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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-12-01, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1201 F1 1er décembre 7LP0101F1201 ZALLCALL 67 22:02:22 11/30/02 B ÉDITIONS ART GLOBAL Un livre somptueux sur Montréal que vous offrirez avec fierté aux gens d'ici et d'ailleurs.En vente dans toutes les librairies 3101141A 7LP0201F1201 f2 lectures dimanche 7LP0201F1201 ZALLCALL 67 17:49:16 11/30/02 B LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ALEXANDRE DUMAS AU PANTHÉON Un écrivain un peu fatigué L'auteur des Trois mousquetaires aimé au Québec RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Au temps de L'Avaleur de sable, il y a presque une décennie, les héros étaient déjà fatigués.Rappelez-vous Julien : « C'est vrai que depuis le départ de Florence, je n'ai pas fait grandchose, c'est vrai que je n'ai pas remué le petit doigt plus souvent qu'il le faut.Par contre, aujourd'hui, c'est fini tout ça, je le jure, bien fini.» Dans Un peu de fatigue, l'épigone de Julien, Édouard, se remet mal du départ de sa femme Véronique.C'était son idée à lui, pourtant.Le couple n'allait pas si mal, il allait même plutôt bien.Une belle connivence, intellectuelle et sexuelle, un enfant à aimer, un jardin à construire.C'était déjà beaucoup, pour qui ne cultive pas par exprès le désenchantement, tel Édouard qui trouvait que le quotidien commençait à menacer leur histoire d'amour.Véronique, quant à elle, se satisfaisait de cette vie et elle voulait retarder de deux ans la séparation, parce que leur fils Maxime était encore trop jeune.Le délai achevé, Édouard rappelle à sa femme que c'est le temps de partir.Elle part, elle refait sa vie autrement.Après avoir détruit sa famille, Édouard va maintenant s'acharner à détruire sa propre vie.Un travail de longue haleine, car sa petite personne, pourtant plus impulsive que rationnelle, a besoin de se justifier sans cesse.Peu à peu, la maison tombe en ruines et le plus beau jardin du quartier devient une jungle inextricable.Écoeuré de vivre dans un taudis, loin des attraits du centre- ville, près d'un père qui ne fait rien et qui se plaît à critiquer le conformisme de tout le monde, le fils Maxime, qui a maintenant 18 ans, décide d'aller vivre chez sa mère.La dégringolade d'Édouard s'accentue.Il empoisonne la vie de son ami de toujours, Michel, un oculiste prospère et bon vivant.Ils ont l'amitié bourrue.Leurs querelles, nombreuses, se terminent souvent par des coups de poing.Il quête le réconfort de son amie Simone, veuve inconsolable et qui est la femme la plus triste au monde.Après avoir couché avec elle, pour la première fois, il la laisse tomber, faute de désir.La grandeur et la décadence de la vie d'Édouard se lisent sans peine, la verve de M.Bourguignon évitant au lecteur toute fatigue, toute lassitude.La narration est enlevée, les dialogues sont efficaces, le découpage des scènes est habile.Ces qualités, qui ne sont plus rares, ne suffisent pas à maintenir l'écrivain au rang qu'il avait atteint parmi les romanciers de sa génération.Certes, la critique sociale est toujours pertinente.Encore faut-il qu'elle emprunte des voies plus subtiles que celles de l'imprécation.Édouard est trop imbu de sa petite personne pour diriger contre luimême ses commentaires grinçants.Au lieu de contribuer à changer le monde, ce qui lui semble pourtant urgent, il embête tout le monde avec ses états d'âme.Faute de pouvoir décrocher la Lune, pour l'humanité tout entière et pour luimême, il décroche de tout.Quand il sort de sa léthargie, c'est de façon ridicule, par exemple en agitant un revolver sous le nez d'un peu tout le monde ou en s'offrant une vasectomie dont il fait un geste rien de moins que philosophique.Il trouve l'intervention douloureuse ?Eh bien, tant pis pour lui ! Édouard a beau être insupportable, il lui arrive de dire des choses très douces et très tendres.Abri, protection et leurs contraires, menace et danger, tels sont ses leitmotive.Ils lui inspirent de beaux discours, faute de mieux, quand par exemple il songe à Betty, son premier amour, paralysée à la suite d'un accident de la circulation : « Petite soeur jumelle, tout aussi orpheline, tout aussi oubliée, il n'y a pas d'homme qui te regarde avec amour, pas d'homme qui a compris que parfois le monde fait si mal qu'il faut inventer pour ceux qu'on aime un nouveau monde, plus petit, de la taille d'une famille peutêtre, pour éloigner la souffrance, le mépris et l'indifférence.» Et pas d'Édouard pour aller consoler la pauvre fille.Les narrateurs qui prennent la relève d'Édouard, plus pragmatiques que lui, pourraient nous éclairer sur la nature velléitaire de ce pourfendeur des lâchetés humaines.Ce n'est pas du tout le cas et on se demande pourquoi ils viennent remplacer celui qui s'enferre dans ses propos itératifs, si c'est pour reprendre les mêmes scènes sans leur apporter un éclairage vraiment différent.Le résultat est décevant : une construction mal équilibrée, alourdie de digressions dont la pertinence est discutable.\u0001 \u0001 \u0001 UN PEU DE FATIGUE Stéphane Bourguignon Québec Amérique, 272 pages RUDY LE COURS Le 25 août 1987, quelques semaines avant de mourir, René Lévesque avait rempli un court questionnaire que lui avait adressé l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de documentation.À la question « Quels sont les trois livres les plus marquants de votre vie ?», il écrivit en haut de sa liste : « Les premiers livres sont toujours, comme de bien entendu, de ceux qui s'impriment à jamais.J'ai dû longuement discuter avec moi-même (.) Finalement, j'ai opté pour le plus inoubliable de tous, Les Trois mousquetaires.» Il n'est pas le seul assurément à arrêter sa préférence sur cette oeuvre, même si le clergé à l'époque de la jeunesse de M.Lévesque faisait tout pour décourager la lecture des grands romans d'Alexandre Dumas.« Au XIXe siècle, Dumas a été mis à l'index par Mgr Bourget après la publication de son pamphlet Le Pape devant les Évangiles », raconte en entrevue Réginald Hamel.Cette censure lui a donné l'idée de se lancer à la recherche de tout ce que Dumas avait écrit.« Je trouvais odieux que les Canadiens anglais aient accès à Dumas en traduction et nous pas, raconte-t-il.Je voulais pousser les jeunes à lire Dumas.» Il y a consacré, entre autres activités, plus d'une dizaine d'années.Il a tout lu ce qu'il a pu trouver au Québec, aux États-Unis, en France et en Italie.Le fruit de son travail se retrouve en partie dans un livre désopilant, Dumas insolite (chez Guérin), qui fourmille d'anecdotes que les spécialistes français de Dumas continuent d'ignorer.Cela a produit surtout le Dictionnaire Dumas, qu'il co-signe avec Pierrette Méthé, qui a colligé les textes italiens de l'écrivain.Pour contourner la mise à l'index, l'éditeur du Cercle du livre de France, feu Pierre Tisseyre, avait eu l'idée d'offrir du Dumas en prime à ceux qui s'abonnaient à sa collection Le livre du mois.C'est ainsi qu'ont été publiés à Montréal dans les années cinquante Impressions de Voyage en Suisse et Voyage en Russie, dont certains exemplaires échouent de temps à autres sur les rayons des librairies d'occasion.La Révolution tranquille et la diffusion en format poche des grands auteurs français ont heureusement percé une brèche décisive dans la chape de plomb religieuse qui étouffait la littérature.Dumas a vite regagné sa popularité, mais la plupart des pontes universitaires, encore souvent imprég ultramontains, se sont attachés à réduire la portée de son oeuvre.En vain.Ainsi, c'est le Québécois Victor- Emmanuel Wilson qui rédigea la première biographie du père d'Alexandre Dumas.Paru en 1977, Le Général Alexandre Dumas, soldat de la liberté, raconte les origines créoles et la légende du père de l'écrivain.Aujourd'hui, on ne rechigne pas à parler aux jeunes des amours malicieuses de D'Artagnan et de Milady.En a fait foi la présentation très réussie des Trois Mousquetaires au Théâtre Denise-Pelletier dans une jolie adaptation de Pierre-Yves Lemieux (texte) et Fernand Rainville (mise en scène), l'an dernier.En fait foi aussi L'Empire couleur sang, le curieux roman jeunesse de Denis Côté (Hurtubise HMH) publié cet été et qui met en scène Dumas et plusieurs de ses personnages dans l'univers des Patriotes de 1837.« Dumas n'est pas gnangnan, note M.Hamel, fin analyste littéraire.Il fait connaître ses héros par les personnages qui sont autour de lui.C'est une technique reprise par les auteurs de feuilletons ou de téléromans d'aujourd'hui.» M.Hamel évoque Victor-Lévy Beaulieu.On pourrait ajouter Réjean Tremblay.Le propos de Lance et compte : nouvelle génération n'est-il pas après tout inspiré de Vingt ans après ?Dumas a vite regagné sa popularité grâce à l'arrivée des formats de poche, mais la plupart des pontes universitaires, encore souvent imprégnés de vieux relents ultramontains, se sont attachés à réduire la portée de son oeuvre.DUMAS Suite de la page F1 Il réaffirmera farouchement ses convictions en 1860 en armant Garibaldi pour en finir avec les Bourbons qui régnaient sur Naples et la Sicile et qui étaient responsables de la maladie de son père, fait prisonnier dans leurs geôles.La vie de Dumas est aussi foisonnante que ses meilleurs romans.Pour s'en convaincre, on choisira la biographie de Daniel Zimmerman (chez Phébus), la plus emportée.On consultera aussi le site de la SAAD : www.dumaspere.com Popularité jamais démentie De son vivant, l'oeuvre de Dumas aura connu un succès populaire incomparable.D'abord homme de théâtre, il crée le drame romantique avant Hugo et obtient d'immenses succès avec des pièces comme Antony, La Tour de Nesle ou Kean, que Sartre adaptera dans les anées 1950.Reprise, l'adaptation a fait un four à la rentrée du Théâtre du Nouveau Monde dans une mise en scène déroutante de René-Daniel Dubois.On se rapportera à la récente édition du recueil Drames romantiques (chez Omnibus) pour juger de la puissance, de l'actualité et surtout du rythme de ce texte.Le succès de Dumas est alors tel qu'il éclipse celui de tous les autres écrivains, à commencer par Balzac qui, le méprisant, lui dit un jour qu'il fera du théâtre quand il sera usé.« Commencez tout de suite », lui riposte Dumas.Dans les années 1840, Dumas s'impose aussi comme le roi du feuilleton.Il signe un grand nombre de ses meilleurs romans, écrits pour la plupart avec l'historien Auguste Maquet qui produit un premier jet que Dumas amplifie de son souffle et de son génie du découpage et du dialogue.Dumas résume la formule : « Qu'est-ce que l'Histoire ?Un clou auquel j'accroche mes romans.» Cette collaboration se terminera par un procès.Dumas obtiendra le droit de signer seul les ouvrages dont les droits seront partagés.Maquet deviendra riche et oublié, malgré une imposante mais fade production ; Dumas pauvre mais toujours célèbre.Il s'en explique ainsi : « Je n'ai point de vices, mais des fantaisies, ce qui coûte bien plus cher.» Les Trois Mousquetaires (et ses suites Vingt ans après et, surtout, le majestueux Vicomte de Bragelonne) et Le Comte de Monte-Cristo restent ses romans les plus célébrées et les plus rééditées.Patrick de Jacquelot, animateur d'un site Internet à la fois rigolo et bien tenu (www.pastichesdumas.com) a recensé 59 suites, plagiats pastiches et hommages aux Trois Mousquetaires et 36 à Monte-Cristo.Quel autre écrivain français peut se vanter que ses personnages aient autant de vie propre ?Outre les Mousquetaires et Monte-Cristo, l'amateur peut facilement s'y perdre s'il décide d'aborder l'oeuvre de façon un tant soit peu rationnelle.Voilà pourquoi la consultation du Dictionnaire Dumas (écrit par les Québécois Réginald Hamel et Pierrette Méthé et publié chez Guérin) s'avère autant agréable qu'essentielle.On y trouve une fiche pour chacun des 656 titres de l'auteur (pièces, romans, nouvelles, biographies, causeries, impressions de voyages, etc.) qui précise l'édition d'origine, en fournit un synopsis, la liste des personnages inventés ou cités et fait des renvois quand le titre en précède, suit ou recoupe un autre.Treize ans après sa parution, c'est encore la présentation de la production de Dumas la plus complète même si d'autres chercheurs ont depuis débusqué quelques inédits.D'excellentes rééditions récentes Si vous voulez (ré)entreprendre la lecture de Dumas, le plaisir est beaucoup plus facile aujourd'hui qu'il y a 15 ou 20 ans, en raison des nombreuses bonnes rééditions parues ces dernières années.Dans la collection Bouquins, on trouvera les grands cycles romanesques annotés par Schopp : celui des Mousquetaires, celui des guerres de religion (La Reine Margot, La Dame de Monsoreau et Les Quarante-cinq), de la Révolution (Joseph Balsamo, Le Collier de la reine, Ange Pitou, La Comtesse de Charny et Le Chevalier de Maison-rouge).S'y trouvent aussi les deux tomes sous coffret de Mes Mémoires assortis d'un Quid où sont recensés ses nombreux collaborateurs et ses maîtresses, plus nombreuses encore.« C'est par humanité que j'ai des maîtresses, se justifie-t-il.Si je n'en avais qu'une, elle serait morte avant huit jours.» La collection Quarto de Gallimard a tiré des limbes trois autres grands romans.On optera en premier pour La San Felice, puissante épopée napolitaine où sont mises en scène les figures de Horace Nelson et de sa perverse maîtresse, Emma Lyonna, dite Lady Hamilton.On ne boudera pas son plaisir avec Olympe de Clèves, majestueux roman qui se déroule dans les milieux du théâtre sous la Régence.On pourra enfin attaquer Les Mohicans de Paris, (trop) long roman gigogne précurseur du genre policier.Le fantastique s'incruste dans plusieurs oeuvres bien qu'il ne soit pas le moteur de l'action.En revanche, Dumas a abordé le genre de front dans quelques romans.On en trouvera plusieurs bons dans le recueil Le Meneur de Loups (chez Omnibus) qui contient, outre le roman éponyme que Michael Jackson doit adapter au cinéma, les Mille et un fantômes et surtout La Femme au collier de velours.Le fantastique sert souvent de prétexte pour dénoncer la peine de mort.Dumas injecte de ses idées dans tous ses écrits.« En art, la forme n'est que secondaire, la pensée est tout », clame-t-il.Dumas était un grand voyageur.La relation de ses périples nous vaut des pages parmi les plus savoureuses, Grand Dictionnaire de cuisine (chez Phébus) mis à part, bien entendu.Dans En Russie (réédité chez Hermann), Dumas écrit des pages d'une grande sensibilité sur le servage encore en vigueur.Dans Viva Garibaldi ! (chez Fayard), Dumas tient le journal de bord d'abord hilarant d'une expédition qui se veut avant tout une croisière culturelle.Toutefois, quand elle bascule en soutien actif à l'insurrection des chemises rouges qu'il va armer et se faire le propagandiste, Dumas devient le premier correspondant de guerre des temps modernes.Dumas a été longtemps décrié par les pontes des lettres qui le jugeaient davantage amuseur public qu'écrivain véritable.Amuseur, certes, il l'était pour notre plus grand plaisir.Dès ses premières oeuvres toutefois (Crimes célèbres, chez Phébus, Pauline chez Folio), il n'hésite pas à dépeindre le calcul et l'injustice.Par la suite, il se fera même pamphlétaire comme dans Jacques Bonhomme ou Le Pape devant les évangiles.Ce titre lui vaudra mise à l'index et censure, en 1863.Heureusement, le Panthéon est une institution de la République, pas de la monarchie ni du Vatican, « ces deux envoyés des ténèbres ». 7LP0301F1201 f3 lectures dimanche 7LP0301F1201 ZALLCALL 67 19:45:21 11/30/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1e r D E C EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 ENTREVUE DECLIN Suite de la page F1 Comment les Etats-Unis sont devenus l'Amerique Tout cela ne manque pas d'allure.Et c'est souvent dans le detail qu'on sent une certaine fragilite dans cette these.Deficit americain En macroeconomie, par exemple, le deficit americain n'a pas necessairement la signification que Todd lui prete.Estimer que nous sommes actuellement dans une phase de regression de la fievre islamiste ne releve pas non plus de la plus haute evidence ! Et l'auteur qui, de par son metier, attache une telle importance a la structure et aux roles familiaux, etonne considerablement lorsqu'il decrete que la femme americaine, castratrice et menacante, (est) aussi inquietante pour les males europeens que la toute-puissance de l'homme arabe l'est pour les femmes europeennes .ce qui laisse subodorer une connaissance assez schematique de la famille americaine.Globalement, il est cependant parfaitement exact que la montee en puissance de l'Europe et de l'Asie .surtout leur puissance virtuelle, qui n'attend que d'etre concretisee .va dans le meilleur cas creer, face a l'Amerique, un nouvel equilibre mondial qui ne peut etre que souhaitable.En vitesse.Cette lecture etant achevee, on passera plus rapidement sur d'autres titres dont, a l'exception du premier, on pourrait dire qu'ils ne depassent pas le niveau de la production commune (et ce n'est pas un compliment.).Les voici tout de meme : > Philippe Roger livre une brique lourde et dense, L'Ennemi americain / Genealogie de l'antiamericanisme francais (Le Seuil), dont l'interet, immense, est altere par une ecriture ampoulee, complexe, d'evidence destinee aux spheres etherees du monde universitaire.Dommage.Car la petite histoire de la haine anti- americaine telle que racontee par l'auteur ne manque de sel.On y apprendra, par exemple, qu'avant meme d'etre vraiment peuplee par les metropoles d'outre- Atlantique, l'Amerique fut detestee par les intellectuels francais a cause de.sa faune et sa flore, par essence inferieures a celles de l'Europe ! > Grosse deception du cote de Mark Hertsgaard, dont l'ouvrage, L'Amerique expliquee au monde entier (Stock), donne des.explications un peu courtes.Il y a quelques annees, ce journaliste avait accouche d'une magnifique etude, L'Art des Beatles, sur la musique du quatuor britannique.Visiblement, le sujet lui convenait mieux.Car, cette fois, en depit d'une affection reelle pour le peuple americain, il ne fait qu'ecrire avec une naivete etonnante une millieme version des requisitoires evoques plus haut.> La meme chose peut se dire de La Fin de la liberte / Vers un nouveau totalitarisme (Rivages), du romancier et polemiste americain Gore Vidal.Cependant, ce recueil d'articles publies dans des periodiques americains prestigieux, ne s'embarrasse, contrairement a celui de Hertsgaard, d'aucune nuance .c'est d'ailleurs ainsi que Vidal a acquis gloire et fortune.En fait, l'ouvrage accede presque, a l'occasion, au statut d'ecrit haineux.Et flirte avec des theories du complot dont la premiere qualite est, comme chacun sait, l'extraordinaire intelligence.> Enfin, Pourquoi le monde deteste-t-il l'Amerique ?(Fayard), de Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies, se livre aussi a la lecture des actes d'accusation deposes contre l'Amerique que tous connaissent maintenant par coeur (on trouvera meme, sur 15 pages, une sorte de tableau des interventions militaires americaines a l'etranger !).Mais les auteurs analysent assez brillamment le phenomene meme de la haine a l'endroit de l'Amerique, vue des deux cotes, destructrice de part et d'autre.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 APRES L'EMPIRE/ESSAI SUR LA DECOMPOSITION DU SYSTEME AMERICAIN Emmanuel Todd Gallimard, Paris, 2002, 233 pages L'expedition Lewis & Clark a la decouverte de l'Ouest americain, commandee par le president Thomas Jefferson au debut du 19e siecle, a inspire un roman qui vient d'arriver en librairie, La Route de l'Ouest (vlb editeur) a Richard Hetu, correspondant de La Presse a New York.Hetu a ete emu quand il a decouvert que des Canadiens francais avaient joue un role important dans ce voyage mythique, role occulte par les Americains.Il a decide de faire connaitre cet aspect de notre histoire en passant par un personnage haut en couleur qui servit d'intermediaire aupres des Indiens, Toussaint Charbonneau, ne en 1757, a Boucherville.L'historien, auteur et editeur Denis Vaugeois, est lui aussi fascine par la participation canadienne- francaise et amerindienne a ce voyage, et par la signification de cette expedition fabuleuse.Une aventure qu'il a etudiee pendant quatre ans et qu'il resume dans un ouvrage grand public de qualite, rempli d'illustrations tirees d'archives et de cartes geographiques.Selon lui, l'expedition Lewis & Clark marque la naissance d'une nouvelle puissance .c'est le soustitre de son livre qui s'appelle America (ed.Septentrion).Il n'y a rien d'etonnant a ce que l'expedition Lewis & Clark soit une source d'inspiration maintenant, dit-il en entrevue.Aux Etats-Unis, on trouve des ouvrages sur le sujet dans toutes les librairies, on peut voir des expositions qui lui sont consacrees un peu partout le long de la route vers l'Ouest (qui suit le Missouri, traverse les Rocheuses et descend le long du fleuve Colombia) jusqu'au Pacifique.Il y a meme un musee qui est consacre a l'expedition, a St.Louis, un musee fonde par des Francais de la Louisiane et des Canadiens de Montreal.comptait une quarantaine de personnes .s'est finalement mise en branle, en 1804, apres quelques annees de tatonnements, mais on a deja commence a en celebrer le bicentenaire aux Etats-Unis.L'Amerique Entre 1803 et 1853, les Etats-Unis changent radicalement, explique M.Vaugeois.Ils sont d'abord tournes .les 13 Etats .sur l'Atlantique.Quand ils achetent la Louisiane a Napoleon et que commence l'expedition Lewis & Clark, c'est le debut de l'expansion jusqu'au Pacifique.Une expansion qui se fera plus tard avec violence a l'endroit des Amerindiens.Les Etats-Unis deviendront l'Amerique, America.L'historien fait alors remarquer, avec amusement, que le mot America est un mot cree par des Francais, en 1507, pour designer les nouvelles terres sur les cartes.Ils cherchaient un terme qui conviendrait a un continent.Il y avait Europa, Asia, Africa.America vient d'Amerigo Vespucci qui, croyait-on alors, avait decouvert ces terres.Mais en fait, Christophe Colomb l'avait precede.Les cartographes francais ont voulu changer le nom.Mais le mot, inscrit sur un millier de cartes, avait deja ete adopte.Denis Vaugeois, qui est aussi l'editeur de Septentrion, a Quebec, a mis du temps a s'interesser a l'expedition de Merewether Lewis et William Clark, deux militaires d'envergure, lui qui s'interesse surtout au monde atlantique, a l'Amerique francaise, a la rencontre Europe-Amerique.Et c'est en lisant Undaunted Courage, de Stephen Ambrose (Simon & Shuster, 1996) qui a fait 25 fois le voyage de Lewis et Clark, qu'il decouvre vraiment le role des Canadiens, un role oublie par les explorateurs qui parlaient a l'epoque de frenchmen et ne mentionnaient jamais le Canada.Un conteur L'historien a concu son livre pour qu'on puisse le lire en commencant par n'importe quelle des 13 sous-histoires qu'il y raconte.L'histoire des deux Charbonneau, par exemple.Toussaint le pere .heros du roman de Richard Hetu .et Jean-Baptiste, le fils de Toussaint et de l'Indienne Sacagawea, cette figure, mythique elle aussi, representee avec son fils sur le dos, sur les nouvelles pieces de 1 $ US.J'ai trouve l'acte de bapteme de Toussaint , s'exclame-t-il.On sait du pere qu'il etait vaillant et bon vivant, tres porte sur la chose.On sait desormais qu'il avait une dizaine d'annees de moins qu'on croyait.Mais l'histoire du fils est etonnante, elle aussi.Clark a pris sous son aile Jean-Baptiste Charbonneau qui s'etablit chez lui a l'age de sept ans et y est instruit avant de retourner avec ses parents.Plus tard, il sera pris en charge par un ami de Clark, le prince Paul Wilhem de Wurttemberg, qui l'emmenera vivre chez lui, en Prusse, et visiter l'Europe.Le jeune y restera sept ans et retournera chez les siens.On dit de lui qu'il pouvait converser tout a fait couramment en allemand, en espagnol, en francais et en anglais et qu'il parlait aussi plusieurs langues indiennes.Il y a aussi l'histoire d'Etienne Provost, de Chambly , dit Denis Vaugeois, qui aime visiblement en conter.Provost est un heros, bon chasseur, bon vivant qui a tellement impressionne le peintre Miller, un ami d'Audubon qui le suivait dans ses expeditions, que le peintre a decide de le mettre dans ses tableaux.C'est le gros, la, avec son ane , dit-il en montrant les illustrations en question dans America.Ces petites histoires .il y en a meme une sur un chien .cotoient l'histoire officielle, celle qu'ont ecrite eux-memes Lewis et Clark, celle de la publication de leurs journaux de bord qui ne fut pas facile, l'histoire des engages canadiens, des Indiens.Il y fait le portrait de Thomas Jefferson, ce president tres cultive et inspire.Et explique pourquoi l'expedition, ayant ete une reussite, est devenue un des mythes les plus inspirants pour les Americains.Pour Denis Vaugeois, il y a la, dans toute cette histoire et ces histoires, les ingredients qu'il faut pour faire un blockbuster.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 AMERICA, L'EXPEDITION DE LEWIS & CLARK ET LA NAISSANCE D'UNE NOUVELLE PUISSANCE Denis Vaugeois Septentrion, 264 pages Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse c L'historien, auteur et editeur Denis Vaugeois.LITTERATURE FRANCAISE Des nouvelles de toute la bande collaboration speciale Luc est un journaliste celebre, interviewer, presentateur du journal parle de la television.Intouchable.Incontournable.Un monument de fatuite, convaincu qu'il est parfait, et adule de tous .naturellement, lui semble-til, des femmes qu'il appelle des minettes , on voit le genre.Sa femme voyage souvent, en Amerique et ailleurs.Son frere Jean Etienne est editeur, il est marie a Ziah, qui tient une galerie d'art.Ainsi de suite.Il y a un groupe, une sorte de bande, dans ce livre.Si l'on vous nomme ces personnages, c'est que vous les retrouverez au gre des histoires et des aventures que contient le roman de Jacques Attali intitule Nouv'Elles.Titre accrocheur s'il en fut .tout comme la couleur rose de la couverture .mais qui traduit sans doute son contenu : il s'agit de nouvelles, les belles madames y sont tres presentes, les messieurs y sont souvent moches et stupides (parfois cretins).et ces nouvelles se relient entre elles par les personnages que l'on perd tout-a-coup a la fin d'une histoire et qui reparaissent, plus loin, dans un autre recit.Douze histoires imbriquees.Il y en a de policieres, il y en a d'erotiques, soudain un texte de piece de theatre, ou un conte pour enfant.Toujours comiques, et toujours sur le theme eternel : l'amour.Ainsi, tenez, voici Luc, qui recoit un soir, au sortir des studios de la television, un email (excusez-nous un petit instant.Pourquoi ne pas dire, en francais : email, comme s'il y avait un accent, et un seul mot, comme s'il s'agissait de cette belle substance qui recouvre les dents, et qui se prononce email ?).donc, Luc recoit un email ainsi redige : Luc Leyvassent est drole, honnete, precis, tansparent, aimable et travailleur.En tout cas, telle est l'image qu'il souhaite donner de lui, avec quelque efficacite, a un public credule.Mais regardez au fond de lui et interrogez-vous cruellement : La celebrite ne vous a-t-elle pas pourri au point de faire de vous une marionnette sans ame ?En realite, n'etes-vous pas mort sans le savoir ?Rentrez en vous-meme et osez vous interroger : meritez-vous d'etre Luc Leyvassent ?Si vous recevez une telle diatribe, faites attention.Si vous n'etes pas celebre, tout va bien.Mais si vous etes celebre au point que l'on se demande (une certaine Noemie) si vous meritez votre celebrite, alors ne repondez pas.Ou bien faites comme Luc, haussez les epaules et, du tac au tac , ecrivez : La celebrite est une malediction dont tous les hommes voudraient bien etre les victimes.Mais Noemie va insister.Moqueuse, acerbe, elle est en train de se payer la tete du brillant et celebre journaliste.C'est insupportable.D'email en email, elle l'insulte, le provoque, lui envoie meme sa photo, nue, le pubis a peine dissimule par un coin de poste de television.Et les seins nus (qu'elle a admirables).C'est un piege, se dit Luc, Je n'y tomberai pas.Mais elle a vraiment de beaux seins.Le reste aussi.Splendide, cette Noemie.Bref, de fil en aiguille, on s'en serait doute, le desir de rencontrer Noemie se precise, s'exacerbe, suspense intenable dirait Damocles.Luc va reussir a obtenir un rendez-vous, apres bien des avatars qui font rire et que l'on vous laisse decouvrir.Le rendez- vous ?: Demain soir, mardi 29 avril 2003, la suite royale de l'hotel de France et de Russie, a Rome.On vous laisser egalement decouvrir comment le brave et celebre Luc Leyvassent s'est trouve un soir, dans une suite royale a Rome, completement nu, sans vetement ni argent ni carte de credit, et naturellement n'ayant jamais pu renconter Noemie.Tel est le genre de ces histoires, qui s'emboitent les unes les autres, au point que nous connaissions deja Noemie, et que nous la reverrons.Le genre leger, qui n'est pas si insignifiant que l'on dit.Il faut pour pratiquer ce genre beaucoup de talent, ce que l'on nomme le savoir- faire, mais aussi de l'imagination.Avec une ecriture sans pretention ni sans affeterie.Il semble que ce soit la meilleure, de l'avis de quelques sommites de la litterature auxquelles il convient de faire confiance, les yeux fermes.Stendhal, Leautaud, Maupassant ?Surtout Maupassant, qui aurait connu notre epoque et ses emails, autant que ses emois.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 NOUV'ELLES Jacques Attali Fayard, Paris, 245 pages Simplement.Mario Jean 18 au 22 fevrier Theatre St-Denis 790.1111 Nouveau spectacle 7LP0401F1201 f04 livres dim 12 dec 7LP0401F1201 ZALLCALL 67 19:48:26 11/30/02 B ENCYCLOPEDIE POP-PSYCHO Le reste du monde vu de France Une demonstration rigolote FRANCOIS BERGER Lorsqu'une personne ment, ses muqueuses nasales se gonflent sous l'influence d'emissions hormonales declenchees precisement par l'action de mentir.C'est ce qu'on appelle l'effet Pinocchio , nous apprend l'edition 2003 de l'encyclopedie Quid, publiee chez Laffont.L'ouvrage de reference francais, qui en est a sa 40e edition, ne dit cependant pas comment l'on nomme l'effet d'exageration propre a la publicite et au marketing, quelque chose comme l'effet Martha Stewart sans doute.Quid pretend dire Tout sur tout et un peu plus que tout., mais ses auteurs auraient du preciser qu'il s'agit davantage de tout s u r l a F r a n c e , puisque la publication y consacre l'essentiel de son contenu tout en presentant des donnees dites internationales sur le reste du monde.La famille Fremy .ce sont les auteurs .fait un bel effort en assemblant en texte tres serre, sur plus de 2000 pages, tous ces faits du passe et du present (la chronologie va jusqu'en aout 2001).D'abord publiee la premiere fois en 1963 en format de poche, l'encyclopedie a gagne en dimensions et en volume et son index contient maintenant plus de 180 000 entrees.Presentes par themes plutot que par ordre alphabetique, les sujets sont traites avec une concision exemplaire ou la syntaxe doit parfois le ceder a l'economie d'espace.Il est vrai que l'on trouve de tout sur tout dans le Quid, mais l'ouvrage demeure tout de meme tout centre sur l'Hexagone.Dans la section consacree aux statistiques des accidents d'avion, par exemple, le document presente un tableau fort detaille de ces evenements en France, mais y consacre seulement deux lignes sur huit autres pays.Pour qui veut connaitre le bilan des accidents aeriens partout dans le monde, il vaut probab l e m e n t mieux visiter le site W e b d e l'OACI.Quid exploite aussi un site Web, ou l'internaute e s t malheureusement inc o m m o d e p a r d e s pop-up , ces fenetres publicitaires qui s'imposent d'ellesmemes (chez Quid, on invite a des jeux de casino ).Encore la, le contenu est essentiellement franco-francais.Par exemple, sous un titre cliquable nomme Radiodiffusion et television dans le monde , la section statistiques ne donne que des chiffres sur l'industrie francaise.Malgre cet atavisme chauvin, peut-on dire, le Quid n'est pas a dedaigner.Il reste un outil fort utile pour entamer une recherche.\u0001 \u0001 1.2 QUID 2003 Editions Robert Laffont, Paris, 2002 L I L I A N E LACROIX Aussi bien vous le dire tout de suite : le titre est trompeur.Pourquoi les hommes mentent et les femmes pleurent n'a rien d'une xieme complainte sur les hommes, ces salauds, et sur les femmes, ces pauvres agneaux sacrifies a l'egoisme criant de leurs minables compagnons.Au contraire ! C'est plutot une demonstration rigolote des differences qui nous separent et des avantages qu'on pourrait tirer a s'en accommoder et meme a en jouer.Et c'est beaucoup plus rejouissant.> Pourquoi un homme nous inonde- t-il de conseils inopportuns alors qu'on veut seulement etre ecoutee ?> Pourquoi les femmes passentelles toujours du coq a l'ane ?> Pourquoi un homme ne s'interesse- t-il a la tele que s'il a la zapette en main ?> Pourquoi les femmes font-elles de meilleures harceleuses ?> Pourquoi les hommes aiment-ils les farces cochonnes ?> Pourquoi les femmes aiment-elles tant magasiner, une activite que tout homme normalement constitue abhorre > Et enfin, preoccupation hautement philosophique : Pourquoi 96,3 % des hommes reconnaissent-ils qu'ils petent alors que seulement 2,1 % des femmes le concedent ?A moins d'avoir vecu en ermite durant les 20 dernieres annees ou d'avoir resolument assume votre homosexualite, vous ne pourrez vous empecher de sourire devant des mesaventures que vous avez connues en couple avec un partenaire de l'autre sexe.En plus de repondre a maintes interrogations qui nous turlupinent a chaque fois que notre conjoint(e) se rend coupable d'un acte illogique propre a son sexe, les auteurs Allan et Barbara Pease fournissent des trucs pour eviter les pieges qui guettent le couple hetero et pour tirer le meilleur parti des differences.Votre mari ne veut pas magasiner ?Voici quelques petits trucs pour l'amadouer : laissez-le pousser le chariot car les hommes aiment controler la situation, conduire et utiliser leurs capacites spatiales .Parlant de capacites spatiales, demandez-lui aussi de ranger les paquets dans le panier.Pour le magasinage vestimentaire, donnez-lui des directives de taille, de couleur, de tissus et de prix et envoyez-le a la chasse .Surtout, ne lui posez jamais la question angoissante entre toutes : Laquelle de ces robes me va le mieux ?La plupart des hommes ne possedent que deux paires de chaussures et ils sont incapables de trouver la bonne reponse, ce qui leur donne une impression desagreable d'avoir echoue un test.Et puis, soyons clairs, il ne sait pas et il s'en fout ! Ceci dit, meme en appliquant a la lettre toutes ces strategies, soyez realiste : Vous ne disposez que d'un laps de temps assez bref, admettent les auteurs.Pour un homme, les courses du samedi figurent a peu pres en meme position que l'examen de la prostate sur la liste des obligations honnies.Un psychologue britannique a meme decouvert que le niveau de stress auquel sont soumis les hommes durant les courses de Noel est comparable a celui qu'eprouve un policier confronte a un groupe de manifestants violents.Vous voulez punir votre homme ?Surtout, ne lui faites pas le coup du silence, ca constituerait plutot un soulagement.Au contraire, etourdissez- le et faites-le souffrir au max en le noyant sous un flot de paroles, en passant le plus souvent possible du coq a l'ane .Quant a vous messieurs, apprenez que les petits gestes tendres et gratuits vous vaudront quasiment autant de reconnaissance et d'estime qu'un immense bouquet.Multipliez les petits gestes et les mots doux plutot que de viser le grand coup d'eclat qui vous vaudra quelques points supplementaires, sans plus.Et sachez-le : la femme tient des comptes rigoureux de ce que vous faites pour elle et de ce qu'elle fait pour vous.Le jour ou elle en aura assez du desequilibre affiche a ces compteurs mentaux dont vous ne connaissiez meme pas l'existence et encore moins le fonctionnement, gare a vous ! Auteurs de Pourquoi les hommes n'ecoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routieres, les Pease, tout en explorant de nouvelles avenues, recyclent par moments des conseils deja prodigues dans leur premier best-seller.Pour les lecteurs qui n'ont pas lu le premier ouvrage ou pour ceux qui l'auraient apprecie, c'est une belle occasion de reflechir, avec humour ou avec amour, c'est selon, sur les relations de couple.Le speed flirt Johanne Hotte avait tout essaye : les petites annonces, les discos, l'Internet, le supermarche, les telerencontres, alouette.Mais elle desesperait toujours de rencontrer l'amesoeur.Car ou bien elle revenait bredouille de ses nombreuses entreprises ou bien le Prince charmant anticipe se revelait un horrible crapaud.Frustree, insatisfaite, quasi-desesperee mais toujours aussi desireuse, on pourrait quasiment dire obsedee par l'idee de rencontrer l'ame-soeur, elle a decide de s'inventer ellememe, avec quatre de ses amies, le systeme qui repondrait a ses attentes.Et c'est ainsi qu'est ne le Guide complet du Speed flirt.Le principe est simple : trouvez cinq questions qui vous tiennent a coeur et posez-les a tout candidat potentiel en lui precisant que vous voulez jouer une joute de speed flirt.Bientot, vous devrez vous aussi repondre a des questions directes et parfois saugrenues.Selon l'auteure, le speed flirt presente des avantages indeniables sur le speed dating : on peut le pratiquer n'importe ou, n'importe quand avec n'importe qui.Contrairement a bien d'autres techniques de rencontres, l'apparence ne predomine plus puisque l'accent est mis sur l'echange questions-reponses.Pour ceux et celles qui ont tout essaye mais qui ne desesperent toujours pas.L'univers des allegories Sophie Bernard est psychologue et sexologue.Diplome en psychopedagogie, en sciences humaines et en sante communautaire, Michel Dufour a souvent utilise la magie des allegories pour aider les etudiants, jeunes ou adultes qui le consultaient.Ils ont mis en commun leur expertise et leurs experiences respectives pour ecrire Allegories .Intimite et sexualite.En abordant des problemes bien precis par le biais de contes ou de fables metaphoriques, ils esperent aider des gens a mieux s'epanouir et meme a guerir des blessures qui ne peuvent etre touchees directement.L'allegorie dejoue nos mecanismes de defenses afin de nous permettre d'entrer en contact avec les forces de notre inconscient .On y aborde aussi bien le harcelement sexuel que les dependances, la peur de la solitude, l'infidelite, les difficultes que vivent les familles recomposees, l'homophobie, les dysfonctions sexuelles, l'echec amoureux, le deuil, etc.Si la demarche allegorique elle-meme m'a laissee assez sceptique, j'ai tout de meme apprecie son originalite.Pour ceux qui ont explore bien des techniques d'epanouissement personnel et qui cherchent du nouveau.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 POURQUOI LES HOMMES MENTENT ET LES FEMMES PLEURENT Allan et Barbara Pease First Editions, traduit de l'americain, 404 pages \u0001 \u0001 LE GUIDE DU SPEED FLIRT Johane Hotte Editions Publistar (Quebecor Media), 153 pages \u0001 \u0001 1.2 ALLEGORIES - INTIMITE ET SEXUALITE Michel Dufour et Sophie Bernard Editions JCL, 248 pages Les fac-similes ne sont pas acceptes.Aucun achat requis.Reserve aux 18 ans et plus.Completez ce coupon de participation et retournez-le accompagne de votre recette avant le 1er decembre 2002 a l'adresse suivante : Fondation Les Ailes de la Mode, C.P.25511, 280 du Fort St-Louis, Boucherville, Qc, J4B 8A2.Le public peut aussi deposer son bulletin de participation dans toutes les boutiques des Ailes de la Mode, dans les magasins Provigo et Loblaws.Les reglements du concours sont disponibles a La Presse.Valeur approximative des prix : 4 000 $ une selection de vins (les 100 bouteilles qui apparaissent dans le livre 100 personnalites 100 recettes) un certificatcadeau de 1 000 $ de Les Ailes de la Mode 1 000 $ en bons d'achats echangeables en produits chez Provigo, Maxi, Maxi et Cie ou Loblaws un week-end gourmet au Chateau Vaudreuil Suites Hotel comprenant l'hebergement pour une nuitee et un diner table Gourmet NOM : ADRESSE : APP.: VILLE : CODE POSTAL : TEL.(RES.) : COURRIEL : ( ) TEL.(BUR.) : ( ) COUPON DE PARTICIPATION Disponible chez Archambault, Les Ailes de la Mode, Loblaws, Maxi et Cie, Provigo, Renaud Bray, la SAQ et dans toutes les librairies.1er prix 2e prix 3e prix 4e prix Faites-nous parvenir votre recette coup de coeur et courez la chance de faire partie de la prochaine edition (2004) du livre 100 personnalites 100 recettes en plus de gagner un des 4 magnifiques prix suivants : 100 PERSONNALITES 100 RECETTES CONCOURS 3094486A Robert LALONDE Boreal www.editionsboreal.qc.ca c Martine Doyon 208 pages .19,95 $ Il n'est pas necessaire d'etre un familier de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar pour apprecier ce roman de Robert Lalonde [.], un tres beau roman d'amour.Danielle Laurin, Bouquinville Radio-Canada UN JARDIN ENTOURE DE MURAILLES 3100473A 3099930A 7LP0501F1201 F5 dimanche 7LP0501F1201 ZALLCALL 67 18:12:13 11/30/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1e r D E C EMB R E 2 0 0 2 F 5 ESSAI Un deuxieme Livre noir qui sent le rechauffe CLAUDE-V.MARSOLAIS Profitant de la reception enthousiaste de son premier essai sur les deviances du Canada anglais a l'endroit des Canadiens francais et des minorites en general, Normand Lester vient de publier une rallonge de cette histoire sous le titre: Le Livre noir du Canada anglais 2.A part la mise en lumiere des agissements du KKK dans l'Ouest canadien et l'affaire du genocide des Beothuks (ces Amerindiens qui peuplaient Terre-Neuve avant l'arrivee des Europeens) par les premiers colons anglais, de meme que le racisme exacerbe des Canadiens anglais a l'endroit des Chinois, des Sikhs, des Ukrainiens et des Italiens, qui fait l'objet d'un chapitre assez vite expedie, l'ouvrage a peu d'inedit a offrir aux lecteurs.En fait, l'essentiel du Livre noir 2 concerne l'histoire recente : l'Accord du lac Meech, l'Entente de Charlottetown et le referendum qui a suivi, en 1992, ainsi que le referendum quebecois de 1995.Sur ces derniers sujets, l'auteur ne fait que rafraichir la memoire des Quebecois sur les manoeuvres des elites canadiennes-anglaises et des trudeauistes pour eviter la reconnaissance du Quebec comme societe distincte.Dans le premier chapitre, Normand Lester attribue au Ku Klux Klan (KKK), qui s'etait implante dans l'Ouest au debut du XIXe siecle, le racisme et le mepris a l'endroit des Canadiens francais (catholiques), des Juifs et des Noirs.Comme l'ideologie de cette secte correspondait a celle des Orangistes tres nombreux en Saskatchewan, cela se repercuta par des entraves a l'etablissement d'immigrants de langue francaise, notamment par une loi interdisant l'enseignement du francais a temps plein dans les ecoles.L'auteur note que l'ex-premier ministre John Diefenbaker, dans ses premieres annees de politique, vers la fin des annees 1920, etait de ce courant raciste.L'arrivee du CCF (l'ancetre du NPD) au pouvoir dans cette province ne fit qu'accentuer l'assimilation des ressortissants francais car le gouvernement mit sur pied des ecoles regionales, ce qui a eu pour effet d'eliminer les ecoles locales, phenomene qui a eu d'enormes repercussions dans les communautes francophones.Il faudra attendre 1991 avant que les francophones ne puissent retrouver le controle de leurs ecoles.De la crise de la conscription en 1942, qui fait l'objet du second chapitre, l'auteur nous rappelle les grandes lignes de ces annees difficiles alors que les Canadiens francais etaient contre la mobilisation outre-mer, au premier chef le maire de Montreal, Camillien Houde, qui avait ete interne en 1940 pour s'etre oppose a l'inscription obligatoire.Il s'en prend plus particulierement a Radio- Canada, l'accusant de s'etre mise a la solde de la propagande federale pour endiguer le raz-de-maree de mecontentement provoque par la conscription chez les Canadiens francais.En effet, pendant la campagne sur le plebiscite, les adversaires de la conscription furent interdits sur les ondes radio- canadiennes, ce qui obligea notamment Andre Laurendeau, l'un des leaders du Non, a acheter du temps d'antenne dans les stations privees de radio.Il faut attendre le chapitre VI (l'ouvrage en compte huit) pour que l'auteur nous instruise sur le genocide des Beotuks, ces autochtones qui peuplaient Terre-Neuve avant l'arrivee des Europeens.Il aurait sans doute fallu commencer l'ouvrage par cette affaire peu connue qui en dit long sur la cupidite des premiers colons anglais voulant s'accaparer des territoires de peche.Lester cite l'historien Stephen Leacock et un article du Maclean's du 10 octobre 1959 voulant que les Terre-Neuviens aient massacre 400 Beothuks a l'epoque de la colonisation.Mais les sources citees sont peu convaincantes puisqu'il est impossible de retracer les articles des sites web Google et Geocities mentionnes.Cette nouvelle approche, soit prendre comme reference le Net pour appuyer des faits ou une theorie, semble tout a fait incompatible avec la profession d'historien puisque celui-ci doit s'appuyer sur des sources manuscrites de premiere main.Est-ce une tendance pour economiser du temps au risque de prendre des raccourcis avec l'Histoire ?On peut s'interroger.Bref, ce deuxieme tome du Livre noir du Canada anglais n'a pas la verdeur du premier tome et manque de coherence puisque les chapitres melent inconsiderement l'histoire recente avec des epoques plus lointaines.Prions pour que le troisieme tome annonce soit un peu plus ordonne.\u0001 \u0001 1.2 LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS 2 Normand Lester Les Intouchables, 305 pages Agop HACIKYAN EN VENTE PARTOUT Photo : Robert Etcheverry Les Rives du destin d'Agop J.Hacikyan 392 pages - 27,95 $ Le best-seller Un ete sans aube a raconte, a travers l'histoire d'une famille, la tragedie du peuple armenien au cours de la Premiere Guerre mondiale.Les Rives du destin apporte la conclusion de cette saga, et permet de retrouver les heros en Amerique, quarante ans plus tard, soit en 1955.Une grande fresque qui evoque des evenements incontournables de l'histoire du XXe siecle.Un ete sans aube nouvelle edition de Jean-Yves Soucy et Agop J.Hacikyan 712 pages - 29,95 $ 3098413A Gardez un bon souvenir des douze derniers mois, marque au coin de l'humour et de la virtuosite du trait du caricaturiste de La Presse.120 pages .19,95 $ L'annee CHAPL20E0A2U Boreal www.editionsboreal.qc.ca 3087048A Pierre MORENCY Boreal www.editionsboreal.qc.ca c Xavier Dachez 240 pages .19,95 $ Une delicieuse meditation sur le passage de la vie.Caroline Montpetit, Le Devoir Un livre mystique, poetique, prophetique.[] Un enchantement.Un pur enchantement.Didier Fessou, Le Soleil A L'HEURE DU LOUP 3100469A 3079064A TRAM Design Multimedia presente Une experience ludique et intuitive dans les mondes de l'artiste.Un parcours faconne par l'imaginaire, le hasard et les rencontres.Avec la voix de Anne-Marie Cadieux Production Michel Jolicoeur Scenario et realisation Sophie Malouin Direction artistique Benoit Giguere Biographie Robert Bernier DVD-Rom Mac / PC 3094881A 7LP0601F1201 f06 dimanche 1er décembr 7LP0601F1201 ZALLCALL 67 18:08:34 11/30/02 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1er DÉCEMBRE 2002 ENTREVUE L'Allemagne de Robert Dôle SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale Né à Washington, Robert Dôle part vivre et travailler en Allemagne en 1968.Après un séjour de neuf ans en Europe, il rentre en Amérique et s'installe à Chicoutimi.Il enseigne depuis à l'Université du Québec à Saguenay (Chicoutimi).Intellectuel de gauche, il publie, en 1996, Le Cauchemar américain, un essai pamphlétaire sur les traces du puritanisme du XVIIe siècle dans la mentalité américaine actuelle.En 1998, dans Comment réussir sa schizophrénie, il dénonce la condition des homosexuels dans cette même Amérique des années 1950.Il a renoncé à sa citoyenneté américaine le jour suivant l'élection de George W.Bush.Polyglotte \u2014 il parle six langues \u2014 et voyageur, conférencier international, il était récemment de passage au Salon du livre de Montréal où il est venu présenter son dernier livre, Mon Allemagne, un récit intime dans lequel il prône l'ouverture à la tolérance et au pardon, ayant la certitude qu'aucun peuple ne représente le mal ou le bien absolu.Nous l'avons rencontré.Comme beaucoup d'Américains nés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Robert Dôle a grandi dans la haine des Allemands et les préjugés contre les Juifs.Pourquoi est-il allé alors vivre là-bas, en 1968 ?« Mon enfance a été détruite par les photos des camps d'extermination nazis publiées dans le Washington Post.Ce fut un vrai traumatisme pour moi.Je découvrais trop tôt que les adultes n'étaient pas tous bons.À 18 ans, ma rencontre avec le théologien protestant allemand Paul Tillich, à l'Université Harvard, a été déterminante.Sa réputation était aussi grande que celle de Jean-Paul Sartre en France.Il possédait des connaissances encyclopédiques en théologie, en philosophie, en histoire et en psychologie.Il est devenu mon père spirituel, mon maître, mon ange gardien.Grâce à lui, j'ai effaçé à jamais de mon esprit l'idée raciste que les Allemands étaient programmés génétiquement pour être moralement inférieurs aux autres peuples du monde.J'y suis allé pour Tillich.« L'Allemagne représentait aussi pour moi, à cette époque, la possibilité de fuir les horreurs de la guerre du Vietnam.J'avais fait tout ce que je pouvais pour protester contre cette guerre, mais je savais fort bien que mes protestations, comme celles de mes amis, étaient vouées à l'échec.« Après trois ans d'enseignement à l'Université de Bonn, j'avais l'impression d'être devenu Allemand.Je parlais, je pensais et je réagissais comme un Allemand.J'étais si heureux à Bonn que j'avais de la difficulté à y croire.Le diagnostic des psychiatres américains selon lequel j'étais destiné à passer toute ma vie enfermé dans les hôpitaux psychiatriques était devenu caduc.Voilà que je vivais une vie de rêve sans psychiatre ni psychotropes.» Stefan Zweig Dans Mon Allemagne, Robert Dôle raconte son apprentissage de la vie au fil de ses rencontres, de ses voyages dans les pays communistes d'Europe et de ses amours.Il nous réconcilie avec l'Allemagne des écrivains, des poètes, des philosophes, des musiciens qui ont éclairé la conscience de l'Occident pardelà les ténèbres nazies.Son auteur préféré est Stefan Zweig.« J'ai lu en allemand les 37 volumes de son oeuvre.J'admire cet écrivain juif autrichien pour sa maîtrise de la langue allemande, pour sa connaissance des profondeurs de l'âme humaine mieux que quiconque comme le disait Freud, et pour son savoir encyclopédique de la civilisation européenne.J'ai fait la première traduction en français du récit du voyage qu'il a effectué au Québec en 1911.Il était pessimiste sur la survie de la langue française.Il croyait qu'elle était condamnée à disparaître du Québec, comme la langue allemande de l'Amérique qui, à une époque donnée, avait eu presque autant de locuteurs que l'anglais.C'est un contemporain de mon père spirituel, Paul Tillich.Tous deux ont partagé la même culture à la même époque.Tillich avait hérité des traditions allemandes en théologie et en philosophie, Zweig de la tradition littéraire allemande.» Chemins de traverse Mon Allemagne est quadrillé de chemins de traverse qui sont autant d'invitations à partager les jardins intimes de l'auteur et ses opinions politiques.Par exemple, cet épisode douloureux de son adolescence.Être homosexuel dans une école privée de garçons dans la Nouvelle-Angleterre puritaine des années 1960 était à l'époque répréhensible.Pour corriger sa « déviance », on l'enferme 15 mois dans un hôpital psychiatrique où il s'abîme dans une psychose schizophrénique.« Ma guérison a commencé lorsque j'ai quitté les USA pour l'Europe.Il m'arrive encore de faire des cauchemars où je me vois enfermé dans un hôpital psychiatrique.Mais à 55 ans, j'ai assez de bagage intellectuel et culturel pour surmonter ma schizophrénie.Il faut démystifier cette maladie mentale qui représente une souffrance psychologique et spirituelle extrême, car elle nous jette dans une confusion totale et dans le doute.Les schizophrènes souffrent assez sans que la société ajoute la souffrance de la honte et de la marginalisation.Moi qui suis schizophrène, j'essaie de donner une image positive à cette maladie que tout le monde craint.Je sais qu'une psychose peut être la source d'une très grande créativité.» Robert Dôle évoque aussi la place de la foi protestante dans sa vie.« Si j'ai l'audace d'afficher mon homosexualité, je dois avoir le courage d'afficher ma religion.Je suis protestant.Je lis et je relis la Bible depuis toujours.J'ai la certitude que c'est ma foi religieuse qui a sauvé ma vie, car c'est elle qui m'a donné la confiance nécessaire pour faire face aux démons de la schizophrénie et de les vaincre.La foi peut consoler de tout.La crise de l'homme moderne vient principalement de la perte de la foi.» Pacifiste et idéaliste Les pacifistes sont plus nombreux en Allemagne que partout ailleurs, dit-il.Le mot « paix » rebondit d'ailleurs plusieurs fois au cours de notre conversation.L'auteur l'appelle de tous ses voeux, convaincu qu'il n'existe pas d'autre solution pour l'humanité en péril.« Pour moi, la plus grande menace dans le monde, c'est l'attitude impérialiste du gouvernement américain qui bloque tout progrès vers la paix dans le monde.Quand je vois qu'aujourd'hui on abandonne le sort de l'humanité dans les mains des politiciens comme George W.Bush et qu'on n'écoute pas les intellectuels comme Noam Chomsky.Quand je mourrai, je demanderai à Dieu pourquoi Il n'a pas créé une race plus intelligente et moins cruelle que la race humaine.Je crois que la paix est peut-être une utopie, mais elle demeure un idéal nécessaire.Je reste un idéaliste.Partout dans le monde, le besoin de la paix est pressant parce que la guerre n'engendre que la souffrance.Il faut valoriser la paix avant toute chose.C'est notre responsabilité en tant qu'être humain.» Robert Dôle est un être intense, à la sensibilité aiguë.L'Allemagne a été le centre de sa quête spirituelle et culturelle, « le centre de mon enquête sur le mal et le besoin absolu de la paix dans le monde et la réconciliation entre les peuples », s'empresse-t-il d'ajouter avec la même vivacité qui a marqué ses propos depuis le début de notre rencontre.Une dernière question.Écrire, est-ce une manière pour lui de conserver la blessure première ouverte ?« C'est une manière de guérison, une libération.En même temps, l'écriture remue mon passé et me ramème à ma souffrance.Mais le fait que je sois capable d'écrire prouve que je suis sain d'esprit », conclue-t-il sur un ton enjoué.MON ALLEMAGNE Robert Dôle Leméac, coll.« ici, l'Ailleurs », 115 pages Photo ROBERT SKINNER, La Presse Robert Dôle Nom : Prénom : Adresse : App.: Ville : Code postal : Tél.(dom.) : Tél.(trav.) : Prénom et nom du bébé : Fille Garçon Date de naissance : Prénoms et noms des parents : La Presse seulement : 38,95$ La Presse et cyberpresse : 43,95$ Ci-joint un chèque ou mandat-poste de 38,95$ ou 43,95$ à l'ordre de La Presse, ltée.OU Je souhaite effectuer le paiement de 38,95$ ou 43,95$ par carte de crédit : Visa Master Card No de la carte de crédit : Date d'expiration : / / Signature : Le samedi 28 décembre prochain La Presse regroupera dans un cahier spécial, les photos des enfants nés au cours de l'année 2002.Que vous soyez parent, grand-parent, oncle, tante ou ami, faites connaître à tous nos lecteurs ce petit trésor né au cours de l'année 2002.Présentez-nous votre précieux chérubin en réservant dès maintenant votre espace pour seulement 38,95$ (taxes incluses) et vous recevrez : Règlements disponibles à La Presse Remplissez le coupon ci-dessous et retournez-le, avec la photo qui ne doit pas excéder 5 po sur 7 po et qui ne pourra être retournée.La Presse, petites annonces, Les bébés de l'année, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 Hâtez-vous ! DE PLUS.Courez la chance de gagner : un caméscope Canon ZR40, d'une valeur de 800$.caméra vidéo numérique mini-DV zoom optique 18x / 360x numérique écran à cristaux liquides de 2,5 po mode de prise de vues nocturne en couleur modes de prises de vues vidéo et photo effets numériques et fondus Parmi toutes les demandes reçues, un tirage au sort déterminera la photo du bébé qui sera en première page couleur de ce cahier spécial.Les parents de notre vedette recevront, quant à eux, un encadrement de cette page.Votre bébé à la première page du cahier spécial Un recueil des meilleures photos des photographes de La Presse et The Gazette, d'une valeur de 34,95$ GRATUITEMENT Pour 5$ de plus (taxes incluses), bébé se retrouvera sur le site www.cyberpresse.ca/bebes2002 Bébé sur cyberpresse 192 pages couleur papier de qualité supérieure Format: 10 1/2\u201d x 10 1/2\u201d 3093520A 7LP0701F1201 F7 1er décembre 7LP0701F1201 ZALLCALL 67 20:18:24 11/30/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1e r D É C EMB R E 2 0 0 2 F 7 - 69 - Il a décroché.Bénédiction! - Alors, cette lettre?ajoute-t-il.- Je n'ai pas encore osé l'ouvrir.- Tu veux venir le faire chez moi?Je crie: «Oui!» - Alors amène-toi, trésor! Comme par hasard, j'ai deux steaks, mais grouille, je suis mort de faim! - J'arrive! Je préviens Rosamund que je ne mangerai pas à la maison.Elle accepte de me prêter sa voiture.Je ne prends pas le temps de me pomponner au moins un peu.Je planque la lettre dans mon fourretout et déguerpis à toute vitesse.Au sous-sol, dès que les portes de l'ascenseur s'ouvrent, je me rue vers la sortie et entre en collision avec mon père.- Où vas-tu encore, trotteuse?me demande-t-il en replaçant son pardessus.- Chez Sylvain.On se voit plus tard.- On peut se faire la bise, même s'il n'y en a que pour ton cher professeur?Je lui tends mes joues.- Tu as l'air bien énervée, Sara, me dit-il très calmement.- Mais je le suis, papa! Tu ne peux pas savoir à quel point! Mon père comprend qu'il devra patienter avant d'obtenir les détails.- Ne fais pas de folies! ajoute-til en entrant dans l'ascenseur.- Toi non plus! Ciao! Les portes se referment sur lui.Je fonce au garage.CHAPITRE 61 La table est mise comme pour les grandes cérémonies: nappe blanche finement brodée, serviettes assorties roulées dans des anneaux en bois laqué, couverts de porcelaine, flûtes à vin en cristal.L'éclairage discret du candélabre aux bougies blanches crée une atmosphère à la fois intime et solennelle.rien n'était, et ouvre la porte du réfrigérateur.Quelle mouche l'a piqué?Quel bourdon, plutôt?- Je préfère le Veuve Clicquot, mais il n'y en avait pas en demibouteille! dit-il en se retournant vers moi.Du champagne! Du vrai! Du Cordon rouge.Il m'a bien eue! Sylvain se paie ma tête, à présent, en imitant l'air déconfit que je lui faisais il y a quelques secondes.Le bouchon saute.Sylvain verse la dive liqueur dans les flûtes.- À ta victoire, trésor! Il y aura du pain sur les planches, c'est le cas de le dire! s'exclame-t-il, très chevaleresque, en me tendant une flûte.Je lui demande pourquoi il avait acheté du champagne avant de s'assurer qu'il y avait bel et bien une raison de fêter.- Ma chère, peu m'importait le résultat, ça valait la peine d'être souligné.Nous faisons tchin-tchin, avant de porter nos verres à nos lèvres.En un éclair, je prends conscience de ce que représente la fameuse réponse du Conservatoire: retourner à Montréal, ne plus voir Sylvain.Je cale mon verre.Sylvain me regarde.- Vas-y doucement, trésor.Le champagne, c'est traître! Au début, on ne se rend pas compte de son effet, ensuite, on ne se rend plus compte de ce que l'on fait! Ne plus l'entendre m'appeler «trésor».La chorégraphie des cinq petites flammes me fascine.- Tu l'ouvres ou pas, cette sacrée enveloppe?demande Sylvain.J'arrache difficilement mon regard aux brins de feu.Je sors la lettre de mon fourretout.La réponse est à l'intérieur.- Tiens, fais les choses proprement, ajoute-t-il en me tendant son coupe-papier.La reproduction miniature d'une épée médiévale tremble entre mes doigts.Je déchire, je déplie, je respire, je lis, je m'assois, je m'écrie: «C'est oui!» Mon cri strident résonne dans l'appartement.Je ne tiens plus en place: je gesticule, gigote, sautille.- Tu te rends compte, Sylvain Labrise! J'ai été choisie! Moi, Sara Lemieux, je suis acceptée au Conservatoire d'art dramatique de Montréal! - Bon, bon, on ne va pas en faire tout un plat! me lance bêtement celui qui m'a fait bûcher, baver, brailler, qui a su me consoler, me rassurer, m'encourager sans relâche depuis quatre ans.Je ne comprends pas sa réaction.Sylvain le lit dans mes yeux, mais il me tourne le dos, comme si de À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 2000 Éditions Québec Amérique Inc.ROM01DE BEN LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND CHÈRE, MONTE ET VIENS M'AIDER À SORTIR LES VÊTEMENTS D'HIVER DE LA PENDERIE LES MITES ONT MANGÉ MES CHANDAILS ALLEZ, ENTREZ LES ENFANTS! TOUTE SA GARDE-ROBE?MAINTENANT, JE VAIS DEVOIR RENOUVELER TOUTE MA GARDE-ROBE HA! REGARDEMOI ÇA! ENCORE DE L'ARGENT JE VAIS ALLER DE MAISON EN MAISON ET JE VAIS PELLETER CHAQUE TROTTOIR ET CHAQUE ENTRÉE DE GARAGE QUE JE VAIS TROUVER! ET COMMENT! JE VAIS FAIRE UN TAS D'ARGENT! ET TU PENSES QUE JE VAIS LE DÉPENSER TOUT DE SUITE, N'EST-CE PAS?BIEN JE NE LE FERAI PAS! IL COMMENCE À NEIGER ET JE SUIS PRÊT! JE VAIS ÊTRE LE PREMIER ENFANT DU VOISINAGE À PELLETER LES ENTRÉES.VAS-TU FAIRE BEAUCOUP D'ARGENT?JE VAIS PROBABLEMENT TOUT METTRE DANS UN COMPTE D'ÉPARGNE ET JUSTE VIVRE DES INTÉRÊTS OU JE VAIS PEUT-ÊTRE ACHETER UNE RENTE VIAGÈRE PAYABLE À L'ÂGE DE DOUZE ANS OU PEUT-ÊTRE QUE JE VAIS TOUT INVESTIR DANS DES FONDS MUTUELS OU MÊME ACHETER DES ACTIONS DANS UNE COMPAGNIE LOCALE QUI SEMBLE VOULOIR PRENDRE DE L'EXPANSION, OU.OU PEUT-ÊTRE QUE.QUE.JE ME SOUVIENS QUE J'AI LU QUELQUE PART QUE ABRAHAM LINCOLN AVAIT L'HABITUDE DE FAIRE SES DEVOIRS AVEC UN MORCEAU DE CHARBON À L'ENDOS D'UNE PELLE.PEA24NE OUBLIE ÇA! OH! GRAND DIEU.VEUX-TU REGARDER ÇA?COMIC01DEM PAYEZ À L'ORDRE DE MOI! DE L'ARGENT, DE L'ARGENT, DE L'ARGENT $ 7LP0801F1201 F8 dimanche oiseaux 7LP0801F1201 ZALLCALL 67 17:55:20 11/30/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1er DÉCEMBRE 2002 Photo MICHEL FORTIER, collaboration spéciale Elles sont familières et paraissent enjouées.Mais il faut se méfier des apparences.Les mésanges à tête noire vivent dans une société où la hiérarchie est déterminante dans l'existence.Ce cliché a été soumis au concours Biodôme/La Presse.Mésange à tête noire: dominer ou mourir À TIRE D'AILE La nature n'a rien d'idyllique et la loi du plus fort y reste toujours la meilleure.La vie de notre petite mésange à tête noire en est une démonstration éloquente.Vif, dynamique, enjoué, social, l'oiseau le plus populaire auprès des amateurs de mangeoires mène une existence implacable.Si la succession incessante des oiseaux au poste d'alimentation et cette façon qu'ils ont de se partager la nourriture à tour de rôle peuvent sembler amusantes, la réalité est plus tragique.Elle est la manifestation d'une hiérarchie impitoyable.Chez les mésanges, vaut mieux appartenir au groupe des dominants.Les dominés sont condamnés à mort.Rien de moins.Pas une mort immédiate, mais une mort certaine, habituellement, dans l'année suivant leur naissance, le lot de 75 % des jeunes mésanges.« Il s'agit tout simplement d'un des aspects de la sélection naturelle chez les mésanges à tête noire, explique André Desrochers, professeur à la faculté de foresterie de l'Université Laval et spécialiste de la biologie et du comportement de l'espèce.Une façon radicale aussi d'éviter la surpopulation puisque chaque couple de mésanges produit de huit à 10 petits par année.» Lors de ses travaux en Alberta, le chercheur baguait toutes les mésanges du territoire sous étude, une quarantaine de groupes qui régnaient chacun sur leur bout de forêt.Tous les mouvements des oiseaux étaient suivis à la trace, de même que leur comportement aux mangeoires d'observation.Chaque disparition était enregistrée comme l'était aussi l'arrivée de tout nouveau sujet.Vagabondage mortel Notre histoire tragique commence au mois d'août, quand les familles se dispersent.Les mésanges commencent alors à former de petits groupes de quatre à 10 oiseaux.La petite troupe restera ensemble tout l'hiver, jusqu'à la prochaine saison de reproduction.Elle est composée d'un ou deux couples qui se sont reproduits sur le territoire et de quelques jeunes originaires d'autres nids.Il n'existe aucun lien génétique entre les membres de la nouvelle communauté.C'est au début de l'automne que chaque oiseau prend progressivement son rang dans ce groupe.La place de chacun est déjà déterminée vers la fin d'octobre.Ce sont toujours les mâles qui sont au sommet de la hiérarchie.D'abord les mâles reproducteurs, puis les adolescents.Au bas de la courte échelle, suivent les femelles reproductrices et celles qui sont encore juvéniles.Être en haut de la pyramide sociale, c'est s'assurer de toujours manger le premier et de choisir les morceaux de choix.Les dominants chassent les autres.Être en bas signifie attendre son tour, parfois longtemps, et se contenter des restes.On le devine : être une ado femelle est une situation peu enviable dans le petit monde des mésanges.Si la mort vient éliminer un des oiseaux dominants, la lutte de pouvoir sera féroce, mais de courte durée.Le rang libre sera immédiatement occupé.Même si les couples se forment au cours de l'automne, si le mâle reproducteur dominant vient à perdre sa conjointe, celle-ci sera rapidement remplacée par une jeune qui délaissera son fiancé.Profitant de l'ascendant de son nouveau mâle, la nouvelle « épouse » dominera alors toutes les autres femelles du groupe, mais jamais les mâles.En dépit de leur structure sociale, nos mésanges à tête noire ne souffrent pas trop de l'hiver, même s'il s'agit évidemment d'une période très difficile.Les recherches menées par André Desrochers montrent que le taux de mortalité hivernale ne dépasse guère 20 %.C'est après que la situation se corse, dit-il, quand le groupe passe du mode « survie » au mode reproduction, à partir des premières journées chaudes de février, quand les revendications territoriales commencent à se manifester.Les couples dominants s'établiront sur le territoire et chasseront toutes les autres mésanges de leur patelin.L'heure des vrais perdants vient de sonner.Ces oiseaux sont condamnés à vagabonder d'un territoire à l'autre d'où ils sont chassés à chaque fois par les couples déjà installés.André Desrochers se souvient d'un 29 mars où un propriétaire de mangeoires d'Edmonton lui avait signalé la présence d'une mésange trois jours après sa disparition de l'aire d'étude.Il s'agissait d'une mésange femelle subordonnée qui avait parcouru 75 kilomètres, une distance considérable.À une autre occasion, en mai, dans la région de Québec, le chercheur a découvert une cinquantaine de mésanges qui voletaient ici et là ne sachant manifestement pas où aller, des oiseaux rejetés de leur groupe lors des guerres territoriales.« Un oiseau qui quitte son territoire est en danger, fait valoir le professeur Desrochers.Dans un nouveau milieu, il doit chercher sa nourriture plus longtemps, ce qui occasionne une dépense d'énergie supplémentaire importante.Il ne connaît pas les abris où se cacher des prédateurs et il ignore leurs allées et venues.Et les mésanges du coin vont le chasser inexorablement.Même si le temps et les conditions climatiques du mois de juin ou de juillet sont favorables à la survie des oiseaux, chez les mésanges à tête noire, la vie de vagabondage a son prix : la mort.Nos données de baguage sont formelles.Jamais nous ne trouvons de nouveaux venus dans un territoire donné à la suite de la période de reproduction.Les oiseaux dominés ont disparu.À 21 mois du record mondial ANDRÉ DESROCHERS a bagué des centaines de mésange à tête noire.Mais le numéro 18907659502 est un cas à part.Il est toujours vivant.C'est que l'oiseau a été bagué à Beauport, le 5 décembre 1991.On fêtera donc son 11e anniversaire de baguage au cours des prochains jours.Quand la moyenne d'âge des populations est de 2,5 ans, voilà tout un exploit.Pas de doute, un oiseau dominant.Le petit volatile mâle avait au moins six mois lorsqu'il avait été capturé par les chercheurs.Le record de longévité chez une mésange à tête noire en milieu naturel est de 12 ans et neuf mois.Le patriarche était donc né sous une bonne étoile, si on peut dire, puisqu'il est objet d'une surveillance attentive de son « père nourricier », Peter Lane, l'auteur du volume L'Alimentation des Oiseaux du Québec et de l'Est du Canada (éd.Broquet).M.Lane est le premier à avoir observé une oie de Ross au Québec (avril 1975), un sujet que nous avons abordé à quelques reprises ces dernières semaines.LE CARNET D'OBSERVATION Tangara vermillonenvue DE LA VISITE rare cette semaine au Québec.Il s'agit d'un tangara vermillon de passage à Sainte-Martine, près de Châteauguay.Signalé pour la première fois le 19 novembre, l'oiseau était toujours sur place mercredi dernier, rue Haute-Rivière, au bord de la rivière Châteauguay.Il se tient souvent au sol, dans l'herbe à puce, où il se nourrit de vieilles prunes, nous dit Louise Simard, responsable du site Web Les oiseaux rares du Québec.Le visiteur a aussi mangé tous les petits fruits d'une haie de fusain ailé et, lors du passage du photographe Normand Blouin, il se régalait de pimbina (viorne).Il s'agit de la 30e mention de cette espèce chez nous, mais la plupart des observations se font au printemps.Toutefois, c'est au cours de l'automne que le visiteur s'attarde le plus longtemps, en moyenne une vingtaine de jours.Le tangara vermillon, qu'il ne faut pas confondre avec le moucherolle vermillon qui nous a visité pour la première fois l'automne dernier, est de la grosseur d'un moineau.Il niche jusqu'au Maryland, au nord, mais il est plus répandu au sud, jusqu'en Floride, au Texas, en Californie et au nord du Mexique.Il hiverne au Mexique, mais peut se rendre aussi loin qu'en Bolivie, au Brésil et au Pérou.Le tangara vermillon se nourrit surtout d'insectes, notamment d'abeilles et de guêpes dont il raffole.L'hiver, il consomme des fruits, mais apprécie aussi le beurre d'arachide.À cette époque de l'année, il peut devenir très familier et même manger dans la main.Le mâle adulte est entièrement rouge.Femelle et jeune sont jaunâtres.On pourra obtenir des nouvelles sur la vedette du jour en cliquant : http : / / p a g e s .i n f i n i t .n e t / simardl/lesoiseauxraresdu quebec.htm.Le retour du polatouche MÊME S'IL n'a pas de plumes, l'écureuil volant dont nous vous avons parlé récemment a suscité un intérêt certain.Louis Geoffroy, de l'Île-des- Soeurs, insiste d'ailleurs pour ajouter son grain de sel.Même si ses moeurs nocturnes font du polatouche une petite bête discrète, il a un caractère social et semble peu importuné par la présence humaine, selon les contacts établis depuis deux ans avec le rongeur.Ses mangeoires garnies de beurre d'arachide n'ont pas attiré les pics attendus, mais plutôt des écureuils, des tamias et des polatouches.« À la brunante, j'ai eu le plaisir d'observer un, puis deux, et finalement sept polatouches à la fois, raconte- t-il.Très rapidement, j'ai réussi à les approcher et à les nourrir à la main.À tous les soirs, je pouvais invariablement compter sur eux car ils étaient précis comme une horloge : ils apparaissaient à 20 h 45 en juillet, à 20 h 15, en août.Je les observais planer sur des distances parfois de plus de 75 mètres.Ils peuvent « naviguer » et tourner assez brusquement en se servant de leur queue comme « aileron ».Leur atterrissage n'était pas moins spectaculaire : queue en position basse et membrane tendue au maximum.Un ballet extraordinaire « J'avais même installé des projecteurs de chantier de construction pour les admirer comme en plein jour.Je n'avais qu'à me coucher par terre pour les observer durant des heures.Il n'était pas rare qu'ils décident d'atterrir sur mon épaule ou sur ma jambe.Frissons garantis ! » Signalons par ailleurs que les écureuils volants sont très difficiles à observer dans leur milieu naturel à moins de les attirer à une mangeoire.Et presque à tout coup, il s'agira du grand polatouche qui, soit dit en passant, est présent dans les parcs-nature de l'île de Montréal et de la région métropolitaine, nous dit Denis Henri, technicien de la faune au parc du Mont-Saint- Bruno.Il existe aussi une autre espèce d'écureuil volant sur le continent, le petit polatouche, une espèce rencontrée plus au sud.On en observe toutefois une petite population dans la région de Gatineau.Seul un expert peut vraiment faire la différence entre les deux espèces et encore faut-il avoir un spécimen entre les mains.En effet, c'est la coloration des poils de la gorge qui permet d'établir la distinction.Photo NORMAND BLOUIN, collaboration spéciale Ce tangara vermillon a été signalé le 19 novembre, au bord de la rivière Châteauguay.Photo LOUISGEOFFROY, collaboration spéciale Les polatouches peuvent devenir très familiers, comme le montre cette photo de Louis Geoffroy."]
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