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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-09-28, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0928 b01 samedi 28 septembre 6LP0101B0928 ZALLCALL 67 20:41:51 09/27/02 B AMÈRE PILULE La cote de popularité du ministre de la Santé, François Legault, est en chute libre chez les médecins.Son approche « autoritaire » est dénoncée.Certains parlent de « conscription sauvage » et de « dictature » depuis que la loi d\u2019exception est entrée en vigueur pour maintenir toutes les urgences ouvertes 24 heures sur 24.La méthode Legault, qui a connu de francs succès en éducation, peut-elle fonctionner en santé ?Le 25 juillet dernier, en pleine canicule, les députés sont réunis à Québec pour voter une loi d\u2019exception obligeant les médecins à travailler dans les urgences des hôpitaux du Québec.Le même jour, les médecins manifestent devant l\u2019Assemblée nationale.Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Renald Dutil, prend alors connaissance du texte du projet de loi présenté par le ministre François Legault.« Ce n\u2019est pas une solution parfaite mais c\u2019est la seule solution.» François Legault savait déjà, le 23 juillet dernier, que donner le feu vert à une loi d\u2019exception afin de maintenir les urgences du Québec ouvertes en tout temps n\u2019était pas l\u2019idéal.C\u2019est ce qu\u2019il avait admis ce jour-là devant les médias, quelques minutes avant d\u2019entrer en contact par téléphone avec les autres ministres du cabinet Landry pour leur annoncer sa décision d\u2019opter pour une telle loi et les exhorter à l\u2019appuyer.Deux mois plus tard, dire que cette solution n\u2019était « pas parfaite » relève de l\u2019euphémisme.Le remède de cheval du ministre donne de sérieux maux de tête au réseau.Vrai, grâce à la loi, toutes les urgences de la province demeurent ouvertes 24 heures sur 24, sept jours sur sept.En revanche, les ratés de la loi irritent les médecins un peu plus chaque jour.L\u2019exemple le plus frappant aura été lorsque la régie régionale du Saguenay\u2014Lac-Saint-Jean a forcé, la semaine dernière, à 24 heures d\u2019avis, deux urgentologues de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant- Jésus de Québec à assurer des quarts de garde au Carrefour de santé de Jonquière.« C\u2019est presque de la dictature », avait répliqué l\u2019un des deux médecins, Jean Ringuet.Pour aller passer une nuit à Jonquière s\u2019occuper de cas en général mineurs, il devait annuler deux quarts de travail aux urgences de son propre hôpital, un centre tertiaire de traumatologie où les urgences traitent des cas lourds.« Je pense que le ministre a raison d\u2019affirmer que les médecins, dans un contexte de pénurie, doivent donner priorité à leurs activités et toujours assurer les services prioritaires, dont ceux des salles d\u2019urgence », admet le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Renald Dutil.Il affirme toutefois que la façon dont Québec souhaite régler le problème n\u2019est assurément pas la bonne.« Cette loi spéciale était un mauvais moyen.Je l\u2019ai dit en juillet et je le redis encore avec plus de force maintenant qu\u2019on assiste à de nombreux dérapages et d\u2019effets secondaires de cette loi », souligne-til.Le Dr Dutil est tout aussi critique lorsqu\u2019on lui demande de décrire l\u2019approche Legault en santé dans son ensemble.« Telle qu\u2019elle s\u2019est manifestée ces derniers mois, c\u2019est une approche autoritaire et unilatérale, dit-il.Une approche de loi spéciale, d\u2019huissiers et de médecins qu\u2019on considère comme des pions.Qu\u2019on peut manipuler comme des chiffres qu\u2019on transporte d\u2019une colonne à l\u2019autre.» Mort à Shawinigan Si on veut remonter à la source de la loi d\u2019exception, il faut se rendre à Shawinigan.C\u2019est là où, le jeudi 20 juin, peu après minuit, Claude Dufresne est mort des suites d\u2019une crise cardiaque dans une ambulance en direction de Trois-Rivières.L\u2019homme de 51 ans habitait à quelques pas de l\u2019hôpital de Shawinigan, mais il n\u2019a pas pu y être admis car les urgences de l\u2019établissement étaient fermées la nuit depuis le début du mois, faute de médecins intéressés à y travailler.Une semaine plus tard, le ministre de la Santé expédie une lettre à la Fédération des médecins omnipraticiens et à huit régies régionales de la santé et des services sociaux concernées par les problèmes de fermeture des urgences.Il explique qu\u2019il estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « situation intolérable » et affirme noir sur blanc qu\u2019une loi d\u2019exception est envisagée.« Si nous ne pouvons parvenir à régler les situations potentielles de rupture des services d\u2019urgences, je me verrai dans l\u2019obligation de présenter une législation spéciale pour assurer le maintien des services prioritaires et essentiels que sont les urgences », écrit-il.Voir QUÉBEC en B2 L\u2019approche santé de Legault au pilori 6LP0201B0928 b02 samedi 28 septembre 6LP0201B0928 ZALLCALL 67 20:28:19 09/27/02 B B 2 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 FRANÇOIS LEGAULT De bonnes notes et des remous à l\u2019Éducation ALEXANDRE S I R O I S François Legault n\u2019a pas peur de remettre en cause les idées reçues.« Il a ses idées, il va les soumettre, il va provoquer.» Ces commentaires ne viennent pas d\u2019un médecin, mais bien du recteur de l\u2019Université de Montréal, Robert Lacroix.Recteur qui s\u2019empresse d\u2019ajouter qu\u2019il y a une différence entre les idées émises par le ministre « pour tenter de faire évoluer les choses » et les solutions qu\u2019il va éventuellement trouver.« J\u2019ai réalisé qu\u2019au bout du compte, après qu\u2019on a vraiment échangé, il savait faire les compromis pour en arriver à une solution », dit-il après avoir côtoyé le ministre pendant plus de trois ans alors que celui-ci détenait le portefeuille de l\u2019Éducation.« Il est ouvert à la discussion.Il va soumettre des idées, mais c\u2019est souvent pour nous brasser un peu.Après, on est prêt à passer à table pour vraiment discuter des choses », ajoute le recteur, qui dit avoir eu certains échanges « musclés » avec le ministre.D\u2019abord la performance M.Legault semble penser, « avec raison dans certains cas », que c\u2019est en faisant des remous qu\u2019on peut avancer, estime M.Lacroix.Le recteur souligne par ailleurs, comme plusieurs le font déjà remarquer en santé, que le ministre accorde énormément d\u2019importance à la performance.« C\u2019est un ministre qui veut vraiment défendre la cause de son ministère et aller chercher les ressources requises, mais qui ne le fera jamais s\u2019il n\u2019est pas convaincu que l\u2019utilisation des ressources sera faite le mieux possible », dit-il.Certains aiment, d\u2019autres pas! Rétrospectivement, certains acteurs du milieu de l\u2019éducation ne sont toutefois pas aussi enchantés par l\u2019approche employée par le ministre pour faire avancer ses dossiers.« La méthode pour développer son plan d\u2019affaires, pour amener les gens à y adhérer ou à partager sa vision, c\u2019est une méthode de comptable.Une approche très liée aux chiffres, à la performance, au prix de revient, au coût par étudiant, au rendement », se souvient une source.Comme si, en affaires, M.Legault se souciait avant tout de l\u2019avoir des actionnaires, indique cette source.« On était vraiment dans une approche comme celle-là et compte tenu que ce qui prime à la fin c\u2019est le rendement pour les actionnaires, évidemment, on ne fait pas beaucoup dans la dentelle ! » Cela dit, cette même source indique que les objectifs du ministre étaient nobles et que si ses successeurs à l\u2019Éducation suivent ses traces, ses actions auront probablement porté leurs fruits.Et derrière ces gestes, on retrouvait toujours le facteur humain, au contraire de ce que peuvent percevoir actuellement certains médecins.« M.Legault avait une préoccupation : augmenter les taux de réussite et de diplômation.C\u2019est que dans le fond, il avait à coeur la réussite de nos garçons et de nos filles.Il ne demandait pas ça pour lui ou pour nous mais pour l\u2019avenir des jeunes en se disant que notre société en laisse beaucoup trop sur le carreau.» Photothèque La Presse Robert Lacroix, recteur de l\u2019Université de Montréal.Photothèque la Presse François Legault, un ministre au coeur de la tourmente, comptable, disent les uns; plutôt préoccupé par le sort de ses concitoyens, disent les autres.QUÉBEC Suite de la page B1 Une douzaine d\u2019hôpitaux à l\u2019époque étaient aux prises avec des ruptures de services ou s\u2019attendaient à en connaître.Les hôpitaux de Shawinigan, de Jonquière et de Val-d\u2019Or connaissaient les problèmes les plus sérieux.En revanche, bien peu d\u2019acteurs du réseau, à l\u2019époque, jugeaient que Québec irait de l\u2019avant avec une loi d\u2019exception.Le jour où le Dr Dutil a reçu la lettre de M.Legault, ce dernier partait en vacances en Europe.Il avait fixé au 15 juillet, jour de son retour au pays, la date butoir pour la proposition de solutions durables.Or, les fédérations de médecins ont beau se démener, elles n\u2019arrivent pas à garantir à temps que des médecins pourront remplir tous les quarts de garde de l\u2019ensemble des hôpitaux du Québec au cours des prochains mois.Quelques services des urgences sont donc toujours en crise lorsque le ministre de la Santé retourne au travail.Et les députés des régions qui se sentent abandonnées par les médecins militent ouvertement pour l\u2019adoption d\u2019une loi d\u2019exception.« À ce stade, nous sommes rendus à l\u2019étape de la coercition », déclare le député de Saint-Maurice, Claude Pinard, le 18 juillet.À Québec, aujourd\u2019hui, certains affirment que la loi du ministre était carrément une « loi de députés ».« L\u2019une des grandes qualités de M.Legault, comme ministre, c\u2019est que c\u2019est un gars qui est très proche de ses députés », dit-on.En santé comme en affaires « Je trouve comme tout le monde que la loi est malheureuse et je suis à peu près certain que M.Legault est dans le même bateau, déclare une source du milieu médical.Il a peut-être fait sa loi trop vite ou en pensant que les gens à qui il allait demander de l\u2019appliquer étaient des gens brillants qui le feraient bien.La réalité c\u2019est que ceux qui l\u2019appliquent, en particulier les régies régionales, font un travail dégueulasse.» Les médecins n\u2019ont rien contre M.Legault ni contre la façon dont, en général, il semble vouloir gérer son ministère.Ils ont l\u2019impression d\u2019avoir affaire à un homme d\u2019affaires et à un comptable qui propose des orientations intéressantes pour le système.Mais un homme d\u2019affaires doit être en mesure de s\u2019adapter face au système de santé, soutiennent- ils.« Il veut des résultats à très court terme pour solutionner des problèmes qui datent souvent de plusieurs années, dont les causes sont multiples et complexes.Il n\u2019y aura pas qu\u2019une seule solution.Ces problèmes- là exigent un ensemble de solutions », déclare le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.Le président de la Fédération des médecins spécialistes pense pour sa part que le ministre devrait doubler son approche de « businessman » d\u2019une bonne dose d\u2019humanité.« Étant donné qu\u2019on travaille avec la souffrance, la maladie, des problèmes financiers dans un système public où on doit faire des choix, des listes d\u2019attente.Ça prend une approche humaine.C\u2019est un peu ce qui a manqué au départ », dit Yves Dugré.Le représentant des spécialistes a parfois l\u2019impression que pour M.Legault, la santé est en quelque sorte « un bien livrable ».Sauf qu\u2019en santé, il n\u2019est pas toujours possible de garantir les résultats, souligne-t-il.« C\u2019est complexe.Il peut y avoir apparence d\u2019échec parce qu\u2019un patient peut mourir.Il peut y avoir des complications, mais ça fait partie de la maladie.La santé, ce n\u2019est pas une paire de souliers et ce n\u2019est certainement pas un voyage en avion.C\u2019est autre chose.» Les gros bras ne paient pas Le ministre a bel et bien loué publiquement les efforts de l\u2019ensemble du personnel du réseau de la santé, mais son message a de la difficulté à passer chez les médecins.« On dirait que le ministre oublie que les vrais docteurs travaillent vraiment fort avec les infirmières et les autres professionnels de la santé pour maintenir le système à flot.Il faudrait qu\u2019il reconnaisse ça et qu\u2019il reconnaisse sa part de responsabilité.Mais on dirait qu\u2019il ne se sent pas du tout interpellé par ce message », déplore le président de la Fédération des médecins résidents, Stéphane Ahern Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Santé, M.Legault est extrêmement orienté vers la performance et l\u2019imputabilité, constatent aussi les acteurs du milieu.S\u2019il se rend compte que les urgences d\u2019un hôpital sont en détresse et n\u2019obtiennent pas de bons résultats, il aura plus tendance à se demander spontanément pourquoi les gestionnaires de cet établissement sont encore en poste avant de s\u2019interroger sur les moyens à mettre en place pour donner un coup de main à l\u2019hôpital.Or, travailler dans le secteur de la santé, c\u2019est un peu comme faire de la voile, fait remarquer Léonard Aucoin, consultant et ancien membre de la commission Clair sur les soins de santé.Impossible de contrôler les éléments qui font avancer le bateau.« Mais il faut que tu saches comment les faire travailler pour faire avancer le bateau », dit-il, ajoutant que si le vent se lève et tu tentes de le prendre de front, tu risques de te retrouver à l\u2019eau.« L\u2019approche des gros bras, ce n\u2019est pas une façon de régler les problèmes dans un système aussi complexe que le système de santé », précise M.Aucoin.Il rappelle que l\u2019ancien ministre libéral de la Santé, Marc-Yvan Côté avait lui aussi tenté d\u2019être « brutal » avec les médecins.Il n\u2019avait au bout de compte pas pu tirer son épingle du jeu.Cela dit, politiquement, la méthode forte employée pour maintenir les urgences ouvertes pourrait être payante pour le ministre.M.Aucoin, qui a fait le tour du Québec avec la commission Clair, se souvient que beaucoup de gens à l\u2019extérieur des grands centres « voulaient qu\u2019on sorte la matraque et qu\u2019on oblige les docteurs à pratiquer en région ».Ainsi, on peut penser que le public, particulièrement en région, verra d\u2019un bon oeil l\u2019adoption d\u2019une loi spéciale et les efforts déployés par le ministre pour mieux répartir les médecins sur le territoire.« Mais à moyen terme, si ça ne se calme pas et si les problèmes se généralisent, ça reste à voir », dit M.Aucoin.Cercle vicieux S\u2019il y a un hic, il est justement là.Le ministre a fait amende honorable en conférence de presse et a dénoncé l\u2019utilisation d\u2019huissiers pour obliger les médecins à remplir des quarts de travail dans les hôpitaux en difficulté.Mais il peut difficilement aller plus loin puisque s\u2019il abroge la loi comme on lui demande, certaines urgences vont encore fermer leurs portes ponctuellement.« S\u2019il recule trop sur la loi, il perd la face.Par contre, s\u2019il ne recule pas et il veut reproduire avec des lois de même nature une espèce de régulation générale de la profession médicale, on va se retrouver devant une montée en charge de l\u2019ensemble de la profession médicale qui va ressembler à celle qu\u2019il y a eue dans les années 90 et qui va faire reculer le gouvernement et les ministres », prévoit le professeur titulaire au département d\u2019administration de la santé de l\u2019Université de Montréal, André- Pierre Contandriopoulos.Le professeur dit comprendre que le ministre ait pu être tenté, avec un gouvernement en fin de mandat, d\u2019opter pour une loi d\u2019exception même s\u2019il était fort peu probable que cette méthode fonctionne.« On ne peut pas modifier des problèmes structurels qui ont été produits au cours des 30 dernières années par des lois spéciales.Et en même temps, on arrive à des situations où c\u2019est presque impossible de ne pas être tenté de faire une loi spéciale parce qu\u2019on est dans un cul-de-sac », dit-il.Or, depuis les ratés de la loi d\u2019exception, le ministre semble être de nouveau dans un cul-de-sac.La législation est temporaire, a-t-il encore répété cette semaine.Mais les médecins doivent fournir l\u2019assurance que toutes les urgences demeureront ouvertes en tout temps s\u2019ils souhaitent que le ministre fasse marche arrière.Pour le meilleur et pour le pire, les médecins contrariés et le ministre isolé sont donc condamnés à mettre de l\u2019eau dans leur vin et collaborer s\u2019ils veulent s\u2019en sortir la tête haute, sans que la population du Québec en fasse les frais.Les principaux acteurs >FMOQ: Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.Comporte plus de 7500 médecins généralistes.Son président est le docteur Renald Dutil.>FMSQ: Fédération des médecins spécialistes du Québec.Comporte environ 7500 spécialistes regroupés en 34 associations.Son président est le docteur Yves Dugré.>FMRQ: Fédération des médecins résidents.Comporte quelque 2000 résidents, qui ont terminé leurs études en médecine et qui poursuivent une formation postdoctorale.Son président est le docteur Stéphane Ahern. 6LP0301B0928 b03 samedi 28 septembre 6LP0301B0928 ZALLCALL 67 22:00:14 09/27/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 P L U S B 3 JEAN CHAREST Une épine au pied du Parti libéral du Québec QUÉBEC \u2014 Robert Bourassa avait dû arrêter, une minute, de peler sa sempiternelle orange.« Les gens vous respectent, mais ne vous aiment pas », lui avait dit, avec détachement, Grégoire Gollin, le « cerveau » de Créatec, qui, en 1985, sondait déjà pour le PLQ.Derrière le miroir sans tain des salles de « groupes cibles », Grégoire Gollin a, pour le Parti libéral, ausculté les cerveaux de bien des Québécois à l\u2019occasion de campagnes électorales et référendaires, entre 1985 et 1998.Il avait entrepris la campagne de Jean Charest en 1998, mais ne la termina jamais.« Le chef ne voulait pas entendre ce que j\u2019avais à dire, on a tiré sur le messager », expliquait cette semaine M.Gollin, dans une entrevue à La Presse, acceptée après 24 heures de réflexion.Depuis près de trois ans, chaque trimestre, M.Gollin refait l\u2019exercice pour des entreprises et des groupes d\u2019intérêts.« Je n\u2019ai aucun client chez les partis politiques », insistet- il.Il épie littéralement les remarques de groupes formés de gens ordinaires et retient ce qu\u2019ils disent des trois chefs de parti.Et le verdict sur Jean Charest n\u2019a pas changé depuis 1998.« On ne sent pas chez lui un engagement total envers une cause, comme chez Lévesque, chez Bouchard, et même chez Mario Dumont.» résume M.Gollin.Jean Charest a fait plusieurs erreurs : d\u2019abord « il n\u2019a jamais légitimé sa décision de passer du fédéral au provincial », il a paru longtemps indifférent au débat québécois et, même chez les libéraux, on s\u2019inquiétait de ses longues absences des bulletins d\u2019information télévisés.La conclusion tombe comme un couperet, « les gens ont l\u2019impression que Jean Charest est un opportuniste, qu\u2019il est resté assis sur son steak en attendant que le Parti québécois coule tout seul », de dire M.Gollin, qui a été le premier, le printemps dernier, à prédire que la montée de Mario Dumont ne serait pas un feu de paille.Même la formule récente du chef libéral, « Réinventer le Québec », est perçue comme la stratégie d\u2019un « vendeur d\u2019autos, d\u2019une patente publicitaire », poursuit M.Gollin.Dès la campagne de 1998, le spécialiste avait enjoint à Jean Charest d\u2019être entouré de son équipe dans les publicités du PLQ \u2014 la semaine dernière, pour rendre publique sa plate-forme électorale, M.Charest avait finalement tout ses députés derrière lui.« Déjà en 1998, le problème c\u2019était le chef.» observe l\u2019expert pour qui il fallait dès lors « prendre acte que les Québécois entretenaient des doutes sérieux sur l\u2019authenticité de son discours ».Une enquête CROP vient de montrer que pour un Québécois sur trois, Jean Charest était « ce qu\u2019ils aimaient le moins » au PLQ.Surclassé par Mario Dumont et Bernard Landry chez les francophones, M.Charest est perçu comme le moins authentique, le moins compétent des trois chefs de parti, surtout le moins « apte à gérer le changement », la formule qu\u2019avait choisi de proposer le chef libéral.M.Charest a beau promettre « de faire encadrer ce sondage pour son bureau quand il sera premier ministre », l\u2019inquiétude est palpable au PLQ où on cherche frénétiquement la recette pour rétablir le contact avec les électeurs et réconforter les militants.« Quand un chef n\u2019est pas aimé, il se doit d\u2019inspirer le respect pour avoir une chance de gagner.Et cela n\u2019est pas le cas de Charest ; il n\u2019est ni aimé ni respecté », observe l\u2019ancien gourou du PLQ, une côte impossible à remonter tant Mario Dumont a bien joué ses cartes selon lui.Et pour le patron de Créatec, même la publication récente des éléments essentiels du programme ne changera rien aux chances du PLQ.Des vétérans du PLQ observent avec amertume les nombreux réalignements de leur parti depuis 1998.Le PLQ fut successivement le parti des réductions d\u2019impôt, puis celui des régions puis, avec la victoire surprise dans Mercier, le PLQ tangua à gauche et devint le parti de la « compassion ».L\u2019espace d\u2019une manchette, M.Charest a promis qu\u2019il renouerait avec les grands projets hydroélectriques pour revenir, plus récemment au leitmotiv des baisses de taxes et de la réduction de la taille de l\u2019État.« On a mis quatre ans pour revenir au début », dit l\u2019un d\u2019eux.Coup de tonnerre dans le ciel libéral, l\u2019ancien partisan Marcel Dutil, le patron de Canam Manac, n\u2019expliquait pas autrement sa défection du clan Charest pour passer à l\u2019ADQ : « Vous l\u2019avez vu aller comme moi », disait le Beauceron, relevant les virages nombreux du chef libéral.Les stratèges libéraux attendaient énormément de la publication de leur plate-forme électorale, il y a deux semaines.Plusieurs éditoriaux favorables, de l\u2019espace dans les médias, l\u2019opération semblait réussie au-delà des espérances.Après avoir encaissé sans broncher la montée constante de Mario Dumont, Jean Charest pouvait répliquer à son nouveau rival, lui demander de mettre, lui aussi, cartes sur table.L\u2019opération était audacieuse car, jusqu\u2019à l\u2019électrochoc des partielles du 17 juin, le PLQ appliquait rigoureusement la vieille recette : rien sur le programme avant la campagne.Mais après la défaite dans la complémentaire de Vimont, les libéraux étaient atterrés.D\u2019autant plus que jusqu\u2019en avril tout allait pour le mieux ; les députés avaient choisi leur limousine, un « comité de transition » identifiait déjà les mandarins à remplacer.Dans des cercles restreints, Pierre Bibeau avait déjà sollicité des avis sur un « secrétaire général » pour l\u2019administration Charest : Michel Crête, mandarin évincé de la direction de Loto-Québec par Bernard Landry.Beaucoup de nervosité Après deux mandats dans l\u2019opposition, les libéraux sont obsédés par les sondages qui, unanimement, indiquent qu\u2019ils y resteront.L\u2019embellie d\u2019il y a deux semaines a été bien courte.Dès lundi dernier, Mario Dumont frappa un grand coup avec un passage au Canadian Club et l\u2019annonce que Marcel Dutil, l\u2019un des leaders du Québec inc.serait responsable de sa campagne de financement.« Les gens disaient que Mario ne serait pas pris au sérieux au Canada anglais, qu\u2019il laissait les milieux d\u2019affaires indifférents, ce qui s\u2019est passé cette semaine est très fort, observe Claude Gauthier de CROP.Selon lui, il sera « très difficile » aux autres partis de renverser la vapeur : MM.Charest et Landry « ont une côte presque insurmontable » devant eux.Avec la foi du charbonnier, Robert Dobie, le président des circonscriptions de l\u2019ouest de Montréal croit que la montée de Mario Dumont sera « un feu de paille ».M.Charest « ne pogne pas.mais peutêtre qu\u2019une fois en campagne il va pogner.il connaît bien ses dossiers.Pourquoi cela ne lève pas ?Je ne peux pas comprendre.M.Charest est présent partout ! » de dire ce vétéran.Pour M.Dobie, les déboires de Jean Charest « font penser beaucoup beaucoup à Daniel Johnson.Les deux font tout ce qu\u2019il faut mais cela ne lève pas ».Cette fois, Jean Charest connaît beaucoup mieux ses dossiers qu\u2019en 1998, il s\u2019est beaucoup plus engagé dans le plan de match de son parti.Ancien chef de cabinet de Louise Robic, devenu président régional pour les neuf circonscriptions de l\u2019est de Montréal, Mario Lebrun convient facilement qu\u2019« il y a des gens qui disent que notre chef ne passe pas la rampe.Ils ne savent pas où il loge ».Mais « les militants n\u2019ont pas jeté l\u2019éponge », estime M.Lebrun pour qui il est encore temps de régler ce « problème de perception ».« À 44 ans, M.Charest est un jeune politicien qui autant que M.Dumont représente la nouvelle génération », observe-t-il.Mais sous le couvert de l\u2019anonymat, des députés libéraux ne cachent pas leur inquiétude.« M.Charest marche à l\u2019abattoir et c\u2019est à cause de vous, les médias », lance, irritée, une élue.« Il a de la difficulté à communiquer une passion, un politicien doit être perçu comme totalement dévoué, au service d\u2019une cause », constate un autre député montréalais.À la différence de Daniel Johnson, par exemple, Charest a une emprise quasi totale sur son caucus des députés que contrôle Ronald Poupart.Certains ont ronchonné devant la première version du plan d\u2019action, sans « mesures concrètes », on a ridiculisé le « gouvernement en ligne » proposé à des régions qui n\u2019ont pas même le câble.Les apparatchiks ont saupoudré des détails.Surtout ils ont ajouté un « cadre financier » que, par crainte des fuites, ils avaient gardé dans leur poche jusqu\u2019ici.Bien avant les milieux d\u2019affaires, des anciens amis conservateurs ont tourné le dos à Jean Charest.Denis Pageau, proche de Jean Charest, fils de Rodrigue, défunt organisateur de Brian Mulroney au Québec, eut la surprise de sa vie récemment quand il reçut un coup de fil d\u2019un autre ancien « bleu », Peter White, qui l\u2019invitait à sauter dans la barque de Mario Dumont.« Bien des conservateurs québécois ne se sont pas sentis acceptés au PLQ », explique le jeune organisateur retourné aux affaires, qui avoue craindre le pire pour son ami Charest dont il déplore l\u2019humeur souvent massacrante dans les bulletins télévisés.Mais le coup le plus dur pour Jean Charest est venu des gens d\u2019affaires.Il peut toujours compter sur l\u2019appui d\u2019un Serge Savard qui observe sourire en coin que les chevaliers de l\u2019industrie n\u2019étaient pas nombreux autour de Mario Dumont avant que les sondages ne lui soient favorables.Des sources sûres affirment que les Guy Savard (Merryl Lynch), Laurent Beaudoin (Bombardier) continueront à coup sûr d\u2019aider le responsable Marc Bibeau, le grand manitou du financement au PLQ.La sortie de Marcel Dutil, cette semaine, n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg, toutefois, l\u2019eau s\u2019est refroidie pour Jean Charest dans le Québec inc.En marge d\u2019une réunion récente du Conseil du patronat, il y a deux semaines, les gens d\u2019affaires réunis au cocktail semblaient tous disposés à mettre leurs billes dans le panier de M.Dumont.Pierre Michaud de Réno Dépôt, qui avait déjà fait connaître ses préférences, mais aussi son copain, Jacques Ménard, lui aussi libéral de longue date.Ces jours-ci, dans le monde des affaires, « c\u2019est à qui ferait pipi le plus loin pour Mario Dumont », résume avec ironie l\u2019un des invités au cocktail, constatant une certaine surenchère en faveur du chef adéquiste.C\u2019était la panique, dit-on, au cabinet de Jean Charest quand Marcel Dutil s\u2019afficha pour Mario Dumont.Très dur désaveu de la part d\u2019un Beauceron qui avait été parmi ceux qui avaient le plus travaillé pour amener M.Charest à Québec.Le jeune chef conservateur hésitait passablement encore à faire le saut à Québec quand M.Dutil avait lancé une malédiction : « Si M.Charest veut être premier ministre (du Canada) un jour, il devra passer par Québec d\u2019abord.» Si M.Charest refusait de venir à Québec, le Québec inc.se montrerait bien moins généreux à l\u2019endroit du Parti conservateur, avait menacé le Beauceron.Devant ce choix, un vétéran du financement chez les libéraux ne cachait pas sa surprise.« Dutil a une réputation de dur en affaires, d\u2019un gars qui passe toujours par la ligne droite.Son geste dans le milieu des affaires sera un signe important », observe-t-on.Devant ce signal, les firmes d\u2019ingénierie importantes et les grands cabinets d\u2019avocats vont « prendre des polices d\u2019assurance » et demanderont à leurs associés et fournisseurs d\u2019envoyer des chèques à l\u2019ADQ convient ce vieux routier libéral.D\u2019autres gens d\u2019affaires sont susceptibles d\u2019être tentés par l\u2019ADQ : Bernard Lemaire, de Cascade, n\u2019a jamais en privé caché son admiration pour le député de Rivière-du- Loup.Laurent Verreault, un ancien porte-parole des entrepreneurs, ne serait pas loin derrière, tout comme Jean Coutu, des gens qui toutefois ne contribuaient jamais beaucoup, par le passé, à la caisse du PLQ.Le geste de Marcel Dutil « c\u2019est évident que cela donne de la crédibilité à Mario Dumont », convient un important « bagman » au PLQ, toujours actif dans le financement.Mais il y a fort à parier, les stratèges libéraux le savent déjà, que les prochains sondages montreront que la publication de la plate-forme libérale n\u2019a rien changé aux tendances lourdes.Devant tant d\u2019adversité, que doit faire Jean Charest ?Ceux qui le connaissent pensent qu\u2019il ne lâchera pas.Il doit « faire abstraction du bruit ambiant, et maintenir le cap », conseille Luc Lavoie, un ancien stratège conservateur passé au privé.« Il doit surtout redevenir ce qu\u2019il était avant de passer au PLQ », renchérit Denis Pageau.Inquiets de voir le pouvoir leur échapper, les libéraux se réunissent en conseil général en fin de semaine au Palais des congrès.Avec la montée de Mario Dumont, les yeux se tournent vers Jean Charest pour expliquer des sondages toujours défavorables.Photo BERNARD BRAULT, La Presse « Les gens ont l\u2019impression que Jean Charest est un opportuniste, qu\u2019il est resté assis sur son steak en attendant que le Parti québécois coule tout seul.» 6LP0401B0928 b04 samedi 28 septembre 6LP0401B0928 ZALLCALL 67 22:26:21 09/27/02 B B 4 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 SUR LA COLLINE > OTTAWA L\u2019amour du chef PLUSIEURS MINISTRES fédéraux identifiés au clan de Jean Chrétien, dans la lutte qui a opposé ce dernier à Paul Martin, ont commencé à songer à opérer un réalignement stratégique à la suite de l\u2019annonce du départ du chef du gouvernement.Encore la semaine dernière, par exemple, un journal anglophone envoyait déjà le ministre d\u2019État et leader en Chambre du gouvernement, Don Boudria, l\u2019un des plus fervents meneurs de claque du premier ministre, couler des jours tranquilles dans une quelconque ambassade canadienne de la planète.« Pas question ! » nous ont fait savoir de ses proches collaborateurs qui précisent que le ministre Boudria a bel et bien l\u2019intention de se représenter aux prochaines élections fédérales, qu\u2019il a toujours été loyal à son premier ministre et qu\u2019il l\u2019aurait été quand bien même celui-ci aurait été quelqu\u2019un d\u2019autre que Jean Chrétien, qu\u2019à l\u2019époque de la bagarre entre Turner et Chrétien il était demeuré « neutre », qu\u2019il l\u2019est toujours en ce qui concerne la course à la succession et qu\u2019il appuiera le prochain chef du Parti libéral du Canada, peu importe qu\u2019il se prénomme Pierre, Jean, Jacques.ou Paul.La question est de savoir si le futur chef du PLC, si d\u2019aventure il se prénomme Paul, sera sensible à ces soudains débordements d\u2019affection.L\u2019OMNIPRÉSENT MARIO APRÈS UN PASSAGE remarqué à Toronto, lundi, Mario Dumont cachait mal sa fierté, le lendemain, d\u2019avoir attiré plus de 300 personnes à une soirée organisée par la chambre de commerce de Sherbrooke, le fief de Jean Charest.Mieux encore, la radio locale a chambardé sa programmation pour diffuser en direct le discours du chef de l\u2019ADQ.« Franchement, on n\u2019en demandait pas tant ! » a lancé un proche collaborateur de M.Dumont, visiblement surpris par tant d\u2019attention.GRACIEUSE POLÉMIQUE LES DÉPUTÉS du Parti progressiste conservateur ont de la difficulté à accorder leurs flûtes ces jours-ci.La colorée députée conservatrice de Saint John au Nouveau- Brunswick, Elsie Wayne, a piqué une colère royale lorsqu\u2019elle a constaté que le premier ministre Jean Chrétien n\u2019avait pas daigné attendre l\u2019arrivée de Sa Gracieuse Majesté, la reine Elizabeth II, pour présenter son discours du Trône lundi.« C\u2019est une terrible insulte ! » a clamé Mme Wayne.La députée affirme que M.Chrétien avait prévu le discours du Trône le jour de l\u2019arrivée de la reine pour sa tournée canadienne, qui aura lieu du 4 au 15 octobre dans le cadre du 50e anniversaire de son règne, mais qu\u2019il a changé d\u2019idée, craignant que la présence de la reine ne détourne l\u2019attention des Canadiens du contenu du discours.Pourtant, un collègue de Mme Wayne, le jeune député conservateur Peter MacKay, leader en Chambre de son parti, s\u2019est violemment opposé, dans une lettre envoyée au leader du gouvernement en Chambre, Don Boudria, le 18 juillet dernier, à ce que la reine lise le discours du Trône, craignant que cela n\u2019aide M.Chrétien (qui n\u2019avait pas encore annoncé son départ) à conserver son poste de chef de parti.« Ce serait grossièrement inapproprié ! » a lancé M.MacKay.NON, C\u2019EST MOI LA PREMIÈRE ! FAUSSE LA RUMEUR qui veut que la gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, et son époux, John Saul, aient refusé de se retirer dans la résidence viceroyale de la Citadelle de Québec lorsque Sa Majesté Élizabeth II et son mari, le prince Philip, séjourneront à Rideau Hall lors de leur prochain passage à Ottawa.Rien de tel dans le protocole, assure-t-on à Rideau Hall.Mme Clarkson doit même être l\u2019hôte d\u2019un grand dîner en l\u2019honneur de la reine et accompagner cette dernière lors de ses déplacements dans la capitale.Il est à souhaiter que les deux grandes dames ne se bagarrent pas trop pour savoir qui utilisera la première la salle de bains le matin.\u2014 Gilles Toupin TOXICOMANIE entre responsabilité et abstinence Cette semaine, plus de 3000 chercheurs, travailleurs sociaux et policiers du monde entier ont fait le point sur la toxicomanie au Palais des congrès de Montréal.Les drogues, l\u2019alcool et le jeu pathologique ont été examinés sous toutes les coutures.Au début des années 80, un sketch des humoristes Paul et Paul, l\u2019ancêtre de Ding et Dong, mettait en vedette deux policiers de la GRC prodiguant des conseils aux jeunes.« Si quelqu\u2019un vous propose de la drogue, dites-lui : Non merci mon vieux, je préfère mon avenir.» Le sketch de Paul et Paul ramène à l\u2019un des débats importants du Forum mondial sur les drogues et dépendances, qui a réuni cette semaine 3000 chercheurs, travailleurs sociaux et policiers de différents pays au Palais des congrès.Peut-on conseiller une consommation « modérée » d\u2019intoxicants comme la cigarette, la drogue, l\u2019alcool ou les jeux de hasard, ou doit-on viser l\u2019abstinence ?Les États-Unis, et les forces policières de la plupart des pays, prônent une tolérance zéro : toute consommation comporte un risque, particulièrement un risque de rechute chez les ex-toxicomanes.À l\u2019opposé, bon nombre de spécialistes en santé publique misent plutôt sur la « réduction des méfaits », une approche postulant qu\u2019en général, ce ne sont pas les substances qui posent problème, mais les comp o r t e m e n t s : après tout, l\u2019immense majorité des consommateurs de drogues douces et d\u2019alcool n\u2019ont pas de problème.Les médecins prennent une position mitoyenne.« Nous ne pouvons pas dire qu\u2019une substance n\u2019est pas dangereuse alors qu\u2019elle l\u2019est », a expliqué à La Presse le président sortant de la Société médicale canadienne sur l\u2019addiction, Bill Campbell, de l\u2019Université de Calgary.« La réduction des méfaits peut être un objectif temporaire, mais le but véritable doit rester l\u2019abstinence.» Un ex-toxicomane peut continuer à consommer toute sa vie sans problème, mais le risque impose à son médecin de continuer à lui dire qu\u2019il devrait arrêter.Les tenants de la réduction des méfaits sont outrés par cette « rigidité » des médecins, qu\u2019ils accusent de paternalisme.« De quel droit venez-vous nous dire qu\u2019est-ce que nous devons consommer ?» a lancé une travailleuse sociale aux médecins d\u2019une table ronde qui débattait les vertus médicales de la marijuana, dont faisait partie le Dr Campbell.En général, la réduction des méfaits mise sur l\u2019autonomie et la responsabilisation des toxicomanes.Mais la notion de responsabilité a parfois des odeurs de soufre : elle est à la base des campagnes de promotion de la Société des alcools et de Loto-Québec, qui ne plaisent guère aux spécialistes du traitement des alcooliques et des joueurs pathologiques.« Encourager le jeu responsable, ça culpabilise ceux qui ont des problèmes », estimait Amnon-Jacob Suissa, professeur au département de travail social à l\u2019Université du Québec à Hull, en marge d\u2019une conférence sur le jeu pathologique.Soins et répression Un point fait l\u2019unanimité : il manque d\u2019argent pour le traitement et la prévention.« Les toxicomanies coûtent environ deux fois moins cher à la société, en soins, crimes et productivité perdue, que les maladies mentales, mais ont cinq fois moins de budget », indiquait l\u2019économiste américain Rick Harwood, du groupe Lewin Associate, qui a dirigé quelques conférences sur le coût social de la toxicomanie.Pour les drogues seulement, les gouvernements occidentaux dépensent trois fois plus en répress i o n q u \u2019 e n soins, selon une étude inédite de l\u2019économiste français Pierre Kopp, de l\u2019Université Pant h é o n - S o r - bonne.« La proportion est sensiblement la même un peu partout, sauf en Suède, où les dépenses judiciaires et policières sont plus importantes, a dit M.Kopp.Fait intéressant, les dépenses par usager problématique sont moins élevées aux États-Unis que la moyenne e u r o p é e n n e , parce que l\u2019épidémie de drogue y est plus sévère.La Hollande dépense davantage, mais c\u2019est probablement à cause de l\u2019État-providence : par exemple, les prisonniers sont bien nourris et logés.» Les comparaisons entre pays ne permettent pas de voir de lien entre répression et consommation.Le rapport sénatorial sur le cannabis dévoilé début septembre par le sénateur Pierre-Claude Nolin relève que seul un Néerlandais sur cinq en fumera durant sa vie, contre un Canadien ou un Américain sur trois, et un Français sur quatre, même si les Pays-Bas ont décriminalisé la mari depuis un quart de siècle.« La consommation de drogue suit des cycles qui semblent similaires d\u2019un pays occidental à un autre, a indiqué l\u2019économiste Harwood à La Presse.Certains pensent même que l\u2019augmentation de la consommation de la drogue et la diminution de celle de l\u2019alcool sont liées : il y aurait eu une substitution, mais le niveau d\u2019intoxicants serait resté le même.Personnellement, je ne pense pas que nous avons assez de preuves pour affirmer cela.» Si la répression ne parvient pas à influencer les cultures d\u2019intoxication, la prévention y arrivera-telle ?La SAQ, à sa manière, a répondu à la question : ses promotions visent à changer la culture de l\u2019alcool au Québec pour favoriser la consommation de vin \u2014 plus rentable pour la SAQ, mais aussi potentiellement moins dommageable, parce que liée à la socialisation et souvent associée aux repas.En France, le vin représente les deux tiers de l\u2019alcool consommé, et le seuil de consommations hebdomadaires jugé à risque est de 21 ; au Canada, le vin n\u2019a que 15 % du marché, et le seuil est à neuf pour les femmes, 14 pour les hommes.« Les Français doivent avoir plus de cirrhoses du foie », a commenté le Dr Campbell, quand La Presse lui a mentionné les 21 verres qu\u2019ils sont « autorisés » à siffler par semaine.Coûts sociaux Au lieu de se concentrer sur les cas problématiques, les tenants de la modération, le sénateur Pierre- Claude Nolin en tête, veulent surtout éviter le passage de la consommation à la dépendance.Rencontré jeudi soir, le sénateur Nolin a insisté sur les coûts de la criminalité reliée au cannabis, notamment à l\u2019exposition des jeunes aux milieux interlopes quand ils achètent de la mari.Ces coûts ne sont pas pris en compte par les médecins, qui n\u2019ont \u2014 à juste titre \u2014 que d\u2019yeux pour les patients dont l\u2019état va empirer avec une accessibilité accrue.Les médecins n\u2019ont pas tous apprécié leur semaine.Le Dr Campbell, par exemple, a été déçu du programme, qui manquait d\u2019études scientifiques et laissait une trop large place aux expositions d\u2019approches d\u2019intervention et aux témoignages d\u2019ex-toxicomanes.À un certain point, durant le débat sur la marijuana de jeudi, un épileptique qui a moins de crises depuis qu\u2019il fume du pot a croisé le fer avec le président de l\u2019Association médicale du Canada, Henri Haddad.Le médecin de Sherbrooke a refusé le débat.Peu avant, il avait affirmé : « Un médecin veut aider ses patients à faire les bons choix, parce que nous, on a une expertise et eux pas.» Photothèque La Presse Le sénateur Pierre-Claude Nolin insiste sur les coûts de la criminalité reliée au cannabis, notamment à l\u2019exposition des jeunes aux milieux interlopes quand ils achètent de la mari.Pendant ce temps, à l\u2019ombre de la Tour de la Paix, à Ottawa. 6LP0502B0928 b05 samedi 28 septembre 6LP0502B0928 ZALLCALL 67 21:50:23 09/27/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 \u2022 P L U S B 5 CARNET DE L\u2019ÉTRANGER > FRANCE L\u2019affaire des chatouilles NOUVELLE AFFAIRE D\u2019ÉTAT en France.Après l\u2019affaire Elf-Aquitaine (pots-de-vin à connotation pétrolière), ou celle du Collier de la Reine (avec Marie-Antoinette en vedette), voici «L\u2019affaire des chatouilles», révélée par le Canard enchaîné des 18 et 25 septembre, mais qui remonte au 11 juillet dernier.Cela se passe en pleine nuit, sous les fenêtres de la première dame de France, Bernadette Chirac.Entendant des cris de femme, elle descend au poste de garde qui donne dans la rue.Et là, horreur! elle constate que deux policiers en faction et une jeune stagiaire se livrent à des facéties nocturnes.«Comportement que je juge inacceptable de la part de fonctionnaires de police», déclare Mme Chirac dans une déposition à la police.Une version des faits globalement confirmée par la stagiaire, F.G.«Il est exact que Monsieur E., dit-elle, m\u2019a chatouillée environ trois fois.» En quittant les polissons, Mme Chirac avait d\u2019ailleurs précisé qu\u2019elle signalerait cette inconduite au préfet Massoni, chargé de mission à l\u2019Élysée, afin que de tels scandales ne se reproduisent plus.«Quitte, avait ajouté Mme Chirac, à faire renouveler entièrement les effectifs autour du Palais.» Une procédure disciplinaire, entamée fin juillet, aurait finalement été classée à la suite de la publicité donnée à cette affaire gravissime par le satirique Canard.LA «ROMBIÈRE» SE REBIFFE PUIS SE RAVISE TOUJOURS BERNADETTE, devenue célèbre depuis la publication, fin 2001, d\u2019un livre d\u2019entretiens où elle expliquait notamment que, dans le fameux sac à main qui ne la quitte jamais, elle garde également en permanence un chapelet.Assez à cheval sur les principes, donc.Or, le 21 avril dernier, au soir du premier tour de l\u2019élection présidentielle, le site Web de l\u2019Élysée avait reçu un courriel narquois d\u2019un certain Stéphane qui avait osé écrire en post-scriptum: «Mes amitiés à votre rombière.» Il semble que la «rombière» n\u2019ait pas du tout apprécié, car le dit Stéphane s\u2019est retrouvé à la mi-mai au commissariat du 19e arrondissement de Paris.Et que des poursuites ont été envisagées.Au point de mobiliser le procureur général de Paris.Mais bon, peut-être justement pour éviter de passer pour une rombière («bourgeoise d\u2019âge mûr, ennuyeuse, prétentieuse et un peu ridicule», selon le dictionnaire) la première dame de France a, là aussi, décidé de renoncer aux poursuites judiciaires.STÉPHANE DION RECRUTE CHEVÈNEMENT L\u2019ANCIEN SOCIALISTE et ancien ministre de l\u2019Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, a beau se ranger dans le camp des «souverainistes » (français) et avoir, en son temps, appelé à voter pour le OUI au référendum de 1980, il n\u2019a pas rechigné à prendre modèle sur Stéphane Dion, du moins pour ce qui est des questions d\u2019entartage.Victime du récidiviste belge Noël Godin en pleine campagne présidentielle, Chevènement a été le premier en France à poursuivre l\u2019entarteur devant les tribunaux, à qui il demandait réparation, le 19 septembre dernier, pour «atteinte à son image publique».Au juge, Godin a confirmé qu\u2019il revendiquait «l\u2019entartement artistique de tous les grands de ce monde».\u2014 Louis-Bernard Robitaille Cacophonie européenne autour de l\u2019Irak Allemagne GERHARD SCHRÖDER a gagné ses élections, le 22 septembre, en s\u2019opposant à George Bush.En campagne, le chancelier s\u2019est fait plus incisif que tous les autres leaders européens en rejetant toute attaque unilatérale américaine et en excluant la participation de troupes allemandes à d\u2019éventuelles frappes, même avec un mandat de l\u2019ONU.Reste à savoir si, les élections passées, M.Schröder assouplira sa position à l\u2019égard des États-Unis.France LE PRÉSIDENT Jacques Chirac a proposé de fixer un ultimatum de trois semaines au dictateur irakien pour le retour des inspecteurs d\u2019armes de l\u2019ONU.La France est hostile à une action unilatérale américaine, mais, anticipant un échec de la diplomatie onusienne, commence à ramollir.« Rien n\u2019est exclu » en cas de faillite des Nations unies, a déclaré la ministre de la Défense.Grande-Bretagne LES ÉTATS-UNIS pourront compter sur le soutien militaire britannique s\u2019ils décident d\u2019attaquer l\u2019Irak, avec ou sans mandat de l\u2019ONU.Convaincu de mieux pouvoir influencer les politiques américaines en faisant preuve d\u2019ouverture envers la Maison- Blanche, Tony Blair est devenu le porte-parole du président Bush sur la scène internationale.Le 24 septembre, il a publié un dossier de preuves contre Saddam Hussein.Les pro-Américains EN ITALIE, Silvio Berlusconi a assuré que Rome serait « toujours » aux côtés des États-Unis.« Ou les choses changent, a-t-il dit, ou il faudra agir concrètement, sans exclure l\u2019option militaire ».En Espagne, José Maria Aznar, sensible à ces questions pour avoir lui-même survécu à un attentat perpétré par des séparatistes basques, a déclaré qu\u2019une résolution de l\u2019ONU était « très souhaitable, mais pas indispensable » pour passer à l\u2019attaque.Le Portugal ne juge pas non plus qu\u2019une couverture politique de l\u2019ONU soit « absolument nécessaire ».Les onusiens « SI LES ÉTATS-UNIS décident qu\u2019ils n\u2019ont pas besoin de s\u2019impliquer au niveau international, tout le système de l\u2019ONU s\u2019écroulera », a dit le premier ministre suédois, Göran Persson, exprimant une opinion répandue en Europe.La Belgique estime pour sa part qu\u2019une « opération militaire n\u2019est possible qu\u2019après l\u2019épuisement de tous les moyens diplomatiques ».C\u2019est aussi la position du Danemark, bien que le premier ministre Anders Fogh Rasmussen, actuel président de l\u2019Union européenne, ait fâché des diplomates européens en estimant que les résolutions déjà adoptées par l\u2019ONU pourraient être suffisantes pour attaquer l\u2019Irak.Photothèque La Presse Les trois grands d\u2019Europe : le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le Britannique Tony Blair, que ses compatriotes considèrent comme le servile « caniche du président » Bush.LA DÉRIVE DES CONTINENTS Le Ground Zero fumait encore quand l\u2019Europe, galvanisée par l\u2019atrocité des attentats, s\u2019est rangée aux côtés de l\u2019Amérique blessée.En Allemagne, Gerhard Schröder a assuré les États-Unis de la « solidarité sans limites » de son pays.En Grande- Bretagne, Tony Blair a été louangé pour son rôle de « président du monde », de chef de croisade antiterroriste.En France, Le Monde a même eu l\u2019audace d\u2019écrire que nous étions « tous Américains ».Un an plus tard, cette solidarité n\u2019existe plus qu\u2019en souvenir.M.Schröder a été réélu à la chancellerie fédérale en faisant campagne contre les politiques de George Bush.Les Britanniques considèrent de plus en plus leur premier ministre comme le servile « caniche du président ».Et Le Monde se lamente de « l\u2019incompréhension » entre l\u2019Amérique et l\u2019Europe.Plus que jamais, l\u2019Occident est fracturé.Et les continents dérivent.Le malaise des Européens s\u2019accroît au rythme des tambours de guerre battus par le président Bush.« Les décideurs américains trouvent cela difficile à croire, mais les leaders européens s\u2019inquiètent plus de la façon dont les États-Unis pourraient mal gérer le problème de l\u2019Irak \u2014 en entreprenant une action militaire unilatérale ou illégale \u2014 qu\u2019ils ne s\u2019inquiètent de l\u2019Irak lui-même », a remarqué l\u2019auteur Robert Kagan dans un article sur le fossé séparant l\u2019Europe et les États- Unis qui a suscité bien des débats à Bruxelles1.En campagne électorale, Gerhard Schröder a clairement exprimé ses craintes à l\u2019égard d\u2019une offensive contre Bagdad.Selon le chancelier, les frappes risquent de mettre le feu au Moyen-Orient, de déstabiliser la région et de pousser Saddam Hussein à s\u2019unir avec des terroristes fondamentalistes.Une attaque unilatérale pourrait aussi accentuer le ressentiment des pays arabes envers l\u2019Occident, faire voler en éclats la coalition antiterroriste, en plus d\u2019inciter certains États à appliquer la doctrine américaine de « guerre préventive » \u2014 la Chine contre Taïwan, par exemple, ou l\u2019Inde contre Pakistan.Mais ces arguments ne pèsent pas lourds à Washington.Pour toute réponse à ses inquiétudes, M.Schröder a subi une attaque en règle de la Maison-Blanche, menée par la conseillère du président pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, qui a déploré que la campagne du chancelier ait « empoisonné » les relations des deux pays.La déclaration gauche d\u2019une ministre allemande comparant M.Bush et le führer a particulièrement outré Mme Rice, surtout lorsque que l\u2019on considère, a-t-elle souligné à grands traits peu subtils, le « dévouement dont les États-Unis ont fait preuve pour libérer l\u2019Allemagne de Hitler ».De part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique, l\u2019incompréhension est totale.Pendant que l\u2019Europe s\u2019inquiète d\u2019un monstre belliqueux, les États- Unis méprisent un troupeau de geignards.« Les Américains ne font pas confiance au jugement politique de l\u2019Europe, dont l\u2019apaisement constitue la seconde nature.Les Européens n\u2019ont jamais rencontré un leader \u2014 Hitler, Mussolini, Staline, Kadhafi, Khomeiny, Saddam Hussein \u2014 qu\u2019ils ne croyaient pas pouvoir adoucir avec des concessions », a jugé Walter Russell Mead, du Conseil des relations étrangères de New York.Pour sa part, Robert Kagan soutient que les États-Unis peuvent maintenir la sécurité mondiale sans l\u2019aide de l\u2019Europe \u2014 que l\u2019Ancien Continent a perdu sa pertinence.L\u2019Europe impuissante La crise de l\u2019Irak illustre, une fois de plus, l\u2019impuissance de l\u2019Europe à parler d\u2019une voix commune pour faire contrepoids à la volonté de puissance des États-Unis.Entre l\u2019opposition inconditionnelle de l\u2019Allemagne et le soutien indéfectible de la Grande-Bretagne, le continent est divisé.Enterrées par les tambours de guerre de l\u2019oncle Sam, les voix des Quinze sont discordantes, incompréhensibles.Pas étonnant qu\u2019elles ne trouvent pratiquement aucun écho à la Maison- Blanche.Le 12 septembre, le président de la Convention sur l\u2019Europe, Valéry Giscard d\u2019Estaing, a souligné que la cacophonie européenne démontre qu\u2019il est « absolument nécessaire » d\u2019établir une politique extérieure commune à tous les membres de l\u2019Union européenne (UE), avec un président élu, une armée commune et un ministre européen des Affaires étrangères.Le principe séduit les Quinze, qui ont signé un accord à ce sujet en 1993, mais qui peinent toujours à s\u2019entendre sur le terrain.Les Quinze savent pourtant que, divisés, ils demeureront des acteurs de second ordre sur la scène internationale.Aucune nation n\u2019est proche d\u2019égaler la superpuissance américaine, qui consacre plus d\u2019argent à son budget de défense que l\u2019ensemble des neuf autres pays les plus militarisés.Le déséquilibre mondial est sans précédent.Or, l\u2019UE est plus riche et plus peuplée que les États-Unis.Dotée d\u2019une politique étrangère commune et d\u2019une véritable armée, elle deviendrait une joueuse incontournable.Mais elle manque de volonté, juge Andrew Rawnsley, chroniqueur à l\u2019Observer de Londres : « L\u2019Europe demande à être traitée comme la partenaire des États-Unis, mais se comporte comme une compagne de table qui se plaint toujours du menu et qui ne veut jamais payer sa part de l\u2019addition.» Certains observateurs pensent que l\u2019attitude américaine à l\u2019égard de l\u2019Irak poussera l\u2019Europe à élaborer sa propre politique étrangère et que, sans le vouloir, George Bush contribuera à unifier le continent.Mais à Washington, on ne s\u2019inquiète pas outre mesure.Là-bas, on croit plutôt que les Européens pleurnichent beaucoup, mais finiront tôt ou tard par assouplir leur position et par se rallier aux Américains.Même si ces derniers lancent une offensive contre l\u2019Irak sans mandat de l\u2019ONU.Ainsi, si l\u2019Europe se met à parler d\u2019une seule voix au cours des prochaines semaines, il faudra moins y voir la naissance d\u2019une politique étrangère commune qu\u2019un recul tactique devant la toute-puissance d\u2019un géant déterminé.Sans compter que, d\u2019un point de vue stratégique, l\u2019Ancien Continent aura tout intérêt à soutenir une action qui pourrait mettre en place un régime ami à Bagdad, avec d\u2019énormes réserves pétrolières à exploiter.1) Power and Weakness, Robert Kagan, www.policyreview.org/JUN02/ kagan.html Le malaise européen grandit à mesure que la menace américaine se précise à l\u2019endroit de l\u2019Irak.Incapable faire entendre une voix commune, l\u2019Europe des Quinze est paralysée face aux États-Unis tout-puissants.Au bout du compte, l\u2019Ancien Continent n\u2019aura guère d\u2019autre choix que de se rallier. L A P R E SS E | MONTRÉ A L | SA M E D I 28 S E P T E M B R E 2002 B6 | PLUS L A P R E S S E | M O N T R É A L | S A M E D I 2 8 S E P T E M B R E 2 0 0 2 PLUS | B7 À la base aérienne de Vandenberg, John Herbert Chapman, le père d'Alouette et du Programme spatial canadien est entouré par les médias lors du lancement du premier satellite canadien, le 29 septembre 1962.Quelques dates de l\u2019histoire spatiale du Canada Plus modestes que les exploits des Soviétiques et des Américains, les premiers pas du Canada dans l\u2019espace ont néanmoins permis à une poignée de rêveurs de signer quelques succès scientifiques et technologiques, comme en témoigne encore aujourd\u2019hui le fameux «bras canadien».Notre collaborateur retrace les grands moments du programme spatial canadien.Mais l\u2019industrie spatiale peut-elle suivre?RADARSAT-1 ALOUETTE- 1 Le module lunaire Eagle atterrit en douceur sur la Lune grâce à son train d\u2019atterrissage construit par la société Héroux, de Longueuil.20 juillet 1969 Lancement d\u2019Alouette-1.Il sera suivi d\u2019Alouette-2 (29 novembre 1965), puis d\u2019ISIS-1 (30 janvier 1969) et ISIS-2 (31 mars 1971).29 septembre 1962 Lancement d\u2019Anik-1, le premier satellite national de communications en orbite géostationnaire.9 novembre 1972 Création du Laboratoire David- Florida (DFL), une installation d\u2019intégration et d\u2019essais de réputation mondiale qui appartient aujourd\u2019hui à l\u2019Agence spatiale canadienne.Lancement du satellite expérimental de communications Hermès, le plus puissant satellite de son temps, précurseur des satellites de télédiffusion directe d\u2019aujourd\u2019hui.17 janvier 1976 Le bras canadien est déployé pour la première fois hors de la soute de Columbia, au cours de la deuxième mission de la navette spatiale.Le célèbre bras robotique a été utilisé avec succès au cours de 67 missions jusqu\u2019à maintenant.13 novembre 1981 Marc Garneau devient le premier Canadien à voler dans l\u2019espace lorsqu\u2019il participe à la mission STS-41G à bord de la navette Challenger.En 1994, il devient le premier capcom non/américain à Houston.Vétéran de deux autres vols spatiaux (STS-77 en 1996 et STS-97 en 2000), Marc Garneau est depuis le 22 novembre 2001 président de l\u2019Agence spatiale canadienne.5-13 octobre 1984 Naissance de l\u2019Agence spatiale canadienne.1er mars 1989 Lancement de RADARSAT-1, premier satellite canadien d\u2019observation de la Terre.4 novembre 1995 Atterrissage de la sonde Mars Pathfinder.Le petit robot Sojourner descend d\u2019une rampe conçue à partir de la technologie canadienne du STEM.4 juillet 1997 19 avril \u2013 1er mai 2001 Le satellite RADARSAT-1 devient le premier satellite à pouvoir observer le pôle Sud de la Terre.14 septembre Lancement de la sonde martienne japonaise Nozomi, avec l\u2019instrument canadien 3 juillet TPA.1998 O L I V I E R - LO U I S ROBERT collaboration spéciale ase aérienne de Vandenberg, Californie, 28 septembre 1962, 22h30.Une fusée Thor- Agena B s\u2019élève dans la nuit brumeuse pour aller mettre en orbite le premier satellite scientifique conçu et construit par le Canada, Alouette-1.À 23h06, la fusée se sépare du petit satellite de 145 kg qui, à 1000 km d\u2019altitude, entre alors avec précision dans son orbite circulaire, inclinée à 80 degrés par rapport au plan de l\u2019équateur terrestre.Du même coup, le Canada fait son entrée dans le club restreint des nations spatiales, aux côtés de l\u2019Union soviétique et des États-Unis.Une entrée discrète, presque sur la pointe des pieds.Rien de spectaculaire comme le vol de John Glenn huit mois plus tôt, ou la mise en orbite, en juillet, de Telstar 1, le premier satellite de communications, ou encore, le survol, fin août, de la planète Vénus par la sonde Mariner 2.C\u2019est à peine si La Presse mentionne l\u2019événement en bas de la une de sa dernière édition du 29 septembre 1962.Pour l\u2019heure, à Vandenberg, John Herbert Chapman exulte.L\u2019ingénieur du DRTE (acronyme anglais du Centre de recherches sur les télécommunications de la Défense, un organisme créé en 1952 à Ottawa, qui est l\u2019ancêtre de l\u2019actuel Centre de recherches en communications d\u2019Industrie Canada), qui vient d\u2019avoir 41 ans un mois plus tôt, voit le résultat de plus de quatre ans d\u2019efforts porter fruits.Le Canada a enfin son satellite pour observer l\u2019ionosphère de l\u2019espace.Chapman, détenteur d\u2019une maîtrise en sciences de l\u2019Université McGill, dirige l\u2019équipe du DRTE qui étudie la propagation ionosphérique.Bien avant le lancement de Spoutnik 1, le 4 octobre 1957, les scientifiques de cette équipe s\u2019étaient penchés sur les avantages que leur procurerait un satellite dans l\u2019espace pour aider à mieux comprendre les phénomènes ionosphériques qui perturbaient les communications radio dans le Grand Nord.C\u2019est donc par pure nécessité et aucunement pour le prestige que le Canada s\u2019est engagé dans la voie de l\u2019exploration spatiale.Ce souhait se concrétisera à la suite d\u2019une invitation lancée par la toute nouvelle NASA en 1958 pour solliciter la participation de la communauté internationale dans son récent programme de satellites scientifiques.Vers la fin de cette même année, Chapman et son équipe soumettent donc une proposition aux Américains pour concevoir et construire un satellite qui serait doté d\u2019une sonde ionosphérique.C\u2019est ainsi que le 20 avril 1959, au cours d\u2019une conférence commune, la NASA s\u2019engage à lancer le satellite canadien.C\u2019est la première manifestation d\u2019un aspect fondamental de la politique spatiale toujours poursuivie par le Canada: la collaboration avec des partenaires internationaux.Afin de rentabiliser au maximum ses investissements dans le secteur spatial, le Canada réalisera toujours ses grands projets dans l\u2019espace en s\u2019associant avec d\u2019autres pays.Cette caractéristique a d\u2019ailleurs beaucoup impressionné Marc Garneau au moment où le vétéran de trois vols spatiaux entamait son mandat de président de l\u2019Agence spatiale canadienne, le 22 novembre dernier: « L\u2019ASC ne pourrait pas fonctionner sans les autres agences spatiales, et les 40 dernières années de coopération fructueuse sont la preuve probante que nos partenariats internationaux ont fonctionné à merveille et au profit de tous».Dépourvus d\u2019expérience dans la construction de satellites, les ingénieurs à l\u2019origine d\u2019Alouette ont surmonté différents obstacles techniques en intégrant des solutions novatrices à leur légendaire approche conservatrice.Ainsi, même s\u2019ils étaient d\u2019usage récent en électronique, les transistors ont été utilisés pour la première fois sur un satellite, en raison de leur taille minuscule et de leur économie énergétique.« Les ingénieurs ont dû se creuser les méninges particulièrement fort pour développer une antenne fonctionnelle devant se déployer sur 45 mètres dans l\u2019espace», se rappelle Garry Lindberg, ancien chef scientifique de l\u2019Agence spatiale canadienne.Qu\u2019à cela ne tienne.Les ingénieurs du groupe de recherche de de Havilland Aircraft, à Toronto, mettent au point une antenne escamotable inspirée d\u2019un mécanisme inventé par George Klein, un ingénieur excentrique qui a longtemps travaillé au CNRC.Ce sera le STEM (Storable Tubular Extendible Mechanism), une antenne déployable qui sera par la suite installée sur les capsules Gemini, les capsules Apollo et même sur la jeep lunaire.C\u2019est là qu\u2019entre en scène le deuxième aspect fondamental de la politique spatiale canadienne.Dès le projet Alouette, le gouvernement du Canada a tout mis en oeuvre pour permettre le transfert de la technologie spatiale à l\u2019industrie canadienne.Ainsi en 1967, lorsque la division de recherches de la société aéronautique torontoise sera vendue, le STEM sera le premier produit de la nouvelle firme, Spar Aérospatiale, qui deviendra alors la seule compagnie canadienne à détenir une certaine expertise des objets articulés dans l\u2019espace.Tout naturellement, grâce à cette expertise unique, les installations torontoises de Spar (devenues MD Robotics en mars 1999, à la suite de leur vente à MacDonald Dettwiler de Vancouver) obtiendront en 1974 la maîtrise d\u2019oeuvre industrielle du projet Canadarm, puis, en 1986, celle du Système d\u2019entretien mobile de la Station spatiale (dont les deux premiers éléments, le Canadarm2 et la Base mobile, sont déjà opérationnels).Alouette-1 sera une réussite sur tous les plans.Conçu pour fonctionner pendant un an, le premier satellite canadien sera désactivé 10 ans plus tard, le 30 septembre 1972, après avoir produit plus d\u2019un million d\u2019images de l\u2019ionosphère.À la suite du succès d\u2019Alouette-1, le Canada lancera, dans le cadre du programme ISIS (International Satellites for Ionospheric Studies) d\u2019étude de l\u2019ionosphère un deuxième satellite Alouette, en 1965, ainsi que deux satellites ISIS en 1969 et 1971 respectivement.Non seulement les satellites canadiens ont-ils permis de mieux comprendre l\u2019espace circumterrestre et la haute atmosphère de la Terre, ils ont aussi contribué, selon M.Lindberg, « à l\u2019émergence d\u2019une ingénierie et d\u2019une technologie spatiales typiquement canadiennes» qui ont joué un rôle de premier plan dans le développement des satellites de communications de la série Anik, dans celui des satellites d\u2019observation de la Terre RADARSAT-1 et RADARSAT-2 (le lancement de ce dernier est prévu en novembre 2003) ou dans celui du premier satellite scientifique canadien en plus de 30 ans, SciSat-1, qui doit être mis en orbite le 19 janvier prochain.Après avoir mené à bien le programme Alouette/ISIS, John Chapman est nommé président d\u2019un groupe d\u2019étude gouvernemental sur l\u2019espace.En février 1967, le charismatique visionnaire publie un rapport d\u2019étape qui suggère déjà les grandes orientations que le gouvernement canadien devra prendre d\u2019ici la fin du siècle.Le rapport Chapman, qui recommande entre autres la création d\u2019une agence spatiale nationale, entraîne une réorientation du programme spatial canadien pour le développement prioritaire des satellites d\u2019applications (communications et observations de la Terre) au détriment des satellites scientifiques.Le rapport influencera le gouvernement dans sa volonté de mettre les technologies de l\u2019espace au service de tous les Canadiens.Le 1er mars 1989, l\u2019Agence spatiale canadienne était enfin créée.Et pour souligner l\u2019immense contribution du père d\u2019Alouette à la création du Programme spatial canadien, le siège social de l\u2019Agence à Saint-Hubert est devenu, en octobre 1996, le Centre spatial John H.Chapman.D\u2019ALOUETTE AU BRAS DE LA STATION, 40 ANS DANS L\u2019ESPACE Après la Station spatiale internationale, objectif Mars O L I V I E R - LO U I S ROBERT collaboration spéciale L\u2019AGENCE SPATIALE canadienne a bien l\u2019intention de participer activement à l\u2019exploration de Mars et même, d\u2019y envoyer sa propre mission, vers 2011.Le 19 septembre dernier, Allan Rock, le ministre titulaire de l\u2019Agence, a attribué un contrat à la société MacDonald Dettwiler and Associates (MDA), de Vancouver, pour une étude de faisabilité en vue de participer à une mission d\u2019exploration de la planète rouge d\u2019une ampleur sans précédent.En vertu de ce contrat, MDA concevra un système d\u2019atterrissage guidé par laser ainsi qu\u2019une foreuse pour récolter des échantillons de roches.Ces systèmes seront installés sur la sonde Mars Science Laboratory, que la NASA prévoit faire atterrir sur Mars en 2009.Selon le ministre de l\u2019Industrie, il est impératif de définir un rôle pour le Canada dans l\u2019exploration de Mars, qui s\u2019inscrit dans la continuité des grands projets de coopération internationale dans l\u2019espace, tels que la Station spatiale internationale.« Au cours de cette décennie, le Canada souhaiterait jouer un rôle majeur dans une mission scientifique sur Mars qui utiliserait la technologie et l\u2019expertise canadiennes, en robotique entre autres », affirme d\u2019ailleurs Marc Garneau, le président de l\u2019Agence spatiale canadienne.Le Canada pourrait participer dès 2007 à Scout Mission, un projet de la NASA pour envoyer des petits véhicules aériens ou des atterrisseurs sur Mars.Par ailleurs, l\u2019Agence développe les grandes lignes d\u2019une mission dont les objectifs seraient définis par le Canada, mais à laquelle d\u2019autres nations pourraient contribuer.Cependant, le financement, pouvant atteindre quelques centaines de millions, devra provenir de fonds additionnels du gouvernement, puisque le budget annuel de 300 millions de l\u2019Agence est presque totalement engagé dans les opérations.C\u2019est un aspect qui inquiète l\u2019industrie spatiale canadienne.Comptant un effectif de 5500 personnes, les 250 entreprises de cette industrie tirent environ la moitié de leurs revenus annuels de 1,5 milliard de l\u2019exportation.En dépit de son impact national, il s\u2019agit pourtant d\u2019une petite industrie en regard des autres industries spatiales dans le monde.Dans un document (*) présenté en juillet 2002, en réponse à la Stratégie d\u2019innovation du Canada, lancée plus tôt cette année par le ministre de l\u2019Industrie, la table ronde du secteur spatial a identifié cinq défis à relever pour améliorer sa performance en matière d\u2019innovation.Un de ces défis a justement trait au niveau insuffisant du financement de la recherche, de la mise au point de technologies et des activités de démonstration.À cet égard, le budget de l\u2019ASC est limité par de lourdes exigences opérationnelles, de sorte que de nombreuses idées novatrices ne peuvent être financées.B (*) L\u2019industrie spatiale canadienne : moteur de l\u2019innovation Photo NASA Photo NASA Photo NASA Photothèque, La Presse © Photo ASC Photo AFP Photo ASC Chris Hadfield devient le premier Canadien à marcher dans l\u2019espace lorsqu\u2019il contribue à installer le Canadarm2 sur la Station spatiale internationale, au cours de la mission STS-100/ ISS-6A.L\u2019industrie spatiale canadienne : moteur de l\u2019innovation 6LP0801B0928 B08, samedi, MONDE 6LP0801B0928 ZALLCALL 67 22:35:31 09/27/02 B B 8 MOND E L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 Intifada: second anniversaire sous haute tension d\u2019après AFP et AP JÉRUSALEM \u2014 Israël était en état d\u2019alerte maximale pour le second anniversaire de l\u2019Intifada et après des menaces de vengeance du mouvement palestinien Hamas, dont un chef a été la cible d\u2019un raid manqué.L\u2019alerte, qui sera maintenue pendant plusieurs jours, répond également aux risques d\u2019attentats à l\u2019occasion de la fête de Simhat Torah, ce soir, qui marque la fin des festivités de Souccot ou fête des Cabanes.Israël redoutait des heurts dans la vieille ville de Jérusalem-Est après la prière musulmane d\u2019hier, qui s\u2019est toutefois déroulée dans le calme, sous haute surveillance policière.Seuls les Palestiniens âgés de plus de 40 ans ont été autorisés à aller prier sur l\u2019Esplanade des mosquées, qui abrite le troisième lieu saint de l\u2019islam.Le 28 septembre 2000, le premier ministre Ariel Sharon, alors chef de l\u2019opposition de droite, s\u2019était rendu sur l\u2019Esplanade, provoquant des heurts entre manifestants palestiniens et la police israélienne.Ces heurts avaient marqué le début de l\u2019Intifada, qui a fait jusqu\u2019à maintenant plus de 2500 morts, dont 1872 du côté palestinien et 614 côté israélien.Défiant le couvre-feu israélien, des centaines de Palestiniens ont défilé hier dans les villes de Cisjordanie, à l\u2019occasion de ce second anniversaire et pour protester contre les réoccupations par l\u2019armée et le siège de Yasser Arafat.À Ramallah, l\u2019armée a lancé des gaz lacrymogènes et des balles en plastique contre des jeunes lanceurs de pierres, mais 600 autres personnes ont défilé dans le calme, chantant et frappant des tambours pour un défilé bon enfant.De sa prison en Israël, Marouan Barghouti, un des principaux chefs du soulèvement a adressé un message aux Palestiniens : « La troisième année du soulèvement verra s\u2019effondrer l\u2019occupation.Cette année, l\u2019occupation devrait devenir un projet très coûteux pour les occupants, à tous les niveaux.» Malgré le couvre-feu, quelque 500 personnes ont défilé à Naplouse, 200 dans le camp de réfugiés voisin de Balata.À Béthléem, épargnée par le couvre-feu, ils étaient également des centaines.Plus de 100 000 partisans du parti intégriste libanais Hezbollah ont défilé hier dans la banlieue sud de Beyrouth en appelant à la poursuite de l\u2019Infifada.Déjà sur les dents, les forces israéliennes ont été placées en état d\u2019alerte maximales à la suite des menaces du Hamas qui s\u2019est engagé à riposter à la tentative d\u2019assassinat de son chef militaire, Mohammed Deif, blessé jeudi dans un raid d\u2019hélicoptère israélien à Gaza.Ce n\u2019est qu\u2019hier matin qu\u2019Israël a reconnu avoir raté Deif, l\u2019homme le plus recherché par Israël, qui l\u2019accuse d\u2019être impliqué depuis une dizaine d\u2019années dans la préparation d\u2019attentats.Deux activistes du Hamas ont été tués dans le raid aux missiles et 25 Palestiniens blessés, dont dix enfants.« Les Brigades Ezzedine al- Qassam (la branche armée du Hamas) se vengeront », a lancé un dirigeant du Hamas lors des funérailles qui ont rassemblé plus de 20 000 Palestiniens.« Nous allons revenir à Tel-Aviv et dans le reste d\u2019Israël pour des opérations martyres », a-t-il dit en allusion aux attentats suicide.À Ramallah, l\u2019armée israélienne n\u2019a pas relâché la pression autour du quartier général du dirigeant palestinien Yasser Arafat, assiégé avec quelque 250 de ses hommes depuis huit jours.Un conseiller d\u2019Arafat, Bassam Abou Charif, s\u2019est dit optimiste sur une prochaine levée du siège par Israël, sous la pression de Washington, ajoutant que le leader palestinien ne se plierait jamais aux exigences israéliennes.Israël exige, pour retirer ses chars, la reddition d\u2019une vingtaine de Palestiniens accusés de « terrorisme » réfugiés dans le QG.Sharon se rend demain à Moscou, à l\u2019invitation du président russe Vladimir Poutine, pour une visite qui doit être dominée par le Proche-Orient et l\u2019Iran.Photo REUTERS Des militants armés du Hamas ont défilé hier dans la ville de Khan Younis, dans la Bande de Gaza, à la faveur des funérailles d\u2019un des leurs, Abdel al-Rahem Hamdan, tué la veille lors d\u2019une attaque israélienne par hélicoptère.Les États-Unis font la cour auxÉtats pétroliers africains PIERRE AUSSEILL Agence France-Presse LIBREVILLE \u2014 Tapis rouge pour présidents africains à New York, visites d\u2019officiels : un an après les attentats du 11 septembre et en pleine crise avec l\u2019Irak, les États- Unis sont engagés dans une offensive diplomatique de charme envers les pays pétroliers africains.Ce soudain regain d\u2019intérêt, fortement appuyé par le lobby pétrolier américain, relaie l\u2019implantation massive ces dernières années dans le riche et prometteur golfe de Guinée des géants pétroliers américains tels que ExxonMobil ou Chevron.« Avec les attentats, les Américains ont pris conscience de leur vulnérabilité pétrolière envers le Moyen-Orient.On sent qu\u2019ils se tournent vers nous pour diversifier leurs sources », confie le conseiller d\u2019un chef d\u2019État d\u2019Afrique centrale.Si l\u2019Afrique ne recèle que 6 % des réserves mondiales, 7 des 8 milliards de barils de pétrole découverts en 2001 dans le monde l\u2019ont été en Afrique occidentale, grâce à l\u2019offshore profond.Les importations de pétrole africain par les États-Unis pourraient passer de 15 % du total actuellement à 25 % en 2020, selon les experts, qui prévoient une hausse de 59 % de la consommation énergétique mondiale à la même date.Le président Georges W.Bush a innové en recevant, le 13 septembre à New York, 10 chefs d\u2019État d\u2019Afrique centrale pour saluer leur efforts en faveur de la paix, quelques jours après la visite en Angola et au Gabon \u2014 deux États pétroliers \u2014 de son secrétaire d\u2019État, Colin Powell.Le sous-secrétaire d\u2019État aux Affaires africaines, Walter Kansteiner, en visite au Nigeria en juillet, est attendu jeudi prochain au Gabon, d\u2019où il se rendra dans l\u2019archipel voisin de Sao Tomé et Principe, futur producteur de pétrole.Cette effervescence « n\u2019a pas de lien avec le pétrole ou l\u2019Irak.Juste une coïncidence de calendrier », assure un diplomate américain dans la région.Selon le journal français Le Monde, Washington aurait pourtant récemment sondé les pays pétroliers africains sur leurs dispositions à augmenter leurs ventes en cas de guerre contre l\u2019Irak et d\u2019envolée des cours.En juillet, une rumeur démentie prêtait au Nigeria, premier fournisseur de brut africain des États-Unis et 7e exportateur mondial, l\u2019intention de quitter l\u2019OPEP, ses quotas de production et ses tarifs contraignants.Angola, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad, Cameroun : aucun autre pays de la région n\u2019est membre de l\u2019OPEP.Le pétrole africain offre d\u2019autres avantages : distance assez courte entre la côte ouest de l\u2019Afrique et la côte est des États-Unis, frais d\u2019expédition bien plus faibles que pour le brut de la mer Caspienne ou du Moyen-Orient, voies maritimes plus sûres que celles du golfe Persique.Restent les obstacles : contentieux territoriaux entre pays, instabilité politique d\u2019un continent miné par les guerres, subsistance d\u2019« États voyous » comme le Soudan ou la Libye.Le Nigeria a déjà réglé certains contentieux territoriaux, en 2000 avec Sao-Tomé et Principe et en 2001 avec la Guinée Équatoriale.Le nouvel eldorado équato-guinéen, totalement contrôlé par les compagnies américaines, pourrait produire de 500 000 à 600 000 barils / jours d\u2019ici 2007, soit plus du quart de la production nigériane.Le différend Nigeria-Cameroun sur la presqu\u2019île de Bakassi, 1000 km2 de richesses pétrolières, sera très bientôt tranché par la Cour internationale de justice.Le règlement des conflits armés pourrait aussi ouvrir de nouveaux horizons.L\u2019heure est au réchauffement entre Washington et l\u2019Angola (7 à 10 % des importations globales américaines de pétrole) du longtemps marxiste président Manuel Dos Santos depuis la mort en février, après 27 ans de guerre civile, du chef rebelle Jonas Savimbi, longtemps soutenu par les États- Unis.Depuis un an, l\u2019amélioration est également sensible avec le Soudan, pourtant frappé de sanctions par Washington pour son soutien au terrorisme.Les États-Unis pèsent dans les négociations de paix entre Khartoum et sa rébellion sudiste.Les réserves de brut du Soudan, 1,25 milliard de barils, pourraient tripler en cas de paix et les pétroliers américains espèrent une levée des sanctions.Washington renforce un peu partout sa coopération militaire, sans oublier ses credos : démocratie et bonne gouvernance.Comme pour le projet pétrolier Tchad-Cameroun, plus important investissement américain de ce genre en Afrique présentement (3,7 milliards US), dont 72 % des recettes devront en principe être consacrées à l\u2019éducation, la santé et les infrastructures, sous l\u2019oeil de la Banque mondiale.Tirage du : 876508 76508 6508 508 08 50 000$ 5 000$ 250$ 25$ 5$ NUMÉROS LOTS Les modalités d\u2019encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste de numéros gagnants et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.10 lots de 1 000 $ (non décomposables) LOTS BONIS 5 croisières* (non décomposables) 50 lots de 100 $ (non décomposables) 20 lots de 500 $ (non décomposables) 40 lots de 250 $ (non décomposables) *Chaque croisière est échangeable contre un chèque de 5 000 $.345A882 584A603 125B842 212B264 583B415 2002-09-27 1 000$ 100$ 10$ 87650 8765 876 NUMÉROS LOTS 113A861 314A653 375A363 425A715 439A842 468A666 136B393 183B307 280B464 518B526 112A784 168A552 292A572 342A449 409A424 472A044 485A825 510A033 588A426 142B052 150B044 203B462 232B851 264B439 289B738 408B254 500B400 520B354 539B757 541B334 131A398 188A197 196A254 220A077 226A200 227A729 230A342 232A039 292A543 329A210 331A900 362A785 375A455 392A167 392A455 394A226 422A279 452A357 458A281 474A751 478A212 533A902 100B885 114B407 126B540 129B728 143B180 154B373 198B153 199B573 208B612 282B851 383B609 418B393 523B711 526B863 555B815 567B217 591B249 595B235 102A258 105A411 125A747 141A635 146A950 147A663 261A861 310A150 319A210 347A956 381A822 389A798 395A874 400A938 425A764 441A544 464A809 485A152 488A155 507A075 526A628 537A446 549A365 564A274 564A874 572A558 138B149 177B475 215B940 233B344 248B308 302B619 363B426 367B409 379B701 387B682 392B872 417B392 421B554 436B511 453B021 470B344 491B284 495B339 511B299 530B194 537B121 546B150 571B230 598B982 Maroc: faible participation aux élections d\u2019après AFP RABAT \u2014 Un peu plus de 14 millions de Marocains étaient appelés aux urnes hier pour renouveler les 325 sièges de la Chambre des représentants, un rendezvous électoral qui a été perturbé par des incidents localisés et quelques tentatives de fraude.Ces élections, dont les autorités veulent faire un symbole de la « démocratisation » du royaume, se sont cependant généralement déroulées dans le calme.Le taux de participation, qui n\u2019était que de 30 % en milieu d\u2019après-midi, marquait un net recul par rapport au scrutin législatif de 1997.Les résultats des élections, qui se déroulent au scrutin de liste à la proportionnelle à un tour, seront connus aujourd\u2019hui.L\u2019un des scores les plus attendus est celui des islamistes modérés, représentés par le Parti de la Justice et du développement (PJD), qui pourraient participer au prochain gouvernement.Le PJD a appelé au « renforcement de la référence islamique à tous les niveaux ».Le roi du Maroc Mohammed VI et le gouvernement sortant d\u2019Abderrahmane Youssoufi, premier ministre et chef de l\u2019Union socialiste des forces populaires (USFP), avaient insisté sur leur volonté d\u2019assurer l\u2019honnêteté et la transparence du processus électoral.Le PJD a toutefois dénoncé des irrégularités dans une lettre publique adressée au ministre marocain de l\u2019Intérieur, Driss Jettou, pendant le déroulement des opérations de vote.Le Congrès national ittihadi, un parti issu d\u2019une récente scission au sein de l\u2019USFP, a assuré avoir vu des bulletins de vote circuler en dehors des bureaux électoraux et affirmé que certains de ses observateurs avaient été écartés sans bonne raison.Des incidents ont par ailleurs perturbé les opérations électorales à Tiflet (50 km à l\u2019est de Rabat), à la suite de protestations d\u2019électeurs qui dénonçaient des irrégularités, selon l\u2019Association marocaine des droits humains (indépendante).Au total 5873 candidats (dont 269 femmes), représentant 26 partis en lice, se sont présentés dans 91 circonscriptions électorales.Un nouveau code électoral a institué le scrutin de liste à la proportionnelle à un tour, un système dont nombre de commentateurs ont estimé qu\u2019il rendra difficile l\u2019émergence d\u2019une majorité cohérente.Le taux de participation de 30 % marquait un important recul par rapport à celui de 45,6 % enrewww.journeesdelaculture.qc.ca gistré à la même heure lors du scrutin de 1997.6eÉDITION 27\u202228\u202229 SEPTEMBRE/02 JOURS D\u2019ACTIVITÉS GRATUITES P A R T O U T A U Q U É B E C LA CULTURE POUR TOUS 3 3079294A 3079305 3081972 6LP0901B0928 B09, samedi, MONDE 6LP0901B0928 ZALLCALL 67 22:23:49 09/27/02 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 MOND E B 9 Les mutins ivoiriens prennent une autre ville LAURENT BANGUET Agence France-Presse ABIDJAN \u2014 Les soldats mutins ont pris une autre ville en Côte d\u2019Ivoire, Odienné (nord-ouest) près de la frontière avec la Guinée, tandis que les militaires français ont achevé hier aprèsmidi les évacuations d\u2019étrangers de Bouaké (centre), la deuxième ville du pays.D\u2019après un habitant d\u2019Odienné (600 km au nord-ouest d\u2019Abidjan) joint au téléphone depuis Abidjan, les mutins ont pénétré jeudi soir en ville en tirant des coups de feu en l\u2019air et ont rapidement pris le contrôle de tous les bâtiments publics.Les forces de sécurité ont pris la fuite à l\u2019annonce de l\u2019arrivée des mutins, qui ont incendié le commissariat de police de la ville.Les lignes téléphoniques de la brigade de gendarmerie étaient en dérangement.À Bouaké, tenue par la rébellion depuis le 19 septembre et déclarée « zone de guerre » par le gouvernement, de nombreux Ivoiriens ont tenté de fuir avec les étrangers.Mais ils se sont heurtés à la sortie de la ville aux soldats mutins, qui les ont refoulés.Quelque 750 étrangers ont été évacués hier de Bouaké en direction de Yamoussoukro, la capitale administrative de la Côte d\u2019Ivoire, une source militaire française à Abidjan, portant à près de 2000 le nombre d\u2019étrangers évacués de la ville depuis jeudi.Un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) consacré à la crise a été convoqué pour demain à Accra, a annoncé le Sénégal, qui assure la présidence en exercice de la Communauté.« Nous comptons mettre en place un contingent de soldats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, mais ce sera un contingent de paix et de bons offices », a déclaré à la presse le président sénégalais Abdoulaye Wade, affirmant qu\u2019il ne s\u2019agira pas d\u2019une opération destinée « à réduire les mutins ».Le sommet, a-til ajouté, manifestera « sa solidarité » au président ivoirien, Laurent Gbagbo, et à son gouvernement.Gbagbo participera à ce sommet.La venue du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été qualifiée de « parfaitement envisageable », par le directeur de communication de la présidence burkinabè.Compaoré a été accusé par des médias ivoiriens d\u2019être à l\u2019origine de la crise, ce que le Burkina dément.Le Nigeria, également membre de la CEDEAO, a déjà envoyé des forces, accompagnées de trois avions d\u2019attaque au sol, à Abidjan.Jeudi, la télévision nationale ivoirienne avait diffusé en boucle un message du ministre ivoirien de la Défense, Moïse Lida Kouassi, déclarant « zones de guerre » les région de Bouaké et Korhogo, la grande ville du nord de la Côte d\u2019Ivoire également sous le contrôle de militaires en rébellion.Les personnes évacuées étaient des Français ou ressortissants d\u2019autres pays européens, des Américains ou Libanais, des bi-nationaux ou des ressortissants de pays africains.L\u2019évacuation s\u2019est déroulée sans incident et aucun tir n\u2019a été signalé dans la ville depuis les combats ayant opposé rebelles et forces régulières les 23 et 24 septembre, qui ont fait au moins cent morts.La Côte d\u2019Ivoire est depuis le 19 septembre en proie à des troubles militaires qui ont fait plusieurs centaines de morts, dont le ministre de l\u2019Intérieur, Emile Boga Doudou, et le général Robert Gueï, ex-patron de la junte militaire au pouvoir.Photo AFP Hier à Bouaké, des Ivoiriens ont tenté de se mêler aux étrangers évacués par l\u2019armée française, mais ont été refoulés par les soldats mutins qui occupent la ville.Le président basque propose une souveraineté partagée Le Mexique entre en ébullition à propos du combat de Fox contre la corruption d\u2019après AFP VITORIA \u2014 Le chef du gouvernement basque, Juan José Ibarretxe, a proposé hier au Parlement régional basque « un nouveau projet » politique basé « sur la libre association et la souveraineté partagée » dans « un véritable État plurinational ».« Il s\u2019agit de construire un nouveau projet d\u2019entente basé sur la libre association et la souveraineté partagée et non pas sur la subordination et l\u2019imposition d\u2019une certaine vision de l\u2019État, en marge de la volonté du peuple basque », a affirmé le lehendakari (président basque), nationaliste modéré, dans un discours au Parlement régional.Cette proposition visant à renforcer encore davantage l\u2019autonomie du Pays basque espagnol, a été vivement critiquée par le gouvernement central et les principaux partis politiques espagnols.« La priorité absolue au Pays basque, c\u2019est de mettre fin au terrorisme et à la dictature exercée par quelques-uns contre la majorité », a notamment déclaré le vice-président du gouvernement central, Mariano Rajoy.« J\u2019aimerais que M.Ibarretxe lutte pour la démocratie et pour la liberté, et par conséquent contre l\u2019ETA, et cela, je ne le vois pas », a-t-il ajouté.Ibarretxe avait estimé que « la solution du problème de normalisation politique consiste à assumer que le peuple basque n\u2019est pas une partie subordonnée de l\u2019État mais un peuple avec une identité propre, ayant la capacité d\u2019établir son propre cadre de relations internes et de s\u2019incorporer par libre association à un véritable État pluri-national ».Le président de l\u2019Euskadi (région autonome du Pays basque espagnol) a rappelé que le Parlement basque avait approuvé à la majorité en février 1990, sans compter alors sur le soutien du bras politique de l\u2019ETA, Herri Batasuna, une motion sur le droit d\u2019autodétermination du peuple basque.Ibarretxe s\u2019est engagé à soumettre au Parlement régional, d\u2019ici un an, un avant-projet de pacte de libre association avec l\u2019État espagnol, qui sera ultérieurement soumis à référendum.PAUL RUTLER Agence France-Presse MEXICO \u2014 Le Mexique est entré en ébullition face au dur combat contre le fléau de la corruption mené par le président Vicente Fox, avec en arrière-plan les menaces de grève générale du puissant syndicat des pétroles accusant le gouvernement de « lynchage public ».Officiellement, l\u2019épreuve de force entre les 120 000 membres du syndicat, qui pourraient rapidement paralyser les activités de ce pays de 100 millions d\u2019habitants et le gouvernement, est causée par une simple question d\u2019augmentation de salaire.Quinze pour cent, réclament les employés de la compagnie pétrolière d\u2019État Pemex.Cinq et demi pour cent, propose le gouvernement, se réfugiant derrière le même chiffre de l\u2019inflation estimée pour 2002 tout en affirmant que les syndiqués faisaient du « chantage ».Accord, pas d\u2019accord, les négociations reprennent, elles sont suspendues : à chaque heure depuis une semaine le scénario de cette grève annoncée pour lundi change tout en faisant les gros titres de la presse et des journaux télévisés et l\u2019objet de tous les paris.Mais la question des salaires à la Pemex n\u2019est que la partie émergée de l\u2019iceberg, cachant une rude épreuve de force politique.Le détonateur en fut le Parquet général de la République qui annonça le 10 septembre des poursuites pour corruption contre les députés Carlos Romero et Jesus Olvera ainsi que le sénateur Ricardo Aldana, tous trois du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et aussi dirigeants du syndicat des pétroles.Le Parquet avait en même temps demandé la levée de l\u2019immunité parlementaire des trois hommes soupçonnés d\u2019avoir détourné de grosses sommes appartenant à la Pemex, la plus grande compagnie du pays, et allant selon la presse mexicaine jusqu\u2019à 230 millions de dollars US.Les dirigeants « ne se présenteront pas devant le Parquet », avait rétorqué le syndicat des pétroliers, qui est un des principaux bastions du PRI.Fox, qui avait mis fin par sa victoire électorale de juillet 2000 à 71 ans de pouvoir absolu du PRI, mais qui ne jouit pas de la majorité au Congrès, a lancé de multiples appels au PRI lui demandant de le soutenir dans ses efforts pour moderniser la société mexicaine.En même temps, il avait réaffirmé le 1er septembre, dans son discours sur l\u2019état de la nation après deux ans de gouvernement, sa détermination à s\u2019attaquer de front à la corruption dans le pays en général, et maintenant au sein de la Pemex.« La Pemex est le grand patrimoine de tous les Mexicains et, loin de vouloir l\u2019affaiblir, mon but est de la renforcer », avait souligné Fox.La Pemex, qui est la 5e compagnie pétrolière mondiale, génère 35 % du budget fédéral.« Ce qu\u2019on veut, c\u2019est un syndicat qui remplit réellement ses fonctions au sein de la Pemex », a-t-il ajouté.Vaste programme dans un pays où « la violation de la loi est un sport national », selon les termes du directeur de la section des droits de l\u2019homme du Parquet général, Mario Alvarez Ledesma.GÉORGIE 3083452A Le Canada pourrait participer à l\u2019inspection des gorges de Pankissi d\u2019après AFP TBILISSI \u2014 Tbilissi s\u2019est mis d\u2019accord avec des représentants américains, canadiens, turcs et norvégiens pour procéder à une inspection des gorges de Pankissi, où étaient retranchés des rebelles ayant combattu en Tchétchénie, a fait savoir hier le ministère géorgien des Affaires étrangères.« Nous nous sommes déjà mis d\u2019accord avec des délégations des États-Unis, du Canada, de Turquie et de Norvège pour procéder à une inspection internationale des gorges de Pankissi », a déclaré à la presse le porteparole ministériel, Kakha Sikharoulidzé, précisant que l\u2019inspection se ferait « sous l\u2019égide de l\u2019Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ».« Les dirigeants géorgiens ont de nouveau proposé à des représentants de la Russie de faire partie de cette mission internationale d\u2019inspection à la recherche de bases de combattants tchétchènes dans les gorges de Pankissi », a ajouté Sikharoulidzé.Il a regretté que non seulement Moscou n\u2019ait pas répondu à la précédente proposition, mais que jeudi, « le ministre russe de la Défense ait de nouveau déclaré l\u2019intention russe de bombarder les bases de combattants dans les gorges ».La Russie a accusé à plusieurs reprises la Géorgie de tolérer dans sa zone frontalière avec la Tchétchénie, les gorges de Pankissi, la présence de centaines de combattants indépendantistes.Moscou agite la menace de frappes préventives en territoire géorgien pour éviter que ces rebelles ne pénètrent en Tchétchénie.De violents combats ont eu lieu jeudi en Ingouchie, république russe frontalière de la Tchétchénie et de la Géorgie, entre les forces russes et des combattants indépendantistes venus de Géorgie.L\u2019ambassadeur de Géorgie à Moscou, Zourab Abachidzé, a été convoqué hier au ministère russe des Affaires étrangères qui a accusé Tbilissi de repousser intentionnellement les combattants rebelles de son territoire vers la Russie.« La Géorgie se débarrasse intentionnellement des bandes armées illégales sur son territoire en ne faisant pas obstacle à leur retour en Russie », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères.« Une telle position montre non seulement que la Géorgie n\u2019a pas l\u2019intention de coopérer dans la lutte contre le terrorisme, mais qu\u2019elle est en fait complice des bandits armés en leur ouvrant un corridor vers le territoire russe », ajouté le ministère. 6LP1001B0928 B10, samedi, MONDE 6LP1001B0928 ZALLCALL 67 22:23:29 09/27/02 B B 1 0 MOND E L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 8 S E P T EMB R E 2 0 0 2 La tension irakienne affecte déjà l\u2019opposition chrétienne au Liban Pressions du pouvoir libanais - avalisées par la Syrie - contre Amine Gemayel et Michel Aoun au premier chef PASCAL MALLET Agence France-Presse BEYROUTH \u2014 Le pouvoir libanais entend réduire, avec l\u2019aval de Damas, la marge de manoeuvre de l\u2019opposition chrétienne hostile au rôle dominant au Liban de la Syrie, qui s\u2019attend à une redistribution des cartes au Proche- Orient en cas de guerre des États-Unis contre l\u2019Irak.« Le diagnostic ne fait de doute pour personne : il y a aujourd\u2019hui un intérêt stratégique pour la Syrie à tenir plus que jamais le Liban d\u2019une main ferme, par l\u2019intermédiaire de l\u2019appareil sécuritaire et judiciaire libanais », a estimé un diplomate occidental interrogé au sujet de l\u2019offensive menée contre l\u2019opposition.« En prévision d\u2019un conflit armé que beaucoup croient désormais certain entre Washington et son voisin irakien, Damas cherche à protéger ses arrières et ainsi garder tous ses atouts en main », a-t-il ajouté, sous réserve de l\u2019anonymat.Deux ténors de l\u2019opposition chrétienne, soupçonnés d\u2019avoir eu des contacts aux États-Unis avec des milieux anti-syriens, sont particulièrement visés pour le moment : l\u2019ancien président Amine Gemayel (1982-1988) et l\u2019ancien chef de gouvernement de militaires, le général Michel Aoun (1988-1990).Les mesures contre l\u2019opposition avaient commencé avec la fermeture, le 4 septembre, de son principal vecteur, la chaîne de télévision MTV.Si le pouvoir tente d\u2019intimider Aoun, qui appuie ouvertement un projet de loi de sanctions contre la Syrie, en reposant sur le tapis un vieux dossier sur un supposé détournement de fonds publics, il a brandi jeudi en face de Gemayel un dossier financier, fermé depuis 1995, relatif à l\u2019achat au début des années 1980 d\u2019hélicoptères français Puma fabriqués en Roumanie.Le procureur général, Adnan Addoum, a adressé mercredi aux services de sécurité une circulaire demandant de savoir « si des personnes ont eu des activités ou tenu des réunions non autorisées par le gouvernement susceptibles de faire du tort au Liban et à ses relations avec des pays frères arabes ».« Peut-être que les menaces ne seront pas suivies immédiatement d\u2019effets, peut être est-ce un simple avertissement.Mais le pouvoir cherche à profiter de leur impact psychologique en espérant neutraliser l\u2019opposition », affirme un politologue qui a requis l\u2019anonymat.Selon lui, « il y a deux aspects dans l\u2019actuelle offensive contre l\u2019opposition chrétienne : le permanent, qui consiste à ne jamais lui laisser trop relever la tête, et le conjoncturel, qui se rapporte à la crise avec l\u2019Irak et qui aura ses conséquences pour la Syrie et son allié iranien ».La Syrie appréhende les exigences de Washington qui veut que Damas cesse d\u2019appuyer et d\u2019héberger les radicaux palestiniens et désarme le Hezbollah chiite libanais, a-t-il ajouté.Citant des opposants, le quotidien pro-syrien As-Safir estime que « face aux développements régionaux, téléguidés par les États-Unis et dont les retombées vont atteindre la Syrie et le Liban, Damas mène une action préventive qui peut servir de message à l\u2019adresse de Washington ».Le quotidien libéral An-Nahar écrit que « ce qui se passe prouve que le Liban et la Syrie veulent se prémunir contre la tempête dont l\u2019épicentre est l\u2019Irak ».« Des sources politiques et diplomatiques considèrent que le pouvoir libanais, avec l\u2019appui de Damas, a asséné un coup préventif à l\u2019opposition afin de réduire son influence en prévision d\u2019une frappe contre l\u2019Irak et à l\u2019examen du projet de loi (américain) de sanctions sur la Syrie », ajoute le journal.Un autre diplomate occidental a déclaré que « Damas sait qu\u2019elle ne craint rien des Américains, pour le moment, mais veut neutraliser par précaution l\u2019opposition chrétienne afin que Washington ne s\u2019en serve pas comme moyen de pression sur la Syrie ».3080289A "]
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