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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures - Arts + Spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-09-15, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0915 F1 15 sept 7LP0101F0915 ZALLCALL 67 17:35:57 09/20/02 B LE LIVRE NOIR DES ÉTATS-UNIS PETER SCOWEN Un best-seller international ! Bientôt traduit en dix langues.En primeur au Québec.Paru le 4 septembre 2002.www.lesintouchables.com 3077320A 7LP0201F0915 b2 lectures dimanche 7LP0201F0915 ZALLCALL 67 17:23:15 09/14/02 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La politique-spectacle SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale Les dictatures sont de grands cataclysmes politiques et sociaux.Sergio Kokis, qui est d'origine brésilienne, s'est intéressé à l'un de ces régimes autoritaires qui ont rayonné sur tout le continent latinoaméricain.Mêlant la fiction et l'Histoire, Le Magicien est une biographie imaginaire du Lider maximo Alfredo Stroessner, qui a enfermé son pays, le Paraguay, dans un régime archaïque et nationaliste pendant 35 ans (1954-1989).Ce roman met fin à la trilogie commencée avec Saltimbanques et poursuivie avec Kaléidoscope brisé.Quiconque a fréquenté l'oeuvre de Sergio Kokis sait qu'il métamorphose la réalité tout entière en une scène de théâtre comique et tragique à la fois.Roman gaillard, truculent, drôle, ironique, Le Magicien s'inscrit sous le signe de l'invention et de la plaisanterie.Les accents graves de la douleur, perceptibles au début du roman, s'évanouissent rapidement.Comme la rosée au soleil.Asunciõn, Paraguay, février 1989.Fin de règne sous les tropiques.« Don Dragõn Fischer surveille le dos du président en espérant toujours une parole consolatrice du maître.Stroessner reste silencieux, à observer la destruction de ses archives personnelles, pendant que le soleil se lève à l'horizon et inonde la pièce d'une lumière rose à la consistance de brouillard.» Ces derniers temps, El Supremo Dictador s'est senti seul, très seul au sommet, « incapable de s'envoler comme les condors ».Lui, le redouté et cruel dictateur, soudainement envahi par la mélancolie, se prend à rêver de la fraîcheur de la nuit et du parfum des magnolias qu'il aimait tant, et des gâteaux de lait et de goyave qui lui rappellent son enfance.Chassé du pouvoir par le plus corrompu de ses alliés, enfermé dans le palais présidentiel, il se rebiffe et pleurniche.Vieilli, malade, il doit se résigner à prendre la route amère de l'exil.Abandonné par son bourreau, Don Luis Dragõn Fischer, intellectuel sensible, conseiller privé et intime du caudillo n'a nulle part où aller.De son vrai nom Draco Spivac, le magicien croate venu de Gênes avec le Cirque Alberti et sa troupe de saltimbanques est fatigué et confus.Assiégé de souvenirs, il recompose la pantomime macabre dont il a été le témoin privilégié : Stroessner profitant de l'ignorance et de la crédulité de son peuple pour justifier son régime de terreur et de répression et consolider son pouvoir ; les délires de grandeur et les hallucinations perverses du Tiranosaurio, les propos racistes, xénophobes et sexistes ressassés par son maître.Dragõn a par le passé choisi de s'asseoir à la table des jeux du pouvoir, il mesure maintenant l'ampleur de sa défaite.« L'artiste se fera toujours avoir s'il confond l'art et la vie, s'il met son art au service du pouvoir, pense-til en regardant ses mains déformées par les coups d'autres pouvoirs.» Une atmosphère de cauchemar Changement d'atmosphère et d'époque.Les années glorieuses du « tyran en clown » (1) telles qu'imaginées par Kokis.Le lecteur est plongé dans une atmosphère de cauchemar transposée sur un mode burlesque et satirique.Le dictateur transforme son pays en une bouffonnerie monumentale.L'heure de la politique-spectacle a sonné ! Mise en place d'un carnaval perpétuel.« Cher ami, comment faire pour maintenir la tension patriotique, l'élan nationaliste quand les ardeurs s'essoufflent ?» demande Stroessner à son conseiller metteur en scène et scénariste.« Il faut donner des fêtes, beaucoup de fêtes publiques pour créer un climat constant de célébration patriotique, une scène mythique.C'est ce que les saltimbanques font dans l'enceinte du cirque : une scène de pays des merveilles et des prodiges.Le rêve, général, le mythe du héros qui protège les siens durant la tempête.» Autre force d'attraction, les prouesses sexuelles de l'amoureux libertin qui suscitent l'admiration et le respect du peuple.Tous les patriotes du Paraguay ne pensent-ils pas avec le sourire : El Rubio es el mãs macho, tiene huevos que sacan chispas (2) ?La manipulation est d'une redoutable efficacité.Nos deux stratèges s'enhardissent.Dans un épisode haut en couleur, Dragõn, fasciné par les nombreuses croyances et les superstitions des Paraguayens, convainc le président de s'appuyer sur les constellations de l'hémisphère Sud pour guider les destinées de la nation et fouetter la fierté nationale du peuple.Le Toucan, le Caméléon, le Paon, la Baleine, l'Ara « notre perroquet géant, autant de constellations magnifiques qui honorent les hommes d'ici.Si ces choses à nous sont là-haut, fixées dans le ciel depuis toujours, c'est donc qu'un dessein supérieur reconnaît notre valeur ».Pendant que le lecteur est encore abasourdi par les élucubrations politiques du maître et de son laquais, par les dialoguesfleuve d'ordre philosophique et esthétique, Kokis l'enchanteur l'entraîne sur un autre terrain.Depuis la Deuxième Guerre mondiale, partout en Amérique latine, les dictatures ont été soutenues et armées par les Américains pour sauvegarder leurs intérêts économiques.Avec la complicité silencieuse des généraux médaillés.Malgré l'ancrage démocratique qui a progressé sur tout le continent, la crainte d'un retour à l'autoritarisme n'est pas écartée.La progression des inégalités et la stagnation économique ne sont-elles pas en train de miner les bases des démocraties latino-américaines ?Les idéologies raciales se font toujours menaçantes, l'axe du mal qu'était le communisme a simplement changé de nom.On l'aura compris, chez Kokis, la lucidité est une exigence, la notion de responsabilité, première.Il est toujours réjouissant de lire ce marathonien de l'écriture qui signe ici son 10e roman en huit ans.Comment ne pas être emporté par le souffle et la force de son univers romanesque ?Le Magicien demeure avant tout un roman réjouissant et tonique.Comment ne pas être emporté par le souffle et la force de l'écriture, la célébration des sens et de l'esprit de cette oeuvre ?Le lecteur attentif remarquera une tonalité mélancolique au détour des pages.Et si l'écrivain racontait depuis son premier roman une seule et même histoire sous des apparences diverses pour traduire l'indicible ?Il est des douleurs muettes.Celles du déracinement et de l'exil, par exemple.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LE MAGICIEN Sergio Kokis XYZ éditeur, coll.« Romanichels », 284 pages 1- Huile sur masonite peinte par l'auteur (1995) qui illustre une des pages de garde du roman.2- Le Rubio est le plus macho ; il a des couilles d'où sortent des flammèches.LABRÈCHE Suite de la page F1 Émilie-Kiki est amoureuse de son prof de littérature spécialiste de Kafka (d'où les K.) : Tchéky K.(clin d'oeil à l'acteur Tcheky Karyo que Marie-Sissi adore), assez vieux pour être son père, qu'elle qualifie justement de « père patenté ».Il est marié, respecté, fidèle à sa petite famille, bref, il a réussi tout ce qu'Émilie-Kiki souhaiterait réussir, et qui pourrait être à portée de main avec Mikaël, jeune homme riche, amoureux d'elle.Mais Émilie-Kiki s'embourbe dans cette relation malsaine \u2014 incestueuse devrait-on dire \u2014 dont elle attend tout (un bébé, surtout) et qui ne mène à rien, sauf, peut-être, à l'écriture.« C'est l'écriture, c'est son monde fantasmé qui la sauve, constate l'écrivaine.C'est vraiment ça.C'est plus fort que tout, et ça fait référence à moi, c'est plus fort que tout, je serais prête à n'importe quoi pour écrire, je me rends malade, je m'en fous, je suis prête à n'importe quoi.Ça va toujours passer audessus de n'importe quoi.C'est con, c'est « platte » à dire, mais je n'ai pas de famille, je n'ai pas d'amoureux, je n'ai rien.c'est vraiment ça qui passe en premier.» Dans ces paroles précipitées et intenses, on retrouve le style de l'écrivaine.« Moi, j'ai un nom de trou, un nom qui me prédestine à passer ma vie couchée dans des chambres d'hôtel, les jambes ouvertes », faitelle dire à son héroïne.Labrèche, c'est le titre du roman, le nom qu'Émilie-Kiki donne à son sexe qu'elle confond avec son coeur, son identité.La brèche, c'est aussi cette fêlure qui mène à la folie.Marie-Sissi n'a pratiquement pas connu son père.Labrèche est le nom de sa mère, mais c'est aussi le nom de « famille », traditionnellement donné par le père.Elle est très heureuse quand on lui fait remarquer que Borderline est le roman de la mère et La Brèche, le roman du père.« C'est exactement ça ! s'exclame-t-elle.C'est notre mère et notre père qui nous font découvrir la vie.La mère en premier, le père ensuite.Le père permet de te distancer de la mère, par la séduction entre autres.Quand tu n'as pas eu ça, on dirait que t'es coincée quelque part.C'est un manque qui est toujours là.» Une absence qui prend toute la place, un trou qu'il faut remplir, avec le sexe de l'autre, un enfant.ou l'écriture.LA BRÈCHE Marie-Sissi Labrèche Boréal, 157 pages Photothèque La Presse © Sergio Kokis LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Une histoire tordue qui ne lève pas RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Olivo Oliva, c'était quelque chose.À propos de ce premier roman de Philippe Poloni, un critique un peu excité avait même écrit : « Un petit livre parfait.» La tradition veut que le roman décisif d'un nouvel auteur, celui qui en fait un écrivain ou non, soit le deuxième.Souhaitons que la tradition ait tort.Des truites à la tomate est extrêmement décevant.La légèreté et la finesse ont disparu.Sous le beau prétexte qu'est la liberté créatrice, dont le roman est la défense et l'illustration, l'auteur s'est aventuré dans une histoire tordue qui ne lève jamais.Elle commençait bien pourtant, avec Di Homogrosso, gardien au Museum of Modern Art de New York, qui a quelques manies amusantes, dont celle de faire sa ronde, dans le jardin, en projetant à coups de pieds de petits cailloux qu'il chérit individuellement et qu'il remet en place précautionneusement.L'homme ne connaît rien de l'art et n'en souffre guère.Who the hell is Malevicht ?» se dit-il sans remords et sans honte \u2014 avec raison.Oublions ce personnage prometteur, qui malheureusement ne reviendra que pour saluer à la fin, sauvé d'une vie insignifiante parce qu'il a suivi des cours d'histoire de l'art.Cosmo Maffia, peintre à succès, en sait beaucoup plus long sur le célèbre fondateur du suprématisme.En regardant Carré blanc sur fond blanc (1918), il se rend compte que le tableau qu'il aurait dû faire, celui vers lequel tend comme par nécessité toute sa démarche artistique, est déjà fait.« L'oeuvre du grand maître russe, nous assure le narrateur, avait inoculé dans l'antre de l'âme du jeune peintre un germe formidable qui dépassait l'énergie de la mort.» C'est bien décevant en effet, mais Maffia aurait pu comme bien d'autres artistes se répéter interminablement, sans que sa gloire ou sa fortune en fussent affectées.Mais bon, quand on est personnage de roman, on ne se comporte pas comme le premier venu.Maffia se laisse plutôt embarquer par une jolie malade, Anita Braun, que les oncologues et les chirurgiens n'ont pas totalement charcutée encore, dans une série de meurtres qu'on dirait gratuits s'ils ne tenaient de la démence pure.On peut concevoir qu'une victime du cancer en veuille à des médecins qui semblent s'intéresser davantage à la maladie qu'à la malade.De là à les envoyer l'un après l'autre ad patres, il y a une distance que Maffia franchit bien allègrement, sans que le narrateur, pourtant bavard, ne justifie de façon un peu plausible cette nouvelle orientation artistique.Car il s'agit bien de considérer le meurtre comme un des beauxarts.L'idée n'est pas neuve, les amateurs de romans policiers vous le diront.Et les policiers, justement, qu'est-ce qu'ils attendent ?Ils ont sans doute mieux à faire que d'épingler les criminels.Ce qui donne le temps à la cancéreuse et à l'artiste recyclés en tueurs de prendre le large, après avoir reçu d'un mystérieux parrain au nom italien une offre de refuge qu'ils auraient été très malvenus de refuser.Voici nos artistes du revolver ou du poignard contraints à une vie bien peinarde, sauf Miss Braun que le cancer tuera finalement.Madame Lacaronia, personnage trop secondaire, est leur hôtesse dans une retraite paisible des Adirondacks.Vous suivez ?Ce n'est pas fini.Dans le paradis où il coule des jours tranquilles en consommant d'énormes quantités de vin (italien), Maffia fait la connaissance d'un rescapé du Viêtnam qui y a laissé sa tête et qui promène sa psychose et son mutisme dans un nuage de fumée de cigare.Et voilà que l'ex-peintre se fait dramaturge.Est-ce pour tuer le temps ?en finir avec Malevicht ?retrouver le goût de peindre ?Mystère.La mort comme métaphore ! met en scène, en 40 pages qui sont censées devoir quelque chose à Pirandello, un alcoolique, une cancéreuse, un maniaco-dépressif et un directeur de théâtre.La pièce, qui bouscule toutes les conventions, a un succès de scandale à New York et pourrait continuer longtemps.Sauf qu'un jour les acteurs se rendent compte qu'ils ont perdu leur identité, qu'ils sont devenus vraiment leurs personnages et qu'ils vont en mourir.L'épisode se termine en apocalypse, dans la folie et le sang.Voilà un éloge laborieux de la transgression sans laquelle l'art stagne \u2014 et avec lui la civilisation.M.Poloni sait quand même faire sourire à l'occasion, grâce à des procédés qui hélas ! ne sont pas tous originaux.Ainsi en est-il de cette répétition narrateurprotagoniste, empruntée à Vian peut-être (si ce n'est à San-Antonio ?) : « Il ne comprenait rien à cette chimère et toute cette affaire commençait franchement à l'agacer.» Le personnage enchaîne : « Je ne comprends rien à cette chimère et toute cette affaire commence à m'agacer.» Emprunt aussi à Léo Ferré, deux fois : « Ils sont riches à crever, d'ailleurs ils crèvent.» Et emprunts encore au discours le plus abscons des spécialistes en arts plastiques.À travers tout cela se glisse aimablement une tendresse ironique envers les Italiens, coquetterie de M.Poloni.C'est bien peu pour sauver un roman mal imaginé et mal construit.\u0001 \u0001 DES TRUITES À LA TOMATE Philippe Poloni Québec Amérique, 306 pages 7LP0301F0915 f3 lectures dimanche 7LP0301F0915 ZALLCALL 67 17:30:15 09/14/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 5 S E P T EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 Ce n'est plus comme avant SONIA SARFATI La réponse fuse.Oui, l'écrivain québécois d'aujourd'hui, sa place, son rôle et/ou sa profession, ont changé au cours des 25 dernières années.Parce que la société a changé \u2014 et pas qu'à l'échelle provinciale ! Or, l'écrivain est « un dénonciateur qui a une fonction sociale », fait Victor-Lévy Beaulieu.qui n'est pas sûr, en fait, que les gens de lettres aient encore ce rôle et ce pouvoir au Québec.Ainsi, l'expression « abonnés du B.S.culturel » revient à quelques reprises dans son discours pour qualifier auteurs et romanciers, au cours d'une entrevue aussi colorée qu'on l'imagine malgré un fond de grande noirceur \u2014 qui n'est pas celle de l'Histoire.Et de montrer du doigt, dans l'ordre et le désordre, le gouvernement provincial \u2014 « Le Parti québécois a été le pire des gouvernements puisque pour lui, la culture québécoise n'est que celle qui s'exporte » \u2014, le système d'éducation \u2014 « qui ne juge plus nécessaire enseigner la littérature québécoise dans les écoles car on prétend que les classiques français sont meilleurs » \u2014, l'UNEQ \u2014 « qui est un syndicat de boutique et de voyage, et le relais administratif du gouvernement pour les programmes touchant les écrivains » \u2014, les médias \u2014 « où on voit un relent du colonialisme littéraire : un Didier Decoin, parce qu'il arrive de France, est vu partout même si personne ne le connaît et qu'il écrit des livres « plates » \u2014, les nouvelles technologies \u2014 « L'ordinateur a fait qu'un paquet d'écrivains merdiques qui n'auraient jamais écrit sans ça écrivent maintenant.Ça ne fait pas une meilleure littérature et ça n'en fera jamais une meilleure.» Et vlan ! Sans y aller par quatre chemins mais adoptant un ton qui est le sien, moins à l'emporte-pièce donc, Monique La Rue croit pour sa part que c'est la place, plus que le rôle de l'écrivain, qui a changé : « Le rôle de l'écrivain, tel que je le conçois.et c'est personnel, n'a pas changé : c'est un rôle lié à la langue, au travail sur la langue.Dans un environnement d'images et d'audiovisuel, il donne aux mots d'autres sens, maintient la langue vivante.C'est dans ce travail-là qu'un écrivain trouve sa voix.Mais l'introduction des ordinateurs et d'Internet, en changeant l'échelle du monde, a aussi changé l'échelle de la voix de l'écrivain \u2014 ou, du moins, la façon dont, lui-même, perçoit sa voix.» Qui devient toute petite, qui semble être moins entendue, celle du Web étant devenue une forme d'étalon.« Il y a une perte de prestige liée à cela », conclut l'auteure de Copies conformes, de La Démarche du crabe et, plus récemment, de La Gloire de Cassiodore.De plus en plus de concurrence Jacques Godbout abonde : « Il y a 25 ans, l'écrivain était un personnage important.Pas nécessairement pris au sérieux, mais important.Sa place a changé parce que, dans le cadre des divertissements qui s'offrent, il n'est peut-être pas le plus.le plus divertissant.Ce qui explique que la télévision d'État, par exemple, dont le rôle serait d'avoir au minimum une émission consacrée au livre, est incapable de le faire.J'entendais récemment Daniel Gourd, vice-président par intérim de la télévision de Radio-Canada, parler de la mission de l'institution.Il a parlé de tout, sauf de littérature.Je ne serais pas étonné qu'il n'ait jamais lu un livre.» Chose que Victor-Lévy Beaulieu formule.disons, autrement, mais en allant dans le même sens : « Aujourd'hui, pour qu'un écrivain puisse parler de son livre à la télé, il faut qu'il soit prêt à jouer de la bombarde chez Marc Labrèche ou à faire du body painting chez Christiane Charette.» Bref, peu importe la raison \u2014 démocratisation de la culture, éclatement de l'environnement culturel, multiplication des propositions de divertissement \u2014 les écrivains ont plus de concurrence aujourd'hui qu'ils en avaient autrefois, ne serait-ce qu'il y a 25 ans.Concurrence venue de l'extérieur \u2014 « la télévision, le cinéma, le restaurant, les disques.et même les humoristes », fait Jacques Godbout \u2014 mais, aussi, d'entre leurs propres murs : tous s'entendent à dire que nous sommes passés de la littérature au livre, qu'on parle industrie et divertissement plutôt qu'oeuvre et art.« On est passé de la littérature comme on l'étudie à l'université à la littérature de commerce où les éditeurs sont des marchands et les écrivains, des gens d'affaires », poursuit l'auteur de Salut Galarneau !.et président du conseil d'administration des Éditions du Boréal.À un titre et à l'autre, il admet \u2014 comme Victor-Lévy Beaulieu (qui est aussi à la barre des Éditions Trois-Pistoles) et Monique La Rue (qui enseigne la littérature québécoise au collège Édouard- Montpetit) \u2014 qu'on publie beaucoup.Trop, même.« Mais quels livres sont de trop ?» demande-t-il.« Je ne voudrais pas être celui qui devrait tracer la ligne.» Et d'évoquer une période où, plutôt que de faire partie des « amuseurs publics », l'écrivain « consacrait des choses ».Où chaque livre publié, et même le simple fait de publier, « était une affirmation d'ordre politique et social ».« Depuis, nous avons quitté le domaine de la littérature classique comme on l'enseignait au cours classique.Une littérature presque sacrée où dire Je suis écrivain était comme dire Je suis prêtre », fait-il, une pointe d'amusement fleurant du sourire.Cette époque-là, celui qui a publié son premier recueil de poèmes en 1956, l'a connue.« Une époque où chaque livre était attendu », fait-il.« On sentait l'émergence de la littérature québécoise \u2014 avec les Réjean Ducharme, Marie-Claire Blais, Jacques Godbout, Anne Hébert, Roch Carrier.Et ces auteurslà étaient pris au sérieux », ajoute Victor-Lévy Beaulieu.« Il me semble qu'alors, les écrivains étaient plus connus et qu'une publication, par exemple Prochain épisode, d'Hubert Aquin, en 1965, était un événement », note Monique La Rue qui, elle, est arrivée sur la scène littéraire en 1979, avec La Cohorte fictive.Naissance de l'UNEQ La littérature québécoise, telle qu'ils en parlent tous trois, était à un tournant.Un tournant amorcé au milieu des années 1970 et dans l'élan duquel s'inscrivent bien des choses, dont la fondation de l'UNEQ \u2014 à laquelle Jacques Godbout est loin d'être étranger.« L'UNEQ a été officiellement fondée en 1977, mais l'idée est née en 1976, pendant un automne particulièrement bouleversé, raconte-t-il.C'était les grandes élections provinciales qui ont amené le Parti québécois au pouvoir.Au point où, quand j'ai formé le premier comité, Gérald Godin devait en faire partie.Mais il a été obligé de se récuser car il se présentait contre Robert Bourassa, dans Mercier.» « Il faut aussi savoir qu'à cette époque-là, nous pouvions dire : Je connais tous les écrivains du Québec.Nous étions moins d'une centaine et nous formions un groupe assez homogène : une majorité d'hommes ayant fait leur cours classique, et si nous n'habitions pas tous à Outremont, c'était tout comme », résume-t-il.Bref, plusieurs de ces écrivains \u2014 Pierre Morency, Hubert Aquin, André Major, Nicole Brossard, etc.\u2014 après une Rencontre internationale des écrivains tenue dans le nord de la métropole, avaient réalisé qu'il n'existait aucune structure, au Québec, pour recevoir un écrivain étranger de passage.Ils ont décidé d'y voir et, se penchant sur ce dossier, ont fait ressortir plusieurs autres problèmes \u2014 plus épineux encore \u2014 concernant leur profession.« Les maisons d'édition étaient moins nombreuses et moins solides qu'aujourd'hui.Dans la plupart des cas, les droits d'auteur n'étaient pas payés, la publicité ne suivait pas et il existait beaucoup de publications de type artisanal.Et puis, Radio-Canada ne payait pas de cachets aux écrivains invités entre ses murs pour autre chose que la promotion de leurs oeuvres, les auteurs ne touchaient pas de cachet quand ils faisaient des conférences dans les écoles.» Et ainsi de suite.L'UNEQ est née d'une volonté de régler ces problèmes, à une époque charnière : les mouvements féministes étaient à leur plus fort \u2014 d'ailleurs, du milieu des années 1970 au milieu des années 1980, « les femmes ont dominé la production littéraire québécoise en termes de quantité », rappelle Jacques Godbout \u2014 et l'avènement du Parti québécois au pouvoir a amené une « décolonisation mentale » qui n'était pas que politique.« C'est ce qui a fait éclater le roman national que l'on écrivait jusque-là, et dont le but était de prouver qu'on pouvait écrire des romans à propos de sujets québécois et qui se passent au Québec.À partir de 1976, les genres littéraires se sont mis à apparaître : romans d'amour, d'action, policiers, de jeunesse.» Depuis, l'heure est à la multiplication des titres et des auteurs.« Sauf que la démographie ne suit pas », note Jacques Godbout.« Et que là où, quand j'étais au Jour, je pouvais imprimer 3000 exemplaires d'un livre signé par un inconnu et, même, aller en réédition.Aujourd'hui, je publie 1200 exemplaires d'un roman signé par un auteur connu et je ne réussis pas à vendre la moitié du tirage », déplore Victor- Lévy Beaulieu.Monique La- Rue, elle, demeure par contre confiante que la tranche de la population s'intéressant à la littérature n'est pas en décroissance.Elle existe, même si elle semble écrasée au sein de l'industrie et du marché.« Deux mots qui, dit-elle en souriant, n'appartiennent d'ailleurs pas à la littérature.» À l'occasion du 25e anniversaire de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (l'UNEQ), La Presse a demandé à Jacques Godbout, Monique La Rue et Victor-Lévy Beaulieu si la place, le rôle, la profession de l'écrivain ont changé au cours du dernier quart de siècle, au Québec.La réponse est, bien sûr, oui.Pas nécessairement pour le mieux, mais pas toujours pour le pire.Photothèque La Presse © Victor-Lévy Beaulieu Photo PIERRE McCANN, La Presse © Monique La Rue Photo DENIS COURVILLE, La Presse © Jacques Godbout : « Aujourd'hui, pour qu'un écrivain puisse parler de son livre à la télé, il faut qu'il soit prêt à jouer de la bombarde chez Marc Labrèche ou à faire du body painting chez Christiane Charette.» TÉMOIGNAGE Tueur à gages des Hells Angels ANDRÉ CÉDILOT En 1994, Serge Quesnel est détenu au pénitencier à sécurité maximale de Donnacona, où il se façonne une réputation de dur à cuire.C'est alors qu'un avocat de Québec lui rend visite pour en faire un tueur à gages des Hells Angels.C'est là le bout le plus croustillant d'un autre livre, Testament d'un tueur des Hells, qui veut nous faire connaître le milieu de moins en moins secret des motards.Son auteur, Pierre Martineau, en est à son premier bouquin.Aujourd'hui délateur, Quesnel, 32 ans, est toujours derrière les barreaux, repentant mais hanté par ses crimes horribles, tandis que le criminaliste qui l'a recruté continue de défendre les Hells Angels à grands frais ! C'est à partir des confidences de Quesnel et des rapports de police que Martineau a décrit la terrifiante histoire de cet « animal du crime » et son bref passage de cinq mois chez les Hells Angels de Trois-Rivières, à la fin de 1994.Le cheminement de Quesnel en dit long sur la tolérance de la société et la fascination qu'exercent les « couleurs » des Hells sur les jeunes.À la manière du film québécois Hochelaga, disponible en vidéocassette, Quesnel démythifie ce milieu qu'il qualifie maintenant « d'hypocrites et de profiteurs », où seuls l'argent et l'intimidation règnent en maître.Du temps qu'il était à la solde des principaux leaders des Hells de Trois-Rivières, Louis Roy et Richard Vallée (le premier est disparu en juin 2000, alors que l'autre n'a pas été revu depuis son évasion de l'hôpital Saint-Luc), Quesnel a fait la belle vie.Il avait de l'argent plein les poches, fréquentait les grands hôtels et bouffait dans les meilleurs restaurants.Il n'était pas rare que des motards perdent 75 000 $ par soir dans les jeux de hasard.Tueur froid, cynique et sans scrupules, mais aussi très conscient de ses obligations pour obtenir ses galons, Quesnel dit avoir tué cinq personnes durant sa triste carrière.Il en a battu des dizaines d'autres.Sollicité de partout, il avait plein de « contrats » quand il s'est fait arrêter, le 1er avril 1995.Il touchait de 10 000 à 25 000 $ par meurtre.Après cinq mois de vie à un train d'enfer, il se fait arrêter par la Sûreté du Québec.Il « craque » à son tour en apprenant que c'est l'un de ses compagnons d'arme qui l'a trahi.En échange de sa collaboration comme « témoin repenti », il touchera tout près de 400 000 $ quand il sortira de prison.À cause de ses penchants pour la drogue et ses nombreuses frasques en prison, sa crédibilité en prendra pour son rhume devant les tribunaux, avec le résultat que les gros noms comme Roy et Vallée s'en sont tirés.Seuls quatre ou cinq truands ont été condamnés.Bien qu'il soit conscient des dangers qui le guettent à sa sortie de prison, il veut refaire sa vie.Il veut se marier, mais se gardera toutefois de révéler à sa future femme quelque détail que ce soit de sa vie.antérieure.\u0001 \u0001 \u0001 TESTAMENT D'UN TUEUR DES HELLS Pierre Martineau Les Éditions Des Intouchables, 247 pages 7LP0401F0915 f4 lectures dimanche 7LP0401F0915 ZALLCALL 67 19:00:21 09/14/02 B LITTERATURE DU VOISIN Comment creer un heros americain collaboration speciale Apres la semaine derniere pleine de souvenirs du 11 septembre, il peut etre interessant de se demander ce qui constitue un heros pour les Americains.Comment les heros se creent-ils dans ce pays ou les medias travaillent jour et nuit pour en fabriquer de nouveaux, encore plus nobles, encore plus populaires ?Voila qu'un livre arrive de la France et traite justement de cette question.Ecrit par Jacques Portes, un professeur d'histoire et de culture americaines qui a neanmoins une plume accessible a tous, il explore la vie et le mythe d'un grand heros chez nos voisins, un homme dont la vie a ete recreee par les medias de son epoque.Il s'agit de William Cody, mieux connu sous le sobriquet de Buffalo Bill.Cody fut un homme assez simple dont la carriere a toutefois vehicule des valeurs complexes et souvent contradictoires .en somme, un bon sujet de livre.D'ailleurs, Hollywood s'est penche sur son cas plus d'une fois, y compris le grand realisateur Robert Altman, avec son film Buffalo Bill et les Indiens.Dans ses roles d'eclaireur, d'explorateur, de militaire, de tueur de bisons pour le compte des chemins de fer, il faisait la guerre aux Indiens.Plus tard dans sa vie, lorsqu'il a travaille comme homme de spectacle avec son Wild West Show, il a fait la promotion de leurs droits en tant que citoyens americains a part entiere.Cody y croyait-il sincerement, ou continuait-il seulement a exploiter les Indiens, cette fois sur les scenes americaines, canadiennes et europeennes ?Jacques Portes enquete la-dessus et sur d'autres questions.Pour la plupart d'entre nous, Buffalo Bill, c'est un mythe, un personnage de bande dessinee ou de cinema populaire.Pourtant, l'homme a existe.Ne en 1846 sur les plaines de l'Etat d'Iowa, il a du faire face aux choix moraux et a la violence quotidienne de la Guerre de Secession .ce que les Americains appellent leur Guerre civile.Dans les annees 1850, la famille Cody s'est installee dans le territoire du Kansas, dans le Kansas sanglant de l'epoque, si bien evoque par le romancier Russell Banks dans son livre Pourfendeur de nuages.L'enjeu, la source de la violence, c'etait l'esclavage, car le territoire etait devenu un champ de bataille entre les forces en faveur de l'esclavage des Noirs et celles qui etaient contre.C'est la ou John Brown, heros ou fou selon l'appreciation de chacun, a lance sa carriere de militant abolitionniste.La famille de Cody etait fermement contre l'esclavage, epousant l'argument selon lequel l'esclavage reduit le maitre en brute.Apres avoir fait un discours public en ce sens, le pere de Cody a failli perdre la vie, et il a du fuir, laissant sa famille dans le besoin et l'incertitude.A la suite de ces evenements, il est mort alors que son fils William avait a peine 11 ans.Enfant, William Cody preferait deja la liberte des pistes et des grands espaces aux bancs de l'ecole.A cette epoque, l'enfance ne durait pas longtemps.A l'adolescence, il travaillait deja comme eclaireur, et il vendait ses talents de cavalier au Pony Express, le service de distribution de courrier par cheval, ainsi qu'aux convois de bovins destines aux abattoirs de Chicago.Le jeune Cody avait un sens inne de la nature, et un enorme talent pour les chevaux et les armes.Pourtant, il n'etait pas, comme on dit aujourd'hui, motive ; il aimait surtout le plaisir.Un jour, de retour d'un emploi de convoyeur de bovins au cours duquel il a tue un Indien dans une escarmouche, il fut baptise par un journal le plus jeune tueur d'Indiens des plaines .Candide, le garcon a avoue etre ravi de cette notoriete .Des cette premiere rencontre avec un journaliste, Cody, qui n'etait pas encore devenu Buffalo Bill, a compris sa vocation : heros mediatique, la creation des journalistes, une vraie bete de scene .le sobriquet de Buffalo Bill lui a ete attribue par un journaliste.Son travail, c'etait d'incarner les valeurs americaines de l'epoque.Sur les planches de son Wild West Show, on trouvait tout le Far West : une diligence attaquee par des Indiens, des locomotives, des tirs a blanc, des manifestations de l'art du lasso, des feux de camp et des tipis.Il est devenu le vehicule de la destinee manifeste (manifest destiny), idee selon laquelle les Americains avaient le droit moral d'occuper tout le continent, repoussant ceux qui y vivaient deja.En meme temps, malgre la violence sous-jacente a cette idee, Buffalo Bill devait aussi incarner la vertu : galant avec les dames, toujours sobre (la realite etait autre.), suivant le strict code de comportement de gentlemen-cowboys.Il devait eviter a tout prix les potins scandaleux qui tournent inevitablement autour d'un spectacle de grande envergure, comme son Wild West Show.Cree par les medias, Buffalo Bill etait surtout un homme de spectacle.Selon l'auteur, il a brille plus sur la scene que sur les plaines d'Amerique.Mais Cody a ete aussi un temoin privilegie : il a vu des passages importants de l'histoire des Etats-Unis.Il a connu la guerre de Secession et l'age heroique de l'exploration de l'Ouest americain, mais aussi l'arrivee massive des immigrants europeens, et l'expansion rapide des villes.Il est mort en 1917, en pleine Guerre mondiale, ayant temoigne de la mort de l'innocence americaine.\u0001 \u0001 \u0001 BUFFALO BILL Jacques Portes Fayard, 236 pages HISTOIRE BANDE DESSINEE Beatrice Richard et le mythe de Dieppe Dessins avec dessus dessous ALEKSI K .LEPAGE collaboration speciale L'enigmatique serie BD Les Cites obscures ne relate pas tant les aventures d'un seul heros ni meme celles de plusieurs personnages ; elles racontent d'abord un monde.Un monde entier qui aurait pu exister.On s'y croirait coince quelque part, ailleurs, dans les annees 1920, pour l'eternite.Ici les acteurs sont relegues au second plan, qui n'est jamais tres a l'ecart du premier.Et le mot plan n'est pas qu'une image : cette bande dessinee emprunte tant a la peinture et plus encore a l'architecture qu'elle finit par s'y meler.De tous les arts, la BD serait le neuvieme, selon le classement officiel : Schuiten et Peeters brouillent les pistes, les genres et les disciplines.Devant eux, on est tenu de prendre les choses avec grand serieux.Voila 20 ans, les deux Belges lancaient Les Murailles de Samaris, introduction a l'univers parallele des Cites obscures .Petit a petit ce monde insolite s'est etale, a pris de l'envergure ; des villes y ont pousse, litteralement ; des territoires s'y sont formes, puis des pays.L'ensemble des Cites .comme la bede qui en raconte les evolutions .est un veritable work in progress .Pour s'y retrouver, les auteurs ont meme pondu Le Guide des Cites, qui traite autant de politique et d'architecture que de botanique.La Frontiere invisible, premier volet d'une petite serie au sein de la grande serie, revele les decouvertes d'un jeune cartographe intelligent mais encore inexperimente, envoye au Centre de cartographie de la Soldrovno-Voldachie (n'ouvrez pas les dictionnaires, c'est imaginaire).La cartographie est un art desuet, ou en voie de l'etre, depuis l'apparition toute recente d'engins cybernetiques, et depuis la realisation de projets gouvernementaux visant a reconstituer le pays.Notre jeune heros arrive donc pile au mauvais moment, au mauvais endroit.La Frontiere invisible fourmille evidemment de references (parfois invisibles) aux grands chamboulements territoriaux qu'a du subir recemment une partie de l'Europe, et d'autres references plus frappantes encore aux bouleversements technologiques en general.Les Cites etant un monde parallele au notre, son histoire l'est egalement.Le lecteur peut y lire toutes sortes de choses liees aux evenements recents ou encore predisant des evenements a venir ; libre a lui de faire des liens et des raccords ou il en trouve.Chez Schuiten et Peeters, on n'est jamais tres loin de la grande litterature d'anticipation ou de retro-fiction a la Georges Orwell, Jules Verne et meme Lovecraft.Leur demarche peut effrayer : ou veulent-ils en venir ?Veulent-ils seulement en venir quelque part ?Et nous ameneront-ils la un jour ?Meme les bedephiles avertis sont en droit de se questionner.D'un album a l'autre, des personnages auxquels on s'attache tout naturellement cedent la place a de nouveaux, moins avises.L'univers des Cites , ou le lecteur habitue croit commencer a se retrouver, s'elargit sans cesse en se complexifiant.On est tout de meme encore loin .et tant mieux .des delires etourdissants et empreints d'esoterisme de Jodorowski/Moebius.Schuiten et Peeters sont deux esprits assez bien ranges et tout a fait cartesiens.Benoit Peeters lance cet automne une nouvelle biographie de Herge, sur laquelle il a peine longtemps : Herge, fils de Tintin.Que va-t-on apprendre sur Georges Remi qu'on ne sait pas deja ?Mystere.Pour plus d'information sur Les Cites Obscures , veuillez consulter l'excellent site Internet : www.urbicande.be \u0001 \u0001 \u0001 LA FRONTIERE INVISIBLE TOME 1 Schuiten et Peeters Casterman, 62 pages PIERRE VENNAT En octobre 1994 se tenait, a Montreal et Saint-Jean, le premier grand colloque francophone consacre a l'histoire militaire du Canada francais.(Le terme Canadien francais representant ainsi les francophones de tout le pays, et non seulement du Quebec).On y avait alors fait remarquer que des milliers de Canadiens francais ont participe a ce qu'il est convenu d'appeler l'une des plus grandes guerres de liberation de tous les temps, la Seconde Guerre mondiale et dont pourtant nos livres d'histoire parlent tres peu.Rares, en effet, sont les etudes francophones serieuses sur le sujet.Dans les actes de ce colloque, publies l'annee suivante, une jeune historienne, Beatrice Richard posait publiquement la question : Face a tout ceci, la question que nous nous posons est la suivante : allons- nous encore oublier longtemps ?Et l'historienne d'ajouter : L'engagement des Canadiens francais dans l'armee canadienne est, pour nous, une veritable blessure de guerre.Secret de famille honteux, cette plaie ne se resorbera pas tant que nous ne l'aurons pas nettoyee, c'est-a-dire tant que nous n'en aurons pas fait un objet d'etude et d'analyse scientifique a part entiere.Depuis, certains s'y sont essaye.Les colloques d'histoire militaire canadienne-francaise sont maintenant annuels, quelques historiens, professionnels ou amateurs, se sont mis a publier des ouvrages sur certaines facettes de notre passe militaire.Peu a peu, on commence a en savoir davantage sur ce secret de famille honteux .Alain M.Bergeron, par exemple, journaliste a l'Union de Victoriaville et auteur de romans-jeunesse a ses heures, vient de publier un ouvrage consacre a Rosaire Crochetiere, jeune pretre de sa region, aujourd'hui oublie, mais qui fut le seul aumonier militaire canadienfrancais a trouver la mort dans les tranchees durant la Premiere Guerre mondiale.Ayant mis la main sur sa correspondance, Bergeron a pu ainsi sortir de l'oubli cet heros canadien-francais de la Premiere Guerre mondiale.Mais l'ouvrage principal de la rentree, jusqu'ici en tous les cas, en matiere d'histoire militaire, est celui de Beatrice Richard elle-meme.Apres ses remontrances aux historiens d'ici pour leur silence sur le passe militaire des Canadiens de langue francaise, l'historienne se devait de produire un livre magistral pour aider a la comprehension de notre histoire.C'est fait et le defi a ete releve avec classe.La commemoration recente du 60e anniversaire du raid sanglant de Dieppe a demontre jusqu'a quel point on a, enfin, sorti cette page sanglante de l'oubli.Mais en meme temps, on en a fait un mythe.Ce qui est vrai, c'est que le raid du 19 aout 1942 constitue la page la plus sanglante de l'histoire militaire canadienne puisqu'en quatre heures environ, ce jour-la, plus de 3000 soldats canadiens furent tues, blesses ou faits prisonniers (d'ailleurs, la plupart des prisonniers etaient blesses).La s'arretent les faits.Pour le reste, ce n'est qu'interpretations et mythes.Par exemple, on ne s'entend toujours pas sur l'utilite du raid.Et plusieurs, tant au Canada anglais que francais, considerent que les Canadiens furent des victimes innocentes des eprouvettes de l'etat-major britannique, qui voulait tester des troupes et du materiel en vue d'un debarquement futur et ce, sans tenir compte du risque enorme de pertes humaines pour une simple experience mal menee.Pire, plusieurs affirment que le raid n'a eu lieu que pour des raisons politiques : les Britanniques ayant promis a Staline, mal en point a Stalingrad et ailleurs, en ce qui etait alors l'URSS, de creer une diversion et de faire croire a l'emergence d'un deuxieme front, de facon a desengorger le front russe de troupes allemandes, tout en permettant au premier ministre canadien Mackenzie King, desireux de prouver que ses hommes etaient, eux aussi, capables de courir a l'action , de faire leurs preuves, meme dans une situation suicidaire.Mais il y a eu pire.Comme le demontre l'historienne, il s'est egalement cree au Quebec un mythe qui voulut que les Canadiens francais , pour ne pas dire eux seuls, furent massacres a Dieppe.Ce mythe remonte a aout 1942 et la faute en revient a la propagande federale elle-meme.Pour faire mousser le recrutement chez les francophones qui menacaient de bouder la conscription et favoriser l'enrolement de volontaires au maximum, on encouragea les journaux du Quebec a ne parler, pratiquement, que du general Dollard Menard et des Fusiliers Mont-Royal, comme s'ils avaient ete la seule unite engagee dans l'operation, alors qu'ils n'etaient qu'un bataillon sur six et que les autres aussi ont ete aussi massacres.Quoi qu'il en soit, la guerre terminee, le silence se fit sur ces heros.Les historiens nationalistes francophones choisirent de ne privilegier que la lutte contre la conscription et les deserteurs qui la refuserent en fuyant dans les bois ou ailleurs.Tandis qu'outres par le refus des Franco-Canadiens d'endosser la conscription lors du referendum de 1942, les historiens anglo- canadiens ignorerent le fait que 90 000 des notres se sont enroles volontairement, ont combattu et souvent se sont fait tuer au front.Ce n'est que depuis la Revolution tranquille, surtout dans La Presse, sous la plume du soussigne, souligne elle-meme Beatrice Richard, que le raid de Dieppe est ressorti, au Quebec, de l'oubli.L'historienne, toutefois, qui a fait un veritable travail de benedictin en etudiant tout ce qui s'est ecrit, comme articles de journaux, revues, livres, pieces de theatre, puis toute la production audiovisuelle ou radiophonique sur Dieppe de 1942 a l'an 2000, explique comment, maintenant, Dieppe est devenu un mythe, tout comme autrefois Dollard- des-Ormeaux, dont, Dieu merci pour la memoire de ceux qui sont morts, on se souvient, mais ou la verite et le mythe se melangent a qui mieux mieux, sans qu'il soit possible de departager l'un de l'autre.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA MEMOIRE DE DIEPPE : RADIOSCOPIE D'UN MYT HE Beatrice Richard, VLB Edite ur \u0001 \u0001 1.2 CAPITAINE-ABBE ROSAIRE CROCHETIERE : UN VICAIRE DANS LES TRANCHEES Alain M.Bergeron Editions du Septentrion 3075284A 7LP0501F0915 f5 lectures dimanche 7LP0501F0915 ZALLCALL 67 19:23:22 09/14/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 5 S E P T EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 PSYCHO POP LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Affaire de titres Dans l'intimité de Louise de Vilmorin L I L I A N N E LACROIX Il y a ceux qui font sourire, ceux qui surprennent, qui intriguent ou ces autres qui choquent ou qui attirent le regard comme un aimant.Malheureusement, il y a aussi ceux, trop nombreux, qui constituent la meilleure partie d'un livre ou pire encore, la seule bonne note, comme si tous les efforts de création s'y étaient concentrés.Focus sur quelques titres bizarroïdes.Ce titre-là était prometteur.On allait s'amuser.Et effectivement, d'une page à l'autre de L'Angoisse du morpion avant le coït - 36 questions que vous ne vous êtes jamais posées sur le sexe (on pourrait ajouter : ou que vous n'avez jamais osé poser), on rigole ferme et en plus, oh ! surprise intéressante, on apprend un tas de choses.Évidemment, ce n'est pas là le genre d'informations qu'on échangera dans un grand dîner de financement de l'Alliance canadienne ou dans une rencontre des Filles d'Isabelle, mais disons que c'est parfois bon à savoir.Pour se coucher un peu moins niaiseux que la veille.La taille du pénis est-elle vraiment reliée à la taille des doigts, comme le veut une rumeur persistante ?Comment un morpion distingue- t-il un poil d'un cheveu ?Peut-on se faire dépuceler par un tampon ?Pourquoi les hommes aiments- ils les seins ou encore, question existentielle s'il en est une : pourquoi se mordille-t-on pendant l'amour ?Le ton est drôle, évidemm e n t , t o u t comme les illustrations de chaque chapitrethème, mais les fournies par l'auteur Antonio Fischetti reposent sur une base scientifique solide, assure-t-il dès l'avant-propos.Comme il le dit : « Ce n'est pas parce qu'on déconne qu'on dit des conneries.Dernière réflexion d'un petit comique attiré lui aussi par le titre : « Vaut mieux l'angoisse du morpion AVANT qu'APRÈS le coït ».On n'osait pas le dire ! Le titre-punch Ce n'est pas un titre, c'est un coup de poing.De l'inconvénient d'avoir été violée veut clairement frapper par son incongruité, les mots « inconvénient » et « viol » ne pouvant guère être liés ou confondus sans faire dresser les cheveux de toute femme.Surprise dans son lit par un malfaiteur qui s'était introduit chez elle par effraction, Florence a subi un viol dans un climat surréaliste « d'exquise politesse ».Une intrusion indélébile qui, au moins, avait l'avantage d'être limitée dans le temps.Le deuxième viol, lui, fut celui que le système lui a fait subir ; pas les policiers, qui se sont montrés délicats en toute circonstance, mais l'appareil médical et administratif, qui lui a imposé une lente torture et qu'elle surnomme Le Minotaure.En comparaison, le violeur lui-même fut infiniment plus humain, plus courtois, se rend-elle compte avec désarroi.Son livre, elle l'a écrit (et assez bien, comme on pouvait s'attendre d'une universitaire, enseignante en musique), par impuissance, par lassitude, par écoeurement, pour poser des questions et surtout.pour pouvoir parler.Enfin Les dangers de l'enthousiasme Si vous sentez l'enthousiasme vous submerger au moment de vous lancer dans votre séance de jogging ou de vous précipiter sur votre ballon d'exercices géant, maîtrisez- vous ou demandez carrément à quelqu'un de vous attacher car le danger vous guette.C'est du moins le conseil d'ami que nous lance, dans son tout petit livre, Enthousiasm is the Enemy - Get Fit, Stay Fit, l'entraîneur américain Joe Arrigo, qui estime que l'exubérance et les bonnes intentions ne résisteront jamais à la bête réalité : l'exercice physique est dur et ennuyeux.Ce qu'il faut, selon lui, c'est s'assurer qu'on respecte toujours la combinaison magique : l'exercice doit toujours nous sembler facile et court et devenir tranquillement, avec le temps, un besoin viscéral.Sinon, c'est inévitable, à plus ou moins long terme, on va lâcher.Pas question donc, d'augmenter la cadence sans avoir atteint le plateau magique « c'est facile - c'est pas long ».Conscient qu'on ne sait pas trop par quel bout aborder la question, il nous offre même une série d'exercices (un cardiovasculaire, six musculaires, trois d'étirement), qui semblent à première vue étonnamment traditionnels, ainsi que les trucs qui nous empêcheront de « partir en peur ».Ce livre est publié seulement en anglais.Questions embarrassantes La curiosité est un bien bon vendeur.Qui donc résisterait à ouvrir un livre qui s'intitule 216 questions embarrassantes que vous n'avez jamais osé vous poser ?Qu'est-ce que ça peut bien être, ces fameuses questions ?L ' i n d i c e dans ce titre, c ' e s t l e d e u x i è m e « vous ».Ce sont là des q u e s t i o n s , d o n c , d e s questions profondes, songées, souvent philosophiques qui ne manqueront pas, si vous vous prêtez au jeu, de vous torturer un peu.Parmi les plus courtes concoctées par l'auteur et psychologue Ysidro Fernandez, en voici quelques- unes, en échantillon : > Numéro 42 : Combien de temps seriez-vous capable de rester sans vous regarder dans un miroir ?> Numéro 33 : Comment savezvous avec certitude, qu'en ce moment même, vous n'êtes pas en train de rêver que vous êtes, justement, en train de lire ces lignes ?> Numéro 100 : Quelle est la dernière phrase que vous aurez envie de dire avant de mourir ?À qui ?Et celle-ci, si tordue : > Numéro 106 : Si c'était techniquement possible, aimeriez-vous faire l'amour avec vous-même ?Oh boy ! Freud, quelqu'un, à l'aide ! \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'Angoisse du morpion avant le coït 36 questions que vous ne vous êtes jamais posées sur le sexe Antonio Fischetti Éditions Albin Michel, 269 pages \u0001 \u0001 De l'inconvénient d'avoir été violée Florence Féroé Éditions Albin Michel, 189 pages \u0001 \u0001 \u0001 Enthousiasm is the Enemy Get fit Stay fit Joe Arrigo Éditions Trafford, 93 pages \u0001 \u0001 \u0001 216 questions embarrassantes que vous n'avez jamais osé vous poser Ysidro Fernandez Éditions Stanké, 220 pages JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale L'adecdote raconte qu'un journaliste qualifia Louise de Vilmorin de « femme du monde et aventurière ».Elle l'appela, en larmes, pour lui reprocher son titre.Il s'excusa, platement, que : aventurière, vraiment, c'était mal trouvé, et qu'il regrettait.Mais elle : c'est femme du monde qui m'a fait pleurer !.Tout le malentendu est là, et il a été là longtemps, sur Louise de Vilmorin, poète, écrivain, créatrice de modes (on ignorait le mot styliste), et présente durant un bon demisiècle sur la scène parisienne.Étaitelle une femme du monde ?Que faire lorsque l'on est issue de deux familles illustres de la noblesse française \u2014 sans parler d'un cousinage avéré avec Jeanne d'Arc ! \u2014 et que l'on fréquente tout ce qui compte dans les lettres françaises ?À une époque où Paris regorgeait d'artistes.Allons.Quelqu'un qui dessine des robes pour Chanel, des objets et des décors pour le Tout-Paris, quelqu'un qui écrit un roman intitulé Madame de.que de très grands écrivains difficiles à suspecter de complaisance tiennent pour un chef-d'oeuvre, quelqu'un qui terminera sa vie en compagnie de Malraux.ne peut pas être totalement mauvais \u2014 en tout cas ne peut être réduit à ce rôle de femme du monde, qu'elle tint avec autant de maestria que Madame de Staël ou, plus près de nous, que la mécène américaine Florence Gould, mais avec beaucoup plus de drôlerie et de simplicité.On en vint à la nommer Louise de France, vous rendez-vous compte ?Si l'on vous bassine aujourd'hui avec Louise de Vilmorin, c'est à l'occasion de la publication de deux livres d'elle.Il faudrait commencer par lire Intimités, afin de bien connaître cette femme.C'est une sorte de journal, parfois illustré d'un crayon rapide et sûr, tenu à Saint- Vigor (maison de campagne qui ne lui appartenait pas) en 1950 et 1951, avec quelques annexes de voyages, par-ci, par-là.Naturellement, récit de rencontres, de spectacles, de dîners avec le prince Trucmachin ou la princesse de Chose \u2014 on s'y attendait, ce fut l'ordinaire de cette femme qui n'avait pas un sou malgré sa célèbre famille, qui fut toute sa vie obligée de créer des objets, des dessins, des dialogues pour films (Les Amants, de Louis Malle, par exemple, ce qui n'est pas rien), des robes pour les grands couturiers qui ne s'en vantaient guère, nous semble-t-il, et de placer quelque article dans les meilleures revues afin de simplement pouvoir « tenir son rang » (qu'on appelle chez nous « bouffer ») comme il sied à ceux qui en possèdent un.Cette femme qui, boiteuse, séduisit tout le monde en conservant une distance critique remarquable, une liberté, une drôlerie, inventant des qualifications pour chacun, parfois très dure et toujours lucide.Se payant de mots, en somme.Il faut rire de ses tentatives pour extorquer quelques sous à des amis complices qui savaient très bien qu'elle avait aussi besoin d'argent pour le dépenser en inutilités, seule chose qui calmait son anxiété (nous savons des femmes qui n'agissent pas autrement).Par exemple une lettre, la même, que l'on envoie à plusieurs.À laquelle les meilleurs répondent : « Tu me l'as déjà fait.Trouve autre chose.Ci-joints les 60 000 francs.» Et puis, la connaissant un peu mieux, il faudrait poursuivre en lisant Démone et autres textes.Il y a là 18 textes, soit fictions, soit poèmes, soit interviews, que Louise de Vilmorin offrait à quelques amis choisis, quelques pages de dessins, quelques essais d'écriture.Un dimanche d'amour, par exemple, nous semble un synopsis de roman, un petit bijou d'optimisme lucide.À lire absolument ?Ne serait- ce que pour se promener sur les bords de Loire, pour entendre aboyer un chien, pour s'endormir dans un lit en dentelle d'osier.On dirait du Giraudoux, en plus nostalgique : On soupire et l'on se dit : Et voilà encore un dimanche de passé.C'est quand même dommage.En effet.Avant de vous quitter, j'oubliais : relire Madame de.Publié en format de poche depuis belle lurette.Comme on dit chez les maçons : ça a tenu le coup.C'est bien le chef-d'oeuvre annoncé.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 INTIMITÉS Louise de Vilmorin Le Promeneur, Paris, 214 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 DÉMONE ET AUTRES TEXTES Louise de Vilmorin Le Promeneur, Paris, 209 pages MUSIC-HALL ! « Un roman riche, complexe, fascinant.1/2 » Réginald Martel, La Presse « La puissance de feu romanesque de Soucy est époustouflante : ce magicien est un bonimenteur qui n'a pas froid à l'imagination.» Le Magazine littéraire « Un roman époustouflant, étrange et déroutant qui allie le récit picaresque et la tragédie.» Danielle Laurin, Bouquinville, Radio-Canada GAÉTAN SOUCY Boréal www.editionsboreal.qc.ca Roman 396 pages 27,95 $ 3076849A 3057725A FLASHES LIVRES Louise Portal, romancière LA COMÉDIENNE Louise Portal aime écrire.Après Jeanne Janvier, et L'Enchantée, elle s'apprête à publier, aux éditions HMH, un premier livre qui sera qualifié de roman.Les précédents étaient considérés comme des récits.Cap-au-Renard est, selon l'éditeur, une « superbe chronique villageoise où montent les rumeurs du vent et de la mer pendant que rôde le renard ».Lindon aime Monique Proulx « IL Y A beaucoup de gaieté dans l'écriture de Monique Proulx, une sorte de joie simple.» selon Mathieu Lindon, critique à Libération (5 septembre).« Il y a cette ardeur aérienne dans son écriture, comme si l'ironie était le sentiment le plus bouleversant qui soit.» Bref, Lindon a aimé ce roman sur la littérature qu'est Le Coeur est un muscle involontaire (Boréal) que l'on peut lire « comme un roman d'amour, filial ou pas, comme un polar, un roman d'apprentissage.» Une suite à Trainspotting DIX ANS après avoir créé une commotion avec son Trainspotting, l'auteur Irving Welsh donne une suite à son histoire de losers trash dans un roman au titre évocateur : Porno.Chaque personnage prend tour à tour la parole pour dire où il en est rendu, rapporte le Sunday Times de Londres.Mark se cache à Amsterdam où il tient un bar.Le psychotique Frank sort de la prison où il avait été enfermé pour meurtre, Sock Boy travaille à la réhabilitation de sa petite ville, mais se lancera dans la production de vidéos pornos dont les vedettes seront des clients d'un bar, et Sped est en réhabilisation.Aux éditions Cape. 7LP0601F0915 7LP0601F0915 ZALLCALL 67 17:59:21 09/14/02 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 5 SEPTEMBRE 2002 SCIENCES EN BREF Des hommes en sueur IL SEMBLERAIT que les hommes transpirent plus que les femmes.Une croyance tenace veut que ce phénomène soit dû à la taille plus importante de ces messieurs.Pour vérifier cela, Barbara Griefahn et son équipe de l'Université de Dortmund, en Allemagne, ont demandé à des volontaires de s'asseoir durant deux heures dans une auto, sous des lampes chauffantes (celles- ci imitaient les rayons du soleil traversant le pare-brise).Résultat : les hommes ont perdu 250 grammes de sueur par heure, tandis que les femmes n'en perdaient que 70.« Les hommes transpireraient donc plus abondamment, peu importe leur masse corporelle », soutient Mme Griefahn.Sa recherche est parue dans une revue peu connue, l'International Journal of Industrial Ergonomics.Le stress et l'argent NUL BESOIN de laisser votre emploi parce que vous craignez d'y laisser votre santé.Le niveau de stress a en réalité peu de chances de vous conduire à une crise cardiaque fatale.Selon John Macleod et ses collègues de l'Université de Birmingham, la population a fait un lien erroné entre le stress et les revenus.En étudiant 5606 hommes dont les revenus s'échelonnaient entre le salaire minimum et les honoraires des professionnels, ces chercheurs ont effectivement constaté que les participants les plus riches étaient les plus stressés.Sauf que, même s'ils craignaient énormément de souffrir de maladies cardiaques, les risques étaient minimes.« Le risque de souffrir d'une maladie cardiaque a une forte corrélation avec le niveau financier et non le niveau de stress », assurent les chercheurs dans le British Medical Journal.La haute altitude liée à la déficience d'hormones SELON UNE RÉCENTE étude péruvienne, les femmes âgées qui vivent en haute altitude auraient une espérance de vie plus courte que celle de leurs consoeurs vivant au niveau de la mer.Cela serait dû à une basse concentration d'hormones dans le sang, qui mettrait en danger la santé de ces dames.Pour évaluer cette situation, les chercheurs ont comparé des échantillons sanguins de femmes vivant à 4000 mètres d'altitude, dans les Andes, à ceux de femmes de même origine vivant au niveau de la mer, près de Lima, au Pérou.« Les femmes des régions montagneuses âgées entre 60 et 70 ans avaient une basse concentration de trois sortes d'hormones », confirme au Journal of Endocrinology Gustavo Gonzales, endocrinologiste à l'Université de Peruana Cayetan Heredia, et co-auteur de cette étude.« Bien que les concentrations de ces hormones diminuent normalement avec l'âge, le fait de demeurer en haute altitude pourrait accélérer cette diminution ainsi que la vieillesse », explique Gonzales.Un traitement humain des animaux LES CHERCHEURS allemands qui utilisent des animaux pour leurs expériences devront faire face à la loi : le Parlement a accordé là-bas, ce printemps, des droits constitutionnels aux animaux.Ce qui signifie que les animaux doivent être traités « humainement », si l'on peut dire, et protégés contre les douleurs évitables.Plusieurs scientifiques ont tenté de s'opposer à cette loi, craignant qu'elle ne nuise à leur propre droit constitutionnel.de mener des recherches.Droits acquis sur vos plantes AUX QUATRE COINS du monde, on ne compte plus les communautés isolées dont de précieux gènes ou des plantes médicinales utilisées depuis des générations sont commercialisés à l'étranger, sans considération de leurs droits.En 1997, alors qu'elle étudiait à l'Université de Colombie-Britannique en vue de son doctorat, l'ethnobotaniste Kelly Bannister a décidé de prendre les devants : elle a refusé à une compagnie pharmaceutique l'accès à ses données sur les plantes qu'elle étudiait parce que les aînés de la nation voisine des Skeetchestn demandaient plus de temps pour étudier la question.Dans le milieu très compétitif de la recherche, il est davantage courant de voir des chercheurs ouvrir toutes grandes leurs données à de telles compagnies, moyennant un contrat qui leur garantit un généreux pourcentage si une jolie découverte en découle.Agence Science-Presse Sci Sat-1, premier satellite scientifique lancé par le Canada depuis plus de 30 ans, entamera en janvier sa mission, d'une durée prévue de deux ans, en vue de mesurer et de comprendre les processus chimiques qui régissent la répartition de l'ozone dans l'atmosphère terrestre.Un satellite canadien au-dessus de l'Arctique Sci Sat-1 utilisera une technique inédite dans l'espace pour étudier la diminution de l'ozone dans l'atmosphère O L I V I E R - L O U I S ROBERT collaboration spéciale Le 19 janvier prochain, si tout se déroule comme prévu, un avion Lockheed L-1011 de la société Orbital Sciences Corporation s'envolera de la base aérienne de Vandenberg, en Californie.Se dirigeant vers le sudouest, l'appareil larguera quelque part au-dessus de l'océan Pacifique la fusée Pegasus XL, attachée sous son ventre.La petite fusée s'élancera alors dans l'espace pour aller mettre en orbite Sci Sat-1, un minisatellite de 150 kg mis au point et financé par le Programme des sciences spatiales de l'Agence spatiale canadienne.Le premier satellite scientifique lancé par le Canada depuis plus de 30 ans, soit depuis la mise en orbite d'ISIS II en janvier 1971, entamera alors sa mission, d'une durée prévue de deux ans, en vue de mesurer et de comprendre les processus chimiques qui régissent la répartition de l'ozone dans l'atmosphère terrestre, particulièrement au-dessus de l'Arctique et des grandes villes du pays.Les deux instruments scientifiques qui serviront cette mission, baptisée ACE (acronyme anglais signifiant Expérience sur la chimie atmosphérique), sont conçus pour recueillir des données sur la stratosphère et la troposphère (à des altitudes comprises entre 8 km et 50 km au-dessus de la surface de la Terre) à partir d'une technique faisant appel à l'occultation solaire.Selon Peter Bernath, professeur au département de chimie à l'Université Waterloo et responsable scientifique de la mission ACE, il s'agit de la première utilisation de cette technique dans l'espace.« Pour appliquer la technique de l'occultation solaire à l'observation des couches de l'atmosphère qui nous intéressent, Sci- Sat-1 doit d'abord pointer vers l'horizon de la Terre à l'aurore ou au crépuscule.» À mesure que le Soleil se déplace dans la mince bande d'atmosphère se trouvant à l'horizon, ses rayons sont partiellement absorbés par les divers gaz présents dans l'atmosphère à des altitudes différentes.Ce sont ces gaz et leur distribution qui seront mesurés à haute résolution.« Pendant que les instruments observent le lever et le coucher du Soleil, ils peuvent donc effectuer leurs mesures sur toute l'épaisseur de l'atmosphère.Évoluant à 650 km au-dessus de la Terre, sur une orbite inclinée précisément à 74 degrés par rapport au plan de l'équateur terrestre, Sci Sat-1 sera bien servi à cet effet puisque, sur cette trajectoire idéale pour réaliser sa mission, il assistera quotidiennement à 15 levers et autant de couchers du Soleil, ce qui lui donnera 30 occasions de prendre des mesures précises.L'occultation solaire La technique de l'occultation solaire permet d'étudier l'atmosphère en complémentarité avec d'autres instruments ou d'autres satellites.Par exemple, l'instrument canadien MOPITT (Mesure de la pollution dans la troposphère), lancé en décembre 1999 à bord du satellite Terra de la NASA, a réalisé des mesures inédites au sujet de la pollution de l'air à l'échelle planétaire.« On ne pourra pas rivaliser avec le type de mesures que MOPITT fournit », explique le professeur Bernath.« Par contre, comme cet instrument pointe vers le bas, il a une très mauvaise résolution verticale alors que, grâce à l'occultation solaire, les instruments de Sci Sat-1 vont fournir un profil à haute résolution verticale de la dispersion des gaz dans l'atmosphère.» L'instrument principal de Sci Sat-1 est le spectromètre FTS (sigle anglais pour Spectromètre à transformée de Fourier) à infrarouge et à haute résolution, construit par la société ABB Bomem de Québec, un chef de file mondial dans les spectromètres embarqués sur satellites.Le spectromètre mesurera simultanément la température, les gaz à l'état de traces, les nuages minces et les aérosols que l'on trouve dans l'atmosphère.« Il mesurera aussi les aérosols produits par les gaz présents dans les émissions volcaniques », précise le professeur Bernath.Quant au second instrument, MAESTRO (sigle anglais pour Mesure de l'extinction des aérosols par occultation dans la stratosphère et dans la troposphère), mis au point par le Service météorologique du Canada, l'Université de Toronto et EMS Technologies d'Ottawa, il recueillera les profils précis des concentrations d'ozone.Les données recueillies par Sci Sat-1 aideront les scientifiques à déterminer la concentration d'aérosols dans l'atmosphère, élément essentiel pour comprendre pourquoi et à quelle rapidité la couche d'ozone se raréfie.Sci Sat-1 a été construit par Bristol Aerospace de Winnipeg, sous l'égide du Programme de petits satellites, un créneau technologique que tente de développer l'ASC.Les données recueillies par Sci Sat-1 aideront à déterminer la concentration d'aérosols dans l'atmosphère, élément essentiel pour comprendre pourquoi et à quelle rapidité la couche d'ozone se raréfie.Quarante ans de présence canadienne dans l'espace Avec Sci Sat-1, le Canada se dote de son cinquième satellite scientifique à la suite des deux Alouette et des deux ISIS, tous les quatre lancés au cours de la décennie 1962-1972.Pendant plus de 30 ans, le Canada a préféré, pour des raisons d'économie et de coopération internationale, concevoir des instruments destinés à être montés sur des satellites scientifiques d'autres pays plutôt que d'avoir en orbite un satellite national, avec l'infrastructure au sol onéreuse que cela exige.Tout en poursuivant sa politique de contribuer à des programmes internationaux, le Canada se devait pourtant de développer Sci Sat-1.« Quand on participe à des missions étrangères, on n'a pas le choix des thèmes et on ne contrôle pas nous-mêmes notre instrument », indique le responsable scientifique de la mission ACE, le professeur Peter Bernath.« Par exemple, les algorithmes de MOPITT sont réalisés au Colorado, avant d'être transmis aux Canadiens.Évidemment, nous recevrons les données de Sci Sat-1 directement ici, à l'Université de Waterloo, alors que le satellite sera contrôlé à partir du centre de contrôle de mission de RADARSAT, au siège de l'Agence spatiale canadienne, à Saint-Hubert.» Historiquement, le Canada s'est employé à étudier à partir de l'espace les aurores boréales et l'ionosphère.« Aujourd'hui, on s'intéresse de plus en plus aux couches inférieures de l'atmosphère.Notre but, à terme, c'est de comprendre l'atmosphère dans son entier.» Chronologie spatiale canadienne > 29 septembre 1962 : lancement du satellite Alouette-1, qui transmettra des données sur l'ionosphère pendant plus de dix ans.> 29 novembre 1965 : lancement d'Alouette-2, le premier satellite du programme ISIS (International Satellites for Ionospheric Studies).> 30 janvier 1969 : lancement d'ISIS-1.> 31 mars 1971 : lancement d'ISIS-2.> 22 février 1986 : lancement du satellite suédois Viking, avec la caméra canadienne UVAI (Ultra-Violet Auroral Imager).> 22 février 1989 : lancement du satellite japonais Akebono, avec l'instrument canadien SMS.> 12 septembre 1991 : la navette Discovery déploie le satellite UARS avec l'interféromètre canadien d'imagerie des vents WINDII.> 6 octobre 1992 : lancement du satellite suédois Freja, avec deux instruments canadiens, une camera UVAI et l'analyseur de plasma à froid CPA.> 29 août 1996 : lancement du satellite russe Interball- 2, avec une caméra canadienne UVAI.> 24 août 1998 : lancement du ballon géant MANTRA pour l'étude de la couche d'ozone.> 18 décembre 1999 : lancement du satellite Terra de la NASA, avec l'instrument canadien MOPITT.> 20 février 2001 : lancement du satellite suédois Odin, avec le spectrographe canadien OSIRIS. 7LP0701F0915 f7 15 sept 7LP0701F0915 ZALLCALL 67 18:55:20 09/14/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 5 S E P T EMB R E 2 0 0 2 F 7 - 302 - \u2014 Tu ne penses pas qu'il serait temps qu'on passe à quelque chose de plus sérieux ?Nouveau silence de Hurt.\u2014 J'ai l'impression que nos rapports ont changé, poursuivit Gabrielle.\u2014 C'est mieux de ne pas parler de ça.\u2014 Tu ne m'aimes pas ?\u2014 Tu dis des bêtises.Ce n'est pas ça.\u2014 Alors, c'est quoi ?Tu as peur de t'attacher ?\u2014 Quand je regarde ce qui est arrivé aux gens qui m'ont approché.\u2014 C'est terminé.Body Store est rayé de la carte.\u2014 Tu oublies qu'il y a encore un contrat sur ma tête.\u2014 Pas sur la mienne.Je te jure de rester en vie ! ajouta-t-elle en riant.Le bruit des motomarines était beaucoup plus fort.Il y en avait trois.Elles allaient probablement passer à une vingtaine de mètres de leur embarcation.\u2014 Il y en a une de plus que l'autre jour, fit Hurt.\u2014 Et alors ?Gabrielle prit la tête de Hurt dans ses mains et la ramena vers elle.\u2014 Laisse-les faire leur cirque, dit-elle.On a plus important à faire.Elle l'embrassa.Le bruit continua de s'amplifier.Hurt apercevait les motomarines par-dessus l'épaule de Gabrielle.\u2014 Ils vont passer juste à côté de nous, fit-il, en la prenant par les épaules pour l'éloigner de lui.\u2014 Et alors ?Le pire qu'ils peuvent faire, c'est de nous arroser.Elle l'embrassa de nouveau Du coin de l'oeil, Hurt aperçut une des motomarines qui déviait brusquement de sa trajectoire pour se diriger droit sur leur embarcation.L'homme qui avait le siège du passager se dressa brusquement.Il avait quelque chose dans les mains.Hurt essaya d'écarter Gabrielle, mais l'éclair de la lame fut plus ra- MONTRÉAL, 21 H 51 Ulysse Poitras fit imprimer la nouvelle qu'il venait de lire sur Bloomberg.Dreams Come True, la célèbre compagnie de gestion d'oeuvres charitables, a annoncé aujourd'hui sa dissolution.Ses avoirs seront répartis entre quatre sociétés de bienfaisance connues, qui continueront de les gérer selon les mandats confiés par les clients.Cette annonce fait suite à la mort, dans des circonstances troublantes, d'un deuxième haut dirigeant de la société en moins de deux semaines.La décision aurait été prise pour de strictes raisons de crédibilité, affirme le communiqué.Même si les deux personnes en question n'ont commis aucun acte répréhensible à l'intérieur de leurs fonctions pour Dreams Come True, le conseil d'administration estime que l'organisme, du fait de son association avec ces personnes, ne possède plus l'apparence de respectabilité et de probité essentielle à son bon fonctionnement.Chaque déposant recevra dans les jours qui viennent des états financiers détaillés, incluant toutes les transactions effectuées dans son fonds, de même qu'une liste complète des projets qu'ils ont servi à financer.Chacun aura alors la possibilité de les laisser chez le nouveau gestionnaire de bienfaisance, qui continuera de les administrer selon les mandats initiaux, ou de les retirer sans frais pour les transférer à l'institution financière de son choix.Après avoir relu le texte, il en expédia une copie à Kim.pide.Il sentit une brûlure au niveau de l'abdomen en même temps que le regard ahuri de Gabrielle se figeait dans le sien.Le hurlement qui émergea de sa gorge s'éteignit au moment ou Steel prit la relève.Négligeant le regard chaviré de Gabrielle, il fit rapidement le tour de la situation.\u2014 Elle va mourir, si on ne fait rien, hurla intérieurement Hurt.\u2014 Il faut éviter de la brusquer, murmura doucement Steel, dont le regard observait les motomarines s'éloigner à toute allure vers la rive nord.Et il ne faut pas retirer l'arme.\u2014 On ne peut pas les rattraper, ajouta-t-il, à l'intention de Sharp.Ils sont beaucoup trop rapides.Son regard revint vers Gabrielle.L'éloignant doucement de lui, il vit la lame qui sortait de son ventre.Elle était entrée dans son dos, avait poursuivi son chemin à travers la chair de la jeune femme et s'était enfoncée de quelques centimètres dans son propre abdomen.Il avait eu le temps de le reconnaître.C'était un sabre.Celui qui lui avait été dérobé lors de l'exposition.À S U I V R E Les Éditions Alire Inc.www.alire.com © 1998 Les Éditions Alire Inc.& Jean-Jacques Pelletier ROM15SE LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE COM15SEM GARFIELD FERDINAND 7LP0801F0915 oiseaux 7LP0801F0915 ZALLCALL 67 16:30:39 09/16/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 5 SEPTEMBRE 2002 Le virus du Nil fait des ravages chez les rapaces Plusieurs espèces d'oiseaux exotiques aussi affectées À TIRE D'AILE En plus de provoquer la mort de corbeaux, de corneilles et de geais bleus, le virus du Nil poursuit sa progression infernale au sein de la faune ailée nord-américaine.Depuis son apparition à New York, en 1999, le virus s'est répandu chez plus de 110 espèces d'oiseaux, notamment parmi de nombreux rapaces.Les jardins zoologiques et les centres de réhabilitation sont particulièrement frappés puisque des centaines, sinon des milliers de rapaces en captivité ont déjà été décimés par le microorganisme.Même les espèces exotiques ne sont pas à l'abri du virus.Perruches, calopsittes élégantes (cockatiel), aras et diamants mandarins, de populaires petits oiseaux de cage, sont aussi au nombre de ses victimes.On rapporte également la contamination et la mort d'au moins un manchot (Seneca Park Zoo, N.Y.) et d'un flamant, au zoo du Bronx à New York.Près de nous, en Ontario, dans la péninsule du Niagara, The Owl Foundation, une organisation réputée, a perdu au cours des dernières semaines 26 de ses 28 chouettes lapones, 17 de ses 20 harfangs des neiges, 22 de ses 31 chouettes épervières et la moitié de ses 12 nyctales de Tengmalm (nyctales boréales).Tous les grands-ducs ont aussi été infectés, mais sans toutefois en mourir.La propriétaire de l'endroit, Catherine Mc Keever, trouve étrange que jusqu'à maintenant, seules les espèces typiquement nordiques trouvent la mort alors que des oiseaux de l'Ouest (chevêche des terriers) ou des espèces qui ont une distribution géographique beaucoup plus grande comme l'effraie des clochers, la petite nyctale ou le grand-duc, par exemple, peuvent être infectées sans pour autant en mourir.« La situation est très préoccupante, explique pour sa part Len Soucy, le propriétaire du centre The Raptor Trust, une organisation fondée il y a 35 ans et une des plus importantes dans le domaine sur le continent.Dans certains États comme l'Ohio, poursuit-il, les centres de réhabilitation et les jardins zoologiques ont perdu des dizaines de rapaces, voire beaucoup plus.C'est dramatique, car plusieurs de ces oiseaux servent à la reproduction ou encore à l'éducation du public.Et nous ne savons pas vraiment comment réagir car nous, les responsables et soigneurs de ces oiseaux, sommes aussi vulnérables au virus.» Les centres de réhabilitation d'oiseaux se comptent par centaines aux États-Unis.M.Soucy traite environ 3500 oiseaux par année, en grande partie des rapaces, et aucun de ses oiseaux n'a été infecté jusqu'à maintenant.Sa grande crainte est que l'administration américaine décide de se lancer sans réflexion appropriée dans une vaste de campagne contre les moustiques.« Nous l'avons vu avec le DDT, le remède est parfois plus dangereux que le problème qu'il doit éliminer.» Au Québec, aucun cas d'infection n'a été signalé à ce jour au zoo de Granby, au zoo de Québec à Charlesbourg ou encore au Zoo et refuge d'oiseaux exotiques Icare, près de Roxton Falls.Même situation au Centre de l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) à Saint-Judes, près de Saint-Hyacinthe, même si certains cas de mortalité récents soulèvent des questions et sont l'objet d'une investigation plus poussée.Plusieurs organisations attendent aussi de voir comment vont réagir les grands jardins zoologiques américains dont les dirigeants étaient en congrès annuel la semaine dernière au Texas.Jusqu'à maintenant, certains zoos et centres de réhabilitation ont décidé de vacciner leurs oiseaux et autres pensionnaires avec un vaccin qui est actuellement administré au cheval.Rappelons que des centaines de chevaux ont aussi été atteints par le virus du Nil et que le taux de mortalité atteint les 40 %.La transmission du virus est aussi attribuable aux moustiques.Le vaccin a été breveté récemment, mais son efficacité reste à démontrer.On ignore aussi si les résultats seront positifs pour les oiseaux.Il est plutôt coûteux, autour de 15 $, et trois doses sont nécessaires chaque fois.Chez les mammifères, le virus a aussi été signalé chez le chien, le chat, la chauve-souris et un tamia rayé (suisse), un écureuil et un lapin domestique ont été infectés, indiquent les données des Centres américains pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC ou Centers for Disease Control and Prevention).Une étude menée dans la ville de New York a d'ailleurs indiqué que les chiens étaient souvent porteurs du virus, mais sans pour autant en être affectés.L'organisation américaine insiste toutefois sur le fait qu'il n'existe aucun cas documenté dans l'histoire où le virus se serait transmis d'un animal à un humain ou d'un animal à un animal par simple contact.Le seul facteur de transmission reste les moustiques.Aussi, les amateurs d'oiseaux ne devraient pas cesser de nourrir leurs préférés parce que le virus a été signalé dans leur région.Posséder une mangeoire bien garnie n'augmente absolument pas le risque de contracter le virus, font valoir les CDC.Tout au plus, insistet- on pour que les bains d'oiseaux soient nettoyés au moins une fois par semaine afin que les larves de maringouins ne puissent y accomplir leur cycle vital.Ce nettoyage s'impose également pour tout objet ou réceptacle susceptible de contenir de l'eau stagnante durant une longue période.Les CDC avisent aussi les chasseurs de sauvagine qu'ils devraient se protéger contre les moustiques lors de la pratique leurs activités.Il leur est aussi conseillé de manipuler le gibier avec des gants par mesure de précaution, notamment lors de l'éviscération.Par ailleurs, il n'est pas certain que l'on puisse être infecté en consommant de la viande d'un animal contaminé, bien qu'il soit toujours conseillé de la cuire complètement.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse Les jardins zoologiques déplorent plusieurs cas de mortalité chez leurs pensionnaires ailés, notamment chez les rapaces.Les oiseaux de cage comme les perruches ondulées (notre photo), les calopsittes élégantes et les cacatoès sont du nombre.Dans certains endroits où les moustiques sont abondants, il vaudrait mieux éviter de sortir la cage de nos oiseaux à l'extérieur durant la belle saison.De nombreux oiseaux familiers menacés UNE FOULE d'oiseaux familiers peut mourir du virus du Nil occidental, mais, comme ce fut le cas dans le passé, seules les carcasses de corvidés (corneilles, geais bleus, corbeaux, mésangeai du Canada) sont recueillies pour fins d'analyse, ces espèces étant plus sensibles que d'autres au microorganisme.Selon le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, à Saint-Hyacinthe, le public est toujours invité à signaler la présence d'un corvidé mort (1 800 463-2191), mais les spécimens de Montréal, Laval et de la Montérégie ne seront plus ramassés.La cueillette vise avant tout à confirmer la présence du virus dans un territoire donné.Cette année, 917 carcasses ont été analysées et 91 cas ont été positifs, des corneilles et quelques geais bleus.Rappelons que le virus du Nil provoque parfois chez les animaux et les humains une encéphalite fatale.Depuis le début de l'année, on compte au moins 44 victimes aux États-Unis, mais aucune au Canada.Selon des documents des CDC, le virus a été isolé pour la première fois en 1937, en Ouganda, mais ce n'est que 20 ans plus tard, en Israël qu'on lui attribue des décès.La présence du virus chez le cheval est détectée en Égypte et en France au début des années 60.Ce n'est que depuis quelques années que les cas d'encéphalite chez les humains sont de plus en plus nombreux.En Amérique du Nord, on estime que les oiseaux migrateurs sont une cause importante de dissémination du virus qui vient d'être signalé au sud du Mexique, dans le Yucatan, il y a quelques semaines à peine.Voici une liste partielle d'espèces très connues où on a constaté des morts à la suite d'une infection : Moineau domestique, pigeon biset, étourneau sansonnet, goéland à bec cerclé, merle d'Amérique, mésange à tête noire, cardinal rouge, tourterelle triste, hirondelle noire, colibri à gorge rubis, carouge à épaulettes, grand héron, martin-pêcheur d'Amérique, bernache du Canada, oriole de Baltimore, crécerelle d'Amérique, chardonneret jaune, jaseur des cèdres, merlebleu de l'Est, roselin familier, pluvier kildir, canard colvert, gélinotte huppée, bruant chanteur, paruline jaune, pic maculé, carnard branchu, grive des bois, etc.Le cardinal chauve de Denis Lévesque.Le phénomène serait attribuable en grande partie à une mue très rapide.Une mue étrange chez le cardinal LES OISEAUX muent régulièrement au cours de leur vie, mais chez certaines de nos espèces, le processus biologique donne parfois lieu à un phénomène étrange qui laisse perplexe : l'oiseau se retrouve la tête entièrement nue.« Depuis quelques jours, j'ai la visite d'un geai bleu pas comme les autres : il n'a pas de plumes sur le crâne, ou à peine un léger duvet, écrivait Lorraine Choquette vers la fin d'août.Il n'a donc pas de huppe et pas de collier noir.Son dos est bien bleu taché de blanc et son cri ne peut que le trahir.Est-ce un bébé, une erreur de la nature ou une victime d'une quelconque maladie ?» demande-t-elle.Denis Lévesque, de l'arrondissement Dollard-des-Ormeaux, a fait la même observation chez un cardinal rouge.« Nous avons la visite d'un cardinal de plus en plus chauve, écrit-il récemment.Au début de l'été, il ne lui manquait que sa huppe.Quelques semaines plus tard, nous avons vu quelques repousses, mais elles sont rapidement disparues.Maintenant, il a le crâne complètement dégarni.Avezvous une idée de ce qu'il a ?» Le cardinal de M.Lévesque, dont nous publions la photo cihaut, est presque devenu un petit urubu à tête rouge, mais à l'envers.La peau de la tête est noire et son corps conserve toujours son magnifique coloris.Heureusement ! Selon les experts interrogés par La Presse, notamment au Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, à Ithaca, dans l'État de New York, des cardinaux et des geais chauves sont signalés à chaque année, surtout à partir de la fin de juin, mais particulièrement en août et au début de septembre.Le phénomène, qui n'a jamais été étudié attentivement, est manifestement attribuable à la mue, d'autant plus que la densité du plumage chez certains spécimens varie au cours de l'été.Dans ce cas précis, il est possible que des parasites soient aussi en cause, la tête étant le seul endroit du corps à l'abri du bec de l'oiseau.Ne pouvant être éliminés de façon efficace, ces parasites pourraient accélérer la chute des plumes, si bien que la peau serait entièrement dénudée durant un certain temps.En Amérique du Nord, plus de 110 espèces d'oiseaux ont été victimes jusqu'à maintenant du virus du Nil occidental.Le martin-pêcheur d'Amérique est l'une d'elles.CARDI-DIM Not Found CARDI-DIM KING-DIM Not Found KING-DIM 70320-1-DIM Not Found 70320-1-DIM Missing files that are needed to complete this page: CARDI-DIM KING-DIM 70320-1-DIM "]
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