis de l'homme et signifie que ce dernier choisit sa compagne non pour sa beauté mais pour ce qu'elle est profondément.À ce moment, son fiancé entre dans la salle en compagnie des membres mâles de sa famille immédiate.L'heure est venue de sortir de la synagogue, car le mariage doit se faire sous les étoiles, rappelant ainsi l'Alliance que Dieu a conclue au mont Sinaï avec le peuple juif.Les parents des futurs mariés escortent le jeune couple sous la chupah, un dais nuptial symbolisant le foyer fondé par les jeunes mariés.Les parents et la kallah (la promise) tournent sept fois autour du futur marié afin d'invoquer la présence de Dieu sous la chupah.La mariée doit prendre place à côté de son futur époux, qui lui mettra la bague au doigt en lui disant : « Tu m'es maintenant consacrée selon la loi de Moïse.» Le jeune homme récite alors les sept bénédictions du mariage en tenant un verre de vin, qu'il boira avec sa femme après ces récitations.Enfin, le mari doit briser le verre vide avec son pied droit en souvenir de la destruction du temple d'Israël.La cérémonie de chupah terminée, les convives peuvent commencer à fêter, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre : l'immense salle dans laquelle a lieu la fête est divisée par des morceaux de contreplaqué.Les nouveaux mariés se sont alors retirés dans une pièce de la synagogue spécialement conçue pour ce moment, qu'on nomme le yichud \u2014 la première fois où ils ont le droit de se retrouver seuls dans un endroit intime.Lorsqu'ils redescendent, on annonce officiellement qu'ils sont mari et femme.Le lendemain de la cérémonie, la jeune femme devra se couvrir la tête, les cheveux étant considérés comme un attrait sexuel.Bien que chez les hassidiques, le divorce soit toléré, il reste.marginal.Photothèque La Presse © La Gaspésie ne manque certes pas d'attraits, et la plupart des jeunes qui s'exilent veulent revenir.Mais vers quoi ?MISÈRE Suite de la page B1 Si les journées grises sont bonnes pour l'observation des baleines, pour le camping, mettons que.D'ailleurs, si elles n'étaient que grises ! Mais il pleut toutes les nuits et souvent dans une même journée.Assez souvent pour nous enlever le goût de nous faire à manger à l'extérieur.Alors on va au restaurant.On en a trouvé un pas mal du tout à Gaspé, à 45 kilomètres de notre tente.On y a nos habitudes.Les serveurs vont bientôt nous apporter notre Belle Gueule rousse et notre verre de lait sans qu'on ait à les demander.Un peu loin, 90 kilomètres (l'aller-retour), mais quand il pleut, on en profite aussi pour se faire « chécher dans not'char ».\u2014 Papa ! Écris pas ça.\u2014 Trop tard.De toute façon, on ne se fait pas d'illusions : on ne s'attend pas à être finalistes au concours « Campeurs de l'année ».On ne sait d'ailleurs même pas s'il en existe un.C'est dire si ça nous énerve.Forillon \u2014 nous sommes dans le secteur nord, à Cap-des-Rosiers \u2014 est un splendide camping.La nature, mais il y a toujours un abri pas loin.Avec toilettes, douches, tables, poêle à bois.Dans celui qui est le plus proche de notre tente, on retrouve souvent les mêmes personnes aux heures des repas \u2014 quand on n'est pas au restaurant.Une famille de Chinois de Pékin avec un seul enfant \u2014 une fille \u2014, deux jeunes Berlinois réservés mais sympathiques, deux Québécoises avec un bébé d'un an \u2014 Xavier, son nom \u2014, et un couple d'Américains à la retraite, dont le monsieur a sans doute raté une carrière de G.O.au Club Med.À l'entendre, il a parcouru la planète.Il sait dire bonjour dans à peu près toutes les langues mais, étrangement, il avoue ne jamais mettre les pieds à Atlanta, tout près d'où il habite.« On n'y va jamais, ma femme et moi.Jamais le jour, jamais le soir.Trop dangereux.» À côté de ce qui s'y passe, les ours de Forillon, ce serait de la petite bière, à l'entendre.Une bière.tiens, bonne idée.LOUISE COUSINEAU DU MARDI AU SAMEDI.Cette semaine seulement DÉSINFECTION 49 $ Notre prix ord.: 79 $ NETTOYAGE DE CONDUITS Maison au complet Comprend: nombre illimité de sorties d'air et de conduits, nettoyage gratuit des plaques d'aération Rabais de 40 % Cette semaine seulement par pièce minimum de 4 pièces Notre prix ord.: 100 $ pour 4 pièces Nettoyage de meubles Rabais de 20 $ 1 canapé et 1 fauteuil NETTOYAGE DE MOQUETTES 179 $ Notre méthode de nettoyage en profondeur déloge la saleté, ravive les couleurs et rafraîchit les fibres.Notre équipement de qualité professionnelle nettoie votre système par aspiration en utilisant des filtres à très haute efficacité, qui retiennent jusqu'à 99,97 % des irritants en suspension dans l'air.Nettoyage à la vapeur.Frais additionnels pour tissus spéciaux, coussins de dossier non attenants et meubles modulaires.Notre prix ord.: 99 $.15 $ 79 $ Minimum de 4 pièces.Les pièces de plus de 200 pieds carrés comptent pour deux pièces ou plus.Prix fixé séparément pour les escaliers et les vestibules.Moquette fixe seulement.Frais additionnels pour moquette en laine.Renseignez-vous sur notre désodorisant et notre traitement de protection des fibres.Pour système de chauffage simple et système monozone.Services résidentiels seulement.Frais additionnels pour portes d'accès.L'équipement illustré peut être différent de celui qui est utilisé.1 800 818-7779 Pour les services de nettoyage résidentiel Hbc, faites le «1».Service téléphonique accessible dès 8 h! J'aime, j'achète! COMPRENANT: QUALITÉ FIABI LITÉ COMMODITÉ NETTOYAGE RÉSIDENTIEL SÉCURITÉ RÉSIDENTIELLE DÉCORATION INTÉRIEURE RÉNOVATION RÉSIDENTIELLE Offre valide jusqu'au 13 juillet 2002.© Copyright 2002 Compagnie de la Baie d'Hudson 3063615A CORRECTION DE LA VUE AU LASER DES SOINS DE QUALITÉ À UN PRIX ABORDABLE (514) 845-1515 Tour IBM, 1250 René-Lévesque O.Notre équipe de chirurgiens de Montréal a effectué plus de 40 000 interventions au LASIK.Nous utilisons le laser Bausch & Lomb 217.Informez vous sur la nouvelle technologie de correction de la vue sur mesure, Zyoptix.1-866-366-2020 www.lasikmd.ca Nos frais incluent l'examen pré-opératoire, le traitement au LASIK et les suivis post-opératoires.Certaines conditions s'appliquent.Le prix peut varier selon votre prescription.Applicable sur une chirurgie des deux yeux.Mark Cohen, MD Ophtalmologiste 17 000 chirurgies Avi Wallerstein, MD Ophtalmologiste 17 000 chirurgies Pierre Demers, MD Ophtalmologiste 8 500 chirurgies EXPÉRIENCE et QUALITÉ SPÉCIAL D'ÉTÉ (Se termine le 31 Juillet 2002) Aussi bas que 3061087A 1LP0302B0708 B3 LUNDI 1LP0302B0708 ZALLCALL 67 00:10:25 07/08/02 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 8 JUILLET 2002 B3 Obsession pour les loteries à Taiwan MARIE-JULIE GAGNON collaboration spéciale TAIPEI \u2014 Prononcez les mots « soldes », « primes » ou « prix bonis » devant un Taiwanais et vous verrez son regard s'allumer comme lorsqu'un Québécois entend « séries éliminatoires » au printemps.Imaginez maintenant l'effet du mot « loterie » sur les membres d'une société folle de consommation.Obsédés par l'argent, les Taiwanais passent plus de temps au travail que partout ailleurs.Une loterie ?Voilà peut-être l'occasion rêvée d'acheter ce temps qui fait cruellement défaut.et tous ces accessoires Louis Vuitton originaux dont on a envie depuis si longtemps, bien sûr.« Au contraire de pays comme les États-Unis, où les gens respectent les valeurs sociales comme le professionnalisme et le travail ardu, plusieurs personnes à Taiwan mesurent leur statut social ou leur valeur au plan pécuniaire, a expliqué Lin Yin-cheng, psychologue à la National Taiwan University au quotidien Taipei Times dans une analyse de l'engouement des loteries.Plus ils font d'argent, plus leur statut est important.» Fièvre contagieuse Depuis que la loterie nationale informatisée a fait son apparition, en janvier dernier, la fièvre s'est propagée à la grandeur du pays, emportant tant les jeunes que les retraités et les professionnels, qui n'hésitent pas à s'absenter du travail \u2014 si important fusse-t-il pour eux \u2014 pour faire la queue devant l'un des quelque 8000 points de vente du pays.C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les journées de vente ont été déplacées des jeudis et vendredis aux mercredis et samedis : le taux d'absentéisme dans les bureaux atteignait des proportions ridicules.Selon une étude menée par un groupe de publicitaires en mars dernier, la folie des loteries \u2014 seule forme de jeu légale au pays \u2014 est le sujet dont les médias ont le plus parlé en janvier et février, ex-aequo avec un scandale sexuel impliquant une politicienne filmée à son insu en compagnie d'un homme marié.Nouvelles, analyses et textes d'opinions se multiplient.« Le gouvernement a empoché 10 fois plus que n'importe quel gagnant (NDLR : environ 37 millions de dollars canadiens lors de la première édition de la loterie informatisée », écrivait le Taipei Times en janvier dernier.Le Lottery Heat Indicator (données qui permettent de comparer l'engouement des loteries d'un pays à l'autre) est de deux à six fois plus élevé que partout ailleurs.La controverse est telle qu'une coalition « antiloterie » a été formée, dénonçant les effets négatifs des jeux de hasard.Pourtant, dans ce même pays, les consommateurs conservent précieusement chaque coupon- caisse \u2014 tous munis d'un numéro, peu importe qu'on ait acheté du lait au dépanneur du coin ou dépensé une fortune dans un grand magasin \u2014 dans l'espoir de voir l'un d'eux apparaître dans les quotidiens suite à un tirage chapeauté par.le gouvernement.Si les activistes n'ont pas convaincu les hautes instances d'abolir les « billets maudits », ils sont parvenus à faire ajouter un message d'avertissement sur les tickets afin d'informer les joueurs des faibles probabilités de remporter le gros lot, qui sont d'une chance sur 5,24 millions.La vice-présidente, Annette Lu, qui a qualifié la nouvelle loterie de « dérapage social », est quant à elle citée régulièrement dans les quotidiens.La culture de la loterie En réaction aux critiques qui fusent de toutes parts, le Taiwan Research Institute a tenu un forum rassemblant des représentants du gouvernement en février dernier, afin de discuter de la « culture des loteries » à Taiwan.Selon Lui Dayyang, professeur au département des sciences et de la technologie de la National Taiwan University, même si la loterie est jeune, on doit déjà penser à prévenir ses retombées néfastes.« Nous devrions adopter des pratiques internationales et présenter des mesures pour éviter les impacts négatifs », a-t-il vaguement déclaré à The Taiwan Economic News.Les « pour » rappellent quant à eux que le but premier est de financer les programmes sociaux (45 % va à la caisse de retraite nationale, 50 % aux services sociaux et 5 % la l'assurance santé nationale).Sans oublier le nombre d'emplois qu'a créé cette nouvelle folie \u2014 plus de 10 000 emplois directs et indirects \u2014 notamment auprès des personnes handicapées, qui vendent des « gratteux » sur tous les coins de rue.La faute des médias ! Les intellectuels du pays accusent quant à eux les médias d'amplifier le phénomène.Il faut dire que depuis le premier tirage, le 22 janvier dernier, toutes les chaînes câblées ont diffusé l'événement en direct et n'ont pas hésité à s'emparer de toute histoire reliée à la frénésie.Certains sont même allés jusqu'à affirmer avoir prédit les numéros gagnants.La presse écrite ne s'est pas montrée plus tempérée, couvrant chaque tirage à saturation.L'un des trois quotidiens de soirée, le China Times Express, offre même des prédictions de numéros chanceux et un reportage spécial de quatre pages deux fois par semaine depuis la mi-janvier.Le premier reportage annonçait pompeusement : « Becoming rich is humanity's dream, becoming rich is an activity for the whole people » (« Devenir riche est le rêve de l'humanité, devenir riche est une activité pour tout le monde »).Le journal affirme aussi détenir la clé mystérieuse de la richesse par l'analyse de statistiques scientifiques et métaphysiques.Les éditoriaux et textes d'opinions sont aussi légion.« Traditionnellement, le gouvernement a pour mission d'élever la morale de ses citoyens et nous espérons du gouvernement qu'il restreigne des vices comme le jeu et la prostitution, a écrit l'éditorialiste de Taiwan News en février dernier.Nous trouvons donc difficile d'accepter la participation directe du gouvernement dans ce genre d'entreprise.Malgré le fait que dans ce cas-ci, la loterie soit commanditée par une institution financière privée \u2014 Taipei Bank \u2014 sous monopole, les officiels du gouvernement continuent d'exercer un rôle prédominant.En conséquence, comme la folie du jeu s'amplifie et devient un phénomène social qui entre en conflit avec les normes de l'État, nous sommes d'avis que, pour étancher cette soif, le gouvernement devrait procéder à une libéralisation des loteries plutôt qu'à leur interdiction.Trois types de loteries Trois nouvelles loteries sont apparues peu après le Nouvel an chinois.La plus importante, la première « informatisée » au pays, est basée sur le système américain.Les joueurs doivent choisir six chiffres entre un et 42.Chaque billet compte cinq possibilités.Après avoir sélectionné les chiffres, les joueurs doivent les faire valider dans un terminal informatisé, puis conserver le reçu.Il est aussi possible de laisser l'ordinateur choisir les combinaisons au hasard.Pour remporter le gros lot, on doit avoir les six numéros gagnants.Les montants en jeu ?Les gagnants du troisième tirage, par exemple, sont repartis près de 7 millions de dollars canadiens.Le plus important montant, lors du Nouvel an, s'élevait à environ 15 millions de dollars canadiens.Pour l'assistance technique, la Taipei Bank a signé un contrat avec la Lottery Technology Service Corp., compagnie appartenant conjointement au groupe taiwanais Acer et au groupe américain Gtech.Une autre loterie « traditionnelle », qui aura lieu environ six fois l'an (lors de congés nationaux, par exemple) et une loterie instantanée, ont aussi été lancés.Vendus au coût d'environ 4,50 $) les « gratteux » font miroiter la possibilité d'empocher jusqu'à 45 455 $).Des drames aux superstitions Un sondage baptisé « Work & Money » réalisé en mars dernier a démontré que la folie des loteries est plus répandue chez les gens à faibles revenus.Les « cas vécus » de citoyens ayant laissé leur chemise dans l'aventure font d'ailleurs le régal des journaux à sensation, au même titre que celles des gagnants qui vivent des contes de fées.Parmi les histoires d'horreur dont ont fait état les médias, on retrouve celle d'un homme de 33 ans, sans emploi, qui s'est suicidé après avoir engouffré toutes ses économies dans l'achat de billets de loterie, soit environ environ 1400 $ CAN).On rapporte également de nombreuses querelles de ménage résultant de l'hystérie des loteries.À l'inverse, on peut lire le récit d'autres familles qui considèrent la loterie comme une activité collective au cours de laquelle chacun peut y aller de sa stratégie et tenter de trouver les chiffres chanceux.« La folie du jeu a aussi des conséquences risibles, rapporte le Bureau d'information gouvernemental.(.) Une femme s'est rendue dans l'un des points de vente vêtue de rouge de la tête aux pieds, le rouge étant considéré comme une couleur de bon augure.(.) Un couple de nouveaux mariés et leurs amis ont investi 171 $ US parce qu'ils croyaient que leur mariage leur porterait chance.» Plusieurs personnes fréquentent aussi les temples avant les tirages.Certains aborigènes vont jusqu'à faire bénir leurs billets par le sorcier du village.Un sondage commandé par United Daily News a par ailleurs démontré que 28 % des répondants consultent des médiums avant de choisir leurs numéros.Pour plusieurs joueurs, le billet de loterie est un passeport pour le rêve.C'est le cas de Chao Hua Yen, 23 ans, enseignante dans une école de Keelung, dans le nord du pays.« J'achète des billets de loteries dans l'espoir de devenir riche.Ça coûte seulement 2,27 $ CAN pour de l'espoir », confie la jeune femme.Retourner aux études et aller vivre à l'étranger, voilà ce qu'elle voit au-delà des six numéros des trois billets qu'elle a l'habitude d'acheter lors de chaque tirage.« Malgré le fait que les chances de remporter le gros lot est vraiment bas, plusieurs personnes continuent de croire qu'elles vont gagner, explique Lin Yin-cheng.Nous appelons cela le « contrôle désillusoire », qui est un phénomène psychologique commun chez les gens ordinaires.» Les experts s'accordent pour dire que l'hystérie devrait s'apaiser d'ici la fin de l'année.« Ma prédiction est que la folie va disparaître d'ici six à 12 mois », affirme Lin Yincheng.D'ici là, les dirigeants de la Tapei Bank pensent empocher environ 100 milliards de dollars NT.PHOTO MARIE-JULIE GAGNON, collaboration spéciale À Taiwan, la passion des gens pour les nouvelles loteries, gratteux et compagnie, est telle qu'on parle d'obsession.Grasse matinée et sieste sont excellentes pour le cerveau PASCAL BAROLLIER Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 La mémorisation de nouveaux acquis est favorisée par la grasse matinée et les performances du cerveau sont stimulées par la sieste, selon deux nouvelles études américaines.Des chercheurs de l'école de médecine de l'université de Harvard ont constaté une amélioration de 20 % des capacités d'apprentissage de tâches d'habileté motrice chez les personnes pouvant dormir plus longtemps le matin, comparées aux performances des lève-tôt, selon les résultats d'une étude publiée dans le numéro de juillet de la revue américaine Neuron.Une autre équipe de la même université à Boston (Massachusetts, nord-est) a pu démontrer qu'une sieste à la mi-journée pouvait effacer les signes de fatigue du cerveau et augmenter ses performances pour le reste de la journée, selon l'étude publiée dans le numéro de juillet de la revue britannique Nature Neuroscience.La première étude a des implications importantes pour l'apprentissage d'un sport, d'un instrument de musique ou d'un mouvement artistique tel qu'un pas de danse.« L'apprentissage de telles actions nouvelles pourrait demander davantage de sommeil pour que le bénéfice maximum de l'entraînement puisse s'exprimer », explique Matthew Walker, qui a dirigé l'une des équipes de chercheurs.Surtout, ces derniers considèrent que l'apprentissage de ces nouveaux gestes ou mouvements est consolidé dans la mémoire durant les dernières heures d'une nuit de sommeil, et particulièrement dans la dernière phase de sommeil paradoxal (période de rêve) du petit matin, dont sont privés les lève-tôt.« L'érosion de la période de sommeil engendrée par la vie moderne pourrait priver votre cerveau de certaines capacités d'apprentissage », ajoute M.Walker.L'étude souligne aussi l'importance du sommeil pour les personnes en rééducation pour une paralysie provoquée par un accident vasculaire cérébral.Le constat des chercheurs peut aussi expliquer l'importance du sommeil chez les jeunes enfants : « l'intensité de leur apprentissage pourrait conduire le cerveau à réclamer une large quantité de sommeil », avance M.Walker.L'effet réparateur de la sieste sur le cerveau est pour sa part démontré par les chercheurs qui ont soumis les participants à l'une des étude à une batterie de tests visuels entraînant un épuisement cérébral.Les résultats des quatre sessions de tests quotidiennes sont allés en empirant à mesure qu'avançait la journée pour les personnes ne faisant pas de sieste.En revanche, la baisse de performance a été stoppée après la deuxième session pour ceux qui ont pu faire une sieste de 30 minutes avant de reprendre les examens.Et une sieste d'une heure a eu pour effet d'accroître les performances des troisième et quatrième sessions, comparées à la seconde, remettant le cerveau à sa capacité maximum du début de journée, selon cette étude placée sous la direction de Sara Mednick. 1LP0401B0708 b4 actuel lun 8 juillet 1LP0401B0708 ZALLCALL 67 22:33:35 07/07/02 B B4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 8 JUILLET 2002 À CONTRE-COURANT Le troc, une réponse au capitalisme sauvage?Au cours des prochaines semaines, La Presse vous présentera une série de personnes ou d'organismes qui agissent à l'encontre des idées reçues et des pratiques habituelles.Cet été, place à ceux et celles qui nagent à contre-courant, contre vents et marées.B R I G I T T E SAINT-PIERRE ÉVINCÉ PAR LA MONNAIE comme mode principal d'échange il y a des lustres, le troc refait surface.Des systèmes d'échange local germent au Québec, comme un peu partout sur le globe.Un plombier peut ainsi offrir ses services contre ceux d'une coiffeuse.Un réviseur, corriger un texte contre une leçon d'allemand.Dans un café du quartier Pointe- Saint-Charles, à Montréal, une trentaine de personnes assistent à une présentation du réseau d'échange et d'entraide La Corde à linge, qui fonctionne sans argent.La plupart ont entre 25 et 35 ans, mais la salle compte aussi quelques têtes blanches.« On est revenu de Québec, après le Sommet des Amériques de l'an dernier, la rage au coeur.On avait envie de faire quelque chose », lance Stéphane Lahoud, organisateur et membre-fondateur du réseau, qui se veut une solution de rechange au « néolibéralisme et au capitalisme sauvage ».Le principe de La Corde à linge est simple.Chaque membre dresse une liste des biens qu'il peut échanger et des services qu'il peut rendre.Julie Martineau offre par exemple un service de correction de textes.Stéphane Lahoud pourrait la contacter pour lui demander de corriger un document.À supposer que le service dure trois heures, Julie Martineau aurait trois heures en banque et celle de Stéphane Lahoud serait réduite du même temps.Elle pourrait par la suite échanger ses trois heures en banque contre un cours d'espagnol de la même durée offert par Pépita Ros-Navas.Tous les types de services se voient attribuer la même valeur horaire.Le réseau, qui existe depuis un an, constitue un pied de nez à la société de consommation et à l'individualisme.La Corde à linge instaure un mode de fonctionnement et un modèle économique différents.Ça prouve que d'autres façons de faire sont possibles », dit Julie Martineau, organisatrice et membre-fondatrice du réseau, qui compte près de 30 membres à ce jour.La Corde à linge organise des réunions mensuelles pour ses membres.« En ville, on est hyper isolé, dit Stéphane Lahoud.Notre réseau vise entre autres à permettre aux gens de se rencontrer, échanger des idées et susciter des débats.Quand on est seul, on a peu de contrôle et on est plus impuissant ».La Corde à linge cherche aussi à rendre ses membres plus autonomes.En ce sens, elle leur a par exemple proposé un atelier de réparation de crevaisons de vélos.Si La Corde à linge en est encore à ses balbutiements, d'autres groupes sont plus établis.Une dizaine de services d'échanges non pécuniaires sont en activité au Québec, surtout dans la région de Montréal, mais aussi en Estrie, à Saint-Basilele- Grand sur la Rive-Sud de Montréal et dans la région de Charlevoix.Le réseau BECS (Banque d'échanges communautaires de services), basé à Montréal, existe depuis 1996.Il serait l'un des pionniers et l'un des plus imposants au Québec, comptant 145 membres.En 2000-2001, BECS a donné lieu à 621 transactions, d'une durée de 2239 heures.« Certains membres du réseau s'y sont joints par idéal humanitaire, parce qu'ils croient à l'entraide.D'autres cherchent à lutter contre l'isolement.Le réseau permet aussi à des personnes vivant dans une précarité économique d'accéder à des services qu'ils ne pourraient pas se payer autrement », dit Michel Gaudreault, cofondateur de BECS, qui souligne que le réseau confère une valeur non pécuniaire au travail.En 2000-2001, BECS a donné lieu à 621 transactions, d'une durée de 2239 heures.« Faire partie du réseau me redonne foi au genre humain.Je constate que les gens peuvent dépasser leurs intérêts mercantiles », affirme M.Gaudreault.BECS ne constitue pas un moyen d'échapper au fisc.Michel Gaudreault mentionne que « les membres travailleurs autonomes offrant un service dans le cadre de leur profession sont soumis aux taxes sur les produits et services et sur la Loi de l'impôt sur le revenu ».Il leur revient alors de déterminer la valeur pécuniaire des services rendus, qui seront taxés et imposés.Il existe des partenariats entre certains réseaux d'échange, notamment entre La Corde à linge et BECS.Ainsi, les membres ont accès à un éventail plus large de biens et services.Les réseaux d'échange québécois ont des cousins à l'étranger.Plus de 300 systèmes d'échanges locaux (SEL) auraient éclos en France et plus de 500 en Argentine.Des réseaux d'échange non pécuniaires ont aussi vu le jour sur les cinq continents, du Mexique à l'Australie en passant par le Japon et le Sénégal.Les services d'échange non pécuniaires s'inspirent de l'expérience d'un réseau instauré en 1983 en Colombie-Britannique, sous l'impulsion de Michael Linton.Depuis lors, le mouvement bourgeonne aux quatre coins du monde.Pour plus d'informations sur La Corde à linge et BECS : www.chez.com/vraireve www.simplicitevolontaire.org/ Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse Stéphane Lahoud, membre du réseau La Corde à linge.Anatomie d'un agresseur et de sa victime FRANÇOIS BERGER « SOUVENT, on ne sait pas qui a commencé », dit la policière Sylvie Beauregard au sujet des interventions de la police de Montréal dans les ménages aux prises avec la violence conjugale.Lorsque les policiers font une arrestation, ils doivent tout de même décider qui est l'agresseur.La plupart du temps, la victime désignée est la femme.Selon le ministère de la Sécurité publique du Québec, il y a mise en accusation formelle dans 75 % des agressions contre les conjointes et dans 55 % de celles où la victime est l'homme.Pour les femmes, la violence conjugale constitue une menace importante puisque 38 % de tous les crimes violents enregistrés contre elles, au Québec, tombent dans cette catégorie.D'autre part, seulement 6 % de tous les crimes violents officiellement enregistrés contre les hommes sont commis par la conjointe (ou le conjoint dans les couples homosexuels).La victime féminine typique est relativement jeune (de 18 à 29 ans), tandis que l'agresseur masculin typique a quelques années de plus (de 25 à 39 ans).La situation économique des couples joue aussi un rôle dans la prévalence de la violence conjugale.Aux États-Unis, une femme a jusqu'à trois fois plus de risque d'être battue par son conjoint lorsque le couple a de faibles revenus.Lorsque l'homme est l'agresseur, il est aussi habituellement violent dans les autres domaines de sa vie, dans son emploi, avec ses connaissances, ses enfants, etc., affirment les experts et les études sur la question.Pour lui, la violence est une « façon de faire face à ses frustrations », dit Jacques Droué, psychothérapeute spécialisé en violence conjugale.Lorsque la femme est l'agresseur, elle a souvent un passé d'enfant agressée sexuellement ou elle a subi la violence de son conjoint dans sa première relation amoureuse, constate M.Droué.Elle n'est pas violente autrement.Une étude longitudinale d'une durée de 21 ans, financée par le gouvernement américain et réalisée jusqu'en 1994 dans la ville de Dunedin, en Nouvelle-Zélande, a montré que la majorité des agresseurs masculins (tous des jeunes de 21 ans dans l'étude) souffraient d'un trouble mental, avaient décroché tôt de l'école secondaire, avaient abusé des drogues, étaient des chômeurs de longue durée et présentaient des comportements violents à l'extérieur de leur famille (au Québec, le tiers des participants aux thérapies pour hommes violents ont des antécédents criminels).Bref, les agresseurs masculins sont souvent des « multipoqués », tandis que les femmes qui agressent leur conjoint ne présentent généralement pas ces signes de détresse personnelle et sociale.Les auteurs de l'étude néozélandaise, des professeurs de psychologie et de psychiatrie aux États-Unis et en Angleterre, croient que les hommes « normaux » et sains d'esprit vont éviter de frapper leur conjointe parce qu'ils « savent qu'elle sera probablement blessée, que la police peut être appelée et qu'il seront arrêtés ».Les hommes submergés par un grand stress social, une maladie mentale ou la consommation de drogues, ont au contraire plus tendance à perdre le contrôle d'eux-mêmes.Quant aux femmes agresseurs, disent les auteurs, elles « savent que leur conjoint ne sera probablement pas blessé et qu'il n'appellera pas à l'aide ».« Ainsi, écrivent-ils, il y a peu de motifs pour dissuader une jeune femme en colère de frapper son conjoint.» Cette étude sans précédent sur les causes de la violence conjugale (un millier de personnes suivies depuis leur naissance jusqu'à l'âge de 21 ans) a permis de trouver des « prédicteurs » ou éléments prédisposant au rôle d'agresseur.Chez les hommes, une jeunesse vécue dans la pauvreté et le décrochage scolaire prédisposent à la violence conjugale.Chez les femmes, ce sont des relations familiales fortement troublées pendant l'enfance et l'adolescence.Un indice prédictif universel, selon cette enquête, est le fait d'avoir été délinquant juvénile violent, autant chez les filles que chez les garçons.De même, la consommation abusive de drogues dès le début de l'adolescence va de pair avec la violence conjugale à l'âge adulte.Au Québec, une enquête dans les centres de réhabilitation pour hommes violents a montré que 46 % de la clientèle souffre d'alcoolisme et d'autres toxicomanies.MERCREDI, 10 JUILLET, 18 À 20 H 210324 Permis MEQ 749839 www.iad-mtl.com Rencontrez un conseiller dès aujourd'hui ! 1 866 280-2983 cybercommerce infographie design de mode design d'intérieur design multimédia design publicitaire commercialisation de la mode gestion de réseaux informatiques Une nouvelle carrière vous attend en seulement 12 MOIS (A.E.C.) 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Nombre de visiteurs uniques sur www.cyberpresse.ca en mars 2002 Tirage du 2001-02-14 Tirage du 2001-02-14 GAGNANTS LOTS 6/6 1 5 000 000,00 $ 5/6+ 8 90 830,50 $ 5/6 253 2 297,70 $ 4/6 14 536 76,60 $ 3/6 277 638 10,00 $ Ventes totales: 16 934 830 $ Prochain gros lot (appr.): 2 000 000 $ Numéro complémentaire: 12 Numéro complémentaire: 06 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 1 50 000,00 $ 5/6 19 500,00 $ 4/6 888 50,00 $ 3/6 16 239 5,00 $ Ventes totales: 609 206,00 $ T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Tirage du 2001-02-15 Tirage du 2001-02-15 Tirage du 2001-02-14 Tirage du 2001-02-15 NUMÉRO: 568633 NUMÉRO: 839677 Le jeu doit rester un jeu Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité. 1LP0501B0708 B5 LUNDI 1LP0501B0708 ZALLCALL 67 17:55:10 07/07/02 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 8 JUILLET 2002 B5 CET ÉTÉ, LES DÉPANNEUSES VONT À LA PÊCHE ÉVITEZ-LES avec notre forfait duo Forfait Duo Inspection en 36 points et vidange d'huile Cette offre s'applique à la plupart des voitures et camionnettes GM.Toutes taxes et droits en sus.Prix en vigueur jusqu'au 16 août 2002.Pour tous les détails, voyez votre concessionnaire Goodwrench participant du Québec.1 800 463-7483 www.goodwrench.gmcanada.com 8595$ 3060237A TENDANCE Quand faire le ménage devient chic d'après le New York Times SHELLY ROSS, productrice déléguée de l'émission Good Morning America au réseau ABC, s'extasiait récemment devant un flacon d'eau de lavande valant 25 $, dont on asperge le linge pour lui donner un parfum de Provence.« J'adore ce produit.C'est un tel luxe », disait Mme Ross.L'avait-elle essayé ?« Pas encore, je ne fais pas le ménage moi-même, confessa la productrice.J'aimerais bien, certainement.Nous avons un petit refuge campagnard, et j'essaie d'y faire les travaux domestiques.Faire le ménage serait-il en train de devenir une activité chic ?Un hobby ?Mme Ross et bien d'autres femmes travaillent fort mais ne lavent jamais les toilettes et ne frottent pas les murs.Mais il semble que plus elles s'éloignent de ces tâches, plus elles voient les travaux ménagers avec des lunettes roses.Même les tâches les plus crasseuses prennent un air romantique ou s'élèvent au niveau de l'art.Au moment où les sondages démontrent que les Nord-Américains passent de moins en moins de temps à faire le ménage, plusieurs consommateurs parlent de ces tâches avec un brin de nostalgie.Flairant la bonne affaire, designers et spécialistes du marketing ont commencé à vendre l'idée de l'entretien ménager chic, un concept qui inclut des récurrents à comptoirs à odeur de thé, ainsi que des chiffons et des tabliers en soie ou de lin qui ne seront jamais tachés par la sauce aux tomates.« Cuisiner, c'est romantique, c'est enjôleur », affirme Veronica Jane de Morangias, propriétaire d'une petite entreprise de cosmétiques à New York et sans doute trop occupée pour veiller au fourneau.Quoi qu'il en soit, Mme de Morangias s'imagine dans la cuisine « vêtue d'un tablier noir sexy, de talons hauts, un verre dans une main, une casserole dans l'autre ».Elle a conçu un tel tablier en organza à volants et lui a donné le nom de « Gina Lollobrigida » à cause de son dos-nu.Les consommateurs peuvent l'acheter en composant un numéro sans frais (866-204-2024) sous l'étiquette Homeque Kitchen Couture, avec un autre tablier, le modèle Anna Magnani, style paysan, apparemment destiné aux travaux d'époussetage.Les magazines de mode, qui ont traditionnellement évité la cuisine et le nettoyage, poursuites peu élégantes, ont commencé à embrasser « l'entretien ménager chic ».Même Vogue a publié récemment un reportage sur Nigella Lawson, auteure du livre de recettes How to Be a Domestic Goddess, habillée en satin noir et tenant un bouquet de branches de céleris.Et l'an dernier, British Vogue a introduit une chronique sur l'entretien ménager avec des trucs de nettoyage des vedettes.« Je pulvérise mes divans en velours de Febreze pour éliminer l'odeur de renfermé », confie l'actrice Patsy Kensit dans un des numéros.Alexandra Schulman, rédactrice en chef de British Vogue, justifie ainsi la chronique : « Toutes ces femmes sont habituées au succès dans leur domaine.Elles ont une garde-robe merveilleuse, mais ont pris du retard sur le front domestique.Le ménage chic à la télé Les réseaux de télé ont aussi accentué leur programmation sur les arts ménagers.En avril, Good Morning America a diffusé pour la première fois une série de vignettes sur le ménage du printemps, avec un segment sur les nettoyeurs de luxe.« Ces émissions ciblent les voyeurs de l'entretien ménager », déclare Faith Popcorn, soi-disant oracle des tendances en consommation.« Ces gens ne veulent pas faire leurs propres travaux de nettoyage.Ils veulent regarder.» Qui a le temps ?En effet, on peut se demander combien d'auditeurs font vraiment leur ménage.Une étude récente de l'Institute for Social Research à l'Université du Michigan a révélé que les femmes \u2014 toujours les championnes de l'époussetage, du nettoyage et du lavage \u2014 passent en moyenne 27 heures par semaines à exécuter des travaux ménagers, comparativement à 40 heures en 1965.« Qui a le temps de nettoyer ?» demande Hiromi Ono, une des auteures du rapport.Elles peuvent toujours rêver, bien sûr.Un magazine comme Real Simple, qui a démarré d'un pas hésitant il y a quelques années, prospère aujourd'hui en publiant des proses poétiques sur les tâches les plus terre-àterre : frotter le bol de toilette, charger le lave- vaisselle.La notion que le travail ménager peut devenir créatif, voire élégant, résulte en partie « d'une nostalgie pour la femme au foyer mythique du passé », estime Susan Strasser, professeure d'histoire à l'Université du Delaware et auteure de Never Done : A History of American Housework.Selon elle, les femmes qui achètent les tabliers traditionnels à motifs de roses et des vaporisateurs à parfum de lavande ont le plus souvent des femmes de ménage.« Mais plus on s'éloigne de la tâche elle-même, plus on a tendance à la glorifier.Dale Burg, coauteure avec Marry Ellen Pinkham du livre Mary Ellen's Guide to Good Enough Housekeeping, qui doit sortir en mai, reconnaît que les liquides à nettoyer aromatisés Pure Grass et Beach House, de la société Good Home Co., la fascinent.S'en est-elle servie ?Non, elle n'est pas allée jusque-là.« Il y a une immense fantaisie dans tout ça, dit-elle.Ces produits font partie d'une vie à laquelle vous aspirez.Vous les imaginez sur le seuil de votre fenêtre, avec la lumière ruisselant à travers les bouteilles.» Les clients seront peut-être tentés d'acheter un afflux de nouveaux produits qui brouillent les frontières entre les articles ménagers et la mode et les cosmétiques.Cynthia Rowley, un designer qui favorise une esthétique bizarre des années 1950, vend une version moderne de la robe-tablier des années 1940 \u2014 une robe en coton avec des manches courtes à poignets blancs et une jupe plissée.Anthropologie, une chaîne de magasins américains voués à la mode et aux articles ménagers, vient d'introduire une collection de tabliers et de linges à vaisselle de style de modes anciennes, ornés d'hortensias et de pivoines.Le croisement des travaux ménagers et des soins de la peau est particulièrement évident chez Nordstrom, un des premiers manufacturiers à vendre des nettoyeurs coûteux tels le liquide à vaisselle Caldrea Green Tea Patchouli (8 $) et le savon à lessive Laundry Wash (16 $) à ses comptoirs de cosmétiques.Fondée il y a deux ans à Minneapolis, au Minnesota, la compagnie Caldrea vend aussi des récurrents de comptoirs à arôme de spa, des brosses à manche en érable, des chiffons à poussière en mousseline à fromage de soie, et des seaux en fer-blanc couverts de motifs d'anciens papiers peints français.Un attrait qui s'intensifie Même si ces items ne sont qu'une goutte dans le seau de 13 milliards de l'industrie des produits de nettoyage domestiques, leur attrait s'intensifie, et des fabricants ont jugé bon d'ajouter des produits chic à leurs lignes existantes.Après la réussite de sa collection d'articles de foyer par l'architecte Michael Graves, la chaîne de magasins Target a ajouté une nouvelle collection d'outils portant la griffe Graves, y compris des débouchoirs pour évier et toilettes, et un seau industriel gris avec un bec profilé.Philippe Starck a aussi créé une ligne de produits pour ses rayons comprenant des toilettes portables pour enfants et des conteneurs pour entreposer des aliments.Dans les articles plus coûteux, la société Thymes Limited, une entreprise fondée sur les baumes et lotions pour les spas à domicile, a récemment envahi le royaume des produits ménagers avec son nouveau liquide à vaisselle Mandarin-Coriander (9 $) et son savon à lessive Filigree Fine Fabric Wash (19 $).« Certains de ces articles sont vendus dans un emballage attrayant avec des étiquettes inspirées de modèles anciens », note Debbi Hartley-Triesch, directrice (beauté et fragrances) chez Nordstrom.« Ils sont chic, et bien sûr, efficaces.» Leur efficacité passe cependant en second.Mme Popcorn se demande combien de ces produits ménagers chic sont vraiment utilisés.Leur richesse en associations nostalgiques les rend « exquis, comme des étalages en musée », dit-elle.Ils rejoignent les gens qui s'ennuient du vrai travail, et qui voudraient apprendre « à maîtriser les tâches que leurs grands-mères accomplissaient sans peine ».Ces produits « sont élégants, bien sûr, ajoute Mme Popcorn, mais seulement si vous ne devez pas vous en servir tous les jours ».PHOTO PC « Je pulvérise mes divans en velours de Febreze pour éliminer l'odeur de renfermé », confiait récemment l'actrice britannique Patsy Kensit au British Vogue, qui a introduit une chronique sur l'entretien ménager avec des trucs de nettoyage des vedettes.«Toutes ces femmes sont habituées au succès dans leur domaine.Elles ont une garde-robe merveilleuse, mais ont pris du retard sur le front domestique.» 1LP0601B0708 1LP0601B0708 ZALLCALL 67 19:52:05 07/07/02 B B6 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 8 JUILLET 2002 Impair et passe Macao, paradis des joueurs, des pigistes de l'amour et des aventuriers de tout acabit LUDOVIC HIRTZMANN collaboration spéciale MACAO \u2014 C'est le club des coups tordus, le rendez-vous des artistes à la lame aiguisée et des adorateurs d'opium.Et pourtant, avec Montréal, c'est probablement l'endroit au monde où l'on compte le plus d'églises par quartier.Macao est le paradis des pigistes de l'amour, des aventuriers à la recherche de paradis artificiels.Ville de toutes les vanités, de tous les vices, l'ex-colonie portugaise est presque un anachronisme.Il est 21 h au Casino Lisboa de Macao.Le Lisboa est LE casino de Macao bien que la ville en compte 11 de taille et d'ambiance diverses.Les élégantes, les familles, les petits coolies, les gros tycoons y viennent en pédicab, variante du pousse-pousse, en scooter ou en Rolls.À l'extérieur du Lisboa, des dizaines d'individus louches attendent que le joueur ruiné sorte pour lui proposer un prêt.Tels des vautours, ils attendent accroupis à l'asiatique, que le pauvre gueux soit lessivé, prêt à vendre sa mère pour une partie de fan tan.Les banques ne sont pas en reste et la Heng sen Bank a placé des dizaines de distributeurs de billets aux abords du casino.Au Lisboa, les joueurs entrent par la salle de Pai Kao.Fouille oblige, on remet son porte-monnaie que l'on récupère plein pour l'instant après qu'un loufiat stylé eut vérifié que celuici ne contenait pas d'armes ! Puis, le joueur pénètre dans l'univers du jeu avec ses dizaines de tables de baccarat, de Pai Kao, de black Jack.Parmi les plus anciens de ces jeux de l'Extrême- Orient, le Fan Tan, avec ses boutons de porcelaine, est l'un des plus courus.C'est aussi le cas pour le Dai-siu, qui se joue en lançant trois dés, enfin lorsque l'ambiance frénétique le permet.Plus de 50 000 $ La fumée empêche quasiment de voir les moulures du plafond.On grogne, on tape du pied.On joue nerveusement des jetons de 100 dollars de Hong Kong (20 $ CAN) par deux ou trois.Il y a là des parieurs de tous les âges mais ce sont plutôt les joueurs du dimanche sans gros moyens que l'on côtoie dans les grandes salles de l'établissement.Le jeu, le vrai, est à quelques mètres de là, dans les salles transversales, les salles VIP.Dans l'une d'elles, un vieux Chinois, vêtu d'un blouson Dollarama gris a entassé devant lui plus de 120 000 dollars HK (24 000 $ CAN).Une dizaine de minutes plus tard, l'homme a perdu une trentaine de milliers de dollars hongkongais.Du coup, le papy a les mains qui tremblent comme les pales d'un ventilateur.À une table voisine, un gros Chinois et sa femme, engoncée dans une veste vert pomme, tiennent jalousement plus de 250 000 dollars de HK (50 000 dollars canadiens).Si les sommes jouées ici sont colossales, c'est cependant à l'étage dans les salons privés que se passent les choses sérieuses.On joue toujours au baccarat mais là, on ne compte plus que quelques clients manipulant des sommes bien plus importantes.N'entre pas qui veut dans ces salles.Très rapidement, un costaud avec un uniforme de Gurkha de l'armée des Indes expulse les indésirables.Deux étages plus bas, le tintamarre des machines à sous attire son lot de joueurs.À Macao, les Chinois vénèrent ces machines à sous, appelées « tigres affamés ».Le prix du sexe Il est presque 22 h et une charmante brune aux cheveux de jais interpelle le touriste en cantonais, puis en portugais et déclare : « Amo » (amour).À Macao, l'amour est payant et la belle, malgré un refus catégorique, sort sa calculatrice et y inscrit 700 (dollars de Hong Kong soit 140 $ CAN).C'est le prix du sexe que la jeune macanaise invite à négocier tout en caressant le bras de sa proie et en murmurant force douceurs à son oreille.Le client fuit.Après quelques minutes de course-poursuite entre les « tigres affamés », la « proie » juge que le plus simple est encore d'abandonner l'enceinte du casino pour rejoindre l'un de ses bars ultramodernes.Le cabaret est en fait le bastion des prostituées du Lisboa.Deux jeunes Russes outrageusement maquillées sirotent un coca-cola et semblent profiter de cette petite pause entre deux clients pour parler du pays.Macao n'a pas changé de ce point de vue depuis le début du 20e siècle, époque où de jeunes Russes blanches venaient perdre leur âme dans la colonie portugaise.« C'est un véritable problème.Une de nos stagiaires françaises est blonde et dans les ascenseurs, les Chinois l'assimilent souvent à une prostituée.La pauvre fille n'en peut plus », explique Pascale Griveaud, une Française installée dans l'ancienne colonie portugaise depuis un an et qui travaille à la Compagnie d'Électricité de Macao.Le Lisboa est un établissement à commerces intégrés sur plusieurs étages.Cette véritable ville avec ses piscines, ses saunas, ses salons de massage, ses restaurants ferait passer la Place Ville-Marie pour un petit centre commercial de banlieue.Les hommes d'affaires hongkongais viennent faire rendre l'âme à leur compte en banque sur les tables de baccarat, lorsque ce n'est pas une ruineuse de santé qui s'en charge.À deux pas de ce Sodome et Gomorrhe de l'Asie, sur l'Avenida de Lisboa, les petites échoppes proposent des dim sum et ces petites douceurs culinaires que l'on ne trouve qu'en Asie.Dans l'une d'elles, boui-boui sans âge, les clients se régalent bruyamment de vastes bols de nouilles.Un voisin de table crache par terre avant de s'affaler la tête la première dans sa soupe.Quelques minutes plus tard, l'homme se réveille comme si de rien n'était, récupère ses baguettes et engloutit sa soupe.Encore quelques minutes et il ira tenter sa chance au Casino ! Photo LUDOVIC HIRTZMANN, collaboration spéciale À Macao, le jeu fait souvent partie des sorties ou tout simplement de la vie de tous les jours.Riches ou pauvres, jeunes ou vieux, tous s'y adonnent.Pour en savoir plus City guide of Macao www.cityguide.gov.mo Macau tourist homepage www.macautourism.gov.mo/ Passplanet.com www.passplanet.com Gouvernement de Macao www.macau.gov.mo My travel guide www.mytravelguide.com/countries/macau/ Macau city of culture guide http : home.macau.ctm.net/ liox0001/travel/macau/main.shtml CIA World Factbook Macau www.cia.gov/cia/ publications/factbook/geos/mc.html Macao en folie Le monde vertueux des masseuses LUDOVIC HIRTZMANN collaboration spéciale C'EST EN 1845 que les Portugais ont pour la première fois tenté de réglementer le jeu à Macao.De l'épopée européenne à Macao, il ne reste plus que quelques monuments et une indicible atmosphère.La ville est un album de temples, de petits autels bouddhistes, d'églises, de tueurs en complets cravates, de travailleuses autonomes du trottoir.Épuisée par une longue journée de travail et un cours de mandarin, Pascale Griveaud prend quelques minutes de réflexion dans les fauteuils moelleux du club militaire portugais, l'un des derniers vestiges de la présence lusophone à Macao.Un serveur métis en livrée blanche se précipite avec la carte des boissons.Avec un taux d'humidité qui frise les 90 % en permanence, boire est presque un automatisme dans l'ancienne colonie portugaise.Si Hong Kong, la grande soeur voisine d'une soixantaine de kilomètres, s'enfonce dans la récession et broie du noir, Macao, en revanche, foisonne de projets de développement.L'ancienne colonie portugaise, rendue à la Chine sans fracas en décembre 1999, demeure l'antre de tous les plaisirs.« On vit forcément à côté du jeu.Mais ce n'est pas Las Vegas pour l'instant », précise Pascale Griveaud.Deux familles françaises avec des enfants Cette Française a choisi d'adopter l'ex-ville État il y a un an avec son mari et ses trois enfants.« La communauté francophone de Macao doit être constituée d'environ 60 personnes dont.15 danseuses du Crazy Paris Show du Casino Lisboa.Mais nous ne sommes que deux familles avec des enfants.» Pascale Griveaud oeuvre à la CEM, la Compagnie d'électricité de Macao.De nombreux étrangers travaillant à Hong Kong ont d'ailleurs élu domicile à Macao, comprenant que la petite cité, située à une heure de ferry de Hong Kong, était un havre de paix.Outre une vie moins stressante qu'à Hong Kong, les résidants macanais jouissent d'un parc immobilier bien moins cher.Enfin et ce n'est pas négligeable, l'impôt sur le revenu n'y est que de 9 %.Avec ses 440 000 habitants, la cité n'est qu'un gros village à l'échelle asiatique mais c'est tout un symbole.Car quoique puissent en dire les résidants, ce sont bien les casinos qui font vivre Macao.Si l'ambiance qui y règne ne ressemble plus à celle du film de Jean Delannoy Macao, l'enfer du jeu, c'est que les « patrons » de Macao, Edmond Ho et Stanley Ho (qui n'ont pas de liens de parenté) ont des ambitions internationales pour Macao.« Depuis la fin du mois de février dernier, c'est la fin du monopole des concessions de jeu, ce qui devrait changer beaucoup de choses pour Macao », estime Pascale Griveaud.Pendant plusieurs décennies, le jeu macanais a appartenu à une seule personne, Stanley Ho.Ce dernier a géré la ville d'une main de fer pendant une quarantaine d'années, en s'appuyant sur les célèbres triades et sur des personnages peu recommandables.Les Portugais comptaient les coups.La chute de Dent cassée Les triades, dont les activités sont aussi variées que le contrôle de la prostitution, du jeu, des fraudes à la carte de crédit, de l'usure, sont probablement la population la plus active du territoire.Principalement, deux triades se disputent le marché macanais : la triade 14K dont le célèbre chef « Dent cassée » a été arrêté il y a peu et la plus grosse triade de la planète, Sun Tee On, qui compte 60 000 membres dont 45 000 à Hong Kong et est présente dans plusieurs pays dont le Canada.Ces dernières années, le crépitement des balles de M16 sur le pavé de Macao lors des affrontements entre bandes rivales a fait chuter le tourisme.L'arrestation de « Dent cassée » a ramené le calme et monsieur Stanley Ho, 80 ans, a pu prendre sa retraite.Le docteur Ho, c'est son titre, a revendu une partie de ses actions de la STDM (Sociedade de turismo e diversoes de Macau), se contentant de gérer ses trois femmes, 17 enfants et nombreux petits-enfants légitimes ! Macao compte actuellement 11 casinos (dont sept ou huit gros), et a signé ces derniers mois des contrats avec des compagnies de jeu de Las Vegas.Le jeu représente en 2001 61 % des recettes fiscales de Macao et attire à lui seul la quasi-totalité des neuf millions de touristes qui viennent chaque année dans la ville.Plusieurs dizaines de fois par jour, des hydroglisseurs filent à toute vapeur entre les jonques des pêcheurs et des trafiquants.Ils débarquent les parieurs à quelques centaines de mètres du nouveau casino flottant, piètre successeur sans âme d'un rafiot crapoteux.On y jouait il y a peu encore dans une ambiance inchangée depuis les années 30 où se mêlaient volutes de fumées les plus diverses et cris pas toujours catholiques.L'Europe en Asie Les recettes tirées du jeu sont estimées à 2,6 milliards de dollars américains chaque année.Comme la STDM n'est pas une société cotée en Bourse, elle ne publie pas ses résultats.Le gouvernement macanais veut encore plus de touristes et surtout plus d'investisseurs.La ville a ouvert un aéroport en 1995.Comme il ne restait plus suffisamment d'espace, le terrain pour la piste d'atterrissage a été gagné sur la mer par des remblais successifs.Le plus vieux comptoir occidental en Extrême- Orient a présenté un projet à l'UNESCO pour être inscrit au patrimoine mondial.Si le tourisme de masse devrait incontestablement voir le jour, les sources de financement demeurent totalement occultes.Pourtant, le chef de l'exécutif, Edmond Ho a été à bonne école et a poursuivi ses études au Canada.Diplômé en administration en 1978 à l'Université York de Toronto, il devient comptable agréé en 1981 puis retourne en Asie peu de temps après.Déjà, à l'époque, le sort de Macao a été réglé entre les Chinois et les derniers colons européens.Pascale Griveaud note que si les ressortissants de l'ancienne puissance tutélaire sont encore présents à Macao dans les domaines médicaux et juridiques, « la présence portugaise est désormais symbolique.Elle était jusqu'à l'indépendance essentiellement administrative.Les Portugais occupaient les postes de la fonction publique mais il n'y a pas ici une seule entreprise portugaise.» Si tous les noms des rues et les enseignes des magasins sont écrits en Portugais, la population, elle, ne parle plus que le chinois.Le lycée portugais compte de moins en moins d'élèves.Le Portugal n'est plus qu'un rêve situé à des milliers de kilomètres qui subsiste sur le visage triste de quelques métis.Drôle de ville asiatique où, sur le parvis des églises, de petits autels où brûlent de l'encens démontrent une fois de plus que la tolérance religieuse en Asie dépasse de loin celle des Européens.Et puis dans l'Empire du Milieu, les Chinois partent toujours du principe que deux religions valent mieux qu'une, au cas ou.LUDOVIC HIRTZMANN collaboration spéciale LE PLUS VERTUEUX des cardinaux pourrait-il résister à son sourire et à sa proposition ?« Massage ?» suggère la jeune chinoise avec un sourire timoré mais ô combien ravageur.Dans un anglais mâtiné de portugais, la jeune femme, vêtue d'un Qipao, cette longue robe-fourreau traditionnelle, tend timidement une carte de la taille d'un menu de restaurant.Elle a la grâce de ces femmes-fleurs d'Asie et se tient sur le perron d'une petite boutique de l'avenue Praia Grande.L'échoppe, un salon de massage, se consacre uniquement à la réflexologie, une technique ancestrale de massage des pieds.Macao n'est pas la Thaïlande, et les salons de massage ne sont pas des bordels, même si ces derniers ne manquent pas.Dans l'ancienne colonie portugaise, le massage n'a pas de connotation sexuelle.Dans toutes les rues de la ville, des enseignes proposent deux types de massages : la réflexologie ou le massage du corps.Pour sa part, la jeune femme de l'avenue Praia Grande annonce que la séance de réflexologie dure une heure et coûte 8 $.Après moult courbettes, elle emmène son client dans un luxueux salon où sont disposés une dizaine de fauteuils moelleux.Puis elle disparaît.Toutes dents dehors, une jeune fille en kimono jaune s'escrime à expliquer au client qu'il faut au préalable déposer ses pieds dans une bassine d'eau chaude noirâtre.La couleur peu engageante est en fait due à des extraits de plantes odorantes.Délicatement, la masseuse essuie les pieds du chaland, puis les enduit d'une crème avant de s'attaquer à chaque millimètre carré de la voûte plantaire.Le massage dure environ une heure pendant lequel la masseuse s'échinera à faire disparaître toutes les courbatures imputables à une rude journée de marche ! Photo LUDOVIC HIRTZMANN, collaboration spéciale La famille de Pascale Griveaud est l'une des rares à parler français à Macao. 1LP0701B0708 1LP0701B0708 ZALLCALL 67 20:39:11 07/07/02 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 8 JUILLET 2002 B7 SPOTS ISABELLE MASSÉ Touche à ma PT Cruiser ! QUE SERIEZ-VOUS PRÊTS à faire pour gagner une voiture ?L'an dernier, à l'initiative de CKOI-FM, des auditeurs ont campé des jours dans une PT Cruiser de Chrysler.Depuis mardi dernier, c'est à celui (parmi 15 concurrents) qui laissera sa main collée le plus longtemps sur la même voiture (d'une valeur de 25 000 $) qui repartira avec les clés.L'épreuve a lieu chez un concessionnaire Dodge Chrysler de Verdun.Vendredi en fin de journée, il restait encore trois concurrents.Les participants, qui doivent être alertes 24 heures sur 24 ont néanmoins le droit à cinq minutes de pause par heure (qu'ils peuvent cumuler) pour dormir, se nourrir, se laver, marcher et aller au petit coin.L'an dernier, le gagnant avait vécu dans son véhicule pendant six jours.Entrer virtuellement dansl'armée LE MANQUE DE VÉTÉRANS dans l'armée américaine « prêts à raconter leurs exploits » (selon Le Monde) aurait contribué à la baisse flagrante d'intérêt pour la défense et le combat chez la relève potentielle, et ce, malgré un regain de patriotisme depuis les attentats du 11 septembre 2001.Qu'à cela ne tienne ! Il y a deux ans, les concepteurs de jeux vidéo d'Epic Games (aidés d'experts du Pentagone) étaient mandatés pour concevoir deux jeux de guerre afin de « promouvoir sous une forme ludique la US Army ».Environ 7,5 millions ont été investis dans ces jeux qui seront offerts gratuitement, en août, notamment en les téléchargeant.Les adeptes de Real War et Medal of Honor pourront se procurer Operations, une version améliorée du jeu de combat Unreal Tournament, « où le héros se promène dans un univers 3D et tire sur tout ce qui bouge ».Le deuxième, Soldier est davantage axé sur la stratégie.L'armée américaine se défend évidemment de véhiculer une image de violence gratuite.Vive l'Amérique libre QUELQUES JOURS avant la fête nationale américaine (le 4 juillet), l'Advertising Council lançait une campagne d'intérêt public ayant pour thème « Freedom.Appreciate It.Cherish It.Protect It.» (Appréciez, chérissez et protégez la liberté).Elle a pour objet d'unir plus que jamais les Américains.Huit messages télévisés ont gracieusement été conçus par quatre agences de publicité (DDB Chicago, TBWA/ Chiat Day Los Angeles, De Vito Verdi New York et Lowe & Partners New York).Comme on le décrit sur le site toutsurlacom.com, l'un d'eux montre une rangée de maisons sur Main Street USA avec des drapeaux américains devant chacune d'elles.Une voix rappelle aux Américains que « le 11 septembre, des terroristes ont tenté de changer l'Amérique pour toujours.et qu'ils ont réussi ! » Le continent mort LES CHIFFRES font trembler, même si on nous les balance depuis quelques années déjà : l'Afrique compte 28 millions de personnes infectées par le virus du sida qui pourraient toutes périr d'ici 10ans, indique le site toutsurlacom.com.L'organisme français Ensemble contre le sida décidait récemment de solliciter l'aide financière de la population avec une campagne choc.Une image suffit pour nous bouleverser.Il s'agit d'une simple carte de l'Afrique qu'on a souvent associée à un crâne humain, de profil.Pour la cause toutefois, l'agence de publicité RSCG Corporate n'a pas hésité à la transformer en.tête de mort.Une Australienne pour L'Oréal LA CHANTEUSE AUSTRALIENNE Natalie Imbruglia est la nouvelle porte-parole de L'Oréal Paris.L'interprète de Torn prêtera son nom et son visage aux produits pour les soins de la peau, des cheveux, de coloration et au maquillage.Natalie Imbruglia, d'origine italienne, est âgée de 27 ans.Qui laissera sa main le plus longtemps sur la PT Cruiser ?« Quand on lance un nouveau porte-parole, il faut s'assurer de le faire voir suffisamment souvent pour que les gens notent l'association et ne l'oublient pas », note Michael Guolla, professeur à la faculté d'administration de l'Université d'Ottawa.Ici, la version imprimée de la publicité de Chrysler qui met en vedette la chanteuse de jazz Diana Krall.Chanter la pomme à sa voiture À qui la publicité de Chrysler a-t-elle le plus profité?MARIE ALLARD La pluie tombe devant un loft où la chanteuse de jazz canadienne Diana Krall susurre des mots doux à une décapotable.Un scénario qui vous dit quelque chose ?« Évidemment ! » répond Claude Martin, professeur au département de communication de l'Université de Montréal.« Cette publicité de Chrysler a tellement circulé qu'il était difficile de ne pas tomber dessus.» Difficile, en effet, de ne pas chantonner The Look of Love, l'air entendu dans les.cinq versions différentes de cette campagne.Du 14 février à la mi-juin, trois messages de 30 secondes ont été vus (et entendus !) à la télé, en plus d'un message de 60 secondes destiné aux salles de cinéma et d'un message imprimé paru dans divers magazines.Un piano, la blonde chanteuse et une Chrysler argentée (une 300M Special, une Sebring ou une Sebring décapotable, selon le cas) : voilà la recette qui a été utilisée d'un océan à l'autre.« C'est une association qui me semble assez évidente, puisqu'elle est liée aux notions de luxe et de sophistication qu'incarnent à la fois Diana Krall et les voitures montrées, observe Claude Martin.En étant méchant, je dirais que le public cible semble être un homme d'affaires qui a réussi et qui peut, en conséquence, s'entourer de richesse et de volupté.» Parce que non seulement il faut que les caractéristiques du porte-parole « collent » au produit annoncé, mais encore faut-il que l'acheteur potentiel du produit se reconnaisse, lui aussi.« Les gens doivent se dire : Je ne suis pas Diana Krall, mais je suis aussi talentueux, accompli, sophistiqué et sensuel qu'elle, donc je mérite sa voiture », note Michael Guolla, professeur à la faculté d'administration de l'Université d'Ottawa.Une alliance qui fait vendre, dit Chrysler Qu'en dit Chrysler ?« La musique de Diana Krall, tout comme l'artiste ellemême, véhiculent l'image fascinante et unique de la grâce raffinée, de l'expressivité du style et de la beauté romantique réunies, éléments qui guide la marque Chrysler », indique Pearl Davies, directrice principale de la marque Chrylser au Canada, dans un communiqué.Rien que ça ?« En fait, nous cherchions quelqu'un qui nous aiderait dans notre nouvelle stratégie, qui est de dire aux gens que nos voitures sont belles à mort (drop dead gorgeous), et le nom de Diana Krall nous est venu spontanément », explique Mme Davies, jointe au téléphone à son bureau de Windsor, en Ontario.« Diana Krall plaît à un large public.Elle est connue et appréciée partout au Canada, ce qui est assez rare.Et sa présence dans notre campagne a été un succès, puisque les ventes de nos voitures ont augmenté.» Et les albums de Diana Krall ?Et les ventes des albums de Diana Krall, ont-elles aussi profité de ces publicités ?« Ah, ça, il faudrait le demander à la principale intéressée », répond en riant Mme Davies.Peut-être a-t-elle entendu la rumeur qui veut que Mme Krall sorte largement gagnante de cette union.Un coup de fil chez SL Feldman and Associates, l'agence vancouveroise qui gère la carrière de la chanteuse de jazz, nous apprend que l'album The Look of Love, sorti le 18 septembre, a franchi le cap des 500 000 exemplaires vendus au Canada.L'agence nous a par ailleurs envoyé un fax de la part du vice-président Shaw Saltzberg, qui indique que la campagne de Chrysler « était une façon intéressante pour Diana Krall de faire entendre sa musique au public qui n'est pas amateur de jazz ».« Les disques de Diana Krall se sont toujours bien vendus, mais là c'est carrément exponentiel », indique Jocelyn Meunier, responsable de la gestion des disques chez Archambault de la Place des Arts.« La diffusion des publicités a doublé, sinon triplé les ventes de son album.Les gens entrent dans le magasin et disent : Je veux la pièce de l'annonce de voiture.C'est un phénomène comparable à celui qu'on a connu avec Moby, il y a trois ans.» Grogne chez les puristes et les publicitaires Peut-on alors prévoir un engouement du grand public pour le jazz en général ?« Selon moi, ces publicités ne sont bénéfiques qu'à Diana Krall, et non pas au jazz dans son ensemble », répond Reno de Stefano, professeur à la faculté de musique de l'Université de Montréal.« Ce que fait Diana Krall est très bien, mais très commercial.C'est une des plus grandes vendeuses de l'histoire du jazz, soit, mais je ne crois pas qu'elle aide les ventes de qui que ce soit d'autre, pas même de Louis Armstrong ou de Charlie Parker.Il faudrait plutôt éduquer le public ou diffuser davantage de jazz à la radio.» En attendant, la musicienne originaire de Nanaimo, en Colombie-Britannique, ne risque-t-elle pas de s'aliéner les « vrais » amateurs de jazz ?« Oui », répond Sylvain Lamirand, gérant de la section jazz chez HMV, rue Sainte-Catherine.« Pour les puristes, Diana Krall a perdu sa crédibilité en faisant de la publicité.À leurs yeux, elle est passée de star du jazz à star de la pop.» Ce à quoi la blonde chanteuse a rétorqué, en entrevue à l'émission Canada AM de CTV, le 15 avril dernier : « Vous savez, Tiger Woods fait lui aussi de la publicité, et cela n'affecte en rien son swing.» « Des dizaines d'artistes connus (dont Michael Jackson et Britney Spears pour Pepsi) ont décidé de jouer le jeu de la publicité », observe Daniel Gervais, professeur à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa et spécialiste de la propriété intellectuelle et de la gestion de droits.« Je pense que la nature du public de l'artiste est un élément important de l'équation.Il revient à l'artiste et à son agent de juger s'il y a « nuisance » à la carrière de l'artiste, et de s'arranger pour qu'elle soit « compensée » par la somme \u2014 sûrement très substantielle dans le cas de Chrysler \u2014 versée à l'artiste par l'annonceur.» Outre les puristes, le milieu québécois de la publicité est lui aussi « choqué par cette publicité faite en anglais et adaptée au Québec », indique Claude Martin.« Certains prétendent qu'il y a une résurgence des contrats d'adaptation en ce moment, que l'industrie locale est en train de se faire remettre à la place qu'elle occupait avant les années 1960, que l'on sollicite de moins en moins la création québécoise, etc.Sans remettre en question la qualité de ce que Mme Krall fait, elle chante en anglais, il ne faut pas le nier.Les publicités dans laquelle elle apparaît n'ont pas été conçues à Montréal, mais à Toronto ou à Vancouver.Ça choque.» Que le milieu se rassure : il n'est pas encore certain que la campagne se poursuive.« Nous sommes toujours en pourparlers », dit Pearl Davies, dont la compagnie n'avait pas engagé de porte-parole national depuis.Céline Dion, en 1988.La chanteuse Natalie Imbruglia."]
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