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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-11-24, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1124 F1 DIMANCHE lectures 7LP0101F1124 ZALLCALL 67 18:32:23 11/23/02 B 344 pages 29,95$ Introduction et choix de textes de Bruno Roy Georges Dor MÉMOIRES D'UN HOMME DE PAROLE 3082482A 7LP0201F1124 F2 lectures 7LP0201F1124 ZALLCALL 67 18:07:22 11/23/02 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le prix Robert-Cliche, une bluette bien léchée «Le style, c'est l'âme» SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale Lauréat de nombreux prix littéraires, Jacques Poulin est l'auteur de romans qui sont devenus des classiques de la littérature québecoise, notamment Les Grandes Marées, Volkswagen blues, Le Vieux Chagrin.Après 15 ans passés en France, il est de retour au Québec.Les Yeux bleus de Mistassini, son 10e roman, est une déclaration d'amour à la littérature à travers l'histoire pathétique d'un écrivain sur son déclin.Le roman rappelle la douceur intimiste des toiles du peintre canadien James Wilson Morrice, dont on retrouve une huile en page couverture.L'écrivain adopte sa manière délicate et subtile.Par petites touches impressionnistes, il nous fait pénétrer dans son univers romanesque : une librairie dans le quartier latin du Vieux-Québec avec un grand poêle qui réchauffe les auteurs et les lecteurs durant les mois d'hiver, la lumière et le murmure des livres, l'odeur du papier vieilli, Jack Waterman, l'écrivain-libraire et son assistant Jimmy, sa petite soeur Mistassini, du nom d'une des grandes rivières du nord québécois.Jack Waterman, écrivain écrasé et stoïque, connaît l'angoisse devant la déchéance de son corps \u2014 il est atteint de la « maladie d'Eisenhower » \u2014 et la diminution de ses facultés littéraires.« Autrefois mes histoires tombaient en ruine à mesure que j'essayais de les écrire.Maintenant, je deviens une ruine moi-même.» Il sait que la fête de la vie a une fin, et qu'il faut savoir se retirer et céder la place à d'autres.Les Yeux bleus de Mistassini est un roman émouvant sur la vieillesse et la finitude, un roman-confidence.« Je suis vieux à l'extérieur et jeune à l'intérieur.le contraste entre les deux me fait comme une déchirure.» De son côté, Jimmy, jeune étudiant en lettres devient apprentiécrivain.Jack lui transmet son goût des livres et de l'écriture par l'intermédiaire de quatre romans qui lui ont ouvert le chemin de l'écriture.Jacques Poulin fait partie de ces romanciers qui écrivent avec d'autres écrivains.Dans le séjour de Jimmy à Paris résonne le Paris est une fête d'Hemingway, où la ville devient elle-même matière à écriture.L'impuissance avouée de Jimmy à changer le monde qui, de toute manière, tourne sans lui et sur lequel il n'a aucune prise, renvoie au minimalisme tendre et désespéré des Trois roses jaunes de Raymond Carver.Mistassini partage le rejet du conformisme social et le refus du monde des adultes des personnages de L'Attrape- coeurs de Salinger.Enfin, le souci de la précision et du concret de Jack Waterman évoque celui de L'Île au trésor de R.L.Stevenson.Un roman d'atmosphère Comme tous les romans de Jacques Poulin, Les Yeux bleus de Mistassini est un roman d'atmosphère, au ton feutré, imprégné d'une petite musique surannée et nostalgique.Sous sa plume, les ciels pluvieux déversent « toutes les nuances de gris sur les murs ».Parmi les images qui nous restent comme des feuilles d'automne tombées au fond de notre âme \u2014 la belle expression est de Jack \u2014celle, à Paris, d'un magasin d'antiquités éclairé la nuit par une ou deux lampes où Jimmy aperçoit une femme sans âge assise dans un fauteuil de velours, qui semble « figée pour l'éternité au milieu des buffets, des récamiers, des tables gigognes, des carafes, des porcelaines et des lithographies ».L'écriture de Jacques Poulin est une écriture du coeur qui nous empoigne et ne nous lâche plus.« C'est ce dont on a le plus besoin, les caresses, et pourtant, c'est ce qu'il y a de plus difficile à demander », dit Jimmy.Marqué par une quête de tendresse et la recherche d'un bonheur qui se dérobe, traversé par une secrète inquiétude, une pointe d'humour légère et grave à la fois et une grande économie de mots, Les yeux bleus de Mistassini confirme que « le style, c'est l'âme », ce dont Jack Waterman, l'alter ego de l'auteur, est convaincu.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LES YEUX BLEUS DE MISTASSINI Jacques Poulin Leméac/Actes Sud RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Le roman historique, ce n'est pas sorcier.Il suffit de coller, sur l'Histoire que les historiens ont écrite, une histoire inventée.Dans le meilleur des cas, le roman proposera aux chercheurs scientifiques de nouvelles pistes.Après tout, si les romanciers sont capables d'inventer l'avenir \u2014 la preuve n'est plus à faire \u2014, rien ne les empêche de formuler de nouvelles hypothèses sur le passé.Le plus souvent, le cadre romanesque emprunté à l'Histoire sert à justifier une histoire qui serait impossible dans un temps de narration plus récent.S'il faut, par exemple, qu'une lettre prenne des mois à atteindre son destinataire, la diligence et le cheval valent mieux que le courriel.Entre-temps, tout peut arriver, la naissance et la mort et ce qu'il y a entre les deux.Le roman historique remplit bien deux objectifs à la fois, instruire et divertir, quand la dimension historique est plus qu'un simple décor, même rigour e u s e m e n t rendu.Côté Histoire, Les Dames de Beauchêne fait plutôt léger, la p a r t b e l l e étant faite au côté Harlequin.Marie de Beauchêne, jeune bourgeoise de Québec, vient de perdre son mari à la guerre.La Nouvelle- France est menacée partout.Pour protéger Odélie, sa fille, elle l'envoie à Louisbourg, dans l'île Royale (aujourd'hui Cap-Breton), sous la tutelle de sa belle-soeur Antoinette, religieuse.Une bien curieuse idée : nous sommes en 1756, selon la page quatre de couverture.La forteresse est tombée aux mains de l'ennemi en 1745, elle est redevenue française en 1748.Sa situation géographique la rend plus vulnérable que la ville de Québec.Les Anglais la reconquerront d'ailleurs en 1758, pour de bon.Marie n'est donc pas très bien inspirée, peut-être par ignorance de la situation réelle de la colonie.Sa décision a quand même des avantages, dont celui de rappeler l'indigence du soutien de la métropole à la Nouvelle-France.Et aussi celui d'amener Marie à entreprendre un voyage désastreux, qui fera d'elle une héroïne en son genre.Après avoir confié la fillette aux bons soins de la bonne soeur, elle quitte Louisbourg pour aller visiter son père malade en Martinique.The plot thickens, comme disent les Anglais.Malgré ses airs hautains, Marie trouve bien mignon un compagnon de voyage, jeune Métis éduqué par les jésuites.Son mépris pour les Sauvages et les Canadiens, ajouté à sa vertu, empêche tout rapprochement avec le beau Jean Rousselle.De toute manière, des corsaires abordent le navire et font prisonniers l'équipage et les passagers.La guerre une fois encore est plus forte que l'amour, qui n'a même pas eu le temps de naître.Marie et Jean sont séparés, mais vous pensez bien qu'ils vont se retrouver un jour.Marie aura eu le temps d'épouser un officier anglais en poste à Boston, après un séjour à New York dans la parentèle, chez un pasteur.La jeune femme est anglophone par sa mère, ce qui facilite sa libération et l'autorise à coucher avec l'ennemi.Elle aime bien son mari, qui a plus de classe que les Sauvages et les Canadiens en général.Elle l'aime jusqu'à ce que se répètent les scènes de jalousie du militaire, avec coups de poing à la clef.Elle s'enfuit, avec Jean R o u s s e l l e , évidemment.Pour la suite, lisez le roman.Si vous aimez l'amour romantique, les paysages bien léchés et les situations très claires \u2014 t o u t e s t mâché et remâché dans le moindre détail \u2014, vous aimerez.L'auteur, institutrice de profession, ne l a i s s e pas tomber les cancres.Les jurés du prix Robert-Cliche du premier roman, qui ne sont pourtant pas des cancres, ont apprécié.Peut-être parce qu'ils détestent la concurrence ! Les Dames de Beauchêne est une bluette comme il en paraît quelques dizaines tous les ans.Une oeuvre gentille, écrite en français correct, sans effets de style prétentieux ; sans style, en fait.Et ceux qui préfèrent la simplicité seront ravis : les bons sont presque toujours bons, les méchants ont la même constance.Bref, de la belle ouvrage, qui tient plus de l'artisanat que de l'art.Il reste qu'on a peine à croire, une fois encore, que le manuscrit de Mme Mylène Gilbert- Dumas était le meilleur soumis à ce prix littéraire.Il est loin, le temps où le Robert-Cliche révélait des écrivains comme Robert Lalonde et une poignée d'autres.Le choix de cette année, mince consolation, n'est pas le pire de la cahoteuse histoire de ce prix.\u0001 \u0001 \u0001 LES DAMES DE BEAUCHÊNE Mylène Gilbert-Dumas VLB éditeur, 304 pages Photo PIERRE FILION, collaboration spéciale Jacques Poulin L'écriture de Jacques Poulin est une écriture du coeur qui nous empoigne et ne nous lâche plus.NOSTALGIE Suite de la page F1 OATES Suite de la page F1 On reproche à Joyce Carol Oates de se répéter, d'avoir décrit un personnage trop limité, une atmosphère claustrophobique.On a également critiqué le rythme du roman, tellement lent que le livre en était plate.Chose certaine, ce 30e roman en est un de transition.Après un livre aussi fort que Blonde, c'était tout à fait prévisible.L'âge d'or des femmes En écrivant I'll take you there, Oates voulait explorer les motivations d'une jeune femme qui tente par tous les moyens d'appartenir à un groupe \u2014 la famille, le milieu académique, une sororité \u2014 mais qui finalement, se sent exclue partout.Le rôle des femmes dans la société a toujours occupé une place primordiale dans l'oeuvre de Joyce Carol Oates et le personnage d'Anellia permet à l'écrivaine de décrire la réalité qui a été la sienne au début des années 1960.« Je me suis intéressée à la sororité parce qu'à l'époque, c'était un milieu qui servait uniquement à faciliter le mariage et où on ne s'intéressait qu'à l'apparence physique des filles, jamais à leur vie intellectuelle.« L'époque actuelle est tellement meilleure pour les femmes, poursuit l'écrivaine qui enseigne à l'Université Princeton depuis 1978.Je regarde mes étudiantes, elles sont tellement plus libres que je ne l'étais.Elles veulent et elles peuvent tout.Quand j'étais jeune, les gens se moquaient du mouvement des femmes et qualifiaient l'idéal féministe de grotesque.Regardez le chemin qui a été parcouru, c'est incroyable.Si Marilyn avait vécu aujourd'hui, elle aurait joui d'une liberté économique et son destin aurait peut-être été différent.» Dans I'll take you there, le personnage de Vernor, cet étudiant en philosophie qui fascine tant Anellia, est également intéressant.Mais il ne faut pas voir dans la couleur de sa peau un désir de l'écrivaine d'explorer des questions politiques comme le racisme.« Le fait qu'il soit un Noir est accessoire, assure Joyce Carol Oates.Ce qui m'intéresse dans ce jeune homme, c'est le fait qu'il veuille se définir et se distinguer par la force de son esprit et non par la couleur de sa peau, l'élément par lequel il aurait pu \u2014 et aurait dû \u2014 se définir à cette époque.Vernor et Anellia sont deux individus affamés intellectuellement qui se construisent grâce à leurs capacités intellectuelles.» Avant tout écrivaine On a beaucoup écrit sur la capacité de travail de Joyce Carol Oates.En plus d'écrire, l'écrivaine enseigne, publie une revue littéraire avec son mari, le professeur Raymond Smith (The Ontario Literary Review, « mon lien culturel avec le Canada où j'ai vécu pendant 10 ans, un pays que j'aime beaucoup et que je visite régulièrement »), et signe des thrillers sous le pseudonyme de Rosamond Smith.« Ma vie est consacrée à l'écriture, reconnaît-elle.Je n'ai pas eu d'enfants, je me définis avant tout comme écrivaine.» Son livre est le premier depuis que New York a été la cible des attentats terroristes du 11 septembre.Pour une artiste aussi impressionnée que Joyce Carol Oates par la violence de la société américaine \u2014 elle a déjà déclaré que lorsqu'on est un écrivain américain, « on ne peut faire autrement que d'écrire un roman violent car une part de l'histoire de notre pays est en nous » \u2014 la situation actuelle est explosive.« La vie de notre pays a changé du jour au lendemain, observe-telle.Je suis convaincue que la menace d'une guerre est bien réelle.L'époque que nous vivons est tragique.» De ces supposées nouveautés, de nombreux termes existaient déjà mais ils étaient abordés à un niveau beaucoup plus avancé.Ce n'est pas de l'Alzheimer, c'est juste un flagrant manque de culture.Rassurant ! Quant aux véritables changements, « ils sont survenus pour simplifier l'apprentissage des jeunes », explique Mme Lefrançois.Les groupes du nom, du verbe, etc., sans doute le changement le plus important survenu dans les dernières décennies, sont, il faut l'admettre, une trouvaille tout à fait logique.Par contre, qu'on ait donné à des petits mots souvent surutilisés (par ailleurs, par contre, enfin, premièrement, etc.) la vocation d'organisateurs textuels semble bien pompeux.Les sciences, les mathématiques, tout a changé.Le français doit lui aussi évoluer, déclare la spécialiste.Alors, évolution oblige, à défaut de modifier les règles et la réalité grammaticale elle-même, on rebaptise les termes.« C'est plus facile à comprendre, assure Mme Lefrançois.Les élèves s'y retrouvent plus facilement.Il ne faut surtout pas que les parents baissent les bras.Un petit coup d'oeil dans une grammaire et ils saisiront bien vite de quoi il s'agit.Le français reste celui qu'on a toujours connu, c'est vrai.On est tout de même loin de la biologie, qui a avancé à la vitesse de la lumière dans les 20 ou 30 dernières années, ou de la géographie, qui se remodèle sans cesse à la faveur des conflits dans le monde.Malgré un petit dépaysement initial, les modifications grammaticales demeurent somme toute assez minimes.Alors, si vous voulez vous rafraîchir les neurones et vous mettre à jour dans une courageuse tentative de sauver la face devant votre progéniture ou si vous voulez tout simplement jauger l'étendue de votre ignorance, les Éditions du Phare viennent de publier deux grammaires à l'usage des élèves du primaire (Ta nouvelle grammaire) ou du secondaire (Grammaire Moderne).Fort bien conçues, aérées et faciles à consulter, elles nous replongent illico quelques décennies en arrière en plein dans les choux, genoux, hiboux et autres poux, à moins qu'il ne s'agisse d'incomparables bijoux, de notre langue.TA NOUVELLE GRAMMAIRE (primaire) Jean Canac-Marquis et Diane Goyette Éditions du Phare, Mondia Éditeurs, 260 pages GRAMMAIRE MODERNE (secondaire) Jean Canac-Marquis en collaboration avec Francine Cyr Éditions du Phare, Mondia Éditeurs, 416 pages Joyce Carol Oates 7LP0301F1124 f3 lectures dimanche 7LP0301F1124 ZALLCALL 67 20:21:17 11/23/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 4 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE L'intégrisme vécu de l'intérieur avec Yasmina Khadra E L I A S LEVY collaboration spéciale Yasmina Khadra n'a pu venir au Salon du livre de Montréal où il avait été invité, et par le Salon et par le consulat français.Entré à l'âge de 9 ans dans l'armée algérienne, armée qu'il a quittée en 1999, à 45 ans, il n'a pas obtenu le visa exigé par le Canada, ou n'a pas maintenu sa demande, selon le ministère de l'Immigration.Bien connu en Europe, Yasmina Khadra, nom de femme sous lequel écrit Mohammed Moulessehoule, n'aurait pas voulu répondre à certaines questions trop précises des agents de l'immigration sur les activités de l'armée algérienne.Cette affaire a éclipsé la raison pour laquelle il avait été invité à Montréal : son oeuvre littéraire.Yasmina Khadra nous a accordé une entrevue par téléphone la semaine dernière.Cet ancien militaire a, par le biais de cette oeuvre riche et très outrecuidante, dénoncé avec truculence la violence et la barbarie indicibles engendrées par le fondamentalisme musulman.Dans un style regorgeant de trouvailles linguistiques, où le français est sans cesse enrichi par la langue et la culture arabes, Yasmina Khadra a su prouver que, si le drame de l'intégrisme religieux islamiste résiste aux analyses et au manichéisme, celui-ci peut trouver une explication dans la fiction.Son dernier roman, Les Hirondelles de Kaboul, paru l'été dernier aux Éditions Julliard, est un réquisitoire cinglant contre la folie intégriste des talibans afghans.Ce roman magnifique et très poignant, relatant le destin funeste de deux couples afghans martyrisés par les lois impitoyables instaurées par les talibans, est un vibrant plaidoyer pour la défense des droits des femmes musulmanes.Le récit de ce livre éblouissant se déroule en plein coeur de Kaboul, une cité dévastée par des années de guerre.« Je ne suis jamais allé à Kaboul, a précisé l'auteur joint au téléphone la semaine dernière.Mais la folie intégriste des talibans que je décris dans ce livre, je la connais parfaitement.Je l'ai aussi vécue dans ma chair.Moi j'ai été soldat, j'ai fait la guerre pendant huit ans sans arrêt contre les intégristes.J'ai été dans les maquis, j'ai perdu de nombreux hommes dans mon régiment.Moi-même j'ai échappé à la mort plusieurs fois.Je connais très bien le phénomène de l'intégrisme islamique.Je ne le souhaite à personne.J'essaie dans mes livres non pas de dénoncer ce fléau, mais de l'expliquer le mieux possible.» D'après Yasmina Khadra, les stratégies et les méthodes employées par l'Occident pour combattre l'intégrisme islamique sont incongrues et peu efficientes.« L'Occident n'a pas su réagir au drame du 11 septembre avec lucidité.Il est tombé dans le piège que lui a tendu Oussama ben Laden.La réaction des Occidentaux face au terrorisme islamique a provoqué une fracture qui a accentué les clivages entre l'Occident et l'Orient.Les Occidentaux devraient faire preuve d'un peu plus d'intelligence au niveau politique et intellectuel.L'intégrisme est un problème idéologique, donc viscéralement intellectuel.Les hommes politiques occidentaux ont tellement peur que, finalement, ils n'arrêtent pas de commettre des maladresses.Il ne faut pas créer une psychose.C'est très dangereux.L'Occident est en train de vivre aujourd'hui un millionième de ce que vit l'Algérie depuis deux décennies.Mais nous, les Algériens, on a au moins essayé de garder la tête froide et de voir cette tragédie avec des yeux clairs et éclairés.» Yasmina Khadra retourne-t-il parfois dans son pays natal ou est-il considéré par le gouvernement d'Alger persona non grata ?« Je n'ai pas quitté définitivement l'Algérie.J'y retourne parfois, bien sûr en prenant un certain nombre de précautions.J'ai participé dernièrement au Salon du livre d'Alger, où j'ai été invité.Les autorités algériennes essaient de m'ignorer.Moi, je ne peux pas leur faire confiance.Après tout, j'ai dévoilé tous les mécanismes crapuleux qui sévissent dans les hautes sphères politiques algériennes.Pour ce qui est de l'avenir de mon pays, je ne suis pas optimiste.Normalement, je devrais m'abstenir de dire une telle chose car nous, les écrivains algériens, incarnons l'espoir de ce pays écartelé.Le gouvernement algérien ne fait preuve d'aucune volonté véritable, ni sur le plan politique, ni sur le plan sécuritaire.Les Algériens continuent à se faire massacrer tous les jours.Où puiser une once d'optimisme ?» Yasmina Khadra a publié aussi cette année aux Éditions Julliard un récit autobiographique, L'Imposture des mots, dans lequel il parle des difficultés auxquelles se heurte un écrivain engagé politiquement.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LES HIRONDELLES DE KABOUL Yasmina Khadra Éditions Julliard, 187 pages Mohammed Moulessehoule, qui écrit sous le pseudonyme de Yasmina Khadra, n'aurait pas voulu répondre à certaines questions trop précises des agents de l'immigration canadienne sur les activités de l'armée algérienne.ESSAI Al-Qaeda, terrorisme sans frontières MARC THIBODEAU La plus récente apparition « publique » d'Oussama ben Laden qui se réjouissait, la semaine dernière, dans un retentissant enregistrement, des attentats survenus au cours des derniers mois dans plusieurs pays d'Asie et du Moyen-Orient, a ramené à l'avant-plan médiatique une foule d'interrogations sur les activités d'Al-Qaeda.L'organisation d'Oussama ben Laden, cible première de la vaste campagne antiterroriste lancée par le gouvernement américain et ses alliés en réaction aux attentats du 11 septembre 2001, aurait depuis décidé de se consacrer à des opérations de moindre envergure pour continuer à faire sentir sa présence tout en minimisant les risques de détection.C'est du moins l'avis de Rohan Gunaratna, spécialiste réputé du terrorisme international rattaché au Centre d'études sur le terrorisme et la violence politique à l'université de St.Andrews, en Écosse, qui fait autorité en la matière.Le chercheur, qui a longtemps travaillé comme enquêteur au Département de prévention du terrorisme des Nations unies, livre le fruit de ses connaissances sur le réseau de ben Laden dans un ouvrage de près de 300 pages récemment paru en français aux éditions Autrement Frontières.Fruit d'entrevues réalisées avec « plus de 200 terroristes » et de l'analyse de centaines de conversations téléphoniques et de documents internes auxquels l'auteur a pu avoir accès par ses fonctions, Al- Qaida - Au coeur du premier réseau terroriste mondial se veut une exploration détaillée de l'origine, des objectifs et des stratégies d'une organisation « dont l'ampleur et la puissance » ont longtemps été sous-estimées ou négligées par les pays occidentaux.M.Gunaratna, qui fut, au dire de l'éditeur, l'un des premiers spécialistes convoqués par le Congrès américain au lendemain des attaques contre le World Trade Center, donne d'emblée le ton de son ouvrage en soulignant en introduction qu'Al- Qaeda constitue « une menace nouvelle pour le monde » qu'il sera difficile d'éradiquer.L'ouvrage trace le portrait d'une organisation sophistiquée, disciplinée et flexible qui a réussi à étendre ses ramifications dans plus de 70 pays, souvent en intégrant des organisations locales de moindre importance qui sont passées sous son contrôle après avoir reçu financement et formation.Ben Laden a jeté les bases de ce qui est devenu Al- Qaeda en 1984 en créant, avec l'aide du cheikh jordanopalestinien Abdullah Azzam, le Bureau afghan, qui a procédé au recrutement, à l'endoctrinement ainsi qu'à l'entraînement de milliers de jeunes Arabes et musulmans venus de partout pour participer à la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan.Ce même réseau, qui bénéficiait d'une aide financière massive venant du Moyen-Orient, mais aussi des États-Unis et de la Grande-Bretagne, a été mis à profit ensuite pour élargir la lutte à d'autres pays, l'objectif d'Al-Qaeda étant, comme l'a précisé Azzam en 1988, de constituer « l'avant-garde » dans la lutte pour la création de sociétés reposant sur les plus stricts principes islamistes.Après avoir ciblé des pays du Moyen-Orient dont les dirigeants étaient jugés trop peu fidèles aux préceptes islamiques, comme l'Arabie Saoudite et l'Égypte, l'organisme a ouvert un second « front » contre les États-Unis et Israël, vus comme des freins aux changements de régime souhaités.« Ce à quoi s'opposaient ben Laden et ses disciples, c'était moins le mode de vie américain ou les Américains eux-mêmes que ce qu'ils percevaient comme l'action du gouvernement américain en pays musulman », note M.Guanaratna.C'est finalement sous l'impulsion de ben Laden, qui aurait comploté pour faire assassiner Azzam en raison de différends idéologiques, qu'Al-Qaeda s'est tourné vers le terrorisme et les attentats suicide qui ont fait sa marque.Bien que le noyau dur de l'organisation ne compterait que 3000 personnes triées sur le volet, l'auteur fait valoir qu'elle dispose de forces beaucoup plus importantes puisque plusieurs dizaines de milliers de ses partisans auraient reçu une formation dans les camps mis sur pied en Afghanistan avant de se disperser.Ces camps n'existent plus aujourd'hui, mais l'organisation demeure néanmoins opérationnelle à l'échelle de la planète, note M.Gunaratna, qui soutient le recours à la force par les États-Unis et leurs alliés, allant même jusqu'à préconiser « l'assassinat » des leaders terroristes comme une priorité pour la suite de l'entreprise.Élargissant le spectre de son analyse, l'auteur souligne que les pays occidentaux doivent, pour diminuer le pouvoir de recrutement d'Al-Qaeda, s'affairer à résoudre de façon durable les conflits susceptibles d'alimenter l'insatisfaction des communautés musulmanes, dans les territoires palestiniens, au Cachemire ou ailleurs.« Un plan concerté doit être défini par la communauté internationale pour redresser les torts réels dont sont victimes les musulmans modérés et pour anéantir le soutien avoué ou clandestin au programme des islamistes.Rien de tel n'existe pour l'instant », note M.Gunaratna, qui presse aussi l'élite musulmane de se « dresser » pour combattre l'idéologie radicale de ben Laden.Bien qu'il pêche souvent par excès de détails, particulièrement dans la section présentant pays par pays les ramifications d'Al-Qaeda, le livre constitue un document intéressant pour qui veut tenter de comprendre les motivations du « premier groupe terroriste multinational du 21e siècle » et les enjeux soulevés par ses actions radicales.\u0001 \u0001 \u0001 AL-QAIDA \u2014 AU COEUR DU PREMIER RÉSEAU TERRORISTE MONDIAL Rohan Gunaratna Éditions Autrement Frontières 290 pages FLASHES LIVRES L'état d'un monde.au bord de la crise de nerfs AGNÈS GRUDA Né en 1981, en pleine guerre froide, l'État du monde fait chaque année le point sur la situation géopolitique de la planète.Sa nouvelle édition, arrivée en librairie cet automne, nous plonge à plein dans les préoccupations du 21e siècle.Des experts y scrutent les enjeux internationaux de l'après 11 septembre.Il y est question de sécurité, de lutte contre le terrorisme, mais aussi d'environnement, avec une réflexion sur le protocole de Kyoto, et de capitalisme, avec plusieurs articles analysant les retombées de la faillite d'Enron.Ces réflexions thématiques figurent dans la première partie du livre.La deuxième partie fait le point sur la situation dans tous les pays du monde.Une centaine d'auteurs, dont quatre Canadiens (les politicologues Jules Nadeau, Alain Noël, Henri Proulx et Jacques Bertrand) ont contribué à cette indispensable synthèse de l'année.Photothèque AP © Oussama ben Laden DIANE DUFRESNE en liberté conditionnelle Monument-National 1182 boul.St-Laurent, Mtl Billetterie : (514) 871-2224 St-Laurent ou Place d'Armes 20-21-22 Mars 2003 (514) 790-1245 1 800 361-4595 « .Dufresne romantique, Dufresne déchirante , Dufresne rock ! » MARIE-CHRISTINE BLAIS, LA PRESSE 7LP0402F1124 f4 lectures dimanche 7LP0402F1124 ZALLCALL 67 23:48:16 11/23/02 B F 4 L E C T U R E S .L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 2 4 NO V EMB R E 2 0 0 2 LITTERATURE FRANCAISE EN POCHE Francois Maspero, le fraternel Unemere qui hait sa famille collaboration speciale Un petit garcon nous raconte : il avait 8 ans en 1940, dans un pays occupe, tres occupe par les Allemands.Son pere, Henri Maspero, etait sinologue, professeur au College de France, et faisait partie du reseau de la Resistance du Musee de l'Homme.On vint le chercher et on l'emmena a Buchenwald, ou il allait mourir en 1945 .juste avant la liberation du camp.Sa mere, deportee a Ravensbruck (elle aussi pour fins de resistance), en revint.Son frere Jean, 19 ans, resistant, communiste, anglophile, responsable etudiant des FTP (resistants) engage dans l'armee americaine, fut tue en Moselle en 1944.Pour faire bonne mesure sur cette famille, on ajoutera qu'un oncle, lui aussi prenomme Jean, fils de l'egyptologue Gaston Maspero, etait mort a la guerre precedente, en 1915, sur le front de l'Argonne .pas tres loin de la Moselle.Avec de tels antecedents, Francois Maspero aurait pu nous ecrire la saga du patriotisme et de la politique, toute bardee de medailles et de rubans.Pas du tout.Pas question.Francois Maspero est un homme, un vrai, qui ne joue pas a epater, qui repugne a parler de soi et des siens, qui prefere vivre sa vie plutot que de la raconter.On ne saurait mieux dire que cet extrait d'un texte de Paulhan, qui date de 1944, qui a inspire le titre de ce livre et qui figure a la premiere page : Et je sais qu'il y en a qui disent : ils sont morts pour peu de chose.Un simple renseignement (pas toujours tres precis) ne valait pas ca, ni un tract, ni meme un journal clandestin (parfois assez mal compose).A ceux-la il faut repondre : C'est qu'ils etaient du cote de la vie.C'est qu'ils aimaient des choses aussi insignifiantes qu'une chanson, un claquement des doigts, un sourire.Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'a ce qu'elle etouffe.Elle n'etouffera pas sans t'avoir pique.C'est peu de chose, dis-tu.Oui, c'est peu de chose.Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles.Voila.Les Abeilles & la Guepe , c'est le titre.Et vivre sa vie consistera pour Francois Maspero a ne pas la raconter , durant de longues annees.Il sera libraire, a Paris, rue Saint- Severin, pres de Saint-Germaindes- Pres.Puis traducteur d'une bonne cinquantaine de livres.Puis il ecrira des romans.Puis il deviendra editeur.Au fil des annees, on le rencontrera en compagnie complice des revolutionnaires, des anticolonialistes, comme des ecrivains et editeurs poursuivis par la justice.En Algerie, en Palestine, en Bosnie, a Cuba, en Amerique latine.Maspero, ce sera l'observateur des luttes pour la liberte : il sait de quoi il parle, les autres ne le savent pas toujours, car il ne parle pas : il regarde.C'est ce qu'il appelle voyager dans l'Histoire .Dans les paysages de sa vie.Et puis, aujourd'hui, il la raconte, cette vie .devoir de memoire oblige, peut-etre ?.le plus sobrement possible, sur la pointe des pieds, un peu timide, gene beaucoup.En commencant par cette enfance hors des normes, pere, frere, mere : qui furent-ils, et de quoi le petit garcon Francois se souvient-il ?De ses souvenirs imprecis, comme des scenes d'un album de photographies, il fera un livre en essayant de combler les blancs ou meme ce qu'il croit etre les surimposes .Par exemple (et ce sont les scenes les plus fortes du debut du livre), il essaiera de reconstituer la vie du professeur Maspero, au Camp, avec l'aide de quelques survivants qui le connurent, comme Jorge Semprun.Mais toujours sans porter de jugement : C'est fou ce que l'on peut porter de jugements peremptoires quand il s'agit du passe.On dirait que cela soulage de ne pas avoir a juger le present.Et encore : J'ai appris tres tot a me mefier des survivants et de leurs temoignages.Les chapitres qui parlent du present sont la pour nous rappeler cette mefiance.Ils sont les plus nombreux : Mourir pour des idees (sur le personnage du frere), Cette veille si petite, Guepe (qui fournira une partie du titre), La petite fille esperance, Soleil cou coupe, et Les paysages lunaires, tels sont leurs titres.Ils racontent le combat sans fin, et toujours a recommencer, des hommes et des femmes pour la justice, la liberte, la beaute, et qu'anime la fraternite la plus emouvante.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 LES ABEILLES & LA GUEPE Francois Maspero Seuil, Paris, 286 pages MATHIEU PERREAULT Ce jour-la, j'ai compris quelque chose sur les meres et les filles, sur l'angoisse qui transforme les meres en pires ennemies de leurs filles, parce qu'elles souffrent dans cette chair qu'elles ont mise au monde et haissent en meme temps leurs filles de tenter l'aventure qu'elles-memes n'ont pas su risquer.Catherine Cusset est Parisienne d'ascendance bretonne, mais vit a New York.En 1999, elle a termine a Yale un doctorat, No Tomorrow : The Ethics of Pleasure in the French Enlightenment.Parallelement a sa carriere academique, elle a commence a publier des romans, essentiellement a propos de ses experiences sexuelles et amoureuses.Elle fait partie de ces ecrivains dont on ne sait jamais ou commence et finit leur autobiographie : sa vie, telle qu'elle la raconte aux journalistes, est tres proche de celle de ses personnages.Cette double carriere a donne a Mme Cusset des airs de David Lodge dans son premier grand succes : Le Probleme avec Jane, prix des lectrices de Elle, qui racontait les deboires amoureux et les angoisses professionnelles d'une prof de litterature francaise d'une prestigieuse universite de la Nouvelle-Angleterre.Le portrait des rapports socioaffectifs en Amerique du Nord etait sans pitie.Le livre le plus recent de Catherine Cusset, La Haine de la famille, est sorti en octobre en poche chez Folio.La romanciere, qui semble avoir abandonne sa carriere academique, a tourne son regard impitoyable sur ses parents.La haine du titre, c'est celle que sa propre mere voue a sa famille, une haine chargee de jalousie et de culpabilite.Quelle famille ! La mere de la narratrice, Juive ayant echappe a la deportation, ne veut pas qu'on celebre la Fete des meres parce qu'elle a ete instituee par Petain.Elle est dure avec ses filles, exigeant les meilleures notes d'elles mais leur refusant toute affection.Elle dit de la narratrice : Je ne vois pas comment ca pourrait aller quand on a 25 ans et qu'on n'est pas mariee.Elle clame en public, devant notre pere, qu'elle l'a epouse uniquement par peur de rester vieille fille .Elle ne parvient pas a prendre sa retraite, alors que son mari a cesse de travailler depuis plusieurs annees.Son pere est un depressif.Son placard est rempli de magazines erotiques.Il vient d'une famille ou les femmes sont fortes et les hommes faibles .Il ne sait pas reclamer sans crier.Il fait des listes et le menage pour echapper a son angoisse.Sa soeur Anne a divorce deux fois, fait cinq enfants de trois hommes.Son frere a toujours ete le chouchou de sa mere.Catherine Cusset est tres habile a peindre l'irritation coupable qu'ont les enfants pour leurs parents, et vice-versa.Je cherche a comprendre d'ou vient son agressivite, par ou j'atteins ma mere, pourquoi elle m'a prise comme bouc emissaire.Au passage, elle analyse durement le rapport de sa mere avec l'holocauste.Quand maman revendique ses Juifs extermines, je ne supporte pas son aprete.Elle lui dit : Des fois, quand tu parles de cette epoque, j'ai l'impression que tu regrettes presque qu'il ne te soit pas arrive quelque chose de plus grave.Pour conclure : Le nazi c'est moi.Moi qui n'aime pas ma mere.La Haine de la famille s'assagit un peu au fil des pages.On voit les zones grises, les blessures que cachent les moyens de defense si violents.Vers la fin du roman, la narratrice se tourne vers sa grandmere maternelle, qui a epouse un homme volage et gagne sa vie comme avocate a une epoque ou il y avait peu de femmes .juives de surcroit .dans cette profession.Chaque fois qu'on referme La Haine de la famille, on se demande si la famille de Catherine Cusset a apprecie de voir certains de ses travers les plus intimes devoiles sur la place publique.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 LA HAINE DE LA FAMILLE Catherine Cusset Folio, 200 pages HISTOIRE En lutte pour le gouvernement responsable CLAUDE-V.MARSOLAIS Pour ceux qui connaissent peu l'histoire du Canada, il est bon de rappeler que deux personnages politiques illustres, Louis- Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin, ont lutte pour l'obtention du gouvernement responsable apres que Londres eut decide d'unir les deux colonnies du Saint-Laurent, le Haut-Canada et le Bas-Canada, en 1840.Gouvernement responsable signifie autonomie interne, c'est-a-dire que le parti dominant a la Chambre forme l'executif qui devient le maitre des destinees economiques internes de la colonie et du patronage.La Fontaine et Baldwin ont lutte pendant sept ans, jusqu'en 1848, avant que Londres ne reconnaisse ce droit aux colonies.Auparavant le gouverneur s'attribuait les pouvoirs du premier ministre et nommait unilateralement les ministres selon son bon vouloir.Les Editions Varia viennent de publier Les Ficelles du pouvoir qui fait etat de la correspondance de Louis-Hippolyte La Fontaine, leader du Bas- Canada (Quebec) avec Robert Baldwin, chef des reformistes du Haut-Canada (Ontario), entre 1840 et 1854.C'est Georges Aubin, auteur de nombreux ouvrages sur les Patriotes, qui a revise et annote le present ouvrage paru d'abord en anglais en 1977 sous le titre de My Dear Friend de Yolande Stewart, dont la traduction est attribuee a Nicole Panet-Raymond et Suzanne Manseau de Grandmont.Bien qu'Eric Bedard decrive dans la presentation le contexte de la correspondance des deux grands hommes politiques, nous ne saurions trop vous recommander de relire le chapitre consacre a cette periode par Robert Lahaise et Noel Vallerand dans L'Amerique du Nord britanique 1760-1867 ou encore Canada Quebec 1534-2000 de Lacourciere, Provencher et Vaugeois afin d'avoir une vue d'ensemble des enjeux de la lutte pour le gouvernement responsable.Bref, il s'agit d'un ouvrage d'appoint qui nous en apprend davantage sur la personnalite somme toute assez terne des deux hommes.\u0001 \u0001 1.2 LES FICELLES DU POUVOIR Louis-Hippolyte La Fontaine Editions Varia, 2002 3096588A 7LP0501F1124 f5 lectures dimanche 7LP0501F1124 ZALLCALL 67 20:04:12 11/23/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 2 4 NO V EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 LITTERATURE DU VOISIN BEAUX LIVRES Le swing de la place Saint-Henri Une encyclopedie bien personnelle JEROME DELGADO collaboration speciale Panorama d'allure encyclopedique avec ses 150 entrees, La Peinture au Quebec depuis les annees 1960 vise a couvrir tous les styles picturaux developpes depuis la Revolution tranquille.Vaste et utopique programme.Les choix sont discutables, les absents regrettes.L'auteur, Robert Bernier, directeur de la revue Parcours, n'est pas dupe ; il prend meme des gants blancs.Ce livre, qui n'a pas la pretention d'etre exhaustif, est d'abord personnel , previent-il.Plus loin, il insiste, il a voulu allouer a (chaque peintre) un texte relativement consistant et donner un meilleur apercu visuel des oeuvres (.), meme si nous devions par le fait meme nous limiter et laisser de cote des artistes de valeur .Grand public, abondamment illustre et dans une mise en pages rythmee et aeree, l'ouvrage comble d'une certaine facon un vide, faisant echo au caduc La Peinture au Quebec depuis ses origines de 1978, signe Guy Robert, auteur aussi, en 1983, d'un Art actuel au Quebec depuis 1970.Justement, pourquoi ne pas avoir deborde du cadre pictural ?La peinture serait-elle encore la discipline reine parmi les arts visuels qui reunissent de plus en plus de createurs multidisciplinaires Cette nouvelle Peinture au Quebec repertorie quelque 150 noms classes selon sept tendances picturales , sept regards aux appellations d'usage (art pop), parfois modifiees (subconscient), sinon ambigues (tradition).Ce tri un peu inhabituel, decoulant d'une option non-elitiste (Bernier parle d'eviter les discriminations et les dogmes), plait tout meme pour tenter de brusquer l'ordre des choses.Dans cette revue de l'histoire de l'art recente, des artistes de valeur ont ete mis de cote.Mais comment parvient-on a exclure des incontournables d'hier comme les Arthur Villeneuve et Jordi Bonnet ou des actifs de la trempe de Francois Lacasse, Peter Krausz, alors que des peintres de moindre envergure y figurent ?Il a fallu faire des choix, ecrit l'auteur, sans toutefois s'expliquer.Enfin si, il parle d'un ouvrage personnel.Ce serait donc une selection dictee par ses propres gouts.Comme si la peinture etait encore assujettie au besoin de plaire.N'y aurait-il pas fallu faire prevaloir d'autres criteres .et lesquels ?Succes commercial, appui des pairs, reconnaissance du milieu, support critique ?Question bien delicate.Document generaliste, mais selectif, il ne tombe pas heureusement dans la complaisance facile.Oui, il y a des superlatifs inutiles.Mais les textes, en particulier ceux introduisant chacun des regards , resument plutot bien les contextes de creation.Avec une tres douteuse liste, des analyses trop axees sur l'emotif au detriment d'un contenu plus pictural et une fenetre fermee sur les autres disciplines (Massimo Guerrera, un des fleurons de l'art actuel, n'est presente ici que comme peintre, alors que sa production est loin de se tenir uniquement a ca), La Peinture au Quebec depuis les annees 1960 laisse a desirer.\u0001 \u0001 1.2 LA PEINTURE AU QUEBEC DEPUIS LES ANNEES 1960 Robert Bernier Les Editions de l'homme, 384 pages collaboration speciale Personne ne pourrait pretendre que le Canada soit un terrain fecond pour le jazz.Ici a Montreal, aujourd'hui encore, nous avons 10 belles journees de jazz avec notre Festival, suivies d'une annee de silence, meme s'il y a quelques lueurs d'espoir de temps a autre, surtout grace a la bande des farfelus de la Sala Rossa du boulevard Saint-Laurent.Plus incroyable encore, lorsque l'on y pense, que le Canada ait produit un des plus grands pianistes de jazz, Oscar Peterson, ne ici en 1925.L'homme avait des idees bien arretees sur son identite musicale.Je ne suis pas un pianiste de jazz , a-t-il repete avec insistance.Je suis un pianiste qui joue du jazz.Quand vous pensez a Peterson, vous vous transportez inevitablement a la place Saint-Henri, a Montreal.C'est la ou etait etablie la communaute noire de Montreal, qui a donne naissance a des musiciens tels que Peterson et Maynard Ferguson.Les parents de Peterson venaient des Antilles : son pere des Iles Vierges, sa mere de St-Kitts.Son pere, musicien et matelot, a trouve du travail a Montreal avec le chemin de fer.Comme le dit Peterson dans cette nouvelle biographie ecrite par le Torontois Alex Barris, publie en anglais seulement pour le moment, si on etait Noir a Montreal, et assez chanceux pour avoir du travail, c'etait avec le chemin de fer .Sa mere avait un metier traditionnel aussi : elle faisait des menages.Alex Barris, l'auteur de ce livre, a rencontre Peterson a la fin des annees 1940, lorsque ce dernier jouait a Hamilton, en Ontario, dans le bar d'un hotel.Barris vient des Etats-Unis, terre d'election du jazz .la musique classique des Noirs , selon une appellation politically correct.L'auteur a fait beaucoup de television, surtout pour la CBC, et il a structure son livre comme autant de petits topos, des moments cles dans la vie d'Oscar Peterson.Il ne s'agit pas ici d'une biographie de star, ni d'un de ces livres qui dit tout et sort les squelettes du placard (y en a-t-il dans le placard d'Oscar ?Je ne pourrais pas vous dire).L'interet du livre, c'est que Barris a passe beaucoup de temps dans les coulisses avec Peterson, et il a bien ecoute et note les bonnes histoires.Comme celle-la : au debut, Peterson manquait de confiance en ses propres capacites.Alors, avant le concert, dans la salle silencieuse, il allait voir son piano pour lui adresser ces paroles : Je pense que nous allons avoir une petite conversation, toi et moi, pendant les deux prochaines heures.Je retiens cette suggestion si jamais ma machine a ecrire me boude.Aussi Chopin et Debussy La musique vivait dans la maison de la famille Peterson, dont le pere revait d'une vie meilleure .c'esta- dire, une vie sans travailler pour le chemin de fer.La musique faisait partie de ses reves, et le jeune Oscar suivait des cours particuliers avec un denomme Lou Hooper qui, dans Harlem, a New York, avait accompagne des legendes telles que Ma Rainey.En meme temps que le jazz, Oscar jouait aussi du Chopin et du Debussy.Il y avait de la musique dans tout le quartier Saint- Henri aussi.Dans cette communaute, elle etait necessaire a la vie.En pleine crise economique, dans les annees 1930, le pere d'Oscar a achete un piano car, avec des jours sombres en vue, il faudrait avoir de la musique pour transporter l'ame loin des preoccupations quotidiennes, comme la nourriture et le loyer.Peterson est passe par toutes les instances de la musique communautaire, en commencant par l'orchestre du Montreal High School, et une formation locale qui s'appelait The Jump Crew.Son talent etait evident pour son entourage musical, mais son chemin n'a pas ete facile ; a un moment donne, par decouragement, il a quitte la musique pour aller travailler dans une usine.Mais le talent ne saura rester cache, et bientot, Peterson recevait des offres des grands musiciens americains .Count Basie, Coleman Hawkins, Mezz Mezzrow .pour descendre au sud de la frontiere et quitter Saint-Henri.Tout ca, quand il etait dans la jeune vingtaine.Mais Peterson a toujours refuse.Ce faisant, il sacrifiait sa carriere (au moins a cette epoque- la).Pourquoi faisait-il la sourde oreille a ces offres ?La peur du racisme aux Etats-Unis ?Son grand attachement a sa famille, a Saint-Henri, et au Canada ?C'est sur qu'en donnant comme titre Canadiana Suite a une composition celebre, il se situait tres clairement au nord de cette meme frontiere.Vous connaissez Oscar Petereson de nom seulement, et vous avez peur du jazz ?Surtout que la discographie de Peterson compte plus de 200 titres.Mouillez-vous quand meme en choisissant un disque des annees 1950, lorsqu'il menait le grand trio avec Ray Brown et Herb Ellis.Ses meilleures annees .vous avez la une valeur sure ! \u0001 \u0001 \u0001 OSCAR PETERSON : A MUSICAL BIOGRAPHY Alex Barris Harper Collins, 244 page Phototheque La Presse c Oscar Peterson, au Festival de jazz de Montreal.Boreal www.editionsboreal.qc.ca Ce deuxieme roman confirme la voix de l'ecrivain qui elargit son registre et peaufine son style.Chantal Guy, La Presse Vigneault signe une deuxieme oeuvre, maitrisee, qui confirme l'ecrivain comme etant l'un des plus talentueux de sa generation.Guillaume Bourgault-Cote, Le Soleil Guillaume VIGNEAULT CHERCHER LE VENT Roman 270 pages .22,50 $ c Martine Doyon Prix France-Quebec Jean-Hamelin 2002 prix france-quebec jean-hamelin 2002 prix ringuet 2002 3098258A 3079061A CONCOURS LA PRESSE Nous retrouvons monsieur Alain De Repentigny, directeur-adjoint a l'information a La Presse, notre gagnante, madame Tanguay et madame Francine Bois, directrice generale du Salon.Marie Laberge exhibe son trophee qu'elle merite pour une deuxieme annee consecutive.Le concours Mes 25 livres sur mon ile a aussi remporte un vif succes.Madame Sylvie Tanguay a gagne 5 000$ en livres.3097486 A l'occasion de ce 25e anniversaire, le Salon organisait pour une 19e annee en collaboration avec La Presse, son concours Le prix du grand public.C'est madame Marie Laberge, auteur tant prisee du public, qui a remporte ce prix pour une troisieme fois.Dans le cadre de ce concours quatre personnes ont gagne des certificats-cadeaux de 250 $ echangeables en librairie.Ce sont Pierre Briere, Michele Lavoie, Yves Casgrain et Rita Morin, tous de Montreal Alexandre NAJJAR Alexandre NAJJAR 240 pages + 8 pages de hors-texte PYGMALION / GERARD WATELET KHALIL KHALIL 3094326A 7LP0601F1124 F6 lectures 7LP0601F1124 ZALLCALL 67 20:01:11 11/23/02 B ENTREVUE L'âme de la Calypso ROBERT LAPLANTE collaboration spéciale Son grand-père était le célèbre océanographe « oscarisé », Jacques-Yves Cousteau.Son père, Philippe, entra dans la légende en mourant tragiquement à 39 ans.Pourtant en ce matin gris d'automne, Alexandra Cousteau, de passage à Montréal, concentrait son attention sur sa grandmère Simone, dont Les Intouchables ont publié la biographie.« On a beaucoup écrit sur mon grand-père.Pourtant, ma grandmère Simone fut tout aussi importante.Si mon grand-père fut la figure médiatique de la Calypso, ma grand-mère fut son âme.Mais elle n'a jamais été reconnue et j'avais envie de lui rendre hommage, de la faire connaître au public », confie l'auteure, de passage à Montréal la semaine dernière.Omniprésente tout au long de l'épopée de la Calypso, Simone Cousteau était à la fois la mère poule, la bergère, la confidente, l'infirmière et le baromètre du bateau.« Dans un milieu clos et petit comme la Calypso, les conflits pouvaient pourrir l'atmosphère et nuire à la bonne marche des expéditions.Ma grand-mère était un peu la médiatrice, elle apaisait les irritants, réglait les conflits.Elle veillait au bien-être de l'équipage.Mais Simone était bien plus que cela : elle était surtout l'organisatrice générale des expéditions, veillant à leur bon fonctionnement et n'hésitant pas à vendre ses bijoux pour les financer.« La Calypso était essentielle pour elle, c'était la meilleure façon de réaliser son rêve.Elle a tout fait pour ce bateau », précise Alexandra Cousteau.Petite-fille d'amiraux, Simone avait toujours voulu devenir marin, ce qui était impensable au début du siècle dernier.Son mariage avec Jacques-Yves Cousteau lui donna l'occasion de réaliser son rêve.Un métier qu'elle pratiqua passionnément et qui lui permit d'être la première femme à obtenir le titre d'officier du Mérite maritime (une des décorations les plus prestigieuses de France), mais qui l'éloigna aussi de ses proches et de ses amies.« Elle n'était à l'aise qu'en mer, elle n'aimait pas vraiment la vie sur terre et encore moins les mondanités.Elle préférait par-dessus tout être sur la Calypso, entourée de l'équipage qu'elle considérait comme sa véritable famille.» Un choix qui porta ombrage à son plus jeune fils, Jean-Michel, qui développait déjà une aversion pour son frère Philippe, le dauphin et le préféré de Jacques-Yves.« Après le décès tragique de mon père, ma grand-mère se remit en question.Elle ne fut plus jamais la même.Elle regretta d'avoir sacrifié sa famille au profit de sa passion.» C'est l'histoire de cette passion que nous présente Alexandra Cousteau.Une passion de 334 pages qui résume, en plusieurs courts chapitres, des instantanés de la vie de cette grande pionnière, de sa jeunesse au Japon à ses derniers jours à Monaco.« Je ne pouvais pas écrire sa biographie de façon traditionnelle.J'ai préféré le faire à partir de flash back à la façon d'un journal intime qu'elle aurait rédigé avant sa mort.Ce sont les impressions, les sentiments, les anecdotes qui auront laissé une trace indélébile sur elle.» Nous suivons Simone et la Calypso dans les voyages qui la marquent.Nous découvrons les êtres profondément humains qui composeront les différents équipages.Mais de tous ceux qui fouleront le sol du bateau, elle gardera une tendresse particulière pour ceux de l'époque héroïque où la Calypso n'était pas encore une célébrité.On y retrouvait des individus qui avaient la folie, la fougue nécessaires à ces expéditions plus ou moins planifiées.Des scientifiques comme le vulcanologue Haroun Tazieff ou le cinéaste Louis Malle se joindront à ces fabuleuses équipées.« À la mort de Philippe, tout a changé, les querelles intestines pour la succession ont empoisonné les relations entre les membres et il n'y a plus eu cet esprit d'aventure.Chacun venait chercher des outils pour l'avancement de sa carrière.» Rongée par le cancer, incapable de surmonter le décès de Philippe, Simone s'est retirée dans sa maison de Monaco comme la Calypso, le bateau qu'elle a tant aimé, qui repose échoué dans le port de Singapour.Avec cette biographie, Alexandra Cousteau désire aussi nous sensibiliser au sort de la Calypso.Membre de la fondation Calypso, la petitefille du commandant tente de donner une seconde vie au bateau.« Nous aimerions restaurer le bateau et l'inscrire au patrimoine maritime.C'est un bateau qui appartient au monde et nous espérons pouvoir le lui redonner », conclut la spécialiste du développement durable.SIMONE COUSTEAU L'ÂME DE LA CALYPSO Alexandra Cousteau en collaboration avec Jocelyne de Pass Les Intouchables, 334 pages Photo ROBERT NADON, La Presse © Alexandra Cousteau Posologie : lire du matin au soir avec un grand verre d'eau.SÉANCE DE SIGNATURE À LA LIBRAIRIE RENAUD-BRAY DU CARREFOUR DU NORD DE SAINT-JÉRÔME LE 30 NOVEMBRE DE 14 H À 16 H 3098813A Gardez un bon souvenir des douze derniers mois, marqué au coin de l'humour et de la virtuosité du trait du caricaturiste de La Presse.120 pages 19,95 $ L'année CHAPL20E0A2U Boréal www.editionsboreal.qc.ca 3087048A Les fac-similés ne sont pas acceptés.Aucun achat requis.Réservé aux 18 ans et plus.Complétez ce coupon de participation et retournez-le accompagné de votre recette avant le 1er décembre 2002 à l'adresse suivante : Fondation Les Ailes de la Mode, C.P.25511, 280 du Fort St-Louis, Boucherville, Qc, J4B 8A2.Le public peut aussi déposer son bulletin de participation dans toutes les boutiques des Ailes de la Mode, dans les magasins Provigo et Loblaws.Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.Valeur approximative des prix : 4 000 $ une sélection de vins (les 100 bouteilles qui apparaissent dans le livre 100 personnalités 100 recettes) un certificatcadeau de 1 000 $ de Les Ailes de la Mode 1 000 $ en bons d'achats échangeables en produits chez Provigo, Maxi, Maxi et Cie ou Loblaws un week-end gourmet au Château Vaudreuil Suites Hôtel comprenant l'hébergement pour une nuitée et un dîner table Gourmet NOM : ADRESSE : APP.: VILLE : CODE POSTAL : TÉL.(RÉS.) : COURRIEL : ( ) TÉL.(BUR.) : ( ) COUPON DE PARTICIPATION Disponible chez Archambault, Les Ailes de la Mode, Loblaws, Maxi et Cie, Provigo, Renaud Bray, la SAQ et dans toutes les librairies.1er prix 2e prix 3e prix 4e prix Faites-nous parvenir votre recette coup de coeur et courez la chance de faire partie de la prochaine édition (2004) du livre 100 personnalités 100 recettes en plus de gagner un des 4 magnifiques prix suivants : 100 PERSONNALITÉS 100 RECETTES CONCOURS 3094486A Identifiez correctement cette personne et courez la chance de gagner le livre Paroles d'hommes de Mathias Brunet Indice : Il est le « gars » d'Un gars, une fille : Nom : Prénom : Adresse : App.: Ville : Code postal : Téléphone (domicile) : ( ) Téléphone (travail) : ( ) Retournez le coupon de participation à l'adresse suivante : « Concours Paroles d'hommes », Québec Amérique, 329, rue de la Commune Ouest, 3e étage, Montréal, Québec H2Y 2E1.Tirage le 1er décembre à 15 h.Les règlements du concours sont disponibles chez Québec Amérique.Valeur totale des prix offerts, 3 119$.Les fac-similés ne sont pas acceptés.www.quebec-amerique.com livres à gagner 3092659A 7DU0701F1124 DIMANCHEÀ 7DU0701F1124 ZALLCALL 67 16:06:23 11/22/02 B LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 NOVEMBRE 2002 F7 18 Pour presser - Retranchée - Choucroute - Atlante - Aigle.19 Abréviation religieuse - Dommages - Tait - Terme de tennis - Le Shannon y coule - Article au pays du chorizo - N'est pas mort.20 Exigeant - Personnel - Coin - Délassent - Pointés.21 Titre abrégé - Effroi - Publication périodique renfermant des résumés de livres - Plante aux feuilles charnues - Pouffé.22 Piquants au goût - Lézard - Père d'Ascagne - Intérieurement - Position.23 Charmants - Très purs - Vin blanc italien - Difficile et dépourvu d'attrait - On peut les agiter dans un cornet.24 Apprendre - Bouquiné - Dangereux pour la navigation - Accroissement d'une région continentale par apport de matériaux - Liaison.25 Fourrage - Abattues - Pas grosses - Terminaison - Ultraviolet.26 En costume d'Adam - Ensemble de choses menues parsemant une surface - Saint - Néon - Son drapeau est noir - Certains les mangent en salade.27 Elle est sucrée - Céréales - Sitôt engagé, on le fout à la porte! - Conjonction - Décharge simultanée d'armes à feu en l'honneur de quelqu'un.28 Papillon de nuit dont les chenilles sont souvent nuisibles - Poèmes - Longueur de 100 mètres - Publication - Au bout d'une ligne.29 Différents - Prévenir - Réunion d'une assemblée constituée - Jeu d'argent - D'un auxiliaire.30 Substance atoxique formée dans le foie - Cinéaste indien - Dévoile - Couvert - Divin Gloussé.31 Symbole - Inquiétudes momentanées - S'avalent pour aller mieux - Hokkaido - Originaire des pays de la Méditerranée orientale.32 Hardi - Prescrit d'une manière absolue - Partie d'un canal - Île - Figurées.Pour participer Nom: Âge: Adresse : App.: Ville : Code postal : Tél.(rés.) : Tél.(travail) : Remplissez la Supergrille et le coupon de participation.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Retournez le tout avant 17 h, le mercredi 11 décembre 2002 à l'adresse indiquée.Un tirage au sort, parmi tout le courrier reçu, déterminera les gagnants.Ces personnes devront avoir rempli correctement la grille.La valeur totale approximative des prix offerts est de 5 995 $.Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.La solution de la Supergrille sera publiée le mardi 17 décembre 2002 dans la section Sports et la liste des gagnants le vendredi 20 décembre 2002 dans l'édition régulière de La Presse.Concours « Supergrille 24 11 2002 » La Presse, Ltée C.P.11620, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 5W7 EN NOVEMBRE, 100 gagnants mériteront le livre LE NOUVEAU DICTIONNAIRE VISUEL et un t-shirt La Presse.24/11 HORIZONTALEMENT 1 D'une heure à l'autre - Sur l'heure - De bonne heure - À une heure avancée.2 Voies préparées - Exterminé - Perfectionnés - Allègre.3 Renseignent peu sur l'auteur - Petit chemin - Chemin rudimentaire - On peut même s'y allonger.4 Romains - Gâte l'harmonie - Attachés - Prénom - Vainqueur.5 Symbole - Style de musique - Échec - On peut y mettre du bois - Petit mot latin - Se porte.6 Service public japonais de radiotélévision - Insecte - (S') accepter tel qu'on est - Bon - Monnaie.7 Courbé - Authentique - Se fait avec le regros - Ressemble au boa - Traîneau.8 Il n'y a que lui qui compte - Étendue de pays - Supporte l'extrémité d'un pont - Démonstratif - Outil.9 Légèrement bistre - Se dit d'une garniture à base de champignons, de truffes, de ris de veau, etc.- Sert de référence - Capturée.10 Quelques maisons - Enlève en arrachant - Virtuose - Dieu grec de la Guerre - Dirigé de manière trop autoritaire - Tamise.11 Venu au monde - Passereaux australiens - Baudets - Cobalt - Dont on se sert habituellement - Lestes.12 Unité de mesure de masse linéique - Rendez- vous - Soupçon - Il est armé - Femme d'un roi.13 Elément de frange tordu en hélice - Écorce de chêne - Il porte des cornes - Morts - Oui.14 Dixième?Trentième?- Drap fin et uni - Elle mousse - Faussée - Vit en Chine.15 Désobligeant - Saletés - Séparées des autres - Chacune des teintes du blason - Indique le lieu.16 Ville de France - Petite bêche de jardinier - Appartient - Banlieue industrielle d'Athènes.17 Trochée - Infuse - Détendue - Très colorée - Sait étriller.33 Marginal - Virage - Édenté - L'Italie en fait partie - On en fait des chaînes - Suffixe.34 31 jours - L'île de Saaremaa en fait partie - Il peut provoquer des allergies - Banane - Marque la manière - Pas un mot.35 Armes blanches qui ne tranchent que d'un côté - Insurgé - Entre une licence et des lettres - Se cherchent une place.36 Désigne une femme - Île grecque - Boisson - Titane - Peuvent s'éliminer par filtrage - Crochet.37 Petite alouette d'Afrique du Nord - Apparence - Film célèbre - Terminaison - Pour imiter les premiers sons émis par un bébé - A le droit.38 Contredit - De plus - Myriapodes - Rayés d'une liste - Hauban - Plantes dicotylédones.39 Adjectif numéral - Baigne Grenoble - Mettent dans une situation sans issue - Glossine - Deux.40 En France, juge qui assiste le président d'un tribunal - Européen ou écureuil - Frappe - Oiseaux.VERTICALEMENT 1 Une heure - À toute heure - À la bonne heure.2 Dame-d'onze-heures - Qui n'est pas donnée - Démonstratif - Entailles faites sur un poteau pour donner prise à une maçonnerie de remplissage - Fonctionnera.3 Égal - Chimiste britannique - Muscles - Anciens instruments de punition corporelle - Tribunal - Taillées obliquement.4 Instrument de l'Inde - Adverbe interrogatif - Séparation de deux éléments d'un mot - Beaucoup - Invisible - Notre-Seigneur.5 Architecte américain - Bat la dame - Genre littéraire - Analyse - Conjonction - Tourin - Tellure - Aide à la réinsertion sociale de.6 Action de supprimer un phénomène indésirable - Circonscription administrative de la Grèce antique - Bord - Abréviation chrétienne - Terne - Généralement carrossables.7 Rivière de 1 300 km - Histoire - Appel discret - Favorable - Plus courtes.8 Distinct - Prend l'air - Appris - Roi de Pylos - Les tomates en sont - Quelqu'un qu'on aime bien.9 Gâteau imbibé de rhum ou de kirsch - Consacré - Intelligent - Rivière d'Alsace - Patron - Organisation nazie - Dont on a été informé.10 Article - Feuille de tabac constituant l'enveloppe d'un cigare - Acrobatie, au cinéma - Lapin mariné au vin rouge - Lichens - Priver de l'usage normal d'un ou de plusieurs membres.11 Encarte - Abat fourni par le veau - Blâme sévère - Perchiste - Manque de ferveur.12 De naissance - Repas - Altesse royale - Préfixe - Moment d'expansion - Obtenue - Absurdité - Expédiés.13 Pas toujours de fer - Développé - (Se) nourrir - Étain - A six faces - Pour mieux voir - Pronom personnel.14 Fait du bruit - Précieux - Possessif - Près de - Incommodée - Violents - Affluent du Danube - Grande voile.15 Vont de branche en branche - Large échelle de gymnastique fixée à un mur - Aluminium - Ville italienne - Sous la peau - Avant nous - Qui appuie - Dans la Côted'Or.16 Négation - Fous - Il tua celui qui avait tué son père - Vendu - Calife mort à Médine - Sans imagination - Diablement.17 Tabac - Oeuvre de Corneille - Inflammation - Plante ornementale à longues feuilles très découpées - Sélénium - Grande période de l'histoire.18 Indique une transition - Natte de cheveux enroulée sur l'oreille - Poinçon - D'un verbe d'action - Son cuir est recherché en maroquinerie - Jambière en cuir.19 Ville d'Allemagne - Petit capital économisé peu à peu - Peut être galvanisée - Très simple - Faire du tort à - Courte course.20 N'a pas toujours de beaux bulletins.- Utile au golf - C'était un devin - Refusées à un examen - Grecque.21 Haut - Parties du corps - Ce n'est pas lui qui va nous remonter le moral - Pied de vigne - Collège - Spécialités créoles.22 Se soustrait adroitement à - État africain - Puissance souveraine - Mammifère primate insectivore des Philippines - Bouchée au chocolat - Double règle.23 Imitation d'objets précieux - Mouvement basque - Appâtée - Branché - Possessif - Faire savoir expressément - Supprimées.24 Examen - Fait - Peut se perdre à ne rien faire - Mesquines - Accusés - Mouvements de révolte.25 Faire souffrir - Précambrien - Grand-père - Déclarations - Nervures très saillantes de certaines feuilles - Société américaine.26 Casseroles - Pomper - Film - Se dit du personnel appartenant aux équipages des avions, par opposition au personnel au sol - A quelque chose de penché.27 Domaine réservé - Grosse mouche - Bière légère - Qui dénote l'ivresse - Sans valeur - Pas apparente - Infinitif.28 Vieille - Guerre américaine - Palmier - Symb o l e - E x i s t e r durablement - Équerre - Porte.29 Roulement - Prière - Atteint - Poisson - Stupéfiée - Utile en menuiserie - Navire de guerre - Rayé.30 Entre deux points - Terrain plat devant un édifice - Repos - Lombes - À poil - Situé.Le monde de La Presse par Michel Hannequart 7LP0801F1124 f08 dimanche 23 novembre 7LP0801F1124 ZALLCALL 67 18:16:24 11/23/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 NOVEMBRE 2002 Nos corneilles passent aussi l'hiver dans le sud LA CORNEILLE d'Amérique figure parmi les grandes vedettes de notre monde ailé.Considérée comme un des oiseaux les plus intelligents qui soient, la star en noir n'est pas nécessairement appréciée pour autant.Après avoir été l'objet, dans le passé, de toutes les persécutions \u2014 on faisait même exploser ses dortoirs à la dynamite \u2014 elle suscite encore peu de sympathie du public.Les banlieusards, par exemple, n'apprécient guère sa présence quand, à la barre du jour, elle se met à crier à l'unisson.Et la situation peut parfois devenir exaspérante quand la marmaille a quitté le nid, et que deux ou trois bébés se mettent à pleurnicher presque à la journée longue pour réclamer leur pitance.Lucien Potvin est de ceux qui s'interrogent sur le comportement grégaire des corneilles, notamment en août, quand elles se réunissent pour donner leur tour de chant matinal.« En cette période de l'année, un grand nombre de corneilles font, chaque matin à l'aurore, un concert qui nous réveille et nous oblige à fermer nos fenêtres.Le spectacle dure presque une heure.Quelle est la signification de ces rassemblements puisque ces oiseaux ne migrent pas ?» S'il est vrai que les corneilles sont de plus en plus présentes chez nous au cours de l'hiver, cela ne veut pas dire qu'elles ne vont plus dans le sud.Non seulement les populations nordiques vont migrer vers des terres plus clémentes au cours de l'automne, mais la plupart des oiseaux qui nichent au Québec vont hiverner plus ou moins loin au sud de la frontière, nous dit l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.Elles nous quittent vers la mi-octobre pour revenir à partir de la mi-février, en plein hiver.Ce qui peut laisser croire que toutes les corneilles passent la saison froide avec nous.Il n'en reste pas moins que plusieurs dizaines de milliers résident au Québec durant l'hiver, alors qu'elles se réunissent en bandes considérables qui possèdent toutes leurs propres dortoirs.Dans les Maritimes, les corneilles migrent sur de courtes distances et les bandes se concentrent le long de la côte où elles se nourrissent sur les rives libres de glaces.Par contre, dans les Prairies, les oiseaux migrent beaucoup plus au sud, parfois sur des distances de 2000 kilomètres, jusqu'au Kansas, au centre des États-Unis, mais aussi jusqu'en Oklahoma et même au Texas.Les corneilles sont des oiseaux très grégaires durant l'hiver, mais les groupes se défont au printemps pour la période de reproduction.En juillet, quand les petits commencent à sortir du nid, les familles commencent à se regrouper en vue d'une éventuelle migration.Le nombre de volées diminue progressivement, mais à la fin de l'été elles deviennent de plus en plus importantes.Rappelons par ailleurs que ces oiseaux ont un cerveau relativement gros, ce qui milite en faveur d'une intelligence supérieure, intelligence qui se manifeste par le goût du jeu et son habileté à se servir parfois d'instruments.On l'a déjà vue en vol jeter des pierres sur un intrus, nous dit encore l'Atlas.Il s'agit aussi du passereau qui possède le plus grand répertoire de cris, une vingtaine, chacun associé à une activité particulière.Aussi ne faut-il pas s'étonner que la corneille laisse libre cours à ses talents.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Au Québec, le moineau domestique et le roselin familier sont parmi nos oiseaux les plus souvent observés aux mangeoires l'hiver.À vos mangeoires! À TIRE D'AILE Il est grand temps d'installer vos mangeoires pour l'hiver si ce n'est déjà fait.Avec la neige qui recouvre le sol, les sources de nourriture se font un peu plus rares pour nos volatiles préférés.Suffit d'une mangeoire commerciale ou encore d'un petit plateau de bois juchés sur un poteau et le tour est joué.La nourriture pour oiseaux sauvages se vend partout, mais il toujours préférable d'éviter le grain mélangé même s'il coûte moins cher.C'est qu'il contient beaucoup trop de maïs, une céréale particulièrement appréciée par les étourneaux, les pigeons et les moineaux, trois espèces peu prisées des amateurs.Les graines de tournesol noir suffisent.Pour ceux qui veulent attirer roselins familiers, chardonnerets jaunes, tarins des pins ou encore des sizerins flammés, le silo à chardon s'impose avant tout autre mangeoire.Il coûte une quinzaine de dollars, tout au plus.Il existe aussi des mangeoires à balancier spécialement conçues pour le cardinal.Et vous voilà prêts à accueillir un petit monde qui mettra de la vie dans votre cour durant tout l'hiver.Observer les oiseaux est aussi une activité familiale à laquelle les jeunes enfants prennent plaisir.Vous pourrez aussi tenter votre chance avec les ados.Si ça marche, faitesmoi signe.Nourrir les oiseaux exige aussi quelques soins hygiéniques.Les plateaux à nourriture doivent être nettoyés régulièrement et désinfectés à quelques reprises afin d'éviter la propagation de la salmonellose, une maladie mortelle qui s'est manifestée à grande échelle l'hiver dernier chez nos sizerins flammés.Par ailleurs, si les pigeons envahissent votre cour, on conseille d'enlever le poste d'alimentation durant un certain temps pour qu'ils aillent ailleurs.Mais les colombidés ont l'oeil ouvert et il y a de bonnes chances qu'ils reviennent dès que la table sera mise à nouveau.Le seul moyen efficace d'éviter qu'ils ne deviennent une peste, si on tient malgré tout à nourrir les autres oiseaux, est de placer un treillis surélevé sur le sol, sous les mangeoires suspendues.Les pigeons ne pourront plus avoir accès aux graines qui tombent.Je vous rappelle que si vous cessez d'alimenter vos préférés parce que vous partez en vacances, par exemple, ils ne mourront pas de faim pour autant.Les oiseaux sont opportunistes et iront tout simplement ailleurs.N'ayez donc pas de remords.Par contre, si le verglas sévit dans votre patelin, éliminez la glace de vos mangeoires dès que possible et disposer de nouvelles graines.Vous verrez, il y aura foule.Le verglas peut être un importante cause de mortalité chez les oiseaux hivernants, du moins s'il affecte un grand territoire, car il coupe presque toutes les sources d'approvisionnements à un moment où les volatiles ont des besoins énergétiques plus grands que jamais.Feeder Watch et le virus du Nil Installer un poste d'alimentation vous donnera aussi l'occasion de participer au projet Feeder Watch, une recherche qui fait appel à la participation du public depuis 1987.Mené à travers les États-Unis et le Canada, le Feeder Watch Project est coordonné par le célèbre Laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, à Ithaca, dans l'État de New York, et vise notamment à mesurer les fluctuations de populations d'oiseaux qui se présentent aux mangeoires, soit une centaine d'espèces sur le continent.Par exemple, les données recueillies auprès des 17 000 participants ont permis de suivre la progression de la conjonctivite chez le roselin familier, un problème toujours présent, ou encore de déterminer que les invasions de sizerins flammés dans le Sud étaient sujet à des cycles de deux ans.Cette année, les gens de Cornell font valoir que les résultats à venir devraient permettre de déterminer l'impact du virus du Nil occidental chez plusieurs oiseaux familiers.On sait que le micro-organisme est rapidement mortel pour les corneilles et autres corvidés.Mais on a aussi détecté sa présence chez au moins 100 autres espèces d'oiseaux sur le continent.Il en coûte 25 $ pour participer au projet, une somme qui ne sert qu'à payer la documentation et les fiches en français, de même que le bulletin de liaison bilingue.Les observations sont notées de novembre à avril et les observateurs doivent y consacrer au moins un petit moment durant deux jours consécutifs, à toutes les deux semaines.On ne compte que 131 participants au Québec, ce qui n'est pas beaucoup.La coordination de la recherche au pays est assurée par Études d'oiseaux Canada, dont la représente au Québec est Catherine Poussart (catherine.poussart@ ec.gc.ca et au téléphone : (418) 649-6062).Selon les données de Feeder- Watch, au Québec, l'oiseau le plus souvent observé aux mangeoires est la mésange à tête noire.Figurent aussi parmi nos espèces hivernales les plus familières, le geai bleu, la tourterelle triste, le sizerin flammé, le pic mineur, le junco ardoisé et le pic chevelu.Photo JEAN-YVES DIONNE, collaboration spéciale © Espèce localisée dans l'ouest du continent, le geai de Steller est un habitué des terrains de camping où il n'hésite pas à cueillir la nourriture offerte.LE CARNET D'OBSERVATION Un geai noir de l'Ouest IL Y A UN bon moment, Antoine Baby, un lecteur de Saint-Antoinede- Tilly, près de Québec, demandait si les geais noirâtres qu'il avait vus folâtrer dans sa cour avec un groupe de geais bleus n'étaient pas atteints de mélanisme partiel.Les oiseaux étranges avaient la huppe noire, le dos gris très foncé, mais on pouvait y voir quelques taches bleues.Par la suite, Jean-Yves Dionne, de Candiac, nous faisait parvenir une photo d'un geai de Steller prise au nord de Prince Rupert, en Colombie-Britannique, en demandant si les étranges corvidés observés par M.Baby pouvaient être des visiteurs de l'Ouest.Signalons d'abord que les cas de mélanisme chez le geai bleu sont extrêmement rares et l'ouvrage The Audubon Society Encyclopedia of North American Birds signale un seul cas connu.Ce qui ne veut pas dire que la chose ne se produit pas à l'occasion.À l'inverse, les cas d'albinisme partiel sont beaucoup plus fréquents.Par ailleurs, le geai bleu peut avoir une allure plutôt étrange durant la mue, au cours de l'été.Sa tête devient presque dénudée et le coloris des plumes devient très irrégulier et plus terne.Quant au geai de Steller, la seule présence officielle au Québec est celle d'un individu observé à Cap- Rouge, le 8 avril 1926, un oiseau qui avait vraisemblablement traversé le Canada à bord d'un train.D'une taille presque identique au geai bleu, le geai de Steller est une espèce typique de l'ouest du continent, de l'Alaska jusqu'au Nicaragua au sud.Vers l'est, il ne s'aventure guère au-delà de l'Alberta, du Colorado et du Texas.On ne compte qu'une seule mention en Saskatchewan.La tête, le cou et la partie supérieure du dos sont noirs.Quelques taches de bleu regroupées en deux courts traits sont visibles au-dessus du bec.Le sourcil est également bleu.Par contre, ce coloris cède la place au blanc chez les oiseaux qui vivent dans le sud.Se déplaçant en petits groupes, le geai de Steller est un habitué des terrains de pique-nique et de camping où il n'hésite pas à cueillir la nourriture qu'on lui offre.Dans la grande forêt, il devient cependant très farouche et difficile à approcher.À l'exemple de son cousin de l'Est, son régime alimentaire est varié.Oeufs et oisillons figurent aussi couramment sur son menu.Il peut parfois attaquer et tuer des serpents.Héron et balbuzard CHRISTIAN PINARD demande si balbuzards et grands hérons peuvent se voisiner.Ses frères ont découvert un nid de balbuzard au milieu d'une petite colonie de hérons, écrit-il, et tous craignent que les échassiers ne quittent l'endroit à cause de la présence du rapace.Les deux oiseaux peuvent fréquenter le même environnement, comme vous venez de l'indiquer, mais il y a peu de compétition entre les deux espèces même si leurs régimes alimentaires sont parfois semblables.Le balbuzard se nourrit presque exclusivement de poissons, lacustres ou marins, capturés à la surface de grandes étendues d'eau qu'il survole.Le grand héron est avant tout un oiseau de rivage.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © La corneille est le passereau qui possède les plus grand répertoire de cris.Ce qui ne veut pas dire que ses concerts sont appréciés pour autant."]
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