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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-09-22, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0922 F-1 dimanche - lectur 7LP0101F0922 ZALLCALL 67 15:51:29 09/21/02 B FILL95P Not Found FILL95P Nouveau magazine en kiosque dès maintenant RÉMI BOUCHARD PIERRE BRISEBOIS ANNE CHOUINARD DUKE DOUCET MICHEL MARTIN RUSSELL MILLER DOMINIQUE MORENCY DEBBIE SAVOY-MOREL YVES TREMBLAY CONSEILS ET OPINIONS REPORTAGES JUNIOR ANALYSES SENIOR ENTREVUES SENIOR LES NOUVEAUX TERRAINS POUR 2003 VOUS ADOREZ LE GOLF ?NOUS AUSSI.SPÉCIAL VOYAGES Abonnez-vous en communiquant au : 514.904.5537 ou par courriel à : golfgesca@lapresse.ca Missing files that are needed toco mplete this page: FILL95P 7LP0201F0922 f2 lectures dimanche 7LP0201F0922 ZALLCALL 67 16:04:23 09/21/02 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Pourquoi écrire?Poussières d'enfance RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Ils sont écrivains ou écrivants et on leur demande de s'expliquer.Nombreux déjà sont ceux qui ont répondu à l'invitation de Victor-Lévy Beaulieu, qui édite leur prose avec beaucoup de soin.Dans la plus récente fournée de la collection Écrire, des textes de Noël Audet, Jacques Hébert, Raymond Lévesque et Renaud Longchamps.Il va de soi que les contraintes sont légères.Chacun y va selon sa manière et son goût.Pourquoi, pour qui, comment et quoi écrire ?Telles sont les questions proposées.Le plus marquant des quatre titres est celui de Renaud Longchamps, un poète considérable.Le Rêve de la réalité la réalité du rêve est une entreprise rare, qui nous fait assister à la genèse d'un poème, dans son contexte géographique et existentiel.C'est une sorte de work in progress dont le propos est d'investir le faire et le comment faire pour les intégrer à un texte plus vaste, qui appartient à la fois à l'essai et à la poésie et propose donc deux lectures parallèles, extrêmement révélatrices des exigences de la poésie quand elle n'est pas bluette ou charabia.Ce n'est pas une oeuvre facile, c'est une oeuvre lumineuse : « Nu, mais revêtu de neuf vies empruntées au soleil et aux nuages, volées à l'herbe et à l'eau, arrachées à l'éclair et à l'orage, j'affirme la sauvage souveraineté de mes mots chargés de miel et de sel.» Noël Audet offre peu de révélations sur le pourquoi écrire, sinon le plaisir qu'il en tire et qu'il est agréable de partager, en usant de toutes les astuces de la séduction.Écrire aussi pour défendre Ce qu'il nous reste de liberté \u2014 c'est le titre.Si M.Audet va assez bien, la monde va mal.« (.) je considère malgré moi que le monde fait objectivement dur », écrit-il en ne boudant pas une de ces expressions québécoises qui selon lui sont bien à leur place dans les oeuvres des écrivains d'ici, s'ils ne sont pas maladivement tournés vers une France qui de toute manière se fiche d'eux.Oui, le monde va mal et il n'existe de progrès que dans la technologie, dont on sait à quoi elle sert surtout.Autrement dit, le progrès n'aurait pas d'avenir.Après les pages sur le sort du monde, auxquelles aucun pessimiste joyeux ne résiste \u2014 M.Audet est de ceux-là \u2014, le chapitre sur le comment écrire est bienvenu.Voici réglée en quelques lignes, avec assez de succès, l'éternelle question du fond et de la forme.Lisez, ça en vaut la peine : « La forme, c'est l'organisation du contenu, sa mise en place, le dessin du contenu.Sa partition, sa disposition.C'est en conséquence le contenu luimême, remodelé et distribué selon le dessein esthétique de l'auteur, singulier pour chaque texte.Une fois l'oeuvre terminée, on ne distingue plus le contenu de la forme \u2014 c'est une seule et même chose.» À propos de l'utilité de la littérature, M.Audet cite Carlos Fuentes pour dire que l'imaginaire est un moyen de connaissance, comme la science ou la philosophie.Ce sont là des propos rafraîchissants.Jacques Hébert se défend bien d'être écrivain, ce dont personne n'oserait l'accuser : « Auteur d'une trentaine de livres, peut-être, j'ai connu trop de vrais écrivains pour ignorer que je n'en suis pas.» Pour qui connaît l'homme, cette humilité non feinte ne surprend pas.Trop occupé à vivre (jusqu'à 107 ans), il n'a aucune intention de rédiger ses mémoires.En 13 points Garamond est le résumé, assez alerte, d'une carrière en petite partie consacrée à l'édition, en grande partie à des causes que M.Hébert jugeait nobles.Il n'a pas voulu changer la vie, comme un poète célèbre, seulement se battre contre la bêtise, l'ignorance, l'obscurantisme.Ce petit livre est un hommage à ceux qui ont joué un rôle, parfois sans le savoir, dans les métiers et combats de ce grand démocrate qui allait devenir législateur par la seule volonté d'un prince ami.Hommage aux morts, dont Gérard Filion ou Esdras Minville ou Victor Barbeau ; aux vivants, parmi lesquels Roch Carrier ou Marie-Claire Blais.M.Hébert est un fameux conteur.Si on oublie quelques tics d'écriture, comme l'agglutination des épithètes et parfois des verbes (qui rappelle Les Anthropoïdes de Gérard Bessette), le ton est alerte et les anecdotes se boivent comme du petit lait.Celle- ci par exemple, dans laquelle Jacques Ferron, qui avait écrit que M.Hébert publiait n'importe quoi, devient un de ses auteurs.Il lui dédicace ainsi son premier livre : « À Jacques Hébert qui publie n'importe qui mais le fait avec goût, etc.» Tout est intéressant dans ce recueil de souvenirs qui retrace entre autres aventures celle des Éditions du Jour, fondées par un homme dont le jugement a pu errer, ce qu'il reconnaît, mais qui fut toujours sincère et généreux.Raymond Lévesque a chanté les paumés, les gagnepetit, les malheureux en tout genre.Il écrit pour Mille Raisons, mais ne se reconnaît pas lui non plus le titre d'écrivain.Il sait pourquoi il a écrit tant de chansons et de monologues : « Combien faudra-t-il encore de temps pour que l'homme devienne généreux, bon et pacifique ?Combien de larmes, de souffrances et de guerres avant qu'apparaissent cette paix, cette justice tant désirées ?(.) C'est par la pensée et les mots que l'espèce humaine pourra être sauvée.Voilà pourquoi j'écris, tout simplement, en toute modestie et rébellion.\u0001 \u0001 \u0001 LE RÊVE DE LA RÉALITÉ ET LA RÉALITÉ DU RÊVE Renaud Longchamps Éditions Trois-Pistoles, 96 pages \u0001 \u0001 \u0001 CE QU'IL NOUS RESTE DE LIBERTÉ Noël Audet Éditions Trois-Pistoles, 104 pages \u0001 \u0001 \u0001 EN 13 POINTS GARAMOND Jacques Hébert Éditions Trois-Pistoles, 152 pages \u0001 \u0001 \u0001 MILLE RAISONS Raymond Lévesque Éditions Trois-Pistoles, 96 pages SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale «Tout part de l'enfance, c'est parfois trop de douleur, trop de solitude, ou c'est parfois trop de bonheur.On a un père, une mère, un frère ou une soeur et cela suffit à créer des milliers de noeuds.» Avec Jours de sable, Hélène Dorion signe un premier roman.Pour cette infatigable ambassadrice de la poésie québécoise dans le monde \u2014 son oeuvre comprend une quinzaine de recueils traduits dans plusieurs langues \u2014, ce récit autobiographique marque un tournant dans son écriture.Les aficionados de poésie retrouveront avec plaisir son univers poétique et sa vision du monde renversés dans une prose narrative.Il faut lire Jours de sable lentement pour en saisir les multiples sens, en découvrir les nuances infinies.Composé comme un palimpseste ancien \u2014 manuscrit sur parchemin dont la première écriture était lavée ou grattée et sur lequel un nouveau texte était écrit \u2014 le roman se révèle peu à peu dans une succession de brèves évocations.Le roman se veut à la fois une cartographie intérieure de l'enfance, une vaste méditation sur le sens de l'existence et une réflexion sur l'art d'écrire.De ce récit murmuré, chuchoté, monte un chant pénétrant comme cet « Adagio du cinquième Concerto pour piano », de Beethoven, qu'on entend dans le livre.Un récit émouvant, d'une rare intensité.Souvenirs d'enfance « Notre vie tient peut-être à ce qui rôde dans notre tête d'enfant, et que nous ne retrouvons que par bribes, par images qui ne sont jamais que fragments, histoires à moitié vraies que poussent les mots.» Avec le temps, les souvenirs déposés dans les sables mouvants du coeur ne laissent que des traces brouillées, les sensations et les émotions sont passées au tamis du rêve et de l'imagination.Hélène Dorion nous donne à voir des « lambeaux d'histoires » entre ombre et clarté.La petite fille « aux jambes molles » atteinte de polio avec qui l'enfant hospitalisée pour une amygdalite partage sa chambre.« L'odeur de varech » associée aux vacances familiales l'été sur la côte Est américaine.Sur la plage, la bouche remplie de sel et de sable, l'enfant construit « des mondes petits, des mondes infinis ».La brise océane lui fait toucher un fragment d'éternité.« Ainsi à simplement respirer au bord de la mer, tout ce temps, quelque chose entrait lentement en moi, indéchiffrable, qui n'avait pas de mots, et qui m'emplissait de joie et d'inquiétude.» Plus loin, c'est le souvenir amusé d'une photo montrant sa grand-mère maternelle en costume écossais traditionnel.Longtemps l'enfant a cru aux origines écossaises de sa grand-mère, jusqu'à ce qu'elle découvre que la photo avait été prise lors d'un bal costumé.Cet autre souvenir évoquant les trois générations de femmes qui la précèdent, avec cette interrogation sur l'héritage de ses aïeules.« Porte-t-on les failles d'autres vies, de ces générations qui nous ont précédés ?» C'est une frayeur d'enfance suivie d'une paisible sensation qui remontent sur une autre page.Le soir, dans le noir de sa chambre, l'enfant pense à ce qu'on lui a dit : « Oui, les parents meurent avant leurs enfants.» L'enfant qui essaie d'apprivoiser la mort est apaisée par une petite statuette de la Vierge qui diffuse une lumière verdâtre et qu'elle serre dans sa main.Ailleurs, la douceur de l'enfance revenue avec les fous rires autour de la table, avec les soirées entières à chanter, danser et virevolter joyeusement.Et puis ce jour tant attendu où elle accède « à la joie de la connaissance » sur les bancs de l'école, ravie et étonnée à la fois que dans ses livres de français « rien ne corresponde à ici, ni les fleuves ni les forêts ».Sur l'écran diffus de la mémoire, il y a encore ce désir d'écrire peut-être né dans la chambre de ses parents où, durant leur absence, l'enfant ouvre le placard rempli de livres.Enfin, le coeur qui cogne lorsque les parents séparent.« Ici commence l'ombre de l'enfance.» Que reste-t-il concrètement de tous ces souvenirs éparpillés ?L'énorme parasol à rayures jaunes, bleues et rouges enfoncé dans le sable à Old Orchard que l'auteure devenue adulte plantera au pied des falaises de Martha's Vineyard.Petit traité de philosophie et l'art d'écrire Une fois balayée la couche de sable des souvenirs, la romancière en soulève une seconde, d'ordre métaphysique.Quel est le sens de notre existence sur la Terre ?Quelle est cette révélation qui éclairerait notre recherche, l'expliquerait, la justifierait, la rendrait nécessaire et féconde ?Existe-t-il autre chose au-delà du visible ?L'être humain estil condamné à répéter les mêmes actes comme le suggère Le Mythe de Sisyphe, de Camus, livre-phare qui éclaire Jours de sable ?Le sablier du temps s'est vidé.L'ombre de Sisyphe plane dans l'atelier d'écriture de la romancière.Tous les deux partagent la même quête de sens.« Écrire ne lève aucun voile, ne révèle que l'ombre d'une ombre (.) On n'arrive jamais à cette source où s'apaiserait enfin notre soif.» Jours de sable est un enchantement.L'écriture dépouillée, poétique et méditative d'Hélène Dorion atténue le son grave des souvenirs perdus.Il y a quelque chose de cette irrésistible « innocence d'enfant gracile sur la balançoire du ciel », ce beau vers d'Ungaretti qui ne nous quitte plus une fois le livre fermé.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 JOURS DE SABLE Hélène Dorion Leméac (coll.ici l'Ailleurs), 138 pages Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse © Avec Jours de sable, Hélène Dorion signe un premier roman.Elle a déjà écrit une quinzaine de recueils de poésie traduits dans plusieurs langues, mais ce récit autobiographique marque un tournant dans son écriture.Raymond Lévesque FRANZEN Suite de la page F1 Déçu par les ventes de ses deux premiers livres, Franzen s'était posé cette question en 1996 dans un long essai publié dans la revue Harper's, et intitulé : « Rêver, peutêtre : à l'ère des images, une raison d'écrire des romans ».Aujourd'hui, il soutient que ce texte remarqué a été mal compris.« C'était un article un peu confus, dira-t-il au cours de l'entrevue.J'ai l'ai mis au propre pour mon nouveau recueil d'essais.» Mais le « mal » est fait.Son essai fait désormais partie de la légende de Jonathan Franzen.« Le New York Times a prétendu que j'avais promis, dans ce texte, d'écrire un grand roman social », qui serait lu à l'ère de la télévision, du cinéma, des techno-thrillers, des confessions sexuelles, des histoires de vampires.« Je n'ai jamais fait cette promesse », dit Franzen.Le Times a ajouté un autre élément important à la légende de Franzen dans son portrait de l'auteur publié dans son magazine dominical, à la veille de la sortie des Corrections.La journaliste présentait en effet Franzen comme une sorte d'écrivain martyr, enfermé tous les jours dans un studio de Harlem aux fenêtres noircies.Elle nous apprenait que l'auteur avait consacré sept longues années de sa vie à l'écriture de son troisième roman, se bandant parfois les yeux pour mieux se concentrer, jetant à la poubelle des milliers de pages pour en arriver à ce que son éditeur new-yorkais, Farrar, Strauss & Giroux, a qualifié de « chef-d'oeuvre ».Aujourd'hui encore, Franzen reproche au Times d'en avoir trop mis.Il ne se reconnaît aucune responsabilité dans la création de sa légende.De même, il dit avoir été cité « hors contexte » dans l'affaire Oprah Winfrey, qui a catapulté son roman au sommet des listes des meilleurs vendeurs (son livre est apparu dans celle du Times pendant 28 semaines).L'histoire remonte au mois d'octobre 2001.Oprah, reine des talkshows d'après-midi, choisit le livre de Franzen pour son club littéraire télévisé.La sélection n'est pas si étonnante.Les Corrections est un roman familial dont les personnages, les Lambert, sont décrits avec intelligence, humour et férocité, tout ça dans un style de virtuose.On y fait la connaissance des parents, Enid et Albert, lui ancien ingénieur à la Midland Pacific Railroad, rigide, froid, atteint de la maladie de Parkinson, elle femme au foyer frustrée, reportant ses ambitions sur ses trois enfants, Chip, Gary et Denis.Chip est un scénariste raté, Gary, un banquier névrosé, et Denise, un chef dans un restaurant branché dont la sexualité est une source de confusion.Mais Les Corrections est bien plus qu'un roman familial.C'est une fresque sur l'Amérique des années 1990, sur les fausses promesses de la Bourse, de la technologie, de la pharmaceutique.C'est aussi du « grand art », selon l'expression attribuée par le Portland Oregonian à Franzen, pour justifier son refus de voir le logo d'Oprah sur son livre.Après cette déclaration (citée « hors contexte », selon Franzen), Oprah a décidé de laisser tomber Les Corrections.Peu après, elle mettait même fin à son club littéraire.Le refus de Franzen de jouer le jeu d'Oprah lui a valu d'être traité de snob, d'arrogant, d'ingrat.À un moment donné, l'auteur a eu l'impression d'être l'homme le plus détesté aux États-Unis, « après ben Laden ».« L'affaire Oprah a été pas mal étrange, dit Franzen, 11 mois plus tard.Le niveau de rage.Si j'avais pu m'entendre à l'époque, j'aurais certainement parlé différemment.Quand tu écris, tu vis dans une sorte de vacuum.Tu t'habitues à ce que personne ne s'occupe de toi.C'est l'expérience de la plupart des écrivains dans ce pays.Et tout d'un coup, les gens s'accrochent à chacun de tes mots.Si j'avais pu m'entendre, j'aurais été beaucoup plus prudent.» Bien sûr, Franzen ne se plaint pas.La controverse a été bonne pour les ventes de son livre, non seulement aux États-Unis, mais également en Europe (il fait partie de la première sélection du prix Médicis).« Une des retombées positives, c'est que le livre se vend bien en Europe », dit Franzen, qui a étudié la littérature allemande à la Freie Universität de Berlin, après des études scientifiques au Swarthmore College, à Philadelphie.« J'ai toujours eu une grande estime pour le niveau de discussion en Allemagne et en France.C'est excitant de faire partie de ça.» Mais l'écrivain a hâte de retourner à la vie normale, à l'écriture.Il dit avoir donné environ 300 interviews au cours de l'année.Le mois prochain, il sera en tournée de promotion en Allemagne, où son livre doit enfin paraître dans la langue de Goethe.« Le 30 octobre, j'espère ne plus avoir à en parler », dit-il.Franzen se leurre sans doute.Il a vendu à Hollywood les droits de son livre.Il vient de rencontrer le producteur Scott Rudin (The Adams Family, The Truman Show), qui pilote le projet cinématographique.Qu'il le veuille ou non, sa vie a été transformée par Les Corrections.Son histoire semble être typiquement américaine : un écrivain hyperambitieux rêve de sortir de l'obscurité pour étaler au grand jour son talent littéraire.À force de travail (et de publicité), il réalise son rêve, devenant au passage millionnaire, ce qui ne semble pas trop l'attrister.Il reconnaît au moins qu'on ne le lira plus jamais de la même façon.Le correcteur de l'Amérique ne manquera pas d'être corrigé.« J'ai eu beaucoup de mal à écrire cet article sur William Gaddis, pour plusieurs raisons, dit-il.Une des raisons, c'est que je sais que certaines personnes liront mon texte en pensant que je suis une horrible personne.D'une façon désagréable, j'ai écrit en tentant d'anticiper les réactions hostiles des lecteurs, plutôt que d'écrire tout simplement ce que je veux écrire.Je suis certain que j'aurai ce problème en retournant à la fiction.» 7LP0301F0922 f3 lectures dimanche 7LP0301F0922 ZALLCALL 67 13:28:35 09/23/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 2 2 S E P T EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 POESIE EN POCHE Le Clezio trop mal connu Pour Elise CLAUDE BEAUSOLEIL collaboration speciale Il y a une petite musique noire, efficace, terrible qui se tapit dans les poemes d'Elise Turcotte.Une musique lucide, impitoyable qui ne craint pas d'affronter le pire.Je cours comme une autre/en pietinant les morts/l'instant d'apres/je compose un portrait/entoure de tenebres , ecrit l'auteure.Cette voix, humaine jusqu'a inquieter, tramee dans des poemes denses et decoupes, devenant par l'art de s'exprimer en des mots simples et mortels , la preuve meme de l'existence.Methodiquement un inventaire est dresse, une sorte de repli permet de rendre visible ce qui s'est evanoui sous le mystere .Sombre menagerie, qui vient de meriter a son auteure le Grand Prix 2002 du Festival international de poesie de Trois-Rivieres, approfondit cette musique inquiete, tendue, disant ce qui ne se dit pas et pourtant se ressent, a travers le squelette d'un langage livre a ses pures obsessions.Ne serait-ce que pour formuler un ancrage contre le rien, car le silence tourne autour de tout guettant les fantomes qui discutent avec les spectres d'un reve eveille dans lequel l'ordre des choses a bascule.La chute , l'effritement, hantent cet univers clos comme le suggere d'entree de jeu, l' Oiseau de Marc Seguin illustrant ce tres beau recueil d'Elise Turcotte.Une foule de details/sont caches dans les rideaux et l'ecriture les decryptera avec patience et minutie.Comme plusieurs femmes ecrivains au Quebec, de Anne Hebert a Christiane Frenette en passant par Louise Desjardins, Carole David et bien d'autres, Elise Turcotte a ecrit des romans et des poemes.Elle a egalement ecrit des livres pour la jeunesse.Deux fois laureate du prix Nelligan, professeure au cegep du Vieux-Montreal, Elise Turcotte propose une oeuvre dont l'exigence est du cote d'un langage authentique et dans laquelle elle a su developper, depuis la parution de La Mer a boire en 1980, une tonalite personnelle, paradoxalement fragile et affirmative.Sans concession, issue de la modernite, a l'ecoute Du bruit des choses vivantes, pour reprendre le titre de son roman paru il y a une dizaine d'annees, cette ecriture est empreinte d'une tristesse infinie.Une sorte d'inconsolable revelation l'habite et pourtant tout s'y tient a la surface du reel, tout fonctionne, se dit, esquisse.Ce n'est pas la douleur seule, ni le desarroi, non plus le rejet du monde visible, mais de sombres ecueils qui tournent autour des mots que la poete donne comme arraches a ses experiences.J'ai pense, en lisant le recueil, a des notes rescapees d'un noir periple, des traces tenues d'une dure traversee dans laquelle la vie est sur la corde raide.Les reperes sont disparus dans cette foule de details indiquant que la vie se heurte a la tristesse (qui) construit son nid dans le paysage D'une ecriture elliptique, les trois suites qui composent cette Sombre menagerie sont des coups de sonde dans un tunnel ou il est difficile d'etre ephemere sans aucun pouvoir/aucun souvenir .L'espoir n'existe pas dans cet univers glacial, cru, noir.Entre vide et rien, entre mort et reve de mort, les poemes sont comme des precipites qui donnent l'heure juste, meme si cette heure est celle ou rien ne semble possible : Sur la neige/la carcassse d'un ange/mort et encore/ volant parmi les ruines .Et on retrouve la la qualite de la poesie d'Elise Turcotte qui laisse filtrer ce qui, du creux du plus sombre , ne fait pas d'autres signes que ceux indiquant d'un trait d'encre que le noir, meme nomme, ne s'estompe pas.Un poeme parfois se pose a un second degre comme une respiration et tente de rendre lisible l'experience des gouffres.Je me souviens/de poemes sauvages/peu nombreux , ecrit Elise Turcotte.Ici tout est tension essentielle, l'image est vraie/le son perdu pour toujours .C'est une poesie de constat, d' encens d'orage et sans appel qu'ecrit Elise Turcotte.Un seul horizon s'eclaire articule a l'existence d'un mot : Joie/ce mot est attendu/sur la cime d'une montagne .Encore la, rien de facile, rien de donne.Il faut gravir la pente apres la chute et les mots , certains mots, sont des adjuvants dans cette poursuite malgre le Reve ou la peur/est reine/comme dans un tableau/ou des oiseaux se heurtent/a la fenetre/avant de se manger entre eux .La poesie d'Elise Turcotte affronte le noir mot a mot.Sans solution, sans filet, elle plonge.Nous en lisons les traces calcinees.Et c'est troublant de comprendre a travers ces poemes que le langage puisse etre a ce point l'allie d'un apaisement qui s'avoue presque impossible.La poesie d'Elise Turcotte assume sa subjectivite et ses zones d'inexplicable.En cela, elle est precieuse et touchante.Il y a dans cette Sombre menagerie l'evocation de presences surgies de l'absence.Lui, cet homme enrhume , les autres : des parents, des enfants, des animaux, se profilent en filigrane dans le lieu du drame.Il y a aussi des morts, ils essaient de reconnaitre/leur maison .Les lignes se resserrent autour d'un noyau sans illusion qui insinue que C'est la nuit tenace/gonflee comme une pensee qui habite cette intimite, le salon d'infortune/en pays/aux souterrains ramifies .A la fin du recueil, l'enfer semble traverse et c'est en riant/sur la glace que les lettres d'amour nous rejoignent, nous, lecteurs compatissant devant ce langage d'une economie extreme, ne criant ni sa beaute, ni sa pure solitude.L'exercice est saisissant.Dans son aprete et son mystere, semble renaitre un horizon pour Elise Turcotte, dont le recueil sombre/comme une etincelle , nous rappelle le talent exceptionnel de cette romanciere et poete.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1.2 SOMBRE MENAGERIE Elise Turcotte Editions du Noroit, 74 pages HELENE PELLETIER collaboration speciale Le Nomade immobile.Sous-titre accrocheur qui attirait l'attention il y a peu de temps sur la quatrieme de couverture d'une parution toute recente, la version poche d'un essai biographique de Gerard de Cortanze sur cet auteur trop mal connu qu'est Jean Marie Gustave Le Clezio.Lecteurs ou futurs lecteurs de Ducharme, la decouverte d'une citation tiree du Livre des fuites (sixieme roman de Le Clezio, publie en 1969) en exergue du roman Devade a pu ou pourrait vous jeter dans la plus grande curiosite.Qui est ce Le Clezio dont nous avons tous entendu parler sans l'avoir reellement explore ?Difficile sans doute de connaitre l'auteur en se contentant de l'effleurer.Un peu comme Ducharme, Le Clezio n'est de toute evidence pas la d'abord pour divertir, mais bien parce qu'il a des choses a dire.Et la lecture du Livre des fuites nous eclaire beaucoup sur cette volonte.Ici, pas de demi-mesure.On entre dans le jeu ou on ne joue pas du tout.Et le jeu, dans ce roman d'aventures, c'est le voyage.Le voyage-beton urbain, le voyage- femmes, le voyage-langage.Jeune Homme Hogan, heros en fuite, nous fait le recit de sa conscience trop aiguisee du vide de l'existence moderne.Il enumere des motsimages, des mots tranchants, les ajoute a l'immense brouhaha humain, au grand murmure des villes.Il nous parle des murs, du bruit, de l'absurdite des frontieres, de ces visages de femmes plus nombreux que des grains de sable et qui deroutent.Il nous fait le recit d'une revolte extraordinaire, fulgurante.Jeune Homme Hogan veut etre martien , apprendre a faire des marques, des encoches , arreter la machine a theories, la belle machine cliquetante aux pistons de chrome qui fabrique sans arret ses theoremes .Jeune Homme Hogan veut arreter les voitures.En haissant les verites pretentieuses, il va plus avant dans le reel cru.J.H.H.a le regard acere, il observe et note pour mieux faire exister.Son langage cree, il est une revolte en mouvement, une volonte de dire, de nommer pour faire vivre.Et que nous apprennent de Cortanze et son essai biographique ?Le Clezio, aussi contemporain qu'enigmatique, se deplace, oui.Et se pose.D'abord il marche, marche, eprouve physiquement le mouvement, puis s'arrete.Il explore alors par les mots en nommant les images qu'il avale.Il se poste tout pres pour bien voir, bien sentir.De Cortanze nous parle abondamment de l'enfance de l'auteur, particulierement de l'absence du pere, laquelle motiva ses tout premiers voyages.Il lui laisse egalement la parole en inserant des morceaux d'entrevues pertinentes parallelement a de nombreux extraits de ses romans et essais.On apprend alors d'ou vient cet interet qu'il porte aux deserts de sable et d'eau, aux mots terre et ciel , aux nations amerindiennes, ces peuples qui sauront si bien combler son desir de reel en lui indiquant la voie de la simplicite et du respect de la nature, mere nourriciere de l'homme.On capte derriere les mots une experience aigue de la solitude, l'importance de la chambre comme premier lieu des sensations de vertige, de conscience du vide et de la tentation de disparaitre.L'auteur n'est pas un voyageur ordinaire.Il tentera toujours l'harmonie par le langage, cherchant a vivre le mouvement tant dans son corps que dans sa tete.Et pour Le Clezio, nous apprend si bien Gerard de Cortanze, entre lire et ecrire, il n'y a pas de difference.C'est peut-etre cela, cette force mysterieuse, cette capacite d'envouter qu'il possede.En lisant Le Livre des fuites, comme La Fievre ou encore Desert, nous ecrivons aussi, nous eprouvons ce sentiment d'avoir trouve le langage de notre propre desertion, l'expression sensible d'une detresse, d'une volonte de preserver l'humain en allant courageusement creuser a sa source sauvage.Une energie brute dans les mots rappelant etrangement Ducharme.LE LIVRE DES FUITES Jean-Marie Le Clezio Gallimard L'imaginaire , 1998 (1969) J.M.G.LE CLEZIO, LE NOMADE IMMOBILE Gerard de Cortanze, Gallimard Folio , 2002 (1999) Helene Pelletier est libraire a L'Ecume des jours.Phototheque La Presse c Elise Turcotte POLAR Les terribles secrets de la Mystic River NORBERT SPEHNER collaboration speciale Pour parodier Paulo Coelho qui, Dieu merci, n'a jamais ecrit de roman policier, je dirai que Mystic River, de Dennis Lehane, est un roman, qui parle de la meme chose que presque tous les romans : de l'incapacite des gens a choisir leur propre destin.A Boston, un beau jour de 1975, une bagarre eclate entre trois garcons ages d'une dizaines d'annees.Une voiture s'arrete et deux hommes, qui pretendent etre des policiers, houspillent les gamins et embarquent l'un d'eux, Dave, sous pretexte de le ramener chez ses parents.Il reparaitra quatre jours plus tard, apres avoir echappe a ses ravisseurs.A partir de ce moment, la vie du malheureux est changee a jamais.Les trois copains cesseront de se frequenter.Vingt-cinq ans apres, on retrouve nos trois mousquetaires, une fois de plus reunis par le destin qui les a dans le collimateur.Ils sont maries, peres de famille.Sean Devine, le plus raisonnable des trois est un super flic, mais ses problemes conjugaux nuisent a sa carriere.Jimmy Marcus, la tete brulee, ancien chef de gang et taulard repenti, s'est range, mais son placard personnel est rempli de quelques squelettes.Dave Boyle, le plus timore des trois, a connu une gloire ephemere comme joueur de baseball avant de partir a la derive a cause des traumatismes de ce passe qui ne cesse de le hanter.Le meurtre brutal de Katie, la fille ainee de Jimmy, met de nouveau en presence ces trois ecorches, pour le meilleur et pour le pire.Sean est charge de l'enquete criminelle, alors que Jimmy, inconsolable, va tenter de se faire justice soi-meme.Quant a Dave, sur qui decidement la fatalite s'acharne, il devient le principal suspect.Situation explosive qui nous mene vers un denouement a la fois previsible et paradoxalement, plein de surprises.Lehane nous oblige habilement a tourner les pages en usant d'un vieux truc qui a fait ses preuves : donner au lecteur des informations cruciales que les protagonistes ignorent.Nous assistons impuissants a la tragedie qui se deroule sous nos yeux, sur les bords de cette riviere tres peu mystique dont les eaux glauques cachent des secrets terribles.Mystic River est un excellent thriller psychologique avec une intrigue somme toute assez classique (les peches de jeunesse qui reviennent nous hanter, ca n'est pas vraiment nouveau) mais racontee avec brio par un maitre du suspense.Une fois le livre ferme, on ne peut s'empecher de penser longuement a ces personnages formidables : Sean, policier brillant, qui s'obstine a maintenir la justice dans un monde qui semble la nier ; Jimmy, la canaille, ravage par la mort de sa fille, qui pendant quelques pages, reussit a nous emouvoir, et Dave qui a appris a ses depens que la fatalite veut que l'on prenne toujours les bonnes resolutions trop tard (Oscar Wilde).Destins tordus Des destins tordus, on en trouve aussi dans Diagnostic mort, une anthologie dirigee par Jonathan Kellerman, composee de 14 nouvelles de suspense inedites.Kellerman presente les choses ainsi : Ce livre reunit des gens de talent, acharnes a sonder le mal, lorsqu'il surgit dans l'existence de ceux qui ne sont pas payes pour l'affronter .des hommes ou des femmes etrangers a la police, propulses, souvent contre leur gre, dans le role du redresseur de torts.L'ensemble, quoique heteroclite comme la plupart des anthologies, nous propose des nouvelles de bonne qualite.Parmi mes preferees, il y a La justice par quatre bouts de la lorgnette , de Jon L.Breen, une histoire a quatre facettes, quatre points de vue qui offrent autant de surprises que de coups de theatre.Le Club des Affreux Jojos , de Doug Allyn, met en scene une psychologue qui tente de rehabiliter des batteurs de femmes.Elle decouvre, la rage au coeur, qu'un flic s'est infiltre dans le groupe.Images fatales , de John Lutz, prouve, hors de tout doute, qu'il est des auteurs les plus doues de sa generation.Le recit, tres noir, est centre sur une belle jeune femme qui reve d'une carriere artistique.Elle se sert des cameras de surveillance du magasin ou elle travaille pour faire des bouts d'essais, sans se douter qu'elle est en train de jouer son destin.Monsieur Scoop , de Faye Kellerman, concerne un journaliste, grand specialiste du scoop, qui a un veritable don de voyance.Mais s'agit-il vraiment de cela ou y a-t-il une explication plus simple, plus logique quoique aussi renversante ?Les autres ecrivains invites sont Brendan Dubois, Nancy Pickard, Lia Matera, Marilyn Wallace, Michael Z.Lewin et Carolyn Wheat, Max Allan Collins, Benjamin M.Schutz et Jeremiah Healey.Finance-fiction Avant d'ecrire ses six romans (tous des best-sellers aux Etats-Unis), Stephen Frey a travaille dans les milieux bancaires et financiers.Cette experience du milieu des affaires, il l'a mise a profit dans La Dynastie Hancock, un polar de finance-fiction (fric et flics ?roman d'actions ?) trepidant qui nous embarque des les premieres pages dans un tourbillon d'aventures perilleuses sur fond de transactions financieres et de complot diabolique pour controler le gouvernement et la vie privee des individus.C'est l'histoire de trois freres (ils rappellent a bien des egards ceux du clan Kennedy) qui sont a la tete d'une fortune evaluee a plusieurs milliards.Le plus jeune, Bo Hancock .seul personnage sympathique dans cette mer de requins .est plonge bien malgre lui dans une aventure rocambolesque digne de James Bond.Si Dennis Lehane est un authentique ecrivain, Frey lui est plutot un (ra)conteur qui nous etourdit avec une mecanique bien rodee ou l'action rebondit sans cesse.Les personnages ont (juste) assez de personnalite et de consistance pour nous interesser.Meme si, apres mure reflexion, on se dit que tout ca est, somme toute, assez leger, voire invraisemblable, on a tout de meme passe un moment divertissant en compagnie de cette racaille fortunee dont les destinees tragiques ne nous emeuvent guere.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 MYSTIC RIVER Dennis Lehane Rivages/Thriller, 408 pages \u0001 \u0001 \u0001 DIAGNOSTIC MORT Jonathan Kellerman Albin-Michel, Paris, 400 pages \u0001 \u0001 \u0001 LA DYNASTIE HANCOCK Stephen Frey Le Masque, Paris, 381 pages REPORTAGE PUBLICITAIRE Un cahier special a ne pas manquer mercredi dans 7LP0401F0922 f4 lectures dimanche 7LP0401F0922 ZALLCALL 67 18:34:11 09/21/02 B ENQUETE ENTREVUE Le vieux crime organise On s'habitue a tout, dit Alain Minc E L I A S LEVY collaboration speciale Le cataclysme planetaire provoque par les evenements tragiques du 11 septembre a contraint les democraties occidentales a apprendre a vivre avec un mal endemique .C'est tout du moins l'avis de l'essayiste et financier francais Alain Minc, qui a accorde recemment une entrevue exclusive a La Presse.Ce n'est pas une guerre qui a commence le 11 septembre.Car qui dit guerre suppose un debut et une fin.Or, il n'y aura pas de denouement.Nous allons apprendre a vivre avec un mal endemique.C'est un phenomene auquel on finira par s'habituer comme nous nous sommes habitues a vivre avec les tres nombreux accidents de la route qui fauchent la vie tous les ans a des milliers de civils innocents.Par exemple, en France il y a 9000 personnes qui meurent sur les routes chaque annee.Neuf mille personnes tuees, c'est quand meme trois fois le nombre de victimes qui ont peri dans les Twin Towers du World Trade Center.On finira par s'habituer a ce mal endemique , estime Alain Minc.Penseur neo-liberal tres ecoute du monde politique, economique et financier ; essayiste de renommee internationale ayant publie, en 20 ans, une vingtaine de livres tres remarques ; gourou tres sollicite par de nombreux chefs d'entreprises francaises, europeennes et meme nordamericaines .Power Corporation, proprietaire de La Presse, est du nombre des groupes financiers nord-americains qu'il conseille .defenseur invetere de la mondialisation ; president du Conseil de surveillance du journal Le Monde.Alain Minc est un des commentateurs francophones les plus doues de l'actualite politique, sociale et economique francaise et internationale.Cet auteur fecond a publie recemment aux Editions du Seuil, sous le titre Le Fracas du monde, le journal qu'il a tenu tout au long de l'annee 2001.Ce nouveau livre est indeniablement un des meilleurs publies jusqu'ici dans la collection lancee par le Seuil, en 1991, sous le titre Journal de la fin du siecle , aujourd'hui devenu Journal du nouveau siecle .Apres Francoise Giroud, Edgar Morin, Michel Winock, Philippe Sollers, Jean-Francois Revel.c'est au tour d'Alain Minc de nous proposer une chronique tres personnelle dans laquelle il a consigne mille et une reflexions sur l'etat du monde et ceux qui le menent.Ce Journal est un vrai regal.C'est le carnet iconoclaste d'un intellectuel eclectique aux talents multiples, a la plume alerte, a l'intelligence vive, dote d'une culture generale impressionnante qui rappelle celle des grands encyclopedistes du siecle des Lumieres .il consacre des pages passionnantes a ses gouts et coups de coeur litteraires.Nous apprendrons la defense civile Depuis les attentats du 11 septembre, une mutation majeure des societes civiles occidentales est en cours.Pour Alain Minc, la societe israelienne est la prefiguration de ce que l'Occident va progressivement devenir.Rien de plus logique, puisque la ligne de front s'est deplacee d'Israel vers le reste de l'Occident.Une societe a l'israelienne demeure hyperdemocratique, mais elle prend l'habitude de vivre dans un cadre democratique contraignant.Nous reapprendrons la defense civile ; nous verrons reapparaitre des substituts des gardes nationales du XIXe siecle ; nous vivrons desormais avec des fichiers informatiques croises et recroises sans relache, des fouilles a l'entree des magasins, des portiques magnetiques innombrables, des voitures que les artificiers feront sauter a la moindre denonciation anonyme ; nous nous accomoderons d'incessants controles, mais nous continuerons a vivre, a penser, a ecrire, a reflechir en toute liberte.L'Occident deviendra un immense Israel, aussi libre et aussi tendu, aussi democratique et aussi surveille.Ce ne sont ni la militarisation ni l'autoritarisme qui nous guettent, mais une maniere d'etre qui nous permettra a la fois de preserver nos libertes et de demeurer sur le qui-vive , predit- il.Alain Minc recuse les conjectures economiques catastrophistes formulees par une nuee d'experts au lendemain des attentats contre l'Amerique.D'apres lui, le syndrome economique du type de celui qui a sevi pendant la guerre du Golfe, au debut des annees 1990, ne se reproduira plus.A l'epoque, rappelle-t-il, c'est l'envolee du prix du petrole qui a provoque la recession en pesant sur le pouvoir d'achat de l'Occident, bien davantage que la deprime des consommateurs.Le syndrome economique du type de la guerre de Golfe ne peut pas se reproduire car, depuis le 11 septembre, les gouvernements occidentaux ont injecte beaucoup d'argent dans le systeme economique international, baisse sensiblement les taux d'interet et accru considerablement les depenses budgetaires, en particulier a travers les depenses militaires americaines.Par ailleurs, depuis le 11 septembre, le prix du petrole est reste assez bas.Il n'est remonte que de maniere tres circonstancielle.Rassurez-vous, nos allies russes ouvriront les robinets des que ce sera necessaire.Quant aux pays arabes producteurs de petrole, ils ne peuvent, dans le climat actuel, faire monter le prix du baril sous peine de violentes reactions americaines.La seule maniere pour eux de raser les murs, c'est de faire couler le petrole a flots.L'economie a des regles.Quand les taux d'interet sont bas, quand il y a des depenses budgetaires et quand le prix du petrole n'est pas tres eleve, on fabrique au bout d'un an de la croissance meme si, au bout de deux ans, cette croissance devient un peu inflationniste.Une mondialisation incontournable En ce qui a trait au debat qui fait rage entre les zelateurs de Wall Street et les contempteurs de la globalisation economique et culturelle, Alain Minc persiste et signe : la mondialisation est belle et bien heureuse ! D'apres ce liberal impenitent, ne en 1949 a Paris dans une famille d'immigres juifs polonais communistes survivants de l'Holocauste, la mondialisation est un etat de fait incontournable qui ne devrait pas etre considere comme un epouvantail menacant les libertes individuelles et nationales .Dans son Journal, Minc fustige sardoniquement les herauts du mouvement contre la mondialisation.Nos bonnes ames antimondialistes ne se demandent jamais pourquoi les pays du tiers-monde ne rejoignent pas leur combat.Elles seraient obligees de reconnaitre que l'exces de regles risque de se transformer en instruments protectionnistes au profit des riches et aux depens des pauvres.Jose Bove se croit le missi dominici des paysans indiens ou senegalais.Il en est peutetre le pire ennemi.Derriere le desir de faire le bien du tiersmonde, fut-il contre lui-meme, se glisse une etrange resurrection de l'esprit colonial.Ces bonnes ames oublient que l'autosuffisance alimentaire de l'Inde ou le decollage industriel de la Chine n'etaient pas acquis.C'est la resurrection du marche qui les a rendus possibles.Au prix, certes, de fortes inegalites, car le capitalisme produit a la fois, chacun le sait, de l'efficacite et de l'inegalite.Au lieu de s'en prendre au marche, createur de richesses, le front antimondialiste devrait plutot se preoccuper de la redistribution de ces richesses au sein de chaque pays emergent car, si la social-democratie est fatiguee en Occident, c'est une idee neuve ailleurs dans le monde.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LE FRACAS DU MONDE.JOURNAL DE L'ANNEE 2001 Alain Minc Editions du Seuil, 458 pages ANDRE CEDILOT Un quart de siecle apres sa parution, le livre La Filiere canadienne parait depasse.En realite, il reste vachement d'actualite, meme si le narcotrafic a pris beaucoup d'ampleur depuis et s'est considerablement sophistique.Cette version remaniee du best-seller de l'ancien journaliste Jean-Pierre Charbonneau, aujourd'hui a l'Assemblee nationale, a certainement des intentions commerciales, mais elle plaira aux jeunes connaisseurs , les plus vieux l'ayant sans doute depuis longtemps dans leur collection.Choix judicieux des editeurs, l'experimente chroniqueur Michel Auger, de toutes les tribunes depuis l'attentat dont il a ete l'objet il y a deux ans, a fait les mises a jour qui parsement ce volumineux remake de 464 pages sur le crime organise montrealais.Les grandes enquetes du temps portant essentiellement sur le trafic d ' h e r o i n e , o n plonge donc dans le passe des caids de la pegre montrealaise et new-yorkaise, tels les Joe Bonanno, Carmine Galante, Lucien Rivard et Paolo Violi, ainsi que les freres Cotroni .Vic, Giuseppe et Frank.L'une des familles mafieuses les plus influentes, les Caruana-Cuntrera- Rizzuto, qui ont leurs bases a Montreal et au Venezuela, commencaient timidement a faire parler d'eux a l'epoque.Encore une fois, meme s'il s'agit de vieux crimes des annees 1930 a 1970, ca reste un excellent bouquin.Il est bien ecrit et donne une idee juste de l'etendue et du fonctionnement des organisations criminelles impliquees dans le trafic de drogue international.Parallelement, il montre la complexite des enquetes policieres.Seul hic, il est parfois difficile de s'y retrouver a cause des nombreux noms de pegriots mentionnes au fil des differentes histoires.La sortie du livre s'accompagne d'une serie televisee qui sera bientot diffusee a Canal D.Inspirees de La filiere canadienne, les 12 emissions doivent plus tard etre presentees a TVA.Elles seront animees par Normand Lester.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 LA FILIERE CANADIENNE Jean-Pierre Charbonneau nouvelle edition revue et augmentee par Michel Auger Editions Trait-d'Union, 464 pages Alain Minc LA BRECHE Un petit clown triste, pret a tout pour se faire aimer, un maitre de piste, marie jusqu'aux oreilles, entrez dans leur cirque.MARIE-SISSI LABRECHE Boreal www.editionsboreal.qc.ca Roman .168 pages .18,50 $ c Martine Doyon 3081451A ESSAI L'abyssale nullite de l'Amerique MARIO ROY Des idees solidement echafaudees depuis des decennies, livrees dans un style a la fois emporte et sophistique : la facon Revel demeure ce qu'elle a toujours ete dans son 12e essai majeur depuis celui qui l'a impose comme un des plus importants penseurs francais, Ni Marx ni Jesus, en 1970.Un an apres le 11 septembre, Jean- Francois Revel signe L'Obsession antiamericaine, se proposant d'explorer ainsi une des retombees majeures du massacre de New York et Washington : la haine renouvelee et demultipliee de la race americaine.Il s'agit d'un sujet epuisant, deprimant, lassant, mille fois examine sous tous les angles, mais auquel il est impossible de ne pas revenir puisque l'antiamericanisme constitue le fond des sauces des trois quarts de la pensee occidentale .et davantage, encore, ailleurs qu'en Occident.Cette haine, donc, a une histoire, demontre l'auteur.Et ne s'eleve pas, seule, au milieu d'un desert : elle est la manifestation la plus hargneuse d'un combat politique seculaire auquel participe aussi pour une bonne part le mouvement antimondialisation.Revel ecrit : Les jeunes antimondialistes sont en realite des vieillards ideologiques, des fantomes resurgis d'un passe de ruines et de sang (.) La fonction principale de l'antiamericanisme etait, elle est encore aujourd'hui, de noircir le liberalisme dans son incarnation supreme.Ceux qu'on voit agir ici sont des revolutionnaires sans revolution , estime Revel.Le package deal ideologique que Revel decrit ainsi a pour effet non seulement de placer une nation a demeure au banc des accuses, mais aussi de fausser la perception des problemes de la planete, ce qui est encore plus devastateur puisqu'on en retarde ainsi la solution.C'est le cas du probleme de la pauvrete des pays du Sud, par exemple, vue comme un sous-produit de l'egoisme de ceux du Nord en general, des Etats-Unis en particulier.Une these passe-partout que le premier ministre Jean Chretien a, apres mille autres, recemment accreditee.Or, les faits .connus et demontres, mais qu'il faut inlassablement repeter parce qu'on n'en tient jamais aucun compte .s'accordent mal avec cette theorie.Ainsi, depuis 50 ans, le revenu moyen, la population et l'esperance de vie ont tous trois fait un bond dans le tiers-monde (en Amerique latine, par exemple, le revenu reel a double entre 1950 et 1985).L'Afrique seule est totalement coupee de tout progres.Or, celle-ci, ecrit Revel, a recu, par habitant, de 1960 a 2000, quatre fois plus de credits et d'aides que l'Amerique latine ou l'Asie.Pourquoi ces derniers continents ont-ils decolle et non l'Afrique ?La reponse est evidente pour quiconque est le moindrement lucide.Et elle a peu a voir avec Washington.Cela dit, les Etats-Unis n'en constituent pas moins aujourd'hui la seule hyperpuissance dont on attend tout et son contraire, perpetuellement sommee de tout regler en ne se melant de rien.Comment s'etonner, alors, que les Etats-Unis se considerent volontiers comme investis d'une sorte de mission universelle au point de parfois verser dans les declarations irritantes, frisant la megalomanie, l'odieux et le comique ?constate Revel.Sur la genese de cette situation et sur l'inquietant desequilibre qu'elle entraine, sont construites quelques-unes des pages les plus interessantes du bouquin.C'est l'Europe qui est cette fois dans la mire.A la fois d'un point de vue historique : au XXe siecle, elle s'est en effet consciencieusement autodetruite par les guerres, les genocides, les diverses derives totalitaires.Et d'un point de vue plus actuel, ce qui fait dire au philosophe : L'Europe unie, virtuellement, devrait etre de taille a faire contrepoids aux Etats-Unis.Si elle n'y parvient pourtant pas encore, c'est sans doute non point faute de ressources materielles ou humaines, mais faute de savoir bien les utiliser.Bref, elle n'a pas assez d'invention, d'efficacite, de sens de l'organisation, de rapidite dans l'adaptation et dans l'innovation.Sans doute est-il plus facile, a ce moment, non pas de redonner force a l'Europe, mais plutot de conspuer l' enigme que constitue la reussite du peuple americain, sortie tout entiere de son abyssale nullite , raille Jean-Francois Revel.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'OBSESSION ANTIAMERICAINE SON FONCTIONNEMENT, SES CAUSES ET SES INCONSEQUENCES Jean-Francois Revel Plon, Paris, 300 pages Revel ecrit : Les jeunes antimondialistes sont en realite des vieillards ideologiques, des fantomes resurgis d'un passe de ruines et de sang. 7LP0501F0922 f5 lectures dimanche 7LP0501F0922 ZALLCALL 67 19:36:08 09/21/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 2 2 S E P T EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 LITTERATURE ETRANGERE POP-PSYCHO Raymond Queneau, poete, ecrivain Un requisitoire contre la fessee L I L I A N N E LACROIX Ala radio, les propos directs, le style ebouriffe et les facons parfois cavalieres du psychiatre Pierre Mailloux lui ont fait a la fois passablement d'ennemis en meme temps que certains admirateurs irreductibles qui ne jurent que par lui.Jugeant que la tribune de CKAC n'etait pas suffisante pour defendre une cause qui lui tient visiblement a coeur, le Doc Mailloux a ecrit, en collaboration avec Jacques Beaulieu, Pour l'amour des enfants - Non aux chatiments corporels ! La collaboration des deux coauteurs, courante en litterature de ce genre, se resume ainsi : les opinions du Dr Mailloux et la plume de M.Beaulieu.Plus qu'un livre, c'est surtout un requisitoire pour l'abolition de l'article 43 du code criminel, qui permet a tout instituteur, pere ou mere, ou toute personne qui remplace le pere ou la mere , d'employer la force pour corriger un eleve ou un enfant confie a ses soins, pouvu que la force ne depasse pas la mesure raisonnable .Pour le Doc Mailloux, cet article de loi archaique n'a aucune raison d'etre en notre ere de communications et ne sert qu'a fournir une echappatoire legale aux adultes qui violentent les enfants.Le livre contient meme une petition que les lecteurs sont invites a signer.Les auteurs iront la porter eux-memes au premier ministre canadien, assure-t-on.Avec ses quelque 125 pages, le livre est court et, pourtant, on a souvent l'impression qu'il se repete.Si certains points souleves sont assez originaux, l'enthousiasme du Dr Mailloux, meme s'il semble visiblement contenu par l'ecriture, le fait neanmoins plonger, par moments, dans l'inflation verbale.Il est interessant, par exemple, qu'il nous fasse remarquer que les enfants maltraites de nos jours sont plus malheureux et se sentent plus isoles que ceux des autres generations car l'environnement culturel a change et les punitions physiques ne sont plus monnaie courante, que ce soit a l'ecole ou a la maison.Important aussi de souligner qu'une tape sur une fesse une fois n'equivaut pas a une raclee mais que les effets psychologiques sur l'enfant ne sont pas toujours fonction de la severite du chatiment.Par contre, il est difficile de le suivre quand il ressort la petite Aurore des boules a mites pour dire qu'a moins de changer les mentalites, les histoires comme celle de l'enfant martyre vont continuer a affluer devant les tribunaux et a la une des medias .Le debat entame par le Doc Mailloux vaut sans doute la peine d'etre souleve.Ce qui est etonnant, toutefois, c'est que, dans un contexte social ou on abhorre de plus en plus toute forme de violence et ou de plus en plus de gens tiennent le meme genre de propos, un medecin hautement mediatise et son collaborateur aient eu toutes les miseres du monde a denicher un editeur.De ces rebuffades, les auteurs ont conclu : Il semble que peu de personnes ont l'audace de contester certains principes educatifs.Le style flamboyant du Doc, qui lui a aliene plusieurs collegues, y est sans doute aussi pour beaucoup.C'est dommage car il serait malheureux de jeter le bebe avec l'eau du bain ou la question en meme temps que le psy qui la pose.\u0001 \u0001 1.2 POUR L'AMOUR DES ENFANTS - NON AUX CHATIMENTS CORPORELS ! Dr Pierre Mailloux et Pierre Beaulieu Editions Trait d'union, collection Realites, 125 pages JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration speciale Voila un ecrivain qui refuse tout esprit de serieux, et c'est tres rare.Il y a peut-etre eu Boris Vian, son ami intime.Qui encore ?Et pourtant, il a ecrit : L'humour est une tentative pour depouiller les grands sentiments de leur connerie.C'est l'homme qui ecrivait plusieurs versions d'un roman, et toutes contradictoires.Qui s'interessait aux fous litteraires, insolites, inquietants, jusqu'a essayer d'en faire un dictionnaire.L'homme qui, en poesie, avait besoin d'une metrique absolue, d'une construction prealable, de rimes exigeantes, d'impositions parfois draconiennes .a l'interieur de quoi il ecrivait ce qu'il voulait, se bidonnait d'avance en pensant au lecteur, et se moquait hardiment de tout, surtout de luimeme .Tiens, ce soir.Je vais ecrire un poeme .Pfft .Il a foutu le camp.Pourtant, ce n'etait pas seulement un humoriste, c'etait un homme serieux, encyclopedique, preoccupe de la mathematique des langages et de la theorie des combinaisons.Mais aussi un cultivateur de canulars et de contrepeteries (approximatives), un grand couturier du langage phonetique et de l'ortograf bizarre.Etrange Queneau, qui a traverse, impavide, quatre ecoles, quatre periodes litteraires : le surrealisme, la litterature engagee, le nouveau roman, la poesie populaire (avec son ami Prevert) et ne s'est laisse rien imposer, tout en participant a tout.Ki s'essuie, la?C'est l'athlete complet de l'ecriture.Il ecrit des chansons, pour les Freres Jacques, pour Juliette Greco, pour les Ballets de Roland Petit, pour qui le demande.Il exerce son art du canular sur le pape du Surrealisme, Andre Breton, avec lequel il finira par se brouiller .comme les autres, dira-t-il.Il invente en 1949 d'interroger un grand nombre d'ecrivains afin de constituer, en 100 volumes, la Bibliotheque ideale.Idee reprise et reprise depuis.Il propose la creation d'une collection de romans scientifiques, et baptise ce genre Sciencefiction.Il est membre du College de l'Pataphysique (l'apostrophe est indispensable pour la non-comprehension de ce que c'est) et membre de la Societe mathematique de France.Sans parler de l'academie Goncourt qui ne lui convenait vraiment pas et qu'il quittera tres vite.Il dirige pendant 30 ans l'Encyclopedie de la Pleiade, chez Gallimard .Un travail tatanesque, dit-il, qui va zavoir ma peau .En meme temps qu'il invente l'Ou Li Po, Ouvroir de Litterature Potentielle, duquel feront partie les meilleurs esprits les moins conformistes, Leiris, Georges Perec, Italo Calvino, Prassinos, Harry Mathews.On y viendra travailler de tous les coins du monde, s'exercer a ecrire sous la contrainte, des textes experimentaux .souvent desopilants, (A propos, l'Ouvroir est toujours ouvert, a vie aux zames hate heures).Il ecrit les dialogues de films devenus celebres, pour Clement, pour Bunuel.Il dessine et il peint, des gouaches et des aquarelles, avec un talent que son ami Picasso lui reconnait.C'est un grand amateur de jazz.et de Verdi.Et un jour, il ecrit un livre qui deviendra un monument : Exercices de style ou la meme scene insignifiante est repetee sur tous les tons, dans tous les genres, 99 fois, et qui porte en bandeau, sur fond jaune : C'est en ecrivant qu'on devient ecriveron.Pan danse tant, la.Tout ce temps, il y a un poete qui vit, qui ecrit, qui chante.Poemes innombrables, que l'on trouvera dans le premier tome des Oeuvres completes de la Pleiade, avec surtout, cette trilogie fameuse : Courir les rues, Battre la campagne, Fendre les Flots, et le non moins fameux recueil intitule Si tu t'imagines, du titre de la chanson que chanta si bien Juliette Greco.Une poesie legere, tendre, souriante, dont la perle se trouvera non pas dans un poeme mais dans un roman : celui d'une petite fille qui rend visite a son oncle de Paris, avec le desir de voir le Metropolitain.Mais nous ne verrons jamais la petite fille zassise dans le metro, car y'a la greve ! La greve mon cul ! On verra bien d'autres choses : un Paris populaire et drole, une civilisation du mot , un bonheur d'ecriture, un plaisir de lire qui furent, tous ensemble et dans une meme oeuvre, rarement egales : Zazie dans le metro, qui rendit Queneau celebre.On trouvera le recit de cette vie, par Anne-Isabelle Queneau, dans l'Album publie par la Pleiade : un resume fort clair et une forte iconographie.Egalement dans l'enorme biographie de Michel Lecureur.Et l'on trouvera les romans de Queneau dans le deuxieme tome des Oeuvres completes, en Pleiade : les huit romans les plus connus, dont Pierrot mon ami pour lequel on peut avoir un faible si l'on est amateur d'intrigues policieres farfelues et de decors de Luna- Park.Queneau etonnera toujours.N'etait-il pas Membre Transcendantissime de l'Ordre de la Grande Gidouille ?\u0001 \u0001 \u0001 RAYMOND QUENEAU, BIOGRAPHIE Michel Lecureur (Avec deux cahiers photo) Les Belles lettres/Archimbaud, Paris, 553 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 RAYMOND QUENEAU, ROMANS (Oeuvres completes II) Pleiade, Gallimard, Paris, 1760 pages \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 1.2 ALBUM QUENEAU (Illustre noir et couleurs) Pleiade, Gallimard, Paris, 319 pages 3057728A 3079443A FLASHES LIVRES Un avant-gout du Dany nouveau POUR AVOIR une idee du Dany Laferriere nouveau, il faut lire dans LIRE (septembre) un extrait (savoureux) qui s'etend sur quatre pages de Cette grenade dans la main du jeune negre est-elle une arme ou un fruit ?qui parait ces jours-ci en France.Rappelons que l'ecrivain qui n'ecrit plus de nouveaux livres mais reecrit ceux qu'il a deja ecrits, fait actuellement une tournee de 25 villes francaises pour promouvoir Cette grenade, qu'il a eu droit deja a la une livres du Monde en mai dernier, entre autres places de choix dans les revues francaises qui comptent.Il faudra attendre le retour de Laferriere a Montreal pour que son livre sorte ici, aux editions VLB, au moment du Salon du livre (14 au 18 novembre).Les courts chapitres sont autant de tableaux qui forment une fresque vivante et coloree des Etats-Unis d'aujourd'hui, lit-on dans la presentation de LIRE.Un livre foisonnant, drole et romanesque dans lequel l'auteur s'attache a detruire page apres page .avec un plaisir evident .le reve americain.Fugere rencontre Bruckner LE PHILOSOPHE francais Pascal Bruckner, tres aime au Quebec, s'entretiendra avec l'animateur bien connu pour sa passion pour les livres, Jean Fugere, a la librairie Indigo (1500, avenue Mc Gill College) le vendredi 27 septembre, a 19 h.Apres la presentation du livre Misere de la prosperite, il y aura discussion entre les deux hommes, suivie d'une periode de questions et une seance de signatures. 7LP0601F0922 7LP0601F0922 ZALLCALL 67 22:46:10 09/21/02 B EN BREF Les médecins sur un pied de guerre Référendum exigé au Saguenay L'APPROCHE COMMUNE qui constitue la base des négociations qui ont cours entre les gouvernements supérieurs et quatre communautés innues des régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord suscite de l'intérêt au sein de la population du Saguenay-Lac- Saint-Jean, et cette dernière tient mordicus à être consultée.Dans un sondage omnibus d'Uni Marketing réalisé pour le compte du Progrès-Dimanche, trois personnes sur quatre ont entendu parler de ce sujet et presque autant (69,9 %) affirment qu'il est nécessaire que la population soit appelée à se prononcer par voie de référendum.\u2014 Presse Canadienne Présenté comme délateur, il obtient 5000 $ d'Ottawa UN CRIMINEL que les Services correctionnels du Canada avaient identifié par erreur comme étant un informateur des policiers a obtenu 5000 $ de dédommagement du gouvernement fédéral, a rapporté le Ottawa Sun hier.John Harkness affirmait que les fausses déclarations de l'État avaient mis sa vie en danger en le faisant passer pour une taupe aux yeux des autres prisonniers.Il demandait des excuses et 100 000 $ pour atteinte à sa réputation.« Ils ont sali mon nom.C'est un nom criminel, mais ils l'ont sali », a déclaré le détenu.\u2014 Presse Canadienne Alerte à la bactérie E.coli LA MUNICIPALITÉ de Sainte-Anne-des-Plaines a publié hier soir un avis d'ébullition d'eau sur l'ensemble de son territoire, après avoir détecté la présence de la bactérie E.coli dans un échantillon d'eau puisé jeudi dans son réseau d'eau potable.Par mesure de sécurité, les quelque 10 000 résidants doivent faire bouillir l'eau durant cinq minutes avant de la consommer.Serge Lepage, directeur général de la Ville, a expliqué hier, que deux fois par semaine, des échantillons étaient prélevés à différents points sur le réseau et envoyés dans un laboratoire accrédité par le ministère de l'Environnement pour fin d'analyses.Comme les résultats d'analyses prennent 48 heures, ce n'est qu'en après-midi hier que la Ville a reçu les résultats de l'échantillon prélevé jeudi.Le rapport d'analyse précise qu'il y a du chlore résiduel dans l'eau, ce qui, selon M.Lepage, est contraire à la présence de la bactérie.\u2014 La Presse Entraves sur le pont Mercier LE MINISTÈRE québécois des Transports avise les usagers de la route qu'en raison de travaux de nettoyage de la chaussée, il y aura fermeture sporadique d'une voie de circulation sur le pont Honoré-Mercier au cours des prochains jours.Ainsi, aujourd'hui, la voie de droite en direction de Montréal sera fermée jusqu'à 16 h.Du 23 au 26 septembre, la même voie sera fermée entre 20 h et 5 h.La même voie sera aussi fermée de 22 h à 5 h, le 27 septembre.Il est toujours possible d'obtenir les plus récentes nouvelles quant aux entraves à la circulation en composant le 284-2383 (Info-Travaux) ou en consultant le site Internet du MTQ à l'adresse www.mtq.gouv.qc.ca/travaux.MYLÈNE MOISAN Le Soleil À LA GUERRE comme à la guerre, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Yves Dugré, a promis un plan d'action musclé pour contrecarrer la « conscription » amorcée cette semaine par François Legault.« Nous allons plus que grogner.Les médecins sont prêts à aller jusqu'au bout, aucune solution n'est écartée », a tranché, sans donner plus de détails, le Dr Dugré en point de presse, hier matin à Québec.Le président de la FMSQ s'apprêtait alors à rencontrer les médecins de la région et de l'est de la province pour préparer la réplique au ministre de la Santé.En point de presse vendredi, François Legault s'est dit prêt à vivre avec la grogne des médecins pour faire appliquer sa loi spéciale, conçue spécialement pour régler le problème des urgences.Les assignations par voie d'huissier et par télécopieur ont mis le feu aux poudres.Les médecins dépêchés dans une autre ville n'ont pas apprécié la méthode ni digéré l'application d'une mesure aussi radicale.Les quelque 350 médecins réunis à l'hôtel Radisson sont sortis en début d'après-midi à l'issue d'une rencontre qui leur aura permis de faire le point et de discuter de la marche à suivre.« Ce qui est ressortis, c'est que ce ne sont pas seulement les médecins qui sont inquiets, mais les patients aussi.Il y en a qui se sont fait demander : « Docteur, serez-vous là demain ?» Les gens ne comprennent pas pourquoi on bouscule le système comme ça », a résumé le Dr Dugré.Quant à la marche à suivre, elle demeure assez imprécise, si ce n'est que les médecins semblent décidés à ne pas se laisser « conscrire pour la révolution » du ministre Legault.Ils réclament d'abord un changement d'attitude et la recherche de solutions viables.« En faisant ça, le ministre aggrave la pénurie.Qu'il vienne s'asseoir avec nous.La solution passe par la concertation », assure-t-il.Une rencontre est d'ailleurs prévue entre le ministère et les médecins au courant de la semaine, mercredi ou jeudi.Au ministère de la Santé, on préfère ne pas réagir aux récriminations des médecins et rappeler que « sans la loi 114, il y a des urgences qui seraient fermées aujourd'hui au Québec », dixit Anne Marcotte, attachée de presse du ministre.Mme Marcotte assure que des discussions sont en cours pour trouver des solutions permanentes et que, dorénavant, les médecins devraient être avisés par téléphone avant de recevoir la visite d'un huissier.Une denrée rare Les médecins sont une main-d'oeuvre précieuse par les temps qui courent, le président de la FMSQ en est parfaitement conscient.« Ce n'est pas comme ça qu'on traite une denrée rare.Surtout pas comme des criminels en leur envoyant un huissier pour les assigner », a-t-il affirmé.En filigrane de cette « approche de dictateur », M.Dugré devine un opportunisme politique.« Avec le contexte de campagne électorale, il y a une grosse bataille dans les régions.Le gouvernement fait le pari qu'ils pourront aller chercher des votes en faisant ça », analyse-t-il, ajoutant qu'il « est plus que temps de sortir la politique de la santé ».L'attitude adoptée par François Legault n'inspire pas confiance pour la suite des choses, notamment en vue du projet de loi qui devrait être déposé en chambre dès l'ouverture de la session parlementaire.« On ne veut pas qu'il vienne nous informer de son projet de loi, on veut en discuter avec lui », somme le Dr Dugré.La signature de contrats de deux ans, telle qu'envisagée par le ministre de la Santé, pourrait même paver la voie à une médecine à deux vitesses, prévient le président de FMSQ.« Ceux qui ne signent pas les fameux contrats ne pourront pas facturer à la régie.Ils devront alors facturer à quelqu'un.Au patient ?» TRANSPORT AÉRIEN RÉGIONAL Il y a de l'espoir, estime le ministre Baril ANDRÉ DUCHESNE ALORS QUE l'impatience est palpable dans les régions éloignées du Québec, le ministre québécois délégué aux Transports, Jacques Baril, assure que tous les projets en matière de transport aérien régional soumis à ses fonctionnaires demeurent sous évaluation et qu'une solution globale sera proposée dès cet automne.« Nous avons reçu une demi-douzaine de propositions et toutes sont encore sous examen.Le fait que le ministre fédéral des Transports David Collenette ait déclaré il y a quelques semaines ne pas avoir l'intention de subventionner le transport aérien régional ne fait que renforcer notre propre position », a indiqué hier l'attachée de presse du ministre Baril, Karine Giasson.Visiblement, le ministre a senti le besoin de faire cette mise au point à la suite d'une nouvelle publiée il y a quelques jours dans Le Journal de Québec à l'effet que Québec négociait avec les dirigeants d'Air Canada dans le but d'étendre à l'ensemble de ses 17 liaisons régionales des rabais de 40 à 70 % consentis sur sept d'entre elles depuis la mi-juillet.En soi, les choses n'ont pas changé car en obtenant du transporteur une réduction des tarifs sur sept liaisons le 11 juillet dernier, le ministre s'était engagé à ne pas négocier avec d'autres transporteurs jusqu'au 30 septembre.Il est vrai, ajoute Mme Giasson, que les discussions se poursuivent dans le but de trouver une solution où Air Canada pourrait étendre ses rabais à toutes les liaisons régionales.Dans cet épineux dossier, tout est question de rentabilité.Le marché est restreint, quelques centaines de milliers de déplacements par année, et le coût des billets est exorbitant, dépassant parfois le millier de dollars pour se rendre d'un grand centre à une région éloignée.Québec ira-t-il jusqu'à subventionner le transport pour assurer un service à un prix décent partout ?Mme Giasson refuse d'utiliser ce terme.Par contre, dit-elle, il n'est pas exclu que le gouvernement fasse un geste pour favoriser un transporteur, que ce soit Air Canada ou un autre.« Plusieurs options sont possibles.Par exemple, et ça reste un exemple, les fonctionnaires appelés à voyager en avion pourraient recevoir des coupons de déplacement comme il en existe pour les taxis ou les séjours dans les hôtels.Sans augmenter nos budgets de déplacements, cela garantirait au transporteur une clientèle », explique-t-elle.Certains des gens d'affaires qui ont déposé des projets au bureau de M.Baril souhaiteraient un engagement financier du gouvernement par l'entremise d'une garantie de prêt.Mais à Québec, on semble très prudent, pour ne pas dire très hésitant face à cette formule.Dans l'attente du 30 septembre, les autres promoteurs piaffent d'impatience.Si Québec ne réussit pas à s'entendre avec Air Canada, de nouveaux contacts seraient alors établis avec eux dans le but de mettre sur pied un service à rabais pour les régions jusqu'à maintenant laissées de côté.« Tant qu'Air Canada négocie, les billes ne sont pas de notre bord », reconnaît Bernard Juteau qui, avec Sprintair, caresse le projet de desservir l'est du Québec avec quatre avions de type Saab-340 d'une capacité de 33 passagers.Comme d'autres transporteurs, M.Juteau laisse la porte ouverte à une collaboration avec Air Canada pour assurer du travail en sous-traitance en région.Des rencontres ont déjà eu lieu dans le passé mais aucun projet concret en est sorti.GRILLE BLANCHE LA Remplissez la grille et le coupon de participation.Retournez le tout avant 17 h, le mercredi 9 octobre 2002 à l'adresse indiquée.Un tirage au sort, parmi tout le courrier reçu, déterminera les gagnants.Ces personnes devront avoir rempli correctement la grille.Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.La solution de la Grille Blanche sera publiée le mardi 15 octobre 2002 dans le cahier des Sports et la liste des gagnants le vendredi 18 octobre 2002 dans l'édition régulière de La Presse.Pour participer Nom: Âge: Adresse: App.: Ville: Code postal: Tél.(rés.): Tél.(travail): Courriel : Concours « GRILLE BLANCHE 22 09 02 » La Presse, Ltée C.P.11618, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 5W5 .02777 5gagnants mériteront un magnifique sac à dos La Presse.22/09 7LP0701F0922 7LP0701F0922 ZALLCALL 67 18:34:31 09/21/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 2 S E P T EMB R E 2 0 0 2 F 7 Pendant que l'animatrice présentait ses invités, Hurt vit que Claudia avait recommencé à jouer distraitement avec le Tangram.\u2014 Qu'est-ce qu'il y a ?\u2014 Je pensais à Gabrielle, répondit Claudia, après un moment.Tu as eu des nouvelles?\u2014 Rien de neuf.\u2014 Je me rappelle, avant que Klaus revienne à lui.La veille, elle avait confié à Hurt de quelle manière Klaus avait été frappé d'une balle à la tête alors qu'elle le tenait entre ses bras.Elle lui avait raconté le choc de l'avoir perdu, puis celui de le retrouver, mais comme un étranger ayant tout oublié de son existence antérieure.\u2014 Tu l'as revu ?\u2014 Une fois.On a pris un café.Il savait que nous avions déjà été proches, mais il me disait vous.J'ai compris que c'était inutile.\u2014 Tu penses que, pour Gabrielle, ce serait mieux de.\u2014 Je suis désolée, fit-elle tout à coup en se tournant vers lui.Je ne voulais pas faire de comparaison.Gabrielle est encore en vie et rien ne dit que son cerveau est touché.\u2014 Ils ne savent pas combien de temps il a manqué d'oxygène.\u2014 Tu as toutes les raisons d'espérer.\u2014 Peut-être.JE VAIS MAINTENANT VOUS RÉ- VÉLER LE PROJET INCROYABLE QUI AVAIT GERMÉ DANS L'ESPRIT MALADE DE CET ARTISTE FOU.IL VOULAIT ABOLIR LES FRONTIÈ- RES ENTRE L'ART ET LA VIE, ENTRE L'OEUVRE ET LE CRÉATEUR, ENTRE LES RACES ET LES PEUPLES, ENTRE LES GENS.IL VOULAIT RÉALISER L'HOMME INTÉGRAL.CELUI QUI INCARNERAIT \u2014 ET J'EMPLOIE LE MOT AU SENS LITTÉRAL \u2014 CELUI QUI INCARNERAIT, DISAIS-JE, TOUTES LES POSSIBILITÉS DE L'ÊTRE HUMAIN.- 309 - l'homme devant qui Hurt et Claudia venaient de s'asseoir.Absorbé par le jeu de go devant lui, il n'avait pas pris la peine de les regarder.\u2014 C'est Hurt.L'homme releva les yeux du jeu et sourit.\u2014 Je m'en doutais, fit-il.J'avais mis une probabilité de quatrevingt- seize virgule deux pour cent.Hurt le regarda d'un air méfiant.\u2014 Il ne faut pas prendre ça au sérieux, intervint Claudia.Il met des probabilités sur tout.C'était elle qui avait amené Hurt dans le petit café où Blunt venait occasionnellement jouer au go.\u2014 Horace Blunt, poursuivitelle, en faisant les présentations.Paul Hurt.Les deux hommes se serrèrent la main.Une demi-heure plus tard, Blunt achevait d'exposer le plan qu'il avait élaboré.Hurt le regarda quelques instants d'un air incrédule.\u2014 Et mes chances de retrouver ceux qui sont derrière Body Store ?Combien ?\u2014 Quatre-vingt-sept virgule quatre pour cent.\u2014 Et l'autre douze ou treize pour cent ?Blunt regarda Hurt dans les yeux et lui répondit avec un sourire bon enfant.\u2014 Vous allez vous faire tuer avant de réussir.IL AVAIT DÉCIDÉ DE SE FAIRE GREFFER DIFFÉRENTS ORGANES PROVENANT DE CHACUN D'ENTRE NOUS.D'OÙ LE TITRE DE SA DERNIÈRE EXPOSITION, QUI AURAIT ÉTÉ CELLE DE L'ARTISTE/ OEUVRE, DU CRÉATEUR/CRÉATURE, DE L'ART VIVANT : « LA CHAIR COSMOPOLITE» .DANS LES TEXTES QU'IL A LAISSÉS, IL PARLAIT DU COSMOPOLITISME BIOLOGIQUE COMME DE LA PROCHAINE ÉTAPE DANS L'HISTOIRE DE L'HUMANITÉ.IL PRÉDISAIT UN MONDE OÙ LES GENS POURRAIENT S'ÉCHANGER DES ORGANES DE LA MÊME MANIÈRE QU'ON PRÊTE SON LIVRE PRÉFÉRÉ UN AMI.\u2014 Tu ne trouves pas que les autres victimes ont un rôle plutôt décoratif ?fit la voix sarcastique de Sharp.\u2014 C'est de la télévision, répondit simplement Claudia.MONTRÉAL \u2014 Alors, oui ou non ?demanda F I N Les Éditions Alire Inc.www.alire.com © 1998 Les Éditions Alire Inc.& Jean-Jacques Pelletier ROM22SE BEN LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND TU SAIS, C'EST DIFFICILE DE TE PARLER QUAND TU PASSES TON TEMPS À FAIRE TOUTES SORTES DE GRIMACES! JE SAVAIS QUE TU L'AIMERAIS JE PENSE QUE C'ÉTAIT UN DES MEILLEURS FILMS QUE J'AIE JAMAIS VUS.TU PENSES QUE JE VEUX BOIRE À LA MÊME PAILLE AVEC LAQUELLE TU VAS BOIRE?! NON, MAIS TU RÊVES! IL Y EN AVAIT UN QUI N'AVAIT QUE DES DIFFÉRENTES TEINTES DE ROUGE.APRÈS NOUS SOMMES ALLÉS À CETTE GALERIE D'ART ET NOUS AVONS VU TOUS CES NOUVEAUX TABLEAUX FLYÉS.BIEN SÛR, CERTAINS D'ENTRE EUX ÉTAIENT ÉNORMES.J'AIME LE ROUGE, MAIS JE NE SUIS PAS SÛRE QUE JE L'AIME À CE POINT, ET.SALUT! JE VOIS QUE VOUS BUVEZ DE LA LIMONADE! LUCIE, TU M'EN DONNES UNE GORGÉE?DE TOUTE FAÇON, IL Y AVAIT BEAUCOUP DE BEAUX TABLEAUX, ET.NE SOIS PAS RIDICULE!! 7LP0801F0922 F8 oiseau Dimanche 7LP0801F0922 ZALLCALL 67 17:11:32 09/21/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2002 Un projet de recherche sur le pigeon à la portée de tous À TIRE-D'AILE Petit cachottier que le pigeon domestique.Après deux ou trois millénaires de domestication et après s'être répandu dans toutes les villes de la planète, notre volatile urbain intrigue toujours les scientifiques.C'est que la grande diversité de coloris qu'on retrouve chez lui étonne.Le terme biset (la couleur dominante de l'espèce d'origine) vient du mot bis ou bise qui signifie un « gris tirant sur le brun », nous dit Le Petit Robert.Suffit de se promener aujourd'hui dans un centre- ville pour réaliser à quel point nos pigeons ont une livrée colorée.Voilà justement ce qui suscite des questions.C'est que la grande majorité de nos pigeons sont des descendants d'oiseaux domestiques relâchés dans la nature ou qui ont décidé de quitter à jamais leur pigeonnier.Ce retour à la vie sauvage est en cours depuis des siècles.Selon le principe de sélection naturelle, les types de coloris auraient dû se faire beaucoup moins nombreux au cours du temps.Ce n'est pas le cas.Le phénomène a attiré l'attention du célèbre Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, à Ithaca, dans l'État de New York, qui a lancé un projet de recherche pour tenter d'élucider le mystère ; des études auxquelles le public et le milieu scolaire sont invités à collaborer.Le projet Pigeon Watch s'inspire du Feeder Watch Project qui amasse des données des propriétaires de mangeoires depuis des années, ce qui permet, en raison du grand nombre de statistiques recueillies, de déterminer certaines tendances parmi les populations d'oiseaux du continent.« Nos pigeons présentent une multitude de coloris alors qu'on devrait en compter moins, explique Mindy La Branche, la responsable du projet.Jusqu'à maintenant, nos données indiquent que les pigeons qui vivent plus au nord, notamment ici en Amérique du Nord, ont tendance à être de couleur plus foncée que leurs congénères qui vivent plus au sud.Mais nous voulons aussi suivre l'évolution de l'espèce ailleurs dans le monde.» Des études ont démontré, par exemple, que si un pigeon blanc évolue au milieu d'une volée, c'est habituellement celui-ci qui sera attaqué le premier par le faucon pèlerin.Le hic, c'est qu'en milieu urbain, les prédateurs sont peu nombreux et que la sélection naturelle n'agit pas comme dans un milieu naturel où victimes et proies évoluent constamment en étroite relation.Il n'est pas impossible par ailleurs qu'en raison de l'abondance de nourriture, la dominance entre les oiseaux ou entre certaines lignées ne puisse se manifester comme cela se produit habituellement dans une communauté animale.Une autre hypothèse en faveur de la diversité de coloris veut que les oiseaux choisissent leurs partenaires en fonction de leur couleur, maintenant ainsi la pérennité des diverses lignées.Pour les écoliers Pigeon Watch tente de vérifier toutes ces hypothèses en réunissant aussi des données sur le comportement sexuel des oiseaux et l'importance de certaines lignées par rapport aux autres.Approuvé en 1996 et subventionné par la National Science Foundation des États-Unis, le projet a été lancé il y a trois ans en collaboration avec l'Association américaine pour l'avancement des sciences, mentionne Mme La Branche.Il réunit actuellement 700 groupes participants à travers le monde, mais plusieurs de ces groupes correspondent souvent à une seule personne alors que d'autres sont composés par des classes entières d'écoliers, dit-elle.Jusqu'à maintenant, on retrouve des observateurs de Pigeon Watch au Japon, en Australie, en Russie, en Grèce, au Mexique et dans plusieurs pays d'Amérique du Sud.Au Canada, ils sont seulement trois dont un du Québec.Selon Mindy La Branche, cette faible participation, même sur la scène internationale, s'explique par le fait que la recherche reste encore peu connue, l'université n'ayant pas les moyens financiers de faire de la promotion à ce sujet.Pourtant, il est très facile de participer au projet qui est aussi une excellente façon d'initier des groupes scolaires à l'observation des oiseaux dans un cadre de rigueur scientifique ou d'initiation aux sciences.Il suffit simplement de localiser un endroit où les pigeons se réunissent régulièrement, à un poste d'alimentation, par exemple, et d'y faire le relevé des coloris des plumages et de noter certains traits de comportement sur des fiches fournies à cette fin.Le hic, c'est que l'excellent matériel didactique fourni aux professeurs et aux participants est en anglais et en espagnol.Mais toute personne qui a une connaissance moyenne de l'anglais (ou de l'espagnol) peut très bien se débrouiller et compléter les fiches facilement.Soulignons que tout amateur peut participer individuellement.On peut également faire les observations en famille.Les frais de participation sont de 15 $ US, une somme qui couvre uniquement les coûts du kit d'information, des fiches et la coordination du projet.Vous recevrez aussi deux fois l'an un bulletin de liaison, le Birdscope, qui traite des divers projets scientifiques de Cornell impliquant le public, de même que Pigeonscope, qui s'adresse uniquement aux observateurs de notre colombidé des villes.On peut joindre Mme La Branche (elle ne parle qu'anglais) au (607) 254-2473, ou cliquer : pigeonwatch@ cornell.edu ou encore www.birds.cornell.edu.ppw.Si vous participez à la recherche, faites-moi part de vos trouvailles.Ce poster qui présente les sept types de livrées que l'on rencontre chez le pigeon biset à travers le monde fait partie de la documentation remise aux participants du projet Pigeon Watch.Cette recherche scientifique fait appel a la collaboration du grand public, notamment des professeurs des écoles primaires et secondaires.Une mauvaise réputation injustifiée PIERRE GINGRAS LE PIGEON biset fait partie de la grande famille des colombidés qui regroupe autour de 300 espèces d'oiseaux dont 37, comme la tourterelle triste, sont nord-américaines.À l'époque, l'espèce sauvage était répandue un peu partout dans le monde, de l'Europe du Nord à la Sibérie, en passant par l'Afrique et l'Asie.Son introduction en Amérique du Nord ne date pas d'hier puisque les premiers oiseaux ont débarqués en 1606, à Port-Royal, en Nouvelle- Écosse, importés par des colons français pour les élever à des fins d'alimentation.Le fondateur de Québec, Samuel de Champlain, a fait bâtir son propre pigeonnier dès son arrivée en terre québécoise, en 1608.Le pigeon fut introduit par la suite dans divers coins de la côte Est des États-Unis.Aujourd'hui, il est établi presque partout dans le monde.Si le pigeon « domestique » s'est bien adapté à travers les âges pour vivre en milieu urbanisé, l'espèce sauvage nichait plus particulièrement dans des endroits rocailleux, d'où son appellation anglaise de « rock pigeon ».D'un poids d'un peu plus de 400 grammes, notre colombidé est presque essentiellement granivore même s'il mange à l'occasion de l'herbe, des fruits et des restes de table comme le pain.Uni pour la vie, le couple élève habituellement trois nichées par année, parfois plus, si les conditions lui conviennent.Il est un des rares oiseaux à pouvoir nicher en plein hiver, même dans nos froids sibériens de janvier ou de février.C'est le mâle qui apporte les matériaux en vue de faire le nid, mais c'est la femelle qui le construit.Les deux oeufs sont couvés par le mâle et la femelle durant 17 à 19 jours et les petits ne s'envoleront que 35 à 37 jours après l'éclosion.L'hiver, ils resteront au nid une dizaine de jours de plus.Comme chez les autres colombidés, dès leur naissance, les oisillons aveugles et nus sont nourris par leurs parents avec du « lait de pigeon », une substance très riche composée de protéines et de graisses, mais exempte de sucres, produite par le jabot.Cinq jours après l'éclosion, les parents ajouteront quelques grains au menu des petits.L'apport de graines qui sont amollies au préalable par le « lait » augmentera progressivement durant 18 jours, jusqu'au moment où le jabot cesse complètement sa production de concentrés protéiques.Des éboueurs bien utiles Fait unique dans le monde des oiseaux, les pigeons et autres espèces apparentées boivent en aspirant l'eau au lieu de puiser le liquide avec le bec pour lui permettre ensuite de descendre dans le gosier en levant la tête.Le pigeon biset peut se reproduire parfois dès l'âge de six mois et sa longévité atteint au moins 16 ans en captivité.Ses seuls véritables ennemis sont les rapaces, surtout le faucon pèlerin en milieu urbain, le faucon émerillon, l'épervier de Cooper et la buse à queue rousse en milieu rural.Même s'il cohabite avec nous depuis des millénaires, le pigeon biset jouit d'une mauvaise réputation.Il est vrai que leurs fientes posent des problèmes aux monuments et aux espaces publics, mais ils ne sont pas plus vecteurs de maladies que d'autres espèces d'oiseaux.Une association vétérinaire a déjà indiqué que l'élevage de pigeons domestiques (même s'ils se mêlent à leurs congénères « sauvages » durant le jour, ne présente aucun danger de plus que tout autre animal de compagnie.Par contre, nos pigeons urbains jouent un rôle important de vidangeurs, insistent les spécialistes du Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, car ils gobent chaque jour des tonnes de déchets de table ou de résidus de fastfood.Ils font aussi partie de notre environnement urbain et sont souvent les rares oiseaux que l'on peut côtoyer quotidiennement dans nos univers de béton.Le premier oiseau apprivoisé par l'homme L'origine du pigeon biset remonte à la nuit des temps puisqu'il serait apparu sur la planète il y a environ 120 000 ans, bien avant l'homme moderne.Vers les années 6500 avant notre ère, il est associé à la fertilité et jusqu'au premier millénaire avant Jésus- Christ, on le revêt d'une signification religieuse ou sacrée.Peu après, son destin devient moins attrayant.On commence à l'apprécier sur la broche et il figure désormais au menu de tous les jours.Le pigeon biset est souvent considéré comme le premier volatile apprivoisé, d'abord pour sa chair puis pour livrer des messages.Déjà les Romains l'utilisaient comme facteur, un usage qui a d'ailleurs persisté à travers le temps puisqu'il était le moyen le plus rapide de livrer des messages, du moins avant l'invention du télégraphe en 1836 et du téléphone en 1875.À titre de messager volant, il a participé à de nombreux conflits armés.Il était si efficace que lors de la guerre entre la Prusse et la France, les Allemands ont entraîné des faucons pour capturer les pigeons postaux français qui transportaient des nouvelles du front.Les historiens mentionnent aussi que les Anglais ont appris la défaite de Napoléon à Waterloo par un pigeon, quatre jours avant le courrier régulier qui voyageait à cheval et en bateau.Le pigeon voyageur a aussi accompagné les combattants lors de la Première Guerre mondiale, de la Seconde et de la guerre de Corée.Ce n'est d'ailleurs qu'en 1956 que l'armée américaine a dissous son corps de pigeons d'élite.Doté d'une excellente vue, le pigeon peut distinguer les couleurs du spectre lumineux, mais aussi les ultraviolets.Il est doté d'un sens de l'orientation aigu.Il se dirige en utilisant la position du soleil, le champ magnétique terrestre et des repères visuels.Les courses de pigeons sont toujours à la mode et les Belges, notamment, ont développé une véritable passion pour cette activité et élèvent des centaines de milliers de volatiles à cette fin.L'oiseau peut atteindre une vitesse de plus de 100 km/h.Son ouïe est plus sensible que celle de l'être humain.Il peut entendre les basses fréquences émises à grande distance par le vent, les orages ou même par les volcans.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse© Les pigeons bisets nous offrent un plumage dont la gamme de coloris est très variée, un foisonnement de couleurs qui intriguent les scientifiques.Le célèbre Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, dans l'État de New York, a mis sur pied un projet de recherche impliquant le public dans le but d'élucider le phénomène."]
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