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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-10-27, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1027 f1 27 octobre 7LP0101F1027 ZALLCALL 67 00:30:14 10/27/02 B tout ce qu'i l faut savoir sur le québec d'aujourd'hui Sous la direction de Roch Côté et de Michel Venne 720 pages 24,95 $ L'annuaire du Que´bec 2oo3 3082471A Voir POULIN en F2 JACQ U E S P O U L I N Voir CONTE en F5 Autre texte en A8 et A9 e viens juste de finir de lire le roman de Yann Martel, Life of Pi, en nomination aux Prix du Gouverneur général.C'est absolument brillant.Retenez bien ce que je dis.Martel est promis à une grande carrière de romancier», écrivait le philosophe et lui-même romancier, John Ralston Saul, dans le Winnipeg Free Press, en février dernier.Yann Martel n'a pas eu de prix du Gouverneur général, ce qui n'aurait pas fait grimper la vente de ses livres à l'étranger, il a remporté plutôt le Booker Prize, un prix littéraire donné à un écrivain du Commonwealth britannique, premier Québécois à être ainsi honoré et troisième Canadien après Margaret Atwood et Michael Ondaatje.Un prix qui pourrait entraîner la vente de 400 000 à 800 000 exemplaires de Life of Pi.Mais à quoi tient donc la magie de Life of Pi, troisième ouvrage seulement de l'écrivain de 39 ans, pour avoir séduit un jury qui l'a préféré au bel écrivain Rohinton Mistry et à la solide auteure Carol Shields?En vérité, on entre dans la vie de Pi pour ne plus vouloir en sortir.Le roman a quelque chose de lumineux.Imaginez un jeune Indien de Pondichéry, qui vit avec ses parents dans un zoo et qui porte le nom incroyable d'une piscine française, Piscine Malator, parce que son oncle était un amateur de natation.Imaginez qu'à force de se faire traiter de «pissing», il décide de renaître avec un nouveau prénom, Pi comme dans Pi = 3,1416.Et suivez-le dans la tourmente qui le laissera seul dans un canot de sauvetage après que ses parents et la grande partie des animaux qu'ils voulaient vendre aux États-Unis eurent péri dans un naufrage.Seul?Non.Un tigre restera avec le garçon qui se dit musulman, chrétien et hindou.«Un être oecuménique», disait Yann Martel dans une entrevue à CTV.Ajoutez-y des réflexions du genre suivant.En parlant des zoos, le narrateur, Pi, que l'on retrouve à l'âge mûr docteur en théologie et en zoologie d'une université torontoise, dit: (traduction libre) «La récompense pour l'oeil qui regarde et l'oreille qui écoute est immense.J'ai passé des heures et des heures à me faire le témoin discret de l'extraordinaire diversité des formes de vie qui enchantent notre planète.C'est quelque chose de si lumineux, si fort, si bizarre et si délicat que cela stupéfie les sens.(page 16).Un conte philosophique contemporain Photo PIERRE FILION À l'occasion de la parution de son dixième roman, Les Yeux bleus de Mistassini, Jacques Poulin a accepté de recevoir La Presse dans son nouvel appartement donnant sur les plaines d'Abraham, à Québec.Après avoir passé 15 ans à Paris et quelque temps dans le sud de la France, il dit être revenu pour de bon, à cause du mal du pays qui l'a pris tout d'un coup.«J LA PRÉSENCE RÉCONFORTANTE DES MOTS a compagnie de Jacques Poulin est comme celle de ses romans, très douce.Renversé sur sa chaise longue, les genoux relevés (seule position qui allège ses maux de dos), dans la lumière crème de son salon, l'auteur de Volkswagen blues est d'un calme communicatif.Il réfléchit longuement avant de parler, finit par trouver les mots qu'il cherche, puis hésite et ne les laisse briser le silence qu'au compte-gouttes.De temps en temps, il se lève pour aller chercher un bouquin ou une photographie qui, croit-il, exprimeront mieux que lui ce qu'il cherche à dire.Et il se réfère souvent à ses Yeux bleus de Mistassini: «J'ai répondu à cette question dans mon roman il me semble.Comment disais-je déjà?» Comme s'il ne faisait confiance qu'aux mots qu'il a d'abord couchés sur papier.Si c'était à refaire, Jacques Poulin vivrait, comme Réjean Ducharme, le plus loin possible des caméras et des individus à calepins et stylos.Il ne sait pas répondre aux «pourquoi» ni aux «comment» et ne comprend pas que d'autres y arrivent.«Comment m'est venue telle idée?Je l'ignore! Les causes sont inconscientes et je n'ai pas accès à mon inconscient!» dit-il.Lorsqu'une question l'embête trop, ce qui arrive à plusieurs reprises durant notre entretien, il refuse d'y répondre.Avec douceur, mais fermeté.Jacques Poulin, si l'on peut le dire comme ça, est un beau défi journalistique! Les yeux bleus Derrière le joli titre de son dernier roman, Les Yeux bleus de Mistassini, il y a un petit univers «poulinien» tel qu'on les aime: chaud, tendre et réconfortant comme une écharpe de laine.L'histoire se passe dans une librairie du Vieux-Québec appartenant à un écrivain qui commence à avoir du brouillard dans la tête, Jack Waterman (tiens, le gars de Volkswagen blues).C'est une librairie très spéciale où les livres sont classés selon le principe du «désordre absolu », où les poètes murmurent la nuit et où ronfle un poêle ventru qui réchauffe clients et flâneurs.Un jeune homme nommé Jimmy (que l'on a déjà rencontré enfant dans le roman qui porte son nom) y pousse un jour la porte par hasard.Grâce à l'amitié qu'il développe avec le vieux Jack, de qui il devient l'assistant, il découvrira sa propre vocation au coeur des mots.Mais ce n'est pas tout.Il y a aussi Mistassini, la petite soeur aux yeux bleus que Jimmy aime trop pour l'empêcher de partir.Il y a les rues de Québec, celles de Paris, un minibus Volkswagen et la mort qui rôde autour de Jack comme un chat qui marche sans bruit.Et la tendresse fragile.«Je déteste mes livres» Les yeux bleus de Mistassini a été écrit à Paris et corrigé à Collioure, un village du sud de la France coincé entre la Méditerranée et les Pyrénées.Poulin y a consacré quatre ans.Quand on lui demande s'il est content du résultat, il sourit tristement en secouant la tête: «Je déteste tous mes livres.» Le pire, c'est qu'il est sérieux.Il l'a déjà dit, il estime que ses premiers romans (Mon cheval pour un royaume, Jimmy, Le Coeur de la baleine bleue et Faites de beaux rêves) n'auraient jamais dû être publiés.«J'apprenais.Ça m'a pris quatre ou cinq livres avant d'atteindre un niveau acceptable.» Encore aujourd'hui, il est porté à ne voir que les défauts de ses oeuvres, qui, rappelons-le, sont encensées par les critiques, couvertes de prix et étudiées sur les bancs d'école.Il sait tout cela, mais a l'impression que ces fleurs s'adressent à quelqu'un d'autre.«Je dois être un peu schizophrène», dit-il.JOCELYNE LEPAGE EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 27 O C TO B R E 2002 La Tache, Philip Roth > ROMAN Page 3 Le Retour d'Ariane, Pierre Tourangeau > ROMAN \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 2 Catalina, Gilles Gougeon > ROMAN \u0001\u0001\u0001 1/2 Page 2 Annabel et la Bête, Dominique Demers > ENFANTS \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 Philip Roth collaboration spéciale Illustration NEWSCOM.COM YA N N M A RT E L 7LP0201F1027 f2 lectures dimanche 7LP0201F1027 ZALLCALL 67 20:05:28 10/26/02 B LITTERATURE QUEBECOISE L'enfant a la vie plus longue que son age SUZANNE GIGUERE collaboration speciale En l985, le journaliste Gilles Gougeon se rend au Perou faire une serie de reportages sur les enfants de la rue pour l'emission Le Point de Radio-Canada.Quinze ans plus tard, s'inspirant de ce sejour et de ses notes de voyage, il raconte l'histoire de la petite Catalina que le destin va catapulter en dehors des bidonvilles de Lima, echappant ainsi au sort de ces milliers d'enfants de familles pauvres condamnes a la violence et a la misere de la rue.L'auteur avait imagine son premier roman, Taxi pour la liberte (Libre Expression, 1999 ; collection Zenith.2002) comme un roadstory entrainant le lecteur dans un tourbillon d'evenements, d'aventures et de coups de theatre, tout en portant une attention particuliere aux intermittences du coeur de ses personnages.Encourage par le succes populaire de ce livre, l'animateur de La Facture explore de nouveau ce genre litteraire dans Catalina, melant la politique et la fiction, l'analyse psychologique et l'intrigue, l'action et la reflexion.La Luz Catalina a huit ans quand commence le roman.Elle a deja connu la faim et la peur.En compagnie d'autres enfants, elle erre sur la Plaza de Armas, a Lima.Sauvee de la mort par Magda, une travailleuse sociale qui se prend d'affection pour cette enfant curieuse, enjouee et secrete, elle est ensuite confiee a des missionnaires peruviens et guatemalteques qui se chargent de son education.Dans les livres, elle decouvre la lumiere (luz) qui eclaire les esprits .Apprendre devient pour elle une veritable passion.Boursiere a 16 ans, elle poursuit ses etudes en droit a Montreal, jusqu'au jour ou elle rencontre Pablo qui dirige une troupe de theatre.Grace a lui, elle replonge dans la culture latino-americaine et devient comedienne.Apres une absence de 18 ans, elle rentre au Perou avec l'intention de guerir sa blessure d'enfance.Elle n'a plus qu'un desir, reussir sa seconde naissance .Seconde naissance Son retour a Lima a l'effet d'un electrochoc sur sa conscience assoupie.La situation des enfants de la rue s'est aggravee, les paysans de la montagne ont ete trompes et humilies par le gouvernement et le sort des minorites indiennes ne s'est pas ameliore.Catalina se tourne vers l'ecriture dramatique pour faire le proces de la societe peruvienne qui abandonne ses enfants et pour denoncer les mensonges du pouvoir.Pour moi, le theatre n'est plus une maniere de gagner ma vie, mais de gagner sur la vie , confie-t-elle a Pablo qui est venu la rejoindre au Perou.Les extraits des Bachianas brasileiras, cette oeuvre musicale extraordinaire du compositeur bresilien Heitor Villa-Lobos qu'on entend au cours du recit, ne sont pas etrangers au climat du roman.L'oeuvre bresilienne qui exprime la melancolie laisse volontiers la joie dominer le drame.A la fin du roman, Catalina l'enfant a la vie plus longue que son age est une femme apaisee et reconciliee avec elle-meme.Tout au long de Catalina, le romancier et le journaliste se rencontrent, s'eloignent et se retrouvent de nouveau.A mesure que la fin du roman approche, le lecteur emporte une memoire d'emotions, de sensations, d'odeurs et d'impressions : Observe bien les sandales des femmes.C'est a l'usure de la semelle qu'on devine le poids des bacs d'eau qu'elles transportent chaque jour de la fontaine publique a la maison.Le romancier trouve les mots justes pour traduire la fraicheur et la candeur enfantines.Les portraits intimes qu'il trace de ses deux heroines, Catalina et Magda, en explorant la complexite de leurs sentiments et les desordres de la passion amoureuse, sont saisissants de verite.La structure narrative est interessante avec ce mouvement de l'avant vers l'intrigue, et cet autre, vers l'arriere de la memoire, avec un systeme d'echos et de rappels.En revanche, les nombreuses descriptions sentimentales et romanesques affadissent le recit.Aux cotes du romancier, le journaliste documente les faits et les evenements politiques : le Perou des disparites sociales, economiques et culturelles illustrees par le quartier Miraflores ou reside la bougeoisie de Lima et les milliers de paysans andins pauvres qui viennent grossir les bidonvilles qui ceinturent la capitale ; les communautes indiennes qui representent la moitie de la population au Guatemala et occupent le bas de l'echelle sociale ; le probleme de la terre dans ce pays largement domine par les grands proprietaires, les hacendados, d'ascendance europeenne.Ecrivain engage Sartre posait la question Que peut la litterature contre un enfant qui meurt de faim ?Gilles Gougeon repond a sa maniere quand il fait dire a Catalina qu'elle fait du theatre pour que les choses changent .En invitant le lecteur a une prise de conscience critique tout en le divertissant, l'auteur rejoint les ecrivains qui se definissent comme vigile et veilleur de nuit.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 CATALINA Gilles Gougeon Libre Expression, 324 pages Phototheque La Presse c Pierre Tourangeau La belle rage de Pierre Tourangeau REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Les annees d'apprentissage lui ont inspire deux des meilleurs romans de la derniere decennie.Pierre Tourangeau, qui a choisi d'abord de pratiquer le journalisme, savait bien que ce metier a de moindres exigences que celui de l'ecrivain.Et puis il fallait vivre, sans doute, et le journalisme donne a la fois a vivre et de quoi vivre.Le don d'ecriture etait la pourtant, n'attendant que l'occasion de s'exprimer.On l'a vu d'abord dans Larry Volt, ensuite dans La Dot de la Mere Missel, deux romans qui auraient du faire un malheur.Il n'est pas trop tard pour aller a la rencontre d'une oeuvre dont rien ne semble devoir ralentir la joyeuse explosion.C'est un heros fatigue, Reuben Adams, que met en scene cette fois le romancier.Fonctionnaire des Affaires etrangeres du Canada, ce qui pourrait etre une occupation de tout repos, il est celui qu'on envoie accompagner les missions de paix dans les endroits les plus brulants de la planete.Comme les Casques bleus, il assiste impuissant aux horreurs qui se deroulent sous ses yeux.La Bosnie, le Rwanda, il connait.Il n'en faut pas tant pour faire du cynisme le bouclier qui empeche de se flinguer.Mais Reuben est un cynique tendre, si ca se trouve, epris d'une justice qu'il sait impossible, defenseur d'une morale qui n'aura jamais cours.A force de baigner dans le sang des autres, Reuben risquerait de devenir cingle, s'il ne l'etait deja.Et pourquoi donc ?Pour une histoire de femme, voyons ! Une certaine Ari, qu'il a connue quand ils avaient l'une et l'autre 14 et 15 ans, n'a jamais cesse de l'obseder.Pour Reuben, c'est l'amour fou, absolu, irremediable ; pour elle, la liberte transcende toutes les valeurs.Liberte de changer d'amant selon le desir du moment, liberte d'etre ici, ailleurs et partout, pour le plaisir de voir le monde et d'entendre ce qu'il raconte.C'est dire que Reuben et Ari ne se rencontrent ni ne se parlent souvent.Quand cela arrive, ils se dechirent et Reuben n'est jamais le gagnant de ce jeu de massacre.Une non-histoire d'amour Les amours empechees sont le materiau parfois suffisant d'un bon roman.M.Tourangeau est alle beaucoup plus loin.Exploitant les voyages et sejours de ses personnages sur tous les continents, il dresse un etat de la planete tres elabore et resolument pessimiste.Non seulement le monde va mal, mais encore le bonheur de ceux qui l'habitent estil, au mieux, une illusion naive.La non-histoire d'amour de Reuben et d'Arie emporte donc ceux-ci, et les lecteurs avec eux, dans des reflexions d'ordre philosophique d'autant plus imprevisibles que Reuben, en Occidental blase qui ne croit plus a grand-chose, discute avec une Ariane qui, atteinte d'une maladie incurable, se fait bouddhiste.Pauvre Ari , dit le protagoniste et narrateur, sa spiritualite n'avait ete qu'un paravent derriere lequel elle cachait une terreur desesperee .Peut-etre bien, mais il n'empeche qu'apres la mort d'Ari, Reuben, qui n'a aucune foi, ne cesse de lui parler, de l'entendre aussi, d'essayer de la guider dans ces espaces intermediaires menacants ou, parce qu'elle n'a pas atteint la perfection esperee, elle est condamnee a la reincarnation.Ainsi va l'amour, meme impossible.Il fait perdre la raison.Reuben pourrait tout aussi bien perdre la vie, car il n'a pas un sens aigu du danger, c'est le moins qu'on puisse dire.Comme si sa consommation de drogues et d'alcool ne suffisait pas a le tuer lentement, il se laisse entrainer, pour retrouver les trois bouddahs qui ont transforme Ari, dans une histoire de meurtres en serie ou il risque sa peau.Ce qui tient Reuben en vie, comme il le reconnait lucidement, ce n'est pas le soutien providentiel dont beneficient les heros romanesques, c'est la rage.Il y a dans le style de M.Tourangeau quelque chose de semblable, qui lui permet quand meme de naviguer avec finesse et efficacite aussi bien dans les horreurs genocidaires que dans les coups fourres de l'amour.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LE RETOUR D'ARIANE Pierre Tourangeau XYZ editeur, 224 pages Phototheque La Presse c Gilles Gougeon POULIN Suite de la page F1 Certains romans, il en convient, comportent moins de defauts que les autres, comme Le Vieux Chagrin, pour lui le plus reussi.Mais en general, il n'y a pas assez de rebondissements dans mes livres , regrette-til.Et il ne dit pas cela parce qu'il est humble, ne vous meprenez pas sur son compte : Vouloir ecrire un livre sans defaut, c'est plutot de l'ambition ! Excusez-moi, monsieur Poulin, mais ca existe, un livre sans defaut ?Bien sur ! Il y a par exemple.Le Vieil Homme et la mer (Hemingway) et Le vieux qui lisait des romans d'amour (Luis Sepulveda).Les livres qu'il aime, explique-t-il, sont tous semblables : une histoire courte racontee sur un ton special.Souvent, il sait des la premiere phrase qu'il est en presence d'un de ces bijoux.Pour l'illustrer, il se leve et va chercher un roman recu pour son anniversaire, Sempre Caro de Marcello Fois.Il me fait lire la premiere phrase.Le ton, c'est vrai, est original.Vous voyez, c'est ce que j'appelle le style ! Vivre ou ecrire Jacques Poulin avait a peu pres 25 ans, l'age de Jimmy dans Les Yeux bleus, quand il a decouvert sa vocation d'ecrivain.Elle se preparait a son insu depuis son enfance a Saint- Gedeon-de-Beauce.Il y avait chez mes parents une grande galerie vitree inondee de lumiere.On se mettait la pour lire des journees entieres au soleil, les pieds croises sur le rebord de la fenetre.Le soleil et les mots se sont melanges dans ma tete et l'univers des mots m'est apparu chaleureux, rempli des choses agreables que le soleil nous apporte , raconte-t-il.A mesure que le personnage de Jimmy decouvre lui aussi cet univers aupres du vieux Jack, une inquietude grandit en lui : celle que les liens qu'il tisse avec les mots occupent une trop grande place dans sa vie.Il en parle a Jack : Est-ce que l e s m o t s construisent un mur autour de vous ?Est-ce qu'ils vous enferment dans une tour ?Jack lui repond : Ce n'est pas la bonne question.C o m m e n t ca ?La bonne question, c'est de savoir si on choisit la vie ou la representation de la vie.(.) La representation de la vie est mille fois plus interessante.Excepte que, vers la fin.Et vous, Jacques Poulin, qui avez passe 15 ans dans un appartement grand comme un mouchoir a Paris, jugez-vous que les mots prennent trop de place dans votre vie ?Il rit doucement avant de repondre : Je pense que l'ecriture est une facon de vivre.Sachant cela, les gens qui ecrivent se demandent toujours : ne vaudrait-il pas mieux vivre ?Mais c'est un probleme insoluble.A moins, ajoute-t-il, de faire comme Hemingway, qui vivait tres intensement pendant quelques annees (chassant le lion, buvant comme un trou.), puis adoptait une existence austere pour ecrire.Mais je ne suis pas comme lui.Aussitot que j'ai fini un livre, je m'inquiete du livre a venir.J'ai une facon craintive de faire les choses, quoi.Le personnage du vieux Jack, qui comme Jacques Poulin ecrit debout a cause de son dos malade, a quant a lui deux craintes majeures : se repeter d'un livre a l'autre et vieillir.Des peurs que l'ecrivain partage ?Il reflechit longuement avant de repondre.Ecrire un roman, c'est partir d'une realite que l'on connait et arriver, par l'ecriture, a transformer cette realite en fiction.C'est long, difficile, penible et on n'y arrive pas tout a fait.C'est mon travail.La question que vous me posez me demande de faire le mouvement inverse et.j'aime mieux qu'on s'en tienne au livre.On l'a compris, Jacques Poulin n'est pas un animal social.Cet automne, n'esperez pas le rencontrer au Salon du livre, ou Les Yeux bleus de Mistassini sera surement en vedette.Il ne deteste rien plus que les seances de signatures et les lectures publiques.Ca m'intimide et je trouve ca pretentieux.Il sera plutot chez lui, dans la chaude compagnie des mots, a mettre en place les grandes lignes de son prochain roman.Pour notre bonheur futur.Rendez-vous dans quatre ans, monsieur Poulin.LES YEUX BLEUS DE MISTASSINI Jacques Poulin Lemeac-Actes-Sud Photo PIERRE FILION c Jacques Poulin 7LP0301F1027 f3 lectures 7LP0301F1027 ZALLCALL 67 19:41:20 10/26/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 7 O C T O B R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 ÉLISE TURCOTTE FLASHES LIVRES Visite guidée dans La Maison étrangère Un jour, une image s'impose.Un personnage, entouré d'un décor, enrobé d'une musique qui est en fait rythme et style.Élise Turcotte les voit.Les entend.Puis, (les) attend.Attend que l'impression, fugace, devienne empreinte durable.Une fois son sujet bien moulé, profondément niché en elle, elle sait.Il y aura un roman.Ce sera long, peut-être.Sûrement, en fait.Mais un germe d'histoire est là.Reste à le déposer, mot après mot, sur le papier.Il lui aura fallu trois ans pour construire La Maison étrangère, du titre de son nouveau roman publié chez Leméac, qui arrivera en librairie le 30 octobre.« Il y a eu d'abord cette image d'une femme travaillant sur la perception du corps au Moyen Âge.Une femme qui se sent coupée du monde mais qui est liée à l'histoire par son travail.Qui croit profondément que c'est par l'histoire qu'elle ira à l'approche du monde.» Incapable d'être dans le présent, celle qui porte le nom d'Élisabeth pense qu'en expliquant l'histoire, en posant sa vie sur la marge de l'histoire, elle aura le droit d'exister.Mal de vivre ?Mal d'être ?Mal tout court.Mal de femme qui vit dans une maison étrangère même si elle l'habite depuis une quarantaine d'années.Cette maison, c'est son corps.Elle s'appelle Élisabeth, l'étrangère en la maison.Élisabeth qui enseigne la littérature médiévale tout en poursuivant \u2014 le paradoxe est révélateur \u2014 des recherches sur la représentation du corps au Moyen Âge.Élisabeth dont la vie amoureuse a basculé le jour où Jim a ouvert la porte et l'a refermée derrière lui pour ne plus la rouvrir.Il y a plaie à panser.Élisabeth cherchera à cicatriser \u2014 ou à saigner, plus \u2014 à l'ombre complice de son père, sous la lumière trouble d'un étudiant, dans les bras d'un autre possible amour.Corps des autres sur elle, autour d'elle.L'entourant sans en faire le tour, jamais.Il est difficile d'embrasser une maison.Une maisoncorps dont les pièces-membres et, surtout, le profond sous-sol creusé par le sous-texte, sont meublés de sentiments, forces ou faiblesses, comme autant de brûlures.De tatouages.Culpabilité.Oubli.Disparition.Faiblesse.Désir.Consolation.Solitude.Vieillissement.La Maison étrangère, « c'est une variation sur plein de motifs », fait l'auteure du Bruit des choses vivantes et de L'Île de la merci.Elle évoque un tapis dont les fils, nombreux et multiples en couleurs et en textures, s'entrecroisent.Pour broder ici sur le lien qui rattache le roman, donc le travail de la romancière, au Moyen Âge, on pourrait dire que le travail d'écriture tient, ici, de l'enluminure.Chaque mot a été posé \u2014 sans être jamais pesant \u2014 sur la page, à la manière des médiévaux qui déposaient de fines couches d'or ou de couleur sur le parchemin.Mais Élise Turcotte semble avoir travaillé sur un palimpseste.Comme si gratter la page pouvait révéler une autre histoire, un autre thème.Un autre fil.D'où l'impression de bouillonnement qui émane de ces pages.Un bouillonnement contrôlé.« Quand je commence une création, un roman, il y a toujours, au début, une image.Mais autour, souvent, c'est le chaos.J'ai alors l'impression de devoir traverser une forêt pour organiser ce chaos.Cette fois-ci, j'avais complètement conscience de cette démarche.Et mon intention, si elle était d'organiser le chaos, était en même temps de garder le style du chaos, l'esprit du jaillissement.» Et la touffeur de la forêt \u2014 lieu très lié à la mystique médiévale, puisque image du passage obligé par l'obscurité pour atteindre sa propre lumière.Autant de notions qu'Élise Turcotte a découvertes dans les recherches qu'elle a menées, non pour étendre son savoir dans les pages de La Maison étrangère, mais pour les en imprégner.Ceux qui savent, verront.Ceux qui ignorent, percevront.Chacun s'appropriant le livre à sa manière.La romancière, elle, l'a abordé en « lâchant la bride, plus que jamais » et en s'y livrant, vraiment, corps et âme.« J'écris de manière très physique, dit-elle.C'est-à-dire que je sens la présence de tout ce que véhicule le livre me passer à travers le corps.» En résulte un besoin de se dépenser physiquement avant de s'atteler à l'ordinateur.De suer l'eau avant de transpirer les mots.Vient ensuite le temps de rédiger des listes concernant chaque personnage, de prendre des notes à la main dans des cahiers qui sont autant de journaux de bord \u2014 et de rappels, non à l'ordre mais à la mémoire.Professeur de littérature au cégep, mère de deux enfants, Élise Turcotte doit souvent arrêter d'écrire.Elle n'est pas romancière dans la continuité.Ce qui ne nuit pas obligatoirement à son oeuvre : elle voit en cela le temps où les choses se déposent.S'imprègnent.Et l'occasion d'ouvrir une parenthèse poétique.Elle considère d'ailleurs Sombre Ménagerie, recueil de poésie qui vient de lui valoir de Grand Prix 2002 du Festival international de poésie de Trois-Rivières, comme une partie de La Maison étrangère.« J'ai plongé dans l'obscurité profonde du roman pour écrire le recueil.Ils sont intimement liés.» Bien au delà du bestiaire qu'ils présentent tous deux.Bestiaire d'Élise dans Sombre Ménagerie, et bestiaire à Élisabeth dans La Maison étrangère.L'un, sombre.L'autre, porteur d'ouverture.Car, dit Élise Turcotte, la poésie lui a permis de laisser émerger la part de lumière du roman.Un roman qui l'a emportée : « J'avais l'impression d'écrire un chant, d'un souffle obscur et lumineux.Une expérience qu'aujourd'hui elle qualifie d'à la fois difficile et jouissive.D'un côté, parsemée d'embûches : il y avait ce monde qui dérivait sous sa plume \u2014 elle qui, jusqu'ici, s'était penchée sur des mondes où les choses sont en train de basculer.« J'avais l'impression de devoir m'accrocher à lui pour ne pas qu'il coule, que je le perde.Mais, d'un autre côté, le travail d'écriture était plus facile car je me suis laissé aller dans l'amplitude des phrases.» Le geste plus large, plus libre, de l'écrivaine.La poète, elle, avait été rassasiée par Sombre Ménagerie.Au tour de la romancière de se mettre à table.Elle avait faim de ce livre, visiblement.« Il fallait que je l'écrive.De toute manière, s'il n'y a pas une nécessité profonde, il n'y a pas de livre.» Et ç'aurait été très dommage.Historia et le Québec « ÊTRE Canadien français, c'est former un couple et ne pas avoir d'enfants, puis se plaindre qu'on va disparaître.» Ces paroles sortent de la bouche de Jacques Godbout interrogé sur le Québec, en tant qu'intellectuel, par un journaliste de la revue française Historia (octobre 2002).La revue consacre un dossier spécial de 16 pages à « la formidable histoire de Québec », Québec étant entendu ici dans le sens de « la belle province » mais aussi de la Vieille Capitale.On y raconte l'histoire de la fondation de la Nouvelle-France, on y parle de la passion des Québécois pour la généalogie, on y interroge des personnalités comme Godbout et Denise Bombardier, on y traite de la défense du français, de l'importance de la télé et on fait une place aux Amérindiens pris entre les Anglais et les Français.Un curieux dossier un peu romantique.L'illustration sur la couverture de la revue : le Château Frontenac, qui bien qu'il s'appelle Frontenac, n'en est pas moins un symbole de la domination anglaise.Remarquez, ce n'est pas bien grave, cette couverture, elle est juste pour nous autres.En une de la version française : Zola.Jocelyne Lepage Connaître les États-Unis FORT sans doute de son expérience de professeur, Marcel Labine, qui est aussi écrivain, propose un ouvrage fort intéressant sur l'histoire du roman américain.Il y va par thème \u2014 les mythes fondateurs, par exemple, le rôle du protestantisme, les romanciers du Sud, les romanciers noirs, l'importance du sport.\u2014 et procède par questions.En voici une : « Tout est à faire sur le Nouveau Continent.Il faut partir à zéro, survivre physiquement et s'établir moralement.Dans ces conditions, quel est le premier mythe fondateur à s'être imposé dans l'imaginaire américain ?» La réponse est dans Le Roman américain en question, publié aux éditions Québec Amérique.Ce petit livre de 143 pages permet aussi de se faire une idée de la société, pour ne pas dire de l'âme, américaine.Jocelyne Lepage Pour prolonger le plaisir LA COUVERTURE en velours « rouge passion » donne déjà une idée du plaisir délicieusement kitsch que prendront les admirateurs \u2014 et seulement eux \u2014 du célèbre thriller glamour en parcourant les pages de ce luxueux bouquin.8 Femmes est essentiellement un (beau) livre d'images dans lequel les grands moments du récit sont regroupés en un « cinéroman » dont les dialogues sont puisés à même les répliques du film.S'il eût été souhaitable que François Ozon commente sa démarche d'une façon plus élaborée (le cinéaste dévoile ses sources d'inspiration dans un court texte), le lecteur appréciera les chapitres consacrés à la fabrication (décors, costumes, références), de même que la visite des coulisses ici proposée.Les groupies des têtes d'affiche du film (Deneuve, Darrieux, Huppert, Béart, Ardant et compagnie), eux, seront aux anges.Aux éditions de La Martinière.Marc-André Lussier Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Élise Turcotte Pour broder ici sur le lien qui rattache le roman, donc le travail de la romancière, au Moyen Âge, on pourrait dire que le travail d'écriture tient, ici, de l'enluminure.LITTÉRATURE DU VOISIN Un homme, un vrai collaboration spéciale L'écrivain américain Philip Roth n'a pas gagné le prix Nobel cette année.On a évoqué cette possibilité, et peut- être aurait- il dû le gagner.Cet homme, né dans le New Jersey en 1933, petit-fils d'immigrants, n'a cessé de décortiquer sa société depuis la parution de Goodbye, Columbus en 1959.Tout comme Mordecai Richler ici, il a enquêté sur le milieu juif de la classe bourgeoise, et aussi comme Richler, il a réussi sans trop de peine à bouleverser les membres bien-pensants de cette communauté.Mais son champ de tir est plus vaste que celui de Richler.Il a écrit, avec une franchise totale, sur le sexe, que ce soit sur les fantasmes masturbatoires dans Portnoy et son complexe, ou sur les derniers soubresauts de désir d'un vieillard encore vert dans Le Théâtre de Sabbath.Sa plume, souvent salace et sans pitié pour les femmes, ne manque jamais de vigueur.Lorsque son roman le plus récent, The Human Stain, qui vient d'arriver chez nous dans une solide version française (La Tache) est sorti en 2000, l'Amérique entière ne pensait qu'à une seule tache.C'était celle que l'on a découverte sur la robe de Monica Lewinsky, dont le présumé responsable était Bill Clinton.La liaison publique entre une jeune femme ambitieuse et un homme puissant, sensiblement plus âgé qu'elle, semblait avoir été imaginée par un écrivain du genre de Philip Roth.Sauf que Roth est beaucoup plus subtil et complexe que la réalité.Dans La Tache, il nous livre un drame moral, comme c'est son habitude.Mais il va beaucoup plus loin.Ce roman raconte le destin de Coleman Silk, un professeur de littérature grecque classique qui enseigne dans une petite université de la Nouvelle-Angleterre, le berceau du puritanisme américain.Silk cache un secret.Bien que tout le monde voie en lui un homme blanc, c'est un Noir ; il a réussi à changer de race.Ce qui n'a rien d'étonnant.Aux États-Unis, pays où la race domine tous les débats publics, le Blanc et le Noir n'ont jamais été séparés par un mur imperméable.Si vous regardez la Série mondiale du baseball à la télé, vous verrez ce que je veux dire.Coleman Silk, afin de passer pour Blanc, a dû se couper de sa famille, pourtant de braves gens.Et pour résoudre ses problèmes d'apparence physique, car il n'était pas tout à fait blanc, il prétendait être juif, une appartenance qui permet toutes sortes de variations dans la couleur de la peau et la texture des cheveux.Il a même suivi un entraînement de boxeur dans un club de boxe juif.Rejeté par la très blanche et très scandinave Steena, il a fini par épouser une Juive, un acte qui a étayé sa nouvelle identité.Dans la vraie vie, comme dans les romans, le destin nous rattrape par notre point faible.C'est ainsi que Coleman Silk est accusé de racisme et renvoyé de son université par les cavalières de la rectitude politique.L'accusation : il a utilisé un certain mot pour désigner deux étudiants qui ne se pointaient jamais le nez dans son cours (en anglais, c'est spook, traduit ici par « zombie »), et ce mot a des connotations racistes.Et les deux étudiants étaient noirs.Chassé de son emploi et de sa fonction sociale, Coleman Silk sort du droit chemin.Le décès de sa femme ébranle sa santé mentale.Mais ce n'est pas encore un revenant, ni un homme mort.Il prend comme amante Faunia Farley, qui a 34 ans tandis que lui en a 71, une femme qui lave les planchers à son ex-université.Illettrée, victime d'abus, ayant goûté à toutes les humiliations, Faunia ne semble partager aucune valeur avec Coleman.La petite ville et sa communauté universitaire sont scandalisées encore une fois.Mais sous les caresses de Faunia, Coleman reprend goût à la vie.Pourtant, la société ne laissera pas ces amants dépareillés vivre leur passion.Il y a Les Fairley, l'ex-mari de Faunia, ancien combattant au Vietnam qui souffre de stress post-traumatique, une bombe qui attend son heure pour sauter.Et il y a aussi Delphine Roux, féministe universitaire française, frustrée jusqu'à la moelle, une Parisienne perdue dans l'Amérique profonde.L'amour de Coleman et de Faunia sera attaqué des deux côtés.Je ne dévoilerai pas la fin, sauf pour dire qu'elle obéit aux lois de la tragédie classique.Nous lisons Philip Roth pour son ironie politique et sa vision de la société américaine d'aujourd'hui.Mais nous le lisons aussi pour sa saine vulgarité et son ouverture sur la vie des sens, sur l'impulsion vers la vie que l'on appelle communément « le sexe ».Évoquant Bill et Monica au tout début du roman, Roth conclut avec grand bonheur que « la vie, dans toute son impureté impudente, confondait une fois de plus l'Amérique ».Et nous le lisons aussi pour sa grande capacité de cerner une vie humaine, une vie de conflits, de changements d'identité, de sacrifices, de choix moraux qui ne sont pas toujours les bons, mais que l'on assume pleinement.Le portrait de Coleman Silk, le Noir devenu Juif, le boxeur devenu professeur de lettres classiques, l'amant d'une femme qui avait la moitié de son âge, est une merveille.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA TACHE Philip Roth Traduit par Josée Kamoun, Gallimard, 442 pages Chaque dimanche dans les petites annonces Temps Libre Vous avez enfin du temps libre! La Presse vous donne rendez-vous à la rubrique Temps Libre dans les pages des petites annonces.Seul ou en groupe, vous y trouverez une foule d'activités pour tous les goûts.3089981A 7LP0401F1027 f4 lectures dimanche 7LP0401F1027 ZALLCALL 67 20:10:22 10/26/02 B ENFANTS EN POCHE S'exprimer, rien d'autre Histoires de peur.SONIA SARFATI Malgré les feuilles tombées et les journées amputées de clarté, l'automne est aussi une saison de l'éveil \u2014 comme le printemps, quoi ! Mais plutôt que les fleurs et les amours, ce sont les sorcières, monstres et fantômes qui éclosent.Dans les rues, les magasins.Et, bien sûr, les livres.Surtout à l'approche d'Halloween.Voici donc un survol (à dos de balai ?) de quelques titres bien de saison.D'abord Annabel et la bête (Dominique et compagnie, dès cinq ans), un album visuellement renversant grâce au talent immense de Stéphane Poulin \u2014 qui, pour une deuxième aventure dans le genre après Vieux Thomas et la petite fée, se met au service d'un conte de Dominique Demers.Impossible de ne pas succomber à l'attrait de la couverture, dont la magie se répercute de page en page pour raconter la petite Annabel, si curieuse d'en savoir plus sur la Bête qui vit dans le château surplombant le village au bord de la mer.Ils se rencontreront, apprendront l'un de l'autre, l'enfant ne comprenant pas toujours l'adulte mais sentant l'importance de ses « trésors ».Jusqu'au jour où, après la magie de Stéphane Poulin, la magie tout court les réunisse.Ceux qui ont lu Là où la mer commence de Dominique Demers reconnaîtront là l'adaptation pour enfants de son roman.qui était luimême une relecture de La Belle et la Bête \u2014 son conte préféré.Bref, ce n'est pas un livre d'Halloween comme tel mais il compte un monstre\u2014 du moins, en apparence.Diversifions Pour une plus grande diversité dans le monstre, c'est dans Gargouilles, sorcières et compagnie (Éditions du Rouergue, dès six ans) d'Elzbieta qu'il faut chercher.Un grand et bel album aux feuilles jaunies et aux couleurs passées, manière vieux manuscrit.L'auteure et illustratrice se présente d'ailleurs comme une familière des mondes fantastiques et se vante d'avoir collecté les lettres, recettes et secrets de personnages aujourd'hui oubliés.Elle les a rassemblés dans ce recueil en 12 histoires formidables racontant le trésor des templiers, la forêt de plumes ou la maison des vents \u2014 celle des sorcières.Lesquelles tiennent la vedette dans une brochette d'albums comme par hasard tout frais sur le marché.Dans Et hop ! dans les nuages.(Autrement, dès quatre ans), Julia Donaldson et Axel Scheffler s'unissent pour raconter avec drôlerie une sorcière que ferait la joie des auto-stoppeurs.Dans La Baguette magique de Pélagie (Milan, dès quatre ans), Valérie Thomas et Korky Paul font reprendre du service à la plus distraite des sorcières \u2014 de même qu'à son chat noir, souvent victime des maladresses de sa maîtresse qui, ici, se prépare pour le gala des sorcières.Dans Vèzmo la sorcière (Kaléidoscope, dès trois ans), Geoffroy de Pennart fait le coup du « tel est pris qui croyait prendre » à une sorcière moche qui désire en faire voir de toutes les couleurs à un prince trop charmant.Et dans Amanda Crapota : une jeune fille de 90 ans (Albin Michel), sous la plume et les crayons de Muzo, Amanda redonne sa jeunesse à une vieille dame.et prouve ainsi qu'une bonne action n'est pas toujours récompensée ! Finalement, des sorciers-sorcières de roman.D'abord un coup double d'Anique Poitras qui signe deux récits présentés tête-bêche dans une même livre : Lysista et le château et Miro et le château (Québec Amérique, dès huit ans, illustré par Bruno Saint-Aubin).Version fille et version garçon d'une même aventure où un petit sorcier et une petite sorcière qui souffrent du vertige affrontent en fait leurs propres démons (faut-il dire « anges » pour des sorciers ?) pour sortir plus forts, plus sûrs d'eux.Il y a beaucoup de choses dans le sous-texte de ce roman dont il est très, très amusant de lire les deux histoires en même temps, pour suivre la route de Lysista et le chemin de Miro \u2014 qui se croiseront au coeur du roman.Et puis, La Sorcière vétérinaire de Danielle Simard (Michel Quintin, dès sept ans, illustré par Claude Thivierge).En fait, elle n'est pas vraiment.et même pas du tout vétérinaire, Malicia.Mais comme sa chatte a bobo et que le vétérinaire est absent, elle décide de soigner elle-même l'animal.Ça ne doit pas être.sorcier, quoi ! D'ailleurs, parlant animal, quelques histoires qui donnent dans ce règne-là.Deux nouveaux titres de la série « Savais-tu ?» du trio (infernal ?) Alain M.Bergeron, Michel Quintin et Sempar (Michel Quintin, dès sept ans).Pas des livres d'Halloween dans le premier sens du terme mais mettant l'accent sur des bibittes qui s'apprêtent bien à la saison, dans un savant mélange d'humour et de science : Les Piranhas et Les Rats.Ce que n'est pas Toupie \u2014 un rat.C'est plutôt une sympathique souricette imaginée par Dominique Jolin et qui, dans le bébé-livre L'Halloween de Toupie (Dominique et compagnie), se prépare à célébrer la fête en compagnie de son inséparable Binou.Finalement, deux bouquins venant de nos cousins européens qui se mettent à « halloweener », donc à publier sur le sujet : Ce qui fait peur de Nadia Benlakhel (Milan, dès neuf ans), qui parle de la peur en général (du noir, des orages, des examens.) par l'intermédiaire de textes courts, bien documentés et riches en savoir comme en anecdotes ; et Journal d'Halloween de Kerbraz et Lalex (Éditions du Rocher, dès neuf ans) où cinq créatures nocturnes (une momie, une sorcière, un vampire, un fantôme, un loup-garou) racontent des faits et des méfaits les concernant.Un bouquin au charme vieillot (à cause du style de Lalex) dont la dernière partie est consacrée à la fabrication de costumes et à la confection de recettes appropriés pour la nuit des morts très vivants \u2014 mais rien qu'on n'ait jamais lu ou vu ailleurs.ROGER CHÉNIER collaboration spéciale «La dignité, c'est la conscience de l'existence, c'est là que se trouve la force individuelle des hommes faibles.» Cet extrait est tiré du roman colossal de Gao Xingjian, Le Livre d'un homme seul, récemment paru en poche aux éditions de l'Aube.Gao Xingjian, réfugié politique installé à Paris depuis 1988, romancier, essayiste, dramaturge et peintre, Prix Nobel de littérature de l'an 2000, est avant tout connu pour son livre La Montagne de l'âme également paru en poche aux Éditions de l'Aube (2000).Le Livre d'un homme seul est le témoignage, cette nécessité de mémoire, cette fêlure face aux décombres de l'incompréhensible et à l'enfouissement du vivant, baîllonné, isolé à l'intérieur d'un système répressif, celui-ci chinois, de la révolution dite « culturelle » des années soixante.« Tu as besoin de contempler, loin de la douleur, le coeur reposé, les images laissées par ces souvenirs sombres, trouver des lumières un peu plus brillantes, pour considérer le chemin que tu as parcouru.» La force du livre, son caractère étouffant d'enfermement, nous est magistralement rendu par l'énumération, par l'inventaire idéologique du Parti : les cinq catégories rouges, les cinq catégories noires, les contre-révolutionnaires, les droitistes, l'éclaircissement des classes, l'autocritique, le Grand bond en Avant, les génies malfaisants, etc.etc.Le livre renferme plusieurs réflexions très stimulantes, parfois très dérangeantes sur des sujets aussi divers que l'amour (on y retrouve un érotisme très cru, unidirectionnel), la liberté, la création, la mémoire et la condition humaine (le soi face au collectif).« L'homme n'est pas non plus un héros, il est incapable de résister à la violence du pouvoir, il ne lui reste plus que la fuite » et « le monde est ainsi fait et continuera ainsi, un homme seul est tellement peu de chose, tout ce qu'il peut faire, c'est s'exprimer, rien d'autre ».Ce livre, à ranger près de Si c'est un homme de Primo Levi et de L'Écriture ou la vie (entre autres), est un document essentiel contre l'amnésie et l'engourdissement.Place Tiananmen Dans un tout autre genre, croisement entre le roman réaliste et le conte fantastique chinois, Shan Sa, romancière, poétesse et calligraphe, installée à Paris depuis 1990, a situé son roman Porte de la paix céleste (collection de poche Folio \u2014 Gallimard) pendant une autre période agitée de la Chine contemporaine, c'est-à-dire la révolte et le massacre des étudiants de 1989 à Place Tiananmen.Le récit raconte la traque d'Ayamei, la principale organisatrice des émeutes, recherchée par les autorités gouvernementales et plus particulièrement par le lieutenant Zhao, fils d'un paysan pauvre du sud de la Chine.Assistée du camionneur Wang, celle-ci tentera de s'installer chez sa tante, mais sans succès.« Je ne comprends pas, Ayamei, pourquoi la vie que nous menons aujourd'hui ne te convient pas.Tu as de quoi manger, de quoi t'habiller, tu étudies dans la meilleure université de Chine, ton diplôme t'offrira la meilleure carrière.Que veux-tu de plus ?As-tu demandé l'opinion du peuple avant de mettre la Chine sans dessus dessous ?» C'est ainsi que Ayamei se dirigera chez les parents du camionneur Wang, au bord de la mer, un endroit isolé de tout, toujours pourchassée par le lieutenant Zhao.Ce livre n'est pas qu'une reconstitution d'événements sombres et douloureux.Par sa délicatesse, son innocence, son lyrisme et sa pudeur, il est aussi un voyage à travers les paysages éternels (fictifs et physiques) de la Chine : « Parmi les fleurs d'été, j'aime les iris.Leurs feuilles ressemblent aux glaives rapides et leurs fleurs aux flammes ardentes.La légende veut que l'iris soit la métamorphose d'une princesse qui combattait contre les envahisseurs et qui mourut sur le champ de bataille.» Ce que met en lumière le récit de Shan Sa, c'est que le monde ne nous est rendu possible, vivable que par la connaissance et le soutien de l'Autre.Roger Chénier est libraire à L'Écume des jours.Identifiez correctement cette personne et courez la chance de gagner le livre Paroles d'hommes de Mathias Brunet livres à gagner Indice : Il a notamment réalisé Le Déclin de l'empire américain et Jésus de Montréal : Nom : Prénom : Adresse : App.: Ville : Code postal : Téléphone (domicile) : ( ) Téléphone (travail) : ( ) Retournez le coupon de participation à l'adresse suivante : Québec Amérique, 329, rue de la Commune Ouest, 3e étage, Montréal, Québec H2Y 2E1.Tirage le 1er décembre à 15 h.Les règlements du concours sont disponibles chez Québec Amérique.Valeur totale des prix offerts, 3 119$.Les fac-similés ne sont pas acceptés.www.quebec-amerique.com 3091367A 3085924A 7LP0501F1027 f5 lectures 7LP0501F1027 ZALLCALL 67 21:53:18 10/26/02 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 27 OCTOBRE 2002 F5 CONTE Suite de la page F1 La bonne décision ANDRÉ TRUDELLE LE BRIDGE atrudelle@lapresse.ca Sud croyait bien être en mesure de jouer à 4 Pi avec la main qui suit.Mais Ouest, son camp non vulnérable, pousse les enchères à 5 Co.Sud demande 5 Pi.Il est contré.Ouest entame de l'As de K.Y a-t-il espoir ?Masquez les mains d'Est et d'Ouest et faites votre plan de jeu.Ouest encaisse l'As de K et Est fournit le Valet.Le Roi de K fait la seconde levée et un troisième suit.Le mort coupe de la Dame de Pi.As et Roi de Pi règlent la question des atouts.Ne reste qu'à trouver la position de la Dame de Tr.Sud sait que son flanc droit détenait deux Pi, deux K et qu'il a gagé Co avec cinq, sinon six.Les Tr ne peuvent pas être partagés 2-2.Donc, petit Tr vers le Roi de Tr et le Valet est joué.Si Est joue petit, Sud laisse filer.Le déclarant réussit ainsi son contrat de 5 Pi contré pour un excellent score.Le contrat de 5 Co ne chute que d'une levée.Sud a pris la bonne décision.Ou encore, après avoir fait l'éloge des zoos : « .Ça ne veut pas dire que je prends la défense des zoos.Vous pouvez bien les fermer tous si vous voulez (et espérons alors que la vie sauvage aura de quoi subsister dans ce qui reste du monde naturel).Je sais que les zoos n'intéressent plus personne.La religion aussi connaît le même problème.Certaines illusions à propos de la liberté contaminent aussi bien les zoos que la religion » (page 21).Life of Pi est un conte philosophique et spirituel contemporain qui unit les continents, les langues et les religions.Un conte astucieux plein de sagesse, mais aussi de trouvailles et d'humour, écrit dans un style imagé et clair.Le narrateur, qui est un extraordinaire conteur, promet que nous y trouverons Dieu.Je ne sais pas.C'est certainement le genre de livre qui fait du bien.Yann Martel dit (dans une entrevue à CTV en date du 22 février), que c'est un roman sur la religion, « mais dans le sens le plus large possible, précise-t-il.Je voulais une histoire qui n'était presque pas croyable.Pas impossible, mais difficile à croire.Parce que pour moi, c'est cela, la religion ».Photothèque La Presse © Yann Martel VOTRE HOROSCOPE SCORPION DU 24 OCTOBRE AU 22 NOVEMBRE Saturne est un enseignant, mais aussi un vieux tannant.Jusqu'en juin 2003, il vous guide sur le chemin de la discipline.Il a commencé son travail avec vous depuis plus d'un an déjà.Il enseigne essentiellement que les choses ne se font pas toutes seules, qu'en mettant la main à la pâte, on bâtit.Vous avez déjà récolté quelques fruits de cet apprentissage.Continuez.La leçon de Saturne.Ce vieux tannant est dans le lieu de vos relations avec les autres, ce qui métamorphose votre vie.Vous le sentez depuis déjà plus d'un an : il vous fait quitter des gens et vous mène très lentement vers d'autres.Il crée du mouvement du côté des relations, en y mettant un peu d'austérité.Les liens sont francs ou ne sont pas.Méditation sur les alliances.Durée de la leçon : jusqu'en juin 2003.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la profondeur de l'effort de tout travail et de la profondeur de l'effort physique.Rien n'est généralement fait en surface de votre part.Saturne répète inlassablement un adage qui vous ressemble : qui mérite d'être fait, mérite d'être bien fait.Parfait accord entre deux semblables.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la constance et de la lenteur.Il se trouve dans le lieu de votre créativité et de vos amours, ce qui ne rend rien simple, mais donne un je-ne-sais-quoi de vrai à tout ce que vous faites.Il vous permet d'apprendre ou de réapprendre que rien n'est ce qu'il semble être.Illusions mises à nu.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la stabilité.Il vous bouscule et vous demande en même temps de rester là bien tranquille et de vous conformer à ce qu'il propose.Il vous confronte à des changements familiaux.Une solution : défaire un à un les noeuds qui se sont faits avec le temps.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la croyance en vos capacités intellectuelles.C'est un peu comme si Saturne voulait devenir votre professeur privé.Il vous propose de combler ce que vous considérez être un manque de connaissances.Apprendre.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la restriction, de la simplicité volontaire.On dit qu'il vous permet en fait de bien gagner votre vie, mais que chaque cenne, vous la mériterez complètement.Il propose que vous deveniez fier de celui ou celle que vous êtes.Il impose une certaine lenteur au développement des relations intimes.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la conscience de vous-même et de votre rôle.Il accentue votre sens du devoir.Vous devrez lutter contre sa tendance à l'égoïsme.Il vous individualise.Il vous demande de vous connaître mieux.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la tranquillité d'esprit et du corps.Il vient parfois jouer dans vos secrets, il vous enlève un peu d'énergie le soir, mais somme toute il vous permet de prendre une pause.Il peut faire naître des vocations.Et il vous encourage à toute forme d'expression corporelle.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de l'amitié.En fait, il vous incite simplement à approfondir certains liens.Il aiguise votre fibre humanitaire et vous fait réfléchir à ce qui est juste et à ce qui ne l'est pas.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle des responsabilités.Il veut vous faire accepter de lourdes responsabilités.Il vous rend perfectionniste.Il peut faire en sorte que vous négligiez certains secteurs pour vous intéresser à d'autres.Un classique ?le gars qui ne pense qu'à son travail.Il demande d'équilibrer les choses.Une part pour l'intimité, une part pour le travail, une part pour les loisirs, etc.Ça finira par faire une tarte.La leçon de Saturne jusqu'en juin 2003, et depuis déjà plus d'un an, est celle de la réflexion.Il vous donne de la concentration et de la prudence.Il vous rend sobre, un peu sombre parfois, mais sachez bien qu'une fois qu'il aura fait son travail vous saurez prendre des décisions posées.Je suis née le 14 mars 1929 à 23h à Terrebonne.Dites-moi ce que les astres me réservent au cours des prochaines années?Vous avez le Soleil dans le signe des Poissons et votre ascendant dans celui du Scorpion.Cette combinaison vous a donné une énorme puissance d'imagination et une intensité dans vos sensations.Vous avez le goût du mystère.De profonds remous intérieurs peuvent exploser en vous dans le domaine de la création ou lors de grands mouvements de votre âme ou de votre coeur.L'on dit de vous que vous avez un magnétisme attractif, que vous êtes un peu ambiguë, un peu inquiétante.Vous ne suivez que vos propres lois et votre propre morale.Les liens familiaux sont chez vous très forts.Si vos instincts sont sublimés, cette combinaison peut donner une grande mystique ou un être inspiré dans le domaine des arts.Vous êtes tout particulièrement attirée par les personnes qui ont l'ascendant dans le Taureau, le Soleil dans le Scorpion ou la Lune dans les Poissons ou le Scorpion.Avec le transit de Jupiter en maison IX, vous aurez des possibilités de rencontre avec des étrangers, de faire des voyages lointains ou d'aller de l'avant dans certaines connaissances ou études.Votre désir d'apprendre sera plus fort que d'habitude, profitez-en pour lire, pour approfondir certains sujets, faire certaines expériences qui vous enrichiront au niveau philosophique.Le transit de Saturne en maison VIII peut vous apporter certains problèmes dans les rapports avec l'argent des autres.Votre conjoint ou des associés peuvent connaître certaines difficultés financières, ou, plus généralement, vous pourrez manquer de certains éléments que vous pensiez trouver chez les autres: par exemple, un prêt peut vous être refusé.Ne comptez donc financièrement que sur vous-même.Avec Uranus dans la maison III dans les années qui viennent, il va y avoir beaucoup de changements dans vos habitudes, vos pensées, vos rapports avec vos proches.Les valeurs de communication vont prendre beaucoup d'importance dans votre vie, et, dans ce domaine, il va se produire quelque chose de neuf et d'inattendu.SAGITTAIRE DU 23 NOVEMBRE AU 21 DÉCEMBRE CAPRICORNE DU 22 DÉCEMBRE AU 20 JANVIER VERSEAU DU 21 JANVIER AU 19 FÉVRIER POISSONS DU 20 FÉVRIER AU 20 MARS BÉLIER DU 21 MARS AU 20 AVRIL TAUREAU DU 21 AVRIL AU 20 MAI GÉMEAUX DU 21 MAI AU 21 JUIN CANCER DU 22 JUIN AU 22 JUILLET LION DU 23 JUILLET AU 23 AOÛT VIERGE DU 24 AOÛT AU 22 SEPTEMBRE BALANCE DU 23 SEPTEMBRE AU 23 OCTOBRE RÉPONSES À VOS QUESTIONS Pour obtenir une réponse à vos questions, faites parvenir vos coordonnées (jour, année, heure et lieu de naissance) à l'adresse suivante: Courrier astrologique, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.HOR27OE 3079031A 3090747A 7LP0601F1027 f6 dim 7LP0601F1027 ZALLCALL 67 19:31:19 10/26/02 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 27 OCTOBRE 2002 SCIENCES EN BREF Maladie oubliée BIEN QUE la malaria soit responsable d'un peu plus de 3 % des décès par maladies sur la planète, seulement 0,2 % des investissements en recherche biomédicale lui sont consacrés.Soit 100 millions sur des investissements totaux d'environ 60 milliards.Le plaisir de bien manger LES EXPERTS savent depuis longtemps que le fait de bien manger déclenche dans notre cerveau la production de dopamine, substance chimique qui est à l'origine du plaisir que nous ressentons.Mais voici une surprise : le simple fait de regarder un mets qui nous fait envie déclenche la production de cette même substance.C'est d'ailleurs ce qui explique que nous ayons tant de mal à résister à la tentation d'une belle tarte au sucre.Selon le psychiatre américain Nora Volkow, du Laboratoire national Brookhaven, plus la personne désire un mets, plus la production de dopamine est élevée.Une bonne excuse à donner, la prochaine fois que vous n'aurez pas respecté votre régime alimentaire.Pirate spatial UN PIRATE informatique s'est introduit, par Internet, dans des fichiers secrets de la NASA, l'agence spatiale américaine.Et y a « emprunté » rien de moins que les plans d'une partie du véhicule spatial censé succéder à la navette dans les années 2010.Le larcin révèle que les dossiers sécuritaires ne le sont pas autant qu'on le prétend.Mais le pirate était davantage désireux de faire parler de lui que de vendre les plans à une puissance étrangère : il a envoyé par courriel à un journaliste du magazine Computerworld un fichier de 43 megs contenant une partie des documents secrets, et le journaliste s'est empressé de dévoiler la nouvelle.Sauf qu'à l'heure où de plus en plus de pays et de compagnies privées veulent s'accaparer une part du marché du lancement de satellites, beaucoup de gens seraient prêts à payer très cher pour pouvoir mettre la main sur de telles informations « secrètes ».On veut la Lune PENDANT QU'ON parle de l'exploration de Mars, d'autres recommencent à reluquer la Lune.Au début de l'année 2003, l'Europe enverra une sonde automatique vers notre satellite, pendant qu'un groupe de scientifiques américain fait pression sur la NASA pour qu'elle ajoute la Lune à sa liste d'épicerie.Trente ans après le dernier vol habité làbas, ces quatre chercheurs, qui lancent un appel dans la revue d'astronomie Icarus, aimeraient bien, en effet, voir d'autres humains débarquer sur la Lune.Ils ont même trouvé un prétexte scientifique : la collision entre la Terre et de gigantesques météorites, il y a 3 ou 4 milliards d'années, aurait pu catapulter dans l'espace des rocs terriens, et certains de ces cailloux auraient pu tomber sur la Lune \u2014 à l'image de la petite poignée de météorites martiennes qui, au fil des âges, sont tombées chez nous.Or, qui sait si, dans certains de ces cailloux terriens, des microorganismes, témoins de l'aube de notre histoire, ne pourraient pas être retrouvés ?Audelà de ce prétexte, il y a peut-être aussi des raisons bêtement politiques qui justifient un regain d'intérêt.On sait que la Chine est sur le point de lancer son premier vol spatial habité.Or, selon des rapports non confirmés, la Chine aurait, parmi ses projets spatiaux, celui d'une mission habitée vers la Lune.Et même d'une base lunaire, vers l'an 2015.Vantardise pour épater la galerie, ou réalité ?La caméra de surveillance qui louche LA GRANDE-BRETAGNE est réputée depuis des années pour l'importance qu'elle accorde à la surveillance par caméra.Mais un tel système de surveillance de la circulation automobile pourrait démontrer combien il est facile de tromper ces fameuses caméras.Il suffit par exemple d'avoir une plaque d'immatriculation un brin trop sale pour que les caméras ne puissent distinguer votre numéro, et par conséquent, que les policiers ne puissent pas vous envoyer de contravention.L'installation du système coûtera environ 600 millions à la Ville de Londres.Le tout aura pour fonction de prendre en photo les voitures qui pénètrent au centre-ville, et des ordinateurs compareront automatiquement les plaques avec la liste des voitures détenant un permis de circulation dans cette zone.Croissez et multipliez-vous AUSSI INTELLIGENTS soient-ils, les experts en intelligence artificielle (IA) ont souvent l'impression d'avoir atteint un plateau : désormais, pour créer des machines encore plus intelligentes, ils font face à des problèmes trop complexes pour être résolus par un seul groupe de recherche.Un projet appelé le World Wide Mind propose donc que la communauté de l'IA ne se contente plus de publier dans des revues spécialisées, mais que tous les résultats, tous les logiciels, tous les sytèmes robotiques, soient accessibles gratuitement sur Internet.Cela aurait également pour avantage de créer un réseau plus global, à l'heure où la robotique s'est tellement spécialisée que les groupes ne travaillent que sur des aspects spécialisés tels que la vision artificielle, la locomotion ou la compréhension du langage.Agence Science-Presse Le tristement célèbre psychiatre anthropophage Hannibal Lecter (sir Anthony Hopkins), vedette des films Le Silence des agneaux, Hannibal et tout récemment Dragon rouge.Son vice de choix provoque sur nous à la fois dégoût et fascination.Descannibales comme Hannibal BENOIT ANTOINE BACON collaboration spéciale Le cannibalisme, qui dégoûte tant la société moderne, a des racines anciennes et profondes.Les découvertes de l'anthropologue Alban Defleur et de ses collègues démontrent que l'humain préhistorique, il y a environ 100 000 ans, mangeait parfois ses semblables.Dans une caverne d'Ardêche, dans le sud de la France, ces chercheurs ont trouvé 78 fragments d'os provenant de Néandertaliens, gisant au milieu d'ossements de cerfs et d'autres ongulés.Les os humains, venant d'au moins six individus dont deux enfants, portaient des marques de silex comparables à celles retrouvées sur les os d'animaux.Ces chercheurs ont cartographié, avec une minutieuse précision, l'emplacement exact de chaque fragment d'os et de chaque outil.Puis, chaque item fut examiné en détail.« Les marques sur les os ont 100 000 ans, mais elles auraient pu être faites hier, » dit Tim White, un des coauteurs de l'étude.Comme dans un roman policier, les anthropologues montrent que les os humains, comme ceux des animaux, ont été désarticulés, dénudés de leur chair et fracassés afin d'en extraire la moelle.Le crâne d'un enfant, par exemple, porte des marques de silex en V aux endroits où furent détachés de l'os les muscles du côté de la tête.À la fin du festin, les os humains furent simplement jetés sur le sol, pêle-mêle avec les os d'animaux, ce qui contraste avec ce que l'on sait des rites funéraires évolués des hommes de Néandertal.« C'est la similarité du traitement des os d'animaux et des os de Néandertaliens qui nous permet d'inférer qu'il y a eu cannibalisme, » dit White.Clark Larsen, anthropologue de l'Université du nord de l'Illinois, croit qu'il s'agit de différences régionales : « Le comportement social de l'humain varie beaucoup autour du globe.Il en était probablement de même pour les Néandertaliens.» Cannibales d'Amérique Les récits des découvreurs de l'Amérique sont truffés de références au cannibalisme.Par exemple, le découvreur de la baie de New York, Giovanni Verrazanno, aurait été dévoré le jour même de son arrivée, en 1528.Ces anecdotes restent toutefois apocryphes.Y aurait-il vraiment eut cannibalisme aussi près de nous ?Richard Marlar et ses collègues sont convaincus que c'est le cas.Ces chercheurs américains ont trouvé au Colorado un village Pueblo (Anasazi) abandonné autour de 1300.Ils y ont déterré des signes de mort violente et de consommation de chair humaine.Comme dans l'étude sur les Néandertaliens, la disposition des os et les marques qu'ils portaient sont à elles seules convaincantes.Ces chercheurs amènent toutefois une preuve supplémentaire.Ils ont découvert des excréments humains séchés contenant une protéine que l'on retrouve dans les muscles humains, la myoglobine.La myoglobine humaine est facile à différencier de celle des autres espèces.De plus, elle n'est contenue que dans les muscles striés et dans le coeur, ce qui élimine la possibilité d'un saignement intestinal.La seule possibilité est que cette protéine ait été ingérée.Des détracteurs proposent qu'il aurait pu s'agir d'excréments de coyotes, ces charognards qui aiment bien ronger les cadavres humains.Les excréments ne contenaient toutefois pas les poils et les fragments d'os qui caractérisent des excréments de cette espèce.De plus, de la myoglobine humaine a aussi été retrouvée sur des outils de cuisine et sur un fragment de marmite trouvés sur les lieux.Marlar n'a aucun doute : Il y a bien eu cannibalisme chez les Anasazi.« Il nous reste maintenant à déterminer avec certitude le comment et le pourquoi.» Il propose que la tribu aurait été poussée au cannibalisme par la famine.En effet, les chercheurs n'ont pas trouvé de traces d'os d'animaux ou d'autre nourriture sur les lieux.Ils constatent toutefois que les victimes furent tuées avec une extrême brutalité, ce qui implique des motifs plus violents.Christy Turner, anthropologue de l'Université de l'Arizona, soutient par contre qu'il s'agissait d'une pratique relativement courante, importée du Mexique.Certains chercheurs s'inquiètent que ces découvertes déshumanisent les Indiens d'Amérique.Brian Billman, coauteur de l'étude, n'est évidemment pas de cet avis.Il concède toutefois qu'il s'agit d'un débat « très émotif.» Un tabou justifié ?La civilisation occidentale abhorre le cannibalisme et accepte difficilement que certaines sociétés l'aient pratiqué (ou le pratique encore).Les rites funéraires de certaines tribus de Nouvelle-Guinée, qui incluent la consommation du corps, nous semblent d'un barbarisme inouï.Les origines de ce dégoût sont obscures et les raisons qui le soutiennent restent mal définies.Ce tabou est même paradoxal si on considère que notre coutume la plus sacrée, l'Eucharistie, est empreinte de symbolisme anthropophage.Comme tous les tabous, le cannibalisme fascine.Les carnages anthropophages de Jeffrey Dahmer ou d'Edward Gein captivèrent l'intérêt public.Des films comme Soleil Vert, Delicatessen et la trilogie mettant en vedette Hannibal Lecter tirèrent directement profit de cet étrange mélange de révulsion et de curiosité morbide.La question demeure : pourquoi le cannibalisme nous est-il si répugnant ?Du point de vue de l'évolution, il est vrai que cette pratique est contre-productive.En matière de santé, des études sur des salamandres indiquent que le cannibalisme pourrait favoriser la transmission de parasites et de maladies.Ces arguments, toutefois, ne suffisent pas.Le cannibalisme, en Occident, est une question morale.Mangeriez-vous de l'être humain si votre survie en dépendait ?D'où vient cette répulsion qui nous fait hésiter ?Deux récentes découvertes archéologiques confirment que l'histoire de l'humanité est ponctuée d'anthropophagie.De la préhistoire jusqu'à nos jours, la viande humaine figure au menu.La téléportation d'un rayon laser préfigure lesordinateursquantiques FABRICE NODÉ-LANGLOIS Le Figaro TÉLÉPORTATION : pour des millions de téléspectateurs du monde entier, ce terme évoque surtout Star Trek, le feuilleton culte des années 1960.En se plaçant dans un cylindre lumineux, M.Spok et ses collègues étaient instantanément envoyés sur la planète survolée par leur vaisseau spatial.La téléportation ne relève plus tout à fait de la science-fiction, du moins pour une quarantaine de laboratoires de physique dans le monde.Et elle vient de franchir un pas de plus, avec une expérience réussie à l'Université nationale australienne à Canberra.Le ministre de la Science de l'Australie, Peter Mc Gauran, a annoncé cette semaine que les physiciens de Canberra étaient parvenus à téléporter un rayon laser.En quoi consiste l'expérience ?Ping Koy Lam, chercheur d'origine chinoise, a en fait « scanné » un rayon laser dans lequel il avait introduit une information, en l'occurrence un signal radio.Il a ensuite détruit le rayon laser en ne préservant que le signal radio.Celui- ci a été transmis à un appareil récepteur, distant d'un mètre.Presque instantanément (en fait neuf milliardièmes de seconde plus tard), le récepteur a reçu non seulement le signal radio mais aussi la réplique exacte du laser original.Il y a cinq ans, des physiciens de l'Université d'Innsbruck, en Autriche, et de l'Université de Rome avaient réussi à téléporter un photon, particule élémentaire qui constitue la lumière, sur des milliers de kilomètres.Dans l'expérience australienne, ce n'est pas un photon, mais des milliards qui ont été instantanément transportés.Les expériences de téléportation s'appuient sur les principes de la mécanique quantique.En 1935, Einstein, Podolski et Rosenberg ont imaginé une expérience, à l'époque uniquement théorique, dans laquelle des particules agissent sur d'autres, instantanément et à distance.Sans que la physique ne soit encore capable de l'expliquer, il a été vérifié que deux particules qui ont interagi à un moment conserveront un lien, quelle que soit la distance qui les sépare.Ainsi, si l'on modifie la polarisation d'une particule (son orientation électromagnétique), une particule jumelle, issue de la même source, mais désormais située à un mètre ou à des milliers de kilomètres subira instantanément la même modification.« Le but de ces expériences, commente Ping Koy Lam sur le site Internet de son université, est de démontrer que la mécanique quantique fonctionne.» Et après ?Sera-t-il possible un jour de déplacer ou de répliquer instantanément des objets entiers, voire des êtres vivants ?On ne sait même pas encore téléporter un atome entier, alors un organisme constitué de milliards de milliards d'atomes.» L'enjeu véritable de ces recherches est la mise au point d'ordinateurs quantiques.En utilisant ce principe de la téléportation pour transporter de l'information, les machines deviendraient des milliers de fois plus puissantes et rapides que les processeurs électroniques.Les géants de l'informatique comme IBM investissent déjà dans ces expériences de « science-fiction ». 7LP0701F1027 f7 27 octobre 7LP0701F1027 ZALLCALL 67 17:02:38 10/26/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 7 O C T O B R E 2 0 0 2 F 7 Je sais que cet homme et cette femme sont mes parents.Pourtant, je me sens tout aussi détachée d'eux que du corps de leur fille, branché à un respirateur au service des soins intensifs.Je ressens le poids de leur peine et de leur inquiétude, mais je n'en souffre pas.Je ne peux rien pour eux, sinon vivre paisiblement l'amour que je leur porte.Je me tourne vers Serge.Je lui souris.- Je dois maintenant gagner la lumière, Sara.Et toi seule peut me permettre de la franchir.- Comment?- En acceptant de me laisser partir.- Et si je traversais la lumière blanche avec toi, nous serions ensemble, à jamais! Comme Roméo et Juliette! - Tu es libre de le faire, Sara, mais.Il s'interrompt.L'éclat de la lumière diminue légèrement puis s'intensifie de nouveau.- Sara, crois-tu vraiment avoir achevé ton parcours sur terre?La lumière vacille.Qu'est-ce qui me retient, là-bas, à part Willie, Shakespeare et Pat Metheny?Je fixe la limite de la lumière blanche: tout mon être se sent appelé par elle.Je n'aurais qu'un pas à faire.- Monsieur et madame Lemieux.Je suis vraiment désolé pour votre fille, dit le médecin en touchant l'épaule de ma mère.Elle s'écroule de douleur dans les bras de mon père, qui frappe l'air d'un coup de poing.- Je m'excuse de vous brusquer, mais nous avons un receveur.Un pas.Un tout petit pas et je n'aurais plus à traîner le poids de la vie, là-bas, dans ma carcasse étroite.Le front en sueur, mon père signe d'une main tremblante la formule d'autorisation pour la transplantation de mon coeur.Ma mère pousse un grand cri de désespoir en m'appelant: - SARA! SARA! SARA!.Serge m'incite à repartir: - Là-bas, dans quelques minutes, il sera trop tard.Le temps n'existe pas ici.Une seconde ou l'éternité, c'est du pareil au même.Dans un couloir de l'hôpital, on transporte le corps de Sara Lemieux jusqu'à la salle d'opération.Serge s'éloigne tout doucement.À la limite de la lumière blanchie, il se retourne.Son regard me pénètre avec une intensité infinie.Je suis l'amour que je reçois de lui.Il traverse la lumière.Il est parti.Il est à l'intérieur de moi.Un pas.Un tout petit pas pour le rejoindre.Sur la table d'opération, le chirurgien s'apprête à ouvrir le corps de Sara Lemieux.Je suis libre de franchir ou non cette limite.Un pas.Un tout petit pas.Retourner là-bas?Pourquoi?Un pas.Un tout petit pas.Et j'oublierai qu'une enveloppe charnelle m'attend là-bas.- 34 - - SARA! SARA! SARA!.Pourquoi?Pour faire quoi?Un pas.- SARA! SARA! SARA!.Il y a une voix en moi! Très douce, comme une étincelle pour éclairer ma route: «Raconte cette histoire!» Je ne suis pas Shakespeare ni Juliette.Je suis Sara Lemieux.Mais si je ne rentre pas dans ce joli petit corps sur le point d'être charcuté, qui pourra évoquer l'histoire de serge et sara?La lumière blanche?J'aurai l'éternité pour la découvrir! DEUXIÈME PARTIE La Deuxième Vie «Enfin, après des semaines d'une défensive quotidienne, on retrouve le chemin de soi-même, encore un peu ahuri.» Rainer-Maria Rilke Lettres à un jeune poète «Je vis, je meurs: je me brûle et me noye, J'ay chaut estreme en endurant froidure.Tout en un coup je seiche et je verdoye» Louise Labbé Vingt-trois sonnets À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 2000 Éditions Québec Amérique Inc.ROM27OE BEN LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC27OEM 7LP0801F1027 f08 oisox dim 27 octobre 7LP0801F1027 ZALLCALL 67 16:33:20 10/26/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 27 OCTOBRE 2002 LA MÉSANGE À TÊTE NOIRE Une diva qui excite plus de 100 espèces d'oiseaux À TIRE D'AILE André Desrochers a passé une bonne partie de sa vie avec les oiseaux.Dans le cadre de son doctorat, il a étudié à Cambridge, en Angleterre, le comportement du merle noir, le pendant de notre merle d'Amérique, après s'être attardé aux us et coutumes de la mésange à tête noire en Alberta et dans l'Ouest américain.Professeur d'aménagement faunique à la faculté de foresterie de l'Université Laval, il n'a jamais pour autant abandonné ses anciennes amours, les mésanges, l'espèce la plus populaire auprès des propriétaires de mangeoires.Cette semaine, l'important magazine ornithologique Journal of Field Ornithology publiait les résultats de ses recherches sur les vocalises de la mésange à tête noire.Ces travaux menés conjointement avec Yves Turcotte, professeur au cégep de La Pocatière, démontrent que la mésange à tête noire est une grande vedette du monde ailé.Quand la diva s'énerve, les autres volatiles s'excitent.Mais voilà, cette excitation n'anime pas que des mésanges.C'est que notre diva provoque des réactions chez plus de 100 espèces d'oiseaux.Un phénomène fascinant.Pourtant, elle ne chante ou ne crie que dans une langue, la sienne.« Cette découverte présente un grand intérêt pour les ornithologues, explique M.Desrochers.Il est fréquent que les espèces recherchées soient difficiles à voir ou à capturer parce qu'elles sont trop farouches où que le milieu se prête mal à l'observation.Suffit de faire jouer un enregistrement de notre vedette pour que tout ce qui vole dans le coin se présente aux premières loges.Et ça marche ! » Le chercheur raconte qu'il a fait sa trouvaille lors des ses recherches en Alberta.La société « mésangère » est très hiérarchisée.Les mâles dominants font la loi.Chez les mésanges, il vaut beaucoup mieux naître dominant que dominé.À tel point que les oiseaux subalternes, mâles ou femelles, sont souvent maintenus à l'écart des sources d'alimentation.Un problème majeur pour André Desrochers qui devait baguer toutes les mésanges de la population étudiée afin de faire un suivi rigoureux.« Les subalternes, dont plusieurs femelles, restaient toujours à l'écart de mes mangeoires.Si bien que ces oiseaux étaient impossibles à capturer.Puis une petite nyctale venue de nulle part vient se percher tout près.Alors, sans égard à leur hiérarchie et en oubliant tout à coup de se chamailler, voilà que toutes les mésanges se mettent à tournoyer autour du petit rapace en émettant un cri bien spécial, comme si elles le houspillaient pour l'inviter à partir.Plus les cris augmentaient, plus l'agitation était intense.» Nouvelle surprise : voilà que le tintamarre des mésanges attire d'autres oiseaux, aussi bien des parulines que des bruants qui viennent prêter main-forte aux mésanges.Devant ce harcèlement, la nyctale finira par déménager.André Desrochers se demande alors s'il ne suffisait pas d'enregistrer ce cri de harcèlement pour amener les mésanges à portée de son filet afin de les capturer plus facilement.L'hypothèse est d'autant plus séduisante que d'autres espèces d'oiseaux réagissent au même cri.Le chercheur met la main sur un petit duc maculé naturalisé et s'installe dans un bois près du lac Beauport, dans la région de Québec.Il enregistre les vociférations des mésanges qui s'en prennent au placide volatile empaillé.L'enregistrement sera ensuite diffusé ailleurs au moyen d'un petit haut-parleur, mais sans leurre particulier.« L'effet est immédiat.Les premières mésanges des alentours se pointent dans les secondes suivant le début de la diffusion de l'enregistrement.D'abord prudentes, elles se mettent à tourner autour du haut-parleur et à crier à leur tour.Plus elles sont nombreuses, plus elles s'agitent, plus c'est la confusion.Peu à peu, d'autres espèces se présentent dans le voisinage et viennent se mêler à la pagaille.La scène peut durer une bonne dizaine de minutes.» Le « hit » de la mésange a ses limites et s'il est joué durant une trop longue période, il perd son effet.Mais jusqu'à maintenant, une centaine d'espèces ont répondu positivement à son cri de harcèlement.Pics, sittelles, roitelets, juncos, geais et colibris font partie du nombre.Même les canards réagissent.André Desrochers se souvient d'une séance d'expérimentation dans le Montana, sur le bord d'une route.« Au moment où l'enregistrement jouait, un canard colvert passe au-dessus de nous.L'oiseau fait un virage et atterrit directement sur la route pour voir ce qui se passe.» En plein hiver Efficaces durant toute l'année, même en plein hiver, ces enregistrements visent à aider les scientifiques à faire leur boulot.Par exemple, il est souvent difficile d'observer certaines espèces au moment de la nidification.Le cri de la mésange les amènera à se faire voir et à houspiller à leur tour sans pour autant se débarrasser de la nourriture qu'ils transportent à leurs petits, un indice permettant de savoir si la période de reproduction a donné des résultats positifs.Même si la piste enregistrée par André Desrochers est en voie de devenir un grand succès auprès des professionnels de l'ornithologie, il n'est pas question de la commercialiser, insiste le professeur de l'Université Laval.Il se doute bien toutefois que plusieurs amateurs voudront l'utiliser dans leurs excursions ou dans leur patelin afin d'attirer le plus d'oiseaux possibles.Gare à ceux qui voudraient en faire le commerce, dit-il.Si c'était le cas, il diffuserait gratuitement l'enregistrement sur son site Internet pour court-circuiter la vente.Une question d'éthique, fait-il valoir.« Ce sont des deniers publics qui ont financé les recherches menant à cette découverte.Pas question que le document profite à un individu en particulier.» Il explique par ailleurs que cet enregistrement n'est pas la solution miracle pour observer un très grand nombre d'oiseaux à la fois.« L'impact de la bande sonore dépend évidemment du volume.Et on ignore à quel niveau le volume devient trop élevé pour être efficace.Il ne faut pas s'attendre non plus à ce que 50 ou 60 espèces d'oiseaux fassent soudainement leur apparition.Seuls les oiseaux du coin, probablement 5 ou 6 espèces, peut-être un peu plus, réagiront à l'enregistrement.Pour un scientifique, c'est considérable.» Autodéfense Le harcèlement ou le « houspillage » est un phénomène répandu chez plusieurs espèces d'oiseaux, du minuscule roitelet à l'imposant goéland argenté, en passant par les corneilles ou les sternes.Souvent considéré comme une méthode d'autodéfense envers un ennemi réel ou potentiel, il se pratique en groupe qui comptent souvent des oiseaux d'espèces différentes.Un rapace, un homme, un serpent, ou même un porc-épic, comme l'a déjà constaté André Desrochers, peuvent être pris à partie.Il s'agit habituellement d'un processus d'intimidation qui consiste à crier après l'ennemi et à l'approcher de très près, même à le frôler.Le cas des corneilles qui s'en prennent aux grands-ducs est assez fréquent.Toutefois, il est rare que la victime, habituellement plus imposante que les « houspilleurs », tente de s'en prendre à ceux qui l'attaquent, mais cela s'est déjà vu.Parfois, certains oiseaux comme l'organiste à bec épais, un tangara des Tropiques, vont même imiter les cris de harcèlement des autres espèces qui habitent leur territoire pour sauver un nid menacé par un prédateur.L'auteur Frank B.Gill nous raconte que non seulement les oiseaux interpellés arrivent rapidement à la rescousse, mais que leurs voisins se mêlent aussi à l'attroupement, un peu à l'exemple de la réaction au cri de harcèlement de la mésange à tête noire.Habituellement, l'oiseau harcelé change tout simplement de patelin.Mais la situation est parfois beaucoup plus dramatique, nous dit John K.Terres dans son ouvrage The Audubon Society Encyclopedia of North America Birds.Il donne l'exemple de ce harfang des neiges qui a été harcelé puis tué par une volée de sternes arctiques, de cette effraie des clochers qui a connu le même sort après une attaque d'un groupe de goélands argentés, ou encore de cette crécerelle d'Amérique forcée de plonger dans l'eau parce qu'elle était poursuivie par un petit groupe de carouges à épaulettes.«Ce sont des deniers publics qui ont financé les recherches menant à cette découverte.Pas question que le document profite à un individu en particulier.» Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Le cri de harcèlement de la mésange à tête noire déclenche une véritable frénésie parmi les oiseaux qui l'entendent.Jusqu'à maintenant, une centaine d'espèces en Amérique du Nord vont répondre à un enregistrement de ce « hit », ce qui devrait faciliter le travail des ornithologues.Canard de Barbarie et oie de Ross LE MYSTÈRE de la présence d'une oie de Ross sur la rivière des Prairies cet été pourrait être résolu.Cette oie de petite taille niche dans le Grand-Nord et migre en passant par l'Ouest.Elle est très rare au Québec et on la signale habituellement l'automne en compagnie de grandes volées d'oies des neiges.Une lectrice soutenait avoir aperçu l'oiseau sur la rivière des Prairies en juillet, une observation étonnante.Si la présence de l'oie à cet endroit n'est pas impossible, elle reste peu probable.Cette espèce présente de grandes difficultés d'identification et la confusion avec d'autres volatiles semblables est facile.Le sujet a attiré l'attention de Linda Ahern.Depuis près de deux mois, signale-t-elle, un étrange palmipède se promène en face de chez elle, à Laval, sur la rivière des Prairies.Il s'agit d'un canard de Barbarie, un gros canard domestique entièrement blanc.La partie supérieure de son bec est surmontée d'une callosité rouge qui forme une sorte de masque.Mme Ahern raconte que cet oiseau avait été déposé sur le bord de la rivière au début de l'été.D'allure étrange, beaucoup plus gros qu'un canard domestique « ordinaire », le palmipède aura pu être confondu pour une oie de Ross, croit-elle.Le canard de Barbarie est la version domestique du canard musqué, une espèce de l'Amérique tropicale, du Mexique à l'Amérique du Sud, jusqu'en Argentine.En territoire mexicain et au Texas, les effectifs sont concentrés le long du Rio Grande où un programme de nichoirs artificiels a donné des résultats intéressants.Ce canard vit habituellement le long des rivières traversant le milieu forestier, se perche dans les arbres pour passer la nuit et niche dans des cavités naturelles.À l'état sauvage, il est noir, avec des reflets irisés, et la partie supérieure de l'aile est habituellement blanche.Les mâles arborent à la base du bec une protubérance de couleur foncée, du noir au rouge, et sa face nue est de la même couleur.La femelle est plus terne et souvent ne possède pas de masque facial.Le canard musqué aurait été apporté en Europe par des Espagnols de retour du Pérou où il était déjà domestiqué.Les canards de Barbarie sont souvent entièrement blancs sauf pour le masque facial qui est rouge vif.Le dimorphisme sexuel est important, le mâle étant deux fois plus gros que la femelle.Il pèse autour de 4 kg, un poids presque identique à celui de l'oie de Ross.Très souvent échappé de captivité, on le retrouve çà et là un peu partout en Amérique du Nord, d'autant plus qu'il vole très bien.L'espèce se distingue aussi des autres canards domestiques par sa période d'incubation qui est de 35 jours au lieu de 28, nous dit le vétérinaire Reynald Nivoix dans son ouvrage Les Canards (éd.De Vecchi).Ce sont des oiseaux silencieux.La femelle est presque muette, émettant de temps à autre un « couac » alors que le mâle siffle un peu à la manière des cygnes.Les lignées domestiques sont considérées peu prolifiques.Dans son milieu naturel, le canard musqué pond de huit à 10 oeufs par année.Illustration extraite du Guide d'identification des oiseaux de l'Amérique du Nord de la National Geographic Society, éd.Broquet, avecl'aimable autorisation de l'éditeur.Originaire de l'Amérique tropicale, le canard musqué (à gauche) arbore une livrée noire avec des reflets irisés.Ce gros palmipède arboricole était déjà domestiqué au temps des Incas.Ces oiseaux répondent aujourd'hui au nom de canards de Barbarie (à droite).Ils atteignent un poids de 4 kilos et sont la plupart du temps presque entièrement blancs.Le mâle arbore un masque facial rouge vif."]
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