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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lecture
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-11-03, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1103 f1 3 NOV 7LP0101F1103 ZALLCALL 67 21:10:36 11/02/02 B THE MONTREAL CHILDREN'S HOSPITAL FOUNDATION LA FONDATION DE L'HÔPITAL DE MONTRÉAL POUR ENFANTS Faites un don à : (514) 934-4846 www.fondationpourenfants.com URGENT pm64 7LP0201F1103 f2 lectures dimanche 7LP0201F1103 ZALLCALL 67 21:33:14 11/02/02 B F2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2002 LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un pari réussi, et un, raté « Pfft, tu rigoles?» SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale Jean-François Beauchemin est un enchanteur.Il écrit des fables modernes pour adultes qui vont droit au coeur.De roman en roman, il explore sur un mode léger et cocasse le charme et la fraîcheur de l'enfance et en parcourt l'émouvante profondeur.Le Petit Pont de la Louve est un court récit irrésistible, rafraîchissant et touchant.Il met en scène Mathilde, une petite fille de six ans, futée, séductrice, sensible, spontanée, lucide et sage.avant l'âge.La ressemblance avec la petite Mafalda argentine (de Quino), bien connue des fans de bandes dessinées, est frappante.Enfants contestataires, elles refusent toutes les deux le monde tel qu'il est.Les nombreuses interjections (« Pfft ») de Mathilde, qui ponctuent le roman, expriment ce dédain.Protester avec humour, c'est la voie qu'emprunte l'enfant-clown-philosophe.Roman sans frontières, Le Petit Pont de la Louve est d'une portée universelle.Petites difficultés d'existence « J'étais mûre, mais mes oreilles ne passaient pas.» Mathilde nous raconte sa naissance insolite.Ses oreilles trop grandes, la peur de disparaître dans les rondeurs de « l'infirmière-flan », l'obligation de boire du « jus de vache.» Depuis cet événement, chaque fois que la narratrice-enfant aperçoit son reflet dans le miroir, elle se trouve moche et cela la désespère.« Que d'oreilles ! » s'exclame-t-elle, découragée et rebelle.Comme le Harold du célèbre film de Hall Ashby, Mathilde accumule les tentatives de suicide qui tiennent de la tragi-comédie.Un soir, dans sa chambre, avec une fourchette, elle crève son oreiller et s'empiffre de plumes afin de ne plus respirer.Rien à faire.Elle continue « désespérément à vivre ».Ses parents, pour calmer la douleur de la petite, lui proposent d'acheter un animal de compagnie.Mathilde choisit.un serpent.« Cette fois, les lunettes de papa sont devenues pleines de buée, puis son visage a viré de la même couleur que sa chemise.» Elle le surnomme Canif, à cause de son « regard coupant qui dissèque le monde ».L'ami « interminable » devient son confident.Elle lui parle de Maurice, son petit compagnon de jeu avec qui elle s'amuse sur les bords de la rivière La Louve.Asthmatique, Maurice est un enfant silencieux.Pour Mathilde, vivre emprisonné dans son corps et dans ses émotions est un malheur.Dans une autre confidence, Mathilde révèle à son animal préféré sa peur de vieillir et de se transformer en un « petit sac de jute plissé », comme les Moucherolle, ce vieux couple pour qui elle a beaucoup d'affection.Et puis les vieux, il ne faut pas trop les contredire : « Dans leur état, tout craquelants, ça pourrait les faire tomber dans la mort, émiettés comme de petits biscuits.» Un matin, elle trouve Canif cafardeux.Il casse tout dans le vivarium où il est confiné.« Il saisit entre ses petits crocs le palmier de plastique, la fausse mare, la roche artificielle et, d'un coup de tête, il envoie tout promener contre la vitre.» S'inquiétant de l'état de son animal abattu et maussade, elle demande à monsieur Moucherolle si on peut « mourir de tristesse ».Résolue cette fois à faire disparaître tous les moches de son entourage, Canif, les Moucherolle et elle, Mathilde a une idée terrible.Le lecteur aura compris que la petite voix de Mathilde, pleine de drôleries, n'en est pas moins acidulée.Roman allégorique, Le Petit Pont de la Louve traite de la tyrannie de l'apparence physique quand « il y a tant à découvrir derrière les apparences », du temps qui passe « la musique terrible des décennies qui vous roulent dessus » et de la liberté.L'invention verbale, l'ironie douce, les phrases syncopées qui traduisent la langage expressif de la petite Mathilde, le réseau d'images inusitées et poétiques qui pénètrent la réalité, les personnages humains et chaleureux, sont autant d'éléments qui contribuent à faire du Petit Pont de La Louve une lecture réjouissante pour les jours tout petits et tout gris de novembre.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LE PETIT PONT DE LA LOUVE Jean-François Beauchemin Québec-Amérique, 113 pages RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Un couple bourgeois, deux jobs et pas d'enfants, la trentaine qui court.Trouve-t-il le temps de quelque dialogue, de quelque intimité ?Pas vraiment, et c'est le pari de l'écrivain de saisir comme sur le vif des conversations entre elle et lui qui n'ont rien d'intime, puisqu'elles ne concernent que ces choses insignifiantes par quoi ils confortent leur statut de bourgeois, deux jobs et pas d'enfants, la trentaine qui bientôt ne sera plus là.Pari réussi, car Hélène Rioux, dans un registre qui ne lui est pas habituel, exploite le genre parodique avec une heureuse efficacité.En 10 tableaux \u2014 des tableautins plutôt \u2014elle parvient à retenir l'intérêt de ses lecteurs pour des scènes où tout est prévisible et où le prévisible se produit en effet.Malgré cela ou pour cela, il ne serait pas étonnant qu'ils en redemandent.Ces Dialogues intimes sont l'occasion pour elle et lui de se rappeler qu'ils ne sont pas d'accord sur grandchose et que cela n'a guère d'importance : la plupart de leurs projets, liés essentiellement à la consommation, ne sont pas réalisables.Ou bien le temps leur manque, ou bien cela coûterait pour l'instant trop cher, ou bien il est désormais trop tard, ou bien ils n'y tiennent pas tant que ça.Comme ils ne feront rien de ce qu'ils projettent, ils ont tous les deux assez de grandeur d'âme, feinte, pour se plier aux voeux de l'autre, qu'il s'agisse du choix d'un endroit pour les vacances ou de la couleur à refaire de la salle de bain.Pas de gagnant, pas de perdant, chacun sauve sa mise.Ce fut une bonne idée de reprendre ces saynètes amusantes, dont la moitié étaient dispersées dans des revues littéraires.Le carnet de notes de Plante Raymond Plante a entrepris avec Les Nomades un roman familial qu'il poursuit avec Les Veilleuses.Le second volume est consacré à la grand-mère et à la mère de l'auteur.Les jeunes générations y découvriront ce que pouvait être la vie d'une famille du plateau Mont- Royal dans les années cinquante et soixante.Une famille pas trop riche, qui accède très lentement aux privilèges de la bourgeoisie d'alors, grand logement, voiture particulière, chalet d'été près des rivières des Prairies ou des Mille-Îles.Mais tout cela a été raconté mille fois.La chronique familiale, si elle touche la vérité d'assez près, est un genre plein d'écueils.Comment rendre intéressants des personnages et des événements qui ressemblent tout à fait à ceux que n'importe qui a pu connaître et vivre ?M.Plante n'y parvient pas du tout.Son texte, écrit l'éditeur en page quatre de couverture, est écrit « sous forme de carnet de notes ».On veut bien, mais rien n'empêchait, au terme de l'exercice, de mettre un peu d'ordre dans ces notes, de gommer les hiatus temporels les plus évidents et de supprimer les redites.Si on ne peut douter un seul instant de la tendresse très grande que le narrateur éprouve envers sa grand-mère qui le gâte et sa mère, plus austère, qui mène bravement un petit monde pas toujours docile, on ne parvient pas pour autant à vraiment s'attacher à elles.C'est dire à quel point l'émotion bien réelle que ressent l'auteur du carnet de notes ne passe pas.Cela tient en partie à la multiplication des personnages.Tous ces oncles, tantes, soeurs, frères, cousins et cousines, sans compter les amis de la famille, alourdissent la chronique et ne lui apportent presque rien.Il y a aussi, et c'est plus grave, l'écriture ici très négligée du mémorialiste.Un « aspirateur qui vitupère », « un cheval qui est dû pour remporter l'épreuve » et tant d'autres naïvetés ou incorrections, c'est beaucoup pour l'auteur chevronné qu'est M.Plante.On s'attendrait plutôt que pour une histoire qui lui tient à coeur, la sienne, il ait parfait davantage la construction et la rédaction de son livre.Malgré d'énormes lacunes, la lecture des Veilleuses offre quelques passages savoureux, tel celui où le narrateur, qui a cinq ans, est invité pour la première fois à un mariage.Il est déçu : « Le tour de magie n'a pas eu lieu.Où avais-je pêché l'idée qu'un enfant naissait lors d'un mariage ?» \u0001 \u0001 \u0001 DIALOGUES INTIMES Hélène Rioux XYZ éditeur, 88 pages LES VEILLEUSES Raymond Plante La courte échelle, 176 pages Photothèque La Presse © « De roman en roman, Jean-François Beauchemin explore sur un mode léger et cocasse le charme et la fraîcheur de l'enfance et en parcourt l'émouvante profondeur.» Le Pe tit Pont dela Louve est un court récit irrésistible, rafraîchissant et touchant.Il met en scène Mathilde , une petitefilledesix ans, futée, séductrice, sensible, spontanée, lucide et sage.avant l'âge.BOURGUIGNON Suite de la page F1 L'orphelin Mais Stéphane Bourguignon préfère le terme « orphelin ».Édouard n'est pas abandonné, il est orphelin.Viscéralement orphelin.« Un peu de fatigue, c'est l'histoire d'un homme de 41 ans qui se rend compte à quel point il est dur de vivre une vie quand, d'une certaine manière, tu es orphelin.Quand tu es seul, vraiment seul.Quand, dans ton enfance, tu as été laissé à toi-même et que la seule chose que tu veux, c'est disparaître.C'est aussi l'histoire d'un homme qui vit une immense déception face au genre humain et qui, pour cela, se fait une sorte de vision idéalisée de l'humain qui aurait pu exister à un moment donné dans l'histoire.» D'où la maison de banlieue laissée au temps et aux intempéries depuis six ans.Devenue pas une caverne.mais presque.Idem pour le jardin, autrefois parfaitement contrôlé, à présent quasi-forêt vierge.Autant de signes extérieurs qui trouvent écho dans la tête de cet homme en colère qu'est Édouard.On lit tout cela dans le roman, même si Stéphane Bourguignon s'est fait un point d'honneur de le dire autrement qu'avec les mots : « Ce désabusement face au genre humain, par exemple, je voulais que les lecteurs le ressentent mais je ne voulais pas écrire là-dessus.Je voulais qu'il soit présent, qu'il transpire mais qu'il ne soit pas en noir sur blanc sur le papier.Je n'avais pas envie de faire un livre prêchi-prêcha et moralisateur mais trouver une façon politique de parler de ça.Que l'on perçoive la noblesse dans les revendications du personnage \u2014 même s'il crache sa révolte au monde de façon égoïste.» Il y a en effet quelque chose « de beau mais de bizarre » dans sa quête.Que cela semble loin des propos du jeune romancier qui, en 1993, parlait de la littérature comme d'un art se dirigeant vers le musée ! Le rappel \u2014 qui n'en est pas vraiment un : il en entend si souvent parler \u2014 le fait sourire.Oui, L'Avaleur de sable est un livre facile que bien des gens qui ne lisent pas ont lu (mais pas qu'eux, en fait).Il en a eu le témoignage, il ne renie pas ce roman \u2014 pas plus que Le Principe du geyser \u2014 et il ne se réfugie pas derrière l'étiquette du mal cité.« Je ne lisais pas beaucoup à l'époque, et j'ai écrit un livre comme j'avais envie d'en lire.Même s'il est plus littéraire, Un peu de fatigue est aussi, je crois, un livre pour tout le monde.mais je n'ai aucun problème à ce que quelqu'un saute un paragraphe ou ne comprenne pas une phrase.Les lecteurs prendront ce qu'ils pourront ou voudront.Mais le germe de ce livre-là, la gravité et l'humour, les envolées lyriques, étaient présents dans les deux premiers.Simplement, les proportions ont changé.Julien (personnage central de L'Avaleur de sable et du Principe du geyser) aurait pu devenir Eddy.» Les années, en effet, l'auraient changé.Comme elles ont changé Stéphane Bourguignon, d'ailleurs.Dont les quatre dernières années de vie ont été « importantes en termes d'accumulation de matière » \u2014 donc, en matériau potentiel d'écriture.Et à qui l'expérience professionnelle de La Vie, la vie a donné plus de confiance en lui, en son instinct.Flash-back Il a étudié en scénarisation mais n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'en faire avant la série que l'on sait.Quand il a plongé dans un premier roman, c'était parce qu'il croyait avoir plus de chance de vendre un manuscrit qu'un scénario.Il n'avait par contre pas prévu le coup de foudre pour le roman \u2014 ce qui fait qu'il y revient.Sous une forme plus assumée.« Je crois qu'il y avait, dans mes premiers livres, le désir très fort de faire de la scénarisation.Dans la façon de construire, dans l'écriture, dans la manière de vouloir tout contrôler.» De plus, l'écriture des 39 épisodes de la série a, en quelque sorte, purgé l'écrivain de la facture du scénariste.Et a fait de lui, dit-il, un meilleur écrivain.Un écrivain pour qui le roman peut devenir « le lieu de tous les dérapages, le lieu où plus de questions sont posées que de réponses, données ».Il n'a plus de problème à ne pas mettre un point sur chaque « i », à laisser des choses traverser le texte, mais en sous-couches seulement.Comme une permission non au contrôle mais à l'ouverture : « Une ouverture qui permet à des choses de venir s'ajouter même si ces choses-là, au lieu de préciser la pensée, l'ouvrent encore davantage et finissent par créer un monde plus vaste, plus nuancé et touffu que celui de mes autres livres \u2014 où il y avait une sorte de précision qui était intéressante mais avec laquelle je n'ai plus envie de travailler.J'ai envie de partir à l'aventure, à la découverte de toutes les ramifications de mon sujet.» Ouvrir une porte après l'autre, peut-être deux en même temps.Et, parfois, y trouver des surprises.Lorsque, par exemple, une voix autre que celle d'Eddy s'est fait entendre.Il ne l'avait pas prévu.Il l'a écoutée et lui a tendu le « stylo ».Le narrateur est ainsi devenu Simone.Puis Michel.Puis Véronique.Ne prenant la parole que le temps de vivre leur climax avec Eddy, afin que le lecteur en apprenne davantage \u2014 et autrement \u2014 sur le personnage.Dans un premier temps, cette intrusion dans son fil narratif a désarçonné Stéphane Bourguignon.Qui, finalement, a laissé du mou.« Même si, autrefois, le scénariste aurait décidé que puisqu'il y aurait plusieurs narrateurs, il fallait les introduire plus tôt dans le livre.Le romancier, lui, a refusé.Ils arrivaient au moment où il le fallait : quand Édouard traverse leur vie d'une façon intense.Ils nous apprennent ainsi à quel point ce gars qui a décidé de vivre avec droiture et rigueur et honnêteté par rapport à lui-même et à ce qu'il ressent, à quel point il bouleverse la vie des personnes qu'il croise.» Une expérience qui lui a permis de prêter sur papier la voix à deux femmes.Il a aimé.« Ça aussi, ça vient de La Vie, la vie.» Il en est fier, de ce « show » \u2014 dont il n'est pas le seul responsable du succès : il reviendra souvent, en entrevue, sur l'apport du réalisateur Patrice Sauvé et de tous les autres artisans de la série.Un succès qu'il a dû apprendre à gérer.Pas toujours facile, la reconnaissance aussi publique, pour l'écrivain habituellement anonyme.Il ne s'en plaint pas mais quelques souvenirs lui pèsent encore aujourd'hui.L'avant-dernier gala des Gémeaux, entre autres.Où il tentait de mettre La Vie, la vie derrière lui pour écrire un roman.Mais La Vie, la vie lui rebondissait toujours dans le visage \u2014 flatteur pour le scénariste, mortel pour l'écrivain qui traînait sa page blanche comme un bandage.« Cette année par contre, le roman était fini, j'ai vraiment profité du moment », dit celui qui est présentement à l'écriture d'un scénario original de long métrage \u2014 « La chose la plus difficile que j'aie eu à écrire » \u2014 et qui, pour l'instant, ne veut plus entendre parler de possibles adaptations pour le cinéma de L'Avaleur de sable \u2014 deux projets ayant jusqu'à présent échoué dessus (le sable, s'entend).« Avant que j'en recède les droits, il faudra que je sois sûr.» Pourquoi pas lui-même à la scénarisation ?« J'ai toujours pensé que je ne serais pas la bonne personne pour cela mais là, avec la distance, c'est vrai que j'ai des flashes.» Un autre symptôme post La Vie, la vie ?Peut-être.Reste que pour les semaines à venir, Stéphane Bourguignon va afficher Un peu de fatigue.Il semble en grande forme pour cela.Photo RÉMI LEMÉE, La Presse © Stéphane Bourguignon est bien fier du succès de la télésérie La Vie, la vie. 7LP0301F1103 F3 LECTURES 7LP0301F1103 ZALLCALL 67 21:38:13 11/02/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 3 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 LITTÉRATURE DU VOISIN ESSAI La vie est un sport extrême Après l'Internet, l'«Hydronet ».collaboration spéciale Combien de temps un être humain peutil vivre sous l'eau, sans respirer ?Quand vous tombez d'une falaise, comment est-ce que votre chute vous tue ?Et lorsque la malaria prend le dessus sur votre cerveau, comment cette maladie vous ôte-t-elle la vie ?Il y a des réponses à toutes ces questions, et d'autres encore, dans le livre hybride de Peter Stark, Péril extrême.Hybride, parce que le volume nous offre un mélange d'aventures, de science et d'histoire.Un mélange que j'apprécie, car il réduit le côté macho de certains livres d'aventures, dans lesquels des hommes crachent au visage de la mort avec une assurance surhumaine.Peter Stark, journaliste au New Yorker, a préféré nous donner des récits sur la science et sur l'art de la survie et de son contraire, la mort.En lisant les remerciements à la fin du livre, on comprend son étroite collaboration avec des médecins spécialisés en traumatologie.Ce sont des médecins de plein air, un nouveau créneau dans la profession.Peter Stark vit dans l'État de Montana, dans l'Ouest américain.J'en connais très peu sur cet État, sauf qu'il abrite un nombre indu d'écrivains.Raymond Carver et Thomas Mc Guane y vivaient ; Jim Harrison et Richard Ford y étaient de passage.Est-ce le vide absolu du paysage qui inspire ces romanciers et nouvellistes, ou sont-ce les cieux grandioses du « Big Sky Country », comme dit son sobriquet ?Je ne saurais pas le dire ; je suis un être urbain.Mais je crois que Peter Stark incarne assez bien les valeurs de cet État du Far-West.Le scorbut Des 11 chapitres qui font ce livre, j'ai aimé celui qui porte sur le scorbut.Cette maladie, inconnue dans notre monde de bonne alimentation (au moins pour la classe moyenne), a tué près de deux millions de marins entre 1500 et 1800, à l'époque de l'exploration européenne.Le scorbut a également formé notre histoire.L'équipage de Jacques Cartier était décimé à son arrivée sur le continent américain, au point où Cartier tentait de cacher ses marins de la vue des Indiens, car il ne voulait pas qu'ils voient l'état affaibli de ses hommes.Peine perdue.Un certain Dom Agaya a vu l'équipage, il a compris de quoi les hommes souffraient.Et il a pu les guérir en leur faisant boire une infusion faite d'un arbre qu'il appelait anedda, probablement le cèdre blanc.Aujourd'hui, au lieu de boire du thé d'écorce d'arbre, nous mangerions une orange.L'omniprésence des agrumes sur nos marchés a fait disparaître cette maladie de nos vies.Les Britanniques avaient compris ça avant les autres nations, et ils donnaient des limes à leurs marins, ce qui leur a mérité le sobriquet limeys.On riait de ces hommes qui suçaient des limes et des citrons, mais ils ont survécu à leurs voyages.Peter Stark ne néglige pas l'aspect littéraire et historique des maladies dont il parle dans ce recueil.Son chapitre sur la noyade passe en revue les grands noyés romantiques de notre littérature : Shelley, Virginia Woolf.Souvent, apprend-on, on cherchait des raisons psychologiques à des maladies dont on ne connaissait pas l'origine.Pour guérir le scorbut, selon les Français, il fallait éviter « les viandes mélancoliques », car la chair triste est susceptible de donner des maladies.Pour contrer la pathologie, écrivait Lescarbot, un chroniqueur d'expédition de l'époque, le marin avait plutôt besoin de « la compagnie honnête de sa femme légitime » ; sinon, « le corps se remplit d'humeurs et ainsi s'engendre la maladie ».Curieusement, cette idée selon laquelle tout mal du corps a son origine dans le dérèglement de l'esprit est revenue à la mode chez nous.La malaria a toujours joui d'une belle réputation littéraire, car c'est la maladie de ceux qui partent à l'aventure sous les Tropiques.Nous avons tous vu des films hollywoodiens dans lesquels un bel explorateur souffre et sue dans une hutte malsaine.Le héros du récit Au coeur des ténèbres, de Joseph Conrad, qui a inspiré le film Apocalypse Now, se meurt de malaria, et cette maladie a détruit des armées et des empires au cours de l'histoire humaine.Sous la plume de Peter Stark, l'assaut des parasites paludéens qui envahissent le sang d'un malheureux jeune homme qui cherchait l'aventure tropicale se lit comme on regarde un film d'horreur.On se met en péril dans ce livre ; on ne survit pas toujours.Ayant survécu moi-même à un accident en montagne, j'ai lu avec intérêt le récit sur « le royaume du vertical », qui décrit ce qui arrive au corps humain lorsqu'il atterrit sur un rocher après une chute libre.J'en ai lu le plus possible avant d'être happé par le souvenir de la douleur, car la prose de Stark est d'une terrible acuité.Apparamment, j'avais été plus chanceux que le personnage du récit qui, après avoir survécu au choc initial, est mort d'une aorte déchirée.Malgré son goût de l'aventure, Peter Stark nous conseille de faire bien attention, et de ne pas trop nous approcher du bord de l'abîme.On peut connaître des sensations fortes grâce à ce recueil, bien assis dans un fauteuil confortable ! \u0001 \u0001 \u0001 PÉRIL EXTRÊME : ONZE SCÉNARIOS D'AVENTURES À LA LIMITE DE L'ENDURANCE HUMAINE Peter Stark, traduit par Arthur Ynchboat JC Lattès, 318 pages Après nombre d'autres choses, Jeremy Rifkin prédit : notre civilisation ayant carburé pendant plus d'un siècle au pétrole, elle devra maintenant se convertir à l'hydrogène si elle ne veut pas péricliter, comme l'a fait l'empire romain, par exemple, en raison du.manque d'énergie.C'est nécessaire parce que le pétrole s'épuise rapidement, parce que le Moyen- Orient est de plus en plus instable et parce que l'environnement ne peut plus le supporter.L'hydrogène, par contre, est d'autant plus prometteur qu'il se trouve dans la nature en quantité infinie (90 % des molécules constituant la masse de l'univers), qu'il ne pollue pas et que sa production décentralisée, à petite échelle, peut être organisée en réseau : ainsi, un éventuel « Hydronet » constitué de milliers de piles à combustible exploitées individuellement peut être construit sur un modèle semblable à celui d'Internet.Et si Rifkin l'affirme.Sans rire, l'homme (président d'un think tank à Washington, devenu plus ou moins futurologue et certainement une grande vedette) est toujours passionnant, même dans ses erreurs.Or, Dieu sait qu'il en commet à satiété ! On se souviendra du livre qui l'a lancé, La Fin du travail, en 1997, qui prédisait une.catastrophique disparition du travail, comme le titre l'indique.Rien de tel ne semblant devoir se produire, Rifkin s'est ensuite penché sur divers autres dossiers \u2014 dont le.catastrophique futur de la génétique \u2014pour en arriver aujourd'hui à l'énergie.Comme les autres, ce bouquin-ci est alarmiste, certes : ce sera.catastrophique ! Mais il est admirablement construit et documenté, comme les autres également.On y trouvera notamment un portrait fouillé de l'univers du pétrole, cela seul justifiant amplement sa lecture.Sans parler de ces chiffres toujours étonnants que Rifkin déniche Dieu sait où.Ainsi, « l'équivalent de 500 grammes de charbon est nécessaire pour créer, organiser, stocker et déplacer 2 mégabytes de données (informatiques).Il en résulte que la demande d'ordinateurs personnels exprimée en chevaux-vapeur double tous les deux ou trois ans ».Et saviez-vous qu'on trouve 11 000 avions de ligne, 28 070 navires de transport et 1,2 million de chalutiers de pêche dans le monde, tous ceux-là fonctionnant au pétrole ?Fascinant, non ?Quoi qu'il en soit, selon l'auteur, le noeud de l'affaire se trouve dans le fait que le « pic » de la production pétrolière sera atteint quelque part entre 2010 et 2020.Il s'agit du moment où la moitié des ressources exploitables aura été exploitée et où le prix de l'or noir se mettra à grimper en flèche.Pire : ce qui restera alors des champs pétrolifères sera concentré au Moyen-Orient, ce qui n'est pas un gage \u2014 on s'en rend compte dramatiquement \u2014 de paix, de stabilité et de prévisibilité.« Il est probable, estime Rifkin, qu'au cours des 10 prochaines années, les mouvements fondamentalistes seront en mesure de renverser un grand nombre de régimes au Moyen-Orient et de constituer des États islamistes radicaux semblables à l'Iran.» Rassurant, non ?Pire encore (et en simplifiant quelque peu) : les coûts engendrés par la nécessité de neutraliser toutes les formes de pollution reliées au pétrole dépasseront le bénéfice qu'on retire de celui-ci.Il s'agit d'une loi naturelle découlant des grands principes de la thermodynamique selon lesquels l'énergie exploitée évolue vers une quantité toujours plus grande d'entropie, de désordre, ellemême de plus en plus lourde à « organiser » de façon utile et rentable.Bref, écrit-il, « l'époque que nous traversons est certainement la plus précaire de toute l'histoire postindustrielle ».Et si Rifkin l'affirme.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 L'ÉCONOMIE HYDROGÈNE APRÈS LA FIN DU PÉTROLE, LA NOUVELLE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE Jeremy Rifkin Éditions La Découverte, Paris, 333 pages Détail de la couverture de Péril extrême Malgré son goût de l'aventure, Peter Stark nous conseille de faire bien attention, et de ne pas trop nous approcher du bord de l'abîme.LITTÉRATURE FRANÇAISE Curieuse Amélie Nothomb collaboration spéciale Le Château Amélie, vous connaissez ?Je veux dire Le Château Amélie Nothomb.Un cru célèbre.Mais c'est un blanc, ce qui signifie, tout le monde sait cela, qu'il est difficile à fixer.Il évolue, il s'acidifie soudain, le voilà piquant sur la langue et rêche au palais, et tout à coup l'année d'après il devient rond, à la limite du demi-doux, fruité comme pas possible, certains disent de la prune \u2014 non, de l'abricot (ces querelles de mots, nous, cela nous fait plutôt sourire).Le Château Amélie est insaisissable et inqualifiable, comme tous les blancs de blanc.Alors là, que vous dire de la cuvée 2002 ?La propriétaire exploitante, Mme Nothomb, rencontrée voici au moins 10 ans à Montréal où elle se trouvait en tournée de promotion (et des tournées, nous en avons bues), nous avait expliqué qu'elle possédait déjà, à son jeune âge, 19 manuscrits de romans enfermés dans un tiroir.On imaginait le tiroir très grand.Et qu'elle allait en sortir un, de manuscrit, chaque année, afin « d'esjouir le bon lecteur » \u2014 Mme Nothomb adore ainsi utiliser de vieux mots qui sentent le terroir uval.Cela se fit ainsi qu'elle l'avait dit.Chaque année à la saison des vendanges, il nous tombe un roman.Les titres de ces ouvrages sont amusants, ils intriguent, ils forcent la lecture : Les Combustibles, Péplum, Mercure, Stupeur et Tremblements (celui-là, l'Académie stupéfaite et tremblante le porta au pinacle) et puis Métaphysique des tubes, en 2000, un petit cru, tout de même classé.L'an dernier, Cosmétique de l'ennemi, 2001.Ce fut une année acide, mais le divin nectar porta les dames à pouffer et les messieurs à rire.Nous bûmes avec plaisir.Cette année, le Château Amélie s'intitule Robert des noms propres, ce qui, après boire, n'a aucun rapport avec le contenu.Las ! las ! (nous aussi savons de vieux mots) le millésime est plat.Il n'a pas de corps.Il est si court en bouche que l'on a l'impression, franchies les dents, de n'avoir rien goûté.C'est que, d'abord, la publicité nous avait trompés.D'énormes panneaux (le cru a de l'argent, c'est sûr) nous annonçaient : Amélie Nothomb est morte ! Ou encore : Le portrait de l'assassin d'Amélie.Nous avions hâte de rencontrer ce monsieur (qui allait se révéler une madame) et surtout de savoir comment il allait trucider le Château, nous privant à l'avenir de sa cuvée annuelle.Or, ce supposé assassin rencontre Mme Nothomb à la page 168, soit trois pages avant la fin, et il n'a aucune raison, mais aucune, de tuer qui que ce soit.Sinon le lecteur, qui meurt de soif n'ayant rien, mais rien, compris.On nous raconte une histoire, celle d'une enfant, fille de Lucette et Fabien.Lucette, enceinte, assassine Fabien en vidant sur lui un revolver.On saisit mal la raison, c'est qu'il n'y en a pas, on est un peu comme le flic qui demande : « Vous avez tué votre mari parce que vous n'aimiez pas son choix de prénoms ?» C'est que Lucette veut appeler le bébé, si c'est une fille : Plectrude (bof, encore un vieux mot ?).Bon, ensuite Lucette est mise en prison.Puis elle accouche, fait baptiser le bébé et se suicide dans sa cellule à l'aide de quelques draps déchirés.Cela semble facile, le lecteur devrait essayer ça.Et la petite Plectrude (bof) est élevée par Clémence, la grande soeur de Lucette.Cette enfant charmante s'intéresse à toutes sortes de choses, comme tous les enfants, et se passionne soudain pour la danse, qu'elle étudiera avec les petits rats de l'Opéra tout en maigrissant énormément (les récits de l'école de danse sont totalement faux, avis aux amateurs).Puis, elle veut être chanteuse.Puis, comédienne.Puis, elle est enceinte.Tout cela n'a aucun intérêt.Puis, c'est le plaisir, elle décide de se suicider (c'est de famille), cette fois en se jetant à l'eau.Cela semble encore plus facile.Mais elle est sauvée in extremis (le latin, maintenant ?) par un certain Mathieu, tombé dans cette histoire comme un bouchon dans une bouteille de Château Amélie 2002.Et enfin, trois pages avant la fin : « Les fées lui envoyèrent alors la pire des plaies d'Égypte : une plaie de Belgique.» Il s'agit de Mme Nothomb, qui explique à Plectrude qu'elle est vouée au meurtre.Raison pour laquelle Plectrude la tue.La température de l'été dernier fut inhabituelle.El niño, sans doute.Il y eut quantité d'inondations.La niña, peut-être.Tout cela n'est pas bon pour le raisin.\u0001 \u0001 ROBERT DES NOMS PROPRES Amélie Nothomb Albin Michel, Paris, 171 pages Photothèque La Presse © Amélie Nothomb 7LP0401F1103 f4 lectures dimanche 7LP0401F1103 ZALLCALL 67 21:43:10 11/02/02 B ESSAI Les States a rebrousse-poil ALEKSI K .LEPAGE collaboration speciale Le monde est tout a l'envers et ne veut plus tourner rond.Voila qu'a Paris, on s'arrache L'Obsession antiamericaine, de Jean-Francois Revel .qui profite d'un etrange effet de mode .pendant que les Yankees epuisent les stocks de Stupid White Man, le plus chaud brulot du polemiste americain Michael Moore dont nous avons deja parle ici quand il est sorti aux Etats-Unis.N'en deplaise aux pointilleux, beaucoup de monde aime ce grand et gros gaillard.Assez de monde, en tout cas, pour justifier la traduction francaise de son dernier pamphlet, titree moins agressivement Mike contre-attaque.On se dit que ce type doit quand meme aussi bien connaitre l'etat des Etats que monsieur Revel, l'occupant du 24e fauteuil de l'Academie francaise.Dans Mike contre-attaque, le president George W.Bush est presente comme un homme dangereux malgre lui, un illettre, sinon un analphabete fonctionnel, qui ne sait pas trop ce qu'il fait, pardonnez-lui Seigneur.Finalement elu grace a quelques excellentes connections, W.Bush .on tremble a l'idee .ne serait pas l'homme de la situation.Le portrait assassin qu'en fait Moore est d'autant plus inquietant qu'il a ete brosse avant le 11 septembre, jour ou le livre devait paraitre.(La publication devait-elle forcement etre retardee ?) Mike ne coupe pas les cheveux en quatre, il les arrache a mains pleines, sans menagement.C'est d'ailleurs ce qui lui est couramment reproche depuis plus de 15 ans par des gens qui ne comprennent pas comment, a notre epoque, on peut etre gauchiste et charismatique en meme temps.Son Amerique fait dur, a tous les niveaux, mais Mike ne denonce rien sans humour.Tout est question de ton chez cet activiste remarquable.Populistes, pacifiques et decomplexes, ses ecrits et ses films rejoignent facilement le vrai monde , a qui il veut justement s'adresser.Mike contre-attaque est lance chez nous par Boreal, et en France par La Decouverte.La traduction est fidele au style de l'auteur, qui n'a rien d'un grand prosateur.Rien n'a ete trafique.C'est ecrit gros et souligne.\u0001 \u0001 \u0001 MIKE CONTRE-ATTAQUE ! ET S'EN PREND AUX ESCROCS QUI ONT FAIT MAIN BASSE SUR LA MAISON-BLANCHE Michael Moore, traduction Marc Saint-Upery Boreal, 231 pages Photo PC c Vingt-cinq ans apres avoir donne son nom au troisieme album de Jim et Bertrand, la chanson de Jim Corcoran La tete en gigue vient coiffer un recueil de 65chansons selectionnees avec soin, soit a peu pres la moitie de l'oeuvre de Jim Corcoran.CHANSON La tete en rimes ALEXANDRE VIGNEAULT collaboration speciale Discret de nature, Jim Corcoran a longtemps refuse de voir les textes de ses chansons publies dans un livre, comme des poemes, sans leur complement musical.L'operation lui paraissait superflue.Comble par sa carriere d'auteur-compositeur-interprete, heureux d'avoir le respect de ses pairs et de pouvoir compter sur l'amour d'un public fidele, il vit tres bien dans la marge.L'insistance de l'editeur Pierre Graveline aura finalement eu raison de ses scrupules.Vingt-cinq ans apres avoir donne son nom au troisieme album de Jim et Bertrand, sa chanson La Tete en gigue vient coiffer un recueil de 65 chansons selectionnees avec soin.Soit a peu pres la moitie de l'oeuvre de Jim Corcoran, accompagnee d'un DVD comprenant 11 videoclips dont Perdus dans le meme decor et Je me tutoie qui, sauf erreur, demeure le plus court jamais realise au Quebec.En relisant ces textes, des plus recents aux plus anciens, on a le plaisir de revoir pas a pas l'evolution d'un poete qui aime les jeux de mots et les detournements de sens.Sa poesie, plus narrative, il y a 30 ans, s'affine au fil des ans pour devenir plus elliptique.Entre Les Chaines et Entre tout et moi, il y a un monde.Le chansonnier a tendance poetique est devenu un veritable poete, un artisan de la langue capable de fabriquer des images concises et percutantes : sans poids, moi, j'suis toi / sans toi, moi, j'suis coi / l'emoi, c'est toi, c'est tout .Plaisir du rythme, plaisir des sons et du mot exact, l'anglophone a dompte le francais et prend son pied.Plus encore, ces 65 chansons nous permettent egalement de voir l'evolution d'un homme vis-a-vis de ses desirs.Son lent apprivoisement de la sensualite dans le texte ou ce qu'il appelle la progressive dislocation de l'Anglo en lui.Jamais Jim Corcoran n'aurait pu ecrire au seuil de nos dessous / ou grondent nos desirs / dejeunons sans gene / deployons nos levres / deposons nos armes / pillons nos pudeurs ou dis-moi qu'tu m'veux / qu'tu veux qu'j'te plaise / que j'te mette a l'aise / que j'te badigeonne de moi , il y 25 ans.Tout ca est trop ouvertement sensuel pour le jeune homme un peu romantique qui ecrivait j'ai la tete en gigue et le coeur en septembre avec un delicieux accent anglais qui ne l'a jamais quitte.La chanson est un terrain de jeu ou la poesie est une option, pas une obligation , aime dire Jim Corcoran.En faisant de la chanson, il a choisi de jouer et de dejouer la langue et il est devenu poete.Plus encore, il a trouve la maniere Jim , pour reprendre les mots de la romanciere Marie Laberge, qui signe la preface.Peu de chansonniers .et meme de poetes .finissent par donner a leurs textes une courbure aussi personnelle.\u0001\u0001\u00011.2 LA TETE EN GIGUE Jim Corcoran Vlb editeur, 123 pages 3079033A Dernier appel a tous Al'occasion du 25e anniversaire du Salon du livre de Montreal, La Presse demande a ses lecteurs de lui soumettre une liste de cinq livres quebecois ou franco-canadiens qui ont marque l'histoire du Quebec.Il peut s'agir de romans, de recueils de poesie et meme d'essais.Envoyez votre liste a jlepage@lapresse.ca ou a l'adresse suivante : La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montreal, H2Y 2H9.Vous avez jusqu'au 8 novembre pour ce faire.La liste sera publiee et commentee dans nos pages pendant le Salon du livre qui se deroulera du 14 au 18 novembre a la Place Bonaventure.Louis Gauthier Voyage au Por tugal avec un Allemand Fides Judith Lavoie Mark Twain et l a parole noire Les Presses de l'Universite de Montreal Pierre Nepveu Lignes aeriennes Editions du Noroit Gaetan Soucy Music-Hall ! Boreal Guillaume Vigneault Chercher l e vent Boreal Grand Prix du livre de Montreal 2 O O 2 Felicitations aux finalistes Ville de Montreal 34e Grand Prix du livre de Montreal Le nom du laureat sera devoile lors d'une ceremonie qui se tiendra a l'hotel de ville le lundi 11 novembre 2002 3092359A 7LP0501F1103 f5 lectures dimanche 7LP0501F1103 ZALLCALL 67 21:47:11 11/02/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 3 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 ENTREVUE La face cachee de Wajdi Mouawad EVE DUMAS Avant de devenir le prolifique dramaturge que l'on connait, Wajdi Mouawad etait deja romancier.Fraichement arrive au Quebec, orphelin de mere depuis peu, etudiant a l'Ecole nationale de theatre, l'adolescent s'etait lance dans l'ecriture comme un naufrage sur une bouee de sauvetage.Visage retrouve, premier roman de l'auteur de Littoral, anterieur a toute sa production theatrale, ne paraissait que la semaine derniere, non moins de 14 ans apres le jet initial.A cette epoque-la, j'ecrivais beaucoup, confiait-il en entrevue quelques semaines avant la sortie du livre, au Theatre de Quat'Sous, dont il assure la direction depuis deux ans.Quand je rentrais chez moi le soir, la seule chose que je pouvais faire, c'etait ecrire.D'une maniere inconsciente, je devais mettre en mots l'epoque la plus difficile de ma vie.Ecrire, pour moi, c'etait une maniere de reflechir.Le romancier et dramaturge en herbe s'exercait a la litterature depuis quelques annees deja.Tout avait commence en France, dans le cours de redaction.J'aimais enormement ecrire.Je le faisais chez moi.Chaque fois avec la pretention d'ecrire un roman.Toutes mes histoires tournaient autour d'une phrase.Un soir, Gabriel voulut rentrer chez lui, mais en arrivant devant sa maison, il trouva un grand trou.Il y avait a l'origine de chaque projet d'ecriture un phenomene surnaturel ou etrange, qui etait le fruit de la grande influence litteraire que Wajdi Mouawad a connue dans sa vie : Kafka et, plus precisement, La Metamorphose.Kafka J'ai decouvert la parole, la litterature, avec Kafka.J'avais 14 ans, un age crucial.Tout a coup, j'avais le sentiment singulier que ce dont il etait question dans ce roman (La Metamorphose) ne concernait que moi et qu'a la limite, ce roman n'avait ete ecrit que pour moi.Ce heros n'etait pas un heros imaginaire, c'etait moi, point a la ligne.A partir de ce moment, je n'ai voulu lire que ce genre de chose.Plus que ca, j'ai voulu moi aussi, d'une maniere tres enfantine, participer a ca.C'a declenche l'ecriture chez moi.J'ai realise que les mots pouvaient etre un lieu de colere, l'ecriture un lieu de parole.C'a brise le silence.C'etait une delivrance, un truc phenomenal.Et un jour, en rentrant de l'Ecole nationale, Wajdi Mouawad a pense a cette histoire tres semblable aux autres, mais qui resonnait differemment dans son coeur et dans sa tete.Il sentait que tout a coup, les choses tombaient en place.J'ai ecrit une phrase dans laquelle un jeune garcon rentre chez lui, apres l'ecole.On lui ouvre et il decouvre plein d'etrangers dans son appartement.Il se demande bien qui c'est.Il se dit que ce sont des amis de la famille, mais s'etonne que la famille ne soit pas presente.Petit a petit, il realise que ces etrangers sont sa famille, mais qu'ils ont perdu le visage qu'il leur connaissait.Quand j'ai ecrit ca, j'ai senti que tout a coup, j'avais trouve l'histoire.J'avais hate de savoir ce qui arriverait au personnage, j'avais envie de continuer cette histoire-la.Le lendemain je n'etais plus le meme.J'avais un secret.Moi, apres l'ecole, je rentrerais chez moi et il y aurait une histoire qui m'attendrait.On pouvait bien me dire toutes les betises qu'on voulait, me traiter de tous les noms, j'avais tout a coup une force.L'ecriture comme l'amitie C'a ete cette histoire qu'il a poursuivie au fil des ans, mais pas de facon assidue.Wajdi Mouawad ne s'identifie pas a l'auteur hyperdiscipline qui a la rigueur d'ecrire tous les jours, suivant un horaire strict.Je suis avec l'ecriture un peu comme avec l'amitie, c'est-adire c'est toujours comme si on s'etait vus la veille.D'autant plus que pour ecrire ce roman, il a fonctionne par decalages.Quand j'ai commence a ecrire, ca ne faisait pas longtemps que ma mere etait morte.Je ne savais pas que j'etais en train d'ecrire un livre sur la mort de ma mere.Ca m'a pris huit ans avant de le comprendre.J'ai commence par ecrire ce passage de la fugue, que j'ai vraiment vecue, mais ca faisait sept ou huit ans que cette histoire etait passee.J'ai ecrit toujours avec huit ans de difference par rapport a l'evenement.A un moment donne, je devais plonger dans l'ecriture sur la mort de ma mere, mais j'etais encore trop proche.Alors, il a fallu que le temps passe.Pendant trois ou quatre ans, j'ai corrige et recorrige cette partie sur la fugue.Il y a trois ans, la catharsis a eu lieu et l'artiste au temperament impetueux a enfin pu ecrire la derniere partie de son roman, intitulee La Colere.C'est sorti d'un trait, comme une fleche.La derniere phrase est arrivee comme un plomb qui tombe.Je sentais que ces motsla etaient trempes dans une eau extremement douloureuse, l'eau la plus profonde que j'aie en moi, en tout cas celle que je peux atteindre.Je tenais le fil qui etait retenu au seau du bout des doigts.Je ne pouvais pas aller plus bas.C'est peutetre ca mon deuil.J'aurais voulu aller encore plus bas, aller chercher encore plus profondement.Le dramaturge, habitue de voir l'aboutissement de son travail se concretiser sur une scene de theatre, vivait un trac fou a la veille de la sortie publique, definitive, irrevocable de 14 annees de labeur.L'ecart qui existe entre ce qu'on edite et cet absolu que l'on porte est epouvantablement gigantesque.Si ce n'etait que de moi, je ne l'editerais pas.Je pense constamment a cette phrase de Paul Valery : On ne termine pas un roman, on l'abandonne.Au theatre, une piece est finie quand je l'ai presentee aux spectateurs.C'est comme si je me genais moins pour faire l'apprentissage en public.Parfois ca donne des trucs bien, parfois des trucs moches.Je n'ai jamais ete nerveux pour le theatre, angoisse, etc.Parce que je sais qu'il y en a une autre qui arrive.Mais je n'ecrirai pas 20 romans dans ma vie, c'est sur.Surtout pas des romans aussi personnels et arraches a une douleur presque primale comme Visage retrouve.Ca m'a pris 14 ans pour me rendre compte que merde, dans le fond, je ne faisais que raconter mon histoire.C'est idiot, mais c'est super important, parce que ca n'a jamais ete mon intention.Au depart, je voulais ecrire une histoire surnaturelle.Pourtant, il s'y remettra sans doute, surtout s'il tient sa promesse encore reiteree d'abandonner un jour le theatre, milieu dont il ne supporte plus le bavardage, le potinage et la mievrerie , pour retrouver une forme d'anonymat .Il y a quelque chose que je dois clore.Il faut que je me retrouve dans une situation d'insecurite, que je fasse exploser des choses, sauter des ponts.En attendant, il se contentera de les bruler, dans sa nouvelle piece Incendies, que l'on pourra voir a Montreal au printemps.VISAGE RETROUVE Wajdi Mouawad Lemeac/Actes Sud, 211 pages Photo MARTIN TREMBLAY, La Presse c Wajdi Mouawad est directeur du Theatre de Quat'Sous.MUSIC-HALL ! Un roman riche, complexe, fascinant.1/2 Reginald Martel, La Presse La puissance de feu romanesque de Soucy est epoustouflante : ce magicien est un bonimenteur qui n'a pas froid a l'imagination.Daniele Brison, Le Magazine litteraire Un roman epoustouflant, etrange et deroutant qui allie le recit picaresque et la tragedie.Danielle Laurin, Bouquinville Radio-Canada GAETAN SOUCY Boreal www.editionsboreal.qc.ca Roman .396 pages .27,95 $ c Martine Doyon 3091286A Stephane Bourguignon Apres L'Avaleur de sable, Le Principe du geyser et la serie televisee la Vie la vie, voici le nouveau roman de Stephane Bourguignon www.quebec-amerique.com Un peu de fatigue Photo : c Josee Lambert 3092098A BEAUX LIVRES Les joies de la campagne CLAUDE V .MARSOLAIS collaboration speciale On a beau avoir le coup de foudre pour une jolie maison de campagne, la decision d'aller vivre hors de la ville ne se prend pas a la legere.C'est le cas de Francois Barcelo, ecrivain prolifique, qui a fait le grand saut en 1992 tout en conservant son logement de ville pendant une annee au cas.Dans un ouvrage intitule Carnets de campagne aux editions Les heures bleues, Barcelo nous raconte, en faisant des rimettes, comment se vit la campagne a Saint-Antoine, pres du Richelieu.Le livre est magnifiquement illustre d'aquarelles representant des images pittoresques de la campagne quebecoise, realisees par l'artiste Jean-Paul Ladouceur, avant sa mort en 1992.L'ouvrage, ecrit sur un ton leger et amusant, aborde differents themes relies a la vie quotidienne et aux saisons.Barcelo y parle de la metamorphose de la riviere Richelieu au gre des saisons, des fleurs et des mauvaises herbes, des animaux, des institutions, de ses randonnees en velo presque toujours sur le meme circuit, de l'hiver, des travaux de bricolage, des inconvenients et des avantages de vivre a la campagne.En parlant du fumier, il ecrit humoristiquement : Il suffit que vous le humiez le court moment d'un tout petit instant pour songer a fuir loin des vaches et des champs.Mais les cultivateurs cultivent et les gens qui vivent pres d'eux n'ont qu'a se resigner, se taire et se boucher le nez.Vous vouliez vivre au milieu des fermiers ?Il vaut mieux que vous la fermiez.Mais demandez-lui s'il compte passer les dernieres annees de sa vie a la campagne, a attendre que tombe la nuit, que le soleil se leve ou que passe le facteur , il repondra oui.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 CARNETS DE CAMPAGNE Francois Barcelo et Jean-Paul Ladouceur Editions Les fleurs bleues, 130 pages 7LP0601F1103 f6 lectures dimanche 7LP0601F1103 ZALLCALL 67 21:10:12 11/02/02 B Jos Montferrand, le Maurice Richard du XIXe siècle MATHIEU-ROBERT SAUVÉ collaboration spéciale Il y a 200 ans, le 25 octobre, naissait à Montréal Jos Montferrand.Les Québécois le connaissent surtout par la chanson de Gilles Vigneault : « Le cul su'l'bord du Cap Diamant, les pieds dans l'eau du Saint-Laurent/J'ai jasé un p'tit bout d'temps avec le grand Jos Montferrand.» L'invincible raftman a aussi inspiré La Bolduc, le dramaturge Louis Guyon et trois biographes, André-Napoléon Montpetit, Benjamin Sulte et Wilfrid Laurier, avant de tomber dans l'oubli.À son époque, pourtant, cet homme qui « fait des pas de 100 pieds d'long », se « lave dans l'océan » et « s'assoit sur les montagnes », pour reprendre les paroles de Vigneault, a été plus qu'un héros.Il a été un mythe, une légende.« Jos Montferrand incarnait les rêves et les ambitions de son peuple.C'était le Maurice Richard du XIXe siècle », lance Michel Prévost, archiviste en chef à l'Université d'Ottawa et président de la Société d'histoire de l'Outaouais.La réputation de cet Hercule blond aux yeux bleus a vite fait le tour du pays, de Terre-Neuve au Pacifique.Mais elle a aussi sévi aux États-Unis pendant un bon siècle où, comme le relate le Journal of American Folklore, la force de « Joe Muffraw » (ou Montferrat, Murfraw, Mufferon, etc.) a circulé dans la tradition orale comme synonyme de terreur nordique.Premier d'une lignée d'hommes forts qui s'étend jusqu'à nos jours (le policier Hugo Girard cherche en 2002 à conquérir le titre d'homme le plus fort du monde), Montferrand pouvait lever une charrue d'une seule main ou transporter deux hommes assis sur un billot de 16 pieds.Fort de la savate, il imprimait au plafond des auberges la trace de sa botte, assurant la fortune des tenanciers : tous les voyageurs voulaient voir ça ! Courageux, audacieux et patriote, il ne refusait aucune bataille et prenait un plaisir particulier à rosser les Collins, Hennessay Moore et Mac Donald qu'il trouvait sur son chemin.Il a d'ailleurs participé aux événements du 21 mai 1832 à la place d'Armes, à Montréal, qui se sont soldés par la mort de trois électeurs francophones tombés sous les balles des soldats britanniques.Montferrand contre Cyrano Mais la véritable heure de gloire de Montferrand survient trois ans plus tôt, en juillet 1829, quand un groupe de chaîneurs irlandais (les « Shiners ») lui tend un guet-apens sur le pont qui enjambe la rivière des Outaouais entre Bytown et Wrightsville (aujourd'hui Ottawa et Gatineau).Armés de gourdins et d'outils de fortune, les Shiners sont bien décidés à lui faire payer les affronts répétés qu'il fait subir aux Anglo-Saxons dans les tavernes et le long des portages.L'embuscade tourne mal.pour les assaillants.Au plus fort de l'affrontement, Jos empoigne un agresseur par les chevilles et le fait tourner au-dessus de sa tête en heurtant les autres.Il fait basculer les assaillants par-dessus bord et frappe de toutes ses forces.Après la bagarre, la scène est tragique.Le sang coule du tablier du pont.Plusieurs victimes gisent dans les eaux rouges de la rivière des Outaouais.Le grand Montferrand, victorieux, poursuit son chemin vers les chantiers de la Haute- Gatineau, tenant dans sa besace le salaire de ses hommes.Les témoins n'en croient pas leurs yeux.Il a mis en déroute, à main nue, 150 hommes déchaînés.Quand on pense que le héros romantique de la littérature française Cyrano de Bergerac a maté 100 hommes au bout de son épée, comment peut-on douter de l'envergure mythique de Jos Montferrand ?L'historien Jean Provencher rappelle que la valorisation de la force physique est un trait commun aux petits peuples soumis à une autorité extérieure.C'est en quelque sorte une façon de s'identifier au pouvoir.« Jos Montferrand personnifiait les valeurs de son temps, explique- t-il.Pour ses contemporains, il était un héros tout désigné.» Un homme lettré Pas de doute : Montferrand était adulé.Il faut comprendre le contexte dans lequel a vécu ce charretier devenu homme de bois puis contremaître de cageux (ou raftmen).Décrit comme un homme de haute stature (il mesurait six pieds quatre pouces) et doté d'une grande force, Jos Montferrand surprend les Montréalais dès son adolescence alors qu'il vainc un champion canadien.On le surnomme le « coq du faubourg Saint-Laurent ».Puis, attiré comme bien des jeunes par les grands espaces, il s'engage dans le commerce des fourrures et, ensuite, dans les chantiers forestiers.Il passera l'essentiel de sa carrière dans l'Outaouais, particulièrement en Haute-Gatineau, là même où Honoré Beaugrand plante le décor de sa Chasse-galerie.À 55 ans, il prend sa retraite et termine tranquillement sa vie rue Sanguinet, à Montréal, où il s'éteint à 62 ans.Il repose au cimetière Notre-Dame des Neiges.Quels vestiges conserve-t-on de lui ?Assez peu de choses, en vérité.Aux archives nationales du Québec ou du Canada, à la Bibliothèque nationale du Québec, à la Bibliothèque de Montréal, le seul fonds à son nom contient une note manuscrite datée de 1859 et un portrait \u2014 le seul connu \u2014le montrant dans la force de l'âge, vêtu comme un rentier.On a aussi retracé son extrait de naissance et son acte de décès.Du texte de Laurier, seules quelques pages ont survécu jusqu'à nous.L'unique biographie étoffée, signée Benjamin Sulte, est décevante car, comme l'explique le Dictionnaire biographique du Canada, Montferrand y incarne trop l'idéologie cléricale des élites.« Ce n'est pas un enfant de choeur, mais il aurait pu l'être, peut-on lire (.) Il a une grande confiance en Dieu, une profonde vénération pour la Sainte-Vierge et sait d'instinct qu'il ne devra utiliser sa force que pour redresser les torts et punir les méchants.On se doute bien que Jos n'était pas ce dévot gorgé de vertu.Il courait la galipote, prenait un coup solide et faisait du tapage les soirs de pleine lune.D'ailleurs, Michel Prévost, qui lui a consacré un article dans un numéro récent de Cap-aux- Diamants, rappelle une controverse autour de l'appellation du palais de justice de Hull, l'« édifice Montferrand ».Les magistrats outaouais se sont opposés avec véhémence à ce que leur lieu de travail porte le nom d'un « pilier de taverne ».La même objection s'est posée à la suite des fusions municipales : Montferrand, avec Gatineau, Buckingham, Hull, Aylmer et Masson-Angers, était parmi les finalistes.C'est Gatineau qui l'a emporté.Quoi qu'il en soit, Jos Montferrand incarne une époque où l'exploration du territoire se faisait à la sueur des bras : embarqués à Lachine, les voyageurs en canot d'écorce touchaient Fort William (Thunder Bay) en 40 jours.De là, 60 jours d'aviron à contre-courant étaient nécessaires avant de joindre Fort Chippewigan.Au cours de sa vie, Montferrand a connu l'essor du bateau à vapeur, du chemin de fer, d'un réseau de routes carrossables.L'industrie forestière est venue faire oublier le commerce de la fourrure.C'est aussi l'époque de l'échec des Patriotes, de la fuite de Papineau.Les luttes ethniques opposant Irlandais, Canadiens, Britanniques et autochtones se succèdent sans répit.Des mystères demeurent : comment ce fils d'ouvrier orphelin de père a-t-il pu apprendre à écrire ?Le fait qu'il fût lettré, rarissime à l'époque pour un Canadien de milieu modeste, lui a conféré un net avantage sur ses concurrents pour gravir les échelons de ses employeurs, Bowman et Mc Gill.Les bons contremaîtres étaient choyés et Jos a reçu d'excellents gages.Il a vécu confortablement toute sa vie, accumulant une raisonnable fortune.Il a pris sa retraite en 1857.À cette époque, la « liberté 55 » était plutôt rare.De sa descendance, il ne connaîtra rien, puisque son seul fils est né après sa mort.Un costaud, lui aussi.L'auteur prépare une biographie de Jos Montferrand pour la collection Les Grandes figures, éditions XYZ, avec la collaboration de Louis-André Hubert.On se doute bien que Jos n'était pas un dévot gorgé de vertu.Il courait la galipote, prenait un coup solide et faisait du tapage les soirs de pleine lune.Premier d'une lignée d'hommes forts qui s'étend jusqu'à nos jours, Montferrand pouvait lever une charrue d'une seule main ou transporter deux hommes assis sur un billot de 16 pieds.AVEZ-VOUS LU?La visite nordique de Diane Groulx Après Le défi nordique, retrouvez Aurélie, Julien et Noah pour une autre aventure excitante.Leurs vacances d'été tournent au tragique lorsqu'un chien disparaît mystérieusement.Coll.roman jeunesse 11 ans et plus 144 pages/9,95 $ Les éditions du soleil de minuit Terre de glaces de Louise-Michelle Sauriol Une aventure palpitante au coeur de l'Arctique québécois avec Amina, une jeune immigrée arabe, et Jiimi, un jeune Inuk, tous deux malentendants.Coll.roman jeunesse 11 ans et plus 208 pages/9,95 $ Les éditions du soleil de minuit Identifiez correctement cette personne et courez la chance de gagner le livre Paroles d'hommes de Mathias Brunet Indice : Il a sa propre chronique à La Presse : Nom : Prénom : Adresse : App.: Ville : Code postal : Téléphone (domicile) : ( ) Téléphone (travail) : ( ) Retournez le coupon de participation à l'adresse suivante : « Concours Paroles d'hommes », Québec Amérique, 329, rue de la Commune Ouest, 3e étage, Montréal, Québec H2Y 2E1.Tirage le 1er décembre à 15 h.Les règlements du concours sont disponibles chez Québec Amérique.Valeur totale des prix offerts, 3 119$.Les fac-similés ne sont pas acceptés.www.quebec-amerique.com livres à gagner 3092656A 5 000 $ de livres en prix.Il n'y a pas d'âge pour être passionné de livres ! Vous l'étiez déjà à l'âge qu'ont vos enfants aujourd'hui?Ils le sont encore plus que vous?Vous vous demandez sur quelle table de chevet se retrouvera la dernière nouveauté ou le vieux classique écorné?Faites-nous part des lectures qui ont bercé votre enfance et de celles qui aujourd'hui captivent vos enfants.Quel était votre livre préféré ?Quel est celui de vos enfants?Participez en famille en nous faisant parvenir vos choix respectifs et courez la chance de gagner des livres pour tous vos goûts.Seront attribués par tirage au sort : 1er prix : une bibliothèque de livres jeunesse et adulte d'une valeur de 2 500 $; 2e prix : 25 sélections de livres jeunesse et adulte d'une valeur de 100 $ chacune.La famille gagnante sera conviée à recevoir son prix lors de la soirée d'inauguration du Salon du livre de Montréal, le jeudi 14 novembre 2002.Le nom des gagnants sera publié dans La Presse.Participez de l'une des façons suivantes : , remplissez le coupon ci-joint et retournez-le aux bureaux du Salon du livre de Montréal au 480, boul.Saint-Laurent, bureau 403, Montréal (Québec) H2Y 3Y7 ou , sur notre site Internet à l'adresse : www.salondulivredemontreal.com Le concours se termine le 12 novembre à 23 h 59.La valeur totale des prix offerts est de 5 000 $.Les règlements sont disponibles aux bureaux du Salon du livre de Montréal et sur notre site Internet.Adultes 6$ W Aînés 4$ W Étudiants 3$ ( Taxes incluses) www.s a l o n dul i v r e demontreal.com 14,18 novembre CONCOURS : « Les livres : une passion familiale » 25 ans au coeur du livre CONCOURS «Les livres, une passion familiale» ÉCRIRE EN LETTRES MOULÉES Choix du parent : Choix de mon enfant : Nom du parent : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Téléphone (rés.) : Téléphone (trav.) : 3093143A 7LP0701F1103 f7 3 NOV 7LP0701F1103 ZALLCALL 67 17:40:27 11/02/02 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2002 F7 LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC03NEM Je raccroche le combiné et m'écrie en crachant les miettes: «YARK!» J'ai pris ma bouche pour une poubelle, tellement je suis énervée! Lorsqu'elle apprend que je me suis présentée à l'audition, Mandoline me crie au bout du fil: - J'en tombe en bas de ma chaise! Si elle ne me répète pas dix fois: «C'est super-au-boutte-de-touttemais- j'en-reviens-pas-pantoute!» elle ne le dit pas une fois.Elle ajoute: - J'en connais un qui doit être content! Je la traite de langue sale et lui dis: - À demain! Je suis perplexe en raccrochant.Visiblement, Mandoline était déjà au courant de la nouvelle.Sinon elle n'aurait pas dit: «J'en connais un qui doit être content!» Mais pourquoi a-t-elle feint la surprise quand je lui ai annoncé que je serais Juliette?Là, j'ai faim en syntaxe! Mon ventre crie famine.Je crie à ma mère: - Est-ce que c'est prêt?Elle ne répond pas.Je relance la question.Pas de réponse.Je décide d'aller voir de près.Il fait noir à la cuisine.Pas d'eau qui bout sur le feu ni de mère à l'horizon.Elle s'est rendormie sur le canapé, emmitouflée dans son imper.Ce n'est pas dans ses habitudes de piquer un somme; deux, c'est déjà très louche.CHAPITRE 30 Ce matin je voudrais rapetisser.Avoir cinq ans.Me faire bercer, border, raconter des histoires.J'ai encore taché mes draps pendant la nuit.Mes règles irrégulières me jouent immanquablement des tours.- 41 - Willie saute en bas du lit.Depuis quand ma mère dort-elle avec mon chat?- Salut, Juliette! Emmanuel m'a fait sursauter.Ça le fait rire, moi pas! Il s'en aperçoit et prend les devants pour ouvrir la porte de l'auditorium.- La galanterie, ça n'excuse pas tout, je sais! me dit-il en m'invitant à entrer la première.Je me surprends à lui répondre: - Ah, Roméo! Ta gentillesse et ton honnêteté me désarment! - Eh que tu es belle quand tu souris! ajoute-t-il.Il est très convaincant! Je rosis.- Excusez-moi! fait Lena Cordeau en courant derrière nous, dans l'allée centrale.Je ne pensais jamais arriver à temps! Panne sèche sur la métropolitaine en pleine heure de pointe! Faut le faire! Enfin.Bon, tout le monde est là?fait-elle en jetant un oeil à la troupe.Emmanuel s'installe dans la deuxième rangée.Je vais m'asseoir à côté de Nénette Dumouchel, en avant.La bouche pleine, elle jure que ces caramels hollandais super fondants l'entraînent directement dans le nirvana! - Goûtes-y! insiste-t-elle en me tendant le paquet.J'hésite.Le sucre, c'est fatal quand on est menstruée.- Non merci! Vite, avaler au plus sacrant deux comprimés de Motrin IB avant d'être complètement dévastée par ces épouvantables douleurs menstruelles.J'envie Mandoline.Réglée comme une montre suisse, elle ne souffre d'aucun symptôme, ni physique ni émotionnel.Aujourd'hui, jour 3, jour chargé! Premier cours de l'avant-midi: français, avec nul autre que le très baveux Bêtéméchant.Je ne sais toujours pas si je peux piffer ou non ce prof! Ça y est, syntaxe! Je commence à avoir mal au ventre! En allant porter mes draps au lavage, je remarque que la porte de chambre de ma mère est fermée.Or il est huit heures trente.J'ouvre.Maman dort.Je lui dis: - Tu prends congé, aujourd'hui?Pas de réponse.Je m'approche d'elle et la secoue légèrement.Elle ouvre les yeux et regarde son réveille- matin.- Sincicroche! J'ai une réunion avec le conseil d'administration à neuf heures moins quart! Elle se lève sans me voir et se précipite dans sa penderie.À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 2000 Éditions Québec Amérique Inc.ROM03NE 7LP0802F1103 f08 dimanche 03 novembre 7LP0802F1103 ZALLCALL 67 00:24:12 11/03/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2002 LA PERRUCHE À COLLIER À la conquête de l'Angleterre À TIRE D'AILE Plumage vert tendre, bec rose vif, presque rouge, collier noir, iris noirs cerclés de jaune ou d'orange, la perruche à collier est une beauté.Originaire de l'Asie et de l'Afrique, elle fait partie de la vie quotidienne de plusieurs villes de l'Inde.Apprécié par les uns, le petit perroquet est détesté par les autres.Dans son dernier recueil relatant ses voyages à l'étranger en quête de sujets exotiques, le peintre animalier canadien Robert Bateman raconte que lors de son passage en Inde, les perruches domestiquées se juchaient sur l'épaule de leurs protecteurs en caquetant sans interruption.« En liberté, elles sont tout aussi joueuses, filant dans l'atmosphère en formations d'importance variable, se poursuivant les unes les autres et piquant brusquement pour examiner un figuier sauvage ou un champ de blé mûr.» Si jolie soit-elle, la perruche à collier est aussi considérée comme une peste qui bouffe de grandes quantités de céréales, notamment du maïs, mais aussi des fruits de toutes sortes et même les graines de caféier.Elle aurait aussi tendance, comme c'est le cas chez plusieurs perroquets, à prendre une seule becquetée dans un fruit puis de passer à un autre.Il existe quatre sous-espèces de perruches à collier, deux étant originaires de l'Afrique et les deux autres de l'Inde et du Pakistan.Elles sont très difficiles à différencier les unes des autres, mais la perruche indienne est la plus répandue en captivité.Appréciée comme oiseau de compagnie, elle a voyagé à travers le monde.Et comme cela se produit souvent, certains individus se sont échappés de captivité ou ont été libérés volontairement.Si bien qu'elle est maintenant présente à l'état sauvage dans 35 pays, habituellement en milieu urbain.On la retrouve notamment dans le sud des États-Unis où les populations sont faibles mais stables.Ce n'est pas le cas en Grande- Bretagne, où elle est signalée un peu partout, même à Glasgow, en Écosse, un coin plutôt frais en hiver.Les premières mentions de nidification en terre anglaise sont à Norfolk, en 1855, mais la petite population a disparu par la suite.Le second cas de nidification fut enregistré en 1969.Une étude de l'Université York rendue publique en juillet dernier et rapportée dans le Sunday Times, signale qu'au moins 4000 perruches à collier évoluent librement à Londres et qu'environ 12 000 sont réparties à travers le pays, souvent en petits groupes de 100 ou 200 oiseaux.Elles ont l'habitude de s'installer dans les cimetières, les parcs et les terrains de jeux où elles passent la nuit ensemble dans de gros arbres, produisant des quantités substantielles de fientes.À Esher, dans le sud de l'Angleterre, le club de rugby prend la chose avec philosophie.Le terrain du club abrite maintenant une colonie de 2500 perruches, si bien que l'organisation sportive songe maintenant à changer son nom pour celui de « Perrokeets », indique l'hebdomadaire.Les fusils parlent Les scientifiques se montrent moins enthousiastes.Le perroquet représente une menace pour les cultures fruitières, selon eux, surtout les poires et les pommes.Les quelques fermiers qui ont déjà connu des problèmes ont sorti leur fusil.Au même moment, des gangs de jeunes partent à la chasse à la perruche dans le but de les capturer vivantes et de les vendre à des animaleries.Drôle de retour des choses puisque les ornithologues estiment que ces oiseaux sont des descendants de perruches importées en grande quantité au début des années 70.Les acheteurs, qui pouvaient s'en procurer à très bas prix, croyaient qu'elles pouvaient parler aisément.Si certaines sont particulièrement talentueuses, la plupart parlent peu.Les acheteurs déçus se sont donc débarrassés de leurs compagnons, plusieurs oiseaux se sont évadés et certains experts soutiennent aussi qu'une évasion massive a déjà eu lieu à la station de quarantaine de l'aéroport Heathrow, rapporte l'hebdomadaire anglais.La perruche à collier peut vivre une vingtaine d'années en liberté et produire deux oisillons par année.Certaines colonies ont doublé au cours de la dernière décennie.Si de nombreux propriétaires de mangeoires apprécient toujours ce nouvel arrivant, certains ornithologues lancent une autre mise en garde.Impressionnante à cause de sa taille d'une quarantaine de centimètres, la perruche à collier est aussi très agressive et chasse tous les autres oiseaux lorsqu'elle investit un poste d'alimentation.À peine plus petit que notre corneille, même le massif choucas des tours doit céder la place.Si bien qu'une association vouée à la protection de la nature prépare actuellement un document dans le but de démontrer que la jolie perruche pourrait constituer une menace pour l'avifaune anglaise.Un agréable oiseau de compagnie Relativement peu connue chez nous, la perruche à collier fait un excellent oiseau de compagnie même si sa réputation est parfois malmenée, explique Michelle Aubin, copropriétaire du Zoo et refuge d'oiseaux exotiques Icare, à Roxton Falls, en Montérégie.«Ce sont des oiseaux très jolis, peu exigeants côté nourriture, toujours de bonne humeur et peu sujets aux maladies, dit-elle.Il arrive que certains parlent et possèdent même un vocabulaire assez important.Et ils ne sont pas criards même si leur voix est perçante.Une cage de grandeur moyenne leur convient très bien.» Ces petits perroquets semblent être appréciés par leurs propriétaires, car on les retrouve rarement dans les refuges d'oiseaux.Mais il y a un hic.Les femelles sont plutôt agressives, insiste Mme Aubin.Dans leur milieu naturel, elles sont dominantes par rapport aux mâles.Contrairement à plusieurs autres espèces d'oiseaux de compagnie, l'élevage de la perruche à collier est relativement récent chez nous et les méthodes pour éviter que les femelles ne développent leur agressivité ne sont pas toujours connues des éleveurs.Ce comportement se manifeste d'ailleurs au nid dès les premiers jours suivant leur naissance à cause de la compétition pour la concurrence entre frères et soeurs.C'est pour cette raison que Michelle Aubin conseille aux amateurs de se procurer un mâle qui se distingue par son collet noir et par la mandibule inférieure de son bec de la même couleur.Il faut habituellement de deux à trois ans, parfois un peu moins, pour que ce dimorphisme se manifeste.Aussi est-il prudent de réclamer de l'éleveur un certificat de sexage.Une perruche à collier vaut de 350 à 600$, mais les sujets colorés issus de mutations (bleus, gris, jaunes) coûtent habituellement beaucoup plus.L'experte estime que cette perruche ne pourrait survivre en pleine nature au Québec.Elle ne peut survivre longtemps à une température inférieure à moins 5.Photo ARMAND TROTTIER La perruche à collier est habituellement un agréable oiseau de compagnie même si elle ne possède pas le don de la parole.Si la trace du collier de notre jeune mâle est nettement visible, la bande noire qui caractérise l'espèce fera son apparition seulement vers l'âge de deuxans.Une soixantaine d'espèces de perroquets en Floride L'IMPORTATION massive de perroquets pour l'industrie des animaleries au cours des années et l'évasion accidentelle (et parfois volontaire) de certains ont amené l'apparition de plusieurs petites populations de psittacidés aux États-Unis, particulièrement dans le sud du pays.En Floride, l'État qui bat tous les records dans ce domaine, on en a dénombré jusqu'à maintenant plus de 60 espèces évoluant en totale liberté, indique The Sibley Guide to Bird Life & Behavior.Toutefois, il est parfois difficile de dire si une espèce donnée est bel et bien établie sur le continent.Certain oiseaux vivent quelques décennies et les individus en liberté peuvent parfois appartenir au même groupe évadé depuis longtemps.La perruche à collier est établie dans le sud de la Floride (Miami) et de la Californie (Los Angeles), comme s'est aussi le cas de la conure à joues vertes qui vole aussi sous le soleil texan.Par contre, la perruche ondulée, un des oiseaux de cage les plus populaires, vit par milliers à l'état sauvage dans certaines régions de la Floride depuis le début des années 80, bien loin de ses terres australiennes.Importé d'Amérique du Sud, le toui à ailes jaunes, un autre petit perroquet, serait toujours en progression en Floride et en Californie, mais son cousin, le toui à ailes variées, serait en régression.Par contre, l'établissement de la conure verte dans le sud du Texas semble un phénomène naturel puisque que l'espèce niche dans les États limitrophes du Mexique.Un cas: la conure veuve Très populaire comme oiseau de compagnie, répondant souvent au nom anglais de «Quaker», la conure veuve est un cas à part en raison de sa grande résistance au froid.Originaire de l'Amérique du Sud, ce perroquet à dos vert et ailes bleues et vertes mesure une trentaine de centimètres.On le retrouve dans plusieurs villes du sud des États-Unis, mais les plus grandes colonies vivent dans le sud de la Floride où elles prennent de plus en plus d'ampleur.Aux débuts des années 70, des dizaines de conures veuves se sont retrouvées dans la nature dans la région de New York et dans l'État voisin du New Jersey à la suite de lâchers volontaires.Une rumeur qui n'a jamais pu être confirmée veut aussi que plusieurs aient pris la fuite lors du bris d'un conteneur à l'aéroport Kennedy.Ces oiseaux ont survécu à l'hiver et ont même niché avec succès durant plusieurs années.En février dernier, lors du Great Backyard Bird Count, 38 ont été dénombrés dans l'État de New York.Durant la saison froide, ils se nourrissent aux mangeoires chassant tous les autres oiseaux.En dépit de leurs insuccès, les autorités américaines tentent toujours d'éliminer l'espèce de peur qu'elle ne s'en prenne aux vergers ou encore aux cultures de céréales comme c'est le cas en Argentine où elle est considérée comme un fléau.Certains chercheurs contestent cependant ces appréhensions gouvernementales.Plus près de chez nous, dans les années 80, un couple de conures en cavale s'était reproduit avec succès à Laval.À la même époque, La Presse avait publié à la une un cliché du perroquet.L'oiseau en pleine forme avait été aperçu en février.Il faisait moins 20.Photo ROBERT SKINNER, La Presse La conure veuve est un oiseau de compagnie très populaire.Ce perroquet originaire d'Amérique du Sud se reproduit très bien en captivité.Il résiste aussi sans peine auxclimats froids et plusieurs vivent toujours à l'état libre dans l'État de New York."]
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