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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-11-10, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1110 F-1 Dimanche 7LP0101F1110 ZALLCALL 67 12:51:09 11/12/02 B rené lévesque Pour redécouvrir les grands moments de sa vie et de sa carrière www.gsimusique.com Un livredisque La voix de René Lévesque Coll.Radio-livre 96 pages 24,95$ Un coffret de 11 CD L'intégrale de la série radiophonique produite par la radio de Radio-Canada 3082479A 7LP0201F1110 F2 Lectures 10 nov 7LP0201F1110 ZALLCALL 67 20:09:22 11/09/02 B LITTERATURE QUEBECOISE Nelligan, l'album REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Emile Nelligan est mort deux fois, ce qui ne l'a pas empeche de devenir immortel.En 1899, il n'a pas 20 ans quand il est interne a l'asile Saint-Benoit- Joseph-Labre, a la demande de son pere.En 1941, use cette fois dans son corps, il s'eteint a l'hopital Saint-Jean-de-Dieu.Pour entrer de facon decisive dans l'histoire litteraire, il faut plus qu'un destin tragique.Il faut une oeuvre et celle du poete fut reconnue avant meme qu'il sombrat dans l'abime du reve .Louis Dantin, qui prepara la premiere edition de ses poemes, y fut pour beaucoup.Les contemporains de Nelligan aussi, en particulier ceux qu'il avait connus et frequentes a l'Ecole litteraire de Montreal.L'essor des etudes litteraires a permis ensuite aux universitaires de s'interesser a l'homme et a l'oeuvre.Luc Lacourciere, en son temps, fut de ceux-la et plus tard, parmi d'autres mais plus qu'eux, Paul Wyczynski, qui ecrivit la premiere biographie approfondie, completee recemment par une biographie iconographique imposante, l'Album Nelligan.Plus qu'une simple biographie en images, forcement lacunaire, le travail de l'universitaire d'Ottawa est un vaste regard porte sur l'epoque de Nelligan, sur les lieux qu'il a habites, sur les ecrivains qui l'ont marque et sur la reception de son oeuvre.Plus de 500 documents, soigneusement decrits et dates, dans la mesure du possible, composent ce bel ouvrage.Les photos du poete lui-meme sont rares.Il avait une belle tete, romantique a souhait, meme dans son vieil age.Il tenait cet avantage de sa mere, f e m m e d ' u n e beaute remarquable, plus que de son pere, au visage plus austere.A vrai dire, il tenait tout de sa mere.Elle etait fille de notable, portee vers les arts et les lettres, et sensible a l'eveil de la vocation poetique de son fils.Nelligan l'aima plus que toute autre femme et on peut penser, ce que ne dit pas l'Album Nelligan, que son education religieuse et sa faible constitution psychologique le portaient vers des femmes inaccessibles, plus agees que lui, ames soeurs qui ne risquaient pas de l'entrainer dans l'univers morbide de la faute.Emilie Amanda Hudon ne se resigna jamais a l'internement de son fils, qui se fit contre son gre.Elle ne le visita pas a l'asile.Elle s'interessa cependant de tres pres a l'edition de ses poemes.Le pere, fils d'immigrants irlandais, petit fonctionnaire besogneux de la Poste, plus porte sur l'alcool que sur la poesie, n'avait que faire d'un fils qui ne reussissait pas a l'ecole et que le reve habitait plus que l'action.Il n'est pas etonnant que le jeune Emile ait tout fait pour echapper a l'empire de cet homme, allant jusqu'a gommer la sonorite anglaise de son patronyme.Au fil des legendes des illustrations, on decouvre des faits qu'une biographie conventionnelle ne permettrait pas d'integrer au texte principal, a moins qu'elles ne meritent un important developpement.L'auteur nous apprend par exemple que Nelligan, seduit comme tout le monde par la renommee du Klondike, aurait songe, tout poete qu'il fut, a participer avec un ami a la Ruee vers l'or ; ou qu'a la fin du XIXe siecle, presque chaque rue importante du Vieux-Montreal avait sa librairie ; ou encore que lors de la troisieme visite de Sarah Bernhardt a Montreal, en 1896, l'enthousiasme est a son comble malgre une forte resistance du clerge .M.Wyczynski aurait pu ajouter que cette resistance n'etait pas liee seulement au metier de la visiteuse, juge scandaleux, mais aussi au fait qu'elle etait juive.Les informations d'interet litteraire sont evidemment les plus fouillees.Les poemes reproduits permettent a l'essayiste de rappeler ce que notre mythique poete national devait a ses homologues francais.Il empruntait beaucoup, parce qu'il etait jeune et influencable, a des representants d'ecoles fort differentes, romantiques, symbolistes ou parnassiens ; et du cote americain, comme on sait, a Edgar Poe, dont il a tente de traduire le celebre poeme The Raven.Des poetes aujourd'hui oublies .y en a-t-il qui ne le sont pas ?.tels Rodenbach ou Rollinat, faisaient partie de son pantheon.Les arts n'etaient pas non plus etrangers a son inspiration et plusieurs poemes rendent hommage a des musiciens, peintres ou sculpteurs, dont Chopin surtout.Les poetes du Quebec n'etaient pas en reste, au moins sur le plan de l'estime, encore qu'ils fussent moins modernes que Nelligan, qui lui-meme ne l'etait pas vraiment.Nelligan respectait Louis Frechette, qui etait alors ce qu'on appellerait maintenant un incontournable de la poesie quebecoise.Rien d'ailleurs ne permet de croire, si l'essayiste ne nous cache rien, que Nelligan ait manifeste quelque mepris envers quiconque.Les jugements e t a i e n t pourtant durs a l'epoque.De Zola, le meme Frechette disait qu'il etait un sale ecrivain , tandis qu'un certain Firmin Picard, redacteur au Monde illustre de Montreal, le qualifiait de verrue empoisonnee ! Si dans l'essai de M.Wyczynski l'image domine, le texte est assez abondant pour offrir une lecture substantielle.L'ensemble contribue a consolider la connaissance qu'on peut avoir de Nelligan et de son oeuvre, tout en eclairant de facon magistrale la vie litteraire d'une petite communaute intellectuelle courageuse certes, mais non liberee encore des carcans du clericalisme.Ce beau livre, soigneusement execute comme il est d'usage chez Fides, nous rappelle aussi que le Montreal du tournant des XIXe et XXe siecles etait le lieu au Quebec ou les idees et les modes trouvaient a s'exprimer avec le moins de contraintes.Fut-il ne ailleurs, Nelligan n'aurait sans doute pas trouve le soutien intellectuel et affectif qui lui a permis, bien qu'il en doutat jusqu'a en perdre la raison, d'affirmer son adhesion totale a la Poesie.\u0001\u0001\u00011.2 ALBUM NELLIGAN Paul Wyczynski Editions Fides, 440 pages Phototheque La Presse c Dans son dernier ouvrage, Dany Laferriere trace a sa maniere le portrait des differentes classes sociales aux Etats-Unis.DANY Suite de la page F1 Quand l'hotesse deverse, par megarde, un the bouillant sur l'enfant, on decouvre, horreur, qu'il s'agissait d'un enfant mort, un enfant-valise, dans le ventre duquel on a avait cache de la drogue.Il y a plusieurs faits divers de cet ordre dont Laferriere se sert pour tracer, par petites touches, le portrait des differentes classes sociales aux Etats- Unis.Un portrait dessine a l'intention des etrangers que nous sommes, Canadiens et Europeens.Charlie Brown .Les Etats-Unis, il faut le savoir, forment un vaste pays ou l'on trouve l'une des paysanneries les moins cultivees de la planete.Folklore tres restreint (cow-boy, dinde, Halloween, quelques danses.) Pour comprendre la mentalite des petites villes, il faudrait retourner aux tableaux de Norman Rockwell.Et surtout ne pas oublier que le personnage de bande dessinee (culture populaire) le plus apprecie en Amerique est un perdant : Charlie Brown.ces gens qui vivent dans un monde si cloisonne et qui passent le plus clair de leur temps a maudire Washington et le gouvernement federal sont loin d'imaginer qu'ils pourraient exercer une certaine influence sur la vie des autres habitants de cette planete.Ailleurs n'existe pas.Les Americains dorment en se disant qu'un matin quelqu'un, un fou surement, aura l'audace de les prendre au mot.Une attaque, donc, sur le sol americain.Et ce sera, ils le savent profondement, le debut de la fin.Un autre exemple : Un type invite le narrateur chez lui pour lui montrer quelque chose.C'est un maniaque de la langue anglaise qui passe son temps a chercher les fautes de grammaire et d'orthographe dans les grands journaux et qui ecrit regulierement, en vain, aux responsables pour qu'ils s'excusent de leurs erreurs, on ne s'occupe pas de lui.Je vais vous montrer quelque chose.Venez.Je le suis dans sa chambre.C'est pire qu'au salon.J'ai eu quelque difficulte a distinguer le lit sous la tonne de journaux.Il ouvre une grande armoire et sort un magnifique fusil tout neuf.Si c'est ainsi qu'il faut defendre sa langue.Il me regarde.Je baisse les yeux.C'est ce que je voulais vous montrer, dit-il, avec un sourire.On pourrait multiplier les exemples, ils vont dans tous les sens : le succes, l'argent, le sexe, les soap operas, la bouffe, les petites universites, Hollywood, la valley girl, les Noirs pour lesquels il est aussi dur que Mordecai l'a ete pour les Juifs, les blondes.Et Cuba.Cuba Ainsi cette discussion entre le narrateur et un Americain d'origine cubaine ne aux Etats-Unis mais dont le pere est un militant anti- Castro.Son truc, c'est Cuba (dit le jeune homme).Et Cuba, c'est une affaire privee pour lui.Mais je suis ne aux Etats-Unis.Pour moi, les Americains ne peuvent pas etre les autres.Je n'ai jamais vecu une seule journee sans entendre parler au moins une centaine de fois de Cuba et de Castro.Souvent je crois devenir fou.ceux qu'il (Castro) a depossedes en arrivant au pouvoir et qui tentent par tous les moyens en leur possession, aux Etats-Unis, de ruiner Castro, meme s'il faut pour cela ruiner Cuba.C'est une vieille guerre entre deux factions de la minorite blanche de Cuba : les communistes et les capitalistes.Le peuple cubain paie les pots casses.Les riches Cubains de Miami financent ce puissant lobby, depensant des dizaines de millions de dollars pour que Washington maintienne cet infernal embargo sur Cuba.De son cote Castro se soigne, suit un regime severe, arrete de fumer, tout cela pour se garder en sante et pouvoir les enterrer tous.Tous ces vieux riches cubains, Castro les connait personnellement.Ils ont frequente les memes ecoles privees de la Havane.Patchwork Vous voyez un peu le genre de livres.Une sorte de patch-work.Un tartan traverse par un autre fil conducteur : les grands ecrivains americains.Quand le narrateur visite certaines villes americaines, il le fait en compagnie de grandes oeuvres americaines.Et il parle de ces oeuvres avec tellement de pertinence qu'on a envie de faire comme lui, lire les auteurs americains.Le passage sur Kerouac est fascinant.Une reserve cependant : quand on s'inspire de l'actualite pour ecrire, cette actualite risque de vieillir.C'est le cas de la Madonna dont il est question dans une anecdote et qui n'est pas encore maman, ou de Martha Stewart avant qu'elle ne soit accusee de delit d'initie.Il y a aussi des redites.Les editeurs auraient pu faire un menage dans les textes les plus anciens.Cela dit, personne ne devrait se priver du plaisir de jouir de lire Dany Laferriere \u0001\u0001\u0001\u0001 CETTE GRENADE DANS LA MAIN DU JEUNE NEGRE EST- ELLE UNE ARME OU UN FRUIT ?Dany Laferriere vlb editeur, 353 pages CLUB Suite de la page F1 Bref, autour de cette table dressee pour un repas leger, les dames et quelques messieurs du PFGG discutent de leurs lectures du mois.Nous pouvons prendre un auteur en particulier.L'an dernier, par exemple, comme Eduardo Manet etait invite au Salon du livre de Montreal, chacun a choisi un de ses livres et l'a presente aux autres.Une maniere de retrospective de l'homme et de l'oeuvre.avant d'aller, pour plusieurs, rencontrer l'ecrivain au Salon.Pour ce qui est des livres choisis pour eux-memes, ils sont varies, pas toujours au rang des nouveautes ( Nous nous fournissons souvent chez les bouquinistes et nous apprecions les formats poche ) et pas toujours.petit-format-gros-caracteres.Cela va d'Un loup est un loup de Michel Folco a La Promenade au phrare de Virginia Wolf en passant par La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaetan Soucy.Ce dernier ecrivain, d'ailleurs, comme Guillaume Vigneault, Maxime-Olivier Moutier et Emile Ollivier, sont passes par le PFGG .le temps d'une soiree d'echanges.parfois muscles mais toujours sympathiques.Nous ne sommes pas toujours toutes d'accord avec la vision de l'auteur.L'image de la femme que presente Guillaume Vigneault dans Carnets de naufrage, par exemple, a fait reagir une de nos membres et le debat a ete tres interessant.Mais les rencontres d'auteurs ne sont pas au coeur des activites du PFGG comme elles le sont au Cercle litteraire Francoise-Loranger de Saint-Hilaire, qui en est a sa septieme annee et qui, 10 fois par an, invite des ecrivains a rencontrer sa soixantaine de membres .qui paient une cotisation annuelle de 30 $ .a la bibliotheque municipale.Cette annee, Jacques Allard, Gilles Archambault, Jean-Jacques Pelletier, Francois Barcelo et Sylvain Meunier sont au nombre des invites.Le Cercle est ne d'un besoin d'echanger avec des auteurs que l'on connait et d'en decouvrir de nouveaux , indique Marcel Poirier, tresorier de l'organisme dont les rencontres sont accessibles aux non-membres pour la somme de 5 $ par soiree.Le cercle des 10 fermieres Le Cercle des 10 fermieres est, lui, plus ferme.Dix, c'est 10, pas plus.Et fermieres , c'est feminin, point.Elles sont donc 10 dames .mais pas du tout fermieres : en fait, elles vivent dans les beaux quartiers de l'ile de Montreal ! .qui se reunissent 10 fois par an depuis une vingtaine d'annees.Pas les memes depuis les debuts bien que certaines, oui, soient la depuis la fondation de ce club select qui se compose de deux types de membres : les terriennes et les volantes.Les premieres sont originaires du Quebec ou y sont arrivees il y a longtemps.Les autres ne sont que de passage au pays.et dans le club, explique avec humour Michaela Leuprecht .qui est Autrichienne et vit au Quebec depuis cinq ans.Des terriennes pour assurer la continuite dans le Cercle et accueillir les volantes, lesquelles ouvrent les horizons des premieres en leur presentant des auteurs de leur pays d'origine.Les rencontres mensuelles se font en rotation chez chacune des membres.La fermiere du mois recoit le Cercle a diner .offrant pour l'occasion un petit cadeau a chaque invitee et un repas confectionne.sur le theme du livre du mois ou de l'annee.Car nous avons un theme annuel a partir duquel chaque membre suggere des titres.Cette annee, par exemple, ce sont les origines.J'ai donc propose des romans d'ecrivains autrichiens.Mais une autre membre qui, elle, adore la montagne, a pris cela comme origine et amene des livres evoquant les montagnes et les gens de montagne.Sur ce theme, chacune decide d'un titre principal .qui sera lu par toutes .et d'autres ouvrages, eux, optionnels.Notre liste annuelle compte une centaine de livres .en majorite des romans.Certaines lisent presque tout, d'autres moins.Mais toutes, discutent.Avec verve et de plus en plus d'aisance.Il y a quelque chose de tres personnel a parler de nos lectures : on se devoile beaucoup a travers la joie ou la colere qu'un roman a suscitees en nous.D'ou la connivence qui nous unit et les discussions.parfois tres serieuses que nous avons , fait en riant Michaela Leuprecht.Pas pour rien si les places au Cercle des 10 fermieres sont tres convoitees.Et si plusieurs des volantes, quand elles rentrent au bercail ou atterrissent ailleurs, essaient a leur tour d'organiser un club.Un club a leur maniere.A leur image.Un club sur le Web C'est la constante : en plus d'etre tres feminin, le club est, au depart, le reflet du fondateur- trice.Ainsi, on ne s'etonnera pas que Karine Villeneuve, quand elle a eu l'idee d'un club de lecture, s'est rabattue sur le Web : apres tout, elle a cree le site Internet de plusieurs editeurs ! Dans un premier temps, en 1997, elle a mis en ligne le Guide de la bonne lecture (www.chez.com/guidelecture), parce qu'elle cherchait a ouvrir ses horizons de lectrice.Les gens venaient y deposer des critiques.Il y en a pres de 3000 maintenant sur le site.Que, peu apres et a cause de la demande, elle a pourvu d'un club de lecture, Bouqui Net .qui compte aujourd'hui une centaine de membres de toute la francophonie.Chaque mois, les membres ont trois livres a lire : un best-seller americain, un roman quebecois et un roman europeen.Puis, nous en debattons sur une liste de discussion.De plus en plus nombreux Quant a Marie-Anne Poggi, au depart technicienne en documentation, c'est dans les bibliotheques qu'elle implante ses clubs de lecture.De plus en plus nombreux.En fait, aujourd'hui, assez pour l'occuper a plein temps.Je vais feter mes 20 ans avec celui de la bibliotheque de Ville Mont-Royal et, depuis l'an dernier, j'en ai ouvert a Mascouche, Terrebonne, Pointe-Claire, Laval.La liste s'allonge .et compte meme des listes d'attente ! La aussi, des rencontres mensuelles, des themes annuels, des suggestions du mois.Mais, surtout, rien d'obligatoire : Il y a bien des gens a la retraite dans les clubs.Ils ont eu a faire beaucoup de choses obligatoires toute leur vie.La, ils viennent pour decouvrir, pour rattraper des lectures qu'ils n'ont pas eu le temps de faire, pour ratisser plus large.Comme quoi, la lecture format-club, ce n'est pas la dictature du livre mais l'amour du livre et l'ouverture au livre.Un beau et bon principe, non ?De quoi souhaiter une multiplication du concept.A quand un club de lecture a la station-service pour lecteurs rapides (prets d'une semaine, soit la duree du plein) ; chez le dentiste, pour lecteurs lents (prets de six mois, soit le temps entre deux nettoyages) ; ou dans les urgences des hopitaux, pour lecteurs.disons, a vitesse variable ? 7LP0301F1110 f3 dimanche 7LP0301F1110 ZALLCALL 67 20:19:21 11/09/02 B LA PRESSE MONTREAL DIMANCHE 1 0 NOVEMBRE 2002 F3 MARC BOILARD Pour etre un vraigars collaboration speciale Soyons directs, comme Marc Boilard aime l'etre : Monsieur prefere avoir la langue ailleurs que dans sa poche ! Ses judicieux conseils sur la chose sexuelle, la drague et les relations de couple (a Testosterone, a TQS, et a Je regarde moi non plus, l'an dernier), nous font croire qu'il a tout vecu aupres de la gent feminine et tout touche ! Etonnamment, cet avocat de formation (et de 36 ans) n'a rien d'un Warren Beatty, dans la mesure ou ses relations amoureuses se comptent sur les doigts de moins de deux mains.Elles ne se sont, par ailleurs, jamais eternisees ! J'ai eu six ou sept blondes, affirme- t-il.Je suis de nature celibataire.Mais attention, celibataire et seul sont deux mots.Je n'ai pas vecu beaucoup de longues relations non plus, mais j'ai ecoute les longues conversations de 100 000 filles.Einstein n'a jamais voyage a la vitesse de la lumiere et ca ne l'a pas empeche d'inventer la theorie de la relativite ! Il n'y a pas qu'une facon d'apprendre.Pourquoi alors s'empecher de rediger Le Code Boilard du vrai gars et d'enseigner (sans pretention evidemment) aux messieurs dans quel etat de corps et d'esprit approcher les filles et attirer leur attention ?A la demande des Editions des Intouchables, Marc Boilard a couche sur papier des principes sur la drague.Pour ses pairs ?Oui, mais je pense que je cible, au fond, les filles avec ce livre, avoue-t-il.Les textes sont d'ailleurs inspires de vraies conversations avec plusieurs d'entre elles.Ma demarche est reflechie, pas instinctive.Je n'ai aucune revendication.Je ne leur reproche rien, sauf leur manque de confiance.Je veux les faire reagir.Des titres comme Ne mens pas , Frenche-la aussitot que possible , Reste toujours le chef , Au lit, domine-la , Ne fuis pas le conflit et Si tu as une blonde, sois fidele ont de quoi susciter plusieurs petits debats.Meme si on a ici affaire a des textes legers sur des principes parfois trop brievement elabores.Car Marc Boilard se defend d'avoir pondu un essai philosophique sur le comportement male ideal a adopter quand vient le temps d'aborder une femme.En ce sens, le processus d'ecriture fut tout sauf astreignant.Ce fut facile, une fois le concept de Code trouve, admet-il.En une heure et demie, j'ai crache 75 principes.Des idees qui sont devenues les titres de mes chapitres.Apres, chaque matin en me levant, j'approfondissais le principe qui m'inspirait.Tu ne m'entendras jamais dire que je suis fier de mon livre, car c'est l'editeur qui m'a invite a le faire, poursuit-il.Je ne me suis pas pris la tete pour l'ecrire.Reste que je suis content du projet.Avoir le privilege d'ecrire en sachant qu'on va etre publie est merveilleux.Franc, Marc Boilard ?Assurement.Ce gerant d'humoristes (depuis dix ans) demande d'ailleurs a tous les gars, dans son Code Boilard du vrai gars, de l'etre.Principe premier pour avoir du succes aupres des demoiselles et des eventuelles conquetes.En passant, qu'est-ce qu'un gars, ou plutot, un vrai gars ?C'est un gars vrai tout simplement, sans egard a l'orientation sexuelle, qui a le courage de dire qui il est vraiment.C'est d'ailleurs l'angle principal du livre.N'empeche, les relations homme- femme occupent une place significative dans ce livre de 135 pages.Meme si ses idees sont tranchantes et qu'il a un penchant pour la polemique, Marc Boilard a su eviter les propos foncierement machos dans ce premier livre.Mesdames, vous serez etonnees d'y lire un chapitre consacre a la peur de l'engagement masculin, aucunement justifiee en 2002, selon Boilard.Pourquoi les hommes auraient- ils peur de s'engager alors que cette notion n'existe plus ?demande- t-il.Aujourd'hui, on peut s'en aller, mettre fin a une relation n'importe quand.Nos rapports avec les femmes ne devraient pas etre compliques ; seulement etre une partie de plaisir.A-t-il raison ?Seule sa prochaine blonde le sait ! Ce specialiste de la drague pense deja a son autre livre, un journal ecrit au quotidien sur sa vie avec les filles et les reflexions qui en decoulent, ajoute-t-il.Je veux egalement faire des spectacles-conferences intitules Leve-toi et drague .Les techniques de la drague s'appliquent a tous les aspects de la vie.C'est ce que je fais avec le public et les lecteurs en ce moment.Grace a ce livre, je le destabilise et je m'expose.Tomberez-vous sous le charme Boilard ?Photo REMI LEMEE, La Presse Marc Boilard POLARS Pouvoirs occultes, emeutes sanglantes et cadavres a la criee NORBERT SPEHNER collaboration speciale Les petits derniers de la Serie Noire sont arrives en ville, fleurant bon le cadavre exquis et l'hemoglobine fraiche ! Car du sang, il y en a dans celui que j ' a i l u , Nebuleuse.org (Gallimard/Serie Noire) de Colin Thibert (son troisieme roman dans cette collection au cours des dix derniers mois).Martin Gerson, jeune enqueteur prive, est engage par un banquier suisse pour rechercher son fils Bruno, disparu aux Etats-Unis depuis plus d'un an.Boulot de routine ?Peut-etre pas.Les agents du F.B.I eux-memes ont fait chou blanc.Ceci ne decourage pas notre vaillant enqueteur qui a besoin d'argent et aime voyager.Des le debut, il se rend compte que la femme du banquier est folle, que sa fille ne vaut guere mieux, et que son richissime client appartenait a une secte mysterieuse, un organisme tres puissant dont on dit que Nulle part, a aucun moment, il n'est question de secte.C'est pourtant bien d'une secte qu'il s'agit.D'une secte anonyme, invisible, et capitaliste .Tres vite, tout bascule, les temoins disparaissent ou meurent dans des circonstances atroces.Gerson s'entete et fonce.droit dans le piege qui lui etait tendu, car la structure secrete qu'il vient de mettre a jour est tres bien implantee partout sur la planete.En recherchant une brebis egaree, Gerson est tombe sur une bande de loups specialistes des activites occultes, des trafics de competences et des meurtres sur commandes.Excellent conteur, Thibert se sert ici habilement d'une narration a la premiere personne.Au debut, Martin Gerson a un ton tres decontracte, non denue d'humour.Au fur et a mesure que l'intrigue progresse et que les ennuis s'accumulent, son recit se fait plus haletant, plus tendu alors le suspense s'intensifie jusqu'au denouement percutant qui en surprendra plus d'un.Bref, un auteur a suivre ou a decouvrir.Un peu decevant Des lyncheurs imbibes d'alcool se dechainent.Un pervers sexuel est massacre.Cinq heures de sauvagerie : 3 morts, 189 blesses.C'est avec ces manchettes de presse sanglantes que debute le neuvieme roman de Minette Walters, Intime pulsion (Stock).Dans un recit qui fonctionne a rebours, elle va nous raconter comment et pourquoi on en est arrive a cette tragedie qui a frappe au coeur d'Acid Row (titre original du roman), un quartier misereux de Londres, une cite-depotoir ou resident surtout des merescelibataires, des orphelins, quelques vieillards demunis et une armee de drogues.Deux evenements vont mettre le feu aux poudres : la revelation de la presence d'un pedophile reloge dans le quartier sous une nouvelle identite, et la disparition d'une fillette de 10 ans.Il n'en faut pas plus pour que quelques citoyens bien intentionnes organisent une manifestation qui vire a l'emeute quand quelques tetes brulees decident de s'occuper du predateur sexuel presume.Ces heures de violence, nous allons les vivre a travers trois personnages.A l'insu de la foule en colere, Sophie Morrison, jeune medecin, est tenue en otage au 23 Humbert Street par le pedophile et son pere, un detraque sexuel violent.Au meme moment, Jimmy James, petit truand fraichement sorti de prison, va se racheter une conduite et jouer les sauveteurs alors que les cocktails molotov se mettent a fuser.Quant a l'inspecteur-chef Tyler, il enquete sur la disparition de la fillette.Disons le franchement, les premieres pages sont imbuvables, mal ecrites avec des dialogues de serie Z.Une fois passe le cap de ce debut laborieux, les choses s'ameliorent, le suspense se met en place et nous entraine jusqu'au denouement bien pense.Il reste qu'a l'exception de Jimmy, les protagonistes ne sont que des ombres.Sophie Morrison est carrement exasperante.Le message social est souligne a gros traits (pedophilie, pauvrete, violences verbales et physiques, drogues, lynchage, j'en oublie.).Sans parler de certaines invraisemblances.Minette Walters nous avait habitues a mieux ! Le flic qui ecrit des polars Arrive a la retraite, que fait un inspecteur de la police de New York qui a oeuvre pendant neuf ans dans le Bronx puis douze ans au Bureau du Crime organise ?Il ecrit des romans policiers.Ed Dee a fait une maitrise en creation litteraire et le resultat c'est Des morts a la criee (Seuil), son premier polar, publie en 1994 et porte aux nues par le New York Times.Depuis, il a publie trois autres romans avec les memes personnages, Anthony Ryan et Joey Gregory, deux inspecteurs de la police de New York.Un soir, Gregory et Ryan surprennent des mafieux en train de jeter un fut dans les eaux glacees de l'East River.Ils appellent les plongeurs qui retrouvent un corps, mais dans un autre fut.Le cadavre, c'est celui de Jinx Mulgrew, flic disparu depuis dix ans.S'en suit une enquete trepidante, menee par des flics plutot sympathiques qui ont affaire a une Mafia tres active dans le marche au poisson de Fulton Street.Meurtres et menaces, chantage, corruption, nos deux policiers en voient de toutes les couleurs.En remontant ce cadavre, c'est tout un passe aussi puant que les boues de l'East River qu'ils ont ramene a la surface.A cet egard, certains de leurs collegues vont se reveler plus dangereux que les truands qui operent sur les docks.Dans ce roman de procedure policiere, l'action ne manque pas, les rebondissements sont nombreux.L'experience de l'auteur donne a cette oeuvre un caractere authentique.Ed Dee recree fidelement un monde qui a disparu avec le demantelement de la Mafia dans les annees 80.On me permettra de terminer par une nouvelle qui concerne le polar quebecois.Le premier Prix Saint- Pacome du roman policier a ete remis le 12 octobre dernier a Laurent Laplante, journaliste et critique bien connu pour Des cles en trop, un doigt en moins (L'Instant meme).Le laureat s'est merite une bourse de 3000 $, pour le meilleur polar publie au Quebec dans les 12 derniers mois.Avis aux amateurs ! Info : www.societeduromanpolicier.com \u0001\u0001\u00011.2 NEBULEUSE.ORG Colin Thibert Gallimard (Serie Noire), 264 pages \u0001\u0001\u0001 INTIME PULSION Minette Walters Stock, 373 pages \u0001\u0001\u00011.2 DES MORTS A LA CRIEE Ed Dee Seuil, 293 pages Heure s d ' o u ve r t u re J e u d i a u dimanche 9 h a 2 2 h L u n d i 9 h a 1 8 h EXPOSITIONS Garderie Le grand roulement peut s'occuper des petits de 2 a 10 ans les vendredi, samedi et dimanche / 3 $ l'heure.Programme complet au Salon du livre de Montreal et sur le site Internet., La lecture en cadeau OFFREZ UN LIVRE NEUF A UN ENFANT , COLLECTE DE SANG le vendredi 15 et le samedi 16 novembre .La nuit a lire debout .Reliure d'art La Tranchefile .Une grande langue - le francais dans tous ses etats .Livres comme l'air .Nos meres de Clemence Desrochers .Fondation Emile-Nelligan .L'antimoine, les editions d'Orphee : 50 ans de plomb dans la tete .1802 .Victor Hugo .1885 .Brel sur les planches, hommage en bandes dessinees .25 ans d'edition au Quebec 25 ans au coeur du livre www.s a l o n dul i v r e demontreal.com 14,18 novembre 3094297A 7LP0401F1110 F4dimanche 7LP0401F1110 ZALLCALL 67 14:25:21 11/11/02 B ESSAI LITTÉRATURE FRANÇAISE Entre exaspération et illumination Christine Angot, l'amour qui blesse CHARLES CÔTÉ Le professeur Omar Aktouf a l'habitude de prêcher dans le désert.Titulaire en management à l'École des hautes études commerciales à Montréal, il s'érige comme un minaret d'humanisme dans une contrée de matérialisme et d'utilitarisme exacerbés.Son ouvrage le plus récent, La Stratégie de l'autruche, contient la somme de ses exaspérations à l'endroit des managers, des écoles qui les forment, des sociétés qu'ils dirigent, des institutions qu'ils contrôlent et des gouvernements qu'ils influencent.Anecdotes, statistiques, observations sur la philosophie et les illusions de la « classe managériale » sont jetées \u2014 trop souvent pêlemêle \u2014 dans un portrait critique de la pensée qui domine actuellement, pour le meilleur et pour le pire, à peu près tous les centres de pouvoir.La pensée de M.Aktouf s'inscrit dans un courant qui dénonce les excès du rationalisme.« Nous sommes encombrés de techniques et d'instruments plus « rationnels » et plus sophistiqués que jamais dans l'histoire de l'humanité, mais notre capacité de compréhension réelle et de réponse pertinente face à la complexité qui la défie n'aura, à l'inverse, jamais été aussi pauvre », écrit-il.Il enchaîne avec un catalogue des horreurs de la gestion moderne : licenciement par la United Fruit de 15 000 travailleurs au Honduras après le passage de l'ouragan Mitch, exploitation « à outrance » de la forêt boréale, contraste entre les 2000 milliards dépensés chaque année en publicité et les 140 milliards jugés nécessaires par l'ONU pour éradiquer la pauvreté, la liste s'étire sur trois pages.Le chapitre suivant examine la « dérive totalement mafieuse de la pratique comptable et financière », affirmation largement étayée par les scandales boursiers des derniers mois.M.Aktouf en fait remonter les causes aux origines mêmes de l'histoire économique, avec les réflexions d'Aristote sur la monnaie, jusqu'au constat actuel de la « surmathématisation de la pensée économique », une discipline aujourd'hui fondée sur de « délirantes élucubrations ».Ce phénomène permet, selon lui, d'évacuer les questions fondamentales de cette science pourtant si « humaine » : « Pourquoi produire ?Pourquoi s'enrichir ?Qui s'enrichit ?Comment ?Jusqu'à quelles limites ?Et au détriment de qui ?» M.Aktouf pêche parfois par angélisme, comme à l'égard des peuples autochtones des Amériques.Si, à l'arrivée des Européens, les Amérindiens vivaient en relatif équilibre avec leur milieu, ce qui peut susciter l'admiration romantique, on sait aujourd'hui que les lointains ancêtres des « bons sauvages » ont probablement été la cause d'extinctions massives des grands mammifères.Le professeur fait souvent preuve d'une brillante intuition, comme dans ses observations sur le fonctionnement du « souk de (son) enfance ».Dans ce marché traditionnel du monde arabe, les marchands demandent toujours le prix qu'ils croient le client capable de payer.Résultat : une sorte de redistribution du pouvoir d'achat, les plus riches finançant les aubaines consenties aux plus pauvres.On est loin de la mentalité actuelle du « marché », qui pousse les managers des multinationales à rechercher dans les zones les plus déshéritées de la planète les plus misérables des salariés.Dans un autre chapitre où il retrace la « petite histoire de la plusvalue », M.Aktouf se rattache au courant de pensée des « deux écos » (synthèse de l'écologie et de l'économie) pour dénoncer les tares congénitales de la comptabilité et de la finance actuelles.Il appelle de ses voeux rien de moins qu'un changement dans « les fondements des rapports entre le capital d'un côté, le travail et la nature de l'autre ».Certains jugeront sans doute complètement « flyée » la tentative de description par la thermodynamique (une branche de la physique) du système économique.Elle débouche sur l'impossibilité physique.du profit.Mais cette discussion fait réfléchir sur notre civilisation basée sur l'utilisation de l'atmosphère comme dépotoir gratuit pour les gaz d'échappement des carburants fossiles.Comme quoi le profit est une notion toute relative.Une critique importante : encore une fois, la maison Écosociété nous a servi, faute de moyens peut-être, un ouvrage qui aurait dû être l'objet d'un profond travail d'édition : il y a trop de confusion, trop de redites, pas assez de structure dans ce qui prend trop souvent l'allure d'un défouloir.\u0001 \u0001 \u0001 LA STRATÉGIE DE L'AUTRUCHE Omar Aktouf Écosociété, 370 pages JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Christine Angot raconte.Elle ne fait que cela.Toujours, toujours, sans désemparer.Dans un style qui, dès l'abord, nous semble répétitif, obsessif, lancinant, où une phrase, voire une idée, voire un mot, est repris un peu plus loin, on dirait serré comme une éponge afin qu'il rende tout son jus \u2014 toutes ses interprétations possibles.C'est le propre, on le sait, des esprits à idée fixe, des compulsifs, que de s'acharner, répéter, presser un quartier d'orange jusqu'à tout lui faire rendre, le jus et la pulpe, et même quelques petits morceaux de pelure, et même toute la pelure.Jusqu'à ce qu'il ne reste rien, que la compulsion.La littérature.Voici comment il faut prendre un mot que quelqu'un a prononcé, peut-être sans intention précise de nuire, et le croquer par l'écriture, le bouffer, le digérer, le hoqueter, le rendre, avec toutes ses possibilités.Il s'agissait du mot : Emmenez-la.« Emmenez-la ça signifiait, aimezla, ne la laissez pas toute seule comme ça, ne nous la laissez pas sur les bras (.) emmène-moi, ça voulait dire, mon amour je t'en prie, emmène-moi dans ta vie, emmène- moi où tu voudras, je te suivrai, où tu iras j'irai, c'était ça emmène- moi.C'était un truc classique de l'amour.Qu'elle avait repris, et dont elle avait fait : emmenez-la.Débarrassez le plancher avec cellelà.Vous êtes sûrs qu'il n'y a personne qui veut l'emmener ?On ne la vend pas cher.» Ainsi de suite.Vous avez vu, comment cela fonctionne ?Sur ce mot, il y en a plusieurs pages.Mais surtout, admirez la manière, le style, la musique, d'Angot.Que dit-elle, que raconte-t-elle ?Qu'il y eut un roman, L'Inceste.L'accueil de la gentry parisienne fut pincé \u2014- pour le moins.D'autres diraient l'establishment littéraire, mais littéraire serait de trop.On n'a pas idée de la stupidité satisfaite de ces gens-là.Ensuite, il y eut Quitter la ville.Hon.Jalousie.Condescendance.Détestation.Et puis quoi, cette femme chez Pivot ne joua pas le jeu, elle engueula du monde.Puis, elle fut invitée chez Ardisson.Elle était fatiguée, crevée de cette nullité parisienne : « Les gens me vidaient, les gens me prenaient tout ce que j'avais, je n'avais plus rien à moi, je n'étais plus qu'un stylo ambulant et sans vie.» Mais elle y alla quand même, sottise, et ce fut le désastre.Elle se leva et s'enfuit.Bien fait, elle n'avait rien à faire là.Détresse de cette femme, à Paris dont elle n'aime pas les habitudes mondaines, Paris qu'elle a voulu, mais qui lui semble, à l'usage, « intelligent, rapide, mais vide ».Détresse, fatigue, et soudain au détour des phrases apparaît ceci : « Est-ce que je vais rencontrer quelqu'un ?» Et voilà tout-à-coup qu'elle trouve.Elle croit bien reconnaître celuilà, Pierre-Louis, celui qui fera un couple, une complicité avec elle.Rapprochements, tropismes, aimantation.À partir d'un réception très parisienne où se trouve ce monsieur, nous allons plonger, comme Christine, dans cette relation, ce couple, cet amour qui refuse de dire son nom parce que l'amour, pour elle, « c'est tout nu, ce n'est pas romantique ».L'amour qui est là, pourtant, on ne peut s'y tromper : « Ça glissait.Enfin.Ça glissait enfin.Enfin quelque chose qui allait.Quelqu'un qui allait.» Illustration de la célèbre phrase de Cocteau : « Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des gestes d'amour.» Mais justement, les gestes de cet amour-là se retiennent, hésitent.Le doute, avec ses phases d'optimisme et ses moments de rien, de vide, d'assurance que cela n'est pas possible.Magnifique, je crois bien.C'est l'anatomie de ce que d'autres appellent une relation de couple \u2014 au demeurant, quel mot bien trouvé : la relation d'une vie à deux.Un couple composé d'un solitaire, lui, qui « délirait à intervalles réguliers » afin de protéger sa liberté, sa chère liberté que le moindre mot de Christine vitriolise.Et, partie féminine du couple, cette femme gouailleuse, hypertendue, prise par cet amour qu'elle juge depuis le début, impossible, et qui doit la délivrer de l'amour de son père \u2014 un autre qui se nomme Pierre \u2014 c'est le grand moment, et long, d'un roman de plus en plus prenant, plus la lecture avance.Le monologue de Joyce a fait des petits, une petite, et nous ne perdons pas au change.Cela saigne, c'est un monologue de blessée, et parfois c'est drôle.Vous n'êtes pas obligés de me croire : les livres de Christine Angot sont extraordinaires.Sortis du gnangnan habituel de la littérature française actuelle.Pas pareils.Si ce n'est dèjà fait, il faut lire au moins celui-ci, Pourquoi le Brésil ?, afin de rêver ensuite, et longtemps, au pouvoir des mots et à cet art que l'on nomme littérature.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 POURQUOI LE BRÉSIL ?Christine Angot Stock, Paris, 222 pages Venez rencontrer\u2026 » STAND 480 » Samedi 16 novembre 13 h à 15 h » Dimanche 17 novembre 14 h à 16 h Louise Portal Cap-au-renard 3094760A Robert PICHÉ EN VENTE PARTOUT Photo : Robert Etcheverry Le journaliste Pierre Cayouette livre le portrait attendu du commandant Robert Piché qui a réussi un atterrissage forcé aux Açores, le 24 août 2001.Robert Piché aux commandes du destin 328 pages - 24,95 $ AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Stand 977 jeu.19 h à 20 h ven.19 h 30 à 21 h sam.14 h 30 à 17 h 30 dim.14 h 30 à 17 h 30 3093018A AVEZ-VOUS LU?La Légende du corbeau Texte : Isabelle Larouche Illustrations : Julie Rémillard-Bélanger Traduction en inuttitut : Sarah Beaulne En oubliant leur couverture appelée qaaq, les chasseurs inuit ne pouvaient pas prévoir pareil dénouement\u2026 Coll.album du crépuscule 5 ans et plus 24 pages/8,95 $ Les éditions du soleil de minuit L'araignée géante Texte : Estelle Whittom Illustrations : Stéphane Simard Traduction en atikamekw : Martha Niquay Récit qui aborde un thème universel : la peur.Ce texte a remporté le premier prix du concours littéraire Lurelu 2000.Coll.Album du crépuscule 5 ans et plus 24 pages/8,95 $ Les Éditions du soleil de minuit AUTRUCHE-DI Not Found AUTRUCHE-DI BRESIL-DIM Not Found BRESIL-DIM Missing files that are needed to complete this page: AUTRUCHE-DI BRESIL-DIM 7LP0501F1110 F5dimanche 7LP0501F1110 ZALLCALL 67 20:22:22 11/09/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 0 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 HISTOIRE Pour ne pas oublier PIERRE VENNAT Peu à peu, après l'histoire des femmes et celle des travailleurs, l'histoire militaire du Canada en général et du rôle qu'y ont joué les Canadiens français est en train de s'écrire.Si la production d'excellentes études sur les exploits des militaires canadiens au XXe siècle continue à ce rythme, il n'y aura plus de prétexte, dans quelques années, pour que les Québécois continuent, en si grand nombre, à l'ignorer.En un mot, après l'histoire des institutions, l'histoire sociale des hommes et femmes qui peuplèrent notre pays au XXe siècle est en voie de s'écrire, qu'ils aient été militaires ou non.Cette fois-ci, grâce aux Éditions Lux, qui ont utilisé les services du traducteur Pierre R.Desrosiers, les lecteurs francophones ont droit à une histoire, la plus complète possible, des exploits des agents secrets canadiens durant la Seconde Guerre mondiale.Derrière les lignes ennemies, traduction de Canadians Behind Enemy Lines 1939-45, publié déjà il y a quelques années aux Presses de l'Université de la Colombie-Britannique sous la plume de Roy Mac Laren, raconte les prouesses de ces dizaines de soldats non conventionnels qui firent partie du British Special Operations Executive, un organisme dont l'existence fut marquée par la controverse et la dispute.Sa mission était d'encourager la Résistance dans les pays occupés par les Allemands ou les Japonais, en Europe et en Asie, en y dépêchant des agents qui devaient organiser les volontaires locaux et les entraîner en matière de sabotage, de démolition d'installations industrielles, d'embuscades, de perturbation des communications et, dans certains cas, de collecte des renseignements.Les Canadiens qui se portèrent volontaires pour combattre en territoire ennemi provenaient surtout de trois groupes ethniques différents : les Canadiens français, appelés surtout à combattre derrière les lignes en France, de concert avec la Résistance française ; les immigrants d'Italie et d'Europe de l'Est, pour aider la résistance antifasciste en Italie et les partisans de Tito en Yougoslavie et autres mouvements semblables dans les pays voisins ; et enfin, des Canadiens d'origine asiatique appelés à aller aider les maquisards dans la jungle, contre les Japonais.Le nom et les exploits de quelques- uns de ces héros nous sont connus.Soit qu'ils aient accordé des entrevues aux journaux, à leur retour au pays, soit qu'on ait réussi à en apprendre plus long sur eux.C'est ainsi que les exploits de Gabriel Chartrand, le frère du bouillant syndicaliste Michel Chartrand, Lucien Dumais, Gustave Biéler, Guy d'Artois, Pierre Chassé, Paul Émile Labelle et bien d'autres sont connus des amateurs québécois d'histoire militaire.Nous-même leur avons consacré un chapitre complet dans notre ouvrage Les Héros oubliés et la plupart d'entre eux ont eu droit à un article consacré à leurs exploits dans La Presse en 1945 ou en 1946.Mais le livre de Mac Laren parle de beaucoup d'autres, francophones ou non.Des histoires de prouesses dignes d'un roman pour collégien s'entremêlent à des histoires d'intrigues et de traîtrise d'une complexité proprement proustienne ; haute stratégie et basse tactique vont fréquemment main dans la main.Comme l'explique l'auteur, le S.O.E.était essentiellement une formation non orthodoxe, créée pour faire la guerre de manière non orthodoxe, en des lieux non orthodoxes.On n'avait encore rien vu de pareil et l'on ne verra probablement jamais rien de pareil.L'action du S.O.E.était dans le droit fil de la tradition d'excentricité anglaise, ce genre d'action qui apparaît d'abord bizarre et dont on reconnaît ensuite qu'elle était éminemment raisonnable.Raconter les faits et gestes des Canadiens qui ont mené des opérations derrière les lignes ennemies de 1939 à 1945 ne fut pas facile.Premièrement, la mémoire des survivants, tant d'années après les faits, était naturellement déficiente et sélective.Et les services secrets, par définition, ne publient pas de rapports volumineux et complets sur leurs activités.Sans compter que les agents envoyés derrière les lignes, avaient bien autre chose à faire que de consigner leurs activités dans un rapport.Mais au moins, Mac Laren aura tiré leur nom de l'oubli.Surtout ceux du major Gustave Bieler, fusillé par les SS après avoir été cruellement torturé mais qui refusa de parler, au point que les Allemands lui firent une garde d'honneur pour l'amener au peloton d'exécution ; Roméo Sabourin, qui fut pendu à un crochet de boucher fixé dans un mur par ses bourreaux de la Gestapo, lentement étranglé par une corde de piano.On ne lui permit pas d'avoir le coup rompu par une chute au bout d'un câble et son agonie fut lente.Alcide Beauregard et François Adolphe Deniset, dont on connaît moins bien les circonstances de leur mort, sachant seulement qu'après avoir été interrogés et torturés par la Gestapo et torturés dans une prison parisienne, ils furent transportés en Pologne à l'été 1944 et exécutés vers septembre 1944.L'histoire militaire est comme un casse-tête.Pour avoir une vue d'ensemble, il est essentiel d'avoir en main tous les morceaux et de pouvoir les mettre, chacun à sa place.Ce n'est pas encore fait, mais le fait d'avoir enfin en français \u2014 même si un ouvrage traduit n'a jamais la saveur d'un ouvrage original \u2014 une oeuvre comme celle de Mac Laren constitue une pièce importante pour comprendre le puzzle.\u0001 \u0001 \u0001 DERRIÈRE LES LIGNES ENNEMIES Roy Mac Laren, traduction de P.R.Desrosiers Éditions Lux, 386 pages Photothèque La Presse L'auteur Roy Mac Laren raconte les faits et gestes des Canadiens qui ont mené des opérations militaires derrière les lignes ennemies, de 1939 à 1945.Bernadette RENAUD EN VENTE PARTOUT Photo : Robert Etcheverry L'auteure d'Un homme comme tant d'autres remercie ses lecteurs de l'avoir suivie au cours de 25 années d'écriture en leur offrant une nouvelle saga.Les chemins d'Ève présente un tableau saisissant du Québec contemporain, depuis la Révolution tranquille à aujourd'hui.Les chemins d'Ève tomes 1 et 2 de Bernadette Renaud 3093014A 3094681A 3079034A 7LP0601F1110 F6dimanche 7LP0601F1110 ZALLCALL 67 20:33:22 11/09/02 B ROMAN HISTORIQUE Une rose et un diamant MARIO DUFRESNE collaboration speciale Le cours qu'a suivi Sarah Breedlove, afin de devenir Madam C.J.Walker, est a ce point fascinant qu'il en devient le principal interet du roman qu'en a tire Tananarive Due avec La Rose noire.Non pas que l'ecriture ne soit pas a la hauteur du personnage, mais .et c'est la un hommage qu'il faut rendre a l'auteure surtout connue pour ses romans fantastiques .elle a su se faire discrete pour accorder toute la place qui revient a cette femme hors du commun.La jeune Sarah est nee en Louisiane en 1867, de parents qui ont connu l'esclavage et qui, quelques annees apres sa naissance, furent emportes par la fievre jaune.Le terrible Yellow Jack.Rien, absolument rien, ne la destinait a la fortune et a la gloire, si ce n'est qu'elle etait differente des deux autres enfants de la famille par sa soif de connaissances et son intelligence vive.Mais ca ne suffit pas lorsqu'on n'a pas eu la chance de naitre dans un milieu blanc et aise.Sarah devrait se contenter de rever a ces dames de la haute societe louisianaise dont elle admirait en cachette les belles toilettes.Sans jamais en faire partie.Et pourtant, a sa mort, en 1919, elle etait devenue la premiere Noire americaine, a faire partie de la liste des millionnaires de ce pays.On evaluait sa fortune personnelle a 600 000 $ sans compter le domaine qu'elle s'etait fait construire a Irvington, dans l'Etat de New York.L'entreprise de produits capillaires qu'elle avait fondee s'etait transformee en un veritable empire.Au moment de son deces, l'ex-blanchisseuse employait 25 000 personnes.Presque exclusivement des femmes devenues agentes de cette maison specialisee qui portait son nom.Et tout ca, en mettant au point une formule qui permettait de traiter les cheveux crepus destinee surtout aux afro-americaines ! C'est cette histoire que relate Tananarive Due, sans larmoiement et sans complaisance.Or, il aurait ete facile de sombrer dans le pathos pour raconter certains passages de la vie de son heroine, le lynchage de son premier mari, les problemes familiaux, la perte quasi totale de ses cheveux avant de decouvrir sa celebre formule, etc.Le projet de raconter la vie de Madam Walker devait etre signe par Alex Haley, mais celui-ci allait mourir alors qu'il venait tout juste de completer sa recherche.Un travail colossal de 10 ans.Et par un concours de circonstances, les caisses de documents amassees ont atterri dans le bureau de l'exchroniqueuse du Miami Herald.Le lecteur n'y perd rien.Garanti.Le diamant de Jerusalem Noah Gordon n'est pas, a proprement parler, un ecrivain vedette.Ce qui ne l'empeche pas de jouir d'une renommee que lui envieraient plusieurs confreres.Une notoriete qui lui permet d'ecouler des millions d'exemplaires de ses ouvrages, comme ne manque pas de nous le rappeler son editeur.Traduit dans plusieurs langues, le septuagenaire americain a su etablir sa reputation tant dans son pays qu'un peu partout en Europe, notamment en Espagne ou se situait l'action du Dernier juif.Mais c'est en grande partie a l'Allemagne qu'il doit sa premiere percee sur le vieux continent.Malgre la reconnaissance que lui avait apportee la parution, aux Etats-Unis, de son premier veritable roman, The Rabbi, (26 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times) une histoire inspiree de ses propres origines juives, lorsque Noah Gordon fera paraitre The Physician, ce ne sera pas la catastrophe, mais tout comme.Celui qui avait frequente la faculte de medecine pendant un semestre avant d'opter pour le journalisme et la creation litteraire, ne parviendra qu'a en ecouler une dizaine de milliers d'exemplaires.Mais il y a parfois de ces hasards.Tombe entre les mains de l'editeur allemand Karl H.Blessing qui affectionne cette histoire, The Physician se vendra a six millions d'exemplaires dans la langue de Wagner.Misant sur ces nombreux succes, et principalement sur celui obtenu par Le Dernier Juif, dont il a publie la version francaise l'an dernier, l'editeur Michel Lafon lancait recemment Le Diamant de Jerusalem, un ouvrage dont la parution en langue anglaise remonte a 1979.Construit sur le modele des polars, Le Diamant de Jerusalem se deroule, comme son titre l'indique, dans le milieu des diamantaires juifs.Mais, passionne par l'Histoire, l'auteur ne pouvait pas se contenter de faire evoluer ses personnages exclusivement dans le Jerusalem contemporain.C'est pourquoi l'aventure nous renvoie aussi loin qu'a Nabuchodonosor, meme un peu avant, pour nous signifier l'importance de la pierre que Harry Hopeman, diamantaire et professeur emerite, sera charge de retrouver.Or, pour y parvenir, il devra composer avec des membres de puissances diverses, Israel, la Palestine et l'Eglise catholique qui revendiquent tous la propriete legitimes du fameux joyau taille par ses ancetres.Il aura a faire face a des gens prets a tout pour se le procurer, sans compter les trafiquants et faussaires de tout acabit qui evoluent dans ce milieu et qui pourraient meler passablement la donne.Harry fera equipe avec Tamar dont il ne saura jamais tout a fait si elle est une agent du Mossad ou seulement conservatrice au Musee d'Israel envoyee pour l'aider dans ses recherches tel qu'elle le pretend.David Leslau, brillant archeologue dont la misanthropie et le mauvais caractere n'ont d'egal que le genie, completera ce trio d'experts.C'est dans les petits details que renferme le recit qu'on apprecie l'auteur a sa juste valeur.Il y a la-dedans une foule d'anecdotes qui nous aident a comprendre l'histoire du peuple juif et sa quete pour se reconstruire une patrie avec les derapages que l'on sait.De fines observations qui demontent minutieusement plusieurs cliches encore vehicules ou encore nous font saisir de quelle facon certains prejuges, une fois bien alimentes, peuvent conduire aux pires atrocites.Gordon explique sans detour pourquoi, et surtout comment, tant de Juifs sont devenus diamantaires ou encore banquiers.Avec lucidite, il constate egalement que les temps changent, qu'il n'y a plus les bons d'un cote et les mechants de l'autre meme lorsqu'on parle du peuple elu.Autant de reponses et de questions que l'ancien journaliste etale et qui lui sont venues, justement, en creusant et en interrogeant l'Histoire.Et, qu'il prend plaisir a partager avec ses lecteurs.\u0001\u0001\u0001\u0001 LA ROSE NOIRE Tananarive Due Traduction Frank Straschitz Plon, 504 pages \u0001\u0001\u00011.2 LE DIAMANT DE JERUSALEM Noah Gordon Traduction Yves et Claire Forget-Menot Michel Lafon, 329 pages 5 000 $ de livres en prix.Il n'y a pas d'age pour etre passionne de livres ! Vous l'etiez deja a l'age qu'ont vos enfants aujourd'hui?Ils le sont encore plus que vous?Vous vous demandez sur quelle table de chevet se retrouvera la derniere nouveaute ou le vieux classique ecorne?Faites-nous part des lectures qui ont berce votre enfance et de celles qui aujourd'hui captivent vos enfants.Quel etait votre livre prefere ?Quel est celui de vos enfants?Participez en famille en nous faisant parvenir vos choix respectifs et courez la chance de gagner des livres pour tous vos gouts.Seront attribues par tirage au sort : 1er prix : une bibliotheque de livres jeunesse et adulte d'une valeur de 2 500 $; 2e prix : 25 selections de livres jeunesse et adulte d'une valeur de 100 $ chacune.La famille gagnante sera conviee a recevoir son prix lors de la soiree d'inauguration du Salon du livre de Montreal, le jeudi 14 novembre 2002.Le nom des gagnants sera publie dans La Presse.Participez de l'une des facons suivantes : , remplissez le coupon ci-joint et retournez-le aux bureaux du Salon du livre de Montreal au 480, boul.Saint-Laurent, bureau 403, Montreal (Quebec) H2Y 3Y7 ou , sur notre site Internet a l'adresse : www.salondulivredemontreal.com Le concours se termine le 12 novembre a 23 h 59.La valeur totale des prix offerts est de 5 000 $.Les reglements sont disponibles aux bureaux du Salon du livre de Montreal et sur notre site Internet.Adultes 6$ W Aines 4$ W Etudiants 3$ ( Taxes incluses) www.s a l o n dul i v r e demontreal.com 14,18 novembre CONCOURS : Les livres : une passion familiale 25 ans au coeur du livre CONCOURS Les livres, une passion familiale ECRIRE EN LETTRES MOULEES Choix du parent : Choix de mon enfant : Nom du parent : Prenom : Adresse : Ville : Code postal : Telephone (res.) : Telephone (trav.) : 3093143A Le prix du grand public 2002 au Salon du livre de Montreal Faites votre choix ! 25 ans au coeur du livre Participez au 19e concours LE PRIX DU GRAND PUBLIC Salon du livre de Montreal et La Presse et votez pour le plus apprecie des succes de librairie de l'annee.Vous pourriez gagner l'un des quatre certificats-cadeaux d'une valeur de 250 $ offerts par le Salon, en choisissant le livre le plus populaire d'un auteur quebecois parmi les succes de librairie de la derniere annee ayant ete recenses par l'Association des libraires du Quebec.L'auteur du livre le plus populaire meritera une bourse de 2 500 $ offerte par La Presse ainsi qu'une oeuvre de l'artiste verrier Denis Gagnon qui lui seront remises le lundi 18 novembre.Les noms des gagnants des certificats-cadeaux seront devoiles a ce moment et annonces dans La Presse.Faites votre choix parmi les noms suivants.Indiquez celui-ci sur le coupon-reponse et echangez votre bulletin aux guichets du Salon du livre de Montreal contre une entree a tarif reduit, soit 3 $ (taxes incluses), les jeudi 14 (9 h a 21 h) et vendredi 15 novembre (9 h a 21 h) a la Place Bonaventure.1.Putain .Nelly Arcan (Seuil) 2.Ouf ! .Denise Bombardier (Albin Michel) 3.Mistouk .Gerard Bouchard (Boreal) 4.Quatre saisons de Violetta .Chrystine Brouillet (Denoel) 5.Le Gout du bonheur .Marie Laberge (Boreal) 6.Livre noir du Canada anglais .Normand Lester (Les Intouchables) 7.Le coeur est un muscle involontaire .Monique Proulx (Boreal) 8.Full sexuel; la vie amoureuse des adolescents .Jocelyne Robert (L'Homme) 9.Music-Hall ! .Gaetan Soucy (Boreal) 10.Bonbons assortis .Michel Tremblay (Lemeac) www.s a l o n dul i v r e demontreal.com LE PRIX DU GRAND PUBLIC 2002 Faites votre choix / ECRIRE EN LETTRES MOULEES Nom : Prenom : Adresse : Ville : Code postal : Telephone (res.) : Telephone (trav.) : Mon choix se porte sur le numero : Titre : Deposez ce bulletin, deja complete, au guichet du Salon du livre de Montreal et obtenez une entree a tarif reduit, soit 3 $ (taxes incluses), le jeudi 14 novembre (9 h a 21 h) ou le vendredi 15 novembre (9 h a 21 h) a la Place Bonaventure.Les fac-similes faits a la main sont acceptes.Les reglements du concours sont disponibles au Salon du livre de Montreal.14,18 novembre 3093150A Identifiez correctement cette personne et courez la chance de gagner le livre Paroles d'hommes de Mathias Brunet Indice : Il a ete pendant longtemps commentateur a la Soiree du hockey de la SRC : Nom : Prenom : Adresse : App.: Ville : Code postal : Telephone (domicile) : ( ) Telephone (travail) : ( ) Retournez le coupon de participation a l'adresse suivante : Concours Paroles d'hommes , Quebec Amerique, 329, rue de la Commune Ouest, 3e etage, Montreal, Quebec H2Y 2E1.Tirage le 1er decembre a 15 h.Les reglements du concours sont disponibles chez Quebec Amerique.Valeur totale des prix offerts, 3 119$.Les fac-similes ne sont pas acceptes.www.quebec-amerique.com livres a gagner 3092657A 7LP0701F1110 F7dimanche 7LP0701F1110 ZALLCALL 67 20:28:22 11/09/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 0 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 7 Vos écrivains québécois préférés Àl'occasion du 25e anniversaire du Salon du livre, qui ouvre ce jeudi à la Place Bonaventure, nous vous demandions de nous envoyer votre liste des cinq livres québécois ou franco-canadiens qui ont le plus marqué l'histoire littéraire québécoise.Vous avez été une cinquantaine de lecteurs à le faire, soit le tiers de ceux \u2014 ils avaient été 150 \u2014 qui avaient répondu à l'autre appel à tous au mois de juin demandant une liste des 10 meilleures oeuvres littéraires de toute l'histoire mondiale.Mais encore une fois, c'est une oeuvre de Gabrielle Roy qui domine la liste: Bonheur d'occasion.Dans la liste mondiale, ç'avait été La Détresse et l'Enchantement, son autobiographie.Mais Michel Tremblay suit de près dans la mesure où certains ont choisi l'ensemble de ses Chroniques du Plateau Mont- Royal et d'autres, un titre en particulier des mêmes Chroniques.C'est lui, en tout cas, qui a été le plus souvent choisi comme auteur, suivi de Gabrielle Roy.Comme on pourra le constater en consultant les tableaux, ces deux auteurs dépassent de loin les autres.Le Salon du livre ouvre jeudi JOCELYNE LEPAGE ENVIRON 1250 auteurs attendent les visiteurs au 25e Salon du livre de Montréal qui se déroulera du 14 novembre au 18 novembre à la Place Bonaventure.Le SLM n'est pas seul à célébrer ses 25 ans cette année, c'est aussi le cas de la Loi 101 et de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec.On fêtera donc la Loi 101 par une exposition sur la langue.Et l'Union des écrivains marquera son anniversaire en mettant l'accent sur une activité qu'elle privilégie : l'envoi de livres autographiés par leurs auteurs à des écrivains prisonniers, privés de leur droit de parole et d'écriture.Rappelons qu'en 25 ans, le Salon est passé de 250 à 780 stands et que le nombre d'auteurs présents a décuplé.Parmi les écrivains les plus attendus au Salon, il y a l'auteur de polars américain Dennis Lehane, la romancière canadienne Margaret Atwood, Patricia Mac Donald, une autre auteure de polars, Olivier Rolin, qui a failli remporter le Goncourt cette année, le dessinateur Mordillo et tant d'autres.En fait, toutes les vedettes de la littérature québécoise y seront : Marie Laberge, Michel Tremblay, Dany Laferrière, Gilles Vigneault, Noël Audet, Stéphane Bourguignon, Gérard Bouchard et même.Pierre Bourque.Pour souligner ses 25 ans, le Salon offre 25 000 $ en livres à gagner à partir de concours de toutes sortes.Le prix d'entrée est de 6 $ pour les adultes ; 3 $ pour les étudiants et 4 $ pour les aînés.On se renseigne au www.salondulivredemontreal.com Photothèque La Presse Gabrielle Roy Photothèque La Presse Michel Tremblay Palmarès des auteurs > Michel Tremblay : 28 > Gabrielle Roy : 24 > Anne Hébert : 14 > Yves Beauchemin : 11 > Réjean Ducharme : 9 Palmarès des oeuvres > Bonheur d'occasion, Gabrielle Roy : 19 > Les Belles-soeurs, Michel Tremblay : 10 > Kamouraska, Anne Hébert : 10 > La Grosse Femme d'à côté est enceinte, Michel Tremblay : 9 > Le Matou, Yves Beauchemin : 8 Photothèque La Presse Réjean Ducharme Photothèque La Presse Yves Beauchemin Photothèque La Presse Anne Hébert Stéphane Bourguignon Photo : © Josée Lambert Après L'Avaleur de sable, Le Principe du geyser et la série télévisée la Vie la vie, voici le nouveau roman Un peu de fatigue prix régulier 12,95 $ prix Archambault 10,99 $ En vente chez Promotion en vigueur jusqu'au 24 décembre prix régulier 24,95 $ prix Archambault 20,99 $ 3092099A 7LP0801F1110 f08 oisos dim 10 novemb 7LP0801F1110 ZALLCALL 67 16:29:23 11/09/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1 0 NOVEMBRE 2002 Une nouvelle liste des espèces en péril CARNET D'OBSERVATION Une élégante Calopsitte chez les pigeons MICHEL DAIGNEAULT demande si la calopsitte élégante qu'il peut observer presque tous les matins en promenant son chien au parc Jeanne-Mance, près du terrain de soccer, n'est pas un oiseau de cage recherché par son propriétaire.« J'ai observé cet oiseau une bonne partie de l'été, à partir du début de juillet.Il s'agit d'une perruche calopsitte qui semble s'entendre à merveille avec une bande de pigeons.Encore ces jours-ci, malgré la neige et le froid, je l'ai aperçue avec sa gang », disait-il cette semaine.L'oiseau réagit à ses cris, mais la présence du gros bouvier des Flandres le rend craintif.Fait étonnant, le spécimen figurant sur la photo que M.Daigneault m'a fait parvenir ressemble beaucoup à la calopsitte perdue cet été dans le Plateau Mont-Royal par Jacinthe Bouchard.Nous avions lancé un avis de recherche au sujet du volatile, mais l'initiative n'avait pas donné de résultat.Il s'agit peut-être du même oiseau.Virus du Nil etmangeoire « Nous aimerions savoir s'il est préférable de ne pas nourrir les oiseaux cet hiver pour éviter de favoriser la propagation du virus du Nil, demande la famille Ouellet- Plamondon, de Sainte-Julie.Fautil prendre des précautions particulières au cours des prochains mois ?Les derniers reportages au sujet du virus nous ont rendus inquiets d'autant plus que nous avons l'habitude d'installer nos mangeoires d'hiver au-dessus de la piscine pour les rendre inaccessibles aux écureuils.» La présence de mangeoire n'a rien à voir avec la prolifération du virus du Nil occidental, à plus forte raison l'hiver, une période plutôt tranquille pour nos moustiques.Les centres de santé publique américain (Centers for Disease Control and Prevention) sont catégoriques à ce sujet : posséder un poste d'alimentation n'augmente pas les risques de contracter le virus.Rappelons par ailleurs que si le micro-organisme a été détecté sur plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux sur le continent.De nombreux mammifères peuvent aussi être porteurs, notamment le chien, le suisse, l'écureuil et le lapin domestique.Cependant, seuls les moustiques sont responsables de la transmission du parasite à l'homme.Plusieurs oiseaux peuvent aussi être porteurs du virus sans pour autant en souffrir.Par contre, certaines espèces comme les corvidés sont extrêmement sensibles à sa présence et elles en meurent rapidement.C'est pour cette raison que les autorités ont réclamé et analysé les carcasses de corneilles, de geais et de corbeaux, une façon de mesurer la progression du micro-organisme sur le territoire.De grâce, ne vous privez pas du plaisir de nourrir les oiseaux cet hiver à cause du virus du Nil.À partir du printemps prochain, un faudra procéder au nettoyage régulier des bains d'oiseaux et autres endroits contenant de l'eau stagnante qui conviennent aux larves de moustiques.Une précaution qui devrait être salutaires, virus du Nil ou pas.À TIRE D'AILE Petits ou gros, colorés ou ternes, célèbres ou méconnus, tous ont un point commun : ils sont en danger.Plusieurs d'entre eux ont atteint le statut de vedette.C'est le cas du faucon pèlerin, du pygargue à tête blanche ou encore du petit pluvier siffleur des Îles-de-la-Madeleine.D'autres ne représentent souvent qu'une illustration parmi tant d'autres dans un guide d'identification.Qui connaît le petit blongios, le troglodyte à bec court ou la paruline azurée ?Le cas du pic à tête rouge est probablement à part.Au cours des deux derniers étés, on a pu en observer presque quotidiennement un spécimen au parc Mercier, à Iberville, sur la Rive-Sud.Le magnifique volatile, qui a quitté les lieux au début de septembre, était seul et n'a pu se reproduire faute de partenaire.Et pour cause.Depuis cinq ou six ans, il n'y a qu'un couple de pic à tête rouge qui niche sur le territoire québécois.Ne cherchez pas non plus la piegrièche migratrice.Il faut en parler au passé.Le dernier couple nicheur a été signalé en 1995 à Le Gardeur.Depuis, seuls quelques rares individus solitaires sont observés au printemps, une situation attribuable notamment à la modification du milieu agricole au cours des dernières décennies.Tous ces oiseaux figurent parmi les espèces en péril au Québec, une liste dont la mise à jour vient d'être publiée sous forme d'un magnifique magazine, un tiré à part de la revue Québec Oiseaux.Si la publication demeure un document de référence pour le monde scientifique, son contenu est facilement accessible à tous les amateurs d'oiseaux puisqu'il a d'abord été conçu pour une grande diffusion.Non seulement on a fait appel à l'humour pour traiter un sujet très sérieux, mais chaque présentation est accompagnée d'une fiche signalétique contenant une foule de données inusitées sinon inédites.Une heureuse initiative.Quant à la photographie, elle est la plupart du temps exceptionnelle, d'autant plus que bon nombre des espèces traitées sont justement très rares chez nous.Le cas de la piegrièche migratrice est assez éloquent à cet égard.L'excellente photo ci-contre du photographe Denis Faucher nous vient de la Floride où cet oiseau vit à l'année.Les responsables de la publication se sont même permis deux montages photographiques pour illustrer le chapitre sur les espèces disparues.On nous présente le grand pingouin et l'eider du Labrador dans leur habitat naturel.En dépit de mon scepticisme, je me suis fait avoir.Pour sauvegarder le patrimoine Publié conjointement par l'Association québécoise des groupes d'ornithologues, par la Société de la faune et des parcs du Québec et par le Service canadien de la faune, le document Les espèces en péril nous présente les oiseaux dont la survie dans la province est menacée même s'ils peuvent être très abondants ailleurs.Par exemple, si les effectifs du pluvier siffleur ou de la grive de Bicknell sont si bas que leur survie à l'échelle mondiale est problématique, la situation est très différente dans le cas du pic à tête rouge qui compte probablement plusieurs centaines de milliers de couples aux États-Unis.Même situation chez le grèbe esclavon plutôt abondant en Europe et aux États-Unis, mais dont la population québécoise se limite à 4 ou 5 couples, tous localisés dans les marais des Îles-dela- Madeleine.Pourquoi vouloir alors les protéger ?« Tout simplement parce que ces oiseaux font partie de notre patrimoine, répond Normand David, directeur général de l'Association québécoise des groupes d'ornithologues.Parce que sauvegarder les oiseaux, c'est aussi sauvegarder l'environnement.Il s'agit-là d'une responsabilité fondamentale de l'être humain.» Selon l'ornithologue, même si leurs effectifs sont très réduits au Québec, ces oiseaux représentent un patrimoine génétique important pour leur espèce.À tel point que si pour une raison où une autre, un segment important d'une population venait à disparaître, ce sont ces petites populations qui pourraient éventuellement sauver l'espèce de l'extinction, fait-il valoir.À l'heure actuelle, il existe seulement trois espèces d'oiseaux officiellement menacées en vertu de la loi québécoise : le pluvier siffleur, la pie-grièche migratrice et le grèbe esclavon.Deux autres, le pygargue à tête blanche et le faucon pèlerin devraient être reconnus « vulnérables » d'ici quelques semaines.Par contre, 17 autres figurent sur la liste officielle des « espèces susceptibles d'êtres désignées menacées ou vulnérables » en plus des oiseaux rares qu'un comité aviseur sur les espèces fauniques a demandé de classifier.S'ajoutent celles désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.On le voit, le vocabulaire est compliqué, et les aspects légaux, encore beaucoup plus.« Classer un oiseau parmi les espèces officiellement menacées est un processus légal très complexe et extrêmement long, explique M.David.Non seulement cela implique plusieurs ministères qui ont tous leur mot à dire sur le sujet, mais les impacts économiques d'une telle mesure ne sont pas négligeables ».La situation est d'autant plus compliquée que les oiseaux se déplacent, que leurs territoires sont souvent très vastes et qu'ils peuvent changer d'une année à l'autre.Dès qu'un oiseau est officiellement considéré comme menacé, le gouvernement du Québec met en branle un plan de rétablissement qui exige une bonne connaissance des habitats.La protection de certains de ces habitats devient souvent ardue à appliquer quand il s'agit de propriété privée, ce qui est fréquent.Si bien que les groupes de pression peuvent avoir des intérêts très divergeants au sujet d'une même espèce.On imagine qu'il sera probablement difficile de faire modifier les pratiques culturales des quelques agriculteurs qui pourraient se retrouver avec un ou deux couples de bruants sauterelles sur leurs terres, même si l'espèce compte probablement moins de 20 reproducteurs au Québec.Signalons qu'une première liste d'oiseaux en péril au Québec avait été publiée en 1989 par le Service canadien de la faune.Plusieurs espèces se sont ajoutées depuis, dont le dindon sauvage, et la situation est devenue encore plus dramatique pour certaines qui y figuraient déjà.C'est le cas de la pie-grièche migratrice mais aussi du bruant sauterelle, du pluvier siffleur, du grèbe esclavon, de la paruline à ailes dorées qui a connu une baisse considérable au cours des 10 dernières années (on en compterait moins de 30 couples), de même que de la sterne de Dougall dont les cinq couples québécois sont tous localisés aux Îles-de-la-Madeleine.Le tiré à part Les espèces en péril est vendu dans les kiosques à journaux et les librairies.Le document de 100 pages se vend 6,95 $.Photo DENIS FAUCHER, collaboration spéciale La pie-grièche migratrice ne niche plus au Québec depuis 1995.Le spécimen ci-contre a été photographié en Floride.Ce canard de Barbarie a été photographié à Mille-Isles, près de Bellefeuille.Le canard de Barbarie se manifeste NICOLE FRUHAUF nous envoie ce cliché unique à la suite de la chronique où il était question du canard de Barbarie.« J'ai lu avec intérêt vos deux chroniques sur ce curieux canard aperçu par vos lecteurs.Je vous confie cette photo, vraisemblablement le canard qui était illustré dimanche le 27 octobre, écrit-elle.J'ai cherché dans le guide Peterson, mais je n'ai rien vu de pareil.L'oiseau a été photographié à Mille-Isles, près de Bellefeuille, dans les Basses-Laurentides.Il était seul, sur le bord d'une petite rivière qui traverse un champ.Je ne sais combien de temps il est demeuré à son poste, mais je l'ai observé une bonne quinzaine de minutes.» Nul doute, il s'agit bien de notre canard de Barbarie, en chair et en os cette fois.Par ailleurs, l'illustration de l'oiseau est publiée à la page 53 du guide Peterson, mais le spécimen domestique présenté ne correspond pas à celui qui est le plus souvent signalé en liberté.C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avions utilisé le dessin plus conforme du guide de la National Geographic Society.Le plus rare des butors La photo de la page couverture du tiré à part de Québec Oiseaux nous présente le petit blongios, le plus petit et le plus rare de nos butors."]
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